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Avec l'Iran, les USA refont la même erreur qu'en Irak

...du point de vue des marchands d'armes, des contrôleurs du commerce du pétrole et des stratèges du chaos, l'opération Irak est une réussite totale ...

 

Avec l'Iran, les USA refont la même erreur qu'en Irak

Est-ce une erreur ou l'aplication d'une stratégie celle du chaos. ? B.T

 

Revue de presse : 10/7/18*

 

15 ans après l'invasion désastreuse de l'Irak par les USA, Lawrence Wilkerson, qui avait formulé la propagande utilisée pour justifier la guerre, met en garde contre la répétition exacte de la situation, cette fois avec l'Iran.

Lawrence Wilkerson, chef de l'appareil de l'ex-secrétaire d'État Colin Powell, avait aidé ce dernier à «présenter les événements de manière à ce que la guerre soit le seul choix possible» durant son intervention scandaleuse à l'Onu en 2003, écrit le portail Vestifinance.

Cette semaine, dans les pages du New York Times qui avait relayé aveuglément toutes les fausses affirmations, Lawrence Wilkerson a accusé l'administration Trump de manipuler les faits et d'attiser la peur de la même manière que l'avait fait l'équipe de George Bush pour s'assurer le soutien public afin de renverser Saddam Hussein.

Wilkerson reproche à l'ambassadrice américaine à l'Onu Nikki Haley de faire entendre le cliquetis des armes vis-à-vis de l'Iran. Il l'accuse de propager des preuves douteuses selon lesquelles «l'Iran ne remplirait pas les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies concernant son programme de missiles balistiques et le Yémen», en traçant un parallèle avec Colin Powell:

«Tout comme Powell, Haley a présenté des images satellites et d'autres preuves matérielles accessibles uniquement aux renseignements américains pour appuyer ses accusations. Mais ces preuves ne sont pas du tout convaincantes.»

Lawrence Wilkerson avertit que la guerre contre l'Iran, si elle éclatait, serait complètement différente: «Ce pays de presque 80 millions d'habitants possède des sites stratégiques difficiles d'accès, ce qui rend les activités militaires sur le territoire iranien 10 à 15 fois plus risquées du point de vue des pertes et des dépenses qu'en Irak.»

Selon lui, les pays comme la Chine, la Russie et la Corée du Nord représentent des «problèmes plus sérieux pour l'Amérique» que l'Iran.

Lawrence Wilkerson critique également les médias américains «qui ne démentent pas les accusations mensongères» de l'administration Trump selon lesquelles l'Iran travaillerait avec Al-Qaïda contre les États-Unis. Il a comparé ce mensonge à la tentative de l'ancien vice-président Dick Cheney d'associer Saddam Hussein à Al-Qaïda, écrit le site Anti-Media.

L'ancien conseiller de Colin Powell énumère les actions auxquelles recourt la Maison blanche aujourd'hui pour attiser l'hystérie militaire autour de l'Iran: «Il s'agit de la menace du président de renoncer à l'accord nucléaire iranien malgré le respect de tous les engagements pris par Téhéran; l'exigence des services secrets de trouver à tout prix les preuves que les autorités iraniennes ne respectent pas les accords nucléaires; et la décision de la Maison blanche de considérer les récentes manifestations en Iran comme le début du changement de régime. Tout comme dans le cas de l'administration Bush, tous ces événements qui, à première vue, ne sont pas liés, peuvent servir de prétexte pour annoncer la guerre contre l'Iran comme l'unique choix possible.»

Et de conclure avec un avis critique sur son expérience passée avec l'Irak: «Il nous importait peu d'utiliser des renseignements douteux ou même mensongers. Nous pensions que la guerre justifiait les moyens sans réfléchir au fait que le pays devrait payer des centaines de milliards de dollars pour cela. Nous ne pensions pas qu'au lieu d'instaurer la démocratie dans la région, la guerre pousserait cette dernière dans une spirale descendante.»

*Source : Sputnik

Collusion des États-Unis avec les néonazis

Collusion des États-Unis avec les néonazis


Les néofascistes jouent un rôle important en Ukraine, qu’il soit officiel ou seulement toléré. Et cela avec l’appui des États-Unis.


Par Stephen F. Cohen – Le 2 mai 2018 – Source The Nation

 

http://www.infoukes.com/history/images/ww2/figure25.jpg
Dans la version orthodoxe des faits entretenue par les milieux politiques et les médias étasuniens, la « Russie de Poutine » est seule à blâmer pour la nouvelle Guerre froide qui oppose les USA à la Russie. Pour étayer cette vérité (pour le moins) partiale, les médias grand public ont recours à diverses pratiques journalistiques malhonnêtes, comme le mépris du contexte historique, ainsi que l’exclusion, voire même la mise au ban, de tous ceux qui proposent une version alternative des faits, en leur faisant porter l’étiquette d’« apologistes du Kremlin » et de pourvoyeurs de la « propagande russe ». 

Un exemple extraordinaire nous a été donné le 1er mai dernier, lorsque le journaliste Jim Sciutto, qui est à l’origine de la plupart des allégations diffusées par la chaîne CNN sur l’affaire du Russiagate, a tweeté que « Jill Stein [candidate des verts à l’élection présidentielle de 2016, NdT] …ne faisait que reprendre les arguments de la Russie sur son interférence dans l’élection de 2016 et dans la politique étrangère US. » Dans la mesure où Sciutto parle pour CNN, comme il le fait pratiquement chaque soir en direct, il est bon de savoir ce que cette chaîne influente pense du troisième parti légitime de la démocratie américaine [le parti des verts NdT] et de son candidat à la présidence. Et ce qu’elle pense aussi de ces nombreux Américains bien informés qui n’ont pas soutenu Jill Stein, mais qui n’approuvent pas les positions de CNN sur le Russiagate et la politique étrangère américaine. Non moins importante, toutefois, la nature extrêmement sélective de la relation faite par les grands médias de la nouvelle Guerre froide, de ce qu’on choisit ou omet virtuellement de publier.

 

Parmi ces omissions, une des plus importantes est le rôle joué par les forces néo-fascistes dans l’Ukraine gouvernée par Kiev et soutenue par les USA depuis 2014. Même les Américains qui suivent les nouvelles internationales ignorent ce qui suit, comme par exemple :

 

  • Les francs-tireurs qui ont tué des dizaines de manifestants et de policiers sur la Place du Maïdan de Kiev, déclenchant ainsi la « révolution démocratique ? » qui a renversé le président en place, Viktor Ianoukovitch, et amené au pouvoir un régime violemment antirusse et pro-américain (il ne s’agissait en fait ni d’un mouvement démocratique ni d’une révolution, mais d’un violent coup d’État qui s’est déroulé dans la rue avec un soutien de haut rang) n’ont pas été envoyés par Ianoukovitch, comme il a été largement publié dans les médias, mais presque certainement par l’organisation néo-fasciste « Secteur droit » et d’autres conspirateurs.
  • Peu après à Odessa, le genre de pogrom qui a vu périr par le feu des Russes d’Ukraine et d’autres nationaux et réveillé le souvenir des bataillons d’extermination nazis en Ukraine pendant la Deuxième Guerre, a été quasiment effacé de la relation faite par les médias grand public, bien que cet épisode constitue une expérience douloureuse et révélatrice pour de nombreux Ukrainiens.
  • Le Bataillon Azov, constitué de quelques 3000 combattants bien armés, qui a joué un rôle majeur dans les affrontements de la guerre civile ukrainienne et est devenu une composante officielle des forces armées de Kiev, se déclare « partiellement » pro-nazi, comme le prouvent ses insignes, ses slogans et les programmes qu’il affiche, ce que plusieurs organisations internationales de veille ont bien documenté. Une loi récemment adoptée par le Congrès exclut toute aide militaire US au bataillon Azov, mais il est probable que celui-ci obtiendra une part des nouveaux armements envoyés à Kiev par l’administration Trump, compte tenu de la corruption rampante et du marché noir présents dans le pays.
  • Les agressions menées à la façon de troupes d’assaut contre des gais, des juifs, ou des personnes âgées d’origine russe sont des phénomènes courants dans toute l’Ukraine qui dépend de Kiev, tout comme les marches aux flambeaux qui rappellent celles qui ont embrasé l’Allemagne des années 1920 et 1930. La police et les autorités légales ne font pratiquement rien pour prévenir ces actes néo-fascistes ou pour les poursuivre. Au contraire, Kiev les a officiellement encouragés en réhabilitant systématiquement les collaborateurs ukrainiens qui ont participé aux pogroms d’extermination de l’Allemagne nazie et en célébrant même leur mémoire et celle de leurs chefs pendant la Deuxième Guerre mondiale, en allant jusqu’à rebaptiser des rues en leur honneur, construire des monuments, récrire l’histoire pour les glorifier, voire plus.
  • Le rapport annuel officiel de l’État d’Israël sur l’antisémitisme dans le monde en 2017 conclut que ce type d’incident a redoublé en Ukraine et que leur nombre « dépasse la somme de tous les incidents qui ont été rendus publics dans la région entière combinée ». Par région, le rapport entend le total recensé dans toute l’Europe de l’Est et les territoires qui faisaient partie de l’ex-Union soviétique.

Les Américains ne peuvent pas être accusés d’ignorer ces faits. Ils sont rarement évoqués et encore moins débattus dans les grands médias, que ce soit dans les journaux ou à la télévision. Pour être renseignés, les Américains doivent se tourner vers les médias alternatifs et leurs journalistes indépendants, qui trouvent rarement un écho dans ce qui est publié par les médias grand public au sujet de la nouvelle Guerre froide.

 

Un tel écrivain américain important est Lev Golinkine. Il est surtout connu pour son livre Un sac à dos, un ours et huit caisses de vodka, un mémoire bouleversant et très instructif de sa vie de jeune garçon amené en Amérique par ses parents immigrants de l’Ukraine orientale, aujourd’hui en guerre civile tragique et par procuration. Mais Golinkine a également été un reporter implacable et méticuleux du néo-fascisme dans « notre »Ukraine et un défenseur des autres qui tentent de raconter et de s’opposer à ses crimes grandissants. (Beaucoup d’entre nous qui recherchent des informations fiables se tournent souvent vers lui.)

 

La portée du néo-nazisme en Ukraine et le soutien au moins tacite qui lui est donné par les USA ou la manière dont ils le tolèrent ne fait pas de doute :

  • Ce phénomène n’est pas apparu sous la présidence de Trump, mais déjà sous celle de George W. Bush, lorsque la « Révolution orange » du président ukrainien Viktor Iouchtchenko a commencé par réhabiliter les criminels qui ont assassiné les juifs d’Ukraine pendant la guerre, et il s’est encore amplifié sous le Président Obama, qui, avec le Vice-Président Joseph Biden, a été étroitement complice du coup d’État du Maidan et de ce qui s’en est suivi. Ces faits ont aussi passé largement inaperçus dans les grands médias qui forgent l’opinion. Pire encore, lorsqu’un des fondateurs du parti néo-nazi, propulsé « speaker » du parlement ukrainien, a été reçu à Washington en 2017, il a été largement fêté par les politiciens américains en vue, parmi lesquels le Sénateur John McCain et Paul Ryan de la Chambre des représentants. Imaginons un moment comment le message a été perçu en Ukraine et ailleurs dans le monde.
  • La renaissance du fascisme ou du néonazisme est en cours aujourd’hui dans de nombreux pays, de l’Europe jusqu’aux États-Unis, mais la version ukrainienne a une portée toute spéciale et présente un danger particulier. On est ici en présence d’un vaste mouvement fasciste, en pleine croissance et bien armé, qui est réapparu dans un grand pays européen à l’épicentre politique de la nouvelle Guerre froide entre les États-Unis et la Russie et qui nie pas tant l’Holocauste qu’il le glorifie. Ces forces pourraient-elles venir au pouvoir à Kiev ? Ceux des Américains qui les minimisent, répondent « jamais », parce que ce mouvement n’a qu’un très faible soutien dans la population (bien qu’il soit peut-être plus fort que celui sur lequel peut compter aujourd’hui le Président Porochenko). Mais on en a dit autant du parti de Lénine et de celui de Hitler jusqu’au moment où la Russie et l’Allemagne ont sombré dans le chaos et l’anarchie. Ajouter à cela un récent article d’Amnesty International selon lequel Kiev est en train de perdre le contrôle des groupes extrémistes et le monopole de l’État sur l’usage de la force.
  • Depuis quatre ans, l’establishment politique et médiatique US, auquel appartiennent de nombreuses personnalités et organisations juives, feint dans le meilleur des cas d’ignorer ou de tolérer le néonazisme ukrainien, quand il ne contribue pas à l’exacerber par son soutien inconditionnel à la politique de Kiev. De façon caractéristique, le New York Times peut s’étendre sur la corruption en Ukraine, mais s’abstient de le faire à propos des  manifestations très fréquentes de néofascisme dans ce pays. Et lorsque George Will [écrivain et commentateur politique, NdT] déplore la résurgence actuelle de l’antisémitisme, il cite le parti du Labour britannique et oublie de mentionner l’Ukraine. Il suffit que le fascisme ukrainien soit occasionnellement pointé du doigt pour qu’une bande de fanatiques protégés en haut lieu prenne le parti de Kiev et rétorque : « Oui, peut-être, mais le vrai fasciste, c’est l’ennemi numéro un de l’Amérique, le Président russe Vladimir Poutine. » Quels que soient les défauts de Poutine, on est ici témoin soit d’une manifestation de cynisme, soit d’une totale méconnaissance des faits. Rien dans les déclarations de Poutine, depuis 18 ans qu’il est au pouvoir, ne peut s’apparenter à du fascisme, dont le dogme central consiste en un culte du sang basé sur la prétendue supériorité d’une ethnie par rapport à d’autres. En tant que chef d’un État multiethnique, de telles déclarations venant de Poutine seraient inconcevables et équivaudraient à un suicide politique. Il y a bien sûr des activistes néofascistes en Russie, mais la plupart d’entre eux sont en prison. Un fascisme de masse n’est simplement pas  imaginable en Russie où la guerre contre l’Allemagne nazie a fait des victimes par millions. Cette guerre a directement affecté Poutine et a l’a profondément marqué. Bien qu’il soit né après la guerre, sa mère et son père ont survécu à des blessures qui auraient pu être fatales ainsi qu’à la maladie, tandis que son frère aîné est mort dans le long siège de Leningrad et que plusieurs de ses oncles ont péri dans le conflit.  On ne perçoit pas non plus d’antisémitisme apparent chez Poutine. Tant en Russie qu’en Israël, la rumeur veut que la vie est plus facile pour les juifs dans la Russie de Poutine qu’elle ne l’a jamais été tout au long de son histoire.
  • Si Poutine ne peut être rendu responsable de la résurgence du fascisme dans ce qui est un des grands pays européens, on ne peut qu’en faire porter la honte à l’Amérique dont la réputation risque d’être entachée de façon indélébile dans l’histoire pour avoir toléré l’infamie, ne serait-ce que par son silence.

Voilà qui était vrai jusqu’à tout récemment. Le 23 avril, un valeureux membre du Congrès qui en est à son premier mandat, le Californien Ro Khanna, est l’auteur d’une lettre ouverte adressée au Département d’État et signée par 56 députés, demandant au gouvernement de protester et de prendre des mesures contre la résurgence de la politique officielle d’antisémitisme et de déni de l’Holocauste menée tant en Ukraine qu’en Pologne. Dans l’histoire de la nouvelle − et combien plus dangereuse − Guerre froide, celui qui semble être connu à Washington sous le nom de « ? Ro ? », s’est posé en homme courageux, comme ses cosignataires. Nous verrons bien ce qu’il adviendra de cet acte empreint de sagesse et de tenue morale. Dans une démocratie représentative qui se respecte, chaque membre du Congrès devrait signer cet appel et tous les principaux journaux devraient le soutenir dans leurs éditoriaux. Mais, on ne sera pas surpris de constater que les médias grand public n’ont même pas rendu compte de l’initiative du député Khanna, bien qu’il ait été calomnié − et que l’inestimable Lev Golinkine ait pris sa défense.

 

La leçon des 40 ans qu’a duré la dernière Guerre froide est qu’elle peut corrompre même la démocratie américaine politiquement, économiquement et moralement. On trouve de nombreux exemples de la manière dont la nouvelle Guerre froide a déjà gangrené les médias, les politiciens et même les universitaires. Mais le test décisif sera donné par la réaction de nos élites face au néofascisme qui sévit en Ukraine avec le soutien des États-Unis. Ce n’est pas ici l’affaire des seuls juifs, mais celle de tous les Américains de manifester leur indignation en protestant. Quoi qu’il advienne, il sied de paraphraser à nouveau le philosophe juif Hillel en posant la question : « Si ce n’est pas maintenant, alors quand ? Si ce n’est pas nous, qui le fera ? ».

 

Stephen F. Cohen

Pourquoi parle-t-on toujours « d’oligarques russes » et jamais « d’oligarques occidentaux » ?

Pourquoi parle-t-on toujours « d’oligarques russes » et jamais « d’oligarques occidentaux » ?

 

Par Jeff Cohen – Le 10 avril 2018 – Source Truthdig

Brian Roberts, PDG de Comcast.

Les infos télévisées peuvent être assez énervantes. Jour et nuit, j’entends les présentateurs sur CNN et MSNBC parlant sans cesse des plans de tel ou tel « oligarque russe ayant des liens avec le Kremlin ». J’ai entendu cette phrase un nombre incalculable de fois ces dernières semaines.

Et beaucoup d’autres que moi ont entendu l’expression « oligarque russe ». Merriam-Webster.com expliquait que «oligarque» était l’un de ses mots clés les plus recherchés, en date du 5 avril, «suite aux informations selon lesquelles Robert Mueller avait interrogé des hommes d’affaires russes auxquels ce descriptif s’applique ».

Mais il y a une phrase que je n’ai jamais entendue sortir de la bouche d’aucun des animateurs, prétendûment progressistes, de MSNBC : «Un oligarque américain ayant des liens avec Washington ».

Cet oubli est révélateur si l’on considère un fait indiscutable : les oligarques américains ont fait beaucoup plus pour miner la démocratie américaine que n’importe quel Russe.

Prenez, par exemple, Brian L. Roberts – qui correspond certainement à la définition d’oligarque prise dans le dictionnaire : « une personne faisant partie d’un petit groupe de personnes puissantes qui contrôlent un pays ou une industrie ». En tant que président et chef de la direction de Comcast, Roberts dirige la société que son père a fondée et détient plus d’un tiers des actions de cette société. Sa rémunération annuelle de 28,6 millions de dollars l’an dernier était inférieure à celle que quatorze autres oligarques américains − je veux dire PDG − ont « gagné ». Sa valeur nette est estimée à plus de 1,65 milliard de dollars.

Cet oligarque a-t-il des « liens avec Washington » ? Au cours d’une année récente, Comcast a consacré près de 19 millions de dollars au lobbying, en deuxième position après l’entreprise militaro-industrielle Northrop Grumman. L’an dernier, Comcast a dépenséplus de 15 millions de dollars. Et l’oligarque Roberts a été un acteur  de pouvoir de premier plan à Washington pendant des décennies, ayant porte ouverte chez tous les présidents − de la loi de déréglementation sur les télécommunications, loi anti-consommateurs votée en 1996, à l’effort actuel du président Trump pour mettre fin à la neutralité du réseau, au nom de Comcast et d’autres grands fournisseurs d’accès Internet.

La Loi sur les télécommunications − pro-conglomérats − de Clinton et l’assaut de Trump contre la neutralité du net ont tous deux miné la démocratie américaine. Aucun Russe n’y est pour quelque chose. (Vous avez peut-être entendu dire que le Sinclair Broadcast Group, qui travaille sur la propagande de Trump, possédera bientôt plus de 200 stations de télévision locales ; jusqu’à l’entrée en vigueur de la nouvelle Loi sur les télécommunications, une entreprise ne pouvait légalement en posséder plus de 12.)

Vous devez l’accorder aux oligarques américains. Beaucoup gardent un certain pouvoir, quel que soit le parti qui dirige Washington. Ils ont une plus grande résistance que les oligarques russes qui, nous dit-on constamment, finissent morts ou en prison s’ils tombent en disgrâce avec le président Poutine.

Roberts a certainement le style de vie d’un oligarque. Il possède une datcha d’été − je veux dire une résidence secondaire − à Martha’s Vineyard où il ancre ses bateaux Sparkman & Stephens construits sur mesure et où il a accueilli le président Obama, y compris lors d’un cocktail de la liste A, organisé pour Obama, en août 2013. Et Roberts aurait construit un vaste manoir à North Palm Beach, non loin du Mar-a-lago de Trump.

Mais sa résidence principale est à Philadelphie. Obama a régulièrement séjourné dans les manoirs de Comcast. En 2013, lors d’une collecte de fonds du Parti démocrate à Philadelphie, chez le meilleur lobbyiste de Roberts, le président Obama déclarait « Je suis venu ici tant de fois, la seule chose que je n’ai pas faite dans cette maison, c’est d’avoir un dîner Seder. » [repas rituel juif, NdT]

Alors que les oligarques russes sont souvent des chasseurs de gibier passionnés, Roberts est un golfeur fanatique. Obama a joué au golf avec lui « sur les gazons luxuriants du Vineyard Golf Club ».

Il y a une dernière chose que je dois ajouter au sujet de Roberts. En tant que PDG de Comcast, il est le patron ultime des animateurs prétendument progressistes de MSNBC. Ce qui peut aider à expliquer leur silence sur les oligarques américains, puisqu’il serait difficile d’aborder le sujet sans mentionner leur patron.

Je ne devrais pas cibler Roberts, ni les hôtes MSNBC qu’il emploie. Parce que le problème va bien au-delà de cet oligarque particulier et de cet organe d’information corporatif particulier.

Roberts n’est qu’un parmi des dizaines de puissants oligarques américains. Ils forment une « classe dirigeante » et dirigent un « État corporatif » − deux expressions de plus que l’on n’entend pratiquement jamais dans les médias américains. L’une des raisons pour lesquelles ces oligarques ont peu de couverture critique et aucun examen systémique est que, comme en Russie, les oligarques sont les propriétaires ou des clients importants des médias grand public.

Permettez-moi d’être clair, afin de ne pas exagérer : les animateurs de Fox News sont libres de ternir certains oligarques, surtout des démocrates, comme George Soros et les animateurs de MSNBC s’en prennent gaiement à certains oligarques, Républicains cette fois, comme les Mercers et les frères Koch.

Mais pour avoir une vision claire et complète du fonctionnement du système politique américain (c’est-à-dire de l’« oligarchie américaine »), j’ai une suggestion à vous faire : déconnectez-vous de MSNBC, CNN, Fox et d’autres sources d’information tenues par les grosses entreprises et tournez-vous plutôt vers des médias progressistes indépendants de qualité.

Si vous le faites, vous verrez que les problèmes qui affligent la démocratie et l’économie américaines sont certainement l’œuvre d’oligarques. Et ceux-là ne parlent pas russe.

Jeff Cohen

Ils ne savent pas rire et ignorent tout, je leur survivrai

Ils ne savent pas rire et ignorent tout, je leur survivrai

 

21 Avril 2018

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J’ai écouté jeudi soir Toni Morisson interviewée à la Grande Librairie. Cette femme pour laquelle j’ai toujours éprouvé beaucoup d’admiration a parlé de son oeuvre bien sur, mais le prix Nobel de littérature a aussi fait des remarques politiques. En parlant de son président elle a eu cette remarque Donald Trump a-t-elle  affirmé « c’est la personne la plus rétrograde et la plus mal informée que je connaisse. C’est douloureux. Et c’est surtout dangereux.» Et un peu plus loin, « ça m’effraie. Il ne sait pas rire – rire est une expérience profondément humaine et il en est incapable

 

Sous assistance respiratoire, l’écrivain fait preuve d’une vitalité admirable. « J’ai 87 ans, et je vais survivre à Donald Trump », dit-elle en riant.

 

Ce qu’un écrivain apporte c’est peut-être une autre manière de juger de l’univers politique, un trait, un coup de griffe mais qui touche juste, vraiment juste, d’un point de vue inusité et qui s’avère le meilleur angle d’expression du fait, comme la fiction parle parfois plus fort que l’exposé des événements. Ne pas savoir rire comme preuve d’incompréhension de l’humaine condition, voilà qui dit beaucoup, mais il y a aussi pour l’écrivaine cette manière de se situer dans le temps long de l’histoire, au-delà de l’événementiel, sa conviction de survivre à tous ces politiciens « les plus mal informés ». Elle leur survivra cette femme suprêmement élégante qui tient  du baobab et de l’éléphant , des forces telluriques. Elle écrit dit-elle les plus belles scènes de sexe et on comprend que c’est parce que ce corps lourd sait comment et de quoi,nait  et renait l’humanité. Son rire est un défi à ces assoifés de pouvoir  et aux quelques technocrates qui leur font la cour.

 

OUI! Toni MOrisson est d’une incroyable élégance malgré sa silhouette élephantesque, le tuyau qui l’aide à respirer, elle est le rire et la volonté de vivre, ses turbains et la manière dont elle s’envelope dans des tissus maliens a cette insolence de la beauté pure..Elle est afroaméricaine, jugeant de haut de très haut, et à bonne distance celle de l’écriture ceux qui condamnent à l’esclavage. Ses adversaires, les miens, sont d’une incroyable vulgarité parce qu’il ont perdu le contact avec le lieu de toutes les innovations, le peuple, celui de la rue et des champs, dans le temps long de l’histoire qui n’a jamais été que celle de la lutte des classes comme il a dit. Parce qu’ils suivent toutes les modes et ne créent rien, parce qu’ils se croient modernes et ne savent que vanter la régression. Apprendre à viser la cible que personne ne voit ça c’est le propre de l’art et de la litterature.

 

Tout cela pour vous dire que moi aussi j’ai décidé de survivre à cette bande de politiciens médiocres qui semble en proie au narcissisme le plus désespérant, le plus douloureux qui se puisse imaginer. J’ai fait mes comptes, j’ai 80 ans. Dans ma famille les femmes meurent entre 98 ans et 107 ans et demeurent en possession de tous leurs moyens jusqu’à 95 ou 96 ans et connaissent un affaiblissement intellectuel et moteur léger à ce moment mais meurent sans vraiment avoir vécu de handicap intégral. Donc il me reste 15 ans de dynamisme, mais il faut qu’ils soient bien utilisés pour moi et pour les autres, je n’ai pas de temps à perdre, ni pour rire, jouir de la vie et dans le même temps poursuivre dans ce que j’estime juste, . Macron disparaîtra et moi je serai là avec mes combats.

 

Ce que je dis est valable pour bien d’autres y compris des jeunes qui s’impliquent dans les combats et qui ont envie de vivre. Simplement, ils peuvent plus que moi se disperser, ils ont des forces et des ans en réserve.

 

Je vais continuer à voyager mais limiter les déplacements et les fatigues inutiles, beaucoup plus travailler en bibliothèque, chez moi. Ce blog est en train de connaître une moment de ralentissement lié à méditation sur le tournant que doit prendre ma vie pour survivre à Macron et à tous les autres. Pour me passionner pour ce monde en train de changer en profondeur et dont certains prétendent arrêter l’inexorable, celui du refus grandissant des être humains de continuer à vivre comme ça au profit d’une poignée qui ne savent plus rire.

 

-Comme le dit Mahmoud Darwich –

 

Le présent nous étouffe et déchire les identités. C’est pourquoi je ne trouverai mon moi véritable que demain, lorsque je pourrai dire et écrire autre chose. L’identité n’est pas un héritage, mais une création. Elle nous crée, et nous la créons constamment. Et nous ne la connaîtrons que demain. Mon identité est plurielle, diverse. Aujourd’hui, je suis absent, demain je serai présent. J’essaie d’élever l’espoir comme on élève un enfant. Pour être ce que je veux, et non ce que l’on veut que je sois.

Et cela ne s’arrête jamais…

 

Danielle Bleitrach

Ce que les États-Unis veulent vraiment de la Russie

Ce que les États-Unis veulent vraiment de la Russie

 


Par Andrew Korybko – Le 3 avril 2018 – Source Oriental Review

 

Trump Putin New Detente

 

La récente offensive asymétrique multidimensionnelle des États-Unis contre tous les intérêts russes n’est pas le symptôme aléatoire d’une russophobie psychotique mais fait partie d’une stratégie globale visant à faire pression sur Moscou pour que la Russie abandonne sa coopération étroite avec la Chine et l’Iran en échange d’une « nouvelle détente ». Un scénario qui ne devrait pas être exclu si Trump reste cohérent lors de la prochaine rencontre avec le président Poutine.


Beaucoup de gens luttent pour trouver une quelconque cohérence ou raison derrière les mouvements anti-russes des USA au cours des deux dernières années, en particulier ceux pour qui Trump est supposé être contraint par « l’État profond » avec la croyance erronée que cela soulagerait son administration de la pression des fake news dans le cadre du RussiaGate, mais la réponse à tout cela est beaucoup plus simple qu’il n’y paraît. Le fait est que tout ce qui se passe est intentionnel et fait partie d’une stratégie globale pour amener la Russie à abandonner sa coopération étroite avec la Chine et l’Iran en réponse à l’offensive asymétrique multidimensionnelle des États-Unis contre ses intérêts, bien qu’il soit maintenant acquis que ce plan a échoué et nécessite une réforme urgente. Qu’il s’agisse de la chasse aux sorcières de la « propagande anti-russe » de l’Occident ou du scandale de l’attaque sous « faux drapeau » des armes chimiques de l’affaire Skripal, chaque geste anti-russe entrepris ces dernières années vise à faire avancer cet objectif.

