Recherche


Qui est en ligne

Nous avons 656 invités et aucun membre en ligne

Actualités

Flux RSS

Copyright Joomla

Copyright © 2018 PCF Bassin Arcachon - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public

Etats-Unis

L’assassinat de journalistes... les leurs et les nôtres

L’assassinat de journalistes... les leurs et les nôtres

 

Après Paris, la condamnation du fanatisme religieux est à son comble. Je suppose qu’il y a même de nombreux progressistes qui rêvent de tordre le cou à des djihadistes, en enfonçant dans leurs crânes quelques réflexions sur l’intelligence, la caricature, l’humour et la liberté d’expression. Nous parlons ici, après tout, de jeunes qui ont grandi en France, pas en Arabie saoudite.
 
D’où provient tout cet intégrisme islamique des temps modernes ? La plupart vient – formé, armé, financé, endoctriné - d’Afghanistan, d’Irak, de la Libye et de la Syrie. Au cours de différentes périodes, des années 1970 à nos jours, ces quatre pays ont été les états-providences les plus laïcs, modernes, instruits du Moyen-Orient. Et qu’est-il arrivé à ces états-providence laïcs, modernes et instruits ?
 
Dans les années 1980, les Etats-Unis ont procédé au renversement du gouvernement afghan qui était progressiste, où les femmes jouissaient de tous les droits, croyez-le ou non (1), pour aboutir à la création des talibans et leur prise de pouvoir.
 
Dans les années 2000, les Etats-Unis ont renversé le gouvernement irakien, détruisant non seulement la laïcité, mais aussi un état civilisé, dont il ne reste que des décombres.
 
En 2011, les Etats-Unis et leur appareil militaire de l’OTAN ont renversé le gouvernement libyen laïc de Mouammar Kadhafi, laissant derrière eux un état de non-droit et en répandant des centaines de djihadistes et des tonnes d’armes au Moyen-Orient.
 
Et depuis quelques années les Etats-Unis tentent de renverser le gouvernement syrien laïc de Bachar al-Assad. Ceci, avec l’occupation américaine qui a déclenché une guerre généralisée entre sunnites et chiites en Irak, a conduit à la création de l’Etat islamique avec toutes ses décapitations et autres pratiques charmantes.
 
Mais malgré tout cela, le monde est plus sûr pour le capitalisme, l’impérialisme, l’anti-communisme, le pétrole, Israël et les djihadistes. Dieu est grand !
 
Depuis de la guerre froide, et la multiplication des interventions énumérées ci-dessus, nous avons affaire à 70 ans de politique étrangère américaine, sans laquelle - comme le faisait remarquer l’écrivain russo/américain Andre Vltchek - « presque tous les pays musulmans, dont l’Iran, l’Egypte et l’Indonésie, seraient aujourd’hui très probablement socialistes, sous la direction d’un groupe de dirigeants très modérés et plutôt laïcs » (2). Même l’ultra-répressive Arabie Saoudite - sans la protection de Washington - serait probablement un pays très différent.
 
Le 11 Janvier, Paris fut le théâtre d’une Marche d’unité nationale en l’honneur du magazine Charlie Hebdo, dont les journalistes avaient été assassinés par des terroristes. La marche fut plutôt émouvante, mais ce fut aussi une orgie d’hypocrisie occidentale, avec les chaînes de télévision françaises et la foule rassemblée vantant sans fin la vénération de l’OTAN pour les journalistes et la liberté d’expression partout dans le monde ; avec un océan de pancartes clamant « Je suis Charlie ... Nous Sommes Tous Charlie » ; avec des crayons géants brandis, comme si les armes de choix de l’Occident au Moyen-Orient au cours du siècle passé avaient été des crayons, et non des bombes, des invasions, des coups d’état, de la torture et des drones.
 
Personne n’a relevé que l’armée américaine, dans le cadre de ses guerres au cours des dernières décennies au Moyen-Orient et ailleurs, a été responsable de la mort délibérée de dizaines de journalistes. En Irak, entre autres incidents, il faut revoir la vidéo de 2007 de Wikileaks sur l’assassinat de sang-froid de deux journalistes de Reuters ; l’attaque en 2003 par une missile air-sol US sur les bureaux d’Al Jazeera à Bagdad, qui a fait trois morts et quatre blessés parmi les journalistes ; et le tir américain sur l’Hôtel Palestine à Bagdad la même année qui a tué deux cameramen étrangers.
 
En outre, le 8 Octobre 2001, au cours du deuxième jour de bombardements américains sur l’Afghanistan, les émetteurs de Radio Shari du gouvernement taliban ont été bombardés et peu de temps après, les Etats-Unis ont bombardé quelques 20 sites de radios régionales. Le Secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld, a défendu la destruction de ces installations en déclarant : « Naturellement, ils ne peuvent pas être considérés comme des médias libres. Ils sont les porte-paroles des talibans et de ceux qui hébergent les terroristes ». (3)
 
Et en Yougoslavie, en 1999, lors des 78 jours de bombardement d’un pays qui ne menaçait ni les États-Unis ni aucun autre pays, la Radio Television Serbia (RTS) appartenant à l’Etat fut visée parce qu’elle diffusait des choses qui n’étaient pas du goût des États-Unis et de l’OTAN (notamment les horreurs provoquées par les sus-dits bombardements). Les bombes ont tué de nombreux employés de la station, et les deux jambes de l’un des survivants qui a dû être amputé pour le libérer des décombres. (4)
 
Voici une opinion sur Charlie Hebdo qui m’a été envoyée par un ami à Paris qui connaît bien ce journal et ses journalistes :
 
« En matière de politique internationale, Charlie Hebdo était néoconservateur. Il a soutenu toutes les interventions de l’OTAN depuis la Yougoslavie. Ils étaient anti-musulman, anti-Hamas (ou toute organisation palestinienne), anti-russe, anti-cubain (à l’exception d’un dessinateur), anti-Chávez, anti-Iran, anti-Syrie, pro-Pussy Riot, pro-Kiev... Faut-il continuer ?
 
« Curieusement, le magazine était considéré comme « de gauche ». Il m’est difficile à présent de les critiquer parce qu’ils n’étaient pas « mauvais », juste une bande de dessinateurs drôles, oui, mais des électrons libres sans ordre du jour précis et qui au fond n’en avaient rien à foutre du « correcte » - ni politique, ni religieux, ni quoi que ce soit ; ils ne faisaient que s’amuser en tentant de vendre un magazine « subversif » (à l’exception notable de l’ancien rédacteur en chef, Philippe Val, qui est, je crois, un néoconservateur pur et dur) ».
 

Encore plus bête que soi

 

Vous souvenez-vous d’Arseniy Yatsenuk ? Ce fonctionnaire ukrainien que le Département d’État des États-Unis avait adopté comme un des leurs au début de 2014 et guidé vers le poste de Premier ministre afin de diriger les Forces du Bien ukrainiennes contre la Russie dans la nouvelle guerre froide ?
 
Dans une interview à la télévision allemande, le 7 Janvier 2015, voici ce que Yatsenuk a laissé échapper de sa bouche : « Nous nous souvenons tous très bien de l’invasion soviétique de l’Ukraine et de l’Allemagne. Nous ne le permettrons pas et personne n’a le droit de réécrire l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ». (5)
 
Les Forces du Bien ukrainiennes, il faut le rappeler, comptent également plusieurs néo-nazis à des postes élevés du gouvernement et beaucoup plus qui participent à la lutte contre les Ukrainiens pro-Russes dans le sud-est du pays. En juin dernier, Yatsenuk a qualifié ces pro-Russes de « sous-hommes » (6), une référence directe au terme nazi de « untermenschen ».
 
Alors la prochaine fois que vous levez les yeux au ciel devant une remarque stupide faite par un membre du gouvernement américain, essayez de vous consoler en vous en pensant que les hauts responsables américains ne sont pas nécessairement les plus stupides, sauf bien-sûr en ce qui concerne leur choix de partenaires dignes de l’empire.
 
Le genre de manifestation qui s’est déroulée à Paris ce mois-ci pour condamner un acte de terrorisme par des djihadistes aurait tout aussi bien pu se dérouler pour les victimes d’Odessa en Ukraine, en mai dernier. Les mêmes néo-nazis décrits ci-dessus avaient interrompu leurs parades avec des croix gammées et appelant à la mort des Russes, des communistes et des Juifs, pour aller incendier un bâtiment syndical à Odessa, tuant des dizaines de personnes et envoyant des centaines à l’hôpital ; la plupart des victimes furent battues ou abattues alors qu’elles tentaient de fuir les flammes et la fumée ; les ambulances furent empêchées de porter secours aux blessés... Vous pouvez toujours chercher un seul grand média US qui a fait ne serait-ce qu’une tentative pour décrire toute cette horreur. Il vous faudra visiter le site russe de RT.com à Washington, DC, et rechercher « Odessa fire » ( « incendie Odessa ») pour trouver de nombreux articles, images et vidéos. Voir aussi l’article de Wikipedia sur le 2 mai 2014 et les affrontements à Odessa.
 
Si le peuple américain avait été forcé de regarder, d’écouter et de lire toutes les histoires sur le comportement des néo-nazis en Ukraine au cours des dernières années, je pense qu’ils - oui, même le peuple américain et ses représentants intellectuellement limités du Congrès - commenceraient à se demander pourquoi leur gouvernement a été si étroitement allié avec de telles personnages. Les États-Unis pourraient même s’allier à la Russie pour les combattre.
 
L’Occident n’est pas Charlie pour Odessa. Il n’y a pas de défilé à Paris pour Odessa. (en français dans le texte – NdT)
 

Quelques réflexions sur ce qu’on appelle l’idéologie

 

Norman Finkelstein, le virulent critique américain d’Israël, était interviewé récemment par Paul Jay sur The Real News Network. Finkelstein a raconté comment il avait été un maoïste dans sa jeunesse et avait été dévasté par l’exposition et la chute de la Bande des Quatre en 1976 en Chine. « Il s’est avéré qu’il y avait énormément de corruption. Les gens que nous pensions être totalement désintéressés étaient en fait totalement égoïstees. C’était clair. Le renversement de la Bande des Quatre avait un énorme soutien populaire ».
 
Beaucoup d’autres maoïstes ont été déchirés par l’événement. « Tout s’est écroulé subitement, tout le système maoïste, qui nous pensions [étaient] des hommes nouveaux socialistes, qui croyaient tous au don de soi, au combat contre l’égoïsme. Puis du jour au lendemain, ce fut tout le contraire. »
 
« Vous savez, beaucoup de gens pensent que c’est McCarthy qui a détruit le Parti communiste, » a poursuivi Finkelstein, « C’est absolument faux. Vous savez, quand vous étiez un communiste à l’époque, vous aviez la force intérieure pour résister au maccarthysme, au nom de la cause. Ce qui a détruit le Parti communiste fut le discours de Khrouchtchev, » une référence à 1956 et la révélation par le premier ministre soviétique Nikita Khrouchtchev des crimes commis par Joseph Staline et son régime dictatorial.
 
J’étais moi-même suffisamment âgé et intéressé pour être influencé par les révolutions russes et chinoises, mais ce ne fut pas le cas. J’étais un admirateur du capitalisme et un bon et loyal anti-communiste. C’est la guerre du Vietnam qui fut ma Bande des Quatre et mon Nikita Khrouchtchev à moi. Jour après jour, en 1964 et au début de 1965, je suivais attentivement les informations pour prendre connaissance des derniers statistiques de la journée sur la puissance de feu américaine, les sorties des bombardiers, et le nombre de morts. J’étais rempli de fierté patriotique devant notre démonstration de force massive qui allait façonner l’histoire. Des paroles comme celles prononcées par Winston Churchill, à l’entrée des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, me revenaient facilement à l’esprit - « l’Angleterre vivra ; la Grande-Bretagne vivra ; la Communauté des Nations vivra » Puis un jour - un jour comme un autre – de façon soudaine et de manière inexpliquée, ça m’a frappé. Dans ces villages aux noms étranges, il y avait des gens sur qui ces bombes tombaient, des gens qui fuyaient dans un désespoir total devant le déluge de feu qui tombait du ciel.
 
Et ça ne m’a plus lâché. Les bulletins d’informations provoquaient en moi la satisfaction bien-pensante que nous étions en train de donner une leçon à ces maudits communistes et qu’ils n’allaient pas s’en tirer avec ce qu’ils avaient l’intention de s’en tirer. L’instant d’après, j’étais frappé par une vague de répulsion devant toute cette horreur. La répulsion a fini par l’emporter sur la fierté patriotique, et je n’ai jamais fait marche arrière ; me condamnant du coup à ressentir du désespoir devant la politique étrangère des Etats-Unis, encore et encore, décennie après décennie. (7)
 
Le cerveau humain est un organe étonnant. Il travaille 24/24h, sept jours sur sept, et 52 semaines par an, avant même votre naissance et jusqu’au jour où vous devenez un nationaliste. Et ce jour-là peut arriver très tôt. Voici un titre récent du Washington Post  : « Aux États-Unis le lavage de cerveau commence dès la maternelle. » Ah, au temps pour moi. En réalité, le titre était « En Corée du Nord le lavage de cerveau commence dès la maternelle. » (8)

Que Cuba Vive ! Liste du Diable de ce que les États-Unis ont fait à Cuba


Le 31 mai 1999, une plainte contre le gouvernement des États-Unis pour $181 milliards - pour morts, blessés et dommages économiques - fut déposée devant un tribunal de La Havane. Elle a ensuite été déposée auprès de l’Organisation des Nations Unies. Depuis, son sort est un mystère.

La plainte porte sur les 40 années qui ont suivi la révolution de 1959 et décrit, avec force détails apportés par des témoignages directs des victimes, les actes d’agression des Etats-Unis contre Cuba ; en mentionnant souvent le nom, la date et les circonstances précises, de chaque personne tuée ou gravement blessée. En tout, 3478 personnes ont été tuées et 2099 gravement blessées. (Ces chiffres ne comprennent pas les nombreuses victimes indirectes des pressions et du blocus économique de Washington, qui a provoqué des difficultés pour obtenir des médicaments et de la nourriture, en plus d’autres difficultés.)

En termes juridiques, la plainte fut rédigée de manière très précise. Elle portait sur la mort d’individus, au nom des survivants, et des dommages corporels de ceux qui avaient survécu à des blessures graves, en leur nom propre. Aucune attaque américaine infructueuse ne fut retenue, et par conséquent il n’y avait aucun témoignage sur les plusieurs centaines de tentatives d’assassinat manquées contre le président cubain Fidel Castro et d’autres hauts fonctionnaires, ni des attentats qui n’avaient pas fait de victimes. Les dégâts occasionnés aux cultures, au bétail ou à l’économie cubaine en général ont également été exclus, il n’y avait donc aucun témoignage sur l’introduction dans l’île de la peste porcine ou la moisissure de tabac.

Toutefois, les aspects de la guerre biologique et chimique menée par Washington contre Cuba et ayant fait des victimes furent décrits en détail, notamment la création d’une épidémie de dengue hémorragique en 1981, au cours de laquelle quelques 340 000 personnes furent infectées et 116 000 hospitalisées ; et ceci dans un pays qui n’avait jamais connu auparavant un seul cas de cette maladie. Au final, 158 personnes, dont 101 enfants, sont mortes. (9) Le fait qu’il n’y ait eu que 158 morts, sur les quelques 116 000 hospitalisés, constitue un hommage éloquent au remarquable système de santé public cubain.

La plainte décrit la campagne d’attaques aériennes et navales contre Cuba qui ont commencé en Octobre 1959, lorsque le président américain Dwight Eisenhower a approuvé un programme qui comprenait des bombardements de raffineries de sucre, l’incendie des champs de canne-à-sucre, des attaques à la mitrailleuses à La Havane, y compris contre des trains de voyageurs.

Une autre section de la plainte décrit les groupes terroristes armés, Los Bandidos, qui ont ravagé l’île pendant cinq ans, de 1960 à 1965, date à laquelle le dernier groupe fut repéré et vaincu. Ces bandes terrorisaient les petits agriculteurs, torturaient et tuaient ceux considérés (souvent à tort) comme des partisans actifs de la Révolution ; hommes, femmes, et enfants. Plusieurs jeunes enseignants volontaires de la campagne d’alphabétisation furent parmi les victimes de ces bandits.

Il y eut aussi bien-sûr la fameuse Baie des Cochons, en avril 1961. Bien que la totalité de l’incident a duré moins de 72 heures, 176 Cubains ont été tués et 300 autres blessés, dont 50 handicapés à vie.

