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Etats-Unis

Après Henri Ford, Walt Dysney, Charles Lindberg, Le grand Père Busch, le père Trump et quelques autres

 

Publié le 16 Août 2017

C'est maintenant le titulaire du bureau ovale qui trouve les nazis fréquentables

 

Après H Ford, W. Dysney, Ch Lindberg, Le grand Père Busch, le père Trump et quelques autres

184 000 soldats américains tués en Europe pour combattre le nazisme. (à mettre en lien avec les 11 millions de soldats soviétiques morts au combat).

 

184 000 qui, si on suit Trump avaient parmi ceux en face d'eux des braves gars.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

17 août 2017

Joseph Kishore, Etats-Unis, un mouvement vers le fascisme

« Le fascisme, estime Joseph Kishore, n’est pas encore un mouvement de masse aux États-Unis. La mobilisation nationale des organisations d’extrême droite pour s’opposer à l’enlèvement d’une statue du général confédéré Robert E. Lee n’a attiré que quelques centaines de personnes. Nonobstant leur soutien limité parmi la vaste masse de la population, cependant, ces éléments réactionnaires jouissent du soutien de puissantes sections de l’État, y compris la Maison-Blanche elle-même. Ils ont le soutien financier de milliardaires (Stephen Bannon, le stratège en chef fasciste de Trump, a développé des liens étroits avec Robert Mercer, gestionnaire de fonds spéculatifs). Et ils ont la sympathie active de sections importantes de l’appareil militaire et de la police. Tout au long de sa campagne et de ses sept premiers mois en exercice, Trump et ses conseillers fascistes ont poursuivi une stratégie politique bien définie, en croyant pouvoir exploiter une colère sociale généralisée et une désorientation politique pour développer un mouvement extra-parlementaire visant à supprimer violemment toute opposition populaire à une politique d’extrême militarisme et de réaction sociale... »

Reprenons la lecture de l'analyse de Joseph Kishore...

Michel Peyret


L’éruption de violence nazie à Charlottesville, en Virginie, pendant le week-end, a été un choc pour des millions de personnes aux États-Unis et dans le monde. Les images des suprématistes blancs pro-nazis assaillant les contre-manifestants et le meurtre brutal de Heather Heyer, âgée de 32 ans, ont exposé l’état de putréfaction sociale et politique de la société américaine. Des voyous nazis ont semé le chaos dans une ville universitaire et ont terrorisé les étudiants et les autres résidents alors que les policiers souriant d’un air suffisant se tenaient à l’écart et ont fait des clins d’œil aux attaquants. En réalité, le pays qui se prend à prêcher la moralité au monde et à se poser en tant que phare du droit et de la stabilité démocratique craque de toutes parts.

Il y a une grande différence entre la colère profonde de millions de personnes ordinaires au cours des événements à Charlottesville d’une part et les lamentations pour la forme et les condamnations hypocrites de la violence par des politiciens des partis démocrate et républicain et des médias de l’establishment d’autre part. Leurs déclarations puent le manque de sincérité. Leurs dénonciations pour la forme de la violence à Charlottesville sont dépourvues d’un examen sérieux des conditions sociales et politiques sous-jacentes dont elle est issue.

L’éditorial de lundi (« La haine dont il n’ose pas parler ») dans le New York Timesétait typique de cela. Dans ce journal qui exprime le point de vue du Parti démocrate, les éditeurs ont critiqué Trump pour ne pas avoir condamné les groupes suprématistes blancs responsables de la violence. Ils ont déclaré que Trump « est seul dans l’histoire présidentielle moderne dans sa volonté de convoquer des démons de la bigoterie et de l’intolérance à son service ». Le président s’accroche aux suprématistes blancs, ont ajouté les rédacteurs, « pour sauver à tout prix sa présidence défaillante ».

Sans Trump implique le Times, les rues de l’Amérique résonneraient d’hymnes d’amour fraternel. Mais l’interprétation de l’histoire qui fait tout reposer sur « le méchant Trump » n’explique rien. Le voyou de la Maison-Blanche est, comme la violence à Charlottesville, un symptôme d’une crise profonde et insoluble.

En tant que phénomène politique et social, le fascisme est un produit du capitalisme en crise extrême. En analysant la montée du mouvement nazi en Allemagne en 1932, Trotsky a expliqué que la classe dirigeante se tourne vers le fascisme « lorsque les moyens “normaux”, militaires et policiers, de la dictature bourgeoise, avec leur couverture parlementaire, ne suffisent pas pour maintenir la société en équilibre. À travers les agents du fascisme, le capital met en mouvement les masses de la petite bourgeoisie enragée, les bandes des lumpen-prolétaires déclassés et démoralisés tous ces innombrables êtres humains que le capital financier a lui-même plongés dans la rage et le désespoir ». (Léon Trotsky, Comment vaincre le fascisme, Écrits sur l’Allemagne 1931-1933, Les Éditions de la passion, 1993, p.67)

Le fascisme n’est pas encore un mouvement de masse aux États-Unis. La mobilisation nationale des organisations d’extrême droite pour s’opposer à l’enlèvement d’une statue du général confédéré Robert E. Lee n’a attiré que quelques centaines de personnes.

Nonobstant leur soutien limité parmi la vaste masse de la population, cependant, ces éléments réactionnaires jouissent du soutien de puissantes sections de l’État, y compris la Maison-Blanche elle-même. Ils ont le soutien financier de milliardaires (Stephen Bannon, le stratège en chef fasciste de Trump, a développé des liens étroits avec Robert Mercer, gestionnaire de fonds spéculatifs). Et ils ont la sympathie active de sections importantes de l’appareil militaire et de la police.

Tout au long de sa campagne et de ses sept premiers mois en exercice, Trump et ses conseillers fascistes ont poursuivi une stratégie politique bien définie, en croyant pouvoir exploiter une colère sociale généralisée et une désorientation politique pour développer un mouvement extra-parlementaire visant à supprimer violemment toute opposition populaire à une politique d’extrême militarisme et de réaction sociale.

Cependant, Trump est moins le créateur que le résultat de processus économiques, sociaux et politiques prolongés. Son administration, composée d’oligarques et de généraux, découle d’un quart de siècle de guerre sans fin, de quatre décennies de contre-révolution sociale et du caractère de plus en plus autoritaire de la politique américaine. La torture, les assassinats par drone, les guerres d’agression, les meurtres de la police – supervisés par les démocrates et les républicains – constituent la toile de fond des événements de Charlottesville.

Le plus grand atout de Trump a été le caractère et l’orientation de ses opposants politiques au sein de la classe dirigeante. Il a vaincu Hillary Clinton lors des élections de 2016 parce que les démocrates ont mené leur campagne comme le parti du statu quo, l’incarnation de la complaisance et de l’autosatisfaction. Depuis l’élection, leur opposition à Trump a été entièrement orientée vers les agences de renseignement et les militaires, où les éléments fascistes s’épanouissent, sur la base de la demande d’une politique plus agressive contre la Russie. Ils sont incapables d’avancer un programme qui puisse inspirer un soutien populaire significatif, et ils ne le veulent pas, puisqu’ils représentent une alliance entre Wall Street et des couches privilégiées de la classe moyenne.

Trump a pu gagner une certaine base dans les régions du pays qui ont été dévastées par la désindustrialisation, profitant du rôle réactionnaire des syndicats, qui ont longtemps abandonné toute opposition aux exigences des sociétés, favorisant plutôt l’idéologie toxique de nationalisme économique. Le programme « l’Amérique d’abord » de l’Administration Trump a trouvé un terrain fertile parmi les dirigeants syndicaux privilégiés et complètement corrompus.

Un facteur idéologique supplémentaire a servi à alimenter la montée des organisations nationalistes blanches : la légitimation de la politique explicitement raciste par le Parti démocrate. Alors que les démocrates et leurs affiliés des médias ont dénoncé les actions ouvertement racistes des néonazis à Charlottesville, il n’en reste pas moins que les nationalistes blancs ont été aidés et encouragés par la promotion implacable du Parti démocrate et de ses alliés de race en tant que catégorie principale de l’analyse sociale et politique.

Des chroniques et des articles sans fin sont apparus dans les pages du New York Times et d’autres publications favorisant le concept de la « blancheur » et du « privilège blanc ». C’est un chroniqueur du Times, Charles Blow, qui, dans un éditorial de juin 2016 dénonçant le film Free State of Jones, a attaqué « l’insistance libérale blanche que la race n’est qu’une construction subordonnée à la classe ». Comme l’a commenté le World Socialist Web Site à l’époque, Blow « n’est pas un fasciste, mais il pense bigrement comme tel ».

La fixation obsessionnelle sur la politique raciale, de la part du Parti démocrate et de la confrérie des organisations de pseudo-gauche qui opèrent dans son orbite a atteint son apogée lors de la campagne électorale de Hillary Clinton qui a été organisée sur le principe que tous les problèmes sociaux peuvent être réduits à race et au racisme, et que les griefs des travailleurs blancs ne sont pas dus au chômage et à la pauvreté, mais au racisme et à leurs privilèges.

L’interprétation raciale de la politique, de la culture et de la société par les démocrates était politiquement pratique, car elle a permis de détourner l’attention des problèmes d’inégalité sociale et de guerre tout en blâmant les travailleurs blancs – et non pas le système capitaliste et la classe dirigeante – pour l’élection de Trump.

Alors que l’administration Trump entretenait de plus en plus les forces fascistes au cours des derniers mois, Google – en alliance avec les sections de l’État particulièrement associées au Parti démocrate – mettait en œuvre un programme de censure visant des sites web de gauche et progressistes, et surtout, le World Socialist Web Site. La réponse de toutes les factions de la classe dirigeante à la crise sociale et politique qui a produit Trump est de chercher à bloquer et à supprimer tout défi au système capitaliste.

Une longue expérience historique a démontré que le fascisme ne peut être combattu que par la mobilisation de la classe ouvrière sur un programme socialiste et révolutionnaire. La lutte contre l’extrême droite doit être développée grâce à l’unification de toutes les sections de la classe ouvrière, de toutes les races, genres et nationalités. L’opposition au fascisme doit être liée à la lutte contre la guerre, l’inégalité sociale, le chômage, les bas salaires, la violence policière et tous les maux sociaux produits par le capitalisme.

Tant que les intérêts de la classe ouvrière ne sont pas articulés et avancés en adoptant une forme politique indépendante, ce sont les forces de l’extrême droite qui en bénéficieront. La tâche urgente est de construire une direction révolutionnaire dans la classe ouvrière – le Parti de l’égalité socialiste.

(Article paru d’abord en anglais le 15 août 2017)

Posté par Michel Peyret

17 août 2017

Peter Symonds, Trump renforce sa menace incendiaire visant la Corée

 

« La doctrine de la « guerre préventive », indique Peter Symonds, invoquée par Trump et ses conseillers pour justifier une attaque, et même une frappe nucléaire, contre la Corée du Nord a d’abord été énoncée par le président George W. Bush comme prétexte à l’invasion et à l’occupation de l’Irak. Le président Barack Obama a développé la doctrine de Bush pour déclarer que toute menace sur les « valeurs et intérêts » américains, serait une cause suffisante pour que les États-Unis attaquent militairement un autre pays. Cette nouvelle doctrine est une violation flagrante du droit international. Mener une guerre d’agression a été le crime principal pour lequel les dirigeants nazis ont été accusés et condamnés lors des procès de Nuremberg après la Seconde Guerre mondiale... »

 

Reprenons la lecture des constats relevés par Peter Symonds...

 

Michel Peyret


L’impérialisme américain et la menace d’une guerre nucléaire contre la Corée du Nord

 

Par Peter Symonds 
12 août 2017

 

Le monde est au bord d’une guerre sur la péninsule coréenne qui pourrait rapidement se transformer en un conflit nucléaire mondial.

 

Le président américain Donald Trump a renforcé sa menace incendiaire d’engloutir la Corée du Nord dans « un feu et une fureur que le monde n’a jamais vus jusqu’à présent ». Jeudi, il a commenté que ses mots n’étaient « peut-être pas assez durs » et a averti que la réponse des États-Unis à toute attaque « sera un événement jamais vu jusqu’alors ». Il a ajouté que l’arsenal nucléaire américain était « en excellent état ».

 

Interrogé sur une éventuelle « attaque préventive » contre la Corée du Nord, Trump a déclaré qu’il ne parlerait pas d’options militaires, mais il ne l’a pas écarté. Qu’une attaque soit à l’étude dans les milieux dirigeants américains a été souligné par un article paru dans le New York Times intitulé « Si les États-Unis attaquent en premier la Corée du Nord, est-ce de la légitime défense ? » Le commentaire a traité d’une attaque unilatérale, agressive, contre la Corée du Nord comme une option légitime, se demandant si elle remplirait les critères juridiques d’une frappe préventive.

 

Un article effrayant dans le Washington Post est allé plus loin pour examiner comment Washington pourrait lancer une attaque nucléaire préventive sur la Corée du Nord. Il a conclu que Trump pourrait ordonner une première frappe nucléaire sans obtenir l’accord de ses conseillers, et que ni l’armée ni le Congrès ne pourraient annuler son ordre.

 

Que Trump cherche à provoquer le régime hautement instable de Pyongyang à commettre un acte désespéré auquel les États-Unis répondraient avec une force écrasante, ou qu’il cherche à créer les conditions pour lancer des frappes préventives contre la Corée du Nord, les États-Unis préparent un crime monstrueux « que le monde n’a jamais vu jusqu’à présent ».

 

Même si la guerre se limitait à la péninsule coréenne et n’engageait que des armes classiques, la mort et la destruction atteindraient des millions de personnes, comme cela a été le cas pendant la guerre de Corée de 1950-53. Le secrétaire à la Défense, le général James Mattis, a menacé cette semaine que, si la Corée du Nord ne s’inclinait pas devant les ordres de Washington, Washington provoquerait « la fin du régime et la destruction de son peuple », c’est-à-dire l’anéantissement d’un pays de 25 millions de personnes. Si d’autres puissances nucléaires telles que la Chine et la Russie devaient y être entraînées, les conséquences mondiales seraient incalculables.

 

Qui est responsable de cette crise ? Les médias américains accusent d’une seule et même voix l'« agression » nord-coréenne. C’est un mensonge, dans la droite ligne du rôle des médias américains comme relais de la propagande d’État.

 

La crise actuelle est le résultat d’une politique d’agression brutale exercée par l’impérialisme américain au cours du dernier quart de siècle au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Asie centrale et dans les Balkans. À la suite de la dissolution de l’Union soviétique de 1991, qui avait agi comme un obstacle aux ambitions mondiales de Washington, le Pentagone a rédigé des lignes directrices en matière de défense indiquant que la stratégie fondamentale des États-Unis doit « se concentrer sur l’empêchement de l’émergence de tout futur concurrent mondial potentiel ».

 

La doctrine de la « guerre préventive » invoquée par Trump et ses conseillers pour justifier une attaque, et même une frappe nucléaire, contre la Corée du Nord a d’abord été énoncée par le président George W. Bush comme prétexte à l’invasion et à l’occupation de l’Irak. Le président Barack Obama a développé la doctrine de Bush pour déclarer que toute menace sur les « valeurs et intérêts » américains, serait une cause suffisante pour que les États-Unis attaquent militairement un autre pays. Cette nouvelle doctrine est une violation flagrante du droit international. Mener une guerre d’agression a été le crime principal pour lequel les dirigeants nazis ont été accusés et condamnés lors des procès de Nuremberg après la Seconde Guerre mondiale.

 

S’inspirant de la position du gouvernement de Trump, il y a maintenant un bombardement médiatique dans les pays occidentaux pour diaboliser le leader nord-coréen Kim Jong-un, le présenter comme un fou et gonfler grossièrement la menace que constituent les « armes de destruction massive » de son régime. Cela suit un mode opératoire bien rodé qui a été utilisé pour mettre l’opinion publique au pas derrière les guerres dirigées par les États-Unis contre la Serbie, l’Irak, la Libye et la Syrie.

 

Derrière ce flot de propagande, quel est le caractère fondamental de cette guerre imminente ? C’est un conflit entre la puissance impérialiste la plus armée au monde et un pays opprimé et appauvri, dont le caractère social et politique est le produit d’une oppression coloniale et impérialiste implacable tout au long du vingtième siècle.

 

Après plus de quarante ans de domination coloniale brutale par le Japon, les États-Unis ont installé une dictature militaire à Séoul et mené une guerre presque génocidaire au début des années 1950 pour préserver la division artificielle de la péninsule coréenne entre le Nord et le Sud. Depuis la fin de la guerre, la Corée du Nord a été soumise à un blocus économique dirigé par les États-Unis, accompagné de provocations répétées et de menaces militaires.

 

La cible principale des menaces de guerre du gouvernement Trump n’est pas la Corée du Nord, mais la Chine, que les États-Unis considèrent comme le principal obstacle à leur domination régionale et mondiale. Le renforcement militaire des États-Unis dans toute la région Asie-Pacifique n’a pas commencé avec le milliardaire fasciste Trump, c’est une continuation du « pivot vers l’Asie » développé par le gouvernement d’Obama. En transférant cette initiative géostratégique à Trump, Obama a identifié la Corée du Nord comme le principal défi militaire qui se présentait au nouveau gouvernement et a conseillé que la « menace » nord-coréenne serve de prétexte pour faire monter d’un cran l’épreuve de force américaine avec la Chine.

 

Le fait que les déclarations belliqueuses de Trump surviennent immédiatement après un vote unanime au Conseil de sécurité de l’ONU pour de nouvelles sanctions sévères contre Pyongyang démontre que Washington a interprété le vote de la Chine à l’appui de la résolution des sanctions comme un signe de faiblesse et un feu vert pour intensifier immédiatement le face-à-face. La menace de « feu et fureur » contre la Corée du Nord est un avertissement implicite à la Chine, à la Russie et à toute autre puissance qui présente un défi à l’hégémonie des États-Unis.

 

Toute attaque des États-Unis contre la Corée du Nord pourrait rapidement devenir une guerre avec la Chine, comme cela s’est déjà produit en 1950. Le contrôle américain de la péninsule coréenne stratégiquement placée pourrait devenir le tremplin pour des provocations et des interventions dans le nord de la Chine, comme ce fut le cas pour l’impérialisme japonais dans les années 1930. La Chine, qui s’est battue il y a 67 ans pour empêcher une prise de contrôle américaine de la Corée du Nord et qui maintient encore un traité de défense mutuelle avec Pyongyang, est très consciente du danger et a renforcé militairement sa frontière nord.

 

Seule la mobilisation révolutionnaire indépendante de la classe ouvrière à l’échelle internationale peut désarmer les va-t-en-guerre et arrêter la marche impérialiste vers une nouvelle guerre mondiale.

 

(Article paru en anglais le 11 août 2017)

Posté par Michel Peyret

Dans une interview, Steve Bannon obsédé par « la guerre économique » contre la Chine

 
17 Août 2017
Dans le style extrême-droite autour du président, il y a ce type que l’on dit sur le départ mais qui reflète bien les tendances paranoïaques à l’oeuvre aux Etats-Unis. On voudrait nous faire croire que Trump est un accident, et que les autres (les Bush en tête) ne sont pas d’accord, mais il y a une logique globale de la politique  des USA (et de la nôtre dans le cadre d’une Europe vassalisée par la défense commune des intérêts monopolistes). Cette logique va vers l’extrême-droite, pas nécessairement « les clowns », mais ce qui est déjà à l’oeuvre et que nos médias appuient de toutes leurs forces, une politique de guerre pour conserver la suprématie « occidentale » et exploiter toujours plus leurs propres travailleurs
 
(note de Danielle Bleitrach).

Dans une interview, Steve Bannon obsédé par "la guerre économique" contre la Chine
Steve Bannon, le 9 avril. (JIM WATSON/AFP)

Le conseiller nationaliste de Donald Trump, qu’on dit sur le départ, donne sa vision des choses dans une interview paranoïaque.

 

La confrontation avec la Corée du Nord sur le nucléaire n’est qu' « une diversion » : c’est le propre conseiller stratégique de Donald Trump, le très controversé Steve Bannon, qui le dit. « Selon moi, la guerre économique avec la Chine, c’est la question numéro 1. Nous devons nous concentrer sur cette question, de façon maniaque », martèle le chantre nationaliste mercredi 16 août dans un entretien avec American Prospect, un site d’informations marqué à gauche.

 

« Et si nous continuons à perdre cette guerre, nous sommes à cinq ans, dix ans au maximum, du point de non-retour », assure l’ancien patron du site d’informations Breitbart News, dont il a fait une plateforme pour l’extrême droite américaine, rebaptisée « alt-right » ou droite alternative.

 

« Nous sommes en guerre économique avec la Chine », insiste-t-il :

 

« Tout est d’ailleurs écrit chez eux, ils ne cherchent pas à cacher ce qu’ils font. L’un de nous sera en situation d’hégémonie d’ici 25 ou 30 ans, et ce sera la Chine si nous continuons sur cette voie. Sur la Corée du Nord, ils ne font que nous amadouer. Ce n’est qu’une diversion ».

 

« Au Pentagone, ils font dans leur froc »

 

Apparemment isolé au sein de l’administration à la Maison Blanche, Steve Bannon, qui n’a reçu qu’un tiède soutien de la part du président Trump lors de sa dernière conférence de presse mardi, a laissé libre cours à ses avis tranchés, dans cette interview par téléphone avec le rédacteur en chef d’American Prospect, Robert Kuttner.

 

Steve Bannon est ainsi très critique face à la menace du président Trump de faire tomber « le feu et la colère » sur la Corée du Nord si elle persiste à menacer les Etats-Unis avec ses missiles et son programme nucléaire.

 

« Il n’y a pas de solution militaire, laissons tomber. Tant que quelqu’un n’aura pas résolu l’équation qui me démontrerait que dix millions de Sud-Coréens ne mourront pas dans les 30 minutes suivantes, tués par des armes conventionnelles, je ne vois pas de quoi on parle, il n’y a pas de solution militaire, ils nous tiennent ».

 

Quant à ceux au sein du département d’Etat ou au Pentagone qui veulent obtenir l’aide de la Chine dans le cadre de ce dossier nord-coréen, il n’est pas tendre avec eux :

 

« Ils font dans leur froc ».

 

Les suprémacistes ? « Des clowns »

 

De même, loin de soutenir le président Trump dans le cadre de la polémique autour des événements de Charlottesville, en Virginie, et des mouvements d’extrême droite, Steve Bannon Bannon a traité avec dédain ce mouvement nationaliste blanc qu’il avait pourtant aidé avec Breitbart News.

 

« L’ethno-nationalisme, ce sont des losers. Ils sont à la marge. Je pense que les médias leur donnent trop d’importance, et nous devons aider à les écraser, à les écraser encore plus ».

 

« Ces gars, c’est juste une collection de clowns », insiste-t-il, au sujet de ces mouvements suprémacistes blancs.

 

T.V. avec AFP

The New York Times : Le staff juif de Trump est resté silencieux devant sa défense de la marche antisémite

 

17 Août 2017

Traditionnellement aux USA, les juifs sont majoritairement démocrates et progressistes comme Bernie Sanders, Chomsky et bien d’autres. La presse et la communauté juive a mis en demeure les juifs dans le staff du président de le désavouer, à commencer par son gendre et sa fille. Ce n’est pas le premier juif prêt à avaler des couleuvres antisémites. Nixon était ouvertement antisémite et Kissinger subissait ses propos. Ce qui prouve à quel point aujourd’hui   « le progressisme » juif, pour certains, qui ont par ailleurs tendance à se présenter comme les seuls défenseurs du judaïsme, cède la place à des politiques qui peuvent s’appuyer sur l’extrême-droite quand les fondements de classe, les alliances géopolitiques l’exigent. Jusqu’à présent cette tolérance au nazisme se contentait d’appuyer des expéditions de l’OTAN, des dictateurs latino-américains, mais voici qu’elle touche aux Etats-Unis eux-mêmes.

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et societe)


Par MICHAEL D. SHEAR AUG. 16, 2017
Jared Kushner, le beau-fils du président Trump et son conseiller principal, et sa femme, Ivanka Trump, la fille du président, sont tous deux juifs. CréditDoug Mills / The New York Times
WASHINGTON – Les membres juifs de l’administration du président Trump sont restés pour la plupart muets mercredi après que Monsieur Trump ait pris la défense des manifestants nationalistes et de droite à Charlottesville, en Virginie, qui avaient chanté des slogans antisémites et ont insulté le beau-fils juif du président.

Gary D. Cohn, le directeur du Conseil économique national du président, qui est juif, a été décrit par plusieurs personnes proches de lui comme « dégoûté » et « profondément bouleversé » par les remarques du président. Mais M. Cohn n’a pas exprimé publiquement ces points de vue.

Steven Mnuchin, le secrétaire du Trésor et aussi juif, se tenait silencieusement derrière M. Trump mardi, alors que le président a déclaré qu’il y avait « des gens très bien des deux côtés » en parlant de l’incident de Virginie. M. Mnuchin n’a rien dit depuis les remarques du président.

Et Jared Kushner, le beau-fils du président, qui est aussi juif, a gardé le silence sur les commentaires de M. Trump. Ivanka Trump, la femme de M. Kushner, qui s’est convertie au judaïsme, a déclaré dimanche: « Il ne devrait pas y avoir de place dans la société pour le racisme, la suprématie blanche et les néo-nazis ».
 M. Kushner, M. Cohn et M. Mnuchin qui mercredi ont été sollicités pour faire des commentaires n’ont pas répondu.

Les violentes manifestations racistes à Charlottesville ont débuté alors que les suprématistes blancs et d’autres avaient manifesté contre la suppression d’une statue de Robert E. Lee d’un parc dans la ville. Leurs paroles visaient aussi bien les juifs que les noirs.

