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Europe 2014

Une « guerre des monnaies »?

 

Par  · 10 octobre 2015

L’expression « guerre des monnaies » est souvent utilisée dès que l’on assiste à des fluctuations dans les taux de changes. Mais, on ne donne jamais de définition précise de ce que pourrait être une « guerre des monnaies ». Les définitions possibles, par ailleurs, ne cadrent pas avec ce que l’on constate, même si les mouvements des taux de changes n’obéissent pas à une logique unique. Si la « guerre des monnaies » n’est pas une impossibilité, le risque d’entrer dans un conflit généralisé sur les monnaies apparaît beaucoup plus réduit que ce que l’on pense en général.

 

Qu’appelle-t-on « guerre des monnaies » ?

 

L’expression revient souvent sous la plume de commentateurs dès que l’on est confronté à des fluctuations importantes des taux de change. Implicitement, l’idée est qu’un (ou des) gouvernement aurait la possibilité de faire baisser le taux de change de sa monnaie afin de dégager un fort avantage compétitif pour son pays au détriment des autres. On est donc ici dans une logique de prise d’avantages « hors marché » mais par l’intermédiaire du marché. La guerre des monnaies, dans cette définition, ne serait qu’une variante des politiques mercantilistes du XVIIème et du XVIIIème siècle. Rappelons que, dans sa forme originelle la politique mercantiliste consistait à obliger les autres pays à vendre à bon marché et à acheter cher ce qui était produit dans le pays menant cette politique. L’idée étant d’accumuler le plus grand stock d’or et d’argent possible dans le pays considéré. Aujourd’hui on dirait qu’une politique mercantiliste aurait pour but de maintenir une fort excédent commercial par le biais d’une monnaie sciemment dépréciée, afin d’accumuler le plus grand stock possible de réserves de changes et de favoriser son industrie. Mais, l’expression de « guerre des monnaies » ne pourrait alors s’appliquer qu’à un pays en excédent commercial dépréciant volontairement sa monnaie.

 

Une autre définition possible de la « guerre des monnaies » concerne la possibilité pour un pays de tenter de déstabiliser un autre pays en provoquant une baisse (ou une hausse) importante de sa devise. Dans cette définition il faut que la dépréciation (ou l’appréciation) de la devise soit très rapide et très brutale afin de provoquer des troubles tant politiques qu’économiques et sociaux dans le pays visé. A cette définition on peut rattacher les mouvements de grande spéculation lancés par des opérateurs privés (et G. Soros fut ici un bon exemple) visant à faire baisser une devise afin d’en tirer profit. Ils sont ce que la piraterie était à la guerre, voire, s’ils se font en connivence avec un gouvernement attaquant la monnaie d’un autre pays, ce que la guerre de course était à la guerre.

 

Dans tous les cas, la « guerre des monnaies » implique qu’un gouvernement ait les moyens d’agir soit sur le taux de change de sa devise soit sur celle d’un autre pays. Ceci implique à long terme des arrangements institutionnels élaborés. A court terme, cela semble plus facile, surtout si un système bancaire développé existe dans le pays souhaitant mener une opération de type « guerre des monnaies ».

 

La logique des taux de change

 

Le problème ici est que le taux de change d’une monnaie contre une autre dépend de plusieurs facteurs. Il y a bien entendu l’impact de la balance commerciale. Normalement, dans une économie non-financiarisée, le taux de change devrait refléter uniquement la présence d’excédents ou de déficits de la balance commerciale. Un pays en déficit verrait alors son taux de change se déprécier jusqu’à ce que son déficit disparaisse. Ce raisonnement a été tenu au début du XVIIIème siècle par David Hume et par Richard Cantillon. Dans le cadre de l’économie de l’époque, il prend la forme du « price species flow ». Mais, nous savons que la monnaie ne sert pas que dans les échanges. Ce fut l’erreur d’une partie des économistes « classiques » que de croire que la monnaie pouvait s’apparenter à une forme de troc. En fait, la monnaie permet le crédit, et elle est engendrée par le crédit.

 

Pour le taux de change, cela signifie que les mouvements purement financiers sont tout aussi importants que les mouvements commerciaux. Or certains de ces mouvements sont engendrés non pas par l’observation d’un état des choses mais par l’espoir – juste ou faux – de ce que sera le futur état des choses. Cela implique que ces mouvements reposent sur des paris. C’est la base du mécanisme des bulles spéculatives. Or, si un secteur économique concentre les paris, la monnaie se dirige vers ce secteur, que ce soit directement ou indirectement quand elle provient de non-résidents. Ceci tend à faire monter le taux de change. Ces paris sur l’état futur d’une situation engendrent une incertitude spécifique car ils ne sont pas répartis également dans la population des opérateurs. C’est ici que des notions comme la « connaissance commune », la réputation (qui peut être usurpée…) et la convention, interviennent.

 

Si des pays comme les Etats-Unis n’ont pas vu leur monnaie se déprécier alors qu’ils sont en déficit commercial depuis fort longtemps c’est par leur capacité à susciter des paris convergents, que ces paris soient économiques, ou qu’ils soient géopolitiques. La force du système bancaire des Etats-Unis, et l’usage massif du Dollar même pour des transactions hors des Etats-Unis, expliquent les achats de dollars à l’échelle mondiale, qui soutiennent le taux de change du Dollar.

 

Le taux de change, et ce point est important, ne reflète pas uniquement l’état de la balance commercial d’un pays. De plus, même si la finance n’existait pas, des paris pourraient se nouer autour des états futurs de la balance commerciale et, comme tous les paris, engendreraient leur propre incertitude.

 

L’existence d’une indétermination du taux de change, liée à l’existence de ces incertitudes naissant de paris fait tant sur des états réels que des état financiers de la situation à venir, rendent à la fois possibles des opérations spéculatives, mais rendent aussi ces opérations largement imprévisibles. La spéculation peut être assimilée à un « pari sur pari » ou un pari au carré ! Ce sont ces paris qui rendent la question des taux de change largement imprévisible à court terme.

 

Sommes nous confrontés à une « guerre des monnaies » ?

 

L’hypothèse d’une « guerre des monnaies » repose donc sur l’idée que les gouvernements auraient les moyens de contrôler le taux de change et que les mouvements de ce dernier ne pourraient pas être expliqués par des mécanismes économiques. En fait, pour que la première condition soit remplie, les incertitudes liées aux « paris sur les paris », c’est à dire à la spéculation, devraient être contrôlées. Il y a très peu de pays qui sont dans ce cas. Seule, parmi les monnaies qui comptent, la Chine maintient une forme résiduelle de contrôle des capitaux. Pour ce qui est de la seconde condition un état des lieux est nécessaire.

 

Quand on regarde les évolutions des taux de change ces dernières années, il est très difficile d’identifier des cas où des facteurs non-économiques expliqueraient ces évolutions. Les fluctuations récentes du dollar s’expliquent à la fois par la situation économique des Etats-Unis (où se maintient un important déficit commercial) et par les incertitudes régnant sur l’usage financier du dollar, du fait des mesures prises par le gouvernement de Washington. La politique monétaire de la réserve fédérale (la FED) joue aussi, mais n’est que l’un des déterminants et probablement pas le plus important à long terme. Pour la Chine, il est clair que la dépréciation du Yuan de cet été a été voulue par le gouvernement. On est là, par contre, dans un scénario de « guerre des monnaies ». Mais, cette dépréciation a été très limitée. C’est plus un incident de frontière qu’une guerre ! En fait, seul le Japon a réellement manipulé son taux de change fin 2013. Mais, la politique monétaire conduite par la BoJ correspond plus à une correction nécessaire par rapport au niveau antérieur qu’à une action particulièrement agressive. Quant à l’Euro, il est – très indirectement – la devise ou une action politique est la plus probable. En effet, si l’on considère à la fois l’ampleur de l’excédent commercial de l’Allemagne et l’absence de transferts et de redistribution de cet excédent dans l’ensemble de la zone Euro, il est clair que le taux de change de l’Euro vis-à-vis du Dollar (et des monnaies indexées sur le dollar) ne correspond pas à la logique économique. En l’absence de redistribution et de transferts, il serait logique que le taux de change de l’Euro, conçu comme un « quasi-DM » soit de 1,4-1,5 Dollar. Or, actuellement, il se situe à 1,13 dollar. L’Euro, si l’on considère les paramètres de l’économie allemande, est donc sous-évalué de 24% à 33%. Mais, si l’on considère les paramètres des autres économies, il est probablement surévalué de 10% à 15% pour l’Italie, l’Espagne et le Portugal, et de 20% à 25% pour la Grèce. Cette sous-évaluation de fait de l’Euro constitue un avantage compétitif majeur pour l’Allemagne, à la fois vis-à-vis des pays hors de la zone Euro que des pays de la zone Euro.

 

Mais, si l’on peut dire que l’Allemagne conduit bien une politique mercantiliste par le biais des institutions monétaires, ce qui est une des définitions de la « guerre des monnaies », ce n’est pas le seul cas de manipulation largement politique du taux de change. Dans une logique de court terme, il est clair que nous avons eu en décembre 2014, une attaque contre le rouble qui a eu des causes et des motifs politiques[1]. La très forte dépréciation de la monnaie russe alors, suivie par une « contre-spéculation », est un cas de « guerre des monnaies ». Mais, l’efficacité de cette « guerre des monnaies » semble avoir été des plus limitée. Par contre, la dépréciation de la monnaie russe de juin 2015 à septembre 2015 s’explique entièrement par des motifs économiques.

 

Le mythe de la « guerre des monnaies » ?

 

Compte tenu de la fréquence dans l’utilisation de l’expression « guerre des monnaies » on peut se demander légitimement s’il n’y a pas un mythe, récurrent, de la « guerre des monnaies ». Ce mythe s’enracine dans des épisodes historiques où les taux de change étaient largement manipulés par les gouvernements. Le dernier de ces épisodes est survenu entre 1975 et 1985. Mais, aujourd’hui, la situation monétaire générale est extrêmement différente.

 

Cela n’implique pas que des épisodes limités de « guerre des monnaies » ne puissent survenir. Plus que dans des fluctuations affectant les valeurs de long terme des taux de change, ces épisodes semblent se concentrer sur des opérations spéculatives de court terme mais d’ampleur spectaculaire menées par des gouvernements avec l’aide d’opérateurs privés, sur certaines monnaies. Si l’on veut filer la métaphore guerrière, cette forme de « guerre des monnaies » s’apparente bien plus à un raid qu’à une guerre, un raid accompagné d’actions de piraterie ou de « guerre de course ». Le Rouble (et la Russie) aurait donc été la victime de ce type d’action.

 

Il reste à expliquer la force de ce mythe alors que les cas réels de « guerre des monnaies » sont si rares dans la réalité. Il est évident que la nature extrêmement spectaculaire des grandes dépréciations (et appréciations) politiquement voulues des taux de change dans les années 1975-1985 ont marqué les esprits. Mais, ce n’est pas la seule raison. Si l’expression de « guerre des monnaies » est aussi présente alors que la réalité contredit dans la plupart des cas le propos, c’est aussi pour provoquer un sentiment de crainte afin de pousser les opinions publiques à accepter la camisole de force de l’Euro. On invente un danger, largement imaginaire, pour faire oublier une situation dangereuse bien plus réelle. Et, en fait, c’est bien grâce à l’Euro que l’Allemagne a pu mener, de manière discrète, une « guerre des monnaies » à l’encontre des autres pays. Ceci ne devrait pas être oublié.

 

[1] http://russeurope.hypotheses.org/3150 et http://russeurope.hypotheses.org/3185

L'Euro au risque de la chouette

 

30 décembre 2014
Par  

http://russeurope.hypotheses.org/3211  

Ainsi le veut la Constitution : il y aura des élections anticipées en Grèce, qui devraient se tenir le 25 janvier. L’incapacité du Premier-Ministre Samaras à faire élire son candidat à la Présidence de la République (qui se fait en Grèce à une majorité qualifiée de 180 députés au parlement) a sonné l’heure des comptes. Elle vient aussi solder une politique inhumaine imposé par ce même Samaras aux ordres de la « Troïka », soit, rappelons le la Banque Centrale européenne, la Commission Européenne et le FMI. Elle solde de plus une politique des faux-semblants de ce gouvernement aux ordres, qui n’a ni rétabli les finances publiques (une partie des ressources fiscales sont « fictives » car la population n’a plus les moyens de les payer) ni provoqué un retour de la croissance. Il annonçait un « glorieux » 0,7% alors que le pays a connu une récession de près de -25% depuis 2009.

Ces élections sont un cas d’école de l’ingérence toujours plus pesante de l’Union européenne dans la vie démocratique des peuples. Diverses voix autorisées ont déjà menacé les électeurs grecs des pires maux s’ils votaient « mal ». Et, on le sait, SYRIZA, le parti de la gauche radicale, est en tête à ces élections. On a même vu, oh honte faite à tous les français, Pierre Moscovici, qui fut un déplorable ministre des finances se muer en un exécrable représentant de la Commission Européenne et aller à Athènes pour expliquer aux Grecs comment ils devaient voter. Il est vrai que c’est une habitude chez ce triste sire que de mentir sur commande ; il nous en avait donné la preuve déjà en 2012. Le FMI, par ailleurs a immédiatement suspendu son programme d’aide à la Grèce. Que l’on ne vienne plus nous parler de « démocratie » de la part des grandes organisations, soit européennes, soit internationales.

La situation de la Grèce peut se résumer en deux graphiques. Le premier indique l’évolution du PIB, comparé à 2007. L’effondrement du PIB est réellement spectaculaire et implique un appauvrissement d’une grande part de la population.

 

Graphique 1

 A - PIB

Source : Base de données du FMI

 

Mais il y a pire. Si l’on regarde l’investissement, que ce soit calculé en pourcentage du PIB ou calculé en euros constants, on constate un effondrement spectaculaire. En valeur, nous sommes en 2014 à 64% de la valeur des investissements de 1999. Cet effondrement, qui va bien au-delà d’une correction par rapport aux années 2000, marquée par les dépenses liées aux Jeux Olympiques, a plusieurs implications. Tout d’abord une destruction du capital par non-renouvellement, qui va poser un problème redoutable à la Grèce dans les années à venir. Faute d’entretien les infrastructures, qu’elles soient privées ou publiques, vont se dégrader ce qui va entraîner une montée des coûts d’entretien d’ici la fin de la décennie. Par ailleurs, la productivité du travail, non soutenue par un investissement qui fait défaut, va continuer à baisser, rendant plus que problématique le retour à une compétitivité de l’économie grecque. Seule, une baisse des salaires ou une dévaluation permettrait de maintenir les gains de productivité qui ont été payés aux prix fort par la population grecque.

 

Graphique 2

 A - Invest

Source : banse de données du FMI

 

On voit qu’à l’évidence ce n’est pas d’un prolongement de la politique d’austérité meurtrière (ou, l’austérité tue, le taux de mortalité a fortement augmenté en Grèce ces dernières années) dont le pays a besoin. Il lui faut d’urgence une politique de relance par l’engagement massifs de dépenses publiques. Mais, c’est ici que se noue le conflit entre un possible gouvernement de SYRIZA et les autorités de la Troïka. Le programme de SYRIZA, que les sondages donnent actuellement largement en tête, prévoit entre autres les mesures suivantes :

Moratoire sur les dettes des ménages et des petits entrepreneurs aux banques ;

Hausse du salaire minimum ;

Annulation de près des deux tiers de la dette publique considérée comme « injuste ».

Instauration d'une « clause de développement » garantissant que les sommes dépensées pour une relance de l’économie ne seront pas comptabilisées dans le budget.

Recapitalisation des banques (dont la solvabilité est problématique), sans que les sommes en question soient comptabilisées dans la dette publique du pays.

Ce programme est contradictoire avec les règles européennes. Il ne faut pas s’en étonner. Aujourd’hui, 52% des grecs interrogés considèrent qu’ils se sentent plutôt étrangers aux idéaux européens[1]. Dans ce sondage, réalisé par l’institut Gallup International, 52% des personnes interrogées considèrent qu’il serait préférable de retourner à la monnaie nationale (la Drachme) et seulement 32% considèrent qu’il faudrait conserver l’Euro. C’est un point important, et il est clair que les résultats de ce sondage sont intégrés par les diverses forces politiques grecques. Il entrainera une dynamique tant économique que politique mettant à mal les structures européennes qui imposent aux peuples cette politique d’austérité, et en premier lieu, l’Euro. Car, si l’on va à la crise entre la Grèce et les institutions européennes, les taux d’intérêts monteront immédiatement, provoquant une nouvelle crise en Italie. Or, dans ce pays, trois partis, le Movimente Cinque Stelle, Forza Italia et la Ligue du Nord ont pris leur distance, et parfois de très grandes distances, avec le dogme de l’Euro. SYRIZA le sait qui, tenant compte des pressions scandaleuses sur la vie politique grecque par les institutions européennes, ruse avec ce programme. Mais, si Tsypras est élu, fort de la légitimité d’une élection, seule légitimité qui compte et qui soit, il fera entendre sa voix.

Tous les européens qui sont aujourd’hui révoltés à juste titre, tant économiquement que politiquement, par les agissements anti-démocratiques de la Commission et par les politiques d’austérité doivent se réjouir de cette élection. La chouette, animal emblématique d’Athéna, la déesse de la ruse et de la sagesse, doit manger le serpent Euro. Mais ils doivent, en même temps, envoyer un message clair à Tsypras et à SYRIZA : vous devez appliquer votre programme si vous êtes élus. Une trahison de plus serait une trahison de trop. Nous comprenons que vous rusiez jusqu’à l’élection. Mais après, il faudra appliquer votre programme, et tout votre programme. Ce qui se joue en Grèce aura des répercussions dans toute l’Europe, et en France en particulier. Elles peuvent être positives, si la lutte s’engage entre les peuples et les institutions européennes. Elles peuvent être aussi négatives dans le cas d’une nouvelle trahison. Car, ce qui se profile derrière la Grèce, c’est le problème de l’Italie et de l’Espagne. Oui, l’avenir de l’Europe et de la démocratie se jouera à Athènes, ce qui sera hautement symbolique.

 


 

 

 Jacques Sapir 

Ses travaux de chercheur se sont orientés dans trois dimensions, l’étude de l’économie russe et de la transition, l’analyse des crises financières et des recherches théoriques sur les institutions économiques et les interactions entre les comportements individuels. Il a poursuivi ses recherches à partir de 2000 sur les interactions entre les régimes de change, la structuration des systèmes financiers et les instabilités macroéconomiques. Depuis 2007 il s'est impliqué dans l’analyse de la crise financière actuelle, et en particulier dans la crise de la zone Euro.

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Mardi 30 décembre 2014

UNION EUROPÉENNE : Faut-il vraiment l’unanimité des États membres pour CHANGER les traités européens ?

UE-reunion.jpg

Certaines personnes nous ont parfois objecté que l’unanimité des États membres ne serait pas nécessaire pour modifier les traités européens. 

Il suffit pourtant de lire très minutieusement l’article 48 du traité sur l’Union européenne (TUE) pour constater que leur affirmation est fausse. 

En effet, pour les procédures de modification dite « ordinaires », l’alinéa 4 dispose : 

« Une Conférence des représentants des gouvernements des États membres est convoquée par le président du Conseil en vue d’arrêter d’un commun accord les modifications à apporter aux traités. Les modifications entrent en vigueur après avoir été ratifiées par tous les États membres conformément à leurs règles constitutionnelles respectives. » 

Et pour les procédures de modification dite « simplifiées », l’alinéa 6 dispose : 

« Le Conseil européen statue à l’unanimité, après consultation du Parlement européen et de la Commission ainsi que de la Banque centrale européenne dans le cas de modifications institutionnelles dans le domaine monétaire. Cette décision n’entre en vigueur qu’après son approbation par les États membres, conformément à leurs règles constitutionnelles respectives. » 

Ainsi, quelle que soit la procédure considérée, il faut bien obtenir l’unanimité des États membres pour modifier un traité européen, a fortiori si les modifications envisagées sont significatives. C’est une évidente négation de la démocratie et de la souveraineté populaire puisqu’il est interdit à un État membre de dévier de la direction imposée par Bruxelles, même (ou plutôt surtout) si c’est le souhait du peuple de cet État. 

Ainsi, qu’il s’agisse de politique économique, monétaire, sociale, diplomatique ou militaire, l’appartenance à l’UE condamne à appliquer les décisions de Bruxelles et de Washington (la politique de défense de l’UE étant soumise à l’OTAN, dominée par les États-Unis ; à ce sujet, voir cette vidéo). C’est ce que constatent plus ou moins confusément les Français ; qu’ils votent à droite ou à gauche, c’est la même politique qui est appliquée. 

L’article 48 du TUE rend donc impossible tout projet d’ « autre Europe » comme le montre très bien cette autre vidéo. 

source : UPR

UE : Privatisation des publications de recherche un vrai scandale

 

UE services publics interditsAlors qu’il est devenu quasiment impossible pour un jeune chercheur de trouver un emploi stable en France, alors que l’euro-austérité conduit à des coupes sombres dans tous les budgets de la recherche, il est surprenant et même scandaleux de constater que les budgets publics de recherches sont aspirés par les éditeurs privés à comités de lecture.

Dans le même temps, nous apprenons que 200 millions d’euros du aux universités ne leur auraient pas été versés…

En effet, dans le monde neo-libéral fils naturel d’Ubu et d’Huxley, le citoyen français paie trois fois les travaux de recherche :

Une première fois lorsque par ses impôts il finance le salaire des personnels et le matériel du laboratoire de recherche (jusque là c’est normal !).

Puis, une seconde fois lorsque l’organisme de recherche public doit s’abonner (avec les deniers publics si « chers » à M. Juncker !) à une revue privée à comités de lecture ayant pignon sur rue et évidemment privée.

Enfin, une troisième fois quand la communauté scientifique souhaite accéder au contenu des articles publiés…

Si l’on ajoute à cela le fait que les comités de lectures sont constitués pour partie de chercheurs publics travaillant bénévolement on comprend que l’on a affaire à un véritable scandale…

Celui de la privatisation des articles scientifiques, dont la diffusion est verrouillée par des groupes d’éditions privés.