La plainte a également décrit la campagne incessante de grands actes de sabotage et de terrorisme qui comprenaient le bombardement de navires et d’avions ainsi que des magasins et bureaux. L’exemple le plus horrible de sabotage fut bien sûr l’explosion en plein vol en 1976 d’un avion de Cubana qui avait décollé de la Barbade, tuant les 73 passagers. Il y a aussi l’assassinat de diplomates et fonctionnaires cubains à travers le monde, dont un en pleine rue à New York en 1980. Cette campagne s’est poursuivie dans les années 1990, avec les meurtres de policiers cubains, soldats et marins en 1992 et 1994, et une vague d’attentats contre des hôtels en 1997, qui a coûté la vie à un touriste ; la campagne d’attentats visait à décourager le tourisme et a conduit à l’envoi d’officiers du renseignement cubains aux États-Unis dans une tentative de mettre fin aux attentats ; parmi eux, il y avait les Cinq Cubains.

A tout ce qui précède on peut ajouter les nombreux actes de chantage financier, de violence et de sabotages menés par les Etats-Unis et ses agents au cours des 16 années qui ont suivi le dépôt de la plainte. En somme, la blessure et traumatisme profonds infligés au peuple cubain peuvent être considérés comme leur version à eux d’un 11 Septembre 2001. (10)

William Blum
 
Traduction "Quand les hommes vivront d’amour, Ce sera la paix sur la terre, Les soldats seront troubadours, Mais nous, nous serons morts mon frère" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.
 
Notes
(1) US Department of the Army, Afghanistan, A Country Study (1986), pp.121, 128, 130, 223, 232
(2) Counterpunch, January 10, 2015
(3) Index on Censorship, the UK’s leading organization promoting freedom of expression, October 18, 2001
(4) The Independent (London), April 24, 1999
(5) “Ukrainian Prime Minister Arseniy Yatsenyuk talking to Pinar Atalay”, Tagesschau (Germany), January 7, 2015 (in Ukrainian with German voice-over)
(6) CNN, June 15, 2014
(7) See William Blum, West-Bloc Dissident : A Cold War Memoir, chapter 3
(8) Washington Post, January 17, 2015, page A6
(9) William Blum, Killing Hope : US Military and CIA Interventions Since World War II, chapter 30, for a capsule summary of Washington’s chemical and biological warfare against Havana.
(10) For further information, see William Schaap, Covert Action Quarterly magazine (Washington, DC), Fall/Winter 1999, pp.26-29
 

URL de cet article 27843 

JIHAD MADE IN USA par Grégoire Lalieu et Mohamed Hassan

Dimanche 18 janvier 2015

JIHAD MADE IN USA par Grégoire Lalieu et Mohamed Hassan

 

INVESTIG'ACTION

Jihad made in USA
 
Au moment où le Moyen-Orient s'embrase dans une guerre sans fin, cet ouvrage interroge : quels sont exactement les liens entre USA et « jihadistes » ? Crucial, car ce conflit va déborder sur l'Europe, l'Afrique, la Russie, voire la Chine.
 

Après dix ans de lutte contre le terrorisme, pourquoi réapparaît-il plus fort que jamais ?

 

Pourquoi James Baker, ancien ministre US des Affaires étrangères, disait-il : « Nous ne devons combattre les intégristes que dans la mesure de nos intérêts » ?

 

Avec quelles conséquences en Europe ? N’est-il pas urgent d'ouvrir le débat tabou : oui ou non, les Etats-Unis ont-ils joué avec le feu et devons-nous toujours leur obéir ?

 

Après La stratégie du chaos, Grégoire Lalieu poursuit ses passionnants entretiens avec Mohamed Hassan. Ensemble, ils décryptent les intérêts en jeu en Syrie, les déboires du « printemps » égyptien et ce nouveau concept fourre-tout : l'islamisme.

 

Ni grand complot où la CIA dirigerait tout, ni théorie ultra-naïve où Washington agirait pour la paix dans le monde, Jihad made in USA vous aide à libérer vos neurones. Manipulation cynique des eurojihadistes, vrai et faux jihad, routes du pétrole et du gaz, rôle des Saoud, du Qatar, de la Turquie et d’Israël, remodelage du Moyen-Orient : ce livre vous explique ce qui attend cette région stratégique. Et quelle alternative est possible.

 

Mohamed Hassan est un ancien diplomate éthiopien, spécialiste du monde arabe et de la Corne de l'Afrique. Grégoire Lalieu est journaliste, membre du collectif Investig'Action depuis 2009

FICHE PRATIQUE
Jihad made in USA
Grégoire Lalieu
Prix: 15 €
254 pages
21 x 13 cm
ISBN: 978-2-930827-00-1

Charlie Hebdo : Le terrorisme des États-Unis et de l’'OTAN est le plus grand meurtrier de journalistes au monde

Charlie Hebdo : Le terrorisme des États-Unis et de l’'OTAN est le plus grand meurtrier de journalistes au monde

 

Par Julie Lévesque

 

Mondialisation.ca, 14 janvier 2015

Url de l'article:
http://www.mondialisation.ca/charlie-hebdo-le-terrorisme-des-etats-unis-et-de-lotan-est-le-plus-grand-meurtrier-de-journalistes-au-monde-3/5424553

 

Dans la foulée des attaques terroristes perpétrées par des agents autoproclamés d’Al-Qaïda et ayant coûté la vie à 12 personnes, dont huit journalistes du journal satirique français Charlie Hebdo, l’élite et les médias dominants occidentaux, en exprimant leur compassion et leur indignation, ne font que mettre en lumière leur complaisance envers le terrorisme d’État occidental et israélien.

 

Avant d’explorer de plus près cette question, il convient de noter que les attentats de Paris comportent des signes indiquant la possibilité d’un attentat sous faux pavillon, par exemple la carte d’identité laissée dans la voiture par un terroriste. Cette hypothèse ne fait toutefois pas l’objet d’une analyse et est exclue d’emblée, complètement ignorée par les médias traditionnels. Par ailleurs, l’un des terroristes présumés, Cherif Kouachi, a déclaré à un média français qu’il avait été financé par l’ancien chef d’Al-Qaïda Anwar Al-Awlaki, un religieux étasunien ayant dîné au Pentagone quelques mois après le 11-Septembre. Selon le lieutenant-colonel étasunien Anthony Shaffer, Al-Awlaki a « travaillé comme agent triple et était un atout du FBI avant le 11-Septembre » (Kurt Nimmo, FBI admet Pentagone convive Al-Awlaki a travaillé pour eux , Infowars 2 août 2012.)

 

Depuis les attentats meurtriers du 7 janvier 2015, les médias occidentaux, en particulier les médias québécois, clament d’une manière très ethnocentrique que « la planète est en deuil » et pleure la mort des journalistes français. Cet événement tragique doit être condamné, mais il doit être examiné dans un contexte approprié. Dans les pays où la France a bombardé des civils, par le biais de l’OTAN et des invasions militaires menées par les États-Unis, et là où des terroristes soutenus par l’Occident tuent des civils innocents (Libye, Syrie), les populations vivent constamment le deuil de leurs proches. Ces décès ne sont cependant pas signalés. Le monde occidental n’est pas « la planète » et « tout le monde n’est pas Charlie », contrairement à ce que les médias nous portent à croire.

Plusieurs salles de rédaction du réseau public Radio-Canada ont pris des photos tenant des affiches « Je suis Charlie ».

Lors de la dernière attaque contre Gaza, 17* journalistes palestiniens ont été tués par l’armée israélienne. Ces journalistes ont été tués dans le but de supprimer la vérité concernant les atrocités israéliennes. On n’a vu nulle part des journalistes occidentaux tenant des affiches de solidarité.

 

Avant les décapitations de James Foley et Steven Sotloff, des dizaines de journalistes ont été tués en Syrie par des terroristes armés, entraînés et financés par des pays de l’OTAN et leurs alliés antidémocratiques comme l’Arabie saoudite. Des centaines de civils ont également été décapités bien avant eux, environ 200 dans un seul village, selon un rapport de Human Rights Watch. (Voir Julie Lévesque, L’État islamique: un groupe terroriste « prodémocratie » appuyé par les États-Unis et formé pour décapiter, Mondialisation.ca, 19 septembre, 2014.)

 

L’indignation a cependant été réservée aux journalistes occidentaux décapités.

 

La guerre en Syrie a été très meurtrière pour les journalistes : 153 morts, selon certaines estimations, et ce grâce au terrorisme appuyé par l’OTAN. Là encore, aucun journaliste occidental brandissant des pancartes de compassion pour les journalistes syriens en vue.

Le pays le plus meurtrier dans le monde pour les journalistes a toutefois été l’Irak durant l’occupation des États-Unis. Selon le Comité de protection des journalistes (CPJ):

La guerre menée par les États-Unis en Irak a coûté la vie d’un nombre record de journalistes et a remis en question certaines perceptions répandues sur les risques de la couverture des conflits. Par exemple, plus de journalistes ont été tués dans des assassinats ciblés en Irak que dans des circonstances liées au combat [...]

Selon des recherches du CPJ, au moins 150 journalistes et 54 travailleurs de soutien ont été tués en Irak à la suite de l’invasion étasunienne, de mars 2003 à la fin déclarée de la guerre en décembre 2011.

Les décès en Irak dépassent de loin tout autre bilan documenté pour la presse en temps de guerre. Le CPJ, fondé en 1981, a enregistré la mort de 58 journalistes au cours de la guerre civile algérienne de 1993 à 1996, 54 autres décès dans la guerre civile non déclarée en Colombie, qui a commencé en 1986, et 36 décès dans le conflit des Balkans de 1991 à 1995 [...]

Des insurgés de tous acabits ont été responsables de la mort de 110 journalistes et de 47 travailleurs des médias en Irak. Les actions des forces étasuniennes, incluant des tirs provenant de points de contrôle et des frappes aériennes, ont entraîné la mort de 16 journalistes et de six travailleurs des médias. (Frank Smyth, Iraq war and news media: A look inside the death toll, Committee to Protect Journalists, 18 mars 2013)

Les chiffres du Tribunal Brussells concernant les meurtres de journalistes en Irak sont beaucoup plus élevés:

Selon les statistiques du Tribunal BRussells, au moins 404 professionnels des médias ont été tués en Irak depuis l’invasion étasunienne en 2003, parmi eux 374 Irakiens. L’impunité en Irak est bien pire que n’importe où ailleurs dans le monde. (Dirk Adriaensens, The Killing of Journalists in Iraq, BRussells Tribunal, 4 janvier 2014)

Parmi les morts, deux journalistes – un Irakien, Yasser Salihee, et un Étasunien, Steven Vincent – lesquels enquêtaient sur les escadrons de la mort soutenus par les États-Unis en Irak.

Le 24 juin, Yasser Salihee, un correspondant spécial irakien pour l’agence de nouvelles Knight Ridder, a été tué d’une seule balle à la tête alors qu’il approchait d’un point de contrôle mis en place près de son domicile dans l’ouest de Bagdad par les troupes étasuniennes et irakiennes. Le coup aurait été tiré par un tireur d’élite américain. Selon des témoins oculaires, aucun coup de semonce n’a été tiré.

L’armée étasunienne a annoncé qu’elle mène une enquête sur le meurtre de Salihee. Cependant Knight Ridder a déjà déclaré qu’il n’y a aucune raison de croire que la fusillade était liée a son travail. Au contraire, sa dernière affectation donne des raisons de soupçonner qu’elle l’était.

Au cours du mois passé, Salihee avait recueilli des preuves que les forces irakiennes soutenues par les USA ont mené des exécutions extra-judiciaires de membres présumés et de partisans de la résistance anti-occupation. Son enquête était basée sur un reportage du magazine New York Times en mai et détaillant comment l’armée étasunienne avait constitué les commandos de la police du ministère irakien de l’Intérieur, appelés la Brigade des Loups, en prenant pour modèle les escadrons de la mort déployés au Salvador dans les années 1980 pour écraser l’insurrection de la gauche. (James Cogan, Journalist killed after investigating US-backed death squads in Iraq, World Socialist Web Site, 1er juillet, 2005)

Le journaliste américain Steven Vincent a été enlevé et assassiné le 2 août à Bassorah, la ville irakienne du sud où il travaillait comme auteur et blogueur à la pige. Les soupçons de ce meurtre, le premier d’un journaliste étasunien en Irak, pèsent non pas sur Al-Qaïda ou les insurgés sunnites, mais sur la police de l’administration à majorité chiite installée à Bassorah avec le soutien des forces d’occupation étasuniennes et britanniques. (Patrick Martin, US journalist who exposed Shiite death squads murdered in Basra, World Socialist Web Site, 5 août 2005)

Pour des raisons inconnues, le journaliste irakien Yasser Salihee, n’a pas été inclus dans la liste du CPJ.

Le Tribunal BRussells rapporte en outre que de nombreux décès ne sont pas signalés par le CPJ et Reporters sans frontières. L’explication reflète le contraire de ce qui se passe avec la couverture biaisée et émotive des meurtres de Charlie Hebdo, à savoir la dédramatisation de la mort des journalistes irakiens.

Depuis l’invasion de 2003, les grands médias ont constamment cherché à minimiser le nombre de mortalités. Il s’agit d’un fait bien établi et le meurtre des professionnels des médias ne fait pas exception. Il est évident que les groupes occidentaux de défense des droits des journaliste hésitent à dire exactement combien de leurs collègues ont perdu la vie sous l’occupation impitoyable des États-Unis et de la Grande-Bretagne, une occupation qui perdure. Ces groupes réduisent alors les critères d’inclusion dans leurs listes. Cette attitude est inacceptable, surtout parce qu’il est question de collègues professionnels [...]

 

L’Irak était le pays le plus meurtrier pour les professionnels des médias en 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2010, 2011 et 2013 (Adriaensens, op. cit.)

Presque 400 journalistes irakiens morts et pourtant nos compatissants professionnels des médias n’ont jamais affiché leur solidarité.

Julie Lévesque

Journaliste

 

*L’article original mentionnait 13 journalistes palestiniens tués durant le dernier assaut à Gaza. Selon plusieurs sources journalistiques, ils seraient en réalité 17. Selon le CPJ 16 journalistes et 4 travailleurs des médias ont été tués en « Israël et dans les territoires occupés », comme s’il s’agissait d’un seul pays. Reporters sans frontières a enregistré seulement 7 décès en Palestine.

 

Article initialement publié en anglais: 

Mourning Charlie Hebdo Journalists, While Ignoring that US-NATO State-Sponsored Terrorism is the “Number One Killer” of Journalists,

10 janvier 2015

Copyright © 2015 Mondialisation.ca

Patriot Act - Lorsque la vérité devient trahison

Patriot Act - Lorsque la vérité devient trahison 

Par Susan Lindauer 
Ex-agent CIA Irak - Libye

samedi 17 janvier 2015, par Comité Valmy

 

Patriot Act - Lorsque la vérité devient trahison

 

Par Susan Lindauer 
Ex-agent CIA Irak - Libye

23/05/11
traduction inédite Comité Valmy

 

La plupart des Américains croient comprendre les dangers du Patriot Act, que le Congrès a promis d’étendre pour quatre ans lors d’un vote cette semaine. Croyez-moi : les Américains n’en ont pas assez peur.

 

Vous vous demandez pourquoi la vérité sur le 11/9 n’a jamais été exposée ? Pourquoi les Américains n’ont pas la moindre idée de la machination du gouvernement autour de la guerre contre le terrorisme ? Pourquoi les Américains ne savent pas si l’enquête sur le 11/9 a vraiment abouti ? Pourquoi l’option de la paix irakienne n’a pas été choisie ? ... Mais personne ne parle au peuple.

 

En grande partie, c’est à cause du Patriot Act - une loi qui assimile liberté d’expression à sédition. C’est une machine complexe composé de 7000 pages de code, conçue de façon machiavélique pour couper court à toute réflexion de citoyens sur la politique du gouvernement. Dans ce nouveau monde, la liberté d’expression telle qu’elle est définie par notre « Bill of Rights » a été considérée comme une menace pour nos gouvernants désireux de maintenir la stabilité. Et le Patriot Act est devenu la grande arme utilisée contre les accusateurs et les dissidents qui viennent troubler le confort des dirigeants politiques, lesquels cachent des vérités dérangeantes pour le peuple...

