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Venezuela : La marche de l'opposition prévue pour jeudi est annulée

Venezuela : La marche de l'opposition prévue pour jeudi est annulée

Courrier de l'Orénoque, 1° novembre 2016 

Le président de l'Assemblée Nationale (AN), Henry Ramos Allup, a informé mardi que sur demande du Vatican, la marche vers le Palais de Miraflores convoquée pour ce 3 novembre est annulée.

 

« Le Saint siège et le Vatican nous ont demandé de suspendre les marches, que les marches soient suspendues des 2 côtés et nous, nous croyons qu'il est sensé d’obéir pour éviter tout choc et pour que le processus de dialogue soit mis en place, » a déclaré Ramos Allup à sa sortie du Parlement.

 

Il a commenté qu'étant donné que « le Gouvernement a tué le referendum révocatoire, nous devons chercher des alternatives par le dialogue. Nous ne pouvons pas continuer à rouspéter, » a-t-il souligné.

 

Il a indiqué que dans le dialogue avec le Gouvernement, on cherche à réosudre pacifiquement la crise que traverse le pays car jusqu'à présent, par le choc et a confrontation, on n'a rien obtenu. »

 

« Un processus de dialogue amène des concessions réciproques mais ne signifie pas renoncer à notre position. Nous sommes assis à cette table de dialogue à la recherche d'une solution pacifique parce que jusqu'à présent, par e choc et la confrontation, nous n'avons rien obtenu, » a déclaré Ramos Allup.

 

Il a apporté cet éclaircissement pendant la session de ce mardi de l'Assemblée Nationale en réponse aux « radicaux des 2 côtés» qui ont rappelé que le dialogue est une demande internationale.

 

Il a précisé que jusqu'à présent, les choses qui ont été décidées sont en cours comme c'est le cas de la libération des prisonniers politiques. Cependant, il a noté qu'il reste encore des gens à libérer.

 

Ramos Allup a mentionné que la prochaine réunion aura lieu le 11 novembre.

 

« Je crois qu'entre le 12 et le 13, nous devrons voir si les propositions vont fonctionner, je crois que de part et d'autre, on y est disposé et si les choses ne donnent pas de résultats, alors, nous quitterons la table, » a-t-il indiqué.

 

Au sujet de l'attitude du parti Volonté Populaire (VP) concernant ses réserves sur le dialogue, il a mentionné que « ce qu'ils envisagent est parfaitement compréhensible » étant donné les chocs récents avec le Gouvernement.

 

« Il faut comprendre les raisons de leurs réserves, essayer de les comprendre et de les juger, soyons tolérants parce que tous, nous avons des angoisses et des inquiétudes (…) L'impact du dialogue a été minime parce que 70% sont d'accord pour que nous nous assoyons à la table de dialogue, » a-t-il assuré.

 

Globovisión

Publié le par Bolivar Infos

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol :

http://www.correodelorinoco.gob.ve/politica/marcha-opositora-pautada-para-este-jueves-queda-suspendida/ 

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2016/11/venezuela-la-marche-de-l-opposition-prevue-pour-jeudi-est-annulee.html 

Venezuela : La marche de l'opposition prévue pour jeudi est annulée

Échec de la grève générale au VENEZUELA

Publié par  El Diablo

Échec de la grève générale au VENEZUELA

Échec de la grève générale au VENEZUELA

Telesur, 28 octobre 2016
 

Le président du Venezuela, Nicolás Maduro, a déclaré vendredi que la grève convoquée par des secteurs de l'opposition a échoué et a remercié le peuple parce qu'il s'est consacré au travail et à la production.

 

« La grève de l'oligarchie a échoué, la paix a triomphé, » a-t-il déclaré alors qu'il recevait une marche des représentants du secteur de l'éducation près du Palais de Miraflores, à Caracas.

 

Le peuple vénézuélien s'est rassemblé vendredi dans tout le pays pour défendre les réussites sociales de la Révolution Bolivarienne après les tentatives permanentes de déstabilisation de la droite qui cherche à mettre en place un coup d'Etat parlementaire contre le président Maduro et à arriver à la présidence du pays de façon anticonstitutionnelle.

 

Pour sa part, le vice-président de la République Aristóbulo Istúriz a assuré pendant la mobilisation dans le centre de Caracas « qu'au Venezuela, la paix a triomphé à nouveau » et que tous les secteurs économiques du pays sont actifs à 100%, c'est pourquoi il a assuré que malgré l'appel à la grève de l'opposition, le peuple ne s'y est pas joint.

 

Istúriz a assuré que l'appel à la grève de 12 heures de la Table de l'Unité Démocratique (MUD) a pour but final de « détruire le pays ». Il a demandé aux médias nationaux et internationaux de « montrer au monde la vérité sur le Venezuela » concernant l'appel à la grève.

 

« Tous les secteurs de l'économie travaillent, ce pays a donné une victoire de plus à la paix, une victoire de plus à la Révolution, » a-t-il assuré sur la chaîne d'Etat Venezolana de Televisión.

 

L'assemblée Nationale (AN) du Venezuela, majoritairement d'opposition, tient une session spéciale pour approuver l'ouverture d'un procès politique contre le président Nicolás Maduro bien que cette procédure n'existe pas dans la Constitution de 1999. Il s'agit d'une tentative pour imiter ce qui est arrivé au Brésil contre Dilma Rousseff et au Paraguay contre Fernando Lugo en 2012.

 

Publié le 29 octobre 2016 par Bolivar Infos

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol :

http://www.telesurtv.net/news/Presidente-Maduro-llamado-a-paro-nacional-fracaso-en-Venezuela-20161028-0027.html

LU SUR LE BLOG:

Guerre économique au Venezula : le principal producteur de nourriture bloque la production !

Guerre économique au Venezula : le principal producteur de nourriture bloque la production !

 

solidarité venezuela coup d'état

 

La  de nourriture et certains biens de consommation essentiels est une source de frustration pour de nombreux vénézuéliens. Mais quelles sont les causes de ces pénuries. En France, relayant les argumentaires de l’opposition pro USA – enragée par la nationalisation de l’exploitation pétrolière par Hugo Chavez – ces pénuries sont présentées comme l’échec de la politique du gouvernement bolivarien de Chavez puis de 

 

Le gouvernement  dénonce lui la  menée par l’oligarchie capitaliste contre le peuple Venezuelien. Car la classe capitaliste de Caracas choisissant la politique du pire est bien derrière ces pénuries. Ce n’est d’ailleurs pas une nouveauté on se souvient que dans le Chili d’Allende le patronat avait organisé des « grèves » et le blocage des routes pour faire effondrer l’économie du pays. Mais qu’en est il en réalité, les pénurie de nourriture sont elles bien le résultat de la menée par l’oligarchie capitaliste et sa vitrine politique qu’est la MUD ? Des preuves publiées récemment viennent démontrer que c’est bien le cas, puisque les principaux producteurs alimentaires du pays – privés et détenus par l’oligarchie capitaliste – ont récemment réduit leur production de 30%

 

Le 3 novembre, malgré l’échec de son appel à la grève le 28 octobre, qui s’est soldé par un refus de participer aux violences de l’opposition, la MUD – coalittion des organisations politiques du patronat pro US – appelle à une nouvelle mobilisation pour mener son coup d’état le 3 novembre.

La principale firme agroalimentaire  réduit sa production  de 30%

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Une des principale entreprise agroalimentaire du . C’est l’un des principaux producteurs et distributeur de la farine de mais utilisée pour fabriquer l’arepa – un aliment de base venezuelien. La pénurie de cette farine de maïs dans les circuits de distribution est, parmi d’autre, l’un des symbole de la  qui frappe le pays.

 

Mais une enquête menée par La Tabla – exploitant les données publiées par la société Polar elle même sur son site internet – révèle que l’entreprise a décidé d’effondrer ses volumes de production. Pour neufs de ses principaux produits, les volumes de productions sont passés de 33,5 millions de kilos sur une période de deux semaines (du 25 juillet au 7 août) à moins de 23 millions sur la période similaire de début septembre (du 5 au 18 septembre 2016). Par exemple, la production de farine de maïs est passé de 24 millions de kilo pour une quinzaine du mois d’août à moins de 17 millions de kilos pour une même durée au mois de septembre. Ou encore entre le 22 aout et le 4 septembre, l’entreprise a délivré … 0 kg de riz !

 

Guerre économique et organisation de la pénurie : l’oligarchie capitaliste affame le peuple !

 

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Interrogés, les dirigeants de Polar prétendent qu’ils n’ont pas pu produire car la matière première fait défaut.

 

Il est vrai que  – en raison d’une structure économique néo coloniale hérité de decennies de capitalisme compradore, et comme pour la plupart des pays producteur de pétrole – la production du Venezuela est dominée par le secteur pétrolier. Le Venezuela doit donc importer de nombreux produits, en particulier les denrées alimentaires. Ce qui ne pose aucun problème quand les prix élevés du pétrole font qu’il est économiquement plus avantageux d’acheter ses produits moins chers à l’étranger.

 

Mais qui est économiquement désavantageux quand les prix du pétrole sont bas. Ce qui est le cas depuis 2014 avec la guerre sur les prix du baril impulsé par les Etats Unis et ses alliés des pétromonarchie du Golfe. La baisse spectaculaire du prix du pétrole – aussi brutale inattendue – qui est passé de plus de 100 $ le baril au cours des années 2010 après avoir atteint 140$ en 2008 à 40$ désormais et même 33$ début 2016 pèse donc fortement sur l’économie du Venezuela. Le pays continue cependant de faire face à tous ses engagements financiers et d’après les institutions internationales – contrairement à la Colombie voisine – il n’y a pas de famine au Venezuela. Contrairement à ce qu’indique la plupart des médias français dans une campagne de propagande anti chaviste féroce.

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L’effondrement des cours du pétrole a conduit le gouvernement venezuelien a maintenir des contrôle de change  notamment afin de veiller à ce que les devises (dollars) disponibles permettent d’acheter les biens et denrées nécessaire à la population. Ce qui signifie que les producteurs doivent demander des dollars au gouvernement pour pouvoir acheter des matières premières. En pratique, le gouvernement prévoit un taux de change subventionné pour les articles essentiels, comme la nourriture,. Le gouvernement de Maduro a ainsi  fourni des dizaines de  milliards aux producteurs afin qu’ils puissent acheter les matières premières dont ils ont besoin. Les fonds alloués aux entreprises pour importer les matières premières essentielles ont même été augmentée. Dans ces conditions, les entreprises telle que Polar ne souffrent pas de déficit d’approvisionnement en matières première.

 

La réalité est tout autre, c’est celle d’une guerre économique afin de discréditer le gouvernement, d’étrangler la population pour justifier un coup d’état. C’est dans ce contexte que les entreprises comme Polar réduisent délibérément la production afin de nuire à l’image du gouvernement et de provoquer le mécontentement de la population.

 

Le Patron de Polar : un activiste anti Maduro et militant de la MUD

 

guerre économique venezuelaA la suite des révélations sur l’effondrement délibérée de la production de Polar, le patronat de l’entreprise a accusé les contrôles des fonctionnaires du gouvernements d’être responsables de la baisse de production. Ce qui est, on le reconnaîtra assez peu convaincant.

 

Surtout, le patron de Polar, Lorenzo Mendoza, a affirmé qu’il n’a pas de lien avec l’opposition politique du pays. Il a pourtant été vu en bonne place de la manifestation de la MUD organisé mercredi 26 octobre 2016. Un geste qui est à l’évidence une provocation, puisque Mendoza s’est précédemment présenté en soutien du dialogue entre le gouvernement et l’opposition.

 

Les pratiques de guerre économique ne sont pas nouvelles : le président Chavez avait du menacer la société Polar de nationalisation, alors que les dirigeants de la société étaient – déjà – accusés de stocker des vivres pour spéculer sur les prix.

maduro Viva Venezuela

Les partisans du gouvernement bolivarien appellent eux de longue date à la nationalisation de Polar, qui contrôle une part considérable de l’industrie alimentaire et de la distribution de boissons du Venezuela. Rappelons qu’en dehors du secteur pétrolier, l’oligarchie capitaliste – dont la MUD est le bras politique – contrôle l’essentiel des secteurs économiques du pays. Contrairement à la propagande véhiculée par les médias occidentaux en France, l’économie du Venezuela est une économie capitaliste, largement contrôlé par la classe capitaliste qui est extrêmement riche.

 

Face à la crise, le président Maduro semble enfin prêt à prendre des mesures démocratiques pour protéger la souveraineté du Venezuela et contrer la guerre économique. Il a indiqué en début de semaine – ce qui n’est sans doute pas sans liens avec les réactions violentes de l’opposition – qu’il est prêt à un nouveau cycle de nationalisation des entreprises engagées dans le sabotage économiques.

 

Salvador C  pour www.initiative-communiste.fr à partir de sources d’agences

Venezuela : ce qui se joue derrière les affrontements entre Nicolas Maduro et son opposition

Venezuela : ce qui se joue derrière les affrontements entre Nicolas Maduro et son opposition

 
Par Christophe Ventura  |  29 octobre 2016      


Mémoire des luttes 
  

Ce document est une version actualisée et légèrement augmentée de l’entretien de Christophe Ventura publié par l’Iris

 

Dans quel contexte politique se trouve le Venezuela aujourd’hui ? Quels sont les acteurs et les revendications des deux camps dans cette crise ?

 

Le Venezuela est, aujourd’hui, le théâtre d’affrontements politiques intenses entre le gouvernement chaviste et son opposition majoritaire à l’Assemblée nationale sur fond d’approfondissement de la crise économique et sociale qui secoue le pays depuis 2013. C’est cette dernière, qui s’est abattue sur toute l’Amérique latine, notamment du Sud, en 2013 lorsque Nicolas Maduro remportait au même moment l’élection présidentielle, qui est le point de départ de la situation actuelle.

 

Le pays vit la plus grave crise économique de son histoire. Cette dernière se déploie dans un contexte plus global de récession économique en Amérique latine et de chute de la demande mondiale et d’effondrement du prix des ressources naturelles et des matières premières. Le Venezuela dépend quasi-exclusivement de ses exportations de pétrole.

 

La dégradation constante de l’économie, des conditions de vies matérielles de la population a atteint un point critique. Ceci a dégénéré en mécontentement social – notamment au sein des secteurs populaires qui constituent la base sociale du chavisme –, puis en crise politique radicalisée. Les tensions entre le chavisme et la droite ont accompagné la vie du pays depuis le premier jour de la Révolution bolivarienne (1998). Ce n’est pas la première fois que la polarisation qui caractérise la vie politique et sociale vénézuélienne prend un tour dramatique – rappelons-nous du coup d’Etat contre Hugo Chavez en 2002, auquel ont directement participé certains dirigeants actuels de l’opposition –, mais aujourd’hui, la situation semble de nouveau indiquer la possibilité d’un point de rupture.

 

Les développements actuels (accusation mutuelle de « coup d’Etat » entre le gouvernement et l’Assemblée, appels à la grève générale, mobilisations de chaque camp dans la rue – l’opposition appelle ses partisans à marcher vers « Miraflores », le palais présidentiel, le 3 novembre, ce qui a déclenché l’appel similaire des chavistes pour le protéger –, bataille médiatique et sur les réseaux sociaux, guerre juridique d’interprétation de la Constitution et de l’application de ses dispositions, etc.) révèlent un engrenage volcanique au Venezuela.

 

Dans cette bataille, chaque bloc brandit ses armes. L’opposition détient l’Assemblée nationale – qui a affiché son objectif de faire tomber Nicolas Maduro dans les six mois dès le premier jour de son installation en décembre 2015 -, quelques Etats du pays, des villes. Elle dispose de relais puissants dans les secteurs économiques et financiers et les médias. Elle bénéficie aussi du soutien de puissances étrangères, notamment les Etats-Unis. Elle peut également désormais compter avec le soutien des nouvelles droites au pouvoir dans la région, notamment en Argentine (Mauricio Macri s’est directement impliqué dans le dossier vénézuélien pour relayer les revendications de l’opposition), au Brésil et au Pérou (dont le Congrès vient de condamner « la rupture constitutionnelle et le coup d’Etat » au Venezuela, les termes exactes de l’opposition vénézuélienne).

 

Quant aux chavistes, ils conservent le pouvoir exécutif, un soutien ultra-majoritaire au sein de l’autorité électorale et du Tribunal suprême, dont les magistrats sont proches du gouvernement. Ce dernier bénéficie surtout du soutien de l’armée vénézuélienne, qui vient de réaffirmer sa position publiquement en se désolidarisant clairement des initiatives récentes de l’Assemblée nationale. Dans son document « pour la restitution de l’ordre constitutionnel au Venezuela », cette dernière demandait notamment à la Force armée nationale de ne pas obéir à des décisions contraires aux principes constitutionnels issues du pouvoir exécutif ou judiciaire. L’armée a rejeté la légitimité de cette demande et indiqué qu’elle considérait que l’opposition ne respectait pas cette Constitution qu’elle prétend défendre. Il ne faut pas oublier que le chavisme repose sur une alliance entre le mouvement bolivarien et les forces militaires du pays.

 

Dans la bataille, les deux camps se rendent coup pour coup et utilisent un panel de méthodes variées ayant pour but d’affaiblir l’adversaire, notamment par la mobilisation de la rue, des médias et le lancement de multiples procédures institutionnelles judiciaires, nationales et internationales. C’est une guerre politique dont l’appareil d’Etat est devenu le théâtre des opérations. Ces derniers jours, l’opposition a décidé d’accuser Nicolas Maduro responsable d’un « coup d’Etat » du fait notamment de la décision du Conseil national électoral de suspendre le référendum révocatoire pour cause de « fraudes » identifiées par des tribunaux locaux dans la collecte des signatures nécessaires à son activation dans cinq Etats du pays.

 

Depuis, la crise s’est aiguisée et l’opposition semble désormais brûler tous ses vaisseaux dans la bataille. L’Assemblée nationale a proposé une batterie de procédures visant à exiger la restitution de l’ordre constitutionnel au Venezuela, selon elle bafoué. Cette restitution passerait par la révocation des juges et magistrats du Tribunal suprême, des recteurs du Conseil national électoral (dont elle demande qu’ils soient jugés par la Cour pénale internationale), le départ du président – accusé de « probable double nationalité » et d’avoir « abandonné les fonctions constitutionnelles de la présidence » – par la voie d’une procédure de mise en cause de sa responsabilité. Ce point reste vague car il n’existe pas de procédure de destitution au Venezuela. L’opposition évoque l’organisation d’un « procès politique » contre Nicolas Maduro, notion également inexistante dans la Constitution. Elle le cite néanmoins à comparaître devant l’Assemblée le 1er novembre. Une chose est sûre : l’opposition appelle désormais à faire tomber le président vénézuélien.

 

Compte tenu des tensions entre les deux camps, il est difficile de prédire si les différentes instances régionales et internationales de médiation – le Vatican s’est récemment posé en médiateur pour appuyer les initiatives de l’Union des nations sud-américaines (Unasur) – parviendront à instaurer un dialogue entre les deux parties. Un acquis est que finalement, l’opposition, par la voie du porte-parole de la Table de l’unité démocratique (MUD) Jesús Torrealba, semble accepter de participer à une première réunion prévue le 30 octobre. Elle exige que soit reconfirmé le référendum révocatoire ou que soient organisées des élections générales. En attendant, toutes ses composantes poursuivent leur appel à « prendre » la rue, sur un mode plus en plus insurrectionnel. Pour le moment, même si la capacité de mobilisation de l’opposition est incontestable, elle n’a pas réussi à submerger le pays, ni à surpasser les capacités de mobilisation du chavisme.

 

Quel est le bilan de Nicolas Maduro ? Comment gère-t-il cette crise ?

 

Nicolas Maduro est arrivé au pouvoir dans des circonstances imprévues : le décès d’Hugo Chavez. Des élections anticipées ont été organisées durant lesquelles il a été élu avec une courte avance ; l’opposition en avait contesté le résultat. Tout part de là. En réalité, l’opposition n’a jamais accepté cette victoire. Dès 2014, elle avait appelé à « sortir » Nicolas Maduro. Certaines de ses franges, par tous les moyens. 2014 et 2015 ont été deux années de stratégie de la tension impulsée par l’opposition, jusqu’à la victoire du 6 décembre 2015 à l’Assemblée nationale.

 

En plus de devoir succéder au très populaire Hugo Chavez, le nouveau président vénézuélien s’est trouvé, dès son investiture, confronté à un environnement économique beaucoup plus difficile que celui qui a présidé aux années de pouvoir du fondateur de la Révolution bolivarienne.

 

La réaction de Nicolas Maduro à la crise a d’abord été de tenter de sanctuariser les bases sociales populaires du pays, terreau militant et électoral du chavisme, en essayant de les protéger de la crise. Aujourd’hui, le gouvernement arrive à poursuivre certaines politiques sociales (logement notamment) et améliore l’approvisionnement de ces populations. Il a également annoncé un relèvement de 40% du salaire minimum à la veille de la grève générale annoncée par l’opposition. Mais sur le plan économique, aucune transformation significative d’ordre macro-structurel n’a été entreprise, le Venezuela reste donc fortement dépendant du pétrole. Autre problème, celui du contrôle de change instauré par Hugo Chavez, qui a abouti à la création de multiples taux de change et à l’émergence d’un marché noir monétaire hyper-spéculatif. Cette situation, trop peu modifiée par le gouvernement, stimule toutes les contrebandes imaginables (en partie responsables des pénuries) et provoque la montée en flèche de l’inflation, qui détruit en retour le pouvoir d’achat des vénézuéliens et annihile toute politique économique favorisant la croissance et le développement.

 

Nicolas Maduro annonce aujourd’hui vouloir corriger le tir et amorcer une diversification de l’économie vénézuélienne. Il parle de « révolution productive ». Mais ces transformations sont désormais d’autant plus dures à orchestrer aujourd’hui que le pays ne dispose plus des ressources nécessaires issues de la rente pétrolière pour permettre leur mise en œuvre.

 

Dans un environnement polarisé autour de deux camps, on ne peut pas dire que le contexte soit propice au rétablissement de l’économie. C’est pourtant la priorité absolue pour l’avenir du pays. Le Venezuela est actuellement dans une situation de pré-conflit et le risque de guerre civile en cas d’aggravation de la situation ne peut plus être exclu. 

 

Peut-il être destitué ?

 

Comme je le mentionnais, il n’existe pas de procédures de destitution au Venezuela. Les opposants peuvent décider de déclarer le président inapte à assumer ses tâches (« abandon de poste ») mais cela ne saurait trouver une matérialisation directe dans le cadre d’une destitution.

 

Pour obtenir le départ de Nicolas Maduro, il faut en passer par les élections (prévues en 2019) ou le référendum révocatoire à mi-mandat.

 

Quand bien même il devait avoir lieu et déboucher sur un résultat défavorable à Nicolas Maduro, le référendum aboutirait désormais au remplacement du président par son vice-président. L’opposition n’obtiendrait donc pas la chute du gouvernement et c’est pour cela qu’elle militait pour la tenue d’un référendum au plus tard le 10 janvier 2017. Avant cette date, il aurait abouti sur la tenue d’élections anticipées.

 

Nicolas Maduro, malgré son impopularité manifeste, ne semble pas en position de tomber, d’autant plus qu’il jouit du soutien du gouvernement et de l’armée, et même d’une légère remontée du prix du pétrole après l’accord des pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) signé à Alger le 28 septembre pour faire baisser la production et remonter les cours mondiaux (dossier dans lequel s’est très largement investi Nicolas Maduro depuis des mois).

 

Il a également observé les différents scénarios qui se sont déroulés entre 2009 et 2016 au Honduras (2009), au Paraguay (2012) et plus récemment au Brésil (2016). Là où des gouvernements progressistes ont été éliminés par des coups d’Etat légaux. Il ne laissera pas un millimètre de marges de manoeuvre à ses adversaires.

 

Comment se situe actuellement le Venezuela sur la scène régionale ? La crise a-t-elle un impact sur les pays voisins ?

 

Le Venezuela cristallise aujourd’hui les nouveaux antagonismes régionaux entre les gouvernements progressistes de gauche et les gouvernements de droite et de centre droit. Ces derniers tentent de marginaliser la position du Venezuela sur la scène régionale. Le Marché commun du Sud (MERCOSUR) est le théâtre de ces affrontements où l’Argentine, le Brésil et le Paraguay (avec l’accord rétif de l’Uruguay) sont parvenus à retirer au Venezuela sa présidence semestrielle du bloc qui devait lui revenir entre juillet et décembre 2016. Les trois détracteurs de Nicolas Maduro tentent également de suspendre le Venezuela de l’Organisation des Etats américains (OEA) arguant que l’autoritarisme et l’incarcération de « prisonniers politiques » enfreignent la charte démocratique de l’organisation. L’objectif est de marginaliser le Venezuela sur la scène internationale, espérant l’exposer ainsi à un rejet et à des sanctions de la « communauté internationale » pour, in fine, porter un coup fatal au mouvement chaviste.

 

Mais Nicolas Maduro bénéficie aussi de soutiens, parmi lesquels l’Equateur, le Nicaragua, la Bolivie et Cuba ou encore le Forum de Sao Paulo qui regroupe l’ensemble des partis de gauche et progressistes de toute la région. Tous dénoncent les tentatives de l’opposition vénézuélienne et « d’ingérences extérieures » dans la crise politique du pays. Ainsi, il existe aujourd’hui une fracture entre deux Amériques latines dont le Venezuela est devenu la frontière.

 

Entre les deux camps, l’Union des nations sud-américaines (UNASUR), qui intègre tous les pays d’Amérique du Sud multiplie les efforts, à l’instar du Pape François, pour créer les conditions d’un dialogue entre l’opposition et le gouvernement vénézuélien. Car le basculement du pays vers une guerre civile ou tout type de conflit de haute intensité aurait des conséquences incalculables pour l’ensemble de la région. Le voisin colombien par exemple, en plein processus fragile de négociation de paix avec les FARC, a tout intérêt à ce que le Venezuela, pays clé dans la négociation, ne sombre pas dans l’instabilité. Même Washington, hostile aux chavistes, semble redouter les conséquences d’une éventuelle dégradation de la situation. Avec Nicolas Maduro, ils savent à qui et à quoi ils ont affaire. Mais que deviendrait le pays dans une autre configuration ? Serait-il moins ou bien plus instable ? Un saut dans l’inconnu que personne ne souhaite réellement.

 

Source : site de l’Iris

Quel camouflet à l’ONU ! L’administration Obama entre l’enclume et le marteau cubains

Quel camouflet à l’ONU ! L’administration Obama entre l’enclume et le marteau cubains

 

28 Octobtre 2016
 

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Jacques-François Bonaldi

 

Quelques réflexions couchées à la va-vite…

 

J’attends de recevoir la dernière version de l’intervention de Bruno Rodriguez, le ministre cubain des Relation extérieures, devant l’Assemblée générale des Nations Unis qui votait ce matin la résolution cubaine contre le blocus des États-Unis, pour vous faire parvenir la traduction définitive. J’ai traduit la première, mais le ministre cubain a dû rectifier son discours devant l’annonce, faite par Samantha Power, la représentante des USA auprès de l’ONU, depuis la  tribune, que son administration s’abstiendrait au moment du vote. Il le savait déjà, bien entendu, puisque, loin d’improviser sur le moment face à cette annonce-surprise, il a lu des modifications écrites.

 

Je dis annonce-surprise, mais au fond je ne suis pas si sûr que ça en soit une. Déjà, l’an dernier, à cette même occasion, des bruits avaient couru que l’administration Obama s’abstiendrait, mais elle avait finalement voté non, comme les vingt-trois fois antérieures. Cette année-ci, se sachant en fin de carrière à la Maison-Blanche et ne risquant donc plus de traquenards de la part de ses adversaires du Congrès et de Miami, Obama s’est rendu à l’évidence (et dans « rendu », il y a l’idée de « reddition ») : sa bataille était perdue d’avance, le monde entier est contre cette politique, même les gouvernements qui ne sont pas franchement amis de la Révolution cubaine !

 

En fait, je me demande qui manipule le mieux le fameux « smart power » dont Obama a fait la pierre de touche de sa politique étrangère. À ce petit jeu, la Révolution cubaine vient de l’emporter haut-la-main. En continuant de présenter sa résolution même après la reprise des relations diplomatiques, de la réouverture des ambassades, de la visite d’Obama à La Havane en mars dernier et des cinq trains de mesures que Washington a adoptés pour alléger petitement certaines restrictions du blocus (qui reste en place pour l’essentiel, puisque sa levée définitive dépend depuis 1996 du Congrès), Cuba a coincé l’administration étasunienne entre l’enclume et le marteau et l’a contrainte, pour ainsi dire, à se dédire ou à se démentir elle-même, et à devoir cesser donc d’appuyer ouvertement une politique que toutes les administrations (dont la sienne) ont mise en œuvre avec acharnement depuis 1962. Je dis « ouvertement », parce que la dernière Directive présidentielle sur la politique cubaine de  la Maison-Blanche ne laisse aucun doute sur le fait que les méthodes ou les tactiques changent, mais pas l’objectif final : éliminer ce gouvernement trublion qui continue de s’affirmer et de s’afficher résolument socialiste et de parler de justice sociale dans un monde où le néolibéralisme fait loi et est roi.

 

Bien entendu, Samantha Power, durant son intervention, nous a refait le coup des droits de l’homme, que le gouvernement cubain continue censément de violer horriblement, mais aussi, ce qui est nouveau, le coup de la sensiblerie, nous racontant l’histoire de ce médecin cubain servant en Sierra Leone durant la lutte de ses plus de cent collègues qui se battaient contre l’épidémie à virus Ébola et qui a été touché par le mal, et qui a été sauvé parce que, censément grâce à la logistique des États-Unis, on a pu l’expédier sans retard à Genève pour y être traité et guéri. En fait, Samantha Power a présenté cette mission de lutte contre l’Ébola quasiment comme une initiative de son gouvernement, sans jamais mentionner une seule fois l’Organisation mondiale de la santé… Mais passons. Son intervention avait du moins un autre ton que celui des années précédentes.

 

Donc, Obama envoie un message à son Congrès : messieurs les représentants et sénateurs, à vous de jouer ! Moi, j’ai fait tout ce que j’ai pu (ce qui est faux, parce que ses prérogatives présidentielles, ce que Cuba ne cesse de répéter, lui permettraient d’en faire bien plus) ; c’est à vous maintenant de décider de la levée totale du blocus, formé d’un incroyable lacis de lois, résolutions, décrets et autres mesures dans lequel même les meilleurs avocats des États-Unis se retrouvent plus perdus que Thésée dans le labyrinthe. Et apparemment, pas d’Ariane dans l’administration…

 

Bref, une jolie victoire de la Révolution cubaine. Des 193 pays membres de l’ONU, tout le monde était en rendez-vous, aucun pays ne voulait perdre ça. Quand on a su avant le vote que les USA s’abstiendraient, bien entendu il ne restait plus qu’un seul « mystère » : qu’allait faire Israël ? Eh bien, il a fait ce que tout le monde supposait : il a suivi son plus fidèle allié dans le monde et voté comme lui. Dans les temps, on accusait Cuba d’être un satellite du Kremlin… ! Au moins, les choses sont claires.