Pourtant, sans échange, sans communication au sein de la communauté de la recherche, il n’est pas d’avancées possibles ! Rappelons que le web fut créé originellement pour permettre et faciliter le libre échange de connaissances scientifiques…
On ne peut que constater que le libre-échange pour les libéraux, c’est permettre la rapine du capital sur toutes les productions humaines, y compris les productions intellectuelles financées par la puissance publique.

Cette économie injuste et accapareuse est d’ailleurs florissante, c’est ainsi qu’alors que le budget de la recherche va être amputé de 400 millions d’euro, l’Etat français s’apprête à payer près de 170 millions d’euro au Néerlandais Elsevier le leader mondial de l’édition scientifique pour pouvoir accéder à des articles que ses propres chercheurs auront produits …. Sic !

Il est d’ailleurs remarquable que dans l’empire de la « concurrence libre et non-faussée », cet abonnement aux revues d’Elsevier se fasse sans appel à concurrence.

Remarquable aussi que les quatre leaders de ce marché (tous anglo saxons) affichent des taux de marges supérieurs à 30%…

Remarquable que ces quatre « éditeurs » publient exclusivement en globbish conduisant à un arrachage linguistique au cœur même de la Recherche française (ce qui ne sera pas pour déplaire à la Fioraso, fidèle servante du rouleau compresseur There.Is.No.Alternative !).

Remarquable que plutôt que de combattre ces entraves à la libre recherche, qui ne sont pas nouvelles, à la diffusion de la connaissance, au contraire sous prétexte de « mesure de la performance » « d’évaluation de la recherche », de « labélisation » des pôles de recherche, les très libéraux ministres Firaso (droite complexée) et Pécresse (droite décomplexée) on renforcé la main mise de ces groupes sur l’édition scientifique d’évaluation individuelle reposant … sur la publication des travaux dans ces revues privés à comité de lecture. Obligeant donc les chercheurs à livrer gratuitement leurs travaux à ces négriers du savoirs. Quant aux financements de l’UE (plaisanterie au moins aussi douteuse pour ne pas dire couteuse)… il repose également sur la labellisation d’équipe projet reposant deviner sur quoi…. le même genre de critère !

Décidément dans l’Empire de Juncker d’Obama et d’Angela, on sait comment ne pas faire payer Apple ou les banques, comment jouer à cache cache au Luxembourg, et comment tirer jusqu’au dernier cent (en euro ou en dollar on dit pareil en globbish) du cochon de payeur qu’est le travailleur.

l’UE vampirise les budgets de la Recherche en France

Il faut également souligner qu’en raison de la complexification des financements des projets de recherches – non plus directement par l’Etat et ses organismes publics tels que le CNR – via les ubuesques subventions européennes, la recherche en France se voit priver de centaines de millions d’euros pourtant payés par le contribuable.

Car sous prétexte d’évaluation des « projets » et des chercheurs, de plus en plus les chercheurs se transforment en chercheur de budget. Dans ces conditions, alors que la France contribue très fortement aux programmes de recherche européens, ses chercheurs reçoivent nettement moins que ce ses travailleurs finance. Dans ces conditions, grâce à l’UE, c’est 600 millions d’euros qui tous les ans échappent à la recherche en France

les financements européens se font donc suivant des dossiers complexes reprenant toute la doxa des critères d’évaluations ultra-libéraux. Perdant leur temps à faire la chasse à des financements. Devant se plier à d’innombrables comité d’évaluation, à multiplier les publications dans ces revues privés à Comité de Lecture -dans les formes c’est à dire ne Globish. En un mot pour complaire à la vision ultra capitaliste de la recherche impulsée par l’Union Européenne du Capital et sa stratégie de Lisbonne, les chercheurs en sont réduis à faire du chiffres et à devoir se transformer en commerciaux. Qui voudra bien mesurer le cout de ces perte de temps? sans compter le fait que cette manière de faire contraint à travailler les sujets à la mode au risque de stériliser le travail de recherche.

Source : http://rue89.nouvelobs.com/2014/11/10/france-prefere-payer-deux-fois-les-articles-chercheurs-255964

Samedi 27 décembre 2014
Corruption au sein des élections grecques : manquait plus que ça !
 

 Stavros Dima

On sait que le gouvernement grec en faveur de la Troïka peine à trouver les 180 voix nécessaires en faveur du candidat Stavros Dimasqui a toutes les faveurs de Junker– pour valider le scrutin anticipé, scrutin qui, répétitons-le, a été voulu par le gouvernement himself et à grandes pompes pour couper l'herbe sous les pieds du principal rival Alexis Tsipras, le leader de SYRIZA.

Le parti SYRIZA, késako ?!

C'est une Coalition de la Gauche radicale-ou Synaspismòs Rhizospastikìs Aristéràs, pour les hellènes- qui veut mettre fin aux politiques d'austérité qui étranglent la Grèce depuis des lustres, mettant le pays au rang du Tiers-Monde. Et comme son nom l'indique, c'est une coalition des différentes Gauches du pays, ce qui est aussi une première au niveau mondial, les égos de chacune ne permettant généralement pas à ces partis de s'unir pour se battre contre leur principal ennemi que sont les partis représentant les capitalosses !

Quels sont les partis de cette coalition qui –admettons-le– a subi malgré tout quelques tensions au début de leur rapprochement en 2004 ?!

Ben, on va trouver le Synaspismòsla Gauche du Renouveau Écologique et Communiste (AKOA)la Gauche ouvrière internationaliste (DEA), le Mouvement de la Gauche unifiée dans l'action (KEDA) et les Citoyens Actifs (mouvement proche de Manòlis Glézos).

Et toute cette petite équipe se retrouve chapeautée par le leader Alexis Tsipras qui n'est pas favorable à la politique instaurée par Bruxelles, soit une politique européenne qui favorise la violation constante des Droits de l'Hommedu Droit Européen on dirait presque un gag si ce n'en est pas un- et qui a fait le lit d'une extrême-droite violentant sans complexe la population locale et étrangère. Quoique les étrangers sont plus mal lotis que les locaux.

Bref, aux Élections européennes de 2014SYRIZA remporte 26,57 % du suffrage universel, ce qui le place au 1er rang des représentants grecques au gouvernement européen.

Antonis Samaras, chef du parti Nouvelle Démocratie Néa Dimofratia– qui ne représente que 22.72 % des députés, qui est aussi le Premier ministre de la péninsule hellénique et un pro-européen émérite, est pressé de trouver un nouveau candidat à la présidence de la République afin d'éviter des élections législatives de février 2015, sauf erreur. Et JC Junker désire revoir des visages familiers pour la nouvelle année, soutenu en cela par le commissaire européen à l'économie Moscou-Vichy (elle n'est pas de moi, mais de Sam) !

Pour ne pas se perdre dans ces moult détails qui seront de toute façon oubliés à la fin de cet article puisque ma mémoire en fait déjà les frais, le deuxième tour aura lieu le 23 décembre 2014 et Stavros Dimas, le pingouin que le tout grand Européen veut voir en tant que président, aura besoin de 200 voix pour être élu alors qu'il n'a obtenu que 160 voix au premier tour. Il lui faudra donc 180 voix au 3ème tour qui aura lieu le 29 décembre 2014. Si tel n'est pas le cas, la Vouli sera dissoute et la, ça sera la Kata !

Donc, Athènes refait ses comptes :

l'actuelle majorité : 155 voix

SYRIZA : 71 voix

le Parti communiste KKE : 12 voix

les souverainistes des Grecs indépendants : 12 voix

Aube dorée : 16 voix, mais ont déjà dit qu'elles ne voteraient point pour Dimas.

Restent des députés indépendants, parmi lesquels des ex-Pasok(Parti socialiste grec) : 24 voix et il semblerait qu'une dizaine d'entre elles seraient prêtes à voter pour Dimas.

Restent encore un petit parti de la Gauche démocratique (Dimar) : 10 voix officiellement opposées à Dimas.

The top du news

C'est donc un marathon que Samaras s'est imposé pour réunir les voix nécessaires à Dimas quand tout-à-coup, Pavlos Hailakis député du parti Grecs Indépendants- jette un pavé dans la marre le 19 décembre 2014 en annonçant publiquement : « On m'a proposé entre 2 et 3 millions d'euros, dont 700'000 € en liquide et divers autres avantages si je vote pour la coalition du président grec ; et cela en deux réunions qui ont été enregistrées pour que je ne passe pas pour un plouc ! ». D'ailleurs, certains documents seraient déjà aux mains de la justice. Pavlos précise que : « C'était un homme d'affaire et non un homme politique qui m'aurait approché et qui m'a encore dit que Samaras me téléphonerait bientôt sous peu pour lui proposer de former un nouveau parti en cours de création ! ».

Conclusion

Une nouvelle qualifiée de « spectacle méprisable » par l'ensemble de la Vouli certes, mais que sont -ce deux ou trois millions d'€ face aux milliards artificiels que la Grèce doit rembourser sur le dos de ses citoyen(ne)s ?

10ème anniversaire de la victoire du NON au Traité Constitutionnel Européen

Il faut sortir de l’euro, de l’union européenne et de l’OTAN. Appel à manifester le 30 mai à Paris

, par  lepcf.fr ,
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10ème anniversaire de la victoire du NON au Traité Constitutionnel Européen 
APPEL A MANIFESTER LE 30 MAI A PARIS 
LE CAPITALISME NE PEUT PAS REPONDRE AUX BESOINS DU PEUPLE ! 
IL FAUT SORTIR DE L’EURO, DE L’UNION EUROPEENNE ET DE l’OTAN 
Pour un front populaire, patriotique et antifasciste, pour la reconquête de la souveraineté nationale

 

La situation politique nationale et internationale est de jour en jour plus inquiétante.Sur la planète, les guerres impérialistes menées par les impérialistes américains et européens qui soutiennent les forces ouvertement fascistes en Ukraine, les crimes colonialistes en Palestine et les terroristes en Syrie, en Irak, en Afrique et provoquent ainsi une logique d’affrontement contre la Chine, la Russie, l’Amérique Latine.En France, offensive patronale stimulée par Valls et Hollande et les surenchères des Sarkozy, Juppé et Fillon contre ce qui reste des conquêtes sociales et des services publics, contre la souveraineté nationale, les communes, l’égalité des droits, la laïcité.PNG - 812.7 koL’« Europe sociale », les « guerres humanitaires », l’« euro au service des peuples » sont des mensonges qui désarment le mouve-ment ouvrier et populaire, les luttes des salariés et détruisent les services publics.Les salariés confrontés à la casse de leur emploi l’ont compris. Par leur lutte ils posent la question d’une autre société. Ainsi les marins de la SNCM s’opposent à
la circulaire sur les travailleurs dé-tachés, les ouvriers de Fralib disent haut et fort que l’entreprise leur appartient, les salariés du commerce, de la SNCF, d’Air France s’opposent à la déréglementation et la libéralisation imposée par cette union du capitalisme européen.Il y a urgence à résister à cette logique de guerre et de régression des salaires, pensions et allocations !Si notre NON a été bafoué les luttes d’aujourd’hui montrent que la partie n’est pas gagnée pour les forces du OUI.Il y a 10 ans, le peuple de France avait bousculé tous les pronostics avec la victoire du NON au traité constitutionnel européen. UMP, PS et UDI ont refusé de respecter ce vote, et veulent nous enfermer dans une fausse alternative : soit le soutien aux politiques pro-européennes, soit l’extrême droite bleu marine et sa face cachée néo-nazie des identitaires et autres amis de Dieudonné et Soral.Notre peuple a la force de refuser de nouveau, de construire pas à pas un Front Populaire Patriotique de résistance à l’austérité, aux guerres coloniales, au racisme, au fascisme, aux délocalisations, aux privatisations, au traité transatlantique.Les participants des Assises du Communisme appellent le peuple de France, les forces patriotiques, syndicales, poli-tiques et associatives, allant au bout de leur démarche de résistance à l’UE, et qui ont fait la victoire du NON à sortir de l’euro, de l’UE, de l’Alliance atlantique pour résister et ouvrir, en sortant du capitalisme, une nouvelle voie de développement.En nous appuyant sur les luttes en cours et celles en devenir, nous proposons aux militants et aux organisations communistes, aux syndicats, aux progressistes et patriotes antiracistes et antifascistes, à tous ceux qui s’opposent à cette guerre de classe européenne et qui ont milité pour la victoire du NON au TCE, de construire ensemble une grande manifestation unitaire le 30 mai 2015 à Paris.Le 9 Mai, dite « journée de l’Europe », est le 70ème anniversaire de la victoire contre le nazisme. Nous appelons à faire cette journée des rassemblements régionaux de mobilisation pour préparer le 30 Mai.C’est la meilleure réponse à la crise de ce gouvernement « de gauche » dont le peuple ne veut plus, pour ne pas laisser la place à cette Marine Le Pen qui non seulement ne combat pas le capitalisme mais amène le pire.Ainsi nous rendrons visible la capacité populaire de résistance et clamerons qu’il faut briser ce carcan des peuples qu’est l’UE pour une perspective progressiste de souveraineté nationale et populaire, de coopération internationale, de progrès social et d’émancipation populaire, dans l’esprit du programme du Conseil National de la Résistance « Les Jours heureux ».Déclaration commune des organisations composant les ASSISES DU COMMUNISME

- Action Communiste
- Collectif POLEX
- Coordination Communiste 59/62
- Cercle Communiste d’Alsace
- Gauche Communiste du PCF
- Pôle de Renaissance Communiste en France
- Réseau Faire Vivre et Renforcer le PCF
- Rouges Vifs Bouches du Rhône
- Rouges Vifs Ile de France
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Angela Merkel et l'UE vous souhaitent un bon Noël

25 Décembre 2014 , Rédigé par Le Mantois et Partout ailleurs Publié dans #politique

Angela Merkel et l'UE vous souhaitent un bon Noël

Mais j'ai aussi reçu cela dans ma cheminée: cadeaux, pour rire, mais pas que.
Angela Merkel et l'UE vous souhaitent un bon Noël
Angela Merkel et l'UE vous souhaitent un bon Noël
Angela Merkel et l'UE vous souhaitent un bon Noël
Angela Merkel et l'UE vous souhaitent un bon Noël
Angela Merkel et l'UE vous souhaitent un bon Noël
Angela Merkel et l'UE vous souhaitent un bon Noël
Angela Merkel et l'UE vous souhaitent un bon Noël
Angela Merkel et l'UE vous souhaitent un bon Noël
Angela Merkel et l'UE vous souhaitent un bon Noël
Angela Merkel et l'UE vous souhaitent un bon Noël
Angela Merkel et l'UE vous souhaitent un bon Noël
Angela Merkel et l'UE vous souhaitent un bon Noël
Angela Merkel et l'UE vous souhaitent un bon Noël
Angela Merkel et l'UE vous souhaitent un bon Noël
Angela Merkel et l'UE vous souhaitent un bon Noël

Vendredi 26 décembre 2014

Le traité transatlantique (TAFTA) = BAISSE DES SALAIRES en EUROPE ?

TAFTA-l-accord-du-plus-fort

En uniformisant les normes entre les deux continents, le futur traité transatlantique rendra la dévaluation du dollar encore plus efficace pour l'économie américaine, au détriment de l'Europe. par Frédéric Farah et Thomas Porcher, économistes, auteurs de TAFTA : l'accord du plus fort (éd. Max Milo). 

Les négociations transatlantiques en cours négligent une question centrale : celle des rapports entre le dollar et l'euro. Alors que l'Europe reste obsédée par le lien entre politique monétaire et inflation, les États-Unis utilisent le dollar comme une arme pour subventionner leurs exportations. Face aux fluctuations du dollar, la BCE a plus réagi qu'agi. L'appréciation de plus de 50% de l'euro de 2001 à 2008, a entraîné peu de réactions de sa part, et cette progression a été l'un des éléments de la mise à mal des industries européennes et particulièrement françaises. Le traité transatlantique risque d'amplifier les effets des dévaluations monétaires. En uniformisant les normes entre les deux continents, la dévaluation du dollar sera encore plus efficace pour l'économie américaine au détriment de l'Europe. Le risque est que les États européens, pour rester compétitifs, pratiquent des dévaluations internes.

États-Unis vs Europe : pragmatisme contre dogme 

Alors que l'Europe a imposé des dogmes rigides (équilibre budgétaire, lutte contre l'inflation) qui la privent de leviers de politique économique dont tout le monde se sert, les États-Unis ont un recours bien plus pragmatique à la politique monétaire et budgétaire quand il s'agit de dynamiser leur croissance économique. Concernant la politique monétaire, les Américains ont bien compris qu'une dévaluation de leur monnaie améliore d'une part la compétitivité de leurs exportations mais rend également les importations venues d'Europe plus chères ce qui, inversement, augmente la compétitivité de leurs produits intérieurs. Ce mécanisme fonctionne d'autant plus que les États-Unis et l'Europe font du commerce intra-branche c'est-à-dire du commerce de biens identiques donc substituables.

La France aurait besoin d'un euro plus faible, pas l'Allemagne 

Alors pourquoi les Européens ne font pas de même en dévaluant l'euro ? Le problème vient de l'hétérogénéité économique des pays européens. Le haut niveau de l'euro désavantage certains pays mais profite à d'autres notamment l'Allemagne qui se place sur le haut de gamme. Au final, des études montrent que la France aurait besoin d'un euro à 1,10  dollar, l'Allemagne a 1,30 dollar et la Grèce à moins d'1 dollar. Les rapports de forces existant également à l'intérieur de l'Europe, il en a résulté un euro qui s'est apprécié de plus de 50 % depuis 2001. 

L'uniformisation des normes augmente les effets des dévaluations monétaires 

Le traité transatlantique, s'il est ratifié, rendrait les dévaluations monétaires encore plus efficaces qu'aujourd'hui, et pourrait représenter un véritable choc de concurrence pour les industries européennes. Car, actuellement, certains secteurs sont protégés par des normes différentes qui sont quasiment les seuls obstacles au commerce entre les États-Unis et l'Europe. En uniformisant ces normes, la substituabilité des biens européens et américains va augmenter et, de surcroît, va entraîner une mise en concurrence plus directe des entreprises des deux continents. Mais cette concurrence pourrait être encore plus forte si les États-Unis décidaient au nom de leurs intérêts économiques de se livrer à des manipulations monétaires pour accroître leur compétitivité. Dans ces conditions, le commerce ne pourra qu'être en faveur des États-Unis et comme la majorité des échanges sont intra-européens, les exportations américaines pourraient même se substituer à celles de certains pays européens entraînant des pertes de débouchés pour ces industries et, in fine, des possibles fermetures.

Pour compenser cette perte de compétitivité due à une dévaluation du dollar et en l'absence d'une politique monétaire européenne plus pragmatique, les États européens ne pourront qu'agir (in)directement sur les prix des produits via une dévaluation interne c'est-à-dire une baisse des coûts de production par la compression des salaires et l'hyper-flexibilisation du marché du travail.

 

source : LA TRIBUNE

Mercredi 24 décembre 2014

La cyberguerre entre Européens

Le Point.fr

"Operation Socialist" :

la cyberguerre entre Européens

Le Point - Publié le 16/12/2014 

Londres a piraté pour Washington les données de Belgacom, opérateur des institutions européennes, au risque de saborder le réseau.

Un véritable acte de guerre.

Le drapeau britannique. Photo d'illustration.Le drapeau britannique. Photo d'illustration. © Ian Nolan / Sipa

Si vous pensez que l'Europe est une union, vous vous trompez.

Londres l'a prouvé en piratant et en mettant en péril le principal opérateur télécom de Belgique,Belgacom, qui gère les télécommunications de l'Union européenne.

Selon l'enquête publiée samedi conjointement par De Standaard (Belgique), NRC Handelsblad (Pays-Bas) et The Intercept (média américain proche du lanceur d'alerte Edward Snowden), les services secrets britanniques ont non seulement mis sur écoute les télécommunications de l'Union européenne, mais ils ont aussi agi de façon très agressive, menaçant la stabilité des infrastructures réseau du continent européen.

"Il s'agit de la première cyberattaque documentée d'un État européen contre un autre État européen", confie Edward Snowden à The Intercept. Et ce n'est pas une petite guéguerre entre amis : l'ampleur de cette opération clandestine, semble-t-il soutenue par Washington, en fait un véritable acte de guerre. Si la Grande-Bretagne était déjà perçue comme le cheval de Troie américain dans l'UE, elle pourrait désormais être perçue comme son bras armé dans une guerre de l'information... contre l'Europe.

Nommé Operation Socialist, le piratage a été lancé dès 2008 par le Government Communications Headquarters (GCHQ) britannique et demeure le plus massif à ce jour contre les institutions de l'UE et les gouvernements de ses États membres. En comparaison, le piratage par les États-Unis et Israël des centrifugeuses du programme nucléaire iranien avec le ver Stuxnet fait pâle figure, tant par le nombre de machines infectées que par la complexité du code, jusqu'alors référence du genre.

Des employés ciblés

Face au chiffrement des communications, les espions britanniques ont déployé Regin, un logiciel malveillant extraordinairement perfectionné. Cette arme de cyberguerre, la plus évoluée jamais découverte, semble avoir été développée avec l'aide de la toute-puissante agence nationale de sécurité américaine (NSA), le plus gros employeur mondial d'experts informatiques.

Grâce aux données de navigation issues de Google, Facebook, LinkedIn ou encore Yahoo, les espions ont identifié des ingénieurs et des administrateurs système de Belgacom, et ont infecté leurs machines.

Début 2011, selon les documents dévoilés par les trois médias, les services secrets canadiens sont venus en renfort pour affiner le système de détection de ces cibles primaires. On retrouve là encore un fidèle allié de Washington, l'un des "Cinq Yeux" de la NSA. Grâce à ces "patients zéro", le GCHQ a pu diffuser son code malveillant depuis l'intérieur-même des cyberdéfenses deBelgacom. 