Les néo-nazis ont porté des torches et ont déclaré que « les Juifs ne nous remplaceront pas » alors qu’ils traversaient le campus de l’Université de Virginie vendredi. Et mardi, Chris Cantwell, un chef suprématisme blanc, a déclaré à Vice News qu’il voulait un président qui « ne donne pas sa fille à un juif ».
Charlottesville: Race and Terror – VICE News Ce soir sur HBO Video par VICE News
Dans ses commentaires mardi, M. Trump a appelé les néo-nazis lors des manifestations « des personnes mauvaises», mais il a défendu beaucoup de ceux qui sont venus au rassemblement.

« On dirait qu’ils ont eu des personnes grossières, mauvaises, des néonazis, des nationalistes blancs, comme vous voulez les désigner », a déclaré le président. « Mais vous avez eu beaucoup de gens dans ce groupe qui étaient là pour protester innocemment et protester très légalement ».

Les partisans juifs de M. Trump à l’extérieur de l’administration ont également été très silencieux mercredi. Sheldon Adelson, le megadonor juif de Las Vegas, qui était un passionné de la campagne de M. Trump, n’a pas fait de déclaration.

Michael D. Cohen, l’avocat personnel du président, qui est juif, a défendu M. Trump en réponse à la question d’un journaliste mercredi.« Je connais le président Trump et son cœur », a commenté M. Cohen. « C’est un homme bon et il n’y a pas une once de racisme en lui. Tout le matin, je reçois des commentaires horribles sur l’anti-noir, le raciste, etc. que serait  Trump. C’est tout simplement faux! » 

M. Cohen a énormément dénoncé « la suprématie blanche, le nationalisme blanc, les croyances nazies et la haine de toute personne fondée sur la race, la religion, la croyance, la couleur ou l’orientation sexuelle ». Mais il a ajouté: « Trump n’est pas un raciste et moi non plus. Les attaques contre Lui et tous ceux qui l’accompagnent sont dégoûtantes, honteuses  et blessantes»

Sam Nunberg, un ancien conseiller de la campagne Trump qui a été congédié après avoir publié des messages sur le plan racial de Facebook, est également venu à la défense du président.

« J’ai passé des milliers d’heures avec cet homme. Il n’a pas une seule once d’antisémitisme en lui », a déclaré M. Nunberg, juif, lors d’une interview téléphonique. M. Nunberg a condamné les manifestants néo-nazis comme « un tas de gens dégoûtants. Beaucoup de personnes disent des choses antisémites. » 

Il a ajouté qu’il était déçu des commentaires de M. Trump mardi parce qu’ils laissaient la porte ouverte à l’interprétation et aux malentendus.

M. Nunberg a déclaré qu’il ne croyait pas que M. Mnuchin ou M. Cohn devraient faire connaître leur point de vue.

« C’est une situation dans laquelle il ne peuvent que perdre », a déclaré M. Nunberg. « Si M. Mnuchin ou M. Cohn font une déclaration, alors? est-ce qu’ils sont supposés démissionner? Ils ont la responsabilité de mener à bien leur travail. » 

Le représentant Lee Zeldin, un républicain juif de New York, a pris la défense du président pour avoir noté qu’il y avait de la violence des deux côtés, mais il a ajouté que « ces deux côtés ne sont pas égaux. Ils sont différents. »

Julian Assange demande pourquoi les États-Unis n’ont rien dit lorsque Obama a soutenu les néo-nazis ukrainiens

 

17 Août 2017
Bonne Question et elle ne devrait pas se limiter à la seule Ukraine? C’est toute la politique des Etats-Unis et de leurs alliés, toute la manière dont notre presse en rend compte.

Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a envoyé une série de Tweets très pertinents au sujet de la récente manifestation de droite contre les protestations de gauche à Charlottesville qui ont entraîné une mort et des blessures multiples.

 

Il demande pourquoi il y aurait deux poids et deux mesures face à l’extrême-droite quand elle défile à Charlotteville ou en Ukraine et que les Etats-Unis la soutienne.

 

La même très pertinente question pourrait être posée à nos belles âmes de la presse française, des politiciens et de tous ceux qui continuent à feindre de ne rien voir pour soutenir les menées de l’OTAN. Ou pire encore qui ont choisi de présenter les mêmes au Venezuela comme l’image d’un peuple se révoltant contre un tyran…

 

Précurseurs et alliés du nazisme aux Etats-Unis

 

17 Août 2017

Racisme et eugénisme pendant l’entre-deux-guerres

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Ce n’est pas un des meilleurs films de Kazan, le Mur invisible est celui qui sépare les juifs des autres citoyens américains, un journaliste se fait passer pour juif pour y être confronté. Il découvre l’enfer alors que nous sommes aux lendemains de la deuxième guerre mondiale. Notons la présence de John Garfield, lui même juif et communiste qui va être une des victimes du Maccarthysme et en mourra. Il faut lire aussi les mémoires de Filler où le cinéaste juif alors jeune journaliste raconte l’horreur du racisme anti-noir dans les Etats du sud. Il y a une étroite solidarité entre noirs et juifs qui aux Etats-Unis n’est pas totalement oubliée

 

(note de Danielle Bleitrach).


Publié il y a un an, le roman de Philip Roth « Le Complot contre l’Amérique » imaginait l’arrivée à la présidence des Etats-Unis, en 1940, de Charles Lindbergh. Si la victoire du célèbre aviateur, antisémite notoire et sympathisant du régime nazi, sur Franklin Delano Roosevelt relève de la fiction, l’influence du nazisme outre-Atlantique était bien réelle. A preuve les écrits de Henry Ford. Plus : les tenants américains de l’eugénisme et du racisme ont inspiré Adolf Hitler.

 

par Michael Löwy & Eleni Varikas 
 
Le Monde diplomatique
Précurseurs et alliés du nazisme aux Etats-Unis

Certains, comme Daniel Goldhagen, ont essayé d’expliquer le nazisme par une perversité antisémite exclusivement allemande ; d’autres, comme Ernst Nolte, dans un esprit visiblement apologétique, parlent de comportement « asiatique » ou d’imitation des bolcheviks. Et si, comme l’a si tôt perçu Hannah Arendt, le racisme et l’antisémitisme nazis avaient plutôt des sources occidentales (1), et même des filiations nord-américaines ? En effet, parmi les lectures favorites des fondateurs du IIIe Reich se trouve le livre d’un personnage américain hautement représentatif : Henry Ford. Par ailleurs, les doctrines scientifiques et les pratiques racistes politiques et juridiques des Etats-Unis ont eu un impact non négligeable sur les courants équivalents en Allemagne.

 

Cette connexion américaine remonte tout d’abord à la longue tradition de la fabrication juridique de la race – une tradition qui exerce une grande fascination sur le mouvement nazi dès ses origines. En effet, pour des raisons historiques, liées entre autres à la pratique ininterrompue, des siècles durant, de l’esclavage des Noirs, les Etats-Unis offrent le cas peut-être unique d’une métropole qui a exercé, et sur son propre sol, une classification raciste officielle comme fondement de la citoyenneté.

 

Qu’il s’agisse des définitions de la « blancheur » et de la « noirceur » qui, nonobstant leur instabilité, se succèdent depuis trois siècles et demi comme catégories juridiques, qu’il s’agisse des politiques d’immigration enviées par Adolf Hitler dès les années 1920 ou encore des pratiques de stérilisation forcée dans certains Etats plusieurs décennies avant la montée du nazisme en Allemagne, la connexion américaine offre un terrain privilégié, bien qu’aucunement unique, pour repenser les sources proprement modernes du nazisme, les continuités inavouées de celui-ci avec certaines pratiques politiques des sociétés occidentales (y compris démocratiques).

 

La stérilisation forcée institutionnalisée

 

Denoncer l’antisémitisme et le judéocide est une des composantes importantes de la culture politique dominante des Etats-Unis aujourd’hui. Tant mieux. Il règne, en revanche, un silence gêné sur les liens, les affinités, les connexions entre personnages importants de l’élite économique et scientifique du pays et l’Allemagne nazie. Ce n’est qu’au cours des dernières années que sont parus des livres qui abordent de front ces questions embarrassantes. Deux de ces ouvrages nous semblent mériter une attention particulière : The Nazi Connection (2), de Stefan Kühl, et The American Axis (3), de Max Wallace. Kühl est un universitaire allemand qui a fait des recherches aux Etats-Unis, et Wallace un journaliste américain établi de longue date au Canada.

 

« Il y a aujourd’hui un pays où l’on peut voir les débuts d’une meilleure conception de la citoyenneté », écrivait Hitler en 1924. Il se référait à l’effort des Etats-Unis pour maintenir la « prépondérance de la souche nordique », pour leur politique relative à l’immigration et à la naturalisation. Le projet d’« hygiène raciale » développé dans Mein Kampf prenait pour modèle l’Immigration Restriction Act (1924), qui interdisait l’entrée des Etats-Unis aux individus souffrant de maladies héréditaires ainsi qu’aux migrants en provenance de l’Europe du Sud et de l’Est. Quand, en 1933, les nazis ont mis en place leur programme pour l’« amélioration » de la population par la stérilisation forcée et la réglementation des mariages, ils se sont ouvertement inspirés des Etats-Unis, où plusieurs Etats appliquaient déjà depuis des décennies la stérilisation des « déficients », une pratique sanctionnée par la cour suprême en 1927.

 

L’étude remarquable de Kühl retrace cette sinistre filiation en étudiant les liens étroits qui se tissent entre eugénistes américains et allemands de l’entre-deux-guerres, les transferts des idées scientifiques et des pratiques juridiques et médicales. Bien documentée et défendue avec rigueur, la thèse principale de l’auteur est que le soutien continu et systématique des eugénistes américains à leurs collègues allemands jusqu’à l’entrée des Etats-Unis dans la seconde guerre mondiale, leur adhésion à la plupart des mesures de la politique raciale nazie ont constitué une source importante de légitimation scientifique de l’Etat raciste de Hitler.

 

A l’encontre d’une partie considérable de l’historiographie dominante, Kühl montre que les eugénistes américains qui se sont laissé séduire par la rhétorique nazie de l’hygiène raciale n’étaient pas qu’une poignée d’extrémistes ou de marginaux, mais un groupe considérable de scientifiques dont l’enthousiasme ne s’est pas atténué quand cette rhétorique est devenue réalité. L’étude des mutations de ces rapports entre les deux communautés scientifiques permet au sociologue et historien allemand de mettre en lumière les aspects multiples de l’influence qu’ont exercée sur les adeptes de l’hygiène raciale les « progrès » de l’eugénisme américain – notamment l’efficacité d’une politique d’immigration qui « combinait la sélection ethnique et eugéniste » – et le succès qu’a connu le mouvement eugéniste américain en faisant adopter des lois en faveur de la stérilisation forcée.

 

Pendant que, dans la république de Weimar, travailleurs sociaux et responsables de la santé publique se préoccupaient de réduire les coûts de la protection sociale, les spécialistes de l’hygiène raciale avaient les yeux tournés vers les mesures de stérilisation forcée pratiquées dans plusieurs Etats de l’Amérique du Nord pour réduire le coût des « déficients ». La référence aux Etats-Unis, premier pays à institutionnaliser la stérilisation forcée, abonde dans toutes les thèses médicales de l’époque. Une des explications souvent avancées pour expliquer ce statut d’avant-garde dont jouissait l’eugénisme américain était la présence des Noirs, qui aurait « obligé très tôt la population blanche à recourir à un programme systématique d’amélioration de la race ». Cette même explication sera avancée plus tard par les apologètes américains du régime nazi comme le généticien T. U. H. Ellinger, qui comparait la persécution des Juifs au traitement brutal des Noirs aux Etats-Unis.

 

Avec la montée du nazisme, les eugénistes américains, à l’exemple de Joseph DeJarnette, membre d’un mouvement de promotion de la stérilisation en Virginie, découvrent avec surprise et fascination que « les Allemands nous battent à notre propre jeu… ». Ce qui n’empêche pas, du moins jusqu’à l’entrée en guerre des Etats-Unis (décembre 1941), leur soutien actif aux politiques racistes des nazis, pas plus que le silence de la grande majorité des eugénistes devant la persécution des Juifs et des Tziganes, des Noirs du IIIe Reich. Certes la communauté eugéniste ne fut pas homogène, comme le montrent les dénonciations virulentes de scientifiques comme les eugénistes socialistes Herman Muller et Walter Landauer ; celles du généticien progressiste L. C. Dunn et du célèbre anthropologue Franz Boas. Mais, contrairement aux deux derniers, qui étaient critiques envers l’eugénisme, Muller et Landauer menaient une critique « scientifique » du nazisme qui, tout en niant la hiérarchie des races, reconnaissait le besoin d’améliorer l’espèce humaine par la promotion de la reproduction des individus « capables » et la prohibition de celle des individus « inférieurs ».

 

Un vocabulaire biologique, médical et hygiéniste

 

Le chapitre 6 du livre de Kühl, « Science et racisme. L’influence des concepts différents de la race sur les attitudes envers les politiques racistes nazies », apporte un démenti à la thèse canonique selon laquelle les tendances « pseudo-scientifiques » de l’eugénisme américain – responsables de la loi raciste de 1924 sur l’immigration – auraient cédé la place, dès les années 1930, à un eugénisme progressiste plus « scientifique » en rupture totale avec l’hygiène raciale.

 

La typologie complexe que construit l’auteur démontre que les différenciations au sein du mouvement eugéniste américain n’avaient rien à voir avec son devenir plus « scientifique ». Il souligne que la lutte à l’intérieur de la communauté scientifique internationale au sujet de la politique raciale nazie était avant tout une lutte entre des positions scientifiques divergentes relatives à l’amélioration de la race et aux moyens scientifiques, économiques et politiques pour y parvenir.

 

C’est la raison pour laquelle l’auteur propose deux notions – « racisme ethnique » et « racisme génétique » –, qu’il estime nécessaires pour la compréhension du phénomène étudié. Le premier fut condamné ouvertement par le tribunal de Nuremberg en 1946 ; pour le second, ce fut plus difficile. D’une part, la plupart des hygiénistes raciaux n’ont pas été jugé(e)s pour la stérilisation forcée de quatre cent mille personnes. D’autre part, la recherche récente a montré qu’une partie de l’accusation a essayé de présenter les massacres de masse et les expériences dans les camps comme des pratiques séparées de l’« eugénisme authentique ».

 

En 1939, Ellinger écrivait dans le Journal of Heredity que la persécution des juifs n’était pas une persécution religieuse, mais « un projet d’élevage de grande échelle visant à éliminer de la nation les attributs héréditaires de la race sémitique ». Et d’ajouter : « Mais quand il s’agit de savoir comment le projet d’élevage peut être réalisé avec la plus grande efficacité, une fois que les politiciens ont décidé de sa désirabilité, même la science peut assister les nazis. » Quelques années plus tard, Karl Brandt, le chef du programme d’élimination des personnes handicapées, déclarait devant ses juges que celui-ci avait été fondé sur des expériences américaines dont certaines dataient de 1907. Il citait pour sa défense Alexis Carrel, dont une de nos universités portait encore récemment le nom (4).

 

L’ouvrage de Wallace analyse les rapports avec le nazisme de deux icônes américaines du XXe siècle : le constructeur automobile Ford et l’aviateur Charles Lindbergh. Ce dernier, consacré héros de l’aviation après avoir traversé pour la première fois l’Atlantique (1927), va jouer un rôle politique significatif dans les années 1930, comme sympathisant américain du IIIe Reich et, à partir de 1939, comme un des organisateurs (avec Ford) de la campagne contre Roosevelt, accusé de vouloir intervenir en Europe contre les puissances de l’Axe.

 

Moins connu, le cas de Ford est plus important. Comme le montre très bien Wallace – c’est un des points forts de son livre –, The International Jew (1920-1922), de Ford (lire « Henry Ford, inspirateur d’Adolf Hitler »), inspiré par l’antisémitisme le plus brutal, a eu un impact considérable en Allemagne. Traduit dès 1921 en Allemand, il a été l’une des principales sources de l’antisémitisme national-socialiste et des idées de Hitler. Dès décembre 1922, un journaliste du New York Times visitant l’Allemagne, raconte que « le mur situé derrière la table de Hitler, dans son bureau privé, est décoré d’un large tableau représentant Henry Ford ». Dans l’antichambre, une table était couverte d’exemplaires de Der Internationale Jude. Un autre article du même journal américain publie, en février 1923, les déclarations d’Erhard Auer, vice-président de la Diète bavaroise, accusant Ford de financer Hitler, parce qu’il était favorable à son programme prévoyant l’« extermination des Juifs en Allemagne ».

 

Wallace observe que cet article est une des premières références connues aux projets exterminateurs du dirigeant nazi. Enfin, le 8 mars 1923, dans une interview au Chicago Tribune, Hitler déclarait : « Nous considérons Heinrich Ford comme le leader du mouvement fascisti croissant en Amérique. (…) Nous admirons particulièrement sa politique antijuive, qui est celle de la plate-forme des fascisti bavarois (5). » Dans Mein Kampf, qui paraîtra deux ans plus tard, l’auteur rend hommage à Ford, le seul individu qui résiste aux Juifs en Amérique, mais sa dette envers l’industriel est bien plus importante. Les idées de The International Jew sont omniprésentes dans le livre, et certains passages en sont extraits presque littéralement, notamment en ce qui concerne le rôle des conspirateurs juifs dans les révolutions en Allemagne et en Russie.

 

Quelques années plus tard, en 1933, une fois le parti nazi au pouvoir, Edmund Heine, le gérant de la filiale allemande de Ford, a écrit au secrétaire de l’industriel américain, Ernest Liebold, pour lui raconter que The International Jew était utilisé par le nouveau gouvernement pour éduquer la nation allemande dans la compréhension de la « question juive » (6). En rassemblant cette documentation, Wallace a établi, de manière incontestable, que le constructeur automobile américain avait compté au nombre des sources les plus significatives de l’antisémitisme du national-socialisme.

 

Comme le rappelle Wallace, Hitler fit attribuer en 1938 à Ford, par l’intermédiaire du consul allemand aux Etats-Unis, la grande croix de l’ordre suprême de l’Aigle allemand, une distinction créée en 1937 pour honorer de grandes personnalités étrangères. Auparavant, la médaille, une croix de Malte entourée de svastikas, avait été attribuée à Benito Mussolini.

 

Cependant, Wallace ne nous explique pas pourquoi, considérant l’abondance des travaux antisémites européens, notamment allemands, l’auteur de Mein Kampf a été à ce point fasciné par l’ouvrage américain. Pourquoi a-t-il orné son bureau du portrait de Ford, et non de celui de Paul Lagarde, Moeller Van der Bruck et de tant d’autres illustres idéologues antisémites allemands ? Outre le prestige associé au nom de l’industriel, il semble que trois raisons peuvent expliquer cet intérêt pour The International Jew : la modernité de l’argument, son vocabulaire « biologique », « médical » et « hygiéniste » ; son caractère de synthèse systématique, articulant dans un discours grandiose, cohérent et global, l’ensemble des diatribes antisémites de l’après-guerre ; enfin, sa perspective internationale, planétaire, mondiale.

 

« Je l’ai lu et je suis devenu antisémite »

 

Wallace montre, documents à l’appui, que Hitler n’a pas été le seul des dirigeants nazis à éprouver l’influence du livre fabriqué à Dearborn. Baldur von Schirach, leader de la Hitlerjugend et, plus tard, gauleiter de Vienne, déclara, lors du procès de Nuremberg : « Le livre antisémite décisif que j’ai lu à cette époque, et le livre qui a influencé mes camarades, est celui de Henry Ford, The International Jew. Je l’ai lu et je suis devenu antisémite. » Joseph Goebbels et Alfred Rosenberg figurent également parmi les dirigeants ayant mentionné cet ouvrage au nombre des référence importantes de l’idéologie du Parti national-socialiste allemand (NSDAP) (7).

 

En juillet 1927, menacé d’un procès en diffamation et inquiet de la chute des ventes de ses voitures, Ford s’était livré à une rétractation en bonne et due forme. Dans un communiqué de presse, il affirmait sans broncher ne « pas avoir été informé » du contenu des articles antisémites parus dans The Dearborn Independent, et il demandait aux Juifs « pardon pour le mal involontairement infligé » par le pamphlet The International Jew (8). Jugée peu sincère par une bonne partie de la presse américaine, cette déclaration a cependant permisà Ford de dégager sa responsabilité pénale. Elle ne l’a pas empêché de continuer à soutenir, en sous-main, une série d’activités et de publications à caractère antisémite (9).

 

« Ford précurseur du nazisme » a été largement occulté aux Etats-Unis, au profit du grand industriel moderne promoteur de la voiture fabriquée en série et vendue à bon marché. C’est cet homme que l’écrivain anglais Aldous Huxley présentait ironiquement, dans Le Meilleur des mondes (1932), comme une divinité moderne, la prière adressée à « Our Ford » remplaçant l’ancienne dirigée à « Our Lord » (« Notre Seigneur »).

 

Ce long silence gêné est compréhensible. Le « cas » Ford soulève des questions délicates sur la place du racisme dans la culture nord-américaine et sur les rapports entre notre « civilisation occidentale » et le IIIe Reich, entre la modernité et l’antisémitisme le plus délirant, entre progrès économique et régression humaine. Le terme de « régression » n’est d’ailleurs pas pertinent : un livre comme The International Jew n’aurait pas pu être écrit avant le XXe siècle, et l’antisémitisme nazi est lui aussi un phénomène radicalement nouveau. Le dossier Ford jette une lumière crue sur les antinomies de ce que Norbert Elias appelait le « processus de civilisation ».

 

Michael Löwy

Directeur de recherches émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
 

Eleni Varikas

Professeure à l’université Paris-VIII (Saint-Denis).

 

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(1) Cf. la démonstration qu’a faite Hannah Arendt, en ce qui concerne le colonialisme, l’impérialisme et l’antisémitisme européens, dans le premier et le deuxième volume des Origines du totalitarisme. Pour une actualisation et un enrichissement de cette thèse, cf. Enzo Traverso, La Violence nazie, Paris, La Fabrique, 2002.

(2) Stefan Kühl, The Nazi Connection. Eugenics, American Racism, and German National Socialism, Oxford University Press, New York, 1994.

(3) Max Wallace, The American Axis. Henry Ford, Charles Lindbergh, and the Rise of the Third Reich, St. Martin’s Press, New York, 2004.

(4) La faculté de médecine Lyon-I, jusqu’en 1996.

(5) Max Wallace, The American Axis, p. 45-46.

(6) Ibid., p. 130.

(7) Ibid., p. 42, 57.

(8) Ibid., p. 31-33.

(9) Sur les connexions antisémites et philonazies de Ford dans les années 1930, et sur son alliance avec Lindbergh, lire les pages 124 à 145 et 239 à 266.

VOIR AUSSI

  • Henry Ford, inspirateur d’Adolf Hitler

    Michael Löwy
    Avec le livre The International Jew, de Henry Ford , nous ne sommes plus du tout dans l’antijudaïsme traditionnel, d’inspiration religieuse, mais dans quelque chose de radicalement différent. Cet ouvrage en (…) →

Aux Etats-Unis, « d’abominables lynchages »

 

16 Août 2017

Auteur: 
Marina Bellot
 
 
Un de mes souvenirs d’enfant très fort, et c’est peut-être ce qui m’a éloigné à jamais des Etats-Unis contre lesquels je n’avais aucune raison d’avoir de la prévention, était le récit des horreurs racistes dans le sud. J’ai toujours détesté le racisme et je faisais à huit ans le rêve d’épouser soit un noir, un asiatique ou un « peau-rouge » et l’enfant que nous aurions épouserait lui-même un autre jusqu’à ce que tout ça soit mélangé, c’est ce que j’ai découvert avec joie à Cuba. Résultat ces gens étaient d’abominables barbares stupides.
 
(note de Danielle Bleitrach)
Le Petit Journal Supplément du dimanche du 7/10/1906 – Source : BnF RetroNews
 
Entre la fin du xixe et la première moitié du xxe siècle, la haine raciale entretenue par le ku klux klan donne lieu à une violence inouïe contre les noirs. La presse française s’en fait volontiers l’écho.

4000 noirs ont été exécutés sans jugement aux États-Unis entre la fin du XIXe et la première moitié du XXe siècle selon une étude de 2015 de l’association américaine de défense des droits de l’homme, l’Equal justice initiative, réévaluant de plusieurs centaines de nouveaux cas les précédentes estimations.

 

Fusillades, pendaisons, noyades, supplices du feu, mais aussi mises en scène macabres, corps marqués au fer des lettres KKK ou badigeonnés de goudron bouillant puis couverts de plumes… Ces actes de torture et exécutions sommaires ont pour une large part été perpétrés ou encouragés par le Ku Klux Klan, né sur les ruines de la guerre de Sécession.

 

L’organisation, créée en 1865 par des officiers sudistes hostiles à l’abolition de l’esclavage et aux droits civiques accordés aux noirs, prône alors la suprématie de la race blanche et se livre à des campagnes de lynchage d’une violence inouïe.

 

En France, les informations concernant les « lynchages de nègres » apparaissent dans la presse à partir des années 1890.

 

En 1904, L’Humanité dresse un état des lieux de la ségrégation qui sévit outre-Atlantique :

« Quelques exemples récents de lynchage de noirs aux États-Unis ont montré combien les questions de couleur et de race demeurent vivantes sur la terre de Washington. On s’imagine difficilement en effet à quel point est parvenue la persécution des Noirs dans les États du Sud. »

https://www.retronews.fr/embed-journal/l-humanite/23-septembre-1904/40/344253/1?fit=369.2895.640.414

 

Et le journaliste d’énumérer :

« En Virginie, blancs et nègres ne doivent s’asseoir côte à côte dans le même tramway. En Tennessee, les noirs ne peuvent pas faire partie du jury et les lois ordonnent la séparation des races sur les voies ferrées. Dans un autre État, tout récemment, un pasteur protestant de couleur qui stationnait dans un wagon « blanc » fut saisi et fouetté par les autres voyageurs.