 

La vérité est devenue trahison

 

Le Congrès nous assure que le Patriot Act ne vise que les étrangers qui arrivent sur nos côtes pour détruire notre mode de vie par des crimes violents. Les bons Américains respectueux des lois n’ont rien à craindre. Le Patriot Act s’auto-limiterait aux « écoutes téléphoniques » et à quelques écoutes de conversations internationales entre "méchants terroristes". Le Congrès a juré, la main sur le cœur, que leur seul but est de briser les cellules terroristes.

 

C’est ce qu’ils vous ont dit, non ? Et vous les croyez ? Vous faites confiance au gouvernement. Eh bien, c’était votre première erreur. En ce qui concerne le Patriot Act, c’est une erreur mortelle.

 

Le Patriot Act va bien au-delà de la prévention du terrorisme. Dans mon Etat du Maryland, la police d’État a invoqué le Patriot Act pour assurer une surveillance sur le Réseau Action Climat Chesapeake dédié à l’énergie éolienne, le recyclage et la protection de la baie de Chesapeake. Ils ont infiltré le réseau « Anti-guerre », suggérant que le groupe pourrait être une façade pour "suprématie blanche", ainsi qu’Amnesty International, affirmant enquêter sur les "violations des droits civils." Les opposants à la peine de mort sont également ciblés (au cas où ils deviendraient violents).

 

Les citoyens épris de vérité qui donnent aux Américains trop de discernement sur un certain nombre de questions sont exposés à un vaste arsenal juridique. Ca ne se passe en Chine ou au Myanmar. Dans le Patriot Act, le gouvernement a créé un outil puissant pour chasser la libre pensée de gauche comme de droite. Là, aucune discrimination !Quiconque s’oppose à la politique du gouvernement est en danger.

 

Comment puis-je savoir tout cela ? Parce que j’ai été la deuxième personne, ressortissant des Etats-Unis et non-arabe, à avoir inculpé par le Patriot Act. Mon arrestation a défié toutes les attentes au sujet de la loi. Je n’étais pas un terroriste complotant pour faire exploser Washington. Bien au contraire, j’avais travaillé dans la lutte contre le terrorisme depuis presque une décennie, en Irak, en Libye, au Yémen, en Egypte et en Malaisie auprès des Nations Unies. Sur ordre de mon supérieur de la CIA, j’avais livré des avertissements anticipés sur l’attaque du 11/9 au procureur général John Ashcroft et à l’Office of Counter-Terrorism en Août 2001. Les écoutes téléphoniques du FBI prouvent que j’apportais les éléments d’un projet de paix avec l’Irak dans les couloirs sacrés de la Maison Blanche pendant des mois avant l’invasion, en faisant valoir que la guerre était totalement inutile.

 

J’ai remis ces documents aux démocrates comme aux républicains ; à mon propre cousin, chef d’état-major de la Maison Blanche, Andrew Card ; et au secrétaire d’État Colin Powell, qui se trouvait être un voisin de mon supérieur de la CIA. Nous avons toujours l’enveloppe en papier kraft contenant les notes écrites de ma main données au Secrétaire Powell, en date d’une semaine avant son discours tristement célèbre à l’ONU. Mes papiers ont fait valoir qu’aucune arme de destruction massive en Irak, et que le cadre de la paix pourrait atteindre tous les objectifs des États-Unis sans coup férir.

 

En bref, j’étais un élément actif franchement opposé à la guerre avec l’Irak, et j’ai fait tous mon possible pour corriger les erreurs dans les hypothèses de la Maison Blanche.

 

Puis j’ai fait l’impensable. J’ai téléphoné aux bureaux du sénateur Trent Lott et au sénateur John McCain, lui demandant à être entendue par une Commission... Fière de mes propres efforts, je n’imaginais pas que le Congrès avait l’intention de me punir au sujet de mes « mauvais renseignements ».

 

Durant la nuit, je suis devenue Ennemie Publique numéro 1 de la Maison Blanche.

 

Trente jours plus tard, je fus réveillée par des agents du FBI qui frappaient à ma porte. Mon cauchemar du Patriot Act a duré cinq ans. Quatre ans après mon arrestation, la Cour m’a accordé une matinée pour entendre les preuves de deux témoins crédibles. Parke Godfrey a confirmé mes avertissements au sujet du 11/9 sous serment. Sinon, je n’ai jamais eu une journée d’audition à la Cour.

 

L’arsenal du Patriot Act contre la liberté d’expression

 

Si vous vous souciez de l’Amérique et de ses traditions de liberté, que vous soyez progressiste ou conservateur, vous devriez vous élever contre cette loi.

 

Vinrent d’abord les perquisitions sans mandat et la surveillance permanente du FBI. Mon travail dans la lutte contre le terrorisme ne m’a donné aucune protection. J’ai eu ma première perquisition sans mandat après avoir rencontré un agent du FBI infiltré avec qui nous avons discuté de mon soutien à des élections libres en Irak et de mon opposition à la torture et à l’humiliation sexuelle des détenus irakiens...

 

Si les citoyens épris de vérité (truth tellers) ne comprennent pas qu’il faut la boucler, le ministère de la Justice renforce encore la pression. Les accusés se retrouvent face à des accusations secrètes, des preuves secrètes et une déposition secrète du jury d’accusation. Tout au long de mes cinq années de mise en accusation, mes avocats et moi n’ont jamais pu lire le moindre témoignage du FBI ni la moindre déclaration du jury. Dans le cadre du Patriot Act, celui qui tire une sonnette d’alarme (whistleblower) n’a pas le droit de savoir de quoi il est accusé, ni les dates des infractions présumées, ni les lois qu’il a enfreintes.

 

Bien sûr, je savais bien ce que j’avais fait. Je savais que "dans le courant Octobre, 2001" un diplomate irakien m’avait donné la traduction en anglais d’un livre sur l’uranium appauvri, qui montrait comment les taux de cancer et de malformations congénitales avaient grimpé chez les enfants irakiens.

 

Et j’étais tout à fait certaine que le 14 Octobre 1999, un diplomate irakien m’avait demandé comment canaliser d’importantes contributions financières à la campagne présidentielle de George Bush et Dick Cheney. Le ministère de la Justice fut mis en courant de cette date, puisque j’ai rapporté ma discussion immédiatement à mon supérieur de la Defense Intelligence Agency, Paul Hoven.

 

Il est peu probable que le jury d’accusation l’ait su, puisque le ministère de la Justice a la prérogative de laisser un jury d’accusation dans l’ignorance. Dans ce nouveau monde, un jury d’accusation peut être contraint de considérer les actes d’accusation pouvant entraîner 10 ans de réclusion ou plus, sans avoir le droit d’examiner la preuve, ou de déterminer si les actions d’un individu s’élèvent au niveau de l’activité criminelle.

 

C’est juste le début. Une fois que le Congrès a produit un acte d’accusation contre un adversaire politique, le ministère de la Justice peut obliger les avocats de la défense à subir les habilitations de sécurité prolongées, tandis que le citoyen qui a tiré la sonnette d’alarme attend en prison, est mis en isolement ou en SHU (Special Handling Unit). Une fois les autorisations de sécurité accordées, les procureurs ont le droit de barrer la route aux avocats en leur interdisant de communiquer quoi que ce soit. Les avocats sont menacés de radiation du corps des avocats, de lourdes amendes ou de peines de prison.

 

Une fois que vous obtenez un procès, la situation devient encore pire. Le Patriot Act déclare que le procureur n’a aucune obligation de montrer des preuves de l’activité criminelle aux juges. Et la défense peut se voir refuser le droit de faire valoir une réfutation des accusations secrètes, car ce raisonnement pourrait induire en erreur les juges ou pourrait révéler des problèmes que le gouvernement considère comme secrets. Ainsi, un juge peut ordonner à son jury de considérer que la poursuite concerne un fait secret suffisamment grave pour mériter une condamnation sur accusation secrète. Le jury peut se voir interdit d’examiner le manque de preuves s’il faut condamner.

 

Vous pensez que j’exagère ? Vous auriez tort. C’est ce qui m’est arrivé. Avec un gros pépin en plus. Tout ce qui précède suppose que celui qui tire la sonnette d’alarme a eu la chance d’obtenir un procès. On m’a refusé le mien, bien que je me sois battue vigoureusement pour défendre mes droits. Au lieu de cela, citant le Patriot Act, je fus jetée en prison dans une base militaire du Texas, sans même une audience et menacée de détention à perpétuité et droguée.

...

Source
www.rense.com


Susan Lindauer est l’auteur de "Extrême préjudice : la conspiration ultime pour taire la vérité", qui révèle des détails du 11/9, les avertissements de son équipe de la CIA et une option de paix global avec l’Irak.

***

11 septembre- Révélations CHOC de Susan Lindauer ex agent de la CIA

 

 

 

 

Le colonel (cr) Alain Corvez : Les 28 pages changeront notre vision du 11 septembre

Le colonel (cr) Alain Corvez : Les 28 pages changeront notre vision du 11 septembre

samedi 17 janvier 2015, par Comité Valmy

 

Le colonel (cr) Alain Corvez :
les 28 pages changeront notre vision du 11 septembre

 

Le colonel (cr) Alain Corvez, ancien conseiller du général commandant la Force des Nations unies déployée au Sud-Liban (FINUL), ancien conseiller en relations internationales au ministère des Affaires étrangères est actuellement conseiller en stratégie internationale.

Voici un entretien qu’il a accordé à Paris, le 9 janvier 2014, à l’hebdomadaire américainExecutive Intelligence Review (EIR).

Question : Mon Colonel, une conférence de presse vient de se tenir le 7 janvier à Washington sur la nécessité de déclassifier les 28 dernières pages du rapport sur les attentats du 11 septembre. Ces 28 pages du rapport de la commission parlementaire bipartisane sur les failles du renseignement américain dans les attentats du 11 septembre, coprésidée par l’ancien sénateur démocrate de Floride Bob Graham, n’ont pu être consultées jusqu’ici que par des élus du Congrès, sous la surveillance d’agents du FBI, avec interdiction de prendre des notes ou d’en révéler le contenu.

 

Bob Graham, entouré de trois membres de la Chambre, de représentants des familles des victimes et soutenu par une vingtaine de congressistes, exige aujourd’hui, une fois de plus, que ces 28 pages soient rendues publiques afin que le public américain puisse en juger. Il met en cause l’Arabie saoudite, des responsables saoudiens et en particulier le prince Bandar, alors ambassadeur d’Arabie saoudite aux Etats-Unis. Cette conférence de presse a été couverte par Huffington Post, CNN, Fox News. Qu’en pensez-vous ?

Colonel Alain Corvez : Eh bien, je pense effectivement que ce serait une très bonne chose que ces 28 pages soient diffusées et que tout un chacun puisse en avoir connaissance. Vraisemblablement d’ailleurs, comme vous semblez l’indiquer, dans ces 28 pages, il doit y avoir des révélations très intéressantes puisque si on ne les a pas diffusées avec le reste du rapport, c’est qu’on voulait dissimuler des informations.

 

Les services de renseignement américains – et les services de renseignement du monde entier – travaillent de la même façon. Mais si des puissances – et vous parlez de l’Arabie saoudite – ont eu un rôle dans les attentats du 11 septembre, il faut que ce soit connu. Il faut que ce soit connu en particulier des citoyens américains d’abord, et puis du reste du monde, puisque comme nous savons tous hélas, les attentats du 11 septembre ont eu des répercussions sur l’ensemble du monde.

 

Je crois que non seulement la conférence de presse, mais aussi les travaux qui l’ont précédée, sont un pas en avant. Je souhaite qu’ils parviennent effectivement à leurs fins et qu’elles soient publiées, parce qu’une fois que les informations contenues dans ces 28 pages seront connues de tout le monde, cela donnera sans doute une vision différente de qui a commandité quoi en 2001 aux États-Unis.

 

Bob Graham a mentionné à trois reprises au cours de sa conférence de presse un rapport entre les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis et l’opération terroriste menée à Paris, avec l’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo. Comment voyez-vous éventuellement ce rapport ?

J’ai vu des articles dans la presse française, et dans la presse américaine – peut-être que les articles français reprenaient les articles dans la presse américaine – qui tirent un parallèle entre les deux et qui citent deux faits très étonnants. Dans le premier cas, on a trouvé en 2001 le passeport d’un des terroristes absolument intact dans le World Trade Center, alors que tout avait été détruit. Pourtant, comme par miracle, il y avait un passeport qui n’avait pas été détruit. Puis le fait que les tueurs de Charlie Hebdo ont laissé traîner une carte d’identité, qui a permis de les identifier aussitôt.

 

C’est déjà un premier parallèle. Ce n’était pas des amateurs apparemment, on a vu la façon dont cela s’était passé. Comment des professionnels peuvent-il laisser dans leur voiture une carte d’identité qui permet de les identifier ?

 

Je n’ai aucune preuve matérielle pour le moment pour dire que cela indique qu’il y a eu des puissances étrangères qui sont derrière l’attentat de Charlie Hebdo, de même qu’il y avait des puissances étrangères derrière les attentats du 11 septembre. Mais il y a deux faits qui sont incohérents – ce passeport en 2001 et cette carte d’identité en 2015, qui paraissent être des éléments incohérents. Je n’en sais pas plus, mais cela paraît étonnant.

 

Vous voulez dire que des professionnels qui ont tué comme ils ont tué, ne se comportent pas comme des amateurs en livrant les moyens de les identifier ?

Exactement. C’est complètement incohérent. Les images qu’on a vues et la façon dont cela s’est passé montrent que ce sont des gens qui ont agi avec calme et sang-froid, qui tiraient coup par coup quand il le fallait, et qui ne lâchaient des rafales que quand c’était indispensable. Les rafales étaient très bien contrôlées, comme on le voit dans les impacts. Donc, c’était de vrais professionnels qui savaient bien tirer.

 

Mais on voit très bien aussi dans les vidéos la façon dont ils se replient, la façon dont ils montent dans leur voiture, ils sont très calmes. On sent qu’ils avaient bien préparé leur coup. Que des professionnels aussi bien entraînés laissent une carte d’identité dans la voiture qu’ils abandonnent par la suite, cela ne s’explique pas. Cela paraît incohérent.

 

On ne voit pas le terroriste en question enlever sa carte d’identité pour la mettre sur le siège de la voiture ou par terre dans la voiture, de façon à ce qu’on la trouve facilement. Cela me paraît une incohérence totale.

 

Que pensez-vous de terroristes dits islamiques qui abattent un policier par terre en lui tirant une balle dans la tête, alors qu’il s’agit d’un musulman ?

Est-ce qu’ils savaient que c’était un musulman ? On ne sait pas. L’impression que j’ai sans avoir d’informations secrètes (je n’ai que les informations de la presse), c’est que nous avons affaire à des professionnels qui avaient bien préparé leur coup. Pour agir de cette façon, ils ont dû avoir un plan et sans doute des ordres à exécuter.

 

Par la suite, il y a eu d’autres actes de terrorisme dans Paris, et même en dehors de Paris. Est-ce que tout cela est coordonné ? Je n’irais pas jusque là. Je pense qu’il est possible que cet acte barbare de tuer les journalistes de Charlie Hebdo ait été commandité. Il y a en tout cas des indices qui orientent la réflexion dans cette direction.

 

Il faut voir aussi à qui profite le crime et quel est le résultat de tout cela. On voit bien qu’une inquiétude s’est répandue un peu partout en France, on craint même des affrontements entre différentes couches de la population. Cela pourrait être le but recherché, de diviser la France ou l’amener au bord du chaos, en faisant s’affronter entre elles les différentes couches de la société.

 

Dans ce contexte, que pensez-vous des révélations récentes sur les liens entre les frères Kouachi, présumés responsables du crime contre les journalistes de Charlie Hebdo et nos policiers, et Abou Hamza, prédicateur wahhabite de la mosquée du Parc de Finsbury à Londres, dont l’avocat a par ailleurs affirmé qu’il coopérait avec les services de renseignement britanniques, et notamment avec le MI5 ? Faut-il tirer des conclusions de cet endoctrinement, qui semble patent ?

Oui, je pense qu’on peut tirer des conclusions. Premièrement, comme on le sait, beaucoup de ces terroristes islamiques se rencontrent en prison et s’endoctrinent en prison, et peuvent s’endoctriner en dehors de prison également. Ces liens avec Abou Hamza ne sont pas surprenants, en ce sens que cette mouvance de gens qui entrent délibérément dans un milieu souterrain, qui d’eux-mêmes se mettent à l’écart de la société tout en pouvant donner l’apparence de rester membre à part entière de la société d’où ils sont issus, dans laquelle ils vivent normalement, mais qui par ailleurs intègrent un milieu, qui s’organisent un peu comme une sorte de réseau. Dans les réseaux, on rencontre quelqu’un qui dit « est-ce que tu as entendu parler de l’imam un tel ? », ou « est-ce que tu connais Abou Hamza ? », ou « est-ce que tu connais l’imam de la mosquée de Drancy » ou de je ne sais où, « il faut que tu le rencontres », et donc voilà. Tout ça se passe comme ça. Mais le fait qu’ Abou Hamza collabore avec le MI5 est effectivement un peu troublant parce que cela pourrait vouloir indiquer que ces gens là ont été manipulés, avec des relais multiples, par les services britanniques.

