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Etats-Unis

17 février 2017

"Soft power" : Le lobbying américain en France, une enquête de Jacques Monin - Opération séduction des futures élites avec "Young Leaders" - Parmi les bénéficiaires, ces dernières années, de cette formation "américaine" : Emmanuel Macron, Laurent Wauquiez, Alexandre de Juniac, Najat-Vallaud Belkacem, Edouard Philippe, Matthieu Pigasse ...

 

Enquête sur le lobbying américain en France

 

La grande star française de l’Internet Frédéric Mazella, créateur et dirigeant de BlaBlaCar, vient de lever 200 millions de dollars auprès d’investisseurs, américains notamment. Il fait partie de ces jeunes dirigeants d’entreprises repérés par les influenceurs américains par l'intermédiaire de la promo 2015 des "Young Leaders."

France info 
 Radio France

Mis à jour le 

Chaque année, les Etats-Unis repèrent et invitent les futures élites françaises à Washington pour une opération de charme. Mais ce n’est qu’une facette d’une stratégie d’influence plus globale. La plupart des grands cabinets d’avocats et les banques d’affaires de Paris sont aujourd’hui américains. Peu à peu, ils imposent leur langue, leurs normes, et leur idéologie.

Le lobbying américain en France, une enquête de Jacques Monin

Le "soft power" ou la diplomatie douce

 

La formule sonne plutôt bien. Le "soft power", ou diplomatie douce, a été inventé par les Américains pour influencer leurs partenaires en s’appuyant sur la conviction ou la séduction. Concrètement : depuis les années 1940, l’ambassade des Etats-Unis à Paris repère chaque année ceux qui seront les futures élites françaises. Elle mise sur elles et les invite outre-Atlantique à participer à un programme d’échanges avec les futures élites américaines. La French American Foundation  a mis sur pied un programme similaire avec des fonds privés.

Ces programmes ciblent les énarques, les jeunes loups de la politique, mais aussi des chefs d’entreprises et des journalistes. Parmi eux : François Hollande, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Pierre Moscovici, Emmanuel Macron, Najat Vallaud-Belkacem. Cette année, Frédéric Mazzella, le fondateur de Blablacar, ou encore Alexis Morel, directeur de la stratégie de Thalès, font partie de ceux qui ont été invités à Washington pour un voyage d’étude. 

"On va chercher les gens qui peuvent avoir une influence un jour par leur réussite" explique Pierre Servan -Schreiber, un avocat d’affaires qui a travaillé dans un cabinet américain. "C’est une volonté délibéré de connaitre les gens qui seront à même de prendre des décisions, et à qui on pourra rappeler notre passé commun et faire passer des messages".

A Washington, ils peuvent rencontrer des responsables politiques, mais "le programme s’appuie aussi sur un réseau de 40 à 50.000 bénévoles américains qui vous accueillent"  précise Pascal Dupeyrat, le président du Cercle Jefferson  qui a créé une amicale des anciens de ces voyages. "Cela crée une rencontre avec la population. Avec cette idée très intelligente qui est de dire : vous avez plus de difficultés à aller en guerre avec des gens avec qui vous avez déjeuné ou dîné". Apprendre à se faire aimer, c’est avant tout cela le "soft power".

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Enquête sur le lobbying américain en France

Enquête sur le lobbying américain en France

La grande star française de l'Internet Frédéric Mazella, créateur et dirigeant de BlaBlaCar, vient de lever 200 millions de dollars auprès d'investisseurs, américains notamment. Il fait parti...

 

http://www.francetvinfo.fr/economie/enquete-sur-le-lobbying-americain-en-france_1711393.html

Comment la CIA a espionné la présidentielle française de 2012

WikiLeaks
 
Par Jean-Marc Manach — 
 

Un document obtenu par WikiLeaks, publié avec «Libération», «Mediapart» et «la Repubblica» en Italie, dévoile la manière dont l'agence américaine a sollicité la NSA pour suivre de près la campagne.

 

Comment la CIA a espionné la présidentielle française de 2012

 

C’est une liste de courses un peu particulière, un inventaire à la Prévert d’une trentaine de questions posées par la CIA à la NSA. Objectif : mobiliser les outils d'espionnage pour tout savoir sur un grand rendez-vous démocratique de la vie politique française. C’est aussi un document inédit et passionnant, truffé d’acronymes qui, décryptés, lèvent une partie du voile sur le «cycle du renseignement» américain : qui demande quoi, à qui, pour qui, comment. Qui montre que la NSA est avant tout chargée de répondre aux questions qui lui sont posées par ses «clients». Que la CIA, non contente de solliciter les capacités d'interception de communications de la NSA, demande également à d’autres services de renseignement anglo-saxons de répondre aux questions qu’elle se pose.

Alors que tous les regards sont aujourd’hui tournés vers la Russie, à qui les Etats-Unis ont attribué les piratages des mails du camp démocrate publiés par WikiLeaks, l’organisation de Julian Assange – régulièrement accusée ces derniers mois de faire le jeu du Kremlin – s’invite dans la campagne française. Le document, publié en partenariat avec plusieurs médias européens – Libération et Mediapart en France et la Repubblica en Italie – révèle qu’en 2012, la CIA a espionné la présidentielle. [...]

Lire la suite sur le site de Libération ci-dessous.

Comment la CIA a espionné la présidentielle française de 2012

Comment la CIA a espionné la présidentielle française de 2012

C'est une liste de courses un peu particulière, un inventaire à la Prévert d'une trentaine de questions posées par la CIA à la NSA. Objectif : mobiliser les outils d'espionnage pour tout savoi...

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/02/16/comment-la-cia-a-espionne-la-presidentielle-francaise-de-2012_1548921

Trump et la critique du libre-échange

 

Jacques SapirPar  · 

Le Président Donald Trump n’a guère attendu son entrée en fonction, le 20 janvier 2017, pour commencer à mettre en œuvre une partie de son programme économique, essentiellement à travers des pressions protectionnistes et la remise en cause des accords de libre échange. Qu’il s’agisse du Traité Trans-Pacifique, de l’ALENA (signé il y a plusieurs décennies avec le Mexique et la Canada), voire de mesure remettant en cause l’autorité de l’OMC, c’est bien à une offensive généralisée contre le principe même du libre échange à laquelle on assiste. Cette offensive suscite des nombreuses questions quant à sa pertinence, et à la politique commerciale que le Président Trump veut mettre en œuvre pour les Etats-Unis. Mais elle permet aussi de poser tout une série de questions quant à la rationalité du libre-échange qui est devenu de nos jours non plus une théorie mais bien une idéologie, non une simple idéologie mais une religion.

 

La mondialisation n’est pas heureuse

 

Il est aujourd’hui significatif que le libre-échange soit remis en cause par les Etats-Unis, par un président américain, et qui plus est par une personne connue pour être proche du monde des affaires. De fait, les critiques contre le libre-échange provenaient plutôt des pays du « Sud » et de gouvernement considérés comme de gauche ou à tout le moins comme populiste. Les Etats-Unis ont été, depuis près de quarante ans et même avant (que l’on se souvienne de la politique dite de la « porte ouvert » en Asie), la force motrice dans les traités de libre échange. La défense de la « liberté du commerce » pouvait être considérée comme l’un des marqueurs essentiels de la politique étrangère de ce pays. Certes, ces propositions avaient, il faut le dire, rencontré un fort bon accueil dans le cadre de l’Union européenne. Cette organisation partageait avec les Etats-Unis la croyance que le libre échange était la voie de l’avenir. L’histoire d’amour que les dirigeants de l’Union européenne ont développée avec le libre-échange interpelle, car elle est en réalité contradictoire avec les raisons initiales de la construction européenne. Cette histoire d’amour est devenue aujourd’hui un point du dogme européiste et l’Union européenne est même devenue aujourd’hui le point de repli de tous les thuriféraires de cette religion qu’est le libre-échange. Cette position d’ailleurs s’enracinait dans une conception très idéologique des vertus du libre-échange, censé apporter le bien-être aux plus pauvres, la paix en ce monde, ou du moins la fin des conflits. On sait très bien qu’il n’en fut rien.

 

Mais, ces vingt dernières années ont été loin d’apporter de l’eau au moulin des partisans du libre-échange. De fait, ce dernier n’a pas fait disparaître les conflits. Les progrès du libre échange se sont arrêtés avec la crise de 2008-2010. Le cycle de Doha s’est avéré être un échec. Le nombre de mesures protectionnistes prises dans les différends pays depuis 2010 ne cesse d’augmenter. Aussi, le tournant pris par les Etats-Unis sous la direction de Donald Trump, pour spectaculaire qu’il soit, est-il moins étonnant que ce que l’on aurait pu croire.

 

Non, la globalisation ou la mondialisation ne fut pas, et ne fut jamais, « heureuse ». Il convient de le dire et de le répéter. Elle ne fut pas « heureuse » non pas du fait d’imperfections que l’on pourrait corriger mais en raison même de sa forme de constitution. Le mythe du « doux commerce » venant se substituer aux conflits guerriers a été trop propagé pour ne pas laisser quelques traces… Mais, à la vérité, ce ne fut qu’un mythe. Toujours, le navire de guerre a précédé le navire marchand. Les puissances dominantes ont en permanence usé de leur force pour s’ouvrir des marchés et modifier comme il leur convenait les termes de l’échange. La mondialisation que nous avons connue depuis près de quarante ans a résulté de la combinaison de la globalisation financière, qui s’est mise en place avec le détricotage du système hérité des accords de Bretton Woods en 1973, et de la globalisation marchande, qui s’est incarnée dans le libre-échange. À chacune de leurs étapes, ces dernières ont imposé leurs lots de violences et de guerres. Nous en voyons aujourd’hui le résultat : une marche généralisée à la régression, tant économique que sociale, qui frappe d’abord les pays dits « riches » mais aussi ceux que l’on désigne comme des pays « émergents ». Elle a conduit à une surexploitation des ressources naturelles plongeant plus d’un milliard et demi d’êtres humains dans des crises écologiques qui vont chaque jour empirant. Elle a provoqué la destruction du lien social dans un grand nombre de pays et confronté là aussi des masses innombrables au spectre de la guerre de tous contre tous, au choc d’un individualisme forcené qui laisse présager d’autres régressions[1].

 

Le grand retournement

 

On assiste donc aujourd’hui à un grand retournement sur cette question. Et, ce qui est particulièrement intéressant est que ce retournement ait les Etats-Unis comme origine. En fait, à la base même de ce retournement on trouve le décrochage des revenus des classes moyennes-inférieures et de la classe ouvrière. Or, ce décrochage est dans une large mesure imputable à la mondialisation[2]. Cet écart entre les 1% les plus élevés et les 90% les plus bas s’est largement ouvert depuis les années 1980. Ce décrochage a été confirmé par une autre étude datant de 2015[3]. Cet écart se lit aussi dans le décrochage entre le rythme de gains de la productivité du travail et celui des salaires horaires. Si les deux courbes apparaissent quasiment parallèles de 1946 à 1973, ce qui implique que les gains de productivité ont également profité aux salariés et aux capitalistes, on constate qu’il n’en est plus de même après 1973. Depuis cette date, les salaires horaires ont augmenté nettement plus lentement que la productivité du travail, ce qui implique que les gains de productivité ont, désormais, essentiellement profité aux profits des entreprises et des actionnaires. Cette situation s’est aggravée dans les années 1990, visiblement sous l’effet de la mondialisation et de l’ouverture des frontières[4]. Aux Etats-Unis, cette évolution a été psychologiquement fondamentale, car elle a signifié la « fin » du rêve américain pour une vaste majorité de la population. Ceci a été marquée par la différence très nette entre les rythmes d’évolution du revenu moyen, qui a continué à progresser, et le revenu médian[5]. Mais, les Etats-Unis n’ont pas été le seul pays où cette situation s’est manifestée. Il faut noter qu’elle est aussi présente en Grande-Bretagne, ce qui n’est pas politiquement sans conséquences[6]. On a aussi assisté à une évolution similaire dans le cas de la France, en particulier à partir du « tournant de la rigueur » pris par François Mitterrand dès 1983. Le « plan Delors » a eu les mêmes effets quant aux gains de productivité pour la France que ce que l’on constate aux Etats-Unis. Et il n’est pas innocent que Jacques Delors soit allé sévir, après cet épisode, à Bruxelles.

 

Il est donc clair que le libre échange n’a pas eu sur les économies, et sur les travailleurs qui vivent dans ces économies, les conséquences bénéfiques qu’en promet la théorie économique « mainstream ». Pourtant, les économistes du courant dominant, ceux que l’on appelle les « orthodoxes » n’ont de cesse de prétendre que le libre-échange est le futur, nécessairement radieux, de l’humanité.

 

Le libre-échange est il le futur de l’humanité ?

 

Il est vrai que les diverses subventions et les entraves à la concurrence, qui sont l’essence même des politiques protectionnistes, ont fort mauvaise presse aujourd’hui. À droite comme dans la gauche libérale, elles relèvent de l’interdit absolu, du tabou. L’ancien Ministre de l’économie et aujourd’hui candidat à l’élection présidentielle française, M. Emmanuel Macron, ne parle ainsi que de « libérer » l’économie française, ce qui équivaut à dire qu’il nous faut plus de concurrence. Il faut aussi signaler que M. Macron s’est distingué par son soutien au traité très contesté entre l’Union européenne et le Canada, traité que l’on appelle le CETA, traité qui vient d’ailleurs d’être approuvé par le « Parlement » européen. Un même discours est, on s’en doute, tenu quotidiennement par la commission européenne, qui a réagi vigoureusement aux déclarations de Donald Trump, n’hésitant pas à prendre des postures de vierges outragées. Il y a ici à l’évidence un point de consensus. Mais ce point est construit sur une évidence illusoire et auto-proclamée.

 

Les discours prescriptifs qui cherchent à étendre le libre échange supposent que la concurrence soit partout et toujours un fait positif. Or, ces discours reposent sur des bases normatives extrêmement discutables[7]. La démonstration en fut faite dès les années 1930 du XXème siècle. Cette démonstration trouve son origine dans les réflexions qu’ont inspirées à un grand économiste les fluctuations cycliques que connaissaient les marchés du maïs et du porc, ce que l’on appelle le « cycle de la viande de porc » ou théorème de la toile d’araignée, ou « cobweb ». Comme le démontre une lecture attentive de l’article fondateur écrit par Mordecai Ezekiel en 1938[8], on est en présence d’un problème qui va très au-delà des phénomènes qui ont permis son identification initiale, la fluctuation des prix agricoles. L’analyse des conditions donnant naissance au mécanisme du cobweb montre une faille majeure dans la théorie de l’équilibre concurrentiel. Cette analyse contient une critique radicale du rôle normatif accordé à la concurrence dite « pure et parfaite ». Elle aboutit à redonner une légitimité aux mesures restreignant l’exercice de la concurrence, qu’il s’agisse des subventions ou des limites à l’entrée sur certains marchés à travers la présence de quotas ou de droits de douane. Ce n’est pas sans raison si les compilateurs d’un ouvrage extrêmement important sur la théorie des cycles économiques introduisirent l’article d’Ezekiel parmi le recueil de textes qu’ils constituaient[9].

 

Le terme même de cobweb, fut proposé par Nicholas Kaldor. Il faut souligner que Kaldor montre qu’il convient d’extraire la dynamique du cobweb de son seul environnement agricole, car l’on est en présence d’un problème général affectant la théorie de l’équilibre concurrentiel dès que l’on est en présence d’une situation où: « ...les ajustements sont complètements discontinus » [10]. Une réflexion analogue avait été faite par Wassili Leontief à la même période. Leontief démontrait l’impossibilité de déterminer un mécanisme spontané d’équilibre des prix et de la production par le jeu de la concurrence « pure » dès que l’on était en présence de courbes d’offre et de demande ne correspondant pas précisément aux spécifications initiales du modèle de Léon Walras[11]. L’équilibre apparaissait alors comme un cas particulier et non un cas général, ce qui a été confirmé par des travaux plus récents[12].

 

De plus, si l’on se donne comme objectif d’éviter ou de limiter les fluctuations, parce que ces dernières peuvent avoir des effets négatifs à court et long terme tout autant sur les producteurs que sur les demandeurs (en particulier pour l‘investissement[13]), la conclusion que l’on peut tirer est que des mesures suspendant la concurrence comme des subventions, des quotas ou des droits de douane deviennent alors utiles et légitimes. Gilbert Abraham-Frois et Edmond Berrebi ont montré que l’introduction de clauses réalistes dans le raisonnement (par exemple en acceptant que l’agent économique ait le choix entre non pas deux mais trois options…) conduit à la généralisation de situations de fortes instabilités tant que la concurrence est maintenue[14]. Pourtant, alors même que des travaux théoriques menés depuis le début des années 1970 confirment et étendent les conclusions d’Ezekiel quant à une critique radicale de la portée normative du modèle de l’équilibre concurrentiel, on tend à oublier la leçon générale de son travail. Or, cette leçon remet en réalité en cause le principe de concurrence, mais aussi, indirectement, le principe du libre-échange qui est une extension du principe de concurrence.

 

La Twitter-Diplomatie de Donald Trump

 

Les récentes déclarations de Donald Trump tout comme ses pressions sur les grands groupes industriels par des messages twitters (pour Toyota[15], Ford et General Motors), si elles peuvent paraître quelque peu exotiques, ont donc relancé la question de formes modernes de protectionnisme. En fait, ce débat a déjà eu lieu. Dans les années 1930, à la suite de la grande crise économique, un certain nombre d’économistes ont alors basculé des positions traditionnelles de « libre-échange » vers une vision plus protectionniste. John Maynard Keynes fut un de ceux là, et certainement celui qui exerça l’influence la plus considérable. Le texte de J.M. Keynes sur la nécessité d’une autosuffisance nationale fut publié en juin 1933 dans la Yale Review[16]. Or aujourd’hui, comme en 1933, les raisons de mettre en doute le Libre-Échange s’accumulent.

 

Rappelons que les experts de la Banque Mondiale ont brutalement, au début des années 2000, révisé à la baisse leurs estimations des « gains » d’une libéralisation du commerce international[17], alors même que ces gains sont calculés sans référence à de possibles coûts. De plus, une étude de la CNUCED montrait ainsi il y a quelques années que le « cycle de Doha » de l’OMC pourrait coûter aux pays en voie de développement jusqu’à 60 milliards de dollars alors qu’il ne leur apporterait que 16 milliards de gains[18]. Loin de favoriser le développement, l’OMC pourrait bien contribuer à la pauvreté mondiale. On mesure ici toute la fausseté des déclarations de ceux qui prétendent que le libre-échange réduit la pauvreté. Même les investissements directs étrangers, longtemps considérés comme la solution miracle du développement, sont aujourd’hui mis en cause[19]. La concurrence à laquelle se livrent nombre de pays pour tenter de les attirer a clairement des effets négatifs dans le domaine social et de la protection de l’environnement[20]. Très clairement, ceci n’est pas pris en compte dans la logique « l’Amérique d’abord » de Donald Trump. Mais, les conséquences globales de son action pour la protection de l’environnement pourraient s’avérer en réalité très positive, ce qui serait, il faut le souligner, un amusant paradoxe.

 

Comment le libre-échange s’est-il imposé dans les esprits

 

L’ouverture importante du commerce international depuis les années 1970 et 1980 a marqué les esprits[21]. Des travaux, parmi lesquels on doit inclure ceux de Dollar, en 1992[22], de Ben-David, en 1993[23], de Sachs et Warner, en 1995[24], et de Edwards en 1998[25], ont cherché à établir un lien entre le commerce international et la croissance. Ces années avaient marquées par des changements extrêmement importants. On a connu deux phénomènes majeurs : la fin de l’Europe de l’Est, au sens du Conseil d’Aide Economique Mutuel (CAEM), et la fin de l’URSS. Dans ces deux cas, on a pu constater que les flux de commerce tels qu’ils sont comptabilisés ont connu une forte croissance. Or le simple passage de ce qui était un « commerce intérieur » à un « commerce international » s’est traduit par la hausse brutale de ce dernier. Une partie de la croissance du commerce mondial peut ainsi être attribuée à un effet de « révélation » d’un commerce qui se produisait au sein d’autres cadres statistiques. Ce problème soit très rarement évoqué par les spécialistes qui entonnent le credo de la globalisation.

 

Une deuxième cause est plus subtile. La hausse des flux du commerce international a été liée à l’évolution que ces économies ont connue durant les premières années de leur transition. Ainsi, dans le cas de l’URSS, une large partie de la production d’aluminium et d’acier n’a plus trouvé d’emplois au sein même de l’économie, en raison de la baisse des activités manufacturières. L’exportation de ce surplus a été immédiate, qu’elle se fasse de manière légale ou illégale. De même, on a assisté à un phénomène de substitution des produits importés aux productions locales, qui a été favorisé par l’évolution brutale du taux de change. À cet égard, les chiffres extrêmement élevés du commerce international dans les années 1994-1997 semble bien avoir été le produit d’une illusion statistique. Ce sont ces chiffres, enregistrés sur quatre années, qui ont très largement conditionné notre vision de la croissance.

 

La remise en cause de l’orthodoxie libre-échangiste

 

De manière générale, les tests pratiqués donnent des résultats pour le moins très ambigus. On peut en déduire que, pour certains pays, l’ouverture a eu des résultats positifs, mais pas pour d’autres. Le succès économique tient bien plus à la qualité des dites mesures macroéconomiques qu’à celle de l’ouverture[26]. De fait, les pays qui ont associé des politiques protectionnistes à des bonnes politiques macroéconomiques connaissent des taux de croissance qui sont largement supérieurs à ceux des pays plus ouverts, ce qui invalide le primat de l’ouverture[27]. Ceci nous ramène à la problématique du développement, qui s’avère être autrement plus complexe que ce que les partisans d’un libre-échange généralisé veulent bien dire. Les travaux d’Alice Amsden[28], Robert Wade[29] ou ceux regroupés par Helleiner[30] montrent que dans le cas des pays en voie de développement le choix du protectionnisme, s’il est associé à de réelles politiques nationales de développement et d’industrialisation[31], fournit des taux de croissance qui sont très au-dessus de ceux des pays qui ne font pas le même choix. Le fait que les pays d’Asie qui connaissent la plus forte croissance ont systématiquement violé les règles de la globalisation établies et codifiées par la Banque mondiale et le FMI est souligné par Dani Rodrik[32]. Voici qui nous renvoie à la question des politiques nationales et à la problématique de l’État développeur qui renaît dans le débat depuis quelques années[33]. Cette problématique est en réalité au cœur du réveil industriel de l’Asie. En fait, ce sont ces politiques nationales qui constituent les véritables variables critiques pour la croissance et le développement, et non l’existence ou non de mesures de libéralisation du commerce international. Mais admettre cela revient à devoir reconsidérer le rôle de l’État dans les politiques économiques et donc le rôle du nationalisme comme idéologie associée au développement. On touche ici à de puissants tabous de la pensée orthodoxe en économie comme en politique. Pour pouvoir faire l’impasse sur la question nationale, les partisans de la « supra-nationalité », et ce sous quelque forme que ce soit, sont donc obligé de prétendre que la concurrence est un principe favorable « en tout lieu, en toute heure », et sont contraints de se lancer dans une apologie sans frein du libre-échange. De fait, leur théorie économique se déduit aisément des présupposés idéologiques qui sont les leurs. L’instrumentalisation du débat théorique en découle inéluctablement.

 

Un retour à la raison

 

Le développement économique aurait, durant les trente dernières années, largement été porté par le commerce international. Tel est le résultat qui a été vulgarisé par une partie des économistes mais aussi, bien entendu, par les journalistes à gages. Et pourtant, à y regarder de près, ce dernier se dissipe. La vulgate du libre-échange passe en effet rapidement sur des éléments importants pour sa démonstration, qui ont été mis en valeur par la crise actuelle. On a vu, en 2008 et 2009, le commerce international diminuer au prorata de la baisse de la production dans les grands pays industrialisés. Le commerce ne crée donc pas de valeur par lui-même, vieille erreur des mercantilistes qui ressurgit sous la forme de la croyance en une croissance tirée uniquement par le commerce. C’est au contraire la croissance dans les principaux pays qui tire le commerce. Il convient donc de se demander si l’on n’a pas été en face d’une erreur, du moins d’une illusion, due aux statistiques. En effet, le phénomène de croissance, qu’il s’agisse de celle du produit intérieur brut (PIB) ou de celle du commerce international, a très bien pu être surestimé, et ce pour diverses raisons. Or la possibilité d’une erreur de mesure peut remettre en cause l’idée convenue d’un lien direct et mécanique entre le développement du commerce international et la croissance mondiale. Cette possibilité impose de repenser les liens de causalité qui vont de la croissance au commerce. Autrement dit, où produit-on de la valeur ? La confusion, hélas traditionnelle, entre la valeur et les prix (ces derniers ne mesurant que les rapports de force dans l’échange), vient aggraver et renforcer l’erreur initiale. Max Weber en était bien conscient, lui qui écrivait à propos des « prix de marché » : « Les prix monétaires résultent de compromis et de conflits d’intérêt; en ceci ils découlent de la distribution du pouvoir. La monnaie n’est pas un simple « droit sur des biens non spécifiés » qui pourrait être utilisé à loisir sans conséquence fondamentale sur les caractéristiques du système des prix perçu comme une lutte entre les hommes. La monnaie est avant tout une arme dans cette lutte; elle n’est un instrument de calcul que dans la mesure où l’on prend en compte les opportunités de succès dans cette lutte. » [34]

 

Cette confusion est à la base de celle, non moins importante, qui entoure la théorie du marché[35]. À partir de là, c’est toute l’idéologie ayant entouré la globalisation marchande qui va être remise en cause. Et les partisans du libre-échange sont alors révélés pour ce qu’ils sont : des héritiers lointains d’une pensée économique pré-moderne, le mercantilisme.

 

La rupture de ce voile permet alors de poser d’autres questions. Quelle est la responsabilité de la globalisation dans la destruction du cadre naturel, dont on constate qu’il s’accélère depuis la fin des années 1980 ? Cette destruction n’est pas simplement liée à la multiplication des transports sur de longues distances, à la mise en concurrence de l’ouvrier ouest-européen et de l’ouvrier asiatique par-delà les systèmes sociaux très différents qui régissent leur travail. On sait pourtant aujourd’hui que ceci a eu des effets profondément déstabilisants sur la répartition interne des revenus. Les entreprises se sont affranchies de la contrainte qui veut que, dans le cadre d’une économie relativement fermée, les salaires (qui sont donc pour elles des coûts) soient déterminants pour leurs marchés. Cet affranchissement provient de la soumission des logiques économiques locales à une logique supérieure, qui peut se traduire par des dommages écologiques importants

 

Economie et politique

 

En fait, la globalisation n’est synonyme de croissance que quand elle peut s’appuyer sur un projet de développement national, souvent articulé à une idéologie nationaliste[36]. La globalisation marchande ne donne des résultats que dans la mesure où l’on ne joue pas son jeu mais où d’autres acceptent de le jouer Le cas de la Chine est ici exemplaire, car c’est bien à travers la combinaison d’une politique nationale extrêmement forte et de l’ouverture que s’est accompli le développement important des vingt-cinq dernières années. Mais, même dans ce cas, la montée des inégalités sociales et des destructions écologiques rend problématique la poursuite de ce modèle. Ceci est particulièrement vrai en Extrême-Orient, mais peut aussi se constater en Russie depuis 1999.

 

Ainsi, loin de conduire au dépassement de la nation, la globalisation s’avère être le nouveau cadre de l’expression de politiques nationales qui engendrent soit des effets de domination et de destruction de cadres nationaux au profit de nations plus fortes, soit des phénomènes de réactions et de développement national[37].

 

Fondamentalement, l’idée que nous aurions à partir de la fin du « court xxe siècle[38] » retrouvé une tendance à une intégration par le commerce se révèle ainsi être un mythe. Ceci a été montré par Paul Bairoch et Richard Kozul-Wright dans une étude systématique de ces flux qui a été réalisée en 1996 pour la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED)[39]. Il n’y a donc jamais eu un « âge d’or » de la globalisation, qui se serait terminé avec la Première Guerre mondiale et qui aurait été suivi d’une longue période de repli, avant de connaître un renouveau depuis les années 1970. C’est bien toute l’image d’une marche que l’on voudrait harmonieuse vers le « village global » qui s’en trouve profondément mise en cause. Ce débat a continué dans la période récente et ses résultats ont été les mêmes. Conservons cependant, pour l’instant, l’image qui nous est fournie par Rodrik et Rodriguez[40]. La poussée vers une plus grande ouverture n’a pas été favorable au plus grand nombre[41].

 

Requiem pour le libre-échange

 

Économiquement, le Libre-Échange n’est pas la meilleure solution et porte des risques de crises et d’accroissement des inégalités qui sont considérables. Il met en compétition différents territoires non pas sur la base des activités humaines qui s’y déploient mais sur celle de choix sociaux et fiscaux eux-mêmes très discutables[42]. La libéralisation du commerce n’a pas profité aux pays les plus pauvres, comme le montrent les études les plus récentes. Une comparaison des avantages et des coûts, en particulier en ce qui concerne l’effondrement des capacités d’investissement public dans la santé et l’éducation suite à l’effondrement des ressources fiscales, suggère que la balance est négative.

 

Politiquement, le Libre-Échange est dangereux. Il est attentatoire à la démocratie et à la liberté de choisir ses institutions sociales et économiques. En favorisant l’affaiblissement des structures étatiques il encourage la montée des communautarismes et des fanatismes transfrontières, comme le Djihadisme. Loin d’être une promesse de Paix, l’internationalisme économique nous conduit en réalité à la Guerre.

 

Moralement, le Libre-Échange est indéfendable. Il n’a d’autres rivages que celui de la réduction de toute vie sociale à la marchandise. Il établit en valeur morale l’obscénité sociale de la nouvelle « classe de loisir » mondialisée[43]. L’avenir est donc bien au protectionnisme. Ce dernier s’imposera d’abord comme moyen d’éviter le dumping social et écologique de certains pays. Il prendra alors la forme d’une politique industrielle cohérente où l’on cherchera à stimuler ainsi le développement de filières au rôle stratégique dans un projet de développement. Ceci conduira à redéfinir une politique économique globale pouvant inclure une réglementation des flux de capitaux, afin de retrouver les instruments de la souveraineté économique, politique et sociale. Les formes de la politique du futur restent à trouver. Son sens général cependant ne fait guère de doute.

 

C’est un point intéressant, mais assez paradoxal, que le libre-échange soit remis en cause par le Président considéré comme le plus « pro-business », mais aussi le plus indifférent aux préoccupations écologiques, qu’il soit aux Etats-Unis depuis de nombreuses années. Au-delà du style politique, discutable, de Donald Trump, reconnaissons que son projet s’inscrit dans le cadre du grand retournement que j’avais pronostiqué il y a de cela quelques années[44]. Nous ne savons pas encore, à l’heure actuelle, si Donald Trump réussira à articuler une véritable politique de réindustrialisation de son pays, politique qui profiterait alors au plus grand nombre. Mais, sa politique prend en compte, à la différence de ce que l’on peut voir dans l’Union européenne, que l’ère du libre-échange est aujourd’hui terminée.

 

Notes

[1] Voir J. Généreux, La Grande Régression, Seuil, 2010.

[2] Bivens J., “Globalization, American Wages, and Inequality” Economic Policy Institute Working Paper, Washington DC, 6 Septembre, 2007.

[3] Mishel L., Gould E et Bivens J., « Wage stagnations in 9 charts », Economic Policy Institute, Washington DC, 6 janvier 2015.

[4] See G. Irvin, “Growing Inequality in the Neo-liberal Heartland,” Post-Autistic Economics Review, 43 (September 15,

2007), pp. 2–23, http://www.paecon.net/PAEReview/issue43/Irwin43.htm

[5] US Congress, State Median Wages and Unemployment Rates, prepared by the Joint Economic Committee, table released by the US-JEC (June 2008).

[6] Brewer M., A. Goodman, J. Shaw, and L. Sibieta, Poverty and Inequality in Britain: 2006, Institute for Fiscal Studies (London, 2005).

[7] Voir J. Sapir, « Retour vers le futur : le protectionnisme est-il notre avenir ? » in L’Economie Politique, n°31, 3ème Trimestre 2006.

[8] M.Ezekiel, « The Cobweb Theorem », in Quarterly Journal of Economics , vol. LII, n°1, 1937-1938, pp. 255-280.

[9] Voir: Readings in Business Cycle Theory – selected by a committee of The AMERICAN ECONOMIC ASSOCIATION, Londres, George Allen and Unwin, 1950, pp. 422-442.

[10] N. Kaldor, « A Classificatory Note on the Determinateness of Equilibrium » in Review of Economic Studies, Vol. 1, février 1934.

[11] W. Leontief, « Verzögerte Angebotsanpassung und Partielles Gleichgewicht » in Zeitschrift für Nationalökonomie, Vienne, Vol. IV, n°5, 1934.

[12] Sonnenscheim H., « Do Walras Identity and Continuity Characterize the class of Excess Demand Functions? » in Journal of Economic Theoty, vol. 6, 1973, N°2, pp. 345-354. Mantel R., « On the characterization of Aggregate Excess Demand » in Journal of Economic Theory, vol. 7, 1974, N°2, pp. 348-353

[13] Malinvaud, E, « Profitability and investment facing uncertain demand », Document de travail de l’INSEE, n° 8303, Paris, 1983 ; Idem, « Capital productif, incertitudes et profitabilités », Document de recherche de l’IME, Université de Dijon, n°93, 1986.

[14] Abraham-Frois G. et E. Berrebi, Instabilité, Cycles, Chaos, Paris, Economica, 1999, pp. 3-4. Voir aussi, Guerrien B., La Théorie Néo-Classique. Bilan et perspective du modèle d’équilibre général, Economica, Paris, 1989.