 

Pour modifier un tel « records » : 191 pour contre 0 et deux abstentions, il faudra attendre l’an prochain : soit l’entrée d’un nouveau membre soit un vote « oui » des USA (et donc d’Israël), soit encore qu’un Congrès à majorité démocrate issue des prochaines élections du 6 novembre décide de lever le blocus une bonne fois pour toutes.

 

Le temps le dira. En tout cas, réjouissons-nous qu’il existe encore dans notre monde à la botte une Révolution capable de battre l’Empire à son propre jeu : le smart power

Quand Ulysse est coincé à la Maison-Blanche

Quand Ulysse est coincé à la Maison-Blanche

 

En fait, l’une des réflexions que l’on pourrait faire sur cette décision étonnante de l’administration étasunienne de s’abstenir sur un projet de résolution demandant la levée du blocus, après avoir voté résolument NON à chacune des vingt-quatre fois précédentes, c’est qu’Obama,comme je l’ai dit hier, était coincé entre l’enclume et le marteau. À partir du moment (relativement récent, je tiens à le souligner : à peine deux petites années, contre six antérieures à la Maison-Blanche) où il a décidé de faire jouer son smart power pour se débarrasser de ce socialisme cubain qui donne l’urticaire à n’importe quel locataire de ladite Maison, le blocus, autrement dit ce que Fidel qualifiait, lui, de « guerre économique tous azimuts », fait de sanctions, de représailles, d’interdictions, de prohibitions et autres genres de mesures, non seulement ne lui servait à rien, mais s’avérait en fait absolument contre-productif. Là, il a bien tiré les leçons de plus de cinquante ans de guerre qui n’ont fait avancer en rien la classe dominante étasunienne vers l’objectif qui a toujours été le sien et que la Directive de politique présidentielle sur Cuba du 14 octobre 2016 égrène tout du long comme un leitmotiv.

 

Au contraire, cette guerre incessante de l’immense puissance face à un tout petit pays aux moyens incommensurablement inférieurs a provoqué la réaction habituelle de toutes les villes assiégées dont les habitants sont habités de valeurs qu’ils sont prêtes à défendre coûte que coûte (valeur, aussi, au sens de courage) : la résistance. À traiter Cuba, sa Révolution et son peuple en ennemis, les administrations étasuniennes, toutes tendances confondues, d’Eisenhower à Obama, n’ont fait que renforcer cette capacité de résistance étonnante que même les pires années de la Période spéciale, dans les années 90, quand nous avons plongé dans un gouffre qui paraissait insondable, ne sont pas parvenues à entamer.

 

Il fallait donc qu’Obama, plus intelligent que les autres ou moins coincé que ses prédécesseurs dans l’histoire (cette vieille dame dont il ne cesse de répéter qu’elle l’ennuie), ou parce qu’il a pris conscience que les temps ont changé et que l’Empire en déclin face à de nouvelles puissances émergentes n’a plus les moyens d’imposer sa volonté comme jadis, changeât son fusil d’épaule et se présentât, ce qu’il fit durant sa visite de mars dernier à La Havane, en « ami », voire, ce qui, avouons-le, était tout de même un peu poussé, en « frère ». C’est bien pensé, même si la Maison-Blanche a mis cinquante-quatre ans pour arriver à une conclusion qui coulait de source aux yeux de tout le monde, n’était-ce la cécité de ses locataires et de la classe dominante étasunienne, mais aussi de la mafia de Miami qui a tenu longtemps le haut du pavé en ce qui concerne la politique cubaine des États-Unis, à une vérité aveuglante : par la force, vous n’arriverez à rien face à la Révolution cubaine.

 

Le blocus, en place depuis 1962, était donc, non seulement inutile, mais s’avérait la pire entrave à la toute nouvelle (je le répète) politique d’Obama : si, comme les oiseaux du paradis à la parade, vous voulez déployer tous vos charmes et vos plus beaux atours, mais que vous vous attachiez les ailes au corps, vous n’aurez guère de chance de conquérir la femelle que vous convoitez. (Si je choisis l’oiseau du paradis, c’est d’une part qu’il s’agit d’une des parades les plus magnifique chez la gent ailée, mais d’autre part, que l’image de l’Éden, plus prosaïquement connu comme « rêve américain », est l’une des grandes réussites des États-Unis en matière de vente d’un imaginaire frelaté.) Obama devait donc pouvoir battre des ailes, pour ainsi dire quasiment au pied de la lettre… Il est donc devenu un opposant du blocus économique, commercial et financier (après l’avoir défendu comme « moyen de pression », même après la reprise des relations diplomatiques). D’une part parce que cette politique agressive l’empêche de se présenter en (nouvel) « ami » du peuple cubain ; d’autre part, parce que toutes les prohibitions, interdictions, représailles, etc., dont il est assorti l’empêche de déployer sa nouvelle donne politique.

 

Ainsi, comment « amadouer » la Révolution cubaine si vous ne pouvez pas, à cause du blocus, faire un tas de choses que vous pouvez faire ailleurs, comme investir, avoir un commerce normal aller-retour (il n’est pour l’instant qu’à sens unique, et encore à travers d’une minuscule ruelle), etc. Comment miner de l’intérieur la forteresse si vos artificiers sont interdits d’y entrer ? Comment répandre la bonne parole et le « rêve américain » si ceux que vous considérez vos meilleurs ambassadeurs des valeurs étasuniennes (ce n’est pas moi qui le dis, c’est écrit en toutes lettres dans les différents documents de la Maison-Blanche), les touristes, sont interdits d’entrée à Cuba, les visiteurs devant avoir un motif précis dans le cadre des douze catégories permises à ce jour : car s’il est vrai que ces visiteur autorisés sont sommés de consacrer leur séjour à Cuba à des activités visant à pénétrer (les documents, eux, disent : « autonomiser ») la population cubaine, il n’en reste pas moins que tant que le Congrès ne lèvera pas le blocus, le tourisme restera interdit en tant que tel et que les « messagers » des valeurs « américaines » arriveront au compte-goutte, face aux trois millions de touristes qui pourraient déferler ici, selon toutes les prévisions, bon an mal an.

 

Je pourrais poursuivre les exemples. Bref, et c’est tout bête, l’existence du blocus empêche l’administration Obama de se donner les moyens réels et concrets de sa nouvelle politique. Et puisque le voilà en fin de bail à la Maison-Blanche, qu’il ne peut se représenter à la présidence, qu’il ne risque pas de trop violents coups de bâton en retour dans ce domaine de la part de ses adversaires politiques, il peut, pour ainsi dire, jouer les grands seigneurs, démentir sa propre politique, frapper un nouveau coup de théâtre (après celui de la reprise des relations diplomatiques) et s’abstenir durant le vote à l’Assemblée générale de la résolution cubaine, autrement dit d’une condamnation d’une politique que les États-Unis et Israël ont été les seuls à défendre à l’ONU pendant vingt-quatre ans (je passe sous silence les deux ou trois comparses épisodiques qui ont accompagné à différents moments ces deux-là). En fait, s’il avait voulu aller vraiment jusqu’au bout de sa propre logique, il aurait dû voter tout bonnement la résolution cubaine…

 

Ça, c’est de la « real politik », et on ne peut que se réjouir de voir Obama cesser de poursuivre une politique de plus de cinquante ans qu’il a taxée lui-même de « fiasco ». Le hic, c’est que sa nouvelle politique est inapplicable tant que le Congrès ne lèvera pas une bonne fois pour toutes le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba. À cet égard, Obama n’a qu’à s’en prendre à son prédécesseur Bill Clinton qui, en signant en 1996 la Loi Helms-Burton concoctée par la mafia de Miami et les pires ennemis de la Révolution cubaine, a dessaisi la Maison-Blanche de ses prérogatives en politique extérieure cubaine aux mains du Congrès. Et là, c’est une autre paire de manches. Le président républicain de la Chambre de représentants vient de réitérer, tout récemment, qu’il n’est pas question de le lever, et l’on sait l’influence qu’on peut exercer depuis ce poste. Pour le moment, la corrélation de force au Congrès est défavorable à l’administration en place. Comme je le disais hier, il faudra attendre le résultat des élections du 6 novembre prochain pour voir si une nouvelle majorité démocrate (donc, en théorie, plus favorable à la levée du blocus) s’y installe en janvier 2017, ce qui est loin d’être sûr. Dans ce dernier cas de figure, la Révolution cubaine continuera de ferrailler dur à l’ONU et dans toutes les autres tribunes internationales pour obtenir gain de cause.

 

En tout cas, applaudissons au retour d’Obama à la réalité. Et espérons que son coup de théâtre aura des effets dans l’establishment politique étasunien et permettra de « débloquer » un peu les choses. Souhaitons aussi que les adversaires de la levée du blocus finissent par comprendre ce que leur président a mis du temps à saisir : si vous voulez saper l’ennemi de l’intérieur, si vous voulez l’ « amadouer », le plus intelligent et sensé que vous puissiez faire – décidément, depuis hier, me voilà en veine de comparaison mythologique – c’est vous donner tous les moyens – et non vous empêcher d’avance – d’amener du moins votre Cheval jusqu’aux plages de Troie !

 

Bref, réjouissons-nous de cette nouvelle belle victoire politique de la Révolution cubaine face à l’Empire. J’étais sur le point d’évoquer aussi David face à Goliath, mais celui d’aujourd’hui a les mains si dégoulinantes de sang palestinien qu’il ressemble plus à un sinistre tueur qu’à un jeune héros défenseur d’une noble cause et qu’il s’est discrédité à jamais comme figure de comparaison valable et digne.

 

Jacques-François Bonaldi

La Havane, 27 octobre 2016

URL de cet article 31098 

Intervention de Cuba à l’ONU, le 26 Octobre 2016 (Texte intégral)

Intervention de Cuba à l’ONU, le 26 Octobre 2016 (Texte intégral)

 

 

Intervention de Bruno Rodríguez Parrilla, Ministre des Relations Extérieures de Cuba, avant le vote du projet de résolution : « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les Etats-Unis d’Amérique », à l’Assemblée Générale des Nations Unies, New York, le 26 octobre 2016

Monsieur le Président ;

Messieurs les représentants permanents ;

Mesdames et messieurs,

 

Presque deux années se sont écoulées depuis que le président des États-Unis a annoncé qu’il était disposé à recourir à ses facultés exécutives et à travailler avec le Congrès de son pays pour que celui-ci lève le blocus imposé à Cuba.

 

Durant cette période, les trois combattants antiterroristes cubains sont rentrés dans notre pays, Cuba a été radiée de la liste injustifiable du département d’État sur les États qui parrainent censément le terrorisme, les relations diplomatiques ont été rétablies entre nos deux pays et les ambassades respectives ont été rouvertes dans les capitales, le président Obama, le secrétaire d’État et d’autres membres de l’administration ont visité Cuba, ainsi que des dizaines de sénateurs, de représentants et de personnalités de nombreux secteurs.

 

Des progrès ont été enregistrés en ce qui concerne le dialogue et la coopération sur des thèmes d’intérêt commun, et une douzaine d’accords rapportant des bénéfices réciproques ont été signés.

 

Les États-Unis viennent d’annoncer qu’ils s’abstiendraient sur le vote de ce projet de résolution.

 

Il n’en reste pas moins que le blocus économique, commercial et financier se maintient, cause des préjudices au peuple cubain et entrave le développement économique de notre pays.

 

Compte tenu de sa nature extraterritoriale, il lèse aussi directement les intérêts de tous les États membres des Nations Unies.

 

Le président des États-Unis et d’autres hauts fonctionnaires l’ont qualifié de périmé, d’incapable de faire progresser les intérêts de leur pays, de fiasco, d’insensé, d’invivable, de fardeau sur les citoyens, de préjudiciable au peuple cubain et de facteur d’isolement pour les États-Unis : bref, selon eux, ce blocus doit être levé.

 

Les États-Unis ont mis vingt-quatre ans à rectifier leur vote solitaire dans cette salle. Vingt-quatre ans, comme l’a dit l’ambassadrice Samantha Power, d’isolement et d’échec. Mais derrière ce qui vient de se passer, il y a cinquante-huit années de résistance héroïque de notre peuple. Je pense en ce moment-ci à mon peuple, à Fidel et à Raúl, aux jeunes Cubains héritiers de cette longue et glorieuse lutte.

 

Certains m’ont demandé : pourquoi présenter à nouveau cette résolution à l’Assemblée générale ? On ne saurait absolument pas sous-estimer le puissant message politique et moral que cette Assemblée envoie aux peuples du monde. La vérité finit toujours pour se frayer un passage. La justice finit toujours par s’imposer. L’abstention que viennent d’annoncer les États-Unis constitue assurément un pas en avant vers l’amélioration future des relations entre notre deux pays. Je sais gré à l’ambassadrice Samantha Power de son intervention et de ses efforts.

 

Et pourtant, la plupart des réglementations exécutives et des lois qui le sous-tendent sont toujours en vigueur, et les agences gouvernementales les appliquent dans toute leur rigueur.

 

Tout en reconnaissant que les mesures exécutives adoptées par l’administration étasunienne sont des pas dans la bonne direction, nous disons que leur effet et leur portée sont très limités.

 

Celles qui concernent les télécommunications poursuivent – il est regrettable de devoir le dire – des visées ouvertement politiques et sont marquées du sceau de l’ingérence, mais elles prouvent en tout cas que le président des États-Unis dispose de vastes facultés pour, s’il le voulait, autoriser des opérations commerciales, des crédits privés et des investissements dans notre économie.

 

Les mesures relatives aux opérations commerciales avec de petites entreprises privées, dont les motivations politiques – il est de nouveau regrettable de devoir le dire – sont tout aussi clairement affichées, ne fonctionneront pas à une échelle appréciable tant qu’on ne tiendra pas compte de l’organisation économique et des structures du commerce extérieur de Cuba. Mais elles prouvent aussi, néanmoins, qu’il serait possible de faire des progrès dans le domaine du commerce, même au cas où les lois du blocus ne seraient pas modifiées.

 

Des porte-parole étasuniens ont affirmé que le système cubain entravait l’application de ces mesures. Ils savent que c’est faux. C’est le blocus dans son ensemble qui surdétermine la réalité actuelle.

 

Il est de notoriété publique que le président étasunien dispose de vastes prérogatives exécutives qu’il n’a pourtant pas employées autant qu’il le pourrait pour modifier substantiellement le blocus et alléger ses retombées humanitaires et économiques.

 

Le changement annoncé signifie-t-il qu’il les utilisera avec décision ?

 

Voilà à peine douze jours, les départements du Trésor et du Commerce ont annoncé de nouvelles mesures qui, bien que constructives, sont très limitées dans leur portée. La plupart visent à amplifier des transactions déjà autorisées et favorisent les États-Unis plutôt que Cuba et le peuple cubain.

 

Il y a du sympathique en tout cas dans ces mesures : désormais, les Étatsuniens qui reçoivent l’autorisation de leur gouvernement de visiter Cuba ou qui voyagent dans d’autres pays pourront acheter et ramener à titre d’effets personnels des produits cubains sans limitations de valeur, dont du rhum et des cigares. Mais les exportations de ces produits cubains aux États-Unis restent interdites. Pourquoi ?

 

Les nouvelles mesures ne permettent pas non plus, sans autorisations spécifiques, les investissements étasuniens dans notre pays ; pas question non plus de sociétés mixtes ni de crédits, même pas pour la production de produits pharmaceutiques de la biotechnologie cubaine dont la commercialisation et la distribution aux USA viennent pourtant d’être autorisées – et nous nous en félicitons – une fois qu’ils auront reçu l’autorisation de l’Agence des aliments et des médicaments (FDA).

 

Aucune amplification des exportations étasuniennes à Cuba, au-delà des ventes limitées déjà autorisés et qui excluent les secteurs clefs de l’économie cubaine ; aucune annonce de nouvelles modifications dans le domaine financier, de sorte que les banques cubaines n’ont toujours pas le droit d’ouvrir des comptes correspondants dans des institutions financières étasuniennes.

 

De son côté, le Congrès des États-Unis n’a adopté aucune des vingt amendements ou initiatives législatives qui, avec l’appui des deux partis, proposent d’éliminer quelques restrictions du blocus ou la totalité de cette politique. Au contraire, plus de cinquante initiatives législatives ont été présentées pour durcir des aspects fondamentaux du blocus, empêcher le président d’approuver de nouvelles mesures exécutives ou de mettre en œuvre celles qui ont été déjà été adoptées. On ne connaît par ailleurs aucun effort concret de l’administration dans ce sens.

 

Il faut donc juger les choses par les faits. Ce qu’il y a d’important et de concret, c’est le démantèlement du blocus, plus que les discours, les déclarations de presse, voire le vote d’une délégation dans cette salle. Il faut, je le répète, juger les choses par les faits.

 

Monsieur le Président,

 

Les préjudices humains infligés par le blocus sont incalculables. Il n’existe aucune famille cubaine ni aucun secteur du pays qui n’en souffre les effets : santé, éducation, alimentation, services, prix des produits, salaires et pensions.

 

Les conditions discriminatoires et onéreuses de pair avec les effets dissuasifs du blocus restreignent nos achats d’aliments et l’acquisition sur le marché étasunien de médicaments, de réactifs, de pièces détachées pour équipements, d’instruments médicaux et autres.

 

Ainsi, la société étasunienne Medtronic n’a pas voulu tout récemment, du fait des restrictions du blocus, passer de contrats avec des entreprises cubaines concernant la vente d’équipements de stimulation cérébrale profonde qui serviraient au traitement de patients cubains atteints du mal de Parkinson et d’autres troubles neurologiques.

 

La multinationale SIGMA-ALDRICH n’a pas non plus fourni des moyens de protection et des produits chimiques et biotechnologiques que lui demandait l’entreprise cubaine FARMACUBA pour produire certains médicaments dans notre pays.

 

En mai dernier, la Nuclear Regulatory Commission des USA a fait savoir à la filiale de la société allemande Eckert and Ziegler dans ce pays qu’elle ne l’autorisait pas à fournir à la société néerlandaise Philips une source de calibrage pour un équipement médical acheté en 2013par l’Institution d’oncologie de Cuba, ce qui porte préjudice à un service vital pour les cancéreux.

 

Le 26 septembre dernier, le fournisseur italien d’équipements médicaux EMILDUE a fait savoir à l’entreprise cubaine MEDICUBA que la société étasunienne Boston Scientific Corporation (BSC) refusait de lui vendre un générateur de radiofréquences de la marque COSMAN pour le diagnostic du cancer.

 

Le blocus touche aussi les intérêts des Étatsuniens eux-mêmes qui pourraient profiter de différents services à Cuba, dont ceux de santé.

 

Je remercie l’ambassadrice Samantha Power de son évocation émue – que je partage – du cas emblématique, symbolique, du docteur Félix Báez Sarría, exemple de tout ce qu’il est possible de faire quand prévaut la coopération internationale.

 

Mais je ne saurais toutefois passer sous silence qu’à l’époque tragique de l’épidémie à virus Ébola en Afrique de l’Ouest, l’aide médicale cubaine a été entravée par le refus de la Standard Chartered Bank, de Grande-Bretagne, de faire des virements entre l’Organisation mondiale de la santé et les brigades de médecins cubains dont faisait partie le docteur Báez Sarría et qui risquaient leur vie au contact direct des patients, car, même dans ces circonstances extrêmes, il lui fallait obtenir des autorisations directes du département du Trésor. La filiale de cette banque en Ouganda vient de fermer les comptes personnels des travailleurs de la santé cubains et la filiale de la Barclays Bank, elle aussi britannique, les empêche de faire des virements à Cuba.

 

Il en est de même pour les coopérants cubains du secteur éducatif dans d’autres pays.

 

Ce sont là des exemples qui prouvent toute la complexité de la réalité existant entre les États-Unis et Cuba. Mais l’approche qui vient d’être annoncée est assurément encourageante. Les États-Unis ayant modifié leur vote, on pourrait se demander : ces pratiques vont-elles dès lors cesser ?

En août dernier, il a été impossible de faire les virements associés aux services de la mère et de l’enfant et aux services ophtalmologiques prêtés en Algérie à cause du refus des banques correspondantes, la Commerzbanz d’Allemagne et la KBC Bank de Belgique.

 

Par leur ignoble programme de « Parole » visant le personnel médical cubain travaillant dans d’autres pays, les États-Unis s’efforcent d’empêcher cette coopération et de priver, aussi bien ces pays que Cuba, de ressources humaines hautement qualifiées indispensables.

 

Le mois dernier, des banques du Pakistan ont refusé d’ouvrir une lettre de crédit demandée par une société de ce pays pour pouvoir acheter cent mille vaccins cubains contre l’hépatite B sous prétexte que Cuba est un pays frappé par les sanctions des États-Unis.

 

Les Étasuniens n’ont toujours pas le droit de se rendre librement à Cuba, ce qui viole leurs droits et libertés civils, même si l’administration a assoupli les conditions de voyages des seules douze catégories autorisées légalement.

 

Un Étasunien qui a voyagé à Cuba avec plusieurs amis est menacé d’une amende de cent mille dollars.

 

Le blocus reste une violation massive, flagrante et systématique des droits humains de tous les Cubains et de toutes les Cubains, et figure comme un acte de génocide aux termes de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, de 1948. Il entrave notre coopération internationale de nature humanitaire.

 

Les dommages économiques directs provoqués par le blocus se sont chiffrés, d’avril 2015 à mars 2016, à 4 680 000 000 de dollars à prix courants, calculés d’une manière rigoureuse et plutôt prudente.

 

Les dommages totaux causés par cette politique génocidaire vieille de presque soixante ans se montent à 753 688 000 000 de dollars, compte tenu de la dépréciation de l’or ; à prix courants, ils équivalent à plus de 125 milliards de dollars.

 

Le blocus constitue le principal obstacle au développement économique et social de notre peuple.

 

Il constitue une violation du droit international, de la Charte des Nations Unies et de la Proclamation de l’Amérique latine et des Caraïbes comme Zone de paix, signée par les chefs d’État ou de gouvernement de notre région en janvier 2014. Son extraterritorialité renforce son essence, qui est une violation du droit international.

 

Qui peut contester ces affirmations ? Il suffit de lire les textes légaux.

 

Nous nous sommes félicités que le département étasunien du Trésor ait autorisé mon pays, en mars dernier, à utiliser le dollar dans ses transactions internationales. Néanmoins, à ce jour, Cuba n’a pu faire ni dépôts ni paiements en liquides dans cette monnaie, parce que les amendes infligées dans le cadre du blocus ont des effets intimidants sur les banques et que les fermetures d’opérations, les suppressions de comptes en banque cubains à l’étranger, les dénis d’octroi de crédits et les refus de virements vers ou depuis Cuba se sont aggravés dans des pays tiers.

 

Quand on tente d’accéder depuis Cuba au site web de Norton, une division de la société Symantec, qui prête des services de prévention et d’élimination de logiciels malicieux, on voit apparaître l’annonce suivante : « Conformément aux lois des USA, nous n’avons pas le droit de répondre à votre demande. »

 

Bien d’autres sites répondent que « le client n’est pas autorisé à obtenir l’adresse d’un site internet depuis ce serveur » ou, tout simplement, « accès dénié ».

 

D’autres motifs, en sus du blocus, déterminent nos difficultés économiques : ordre économique international injuste, crise mondiale, déformations historiques et faiblesses structurelles inhérentes au sous-développement, forte dépendance d’envers les importations d’énergie et d’aliments, effets des changements climatiques et des catastrophes naturelles, et, enfin, nous ne le cachons absolument pas, nos propres erreurs. Peuple et gouvernement se battent d’arrache-pied pour surmonter cette réalité.

 

Monsieur le Président,

 

Le 16 avril 2016, le président Raúl Castro Ruz a affirmé : « Nous sommes décidés à mener un dialogue respectueux et à construire un nouveau type de relations avec les États-Unis, d’un genre qui n’ont jamais existé entre nos deux pays, parce que nous sommes convaincus que cela ne peut être que mutuellement avantageux. »

 

Le 17 septembre, voilà quelques jours, il a réaffirmé : « Nous ratifions notre volonté d’avoir des relations de coexistence civilisée avec les États-Unis, mais nous ne renoncerons pour autant à aucun de nos principes, ni ne ferons des concessions en matière de souveraineté et d’indépendance. »

 

Au fil de l’histoire, le gouvernement étasunien s’est proposé d’abord d’annexer Cuba, puis, à défaut, de la dominer. Au triomphe de la Révolution, il s’est attaché à « provoquer la désillusion et le désenchantement de la population par l’insatisfaction économique et les pénuries…, en refusant à Cuba de l’argent et des livraisons afin de faire chuter les salaires nominaux et réels et de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement ».

 

La Directive de politique présidentielle, publiée le 14 octobre, tout en affirmant que le gouvernement étasunien « reconnaît la souveraineté et l’autodétermination de Cuba » et que « c’est au peuple cubain qu’il incombe de prendre ses propres décisions sur son avenir », n’occulte pourtant pas, sous son langage fallacieux, que l’intention du gouvernement étasunien est de perturber l’ordre constitutionnel cubain et de fomenter des changements dans le système économique, politique, social et culturel de Cuba, ainsi que de poursuivre des programmes marqués au sceau de l’ingérence et répondant aux intérêts des États-Unis et dans lesquels il cherche à impliquer différents secteurs de la société cubaine.

 

Le président Obama affirme dans cette Directive ne pas chercher « un changement de régime à Cuba », mais il avoue toutefois : « Nous… aiderons la société civile qui émerge largement à Cuba, et encouragerons des partenaires et des acteurs non gouvernementaux à se joindre à nous pour prôner des réformes. Tout en nous engageant à continuer d’aider les activistes démocratiques, comme nous le faisons dans le monde entier, nous interviendrons aussi auprès de leaders communautaires, de blogueurs, d’activistes et d’autres leaders en questions sociales qui pourraient contribuer à un dialogue interne à Cuba sur la participation citoyenne. »

 

Il affirme aussi qu’il maintiendra « nos programmes en faveur de la démocratie et de radiodiffusion et de télévision, tout en protégeant nos intérêts et nos actifs, telle la station navale dans la baie de Guantánamo ». Il souligne : « Le gouvernement des États-Unis n’a pas l’intention de modifier le traité de bail en cours et d’autres accords en rapport avec la station navale de la baie de Guantánamo ».

 

Son administration a affirmé lors de la présentation de la Directive : « Nous ne pouvons pas croiser les doigts sans nous impliquer en attendant que Cuba change. »

 

La Directive, pour sa part, que Cuba « reste en défaut de paiement envers le gouvernement des États-Unis au sujet des dettes bilatérales contractées avant la révolution cubaine ».

 

Les États-Unis prétendraient-ils par hasard que la Révolution cubaine paie les dettes de la dictature sanguinaire de Fulgencio Batista ?

 

L’administration Obama devrait comprendre que nous sommes désormais libres, justement parce que nous nous sommes libérés de l’impérialisme étasunien et de sa dictature en 1959.

 

Quand, le 19 mai 2002, George W. Bush a émis l’ « Initiative pour une Cuba nouvelle » qui prétendait conditionner un assouplissement des prohibitions en vigueur au sujet des voyages et du commerce à des changements politiques et économiques internes, huit millions de Cubains lui ont répondu le 26 juin en signant la Loi de réforme constitutionnelle qui proclame l’irréversibilité du socialisme à Cuba.

 

Il serait bon de reconnaître une fois pour toutes que les changements à Cuba relèvent de la souveraineté exclusive des Cubains et que Cuba est un pays vraiment indépendant. Et elle l’est parce qu’elle a conquis toute seule son indépendance et qu’elle a su et qu’elle saura la défendre au prix des plus grands sacrifices et malgré les plus grands risques.

 

Il serait temps de comprendre que notre peuple a conquis le pouvoir, qu’il s’est « autonomisé » par lui-même et qu’il exerce jour après jour le pouvoir souverain, le pouvoir populaire. C’est bien pour cela que nous sommes ici, ce matin !

 

Nous sommes fiers de notre histoire et de notre culture qui sont notre trésor le plus précieux. Nous n’oublierons jamais notre passé, car c’est là la manière de ne plus jamais y retourner. Nous avons déjà décidé notre chemin vers l’avenir, nous savons qu’il est long et difficile, mais nous ne nous en écarterons pas par naïveté, pour écouter le chant des sirènes ou par erreur. Aucune force au monde ne pourra nous y contraindre.

Nous avons converti en réalité de nombreux rêves, les nôtres et ceux d’autres peuples. Nous sommes hantés de rêves encore à concrétiser, mais ce sont nos rêves à nous. Nous n’avons pas besoin de chimères étrangères à notre culture et à notre histoire.

 

C’est par les jeunes et pour eux que la Révolution cubaine s’est faite et continue de se faire jour après jour. Les jeunes Cubains, tout en ressemblant à leur époque, sont aussi patriotes et anti-impérialistes que leurs parents et leurs grands-parents.

 

Nous défendrons nos valeurs et nos symboles à nous que nous irons enrichissant, mais ils seront toujours cubains. Nous ne les troquerons pas pour d’autres qui ne le sont pas.

 

Nous nous battrons pour édifier une nation souveraine, indépendante, socialiste, démocratique, prospère et durable. Nous ne retournerons pas au capitalisme.

 

Comme l’a dit le leader historique de la Révolution, Fidel Castro Ruz, le 19 avril dernier : « Nous perfectionnerons ce qu’il faut perfectionner, fort de notre loyauté éclatante et de notre unité, à l’image de Martí, de Maceo et de Gómez, en une marche irrésistible. »

 

Monsieur le Président ;

Chers représentants permanents ;

Chers délégués,

 

La levée du blocus constitue le facteur clef qui conditionne la normalisation progressive de nos relations avec les États-Unis et qui donnera du sens, de la profondeur et de la solidité à ce qui a été fait à ce jour.

 

Le blocus est injuste, inhumain, immoral et illégal, et il doit être levé unilatéralement et inconditionnellement.

 

Le changement de vote que l’ambassadrice Samantha Power vient d’annoncer est un signal prometteur. Nous espérons qu’il se reflétera dans la réalité.

 

Nous savons profondément gré aux gouvernements, aux peuples, aux parlements, aux forces politiques et aux mouvements sociaux, aux représentants de la société civile, aux organisations internationales et régionales qui ont contribué année après année, par leur voix ou par leur vote, à justifier la justesse et l’urgence de notre réclamation : la levée du blocus.