 

C’est tout de même pendant longtemps à Londres que ces gens là se manifestaient apparemment librement, sans qu’ils soient inquiétés, alors que nos propres services, que l’État français avait réclamé des extraditions qui ont été très longues à venir.

 

C’est tout-à-fait exact. Cela surprenait d’ailleurs les gens qui s’intéressaient à ces questions. Cela surprenait de voir comment les Britanniques laissaient la libre parole à ces imams les plus extrémistes dans leur pays, en particulier à Londres. On se demandait où ils voulaient en venir. Effectivement, si le gouvernement britannique s’était inquiété de cela et que les services auraient peut-être répondu « on contrôle l’affaire parce que en fait on les manipule, ce sont nos agents », alors oui, s’ils les manipulent et que ce sont leurs agents, ça va jusqu’où ? Est-ce que cela va jusqu’à endoctriner et créer des réseaux internationaux, notamment en France ? Si les frères Kouachi étaient en contact avec Abou Hamza, alors il y a une possibilité que ce soit une manipulation des services du MI5.

 

Curieusement, les frères Kouachi ont été abattus. Le terroriste de Montrouge [Coulibaly], qui réclamait, disons, qu’on les laisse s’évader des opérations policières déployées contre eux, tous ces gens là ont été abattus, comme Mérah a été abattu. Faut-il là aussi en tirer des conclusions ?

Cela est très dommage. Je tiens à rappeler quand même que, en regardant la télévision hier soir (et je rappelle que je n’ai pas d’autres informations que celles de la presse ouverte), j’ai vu deux chefs sur différentes chaînes, deux chefs du renseignement intérieur en particulier, dont un ancien, qui était Squarcini [Bernard], et un autre dont j’ai oublié le nom, je ne sais plus quelle était sa fonction, mais sur deux chaînes différentes, tous les deux ont dit, lorsque David Pujadas dans un cas et je ne sais plus quel journaliste dans l’autre les interrogeaient sur ce qu’il allait se passer, sur la manière dont les forces de police s’y prendraient pour cerner puis attraper les terroristes (on ne savait pas encore où ils se trouvaient), les deux ont répondu que ce qu’il faut surtout espérer, c’est qu’on arrive à les prendre vivants, pour qu’ils parlent, et je me souviens de Squarcini en particulier, il a dit qu’il y tenait vraiment, essentiellement parce que c’est un moyen essentiel d’avoir de l’information sur les autres attentats qu’il pourrait y avoir en France. Et bien, j’apprends ce soir qu’ils ont été tués, je ne sais pas dans quelles circonstances cela s’est passé, mais en tout cas, ce dont on peut être sûr, c’est que c’est quand même dommage, puisqu’ils étaient complètement cernés dans une enceinte, on aurait pu attendre, peut-être, qu’ils se rendent d’eux-mêmes. Je ne sais comment ils sont morts, mais il est très dommage que ces gens-là ne pourront plus jamais parler pour dire comment ils avaient monté leur affaire.

 

Bernard Maris, une des victimes assassinées, avait pris des positions économiques très opposées à l’oligarchie financière. Est-ce que c’est représentatif ?

Oui. On sait bien que le monde est dirigé par le capitalisme, c’est-à-dire par les gens qui ont l’argent. L’argent c’est le nerf de la guerre. C’est le nerf de tout. Sans argent on ne peut rien faire. Les gens qui possèdent l’argent sont maintenant des grands financiers internationaux, mais ces grands financiers internationaux prennent leurs ordres essentiellement à Wall Street et à la City. D’ailleurs, il faut se rappeler à cet égard l’affaire Alstom, qui n’est pas finie, Alstom rachetée par General Electric ; il y a un rapport publié par le Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), qui fait beaucoup de bruit, au point que plusieurs députés ont demandé la constitution d’une commission d’enquête sur cette affaire de rachat d’Alstom par GE. Ce rapport est remarquable puisqu’il dessine les contours de la puissance de ces fonds de pension (cela prend différents noms), de la finance internationale, parce que derrière General Electric, il y a aussi la finance internationale.

 

Donc, il est certain que Bernard Maris ne devait pas être apprécié par cette finance internationale, puisque j’avais déjà remarqué, sans le connaître personnellement, qu’il critiquait assez violemment cette finance internationale. Est-ce que les gens qui ont agi voulaient faire d’une pierre deux coups, je n’en sais rien, mais je crois que cette affaire pose beaucoup de questions et qu’il faut continuer à réfléchir. Personnellement j’avais dit, dans certains cercles de réflexion auxquels j’appartiens, « attendons les résultats de l’enquête ». Alors que des gens voulaient prendre tout de suite des positions intempestives, j’avais essayé de calmer tout le monde en disant « attendons les résultats de l’enquête pour voir qui a commandité cela, comment cela a été organisé et ainsi de suite », mais hélas, on n’en saura pas plus puisque ceux qui pouvaient nous en dire beaucoup ont été tués.

 

Le meilleur hommage que l’on puisse rendre aux victimes n’est-il pas que nous réagissions en revenant à une politique de réelle indépendance nationale ?

Bien sûr. Mais c’est vrai dans tous les domaines. Le boulet que nous traînons est le fait qu’il n’y a plus d’indépendance nationale. Cela s’est déjà amorcé vers la fin du mandat Chirac, et s’est poursuivi avec Sarkozy et maintenant avec Hollande. Le rapprochement des États-Unis d’Amérique, c’est-à-dire la communauté de vue entre la diplomatie française et la diplomatie américaine n’a fait que s’accentuer et on est dans une situation où des affaires comme celles-ci, une affaire de terrorisme, ne sont-elles pas un signal que voudraient nous donner des puissances étrangères en nous disant

 

Faites attention, ne vous éloignez pas de notre camp parce que sinon on pourrait vous nuire...


Tout est possible, on peut faire toutes les suppositions qu’on veut. Ce qui est certain, c’est que le terrorisme international a été piloté dès les origines, on le sait, par les États-Unis et je crois que vous insistez sur les Britanniques – [ce n’est pas faux] sans doute – mais il est avéré que Daech, par exemple, qui en est la dernière expression, Daech est entièrement contrôlé par les services américains, avec l’aide des services qataris, saoudiens et turcs. Il n’en reste pas moins que… il ne faut pas se faire d’idée, il ne faut pas se laisser leurrer sur cette affaire, Daech c’est une affaire qui est contrôlée par les services américains. Donc, s’ils sont capables de contrôler Daech, ils sont sans doute capables de contrôler des gens qui sont peut-être d’ailleurs des amis de Daech, et qui sont en France.

 

Une Europe de l’Atlantique à l’Oural et une nouvelle Route de la Soie à l’échelle du monde pour dépasser tout danger de manipulation et de contrôle par des flux financiers dirigés, vous paraissent-elles un horizon possible ?

Oui, cela me parait être un horizon non seulement possible mais souhaitable et en fait, les soubresauts que nous connaissons aujourd’hui sont peut-être justement la conséquence de cette mise en place d’un nouveau monde avec de nouveaux pôles, avec des nouveaux rapports de force ; et que la puissance finissante, mais qui est encore la première puissance mondiale, les États-Unis d’Amérique, voit émerger ces pôles avec beaucoup d’inquiétude. Peut-être pas le gouvernement américain, car là aussi c’est un problème important : ce n’est pas le gouvernement américain qui dirige l’Amérique mais ce sont des groupes de pression, et notamment les groupes financiers, qui agissent à Washington et qui empêchent le président Obama et son gouvernement d’appliquer une stratégie, parce qu’une stratégie d’ouverture sur le monde et la prise en compte de l’émergence de nouveaux pôles de puissance, ne conviennent pas du tout à cette finance internationale qui elle veut maintenir la pérennité du dollar et continuer la suprématie totale des États-Unis d’Amérique dans tous les domaines, même contre les réalités auxquelles ils sont confrontés.

 

Alors, si l’on n’y arrive pas, donc, si l’on voit que la Chine, l’Inde et les BRICS d’une manière générale, commencent à s’organiser pour se servir d’une autre monnaie que le dollar pour ne plus rester le doigt sur la couture du pantalon quand Washington donne un ordre, il est évident que tous ces magnats de la finance ne soient pas contents. Et ils sont capables de préférer le chaos, comme en Ukraine par exemple, ou avec le terrorisme, par exemple Daech, ils sont capables de préférer le chaos, à la perte d’influence de l’Amérique sur la marche des événements du monde.

 

Ces États-Unis que vous mentionnez-là, ne sont pas à l’avantage du peuple américain… Pensez-vous qu’il n’y pas une possibilité qu’un gouvernement aux États-Unis puisse apparaître, s’opposant au monde de Wall Street et au monde Anglo-américain, dans l’intérêt du peuple américain et respectueux de l’esprit de Franklin Roosevelt, des pères fondateurs, et surtout, de la Constitution ?

C’est ce que je souhaite et c’est, je pense, ce que tous les hommes de bonne volonté peuvent souhaiter. J’étais à Téhéran le 9 et 10 décembre dernier. Il y avait une conférence dont le thème était justement un nouveau monde à créer avec des relations modérées. Que les États aient des intérêts à défendre, c’est bien normal, mais qu’ils les défendent de façon modérée et qu’il y ait un dialogue plutôt que de dire « l’option militaire est sur la table ».

 

Le thème général de la conférence, c’était un monde contre la violence et contre l’extrémisme. Et donc, beaucoup de personnes du monde entier sont intervenues. Il y avait des Russes, des Chinois, de nombreux pays européens, et il y avait notamment un ancien sénateur américain qui a fait une intervention très intéressante. Ce que je veux dire, c’est qu’il y a des voix de plus en plus nombreuses qui s’élèvent dans le monde, y compris aux États-Unis, pour dire : « Mais on ne veut plus de ce monde où c’est la force qui prime. »

Vous voyez, je vais caricaturer un petit peu mais quand même, je trouve que c’est parlant. Les États-Unis se conduisent comme des cowboys de la Belle époque. Si un Indien ne veut pas leur donner sa terre ou les dérange, ils sortent leur colt et ils le tuent.

 

Actuellement, la politique américaine, en exagérant peut-être un peu, c’est en gros une politique de cowboy qui sort son pistolet dès qu’on n’est pas d’accord avec lui.

 

Eh bien, je sens quand-même qu’aux États-Unis, de plus en plus de voix se lèvent contre cela. Le sénateur Graham et la commission qui s’est constituée aux États-Unis sur le sujet que nous avons abordé initialement, est aussi une preuve qu’il y a des gens qui veulent qu’on sorte de ce monde où les États-Unis dictent leur loi à l’ensemble des pays de la planète. Parce que – vous avez raison – cela ne fait pas le jeu de l’Amérique. Ça peut durer un certain temps, mais cela ne durera certainement pas longtemps. Et donc ce n’est pas dans l’intérêt des États-Unis d’Amérique et cela n’est pas dans l’intérêt des Américains. Car aujourd’hui – des voix très importantes l’ont dit, les Américains sont haïs dans le monde entier. Donc quand ils voyagent, ils sont mal vus, parce qu’ils sont Américains. « Ahhhh, c’est vous ! ». Cela ne sert donc pas l’intérêt des Américains.

 

Or, le peuple américain, je suis sûr, moi j’ai des amis américains, le peuple américain ne partage pas cette idée-là. Et donc je suis sûr que le peuple américain serait très heureux de voir que son gouvernement prend en compte le fait que nous sommes dans un monde où il n’y a plus de menace. On a parlé de l’équilibre de la terreur. Qu’il y a des puissances qui ont des cultures différentes, des ambitions différentes, mais qui dialoguent entre elles, et qui entendent discuter de façon modérée quand elles ont des différences de point de vue, et non pas taper sur la table ou sortir le colt pour dire « si on n’est pas d’accord, je vous tue ! »

 

C’est ce que Xi Jinping appelle un système « gagnant-gagnant ».

Exactement, c’est un système gagnant-gagnant, c’est exactement ça.

 

Dernière question : pensez-vous qu’il serait nécessaire de créer chez nous une commission d’enquête parlementaire sur les sources du terrorisme ?

Ce serait utile, c’est certain. Je pense que nos services secrets ont certainement beaucoup d’idées là-dessus. Cependant, vous savez très bien que le pouvoir politique n’autorise les services secrets à écrire et à diffuser surtout leurs analyses, que tant qu’elles ne vont pas contre un axe diplomatique qu’on a choisi. Sans tenir compte de ces analyses justement.

 

Et le terrorisme, si on le définit comme soutenu par les services américains, saoudiens, turcs et ceux du Qatar ainsi que ceux des pays avec lesquels nous avons des relations très étroites, et qui sont des pays que nous invitons à investir dans notre immobilier ou dans d’autres secteurs de notre économie, le pouvoir politique risque de s’y opposer. Mais pour cela serait suffisamment intéressant, si l’on trouve suffisamment de députés et de sénateurs qui seraient d’accord pour constituer une telle commission, après tout, ce sera aller dans le sens que réclame M. Graham aux États-Unis et ce serait très bien. Mettre sur la table, sans bien sûr divulguer des secrets d’État, qu’est-ce que le terrorisme – tout le monde parle du terrorisme – mais demandez au Français que vous croisez dans la rue ce qu’il sait du terrorisme ? « Ce sont des gens qui veulent tuer sans qu’on sache pourquoi. » Il y en a peu qui savent que derrière ces acteurs, qui sont souvent des barbares, qui ignorent pour qui ils travaillent réellement, il y a des services qui les contrôlent, qui les orientent. Il serait très intéressant qu’une commission puisse mettre ceci à plat, et qu’on dise : « Attention il ne faut quand même pas tromper tout le monde. Le terrorisme, cela n’est pas une génération spontanée, voilà d’où ça vient, voilà qui le finance et comment il fonctionne. »

 

Merci mon colonel de nous avoir donné des raisons de réfléchir et d’espérer.

Nous avons réfléchi ensemble.

mardi 13 janvier 2015

Solidarité & Progrès

Du nouveau aux États-Unis

Mardi 13 janvier 2015

Du nouveau aux États-Unis

 

http://www.michelcollon.info/Un-nouveau-mouvement-se-leve-aux.html?lang=fr

Un nouveau mouvement se lève aux USA. Où ira-t-il ?
John Catalinnoto

|

9 janvier 2015

 

Fin 2014, un nouveau mouvement politique a émergé aux USA. Ce mouvement n'en est qu'à ses débuts. Il est trop tôt pour prédire à quelle vitesse il va se développer ou ce que fera la classe dirigeante fera pour tenter de l'arrêter. Mais ce mouvement a déjà éveillé une nouvelle génération à la lutte. Et il l'a fait sur une base de solidarité de classe plus ferme que le mouvement Occupy Wall Street en 2011.

 

Ce mouvement a surgi aux USA l’été dernier en réponse à des meurtres racistes d’Afro-Américains par la police. Le 13 décembre, des centaines de milliers de personnes, surtout jeunes, blanches, noires et brunes sont descendues dans les rues de 200 villes et localités à travers tout le pays, bloquant la circulation et faisant des "die-in" pour dire non à l’impunité policière. En général, la masse des manifestants ont suivi la direction d’organisations et d’individus afro-américains, qui ont donné le ton pour ces manifestations.

 

Ce nouveau mouvement se développe sur la même toile de fond qui existe dans la politique mondiale depuis 2008 : une crise systémique du capitalisme mondial qui va au-delà du cycle « normal » du capitalisme d’expansion et de récession vers une stagnation permanente. Malgré une reprise des affaires aux USA, la crise est entrée dans une autre phase de récession en Europe et dans les pays des BRICS. Une récession permanente pour tous les travailleurs s’accompagne d’une crise environnementale qui met l’existence des êtres vivants sur Terre en danger. S’ajoutant aux peurs existentielles, une agressivité accrue des pays impérialistes, dirigés par Washington, fait planer le spectre de nouvelles guerres désastreuses.