Puisqu'il se comporte comme un logiciel authentique de Microsoft, le code est resté invisible pendant des années, avant d'être mis au jour en 2013 et identifié en 2014 comme une "oeuvre" américano-britannique, aussi détectée en Russie, au Mexique, en Arabie saoudite, en Irlande, ou encore en Iran.

Pendant des années, Regin a volé et transmis à ses maîtres toutes les télécommunications sensibles des institutions européennes (Commission et Parlement) et des délégations gouvernementales des États-membres, alors même que des négociations commerciales stratégiques avaient lieu entre l'UE et les États-Unis pour - entre autres - la signature d'un traité transatlantique de libre-échange. Appels téléphoniques, messages, documents : tout ce qui se disait à Bruxelles ou avec Bruxelles a été espionné. Regin se servait à la source, directement sur les ordinateurs ciblés, avant même que les informations ne soient chiffrées pour transiter sur Internet. 

Regin "aurait pu rester actif encore plusieurs années"

Même les routeurs, la partie la plus protégée du réseau de Belgacom, ont été infectés. "Les documents secrets du GCHQ (publiés eux aussi samedi, ndlr) montrent que l'agence a pu accéder aux données privées des clients de l'opérateur, qu'elles aient été chiffrées ou non", assure The Intercept. Ultime humiliation pour les ingénieurs réseau de l'opérateur : ce sont les services secrets britanniques qui, se sachant découverts, ont effacé une grande partie de leur code malveillant. Il faut dire que l'opérateur belge a pris son temps, et a même fait preuve de mauvaise volonté : il a par exemple refusé l'accès aux routeurs infectés à ses consultants en sécurité, préférant les confier... au fabricant américain Cisco !

Pire, "certaines parties du code n'ont jamais été totalement nettoyées" malgré les "millions de dollars" investis par Belgacom pour résoudre le problème, précise le site américain qui cite des sources internes chez les "nettoyeurs".

Ces mêmes sources estiment que si le serveur de messagerie de Belgacom n'avait pas eu un dysfonctionnement imprévu qui a éveillé les soupçons, Regin "aurait pu rester actif encore plusieurs années". 

En plus de l'outrage sur le fond, il est clair que l'infection d'un opérateur d'importance vitale (OIV) est un acte particulièrement irresponsable de la part d'un allié. Il met en péril le principal opérateur de Belgique et menace la stabilité des télécommunications non seulement dans le pays, mais aussi sur tout le continent européen.

Selon The Intercept, Regin désactivait par exemple les mises à jour automatiques des serveurs de Belgacom afin d'éviter d'être évincé par un correctif de sécurité. Résultat : les serveurs de Belgacom étaient d'autant plus vulnérables, en Belgique et ailleurs. Pourtant, il y a très peu de chances que la Grande-Bretagne soit sanctionnée, malgré les demandes de la députée européenne Sophia in 't Veld, qui a dirigé l'enquête parlementaire sur les révélations d'Edward Snowden.

La Grande-Bretagne doit selon elle être poursuivie "pour avoir violé la loi, bafoué les droits fondamentaux et érodé nos systèmes démocratiques".

Mais l'UE refuse d'ouvrir les yeux sur ces pratiques guerrières entre États membres.

 © The Intercept

Mardi 23 décembre 2014

L’UE au Kosovo : Faites ce que je dis…mais ne faites pas ce que je fais !

INVESTIG'ACTION

 L’UE au Kosovo : 

Faites ce que je dis…

Georges Bergheza

…mais ne faites pas ce que je fais :

 

Telle pourrait être la leçon à tirer des frasques de la mission « Etat de droit » EULEX au Kosovo, chargée d’enseigner aux indépendantistes kosovars les bonnes manières dans le domaine de la lutte contre la corruption, la criminalité et l’impunité, notamment en supervisant étroitement leur police et leur appareil judiciaire.

Carte : l'Europe du Sud-Est et les Balkans en 2003

 

L’affaire a commencé fin octobre quand le quotidien albanophone de Pristina, Koha Ditore, a publié des dossiers en provenance d’EULEX, indiquant des rapports étroits entre des responsables de la mission de l’Union européenne et les milieux mafieux et politiques kosovars, ainsi que des lettres de la procureure britannique, qui venait d’être suspendue de ses fonctions, accusant un juge d’EULEX d’avoir reçu un pot-de-vin pour classer un dossier criminel, la procureure en chef d’EULEX de l’avoir couvert et un autre procureur d’avoir bloqué une enquête interne à ce sujet.

Ainsi, le juge italien, Francesco Florit, aurait reçu 300 000 euros pour faire acquitter trois tueurs locaux, par ailleurs policiers d’une unité spéciale. N’ayant réussi à n’en libérer qu’un seul, les familles des deux autres malfrats se sont senties grugées par le juge, maintenant replié en Italie, et ont elles aussi raconté leurs déboires aux médias de Pristina.

Tout en démentant avoir transmis ces documents à Koha Ditore – prétexte avancé pour sa suspension –, la procureure britannique, Maria Bamieh, en a confirmé l’authenticité. En plus, elle a affirmé avoir été victime de harcèlement continu depuis qu’elle enquêtait sur les pratiques de certains membres d’EULEX et que ses enquêtes avaient été ignorées par la hiérarchie de l’UE, y compris le Service d’action extérieur (SAE) dont dépend EULEX, alors dirigé par Catherine Ashton. Elle a également déclaré avoir été freinée dans d’autres enquêtes, notamment sur des privatisations frauduleuses d’entreprises, dès que les noms de personnalités kosovares devenaient trop voyants.

La presse serbe, qui considère avec méfiance cette mission chargée d’accompagner le Kosovo vers l’indépendance, soupçonne que d’autres affaires de corruption pourraient expliquer le maintien sous les verrous du leader politique du Nord-Kosovo, Oliver Ivanovic, accusé de crimes de guerre en dépit de preuves l’en disculpant, preuves qui auraient été falsifiées par EULEX.

De même, les acquittements dont bénéficient quasi-systématiquement les anciens leaders de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), contrôlant aujourd’hui l’essentiel des institutions du Kosovo, lors de plusieurs procès pour crimes de guerre, crimes de droit commun ou affaires de corruption, pourraient ne pas s’expliquer uniquement par l’élimination ou l’intimidation des témoins, mais aussi par des versements aux procureurs et juges d’EULEX, qui détiennent la haute main sur ces procès.

Le quotidien de Belgrade, Politika, considère que ces derniers, au lieu d’apporter les normes légales de leurs pays au Kosovo, « se sont adaptés aux coutumes locales ».

Côté EULEX, si on dément avoir menacé de trainer Bamieh et Koha Ditore devant les tribunaux s’ils rendaient publiques ces affaires, comme ceux-ci l’affirment (1), on se limite à déclarer qu’une enquête interne « est en cours » depuis 2013 à propos des accusations de la procureure, une enquête qualifiée de « mensonge » et de « farce complète » par cette dernière. Quant au juge Florit, il clame son innocence et affirme avoir été blanchi par cette enquête – qui serait donc achevée.

Enquêtes en cascade

Telle semble être la stratégie suivie par l’UE pour étouffer l’affaire : enquêter… Au début novembre, pressée par des députés européens, la toute nouvelle « Haute représentante » du SAE, Federica Mogherini, a annoncé l’ouverture d’une enquête « indépendante » sur les accusations de Bamieh. Deux semaines plus tard, le médiateur de l’UE, Emily O’Reilly, ouvrait sa propre enquête. Entre-temps, les justices kosovare et italienne auraient décidé d’entamer leurs propres investigations. Rien de mieux pour créer la confusion et noyer le poisson dans les eaux nauséabondes de l’establishment euro-politico-mafieux du Kosovo.

De l’avis de plusieurs observateurs, le Tribunal sur les crimes de l’UCK, décidé par le Conseil de sécurité de l’ONU en juillet dernier, pourrait faire les frais de la profonde crise qui secoue EULEX. En effet, celle-ci a été chargée de mettre en place, hors du Kosovo, ce tribunal, créé sur recommandation d’une autre enquête, portant sur les allégations du rapport du sénateur suisse Dick Marty au Conseil de l’Europe (2010) (2), concernant des trafics d’organes de prisonniers, notamment serbes, pendant ou peu après la « guerre du Kosovo ».

Selon Marty, les organisateurs de ce trafic seraient certains des principaux dirigeants politiques actuels de l’entité, dont le Premier ministre sortant, Hashim Thaci.

Avec une crédibilité morale et politique aussi entamée, on peut douter qu’EULEX ose affronter les encore nombreux sympathisants et vétérans de l’UCK qui ne manqueraient de se mobiliser si leur chef était mis en accusation.

À nouveau, l’impunité devrait être assurée pour les ex-dirigeants de l’UCK, en échange de la prolongation du statut de protectorat attribué à ce petit territoire pseudo-indépendant, gangrené par le crime, la corruption et le nettoyage ethnique. Au grand dam des victimes, majoritairement serbes et non-albanaises, envoyées aux oubliettes de l’histoire au nom d’une illusoire stabilité des Balkans.

Notes :

(1) Bamieh affirme avoir même reçu des menaces – voilées – de mort de la part d’EULEX.

(2) Le rapport est disponible sur le site du Conseil de l’Europe : 

http://assembly.coe.int/ASP/APFeatu....

 

Ce texte sera publié dans Le Drapeau Rouge, journal du Parti communiste, dans son numéro 48, à paraître au début janvier 2015.

commerzbank.jpgAprès la BNP, la banque allemande Commerzbank paiera 1 milliard de $ aux Etats-unis pour avoir commercé avec Cuba

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

La normalisation des relations entre Etats-unis et Cuba est encore loin d'avoir une traduction sur le plan économique. L'embargo, qui pèse sur le développement de l'île, est bien vivace, il se matérialise dans la série d'amendes qu'impose les USA aux banques européennes.

Après la français BNP Paribas, au tour de l'allemande Commerzbank. Le gouvernement américain frappe les géants bancaires européens, alliés géopolitiques mais concurrents économiques, d'amendes se chiffrant en milliards de $.

Commerzbank est la deuxième banque allemande – dont le premier actionnaire reste l’État allemand – elle fait partie des 20 principales institutions bancaires d'Europe.

C'est la banque allemande du commerce international, bien implantée en Europe de l'est, en Russie, en Chine, où elle devient un concurrent des banques américaines et un partenaire des banques et entreprises locales, avec lesquelles les Etats-unis voient les rivalités géopolitiques s'exacerber.

Selon le Wall Street Journal, Commerzbank est prêt à payer la somme de 1 milliard de $ au gouvernement américain pour avoir mené des transactions commerciales entre autres avec Cuba, en violation des sanctions imposées par les Etats-unis

Le Financial Times souligne que l'institution financière allemande avait convenu de payer 650 millions de $ en septembre 2014, avant de devoir ré-évaluer à la hausse l'amende sous pression américaine.

Le New York Times rappelait que le Département du Trésor américain avait d'abord estimé l'amende à 500 millions de $, le 9 juillet dernier, pour transactions illégales entre ses filiales américaines et des partenaires à Cuba, en Corée du nord, en Iran, ou au Soudan.

Le Département de la Justice américain, le Bureau du procureur du district de Manhattan et le Super-intendant aux services financiers de New-York ont lancé l'enquête en 2008, visant en particulier les liens avec des entreprises iraniennes, au beau milieu de la querelle sur le programme nucléaire iranien.

On est loin de l'amende record infligée à la BNP-Paribas, de 9 milliard de $, en juillet dernier. Mais la logique est la même : continuer le siège économique de Cuba, et surtout l'utiliser comme prétexte dans une guerre économique pour engranger des profits commerciaux maximum. De la rapine pure.

Le gouvernement américain ne compte pas s'arrêter là. Il a lancé des enquêtes contre l'allemande Deutsch Bank, les françaises Crédit Agricole et Société Générale, enfin l'italienne UniCredit. Avec la BNP Paribas, ce sont cinq des dix plus grandes banques européennes.

Des mesures en totale contradiction avec la volonté de l'immense majorité des nations du globe. Le 28 octobre, pour la 23 ème année d'affilée, l'Assemblée générale de l'ONU condamnait le blocus américain contre Cuba et demandait son levée, à 188 voix contre 2, celles des USA et d'Israel.

Moins d'une semaine après les annonces-choc du président Obama, cette nouvelle a de quoi confirmer la réception prudente de la dite normalisation des relations Etats-unis/Cuba. La guerre économique est toujours en vigueur contre Cuba.

Union Européenne : la dérive fascisante

Ne soyons pas alarmistes mais lucides.

Récemment, les États-Unis, le Canada et l’Ukraine, ont voté contre une résolution de l’ONU condamnant la glorification du nazisme. Les membres de l’Union européenne se sont abstenus.

La passivité de l’Union européenne face aux nazis, aux cryptos nazis et aux sympathisants nazis quand ils tiennent le haut du pavé ne doit pas surprendre. Un tropisme d’extrême droite s’est installé sur un vieux continent dont on aurait pu penser qu’il était vacciné contre la barbarie fasciste. Parmi les signes qui ne trompent pas, la création d’une force d’intervention militarisée de 3 000 hommes destinée à réprimer brutalement toute contestation populaire ne laisse pas d’inquiéter dans un ensemble qui compte des dizaines de millions de chômeurs et de pauvres.

Le rapport de forces mondial est malheureusement très clair. En mai 2013, la banque JPMorgan Chase – qui, comme Warren Buffet, sait qui a gagné la guerre des classes – pouvait se permettre dedemander l’abrogation des constitutions démocratiques établies en Europe après 1945. La banque enjoignait l’Europe d’éradiquer les droits sociaux, les droits des travailleurs, leur liberté d’expression en particulier.

La « mondialisation libérale », c’est aussi cela. Supprimer l’expression démocratique pour que les grandes banques, les fonds d’investissements puissent spéculer et engranger. L’austérité n’est pas une fatalité ou une douloureuse nécessité mais une arme pour faire taire les oppositions à l’hyperbourgeoisie.

Pour que l’ordre règne, pour que le capitalisme puisse mener sa guerre en paix, l’Union européenne s’est donc dotée d’une force d’intervention militarisée de 3 000 hommes, une gendarmerie européenne plus connue sous le nom de EuroGendFor. Elle est basée en Italie, à Vicence. Sa langue de travail est la langue des Parties mais, dans les faits, le Wall Street English.

On ne pourra pas éternellement jouer à faire revoter les peuples qui ont mal voté ou à contourner des référendums par des voies législatives honteuses. La démocratie formelle étant régulièrement bafouée, les expressions populaires seront de plus en plus radicales, violentes, désespérées. D’où la nécessité de prévoir des moyens de répressions coordonnés, européens quoi !

En 1935, Georgi Dimitrov définissait le fascisme comme la dictature terroriste ouverte de la frange la plus réactionnaire de la bourgeoisie impérialiste monopoliste. Il distinguait le fascisme de la dictature réactionnaire classique, l’élément discriminant étant le modernisme et le caractère de masse. On verra plus tard Franco désarchaïser l’économie espagnole avec les technocrates de l’Opus Dei, et surtout Pinochet être le premier expérimentateur des idées de Hayek et de Friedman. En tout état de cause, pour la bourgeoisie, le fascisme est le moyen le plus sûr de spolier les travailleurs, ce que mes concitoyens héninois finiront peut-être par comprendre.

Selon ses statuts, l’EuroGendFor, seule ou conjointement avec d’autres forces répressives, doit être capable d’effectuer toutes les missions de police durant toutes les phases d’une opération de gestion de crise. L’EuroGendFor peut être subordonnée à des autorités civiles ou militaires. Il est fait appel à elle pour des missions de sécurité et d’ordre public ;
 pour surveiller, conseiller, encadrer et superviser les polices locales dans leur travail quotidien ;
 pour surveiller l’espace public, régler la circulation, contrôler les frontières et effectuer des missions générales de renseignement ;
 pour effectuer des enquêtes criminelles, notamment découvrir des délits, retrouver les délinquants et les livrer aux autorités judiciaires compétentes ;
 pour protéger les personnes et les biens et maintenir l’ordre en cas de troubles publics.

Comme le jour viendra sûrement où les Grecs en auront assez de s’entendre dire par les Allemands qu’ils prennent trop de vacances, où les Français seront lassés d’entendre ces mêmes Allemands critiquer leurs services publics « pléthoriques » ou d’entendre les Britanniques leur reprocher leur code du travail trop rigide, une saine colère risque d’exploser. D’où la nécessité de déployer cette force européenne, pensée par l’ancienne ministre de la Défense Alliot-Marie après les batailles de rue dans les « quartiers » en 2005.

L’EuroGendFor cumule les fonctions de police, police judiciaire, gendarmerie (armée) et services secrets. Dans son langage, réprimer des révoltes se dit garantir la « sécurité en territoires de crise européens ». Plus cette police européenne sera nombreuse et compétente moins les États auront à utiliser leurs propres forces de répression.

C’est le Traité de Velsen (septembre 2012) qui règle les interventions d’EuroGendFor. Un « conseil de guerre », sous forme de comité interministériel composé des ministres de la Défense et de la Sécurité des pays membres de l’UE participants, décide de la stratégie d’intervention. La troupe peut être mise en marche soit sur demande, soit après décision de l’UE.

« EuroGendFor » est une troupe policière paramilitaire et des services secrets. Ne peuvent rejoindre EuroGendFor que les États disposant d’une police à statut militaire (la grande majorité des pays européens, donc). Elle unit tous les pouvoirs et moyens militaires, policiers et de services secrets qu’elle peut exercer en collaboration avec des troupes nationales de police et d’armée, après être mandatée par une cellule de crise interministériel dans chaque lieu pour la lutte contre des troubles, contre des révoltes et contre de grandes manifestations. Le ministère fédéral de la Défense a salué l’EuroGendFor en ces termes : « Police ou Armée : Une gendarmerie européenne promet la solution. »

De même que l’armée française affiche des slogans particulièrement creux (« Devenez vous-même », « Pour moi, pour les autres, s’engager »), que l’armée britannique met l’accent sur la formation des esprits (« Mind the gap »), la devise de la gendarmerie européenne est très rassérénante : « Lex Paciferat » (la loi apportera la paix). Cela dit, même si ses soldats doivent respecter le droit en vigueur de l’Etat dans lequel ils interviennent, tous les bâtiments et tous les terrains pris par les troupes sont exterritorialisés et ne sont plus accessibles, y compris pour les autorités nationales. Mais, pour les responsables européens, ne pas devoir utiliser leurs propres forces de répression sera un atout, d’autant qu’on imagine mal les « eurogendarmes » retourner leurs fusils contre leurs supérieurs.

La création de cette gendarmerie européenne sans état d’âme peut être replacée dans le contexte plus général du mercenariat. On peut se dire que, quand les Romains ont utilisé de plus en plus de mercenaires, ce fut le commencement de la fin de l’Empire …

PS : Les pays membres fondateurs de ce corps furent la France (Gendarmerie nationale), 
l’Espagne (Guardia Civil), le
 Portugal (Guarda Nacional Republicana), l’Italie (Carabinieri), les
Pays-Bas (La Marechaussee royale – Koninklijke Marechaussee). La Roumanie a rejoint cette force d’intervention (Jandarmeria Romana). Sont partenaires : la Pologne (Gendarmerie militaire – Żandarmeria Wojskowa) et la Lituanie (Viesojo Saugumo Tarnyba). La Turquie a un statut d’observateur (Jandarma).

URL de cet article 27577 
L’essor de l’impérialisme allemand et la pseudo « menace russe »

Le principal argument idéologique nazi, qui assura au parti une aide financière et politique massive de la part des plus importants industriels allemands, fut la menace communiste et soviétique. Le principal effort militaire nazi, absorbant les deux tiers de ses meilleures troupes, s’exerça vers l’Est pour la conquête et la destruction de la Russie. La « menace russe » servit à justifier la conquête et l’occupation par l’Allemagne nazie de l’Ukraine, des Balkans, de l’Europe de l’Est et des États baltes, avec l’aide d’une confortable proportion de collaborateurs nazis locaux.

"La menace russe : une carte dessinée de l’Europe". Caricature anglaise de 1877 montrant la Russie comme une pieuvre monstrueuse dévorant les terres voisines, en particulier l’Empire ottoman. (Wikipédia)« La menace russe : une carte dessinée de l’Europe ». Caricature anglaise de 1877 montrant la Russie comme une pieuvre monstrueuse dévorant les terres voisines, en particulier l’Empire ottoman. (Wikipédia)

Après la défaite, la division et le désarmement de l’Allemagne, et avec le développement de la puissance soviétique, les États-Unis remirent en place les industriels, les géants de la banque, les fonctionnaires et les agents de renseignements du pouvoir nazi. Ils furent en premier lieu utilisés à la reconstruction de l’économie nationale et à la consolidation du pouvoir politique en collaboration avec les forces occupantes de l’armée des États-Unis.

Vers la fin des années soixante, l’Allemagne, ayant retrouvé sa supériorité économique, se retrouva en ligne de front pour l’intégration européenne, en association avec la France et l’Angleterre. Elle parvint rapidement à dominer les institutions de contrôle du modelage de l’Union européenne (UE). L’UE servit alors à l’Allemagne d’instrument de conquête furtive. Année après année, grâce à des « aides » et des prêts à taux réduit, l’UE facilita la pénétration capitaliste des marchés par l’Allemagne et son expansion financière, partout en Europe du Sud et en Europe centrale. L’Allemagne imposa son agenda à l’Europe occidentale, installant sa domination économique tout en bénéficiant de la subversion US et de l’encerclement de l’Europe de l’Est, de la Russie, des États baltes et des Balkans.
Le Pas Décisif de l’Allemagne : l’annexion de l’Allemagne de l’Est et l’effondrement de l’URSS

Cette explosion de puissance de l’Allemagne à une échelle mondiale n’aurait jamais pu se produire sans l’annexion de l’Allemagne de l’Est.

Au-delà des prétentions ouest-allemandes de solidarité et de « secours » à l’Est, il n’en reste pas moins que le régime de Bonn s’est assuré le concours de plusieurs millions d’ingénieurs, ouvriers et techniciens compétents, la prise de contrôle d’usines et de fermes productives, et, plus important encore, l’accès aux marchés est-européens et russe pour ses produits industriels, en volume de milliards de dollars.