 

Démonter le triangle multipolaire

Iran

 

Il y a eu des spéculations crédibles juste après la victoire de Trump en 2016 que son gouvernement allait tenter de diviser le triangle multipolaire russo-sino-iranien en Eurasie. C’est exactement ce que le président et son équipe tentent de faire mais d’une manière différente de ce à quoi beaucoup s’attendaient. Trump a calculé à juste titre que l’avancée sans précédent d’Obama vers l’Iran grâce à l’accord nucléaire de 2015 était mise à profit par Téhéran et que la République islamique n’avait jamais eu l’intention d’accepter le quiproquo tacite offert à l’époque pour remplacer l’Arabie saoudite en tant que partenaire régional préféré de l’Amérique. En conséquence, il a décidé de s’éloigner de la politique de son prédécesseur et de n’utiliser que des « moyens musclés » pour forcer l’Iran à se soumettre à la puissance militaire américaine. Le travail est en cours et sera certainement rendu difficile par Téhéran, passé maître dans les réponses asymétriques.

 

Chine

 

Quant à la Chine, Trump a également appris de l’erreur de son prédécesseur, qui a offert à la République populaire un partenariat mondial à travers le concept « G-2 » ou « Chimerica ». Celui-ci a été repoussé par Pékin, à la fois trop fière de partager le leadership mondial avec l’Amérique et réticente à accepter d’être trompée pour assumer des responsabilités qu’elle n’a pas acceptées ou anticipées à l’époque. Ce n’est pas une coïncidence si l’échec du G-2 a été suivi par l’annonce par la Chine de sa conception globale de la nouvelle Route de la Soie (OBOR) afin de réformer économiquement la base structurelle du « Consensus de Washington » et, par conséquent, de faciliter l’émergence de l’ordre mondial multipolaire. La réponse de Trump, le Kraken, a été de poursuivre la politique de guerre hybride d’Obama en ciblant les États de transit les plus vulnérables de l’hémisphère sud nécessaires aux méga-projets d’infrastructures transnationales chinoises, en même temps qu’il entamait une guerre commerciale contre la République populaire.

 

Russie

 

La résistance idéologique totale de l’Iran à conclure un « accord avec le diable » et l’engagement indéfectible de la Chine à défier la domination unipolaire des États-Unis signifient qu’il n’y a aucune chance réaliste que l’un d’eux revienne sur son précédent refus d’abandonner l’autre en échange d’un allègement de la pression américaine sur leur pays. Cela indique ainsi à Trump la direction de la Russie parce qu’il considère que c’est le « maillon faible » dans cet arrangement multipolaire. Après tout, la Russie a toujours affirmé avec une totale sincérité qu’elle ne veut rien de plus qu’une relation égale avec ce qu’elle continue à appeler ses « partenaires occidentaux », ce qui devrait les amener logiquement à respecter la soi-disant « sphère d’influence » du pays à l’ère soviétique. Les administrations américaines précédentes ont rejeté le rameau d’olivier tendu par la Russie chaque fois qu’il était offert, mais Trump semble être réellement intéressé à conclure un accord avec Moscou avant que « l’État profond » n’intervienne pour l’arrêter.

 

La folie de l’« État profond »

 

Ironiquement, cette décision pourrait entrer dans l’histoire comme la dernière chance possible pour que les États-Unis ramènent la Russie dans le « consensus de Washington »par des moyens pacifiques. En effet, Moscou a indiqué qu’elle était prête à entrer dans une « nouvelle détente » avec Washington, ce qui aurait évidemment impliqué des « concessions mutuelles et des compromis ». Cette « occasion perdue » pourrait ne jamais être retrouvée, la résolution de la Russie s’étant durcie après sa trahison par Trump et son assujettissement aux châtiments humiliants de son administration pour ne pas s’être soumise à l’Amérique sans conditions préalables. C’était la volonté de l’« État profond »,qui a fait une énorme erreur de jugement, convaincu par la « pensée de groupe » que le président Poutine suivrait les traces d’Eltsine et se rendrait si la puissante classe « oligarchique » le pressait de le faire en échange de la levée des sanctions. Ce navire a chaviré et ce qui se passe maintenant est une combinaison de mépris et de stratégie.

 

Les États-Unis ne pardonneront jamais au président Poutine d’avoir refusé de se plier à l’« État profond » libéral-mondialiste de la période Obama, le même qui a saboté le plan marketing de Trump, ce qui explique pourquoi il se livre à cette chasse aux sorcières contre les médias russes sous des prétextes fallacieux. Pour l’« État profond » c’est devenu une affaire « personnelle », et même si Trump semble comprendre « l’efficacité des coups tordus » comme une forme de guerre psychologique contre les dirigeants russes, il ne s’est jamais publiquement écarté de sa promesse de campagne de s’entendre avec la Russie si c’était possible (c’est-à-dire si l’« État profond » ne lui savonne pas la planche). C’est dans ce contexte que Trump a invité le président Poutine à la Maison Blanche pour une prochaine réunion qui visera probablement à « aplanir leurs divergences » et à avancer un objectif vraisemblablement mutuel d’une soi-disant « nouvelle détente » – mais pas sur les termes inconditionnels et unilatéraux qui obsèdent l’« État profond ».

 

Décrire la « nouvelle détente »

 

Trump s’est rendu compte que la Russie approfondissait ses partenariats avec la Chine et l’Iran en réponse à l’agression asymétrique multidimensionnelle de l’« État profond » et que cette politique était contre-productive devant l’intérêt prédominant de la Nouvelle Guerre froide américaine à « contenir » la Chine. De plus, le président semble avoir convaincu les éléments « patriotiques et pragmatiques de l’État profond » que c’est le cas et qu’il est impossible pour l’Amérique de faire des progrès tangibles pour bloquer la Route de la Soie si elle doit « contenir » la Chine, l’Iran et la Russie sur des théâtres très divers et avec des méthodes complètement différentes. Il vaut mieux, a estimé l’homme d’affaires milliardaire, revenir en arrière sur certaines des actions inutilement agressives de son administration en Europe et peut-être ailleurs, comme des « concessions/compromis mutuels » de son pays avec la Russie pour une « nouvelle détente » au lieu de continuer cette politique de pression qui a échoué.

 

Ce que les États-Unis veulent de la Russie en échange est simple. Ils attendent de Moscou que la Russie réduise ses partenariats stratégiques avec Téhéran et Pékin et qu’elle n’interfère pas avec les campagnes de « confinement » de Washington contre les deux. La Russie autorise déjà passivement les États-Unis et leurs alliés à « contenir » l’Iran en Syrie par une prudence intéressée en empêchant la Troisième Guerre mondiale, mais elle doit encore revenir sur sa relation avec la Chine. On ne sait pas exactement comment les États-Unis envisagent que la Russie pourrait le faire d’une manière « plausible » qui reflète l’approche iranienne et évite de provoquer une réaction hostile de la part de la Chine. Mais l’administration Trump espère que Moscou l’acceptera pour que le président Poutine puisse oublier les drames internationaux et se concentrer entièrement sur l’accomplissement du programme de réforme interne globale qu’il prévoit de menerpendant son quatrième et dernier mandat.

 

Il est impossible de spéculer sur la question de savoir si la Russie est déjà intéressée par un tel scénario pour l’instant, compte tenu de tout ce qui s’est passé entre elle et l’Occident l’année dernière, mais en jouant un moment le rôle d’« avocat du diable », il y a un autre attrait en plus des aspects intérieurs qui pourrait décider Moscou à « jouer ce jeu ». La polarisation croissante du système économique mondial vers une mondialisation chinoise et une Amérique protectionniste ramène les relations internationales à la bipolarité de l’ère de la guerre froide avant sa transition vers la multipolarité. La Russie pourrait jouer un rôle central en dirigeant un nouveau Mouvement des non-alignés (néo-MNA) pour aider les autres pays à « équilibrer » leurs relations avec les deux superpuissances. Les États-Unis pourraient être contraints, à contrecœur, dans les circonstances actuelles et les limites objectives de leur pouvoir, d’accepter la réduction relative de leur influence sur certains pays par la Russie, tant que Moscou joue un rôle similaire vis-à-vis de la Chine.

 

La grande inconnue

 

C’est un pari risqué car un néo-MNA dirigé par la Russie pourrait tout aussi bien faire pencher la balance stratégique de l’influence mondiale vers la Chine plutôt que vers l’Amérique. Mais Washington parie que Moscou pourrait conclure que son intérêt personnel serait servi au mieux en maintenant l’« harmonie » entre les deux superpuissances en Eurasie, permettant ainsi aux États-Unis de se concentrer davantage sur la déstabilisation de la Route de la Soie par des guerres hybrides en Afrique et dans les parties du supercontinent non couvertes par ce « bloc d’équilibre ». Les investissements « équilibrants » à faible coût mais à fort impact de la Russie pourraient générer d’énormes dividendes pour son influence, tandis que toute désescalade potentielle en Europe due à la « nouvelle détente » libérerait les ressources du pays pour se concentrer davantage sur l’ambitieux projet du président Poutine. Il s’agit du programme de réforme interne et la réalisation de ses promesses campagne qu’il a faites à ses compatriotes afin de garantir durablement son héritage.

 

Réflexions finales

 

Pour insister sur ce qui vient d’être écrit, il n’y a aucun moyen de savoir avec certitude si ce dernier pari américain, essayant de promouvoir une « nouvelle détente » avec la Russie, réussira ou non. Il faut cependant reconnaître que les agressions asymétriques multidimensionnelles menées contre les intérêts russes finiront par provoquer des ravages financiers et le président Poutine pourrait avoir de plus en plus de mal à exécuter son vaste programme de réformes sur le front intérieur, à moins qu’il ne conclue une sorte d’accord. Cela n’implique pas que la Russie coure le risque de se « vendre » aux États-Unis mais simplement que le président Poutine doit d’abord rendre des comptes à son peuple et ensuite uniquement aux partenaires internationaux de son pays.

 

Si le Kremlin conclut que les intérêts de la Russie seraient mieux garantis en s’engageant dans une série de « concessions/compromis mutuels » avec les États-Unis dans le cadre d’une « nouvelle détente » il n’hésitera pas à le faire. De même, si le dirigeant russe avisé reconnaît qu’il est « baladé » par Trump et que son « homologue » lui offre un accord déséquilibré qui le condamne à faire de son pays un « partenaire junior » en Eurasie, il ne s’y prendra pas à deux fois avant de partir sans « accord ». En fin de compte, tout dépend de ce que Trump met sur la table et s’il peut convaincre le président Poutine que sa nouvelle trêve avec les néoconservateurs se traduit par l’assurance que l’« État profond » se conformera aux termes d’un accord éventuel.

 

Si la Russie est influencée par la combinaison de l’engagement sincère de l’administration Trump à une « nouvelle détente » en échange d’un allégement des pressions multiples et parfois humiliantes contre elle, les implications géopolitiques seraient profondes puisque Moscou serait dans une position idéale pour « équilibrer » les affaires eurasiennes. Il faudrait non seulement l’appui tacite de la Chine à cette initiative, mais aussi celui de l’Amérique, car chaque superpuissance apprécierait que Moscou devienne une force d’« équilibre » vis-à-vis de l’autre et les libère pour leur permettre de se concentrer sur leur rivale sur d’autres théâtres, surtout en Afrique. En tant que telle, la Russie pourrait espérer être courtisée par les deux et finalement atteindre son grand objectif stratégique, être le facteur d’« équilibre » en Eurasie, à condition toutefois que cet accord putatif soit d’abord respecté par les États-Unis.

 

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographieGuerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

 

L’importance d’avoir l’air dangereux

L’importance d’avoir l’air dangereux


Orlov
Orlov

Par Dmitry Orlov – Le 10 avril 2018 – Source Club Orlov

 

C’est un travail difficile d’être un hégémon mondial et la seule superpuissance du monde. Vous devez garder la planète entière bien alignée. Chaque pays a besoin d’être renseigné sur sa place et gardé là, par la force si besoin est. De temps en temps un pays ou deux doit être conquis ou détruit, juste pour donner une leçon aux autres. De plus, vous devez vous mêler sans relâche de la politique des autres pays, truquer les élections afin que seuls les candidats favorables aux États-Unis puissent gagner, mener des opérations de changement de régime et organiser des révolutions colorées. Si vous cessez de le faire, certains pays vont commencer à vous ignorer. Et le reste réalisera rapidement que vous perdez le contrôle et ils commenceront à s’émanciper.


Les États-Unis sont-ils toujours la plus grande puissance du monde, contrôlant toute la planète, ou ce moment de l’histoire est-il déjà en train de passer ? Nous entendons constamment parler de la situation géopolitique : les relations entre les États-Unis et les pays de l’OTAN d’un côté et la Russie de l’autre vont de mal en pis ; il y a une guerre commerciale en cours avec la Chine ; La Corée du Nord reste un problème insoluble et un embarras. Beaucoup de gens soutiennent que nous sommes très proches d’une guerre mondiale. Mais « très proche » signifie-t-il réellement quelque chose ? Il est tout à fait possible de rester des heures avec ses orteils suspendus au bord d’une falaise et de ne jamais sauter. Le suicide est une grande décision : même pour une personne et encore plus pour un grand pays.

 

Le 1er mars 2018, le président Poutine a dévoilé les nouveaux systèmes d’armement de la Russie contre lesquels les États-Unis sont sans défense et le resteront dans un avenir prévisible. Auparavant, le plan était de cerner la Russie par des bases militaires et des batteries de missiles, puis de lancer une première frappe préventive, détruisant sa capacité à riposter et l’obligeant à capituler. Ce plan a maintenant échoué de manière évidente et une attaque des États-Unis et de l’OTAN contre la Russie est de nouveau une garantie de suicide. Pire encore, même des affrontements militaires limités sont maintenant impensables car la Russie peut désormais infliger des dommages inacceptables aux forces américaines et de l’OTAN, à distance et sans mettre en danger ses propres biens. Si la Russie n’attaque pas et si les États-Unis et l’OTAN ne peuvent pas attaquer, quelle est la probabilité d’une guerre ?

 

Les nouveaux systèmes d’armes ont permis à la Russie de commencer à ignorer les États-Unis. Il est toujours important de maintenir une posture militaire crédible, mais politiquement, les États-Unis ne contrôlent déjà plus le monde, pas plus que les institutions mondiales sur lesquelles ils se sont appuyés. Au lieu de cela, ce que nous voyons est la réapparition des États-nations et même des empires. L’avenir politique de la Syrie est décidé par la Russie, la Turquie et l’Iran, sans aucune contribution utile des États-Unis. De manière significative, alors que la Russie et l’Iran sont déjà indépendants des États-Unis, la Turquie a été un de leurs alliés et elle est la deuxième force armée de l’OTAN. Le fait que la Turquie ne soit plus désireuse de plaire aux Américains est assez révélateur.

 

Sauf pendant l’étrange et tumultueux XXe siècle au cours duquel les États-Unis ont brièvement dominé la scène mondiale, ces trois pays ont suivi différents chemins, dont au moins une des dénomination contenait le mot « empire » : l’Empire russe, l’Empire ottoman et l’Empire perse. Des trois, les empires russe et ottoman furent les héritiers du Saint Empire romain germanique, dont la moitié orientale − avec Constantinople, sa capitale − continua à exister pendant des siècles après que Rome fut devenue une ruine dépeuplée et qu’un âge sombre tombait sur l’Europe. Après, Constantinople est tombée aux mains des Turcs et l’islam a pris le contrôle de la région, le centre du christianisme orthodoxe a, lui, migré vers le nord à Moscou. Maintenant, ajoutez la Chine ou l’Empire chinois si vous voulez, qui est maintenant aligné avec la Russie et complétez le tableau : tous les plus grands et les plus anciens empires eurasiens sont revenus sur le devant de la scène, se parlent et coopèrent, tandis que le parvenu de l’autre côté de la planète n’est même plus invité.

 

Compte tenu de cette situation, que doivent faire les États-Unis ? Ils ont trois choix. Le premier est de déclencher une guerre majeure, commettant ainsi un suicide national (tout en emportant d’autres pays avec eux). Ils n’ont pas la volonté politique de prendre cette décision, bien qu’ils puissent lancer une guerre majeure par accident. Le deuxième choix consiste simplement à se coucher : renoncer à essayer de projeter leur pouvoir autour du monde, se retirer dans leurs propres frontières et lécher leurs blessures. Ils n’ont pas la volonté politique de le faire également ; tout ce qui reste comme possibilité est de prétendre que tout va toujours bien aussi longtemps que possible.

 

Mais comment est-il possible de prétendre que tout va toujours bien alors que tout s’effondre ? La réponse est de commencer à faire semblant. Si les États-Unis réussissent à convaincre suffisamment de gens, ici et ailleurs dans le monde, qu’ils sont encore dangereux, ils pourront cacher leur affaiblissement croissant pendant un certain temps. Ils ne sont peut-être plus capables de réaliser aucun de leurs objectifs, mais encore très capables de meurtres de masse, comme l’ont récemment démontré les bombardements « de la coalition » américaine à Mossoul et à Raqqa, qui sont maintenant en ruines. Des actes similaires de meurtres de masse ont été commis au Yémen par le proxy arabo-saoudien de l’Amérique, ainsi que par leur proxy ukrainien dans le Donbass.

 

Mais même les occasions de commettre impunément des meurtres de masse aveugles sont de moins en moins nombreuses, forçant les États-Unis à recourir à plus d’actes de violence de seconde zone. Pour justifier ces actes, les États-Unis (et une grande partie de l’Europe) se ridiculisent aux yeux du reste du monde en utilisant un mur élaboré de non-sens complet. Une des histoires préférées a à voir avec les armes chimiques rêvées comme source d’un effroi primordial. Jetez un coup d’œil à la récente attaque à la roquette des israéliens contre la Syrie. Elle était justifiée par l’utilisation, de toute évidence, de fausses séquences vidéo produites par les Casques blancs, un groupe connu pour avoir organisé de faux événements terroristes. À ce stade, ils ne se soucient même plus de l’apparence de leur produit : cette fois-ci, ils n’ont pas pris la peine d’expurger le clap initial (utilisé pour synchroniser la vidéo avec le son). Le décor était évidemment celui d’un décor de cinéma mais la qualité de la production manquait vraiment à l’appel. Au lieu de cela, nous avions des acteurs, certains portant des casques blancs, mais aucun équipement de protection, déversant des seaux d’eau sur des enfants frissonnants. Comment cela est-il censé avoir un sens ?

 

Et puis notez que les missiles (cinq ont été abattues par les Syriens, seulement trois sont passées) sont venues d’Israël. Pourquoi Israël ? Parce que les Russes avaient averti les États-Unis qu’ils savaient que la provocation par de fausses armes chimiques était organisée comme prétexte pour lancer une attaque à la roquette et qu’ils allaient tirer non seulement sur les missiles mais aussi sur ceux qui les lancent. Par conséquent, les Américains ont décidé qu’il serait trop risqué de lancer l’attaque depuis des navires de la marine et ont demandé aux Israéliens de lancer eux-mêmes quelques missiles sur une base aérienne éloignée en Syrie, pensant à juste titre que les Russes ne riposteraient pas immédiatement contre Israël si aucun Russe n’était touché, sachant qu’il n’y aurait pas de Russes sur cette base aérienne pendant leur attaque. Ceci est, d’une part, assez pathétique mais d’autre part, cela montre que les Américains sont encore capables d’un minimum de pensée rationnelle.

 

C’est une étrange période de l’histoire que nous traversons. Les États-Unis mentent sans arrêt (puisque la vérité n’est pas de leur côté) tout en prétendant être encore dangereux en commettant des meurtres de masse (à petite échelle, qu’ils peuvent être sûrs de mener en toute impunité). Pendant ce temps, le suicide national (via une guerre à grande échelle) et la décision de terminer tout le projet impérial restent politiquement impossibles. Combien de temps cette période étrange et instable de non-sens meurtrier peut-elle persister ? Difficile à dire, votre estimation est aussi bonne que la mienne. Mais elle ne peut évidemment pas durer longtemps.

 

Donnez-lui quelques années, ou moins.

Les cinq stades de l'effondrement

Dmitry Orlov

 

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateur de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Les absurdités sur les attaques au gaz de la Syrie révèlent l’idéologie tyrannique américaine

Les absurdités sur les attaques au gaz de la Syrie révèlent l’idéologie tyrannique américaine

 


Par Stephen Gowans – Le 11 avril 2018 – Source what’s left

Stephen Gowans
Stephen Gowans

Les idéologues du pouvoir américain, notamment ceux qui sont installés dans les rédactions du New York Times et du Wall Street Journal, croient que les États-Unis jouissent d’un droit imprescriptible d’exercer une tyrannie absolutiste sur le monde, de définir la frontière entre la civilisation et la barbarie et que Washington n’est pas lié par le droit international, mais libre de l’utiliser comme un outil contre les barbares. Dans l’idéologie du despotisme américain, la boussole de la civilisation comprend les pays qui se soumettent à la « direction américaine » une version euphémisée de la « tyrannie américaine » tandis que les pays favorables à un ordre international fondé sur l’égalité des États (la Syrie, la Corée du Nord, Cuba, l’Iran et le Venezuela comptent parmi les partisans de cet ordre démocratique alternatif) sont relégués dans la catégorie des barbares. Une fois qu’un État a été rangé à l’extérieur de la civilisation, les traditions juridiques occidentales – vérification des accusations par rapport aux preuves et présomption d’innocence jusqu’à ce que la culpabilité soit démontrée de manière crédible – ne s’appliquent plus. L’État « barbare » devient coupable de tous les actes dont il est accusé, qu’il existe ou non des preuves crédibles pour corroborer l’accusation.

 

Dans un éditorial du 9 avril « In Syria, Trump faces the limits of bluster » (en Syrie, Trump se confronte aux limites de l’esbroufe), The New York Times attribue un rôle de dirigeant mondial aux États-Unis, qu’il presse l’administration Trump d’exercer en mettant sur pied « une enquête indépendante qui pourrait mener à des poursuites » contre le gouvernement syrien « dans un tribunal comme la Cour pénale internationale » une cour que les États-Unis eux-mêmes rejettent et à laquelle ils refusent d’être liés.

 

Les rédacteurs du New York Times décrivent les mesures que Washington devrait prendre si « la culpabilité du régime syrien est établie » mais concluent tout de même que le gouvernement syrien est coupable de toutes les accusations, contrairement à la réalité car le département d’État américain, le ministère britannique des Affaires étrangères et leurs propres journalistes ont reconnu que les allégations d’attaque chimique contre le gouvernement syrien ne sont pas vérifiées ni confirmées. Qui plus est, les sources des allégations sont les Casques Blancs et la Syrian American Medical Society, des organisations partisanes financées par des gouvernements occidentaux et alliées aux insurgés anti-gouvernementaux, qui ont un intérêt à inventer des atrocités pour diffamer leur ennemi et justifier la poursuite de l’intervention occidentale en Syrie et même son intensification.

 

En outre, le secrétaire à la Défense, Jim Mattis, a admis le 2 février, lors d’une conférence de presse, que le Pentagone n’a aucune preuve que l’armée syrienne ait jamais utilisé des armes chimiques. Cela, cependant, n’a pas empêché les journalistes du New York Times de déclarer que la Syrie n’a pas respecté son accord sur la destruction de ses armes chimiques en vertu d’un pacte de 2013 ni qu’elle est responsable de « la plus grande partie des 85 attaques chimiques dans le pays ces cinq dernières années ». Un journal qui se proclame au niveau des normes les plus élevées du journalisme, qui prétend faire partie des normes de référence, semble pourtant n’avoir aucun problème à inventer des faits à partir de rien.

 

Les journalistes exposent les mesures que l’administration Trump devrait prendre une fois l’imprimatur légal émis sur un pré-jugement de culpabilité. Inévitablement, une action militaire est nécessaire. « Si un véto russe empêche l’action du Conseil de sécurité, M. Trump doit travailler avec nos alliés, par l’intermédiaire de l’OTAN ou autrement », conseillent les journalistes – un appel à l’administration pour qu’elle viole (une fois encore) le droit international.

 

« L’utilisation de gaz toxique, observe le journal un paragraphe plus loin, est un crime de guerre selon le droit international » une observation curieuse étant donné la faible vision qu’ont les rédacteurs du droit international, comme en témoigne le fait qu’ils exhortent Washington à agir sans l’autorisation du Conseil de sécurité afin d’exercer « le rôle traditionnel de chef de file de l’Amérique ». Il faut rappeler que le Troisième Reich, l’Italie fasciste et le Japon impérial ont aussi revendiqué des rôles de chefs de file, sans parler de la Grande-Bretagne et de la France impériales, cette dernière étant désireuse de restaurer sa tyrannie coloniale sur son ancien mandat syrien sous le prétexte de punir le « barbare » Assad pour ses outrages contre la civilisation.

 

Le Pentagone détient le plus grand stock de gaz toxique militaire au monde. L’intérêt de l’avoir est la possibilité de l’utiliser malgré son interdiction par le droit international en vertu duquel le New York Times condamne la Syrie (sans preuve) pour l’avoir violé. Ainsi les idéologues de la tyrannie américaine révèlent que le droit international n’a d’importance que pour les pays que les États-Unis définissent comme leurs ennemis (les barbares) et non pour eux-mêmes, qui sont libres d’agir comme bon leur semble contre les barbares, en vertu de leurs propres lois, en tant que garants d’un ordre moral mondial. Inutile de dire que l’idée que les États-Unis, la principale source de désordre, de souffrance et de décadence dans le monde ont même un soupçon d’autorité morale est risible, sinon une mauvaise plaisanterie – une vérité dont la plus grande partie de la population mondiale n’est que trop consciente.

 

En 1970, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté la Résolution 2625 qui, entre autres, déclarait : « Les États ont le devoir de s’abstenir de toute propagande pour les guerres d’agression » une résolution apparemment sans importance pour le New York Times, qui n’est que trop heureux de diffuser de la propagande pour les guerres d’agression au service d’une tyrannie américaine qui, loin d’exercer une autorité morale, continue de déployer ses ailes sombres sur le monde entier, sous la direction d’un fou placé au sommet d’un système d’oppression et d’exploitation mondiale, d’où est issu un programme de guerre néocoloniale et de confrontation croissante avec la Chine et la Russie.

 

Stephen Gowans

Les États-Unis violent de nouveau l’accord de siège de l’ONU

Les États-Unis violent de nouveau l’accord de siège de l’ONU

 


Par Delenda Carthago – Le 9 avril 2018 – Source stratediplo

Siège de l'ONU à New-York
Siège de l’ONU à New-York

Le monde entier vient de voir dans quelle précipitation improvisée et infondée, les pays de la coalition antirusse ont, sur invitation britannique et pressions étasuniennes, expulsé cent cinquante diplomates russes le 26 mars et jours suivants. Il est effectivement facile de remarquer qu’aucune opération coordonnée de cette ampleur n’a jamais été effectuée par exemple, contre l’URSS, même après les révélations de Vladimir Vetrov qui ont motivé l’expulsion de quarante-sept diplomates et fonctionnaires soviétiques par la France, un nombre que les États-Unis viennent de dépasser sur préavis inférieur.

 

Quelques journalistes ont certes relevé que parmi les soixante diplomates russes expulsés par le gouvernement étatsunien, quarante-huit étaient en poste aux États-Unis d’Amérique et douze au siège de l’Organisation des Nations Unies. Mais aucun gouvernement ne semble avoir remarqué la gravité de l’arrogante violation de l’accord de siège de l’ONU que vient de commettre le pays hôte, à son habitude.

 

L’ONU a établi son siège à New-York au moyen d’un traité, l’Accord de siège du 26 juin 1947, rédigé non seulement dans la langue de la diplomatie mais également dans la langue vernaculaire locale, négocié, signé et ratifié par le pays hôte, comme dans le cas des autres accords de siège (Suisse par exemple).

 

Sans aller jusqu’à l’extraterritorialité, ce traité accorde au district administratif de l’ONU un statut supérieur au statut accordé aux ambassades et le pays hôte s’est fermement engagé à apporter des garanties assurant l’indépendance et le bon fonctionnement du siège. Sans accorder à l’ONU de droit d’asile, l’article III (section 9) établit par exemple l’inviolabilité absolue de son district administratif. Plus détaillé, l’article IV, traitant des communications et du transit, établit expressément que les autorités des États-Unis « ne mettront aucun obstacle au transit à destination ou en provenance du district administratif »(section 11) tant des représentants des pays membres, que des fonctionnaires de l’ONU et de ses invités temporaires.

 

Pour évacuer toute ambiguïté, il est même précisé que ces dispositions « s’appliqueront quelles que soient les relations » entre les gouvernements concernés et celui des États-Unis (section 12). Les dispositions législatives et règlementaires sur l’entrée des étrangers aux États-Unis ne peuvent pas porter atteinte à ce privilège d’accès, et « les visas nécessaires […] seront accordés sans frais et aussi rapidement que possible » (section 13). Il est certes prévu des procédures d’exception, en cas d’écarts de conduite de personnes abusant de l’immunité pour se livrer à des activités sans rapport avec leur qualité officielle  mais très encadrées et impliquant l’employeur, État membre ou secrétaire général notamment.

 

Les représentants envoyés par les États membres auprès de l’ONU, qui sont accrédités par l’État membre sans nécessité d’approbation par le pays hôte, « jouiront, sur le territoire des États-Unis […] des mêmes privilèges et immunités qui sont accordés par les États-Unis aux envoyés diplomatiques accrédités auprès d’eux ». Le même statut est accordé aux représentants permanents (rang d’ambassadeur ou de ministre plénipotentiaire) des États membres auprès des institutions spécialisées de l’ONU mais aussi aux simples employés, qui eux sont nommés par accord entre l’institution concernée, l’État membre et le pays hôte. Bref, les États-Unis n’ont aucun droit d’expulser des diplomates ou fonctionnaires détachés ou en poste à l’ONU.