 

Nous remercions aussi le peuple étasunien pour son appui croissant à ce noble propos.

 

Je vous remercie.

Traduction J-F Bonaldi, la Havane

URL de cet article 31097 

Le gouvernement étasunien approuve le démarrage d’études cliniques du vaccin contre le cancer mis au point par Cuba

Le gouvernement étasunien approuve le démarrage d’études cliniques du vaccin contre le cancer mis au point par Cuba

 

L’Institut cancérologique Roswell Park, de New York, a reçu l’autorisation de l’Administration des aliments et médicaments (FDA) de réaliser des essais cliniques à partir d’un vaccin innovateur contre le cancer du poumon mis au point à Cuba, a annoncé ce mercredi le gouverneur Andrew Cuomo.

 

Cet essai est le premier du genre depuis la reprise des relations diplomatiques entre les USA et Cuba.

 

Les mesures annoncées le 17 octobre incluaient des recherches conjointes pour la production, la vente et l’enregistrement aux USA de produits biopharmaceutiques cubains dans le cadre d’une autorisation générale. Mais elles ne permettent toujours pas, néanmoins, la création de sociétés mixtes pour ces productions ni leur importation aux USA, sauf autorisation spécifiques, comme celle que vient de recevoir le Roswell Park.

 

Le CIMAvax-EGF est un vaccin mis au point par le Centre d’immunologie moléculaire de La Havane. Selon AP, l’essai portera sur entre 60 et 90 patients, et son démarrage est prévu le mois prochain.

 

Le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, a aussi annoncé cet accord sur Tweeter :

On #LungHealthDay, proud to announce a @RoswellPark partnership that will work on #CIMAVax, an immunotherapy for lung cancer pic.twitter.com/ROuDF30HeP

— Andrew Cuomo (@NYGovCuomo) 26 octobre 2016

Candace Johnson, présidente du Roswell Park, a affirmé à la presse que l’essai est le résultat de la coopération entre les autorités new-yorkaises et cubaines qui a commencé en 2015 lorsque Cuomo a visité Cuba à la tête d’une délégation commerciale.

 

« C’est la première fois à l’ère moderne qu’une institution cubaine et une institution étasunienne peuvent travailler ensemble », a-t-elle dit.

 

Cuomo a affirmé que l’essai représente un autre pas dans la lutte contre le cancer et valide les efforts pour attirer des recherches de première qualité à New York.

 

« Cuba aurait pu aller n’importe où aux États-Unis », a-t-il dit. « Elle aurait pu aller au John Hopkins, au Memorial Sloan Kettering… Mais quel endroit a-t-elle choisi ? Le meilleur des États-Unis, le Roswell Park”.

 

Les essais cliniques sont censés démarrer dans un mois. Please visit our website for updates : 

https://t.co/vK81I89Qv0 #lungcancer pic.twitter.com/328obpY19G

 

— Roswell Park (@RoswellPark) 26 octobre 2016

(Tiré de CubaDebate, http://www.cubadebate.cu/noticias/2016/10/26/aprueba-el-gobierno-de-ee...

Traduction J-F Bonaldi

 

EN COMPLEMENT :

Cuba crée quatre vaccins contre le cancer : une leçon aux firmes pharmaceutiques.
http://www.legrandsoir.info/cuba-cree-quatre-vaccins-contre-le-cancer-...

 

Cuba homologue le premier vaccin thérapeutique au monde contre le cancer du Poumon
http://www.legrandsoir.info/+Cuba-homologue-le-premier-vaccin-therapeu...

URL de cet article 31096 

Quand des scientifiques étasuniens tombent de la Lune… à Cuba

On trouvera ci-dessous un article tout récent d’une revue scientifique étasunienne. Il coïncide avec une des nouvelles mesures d’allègement du blocus adoptées par l’administration Obama le 14 octobre et entrées en vigueur hier : les sociétés étasuniennes ont maintenant le droit d’importer des médicaments cubains et de les commercialiser dans le pays une fois passés par les filtres de l’Agence chargée de les accepter. L’étonnement du docteur Lee et du rédacteur en chef de la revue prouve à mon avis deux points : l’incapacité de nombreux Étatsuniens, même scientifiques, à voir au-delà de leur petit pré, par ignorance ou par arrogance ; l’influence du blocus sur la divulgation aux USA des résultats du secteur scientifique cubain le plus brillant, entre autres, à titre de simple exemple, parce que les chercheurs cubains ne peuvent publier dans les nombreuses revues universitaires, scientifiques et savantes de ce pays, et parce que rares sont les scientifiques étasuniens qui osent venir participer aux très nombreuses réunions scientifiques organisées à Cuba. Espérons que ces nouvelles mesures d’Obama permettront un rapprochement entre centres de recherche et laboratoires de Cuba et des USA, et seront utiles aussi aux Étatsuniens. Exemple : Cuba produit le seul médicament au monde capable d’éviter l’amputation (fréquente) de ce qu’on appelle le « pied diabétique ». Le rapport 2106 de Cuba sur le blocus affirme :

Le Centre d’ingénierie génétique et de biotechnologie (CIGB) a mis au point un médicament novateur et unique en son genre, l’Heberprot-P, pour soigner l’ulcère sévère du pied diabétique, dont plus de 230 000 patients du monde entier ont bénéficié à ce jour et auquel ont été concédés 21 licences sanitaires et plus de 30 brevets. Selon les statistiques, on compte environ 29,2 millions de diabétiques aux États-Unis, soit 9,3 p. 100, dont 3,5 p. 100, soit plus d’un million de personnes chaque année, souffrent du pied diabétique, dont 204 296 pourraient être atteintes de complications. Si elle pouvait exporter l’Heberprot-P pour pouvoir traiter 5 p. 100 des Étatsuniens ayant chaque année des complications du pied diabétique, ce qui contribuerait par ailleurs à éviter les plus de 70 000 amputations faites aux USA, l’industrie biotechnologique cubaine pourrait faire des recettes de plus de 122 millions de dollars.

Réjouissons-nous donc de cette découverte tardive…

 

P.S. Je passe sur l’étiquette de « dictateur » accolée à Fidel, qui fait plus de tort à celui qui la colle qu’à celui qui la reçoit. Comme quoi, on peut être très intelligent dans un domaine et très bête dans un autre…

 

Jacques-François Bonaldi


Cuba sera-t-elle le prochain centre d’activités mondial en biotechnologie ?

Source : Life Science Leader

par Rob Wright, Chief Editor, Life Science Leader

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La revue Life Science Leader a été invitée récemment à participer au Forum de santé War On Cancerorganisé par The Economist à Boston, le 28 septembre 2016. Bien que toutes les séances de la journée aient piqué ma curiosité, la seule qui m’a fait me lever de ma chaise pour réclamer un micro une fois finie a eu lieu à 16 heures. Intitulée : « A la recherche d’exemples d’avancées exhaustives en cancérologie à travers le monde », son premier intervenant a été le docteur Kelvin Lee, président de la section d’immunologie de l’Institut du cancer Roswell Park, qui a raconté que son expérience de travail avec Cuba avait démarré presque par accident en 2011 (working with Cuba)

 

Malgré une opinion répandue aux États-Unis, la biopharmacie cubaine n’est pas enlisée dans les années 50

 

« À ce moment-là, nous pensions au Roswell Park de Buffalo que Cuba était enlisée à l’époque de ‘I Love Lucy’, admet le docteur Lee. Nous estimions impossible que la biotechnologie puisse y exister. » Or, il advint qu’une chercheuse du Centre d’immunologie moléculaire de Cuba rendit visite à un parent à Pittsburgh. « Elle nous a téléphoné pour nous dire : ’J’ai entendu parler de votre réputation en cancer. Puis-je venir vous voir et vous parler de nos vaccins contre le cancer ?’ », rappelle le docteur Lee. « Elle est donc venue au Roswell et a donné une conférence remarquable sur des vaccins contre le cancer du poumon vraiment novateurs (autrement dit le CIMAvax) et d’autres vaccins sur lesquels son Centre travaillait. Nous étions surpris que ceci puisse se passer à Cuba. » En 2012, une équipe du Roswell Park est allée à Cuba pour nouer des relations plus solides qui ont abouti à faire entrer les vaccins cubains dans les essais cliniques des États-Unis.

Le docteur Lee suppose que l’innovation biopharmaceutique à Cuba est le résultat de deux facteurs :

  • Le pays a fait de la santé publique une priorité nationale.
  • La nation, par suite de l’embargo des États-Unis, souffre de restrictions économiques extrêmes. « L’espérance de vie à Cuba est la même qu’aux États-Unis et au Canada, ainsi que le taux de mortalité infantile », affirme Lee. [Ce qui est faux, la mortalité infantile de Cuba est inférieure à celle des États-Unis pour l’ensemble du pays, et bien inférieure à celle qu’y connaissent certaines communautés. Note du traducteur.] « Mais Cuba dépense en santé par habitant le cinquième de ce que nous dépensons, nous. » Selon Lee, si Cuba a été capable de rivaliser avec les statistiques de santé des États-Unis, c’est en produisant des produits innovateurs et en les appliquant à la population au niveau des soins de santé primaires. « Il s’agit d’une approche de la médecine résolument diffuse précise et non personnalisée. Cuba innove à partir d’un seul ensemble d’industries biotechnologiques qui fonctionne en circuit fermé. Ainsi, ceux qui travaillent à la recherche-développement (RD) traverse le hall pour amener leurs résultats à ceux qui travaillent au développement préclinique, qui vont ensuite voir ceux qui travaillent aux produits finis, etc. » Le Centre d’immunologie moléculaire conduit lui-même les études de la phase 1 à la phase 4, et, une fois le médicament approuvé par les différentes agences concernées, il le produit lui-même à des fins commerciales, aussi bien pour Cuba que pour le reste du monde. Grâce à ce circuit fermé, il n’existe pas de traversée de la « vallée de la Mort » dans la mise au point de médicaments cubains. « Ils sont très soigneux, et disposent d’installations de niveau mondial », affirme Lee. « À Cuba, il y a de huit à dix compagnies biopharmaceutiques de la taille et de la stature de Celgene/Millennium. »

J’ai eu soudain l’impression d’avoir vécu dans une caverne pour ne pas savoir tout ça au sujet de Cuba. J’ai donc demandé à d’autres personnes assises à ma table si elles étaient au courant, et elles ont toutes répondu : « Non. »

 

À la fin de la communication de Lee, je me suis présenté pour lui dire que j’étais abasourdi de ne rien savoir de Cuba, et il m’a répondu : « Personne ne le sait », et il s’est mis à me raconter l’histoire de Cuba et de l’interféron.

 

Son isolement a poussé Cuba à innover

 

En 1980, quand le monde a su que l’interféron apportait la promesse d’une éventuelle guérison du cancer, Fidel Castro à Cuba l’a su aussi. Le dictateur a donc envoyé six scientifiques à l’étranger pour apprendre à le produire. À leur retour, une petite installation à l’Ouest de La Havane a été transformée en laboratoire et en à peine quarante-deux jours a produit de l’interféron-α naturel. C’est ainsi que l’industrie biotechnologique cubaine a vu le jour.

 

À cause de l’embargo des États-Unis, Cuba a dû compter uniquement sur elle-même et elle produit maintenant 70 p. 100 des médicaments dont elle a besoin, dont des vaccins pour vingt-et-une maladies différerentes. Selon l’OMS, l’industrie biotechnologique cubaine possède environ 1 200 brevets internationaux et vend ses produits pharmaceutiques et ses vaccins dans plus d’une cinquantaine de pays. Cuba compte plus de trois cents centres de biotechnologie. Le Pôle scientifique de l’Ouest de La Havane emploie à lui seul 12 000 travailleurs et plus de 7 000 scientifiques et ingénieurs. Selon des estimations à l’échelle nationale, Cuba compte environ 1,8 scientifique pour 1 000 habitants, un taux comparable à celui des USA (mais avec un PNB bien inférieur).

 

On a du mal à imaginer que Cuba puisse rivaliser avec ses homologues de Boston ou de San Francisco comme centre mondial de biotechnologie, mais l’idée n’est peut-être pas aussi farfelue qu’on pourrait le penser. Pour commencer, le pays a la taille de la Pennsylvanie et une population équivalente à celle de l’Ohio. Mais ce qui est bien plus important, ce sont ses résultats en biopharmacie. Comme le docteur Lee et ses collègues peuvent en témoigner, les initiatives de Cuba en matière de cancer sont assez révélatrices pour avoir poussé le Roswell Park à demander à l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) l’autorisation de s’associer au Centre d’immunologie moléculaire pour développer le vaccin thérapeutique contre le cancer du poumon (le CIMAvax). Cela suffit pour qu’on se pose la question : qu’est-ce que Cuba peut bien garder dans ses archives qui vaille la peine d’en savoir plus ? Ou encore : À qui l’embargo des États-Unis vieux de cinquante-quatre ans a-t-il fait le plus de mal ? En tout cas, la cure du cancer du poumon, le plus mortel (et de loin) aux États-Unis, reste une nécessité médicale encore sans réponse, et le CIMAvax cubain pourrait offrir plus qu’un simple espoir.

 

Rob Wright

http://www.lifescienceleader.com/doc/will-cuba-be-the-world-s-next-lea...

URL de cet article 31052 

Cuba, une île bio où le miel coule à flot, alors que partout ailleurs les abeilles souffrent

Cuba, une île bio où le miel coule à flot, alors que partout ailleurs les abeilles souffrent

 

17 Octobre 2016
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Dans ce site consacré à l’apiculture, il est fait état de la manière dont à la chute de l’URSS, l’île étranglée par le blocus s’est reconvertie à l’agriculture biologique. Dit comme cela cela n’a l’air de rien mais il faut considérer au prix de quelles souffrances les Cubains ont opéré une telle reconversion. En 1994,j’ai traversé une île où en particulier la rupture des échanges avec la RDA avait supprimé les engrais et où mon ami Jorge Risquet me disait: « Ce matin il a fallu choisir entre le lait pour les enfants et l’engrais pour la canne à sucre. Grâce à lui j’ai pu observer le rôle joué par l’armée alors dirigée par Raoul Castro dans l’innovation agricole. C’était une situation terrible, les Cubains avaient faim. Ce peuple d’une propreté stupéfiante n’avait plus de savon, il fallait faire des kilomètres à pied pour rejoindre son travail. Il a fallu beaucoup de courage pour vaincre tout cela, mais le choix biologique a été aussi facilité par Fidel Castro qui depuis toujours éprouvait une passion pour la recherche dans ce domaine comme dans celui de la médecine et s’est battu pour que l’île conserve malgré les difficultés un potentiel de chercheurs. Ceux-ci dans leur immense majorité ont préféré rester dans l’île au lieu d’émigrer malgré les terribles conditions. Si les abeilles restent à Cuba c’est parce que peuple et dirigeants ont choisi de rester debout dans leur île, fiers et ingénieux comme peuvent l’être des Cubains
(note de Danielle Bleitrach).

Pour cause d’embargo, les agriculteurs cubains n’ont pas eu accès aux produits phytosanitaires pour protéger leurs cultures. Un article publié dans « the guardian » en février 2016, montre que ce fut un mal pour un bien. Bio malgré elle, l’île est aujourd’hui le seul endroit au monde où les abeilles sont en bonne santé. Le miel bio cubain s’exporte très bien, et l’apiculture s’y développe.

 

Depuis bientôt 25 ans, Cuba n’avait plus accès aux pesticides pour la protection de ses productions agricoles

 

Après l’effondrement de l’Union Soviétique en 1991, qui était le principal partenaire commercial de Cuba, l’île a été dans l’incapacité de se fournir en pesticides, par manque de devises étrangères et à cause de l’embargo des États-Unis. Par nécessité, le gouvernement a alors adopté une politique d’agriculture bio, qui perdure aujourd’hui. Avec l’assouplissement de l’embargo suite à la restauration des liens diplomatiques entre les deux pays, les exportateurs de miel bio cubain constatent une forte croissance commerciale.

 

La production de miel bio prend une place de plus en plus importante dans les exportations cubaines de denrées agricoles

 

Longtemps connu pour ses cigares et son rhum, Cuba a désormais ajouté le miel bio à ses principales exportations agricoles. Alors que dans le reste du monde, l’usage de pesticides a provoqué le déclin des populations d’abeilles. 


Selon Théodor Friedrich, représentant de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (ou ONUAA) à Cuba, le miel bio est ainsi devenu la quatrième exportation agricole du pays, derrière le poisson, le tabac et l’alcool, mais devant le sucre et le café, qui sont pourtant des produits réputés. 


« Tout le miel cubain est certifié bio. Il a un goût spécifique, très typique, qui en fait un produit très recherché. »

 

Cuba a produit plus de 7 200 tonnes de miel bio en 2014 pour une valeur d’environ 23,3 millions de dollars, selon les statistiques gouvernementales cités par l’ONUAA. La production du pays est encore minuscule comparée aux poids lourds du miel, comme la Chine, la Turquie, et l’Argentine. Mais avec une valeur bien supérieure au kilo, les voyants sont au vert pour les apiculteurs cubains.

 

Grâce a un environnement protégé, sans pesticides, l’apiculture cubaine est en plein essor

 

Avec 80 ruches bondées d’abeilles, chacune produisant 45 kg de miel par an, Javier Alfonso pense que les exportations cubaines pourraient connaître une augmentation notable dans les années à venir. Sa miellerie au bout d’un chemin de terre à San Antonio de los Banos – ville agricole à une heure de route de la Havane -, a été construite à partir de rien par ses employés. 


« Nous ne sommes encore qu’une petite unité de production, mais nous pouvons nous agrandir, dit-il en regardant les rangées de ruches en bois vides. » 


Comme les autres apiculteurs cubains, il vend le miel exclusivement au gouvernement, qui le paie selon le prix du marché mondial et prend alors la responsabilité de vendre le produit à l’étranger. 


La majorité de l’exportation de miel se fait en Europe, précise-t-il. Il aimerait pouvoir emprunter de l’argent afin d’augmenter sa production, mais il est difficile d’obtenir un crédit. Aussi lui et son équipe construisent eux-même les infrastructures nécessaires aux abeilles. 


« C’est un environnement très naturel pour les abeilles, raconte Raul Vasquez, employé à la ferme. Le gouvernement n’est pas autorisé à nous vendre des produits chimiques. C’est peut-être pour ça que les abeilles ne meurent pas ici ». 


Mais si la production de miel bio cubaine cherche à récolter les fruits du commerce avec les États-Unis, d’après les officiels de l’industrie, les producteurs des autres pays sont dans une situation plus difficile.

 

Le contraste entre la santé des abeilles à Cuba et celles d’Europe ou d’Amérique

 

Les apiculteurs, notamment américains et canadiens, se plaignent depuis longtemps de la menace que les pesticides posent aux abeilles et et à l’ensemble de l’a filière apicole.


L’US Environmental Protection Agency a rendu public une étude indiquant que l’usage d’insecticides sur les plants de coton et les arbres fruitiers avait un impact néfaste sur les populations d’abeille. 


« Je ne pense pas qu’il y ait le moindre doute sur le fait que les populations d’abeilles aient baissé, aux États-Unis et en Europe, depuis la 2ème Guerre Mondiale » lance Norman Carreck, directeur scientifique de l’International Bee Research Association, à la Fondation Thomson Reuters. Selon lui, les changements climatiques, la diminution de l’espace disponible pour l’habitat des abeilles sauvages, les maladies et les pesticides sont responsables de ce déclin. 


Pour Théodor Friedrich, en raison de l’absence de pesticide, la production de miel bio à Cuba pourrait servir de protection face aux problèmes touchant les autres exportateurs de miel, et pourrait devenir une source croissante de revenu pour les fermiers de l’île. 


« L’usage de pesticides en général est très limité, explique-t-il. Et c’est pourquoi Cuba n’a pas été victime des pertes qui ont touché les population d’abeilles dans les autres régions du monde. »

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Cuba. Mariela Castro « La Constitution va inclure les mêmes droits pour tous, sans exclusion »

Cuba. Mariela Castro « La Constitution va inclure les mêmes droits pour tous, sans exclusion »

Photo : Fête de l’Humanité / 09/09/2016 / Av. Simon Bolivar / Stand Cuba cooperation / Mariela Castro Espin / Julia Rostagni
 

Mariela Castro est directrice du Centre national d’éducation sexuelle à Cuba. Elle se bat depuis des années pour la reconnaissance des droits des LBGT. La députée inscrit son action dans les bouleversements survenus dans son pays après la révolution, qui a jeté les bases d’un système égalitaire et solidaire, en bousculant les consciences et les relations de domination et de pouvoir.

* * * *

Les avancées sociales à Cuba sont importantes dans les champs de l’éducation, la culture, la santé, le sport… On parle moins en revanche des droits sociétaux et du respect de la diversité sexuelle, qui sont pourtant eux aussi respectés. Pourquoi ?

 

Mariela Castro Je ne comprends pas la différence entre droits sociaux et sociétaux. Les droits sexuels sont des droits humains. Et nous les défendons au même titre.

 

À quand remonte l’affirmation de ces droits ?

 

Mariela Castro La révolution débute en 1959. Elle a engendré les transformations les plus profondes et radicales de l’histoire de Cuba. Durant la première décennie, les importantes réalisations ont ouvert un processus d’érosion des relations de pouvoir. En 1966, la lutte des classes était intense, à savoir qu’il ne pouvait y avoir une classe sociale supérieure à une autre, l’une qui exploite et domine l’autre. Lorsque je commence mes recherches, je constate que la révolution va établir peu à peu des droits humains fondamentaux qui n’existent toujours pas dans un grand nombre de pays, telle que la santé gratuite universelle. Le discours politique au contenu idéologique transformateur a contribué à créer les conditions de ces droits. Au départ, ce processus s’initie avec une dimension utopique, philanthropique, rêveuse. Les révolutionnaires de l’époque espéraient gagner immédiatement des acquis pour le peuple. Mais comment garantir le développement alors que les leaders et le peuple devaient se concentrer face à l’agression permanente du gouvernement des États-Unis et à la subordination des gouvernements européens ? C’est une dimension importante, car la période était complexe. Surtout durant les premières décennies, où nous avons dû travailler pour survivre après l’abandon total des puissances, y compris de l’URSS, qui par moments a tourné le dos à Cuba. J’insiste, nous avons jeté les bases des droits dans le cadre d’un processus contradictoire et complexe. Dans un contexte d’adversité, la lutte des classes a bâti un système social égalitaire, solidaire. C’est la base qui nous a permis d’avancer dans d’autres champs des droits de l’homme ; là, nous ne sommes pas encore parvenus à nos buts.

 

Quelles ont été les premières avancées ?

 

Mariela Castro Dès 1959, la première loi révolutionnaire a instauré l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, selon leur travail, leur profession, leurs capacités. De nombreux pays ne l’ont toujours pas réalisée. Sommes-nous les sorcières qu’il faudrait encore condamner au bûcher ? Cette question a été réglée à Cuba en 1959. Ce fut le point de départ d’une politique plus générale d’avancées des droits des femmes qui a nous a amenés à travailler sur les problématiques liées aux hommes. La Fédération des femmes cubaines (FFC) n’a pas créé un féminisme agressif mais un processus de travail solidaire avec l’homme pour l’impliquer dans les changements sociaux aux côtés des femmes. À l’image de la pensée de Karl Marx, selon laquelle les processus de changements sociaux doivent comporter des changements de conscience. Faute de quoi, on reproduit des mécanismes capitalistes comme ce fut le cas dans les pays socialistes, y compris en URSS. Au lieu d’introduire de nouveaux mécanismes à la nouvelle structure économique, politique et sociale, ils ont reproduit les anciens schémas de relations humaines qui ont elles-mêmes reproduit les mêmes relations de pouvoir. Je m’appuie sur ce discours pour travailler sur les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels (LGBT).

 

Comment imposer de nouveaux droits de genre et d’orientation sexuelle dans une société encore imprégnée de machisme ?

 

Mariela Castro La culture machiste cubaine nous vient de nos ancêtres espagnols. Elle a été importée par le colonialisme puis elle s’est mélangée avec les populations africaines, qui étaient esclaves et issues de sociétés patriarcales. Le machisme qui existe à Cuba est plus fragilisé que le machisme européen. En Europe, il n’y a pas eu de révolution à même de transformer également les consciences afin de faire disparaître les relations de pouvoir et de machisme. Ce dernier est lui aussi une relation de pouvoir, partie intégrante d’une société patriarcale, même si ce n’est pas le seul composant. Le machisme cubain n’est pas aussi imposant, car la révolution cubaine a su interroger les relations de pouvoir et de domination sur le plan économique mais également depuis les lieux de pouvoir. Les messages politiques, idéologiques, éducatifs ont expliqué aux hommes qu’ils n’étaient pas supérieurs aux femmes et que les responsabilités devaient être assumées « d’égal à égal » au sein de la famille, dans la sphère du privé, comme cela fut inscrit dans le Code de la famille en 1975.

 

Les droits des LGBT ont-ils été faciles à intégrer dans la société cubaine ?

 

Mariela Castro Rien n’a été facile. Les hommes ont fait de la résistance face aux droits des femmes, y compris nos camarades révolutionnaires. Ils faisaient de la résistance parce qu’ils ont été formés dans cette culture. Personne ne change du jour au lendemain. Il faut aider à élaborer un processus de changement. Les femmes organisées au sein de la Fédération des femmes cubaines, avec l’appui politique du Parti communiste de Cuba (PCC) et du gouvernement, ont élaboré un projet de changement dont l’ensemble de la société était bénéficiaire. Le Parti n’a pas toujours été à l’avant-garde de la société. Mais en tant que militants de ce parti ou comme institution spécialisée comme l’est le Centre national pour l’éducation sexuelle (Cenesex), nous avons la responsabilité de faire pression, c’est-à-dire d’avancer des projets qui représentent les personnes qui en ont le plus besoin. Il faut trouver les outils à même de créer des impacts sociaux, sinon on reproduit les mêmes messages qu’hier.

 

En 1993, le film Fraise et Chocolat, de Tomas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio, mettait en scène un militant communiste méfiant à l’égard d’un homosexuel. Ces préjugés homophobes ont-ils toujours cours ?

 

Mariela Castro La vision de ces réalisateurs, qui sont excellents, est profondément marxiste. À partir d’un discours révolutionnaire, ils ont voulu mettre le doigt sur la plaie, à savoir les contradictions qui surgissent dans une société engagée dans un processus révolutionnaire avec des aspirations d’égalité sociale et de solidarité mais qui, cependant, reproduit les langages orthodoxes, dogmatiques d’une société dominatrice et de partis communistes qui n’ont pas suffisamment avancé sur le plan de la pensée révolutionnaire. Les réalisateurs ont surtout voulu adresser un message selon lequel, pour être communiste, il ne faut pas être homophobe. Que la révolution, le PCC et la jeunesse communiste devaient développer des gestes d’intégration et d’inclusion.

 

À cette époque, la création de sidatoriums pour les malades du VIH a également choqué…

 

Mariela Castro Lorsque les premiers cas de sida apparaissent aux États-Unis et en Europe, la recherche scientifique était alors balbutiante. Fidel Castro envoie des chercheurs cubains auprès du professeur français Luc Montagnier. Il nous était interdit d’aller aux États-Unis. Nous avons travaillé à des contrôles épidémiologiques pour éviter que l’épidémie ne se propage, pour protéger la population. Mais il a été établi un système rigide où les personnes infectées par le VIH étaient intégrées dans un sanatorium afin d’assurer leur suivi médical mais également alimentaire. Je rappelle que nous étions en pleine crise de la période spéciale. Nous avons débattu de la question et tiré les enseignements. Les sanatoriums ont duré huit ans. Ils sont restés ouverts pour les personnes qui étaient exclues de leur foyer ou parce que leurs ressources étaient insuffisantes. La majorité d’entre elles ont réintégré leur famille. Sur le plan législatif, nous avons créé les conditions pour que ces personnes ne perdent pas leurs droits. Aucune institution ne pouvait les exclure. Nous avons travaillé à dépasser les préjugés. Les espaces de majeure vulnérabilité restent la famille et le lieu de travail. C’est pourquoi, ces deux dernières années, nous avons collaboré avec les syndicats sur les droits au travail des personnes LGBT.

 

Concrètement, comment avez-vous mené à bien votre travail de reconnaissance des droits LGBT ?

 

Mariela Castro La Constitution reconnaît que tous les citoyens et les citoyennes sont égaux en droit. Mais, selon mes recherches scientifiques, s’il y a égalité d’opportunité pour tous, nous n’avons pas la même égalité de résultats. L’existence de préjugés handicape une égalité de résultats. Les personnes transsexuelles jouissent d’une égalité d’opportunité, mais elles rencontrent parfois des difficultés à l’école parce qu’elles n’ont pas encore tout l’appui nécessaire. Elles sortent du circuit éducatif sans un bon niveau scolaire et ont du mal à trouver un travail. Dans la famille, elles sont parfois confrontées à des problèmes ou sont exclues de leur foyer. Elles ne rencontrent pas tout le temps une oreille attentive, même si Cuba est un pays de grande solidarité. Au Cenesex, en relation avec les ministères de la Santé et de l’Éducation, la FFC, nous avons présenté des stratégies d’intégration, de participation, d’insertion sociale, afin que ces personnes bénéficient des mêmes principes qui régissent la cohésion sociale de la société cubaine. C’est pourquoi nous devons y inclure les principes de solidarité et de droits humains en relation avec les personnes LGBT. Nous sommes parvenus à avancer, à faire changer les mentalités, même s’il reste encore du chemin à faire. Durant les deux prochaines années, nous allons concentrer nos efforts sur l’éducation, même s’il existe un programme d’éducation sexuelle depuis 1990.

 

Alors que le Parti communiste s’attelle à des réformes structurelles sur le plan économique, comment s’est-il emparé du combat des droits concernant l’orientation sexuelle et l’identité de genre ?

 

Mariela Castro La non-discrimination a été explicitement inscrite dans les travaux de la conférence du Parti en 2012. Lors du dernier congrès, en avril, il a été écrit noir sur blanc l’importance de travailler les droits concernant l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Le Parti les a désormais pris à bras-le-corps. Il doit être en avance sur les idées les plus avancées, les plus révolutionnaires de la société.

 

Quel a été le rôle du Cenesex dans ce combat ?

 

Mariela Castro Nous avons été créés pour coordonner le programme national d’éducation sexuelle. Nous avons donné des cours de formation à la police, aux juristes, aux avocats, aux agents sociaux, au corps enseignant, aux agents des institutions de l’État et aux organisations, pour qu’ils soient partie intégrante de ce programme où figurent les droits LGBT. Nous les défendons comme tous les autres droits humains.

 

C’est pourquoi ils pourraient figurer dans la Constitution ?