L’Allemagne, partenaire influent de l’UE, devint la puissance expansionniste la plus dynamique d’Europe, et ce particulièrement dans les économies du défunt Pacte de Varsovie. L’annexion de l’Allemagne de l’Est et le renversement des gouvernements communistes de l’Est permirent aux capitalistes allemands d’imposer leur domination sur les marchés de l’ancien bloc de l’Est.

De par leur position de partenaire principal en affaires, ils purent prendre le contrôle d’importantes entreprises industrielles par le biais de privatisations douteuses décrétées par les régimes clients pro-capitalistes nouvellement mis en place. Au fur et à mesure que la République tchèque, la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et les États baltes « privatisaient » et « dénationalisaient » des secteurs stratégiques de leur économie, ainsi que leur commerce, leurs médias et leur protection sociale, la « réunification » de l’Allemagne pouvait avancer d’un bon pas.

Au fur et à mesure que la Russie tombait dans les mains de gangsters, de nouveaux oligarques et de politiciens vassaux des capitalistes occidentaux, la totalité de son infrastructure industrielle se trouva détruite, et la Russie se vit transformée en une immense zone d’exportation de matières premières. L’Allemagne transforma sa relation commerciale d’égal à égal avec la Russie en un modèle colonial : elle exportait des produits industriels à haute valeur ajoutée, et importait de la Russie du gaz, du pétrole et des matières premières.

La puissance allemande se développa de manière exponentielle avec l’annexion de l’autre Allemagne, la restauration du capitalisme en Europe de l’Est, et la montée de régimes clients ardemment désireux de se soumettre à une Union européenne dominée par l’Allemagne, et au commandement militaire de l’Otan dirigé par les États-Unis.

L’expansion politico-économique allemande par le biais de « soulèvements populaires » contrôlés par des clients politiques locaux, fut bientôt accompagnée par une offensive militaire menée par les États-Unis – avec le déclencheur de mouvements séparatistes locaux. L’Allemagne intervint en Yougoslavie, aidant et aiguillonnant les séparatistes en Slovénie et en Croatie. Elle apporta son concours au bombardement de la Serbie par l’US-Otan et à la soi-disant Armée de Libération du Kosovo (KLA), organisation d’extrême droite impliquée dans la guerre terroriste du Kosovo. Belgrade fut vaincue, et le changement de régime installa un régime client néo-libéral. Les États-Unis construisirent la plus grande base militaire d’Europe au Kosovo. Le Monténégro et la Macédoine devinrent des États satellites de l’UE.

Avec l’expansion de l’Otan et le renforcement de la présence militaire US jusqu’aux frontières de la Russie, l’Allemagne devint la puissance économique prédominante du continent.

L’Allemagne et le Nouvel Ordre Mondial

En même temps que les président Bush et Clinton se faisaient les hérauts du « nouvel ordre mondial » fondé sur une suprématie militaire unipolaire, l’Allemagne faisait progresser son nouvel ordre impérial en utilisant ses moyens de pression économiques et politiques.

Les deux foyers de puissance, Allemagne et États-Unis, partageaient l’objectif d’intégrer rapidement les nouveaux régimes capitalistes dans leurs organisations régionales, l’Union européenne et l’Otan, et d’étendre leur sphère d’influence globale. Étant donné les origines réactionnaires et la trajectoire de vassalisation des régimes de l’Est, des États baltes et des Balkans, et la crainte politique d’une réaction populaire face à la diminution de l’emploi, de la protection sociale, et de l’indépendance provoquée par la mise en place de brutales mesures de choc néo-libérales, les dirigeants vassaux posèrent immédiatement leur candidature comme membres subordonnés de l’Otan et de l’UE, troquant leur souveraineté, leur marché et leurs moyens de production contre une « aide » économique et le « libre marché du travail », soupape de sécurité face aux millions de chômeurs. Le capital allemand et britannique récolta des millions de travailleurs à bas salaire, et un accès illimité aux marchés et aux ressources. Les États-Unis sécurisèrent les bases militaires de l’Otan, et recrutèrent des forces militaires pour leurs guerres impériales du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud.

Les fondements de la domination économique et militaire Germano-US de l’Europe étaient le maintien de la Russie comme État faible et quasi-vassal, et l’expansion économique continue de leurs économies après le pillage initial des économies ex-soviétiques.

Une suprématie militaire incontestée sur toute l’Europe était pour les États-Unis le tremplin pour la prochaine expansion impériale au Moyen-Orient, en Asie du Sud, en Afrique et en Amérique latine. L’Otan, internationalisée, devint une alliance militaire d’offensive globale : d’abord en Somalie, en Afghanistan, puis en Iraq, en Libye, en Syrie, et en Ukraine.
La montée de la Russie, la Résistance islamique, et la Nouvelle Guerre Froide

Pendant la « décennie de l’infamie » (1991-2000), les mesures extrêmes de privatisation imposées par les dirigeants vassaux en Russie pour le compte des investisseurs UE et US et des oligarques gangsters eurent comme résultat l’immense pillage de toute l’économie, des finances publiques et du patrimoine national. Cette image et réalité d’un État vassal géant prostré, incapable de poursuivre une politique étrangère indépendante, incapable de produire l’apparence minimale d’une économie moderne en état de fonctionnement, ncapable de maintenir la loi et l’ordre, devint la vision définissant la Russie pour l’UE et les États-Unis. La Russie postcommuniste, un État raté selon tous les standards, était surnommée « démocratie libérale » par chaque politicien capitaliste occidental, et c’est ce qui fut répandu par les larbins des médias alignés.

L’ascension fortuite de Vladimir Poutine et le remplacement progressif des « vendus » les plus extrêmes parmi les fonctionnaires néolibéraux, et, ce qui est plus important, la reconstruction de l’État russe avec un budget adapté et des institutions nationales fonctionnelles, fut immédiatement perçu comme une menace pour la suprématie militaire US et l’expansion économique de l’Allemagne. Le passage de la Russie de l’état de vassalisation à l’Ouest à son statut retrouvé d’État souverain indépendant mit en branle une contre-offensive agressive US-UE. Ils financèrent une opposition politique soutenue par l’oligarchie néolibérale dans une tentative de rétablir la vassalisation de la Russie par le moyen de manifestations populaires et d’élections. Ces efforts pour chasser Poutine et remettre en place un État vassal pro-occidental échouèrent. Ce qui avait pu fonctionner en 1991 pour la prise de pouvoir d’Eltsine contre Gorbatchev se révéla inefficace contre Poutine. La majorité des Russes ne voulait pas d’un retour à la décennie de l’infamie.

En ce début de siècle, Poutine et son équipe mirent en place les nouvelles règles de base, selon lesquelles on permettrait aux oligarques de conserver leur richesse mal acquise et leurs entreprises, à condition qu’ils n’utilisent pas leur puissance économique pour tenter de s’emparer des pouvoirs de l’État. En second lieu, Poutine raviva et reconstruisit les institutions technoscientifiques, militaires, industrielles et culturelles, et les centres de décisions de commerce et d’investissement au sein d’un large cercle de décideurs publics et privés non inféodés aux dirigeants occidentaux. En troisième lieu, il commença à analyser et à réparer les failles des agences de sécurité russes, surtout en ce qui concernait les menaces venant de mouvements « séparatistes » du Caucase sponsorisés par l’Occident, particulièrement en Tchétchénie, et l’apparition des « révolutions colorées » soutenues par les USA en Ukraine et en Géorgie.

Au début Poutine assuma avec un certain optimisme que, puisque la Russie était devenue un État capitaliste et qu’il n’y avait plus de rivalité idéologique, les États-Unis et l’UE accueilleraient volontiers la normalisation et la stabilisation de l’État russe. Il envisagea même qu’ils accepteraient la Russie comme un partenaire économique, politique, et jusque dans le cadre de l’Otan. Il alla jusqu’à faire des propositions pour rejoindre l’Otan et l’UE et coopérer avec eux. L’Occident ne tenta pas de dissuader Poutine de ses illusions. On alla jusqu’à l’encourager, alors même qu’augmentait le soutien à l’opposition interne contre lui et que se préparait une série de guerres impériales et de sanctions contre le Moyen-Orient, ciblant les alliés traditionnels de la Russie en Iraq, en Syrie et en Libye.

Comme la stratégie de subversion interne échouait à déloger le président Poutine et que l’État russe prévalait sur les néo-vassaux, la diabolisation de Poutine commença à devenir permanente et véhémente. L’Occident engagea une « stratégie externe » d’isolation, d’encerclement et d’affaiblissement de l’État russe en sapant ses alliés et ses partenaires commerciaux.

Les États-Unis et l’Allemagne confrontent la Russie : la fabrication de la « Menace russe »

La Russie avait été incitée à donner son support aux guerres d’Irak, d’Afghanistan et de Libye en échange de la promesse d’une plus grande intégration avec les marchés occidentaux. Les EU et l’UE acceptèrent la coopération Russe, incluant voies d’accès militaires et bases pour l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan. Les puissances de l’Otan s’assurèrent du support russe sur le sujet des sanctions contre l’Iran. Ils exploitèrent le naïf accord russe pour la zone d’interdiction de vol sur la Libye, où ils engagèrent une guerre aérienne totale. Les États-Unis financèrent les soi-disant « révolutions de couleur » en Géorgie et en Ukraine, répétitions en vue du putsch de 2014. Chaque changement de pouvoir par la violence permit aux EU d’installer des dirigeants anti-russes impatients et désireux de servir de vassal aux EU et à l’Allemagne.

L’Allemagne fut le fer de lance de la progression impériale européenne dans les Balkans et en Moldavie, pays qui avaient de forts liens économiques avec la Russie. De hauts fonctionnaires allemands vinrent en « visite » dans les Balkans pour renforcer leurs liens avec les régimes vassaux de Slovénie, Bulgarie, Slovaquie et Croatie. Sous directive allemande, l’UE donna l’ordre au régime vassal de « Boyko le Nigaud » en Bulgarie d’interdire le passage du pipe line « South Stream » vers la Serbie, la Hongrie, la Slovénie et au-delà. La Bulgarie perdit ainsi 400 millions de dollars de revenus annuels. L’Allemagne et les EU financèrent les politiciens clients pro US-UE en Moldavie, s’assurant ainsi de l’élection de Lurie Leanca comme Premier ministre. Le résultat de la quête soumise de Leanca à l’intégration européenne fut la perte pour la Moldavie de 150 millions de dollars d’exportations vers la Russie. La politique pro-européenne de Leanca est contraire aux vues de la majorité des Moldaves – 57 % d’entre eux considèrent la Russie comme le plus important partenaire économique du pays. Presque 40 % de la population en âge de travailler est employée en Russie, et 25 % des 8 milliards de dollars du PIB moldave proviennent de versements faits outre-mer.

L’Allemagne et les créateurs d’empire états-uniens écrasent les voix dissidentes en Hongrie, Serbie et Slovénie, dont les économies et la population souffrent du blocus des pipelines russes de gaz et de pétrole. Mais la guerre économique totale de l’Allemagne contre la Russie a plus d’importance que les intérêts de ses États vassaux. Il leur revient de se sacrifier pour le « Plus Grand Bien » de l’empire économique allemand en formation et l’encerclement militaire EU-UE de la Russie. Les injonctions extrêmement brutales des intérêts impériaux allemands articulés par l’UE, et la prédisposition des régimes des Balkans et des Pays baltes à sacrifier leurs intérêts économiques fondamentaux, sont le meilleur indicateur de l’émergence d’un empire allemand en Europe.

En parallèle avec la campagne économique anti-russe hargneuse de l’Allemagne, les EU sont engagés via l’Otan dans une vaste construction militaire tout au long des frontières russes. Le larbin des EU, le directeur de l’Otan Jens Stoltenberg, se vante de ce que l’Otan a multiplié par cinq les patrouilles de bombardiers et d’avions de combat le long des frontières terrestres et maritimes russes, entreprend des exercices militaires tous les deux jours et a largement accru le nombre de ses vaisseaux de guerre en mer Baltique et en mer Noire.
Conclusion

Il est tout à fait clair que les EU et l’Allemagne veulent ramener la Russie au statut de vassal qu’elle avait dans les années quatre-vingt-dix. Ils ne veulent pas de « relations normales ». À partir du moment où Poutine a commencé à rétablir l’État et l’économie russes, les puissances occidentales se sont lancé dans une série d’interventions politiques et militaires éliminant les alliés des Russes, leurs partenaires commerciaux et les États indépendants.

L’émergence de régimes extrémistes viscéralement anti-russes en Pologne, Lettonie, Estonie et Lituanie fut le bouclier à l’avant-garde de la progression de l’Otan et de l’empiétement économique allemand. La conquête militaire de l’Est, ce rêve d’Hitler, a pris sous le règne du Premier ministre Merkel la forme d’une conquête de l’Europe du Nord et de l’Europe centrale par des moyens dissimulés, par le chantage économique dans les Balkans, et par de violents putschs en Géorgie et Ukraine.

La classe dirigeante économique allemande est partagée entre un secteur dominant pro-EU, prêt à sacrifier l’actuel commerce lucratif avec la Russie dans l’objectif de soumettre une Russie post-Poutine au pillage avec la complicité de « clones » de Eltsine réinstallés au pouvoir, et un secteur industriel minoritaire désireux d’annuler les sanctions et de revenir à un échange commercial normalisé avec la Russie.

La crainte de l’Allemagne est que ses clients au pouvoir dans l’Est, et particulièrement dans les Balkans, soient vulnérables à un soulèvement populaire provoqué par les sacrifices qu’ils imposent à leur population. C’est pourquoi l’Allemagne est tout à fait favorable à la nouvelle Force de Réaction Rapide de l’Otan, instituée officiellement pour faire face à une nouvelle « Menace russe », mais dont le but réel est le support à des régimes vassaux menacés.

La « Menace russe », idéologie directrice de l’offensive états-unienne et germanique en Europe et dans le Caucase, n’est rien d’autre que la doctrine utilisée par Hitler pour s’assurer du support des banquiers et industriels nationaux, et des collabos conservateurs et d’extrême droite dans les milieux extrémistes en Ukraine, Hongrie, Roumanie et Bulgarie.

La prise de pouvoir en Ukraine par les EU-UE, par l’intermédiaire de clients politiques vassaux appuyés par des oligarques corrompus et des nervis nazis, a été le déclencheur de la crise actuelle. Le coup d’État en Ukraine est une grave menace pour l’existence même de la Russie en tant qu’État indépendant. Après la prise de Kiev, l’Otan a poussé son régime larbin a éliminer militairement les régions indépendantes de l’Est et à saisir la Crimée dans le but d’anéantir la position stratégique de la Russie en mer Noire. La Russie, victime du coup d’État de l’Otan, a été nommée « l’agresseur ». La totalité du monde politique et de la presse alignée s’est fait l’écho de ce Grand Mensonge. On effaça deux décennies de progression militaire de l’Otan vers les frontières russes et d’expansion économique allemande sur les marchés russes. L’Ukraine est la plus importante plate-forme militaire stratégique à partir de laquelle les EU-Otan pourraient lancer une offensive vers le cœur de la Russie, et pour l’Allemagne le plus vaste marché depuis l’annexion de l’Allemagne de l’Est.

Pour les EU et l’Allemagne la conquête de l’Ukraine a une grande valeur par elle-même, mais c’est aussi la clé d’une offensive totale pour étrangler la Russie au moyen de sanctions, de la baisse des prix du pétrole, et d’une menace militaire. L’objectif stratégique est de réduire le peuple de Russie à la misère, régénérer l’opposition moribonde pour renverser Poutine, et ramener la Russie à son statut d’État vassal de façon permanente. L’élite impériale des EU et de l’Allemagne, visant plus loin que la Russie, pense que si la Russie est contrôlée, il devient possible d’encercler, isoler et attaquer la Chine depuis l’Ouest et l’Est simultanément.

Ce ne sont certes pas des fanatiques enflammés. Mais en tant que partisans enragés d’une guerre permanente pour mettre fin à la présence de la Russie en Europe et miner l’émergence de la Chine comme puissance mondiale, ils sont prêts à risquer une guerre nucléaire.

La « Menace russe » est le cœur idéologique de l’expansion impériale et de la conquête en Europe et dans le Caucase. C’est la pierre de touche définissant adversaires et alliés. Les pays qui ne se conforment pas aux sanctions sont pris pour cible. Les médias alignés répètent le mensonge. La « Menace russe » est devenue le cri de guerre des vassaux serviles – la justification fallacieuse permettant d’imposer de terribles sacrifices pour servir les « padrones » à Berlin et à Washington – craignant la rébellion de leurs populations sacrifiées. Sans aucun doute, en état de siège, la Russie devra faire des sacrifices. Les oligarques s’enfuiront à l’Ouest ; les libéraux se cacheront sous leur lit. Mais de la même façon que les Soviets ont renversé le cours des choses à Stalingrad, le peuple russe, après les deux premières années d’un programme d’amorçage, survivra, prospérera, et deviendra une fois de plus une balise d’espoir pour tous les peuples désireux de s’extraire de la tyrannie du militarisme EU-Otan et de la dictature économique Germano-UE.

James Petras

Traduit par Abdelnour

Source : The Rise of German Imperialism and the Phony “Russian Threat”http://www.globalresearch.ca/the-rise-of-german-imperialism-and-the-ph...

Dimanche 21 décembre 2014

40% de liquidités supplémentaires dans les caisses des multinationales européennes mais pas pour investir : pour spéculer et gaver les actionnaires !

Lu sur le blog de l'UL CGT de Dieppe

 

100-milliards-de-cash.jpg

Selon les Échos, une étude réalisée par Moody’s révèle que les multinationales européennes sont assises sur des montagnes de cash.

Selon elle, les entreprises non financières de la zone EMEA (Europe, Moyen Orient et Afrique) détiennent plus de 1006 milliards de liquidités dans leurs caisses, soit la moitié du PIB français. Un chiffre arrêté à fin juin 2014.

Il n'y a pas de crise chez ces entreprises monstrueuses : 1006 représente 40% de plus que ce qu’elles détenaient en 2008-2009, au début de la crise financière.

« Elles ont travaillé à réduire leurs recours aux banques, à se sécuriser en refinançant leur dette et à se protéger contre les turbulences des marchés financiers », constate Moody’s.

Cela ne surprendra pas nos lecteurs et les militants de la CGT : les grands groupes européens ne sortent pas plus fragilisées de la crise que leurs concurrentes nord-américaines assises, elles, sur 1.640 milliards de cash. D’autant que « la stabilité macroéconomique actuelle rend moins cruciale la détention d’une trésorerie substantielle », selon le senior vice-président de Moody’s et auteur du rapport.

Dans le détail, sur ces 1006 milliards d’euros, 325 sont détenus par les acteurs de l’industrie, 256 par ceux de l’énergie, 175 par la grande consommation et 149 par les télécoms et TIC.

Et encore, Moody's, avec ces 1006 milliars ne compte pas tout ce qui existe comme liquidités chez les multinationales européennes ! Elle a mené son étude uniquement sur les sociétés dont elle assure la notation financière ! Donc ce chiffre de 1006 milliards est très inférieur à la réalité !

Par ailleurs, les dix plus gros « coffre-forts » de la zone détiennent 228 milliards de dollars, soit 22% du total. Le top 5 de ces « rois du cash » : Volkswagen, Gazprom, BP, EDF et Total. Tous disposant au moins de 22 milliards de liquidités.

Un matelas d'or ? Mais pas pour investir, ni lutter contre le chômage !

Malgré ces sommes énormes, l’investissement de ces grosses société reste atone. Et dans ce contexte, Moody’s estime que les « dépenses d’investissements devraient rester relativement stables » à l’avenir.

Cet argent ne sert qu'à deux choses:

> spéculer pour accumuler toujours plus, et

> gaver les actionnaires !

Quant aux salariés, c'est toujours le régime sec: Michel Sapin — qui bloque déjà le salaire des fonctionnaires — a invité le 17 décembre les patrons des entreprises étrangères à ne pas augmenter les salaires de leurs salariés, sous le regard brillant de  Gattaz qui milite pour la même chose dans toutes les entreprises française !

Les secrets des riches

Comment les ultra-riches se cachent derrière un réseau de groupes « indépendants » qui manipulent la vie politique pour leur compte
Par George Monbiot  |  20 décembre 2014

 


Journaliste et auteur, éditorialiste au Guardian. Site de l’auteur :www.monbiot.com 
(publié dans le Guardian du 19 février 2013)

Les conspirations organisées contre les citoyens ne sauraient être plus effrayantes. Comme l’a révélé le Guardian la semaine dernière [le 12 février 2013], deux organisations discrètes et opaques qui travaillent au service de milliardaires américains ont dépensé 118 millions de dollars pour s’assurer qu’aucune action ne sera entreprise pour prévenir les changements climatiques imputables à l’homme [1]. Leurs bailleurs de fonds, qui infligent des souffrances incommensurables aux populations du monde, ont utilisé ces structures pour s’assurer que leurs identités ne seront jamais révélées.

Les deux fonds en question – le Donor’s Trust et le Donors’ Capital Fund [2] – ont été mis sur pied pour constituer des canaux de financement politique pour les personnes et les entités capables de donner (ou d’investir) un million de dollars et plus. Ils ont financé 102 organisations qui récusent la climatologie ou minimisent la nécessité d’agir dans ce domaine. Le nombre élevé d’organisations qui bénéficient de leur manne financière donne l’impression qu’il y a beaucoup de voix indépendantes qui s’élèvent pour contester la climatologie. Ces groupes, qui travaillent en utilisant les médias, en mobilisant les électeurs crédules et en faisant du lobbying auprès des responsables politiques, ont contribué à faire échouer le projet de loi d’Obama sur le plafonnement et la régulation par le marché des émissions de gaz à effet de serre, ainsi que les pourparlers sur le climat à Copenhague en 2009. A présent, ils font tout pour empêcher le président des États-Unis d’essayer de nouveau [3].