 

Le procédé n’est pourtant pas nouveau, puisque déjà en octobre 1987 les États-Unis avaient forcé des diplomates soviétiques à quitter le district administratif de l’ONU et le territoire étatsunien.

 

Très récemment aussi, il y a à peine six mois, le 12 octobre 2017, le gouvernement étasunien a refusé d’accorder son visa à une délégation du gouvernement russe, invitée par l’ONU à venir faire une présentation en commun avec une délégation chinoise. La demande de visa (simple formalité puisque ne pouvant théoriquement être refusée) effectuée selon les modalités et délais habituels, a été totalement rejetée et aucun membre de la délégation ne put se rendre au siège de l’ONU. Il s’agissait en l’occurrence d’une conférence sur le déploiement du bouclier antimissile global étatsunien à laquelle devaient prendre part des membres de l’état-major général des forces armées russes.

 

Ces pratiques généralisées sont régulièrement dénoncées par la sixième commission de l’Assemblée générale, celle chargée des questions juridiques. Le 2 novembre dernier cette sixième commission a encore été obligée de demander au pays hôte de respecter les privilèges et immunités diplomatiques et d’appliquer l’Accord de siège, la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques et la Convention de 1946 sur les privilèges et immunités des Nations Unies.

 

Évidemment la perquisition illégale du consulat de Russie à San Francisco le 2 septembre 2017 était une violation spectaculaire et médiatisée mais il y en a d’autres que les États membres de l’ONU cachent très diplomatiquement. Le Comité des relations avec le pays hôte a en tout cas présenté le 3 novembre un rapport accablant, en déplorant de devoir se pencher à chaque session, chaque année, sur le même type de violations. Certains membres estiment même que l’Assemblée générale devrait demander au secrétaire général de lui rendre compte de l’état d’application de l’Accord de siège.

 

C’est ignorer que, depuis plus de vingt ans, les États-Unis font et défont les secrétaires généraux, usant de leur veto pour accepter ou refuser le résultat des élections. En s’opposant fin 1996 à la réélection de Boutros Boutros-Ghali (seul secrétaire général à n’avoir ainsi servi qu’un seul mandat) qui avait présidé à l’élaboration d’une certaine pertinence politique et d’une certaine capacité militaire de l’ONU après la fin de sa paralysie pour cause de guerre froide entre deux détenteurs de droit de veto, les États-Unis ont affirmé leur intention de choisir un titulaire dévoué à leur service, comme l’ont indéfectiblement montré Kofi Annan puis Ban Ki-Moon.

 

Il n’est pas inutile de rappeler que, dimanche 8 décembre 2002, les États-Unis ont dérobé dans le district administratif de l’ONU la déclaration sur l’état du désarmement de l’Irak (douze mille pages). Le secrétaire général Kofi Annan s’est alors ostensiblement abstenu de protester contre ce vol, puis a tenté de le justifier le lendemain devant les quatorze autres membres du Conseil de sécurité. Enfin, lorsque les États-Unis ont finalement restitué (ou substitué par une version altérée) ce rapport, le secrétaire général a obéi à leur ordre exprès, en refusant de le distribuer aux dix membres non-permanents du Conseil de sécurité auxquels ce rapport était destiné, divisant ainsi de facto le Conseil de sécurité entre un comité de décision informé et une chambre d’enregistrement non-informée. Une violation aussi flagrante aurait dû suffire.

 

En comparaison, aucun incident mineur, aucune violation majeure de ce type n’a eu lieu au siège de l’ONU en Suisse, pays neutre, démocratique, civilisé, respectueux des instruments de droit international et de sa propre signature.

 

Il est extrêmement grave pour l’humanité de laisser la grande institution internationale chargée de prévenir les conflits et de maintenir la paix à la merci d’une puissance qui, non contente de refuser de signer des traités majeurs, n’honore même pas sa signature sur les rares traités qu’elle a signés. C’est d’autant plus grave qu’il s’agit d’une puissance alignée, agressive, militairement présente dans trois quarts des pays du monde ; dont le budget militaire équivaut à celui de tous les autres pays réunis ; dont les dirigeants mentent effrontément devant les instances de l’ONU (dont sa plus haute autorité l’Assemblée générale), et qui viole régulièrement les résolutions du Conseil de sécurité. L’Assemblée générale doit agir et transférer son siège sur le territoire d’un pays neutre qui la laisse travailler librement.

 

Ce qui est déjà inadmissible en temps de paix doit absolument être corrigé avant la fin de l’actuelle avant-guerre mondiale.

 

Delenda Carthago

Les Etats-Unis iront-ils jusqu'à la guerre en Syrie, ouvrant la voie à un conflit mondial?

mercredi 11 avril 2018

Les Etats-Unis iront-ils jusqu'à la guerre en Syrie, ouvrant la voie à un conflit mondial ?

Le conflit hybride syrien risque dangereusement de se "traditionnaliser". Trump s'est donné jusqu'à ce soir pour annoncer sa décision d'une intervention militaire de grande ampleur en Syrie, avec le soutien particulièrement actif de la France. La présence russe au sol permettra-t-elle de calmer les ardeurs guerrières de nos politiciens en mal de grandeur? Espérons.
 
Une guerre est toujours improbable, tout autant qu'inattendue. Un être rationnel et raisonnable ne peut imaginer que des hommes prennent la décision d'envoyer d'autres hommes se battre, sous quelque prétexte que ce soit (aujourd'hui, les droits de l'homme), pour défendre en réalité des intérêts très ciblés, circonstanciels, voire très personnels. Trump fera-t-il exception à la règle, alors que ses avocats se trouvent perquisitionnés, que des starlettes l'accusent de les avoir payées pour taire des scandales sexuels, alors que l'Establishment fait planer l'ombre d'une collusion avec la Russie, qu'ils n'arrivent toujours pas à prouver? Mais peu importe. C'est à la Une. Scandales et guerre vont souvent de paire.
 
Après la montée en pression de la surprenante attaque chimique dans la Ghouta alors presque libérée des terroristes, qui n'a aucun sens sur le plan stratégique pour Assad, mais sert largement les intérêts de la coalition américaine sur place (voir notre article à ce sujet), Trump s'est donné 48h pour annoncer sa décision. Elle doit donc tomber aujourd'hui.
 
En attendant la présence militaire américaine se renforce dans la zone:
The USS Harry S. Truman Carrier Strike Group will depart Naval Station Norfolk, Va., Wednesday for a deployment to the Middle East and Europe.
 
The aircraft carrier will be accompanied by the guided-missile cruiser USS Normandy and the guided-missile destroyers USS Arleigh Burke, USS Bulkeley, USS Forrest Sherman and USS Farragut. The destroyers USS Jason Dunham and USS The Sullivans will join the strike group later, a Navy statement said.
 
The strike group, carrying 6,500 sailors and Carrier Air Wing One, will cruise alongside the German frigate FGS Hessenduring the first half of the deployment. The German ship conducted a brief mission with the Harry S. Truman in 2010, the Navy said.
Le destroyer Donald Cook, avec ses missiles de croisière Tomahawk, est déjà aujourd'hui à moins de 100 km de la base russe de Tartous en Syrie. Et l'USS Porter le rejoindra bientôt, au large des côtes syriennes.
 
Le véritable danger est présenté par le destroyer Cook, qui peut être opérationnel rapidement. Sera-t-il ou non utilisé? L'USS Porter ne sera pas sur les lieux avant une semaine, quant aux autres il leur faudra un bon mois. Cela signifie-t-il qu'il ne s'agit que d'une opération de comm, une de plus, ou est-ce le signe de la préparation d'un conflit sur le long terme?
 
L'autre question restant de savoir quelles cibles viser. Il a déjà été clairement affirmé que les frappes ne doivent pas être ciblées comme la dernière fois sur un seul objet, mais doivent viser plusieurs cibles et s'étendre sur plusieurs jours:
Administration officials said they expected any new strike to be more expansive than last year’s, but the question was how much more. Possible options included hitting more than a single target and extending strikes beyond a single day.
Il pourrait s'agir des infrastructures syriennes, des bases militaires, peut-être aussi pour aider les kurdes. Autrement dit, des frappes répétées et étendues dans le temps et contre des bâtiments publics et des infrastructures, ça s'appelle une guerre. Mais justement, ici, à la différence de l'Irak, des difficultés existent en raison de la présence russe et de l'implication de l'Iran:
The president's new national security adviser, John Bolton, urged Trump to skip the trip, an official said. This reflects a view in the White House that deeper Russian and Iranian involvement in Syria have complicated calculations about a response to any U.S. military attack, according to the official, who spoke on condition of anonymity to discuss internal deliberations. Moscow has cautioned the U.S. not to launch a military attack. 
La Russie a en effet "conseillé" aux Etats-Unis de ne pas lancer de frappes en Syrie, sous peine non seulement de détruire les missiles avec les systèmes de protection S300 qui sont en place, mais aussi de détruire les "porteurs" de ces missiles.

Finalement, toute l'escalade militaire va tenir en cette question: la Russie répondrait-elle vraiment en coulant un navire américain ou en descendant un avion militaire en cas d'attaque de la coalition?
 
Car si Trump a besoin de faire diversion et de montrer patte blanche pour les élections de mi-mandat, il ne peut se permettre la mort de soldats américains. Seule la certitude de la réponse de la Russie peut empêcher un nouvel Irak. Rappelons que la présence au sol de la Russie en Syrie est très étendue, à la fois militaire avec les deux bases qu'elle possède, mais aussi avec la police militaire qui accompagne l'armée syrienne, les conseillers qui se trouvent notamment à Damas, etc. Des frappes américaines en principe mettent directement en jeu les intérêts russes. Ce qui fait quand même peur aux alliés potentiels de la coalition américaine, les opinions étant largement partagées. 
 

Bloomberg business : Les contremeusures de la Chine face à celles de Trump enflamment le marché mondial

Bloomberg business : Les contremeusures de la Chine face à celles de Trump enflamment le marché mondial

 

09 Avril 2018
Cela ne serait pas étonnant que trump se détourne vers le MOyen orient, tant sa première passe d’arme avec la Chine est un fiasco financier, il s’est d’ailleurs montré convaincu ce dimanche qu’un accord allait être trouvé avec la Chine pour éviter la guerre commerciale et au même moment lui et Macron, soutenus par une hypothèqtique « opinion internationale unanime »(sic) inventent une guerre en Syrie… 
 
(note et traduction de Danielle Bleitrach)


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Bloomberg Nouvelles

 Mis à jour le 
 
  • Pékin répond aux tarifs américains visant à récupérer les pertes de propriété intellectuelle
  • Le président américain dit sur Twitter qu’il n’y a pas de guerre commerciale
Emma O’Brien de Bloomberg rapporte de Beijing sur la réponse de la Chine aux tarifs américains.
 

Des menaces tarifaires de la part des Etats-Unis et de la Chine ont fait flamber les craintes qu’une guerre commerciale commence entre les deux plus grandes économies du monde , en faisant chuter les contrats à terme sur actions américaines et en coulant les actions européennes et asiatiques.  Le président Donald Trump a déclaré qu’il n’y aurait pas une escalade avec la superpuissance asiatique, en disant sur Twitter  « nous ne sommes pas dans une guerre commerciale avec la Chine, vu que la guerre a été perdue il ya plusieurs années par les gens stupides ou incompétents qui représentaient les Etats-Unis ».  

 

Donald J. Trump @realDonaldTrump  We are not in a trade war with China, that war was lost many years ago by the foolish, or incompetent, people who represented the U.S. Now we have a Trade Deficit of $500 Billion a year, with Intellectual Property Theft of another $300 Billion. We cannot let this continue!1:22 PM – Apr 4, 2018 

 

Twitter Ads info and privacy La Chine a annoncé mercredi qu’elle opérerait un prélèvement additionnel de 25% sur environ 50 milliards de dollars d’ importations américaines, y compris le soja, les automobiles, les produits chimiques et les avions.  Cette étape augmente le risque d’une guerre commerciale entre les deux plus grandes nations commerçantes du monde, avec la dernière offensive de l’administration Trump basée sur de prétendues violations de la propriété intellectuelle en Chine. Alors que le différend porte sur un déséquilibre commercial de 375 milliards de dollars en faveur de la Chine, les États-Unis ciblent désormais des secteurs de haute technologie que Pékin considère comme l’avenir de son économie, suscitant une réaction de colère. « La réponse de la Chine a été plus sévère que ce que le marché attendait – les investisseurs n’ont pas prévu que le pays imposerait des droits supplémentaires sur des produits sensibles et importants tels que le soja et les avions », a déclaré Gao Qi, stratège basé à Singapour. « Les investisseurs pensent qu’une guerre commerciale nuira à la fois aux deux pays et à leurs économies ».

Pour en savoir plus sur le différend tarifaire entre les États-Unis et la Chine

Les tarifs prévus en Chine: En savoir plus sur l’impact potentiel sur Boeing Quel 25%  droits de douane sur le soja  signifie pour les producteurs américains américains tarifs prévus : En savoir plus sur pourquoi Trump  vise la technologie de la Chine  sur  la façon dont le producteur américain pourrait subir un lien vers la liste complète de l’USTR

Les contrats à terme sur le Dow Jones Industrial Average ont chuté de près de 2,5% à 11h56 à Londres alors que les premiers échanges sur le S & P 500 ont chuté de près de 2%. L’indice MSCI Asia Pacific a chuté de 0,6% au plus bas en près de huit semaines.Les objectifs proposés par Pékin touchent au cœur des relations commerciales entre les deux pays et à certains des biens les plus sensibles sur le plan politique dans les circonscriptions de Trump. Par exemple, la Chine est le plus gros importateur de soja au monde et le plus gros acheteur de soja des États-Unis dans le commerce d’une valeur d’environ 14 milliards de dollars l’année dernière.Les deux parties ont calibré leurs actions actuelles autour du chiffre de 50 milliards de dollars d’importations – l’estimation américaine des dommages annuels à l’économie nationale causés par les violations de propriété intellectuelle de la Chine. Ce chiffre représente environ un tiers des importations chinoises en provenance des États-Unis l’an dernier, contre moins d’un dixième des exportations chinoises vers les États-Unis, selon les données du Fonds monétaire international.La date de mise en œuvre des tarifs de représailles de la Chine dépend des résultats des négociations bilatérales et des décisions américaines, a déclaré le vice-ministre des Finances, Zhu Guangyao, à l’issue d’une conférence de presse à Beijing. « Maintenant, les deux parties ont mis en place leurs listes. Nous croyons que les deux pays ont la capacité et la sagesse de résoudre le problème « , a déclaré M. Zhu.La liste américaine des charges prévues sur plus de 1 300 catégories de produits portait sur les exportations chinoises de machines industrielles et de technologies. L’envoyé de la Chine auprès de l’Organisation mondiale du commerce, Zhang Xiangchen, l’a qualifié de « violation flagrante et intentionnelle des principes fondamentaux de non-discrimination et de droits de douane consolidés de l’OMC ».Des industries telles que l’aérospatiale, les technologies de l’information et de la communication, la robotique et les machines figuraient parmi celles ciblées par le représentant américain du commerce mardi. L’agence a déclaré qu’elle a choisi des produits pour minimiser l’impact sur l’économie américaine et les consommateurs.En plus des technologies de pointe telles que les satellites de communication, la liste américaine comprend des articles allant de divers types d’acier aux composants de télévision, aux appareils médicaux, aux lave-vaisselle, aux souffleuses à neige et même aux lance-flammes.

 

Tarification factice

Les catégories de technologie industrielle dominent la liste prévue par l’USTR de 1 333 numéros tarifaires Source: Bloomberg, Bureau du représentant américain au commerceNote: Les catégories HTS excluent certains produits énumérés dans les descriptions complètes des chapitres sur le site Web de la US International Trade Commission

 

« La liste américaine suggère que le gouvernement cible l’initiative » Made in China 2025 « , tandis que les représailles de la Chine visent à ramener les Américains à la table des négociations », a déclaré Zhou Hao, économiste chez Commerzbank AG à Singapour.

David Lipton du FMI déclare que les Etats-Unis ne sont pas seuls préoccupés par les pratiques commerciales de la Chine   
David Lipton du Fonds monétaire international discute des tensions commerciales mondiales et de la volatilité des marchés.(Source: Bloomberg)

Ce que disent nos économistes …

« La proposition américaine sur les tarifs vise à atteindre les ambitions industrielles de la Chine sans nuire aux consommateurs américains », a déclaré Tom Orlik, économiste en chef pour l’Asie chez Bloomberg Economics à Beijing. « Sur les deux objectifs, il sera probablement court. En résumé, nous pensons que l’impact macro sera limité et que les objectifs stratégiques seront difficiles à atteindre. « 

 

La publication de la liste par le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, débouche sur une période d’environ 60 jours où le public peut fournir des commentaires et le gouvernement tient des audiences sur les tarifs. Les tarifs de 25 pour cent s’ajoutent aux prélèvements existants.Le plan Made in China 2025 de la Chine a été annoncé en 2015 et a mis en évidence 10 secteurs d’aide sur le chemin de la Chine pour devenir une puissance de fabrication avancée, de la technologie de l’information à la robotique et à l’aérospatiale. La Chine a également une stratégie de développement distincte pour l’intelligence artificielle, publiée l’année dernière.« Les mesures tarifaires actuelles des deux parties sont très peu susceptibles d’être mises en œuvre », a déclaré Ren Qing, un partenaire de Global Law à Beijing qui a conseillé le gouvernement chinois sur sa réponse à l’enquête sur la propriété intellectuelle. « Les gens des industries américaines peuvent exercer une pression sur le gouvernement américain et influencer la mise en œuvre finale de la politique. »– Avec l’aide de Miao Han, de Kevin Hamlin, d’Eric Martin, de Katia Dmitrieva, de Henry Hoenig, de Tian Chen, de Xiaoqing Pi, de Bryce Baschuk, d’Andrew Mayeda, de Keith Zhai et de Matt Turner

 

Trump invite Poutine à une rencontre bilatérale à Washington: vers une sortie de crise?

mardi 3 avril 2018

Trump invite Poutine à une rencontre bilatérale à Washington : vers une sortie de crise ?

Le 20 mars, le président américain D. Trump téléphone à son homologue russe V. Poutine pour le féliciter de sa réélection, contrairement aux instructions reçues de son Administration. A cette occasion, il l'invite pour une rencontre en tête à tête à Washington. Certes, c'était avant. Avant Skripal. Mais la Maison-Blanche vient de confirmer l'invitation. Comment expliquer cette démarche en pleine hystérie internationale? A ce rythme-là, Boris Johnson aura beaucoup de temps pour jouer au laser.
 
L'objet de toutes les suppositions
 
Les félicitations de D. Trump avaient déjà fait couler beaucoup d'encre. Comment peut-on féliciter, contre l'avis de son Administration, V. Poutine? C'est reconnaître que les élections présidentielles russes ont bien eu lieu. Elles ont eu lieu et Trump a félicité. Puis le miraculeux empoisonnement de Skripal, l'ancien espion russe retourné par le MI6, jugé à Moscou et échangé sur demande britannique contre des espions russes, a été victime d'un attentat en plein Londres. Avant que les enquêteurs ne savent de quoi il ressort, la Grande-Bretagne relance le conflit et monte un front anti-russe.
 
Comme nous l'avions écrit ici, il semblerait que ce front serve en fait les intérêts américains, ceux du clan globaliste. L'enjeu premier est de reprendre la main afin de permettre la domination américaine. Les dernières nominations faites par Trump vont dans ce sens. Mais la question reste de savoir s'il s'agit d'une voie absolutiste (sans partage possible) ou si le réalisme et la fermeté de la position russe conduisent à une voie relativiste (et dans ce cas cette opération pour les Etats-Unis sert à faire monter les enchères). A moins, ce qui serait plus grave, que le conflit entre Trump et l'Establishment ne soit irréductible et l'on assisterait à une sorte de répartition des rôles entre le "méchant" et le "gentil".
 
Des éléments d'interprétation
 
Hier, de nouveaux éléments ont été rendus publics. Tout d'abord, le conseiller du président russe, Yuri Ushakov, a révélé l'invitation lancée par Donald Trump à Vladimir Poutine lors de leur entretien téléphonique du 20 mars, dont la préparation continue malgré le scandale de Skripal.
 
Ensuite, il y a eu les déclarations de la Maison-Blanche confirmant l'invitation:
The White House confirmed the invitation but played down its significance. “As the president himself confirmed on March 20, hours after his last call with President Putin, the two had discussed a bilateral meeting in the ‘not-too-distant future’ at a number of potential venues, including the White House,” said Sarah Huckabee Sanders, the press secretary.
Puis, les Etats-Unis insistent sur le fait qu'ils n'ont pas expulsé les diplomates russes pour réduire le volume de la représentation diplomatique russe, ceux-ci pourront être remplacés, ce qui provoque la colère des milieux radicaux, dont fait partie l'ancien ambassadeur US à Moscou, McFaul, tant apprécié de l'opposition de rue pour le soutien inconditionnel qu'il lui apportait: 

Les anciens conseillers d'Obama soutiennent cette ligne dure et critiquent le pragmatisme de Trump, qu'ils considèrent comme une erreur diplomatique ouvrant une brèche dans le "front Skripal" officiellement ouvert par la Grande-Bretagne. Ce qui met effectivement la Grande-Bretagne en difficulté ...
 
Retour vers une vision plus pragmatique des relations internationales?
 
Par ces différentes déclarations, les Etats-Unis reviennent-ils vers plus de réalisme? La question se pose en effet. Ici différents scénarios sont envisageables.
 
1/ L'Establishment et Trump se répartissent les rôles entre le méchant et le gentil, les uns tenant un discours dure, radicale contre la Russie, laissant ensuite Trump amadouer avec une attitude plus conciliante. Même s'il faut faire attention au degré de conciliation, lorsque l'on voit le caractère des dernières personnalités nommées, prônant une version extrême de la suprématie américaine.
 
Dans quelle mesure cette répartition est-elle volontaire ou involontaire, de cela dépendra les scénarios suivants.
 
2/ Si la répartition des rôles est voule, cette mise en scène est un moyen de faire monter les enchères. Et comme un conflit armé réel n'est pas voulu, le temps est venu de voir où en sont les enjeux, d'où l'invitation de Poutine à Washington.
 
3/ Si la répartition des rôles n'est pas volontaire, ces déclarations sont le reflet d'une fracture dans le Front Skripal, dans le "monde libre". D'un côté le clan globaliste auquel n'appartient pas Trump, soutient la Grande-Bretagne qui instrumentalise l'affaire Skripal pour mettre la Russie dans les rangs politiques de la globalisation. Il faut dire que la Russie est économiquement un bon élève, elle fait partie de toutes les plateformes internationales. Le problème est politique et idéologique. Politiquement, elle ne reconnaît pas la domination politique anglo-saxonne et idéologiquement elle résiste encore un peu à la terreur de la tolérance, même si les séries télévisées montrent de plus en plus les couples homosexuels de manière totalement ouverte. 
 
Trump s'opposerait alors à l'Establishment et la politique pro-globaliste sur le plan économique de la Russie en fait-elle réellement un allié pour Trump? Ca se discute.
 
La mondialisation a ses limites. L'image des Migrants Welcome s'est heurtée à la montée des chiffres de la criminalité, la dérégulation aux revendications sociales, le culte LGBT à la vie courante d'une population non-bobo qui a autre chose à faire.
 
Dans ce contexte, le sabre lumineux de Boris Johnson risque de trancher dans le vide et la Grande-Bretagne peut finir par être le dindon de la farce. Il faut dire que dans tous les cas, sa position est particulièrement instable. La Russie a adressé une liste de 13 questionsà l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques en vue de la réunion extraordinaire qu'elle a demandée. Elle avait  également adressé le 31 mars 14 questions à Londres et 10 à Paris, puisque la France fournit une "assistance technique", pour savoir, en substance, ce que font ces enquêteurs. Avec un drôle de gaz qui aurait été mis dans du "porridge russe", militaire mais qui fait pas de victimes (la fille se réveille et le policier est en pleine forme). Cela ressemble à une mauvaise série télé.
 
D'une manière générale, dans quelle mesure Trump va être maître du jeu à l'intérieur du pays et aura-t-il la volonté et la possibilité de normaliser les relations russo-américaines? Ou bien ne s'agit-il que d'une escalade, d'une montée progressive en puissance, d'une lutte de clans dont le poids réciproque est variable ? A suivre.
 

Quand la CIA s’intéressait de près à Foucault, Derrida et Althusser

Quand la CIA s’intéressait de près à Foucault, Derrida et Althusser

 

25 Mars 2018

En 1985, les espions américains se félicitaient de la décomposition de la gauche intellectuelle française. Et passaient complètement à côté de la popularité croissante de ces mêmes philosophes dans leur pays.
Par VIOLAINE MORIN
Jacques Derrida, en 1982. JOËL ROBINE/AFP
Les espions lisent de la philosophie. Ce n’est d’ailleurs pas un secret, pendant la guerre froide, la CIA a mené une « guerre culturelle » en surveillant la vie intellectuelle et en finançant des projets culturels. Un rapport de recherche, déclassifié en 2011, vient apporter un éclairage étonnant sur ces pratiques.Ce document, livré en 1985 par les agents américains basés à Paris, montre un certain intérêt pour les grandes figures du structuralisme, qu’on appellerait bientôt, outre-Atlantique, la « French theory ». Comme le résume Gabriel Rockhill, philosophe franco-américain qui a étudié le rapport pour la Los Angeles Review of Books, « la CIA a consacré des moyens importants à l’étude, par un groupe d’agents secrets, du corpus théorique considéré par certains comme le plus abscons et le plus alambiqué jamais produit ».
Le titre du document est « France : Defection of the Leftist Intellectuals »(France : la défection des intellectuels de gauche). Il cherche à démontrer la perte d’influence de ce milieu en France, après les décennies d’après-guerre dominées par une forte alliance entre le milieu universitaire et les partis de gauche. Ce mouvement, incarné dans les années 1970 par Michel Foucault, Roland Barthes, Jacques Lacan et Louis Althusser, « a fini par repenser et rejeter la tradition marxiste », affirme le rapport.Constatant un basculement vers la droite du champ intellectuel français, auquel les auteurs de la gauche intellectuelle auraient eux-mêmes contribué, la CIA semble applaudir, à l’inverse, l’arrivée des « nouveaux philosophes » antimarxistes, comme Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann, qui feront triompher dans les années 1980 leur « humanisme antitotalitaire ».Les espions américains tentent de rassurer leur hiérarchie sur le possible impact politique de ces jeunes philosophes, sans masquer leur mépris :
« Les nouveaux philosophes compensent l’obscurité de leurs écrits en se transformant eux-mêmes en figures médiatiques excitantes, défendant leur point de vue dans ces émissions longues et intellectualisées, à la télévision ou à la radio, que les Français adorent. Leur influence a d’abord été négative, cependant, car ils avaient peu à offrir en termes de suggestions pratiques pour un nouveau programme politique. »
Pendant ce temps, en Amérique
 
Si l’on omet le caractère singulier de ce document, qui laisse imaginer des espions peinant sur les textes notoirement difficiles de Lacan et Althusser, la CIA conclut en substance qu’il n’y a plus rien à craindre. L’antimarxisme a gagné. Mais alors pourquoi se donner tant de mal ? Toute l’ironie de l’histoire réside dans le fait que ce rapport arrive à contretemps.En 1985, Michel Foucault, Roland Barthes ou Jacques Lacan, en perte de vitesse en France, rencontrent un succès grandissant sur les campus américains. Leurs textes, constitués en un corpus baptisé « French Theory », entrent d’abord dans les départements littéraires de la côte est, avant d’essaimer dans la création des cultural studies. Dans les universités américaines apparaissent des départements de black studies, women’s studies, post-colonial studies.La France n’a plus rien à craindre des intellectuels de gauche, c’est l’Amérique conservatrice de Ronald Reagan qui commence à s’inquiéter. François Cusset, professeur d’études américaines à l’université de Paris-Ouest-Nanterre, chercheur en histoire intellectuelle et politique, résume ainsi cette situation paradoxale :
« Au moment où ce rapport est rédigé, on est à quelques années seulement de la levée de bouclier des intellectuels conservateurs américains qui se plaindront, au début des années 1990, que l’on apprenne le nihilisme français à leurs enfants sur les campus. »
Les successeurs des espions de Sartre

 
Par VIOLAINE MORIN
 

Le Ku Klux Klan refait surface

Le Ku Klux Klan refait surface

 
16 Mars 2018

Par Associated Press

30 juin 2016 |13h27

S’agit-il de fantômes minoritaires venus d’autres temps qui continuent leur folklore ou profitent-ils de l’ère trump dont le père en était membre? Ce qui est sur est qu’il y a aux Etats-Unis les conditions d’une lente renaissance 
 
(note et traduction de danielle Bleitrach)

BIRMINGHAM, Ala. – Né dans les cendres du Sud couvant après la guerre civile, le Ku Klux Klan est mort et a tenté de renaître avant de perdre la lutte contre les droits civils dans les années 1960. L’adhésion a diminué, le groupe unifié s’est fracturé, et quelques individualités isolées  sont allés en prison pour une série d’attaques meurtrières contre des Noirs. Beaucoup ont supposé que le groupe était mort, il n’était plus qu’un fantôme de haine et de violence vêtu de blanc.

 

Pourtant, aujourd’hui, le KKK est toujours vivant et rêve de redevenir ce qu’il était autrefois: un empire invisible répandant ses tentacules dans la société. Comme il célèbre ses 150 ans d’existence, le Klan tente de se remodeler pour affronter une nouvelle ère.