[15] http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/01/05/97002-20170105FILWWW00337-toyota-a-son-tour-etrille-par-trump.php et http://www.lefigaro.fr/societes/2017/01/08/20005-20170108ARTFIG00157-l-industrie-automobile-americaine-dans-l-oeil-du-cyclone-trump.php

[16] John Maynard Keynes, « National Self-Sufficiency, » The Yale Review, Vol. 22, no. 4 (June 1933), pp. 755-769.

[17] Pour une analyse précise et documentée des divers réajustements: F. Ackerman, The Shrinking Gains from Trade: A Critical Assessment of Doha Round Projections, Global Development and Environment Institute, Tufts University, WP n° 05-01. Voir aussu « Doha Round and Developing Countries: Will the Doha deal do more harm than good » RIS Policy Brief, n°22, avril 2006, New Delhi.

[18] S Fernandez de Cordoba et D. Vanzetti, « Now What? Searching for a solution to the WTO Industrial Tariffs Negociations », Coping with Trade Reform, CNUCED, Genève, 2005. Voir table 11.

[19] T.H. Moran, ForeignDirect Investment and Development, The New Policy Agenda for Developing Countries and Economics in Transition, Institute for International Economics, Washington D.C., 1998.

[20] Oman C., Policy Competition for ForeignDirect Investment, OCDE, Centre du Développement, Paris, 2000. Voir aussi, L. Zarsky, « Stuck in the Mud? Nation-States, Globalization and the Environment » in K.P. Gallagher et J. Wierksman (edits.) International Trade and Sustainable development, Earthscan, Londres, 2002, pp. 19-44.

[21] Voir J. Sapir, « Le vrai sens du terme. Le libre-échange ou la mise en concurrence entre les Nations » in D. Colle (dir), D’un protectionnisme l’autre. La fin de la mondialisation ?, Puf, « Major », 2009.

[22] D. Dollar, « Outward-Oriented Developeng Economies Really Do Grow More Rapidly: Evidence From 95 LDC, 1976-1985 », Economic Developemnt and Cultural Change, 1992, p. 523-554.

[23] D. Ben-David, « Equalizing Exchange: Trade Liberalization and Income Convergenge », Quarterly Journal of Economics, vol. 108, n° 3, 1993.

[24] J. Sachs, A. Warner, « Economic Reform and The Process of Global Integration », Brookings Paper on Economic Activity, n° 1, 1995, p. 1-118.

[25] S. Edwards, « Opennes, Productivity and Growth: What We Do Really Know? », Economic Journal, vol. 108, mars 1998, p. 383-398.

[26] Voir D. Ben-David, « Equalizing Exchange: Trade Liberalization and Income Convergenge », op. cit.

[27] Voir H.-J. Chang, « The Economic Theory of the Developmental State » in M. Woo-Cumings (dir.), The Developmental State, Ithaca, Cornell University Press, 1999 ; Kicking away the Ladder: Policies and Institutions for Development in Historical Perspective, Londres, Anthem Press, 2002.

[28] A. Amsden, Asia’s Next Giant, New York, Oxford University Press, 1989.

[29] R. Wade, Governing the Market, Princeton (N. J.), Princeton University Press, 1990.

[30] G. K. Helleiner (dir.), Trade Policy and Industrialization in Turbulent Times, Londres, Routledge, 1994.

[31] Voir C.-C. Lai, « Development Strategies and Growth with Equality. Re-evaluation of Taiwan’s Experience », Rivista Internazionale de Scienze Economiche e Commerciali, vol. 36, n° 2, 1989, p. 177-191.

[32] D. Rodrik, « What Produces Economic Success?  » in R. Ffrench-Davis (dir.), Economic Growth with Equity: Challenges for Latin America, Londres, Palgrave Macmillan, 2007. Voir aussi, du même auteur, « After Neoliberalism, What? », Project Syndicate, 2002 (www.project-syndicate.org/commentary/rodrik7 ).

[33] Voir T. Mkandawire, « Thinking About Developmental States in Africa », Cambridge Journal of Economics, vol. 25, n° 2, 2001, p. 289-313; B. Fine, « The Developmental State is Dead. Long Live Social Capital?  », Development and Change, vol. 30, n° 1, 1999, p. 1-19.

[34] M.Weber, Economy and Society: An Outline of Interpretative Sociology, University of California Press, Berkeley, 1948, p.108.

[35] B. Guerrien, “L’introuvable théorie du marché”, in Revue Semestrielle du MAUSS, n°3, La Découverte, Paris 1994, pp. 32-41.

[36] C. Johnson, Japan, who governs?, Norton, New York & Londres, 1995.

[37] Voir J. Sapir, « Retour vers le futur : le protectionnisme est-il notre avenir ? », L’Économie politique, n° 31, 3e trimestre, 2006.

[38] Qui va de 1918, véritable fin du xixe siècle, à la dissolution de l’URSS, fin 1991, qui marque en réalité la fin du xxe. J’ai expliqué cette notion de « petit xxe siècle » dans J. Sapir, Le Nouveau xxie Siècle, Seuil, 2008.

[39] P. Bairoch, R. Kozul-Wright, « Globalization Myths: Some Historical Reflections on Integration, Industrialization and Growth in the World Economy », Discussion Paper, n° 113, Genève, UNCTAD-OSG, mars 1996.

[40] F. Rodriguez, D. Rodrik, « Trade Policy and Economic Growth: A Skeptics Guide to the Cross-National Evidence », in B. Bernanke, K. Rogoff (dir.), NBER Macroeconomics. Annual 2000, Cambridge (MA), MIT Press, 2001.

[41] Voir J. Sapir, « Libre-échange, croissance et développement : quelques mythes de l’économie vulgaire » in Revue du Mauss, n°30, 2e semestre, La Découverte, 2007, p. 151-171.

[42] Sapir J., voir Ch. 8 et Ch. 9 de D. Colle (edit.), D’un protectionnisme l’autre – La fin de la mondialisation ?, Coll. Major, Presses Universitaires de France, Paris, Septembre 2009.

[43] Voir A. Wolfe, « Introduction » in T. Veblen, The Theory of the Leisure Class, The Modern Library, New York, 2001 (nouvelle édition del’ouvrage de 1899).

[44] Sapir J., La Démondialisation, Le Seuil, Paris, 2011.

 

Harry van Bommel, Député de gauche, dans son bureau à La Haye. Il a fait appel à une "équipe ukrainienne" qui comprenait des Russes dans un effort pour peser sur le référendum néérlandais l’année dérnière sur un traité commercial avec l’Ukraine. Photo Ilvy Njiokiktjien pour The New York Times

Un nouvel article assez amusant sur les fausses nouvelles a été publié dans le New York Times d’aujourd’hui.

 

Voilà son titre : fausses Nouvelles, faux Ukrainiens : Comment un groupe de Russes a influencé un vote hollandais

 

C’est amusant parce qu’aucun élément de l’article ne vient corroborer le titre. Au contraire, l’article se révèle n’être lui-même rien d’autre qu’une fausse nouvelle. Il fait état d’événements anciens, qui ne sont pas des nouvelles, et il n’apporte aucun élément à l’appui de sa thèse.

 

Quelques expatriés ukrainiens ont fait campagne aux Pays-Bas contre un vote sur un accord d’association UE-Ukraine. Des Hollandais d’origine russe ont fait campagne dans le même sens. Les Néerlandais ont finalement rejeté l’accord avec 61,1% de voix contre et 38,1% pour.

 

Ce vote a eu lieu en avril 2016. Je ne comprends pas pourquoi ce vote mérite aujourd’hui un article. Son but n’est certainement pas de d’informer sur l’actualité ou sur le vote lui-même. L’article n’explique pas sur quoi portait précisément le vote, ni ne mentionne les chiffres du résultat.

 

Quelques expatriés aux Pays-Bas ont participé à des discussions publiques et ont fait campagne contre l’accord et ils ont finalement gagné. Ils l’ont fait sans cacher leur identité, honnêtement et dans le cadre de la loi. Absolument rien ne prouve qu’ils aient eu une influence indue sur le vote.

 

Mais cela ne convient pas au NYT. « C’est Poutine qui l’a fait » est un impératif permanent pour le NYT. Et donc, les Ukrainiens qui ont fait campagne doivent être de « faux Ukrainiens », et en réalité des Russes, parce qu’il est impossible, aux yeux du NYT, qu’un Ukrainien se prononce contre le putsch violent de Maidan et ses conséquences :

Ils ont assisté à des réunions publiques, ils sont apparu à la télévision et ont utilisé les réseaux-sociaux pour dénoncer le gouvernement pro-occidental de l’Ukraine comme une kleptocratie sanguinaire, indigne d’un soutien néerlandais.
...
Les membres les plus actifs de l’équipe ukrainienne venaient en réalité de Russie, ou des régions russophones d’Ukraine, et ont relayé la ligne du Kremlin comme des perroquets.

L’auteur semble dire que les gens « des régions russophones d’Ukraine » (qui représentent au moins le tiers du pays) sont de « faux Ukrainiens » ? Qu’ils n’ont aucune volonté propre en tant qu’Ukrainiens et qu’ils sont seulement capables de « relayer la ligne du Kremlin comme des perroquets » ? Ces Ukrainiens russophones sont-ils de moindre valeur ? Est-ce mal de ne pas relayer comme un perroquet la ligne de Washington / Bruxelles ?

 

Puis vient une restriction qui ôte toute sa force au coup que l’article voulait porter :

Il est difficile de savoir si l’équipe ukrainienne a été dirigée par la Russie ou si elle a agi de la sorte parce qu’elle partage les mêmes idées...

Est-ce que la raison de leur attitude ne pourrait pas être ni l’une ni l’autre de ces deux raisons, mais une troisième ? Peut-être qu’ils sont convaincus que l’accord UE-Ukraine n’est dans l’intérêt bien compris d’aucun des deux pays ? (Ce n’est pas dit dans l’article mais l’accord en question est beaucoup plus qu’un accord commercial ou économique. Il comprend des clauses d’alignement dans les domaines de la défense et de la politique.)

 

Voyons de plus près ces « Faux Ukrainiens » et ces « Groupe de Russes » :

Un de ces contacts [russes] est Vladimir Kornilov, un historien et analyste politique né en Russie ; il a grandi dans l’Est de l’Ukraine et vit actuellement à La Haye, où il mène des recherches personnelles au Centre des Etudes Eurasiennes.

Avant le référendum néerlandais l’an dernier, M. Kornilov a fait campagne contre l’accord commercial de l’Ukraine en disant plaisamment de lui-même qu’il est un « expatrié ukrainien à La Haye » qui, stupéfait du flux apparemment interminable de mensonges et de propagande » contre la Russie, s’est senti obligé de répondre.

Vladimir Kornilov semble avoir la quarantaine. Quand il est né, il n’y avait pas de « Russie » ni d’« Ukraine » comme aujourd’hui. La Russie historique comprenait l’Ukraine. Lorsque Kornilov est né, c’était l’Union Soviétique avec ses nombreuses entités fédérales. « Né en Russie » et « a grandi en Ukraine orientale » sont des catégorisations nationales que personne n’avait faites avant que l’URSS ne s’effondre. Les gens auraient dit « né à Moscou » et « grandi à Donetsk » ou quelque chose comme ça.

Kornilov s’insurge avec force contre l’article du NYT et surtout contre le titre sur les « faux Ukrainiens » :

Vladimir Kornilov @ Kornilov1968

@nytimesworld Chers éditeurs ! Qu’est-ce que cela signifie « Faux Ukrainiens » ? Votre auteur sait très bien que je suis un citoyen ukrainien et que je n’ai pas d’autre passeport. 
4:07 AM - 16 Feb 2017

Le seul « Russe » mentionné dans l’article est un jeune étudiant qui est arrivé enfant aux Pays-Bas :

Nikita Ananjev était un membre particulièrement actif de l’équipe ukrainienne ; c’est un étudiant de 26 ans né à Moscou qui est arrivé avec sa mère aux Pays-Bas, où il préside maintenant l’Association des étudiants russes.

Ananjev se décrit lui-même publiquement comme quelqu’un qui « a été élevé comme un Hollandais mais qui est encore russe à 80% ».

 

Kornilov et Ananjev sont les deux seuls noms que le NYT peut fournir à l’appui de sa thèse. Ils sont les « Faux Ukrainiens » et le « Groupe de Russe », dont le titre parle.

 

Le « faux Ukrainien » n’est pas « faux » du tout, c’est un vrai Ukrainien. Le « groupe de Russes » est un étudiant de Rotterdam élevé en Hollande. Le NYT n’a trouvé aucun signe d’une quelconque pression russe sur leurs idées ou leurs opinions. Il n’y a aucune preuve dans l’article, pas la moindre preuve, que ces personnes « aient fait basculer » le vote hollandais. Le NYT n’essaie même pas de le démontrer.

 

Le peuple néerlandais, a voté contre la préférence des éditeurs du NYT à une large majorité. Que la raison puisse en être le fait que l’accord sur lequel portait le vote n’était pas très bon, ou l’illégalité du putsch de Maidan organisé par les États-Unis, cela ne les intéresse pas du tout et ne soulève aucune question. A la place, ils nous servent de fausses allégations qu’ils présentent comme des faits sur une soi-disant influence étrangère, sans aucune preuve à l’appui.

 

L’expression « Fausse nouvelle » du titre ne prend sens que si on l’applique à l’article lui-même.

 

Il n’y a aucun argument dans l’article qui justifie le titre. Il n’y a pas de « faux Ukrainiens », il n’y a pas de « groupe de Russes » et les quelques militants expatriés n’ont pas « fait basculer le vote néerlandais ».

 

L’article est aussi une fausse nouvelle dans le sens qu’il ne contient aucune nouvelle du tout. Le vote a eu lieu il y a 10 mois. Avant le vote, les expatriés ont fait campagne contre l’accord tout à fait ouvertement. Rien n’a changé depuis. Il n’y a pas un seul fait nouveau dans l’article.

 

C’est de la propagande pure et simple. Il n’y a pas un seul fait qui vienne corroborer le titre. C’est un effort plutôt raté pour alimenter la campagne anti-russe qui a été exacerbée par Hillary Clinton pour gagner l’élection et ensuite pour expliquer son échec quand elle a été battue. Il colle avec l’illusion impériale de la « seule superpuissance » qui est le fonds de commerce du NYT. Mais il rate son coup. L’article ne convainc personne et il est facile à percer. Ce sont des fake news.

 

Moon of Alabama

Traduction : Dominique Muselet

»» http://www.moonofalabama.org/2017/02/anti-russian-piece-about-fake-new...
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La militante canadienne Naomi Klein voit dans le nouveau gouvernement des États-Unis un coup d’État très clair des grandes entreprises. Dans un article qu’elle a écrit pour The Nation et que nous publions ci-dessous traduit en français, elle explique comment ce coup d’État a été inspiré par la peur. En effet, dans le monde entier, l’influence des mouvements sociaux qui menacent les intérêts de l’establishment ne cessent de croître. Klein estime donc que ces mouvements ont désormais une tâche difficile mais nécessaire. Et que « nous pouvons toujours les vaincre ».

Zoomons sur Washington et observons ce qui s’y passe. Les gens qui possèdent déjà une part absolument obscène de la richesse de notre planète, et dont la fortune ne cesse d’augmenter d’année en année – les derniers chiffres montrent que huit hommes possèdent autant que la moitié de l’humanité –, sont bien déterminés à s’emparer d’encore davantage. Les personnalités-clés qui composent le cabinet de Donald sont non seulement des ultra-riches, mais ces individus ont amassé leur argent en nuisant aux personnes les plus vulnérables de notre planète, et à la planète elle-même. Cela fait apparemment partie du profil requis pour le job.

Les gens qui possèdent déjà une part absolument obscène de la richesse de notre planète sont bien déterminés à s’emparer d’encore davantage.

Il y a le banquier des produits pourris, Steve Mnuchin, le choix de Trump pour occuper les fonctions de ministre des Finances. Sa « machine à expulsions », illégale, a mis des dizaines de milliers de gens à la porte de leur logement.

Passons des hypothèques à la malbouffe, c’est-à-dire à Andrew Puzder, que Trump a nommé ministre de l’Emploi. En tant que PDG de son empire du fast-food, cela ne lui suffisait pas de payer ses travailleurs d’un salaire scandaleux tout à fait insuffisant pour vivre, mais son entreprise a également été condamnée pour vol dans divers procès : des travailleurs n’étaient pas payés pour leur tâche et pour leurs heures supplémentaires.

Après la malbouffe, la fausse science. Pour diriger les Affaires étrangères, Trump a désigné Rex Tillerson. En tant que cadre de direction puis PDG d’Exxon Mobil, Tillerson a financé des recherches prétendument scientifiques et en amplifié la diffusion, tout en exerçant en coulisses un lobbying intense contre les actions internationales totalement pertinentes en faveur du climat. Ces manœuvres ont fortement contribué au fait que le monde a perdu des décennies pour sortir des combustibles fossiles et ont grandement accéléré la crise climatique. En conséquence, d’innombrables personnes perdent déjà actuellement leur habitation à cause de tempêtes et de la montée du niveau des océans, meurent à cause de sécheresses et de canicules et, au bout du compte, des millions de gens verront leur pays être submergé par les eaux. Comme toujours, les gens qui sont frappés en premier lieu et le plus fortement sont les plus pauvres, et essentiellement des non-Blancs.

Des logements volés. Des salaires volés. Des cultures et des pays volés. Tout cela est immoral. Et tout cela rapporte énormément d’argent.

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Exxon Mobil compte sur les réserves d’énergie fossile. Une politique en contradiction complète avec les accords climatiques de Paris. L’entreprise a également financé des études pour justifier ses pratiques et organise un travail de lobbying intense contre le mouvement climatique. L’ancien CEO d’Exxon, Rex Tillerson, a été nommé ministre des Affaires étrangères du cabinet Trump. (Photo SEIU LOCAL 99, Flickr.)

Sous le feu

Mais un contre-courant populaire s’est développé. Et c’est précisément la raison pour laquelle ce gang de PDG – et les secteurs dont ils sont issus – se sont inquiétés à juste titre de voir leur fête approcher de la fin. Ils ont pris peur. Les banquiers comme Mnuchin se rappellent l’écroulement financier de 2008, lors duquel on a ouvertement parlé de nationalisation des banques. Ils ont assisté à la montée du mouvement Occupy et vu la résonance qu’a eue le message anti-banques de Bernie Sanders durant sa campagne.

Des patrons du secteur des services comme Andrew Puzder ont une peur bleue de la force croissante de Fight for $15 (le mouvement qui lutte pour le salaire horaire minimum de 15 dollars, NdlR), qui a engrangé des victoires dans des villes et des États de tout le pays. Et si Bernie avait gagné cette primaire qui fut étonnamment serrée, le mouvement aurait bien pu avoir un champion à la Maison blanche. On peut imaginer l’effroi que cela représente pour un secteur qui repose fondamentalement sur l’exploitation du travail afin de maintenir les prix très bas et les profits très hauts.

Il ne faut pas se leurrer : le mouvement pour le climat constitue pour Exxon Mobil une menace existentielle.

Et personne n’a plus de raisons de craindre la montée des mouvements sociaux que Tillerson. Suite à l’essor mondial du mouvement pour le climat, Exxon Mobil est sous le feu sur tous les fronts. Des oléoducs transportant son pétrole sont bloqués non seulement aux Etats-Unis mais aussi ailleurs dans le monde. Les campagnes pour le désinvestissement s’étendent comme des feux de forêt et entraînent l’incertitude pour les marchés. Et, au cours de l’année dernière, diverses tromperies effectuées par Exxon ont fait l’objet d’enquêtes judiciaires. Il ne faut pas se leurrer : le mouvement pour le climat constitue pour Exxon Mobil une menace existentielle. Les objectifs concernant le réchauffement de la Terre figurant dans les accords climatiques de Paris sont totalement incompatibles avec la consommation de tous les combustibles fossiles que des entreprises comme Exxon ont dans leurs réserves, ce qui constitue la source de leur valeur sur le marché. C’est pourquoi les propres actionnaires d’Exxon ont posé de plus en plus de questions embêtantes pour savoir s’ils étaient sur le point de se retrouver avec des paquets d’actions n’ayant plus aucune valeur.

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Selon les estimations, Bernie Sanders aurait gagné l’élection contre Trump si l’appareil du Parti démocrate n’avait pas manœuvré pour faire élire Hillary Clinton à la primaire. (Photo Gage Skidmore, Flickr.)

Le monde de l’entreprise prend le contrôle du gouvernement

Telle est la toile de fond de la victoire de Trump. Nos mouvements ont commencé à gagner. Je ne dis pas qu’ils étaient assez forts. Ils ne l’étaient pas. Je ne dis pas que nous étions suffisamment unis. Nous ne l’étions pas. Mais quelque chose était bel et bien en train de basculer. Et, plutôt que de courir le risque que les mouvements continuent à progresser, ce gang de porte-parole de l’industrie des combustibles fossiles, de colporteurs de malbouffe et de prêteurs prédateurs se sont alliés pour prendre le contrôle du gouvernement et protéger leurs richesses mal acquises.

Trump et ses lieutenants rigolent bien des faibles protestations quant aux conflits d’intérêts – toute l’affaire n’est qu’un seul très grand conflit d’intérêts.

Que ce soit clair : ceci n’est pas un changement pacifique du pouvoir. C’est une prise de contrôle des commandes par le monde de l’entreprise. Ceux qui achetaient les deux plus grands partis pour défendre leurs intérêts ont décidé qu’ils en avaient marre de jouer le jeu. Apparemment, tous ces dîners fins avec les politiciens, toutes ces cajoleries et pots-de-vin légalisés insultaient leur sentiment de pouvoir de droit divin.

Désormais, ils suppriment l’intermédiaire et font ce que tout grand chef fait quand il veut que quelque chose soit fait comme il l’entend : ils le font eux-mêmes. C’est Exxon qui est ministre des Affaires étrangères. C’est Hardee qui est ministre de l’Emploi. C’est General Dynamics qui est ministre de la Défense. Et, pour tout le reste, ce sont les types de Goldman Sachs. Après avoir privatisé l’État par petits morceaux pendant des décennies, ils ont décidé de s’emparer du gouvernement lui-même. La dernière frontière du néolibéralisme. C’est pourquoi Trump et tous ses lieutenants qu’il a nommés rigolent bien des faibles protestations quant aux conflits d’intérêts – toute l’affaire n’est qu’un seul très grand conflit d’intérêts.

Surfer sur la peur de Trump

Bon, alors, que faisons-nous ? En premier lieu, nous devons toujours nous rappeler leurs faiblesses, même s’ils exercent le pouvoir de manière brutale. La raison pour laquelle le masque est tombé et que nous voyons maintenant sans fard la manière dont les grandes entreprises dirigent les choses, ce n’est pas parce que ces grandes entreprises se sentaient toutes-puissantes, c’est parce qu’elles étaient en panique.

Une partie de la base de Trump regrette déjà son vote, et cette partie ne fera qu’augmenter.

En outre, une majorité d’Étasuniens n’a pas voté pour Trump. 40 % sont restés chez eux et parmi ceux qui sont allés voter, une nette majorité a voté pour Clinton. Trump a gagné grâce à un système truqué. Et même dans ce système, il n’a pas gagné. Ce sont Clinton et l’establishment du Parti démocrate qui ont perdu. Trump n’a pas gagné avec un enthousiasme débordant et un haut pourcentage de voix.

L’establishment du Parti démocrate n’a pas jugé important de mener campagne autour d’améliorations concrètes de la vie des gens. Ils n’avaient pour ainsi dire rien à offrir aux gens dont la vie a été ruinée par les attaques néolibérales. Ils ont pensé qu’ils pouvaient surfer sur la peur de Trump, et cela n’a pas marché.

La bonne nouvelle, c’est que tout ceci rend Donald Trump incroyablement vulnérable. C’est le type qui est arrivé au pouvoir en racontant les plus gros et les plus éhontés de mensonges, en se vendant comme le champion des travailleurs qui s’opposerait enfin au pouvoir des grandes entreprises et à leur influence à Washington. Une partie de sa base regrette déjà son vote, et cette partie ne fera qu’augmenter.

L’heure est à l’optimisme

Qu’est-ce qui nous attend d’autre ? Ce gouvernement va très vite tomber sur le dos de tout le monde. On parle d’un budget du « choc et de l’effroi », (« shock and awe » est un terme militaire qui désigne l’écrasement de l’adversaire et l’anéantissement de sa volonté de combattre par l’emploi d’une très grande puissance de feu et des démonstration de force spectaculaires, NdlR) : en dix ans, 10 trillions ( c’est-à-dire 10 milliards de milliards) de dollars seront supprimés. La tronçonneuse sévira sur tout, des programmes contre la violence envers les femmes aux arts, du soutien aux énergies renouvelables aux polices de proximité. Ils pensent clairement que cette stratégie de Blitzkrieg va nous renverser. Mais ils pourraient être surpris – cela pourrait bien tous nous unir pour une cause commune. Si l’ampleur de la Marche des femmes en est un signe, nous sommes alors bien partis.

Ce gouvernement va très vite tomber sur le dos de tout le monde.

Construire des coalitions solides en des temps de politique de bunker est un dur travail. Il faut affronter des questions difficiles avant que le progrès soit possible. Et le financement de fondations et la culture de la célébrité parmi les activistes peuvent monter les gens et les mouvements les uns contre les autres au lieu d’encourager la collaboration. Mais les difficultés ne peuvent pas mener au désespoir. Pour reprendre une phrase populaire de la gauche en France, « l’heure est à l’optimisme, laissons le pessimisme pour des temps meilleurs ».

Personnellement, je ne peux pas vraiment mobiliser de l’optimisme. Mais, en ce moment où tout est menacé, nous pouvons et nous devons faire appel à notre détermination la plus inébranlable.

Naomi Klein

»» http://solidaire.org/articles/naomi-klein-le-cabinet-de-copains-de-tru...
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Publié par  El Diablo

Cirque TRUMP-USA et nous dans tout ça ? Réflexions d’un COMMUNISTE

source photo d'illustration : RFI

source photo d'illustration : RFI

Les élections étasuniennes nous ont interpellés avec une très grande intensité. Le risque d’une guerre nucléaire était notre première préoccupation. Nous ne pouvions pas assumer une pseudo-pureté idéologique et condamner les deux candidats de la même manière – attitude répandue parmi des « communisants » d’extrême gauche – ou ce qui au fond revient quasiment au même, s’enfoncer la tête dans le sable et attendre que l’orage passe.

Notre principal raisonnement était le suivant : comment éviter le pire et choisir ce qui était le mieux pour le mouvement ouvrier. Ce qui nous est apparu comme étant le primordial était que la candidate pro-guerre Hilary Clinton ne gagne pas. Il y eu aussi d’autres raisons pour nous rendre Trump plus « sympathique », tout capitaliste, milliardaire, sioniste, un peu bigot, souvent grossier, vulgaire, raciste, sexiste, même un peu fascisant… qu’il soit. Sa position visant à chercher à améliorer les relations des États Unis avec la Russie, le renvoi de tous les ambassadeurs y compris de Victoria «fuck the E.U» Nuland, néoconservatrice très impliquée dans le coup d’État de Maïdan en Ukraine, annonçaient d’importants changements, un progrès dans l’apaisement au moins partiel des conflits. Malheureusement ses positions vis-à-vis de la Chine, de la Corée du Nord, de l’Iran et de la Palestine restent hostiles. Quant au rapprochement avec la Russie il pourrait être soit une diversion pour diviser l’alliance russo-chinoise, soit répondre à une autre stratégie malicieuse.

Il est à noter que depuis octobre 2016 un projet de Loi (Bill) a été introduit pour interdire au Président des États-Unis de déclencher une guerre préventive sans l’approbation du Congrès. Selon ses auteurs son objet était d’éviter que Donal Trump, qui ostensiblement n’avait pas leur confiance, puisse avoir cette possibilité. Ce projet de Loi « H.R.669 » a été soumis au Congrès le 24 janvier 2017. Il n’a donc pas encore été adopté. Donald Trump a déclaré le soutenir. Ce qui est étrange c’est qu’en octobre lorsque ce projet de loi a été introduit, il n’était pas possible de prévoir lequel des candidats serait élu. La conclusion à en tirer est que les divers conflits opposant essentiellement les États-Unis à la Russie et à la Chine ont atteint un tel niveau de dangerosité, qu’ils ont poussé le Congrès étasunien à – maladroitement et tardivement – mettre un frein – en dépit des néoconservateurs post-trotskistes – à leur politique d’agression permanente. Le bon sens aurait quelque peu prévalu et montré qu’aux États-Unis il y a quand-même beaucoup de gens sensés qui tiennent à la vie.

Sur le plan intérieur, le positif réside dans la pénalisation par une taxe de 20% ou 30% des produits d’entreprises délocalisées, moyen de décourager les importations et de favoriser la production interne. De telles mesures, ne peuvent que faire du bien à la production nationale, à l’emploi, aux salaires avec pour conséquence une hausse du pouvoir d’achat des salariés. Des dispositions douanières identiques en France seraient les bienvenues.

Concernant les restrictions de l’immigration clandestine, par le fait même qu’elle soit clandestine elle est illégale. Or il faut tenir compte de la misère ouvrière aux États-Unis. Detroit entre autres, une ville où les plus démunis n’ont même pas d’eau potable à boire, et comme chacun sait c’est le propre du capitalisme de se délecter d’un grand réservoir de chômage (la France ne manque pas de misère non plus). Par ailleurs cet arrêt brutal d’entrées, de ressortissants provenant de Libye, de Somalie, du Yémen, d’Irak, de Syrie ne peut être considéré, dans des circonstances normales, que comme scandaleux. Toutefois les circonstances ici ne sont pas tout à fait normales. Nous sommes très dubitatifs quant aux motivations des personnes qui voudraient entrer aux États-Unis, considérant que leurs pays n’ont cessé d’être bombardés, tuant et handicapant des centaines de milliers de leurs compatriotes dans des guerres faites ou soutenues par les États-Unis eux-mêmes. Pour faire un parallèle, c’est comme si pendant l’occupation, des Français avaient voulu immigrer ou visiter l’Allemagne nazie.

Notre attitude n’est pas sans « danger », au sens où, dans l’avenir des «camarades purs ou neutres», nous la reprocheront et nous tiendront pour responsables de tous les actes malfaisants de Trump. Mais notre analyse se fait sur la base d’un raisonnement établi à un moment donné. Nous ne prophétisons en rien le comportement ultérieur de Donald Trump.

Mais il y a deux choses qui sont très claires. La première est que Trump n’aurait pu être plébiscité sans l’appui du prolétariat pauvre, présumé blanc. La deuxième, qui est réjouissante, est d’entendre les media à la solde du système, piquer des crises d’hystéries à propos de la défaite du camp Clinton/néoconservateurs soutenu par Obama.

L’avancée triomphale accélérée et avide, ces dernières décennies du Nouvel ordre mondial, de la Mondialisation, de la Globalisation, des sociétés transnationales et surtout des banques prédatrices, des néoconservateurs, des néolibéraux et des sociétés multinationales quasiment apatrides, sur les entités nationales, semblent s’être heurtée à des résistances de plus en plus fortes, telle une vague de fond mondiale qui augure de leur déclin. La défense de la souveraineté nationale, est une notion qui prend de plus en plus de l’ampleur, surtout quand elle a pour moteur les intérêts allant de ceux de la bourgeoisie nationale jusqu’à ceux du prolétariat pauvre. De ce courant ont su profiter Trump, Marine le Pen et quelques autres. Malheureusement les partis communistes européens sapés de l’intérieur, soumis au matraquage médiatique, bourgeois social-fasciste, l’absence de clarté, de direction et de pragmatisme dans leur discours, ainsi que leur démoralisation, n’ont pas su se mettre à la portée, donner confiance à leurs prolétariats et les mobiliser pour défense leurs intérêts. « Inspirés » par les media et le discours ambiant, ils adoptent parfois les positions des adversaires de classe, même des agresseurs impérialistes, telle que l’exemple flagrant de la participation du PCF à un gouvernement social-démocrate pendant la guerre d’agression contre la Yougoslavie. Ils ont eu dès lors du sang sur les mains.

Essentiellement il y a deux camps qui se confrontent, ceux qui bénéficient de la globalisation et ceux qui en pâtissent. D’un côté il y a les transnationales étrangères et même des sociétés nationales plus ou moins délocalisées, qui fourguent sur le marché intérieur des produits fabriqués à l’étranger, faits dans des conditions de production plus profitables à cause du coût inférieur de la main-d’œuvre, de l’absence de réglementation…; et de l’autre la bourgeoisie et la petite-bourgeoisie commerçante, les agriculteurs, les artisans et les travailleurs, qui respectivement ne peuvent concurrencer des prix aussi bas; n’arrivent pas à vendre leur produits agricoles à un prix normal; subissent la concurrence des produits importés à bon marché auxquels s’ajoute la baisse de revenus de leur clientèle, et les travailleurs qui ne récoltent que le chômage, et qui par voie de conséquence voient leurs salaires tirés vers le bas. Des pans entiers de secteurs ont été happés par des entreprises internationales, comme dans la restauration rapide, pas chère et malsaine : McDonalds, KFC, Quicks…; l’électroménager ou les marques françaises deviennent rares,……, sans parler des prises d’intérêt dans des sociétés par actions. Par ailleurs il est difficile de savoir si une société « française » l’est par son siège, son lieu de fabrication, son marché, la nationalité de ses propriétaires ou si la destination de ses profits n’est pas un paradis fiscal.

Notre place à nous communistes est d’assumer nos devoirs et de nous appliquer à agrandir cette brèche, et non pas abandonner nos positions sur le terrain de la lutte à d’autres. Mais rien ne peut s’accomplir sans la souveraineté nationale couplée à l’indépendance économique et militaire.