 

Mariela Castro À l’Assemblée nationale, les propositions existent en ce sens. Le Parti communiste va présenter un changement constitutionnel. Une commission de juristes, en relation avec le Cenesex, y travaille. Il s’agit de garantir les mêmes droits pour tous, sans exclusion. Ce sera une fois encore une Constitution très révolutionnaire. Nous avons les conditions idéologiques, les ressources humaines, la clarté politique après des années d’expérimentation socialiste. Nous ne devons jamais perdre l’objectif d’éduquer, mais sans dogme.

 

Mariela Castro

entretien réalisé par Cathy Ceïbe

Pour « l’émancipation et la dignité de l’être humain »

Connue pour son engagement en faveur des droits LGBT, au nom de « l’émancipation et de la dignité de l’être humain », précise-t-elle, Mariela Castro Espin est née le 27 juillet 1962. Elle est la seconde fille de Vilma Espin, figure de la révolution de 1959, et de Raul Castro, président du Conseil d’État de la République de Cuba. Depuis les années 2000, elle est directrice du Centre national pour l’éducation sexuelle, une institution pédagogique et de recherche scientifique fondée en 1989 et rattachée au ministère de la Santé. Elle est également députée nationale

»» http://www.humanite.fr/cuba-mariela-castro-la-constitution-va-inclure-...
URL de cet article 31025 

Les sanctions économiques, principal obstacle au développement de Cuba

Introduction

 

Malgré l’établissement d’un dialogue historique avec La Havane le 17 décembre 2014 et en dépit de la visite officielle du Président Barack Obama dans l’île en mars 2016, Washington continue d’appliquer des sanctions économiques contre la population cubaine, suscitant l’incompréhension auprès de la communauté internationale. Etablies en 1960 en pleine guerre froide, elles perdurent plus d’un demi-siècle plus tard, occasionnant d’importantes difficultés pour l’économie cubaine et infligeant des souffrances inutiles aux catégories les plus vulnérables de la population. Leur coût élevé et leur portée extraterritoriale motivent le rejet unanime de communauté internationale. Pourtant, la résolution de ce conflit asymétrique dépend du pouvoir exécutif étasunien qui dispose des prérogatives nécessaires pour démanteler une grande partie du réseau de sanctions imposées à l’île.

 

Coût des sanctions économiques

 

Le 13 septembre 2016, Barack Obama a de nouveau renouvelé pour un an la Loi de commerce avec l’ennemi, une législation de 1917 utilisée pour la première fois par le Président John F. Kennedy en 1962 pour imposer des sanctions économiques totales à Cuba, qui prolonge l’état de siège contre l’île. Cette loi, prolongée chaque année par les neuf présidents des Etats-Unis depuis cette date, est uniquement appliquée contre La Havane[1].

 

Une fois encore, l’impact des sanctions a été dramatique pour l’économie et la société cubaines. En un an, d’avril 2015 à mars 2016, elles ont coûté 4,68 milliards de dollars à Cuba, selon Bruno Rodríguez, Ministre cubain des Affaires étrangères. Dans leur rapport annuel sur les sanctions économiques, les autorités cubaines ont estimé les dommages causés au niveau national. Trois secteurs sont particulièrement affectés. D’abord, les exportations puisque Cuba ne peut vendre ni bien ni services aux Etats-Unis. Ensuite, le coût engendré par la recherche de marchés alternatifs géographiquement éloignés de l’île. Enfin, l’impact financier car Cuba n’est toujours pas autorisée à utiliser le dollar dans ses transactions internationales, malgré les déclarations du Président Obama sur la suppression de cette restriction. « Il n’y a aucun élément de nos vies qui échappe à leur impact », a conclu Bruno Rodríguez[2]. Au total, les sanctions économiques ont coûté 125 milliards de dollars à Cuba depuis leur imposition dans les années 1960[3].

 

D’autres secteurs vitaux, tel que celui de la santé, sont affectés par les sanctions économiques. Ainsi, pour ne citer qu’un exemple parmi d’autres, Cuba ne peut pas acquérir les stimulateurs cérébraux profonds qui permettent de traiter les maladies neurologiques, produits de façon exclusive par l’entreprise étasunienne Medtronic. Plusieurs centaines de patients atteints de la maladie de Parkinson, qui pourraient bénéficier d’une meilleure qualité de vie grâce à cet appareil, en sont privés en raison d’un différend politique qui oppose Washington à La Havane depuis plus d’un demi-siècle[4].

 

Aspect extraterritorial des sanctions

 

Malgré le rapprochement historique de décembre 2014, plusieurs entités internationales ont été lourdement sanctionnées après cette date pour avoir réalisé, en parfaite légalité avec le droit international, des transactions financières avec Cuba. Ainsi, en mai 2015, la banque française BNP Paribas a été condamnée à une amende record de 8,9 milliards de dollars pour avoir entretenu, entre autres, des relations financières avec Cuba[5]. En octobre 2015, le Crédit agricole a dû s’acquitter d’une amende de 1,116 milliards de dollars pour les mêmes raisons. Il convient de rappeler que BNP Paribas et le Crédit agricole n’ont violé aucune législation française et ont scrupuleusement respecté le droit européen et le droit international. Washington a simplement appliqué de manière extraterritoriale et donc illégale ses sanctions contre Cuba. D’autres entités financières ont également été lourdement sanctionnées. Ainsi, la banque allemande Commerzbank a dû payer une amende de 1,71 milliards de dollars et a mis un terme à toute relation avec Cuba[6]. Toutes ces décisions ont été prises par le pouvoir exécutif étasunien.

 

Marge de manœuvre du Président Obama

 

Pourtant, le Président Obama a lancé plusieurs appels au Congrès, l’invitant à mettre un terme à un état de siège anachronique, cruel et inefficace. Il a exprimé à maintes reprises son opposition au maintien de mesures de rétorsion économique qui, en plus d’affecter gravement le bien-être des Cubains, ont isolé les Etats-Unis sur la scène internationale. Lors de son déplacement historique à Cuba, il a admis la chose suivante : « La politique des Etats-Unis n’a pas marché. Nous devons avoir le courage de reconnaître cette vérité. Une politique d’isolation élaborée pour la Guerre froide n’a aucun sens au XXIe siècle. L’embargo a fait du mal au peuple cubain au lieu de l’aider. C’est un fardeau d’un autre temps qui pèse sur le peuple cubain ». Ce discours empreint de lucidité a été salué par l’ensemble de la communauté mondiale favorable à la résolution pacifique de ce conflit[7].

 

Néanmoins, la rhétorique constructive de Barack Obama n’a pas été suivie de faits tangibles et concrets malgré ses prérogatives en tant que chef de l’exécutif. Il est vrai que le Président des Etats-Unis a rétabli le dialogue politique avec Cuba en décembre 2014, élargi le nombre de catégories des citoyens étasuniens autorisés à se rendre dans l’île en janvier 2015, retiré Cuba de la liste des pays soutenant le terrorisme en mai 2015, renoué les liens diplomatiques avec la réouverture d’ambassades à Washington et La Havane en juillet 2015, autorisé l’exportation de biens et de services dans le domaine des télécommunications en mars 2016 (uniquement pour le secteur non étatique) et facilité la reprise du transport maritime de passagers entre les deux nations en mai 2016 et des vols commerciaux en août 2016.

 

Cependant, au-delà de ces mesures positives mais très limitées, le Président des Etats-Unis dispose de toute la marge de manœuvre nécessaire pour démanteler la quasi-totalité du réseau de sanctions imposées depuis 1960, sans nécessiter l’aval du Congrès. Ainsi, Barack Obama pourrait autoriser les entreprises cubaines à ouvrir des comptes bancaires aux Etats-Unis pour faciliter les transactions commerciales et financières. Il pourrait également mettre fin à la persécution financière contre Cuba, dont ont souffert de nombreuses banques internationales. Au total, l’administration Obama a infligé un montant record de 14 milliards de dollars de pénalités à diverses entités bancaires à travers le monde pour leurs relations avec l’île de la Caraïbe. De la même manière, la Maison-Blanche pourrait permettre le commerce bilatéral entre les entreprises cubaines et étasuniennes (importations/exportations). Elle pourrait également consentir aux capitaux étasuniens la possibilité d’investir à Cuba. Obama pourrait aussi accepter que les citoyens des Etats-Unis reçoivent des traitements médicaux à Cuba. Enfin, il pourrait, par exemple, éliminer la restriction qui empêche toute embarcation, quel que soit son pavillon, ayant transporté des marchandises à Cuba, d’entrer dans un port étasunien durant les 6 mois suivants[8].

 

Il est seulement quatre secteurs que le pouvoir exécutif ne peut toucher sans l’accord du Congrès. Ainsi, le Président Obama ne peut pas autoriser le commerce entre les filiales des entreprises étasuniennes installées à l’étranger et Cuba (Loi Torricelli de 1992). En revanche, il peut permettre le commerce entre les maisons-mères installées aux Etats-Unis et les entreprises cubaines, ce qui rend de facto inutiles toute transaction avec une filiale établie dans un pays-tiers[9].

 

De la même manière, Barack Obama ne peut pas autoriser le tourisme ordinaire à Cuba (Loi de réforme des sanctions commerciales de 2000). En revanche, il peut parfaitement multiplier le nombre des catégories de citoyens étasuniens autorisés à voyager dans l’île et élargir leur définition. Ainsi, la Maison-Blanche pourrait redéfinir la notion de « voyage culturel » en y intégrant par exemple la visite d’un simple musée. De cette façon, tout citoyen étasunien qui s’engagerait à visiter un musée durant son séjour à Cuba pourrait bénéficier de la catégorie « voyage culturel[10] ».

 

Sans l’accord du Congrès, le Président Obama ne peut pas non plus autoriser la vente à crédit de matières premières alimentaires étasuniennes à Cuba (Loi de réforme des sanctions commerciales de 2000). En revanche, il peut parfaitement consentir à la vente à crédit de tout produit non alimentaire, ce qui limiterait considérablement la portée de la sanction[11].

 

Enfin, la Maison-Blanche ne peut pas autoriser les transactions avec les propriétés étasuniennes nationalisées dans les années 1960 (Loi Helms-Burton de 1996). Cependant, elle peut ouvrir la voie à toute négociation impliquant les autres propriétés de l’île[12].

 

Rejet unanime des sanctions

 

Tous les secteurs de la société étasunienne sont favorables à une levée des sanctions économiques. Le monde des affaires, par le biais de la Chambre du commerce des Etats-Unis, souhaite vivement leur fin car il voit un marché de 11 millions d’habitants à 150 kilomètres des côtes étasuniennes être investi par d’autres capitaux internationaux. L’opinion publique est favorable à plus de 70% à la normalisation complète des relations bilatérales entre les deux nations car elle ne comprend pas pourquoi son gouvernement lui interdit de se rendre à Cuba pour effectuer du tourisme ordinaire. Les autorités religieuses, par l’intermédiaire du Conseil national des églises, ont condamné les sanctions en raison des souffrances qu’elles infligent à la population de l’île. Les Cubains-américains sont également partisans de la levée des sanctions à 63% selon un sondage de septembre 2016, car ils savent que les mesures économiques hostiles affectent leurs familles dans l’île[13]. Enfin, il convient de rappeler qu’en 2015, pour la 24ème année consécutive, 191 pays sur 193 ont demandé la fin de l’état de siège contre l’île lors de la réunion annuelle de l’Assemblée générale des Nations unies[14].

 

Un conflit asymétrique

 

Certains observateurs considèrent que Cuba doit répondre aux gestes effectués par le Président Obama en réalisant des changements d’ordre interne. Ils oublient de fait le caractère asymétrique du conflit. En effet, dans le différend qui oppose Washington à La Havane, l’hostilité est unilatérale. Cuba n’impose pas de sanctions économiques aux Etats-Unis, n’occupe pas de manière illégale une partie de leur territoire souverain (Guantanamo), ne finance pas une opposition interne dans le but d’obtenir un « changement de régime », ne pille pas le capital humain comme le fait la loi d’Ajustement cubain, et ne réalise pas des transmissions illégales destinées à fomenter la subversion interne, comme c’est le cas de Radio et TV Martí. Par ailleurs, Cuba étant une nation indépendante, selon le droit international et depuis le Congrès de Westphalie de 1648 qui reconnaît l’égalité souveraine entre les Etats, les changements au sein de l’île relèvent de la compétence unique et exclusive du peuple cubain, seul à pouvoir décider de son système politique et de son modèle de société.

 

Conclusion

 

Les sanctions contre Cuba sont anachroniques, cruelles et inefficaces. Elles ont un impact désastreux sur l’économie cubaine et affectent durablement le bien-être de la population de l’île. Malgré les déclarations constructives de la Maison-Blanche en faveur d’une levée de cet état de siège, aucune mesure d’envergure n’a été prise pour soulager les Cubains de cet étranglement économique qui dure depuis plus d’un demi-siècle et qui est massivement condamné par la communauté internationale. A l’évidence, aucune normalisation complète des relations ne sera possible tant que cette politique hostile restera en vigueur.

 

Salim Lamrani

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. 

 

Son nouvel ouvrage s’intitule Fidel Castro, héros des déshérités, Paris, Editions Estrella, 2016. Préface d’Ignacio Ramonet. 

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»» http://www.mondialisation.ca/les-sanctions-economiques-principal-obsta...

[1] EFE, « Obama renueva Ley de Comercio con el Enemigo que sustenta el embargo a Cuba”, 13 septembre 2016.

[2] Oscar Figueredo Reinaldo, José Raúl Concepción & Layrene Pérez, « En un año, el bloqueo restó cuatro mil 680 de dólares a la economía cubana », 9 septembre 2016.

[3] Ibid.

[4] República de Cuba, “Informe de Cuba sobre la resolución 70/5 de la Asamblea General de las Naciones Unidas titulada ‘Necesidad de poner fin al bloqueo económico, comercial y financiero impuesto por los Estados Unidos de América contra Cuba’”, juin 2016.http://www.cubadebate.cu/wp-content/uploads/2016/09/Necesidad-de-poner-fin-al-bloqueo-econ%C3%B3mico-comercial-y-financiero-impuesto-por-los-Estados-Unidos-de-Am%C3%A9rica-contra-Cuba.pdf (site consulté le 19 septembre 2016).

[5]Le Monde, « La BNP Paribas formellement condamnée à une amende record aux Etats-Unis », 1er mai 2015.

[6] Bruno Rodríguez, « Le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba continue d’exister pleinement et complètement », 28 octobre 2015.http://fr.granma.cu/mundo/2015-10-28/le-blocus-economique-commercial-et-financier-applique-a-cuba-continue-dexister-pleinement-et-completement (site consulté le 19 septembre 2016) ; República de Cuba, “Informe de Cuba sobre la resolución 70/5 de la Asamblea General de las Naciones Unidas titulada ‘Necesidad de poner fin al bloqueo económico, comercial y financiero impuesto por los Estados Unidos de América contra Cuba’”, op. cit.

[7] Barack Obama, « Remarks by President Obama to the People of Cuba », The White House, 22 mars 2016. https://www.whitehouse.gov/the-press-office/2016/03/22/remarks-president-obama-people-cuba (site consulté le 17 septembre 2016).

[8]República de Cuba, “Informe de Cuba sobre la resolución 70/5 de la Asamblea General de las Naciones Unidas titulada ‘Necesidad de poner fin al bloqueo económico, comercial y financiero impuesto por los Estados Unidos de América contra Cuba’”, juin 2016.http://www.cubadebate.cu/wp-content/uploads/2016/09/Necesidad-de-poner-fin-al-bloqueo-econ%C3%B3mico-comercial-y-financiero-impuesto-por-los-Estados-Unidos-de-Am%C3%A9rica-contra-Cuba.pdf (site consulté le 19 septembre 2016).

[9] Ibid.

[10] Ibid.

[11] Ibid.

[12] Ibid.

[13] EFE, « Mayoría cubanoamericanos quiere fin embargo, pero no cree en cambios en Cuba », 14 septembre 2016.

[14] Nations unies, « 191 países piden en la Asamblea General el fin del bloqueo contra Cuba », 27 octobre 2015. http://www.un.org/spanish/News/story.asp?NewsID=33704#.V-ACGXrj-2U (site consulté le 19 octobre 2016).

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Comment à Cuba on évite les morts par ouragan

Comment à Cuba on évite les morts par ouragan

 

12 Octobre 2016

Quand un cyclone menace l’île, la défense civile se met en marche, elle est organisée sur la base d’une solidarité de voisinage. , Matthew a laissé aucun victimes mortelles dans son sillage, alors que non seulement Haïti mais les Etats-Unis ont eu des morts . La clé est la solidarité.En lisant l’article j’ai revécu certaines journées enfermées dans des logements de fortune où nous nous étions repliés. Effectivement les Cubains jouaient au domino à la lueur des bougies et se moquaient beaucoup de notre terreur à nous Français qui nous demandions si les murs allaient résister à la violence des éléments déchaînés. Je me souviens également du rôle joué par Fidel, du temps où il allait dans les points les plus périlleux pour voir si tout se passait bien, puis quand il expliquait à la télévision ce qu’il fallait faire, une sorte de supermétérologue, tout le monde transportait les meubles ailleurs et en jetant un oeil sur les télés allumés, les Cubains lui faisaient des remarques chaleureuses mais moqueuses: « Ca va on a compris! Encore une note, le système décrit ici est aussi celui mis en place en vue d’une invasion des Etats-Unis, avec simplement pour la population valide le soin de prendre les armes, tandis qu’enfants et viaillards sont ainsi protégés.

(note et traduction de Danielle Bleitrach)


Un homme regarde un hélicoptère en Cajobabo (Cuba) après l'ouragan Matthew. / ALEXANDRE MENEGHINI (REUTERS)

Un homme regarde un hélicoptère en Cajobabo (Cuba) après l’ouragan Matthew. / A. MENEGHINI (REUTERS)

 

HAVANA Après le passage de l’ouragan Matthew   l’efficacité de la défense civile cubaine est apparue évidente. Alors que sur les autres îles les morts se comptent par centaines  et  que même aux  États -Unis il a entraîné une vingtaine de morts à Cuba des mesures de prévention ont réussi à faire passer ce cyclone sans la moindre victime. 

 

La défense civile est une gigantesque toile d’araignée qui va de la direction nationale à chaque municipalité, et qui fait face à une situation de confrontation permanente avec les catastrophes que sont les cyclones (c’est une catastrophe mais c’est aussi un élement de la fertilité de l’île NDL.T)en dépit de ce qui ne perçu  Dans ce seul  siècle 15 ouragans ont frappé Cuba, causant 40 morts, 20.000 millions en pertes matérielles et dommageables dans 1,5 million de foyers.

 

Quand Cuba se trouve sur le chemin d’un   cyclone alors se met en activité la défense civile , les dirigeants nationaux, provinciaux, municipaux et zonaux dépoussièrent  leurs uniformes vert olive organisent   leurs voisins. Leur Chef DC est le général Ramon Pardo , mais 90% des membres sont des civils pendant le reste de l’ année qui ont un tout autre travail , d’autres professions et métiers. .Cependant, ils acquièrent un pouvoir énorme dès qu’une   ouragan se points à Cuba.

 

La première phase commence – là tous les moyens sont ùis en oeuvre pour fournir à la population  des informations détaillées au sujet de la direction et des caractéristiques de l’ouragan. À ce moment on est prévenu , avec certitude quand  l’impact est passé à la phase d’ alerte, alors  commencent les préparatifs dans les territoires qui seront touchés. Quand il’affrontement est imminent on entre dans la phase d’alarme.

 

Pendant l’alerte cyclonique, c’est  l’évacuation de ceux qui vivent dans la région touchée devenue dangereuse. . Lors du  dernier ouragan le chiffre de ceux qui ont évacués  a dépassé 600.000 personnes , mais dans le passé ,il  a atteint un million. Cela  peut sembler un effort fabuleux et dans les faits la plupart des personnes évacuées doivent juste marcher quelques pas et elles sont  accueillis par des voisins qui ont une maison plus sûre.

 

 La solidarité est la clé de la protection des citoyens , mais elle n’est pas laissée au hasard, chaque famille sait à l’ avance où elle doit se rendre. Ces maisons sont transformées en camps de fortune, avec des matelas sur le plancher et l’entassement  de la totalité des appareils qu’apportent les familles accueillies prend place dans la salle à manger. Pour les enfants , ic’est presque un jeu et parfois aussi pour les adultes qui passent des heures à jouer aux dominos dans la lumière des bougies.

 

Ceux qui n’ont pas de place dans les maisons privées sont installés dans le bâtiment d’une institution qui peut résister à des vents violents, des cinémas, des écoles, des maison de la culture et même dans le Capitole de la Havane. En arrivant les familles trouvent  des matelas, de l’ eau, de  la nourriture, les soins médicaux et tout ce dont ils ont  besoin pour survivre quelques jours. Jamais les Cubains ne sont organisés aussi bien que quand un cyclone menace  à l’île .

 

Les chefs de la Défense civile dans chaque zone savent  tout sur leur territoire, ils peuvent utiliser les autobus, les camions et les machines – outils de toute entreprise. Cela leur permet d’ organiser collectivementl’ évacuations, en évitant ainsi les sorties dans les véhicules individuels et les embouteillages, tels que ceux de la Nouvelle – Orléans pendant l’ouragan Katrine.

Une voiture sur une route inondée de Guantanamo après l'ouragan Matthew. / ALEXANDRE MENEGHINI (REUTERS)

Une voiture sur une route inondée de Guantanamo après le passage de Matthieu. / A. MENEGHINI (REUTERS)

Avant l’arrivée de Matthew à Cuba,tout avait déjà été préparé  pour la phase de récupération, en plaçant la nourriture, sur les toits et les poteaux électriques dans les zones qui étaient censésêtre affectés. La compagnie d’ électricité et les breigtades de constructeurs ont été   transférées depuis  provinces centrales de sorte qu’ils se trouvaient à proximité et sont arrivés rapidement.

 

La culture de cyclones fait partie de la citoyenneté, tous les Cubains suivent de près les bulletins des nouvelles et évacuent d’eux mêmes volontairement. Il y a très peu qui refusent de se déplacer vers des endroits sûrs, dans de tels cas , les membres de la défense civile finissent par imposer leur autorité.Personne ne peut se trouver dans des zones ou les logements sont  dangereux. Il ya là peut-être une  atteinte aux droits individuels de certains, paradoxalement celle-ci leur  sauve leur vie.

 

Le secret de la réussite de la Défense civile cubaine est de ne pas penser aux coûts d’arrêt des entreprises dans le  déménagement des centaines de milliers de personnes, l’alimentation hébergé et le pays peut être paralysé économiquement si  nécessaire. Le succès réside dans la priorité avant tout à  la sauvegarde de la vie humaine.

10 MENSONGES que les médias ne cessent de ressasser en COLOMBIE

Publié par El Diablo

10 MENSONGES que les médias ne cessent de ressasser en COLOMBIE

De gauche à droite sur la photo : le Président de la Colombie, Juan Manuel Santos, le Président de Cuba, Raul Castro et le chef des FARC Timoléon Jimenez - source: EFE (archives)

De gauche à droite sur la photo : le Président de la Colombie, Juan Manuel Santos, le Président de Cuba, Raul Castro et le chef des FARC Timoléon Jimenez - source: EFE (archives)

Le mensonge médiatique et le biais idéologique sont plus que jamais de mise en Colombie. Pour que la désescalade du conflit armé en Colombie continue d’avancer sur la voie d’un processus de paix véritable, les médias devront s’engager à mettre un terme à la désinformation.

Les médias causent un très grand tort au pays en confondant tout un peuple non seulement au sujet de la situation nationale socio-conflictuelle et en neutralisant ainsi la possibilité d’une force politique de gauche, mais aussi en présentant une image négative d’autres processus en cours au Venezuela, en Équateur, au Nicaragua, et en les diabolisant.

« L’éthique est une discipline qui est enseignée, mais non appliquée », disait Carlos Gaviria Díaz. Le moment est venu de commencer à appeler les choses par leur nom en ce qui concerne les médias de communication « mainstream » .

Le Journal de Notre Amérique présente 10 mensonges sans cesse ressassés dans les médias de la désinformation de l’establishment et les accompagne d’un commentaire précis.

1 – « Les FARC sont une organisation narco-terroriste. »

Manque de précision. Les FARC sont une organisation politico-militaire. Le terrorisme est une pratique mise en œuvre par les acteurs d’une guerre (ou en période de « paix ») pour créer une peur générale. Une telle méthode est appliquée de la même façon par l’État colombien, soit au moyen de sa Force Publique, soit au moyen de groupes armés paramilitaires, soit en s’appuyant sur deux à la fois. Il est également vrai qu’au cours de la guerre les insurgés se sont financés grâce au narcotrafic. L’État de Colombie aussi ; il a même démobilisé les narco-para-militaires en ayant recours à une Justice de transition, qui malgré ses efforts, a souvent abouti à l’impunité.

2 – « Les FARC attaquent la population civile. »

Vérité incomplète. Au cours d’une guerre ou d’un conflit armé, les belligérants agissent indifféremment contre toutes les personnes et tous les biens. Si les FARC admettent « des erreurs au cours de certaines batailles », les médias font silence sur le fait que l’État de Colombie en a fait tout autant de son côté et de façon constante, et qu’il a été condamné chaque fois que l’affaire a été jugée par la Cour Américaine des Droits de l’Homme.

3 – « Les FARC n’ont pas d’idéologie ».

Mensonge. Si les FARC n’étaient pas une organisation politico-militaire, le gouvernement ne se serait pas assis à la table de négociation. Voici qu’est remise à l’honneur la vieille théorie juridique pénale du partisan. Avec les paramilitaires, on négocie uniquement des justices de transition, par contre avec les insurgés, outre une justice transitoire, on négocie des accords politiques : une politique agraire ; les réparations pour les victimes du conflit; une participation politique ; une politique des narcotiques ; un désarmement ; une concession de garanties , etc… [Rappelons qu’après une précédente démobilisation partielle des FARC, on vit la création de l’Union Patriotique qui fut totalement exterminée par la suite.]

4 – « Les FARC voient le jour comme simples narco-trafiquants »

Faux. À l’inverse de ce travestissement de l’Histoire colporté par les médias, les FARC naissent, au milieu des années 60, de l’enclave de Marquetalia, avec des paysans en armes, animés par une idéologie communiste, et qui se fixent comme but la prise du pouvoir.

5 – « La Colombie est une démocratie et les FARC s’uniront à cette démocratie qu’elles ont combattue »

Mensonge. Au cours d’une guerre, il est impossible de vivre dans le respect de la démocratie. La Colombie n’a jamais connu autre chose qu’une grossière caricature de démocratie ; les voix dissidentes et les mouvements alternatifs à l’ordre établi ont été exterminés, y compris ceux qui avaient conquis dans les urnes leur légitimité à exercer le pouvoir.

6 – « Le problème des mines anti-personnel est celui des FARC »

Mensonge. Dans une guerre, TOUS les acteurs ont recours à la guerre sale. L’État de Colombie est également partie responsable dans le processus de déminage en discussion à La Havane.

7 – « Les FARC passeront du statut d’organisation illégale à celui d’organisation légale ».

Vérité incomplète. Il est également vrai que beaucoup de députés, présidents, ministres, généraux, policiers, préfets, maires, etc. et chefs d’entreprise continueront à œuvrer dans l’illégalité, couverts par les législations injustes qu’ils ont eux-mêmes établies.

8 – « Le Gouvernement et les FARC signeront la paix»

Manque de précision. Ce que les parties signeront à La Havane, c’est un accord, une négociation. La signature des accords n’est qu’une phase dans un processus de paix qui, en général, comprend : l’exploration des parties en conflit ; des rapprochements ; des gestes de bonne volonté ; la négociation d’un agenda ; la signature d’un accord ; la mise en œuvre de l’accord ; le contrôle et le suivi de l’application du processus.

9 – « Après la signature de l’accord, il n’y aura plus de conflit en Colombie »

Manque de précision. Par l’actuel processus de paix, durant la phase de négociation d’un accord, on recherche comment mettre fin à un CONFLIT ARMÉ. Cependant, le conflit social, lui, continuera en raison de structures socio-économiques et culturelles désormais enracinées dans des institutions et des lois iniques, et cette situation est déterminée non par la signature d’un accord, mais par l’intervention de la société civile dans divers domaines, par exemple dans les conflits socio-environnementaux générés par les multinationales minières auxquelles s’opposent, bien entendu, des organisations paysannes, des défenseurs de l’environnement, des écologistes, etc.

10 – « La paix dépend de la signature d’un accord à La Havane entre les FARC et le Gouvernement »

Mensonge. Le (néo) para-militarisme, les Forces Publiques et les guérillas – dans cet ordre – sont les plus grands profanateurs des Droits de l’Homme, mais ce ne sont pas les assassins qui font la paix réelle et assurent la justice sociale. Ce pacte éventuel entre assassins (depuis le sommet) est en tout cas indispensable pour garantir la vie et faire cesser la stigmatisation des organisations de la société civile et des victimes qui sont en réalité celles qui construiront réellement la paix à partir de la base. Le processus de paix s’est déjà mis en marche dès le moment où la société civile s’est montrée déterminée – il y a quelques années de cela – à décider de son propre avenir, à intervenir dans la vie publique, en exploitant la possibilité de décider et d’influer sur la vie politique du pays, en ayant recours aux outils juridiques et politiques et même à la désobéissance civile pour revendiquer sa dignité. Enfin, rappelons que, si les gouvernements ne changent pas les structures qui produisent l’inégalité, la corruption, le clientélisme, l’exclusion politique ainsi que les structures paramilitaires, il est certain que d’autres conflits armés naîtront à l’avenir.

Source :Le Journal de Notre Amérique no.3 http://www.michelcollon.info/Le-Journal-de-Notre-Amerique-no3.html Investig’Action, avril 2015.

SOURCE:

AMÉRIQUE LATINE – Dossiers WikiLeaks : les câbles diplomatiques des États-Unis révèlent une attaque coordonnée contre les gouvernements de gauche

 

Par Alexander Main et Dan Beeton

Mondialisation.ca, 07 octobre 2016

 

Pour qui s’intéresse aux relations internationales en Amérique latine, et, plus particulièrement, à la politique extérieure des États-Unis dans la région, les câbles diplomatiques états-uniens diffusés par WikiLeaks sont une mine inespérée d’information qui permet d’aller au-delà des discours et des déclarations d’intention, au plus près des pratiques. Alexander Main et Dan Beeton, qui travaillent au Center for Economic and Policy Research (Washington, DC), ont participé à l’ouvrage collectif The WikiLeaks Files : The World According to US Empire (2015). Dans ce texte, publié le 29 septembre 2015 sur le site de la revue Jacobinles deux auteurs présentent une synthèse des ingérences états-uniennes contemporaines dans différents pays d’Amérique du Sud, telles qu’elles ressortent des câbles diplomatiques. Ils concluaient en septembre 2015 que « malgré les attaques incessantes des États-Unis, la gauche domine largement en Amérique latine. À l’exception du Honduras et du Paraguay, où des coups d’État de droite ont renversé des gouvernements élus, les mouvements de gauche arrivés au pouvoir au cours des quinze dernières années s’y trouvent presque tous encore aujourd’hui. » Un an après, avec l’élection de Mauricio Macri en Argentine (10 décembre 2015), la destitution de Dilma Rousseff au Brésil (31 août 2016) et les problèmes économiques et politiques auxquels doit faire face le gouvernement de Nicolás Maduro au Venezuela, le panorama s’est nettement assombri.