Cette activité ne couvre qu’une partie des financements. Au total, entre 2002 et 2010, les deux structures de blanchiment des identités ont distribué 311 millions de dollars auprès de 480 organisations [4] qui, pour la plupart, défendent des positions favorisant les intérêts des très riches et des grandes entreprises qu’ils dirigent : moins d’impôts, moins de réglementation, un secteur public réduit. Près du quart des fonds qui vont à la ribambelle d’organisations qui défendent des idées de droite viennent de ces deux fondations [5].

Si ces financements n’étaient pas efficaces, ils n’existeraient pas : les très riches n’en sont pas arrivés là en distribuant leur argent à l’aveuglette. Les organisations qu’ils soutiennent financièrement sont celles qui font avancer leurs intérêts. Un petit nombre de ces donateurs ont été montrés du doigt par des chercheurs qui passaient au crible les registres des impôts. Sur la liste on trouve les frères Koch, milliardaires (qui versent aux deux fonds via leur Knowledge and Progress Fund) et la famille De Vos (propriétaires milliardaires d’Amway) [6]. Nous en savons un peu plus sur les organisations bénéficiaires de ces fonds. Beaucoup se décrivent comme des « think tanks » libéraux (apôtres du libre marché) ou conservateurs. On compte parmi eux : l’American Enterprise Institute, l’American Legislative Exchange Council, le Hudson Institute, le Competitive Enterprise Institute, la Reason Foundation, l’Heritage Foundation, l’Americans for Prosperity, la Société du Mont Pèlerin et le Discovery Institute [http://desmogblog.com/2012/10/23/fakery-" style="color:rgb(221, 48, 54);text-decoration:none">7] / [8]. Toutes ces organisations se présentent comme des sociétés savantes, qui s’efforcent sincèrement de déterminer au mieux les intérêts de la collectivité publique. Le décryptage de ces financements renforce l’affirmation de David Frum, autrefois membre de l’American Enterprise Institute, que de tels groupes « fonctionnent de plus en plus comme des agences de relations publiques  » [9].

Une organisation m’a particulièrement frappé : l’American Friends of the Institute of Economic Affairs.L’Institute of Economic Affairs est un groupe britannique qui, comme tous les autres, se veut un « think tank » autonome et soumis à la concurrence [10]. Pratiquement pas un jour ne se passe sans que les membres de son équipe ne soient interviewés par les médias, faisant la promotion des sempiternels programmes politiques des milliardaires : moins d’impôts pour les riches, moins d’aides pour les pauvres, réduction des dépenses de l’État, allègement de la réglementation sur l’activité économique et industrielle. Au cours des treize premiers jours de février, leurs représentants sont passés dix fois à la BBC [11].

Je n’ai jamais entendu la chaîne publique contester leur prétention à être un « think tank » indépendant. Lorsque, en 2007, j’ai qualifié l’Institut de groupe de pression économique, son directeur général de l’époque m’a répondu, dans une lettre au Guardian, que son organisation était un groupe indépendant des intérêts et des acteurs économiques [12]. Ah oui ?

La base de données publiée par le site canadien desmogblog.com montre que l’American Friends of the IEA a reçu (jusqu’en 2010) 215 000 dollars des deux fonds opaques [13]. Lorsque que je me suis adressé à la directrice du service chargé de la recherche de fonds de l’IEA, elle m’a confirmé que la seule raison d’être d’American Friends était de lever des fonds pour l’organisation de Londres [14]. Elle a convenu que l’IEA n’a jamais fait publiquement état de l’argent qu’il a reçu du Donor’s Trust. Elle a nié que l’Institut était une organisation leurre qui prétend être indépendante alors qu’elle travaille pour de très puissants intérêts américains.

Est-ce que la BBC permettrait à un représentant de Bell Pottinger [multinationale britannique de relations publiques et de marketing] de débattre d’une question préoccupante pour ses sponsors sans révéler l’identité des sponsors en question ? Non. Alors où est la différence ? Qu’est-ce qui distingue une société de relations publiques accréditée, qui reçoit de l’argent d’une grande entreprise ou d’un milliardaire, d’un soi-disant « think tank » qui reçoit des fonds de cette même source pour promouvoir le même programme politique ?

L’IEA est enregistré par la Commission des associations [responsable devant le Parlement britannique] comme une association à but éducatif [15]. Il en va de même de la Global Warming Policy Foundation (GWPF) [16], qui déploie une campagne de désinformation sur le climat [menée par son président] Nigel Lawson [conservateur, ministre de finances britannique sous M. Thatcher, de 1983 à 1989] et une kyrielle d’autres « think tanks » douteux. Je l’ai déjà dit et je le redis, il est scandaleux que la Commission des associations permette à des organisations qui pratiquent le lobbying politique et refusent de révéler leurs principales sources de financement de revendiquer le statut d’association [17].

C’est la nouvelle frontière politique. Les grandes entreprises et leurs propriétaires ont appris à ne pas dire qui ils étaient. Ils ont tendance à éviter les médias, sachant qu’ils risquent de nuire à leur image si on les voit promouvoir les programmes brutaux qui optimisent leurs intérêts personnels. Ils ont appris des compagnies du tabac : rester cachés et payer d’autres personnes pour faire leurs basses besognes [18]. Ils ont besoin d’un réseau d’organisations qui semblent indépendantes et puissent produire des arguments plausibles pour défendre leurs positions. Une fois que les arguments ont été développés, il est facile de les mettre en avant. La plupart des médias sont détenus par des milliardaires qui sont très contents de promouvoir le travail de gens financés par la même classe [19]. La BBC – l’un des rares médias qu’ils ne possèdent pas – s’est honteusement montrée très peu curieuse sur l’identité de ceux à qui elle offre un plateau. Par ces moyens, les ultra-riches parviennent à dominer le débat politique, en restant dans l’ombre [20] / [21]. Ceux qu’ils emploient sont habiles et bien rôdés. Ils disposent de fonds dont leurs adversaires peuvent seulement rêver. Ils sont habiles pour (re)canaliser la colère publique, qui, autrement, se serait dirigée contre leurs financeurs : ceux qui ont coulé l’économie, qui utilisent la planète vivante comme une poubelle, qui ne paient pas leurs impôts et qui exigent que les pauvres paient pour les erreurs des riches. La colère populaire, grâce au travail de ces hommes de main à leur solde, se retourne au contraire contre les victimes ou les adversaires de ces milliardaires : les personnes bénéficiaires des aides de l’État, les syndicats, Greenpeace, l’American Civil Liberties Union (Union américaine de défense des libertés civiles).

La solution face à eux est, comme toujours, la transparence. Étant donné que les soi-disant « think tanks » en sont venus à jouer un rôle de plus en plus important dans la vie politique, nous devons savoir pour qui ils travaillent. Tout groupe – qu’il s’agisse de l’Institute of Economic Affairs ou de Friends of the Hearth(les Amis de la terre) – qui cherche à exercer une influence sur la vie publique devrait déclarer toutes les donations supérieures à 1000 livres qu’il reçoit. Nous venons d’avoir un aperçu de qui sont les bailleurs de fonds. Maintenant, reste à révéler la suite de l’histoire.

Traduction et annotations : Mireille Azzoug

Edition, révision : Mémoire des luttes

Illustration : Carac3

 

NOTES

[1http://www.guardian.co.uk/environment/2013/feb/14/funding-climate-change-denial-thinktanks-network

[2] Ces deux fonds, qui ont le statut d’associations, reçoivent des dons (le Capital Fund ne reçoit que ceux supérieurs à un million de dollars) et les redistribuent à d’autres « associations », « think tanks » et universités pour la promotion des idées conservatrices et libertariennes : « gouvernement réduit, responsabilité personnelle et libre entreprise  ». Ils sont hostiles à la lutte contre le réchauffement climatique.
(Source : Wikipedia version anglaise : http://en.wikipedia.org/wiki/Donors_Capital_Fund). 
Ces fonds correspondent à ce qu’on appelle les Fonds de dotation dans la législation française.

[3http://www.guardian.co.uk/environment/2013/feb/14/donors-trust-funding-climate-denial-networks

[4http://desmogblog.com/2012/10/23/fakery-2-more-funny-finances-free-tax

[5http://www.motherjones.com/politics/2013/02/donors-trust-donor-capital-fund-dark-money-koch-bradley-devos

[6] Les frères Koch sont entre autres propriétaires de Koch Industries, Inc. Il s’agit d’une importante société privée non cotée basée à Wichita au Kansas qui dispose des filiales dans des domaines très variés : génie pétrolier, génie chimique, finance, courtage de matières premières, élevage. En 2013, elle était la seconde plus grosse société non cotée au monde avec des revenus annuels estimés à 115 milliards de dollars derrière Cargill. Les frères Koch sont aussi propriétaires de Koch Family Foundations, qui regroupe plusieurs « think tanks » et fondations conservatrices libertariennes (Source :http://fr.wikipedia.org/wiki/Koch_Industries ). 
et http://www.motherjones.com/politics/2013/02/donors-trust-donor-capital-fund-dark-money-koch-bradley-devos).
Pour sa part, Amway est une société américaine de vente directe commercialisant des produits de beauté, d’hygiène et d’entretien, dont le chiffre d’affaires en 2012 était de 11,3 milliards de dollars
(Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Amway).

[7] Voir le fichier xls attaché au bas de :  http://desmogblog.com/2012/10/23/fakery-2-more-funny-finances-free-tax

[8] American Enterprise Institute : l’un des principaux instituts ayant contribué à l’élaboration et à la promotion des politiques néo-conservatrices de l’administration Bush. American Legislative ExchangeCouncil : association de législateurs conservateurs qui a pour but d’harmoniser les législations et les politiques des États selon le crédo conservateur. Hudson Institute : promeut les valeurs conservatrices, notamment l’atlantisme au sein de l’UE. Competitive Enterprise Institute : think tank libertarien qui promeut la régulation par le marché. Reason Foundation : think tank conservateur fondé en 1968 dont le mot d’ordre est « free minds and free markets  » (« esprits libres et marchés libres »).Heritage Foundation  : fondation qui exerce une influence conservatrice sur les choix politiques de l’administration. Americans for Prosperity : groupe d’influence créé en 2004 pour former les citoyens à une économie et une société de libre entreprise. Société du Mont Pèlerin : organisation internationale d’économistes libéraux fondée en 1947 en réaction au keynésianisme, lors d’un symposium présidé par Friedrich Hayek. Discovery Institute : « think tank » de la droite fondamentaliste chrétienne créé en 1990, créationniste et antiévolutionniste. (Source : Wikipedia).

[9http://nymag.com/news/politics/conservatives-david-frum-2011-11/

[10] L’Institute of Economic Affairs, IEA, est un « think tank » et une association britannique libertarienne à but éducatif fondée en 1955 à Londres par Anthony Fischer et Ralph Harris. Son objectif est d’« améliorer la compréhension des institutions d’une société libre en analysant et en exposant le rôle des marchés dans la résolution des problèmes économiques et sociaux  ». L’American Friends of the IEA a pour unique but de « permettre aux Américains de faire des dons à l’IEA ». (Sources :http://www.desmogblog.com/directory/vocabulary/10967#s1 ethttp://www.exxonsecrets.org/html/orgfactsheet.php?id=126)

[11http://www.iea.org.uk/in-the-media/media-coverage

[12http://www.iea.org.uk/in-the-media/media-coverage

[13http://desmogblog.com/2012/10/23/fakery-2-more-funny-finances-free-tax

[14] Caroline Rollag, 18 février 2013.

[15www.charitycommission.gov.uk/Showcharity/RegisterOfCharities/CharityWithPartB

[16] Pour un résumé instructif des activités de GWPF et ses financements secrets, voir :http://www.guardian.co.uk/environment/2013/feb/15/secret-funding-climate-sceptics-not-restricted-us

[17] Voir ce qui s’est passé lorsque j’ai essayé de faire dire aux « think tanks » de droite qui les finançaient :http://www.monbiot.com/2011/09/12/think-of-a-tank/

[18] Pour un récit fascinant sur la façon dont le mouvement du Tea Party a été à l’origine proposé par les firmes de l’industrie du tabac, avant d’être lancé par les frères Koch, voir l’article :http://tobaccocontrol.bmj.com/content/early/2013/02/07/tobaccocontrol-2012-050815.abstract

[19] Voir les révélations sur la collusion entre les médias détenus par les grands groupes et l’Institut Adam Smith :http://www.monbiot.com/2012/10/01/plutocracy%E2%80%99s-boot-boys/

[20http://www.monbiot.com/2010/10/25/toxic-brew/

[21http://www.monbiot.com/2011/08/01/how-the-billionaires-broke-the-system/ Bookmark and Share Corporate Blowback → ← Ship-Wrecked

Samedi 20 décembre 2014
L'Europe sociale? une chance sur 268 millions !

Sur El Diablo :

http://a406.idata.over-blog.com/0/32/46/53/UE-logos/lautre-europe.jpg

Leçon de stratégie politique à l’usage de ceux qui veulent changer le monde

Par Pablo Iglesias, Leader de Podemos, parti espagnol issu du Mouvement des Indignés

, par  pam 

 

Si la couverture médiatique de Podemos, digne du "Yes We can" de Obama, et ce qu’on connait du mouvement des indignés en général, il faut reconnaitre que ce plaidoyer pour le peuple est réjouissant... et nous interroge aussi sur notre capacité à nous faire entendre...

Oui, aucun rapport de forces n’est possible sans que les "masses" ne se mettent en mouvement, et elles ne le font que sur des objectifs clairs et partagés par "des millions de gens".... sans qui ces objectifs ne sont que des idées sans forces.

Reste pour un communiste que ce mouvement suppose... une organisation, sans laquelle il n’est au mieux que révolte, sans laquelle sa force est digérée, réprimée, émiettée, contrôlée, détournée... par un système qui lui, est organisé et expérimenté.

Une organisation de combat, populaire et marxiste... De combat car l’idée ne prend force que dans l’action, populaire car l’action n’impose un rapport de forces que dans le nombre, marxiste, car l’action n’a de levier efficace que dans la compréhension de ce qu’il faut transformer...

pam

Je sais pertinemment que la clé pour comprendre l’histoire des cinq siècles passés est l’émergence de catégories sociales spécifiques, appelées “classes”. Laissez-moi vous raconter une anecdote. Quand le mouvement des Indignés a commencé, sur la place de la Puerta del Sol, des étudiants de mon département, le département de sciences politiques de l’Université Complutense de Madrid, des étudiants très politisés (ils avaient lu Karl Marx et Lénine) se confrontaient pour la première fois de leur vie à des gens normaux.

Ils étaient désespérés : “Ils ne comprennent rien ! On leur dit qu’ils font partie de la classe ouvrière, même s’ils ne le savent pas !” Les gens les regardaient comme s’ils venaient d’une autre planète. Et les étudiants rentraient à la maison, dépités, se lamentant : “ils ne comprennent rien”.

[A eux je dis], “Ne voyez-vous pas que le problème, c’est vous ? Que la politique n’a rien à voir avec le fait d’avoir raison ?” Vous pouvez avoir la meilleure analyse du monde, comprendre les processus politiques qui se sont déroulés depuis le seizième siècle, savoir que le matérialisme historique est la clé de la compréhension des mécanismes sociaux, et vous allez en faire quoi, le hurler aux gens ? “Vous faites partie de la classe ouvrière, et vous n’êtes même pas au courant !”

L’ennemi ne cherche rien d’autre qu’à se moquer de vous. Vous pouvez porter un tee-shirt avec la faucille et le marteau. Vous pouvez même porter un grand drapeau, puis rentrer chez vous avec le drapeau, tout ça pendant que l’ennemi se rit de vous. Parce que les gens, les travailleurs, ils préfèrent l’ennemi plutôt que vous. Ils croient à ce qu’il dit. Ils le comprennent quand il parle. Ils ne vous comprennent pas, vous. Et peut-être que c’est vous qui avez raison ! Vous pourrez demander à vos enfants d’écrire ça sur votre tombe : “il a toujours eu raison – mais personne ne le sut jamais”.

En étudiant les mouvements de transformation qui ont réussi par le passé, on se rend compte que la clé du succès est l’établissement d’une certaine identification entre votre analyse et ce que pense la majorité. Et c’est très dur. Cela implique de dépasser ses contradictions.

Croyez-vous que j’aie un problème idéologique avec l’organisation d’une grève spontanée de 48 ou même de 72 heures ? Pas le moins du monde ! Le problème est que l’organisation d’une grève n’a rien à voir avec combien vous ou moi la voulons. Cela a à voir avec la force de l’union, et vous comme moi y sommes insignifiants.

Vous et moi, on peut souhaiter que la terre soit un paradis pour l’humanité. On peut souhaiter tout ce qu’on veut, et l’écrire sur des tee-shirts. Mais la politique a à voir avec la force, pas avec nos souhaits ni avec ce qu’on dit en assemblées générales. Dans ce pays il n’y a que deux syndicats qui ont la possibilité d’organiser une grève générale : le CCOO et l’UGT. Est-ce que cette idée me plaît ? Non. Mais c’est la réalité, et organiser une grève générale, c’est dur.

J’ai tenu des piquets de grève devant des stations d’autobus à Madrid. Les gens qui passaient là-bas, à l’aube, vous savez où ils allaient ? Au boulot. C’étaient pas des jaunes. Mais ils se seraient faits virer de leur travail, parce qu’à leur travail il n’y avait pas de syndicat pour les défendre. Parce que les travailleurs qui peuvent se défendre ont des syndicats puissants. Mais les jeunes qui travaillent dans des centres d’appel, ou comme livreurs de pizzas, ou dans la vente, eux ne peuvent pas se défendre.

Ils vont se faire virer le jour qui suivra la fin de la grève, et ni vous ni moi ne serons là, et aucun syndicat ne pourra garantir qu’ils pourront parler en tête-à-tête avec le patron et dire : “vous feriez mieux de ne pas virer cet employé pour avoir exercé son droit de grève, parce que vous allez le payer”. Ce genre de choses n’existe pas, peu importe notre enthousiasme.

La politique, ça n’est pas ce que vous ou moi voudrions qu’elle soit. Elle est ce qu’elle est, terrible. Terrible. Et c’est pourquoi nous devons parler d’unité populaire, et faire preuve d’humilité. Parfois il faut parler à des gens qui n’aiment pas notre façon de parler, chez qui les concepts qu’on utilise d’habitude ne résonnent pas. Qu’est-ce que cela nous apprend ? Que nous nous faisons avoir depuis des années. Le fait qu’on perde, à chaque fois, implique une seule chose : que le “sens commun” des gens est différent de ce que nous pensons être juste. Mais ça n’est pas nouveau. Les révolutionnaires l’ont toujours su. La clé est de réussir à faire aller le “sens commun” vers le changement.

César Rendueles, un mec très intelligent, dit que la plupart des gens sont contre le capitalisme, mais ne le savent pas. La plupart des gens sont féministes et n’ont pas lu Judith Butler ni Simone de Beauvoir. Il y a plus de potentiel de transformation sociale chez un papa qui fait la vaisselle ou qui joue avec sa fille, ou chez un grand-père qui explique à son petit-fils qu’il faut partager les jouets, que dans tous les drapeaux rouges que vous pouvez apporter à une manif. Et si nous ne parvenons pas à comprendre que toutes ces choses peuvent servir de trait d’union, l’ennemi continuera à se moquer de nous.

C’est comme ça que l’ennemi nous veut : petits, parlant une langue que personne ne comprend, minoritaires, cachés derrière nos symboles habituels. Ca lui fait plaisir, à l’ennemi, car il sait qu’aussi longtemps que nous ressemblerons à cela, nous ne représenterons aucun danger.

Nous pouvons avoir un discours très radical, dire que nous voulons faire une grève générale spontanée, parler de prendre les armes, brandir des symboles, tenir haut des portraits de grands révolutionnaires à nos manifestations – ça fait plaisir à l’ennemi ! Il se moque de nous ! Mais quand on commence à rassembler des centaines, des milliers de personnes, quand on commence à convaincre la majorité, même ceux qui ont voté pour l’ennemi avant, c’est là qu’ils commencent à avoir peur. Et c’est ça qu’on appelle la politique. C’est ce que nous devons apprendre.

Il y avait un gars qui parlait de Soviets en 1905. Il y avait ce chauve, là. Un génie. Il comprit l’analyse concrète de la situation. En temps de guerre, en 1917, en Russie, quand le régime s’effondra, il dit une chose très simple aux Russes, qu’ils soient soldats, paysans ou travailleurs. Il leur dit “pain et paix”.

Et quand il dit ces mots, “pain et paix”, qui était ce que tout le monde voulait (la fin de la guerre et de quoi manger), de nombreux Russes qui ne savaient plus s’ils étaient “de gauche” ou “de droite”, mais qui savaient qu’ils avaient faim, dirent : “le chauve a raison”. Et le chauve fit très bien. Il ne parla pas au peuple de “matérialisme dialectique”, il leur parla de “pain et de paix”. Voilà l’une des principales leçons du XXe siècle.

Il est ridicule de vouloir transformer la société en imitant l’histoire, en imitant des symboles. Les expériences d’autres pays, les événements qui appartiennent à l’histoire ne se répètent pas. La clé c’est d’analyser les processus, de tirer les leçons de l’histoire. Et de comprendre qu’à chaque moment de l’histoire, si le “pain et paix” que l’on prononce n’est pas connecté avec les sentiments et les pensées des gens, on ne fera que répéter, comme une farce, une tragique victoire du passé.