Évidement ici on ne parle pas des échanges nécessaires et mutuellement profitables entre pays, pas plus que de ceux qui s’y rattachent, bien qu’ils aient, strictement parlant, une fonction compradore. Cela étant dit nous réservons la qualification « compradore » pour cette couche de la bourgeoisie qui fourgue des produits qui auraient pu être fabriqués en France si les conditions de production étaient comparables et qui découragent l’autosuffisance du pays. L’autre problème réside dans leur poids économique, couplé aux poids politique, médiatique, publicitaire avec lesquels ils tentent d’atténuer, de masquer le caractère inacceptable de la production étrangère facilitant de plus en plus leur incursion économique, politique, linguistique, culturelle dans la vie du pays. Cette aberration pourrait être atténuée par des droits de douane à l’importation qui prendraient en compte le coût du chômage causé et des avantages sociaux non payés. Mais cela ne règle en rien les effets psychologiques, sociaux et par-dessus tout provoque une pression vers le bas des salaires et du niveau de vie des travailleurs et par extension des agriculteurs et des artisans….

Nous sommes convaincus que nous vivons une période de lutte intense entre d’un côté l’alliance du pouvoir de la globalisation et de la couche compradore de la bourgeoisie et de l’autre l’alliance de la bourgeoisie nationale, des agriculteurs, des artisans et indispensablement le prolétariat national. Cette dernière alliance contient en son sein une contradiction entre classes, mais celle-ci dans les circonstances actuelles est une contradiction de moindre importance qui se résoudra ultérieurement.

Alexandre MOUMBARIS

SOURCE :

 

Éditorial - prépublication n° 186 des Dossiers du BIP

 

https://dossiersdubip.wordpress.com/2017/02/05/editorial-prepublication-n-186-

mercredi 15 février 2017

Flynn, Sessions, Crimée: intensification de la chasse aux sorcières aux Etats Unis

La politique aux Etats Unis ne cesse de surprendre: à croire que ce pays est devenu une colonie de la Russie et qu'elle cherche son indépendance. Etrange renversement de situation. Il est impossible d'ouvrir un journal sans un gros titre en première page sur l'influence de la Russie dans les mécanismes politiques américains, sans dénigrement de la politique présidentielle américaine, sans analyse de la perte de statut des Etats Unis. Auditions, fuites organisées dans la presse, valse des officiels s'enchaînent, mettant le système politico-institutionnel américain face à son impossibilité d'intégrer une alternance réelle du pouvoir.
 
Mais pourquoi la Russie se retrouve-t-elle au centre de ce tourbillon, qui finalement ne la concerne qu'indirectement?
 
L'attaque portée contre l'image de D. Trump par la presse soutenant le système néolibéral globaliste, c'est-à-dire l'essentiel de la presse américaine, dégrade en même temps l'image de la fonction présidentielle et donc du pays. Par exemple, un tel article dans le Washington Post ne peut être publié sans "effets collatéraux" significatifs:
Mais l'attaque ne s'arrête pas à l'individu, elle touche également toute son équipe. L'agrément du Congrès acquis avec difficulté pour les membres aujourd'hui en poste, est maintenant remis en question grâce à un système de surveillance illégale demandé par l'administration Obama et dont le service après-vente est assuré par une collaboration plus qu'étroite entre la presse et les services secrets, pour faire de l'équipe de Trump un groupe au service de la Russie. Le jeu de quille est ouvert.
 
Le conseiller de D. Trump sur la sécurité, M. Flynn a été conduit à démissionner pour ses contacts avec l'ambassadeur russe. Les services secrets ont mis sur écoute les membres de l'équipe de Trump lors de la campagne et jusqu'à la prise de fonction, c'est-à-dire même après la victoire de D. Trump. Ce qui étrangement ne semble soulever aucune question quant à la légalité de la pratique, l'époque du Water Gate est bien loin. Or, après la victoire de D. Trump, M. Flynn est entré en contact, soit directement, soit par téléphone, avec un nombre conséquent de personnalités afin de préparer la transmission du pouvoir. Uniquement sa conversation avec l'ambassadeur russe aux Etats Unis lui est reprochée; alors qu'il discutait de l'extradition des 35 diplomates russes et peut être d'une possible levée des sanctions contre la Russie. Pour justifier le caractère illégal de cette démarche devant conduire à la démission de Flynn, les américains sont allés rechercher une veille législation, la loi Logan de 1799 (qui au fait n'a jamais été appliquée) interdisant aux personnes privées de mener des négociations au nom des Etats Unis avec des Gouvernements étrangers. Or, Flynn faisait partie de l'équipe de Trump et allait entrer en fonction, il n'a fait que son travail, comme tous ses prédécesseurs. M. Flynn a avoué n'avoir pas pu, dans la précipitation des évènements, rendre compte dans tous les détails des centaines de conversations qu'il a eu, D. Trump reconnait ensuite avoir été mis au courant mais a demandé une enquête supplémentaire. Finalement, il a bien du le lacher sous la pression médiatique, qui d'ailleurs ne retombe pas, si l'on en croit l'article du New York Times mettant en doute la réalité des paroles de Trump. Le plus amusant est que ces écoutes ont été le fait de l'Administration Obama et que c'est le conseiller du nouveau Président qui paie les pots. Il y a un renversement de situation assez cocasse.
 
Suite à cette "grande victoire" des opposants à Trump, le combat se renforce. Même la presse française, atlantiste à souhait lorsqu'il ne s'agit pas de Trump, se demande qui sera le suivant à tomber et d'invoquer le Kremlingate, qu'ils tentent tellement d'importer en France.
 
Le suivant sur la liste est l'Attorney General Jeff Sessions. Il a été mis sur le grill pour une interrogation très général: est-il suffisamment indépendant de la Russie pour s'occuper de la justice américaine? L'attaque, cette fois-ci, n'a pas porté, pas encore du moins, si l'on en croit cet article du New York Times:
Attorney General Jeff Sessions faced growing pressure on Tuesday to remove himself from any role in investigating President Trump’s aides and their relationship with Russia, but advisers to Mr. Sessions said he saw no need to do so.
Etrangement, la politique américaine, au lieu de s'occuper de la grandeur des Etats Unis, ce qui était plutôt son habitude au minimum dans les apparences, est focalisée sur la Russie, cet ennemi prenant des proportions dantesques, devant expliquer - sinon justifier - l'affaissement soudain du Système. Les perdants n'acceptent pas la défaite, ils utilisement tous les moyens pour faire tomber l'ennemi hors méthodes démocratiques électorales. C'est en ce sens que le combat mené aujourd'hui est une atteinte aux valeurs démocratiques. Méthodes que l'on voit, toutes proportions gardées - plus "provinciales" - dans la politique française cette année.
 
Dans ce contexte, le programme de D. Trump étant plus axé sur l'intérieur que sur l'international, il est prêt à négocier les relations à la Russie, tant que cela ne joue pas sur la politique intérieure. Ainsi, la collaboration dans la lutte contre Daesh ne peut être remise en cause, car il en va de la sécurité intérieure américaine. La collaboration économique peut être discrètement restaurée, car il en va de l'intérêt des Etats Unis. Or, l'ampleur des fuites dans la presse met également en cause la sécurité nationale, car elles démontrent la faiblesse du pays, son impossibilité à gérer ses conflits intérieurs. Ce que rappelle D. Trump:
En revanche, au minimum deux points de divergences profonds peuvent bloquer les relations russo-américaines. Les Etats Unis sont repartis en "guerre" contre l'Iran, qui est l'allié de la Russie dans de nombreux domaines, notamment en ce qui concerne le règlement de la crise syrienne. Et la Russie a fait montre de résistance sur ce point.
 
Le deuxième point est beaucoup plus problématique et concerne la crise ukrainienne. La démarche de D. Trump s'inscrit ici dans la droit ligne de celle d'Obama, voulant faire de la Russie une partie au conflit ukrainien et ne pas lui reconnaître ce caractère intérieur. Mais lorsque Trump parle de la nécessaire restauration de la Crimée à l'Ukraine, soit il y a totale méconnaissance des intérêts russes historiques dans la région, soit c'est pour lui le prix à payer pour pouvoir gouverner à l'intérieur. Bref, soit il fait montre d'incompétence, soit de faiblesse. Cela découle en tout cas des paroles de S. Spicer, le porte-parole de la Maison Blanche:
"President Trump has made it very clear that he expects the Russian government to de-escalate violence in the Ukraine and return Crimea," Spicer said at a daily news briefing. "At the same time, he fully expects to and wants to get along with Russia."
Du point de vue de D. Trump, cette déclaration n'est pas une totale surprise. Il avait déjà soutenu une déclaration quasi-similaire de l'ambassadrice américaine au Conseil de sécurité de l'ONU et vu le contexte politique intérieur qu'il a du mal à maîtriser, il n'a aucune raison pour affaiblir encore plus sa position en faisant un cadeau de cette taille à la Russie. La reconnaissance de la légalité du rattachement de la Crimée entre dans le cadre des intérêts russes, non américains. Pour autant, cela ne signifie pas que la Maison Blanche soutienne l'escalade du conflit en Ukraine lancée par Poroshenko. Mais elle est suffisamment affaiblie pour ne pas pouvoir, non plus, faire contre poids aux "sponsors" de ce conflit.
 

Rex Tillerson et les mythes, mensonges et guerres autour du pétrole. (New Eastern Outlook)

 

Rex Tillerson, l’ancien PDG du géant pétrolier ExxonMobil, n’a pas été désigné secrétaire d’État en raison de son expérience diplomatique. Il est là parce qu’il est évident que les patriarches qui sont derrière le projet Trump, Warren Buffett, David Rockefeller, Henry Kissinger et d’autres, veulent une personne venant de la grande industrie pétrolière pour guider la politique étrangère américaine pendant les quatre prochaines années. À peine devenu président, Trump a donné son feu vert aux controversés pipelines KeystoneXL qui ne livreront pas de pétrole étasunien, mais les coûteux sables bitumineux canadiens. Son Agence de protection de l’environnement adopte une attitude amicale face aux dangers environnementaux dus à la production de gaz de schiste. Mais le plus important, avec le secrétaire Tillerson, est que les États-Unis planifient une réorganisation majeure du contrôle du pétrole, revenant à la déclaration souvent citée de Kissinger :« Si vous contrôlez le pétrole, vous contrôlez des nations entières ou des groupes de nations. »

 

Je voudrais raconter ici le récit de mon propre changement de conviction au sujet de la genèse des hydrocarbures, car je pense qu’il deviendra de plus en plus important dans un proche avenir, de saisir précisément en quoi consiste vraiment le jeu des quatre grands géants pétroliers anglo-américains, ExxonMobil, Chevron, Shell et BP. Il s’agit de créer des mythes, des mensonges et, finalement, des guerres pétrolières fondées sur ces mythes et ces mensonges.

 

Cela se passe à la fin de l’année 2002, alors que l’Administration Bush-Cheney était déterminée à détruire l’Irak et à renverser Saddam Hussein. Le fait que le gouvernement des États-Unis risquait une rupture potentielle avec ses alliés européens et ses autres alliés importants pour une menace irakienne, réelle ou imaginée, me laissait fort perplexe. Il devait y avoir quelque chose de plus profond, me suis-je dis.

 

Puis, un ami m’a envoyé l’article d’un site aujourd’hui fermé, From The Wilderness, fondé par feu Mike Ruppert. L’article exposait un argument majeur, disant que le volume de pétrole dans le sol est limité et disparaît rapidement. Il soutenait que le plus grand gisement de pétrole de l’histoire, Ghawar en Arabie Saoudite, était tellement appauvri qu’il y avait besoin d’injecter des millions de barils d’eau par jour pour obtenir une production, toujours en baisse, de pétrole brut. Il affirmait que la Russie avait dépassé son « pic » pétrolier.

Il illustrait cette notion avec le célèbre graphique en cloche, dit courbe de Gauss [Aussi connu sous le nom dePic de Hubbert, NdT]. Le monde, après plus d’un siècle dans l’ère des hydrocarbures, avait consommé tellement de pétrole que nous étions proches du « pic absolu ». Voilà sa thèse.

 

Quel pic absolu ?

 

J’ai creusé plus profond, trouvé d’autres articles sur le thème du pic pétrolier. Cela offrait une explication plausible pour cette stupide guerre en Irak. Après tout, l’Irak, selon les estimations, possédait la deuxième réserve de pétrole non exploitée au monde, après l’Arabie saoudite. Si le pétrole devenait si rare, cela permettait d’expliquer les motifs de cette guerre.

 

J’ai donc décidé d’approfondir une question aussi cruciale que l’avenir du pétrole mondial et son impact potentiel sur la guerre et la paix dans le monde, la prospérité mondiale ou la famine.

 

J’ai assisté à la conférence annuelle de l’Association pour l’étude du pic pétrolier (ASPO), qui s’est tenue en mai 2004 à Berlin. Là, j’ai rencontré les gourous du pic pétrolier, Colin Campbell, géologue à la retraite de Texaco, dont les recherches sur la production des puits donnait au pic pétrolier une base scientifique apparente ; Matt Simmons, un banquier du monde pétrolier du Texas qui a écrit un livre intitulé Twilight in the desert, dans lequel il prétend que le site de Ghawar a largement dépassé son pic de production. Mike Ruppert était également présent, comme l’était l’auteur sur les pics pétroliers, Richard Heinberg.

 

Loin d’être menée comme une démonstration géophysique de haut niveau pour expliquer le pic pétrolier, j’ai été très déçu d’être le témoin de batailles verbales amères et acharnées entre les critiques du pic pétrolier, comme cet expert de l’Agence internationale de l’énergie de Paris et les avocats du pic pétrolier, qui en sont arrivés à lancer des attaques ad hominem contre l’expert parisien, plutôt que de développer des arguments scientifiques sérieux.

 

Quelques semaines plus tard, j’ai décidé de m’entretenir avec le président d’ASPO International, le physicien atomique suédois Kjell Aleklett, dans son université d’Uppsala, en Suède, pour tenter d’obtenir une argumentation scientifique plus approfondie au sujet du pic pétrolier. Là, Aleklett m’a montré son dernier diaporama. Il soutenait que comme le pétrole était un combustible fossile, nous savions, par l’étude de la tectonique des plaques, où se trouvaient tous les principaux gisements de pétrole. Puis, citant l’épuisement de la production dans la mer du Nord, à Ghawar, au Texas et dans quelques autres endroits, Aleklett a proclamé : « Voilà ! L’affaire est prouvée. » Pour moi, c’était tout sauf prouvé.

 

Un autre point de vue

 

À ce moment-là, après la démonstration d’Aleklett, qui ne peut être décrite que comme un diaporama chargé d’assertions non prouvées, j’ai commencé à remettre en question ma conviction antérieure au sujet du pic pétrolier. Des mois auparavant, un ami chercheur allemand m’avait envoyé l’article d’un groupe de géophysiciens russes sur ce qu’ils appelaient les « origines abiotiques » des hydrocarbures. Je l’avais mis de côté pour une future lecture, alors je l’ai ouvert et je l’ai lu. J’ai été impressionné, pour dire le moins.

 

Au fur et à mesure de ma recherche de traductions de journaux scientifiques sur les abiotiques russes, j’ai creusé le sujet plus en profondeur. J’y ai appris que les recherches hautement confidentielles de l’ère soviétique avaient commencé dans les années 1950, au début de la Guerre froide. Staline avait donné mandat aux principaux géo-scientifiques soviétiques pour, tout simplement, s’assurer que l’URSS était entièrement autosuffisante en pétrole et en gaz. Elle ne devait pas répéter l’erreur fatale qui avait coûté deux guerres mondiales à l’Allemagne à cause de sa non-autosuffisance pétrolière.

 

Étant des scientifiques sérieux, ils n’ont rien pris pour acquis. Ils ont commencé leur travail par une recherche exhaustive dans la littérature scientifique mondiale pour trouver une preuve rigoureuse de la genèse des hydrocarbures, à commencer par la théorie largement acceptée des combustibles fossiles. À leur grande surprise, ils n’ont pas trouvé de preuve scientifique sérieuse dans toute cette littérature.

 

J’ai alors lu les recherches interdisciplinaires menées par des universitaires comme le professeur V.A. Krayouchkine, directeur du département d’exploration pétrolière de l’Institut des sciences géologiques de l’Académie des sciences ukrainienne à Kiev, l’un des principaux scientifiques abiotiques.

 

Krayouchkine a présenté un exposé, après la fin de la guerre froide, à une conférence du DOSECC (Forage, observation et échantillonnage de la croûte continentale de la terre) à Santa Fe, Nouveau-Mexique, en 1994. Krayuchkine y a présenté ses recherches menées dans la région de Dniepr-Donetsk, en Ukraine. La géologie traditionnelle et commune aurait soutenu que cette région est stérile en pétrole ou en gaz. Les géologues traditionnellement formés ont soutenu qu’il était insensé de chercher du pétrole ou du gaz là, à cause de l’absence complète de toute « roche mère » – les formations géologiques spéciales qui, selon la théorie géologique occidentale, sont des roches uniques où des hydrocarbures ont été produits ou sont susceptible d’être générés – vraisemblablement, les seuls endroits où le pétrole pourrait être trouvé, d’où le terme « mère ».

 

Ce que Krayouchkine a présenté à l’auditoire incrédule de géologues et de géo-scientifiques américains allait à l’encontre de toute leur formation sur la genèse pétrolière. Krayouchkine a soutenu que les découvertes de pétrole et de gaz dans le bassin d’Ukraine provenaient de ce que les géologues ont appelé le « sous-sol cristallin », des roches profondes où la théorie géologique occidentale prétend que le pétrole et le gaz (qu’ils ont appelé « combustibles fossiles ») ne peuvent être trouvés. Aucun fossile de dinosaure ni aucun reste d’arbre n’aurait pu être enterré si profondément, selon la théorie occidentale.

 

Pourtant, les Russes y ont trouvé du pétrole et du gaz, quelque chose d’équivalent à Galilée disant à la Sainte Inquisition que le Soleil – et non la Terre – était le centre de notre système. Selon un participant, le public n’a pas du tout été intéressé par les implications de la géophysique russe.

 

L’orateur de Kiev a ensuite déclaré aux scientifiques présents à Santa Fe, que les efforts de l’équipe ukrainienne pour chercher du pétrole là où la théorie conventionnelle prétend que l’on ne peut pas en trouver, ont en réalité réussi et permis d’exploiter des champs pétroliers et gaziers commerciaux.

 

Il a décrit en détail les tests scientifiques qui ont été menés sur le pétrole découvert, pour évaluer leur théorie selon laquelle le pétrole et le gaz ne provenaient pas de la surface – comme le suppose la théorie classique des combustibles fossiles –, mais plutôt d’une profondeur de quelque deux cents kilomètres. Les tests ont confirmé que le pétrole et le gaz provenaient en effet d’une grande profondeur.

 

L’orateur a clairement expliqué que la compréhension des scientifiques russes et ukrainiens sur l’origine du pétrole et du gaz était aussi différente de celle des géologues occidentaux que le jour de la nuit.

 

Encore plus choquant pour le public, le rapport de Krayouchkine indiquait qu’au cours des cinq premières années d’exploration de la partie nord du bassin de Dniepr-Donetsk, au début des années 1990, un total de 61 puits ont été forés, dont 37 furent commercialement productifs, un taux de réussite de plus de 60%. Pour une industrie pétrolière où le taux de réussite de 30% est la moyenne, 60% est un résultat impressionnant. Il a décrit, puits par puits, les profondeurs, les flux de pétrole et les autres détails.

 

Plusieurs de ces puits allaient jusqu’à une profondeur de plus de quatre kilomètres, une profondeur d’environ 13 000 pieds dans la Terre et certains produisaient jusqu’à 2 600 barils de pétrole brut par jour, soit près de 3 millions de dollars par jour aux prix du pétrole en 2011.

 

Après cette conférence, je suis entré personnellement en contact avec l’un des principaux scientifiques abiotiques russes, Vladimir Koutcherov, professeur à l’Institut royal suédois de technologie, le MIT suédois. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois et il m’a formé sur l’origine de tous les hydrocarbures. Ils ne viennent pas de dinosaures morts ni de détritus de restes d’origines biologiques. Le pétrole est plutôt constamment généré dans les profondeurs du noyau terrestre, dans ce four nucléaire géant que nous appelons le noyau. Sous l’effet d’une température et d’une pression énormes, le méthane primaire est forcé à remonter à la surface en passant par ce qu’ils appellent des canaux de migration situés dans la croûte terrestre. Effectivement, Koutcherov a démontré que les puits de pétrole « à sec » existants, si on les laisse non exploités pendant plusieurs années, peuvent se « recharger » avec du nouveau pétrole neuf venant des profondeurs. Selon les conditions environnantes, le méthane migre vers le haut, et peut rester gaz, devenir pétrole brut, goudron ou charbon.

 

Les implications de cette genèse terrestre des hydrocarbures ont été profondes et m’ont forcé à changer de croyance. J’ai lu ensuite les fascinantes théories géophysiques du brillant scientifique allemand Alfred Wegener, le véritable découvreur de ce qui, dans les années 1960, a été nommé théorie des plaques tectoniques. Je me suis rendu compte que notre monde, comme l’a fait remarquer l’économiste pétrolier néerlandais Peter O’Dell, « ne manquait pas de pétrole, mais devenait du pétrole ». Partout, du Brésil à la Russie, à la Chine, au Moyen-Orient. J’ai écrit ce qui est devenu l’un de mes articles en ligne les plus lus, « Confessions d’un ex-croyant en pic pétrolier », en 2007.

 

En fait, je me suis rendu compte que les fondements de la géologie pétrolière occidentale étaient une sorte de religion. Plutôt que d’accepter la Naissance divine, les croyants du pic pétrolier ont accepté la Divine Origine fossile. Aucune preuve nécessaire, il suffit d’y croire. À ce jour il n’existe pas un seul document scientifique sérieux prouvant la genèse fossile des hydrocarbures. Le scientifique russe Mikhail Lomonosov l’avait proposée comme simple hypothèse, dans les années 1760. Elle a servi à l’industrie pétrolière étasunienne, en particulier la famille Rockefeller, pour construire une immense fortune basée sur le mythe de la pénurie de pétrole.

 

Aujourd’hui, l’Administration du Président Trump, avec son Secrétaire d’État, un ancien d’ExxonMobil, Rex Tillerson, retourne à l’ère du Big Oil après huit ans d’Obama et ses stratégies alternatives. Si notre monde doit éviter encore plus de carnage et de guerres inutiles alors que le pétrole abonde, il serait important d’étudier la véritable histoire de notre Âge du pétrole. En 2012, j’ai publié un livre basé sur ce travail, intitulé Mythes, mensonges et guerres du pétrole. Pour ceux qui sont intéressés, je suis convaincu que vous y trouverez une vision alternative utile.

 

William Engdahl

 

– Le 29 janvier 2016 – Source New Eastern Outlook

 

Note du Saker Francophone

Vous pouvez trouvez un autre article du même auteur sur le site. Le long commentaire ajouté par nos soins reste valable. Ce mythe du pétrole fossile, selon Engdhal, fait écho à l’autre mythe potentiel que l’on essaie de nous vendre avec force, le réchauffement anthropique.

 

Il est aussi possible que les 2 théories puissent cohabiter, les roches mères auraient pu être chargée par le bas par exemple avant de migrer avec les plaques tectoniques. Personne ne mentirait totalement, certains pays seraient juste mieux dotés que d’autres. De quoi réfléchir en observant Trump et sa politique énergétique et sa politique étrangère.

 

Les édiles états-uniennes ont-elles un problème avec la démocratie et les droits des peuples ? Ou sont-elles adeptes de l’axiome « fais ce que je te dis, ne fais pas ce que je fais » ? Dans les deux cas, il faut croire que oui ! Ce qui induit une sorte de totalitarisme selon lequel, des personnes ont tous les droits, et peuvent faire et décider tout ce qu’ils ordonnent quand d’autres, leur seul droit serait de se conformer et d’appliquer ce qui a été décidé pour eux. C’est du moins l’impression que donne la condamnation par le Congrès des EU de la résolution 2334 du Conseil de sécurité (votée le 23 décembre 2016) qui juge « illégales » les colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés. Ainsi, les parlementaires étasuniens demandent-ils le retrait de la résolution onusienne ou sa modification « afin qu’elle ne soit plus unilatérale et anti-Israël » et permette une solution au conflit par « des négociations bilatérales directes entre les deux parties ».

 

Premier point : le Congrès des EU estime la résolution de l’ONU « anti-Israël » du fait qu’il lui est demandé d’arrêter la colonisation. En fait, le Conseil de sécurité s’est conformé à sa mission, et il n’y avait rien d’anti-Israël dans la résolution sus-citée. De nombreux pays ont été sanctionnés par l’ONU. Or, jamais ils n’ont accusé cette institution d’être contre eux. Alors, le droit international, que représentent l’ONU et le Conseil de sécurité, doit-il concerner uniquement les pays sans grade, mais Israël, pas touche ? Bien sûr que ce serait là une hérésie !

 

Deuxième point : les parlementaires étasuniens appellent à des « négociations bilatérales directes » entre les deux parties. Certes ! Toutefois, est-il concevable de négocier alors que l’une des parties (Israël en l’occurrence) poursuit la colonisation et la reconfiguration des territoires palestiniens occupés ? Il est patent, néanmoins, que le Congrès ne peut ignorer qu’une série de négociations « directes », parrainées par les Etats-Unis, eurent lieu entre 1993 et 2014, qui ont toutes échoué du fait d’Israël, de l’aveu même de diplomates étasuniens, y compris John Kerry. Aussi, nous serons curieux d’écouter ce que diront les parlementaires dans le cas de figure – à tout le moins imaginaire – où une partie des Etats-Unis serait occupée par des forces étrangères et qu’on leur demanderait de négocier (avec ces occupants) au moment où ceux-ci y construisent des colonies et tentent d’en modifier la morphologie ? C’est celle-là la question de fond : comment négocier avec Israël qui par son action rend impossible la création de l’Etat de Palestine ? Or, l’équation est simple : il suffit de faire appliquer les résolutions de l’ONU – notamment les résolutions 242 (1967) et 338 (1973), qui stipulent le retrait d’Israël sur la ligne verte de 1967, frontière entre les deux pays internationalement reconnue] qui défendent le droit d’Israël à l’existence et garantissent le droit des Palestiniens à avoir un Etat.

 

Le Congrès des EU est-il contre cette forme première de la démocratie, assurant une coexistence pacifique entre les deux Etats ? Il faut le croire dès lors qu’il assimile tout rappel à l’ordre d’Israël, à un acte « anti-Israël ». Un fait patent : la communauté internationale – Etats-Unis y compris – ne reconnaît ni l’occupation ni l’annexion des territoires, encore moins les colonies, estimées unanimement illégales. Le Congrès va-t-il à l’encontre du droit international, en étant contre des résolutions pertinentes qui tracent une issue à un conflit complexifié à dessein ? La démocratie fonctionnerait-elle, selon les parlementaires des EU, de façon tendancieuse qui s’appliquerait différemment pour les uns et les autres ? Israël est membre de l’ONU, aussi ses résolutions s’appliquent et doivent s’appliquer de la même façon à l’Etat hébreu qu’aux autres nations dans le monde. Pour rappel, en 2004, le Conseil de sécurité a voté une résolution (1559) exigeant de la Syrie le retrait sans délai de ses troupes stationnées au Liban. Les Etats-Unis, le Congrès en particulier, ont fait des pressions intenses sur Damas pour qu’elle s’y conforme et que force reste à la loi. Peut-il y avoir deux poids deux mesures pour la loi universelle qui jugerait selon que vous soyez faible ou puissant ? Le Congrès des EU, serait-il de mauvaise foi et considérerait-il son autorité sur les Etats-Unis comme extensible au reste du monde et/ou que le droit étasunien prévaudrait sur le droit international ? Aussi, cela clarifierait la donne que le Congrès explique pourquoi les lois internationales (que sont les résolutions de l’ONU) s’appliquent et doivent s’appliquer à la Syrie – un exemple parmi d’autres – mais pas à Israël ? Au Proche-Orient, il est question du déni de droit fait au peuple palestinien spolié de ses terres. Les représentants de la plus grande démocratie du monde, vont-ils nous faire croire que la colonisation israélienne et ses retombées négatives sur la paix sont des actes démocratiques ? Telle est la question !

 

Karim MOHSEN

»» http://www.lexpressiondz.com/edito/259078-le-congres-us-contre-les-dro...
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Le général Michael Flynn, conseiller à la sécurité nationale de Trump, continue de démontrer les limites de ses capacités intellectuelles et stratégiques. Il est allé devant les caméras pour émettre cette vaine menace :

« La communauté internationale a trop toléré le mauvais comportement de l’Iran. Le rituel consistant à convoquer le Conseil de sécurité des Nations Unies pour une réunion d’urgence et à publier une déclaration forte ne suffit pas. L’Administration Trump ne tolérera plus les provocations iraniennes qui menacent nos intérêts.

Nous ne ferons plus semblant de ne pas voir les actions hostiles et belliqueuses de l’Iran envers les États-Unis et la communauté mondiale. »

 

Quel est l’objectif d’une pareille fanfaronnade ?

 

Il est intéressant de noter que la déclaration a été publiée une heure seulement après que Donald Rumsfeld eut quitté la Maison Blanche où il avait discuté de « processus » avec Flynn et le personnel du Conseil de sécurité nationale.

Les néo-conservateurs sont bien sûr très heureux d’entendre de pareilles sottises. Obama devrait remercier Trump pour avoir mis en garde l’Iran, écrit Eli Lake. Et James Rubin s’exclame à l’unisson : le président a enfin, fait quelque chose d’intelligent en matière de politique étrangère. Pour la toute première fois, les rédacteurs néocons du Washington Post félicitent Trump et mettent en exergue la sortie puérile de Flynn.

Mais les États-Unis n’ont aucun moyen de contraindre en quoi que ce soit les 80 millions d’Iraniens. L’administration Bush l’a compris (c’était une des raisons pour laquelle Rumsfeld a été renvoyé), l’administration Obama l’a admis et l’administration Trump devra aussi l’accepter.

L’Iran est sanctionné par les États-Unis depuis 1979. Quelques années de sanctions unilatérales étasuniennes de plus ne changeront pas ses positions d’un iota. La « communauté internationale » soutient l’accord nucléaire et souhaite la levée des sanctions internationales. Elle n’acceptera pas de nouvelles sanctions simplement parce qu’un larbin de Trump l’a décidé.

On a besoin de l’Iran pour parvenir à la paix et combattre le terrorisme islamique au Liban, en Syrie, en Irak, en Afghanistan et ailleurs. Pour ne serait-ce que tenter d’atteindre ces objectifs sans l’Iran, il faudrait des centaines de milliers de soldats américains. Et ils ne serviraient sans doute à rien, si l’Iran décidait de ne pas les soutenir. Car, en réalité, on ne peut rien faire au Moyen-Orient sans l’Iran. Bien que ce pays ne soit pas vraiment en mesure d’intervenir activement dans d’autres pays, il peut dresser partout des obstacles de nature à bloquer les solutions que les États-Unis essaient de mettre en œuvre.

L’Iran répondrait à de plus petites attaques directes des États-Unis par des attaques de ses forces par procuration ailleurs. Les troupes américaines en Irak et en Afghanistan, en particulier, et leur ravitaillement, seraient en grand danger. Une attaque massive contre l’Iran lui-même entraînerait la destruction de bases militaires américaines au Koweït, au Bahreïn, au Qatar, en Oman et en Arabie saoudite. Les navires étasuniens empruntant le détroit d’Ormuz deviendraient des cibles faciles.

Un quelconque mouvement des États-Unis contre l’Iran ne recevrait pas vraiment d’appui international. Envoyer le destroyer lance-missiles USS Cole sur la côte yéménite tout en fantasmant sur le minage Houthi des eaux territoriales apparaîtrait comme une resucée trop évidente de l’incident du « Golfe du Tonkin ».

Un mouvement militaire significatif contre l’Iran serait une faute stratégique désastreuse de politique étrangère, aussi grave que l’attaque de l’administration Bush contre l’Irak. Cette attaque a renforcé la position de l’Iran sur le long terme. Une attaque contre le pays lui-même aurait le même résultat, dans de plus grandes proportions encore.

Les membres les plus adultes de l’administration Trump savent tout cela. Mathis, le secrétaire à la Défense, qui n’est pas un ami de l’Iran, a tiré le tapis sous la vaine menace de Flynn :

Le secrétaire à la Défense, Jim Mattis, a déclaré samedi que la menace du programme de missiles de l’Iran n’exigeait pas actuellement de réalignement des forces américaines au Moyen-Orient, une déclaration qui revenait quelque peu sur la forte mise en garde que la Maison Blanche venait juste de prononcer contre Téhéran.

Le commandement central des États-Unis pour le Moyen-Orient n’a même pas été informé de la menace que Flynn allait lancer contre l’Iran. Ses paroles n’ont apparemment pas reçues l’aval de l’Administration.

Serait-ce pour prouver qu’il est capable de faire partie de l’Administration que Flynn s’est lancé en franc-tireur dans de telles menaces ? Ou a-t-il été poussé par d’autres personnes à dire ces sottises ?

 

Moon of Alabama

Traduction : Dominique Muselet

»» http://www.moonofalabama.org/2017/02/national-security-advisor-flynn-i...
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Trump un autre révélateur des divergences syndicales

 

lundi 6 février 2017 

 

Chacun se rappelle ici, alors que la FSM multipliait les initiatives solidaires dans le monde, du silence assourdissant de la CES (confédération européenne des syndicats) pendant le mouvement contre la loi travail. Pendant que plusieurs organisations syndicales françaises, emmenées par la CGT la première d’entre elles, se battaient et se battent encore contre une loi que 70% des français rejettent, la CES préférait regardait ailleurs


Evidemment nous ne sommes pas dupes et savons bien qu’elle était gênée aux entournures pour dire publiquement son accord avec la position de la CFDT supportrice ardente de cette loi.