 

Un mulâtre ne peut pénétrer dans les temples destinés aux blancs. Les enfants noirs fréquentent des écoles spéciales pour les noirs. Presque tous les États, même ceux du Nord, défendent le mariage entre blancs et noirs. À New-Jersey, les gens de couleur ne peuvent pas se baigner dans l’Océan aux mêmes heures que les blancs. Enfin, touchant exemple de fraternité évangélique, les associations chrétiennes de jeunes gens sont impitoyablement fermées aux noirs. Et cette servitude pèse sur plus de dix millions de nègres. »

Aux États-Unis, les journaux locaux assurent la publicité des lynchages, qui deviennent un véritable argument de vente : photos chocs et textes à sensation se multiplient, donnant à voir de manière toujours plus spectaculaire la violence envers les Noirs. Les photos des scènes de torture peuvent s’acheter séparément et, au début du XXe siècle, des cartes postales illustrées voient même le jour…

 

De leur côté, les journaux français s’émeuvent régulièrement des « horribles lynchages » pratiqués outre-Atlantique… tout en ne se privant pas de faire leur le slogan américain « If it bleads, it leads » (« Le sang c’est vendeur »).

 

En 1906, c’est une véritable scène de guerre que décrit Le Petit Journal, qui y consacre aussi une spectaculaire couverture. La ville d’Atlanta est alors à feu et à sang après la publication dans les journaux locaux d’informations faisant état d’« attentats contre des personnes de race blanche » :

« Aussitôt, une fureur s’empara de la foule qui se mit à parcourir les rues en poussant des cris de mort. Comme obéissant à un plan concerté à l’avance, les manifestants, concentrés devant les bureaux des principaux journaux, se partagèrent en bandes qui se précipitèrent vers les différents quartiers habités par les nègres. (…)

 

Les manifestants arrêtaient les hommes et les femmes de couleur qu’ils rencontraient et les battaient à mort. Sur certains points de la ville, la populace blanche dévasta plusieurs boutiques de barbiers nègres qui furent traînés dans les rues et massacrés. Un grand hôtel, qui emploie des domestiques nègres, fut envahi par la foule qui maltraita les hommes de couleur et tenta de mettre le feu à l’hôtel. Le pillage se concentra dans une rue où se trouvent de nombreux magasins appartenant à des nègres. Ces sanglants désordres se prolongèrent toute la nuit. »

https://www.retronews.fr/embed-journal/le-petit-journal-supplement-du-dimanche/07-octobre-1906/82/397171/2?fit=31.56.936.638

 

« En 55 ans, 4 674 nègres ont été brûlés ! » titre en 1937 Paris-Soir, dont l’envoyé spécial en Alabama raconte sa rencontre avec un dentiste noir, « un nègre intelligent et cultivé qui souffre dans sa chair toutes les souffrances de sa race » qui entreprend de lui montrer toute la documentation qu’il a accumulée sur les cas de lynchage. Avant de conclure :

« Tant que le lynchage existe, la société elle-même est en danger. Tant qu’on laisse la populace agir à son gré, on n’a aucune garantie que cette populace n’annihilera pas un beau jour la société elle-même. »

https://www.retronews.fr/embed-journal/paris-soir/14-octobre-1937/131/108345/7?fit=61.210.1116.691

Lettre de Karl Marx à Abraham Lincoln : Mort à l’esclavage

 

15 Août 2017

Abraham_Lincoln_November_1863-1

Mort à l’esclavage.

 

L’esclavage a été aboli en France le 27 avril 1848. Ailleurs dans le monde, les autres puissances occidentales tardèrent à proscrire cette pratique honteuse, symbole de l’impérialisme et du colonialisme. Ce crime contre l’humanité (comme le définit depuis mai 2012 la loi Taubira), a fédéré la lutte de nombreux esprits, courants et idéologies opposés. Exemple majeur, Karl Marx se range aux côtés d’Abraham Lincoln dans une lettre historique.

Lettres

30 décembre 1864

 

Nous complimentons le peuple américain à l’occasion de votre réélection à une forte majorité. Si la résistance au pouvoir des esclavagistes a été le mot d’ordre modéré de votre première élection, le cri de guerre triomphal de votre réélection est : mort à l’esclavage.

 

Depuis le début de la lutte titanesque que mène l’Amérique, les ouvriers d’Europe sentent instinctivement que le sort de leur classe dépend de la bannière étoilée. La lutte pour les territoires qui inaugura la terrible épopée, ne devait-elle pas décider si la terre vierge de zones immenses devait être fécondée par le travail de l’émigrant, ou souillée par le fouet du gardien d’esclaves ?

 

Lorsque l’oligarchie des trois cent mille esclavagistes osa, pour la première fois dans les annales du monde, inscrire le mot esclavage sur le drapeau de la rébellion armée ; lorsque à l’endroit même où, un siècle plus tôt, l’idée d’une grande république démocratique naquit en même temps que la première déclaration des droits de l’homme qui ensemble donnèrent la première impulsion à la révolution européenne du 18ème siècle, alors les classes ouvrières d’Europe comprirent aussitôt, et avant même que l’adhésion fanatique des classes supérieures à la cause des confédérés ne les en eût prévenues, que la rébellion des esclavagistes sonnait le tocsin pour une croisade générale de la propriété contre le travail et que, pour les hommes du travail, le combat de géant livré outre-Atlantique ne mettait pas seulement en jeu leurs espérances en l’avenir, mais encore leurs conquêtes passées. C’est pourquoi, ils supportèrent toujours avec patience les souffrances que leur imposa la crise du coton et s’opposèrent avec vigueur à l’intervention en faveur de l’esclavagisme que préparaient les classes supérieures et « cultivées », et un peu partout en Europe contribuèrent de leur sang à la bonne cause.

 

Tant que les travailleurs, le véritable pouvoir politique du Nord permirent à l’esclavage de souiller leur propre République ; tant qu’ils glorifièrent de jouir du privilège d’être libres de se vendre eux-mêmes et de choisir leur patron, ils furent incapables de combattre pour la véritable émancipation du travail ou d’appuyer la lutte émancipatrice de leurs frères européens.

 

Les ouvriers d’Europe sont persuadés que si la guerre d’indépendance américaine a inauguré l’époque nouvelle de l’essor des classes bourgeoises, la guerre anti-esclavagiste américaine a inauguré l’époque nouvelle de l’essor des classes ouvrières. Elles considèrent comme l’annonce de l’ère nouvelle que le sort ait désigné Abraham Lincoln, l’énergique et courageux fils de la classe travailleuse, pour conduire son pays dans la lutte sans égale pour l’affranchissement d’une race enchaînée et pour la reconstruction d’un monde social.

 

Depuis que Trump a menacé la Corée du Nord (la RPDC), du « feu et de la fureur » des Etats-Unis, la raison est revenue aux personnes dotées d’un minimum de bon sens. Les experts ont largement cessé de parler d’attaques préventives sur la Corée du Nord, attaques qui n’ont d’ailleurs jamais été sérieusement envisagées. La Corée du Nord a de nombreux moyens de riposter à une frappe et ils pourraient tous causer des dommages catastrophiques à la Corée du Sud et au Japon et, partant, aux intérêts américains en Asie.

 

Il est possible de dissuader la Corée du Nord d’utiliser ses armes nucléaires de la même manière qu’on en dissuade tous les États dotés d’armes nucléaires. Malheureusement, le conseiller en sécurité nationale McMaster n’a pas encore compris ce simple fait :

STEPHANOPOULOS : Mais votre prédécesseur, Susan Rice, a écrit cette semaine que les États-Unis pouvaient tolérer les armes nucléaires en Corée du Nord de la même manière que nous avons toléré les armes nucléaires en Union soviétique dans une bien plus grande mesure pendant la guerre froide. A-t-elle raison ?

 

MCMASTER : Non, elle a tort. Comment la théorie classique de la dissuasion pourrait-elle s’appliquer à un régime comme le régime de la Corée du Nord ? Un régime qui fait preuve d’une brutalité indescriptible envers son propre peuple ? Un régime qui constitue une menace permanente pour ses voisins dans la région et qui peut maintenant constituer une menace, une menace directe, pour les États-Unis avec ses armes de destruction massive ? Un régime qui emprisonne et menace quiconque semble s’opposer à lui, y compris les membres de sa propre famille, en utilisant du gaz Sarin dans un aéroport public ?

La dissuasion classique a marché contre l’Union soviétique aussi bien que contre la Chine de Mao. (Et à l’inverse, elle a également marché contre les États-Unis.) Comme la Corée du Nord, ces deux régimes étaient censément des régimes qui réprimaient brutalement les dissidents internes et menaçaient leurs voisins et les adversaires militaires des États-Unis. S’ils pouvaient être dissuadés, alors la Corée du Nord peut également l’être.

 

Pour ramener l’équipe Trump à la réalité, la Chine a réaffirmé qu’elle garantirait la sécurité de la Corée du Nord. The Global Times, un porte-parole non officiel du Parti communiste chinois, a écrit dans un éditorial :

« Il faudrait que la Chine précise également que si la Corée du Nord lance, la première, des missiles qui menacent le sol américain, et que les États-Unis ripostent, la Chine restera neutre, » [...].

 

« Mais si les États-Unis et la Corée du Sud se livrent à des frappes préventives et tentent de renverser le régime nord-coréen pour changer le modèle politique de la péninsule coréenne, la Chine les empêchera de le faire ».

Toute guerre non provoquée contre la Corée du Nord deviendrait donc une guerre avec la Chine et personne ne veut sérieusement se lancer dans une telle aventure. La seule voie raisonnable est de négocier un nouvel équilibre entre les intérêts nord-coréens et américains.

Les États-Unis continuent à mener des manœuvres à grande échelle avec la Corée du Sud et à faire voler des bombardiers stratégiques à capacité nucléaire près des frontières nord-coréennes. Cela force l’armée de la Corée du Nord à maintenir un niveau d’alerte élevé et coûteux, pour se prémunir contre de potentielles attaques surprises. L’une des raisons pour laquelle la Corée du Nord a développé l’arme nucléaire est de diminuer la nécessité d’être toujours prêt à se défendre dans une guerre conventionnelle.

 

La Corée du Nord a offert plusieurs fois de mettre fin à tous ses essais de missiles et d’armes nucléaires si les États-Unis arrêtaient leurs grandes manœuvres près de ses frontières. L’administration Trump a rejeté ses offres, mais la Corée du Nord vient d’augmenter la pression avec ses tests récents.

 

La semaine dernière, la Corée du Nord a de nouveau offert de limiter ses efforts si les États-Unis mettaient fin à certaines de leurs provocations. Elle a annoncé un éventuel test de quatre missiles en direction de la base des États-Unis sur l’île de Guam. Les bombardiers américains stratégiques qui volent près de la Corée du Nord décollent habituellement de Guam. Peu de personnes ont remarqué que l’annonce était assortie d’une condition et d’une offre :

Les bombardiers stratégiques nucléaires venant de Guam qui volent au-dessus de la Corée du Sud mènent ouvertement des exercices de guerre réelle avec toute la force nécessaire pour frapper les bases stratégiques de la RPDC. Cette situation extrême force la KPA (armée nord-coréenne, ndt) à surveiller constamment Guam, l’avant-poste et la tête de pont des Etats-Unis pour envahir la RPDC, et à prendre les mesures nécessaires, des mesures concrètes de grande envergure, pour empêcher cela.

Dans la matinée du 8 août, les pirates aériens de Guam sont apparus dans le ciel au-dessus de la Corée du Sud pour mettre en scène une série d’exercices simulant une guerre réelle dignes d’un fou furieux.
...
[Les États-Unis] devraient immédiatement arrêter leurs provocations militaires irresponsables contre la Corée du Nord sinon elle sera obligée de faire un choix militaire inévitable.

En d’autres termes : Arrêtez les vols en provenance de Guam sinon nous allons tester nos missiles en ciblant des zones proches de l’île. Les États-Unis n’ont aucune défense capable de détruire quatre missiles lancés simultanément vers Guam. Si la Corée du Nord mettait sa menace à exécution, les États-Unis perdraient la face. S’ils essayaient d’intercepter les missiles et qu’ils échouaient, ils perdraient encore plus la face. Je suis convaincu que les vols stratégiques des bombardiers de Guam au-dessus de la Corée du Sud cesseront bientôt.

 

Plusieurs commentateurs ont affirmé que les États-Unis exagéraient les capacités nord-coréennes. Que la confirmation par les services de Renseignements de l’existence de têtes nucléaires miniaturisés en Corée du Nord est un mensonge, que les missiles nord-coréens ne sont pas assez puissants pour atteindre les États-Unis ou que les têtes nucléaires utilisées par la Corée du Nord dans les essais récents ne sont pas suffisamment solides pour protéger leur charge nucléaire en rentrant dans l’atmosphère. Mais la Corée du Nord a exhibé une tête nucléaire miniaturisée en mars 2016. La portée d’un missile est variable et dépend en grande partie de la taille de la charge utile et du temps de combustion, et l’échec du test du 16 avril 2017 vient de la trajectoire inhabituelle que la Corée du Nord avait choisie pour le test. Il y a plus de 50% de chance que la Corée du Nord dise la vérité quand elle prétend pouvoir frapper les États-Unis. Il faut se résoudre à l’évidence et accepter l’idée que la Corée du Nord est désormais un État doté d’armes nucléaireset que ses multiples missiles nucléaires sont en capacité d’atteindre les États-Unis.

 

Ceux qui disent que les agences de renseignement des États-Unis exagèrent les capacités nord-coréennes mentent probablement. Mais ils ont raison de le faire pour essayer d’empêcher l’administration Trump, le Pentagone et les marchands d’armes d’en profiter pour faire avancer leurs objectifs et/ou leurs intérêts.

 

Un expert en marketing de défense antimissile a déclaré aujourd’hui que les moteurs des lanceurs de missiles nord-coréens utilisés dans les essais récents ont été achetés dans des usines d’Ukraine ou de Russie. Les propagandistes patentés du New York Times ont repris sa déclaration pour alimenter leur parti-pris anti-russe :

Mr. Elleman n’a pas pu exclure la possibilité qu’une grande entreprise de missiles russes, Energomash, qui a de solides liens avec le complexe ukrainien, ait joué un rôle dans le transfert de la technologie des moteurs RD-250 vers la Corée du Nord. Il a déclaré que les moteurs RD-250 restants pourraient également être stockés dans des entrepôts russes.

Mais les moteurs en question sont d’une taille et d’une force différentes de celles des moteurs R-250 et les événements ne peuvent pas s’être déroulés dans le temps comme ils le prétendent. Le gouvernement ukrainien a nié tout transfert de missiles ou de plans. L’article a été réfuté en l’espace de quelques heures par deux experts éminents. Mais impliquer la Russie, même si c’est saugrenu, est toujours une bonne chose si l’on veut vendre plus d’armes.

 

Un des dadas du Pentagone est le système de défense antimissile de moyenne portée THAAD qui va maintenant être installé en Corée du Sud. Ceci, alors que le Pentagone est incapable de défendre la Corée du Sud même contre les missiles nord-coréens de courte portée. Le système antimissile cible clairement la Chine.

 

L’admirateur de Reagan qui règne actuellement à la Maison Blanche pourrait bientôt relancer l’Initiative de défense stratégique de Reagan, surnommée la « guerre des étoiles », lancée en 1984. L’Initiative incarnait le rêve coûteux et irréaliste des lasers et autres gadgets dans l’espace. Dans le cadre de l’Initiative, les militaires américains ont injecté des centaines de milliards dans un système de défense global contre les missiles balistiques, qui aurait protégé les États-Unis contre les missiles intercontinentaux. Le programme a été enterré au début des années 1990. Un des rejetons de la guerre des étoiles a survécu. C’est le National Missile Defense (bouclier anti-missile) avec ses 40 intercepteurs en Alaska et en Californie. Il n’a jamais bien fonctionné et ne fonctionnera probablement jamais bien. Si le bouclier fonctionnait comme promis, il n’y aurait aucune raison de craindre les missiles intercontinentaux nord-coréens. La défense antimissile est en grande partie un moyen frauduleux de transférer des milliards de dollars des contribuables américains à divers conglomérats de fabricants d’armes.

 

Je m’attends à ce que la « menace » nord-coréenne soit bientôt utilisée pour lancer « Initiative de défense stratégique – Suite », dans un nouvel effort pour militariser l’espace en jetant des milliards de dollars dans des projets de « défense » futuristes complètement inutiles. Cela consolera le Pentagone des succès que la Corée du Nord vient de remporter en dépit des décennies de tentatives étatsuniennes pour la soumettre.

 

Moon of Alabama

»» http://www.moonofalabama.org/2017/08/north-korea-and-the-remake-of-rea...
URL de cet article 32197 

Quand Trump protège les fascistes aux USA

Publié le 13 Août 2017
Le KKK et le parti nazi américain
protégés de la Maison Blanche
 
Quand Trump protège les fascistes aux USA

 

Une voiture a foncé dans la foule de contre-manifestants venus s’opposer à un rassemblement unitaire de la droite radicale américaine : néonazis, suprémacistes blancs, Ku Klux Klan (KKK) jusqu’à la droite alternative ou Alt-Right, dont une partie au moins avait soutenu Donald Trump à l’élection présidentielle.

 

Suite aux provocations fascistes de la veille et les défilés en arme, la police en tenue anti-émeute avait  décidé  d’interdire la manifestation prévue le samedi 12 août en début d’après-midi aux groupuscules de l’extrême droite qui s'étaient donnés une nouvelle fois rendez-vous.  

 

Le gouverneur avait décrété l'état d'urgence.

 

La police a procédé à l’évacuation du parc public où s'étaient rassemblé les nazillons. Les forces de l’ordre ont procédé à un nombre inconnu d’interpellations.

 

Un véhicule a alors foncé sur des contre-manifestants antiracistes, venus dénoncer la présence dans la ville, samedi, de groupuscules radicaux et identitaires.

 

Le véhicule a fini sa course dans celui qui le précédait avant de repartir brutalement en marche arrière en dépit de la présence de blessés causés par sa première charge. Le maire de la ville a annoncé un peu plus tard le décès d’une personne, Une femme de 32 ans. On relève aussi une vingtaine de personnes blessées.

 

Trump la haine s'est manifesté de sa façon devenue habituelle : il a refusé de désigner un coupable en assurant condamner « dans les termes les plus forts possibles cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties ». Une formule qu’il a répétée à plusieurs reprises.

 

Le père de Bush était le banquier d'Hitler . Trump assure la protection de leurs héritiers.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Danger!! Docteur Trumplamort

Publié le 12 Août 2017

s'équipe pour la Corée du Nord !

 

Danger!! Docteur Trumplamort

Trump la mort toujours a affirmé vendredi que l'option militaire était «prête à l'emploi» contre le régime nord-coréen.

 

Répondre à un petit voyou qui trépigne devant le saloon qu'on est plus fort en menaçant de fracasser toute la boutique démontre un comportement des plus dangereux surtout quand on mesure que la boutique est la terre, la clientèle l'humanité et que le gamin (comme le patron du saloon) relève de la camisole.

 

Si le régime de Corée du nord n'est pas la tasse de thé du Canaille le Rouge, il n'est ni plus ni moins répréhensible que la kyrielle de dictatures qui subsistent grâce au soutien sans faille du gendarme américain. Son premier dirigeant pour peu fréquentable qu'il soit aux yeux de La Canaille ne l'est pas plus que d'autres dirigeants de pays en voie de nucléarisation, en gardant en tête que tout démarre à partir des deux premières bombes atomiques larguées par le pays du docteur Trumplamort en 1945 sur le Japon puis l'invasion de la Corée par les USA et ses complices dès 1950.

 

Outre Guam et la chaîne de base dans l'ouest du Pacifique, les USA disposent de  actuellement de 28'500 soldats au sud du 38ème parallèle: armée de l'air, armée de terre, infanterie de marine et, bien sûr, l'US Navy.

 

A Moscou, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s'est dit «très inquiet» des risques de conflit «très élevés» entre États-Unis et Corée du Nord. «Il est clairement temps pour toutes les parties de se concentrer sur les moyens de faire baisser les tensions», a renchéri Stéphane Parricide, porte-parole du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.

 

Tandis que le Quai d'Orsay et Matignon se taisent, que Macron macronise, dans le rôle de cheffe de poste avancée de l'UE, la Chancelière d'Allemagne s'est positionnée vendredi sur le cas de la Corée du Nord. Angela Merkel a indiqué qu'elle ne «voyait pas de solution militaire à ce conflit» et que l'Allemagne allait «s'engager de manière intensive aux possibilités de résolutions non militaires». Elle considère également l'escalade verbale comme une mauvaise réponse.

 

Façon de dire avec courtoisie que les rodomontades de Trump la mort commence à plus qu'irriter y compris la garde rapprochée de ses meilleurs alliés.

 

Danger!! Docteur Trumplamort

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Prodigue en bonnes paroles, l’Occident se veut l’incarnation des valeurs universelles. Ce parangon de la démocratie, ce champion des “droits de l’homme” convoque toujours ses vertus supposées à l’appui de ses prétentions hégémoniques. Comme si une bonne fée s’employait, magnanime, à faire coïncider sa morale et ses intérêts, il revêt ses ambitions matérielles des oripeaux de la justice et du droit. C’est ainsi que le “monde libre” pratique le bombardement de pays étrangers à des fins “démocratiques”, mais de préférence dans les contrées riches en hydrocarbures ou en ressources minières. Conjuguant la foi du charbonnier et la rapacité du capitaliste, il agit comme s’il pouvait convertir sa puissance économique en privilège moral.

 

Le reste du monde n’est pas dupe, mais finalement peu importe. “Le monde libre” a toujours raison car il est du côté du Bien, et il ne risque pas la contradiction aussi longtemps qu’il est le plus fort - c’est du moins ce qu’il croit dur comme fer. La barbarie congénitale qu’il attribue aux autres est l’envers de son monopole autoproclamé de la civilisation. Auréolé du sacro-saint “droit d’ingérence”, ce mariage réussi du sac de sable façon GI’s et du sac de riz façon Kouchner, l’Occident vassalisé par Washington s’imagine sans doute qu’il sauve le monde en le soumettant matin, midi et soir, à l’impitoyable razzia exigée par les vautours de la finance et les multinationales de l’armement.

 

Cette entreprise de domination, on le sait, ne date pas d’hier. Elle s’inscrit dans la longue durée historique chère à Fernand Braudel, celle de la constitution d’une “économie-monde”. Porté par sa longueur d’avance technologique, le monde occidental s’est lancé depuis la “Renaissance” à la conquête de l’orbe terrestre. Patiemment, il s’est approprié le monde des autres, il l’a façonné à son image, le contraignant à lui obéir ou à l’imiter, éliminant au passage tous ceux qu’il jugeait inassimilables. Sans que ce tour de passe-passe ne vienne troubler ses certitudes, l’Occident s’est pensé comme une métaphore du monde. Il n’en était qu’une partie, mais il voulait en devenir le tout, de la même façon que des pays représentant 10% de la population mondiale, aujourd’hui, se prennent pour la “communauté internationale”.

 

La conquête coloniale illustra au cours des trois derniers siècles cette propension de l’Occident à étendre son emprise au-delà de ses frontières en prétendant y apporter les bienfaits de la “civilisation”. Ce projet de domination planétaire fut mis en échec par la révolte généralisée des peuples colonisés au 20ème siècle, mais il connut une seconde chance avec son excroissance nord-américaine. L’“Amérique”, cet extrême-Occident découvert par un Christophe Colomb à la recherche de l’extrême-Orient, a hérité du Vieux Continent son ambition conquérante et sa rapacité commerciale. Convertissant leur absence de passé en promesse d’avenir, ces “Etats-Unis” surgis du néant dans l’atmosphère du puritanisme anglo-saxon ont magnifié cette ambition tout en l’unifiant à leur profit.

 

Au prix du génocide des Amérindiens, “l’Amérique” est alors devenue la nouvelle métaphore du monde.

 

Il n’est pas sûr que ce dernier y ait gagné au change. Les empires coloniaux ont succombé à leur insupportable archaïsme, tandis que l’hégémonie américaine s’exerce, elle, par les multiples canaux de la modernité technologique, de Google aux drones de combat. Du coup, elle paraît à la fois plus ductile et plus tenace. Ce qui lui donne sa souplesse commande aussi sa rémanence. Du casque blanc de l’administrateur colonial européen à l’écran digital de la cybernétique militaire US, une révolution a eu lieu. Elle a substitué à une domination abrupte, liquidée au cours d’une sanglante décolonisation, une entreprise hégémonique multiforme. Héritiers des trois “M” du colonialisme classique, les ONG made in USA ont remplacé les “missionnaires” chrétiens, les “marchands” sont devenus des multinationales et les “militaires” sont désormais bardés de haute technologie.

 

Fort de la bonne conscience indécrottable des “born again” du Middle West, l’Empire américain projette aujourd’hui sur le monde son manichéisme dévastateur. Les yeux ouverts, il rêve d’un partage définitif entre les bons et les méchants, pilier inébranlable d’un ethnocentrisme sans complexe. Le droit est forcément de son côté, puisqu’il incarne les valeurs cardinales de la “démocratie libérale”, des “droits de l’homme” et de “l’économie de marché”. C’est à l’évidence une idéologie grossière, masque frauduleux des intérêts les plus sordides, mais il faut avouer qu’elle est efficace. Si elle ne l’était pas, il y aurait peu de monde pour croire que les USA ont gagné la Seconde Guerre Mondiale, que le capitalisme est un bon système, que Cuba est un goulag tropical, qu’Assad est pire qu’Hitler et que la Corée du Nord menace le monde.