 

Au début de l’été [2015], le monde a vu la Grèce essayer de résister face à un diktat néolibéral désastreux et recevoir en conséquence une sévère correction.

 

Lorsque le gouvernement grec, de gauche, a décidé de tenir un référendum national sur le programme d’austérité imposé par la troïka, la Banque centrale européenne a riposté par une limitation des liquidités accordées aux banques grecques. En conséquence, les banques du pays ont dû fermer pendant une longue période et la Grèce s’est enfoncée un peu plus dans la récession.

 

Malgré le rejet massif du programme d’austérité par les électeurs, l’Allemagne et le cartel de créanciers européens ont réussi à passer outre la démocratie et à obtenir exactement ce qu’ils voulaient : la soumission complète de la Grèce à leur agenda néolibéral.

 

Depuis une quinzaine d’années, un combat semblable se livre contre le néolibéralisme à l’échelle de tout un continent, le plus souvent à l’insu du public. Bien que, dans un premier temps, Washington ait cherché à réprimer toute opposition, la résistance de l’Amérique latine à l’agenda néolibéral a été globalement couronnée de succès. C’est une aventure épique que l’on découvre progressivement grâce à l’exploration continue de l’énorme trésor que représentent les câbles diplomatiques publiés par WikiLeaks.

 

Le néolibéralisme était solidement implanté en Amérique latine bien avant que l’Allemagne et les autorités de la zone euro ne cherchent à imposer des ajustements structurels à la Grèce et à d’autres pays périphériques endettés. Usant de coercition (en conditionnant les prêts du FMI, par exemple) et d’endoctrinement (notamment à travers la formation, soutenue par les États-Unis, des « Chicago Boys » de la région), les États-Unis sont parvenus au milieu des années 1980 à imposer à travers toute l’Amérique latine l’évangile de l’austérité budgétaire, de la déréglementation, du « libre-échange », de la privatisation et d’une réduction draconienne du secteur public.

 

Le résultat ressemble d’une manière saisissante à ce que l’on a observé en Grèce : stagnation de la croissance (augmentation quasi inexistante du revenu par habitant pendant vingt ans entre 1980 et 2000), aggravation de la pauvreté, recul du niveau de vie pour des millions de personnes et multiplication, pour les sociétés et investisseurs étrangers, des possibilités de gagner rapidement de l’argent.

 

Dès la fin des années 1980, la région est entrée dans une phase de crispation et de révolte contre les politiques néolibérales. Au départ, la rébellion est apparue essentiellement spontanée et désorganisée, comme ce fut le cas du soulèvement du Caracazo au Venezuela dans les premières semaines de 1989 [1].

 

Mais, par la suite, des opposants au néolibéralisme ont commencé à remporter des élections et, à la grande surprise de l’establishment de la politique étrangère états-unienne, un nombre croissant d’entre eux ont tenu leurs promesses de campagne en mettant en pratique des mesures anti-pauvreté et des politiques hétérodoxes qui réaffirmaient le rôle de l’État dans l’économie.

 

De 1999 à 2008, les élections présidentielles ont été remportées par des candidats de gauche au Venezuela, au Brésil, en Argentine, en Uruguay, en Bolivie, au Honduras, en Équateur, au Nicaragua et au Paraguay.

 

On retrouve une grande partie de l’histoire des efforts menés par le gouvernement des États-Unis pour contenir et renverser la vague anti-néolibérale dans les dizaines de milliers de câbles divulgués par WikiLeaks et provenant des missions diplomatiques états-uniennes dans la région, des premières années de George W. Bush jusqu’au début de l’administration Obama.

 

Les câbles – que nous analysons dans un livre récent intitulé The WikiLeaks Files : The World According to US Empire – jettent la lumière sur les mécanismes quotidiens d’intervention politique de Washington en Amérique latine (et ridiculisent l’antienne répétée par le Département d’État selon laquelle « les États-Unis ne s’ingèrent pas dans la politique intérieure des autres pays »).

 

Un soutien matériel et stratégique est fourni à des groupes d’opposition de droite, dont certains sont violents et antidémocratiques. Les câbles traduisent en outre d’une manière très vivante l’idéologie des hauts représentants des États-Unis, qui raisonnent comme du temps de la guerre froide et qui se laissent tenter par des mesures coercitives semblables à celles qui ont asphyxié dernièrement la démocratie grecque.

 

Bien entendu, les principaux médias ont largement escamoté ou passé sous silence cette chronique embarrassante de l’agression impérialiste, et ont préféré se concentrer sur les récits de diplomates états-uniens concernant les actes potentiellement gênants ou illicites de fonctionnaires étrangers. Les rares experts qui ont effectué une analyse plus exhaustive des câbles affirment globalement qu’il n’existe pas de différence significative entre le discours officiel des États-Unis et la réalité dépeinte dans les câbles.

 

Si l’on en croit un analyste des relations internationales des États-Unis, « on n’y retrouve pas l’image des États-Unis comme marionnettiste tout puissant essayant de tirer les ficelles de divers gouvernements à travers le monde pour servir les intérêts de ses entreprises. »

 

Un examen détaillé des câbles dément toutefois cette assertion.

 

« Ce n’est pas du chantage »

 

Fin 2005, Evo Morales remporte en Bolivie une victoire écrasante aux élections présidentielles en proposant un programme axé sur une réforme de la constitution, les droits des Indiens, et l’engagement de combattre la pauvreté ainsi que le néolibéralisme. Le 3 janvier, seulement deux jours après son élection, Morales reçoit la visite de l’ambassadeur des États-Unis, David L. Greenlee. Celui-ci n’y va pas par quatre chemins 

https://search.wikileaks.org/plusd/cables/06LAPAZ6_a.html : l’aide consentie par les États-Unis à la Bolivie sera conditionnée par le bon comportement du gouvernement Morales. La scène aurait pu être tirée du film Le Parrain :

 

[L’ambassadeur] a souligné l’importance de la contribution des États-Unis à des [institutions] internationales de premier plan dont dépendait l’aide accordée à la Bolivie, comme la Banque internationale de développement (BID), la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. « Quand vous pensez à la BID, pensez aux États-Unis », a déclaré l’ambassadeur. « Ce n’est pas du chantage mais la simple réalité. »

 

Mais Morales a respecté son programme. Dans les quelques jours qui ont suivi, il a pris de l’avance sur ses plans en annonçant son intention de reréglementer les marchés du travail, de renationaliser le secteur des hydrocarbures et d’approfondir la coopération avec l’ennemi juré de Washington Hugo Chávez.

 

En réponse, Greenlee propose un « choix d’options » pour forcer Morales à se plier à la volonté du gouvernement états-unien : imposer un veto à l’octroi de prêts multilatéraux se chiffrant à plusieurs millions de dollars, reporter l’allègement programmé de la dette multilatérale, décourager la Millennium Challenge Corporation de verser son aide financière (que la Bolivie n’a pas encore reçue bien qu’elle soit l’un des pays les plus pauvres de l’hémisphère) et stopper le « soutien matériel » fourni aux forces de sécurité boliviennes.

 

Malheureusement pour le Département d’État, il est vite apparu que, comme prévu, les menaces de ce genre resteraient lettre morte. Morales avait déjà décidé de réduire fortement la dépendance de la Bolivie à l’égard de lignes de crédit multilatérales qui exigeaient l’aval du Trésor états-unien. Dans les semaines qui ont suivi son arrivée au pouvoir, Morales a annoncé que la Bolivie ne se sentait plus redevable du FMI et qu’elle laisserait s’éteindre l’accord de prêt conclu avec ce dernier. Des années plus tard, Morales conseillera à la Grèce et à d’autres pays européens endettés de suivre l’exemple de la Bolivie et de « se libérer du diktat économique du Fonds monétaire international ».

 

Incapable de contraindre Morales à s’exécuter, le Département d’État a reporté ses efforts sur le renforcement de l’opposition en Bolivie. L’aide octroyée par les États-Unis à la région de la Media Luna [2] contrôlée par l’opposition a commencé à s’accroître. Un câble daté d’avril 2007 traite de « l’augmentation des efforts consentis par l’USAID pour consolider les administrations régionales de manière à contrebalancer le gouvernement central ».

 

Un rapport de l’USAID daté de 2007 déclarait que son Bureau des initiatives de transition (Office of Transition Initiatives, ou OTI) « a[vait] approuvé l’octroi de 101 subventions d’un montant de 4 066 131 $ pour aider les administrations départementales à améliorer leur stratégie ». Des crédits ont également été accordés à des groupes indiens locaux « opposés à la vision qu’a Evo Morales des communautés indiennes ».

 

Un an plus tard, les départements de la Media Luna sont entrés en rébellion ouverte contre le gouvernement Morales, d’abord en tenant des référendums sur l’autonomie pourtant déclarés illégaux par le pouvoir judiciaire national, puis en soutenant des manifestations violentes en faveur de l’autonomie au cours desquelles au moins vingt partisans du gouvernement ont perdu la vie.

 

Beaucoup ont cru qu’un coup d’État se préparait. La situation ne s’est calmée que sous la pression de tous les autres présidents d’Amérique du Sud, qui ont publié une déclaration conjointe de soutien au gouvernement constitutionnel du pays. Mais, tandis que l’Amérique du Sud faisait bloc derrière Morales, les États-Unis étaient régulièrement en communication avec les chefs du mouvement d’opposition séparatiste, quand bien même ils évoquaient ouvertement l’éventualité de « destruction de gazoducs » et de « violences comme une possibilité pour forcer le gouvernement à… engager sérieusement le dialogue ». Contrairement à sa position officielle durant les événements d’août et septembre 2008, le Département d’État a envisagé sérieusement la possibilité d’un coup d’État contre le Président bolivien Evo Morales, ou celle de son assassinat.

 

Un câble révèle l’intention de l’ambassade des États-Unis à la Paz de se préparer à ce type d’éventualité : « [L’Emergency Action Committee] mettra au point, avec [l’US Southern Command Situational Assessment Team], un plan d’intervention rapide en cas d’urgence soudaine, c’est-à-dire une tentative de coup ou la mort du Président Morales », peut on lire dans le câble.

 

Les événements de 2008 furent jusqu’à aujourd’hui le plus grand défi à la présidence de Morales et le moment où l’éventualité de perdre le pouvoir fut la plus proche. Les préparatifs de l’ambassade en vue d’un départ éventuel de Morales indiquent que, pour le moins, les États-Unis jugeaient très réelle la menace qui pesait sur lui. Le fait qu’ils ne l’aient pas dit publiquement montre clairement de quel côté Washington penchait pendant le conflit, et quelle issue il préférait probablement.

 

La mécanique en œuvre

 

Certaines méthodes d’intervention employées en Bolivie ont trouvé un écho dans d’autres pays dirigés par un gouvernement de gauche ou de gauche radicale. Ainsi, après le retour des Sandinistes au pouvoir au Nicaragua en 2007, l’ambassade des États-Unis à Managua a accéléré le mouvement pour renforcer le soutien au parti de droite, l’Alliance libérale du Nicaragua (ALN). En février 2007, le personnel de l’ambassade a rencontré la responsable de la planification de l’ALN et expliqué que les États-Unis « ne fournissaient pas une aide directe aux partis politiques », tout en suggérant, pour contourner cette restriction, que l’ALN resserre ses liens avec des ONG amicales qui pouvaient recevoir des fonds des États-Unis.

 

La représentante de l’ALN a déclaré qu’elle enverrait « une liste complète des ONG qui soutenaient effectivement l’action de l’ALN » et l’ambassade prit des dispositions pour qu’elle « rencontre prochainement les directeurs locaux de l’IRI [International Republican Institute] et du NDI [National Democratic Institute for International Affairs] ». Il était également écrit dans le câble que l’ambassade « veillerait de près au renforcement des capacités des collecteurs de fonds [de l’ALN] ».

 

Il faudrait faire lire des câbles comme celui-ci à celles et ceux qui étudient la diplomatie états-unienne et à celles et ceux qui cherchent à savoir comment fonctionne exactement le système de « promotion de la démocratie » des États-Unis. Par le biais de l’USAID, du National Endowment for Democracy (NED), du NDI, de l’IRI et d’autres organismes paragouvernementaux, le gouvernement des États-Unis apporte une aide importante à des mouvements politiques qui approuvent les objectifs économiques et politiques des États-Unis.

 

En mars 2007, l’ambassadeur des États-Unis au Nicaragua a demandé au Département d’État de verser « au cours des quatre prochaines années environ 65 millions de dollars de plus que d’habitude à l’occasion des prochaines élections présidentielles » pour financer « la consolidation des partis politiques, les ONG “démocratiques” et les petites subventions occasionnelles consenties au dernier moment à des groupes qui redoublent d’efforts pour défendre la démocratie au Nicaragua, faire avancer nos intérêts et contrer ceux qui s’en prennent à nous ».

 

En Équateur, l’ambassade des États-Unis a fait barrage à l’économiste de gauche Rafael Correa bien avant les élections de 2006 qui l’ont porté au pouvoir. Deux mois avant ces élections, le conseiller politique de l’ambassade a alerté Washington quant au risque que Correa « se joigne au groupe des dirigeants nationalo-populistes sud-américains Chávez, Morales et Kirchner », ajoutant que l’ambassade « a prévenu nos contacts politiques, économiques et dans les médias de la menace que Correa représente pour l’avenir de l’Équateur et encourage vivement la conclusion d’alliances qui pourraient faire contrepoids au radicalisme manifeste de Correa ». Immédiatement après l’élection de Correa, l’ambassade câblait son plan d’action au Département d’État :

 

Nous ne nous faisons aucune illusion : les seules actions de l’USG [3] ne suffiront pas à changer l’orientation prise par le gouvernement ou le Congrès, mais nous espérons accroître notre influence en travaillant de concert avec d’autres Équatoriens et d’autres groupes qui partagent nos idées. Faute d’intervention, les réformes proposées par Correa et son attitude à l’égard du Congrès et des partis politiques traditionnels pourraient avoir pour effet de prolonger la période actuelle de tension et d’instabilité politiques.

 

Les pires craintes de l’ambassade se sont vérifiées. Correa a annoncé qu’il fermerait la base aérienne états-unienne de Manta, augmentait la dépense sociale et ferait pression pour la réunion d’une assemblée constituante. En avril 2007, les Équatoriens ont été 80% à voter pour la proposition d’assemblée constituante, et 62% des électeurs ont approuvé en 2008 une nouvelle constitution qui incluait tout un ensemble de principes de progrès, dont la souveraineté alimentaire, le droit au logement, aux soins de santé et à l’emploi, et le contrôle de l’exécutif sur la banque centrale (énorme pavé dans la mare néolibérale).

 

Au début de 2009, Correa a annoncé que l’Équateur ne rembourserait pas une partie de sa dette extérieure. Cette annonce a mis l’ambassade dans tous ses états, tout comme d’autres mesures récentes telles que la décision de Correa de resserrer les liens entre l’Équateur et les pays membres de l’Alliance bolivarienne des peuples de notre Amérique (ALBA) [4]. Mais l’ambassadeur se rendait également compte que les États-Unis avaient peu de pouvoir sur Correa :

 

Nous expliquons en privé que les actes de Correa auront des conséquences sur ses relations avec la nouvelle administration Obama, tout en évitant de faire en public des déclarations qui seraient contreproductives. Nous conseillons de n’arrêter aucun programme de l’USG qui sert nos intérêts car ce ne serait pas encourager Correa à se montrer plus pragmatique.

 

La cessation partielle de paiements de l’Équateur a porté ses fruits et a permis au gouvernement d’économiser près de deux millions de dollars. En 2011, Correa a recommandé d’appliquer le même remède aux pays européens endettés, notamment la Grèce, en leur conseillant de ne pas honorer leur dette et de passer outre à l’avis du FMI.

 

La rue est en effervescence

 

Durant la Guerre froide, la supposée menace d’une expansion du communisme soviéto-cubain a servi à justifier les innombrables interventions menées pour faire tomber des gouvernements de gauche et soutenir des régimes militaires de droite.

 

De la même façon, les câbles de WikiLeaks montrent que, dans les années 2000, le spectre du « bolivarianisme » vénézuélien a été utilisé pour excuser les interventions réalisées contre de nouveaux gouvernements de gauche hostiles au néolibéralisme, comme celui de la Bolivie, accusé d’être « tombé ouvertement dans le giron du Venezuela », ou l’Équateur, considéré comme un « cheval de Troie pour Chávez ».

 

Les relations des États-Unis avec le gouvernement d’Hugo Chávez se sont envenimées très tôt. Chávez, d’abord élu président en 1998, s’est opposé à toutes les politiques économiques néolibérales, a tissé des liens étroits avec le Cuba de Fidel Castro et a fortement critiqué l’attaque lancée par l’administration Bush en Afghanistan à la suite des attentats du 11 septembre – les États-Unis ont rappelé leur ambassadeur à Caracas après que Chávez a déclaré : « Vous ne pouvez combattre le terrorisme par le terrorisme. »

 

Plus tard, celui-ci a renforcé le contrôle de l’État sur le secteur pétrolier, en augmentant les redevances versées par les sociétés étrangères et en se servant des recettes pétrolières pour financer l’accès du plus grand nombre à la santé et l’éducation et des programmes alimentaires pour les plus pauvres. En avril 2002, l’administration Bush a publiquement soutenu un coup d’État militaire de courte durée qui a chassé Chávez du pouvoir pendant quarante-huit heures. Les documents du National Endowment for Democracy obtenus au titre de la Loi sur la liberté d’information font apparaître que les États-Unis ont fourni de l’argent et une formation pour « la promotion de démocratie » à des groupes favorables au coup d’État et qui ont participé ultérieurement aux actions menées pour renverser Chávez sous la forme d’une « grève » des cadres de la société pétrolière qui a paralysé le secteur à la fin de 2002 et fait entrer le pays en récession.

 

Les câbles de WikiLeaks révèlent que, après ces tentatives manquées de renversement du gouvernement élu, les États-Unis ont continué d’apporter leur soutien à l’opposition vénézuélienne par l’entremise du NED et de l’USAID. Dans un câble de novembre 2006, l’ambassadeur d’alors, William Brownfield, a expliqué la stratégie suivie par l’USAID et l’OTI pour ébranler l’administration Chávez :

 

En août 2004, l’ambassadeur a présenté la stratégie en cinq points élaborée par le pays pour guider les activités de l’ambassade au Venezuela pendant la période [2004–2006]… Cette stratégie se résume comme suit : 1) consolider les institutions démocratiques ; 2) infiltrer la base politique de Chávez ; 3) diviser ses partisans ; 4) protéger les entreprises états-uniennes vitales ; 5) isoler Chávez sur la scène internationale.

 

Les liens étroits existant entre l’ambassade des États-Unis et divers groupes d’opposition ressortent clairement dans de nombreux câbles. Un câble de Brownfield établit un rapport entre Súmate – ONG de l’opposition qui a joué un rôle central dans les campagnes de l’opposition – et « nos intérêts au Venezuela ». D’autres câbles révèlent que le Département d’État a exercé des pressions en faveur d’un soutien international à Súmate et encouragé les États-Unis à apporter un appui financier, politique et juridique à l’organisation, principalement par le biais du NED.

 

En août 2009, le Venezuela a été secoué par de violentes manifestations de l’opposition (comme il s’en est produit fréquemment sous le gouvernement Chávez et celui de son successeur, Nicolas Maduro). Un câble secret du 27 août reprend les propos de Development Alternatives, Incorporated (DAI), une organisation sous contrat avec l’USAID/OTI, indiquant que « tous » les gens qui manifestent contre Chávez à l’époque « bénéficient de notre aide » :

 

[L’employé de DAI] Eduardo Fernandez a déclaré que « la rue est en effervescence », faisant référence à la montée de la contestation contre les efforts déployés par Chávez pour consolider son pouvoir, et que « tous ces gens (les organisateurs des manifestations) bénéficient de notre aide ».

 

Les câbles révèlent également que le Département d’État a formé et aidé un leader étudiant dont il savait qu’il avait incité la foule à « lyncher » un gouverneur chaviste : « Pendant le coup d’État d’avril 2002, [Nixon] Moreno a participé aux manifestations organisées dans l’État de Mérida, à la tête d’une foule qui a marché sur la capitale de l’État dans l’intention de lyncher le gouverneur MVR [5] Florencio Porras. »

 

Cependant, quelques années après cet épisode, selon un autre câble, « Moreno a pris part en 2004 à l’International Visitor Program [du Département d’État] en 2004. » Plus tard, Moreno sera recherché pour tentative d’assassinat et menaces à l’encontre d’une femme policière, entre autres motifs.

 

Toujours selon la stratégie en cinq points décrite par Brownfield, le Département d’État s’est employé à isoler le gouvernement vénézuélien sur la scène internationale et à contrer l’influence qu’il exerçait apparemment à travers la région. On peut lire dans plusieurs câbles que les missions diplomatiques des États-Unis dans la région ont coordonné leurs actions pour faire front à la « menace » vénézuélienne au niveau régional.

 

Comme WikiLeaks l’a d’abord révélé en décembre 2010, les chefs de mission états-uniens dans six pays d’Amérique latine se sont rencontrés au Brésil en mai 2007 pour mettre au point une réponse conjointe aux supposés « plans agressifs » du Président Chávez… « pour créer un mouvement bolivarien unifié dans toute l’Amérique latine ». Entre autres choses, les chefs de mission se sont entendus pour « continuer à resserrer les liens avec les dirigeants militaires de la région qui partagent nos inquiétudes à l’égard de Chávez ». Une réunion semblable des chefs de mission des États-Unis en Amérique centrale – qui s’est concentrée sur la « menace d’activités politiques populistes dans la région » – s’est tenue à l’ambassade états-unienne en El Salvador en mars 2006.

 

Les diplomates états-uniens se sont beaucoup dépensés pour empêcher les gouvernements des Caraïbes et de l’Amérique centrale de s’associer à PetroCaribe, initiative régionale du Venezuela qui permet aux membres de l’accord d’obtenir du pétrole à des conditions très avantageuses. Les câbles rendus publics nous apprennent que les hauts responsables états-uniens, tout en reconnaissant dans le privé les avantages économiques de l’accord pour les pays membres, craignaient que PetroCaribe n’accroisse l’influence politique du Venezuela dans la région.

 

En Haïti, l’ambassade a travaillé étroitement avec les grandes compagnies pétrolières pour empêcher le gouvernement d’adhérer à Petrocaribe, en admettant toutefois que cela « ferait économiser 100 millions de dollars par an », ainsi que Dan Coughlin et Kim Ives avaient été les premiers à le révéler dans The Nation. En avril 2006, l’ambassade a envoyé de Port-au-Prince le câble suivant : « Le poste continuera de faire pression sur [le Président d’Haïti René] Préval pour qu’il rejoigne pas PetroCaribe. L’ambassadeur va rencontrer le conseiller principal de Préval, Bob Manuel, aujourd’hui. Lors de réunions précédentes, il a dit comprendre nos préoccupations et il sait qu’un accord avec Chávez lui occasionnerait des problèmes avec nous. »

 

Le bilan de la gauche

 

Il faut garder à l’esprit que les câbles de WikiLeaks ne nous éclairent pas sur les activités plus secrètes des services de renseignement des États-Unis, et ne représentent probablement que la pointe émergée de l’iceberg en ce qui concerne l’ingérence politique de Washington dans la région. Néanmoins, les câbles apportent amplement la preuve des efforts persistants et déterminés déployés par les diplomates états-uniens pour faire barrage aux gouvernements indépendants de gauche en Amérique latine, à l’aide de leviers financiers, des multiples instruments contenus dans la boîte à outils de « promotion de la démocratie », voire, parfois, de moyens violents et illégaux.

 

Bien que l’administration Obama ait rétabli les relations diplomatiques avec Cuba, rien n’indique que la politique à l’égard du Venezuela et d’autres gouvernements de gauche du continent ait fondamentalement changé. Il est clair que l’hostilité de l’administration à l’encontre du gouvernement élu du Venezuela ne fléchit pas. En juin 2014, le vice-président Joe Biden a lancé l’Initiative pour la sécurité énergétique des Caraïbes, considérée comme un « antidote » à Petrocaribe. En mars 2015, Obama a déclaré que le Venezuela constituait « une menace considérable pour la sécurité » et annoncé des sanctions contre les dirigeants vénézuéliens, décision critiquée à l’unanimité par les autres pays de la région.

 

Cependant, malgré les attaques incessantes des États-Unis, la gauche domine largement en Amérique latine. À l’exception du Honduras et du Paraguay, où des coups d’État de droite ont renversé des gouvernements élus, les mouvements de gauche arrivés au pouvoir au cours des quinze dernières années s’y trouvent presque tous encore aujourd’hui.

 

En grande partie grâce à ces gouvernements, entre 2002 et 2013 le taux de pauvreté dans la région a reculé de 44 à 28% après avoir progressé durant les deux décennies précédentes. Ces succès, ajoutés à la volonté des dirigeants de gauche de prendre des risques pour se libérer du diktat néolibéral, devraient servir d’inspiration aujourd’hui à la nouvelle gauche anti-austérité en Europe.

 

Nul doute que certains gouvernements rencontrent actuellement d’importantes difficultés, dues en partie au ralentissement de l’économie régionale qui touche les dirigeants de droite comme de gauche. Mais, si on lit entre les lignes des câbles, il y a de bonnes raisons de se demander si toutes ces difficultés sont d’origine locale. En Équateur, par exemple – où le Président Correa essuie les foudres de la droite, et de certains secteurs de la gauche –, la contestation contre le nouvel impôt progressif proposé par le gouvernement est le fait des mêmes chefs d’entreprise de l’opposition que ceux avec qui, si l’on en croit les câbles, les diplomates états-uniens élaborent des stratégies.

 

Au Venezuela, où les failles du système de contrôle des changes provoquent une forte inflation, de violentes manifestations d’étudiants de droite ont gravement ébranlé le pays. Il y a fort à parier que certains de ces manifestants ont reçu de l’argent ou une formation de l’USAID ou du NED, dont le budget pour le Venezuela a grimpé de 80% entre 2012 et 2014.

 

Les câbles de WikiLeaks ont encore beaucoup de choses à nous apprendre. Pour rédiger les chapitres de The WikiLeaks Files sur l’Amérique latine et les Caraïbes, nous avons épluché des centaines de câbles WikiLeaks et avons pu identifier différents axes d’intervention états-unienne, que nous décrivons plus en détails dans le livre (et dont certains avaient déjà été relevés par d’autres observateurs). D’autres auteurs ont procédé de la même façon pour d’autres régions du monde. Mais le nombre de câbles dépasse 250 000 (dont presque 35 000 pour la seule Amérique latine) et il ne fait aucun doute que beaucoup d’autres aspects notables de la diplomatie états-unienne en action attendent d’être mis au jour.

 

Malheureusement, une fois passée l’effervescence créée lors de la diffusion des premiers câbles, peu de journalistes et de chercheurs se sont montrés vraiment intéressés. Tant que cela ne changera pas, il nous manquera un compte-rendu complet de la vision que l’État des États-Unis a de lui-même sur la scène mondiale, et de la réponse apportée par sa diplomatie aux défis posés à son hégémonie.

 

Alexander Main et Dan Beeton

 

Source original en anglais : The Latin America WikiLeaks Files, US diplomatic cables reveal a coordinated assault against Latin America’s left-wing governments. revue Jacobin, 29 septembre 2015.

 

Traduction de Gilles Renaud pour Dial.
http://www.alterinfos.org/spip.php?article6603
Dial – Diffusion de l’information sur l’Amérique latine – D 3384.

 

[1] Voir DIAL 3303 – « VENEZUELA – 27 février – 3 mars 1989 : le Caracazo. Sémantique de la violence politique, première partie » et DIAL 3307 – « VENEZUELA – 27 février – 3 mars 1989 : le Caracazo. Sémantique de la violence politique, seconde partie » – note DIAL.

[2] Zone située à l’est du pays – note DIAL.

[3] Gouvernement des États-Unis : United States Government (USG) en anglais – note DIAL.

[4] Alliance de gauche créée à l’initiative du Venezuela et Cuba en 2004 pour contrer l’Accord de libre-échange des Amériques promue à l’époque par l’administration Bush.

[5] Le Mouvement Ve République est un parti de gauche fondé par Hugo Chávez – note DIAL.

 

La source originale de cet article est Jacobin

Copyright © Alexander Main et Dan Beeton, Jacobin, 2016

Être révolutionnaire à Cuba, aujourd’hui

Être révolutionnaire à Cuba, aujourd’hui

 

11 Octobre 2016

Pour l’anniversaire de la mort du Che, ce texte qui montre que la parabole ouverte par les barbudos n’est pas encore fermée… Celle-ci a toujours eu une dimension de défense de l’indépendance nationale unie à un rôle de sentinelle dans la lutte anti-impérialiste en particulier pour l’Amérique latine.  .. la dimension de clase existe à ce niveau mais elle n’est pas marquée à l’intérieur du pays qui effectivement a toujours dû se débarrasser de la domination et exploitation étrangère, de l’espagne aux etats-Unis, les maîtres colonialistes. Cuba a toujours été le pays le plus développé de la Caraïbe, voire de l’Amérique latine et dans le même temps celui qui assume son insertion dans le Tiers monde; le Che c’est ausi cela.Hier les non alignés, aujourd’hui le monde multipolaire dans une vision égalitaire.  

(note de danielle Bleitrach)


La définition ou l’option révolutionnaire, et leur existence pratique, ne sont pas l’apanage d’un parti ou d’une classe sociale spécifique, mais bien le fruit d’une époque

 

Auteur:  | Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

29 septembre 2016 12:09:32

Enrique Ubieta

 

QUE signifie être révolutionnaire ? Les spécialistes du marxisme savent que le Parti social-démocrate s’est scindé à ses débuts : les réformistes, qui désormais se détourneraient de plus en plus des conceptions de Marx, conservèrent le nom et les révolutionnaires fondèrent le Parti communiste. L’histoire de la polémique « réforme contre révolution » est longue.

 

Les textes de Lénine, Rosa Luxemburg, entre autres, sont là pour en témoigner.