 

il se passe en ce moment la même chose avec la CSI (Confédération Syndicale Internationale dont la CES est l’organisation pour la région Europe) et Trump. Le syndicat des cheminots de Versailles sur sa page Facebook indique à juste titre :


« Alors que le nouveau président des USA produit presque chaque jour des décrets racistes, discriminatoires, autoritaires et protectionnistes chauvins, alors que la jeunesse et les minorités se révoltent contre sa politique, le silence voir la cacophonie du mouvement syndical américain et mondial est le reflet de la ligne de front idéologique entre syndicalisme de classe et syndicalisme de collaboration.

 

La Confédération Syndicale Internationale (CSI) limite ses critiques envers l'administration Trump à la simple question écologique, en exigeant le respect de l’accord sur le climat, elle fait preuve en revanche d un silence assourdissant sur le fameux décret prétendant interdire l accès sur le territoire des USA aux ressortissants de 7 pays musulmans, comme sur le fameux "mur" anti-mexicains, mais aussi sur les décrets protectionnistes. »

 

Et de rappeler que cela n’a rien d’étonnant quand on connait le poids de l’AFL-CIO dans la CSI dont elle est une des fondatrices et l’une des principales dirigeantes avec le "syndicat" israélien Histadrout.

 

Comme le rappelle le syndicat des cheminots « les leaders nationaux des AFL-CIO sont tous allés visiter le nouveau président dans sa "Trump tower", avant son investiture, et s en s ont déclarés "satisfaits", tel Richard Trumka le président des AFL-CIO qui parle "d'un dialogue honnête et respecteux, consituant un premier pas dans la bonne direction"... 


De nombreux leaders syndicaux nationaux vantent ouvertement la préférence nationale du "America first" et la promesse de relance des infrastructures, tel le syndicat national de la métallurgie qui s est déclaré "satisfait de la politique patriotique du nouveau président, visant à relocaliser des emplois industriels aux USA, au bénéfice des travailleurs". 

 

L’AFL-CIO et la CSI contre les indiens du Dakota

 

Comme le dit le syndicat des cheminots de Versailles, le plus choquant est « sûrement la position du syndicat des routiers Teamsters (un des leaders d ITF, branche transport de la CSI) qui, dans un texte hallucinant citant le mafieux Jimmy Hoffa Jr, "applaudit" la décision du président Trump de relancer la construction du pipeline du Dakota qui "permettra de créer plus de 42000 emplois américains", alors que ce projet conduira à la déportation des dernières réserves de Sioux, détruira leurs sites sacrés et polluera les nappes d eau potable sur 2 États !

 

Ce sont encore une fois les syndicats locaux américains affiliés à la Fédération Syndicale Mondiale, dont leurs représentants avaient fait forte impression à Durban, qui se démarqent et sauvent l honneur du syndicalisme américain en prenant des positions très à contre-courant de leurs leaders nationaux. Et nos camarades versaillais de citer "le syndicat "roofer" de la construction de Los Angeles, le syndicat des personnels universitaire ou encore nos camarades du syndicat TWU des transports publics de New York (dont est membre le représentant de la FSM à l ONU) qui rappellent que l Histoire de la classe ouvrière américaine se confond avec l’histoire de l immigration, que la lutte contre les discriminations et pour l unité de la classe ouvrière contre l exploitation et l oppression, fait partie intégrante des fondements du syndicalisme de classe aux USA. »

 

Evidemment rien à voir avec la position sans équivoque de la Fédération Syndicale Mondiale.

Opération Barbarossa II : Les Yankees dans leur parade blindée

 

Par Christopher Black – Le 18 janvier 2017 – Source New Eastern Outlook

 

J’ai dit il y a quelques mois, alors que je constituais un dossier pénal contre les puissances de l’OTAN pour le crime suprême d’agression, que l’accumulation des forces, notamment américaines, de l’Alliance en Europe de l’Est, concentrées dans les États baltes et l’Ukraine, présageait des opérations de guerre hybride contre la Russie conduisant à une guerre générale. J’ai appelé cette accumulation de forces et de développements annexes Opération Barbarossa II à cause des similitudes extraordinaires avec celle des forces de l’Allemagne nazie pour envahir l’URSS en 1941, à laquelle les Allemands avaient donné le nom de code Opération Barbarossa. Les événements n’ont fait que confirmer mes vues.

 

La dégradation de la démocratie se poursuit sous nos yeux avec les incessantes accusations hystériques contre la Russie en général et la manipulation de Donald Trump comme moyen de porter des accusations encore plus sensationnelles, une campagne qui vise deux fins ; la première est d’accroître les sentiments anti-russes en Occident à des niveaux de guerre en accusant la Russie de cyber-attaques et d’attaques à la « démocratie », la seconde est de justifier l’élimination de Trump comme un élément de présidence, ou pour le forcer à suivre la ligne de la faction belliciste et renoncer à toute rhétorique conciliatrice à l’égard de la Russie.

 

Il semble que cette stratégie soit efficace. Lors de sa récente conférence de presse, Trump n’a pas seulement repris le thème de « C’est la Russie qui l’a fait », il a été plus loin et a déclaré que si les gens pensaient que Hillary Clinton serait dure avec la Russie, ils verraient bientôt qu’il serait plus dur qu’elle ne l’aurait jamais été. Les espoirs de certains aux États-Unis selon lesquels Trump allait entamer une nouvelle politique de dialogue avec la Russie ont été totalement brisés. Mais cela ne devrait pas être une surprise, eu égard à son insulte immédiate à la Chine le lendemain de son élection, aux choix qu’il a fait pour son cabinet et aux témoignages divers des candidats devant le Congrès ces jours derniers tandis qu’ils étaient évalués pour leurs postes. Cela montre que son administration utilisera la guerre pour dominer le monde avec autant d’enthousiasme que l’administration sortante.

 

Trump a dit qu’il vaut mieux avoir de bonnes relations avec la Russie et que seuls des fous rejetteraient cette idée. Mais cette déclaration fait partie de la ligne générale qui veut que si la Russie ne fait pas ce que les États-Unis lui dictent de faire, ceux-ci recourront à la force, évidemment. Dans la Newshour de PBS du jeudi 12 janvier, un « ancien » officier supérieur de la CIA, à qui on demandait si Trump avait raison de vouloir de bonnes relations avec la Russie, a ri et dit : « Les États-Unis ne cherchent pas de bonnes relations avec aucun pays. Nous ne nous efforçons qu’à une seule chose, faire avancer les intérêts nationaux américains, et si la diplomatie ne marche pas, il faut utiliser la coercition. » C’est le discours des gangsters.

 

Le monde est fatigué de ce cirque qu’est la lutte pour le pouvoir qui se joue entre les factions dirigeantes aux États-Unis. Très peu de choses séparent ces factions en termes de politique étrangère et très peu aussi en matière de politique intérieure. C’est seulement une guerre des gangs.

 

Les affirmations sensationnelles contre Trump pour le présenter non seulement comme une dupe consentante de la Russie mais aussi comme la cible d’un chantage, semblent venir d’un « ancien » agent du MI6 du nom de Christopher Steele, qui a eu à voir avec le complot du MI5 et du MI6 pour faire tomber le Premier ministre Harold Wilson dans les années 1970 – comme ils avaient fait tomber le gouvernement travailliste en 1924 en produisant puis distribuant à la presse une fausse lettre de Zinoviev au Parti communiste britannique appelant à une insurrection populaire en Grande-Bretagne. Dans le cas de Wilson également, de faux documents avaient été sortis par le MI5 et le MI6 avec l’aide de la CIA, via un organe de presse accommodant, pour le salir comme agent russe ; il a déclaré plus tard qu’il avait eu connaissance de deux projets de coup d’État contre lui. John Kennedy a été assassiné lors du coup d’État de 1963, dans une atmosphère empoisonnée générée par des accusations d’être « mou sur le communisme », c’est-à-dire, une fois encore, envers les Russes.

 

Franchement, que Trump soit éliminé dans un coup d’État ou destitué plus tard, comme le Washington Post a suggéré que cela pourrait arriver, ou soit autorisé à rester à son poste en tant qu’homme de paille, comme l’ont été les autres présidents depuis que Kennedy a été assassiné, cela n’a pas d’importance ; le résultat est le même, la poursuite d’un régime de guerre permanent aux États-Unis, qui vivent pour, par et grâce à un état de guerre permanent. Le peuple américain a subi un lavage de cerveau qui lui a fait tolérer et accepter le coup d’État de 1963 et il serait peu surprenant qu’un autre soit perpétré alors que les agences de renseignement, les ennemis politiques, les médias et les célébrités de Hollywood appellent ouvertement à un putsch. La démocratie ? Le vote ? Qui s’en soucie ? Les troubles civils ? Un prix à payer. Le résultat est que les préparatifs de guerre continuent et sont amplifiés par l’élection de Trump, que les services de renseignement utilisent pour intensifier l’attaque propagandiste contre la Russie et le président Poutine.

 

Pendant ce temps, alors que les médias et le régime Obama déstabilisent le peuple avec le scandale Trump, les forces militaires poursuivent leur déploiement contre la Russie et la Chine. La machine est en marche. En Europe, les Américains ont augmenté la pression sur la Russie avec le déplacement de la 3e Brigade blindée en Pologne, aux portes de la Russie, ce que celle-ci considère avec raison comme une menace à sa sécurité. Cette unité a été impliquée dans une force d’assaut lors des débarquements de Normandie en 1944 et a été utilisée pour envahir l’Irak en 2003. L’unité est connue pour sa rapidité d’attaque. Ces forces se disperseront hors de la Pologne pour couvrir un large front allant de l’Estonie et de la Lettonie à la Roumanie, avec des unités mobiles blindées d’infanterie, de chars et d’artillerie. Ce ne sont pas des troupes de garnison ou d’occupation, ce sont des troupes d’assaut.

 

Le général d’armée américain Scaparrotti, commandant des forces étasuniennes en Europe et commandant allié suprême de l’OTAN en Europe, a déclaré que le mouvement de cette force en Pologne « marque un moment important dans la dissuasion et la défense européenne ». Il a ajouté : « L’infrastructure et le soutien intégré européens ont permis à nos force d’être rapidement prêtes et postées si elles devaient dissuader une agression russe. » Puisqu’il n’y a pas d’« agression » russe et puisque les Américains déclarent en permanence qu’ils s’attendent à ce que la Russie se lance dans une guerre hybride, c’est-à-dire une guerre non conventionnelle contre l’Europe de l’Est, nous pouvons être sûrs que ces forces elles-mêmes et leurs unités spéciales s’engageront dans des attaques et des provocations sous fausse bannière pour faire comme si la Russie commettait des actes hostiles afin de justifier l’utilisation contre elle de ces forces et des forces européennes alliées. Ce n’est qu’une question de temps, à moins qu’une percée diplomatique se produise, ce qui semble hautement improbable, en dépit des efforts inlassables de la Russie.

 

En même temps, il a été rapporté vendredi 13 que le ministre des Affaires étrangères pressenti par Trump, M. Tillerson, avait déclaré au Congrès le 11 janvier que les États-Unis devraient refuser à Beijing l’accès à ses îles dans la mer de Chine méridionale. Les médias d’État chinois ont répondu qu’une telle tentative conduirait à une guerre à grande échelle. Pourtant, le 5 janvier, quelques jours seulement avant la déclaration de Tillerson, le Pentagone a annoncé que « les bateaux et les unités du groupe d’attaque du transporteur USS Carl Vinson quitteraient bientôt San Diego pour le Pacifique occidental », où des bombardiers stratégiques américains B1 et B2, capables de transporter des missiles de croisière nucléaires, ont déjà été déployés sur l’île de Guam.

 

Enfin, sur le front de la propagande, la saisie illégale récente par la police néerlandaise du matériel d’enquête de journalistes hollandais revenant de Donetsk est une preuve supplémentaire que le tir contre le vol MH17 de la Malaysian Airlines, avec 298 personnes à bord, en juillet 2014, était un acte perpétré par le régime de Kiev, et que les Américains le savaient. J’ai récemment déclaré dans un article à ce sujet que c’est un avion militaire de Kiev qui avait abattu le long courrier, et j’ai parlé d’un Sukhoi 25, mais on m’a depuis lors montré la preuve que c’est en fait un Mig-29 qui a été utilisé. En tout état de cause, les puissances de l’OTAN ont comploté pour cacher ce fait dans le but de maintenir leur propagande que c’était la Russie qui était derrière.

 

La situation est grave et l’horloge de l’Apocalypse doit frapper à la porte à minuit. Beaucoup d’entre nous ont appelé les mouvements anti-guerre et pour la paix à se mobiliser, mais on ne les voit nulle part. Beaucoup, en particulier aux États-Unis, ont été enrôlés dans le soutien à ces guerres et la Gauche, qui est censée être contre les guerres impérialistes, que ce soit la Gauche dure ou la Gauche molle, semble trop faible pour se faire entendre. Il semble que trop peu d’entre nous en Occident s’y intéressent encore un tant soit peu.

 

Il vaut mieux agir maintenant et faire en sorte que les gens s’en soucient, sinon il sera trop tard parce que comme mon ami, Harold Pinter, me l’a si bien expliqué lors d’un dîner à Londres, le monde est confronté à des gens amoureux d’eux-mêmes qui ne semblent pas se soucier de quoi que ce soit ou de qui que ce soit excepté eux-mêmes, et qui pensent qu’ils peuvent commettre un crime et s’en sortir. Je ne peux pas exprimer mon dégoût avec autant de talent que Harold l’a fait dans un poème qu’il m’a envoyé un jour, et qu’il avait de la peine à faire publier. Un parmi plusieurs, mais qui figure aujourd’hui dans un bref recueil de ses poèmes, intitulé War [Guerre]. Peut-être s’il y en avait davantage comme lui, plus de voix se faisant entendre, les gens réagiraient, se réveilleraient, se redresseraient, retrouveraient un peu de décence et de colonne vertébrale. Je ne sais pas. Mais je vous offre ce poème, dans l’espoir, peut-être naïf, que cela ait un effet.

 

Dieu bénisse l’Amérique

Les voici repartis

Les Yankees, dans leur parade blindée…

 

Christopher Black

 

Christopher Black est un avocat pénaliste de Toronto. Il est reconnu pour avoir traité un certain nombre de crimes de guerre très importants et il a récemment publié un roman, Beneath the Clouds. Il écrit des articles sur le droit international, la politique et les événements mondiaux, en particulier pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Descente dans le trou noir qui a mené à la victoire de Trump

 

Down the Rabbit-Hole to Trump’s Victory


Eric Zuesse

Par Eric Zuesse – Le 25 janvier 2017 – Source Strategic Culture

 

Il y a plusieurs raisons principales pour lesquelles Donald Trump l’a emporté, par exemple il a remporté une victoire populaire avec une avance de 1 405 004 sur l’ensemble de tous les États sauf la Californie, où il a perdu par une énorme marge de 4 260 978 voix à Hillary Clinton (ainsi Hillary l’a battu dans l’ensemble des États de 2 855 974 voix), mais le Collège électoral représente les 50 États, et pas seulement un.

 

Toutes les raisons ne peuvent pas – comme celle-là – être comprises que par les chiffres. Mais une raison particulièrement importante de sa victoire a trait au niveau le plus profond auquel le peuple américain analyse ce qu’il lit, voit et entend dans la presse nationale, et donc interprète, à partir de la presse, ce qui se passe dans son pays. Ce sera le sujet de l’article.

 

Je vous invite donc à me suivre maintenant dans le trou noir des média américains, afin de mettre l’accent sur les zones sombres du gouvernement des États-Unis. En chemin, vous rencontrerez différentes personnes et leurs équipes qui luttent pour le pouvoir et qu’il est essentiel de connaître, afin de comprendre le niveau inférieur suivant à travers ces passages souterrains, au fond desquels gît la preuve qui pourrait aider à expliquer pourquoi Trump a été effectivement élu président.

 

Au début – à l’entrée de ce trou – se trouve un rapport inhabituellement honnête qui provient de l’agent dissident de la CIA, Philip Giraldi, et qui s’intitule « La guerre bipartisane : une nouvelle étude appelle à plus d’interventions américaines ». Il résume un document de recommandation politique récemment publié par le principal responsable de la propagande de l’OTAN, le Conseil atlantique. Le 25 juillet 2016, le blog de Paul Craig Roberts a opportunément fait sa manchette sur l’organisation en question : « Conseil atlantique de l’OTAN : le bras commercial du complexe militaire et de sécurité », et il a lié cela à ce qui était alors leur dernier  « succès de vente d’armes US à la Pologne », comme étant un exemple typique de connivence – ce que c’était effectivement.

 

Le document auquel ce réfère Giraldi dans son rapport (mais sans lien ni même mention de son titre) émane du Conseil atlantique le 1er décembre 2016 intitulé   « Une stratégie américaine à deux volets pour le Moyen-Orient ». Il pompe et fait des liens vers le document complet de 66 pages de propagande de l’OTAN intitulé « Groupe de travail sur la stratégie pour le Moyen-Orient : Rapport final des coprésidents ». Ces deux coprésidents sont deux puissants opposants haïssant la Russie (plus simplement appelés néocons), l’équipe Clinton-Madeleine K. Albright, et l’équipe Bush-Stephen J. Hadley. Puisque les équipes de Clinton et de Bush y sont représentées, le document d’orientation est qualifié de bipartisan, malgré le fait qu’il soit rageusement néocon et reflète des points de vue que les sondages révèlent être très éloignés de ceux du public américain que le gouvernement est censé représenter. Quiconque affirmerait que le néoconservatisme représente le public américain au lieu de l’aristocratie américaine serait, au choix, un fou ou un menteur, parce qu’il ne représente que l’aristocratie.

 

Les deux coprésidents ont consacré leur carrière à isoler et à affaiblir la Russie et l’Iran en détruisant leurs alliés, et à faciliter l’armement d’Israël et de l’Arabie saoudite par les États-Unis, de sorte que le gouvernement américain a été un agent servant l’aristocratie israélienne, mais surtout la famille Saoud. Ces Saoud sont les propriétaires royaux de l’Arabie saoudite et les principaux bailleurs de fonds d’al-Qaïda et des attaques du 11 septembre 2001 qui ont donné un énorme coup de pouce aux fabricants d’armes américains. À savoir les entreprises d’armement, qui servent les pays de l’OTAN et qui perçoivent donc des revenus des contribuables, non seulement aux États-Unis, mais aussi en Arabie saoudite et chez les autres alliés américains, en particulier les pays membres de l’OTAN, et les pays membres du Conseil de coopération du Golfe composés des royaumes pétroliers fondamentalistes sunnites qui ont fourni le reste (la partie non saoudienne) du financement à al-Qaïda et à d’autres groupes djihadistes internationaux, comme ISIS.

 

En outre, Israël est allié et aide militairement les familles royales sunnites fondamentalistes des royaumes pétroliers arabes, qui peuplent le Conseil de coopération du Golfe (CGC) en les aidant à renverser le gouvernement laïque de la Syrie. Le CGC est dirigé par la famille Saoud, dont la foi sunnite fondamentaliste condamne les chiites, l’Iran étant la principale nation chiite, désignée à la fois par les Saoud royaux et par les aristocrates d’Israël comme une « menace existentielle » à la prolongation de leurs règnes dans leurs pays respectifs. Ainsi, aujourd’hui, le gouvernement des États-Unis sert les aristocraties d’Israël et de l’Arabie saoudite. Le document que Giraldi résume est un énoncé sur la politique de l’OTAN – techniquement un document du Conseil atlantique – qui est politiquement bipartisan et représente la vision aristocratique, partagée par les Démocrates et les Républicains, de ce que doit faire, au Moyen-Orient, le club militaire anti-russe que représente l’OTAN.

 

Bien que le Moyen-Orient soit en dehors de la zone de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, l’aristocratie américaine veut clairement étendre au Moyen-Orient la guerre de l’OTAN – froide et / ou chaude – contre sa cible, l’ennemi qu’elle s’est désigné, la Russie. Cela inclurait la guerre contre les alliés de la Russie au Moyen-Orient : l’Iran et la Syrie.

 

À l’origine, l’OTAN était l’équipe des États-Unis, et le Pacte de Varsovie était l’équipe soviétique, de sorte que l’OTAN était anti-soviétique et anticommuniste par construction. Mais, en 1991, l’Union soviétique, son communisme et son Pacte de Varsovie ont tous disparu. Pourtant l’OTAN a continué, mais spécifiquement contre la Russie. Sous Obama, l’organisation est devenue extrêmement hostile envers la Russie, à la fois au sujet de l’Ukraine, à la frontière de la Russie, et de la Syrie au Moyen-Orient. Ce document politique particulier, venant du Conseil atlantique, aurait été, probablement immédiatement, la feuille de route de la politique gouvernementale américaine si Hillary Clinton avait remporté la course à la présidentielle de 2016. Mais, bien sûr, cela ne s’est pas produit. Il y a maintenant un énorme conflit au sein de l’aristocratie américaine quant à savoir si, oui ou non, ce document deviendra la politique du gouvernement américain au Moyen-Orient.

 

Ce document d’orientation de l’OTAN est résumé avec précision par Giraldi comme étant « une maigre pitance à utiliser comme justification pour aller en guerre contre la Syrie et éventuellement la Russie ». La Syrie est un allié de la Russie et de l’Iran, donc l’aristocratie américaine veut l’envahir, mais Hillary n’a pas été élue, et ce document politique est maintenant dans les limbes.

 

Giraldi précise que le rapport, écrit avant le résultat de l’élection présidentielle de 2016, est devenu public à une époque où l’on s’attendait à ce que Hillary Clinton soit élue :

 

Écrit avant l’élection présidentielle, les co-auteurs ne pouvaient pas anticiper une victoire de Donald Trump, mais ils pouvaient espérer que cela servirait de guide pour la nouvelle administration. Espérons qu’ils auront tort dans cette attente, mais il est difficile à ce stade de voir où la prochaine Maison Blanche va se diriger dans sa politique au Moyen-Orient.

 

Les politiques proposées par Hillary Clinton pour le Moyen-Orient étaient, en fait, identiques à celles qui sont énoncées dans ce document néoconservateur et qui a été bien résumé ici par Giraldi.

 

Ce dernier a cependant manqué de noter que le Conseil atlantique est le principal bras de propagande de l’OTAN et que les publications du Conseil sont 100% néoconservatrices, hostiles à la Russie et fortement en faveur des Saoud – et aussi de l’aristocratie d’Israël – contre l’Iran. Peut-être a-t-il supposé que ses lecteurs savaient déjà tout cela. Mais tant que cela n’est pas pointé du doigt, il est impossible de continuer à creuser dans le trou noir, ce qui sera fait ici.

 

La partisanerie extrême et l’hostilité réciproque qui existent maintenant entre l’équipe Clinton-Bush-Obama et l’équipe Trump sont intimement liées au fait que Clinton était la candidate de l’OTAN, et que Trump avait contesté la pertinence de l’OTAN pour les intérêts réels de la sécurité nationale des États-Unis. Il avait, de plus, suggéré que la menace principale pour la sécurité nationale de l’Amérique venait du « terrorisme radical islamique » – c’est sa vague expression – qui, dans les esprits endoctrinés depuis des décennies par la CIA, se réfère à des alliés de la Russie, y compris l’Iran chiite, mais qui, dans le monde réel, se réfère uniquement aux fondamentalistes sunnites et autres alliés islamiques de l’Amérique (tous les fondamentalistes sunnites, pas tous les fondamentalistes chiites)

 

Trump s’est présenté à l’élection contre la candidate de l’OTAN, de la CIA, et du Conseil atlantique : Hillary Clinton.

 

Par exemple : Hillary Clinton a toujours été une fervente partisane de la création d’une zone d’exclusion aérienne en Syrie par le gouvernement américain et ses alliés, ce qui signifierait que les États-Unis seraient des envahisseurs de la Syrie – contrairement à la Russie, invitée par le gouvernement légitime, et internationalement reconnu, de la Syrie et donc intervention purement défensive du gouvernement actuel plutôt qu’une invasion impérialiste pour le renverser et le remplacer, ce qui est le but de l’implication américaine. Dans cette hypothèse, les États-Unis abattraient à la fois des avions syriens et des avions russes. Une zone d’exclusion aérienne signifierait une guerre conventionnelle entre les États-Unis et la Russie sur le territoire syrien. C’est ce que la présidence d’Hillary Clinton aurait impliqué et ce à quoi elle s’était constamment engagée.

 

Le perdant de cette guerre conventionnelle entre la Russie et les États-Unis aurait alors le choix entre accepter la défaite, ou lancer une guerre éclair nucléaire pour envahir l’autre, ce qui serait le seul moyen d’éviter cette défaite. Hillary, avec Joe Biden, étaient en première ligne avec les conseils du président Obama exhortant celui-ci à établir une zone d’interdiction de vol sur la Libye, ce qui aurait permis la conquête de ce pays, bien que ni les États-Unis ni aucun autre envahisseur n’aient réussi à contrôler la Libye, sauf une partie de Tripoli. La différence entre la Libye et la Syrie est que la Libye n’était pas défendue par la Russie, mais la Syrie l’est maintenant. C’est pourquoi le résultat serait probablement la troisième guerre mondiale, alors que l’invasion libyenne était garantie(bien qu’infernale pour les Libyens, ce dont les Américains se fichaient éperdument et dont ils n’ont jamais parlé).

 

Voici la façon euphémique sous laquelle ce document du Conseil atlantique – l’OTAN – dans sa version complète de 66 pages, apporte cette recommandation insensée et vraiment vicieuse :

 

Là où les combattants n’accepteront pas simplement un cessez-le-feu ou ne suivront pas les règles et les normes de la guerre qui les obligent à protéger les civils – comme en Syrie – il n’y a pas d’autre choix que de créer des zones de sécurité humanitaire.

 

Ces zones peuvent être mises en place par divers moyens. Tandis que les zones d’exclusion aérienne et les cordons humanitaires sécurisés sont les plus connus, ils ont besoin de ressources importantes. Donc, si les acteurs internationaux décident de mettre en œuvre ce type de zone de sécurité traditionnelle, il faut disposer de ressources suffisantes pour les défendre. Une zone sûre bien protégée peut créer les conditions pour le rétablissement et le développement, comme l’opération Provide Comfort en 1990-1991, réalisée pour les Kurdes d’Irak qui sont à l’avant-garde de la lutte contre Daesh. Cependant, une zone sûre qui n’est pas suffisamment défendue peut avoir des conséquences désastreuses, y compris le génocide, comme avec la tragédie de Srebrenica.

 

Dans d’autres cas, des zones sûres peuvent être créées par défaut, en améliorant les capacités des résidents à se défendre. Si l’on attribue à des groupes d’opposition contrôlés, et non extrémistes, en Syrie un nombre limité d’armes antiaériennes portables, par exemple, cela leur permettrait de se protéger contre les attaques de l’armée de l’air de Assad.

 

Ces « zones de sécurité humanitaire » sont une sinistre plaisanterie pour protéger [des Russes] les parties de la Syrie contrôlées par les djihadistes fondamentalistes sunnites que les États-Unis, l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie avaient armés et infiltrés en Syrie sous l’appellation obamaesque de « rebelles modérés » pour renverser et remplacer le gouvernement laïque, non confessionnel, en Syrie, dirigé par Bashar al-Assad et soutenu par l’Iran et la Russie. Ce que disent Albright et Hadley, c’est que les militaires américains doivent abattre des avions russes qui bombardent ces djihadistes. Lorsque les civils sont blessés et tués dans ces bombardements russes, le régime américain dit que c’est de la « barbarie » russe contre les civils, et que les États-Unis entendent protéger les civils – ou agir comme gendarmes du monde. Tout ce que le régime américain fait réellement est la guerre pour conquérir d’autres pays et y imposer ses dirigeants fantoches dociles – comme il essaie encore de le faire en Libye.

 

Le reporter du New York Times Ben Hubbard a rapporté ceci le 13 avril 2013, en se démarquant remarquablement, et donc de façon choquante, des us et coutumes standards des principaux médias américains consistant à cacher les faits incompatibles avec la propagande du gouvernement américain :

 

Nulle part dans la Syrie contrôlée par les rebelles on ne trouve de force de combat séculière […] « Mon sentiment est qu’il n’y a pas de laïcs », a déclaré Elizabeth O’Bagy, de l’Institut pour l’étude de la guerre, qui a fait de nombreux voyages en Syrie ces derniers mois pour interviewer les commandants rebelles […] Dans les provinces riches en pétrole de Deir al-Zour et Hasaka, les combattants de Nusra ont saisi les champs de pétrole du gouvernement, en mettant certains sous le contrôle des milices tribales et en dirigeant d’autres eux-mêmes. « Ils sont la force militaire la plus efficace dans la région », a déclaré le commandant d’une brigade rebelle à Hasaka par l’intermédiaire de Skype. « C’est indéniable ».

 

Donc, même un journaliste qui embouche les trompettes de la propagande de la Maison Blanche, du style « Assad est un leader illégitime » qui « déploie des armes chimiques, franchissant une ligne rouge », savait – mais n’a jamais dit – que le président américain mentait comme un arracheur de dents. Le 4 avril 2014, Seymour Hersh a rapporté dans la London Review of Books (parce qu’il ne pouvait pas trouver un éditeur américain), que l’administration Obama – y compris Hillary Clinton – envoyait les armes de Mouammar Kadhafi, depuis la Libye, via le Consulat des États-Unis à Benghazi, jusqu’en Turquie et en Syrie, pour les rebelles là-bas, qui essayaient de renverser et de remplacer le gouvernement syrien.

 

Poursuivant la descente dans le trou noir, il faut noter que Giraldi ne fait pas le lien directement au document lui-même, mais il renvoie à l’opéra-bouffe du Conseil atlantique :http://mest.atlanticcouncil.org/

 

Notez alors les commanditaires : Politico, CBS This Morning, et RealClear World. En faisant des dons à l’OTAN (au Conseil atlantique), ils se présentent eux-mêmes comme lobbyistes au service des propriétaires d’entreprises qui bénéficient d’une augmentation des dépenses des États-Unis en matière de défense. Il s’agit de publicité pour les annonceurs. Il s’agit d’une opération interne, visant à accroître le volume d’affaire des initiés.

 

Ensuite : la [grotesquevidéo d’équipe, pour leurrer les jeunes en les poussant à se joindre aux efforts héroïques de cette équipe pour protéger les Syriens (voir la vidéo à 1′:19) « D’abord ils ont bombardé avec des produits chimiques et maintenant, avec des bombes-baril !!! ».

 

L’accusation d’Obama selon laquelle l’attaque chimique du 21 août 2013 contre Ghouta, en Syrie avait été commise par le gouvernement d’Assad plutôt que par les rebellesaidés par les États-Unis (al-Qaïda en Syrie appelé al-Nusra), cette célèbre attaque au gaz sarin en Syrie qui aurait ainsi franchi la « ligne rouge » d’Obama et justifié une invasion américaine, était un mensonge flagrant. Cela n’a pas été suivi d’une invasion américaine parce que le propre service de renseignement britannique MI6 a informé le Parlement anglais qu’Assad n’avait rien à voir avec cela, et ainsi le Parlement a bloqué le désir du Premier ministre David Cameron de servir de caniche à Obama pour une invasion de la Syrie, comme Tony Blair l’avait fait avec George W. Bush pour envahir l’Irak. Obama se serait alors trouvé seul – avec Erdogan, le roi Saoud et l’émir Thani du Qatar, 100% d’alliés sunnites –, une voie impossible pour la réputation d’Obama [prix Nobel de la paix, n’oublions pas].

 

Ou, comme le relate Christof Lehmann le 7 octobre 2013 :

 

« En conclusion, les principales « forces d’opposition » soutenues par l’étranger en Syrie depuis juillet 2013 sont des brigades al-Qaïda soutenues par les États-Unis. Les plus importants parmi eux sont Jabhat al-Nusrah et Liwa-al-Islam, tandis que la FSA [l’armée syrienne d’opposition créée par l’alliance américaine] bénéficie toujours d’un soutien qui est principalement accordé pour donner à la Maison Blanche la possibilité de maintenir un récit sur le soutien aux « forces modérées ». Les États-Unis et l’Arabie saoudite coopèrent étroitement avec Jabhat al-Nusrah, le Liwa-al-Islam et d’autres brigades d’al-Qaida, y compris les brigades qui étaient responsables du lancement de l’arme chimique le 21 août pour changer le cours des événements après une défaite militaire stratégique catastrophique ».

 

Mais avant cela, le 29 août 2013, Mint Press News avait titré : « EXCLUSIF : les Syriens accusent les rebelles aidés par l’Arabie saoudite d’avoir réalisé les attaques chimiques à Ghouta », Yahya Ababneh et Dale Gavlak ont ​​commenté :

 

« Après de nombreux entretiens avec des médecins, des résidents de Ghouta, des combattants rebelles et leurs familles, une image différente émerge. Beaucoup pensent que certains rebelles ont reçu des armes chimiques par l’entremise du chef du renseignement saoudien, le prince Bandar bin Sultan, et ont été chargés de mener l’attaque.

 

« Mon fils est venu me voir il y a deux semaines pour me demander ce que je pensais de la nature des armes qu’on lui avait demandé de transporter », a déclaré Abu Abdel-Moneim, le père d’un combattant rebelle voulant renverser Assad, qui vit à Ghouta.

 

Abdel-Moneim a déclaré que son fils et douze autres rebelles ont été tués à l’intérieur d’un tunnel utilisé pour stocker les armes fournies par un militant saoudien, connu sous le nom Abu Ayesha, qui dirigeait un bataillon de combat. Le père a décrit les armes comme ayant une « structure en forme de tube », tandis que d’autres étaient comme une « énorme bouteille de gaz ».

