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Amérique Latine

Le président chinois Xi félicite Miguel Diaz-Canel pour son élection à la présidence de Cuba

Le président chinois Xi félicite Miguel Diaz-Canel pour son élection à la présidence de Cuba

 
22 Avril 2018
Chinois et Cubains sont de « bons camarades », voici deux pays, deux partis, l’un immense, l’autre minuscule mais qui partagent beaucoup de choses à commencer par un rayonnement continental et mondial et aussi la référence à un parti communiste dirigeant leur effort gigantesque d’indépendance et de développement, dans le justice.
 
(note de Danielle Bleitrach)

Publié le par anonyme

BEIJING, 19 avril (Xinhua) — Le président chinois Xi Jinping a envoyé jeudi un message de félicitations à Miguel Diaz-Canel pour son élection en tant que nouveau président cubain.

 

La Chine et Cuba sont de bons camarades, de bons amis et de bons partenaires qui ont une confiance sincère l’un dans l’autre et partagent un destin commun, a dit M. Xi dans le message, ajoutant que les deux peuples cultivaient une amitié profonde grandie au cours des combats communs longs et difficiles, et que cette amitié servait de force motrice puissante pour promouvoir le développement des relations bilatérales.

 

Dans le monde d’aujourd’hui marqué par des changements profonds et complexes sur les plans régional et international, la Chine et Cuba ont tous deux entrepris une nouvelle marche vers le progrès, a déclaré M. Xi, réaffirmant que la Chine était prête à rejoindre Cuba sur la voie vers l’avant.

 

Il a aussi indiqué qu’il était disposé à travailler avec M. Diaz-Canel pour approfondir et étendre la coopération bilatérale, et réaliser de nouveaux succès pour honorer l’amitié entre la Chine et Cuba dans une nouvelle ère.

 

Dans un message séparé à Raul Castro, qui reste premier secrétaire du Comité central du Parti communiste cubain au pouvoir, M. Xi, en sa qualité de secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois, s’est dit prêt à maintenir des communications étroites avec M. Castro afin de faire avancer davantage les relations Chine-Cuba.

 

Dans la même journée, le Premier ministre chinois Li Keqiang a aussi envoyé un message de félicitations à M. Diaz-Canel.

 

La Chine est prête à travailler avec Cuba pour promouvoir continuellement la coopération bilatérale et oeuvrer au développement régulier des relations Chine-Cuba, a indiqué M. Li.

 

source: http://french.xinhuanet.com/2018-04/20/c_137123391.htm

 

Cuba, l’Odyssée médicale

Cuba, l’Odyssée médicale

 

15 Avril 2018
 
12 AVRIL 2018

livre Cuba l'odyssée médicale
Cuba, l’Odyssée médicale de Jean-Jacques Seymour – Edition Owen publishing, Octobre 2017 – 182 Pages
travers les pages de ce livre, Jean-Jacques Seymour nous dévoile le fruit de ses recherches. Passionné par l’histoire de Cuba, il s’attarde ici sur un sujet peu traité : la médecine cubaine. Comment cette île, coupée de tout, sous embargo pendant des dizaines d’années, a réussi à créer une société médicalisée aux grandes capacités de recherches avec ses 11 centres de recherche scientifique ?
L’île de Cuba fait figure d’exception médicale. Cuba fait de la médecine l’une de ses priorités depuis la fin des années 1950. Avec un médecin pour 148 habitants, selon l’OMS, Cuba est la nation au monde la mieux pourvue dans ce secteur.
L’odyssée médicale qui résulte d’une longue quête est d’abord un livre du coeur, un livre qui palpite dans lequel j’ai ressenti, à chaque page, les battements de cette île, le rythme du progrès, le tempo de la persévérance »
 
Docteur Marie-Antoinette Séjean, Présidente de Nutricréole « Santé et Aliments de la Terre » – Ambassadrice-santé de l’Académie de l’Art Culinaire du Monde Créole
« Ce livre n’est pas un dogme, il est né d’une conjoncture de rencontres. » Et toutes ces rencontres ont entraîné de nombreuses interviews, restituées scrupuleusement, dans l’intention de faire entendre le point de vue de l’autre, sans jugement aucun. Quels que soient les avis sur la révolution cubaine, « Cuba, l’Odyssée médicale » met en lumières ses avancées fabuleuses pour la santé et le mieux-être des hommes.
Diplômé de l’Institut d’études politiques de Toulouse, Jean-Jacques Seymour est journaliste éditorialiste, homme de radio et de télévision spécialisé dans les dossiers de la Caraïbe dont il a suivi les processus de décolonisation sur ces vingt dernièrers années. Il est l’auteur de pluseurs ouvrages de référence  consacrés à cette région.
 

Les soutiens à Lula, à Cuba et au Venezuela marquent le Sommet des Peuples au Pérou

Les soutiens à Lula, à Cuba et au Venezuela marquent le Sommet des Peuples au Pérou

 

Publié le 

Par Ulises Canales López, Envoyé spécial

 

Lima, 11 Avril (Prensa Latina) Le début du Sommet des Peuples au Pérou a été marqué par de chaleureuses expressions de solidarité adressées à Cuba et au Venezuela, ainsi que par la demande de libération de l’ex-président Lula et la volonté de parvenir à une réelle unité de l’Amérique Latine.

 

Une réunion générale s’est tenue au siège de la Derrama Magisterial de Lima (centre national des professeurs et enseignants) à laquelle ont assisté les délégués des mouvements sociaux, populaires, des partis politiques, des étudiants, des jeunes, des femmes, et autres secteurs engagés dans des causes destinées à promouvoir l’avènement de la Grande Patrie, comme ils l’ont dénommée.

 

« Non et non, nous ne voulons pas être une colonie nord-américaine! Et, oui, et oui, nous voulons être une puissance latino-américaine! Cuba et Venezuela: un seul drapeau! », chantaient en chœur les délégués vénézuéliens en pénétrant dans l’auditoire avec des drapeaux flottant au vent de leur marche.

 

La secrétaire générale du Parti Communiste du Pérou Patrie Rouge, Flor Marìa González, a rendu compte des rapports adoptés par les dirigeants des partis latino-américains de sa famille politique qui se réuniront ce mardi à Lima pour réaffirmer leurs principes marxistes-léninistes.

 

Nous avons ratifié la volonté de construire une Grande Patrie, plus juste et plus humaine, a expliqué González en assurant que « construire le socialisme » est possible et que les partis qu’elle représente réaffirment leur vocation internationaliste tout en assurant leur soutien à Nicolas Maduro et au peuple vénézuélien.

 

De même, a signalé la dirigeante communiste, nous rappelons avec force notre « solidarité permanente et combative » pour que cesse le l´embargo étatsunien contre Cuba. « Nous sommes tous Fidel (Castro)! » a-telle lancé, et les délégués cubain ont repris à l’unisson: « Je suis Fidel! »

 

González a exhorté l’audience à montrer son soutien au peuple brésilien et a répété que les communistes continueront à exiger la libération de Lula Da Silva, injustement incarcéré en fin de semaine dernière, pendant que la foule présente chantaient en chœur « Lula: Liberté! Ils ne pourront pas te tuer, camarade! », « Lula, nous t’entendons, nous te sentons! Lula, tu es présent parmi nous! ».

 

D’autres orateurs de ce sommet alternatif ont demandé des efforts et un redoublement de détermination pour parvenir à concrétiser ce désir d’intégration et d’unité latino-américaines afin de contrecarrer le pouvoir hégémonique des États-Unis et leur projet historique d’asservissement.

 

« L’Amérique Latine ne t’aime pas et tu as bien fait de prendre la décision de na pas venir au Pérou, parce que nous ne t’aimons pas », a asséné ce membre du Parti Communiste, faisant référence à l’annulation de la visite à Lima du président nord-américain, Donald Trump.

 

De son côté, le secrétaire général de la Centrale Générale des Travailleurs du Pérou, Gerónimo Lòpez, a réitéré l’appel à se mobiliser et à manifester les 12 et 14 avril contre les politiques étatsuniennes, pour les droits sociaux, et contre les plans de déstabilisation de la droite locale.

 

Les chanteurs de la « trova cubana », Eduardo Sosa, Pepe Ordaz et Adrían Berazaín, à qui se sont joints les « répentistas » Hector Gutierrez et Aramís Padilla, ainsi qu’une rappeuse vénézuélienne,  ont ajouté une note culturelle à ce somment qui se poursuivra jusqu’au 14 avril et s’achèvera en même temps que la réunion des chefs d’État et de Gouvernement de l’Amérique Latine.

 

peo/agi/ucl

 

source: http://frances.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&view=article&id=880950:les-soutiens-a-lula-a-cuba-et-au-venezuela-marquent-le-sommet-des-peuples-au-perou&opcion=pl-ver-noticia&catid=39&Itemid=101

 

La privatisation de l’aquifère Guarani, notre plus grande réserve d’eau, sera faite au profit de Coca-Cola ou de Nestlé

La privatisation de l’aquifère Guarani, notre plus grande réserve d’eau, sera faite au profit de Coca-Cola ou de Nestlé

 

09 Avril 2018
Ce qu’il faut bien mesurer c’est que leur soif de privatisation peut aller jusqu’à ce qui conditionne la vie des êtres humains. L’exemple du coup d’Etat au Brésil avec mise en prison de Lula, le candidat des pauvres, assuré de gagner la future élection présidentielle, se déroule sur fond d’appropriation des réserves d’eau par les multinationales. Là encore Macron qui dénonce le Venezuela cautionne ce crime contre un peuple.C’est dire jusqu’où ils sont prêts à aller… 
 
(note et traduction de danielle Bleitrach)


Résultats de la recherche pour Temer aquifero guarani
 
Les négociations avec les principaux conglomérats transnationaux du secteur, notamment Nestlé et Coca-Cola, vont bon train.
Les représentants de ces sociétés ont tenu des réunions secrètes avec les autorités du gouvernement actuel, Michel Temer, pour formuler les procédures nécessaires à l’exploitation par  des entreprises privées de l’approvisionnement en eau, principalement dans l’aquifère guarani, pour des contrats de concession de plus de 100 ans.
La première conversation publique à propos de ce secteur et d’autres secteurs qui avaient tendance à suivre en matière de développement de l’initiative privée était prévue le 25, le même jour où le processus de vote pour la destitution de la présidente Dilma Rousseff était ouvert. Cette coïncidence fut fatale à l’ajournement de la réunion.
L’annonce devrait contenir une liste de concessions plus «immédiates», telles que des concessions pour les aéroports de Porto Alegre (RS), Florianópolis (SC), Salvador (BA) et Fortaleza (CE) et les terminaux passagers des ports de Fortaleza et Recife (PE). En outre, il doit y avoir une autre liste de projets à accorder ou à privatiser à moyen terme, avec des ventes aux enchères pouvant accorder  jusqu’à un an, comme ceux aux   distributeurs d’énergie Eletrobras et les sources d’eau douce.
Facteur stratégique
L’importance de l’une des plus grandes sources d’eau douce au monde est si grande que, pendant des décennies, elle a été la cible de spéculations sur son utilisation et son exploitation. La protection de l’environnement et le développement durable du système aquifère Guarani, connu sous le nom de projet Aquifère Guarani (SAG), l’ANA a été créé dans le but de soutenir l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay dans l’élaboration et la mise en œuvre d’un cadre juridique et technique gestion et préservation de l’aquifère guarani pour les générations présentes et futures. Après la victoire des conservateurs en Argentine et le coup d’État sur les conseils de l’extrême droite, au Paraguay et au Brésil, l’Uruguay a été seule à  voter contre la privatisation de l’aquifère.
Ce projet a été exécuté avec des ressources du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), la Banque mondiale étant l’agence d’exécution et l’Organisation internationale des États américains (OEA) l’agence d’exécution internationale. Le FEM a cependant des liens très étroits avec les grandes entreprises.
 
Privatisation de l’aquifère Guarani, notre plus grand
La réserve proviendra de Coca-Cola ou de Nestlé.
 
Avec une superficie totale de 1,2 million de km², les deux tiers de la réserve se trouvent en territoire brésilien, dans le sous-sol des États de Goiás, du Mato Grosso do Sul, du Minas Gerais, de São Paulo, de Paraná, de Santa Catarina et du Rio Grande do Sul. L’importance stratégique de l’aquifère dans l’approvisionnement des générations futures suscite l’attention de groupes de différents secteurs à travers le monde », selon un document de l’Organisation des droits de l’homme Terra de Direitos.
« La société civile organisée est attentive aux stratégies de privatisation possibles des groupes économiques transnationaux. Depuis 2003, l’Organisation des États américains (OEA) et la Banque mondiale, par l’intermédiaire du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), mettent en œuvre le projet Protection de l’environnement et développement durable pour recueillir et développer la recherche sur l’aquifère guarani , dans le but de mettre en place un modèle institutionnel, juridique et technique commun pour les pays du MERCOSUR « , ajoute-t-il.