 

Les membres du Klan se rassemblent encore par dizaines sous le ciel étoilé du Sud pour mettre le feu aux croix en pleine nuit, et les tracts du KKK sont apparus dans les quartiers suburbains du Grand Sud au Nord-Est ces derniers mois. Peut-être le plus indésirable pour les opposants, certaines organisations indépendantes du  Klan disent que celles-ci fusionnent avec des groupes plus importants pour se renforcer.

 

« Nous allons travailler sur un Klan unifié et / ou une alliance cet été », a déclaré Brent Waller, sorcier impérial des United Dixie White Knights au Mississippi.

 

Dans une série d’entrevues avec l’Associated Press, les dirigeants de Klan ont déclaré qu’ils avaient l’impression que la politique américaine suivait son cours, alors qu’une mentalité nationaliste, , s’approfondissait à travers le pays. Arrêter ou limiter l’immigration – un désir du Klan remontant aux années 1920 – est plus que jamais d’actualité. Et les dirigeants disent que l’adhésion a augmenté à la fin  du second mandat du président Barack Obama, même s’ils fournissent peu de chiffres.

 

Rejoindre le Klan est aussi facile que de remplir un formulaire en ligne – à condition d’être blanc et chrétien. Les membres peuvent visiter une boutique en ligne pour acheter l’une des robes en coton blanc de marque Klan pour 145 $, bien qu’il existe d’autres   » folies » comme  la version à 165 $ en satin.

 

Alors que le Klan a terrorisé les minorités pendant une grande partie du siècle dernier, ses dirigeants présentent désormais un front public plus virulent que violent. Les dirigeants de plusieurs groupes Klan ont tous dit qu’ils ont des règles contre la violence, et même les opposants s’accordent à dire que le KKK s’est calmé après qu’une série de membres soient allés en prison après des attentats meurtriers, des passages à tabac, des attentats à la bombe et fusillades.

 

« Alors que le Klan d’aujourd’hui est toujours impliqué dans des atrocités, il n’est pas aussi violent que le Klan des années 60 », a déclaré Mark Potok du Southern Poverty Law Center, un groupe de juristes qui suit l’activité de groupes extrémistes. « Cela ne veut pas dire que ce soit un groupe bénin qui ne s’engage pas dans la violence politique », a-t-il ajouté.

 

L’historien David Cunningham, auteur de « Klansville, Etats-Unis: La montée et la chute de l’ère des droits civiques Ku Klux Klan », note que si le Klan ne préconise pas ouvertement la violence, « je pense que nous avons le genre de «Modèle de violence, qui crée une culture qui soutient l’emploi  de la violence au nom de ces idées. »

Des membres du Ku Klux Klan participent à des tirs croisés et à des croix gammées après un rassemblement de « fierté blanche » le 23 avril 2016.AP

Les dirigeants du Klan ont déclaré à l’AP que la plupart des groupes actuels restent petits et indépendants, séparés par des désaccords sur des questions telles que l’association avec les néo-nazis, les rassemblements publics ou les robes de marque du KKK dans des couleurs autres que blanches.

 

Les groupes Klan soi-disant «traditionnels» évitent les expositions publiques et pratiquent des rituels datant d’un siècle; d’autres publient des vidéos Web consacrées à la prédication contre la diversité raciale et à l’avertissement d’un «génocide blanc» à venir. Les femmes votent dans certains groupes, mais pas dans d’autres. Certains dirigeants ne parleront pas ouvertement avec les médias, mais d’autres le feront, en exposant  des plans ambitieux qui incluent l’infiltration  discrète de la puissance politique.

 

Certains groupes organisent des congrès annuels, tout comme les clubs civiques. Les membres se réunissent dans des salles de réunion pour discuter de stratégies qui comprennent l’élection des membres du Klan dans les bureaux politiques locaux et le recrutement de sang neuf sur Internet.

 

Il est impossible de dire combien de membres le Klan compte aujourd’hui, puisque les groupes ne révèlent pas cette information, mais les dirigeants revendiquent des adhérents par milliers parmi des dizaines de groupes locaux appelés Klaverns. Waller a déclaré que son groupe grandissait, tout comme Chris Barker, le magicien impérial des Loyal White Knights du Ku Klux Klan à Eden, en Caroline du Nord.

 

«La plupart des groupes de Klan à qui je parle pourraient tenir une réunion dans la salle de bain de McDonald’s», a déclaré Barker. En ce qui concerne son Klavern, il a dit: «En ce moment, j’en  suis à près de 3 800 membres dans mon groupe seul.

 

L’Anti-Defamation League, le groupe de protection juif qui surveille l’activité de Klan, décrit les Loyal White Knights de Barker comme le groupe Klan le plus actif aujourd’hui, mais estime qu’il ne compte pas plus de 200 membres au total. L’ADL place le nombre total de membres de Klan à l’échelle nationale autour de 3.000.

 

Le SPLC basé dans l’Alabama dit qu’il n’y a aucune preuve que le Klan aille vers le retour  à son apogée. Il estime que le Klan a environ 190 chapitres à l’échelle nationale avec pas plus de 6.000 membres au total, ce qui serait une simple ombre de ses estimations de 2 millions à 5 millions de membres dans les années 1920.

 

« L’idée d’unifier le Klan comme dans les années 20 est un rêve persistant du Klan, mais cela n’arrivera pas », a déclaré Potok.

 

Formé quelques mois après la fin de la guerre civile par six anciens officiers confédérés à Pulaski, Tennessee, le Klan semblait à l’origine plus comme une fraternité universitaire avec des robes de cérémonie et des titres étranges pour ses officiers. Mais bientôt, les noirs libérés de l’esclavage furent  terrorisés, et le Klan était responsable. Des centaines de personnes ont été agressées ou tuées en l’espace de quelques années alors que les Blancs essayaient de reprendre le contrôle de la Confédération vaincue. Le Congrès a effectivement interdit le Klan en 1871, menant à la loi martiale dans certains endroits et des milliers d’arrestations, et le groupe est mort.

 

Le Klan semblait relégué à l’histoire jusqu’à la Première Guerre mondiale, quand il a été ressuscité. Il a grandi à mesure que des vagues d’immigrants arrivaient à bord de navires en provenance d’Europe et d’ailleurs, et a augmenté au fur et à mesure que la NAACP contestait les lois de Jim Crow dans le Sud dans les années 1920. Des millions de personnes se sont jointes, y compris des dirigeants  comme des banquiers et des avocats.

 

Cette dynamique a décliné, et les meilleures estimations placent le nombre de membres du Klan à environ 40 000 au milieu des années 1960, soit le sommet du mouvement des droits civiques. Des membres du Klan ont été reconnus coupables d’avoir utilisé le meurtre comme arme contre l’égalité dans des États comme le Mississippi et l’Alabama, où un Klansman reste emprisonné pour avoir mis la bombe qui a tué quatre filles noires dans une église de Birmingham en 1963.

 

Cunningham, l’historien, a déclaré que le Klan a presque disparu pendant les années 1970 et 1980, lorsque le SPLC a poursuivi l’United States Al-Amana contre l’assassinat en 1981 de Michael Donald, un homme noir dont le corps a été pendu. un arbre. Dans une tournure étrange, la mère de Donald s’est retrouvée avec le titre au siège du Klan près de Tuscaloosa, en Alabama, parce que le groupe n’avait pas l’argent pour payer le jugement de 7 millions de dollars accordé dans le procès du SPLC.

Des membres du Ku Klux Klan, vêtus de cagoules et de robes blanches, observent une croix brûlée à Tampa, en Floride, en 1939.AP

Le leader du KKK, Brent Waller, a grandi à Laurel, dans le Mississippi, à l’ombre de l’homme des droits civils Klan. Il a des souvenirs d’enfance de croix flamboyantes et de Sam Bowers, un patron de Klan qui a purgé six ans de prison pour avoir dirigé les meurtres de trois travailleurs des droits civiques en 1964 et qui a été reconnu coupable d’avoir assassiné un dirigeant des droits civiques en 1966.

 

Plutôt qu’une robe blanche, Waller, âgé de 47 ans, porte un costume blanc comme neige et une cravate orange lorsqu’il est en public dans les affaires Klan et insiste pour mettre des lunettes de soleil sur les photos afin de protéger son identité.

 

Arrêter l’immigration, ne pas bloquer les droits des minorités, est l’objectif numéro 1 du Klan aujourd’hui, a déclaré Waller. Son groupe fonctionne selon le livre de règles KKK appelé « Kloran », qui a été publié pour la première fois en 1915. Différentes versions du livre sont maintenant en ligne, et une édition publiée par les états de bibliothèque de l’Université du Wisconsin: « Nous serons toujours le soutien fidèle de la Suprématie Blanche et nous nous opposeriont  énergiquement à tout compromis en toute chose.  »

 

La question brûlante actuelle pour les membres du Klan – la lutte contre l’immigration et la fermeture des frontières américaines – est l’un des sujets les plus discutés à l’élection présidentielle. Les dirigeants de Klan affirment que la position de Donald Trump en matière d’immigration et son ascension au GOP sont des signes que les choses vont ldans leur sens.

 

« Vous savez, nous avons commencé il y a 40 ans en disant que nous devions construire un mur », a déclaré Thomas Robb, leader du Klan basé en Arkansas.

 

Il y a des années, le groupe Robb dirige près de Harrison, Arkansas, a changé son nom des Chevaliers du Ku Klux Klan aux Knights Party USA, principalement pour échapper à la stigmatisation associée au nom Klan. Il se présente maintenant comme une entité politique ou chrétienne.

 

« Il ya beaucoup de préjugés  avec le nom », a déclaré Rachel Pendergraft, la fille de Robb, qui dirige le groupe avec lui. « Vous dites que le nom » KKK « et beaucoup de gens ont un récit dans leur esprit sur ce dont il s’agit, ce qu’il fait. Le nom résonne avec les gens, que ce soit en bien ou en mal  .  »

 

Bien qu’il ait tenté de se repositionner de multiples façons, 150 ans plus tard, le Klan n’a pas abandonné les croix enflamméess, bien qu’il le fasse rarement en public. Au lieu de cela, les «éclairages», comme les membres les appellent, sont érigées sur des propriétés privées loin des forces de l’ordre et des manifestants.

 

En avril, les membres du Klan et d’autres suprématistes blancs ont organisé deux rassemblements le même samedi en Géorgie. Au coucher du soleil, environ 60 membres du Klan en robe et d’autres tenant des torches enflammées se sont rassemblés dans un grand cercle dans un champ du nord-ouest de la Géorgie pour y placer une croix et une croix gammée nazie.

 

« Puissance blanche! » Scandaient-ils à l’unisson.

 

« Mort aux impies! Mort à nos ennemis!  »

Gina Haspel, nommée par Trump comme première femme à diriger la CIA, a un passé controversé

Gina Haspel, nommée par Trump comme première femme à diriger la CIA, a un passé controversé

 

 

14 Mars 2018

  • J’espère qu’il ne se trouvera pas de féministe pour s’enthousiasmer pour la promotion de cette femme à la direction de la CIA, ni quelque autre égarée pour proclamer que grâce à l’humanisme féminin bien connu, nous allons enfin avoir avec cette présence féminine une transformation des moeurs de la CIA. Parce que cette dame a rempli avec enthousiasme une participation directe à la torture… mais que l’on ne se fasse pas d’illusion, avec ou sans programme de torture officielle, la CIA a été et reste la plus grande saloperie qui se puisse imaginer… demandez aux Chiliens, à toute l’Amérique latine, aux centres de tortures sous traités au Moyen Orient  et même en Europe? Simplement là nous avons le personnage adéquat.
  • (note et traduction de danielle Bleitrach)
 , États-Unis AUJOURD’HUIPublié à 10h26 HE 13 mars 2018 | Mis à jour 18h06 ET 13 mars 2018
 
 

Gina Haspel est une carrière de fonctionnaire de la CIA et serait la première femme à diriger l’agence. Mais son implication dans l’exploitation des «sites noirs» de la CIA sous l’administration Bush est controversée.

 

Gina Haspel, candidate du président Trump à devenir la première femme à diriger la Central Intelligence Agency, a fait sa carrière dans une action secrète, mais son implication dans des interrogatoires controversés a déjà provoqué l’opposition du Sénat à sa confirmation.

 

Haspel, qui a rejoint la CIA en 1985, a remporté des prix de haut niveau au cours de sa carrière. Elle a été assermentée au début de l’année dernière en tant que directrice adjointe et aide à gérer la collecte de renseignements, l’analyse, l’action secrète et la contre-espionnage.

 

Trump a annoncé mardi qu’il retirait le secrétaire d’Etat Rex Tillerson et le remplaçait par le directeur de la CIA, Mike Pompeo . Le Sénat doit voter sur la confirmation de Haspel pour succéder à Pompeo.

 

Le sénateur Richard Burr, RN.C., président du Comité du renseignement, a déclaré qu’il allait déménager pour confirmer rapidement Haspel. « Elle possède les compétences, l’expérience et le jugement nécessaires pour diriger l’une des agences les plus importantes de notre pays », a-t-il déclaré.

 

Le passé de Haspel dans l’agence a suscité l’opposition à une promotion potentielle. Peu de temps après être devenue directrice adjointe, les sénateurs ont soulevé des questions au sujet de la rédaction par Haspel d’un câble appelant à la destruction des interrogatoires enregistrés par la CIA en 2002 dans une prison secrète en Thaïlande.

 

Christopher Anders, directeur adjoint du bureau législatif de l’American Civil Liberties Union à Washington, a qualifié Haspel de « personnage central dans l’un des chapitres les plus illégaux et honteux de l’histoire américaine moderne ».

 

« Elle a été directement impliquée dans la torture, à la fois en dirigeant une prison de torture secrète en Thaïlande et en exécutant un ordre pour dissimuler les crimes de torture en détruisant des cassettes vidéo », a déclaré Anders. « Un homme détenu à la prison secrète qu’elle dirigeait a été plongé dans l’eau 83 fois, claqué contre les murs, privé de sommeil et enfermé dans une boîte en forme de cercueil. Après avoir été promue au poste de commandement de la CIA, elle a travaillé pour détruire les preuves des crimes de torture commis à la prison qu’elle a dirigée» 

 

Plus sur les changements de personnel d’administration de Trump:

 

Trump a déclaré dans un communiqué que la nomination de Haspel serait « une étape historique ». Haspel et Pompeo « ont travaillé ensemble pendant plus d’un an et ont développé un grand respect mutuel », a-t-il dit.

 

 Haspel a déclaré qu’après 30 ans à la CIA, elle a été honorée de servir avec Pompeo au cours de la dernière année. « Si elle est confirmée, j’ai hâte de fournir au président Trump le soutien exceptionnel en matière de renseignement auquel il s’attendait », a-t-elle déclaré.
 

Le sénateur Tom Cotton, R-Ark., A appelé Haspel « un excellent choix » et uen « vraie professionnelle ».

 

John Brennan, un ancien directeur de la CIA, a déclaré à MSNBC que le programme d’interrogatoire «très controversé» auquel Haspel était lié avait été approuvé par le président George W. Bush et jugé légal par le ministère de la Justice.

 

« Gina Haspel a beaucoup d’intégrité », a déclaré Brennan. « Elle a essayé de remplir ses fonctions à la CIA au mieux de ses capacités, même lorsque l’on a demandé à la CIA de faire des choses très difficiles dans des moments très difficiles. »

 

Le sénateur John McCain, R-Ariz., Qui a été torturé pendant la guerre du Vietnam, a déclaré que le Sénat aurait besoin du même engagement de Haspel que Pompeo pour se conformer aux règles d’interrogatoire du Manuel de campagne de l’armée. Il a qualifié de « dangereusement erronée » la décision de prendre des prisonniers après les attaques terroristes du 11 septembre 2001 et a déclaré que les techniques étaient clairement interdites maintenant.

 

« La torture des détenus sous la garde des Etats-Unis au cours de la dernière décennie a été l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire américaine », a déclaré McCain. « Mme. Haspel doit expliquer la nature et l’étendue de sa participation au programme d’interrogation de la CIA durant le processus de confirmation. » 

 

Le sénateur Ron Wyden de l’Oregon, le plus haut démocrate du Comité du renseignement, a déclaré qu’il s’oppose à Haspel pour diriger la CIA. « Mme. Les antécédents de Haspel la rendent inapte à servir en tant que directrice de la CIA », a-t-il déclaré. « Si Mme Haspel cherche à servir aux plus hauts niveaux du renseignement américain, le gouvernement ne peut plus dissimuler les faits troublants de son passé. »

 

Le sénateur Tammy Duckworth, D-Ill., A voté contre la nomination de Pompeo et a dit, « Haspel a fait bien pire. »

 

« Non seulement elle a directement supervisé la torture des détenus, mais elle a également participé à la dissimulation en aidant à détruire les preuves vidéo », a déclaré Duckworth, vétéran de la guerre d’Irak et destinataire de Purple Heart. « Ses actions répréhensibles devraient la disqualifier d’avoir encore le privilège de servir le peuple américain dans le gouvernement. »

 

Le mois où Haspel est devenu directeur adjoint, Wyden et le sénateur Martin Heinrich, DN.M., ont soulevé des questions à propos de Haspel qui rédigeait le câble appelant à la destruction des interrogatoires enregistrés de la CIA. Ils attendent toujours des réponses. « Sa nomination doit inclure une transparence totale sur ce contexte, que j’ai appelé il y a plus d’un an quand elle a été nommée directrice adjointe », a déclaré Wyden.

 

L’année dernière, le Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits de l’homme a déposé une requête auprès des procureurs allemands, demandant un mandat d’arrêt contre Haspel.

 

« Ceux qui commettent, ordonnent ou autorisent la torture devraient être traduits devant un tribunal – ceci est particulièrement vrai pour les hauts fonctionnaires des nations puissantes », a déclaré Wolfgang Kaleck, le secrétaire général du groupe, en déposant les documents en juin 2017.  « en vertu du principe de compétence universelle, ouvrir des enquêtes, obtenir des preuves et demander un mandat d’arrêt. Si le directeur adjoint se rend en Allemagne ou en Europe, elle doit être arrêtée» 

 

Avant de devenir directeur adjoint, Haspel a servi outre-mer en tant que chef de gare dans plusieurs missions pour l’agence. À Washington, elle est devenue directrice adjointe du renseignement étranger et de l’action secrète et chef de cabinet du directeur du service clandestin.

 

MIT Technologie Review : Les entreprises de technologie devraient cesser de prétendre que l’IA ne détruira pas les emplois

MIT Technologie Review : Les entreprises de technologie devraient cesser de prétendre que l’IA ne détruira pas les emplois

 

14 Mars 2018

Kai-Fu Lee

Un point de  vue de Kai-Fu Lee

  • Peu importe ce que quelqu’un vous dit, nous ne sommes pas prêts pour les bouleversements sociaux massifs qui sont devant nous . Cet enseignant d’origine chinoise du MIT décrit une situation à laquelle rien ne nous prépare en affirmant que la Chine non seulement est en avance sur le programme mais est mieux à même de faire face à ses conséquences. Effectivement, le discours de la Chine sur la mondialisation et sur la révolution scientifique et technique qui est devant nous est incroyablement optimiste et ceci dans le cadre d’un retour au marxisme comme permettant de penser l’ébranlement des superstructures face à la transformation des forces productives en empêchant que les rapports de production capitalistes lui imposent l’exploitation et l’aliénation.
  • (note et traduction de Danielle Bleitrach)
     

J’ai emmené Uber à une conférence sur l’ intelligence artificielle au MIT un matin, et le chauffeur m’a demandé combien de temps il faudrait pour que les véhicules autonomes lui enlèvent son travail. Je lui ai dit que cela arriverait dans 15 à 20 ans. Il poussa un soupir de soulagement. « Eh bien, je serai à la retraite d’ici là », a-t-il dit.

 

Heureusement que nous n’étions pas en Chine. Si un conducteur l’avait demandé, j’aurais dû lui dire qu’il allait perdre son emploi dans environ 10 ans, peut-être 15 s’il avait de la chance.

 

Cela peut sembler surprenant, étant donné que les États-Unis sont, et ont été, en tête de la recherche sur l’IA. Mais la Chine rattrape son retard – si ce n’est déjà fait – et cette rivalité, avec une nation par rapport à  l’autre, garantit que l’IA arrive.

Cette histoire fait partie de notre numéro de mars / avril 2018

Voir le reste de la question 

La Chine aura au moins 50/50 de chances de gagner la course, et il y a plusieurs raisons à cela.

 

Premièrement, la Chine a une énorme armée de jeunes qui entrent dans l’IA. Au cours de la dernière décennie, le nombre de publications sur l’IA par des auteurs chinois a doublé. Les jeunes ingénieurs IA de Face ++, une start-up chinoise de reconnaissance faciale, ont récemment remporté la première place dans trois défis de vision par ordinateur devant des équipes de Google, Microsoft, Facebook et Carnegie Mellon University.

 

Deuxièmement, la Chine a plus de données que la US-way . Les données sont ce qui fait l’IA. Un très bon scientifique avec une tonne de données va battre un super scientifique avec une quantité modeste de données. La Chine a le plus grand nombre de téléphones mobiles et d’utilisateurs d’Internet dans le monde – le triple du nombre aux États-Unis. Mais l’écart est encore plus grand à cause de la façon dont les gens en Chine utilisent leurs appareils. Les gens là-bas ne portent pas d’argent. Ils paient toutes leurs factures de services publics avec leurs téléphones. Ils peuvent faire tous leurs achats sur leurs téléphones. Vous quittez le travail et ouvrez une application pour commander de la nourriture. Au moment où vous arrivez à la maison, la nourriture est là, chaude portée pat  une moto électrique. En Chine, les bicyclettes partagées génèrent 30 téraoctets de données de capteurs dans leurs 50 millions de trajets payants par jour , soit environ 300 fois les données générées aux États-Unis.

 

Troisièmement, les sociétés d’IA chinois ont passé la phase de copie. Il y a quinze ans, presque toutes les start-up décentes en Chine copiaient simplement la fonctionnalité, l’apparence et la convivialité des produits offerts aux États-Unis. Mais toute cette copie a appris aux entrepreneurs chinois désireux de devenir de bons gestionnaires de produits, et maintenant ils sont sur la prochaine étape: dépassant leurs homologues étrangers. Même aujourd’hui, Weibo est meilleur que Twitter. WeChat offre une meilleure expérience que Facebook Messenger.

Kai-Fu Lee
ANDY FRIEDMAN

Et quatrièmement, les politiques gouvernementales accélèrent l’IA en Chine. Le plan annoncé par le gouvernement chinois est de rattraper les États-Unis sur la technologie et les applications de l’IA d’ici 2020 et de devenir un centre d’innovation mondial d’ici 2030. Dans un discours prononcé en octobre, le président Xi Jinping a encouragé l’intégration de l’Internet. intelligence artificielle avec l’économie du monde réel. Et au cas où vous vous poseriez la question, ces choses ont tendance à ne pas être toutes des discussions en Chine, comme en témoignent ses politiques passées en faveur du train à grande vitesse et du mouvement d’entrepreneuriat de masse et d’innovation. En comparaison, les choses s’enlisent aux États-Unis. Considérez la façon dont la garantie de prêt du président Barack Obama au fabricant de panneaux solaires Solyndra a été dénoncé  en tant que capitalisme de copinage. Les camionneurs demandent maintenant au président Donald Trump et au Congrès d’arrêter les essais de camions autonomes.

 

L’émergence de la Chine en tant que superpuissance de l’IA n’est pas une grosse affaire pour la Chine. La concurrence entre les Etats-Unis et la Chine a déclenché des avancées intenses dans le domaine de l’IA qui seront impossibles à arrêter . Le changement sera massif, et tout n’est pas bon. L’inégalité s’élargira. Comme mon chauffeur d’Uber à Cambridge l’a déjà deviné, AI va déplacer un grand nombre d’emplois, ce qui provoquera un mécontentement social. Considérez les progrès du logiciel AlphaGo de Google DeepMind, qui a battu les meilleurs joueurs humains du jeu de plateau Go début 2016. Il a ensuite été battu par AlphaGo Zero, introduit en 2017, qui a appris en jouant à des jeux contre lui-même et en 40 jours toutes les versions antérieures. Maintenant, imaginez ces améliorations transférées à des domaines comme le service à la clientèle, le télémarketing, les chaînes de montage, les comptoirs d’accueil, la conduite de camions, et d’autres travaux de cols bleus et de cols blancs de routine. Il sera bientôt évident que la moitié de nos tâches peuvent être mieux faites à un coût quasi nul par IA et les robots. Ce sera la transition la plus rapide que l’humanité ait connue, et nous ne sommes pas prêts pour cela.

 

Tout le monde n’est pas d’accord avec mon point de vue. Certaines personnes soutiennent que cela prendra plus de temps que nous le pensons avant que les emplois ne disparaissent, car de nombreux emplois ne seront que partiellement remplacés et les entreprises tenteront de redéployer les personnes déplacées en interne. Mais même si c’est vrai, cela n’arrêtera pas l’inévitable. D’autres nous rappellent que chaque révolution technologique a créé de nouveaux emplois en remplaçant les anciens. Mais il est dangereux de supposer que ce sera le cas à nouveau.

 

Ensuite, il y a les optimistes symbiotiques, qui pensent que l’IA combiné avec les humains devrait être meilleur que l’un ou l’autre seul. Cela sera vrai pour certaines professions – médecins, avocats – mais la plupart des emplois ne tomberont pas dans cette catégorie. Au lieu de cela, ce sont des tâches de routine, à domaine unique, où l’IA dépasse de loin l’humain.

 

D’autres pensent que nous serons sauvés par un revenu de base universel. « Prenez l’argent supplémentaire fait par AI et distribuez-le aux personnes qui ont perdu leur emploi », disent-ils. «Ce revenu supplémentaire aidera les gens à trouver leur nouvelle voie et remplacera d’autres types d’aide sociale.» Mais l’UBI n’aborde pas la perte de dignité des personnes ou ne répond pas à leur besoin de se sentir utile. C’est juste un moyen pratique pour un bénéficiaire de la révolution de l’IA de s’asseoir et de ne rien faire.

 

Et enfin, il y a ceux qui nient que l’IA a un quelconque désavantage – ce qui est la position adoptée par plusieurs des plus grandes sociétés d’IA. Il est regrettable que les experts de l’IA n’essaient pas de résoudre le problème. Ce qui est pire, et incroyablement égoïste, c’est qu’ils refusent en réalité de reconnaître que le problème existe en premier lieu.

 

Ces changements sont à venir, et nous devons dire la vérité et toute la vérité. Nous devons trouver les emplois que l’IA ne peut pas faire et former les gens à les faire. Nous devons réinventer l’éducation. Ce sera le meilleur des temps et le pire des temps. Si nous agissons rationnellement et rapidement, nous pouvons nous prélasser dans ce qui est le mieux plutôt que de nous vautrer dans le pire.

 

La véritable menace pour les campus n’est pas la culture PC. C’est le racisme

La véritable menace pour les campus n’est pas la culture PC. C’est le racisme

 
14 Mars 2018

  • Il faut lire ce texte stupéfiant sur la manière dont les enseignants du supérieur et des collèges aux Etats-Unis sont aujourd’hui harcelés par les suprématistes blancs. Les Universitaires considérés comme des libéraux- en particulier si ce sont des femmes noires- subissent des attaques coordonnées contre le lavage de cerveau qu’ils infligeraient aux étudiants. Avec le montée du chômage, la fin des protections sociales, tout un public est prêt à s’attaquer aux universitaires qu’ils considèrent comme des « privilégiés ». Nous n’en sommes pas là en France?, Ce n’est pas si évident, j’ai vu quand j’y suis retournée surgir ce public là en particulier les disciples du complot type Soral commençaient à y faire des ravages, alors m^me que comme décrit l’article, l’université, le monde éducatif en général est  de fait la proie d’une gestion conservatrice – parfois liée à des « fondations »- qui détenait le pouvoir. La statisfaction du public face au nouveau ministre de l’éducation, son conservatisme en est un autre signe. Autre symptôme, l’insulte sur les réseaux sociaux est d’abord la vieillesse, ensuite le fait d’être une intello et ceci se retrouve partout y compris jusque chez les communistes ou les combats considérés comme à gauche… Cela déborde de la haine de l’extrême-droite contre ceux dont on imagine « la sécurité » dans un monde hostile et de l’universitaire on passe à toute la fonction publique, au cheminot, à la prégnance des syndicats, etc…
  • (note et traduction de Danielle Bleitrach)
SPENCER SELVIDGE / REUTERS
Le leader nationaliste blanc Richard Spencer arrive à l’Université Texas A & M pour parler lors d’un événement non sanctionné par l’école.
Je n’oublierai jamais la première fois que j’ai reçu un appel paniqué d’un collègue universitaire qui était harcelé en ligne par un groupe «d’identité blanche». C’était il y a environ six ans, et cela s’est produit plusieurs fois depuis, devenant plus coordonné et plus effrayant au fil des ans. Maintenant, pas un mois ne passe, sans que  je ne reçoive un  tel appel.

 

Ces dernières années, l’ assentiment  du public à l’égard des collèges et des universités a chuté de façon spectaculaire, en particulier chez les conservateurs: de 2015 à 2016, en un an, les républicains qui croient nos institutions d’enseignement supérieur ont un effet positif sur le pays a chuté de 11 points de pourcentage, selon Pew . Mais ce n’est pas par hasard si j’ai reçu ce premier appel terrifié bien avant, en 2011 ou 2012.

 

C’était l’époque  où les universités poussaient leurs professeurs à sortir  dans le «monde réel», à écrire des éditoriaux, à passer à la télévision et à devenir des intellectuels publics. Les universitaires avaient besoin de nouveaux ambassadeurs. Alors que les travailleurs américains subissaient un double revers dévastateur – un changement technologique qui rend leurs emplois plus précaires et une politique sociale affaiblie en matière de protection r de la pauvreté – il devenait facile de s’indigner et d’insulter les gens dont les emplois semblaient sécurisés. Dans l’imagination du public, les universitaires étaient en sécurité dans leur travail et libres de punir les étudiants conservateurs et de faire subir un lavage de cerveau aux bons enfants visant à leur faire détester l’Amérique.