 

Récemment l’OTAN devait se retirer d’Afghanistan. Maintenant le Pentagone prépare l’envoi de 1 000 nouveaux soldats. Obama a ordonné le retour de 3200 soldats en Irak et a renouvelé les bombardements de l’Irak et de la Syrie sous prétexte d’attaquer l’État islamique. Des drones US font pleuvoir des missiles sur le Pakistan, le Yémen et certaines régions d’Afrique. Encore plus dangereux : la provocation occidentale contre la Russie en Ukraine, où Washington a concocté un putsch, en s’appuyant sur des éléments profascistes et autres antirusses. Malgré l’annonce d’Obama de l’établissement de relations diplomatiques avec Cuba, Washington poursuit sa subversion contre le Venezuela et les autres pays de l’ALBA. Pendant ce temps, le Sénat US a dénoncé les tortures par la CIA mais s’est abstenu de punir les criminels, du sommet de l’administration de George W. Bush aux sadiques de Guantanamo.

 

Nous soulignons ces phénomènes principalement pour indiquer que ce nouveau mouvement se réveille à un moment où l’échec du capitalisme à résoudre les grandes crises que vit l’humanité a pratiquement frappé les jeunes sur la tête. Ils sont plus sceptiques quant au rôle de l’impérialisme US qu’à aucun autre moment depuis l’effondrement du camp socialiste en 1989-1991.

La lutte contre le racisme et la brutalité policière

 

Le meurtre par un policier de du jeune Michael Brown, qui avait 18 ans et n’était pas armé, à Ferguson, Missouri, le 9 août dernier, a marqué un tournant dans la lutte contre la répression policière raciste. Une rébellion des Afro-Américains de cette banlieue pauvre de Saint-Louis a éclaté. Au lieu d’être une flambée s’éteignant rapidement, cette rébellion s’est transformée en une demande continue pour la justice et les droits civils. Elle a gagné un soutien national, en particulier après que les troupes de la Garde nationale avec des fusils d’assaut, des gilets pare-balles et des véhicules blindés avaient pointé leurs armes sur les civils désarmés - et que les gens les avaient défiées. Le pays tout entier a pris conscience que depuis 2001, le Pentagone, à travers le nouveau ministère de la Sécurité intérieure, avait fourni des milliards de dollars d’armes lourdes à des centaines de services de police locaux. Ce n’est pas seulement New York, avec ses 35 000 policiers, mais des centaines de villes qui ont leurs propres équipes de SWAT. (1)

 

Quand le procureur a manipulé le grand jury pour qu’il n’inculpe pas le policier tueur, et l’a annoncé le 24 Novembre, une nouvelle série de manifestations nationales s’est déclenchée, touchant plus de 170 villes le jour suivant. Cette réponse a été d’une ampleur sans précédent. Elle est allée bien au-delà de ce meurtre récent pour contester la police, qui est la force en première ligne de l’État raciste et capitaliste. La police est une force d’occupation raciste partout où il ya une communauté de gens opprimés, noirs, latinos, asiatiques, musulmans ou natifs ("Indiens"). L’ impunité des flics est la cible universelle du nouveau mouvement, dont le principal slogan est "Les vies noires, ça compte !"

 

Ensuite, une nouvelle parodie de justice a eu lieu le 3 décembre quand un grand jury de New York a décidé de ne pas poursuivre un des policiers impliqués dans le meurtre d’un Afro-américain désarmé de 43 ans, Eric Garner, l’été dernier. Un jeune Latino avait filmé les flics en train de tuer Garner et des dizaines de millions de personnes ont vu la vidéo, d’abord sur les médias sociaux et plus tard à plusieurs reprises sur les programmes d’information des télévisions commerciales, lorsque Garner suppliait les flics, disant 11 fois : " Je ne peux pas respirer ".

 

Rôle historique du racisme

 

Il est presque impossible d’exagérer le rôle central du racisme dans le capitalisme US. L’impact historique de 400 ans d’esclavage opprime toujours la population afro-américaine et affecte tous les autres gens de couleur. Même après que la guerre civile a mis fin à l’esclavage légal en 1865, la classe dirigeante esclavagiste de sud et les capitalistes du Nord se sont entendus pour spolier les Afro-Américains des droits politiques et économiques promis. Il a fallu un mouvement des droits civiques dans les années 1960 et plusieurs rébellions dans les villes pour mettre fin à la ségrégation légale.

 

Il est instructif de comparer les taux historiques de chômage pour les Afro-Américains et les blancs. Le graphique ci-dessous montre que tout au long de 60 ans, le taux de chômage des noirs était de manière presque constante deux fois supérieur à celui des travailleurs blancs. On trouve un écart semblable en ce qui concerne la pauvreté et la proportion de personnes dans des emplois à bas salaires, les Afro-Américains sont deux fois plus souvent pauvres, deux fois plus souvent dans des emplois à bas salaires. Les statistiques sont tout aussi disproportionnées pour les Latinos et Latinas et pour les personnes autochtones. En ce qui concerne la répression de l’État le contraste est encore plus frappant : le taux d’emprisonnements des Afro-Américains est six fois celui des Blancs. Plus de la moitié des 2,3 millions de prisonniers du pays sont des gens de couleur. Quant à être tué par la police, le taux est 21 fois plus élevé pour les Afro-Américains. Et la police tue environ 400 personnes par an. (2)

 

Michelle Anderson insiste sur le fait qu’entre 1970 et 1995, l’incarcération des Afro-Américains s’est multipliée par sept, imposant une forme modifiée d’esclavage. (3)

 

Taux de chômage par "race" : en haut les Noirs, en bas les Blancs

 

L’évolution rapide de la démographie, principalement en raison de l’immigration, a fait que les gens de couleur sont environ 100 des 320 millions de personnes de la population US. Ils sont une proportion encore plus importante de la classe ouvrière. Dans les quelques zones où les travailleurs ont commencé à se battre contre l’attaque implacable de la classe dirigeante - par exemple, au cours des dernières tentatives pour organiser les travailleurs à bas salaires dans l’industrie de la restauration rapide (McDonald) ou les chaînes de grandes surfaces (Walmart), ce sont généralement des travailleurs de couleur et des femmes qui prennent la tête. En raison de ses expériences de vie différentes, ce secteur de la classe ouvrière tend à être plus critique vis-à-vis système et plus politiquement conscient que la partie de la population blanche qui est tout aussi pauvre. La solidarité entre tous les secteurs de travailleurs pauvres est essentielle pour que les luttent triomphent.

 

Quelle suite ?

 

Peu importe ce qui arrivera par la suite, un grand changement a déjà eu lieu. Trop de dizaines de milliers de personnes ont participé à des actions militantes prolongées. Trop de colère et d’indignation ont été suscités, non seulement à Ferguson et à New York, mais par chaque nouvel exemple d’impunité accordée par le système judiciaire aux policiers assassins. La force de ce mouvement est dans la solidarité entre ses participants noire, bruns et blancs et que tous suivent la direction des femmes et hommes afro-américains généralement jeunes qui y ont pris le plus de responsabilités. C’est un nouveau mouvement avec une nouvelle direction qui ne s’est pas entièrement formé. Il ya des signes de sympathie entre le mouvement de lutte contre la brutalité policière ici et les mouvements en Palestine et contre la guerre impérialiste, bien qu’on soit encore à un stade initial. Il y a une certaine identification avec les luttes des travailleurs à bas salaires pour des salaires plus élevés et une organisation syndicale.

 

C’est une lutte, comme disait José Marti, dans le "ventre de la bête", et à tout le moins, elle donnera à l’impérialisme US une indigestion.

"Ils ne peuvent pas nous tuer tous" : hommage à Antonio Martin, 18 ans, tué par un policier le soir de Noël, à Berkeley, Missouri

 

Notes :

1. Special Weapons and Tactics,Tactiques et armes spéciales, à l’origine Special Weapons Attack Tactics, unités spécialisées dans les opérations à "hauts risques", NdT

2. www.propublica.org/article/d...

3. Dans son livre " The New Jim Crow : Mass Incarceration in the Age of Colorblindness".

 

Source :

John Catalinnoto spécial pour La Pluma, 23 décembre 2014

John Catalinotto, directeur de la rédaction, journal Workers World/Mundo obrero, New York

Original : A new movement arises in the United States. Where is it headed ?

Traduit par Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

Paul Craig Roberts : Charlie Hebdo et le procès de Tsarnaev, Cui bono ?

Paul Craig Roberts :

Charlie Hebdo et le procès de Tsarnaev, Cui bono ?

 

Lundi 12 janvier 2015, par Comité Valmy

 

Paul Craig Roberts :
Charlie Hebdo et le procès de Tsarnaev, Cui bono ?

janvier 9, 2015

 

Il y a deux façons de voir le soi-disant attentat terroriste contre le journal satirique français, Charlie Hebdo.

 

La première est que dans le monde anglophone, ou dans sa majeure partie, ces satires auraient été considérées comme « discours de haine » et leurs auteurs arrêtés. Mais en France, les musulmans sont exclus de la catégorie des privilégiés, ils ont donc eux-mêmes puni ceux qui les avaient offensés.

 

Pourquoi les musulmans se fâchent-ils ? Ils devraient, depuis longtemps, être habitués à l’hypocrisie occidentale et à son « deux poids, deux mesures ». À n’en pas douter, ils sont contrariés de ne pas jouir de la protection dont bénéficient d’autres minorités, mais pourquoi exercer des représailles contre la satire et non contre la participation aux guerres que Washington fait aux musulmans, et qui causent des centaines de milliers de victimes ? La mort n’est-elle pas plus grave que la satire ?

 

Une autre façon de voir cet attentat est de le considérer comme un rappel à l’ordre du vassal France par Washington. Les suspects peuvent être à la fois coupables et boucs émissaires. Il suffit de se souvenir des complots terroristes qui ont été montés de toutes pièces par le FBI dans le but de convaincre les Américains que la menace du terrorisme était bien réelle. [1]

 

La France souffre des sanctions imposées à la Russie par Washington. Les chantiers navals sont en difficulté, car ils ne peuvent livrer les commandes russes en raison de la soumission de la France à Washington. D’autres secteurs de l’économie française sont durement affectés par les sanctions que les États marionnettes de l’OTAN sont contraints d’appliquer à la Russie, sur ordre de Washington. Cette semaine, le président français a dit qu’il fallait mettre fin aux sanctions contre la Russie (idem pour le vice-chancelier allemand).

 

C’est, pour Washington, la preuve de trop d’indépendance politique de la part de la France. Les USA ont-ils ressuscité « l’Opération Gladio » de la période suivant la Seconde Guerre mondiale, quand la CIA perpétrait des attentats à la bombe contre les Européens, pour qu’ensuite Washington accuse les communistes d’en être les auteurs, afin de détruire leur influence dans les élections en Europe ? De même que l’on a fait croire au monde que les communistes étaient responsables des attentats terroristes de l’Opération Gladio, les musulmans sont aujourd’hui accusés des attentats contre le journal satirique français.

 

La question est toujours : à qui profite le crime ? La réponse est : pas à la France, pas aux musulmans, mais à l’hégémonie mondiale des États-Unis. L’hégémonie étatsunienne, c’est ce que la CIA renforce. L’hégémonie étatsunienne, c’est la politique étrangère néoconservatrice imposée par les USA.


Selon la National Public Radio, l’attentat contre Charlie Hebdo est une question de liberté d’expression. Les États-Unis jouissent de la liberté d’expression, annoncent les gurus de NPR, mais les terroristes en ont privé les Français.

 

Mais comment peut-on dire que les États-Unis ont la liberté d’expression, quand le reporter du NY Times James Risen a été mis sur le grill pour lui faire révéler ses sources d’information en dépit de la protection qu’est sensée offrir la constitution des USA, à Risen, à ses sources et à tout lanceur d’alerte. Il est clair qu’aux États-Unis, tout est maintenant soumis au pouvoir absolu de la « National Security ». La National Security n’a rien à voir avec la sécurité nationale. Elle ne sert qu’à protéger les criminels au sein du gouvernement et à leur éviter d’avoir à rendre des comptes pour leurs crimes. Chaque fois que vous entendez Washington invoquer la National Security, vous pouvez être sûrs à 100% que le gouvernement a commis un nouveau crime. La National Security est le camouflage pour les opérations criminelles de Washington. Elle permet d’empêcher que les crimes du gouvernement soient exposés en pleine lumière et d’empêcher ainsi que les responsables soient inculpés.

 

Certains se demandent quel est le rôle que la National Security va jouer dans le procès du poseur de bombe présumé au marathon de Boston, Dzhokhar Tsarnaev. Ce dernier est en prison depuis avril 2013 après avoir été formellement accusé le 22 avril 2013. Mais la sélection des membres du jury n’a commencé qu’en ce mois de janvier 2015. Pourquoi un aussi long délai ? La garantie d’un procès rapide ne signifie plus rien, mais vu les multiples accusations qui viennent s’ajouter à celle de l’attentat à la bombe pour lequel le gouvernement fait appel à des témoins oculaires et à des confessions, et étant donné que les frères Tsarnaev sont déjà tenus pour coupables par les médias, un délai aussi long laisse perplexe. Nous n’avons toujours pas entendu ce que Dzhokhar Tsarnaey avait à dire. Il est tentant de penser que si le procès de Dzhokhar Tsarnaey a été autant repoussé dans le temps, c’est pour parachever son conditionnement et l’acceptation de sa culpabilité, et pour laisser le temps à toutes les questions posées dans les médias alternatifs d’être oubliées.

 

Les journaux et les télévisions nous ont servi les explications du gouvernement sans faire aucune enquête. Pourtant, des questions cruciales ont été soulevées dans les médias alternatifs pour chacun des aspects de cette affaire. Comme le gouvernement US nous l’a lui-même appris depuis la période « Clinton », le plus sage est de considérer que tout ce que dit le gouvernement est un mensonge. Le côté le plus trouble de cette affaire est la rapidité avec laquelle pas moins de 10 000 soldats lourdement armés constitués d’agents de police de différentes provenances et de soldats de la Garde nationale portant la tenue militaire et équipés de tanks et de gilets pare-balles se sont déployés dans les rues de Boston. Jamais auparavant une telle force armée dotée d’équipements militaires n’avait été utilisée dans le cadre d’une chasse à l’homme, encore moins pour traquer un jeune homme de 19 ans blessé et désarmé.

 

Pour rassembler une telle troupe et la déployer aussi rapidement, il faut que cela ait été prévu à l’avance. Ce qui nous a été présenté comme une chasse à l’homme, la poursuite d’un homme gravement blessé ressemble plus à un test en vue de créer un précédent pour verrouiller l’une des plus grandes villes des USA, avec des escouades de soldats expulsant des citoyens américains de leur domicile sous la menace d’une arme et la fouille systématique de ces logements qui ne contribuait en rien à la capture du prétendu suspect. Les chances étaient nulles de voir n’importe quel habitant cacher chez lui un fugitif désarmé gravement blessé, en train de mourir faute de soins médicaux.

 

Non seulement Boston et sa banlieue étaient en état de siège, mais la Federal Aviation Administration (FAA) fermait l’espace aérien au-dessus de la ville et émettait un ordre de « rester au sol » pour l’aéroport de Logan. Pourquoi ? De nombreuses autres villes du Massachusetts et même certains autres États ont mis leur police en état d’alerte. Pourquoi ?

 

Sur les lieux se trouvaient le FBI, le Bureau of Alcohol, Tobacco Firearms and Explosives, la CIA, la Drug Enforcement Administration (lutte contre la drogue), le National Counter terrorism Center (lutte antiterrorisme). Le procureur général (US Attorney General) a donné tous les moyens au Ministère de la Justice US. Pourquoi ?

 

La seule explication plausible est [la volonté] d’accroître le sentiment de peur de manière à faire accepter le verrouillage de la ville de Boston et l’invasion des domiciles par la police. Cela n’a aucun sens de considérer que le danger représenté par un jeune homme de 19 ans désarmé et blessé peut justifier un tel déploiement de force et une telle violation des droits constitutionnels des citoyens.