Brésil urgent : la démocratie assassinée – chronique d’un coup d’etat

Brésil urgent : la démocratie assassinée – chronique d’un coup d’etat

 

08 Avril 2018


  • Voici un texte à diffuser largement en provenance du Brésil. Je me souviens la première fois que j’ai entendu Lula, c’était dans les Chipas dans une rencontre organisée par le commandant Marcos à laquelle m’avait envoyée le PCF. C’était le début d’une longue aventure, celle de la révolte d’un Continent. Lula allié avec Chavez y a joué un grand rôle et c’est celui que les Etats-Unis et les alliés occidentaux ne pardonnent pas à cet ouvrier qui a accédé aux fonctions suprêmes.Macron si rapide à condamner le Vénézuela sous des prétextes « démocratiques » laisse faire ce deni de démocratie. 
  • (note de Danielle Bleitrach)

April 07, 2018

 

La prison de Lula, décretée ce jeudi soir (5 avril) marque l’apothéose d’un coup d’Etat minutieusement préparé et mis en route depuis 2014. Les versions des grands médias en Europe ne font que reproduire celles des 5 grands groupes de communication brésiliens, tous dans les mains de 5 grandes familles impliquées dans le coup d’Etat. Voici une chronologie explicative des évènements. Merci de le faire circuler de toute urgence. La situation au Brésil est des plus graves et demande la solidarité internationale.

 

Acte 1 – renverser un gouvernement légitimement élu

 

1) Dans un premier temps, la stratégie est d’annuler un gouvernement légitimement élu. Aecio Neves, le candidat du PSDB (droite) vaincu par Dilma Roussef aux présidentielles de décembre 2014 (aujourd’hui en disgrâce à cause de multiples accusations de corruption), donne le ton dès le mois de juillet 2015 de ce qui serait la stratégie du coup d’Etat, alors que la présidente Dilma, n’avait (ni a) AUCUNE  accusation de corruption contre elle: « nous n’avons pas perdu l’élection pour un parti politique, nous l’avons perdue pour une organisation criminelle ». Pour conclure que « à la fin de son gouvernement, que je ne sais pas quand ce sera, mais probablement plus vite que certains l´imaginent, les brésiliens seront devenus plus pauvres ». Ce climat de confrontation était posé dès le premier jour de mandat de la présidente, puisque la Chambre des Députés, où elle n’avait plus la majorité, empêchait la présidente de gouverner, obstruant n’importe quel nouveau projet envoyé au parlement.

 

2) Eduardo Cunha, député président du Congrès National et politique submergé d’accusations de corruption (aujourd’hui en prison, depuis près de deux ans), se déclare ennemi mortel de la Présidente qui se refusait d’entrer dans ses schémas corrompus. Il déclarait publiquement qu´il la ferait tomber. Excellente opportunité pour les barons de la politique et de l’économie Brésilienne, associés aux grands médias et à Aecio Neves et son PSDB, pour le laisser faire et créer l’instabilité politique nécessaire. Son jugement pour corruption, qui l’entraînerait en prison, serait repoussé pour après l’empêchement de la présidente, quand il ne serait plus utile.

 

Sans réussir à trouver des accusations de corruption contre Dilma qui, au contraire, ne recevait plus les députés dans son cabinet, à cause du clientélisme de ceux-ci, le Congrès, décide de déclarer illégale une opération comptable-fiscale que TOUS les 26 Etats brésiliens, en plus des municipalités,  pratiquaient, , celle de s’avancer en novembre-décembre sur le budget de l’année suivante, en prenant des prêts auprès des banques de l’État, pour ne pas interrompre les payements de projets sociaux comme la « bourse famille » pour les brésiliens très pauvres. Non seulement ils la rendaient illégale, comme élevaient ce qui serait au pire une infraction administrative à la catégorie de « crime de responsabilité », le seul type de crime qui peut provoquer une demande d’impeachment par le Congrès.

 

La grande presse transforme cette infraction en une figure de publicité politique, lui donnant un nom plus assimilable par la population: les « pédalages fiscaux ». Dès lors, n’importe quel chauffeur de taxi au Brésil devenait capable de discourir pendant des heures combien ce crime était grave et équivalent à de la corruption.

 

Après une série de manœuvres, certaines illégales mais faites avec l’appui déclaré du pouvoir judiciaire (comme des écoutes inconstitutionnelles dans la résidence de la présidente, ou l’empêchement de nommer Lula ministre pour aider à empêcher la crise, soit disant car il était sous procès, alors qu’aucune raison l’en empêchait), le Congrès vote la destitution de la Présidente. Les Sénateurs devant aussi voter, sont publiquement « achetés » par le vice-président (et futur président) avec des postes importants pour leurs alliés dans la nouvelle administration.

 

Il faut savoir aussi que Lula et Dilma, mais aussi Cardoso, leur antécesseur du PSDB, avaient comme vice-président des gens de parti le plus corrompu et « gouverniste » du Brésil, le PMDB qui, ayant comme tactique ne jamais s’éloigner du pouvoir, faisait des accords avec n’importe quel parti pour avoir la vice-présidence. Ayant un grand nombre de députés, leur appui était nécessaire pour n’importe qui voulant avoir une majorité au parlement. Mais Dilma allait se faire trahir par son vice-président, aujourd’hui le président-usurpateur, Michel Temer, lui même mêlé à des dizaines de cas de corruption

 

Montrant à quel point tout cela était une farce, le Congrès décide de retirer Dilma, mais en lui laissant comme « prix de consolation » ses droits politiques, une aberration constitutionnelle (l’impeachment devrait enlever les droits politiques pour 8 ans). Mais à ce moment, la Constitution brésilienne ne valait déjà plus rien. La Cour Suprême, dans sa première démonstration de servitude envers les pouvoirs dominants, préside cet opéra d´inconstitutionnalité, lui donnant des airs de légalité.

 

Des milliers de personnes vêtues avec le maillot jaune de la « seleção » vont dans les rues demander et appuyer la chute de Dilma. Ils sont convoqués par des campagnes massives de la presse, de grands magasins, de banques, qui financent des campagnes milliardaires dans les médias: « descends dans rue toi aussi », « le géant Brésil se reveille », etc, étaient les slogans crées pour ces campagnes. La presse reproduit ces photos, qui font le tour du monde.

 

Ce que la presse ne montrait pas, systématiquement, et que les français n’ont probablement pas vu, c´est qu’à chaque manifestation de ce type, une autre, trois fois plus grande, réunissait des centaines de milliers de partisans de Dilma et de Lula dans les rues brésiliennes. La manière dont ces photos sont escamotées par les médias mériterait des thèses en journalisme. Heureusement, les réseaux sociaux montraient la force des manifestations en faveur de Lula et Dilma.

 

Eduardo Cunha, devenu inutile, souffre un procès « exemplaire » et est envoyé en prison. Plusieurs scandales dans la presse montrent qu´il reçoit probablement des payements élevés pour maintenir son silence.

 

Mais la classe moyenne brésilienne, celle qui justement s’était le plus bénéficiée de la croissance économique sous Lula, démontrait tout ses préjugés envers les plus pauvres. Un président ouvrier et sans université ne pouvait qu’être un bon à rien, il ne pouvait être là que pour voler, la présidente qu´il avait mis à sa place ne pouvait être qu´une voleuse et une incapable, en fin de compte, elle était une femme et de plus parrainée par un analphabète. Ce discours sournois gagne de la force, grâce à des financements importants dans tous les médias. Malgré toute sa popularité auprès des plus pauvres (qui pour la première fois, grâce aux politiques de Lula, commençaient à avoir accès aux universités) et des secteurs intellectualisés, Lula perd l’appui des classes moyennes et le Brésil se divise.

 

En même temps, face à la popularité de Lula et de Dilma alors, la droite et le PSDB avaient, comme dernier recours lors des élections présidentielles de 2010 (quand Lula a reussi à faire élire Dilma pour la première fois), ouvert la porte à l’extrême droite. José Serra, le candidat d’alors, avait invité les secteurs de l’extrême droite à prendre part active à sa campagne. Sans succès. Mais le mal était fait. De plus en plus visible et sans se gêner avec la justice, qui au Brésil n’existe plus en tant que telle, le discours de la haine, du racisme, des préjugés contre les pauvres, les femmes, devenait de plus en plus libre et genéralisé. Il servait, en fait, à démoraliser toutes les politiques de Lula et Dilma envers les plus pauvres et les minorités.

 

3) À peine six mois après l’empêchement de Dilma, le Congrès National vote à nouveau la LÉGALITÉ des pédalages fiscaux. Tout revient dans l’ordre, et le nouveau président. Temer, s’avance en décembre 2016 sur le budget de 2017 sur un montant deux fois plus élevé que Dilma ne l’avait fait. Cependant, maintenant, c’était légal.

 

Depuis, une série de scandales se succèdent: des assistants très proches du président sont surpris avec des valises bourrées d’argent, une écoute (autorisée) de la police fédérale surprend des dialogues du présidant visant étouffer des témoignages qui peuvent l’impliquer, Le candidat vaincu par Dilma, Aecio Neves, est lui aussi accablé d’accusations de tous types. Il tombe en disgrâce politique mais n’a jusqu’aujourd’hui aucune menace de prison. Un sénateur de son parti à son hélicoptère appréhendé alors qu´il transportait 500 kg de cocaine. Le Sénateur n’est pas dérangé. Un autre sénateur dit, sous écoute: « il faut en finir avec cette hémorragie, il faut en finir avec cette opération », se référant aux actions anti corruption.

 

Dans une série télévisée produite par Netflix, ayant comme thème soit disant les opérations de la « justice » contre la corruption au Brésil, dirigée par le polémique metteur en scène de la série Narcos, cette phrase, exactement la même, est dite non pas par un sénateur corrompu du nouveau gouvernement, mais par un personnage ex-président à la barbe blanche, qui rappelle en tout Lula. Tous les moyens sont utilisés pour confondre et faire de Lula le bandit numéro 1 de la corruption au Brésil.

 

En même temps, le nouveau « président » met en route un processus de destruction systématique de toutes les conquêtes sociales obtenues depuis la Constitution de 1988 et après sous le gouvernement Lula: fin des lois travaillistes, revision de la retraite, reduction des terres indigènes, fin du programme de logements, et ainsi de suite.

 

Acte 2 – détruire le Parti des Travailleurs (PT) et son leader, Lula

 

Le problème est qu’avec tout cela, Lula, antécesseur de Dilma, président responsable de la plus forte croissance économique au Brésil des derniers 30 ans, leader populaire incontesté, se voyait catapulter en première place de tous les sondages présidentiels, place qu´il n’a plus jamais quitté, jusqu’à maintenant. Il n´était plus suffisant d’enlever la présidente, il fallait à tout prix casser ce mouvement et la force de Lula.

 

1) Sergio Moro, un juge de première instance, jusque là insignifiant, de la ville de  Curitiba, dans le Sud du Brésil, ou le mouvement anti-Lula est très fort, ainsi que le séparatisme par rapport au « Brésil pauvre (et non blanc) du Nord », décide d’ouvrir un procès pour corruption contre l’ancien président.

 

Moro a quelques caractéristiques qui ne peuvent être ignorées: il est le fils d’un homme politique du PSDB, le partir d’opposition qui a mené l’empêchement de Dilma, son épouse est elle même un cadre du parti dans son Etat (le Paraná). Moro est connu par sa haine contre Lula, qu´il distille, même en étant juge, dans les réseaux sociaux. Il est connu pour appeler l’ex-président de « nine fingers », une allusion au fait que Lula a perdu un doigt dans un accident de travail quand il était ouvrier. Moro a aussi un super-salaire, qui est inconstitutionnel. En certains mois, il atteind les 30 mille Euros, grâce à des « aides » que les juges s’auto-accorrdent et légalisent. Sauf que c’est interdit au Brésil de recevoir un salaire supérieur au plafond établi par celui du Président. Les salaires des juges est plusieurs fois plus élevé. De la corruption « officialisée », puisque utilisation des fonds publics pour intérêt personnel. Moro a la charge de combattre la corruption, mais il a le DNA de la corruption dans le sang.

 

Moro décide de persécuter Lula à partir de la construction d´une fable pittoresque. Une grande entreprise de bâtiment appellée OAS aurait offert à Lula un appartement triplex à la plage (de près de 250 m²) en échange de faveurs de celui-ci dans des contrats avec Petrobras, le géant pétrolier brésilien (entreprise publique), que Lula a fait exploser dans les marchés mondiaux grâce notamment à la découverte, lors de son gouvernement, des réserves sous-marines du « Pre-Sel ». Il se trouve que la femme de Lula (aujourd’hui décédée d’un accident vasculaire cérébral à la suite de ces persécutions) avait en effet demander à ACHETER  cet appartement, en 2007, mais Lula n’avait pas donné suite à  l’achat. Il n´y a mis les pieds qu´une seule fois dans sa vie, et l’appartement, en construction jusqu’à il y a quelques mois, n’a jamais été à son nom ni à celui de sa femme. Il est toujours au nom de l’OAS. Les huit premiers témoins d’accusation ont innocenté Lula du moindre rapport avec cet appartement. Dans les séances de jugement de Lula auprès du Juge Moro, Lula n’a cessé de répéter (les vidéos sont disponibles sur internet): « Mr. le Juge, s’il vous plait, montrez moi les preuves que je suis le propriétaire de cet appartement, et vous je me présente immédiatement pour être emprisonné volontairement ». Moro ne les a jamais eues.