 

Cependant, la définition ou l’option révolutionnaire, et leur existence pratique, ne sont pas l’apanage d’un parti ou d’une classe sociale spécifique, mais bien le fruit d’une époque. Les bourgeois furent révolutionnaires en leurs temps et le mouvement anticolonialiste à l’époque de l’impérialisme eut en général un caractère révolutionnaire. José Marti fonda le Parti révolutionnaire pour conquérir l’indépendance de Cuba, et, disait-on, il parlait de la nécessité de commencer la révolution une fois le pouvoir conquis.

 

C’est pourquoi je me plais à faire référence à la tradition cubaine du terme « révolution ». Cintio Vitier, par exemple, conscient des risques réducteurs de tout regroupement, établit deux tendances« spirituelles » durant le dernier tiers du 19e siècle : la tendance révolutionnaire (indépendentisme, modernisme littéraire, antiévolutionnisme), et la réformiste (autonomisme, « préceptisme » littéraire, évolutionnisme positiviste).

 

La vérité, c’est que la Révolution est une création, un saut dans l’abîme, ou par-dessus le mur de l’apparente impossibilité – « soyons réalistes, faisons l’impossible », disaient les étudiants parisiens de 1968 –, regard de condor, mais c’est avant tout prendre parti « pour les pauvres de la Terre ». Si nous considérons José Marti comme modèle de révolutionnaire, nous observerons en lui trois caractéristiques que l’on retrouve chez Fidel Castro :

 

1. Une option éthique plutôt que théorique : on adopte une théorie pour lutter contre l’exploitation, et non l’inverse. C’est la vocation de la justice sociale. « Tout homme véritable doit sentir sur sa joue le coup donné à n’importe quel homme », écrivait José Marti. « Le vrai révolutionnaire est guidé par de grands sentiments d’amour », signalait Ernesto Che Guevara. « C’est précisément l’Homme, le semblable, la rédemption de ses semblables, ce qui constitue l’objectif des révolutionnaires », a dit Fidel.

 

Le poète révolutionnaire salvadorien Roque Dalton se moquait du snobisme des positions des « marxistes café au lait » dans ces vers:

 

Ceux qui / dans le meilleur des cas / veulent faire la révolution / pour l’Histoire pour la logique / pour la science et la nature / pour les livres de l’année prochaine ou de l’avenir / pour emporter la discussion et même / pour paraître enfin dans les journaux / et non simplement / pour supprimer la faim / pour supprimer l’exploitation des exploités.

 

Il existe des révolutionnaires qui ignorent la théorie marxiste. Et il y a des universitaires marxistes fins connaisseurs de chaque texte, de chaque phrase de Marx, qui ne sont jamais descendus dans la rue, qui sont incapables de sentir, de vibrer avec la douleur ou la joie des autres, qui ne militent pas ; ces universitaires « marxistes » ne sont pas révolutionnaires. Ce ne sont pas non plus des continuateurs de Marx. L’un des ressorts formateurs et promoteurs d’une révolution, c’est la solidarité.

 

2. La radicalité dans la compréhension et dans les actes. Le révolutionnaire cherche la racine du problème, même s’il ne peut pas l’extirper immédiatement, même s’il fait erreur en la signalant et passe rapidement à l’action. Contrairement au réformiste, il ne prétend pas soulager la douleur ou la masquer, mais éliminer la maladie.

 

3. Le révolutionnaire est un homme de foi. Pas dans le sens religieux. Il n’est pas de meilleure déclaration que celle de Marti (de nouveau Marti) à son fils, dans la dédicace du poème Ismaelillo : J’ai, dit-il « foi dans le perfectionnement humain, dans l’avenir, dans l’utilité de la vertu, et en toi ».Foi dans le peuple, dans ses capacités.

 

Le révolutionnaire comprend les limites apparentes du possible, et il les transgresse parce qu’il croit dans le peuple. En cela également il se différencie du réformiste qui, pour des raisons de classe, se méfie ou sous-estime le peuple. Croire, ce n’est pas extirper le doute. Nous, les révolutionnaires, nous vivons l’angoisse du doute, qui est celle de la connaissance, alors que le cynique est contre-révolutionnaire, même s’il l’ignore.

 

Certains idéologues de la contre-révolution réduisent l’attitude révolutionnaire à l’acte de violence, à l’usage des armes. Comme si les révolutions armées ne se produisaient pas en réponse à la violence du pouvoir bourgeois. Être un radical – aller à la racine –, ce n’est pas choisir la violence. Dans leur volonté de désidéologiser jusqu’au concept même de révolution, ils prétendent faire passer pour des actions révolutionnaires les émeutes violentes de la politicaillerie de la pseudo-république, qui voulait affirmer le pouvoir personnel. Pas même les anti-Machado ou les anti-Batista n’étaient forcément des révolutionnaires.

 

Et ils opposent le socialisme révolutionnaire à celui qu’ils appellent « démocratique »

 

(social-démocrate), parce que celui-là ne respecte pas l’ordre bourgeois. Le socialisme non seulement peut mais se doit d’être démocratique, mais pas dans le sens attribué à ce terme par le système capitaliste. Il doit et peut être plus participatif, plus inclusif, plus solidaire, plus représentatif. Il doit et peut défendre l’individualité, non l’individualisme, parce que le socialisme, c’est la seule voie susceptible de transformer les masses en collectifs d’individus.

 

Certaines qualités ou vertus éthiques constituent le fondement ou la base sur laquelle se construit un révolutionnaire. Or, c’est une éthique essentiellement politique, sociale, non privée, qui ne peuvent être vidée ou dissociées des contradictions fondamentales de l’époque. On n’est pas révolutionnaire pour satisfaire des intérêts personnels, mais pour répondre aux intérêts de la société.

 

Certaines personnes conservatrices – pour des raisons biographiques, et sans doute pour des raisons génétiques –, rejettent les changements brusques, l’incertitude du nouveau, et apprécient l’ordre et la routine.

 

Ce ne sont pas des contre-révolutionnaires. Dans ses Paroles aux intellectuels (1961), Fidel Castro déclarait :« Personne n’a jamais prétendu que (…) tout homme honnête, pour le simple fait d’être honnête, devrait être révolutionnaire. Être révolutionnaire, c’est aussi une attitude face à la vie, être un révolutionnaire, c’est aussi une attitude face à la réalité existante (…). »

 

Et il ajoutait plus loin : « Il est possible que les hommes et les femmes qui ont une attitude véritablement révolutionnaire face à la réalité ne constituent pas le secteur majoritaire de la population ; les révolutionnaires sont l’avant-garde du peuple, mais les révolutionnaires doivent aspirer à ce que tout le peuple marche à leurs côtés (…) la Révolution ne doit jamais renoncer à compter sur la majorité du peuple ; à compter, non seulement sur les révolutionnaires, mais sur tous les citoyens honnêtes qui, même s’ils ne sont pas révolutionnaires, autrement dit, qui, même s’ils n’ont pas une attitude révolutionnaire face à la vie, sont à ses côtés. La Révolution ne doit renoncer qu’à ceux qui sont incorrigiblement réactionnaires, qui sont incorrigiblement contre-révolutionnaires ».

 

Là où une révolution a triomphé, ce qualificatif – qui dans le monde globalisé de l’ « officialisme »bourgeois est lancé comme une insulte –, devient un compliment. Une personne est travailleuse, bien gentille et révolutionnaire. La vie quotidienne peut décontextualiser le contenu rebelle et le signifiant politique de ce terme, et réduire la condition du révolutionnaire à l’honnêteté ou à la décence.

 

Parfois, du fait que la Révolution a pris le pouvoir, on l’identifie avec le bon comportement ou l’attitude correcte. Nous disons : « dans le fond, il (elle) est révolutionnaire » comme si l’on disait que, au-delà de ses apparences, « c’est une « bonne personne » » Et nous croyons que l’enfant ou l’adolescent le « plus révolutionnaire », c’est celui qui se « tient bien ». D’une certaine manière, l’adjectif s’est embourgeoisé. Cela semble presque inévitable, mais ça ne l’est pas. Une Révolution au pouvoir a besoin d’établir sa « normalité », sa gouvernance.

 

Se défendre en tant que pouvoir politique est la prémisse de tout pouvoir politique, bien plus lorsqu’il s’agit d’un contre-pouvoir acculé par le pouvoir global – qui menace non seulement sur le plan physique (matériel, militaire), mais aussi sur le plan spirituel, dans le domaine de la reproduction des valeurs –, et sa normalité est une « anomalie » en dehors de ses frontières géographiques.

 

Être révolutionnaire, c’est participer à la consolidation du gouvernement révolutionnaire, former un front commun avec ce gouvernement, pour défendre chaque conquête et fixer de nouveaux objectifs, même si les degrés de participation à la détermination de ces objectifs sont encore insuffisants ou s’ils s’exercent de manière formelle.

 

La démocratie socialiste, essentiellement supérieure, a encore un long chemin à parcourir. Être révolutionnaire, c’est également participer à partir de la critique engagée. Critiquer, ce n’est pas énoncer un fait certain, c’est agir sur lui, l’orienter vers sa solution. Ce qui donne véracité et justesse à une critique, ce n’est pas le fait énoncé, c’est son sens. Si l’on désidéoligise la critique, elle se désarticule, et ses énoncés sont faussés.

 

Imperceptiblement, il se produit un lent processus de séparation ou de fragmentation du contenu « rebelle »que présuppose toute attitude révolutionnaire. Et cela n’est pas bon. Entrent alors en scène ceux qui applaudissent la révolte en l’opposant à l’être révolutionnaire – vieille aspiration de la subversion impérialiste : promouvoir la révolte contre-révolutionnaire, ce qui revient à dire, que les rebelles doivent être des anti-rebelles, qu’ils aspirent à être « normaux », en désaccord avec la rébellion et en accord avec l’aliénation mondiale –, ou à ses antipodes, ceux qui considèrent l’être rebelle comme le véritable être révolutionnaire.

 

Ces derniers peuvent perdre le sens de l’orientation, parce que la rébellion tout court, habituellement manipulée par le marché capitaliste, a une longue histoire de coexistence et parfois de collusion avec le capitalisme. La rébellion de la jeunesse n’est pas ni ne saurait être ennemie de l’esprit révolutionnaire. Être révolutionnaire, c’est la forme supérieure d’être rebelle. Sans la non-conformité que procure la rébellion et sans la disposition à briser moules, règles et modèles, il est difficile d’être révolutionnaire.

 

Les universités cubaines ne peuvent pas être « des universités de révolutionnaires ou faites pour eux » : ce sont des centres de formation. Elles doivent par contre former des révolutionnaires. Fidel et Mella sont issus de leurs salles de cours. Le capitalisme (la culture de l’avoir) tente d’apprivoiser la révolte en encourageant ses formes primaires : l’outrage, l’insolence ; elle tente d’isoler le rebelle, de le centrer sur lui-même, d’exploiter au maximum son individualisme, d’en faire un cynique. Le socialisme (la culture de l’être) vise à canaliser cette révolte vers l’action transformatrice, à la sublimer, à la rendre partie prenante des causes justes de son époque.

 

J’ai vécu dans le quartier de Colon, dans la municipalité de Centro Habana, et je sais que nombreux sont ceux qui dans ce quartier doivent faire face à des ennemis plus concrets et immédiats que l’impérialisme nord-américain. C’est ce qu’il semble tout au moins, lorsque la corruption, la bureaucratie, le double standard, l’insensibilité, le « sauve qui peut », s’imposent. Je crois, comme eux, que c’est l’ennemi principal.

 

Mais nous ne pouvons pas confondre son nom : il s’agit du capitalisme, de sa capacité à se régénérer au sein du socialisme, qui n’est rien d’autre qu’une voie (pas un aboutissement) vers un autre lieu, vers une autre espérance ou certitude d’une vie meilleure. Si nous dissocions ce nom de ces manifestations, ou si nous les relions de façon erronée à la voie socialiste que nous nous sommes tracée, nous perdons le cap. Nous ne pouvons pas être révolutionnaires aujourd’hui, dans ce monde globalisé, si nous ne sommes pas anticapitalistes, si nous ne sommes pas anti-impérialistes. Si nous ne considérons pas comme nôtres les conquêtes, les dangers, les humiliations d’autres peuples. Si nous ne défendons pas l’unité des révolutionnaires cubains et celle des peuples d’Amérique latine contre l’impérialisme.

 

Nous ne pouvons pas être révolutionnaires si nous croyons que le monde n’est pas plus grand qu’une rue, un quartier ou qu’un pays, si nous acceptons les consensus que d’autres construisent, et que nous ne construisons pas les nôtres ; si nous vidons chaque mot de ses contenus de combat, parce qu’immédiatement, il sera rempli d’autres contenus par ceux qui nous combattent.

 

Marti, Mella, Guiteras, el Che, Fidel se ressemblent trop pour que nous inventions cette question des générations. Ils n’ont pas cessé d’être jeunes. Les tâches changent, les coordonnées, mais pas les attitudes, les principes, l’horizon auquel nous nous rapprochons de plus en plus sans y arriver. Par ailleurs, personne ne devient révolutionnaire d’un seul coup et pour toujours.

 

Il faut naître révolutionnaire chaque matin, chaque jour. Les rôles ne sont ni prédestinés ni immuables : le héros de 1868 a pu devenir un traître 20 ans plus tard ; l’indécis d’alors a peut-être pris les armes avec dignité en 1895 ; le courageux combattant des maquis a pu se laisser séduire par la politique corruptrice néocoloniale ; l’énergique anti-Machado, abandonner ses idéaux de jeunesse ou devenir un professionnel de la violence ; le révolutionnaire de la Sierra ou du Llano, s’adapter ou se prendre dans les filets du bureaucratisme ; le sceptique de l’époque, devenir un milicien fervent, un héros quotidien et invisible ; le dirigeant de la jeunesse, accoudé au balcon de la bonne conduite et des applaudissements, devenir un rabâcheur de slogans vides et le professionnel rebelle, grandir en tant que tel jusqu’à devenir révolutionnaire.

 

Parmi les uns et les autres, déguisés, se trouvent les opportunistes, les « pragmatiques », les cyniques de toujours. Tous sont cernés par l’Histoire et, de leurs actes multiples, ne perdure que l’instant de l’éthique fondatrice qui soutient la Patrie : « ce soleil du monde moral » qui illumine et définit les êtres humains, selon la phrase que Cintio Vitier a reprise de José de la Luz y Caballero. Une Patrie qui est l’Humanité, qui ne se trouve pas sur « l’herbe que foulent nos pieds » ou dans des coutumes en constante évolution, mais dans un projet collectif de justice. Une Patrie qui aspire à fusionner avec l’Humanité, tout en défendant son espace pour fonder, créer, protéger la dignité pleine de ses hommes et de ses femmes.

 

Cuba envoie en Haïti une brigade de médecins spécialisés en situations de désastres

Cuba envoie en Haïti une brigade de médecins spécialisés en situations de désastres

 

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Cuba envoie en Haïti une brigade de médecins spécialisés en situations de désastres

La Havane, 8 oct. (RHC/PL).- Cuba a envoyé ce samedi en Haïti 38 praticiens cubains membres de la brigade Henri Reeve.

 

Ces médecins sont spécialisés en situations de désastres naturels.

 

Le ministre cubain de la Santé, Roberto Morales, a pris congé d'eux à l'aéroport international José Marti de notre capitale.

 

Il a mis l'accent sur le fait que ce sont pour la plupart des spécialistes en épidémiologie, des techniciens spécialisés en contrôle de vecteurs qui vont assister les autorités sanitaires haïtiennes afin d'éviter le déclenchement de grandes épidémies.

 

Les brigades Henri Reeve ont une vaste expérience en situations de désastres naturels. Elles ont accompli 24 missions dans 17 pays depuis leur création.

 

Rappelons que les 600 coopérants cubains de la santé en poste dans ce pays caribéen ravagé par l'ouragan Matthew, portent secours aux sinistrés.

 

Cuba apporte son aide médicale au peuple haïtien depuis 1998. Les premiers praticiens cubains sont alors arrivés en Haïti peu après le passage d'un autre cyclone dévastateur, appelé George.

 

Depuis lors, des centaines de médecins cubains prêtent leurs services en Haïti. Cela leur a permis d'être les premiers à porter secours aux sinistrés du séisme qui a fait plus de 300 mille morts en 2010 et qui a ravagé Port-au-Prince.

 

Les autorités haïtiennes n'ont pas encore pu établir un chiffre définitif de pertes humaines. Elles parlent de plus de 800 morts. Mais le bilan risque s'alourdir étant donné le grand nombre de localités complètement coupées du reste du pays.

 

Edité par Francisco Rodríguez Aranega

 

source: http://www.radiohc.cu/fr/noticias/nacionales/108061-cuba-envoie-en-haiti-une-brigade-de-medecins-specialises-en-situations-de-desastres

 

Le négociateur en chef des FARC en exclusivité à RT: « Le prix Nobel de la paix n’a pas été obtenu sans un partenaire »

Le négociateur en chef des FARC en exclusivité à RT: « Le prix Nobel de la paix n’a pas été obtenu sans un partenaire »

 

08 Octobre 2016

Précisions utiles d’un co-titulaire de fait du prix Nobel de la paix et qui avec les pays qui ont soutenu l’initiative, en particulier Cuba qui oeuvre depuis tant d’années en ce sens, s’emploient à le mettre en pratique malgré le résultat négatif au référendum (note et traduction de Danielle Bleitrach)


Publié 7 Octobre, 2016 21:19 GMT | Dernière mise à jour 8 Octobre, 2016 01:10 GMT

Ivan Marquez, le chef de la guérilla colombienne, s’est entretenu en exclusivité avec RT espagnol sur les résultats du plébiscite en Colombie et l’avenir de l’accord de paix.

 

Peu de temps après avoir terminé une série de réunions avec des représentants du gouvernement colombien, le négociateur en chef de la paix pour les FARC, le commandant Ivan Marquez, a donné une interview exclusive à notre correspondant RT espagnol à Cuba, Oliver Zamora Oria, à propos des résultats du référendum en Colombie et l’avenir de l’accord de paix

 

Le chef de la guérilla a évoqué le prix Nobel de la paix 2016, le président colombien Juan Manuel Santos, dont la distinction pourrait aider à revitaliser l’accord de paix, mais qui  pourrait aussi être assumé comme une récompense partagée.

 

«Le prix Nobel de la paix n’a pas été obtenu sans un partenaire. Nous nous sentons heureux d’avoir contribué un peu à la réalisation de cette haute distinction, mais il est aussi juste de mentionner la lutte du peuple colombien, les victimes et le rôle, en premier lieu, assumé par les pays garants, Cuba et la Norvège, et par les pays qui ont facilité  les accords comme le Venezuela et le Chili, qui étaient toujours présents », explique Marquez.

 

John Vizcaino Reuters
 

Une autre question abordée lors de la réunion a été les résultats du référendum du 2 octobre dernier . Marquez a déclaré que ce résultat ne peut être interprété comme l’oeuvre du seul président colombien Alvaro Uribe, l’un des principaux défenseur du « non » à un accord de paix avec les FARC, il a été le produit  d’«une série de circonstances et manipulations commises par de nombreuses forces politiques. »

« La première est la manière dont ont été trompées par  ‘crédulité, ‘ignorance’ et ‘innocence’  beaucoup de bonnes personnes qui, je pense, vont réagir », a déclaré le chef de la guérilla, qui a estimé que « il y a des gens qui ont voté ‘Non’ et s’en repentent et sont en train de réévaluer leurs positions, bien que de la part de certains de ceux qui soutiennent la campagne pour un «oui» il y a eu aussi une certaine négligence « Pour l’avenir, les FARC restent attachés à la paix », a déclaré Marquez. « Nous devons trouver une formule qui est couverte par un arrêt de la Cour constitutionnelle qui stipule que le Président, dans l’exercice de ses pouvoirs constitutionnels, peut convoquer un nouveau référendum. Ce serait un scénario possible qui pourrait être organisé en peu de temps pour essayer de reprendre la processus de l’accord qui  a été signé à la Havane », a-t-il dit.

 

Pour Marquez, l’accord de paix représente de grands avantages pour la Colombie et ses citoyens ainsi que pour des institutions gouvernementales telles que l’armée. Il a également remercié les soutiens et la solidarité manifestée avant et après le référendum pour la paix, qui sont « une source importante de soutien pour revitaliser l’accord » tout comme le soutien de l’ONU et de la Russie.

Les peuples révolutionnaires sont marqués à jamais par leur désir de justice et liberté

Les peuples révolutionnaires sont marqués à jamais par leur désir de justice et liberté

 

08 Octobre 2016

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Et ils ne doivent s’attendre à aucune pitié et aucun pardon… En hommage aujourd’hui au peuple haïtien…

 

Il y a trois ans jour pour jour j’écrivais:


« Au négatif, j’en ai assez de ce cocktail écoeurant de bons sentiments, d’impuissance manifeste, pour mieux cautionner toutes les manœuvres politiciennes qui s’exercent en dernier ressort au profit des puissants, de ceux qui tiennent le fric et le gourdin… une ambiance qui nourrit tous les fascismes parce que personne ne croit plus à rien, ni aux cœurs en écharpe sans action, ni à une issue… Un peu à la manière de ce ministre italien qui donne la nationalité aux morts… Un clou chasse l’autre et chacun prend la pose pour illustrer le music hall des âmes nobles…


Au positif, les deux premier jours de la semaine sont désormais consacrés au retour aux études… ca fait du bien… ce qui est étonnant est à quel point les projets séduisant se bousculent, conférence autour de la Chine, voyage en Asie centrale avec une amie polyglotte (Russe, chinois et quelques dialectes locaux)… sans parler du voyage en Algérie et de ces études retrouvées… plus des propositions autour de cinéma et judaïsme… Il me faudrait pas mal de vie… sans parler des petits enfants qui tous les jours sortent une nouvelle histoire… Bref je sors la tête de l’eau sans pouvoir oublier mais en étant plus consciente de l’importance de la vie... »

 

Ce que j’écrivais il y a trois ans reste d’actualité, des deuils à répétition et des déceptions politiques, des petites trahisons minables, de l’inhumanité et de la bêtise, et la grande consolation des études. Aussi loin que remonte ma mémoire il en a toujours été ainsi, j’ai été et suis restée cette enfant solitaire que la lecture consolait d’un monde incompréhensible, peut-être parce qu’il ne cessait de m’attribuer des désirs qui n’étaient pas les miens. La seule question est pourquoi je me suis cru obligée de m’intéresser à ces gens pour lesquels il m’arrivait si fréquemment de n’avoir aucune estime. Je me retrouve assez bien dans l’attitude de Brecht, une espèce d’indifférence doublée d’une attention passionnée et exclusive à l’humanité, son histoire, son devenir, la manière créative dont elle exprime des besoins primaires, les mêmes et toujours différents, ce qu’on appelle des civilisations. Le socle humain, celui de tous ces silencieux, obstinés dans leur survie, les observer, les comprendre dans leur ténacité, leurs résistances, leurs drames secrets et leur capacité à changer la donne de ce qu’on croit la fatalité.

 

Aujourd’hui, je me suis réveillée en pensant au peuple haïtien, découvert il y a plus de dix ans et qui symbolise à mes yeux la révolte, le refus d’accepter la damnation et l’esprit de lutte qui leur fit vaincre (avec l’aide de la dysenterie) les armées napoléoniennes. Ce peuple rebelle, artiste, qui avait choisi le nom de Haïti pour marquer la filiation des esclaves déportés d’Afrique avec les indiens massacrés par les conquistadors.

 

En ce moment où je suis littéralement obsédée par la mémoire, le témoigne, la fiction et l’Histoire, à propos de Haïti je me dis que les maîtres du monde, les impérialistes dont mon pays fait plus que jamais partie, se conduisent comme ces propriétaires de meute. Quand une chienne de race avait été couverte par un bâtard, elle était exécutée parce qu’ils estimaient que son sang était vicié à jamais. Une nation née d’une  révolution est pour eux de ceux qui ont accepté de faire l’amour avec le peuple, avec ce qu’ils estiment la populace et ils savent que dans sa chair s’est inscrit à jamais le désir de liberté, de justice, le mépris de la servitude. Haïti n’en finit pas de payer sa révolte contre les maîtres esclavagistes. Il en de même aujourd’hui de la Russie, quelles qu’aient été les cautions qu’à la chute de l’URSS elle ait donné, rien n’y a fait, elle a été une jour couverte, elle a joui d’une espérance révolutionnaire. Cela ne lui sera pas pardonné.

 

Et ils n’ont pas tort parce qu’un peuple révolutionnaire a acquis à jamais la conscience du pouvoir des masses et ça c’est très dangereux…Vous me direz quel est le rapport entre l’histoire révolutionnaire de Haïti et un ouragan, phénomène « naturel » qui une fois de plus a frappé l’île? A Haïti il y a eu plus de 300 morts, et déjà le choléra menace. A Cuba, le même cyclone n’a fait aucun mort et les Cubains ont appris à  affronter les phénomènes dits « naturels ». Ce sont les Cubains d’ailleurs qui m’ont enseigné le respect pour le peuple haïtien et qui m’ont appris à ne rien attendre des maîtres esclavagistes, j’espère qu’ils n’oublieront jamais cette leçon.

 

C’est ce genre de chose qui m’importe aujourd’hui et les projets entamés avec Marianne qu’à l’époque je désigne sous le terme d’amie polyglotte se poursuivent, le voyage est pour moi le simple prolongement de ces après-midis dans les bibliothèques, silencieusement passés à assouvir une curiosité toujours en éveil pour une humanité dont il m’arrive au quotidien de désespérer.

 

Danielle Bleitrach

L’inquiétante apparition d’ouragans d’un type nouveau

L’inquiétante apparition d’ouragans d’un type nouveau

Notre ami Michel taupin ne décolère pas : ICI


Sur le site Le Grand Soir, il accuse les médias d’avoir occulté les efforts faits par les autorités cubaines (Raul Castro en tête, sur place) pour protéger la population devant l’ouragan Matthew qui a ravagé les Caraïbes. « 300 000 personnes ont été évacuées par bus, logées en dortoir et nourries par plateau repas dans les cantines ». Résultat : plus de 800 victimes de l’ouragan à Haïti, aucune à Cuba où les dégâts sont immenses (une ville entière a été rasée : Baracoa).

 

D’aucuns insinuent que, si Cuba avait eu 800 morts et Haïti aucun, les médias nous auraient dit deux mots sur l’incurie d’une dictature à bout de souffle face à un ouragan annoncé qui fonce tout droit.

 

Mais la vérité, que je tiens de météorologistes, c’est que l’ouragan a adopté un circuit incompréhensible qui ne laisse pas de les inquiéter (voir photo).

 

Théophraste R. (Chef du bureau d’étude qui cherche à déterminer si les médias, c’est du vent).

URL de cette brève 5194
http://www.legrandsoir.info/l-inquietante-apparition-d-ouragans-d-un-type-nouveau.html

Les médecins cubains sont prêts à porter secours aux victimes de Matthew dans les Caraïbes

Les médecins cubains sont prêts à porter secours aux victimes de Matthew dans les Caraïbes

 

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Les médecins cubains sont prêts à porter secours aux victimes de Matthew dans les Caraïbes

La Havane, 5 oct. (RHC).- Les médecins cubains qui prêtent leurs services en Haïti, en République Dominicaine et en Jamaïque ont confirmé leur disposition de porter secours aux victimes de l'ouragan Matthew.

 

Dans des déclarations à notre principal quotidien, le Dr Lorenzo Mojena, chef de la brigade médicale cubaine en Haïti, a confirmé la disposition totale de ses collègues «à travailler dans la prévention et le contrôle épidémiologique» car, a-t-il expliqué, les pluies ont rendu très complexe le panorama sanitaire déjà précaire.

 

De son côté, le Dr Hector Mustelier, chef de la brigade médicale cubaine en Jamaïque, a signalé que ses 209 collègues en poste dans ce pays ont répondu à l'appel des autorités sanitaires.

 

«Aujourd'hui, a-t-il signalé, toute la brigade reprend ses activités normales. Maintenant, la priorité est la promotion de santé et la prévention pour éviter les maladies qui risquent de proliférer après les pluies.»

 

Dans des déclarations à notre station de radio le Dr. Mojena, chef de la brigade en Haïti a signalé:

 

Nous entrons dans la phase de récupération après avoir souffert les affectations de cet ouragan puissant, qui nous a frappé de toute sa force. Il y a eu des inondations, des dégâts dans les maisons et l'infrastructure. Nous n'avons pas encore toute l'information sur les dommages provoqués par ce phénomène météorologique, mais par les communications que nous avons eu avec nos coopérants dans les diverses régions, nous savons que les dégâts sont considérables. Cet ouragan a été implacable. Nos centres sanitaires n'ont pas été épargnés, même si nous avions pris toutes les mesures possibles pour minimiser les pertes. Nous devons procéder à l'évaluation des dégâts pour commencer les travaux de la récupération, une fois que l'on pourra accéder à ces endroits, car les voies d'accès ont été sérieusement endommagées. Concernant nos coopérants, heureusement nous n'avons pas eu des morts ou de blessés à déplorer. Nous restons en communication avec eux même si parfois elles sont intermittentes. Les coopérants cubains n'ont pas arrêté de travailler. Ils ont prêté des services tout le temps durant le passage du cyclone. Les Haïtiens qui ont accouru dans les centres sanitaires au milieu du cyclone, ont reçu l'attention requise.

 

Edité par Francisco Rodríguez Aranega

 

source: http://www.radiohc.cu/fr/noticias/nacionales/107719-les-medecins-cubains-sont-prets-a-porter-secours-aux-victimes-de-matthew-dans-les-caraibes

 

« J’ai grandi avec des gens extraordinaires. » - Un entretien avec Aleida Guevara March

 

Aleida Guevara March est la fille de Che Guevara et Aleida March. Elle est médecin à l’Hopital Pédiatrique William Soler à la Havane, elle enseigne à l’Escuela Latina-Americana de Medicina et dans une école primaire, elle a travaillé comme pédiatre en Angola, en Ecuador et au Nicaragua, et en tant que membre du PC Cuba elle participe souvent à des événements à l’étranger. Elle a deux filles adultes et collabore étroitement avec le Centro de Estudios Che Guevara, qui est dirigé par sa mère et qui a publié plusieurs livres sur l’histoire de Cuba et d’Amérique Latine.

* * *

Dans les médias européens, nous nous attendons, l’année prochaine, à une campagne anticommuniste d’envergure à l’occasion de plusieurs « anniversaires » : 100 ans depuis la révolution d’Octobre, 50 ans depuis la mort du Che, plusieurs commémorations de l’histoire allemande. Déjà pour le 90e anniversaire de Fidel Castro, la revue Der Spiegel a retraité la vieille histoire d’une soi-disant confrontation entre lui et le Che, surtout basée sur la critique que votre père avait exprimé par rapport à l’Union Soviétique. Vous êtes habitués à ce genre de déformations, et nous aussi, mais est-ce que vous voulez quand-même dire quelque chose à ce propos ?