 

L’intervention (traduite ci-dessus) est disponible en version originale ici : https://www.youtube.com/watch?v=6-T5ye_z5i0&feature=youtu.be

Voir en ligne : traduction sur mediapart

 

Vendredi 19 décembre 2014

Contre la République Une et indivisible la France des Régions dans l'Europe des régions (La carte des länder français et allemands)

                                  Contre la République Une et indivisible

                                  la France des Régions

                                  dans l'Europe des régions

                                                                    

                                                

                                                                           Réforme territoriale :

                                                                          la nouvelle carte

                                                                           des 13 régions

                                                                           adoptée par le Parlement

Le Parlement a adopté la nouvelle carte des 13 régions françaises, mercredi 17 décembre. Le redécoupage,déjà voté par les députés dans la nuit du mercredi 19 au jeudi 20 novembre, fusionne, entre autres, l'Alsace avec la Lorraine et Champagne-Ardenne, le Nord-Pas-de-Calais avec la Picardie, et Midi-Pyrénées avec Languedoc-Roussillon. En revanche, la Loire-Atlantique n'intègre pas la Bretagne. Ces nouvelles régions, qui entreront en vigueur le 1er janvier 2016, n'ont pas encore de nom mais elles sont déjà visibles.

Pour avoir un meilleur aperçu du changement opéré, voici une image alternant le découpage actuel en 22 régions et celui à 13 régions.

 ....Et la carte des Länder allemands 

EU-ban-on-dairy-from-Israeli-settlements-destructive_strict.pngLes pays de l'Union européenne ont vendu des sommes records d'armes à Israel en 2012 et 2013 : stop à l'hypocrisie

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Le Parlement européen vient de se prononcer pour la reconnaissance d'un État palestinien, après certains parlements nationaux. Dans le même temps, les pays européens continuent d'armer un État qui tue au quotidien les Palestiniens. Retour sur les livraisons de la honte.

L'Union européenne, comme les pays qui la composent, ont l'art de manier le double discours, les manifestations d'indignation théoriques face aux offensives israéliennes et les accords de coopération pratiques, à multiples facettes, avec l’État sioniste.

La plaisanterie. « Un code de conduite sur les exportations d'armes » ?

Depuis 1998, l'UE dispose d'un Code de conduite sur les exportations d'armements poussant les États à n'exporter des armes qu'à des pays qui respectent : (1) les droits de l'Homme ; (2) les engagements internationaux ; (3) la paix et la sécurité régionale ; (4) un refus du terrorisme.

Quinze ans après, les pays de l'Union européenne continue de vendre des armes prioritairement à l'Arabie saoudite, au Qatar, au Pakistan qui sont loin de respecter ses critères, ainsi qu'à Israël.

Savoir l'étendue de la coopération militaire de l'Union européenne avec Israël n'est pas chose aisée tant elle peut se draper dans des accords de coopération à dominante civile, des projets de recherche aux finalités diverses.

On se rappelle qu'en juillet 2012 l'UE avait signé un accord de coopération portant sur 60 programmes concrets, dans 15 domaines d'actions.

Une collaboration institutionnalisée dans des secteurs stratégiques et hautement politiques :coopération policière (Europol), judiciaire (Eurojust), spatial (ESA), et militaire enfin euphémisée derrière la collaboration dans les domaines de la « sécurité maritime et aérienne ».

Les livraisons d'armes sont certes plus limitées que les colossales aides américaines à Israël, mais loin d'être nulles, elles sont surtout multi-formes, difficiles à tracer. Nous allons tâcher ici d'en donner quelques exemples illustrant cette collaboration concrète des pays européens.

La France, un partenaire militaire fidèle d’Israël

Quelle place occupe la France dans les autorisations d'exportations ? Selon les chiffres même de l'UE, une place privilégiée.

Un rapport de 2008 de l'UE sur les licences d'exportations soulignait que, pour l'année 2007, la France était de loin le premier pays à accorder des licences d'exportations d'armes vers Israel : 120 millions, soit 60 % des autorisations d'exportation.

Selon le rapport, la France était en première place pour la « livraison de matériel lié aux avions de chasse » pour 10 millions d'€, ainsi que pour les « équipements électroniques » à finalité militaire – systèmes de guidage, de navigation, de brouillage de satellite – pour 89 millions d'€.

On se rappelle que certains observateurs avaient été frappés de voir le label « Made in France » sur des missiles Hellfire retrouvés à Gaza, en 2009.

Si l'année 2007 a marqué un pic, cela n'a pas marqué la fin de ces licences d'exportation. Sur la période 2008-2012, la France occuperait toujours la troisième place pour les licences d'exportation, 200 millions d'€

Concernant l'arme fatale du XXI ème siècle, les drones, c'est en collaboration étroite avec Israel que la France avance. Dès les années 1990, Lagardère puis EADS se dote des drones israéliens Hunter/Heron pour en faire les fameux Eagle One, maintenant Harfang entrés en service en 2008.

La France prépare les drones de nouvelle génération, cette fois avec la collaboration de Dassault et Thalès. C'était le sens de l'achat programmé de la plate-forme Heron TP (ou « Eitan ») en 2011 pour 500 millions d'€. Les drones Eitan étaient entrés en service lors de la guerre de Gaza de 2009.

Si Israel a perdu en 2013 les contrats pour la livraison de 10 à 12 drones (670 millions d'euros!) pour le renouvellement de la flotte française, face aux américains de General Atomics, elle devrait collaborer étroitement au projet, tant les experts israéliens sont liés à l'entreprise américaine.

Le Royaume-uni : pour quelques millions (ou milliards) de £ de plus ?

Le Parlement britannique a, lui aussi, voté pour la reconnaissance de l'Etat palestinien. Il est même allé plus loin, en annonçant cet été la « review » (révision) de plus de 8 milliards de £ (10 milliards d'€) de licences d'exportation commerciales et militaires.

Le chiffre donne le vertige, le gouvernement britannique a tenu à préciser : il ne s'agit même epas d'annuler ces autorisations d'exportation, ni les contrats déjà signés.

Et le gouvernement souligne que les autorisations militaires ne concerneraient que 275 millions de £ (400 millions d'€), une somme déjà énorme.

Mais les 9 autres milliards d'€ auraient surtout à voir avec des dispositifs de télécommunications, des systèmes de cryptage, dont on peut aisément devenir la porosité avec le domaine militaire.

Une somme énorme qui concernerait avant tout des logiciels de cryptage, de communications militaires mais aussi des pièces détachées pour des véhicules militaires. Des licences qui concerneraient 130 entreprises britanniques, toucheraient aux composantes du drone israélien Hermes mais aussi certaines pièces des chars d'assaut d’Israël.

Concrètement, de janvier à juin 2014, le Royaume-uni avait déjà vendu pour 9 millions d'€ d'armes : des composantes pour les avions de chasse (400 000 €), pour les drones (150 000 €), pour la guerre électronique (2 millions d'€), pour le ciblage (1,5 millions d'€), pour l'imagerie et les tirs de nuit (2 millions d'€), ou encore des systèmes d'armes à énergie dirigée (800 000 €).

L'Allemagne, des sous-marins nucléaires pour Israël

L'Allemagne la joue beaucoup plus franchement. Pas question de reconnaître l'Etat palestinien, et l'alliance avec Israel reste intouchable pour la chancelière Merkel.

L'Allemagne est même allée plus loin. Elle a livré cette année le 4 ème de ses sous-marins Dolphin. Elle prévoyait d'en livrer un cinquième d'ici la fin de l'année, et un sixième d'ici 2017. Des sous-marins qu'Israel aurait empressé d'armer de missiles à tête nucléaires.

Chaque sous-marin coûte près de 700 millions d'€, mais l'Etat allemand a décidé de subventionner (!) un tiers de la somme, soit autour de 200 millions d'€ par sous-marin, soit plus de 1 milliard d'€ de cadeau allemand à l'Etat israélien.

C'est aussi en fin d'année 2013 que l'Allemagne a accepté la vente de 3 destroyers destinés à protéger les pipelines israéliens (pour le transport de l'énergie). Elle a encore accepté une réduction de 30 % du prix de vente, réduisant la facture pour Israël de 950 millions d'€ à 650 millions.

L'Italie, championne d'Europe des licences d'exportation ?

C'est que soulèvent les militants des Associations de lutte pour le désarmement en Italie. Pour la seule année 2012, l'Italie aurait acté pour 475 millions d'€ de licences d'exportations vers Israel, une conséquence de l'Accord de coopération militaire et de défense signé par Berlusconi en 2005.

L'Italie a ainsi exporté en 2012 un système de satellite optique pour l'observation de la terre, des dispositifs de contrôle des vols de drones/planeurs, ou encore des systèmes de télécommunications aux normes de l'OTAN.

Le groupe italien Finmeccanica – partenaire privilégié de Dassault, EADS dans les projets européens – a surtout livré en 2014 deux avions d'entraînement M-346, des aéronefs à la pointe de la technologie, qui peuvent être configurés comme bombardiers légers.

Ce n'est que le début, un contrat pour la livraison de 30 modèles M-346 a déjà été conclu, pour la somme d'1 milliard d'€.

Les entreprises italiennes du secteur de l'armement importent également du matériel israélien, pour une valeur de 50 millions d'€ sur ces deux dernières années : Simmel importe ainsi des composantes pour ses bombes, Beretta pour ses armes automatiques, en particulier les pistolets-mitrailleurs.

21 pays sur 27 dans l'UE ont vendu des armes en 2012

Sur la période 2008-2012, 21 pays européens sur 27 ont vendu des armes, ou tout du moins des licences d'exportation à caractère militaire, à Israël.

Y compris l'Espagne qui se gargarisait aussi de reconnaître l'Etat palestinien dans son Parlement, elle a vendu pour 25 millions d'€ de licences dans la période 2008-2012, 5 millions d'€ pour la seule année 2013, ce qui en fait officiellement le 6 ème pays exportateur européen d'armes vers Israël.

Craignant toutefois pour ses approvisionnements en Europe de l'ouest, Israel a diversifié au cours des années 2000 ses approvisionnements en … Europe de l'Est. Russie et Ukraine pour l'armement lourd, République tchèque, Bulgarie, Roumanie, Pologne et Finlande pour l'armement léger.

Pour les pays désormais intégrés à l'UE, il est intéressant de remarquer que la Roumanie est, pour la période 2008-2012, le 4 ème partenaire militaire européen d’Israël, ayant accordé près de 95 millions d'€ de licences d'exportation.

Sur les ventes de licences d'exportation réalisées en 2007 (la Roumanie y occupait déjà une surprenante 3 ème place), on s'aperçoit que la Roumanie vend à Israel surtout des armes légères, des matériels explosifs mais aussi des composantes pour ses aéronefs.

Sur le terrain, l'entreprise israélienne Elbit dispose en Roumanie de quatre filiales – Elbit System, Elmet International, AE Electronics et Simultec – qui assurent l'essentiel de la mise à jour des systèmes électroniques de l'armée roumaine.

En 2011, Elbit a obtenu un contrat de 18 millions de $ pour mettre à jour l'avion de transport C-130 de la flotte aérienne roumaine.

La Bulgarie, la République tchèque et la Pologne font partie du « Top 10 » européen des exportateurs d'armes, avec un total de 50 millions d'€ à eux trois.

La République tchèque avait déjà vendu des systèmes de missile tactique (d'origine russe) en 2006, les Totchka, tandis que la Bulgarie avait fourni 6 systèmes d'artillerie de 130 mm en 2004.

La Bulgarie a confirmé par un accord en 2012 de coopération militaire, comprenant entraînement communs, projets industriels et de recherche avec Israël.

La Pologne : liaisons dangereuses avec le lobby militaro-industriel israélien

La Pologne, suivant le grand frère allemand, développe des accords de coopération militaire de grande ampleur avec l'Etat israélien.

Elle a annoncé depuis 2010 son intention de renouveler sa flotte aérienne composée de vieux appareils soviétiques et américains, le Ministère de la Défense pousse pour l'achat de drones israéliens Eitan et Hermès.

Le Général Skrzypczak, vice-ministre de la Défense et ancien commandant des forces armées polonais, formé aux États-Unis, est connu pour ses relations très étroites avec l'industrie militaire israélien. Il a été démis de ses fonctions fin 2013 pour « conflit d'intérêts » avec le groupe industriel israélien Rafael, pour avoir favorisé la signature de contrats avec Israël.

Des accords militaires ont d'ores et déjà été signés depuis 2010 pour livrer à la Pologne des technologies de surveillance et de contrôle, achetés à Elbit pour 16 millions de $. Elbit est responsable du contrôle du mur de séparation, ainsi que pour la réalisation des drones Hermes.

Israël avait déjà aussi convenu de la formation des pilotes de la flotte aérienne polonaise ainsi que des forces spéciales. Le groupe industriel Rafael avait signé un contrat d'investissement de 450 millions de $ pour construire des armes en Pologne, dont les missiles anti-chars Spike.

Quand même la paisible Finlande fait du business avec Israel...

Même la vertueuse Finlande n'y échappe pas. De 2002 à 2010, la Finlande aurait fourni pour près de 4 millions d'€ de missiles anti-char, en faisant dans le domaine, le second fournisseur derrière les Etats-unis.

La Finlande a auassi importé pour 37 millions d'€ de missiles moyenne portée de l'entreprise Rafael en 2000-2001, et pour 21 millions d'€ de systèmes électroniques militaires. Elle aurait acquis pour 170 millions d'€ d'armes israéliennes depuis 1999.

Et la coopération continue, elle est même florissante. La Finlande a des contrats de livraisons de matériel de plusieurs dizaines de millions d'euros avec les plus grands groupes d'armement israéliens Elbit, Rafael ou Fibrotex.

En tout, en Europe, les licences d'exportation sont passées de 150 millions d'€ en 2008 à 600 millions d'€ en 2012. Depuis 2007, les entreprises israéliennes Elbit et Israeli Aerospace Industries ont été autorisés à participer à des projets de recherche d'une valeur de 244 millions d'€.

A combien vont s'élever les licences d'exportation pour 2013 ? On ne le sait pas encore, pas de doute qu'on risque d'atteindre un nouveau record.

Les contrats réellement signés – ceux pour les destroyers et sous-marins allemands, les avions d'entraînement italiens, et ce malgré les accrocs pour les drones que la France et la Pologne prévoyaient d'acheter en Israel – devraient se chiffrer à plusieurs milliards d'euros.

Combien vaut une reconnaissance formelle de l'Etat palestinien dans les Parlements européens quand chaque jour la possibilité réelle qu'un Etat palestinien voit le jour est annihilée par des armes, ou des composantes, ou des technologies venant d'Europe ?

Vendredi 19 décembre 2014

L’UNION EUROPÉENNE: plus que jamais, en sortir ou en mourir !

barbeles

jacques-cotta-copie-1.jpgGauche et gauche de la gauche dans une impasse mortifère.

 

Deux évènements qui viennent de se dérouler ces derniers jours ne seraient qu’anecdotiques s’ils n’annonçaient une année 2015 d’enfer pour les peuples d’Europe, et singulièrement pour le peuple français. Le premier est la mise en garde menaçante à l’encontre des états du Sud, l’Espagne, l’Italie, la Grèce, le Portugal notamment, et la France, de la part de Pierre Moscovici, l’ex ministre de François Hollande recasé à la commission européenne. Endossant le costume de socialiste père fouettard qui décidément sied si bien à la fonction de commissaire européen, l’ancien ministre hollandien a stigmatisé tout retard dans la mise en musique de la politique préconisée par Bruxelles, et menacé les états de « lourdes sanctions financières (…) si au mois de mars 2015 les objectifs n’étaient pas atteints ». Le second s’est déroulé sur un plateau de télévision. Face aux représentants de ceux qui se définissent comme « la gauche de la gauche »- Jean Luc Mélenchon, Cécile Duflot, et Benoit Hamon dont l’attelage est pour le moins étrange- c’est une député européenne allemande, véritable clone d’Angela Merkel, qui est venue « rappeler les français à leurs responsabilités » et indiquer en substance que « l’Allemagne ne tolérerait pas de nouveaux retards dans la chasse aux déficits et la mise en application d’une politique d’austérité rigoureuse ». Le tout appuyé sur un programme établi à l’écart des regards encombrants. 

« Oui mais… » Ont répondu chacun à leur manière les trois invités sur le plateau. 

« Vous avez signé les traités, maintenant il faut les appliquer ! Ce sont les exigences de l’Union Européenne…» a conclu madame Merkel bis. 

Les exigences de l’Union Européenne 

Ce tir tendu aurait bien peu d’importance s’il ne venait appuyer des décisions qui ont été prises à Bruxelles sans aucune publicité. Les intitulés font figure de tarte à la crème, mais leur rappel donne une idée de l’ampleur du chantier auquel le gouvernement de François Hollande et Manuel Valls compte s’attaquer en obtempérant aux desiderata allemands et bruxellois. 

Le Coût du travail d’abord. Malgré « le pacte de stabilité » et les dizaines de milliards d’euros accordés au patronat en échange de création d’emplois que tous s’accordent aujourd’hui à reconnaitre bien illusoires, il faut plus. Sentant la période de Noël propice aux cadeaux redoublés, Pierre Gattaz et le Medef ont d’ailleurs décidé de mettre leurs pas dans ceux de l’Union Européenne qui demande à nouveau de « réduire les cotisations sociales patronales en allant au-delà du CICE », notamment pour ce qui concerne « les plus bas salaires ». 

Les allocations chômage ensuite. Il s’agit de revoir les accords de maintien dans l’emploi en vue « d’accroitre leur utilisation par les entreprises en difficulté ». La chanson est la même que celle qui depuis des mois est fredonnée sur « la baisse des charges ». Il s’agirait de « réformer le système d’assurance chômage afin qu’il encourage le retour à l’emploi ». 

Les dépenses de santé aussi. Il faudrait « diminuer » les dépenses publiques dans le secteur des « soins de santé, y compris dans le domaine pharmaceutique ». 

Les retraites également. Là encore même chanson, même refrain. Il s’agirait de « prendre les mesures nécessaires » pour « ramener durablement le système des retraites à l’équilibre d’ici 2020 », cela « dans tous les régimes, en se concentrant notamment sur les régimes spéciaux et complémentaires existants ». 

Les collectivités locales ne sont pas oubliées. Au nom des « doublons administratifs », aller vers « une fusion de collectivités » et « rationaliser les dépenses tout en réduisant les dotations octroyées par l’état ».

Les professions réglementées enfin. Il faudrait ainsi « supprimer les restrictions à l’accès aux professions réglementées » et « réduire les contraintes réglementaires dans le secteur du commerce » ce qui donne un certain relief au débat sur l’ouverture des boutiques le dimanche notamment… 

Et la concurrence évidemment. Les tarifs réglementés du gaz et de l’électricité sont l’objet de toutes les inquiétudes au nom « d’une concurrence libre et non faussée ». De même le transport intérieur des passagers dont « le marché devrait être ouvert ». 

En un mot, l’Union Européenne rappelle les états à l’ordre pour la mise en œuvre de la politique de déréglementation généralisée qui doit mettre à bas ce qui reste des acquis sociaux obtenus dans des mouvements historiques, les grandes grèves de 1936 ou la situation de double pouvoir installée dans le pays au sortir de la guerre en 1945-1947. L’obstination de l’U.E. est totale dans cette volonté de faire payer aux peuples la dette et les déficits organisés par le capitalisme dont les dernières crises –celle des subprimes en 2008- sont le point de départ des problèmes actuels. En France comme dans les autres pays, le bond du déficit vient en effet des années 2008 et 2009 avec les centaines de milliards injectés dans le système bancaire, les plans de relance et la baisse des recettes fiscales consécutives à la crise. Ainsi, pour la zone euro dans son ensemble, le déficit qui n’était que de -0,7% du PIB en 2007 est passé à -6,3% en 2009. Pour les pays de l’OCDE, de -1,3% en 2007, le déficit est de -8,2% en 2009. Mais il y a plus. Certains pays saignés par des plans de rigueurs tels l’Irlande ou l’Espagne étaient en 2007 en excédent. Pour la France, les déficits s’élevaient à -2,3% en 2007 pour passer à -7,1 en 2010 [1]. 

Les conséquences 

Ces recommandations impératives de l’Union Européenne  à tous les Etats ont déjà été partiellement mises en œuvre dans un pays test de l’Union, la Grèce, qui a joué malgré elle le rôle de cobaye permettant de déterminer le seuil de tolérance du peuple à des mesures qui mettent directement sa survie en danger. 

Sur toutes les questions la Troïka –c'est-à-dire l’Union Européenne, la banque centrale européenne et le fond monétaire international- a œuvré au nom de la dette et des déficits, dés le lendemain de la crise des subprimes. Les conséquences ont  été radicales dans tous les secteurs vitaux pour la population. Pour les salaires et l’emploi, la précarisation est devenue un luxe tellement les emplois ont été par centaines de milliers supprimés. Pour les jeunes le taux de chômage a explosé. Pour les vieux, les retraites ont été amputées au point de jeter dans la mendicité et dans l’indigence des centaines de milliers de grecs qui jusque là étaient épargnés. Les suicides à répétition sont venus rappeler cette terrible réalité. Pour les chômeurs les allocations ont été supprimées. Pour la santé, ce sont des associations caritatives ou « Médecins du Monde »qui ont été contraintes de venir prendre la place de services qui ont été fermés. Les collectivités ont vu leur budget réduits, certaines étant contraintes de se déclarer en faillite, c'est-à-dire de tout arrêter, du jour au lendemain, se trouvant dans l’incapacité d’honorer le moindre engagement financier. 

Ce sont les peuples qui paient, pendant qu’à l’autre bout de la société l’enrichissement se poursuit, la richesse étant captée par une petite minorité. La Grèce encore et toujours avec l’arrogance des grands armateurs (dont l’exonération d’impôt est inscrite dans la constitution, comme l’est d’ailleurs celle dont jouit l’église orthodoxe) qui ont accumulé leur richesse dans la dernière période comme jamais ils n’avaient pu le réaliser, proportionnellement à la pauvreté qui s’est répandue dans toute la société. 

Sur toutes ces questions vitales, l’Europe sous le coup de l’Union européenne doit devenir la Grèce. C’est une véritable déclaration de guerre contre notre pacte social qui est ainsi proclamée. Quelques piliers permettent encore de limiter les dégâts du capitalisme intégral qui est en train de poser ses exigences. Mais c’est au détriment des profits qui peuvent encore être tirés, et c’est précisément cela que le système et l’oligarchie qui est à la tête des institutions ne tolèrent pas. Sécurité sociale, enseignement, retraites, santé, services publics dans leur ensemble, collectivités, communes et départements, démocratie, république, voila les enjeux essentiels de la période qui est devant nous.   