 

2) Devant trouver des preuves, l’action suivante a été de pousser les versions que cet appartement était la pointe d’un iceberg d’un réseau de crimes et de corruption qui aurait à sa tête Lula, avec comme acteurs les principales entreprises de bâtiments et d’infrastructure du pays qui, parce que c´était légal, finançaient TOUTES les campagnes électorales (celles du PSDB aussi – c´est Dilma, justement, celle qui a approuvé la loi interdisant le financement des campagnes par les entreprises privées au Brésil). C´est un peu comme si un juge français décidait d’impliquer n’importe quel président de toutes les affaires concernant Lafarge (et ses affaires avec l’EI), Alstom (accusée de corruption au Brésil dans les chantiers du métro), Elf, Bouygues et Cie. Il y aurait effectivement de quoi piocher beaucoup de choses.

 

La question est de réussir à prouver à quel point un président sait et controle toutes ces magouilles, et à quel point il doit en être responsabilisé. Ce serait bien utile et intéressant que cette discussion soit faite, mais dans le cadre de la loi, avec des enquêtes sérieuses, des preuves et toutes les échéances et appels garantis. Mais non, au Brésil cela à été utilisé par Moro comme arme de persécution politique. Sans preuves concrètes.

 

En faveur de Lula, il faut savoir que si le gouvernement précédent, de Cardoso, du PSDB, avait en huit ans, donné l’ordre pour lancer 48 opérations anti-corruption de la Police Fédérale, Lula et Dilma, en 12 ans, en ont ordonné 2.226! De plus, c´est Lula qui a restructuré la même Police Fédérale pour augmenter sa capacité à atteindre la corruption. Le plus insolite, cependant, est la démesure de l´accusation. Dans un ´pays ou les propriétaires des chaines de télé et les grands milliardaires possèdent – illégalement – des îles entières, avec des villas non autorisées de quelques milliers de m² et de quelques millions de dollars, Moro et sa troupe d´accusateurs fait passer l’idée que Lula accepterait de faire de la corruption pour des contrats du géant pétrolier contre un appartement de moins de 300 m² dans une plage de classe moyenne du littoral de São Paulo. L’acceptation de la crédibilité de cette accusation n’a d’explication que dans les préjugés intenses existants au Brésil envers les plus pauvres: « Lula ne sait même pas être corrompu, Lula négocie ce qui est à sa hauteur, le monde des villas et des millions n’est pas pour lui », c´est la base de ce discours médiatique.

 

Le plus impressionnant est qu´une simple recherche sur Google montre que Cardoso, ancien président du PSDB (avant Lula) a eu une ferme reconstruite par une de ces entreprises (Camargo Correa), qui a même construit dans les terres voisines une….piste d’atterrissage permettant de recevoir….des Boeings! Cardoso est aussi impliqué dans des accusations d’acheter un appartement dans le quartier le plus cher de São Paulo à un prix des dizaines de fois moindre que celui du marché. Rien de tout cela, cependant, n’est motif d’enquêtes ou de procès.

 

Il faut bien comprendre qu’en 14 ans au pouvoir, le PT a commis beaucoup d’erreurs et s’est probablement impliqué dans plus d’une affaire douteuse. La corruption est endémique au Brésil depuis 500 ans et ce n´est pas un gouvernement qui, d’un seul coup, l’arrêtera. Le PT lui non plus n’est pas exempt d’avoir fait de mauvais choix et d’être entré bien des fois dans la logique de la politique historique brésilienne(mais quand même beaucoup moins que les autres partis, étant encore le seul à exercer des gouvernements tournés vers les intérêts des plus pauvres) . Mais il ne faut pas confondre les choses: sous l’excuse d’une fausse lutte contra la corruption, ce que les élites brésiliennes, et surtout la Justice ont mis en place est en fait une persécution qui met en échec toute la démocratie.

 

Pour obtenir des « preuves », quelles que soient-elles, Moro innove du point de vue juridique. Il reçoit de la Cour Suprême, et c´est la sa deuxième action en faveur du Coup d’Etat, que les gardes à vue se transforment en prison indéterminée. En 2016, après la sortie de Dilma, la Cour Suprême prend une décision encore plus polémique: par 6 voix à 5, elle décide d’interpreter un texte clair de la constitution, selon lequel au Brésil une personne ne peut être emprisonnée qu’une fois terminés tous les appels possibles. La Cour Suprême décide que non, qu’après la deuxième instance une personne peut être emprisonnée, alors que les appels aux instances supérieures courent encore.

 

Cette décision est importante pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui avec la prison de Lula.

 

Ces deux décisions de la Cours Suprême permettent que e juge Moro mette en place une méthode de chantage juridique: il envoie en prison des personnes ayant une quelconque relation avec Lula, et promet leur liberation s’ils acceptent de faire des délations. La presse laisse échapper que dans l’un des cas, la demande fut encore plus spécifique: « je vous laisse sortir si vous me présentez des accusations CONTRE LULA ». C´est de là qu’est venue « l’accusation de l’appartement triplex ».

 

Mais lorsque vient à jour que l´une de ces délations, dit que le Juge Moro lui même aurait demandé 2 millions de Reais pour permettre une libération, elle est vite cachée par la presse et oubliée.

 

Le procès suit son cours, pendant que la population est harcelée par une campagne intense de diffamation contre Lula et Dilma. À chaque nouvel épisode du procès, alors que de plus en plus le manque de preuves se fait sentir,  les elites sortent leurs casseroles pour les battre dans les vérandas des appartements de luxe. La population plus pauvre a de plus en plus de difficultés de suivre les méandres juridiques de l’affaire. La classe moyenne fête la « fin de la corruption » alors que le gouvernement en place est probablement l’un des plus corrompus de l’histoire du Brésil.

 

Il n´y avait pas d’autre issue possible. Alors qu´un procès au Brésil dure des années à cause de la morosité du pouvoir judiciaire, celui de Lula sous le juge Moro est conclu en un record de vitesse.. Sans preuve, Moro condamne l’ex président, toujours loin devant dans tout les sondages présidentiels, à 9 ans de prison. Une petite ironie envers le « nine fingers »? C´est trés possible. Le juge qui ne met que des chemises noires avec cravates rouges, rappelant des moments si sombres de l’histoire du monde, n´au plus aucun scrupule.

 

Un livre signé par plus de 200 juristes brésiliens est publié, sans aucune couverture médiatique. Ils y dénoncent l’inconsistance du jugement de Lula sur une affaire sans preuves concrètes. Les arguments du Juge Moro sont si peu solides que lui même entre en contradiction plusieurs fois et assume ne pas avoir de preuves. Les promoteurs de l’accusation disent qu’ils n’ont pas de preuves, mais une conviction » de la culpabilité de Lula. Depuis, au Brésil, vous pouvez vous faire incarcérer lors d’une garde à vue suite à une simple « conviction » du juge. C’est ce qu’íls vont faire, d’ailleurs, en poursuivant 5 Présidents des plus grandes Universités Fédérales du pays, les emmenant en prison dans des opérations policières avec mitraillettes et camions blindés (alors que la loi prévoit avant toute chose une convocation amiable devant le juge) pour des affaires insensées comme « des erreurs de note à l’achat de machines photocopieuses ».

 

L’objectif de tout cela?  Montrer à la population que les universités fédérales, objet d’une des politiques les plus impressionantes du gouvernement Lula, avec la création d’une centaine de campis partout au Brésil, n’est en fait qu’un antre de corruption de la « machine criminelle » du PT. L´un des recteurs, trop humilié par ces événements, se suicida. Mais cela n’a semblé déranger personne outre la communauté de gauche des réseaux sociaux.

 

Les avocats de Lula font appel à la deuxième instance, un jugement fait par un collège de trois juges. Encore une fois, une procédure qui dure plus de deux ans pour les gens communs. Pour Lula, elle ne dure que quelques mois. Pire, le président de ce jury annonce dans les réseaux sociaux que le procès de Lula qu´il va juger « est juridiquement impeccable » alors que formellement et légalement il n’était sensé l’avoir reçu, étant encore sous la tutelle de Moro! Ce jury fait un jugement éclair, avec des arguments semblables, alors que les votes étaient sensés être indépendants.. Ils augmentent chirurgicalement la peine de Lula à 12 ans et 2 mois. Pourquoi cette précision? Car le « crime » non prouvé de l’appartement remontant à plus de dix ans, en dessous de cette peine Lula aurait le droit de la purger en liberté. Les méandres du coup d’Etat sont plein de petits détails.

 

Acte 3- Les militaires entrent dans le match. La Cour Suprême sous chantage. Lula en prison.

 

Il reste que la Cour Suprême avait, rappelez vous, jugé pour l’emprisonnement en deuxième instance. Lula pouvait donc être incarcéré. Mais ces avocats, invoquant que la Constitution avait été changée de manière opportuniste, demandent une révision de cette décision. En même temps, demandent à la Cour Suprême un Habeas Corpus pour que Lula ne soit pas emprisonné.

 

Les rites « normaux » de la Cour Suprême suggèrent, par les dates chronologiques des demandes, qu´elle juge tout d’abord l’inconstitutionnalité de la décision sur la prison en deuxième instance. Cependant, Carmen Lucia, la présidente de la cour, sait que probablement ce vote ira défaire la polémique décision antérieure, car un des juges avait annoncé avoir changé de position, ce qui annulerait la prison de Lula et le besoin de l´Habeas Corpus demandé. Elle inverse donc l’ordre, et décide de juger d’abord le habeas corpus de Lula. Ainsi, même si, Dieu sait combien de temps après, la cour revient sur sa décision, Lula aura déjà été emprisonné.

 

La veille du jugement final, ce 4 avril dernier, la mobilisation de la droite pour faire pression pour la prison de Lula est extreme.  Les casseroles retentissent dans les vérandas des riches bourgeois. Les médias convoquent à des manifestations jaunes et vertes en faveur de la prison. Un géant de la communication du pays, l’entreprise SKY, émet un courriel à ses employés les autorisant à participer des manifestations sans leur couper le salaire de la journée.

 

Ce même jour, un Général à la retraite dit clairement dans une entrevue: « Si la Cour Suprême ne vote pas la prison de Lula, l’armée interviendra ». Quelques heures après, le commandant de l’Etat Major des armées lui même émet un twitter de chantage. Sortant de ses attributions constitutionnelles, qui lui interdisent de se prononcer sur des questions politiques, il écrit: « l’armée se solidarise avec les désirs de tous les citoyens « du bien » de condamner l’impunité », et « se maintient attentive à ses missions institutionnelles ». Le message ne pourrait être plus clair.

 

Bien que l’aéronautique ait, quant à elle, fait un communiqué bien plus rassurant, et contraire aux dires du commandant en chef, montrant que même dans les armées les avis sont partagés, l’action de ce dernier a eu l’effet souhaité. Une des juges de la Cour Suprême change d’opinion, répétant le score contre Lula de 6 votes contre 5 en faveur de sa prison. Un vote tellement bizarre que cette Juge dit textuellement qu´elle fait un vote qu´elle juge elle même anticonstitutionnel. La peur des militaires?

 

La Cour Suprême annonce donc que Lula peut être emprisonné « une fois terminés tous les appels en deuxième instance », ce qui pourrait encore durer 15 jours, étant donné que des appels étaient encore possibles et légalement déposables. Mais la justice, le droit de défense, la présomption d’innocence sont des valeurs juridiques périmées au Brésil, en tout cas pour Lula, et sûrement pour les sympathisants du PT. En moins de 24 heures, encore une fois de manière illégale, Moro donne l’ordre de prison.

 

Des milliers de militants sont maintenant autour du siège du syndicat des métallos de São Bernardo, berceau de la carrière politique de Lula. Accompagné de sénateurs, et du peuple qui le soutient, Lula ne s´est pas présenté à la justice. Moro lui avait donné jusqu’à 17 heures du jeudi 5 avril pour se présenter à Curitiba pour être emprisonné. Une action d’humiliation. Moro y rajoute: « en raison de la dignité du poste qu´il a occupé, j’ordonne que l´on ne lui passe pas les menottes ».