 

Quand Fidel et mon père se rencontrent au Mexique, mon père se joint à cette expédition avec Fidel à Cuba, à une condition, que si la révolution triomphe et s’il survit à la guerre, mon père aurait la possibilité de suivre son chemin. Au triomphe de la révolution, mon père devient un des hommes les plus importants dans la création de la société socialiste à Cuba. Mais les années passent et mon père souffre d’asthme aigu une maladie qui le ronge et il pense que le temps qu’il lui reste pour partager son expérience de guérillero pourrait être limité. Il commence à tâter le terrain en Argentine, mais le parti communiste argentin est contre. Puis Fidel lui présente une demande d’aide de la part d’un mouvement de libération congolais. Le résultat qu’on connaît sera l’envoi au Congo d’une brigade de volontaires cubains dirigée par mon père.

 

Quand mon père disparaît de la vue publique, les politiciens et les médias du monde capitaliste commencent immédiatement à diffuser des spéculations, telle cette prétendue confrontation entre Fidel et mon père et que sais-je. Comme le montrent les documents que nous avons publiés au fil du temps, il y a eu des consultations permanentes, pendant ces mois difficiles, entre mon père et Fidel, qui a soutenu la troupe avec tous les moyens disponibles.

 

Après que mon père s’est retiré du Congo, il se trouve à Prague, d’où il voulait se préparer pour le voyage en Amérique Latine. Mon père ne voulait pas retourner à Cuba, parce qu’il avait déjà officiellement dit au revoir au peuple cubain. Finalement, il est venu à Cuba en secret parce que Fidel avait réussi à le convaincre qu’à Cuba il trouverait des meilleures conditions pour ses préparations. Comme le montre son journal, en Bolivie également, mon père est resté en contact permanent avec « Manilla », c’était le mot de code pour Cuba, jusqu’à la fin.

 

En effet, dans son célèbre discours d’Alger, mon père avait formulé une critique des pays socialistes, parce que ceux-ci ne soutenaient pas assez les mouvements de libération. Fidel m’a confirmé que ce que mon père a dit là-bas correspondait parfaitement aux convictions des dirigeants cubains à l’époque.

 

Votre mère dirige le Centro d’Estudios Che Guevara, qui s’occupe des archives concernant l’histoire de votre père. Elle a quatre-vings ans passés. Comment est-ce qu’elle va, et est-ce qu’on peut s’attendre à d’autres publications ?

 

Ma mère est toujours très active. Elle va au centre tous les jours, conduisant sa voiture elle-même.

 

Jusqu’ici on a publié 16 titres en collaboration avec les éditions Ocean Sur et Ocean Press, ainsi que des comptes-rendus de conférences sur l’actualité de certains aspects de la vie du Che. Il y a plusieurs études en préparation, et un livre sur les voyages du Che en Afrique sortira bientôt.

 

Les autres personnalités de la révolution cubaine, avec qui vous avez grandi quand vous étiez enfant, comme Célia Sanchez, Vilma Espin, Haydée Santamaria et Melba Hernandez, comment ces femmes vous ont marqué ?

 

Ma mère, la personne la plus importante durant mon enfance, travailla dans la Federación de las Mujeres de Cuba dès le triomphe de la révolution, comme Célia, Vilma, Haydée et Melba. Alors, déjà, quand j’étais petite, je vivais avec toutes ces femmes. Pour moi elles étaient ma famille.

 

Célia avait un caractère fort, mais c’était une femme très juste. J’étais plus proche d’elle parce qu’elle n’avait pas d’enfants elle-même et elle s’est beaucoup occupée de ma demi-sœur, dont la mère était souvent sur les routes en tant que journaliste. Elle s’occupait de voir comment cela se passait à l’école et elle a fait en sorte que je sois plus proche de ma grande sœur. Nous vivions dans la même maison que Célia quand on a appris la mort de mon père. Célia m’a dit que ma mère m’attendait dans sa chambre, et me donnait un plat de soupe de maïs pour elle, un des plats préférés de ma mère. Un moment inoubliable, parce qu’à partir de cet instant je savais que je n’avais plus de papa, et Célia a été très liée à ce moment.

 

Vilma m’a considéré comme un enfant de plus de sa propre famille. Pour le plus petit des fils de Vilma et Raúl j’étais la grande soeur. Je jouais tout le temps avec lui, nous avons grandi ensemble, nous sommes sortis ensemble. Et tante Vilma, je l’ai toujours beaucoup aimé, comme Haydée d’ailleurs, que j’ai appris à admirer pour son engagement, sa détermination et sa spontanéité. Haydée était issue d’une famille humble, son éducation formelle se limitait à l’école primaire, mais elle s’était acquis un niveau extraordinaire de connaissances et de culture. Elle était peut-être la femme la plus intrépide de ces temps-là. Et elle a été capable, avec la création de l’institut culturel Casa de las Américas, de réunir tous les intellectuels d’Amérique Latine. Mais Haydée est restée marquée par la mort de son frère Abel, depuis qu’elle avait été capturée après l’assaut contre la Moncada et qu’on lui avait montré des parties du corps de son frère torturé. Elle a été très résistante durant toutes ces années, jusqu’à ce que ces choses la rattrapent et qu’elle se donne la mort.

 

Avec Melba, nous avons été ensemble pendant un bon moment, quand elle s’occupait de l’organisation de la Tricontinentale, et jusqu’à son départ comme ambassadrice au Vietnam. C’était une femme gentille, intelligente, active, très intégrée dans le processus révolutionnaire.

 

J’ai grandi avec des gens extraordinaires, réellement, des femmes très spéciales, qui parlent de la force du peuple cubain, de sa tendresse, de sa gentillesse, de sa solidarité. Je crois que j’ai eu le privilège d’avoir connu des personnes comme ça qui, c’est clair, te marquent. Elles t’enseignent à vouloir être un meilleur être humain. Et elles t’apprennent comme c’est important de respecter le peuple et d’être digne de ce peuple. Ces femmes, je crois que se sont les femmes les plus complètes que j’ai connues. Cette question, jamais on ne me l’avait posée. Je vous remercie pour cela, parce que c’est intéressant de faire connaître ces femmes. Elles sont les piliers de notre révolution, des guides pour toutes les femmes cubaines.

On dit que l’échange d’ambassadeurs ces derniers mois serait le premier pas vers une normalisation des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Mais quasi rien n’a changé au blocus contre Cuba. Quelles sont les perspectives ?

 

On ne peut pas parler de normalisation tant que le blocus et l’occupation de Guantánamo persistent. Jusqu’ici, il n’y a pas eu de changement fondamentale de la politique des Etats-Unis.

 

Le gouvernement des Etats-Unis a admis que l’objectif du blocus, la destruction du socialisme à Cuba, n’a pas été atteinte, et qu’il était temps « d’essayer autre chose », pour, comme ils disent, « rendre le peuple cubain plus indépendant du régime ».

 

Le blocus n’a pas réalisé ce que le gouvernement des Etats-Unis avait en tête, mais il a quand-même causé beaucoup de dégâts à l’économie cubaine. Selon des calculs, le blocus nous coûte chaque année près de dix pourcent du Produit National Brut. En tant que médecin je suis confrontée à ses conséquences tous les jours.

 

Il y a des médicaments et des instruments médicaux importants que nous devons obtenir à l’étranger et qui nous sommes refusés par les fabricants à cause du blocus. De ce fait, nous devons acheter des médicaments, qui sont déjà chers à la base, par le biais de parfois cinq intermédiaires, à des prix épouvantables. Parfois nous ne les obtenons pas à temps non plus à cause de cela. Ainsi nous sommes souvent obligés de travailler avec des produits inféode qualité inférieure. Dans mon hôpital une fillette de onze ans atteinte d’une hydrocéphalie a été opérée douze fois, parce que les cathéters qu’on a pu acheter étaient de si mauvaise qualité qu’on devait les changer tout le temps.

 

Evidemment, nous essayons le plus possible de fabriquer des médicaments nous-mêmes, bien que, dans ce cas également, des matières premières doivent être achetées à l’étranger. Dans les recherches médicales, nous nous focalisons sur les cancers, le diabète sucré et le SIDA, parce que ces maladies peuvent être mortelles. Immunologie et allergies sont aussi des domaines importants de recherche, parce que dans notre climat environs 14 pourcent des enfants ont des allergies.

 

Le blocus nous a forcé de développer des alternatives, pas seulement dans le domaine de la médecine. Par exemple dans l’agriculture, où nous n’utilisons plus d’engrais ni de pesticides. Dans les plantations de riz on utilise des petits poissons, qui mangent les bactéries et les parasites.

 

Malgré le blocus, la méthode accélérée d’alphabétisation développée à Cuba a déjà arraché dix millions d’adultes à l’analphabétisme dans le monde entier. Jusqu’ici, Operacion Milagro, le programme de soins contre plusieurs maladies des yeux a redonné ou amélioré la vue de sept millions de gens. Environs 30 000 médecins cubains travaillent en Afrique, en Asie et en Amérique Latine, 84 000 médecins de ces pays ont été formés à Cuba. Alors imaginez-vous, comment nous vivrions sans blocus. Avec le développement scientifique que nous avons atteint nous pouvons aider la moité de l’humanité.

 

Il y a cinq ans, un nouveau modèle économique a été introduit, avec le résultat que, depuis, près d’un demi million d’emplois ont été privatisés. Est-ce que vous pouvez dire quelque chose à propos des progrès de ce « programme d’actualisation » et des dangers de retomber dans des rapports de travail capitalistes ?

 

Depuis l’implosion de l’Union Soviétique, l’économie cubaine est devenue plus vulnérable aux difficultés économiques dans d’autres parties du monde, en particulier dans les pays du CELAC. Malgré le développement du tourisme et les efforts de substitution des importations, il y a un déficit énorme de devises, et le pouvoir d’achat moyen est en aucun rapport avec les salaires. Depuis vingt ans déjà, on essaye de différencier et d’augmenter les salaires en fonction des performances et des résultats. L’actualisation de l’économie, qui a été convenue il y a cinq ans, signifie le démantèlement et la réorganisation des lieux de travail non-productifs, en partie par la transformation en coopératives, en partie par la privatisation. Elle légalise également des structures qui existaient déjà et qui étaient plus ou moins tolérées, telle les coiffeurs, les menuisiers etc qui étaient organisés d’une manière privée. Ce programme concerne surtout le secteur des services, il ne touche pas beaucoup la production. Et de toute manière, les rapports de propriété dans les secteurs les plus importants sont exclus de ces mesures. Alors, dans l’éducation, la santé et la défense il n’y aura jamais la moindre privatisation parce que cela n’est pas du tout possible autrement. La santé est un droit humain, pas un commerce. Et l’éducation est une nécessité parce que seul un peuple instruit peut être un peuple libre. De ce fait, le programme d’actualisation est un programme limité, et, comme dans un laboratoire, les résultats sont constamment vérifié et, le cas échéant, adaptés ou corrigés.

 

Au 7me congrès du parti communiste en avril dernier, Raúl Castro a dit qu’il serait « le dernier dirigé par la génération historique, qui remettra les bannières de la révolution et du socialisme aux nouvelles pousses » – où sont ces nouvelles pousses dans le leadership du pays, est-ce que le congrès n’a pas aussi évoqué, par exemple, que le parti a besoin de plus de jeunes membres ?

 

L’âge minimum pour l’admission au parti est de 30 ans environ, et l’affiliation dépend des mérites de la personne dans sa communauté, qui doit l’élire également. Notre parti n’est pas un parti de masse mais il est sélectif. Il doit rassembler les meilleurs gens, parce qu’il a la fonction de contrôler que le pouvoir du peuple ne dévie pas des objectifs décidés.Des efforts sont faits pour admettre plus de femmes dans le parti. Ce qui m’intéresse plus c’est que les personnes servent réellement, et non qu’ils soient des hommes ou des femmes. Je crois, il y a encore beaucoup de choses que nous devons faire, surtout avec les jeunes, mais il y en a, même si nous sommes pas satisfaits de leur nombre et que nous devons faire beaucoup plus d’efforts dans cette direction.

 

Même si un jour le blocus contre Cuba est levé, l’impérialisme n’arrêtera pas d’encercler et d’essayer de détruire toute initiative anticapitaliste. Vous nous aviez dit, il y a quelques années (Junge Welt du 16 octobre 2010), que, dans ce rapport de forces, seulement la solidarité internationale d’une gauche unie pourraient faire basculer les choses. Qu’est ce que la gauche en Europe pourrait faire pour aider Cuba à maintenir les acquis de la révolution cubaine ?

 

Ce qu’elle a fait jusqu’ici. Rester solidaire avec Cuba, en premier lieu par respect, cela est fondamental. Ne pas toujours juger ce que l’on ne vit pas, avoir confiance dans le processus révolutionnaire et, si vous avez des doutes, s’il vous plaît, questionnez, nous répondrons, nous ne sommes pas infaillible, mais nous continuons d’essayer et de nous améliorer. Ce qui compte maintenant, c’est la lutte contre le blocus. Il doit cesser. Mais ce qu’il est aussi important pour nous, c’est que la gauche européenne parvienne à obtenir l’appui populaire nécessaire pour changer cette société. Ce qui nous aiderait le plus serait que la gauche se fraye un chemin dans les centres capitalistes, pour que nous puissions changer cette réalité ensemble. On doit tenir compte que sans nous, sans les peuples du tiers monde, vous ne survivrez pas. Cependant, il faut s’unir, chercher des liens d’unité. Il faut lutter contre tout type d’interférence entre les pays. Il faut lutter pour que l’argent des grandes puissances ne serve pas au terrorisme international. Par exemple, les agressions contre le peuple syrien sont soutenues avec de l’argent européen. Vous ne pouvez pas le permettre ! Vous ne pouvez pas permettre qu’on continue d’utiliser le territoire européen pour tramer et mener des guerres. Vous avez vécu deux guerres mondiales, la troisième sera la fin de l’humanité. C’est pour cela, quand la gauche en Europe pourra développer suffisamment de force pour changer cette réalité, à ce moment là nous pourrons avancer pour de vrai et réellement faire « un monde différent ».

 

Entretien mené par Ron Augustin.

Traduction de l’espagnol : Nina et Vladimir Augustin

Foto(s) : Marie Levaux

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VENEZUELA : L'ONU confirme que le Venezuela respecte les droits de l'homme

Publié par El Diablo

VENEZUELA : L'ONU confirme que le Venezuela respecte les droits de l'homme

VENEZUELA : L'ONU confirme que le Venezuela respecte les droits de l'homme

Caracas - Lundi 3 octobre 2016 - CCN. 

Par 88 voix pour et 21 contre, le Venezuela a obtenu jeudi au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU à Genève une autre victoire sur la droite.

 

A l'occasion de la 33° session du Conseil des Droits de l'Homme à Genève, le Paraguay a présenté une déclaration par laquelle il prétendait accuser la République Bolivarienne de violer ces droits fondamentaux.

Le représentant du Venezuela, l'ambassadeur Jorge Valero, a indiqué que cette déclaration a été élaborée par le Gouvernement des Etats-Unis et présentée par le Paraguay devant le Conseil.

« C'est un acte d’interventionnisme grossier. Une nouvelle tentative de l'empire, ratée, qui cherchait à éroder à l'ONU la légitimité du gouvernement de Nicolás Maduro Moros. Les plans interventionnistes contre le Venezuela à ce Conseil ont échoué, » a précisé Valero dans son intervention.

Pour sa part, la Mission Permanente du Venezuela devant les Nations Unies a informé sur son compte Twitter officiel que le Conseil de l'ONU a condamné la tentative du Paraguay, un pays qui, sous le gouvernement d'Horacio Cartes, menace continuellement la République Bolivarienne.

Ces attaques soutenues ont débuté au sein du Marché Commun du sud (MERCOSUR) quand c'était le tour du Venezuela d'assumer la présidence tournante de cet organisme régional avec des manœuvres de déstabilisation mises en marche par la Triple Alliance du Brésil, de l'Argentine et du Paraguay pour refuser de reconnaître le gouvernement légitime du président Nicolás Maduro et la légalité de la présence de ce pays dans le bloc.

L'ambassadrice de Cuba Anayansi Rodríguez a lu la déclaration de soutien au Gouvernement du Venezuela signée par les 54 pays du Groupe d'Afrique, les 21 pays membres de la Ligue Arabe, les Etats Membres de l'Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA) et des nations comme la Russie, la Chine, l'Inde et l'Iran, entre autres.

Pour sa part, la députée socialiste à l'Assemblée Nationale, membre du Bloc de la Patrie Tania Díaz a félicité le peuple vénézuélien pour avoir obtenu un nouveau triomphe international et une majorité évidente au vote au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU par 88 voix en faveur du Venezuela et à peine 21 voix qui prétendent continuer à suivre les orientations du Paraguay.

Les données :

Le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU est un organe inter-gouvernemental créé en 2006 qui a pour but de renforcer la promotion et la protection des droits de l'homme dans le monde.

SOURCE:

Chávez. L’homme qui défia l’histoire

Chávez. L’homme qui défia l’histoire

 

Cette biographie complète du commandant Hugo Chávez, écrite par un intellectuel vénézuélien reconnu, révèle les traits essentiels d’un personnage qui n’appartient pas seulement à la légende mais aussi à l’histoire de son temps.

 

Le lecteur est entraîné dans ce parcours exceptionnel, de la province de Barinas jusqu’aux plus hautes charges de la plus grande révolution d’après la guerre froide. Le portrait intime et politique rejoint ici l’épopée de la libération d’un peuple et de tout un continent.

 

514 pages

Référence : 978-2-37607-100-6

Chávez. L’homme qui défia l’histoire. Biographie

MODESTO E. GUERRERO

29 euros

Préface de Rémy Herrera, chercheur au CNRS, Centre d’Économie de la Sorbonne

 

Sur l’auteur :

Modesto Emilio Guerrero

 

Né à Paraguaná, Venezuela, en 1955. Journaliste et militant politique et social, député en 1982, il fut également représentant de l’Union nationale des travailleurs (UNT) jusqu’en 2006. En 2007, il a créé la section du parti chaviste PSUV à Buenos Aires. Son travail de diffusion de la pensée bolivarienne en Amérique latine l’a imposé comme une source d’informations reconnue pour la presse et les mouvements politiques et sociaux. Il est, entre autres, l’auteur de livres en espagnol Haiti, le dernier Duvalier, 1986. Panamá, Souveraineté et révolution, 1990. Reportages sur l’Amérique latine, 2007. Spécialiste des questions internationales, il écrit régulièrement pour le célèbre journal Página 12, de Buenos Aires et pour les revues Contra Editorial et Buenos Aires económico.

»» http://editionsdelga.fr/portfolio/modesto-e-guerrero/
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Les pétroliers brésiliens entament une grève contre les privatisations de l'actuel gouvernement

Les pétroliers brésiliens entament une grève contre les privatisations de l'actuel gouvernement

 

Publié le par anonyme

Les pétroliers brésiliens entament une grève contre les privatisations de l'actuel gouvernement

 

Brasilia, 29 septembre, (RHC).- Le Syndicat des pétroliers de l'État brésilien de Rio de Janeiro a commencé une grève indéfinie pour rejeter la rénovation de la convention collective de travail 2015-2017 et le démantèlement de Petrobras.

 

Le syndicat a fait savoir que la grève ne sera suspendue que lorsque l'entreprise donnera des réponses aux revendications des travailleurs comme le rajustement du salaire de base et une hausse de 10% des paiements.

 

Le syndicat n'appuie pas la proposition de la direction de Petrobras, de réduire de 50% la valeur des heures supplémentaires et de vendre des actifs pour payer la dette.

 

Edité par Tania Hernández

source: 

http://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/107196-les-petroliers-bresiliens-entament-une-greve-contre-les-privatisations-de-l'actuel-gouvernement

 

Washington tente de briser le BRICS - Le pillage du Brésil commence (New Eastern Outlook)

Washington tente de briser le BRICS - Le pillage du Brésil commence (New Eastern Outlook)

L’appareil à changer les régimes de Washington a pour le moment réussi à briser un maillon important dans l’alliance des grands pays émergents par un passage en force d’une destitution par le Sénat de la présidente dûment élue, Dilma Rousseff. Le 31 août, son vice-président Michel Temer a prêté serment comme président. Dans son premier discours en tant que président, Temer a cyniquement appelé à un gouvernement de « salut national », en demandant la confiance du peuple brésilien. Il a présenté des plans de réforme et a également signalé son intention de réviser les lois du système de retraite et du travail, et de réduire les dépenses publiques, autant de thèmes chers aux banques de Wall Street, du Fonds Monétaire International et leur Consensus de Washington. Maintenant, après moins de trois semaines en poste, Temer a dévoilé ses plans pour la privatisation en masse des joyaux de la couronne du Brésil, à commencer par le pétrole. Le pillage prévu du Brésil par Wall Street est sur le point de démarrer.

 

Il est important de garder à l’esprit que la Présidente Rousseff n’a pas été condamnée ni même formellement accusée d’un acte concret de corruption, même si le courant pro-oligarchie des médias du Brésil, dirigé par O’Globo Group du milliardaire Roberto Irineu Marinho, a mené une campagne de diffamation, créant les conditions du renversement de Rousseff par une mise en accusation formelle devant le Sénat. Le virage a eu lieu lorsque le parti d’opposition de Tremer, le PMDB, a brisé le 29 mars sa coalition avec le Parti des Travailleurs de Rousseff, tandis que des accusations de corruption liées à Petrobras liées étaient lancées contre Rousseff et l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva.

Le 31 Août, 61 sénateurs ont voté pour la destitution, tandis que 20 ont voté contre. La charge formelle était « manipulation du budget de l’Etat » avant les élections de 2014 pour cacher le montant du déficit. Elle nie avec véhémence l’accusation. En effet, le Sénat a publié son propre rapport d’experts qui a conclu qu’il n’y avait « aucune indication d’implication directe ou indirecte de Dilma » dans des manœuvres budgétaires illégales. Selon Associated Press, « des auditeurs indépendants embauchés par le Sénat du Brésil ont déclaré dans un rapport publié lundi que la présidente suspendue Dilma Rousseff n’a pas participé à la comptabilité « créative » dont elle avait été accusée lors de son procès de mise en accusation. » Dans le cadre d’un système honnête l’histoire se serait arrêtée là. Mais pas au Brésil.

 

En effet, elle a été mise en accusation pour le déclin dramatique de l’économie brésilienne, un déclin délibérément aggravé par des agences de notation de crédit américains tandis que les médias brésiliens et internationaux traditionnels faisaient leurs titres sur les allégations de corruption chez Petrobras. Fait important, le Sénat n’a pas interdit l’ex-présidente de toute fonction publique pour 8 ans malgré les souhaits de Washington, et elle a promis un retour sur électoral. Temer, commandé par Washington, a jusqu’à la fin de 2018 pour livrer le Brésil à ses maîtres avant la fin légal de son mandat.

 

Il faut rappeler que Temer lui-même a été accusé de corruption par les enquêtes sur la compagnie pétrolière d’état Petrobras. Il aurait demandé au chef de l’unité de transport de Petróleo Brasileiro SA de l’époque, en 2012, d’organiser des contributions de campagne illégales au parti de Temer qui menait une campagne soutenu par Washington pour évincer le Parti des Travailleurs de Rousseff. Puis, au mois de juin dernier, quelques jours seulement après sa prise de fonctions en tant que président par intérim, deux des propres ministres nommés par Temer, dont le ministre de la transparence, ont été contraints de démissionner suite aux allégations selon lesquelles ils cherchaient à détourner l’enquête sur la corruption massive chez Petrobras.

 

L’un des deux, Romero Juca, un très proche allié de Temer, a été enregistré en train de comploter la destitution de Dilma comme un moyen d’arrêter l’enquête sur la corruption Petrobras en cours, tout en indiquant que les militaires du Brésil, les médias, et les tribunaux étaient tous impliqués dans le complot visant la destitution.

 

En bref, la destitution de Dilma Rousseff et son Parti des Travailleurs après 13 ans de pouvoir au Brésil était une nouvelle forme de Révolution Colorée de Washington, que nous pourrions appeler un coup d’Etat judiciaire par des juges et des membres corrompus du Congrès. Sur les 594 membres du Congrès, selon le quotidien Globe and Mail of Toronto, « 318 font l’objet d’une enquête ou ont été accusés » alors que leur victime, la présidente Rousseff, « n’est elle-même accusée d’aucun délit financier. »

 

Le lendemain du premier vote de mise de mise en accusation à la Chambre basse au mois d’avril, un membre dirigeant du parti PSDP de Temer, le sénateur Aloysio Nunes, s’est rendu à Washington pour une mission organisée par le cabinet de lobbying Albright Stonebridge Group de l’ancien secrétaire d’Etat de Bill Clinton, Madeleine Albright. Nunes, en tant que président du Comité des relations étrangères du Sénat brésilien, a maintes fois préconisé que le Brésil se réoriente une fois de plus vers une alliance avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

 

Madeline Albright, directrice d’un des principaux think-tanks étasuniens, le Council on Foreign Relations, est également présidente du principal ONG derrière les « révolutions de couleur » du gouvernement des États-Unis, le National Democratic Institute (NDI). Vous ne trouvez rien de louche, là-dedans ? Nunes serait allé à Washington pour rallier un soutien à Temer et au coup d’Etat judiciaire contre Rousseff.

 

Du côté de Washington, un acteur clé, le bourreau politique de facto de Rousseff, était, une fois de plus, le vice-président Joe Biden, le ’Dick Cheney’ des sales coups de l’administration Obama.

 

Le voyage fatidique de Biden au Brésil

 

En mai 2013, le vice-président Joe Biden a effectué une visite fatidique au Brésil pour rencontrer la présidente Rousseff. En Janvier 2011, Rousseff avait succédé à son mentor du Parti des Travailleurs, Luis Inacio Lula da Silva, ou Lula, qui était limité à deux mandats consécutifs par la Constitution. Biden était allé au Brésil pour parler de pétrole avec le nouveau président. Les relations entre Lula et Washington s’étaient refroidies lorsque Lula a soutenu l’Iran contre les sanctions américaines et s’est rapproché économiquement de la Chine.

 

Fin 2007, Petrobras avait découvert ce qui a été estimé comme une gigantesque réserve de pétrole de haute qualité sur le plateau continental maritime brésilien dans le bassin de Santos. Au total, le plateau continental brésilien pourrait contenir plus de 100 milliards de barils de pétrole, ce qui transformerait le pays en une puissance pétrolière et gazière, chose que les géants pétroliers US Exxon et Chevron, aimeraient contrôler.

 

En 2009, selon une fuite de câbles diplomatiques US publiés par Wikileaks, le consulat américain à Rio a écrit que Exxon et Chevron ont essayé en vain de modifier une loi soutenue par le mentor et prédécesseur de Rousseff au sein du Parti des Travailleurs, le président Luis Inacio Lula da Silva. Cette loi de 2009 fait de Petrobras le chef-opérateur les blocs pétroliers offshore. Washington et les géants pétroliers US ne sont pas du tout heureux de perdre le contrôle sur la plus grande découverte potentielle de pétrole depuis des décennies.

 

Lula avait non seulement écarté ExxonMobil et Chevron de la position majoritaire en faveur de la Petrobras, mais il a aussi ouvert l’exploration pétrolière brésilienne pour la Chine, qui est depuis 2009 un membre central des pays en voie de développement du BRICS avec le Brésil, la Russie, l’Inde et l’Afrique du Sud.

 

En Décembre 2010, dans un de ses derniers actes en tant que président, Lula a supervisé la signature d’un accord entre l’entreprise énergétique brésilien-espagnol Repsol et la société Sinopec qui appartient à l’état chinois. Sinopec a formé une coentreprise, Repsol Brasil Sinopec, en investissant plus de $7,1 milliards dans Repsol Brésil. Déjà en 2005, Lula avait approuvé la formation de Sinopec International Petroleum Service of Brazil Ltd dans le cadre d’une nouvelle alliance stratégique entre la Chine et le Brésil.

 

En 2012, lors d’un forage d’exploration en commun, Repsol Sinopec Brasil, le norvégien Statoil et Petrobras ont fait une nouvelle découverte majeure dans Pão de Açúcar, le troisième dans le bloc BM-C-33, qui comprend Seat et Gávea, ce dernier étant l’un des 10 plus importantes découvertes au monde en 2011. Les grandes compagnies pétrolières étasuniennes et britanniques n’étaient pas visibles dans les parages.

 

La tâche de Biden était de sonder le successeur de Lula, Rousseff, pour revenir sur l’exclusion des grandes compagnies pétrolières US en faveur des Chinois. Biden a également rencontré quelques unes des principales sociétés d’énergie au Brésil, y compris Petrobras.

 

Bien que peu a été dit publiquement, Rousseff a refusé de modifier la loi sur le pétrole de 2009 d’une manière qui aurait satisfait Biden, Washington et les compagnies pétrolières US. Quelques jours après la visite de Biden, les révélations de Snowden qui montraient que la NSA et les Etats-Unis avaient également espionné Rousseff et de hauts responsables de Petrobras. Elle était livide et a dénoncé l’administration Obama au mois de septembre devant l’Assemblée générale de l’ONU pour avoir violé le droit international. Elle a annulé une visite prévue à Washington en signe de protestation. Après cela, les relations entre les Etats-Unis et le Brésil se sont sérieusement dégradées.

 

Après ses pourparlers de mai 2013 avec Rousseff, Biden lui a clairement donné le baiser de la mort.

 

Avant la visite de mai 2013 de Biden, Dilma Rousseff avait une cote de popularité de 70%. Moins de deux semaines après le départ de Biden, des manifestations nationales par un groupe très bien organisé appeléMovimento Passe Livre, sur une augmentation des tarifs de bus de 10 centimes, ont pratiquement paralysé le pays et devinrent très violentes. Les protestations portaient la marque d’une « révolution de couleur » avec des déstabilisations via les médias sociaux qui semblent suivre Biden partout où il passe. En quelques semaines, la popularité de Rousseff est tombée à 30%.

 

Washington avait clairement envoyé un signal que Rousseff devait changer de cap ou faire face à de graves problèmes. La machine à changer de régime de Washington, y compris la totalité de sa gamme d’opérations de guerre financières allant d’un audit fuité de PwC sur Petrobras à la dégradation du Brésil par l’agence de notation de crédit Standard & Poors de Wall Street en Septembre 2015, est entrée en action pour éliminer Rousseff, un bailleur de fonds clé de la Nouvelle Banque de Développement du BRICS et d’une stratégie de développement national indépendant pour le Brésil.