 

Toute personne sensée doit se poser la question de savoir si cet attentat à la bombe n’était pas finalement un événement orchestré dans le cadre d’une opération visant à coordonner les gouvernements locaux et fédéraux pour verrouiller l’une des principales villes américaines. Un sondage fait parmi les citoyens de Boston en juillet dernier a montré que 42% d’entre eux avaient des doutes sur la version officielle des événements. [2]

 

Les plus naïfs disent toujours que s’il y avait eu conspiration, quelqu’un aurait parlé. Mais cela s’est effectivement produit, sans avoir pour autant aucun effet. Par exemple, pendant le premier mandat de George W. Bush, un lanceur d’alerte de la NSA a divulgué au New York Times l’information selon laquelle cette agence court-circuitait la FISA Court [cour de surveillance supervisant les demandes de mandats autorisant la surveillance, par les agences fédérales judiciaires américaines (FBI, NSA), de présumés agents de renseignement étrangers sur le sol américain] et espionnait sans mandat des citoyens américains. Selon la loi américaine, la NSA complotait avec le régime de Bush pour commettre des crimes graves (peut-être dans un but de chantage), mais le New York Times a bloqué l’information pendant un an jusqu’à ce que George W. Bush soit réélu et que le régime ait eu le temps de légaliser les crimes, a posteriori.

 

L’opération Gladio a consisté en une conspiration secrète pendant des décennies, jusqu’à ce qu’un président italien en révèle l’existence.

 

L’opération Northwoods a été gardée secrète jusqu’à ce que la seconde Commission Kennedy la révèle, des années après.

 

Plus d’une centaine de secouristes, de policiers et de pompiers ont rapporté avoir entendu, ou été personnellement témoins de multiples explosions, étage après étage, et même dans les sous-sols des Tours Jumelles du World Trade Center. Ces témoignages n’ont pas suscité le moindre intérêt.

 

Il a suffi d’un seul professeur de physique d’école secondaire pour mettre en pièces le compte-rendu par le NIST de l’effondrement de la tour 7 du WTC. Il a été prouvé de manière irréfutable que cet immeuble s’est effondré dans le cadre d’une démolition contrôlée, mais cela n’a eu aucun effet sur l’histoire officielle.

 

Les co-présidents et conseillers juridiques de la Commission sur le 11/9 ont publié des livres dans lesquels ils affirment que des informations ont été dissimulées à la commission, que les forces armées américaines leur mentaient, et que la commission « était vouée à l’échec ». Ni le Congrès, ni les médias, ni même l’opinion publique américaine n’ont montré le moindre intérêt pour savoir pourquoi ces informations étaient restées cachées, pourquoi les militaires avaient menti et pourquoi la Commission était « vouée à l’échec ». Ces déclarations stupéfiantes des responsables de l’enquête officielle n’ont eu absolument aucun impact.

 

Même aujourd’hui, une majorité de la population américaine croit à la propagande de Washington affirmant que la Russie a envahi l’Ukraine et en a annexé plusieurs provinces. L’opinion publique et les jurys américains ne se distinguent pas par leur capacité de jugementv ni par leur intelligence.

 

Le gouvernement raconte aux Américains n’importe quelle histoire qu’il a lui-même fabriquée et profite de la crédulité des gens.

 

Aujourd’hui, l’opinion publique américaine est divisée entre ceux qui font confiance aux médias grands publics et ceux qui font confiance aux médias alternatifs sur Internet. Seuls ces derniers ont une petite idée de ce qui se passe réellement.

 

Les histoires de Charlie Hebdo et des frères Tsarnaev ne seront pas basées sur des faits, mais sur les intérêts du gouvernement.

 

Comme par le passé, les intérêts du gouvernement prendront le pas sur les faits.

 

Paul Craig Roberts(*), le 8 janvier 2015

 

Sources : http://www.paulcraigroberts.org/2015/01/08/charlie-hebdo-tsarnaevs-trial-qui-bono/ (Traduit de l’anglais par Diane Gilliard, Chris, et Christophe pour ilfattoquotidiano.fr et Arrêt sur Info.)

 

Notes
1.http://reason.com/blog/2014/07/22/human-rights-watch-all-of-the-high-profi

2. http://www.globalresearch.ca/four-in-ten-bostonians-skeptical-of-official-marathon-bombing-account/5390848

 

Paul Craig Roberts : (*) Ancien vice-ministre des finances de Reagan et ancien Rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, Paul Craig Roberts, a pris ses distances avec la dérégulation néolibérale. Il est devenu ensuite un adversaire de l’entrée en guerre de George W. Bush contre l’Irak. Il considère que la politique étrangère belliciste de Clinton, Bush et Obama a trahi le contenu fondamentalement libéral et pacifique de la Constitution américaine de 1787. Dans son blog il dénonce les dangers que l’hégémonisme, le militarisme et l’arrogance de Washington font courir à la paix mondiale.

Schiste : éclatement de la bulle. Jacques Sapir

Schiste : éclatement de la bulle

13 janvier 2015
Par 

http://russeurope.hypotheses.org/3278 

 

fracturation-gaz-schisteLa réduction du nombre des installations de forage consacrées au pétrole de schiste s’accélère depuis le début de l’année. Les installations de forage à l’horizontal ont représenté plus de la moitié de la baisse enregistrée dans la première semaine de 2015. En fait, on peut s’attendre à une réduction de plus 30% du nombre d’installations de forage aux États-Unis dans les 10 prochaines semaines. Cette baisse affecte tous les bassins d’extraction. Dans celui du Texas et du Nouveau Mexique, où sont situés un tiers des installations (502 pour un total au 31 décembre 2014 de 1482), la chute la première semaine de 2015 a été de 28 installations soit 5,6% du total. Le phénomène est massif et se retrouve sur les divers bassins.

Les conséquences pour la production américaine et les prix

Pour l’heure la production continue d’augmenter aux États-Unis. Elle devrait atteindre 9,5 millions de barils/jours probablement fin mars, début avril. Mais, on sait que le cycle de production est compris entre 3 et 6 mois. Cela implique que la chute du nombre des installations, ainsi que les effets des premières faillites qui vont se multiplier d’ici à quelques semaines, pourraient se faire sentir sur la production entre juin et août 2015, et prendre de l’ampleur au 2ème semestre 2015. Une réduction de la production journalière de 10% au moins et peut-être bien plus devrait se manifester d’ici la fin de l’année. On ne peut exclure que l’on revienne vers la fin du 3ème trimestre, voir le début du 4ème trimestre, vers une production (aux États-Unis) de 8,2 à 8,6 millions de barils par jour. Les effets sur le prix du baril de pétrole seront évidemment spectaculaires et ils seront par ailleurs amplifiés par la spéculation importante que les banques et les différentes formes de sociétés financières sont en train de mener. Ainsi, il faut s’attendre à une phase de forte baisse, le cours du BRENT pouvant atteindre moins de 40 USD et celui du WTI moins de 35 USD tant que la production ne baissera pas. Mais, dès lors que la production va baisser, et bien entendu d’autant plus que cette baisse sera forte et rapide, les anticipations vont s’inverser. Ce mouvement sera d’autant plus brutal que la baisse précédente aura été importante. Néanmoins, il est probable que les grands acteurs du marché pétroliers ne permettront pas aux prix de remonter significativement au-dessus de 70 USD le baril. A ce prix, une large partie de la production n’est plus rentable ou ne l’est que très marginalement.

Pour résumer, la baisse du prix devrait se poursuivre jusqu’en mars, voire avril. Le « rebond » consécutif à l’inversion des anticipations devrait se produire entre mai et juillet 2015 et l’on devrait revenir vers un prix « normal » de 70-80 USD vers le mois de novembre 2015. Il faut ici signaler que c’est ce qu’attendent les dirigeants des grandes sociétés pétrolières russes. Ce scénario est d’ores et déjà largement écrit. La seule incertitude réside sur le délai (début juin ou fin juillet) et sur l’ampleur du rebond (montée lente vers les 70 USD le baril ou montée rapide car plus tardive et survenant après une baisse plus forte).

Perdants et gagnants

De tels mouvements vont avoir des répercussions sur les économies, aux États-Unis bien entendu, mais aussi ailleurs. Il est d'ores et déjà clair que deux pays vont profiter massivement de cette baisse des prix du pétrole, le Japon et l’Allemagne. Ces pays n’ont pas d’industrie pétrolière et sont de gros importateurs d’hydrocarbures.

Pour le cas des États-Unis, l’image est bien plus complexe. Il faut faire attention à des effets contradictoires et surtout bien voir que ces effets ne vont pas se manifester dans le même moment.

1- Il y a un effet bénéfique, compte tenu de l’importance du prix des carburants pour la population et du faible niveau des taxes sur ce prix. La baisse des prix à la production se traduit rapidement par une baisse du prix « à la pompe ». Cela a aussi un impact sur des industries grosses consommatrices d’énergie et d’hydrocarbures (comme la chimie). Cet impact est d’ores et déjà sensible.

2- MAIS, il faut tenir compte des effets directs et indirects de la crise qui est en train de frapper l’industrie du pétrole de schiste. Du point de vue direct, cela va se traduire par des faillites très nombreuses (qui vont se produire entre avril et début novembre) de sociétés engagées dans la production et de leurs sous-traitants. Déjà, US Steel a annoncé une fermeture de site de production à cause de la baisse brutale de la demande d’acier pour fabriquer des équipements de forages. Or, l’économie du pétrole de schiste (et du gaz) représentait, directement ou indirectement par ses effets induits sur la consommation et le revenu des ménages qui y travaillent, approximativement la moitié des emplois créés ces trois dernières années. Si l’on assiste, comme on peut s’y attendre, à une vague de faillites, elles vont se traduire par des licenciements massifs. Ces licenciements auront un effet multiplicateur sur les activités de service (multiplicateur que l’on peut estimer à 2,3/2,7 emplois associés par emploi direct détruits). Compte tenu de la très grande flexibilité du marché de l’emploi aux États-Unis, une partie des personnes licenciées retrouveront du travail dans 6 à 9 mois suivant leur licenciement, mais pas au niveau de salaire antérieur. En fait, les salaires payés dans l’industrie du pétrole de schiste sont plus élevés, à niveau de qualification égal, de 15% à 25% que dans le reste de l’économie. Entre les chômeurs « stricts » et les personnes obligées d’accepter un travail moins bien rémunéré, on pourrait assister à une baisse de 1% à 2% de la masse salariale globale aux États-Unis, et à une baisse importante (de 2% à 3%) de la consommation des ménages car on assistera à un déplacement vers l’épargne comme cela se produit à chaque fois que l’on est en présence de difficultés économiques importantes. Ce phénomène s’étalera de la fin de l’été 2015 à l’été 2016. Cependant, cet impact va se combiner avec la hausse des prix du pétrole. Il en résulte que la contraction de la consommation au 4ème trimestre de 2015 ou au 1er trimestre de 2016 pourrait être plus importante que prévue.

3- Les effets indirects de cette crise, en particulier dans le domaine bancaire seront eux aussi importants. On estime l’endettement net des entreprises spécialisées dans la production de pétrole de schiste à 200 milliards de dollars. Si l’on y ajoute les sous-traitants, mais aussi l’endettement des sociétés dont le pétrole de schiste n’est pas l’activité principale, mais est une activité importante, cet endettement atteint 310-330 milliards. Si l’on y ajoute enfin les produits dérivés et les activités induites financées par les revenus de l’industrie du pétrole de schiste (comme la construction de logements pour faire face au boom immobilier qui a lieu sur les bassins d’exploitation) on atteint des montants de 420 à 450 milliards de dollars. Sur cette somme, environ 300 à 350 milliards au moins vont devenir dans les mois qui viennent des « mauvaises dettes ». L’impact sur le bilan des banques, car ces dettes ont été titrisées, sera très sensible. Il est clair que cela va peser sur l’action de la FED qui devra se montrer extrêmement prudente dans sa gestion des taux d’intérêts.

4- A plus long terme, il faut s’attendre à une baisse du Dollar et donc à un retour du taux de change USD/Euro vers les 1,25/1,30 d’ici au début de l’année prochaine. La tendance baissière de l’Euro pourrait s’en trouver annulée au 4ème trimestre 2015, ce qui compromettrait encore plus la très timide (et très fragile) « reprise » que l’on croit constater dans la zone Euro.

L’ensemble de ces facteurs laisse donc penser à une poursuite du contexte de croissance aux États-Unis au 1er trimestre 2015, suivi d’un retournement et d’une détérioration de plus en plus importante au 3ème et au 4ème trimestre.

La situation de la Russie

Il faut alors envisager dans ce contexte la situation économique et financière de la Russie. Tout d’abord, il faut savoir que le seuil de rentabilité globale des activités pétrolières (et associées) est de 3000 roubles le baril. Cela signifie que si le prix du baril de BRENT passe sous les 50 USD le baril, le taux de change du rouble ne peut être supérieur à 60 roubles pour un dollar. En fait, il faut s’attendre à ce que le taux de change atteignent des niveaux compris entre 65 roubles et 70 roubles pour un dollar si le prix du baril continue de descendre. Néanmoins, les perspectives ne sont pas mauvaises à moyen terme.

D’une part avec un prix du baril qui devrait remonter autour de 70 USD, le taux de change du rouble devrait remonter vers 45 roubles pour un dollar d’ici à la fin de l’année. D’autre part, la baisse des remboursements que doivent faire des sociétés russes à des institutions financières non-résidentes va considérablement détendre la situation sur le marché des devises.

Tableau 1

Montants des remboursements par des sociétés russes à des non-résidents

(Milliards de dollars)

 

Q3-2014

Q4-2014

Q1-2015

Q2-2015

 Q3 2015

 Q4 2015

 Q1 2016

 Q2 2016

Intérêts

7,438

7,121

6,65

5,911

5,678

5,42

5,475

4,828

Principal

59,165

47,105

31,833

23,545

18,256

27,983

15,893

21,276

TOTAL

66,603

54,226

38,483

29,456

23,934

33,403

21,368

26,104

Source : Banque Centrale de Russie

Or, l’excédent commercial trimestriel de la Russie s’élève au moins à 40 milliards de dollars. On voit que l’excédent commercial (Exportations - Importations) couvrira amplement les besoins de financement des entreprises russes. De ce point de vue, il est clair que la situation financière de la Russie va s’améliorer dans le cours de cette année, et en particulier à partir du 2ème semestre avec la très probable remontée du prix du baril. La Russie apparaît en réalité comme un pays peu vulnérable à une baisse passagère du prix du pétrole. Par contre, l’éclatement de la « bulle du pétrole de schiste » qui se profile désormais pourrait avoir des conséquences autrement plus sérieuses sur l’économie américaine.


Ses travaux de chercheur se sont orientés dans trois dimensions, l’étude de l’économie russe et de la transition, l’analyse des crises financières et des recherches théoriques sur les institutions économiques et les interactions entre les comportements individuels. Il a poursuivi ses recherches à partir de 2000 sur les interactions entre les régimes de change, la structuration des systèmes financiers et les instabilités macroéconomiques. Depuis 2007 il s'est impliqué dans l’analyse de la crise financière actuelle, et en particulier dans la crise de la zone Euro.

More Posts

Le 18 février, la libre Amérique convoque ses valets

Le 18 février, la libre Amérique convoque ses valets

 

12 Janvier 2015 , Rédigé par Le Mantois et Partout ailleurs

 

Cela n'a pas traîné, la marche d'union nationale n'avait pas encore débutée à Paris, Eric Holder, ministre de la Justice(sic) des USA, annonçait une réunion chez lui de tous les gérants du capitalisme. Pour réfléchir aux moyens de lutter contre "l'extrémisme violent dans le monde".

Bon, la droite française et son extrême rêvent d'un Patriot act, façon tortures comme à Guantanamo ou en Irack, en violation des lois internationales. Mais comme le pays du prix nobel de la paix Obama ne reconnait pas la Cour pénale internationale, les pleurnicheurs se lamentent et les chars US imposent leur démocratie, pour faire court.

Bon, le palais de l'Elysée vient d'annoncer de "nouvelles mesures nécessaires", alors que sa deuxième loi antiterroriste n'est pas encore appliquée. Cette loi a été votée fin 2014 sans être présentée au Conseil constitutionnel par le PS ou l'UMP. Rappel, dès son entrée en vigueur, elle s'apliquera sans aucune décision de justice en garant des droits. Par le seul fait du prince donc. Bonjour à la 3e loi antiterroriste!

Robert Badinter, ancien ministre de la Justice qui fit voter l'abolition de la peine de mort, déclarait dernièrement: "Ce n'est pas par des lois et des juridictions d'exception qu'on défend la liberté contre ses ennemis. Ce serait là un piège que l'histoire a déjà tendu aux démocraties, celles qui y ont cédé n'ont rien gagné en efficacité répressive, mais beaucoup perdu en termes de liberté et parfois d'horreur".

 -Mais ferme-la, vieille baderne, a semblé lui dire le PS auquel il appartient.