 

Les gens de ville de Ghouta ont dit que les rebelles utilisaient des mosquées et des maisons privées pour dormir en stockant leurs armes dans les tunnels.

 

Abdel-Moneim Fils a dit que son fils et les autres sont morts pendant l’attaque aux armes chimiques. Le même jour, le groupe militant Jabhat al-Nusra, qui est lié à Al-Qaida, a annoncé qu’il attaquerait de la même façon les civils dans le cœur du régime d’Assad à Lattaquié, sur la côte occidentale de la Syrie, en prétendue représailles.

 

« Ils ne nous ont pas dit ce qu’étaient ces armes, ni comment les utiliser », se plaignait une femme combattante appelée K. « Nous ne savions pas que c’étaient des armes chimiques. Nous n’avons jamais imaginé qu’il s’agissait d’armes chimiques. » […] Plus d’une douzaine de rebelles interrogés ont reconnu que leurs salaires provenaient du gouvernement saoudien.

 

Ce n’était pas la première fois que l’équipe d’Obama était derrière l’utilisation du gaz sarin en Syrie. Le 6 mai 2013, le Washington Times – le seul journal à avoir écrit, en 2002, que George W. Bush mentait en affirmant que l’AIEA avait trouvé que Saddam Hussein était seulement à six mois d’avoir une bombe nucléaire – titrait « Les rebelles syriens ont utilisé le gaz sarin, pas le régime d’Assad selon un officiel de l’ONU ». Le journal ajoutait : « Le témoignage des victimes suggère fortement que ce sont les rebelles, et non pas le gouvernement syrien, qui ont utilisé du gaz sarin lors d’un incident récent dans la nation dévastée par la révolution, a déclaré lundi un haut responsable diplomatique de l’ONU. »

 

Le régime américain a simplement envie de renverser Assad, et les « bottes sur le terrain » pour le faire ont été al-Nusra et les autres groupes djihadistes importés qui ont été dirigés par al-Nusra, armés et infiltrés en Syrie par le régime américain et ses alliés : Saoud, Qatar et Turquie. Il s’agissait d’une opération occidentale contre un allié de la Russie et de l’Iran : Assad.

 

Ensuite : en cliquant sur le lien RealClearWorld ici, et sur le lien Forbes , le lecteur sera dirigé vers des annonces promouvant les entrepreneurs des monarchies arabes alliées aux États-Unis. Ce sont des annonces des Rois arabes, vantant, auprès des aristocrates de l’Amérique, les ressources en capital humain de leurs sujets, en tant que futurs employés ou contractants des entreprises internationales américaines.

 

Ensuite : en cliquant sur le lien Politico, on aboutit à un article publié par le trio Albright, Hadley et Nancy Lindborg – cette dernière étant cheffe d’un organisme américain au nom orwellien d’Institut US de la Paix – intitulé « Oui, une politique étrangère bipartisane est possible – même maintenant ». Le message étant que « une approche bipartisane de la politique étrangère est réalisable et reste essentielle pour notre sécurité domestique et la stabilité dans le monde », et « nos propres travaux récents suggèrent qu’un point de départ pour bâtir un nouveau bipartisme est en fait l’une des crises les plus épineuses du monde : le chaos à travers le Moyen-Orient ». Donc : l’OTAN fait de la publicité dans Politico, avec un article de propagande qui n’est pas appelé une publicité. Et il vient de l’« Institut US de la paix » .

 

En voici donc un peu plus sur les CV de ces trois personnes :

 

  • Stephen J. Hadley porté le chapeau pour l’erreur de George W. Bush dans son discours sur l’État de l’Union du 28 janvier 2003, pour avoir introduit dans le discours les quelques mots célèbres : « Le gouvernement britannique a appris que Saddam Hussein avait récemment cherché des quantités importantes d’uranium en provenance d’Afrique. » Hadley a démissionné une fois que l’erreur a été révélée, mais Bush a rejeté sa démission. Et la réalité était qu’il n’y avait pas d’erreur du tout – c’était bien pire qu’une erreur. Comme Craig Unger l’a publié dans sa manchette du numéro de juillet 2006 de Vanity Fair titrée « La guerre qu’ils voulaient, les mensonges dont ils avaient besoin » :

« Pour moi, il n’y a pas d’interprétation bénigne de cela », a dit Melvin Goodman, l’ancien analyste de la CIA et du Département d’Etat. « Au plus haut niveau, on savait que les documents étaient des faux. Stephen Hadley le savait. Condi Rice le savait. Tout le monde au plus haut niveau le savait. »

 

Des criminels de guerre de cet acabit continuent à co-présider de grotesques articles de propagande pour l’OTAN.

 

  • Madeleine K. Albright est la fille d’un diplomate tchèque fortement anti-russe et anticommuniste qui était ambassadeur en Yougoslavie. Dans cet environnement, elle était entourée par des aristocrates qui méprisaient les Russes. Étant donné que les Serbes étaient culturellement proches des Russes, elle avait aussi des préjugés contre les Serbes. Lors d’un événement de signature de livre, on lui a présenté des photos de Serbes bombardés par les États-Unis dans la guerre du Kosovo de 1999 et elle a dit « Serbes dégoûtants, sortez ! » Après avoir été secrétaire d’État des États-Unis ayant plaidé pour le bombardement de la Serbie en 1999, elle a également été lapidée par les Serbes en Slavonie. Elle et son frère étaient en possession de tableaux précieux qui avaient été volés par les nazis à un juif tchèque dont une descendante a découvert que les œuvres appartenaient à sa famille et a essayé de récupérer les tableaux, en disant : « Il ne fait aucun doute que son père a tout volé ». Mais le frère de Madeleine a porté la question devant les tribunaux, et, comme cela arrive souvent dans de tels cas, la descendante a perdu.

Quand elle était secrétaire d’État US sous Bill Clinton, elle a fait pression, et gagné, pour la première expansion de l’OTAN après 1991, ce que l’on appelle la fin de la guerre froide, rapprochant ainsi les missiles américains de Moscou. Elle a également soutenu l’idée, en 1998, avec deux autres néocons, Sandy Berger et William Cohen, que le président Bill Clinton devrait lancer une campagne de bombardement contre l’Irak de Saddam Hussein, un autre pays ayant des relations amicales avec la Russie. Les réactions négatives du public contre leur proposition ont amené le président Clinton à limiter l’invasion seulement à une attaque aérienne, et seulement pendant quatre jours. Albright a toujours été une néocon et une championne des bombardements, mais jamais, avant les attentats du 11 septembre, le public américain n’avait appuyé un bombardement général et une invasion de l’Irak – qui n’avait par ailleurs rien à voir avec le 11 septembre. Le 30 novembre 2009, le magazine Investisseur institutionnel a titré « Soros, Albright, et Rothschild passent un accord de 359 millions de dollars » pour « lancer Helios Towers Africa afin de percevoir des revenus provenant du trafic téléphonique mobile des Africains ».

 

  • Nancy Lindborg, avant de diriger le soi-disant Institut US pour la paix, avait été employée par la fameuse organisation USAID, qui est l’une des principales agences du gouvernement américain qui travaille en collaboration avec la CIA pour préparer des coups d’État.

Ceux-ci, et leurs semblables, sont des fonctionnaires qui ont été payés par les contribuables américains pour représenter et défendre leur pays mais ont plutôt choisi de servir ce que le président Eisenhower en 1961 a appelé « le complexe militaro-industriel » pour représenter l’aristocratie américaine aux frais du public et surtout des millions de victimes de cette aristocratie à l’étranger qui remplissent les cimetières et les centres de réfugiés. Les conflits entre l’aristocratie et ses nombreuses victimes sont déséquilibrés dans une mesure obscène. Par exemple, alors que Albright a fièrement aidé à lancer de nombreuses bombes contre les Serbes, ceux-ci ne pouvaient jamais lui répondre avec autre chose que quelques tomates et des pierres – et, dans la mesure où de telles infimes représailles étaient couvertes par la presse occidentale, les reproches étaient outrageusement dirigés contre les manifestants serbes, et non contre le représentant de l’aristocratie américaine. C’est un monde moralement renversé, où la lie, pas la crème, s’élève et reste au sommet.

 

***

 

Et maintenant, nous approchons du fond de ce trou noir. C’est lorsque l’article de Giraldi dit : « Troisièmement, quand le rapport [du Conseil atlantique] a été publié, Stephen Hadley s’est référé à un reportage de Reuters… », et il a mis un lien sur un article de yahoo.com qui ouvre les commentaires au public. En voici un typique :

 

Barbara Colvin-Kerr, il y a 2 mois

 

La sorcière va-t-en-guerre Madeleine et le menteur Hadley qui était l’instigateur principal dans le scandale du Yellow Cake de Wilson pendant le règne Bush Jr. peuvent garder pour eux-mêmes leurs opinions. Envoyez la grosse Mad et le douteux Hadley faire de la reconnaissance en Syrie. Ils peuvent être parachutés là-bas.

 

En d’autres termes : même sur ce site Web principal, Yahoo News, les commentaires des lecteurs indiquent qu’ils étaient en quelque sorte généralement conscients que le gouvernement fédéral des États-Unis est un agent criminel, qui non seulement contrôle le pouvoir exécutif, mais contrôle aussi le pouvoir législatif, qui rédige et applique les lois pour que le gouvernement soit immunisé contre ses actes criminels. Il est si diabolique qu’il ne devrait pas être autorisé à envahir n’importe qui, du moins pas dans sa composition actuelle, où il est contrôlé par les néocons, des idéologues dont le grand public ne partage certainement pas les opinions. Ce gouvernement ne représente pas le public américain. Il ne représente que l’aristocratie américaine.

 

Voilà quelle était la réponse des lecteurs sur un site d’actualité. Pas sur le site que vous lisez maintenant, mais sur Yahoo ! (c’est un reportage de Reuters).

 

Et c’est donc très pertinent – peut-être même crucial – de répondre à la question de savoir pourquoi Trump a été élu.

 

Peut-être que le public américain en a compris beaucoup plus sur son gouvernement et ses prétendus médias d’actualité que ceux-ci ne le pensent. Peut-être que l’opération de propagande mensongère de l’establishment a été beaucoup moins réussie que ses puissants menteurs ne l’espéraient.

 

Peut-être une méfiance généralisée et profonde à l’égard des médias de la nation a-t-elle été sous-estimée par les oligarques américains et les a laissés stupéfaits et incrédules, au matin du 9 novembre 2016.

 

Pour le public américain, ils sont confus, encore plus qu’ils ne sont trompés. La raison en est que le mensonge de la presse a tout simplement trop duré. Les Américains soupçonnent que les dernières décennies de l’histoire des États-Unis – comme les assassinats de Kennedy et King, et le 11 septembre – sont des fraudes, pas de l’Histoire.

 

Quiconque veut avoir les détails complets, véridiques et authentiques, de la récente histoire américaine, après la Première Guerre mondiale, peuvent voir en ligne gratuitement « Untold of the United States ». Les deux premiers épisodes de ce chef-d’œuvre du cinéma documentaire et de l’histoire écrite, sont présentés ici en deux vidéos de 58 minutes.

 

 

 

La série entière est trop bonne pour les Pulitzer et les Oscars qu’elle mérite mais n’a jamais reçue, et elle a été attaquée par de nombreux experts pontifiants. Ses allégations spécifiques ne sont cependant pas attaquées, car la documentation, pour eux tous, est trop solide pour l’être. Donc au lieu de cela, les gens qui n’aiment pas ces faits condamnent le travail par des hypothèses non fondées comme celle-ci : « Le nombre de vies qui auraient été perdues pendant une invasion [du Japon en 1945] aurait très probablement dépassé celles perdues dans les deux villes [Hiroshima et Nagasaki] en raison de l’utilisation de bombes atomiques » malgré la documentation solide opposée.

 

Il y aura toujours des gens qui préfèrent les mythes. Mais une chose dont personne n’accuse Donald Trump, c’est qu’il n’aurait pas compris cela. Cependant, beaucoup de gens (le présent écrivain inclus) pensent qu’il est probablement l’un de ces individus lui-même. On dit qu’il ne lit pas de livres, mais, à tout le moins, il devrait voir ce documentaire entier en dix parties. Ce serait le meilleur cours intensif pour tout président entrant qui veut accomplir le travail qu’il est légalement tenu de réaliser au mieux de ses capacités. Si un président veut que son serment soit un mensonge, alors voir cette série ne lui servirait à rien, sinon, ce serait essentiel. C’est l’histoire réelle – et celle-ci est, dans l’ensemble, ignorée ou bien grossièrement déformée dans les prestigieux livres d’histoire américains. C’est la démythification de l’histoire américaine, de l’époque de Woodrow Wilson jusqu’en 2012. Et aucun président décent des États-Unis, à notre époque, ne peut l’ignorer, sinon il sera indécent.

 

Eric Zuesse

2 février 2017

Un mur, des murs

 

Murs partout, les maitres assiégés …


L’inquiétude des classes dirigeantes occidentales face aux incertitudes sur les politiques que va réellement conduire l’administration TRUMP est patente. Le personnage lui-même se garde bien de les lever essayant de profiter au moins temporairement par ses annonces tonitruantes et déstabilisatrices d’un effet de peur voire de sidération de ceux qui s’opposeraient à son ambition de redonner, comme il l’a dit, à « l’AMERIQUE » sa prédominance perdue.

 

Le premier cas mais il y en aura d’autres puisqu’il s’agit de l’application d’une méthode de gouvernement directement inspirée par la gestion contemporaine des grands monopoles capitalistes (cost killing, contrats éphémères et précaires avec tous : salariés, clients, fournisseurs…) qui est soumise à l’épreuve du feu, est celui du mur avec le Mexique.

 

La nouvelle fait aussitôt le tour du monde et rares sont ceux qui rappellent que la construction du dit mur a commencé sous Clinton s’est poursuivie sous Bush qui a fait valider cette politique par le Congrès en 2006 et qu’aujourd’hui les fractions de mur déjà construites représentent en gros un sixième des 3000 kilomètres de la frontière commune. Rares sont ceux également qui n’oublient pas de mentionner que la pratique des murs entre Etats s’est beaucoup répandue dans le monde ces dernières décennies (les deux plus connus sont le mur de l’apartheid israélien et le mur marocain d’isolement de la république arabe sahraouie mais il y en a d’autres) et que de plus en plus les quartiers de riches se barricadent, se murent à l’intérieur des grandes villes du monde.

 

Les gouvernements mexicains successifs ont observé sans réagir le phénomène qui confirmait que le traité de libre-échange de 1994, comme tous les traités de libre-échange conclus entre deux pays inégaux, profitait principalement au plus puissant des deux. Ainsi étaient fabriqués au Mexique par un prolétariat surexploité des produits manufacturés pas chers pour le marché étasunien, ainsi les produits de l’agrobusiness étasunien lourdement subventionnés pouvaient envahir le marché mexicain et détruire la paysannerie mexicaine. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes capitalistes possible, le Mexique vendu par sa bourgeoisie compradore réprimant de plus en plus violemment une population ouvrière et paysanne appauvrie. Ce grand flux transfrontalier légalisé de marchandises s’accompagnait d’un flux parasite : la drogue, pour alimenter le premier marché mondial des stupéfiants : les Etats-Unis, parachevant ainsi la violence sociale du processus libre-échangiste.

 

La réponse populaire à cette violence était la tentative de passer au nord avec l’espoir d’échapper à ces conditions de pays dominé. Au moment même où Clinton ouvrait la frontière aux marchandises, il commençait à la fermer aux hommes. Bush allait continuer. Il ne faut jamais oublier que ce genre de fermeture n’empêche jamais tout passage mais qu’il le limite fortement en le rendant très difficile, très onéreux et très dangereux voire mortel et que d’autre part les enfants de la bourgeoisie mexicaine qui venaient étudier aux Etats-Unis n’avaient pas besoin de passeur pour sauter le mur, ils étaient accueillis légalement comme l’étaient les diplômes mexicains qui venaient ainsi mettre au service des monopoles étasuniens des qualifications acquises aux frais de l’état et des contribuables mexicains. Le freinage était un freinage de classe, donc brutal.

 

Mais le freinage ne fonctionnait que sur une fraction de la très longue frontière commune. Inévitablement TRUMP allait intervenir sur ce terrain pour pousser à l’achèvement du mur. Il se trouvait ainsi face à une redoutable contradiction : tenir ses promesses électorales de limitation de la main d’œuvre immigrée, et du « fabriquons US » promesses bien reçues dans toute une série d’états de l’union où sévit la désindustrialisation et où s’étend la misère et ne pas piocher dans les caisses d’un Etat surendetté alors qu’il n’a pas prévu de taxer comme ils le mériteraient les milliardaires étasuniens. On voit mal TRUMP exiger du PDG d’Exxon qu’il vient de choisir comme secrétaire d’Etat que la plus grande compagnie US qui ne paye pas d’impôts aux Etats-Unis rapatrie ses bénéfices (somptueux mais off shore) aux Etats-Unis.

 

D’où l’annonce : Les Etats-Unis construisent le mur mais le Mexique paye. La seule réponse possible du président mexicain a été : « Le Mexique n’a rien demandé, il n’a rien à payer » Le gouvernement mexicain ne peut rien dire d’autre puisque le mur est un mur contre les mexicains et d’autres latinos plus au Sud et que les nombreuses victimes du difficile passage du mur sont aussi des latinos. Accepter le principe du mur et le financer aurait été pour lui outrageant. D’où le refus de Pena Nieto d’une rencontre officielle avec TRUMP.

 

La seconde contradiction n’est pas moins redoutable. TRUMP ne se contente pas de lancer le débat sur le mur et son financement mais il va plus loin dans les remises en cause des politiques précédentes : il annonce la révision de l’accord de libre-échange de 1994 arguant du fait que le commerce entre les deux pays est déséquilibré au détriment des Etats-Unis. Le fait est réel mais pouvait-il en être autrement puisque le but était de faire fabriquer à bas coût des produits destinés au marché étasunien par des ouvriers et ouvrières mexicains surexploités. Cette opportunité ne pouvait qu’être saisie à bras le corps par le Capital international. Deux décennies plus tard le résultat est là : les importations depuis le Mexique sont énormes.

 

TRUMP agite alors une menace de taxation de 20% des importations en provenance du Mexique. Que peuvent faire les multinationales qui ont profité de l’aubaine ? Plusieurs réponses sont possibles mais ne sont pas immédiates :

 

Surexploiter encore plus la main-d’œuvre mexicaine pour faire baisser son prix et en mettre une partie au chômage

 

Demander au gouvernement mexicain de dévaluer le peso pour annuler l’effet immédiat de la taxation mais les recettes consolidées en dollars baisseraient d’autant

 

Relocaliser une partie de leur production aux Etats-Unis mais à condition que le prix du travail aux Etats-Unis ne soit pas trop supérieur à ce qu’il est au Mexique donc affronter la classe ouvrière étasunienne y compris celle qui a voté TRUMP.

Dans quelque direction que l’on regarde d’immenses affrontements de classe sont en préparation au Mexique et aux Etats-Unis pour commencer mais bien au delà. Que vont faire les guatémaltèques, honduriens, salvadoriens qui transitaient par le Mexique pour passer aux Etats-Unis et qui représentaient un tiers des candidats au franchissement du mur ? Déjà les Etats-Unis avaient fait pression sur le Mexique pour qu’il construise un mur sur sa frontière Sud et en 2016 le président Pena Nieto avait semblé acquiescer en commençant par acquérir aux Etats-Unis du matériel de contrôle d’une frontière passoire et avait augmenté les expulsions.

 

Deux sorties : d’un côté la lutte organisée et prolongée de la classe exploitée, de l’autre l’effondrement déjà observable aux Etats-Unis dans l’overdose, le shoot généralisé, le désespoir chimiquement assisté.

 

Dans son discours d’investiture TRUMP a affirmé que « l’AMERIQUE » retrouverait son rayonnement mondial quand elle serait exemplaire. A ce train, il faudra attendre.

Les Prêts Etudiants sont-ils les nouveaux « subprimes » aux Etats-Unis

 

Jacques SapirPar  · 

Alors qu’il y a maintenant près de 10 ans commençait la crise des subprimes aux Etats-Unis[1], une nouvelle crise financière menace : celle des prêts qui ont été accordés aux étudiants. L’encours de ces prêts est aujourd’hui phénoménal. Le volume de la dette accumulé a dépassé les 1400 milliards de dollars aujourd’hui, dont 1000 milliards ont été empruntés aux banques privées et environ 400 milliards ont été empruntés aux services de l’Etat Fédéral. Cette dette a dépassé de fait le montant de la dette liée aux cartes de crédit ou aux prêts liés à l’automobile.

 

Cette dette concerne donc aujourd’hui plus de 44,2 millions d’américains, dont plus de 7,4 millions sont dans l’incapacité de rembourser. C’est 17% des anciens étudiants qui sont donc concernés, et cela correspond à 11% du total des dettes. Ces chiffres sont effectivement de l’ampleur des « subprimes ». C’est la raison pour laquelle j’ai consacré à ce problème une chronique sur Radio-Sputnik avec Pascal Gauchon, directeur de la revue Conflits et Philippe Béchade, président des Éconoclastes, que l’on peut écouter à cette adresse :

 

https://fr.sputniknews.com/radio_sapir/201701311029876719-usa-dette-crise/

 

A l’origine de la bulle des prêts étudiants

 

C’est donc devenu le cauchemar des familles américaines. Il faut savoir qu’aux Etats-Unis financer les études universitaires de ses enfants a toujours été très cher. Les grandes universités, et même ce que l’on appelle les « collèges », qui correspondent en réalité à notre premier cycle universitaire, sont payants. Il faut très souvent épargner longtemps à l’avance pour pouvoir offrir à ses enfants la possibilité de faire des études supérieures.

 

Jusqu’à la fin des années 1980, le système libéral américain, qui reposait sur des établissements largement financés par les frais de scolarité, auxquels s’ajoutaient des bourses de l’Etat, s’est cependant révélé efficace. Ce système, il faut le dire, s’appuyait sur des subventions publiques importantes, qui rétablissaient une forme d’égalité entre les enfants de la bourgeoisie et les enfants de la classe ouvrière. Les programmes d’aides publiques qui ont été mis en place après la seconde guerre mondiale ou la guerre de Corée ont joué un rôle important dans cette relative égalité des conditions d’accès aux études. Ce système a été progressivement copié par la plupart des pays développés avec plus ou moins d’ampleur.

 

L’envolée des frais de scolarité depuis plus de vingt ans (une hausse d’environ 5% par an alors que l’inflation a rarement dépassé les 2% par an) a transformé ce qui devait être un cercle vertueux en un piège qui aujourd’hui se referme sur les étudiants. En cause, le retrait de l’Etat du financement de l’enseignement supérieur, retrait qui s’est amorcé à la fin des années 1980 mais aussi l’explosion des investissements par les universités qui, dans un contexte de plus en plus concurrentiel, se lance dans des programmes d’équipement très ambitieux. Mais aussi, ce qui a déstabilisé le système américain c’est l’afflux d’étudiants à la recherche de la clé d’entrée dans la classe moyenne.

 

La question des inégalités de revenu

 

A l’origine de ce fait, le décrochage des revenus des classes moyennes-inférieur et de la classe ouvrière, décrochage qui est dans une large mesure imputable à la mondialisation[2]. Cet écart entre les 1% les plus élevés et les 90% les plus bas s’est largement ouvert depuis les années 1980.

 

Graphique 1

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Source : Mishel L., Gould E et Bivens J., « Wage stagnations in 9 charts », Economic Policy Institute, 6 janvier 2015.

 

Cet écart se lit aussi dans le décrochage entre le rythme de gains de la productivité du travail et celui des salaires horaires. Si les deux courbes apparaissent quasiment parallèles de 1946 à 1973, ce qui implique que les gains de productivité ont essentiellement profité aux salariés, on constate qu’il n’en est plus de même après 1973. Depuis cette date, les salaires horaires ont augmenté nettement plus lentement que la productivité du travail, ce qui implique que les gains de productivité ont essentiellement profité aux profits des entreprises. Cette situation s’est aggravé dans les années 1990, visiblement sous l’effet de la mondialisation et de l’ouverture des frontières. En fait, la question des prêts étudiants apparaît de ce point de vue une répétition de ce qui s’est produit lors de la crise des subprimes[3].

 

Graphique 2

 

Ecarts entre les gains de productivité et les salaires horaires ouvriers aux Etats-Unis

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Source : Idem, graphique 1

 

Dans cette situation, l’accès aux études supérieures est devenu le moyen apparent pour des jeunes d’accéder à des salaires plus rémunérateurs. Alors que dans les années 1950 et 1960 on pouvait accéder à un niveau de vie similaire à la classe moyenne sur la base d’un emploi d’ouvrier dans l’industrie et dans la construction, ceci n’est plus possible à partir des années 1980. D’une certaine manière, la montée des candidatures pour l’enseignement supérieur traduit le blocage de l’ascenseur social aux Etats-Unis, un blocage qui semble s’être produit à la fin des années 1970 et au début des années 1980.

 

Le financement des études des enfants des classes moyennes et de la classe ouvrière

 

Le système des prêts étudiants, pierre angulaire de l’architecture universitaire américaine, se voulait donc une réponse à ce problème de la montée des candidatures. Vous empruntiez à une banque, ou à l’Etat (via le département de l’Education) et vous remboursiez dès que vous touchiez un salaire. Mais, les emplois bien payés se sont raréfiés, comme on l’a vu. La charge de la dette pèse lourdement sur les jeunes ménages. La machine des prêts est devenu une machine incontrôlable qui aujourd’hui met en cause la stabilité des grandes banques.

 

Les déceptions sont aujourd’hui nombreuses. Légions de jeunes licenciés d’une université sans grande réputation, qui ont pourtant dépensé 60 000 dollars pour un diplôme découvrent que celui-ci leur ouvre les portes… d’un emploi de serveur au fast-food du coin. La perte de revenu pour les classes moyennes apparaît comme très significative depuis 1979.

 

Graphique 3

 

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Cette perte de revenu pénalise bien entendu les enfants des classes moyennes et de la classe ouvrière, alors qu’ils tentent de faire des études supérieures. Le système se révèle donc extrêmement inégalitaire. Il entérine en fait la mort définitive du « rêve américain ».

 

Alors, près de dix ans après la crise des « subprimes « , certains chiffres font froid dans le dos. A la fin juillet 2016, comme on l’a déjà écrit, près de 7 millions d’emprunteurs avaient en outre cessé de rembourser depuis au moins un an, soit une augmentation de 400.000 personnes en un an. Malgré les différents programmes mis en place par l’administration Obama proposant un rééchelonnement des prêts, la situation semble bien aujourd’hui échapper à tout contrôle. Les banques commencent elles-mêmes à s’inquiéter et on s’interroge : une nouvelle crise d’endettement, similaire à la crise des subprimes, semble donc sur le point d’éclater aujourd’hui aux Etats-Unis ?

 

[1] Crise à laquelle j’ai consacré une autre émissions : https://fr.sputniknews.com/radio_sapir/201701311029876556/

 

[2] J. Bivens, “Globalization, American Wages, and Inequality” Economic Policy Institute Working Paper, Washington DC, 6 Septembre, 2007.

 

[3] Sapir J., « From Financial Crisis to Turning Point. How the US ‘Subprime Crisis’ turned into a worldwide One and Will Change the World Economy » in Internationale Politik und Gesellschaft, n°1/2009, pp. 27-44. Idem, « Global finance in crisis », real-world economics review, issue no. 46, 20 May 2008, pp. 82-101, http://www.paecon.net/PAEReview/issue46/Sapir46.pdf

mercredi 1 février 2017

La technologie Trump ou Matrix 3 

Retrait des accords commerciaux globaux, contrôle de l'immigration, retrait du soutien étatique aux LGBT, mur avec le Méxique ...
 
J'en passe, la liste est longue pour une si petite période de gouvernance. Le Président américain D. Trump attaque fort et s'attaque directement à tous les symboles de l'idéologie dominante. Il n'est pas question ici de démocratie, il est question d'idéologie et de sa matrice.
 
L'idéologue de ce combat semble être Stephen K. Bannon. 62 ans, ancien offier de marine, ayant travaillé à la Goldmann Sachs où il a fait fortune, maintenant à la tête de médias, il est aujourd'hui au centre du pouvoir à la Maison Blanche. Il s'est prononcé pour une suspension temporaire de l'accueil d'immigrés, croit en la souveraineté américaine. Pour lui, "chaque pays peut protéger ses citoyens et leur essence en réduisant l'immigration, légale ou illégale, en sortant des accords internationaux". Dans sa vision du monde,"l'Ouest judéo-chrétien est en guerre contre l'expansion de l'idéologie islamiste et il perdra le combat s'il ne reconnaît pas ce fait".
 
A peine entré à la Maison Blanche, D. Trump fait retirer de la page d'accueil le soutien au LGBT et les logos pour la lutte contre le réchauffement climatique. Ensuite, il signe directement un décret mettant un terme au traité transpacifique, mettant pas la même un terme aux illusions de l'UE sur la signature d'un traité transatlantique, mais celle-ci se précipite dans les bras accueillant du Canada, en signant le très controversé CETA, qui prend manifestement la relève du système et la tutelle de l'UE.
 
Les manifestations s'enchaînent et les médias se déchaînent. Les bruits circulent sur l'implication des strcutures de Soros en financement des premiers et des seconds, il faut dire que ses investissements officiels dans la campagne de H. Clinton restent en pure perte. 
 
Lew Rockwell, économiste américain, parle du financement des manifestations et de leur degré d'agressivité sans précédent. Il y a une hystérie collective. Un vent de panique s'est emparée d'une partie de la population qui sent bien que les temps changent, que les repères habituels sont remis en cause et ne comprend pas quels seront ces nouveaux repères, comment elle trouvera sa place dans cette nouvelle société. 
 
Même réaction observable chez des animaux en élevage: lorsque vous modifier leur rythme de vie, vous provoquer un stress important, il leur faut du temps pour le surmonter, certains n'y arrivent pas. 
 
Les médias systémiques, CNN, The NYT, The Washington Post, sont pris pour cibles par le Président américain qui pointe ouvertement ce que beaucoup affirment depuis longtemps: ces médias n'informent plus, ils forment l'opinion publique en fonction des intérêts du système. Le hashtag #FAKENEWS fait fureur. Et l'on voit apparaître pour la première fois, lundi soir, dans l'émission de Soloviev  sur Rossya 1, le directeur du bureau du Washington Post à Moscou, tout perdu, pleurnicher devant le public russe et se plaindre de la politique américaine: il ne sait plus comment faire son travail dans ces conditions. Et dire qu'avant c'étaient les "libéraux" russes qui allaient pleurnicher devant les caméras américaines, les temps changent ...
 
Mais D. Trump changent les règles du jeu: les représentants de l'administration américaine ne vont plus prendre la parole sur les ondes de CNN et les grands médias seront noyés parmis d'autres médias lors des brieffing, ils perdront ainsi leur monopole.
 
Il faut dire que la guerre médiatique fait rage, comme le souligne cet article de l'Observatoire des journalistes et de l'information médiatique:
Pour la première fois, Fox News, donc les Murdoch, laisse passer sur ses ondes le commentaire selon lequel Soros veut faire tomber Trump, d’abord avec Newt Gingrich (reprenant le 22 janvier sur Fox News une information du NYT parue le 20), puis avec Bill O’Reilly, la star de la chaine. Ce dernier, dans ses Talking Points du 23 janvier, explique qu’il voit un effort organisé pour évincer Donald Trump, expliquant que les récentes marches des femmes et autres casseurs ont été financées par 50 groupes eux-mêmes financés par Soros à concurrence de 90 millions.
Nous sommes très loin du travail normal que l'on peut attendre des médias ...

 

Le summum a été atteint par le décret sur l'immigration:

Signé vendredi par Donald Trump, il interdit pendant 90 jours l'accès du territoire américain aux ressortissants en provenance d'Iran, d'Irak, de Libye, de Somalie, de Syrie, du Soudan et du Yémen, pendant 120 jours l'accueil de tout réfugié aux Etats-Unis, et suspend sine die l'accueil de tous les réfugiés syriens. 
D. Trump a osé, en une seule fois, toucher aux différents éléments sacrés de l'idéologie dominante: le migrant symbole de l'individu en quête de liberté que l'Occident doit sauver après avoir bombardé et la société ouverte qui ne peut s'enrichir que grâce à l'immigration, puisque c'est bien connu, nous sommes tous des immigrés. Et puisque nous sommes tous des immigrés, les Etats et leurs frontières n'ont aucun lieu d'être. Nous devons servir les intérêts des entreprises globales.
 
Nous voyons donc logiquement monter au créneau la Silicon Valley, Google et Facebook, comme pour toutes les révolutions de couleur, et autres monstres globaux. Les études le montrent et sont publiées dans le Washington Post: un immigré coûte moins cher qu'un national, pourquoi l'Amérique devrait-elle s'en priver?
 