 

De cette intimité présumée avec le Bien, les thuriféraires de l’Empire nord-américain déduisent logiquement un droit préemptif à traquer le Mal sous toutes les latitudes. Aucun scrupule ne devant inhiber sa frénésie salvatrice, la civilisation au singulier dont il se croit l’incarnation s’attribue la prérogative expresse de réduire la barbarie par tous les moyens. C’est pourquoi l’impérialisme contemporain fonctionne comme une sorte de tribunal universel, qui distribue les récompenses et inflige les punitions à qui bon lui semble. Devant cette juridiction hautement “morale”, la CIA tient lieu de juge d’instruction, le Pentagone de bras séculier, et le président des Etats-Unis de juge suprême, sorte de “deus ex machina” d’une justice divine qui frappe de la foudre les suppôts de “l’Axe du Mal” et autres empêcheurs de tourner en rond dans l’arrière-cour de l’Empire du Bien.

 

Manifestement, cette tendance à se prendre pour l’incarnation de la Morale se situe du côté des structures, car la succession conjoncturelle - et trépidante - des locataires de “White House” n’y change rien. A Washington, la croisade contre les barbares sert invariablement de cache-sexe à la cupidité sans limite du complexe militaro-industriel et à l’emprise séculaire de l’Etat profond. D’Harry Truman à Donald Trump en passant par Barack Obama, de la Corée à la Syrie en passant par le Vietnam, l’Indonésie, l’Angola, le Mozambique, le Salvador, le Nicaragua, le Chili, l’Afrique du Sud, la Serbie, l’Afghanistan, le Soudan, la Somalie, l’Irak et la Libye, on administre la mort, directement ou par “proxies”, à tous ceux qui s’opposent au règne salvateur de la justice universelle.

 

Pour exécuter ses basses besognes, “l’Amérique” bienfaitrice a toujours su utiliser la main d’oeuvre locale. Franco, Hitler et Mussolini (jusqu’en 1939), Tchang Kaï-Tchek, Somoza, Syngman Rhee, Ngo Dinh Diem, Salazar, Batista, Mobutu, Marcos, Trujillo, Pik Botha, Duvalier, Suharto, Papadopoulos, Castelo Branco, Videla, Pinochet, Stroessner, Reza Chah Pahlevi, Zia Ul Haqq, Ben Laden, Uribe, le roi Salmane, Netanyahou, les nazis ukrainiens et les “terroristes modérés” du Moyen-Orient ont fourni un précieux concours. Leader incontesté du merveilleux “monde libre”, “l’Amérique” prétend incarner la civilisation au moment où elle vitrifie des populations entières à l’arme atomique, au napalm ou au missile de croisière, à défaut de leur infliger la mort lente par l’agent orange, l’uranium enrichi ou l’embargo sur les médicaments. Et elle ne manque pas de zélateurs jurant qu’elle rend des services irremplaçables à l’humanité, alors qu’à l’évidence la défaite de cet Empire criminel serait une excellente nouvelle.

 

Bruno GUIGUE

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12 août 2017

Bill Van Auken, Trump, déclencher « un feu et une fureur » à partir de la Corée

 

« Ce qui entraîne, considère Bill Van Auken, la menace d’une guerre mondiale nucléaire est la crise grandissante du capitalisme américain et mondial qui trouve ses origines dans la contradiction insoluble entre l’économie mondiale et la division du monde en États-nations concurrents. Cependant, la même crise du système de profit crée à la fois les conditions objectives et la nécessité politique pour la classe ouvrière de lutter pour sa propre solution révolutionnaire, par la construction d’un mouvement international contre la guerre basé sur une perspective socialiste pour mettre fin au capitalisme avant qu’il ne plonge l’humanité dans la barbarie... »

 

Reprenons la lecture des préoccupations fortes de Bill Van Auken...

 

Michel Peyret


 

La menace du président américain Donald Trump de déclencher « un feu et une fureur que le monde n’a jamais vus jusqu’à présent » contre la nation appauvrie et opprimée de Corée du Nord a envoyé des ondes de choc et d’anxiété sur toute la planète.

 

La semaine même où les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki ont marqué le 72 anniversaire des bombardements atomiques américains qui ont tué près d’un quart de million d’hommes, de femmes et d’enfants japonais, le président américain a interrompu ses vacances consacrées au golf pour menacer d’une guerre nucléaire en Asie qui aurait des conséquences incalculables pour toute l’humanité.

 

Un conseiller principal de la Maison Blanche a tenté de minimiser les conséquences terrifiantes de la déclaration de Trump, disant aux médias que le commentaire du président avait été « imprévu et spontané », alors que le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a déclaré aux Américains qu’ils « devraient dormir tranquillement la nuit, et de ne pas s’inquiéter de cette rhétorique particulière des jours derniers ».

 

Et pourtant, alors même que ces propos rassurants mais manquant de conviction étaient prononcées, le secrétaire de Trump à la Défense, l’ancien général de la marine James Mad Dog Mattis, régulièrement désigné par les médias comme « l’adulte dans la salle » et une force de modération, s’est fait l’écho à la menace du président. Il a exigé mercredi que la Corée du Nord « cesse toute considération d’actions qui mèneraient à la fin de son régime et à la destruction de son peuple ». Le sens est indéniable : il faut se plier aux exigences de Washington ou risquer l’anéantissement nucléaire.

 

Trump lui-même a enchaîné sur sa menace antérieure par un tweet mercredi se vantant de la capacité de Washington à mener une guerre nucléaire. « Mon premier ordre en tant que président était de rénover et de moderniser notre arsenal nucléaire », a-t-il déclaré. « Il est maintenant beaucoup plus fort et plus puissant que jamais. Nous espérons que nous ne devrons jamais utiliser cette puissance, mais il n’y aura jamais un temps où nous ne serons pas la nation la plus puissante au monde ! »

 

L’imprudence de ces menaces et de la rhétorique d’intimidation est sidérante. Que devraient penser les dirigeants de la Corée du Nord lorsque la plus forte puissance nucléaire au monde menace à maintes reprises de les attaquer avec « le feu et la fureur » et d’éliminer toute leur population ?

 

Ces menaces sont proférées dans des conditions où les États-Unis ont déployé un groupement tactique conduit par le porte-avions USS Carl Vinson au large des côtes coréennes et envoyé des bombardiers B-1 Lancer qui mènent des sorties menaçantes près de la frontière nord-coréenne.

 

La Corée du Nord a répondu aux menaces de guerre des États-Unis avec sa propre menace de lancer une attaque de missiles sur le territoire américain de Guam dans le Pacifique, qui abrite des bases de sous-marins nucléaires et de bombardiers stratégiques américains. Bien que la menace puisse être balayée comme n’étant que de la rhétorique de Pyongyang, ce n’est pas certain. Et si les Nord-Coréens calculaient que les menaces américaines sont réelles et que la guerre est imminente ? Ils pourraient bien décider que, au lieu de perdre leur armée contre les bombes et les missiles américains, ils devraient mener leur propre frappe préventive et montrer à Washington qu’ils ne bluffent pas.

 

Bien que le World Socialist Web Site n’accorde aucun soutien au régime réactionnaire héréditaire en Corée du Nord et de ses propres actions provocatrices, il n’y a rien d’irrationnel dans ce genre de calculs.

 

Il y a un poids énorme de l’histoire qui sous-tend la position de la Corée du Nord. La guerre des États-Unis contre la Corée il y a 65 ans a tué au moins trois millions de personnes, dont deux millions au nord. Selon l’armée de l’Air des États-Unis elle-même, « dix-huit des vingt-deux grandes villes de Corée du Nord avaient été au moins à moitié rasées ». Le général de l’armée de l’Air, Curtis LeMay, rappela plus tard : « Nous avons brûlé à peu près toutes les villes de la Corée du Nord et de la Corée Sud ».

 

Ainsi, pour les Coréens du Nord, les propos des États-Unis sur le « feu et de fureur » et les menaces d’exterminer toute la population sont tout sauf une rhétorique exagérée.

 

Tout le conflit actuel découle de l’exigence de Washington que la Corée du Nord arrête ses essais d’armes nucléaires et de missiles balistiques et renonce complètement à sa capacité nucléaire. Mais le gouvernement de la Corée du Nord, Kim Jong-un, est bien conscient du sort d’autres régimes qui ont cédé à de telles demandes.

 

L’Irak, qui, comme la Corée du Nord, faisait partie de l’« axe du mal » de George W. Bush, a accepté d’abandonner ses programmes d’armements et a été envahi de toute façon en 2003 au prétexte mensonger qu’il possédait « des armes de destruction massive ». La guerre des États-Unis a coûté la vie à un million d’Irakiens et s’est terminée par le procès expéditif du chef de l’État du pays, Saddam Hussein. De même, Mouammar Kadhafi en Libye a accepté de renoncer à son programme d’armements après l’invasion de l’Irak, avec comme seul résultat le lancement d’une guerre des États-Unis et l’OTAN contre son pays en 2011 qui a tué des dizaines de milliers de Libyens, réduit la société en ruines et a fini par son propre meurtre aux mains de lyncheurs.

 

Le programme nucléaire de la Corée du Nord est la seule chose qui a préservé le pays et son gouvernement d’un sort semblable.

 

Les menaces apparemment folles de Trump sont un signe que l’impérialisme américain n’est plus prêt à accepter le risque d’une confrontation nucléaire comme un obstacle insurmontable à ses plans de guerre d’agression.

 

Le gouvernement américain essaie de préparer le public pour ce qui deviendra presque certainement une guerre mondiale catastrophique, avec des conséquences dévastatrices pour les conditions économiques, les droits démocratiques et la vie même des travailleurs aux États-Unis et dans toute autre partie de la planète. La Maison Blanche, le Pentagone et les différents groupes de réflexion qui élaborent la politique impérialiste américaine affirment que Pyongyang a franchi le seuil pour devenir une puissance nucléaire, ayant prétendument développé des ogives miniaturisées et les missiles balistiques intercontinentaux capables de les lancer contre une ville américaine.

 

Il n’y a pas plus de raisons de prendre ces affirmations pour argent comptant qu’il ne fallait gober les mensonges du gouvernement Bush à propos des armes de destruction massive irakiennes. Et alors que Washington proclame que les armes nucléaires nord-coréennes constituent une menace existentielle, il a aidé des régimes aussi instables et agressifs en Israël, en Inde et au Pakistan à développer leurs propres arsenaux nucléaires.

 

Les calculs de la classe dirigeante capitaliste dans la préparation de la guerre contre la Corée du Nord sont énoncés en termes terrifiants dans le dernier numéro du magazine The Economist, qui élabore un scénario hypothétique pour le déclenchement d’une guerre qui se termine par une victoire rapide pour les États-Unis. Il estime le nombre initial de morts civils à 300 000, et beaucoup d’autres succomberont à l’intoxication par rayonnement. Il se termine par un tweet hypothétique de Trump : « L’attaque nucléaire contre Séoul par le diable Kim était MAUVAISE ! On n’avait pas d’autre choix que de riposter avec une bombe nucléaire. Mais grâce à mes actions, l’Amérique est en sécurité à nouveau ! »

 

Cette perspective horrible relève d’une hypothèse optimiste, car une telle guerre pourrait affecter non seulement l’ensemble de la population de la Corée du Nord, mais aussi 10 millions de personnes à Séoul et 38 millions à Tokyo, sans parler des dizaines de milliers de soldats américains stationnés en Corée du Sud. De plus, une attaque américaine contre la Corée du Nord pourrait, comme ce fut le cas il y a 65 ans, y entraîner la Chine, aujourd’hui une grande puissance nucléaire.

 

L’escalade du risque de guerre et les menaces apparemment insensées d’extermination nucléaire ne relèvent pas seulement de la mentalité criminelle et fasciste de Donald Trump. C’est l’ensemble du gouvernement américain qui a commencé à parler dans le langage d’Adolf Hitler.

 

Ceci consistue le produit final d’une culture politique qui a été développée au cours de 25 années de guerres d’agression implacables, de menaces et d’intimidations par une oligarchie capitaliste aux États-Unis qui a adopté le militarisme et la guerre agressive comme moyen de compenser sa domination économique érodée.

 

La guerre à l’étranger a été accompagnée d’une inégalité sociale toujours plus grande et d’attaques incessantes contre les niveaux de vie et les droits fondamentaux de la classe ouvrière à l’intérieur du pays. L’opposition sociale se développe dans des conditions où Trump est le président le plus impopulaire de l’histoire américaine. L’establishment politique est divisé en son sein et le gouvernement Trump est en guerre avec lui-même. Il y a un réel danger que la Maison Blanche saisisse l’occasion d’une guerre avec la Corée du Nord pour détourner des tensions sociales et politiques internes vers un « ennemi » étranger.

 

Personne ne devrait douter des conséquences profondes d’une telle politique. Le lancement d’une guerre qui signifie des massacres en masse, y compris la mort de milliers de soldats américains, servira de prétexte pour une répression politique violente aux États-Unis.

 

Les efforts de Google pour mettre sur une liste noire le World Socialist Web Site constituent un avertissement sur les méthodes dictatoriales en cours de préparation visant la classe ouvrière dans son ensemble.

 

Ce qui entraîne la menace d’une guerre mondiale nucléaire est la crise grandissante du capitalisme américain et mondial qui trouve ses origines dans la contradiction insoluble entre l’économie mondiale et la division du monde en États-nations concurrents. Cependant, la même crise du système de profit crée à la fois les conditions objectives et la nécessité politique pour la classe ouvrière de lutter pour sa propre solution révolutionnaire, par la construction d’un mouvement international contre la guerre basé sur une perspective socialiste pour mettre fin au capitalisme avant qu’il ne plonge l’humanité dans la barbarie.

 

(Article paru en anglais le 10 août 2017)

Posté par Michel Peyret

Depuis 170 ans, les États-Unis ont entamé leur marche délirante de déstabilisation du monde à leur profit. Je ne parlerai pas de jadis terriblement accusateur pour les USA (génocide indien, accaparement par la force de territoires, etc...), mais de naguère et d’aujourd’hui qui suffisent à condamner leur comportement barbare de missionnaire soudard, la bible à la main, extrêmement dangereux pour toute la planète et la paix dans le monde (2).

 

Depuis la seconde guerre mondiale (la CIA a été créée après la catastrophe de Pearl Harbour), la liste des pays agressés est impressionnante, vertigineuse même (1). Trump en est aujourd’hui l’incarnation grotesque mais pas seulement. Ses prédécesseurs ont tous fait des guerres, la main sur le cœur et la bombe entre les dents, pour partout où ils sont intervenus, "rétablir la liberté" à la mode étasunienne, basée sur le veau d’or du "fondamentalisme du marché", c’est à dire la loi de la jungle, celle du plus fort, du plus féroce avec l’asservissement des plus faibles comme résultat. Rien n’est plus inhumain et insupportable tant les extraordinaires perspectives de progrès de civilisation sont anéanties ! C’est une néo-colonisation souvent brutale, parfois rampante qui tue, saccage les savoirs, pille les richesses, installe l’ignorance et la dépendance et transforme les habitants en consommateurs serviles. C’est le règne de la corruption, des oligarchies, du népotisme, des mafieux qui se construisent des richesses insensées en organisant la misère de la grande majorité de la population qu’ils contrôlent. Et tout cela évidemment avec la bénédiction de l’Empire, leur maître à tous, qui n’a plus qu’à aspirer les dividendes ensanglantés que lui servent une terre et une population martyrisées.

 

Mais nom de dieu, où est le peuple étasunien ? On ne l’entend pas !

 

Que pense-t-il des graves menaces et interventions de leur gouvernement contre l’Amérique du Sud, Cuba et le Venezuela en particulier, que Washington ose considérer depuis toujours comme sa chasse gardée ?

 

Que pense-t-il de la déstabilisation du Moyen-Orient, entreprise par ses gouvernements successifs, au nom de la lutte contre le terrorisme qu’ils ont contribué à générer et nourri, avec ses interventions en Afghanistan, en Irak, en Libye, et en Syrie, ses menaces permanentes contre l’Iran, avec parallèlement un soutien sans faille aux dictatures pétrolières les plus obscurantistes et à Israël (seule puissance militaire de la région dotée d’un arsenal nucléaire), leur instrument principal de subversion dans la région ?

 

Que pense-t-il des tentatives de plus en plus précises d’isoler géographiquement et militairement la Russie avec la complicité de cette machine de guerre qu’est l’OTAN en la ceinturant de bases US "otanisées" ?

 

Que pense-t-il des nouvelles menaces sur la Corée du Nord qui ne peut en aucun cas être ce que prétend mensongèrement le nouveau Dr Folamour Trump, un danger pour les États-Unis ? C’est un nouvel Irak que Trump prépare avec l’objectif de fragiliser la Chine qui est sans doute le pays que Washington craint le plus.

 

Comment ne pas s’indigner devant ce que nous insinuent les médias à longueur de colonnes et d’antennes, quand ils transforment pitoyablement un petit pays qui ose défendre sa souveraineté, son indépendance, contre toutes les tentatives de le subvertir (quoiqu’on pense de la Corée du Nord), contre les menaces de l’Empire de le mettre à feu et à sang, en criminel, seul coupable d’une possible confrontation ! Jamais les pays attaqués par l’Empire n’ont attaqué les premiers, jamais. Je ne comprends pas la pusillanimité de la gauche à l’égard des vociférations irresponsables de ce matamore de Trump. Comme pour le Venezuela, il n’y a pas à tergiverser, il y va d’une possible conflagration planétaire et donc de la paix dans le monde car je ne veux pas croire une seconde que la Chine et la Russie laisseront faire un tel forfait.

 

Va-t-on enfin se concerter, s’entendre, se coaliser, puisque l’ONU en est incapable, pour arrêter enfin le bras surarmé et vengeur de celui qui s’est autoproclamé à la fois juge et gendarme du monde mais qui en est en fait le pire des pillards ? Trump, avec sa politique hégémonique assassine et destructrice, doit pouvoir devant son délire césarien, se voir dresser, haut et fort, un mur de contestation, une réplique vigoureuse de tous les pays, de tous les peuples qui en ont assez de cette domination guerrière désespérante qui les enfonce dans l’inhumanité alors que notre civilisation moderne devrait aspirer à plus de confraternité, à plus d’échanges respectueux, et se consacrer enfin à la progression de sa connaissance, de son bien-être et à la préservation de la planète.

 

Mais je n’entends rien...ou pas grand chose... Désespérant !

 

Michel Taupin

»» https://www.facebook.com/groups/CubaSiFranceInfos/

(1) * Chine 1945 -1946* Corée 1950 - 1953* Chine 1950 -1953* Guatemala 1954* Indonésie 1958* Cuba 1959 - 1960* Guatemala 1960* Cuba 1961* Congo 1964* Guatemala 1964* République Dominicaine 1965 - 1966* Pérou 1965* Laos 1964 - 1973* Vietnam 1961 - 1973* Cambodge 1969 - 1970* Guatemala 1967 - 1969* Liban 1982 - 1984* Grenade 1983 - 1984* Libye 1986* El Salvador 1981 - 1992* Nicaragua 1981 - 1990* Iran 1987 - 1988* Libye 1989* Panama 1989 - 1990* Irak 1991* Somalie 1992 - 1994* Bosnie 1995* Iran 1998* Soudan 1998* Afghanistan 1998* Serbie 1999* Afghanistan 2001* Irak 2003* Libye 2011* Syrie 2013

 

(2) "Les États-Unis sont une menace pour la Paix dans le monde" lit-on dans l’International Business Times. En 2014, 66.806 personnes issues de 65 pays différents ont été interrogées par Worldwide Independent Network et Gallup, leaders dans la recherche et études de marché.

 

A la question : "Quel pays est la plus grande menace pour la paix dans le monde aujourd’hui ?", 24% des personnes interrogées répondent les États-Unis. Le Pakistan arrive en deuxième position avec 8% des votes et la Chine troisième avec 6%. Les autres pays considérés comme des menaces sont l’Afghanistan, l’Iran, Israël et la Corée du Nord.

 

Quels sont les pays qui considèrent les États-Unis comme la plus grande menace ? La Chine (54%), la Russie (49%), mais aussi beaucoup de pays d’Amérique du Sud dont le Mexique et l’Argentine, des pays membres de l’Otan comme la Grèce et la Turquie ou encore l’Algérie, le Canada et l’Australie.

 

Et les Américains dans tout ça ? 20% placent l’Iran en première position, suivi de l’Afghanistan et de la Corée du Nord. Mais 13% d’entre eux considèrent tout de même leur propre pays comme une menace pour la stabilité internationale.

URL de cet article 32183 

illustration : "ou quoi ? Vous allez me supprimer de votre liste d’amis sur Facebook ?"

Récemment, le congrès américain a voté des sanctions contre la Fédération de Russie au motif de son ingérence présumée, mais absolument pas prouvée, dans les élections présidentielles américaines. Le vote a été quasi unanime.

 

Le président Trump a signé le décret. C’est une grossière erreur. Il aurait dû opposer son veto, même si cela n’aurait probablement rien changé. En signant la loi, Trump a renoncé à sa position de relative neutralité envers la Russie. Sans aucun bénéfice.

 

Les sanctions du Congrès sont presque toujours éternelles. L’amendement de Jackson-Vanik de 1974 a limité le commerce avec le « bloc communiste ». Il était censé favoriser l’émigration des Juifs d’Union Soviétique vers Israël. Mais la loi et ses sanctions économiques ont été maintenues après l’effondrement de l’Union soviétique début 1990, après la disparition du « bloc communiste », et longtemps après la levée de toutes les limitations à l’émigration. L’amendement n’a été abrogé qu’en 2012 et seulement pour être immédiatement remplacé par la ridicule loi Magnitsky qui a immédiatement établi une nouvelle série de sanctions contre la Fédération de Russie et ses intérêts.

 

C’est pour des raisons de politique intérieure que des sanctions comme l’amendement Jackson-Vanik et la loi Magnitsky ont été votées. La Russie n’aurait rien pu faire pour les éviter, ni pour les faire lever.

 

Les nouvelles sanctions américaines ne sont pas seulement dirigées contre la Russie, mais contre toutes les entreprises et les nations qui coopèrent avec la Russie en matière d’énergie. C’est une tentative cousue de fil blanc pour obliger les pays européens à acheter le gaz naturel liquéfié américain, qui coûte cher, à la place du gaz russe bon marché livré par pipelines. L’objectif immédiat est le pipeline Nord Stream 2, entre la Russie et l’Allemagne, qui traverse la mer Baltique pour éviter les points de potentiels conflits en Europe de l’Est.

 

Les sanctions constituent une menace pour l’indépendance de la politique énergétique allemande. (Les autres partenaires du pipeline sont l’Autriche, la France et les Pays-Bas.) En conséquence, pour 35% des Allemands les États-Unis sont devenus la « principale menace pour le pays ». La Russie est considérée comme telle par seulement 33% des Allemands. Cette vision correspond à la perception générale dans le monde.

 

Ces sanctions façonneront la relation entre les États-Unis et la Russie pour les 30 prochaines années et plus. Le 2 août, le Premier ministre russe Medvedev a dit que la faiblesse du président Trump était la principale cause de ces sanctions :

Le fait que le Président des États-Unis ait signé cette série de nouvelles sanctions contre la Russie ne sera pas sans conséquences. D’abord, il met fin à l’espoir d’améliorer nos relations avec la nouvelle administration américaine. Deuxièmement, c’est une déclaration de guerre économique totale contre la Russie. Troisièmement, l’administration Trump a montré sa grande faiblesse en remettant le pouvoir exécutif au Congrès de cette manière très humiliante. Cela modifie l’équilibre du pouvoir dans les milieux politiques américains.

 

Qu’est-ce que tout cela signifie pour eux ? L’établissement américain a complètement triomphé de Trump ; Le président ne voulait pas des nouvelles sanctions, mais il a été obligé de signer la loi. Les nouvelles sanctions ont pour objet principal de fragiliser Trump. Ce n’est qu’une étape, le but est de l’éliminer du pouvoir. Tout acteur qui ne joue pas le jeu du système doit être supprimé. Les intérêts du monde des affaires américain sont passés à la trappe, la politique prend le pas sur le pragmatisme. L’hystérie anti-russe est devenue un élément clé de la politique étrangère des États-Unis (ce n’est pas nouveau) et de la politique intérieure (ça, c’est nouveau).
...

Rappelez-vous que Medvedev, en tant que leader russe, était depuis longtemps l’espoir de l’élite américaine qui le croyait plus influençable que le président russe Poutine. Medvedev pourrait bien redevenir à nouveau président. Mais aucun média américain, sauf le New York Post, n’a fait attention à sa déclaration. Cela est en soi étonnant et inquiétant. Personne aux États-Unis n’est-il capable de voir où tout cela mène ? Voilà les prédictions de Medvedev :

Le régime des sanctions a été codifié et restera en vigueur pendant des décennies, à moins d’un miracle. [...] [Les relations entre la Russie et les États-Unis seront extrêmement tendues, indépendamment de la couleur politique du Congrès et quel que soit le président. Il va y avoir d’interminables arguties dans les organes et tribunaux internationaux, ainsi qu’une augmentation des tensions internationales et un refus de régler de graves problèmes internationaux.

Sur le plan économique et politique, la Russie a les capacités de faire face à ces sanctions, a dit Medvedev. Mais les États-Unis l’ont-ils ?

 

Pour maintenir leur suprématie sur la planète, les États-Unis doivent empêcher une alliance euro-asiatique, notamment entre la Russie et la Chine. Dans sa dernière contribution au « grand échiquier », Vers un réalignement mondial, le stratège américain Zbigniew Brzezinski - impitoyable, amoral et talentueux - affirme :

Il appartient aux États-Unis de mettre en place une politique dans laquelle au moins l’un des deux États potentiellement menaçants deviendrait un partenaire dans la quête d’une stabilité mondiale d’abord régionale puis plus large ; cela permettrait de contenir le rival le moins prévisible mais sans doute aussi le plus important à maîtriser. Actuellement le rival le plus important à contenir est la Russie, mais à plus long terme, ce pourrait être la Chine.