De la gauche… 

C’est dans ce contexte que les positions méritent d’être appréciées. La gauche poursuit dans une voie suicidaire pour elle-même –ce qui en soi n’est pas d’une grande gravité- mais surtout pour le pays et le peuple. 

Le gouvernement qui représente une part importante de la gauche -avec le parti socialiste et jusqu’à il y a peu les verts- se révèle être le premier parti en France à défendre les intérêts du capital financier contre ceux du travail. Les discours passés ne peuvent en effet faire oublier la réalité. François Hollande qui déclarait pour se faire élire « mon ennemi est la finance » dans son meeting du Bourget a promu « le socialisme de l’offre » au nom du réalisme, lorsque son premier ministre Manuel Valls s’est fait l’adepte numéro 1 de l’entreprise dans le pays. Le « pacte de stabilité » élaboré par Emmanuel Macron lorsqu’il était un des conseillers de François Hollande à l’Elysée est aujourd’hui mis en œuvre par Emmanuel Macron devenu ministre. Les critiques médiatiques faites au MEDEF qui « ne respecte pas ses engagements en terme de création d’emplois » ne peuvent donner le change. D’ailleurs au gouvernement chacun dissipe vite le doute. Le pacte de stabilité a été voté, et il sera appliqué ! Pierre Gattaz est rassuré, au point d’ailleurs d’en demander toujours plus… 

A première vue, il est étonnant de voir le parti socialiste continuer dans une voie qui le mène sur les traces du Pasok en Grèce, ou encore de la gauche italienne. Les prochaines élections risquent bien d’être absolument impitoyables pour un parti et un gouvernement qui fait des directives de l’union européennes l’alpha et l’oméga de sa politique. Le parti socialiste voit le nombre de ses adhérents fondre au fur et à mesure de ses défaites électorales. Les projections qui doivent certes être prises avec précaution mais qui méritent une certaine considération donnent en cas d’élections législatives une cinquantaine de sièges à la gauche, soit une perte de plus de 200 circonscriptions. Un rejet à la hauteur de celui qui frappe la politique de l’UE et les institutions européennes. 

Au sein du parti socialiste, les « frondeurs » veulent faire acte de résistance. Mais pour cela ils se contentent de s’abstenir sur les textes clés au prétexte qu’il ne faudrait pas permettre le renversement du gouvernement … de gauche. Débat fou enfermé dans la camisole des sigles. Car que signifie « gouvernement de gauche » lorsque le gouvernement concerné mène à vitesse accélérée la politique la plus réactionnaire qui soit, celle dont rêvait Nicolas Sarkozy lorsqu’il était au pouvoir et qu’il était incapable d’appliquer. On voudrait nous faire croire que la question est tactique. En réalité elle est politique. C’est le refus de rompre avec l’Union Européenne, cette construction politique qui n’a rien à voir avec l’Europe mais qui est au service exclusif du capital intégral contre les peuples et les nations, qui explique cette position absurde des « frondeurs » qui restent à la remorque d’un gouvernement et d’une politique qu’ils ont beau jeu de critiquer. Certains vont même jusqu’à s’assigner l’objectif de « sauver le quinquennat ». Absurdité, quand tu nous tiens… Leur sort aussi est noué car qui peut croire que l’électorat demain fera la différence entre le socialiste actif qui revendique le pacte Macron et le socialiste « critique » qui aura dans la douleur permis la mise en pratique de la politique gouvernementale. A tergiverser, ceux-là aussi seront balayés, comme les autres… 

… A la gauche de la gauche, quelle réalité ? 

La gauche de la gauche se présente comme une alternative mais qu’en est-il en réalité ? France 2 [2] nous a présenté un curieux attelage. Quoi de commun en effet entre Jean Luc Mélenchon du « front de gauche » qui se veut « eurosceptique », Cécile Duflot des « verts » qui se revendique « europhile » et Benoit Hamon des « frondeurs socialistes » ou encore « eurocritique ». Différence de forme indiscutablement. Différence de fond aussi sur les mois qui viennent, le troisième à l’inverse des deux autres conditionnant toute initiative à une fidélité réaffirmée au parti socialiste, au gouvernement et au premier ministre. Ainsi les deux premiers semblent se distinguer du troisième par un discours « plus à gauche ». Mais que valent les apparences ? 

Au risque de choquer, ne faut-il pas reconnaitre que des trois, celui qui exprime une logique certes mortifère, mais implacable, est bien le troisième. Car ils ont ensemble un point commun. Aucun ne tire le bilan collectif qui d’ailleurs mettrait en cause son propre bilan personnel au point de conclure la nécessité de rompre avec l’Union Européenne, la banque centrale et l’euro. Dés lors au risque de déplaire, ne faut-il pas reconnaitre que mise à part la forme, tous demeurent dans le cadre politique qui est celui du pacte de stabilité, d’Emmanuel Macron, de Valls et Hollande, le cadre que fixe l’U.E. au nom de laquelle le « socialiste » Pierre Moscovici nous rappelle à l’ordre. La réalité politique nous indique qu’il n’y a pas d’espace pour une Union Européenne différente. L’amalgame entre Union Européenne et Europe relève être une escroquerie. La première est une construction au service du capital financier, la seconde est faite de Nations que l’U.E. veut détruire et de peuples qu’elle désire assujettir. L’acceptation de l’U.E. ne peut donner aucune crédibilité aux propositions qu’il est même dés lors difficile d’entendre. La « révolution écologique », la réorganisation de notre avenir autour de « l’économie marine » apparaissent comme des gadgets dés lors que le discours n’est pas préfacé par les conditions politiques nécessaires à toute autre orientation, c'est-à-dire à la sortie de l’U.E. et de l’Euro. 

Ce cadre commun que constituent l’UE et l’Euro à la gauche et la gauche de la gauche, qu’elle soit plus ou moins critique, ouvre un boulevard au discours radical et démagogique de Marine Le Pen. En ne se réappropriant pas la Nation, la Patrie, le Peuple, la gauche sous toutes ses variantes déroule un véritable tapis sous les pieds de l’extrême droite qui sait se saisir des vraies questions pour apporter ses réponses xénophobes et dévoyer les couches sociales les plus faibles du combat uni pour la défense des intérêts du travail contre le capital. 

La période est à une remise en cause généralisée qui passe par la destruction des Nations et des Etats. Avec l’U.E. se prépare dans les discussions secrètes engagées avec les Etats-Unis le traité transatlantique qui devrait généraliser à tous les secteurs la domination du privé, la liquidation des Nations et des Etats, la liquidation du public. Privatisations dans tous les domaines, négation de la démocratie, liquidation des droits sociaux, militarisation de la répression sociale… L’issue peut-elle faire l’économie de la reconquête de notre quintuple souveraineté, la monétaire confisquée par la BCE et l’Euro, la politique interdite par l’UE, la militaire entravée par l’OTAN, l’économique qui passe par l’établissement de barrières douanières lorsque nécessaire, la financière enfin qui nécessite l’abrogation de la loi Pompidou-Rotschild de 1973 qui livre l’état français aux marchés privés…

Que vaut alors toute proposition qui fait l’économie des conditions préalables à une politique différente ? Qui ne pose pas comme point de départ la nécessaire rupture avec l’UE, la BCE, l’OTAN et l’ensemble des structures supranationales qui interdisent aux peuples d’exercer leur droit à disposer d’eux-mêmes et qui nous mènent collectivement à la catastrophe annoncée…

 
Jacques Cotta
Le 7 décembre 2014

 

[1] Ces chiffres sont issus d’études de l’OCDE et pour la France des comptes nationaux et de l’INSEE.

[2] Des paroles et des actes du jeudi 4 décembre 2014

source : La Sociale

Lundi 15 décembre 2014

Processus de restauration du Parti Communiste d'Italie

 

Sur le blog de Nicolas Maury :

Le Comité central du PdCI (Partito dei comunisti italiani) a décidé "pour renforcer une perspective communiste en Italie" de relancer le Parti communiste d'Italie, celui fondé par Antonio Gramsci, à Livourne par une scission au sein du Parti socialiste en 1921. ce parti qui est devenu, en 1943, le grand Parti communiste italien (PCI) - article et traduction Nico Maury

Les communistes italiens (PdCI) restaurent le vieux parti d'Antonio Gramsci
Il existe aujourd'hui en Italie près de 11 appellations pour des partis communistes, les plus connus étant la Rifondazione comunista (PRC - ceux qui ont refusé la "Svolta" du PCI en 1991), et les Comunisiti italiani (PdCI). Alors en pleine crise du communisme en Italie, le Comité central du PdCI a décidé de lancer un processus politique pour reconstruire un Parti communiste.Les membres du Comité central, conscients de la contribution des communistes italiens, mais aussi des échecs du PdCI, ont pris la décision de participer à un processus qui donnera vie au Parti communiste d'Italie. Les membres du Comité central du PdCI ont approuvé la création de ce parti, des Statuts et du symbole du Parti communiste d'Italie. Ils ont décidé de promouvoir une campagne d'adhésion pour l'année 2015.Les organisations locales du PdCI ont manifesté un intérêt fort pour cette futur formation politique, ils ne veulent pas clore l'expérience du PdCI, mais lancer sa renaissance pour rassembler tous les communistes.Les communistes italiens ont récupéré le vieux symbole du PCI (celui dessiné par Renato Guttuso) et on apposé un "d" minuscule. Pour la petite histoire, c'est Massimo D'Alema (alors dirigeant des ex-communistes du Democratici di Sinistra, devenu Partito Democratico), en 1998 lors de la scission de la Rifondazione comunista, qui avait donné aux comunisti italiani le droit d'utiliser la faucille et le marteau de Renatto Guttuso.

La bourse ou la vie ?

Publié le 16 Décembre 2014

Rarement

l’interpellation

n'aura eu

autant

de force 

Vieille référence française: c'est l'or de Mosco chez les Cariatides

La bourse ou la vie ?

Tout ce que l'UE compte de compromis dans la fraude fiscale avec, autour, ou à partir du Luxembourg, banksters, spéculateurs, spécialistes en micro et macron-économie fait le tour des plateaux TV pour clâmer le péril (inéxistant pour le capital) de voir les Grecs voter pour l'équivalent Front de gauche athénien.

Danger inexistant tant son premier responsable a fait le tour des corbeilles pour dire dans toutes les langues occidentales possibles aux capitalistes qu'il n'est pas un danger pour eux et accepte les lois globales de la dite UE.

Mais, et là se trouve le danger, comme Mitterrand en 81 et Blummollet en 2012, le capital redoute toujours le risque que le mouvement populaire subvertisse des sociaux démocrates, toujours un tantinet girouette (c'est la loi du genre), ne rue dans les brancard et fasse exploser la troïka. Si le peuple, par un incroyable culot (et avec les grecs les plans ne sont jamais garantis d'avance, demandez donc à Churchill, à la CIA ou à l'Otan et ses colonels) décide de se garantir ce qu'il a exigé ? Pensez donc, avec en plus un vrai parti communiste qui pèse (Canaille le Rouge parle là du KKE), le rouge ballon de beaudruche risque de subir les vents de la colère populaire.

D'où la charge de la cavalerie des commissaires pour faire pression sur le vote des Grecs d'une façon si éhontée que même des socialiste europhiles voir eurocrate ont eu un mouvement de recul (rassurez-vous ce ne sera qu'un mouvement, le temps d'une fronde).

Les vicaires du capital s'investissent dans la campagne comme l'église cornaque la démocratie chrétienne en Italie ou préchait en chaire le dimanche en Bretagne pour voter MRP il y a 50 ans, en Vendée pour voter De Villers il y a 50 mois.  

Ils organisent un effondement boursier à Athènes pour faire peur, mais Syriza ne menace pas de nationaliser la banque et l'industrie ou les armateurs en Grèce, seulement (c'est déjà une idée subversive à Paris , même Pierre Laurent n'ose la promouvoir) de ne pas payer la dette. 

Le petit protégé de la famille peugeot, nouveau commissaire de l'UE, y va de son couplet qui revient à dire : "hors de la droite c'est le chaos", rejetez le chaos.

L'ex ministre socialiste plus rapide qu'ici Valls ou Macron appelle ouvertement à voter à droite. Pour la droite héllène, c'est de l'or. L'or de Mosco.

Menace d'exclure la Grèce de la zone euro ? Parce qu'en plus (et vous savez ce que Canaille le Rouge pense de l'UE et de son outil monétaire utile exclusivement à la mise des peuples en concurence et à accumuler des malles à expédier aux iles Caïman via un passage au Luxembourg), un pouvoir non élu, coopté parmi les vicaires du Capital, validée par les Banksters et fraudeurs, s'arroge le droit d'exclure d'un traité international les peuples qui ont été contraint d'y adhérer,  mais les mêmes refusent d'entendre l'exigence d'en sortir de ceux qui ont refusé d'y entrer et y ont été inscrit de force.

Cela montre les limites des conceptions démocratiques de cette brochette de fraudeurs.

Les vrais menaces contre la démocratie, les pourvoyeurs de guerre, les ferments de racisme qui maintenant instille une frontière nord-sud dans leur propre créature pour protéger les coffres et les fraudeurs qui les gardent, ce sont eux. Commissaires ? Les brigades du frics, oui !!

Rédigé par Canaille Lerouge

Mardi 16 décembre 2014

Les APE (Accord de partenariat économique): catastrophe annoncée pour l'économie de LA RÉUNION

Ile-Reunion-carte

L’Union européenne est le chef d'orchestre de l’intégration régionale (zone de libre-échange) qui est l’élément central de l’Accord de Cotonou. Pourtant, les APE participent à l'affaiblissement de l’intégration régionale. 

Avec la signature des APE, la Réunion devient une région européenne comme une autre, et ses produits ainsi concurrencés par ses voisins en raison de leur coût de production bien moindre. Cette mise en concurrence des économies est catastrophique pour le bassin d'emplois réunionnais. Les APE mettront en péril des secteurs entiers de l’économie réunionnaise. Ils aggraveront le chômage dont le taux est déjà le plus élevé de l’Union Européenne. 

Les APE fixent de nouvelles règles dans les relations économiques entre l’Union européenne et les pays du groupe ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique). Ces règles doivent se conformer à celles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui impose la libéralisation des échanges sur « l’essentiel du commerce ». L 'application du règlement européen n°1528-2007 produit déjà des conséquences de ces accords sur des pans entiers du secteur agro-alimentaire qui s’est dynamisé au cours de ces dernières décennies à la Réunion pour se substituer à l'importation. 

L’Union européenne impose l'ouverture totale de son marché, et donc celui de La Réunion, en échange d’une libéralisation sur 15 ans de celui de nos pays voisins. Mais ces derniers ont réussi à préserver de la concurrence des produits essentiels pour eux, ce qui n’est pas le cas pour la Réunion. L'intégration accrue de l'UE dans la mondialisation des échanges commerciaux, sur la base du libre-échange, impose la suppression des subventions et la garantie des prix. Ceux-ci seront calculés sur le cours mondial. La filière sucrière jusque-là épargnée ne pourra à l'horizon 2016 compter sur les subventions… 

Les médias traditionnels restent bien silencieux sur ce sujet et les partis politiques locaux bien timorés, cela s'expliquerait-il par le fait qu'ils sont liés idéologiquement à l'UE et que bien ancrés dans la lutte des places, l'intérêt des Réunionnais ne représente pas une priorité ?Nous apprenons que le travail d’Elie Hoarau et de Younous Omarjee au Parlement européen permet à La Réunion d’avoir droit à 1,1 milliard d’euros pour financer des actions de développement, il serait judicieux de rappeler que ces financements sont un retour de la contribution hauteur de la France au budget de l'UE, sachant que la France participe à de 22 milliards d'euros , 13 lui sont retournés (cf. site Toute l'Europe, chiffre 2011) budget de l'UE, sachant que la France participe à hauteur de 22 milliards d'euros , 13 lui sont retournés. 

l'UE coûte environ 6milliards d'euros par an à la France sans compter les fonds perdus dus aux privatisations ....coincé entre TAFTA et les APE ,la Réunion court vers l'asphyxie ,ce milliard d'euros vient sans doute calmer les angoisses légitimes des réunionnais face aux conséquences de ces accords supranationaux . Nous constatons qu'aucun parti politique local ne vient remettre en question l'appartenance de la France à l'UE mais nourrissent au contraire la croyance en une UE généreuse et bienveillante sans laquelle les réunionnais seraient perdus dans leur océan de misère ,alors que les lois et instance supranationales sont amplificatrices de notre affaiblissement économique. 

La fédération M'PEP RÉUNION a pour vocation de défendre les intérêts des réunionnais, la fédération M'Pep Réunion soutiendra et initiera des actions locales de résistance aux politiques de l'UE dans le respect de notre objectif commun qui est le retour à la souveraineté populaire ,préalable à tout projet de contrat social républicain qi pose la dimension humaine au-delà des impératifs économiques. 

Flora LEBON 

Accord de partenariat économique sur Wikipédia 

tsipras-europa.jpgTsipras drague l’élite capitaliste européenne au Bildeberg italien … et y loue les politiques de Draghi (BCE), Monti !

 

Introduction et traduction JC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/ 

Alexis Tsipras règnera-t-il sur la Grèce ? Assurément. Changera-t-il la face de la Grèce ? Sûrement pas, nous le craignons. 

 Les articles se multiplient dans la presse française pour faire avancer l’idée que la finance internationale craindrait l’arrivée du leader d’une formation issue de la gauche radicale. Une vision plutôt déformée de la réalité. 

Non que certaines fractions du capital financier – celles craignant le plus une inévitable restructuration de la dette grecque – n’aient de réelles craintes sur Tsipras, mais l’ensemble du capital européen ne semble pas hostile à l’arrivée d’un leader dont ses solutions impliquent toutes un bond fédéraliste européen, le maintien de l’euro et le paiement de la dette (restructurée). 

Pour donner une idée du programme d’Alexis Tsipras, nous publions ici un document que nous avions en réserve, la traduction de l’intervention de M.Tsipras à une rencontre organisée le 5 septembre 2014, au Forum Ambrosetti, sur le lac de Come. 

Le Forum Ambrosetti est moins connu que le Club Bildeberg, mais il participe de la même logique : réunir les leaders politiques dominants, l’élite des grands groupes capitalistes et des économistes libéraux pour dessiner les contours du maintien du système capitaliste italien et européen.

L’invitation lancée par le Forum et acceptée par Tsipras est significative. Il y côtoyait des hommes politiques clés de l’UE : Joaquin Almunia, Michel Barnier, José Barroso, Enrico Letta, Mario Monti, Romano Prodi, Jean-Claude Trichet. 

Des ministres clés de l’économie et des finances ou des affaires sociale d’Espagne, d’Allemagne, d’Italie, des Pays-Bas, d’Autriche étaient présents. On y trouvait aussi les PDG de JP Morgan, Fiat, Goldman Sachs pour ne citer que les cas les plus célèbres. 

Laissons la parole à Tsipras, présenté aux grands d’Europe comme « président de SYRIZA. Leader de l’opposition en Grèce. Vice-président du PGE ». Nous publions le texte en intégral, nous nous contenterons de souligner et commenter certains passages. 

Eloges pour la politique de Mario Draghi à la tête de la BCE, celle de Monti précédemment (pour une recapitalisation européenne des banques). Nécessité des réformes structurelles, d’un plan de privatisation efficace. Identification de l’ennemi euro-sceptique, urgence de penser une alternative à la crise renforçant l’intégration européenne. A méditer. 

Intervention d’Alexis Tsipras au 40 ° Forum de la fondation Forum Ambrosetti

 

« Mes chers amis, 

Je voudrais commencer mon intervention, en reconnaissant que l’invitation qui m’a été envoyée repose sur deux raisons. 

La première raison, c’est que vous savez que je vous présenterai une vision différente, peut-être hérétique diront certains, une analyse critique de la politique actuelle, de la politique dominante dans l’UE. 

La deuxième raison, c’est que je représente un parti en Grèce, le pays où, par le biais la troïka, on a appliqué le programme d’ajustement le plus violent jamais réalisé en Europe.

J’ai entendu il y a peu M.Barroso, presqu’en excusant, dire qu’il n’y avait pas à avoir honte des résultats de nos efforts pour sortir de la crise. Je ne sais pas si quelqu’un aurait en réalité à avoir honte, mais on ne peut certainement ni célébrer ni être fiers de ces résultats. 

Je veux ainsi commencer par une introduction. La crise est encore ici. Et ce n’est pas juste que la crise est encore là, mais c’est qu’elle n’en finit pas de résister, qu’elle crée des métastases. Nous luttons depuis cinq ans contre la crise, mais nous ne sommes pas parvenus à en réchapper. La crise est partie des banques, elle est passée à l’économie réelle, et de l’économie réelle elle est passée désormais dans la société, menace la cohésion sociale, et l’Europe se trouve face à une triple crise. Crise politique, économique, mais aussi crise du système politique, crise de confiance. Cela est révélé par les résultats des élections européens, cela démontre le fait qu’une immense majorité des citoyens européens ne croit pas que, nous ( !) qui discutons ici, nous pouvons apporter une solution efficace aux problèmes qu’ils doivent affronter, et ils tournent le dos à la politique. Cela se manifeste par la percée inquiétante de l’extrême-droite populiste, mais aussi par la montée inquiétante de l’anti-européisme. 

Si aujourd’hui « un spectre hante l’Europe », ce n’est pas celui du communisme ( !), comme disait Marx dans le Manifeste du Parti communiste, mais le populisme de l’extrême-droite anti-européiste, c’est le spectre de l’euro-scepticisme et de l’anti-européisme ( !!). 