Alors des manifestations en rose (quel est le rapport?) sont organisée partout. L'on voit également apparaître des pancartes Migrants Welcolme dans les aéroports américains, comme à l'époque dans les gares allemandes, avant que les autorités allemandes ne reconnaissent à mi-voix que l'erreur est humaine. Il faut dire aussi que l'immigration est un business, pas uniquement pour les entreprises qui embauchent moins cher, mais dans le sens direct du terme. Business rendu dangereux lorsqu'il s'accompagne d'une absence de contrôle systématique de l'identité de ceux qui viennent de zones de conflit ou de pays particulièrement touchés par le terrorisme islamiste.
L'efficacité en terme de lutte contre le terrorisme de ce décret peut, il est évident, laisser à désirer. Mais il a une dimension symbolique très forte et dans notre société d'image ce n'est pas négligeable. Sur le plan pratique, il permet de suspendre la vague permanente et de faire le point avant qu'il ne soit trop tard. Et ici, la décision de D. Trump était en phase avec les attentes de la majorité de la population américaine:
« 57 % des électeurs américains sont favorables à une interdiction temporaire des réfugiés venant de SyrieIrakIranLibyeSomalieSoudan et Yémen jusqu’à ce que le gouvernement fédéral améliore sa faculté à détecter l’entrée de potentiels terroristes. 33 % s’y opposent et 10 % n’ont pas d’opinion. »
Evidemment Le Monde trouve cela suspect, les questions seraient tronquées et le sondage aurait été réalisé avant l'adoption du décret. Autrement dit, le Président américain n'a pas réagit de manière émotive, comme l'on veut nous le faire croire, mais suite à un sondage d'opinion. Ce qui change les données du problème et soulève la question de la légitimité des manifestations "dans le monde". Laissons peut-être les populations décidées pour leur pays, même si cela ne plait pas aux groupes d'intérêts divers et variés.
 
Face à cette tornade Trump, les dirigeants européens, habitués à être bercés et pris en main, se trouvent dépourvus et particulièrement inquiets, comme le dit le ministre français des affaires étrangères, J.-M. Ayrault:
Ce décret "ne peut que nous inquiéter", a déclaré ce samedi le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, lors d'une conférence de presse à Paris. "Nous avons des engagements internationaux que nous avons signés. L'accueil des réfugiés qui fuient la guerre, qui fuient l'oppression, ça fait partie de nos devoirs (…) Mais il y a beaucoup d'autres sujets qui nous inquiètent"
Car en fait:
Quand le président des Etats-Unis évoque le climat pour dire qu'il n'est pas encore convaincu de l'utilité de cet accord, nous devons lui répondre (…) "Quand il ajoute des mesures protectionnistes, qui pourraient déstabiliser les économies, pas simplement européennes mais les économies des principaux pays dans le monde, nous devons lui répondre et quand il refuse l'arrivée de réfugiés, alors que l'Europe a fait son devoir, nous devons lui répondre."
C'est le problème. D. Trump en deux semaines a secoué le monde ramolli des politiciens européens, en bousculant les frontières, levant les interdits et les voiles et posant les choses sur la table, à sa manière. La mondialisation absolue est-elle un bien pour l'économie nationale? L'homosexualité doit-elle être une politique d'Etat ou une affaire privée? Les droits des minorités peuvent-ils remettre en cause les droits de la majorité? Jusqu'à quelle point l'immigration est-elle un atout et quand devient-elle un problème? Peut-on parler sérieusement de sécurité nationale sans protéger les frontières? 
 
A toute ces questions et à beaucoup d'autres, nous avons perdu l'habitude de chercher des réponses, car elles nous étaient apportées, toutes prêtes. Certaines apparaissent même dans les manuels scolaires. La société est conditionnée. Elle est en train de vivre un traitement de choc ... et elle le vit mal. Peu de personnes sont capables de remettre en cause leur confort pour prendre le risque de regarder le monde qui les entoure sans petites lunettes roses. Roses justement.
 

Madeleine Albright: hier et aujourd’hui…

 

27 Janvier 2017

L’ancienne secrétaire d’État Madeleine Albright proteste contre la politique de Trump contre les musulmans, elle écrit sur Twitter: « J’ai été élevée catholique, je suis devenue devenu épiscopalienne et j’ai découvert plus tard que ma famille était juive, je suis prête à m’inscrire comme musulmane en #solidarity  »

 

Madeleine Albright : « Tuer 500.000 enfants irakiens est un prix qui en valait le coup »

 

Interrogée dans l’émission « 60 Minutes » de la chaine américaine « CBS News » le 12 mai 1996, sur le nombre ahurissant de 500.000 enfants irakiens qui sont morts lors de la guerre menée par les États-Unis contre Saddam Hussein, Madeleine Albright, Secrétaire d’État américaine de l’époque (ce qui correspond au ministre des affaires étrangères), déclare sans sourciller que « Le prix en valait le coup »…

 

The National Interest: Vers quoi les relations sino-américaines vont-elle évoluer sous Trump? par Andranik Migranyan

 

27 Janvier 2017
 

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L’Armée de libération des cadets du peuple se réunit avec le général de l’armée américaine Martin E. Dempsey. Wikimedia Commons / Public domain


Prédire l’avenir de la relation sur le commerce, la défense, la géopolitique et plus.

 

25 janvier 2017
A la présidentielle 2016, la Chine est devenue peut-être le sujet le plus important de la politique étrangère de Donald Trump et de ses discours économiques. Il a souvent accusé Pékin de « tirer profit » de l’économie américaine et de manipuler sa monnaie, ce qui a créé des conditions favorables pour les exportateurs chinois pour dominer le marché américain des biens de consommation. Ainsi, il a expliqué le vaste déficit dans les relations commerciales des États-Unis avec la Chine. Au cours des dix premiers mois de 2016 seulement, le déficit commercial avec la Chine s’est élevé à 289 milliards $.

 

Pour améliorer cet état de choses, Trump a menacé d’introduire des tarifs qui augmenteraient le prix des produits chinois sur le marché américain jusqu’à 45 %. Pour revoir les relations commerciales des États-Unis avec ses partenaires, principalement avec la Chine, Trump a créé une nouvelle division au sein de l’administration-National Trade Conseil et nommé l’universitaire Peter Navarro pour le diriger. Navarro est bien connu pour ses vues contre les politiques chinoises sur un large éventail de questions, en matière de commerce et de relations entre la Chine et Taiwan jusqu’à la politique chinoise envers les mers de Chine orientale et de Chine du Sud.


En outre, Trump et ses conseillers sur les relations sino-américaines ont suggéré que la nouvelle administration devrait abandonner la politique « d’une seule Chine » que les présidents américains ont suivi depuis Richard Nixon. En outre, Trump et ses conseillers semblent croire que la croissance de la puissance économique et militaire de la Chine rend cette politique plus expansionniste et constitue une menace pour la liberté de navigation dans les mers de Chine du Sud et de l’Est de la Chine, ainsi qu’une menace pour la sécurité des alliés des États-Unis dans la région, principalement le Japon, la Corée du Sud et l’Australie.

 

Trump et les commentaires de son équipe au cours de la campagne électorale ont démontré leur engagement à revoir les relations commerciales, économiques, militaires et  politiques avec la Chine et les mettre sur la bonne voie, alors qu’actuellement celles-ci n’évoluent pas en faveur des États-Unis. Cela signifie que, dans un avenir prévisible, les tensions pourraient augmenter avec le risque de conflit d’intérêts entre les Etats-Unis et la Chine. Par conséquent, je crois qu’il est important d’étudier les points de vue des experts américains sur la probabilité d’un conflit potentiel entre les deux pays, et la capacité des États-Unis de « mettre la Chine à sa place », dans l’expression parfois utilisée par les politiciens et experts américains.

 

En ce qui concerne la manipulation de la monnaie de la Chine avec sa dévaluation artificielle, de nombreux experts estiment que Trump utilise des données anciennes et qu’il le fait seulement pour renverser la vapeur et mettre le gouvernement chinois dans une lumière négative. Le fait est que depuis quelques années, la Chine a relevé la valeur de sa monnaie. Pour étayer leur opinion, des experts américains affirment que, depuis 1994, le Trésor américain n’a fait aucune annonce sur la manipulation des devises par le gouvernement chinois.

 

En outre, les experts proches de l’administration Trump ont recommandé de renforcer la position militaire et diplomatique de Taiwan, en créant en même temps une coalition avec d’autres pays pour endiguer la Chine. Cependant, il est juste de dire que certains experts doutent que la nouvelle administration disposera de ressources suffisantes pour augmenter de façon spectaculaire ses forces navales dans le Pacifique dans un court laps de temps, étant donné leur propre lutte aux États-Unis pour améliorer leur propre infrastructure, ce qui nécessite des milliards de dollars d’investissements dans l’éducation et d’autres problèmes sociaux.

 

En conclusion, il convient de noter que tous les experts pensent que les relations sino-américaines ne peuvent être fondées sur les conflits. Certains experts estiment que l’interdépendance entre les deux économies leur permet de rechercher des possibilités de coopération positive dans l’avenir. Par exemple, le vice-président Mike Pence a noté que l’Indiana a perdu des emplois en Chine, mais que maintenant les emplois sont de retour, parce que les entreprises chinoises ont investi dans les entreprises locales «vertes». Un certain nombre d’experts ont exprimé un optimisme prudent sur le fait que les États-Unis et la Chine ne devraient pas «fermer les portes» à l’autre dans le domaine économique, mais que le gouvernement chinois, désireux d’accroître la concurrence pour la production et l’efficacité de son propre secteur privé et les entreprises publique chinoises, ouvrirait de nouveaux marchés pour le capital américain, qui jusqu’alors lui avait été fermé.


Certains ont fait remarquer un élément positif très important dans l’avenir des relations sino-américaines. Trump est un pragmatique et n’a pas le «bagage» idéologique qui depuis plusieurs décennies a pesé sur la politique étrangère américaine, il ne cherchera pas à imposer des valeurs et des normes américaines à la Chine et ne tentera pas de faire la leçon de Pékin sur sa politique interne. Néanmoins, les États-Unis et la Chine devront passer le test de la nouvelle politique que Trump dirige vers la Chine. Nous allons connaître les résultats de ces tests lorsque l’administration Trump passera de la parole aux actes. La nouvelle politique a des implications, à la fois une menace de conflit et de confrontation, et la possibilité de réformes positives dans ces nouvelles relations. Le résultat, à bien des égards, dépendra de la sagesse et des compétences des dirigeants des deux pays pour veiller à ce qu’ils traversent cette passe dangereuse sans causer de troubles majeurs.

 

Si les droits de douane sur les produits chinois importés sont élevés de 45 %, Pékin pourrait exercer des représailles contre les importations de produits américains, elle pourra faire appel à l’Organisation mondiale du commerce, et accuser les Etats-Unis de violer les règles et les règlements de l’OMC. De nombreux experts respectés conviennent qu’une guerre commerciale entre les deux plus grandes économies du monde se heurte à de graves conséquences pour le commerce international dans le monde entier. En outre, l’administration de Trump devrait prendre en compte un autre facteur important: l’augmentation des prix des marchandises chinoises pourraient saper le pouvoir d’achat de la classe moyenne américaine, le principal consommateur de produits chinois.

 

Compte tenu de l’attention accrue de Beijing et de la sensibilité particulière à tout ce qui concerne le rôle et le statut de Taiwan, il est prévu que la révision de la politique « d’une seule Chine » et le renforcement des relations américano-taïwanais cause de graves dommages aux relations sino-américaines, notamment si les recommandations de Peter Navarro sont mises en œuvre, y compris la construction d’une base navale dans l’est de l’île, l’équipement de l’armée taiwanaise avec de nouvelles armes, et le déploiement de la flotte de sous-marins taïwanais avec l’aide des Japonais, ainsi que la reprise de voyages privé à Taiwan pour les membres du Congrès et des responsables gouvernementaux. Certains experts estiment que la conversation téléphonique de Trump avec la présidente de Taiwan était intentionnel, et était une étape vers la répudiation de la politique « d’une seule Chine ».

 

D’autres questions peuvent également contribuer à la détérioration des relations sino-américaines. Les autorités américaines ont longtemps exprimé leur préoccupation devant les prétention de la Chine sur la mer de Chine du Sud. La construction et la militarisation des îles artificielles de la Chine est inquiétant pour ses voisins dans la mer de Chine du Sud, et provoque leurs appels à Washington pour endiguer la Chine.

 

Lors de son audition de confirmation au Sénat pour le poste de secrétaire d’Etat, Rex Tillerson a exhorté la Chine à mettre un terme à la construction de nouvelles îles artificielles et a averti que les Etats-Unis couperaient l’accès des forces navales chinoises aux sept îles qui avaient déjà été construites. Cette déclaration a provoqué de graves inquiétudes parmi les experts, dont beaucoup craignent que de telles actions par la nouvelle administration américaine peuvent intensifier le conflit entre les États-Unis et la Chine. Toutefois, les experts militaires croient que pour exécuter de telles menaces, les États-Unis devront augmenter fortement leur capacité navale dans le Pacifique et, en particulier, dans la mer de Chine méridionale. Les plans apparents de Trump à donner la priorité au réarmement de l’armée américaine comprennent l’amélioration des capacités nucléaires et l’augmentation des forces navales, en particulier dans le théâtre du Pacifique. Ces mesures visant à renforcer la position des États-Unis à contenir la Chine correspondent à la célèbre phrase de Reagan, « paix par la force. ». L’administration de Trump peut tirer sa conviction du fait que si elle veut obtenir des concessions de la Chine dans le commerce, l’économie et les relations géopolitiques, alors il devrait avoir une gamme d’instruments pour faire pression sur la Chine, de la force militaire directe dans la région à la tactique diplomatique de dénoncer la politique « d’une seule Chine ».

Trump n’a pas inventé la tension avec la Chine : le « pivot » d’Obama.

 

27 Janvier 2017

Les Etats-Unis chercheraient une guerre avec la Chine qu’ils ne s’y prendraient pas autrement


Le programme d’armement de la Chine fait souvent parler de lui, mais si l’on élargit un peu le champ, on s’aperçoit que l’Empire du Milieu a peut-être de bonnes raisons pour cela… Voici déjà comment le portail atlantico en 2013 définissait la doctrine Obama connue sous le nom de Pivot et qui avait été l’inspirateur de TTP signé avec 11 pays d’Asie et d’Amérique visant à isoler la Chine et que vient de dénoncer Trump. Loin d’être une politique pacifiste, ici aussi l’administration Obama a multiplié les bases d’un conflit y compris armé

(note de Danielle Bleitrach).
Decod’Eco
Publié le 31 Janvier 2013
Les Etats-Unis chercheraient une guerre avec la Chine qu’ils ne s’y prendraient pas autrement
L’une des tâches les plus importantes de la gouvernance américaine au cours de la prochaine décennie sera d’augmenter ses investissements dans la région Asie-Pacifique, entre autres dans les domaines diplomatique, économique, et stratégique. 

La guerre entre les Etats-Unis et la Chine… En voilà une pensée déplaisante… à moins d’être une entreprise dans la défense. La menace d’une guerre pourrait suffire à augmenter la croissance des bénéfices de l’industrie de la défense sur plusieurs années.

 

Nous n’aborderions pas ce sujet macabre — qui consiste à rentrer dans une danse de la mort version marché financier — si les pontes de Washington comprenaient que la Chine est simplement en train de mettre en œuvre sa propre version de la doctrine de Monroe.

Si vous ne vous souvenez plus de cette doctrine, en voici un petit rappel : en 1823, le président James Monroe a fait savoir aux puissances européennes que les Etats-Unis interviendraient pour mettre fin à toute ingérence de leur part en Amérique latine. C’était un signal très fort sur le thème « tenez-vous éloignés de notre pré carré ».

Certes, le message était plus subtil que cela ; un Thomas Jefferson vieillissant félicita Monroe pour avoir réussi « une entente cordiale avec l’Angleterre ». En effet, cette doctrine était un accord tacite entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Les Etats-Unis profitaient de la flotte britannique, la Royal Navy, dont les navires patrouillaient les eaux autour de l’Amérique Latine, empêchant les puissances continentales européennes de s’approcher des pays américains.

 

A l’origine, la doctrine de Monroe avait pour but de tenir éloignés les Européens. La doctrine de Monroe à la chinoise a pour but d’empêcher les Etats-Unis de s’approcher encore plus qu’ils ne le sont déjà.

 

« Les pays du Bassin Pacifique ont longtemps été les plus grands partenaires commerciaux des Etats-Unis et Washington déploie plus de 320 000 militaires dans la région, dont 60% de sa marine », écrit Conn Hallinan, du think tank Foreign Policy in Focus. « Le drapeau américain flotte sur des bases au Japon, aux Philippines, en Corée du Sud, en Malaisie, en Thaïlande, dans les Iles Marshall, Guam et Wake ». La 7ème flotte américaine navigue régulièrement près des côtes chinoises, à la limite des 12 miles des eaux internationales.

 

Pas étonnant que les dirigeants chinois aient le sentiment — à tort ou à raison — d’être encerclés.

 

« La Chine a clairement fait savoir qu’elle ne tolérera pas la menace envers sa sécurité que représente la présence militaire étrangère à ses portes, lorsque ces forces étrangères sont engagées dans des activités conçues pour explorer les défenses chinoises et pour trouver un moyen de les pénétrer », écrit notre ami Chas Freeman, ancien diplomate américain qui était l’interprète du président Nixon lors de sa visite révolutionnaire en Chine « rouge » en 1972.

 

« Il n’y a aucune raison de supposer que la Chine est moins sérieuse à ce propos que nous-mêmes le serions si nous devions faire face à des opérations maritimes et aériennes toutes autant provocantes le long de nos frontières ».

 

Les îles Senkaku ne sont pas le seul point de dispute

 

C’est ainsi que les Chinois revendiquent leur domination sur les îles Senkaku, très disputées. « La Chine considère ces îles comme faisant partie de son périmètre défensif », explique Hallinan, « ce qui est un point de vue compréhensible au vu de l’histoire du pays. La Chine a été la victime de l’invasion et de l’exploitation par des puissances coloniales, dont le Japon, qui remonte à la première Guerre de l’opium en 1839 ».

 

La Chine insiste également sur le fait de contrôler dans son bon droit une série d’îles du sud de la Mer de Chine — de riches zones de pêche et sources potentielles de pétrole et de gaz. Ces îles, comme les Spratlys et Paracels, sont également revendiquées par… une liste entière de nations : le Vietnam, la Malaisie, Taiwan, le sultanat de Brunei et les Philippines.

 

En outre, la Chine a…

 

  • Mis en service son premier porte-avion

  • Mis au point un avion de chasse furtif appelé J-20

  • Augmenté ses dépenses de défense de plus de 10% par an depuis ces dix dernières années (même si le budget de la défense de Pékin ne représente encore qu’un cinquième de celui de Washington).

Une réponse raisonnable de la part des Etats-Unis serait : « regardez, la Chine met en place sa propre doctrine Monroe. Ils veulent établir leur propre pré carré. En même temps, nous avons 16 400 milliards de dollars de dettes dont 11 00 milliards dus à la Chine. Pourquoi nous endetter encore plus pour garder 60% de notre marine stationnée dans le Bassin Pacifique ? Peut-être devrions-nous reconsidérer cette notion de ‘lac américain’. »

Au lieu de cela, le gouvernement américain double la mise.

 

« Avec la fin de la guerre en Irak et le début du retrait d’Afghanistan, les Etats-Unis sont à un moment pivot », a écrit en novembre 2011 la secrétaire d’Etat Hillary Clinton dans le magazine Foreign Policy. « L’une des tâches les plus importantes de la gouvernance américaine au cours de la prochaine décennie sera d’augmenter ses investissements dans la région Asie-Pacifique, entre autres dans les domaines diplomatique, économique, et stratégique ».

 

Dans les cercles autorisés de Washington, cette déclaration d’intentions est devenue connue sous le nom « le pivot ».

 

Le même mois où Clinton publiait cet article — au titre présomptueux « Le siècle du Pacifique pour les Etats-Unis » — l’administration Obama envoyait pour la première fois 2 500 soldats américains sur la côte nord australienne.

 

L’étau se resserre autour de la Chine.

 

Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/etats-unis-chercheraient-guerre-avec-chine-qu-ne-prendraient-pas-autrement-addison-wiggin-623513.html#pEfbi3kkcLaixEX1.99

 

Voici en outre le documentaire qui paraissait en 2008 et qui décrivait par anticipation la situation actuelle:

 

 

 

Reuters : L’administration Trump dit à l’EPA de couper la page climatique du site: sources

 

26 Janvier 2017
Trump et son équipe de  lobbystes de l’énergie sont en train de mener une attaque contre l’information sur le réchauffement de la planète, pour cela il supprime les informations sur le site mais tente aussi d’évacuer le personnel
 
(note et traduction de Danielle Bleitrach)

Les enfants jouent au milieu des icebergs sur la plage à Nuuk, au Groenland, le 5 Juin, 2016. REUTERS / Alister Doyle
Les enfants jouent au milieu des icebergs sur la plage à Nuuk, au Groenland, le 5 juin 2016. REUTERS / Alister Doyle

Par Valerie Volcovici WASHINGTON

 

L’administration du président américain Donald Trump a demandé à l’Agence de protection de l’environnement de supprimer la page de changement climatique à partir de son site Web.

 

Les employés ont été informés par les responsables de l’EPA mardi que l’administration avait demandé à l’équipe de communication de l’EPA de supprimer la page sur les changements climatiques du site, qui contient des liens avec la recherche scientifique sur le réchauffement de la planète, ainsi que des données détaillées sur les émissions. La page pourrait être supprimée dès mercredi, selon les sources.

 

« Si le site est supprimé, des années de travail effectués sur le changement climatique vont disparaître, » a dit  l’un des membres du personnel de l’EPA, qui a ajouté que certains employés se sont précipités pour sauver une partie de l’information logée sur le site, ou tenter de convaincre l’administration de Trump de préserver des parties de celui-ci.

 

Les sources ont demandé à ne pas être nommées parce qu’elles ne sont pas autorisés à parler aux médias.

 

Un responsable de l’administration Trump n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

 

L’ordre vient de l’administration Trump qui a décidé de freiner la circulation de l’information provenant de plusieurs organismes gouvernementaux qui supervisent les questions environnementales depuis la semaine dernière, par des actions qui semblaient destinées à renforcer le contrôle et à décourager les opinions dissidentes.

 

Ces mouvements ont renforcé les préoccupations concernant le fait que le climatoscepticisme de Trump, pourrait chercher à marginaliser la recherche scientifique qui montre que les émissions de dioxyde de carbone provenant de la combustion des combustibles fossiles contribue au réchauffement climatique, ainsi que de mettre sur la touche  les membres du personnel de carrière au sein des organismes qui réalisent une grande partie de cette recherche.

 

Myron Ebell, qui a aidé à guider la transition de l’EPA après Trump a été élu en Novembre jusqu’à ce qu’il ait prêté serment la semaine dernière, a déclaré que le mouvement n’était pas surprenant.

 

  • « Ma conjecture est que les pages Web vont être cachées, mais les liens et les informations seront disponibles, » a-t-il dit.

La page comprend des liens vers l’inventaire de l’EPA des émissions de gaz à effet de serre, qui contient des données sur les émissions provenant des installations industrielles individuelles ainsi que le multi-agences rapport indicateurs de changements climatiques, qui décrit les tendances relatives aux causes et aux effets du changement climatique.

 

L’équipe, récemment nommée par l’administration Trump pour guider la transition post-Obama, a largement été puisée dans le lobby de l’industrie de l’énergie et des think tanks pro-forage, si l’on considère la liste de l’équipe de 10 membres nouvellement introduite.

 

Trump a nommé Oklahoma procureur général Scott Pruitt, un ennemi de longue date de l’EPA qui a mené 14 actions en justice contre elle, comme l’administrateur de l’agence. Le comité de l’environnement du Sénat a tenu une séance de sept heures d’audience pour la confirmation de Pruitt la semaine dernière. Aucun vote sur sa nomination n’a encore été fixé.

 

(Reportage par Valerie Volcovici, édité par Richard Valdmanis et Lisa Shumaker)

Les hommes qui décident sur les corps des femmes aux États-Unis

 

25 Janvier 2017

Ce texte et ces photos ont été publiés sur Cubadebate, le site cubain, il montre que Trump a repris une longue tradition des présidents et des élus républicains et que l’effroi qu’il suscite tient probablement à d’autres raisons que cette malencontreuse habitude des présidents républicains. Il n’empêche, il faut savoir rompre avec une tradition. Quand Jean Paul II est venu à Cuba, il a discuté avec Fidel Castro de l’avortement des femmes cubaines, Fidel Castro lui a répondu « mon père, nous sommes mal placés vous et moi pour statuer sur cette question, je propose qu’on demande leur avis aux femmes Cubaines ». C’est donc visiblement une vision du respect des femmes qui ne relève pas seulement de l’appartenance au sexe masculin et même à la race blanche, mais qui peut opposer communistes et réactionnaires. C’est dans le cadre de la montée de ceux-ci qu’aux Etats-Unis, mais aussi en Europe, par exemple en Pologne, on assiste à une telle régression. Un large rassemblement sans provocation mais avec la conscience du caractère global de la régression qui nous menace est donc nécessaire. Dans tous les cas, la participation des femmes aux enjeux politiques, ceux de l’emploi, des salaires, du refus de l’austérité, du service public, et de la paix est une garantie de leur présence dans les lieux où l’on décide à leur place. Faisons de la politique et ne soyons pas simplement comme le veut la bourgeoisie traditionnelle « les personnes du sexe »

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach).


Lundi, le président américain Donald Trump a signé un décret contre l’avortement qui affecte considérablement l’accès aux services de santé de la reproduction pour les femmes dans le monde entier.
 

La Politique de Mexico (également connue sous le nom «règle du bâillon») interdit le financement des ONG internationales qui offrent des conseils sur la planification familiale et les options de santé dans la maternité si l’avortement est inclus dans leur programme, même si le financement américain n’est pas spécifiquement être utilisé pour payer l’avortement et  les services qui lui sont liés.

 

Le premier à mettre en œuvre cette politique fut le président Ronald Reagan en 1984;  ensuite le décret a été annulé et repris suivant le parti auquel appartenait le président des États-Unis.

 

Trump a signé ce décret dans une salle pleine d’hommes.

 

Dans un de ses premiers actes en tant que président des États-Unis, Donald Trump a signé la restauration de la politique de Mexico.

 

Trump continue une longue tradition de politiciens qui prennent des décisions sur le corps féminin sans la présence de femmes dans la salle. Voici quelques-uns d’entre eux :

 

Photo: Tim Sloan / AFP / Getty Images

Félicitations!

 

En 2003, le président George W. Bush a signé une loi interdisant une technique permettant d’effectuer des avortements pour les femmes enceintes de plus de trois mois, selon laquelle les médecins devaient cesser d’appliquer une procédure d’avortement spécifique. Il a été entouré par un groupe de membres du Congrès, tous des hommes, quand il l’a fait.

 

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Il n’y avait que des hommes à la Chambre des représentants en 2013 quand il a été question d’adopter une loi interdisant l’avortement après 20 semaines de gestation.

 

En 2013, il n’y avait que des hommes à la Chambre des représentants quand il a été décidé d’adopter une loi interdisant l’avortement après 20 semaines de grossesse.

 

Photo: Wally McNamee / CORBIS / Getty Images

 

En 1991, le Comité judiciaire du Sénat américain n’était formé que par des hommes blancs.

 

En 1991, Anita Hill a dû faire face à un comité judiciaire du Sénat, composé exclusivement d’hommes blancs et a dû leur décrire l’abus sexuel qu’avait subi Clarence Thomas, alors que George Bush père a été élu à la Cour suprême. Parfois, les sénateurs semblaient être en mesure de comprendre la gravité des allégations de Hill.

 

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En 2013, le gouverneur de l’Ohio (et républicain), John Kasich a signé un budget –avec seulement des hommes –  en vertu duquel il a été déclaré le retrait des fonds pour le planning familial, ils exigent des tests par ultrasons aux femmes qui voulaient avorter et de nouvelles restrictions seraient imposées aux cliniques d’avortement.

 

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En 2012, le comité qui a discuté de contraception à la Chambre des représentants était composée d’hommes de différentes organisations religieuses.

 

En 2012, le Comité sur la surveillance et la Réforme du gouvernement a tenu une audition sur la liberté religieuse et la règle de la contraception de l’administration Obama. Le premier groupe était composé exclusivement d’hommes de différentes organisations religieuses conservatrices.

 

« je veux savoir où sont les femmes  »  a exigé un membre de la Chambre des représentants Carolyn Maloney (État de New York et démocrate) à celui qui à cette époque était le président de la Chambre, Darryl Issa États-Unis (républicain représentant de l’Etat de Californie), avant de quitter la réunion, après avoir écouté le premier groupe. « Je regarde ce groupe et je ne vois aucune personne représentant les dizaines de millions de femmes américaines qui veulent et ont besoin d’assurance pour couvrir les services de prévention de base tels que la planification familiale. Où sont les femmes? ».

 

(De Huffington Post )

Les archives de la CIA ont révélé le financement américain des terroristes ukrainiens

 

25 Janvier 2017

24 janvier 2017

Photo: RyszardTorzecki / wikipedia.org

http://vz.ru/news/2017/1/24/854668.html

 

Les États-Unis ont reconnu que l’Organisation des nationalistes ukrainiens était terroriste, mais cela ne les a pas empêchés de la financer, selon ce que révèlent les archives de la CIA.

 

La note du 4 février 1948 sur le leader de l’OUN Stepan Bandera indique qu’il faisait partie de l’« organisation terroriste OUN et a été lié à l’assassinat de (Bronislaw) Pieracki », rapporte RIA « Novosti ».

 

Un membre de l’OUN a tué le ministre des Affaires intérieures de la Pologne Pieracki en 1934. Ensuite, les autorités polonaises ont arrêté les dirigeants de l’organisation, y compris Bandera, et les ont condamnés à mort, mais pas exécutés.

 

Les documents de la CIA ont indiqué que l’OUN a été transformée en l’UPA  « pour lutter contre les troupes allemandes et soviétiques. »

 

Bien que les montants et les noms des banques à travers lesquelles les États-Unis ont financé les représentants de l’OUN après la Seconde Guerre mondiale ne soient pas indiqués, le fait même de ce financement est attesté dans les documents.

 

En particulier, ont été publiés des documents consacrés à l’opération  « Aérodynamique », organisée par les agences de renseignement occidentales en 1948. L’Occident dans le cadre de cette opération est entré en contact avec le chef du Service de sécurité de l’OUN Mykola Lebed.

 

Conçue à l’origine pour la « résistance et le renseignement » sur le territoire de l’URSS, l’opération a échoué et est devenue le programme « Prologue », visant à la lutte idéologique contre l’Union soviétique. L’opération a été close seulement en 1990.

 

Un certain nombre d’organisations héritières idéologiques de l’OUN, y compris l’UPA, ont été classées comme extrémistes en Russie. Sur les listes d’organisations terroristes du ministère américain de la Justice, elles ne figurent pas.

 

Pour rappel, la CIA a publié une archive de 13 millions de documents – documents concernent notamment la torture des suspects, la guerre froide, la guerre du Vietnam, les ovnis et la recherche psychique.

 

Traduit par Marianne Dunlop

Zbiegniew Brzezinsky brise son échiquier et prône un rapprochement US-Russie-Chine

 

mardi 24 janvier 2017

https://electrosphere.blogspot.fr/2017/01/zbiegniew-brzezinsky-brise-son.html?m=1

 

Dans la fureur des duels électoraux, un article publié au printemps 2016 par Zbiegniew Brzezinski est passé complètement inaperçu. Dans « Toward a Global Realignment » (The American Interest), le plus influent artisan de la politique étrangère américaine recommande vivement aux Etats-Unis d’assumer leur repli et de se réconcilier avec la Russie et la Chine afin de « redéfinir une architecture mondiale du pouvoir »… et de gérer conjointement les futurs risques et crises sécuritaires dans le monde arabo/musulman en particulier, et dans le tiers-monde en général.

Zbigniew Kazimierz Brzezinski est né en 1928 à Varsovie (Pologne). Son père diplomate était en poste au Canada lorsque le pacte germano-soviétique fut signé et ne put donc rentrer avec sa famille au bercail. Plus tard, « Zbieg Brzez » épousa  Emilie-Anne Benes, nièce de l’ancien président tchécoslovaque Edvard Benes. Ce parcours personnel expliquerait-il, parmi d’autres facteurs, son aversion profonde pour l’URSS et/ou la Russie ?

Après avoir consacré sa carrière académique à étudier le totalitarisme soviétique et à forger une vision géostratégique sur le rôle prépondérant de l’Amérique dans le monde, Brezinski gravit les échelons au département d’Etat et en devint le secrétaire sous l’administration Jimmy Carter (1977-1981). Il fut également membre du Council of Foreign Relations (CFR), du National Endowment for Democracy (NED), de divers think tanks et organismes spécialisés dans la défense et/ou la politique étrangère, eut l’oreille du président George Bush père au plus fort de la chute de l’URSS, et conseilla le futur président Barack Obama en affaires étrangères au cours de sa campagne électorale.

 

Son très fameux ouvrage « Le Grand Echiquier. L’Amérique et le reste du monde » figure parmi les livres de chevet des présidents américains, secrétaires d’Etat et chefs du Pentagone, et imprègne fortement la politique étrangère et de défense des Etats-Unis.