 

Encore une fois, Moro montre que sa persécution acharnée de Lula passe au dessus non seulement des lois et de la Constitution, ce qu’il peut faire grâce à la bienveillance d’une Cour Suprême dont le rôle serait de proteger la Constitution, mais aussi des risques sociaux de provoquer sans concession une partie imposante de la population. Celle qui, dans les sondages de la semaine dernière, mettaient Lula chaque fois plus loin devant dans la course á la présidence. Tous les débouchés sont maintenant possibles pour cette crise, y compris les plus tragiques. Le Brésil n’a plus de démocratie, son gouvernement élu a été déchu par des manœuvres dignes des pires maffias. La volonté démocratique du peuple est  violée par des décisions à chaque fois plus illégales. Les militaires sont aux aguets. La presse continue son action irresponsable. Le pays est divisé. Le monde n’est plus capable de suivre  les subtilités de ce coup d’Etat ignoble.

 

Comme l’observe un jeune sur les réseaux sociaux, ceux-ci  « fêtent » la prison de Lula avec (comme les brésiliens sont blagueurs) un sans nombre de messages d’ironie. Dans ce cas, elles se moquent de son niveau de scolarité, de son doigt en moins, des homosexuels qui « devront maintenant quitter le pays », de « l’intelligence » de  Dilma (une femme), des pauvres, des sans-terre, des noirs, qui maintenant seront « obligés de travailler au lieu de vivre aux dépens du gouvernement », sur la « mort de la gauche ». La corruption n’est jamais citée. C’est le portrait du Brésil qui émerge des décombres d’une démocratie ravagée.

 

MISE À JOUR: démontrant son génie politique, Lula a transformé sa prison en un spectacle politique en sa faveur. N’ayant pas accepté l’ordre presque illégal de prison, il a attendu que la police vienne le chercher….au siège du syndicat de São Bernardo, où, entouré de milliers de militants, il a fait le discours de sa vie. Accusant la presse et la justice de persécution, il a réaffirmé son innocence et défié encore une fois que des preuves de propriété de cet appartement qu´on l’accuse d’avoir reçu soit présentées. Il a surtout passé un message puissant: « ils veulent m’arrêter, et je vais l’accepter, car ils n’ont pas compris qu’ils ne m’arrêteront plus. Car je ne suis plus un être humain. Je suis une idée. Une idée de Bresil qui est dans vous tous. Vous êtes tous Lula dorénavant, et à chaque jour passé en prison, plus de Lula nous aurons dans les rues. Moro a essayé de l’humilier, Lula en est ressorti encore plus grand. Les jours à venir vont être chauds.

 

Lula en vidéo : « Je n’ai pas peur de ce qui va arriver »

Lula en vidéo : « Je n’ai pas peur de ce qui va arriver »

 

08 Avril 2018
Ce très beau mesqsage de Lula qui résonne dans nos coeurs dans ces momements de lutte
 
(note et traduction de danielle Bleitrach pour histoire et société)

 

 

« Ceux qui nous persécutent peuvent faire ce qu’ils veulent avec moi, mais ils ne pourront jamais emprisonner nos rêves », dit Lula, dans une vidéo publiée par PT après le discours de l’ancien président à São Bernardo do Campo (SP), avant de se rendre à la justice.

 

Accompagné d’une animation, Lula rappelle sa trajectoire politique et dit qu’il n’a pas peur de ce qui va arriver. « Tant que j’ai au moins une minute à vivre, cette minute sera de se battre pour la dignité de notre peuple. Et défendre  notre honneur.  »

 

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fpt.brasil%2Fvideos%2F1703739809712387%2F&show_text=0&width=560

 

Voir ci-dessous l’ensemble du message de Lula:

 

Mes amis, mes amis,

 

J’ai beaucoup réfléchi au chemin que nos vies ont pris. L’avenir, après tout, ne semble pas être un endroit si éloigné. Ce n’est pas que notre vie ait été facile, loin de là.

 

Nous sentons sur la peau ce qui passe dane un peuple oublié, mais nous savons qu’aucun fardeau n’est si lourd qu’il ne puise être porté. Ceux qui survivent après avoir éprouvé tant de difficultés apprennent dès leur plus jeune âge que l’honneur est notre atout le plus précieux.

 

En chemin, j’ai rencontré beaucoup de gens qui avaient juste besoin d’une occasion de marcher sur leurs propres jambes et  construire leur vie avec dignité. C’est cette idée d’un Brésil plus juste qui a ébranlé nos rêves les meilleurs et les plus généreux. Un pays sans faim, avec école, foyer et travail pour tous.

 

Je regarde en arrière et je vois que nous aurions pu faire plus. Il est toujours possible de faire plus. Mais les opportunités que nous créons dans un pays aussi inégal et injuste semblent encore plus grandes dans les temps difficiles d’aujourd’hui.

 

J’ai été arrêté une fois, ma vie était complètement bouleversée, ma famille a été persécutée et j’ai perdu ma compagne éternelle.

 

Je n’ai pas peur de ce qui va arriver. Tant que j’ai au moins une minute à vivre, cette minute sera consacrée à me  battre pour la dignité de notre peuple. Et à défendre notre honneur.

 

L’honneur du jeune garçon qui a traversé le pays pour vaincre la faim et devenir cireur de chaussures. De l’adolescent qui est devenu un jeune ouvrier d’usine. De l’homme qui est devenu un père et a combattu de toutes ses forces pour représenter le peuple brésilien. Dans le temps incertain de ma jeunesse, je ne l’avais jamais imaginé possible. Mais il l’était Je suis devenu le président du peuple brésilien.

 

Celui qui m’a condamné sans preuve sait que je suis innocent et que j’ai gouverné avec honnêteté. Ceux qui nous persécutent peuvent faire tout ce qu’ils veulent avec moi, mais ils ne peuvent jamais emprisonner nos rêves.

 

Un baiser affectueux de Lula.  »

Cuba réaffirme sa solidarité avec la Syrie dans la lutte contre le terrorisme

Cuba réaffirme sa solidarité avec la Syrie dans la lutte contre le terrorisme

 

31 Mars 2018

  • Ceux qui prenant pretexte des promesses non tenues au peuple kurde, appuient avec beaucoup de superficialité la décision de la France d’envoyer des troupes en Syrie, devraient s’interroger sur l’acte qu’ils soutiennent en violant le droit international, une intrusion condamnée ici par CUba et par la plupart des peuples du tiers monde. Le PCF ne devrait pas renouveler certaines inconséquences de certains de ses dirigeants aux affaires internationales qui ont appuyé la sinistre opération de Libye.Sans parler de Dartignolle qui n’en rate pas une et qui pour justifier le viol de la légalité internationale retrouve le terme de « purrification ethnique » utilisé en Yougoslavie pour justifier l’intervention impérialiste.
  • (note et traduction de Danielle Bleitrach)

De nombreux représentants internationaux ont assisté à la cérémonie.

De nombreux représentants internationaux ont assisté à la cérémonie. | Photo: Reuters
Publié mars 30 2018 (il y a 9 heures 36 minutes)
Lors d’une célébration  à La Havane, Cuba, il a été affirmé  la nécessité de la défense de la souveraineté et de l’autodétermination du peuple syrien .

L’Organisation de solidarité avec les peuples d’Asie , d’ Afrique et d’ Amérique latine ( OSPAAAL ), une organisation internationale basée à Cuba , a célébré jeudi l’anniversaire 55 de la Révolution Mars en Syrie et 71 de la fondation du Parti à -Bath Socialiste arabe , en faveur de « la juste cause du peuple syrien dans sa lutte contre le terrorisme ».

 

« Nous appuyons fermement La Syrie, l’héroïsme, la persévérance, sous la direction de son gouvernement et le parti al-Baas arabe socialiste, d’une manière très efficace et fait ce pour lui – même et pour tous de nous parce que la géopolitique mondiale quand radicalement changé, tout les peuples du sud souffrent », a déclaré Lourdes Cervantes, secrétaire général de l’organisation.

 

L’événement a réuni plusieurs représentants du corps diplomatique accrédité à Cuba et les organisations populaires dans des pays tels que l’Angola, la Dominique, la Gambie, la Guinée équatoriale, l’Iran, le Laos, la Palestine, Porto Rico, Afrique du Sud et le Venezuela, entre autres.

 

Pour sa part, l’ambassadeur syrien à Cuba, Idris Mayya , a remercié la solidarité qu’ont exprimé  les personnes présentes et a souligné la  « résistance légendaire , rarement vue » que le peuple et l’armée de son pays « ont démontrée ces sept dernières années ».

 

« La Syrie, avec l’aide et le soutien de nos amis et alliés, dirigés par nos frères d’ Iran , le Hezbollah, amis fidèles de la Russie et des pays d’Amérique latine à l’ avant-garde de Cuba, a réussi à déjouer le plan préparé par Les ennemis de la Syrie et de son peuple, et les réalisations que nous voyons aujourd’hui dans toute la Syrie, en sont la meilleure preuve », a déclaré Mayya.

 

En tant que représentante de la jeunesse cubaine, Diana Castillo, étudiante à l’Institut supérieur des relations internationales, a félicité  la jeunesse syrienne, qu’elle décrit comme « un exemple de résistance, de courage et de patriotisme, pour résister aux désirs impérialistes ».

 

« Notre héros national José Martí a fait valoir que« si nécessaire par les peuples du concept de dignité, que même devrait faire du mal à leur donner le plaisir de défendre lui, et que est ce que les nouvelles générations de la Syrie tous les jours. Ils défendent leur dignité au prix qui est nécessaire », a assuré Castillo.

 

>>  Plus de 100 000 personnes ont quitté Guta Oriental

 

L’événement, qui a eu lieu à la Casa del ALBA culturel à La Havane, regroupait également les étudiants syriens à Cuba, et des représentants de l’Association des Caraïbes de Cuba, le Mouvement cubain pour la paix, l’Institut de l’ amitié avec les peuples de Cuba, la Union arabe de Cuba, entre autres représentations.

 

La Syrie vit depuis mars 2011 dans un conflit armé où les troupes gouvernementales sont confrontées à des groupes armés d’opposition et à des organisations terroristes.

Elections à Cuba, les défis de la relève des générations

Elections à Cuba, les défis de la relève des générations

 

Par Daniel Cubilledo Gorostiaga

 


Amérique latine |

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Malgré les réserves, les doutes et les précautions de certains analystes et de divers médias, Raúl Castro ne sera plus Président de Cuba après les élections générales de ce 11 mars.


Cela non seulement confirme ce que le Président lui-même a annoncé à de multiples occasions mais ratifie ce qui a été décidé au VIème Congrès du Parti Communiste de Cuba (PCC) concernant la limitation, pour les principales charges de l’Etat et du Gouvernement, à deux mandats consécutifs (10 ans).

 

La question qui se pose immédiatement est qui succèdera à Raúl Castro quand, le 19 avril, les nouveaux députés élus à l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire (Parlement) voteront, bien que, jusqu’à présent, tous les pronostics désignent l’actuel premier vice-président Miguel Díaz Canel.

À cette inconnue s’ajoute le fait que, pour la première fois depuis 1959, le chef du Gouvernement et de l’Etat ainsi que la plupart de leurs membres n’appartiendront pas à ce qu’on appelle la Génération Historique.

 

Sur ce point, il ne faut pas oublier l’éventuelle signification – au-delà du symbole – des décorations accordées par Raúl Castro le 24 février dernier au Capitole récemment inauguré (futur siège de l’Assemblée Nationale comme l’a indiqué sur les réseaux sociaux l’ex-diplomate et enseignant cubain Carlos Alzugaray).


Ceux qui ont été décorés en tant que Héros du Travail de la République de Cuba sont José Ramón Machado Ventura (vice-président du Conseil d’Etat et des Ministres, Second Secrétaire du PCC), les Commandants de la Révolution Ramiro Valdés Menéndez (également vice-président du Conseil d’Etat et des Ministres, membre du Bureau Politique du PCC) et Guillermo García Frías (membre du Conseil d’Etat et du Comité Central du PCC).

 

Le message éventuel est que non seulement il y ait un nouveau président en avril mais qu’il y ait aussi un Conseil d’Etat et un Conseil des Ministres sans aucun membre de la Génération Historique.

 

Cependant, il est certain que la relève des générations ne sera pas réelle tant que Raúl Castro et José Ramón Machado Ventura ne seront pas remplacés à la tête du PCC, après le VIIIème Congrès prévu pour 2021. Cependant, Raúl Castro lui-même a fait de très dures critiques sur les dommages que la suprématie du Parti sur le Gouvernement et l’Etat a causés aux institutions cubaines.


En tenant compte de ce qui précède et en considérant, de plus, le climat du « Processus d’Actualisation » caractérisé par une forte critique des erreurs du passé et par des changements importants dans tous les domaines, cela n’aurait pas trop de sens que le Premier Secrétaire du PCC, principal promoteur de ce processus, interfère dans les principales décisions du nouveau Gouvernement.