En réalité, nos postes sont précaires et nous sommes relativement sous-payés, compte tenu du temps que nous consacrons au marché du travail pour développer notre expertise. Pourtant, pour l’observateur extérieur lésé, nôtre semble être une très bonne opportunité. Et, comme les rangs de l’université finalement, lentement, sont devenus moins blancs et moins masculins, les universitaires sont devenus encore plus faciles à détester. Non seulement nous étions des propagandistes libéraux avec des emplois transuilles et bien payés, mais certains d’entre nous étaient des femmes de couleur.

 

Il y avait d’autres raisons pour lesquelles les universités voulaient que leurs universitaires aillent à la télévision et sur Twitter et ailleurs dans le monde pour conquérir  la confiance du public. Un diplôme d’études collégiales devenait de plus en plus difficile à vendre à mesure que les frais de scolarité augmentaient, la dette de prêt étudiant grimpait et les salaires ne compensaient pas toujours le fardeau d’aller à l’université. Les étudiants non-traditionnels – ce sont des étudiants qui ne sont pas des jeunes de 18 et 19 ans – sont devenus la nouvelle norme et avec eux une foule de conflits sur ce que valaient les connaissances et la formation pour travailler par rapport à ce que nous avions été formés à fournir une éducation complète.

 

Pendant cette période, la culture du conservatisme a pris un virage à droite. L’Internet a permis à des personnes ayant des idéologies de droite, d’extrême-droite, de  racistes suprématistes de toutes sortes de converger vers des forums de discussion anonymes. Ils ont utilisé l’économie de la publicité en ligne pour pousser leurs points de vue dans les médias traditionnels. Ils ont mis au point et pratiqué des techniques de pêche à la traîne, engendrant des milliers d’expériences jusqu’à ce qu’ils trouvent les moyens les plus efficaces d’intimider et de faire taire leurs cibles.

 

C’était le meilleur des temps et le pire des moments pour demander aux professeurs de conquérir le public.

 

Le premier indice qu’un professeur apprend sur le fait  que sa vie est sur le point de changer se présente de la manière la plus bureaucratique et la plus bénigne: c’est souvent un courriel. L’e-mail peut indiquer qu’une publication de droite connue a l’intention de publier une histoire sur votre recherche ou votre enseignement, et vous offre la possibilité de le commenter.

 

Ensuite, l’infratructure des médias d’information en ligne prend le relais. Une histoire, peut-être sur votre programme ou une histoire que vous avez racontée lors d’une conférence, est publiée. Une série de tweets indignés sort. Une armée de comptes de médias sociaux, certains gérés par de vrais humains et d’autres par des «robots», est mise en service. La publicité ciblée que Facebook utilise pour vous vendre les chaussures que vous pensiez acheter sur Amazon la semaine dernière aide également les armées trolls à diffuser des articles sur un «groupe libéral» dans les médias sociaux de ceux de droite qui sont susceptibles de le croire et de le partager .

 

En l’espace de 24 heures, le courrier électronique de votre université fourmille de messages de personnes qui se disent être des étudiants inquiets, des parents inquiets et des donateurs inquiets. Quelque part dans les centaines de courriels, il peut y avoir des communications officielles d’étudiants et de collègues, mais vous n’avez pas les ressources pour les trouver. Vous ne pouvez pas faire votre travail actuel d’enseignement et de recherche parce que vous êtes noyés dans les courriels, les appels téléphoniques et les messages.

 

Si vous êtes l’un des chanceux, il s’arrête là. De plus en plus, cela ne s’arrête pas là. Les consommateurs en colère de ce type de culture de la viande rouge de guerre ne vivent pas seulement sur Internet. Ils vivent dans votre communauté. Ils peuvent vous envoyer des colis, peut-être avec des contenus dangereux. Ils peuvent vous envoyer des menaces de mort. Ils peuvent utiliser l’appareil de surveillance que nous avons construit pour vendre des publicités sur Internet et contrôler les personnes pauvres pour savoir où vont vos enfants à l’école ou où travaille votre conjoint. Ils peuvent les menacer, directement ou indirectement.

 

La distance entre ces trolls et leurs cibles diminue; De plus en plus, les auteurs de ce harcèlement ont une présence réelle sur le campus. Ils organisent des armées sophistiquées de «journalistes» étudiants pour surveiller et piéger les professeurs et les étudiants qui sont des «libéraux». Ils enregistrent et remixent des séquences, les diffusant sur un vaste réseau de médias sociaux, blogs,  et même dans les médias traditionnels. Ils captent l’imagination du public, nourrissent l’obsession des médias conservateurs pour les universités libérales, et ils donnent l’impression que des hordes de soldats sur le terrain combattent une guerre de race imaginaire pour venir sur un campus près de chez vous pour recruter.

 

Et ils recrutent. La Ligue anti-diffamation a signalé une augmentation de 258% de la propagande de la suprématie blanche sur les campus entre l’automne 2016 et l’automne 2017, affectant 216 campus à travers le pays. Les attaques sur le campus s’accélèrent : de 2012 à 2016, les collèges ont signalé en moyenne 970 crimes motivés par la haine chaque année, avec peu de variation d’une année à l’autre, mais le nombre de crimes haineux déclarés a augmenté de 25% entre 2015 et 2016.

 

De toute évidence, les attaques comme celle-ci sont écrasantes. Et, si vous êtes une femme ou une personne de couleur, votre sentiment de vulnérabilité n’est pas une illusion: vous êtes attaqué par un réseau que vous ne pouvez pas contourner, dans un système qui ne vous valorise pas assez pour vous défendre. Certains des incidents les plus virulents du harcélement par  l’Internet  contre des professeurs libéraux présumés ont concerné des femmes, des Afro-Américains et d’autres membres des minorités raciales: Les industriels indignés d’Internet savent que nous sommes des cibles faciles, parce que l’université ne fait  pas beaucoup pour nous défendre quand nous sommes ciblés.

 

Autant que je sache, je suis le seul universitaire à avoir négocié avec succès des ressources technologiques et administratives pour m’aider à me protéger des attaques racistes. J’écrase mes messages vocaux. J’ai des plans d’urgence avec notre département informatique de l’université. Nous avons même choisi l’emplacement de mon bureau pour minimiser la circulation des piétons. Pour toute la sécurité supposée des libéraux dans le monde universitaire, regardez les plans d’urgence que je dois faire juste pour faire mon travail.

 

Compte tenu de la réputation de l’enseignement supérieur en tant que bastion du libéralisme et de la rectitude politique, il n’est pas étonnant qu’il soit considéré comme une cible idéale pour les hommes blancs en colère. Pour de nombreux Américains, nous sommes, comme l’a récemment déclaré un troll Internet en colère, responsables de la production des «guerriers de la justice sociale» et des «féminazis» qui sont censés détruire le monde. En réalité, «l’université» en 2018 est principalement une constellation d’institutions publiques sous-financées et trop étendues qui servent encore principalement des Blancs de la classe ouvrière et de la classe moyenne et un plus petit nombre de minorités, y compris certains jeunes sans papiers connus sous le nom de Rêveurs. Ces institutions ont rarement les ressources pour cibler les étudiants conservateurs ou pratiquer le lavage de cerveau.

 

Vous pouvez être excusé de ne pas connaître  cette université quand on parle de collèges libéraux et de professeurs choyés. Nous n’apparaissons pas souvent dans les médias d’élite, qui ont tendance à se concentrer sur les événements les plus frénétiques et les plus scandaleux dans les universités d’élite. Mais même les institutions d’élite ne sont pas aussi radicales que l’alt-right croit. Ils le sont, le cas échéant, ce sont des écoles en faveur de  l’économie conservatrice, les sciences sociales et la politique sociale. Une poignée de cours d’études de genre ne peut pas concurrencer l’impact du  v pouvoir d’un département d’économie ou d’une école de commerce dans une université américaine. Le collège de la plupart des Américains est une institution conservatrice sensible aux besoins pluralistes des étudiants. parce que sa viabilité économique en dépend.

 

Bien sûr, le racisme n’a pas besoin de logique. Les organisations racistes blanches s’épanouissent dans l’espace entre la perception et les faits, et dans cet espace, l’université est la Mecque de la masculinité blanche lésée pour réaffirmer sa domination. Lorsque je reçois ces courriels de collègues à travers le pays , l’accent est généralement mis sur la survie plutôt que sur l’analyse. Nous parlons de plans de communication et de contingences de sécurité pour leurs familles. J’envoie des notes à leurs administrateurs pour leur expliquer comment fonctionnent les attaques en réseau. Beaucoup d’entre nous aident à recueillir des fonds pour compenser le coût réel de la protection tout en essayant simplement de faire notre travail.

 

Si vous ne l’avez jamais expérimenté, ce genre de harcèlement peut sembler une petite chose. En fait, c’est un symptôme invalidant d’une maladie beaucoup plus grande. La plupart des campus universitaires ont du mal à répondre aux besoins des étudiants qui doivent payer plus. Les gens se sentent exclus de la course pour de bons emplois et blâment ces mêmes collèges parce que, dans notre imagination culturelle, tous les collèges sont dotés de dotations et de professeurs titulaires. Les hommes blancs sont particulièrement lésés parce qu’ils perçoivent toute perte de statut comme une profonde trahison, alors que d’autres groupes la considèrent comme normale.

 

Internet permet à ces personnes de se trouver plus facilement, de générer des profits pour les publications qui utilisent ce harcélement pour vendre de la publicité. Et les établissements d’enseignement supérieur – les bêtes de somme de la base – n’ont pas une voix qui raconte qui nous sommes, qui nous servons et comment nous travaillons. Les idéologies racistes remplissent le vide, racontant une histoire fascinante où nous sommes tous puissants. Les gens écoutent.

 

Tressie McMillan Cottom est professeure de sociologie à la Virginia Commonwealth University et auteur de Lower Ed: The Troubling Rise of Collèges à but lucratif dans la nouvelle économie.

Comment les Etats-Unis veulent protéger les terroristes de la Ghouta

mercredi 14 mars 2018

Comment les Etats-Unis veulent protéger les terroristes de la Ghouta

L'empressement avec lequel les Etats-Unis et leurs satellites prennent fait et cause pour les groupes terroristes affiliés à Al Qaida, se trouvant dans la Ghouta Orientale, laisse supposer une forte collusion entre eux. Mais jusqu'où seront-ils prêts à aller? D'autant plus que la Russie s'est déclarée prête à réagir à tout bombardement américain aux portes de Damas. 
 
Fin février, l'ONU, grâce à de fortes pressions de la Russie, a adopté une résolution permettant une trêve en Syrie, mais trêve qui ne s'applique pas aux groupes terroristes. Pour obtenir ce résultat, un véritable combat diplomatique a été mené par la délégation russe (voir notre texte ici). Evidemment, il ne satisfait pas les intérêts de la coalition américaine, puisque l'armée syrienne et la Russie continuent à lutter contre le terrorisme, les groupes dits "modérés", c'est-à-dire soutenus par l'Occident. 
 
Tel est le cas dans la Ghouta Orientale, objet de tous les fantasmes et de toutes les attentions - très ciblées - de la presse occidentale. Le fait, en revanche, que ces groupes soient affiliés à Al Qaida qui centralise leurs actions et qu'ils bombardement les faubourgs habités de Damas, ne pose aucun cas de conscience, ni aux journalistes, ni aux membres de la coalition américaine. Selon le ministère russe de la Défense, en un mois, 15 civils sont morts et 133 ont été blessés à Damas en raison des bombardements de ces groupes de "terroristes modérés" se trouvant dans la Ghouta Orientale. 
 
Malgré les pressions internationales, l'armée régulière syrienne avance, elle a déjà réussi à scinder le territoire des terroristes en deux, les corridors humanitaires, malgré les bombardements des terroristes, laissent sortir des civils, qui racontent leur quotidien effrayant. Chez ces "modérés". 
 
Devant une telle défaite, les Etats-Unis réagissent comme ils savent le faire, c'est-à-dire par le droit du plus fort. Ils n'arrivent pas à faire passer à l'ONU une nouvelle résolution permettant de laisser les terroristes en paix, donc ils menacent de bombarder directement, en dehors de toute décision du Conseil de sécurité, en totale violation du droit international. Voici l'échange de vues entre la représentante américaine et le représentant russe à l'ONU, qui lui a rappelé que des provocations au chlore sont en préparation par les groupes terroristes, les Casques blancs sont déjà arrivés sur place et les appareils pour une diffusion satellite sont prêts - prêts pour accuser Assad et justifier une intervention unilatérale des Etats-Unis: 
 

 
Suite à cette déclaration de potentielle agression américaine, le ministère russe de la Défense a mis les points sur les i. A Damas se trouvent des conseillers militaires russes. Si un risque existe pour leur vie et leur sécurité, des mesures seront prises tant contre les missiles, que contre les porteurs de ces missiles. 
 
Jusqu'où sont prêts à aller les Américains et leurs alliés pour protéger leurs groupes terroristes contre Assad et préparer la division de la Syrie? De cela dépendra la suite des opérations.  
 

US : un bilan financier déficitaire abyssal en 2017

US : un bilan financier déficitaire abyssal en 2017

 

Le Département du Trésor US annonce un déficit de mille deux cent milliards de dollars.

« Mais vous inquiétez pas, c’est nous qu’on paye… » Coluche


Par Simon Black – Le 27 février 2018 – Source Zero Hedge


Au début du mois de février, le gouvernement des États-Unis a publié son rapport financier annuel pour l’année 2017 [attention, il est long à télécharger, NdT].

 

C’est quelque chose que le gouvernement fait chaque année, comme toutes les grandes entreprises telles que Apple, ou Berkshire Hathaway de Warren Buffett, publient leurs propres rapports annuels.

 

Cependant, contrairement à Berkshire et Apple, dont les rapports financiers montrent généralement des résultats solides et positifs, les rapports financiers du gouvernement américain sont des annonces totalement abominables.

 

Dès le début du rapport, le gouvernement explique que sa perte nette pour l’année s’est élevée à un vertigineux et incroyable montant de mille deux cent milliards de dollars.

 

Mille deux cents milliards de dollars. C’est simplement stupéfiant.

 

C’est plus que toute l’économie australienne en un an… et représente une perte de plus de 2,2 millions de dollars par minute.

 

Ce n’est pas une théorie du complot ou un fantasme.

 

C’est le secrétaire au Trésor des États-Unis d’Amérique qui annonce publiquement que le gouvernement fédéral a perdu, en capital, 1 200 milliards de dollars à la page « i » de son rapport financier annuel de 2017.

 

Ce qui est encore plus alarmant, c’est que 2017 a été une bonne année.

 

Il n’y avait pas de guerre [ chez eux ! NdT]. Pas de récession. Pas de crise financière épique.

 

Dans sa lettre d’introduction, le secrétaire au Trésor déclarait fièrement : « Le pays a connu une reprise de la croissance [économique] en 2017. Le chômage est à son plus bas niveau depuis février 2001, la confiance des consommateurs et des entreprises est la plus élevée depuis deux décennies, et l’inflation est faible et stable. »

 

Bref, tout était génial en 2017.

 

Même les recettes globales du gouvernement ont atteint un niveau record de 3 300 milliards de dollars pour l’année.

 

Pourtant malgré toutes ces bonnes nouvelles… malgré tous ces développements positifs et ces revenus records… ils ont quand même réussi à perdre 1 200 milliards de dollars.

 

Si le gouvernement perd autant dans une bonne année, combien pensez-vous qu’il va perdre dans une mauvaise année ? Combien va-t-il perdre quand il aura vraiment une récession à combattre ? Ou une autre guerre. Ou une crise bancaire majeure ?

 

Plus important encore, combien de temps peut durer quelque chose d’aussi insoutenable ?

 

Mais le plaisir ne s’arrête pas là.

 

Ensuite, le gouvernement examine ses propres actifs et passifs… en calculant effectivement leur « valeur nette ».

 

C’est comme une personne qui calcule sa propre valeur nette – vous additionnez la valeur de vos actifs, comme votre maison, votre voiture et votre compte bancaire, puis soustrayez les dettes, comme les dettes hypothécaires et les dettes des cartes de crédit.

 

Le résultat final est votre valeur nette. Et j’espère que c’est positif.

 

Pour le gouvernement il est désespérément négatif de 20 400 milliards de dollars. (Voir page 55 du rapport.)

 

Et c’est pire que son résultat de 19 300 milliards de l’année précédente, ce qui signifie que la valeur nette du pays a diminué d’environ 6% d’une année sur l’autre.

 

Pour être clair, une telle valeur nette négative signifie que le gouvernement a ajouté les valeurs de TOUS ses actifs. Chaque char d’assaut. Tout les porte-avions. Chaque hectare de terre. Chaque centime dans la banque.

 

Et puis soustrait ses énormes dettes, comme la dette nationale.

 

La différence est négative de 20 400 milliards de dollars, c’est-à-dire que le gouvernement a beaucoup plus de passifs que d’actifs.

Si le gouvernement était une entreprise, il aurait fait faillite depuis très longtemps.

 

Mais, en plus de cela, le gouvernement a calculé séparément les passifs à long terme de la sécurité sociale et de l’assurance-maladie.

Comme nous en discutons souvent, la sécurité sociale et l’assurance-maladie manquent d’argent.

 

Et selon les propres calculs du gouvernement (à la page 58), la « valeur actualisée totale nette des dépenses futures par rapport aux revenus futurs » pour la sécurité sociale et l’assurance-maladie est de 49 000 milliards de dollars.

 

Essentiellement, cela signifie que les deux programmes de retraite et de soins de santé les plus grands et les plus importants aux États-Unis sont insolvables de près de 50 000 milliards de dollars.

 

Au total, le gouvernement est dans le rouge pour près de 70 000 milliards de dollars.

 

Il est remarquable que ces nouvelles ne soient pas en première page des médias.

 

Il n’y a pas eu une seule déclaration des médias dominants au sujet des finances pitoyables et dangereusement insoutenables du gouvernement fédéral.

 

Je ne suis certainement pas en train de suggérer que le ciel nous tombe sur la tête, ou qu’il y a un désastre imminent qui va frapper demain matin.

 

Mais toute personne rationnelle n’a besoin que de se tourner vers les exemples historiques pour trouver des dizaines d’exemples de puissances autrefois dominantes qui ont été paralysées par leurs dettes excessives.

 

Cela peut prendre plusieurs années pour se manifester complètement. Mais il serait tout à fait stupide de croire que notre époque est différente.

 

Vous faites un pari à haut risque si vous pensez que tout ira bien dans ce pays, pour toujours…

 

Il suffirait simplement que l’économie coule, qu’une catastrophe naturelle nous frappe ou que le système politique sombre dans la tourmente pour que vous puissiez tout perdre : votre argent, vos biens et peut-être même votre liberté.

 

Simon Black

The New York Times : Le plan commercial de Trump menace de faire dérailler les pourparlers diplomatiques sur la Corée

The New York Times : Le plan commercial de Trump menace de faire dérailler les pourparlers diplomatiques sur la Corée

 

08 Mars 2018

  • Visiblement la décision de Trump de taxer les importations d’acier ont été un véritable pavé dans la mare qui a totalement bouleversé le fragile équilibre entre intérêts économiques et diplomatie compliquée avec des alliés. C’est vrai pour l’Europe, mais le cas de la Corée du sud est exemplaire comme l’explique cet article de The new york Times. La Chine qui risque de perdre dans l’affaire quelques billes, est dans une position relativement plus confortable que l’UE et la Corée du sud. Alors même que l’administration nord américaine était en train de monter une croisade contre la Corée du nord et contre la Chine
  • (note et traduction de danielle Bleitrach)

Par ANA SWANSON

Une usine d’acier à Chungcheongnam-do, en Corée du Sud. Le pays est le troisième exportateur d’acier vers les États-Unis après le Canada et le Brésil. CréditShin Dong-Jun / Agence européenne de photographie de presse-Agencia EFE
https://www.nytimes.com/2018/03/06/us/politics/trumps-trade-south-korea.html

WASHINGTON – Le plan du président Trump d’imposer des droits de fer sévères punirait sévèrement la Corée du Sud, un allié diplomatique clé et un important exportateur de métal vers les Etats-Unis, au moment où l’Amérique se lance dans une série de négociations pour désamorcer les tensions sur la péninsule coréenne.

 

La Corée du Nord s’est déclarée prête à entamer des pourparlers avec les Etats-Unis sur l’abandon de ses armes nucléaires , ont annoncé mardi des responsables du Sud, ouvrant la possibilité d’une percée dans l’une des impasses de sécurité les plus prolongées au monde.

 

Si les négociations se concrétisent, les États-Unis auront besoin du partenariat étroit de la Corée du Sud. Mais au cours des derniers mois, l’administration Trump s’est aliéné les dirigeants du Sud en lançant une série de mesures commerciales sévères qui cherchent à pénaliser le pays accusé d’ exporter plus de marchandises vers les États-Unis qu’il n’en importe.

 

L’administration a commencé à renégocier son accord de libre-échange de six ans avec la Corée du Sud, un pacte que M. Trump a qualifié d ‘ »horrible affaire » pour les États-Unis. En janvier, le président a imposé des tarifscontre les lave-linge et les panneaux solaires étrangers, les deux principales exportations coréennes.

 

La semaine dernière, le président a annoncé qu’il prévoyait d’imposer des droits de douane de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium sur les importations en provenance de tous les pays. Cette pénalité tomberait lourdement sur la Corée du Sud, qui est le troisième exportateur d’acier vers les États-Unis après le Canada et le Brésil.

« En ce qui concerne les questions de sécurité, c’est le moment où il ne devrait pas y avoir de différend  entre les Etats-Unis et la Corée du Sud et où nous ne devrions même pas penser à ajouter des frictions potentielles à notre relation ». déclare le vice-président de l’Asia Society Policy Institute et ancien négociateur de l’accord commercial des États-Unis avec la Corée du Sud. « C’est ce que font ces mesures. »

 

Christopher R. Hill, qui a négocié avec la Corée du Nord pour l’administration de George W. Bush, a déclaré: «Cela n’aide en rien l’une des négociations les plus délicates au monde.» Il a ajouté: « le moment n’a rien d’idéal »

Le président Trump et le président Moon Jae-in de Corée du Sud. Contre l’avis de nombreux économistes, l’administration Trump voit le déficit commercial avec la Corée du Sud comme un signe que les Etats-Unis sont en perte de vitesse de leurs relations économiques. CréditDoug Mills / Le New York Times

Le tarif proposé a affaibli les alliés et ébranlé les relations économiques et sécuritaires dans le monde entier. Il a également mis en danger d’autres objectifs commerciaux, comme la lutte contre les pratiques déloyales de la Chine. Après l’annonce des tarifs, l’Union européenne a menacé d’annuler une réunion ce week-end avec les États-Unis et le Japon pour discuter des efforts visant à contrer la Chine sur le plan commercial.

 

Le plan a également provoqué une forte réaction de la part des membres du parti du président et des industries qui pourraient être touchées par la hausse des prix en raison des tarifs douaniers. Dans les jours qui ont suivi l’annonce, les opposants ont farouchement fait pression sur l’administration pour qu’elle abandonne ou réduise la mesure.

 

« Il y a beaucoup d’inquiétudes parmi les sénateurs républicains que cela pourrait en quelque sorte se métastaser dans une guerre commerciale plus large », a déclaré le sénateur Mitch McConnell, le chef de la majorité et républicain du Kentucky, aux journalistes au Capitole mardi. « Beaucoup de nos membres discutent avec l’administration de la largeur et de l’ampleur de la situation. »

 

Le président a dit qu’il pourrait y avoir des exceptions. Lundi, il a émis l’idée d’exempter le Canada et le Mexique si les pays faisaient des concessions dans le cadre d’une renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain.

 

Lors d’une conférence de presse mardi, le président a déclaré que l’Union européenne pourrait être exemptée si elle éliminait certaines des « barrières horribles » qui empêchent les produits américains d’entrer sur son marché. « Sinon, nous allons le laisser tel quel », a déclaré M. Trump, se référant au plan tarifaire.

 

Pourtant, certains conseillers commerciaux disent que l’administration ne devrait pas envisager une telle exemption pour la Corée du Sud, que plusieurs fonctionnaires de la Maison Blanche considèrent comme l’un des plus grands coupables du commerce mondial.

 

Ce point de vue a stupéfié le gouvernement sud-coréen, qui a l’habitude de travailler en étroite collaboration avec les États-Unis sur les questions économiques et de sécurité. Les Etats-Unis maintiennent une présence militaire importante à Séoul, la capitale, et ont été un partenaire sur des questions telles que la menace nucléaire nord-coréenne et l’équilibre contre la montée de la Chine dans le Pacifique.

 

Contre l’avis de nombreux économistes, l’administration Trump voit le déficit commercial avec la Corée du Sud comme un signe que les Etats-Unis sont en perte de vitesse de leurs relations économiques. C’est la principale raison pour laquelle les responsables américains ont commencé à renégocier l’Accord de libre-échange entre les États-Unis et la Corée.

 

Mme Cutler a dit que les tarifs proposés rendraient « ce qui était déjà une négociation compliquée extrêmement compliquée ». Elle a dit qu’il serait « presque politiquement impossible » pour le Sud d’accepter les demandes des Etats-Unis s’il n’est pas traité comme les autres alliés, y compris le Canada et l’Europe.

 

Le représentant commercial des États-Unis, qui mène les négociations, n’a pas demandé au Congrès les autorisations nécessaires pour apporter des changements significatifs au côté de Washington. Les experts commerciaux suggèrent que cela signifie que les négociateurs américains poussent à une révision en profondeur du Sud, tout en refusant d’offrir des concessions significatives en retour.

 

Bien que certaines industries américaines aient profité de l’accès au marché de la Corée du Sud, en particulier l’agriculture, l’administration Trump a fait état d’un déficit commercial énorme depuis la signature du pacte pour soutenir que c’est un mauvais accord. Une grande partie de ce déficit commercial de 22,9 milliards de dollars s’explique par l’importation d’automobiles, comme Hyundai et Kia, un des principaux objectifs de la renégociation de l’accord.

 

L’administration a brouillé les lignes en liant explicitement leur programme commercial aux objectifs de sécurité nationale. Auparavant, elle  avait  refuser de désigner  la Chine comme  un manipulateur de monnaie, l’une des promesses électorales de M. Trump,  et ce dans le but de faire en sorte que Pékin aide la Corée du Nord à geler son programme nucléaire.

 

Les menaces économiques de la Maison Blanche pourraient même se retourner contre la position du président Moon Jae-in de la Corée du Sud. Les conglomérats industriels qui contrôlent l’industrie sidérurgique du Sud sont puissants et politiquement influents. Pour satisfaire ses électeurs, M. Moon pourrait devoir se montrer ferme, ce qui rendrait difficile pour lui de faire des concessions à M. Trump.

 

Chad P. Bown, agrégé supérieur au Peterson Institute for International Economics, a estimé que les tarifs de l’acier et de l’aluminium coûteraient 1,1 milliard de dollars à la Corée du Sud. Les conséquences pour la Chine, qui selon l’administration est à l’origine d’une surabondance mondiale dommageable de l’acier bon marché, ne seraient que de 689 millions de dollars, a dit M. Bown.

 

Selon les spécialistes du commerce, les tarifs pourraient nuire à l’économie du Sud par d’autres moyens. L’acier qui n’entre pas aux États-Unis inondera d’autres marchés, ce qui créera probablement plus de concurrence et fera baisser les prix de l’acier dans le monde entier. L’Union européenne a déclaré qu’elle pourrait imposer des restrictions de « sauvegarde » pour empêcher cette vague potentielle d’entrer sur ses marchés.

Thomas Kaplan et Mark Landler ont contribué aux reportages de Washington.

 

Suivez Ana Swanson sur Twitter: @AnaSwanson . Obtenez la politique et les mises à jour de nouvelles de Washington via Facebook , Twitter et le bulletin d’information Morning Briefing .

 

Une version de cet article est imprimée le 7 mars 2018, sur la page A9 de l’ édition de New York avec le titre: Le plan

Patrick Martin, Etats-Unis, des personnes gravement traumatisées

26 février 2018

Patrick Martin, Etats-Unis, des personnes gravement traumatisées

« Mais le fait est que le cas de Cruz n’est guère unique. Les États-Unis sont une société qui produit un nombre considérable de personnes gravement traumatisées et psychologiquement atteintes. Le crime dont Cruz est accusé ne peut être compris et expliqué en termes purement individuels. En dernière analyse, ce dernier massacre, comme tous les précédents, est une manifestation de l’extrême dysfonctionnement de la société américaine. Selon le Washington Post, depuis le massacre de Columbine en 1999, 150 000 élèves des écoles primaires et secondaires des États-Unis ont été victimes d’une fusillade dans leur enceinte, avec plus de 400 morts. Les tueries aveugles dans les écoles publiques sont devenues un phénomène de masse... »

Reprenons la lecture des considérations de Patrick Martin...

Michel Peyret


Publié par le Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI)

Le massacre de Parkland et le dysfonctionnement de la société américaine

Par Patrick Martin 
17 février 2018

Le massacre de mercredi dans une école de Parkland, en Floride, a coûté la vie à 17 personnes. Les victimes étaient quatorze élèves qui avaient entre 14 à 18 ans : Alyssa Alhadeff, Martin Duque, Nicholas Dworet, Jaime Guttenberg, Luke Hoyer, Cara Loughran, Gina Montalto, Joaquin Oliver, Alaina Petty, Meadow Pollack, Helena Ramsay, Alex Schachter, Carmen Schentrup, et Peter Wang ; ainsi que trois adultes qui faisaient du soutien scolaire : Chris Hixon, Aaron Feis, et Scott Beigel qui était aussi professeur de biologie.