 

La vente des joyaux de la Couronne

 

L’homme qui a personnellement manoeuvré pour s’emparer de la présidence, le corrompu Michel Temer, a travaillé pendant tout ce temps comme informateur pour Washington. Dans les documents publiés par Wikileaks, il a été révélé que Temer était un informateur de renseignement américain depuis au moins 2006, par l’intermédiaire de télégrammes à l’ambassade des États-Unis au Brésil classifiés par l’ambassade comme « sensibles » et « pour usage officiel seulement. »

 

L’homme de Washington au Brésil, Temer, n’a pas perdu de temps pour apaiser ses parrains de Wall Street. Même en tant que président par intérim en mai, Temer a nommé Henrique Meirelles Ministre des Finances et de la Sécurité sociale. Meirelles, ancien président de la Banque centrale brésilienne et instruit à Harvard, a été président de BankBoston aux Etats-Unis jusqu’en 1999, et travaillait pour cette banque en 1985 lorsqu’il a été reconnu coupable d’avoir omis de déclarer $1,2 milliards de transferts de fonds illégaux vers des banques suisses. Meirelles supervise actuellement la vente massive prévue des « joyaux de la couronne » du Brésil aux investisseurs internationaux, un mouvement destiné à diminuer gravement le pouvoir de l’État dans l’économie. Un autre des conseillers économiques clés de Temer est Paulo Leme, ancien économiste du FMI et maintenant Directeur Général des Recherches sur les Marchés Émergements de Goldman Sachs. Wall Street est centre du pillage économique du Brésil mené par Tremer.

 

Le 13 Septembre, le gouvernement Temer a dévoilé un programme de privatisation massive avec un commentaire cyniquement trompeur, « Il est clair que le secteur public ne peut pas avancer seul sur ces projets. Nous comptons sur le secteur privé. » Il a omis de préciser que le secteur privé dont il parlait était celui de ses parrains.

 

Temer a dévoilé des plans qui aboutiraient à la plus grande privatisation du pays depuis des décennies. Idéalement, le processus doit être achevé d’ici la fin de 2018, juste avant la fin du mandat de Temer. L’influent Conseil des Affaires Etats-Unis-Brésil a détaillé la liste des privatisations sur son site Internet. Le Conseil des Affaires Etats-Unis-Brésil a été fondé il y a quarante ans par Citigroup, Monsanto, Coca-Cola, Dow Chemicals et d’autres multinationales US.

 

Des appel d’offres pour le premier tour des concessions seront émis avant la fin de cette année. Ils comprendront la privatisation de quatre aéroports et deux terminaux portuaires, tous vendus aux enchères au cours du premier trimestre de 2017. D’autres concessions comprennent cinq autoroutes, une ligne de chemin de fer, des enchères sur de petits blocs de pétrole et ensuite sur les grands blocs d’exploitation pétrolière, principalement au large des côtes. En outre, le gouvernement va vendre des certains actifs actuellement contrôlés par son Département de Recherches Minières plus six distributeurs d’électricité et trois installations de traitement de l’eau.

 

Le cœur de son projet de privatisation sont, sans surprise, les compagnies pétrolières et gazières de l’Etat très convoitées par Joe Biden ainsi que des pans de la compagnie d’électricité de l’État Eletrobrás. Temer prévoit d’obtenir jusqu’à $24 milliards de cette vente massive. $11 milliards du total proviendront de la vente de titres clés dans le pétrole et de gaz. Bien sûr, lorsque les actifs de l’Etat tels que les énormes ressources pétrolières et gazières sont vendues à des intérêts étrangers dans ce qui sera à l’évidence une vente au rabais, ils ne peuvent être vendus qu’une seule fois. Le pétrole, le gaz ou des projets d’énergie électrique génèrent un flux de revenus constant qui s’élève à plusieurs fois les gains obtenus par une privatisation. C’est l’économie du Brésil qui sera l’ultime perdant dans cette privatisation. Les banques et les multinationales de Wall Street seront bien sûr, comme prévu, les gagnants.

 

Du 19 au 21 Septembre, selon le site du Conseil des Affaires Etats-Unis-Brésil, les principaux ministres du gouvernement brésilien pour les infrastructures dont le ministre Moreira Franco ; le Ministre Fernando Bezerra Coelho Filho, ministre des Mines et de l’énergie ; et le ministre Mauricio Quintella Lessa, ministre des Transports, Ports et de l’Aviation civile, seront à New York pour rencontrer des « investisseurs en infrastructure. » de Wall Street.

 

C’est la méthode de Washington, la méthode des Dieux de l’Argent de Wall Street [Wall Street Gods of Money], pour reprendre le titre d’un de mes livres. Tout d’abord, détruire toute volonté de dirigeants nationaux déterminés à oeuvrer pour un véritable développement national, tels que Dilma Rousseff. Les remplacer par un régime vassal prêt à faire n’importe quoi pour l’argent, y compris vendre les joyaux de la couronne de leur propre pays comme l’ont fait des gens comme Anatoli Tchoubaïs en Russie dans les années 1990 sous la « thérapie de choc » de Boris Eltsine. Comme récompense pour son comportement, Tchoubaïs siège au conseil consultatif de JP MorganChase. Ce que Temer et ses associés obtiendront pour leurs efforts reste encore à découvrir. Washington pour l’instant a brisé un des BRICS qui menaçait son hégémonie mondiale. Si l’histoire récente peut servir de leçon, il est peu probable que cela soit un succès durable.

 

William Engdahl F

Traduction "filhos da puta" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

»» http://journal-neo.org/2016/09/24/washington-tries-to-break-brics-rape...
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Brésil : Lula combat pied à pied les accusations d’un procureur évangélique qui en appelle à Dieu

 

Le procureur fédéral Dallagnol décrit l’ancien président Lula comme le « commandant en chef » de la corruption. Problème : il n’a pas de preuves. Après la destitution de Dilma Rousseff, l’offensive de quelques magistrats contre Lula résonne comme un nouvel épisode de la tourmente politique qui déchire le pays.

On savait l’ex-président Luiz Inacio da Silva dans la ligne de mire. Mercredi 14 septembre, le procureur de Curitiba Deltan Dallagnol a donné à l’expression son sens le plus littéral en faisant défiler devant les journalistes une série de graphiques en forme de cible, avec Lula au centre. Dirigeant au sein du ministère public fédéral l’enquête sur le gigantesque réseau de corruption au sein de la compagnie publique pétrolière Petrobras, il appuyait ainsi sa demande d’inculpation de l’ex-président pour corruption et blanchiment d’argent.

 

Concrètement, Deltan Dallagnol a affirmé que Lula avait reçu 3,7 millions de réais (1 million d’euros au taux actuel) sous forme d’avantages en nature de l’entreprise de construction OAS, une des principales impliquées dans les détournements de Petrobras. Il aurait notamment bénéficié d’un appartement triplex et de sa rénovation.

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Le procureur présente ses graphiques qui placent Lula au centre d’un réseau de corruption.

Cette accusation surgit deux semaines après la destitution controversée de la présidente Dilma Rousseff – qui a succédé à Lula en 2011 – par le Sénat, destitution considérée par beaucoup comme un coup d’État institutionnel. Depuis, Michel Temer, jusqu’alors vice-président, est à la tête du gouvernement, avec la bénédiction de la droite et d’une large partie des médias.

 

Ce sont les seuls éléments transmis au juge Sergio Moro, en charge de l’enquête sur Petrobras surnommée « Lava-Jato » (Kärcher), qui devra décider d’inculper ou non Lula. Mais durant la conférence de presse, le procureur est allé plus loin. Taxant Lula de « commandant en chef » de la corruption de Petrobras, Dallagnol a affirmé qu’il avait, durant ses deux mandats (2003-2010), mis sur pied une« propinocracia », un néologisme en portugais équivalent à « corruptocratie » ou « République du pot-de-vin ». Le chef d’État le plus populaire de l’histoire du Brésil serait en réalité « le maestro d’un orchestre dédié à vider les coffres publics ».

 

La « propinocracia », selon le procureur, fonctionnait de la sorte : Lula nommait des cadres à des postes de décision dans les grandes entreprises publiques. Il leur demandait ensuite de détourner des fonds avec trois objectifs. Premièrement, pour obtenir du Congrès qu’il vote les projets de loi, les fonds permettant d’acheter les parlementaires. Deuxièmement pour obtenir la « perpétuation » du Parti des travailleurs au pouvoir. Enfin, pour s’enrichir personnellement. Petrobras ne serait pas seul en cause. D’autres groupes publics, comme Electrobras ou la banque Caixa Economica, auraient fait l’objet d’un pillage organisé par le PT.

 

Dallagnol a, pour soutenir sa thèse, longuement discouru sur les problèmes du système politique brésilien, un présidentialisme appuyé sur des coalitions parlementaires. Ce système contraint le chef d’État à faire des accords avec plusieurs partis et le pousserait donc à la corruption, assure le procureur. La leçon de sciences politiques reposait, a-t-il avoué, surtout sur des convictions. « Lula se trouvait en haut de la pyramide et, sans son pouvoir de décision, ce réseau de corruption aurait été impossible », a assené le procureur de 36 ans.

 

Le problème est que Deltan Dallagnol a reconnu qu’il n’avait aucune preuve matérielle pour soutenir sa théorie, si ce n’est de s’en remettre aux réseaux d’amitié de l’ex-président et à l’idée que se fait le magistrat de ce qu’est la puissance d’un chef d’État. Dallagnol n’a pas non plus réussi à démontrer que Lula et sa femme, également accusée, étaient propriétaires du fameux appartement triplex. La défense du couple s’est empressée de réaffirmer, comme elle le fait depuis des mois, que l’ex-président n’avait jamais acquis l’appartement, taxant la charge du procureur de « tour de prestidigitation » et de« farce ».

 

Les réseaux sociaux se sont aussitôt emparés des propos de Dallagnol, les résumant en une phrase : « Je n’ai pas de preuves, mais des convictions », pour les détourner avec humour (« Je suis Jésus, je n’ai pas de preuve mais des convictions », « Elvis est vivant », etc.). Le texte du procureur a également laissé bouche bée la majorité des analystes, à l’image de Paulo Peres, professeur de sciences politiques à l’Université du Rio Grande do Sul. « Il est incroyable que le ministère public agisse de la sorte ; déclarer ne pas avoir de preuve mais la conviction que Lula est coupable, c’est remettre en cause toute la crédibilité de l’institution », déclare-t-il. « C’est le résultat d’une prise de parti politique sans la moindre pudeur, ou encore d’un sentiment de messianisme complètement fou », ajoute-t-il.

 

L’universitaire fait référence au fait que le procureur se présente avant tout comme un« adorateur de Jésus ». Il a expliqué à maintes reprises dans des entretiens à la presse que le fait d’être un évangélique était une motivation supplémentaire dans la lutte contre la corruption, tant l’aide de Dieu était nécessaire.

 

Pour Paulo Peres, « Lula est victime d’une persécution judiciaire sans preuve ou avec des indices plutôt fragiles ». La prise de position du procureur n’est pas une nouveauté dans le milieu des magistrats. En mars, le juge Sergio Moro avait déjà démontré être un ennemi juré de l’ex-président en divulguant à la presse les écoutes d’un échange avec Dilma Rousseff. Par la suite, le juge, très populaire pour avoir eu le courage de jeter en prison des hommes politiques et des patrons des plus grandes entreprises du pays, a vu sa crédibilité remise en question. Alors qu’il s’acharnait sur le Parti des travailleurs (PT), il a, depuis le début de l’enquête, il y a trente mois, ignoré les preuves et les indices qui se sont accumulés contre les opposants du gouvernement. « Donner autant de pouvoir à des agents de l’État démontrant si peu d’équilibre et de sens de la justice est préoccupant. Notre démocratie est toujours sur pied, mais elle est titubante », ponctue Paulo Peres. 

 

La conférence de presse du ministère public a également fait grincer les dents à droite, certains craignant qu’elle permette à Lula de redorer son blason. C’est le cas de l’éditorialiste du très conservateur magazine Veja, Reinaldo Azevedo, connu comme l’auteur du néologisme « PeTralha », un jeu de mots qui désigne les membres du PT en les qualifiant de bandits détournant l’argent public au nom d’une idéologie. « Je ne suis pas juge et je suis convaincu que Lula a commis des crimes, et qu’il est à la tête du système de corruption de Petrobras. Mais il me paraît inadmissible qu’une accusation d’une telle gravité soit portée au public sans preuve, à peine comme une opinion », a écrit le journaliste honni par la gauche. « Les avocats de Lula insistent sur le fait que leur client est victime d’un complot politique. Le spectacle du procureur les aide à soutenir cette thèse mensongère », a-t-il déploré.

 

« Prouvez ma corruption et j’irai à pied me livrer à la police »

 

L’ex-président a dénoncé dans une longue déclaration ce jeudi 15 septembre les effets« pyrotechniques » du ministère public. La voix rauque et le charisme intact, Lula a réaffirmé que le seul objet de l’accusation était de l’empêcher d’être candidat en 2018. S’il était inculpé puis condamné par Sergio Moro, et si cette sentence était approuvée de façon collégiale par d’autres juges, il serait en effet déclaré inéligible pour huit ans. Ci-dessous, la déclaration de l’ex-président Lula, jeudi :

© Rede TVT

 

« Prouvez ma corruption et j’irai à pied me livrer à la police », a-t-il déclaré, les larmes aux yeux, assurant que sa chute ne serait qu’un épisode dans la stratégie de la droite pour reprendre le pouvoir sans passer par les urnes, où elle est défaite depuis 2002. « Ils ont nommé Michel Temer, destitué Dilma Rousseff et maintenant ils veulent détruire la vie politique de Lula », a-t-il martelé. Prenant à témoin son passé d’enfant dans la misère, d’ouvrier métallurgiste puis de président populaire, l’ex-leader syndical a conclu qu’il était « victime de la haine des élites », rendues furieuses par le succès de ses politiques sociales qui ont sorti près de trente millions de Brésiliens de la pauvreté.

 

Les larmes de Lula « soulignent l’état émotionnel d’un politique qui se sent poursuivi, et qui tient à défendre son héritage historique », note Fabio Malini, de l’Université fédérale d’Espirito Santo. Ce sont peut-être aussi les larmes d’un homme acculé, qui n’a pas saisi à quel point il est politiquement responsable de la situation dans laquelle il se trouve – et le Brésil aussi.

 

Plus que le présidentialisme de coalition mis en avant par le procureur Dallagnol, c’est en effet le financement du système électoral qui est à l’origine de la corruption généralisée, à droite comme à gauche. Si la responsabilité directe et l’enrichissement de Lula ne sont pas prouvés, il est clair que les campagnes électorales de son parti, le PT, ont eu des sources illicites. Comme celles de toutes les formations électorales d’ailleurs, notamment le PMDB (Parti du mouvement démocratique brésilien) de Michel Temer et le PSDB (Parti de la sociale-démocratie brésilienne) d’Aécio Neves, candidat malheureux contre Dilma Rousseff en 2014. Les deux hommes ont été dénoncés pour corruption ces dernières semaines sans pour autant faire l’objet d’aucune poursuite par le juge Sergio Moro.

 

Or Lula avait la force politique de remettre en cause ce mode de financement et le système politique en général. Début 2006, alors qu’il était réélu et plus populaire que jamais, il aurait pu remettre en cause une politique d’alliance avec des partis conservateurs. « S’il ne l’a pas fait, c’est surtout par conviction qu’un large accord était la meilleure façon de gouverner le Brésil », pense Fabio Malini. Lula a continué jusqu’au dernier moment à croire à l’efficacité de ces accords en coulisses avec des élus du Congrès, même les moins fréquentables. La veille de la destitution de Dilma Rousseff, il tentait encore de convaincre des sénateurs de ne pas voter pour sa destitution. Le 31 août, le jour de la chute de Rousseff, Lula était certes présent lors du discours d’adieu de sa dauphine dans la résidence présidentielle. Mais à plusieurs mètres, comme pour s’en distancier, et commencer déjà à négocier son propre futur.

 

Les errances dans les alliances ne sont pas seulement partisanes. Lula n’a pas hésité pendant des années – et Dilma Rousseff dans la foulée – à tourner le dos à ses électeurs pour courtiser des pasteurs évangéliques médiatiques, leur permettant ainsi d’accroître leur assise politique. Droit à l’avortement, droits des homosexuels… les promesses progressistes du PT ont été oubliées pour gagner les faveurs des députés et sénateurs évangéliques et obtenir leur bulletin lors de votes stratégiques au Congrès. Ce sont aujourd’hui les plus acharnés contre Lula, le PT et la gauche en général. Et le procureur Dallagnol relaie ces visions haineuses. « Ma cosmovision chrétienne fait que je crois que nous avons une fenêtre d’opportunité, que Dieu a ouvert la porte au changement. Si l’église lutte pour cela, Dieu répond », a-t-il affirmé, appelant la population à être le bouclier de la justice.

 

La mise en scène de l’accusation de Lula vient souligner un autre de ses grands échecs, celui de la démocratisation du paysage médiatique. La presse reste tenue par une poignée de familles, une concentration inacceptable dans la majorité des démocraties. Quelques entreprises concentrent tous les moyens de communication, et sont possédées plus ou moins directement par des hommes politiques ou des leaders religieux. L’ex-président ne s’est jamais attaqué à cette situation, pariant encore une fois sur sa capacité à pactiser avec les patrons de la presse, au mépris de leurs liens historiques avec l’oligarchie brésilienne, y compris à l’époque de la dictature.

 

« Juridiquement, l’accusation du procureur est plus que faible, mais d’un point de vue médiatique, elle a un impact désastreux », souligne Fabio Malini. « Si les réseaux sociaux ont rapidement tourné en ridicule les propos du procureur, la grande presse, et notamment la télévision, a ignoré ces critiques, se bornant à présenter Lula comme le chef de la corruption », poursuit-il. Coordinateur du Laboratoire d’études d’image et de cyberculture (http://www.labic.net/) de son université, Fabio Malini insiste sur l’illusion que peuvent donner les pages Facebook des militants de gauche, démontrant que Lula est victime d’une cabale de la part d’un ministère public partisan. « Pour le peuple, il n’y a qu’une narration disponible et répétée à longueur de journée, celle de Lula bandit. » Or l’enjeu pour la droite est justement de détruire l’image de l’ex-président auprès des plus pauvres, pour qui il reste la seule référence politique et qui est aujourd’hui sa principale base.

 

Une reprise en main du pouvoir par les oligarques

 

La question des médias est désormais centrale. Il est en effet probable que Sergio Moro accepte la demande d’inculpation du ministère public, puis le condamne, mettant un point final à la vie politique de l’ex-président. Seul un soulèvement populaire pourrait enrayer ce scénario. « Lula n’est pas Dilma, il est très présent dans l’imaginaire politique, si la population est convaincue d’une injustice, elle réagira », parie Fabio Malini. Pour lui, il ne s’agit pas seulement de mobiliser les sympathisants du PT, des syndicats et des mouvements sociaux traditionnels (sans-terre, SDF, etc.), mais bien au-delà. « Pour beaucoup de Brésiliens, la question n’est plus seulement l’innocence ou la culpabilité de Lula, mais la sensation que pour la justice, il y a deux poids deux mesures, ce qui est inacceptable dans une démocratie », dit-il. L’enjeu est donc de parvenir à construire et diffuser une narration opposée à celle imposée par les principaux médias.

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Le procureur fédéral de Curitiba Deltan Dallagnol, un évangéliste qui appelle Dieu à nettoyer le Brésil

« Il y a une carte à jouer pour la gauche, car les mouvements de droite, en cooptant le gouvernement, ont quitté la rue », poursuit Fabio Malini. Les manifestations réunies autour du slogan “Fora Temer” (“Dehors Temer”) se sont multipliées dans le pays. Les cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques et para-olympiques ont permis au monde entier de voir le nouveau président du Brésil hué par la foule. Ses ministres ne parviennent jamais à terminer une réunion publique sans être traités de « golpistas », soutiens du coup d’État par une bonne partie de l’audience. Au cinéma, au théâtre, le public scande aussi “Fora Temer”

 

Dans ce contexte, le président risque d’avoir de plus en plus de mal à gouverner. « Certes, la majorité de la population voulait le départ de Dilma, mais une fois satisfaits, certains ne vont-ils pas se retourner contre Temer ? » interroge Paulo Peres. Les déclarations d’intention du gouvernement – rendre les contrats de travail plus précaires, éliminer une partie de l’allocation chômage, rallonger la journée de travail à 12 heures et repousser l’âge de la retraite à 75 ans – ont semé l’effroi auprès d’une partie de ceux qui soutenaient la destitution de Dilma Rousseff il y a encore quelques semaines. Sans compter les difficultés à gouverner un Brésil en pleine récession. Les gouverneurs rivalisent en chantage pour obtenir des aides financières de l’État fédéral – celui de Rio de Janeiro est par exemple à la veille de la banqueroute – et les partis sans idéologie, qui se vendent au plus offrant, pourraient rapidement quitter le navire s’ils n’obtiennent pas des incitations sonnantes et trébuchantes. 

 

Reste enfin le danger Eduardo Cunha. L’ex-président du parlement a été déchu de son mandat à une large majorité la semaine dernière. La sentence est tombée très tardivement, tant il a été protégé par le système politique en dépit des preuves de corruption et d’enrichissement, incluant des comptes millionnaires et jamais déclarés en Suisse. Comptant parmi les politiques les plus habiles du paysage brésilien, Cunha a rapidement rappelé que Michel Temer lui devait son poste, puisque c’est lui qui a initié le processus de destitution de la présidente, une des prérogatives de son poste. « Cunha est devenu une bombe ambulante », remarque Paulo Peres. « Si lui ou son épouse sont atteints par la justice, il pourrait décider de proposer à la justice de tout dire en échange d’une réduction de peine, ce qui pourrait faire exploser une partie de la classe politique et du patronat », poursuit-il.

 

Le cocktail agitation sociale, mécontentement des politiques pas assez choyés à leur goût, délations de toutes parts et interventions de divers acteurs de la police fédérale et de l’appareil judiciaire, alors que la croissance vient de reculer pour le sixième trimestre consécutif et que le chômage a dépassé les 11 %, engendre un climat d’instabilité dont nul n’ose prévoir les conséquences. Le gouvernement Temer parviendra-t-il à terminer le mandat théorique de Dilma Rousseff, fin 2018 ? Tiendra-t-il seulement jusqu’à la fin de l’année ? Si le président en place démissionne d’ici au 31 décembre 2016, la constitution exige que de nouvelles élections soient aussitôt organisées. Cette possibilité galvanise une partie des Brésiliens, notamment les jeunes de la classe moyenne et les mouvements sociaux. Elle n’est néanmoins appuyée que du bout des lèvres par la gauche institutionnelle, notamment le PT, qui espère plutôt voir arriver un gouvernement Temer déliquescent à l’élection de 2018 pour avoir ses chances.

 

« Le paysage politique est congelé », résume Fabio Malini. « Le coup d’État institutionnel a organisé la reprise en main du pouvoir par les oligarques, ce qui d’une certaine façon a mis fin à la Nouvelle République, comme on surnommait le système en place. Toutefois, même s’ils font la loi et imposent un agenda néolibéral, aucun nouveau cycle politique ne s’est ouvert », ajoute-t-il.

 

Les candidats éventuels pour la présidence en 2018 sont Lula à gauche, Marina Silva avec un public sensible aux questions écologiques mais néanmoins lié aux élites économiques, et les traditionnels leaders de la droite comme José Serra (ministre des affaires étrangères de Michel Temer) ou Geraldo Alckmin (gouverneur de l’État de São Paulo). Ce sont les mêmes noms depuis les années 1990… Un désespoir pour la population brésilienne qui a démontré son ras-le-bol de la corruption et d’un État au service d’une poignée de puissants, sourds à ses demandes.

 

Lamia OUALALOU

»» https://www.mediapart.fr/journal/international/160916/bresil-lula-comb...
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Amérique latine, un seul mot d’ordre : résister !

 

Suite à la révolution bolivarienne, initiée par le commandant Hugo Chavez au Venezuela en 1998, puis ensuite, suivant différentes voies dans la plupart des pays sud américains, il s’est développé de puissants mouvements sociaux et de groupements politiques d’une nouvelle gauche qui ont conduit à l’établissement de gouvernements démocratiques avec un très fort soutien populaire.

Dans la Bolivie d’Evo Morales, en Equateur sous la conduite de Rafael Correa, au Brésil durant les présidences de Luiz Inacio Lula da Silva et de Dilma Rousseff, dans l’Argentine des présidents Néstor et Cristina Kirchner, mais aussi en Uruguay sous le gouvernement de José « Pepe » Mujica, au Paraguay pendant la présidence de Fernando Lugo et naturellement au Venezuela dirigé par Nicolas Maduro. Ce sont dans ces pays qu’ont été réalisées des transformations inédites en Amérique Latine et surtout ces présidences populaires ont déplacé les élites traditionnelles de la conduite des destinées nationales.

Dans la diversité des particularités, propre à chaque culture et nationalité, tous ces mouvements et gouvernements représentatifs se sont unis sous le drapeau de l’indépendance face à l’Empire, en opposition des politiques néolibérales imposées par le FMI dans la région, et en lutte contre les oligarchies locales qui ont perpétué la domination impériale, l’exclusion sociale, l’inégalité et la misère épouvantable de larges couches des milieux populaires.

Actuellement et depuis les coups d’État « souples » ou institutionnels contre le président élu Manuel Zelaya, au Honduras en 2009, puis contre le président également élu par son peuple, Fernando Lugo du Paraguay en 2012 et surtout après le coup d’État médiatique et judiciaire contre la présidente légitime du Brésil, Dilma Rousseff ; la « guerre économique » et les essais putschistes de la droite vénézuélienne contre le gouvernement bolivarien de Maduro, l’escalade anti populaire et répressive contre les mouvements sociaux, entreprise par le gouvernement de Mauricio Macri en Argentine, on assiste à un retour en force de la droite oligarchique et de l’Empire sur la scène sud-américaine.

La révolution sociale et politique en Amérique Latine, ainsi que le mouvement bolivarien, se trouvent confrontés à des heures difficiles mais sont loin de laisser perdre les droits acquis à une vie plus libre, fraternelle et égalitaire.

Résistons donc, à cette avancée droitière et impérialiste contre les peuples !

Alberto Ruano & Bernard Tornare

Information : un nouveau blog multilingue intitulé "Resistencias del Sur - Résistances du Sud - Resistências do Sul" va être publié prochainement. Il sera consacré à la diffusion d’informations, à l’analyse et aux débats concernant les problèmes relatifs à la situation et au devenir des processus d’émancipation nationale des peuples de l’Amérique Latine.

»» http://b-tornare.overblog.com/2016/09/amerique-latine-un-seul-mot-d-or...
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Un appel de Jean Ortiz, via L’Humanité et Le Grand Soir Ne laissons pas seul le Venezuela

Un appel de Jean Ortiz, via L’Humanité et Le Grand Soir
Ne laissons pas seul le Venezuela
 

 

Vendredi, 9 Septembre 2016.


Communiste et démocrate français, j’appelle tous les progressistes à ne pas abandonner la révolution chaviste, ses acquis, sa souveraineté nationale, son anti-impérialisme, sa vision et son rôle continental. « ¡Venezuela no está sola ! ».

Certes la révolution, dans un pays où domine encore le secteur privé, a commis des erreurs, tâtonné, pour les uns elle n’est pas allée aussi vite et aussi loin qu’ils l’auraient souhaité, pour les autres elle aurait brûlé les étapes... Pour la plupart, elle n’est pas parvenue à briser sa dépendance de la rente pétrolière, des importations, et paye très cher l’effondrement des cours du pétrole et le chaos économique créé surtout par l’opposition...

 

Il est plus facile de donner des leçons de loin que d’affronter avec courage et sang froid sur place une situation explosive.Si le débat entre progressistes est salutaire, indispensable pour avancer, il ne saurait conduire à laisser les forces de la revanche sociale liquider les acquis sociaux, éducatifs, sanitaires, culturels, du chavisme. Le chavisme est un processus de libération populaire endogène, prolongeant la pensée et l’action de Simon Bolivar.

 

La droite et l’extrême droite, les ex sociaux-démocrates, tentent de renverser un régime démocratique, élu à la régulière. Ils piaffent d’impatience. Ils jouent la déstabilisation, les pénuries organisées, les sabotages, la provocation. Ils veulent « prendre Caracas », reprendre le pouvoir pour les riches, pour l’oligarchie, fût-ce au prix d’un bain de sang, et rejettent tout dialogue pacifique avec le président légitime.

 

Orchestrée par les Etats-Unis, l’intox médiatique bat des records rarement atteints. L’agression se précise... Il vaut mieux réagir avant qu’après, camarades, amis, frères.

 

Ce n’est pas seulement la révolution qui est en danger, mais le droit des peuples, la démocratie, les libertés, les droits humains, la paix, d’abord à Caracas. Mais tout le continent peut basculer.

 

Souvenons-nous de Chavez lançant au président Bush : « Allez vous faire foutre yankees de merde » !! Le chavisme nous a rendu plus libres, mais la solidarité, l’internationalisme, ne sont pas en ce moment décisif ce qu’ils devraient être, et cela nous inquiète. C’est vrai que le Venezuela a « mauvaise presse » et « qu’électoralement » le soutien n’est pas payant... dans l’immédiat. Mais les principes, pour un révolutionnaire, un démocrate, restent les principes. Un peu de notre avenir se joue aujourd’hui à Caracas. Comme hier à Madrid. Vite ! Ne chipotons pas notre solidarité !

 

Ce texte peut être signé à « legrandsoir.info » ou via cette adresse : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. avec nom, prénom et ville.

Jean ORTIZ.

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COP21 : BOLIVIE, pour Evo MORALES « avec le capitalisme, la vie sur la planète elle est vouée à disparaître »

Publié par El Diablo

 

COP21 : BOLIVIE, pour Evo MORALES « avec le capitalisme, la vie sur la planète elle est vouée à disparaître »

COP21 : BOLIVIE, pour Evo MORALES "avec le capitalisme, la vie sur la planète elle est vouée à disparaître"

COP21 : Bolivie, pour Evo Morales "avec le capitalisme, la vie sur la planète elle est vouée à disparaître"

Le président Evo Morales a déclaré lundi dans le cadre du Sommet sur les changements climatiques (cop21) que si le monde continue le long de la voie du capitalisme, la vie sur la planète elle est vouée à disparaître.

"Si nous continuons sur la voie tracée par le capitalisme nous sommes condamnés à disparaître", a déclaré le chef de l'Etat lors de son discours lors de la réunion qui rassemble plus de 150 chefs de file mondiaux dans une tentative de parvenir à des accords pour éviter la montée en température de la Terre.

Le président, qui a décrit le sommet comme historique et unique, a averti que cela implique la responsabilité de la vie et de la Terre-Mère, qui, at-il insisté, est dangereusement proche du crépuscule de son cycle de vie.

Pour Morales, le système capitaliste a déclenché une force écrasante et destructrice au nom du marché, qui a laissé d'importantes conséquences pour la planète.

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