C’est pourquoi les prochaines élections à Cuba auront un caractère inédit. Et avec elles s’ouvrira une nouvelle étape dans le processus de réformes dont l’un des grands défis sera de gouverner sans la légitimité historique et sans l’autorité morale de ceux qui ont fait la révolution latino-américaine la plus radicale du XXème siècle, celle qui a eu le plus d’influence.

 

De sorte que non seulement sera mise à l’épreuve comme jamais auparavant la capacité de gestion des nouveaux représentants mais celle de tout le système politique dans une situation, en plus, très complexe et délicate que nous allons analyser.

 

Le développement économique et les défis du processus d’actualisation

 

Après une année 2016 pendant laquelle, pour la première fois depuis les dures années de la Période Spéciale, l’économie cubaine s’est contractée de 1%, la tendance s’est renversée et une modeste croissance de 1,6% du PIB a été atteinte en 2017.


Ainsi, si nous considérons la situation économique difficile, limitations des importations de pétrole et de ses dérivés à cause de la crise au Venezuela, restrictions financières extérieures et pertes estimées à plus de 13.000 millions de dollars provoquées par le cyclone Irma, le plus puissant enregistré dans l’océan Atlantique, ce n’est pas si mal.

 

Mais si nous tenons compte des besoins du pays et des attentes de la population, les résultats sont évidemment insuffisants. L’estimation d’une croissance de 2 % en 2018 laisse prévoir que les tensions vont perdurer sur ce terrain.

 

Si on prend en compte ce scénario, il est probable que le nouveau gouvernement devra prendre des décisions en fonction de deux logiques opposées : d’un côté, l’audace, soutenue par ceux qui sont partisans d’accélérer les réformes pour surmonter les obstacles, de l’autre, la prudence de ceux qui déconseillent ce qui précède jusqu’à ce que soit résolue, auparavant, une série de problèmes structurels qui persistent encore.


Il est inévitable que dans les deux positions et dans leurs diverses variantes, subsistent des différences idéologiques qu’il ne faut pas sous-estimer et qui découlent des diverses visions du socialisme qui se disputent la direction et le rythme des réformes.

 

Ainsi, le nouveau gouvernement devra prendre des mesures concrètes qui demandent une solution rapide, par exemple :


• Le renouvellement des licences et/ou l’élargissement des activités qu’on peut exercer à son compte, paralysé depuis l’été 2017 à cause d’un processus de remise en ordre et de perfectionnement de ce secteur.


• L’unification de la monnaie et du change (sous réserve de sa mise en place si elle n’a pas lieu avant le mois d’avril de cette année ou la gestion des éventuelles distorsions une fois qu’elle sera mise en place).


• La création d’une Loi sur les entreprises qui fasse le tour des droits et des devoirs des nouvelles formes de propriété et résolve en même temps les contradictions comme celle des petites et moyennes entreprises (PYMES) privées qui emploient des salariés qui, bien qu’ils soient reconnus tels sur les documents qui régissent l’Actualisation, continuent à être considérés comme « travailleurs à leur compte ».
• La simplification des démarches pour l’approbation des investissements étrangers directs.

De plus, le retard de la mise en place de l’Actualisation depuis 2016 a créé un climat d’insatisfaction dans différents secteurs de la société. Cela augmentera la pression sur le nouveau gouvernement dans la mesure où les attentes dans des domaines comme le niveau des salaires, l’amélioration des transports ou du logement ou une meilleure offre d’aliments à des prix plus accessibles ne correspondent pas aux résultats obtenus.

 

Enfin, bien que ce ne soit pas moins important, il y a certaines réformes politiques de très grande importance concernant les institutions, qui, même si elles ont été annoncées par les gouvernements précédents, n’ont pas encore été mises en place.


La réforme de la Constitution, la discussion et l’approbation d’une nouvelle Loi électorale ou la généralisation à toutes les provinces du nouveau fonctionnement du Pouvoir Populaire consistant à séparer les fonctions législatives (Assemblée), exécutives (Gouvernement) et économiques (entreprises d’Etat) expérimenté dans les provinces de Mayabeque et d’Artemisa.

 

Le niveau de discussion que provoqueront – aussi bien dans la société qu’au Parlement – les nouvelles conditions, mettra à l’épreuve les nouvelles institutions en construction et le rôle important des médias publics ainsi que les forces et les faiblesses de la démocratie socialiste.

 

Le tournant dans la politique états-unienne envers Cuba sous le gouvernement Trump

 

Le retour en arrière fait par le président états-unien Donald Trump concernant la politique de normalisation engagée en 2014 par Barack Obama constitue une mauvaise nouvelle pour l’île.

 

Cependant, il faut analyser deux questions avec détachement. D’un côté, la portée réelle du National Security Presidential Memorandum on Cuba, signé par le président des États-Unis le 16 juin 2017, à Miami, en présence de la plupart de la droite cubano-américaine la plus réactionnaire de la Floride.


Cela signifie-t-il l’annulation de l’ouverture faite par Obama et comment cela a-t-il été annoncé par Trump ?


Et d’autre part, il faut se demander si le retour de l’unilatéralisme et de la rhétorique hostile envers Cuba peut se durcir et si cela renforce ou affaiblit politiquement La Havane dans la situation intérieure et internationale que nous analysons.

 

Concernant la première question, l’enseignant nord-américain William Leo Grande l’a mise en doute clairement.

 

D’abord, à propos des 12 catégories de Nord-américains autorisées par Obama à se rendre à Cuba, les mesures de Donald Trump touchent seulement les voyages individuels du programme peuple-à-peuple.


Cela signifie que les états-uniens pourront continuer à se rendre à Cuba en groupes et à ramener chez eux s’ils le désirent, du rhum et des havanes.

 

Deuxièmement, l’interdiction de faire du commerce avec des entreprises liées aux Forces Armées Révolutionnaires (FAR) n’affectera pas les contrats antérieurs et futurs dans le secteur des télécommunications, des ports et des aéroports qui représentent, selon l’auteur, la plupart des contrats passés avec des entreprises nord-américaines.

 

Troisièmement, on doit prendre en compte ce qu’il aurait pu faire et n’a pas fait :


il n’a pas interdit les voyages des cubano-américains à Cuba ni l’envoi d’argent aux familles.


Il n’a pas réinstauré la politique des « pieds secs-pieds mouillés » abrogée par Obama à la fin de son mandat.


Il n’a pas rompu les relations diplomatiques rétablies avec Cuba et il n’a pas non plus remis Cuba sur la liste des pays qui encouragent le terrorisme.

 

La conséquence la plus importante de ces mesures peut être le déclin du rythme de croissance des voyages d’états-uniens à Cuba.

 

Dans ce cas, cependant, l’un des secteurs les plus touchés pourrait être le travail à son compte (location de chambres aux touristes, restauration, vente d’artisanat, taxis), c’est à dire que paradoxalement, cela affecterait ceux qui, selon une certaine logique, représentent un groupe anti-système socialiste.

 

En ce qui concerne la seconde question, il faut signaler qu’une série d’événements se sont produits ces derniers mois qui pourraient indiquer que le retour de l’unilatéralisme – qui jusqu’à présent reste sur le plan de la rhétorique – évolue vers des mesures et des sanctions concrètes de plus grande envergure et de plus fort impact dans un avenir proche.

 

L’un des plus connus est l’accusation du gouvernement de Trump concernant les soi-disant « attaques acoustiques » suite à une série de lésions auditives et cérébrales qui auraient affecté 21 diplomates états-uniens sur l’Ile et des membres de leurs familles.


Malgré l’absence totale de preuves que ces troubles sont dus à une attaque délibérée par arme acoustique comme cela a été reconnu par des scientifiques et des enquêtes aussi bien cubains qu’états-uniens, la fable de l’attaque a été utilisée politiquement.


En octobre 2017, 17 membres de la mission diplomatique cubaine à Washington ont été expulsés et environ la moitié des fonctionnaires nord-américains à l’ambassade de La Havane ont été retirés.


L’éventualité qui se profile maintenant dans les « nouveaux rapports scientifiques » suspects publiés récemment est la fermeture définitive des ambassades.

 

Cependant, face à la stratégie des sanctions contre Cuba que promeuvent des secteurs minoritaires mais influents dans le gouvernement de Donald Trump dirigés par le sénateur Marco Rubio et le congressiste Mario Díaz-Balart, il existe un large et divers groupe de secteurs politiques et sociaux aussi bien à Cuba qu’aux Etats-Unis – en plus de gouvernements de différentes couleurs – qui, sans être nécessairement des sympathisants d’un système socialiste, s’opposent à la politique actuelle des Etats-Unis soit à cause d’intérêts purement économiques, commerciaux, soit par pur bon sens, soit parce qu’ils ont une perception différente de la façon de favoriser plus efficacement la fin du socialisme à Cuba.

 

En définitive, malgré les coûts économiques énormes que suppose le fait de faire traîner la fin du blocus dans une situation dans laquelle le développement économique et social est l’un des objectifs prioritaires du pays, le retour de la rhétorique hostile est un scénario bien connu de la diplomatie cubaine dans lequel elle a tout l’avantage politique.

 

Cela est dû aussi bien à la majorité sociale qui, dans les deux pays, s’oppose au retour de la politique d’hostilité qu’au soutien quasi unanime des pays du monde envers Cuba face au blocus. La reconnaissance par Barack Obama de l’échec de la politique unilatérale pratiquée par les Etats-Unis contre Cuba ces 50 dernières années et la reconnaissance de la légitimité du gouvernement révolutionnaire de Cuba ont été des événements historiques qui continuent à contribuer, encore plus, au renforcement de la position de La Havane.

 

La corrélation des forces en Amérique latine et l’instabilité du système international

 

La forte influence de la Révolution cubaine à l’étranger et son activisme international puissant ont joué un rôle fondamental – bien que non exclusif - dans l’histoire pour le développement du pays et sa stabilité intérieure.

 

Le maintien de ce profil dans la nouvelle étape inaugurée par Raúl Castro en 2008 continue à être important étant donné que les objectifs de développement économique sont vitaux pour garantir le succès de l’Actualisation.

 

En partant de ce qui précède, le triomphe d’une nouvelle droite latino-américaine dans des pays comme l’Argentine et le Brésil après ce qu’on a appelé la « décennie victorieuse » et la permanence d’autres gouvernements traditionnellement libéraux comme ceux de la Colombie, du Pérou, du Mexique ou du Chili, pourraient suggérer une situation d’hostilité envers Cuba.


Cependant, et malgré le soutien inconditionnel de l’Ile au Gouvernement de Nicolás Maduro – soumis à un harcèlement sans précédent – on peut affirmer que, jusqu’à présent, les relations avec les pays d’Amérique latine n’ont pas été affectées de façon significative.

 

Parmi les raisons possibles de cette situation, on peut trouver le caractère plus pragmatique de la politique étrangère de Cuba sous la direction de Raúl Castro, le prestige que lui a apporté son rôle dans le processus de paix en Colombie, la solidarité dont jouit l’île sur la scène internationale – qui élève le coût potentiel d’une attitude hostile – et la faiblesse propre de ces gouvernements due à leur situation économique difficile et à la résistance persistante des peuples malgré les défaites électorales de la gauche.

 

Cependant, l’instabilité de la géopolitique du continent ne garantit pas que la situation évoluera négativement si nous tenons compte d’au moins deux facteurs :

 

Le premier, qui s’alignerait sur l’hypothèse du durcissement de la position des Etats-Unis envers Cuba, est en relation avec les déclarations du Secrétaire d’Etat nord-américain Rex Tillerson qui, dans un discours fait avant la tournée qui l’a amené au Mexique, au Pérou, en Argentine, en Colombie et en Jamaïque, a revendiqué la Doctrine Monroe au milieu de fortes attaques contre le Venezuela, Cuba, la Chine et la Russie.

 

Le second est en rapport avec les six élections présidentielles qui auront eu lieu en 2018 au Brésil, au Mexique, en Colombie, au Venezuela, au Paraguay et au Costa Rica, ce qui fait de la restauration conservatrice dans la région un danger réel.

 

Le cas du Venezuela est particulièrement important étant donné les liens économiques importants que ce pays a avec Cuba.


La programmation des élections générales le 22 avril et leur report au 20 mai ont provoqué une recrudescence de l’offensive impérialiste nord-américaine contre le gouvernement de Maduro parfaitement coordonnée avec ses alliés dociles de ce qu’on appelle le Groupe de Lima (composé par l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay et le Pérou).


Le retrait de l’invitation du Venezuela au prochain Sommet des Amériques qui aura lieu à Lima les 13 et 14 avril ou les déclarations du Secrétaire Général de l’OEA et du Groupe de Lima contre la légitimité des élections au Venezuela pourraient être l’antichambre de sanctions plus dures comme l’embargo sur le pétrole ou même l’intervention militaire.