Il y a de nombreux aspects de cet horrible meurtre de masse qui nécessiteront une enquête approfondie : du lien présumé du tireur, Nikolas Cruz, avec un groupe suprématiste blanc, au fait qu’il avait affiché sur les médias sociaux son désir de devenir un « tueur professionnel en milieu scolaire », une déclaration qui a ensuite été rapportée au FBI des mois avant que Cruz entre dans le lycée Marjory Stoneman Douglas armé d’un fusil AR-15.

Les premiers détails sur Cruz indiquent qu’il a connu depuis ses plus jeunes années une série d’événements traumatisants. Adopté lorsqu’il était encore très jeune, Cruz a perdu son beau-père très tôt, puis, le 1ᵉʳ novembre dernier, sa mère adoptive, victime de l’épidémie de grippe. Il a été clairement perturbé au cours de ses années de lycée, montrant des tendances à un comportement violent qui a abouti à son expulsion du lycée il y a environ un an.

La nature et l’étendue de ses troubles psychologiques restent à déterminer. Au fur et à mesure des révélations, les traumatismes particuliers qui ont conditionné et déclenché son explosion meurtrière seront mieux connus. Cependant, étant donné que la présence d’une maladie mentale était visible – de sa famille, de son école, et de ses connaissances – il faut se demander pourquoi il n’existait pas d’institutions sociales et de systèmes de soutien qui auraient pu fournir à Cruz les soins médicaux dont il avait besoin avant que cette tragédie se produise.

Mais le fait est que le cas de Cruz n’est guère unique. Les États-Unis sont une société qui produit un nombre considérable de personnes gravement traumatisées et psychologiquement atteintes. Le crime dont Cruz est accusé ne peut être compris et expliqué en termes purement individuels. En dernière analyse, ce dernier massacre, comme tous les précédents, est une manifestation de l’extrême dysfonctionnement de la société américaine.

Selon le Washington Post, depuis le massacre de Columbine en 1999, 150 000 élèves des écoles primaires et secondaires des États-Unis ont été victimes d’une fusillade dans leur enceinte, avec plus de 400 morts.

Les tueries aveugles dans les écoles publiques sont devenues un phénomène de masse. Les mots mêmes school shooting [tuerie en milieu scolaire] sont devenu une expression qui véhicule instantanément les images de dizaines de corps ensanglantés, d’un jeune homme (ou plusieurs) lourdement armé tirant au hasard, et des étudiants qui fuient avec leurs mains levées au-dessus de leurs têtes, pendant que les équipes d’intervention spécialisée de la police (SWAT) avancent dans la direction opposée.

Pas plus tard que la veille du massacre de Parkland, un bain de sang similaire a été évité de justesse dans un lycée à Everett, Washington, juste à l’extérieur de Seattle, quand une grand-mère a alerté la police après avoir découvert que son petit-fils préparait une attaque contre son école. Le jeune a été trouvé en possession d’armes à feu et d’explosifs en nombre suffisant pour provoquer un nombre de morts considérable.

Le crime imputé à Cruz est horrible. Beaucoup de vies ont été perdues, et les survivants – familles et amis – ne se remettront jamais vraiment émotionnellement de leur terrible perte. Le mot « fermeture », lorsqu’il est appliqué à la suite de tels événements, est parmi les plus malhonnêtes dans l’idiome américain. Il est compréhensible que les gens ressentent de la colère et de l’indignation face à un acte aussi inhumain. Mais Cruz n’a pas émergé de l’enfer. Il est le produit de la société américaine.

Cruz est né en 1998, il n’avait que quelques mois lors du massacre de Columbine, en avril 1999. Tout au long de sa vie, l’Amérique a mené sa « Guerre contre le terrorisme » sans fin dans laquelle la guerre contre d’autres pays s’accompagnait de la promotion implacable d’une atmosphère de peur, de suspicion, de xénophobie et de glorification de la violence militaire.

La dureté brutale de la vie quotidienne américaine entraîne un terrible bilan en souffrances humaines. La solitude et l’aliénation sous-tendent les maladies dépressives qui affligent tant de millions d’Américains. Le désespoir social conduit trop souvent à des impulsions suicidaires. Mais il éclate également dans les épisodes de violence meurtrière.

Pendant l’adolescence de Cruz, il y a eu quatre tueries en l’espace de cinq ans dans le sud et le centre de la Floride : sept tués dans un immeuble Hialeah en 2013 ; le massacre de 2016 à la discothèque « Pulse » à Orlando, où 49 personnes ont été tuées ; une tuerie à l’aéroport international de Fort Lauderdale en janvier 2017, faisant six morts ; et le meurtre de six personnes en juin 2017 dans une usine d’Orlando. Pas plus tard que le 1ᵉʳ octobre, un homme armé a ouvert le feu depuis sa chambre d’hôtel à Las Vegas, tuant 58 personnes et en blessant 851.

Venant s’ajouter à cette atmosphère de violence, il y a l’enrôlement de Cruz dans le Corps d’entraînement des officiers de réserve de l’armée (ROTC) qui promeut le militarisme sur dans mes collèges et lycées. Sans aucun doute, c’est là qu’il a pu se familiariser avec l’AR-15, la version « civile » de l’arme que les soldats américains utilisent en patrouille en Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Yémen, en Somalie et dans d’autres pays.

Le contexte social du massacre de Parkland sera, comme toujours, ignoré par les dirigeants politiques et les médias bourgeois. Le discours dominant dans les médias et l’establishment politique, censés être l’« élite » du pays, est que tout va bien en Amérique. Après tout, que peut-il y avoir de mal quand le marché boursier monte à des hauteurs vertigineuses et que l’argent pleut sur les quelques chanceux ? S’il y a mécontentement, ce doit être le fruit d’une ingérence du président russe Vladimir Poutine.

Mais la tragédie de Parkland dément les délires d’une classe dirigeante qui ne veut pas admettre la triste vérité sur l’état de ce pays.

Le capitalisme américain a produit une société dans laquelle le meurtre d’enfants à l’école est devenu un phénomène courant. Un élève qui a été témoin du carnage a déclaré dans une interview télévisée que ce massacre devait cesser. Oui, il le faut. Mais cela nécessitera le renversement de cette société capitaliste pathologiquement malade et inhumaine, et son remplacement par le socialisme.

(Article paru d’abord en anglais le 16 février 2018)

Posté par Michel Peyret

Maison Blanche : L’Irak a le virus anthrax La Russie a créé NotPetya

Maison Blanche : L’Irak a le virus anthrax La Russie a créé NotPetya


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 16 février 2018

 

Hier soir, la Maison Blanche a accusé l’armée russe d’avoir créé et propagé le malware destructeur « NotPetya » qui, en juin 2017 a infesté de nombreuses entreprises internationales.

Déclaration du porte-parole
En juin 2017, l’armée russe a lancé la cyber-attaque la plus destructrice et la plus coûteuse de l’histoire.


L’attaque, surnommée « NotPetya » s’est rapidement propagée dans le monde entier, causant des milliards de dollars de dégâts en Europe, en Asie, et dans les Amériques. Elle s’inscrivait dans le cadre des efforts continus du Kremlin pour déstabiliser l’Ukraine, et témoigne toujours plus clairement de l’engagement de la Russie dans le conflit en cours. Il s’agit également d’une cyber-attaque irresponsable et tous azimuts qui aura des conséquences internationales.

Cette déclaration ressemble à s’y méprendre aux déclarations précédentes accusant l’Espagne d’avoir fait exploser le Maine ou Saddam Hussein d’avoir des armes de destruction massive.

 

Ni les États-Unis ni personne d’autre n’a présenté la MOINDRE preuve de la MOINDRE implication russe dans la création ou la diffusion du malware NotPetya. Les États-Unis l’affirment sans pouvoir le démontrer.

 

Il est, en général, absolument impossible d’attribuer à qui que ce soit de telles cyber-attaques. Comme l’a expliqué John McAfee, qui a fondé une société anti-virus :

« Lorsque le FBI ou tout autre organisme affirme que les Russes ou que les Chinois ou que les Iraniens ont fait quoi que ce soit, ils mentent » a déclaré M. McAfee. (…)

« Un hacker capable d’entrer par effraction dans un système est tout à fait capable d’effacer ses traces. Si j’étais Chinois et que je voulais faire croire que les Russes l’ont fait, j’utiliserais la langue russe dans le code. J’utiliserais des techniques russes pour entrer par effraction dans les organisations, donc il n’y a tout simplement pas moyen de déterminer la source d’une attaque – c’est un mensonge. » (…)

« Je peux vous le garantir, si on a l’impression que ce sont les Russes qui l’ont fait, oui je peux vous garantir que ce n’était pas les Russes. »

Je suis d’accord avec McAfee. La CIA est certainement aussi d’accord avec lui. En effet WikiLeaks a publié un certain nombre d’outils cybernétiques de la CIA qu’une de ses sources lui avait procuré. Il s’agissait notamment de logiciels spécialement conçus pour que les attaques soient attribuées à d’autres que leurs auteurs :

« À travers le programme UMBRAGE de la Remote Devices Branch, la CIA collecte, enregistre et archive une grande quantité de techniques de piratage et de logiciels malveillants ‘volés’ à d’autres acteurs et/ou produits dans d’autres États y compris la Fédération de Russie.

Avec UMBRAGE et des programmes de ce type, la CIA peut non seulement augmenter la variété de ses attaques, mais elle peut aussi faire croire que ceux à qui ces programmes malveillants ont été volés sont à l’origine des attaques en laissant derrière elle leurs ’empreintes’. »

Presque tous les éléments qui permettent d’identifier l’origine d’une cyber-attaque peuvent aisément être falsifiés pour accuser quelqu’un qui n’a rien à voir avec elle.

 

Le British National Cyber Security Center, qui fait partie de l’organisation britannique d’espionnage informatique GCHQ, affirme également que l’armée russe est « presque certainement » responsable de l’attaque de NotPetya. Le Canada et les Australiens disent aussi la même chose.

 

Mais attention – ce ne sont PAS des sources indépendantes. Ils font partie, avec la Nouvelle-Zélande, de l’alliance d’espionnage des « Five Eyes ». D’après les dossiers de la NSA publiés par Edward Snowden, nous savons que les Five Eyes sont en pratique dirigéspar la US National Security Agency :

« Un document interne cite les paroles du chef de la NSA, le lieutenant-général Keith Alexander, lors d’une visite à Menwith Hill en juin 2008 : ‘Pourquoi ne pouvons-nous pas intercepter tous les signaux tout le temps ? On dirait que cette question pourrait faire l’objet d’un bon programme d’été pour Menwith’. »

Menwith Hill est une base d’espionnage de la Royal Air force et fait partie de l’infrastructure du GCHQ. Que le responsable de la NSA puisse lui dicter son « programme d’été » montre où se trouve le vrai pouvoir.

 

Le gouvernement russe récuse fermement les accusations.

 

NotPetya était un virus destructeur qui se dissimulait sous la forme d’un ransomware 1. Il était constitué à la base d’outils d’attaque développés par la NSA qui ont ensuite été diffusés anonymement par quelqu’un dont le pseudo était Shadow-Broker. Un des vecteurs d’attaque utilisé par NotPetya était le mécanisme de mise à jour de logiciels de comptabilité fiscale communs à l’Ukraine et à la Russie. Mais le virus s’est rapidement propagé dans le monde entier :

« La banque centrale de l’Ukraine ; les ordinateurs du gouvernement ; les aéroports ; le métro de Kiev ; la compagnie d’électricité d’État Ukrenergo ; le système de surveillance des rayonnements de Tchernobyl ; et d’autres machines du pays ont été attaqués. Tout comme le géant pétrolier russe Rosneft, le cabinet d’avocats DLA Piper, le géant biopharmaceutique américain Merck, l’annonceur britannique WPP et la compagnie danoise Maersk, entre autres. »

C’est à la compagnie maritime danoise Maersk que NotPetya a causé le plus grand dommage. Elle a dû redémarrer complètement toute son infrastructure et a perdu entre 250 et 300 millions de dollars à cause de l’attaque.

 

La question qu’il faut toujours se poser lorsque de telles accusations sont portées est celle-ci : quel intérêt celui qui en est accusé avait-il à le faire ?

En janvier, le Washington Post a donné le coup d’envoi des accusations étasuniennes sur le malware NotPetya :

« La CIA a attribué à des pirates militaires russes une cyber-attaque qui a endommagé les ordinateurs en Ukraine l’année dernière. Leur but était de perturber le système financier de ce pays dans le cadre du soutien militaire de la Russie aux séparatistes fidèles au Kremlin. (…)


Selon des rapports classifiés cités par les responsables du renseignement américains, la CIA est arrivée, en novembre dernier, à la conclusion ‘presque sûre’ que l’agence d’espionnage militaire du GRU avait créé NotPetya. (…)


Les pirates travaillaient pour le service d’espionnage militaire GTsST, ou Main Center for Special Technology, selon la CIA. Cette unité est fortement impliquée dans le programme de cyber-attaque du GRU, qui comprend le lancement d’opérations d’influence. »

Quel aurait bien pu être le motif de l’« armée russe » de répandre un malware (mal fichu) qui détruit au hasard les fichiers informatiques d’entreprises du monde entier, y compris ceux de Rosneft, le géant russe du pétrole ? Ceux qui croient que le système financier ukrainien était la cible se trompent presque certainement. D’ailleurs aucune preuve ne vient corroborer ça. La Banque centrale ukrainienne n’a été qu’une des milliers de victimes de l’attaque.

 

Seulement 50 % environ des entreprises contaminées se trouvaient en Ukraine. La plupart d’entre elles n’étaient pas des sociétés financières. L’attaque a été lancée au moyen d’un mécanisme de mise à jour d’un logiciel comptable qui est également utilisé en Russie. Ce vecteur d’attaque initial a probablement été choisi simplement pour sa facilité d’utilisation. La société de logiciels comptables était très mal protégée contre les attaques. Les premiers ordinateurs infectés ont ensuite utilisé un mécanisme différent pour propager le malware à d’autres machines. L’attaque a été lancée un jour férié ukrainien, ce qui n’était pas le meilleur moyen de la propulser le plus vite possible dans toute l’Ukraine.

 

Le fait que l’Ukraine et la Russie aient été frappées en premier par les logiciels malveillants n’est probablement qu’une question d’horaire. Les États-Unis et la majeure partie de l’Europe occidentale dormaient encore lorsque le virus a commencé à proliférer. Il n’a fallu que quelques heures aux firmes d’anti-virus, dont la société russe Kaspersky, pour identifier les logiciels d’attaque. Une solution pour limiter les dégâts a été trouvée en moins de douze heures. Au moment où la journée de travail commençait aux États-Unis les firmes d’anti-virus avaient déjà publié des conseils et un code de protection. Si l’attaque n’avait pas été enrayée par un logiciel de protection, elle aurait affecté beaucoup plus d’ordinateurs. Et la plupart d’entre eux n’auraient pas été en Ukraine.

 

Il est extrêmement douteux que l’attaque NotPetya puisse être attribuée à une organisation russe comme le prétendent les Étasuniens. Il est généralement impossible d’identifier avec certitude l’origine d’une telle cyber-attaque. Il est facile à n’importe quel concepteur de virus un tant soit peu compétent de modifier le code pour que le virus paraisse avoir été créé par un tiers. La CIA elle-même développe des outils qui permettent de le faire.

 

Les logiciels attaquants semblaient de qualité assez médiocre. C’était un fourre-tout mal conçu créé à partir de logiciels malveillants et d’outils espions connus. L’attaque ne se limitait pas à un pays ou à une cible en particulier. Elle peut au mieux être décrite comme un acte de vandalisme d’échelle mondiale ciblant tout le monde et personne. On ne voit pas pourquoi une organisation d’État russe quelle qu’elle soit ferait quelque chose d’aussi inepte.

 

En 2009, la Russie a  de conclure un traité international interdisant les cyber-attaques. Ce sont les États-Unis, sous Obama, qui l’ont rejeté en disant que c’était « inutile » ; et ils ont continué d’élargir leurs propres capacités d’attaque.

 

Le gouvernement étasunien a lancé une guerre froide 2.0 contre la Russie. Le motif semble être essentiellement financier. Faire la chasse à quelques « terroristes » ne nécessite  pas de gros budgets militaires, mais déclarer la guerre à une puissance nucléaire, si.

 

Les accusations actuellement proférées contre la Russie ne sont pas plus fondées que les allégations passées d’armes de destruction massive en Irak. Espérons que ces nouvelles accusations n’auront pas des conséquences aussi lourdes !

 

Traduction : Dominique Muselet

Note

  1. Un ransomware, ou rançongiciel, est un logiciel malveillant qui prend en otage des données personnelles

Enquête: aux États-Unis, il faut savoir mendier pour être soigné

Enquête : aux États-Unis, il faut savoir mendier pour être soigné

 

23 Février 2018
Allons-nous accepter de suivre « le modèle américain »? (note de Danielle Bleitrach)
Publié le 
Dessin de Mitch Blunt, Royaume-Uni. IKON-IMAGES

Atteints d’une maladie grave, un grand nombre d’Américains n’ont pas les moyens de financer leur traitement. Ils se voient contraints de faire appel au crowdfunding. Enquête sur un “marché de la compassion” en pleine croissance, qui ne profite pas à tout le monde.

Deux jours après s’être fait diagnostiquer un cancer du sein au stade 4, Marisa Rahdar a dû trouver un moyen de mendier pour sa survie. “Je n’avais pas du tout envie de faire ça”, se rappelle-t-elle. Marisa est alors serveuse à Détroit, elle a 32 ans et possède une assurance-maladie. Son frère, Dante, le membre de sa famille qui s’y connaît en chiffres, a calculé la somme dont elle allait avoir besoin pour couvrir ses frais médicaux et compenser le congé qu’elle allait devoir prendre pour se reposer après la chimiothérapie. Le résultat montait à 25 000 dollars. Ensuite, il a fallu rédiger le pitch. Là encore, Dante s’en est chargé. Il a choisi YouCaring plutôt qu’un autre site de crowdfunding [financement participatif], parce qu’il avait vu, peu de temps auparavant, une campagne de financement sur GoFundMe lancée par un type qui essayait de réunir des fonds pour faire une salade de pommes de terre. Il ne voulait pas que les souffrances de sa sœur voisinent avec des plaisanteries de ce genre. Le pitch était bref :

 

Ma sœur Marisa Rahdar a appris qu’elle avait un cancer du sein le 16 mars 2017. Lors des examens, on lui a également détecté un cancer localisé dans les ganglions lymphatiques et le coccyx. La semaine prochaine, elle va commencer la radiothérapie et rencontrer son équipe de médecins à l’hôpital Beaumont, à Troy, afin d’établir le calendrier du traitement. Entre-temps, nous avons fait une estimation des frais médicaux non couverts par son assurance ainsi que des frais de subsistance pour la durée de son traitement. Nous mettrons à jour cette page pendant son traitement afin que vous ayez un aperçu du fameux ‘charme’ de Marisa.”

 

À l’heure qu’il est, presque tout le monde a déjà vu passer sur son fil d’actualité Facebook des appels à l’aide de gens qui avaient des factures médicales à régler d’urgence. Avec la hausse des coûts de santé et des franchises de contrat d’assurance depuis plus de dix ans, les frais médicaux sont la plus grande cause de faillite personnelle aux États-Unis. Même si l’Obamacare visait à maîtriser les coûts, la franchise moyenne sur un contrat d’assurance courant dans le cadre de cette loi est de 2 550 dollars – soit près de la totalité du salaire mensuel d’un Américain moyen. Les tentatives de Donald Trump de déstabiliser l’Obamacare [par la voie réglementaire] ont déjà fait augmenter les primes. Dans le même temps, selon la Réserve fédérale [banque centrale des États-Unis], 44 % des Américains en 2016 ne possédaient même pas 400 dollars de côté en cas de coup dur.

 

L’enfer est pavé de bonnes intentions

 

La santé est un luxe dont personne ne peut se passer mais que des millions d’Américains n’ont pas les moyens de s’offrir. Des sites comme YouCaring se sont engouffrés dans la brèche. Le montant total des dons générés par les sites de crowdfunding a été multiplié par plus de 11 depuis l’apparition de l’Obamacare. En 2011, des sites comme GoFundMe et YouCaring ont distribué au total 837 millions de dollars de dons. Trois ans plus tard, on était passé à 9,5 milliards.

 

Les sociétés de crowdfunding expliquent qu’elles utilisent la technologie pour aider les gens à se venir en aide mutuellement. Ce serait le miracle de l’interconnexion au service de la compassion mondialisée. En fait, à en croire les spécialistes, il semble que la réalité soit moins reluisante. Des sites comme YouCaring et GoFundMe, loin de lutter

 

TJ STILES : Comment expliquons-nous cette tragédie nationale ? ce Trump ?

TJ STILES : Comment expliquons-nous cette tragédie nationale ? ce Trump ?

 

23 Février 2018

  • Un certain nombre d’Américains ne sont toujours pas revenus de l’élection de Trump (personnellement l’élection d’Hillary me serait apparue aussi catastrophique et la vraie question pour eux comme pour nous est de savoir comment chez eux comme chez nous, l’électorat finit par être confronté à un tel choix). Et ceci sans doute parce qu’à l’inverse de cet article, je ne vois pas le mal de l’Amérique comme un mal interne mais fondamentalement expansionniste. C’est même ce qu’on appelle l’Impérialisme ou l’empire en insistant sur le fait qu’il ne s’agit pas seulement des Etats-Unis mais de traiter le monde en fonction de cette vision de l’identité suprématiste blanche comme un mode d’exploitation légitime, le tout assorti des effets des luttes contre ce modèle qui impose périodiquement des conquêtes démocratiques, que le système suprématiste s’attribue comme une légitimation de sa domination. Donc si nous suivons bien l’auteur, une vision de pilleurs et d’exploiteurs européens blancs, hérité des pilleurs vikings, germains et autres confrontés à d’autres groupes sociaux qui périodiquement se rebellent et imposent des droits démocratiques et les perdent sous l’effet de nuisance de ces suprématistes produit à la fois le caractère fondamentalement nuisible de la brutalité exterminatrice américaine et ses institutions démocratiques. Le tout appliqué au monde donne effectivement cet incroyable interventionnisme, ces massacres et cette référence permanente à la démocratie et aux droits de l’homme, légitimant le pire. Une sorte de tension qu’ont effectivement reflété les élections américaines et dont les candidats étaient tous porteurs .José Marti, l’auteur cubain a dit des choses excellentes sur leur grand et terrible voisin du nord qui allaient dans le même sens
  • (note et traduction de Danielle Bleitrach)
  • Par 400 ans de tribalisme, de génocide, d’expulsion et d’emprisonnement
31 janvier 2018  Par  TJ Stiles
 

D’où vient Donald Trump?

 

L’explication la plus précise de cette tragédie nationale ne se fera pas jour avant des générations. Ce sera grand et compliqué, et impliquera un usage intensif du cliché « un cyclone total . » Mais ici, je suis comme vous, je me demande ce qui est arrivé. Nous sommes trop proches des événements récents pour en savoir beaucoup, mais j’ai quelques idées. Je pense que la montée de Trump reflète, entre autres choses, un thème particulier de l’histoire américaine – un problème non résolu qui nous renvoie à sa crise encore et encore.

 

Commençons avec ma famille. La plupart de mes proches ont voté pour Trump. Ils ne m’ont pas dit pourquoi, mais je suis sûr que le chauvinisme explique beaucoup de choses. Ils sont principalement républicains et plus de 90% des adhérents de chaque parti ont voté pour le candidat à la présidence de leur parti. Mais j’ai une tante qui m’a dit en décembre 2016 pourquoi la victoire de Trump l’a rendue heureuse.

 

« Les problèmes raciaux ont été trop prégnants », a-t-elle écrit en revenant sur la présidence d’Obama. « J’ai remarqué un [changement] positif au cours du dernier mois. Les gens ont souri, m’ont regardé dans les yeux et m’ont souhaité un joyeux Noël. »Je sais ce que vous pensez: Dieu merci, une personne blanche peut enfin rester cinq minutes sans avoir à penser aux races – enfin ma tante est libérée du fléau de quelqu’un qui considère poliment la possibilité qu’elle ne soit pas chrétienne. Enfin elle est libre!

Malheureusement, elle ne plaisantait pas. Son soulagement m’a mis en face de ce qui devrait être évident: Donald Trump a gagné à cause de la peur des autres. Mais le commentaire de ma tante met en évidence un aspect important de l’attraction de Trump. Rendre l’Amérique encore plus belle, c’est revenir non seulement à une ère de suprématie blanche, mais à une époque où le chrétien blanc était supposé être la norme, le paramètre par défaut pour «américain». Dans l’élection, ma tante et beaucoup d’autres électeurs de Trump n’apprécient que la reconnaissance que l’ «Américain» ne pourrait plus représenter autre chose qu’eux-mêmes.

 

*C’est un axiome d’affirmer que notre république a été fondée sur des idées, pas sur l’ethnicité; il serait plus exact de dire qu’il était fondé sur des idées en tension avec l’ethnicité. L’occupation européenne de ce continent s’est produite dans le contexte de l’histoire mondiale, qui n’est pas une histoire principalement d’inclusion et de tolérance. Je pense parfois à la colonisation de l’Amérique du Nord comme la dernière des invasions germaniques de l’Ouest, les hordes de Huns, Francs, Angles, Saxons, Goths et Vandales qui ont balayé les steppes, ont dévasté depuis le Rhin et la Manche, poussé les Pictes et les Celtes de côté, et ont navigué à travers l’Atlantique dès qu’ils ont eu des navires apte à naviguer sur l’océan. Au moment où les tribus blanches ont débarqué à terre, l’idée de la nation avait commencé à germer en Occident, mais était liée à une notion de sang. Alors, qu’avaient-ils à faire avec les autres tribus qui traversaient l’océan, celles trouvées sur place, ou celles amenées ici à contrecœur? En tant que colonisateurs et leurs descendants, les Anglo-Américains ont été confrontés à la diversité dans des circonstances presque uniques. Dans cette diversité, les États-Unis trouveraient leur génie et son péché, ses triomphes et ses atrocités, tout ensemble.

 

Bien avant que des livres récents comme White Trash et Hillbilly Elegy attirent l’attention sur les sous-cultures blanches, l’historien David Hackett Fischer dans Albion’s Seed,  décrit quatre grands groupes d’Amérique du Nord britannique: les puritains d’East Anglia, les cavaliers royalistes du sud et de l’ouest de l’Angleterre, les Quakers des North Midlands et les pauvres des confins anglais, écossais et irlandais. Chacun a laissé une empreinte durable sur les cultures régionales américaines, a-t-il soutenu. C’est fascinant, mais ces groupes différaient beaucoup plus des peuples non britanniques qu’ils rencontraient que les uns des autres. Ces rencontres se sont multipliées lorsque les Anglo-Américains ont annexé les terres des autres par des guerres, des traités ou des migrations.

 

Ils ont eu quatre options pour traiter ces tribus extraterrestres: assimiler, exterminer, expulser ou emprisonner. Ils ont choisi d’assimiler les Hollandais de la Hudson River Valley et les Français de Louisiane. Bien que les deux groupes parlaient leurs propres langues depuis des générations, ils appartenaient au système mondial européen, pour emprunter un concept à Immanuel Wallerstein – une structure d’États et de commerce et de société partagée par les conquérants. Ils analysaient  l’univers dans les mêmes termes.

 

« L’ascension de Trump reflète, entre autres, un thème particulier de l’histoire américaine – un problème non résolu qui nous renvoie à la crise encore et encore ».

 

Au fur et à mesure que les Anglo-Américains élargissaient leurs frontières, ils rencontraient des peuples autochtones qui se tenaient à l’écart de ce système mondial (bien qu’ils aient interagi avec lui). Alors ils ont cherché d’autres choix. À certains moments, ils ont choisi le génocide – une politique préconçue d’extermination – effaçant en grande partie les Pequots du Connecticut, par exemple, et de nombreux peuples de la Californie. Mais ils ont encore plus tablé sur l’expulsion, ou «l’enlèvement des Indiens», souvent après une guerre sauvage. C’était une préoccupation majeure des dirigeants américains. George Washington a ordonné la destruction de nombreux villages iroquois dans la guerre d’Indépendance; Andrew Jackson et William Henry Harrison ont construit des carrières politiques sur les guerres indiennes et les expulsions. Même Abraham Lincoln a servi dans la guerre de Black Hawk de 1832, qui a empêché Sac et Fox de revenir à l’est du Mississippi. Les États-Unis ont dépouillé le Mexique de la moitié de son territoire en 1848, puis ont lutté contre les Navajos résidents et les Apaches dans des guerres qui ont duré jusqu’à la capitulation de Geronimo en 1886. L’enlèvement indien a fini dans le système de réserve, une sorte particulière d’emprisonnement. Les réserves sont des zones d’internement non pas pour des individus, mais pour des nations.

 

En 1848, des dizaines de milliers d’hispanophones se retrouvèrent également sur le territoire américain – et ils étaient plus étrangers, plus marginaux par rapport au système mondial européen, que les Hollandais ou les Français. Ils ont résisté à l’exploitation et à l’incorporation dans la guerre du comté de Lincoln au Nouveau-Mexique, impliquant Billy the Kid (dont les derniers mots étaient en espagnol), et West Texas’s Salt War de 1877. Mais la concentration de la population hispanique fait de l’Arizona et du Nouveau Mexique une sorte de confinement dans une zone organique. Ces territoires ne sont entrés dans l’union qu’en 1912 comme le dernier des 48 états  – 62 ans après la Californie voisine, qu’avaient envahi les colons blancs pendant la ruée vers l’or. Pendant un siècle, cette concentration démographique signifiait que les Latinos ne domineraient pas la politique nationale de la diversité et du fanatisme.