L’élite de la politique étrangère des États-Unis a déclaré la guerre à la Russie. La position de confrontation envers la Chine, qui était en vogue sous Obama, a clairement évolué. On ne parle plus du « pivot vers l’Asie » de Hillary Clinton / Barack Obama. L’accord anti-chinois de partenariat Trans Pacific a été annulé. Les provocations militaires contre la Chine au sud de la mer de la Chine ont été réduites et remplacées par des provocations continuelles contre la Russie en Europe de l’Est. Ces mesures sont conformes à la stratégie élaborée par Brzezinski.

 

La Russie a prouvé au cours de l’histoire qu’elle savait faire preuve d’imagination dans sa politique. Elle est extrêmement résistante à la pression. Avec les États-Unis dans une position moins hostile contre la Chine, Béhémoth va poursuivre sans relâche ses propres objectifs. La Russie sera bientôt l’une des principales sources chinoises d’énergie fossile et d’autres produits de base. Dans un tel contexte, il n’y a aucune raison majeure pour que la Chine et la Russie ne s’accordent pas. Il n’y aura pas de rupture russo-chinoise. Les principaux pays européens résisteront aux pressions qui mettent en danger leurs économies.

 

Brzezinski est aveug lé par sa haine de la Russie. (Il vient d’une famille galicio-polonaise de la petite noblesse). Sa stratégie est erronée car elle permet à la Chine d’établir sa suprématie. Même dans le cadre de la stratégie de Brzezinski, une alliance russo-européo-étatsunienne contre la poursuite chinoise de l’hégémonie aurait été ce qu’il y a de plus logique.

 

La stratégie d’Hillary Clinton d’accuser la Russie du fait qu’elle n’était pas populaire et qu’elle a échoué aux élections, aboutit maintenant à un échec majeur de la stratégie globale américaine. Si la Maison Blanche avait eu une vision et un projet politique, cela ne se serait pas passé comme ça, mais ce n’est pas le cas (pour l’instant) sous l’ère Trump.

 

Je ne vois pas comment cette stratégie, maintenant scellée dans le marbre par les sanctions du Congrès, pourra jamais apporter le moindre bénéfice aux États-Unis, au niveau mondial.

 

Moon of Alabama

»» http://www.moonofalabama.org/2017/08/sanctions-against-russia-are-a-fa...

URL de cet article 32171 

La répression est en marche aux Etats-Unis

 

L’hypothèse-1984 de Russiagate

 

Daniel McAdams, ancien parlementaire, est le principal associé de Ron Paul dans la direction du Ron Paul Institute for Peace. Il donne ici, à partir d’une interprétation des textes, le développement d’une hypothèse d’une action maximaliste contre la presse antiSystème aux USA, en application de la loi sur les sanctions antirusses que vient de voter le Congrès et que le président Trump a signée mercredi.

 

Le paysage décrit par McAdams est apocalyptique, avec une offensive qui tendrait à retirer la protection de la liberté de la presse à toutes les organisations d’information et de communication qui seraient proclamées comme travaillant “pour le compte du renseignement russe ou en faveur de la Russie”. Cela signifierait une action générale, non seulement contre les réseaux russes aux USA (RT, Sputnik, etc.), mais aussi contre tous les types de sites antiSystème qui n’adoptent pas la ligne générale du Système, de TheDuran.com à ZeroHedge.com, de ConsortiumNews au Ron Paul Institute for Peace, etc.

 

Cette hypothèse vient s’ajouter aux nouvelles concernant l’action de Google contre des sites antiSystème dits-progressistes, telle que la dénoncent ConsortiumNews et WSWS.org. (Voir le 29 juillet 2017, mais aussitoute une rubrique de WSWS.org [8 textes], consacrée à cette question depuis le 27 juillet, avec quelques textes [3] traduits en français sur le site correspondant.)

 

L’appréciation de McAdams, qui est évidemment maximaliste comme il la présente lui-même, constitue une indication très forte selon laquelle la loi votée par le Congrès est aussi bien à destination interne qu’à action externe. Cela rejoint opérationnellement la remarque faite par Medvedev dans sa réaction après la signature de la loi votée par le Congrès : « L’hystérie antirusse est apparue comme étant devenue un facteur essentiel, non seulement de la politique extérieure (comme ce fut souvent le cas) mais aussi la politique intérieure US (c’est nouveau). »

 

(Le titre complet du texte de Daniel McAdams, le 4 août 2017 sur le site de l’Institut, est : « Russia Sanctions and The Coming Crackdown on Americans »)

 

Dedefensa.org 
http://www.dedefensa.org/article/lhypothese-1984-de-russiagate

La répression est en marche aux Etats-Unis

Daniel McAdams

La semaine dernière, j’ai écrit un article et j’ai accordé une interview pour expliquer que, lorsque j’ai lu le nouveau projet de loi sur les sanctions contre la Russie qui vient d’être signé par le président Trump, j’y ai trouvé une mesure qui ouvre la porte à la répression des médias non conventionnels par le gouvernement américain. En particulier, l’article 221 de la « Loi sur la lutte contre les ennemis de l’Amérique au moyen de sanctions » punirait les « personnes » qui « s’engagent dans des transactions avec les secteurs du renseignement ou de la défense du gouvernement de la Fédération de Russie ».

 

A première vue, on pourrait penser que je fais une interprétation exagérée du texte, mais cela fait douze ans que j’examine les lois votées par le Capitole (Congrès), et je peux vous assurer qu’elles ne sont jamais écrites de manière claire et transparente. Il y a toujours des sous-entendus, et, dans ce cas, il nous faut prendre en considération les nombreuses fois où le directeur de l’Agence Centrale du Renseignement (CIA) et d’autres hauts dirigeants de la communauté du renseignement américain ont essayé d’imposer l’idée que les chaînes d’information étrangères comme RT ou Sputnik News ne sont pas protégées par le Premier Amendement sur la liberté de la presse, mais sont au contraire des outils de propagande au service de services secrets étrangers.

 

On se rend compte avec quelle facilité, avec l’hystérie anti-Russie qui s’est abattue sur nous comme la fièvre typhoïde, cette notion serait facilement acceptée par beaucoup de nos concitoyens. Les Rouges sont sous nos lits et les Ruskofs se sont emparés de nos moyens de nos ondes !

 

Je ne pense pas que la répression s’arrêtera aux organes de presse financés par le gouvernement russe comme RT et Sputnik. Une fois achevé l’assaut sur les plus bas fruits de l’arbre, la deuxième vague ciblera les organisations qui s’intéressent à la Russie et qui ne sont pas financées par des gouvernements mais qui remettent en question la ligne officielle des Etats-Unis selon laquelle la Russie est notre ennemi numéro un et son gouvernement doit être renversé. Des sites alternatifs populaires privés comme The Duran et Russia Insider seront probablement les prochains sur la liste des sites poursuivis en justice.

 

Cela vous semble inconcevable ? Voyez les choses de la manière suivante (je peux vous assurer que c’est comme ça que les néocons les voient) : si le gouvernement russe et le site d’information RT s’opposent aux sanctions et que vous administrez un site Web qui est également opposé aux sanctions contre la Russie, ne faites-vous pas le travail du Renseignement russe ? Ne cherchez-vous pas à influencer vos lecteurs dans le sens souhaité par les services secrets russes ? N’êtes-vous pas « engagé dans des transactions », même si ce n’est que sur les ondes ?

 

Et après cette deuxième vague, vous pouvez être sûr qu’il aura des pressions pour s’occuper d’autres médias alternatifs qui n’ont rien à voir avec la Russie, mais qui s’opposent à la politique étrangère interventionniste des États-Unis : ZeroHedge, Lew Rockwell, Ron Paul Institute, ConsortiumNews, etc.

 

Vous pensez que je suis fou ? Rappelez-vous, cette guerre contre nous a déjà commencé l’année dernière lorsque le Washington Post a publié un article en première page accusant tous les sites que je viens de citer d’être des agents russes !

 

Qui sera le prochain ? Vous fréquentez ces sites alternatifs ? Vous leur transmettez des articles opposés à la politique de sanctions américaine contre la Russie ? Alors vous êtes engagé dans des transactions. Vous encourrez les « sanctions » décrites dans la « Loi sur la lutte contre les ennemis de l’Amérique au moyen de sanctions », qui est maintenant la loi du pays.

 

Cela n’arrivera jamais, croyez-vous ? Le gouvernement n’inventorierait, n’analyserait et ne ciblerait jamais des organes de presse privés parce qu’ils s’écartent de la ligne officielle néocon de Washington !

 

Peut-être pas tout de suite. Quoiqu’il y ait déjà des organisations « non gouvernementales » financées par le gouvernement des États-Unis qui le fassent.

 

Le fonds Marshall allemand a aujourd’hui beaucoup moins à voir avec l’Allemagne qu’il ne l’avait lorsqu’il a été fondé après la Seconde Guerre mondiale en témoignage d’admiration pour le Marshall Fund étatsunien. Désormais, il est principalement financé par le gouvernement des États-Unis, des gouvernements alliés (en particulier des pays baltes qui haïssent la Russie), des fondations de néocons, et le complexe militaro-industriel. Grâce à son programme « Alliance pour la protection de la démocratie », (nom qui a d’étranges relents soviétiques), il a lancé quelque chose qui s’appelle « Hamilton 68 : un nouvel outil pour combattre la désinformation russe sur Twitter ».

 

Ce programme surveille 600 comptes Twitter dont le fonds Marshall allemand prétend qu’ils sont des « comptes impliqués dans la promotion des objectifs russes d’influence et de désinformation ». A quelles conclusions parvient ce surveillant ? Il ne veut pas le dire. Comment choisit-il les comptes qu’il surveille ? Il ne veut pas le dire. Dans quel but ? Il ne veut pas le dire. Tout cela est bien effrayant.

Quelle ironie que quelque chose qui s’appelle le fonds Marshall allemand utilise des méthodes du type de la Stasi pour faire taire, aux États-Unis, les médias et les points de vue alternatifs !

 

Alors, que fait exactement le site « Hamilton 68 » ? Selon ses propres mots, tout d’abord, il « affiche les tweets des organes officiels de propagande russes en anglais, et publie un court article sur les thèmes de la journée. C’est le message patent de la Russie ».

 

Mais il va plus loin. Il cherche et stocke des informations sur des gens qui n’ont aucun lien avec la Russie, mais qui, « de leur propre initiative, relayent et amplifient les thèmes russes ». C’est ce que le fonds Marshall allemand appelle un « réseau » de distribution de désinformation de deuxième niveau.

 

Que fait ce « réseau » de personnes sans lien avec la Russie mais qui amplifient les « thèmes » russes ?

 

Il « reflète les priorités des messages russes, mais cela ne signifie pas que tous les noms ou liens que vous voyez sur le tableau de bord sont pro-russes. Le réseau fait parfois de la place à des articles qui plaisent à la Russie ou de personnes ayant des opinions proches de la Russie, mais sans connexion formelle avec elle ».

 

Donc, selon l’alliance autoproclamée pour protéger la démocratie, vous ne savez sans doute pas vous-mêmes que vous faites de la propagande pour le compte de l’Etat russe !

 

Vous vous rendez compte de ce qu’ils font ? Ils utilisent l’argent des États-Unis et d’autres gouvernements dans le but d’éliminer tous les organes d’information et les individus qui s’écartent de la ligne officielle de la politique étrangère des Néocons sur la Russie, la Syrie, l’Ukraine, etc. Ils essaient d’éliminer toutes les informations qui contestent la ligne néocon. De les criminaliser.

D’ailleurs, ils ne font pas mystère qu’ils cherchent à faire taire les opinions alternatives :

« Notre objectif avec ce tableau de bord est d’aider les gens ordinaires, les journalistes et d’autres analystes à identifier les thèmes des messages russes et à détecter la désinformation active et les attaques dès qu’elles commencent. En exposant leurs messages au grand jour, nous rendons les consommateurs d’information plus résistants et nous réduisons l’efficacité des efforts de la Russie pour influencer la pensée des Américains et nous les dissuadons de se livrer à ces activités en en réduisant l’efficacité. »

La description du programme « Alliance pour la protection de la démocratie », à résonance très soviétique », se termine par l’avertissement autoritaire qui convient, arraché des pages de 1984, du Zéro et l’Infini ou du guide pratique d’Erich Honecker :

 

« Nous ne vous disons pas ce que vous devez penser, mais nous croyons que vous devez le savoir quand quelqu’un essaie de vous manipuler. Ce que vous faites de cette information dépend de vous. »

 

Ca fait froid dans le dos, non ? Et surtout que tout cela soit fait avec votre argent, par votre gouvernement, et en votre nom.

 

C’est pourquoi rien ne ferait plus plaisir aux néocons et à leurs innombrables think-tanks (souvent financés par le gouvernement) que d’empêcher la tenue de notre Conférence pour la paix et la prospérité-2017 qui se tiendra juste sous leur nez ! Ils ne peuvent supporter un débat ouvert sur la politique étrangère hyper-interventionniste de Washington. Ils ne veulent pas qu’on parle de toutes leurs guerres ratées - et ils ne veulent surtout pas qu’on parle des guerres qu’ils essaient de déclencher.

 

Nous ne sommes pas anti-Américains. Ce sont eux les Anti-Américains. Ils détestent le Premier Amendement. Ils détestent le débat. Ils nous détestent.

 

Comment pouvons-nous nous défendre ? Un moyen très simple est de leur montrer que notre Conférence a fait le plein ! Rien qu’en venant, vous leur mettez un direct en pleine figure !

 

Imaginez-vous leur fureur quand la Conférence pour la paix et de la prospérité de l’année dernière a été diffusée sur CSPAN ?

 

Grâce au soutien de notre très généreux Comité d’accueil, nous pouvons maintenir le prix du billet assez bas. Nous voulons vous y voir tous ! Vous aurez droit, toute la journée, à des conférenciers perspicaces et clairvoyants, vous pourrez réseauter et comploter avec des personnes partageant les mêmes idées que vous, et vous profiterez d’un très bon déjeuner avec beaucoup de café et de thé pour vous donner des forces ! Nous avons également réussi à obtenir des chambres à un bon prix pour vous faire économiser de l’argent !

 

Et vous rendrez les néocons fous de rage ! Qu’est-ce que vous attendez ! Réservez votre billet dès aujourd’hui !

 

Daniel McAdams

»» http://ronpaulinstitute.org/archives/featured-articles/2017/august/03/...

URL de cet article 32167 

mardi 8 août 2017

Etats Unis : remise en cause de la politique de « l'occupation amie » au  Japon

Base US à Okinawa
Quelle population peut être heureuse de voir sur son sol des soldats étrangers? De voir ses villes survolées par des avions de guerre étranger? De les y voir de manière permanente, à tel point qu'ils en sont chez eux? La domination physique américaine qui passe par ses bases militaires arrive à la limite des possibilités données par la géopolitique. Le Japon en est un exemple.
 
Deux types de populations peuvent accepter de voir à domicile et en permanence une armée étrangère sur son sol: 
 
  • lorsque le pays a perdu la guerre et que le sentiment de culpabilité a été correctement implanté dans la population, qui, de cette manière, accepte de "racheter" les fautes commises; il est ici nécessaire d'entretenir ce sentiment de culpabilité.
lorsque le pays est face à une menace - réelle ou imaginaire - qu'il ne peut affronter, la population appelle alors de ses voeux cette "occupation amie" pour éviter une "occupation ennemie"; il est ici nécessaire d'entretenir le sentiment de menace.
 
Dans les deux cas, la propagande justifiant "l'occupation amie" est nécessaire, la population doit être consentente, puisque le pays qui y est soumis est - au minimum - formellement souverain et la présence d'une armée étrangère ne va pas de soi. Il en fut ainsi du Japon et de l'Allemagne après la Seconde guerre mondiale ou des Pays Baltes aujourd'hui.
 
L'occupation militaire "amie" est une technologie politique permettant d'étendre l'emprise politico-idéologique d'une puissance sur d'autres pays. Elle n'est possible que lorsque certaines conditions nationales et internationales sont réunies. En ce qui concerne l'Allemagne, la présence de ces bases est de plus en plus discutée, surtout que leur rôle avec le développement de l'OTAN n'est pas de protéger la population allemande, mais bien de servir les intérêts américains dans le monde, comme cela est déjà affirmé à voix haute.
 
Les pays baltes, pour leur part, font partie de la partie qui se mène entre les Etats Unis et la Russie, ceux-ci devant garder le contrôle sur les pays européens, amenés dans cette configuration radicalisée à faire un choix stricte entre l'Est et l'Ouest. Les pays d'Europe de l'Est (principalement les Pays Baltes et la Pologne), étatiquement faibles, sont utilisés à ces fins, sur fond d'idéologie anti-russe.
 
Le Japon, pourtant jusqu'à ce jour considéré comme un élément soumis de la politique américaine depuis les bombardements atomiques, semble évoluer vers une recherche d'autonomie, qui pourrait faire bouger le rapport de forces Etats Unis / Russie. De plus en plus de voix dans la population (ce qui n'est pas nouveau), mais également au Gouvernement, se lèvent pour une renégociation des bases militaires américaines, qui ont de plus en plus mauvaise presse dans les populations environnantes. Il est vrai que le Japon se rapproche de la Russie, lance divers grands programmes de coopération dans différents domaines économiques et a relancé un dialogue constructif pour régler la question territoriale en suspend depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Les tensions avec les Etats Unis touchent surtout Okinawa, où le Pentagone s'est vu obligé par la Cour suprême du Japon à rendre une partie du territoire "occupé". Le ministre japonais de la défense a également jugé "regrettable" que les Etats Unis continuent à effectuer des manoeuvres, alors que Tokyo avait expressément demandé qu'il y soit mis un terme. Cette opposition ne peut que se renforcer au fur et à mesure de la reprise par le Japon de son indépendance. Car plus le Japon s'occupera de ses intérêts nationaux, plus l'omniprésence militaire américaine sera dérangeante, et donc se radicalisera en réponse.
 
L'occupation amie du Japon ne se justifie plus, elle doit être transformée en accord technico-militaire ... ce qui serait un véritable coup dur pour les Etats Unis, surtout aujourd'hui.
 
29 juillet 2017

Bill Van Auken, Guerre en Irak, Trump dans le sillage de Bush

"Tout en abandonnant, indique Bill Van Auken, en grande partie sa couverture de la catastrophe humanitaire en cours à Mossoul, le New York Times a publié jeudi un éditorial hypocrite intitulé « Éviter la guerre avec l’Iran », qui a exprimé une certaine inquiétude à l’égard des actes de plus en plus belliqueux du gouvernement Trump visant à provoquer un tel conflit. Le « journal de référence » suggère qu’« il convient de rappeler la période qui a précédé la guerre d’Irak en 2003, sans doute la plus grande erreur stratégique de l’Amérique dans les temps modernes ». Il critique le gouvernement Bush pour avoir lancé une guerre visant à renverser le régime de Saddam Hussein, « même s’il n’avait rien à voir avec le 11 septembre et n’avait pas d’armes nucléaires ». Il ajoute : « Monsieur Bush a décidé de lancer une guerre préventive sans une justification ni une stratégie solides. Une telle entrée en guerre mal préparée pourrait se produire de nouveau. »

Revenons à la lecture de l'article de Bill Van Auken...

Michel Peyret


Des sources irakiennes situent le vrai bilan du siège de Mossoul mené par les États-Unis à 40 000 morts

Par Bill Van Auken 
22 juillet 2017

 

Selon les informations des renseignements irakiens, le massacre dirigé par les États-Unis à Mossoul a coûté la vie à un nombre bien plus grand de civils irakiens que ce qui a été rapporté précédemment.

Plus de 40 000 hommes, femmes et enfants ont été tués pendant ce siège sans répit long de neuf mois à Mossoul, la deuxième ville d’Irak, selon un article publié jeudi par le correspondant expérimenté au Moyen-Orient du quotidien britannique The Indépendant, Patrick Cockburn.

La source de Cockburn est l’ancien ministre des finances et des affaires étrangères du gouvernement irakien, Hoshyar Zebari, un Kurde irakien qui a des liens étroits avec le gouvernement régional irakien du Kurdistan. Le chiffre a été fourni par le renseignement kurde.

« Le chiffre avancé par M. Zebari pour le nombre de civils tués au cours du siège de neuf mois est beaucoup plus élevé que ceux précédemment rapportés, mais le service de renseignement du gouvernement régional du Kurdistan est réputé être extrêmement précis et bien informé », a indiqué Cockburn.

L’ampleur de la tuerie fait du siège de Mossoul l’un des plus grands crimes de guerre depuis la Seconde Guerre mondiale. Avant que la ville tombe aux mains de l’État islamique (ÉI) en juin 2014, elle avait une population d’environ 2 millions, au moment où le siège a commencé, il y avait encore au moins 1,2 million de civils pris au piège à Mossoul. Cette population a été soumise à une violence horrible.

Auparavant, le groupe de surveillance Airwars basé au Royaume-Uni avait fourni une estimation de 5805 civils tués dans les raids aériens par la « coalition » dirigée par les États-Unis entre le 19 février et le 19 juin. Ce chiffre ne tenait pas compte de ceux tués au cours des quatre mois précédents du siège ni de ceux tués pendant les trois dernières semaines du bombardement intensif qui a fait de la partie occidentale de la vieille ville de Mossoul un champ de ruines.

Dans son entretien avec Cockburn, Zebari a attribué une part importante du carnage au bombardement d’artillerie implacable de l’ouest de Mossoul par la police fédérale militarisée irakienne, par l’emploi d’armes imprécises dont le seul usage possible est la démolition de quartiers entiers et non le ciblage des combattants de l’État islamique.

Le rapport publié plus tôt ce mois-ci par Amnesty International, intitulé At any cost : The Civilian Catastrophe in West Mosul , (Coûte que coûte : La catastrophe civile dans l’ouest de Mossoul), a également souligné l’effet dévastateur de ces bombardements, qui servaient à compenser le manque d’un nombre suffisant de soldats irakiens dûment formés pour engager le combat dans les denses rues et ruelles de la Vielle ville de Mossoul.

« Les forces pro-gouvernementales s’appuyaient largement sur des armes explosives aux effets étendus tels que les IRAM (Munitions assistées par des fusées improvisées) », a déclaré Amnesty. « Avec leurs capacités de ciblage sommaire, ces armes ont fait des ravages dans l’ouest de Mossoul densément peuplé, où de grands regroupements de civils ont été piégés dans des maisons ou des abris improvisés. Même dans les attaques qui semblent avoir effectivement atteint leur cible militaire, l’utilisation d’armes inadaptées ou l’omission de prendre d’autres précautions nécessaires a entraîné une perte inutile de vies civiles. »

Le rapport décrit l’artillerie et les lance-roquettes employés par les forces irakiennes, travaillant en étroite collaboration avec les « conseillers » des forces spéciales des États-Unis, comme des « armes non-discriminantes » qui « ne doivent jamais être utilisées à proximité des civils ».

Une indication de l’ampleur de la tuerie provient, involontairement, du gouvernement irakien lui-même. Après la proclamation de la « libération » de Mossoul le 10 juillet, les responsables irakiens ont déclaré que leurs forces avaient « liquidé 16 467 terroristes ». Au début du siège, les commandants américains estimaient qu’il y avait entre 3000 et 5000 combattants de l’État islamique dans la ville. Une explication évidente de cet écart est que tout homme irakien tué dans la ville, combattants et civils, a été désigné comme membre de l’ÉI.

En dépit de la fanfare du gouvernement de Bagdad sur la « libération » de Mossoul et la victoire contre l’ÉI, des combats sont toujours signalés dans la ville, où la guérilla lance des attaques mortelles contre les forces gouvernementales.

Parallèlement, il y a eu plusieurs reportages indiquant que les forces gouvernementales et les milices alliées ont été impliquées dans des actes sauvages de punition collective contre les survivants de Mossoul, y compris les exécutions sommaires et la torture.

Human Rights Watch a rapporté mercredi que les observateurs internationaux avaient découvert un « site d’exécution dans l’ouest de Mossoul ». L’organisation a relayé leur témoignage selon lequel ils ont trouvé à l’intérieur d’un bâtiment vide « une rangée de 17 cadavres mâles, pieds nus mais en robe civile, entourés de flaques de sang. Ils ont dit que beaucoup semblaient avoir eu les yeux bandés et leurs mains liées dans le dos. » L’organisation humanitaire a cité un grand nombre d’incidents similaires avec « des reportages incessants, des vidéos et des photographies d’exécutions illégales et de passage à tabac par des soldats irakiens ».

Le Premier ministre irakien Haidar al-Abadi a précisé que le gouvernement ne fera rien pour mettre fin à ces atrocités. Il les a qualifiés d’« actes individuels et peu répandus ».

Les grands groupes médiatiques américains ont presque passé sous silence les informations sur les pertes civiles massives et les crimes de guerre commis depuis la reprise de Mossoul. Le gouvernement irakien a lui-même cherché à interdire l’entrée des journalistes dans la ville afin de dissimuler le bain de sang et les exécutions sommaires qui continuent.

Tout en abandonnant en grande partie sa couverture de la catastrophe humanitaire en cours à Mossoul, le New York Times a publié jeudi un éditorial hypocrite intitulé « Éviter la guerre avec l’Iran », qui a exprimé une certaine inquiétude à l’égard des actes de plus en plus belliqueux du gouvernement Trump visant à provoquer un tel conflit.

Le « journal de référence » suggère qu’« il convient de rappeler la période qui a précédé la guerre d’Irak en 2003, sans doute la plus grande erreur stratégique de l’Amérique dans les temps modernes ». Il critique le gouvernement Bush pour avoir lancé une guerre visant à renverser le régime de Saddam Hussein, « même s’il n’avait rien à voir avec le 11 septembre et n’avait pas d’armes nucléaires ». Il ajoute : « Monsieur Bush a décidé de lancer une guerre préventive sans une justification ni une stratégie solides. Une telle entrée en guerre mal préparée pourrait se produire de nouveau. »

Le Times oublie comme par hasard dans cette présentation cynique des choses, le fait qu’il a joué un rôle majeur en tant qu’institution dans la promotion et la facilitation de la guerre en Irak.