 

Au cas où le pire des scénarios deviendrait réalité, il est plus que probable que le Gouvernement des Etats-Unis et ses alliés de la région déchaîneraient une nouvelle offensive contre Cuba, pensant que la relève des générations offre un scénario propice au renversement de la Révolution.

 

Concernant les relations internationales avec le reste du monde, se détachent les solides alliances avec la Chine (second partenaire commercial et allié politique très important), le renforcement des relations avec la Russie, le nouvel accord Cuba-Union Européenne signé récemment après la suppression de la Position Commune et la non moins importante coopération Sud-sud avec des pays comme le Vietnam, l’Iran, l’Angola ou l’Algérie, pour n’en citer que quelques-uns.

 

La scène internationale actuelle est instable et potentiellement explosive si, comme beaucoup de spécialistes l’affirment, nous nous trouvons dans un moment de transition structurelle du système international caractérisé par un long déclin de l’hégémonie états-unienne, l’émergence d’un monde multipolaire et un panorama économique qui peut être le symptôme d’une crise plus profonde du capitalisme traditionnel.

À cause de tout cela, le gouvernement cubain élu en avril prochain ne devra pas baisser la garde sur ce front où il est possible que se présentent d’importants défis.


Ainsi, le renforcement de la Communauté des Etats Latino-américains et Caribéens (CELAC), le maintien de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA) et la poursuite du pragmatisme sans que cela ne signifie l’abandon de sa politique traditionnelle anti-hégémonique et anti-dépendance continueront à être la priorité dans cet environnement.

Miguel Díaz Canel : futur président ?

 

Conclusion

 

Les défis et les menaces ont été l’environnement naturel de la Révolution cubaine depuis sa naissance même.


Cependant, dans cette nouvelle étape qui se caractérise par la nécessité de construire un socialisme plus soutenable, prospère et démocratique, le défi de la relève des générations revêt un caractère nouveau.
Mais même si on ne peut pas dire que la situation à court et à moyen terme est la plus adéquate que ce soit dans le domaine intérieur, dans les relations avec les Etats-Unis ou dans le panorama géopolitique latino-américain ou mondial, la clef du succès ne sera pas, en dernière instance, cela.

 

Ce qui est essentiel, est et sera le pouvoir. Ou en d’autres termes, le défi fondamental de la relève des générations dans la Révolution cubaine se situe dans la construction d’une nouvelle hégémonie nationale, populaire et socialiste dans les conditions de l’histoire et des structures du XXIème siècle.
Cela demandera beaucoup de créativité, d’audace et de pragmatisme sans renoncer à ses principes ni à son histoire héroïque.

 

Daniel Cubilledo Gorostiaga

 

Tiré du site Cubarte
Traduction Françoise Lopez pour Bolivar infos


Publié dans Cuba Coopération France

Documents joints

Lula a demandé à Mujica de se présenter à la présidence en 2019

Lula a demandé à Mujica de se présenter à la présidence en 2019

 
21 Mars 2018
L’ancien président a critiqué les Etats-Unis pour sa situation devant la justice brésilienne et a demandé à Mujica de le soutenir. « Le moyen de nous aider est d’accepter d’être candidat à la présidence de l’Uruguay », a-t-il déclaré. Les deux anciens chefs d’Etat se sont rencontrés à la frontière entre le Brésil et l’Urugay avec la communication avec Rafael Correa, l’ex-président de l’Equateur. Lula a dénoncé « le doigt de l’Amérique sur le Brésil comme sur l’Amérique latine et il a appelé les anciens chef d’Etat à reprendre du service pour sauver leurs peuples.
 
  1. (note et traduction de Danielle Bleitrach)

NÉSTOR ARAÚJO
Lundi 19 Mars 2018 19:35
Lula Da Silva et José Mujica ont pris la parole à Livramento. Photo: AFP
Photo: AFP
Lula Da Silva et José Mujica ont pris la parole à Livramento. Photo: AFP
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Lula Da Silva et José Mujica ont pris la parole à Livramento. Photo: AFP
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Lula Da Silva et José Mujica ont pris la parole à Livramento. Photo: AFP
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Lula Da Silva et José Mujica ont pris la parole à Livramento. Photo: AFP
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Lula Da Silva et José Mujica ont pris la parole à Livramento. Photo: AFP
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Lula Da Silva et José Mujica ont pris la parole à Livramento. Photo: AFP
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Lula Da Silva et José Mujica ont pris la parole à Livramento. Photo: AFP
Photo: AFP
 
Lula Da Silva et José Mujica ont pris la parole à Livramento. Photo: AFP
Photo: AFP

Lula Da Silva et José Mujica se sont rencontrés lundi après-midi à Livramento et l’ancien président du Brésil a fait une demande spéciale à l’ancien président de l’Uruguay: accepter de se présenter aux élections.

 

Lula a parlé de sa situation devant la justice brésilienne et a déclaré que le doigt des Etats-Unis est sur le Brésil, « mais j’ai appris à lever la tête ».

 

« Nous relevons la tête. Que le peuple brésilien ait la certitude que nous réussirons, et vous M. Mujica aussi vous pouvez nous aider  . La façon de nous aider est d’accepter d’être candidat à la présidence de l’ Uruguay, et si vous êtes candidat, vous avez  beaucoup de chances de réussir aux élections.  »

 

En ce qui concerne cette demande, Lula a ajouté, « on ne doit pas regarder le calendrier pour voir si vous êtes  âgé, quand une personne est bonne et a du caractère, elle doit lutter pour le continent et les pays doivent revendiquer  Lula, Mujica et Rafael Correa » at-il dit.

 

Le président brésilien a déclaré que « l’ Amérique nous désigne et je veux à dire une chose : un problème personnel , jce que je vis face à la justice est faible par rapport au problème auquel sont confrontés par des milliers de Brésiliens qui ont déjà perdu leur emploi et le droit d’étudier l’université, des jeunes qui n’ont plus d’espoir, qui n’ont plus le droit que de rêver ou la perspective de fonder une famille et nous devons faire quelque chose ».

 

« Si ce continent est uni, il peut avoir beaucoup d’influence dans les décisions du monde, mais si nous continuons à nous diviser  nous ne serons utiles qu’aux  Etats-Unis, alors nous n’aurons plus aucune importance », a déclaré Lula.

 

C’est la quatrième étape de la  caravane de l’ancien président qui a débuté le lundi 19 par Bagé dans l’état du Rio Grande do Sul et se termine le r 28 à Paraná.

 

La délégation de l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva a eu son premier acte dans la ville de Bagé, à 60 kilomètres d’Aceguá, en Uruguay, à 11 heures du matin.

 

Il est arrivé à 4 heures précises dans un bus qui s’est arrêté au milieu d’une foule qui l’attendait sur la place « Parque Internacional ».

 

Il est descendu avec l’ex-présidente Dilma Rousseff, qui ont tous deux été applaudis par les supporters et les supporters qui portaient surtout des tenues rouges.

 

Le fondateur du Parti des Travailleurs (PT) a pris plce sur  la scène, à côté de l’obélisque qui marque la frontière entre les deux pays, là où Mujica l’attendait depuis quarante minutes avec le député Luis Alfredo Fratti.

 

les trois exmandatarios assis dans des chaises à haut dossier, placés comme si c’était un studio de télévision, et tandis que  dizaines de médias ont commencé à discuter de la situation en Amérique latine.

 

Lula a commencé:

 

Lula – « Mujica: Qu’est-ce qui a changé en Uruguay et ce qui a changé en Amérique latine après votre départ de la présidence? »

 

Mujica – En Amérique du Sud, il y a eu de très grands changements ces dernières années et la préoccupation  des gouvernements est l’économie, parce que cette question nous est imposée. Nous avons une Amérique latine qui parie sur des questions économiques, mais ne demande pas comment ses gens vivent, c’est le problème, vous devez grandir économiquement, mais la grande question est, les gens vivront-ils heureux? Les gens seront plus heureux ?

 

Voir de tels entreprises, perdant le respect et cessant de s’aimer les uns les autres en dépit des différence et vous Lula, vous, vous êtes le seul capable de pacifier le Brésil, on ne peut pas vivre en permanence en état de choc peut conduire une société, nous devons apprendre à tolérer

 

Oui négocier tout ce qui est nécessaire, mais la chose principale est que les gens puissent vivre en paix et tel est  le défi que nous voulons relever  aboutir à  ce que nous pensions de cette façon, nous voulons en Amérique , mais vous ne pouvez pas progresser avec la haine.

 

L’ancien président du Brésil a condamné les Etats-Unis en disant qu’il a mis le doigt sur l’Amérique latine, essayant par tous les moyens d’éliminer  les acteurs de gauche.

 

« Nous avons créé une façon de faire de la politique qui , à un moment a commencé à agacer les Américains qui ne sont pas habitués à l’ auto – détermination des peuples d’Amérique du Sud, avaient l’ habitude d’être consultés toujours quand l’ Amérique prenait des décisions économiques, mais nous avons récupéré le Mercosur et quand nous voulions UNASUR, ils pensaient que le Brésil était un ennemi des Etats-Unis » , a-t-il dit.

 

Il a continué , « les élections brésiliennes approchent, et si les élections sont normales , vous pouvez le voir, M. Mujica, le Brésil a reconstruit l’unité, que nous construisons 2000-2014, parce que la haine est utilisé partout dans le monde et cela me fait très peur

 

les deux ex-président  ont eu alors  le lien avec Rafael Correa qui se trouve en Belgique

 

« maintenant a dit » Lula « que j’ai voulu venir ici dans la Plaza de Livramento, du côté brésilien, parce que Je ne peux pas aller en Uruguay,  pour montrer que les anciens présidents latino-américains sont ensemble à nouveau pour renforcer l’Amérique du Sud et pour  récupérer les gouvernements à nouveau  »

 

À ce moment-là, une coupure de courant a tout laissé sur scène sans amplification pendant environ 20 minutes.

 

Lula, sans microphone,  a crié: « Je voulais remercier tout le monde de la plus profonde partie de mon cœur, chaque homme, chaque femme, pour l’amour qu’ils m’ont donné dans cette ville ».

 

Quand la lumière est revenue, Rafael Correa a dit: « Je suis très calme, mais je suis très blessé par la quantité de mensonges qui entourent Lula ».

 

Plus tard , dans les discours , ils ont parlé de l’avance du néolibéralisme , ils ont mis en garde contre une intervention militaire en Amérique du Sud, qui a été classé comme « situations complexes » , comme ils se produisent ces derniers temps au Brésil et a également critiqué l’imposition de lois contre les secteurs sociaux les plus nécessiteux.

 

« Nous organiserons un référendum de rappel pour invalider tous les excès du gouvernement putschiste de Michel Temer , » , a déclaré Lula.

 

Sa tournée a un slogan: Un non – privatisation radicale de Petrobras, démocratiser les médias et investir davantage dans l’ éducation.

 

Cuba va développer six projets avec l’aide chinoise

Cuba va développer six projets avec l’aide chinoise

 

18 Mars 2018
  • Voici qui fait plaisir… Cela aurait fait plaisir à Jorge Risquet qui étant 1/4  chinois a été si souvent envoyé en ambassadeur par Cuba et me disait l’admiration qu’il éprouvait pour la Chine, pour le courage de son peuple et la capacité des dirigeants à ne jamais oublier qu’ils avaient un peuple d’un milliard trois cent mille individus à nourrir. C’est comme si nous nous avions oublié que nous avons le plus cruel et le plus puissant des ennemis à 500 km de nos côtes me disait-il des Cubains Etre un chef d’Etat c’est ne jamais oublier l’essentiel.
  • (note de danielle Bleitrach)
La Havane, 17 mars (Prensa Latina)
 
Cuba a reçu un fonds chinois d’une valeur de 36 millions de dollars pour réaliser six projets en faveur de secteurs clés tels que l’élevage, les énergies renouvelables et les infrastructures hydrauliques, ont confirmé les deux gouvernements.
 
Le premier vice-ministre cubain du Commerce extérieur et des Investissements étrangers (Mincex), Antonio Luis Carricarte, et l’ambassadeur chinois Chen Xi ont signé les accords.

 

Comme ils l’ont expliqué, la coopération comprend la fourniture d’équipements pour le programme de récupération du bétail et la modernisation technologique de l’Office général des douanes de la République.

 

Il comprend également des matières premières pour fabriquer des panneaux solaires photovoltaïques, des livraisons de riz, ainsi que du matériel et des machines pour des aqueducs et des projets d’assainissement.

 

Les fonds permettront également de fournir du matériel de construction afin de réparer et d’entretenir les ouvrages hydrauliques.

 

S’adressant à la presse, M. Xi a souligné la volonté de son pays de continuer à travailler avec Cuba dans les domaines politique, diplomatique, économique, commercial et culturel, comme preuve des relations solides entre les gouvernements et les peuples des deux pays.