Ces extraits ont été volontairement sélectionnés pour leur clarté et leur percussion mais ne sauraient résumer à eux seuls cette œuvre très dense :

« Il est indispensable que l’Amérique contre toute tentative de restauration impériale au centre de l’Eurasie […] Le choix européen est la seule perspective géostratégique réaliste qui permettra à la Russie de retrouver un rôle international et les ressources nécessaires pour engager sa modernisation. Par Europe, nous entendons l’ensemble géopolitique uni par le lien transatlantique et engagé dans l’élargissement de l’Union européenne et de l’OTAN […] Telle est l’alliance qui profitera à la Russie et lui évitera de s’enfoncer dans un isolement géopolitique néfaste […] Du point de vue américain. la Russie paraît vouée à devenir un problème : si sa faiblesse exclut de la considérer comme un partenaire, les forces qu’elle conserve ne nécessitent pas l’application de soins d’urgence. […] Même si une alliance stratégique solide de la Russie avec la Chine ou avec l’Iran a peu de chances de se concrétiser, l’Amérique doit éviter de détourner Moscou de son meilleur choix géopolitique […] Par ailleurs, les Chinois se montrent sensibles aux réserves doctrinales que les États-Unis émettent à l’égard de leur régime national. La Chine considère donc les Etats-Unis comme le principal obstacle à sa quête d’une prééminence mondiale, mais égaIement à l’affirmation de sa prédominance globale. Dans ces conditions, la collision entre la Chine et les Etats-Unis est-elle inévitable? […] Quelle forme concrète et acceptable du point de vue américain doit revêtir la montée de la Chine en tant que puissance régionale dominante et quelles limites doit-on fixer à ses aspirations au statut de puissance globale? […] En réalité, si la Chine s’oppose aux États-Unis, ce n’est pas tant à cause des actions de ces derniers qu’en raison de la position qu’ils occupent aujourd’hui. La Chine considère que les Etats-Unis exercent une hégémonie sur le monde et que leur présence même dans la région, qui repose sur la domination du Japon, contribue à restreindre l’influence chinoise […] Aussi, en raison de ce qu’ils sont et de leur simple présence, les Etats-Unis deviennent involontairement l’adversaire de la Chine au lieu d’être leur allié naturel. »

Néanmoins, tout semble indiquer que l’Europe ne constitue plus le meilleur choix géopolitique pour la Russie en pleine résurgence stratégique malgré une économie stagnante… et qui se rapproche d’une Chine devenue aussi incontournable qu’ambitieuse dans la zone Asie-Pacifique et détenant désormais le premier PIB mondial.

L’alliance stratégique en formation accélérée de ces deux puissances, sous la pression d’une « quasi guerre froide 2.0 » les opposant aux Etats-Unis, laissent présager un condominium ou hinterland eurasien tant appréhendé par Zbieg.


En outre, l’annexion de velours de la Crimée – opération menée avec brio « en-dessous du niveau de la guerre » (cf.colonel Michel Goya), le naufrage de l’Ukraine et la guerre en Syrie ont considérablement redoré le blason de la Russie, qui renforce de surcroît ses liens avec la Turquie, l’Iran et les pétromonarchies du Golfe arabe. Les visées territoriales de Pékin en Mer de Chine méridionale et le retrait des Etats-Unis du Traité Trans-Pacifique (également conçu pour un encerclement commercial du « Dragon Rouge ») offrent à la Chine d’immenses marges de manoeuvre pour consolider son influence et sa puissance dans l’espace asiatique.

Last but not least, les Etats-Unis ont sévèrement pâti des errements stratégiques des administrations W.Bush et Obama (Afghanistan, Irak, Libye, Ukraine, Syrie) et grandement entamé leur crédibilité sur la scène internationale.

Ce tableau général a certainement incité Zbieg à réviser ses fondamentaux : « l’ère de leur domination mondiale prenant fin, les Etats-Unis doivent prendre la main pour redéfinir l’architecture du pouvoir mondial. » | Vers un réalignement mondial (The American Interest)

Muni d’une grille de lecture américano-centrée et donc quelque peu hérétique pour l’observateur extérieur, le théoricien de 88 ans dresse ses cinq vérités essentielles :

 

  • Les Etats-Unis resteront une superpuissance tous azimuts mais compte tenu de la complexité des évolutions géopolitiques et des équilibres régionaux, ne sont plus  « une puissance impériale globale. »

  • La Russie vit la douloureuse phase finale de son empire post-soviétique mais, pour peu qu’elle fasse preuve de sagesse, deviendra probablement un état-nation européen de premier plan.

  • La Chine émerge en future rivale de l’Amérique, renforce lentement mais sûrement sa puissance technologique, militaire et navale, se garde de toute confrontation trop coûteuse et trop risquée avec l’Amérique, mais doit manoeuvrer finement sur sa scène intérieure afin de ne pas entraver son succès économique.

  • L’Europe ne comptera pas parmi les poids lourds de la scène internationale mais jouera un « rôle constructif » en faveur du bien-être commun, contre les menaces transnationales, au sein de l’OTAN, et dans la résolution de la crise Russie-Ukraine.

  • Le monde musulman demeure violemment tourmenté par un traumatisme post-colonial et mu par des motivations religieuses à la fois fédératrices et très clivantes, du fait notamment des schismes séculaires au sein de l’islam.

Qu’entend Zbieg par « architecture mondiale du pouvoir » ? Serait-ce plutôt une architecture trilatérale de sécurité supervisée par les Etats-Unis, la Russie et la Chine ? S’agit-il d’une future gestion conjointe des crises & risques sécuritaires dans le monde ?

 

Impliquera-t-elle une reconnaissance implicite des zones d’influence propres à chaque grande puissance assortie d’une entente mutuelle de non-ingérence ? Que deviennent l’OTAN, l’OCS et les Nations-Unies dans ces perspectives ?

« Considérées ensemble comme un cadre unifié, ces cinq vérités nous disent que les États-Unis doivent prendre la tête du réalignement de l’architecture mondiale du pouvoir afin que la violence qui éclate au cœur ou au-delà du monde musulman – et, éventuellement, dans le tiers-Monde – soit contenue sans détruire l’ordre global […] Les souvenirs politiques longtemps réprimés alimentent en grande partie l’éveil soudain et explosif provoqué par les extrémistes islamiques au Moyen-Orient. Mais ce qui se passe au Moyen-Orient aujourd’hui peut être le début d’un phénomène plus vaste à venir en Afrique, en Asie… »

Dans ce contexte impossible, les Etats-Unis, la Russie et la Chine (qui devra être plus audible et plus active face aux futures crises) feraient mieux s’accommoder de leurs zones d’influences respectives, de développer une solide coopération triangulaire, et d’entreprendre la même démarche avec des puissances régionales du monde arabo/musulman, et ce, afin d’élaborer un cadre élargi de stabilité internationale.

Zbieg insiste sur la nécessité d’extirper l’Arabie Saoudite du wahhabisme et propose d’inclure dans ce vaste programme « les alliés européens […] qui peuvent encore être très utiles à cet égard. »

Pour couronner cette drastique réinvention de ses classiques, il émet une mise en garde sur l’usage obsessionnel de la force, probablement à l’intention de ses cadets et de leurs homologues russes et chinois :

« L’alternative à une vision constructive, et spécialement la recherche d’une issue militaire et idéologique imposée unilatéralement ne peut que prolonger inanité et autodestruction. Pour l’Amérique, la conséquence peut être un conflit durable, de la lassitude et même possiblement un retrait démoralisant sur un isolationnisme pré-XXème siècle. Pour la Russie, cela pourrait signifier une défaite majeure, augmentant la probabilité d’une subordination, d’une manière ou d’une autre, à la prédominance chinoise. Pour la Chine, cela peut annoncer une guerre, non seulement avec les Etats-Unis mais aussi, peut-être séparément, avec le Japon ou l’Inde, ou les deux. Et, dans tous les cas, une phase longue de guerres ethniques, quasi religieuses, au travers de tout le Moyen-Orient avec un fanatisme auto-justifié qui engendrerait des effusions de sang dans et hors de la région, et une cruauté croissante partout. »

Henry Kissinger, autre gourou de la politique étrangère américaine et ancien secrétaire d’Etat (sous les administrations Richard Nixon et Gerald Ford), avait précédé Zbiegniew Brezinski dans « Do We Achieve World Order Through Chaos ? » (Der Spiegel) et remettait sérieusement en question la politique étrangère de l’administration Obama. Depuis peu, il conseille le président Trump en vue d’un rapprochement graduel avec la Russie et la Chine.

Quels regards portent les chancelleries européennes sur ces futurs conditionnels ? Qu’en sera-t-il du destin, de l’influence et des intérêts de l’Europe au cas où une architecture trilatérale de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine) prendrait forme ?

Zbiegniew Brzezinski : Toward a Global Realignment (The American Interest)

24 janvier 2017
En attendant la révolte des gueux
Panique générale chez les euro-atlantistes

 

Origine RT

Spécialiste des questions européennes, Pierre Lévy pointe ici la panique des élites mondialisées face à l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, et certaines analogies des deux côtés de l’Atlantique.

 

Effarés, affolés, traumatisés, bouleversés, tétanisés, livides… On peine à trouver un qualificatif qui rende compte de l’état d’esprit des dirigeants euro-atlantiques, et de la presse qui leur est fidèle, au moment où Donald Trump accède à la Maison Blanche.

 

Et que dire des quelques poignées d’« idiots utiles » (selon la formule jadis prêtée à Lénine) qui, à Berlin, Paris ou Londres, ont défilé notamment avec ce délicieux slogan : « ce n’est pas mon président »… Que dire, si ce n’est pointer une ligne de fracture fondamentale qui s’esquisse progressivement tout autant dans de nombreux pays européens qu’aux Etats-Unis, et dans bien d’autres contrées du monde : entre des couches moyennes plutôt aisées, urbaines, intellectuelles et aspirant à la mondialisation ; et une classe ouvrière qui subit mépris et atomisation depuis des décennies.

 

Entre les premiers qui pensent « valeurs », et les seconds «intérêt», voire survie sociale pure et simple. Entre d’un côté ceux qui se mobilisent « contre la haine » (!) ; de l’autre ceux qui se rassemblent pour l’emploi. Simplification outrancière ? Peut-être. Mais cette polarisation de classe qui émerge n’en est peut-être qu’à ses débuts. Et tant mieux si les seconds y regagnent cette dignité, cette existence et ce rôle collectifs qui leur ont été déniés par les chantres de la globalisation économique mais aussi idéologique.

 

Si Monsieur Trump passe de la parole aux actes, alors oui, ce sera bien la fin d’un monde, l’amorce d’un changement d’ère historique

 

Pour l’heure, écoutons ces derniers. « C’est la fin du monde », a lâché Manuel Valls (BFMTV, 16/01/17), qui n’évoquait pas les résultats de la primaire socialiste, mais la perspective d’une «alliance entre Trump et Poutine». « Donald Trump [est] décidé à détruire le projet européen », s’épouvante l’éditorial de Libération (18/01/17). Et Le Monde (19/01/07) sonne le tocsin : « le président des Etats-Unis s’est lancé dans une opération délibérée de déstabilisation de l’Allemagne (…) c’est toute l’Europe qui est attaquée ».

 

L’UE est confrontée à l’un des « plus grands défis de ces dernières décennies » alerte pour sa part Angela Merkel. Le Commissaire européen Pierre Moscovici s’étrangle : « on a une administration américaine qui souhaite le démantèlement de l’Union européenne, ce n’est pas possible ! ». Quant au Secrétaire d’Etat américain sur le départ, il a exhorté le gratin des élites mondialisées réuni à Davos à se « rappeler pourquoi nous avons fait ce voyage de 70 ans ensemble ». John Kerry semble ainsi évoquer l’axe euro-atlantique… au passé.

 

Cette panique générale – qu’on ne peut s’empêcher de savourer – est compréhensible. Car, dans un entretien publié quelques jours avant sa prise de fonction, Donald Trump a confirmé les éléments qui faisaient déjà trembler tant Bruxelles que l’« establishment » de Washington lors de sa campagne électorale. Or, comme l’a fait remarquer Monsieur Valls, décidément inspiré, « on a oublié qu’un populiste peut vouloir mettre en œuvre son programme ».

 

Sera-ce le cas avec le nouvel hôte de la Maison Blanche ? Pour l’heure, la prudence doit rester de mise. Mais si Monsieur Trump passe, ne serait-ce que partiellement, de la parole aux actes, alors oui, ce sera bien la fin d’un monde, l’amorce d’un changement d’ère historique.

 

Car qu’a dit le milliardaire dans l’entretien publié par les quotidien allemand Bild et anglais The Times ? Que le Royaume-Uni a été «intelligent» de quitter l’UE ; que cette dernière n’était que le « véhicule de la puissance allemande » ; qu’il comptait bien que d’autres Etats imitent le Brexit ; qu’il se réjouissait de préparer un accord commercial séparé avec Londres ; que le libre-échange mondial (donc notamment le TTIP) était désormais caduc ; que l’industrie automobile allemande pourrait bien se voir imposer d’importants droits de douane si cela encourage l’emploi aux Etats-Unis ; et que la chancelière avait commis une «erreur catastrophique» avec sa politique de portes ouvertes aux réfugiés.

 

Les citoyens seraient enthousiastes pour plébisciter une Union européenne de plus en plus populaire et légitime

 

Pire – ou mieux : le nouveau président américain a confirmé qu’il jugeait l’OTAN « obsolète » ; qu’un grand accord avec Moscou visant au désarmement nucléaire « serait dans l’intérêt de beaucoup de gens » ; et que, conséquemment, les sanctions contre la Russie pourraient bien être remises en cause. Mobilisant tout son sens de la litote, le Secrétaire général de l’Alliance atlantique s’est dit « préoccupé ». Le Monde enrageait déjà fin décembre (22/12/16) : Monsieur Trump « veut être l’homme du renouveau industriel américain, pas le shérif d’un ordre démocratique occidental à maintenir et propager ». Impardonnable ! A Davos, Joseph Biden, encore vice-président américain pour deux jours, a lancé un appel désespéré pour « sauver l’ordre libéral international »…

 

Seize anciens chefs d’Etat ou de gouvernement et de ministres – essentiellement issus des pays d’Europe du Nord-est – avaient, peu avant, alerté contre le péril majeur d’un réchauffement des relations avec la Russie : « la confiance et l’amitié seraient une grave erreur », écrivaient-ils sans ciller.

 

Faut-il dès lors s’étonner de l’hystérie croissante contre la Russie ? Moscou est pêle-mêle accusé de promouvoir (avec un succès grandissant) ses médias publics à destination de l’Occident, d’envahir les réseaux sociaux par de fausses nouvelles, et de pirater les ordinateurs des institutions occidentales. Selon la CIA, la NSA, et le FBI – et Dieu sait que ces nobles échoppes ne peuvent dire que la vérité – Vladimir Poutine aurait ainsi influencé l’élection américaine en faveur de son favori et bien sûr sablé le champagne. Retransmis par Arte (06/01/13), le grand chef (sortant) du renseignement, James Clapper, a ainsi déclaré : « les Russes ont une longue expérience de l’ingérence électorale, qu’il s’agisse de leurs propres scrutins ou de ceux des autres ».

 

Humour involontaire ?

 

Et déjà, l’hôte du Kremlin se préparerait à prendre en main les électeurs néerlandais, français, puis allemands, qui se rendront aux urnes en 2017, pour que les uns et les autres choisissent des formations anti-UE (ou réputées telles).

 

Car, évidemment, sans ces sombres manœuvres, les citoyens seraient enthousiastes pour plébisciter une Union européenne de plus en plus populaire et légitime.

 

Encore une coupe, Vladimir Vladimirovitch ?

 

Spécialiste des questions européennes, Pierre Lévy dirige la rédaction du mensuel Ruptures. Précédemment, il a été journaliste au sein du quotidien L’Humanité, ingénieur et syndicaliste. Il est l’auteur de deux essais et un roman.

Daily Mail : un rapport secret de la CIA datant de 1983 dit que l’Amérique a encouragé Saddam Hussein à attaquer la Syrie pour mettre la main sur l’oléoduc Med et Golfe 

 

24 Janvier 2017

http://www.dailymail.co.uk/news/article-4140190/America-urged-Saddam-attack-Assad-Syria.html

 

Le journal britannique The Daily Mail diffuse un rapport secret concernant la manière dont la guerre contre la Syrie vient de loin sur la base des intérêts américains. Le plan de 1983 met déjà en place les principaux acteurs et leur réserve un rôle qui à peu de choses près est celui qui a été adopté. La CIA vient de déclassifier des millions de pages et chacun puise à la source au petit bonheur la chance. L’article montre aussi la manière dont Saddam Hussein a été manipulé. Jorge Risquet m’avait raconté comment Fidel Castro l’avait envoyé prévenir Saddam Hussein que les Américains lui faisaient jouer leurs intérêts contre l’Iran et contre d’autres pays de la région. Fidel Castro l’avait prévenu de même de ne pas s’engager au Koweit alors qu’il avait reçu l’accord de fait de l’ambassadrice américaine. Il m’avait dit que Saddam était un homme très intelligent mais moins qu’il le croyait et surtout qui ne se méfiait pas assez des Etats-Unis

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach)


  • L’Amérique a exhorté Saddam Hussein à attaquer Hafez al-Assad a déclaré un rapport de la CIA de 1983

  • l’Ex-fonctionnaire de la CIA Graham Fuller a dit que les Etats-Unis devraient « pousser l’Irak à déclarer la guerre à la Syrie »

  • En effet, Assad avait fermé le pipeline de pétrole de l’Irak et avait donc un «droit de passage» sur les intérêts américains dans le Liban et dans le Golfe 

Par Thomas Burrows pour MailOnline

 

PUBLIÉ: 12h35 GMT, le 20 janvier 2017

 

L’Amérique a exhorté Saddam Hussein à attaquer Hafez al-Assad en Syrie en raison de la fermeture de l’oléoduc de l’Irak, selon ce que la publication d’un rapport de renseignements secrets 1983 a révélé.

 

Un rapport, de l’ancien haut fonctionnaire de la CIA Graham Fuller, avait déclaré que les États-Unis devraient «exhorter l’Irak à faire la guerre à la Syrie», en notant que Saddam était en «lutte pour sa vie» dans la campagne Iran-Irak.

 

Grâce à la fermeture de l’oléoduc, M. Fuller dit la Syrie avait un ‘hammerlock’ sur les intérêts américains dans le Liban et dans le Golfe.

 

L'Amérique a exhorté Saddam Hussein à attaquer la Syrie de Hafez al-Assad en raison de la fermeture de l'oléoduc de l'Irak, un rapport a révélé L'Amérique a exhorté Saddam Hussein à attaquer la Syrie de Hafez al-Assad en raison de la fermeture de l'oléoduc de l'Irak, un rapport a révélé

 

L’Amérique a exhorté Saddam Hussein à attaquer la Syrie de Hafez al-Assad en raison de la fermeture de l’oléoduc de l’Irak, selon la publication d’un rapport.

 

quand ce fut fait, il a dit que les États-Unis devraient mener une escalade en accentuant fortement les pressions contre Assad » de la part des trois États frontaliers hostiles à la Syrie – l’Irak, Israël et la Turquie.

Face à «trois fronts belligérants», Assad serait probablement contraint d’abandonner sa fermeture de l’oléoduc, dit le rapport .

Il espérait qu’il pourrait convaincre l’Irak à coopérer vu que la fermeture de l’oléoduc avait mis le pays  «à genoux financièrement», poussant vers l’internationalisation dangereuse de la guerre du Golfe.

 

Il a noté que l’Irak pourrait ne pas «souhaiter facilement entrer dans une autre campagne, mais affirme que la Syrie se battait déjà dans une guerre au Liban et pouvait« se permettre d’élargir «son conflit.

 

Il a également déclaré que la Syrie avait du mal à garder son  contrôle sur une population qui détestait le régime Assad.

 

Il a poursuivi en disant que l’Irak avait assez de puissance aérienne militaire à consacrer et qu’il pourrait aller jusqu’à mettre la moitié de sa force aérienne contre la Syrie.

 

En exigeant la réouverture du pipeline, l’Irak aurait le soutien de «pratiquement tous les Etats arabes, à l’exception de la Libye»,  dit le rapport.

Un rapport, par l'ancien haut fonctionnaire de la CIA Graham Fuller, a déclaré aux États-Unis devrait considérer comme «exhortant l'Irak à prendre la guerre à la Syrie», notant que Saddam était «lutte pour sa vie» dans la campagne Iran-Irak

 

Un rapport, de l’ancien haut fonctionnaire de la CIA Graham Fuller, a déclaré que les États-Unis devraient  « exhorter l’Irak à faire la guerre à la Syrie », notant que Saddam était «lutte pour sa vie» dans la campagne Iran-Irak

 

Le rapport a ajouté que si les États-Unis voulaient « freiner la  Syrie », il faudrait le faire en montrant des «muscles réels» et a souligné la nécessité de trouver un «coup » contre  le prestige de la Syrie.

 

Par ailleurs, le rapport indique qu’Israël doit « être favorable à la chance qui lui serait offerte d’humilier Assad en augmentant les tensions entre le Liban et le front de la Syrie sans lui-même aller à la guerre ». Il a dit qu’Assad était maintenant le plus grand problème d’Israël, pas l’Irak.

 

Enfin, il a déclaré que la Turquie, irritée par le soutien syrien au terrorisme arménien, aux Kurdes irakiens et aux terroristes turcs opérant à partir du nord de la Syrie, avait souvent envisagé de lancer des opérations militaires unilatérales contre les camps terroristes dans le nord de la Syrie.

 

Il dit que l’utilisation des trois états était essentielle pour créer un changement et forcer Assad à reculer.

 

Il espérait qu'il pourrait convaincre Saddam (photo en 1983) à coopérer que la fermeture de l'oléoduc avait amené le pays «à genoux financiers ' 

Il espérait qu’il pourrait convaincre Saddam (photo de 1983) de coopérer parce que la fermeture de l’oléoduc avait amené le pays « à genoux financièrement ».
 

Obtenir l’intervention de l’Irak, a-t-il  dit, était l’aspect le plus difficile du plan.

 

Pour ce faire, il faut envisager une « réorientation de la politique américaine envers l’Irak » et elle pourrait inclure une  participation plus active des États-Unis dans la fourniture de pièces de haute technologie pour les efforts de modernisation de l’Irak.

 

Il a conclu en disant que les Etats-Unis pourraient avoir besoin de donner plus de soutien à l’Irak dans la guerre contre l’Iran.

 

La guerre Iran-Irak a commencé le 22 Septembre 1980 et a duré huit ans.

 

Saddam avait envahi à cause d’un différend territorial sur le Chatt al-Arab, la voie d’eau qui formait la frontière entre les deux pays.

Il se sentait aussi menacé par la révolution islamique qui avait amené l’ayatollah Khomeini au pouvoir en Iran l’année précédente.

Mais ils considéraient Saddam comme un tyran brutal et il sous-estimé leur dévouement à leur nouveau chef.

 

La guerre a finalement pris fin avec un cessez-le-feu sous l’égide de l’ONU qui a été accepté par les deux parties.

 

Saddam Hussein : rencontre avec des conseillers militaires en 1980

De la manipulation des femmes et de tous les communautarismes : les bonnes œuvres de Soros ?

 

24 Janvier 2017

Toutes les femmes en particulier celles qui ont connu le temps de l’avortement interdit ne peuvent que s’inquiéter quand on voit Trump signer la fin de l’aide financière à diverses organisations de défense de l’avortement dans le monde. Et l’on doit s’opposer à cette régression. L’accès au pouvoir de Trump, la montée en force des conservatismes se traduit non seulement par de la xénophobie mais aussi par une remise en cause du droit des femmes déjà fragilisées sur le plan économique.

 

Il n’en demeure pas moins que si l’on en croit la journaliste Asra Nomani, qui a publié sa dénonciation dans le New York Times, la marche des femmes du lendemain de l’investiture a été financée par Georges Soros, celui-ci, dit-elle  » a financé, ou a entretenu d’étroites relations avec au moins 56 « partenaires » de la marche. Il s’agit, entre autres, de Planned Parenthood et du Conseil national de défense des ressources, structures connues pour leur opposition intransigeante envers le nouveau président des États-Unis Donald Trump, ou de MoveOn.org, organisation « farouchement pro-Clinton », et de National Action Network, salué par l’ex-locataire de la Maison Blanche Barack Obama. D’autres « stipendiaires » de M. Soros parmi les « partenaires » de la marche sont l’Union américaine des libertés civiles, le Centre pour les droits constitutionnels, Amnesty International et Human Rights Watch (HRW). »

 

http://nytlive.nytimes.com/womenintheworld/2017/01/20/billionaire-george-soros-has-ties-to-more-than-50-partners-of-the-womens-march-on-washington/

 

Quand on connait le rôle de Soros dans les révolutions de couleur qui en général ont mis en place de fait des gouvernements ultra-conservateurs soutenus par des forces d’extrême-droite peu favorables aux droits des femmes dont l’exemple type est l’Ukraine, on peut imaginer que de fait il y a simple manipulation des femmes comme les révolutions de couleur, le maïdan ont manipulé les exigences démocratiques de la jeunesse. C’est ce qui a amené le président Poutine a déclarer qu’ils se sont fait la main à Kiev et que maintenant ils installent un maïdan à Washington.

 

Par parenthèse, je signale aux antisémites de tous poils qui, au nom de Georges Soros se mettent à ricaner et à agiter le complot juif à la manière d’un Dieudonné, que tous les protagonistes de cette division en matière géopolitique sont juifs. Il y a non seulement Soros, Henry Kissinger, mais le gendre de Trump et sa fille convertie au judaïsme orthodoxe, et également dans le camp opposé des gens comme Bernie Sanders, Chomsky et Judith Butler. Tous ces gens sont en total désaccord sur la politique à l’égard d’Israël mais également sur l’offensive impérialiste qu’il s’agisse de celle de Kissinger ou de Soros.

 

Nous avons intérêt sur toutes ces questions à retourner aux fondamentaux: la dimension de classe pour mesurer à quel point la classe capitaliste de plus en plus réduite est divisée sur la stratégie à appliquer pour maintenir son exploitation dans des conditions d’inégalité de plus en plus criantes. Malheureusement, les exploités le sont aussi et à ce titre ils sont encore soumis à toutes les manipulations.

 

Avant de savoir ce qu’il en était de l’influence de Soros sur la marche des femmes, je m’étais étonnée de la manière dont le Nouvel observateur invitait les femmes en France à se joindre à cette marche et j’avais écrit un article non publié que voici.

 

Titre du Nouvel Observateur: face à Trump, l’Europe fait bloc ou elle n’existe plus

 

Je réponds: Quel Trump ? celui qui est un vieux réac détestant les noirs, les homosexuels, un goujat avec les femmes, je m’excuse mais que les Américains se débrouillent avec leur vieux réac. En disant cela  je ne mets pas en cause le citoyen américain à qui a été offerte cette invraisemblable alternative entre une femme belliciste, corrompue et un milliardaire grossier, brutal et quasi facho… Je le mets d’autant moins en cause que nous  en sommes comme eux à l’absence de choix. Nos deux derniers présidents ont beaucoup oeuvré dans ce sens, la Constitution de De Gaulle, le poids du bi-partisme européen, et surtout la manière dont à partir de Mitterrand, le PS comme la social-démocratie européenne autant sinon plus que la droite, nous a peu à peu forcés à nous identifier à l’Amérique. Ce beau monde et sa presse  continue et ce cri du Nouvel Observateur en est la meilleure preuve: « soyez américain et partagez leur déconvenue ».

 

Oui mais quel Trump le Nouvel Observateur nous invite-t-il à conspuer? Cet hebdomadaire comme ses pareils utilise les femmes pour dénoncer le Trump qui considère  l’OTAN comme un gouffre financier inutile et dangereux. Les intérêts entre l’UE et l’Amérique sont d’abord ceux qui imbriquent totalement ceux des marchands d’armes et notre presse française est dominée par ces marchands d’armes. C’est donc ce Trump-là  qui est visé, est-ce qu’on lui prépare un maïdan, est-ce qu’on veut le mettre au pas?  Et pour cela on utilise la revendication féministe. Pas n’importe laquelle, celle qui a totalement oublié les bases sur lesquelles on construisait l’égalité. Un féminisme qui ne s’intéresse plus à la paix, quisemble avoir retrouvé la vieille définition bourgeoise, la femme comme personne du sexe…  Le Nouvel Observateur, comme ses pareils se fiche des femmes, en revanche il tient à l’atlantisme, s’en nourrit et nous en nourrit.

 

Mais s’il s’agit de dénoncer l’OTAN, ce gros réactionnaire, homophobe, raciste et misogyne élu président par les Américains  a parfaitement raison, comme il a raison de penser que les peuples ne veulent plus de l’UE

 

L’utilisation du féminisme par une presse qui soutient les marchands d’armes et un atlantisme pas très regardant sur les valeurs dont elle se pare volontiers, définit le monde, nous informe sur la répression des femmes celle des homosexuels en fonction non de la réalité mais de ceux dont elle veut faire des adversaires. L’Arabie saoudite, l’Inde sont ignorées mais on invente la répression en Russie. Ils nous parlent féminisme comme d’un gadget, ils lancent des campagnes sur un vote de la Douma complètement tronqué, tout est bon pour utiliser les femmes comme argument de guerre…  pour nous inciter à la guerre contre la Russie que veulent leurs maîtres les marchands d’armes et ce qu’ils dénoncent en Trump c’est la possibilité d’une détente dont ils ne veulent surtout pas. Malheureusement il se trouve à gauche, à l’extrême-gauche et même chez les communistes des gens à la cervelle si légère, des mondaines qui suivent de tels mots d’ordre…

 

http://www.pcfbassin.fr/37-politique-internationalea/russie/32808-a-propos-de-la-question-des-femmes-russes-que-la-douma-autoriserait-a-battre-en-famille

 

SVP ne confondez pas tout et n’utilisez pas les femmes pour nous fourguer votre bellicisme et votre modèle européen basé sur le mépris des petits et le tout pour les gros… Voilà la raison pour laquelle je n’irai pas manifester avec certains groupes féministes en France, je veux savoir dans quelle croisade on me mobilise ! 

 

Quand une presse comme celle du Nouvel Observateur et d’autres qui sont en train de m’imposer leur créature en la personne de Macron, celui qui pourrait peut-être sauver selon eux une Europe alignée sur l’atlantisme et le grand capital, une Europe libéré de toutes les entraves du droit des travailleurs, de la défense du service public… On est en train de nous vendre une « jeunesse » de pacotille, ni à droite ni à gauche, un féminisme de pacotille qui joue les bons sentiments, une égalité de façade tandis que l’on sape toutes les bases sur laquelle peut se fonder l’égalité réelle… L’égalité homme-femme, notre génération et celle qui nous a précédé ont beaucoup fait pour la faire avancer et ce que nous avons acquis peut être remis en cause très rapidement, il l’est déjà.

 

Prenons un exemple, le service public comme le disait Bourdieu est une grande question féministe. Tant qu’il n’y a pas eu de droit à la santé, de service hospitalier digne de ce nom, ce sont les femmes qui assuraient les soins et comme cela se passe encore dans certains pays du tiers monde, elles mouraient les premières dans les épidémies, leur longévité est relativement récente…

 

L’égalité des salaires qui est loin d’être acquise a connu une amélioration grâce au service public… Avec la crise de l’école, le nombre de jeunes qui perdent pied et se retrouvent face aux tentations de la rue est une autre préoccupation féminine qui aujourd’hui torture le cœur de milliers de mères, comme la crise de l’école se décline aussi au féminin dans son personnel… Alors quand vous nous vendez un candidat qui poursuit la politique du démantèlement du service public, vous vous moquez plus fondamentalement encore des conditions de l’égalité que l’abruti qui les méprise et les divise en candidates potentielles ou non au titre de miss univers… Autre chose, le combat pour la paix a toujours.été celui des femmes, pourquoi cherchez vous à en faire des prétextes à la guerre? 


Parce que si Trump est là c’est parce la presse type le Nouvel obs, ici aux États-Unis, celle qui est en train de nous fourguer Macron et qui voulait infliger Clinton aux USA est ce qu’elle est… Alors arrêtez de nous prendre pour des imbéciles, arrêtez d’utiliser le féminisme dans de si piètres combats.


Danielle Bleitrach

Sanders se réjouit que l’accord Trans-Pacifique soit mort et enterré, quelle stratégie face à la division du capital américain?

 

24 Janvier 2017

Le candidat présidentiel démocratique sénateur Bernie Sanders, I-Vt., pose pour un portrait avant une entrevue, mercredi 20 mai 2015, à Washington.

Le sénateur Bernie Sanders (D-VT) s’est félicité que le président Donald Trump abolisse le Partenariat Trans-Pacifique, une question qui était au cœur de leurs deux campagnes présidentielles. Le sénateur du Vermont a également envisagé de travailler avec Trump s’il applique sa politique commerciale en faveur des travailleurs et s’il commence à rapatrier ses propres entreprises et payer un salaire décent à ses propres travailleurs. Nous avions déjà vu qu’il approuvait le projet de négociation et de mise en concurrence des trusts pharmaceutiques avancé par Trump. Sanders semble appliquer la proposition de Chomsky, unir les travailleurs qui votent Trump par colère devant les choix des démocrates en faveur du capital et les jeunes diplômés qui le suivent. Un pari qui en effet est peut-être la clé de l’avenir et qui suppose une révision complète de que Judith Butler appelle « un populisme de gauche » mais en rechercher la base dans le communautarisme en négligeant le problème de la paix condamnera à reproduire la faillite des démocrates et du PS chez nous

 

(note de Danielle Bleitrach).


Les délégués montrent leur opposition à l'accord Parternership Trans-Pacifique (TPP) lors de la Journée 1 de la Convention nationale démocratique au Wells Fargo Center à Philadelphie, en Pennsylvanie, le 25 Juillet, ici 2016.
© AFP 2016 / NICHOLAS KAMM

Sanders se réjouit que l’accord est « mort et enterré. » L’accord commercial qui unissait 12 pays Asie-Pacifique et qui était la pièce centrale du « pivot » d’Obama, visant surtout à isoler la Chine a pris fin ce lundi 23 janvier, après que  Trump ait signé un décret pour mettre fin à l’implication américaine dans l’affaire. Au lieu de cela, Trump a dit qu’il mettait en place  des accords commerciaux bilatéraux.