Son correspondant principal, Judith Miller, a travaillé intimement avec les responsables américains pour promouvoir et embellir les faux « renseignements » sur les « armes de destruction massive » irakiennes inexistantes. Thomas Friedman, le chroniqueur principal des affaires étrangères du journal, a écrit des tonnes d’articles préconisant ce qu’il a ouvertement avoué d’être une « guerre par choix » contre l’Irak, en la justifiant au nom de la démocratie, des droits de l’Homme et du pétrole.

Le journal a donné le ton au reste des médias en matière de propagande, ce qui a ouvert la voie à une guerre d’agression criminelle qui a coûté la vie à plus d’un million d’Irakiens et continue de générer le massacre à Mossoul.

Encore plus effrayant, il y a un éditorial sur Mossoul intitulé « La ville est le champ de bataille de l’avenir », paru dans le Wall Street Journal jeudi sous la signature du commandant John Spencer, directeur adjoint de l’Institut de guerre moderne de l’École militaire américaine de West Point, à New York.

« La bataille pour Mossoul représente l’avenir de la guerre », souligne le commandant Spencer, ajoutant que « les commandants américains devraient imaginer comment ils pourraient gérer un environnement similaire ».

De toute évidence, ils sont déjà allés plus loin que la simple imagination – par rapport à l’Irak – des commandants américains ont dirigé une grande partie de la destruction déchaînée sur la ville.

En faisant écho à ce qui est maintenant la doctrine standard du Pentagone, le commandant insiste sur le fait que les guerres auxquelles l’armée américaine va faire face seront engagées dans les « villes – denses, souvent surpeuplées et remplies d’obstacles : un labyrinthe d’immeubles d’appartements, de tunnels dissimulés, de civils paniqués ».

Son principal souci est que le Pentagone ne propose actuellement aucune formation systématique de ses troupes pour le combat urbain et que le mot « siège » – la stratégie barbare employée contre Mossoul – n’apparaît pas dans ses manuels d’entraînement.

Il insiste sur l’idée que les forces armées américaines « doivent être équipés pour fonctionner dans les grandes villes avec de nouveaux équipements, entraînement et doctrine ». Il avance une proposition modeste pour répondre à ce besoin : « Les grandes villes comme Detroit et les arrondissements extérieurs de New York ont d’énormes terrains vagues qui pourraient être redéveloppés en toute sécurité en tant que sites d’entraînement urbains. »

En d’autres termes, les troupes américaines doivent être formées dans l’art du combat urbain et de la guerre de siège dans les villes américaines. La vraie idée qui est derrière la proposition du commandant est d’encourager vivement les commandants du Pentagone à « imaginer » l’utilisation de l’armée pour écraser l’agitation révolutionnaire aux États-Unis eux-mêmes.

(Article paru en anglais le 21 juillet 2017)

 
Posté par Michel Peyret
29 juillet 2017

Bill Van Auken, Etats-Unis, pourquoi la campagne d'hystérie anti-russe

 

"Un sondage de NBC, nous dit Bill Van Auken, publié mardi a révélé que 76 pour cent de la population américaine craint que le pays ne soit entraîné dans une guerre majeure au cours des quatre prochaines années. Les données indiquent que la part des Américains qui s’inquiètent du danger croissant de la guerre a augmenté de 10 pour cent seulement depuis février. Ces craintes sont bien fondées. Depuis février, la population américaine a été soumise à une campagne implacable d’hystérie anti-russe centrée sur une collusion supposée du camp de Trump avec l’ingérence présumée de Moscou dans les élections américaines. La force motrice de cette campagne politique et médiatique est la détermination au sein de l’appareil militaire et de renseignement à poursuivre et à intensifier la confrontation militaire américaine avec la Russie, la deuxième puissance nucléaire au monde. Le Pentagone et la CIA considèrent la Russie comme un obstacle à la tentative de l’impérialisme américain d’affirmer son hégémonie au Moyen-Orient, en Europe de l’Est et dans le monde entier..."

Revenons à la lecture des considérations de Bill Van Auken...

Michel Peyret


Au milieu d’un escalade du militarisme

Un sondage montre que 76 % des Américains craignent une guerre majeure

 

Par Bill Van Auken 
20 juillet 2017

 

Le fossé qui ne s’arrête pas de grandir séparant l’establishment des États-Unis – y compris ses deux principaux partis et les médias contrôlés par les entreprises – des masses de travailleurs américains trouve une expression particulièrement nette sur la question du risque de guerre.

Un sondage de NBC publié mardi a révélé que 76 pour cent de la population américaine craint que le pays ne soit entraîné dans une guerre majeure au cours des quatre prochaines années. Les données indiquent que la part des Américains qui s’inquiètent du danger croissant de la guerre a augmenté de 10 pour cent seulement depuis février.

Ces craintes sont bien fondées. Depuis février, la population américaine a été soumise à une campagne implacable d’hystérie anti-russe centrée sur une collusion supposée du camp de Trump avec l’ingérence présumée de Moscou dans les élections américaines. La force motrice de cette campagne politique et médiatique est la détermination au sein de l’appareil militaire et de renseignement à poursuivre et à intensifier la confrontation militaire américaine avec la Russie, la deuxième puissance nucléaire au monde. Le Pentagone et la CIA considèrent la Russie comme un obstacle à la tentative de l’impérialisme américain d’affirmer son hégémonie au Moyen-Orient, en Europe de l’Est et dans le monde entier.

Simultanément, le Pentagone s’est engagé dans des provocations continuelles contre la Chine, y compris des violations par les navires de guerre américains du territoire revendiqué par la Chine dans la mer de Chine méridionale, l’encouragement d’un conflit frontalier entre l’Inde et la Chine et le soutien aux renforcements militaires au Japon et à Taïwan.

Pendant ce temps, l’administration Trump a menacé à maintes reprises d’une action militaire contre la Corée du Nord, tout récemment en réponse à son test d’un prétendu missile balistique intercontinental.

L’augmentation marquée depuis février de ceux qui craignent le déclenchement d’une guerre majeure a sans aucun doute été alimentée par une nouvelle série d’événements : l’attaque américaine avec des missiles de croisière contre la Syrie en avril, plus tard un avion de combat syrien a été abattu par un avion de guerre américain, et, en Afghanistan, le largage de la bombe « MOAB », l’arme la plus grande employée par l’armée américaine depuis le bombardement atomique d’Hiroshima et de Nagasaki en 1945.

Bien que ce soit largement caché au public américain par les lâches médias bourgeois, les États-Unis sont perpétuellement impliqués dans des crimes de guerre à travers la planète. Au cours de la semaine dernière, l’ampleur de la tuerie des civils dans le siège de Mossoul mené par les États-Unis – avec au moins 7000 personnes soupçonnées d’avoir été enterrées dans les décombres – a commencé à apparaître au grand jour.

En Afghanistan, le nombre de civils tués au premier semestre de 2017 a atteint un niveau record pour cette guerre des États-Unis qui dure depuis 16 ans, avec 1662 personnes abattues en six mois seulement. Le nombre de morts chez les femmes a augmenté de 23 pour cent et chez les enfants de 9 pour cent par rapport à la même période de l’an dernier, alors que le nombre d’attaques aériennes américaines est revenu au niveau qui a prévalu lors du surged’Obama qui avait envoyé plus de 100 000 soldats américains dans le pays.

Parallèlement, Washington a intensifié son soutien à la guerre d’agression presque génocidaire de l’Arabie Saoudite contre le Yémen, où des bombardements massifs ont tué plus de 12 000 personnes et ont détruit des infrastructures de base, créant les conditions d’une famine et d’une épidémie de choléra massive.

Le sondage nouvellement publié a exposé deux processus diamétralement opposés qui se déroulent aux États-Unis. D’une part, la grande majorité de la population américaine craint de plus en plus et s’oppose de manière croissante à la guerre. D’autre part, le gouvernement des États-Unis et l’oligarchie dirigeante qu’il représente sont toujours plus enclins à provoquer une confrontation militaire majeure.

Seulement quatre jours avant que le sondage NBC soit publié, la Chambre des représentants des États-Unis a approuvé à une majorité bipartite écrasante un budget du Pentagone de près de 700 milliards de dollars, plus que le montant demandé par la Maison-Blanche de Trump, pour financer les guerres américaines en cours et la préparation des nouvelles.

Une étude récemment publiée, préparée par l’Institut d’études stratégiques du Collège de guerre de l’armée américaine sur « l’évaluation des risques dans un monde post-primauté », donne un aperçu de la pensée de ceux qui dirigent l’escalade de la guerre. Il cite deux « réalités défavorables face aux États-Unis » et à leurs militaires : « La première est la vulnérabilité croissante, l’érosion et, dans certains cas, la perte d’un avantage militaire américain supposé par rapport à la plupart des défis les plus conséquents pour la défense. La seconde concerne la restructuration explosive, et incertaine des affaires de sécurité internationale d’une manière qui semble devenir de plus en plus hostile à une primauté américaine incontestée ».

L’étude militaire américaine définit les objectifs stratégiques de Washington pour une période d’« après la primauté américaine » afin de sécuriser l’accès des États-Unis aux « régions, marchés et ressources stratégiques » et l’extension des « avantages et des options militaires américains ». En d’autres termes, le déclin relatif de la domination mondiale de l’impérialisme américain doit être contré par la force militaire.

Il admet que cette stratégie « exposera substantiellement la capacité militaire des États-Unis à des “tests de capacité” réguliers qui résulteront inévitablement : soit dans un échec, soit dans des pertes ou des coûts substantiels ». En d’autres termes, les guerres en préparation entraîneront des pertes américaines d’une ampleur que l’on a plus vue depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le document reconnaît également de façon implicite la nécessité de contrer l’hostilité populaire accablante à la guerre. « Dans le même temps », dit-il, « la patrie des États-Unis, les citoyens américains individuels et l’opinion et les perceptions publiques américaines deviendront de plus en plus des champs de bataille. »

Jusqu’à présent, cette bataille a été largement unilatérale. La poussée vers la guerre bénéficie du soutien accablant des partis démocrate et républicain. Les médias de masse ont été réduits à des diffuseurs de la propagande du Pentagone et de la CIA.

De plus, une nouvelle base sociale pour la guerre impérialiste, une couche des organisations politiques et des publications qui sont nominalement « de gauche » qui, au cours d’une période antérieure, a travaillé pour canaliser le sentiment anti-guerre derrière le Parti démocrate, a joué un rôle politiquement vital dans cette bataille. Aujourd’hui, non seulement de tels éléments sont non seulement hostiles à toute forme de protestation contre les crimes commis par l’armée américaine, mais aussi ce sont devenus des défenseurs affirmés des opérations de changement du régime impérialiste des États-Unis, en Libye en Syrie, en Ukraine et ailleurs.

Ces groupes, tels que l’International Socialist Organization (ISO) aux États-Unis, le Nouveau parti anticapitaliste en France et le Parti de gauche en Allemagne, contribuent à ouvrir la voie à des conflits beaucoup plus sanglants, en se tournant vers des dénonciations obsessionnelles de la Russie, de la Chine et de l’Iran comme des « impérialistes », même s’ils justifient les crimes de l’impérialisme américain sous la bannière des « droits de l’Homme », dont il faut toujours se méfier, et soutiennent les opérations de déstabilisation de la CIA en Syrie et ailleurs comme des « révolutions ».

Leur politique est fermement enracinée dans l’intérêt des sections les plus riches de la classe moyenne, dont les fortunes personnelles ont augmenté avec les prix des actions et de l’immobilier, un phénomène lui-même soutenu par l’éruption mondiale du militarisme américain.

L’hostilité populaire à la guerre, large et profondément enracinée, aux États-Unis et dans le monde entier, ne trouve aucune expression dans la configuration politique existante. Le Parti de l’égalité socialiste et le Comité international de la Quatrième Internationale se battent pour donner à ce sentiment une forme consciente et organisée par la construction d’un mouvement anti-guerre de masse basé sur la classe ouvrière et guidé par une perspective internationaliste et socialiste.

(Article paru d’abord en anglais le 19 juillet 2017)

Posté par Michel Peyret 

vendredi 21 juillet 2017

Les Etats Unis peuvent-ils cesser de soutenir les terroristes en Syrie?

L'annonce faite par la presse américaine de la suspension de l'aide américaine aux "rebelles" syriens islamistes a très rapidement fait le tour des rédactions. Pourtant, le traitement de l'information laconique a tenté de minimiser, même par rapport à la presse américaine, l'impact politique de cette décision. Celle-ci parle en effet ouvertement d'une "victoire de Poutine" sur le dossier syrien.
 
The Washington Post a lancé l'information selon laquelle Trump a décidé, il y a environ un mois de cela, lors d'une réunion à la Maison Blanche avec le directeur de la CIA M. Pompeo et le responsable de la sécurité nationale H. R. McMaster de mettre un terme à l'un des programmes secrets de la CIA Timber Sycamore, créé en 2013.
 
A l'époque, ce programme avait été lancé en urgence pour aider les rebelles s'opposant à Assad et sur le point de perdre le combat, comme l'écrivait alors ce même Washington Post, et ce, non seulement tactiquement, mais surtout stratégiquement Ainsi, les Etats Unis ont volontairement entretenu le conflit syrien pour lutter contre Assad. Il est vrai que dès le début de la "rébellion" en 2011, ils prirent une position anti-Assad, adoptèrent des sanctions contre le pays et aidèrent "l'opposition". Extrait:
Il s'en est suivi une fuite des armes et des hommes formés par la CIA vers les structures radicales, aucune barrière étanche n'existant réellement entre groupes armés d'opposition à Assad et groupes islamistes. Ce programme, illustration de la politique américaine dans la région, a ainsi largement aidé au développement du conflit. Toutefois, depuis l'entrée de la Russie dans le jeu, l'intérêt de ce programme fut réduit, les rebelles, qui avaient pu ainsi se rétablir, perdaient à nouveau du terrain et, en fin de compte, il a surtout servi à financer Al Qaïda. La "défaite" d'Alep, pour les groupes terroristes ouvertement soutenus par l'Occident, fut le signe de l'urgence d'un changement de stratégie.
 
Ce revirement a été pris très au sérieux par la presse américaine, qui n'y voit pas que, techniquement, la fin d'un programme devenu utile, mais un changement de stratégie américaine et la victoire de la Russie sur le dossier syrien:
Cet extrait du Washington Post n'a pas trouvé beaucoup d'écho dans la presse française, ce qui finalement, ne change pas grand chose à l'affaire.
 
Les Etats Unis continuent sur cette voie et annoncent que le départ d'Assad n'est plus une condition préalable au règlement du conflit:
«Je ne crois pas qu'il soit important, pour nous, de dire qu'Assad doit d'abord partir.» Selon Associated Press, C'est en ces termes que Tom Bossert, conseiller en sécurité intérieure de Donald Trump, a expliqué la nouvelle stratégie des Etats-Unis en Syrie, lors d'une réunion annuelle d'acteurs de la sécurité nationale et du renseignement à Aspen, dans le Colorado.
Un signal important est lancé. Tant aux mouvements rebels: les temps ont changé, il faut choisir son camp et passer à autre chose. Qu'à la Russie, envers laquelle les Etats Unis tentent de changer d'attitude et de s'orienter vers une coopération, au moins en Syrie. Les néoconservateurs laisseront-ils partir ainsi leurs créatures? Au-delà de la volonté de Trump, la question se pose réellement de savoir dans quelle mesure les Etats Unis sont encore en mesure de revenir sur leur politique de soutien systématique aux mouvements extrémistes, sans provoquer de crise majeure dans leur politique intérieure, totalement sclérosée, et de failles dans leur sécurité intérieure.
 

Washington peut-il empêcher la mort des États du Golfe ?

 

Le secrétaire d’État Tillerson est contrarié que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis aient rejeté ses efforts pour calmer leur différend avec le Qatar. Sa vengeance, assortie d’une menace de mesures plus sérieuses, prend la forme d’une « fuite » dans le WaPo : les Emirats Arabes Unis ont orchestré le piratage des sites du gouvernement qatari, ce qui provoque des bouleversements régionaux, selon des responsables du renseignement étasunien :

 

Les Emirats Arabes Unis ont orchestré le piratage de sites de médias sociaux et d’information du gouvernement qatari, pour y poster de fausses citations incendiaires attribuées à l’émir du Qatar, Sheikh Tamim Bin Hamad al-Thani, à la fin du mois de mai, ce qui a déclenché le bouleversement en cours entre le Qatar et ses voisins, selon des responsables du renseignement américain.

 

Des responsables ont pris conscience la semaine dernière que de nouvelles informations recueillies par les services de renseignement des États-Unis confirmaient que, le 23 mai, des membres importants du gouvernement des Émirats arabes unis avaient discuté du plan et de sa mise en œuvre. Les responsables ont déclaré qu’on ne savait pas si les Émirats arabes unis avaient procédé aux piratages eux-mêmes ou avaient été chargé quelqu’un d’autre de le faire.

 

Que les Émirats arabes unis et / ou les Saoudiens soient impliqués dans le piratage était assez clair depuis le début. Ils étaient les seuls à avoir un vrai motif. Le Qatar avait déjà des preuves indéniables de la source du piratage. Les sources anti-russes du Congrès ont ignoré ces preuves et accusé, comme d’habitude, la Russie et Poutine.

 

Le plus important, dans le message de Tillerson, n’est pas l’accusation de piratage. Les piratages en eux-mêmes n’ont rien à voir avec le conflit, ni avec les efforts de Tillerson pour le désamorcer. La « fuite » avertit les Emirats Arabes Unis et les dirigeants saoudiens que les États-Unis ont les sources et les moyens nécessaires pour savoir tout ce qui se passe dans leur gouvernement, même les discussions les plus secrètes. La véritable menace pour eux est que la même source révèle d’autres vilenies.

 

Il est douteux que cette menace modifie les manières de faire de ces dirigeants. Ils se croient invincibles. Ian Welsh décrit leur état d’esprit dans sa prédiction sur la mort de l’Arabie saoudite et d’autres états du Golfe :

 

C’est un processus assez courant : toutes les dynasties finissent mal, parce que les futurs rois élevés dans la richesse et le pouvoir pensent que c’est l’état naturel des choses : ils croient qu’ils sont brillants et qu’ils méritent tout ce qu’ils ont, alors qu’ils l’ont reçu sur un plateau d’argent. Ils sont rompus aux intrigues de palais et pensent que ça va être pareil au-dehors du palais.

 

Mais il n’en est rien.

 

Welsh arrive à la conclusion où je suis moi-même parvenu lorsque le récent conflit au cœur du Conseil de coopération des États arabes du Golfe a éclaté :

 

Quelle que soit la façon dont le conflit avec le Qatar se termine, le Conseil de coopération des États arabes du Golfe a (à nouveau) a montré qu’il n’était qu’un faux-semblant. Rien ne pourra le reconstituer. Le « leadership » de l’Arabie Saoudite n’est que de l’intimidation brutale et il rencontrera de l’opposition. Les plans des États-Unis pour un Conseil de coopération des États arabes du Golfe uni sous la direction saoudienne et le contrôle des États-Unis sont en lambeaux.
...
Les Saoudiens, et leur nouveau leadership, surestiment leurs capacités. Trump a fait de même lorsqu’il leur a donné plus d’importance. Les « singes saoudiens qui cassent le Macbook** » parce qu’ils n’arrivent pas à rentrer dedans, n’ont pas les capacités nécessaires pour être des acteurs politiques sérieux dans ce monde. Leur argent ne peut pas éternellement dissimuler cette évidence.

La démarche de Tillerson et de quelques « officiels du renseignement » peut être interprétée comme un signe de panique. La « fuite » a révélé des « sources et des moyens ». Comme tous les autres gouvernements, les hauts fonctionnaires des EAU soupçonnaient les États-Unis d’écouter leurs délibérations internes. Mais maintenant ils ont sont sûrs. La date précise indiquée dans la « fuite » les aidera à prendre des contre-mesures. Laisser fuiter des « sources et des moyens » ne se fait pas à la légère. Que l’administration des Etats-Unis ait été contrainte de recourir à une telle mesure montre qu’elle ne maîtrise pas la situation.

 

Lors de la chute de l’Empire ottoman, la Grande-Bretagne a créé l’Arabie saoudite d’aujourd’hui. Deux guerres mondiales ont mis fin à la puissance de la Grande-Bretagne. Les États-Unis ont pris la relève à la tête de l’empire, y compris des États du Golfe. Ils ont besoin de l’énergie fossile et de l’accord monétaire qui va avec, selon lequel tous les échanges avec l’Arabie saoudite doivent avoir lieu en dollars**. Il n’est pas dans l’intérêt des États-Unis d’avoir des problèmes avec l’Arabie saoudite, mais c’est pourtant ce qui se profile. La « fuite » montre l’inexpérience de la nouvelle administration étasunienne. Ce n’est pas suffisant de désamorcer le conflit et d’atténuer ses conséquences.

 

Quelles stratégies Washington va-t-il maintenant adopter pour enrayer l’instabilité qui s’annonce en Arabie Saoudite et dans d’autres pays du Golfe ?

 

Moon of Alabama

 

Notes :

*https://www.lorientlejour.com/article/1038372/etats-unis-arabie-saoudi...

** Kano.me est un site internet qui a pour but de permettre à tous de fabriquer son propre ordinateur... Pour promouvoir leur concept, Kano a créé une vidéo mettant en scène un singe qui semble au premier abord apprécier un MacBook. Il s’amuse avec l’ordinateur avant d’essayer de le démonter et, frustré, de le jeter par terre où il se brise. A la fin de la vidéo le slogan de Kano apparaît : "Entrez dans un ordinateur puis faites en un vous-même".

»» http://www.moonofalabama.org/2017/07/can-washington-mitigate-the-death...

URL de cet article 32100 

Le Temps de la colère, par Chris Hedges

 

19 Juillet 2017
 
Chris Hedges est un journaliste américain, prix Politzer, dont les analyses sont reconnues en particulier pour le Moyen Orient. « Ce qu’on ne nous a jamais dit, c’est que le jeu était réglé d’avance. Nous étions toujours condamnés à perdre. Nos villes ont été désindustrialisées et se sont dégradées. Les salaires ont décliné. Notre classe ouvrière s’est appauvrie. La guerre sans fin est devenue, de façon cynique, une activité lucrative. Et la richesse du monde a été saisie par un petit groupe d’oligarques mondiaux. Les kleptocraties, comme celle actuellement installée à Washington, ont volé les gens de façon éhontée. L’idéalisme démocratique est devenu une plaisanterie. Nous ne sommes reliés les uns aux autres, comme l’écrit Mishra, que « par le commerce et la technologie », forces qu’Hanna Arendt a appelées « la solidarité négative ». Il faudrait compléter cette analyse par la manière dont l’idée révolutionnaire, le communisme a été vidé de sa substance en suivant partout les illusions social démocrates et le mensonge éhonté de leur promesse face à la réalité de leur alignement. Et cela n’est pas fini, qui ne voit pas que l’enjeu du prochain congrès du PCF c’est de faire accepter aux militants une force raisonnable, gestionnaire  qui pourtant génère partout l’extrême-droite
 
(note de danielle Bleitrach)

par Les-crises.fr DT

 

Source : Truthdig, Chris Hedges, 11-06-2017

Mr. Fish / Truthdig

 

Le nihilisme et la rage qui balaient la planète ne sont pas engendrés par des idéologies perverties ni par des croyances religieuses moyenâgeuses. Ces forces destructrices prennent racine dans la destruction des traditions sociales, culturelles et religieuses par la modernisation et la société de consommation, dans les tentatives désastreuses de la part des États Unis d’effectuer des changements de régimes, souvent par des coups d’État ou des guerres, et dans l’idéologie néolibérale utopique qui a concentré les richesses entre les mains d’une petite clique d’oligarques corrompus.

 

Comme l’écrit Pankaj Mishra dans « Le Temps de la colère : une Histoire du présent », ce vaste projet planétaire d’ingénierie sociale a convaincu des centaines de millions de personnes au cours du siècle dernier, « d’abandonner – et souvent mépriser – un monde passé qui avait duré des milliers d’années, et de prendre le pari de créer des citoyens modernes qui seraient laïques, éclairés, cultivés et héroïques ». Ce projet a été un échec spectaculaire.

 

Alexandre Soljenitsyne a remarqué sarcastiquement que « pour détruire un peuple, vous devez couper ses racines ». Les damnés de la terre, comme Frantz Fanon les appelait, ont été dépouillés de toute cohésion sociale ou culturelle. Ils sont coupés de leur passé. Ils vivent dans une pauvreté écrasante, une aliénation paralysante, le désespoir et souvent la terreur. La culture de masse les abreuve d’images clinquantes, violentes, salaces et ridicules. Ils se lèvent contre ces forces de la modernisation, poussés par une fureur atavique, pour détruire l’univers technocratique qui les condamne. Cette rage s’exprime de multiples façons – le nationalisme hindou, le proto-fascisme, le djihadisme, la droite chrétienne, la violence anarchique et autres. Mais les diverses formes de ressentiment trouvent leur source dans les mêmes puits du désespoir global. Ce ressentiment « empoisonne la société civile et sape les libertés politiques », écrit Mishra et il alimente « un revirement global vers l’autoritarisme et des formes toxiques de chauvinisme ».

 

Les élites occidentales, plutôt que d’accepter leur responsabilité dans l’anarchie globale, définissent de manière égocentrique le conflit comme celui des valeurs de l’Occident éclairé contre les barbares médiévaux. Elles voient chez les nationalistes extrémistes, les fondamentalistes religieux et les djihadistes une irrationalité indéfinie et inexplicable qui ne peut être réprimée que par la force. Il leur reste à saisir que ceux qui sont privés de droits ne nous haïssent pas pour nos valeurs : ils nous détestent pour notre duplicité, notre usage de la violence industrielle systématique contre leurs nations et leurs communautés et pour notre hypocrisie.