 

Les Médias, Macron et l’ALBA (et le Venezuelaaaaaaaa), par Romain Migus

Les Médias, Macron et l’ALBA (et le Venezuelaaaaaaaa), par Romain Migus

 

16 Mars 2018

Il est clair que pour les Vénézueliens et ici il s’agit d’un ami français qui vit au Venezuela et est proche du parti communiste, le seul homme politique français qui défende et connaisse l’Amérique latine c’est Jean-Luc Mélenchon. Position pas très éloignée des camarades russes et de toute l’Europe. Le PCF même pour les communistes des autres pays ne représente plus un défenseur, un ami auquel se référer. Le paradoxe est qu’ils ignorent également que la masse des communistes français les défend alors qu’il y a chez les Insoumis, à commencer par Clémentine Autain, mais aussi « poil de carotte » des gens qui les accablent. Il serait temps que la direction du PCF et l’Humanité se mettent en accord avec leur base et que nous retrouvions le lien avec les communistes et que nous arrêtions d’entretenir des relations avec des partis et en Europe sont loin d’être des communistes et qui quand ils sont au pouvoir comme Tsipras mènent la même politique que Merkel et Macron. Cela dit l’article mérite d’être lu ne serait-ce que parce qu’il précise pas mal de choses sur les relations qui devraient exister entre la France et le Venezuela

 

(note de Danielle Bleitrach)


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Il y a un peu moins dun an, la caste médiatique, effrayée par la montée fulgurante de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages pour l’élection présidentielle, fabriquait de toute pièce un “buzz médiatique”. Elle s’offusquait que la France Insoumise, dans son programme, veuille “rejoindre les coopérations régionales dans une démarche de codéveloppement écologique, social et de progrès humain : par exemple l’ALBA pour les Antilles et la Guyane française (…)” (point numéro 15 de l´Avenir En Commun).

 

Dénoncée par l’éditorialiste militant Patrick Cohen et repris ensuite par tous ses confrères, cette mesure de l´Avenir en Commun, devait être la preuve des desseins autocratiques de Jean-Luc Mélenchon, puisque Cuba et le Venezuelaaaaaaa font partie de cette organisation de coopération régionale.

 

Pourtant, cette initiative n´est pas la plus révolutionnaire du programme de La France Insoumise. Elle s´inscrit même dans la logique diplomatique française. Comme le rappelle le Ministère de l´Europe et des Affaires Etrangères: “La France appartient aux Caraïbes par ses collectivités des Amériques : Saint-Martin, Saint-Barthélémy, la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane, dont elle souhaite favoriser la pleine insertion dans la région”, notamment en “participant activement aux différents processus de coopération régionale” (1).

 

C´est la politique assumée et défendue par le président Macron et son gouvernement puisque, en ce moment (2), la France participe, en tant que membre associé, au sommet de l´Association des Etats de la Caraïbe (AEC).

 

Or, tous les pays de l´ALBA (3), sont aussi membres de cette organisation de coopération, dont, bien sûr, Cuba et le Venezuelaaaaaaaa.

 

Comment comprendre le silence de Patrick Cohen ou Jean-Michel Aphatie? Pourquoi les journalistes qui fustigeaient, il y a encore quelques mois, la proposition de participation de notre pays à l´Alba approuvent aujourd´hui la politique étrangère de Mr Macron, qui assoit la France aux cotés de ces mêmes Etats?

 

Cerise sur le gâteau, la présidence tournante de l´AEC est assurée par le Venezuelaaaaaaa, où se déroule actuellement le sommet. Et toujours aucun « journaliste » pour s´indigner de la présence française à un sommet dirigé par une « dictature », selon les mots du président de la République ?

 

Ce silence assourdissant des médias est incompréhensible. Deux hypothèses : soit Jean-Luc Mélenchon a gagné la bataille culturelle, et le ralliement de la France à l´ALBA est devenue chose acquise, même pour les journalistes. Soit les mercenaires médiatiques de Mr Macron n´ont aucun intérêt à couvrir le sommet de l´AEC, car les évidences que nous rappelons plus haut démontreraient une fois de plus l´absence totale d´objectivité, d´honnêteté et de déontologie professionnelle dans les médias dominants.

 

A votre avis ?

 

Notes :

(1) Voir le site du Quai d´Orsay: https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/ameriques/amerique-centrale-et-caraibes/article/la-france-et-les-caraibes

 

(2) Le sommet de l´AEC à lieu du 14 au 16 mars 2018 à Porlarmar, Venezuela.

 

(3) A l´exception de la Bolivie. L´Equateur, quant à lui,  est membre en tant que pays observateur de l´AEC.

 

Lien de l´article: http://www.romainmigus.com/2018/03/les-medias-macron-et-lalba-et-le.html

Brésil : l’assassinat de Marielle

Brésil : l’assassinat de Marielle

 

16 Mars 2018

15 mars 2018 – 13h10 . Tandis que l’on nous amuse avec l’assassinat d’un espion dont tout le monde se moque, au Brésil où il y a eu un coup d’Etat aux apparences légales, où Lula est menacé de prison d’une manière tout aussi stupéfiante, l’assassinat d’une jeune femme qui oeuvre parmi les pauvres et dénonce les escadrons de la mort dans la police, une jeune femme proche des communistes vient d’être assassiné mais là cela ne mérite aucun « sujet »‘ sur BMTV, même si cela soulève l’indignation de tout un continent

 

(note et traduction de danielle Bleitrach)


Le Parti socialisme et liberté (en portugais : Partido Socialismo e Liberdade, abrégé en PSOL) est un parti politique brésilien fondé en 2004 par une scission de l’aile gauche du Parti des travailleurs. Et il est en fait associé au Parti communiste Brésilien. A ce titre il représente un courant militant qui rallie des intellectuels et jouit d’un certain prestige même s’il a peu d’élus et s’il dépasse rarment les 7%. Le Parti des travailleurs de Lula représentant le vote utile.

 

Nous sommes tous Marielle

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Le meurtre de la conseillère municipale Marielle Franco, du PSOL, est un crime qui nous concerne tous. Femme, noire, « créatrice de bidonvilles », mère, militante des droits de l’homme et du progrès social, les coups de feu qui lui ont pris la vie ont atteint le coeur de la démocratie et de la lutte contre l’intolérance généralisée du pays. Ils ont atteint tous ceux qui luttent contre la volonté et l’illégalité.

 

Marielle a été exécutée exactement à cause de son combat pour les droits de tous. Son courage, son visage joyeux et gai, sont le portrait des Brésiliens qui luttent contre l’arbitraire. Contre l’injustice et l’illégalité. militante historique, bien que encore jeune (38 an) pour l’ égalité, elle était en pleine campagne de plaintes contre les violences policières à Acari à Rio de Janeiro, et elle multipliait les accusations contre l’action de la police militaire qui affligent la communauté, et aussi contre l’intervention fédérale à Rio de Janeiro.

 

Le crime odieux commis à Rio de Janeiro, mercredi soir (14), ne peut être ignoré par personne; la conscience démocratique et légaliste exige qu’elle soit rigoureusement soumise à enquête et punie.

 

Son exemple de lutte et d’abnégation nous inspire tous et souligne l’obligation de continuer la lutte, de garder le drapeau debout.

 

Les coups de feu qui ont marqué sa vie ont marqué de son sang l’étendard de la résistance démocratique. La trace  courageuse et intrépide de son sang marque la lutte démocratique. Marque de rouge, la couleur de ceux qui se battent pour le peuple et pour la démocratie. Du sang qui rejoint celui d’innombrables combattants dont la mort est souvent dénoncée. Jusqu’à quand la citoyenneté sera-t-elle traitée par des balles? Marielle et le chauffeur Pedro Gomes sont les victimes les plus récentes de la sanha intolérante qui se répand dans tout le pays. Jusqu’à quand?

 

« Nous sommes tous Marielle, arrêtez de nous tuer »

 

Camila Vallejo, Chili, Le communisme est un idéal qui ne s’est développé pleinement nulle part

15 mars 2018
Camila Vallejo, Chili, Le communisme est un idéal qui ne s’est développé pleinement nulle part

 

« Dans la région, indique Camila Vallejo, nous partageons des pages d’histoire assez semblables. Nous avons subi des dictatures mili­taires et la colonisation par les États-Unis et l’Europe. Les pays de l’Amérique latine ont tenté de former des États indé­pendants économiquement et politiquement, de retrouver leur indépendance et leur identité propre. Nous, du mouvement étudiant, organisons des conférences afin de définir des stratégies et des politiques. Nous avons également des suggestions quant à la façon d’unifier le mouvement étudiant sur le marché du travail, de retrouver le droit à l’éducation, de lutter contre la répression et de continuer à nous opposer à l’impérialisme, au capitalisme et au néolibéralisme, selon les pays. Mais nous ne représentons pas qu’un phénomène chilien ou latino-américain. D’autres mouvements similaires émergent, en Europe et ailleurs dans le monde...

 

Reprenons la lecture des considérations de Camila Vallejo...

 

Michel Peyret


09/05/2012 Mise à jour : 9 mai 2012 | 22:42 

« Le vrai communisme n’a jamais existé » – Camila Vallejo

 

Par Jorge Arellano Metro World News

 

« Nous ne représentons pas qu’un phénomène latino-américain. D’autres mouvements émergent, en Europe et ailleurs dans le monde.» -Camila Vallejo

 

Étudiants, unissez vous! Le cri de ralliement ne vient pas que du Québec. Au Chili, le mouvement étudiant prend une couleur révolutionnaire, avec à sa tête Camila Vallejo, ou « Comandante Camila », jeune femme de 24 ans qui rêve, comme Che Guevara, d’une révolution communiste, mais sans recours aux armes. Métro a rencontré cette nouvelle figure emblématique.

L’Union soviétique n’a-t-elle pas démontré que le communisme est voué à l’échec?

 

Je crois que le vrai communisme n’a jamais vraiment existé. Les régimes mis en place dans le passé s’inscrivaient dans un contexte défavorable pour leur développement, avec une bureaucratie et une autocratie extrêmes. Le communisme est un idéal qui ne s’est développé pleinement nulle part. À la base, le communisme implique une société où chacun partage des conditions de vie égales, où chacun a accès à ce dont il a besoin et contribue, par son travail, à la communauté, selon ses capacités. On parle d’une société sans classe, où les hommes et les femmes se sentent réellement libres et se réalisent pleinement sur les plans moral, matériel et intellectuel.


Le Chili est prospère. Pourquoi devrait-il changer ?

 

Le produit intérieur brut de notre pays est de 15 000 $US par habitant, mais cette richesse ne profite pas à la majorité de la population : 5 % des personnes les plus riches gagnent 800 fois plus que les 5 % des Chiliens les plus pauvres. Le mécontentement du peuple ne tient pas qu’à une idée abstraite, mais s’ancre dans des conditions matérielles réelles. Il faut amorcer un débat de fond au sujet de notre conception du développement et du modèle de développement que nous voulons. Est-ce que nous voulons le modèle néolibéral actuel, qui provoque la concentration des pouvoirs économiques, culturels et politiques? Ou un modèle qui permet le plein développement des êtres humains, l’accès à une qualité de vie, le respect de la dignité et la garantie des droits?

 

Lors d’un voyage en Allemagne, vous avez été constamment accompagnée des représentants officiels du Parti communiste. Ont-ils peur de vous laisser parler librement ?

 

Nous avons toujours été un collectif. Rien n’est développé individuellement et toutes nos idées sont le résultat d’un consensus. Notre travail est entièrement intégré. Contrairement à l’image projetée par les médias, notre action n’est pas le fait d’une seule personne, mais d’un mouvement. Mais je ne crois pas que quelqu’un ait peur de me voir m’exprimer par moi-même.

 

Est-ce que la révolution communiste va se répandre ?

 

Nous croyons à une révolution communiste non violente, sans recours aux armes. Nous misons sur la démocratisation au Chili. Nous voulons faire les choses à notre façon et redonner le pouvoir au peuple chilien. Au Chili, le communisme est perçu comme quelque chose de lointain, mais il émerge, il chemine vers un processus de démocratisation réussi.

 

Croyez-vous que le mouvement pourrait séduire ailleurs en Amérique latine ?

 

Dans la région, nous partageons des pages d’histoire assez semblables. Nous avons subi des dictatures mili­taires et la colonisation par les États-Unis et l’Europe. Les pays de l’Amérique latine ont tenté de former des États indé­pendants économiquement et politiquement, de retrouver leur indépendance et leur identité propre. Nous, du mouvement étudiant, organisons des conférences afin de définir des stratégies et des politiques. Nous avons également des suggestions quant à la façon d’unifier le mouvement étudiant sur le marché du travail, de retrouver le droit à l’éducation, de lutter contre la répression et de continuer à nous opposer à l’impérialisme, au capitalisme et au néolibéralisme, selon les pays. Mais nous ne représentons pas qu’un phénomène chilien ou latino-américain. D’autres mouvements similaires émergent, en Europe et ailleurs dans le monde.