 

http://www.sanders.senate.gov/newsroom/press-releases/sanders-statement-on-trans-pacific-partnership

 

BURLINGTON, Vt, 23 janvier – Le sénateur américain Bernie Sanders (. I-Vt) a publié la déclaration suivante lundi après que depuis la Maison Blanche  le président Donald Trump  ait déclaré qu’il retirait se retirerait les États-Unis du Partenariat Trans-Pacifique:

 

« Je suis heureux que le Partenariat Trans-Pacifique soit mort et enterré. Pour les 30 dernières années, nous avons eu une série d’accords commerciaux – y compris l’Accord de libre-échange nord-américain, les relations commerciales normales permanentes avec la Chine et d’autres – qui nous ont coûté des millions d’emplois bien rémunérés et provoqué une « course vers le bas » qui a fait baisser les salaires pour les travailleurs américains. Si le président Trump est sérieusement opposé à la sous-traitance, il peut ouvrir la voie en fermant ses propres sweatshops au Bangladesh, en Chine et au Mexique et payer  les travailleurs aux États-Unis un salaire décent. Ensuite, le Congrès et le président peuvent travailler ensemble pour élaborer une nouvelle politique commerciale qui aide les familles de travailleurs, non seulement les sociétés multi-nationales »

 

Donald Trump tout au long de sa campagne a été très clair sur ses intentions en termes de politique commerciale au premier jour de son mandat, sans pour autant détailler ses propositions: « J’annoncerai mon intention de renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain avec le Mexique et le Canada (Aléna) » ainsi que « notre retrait du partenariat transpacifique (TPP) », négocié pendant une décennie par Washington avec onze pays de la région Asie-Pacifique, soutenu par Barack Obama mais jamais approuvé par le Congrès. Ce qu’il faut effectivement comprendre, c’est que Barack Obama en minorité devant le Congrès a pris un certain nombre de dispositions par décret, sans l’accord du Congrès, ce sont ces dispositions que Trump a choisi de rayer d’un trait de plume, le jour de son arrivée. En revanche, il en est d’autres pour lesquelles il a besoin du vote du Congrès et même si celui-ci est à majorité républicaine, il risque de se heurter à une coalition d’intérêts entre démocrates et républicains. Alors que Sanders a toujours dénoncé le poids des intérêts sur la politique d’Obama. Les traités signés par Obama dont les dispositions demeuraient plus ou moins secrètes (révélées par Wikileak) si elles sont considérées par Trump – et Sanders- comme créant pour le travailleur des conditions de mise en concurrence insupportable avaient également des préoccupations directement politiques.

 

« Le moment est venu d’élaborer une nouvelle politique commerciale qui aide les familles de travailleurs, et pas  seulement les sociétés multinationales », a déclaré Sanders dans un communiqué. « Si le président Trump est sérieux au sujet d’une nouvelle politique pour aider les travailleurs américains alors je serais très heureux de travailler avec lui. » cité par RT en anglais.

 

Le président Barack Obama avait lancé un accord commercial, secret, qui avait été dévoilé par WikiLeaks, et il avait fait de cet accord une priorité au cours de son second mandat.

 

« Au cours des 30 dernières années, nous avons eu une série d’accords commerciaux… qui nous ont coûté des millions d’emplois bien rémunérés et provoqué une « course vers le bas » qui a fait baisser les salaires pour les travailleurs américains », a déclaré Sanders.

 

Au cours de la Convention nationale démocratique, des milliers de partisans de Sanders tenait des pancartes disant non au TPP, une position que l’équipe de Clinton a refusé d’inclure sur la plate-forme du Parti démocrate

 

Il est très difficile, vu ce que nous racontent nos médias de comprendre la profonde division que connaît aujourd’hui l’élite politique aux Etats-Unis et ce que signifie réellement l’élection de Trump.

 

Le pays le plus riche du monde a 50 millions de personnes qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Des années de politique qui enrichissent toujours plus les riches et appauvrissent les pauvres. Si on ne peut rien attendre de Trump qui est un milliardaire entouré de milliardaires bigots de surcroît, et qui délocalise ses propres entreprises, la candidate Hillary Clinton est-elle même une milliardaire entourée de milliardaires bellicistes comme Goerges Soros. La seule différence entre eux c’est que d’un point de vie idéologique, Trump met en cause la politique impérialiste parce qu’elle coûte trop cher et il faut réserver cela au développement intérieur. Il pense même que pour maintenir une telle politique impérialiste et ses effets – nous faire détester de partout – il faut mentir au citoyen et donc cela met en cause la démocratie aux Etats-Unis même. D’où ses « vertueuses » et homériques colères contre la presse.

 

Voici l’illistration de l’idéologie du courant dont se revendique Trump

 

http://www.pcfbassin.fr/9-politique-internationalea/etats-unis/32847-comment-promouvoir-la-democratie-sans-nuire-aux-interets-americains

 

Je crois que nous pouvons comprendre ce qui se passe aux Etats-Unis si nous mesurons à quel point notre gauche PS, atlantiste a complètement adhéré à la politique d’Obama et d’Hillary Clinton, à sa vision impérialiste et dans quel état elle laisse les forces progressistes en France. Cette gauche là ne nous permet certainement pas de comprendre les enjeux mondiaux. Elle caricature la politique sous des prétextes démocratiques et humanitaires. Pire, comme Soros lui-même elle manipule les légitimes revendications des femmes contre le conservatisme et la misogynie, mais c’est pour dévoyer cette protestation et pour inventer un monde qui cherche la guerre, un monde de plus en plus en rupture avec celui du travail qui voit sa condition se dégrader.

 

Il n’y a rien à attendre de « l’élite » des Etats-Unis et ce qui paraît le plus juste est premièrement de tenter de réunir le monde du travail que cette politique démocrate a profondément divisé et surtout de favoriser l’émergence d’un véritable mouvement de la paix, parce que cette « division » de la classe dominante est très dangereuse et peut nous conduire à n’importe quelle aventure.

 

Barack Obama n’a pas été le président pacifiste que décrit la presse française 

 

24 Janvier 2017 
Barack Obama n’a pas été le président pacifiste que décrit la presse française

A l’heure de l’investiture de Donald Trump, la grande presse présente cette passation de pouvoir comme un tremblement de terre dans les relations internationales. À en croire les principaux médias français, une ère de paix et d’harmonie se referme pour s’ouvrir sur une phase de tensions et de conflits. Pourtant, que l’on juge le mandat d’Obama sur le nombre de bombes larguées (50,000 rien qu’en 2015 et en 2016), sur le nombre de pays bombardés (7), sur la quantité d’armes vendues (278 milliards de dollars), sur le nombre de pays dans lesquels sont stationnées des troupes américaines (138) ce n’est pas l’adjectif « pacifique » qui vient spontanément à l’esprit pour qualifier le mandat d’Obama…

 

Barack Obama a été élu sur des promesses, sinon pacifistes, du moins indéniablement pacifiques. Pourfendeur de la guerre d’Irak, qu’il qualifiait de « guerre imbécile, guerre irréfléchie », il promettait d’être le « Président de la paix ». Critique de la stratégie belliqueuse de George W. Bush, il s’était engagé à retirer les soldats américains d’Irak et d’Afghanistan. C’était, il faut le dire, une perspective largement partagée par l’establishment américain.

 

Barack Obama, élu sur une critique de la « grande stratégie impériale »

 

La politique de George W. Bush, si lucrative fût-elle durant quelques années pour le complexe militaro-industriel et les multinationales, menaçait la stabilité de leurs profits sur le long terme. La stratégie agressive et expansionniste du Président américain, ouvertement hostile au droit international, ne pouvait fonctionner que sur le court terme. Dans Foreign Affairs, magazine édité par le Département d’Etat Américain, plusieurs hauts responsables se sont élevés contre la « grande stratégie impériale » de George W. Bush ; non que l’impérialisme fût une mauvaise chose, mais une stratégie ouvertement impériale menaçait la stabilité de l’hégémonie américaine.

 

Pour finir, la grande stratégie néoimpériale pose un problème plus large pour le maintien d’un pouvoir américain unipolaire (…) rendant plus difficile la défense des intérêts américains ».

 

Il faut dire que la propagande bushiste était grossière. Plus les années passaient, et plus il devenait difficile d’adhérer à la fable de la guerre destinée à « libérer le peuple irakien » de son tyran et le monde des « armes de destruction massive ». Tandis que les multinationales s’implantaient en Irak sur les cadavres de centaines de milliers de victimes civiles, George W. Bush justifiait les pertes humaines au nom des « droits de l’homme » tout en affichant son amitié avec le prince Bandar al-Saoud, héritier du royaume d’Arabie Saoudite. Grosses ficelles ; l’illégitimité des guerres américaines était criante, leur caractère impérial flagrant.

Bandar Al Saud - BushGeorge W. Bush et Bandar Al-Saoud, prince héritier du royaume d’Arabie Saoudite que le Président américain surnommait affectueusement « Bandar Bush ». La proximité affichée entre ces deux hommes a choqué l’opinion, à l’heure où le président américain invoquait les Droits de l’Homme pour intervenir en Irak.

 

Conséquence: les Etats-Unis atteignaient des records d’impopularité dans le monde entier. En Amérique latine par exemple, plus de 90% de la population désapprouvait l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis. Il est indéniable que l’arrogance du pouvoir américain a donné un coup de fouet aux mouvements anti-impérialistes latino-américains ; comme le remarquait avec une pointe d’humour le président d’Equateur Rafael Correa, cette politique ouvertement impérialiste a favorisé l’émergence d’un nombre considérables de gouvernements de gauche, hostiles pour la plupart aux Etats-Unis.

Hugo Chavez - ONU

 

Hugo Chavez à l’ONU en 2006. Le Président vénézuélien y dénonçait les guerres « génocidaires » menées par George W. Bush. Les mouvements anti-impérialistes latino-américains dont le Venezuela était le chef de file ont considérablement bénéficié de l’arrogance du pouvoir américain. Quelques années plus tard, les gouvernements socialisants d’Evo Morales en Bolivie, de Rafael Correa en Equateur et de Daniel Ortega au Nicaragua rejoignaient l’ALBA, alliance cubano-vénézuélienne destinée à libérer l’Amérique latine du joug des Etats-Unis.

 

La politique de cow-boy menée par Bush et son entourage menaçait à terme les intérêts de l’Empire américain. Le candidat Obama, lui, était présentable, intelligent, critique de la grossière stratégie de George W. Bush… sans pour autant remettre en cause le principe de l’interventionnisme américain.

 

Changement de politique ou changement de stratégie ?

 

Les réflexes néoconservateurs n’ont pas disparu. L’expédition libyenne menée par les forces de l’OTAN avec la participation américaine, qui a grossièrement violé la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU, en est la preuve. De même, Barack Obama n’a pas abandonné la stratégie brutale de la « guerre contre le terrorisme » initiée par George Bush, consistant à bombarder hors de tout cadre légal des zones considérées comme « terroristes », souvent sans s’interroger sur les conséquences dramatiques pour les civils. Les bombardements de drones ont même été multipliés par neuf sous Barack Obama par rapport à la présidence Bush. Un réel changement est néanmoins à noter. Barack Obama, qui a retenu les leçons des interventions afghane et irakienne, a tout fait pour éviter d’embourber l’armée américaine dans un autre conflit au Moyen-Orient. Contrairement à la volonté des néoconservateurs américains, il n’est pas intervenu en Syrie pour renverser le régime de Bachar al-Assad. Il n’a pas réitéré les erreurs grotesques de la « grande stratégie impériale » de George W. Bush. Plutôt que l’intervention ouverte, la voie des financements et des livraisons d’armes a été choisie. En collaboration avec le Qatar, l’Arabie Saoudite et la Turquie, les Etats-Unis ont livré des armes aux rebelles syriens.

 

 

Barack Obama et le prince Bandar al-Saoud. Si les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite ont été plus tendues que sous le mandat de George W. Bush, le Pentagone s’est avéré être un bien meilleur fournisseur d’armes sous celui de Barack Obama.

 

Il est impossible à l’heure actuelle de connaître le montant de ces financements, l’ampleur de ces livraisons d’armes, l’influence qu’elles ont eues sur le terrain et les raisons qui les ont motivées. Quoi qu’il en soit, il est indéniable que Barack Obama, en rejetant par exemple la possibilité d’imposer un embargo sur les armes en Syrie, a contribué à la radicalisation de la guerre civile syrienne et à l’émergence d’une Internationale Djihadiste dont l’Etat Islamique n’est que la pointe avancée. Les 115 milliards de dollars d’armes vendus à l’Arabie Saoudite par l’administration Obama n’ont pas non plus contribué à pacifier la région…

 

Discours pacifiques, économie de guerre

 

Il est difficile de trouver une cohérence à la « doctrine Obama ». Contrairement à George W. Bush qui avait une vision clairement impériale des relations internationales, Barack Obama a semblé tâtonner et naviguer au gré des intérêts, des circonstances et de la santé de l’économie américaine. La « grande stratégie impériale » messianique a fait place à la gestion du système économique américain. Or, celui-ci est structurellement impérialiste. La conduite de la politique étrangère américaine est intimement liée aux multinationales qui produisent des armes (General Dynamics, Lockheed Martin ou Raytheon), au contrôle des ressources naturelles, et au système financier américain, dont les représentants contrôlent les conseils d’administration des multinationales. Ce « complexe militaro-industriel » ne saurait exister s’il n’écoule pas régulièrement sa production ; en d’autres termes, le complexe militaro-industriel (et l’économie américaine, qui lui est liée) réalise de hauts profits seulement s’il parvient à vendre massivement des armes. Il faut dire que sur ce point précis, Barack Obama a été un bien meilleur client que George W. Bush.


Pendant les huit années de présidence de Barack Obama, la quantité d’armes vendue par le gouvernement américain a doublé par rapport aux deux mandats de George W. Bush. Ce sont en tout et pour tout 278 milliards de dollars d’armes qui ont été vendus par le Pentagone à des pays alliés des Etats-Unis. 

 

Obama vente d'armes

 

Traditionnellement, la proportion d’armes vendues par le gouvernement américain oscille entre le tiers et la moitié de la totalité des armes vendues dans le monde entier. Cette proportion a connu une hausse drastique sous Barack Obama. En 2011, plus des trois quarts des armes vendues dans le monde l’avaient été par le Pentagone.

 

Barack Obama a plaidé à de nombreuses reprises en faveur d’une limitation de l’usage des forces armées; il s’est montré incontestablement moins interventionniste que son prédécesseur. Il a toutefois une part de responsabilité dans les guerres menées par ses alliés et meilleurs acheteurs comme l’Arabie Saoudite qui mène une guerre particulièrement sale aujourd’hui au Yémen.

 

Désengagement du Moyen-Orient, militarisation du monde 

 

Conformément à ses promesses, Barack Obama a progressivement retiré les troupes américaines d’Irak et d’Afghanistan. En revanche, la présence militaire américaine s’est considérablement accrue dans les autres régions du monde. Barack Obama a approfondi le processus de militarisation de l’Europe de l’Est entamé sous le premier président Bush en y déployant des milliers de soldats américains dans le cadre de l’OTAN et des armes lourdes incluant des chars d’assaut. Il s’agit du déploiement de troupes américaines en Europe le plus massif depuis la Chute du Mur. Sur le continent africain, les troupes américaines appuient différents gouvernements dans leur lutte contre des groupes séparatistes.

 

Mais c’est incontestablement en Asie du Sud-Est que la militarisation a été la plus accrue. Dans le cadre de sa stratégie du « pivot » vers la Chine annoncée en 2011, Barack Obama a entamé un déploiement de troupes dans les pays alliés des Etats-Unis à proximité de la frontière chinoise. Le transfert de deux tiers de la flotte américaine dans cette région est prévue à l’horizon 2020. Actuellement, ce sont plus de 400 bases militaires américaine qui sont présentes à proximité de la Chine dans les pays alliés des Etats-Unis comme l’Australie, le Japon, la Corée du Sud, l’Inde ou l’Afghanistan ; elles accueillent régulièrement des exercices militaires américains, souvent considérés comme des provocations par le pouvoir chinois. Au total, la présence militaire américaine s’est accrue de 130% dans le monde depuis la présidence Bush ; des troupes américaines sont actuellement présentes dans 138 pays.

 

La présence militaire américaine en 2016.

La présence militaire américaine en 2016.

 

L’Amérique latine, éternelle chasse gardée des Etats-Unis

 

« Historique », le rapprochement des Etats-Unis avec Cuba ? Au-delà des grands symboles, comme la poignée de main entre Raul Castro et Barack Obama, aucune mesure concrète, ou presque, n’a été prise par l’administration Obama pour lever le blocus cubain. À l’heure actuelle, Cuba subit encore l’embargo américain. Au début de l’année, 2016, Barack Obama avait signé un document confirmant le maintien du blocus et renvoyant à l’année suivante la poursuite des négociations ; c’est-à-dire à l’époque où il ne sera plus président. Le dernier décret en politique étrangère pris par l’administration concerne Cuba et le Venezuela : les gouvernements socialistes sont considérés comme une « menace » pour la sécurité des Etats-Unis. Cela signifie que ces pays sont passibles d’un durcissement des sanctions de la part des Etats-Unis.

 

Raul

Au-delà du symbole (Raul Castro refusant de se faire tapoter l’épaule par Barack Obama), le Président cubain a refusé de libéraliser l’économie de son île comme l’exigeait le gouvernement américain malgré quelques réformes. C’est peut-être un élément qui permet de comprendre pourquoi l’embargo sur Cuba n’a toujours pas été levé.

 

En Amérique latine, il y a bel et bien continuité entre l’ère Bush et l’ère Obama. En témoigne le soutien de Barack Obama au putsch militaire qui a renversé le président Manuel Zelaya au Honduras et au coup d’Etat constitutionnel qui a mis fin au mandat de Dilma Rousseff au Brésil.

 

Paradoxe apparent : alors que l’ingérence directe des Etats-Unis s’est raréfiée sous Barack Obama, la responsabilité des Etats-Unis dans les conflits armés partout dans le monde reste absolument considérable. Tandis que les Etats-Unis retiraient leurs troupes d’Irak et d’Afghanistan, Barack Obama déployait des soldats américains en Europe de l’Est, en Afrique et en Asie Pacifique. Et si Obama a dans l’ensemble renoncé à poursuivre la stratégie bushiste consistant à renverser un gouvernement par une intervention militaire, il n’a pas mis fin aux bombardements unilatéraux et illégaux du point de vue du droit international. La stratégie américaine a connu une inflexion, mais le système qui la soutient est quant à lui resté intact ; puisque celui-ci repose sur l’interdépendance entre l’industrie militaire, le pouvoir économique, et le pouvoir politique, il est intrinsèquement générateur de conflits. Et il le demeurera tant qu’il reposera sur ces bases.

 

Crédits:

23 janvier 2017

Dans quelle galère s’embarque Trump

 

Opinions Paul Craig Roberts

 

Le bref discours d’investiture du Président Trump est une déclaration de guerre à l’establishment US entier. Contre l’ensemble de ceux qui détiennent le pouvoir.

 

Trump a longuement expliqué que les ennemis des USA sont ici. Ce sont : les mondialistes ; les néocons et les autres partisans de l’unilatéralisme habitués à imposer les USA au monde et à les engager dans des guerres ruineuses et sans fin ; les politiciens qui servent l’establishment dirigeant plutôt que le peuple ; et à vrai dire, l’ensemble de l’aréopage d’intérêts privés qui laissent se dégrader les USA tout en profitant de la chose pour s’enrichir.

 

À vrai dire, le Président Trump s’est engagé dans une guerre bien plus dangereuse pour lui que s’il l’avait déclarée contre la Russie ou la Chine.

 

Qualifiés d’ennemis par Trump, les groupes d’intérêts sont bien ancrés et habitués à être au pouvoir. Leurs puissants réseaux sont toujours en place. Bien que la majorité soit républicaine à la Chambre des députés et au Sénat, la plupart des membres du Congrès sont redevables devant les groupes d’intérêts dirigeants qui leur fournissent les fonds de campagne, plutôt que devant le peuple ou le Président. Le complexe militaro-sécuritaire, les compagnies délocalisées, Wall Street et les banques, ne se soumettront pas à Trump. Pas plus que les médias de la pressetituée, qui appartiennent à des groupes d’intérêt dont le pouvoir est remis en question par Trump.

 

Aucun doute que son discours rassembleur [http://www.thefreedictionary.com/]sera ignoré par les fielleux de gauche, qui continueront à le traiter de raciste, tout comme les manifestants payés 50 dollars de l’heure, comme je l’ai déjà écrit.

 

À vrai dire, le leadership noir, par exemple, est piégé dans son rôle de victime, d’où il lui sera dur de sortir. Comment rallier des gens qui ont appris toute leur vie durant que le Blanc est raciste et qu’ils sont victimes des racistes ? Est-ce faisable ?

 

J’ai participé juste quelques instants à une émission de Press TV où nous étions censés fournir l’analyse du discours d’investiture de Trump. L’autre commentateur était un Noir de Washington. Le laïus intégrateur

[http://www.thefreedictionary.com/inclusivenessde Trump ne l’a pas impressionné, et l’animateur de l’émission ne s’intéressait qu’à montrer les manifestants embauchés pour discréditer les USA. Tant de gens ont des intérêts économiques à parler au nom des victimes, que ce genre de propos est disqualifiant.

 

Ainsi, en plus des mondialistes, de la CIA, des compagnies délocalisées, des industries d’armement, du gratin de l’OTAN en Europe, et des politicards étrangers habitués à se faire grassement rétribuer pour leur soutien à la politique étrangère interventionniste de Washington, Trump aura contre lui les leaders des gens discriminés, noirs, hispaniques, féministes, clandestins, homosexuels et autres transgenres. Cette longue liste inclut évidemment aussi les libéraux blancs, car ils sont convaincus que l’intérieur des USA est l’habitat des racistes blancs, des misogynes, des homophobes et des cinglés de la gâchette. Pour eux, ces 84% du pays devraient être placés en quarantaine ou claquemurés.

 

En d’autres termes, reste-t-il assez de bonne volonté dans la population pour permettre à un président d’unir les 16% de haineux aux 84% de forcenés ?

 

Voyez les forces qui s’opposent à Trump :

 

Comme leur pouvoir et revenu en sont revalorisés, les leaders noirs et hispaniques ont besoin de passer pour des victimes. Ils tourneront un œil désabusé vers l’ouverture de Trump ; elle est bonne pour les Noirs et les Hispaniques, mais pas pour eux.

 

Les dirigeants et les actionnaires des multinationales s’enrichissent avec les emplois délocalisés que Trump veut ramener dans le pays. Si les emplois reviennent, leurs profits, primes de rendement et gains en capital disparaîtront. Mais ce sera le retour de la sécurité économique pour la population US.

 

Le budget annuel de 1000 milliards de dollars du complexe militaro sécuritaire est lié à la « menace russe ». Comme Trump veut le remplacer par des relations équilibrées, son assassinat ne peut être écarté.

 

De nombreux Européens doivent prestige, pouvoir et revenus à l’OTAN que Trump remet en cause.

 

Les profits du secteur financier viennent presque entièrement de la mise en esclavage des gens par la dette et du pillage de leurs pensions privées et publiques. Avec son représentant, la Réserve fédérale, le secteur financier peut déborder Trump avec la crise financière. La Banque de la Réserve fédérale de New York dispose d’un bureau de spéculation complet. Elle peut plonger le marché entier dans la tourmente. Ou soutenir tout marché, car sa capacité à créer des dollars US n’a aucune limite.

 

Tout l’édifice politique des USA s’est coupé de la volonté, des désirs et des besoins du peuple. Maintenant Trump dit que les politiciens seront responsables devant le peuple. Cela signifierait évidemment une importante réduction de leur sécurité au pouvoir, de leur revenu et richesse.

 

Il existe un grand nombre de groupes, financés par on ne sait qui. Par exemple, contre l’énergique engagement de Trump à défendre tout le monde contre l’establishment dirigeant, RootsAction a réagi aujourd’hui par une requête « demandant au congrès d’ordonner au Comité judiciaire de Chambre d’ouvrir une enquête de mise en accusation » et d’envoyer de l’argent pour la destitution de Trump.

 

Human Rights First, un autre groupe fasciste, attaque la protection des frontières voulue par Trump, car elle condamne « l’espoir d’un refuge pour ceux qui fuient la persécution ». Réfléchissez un instant à ceci : Selon les organisations libérales progressistes de gauche et les organisations des groupes d’intérêts raciaux, les USA sont une société raciste, à l’image du président Trump. Et malgré tout, les victimes du racisme se réfugieraient aux USA, là où elles subiront une persécution raciste ? Ça n’a pas de sens. Les clandestins viennent ici pour travailler. Demandez aux entreprises du bâtiment. Demandez aux abattoirs de volaille et d’animaux. Demandez aux services de nettoyage des régions de villégiature.

 

La liste de ceux qui ont déclaré la guerre à Trump est suffisamment longue, bien que l’on puisse encore en rajouter.

 

Nous devrions nous demander pourquoi un milliardaire âgé de 70 ans, propriétaire d’entreprises florissantes, marié à une fort belle femme et père d’enfants intelligents, est prêt à sacrifier ses dernières années à l’extraordinaire stress d’un président porteur de l’angoissant programme consistant à rendre au peuple son pouvoir. Il est certain que Trump s’expose à être assassiné. La CIA ne va pas ramasser ses cliques et ses claques et aller voir ailleurs. Pourquoi quelqu’un entreprendrait-il de restaurer en grand les USA, ce qu’a dit vouloir faire Trump, alors qu’il pourrait plutôt passer ses dernières années à prendre énormément de plaisir ?

 

Quelle que soit la raison, nous devons lui en être reconnaissants, et s’il est sincère, nous devons l’encourager. S’il est assassiné, il nous faudra prendre les armes, réduire en cendres le QG de la CIA de Langley et tous les abattre.

 

S’il réussit, il méritera le titre de Trump le Grand !

 

Russie, Chine, Iran, Venezuela, Équateur, Bolivie…, tous les pays sur la liste des victimes de la CIA devraient comprendre que l’ascension de Trump ne donne qu’une piètre protection. La CIA est une organisation mondiale. Ses rentables activités génèrent des revenus indépendants du budget US. Cette organisation est capable de lancer des opérations sans le consentement du président, ni même de son propre directeur.

 

La CIA a eu près de 70 ans pour se retrancher. Elle ne ramassera pas ses cliques et ses claques pour aller voir ailleurs.

 

Paul Craig Roberts
Original : http://www.paulcraigroberts.org/2017/01/20/trumps-declaration-war/ 

23 janvier 2017
Etats-Unis, Présidentielle, Trump élu avec 25,80% du corps électoral

 

« Mobiliser le peuple, faire reculer l'abstention demeure la clé de toute solution progressiste. Ne croyez pas que ces aberrations démocratiques sont seulement possibles aux Etats-Unis. En France aussi les Présidents élus le sont en représentant une minorité du Peuple et c'est encore plus vrai pour les parlementaires. C'est au peuple qu’il faut donner le pouvoir. Il reste sous- représenté dans les études d'opinion, rendu invisible, ignoré, méprisé. C'est lui qu'il faut écouter. C'est de lui dont il faut porter la voix. C'est lui qui doit s'engager dans le débat civique actuel. Il est la clé de tout. Quand on l'oublie la conséquence est brutale... »

 

Des leçons valables partout...

 

Michel Peyret


Donald Trump a été élu par une assez petite minorité d'électeurs.

 

Non seulement le républicain a recueilli moins de voix qu'Hillary Clinton, mais il n'a, par ailleurs, été élu qu'avec les suffrages de 25,80 % du corps électoral (59 millions de voix sur 231 millions d'électeurs potentiels).

 

Le prochain président a en effet obtenu près de 49 % des voix, mais seuls 54 % des Américains en âge de voter se sont déplacés dans leur bureau de vote. Les données collectées par le NYTmontrent par ailleurs que l'idéal type de l'électorat de Trump est très nettement masculin, blanc, assez peu diplômé, âgé de plus de 45 ans, résidant de petites villes ou de la campagne, plutôt chrétien et pessimiste pourl'avenir de son pays. A la question : "quelle est la plus importante qualité qu'un président doit posséder, 83 % des sondés ayant voté pour lui répondent : "il doit pouvoir amener le changement", seuls 8% considèrent que "l'expérience" importe.

 

Primary trap… ou pourquoi Trump a gagné ?

 

 

Sortons des commentaires convenus sur la défaire de Hillary Clinton et la victoire de Donald Trump. Dans la mesure où ce pays occupe une place centrale dans l’évolution du capitalisme mondial et dispose d’une influence inédite dans l’évolution politique de la planète, il est utile de comprendre les caractéristiques de ce vote, et peut être d’en tirer quelques leçons.

 

1) L'abstention est en hausse (46 %), moins que la moyenne de participation depuis les années 60. Manifestement, selon les premières études, hier, ce sont surtout les milieux populaires et la jeunesse qui se sont abstenus.

 

A cette abstention, il faut ajouter des millions de non inscrits et plus de 6 millions de citoyens qui ont perdus leurs droits civiques en raison de condamnations par la justice qui frappe surtout des jeunes noirs américains de milieux populaires. Sans compter des millions de citoyens non inscrits sur les listes électorales.

 

2) Donald Trump est élu avec moins de voix de Hillary Clinton ! Il obtient 58,97 millions de voix et elle 59,11, soit 200 000 de plus ! Le tout sur un total de 225 millions d'électeurs inscrits. Le vainqueur, qui dirigera désormais la première puissance économique du monde, a non seulement rassemblé moins de voix que son adversaire, mais aussi seulement 26 % des électeurs inscrits. Pour le dire autrement, 74 % des électeurs n'ont pas voté Donald Trump ! Où est la démocratie ?

 

3) Hillary Clinton et le parti Démocrate ont perdu 10 millions de voix. C’est net si l'on compare avec 2008 où Barack Obama avait obtenu 69,45 millions de voix, contre 59, 1 en 2016 pour Clinton ! L'opposant républicain à Obama, M. John Mc Cain avait alors obtenu plus de voix de Trump ( soit 59.9 millions). Idem en 2012, très critiqué, Obama obtenait encore 66 millions de voix et Mitt Romney, son opposant, 60,9 millions (soit également plus que D. Trump).

 

4) Hillary Clinton était la pire candidate face à Trump. Ancienne secrétaire d'Etat du président sortant, assimilée dans l'opinion aux deux mandats de Bill Clinton, elle incarnait physiquement une continuité avec une classe politique que des millions de gens veulent sanctionner. Son parti, le parti Démocrate est de plus en plus rejeté par son électorat. Il a été sèchement battu lors de l'élection au Sénat alors qu'il pensait gagner la majorité. Le problème ne vient pas seulement de la candidate, archétype donc du clan qui verrouille ce parti depuis longtemps : il existe un rejet des partis traditionnels. Par exemple, plus de 5 millions de voix se sont portées sur d'autres candidats ce qui est très élevé par ce pays.

 

5) Bernie Sanders et sa "révolution citoyenne" aurait sans doute gagné. Il arrivait à mobiliser les milieux populaires, les fameux "cols bleus" et la jeunesse qui voulait balayer les représentants de l'Oligarchie. Une autre issue était donc possible. Un sondage de mars dernier montrait que B. Sanders était celui qui battait alors le plus nettement D. Trump. Mais l'étouffoir populaire des Primaires, fait de triches et de coups bas, allié à un système électoral anti-démocratique, ont fait leur sale besogne. C’est le système absurde des Primaires qui a étouffé la candidature de Bernie Sanders, seule à même de mobiliser la jeunesse et les milieux populaires qui n'en peuvent plus des Clinton et des caciques du Parti Démocrate.

 

6) Donald Trump n'a pas gagné véritablement un électorat populaire aux Démocrates et il n'a pas créé un enthousiasme nouveau, ni "une "vague rouge " (comme le dit de journal de France 2 ) des ouvriers en sa faveur sur des thèmes xénophobes. Il a par contre su garder mobiliser un électorat populaire Républicain, très majoritairement blanc, peu diplômé et dans de grandes difficultés, qui s'est trouvé un champion qui leur parlait de leurs difficultés quotidiennes et semblait vouloir "dégager" les responsables. En face, Hillary Clinton a fait fuir ses électeurs tellement elle incarnait un système économique dont les gens ne veulent plus et dont ils constatent les désastres. Le tout dans un océan d'abstention qui frappe surtout les milieux populaires.

 

7) Les médias ont été battus. La "trouille" qu’ils diffusaient de Donald Trump, principal et quasi unique argument du clan Clinton dans leurs meetings et leurs propagandes, n'a pas fonctionné. Ce ressort ne produit plus d’effets pour fabriquer du vote Démocrate. Pourtant, ils ont mis le paquet pour soutenir la candidate directe des milieux d’affaires. Selon Bruno Gaccio, 194 médias sur 207 ont soutenus Mme Clinton ! Le résultat fut sans doute contraire à l’objectif initial. Trump a compris l’intérêt qu’il avait à jouer « l’ogre » détesté de médias qui sont eux mêmes détesté.. par ceux qui les regardent ! C'est également une faillite pour les instituts de sondage, très liés aux différents médias. Ils traduisaient plus un souhait, qu'une réalité. Il ne faut donc jamais forger une stratégie uniquement en fonction de ce que prédisent les sondages.

 

8) Ce vote est un rejet du libre échange et montre la direction du protectionnisme. Certes il s’agit d’un vote pétri de bien de contradictions, porté par un milliardaire fantasque et opportuniste, machiste et xénophobe, mais c’est un vote contre le chômage et contre les Traités de libre échange qui ont laminé l'emploi dans plusieurs Etats. A sa façon et de façon monstrueuse, c’est un rejet du capitalisme sauvage.

 

9) Mobiliser le peuple, faire reculer l'abstention demeure la clé de toute solution progressiste. Ne croyez pas que ces aberrations démocratiques sont seulement possibles aux Etats-Unis. En France aussi les Présidents élus le sont en représentant une minorité du Peuple et c'est encore plus vrai pour les parlementaires.

 

10) C'est au peuple qu’il faut donner le pouvoir. Il reste sous représenté dans les études d'opinion, rendu invisible, ignoré, méprisé. C'est lui qu'il faut écouter. C'est de lui dont il faut porter la voix. C'est lui qui doit s'engager dans le débat civique actuel. Il est la clé de tout. Quand on l'oublie la conséquence est brutale.

Posté par Michel Peyret

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