 

Ensuite, il y avait les tribus qui sont venues ici, volontairement. Une vérité persistante à propos de l’immigration est que quelqu’un s’inquiète toujours de ce que les étrangers envahissent le pays. Une autre est que les étrangers sont vraiment un drame s’ils prennent   le contrôle du pays. Une autre est que les étrangers ne veulent pas prendre le contrôle du pays. Benjamin Franklin a soulevé des alarmes au sujet des Allemands qui sont venus dans la Pennsylvanie coloniale. Dans les années 1850, les nativistes Know-Noth devinrent une force politique majeure en faisant campagne contre les catholiques irlandais qui ont échappé à la famine et les Européens centraux qui ont fui après les révolutions ratées de 1848. Mais aujourd’hui, les touristes affluent dans le comté de Lancaster. La ville salue son héritage irlandais le 17 mars. Mais le fretting dure, aussi malfaisant que jamais.

 

*J’ai une autre tante qui m’a dit que mon arrière-grand-mère avait une photo d’elle-même en tenue complète du Ku Klux Klan. Elle a été prise dans l’Illinois dans les années 1910 ou 20, lorsque le Klan a fleuri dans le Nord comme un mouvement anti-immigrant. Des millions de personnes se sont jointes à la colère des Juifs, des catholiques et des Slaves d’Europe de l’Est et du Sud. Et ils ont gagné. La loi de 1924 sur les origines nationales limitait l’immigration et la répartissait selon les proportions des personnes nées à l’étranger recensées 34 ans plus tôt. Maintenant vous savez exactement quand l’Amérique était géniale: c’était en 1890.

 

Cela dit  les nativistes de cette époque s’appelaient les hommes du Klan. Vous pouvez connaître le Ku Klux Klan à partir d’épisodes racistes tels que le renversement violent de Reconstruction et les meurtres de militants des droits civiques au 20ème siècle. En s’identifiant à ce groupe terroriste, les nativistes ont révélé la centralité des Afro-Américains au nationalisme blanc – et à la réalisation de nos meilleurs idéaux et réalisations juridiques. Les Blancs amenèrent ici des Africains captifs pour y vivre en leur sein, ce qui leur interdisait toutes les options possibles pour faire face à l’Autre. L’extermination et l’expulsion iraient toutes deux à l’encontre de l’objectif de l’entreprise: acquérir du travail forcé. Assimilation? Un système d’esclavage héréditaire est, par définition, un rejet de sa possibilité. Alors ils ont emprisonné les Africains, mais les ont largement répandus.

 

La situation a créé un paradoxe: pour asservir un peuple à perpétuité, les Anglo-Américains ont dû créer une idéologie de leur propre supériorité raciale; mais ils vivaient aussi dans la réalité de la pleine humanité des Africains – leur capacité à s’organiser, à riposter, à résister. Même si les propriétaires d’esclaves parlaient des limites intellectuelles et de la nature servile des Noirs, ils craignaient Nat Turner, Denmark Vesey ou Joseph Cinqué, et se moquaient de Harriet Tubman, Frederick Douglass et d’innombrables abolitionnistes noirs aujourd’hui oubliés. Beaucoup d’Irlandais et d’autres immigrés européens irrésolus ont affirmé leur blancheur pour se séparer des Africains, polarisant les hostilités tribales en une division raciale. En Californie, les Chinois présentaient une autre minorité méprisée. Tout comme les Hispaniques et les Amérindiens de l’Ouest, les Afro-Américains sont devenus le pivot du conflit racial dans l’histoire américaine. La minorité la plus grande et la plus redoutée, non seulement vivait parmi les Blancs mais soutenait toute leur économie.L’esclavage a tout touché. En 1860, l’investissement total dans l’ensemble des chemins de fer et des industries manufacturières s’élevait à 2,2 milliards de dollars – en esclaves, 3 milliards de dollars. Le Nord a graduellement éliminé «l’institution particulière», mais s’est aussi enrichi. Prenez mon arrière-arrière-arrière-grand-père: né d’une vieille famille puritaine du Connecticut, il dirigea une goélette dans les années 1820, entre New York et la Nouvelle-Orléans. Il y transportait  le coton, et plus tard il a ouvert une maison de commerce sur le Bowery et Canal, spécialisée dans les textiles, un commerce dépendant en fin de compte du travail d’esclave. En tant que centre maritime et financier de la nation, New York a financé l’expansion de l’esclavage dans le Sud, assuré les investissements dans les êtres humains, transporté le coton vers les usines textiles de Nouvelle-Angleterre et façonné leur production en vêtements.

 

C’était l’agression raciale blanche, pas une défensive des «droits des États», qui a conduit la guerre civile, la reconstruction et l’ère des droits civiques. La crise qui a conduit à la sécession est venue des efforts du Sud pour imposer l’esclavage à travers le Fugitive Slave Act de 1850, une expansion notable du pouvoir fédéral aux dépens des États et pour mettre fin aux interdictions de l’esclavage dans les territoires occidentaux. Les «mangeurs de feu» pro-esclavagistes sont devenus plus idéologiques et plus militants. Lors de l’élection présidentielle de 1860, les politiciens du Sud ont exigé la victoire, sinon ils auraient brisé les États-Unis. Ils en ont fait une négociation avec otage. Ils ne défendaient pas les leurs; ils ont exigé tout cela.

 

Les Afro-Américains ont défini les attentes en se soulevant contre l’esclavage dans la guerre civile qui a suivi. Avec la Proclamation d’émancipation, Lincoln a essayé de rattraper les faits qu’ils ont créés sur le terrain. Après la guerre, avec le soutien du successeur de Lincoln, Andrew Johnson, les Blancs du Sud se sont attaqués férocement à l’affirmation de soi noire. Les républicains au Congrès ne pouvaient pas tolérer les traîtres (comme ils voyaient des confédérés) opprimer la population loyale du Sud (c’est-à-dire, les Afro-Américains émancipés). En 1865, seule la minorité radicale des républicains croyait que les hommes noirs devraient voter, mais la violence et l’intransigeance du Sud poussèrent le Congrès de plus en plus loin, jusqu’à ce qu’il adopte le Civil Rights Act de 1866, les quatorzième et quinzième amendements à la Constitution. obligeant dix États du Sud à affranchir les hommes noirs.

 

« La majorité doit encore réaliser que notre liberté existe à cause des luttes des étrangers, des opprimés, et qu’elle est incomplète. »

 

Ces mesures ont officiellement dé-tribalisé les Etats-Unis. C’est en ce moment – le point culminant d’une lutte contre les Afro-Américains, déclenchée par la résistance afro-américaine – que beaucoup des idéaux que nous attribuons si souvent aux Fondateurs ont effectivement pris effet. Le quatorzième amendement établissait la citoyenneté et l’égalité devant la loi, et protégeait les libertés civiles de l’État ainsi que les infractions fédérales – ce que le Bill of Rights n’a pas fait..

 

La reconstruction a brièvement donné naissance à la démocratie multiraciale. À la fin des années 1860 et dans les années 70, les Afro-Américains ont voté et tenu un bureau public, y compris dans les deux chambres du Congrès, jouant un rôle central dans les trois États à majorité noire. Cela a également eu des conséquences inattendues. Les Républicains ont appliqué l’idéal universel de citoyenneté américaine aux indigènes, mettant fin à la reconnaissance de la souveraineté indienne en 1871. Ils ont utilisé les droits individuels, une grande avancée dans un contexte, pour mettre fin aux droits collectifs si importants pour les peuples. Et l’ère n’a pas duré. En 1877, le gouvernement céda finalement à la violence blanche contre la reconstruction. Ce qui a changé a été l’application, pas la législation ou la Constitution. L’esprit égalitaire de la loi a vécu et est mort avec le conflit politique spécifique qui l’a engendré.

 

Ainsi, le racisme a continué d’infuser les politiques et les pratiques, de la loi d’exclusion chinoise à l’internement de masse américano-japonais en passant par les politiques fédérales du logement affectant l’accession à la propriété et la ségrégation des villes du nord. Lorsque les Afro-Américains ont commencé à prendre de l’avance en matière d’éducation et de prospérité, ils ont fait face à des lynchages et à la ségrégation officielle. Tout au long, leur lutte a continué. La NAACP a été fondée en 1909, à l’apogée du lynchage et des lois de Jim Crow, et a travaillé pendant des décennies pour rendre possibles les campagnes du Dr. Martin Luther King Jr. et de tant d’autres. La principale réalisation du mouvement des droits civiques a été de réactiver les actes de reconstruction et les amendements en luttant et en remportant un nouveau conflit politique qui a donné une nouvelle vie à l’esprit de la loi.

 

Le schéma persiste du progrès et de la réaction. L’ère des droits civiques a entraîné une modification majeure de la loi sur l’immigration qui a considérablement diversifié l’immigration légale (et a fortiori non autorisée). En 1970, note le Pew Research Center, les Latinos représentaient seulement 5% de la population; aujourd’hui, ils atteignent 18% – et ils ne sont plus confinés dans le Sud-Ouest. La réaction? Le raccrochage racial et ethnique explicite, les exigences de langue anglaise, l’incarcération de masse, les attaques sur l’action affirmative, l’insistance sur le fait que les États-Unis ont été créés en tant que nation chrétienne, appellent à un mur à la frontière mexicaine. Cela sonne comme les différentes itérations du Ku Klux Klan. Il n’est pas surprenant que Donald Trump soit devenu président immédiatement après Barack Obama, qui n’était pas seulement noir, mais avait un père musulman kenyan, incarnant toute la gamme des peurs du nationalisme blanc. Trump est une revanche.

 

L’Amérique a le don d’aller trop loin dans ses réactions tribales et, dans le passé, cela a déclenché un contre-mouvement qui, parfois, a conduit à plus de liberté et d’égalité. Mais nous n’avons pas encore corrigé la situation dans notre ère des droits civils, À l’époque, nous avons changé la loi, mais pas nous-mêmes. Les Anglo-Américains conçoivent encore l’identité américaine comme relevant d’eux-mêmes et d’autres. La liberté en tant qu’état à étendre aux nouveaux arrivants, plutôt que quelque chose de l’ordre de la confrontation avec le fanatisme agressif a été réinventé, quelque chose qui nous redéfinit, en tant que peuple. La majorité doit encore réaliser que notre liberté existe à cause des luttes des étrangers, des opprimés, et qu’elle est incomplète. Si nous devons sortir de ce cycle d’affirmation de soi, de réaction et de résistance, nous devons mettre de côté les quatre options du contact tribal – même celle de l’assimilation, qui cherche à altérer l’Autre jusqu’à ce qu’il soit nous. Nous devons croire que la diversité elle-même est l’identité américaine. Nous devons arriver au point où personne ne peut jouir de l’hypothèse qu’elle est la norme.

 

L’espoir dure, même quand le progrès prend des décennies. Si une bande de Blancs dans les années 1860 qui détestaient les Indiens et les Chinois et qui ne tenaient pas trop aux Africains pouvaient trouver en eux-mêmes une nouvelle Constitution pour la rendre neutre et protéger les droits individuels, alors nous avons au moins quelques chances de progrès , même à l’époque de Trump.

Malcolm X, une des personnalités noires les plus importantes de l’histoire contemporaine, est assassiné le 21 février 1965

Malcolm X, une des personnalités noires les plus importantes de l’histoire contemporaine, est assassiné le 21 février 1965

 

22 Février 2018

 
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Le 21 février 1965, Malcolm X, l’une des figures les plus puissantes du mouvement noir était assassiné aux USA. Orateur de talent, doté d’un esprit brillant et intuitif, ainsi que d’une grande probité morale et intellectuelle, l’ex-leader de la « Nation of Islam » ne se contentait pas de discours incantatoires, son engagement sans relâche au service de sa communauté et des droits de l’Homme reflétait la personnalité d’un homme courageux, vertébré par de fortes convictions.

 

Malcolm Little naît le 19 mai 1925 à Omaha, dans le Nebraska. Il est le septième enfant de la famille. Son père est un pasteur baptiste déjà très engagé dans le mouvement de libération des Noirs. Il est influencé par le leader noir panafricaniste, Marcus Garvey, qui exhortait les masses noires à retourner en Afrique.

 

L’enfance du petit Malcolm est difficile : son père est assassiné par une organisation suprémaciste blanche proche du Ku klux Klan dans des conditions épouvantables (il fut poussé sous un tramway, son corps fut coupé en deux). Sa mère, extrêmement marquée par la mort brutale de son mari, fait une dépression nerveuse quelques années plus tard, en 1939, et est internée dans un hôpital psychiatrique. Ses huit enfants sont séparés et envoyés dans différents foyers d’accueil et orphelinats.

 

Malcolm se révèle être un bon étudiant au lycée, mais perd son intérêt pour les études quand un de ses professeurs préférés lui dit que ses ambitions de devenir avocat sont « irréalistes pour un nègre ». Il fait l’école buissonnière et passe quelques temps chez sa soeur Ella à Boston où il effectue quelques petits boulots (cireur de chaussures, laveur d’assiettes…), puis déménage pour Harlem où il commence à commettre de petits délits. De 1942 à 1946, Malcolm est au centre de nombreux trafics (drogue, prostitution, paris clandestins…). Il repart pour Boston où lui et son compère “Shorty” Jarvis sont arrêtés pour cambriolage avec effraction et port d’armes illégal. La sentence est de huit à dix années de prison.

C’est le tournant de sa vie. En prison, il passe des journées et des nuits entières à lire des oeuvres littéraires, philosophiques, historiques et améliore sa formation, sa culture et son éducation. Par l’intermédiaire de son frère récemment converti à l’islam et membre de la “Nation de l’Islam”, Malcolm entend parler pour la première fois des Black Muslims et de leur leader Elijah Muhammad. A sa sortie de prison en 1952 (après six années de prison au lieu des huit à dix initialement prévues) il rencontre Muhammad, se débarrasse de son ancien nom “Little” qu’il considère comme un nom d’esclave, le remplace par “X” qui correspond au nom africain perdu des noirs d’Amérique et devient “ministre” et porte parole de la “Nation de l’Islam.”

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Malcom X

Il utilise les journaux, la radio et la télévision pour propager le message de la “Nation de l’Islam” à travers les Etats-Unis. Son charisme, sa dialectique caustique, son sens de la provocation et de la rhétorique attirent de plus en plus de personnes. Il est en grande partie responsable du succès croissant du mouvement (500 membres en 1952, 30 000 en 1963). L’audience et la controverse qu’il déclenche attire les médias et un week-end spécial lui est consacré en 1959, ce qui marque son émergence comme un des leaders de la communauté noire, et lui fait prendre conscience que sa célébrité a éclipsé celle de son mentor Elijah Muhammad.

 

Les tensions raciales augmentent au début des années soixante, et en plus des médias, Malcolm X attire l’attention du gouvernement américain et du FBI, qui infiltre le mouvement pour en surveiller les activités. En 1963, il apprend que Muhammad aurait eu 6 maîtresses au sein du mouvement et plusieurs enfants adultérins. Il en est profondément déçu et se demande s’il n’a pas mené les masses noires vers un mouvement frauduleux. Cependant, il est lui même contesté au sein du mouvement et accusé de s’occuper plus de l’argent et de sa côte de popularité que de la cause qu’il doit défendre.

 

La marche de Washington en 1963 avec Martin Luther King le laisse sceptique. Il ne comprend pas comment les noirs sont “enthousiasmés par une manifestation dirigée par des blancs en face de la statue d’un président qui est mort depuis plus de 100 ans et qui n’appréciait pas les noirs de son vivant”.

 

Ses déclarations à la suite de la mort de Kennedy (la violence de l’homme blanc a fini par se retourner contre lui, on récolte ce que l’on sème) lui valent des critiques et il est suspendu de son poste de porte parole de la “Nation de l’Islam” pendant 90 jours. Début 1964, il commence à travailler sur son autobiographie avec Alex Haley. En mars, il quitte le mouvement fondé par Elijah Muhammad et accompli un pèlerinage à la Mecque qui tempère son radicalisme, car il a l’occasion de rencontrer des gens d’origine diverses, y compris des blancs, réunis par l’islam. A la fin de son pèlerinage, sous le nom de Malik El Shabbaz, il entreprend plusieurs voyages en Afrique, qui le mèneront au Nigeria, Ghana, Liberia, Sénégal, Maroc et Algérie. Il y rencontre différents ambassadeurs, prend part à des réceptions et prononce plusieurs discours. Au Ghana, Malcolm X s’entretient avec Kwame Nkrumah (homme politique africain ayant contribué à la formation du Panafricanisme). Il replace le combat des noirs aux États-Unis dans le cadre plus vaste de la lutte de libération des peuples opprimés de l’Afrique et du tiers-monde.

 

A son retour aux États-Unis, ses relations avec la “Nation de l’Islam” continuent à se dégrader. Il serait considéré comme homme à abattre. Après plusieurs tentatives d’assassinats commises à son encontre, il ne se déplace plus sans gardes du corps. Le 14 février 1965, un incendie criminel ravage sa maison mais ne fait aucune victime. Le 21 février, alors qu’il s’apprête à prononcer un discours dans la salle des fêtes d’Audubon, à New-York, trois hommes armés, tous présumés membres de la “Nation de l’Islam” s’approchent de l’estrade et tirent à 15 reprises, ne laissant aucune chance à Malcolm X. Il est déclaré mort lors de son transport à l’hôpital.

 

A t-il été tué par “ses frères” ? Ou les commanditaires étaient-ils bien plus puissants ? Toujours est-il qu’il demeure avec Martin Luther 
King l’un des leaders noirs les plus importants de l’histoire contemporaine.

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MalcomX vient d’être assassiné le 21 février 1965 à New York

« La violence de la fraternité » , le dernier discours de Malcolm X prononcé à Rochester le 16 février 1965, soit cinq jours avant son assassinat, témoigne de l’actualité de son analyse du phénomène racial et de la profondeur de sa vision politique sur le pouvoir de la communauté, contre les nationalismes… (revue « multitudes »)

 

Mise à jour du rôle joué par les Etats-Unis dans le massacre anti-communiste en Indonésie

Mise à jour du rôle joué par les Etats-Unis dans le massacre anti-communiste en Indonésie

 

20 Février 2018

Général Suharto

© AP Photo /
 

Le gouvernement américain était pleinement conscient que l’armée indonésienne avait mené une vaste campagne d’assassinat contre des membres du Parti communiste indonésien (PKI) depuis 1965, révèle des documents déclassifiés.

 

Les documents , déclassifiés le 17 octobre à l’Université George Washington par les Archives de la sécurité nationale des États-Unis, confirment que les diplomates de l’ambassade américaine à Jakarta ont tenu un registre des dirigeants exécutés de la PKI. De plus, les autorités américaines ont activement soutenu les efforts de l’armée indonésienne pour détruire le mouvement ouvrier de communiste  dans le pays.

 

Les purges anticommunistes de 1965 et 1966 ont été décrites par la CIAcomme « l’un des pires meurtres de masse du 20ème siècle ». Entre 400 000 et un million d’accusés de gauche ont été tués, même quelques estimations parlent de trois millions.On sait depuis longtemps que les États-Unis et les gouvernements alliés ont soutenu la prise de contrôle militaire en 1965. L’ambassade américaine et la CIA ont été accusées d’avoir fourni aux forces de Suharto des armes, une aide économique, une formation et une liste de noms. de 5000 communistes.

 

L’un des câbles nouvellement déchiffrés provient de la première secrétaire de l’ambassade, Mary Vance Trent, qui a informé Washington du «changement fantastique qui s’est produit en seulement 10 semaines». Au cours de cette période, environ 100 000 personnes ont été tuées.

 

Les documents confirment que Washington a contribué à la prise du pouvoir par des moyens militaires et à la purge des opposants communistes.

Dans un télégramme de 1966, envoyé par Edward Masters, officier de la CIA, on discute du «problème» des prisonniers communistes capturés.

 

« De nombreuses provinces semblent faire face à ce problème avec succès en exécutant leurs prisonniers [communistes], ou en les tuant avant d’être capturés, une tâche dans laquelle des groupes de jeunes musulmans fournissent une assistance », a déclaré M. Masters.

 

Le Département d’Etat américain a compilé les documents en 2001 et les a ensuite classés. Seulement aujourd’hui, ils sont venus à la lumière.

 

« Franchement, nous ne savons pas si le chiffre réel est plus proche de 100 000 ou 1 000 000 [victimes] », indique-t-on dans un télégramme d’avril 1966 annexé au rapport.

 

Le sénateur américain Tom Udall, qui avait présenté un projet de loi en 2015 qui exige la déclassification de tous les documents américains liés à la question et appelle l’Indonésie à créer une commission de vérité et de réconciliation sur le massacre , a salué la publication de ces documents.

« Ces documents apporteront une plus grande transparence sur le soutien américain au gouvernement indonésien au cours de la même période où ces crimes horribles ont été commis », a déclaré Udall.

 

Siège de la CIA
© AP PHOTO / J. SCOTT APPLEWHITE
 

L’Indonésie, qui était une colonie des Pays-Bas pendant des siècles, a déclaré son indépendance en août 1945, date à laquelle l’Etat moderne d’Indonésie a été fondé, avec le socialiste et anti-impérialiste Sukarno comme premier président de la nouvelle nation.Sukarno a essayé de trouver un équilibre entre l’armée, l’islam et le communisme dans une politique appelée Nasakom. En outre, il a été un membre fondateur du Mouvement des non-alignés, avec d’autres pays anciennement colonisés tels que l’Egypte et l’Inde.

 

Mais au fil du temps, Sukarno a davantage favorisé ses alliés communistes, en particulier ceux qui étaient à l’étranger, en particulier la Chine et l’Union soviétique. La pauvreté et la faim ont secoué le troisième plus grand pays communiste du monde. L’Indonésie a accumulé d’énormes dettes avec Pékin et Moscou. Sukarno a également réprimé les islamistes et a essayé d’affaiblir les éléments militaires de la société, en créant une milice paysanne alignée avec les communistes.

 

Après un coup d’Etat manqué contre Sukarno en septembre 1965, l’armée a accusé le Parti communiste indonésien et les Chinois de la crise. La nation est rapidement devenue impliquée dans une purge brève mais extrêmement sanglante.

 

L’armée et les islamistes se sont alliés pour éliminer le régime de Sukarno, massacrant la direction du parti communiste. Les documents ont également suggéré que l’ambassade américaine avait des preuves crédibles que le coup d’Etat n’avait pas été orchestré par les communistes, et qu’ils  en étaient responsables. En outre, la motivation derrière la tentative de coup reste en litige.Le chef de la rébellion, Suharto, a pris le contrôle de la présidence et a mis Sukarno en résidence surveillée, où il est mort en 1970 d’une insuffisance rénale. Suharto, en tant que dictateur militaire, a promu une politique étrangère amicale avec les États-Unis jusqu’à ce qu’il soit forcé de démissionner en 1998.

 

L’héritage du massacre reste un sujet brûlant de controverse en Indonésie et suscite beaucoup de controverse. Pour le moment, Jakarta n’a pas été capable de créer un compte conciliatoire de cet épisode historique.

 

Ne le manquez pas: le  silence suit un demi-siècle après le massacre des communistes en Indonésie

The National interest : L’ancien Empire soviétique contre-attaque

The National interest : L’ancien Empire soviétique contre-attaque

 

20 Février 2018

  • L’Empire soviétique (ancien) contre-attaque ou l’obsession anticommuniste des conservateurs américains qui lisent la réalité d’aujourd’hui avec les lunettes de la guerre froide. L’obsession de Staline s’interroge.Même caricature d’ailleurs à propos de la Chine, cet imaginaire pourrait être ridicule, il est inquiétant tant il est puéril, mais il signifie aussi que c’est tout une manière de répondre à tous les besoins d’une société contradictoire avec le capitalisme que représentait le communisme et que celle-ci perdure comme une éternelle alternative.l
  • (note et traduction de danielle Bleitrach)
Le président russe Vladimir Poutine assiste à une cérémonie de dépôt de fleurs au cimetière commémoratif de Piskaryovskoye à l'occasion du 75e anniversaire de la percée du siège nazi de Leningrad pendant la Seconde Guerre mondiale, à Saint-Pétersbourg

L’ingérence de la Russie dans le système politique américain fait partie d’une campagne mondiale plus large visant à saper ce que le Kremlin considère comme un ordre international dominé par l’Occident.

 

Il a fallu beaucoup de temps, mais l’administration Trump, dans la Stratégie de sécurité nationale et la Stratégie de défense nationale récemment publiée, parle enfin de la Russie en tant que concurrent stratégique. Mais avant que la bureaucratie de la sécurité nationale ne prenne la tête de la guerre froide, Washington devrait prendre son souffle et relever ce défi avec patience, réalisme, prudence et retenue pour éviter de dépasser les attentes en protégeant les intérêts américains.

 

Depuis 2012, la Russie mène une campagne sophistiquée, bien financée et généralement couronnée de succès pour réaffirmer son influence mondiale aux dépens de l’Occident . Cependant, il n’est nullement évident, comme le prétend la nouvelle stratégie de défense nationale, que la Russie veut façonner un monde conforme à son modèle autoritaire et obtenir un droit de veto sur les décisions économiques, diplomatiques et sécuritaires des autres nations. On ne sait pas non plus si l’administration a la volonté ou la capacité de réagir de manière efficace et durable à la Russie globale, étant donné l’instinct surnaturel de Trump de donner à Poutine un comportement agressif en Russie et un processus de décision interorganisationnel désorganisé.

 

Mais en supposant que la Maison Blanche puisse mettre ses agences de sécurité nationale sur la même longueur d’onde, comment les Etats-Unis devraient-ils faire face au défi posé par l’activisme mondial de la Russie? La première étape consiste à comprendre les sources de la conduite russe et le défi qu’elle présente. La seconde est de déterminer quand, si et comment répondre aux activités mondiales de la Russie.

 

Les Russes arrivent, les Russes arrivent

 

L’ingérence de la Russie dans le système politique américain fait partie d’une campagne mondiale plus large visant à saper ce que le Kremlin considère comme un ordre international dominé par l’Occident et à rogner sur les normes libérales et les institutions qui le sous-tendent. Comme le personnage du film Zelig de Woody Allen en 1983, Poutine et ses sbires se sont manifestés dans presque tous les coins du globe pour contester l’influence américaine et sa direction de cet ordre.

 

En Europe, il existe des preuves de tentatives russes d’influencer le vote du Brexit 2016 et de promouvoir des candidats d’ extrême droite et marginauxayant des liens avec le Kremlin lors des élections en France, en Allemagne et en Italie. Moscou a également cherché à attiser le séparatisme catalan avant le référendum sur l’indépendance d’octobre 2017 et a soutenu un coup d’État au Monténégro pour l’empêcher d’adhérer à l’OTAN. Le Kremlin a jalonné la voie de l’intégration des pays balkaniques à l’Ouest avec de nombreux obstacles. Le ministre bosniaque de la sécurité a récemment averti que des mercenaires formés par la Russie avaient mis en place une unité paramilitaire pour soutenir Milorad Dodik, le chef séparatiste serbe du pays.

 

Au Moyen-Orient et en Afrique, Moscou est maintenant aux commandes en essayant de naviguer dans une transition pacifique du pouvoir vers un ordre politique post-Assad. La Russie a récemment signé un important contrat d’armement avec la Turquie, alliée de l’OTAN, et collabore avec Ankara pour empêcher un nouvel expansionnisme kurde en Syrie. conclu un accord avec l’Egypte qui permettrait aux avions russes d’opérer hors des bases égyptiennes; et a augmenté son soutien à un chef de guerre libyen qui contrôle maintenant la moitié du pays. En Afrique du Sud, la Russie est au plus profond des scandales de corruption qui ont secoué le gouvernement Zuma

 

Plus près de nous, la Russie espère réaffirmer ses anciens liens commerciaux avec Cuba et reprendre les opérations militaires et de renseignement sur l’île. Le conseiller américain à la sécurité nationale, HR McMaster, a récemment mis en garde contre l’ingérence de la Russie dans les prochaines élections présidentielles mexicaines, en faveur d’un candidat populiste qui fait campagne sur des thèmes anti-américains . Les responsables canadiens ont mis en garde contre les opérations d’ influence russe dans le pays. Le Kremlin utilise des prêts pour soutenir le régime autoritaire de Maduro au Venezuela, engloutissant une grande partie des actifs pétroliers et gaziers du pays à des prix défiant toute concurrence.

 

Que veut la Russie?

 

Beaucoup de ces activités apparemment disparates reflètent la quête de la Russie pour un monde multipolaire. Ce principe d’organisation de la politique étrangère russe a été énoncé pour la première fois au milieu des années 1990 par le ministre russe des Affaires étrangères, Yvegeny Primakov. Il a été repris dans tous les principaux discours de politique étrangère de Sergueï Lavrov depuis 1994, d’abord en tant qu’ambassadeur de la Russie à l’ONU et depuis quatorze ans en tant que ministre russe des Affaires étrangères. Poutine a ponctué ce thème dans sa complainte en 2005 selon laquelle « l’éclatement de l’URSS était la plus grande tragédie géopolitique du 20ème siècle » et lors de son discours à la conférence de sécurité de Munich en 2007, quand il a dénoncé « la domination monopolistique des Etats-Unis rapports. »

 

Au cours de la dernière décennie, Poutine a parlé de « l’anarchie de l’exceptionnalisme américain » et de sa mauvaise gestion de l’ordre international libéral. Les expositions AF, dans son mémoire, sont l’invasion américaine de l’Irak par l’administration Bush en 2003 et la mauvaise gestion de l’économie nationale; la décision de l’administration Obama de renverser le régime de Kadhafi en 2011 et de s’éloigner des débris qu’elle a laissés derrière elle; Les efforts d’Obama pour soutenir le renversement du régime d’Assad; La promotion par les États-Unis de la démocratie et des «révolutions colorées» dans l’ex-Union soviétique; et une décennie d’échec de la politique en Afghanistan . Dans l’esprit de Poutine, nombre de ces actions ont contribué à engendrer l’état actuel de désordre global, la montée de l’extrémisme islamique et la tourmente qui a englouti le Moyen-Orient.