Le 18 février, la libre Amérique convoque ses valets

La stratégie du choc

Dimanche 11 Janvier 2015

La stratégie du choc

 

Qu’y a-t-il de commun entre le coup d’Etat de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l’effondrement de l’Union soviétique, le naufrage de l’épopée Solidarnosc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l’Afrique du Sud post-apartheid, les attentats du 11 septembre, la guerre en Irak, le tsunami qui dévasta les côtes du Sri Lanka en 2004, le cyclone Katrina, l’année suivante, la pratique de la torture partout et en tous lieux – Abou Ghraïb ou Guantánamo – aujourd’hui ? 
 
Tous ces moments de notre histoire récente, répond Naomi Klein, ont partie liée avec l’avènement d’un “capitalisme du désastre”.
 
Approfondissant la réflexion militante entamée avec son bestseller No Logo, Naomi Klein dénonce, dans La stratégie du choc, l’existence d’opérations concertées dans le but d’assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d’un ultralibéralisme toutpuissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation.
 
Remarquablement conduite et documentée, cette histoire secrète du libre marché, qui dessine une nouvelle éthique de l’investigation journalistique, s’affirme comme une lecture indispensable pour réévaluer les enjeux des temps présent et à venir, vis-à-vis desquels les citoyens du monde portent, ensemble, une responsabilité impossible à déléguer. 
 
Journaliste, essayiste et réalisatrice, diplômée de la prestigieuse London School of Economics, Naomi Klein est l’auteur du best-seller international No Logo, traduit dans vingt-huit langues et devenu une référence incontournable dans le monde entier. Elle contribue régulièrement à la rubrique internationale de The Nation et The Guardian, et s’est rendue en Irak pour le magazine Harper’s. En 2004, elle a réalisé un film documentaire, The Take, sur l’occupation des usines en Argentine, qu’elle a coproduit avec le réalisateur Avi Lewis.
 
 

Le FBI mis en cause dans l'organisation d'attentats par des Américains musulmans

Vendredi 9 Janvier 2015

Le FBI mis en cause dans l'organisation d'attentats par des Américains musulmans

Note: Dès le 7 janvier le directeur du FBI, James Comey, a déclaré  que ses services coopéraient avec la police française pour tenter de retrouver et traduire en justice les auteurs de l'attaque contre la rédaction de Charlie Hebdo.
 
 
Le Monde du 21 Juillet 2014
 
Le FBI a « encouragé, poussé et parfois même payé » des musulmans américains pour les inciter à commettre des attentats, au cours d'opérations de filature montées de toutes pièces. C'est la conclusion d'un rapport de l'ONG Human Rights Watch publié lundi 21 juillet.
 
Dans nombre des plus de 500 affaires de terrorisme conduites par les tribunaux américains depuis le 11 septembre 2001, « le ministère américain de la justice et le FBI ont ciblé des musulmans américains dans des opérations clandestines de contre-terrorisme abusives, fondées sur l'appartenance religieuse et ethnique », dénonce ce rapport étayé de nombreux exemples.

« LE FBI POURRAIT AVOIR CRÉÉ DES TERRORISTES  » L'organisation, aidée de l'Institut des droits de l'homme de l'école de droit de l'université de Columbia, a en particulier étudié vingt-sept affaires, de l'enquête au procès, en passant par l'inculpation et les conditions de détention, et interviewé 215 personnes, qu'il s'agisse des inculpés ou condamnés eux-mêmes ou de leurs proches, d'avocats, juges ou procureurs.

« Dans certains cas, le FBI pourrait avoir créé des terroristes chez des individus respectueux de la loi en leur suggérant l'idée de commettre un acte terroriste », résume l'ONG, estimant que la moitié des condamnations résultent de coups montés ou guet-apens. Dans 30 % des cas, l'agent infiltré a joué un rôle actif dans la tentative d'attentat.

Dans de nombreux cas, les personnes ciblées « n'étaient apparemment pas impliquées dans un plan terroriste ni dans le financement de plans terroristes au moment où le gouvernement a commencé à enquêter sur eux », poursuit l'ONG.PERSONNES VULNÉRABLESSelon HRW, le FBI a souvent ciblé des personnes vulnérables, souffrant de troubles mentaux et intellectuels. Des informateurs ou policiers infiltrés auraient alors interagi avec elles en élaborant le plan d'attentat, en fournissant les ressources pour le mettre en œuvre, puis en persuadant, voire en faisant pression sur la personne pour qu'elle y participe.

L'étude cite notamment les « quatre de Newburgh », accusés d'avoir planifié des attentats contre des synagogues et une base militaire américaine, alors que le gouvernement avait, selon un juge, « fourni l'idée du crime, les moyens, et dégagé la voie », transformant en « terroristes » des hommes « dont la bouffonnerie était shakespearienne ».

Le rapport cite également le cas de Rezwan Ferdaus, condamné à dix-sept ans de prison à l'âge de 27 ans pour avoir voulu attaquer le Pentagone et le Congrès avec des mini-drones bourrés d'explosifs. Un agent du FBI avait dit de Ferdaus qu'il avait « de toute évidence » des problèmes mentaux, mais le plan avait été entièrement conçu avec le policier infiltré, le FBI ayant notamment financé son voyage et son armement.
 
 

2014, l’année où l’Empire a refusé de mourir dans son lit

 2014, l’année où l’Empire a refusé de mourir dans son lit

 

15/12/2014

On espérait un peu naïvement que l’Empire US mourrait dans son lit (1). Il n’en est rien. Gangrené par sa faillite financière, morale et sociale, il décline bien sûr comme prévu et le Système atlantiste avec lui. Sauf que tout se passe beaucoup plus vite qu’attendu. Saisi de panique, l’Empire a donc mis à profit l’année 2014 pour semer partout le chaos pour tenter de conjurer son déclin, allant jusqu’à construire toutes les conditions d’une Troisième guerre mondiale. Il aura évidemment pris soin de fixer l’épicentre de la chose loin de son sanctuaire (2), avec l’assentiment d’une élite européenne de groupies-technocrates, et autres idiots utiles, encadrés par un proconsul allemand rétabli dans sa grandeur (3). 2014 aura donc été l’année d’un emballement stupéfiant et d’une montée aux extrêmes terrifiante, l’année où l’Empire aura refusé de mourir dans son lit, ouvrant une nouvelle séquence historique plus folle que jamais. 

 

Du grand frère protecteur au tortionnaire


Lorsque des clowns formatés dans des écoles de com’ prétendent lui commander, l’Histoire peut se montrer d’une cruauté infinie. Ainsi en va-t-il du dernier POTUS, Barack Hussein Obama, à la fois Prix Nobel de la Paix, geôlier en chef du camp de torture de Guantanamo et artisan d’une nouvelle guerre froide à l’issue potentiellement apocalyptique.


Le mythe hollywoodien du grand frère américain protecteur, un peu couillon, mais bienveillant, est bel et bien définitivement enterré, malgré la puissance de la machine de propagande mobilisée pour l’entretenir.


Aujourd’hui, la plupart des peuples du monde sont ainsi passés de la fascination pour l’American Dream au dégoût à l’égard d’une hyperpuissance aussi vorace que brutale, qui n’hésite pas à semer la mort et le chaos pour «perdurer dans son être».


2014 fait à ce titre un peu figure de point d’orgue, où l’on aura vu l’Empire étrenner l’année par une alliance avec des groupes néonazis ukrainiens – pour perpétrer le coup d’Etat que l’on sait–, puis la terminer dans la puanteur exhumée de ses habituelles pratiques tortionnaires (4).


Et c’est aux pieds de cet Empire-là que les élites européennes n’en finissent plus de ramper, se soumettant à tous ses diktats, couvrant tous ses crimes, se prêtant à toutes ses manigances les plus folles.


A cet égard, le cas de l’Allemagne mérite désormais une attention particulière. 

 

« We've beaten the Germans twice, and now they're back! »


On se souvient des craintes de Mitterrand et de la Dame de fer à l’aube de la réunification allemande, craintes parfaitement résumées par Margaret Thatcher lorsqu’elle s’était écriée : « Quoi, nous avons battu deux fois les Allemands et les voilà encore de retour ! (5) ». 


De facto, l’Allemagne est en effet (re)devenue la puissance dirigeante en Europe, au point que certains observateurs, comme Emmanuel Todd, n’hésitent plus à parler d’un Empire allemand reconstitué (6).


Or la soudaine adhésion de la chancelière allemande à l’hystérie guerrière antirusse de l’Empire US pose de graves questions. 


Suite au scandale des écoutes perpétrées par la NSA sur son téléphone portable, on pensait pourtant que la lune de miel avec Washington ne serait pas pour demain, la chancelière allemande faisant savoir qu’« entre des amis proches et des pays partenaires comme le sont la République fédérale d'Allemagne et les Etats-Unis depuis des décennies, une telle surveillance d'un chef de gouvernement ne saurait exister. » Parlant même d’un « coup sérieux porté à la confiance mutuelle entre les deux pays ».
C’était en octobre 2013, peu avant le début du coup d’Etat de Kiev. 


Mme Merkel s’était ensuite joint à la meute des toutous pour hurler avec l’Empire contre Moscou, mais toutefois sans excès. Du moins jusqu’au discours de Sidney, le 17 novembre dernier, où la chancelière a attaqué la Russie avec une agressivité inédite, affirmant notamment « que les agissements de la Russie mettaient en péril la paix en Europe » (7).


Comme le souligne Philippe Grasset dans dedefensa (8), « aucun élément nouveau décisif, dans les trois ou quatre derniers mois, ne paraît devoir justifier le revirement de Merkel exprimé dans des termes si dramatiques et alarmistes, et encore moins l’expliquer. »


D’où l’hypothèse, de plus en plus répandue, que les écoutes de la NSA ont finalement payé, et que les USA feraient tout simplement chanter la chancelière. Les Etats-Unis disposeraient donc de « moyens de pression pouvant aller aussi bien de documents récupérés de l’ex-RDA, par exemple des archives de la Stasi, que de certaines affirmations et confidences de la chancelière interceptées par la NSA. »


C’est bien évidemment possible, la politique étrangère étasunienne relevant davantage du gangstérisme que de la diplomatie.

 

« Une autre guerre en Europe ? Pas en notre nom ! »


Il n’en reste pas moins que la volonté des Etats-Unis de faire de l’Allemagne leur principal supplétif en Europe ne date pas d’hier, et qu’ils estiment apparemment depuis longtemps déjà qu’Angela Merkel a le profil idéal pour le rôle (9).


De son côté, en jouant ainsi la carte US de l’affrontement contre la Russie, l’Allemagne d’Angela Merkel paraît tentée par un nouvel impérialisme (10) qui soulève des questions il est vrai dérangeantes compte-tenu de l’Histoire du siècle dernier.


Bien sûr, en Allemagne même, les critiques commencent à fuser. Le Spiegel a ainsi récemment ouvert les feux avec un article fleuve très mordant contre la politique de la chancelière (11).


Puis ce fut le discours fantastique tenu à la tribune du Bundestag devant la représentation nationale par Sahra Wagenknecht (12),

 

vice-présidente du parti Die Linke (La Gauche). Un discours où tout est dit avec les mots les plus justes.


Enfin, il y a eu cet appel lancé par des personnalités allemandes (anciens présidents, intellectuels, artistes ou industriels) dont le titre se passe de commentaire : « Une autre guerre en Europe ? Pas en notre nom ! » (13).


On voit toutefois mal Angela Merkel reculer, à plus forte raison s’il y a chantage.


Aujourd’hui l’Empire US semble donc avoir trouvé dans l’Allemagne le pivot européen idéal pour articuler sa croisade contre la Russie. Servie par la quasi dissolution d’une France qui ne pèse strictement plus rien en matière de politique étrangère, Berlin peut en effet s’appuyer pour ce faire sur la russophobie « naturelle » d’anciennes républiques soviétiques qu’elle contrôle largement (14).

 

L’Empire aux abois


De son côté, l’Empire poursuit furieusement sa montée aux extrêmes. Le 12 décembre dernier, le Congrès US a ainsi autorisé la livraison d’armes létales à l’Ukraine en votant à l’unanimité un texte que d’aucuns considèrent comme une véritable déclaration de guerre contre la Russie (15).


Nous en sommes donc là, en cette fin 2014.


En s’appuyant sur les faiblesses, les aveuglements ou les rêves de grandeur inavoués d’acteurs européens parfaitement lamentables dans cette affaire, l’Empire a décidé de privilégier la politique du pire pour tenter de conjurer son déclin, fixant une guerre en Europe de l’Est en acceptant avec une inconséquence inouïe la possibilité d’une confrontation militaire entre puissances nucléaires.


C’est peut-être que pour lui le temps presse de plus en plus.


L’offensive menée contre la Russie a en effet convaincu les pays du BRICS de passer à la vitesse supérieure et les rapprochements entre Moscou et Pékin, et même plus récemment New Delhi, font paniquer Washington (16).


Sur le plan intérieur, la situation étasunienne se détériore d’heure en heure. Un Américain sur 5 bénéficie désormais de bons d’alimentation pour vivre (17), et une réplique amplifiée de la crise des subprime de 2008 est d’ores et déjà sur dans les starting blocks.


Pour éviter la rébellion des 99% contre les prédateurs du corporate power US, c’est-à-dire du peuple contre le gouvernement, l’administration Obama a même exhumé la vieille technique de la division raciale pour noyer le poisson (18), ce qui est tout de même un comble pour un premier Président noir US. Mais passons.


La faillite des Etats-Unis est consommée tant sur les plans financier que moral ou social.


Ne reste dès lors que l’Empire en tant que structure, en tant que Système, en tant que machine à dominer et à écraser, dans toute sa froideur et toute sa brutalité.


Un Empire aux abois, qui refuse de mourir dans son lit.

 

1 L’empire et le docteur Kübler-Ross

Enfumage ukrainien, contre propagande

L’Allemagne tient le continent européen

Torture à la CIA, les passages les plus terrifiants du rapport

5  L’Allemagne, puissance hégémonique à reculons

L’Empire allemand reconstitué

Le grand virage de Sidney

Merkel sous chantage ?

Angela Merkel va-t-elle entraîner l’Europe et le monde dans les prochaines guerres?

10 L’essor de l’impérialisme allemand et la pseudo-menace russe

11 Summit of Failure: How the EU Lost Russia over Ukraine

12 Le discours de Sahra Wagenknecht (sous-titré français)

13 «Une autre guerre en Europe, pas en notre nom»

14 L’Allemagne tient le continent européen

15 Ukraine: la Russie menace les Etats-Unis de mesures de rétorsion

16 Avec la Crimée, l’Inde défie les USA

17 Explosion du nombre d’Américains ayant recours à l’aide alimentaire

18 Du racisme à la révolution

 

- See more at: http://www.entrefilets.com/2014_l_annee_ou_l_empire_refuse_de_mourir_dans_son_lit.html#sthash.iicQ99pO.dpuf

Une nouvelle devise pour l’Union monétaire nord-américaine, l’améro ?

Une nouvelle devise pour l’Union monétaire nord-américaine, l’améro ? 

par Alfredo Jalife-Rahme

Réseau Voltaire International | Mexico (Mexique) | 2 janvier 2015

mercredi 7 janvier 2015, par Comité Valmy

 

Une nouvelle devise pour l’Union monétaire nord-américaine, l’améro ?

 

Les débats sur l’avenir de l’euro doivent être révisés au regard du projet nord-américain d’améro. En détruisant eux-mêmes le dollar, les États-Unis pourraient en priver certains détenteurs actuels. Ils pourraient aussi officialiser une vaste zone monétaire et proposer sa fusion avec celle de l’euro. S’il devait voir le jour, le projet d’améro signifierait un profond changement de la politique états-unienne qui privilégierait désormais sa base continentale dans sa conquête du monde.

 

En un jour, le rouble a perdu plus de 20 % face au dollar et à l’euro ; au même moment Serguëi Griniaïev, directeur général du Centre d’études et de prévisions stratégiques de la Russie, a annoncé que les États-Unis se préparent à adopter une nouvelle monnaie, l’améro, lorsque la bulle du dollar éclatera. Il considère que les forces armées US n’ont pas pour mission de défendre les USA, mais de créer les conditions pour que la monnaie états-unienne circule dans le monde entier, autrement dit, pour protéger le crime organisé à l’échelle internationale.

 

Pour lui, la bulle du dollar éclatera aussitôt que les dépenses militaires du Pentagone dépasseront les rentrées que la Réserve fédérale obtient par la vente de produits virtuels.