 

Plus les élites occidentales sont attaquées,plus elles se réfugient aussi dans un passé mythologique, l’autocélébration et l’ignorance volontaire. Mishra écrit :

 

« Ainsi, dans les endroits mêmes [en Occident] où est apparue la modernité laïque, avec des idées qui furent alors établies de façon universelle – l’individualisme (contre l’importance des relations sociales), le culte de l’efficacité et de l’utilité (contre l’éthique de l’honneur), et la normalisation de l’intérêt personnel – le Volk mythique est réapparu comme une incitation à la solidarité et à l’action contre des ennemis réels ou imaginaires.

 

« Mais le nationalisme est, plus que jamais auparavant, une mystification, sinon une escroquerie dangereuse de par sa promesse de rendre une nation « à nouveau grande », et de par sa diabolisation de « l’autre » ; il dissimule les conditions d’existence réelles et les vraies origines de la souffrance, par cela même qu’il cherche à reproduire, à l’intérieur d’un horizon terrestre sombre, le baume apaisant des idéaux transcendants. Sa résurgence politique montre que le ressentiment – ici, celui des gens qui se sentent délaissés par l’économie mondialisée et ignorés avec mépris par ses seigneurs gominés et par les meneurs de claque de la politique, des affaires et des médias – reste la métaphysique par défaut du monde moderne depuis que [Jean-Jacques] Rousseau l’a défini le premier. Et son expression la plus menaçante à l’âge de l’individualisme pourrait bien être l’anarchisme violent des déshérités et des inutiles ».

 

Les partisans de la mondialisation ont promis de faire accéder à la classe moyenne les travailleurs de toute la planète et d’inculquer les valeurs démocratiques et le rationalisme scientifique. Les tensions religieuses et ethniques seraient modérées ou éradiquées. Ce marché mondial créerait une communauté de nations pacifiques et prospères. Tout ce que nous avions à faire était d’écarter les gouvernements et de nous agenouiller devant les exigences du marché, présentées comme la forme ultime du progrès et de la rationalité.

 

Au nom de cette utopie absurde, le néolibéralisme a éliminé les règlements du gouvernement et les lois qui protégeaient jusque-là le citoyen des pires excès du capitalisme prédateur. Il a créé des accords de libre échange qui ont permis de transférer des milliards de dollars des entreprises sur des comptes offshore pour éviter l’impôt, et de faire fuir les emplois vers des ateliers en Chine et dans le sud de la planète où les travailleurs vivent dans des conditions proches de l’esclavage. Les programmes de prestations sociales et les services publics ont été détruits ou privatisés. La culture de masse, y compris les écoles et la presse, ont endoctriné une population de plus en plus désespérée pour qu’elle participe au reality show planétaire du capitalisme, une « guerre de tous contre tous ».

 

Ce qu’on ne nous a jamais dit, c’est que le jeu était réglé d’avance. Nous étions toujours condamnés à perdre. Nos villes ont été désindustrialisées et se sont dégradées. Les salaires ont décliné. Notre classe ouvrière s’est appauvrie. La guerre sans fin est devenue, de façon cynique, une activité lucrative. Et la richesse du monde a été saisie par un petit groupe d’oligarques mondiaux. Les kleptocraties, comme celle actuellement installée à Washington, ont volé les gens de façon éhontée. L’idéalisme démocratique est devenu une plaisanterie. Nous ne sommes reliés les uns aux autres, comme l’écrit Mishra, que « par le commerce et la technologie », forces qu’Hanna Arendt a appelées « la solidarité négative ».

 

Le contrecoup, écrit Mishra, ressemble à la violence et au terrorisme anarchiste, fasciste et communiste qui ont eu cours à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Dans l’une des plus importantes parties de son analyse brillante et multidimensionnelle du monde qui nous entoure, Mishra explique comment les idées occidentales ont été adoptées et transformées par les idéologues dans les pays du Sud, idées qui deviendraient aussi destructrices que l’imposition même du marché libre capitaliste.

 

Par exemple, la révolution islamique de l’ayatollah Ruhollah Khomeiny en Iran, a largement emprunté aux idées occidentales, parmi lesquelles la représentation par les élections, l’égalitarisme et l’avant-garde révolutionnaire de Lénine, qui furent adaptées à un monde musulman. Nishida Kitaro et Watsujii Tetsura, de l’école japonaise de Kyoto, puisèrent dans le nationalisme romantique des philosophes allemands, et transformèrent la glorification de la nation germanique en glorification du Japon impérial. Ils « fournirent la justification intellectuelle de l’attaque brutale de la Chine dans les années 30, et ensuite de l’attaque soudaine de son plus gros partenaire commercial en décembre 1941 – à Pearl Harbour ». L’écrivain et érudit le plus important de l’Asie du sud, Muhammad Iqbal, a produit une « vision nietzschéenne de l’Islam revivifiée par des Musulmans forts et auto-créatifs ». Et l’érudit chinois Lu Xun a appelé les Chinois à montrer « la volonté indomptable illustrée par Zarathoustra ». Ces idéologies bâtardes se drapaient dans le vernis des traditions et croyances indigènes. Mais c’étaient des créations nouvelles, nées du schöpferische Zerstörung, ou « tempête de la destruction créatrice », du capitalisme mondial.

 

Nulle part cela n’est plus vrai qu’avec les appels modernes au djihad de la part de radicaux islamiques autoproclamés, dont la plupart n’ont pas d’éducation religieuse et qui viennent du milieu criminel sécularisé. Le chef djihadiste Abu Musab Zarqawi, surnommé « le cheik des bourreaux » en Irak a eu, comme l’écrit Mishra, « un long passé de proxénétisme, de trafic de stupéfiants et d’alcoolisme ». L’Afghano-Américain Omar Mateen fréquentait, selon certaines sources, la boîte de nuit d’Orlando, en Floride, où il a massacré 49 personnes et où on l’avait vu en état d’ébriété. Anwar al-Awlaki, qui prêchait le djihad et fut finalement assassiné par les États-Unis, avait un penchant pour les prostituées. Abu Mohammed al-Adnani, un haut dirigeant de l’État islamique, avant d’être tué, a appelé les Musulmans d’Occident à tuer tout non-Musulman qu’ils rencontreraient. « Écrasez-lui la tête avec une pierre, ou abattez-le avec un couteau, ou roulez-lui dessus avec votre voiture, où poussez-le d’un endroit élevé, ou étouffez-le, ou bien empoisonnez-le », disait al Adnani à ses disciples.

 

L’idée de Mikhail Bakounine de « la propagande par l’action » écrit Mishra se « manifeste de façon universelle dans les massacres enregistrés sur vidéo, diffusés en direct et postés sur Facebook ». Elle s’est développée « naturellement à partir de la présomption que seuls des actes d’une violence extrême pouvaient révéler au monde la situation sociale désespérée et l’intégrité morale de ceux qui étaient déterminés à la contester ». Ces idées importées ont rempli le vide laissé par la destruction des croyances, traditions et rituels autochtones. Comme le dit Mishra, ces djihadistes « représentent la mort de l’Islam traditionnel plutôt que sa résurrection ».

 

« Il s’avère », écrit-il, que « les modernisateurs autocrates n’ont pas réussi à faire entrer une majorité de leurs pupilles dans le monde moderne, que leurs révolutions avortées venues d’en haut ont ouvert la voie à des révolutions plus radicales venues d’en bas, suivies par l’anarchie, comme nous avons pu le voir ces dernières années ».

 

Mishra souligne que les attaques terroristes à Paris ou Londres ont été provoquées par le même ressentiment que celui qui a conduit Timothy McVey à faire exploser une bombe au Bâtiment fédéral Alfred P. Murrah, tuant 168 personnes, dont 19 enfants, et en blessant 684. Et quand l’Américain fut emprisonné à Florence, Colorado, le prisonnier dans la cellule voisine était Ahmed Yousef, le cerveau de la première attaque du World Trade Center en 1993. Après l’exécution de McVey, Yousef a commenté : « Je n’ai jamais [connu] personne dans ma vie qui ait une personnalité aussi similaire à la mienne ».

 

Mishra écrit : « Des fanatiques malfaisants ont émergé au cœur même de l’Occident démocratique après une décennie de bouleversements politiques et économiques ; le paradigme explicatif simpliste gravé dans la pierre après les attaques du 11 septembre – celui du terrorisme d’inspiration islamiste contre la modernité – est réduit en cendres ». Les États-Unis, en plus de subir des massacres périodiques dans des écoles, des galeries marchandes ou des salles de cinéma, ont vu des terroristes locaux frapper le marathon de Boston, une église de Caroline du Sud, des installations militaires au Tennessee, une base militaire au Texas et ailleurs.

 

« L’Occident moderne ne peut plus être distingué de ses ennemis apparents », constate Mishra. « L’hagiographie du sniper de la Marine états-unienne Chris Kyle – qui avait un tatouage représentant la croix rouge des Croisés et appelait la guerre en Irak un combat contre « un mal farouche et acharné » dans le film de Clint Eastwook « American sniper », célèbre la vision du monde binaire adoptée par les djihadistes qui déifient leurs poseurs de bombes kamikazes.

 

« La frénésie xénophobe déclenchée par l’adaptation cinématographique du livre de Kyle suggère que les partisans de la guerre sainte les plus virulents ne fleurissent pas seulement dans les paysages ravagés de l’Asie du Sud et de l’Ouest », écrit Mishra. « De tels fanatiques, qui peuvent être des athées tout comme des croisés ou des djihadistes, se cachent aussi parmi les meilleurs et les plus intelligents de l’Amérique, enhardis par un soutien sans fin en argent, armes, et même « idées » fournies par des experts en terrorisme et par des théoriciens du choc des civilisations ».

 

Donald Trump, étant donné la destruction politique, culturelle et économique menée par le néolibéralisme, n’est pas une aberration. Il est la résultante d’une société de marché et d’une démocratie capitaliste qui a cessé de fonctionner. Une classe inférieure en colère et exclue, représentant à l’heure actuelle jusqu’à la moitié de la population des États-Unis, est envoûtée par des hallucinations électroniques qui remplacent l’instruction. Ces Américains prennent un plaisir pervers et presque diabolique dans des démagogues tels que Trump, qui expriment un mépris pour les règles traditionnelles et et bafouent ouvertement les rituels d’une structure du pouvoir qui les exploite.

 

Mishra trouve une situation comparable dans son propre pays, l’Inde. « Dans leur indifférence envers le bien commun, leur recherche constante du bonheur personnel et leur identification narcissique avec un homme fort apparemment impitoyable et grande gueule désinhibée, [le Premier ministre Narendra] les électeurs mécontents de Modi sont le reflet de beaucoup d’électorats dans le monde – des gens plus satisfaits qu’horrifiés par les dérapages verbaux et le massacre des anciennes conventions », écrit-il. « Les horizons nouveaux des désirs et des peurs individuels ouverts par l’économie mondiale du néolibéralisme ne favorisent pas la démocratie ni les droits de l’homme ».

 

Mishra dénonce la version occidentale idéalisée et aseptisée de l’histoire : « les idées et les présomptions simplistes et dangereusement trompeuses, tirées d’une histoire triomphante des réalisations anglo-américaines qui ont longtemps façonné les discours des hommes d’État, les rapports des think-tanks, les enquêtes des technocrates, les éditoriaux des journaux, tout en donnant du grain à moudre aux chroniqueurs, aux commentateurs de la télévision et aux soi-disant experts en terrorisme ». Les mandarins qui déversent ce récit égocentrique sont, comme le théologien Reinhold Niebuhr les a appelés, eux et ceux de leur acabit, les « fanatiques insipides de la civilisation occidentale qui considèrent les réalisations hautement accidentelles de notre culture comme la forme finale et la norme de l’existence humaine ».

 

Les racines de la modernisation et de la colonisation sont, écrit Mithra, celles du « carnage et de la pagaille ». L’appétit vorace des capitalistes et des impérialistes n’ont jamais pris en considération « les facteurs contraignants tels que l’espace géographique fini, les ressources naturelles limitées et les écosystèmes fragiles ».

 

« La filiation intellectuelle des atrocités d’aujourd’hui ne se trouve pas dans les écritures religieuses », écrit Mishra. « Les colonialistes français en Algérie avaient utilisé des techniques de torture initialement déployées par les nazis lors de l’occupation de la France (et aussi par quelques-uns des premiers pirates de l’air). Les Américains dans la guerre mondiale contre le terrorisme ont recouru aux méthodes cruelles d’interrogatoire que l’Union soviétique avait brevetées pendant la guerre froide. Dans la dernière étape de cette terrible réciprocité, les héritiers de Zarqawi à I’EI habillent leurs otages occidentaux des tenues orange de Guantanamo et allument les caméras de leurs smartphones avant de décapiter leurs victimes.

 

La foi dangereuse de l’Occident dans l’inéluctabilité du progrès humain est relatée par Mishra au travers de la confrontation entre les intellectuels français Rousseau et Voltaire, ainsi que Bakounine, Alexander Herzen, Karl Marx, Fichte, Giuseppe Mazzini et Michel Foucault. Cet ouvrage intellectuellement nuancé et philosophiquement riche montre que les idées importent.

 

« Les modernistes hindous, juifs, chinois et musulmans qui ont contribué à établir les grandes idéologies de construction nationale étaient en phase avec les principales tendances de la fin-de-siècle européenne, qui a redéfini la liberté au-delà de l’intérêt égoïste bourgeois comme une volonté de forger des nouvelles sociétés dynamiques et de remodeler l’histoire », écrit Mishra. « Il est impossible de les comprendre, eux et le résultat ultérieur de leurs efforts (islamisme, nationalisme hindou, sionisme, nationalisme chinois), sans saisir leur contexte intellectuel de décadence culturelle et de pessimisme : l’anxiété de l’inconscient, que Freud n’était pas le seul à ressentir ; ou l’idée d’une renaissance glorieuse après le déclin et la décadence, empruntée à l’idée chrétienne de la résurrection, que Mazzini a tant fait pour introduire dans la sphère politique ».

 

Mishra continue ainsi :

 

« L’EI, né pendant l’implosion de l’Irak, doit plus son existence à l’ opération Justice sans limites et Liberté immuable qu’à une quelconque théologie islamique. C’est le produit caractéristique du progrès radical de la mondialisation dans laquelle les gouvernements, incapables de protéger leur citoyens des envahisseurs étrangers, de la brutalité policière ou des turbulences économiques, perdent leur légitimité morale et idéologique, créant un espace pour des acteurs non étatiques tels que des gangs armés, des mafias, des milices, des seigneurs de la guerre et des revanchards privés.

 

« L’EI a l’intention de créer un califat, mais, comme les changeurs de régime américains, il ne peut organiser un espace politique qui soit distinct de la violence privatisée. Motivés par un individualisme personnel, les adeptes de l’EI sont plus doués pour détruire le Valhalla [dans la mythologie nordique, lieu où les valeureux guerriers défunts sont amenés. ndT]. que pour le créer. Finalement la passion pour une politique grandiose, qui se manifeste dans l’anéantissement wagnérien de l’EI, est ce qui pousse le Califat, autant que l’a fait l’utopie de [Gabriele] D’Annunzio. La volonté de puissance et la soif de violence comme expérience existentielle réconcilient, comme l’a prophétisé le [philosophe et théoricien social Georges] Sorel, les divers engagements religieux et idéologiques de ses adeptes. Les tentatives pour les replacer dans une longue tradition islamique oublient à quel point ces militants, qui mettent fiévreusement en scène leurs meurtres et leurs viols sur Instagram, reflètent un stade ultime dans la radicalisation du principe moderne de l’autonomie individuelle et de l’égalité : une forme d’affirmation de soi acharnée qui ne reconnaît aucune limite, et requiert la descente dans des abysses moraux ».

 

Le philosophe George Santayana a prédit que la culture individualiste obsessionnelle de la compétition et du mimétisme de l’Amérique encouragerait ultérieurement « une lame de fond d’aveuglement primitif et de violence ». L’incapacité d’être critique et conscient à l’égard de soi-même, associée au culte du moi, conduirait à un suicide collectif. L’historien de la culture Carl Schorse a écrit dans « La Vienne de la fin-de-siècle : politique et culture » que la descente de l’Europe dans le fascisme était inévitable une fois qu’elle avait coupé le « cordon de la conscience ». Et avec l’ascension de Trump, il est clair que le « cordon de la conscience » a également été coupé dans les jours crépusculaires de l’empire américain. Dès que nous ne reconnaissons plus ou ne comprenons plus notre capacité à faire le mal, dès que nous ne nous connaissons plus, nous devenons des monstres qui dévorent les autres et nous dévorons finalement nous-mêmes.

 

« Le totalitarisme avec ses dizaines de millions de victimes a été identifié comme une réaction malveillante à la tradition bienveillante des Lumières du rationalisme, de l’humanisme, de l’universalisme et de la démocratie libérale – une tradition envisagée comme une norme ne posant pas problème », écrit Mishra. « Il était clairement trop déconcertant de reconnaître que la politique totalitaire cristallisait les courants de pensée (racisme scientifique, nationalisme chauvin, impérialisme, technicité, politique esthétisée, utopisme, ingénierie sociale et lutte violente pour la survie) qui circulaient à travers toute l’Europe à la fin du dix-neuvième siècle ».

 

Mishra sait ce qui se produit quand les gens sont abandonnés sur le tas de fumier de l’histoire. Il sait ce que les guerres interminables, menées au nom de la démocratie et de la civilisation occidentale, engendrent chez leurs victimes. Il sait ce qui conduit les gens à avoir soif de violence, qu’ils se trouvent à un meeting de Trump ou dans une mosquée radicale au Pakistan. L’histoire informe le présent. Nous sommes atteints par ce que l’écrivain Albert Camus appelait « l’auto-intoxication, la sécrétion maligne de notre impuissance préconçue à l’intérieur de l’enceinte du moi ». Et tant que cette « auto-intoxication » ne sera pas traitée, la rage et la violence, chez nous ou à l’étranger, se développera tandis que nous trébucherons vers une apocalypse mondiale. L’auto-aliénation du genre humain, a prévenu Walter Benjamin, « a atteint un tel degré qu’elle peut vivre sa propre destruction comme un plaisir esthétique de premier ordre ».

 

Les conflits en Égypte, en Libye, au Mali, en Syrie et dans d’autres nombreux endroits, souligne Mishra, sont alimentés par « des événements climatiques extrêmes, l’épuisement des fleuves et des mers et de leurs stocks de poissons, ou la désertification de régions entières de la planète ». Les réfugiés qui sont poussés en Europe par le chaos de leur pays, y créent de l’instabilité politique. Et tandis que nous marchons vers l’avenir comme des somnambules, la détérioration continue de l’écosystème amènera finalement l’effondrement complet des systèmes. Mishra nous avertit que « les deux façons dont l’humanité peut s’autodétruire – la guerre civile à l’échelle planétaire, ou la destruction de l’environnement naturel – convergent rapidement ». Nos élites, oublieuses des dangers à venir, aveuglées par leur propre orgueil et leur cupidité, nous transportent, comme Charon, vers le pays des morts.

 

Source : Truthdig, Chris Hedges, 11-06-2017

 

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

Les-crises.fr DT | 19 juille

Le système de retraites américain menacerait de s’effondrer, par RFI

 

14 Juillet 2017

 

Source : RFI, 19-05-2017

 

Fragilisé par la crise des subprimes en 2007, le système économique américain (ici une photo de la Bourse de Wall Street), serait de nouveau menacé, cette-fois à cause de l’insuffisance de financements des fonds de pensions

 

Après la crise de subprimes immobilières, les Etats-Unis vont-ils connaitre une crise des retraites des fonctionnaires ? Les fonds de pension des collectivités locales états-uniens seraient sous financées de plusieurs milliers de milliards de dollars. Une situation explosive qui pourrait provoquer une nouvelle crise économique.

 

C’est l’institut Hoover, un cercle de réflexion proche de l’université de Stanford, qui a tiré la sonnette d’alarme à cause de la menace qui pèse sur les retraites des fonctionnaires américains. En effet, ces retraites sont financées par des fonds de pension qui manqueraient de près de quatre mille milliards de dollars de financements.

 

De grandes villes comme Dallas, Philadelphie, la Nouvelle-Orléans ou Chicago n’ont plus les moyens de payer l’intégralité des retraites promises. Aucune ville, aucun Etat ne serait épargné. Certaines villes ont opté pour un versement partiel des pensions, d’autres n’honorent plus leurs factures : des solutions qui ne sont pas viables. Il manque 3 850 milliards de dollars aux fonds de pensions publics pour honorer les versements des agents territoriaux. Rien que l’an dernier, le trou dans la caisse aurait augmenté de 434 milliards de dollars. Cette situation résulte de plusieurs facteurs.

 

Le vieillissement de la population conjugué à l’augmentation de l’espérance de vie n’explique pas tout. En faisant le choix de la libéralisation des régimes de retraite, les collectivités locales se sont tournées vers des investissements à risques dans des proportions démesurées. Elles misaient sur une rentabilité de 7,5 % par an, mais ont récolté trois fois moins. Victime des taux d’intérêt bas, les investissements ne produisent pas suffisamment de gains. Les agences de notation sortent le carton rouge. Elles ont dégradé la note de plusieurs villes comme Chicago ou Dallas.

 

Source : RFI, 19-05-2017

 

Les-crises.fr DT | 14 juillet 2017 à 5 h 00 min | Étiquettes : Système de retraiteUSA | Catégories : Finance | URL : http://wp.me/p17qr1-JSR

Washington : seize ans de guerre. Pourquoi ?

 

Paul Craig Roberts

Par Paul Craig Roberts – Le 30 juin 2017 – Source CounterPunch

 

Depuis seize ans, les États-Unis ont été en guerre au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, dépensant des milliards de dollars, commettant des crimes de guerre incalculables et envoyant des millions de réfugiés de guerre en Europe, tout en affirmant que Washington ne pouvait pas assurer ses obligations de sécurité sociale et de Medicare [soins aux personnes de plus de 65 ans], ni financer un service national de santé comme tous les pays civilisés.

 

Compte tenu des énormes besoins sociaux qui ne peuvent être satisfaits en raison du coût massif de ces guerres orchestrées, on pourrait penser que le peuple américain se poserait des questions sur le but de ces guerres. Qu’est-ce-qui est accompli avec ces énormes dépenses ? Les besoins intérieurs sont négligés de sorte que le complexe militaro-sécuritaire peut s’engraisser avec les profits de la guerre.

 

Le manque de curiosité de la part du peuple américain, des médias et du Congrès sur le but de ces guerres, qui ont été fondées entièrement sur le mensonge, est extraordinaire. Qu’est-ce qui explique cette conspiration de silence, ce désintérêt incroyable pour le gaspillage d’argent et de vies ?

 

La plupart des Américains semblent accepter vaguement ces guerres orchestrées comme la réponse du gouvernement au 11 septembre. Cela s’ajoute au mystère car c’est un fait que l’Irak, la Libye, la Syrie, le Yémen, l’Afghanistan et l’Iran (l’Iran n’a pas encore été attaqué, sauf avec des menaces et des sanctions) n’ont rien à voir avec le 11 septembre. Mais ces pays ont des populations musulmanes, et le régime de Bush et les médias prostitués ont réussi à associer le 11 septembre avec les musulmans en général.

 

Peut-être que si les Américains et leurs « représentants » au Congrès avaient compris de quoi il s’agit avec ces guerres, ils se lèveraient d’eux-mêmes pour faire des objections. Alors, je vais vous dire de quoi il retourne avec la guerre de Washington contre la Syrie et la guerre prévue contre l’Iran. Prêt ?

 

Il y a trois raisons pour la guerre de Washington, et non la guerre des États-Unis – car Washington n’est pas l’Amérique – en Syrie. La première raison tient aux profits du complexe militaro-sécuritaire. Ce dernier est une combinaison de puissants intérêts privés et gouvernementaux qui nécessitent une menace pour justifier un budget annuel qui dépasse le PIB de nombreux pays. La guerre confère à cette combinaison d’intérêts privés et gouvernementaux une justification pour son budget massif, un budget dont le fardeau incombe aux contribuables américains dont le revenu médian réel par famille n’a pas augmenté depuis quelques décennies, alors que la charge de leurs dettes pour soutenir leur niveau de vie a augmenté.

 

La deuxième raison a trait à l’idéologie néoconservatrice cherchant  l’hégémonie mondiale américaine. Selon les néoconservateurs, qui ne sont certainement pas conservateurs en quoi que ce soit, l’effondrement du communisme et du socialisme signifie que l’Histoire a choisi le « capitalisme démocratique », qui n’est ni démocratique ni capitaliste, en tant que système socio-économico-politique mondial et c’est la responsabilité de Washington d’imposer l’américanisme au monde entier. Des pays comme la Russie, la Chine, la Syrie et l’Iran, qui rejettent l’hégémonie américaine, doivent être déstabilisés et détruits, car ils sont un obstacle à l’unilatéralisme américain.

 

La troisième raison se rapporte aux ressources en eau du sud du Liban dont Israël a besoin. Deux fois, Israël a envoyé l’armée israélienne, tant vantée, pour occuper le sud du Liban, et le Hezbollah, une milice soutenue par la Syrie et l’Iran, a expulsé par deux fois cette armée israélienne tant renommée.

 

Pour être direct, Israël utilise l’Amérique pour éliminer les gouvernements syrien et iranien qui fournissent un soutien militaire et économique au Hezbollah. Si les Américains peuvent éliminer les soutiens du Hezbollah, l’armée israélienne peut voler le sud du Liban, tout comme elle a volé la Palestine et certaines parties de la Syrie. Voici les faits : depuis seize ans, la population américaine insouciante a permis à un gouvernement corrompu à Washington de gaspiller des milliards de dollars nécessaires au pays au bénéfice du complexe militaro-sécuritaire, au service de l’idéologie néoconservatrice cherchant l’hégémonie mondiale des États-Unis, et pour finir au service d’Israël.