 

Ainsi, l’activisme mondial de la Russie est profondément enraciné dans la vision de Poutine de ce à quoi il veut que le monde ressemble et du rôle et de la position globaux de la Russie dans ce monde. En outre, Moscou ne le fait pas, simplement parce qu’elle est hostile au pouvoir de l’Occident et veut miner les institutions démocratiques, sécuritaires et économiques occidentales, bien qu’elle le fasse certainement. La Russie se mondialise également en raison de son économie atone au pays et de son désir de faire davantage d’affaires à l’étranger – et parce que le fait d’être considérée comme l’égale des États-Unis sur la scène mondiale et de défendre les États-Unis est une bonne politique.

 

Que ferait George Kennan?

 

George Kennan a un jour comparé les Etats-Unis à un dragon géant et endormi: lent à se réveiller mais une fois éveillé, il se débat violemment pour tuer ceux qui ont troublé sa tranquillité. Maintenant que l’administration Trump a reconnu la Russie comme une priorité majeure de sécurité nationale, elle ne devrait pas chercher à détruire les dragons, mais commencer par poser les questions suivantes: quels intérêts américains sont menacés par les actions russes et quelle est la probabilité La Russie peut atteindre ses objectifs; quel est l’objectif que Washington espère atteindre en repoussant ces activités et pourquoi nous attendons-nous que les mesures proposées l’atteignent; Quels sont les coûts et les conséquences probables de ces mesures et comment pourraient-elles être gérées ou atténuées? et que devrions-nous faire si nos mesures ne parviennent pas à faire progresser nos résultats préférés.

 

En répondant à ces questions, il est important de se rappeler que le Kremlin ne fonctionne pas à partir d’un plan directeur et que nous ne regardons pas Cold War, la suite. Le Kremlin ne veut pas diriger le monde. Poutine comprend les limites de la puissance russe et les coûts et les risques d’être le gros chien sur le bloc; il veut plutôt accélérer la transition du monde unipolaire de l’après-guerre froide dirigé par Washington vers un monde à plusieurs pôles dans lequel la Russie a une place sûre à la table. Le Kremlin n’offre aucune alternative viable à la commande existante.

 

La Russie n’a pas non plus créé les problèmes qu’elle exploite; Au contraire, il profite des opportunités pour combler les vides créés par la doctrine «America First» de Trump et les faux pas américains et occidentaux. En effet, les activités russes sont moins de feu et de fureur et plus pour le spectacle et pour renverser l’oiseau aux États-Unis. La Russie continuera à se retirer de la Chine dans la région Asie-Pacifique. La Russie n’est pas près de dominer l’Europe, ses activités en Afrique et dans cet hémisphère ont une valeur nuisible mais ne sont pas des changeurs de jeu, et le Kremlin n’a aucun intérêt à réparer un Moyen-Orient brisé, en colère et dysfonctionnel.

 

En outre, la Russie n’est pas à l’abri de la surenchère ou du retour de flamme. Le Kremlin a réussi à limiter les efforts d’intégration et de réforme intérieure de l’Ukraine, et il a également exacerbé les tensions dans l’unité transatlantique. Mais pour la première fois en une génération, l’agression russe en Ukraine et les menaces contre d’autres États européens ont déclenché un véritable débat au sein de l’OTAN sur l’amélioration des défenses de l’Alliance et certaines augmentations nécessaires des dépenses de défense alliées. L’agression de la Russie contre l’Ukraine a cimenté l’orientation occidentale de cette dernière et a suscité un intérêt au cœur des rêves de Moscou d’intégrer l’Ukraine dans l’Union économique eurasienne (EEU), pièce maîtresse de l’objectif de Poutine de créer un contrepoids dirigé par la Russie.

 

Bien que l’intervention de la Russie à l’élection présidentielle américaine de 2016 ait alimenté le dysfonctionnement politique, elle a également provoqué une tempête politique qui a affaibli la capacité de Trump à rétablir les relations avec Moscou et renforcé les sanctions contre la Russie. et une empreinte politique et économique croissante dans plusieurs pays de l’UE ou de l’OTAN. Le soutien de Moscou à la candidate à l’élection présidentielle française d’extrême droite, Marine Le Pen, s’est également retourné contre lui. Il a non seulement souligné les tentatives de la Russie d’intervenir dans la politique française, mais a également renforcé la sensibilisation du public européen aux efforts d’influence de Moscou et a renforcé la résilience européenne face à l’ingérence russe. Les efforts antérieurs de la Russie pour montrer son leadership mondial ou régional – à travers les BRICS, l’OTSC et l’UEE – ont tous échoué.

Ainsi, les Etats-Unis ne devraient pas confondre les activités russes avec succès – toutes leurs actions ne donneront pas les résultats souhaités par Moscou ou nuisent à d’importants intérêts occidentaux. Lorsque cela est le cas, l’Occident devrait veiller à ne pas réagir de manière excessive, car cela ne ferait que renforcer Poutine aux yeux du public russe et lui conférerait le statut mondial dont il a besoin, lui donnant des victoires peu coûteuses. 

Le Kremlin n’abandonnera pas sa stratégie globale et lorsque les activités russes menaceront les intérêts et les valeurs occidentaux, tels que ses tentatives de saper les processus démocratiques et les institutions économiques et de sécurité transatlantiques, les Etats-Unis et leurs alliés devraient chercher à réduire, contenir ou minimiser impact sur ces intérêts. Mais le cœur de la réponse américaine aux activités mondiales de la Russie devrait s’articuler autour de sanctions plus ciblées et d’informations sur ce que fait la Russie dans les pays alliés et amis et échanger les meilleures pratiques pour renforcer la résilience de leurs sociétés, institutions politiques, secteur financier et cyber Infrastructure. Cela mettrait également en évidence les échecs russes et les coûts énormes pour l’Etat russe de ses activités. C’est l’approche large que l’Occident a adoptée pour des activités soviétiques similaires pendant la guerre froide. Cela a fonctionné à l’époque et cela peut fonctionner à nouveau tant que les États-Unis et leurs partenaires se rappellent forces et valeurs fondamentales.

 

Richard Sokolsky, actuellement boursier non résident de la Fondation Carnegie pour la paix internationale, a servi dans le département d’État pendant trente-sept ans.

 

Paul Stronski est senior fellow chez Carnegie et ancien directeur de NSC pour la Russie et l’Asie centrale.

Le directeur du FBI réinvente « le péril jaune »

Le directeur du FBI réinvente « le péril jaune »

 

16 Février 2018

  • Le directeur du FBI dit qu’il n’y a pas que le gouvernement, toute la société chinoise est une menace pour les Etats-Unis – et que les Américains doivent se dresser  pour se défendre… Bref , le directeur du FBI réinvente le « péril jaune »… Cela dit sa description rappelle étrangement le livre « La guerre hors  limite » dont nous avons parlé ici.

https://histoireetsociete.wordpress.com/2011/12/24/la-guerre-hors-limites-qiao-liang-et-wang-xiangsui/

 

  • (note et traduction de danielle Bleitrach)

Michal Kranz

13 février 2018, 21h00

http://uk.businessinsider.com/china-threat-to-america-fbi-director-warns-2018-2

 

christopher wray fbi chine xi jinpingLe directeur du FBI Christopher Wray et le président chinois Xi Jinping. AP / Andrew Harnik / Fred Dufour / Piscine

  • Le directeur du FBI, Christopher Wray, a émis un avertissement sévère sur l’influence croissante de la Chine lors d’une audience du Comité sénatorial du renseignement mardi.
  • Il a dit que la Chine mettait en œuvre un plan visant à remplacer les États-Unis en tant que principale puissance mondiale, y compris en infiltrant le monde universitaire.
  • Des rapports récents ont suggéré que si les Instituts Confucius de Chine sont ostensiblement des centres d’apprentissage des langues, ils servent souvent de véhicules à la propagande chinoise dans les universités du monde entier, y compris aux États-Unis.
  • Les experts du renseignement ont également cité les menaces chinoises contre la cybersécurité comme une préoccupation majeure en 2018.

Le directeur du FBI, Christopher Wray, a réitéré mardi une opinion répandue parmi les responsables du renseignement américain que la Chine cherche à devenir une superpuissance mondiale par des moyens non conventionnels – mais il l’a présentée comme une menace gouvernementale et sociétale aux Etats-Unis.

 

S’exprimant devant le Comité sénatorial du renseignement aux côtés d’autres agences de renseignement américaines, M. Wray a déclaré que pour saper le pouvoir militaire, économique, culturel et informationnel des États-Unis, la Chine utilisait des méthodes qui ne reposaient pas uniquement sur ses institutions étatiques.

 

« L’une des choses que nous essayons de faire est de considérer la menace chinoise comme n’étant pas seulement une menace pangouvernementale, mais une menace pèse sur toute la société », a déclaré M. Wray. « Et je pense qu’il va falloir une réponse de toute la société de notre part. »

 

En réponse à une question du sénateur Marco Rubio sur la question de savoir si la Chine envisageait de dépasser les Etats-Unis en tant que puissance dominante dans le monde, Dan Coats, le directeur du renseignement national, a fait écho à Wray.

 

« Il ne fait aucun doute que ce que vous venez de décrire est ce qui se passe avec la Chine », a déclaré M. Coats. « Ils le font d’une manière très intelligente, ils le font d’une manière très efficace, ils regardent au-delà de leur propre région. »

 

Coats a indiqué que plusieurs agences menaient des « études intensives » pour comprendre comment la Chine cherche à réaliser son programme mondial.

 

L’épée à double tranchant des universitaires ouverts

 

Wray a souligné l’utilisation par la Chine de sources de renseignement non conventionnelles comme un exemple de sa portée.

 

Il a déclaré que les « collectionneurs » – ce que la communauté du renseignement appelle les gens qui recueillent des renseignements au nom des agences ou des gouvernements – ont infiltré les universités américaines.

 

« Je pense que dans ce contexte, je dirais que l’utilisation de collectieurs non traditionnels – en particulier dans le milieu universitaire, professeurs, scientifiques, étudiants – nous en révèle  dans presque tous les bureaux de terrain que le FBI a à travers le pays », a déclaré Wray. .

 

« Ils exploitent l’environnement très ouvert de recherche et de développement que nous avons, que nous vénérons tous, mais ils en profitent », a déclaré M. Wray, ajoutant qu’il y avait une « naïveté » parmi les universitaires sur les risques posés. par des ressortissants étrangers dans les universités américaines.

 

L’Institut de l’éducation internationale a constaté que les universités américaines ont accueilliplus d’un million d’étudiants internationaux durant l’année scolaire 2015-2016, dont près de 329 000 étudiants chinois.

 

Bien qu’il n’y ait aucune preuve qu’un grand nombre d’étudiants ou d’universitaires chinois dans les universités américaines constituent une menace pour les intérêts américains, le gouvernement chinois utilise plusieurs efforts d’éducation comme véhicules pour le soft power.

 

L’un est l’ Institut Confucius , auquel Rubio a fait allusion lors de l’audience du Sénat.

 

Ces instituts reflètent de nombreuses autres entités d’éducation en langues étrangères que les pays financent à travers le monde, mais avec quelques réserves. Plutôt que d’exister en tant que corps autonome, ils sont insérés dans des universités aux États-Unis et ailleurs. Et la politique étrangère a rapporté l’année dernière que bien que leur mission soit de promouvoir la diplomatie culturelle, ils diffusent la propagande chinoise et restreignent les professeurs.

 

En réponse au danger perçu par ces instituts pour l’expression ouverte, l’Université de Chicago et l’Université d’État de Pennsylvanie ont fermé les Instituts Confucius sur leurs campus en 2014. D’autres universités mondiales ont emboîté le pas.

 

Les Instituts Confucius sont également présents en Afrique , où la Chine développe son pouvoir économique et politique.

 

Quartz a rapporté en novembre que des gens dans des pays comme la Zambie et le Zimbabwe étaient encouragés à considérer la Chine comme une force économique positive et une source de progrès et d’opportunités dans le cadre de la politique « Regarder vers l’Est ».

 

En raison de cette poussée, le nombre d’étudiants africains en Chine a explosé au cours des 10 dernières années, indique le rapport Quartz.

 

Menaces chinoises de cybersécurité

 

Lors de l’audition au Sénat, mardi, les principaux chefs de l’industrie américaine ont attiré l’attention sur les stratégies chinoises de cybersécurité.

 

« Franchement, les Etats-Unis sont attaqués par des entités qui utilisent le cyber pour pénétrer pratiquement toutes les actions majeures qui ont lieu » aux Etats-Unis, a déclaré Coats.

 

Christopher Wray, directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI); Mike Pompeo, directeur de la Central Intelligence Agency (CIA); Le directeur du renseignement national (DNI) Dan Coats; Robert Ashley, directeur de l'Agence de renseignement de défense; Michael Rogers, directeur de l'Agence de sécurité nationale (NSA); et le directeur de la National Geospatial Intelligence Agency, Robert Cardillo, témoignent devant une audience duLes chefs de la sécurité des États-Unis témoignent à l’audience du Comité sénatorial du renseignement sur les menaces mondiales. Thomson Reuters

 

L'évaluation de la menace mondiale de la communauté américaine du renseignement , également publiée mardi, décrit les capacités cybernétiques de la Chine.

 

« La Chine continuera d’utiliser le cyberespionnage et renforcera les capacités de cyberattaques pour soutenir les priorités de sécurité nationale », indique le rapport, ajoutant que si la cyberactivité de la Chine est à des niveaux beaucoup plus bas qu’avant septembre 2015, elle reste menaçante.

Il poursuit: « La plupart des cyber-opérations chinoises détectées contre l’industrie privée américaine sont axées sur des entreprises de défense et des entreprises de technologies de l’information et de communications dont les produits et services soutiennent les réseaux gouvernementaux et privés du monde entier. »

 

Soulignant les résultats, plusieurs chefs de renseignement ont réaffirmé la nécessité de renforcer les efforts de contre-espionnage des États-Unis dans le cyberespace. Beaucoup l’ont identifié comme l’une des principales priorités de la communauté du renseignement pour l’année à venir.

 

M. Wray a déclaré qu’avec tant de facettes de la société américaine menacées, il faudrait beaucoup plus que des agences de renseignement pour combattre la Chine.

 

« Ce n’est pas seulement la communauté du renseignement », a-t-il dit, « mais elle sensibilise notre secteur académique, au sein de notre secteur privé, dans le cadre de la défense ».

 

Le CHIEN DE GUERRE américain veut mordre. Mais QUOI et COMMENT ?

Publié par El Diablo

Le CHIEN DE GUERRE américain veut mordre. Mais QUOI et COMMENT ?

Le CHIEN DE GUERRE américain veut mordre. Mais QUOI et COMMENT ?

Ce pourrait être vraiment drôle, si ce n’était pas si dangereux pour des millions de personnes vivant dans le monde. L’Empire, autrefois puissant, impitoyable et effrayant, saute maintenant comme un chien atteint de la rage; il salive, aboie bruyamment, sa queue est raide entre ses jambes.

 

Il happe à gauche et à droite, et périodiquement, il essaie même de mordre un morceau de Lune. Mais la Lune est loin, trop loin, même pour le pays le mieux armé et le plus agressif de la Terre.

 

L’Iran est beaucoup plus proche, de même que la Corée du Nord, la Syrie, le Venezuela, la Russie, la Chine, le Pakistan et d’autres pays qui ont réussi à se poser sur cette fameuse liste de merde de l’Ordre mondial néo-colonialiste fabriquée par l’Occident.

 

Le directeur général de ce que l’Occident aime définir comme le «monde libre» se comporte de plus en plus comme un voyou et un raciste, insultant les pays africains qui ont survécu au génocide et à la traite des esclaves et qui ont été pendant des siècles, colonisés, pillés et asservis d’abord par divers Etats européens « éclairés », puis par les efforts coordonnés des gouvernements occidentaux et des multinationales.

 

[…]

 

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

Mike Pence: les États-Unis sont prêts à parler avec la Corée du Nord

Mike Pence : les États-Unis sont prêts à parler avec la Corée du Nord

 

12 Février 2018
Vous remarquerez que nos médias français qui ne pouvaient parler de la Corée du nord sans inventer une histoire totalement ubuesque et délirante sur son dirigeant ont du mal à suivre le film, mais que l’on se rassure ils sauront rapidement où est leur devoir et leur ligne et quelle que soit leur antipathie pour Trump ils suivront sa ligne erratique
 
(note et traduction de Danielle Bleitrach).


Publié: Feb 12 2018 05:32 GMT

Le vice-président des États-Unis et le président de la Corée du Sud ont convenu d’une stratégie que Pence a décrite comme « pression et engagement maximum en même temps ».

 

Mike Pence: États-Unis est prêt à parler avec la Corée du Nord

Le Vice-président américain, Mike Pence, le chef de l’État de la Corée du Nord, Kim Yong-nam, et la sœur cadette du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, Kim Yo-jong, assistent à la cérémonie d’ouverture les Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang, en Corée du Sud, le 9 février 2018.

Les Etats-Unis sont prêts à participer à des pourparlers avec la Corée du Nord sur son programme nucléaire, a déclaré le vice-président américain Mike Pence dans une interview au Washington Post .

 

Lors des rencontres dans le cadre des Jeux Olympiques d’hiver à Pyeongchang, Pence et le président sud-coréen Moon Jae-in se sont entendus sur une stratégie  après les Jeux Olympiques, que le vice-président américain qualifie de « pression maximale » et engagement en même temps.

 

« Si tu veux parler, on parlera »

 

« La pression ne sera pas diminuée jusqu’à ce qu’ils fassent vraiment quelque chose que l’alliance estime représenter un pas significatif vers la dénucléarisation », a déclaré Pence.

 

De cette façon,  « la campagne de pression maximale va continuer et s’intensifier », selon le haut responsable américain. « Mais si vous voulez parler, nous parlerons », a ajouté Pence.

 

Selon les médias, les commentaires du vice-président représentent un écart par rapport à la position antérieure de l’administration Trump selon laquelle il ne s’engagerait dans un dialogue avec la Corée du Nord que si Pyongyang acceptait l’objectif de la dénucléarisation.

 

Pence a endossé ce nouvel engagement après que Moon lui ait assuré que les Nord-Coréens n’obtiendraient pas des avantages économiques ou diplomatiques simplement en parlant, mais en prenant des mesures concrètes vers la dénucléarisation, a indiqué le journal

Quand ils lynchaient les noirs, les blancs aussi se croyaient soldats de Dieu

Quand ils lynchaient les noirs, les blancs aussi se croyaient soldats de Dieu

 

11 Février 2018

Jamelle Bouie, traduit par Bérengère Viennot — 

A l’instar des barbaries de l’Etat islamique, le lynchage et la torture des noirs américains pendant la ségrégation n’étaient pas seulement des actes de racisme mais aussi des actes empreints de signification religieuse, justifiés par le christianisme de l’époque

Carte postale du lynchage de Duluth qui a eu lieu en juin 1920 via Wikimedia / Domaine public
Carte postale du lynchage de Duluth qui a eu lieu en juin 1920 via Wikimedia / Domaine public
Si, selon un certain cliché, les Américains ont la mémoire courte, cela n’empêche pas, depuis le samedi 7 février, un bon nombre d’entre nous de débattre au sujet des guerres de religion médiévales et de l’idée que nous puissions en tirer quelques leçons sur la violence qui règne aujourd’hui au Moyen-Orient.
 
Ce qu’a dit Obama
 
Pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, ce débat fait suite aux commentaires du président Obama lors du National Prayer Breakfast annuel, où –après avoir condamné le groupe radical Etat islamique et l’avoir qualifié de «culte de la mort»– il a proposé une réflexion appelant à la rationalisation.
«Avant de monter sur nos grands chevaux et de penser que le phénomène est l’apanage d’un lieu différent du nôtre, souvenons-nous que pendant les croisades et l’Inquisition, les gens ont commis des actes atroces au nom du Christ. Dans notre patrie, l’esclavage et les lois [ségrégationnistes] Jim Crow ont trop souvent été justifiés au nom du Christ (…) Par conséquent, cela n’est pas l’apanage d’un seul groupe ou d’une seule religion. Il existe une tendance en nous, une tendance immorale qui peut pervertir et déformer notre foi.»
Ce point simplissime –«aucune foi n’a le monopole de l’arrogance religieuse»– est devenu un point d’ignition partisan incitant les conservateurs à sermonner le président en l’accusant de «mettre sur le même pied» chrétiens croisés et radicaux islamiques, à l’accuser d’entretenir des croyances anti-chrétiennes et à se demander pourquoi il évoque un conflit vieux de plusieurs siècles, quand bien même on relèverait quelques analogies entre celui-ci et l’époque actuelle.
 
Ce qui nous manque dans l’argument sur les croisades cependant, c’est la mention par Obama de l’esclavage et de Jim Crow. Dans The Atlantic, Ta-Nehisi Coates choisit de souligner les justifications religieuses de l’esclavage américain, et il vaut la peine d’en faire autant pour son successeur d’après la guerre de Sécession. Et puisque nous en sommes à réfléchir en termes de violence religieuse, nous nous devons de nous pencher sur le spectacle le plus brutal du règne de Jim Crow: le lynchage.
 
Pendant pratiquement tout le siècle entre les deux Reconstructions américaines, la plus grande partie du Sud blanc a fermé les yeux et approuvé la violence terroriste exercée contre les noirs. Un nouveau rapport de l’Equal Justice Initiative, basée en Alabama, signale presque 4.000 lynchages de noirs dans 12 Etats du Sud –en Alabama, en Arkansas, en Floride, en Géorgie, dans le Kentucky, en Louisiane, dans le Mississippi, en Caroline du Nord et du Sud, au Tennessee, au Texas et en Virginie– entre 1877 et 1950, ce qui, note l’organisation, représente «au moins 700 lynchages de plus dans ces Etats que ce qui avait été signalé auparavant».
Il serait inconcevable qu’ils aient pu infliger douleurs et tourments aux corps des hommes noirs sans imaginer cette violence en tant qu’acte religieux 
 
Amy Louise Wood, historienne
 
« Le Juge Lynch » –nom donné par la journaliste et militante antiségrégationniste Ida B. Wells aux foules de lyncheurs– se montrait capricieux, impitoyable et barbare à l’égard de ses victimes. C.J. Miller, accusé à tort du meurtre de deux sœurs adolescentes blanches dans l’ouest du Kentucky, fut « traîné dans les rues jusqu’à un échafaud de fortune fait de vieilles douves de tonneau et autre petit bois», écrit l’historien Philip Dray dans At the Hands of Persons Unknown: The Lynching of Black America. Ses agresseurs le pendirent à un poteau téléphonique, et tandis que «la première chute lui brisa le cou (…) le corps fut soulevé et abaissé à maintes reprises pendant que la foule le criblait de balles avec des armes de poing ». Son corps resta pendu dans la rue pendant deux heures, au cours desquelles il fut photographié et mutilé par des badauds. Puis il fut décroché et brûlé.
Plus sauvage encore fut le lynchage de Mary Turner, tuée pour avoir protesté contre le meurtre de son mari, et de l’enfant qu’elle portait.
«Devant une foule où se trouvaient des femmes et des enfants, écrit Philip Dray, Mary fut déshabillée, pendue par les chevilles, aspergée d’essence et brûlée à mort. Au milieu de son supplice, un homme blanc lui ouvrit le ventre avec un couteau de chasse et son bébé tomba à terre, poussa un cri et fut piétiné à mort.»

Des rituels de l’évangélisme sudiste et de son dogme

 

Ces lynchages n’étaient pas seulement des punitions infligées par des groupes d’autodéfense, ou, comme le note l’Equal Justice Initiative, « des actes de célébration du contrôle et de la domination d’une race sur l’autre ». C’était des rituels. Et plus spécifiquement, des rituels de l’évangélisme sudiste et de son dogme d’alors prônant la pureté, le littéralisme et la suprématie blanche.
 
« Le christianisme était le principal prisme par lequel la plupart des Sudistes conceptualisaient et donnaient un sens à la souffrance et à la mort, quelle que soit leur forme », écrit l’historienne Amy Louise Wood dans Lynching and Spectacle: Witnessing Racial Violence in America, 1890–1940.
«Il serait inconcevable qu’ils aient pu infliger douleurs et tourments aux corps des hommes noirs sans imaginer cette violence en tant qu’acte religieux, chargé de symbolisme et de signification chrétienne.»
Le Dieu du Sud blanc exigeait de la pureté –pureté incarnée par la femme blanche. Les Sudistes blancs construisirent une frontière à l’aide de la ségrégation. Mais quand celle-ci était violée, c’est avec le lynchage qu’ils réparaient la brèche et affirmaient qu’ils étaient libres de toute contamination morale, représentée par les noirs, par les hommes noirs en particulier –même si elle ne se limitait pas à eux. Leo Frank, lynché en 1915, était juif.
 
La brèche imaginée était souvent d’ordre sexuel, définie par le mythe du violeur noir, un «démon» et une «bête» décidée à profaner la pureté chrétienne de la féminité blanche. Dans son récit du lynchage d’Henry Smith –tué à la suite d’accusations de viol et de meurtre d’une fillette de 3 ans, Myrtle Vance– P.L. James raconte comment l’énergie d’une ville et d’un pays entier s’était tournée vers «l’arrestation du démon qui avait dévasté un foyer et souillé une vie innocente».
 
La « volonté de Dieu »

James n’était pas un cas isolé. De nombreux autres défenseurs du lynchage interprétaient leurs actes comme un devoir chrétien, consacré comme étant la volonté de Dieu contre la transgression raciale.
«Après le lynchage de Smith, note Amy Louise Wood, un autre de ses défenseurs écrivit: “ce ne fut rien d’autre que la vengeance d’un Dieu outragé, qui Lui fut offerte, au moyen de l’instrument que furent ceux qui provoquèrent la crémation.»
Comme l’écrit Donald G. Mathews, professeur émérite à l’UNC-Chapel Hill dans le Journal of Southern Religion:
«La religion s’insinuait dans le lynchage communautaire parce que cet acte se produisait dans le contexte d’un ordre sacré conçu pour garantir la sainteté.»
L’«ordre sacré» c’était la suprématie blanche, et la «sainteté», la vertu blanche.Je me dois de souligner que les noirs de l’époque voyaient le lynchage comme étant enraciné dans la pratique chrétienne des Sudistes blancs. «Il est extrêmement douteux que le lynchage puisse exister dans une autre religion que le christianisme», écrivit Walter White, leader de l’association de défense des droits civiques NAACP en 1929.
«Quiconque connaît bien les prédicateurs intempestifs, acrobatiques, fanatiques prêchant les feux de l’enfer dans le Sud, et a vu les orgies d’émotion qu’ils suscitent, ne peut douter un seul instant qu’ils libèrent des passions dangereuses contribuant à l’instabilité émotionnelle et jouant un rôle dans les lynchages.»
Rien de tout cela n’était intrinsèque au christianisme: c’était une question de pouvoir, et du besoin qu’avaient les puissants de sanctifier leurs actes
 
Et si certains chefs d’église ont condamné ces pratiques comme étant contraires à la parole de Dieu –« Religion et lynchage, christianisme et écrasement, feu et bénédiction, sauvagerie et raison nationale ne peuvent aller main dans la main dans ce pays », affirmait un éditorial en 1904– le consentement écrasant du Sud blanc confirmait le point de vue de Walter White.
 
Le seul christianisme sudiste uni dans son opposition au lynchage était celui des noirs américains, qui tentaient de re-contextualiser les attaques comme un genre de crucifixion et ses victimes comme des martyrs, renversant la situation et faisant des noirs les véritables héritiers du salut et de la rédemption chrétienne. Et c’est ce dernier point qui doit mettre en exergue le fait que rien de tout cela n’était intrinsèque au christianisme: c’était une question de pouvoir, et du besoin qu’avaient les puissants de sanctifier leurs actes.
 
Pourtant, il est impossible de nier que le lynchage –dans toute sa grotesque violence– était un acte empreint de signification religieuse, justifié par le christianisme de l’époque.
 
Il avait également un caractère politique: c’était un acte de terreur et de contrôle social et la chasse gardée de citoyens privés, de responsables publics et de législateurs puissants. Le sénateur Ben Tillman de Caroline du Sud défendit le lynchage devant le Congrès des Etats-Unis, et le président Woodrow Wilson applaudit un film qui célébrait le juge Lynch et ses disciples.
 
Ce qui signifie qu’Obama avait raison. Les environnements extrêmement différents de l’Amérique d’avant les droits civiques et du Moyen-Orient d’aujourd’hui cachent les similitudes conséquentes qui existent entre la violence religieuse relativement récente de nos ancêtres suprématistes blancs et celle de nos ennemis contemporains. Et le fossé actuel entre musulmans modérés et leurs opposants fanatiques trouve une analogie dans notre division passée entre christianisme nordiste et son homologue sudiste.
 
Il ne s’agit pas tant de relativisme que de vision clairvoyante de notre vulnérabilité commune, de la vérité qui est que les graines de la violence et de l’autocratie peuvent germer n’importe où, et du fait que notre position actuelle de supériorité morale n’est pas la preuve d’une quelconque supériorité intrinsèque.
 
Jamelle Bouie
Jamelle Bouie (46 articles)
Journaliste

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