 

Dans un entretien au site russe Svobodnaya Pressa, qui cite Russia Today [1] —le site de plus en plus lu dans le monde entier parce qu’il constitue un média alternatif solide face au quasi monopole des multimédias israélo-anglosaxons—, Grinaïev affirme que le rejet du dollar sera synchronisé avec la transition vers la nouvelle monnaie ; c’est ce qu’ont établi ses experts, sur la base d’informations vérifiées ; et il considère aussi que, selon une estimation externe de la dette US, quand celle-ci dépassera une certaine limite, ce sera l’apocalypse du dollar ; la limite se situe autour de 60 milliards de dollars de dette US sur le marché mondial ; pour le moment, on en est à 18 milliards environ ; au-delà, la vente de produits virtuels perd tout sens économique.

 

La question du montant de la dette états-unienne est polémique autant qu’imprécise, car elle dépend de celui qui fait les comptes, et de qui désinforme. Je me souviens d’un rapport de la banque suisse désormais en faillite Wegelin, qui évaluait la dette des USA à des niveaux stratosphériques : 600 % du PIB [2]. Le chiffre officiel actuel mais peu crédible tourne autour de 71,8 % du PIB, selon le World Factbook de la CIA.

Les experts russes en question invoquent le fait que le dollar est une monnaie caméléon qui a une date de caducité bien concrète, et que l’améro pourrait se substituer non seulement au dollar US, mais aussi aux monnaies de plusieurs pays d’Amérique latine.

 

Cette définition du dollar comme devise caméléon vient de ce qu’il existe en tant que trace électronique sur les comptes bancaires, ou sous forme d’un bout de papier qui vaut quelques centimes, connu sous le nom de billet de cent dollars. En quelques secondes, il peut se renforcer ou se déprécier.

 

Est-ce que l’Alliance du Pacifique, composée du Mexique, du Chili, du Pérou et de la Colombie, outre le Salvador, le Panama et l’Équateur qui opèrent déjà avec le dollar, sans compter d’autres pays d’Amérique centrale et des Caraïbes, vont adopter l’améro ?

 

Les experts calculent qu’il existera une zone améro incluant en plus le Costa Rica, le Honduras, le Panama, les Bermudes et les Barbades.

 

Grinaïev informe que le projet améro existe depuis des décennies, et qu’il est l’analogue de l’euro pour l’Amérique du nord ; une transition réussie vers l’améro permettrait pendant vingt ans au PIB des Nord-américains d’augmenter de 33 %, aux dépens de l’Accord de libre-échange nord-américain.

 

La réforme monétaire pourrait se concrétiser en 2020, après l’enregistrement légal de l’Amérique du Nord (le bloc US-Canada-Mexique) dont les statuts mentionnent une transition en douceur du dollar à l’améro.

Les stratèges US donnent un coup d’accélérateur à l’intégration en vue, avec un nouveau point de vue [3], selon un comité au plus niveau du Council on Foreign Relations (CFR), présidé par le général à la retraite David Petraeus du KKR global Institute, et par l’ex-président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, de Goldman Sachs, dont la perspective me semble être la capitalisation des promesses énergétiques de l’Amérique du nord et sa plateforme pour le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement en débat. Dans les remerciements, de façon tangentielle, on repère des personnages à la solde des USA, tels Rafael Fernández de Castro, de l’ITAM, et le partisan du président Salinas Claudio X González, antérieurement membre du conseil de Televisa.

 

En 2008, j’ai déjà abordé le thème de l’améro [4] qui avait été soutenu à bas bruit par le CFR, des USA, et l’Institut Fraser du Canada, mais qui ne fait l’objet d’aucun débat ouvert dans le Mexique néo-libéral qui a imposé depuis le sommet de l’État ses projets et mirages, en échec complet jusqu’à présent, à des citoyens désinformés : Aléna, Partenariat pour la sécurité et la prospérité, Initiative Mérida, réforme énergétique, sans parler des défunts projets Zone de libre-échange des Amériques et Plan Puebla-Panamá. Verra-t-on l’améro imposé à son tour par le sommet à la population prise à revers, de façon antidémocratique, sans la moindre consultation populaire, par le « Mexique néo-libéral » ?

 

Il est curieux de voir que les stratèges russes au plus haut niveau sont attentifs au projet d’améro, tel Igor Panarine, important analyste politique, professeur de diplomatie russe et spécialiste en cyberguerre, qui avait annoncé l’effondrement du dollar et la balkanisation des États-Unis, dans un entretien pour le quotidien Izvestia dès le 24 novembre 2008 : « Le dollar ne repose sur rien. La dette externe des US a grossi au niveau d’une avalanche (…) C’est une pyramide sur le point de s’effondrer. »

 

Pour Panarine, le dollar est bel et bien enterré, et sera remplacé par l’améro ; c’est en 2006 qu’un accord secret a été conclu, entre les USA, le Canada et le Mexique, pour constituer une nouvelle unité monétaire. Cela pourrait nous faire remarquer les préparatifs en cours pour remplacer le dollar. Ainsi les billets de 100 dollars qui ont inondé le monde pourraient être du jour au lendemain simplement congelés, sous le prétexte, par exemple, que les terroristes les falsifient, et qu’il faudrait donc les retirer du marché pour enquête. Panarine a visé les USA à la jugulaire, et laisse entrevoir le lien profond entre finances états-uniennes, terroristes et narcotrafic global, ce qui rejoint la position de Griniaev.

 

Ensuite, en 2011, Russia Today [5] se demande si l’améro est la nouvelle devise de destruction massive, et divulgue l’approche concrète d’une Union monétaire nord-américaine annoncée depuis 2005. Au Texas, les dirigeants des trois États se sont retrouvés, George W. Bush pour les États-unis, Vicente Fox pour le Mexique, et le Premier ministre du Canada, Paul Martin ; il déclarent alors la création de l’Alliance pour la Sécurité et la Prospérité de l’Amérique du nord.

 

Étant donné que le monde se verrait obligé d’abandonner le dollar US comme la monnaie de réserve internationale, Russia Today considère que les conséquences seraient imprévisibles, et que l’effondrement du système financier mondial donnera des rôles différents aux monnaies régionales. En conséquence, les taux de change des devises seront pratiquement impossibles à prévoir. Et la nouvelle monnaie, l’améro, sera le début de l’apocalypse de l’économie mondiale.


Est-ce que le Congrès mexicain est au courant de l’existence de l’accord secret sur l’améro signé par le président Fox dans le dos des citoyens mexicains ?

 

Alfredo Jalife-Rahme Traduction Maria Poumier

Source 
La Jornada (Mexique)

Documents joints

“Amérique du Nord Changement de focalisation”, Traduction de Christiane Abel, Council on Foreign Relations, octobre 2014.
(PDF - 2.7 Mo)

 


[1] "Cuando estalle la burbuja del dólar, EE.UU. adoptará el amero", Russia Today, 15 décembre 2014.

[2] « Wegelin & Co. », Alfredo jalife-Rahme, La Jornada, 21 octobre 2009.

[3] “Amérique du Nord Changement de focalisation”, Traduction de Christiane Abel, Council on Foreign Relations, octobre 2014 (téléchargeable depuis cette page).

[4] « ¿Próxima bancarrota de EU y su “nuevo dólar” ?  » ; « El Consejo de Relaciones Exteriores y Robert Pastor confiesan que existe el amero » ; « Vaticinan extinción del dólar y balcanización de EU », Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada.

[5] «  Amero, ¿nueva divisa de destrucción masiva ? », Russia Today, 1er février 2011.

McCain et d’autres haut responsables accusés de visites illégales en Syrie

McCain et d’autres hauts responsables accusés de visites illégales en Syrie

 
06 Janvier 2014

 

Publié RT: 6 janvier 2015 05:47 

 
On notera le cas de Bernard Kouchner. On comprend mieux que sur la base du ralliement atlantique de Sarkozy, de toutes les aventures y compris libyennes de ce dernier, il ait pu aussi facilement rallier cette personnalité de « gauche », enfin du PS… le rôle joué de monsieur bons offices au profit de la CIA par les époux Kouchner complétant celui bien connu de l’ancien candidat républicain à la présidence… BHL navigant bien sûr dans les mêmes eaux… Il arrive un moment où la France rompt avec sa traditionnelle politique de relative indépendance pour devenir les petits soldats de l’empire…et pour y créer de toutes pièces avec les frères saoudiens et qatari le « péril islamiste » comme ils sont en train de développer en Ukraine les nazis. Œuvre qui a sa source dans la politique de guerre froide et qui aujourd’hui donne à plein pour créer un drame au cœur de l’Europe comparable à celui du bassin méditerranéen.  
(note de Danielle Bleitrach)
 

U.S. Senator John McCain.(Reuters / Yuri Gripas)

Le sénateur américain John McCain.(Reuters / Yuri Gripas)

 

Plusieurs responsables français et américains, dont le sénateur John McCain, sont entrés en Syrie illégalement – sans les  visas requis – dans diverses occasions, violant ainsi la souveraineté du pays, a déclaré la Syrie dans une plainte déposée auprès de l’ONU.

 

La liste des politiciens inclut également un ancien ministre des affaires étrangères Français Bernard Kouchner et l’ancien diplomate américain Peter Galbraith, selon une lettre datée du 30 décembre, citée par Reuters et AFP.

 

Dans sa lettre, l’ambassadeur de la Syrie à l’ONU, Bashar Ja’afari a exhorté le Secrétaire général Ban Ki-moon et le Conseil de sécurité à mettre une pression supplémentaire sur les gouvernements pour qu’ils prennent « les mesures nécessaires contre leurs ressortissants qui entrent illégalement sur le territoire syrien ».

 

« Ces actions sont une violation flagrante de la souveraineté de la Syrie et des résolutions du Conseil de sécurité concernant la Syrie » a dit Ja’afari .

 

La lettre incluait des plaintes contre « certains journalistes et des personnalités » qui entrent clandestinement en Syrie, en soulignant le cas de McCain qui est entré dans le pays en juin 2013, ainsi que la visite de Kouchner en novembre 2014 et de Galbraith en décembre 2014, avec d’autres dirigeants politiques et militaires d’US.

 

L’ancien politicien koweitien Walid Tabtabai est également mentionné comme ayant fait une visite illégale en septembre 2013. 


À l’époque, le porte-parole de McCain a seulement confirmé que l’ex-candidat républicain à la  présidentielle avait visité la Syrie en mai 2013 pour rencontrer les rebelles syriens.

View image on Twitter

Une présentation détaillée au sénateur McCain, rencontre avec des syriens « rebelles » l’année dernière

http://t.co/8v8Eg1nT3W #ISIS #strategypic.twitter.com/Ik0LC2wkSK

— TheRightPlanet.com (@therightplanet1) 20 septembre 2014

 

McCain a répondu à la plainte en tentant de minimiser les accusations et en accusant à son tour le président syrien Bashar Assad du « massacre » de son propre peuple.

« C’est une vérité triste mais pas surprenante que le régime Assad est moins préoccupé du massacre de plus de 200 000 hommes, femmes et enfants que de ma visite avec les Syriens courageux luttant pour leur liberté et de dignité »  McCain a déclaré. « Le fait que la communauté internationale n’a pratiquement rien fait pour renverser ce régime terrible malgré ses atrocités est une tache sur notre conscience morale collective. »

Selon les médias, McCain est passé en Syrie en mai 2013 depuis la Turquie avec le général Idris Salem, qui dirigeait le Conseil militaire suprême de l’armée syrienne libre et y est resté pendant plusieurs heures avant de retourner en Turquie.

Lors de sa visite, le sénateur s’est entretenu avec les dirigeants des unités de l’armée syrienne libre en Turquie et en Syrie.

La visite de McCain a créé une tempête médiatique, surtout après qu’ait été publiée une image de lui posant avec les djihadistes qui seraient liés à l’Etat islamique (anciennement ISIS/ISIL).

La protestation initiale provenait du sénateur républicain Paul de Rand du Kentucky, qui a accusé McCain d’inconscience pour avoir eu des réunions avec des combattants de l’État islamique.

Le sénateur US John McCain se promène sur la place de l’indépendance à Kiev sur 15 décembre 2013.(AFP Photo / Volodymyr Shuvayev)

Parmi les autres visites controversées du sénateur, il y a eu un voyage en Ukraine en décembre 2013, lors des protestations de masse contre le gouvernement. Lors de sa visite, McCain s’est réuni avec les dirigeants de l’opposition ukrainienne dans la capitale du pays, en exprimant son soutien aux protestations, en ajoutant qu’il voyait l’avenir de l’Ukraine avec l’Europe.

En outre, en 2011, McCain a visité Benghazi afin de rencontrer les rebelles libyens, les qualifiant de « nos héros ». Hardiment, McCain a déclaré que la chute du leader libyen déchu Muammar Gaddafi devaient inspirer les personnes à travers le monde – y compris en Russie – ce qui a fait soulever les sourcils à l’échelle mondiale.

« Nous croyons très fermement que le peuple libyen aujourd’hui inspire les gens à Téhéran, à Damas et même à Pékin et Moscou, » a dit McCain.

 AFP Photo / Mahmud Turkia

AFP Photo / Mahmud Turkia

Les propensions aux voyages de McCain l’ont fait atterrir sur la liste noire de la Russie en mars, ce qui est une partie des représailles de la Russie contre les sanctions des Etats-Unis. La liste interdit au sénateur ainsi qu’à d’autres personnes de se rendre en Russie ainsi que le gel de ses biens russes..

Le rêve de l’huile de schiste risque de ce transformer en une bulle

Maria Ivanova

05/01/2014 

Le rêve de l’huile de schiste risque de se transformer en une bulle

 

Le rêve de l’huile de schiste risque de ce transformer en une bulle

© Flickr.com/SkyTruth/cc-by-nc-sa 3.0

Par La Voix de la Russie | La « bulle » de l’économie américaine continue à augmenter. Après l'effondrement du marché de l’immobilier et de l’e-commerce au début des années 2000, un nouveau rêve américain est sur le point de s’effondrer. C’est celui de la révolution de l’huile de schiste. Le pic de la production de cet hydrocarbure pourrait être atteint dès l’année prochaine. Ensuite, une fois l’euphorie temporaire sera passée, il va falloir augmenter les importations.

 

Les appareils de forage ont déjà été déployés en masse aux Etats-Unis, dans le but non seulement d’approvisionner en hydrocarbures le pays, mais aussi pour exporter l’huile de schiste. Désormais les entreprises en charge des projets n’ont pas beaucoup de choix : soit de forer sans faire des bénéfices, soit de tout simplement arrêter la production. La plupart des entreprises fonctionnent pour payer au moins les salaires aux employés. Et les sociétés productrices de l’huile de schiste ont contracté des crédits qu’ils n’arrivent pas à rembourser. Une situation qui ne peut pas durer longtemps, compte tenu des difficultés que rencontre le secteur.

 

La plupart des acteurs de ce secteur énergétique vit grâce aux fluctuations du marché. En se basant sur les chiffres de l'Agence d’information sur l’Enregie (Energy Information Administration), Barack Obama a promis une production stable pour cent années à venir. Sauf qu’il n’a pas tenu compte dans ses calculs du fait que le volume produit est trois fois moins important que toutes les réserves. Mais la foi dans un avenir brillant de l’énergie de schiste reste bien vivante. Les volumes de production augmentent, les coûts baissent et cette baisse des prix sera bénéfique pour l’économie américaine, car les Américains pourront faire des économies sur l’essence. En attendant, les Etats-Unis se sont transformés soudainement en le plus gros importateur et le plus gros producteur.

 

Certains experts reconnaissent que la révolution de schiste a été prématurée. Des études récentes montrent que les réserves sont deux fois moins importantes que le volume annoncé par le gouvernement américain. Quant au maintien de la production à un niveau nécessaire, cela risque de coûter trop cher pour qu’on parle des bénéfices.

 

Mais la position globale de Washington sur cette question ne change pas pour l’instant. Les experts ne croient pas en un effondrement possible du secteur de l’exploration de l’huile de schiste. Tout simplement parce que cet effondrement ne peut pas avoir lieu. Tout comme Enron, qui contrôle de fait le marché et de ce fait ne devait pas faire faillite.

 

Sans faire attention aux erreurs graves qu’ils commettent, les Américains continuent à poursuivre leur rêve de devenir une hégémonie énergétique. Mais ce rêve n’est probablement qu’une nouvelle bulle « made in the USA ».


Lire la suite: http://french.ruvr.ru/2015_01_05/Le-reve-de-l-huile-de-schiste-risque-de-ce-transformer-en-une-bulle-3181/

Link1 | Link2 | Link3

Copyright © 2014. All Rights Reserved.