 

De toute évidence, la démocratie américaine est frauduleuse. Elle sert tout le monde, sauf les Américains.

 

Quelle est la conséquence probable du fait que le gouvernement américain serve des intérêts non américains ?

 

La meilleure conséquence effective est la pauvreté pour les 99 pour cent. La pire est l’Armageddon nucléaire.

 

Les services rendus par Washington au complexe militaro-sécuritaire, à l’idéologie néoconservatrice et à Israël négligent complètement des faits collatéraux surpuissants.

 

L’intérêt d’Israël au renversement de la Syrie et de l’Iran est totalement incompatible avec l’intérêt de la Russie qui veut empêcher l’importation du djihadisme dans la Fédération de Russie et en Asie centrale. Par conséquent, Israël a mis les États-Unis en conflit militaire direct avec la Russie.

 

Les intérêts financiers du complexe militaro-sécuritaire américain consistant à encercler la Russie avec des sites de missiles sont incompatibles avec la souveraineté de la Russie, tout comme l’accent mis par les néoconservateurs sur l’hégémonie mondiale des États-Unis. Le président Trump ne contrôle pas Washington. Washington est contrôlé par le complexe (regardez sur Youtube la description faite par le président Eisenhower de la menace représentée par le complexe pour la démocratie américaine), par le lobby israélien et par les néoconservateurs. Ces trois groupes d’intérêts organisés ont préempté le peuple américain, qui est impuissant et non impliqué dans les décisions concernant son avenir.

 

Tous les représentants et sénateurs des États-Unis qui ont tenu tête à Israël ont été battus dans leur campagne de réélection. C’est la raison pour laquelle, quand Israël veut quelque chose, cela passe dans les deux chambres du Congrès à l’unanimité. Comme l’amiral Tom Moorer, chef des opérations navales et président du Joint Chiefs of Staff, l’a déclaré publiquement : « Aucun président américain ne peut s’opposer à Israël. » Israël obtient ce qu’il veut, peu importent les conséquences pour l’Amérique. Adm. Moorer avait raison. Les États-Unis donnent à Israël chaque année suffisamment d’argent pour acheter notre gouvernement. Et Israël achète notre gouvernement. Le gouvernement américain est beaucoup plus redevable envers Israël qu’envers le peuple américain. Les votes de la Chambre et du Sénat le prouvent.

 

Incapable de résister au minuscule Israël, Washington pense qu’il peut intimider la Russie et la Chine. Le fait, pour Washington de continuer à provoquer la Russie et la Chine est un signe de folie. À la place de l’intelligence, nous voyons l’orgueil et l’arrogance, la marque des imbéciles.

 

Ce dont la planète Terre et ses créatures ont besoin plus que tout, ce sont des dirigeants en Occident qui soient intelligents, qui aient une conscience morale, qui respectent la vérité et soient capables de comprendre les limites de leur pouvoir.

 

Mais le monde occidental n’a pas ce genre de personne.

 

Paul Craig Roberts

Le cygne Technicolor

 

 

Par James Howard Kunstler – Le 26 juin 2017 – Source kunstler.com

 

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Quand je pense au Parti démocrate de nos jours, l’image qui me vient instantanément à l’esprit est celle de la petite Linda Blair qui joue l’enfant possédé par le démon dans le film d’horreur classique, The Exorcist (1973), surtout la scène dans laquelle elle vomit un violent jet de liquide semblable à de la soupe de pois au visage du gentil vieux Max von Sydow, alors que le père Merrin, le prêtre, vient pour la sauver.

La soupe aux pois est le genre d’idéologie que le Parti démocrate a vomi au cours des dernières années : un amalgame toxique de politique d’identité raciale, de mépris pour les hommes, de crises de colère infantile, de prostitution auprès des corporations et de la recherche démoniaque d’une guerre contre la Fédération de Russie. Le père Merrin, le prêtre, représente les hommes américains incorruptibles, qui ont été finalement exterminés par ce barrage d’idiotie diabolique.

 

Pouvez-vous penser à une seule figure dans la faction démocratique qui ose s’opposer à ce non-sens mortel que ce parti a parrainé et vomit ? Qui sont ses leaders ? Chuck Schumer au Sénat – un pauvre bougre mendiant à Wall Street ? Nancy Pelosi à la Maison Blanche, qui porte sa bêtise comme une stratification d’un maquillage à base de pancake. Vous avez quelqu’un d’autre ? Oncle Joe (Biden), ce richard ? Bernie [Sanders, NdT] ? (On dirait que sa femme est sur le point d’être accusée de fraude bancaire pour avoir fait faire faillite à un petit collège du Vermont. Aïe !).

 

Qui d’autre avez-vous ? Le gouverneur Andrew Cuomo de New York. J’habite près d’Albany, la capitale de l’État, et je peux vous assurer que le gouverneur Cuomo est méprisé et détesté par quiconque a eu des relations réelles avec lui. Les initiés me disent qu’il a fait ressembler Nixon à M. Rogers. Et cela sans parler du fait qu’il ne semble avoir aucune conviction.

 

Je me suis inscrit en tant que démocrate en 1972 –  en grande partie parce que ce bon vieux Nixon était à la hauteur de son pouvoir (juste avant sa chute, bien sûr), et parce qu’il était précédé en tant que chef de parti par Barry Goldwater, qui, à l’époque, était un avatar de la John Birch Society et toutes ses bêtises toxiques. Le Parti démocrate était encore profondément imprégné de la personnalité de Franklin Roosevelt, avec un léger glaçage du récent souvenir de John F. Kennedy et de son frère Bobby, tragique, héroïque et glamour. J’étais assez vieux pour me souvenir de la magie des conférences de presse de JFK : une sorte de performance artistique que ni Bill Clinton ni Barack Obama n’ont pu égaler par l’esprit et l’intelligence – et le charisme de l’authenticité que Bobby a projeté dans les mois précédents son exécution par une petite racaille dans la cuisine de l’hôtel Ambassador. Même le lugubre Lyndon Johnson avait eu la qualité héroïque d’un ressortissant du Sud pour abolir le règne des lois Jim Crow.

 

Dernièrement, les gens se réfèrent à cette époque révolue des années 1960 comme « la montée de l’Amérique » – et par là, ils ne parlent pas de fumer de la drogue (bien que cela ait été fréquent en ce temps là), mais plutôt du sommet économique atteint après la Seconde Guerre mondiale, quand le commerce américain régnait vraiment sur la planète. Peut-être la force apparente des dirigeants politiques américains à l’époque était simplement un reflet du pouvoir économique du pays, qui a été gaspillé et transformé en une matrice de rackets qu’on appelle la financiarisation – un acte magique criminel par lequel la richesse est générée sans produire de valeur.

 

Les dirigeants dans un tel système ne sont pas seulement des hommes et des femmes amoindris, mais ont quelque chose de moins qu’humain. Hillary Clinton, par exemple, a perdu les élections de 2016 parce qu’elle est apparue comme démoniaque, et je veux le dire littéralement. Pour beaucoup d’Américains, en particulier ceux qui ont été escroqués par la magie de la financiarisation, elle était la réincarnation de la petite fille dans The Exorcist. Donald Trump, aussi peu probable que cela semble, en raison de son apparence vulgaire et maladroite, a été assigné au rôle d’exorciste. Contrairement au pauvre père Merrin, il a semblé réussir, même à son propre étonnement. Je dis une sorte de succès parce que le Parti démocrate est toujours là, infesté de tous ses démons bavassant, mais il a été réduit politiquement à l’impuissance et semble susceptible d’être rapidement renversé et de mourir.

 

Rien de tout cela ne veut dire que l’autre parti, les Républicains, ait autre chose qu’une crédibilité ou même une existence assurée dans le temps. Tout d’abord, il y a le sort évident de Trump en tant que voyou si on le considère seulement comme chef de parti (ou même un membre). Ensuite, il y a le fiasco global où ni Trump, ni son parti, ne peuvent fournir des remèdes pour les maux de notre temps alors qu’il a été élu pour cela. La raison en est simple : les États-Unis sont entrés en Enfer, ou au moins quelque chose qui y ressemble beaucoup. Il ne s’agit pas seulement de quelques personnes ou d’un parti possédé par des démons. Nous sommes entrés dans un royaume peuplé par des démons – de notre propre conception, d’ailleurs.

 

Notre politique est devenue si démoniaque que la sorte d’exorcisme dont l’Amérique a besoin maintenant ne peut venir que de l’extérieur de la politique. Et cela vient. C’est sur le chemin. Cela va dégrader notre situation économique toujours plus bas. C’est un cygne Technicolor, et vous pouvez le voir venir à mille lieues à l’horizon. Attendez-le. Attendez-le.

 

James Howard Kunstler

 

Ce sera un triomphe pour le président Trump quand, le 6 juillet, il arrivera en visite à Varsovie. La Pologne, assure la Maison Blanche, est un « fidèle allié Otan et un des plus proches amis de l’Amérique ». En effet elle est le fer de lance de la stratégie USA/Otan qui a entraîné l’Europe dans une nouvelle guerre froide contre la Russie. En Pologne, où a été transférée en janvier la 3ème Brigade blindée USA, est basé en fonction anti-Russie, sous commandement étasunien, un des quatre groupes de bataille Otan « à présence avancée renforcée ».

 

La Pologne a aussi le mérite d’être un des quatre pays européens de l’Otan qui ont réalisé l’objectif, requis par les USA en 2014, de dépenser pour le militaire plus de 2% du PIB. En compensation, annonce Varsovie, la Pologne ne contribuera pas au « Fonds pour la défense » lancé par l’Union européenne le 22 juin.

 

La Pologne du président Duda a ainsi aux yeux de Washington tous les papiers en règle pour assumer une autre charge importante, celle de lancer et conduire l’ « Initiative des trois mers », un nouveau projet qui réunit 12 pays compris en ter Baltique, Mer Noire et Adriatique : Pologne, Lituanie, Lettonie, Estonie, Hongrie, Tchéquie, Autriche, Bulgarie, Roumanie, Croatie, Slovaquie et Slovénie. Tous membres de l’Ue, raison pour quoi le président Duda définit l’Initiative comme « un nouveau concept pour promouvoir l’unité européenne ».

 

Mais ces pays sont en même temps, tous sauf l’Autriche, membres de l’Otan sous commandement USA, plus liés à Washington qu’à Bruxelles.

 

L’ « Initiative des trois mers » sera portée sur les fonds baptismaux par le président Trump, à la conférence qui se tiendra à Varsovie le 6 juillet, mais elle a été conçue par l’administration Obama. Elle a été annoncée le 25 août 2016 avec la Déclaration conjointe de Dubrovnik, qui la présentait comme une initiative visant à « connecter les économies et les infrastructures de l’Europe centrale et orientale du Nord au Sud, en étendant la coopération dans les secteurs de l’énergie, des transports, des communications digitales et en général de l’économie ». Objectif officiel : « rendre l’Europe centrale et orientale plus sûre et compétitive ». Cela, les USA vont s’en occuper.

 

Dans son discours à la Conférence des Trois mers, annonce la Maison Blanche, le président Trump « se concentrera sur le développement des infrastructures et sur la sécurité énergétique, en mettant en évidence notamment les premières expéditions de Lng (gaz naturel liquéfié) américain à la Pologne rapidement dans le mois qui vient ». Un terminal dans le port baltique de Swinoujscie, qui a coûté environ un milliard de dollars, permettra à la Pologne d’importer du Lng étasunien pour une quantité de l’ordre de 5 milliards de mètres cubes annuels, expansibles à 7,5.

 

Par ce terminal et quelques autres, dont un programmé en Croatie, le gaz provenant des USA, ou d’autres pays par l’intermédiaire de compagnies étasuniennes, sera distribué par des gazoducs ad hoc à toute la « région des Trois mers ».

 

L’objectif du plan est clair : frapper la Russie en faisant tomber son export de gaz en Europe (objectif réalisable seulement si l’export de gaz USA, plus cher que le russe, est stimulé par de fortes subventions d’état) ; lier encore plus aux USA l’Europe centrale et orientale non seulement militairement mais économiquement, dans une concurrence avec l’Allemagne et d’autres puissances européennes ; créer à l’intérieur de l’Europe une macro-région (celle des Trois mers) à souveraineté limitée, directement sous influence étasunienne, qui casserait de fait l’Union européenne et s’élargirait à l’Ukraine et au-delà.

 

La carte politique de l’Europe est sur le point de changer, mais la bannière étoilée y reste plantée.

 

Manlio Dinucci

 

Edition de mardi 4 juillet 2017 de il manifesto

Traduit de l’italien par M-A Patrizio

»» https://ilmanifesto.it/sui-tre-mari-delleuropa-bandiera-usa/
URL de cet article 32077 

Pour fêter l’anniversaire de l’indépendance des États-Unis, la République populaire démocratique de Corée s’est fendue d’un remarquable feu d’artifice.

 

La télévision d’État de la RPDC a confirmé le succès du lancement et les données qui avaient été constatés par d’autres pays. (vidéo)

 

L’annonce arrive presque exactement six mois après que le président Donald Trump a fait cette prédiction.

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La Corée du nord vient d’annoncer qu’elle est au stade final du développement d’une arme nucléaire capable d’atteindre les Etats-Unis. Cela n’arrivera pas !

Cette prévision s’est révélée fausse.

Jonathan McDowell @ planet4589 – 7h02 - 4 jul 2017


Récapitulatif : la Corée du Nord a lancé Hwasong-14 ICBM à 0040 UTC le 4 juillet vers l’est à partir de l’aéroport Panghyon de Kusong. L’engin a volé sur une distance de 933 km et est tombé en mer du Japon, altitude maximale 2802 km

D’autres photos officielles du lancement ont été publiées. Le leader d’état nord-coréen Kim Jong-Un y a assisté.

 

La Corée du Nord a tiré le missile de telle sorte qu’il atteigne une très grande hauteur. Cela a limité la portée de l’essai. Quand on recalcule les données avec une trajectoire plus normale, la portée maximale du missile est estimée à 6 700 kilomètres avec une charge utile normale. Lancé de Corée du Nord, il pourrait atteindre l’Alaska mais pas les 49 états en dessous. Avec une ogive légère, et sans doute une petite charge nucléaire, la portée pourrait atteindre 10 000 kilomètres et atteindre les États du nord-ouest.

 

Trump va être critiqué pour la forfanterie de son tweet, et à juste titre. Mais personne ne pourra lui reprocher de ne pas avoir empêché la Corée du Nord de développer des missiles. Une guerre contre la Corée du Nord détruirait également la Corée du Sud et aurait des implications bien au-delà de la péninsule. Seule la fin des manœuvres militaires américaines autour de la Corée et la perspective d’un accord de paix complet aurait pu permettre de stopper le développement militaire de la Corée du Nord. Le Congrès des États-Unis n’a voulu ni de n’un ni de l’autre. Trump a essayé de pousser la Chine à prendre le pouvoir en Corée du Nord, mais la Chine n’a aucune raison acceptable de le faire. On pourrait tout autant rejeter la faute sur les anciens présidents américains - Clinton pour avoir rompu ses accords avec la Corée du Nord, Bush pour son hostilité générale et Obama pour sa « patience stratégique » qui lui a permis de ne rien faire.

 

La Corée du Nord a de très bonnes raisons de considérer les États-Unis comme un ennemi prêt à tout, et de ne jamais faire confiance aux déclarations ou accords des États-Unis. Elle a besoin d’armes nucléaires pour sa légitime défense. Comme elle ne peut pas faire confiance à ses voisins, il lui fallait accéder à l’indépendance stratégique. Elle vient d’y parvenir.

 

Un petit état sous-développé vient de faire un « doigt d’honneur » aux États-Unis, et à Trump personnellement. On attend avec curiosité la réaction de Trump et des États-Unis.

 

Moon of Alabama

»» http://www.moonofalabama.org/2017/07/-and-the-rockets-red-glare-north-...
URL de cet article 32069 

Mattis dénonce une « provocation » de Pyongyang mais privilégie la diplomatie  

 

07 Juillet 2017
Il faut voir dans cette déclaration les effets de la position, très ferme de la Chine et de la Russie dont nous avons fait état. Le Président Trump avait menacé mais le ministre américain de la Défense se positionne en retrait. L’Amérique est isolée sur la scène internationale
 
(note de Danielle Bleitrach)

Résultat de recherche d'images pour "Mattis le ministre américain de la défense"

 

Washington – Le ministre américain de la Défense a dénoncé jeudi l’essai historique de missile intercontinental mené par la Corée du Nord, le qualifiant de « provocation », tout en insistant sur le fait que les Etats-Unis cherchaient une solution diplomatique.

 

« Nous faisons face maintenant à cette très importante escalade, cette provocation, cet affront aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies », a commenté Jim Mattis, s’exprimant pour la première fois publiquement après l’essai nord-coréen de mardi.

 

« Nous restons dans un effort diplomatique impliquant alliés et pays partenaires », a-t-il poursuivi au Pentagone, devant des journalistes.

 

Quelques heures plus tôt, le président américain Donald Trump avait promis à la Corée du Nord une réponse « sévère » après son tir.

 

Le Pentagone a toujours affirmé que l’option militaire faisait partie des mesures envisagées contre la Corée du Nord le cas échéant, mais M. Mattis a dit jeudi ne pas penser que les Etats-Unis se rapprochaient d’une guerre à la suite de cet essai de missile ICBM, qui pourrait atteindre l’Alaska selon les experts.

 

« Je ne pense pas que cette capacité en elle-même nous rapproche d’une guerre parce que le président a été très clair, et le secrétaire d’Etat (Rex Tillerson, NDLR) a été très clair, sur le fait que nous menons avant tout des efforts diplomatiques et économiques », a indiqué M. Mattis.

 

Il a cependant prévenu que toute initiative de la Corée du Nord visant à déclencher un conflit aurait de « graves conséquences ».

 

« Nous nous tenons prêts à fournir des options si elles sont nécessaires mais c’est un (effort) purement diplomatique avec des sanctions économiques qui est en cours et renforcé par une position militaire que nous sommes en train de prendre en ce moment même », a relevé le chef du Pentagone.

 

Moins de 24 heures après l’essai largement condamné par la communauté internationale, Séoul et Washington ont répliqué mercredi par plusieurs tirs de missiles simulant une attaque contre le régime de Pyongyang.

 

(©AFP / 06 juillet 2017 20h35)

Les Américains ont oublié ce que nous avons fait en Corée du Nord

 
06 Juillet 2017

Mise à jour par Max Fisher Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.   3 août 2015, 12h40 HAE
Un bombardier américain B-26 lance  une bombe sur la ville nord-coréenne de Wonsan en 1951.
Archives intérimaires / Getty Images

Peut-être aucun pays sur terre n’est plus mal compris par les Américains que  la Corée du Nord. Bien que les dirigeants du pays soient généralement représentés comme des bouffons,  stupides, en fait, ils sont estimés sérieusement sérieux dans leur cruauté et leur capacité à conserver leur pouvoir. Bien que le pays soit considéré comme  communiste de style soviétique, en fait, il est mieux interprété comme un succédané du fascisme japonais.

 

Cet acte était le suivant: au début des années 1950, pendant la guerre de Corée, les États-Unis ont largué plus de bombes sur la Corée du Nord que ce qu’il en avait balancées sur l’ensemble du théâtre du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce tapis de  bombardement  qui comprenait 32 000 tonnes de napalm, a ciblé des cibles civiles et encore  civiles, en affirmant cibler  des cibles militaires, il a détruit  le pays bien au-delà de ce qui était nécessaire pour lutter contre la guerre. Des villes entières ont été détruites, avec des milliers de civils innocents tués et beaucoup plus laissés sans abri et affamés.

 

Pour les Américains, a déclaré  le journaliste Blaine Harden , ce bombardement était « peut-être la partie la plus oubliée d’une guerre oubliée », même si c’était presque certainement « un grand crime de guerre ». Pourtant, cela montre que la haine de l’Amérique éprouvée par  la Corée du Nord « n’est pas toute fabriquée », a-t-il écrit. « elle est enraciné dans un récit basé sur des faits, dont la Corée du Nord se souvient obsessionnellement et que les Etats-Unis oublient avec orgueil ».

« Au cours d’une période de trois ans environ, nous avons tué – quoi – 20 pour cent de la population », a déclaré le Directeur général de la Force aérienne Curtis LeMay, chef du Commandement aérien stratégique pendant la guerre de Corée, au Bureau de l’histoire de l’armée de l’air en 1984 . Dean Rusk, un partisan de la guerre et plus tard secrétaire d’État, a déclaré que les États-Unis ont bombardé «tout ce qui se déplaçait en Corée du Nord, ne laissant aucune pierre debout l’une sur l’autre». Après avoir détruit les cibles urbaines, les bombardiers américains ont détruit des barrages hydroélectriques et d’irrigation dans les derniers stades de la guerre, inondant les terres agricoles et détruisent les cultures.

Les historiens contestent à quel point ce bombardement était vraiment important en faisant de la Corée du Nord le pays qu’il est aujourd’hui; Certains disent qu’il est à l’origine de la manière de façnner  l’histoire de la jeune nation, d’autres que la Corée du Nord était déjà en route pour devenir le royaume de l’ermite et que ses dirigeants ont simplement exploité le bombardement pour y arriver.

Comme on pouvait s’y attendre, la guerre de Corée occupe une position centrale dans la propagande anti-américaine, mais la [propagande] réside moins dans la description de la vaste campagne de bombardement de la Force aérienne américaine (qui est difficile à concilier avec le mythe du chef protecteur) que  ce qui s’est passé sur les villages Les massacres et autres meurtres isolées.

Pourtant, même si le bombardement n’a pas provoqué la haine obsessionnelle de la Corée du Nord envers les Américains et les Américains, cela a aidé à la concentrer. Les effets des bombardements ont été ressentis presque universellement, les souffrances  ont créé de la pitié pour les Nord-Coréens. Contrairement à la propagande, qui ne racontait que des crimes américains supposés, il y avait là un vrai crime américain que tout le monde pouvait voir , et qui les avait probablement atteints personnellement. Comment ne pas être durablement affecté?

 

Vous pouvez voir cela, par exemple, à Pyongyang, la capitale nord-coréenne, qui a été tout à fait menacée par les bombardements américains. Comme l’a souligné Myers, «la destruction de la ville originale par les bombes américaines a permis au régime de le redéfinir à partir de zéro comme un grand et durable travail de propagande à part entière».

La capitale nord-coréenne de Pyongyang. En bas, la ville en 1953, après environ 75% d'entre elles ont été détruites par les bombardements américains. Au sommet, la ville en 1964 après la reconstruction. (Keystone-France / Gamma-Keystone via Getty)

La capitale nord-coréenne de Pyongyang. Au fond, la ville en 1953, après environ 75 pour cent de celle-ci a été détruite par les attentats américains. Au dessus, la ville en 1964 après la reconstruction. (Keystone-France / Gamma-Keystone via Getty)

 

Le symbolisme de cette situation est obsédant: les États-Unis, dans leur destruction impitoyable, ont rendu plus facile pour les dirigeants nord-coréens de reconstruire leur ville brisée dans une forme physique de la dystopie orwellienne. Le blâme pour le projet nord-coréen repose toujours sur ces dirigeants qui savaient exactement ce qu’ils faisaient. Mais c’est un rappel que les États-Unis ont déjà prêté à ces dirigeants une aide pour transformer leur nation en un lieu fasciste.

 

Dans les moments rares où nous parlons du bombardement américain de la Corée du Nord, il peut être facile de se perdre dans le débat sur ses conséquences politiques à long terme. Mais le bombardement a surtout été important à l’époque, et il compte toujours aujourd’hui, non pas parce qu’il était politiquement contre-productif, mais parce qu’il était horrible et injuste.

 

Vous pouvez apercevoir à la fois les conséquences humanitaires et politiques d’un câble diplomatique alarmé que le ministre des Affaires étrangères de la Corée du Nord a envoyé aux Nations Unies, qui dirigeait nominalement l’effort de guerre, en janvier 1951. L’érudit Adam Cathcart a débloqué le câble il y a quelques jours, ce qui C’est ce qui m’a réussi à réfléchir à nouveau au sujet des bombardements que l’Amérique a largement oubliés. Voici quelques extraits du câble, hantant à lire aujourd’hui:

le 3 janvier à 10h30, une armada de 82 appareils en vol avec la charge de la mort sur la ville de Pyongyang. …

 

Des centaines de  tapis de bombes et de composés incendiaires ont été simultanement déverses sur toute la ville, causant des foyers permanents pour eviter l’extinction de ces incendies, les barbares trans-atlantiques ont bombardé la ville avec les bombes à haute charge explosives a  action retardée envoyes  a  intervalles reguliers  toute la journée, rendant  impossible que les personnes s’echappent dans les rues. toute la ville a été brûlée, enveloppe de  flammes, pendant  deux jours.  le deuxieme jour 7,812 les maisons civiles avaient ete brûlées. les americains etaient conscient qu’il n’y avait  pas d’objectifs militaires a Pyongyang. …

 

Le nombre d’habitants de Pyongyang tuees par les envois de bombes, le nombre de ceux qui ont brule  vivant et ont ete asphyxie  par le fumée est incalculable, depuis qu’une estimation est possible on est . certains que seul un  cinquièmes des habitants ont survecu  dans la ville.

Même dans la traduction anglaise du russe original, les graines de la rhétorique conspiratrice de Corée du Nord sont faciles à voir; Il y a une référence étrange aux «patrons de Wall Street» censés conduire la guerre.

 

Mais alors que la rhétorique anti-américaine nord-coréenne d’aujourd’hui est si souvent remplie de distorsions et de mensonges évidentes et donc facile à rejeter, cette rhétorique anti-américaine est totalement réelle. Cela rend le câble véridique même au-delà de la terrible souffrance terrible qu’il décrit. C’était un moment où la caractérisation officielle nord-coréenne de l’Amérique, que nous considérons à juste titre comme un non-sens propagandiste, contenait  beaucoup de vérité.

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