Permettez-moi d’apporter brièvement quelques chiffres pour vous prouvez la faillite du programme en Grèce. En seulement quatre années, le PIB a reculé d’un quart, une chose sans précédent pour un pays en temps de paix. Le taux de chômage officiel est arrivé à 28 %, ce qui est inacceptable pour un pays au cœur de l’Europe, et nous avons une dette publique qui de 126 % du PIB se chiffre aujourd’hui à 175 % et augmente encore. Et nous avons également toute une série de dés-investissements. Je pense ensuite que, partant du présupposé que le traitement qui a été donné au patient a aggravé la maladie, nous devons tous nous mettre d’accord sur le fait que ce traitement doit être interrompu. Et je pense que la majorité des citoyens en Europe pense justement que la troika, comme institution qui a été imposée dans le schéma institutionnel européen, doit être abolie. 

Je pense donc que nous avons besoins de changer de stratégie, personne ne dit – au moins, nous, nous le disons pas – qu’il faut revenir à l’époque des déficits. Mais la persévérance dans cette voie, avec un dévouement dogmatique et religieux, ne mène nulle part. 

En premier lieu, tout simplement, parce qu’aucun pays dans l’histoire économique moderne ne peut faire face à une dette qui s’élève à près du double de son PIB, un PIB qui ne cesse de se contracter, du moment que ce pays doit payer chaque année plus de 10 milliards d’€ d’intérêts, et il doit émettre un excédent de 4,5 % qui ira intégralement au paiement de la dette. Tout simplement, de façon mathématique, le développement est impossible dans un tel cadre. Et sans croissance, on ne sortira pas de la crise. Même si nous croyons qu’il y a des richesses, surtout en Grèce, qui ces dernières années restent intactes, ces richesses doivent être taxées, et nous sommes en mesure de trouver ainsi des ressources mais nous devons avoir la perception que nous avons besoin de créer de nouvelles richesses pour sortir de la crise. Et sans croissance, on ne produit pas de richesses. 

En second lieu, le programme de privatisations, qui était censé être un instrument pour sortir de la crise, ne peut pas fonctionner dans un contexte de désinvestissements et dévaluation des valeurs. Ils pensaient récupérer 50 milliards par les privatisations, nous en avons trouvé 2,9 milliards et dans le meilleur des cas, si le programme continue, nous trouverons 9 milliards. 

En troisième lieu, les réformes structurelles. Les réformes structurelles vont dans la direction opposée des nécessaires réformes structurelles. Nous n’affrontons pas les grandes pathologies de l’économie grecque : l’évasion fiscale, l’Etat clientélaire. Avec une application dogmatique, ils promeuvent des réformes qui n’ont plus rien d’autre à proposer que la libéralisation des licenciements dans une économie qui compte près de 30 % de chômeurs. Je crois qu’il y a de nombreuses opportunités dans le cadre européen, mais pas dans l’adhésion dogmatique à la logique de l’austérité, pas dans le contexte de la troïka. 

La troïka a failli, elle doit être arrêtée. Il existe d’autres solutions. Ici je veux rappeler cela, en juin 2012, M.Monti avait proposé que la re-capitalisation des banques soit réalisée directement par le MES (Mécanisme euroépen de stabilité), sans plomber les dettes publiques. Cette proposition, si elle avait été suivie, nous aurait permis d’aller beaucoup mieux à l’heure qu’il est. 

Ainsi, aujourd’hui, nous sommes confrontés à une réalité qui est caractérisée par la stagnation, le risque de déflation, le creusement des dettes publiques et privées. Pour faire face à cette réalité, nous avons besoin : 

-         En premier lieu, d’une politique courageuse de la BCE, un « quantitative easing »Les propositions de Draghi vont pour nous dans une direction positive, mais il faut des mesures encore plus radicales pour traiter le problème ;

-         En second lieu, nous avons besoin d’initiatives pour le développement, à l’échelle européenne pour affronter la récession, en étendant le rôle de la Banque européenne pour les investissements ;

-         En dernier lieu, nous devons résoudre – nous aurions déjà du le faire, il y a des années, quand a commencé la crise – le problème de la dette. Nous proposons une solution européenne, pour trouver une base durable, dans une logique de solidarité, dans la logique de la Conférence de 1953 qui a traité la dette de l’AllemagneCe fut un grand moment de solidarité pour l’Europe. Nous devons redécouvrir ces valeurs fondatrices de l’Europe. Solidarité, démocratie, cohésion sociale. »

Mis en examen pour avoir révélé que le Luxembourg était un paradis fiscal

 

15 Décembre 2014 , Rédigé par Le Mantois et Partout ailleurs Publié dans #Le monde

Français de 28 ans, la justice luxembourgeoise l'a mis en examen car il est soupçonné d'être l'auteur des fuites qui ont déclenché le scandale Luxleaks sur l'évasion fiscale dans le Grand-Duché.

Pour ceux qui ne suivraient pas, le Luxembourg est l'un des états fondateurs du Marché commun, l'ancêtre de notre UE. En ce moment, le président de la Commission européenne, adoubé par les 28 pays capitalistes formant cette union, est Jean-Claude Juncker, ex-premier ministre du Luxembourg et ex-patron de l'Eurogroupe, la monnaie du capitalisme européen libre et non faussé.

Ceci dit, on comprend que les révélations d'Antoine Delfour, cet employé du cabinet PWC, qui négociait les accords fiscaux avec des multinationales dont des françaises, ont de quoi donner de l'urticaire, sinon plus aux hors-sol et au patronat dirigeant l'Europe.

Dans Libération de ce jour, Antoine Delfour explique comment il est tombé sur ces documents:

"La veille d'un départ, on cherche forcément à capitaliser son expérience professionnelle. J'ai copié des documents de formation, mais en explorant la base informatique de PWC, je suis aussi tombé sur les fameux tax rulings (rescrits fiscaux). Sans intention particulière ni projet précis, je les ai aussi copiés car j'étais consterné par leur contenu."

Il explique aussi n'avoir jamais contourné aucune protection informatique et réfute être le seul pouvoyeur desdits documents aux médias. En Effet, il a quitté PWC en 2010 et depuis, le Consortium international des journalistes d'investigation, auquel Le Monde participe, a fourni des documents internes postérieurs à son départ.

Antoine Delfour dit aussi : " Il est injuste que le Luxembourg soit le seul pays cloué au pilori, qu'un seul cabinet d'audit soit pointé du doigt, car ces pratiques sont systémiques. (...) Il s'agit de planification fiscale agressive mise en place par certains Etats, de stratégies complexes pratiquées à échelle industrielle par certains cabinets. La régulation sera toujours en retard sur l'ingénierie financière ".

On ne lui fait pas dire.

Question: On la quitte cette Union européenne de merde où on attend sagement de la repeindre en plus juste et solidaire, aujourd'hui... ou bien peut-être demain?

Mis en examen pour avoir révélé que le Luxembourg était un paradis fiscal

Ou dans le grand-duché du Luxembourg, ou dans les îles britanniques sous pavillon de sa gracieuse majesté Elisabeth 2 d'Angleterre, ou en Belgique...

L’UE ?… cauchemar de ses citoyens !

Par Daniel Vanhove

Mondialisation.ca, 11 décembre 2014

bandiera-europa

Comment en est-on arrivé à la situation de désamour de plus en plus évident entre l’UE et ses citoyens ?

Face à l’ampleur croissante du rejet, n’importe quel responsable avisé de quelque entreprise que ce soit se poserait la question. Mais, les fonctionnaires autistes et surpayés de cette incompréhensible et ennuyeuse machine qu’est devenue l’UE, vivent dans leur bulle, sans même voir que celle-ci menace de plus en plus de leur éclater au visage et d’y entraîner les peuples qu’ils prétendent mener.

La faute à qui ? Certainement pas aux populations qui ont « subi » cette Europe mise en place par une pléthore de technocrates plus soucieux de leurs prérogatives et de leurs privilèges que d’accomplir ce qui était l’objectif initial d’un rapprochement des nations et des peuples européens entre eux. Salaires injustifiés, impôts minimes ou inexistants, avantages multiples, les fonctionnaires européens n’ont eu de cesse de s’octroyer quantité d’avantages incompréhensibles et infondés pour la plupart des habitants de l’Union.

Et n’allez pas croire que vu la taille des hémicycles et le nombre de fourmis qui y siègent l’on s’acharne à la besogne. Non ! Il s’agit plutôt d’une ambiance de cigale où chacun vient selon son humeur, se distraire, s’ennuyer et se diluer dans la masse anonyme de tous ces fonctionnaires improductifs, vivant largement sur le dos des populations européennes qui elles, ont de plus en plus de mal à nouer les deux bouts ! Pour exemple : le gaspillage éhonté qu’entraîne chaque mois depuis des dizaines d’années (!) la valse de ces technocrates contraints de se taper Strasbourg avec la noria de camions chargés de leurs dossiers pour quelques jours de cession… parce que la France en est encore à des prétentions d’un autre âge ! « Restrictions budgétaires », « économies »,« restructurations », « écologie », répètent-ils à l’envi ?… oui, pour les autres, comme toujours !

Les dossiers de discorde entre les populations et cette technocratie omnipotente sont nombreux : privatisation des services ; dumping social par une concurrence faussée de la part de pays à bas salaires ; marchandisation des individus ; ouverture aveugle des frontières à des pays où sévissent des pratiques mafieuses ; politique extérieure erronée dans nombre de cas (Palestine, Libye, Syrie, Ukraine,…) et frappée d’injustices évidentes ; politique fiscale inéquitable ; politique énergétique disparate et illisible ; politique migratoire désastreuse ; choix écologiques timides face aux défis majeurs qui menacent les équilibres de la planète ; financiarisation de l’économie, … et j’en passe ! Sans parler de la malencontreuse décision d’établir une monnaie unique dans des pays qui n’étaient manifestement pas prêts à y participer. Voilà le sinistre tableau qui fait qu’aujourd’hui des citoyens de plus en plus nombreux de pays voisins se dressent les uns contre les autres. Une partie des peuples de Grèce, d’Espagne, du Portugal, d’Italie et d’autres… en veut à l’Allemagne pour son intransigeance à imposer « les critères de convergence » jugés trop sévères, achevant ainsi les plus précaires qui étaient déjà à genoux… Loin d’un sentiment de solidarité, l’on assiste à un repli sur soi et à la tentation de s’isoler des autres… Belle réussite !

Et que dire des nababs qui président à la BCE (Banque centrale européenne) où l’on a d’abord aperçu l’hirsute néerlandais W. Duisenberg et son autisme profond ; auquel a succédé le pédant français J-Cl. Trichet champion des décisions ineptes face aux marchés ; pour se farcir aujourd’hui l’indécis M. Draghi qui en-dehors d’avertissements répétés ne parvient pas à prendre les mesures que la situation économique catastrophique de l’UE exige pourtant… En est-il un parmi eux qui est sommé de s’expliquer ou rendre des comptes de ses erreurs !? Nullement… Pareil pour les Solana, Ashton, Van Rompuy, Barroso and c°… champions de la figuration, des poignées de mains, du parler pour ne rien dire ! Dernier parvenu dans cette tragi-comédie européenne qui décidément rate ses virages à chaque coup, J-Cl. Juncker, nouveau président de la Commission, bel exemple de probité d’un 1er Ministre luxembourgeois dont le pays a pratiqué pendant des décennies l’évasion fiscale à grande échelle et défenseur farouche du secret bancaire… Ceux-là, non élus par la population, ne sont donc pas tenus pour responsables de leurs actes qui influent pourtant sur le quotidien de plus de centaines de millions d’individus. « Démocratie », disiez-vous !? Cherchez l’erreur !…

Malgré ce piètre constat, quand il est demandé de se prononcer sur leur désir d’Europe, une majorité de citoyens continue à en vouloir l’avènement. Comprenant  que dans la marche globalisée du monde, il est sans doute plus utile de s’unir que de se diviser. De créer des ponts plutôt que des murs. Mais en revanche, pas dans le cadre de ce qui leur est proposé par les autorités en place. Et c’est là que le bât blesse : les fonctionnaires européens sont archi mal perçus – avec raison – par la population. Les décisions prises, les décrets arrêtés, les directives entérinées, les traités ordonnés contre l’avis des citoyens – quand ce n’est pas dans leur dos ! – ne  font qu’éloigner ces derniers lentement mais sûrement des autorités qui les leur imposent. Et au lieu de s’interroger sur les raisons de cet écart préjudiciable à l’avenir même de l’Europe, celles-ci s’entêtent et poursuivent obstinément dans leur manière d’agir en lieu et place de se remettre en question. Et ainsi, année après année, ce qui devait tendre à réunir les peuples finit par les diviser.

A vrai dire, et comme toujours dès qu’il s’agit de responsabilités politiques, il y a une énorme carence pédagogique de la part des cadres des institutions européennes à l’égard des populations. Après des décennies de Marché commun, puis de CEE (Communauté  économique européenne) et maintenant d’UE (Union Européenne), faites donc l’expérience d’un micro-trottoir à propos des institutions européennes et écoutez ce que les citoyens en disent. Vous verrez rapidement que seule une infime minorité peut en expliquer les rouages sommaires. Même à Bruxelles où l’Europe a établi ses quartiers, la population dans son écrasante majorité, ne comprend rien à rien à ces institutions complexes pour ne pas dire confuses. Avec pour résultat que l’UE se construit sans son principal acteur, à savoir, la population européenne elle-même ! Ou en d’autres mots, l’on a mis en place une gigantesque machine technocratique, en oubliant d’y insuffler le minimum d’âme indispensable à la rendre humaine, accessible et appréciable par ses concitoyens, principaux concernés par cet énorme projet…

Dès lors, comment ne pas penser que sauf changement radical, l’avenir de cette titanesque et invraisemblable machinerie est compromis ? Et que s’il survenait quelques pépins supplémentaires dans son actuelle élaboration, un effondrement de cet ensemble fragilisé par ceux-là mêmes qui en ont la charge n’est plus du domaine d’un mauvais rêve, mais au contraire, semble séduire de plus en plus de citoyens européens, lassés par tant de gabegies et d’incompétences… Jusqu’au sein des institutions elles-mêmes où croissent les « euro-sceptiques » le plus souvent de droite pour ne pas dire d’extrême-droite… Ce qui augure de lendemains bien éloignés des chants promis, mais plus proches de cauchemars que l’on pensait sans doute de manière naïve, appartenir définitivement au passé…

Daniel Vanhove

08.12.14

Daniel Vanhove :  Observateur civil et auteur

« Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes » – 2005 – Ed. M. Pietteur

« La Démocratie Mensonge » – 2008 – Ed. M. Pietteur

Samedi 13 décembre 2014

Italie : par dizaines de milliers, ils manifestent contre les réformes de Renzi, le « Manuel Valls italien »

Libération

Italie: des dizaines de milliers

de manifestants

contre les réformes de Renzi

Des manifestants opposés aux réformes économiques et sociales du Premier ministre italien Matteo Renzi défilent à Rome, le 12 décembre 2014

Des manifestants opposés aux réformes économiques et sociales du Premier ministre italien Matteo Renzi défilent à Rome, le 12 décembre 2014 (Photo Gabriel Bouys. AFP)

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté vendredi dans de nombreuses villes d’Italie contre les réformes économiques et sociales de Matteo Renzi, dans le cadre d’une grève générale organisée par deux importantes confédérations syndicales.

Selon des sources syndicales, il y avait 50.000 manifestants à Milan, 70.000 à Turin, 40.000 à Rome, 50.000 à Naples, 15.000 à Palerme, et une cinquantaine de manifestations au total devaient se dérouler dans la journée. Les forces de l’ordre italiennes ne donnent pour leur part jamais d’estimation.

voir le zoom : Des étudiants dans le cortège des manifestants participant à la grève générale en Italie à l'appel de deux grandes confédérations syndicales, le 12 décembre 2014 à Rome

Des étudiants dans le cortège des manifestants participant à la grève générale en Italie à l'appel

de deux grandes confédérations syndicales, le 12 décembre 2014 à Rome

afp.com - Alberto Pizzol

 

A Rome, les manifestants ont fait voler de nombreux ballons représentant M. Renzi avec un grand nez de Pinocchio, mais le rassemblement était déjà fini à la mi-journée.

La grève a été lancée à l’appel de la CGIL (gauche), la principale confédération syndicale italienne, et de la UIL (modérée), la troisième plus importante du pays. Une autre confédération, l’UGL (droite), plus petite, est venue se joindre au mouvement.

La CISL (catholique), deuxième confédération plus importante en Italie, ne s’est en revanche pas associée au mouvement, le jugeant contre-productive et plaidant plutôt pour «un grand pacte social».

De nombreux secteurs du public et du privé ont été touchés par cette grève, essentiellement les transports.

Des centaines de vols ont dû être annulés ou reprogrammés, tandis que les transports en commun ont surtout assuré le service minimum garanti par la loi aux heures de pointe.

Selon les syndicats, la moitié des trains et des avions et 70% des bus et métro sont restés à l’arrêt en moyenne à l’échelle nationale. Mais la compagnie ferroviaire Trenitalia a assuré que tous ses trains à grande vitesse circulaient normalement.

La principale cible de la colère syndicale reste le «Jobs Act», la réforme du marché du travail voulue par M. Renzi - le Manuel Valls italien (canempechepasnicolas)- pour encourager les embauches. La loi prévoit de faciliter les licenciements et de réduire les droits et protections des salariés dans leurs premières années de contrat.

 

Emmanuel Todd - « L'Europe est peut-être allée chercher sa mort en Ukraine »

 

Ajoutée le 8 juin 2014

« C'est pourquoi je regarde si attentivement vers l'Ukraine. L'Europe est peut-être allée chercher sa mort en Ukraine. Celle-ci va continuer à se désintégrer et ce sera à cause de l'Europe et non de la Russie. La première ne fait que lui piquer sa main d’œuvre qualifiée, tandis que la seconde, si elle annexe des morceaux de son territoire, c'est pour les intégrer et les faire évoluer. 

 

Samedi 13 décembre 2014

Souviens-toi, Berlin - vidéo 37' (2007)

 

Sur le film de "Souviens-toi Berlin", et la mémoire effacée de la RDA


Voir aussi : Devoir d'amnésie : le mémorial Thälmann à Berlin menacé

 

Publié le 17 mars 2008

Je suis allée à Berlin en janvier 2007 où j’ai rencontré Jean Baptiste, communiste français qui vit là bas depuis plusieurs années. Il nous raconte l’histoire du mur invisible qui sépare encore de nos jours les Allemands de l’Est de leurs compatriotes de l’ouest. Il nous parle aussi de la manière dont la mémoire de la RDA a été niée et effacée. PN.

Samedi 13 décembre 2014

Le traité transatlantique : top secret, les peuples n'ont pas le droit de savoir...!

 

Image illustrative de l'article Le Point

Traité transatlantique :

des parlementaires européens sous le sceau du secret

 

- Publié le 10/12/2014 à 06:05

Des députés européens se retrouvent confinés dans des salles de lecture pour lire les documents de négociations confidentiels du traité transatlantique.

Le Parlement européen à Strasbourg.

Le Parlement européen à Strasbourg. © Philippe Sautier/Sipa

À Bruxelles, dans une des artères du Parlement européen, se trouve une salle sous haute surveillance. Une rareté dans cette enceinte de la démocratie européenne. Qui veut y entrer doit être au préalable inscrit dans un registre spécial et faire partie du cercle restreint de ceux qui ont vraiment besoin de savoir.

À l'intérieur, des hommes et des femmes parlementaires scrutent avec attention des documents où figure en haut à droite, en gras et en majuscule, la mention :

"CONFIDENTIEL UE ".

Il s'agit des pages les plus sensibles du traité transatlantique - le fameux TTIP - en cours de négociation entre l'Union européenne et les États-Unis, ce qu'on appelle dans le jargon commercial "les textes consolidés", qui contiennent les propositions communes faites par les négociateurs de part et d'autre de l'Atlantique. Le nombre de députés qui ont accès à ces documents est très restreint. On compte une quarantaine de personnes au total, sur les 751 parlementaires de l'institution européenne.

Des mesures drastiques

Ces lecteurs obéissent à des règles strictes. Les portables sont confisqués à l'entrée de la salle. Il leur est impossible de scanner ou de photocopier les documents, ou même de prendre des notes. Et tous doivent déclarer sur l'honneur ne pas diffuser les documents consultés. Gare à celui qui enfreint les règles. Les eurodéputés risquent la perte de leur immunité parlementaire. Les agents du Parlement leur poste.

Au risque d'être déçu, on ne trouve dans cette salle "que" les textes confidentiels du traité transatlantique. Les parlementaires européens et nationaux - les députés français au même titre que les autres - n'ont pas accès aux documents "confidentiels" des autres accords négociés par l'Union européenne avec le Japon, Singapour, les États d'Afrique de l'Ouest ou bien la Chine. Ces documents ne peuvent être consultés que par les proches des négociations, dont les représentants des États membres et les "conseillers" des négociateurs. Traditionnellement, ils utilisent la salle de lecture de la Commission européenne, ou les salles des ambassades dans les États européens, et cela dans la plus grande discrétion.

Malgré ce luxe de précautions, le partenariat transatlantique est pourtant l'un des accords commerciaux les plus transparents jamais négociés entre l'Union européenne et un pays tiers. Ce qui ne plaît pas forcément au "futur" partenaire américain.

Chères aux Américains

Tandis que la Commission européenne, qui dirige la négociation pour les 28, a publié son mandat de négociation fin octobre et s'apprête notamment à rendre des documents de négociation consultables sur son site, les Américains y rechignent.

Leur mandat n'a toujours pas été publié, tout comme les autres documents de négociation qui tous sont confinés dans des salles de lecture restreintes. Si restreintes que les ministres européens au Commerce, réunis à Bruxelles en novembre, se sont plaints à demi-mot de ne pas avoir suffisamment accès aux offres de négociation américaines.

Cela n'empêche pas Washington de vouloir influer sur les dispositifs européens. C'est donc sous haute surveillance américaine que de nouvelles salles de lecture vont voir le jour dans les prochaines semaines au Parlement européen. Elles permettront aux 751 députés d'accéder à tous les documents "RESTREINTS" de la négociation. Tandis que les documents de négociation conjoints - les plus sensibles - resteront toujours à la discrétion de cette quarantaine de députés, déjà inscrits au registre.

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