Posté par Michel Peyret 

Lula et la droite anti-démocratique

Lula et la droite anti-démocratique

 

14 Mars 2018

  • Si nous voyons aux USA, une extrême-droite qui s’appuie sur les suprématistes blancs pour rendre compte du malaise de couches sociales déboussolées, mise en état d’insécurité, si nous voyons en Europe et en France un assaut contre « les privilégiés » qui jouiraient de la « sécurité », nous voyons au Brésil jusqu’où peut aller l’assaut avec la traque du Président Lula. Partout, nous avons les conditions de  la montée de l’autoritarisme, la division du peuple, un assaut qui tout en se parant de la démocratie contre « le totalitarisme » communiste, ne craint plus de renoncer à sa propre légalité.
  • (note et traduction de Danielle Bleitrach)

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La classe dirigeante brésilienne, avec des secteurs peu nombreux et honnêtes, n’est pas démocratique. Jamais elle ne l’a été. Et elle a semé l’histoire, depuis l’indépendance, de ses attaques contre la légalité et la souveraineté nationale. Sa devise est une phrase que le Premier ministre français Odilon Barrot a dite en 1849: la légalité nous tue!

 

C’est la devise  qui préside à son action contre l’ancien président Lula, la cible de la coalition  anti-démocratique. Lula est un leader populaire, né des grèves et de la lutte sociale de la fin de la dictature militaire de 1964, une marque d’origine qui fait de lui l’objet de la haine politique conservatrice et de droite. Quand il a été élu pour la première fois en 2002, les pauvres du Brésil – qui ont toujours été en dehors des calculs et des projets politiques conservateurs – ont vu dans son ascension le fait que  « l’un d’entre nous » était maintenant à la présidence de la République.

 

La chasse contre lui s’est amplifiée dans les derniers jours, et  la référence au droit à son arrestation est insistante. Si elle est efficace, son arrestation sera le point culminant de la rupture avec la démocratie qui a commencé avec le coup d’ Etat 2016 Comme en d’ autres à travers l’ histoire du Brésil , mais avec un autre script et un autre format – en particulier contre Vargas en 1954 et Joao Goulart en 1964.

 

L’objectif  final L’arrestation de Lula est de perpétuer et d’approfondir le coup d’Etat, même au prix de l’approfondissement de la fracture sociale qui enlève les droits du peuple et démonte et humilie la Nation. L’ampleur des attaques conservatrices  est effrayante; les actions et les persécutions ont depuis été multipliées contre la liberté artistique, religieuse et de la pensée. Et contre les professeurs d’université et la liberté de recherche et d’enseignement.

 

Dans ce complot  le rôle de la magistrature, qui peut perpétrer des comportements anti-légaliste et autoritaire qui légitiment une attaque inacceptable dans l’état de droit démocratique.joue un rôle important.

 

La fragilité de sa condamnation par la justice de Curitiba et la TRF-4 a été dénoncée  dans l’opinion par des juristes bien connus, au Brésil et dans le monde. Son caractère n’est pas légal, mais politique et discrétionnaire. Il répond à la chasse à l’homme menée par le pouvoir et par les médias qui le soutiennent.

 

Les conséquences de l’emprisonnement injuste possible de Lula pourraient être sérieuses. Dans un article publié dans les médias, ce lundi (12),le pré-candidat PCdoB à la Présidence de la République, Manuela D’Avila, met également en garde contre l’affaiblissement du Brésil en ouvrant «un véritable fossé entre les Brésiliens. Un pays qui arrête injustement un homme comme Lula devient économiquement plus faible parce qu’il sera définitivement instable.  »

 

L’instabilité politique est une perspective terrible. Il peut augmenter encore plus la violence en raison de la non-conformité avec la situation actuelle de désespoir dans le système qui, sur la base d’un processus d’exception, met dans la chaîne un leader populaire de cette importance. Le Brésil sera affaibli au niveau international, en emprisonnant le leader politique le plus important et le plus populaire du monde.

 

L’arrestation de Lula pourrait recréer, au Brésil, une figure dictatoriale typique: celle du prisonnier politique. Ce sera une grande erreur historique du pouvoir judiciaire d’agir en collusion avec des intérêts politiques réactionnaires et antidémocratiques de cette nature.

 

Face à cette menace sérieuse, il appartient aux forces démocratiques de renforcer la mobilisation et les actions de solidarité avec Lula et de protester contre l’escalade des attaques contre l’Etat de droit démocratique.

 

Il y a 5 ans à Caracas, le 5 mars 2013, à 16h24…

Il y a 5 ans à Caracas, le 5 mars 2013, à 16h24…

 

05 Mars 2018

 

De notre ami Mingus, français installé à Caracas et dont la fidélité à la Révolution n’a jamais failli, ce témoignage.

 

(note de danielle Bleitrach)


Il y a 5 ans, à Caracas, le 5 mars 2013, vers 15h30, ma compagne et moi étions partis marcher au Parc de l´Est, le plus grand espace vert de la ville, situé comme son nom l´indique, dans l´est de la capitale vénézuélienne, en plein cœur d´un ilot territorial où se concentrent les classes les plus aisées du pays. Nous étions partis marcher et nous détendre, car les dernières semaines avaient été particulièrement éprouvantes pour nous et pour la plupart des vénézuéliens. Le cancer du président Hugo Chávez tenait le pays en haleine, et tout le monde était suspendu aux annonces sporadiques d´Ernesto Villegas, ministre de la Communication de l´époque, qui informait les citoyens de l´état de santé du Comandante. Ces annonces nationales, était retransmises en direct par toutes les chaines du pays et donnaient lieu à d´intenses réactions et rumeurs qui ne manquaient pas de nous mettre sous pression.

 

La ballade terminée, à 16h15 nous nous sommes engouffrés dans l´hypermarché qui fait face à l´entrée principale du parc pour aller faire quelques courses. De par sa position géographique, ce temple de la consommation semble avoir été hermétique aux bouleversements sociaux initiés par Hugo Chávez. Ce supermarché est même un symbole de l´Histoire coloniale du Venezuela. Celle qui, conjuguée aux années de néolibéralisme féroce des années 90, a conduit à l´avènement de la Révolution Bolivarienne.

 

Les caissières, ceux qui rangent les courses des clients dans leurs sacs, les employés dans les rayons, à la fromagerie, au snack ou en boucherie viennent tous des classes populaires, ils ont tous la peau très mate à l´image de « leur » président Chávez. Les clients, dans leur grande majorité, sont blancs et riches, et ne manquent pas de faire de leur opulence un acte de prosélytisme. La méritocratie, tant vantée par ces mêmes clients, s´est arrêtée aux portes du supermarché, pourtant situé à seulement 10 minutes d´un des plus grands barrios d´Amérique Latine.

 

Il est 16h29, et nous arrivons au rayon boucherie. Derrière l´employé qui s´affaire à nous couper des steaks, trois télés sont branchées sur une chaine privée qui diffuse une émission de variété. Il est 16h40 quand l´émission est brusquement interrompue pour laisser place au générique des annonces nationales. Tous les clients du supermarché affluent alors vers le rayon boucherie pour savoir ce qui va se dire.

 

Pas besoin d´attendre longtemps. La première image suffit. Ce n´est pas Ernesto Villegas qui est devant le micro. C´est le vice-président et dauphin déclaré, Nicolas Maduro, en guayabera blanche et entouré des hautes instances politiques et militaires de la Révolution. Avant même qu´il ne commence à parler, son visage trahit la tragique nouvelle. Puis, la voix enrouée par une émotion qu´il ne parvient pas à contenir, Nicolas Maduro annonce ce que la plupart des chavistes, la plupart d´entre nous, se refusait à imaginer : « Nous avons reçu l´information la plus dure et la plus tragique que nous pouvions donner à notre Peuple. Aujourd´hui 5 mars, à 16h25, le comandant-président Hugo Chávez Frías est décédé ».

 

Devant l´écran, c´est un monde qui s´écroule. Ma compagne et moi sommes physiquement pétrifiés, en état de choc, incapable de dire quoi que soit. Et c´est lui qui nous tira de notre torpeur.

 

Lui, c´est le boucher. Un jeune type, 25 ans, de la génération qui a grandi avec Chávez mais qui a aussi connu comment était le pays avant. Le teint foncé de sa peau nous indique sa condition populaire et son identité politique. Derrière le comptoir des viandes, il hurle aux clients amassés devant les écrans de télévision : « Vous, les bourgeois, si vous croyez que la Révolution va s´arrêter parce que le Comandante est mort, vous pouvez toujours attendre. Viva Chávez !».

 

Son cri du cœur aura eu le mérite de nous faire sortir de notre léthargie. Désormais, plus question de courses. Il faut que l´on rentre au plus vite chez nous, dans l´ouest sauvage de la capitale, il faut que l´on soit avec les nôtres. Dans les quartiers populaires, l´annonce de Nicolas Maduro a entrainé une clameur spontanée, comme celles qui normalement accompagnent un gol de la Vinotinto, l´équipe nationale de football ou un homerun lors d´un classico de baseball Magallanes-Leones. Mais cette fois c´était un cri de tristesse qui est sorti à l´unisson des fenêtres des ranchos, ces habitations des quartiers populaires.

 

Avec grande difficulté, nous parvenons à trouver un taxi dans ce quartier où normalement ils fourmillent. Pas un bruit dans la voiture. Le chauffeur, en regardant nos têtes et nos yeux embués de larmes, nous lâche: « Je suis chilien. Je suis venu au Venezuela pour fuir la dictature de Pinochet. Je sais ce que vous ressentez. Vous venez de perdre votre Allende… ».

 

Il nous laisse Place Bolivar où affluent des milliers de « comme nous », venus pour collectiviser la tristesse et le désarroi, trop lourd à porter individuellement.

 

Cette nuit là fut très longue et très noire…

 

Je me suis toujours demandé ce qu´était devenu le boucher après le 5 mars 2013. Cracher son identité de classe à la gueule des clients de l´autre classe, celle qui selon Warren Buffet, est en train de gagner la lutte, c´était quand même un sacré acte de bravoure politique. J´imagine que ça a certainement du provoquer son licenciement.  J´ai même essayé pendant un temps de le retrouver, pour que ce soit lui qui raconte cette anecdote à ma place. Peine perdue.

 

Aujourd´hui, 5 ans après, je sais où il se trouve.  Ou plutôt je sais que « l´esprit du boucher », celui de ce  muchacho rebelde est la marque d´une identité politique collective qui s´est construite autant dans la pratique révolutionnaire quotidienne que dans l´opposition à cette élite qui prétend reprendre le contrôle du pays.

 

Malgré les tentatives de coup d´Etat institutionnel et de « révolutions » de couleur, malgré les offensives diplomatiques des Etats-Unis et de leurs laquais du Groupe de Lima ou de l´Union européenne, malgré les opérations psychologiques pour miner le moral des chavistes, malgré la guerre non conventionnelle et les incursions de paramilitaires étrangers, malgré la spéculation contre le Bolivar, la contrebande de produits de première nécessité et le trafic de monnaie – symptômes d´une guerre économique qui dit bien son nom –, malgré le ciel que la contrerévolution essaie de faire tomber sur la tête des vénézuéliens, « l´esprit du boucher » court encore les rues du Venezuela. Et le chavisme reste insoumis à la volonté de cette élite qui, pour reconquérir ses privilèges politiques, n´hésite plus à saigner le pays tout entier.

 

Là où beaucoup auraient jeté l´éponge devant tant d´adversité, les vénézuéliens continuent de résister. Ils continuent d´exiger le respect de leur souveraineté et d´affirmer leur volonté de résoudre leurs problèmes internes comme bon leur semble, avec les dirigeants qu´ils se sont librement choisis.

 

Aujourd´hui, ce Peuple rebelle a besoin de toute la solidarité de ceux qui défendent une alternative au désastre néolibéral. En face, ils sont plutôt bien organisés. Peu importe leur étiquette politique du moment, tous sont au diapason pour décrier la Révolution Bolivarienne, diaboliser le président Maduro, relayer des mensonges médiatiques, et faire passer les victimes pour des bourreaux. Si eux le font si bien, alors nous aussi, nous pouvons et nous devons faire entendre notre voix.

 

Nous devons soutenir le combat actuel des vénézuéliens car il est aussi le nôtre. Ou plutôt, il préfigure ce que nous devrons affronter dés lors qu´un gouvernement progressiste, en rupture avec le dogme néolibéral, gouvernera nos pays. Ce jour-là, nous nous rappellerons de « l´esprit du boucher »…cet esprit rebelle, indépendant, irrévérencieux. Cette identité politique collective, qu´on appelle aussi au Venezuela…l´esprit de Chávez.

 

Pourquoi l’opposition vénézuélienne renonce-t-elle aux élections ?

Pourquoi l’opposition vénézuélienne renonce-t-elle aux élections ?

 

23 Février 2018

  •  A quel jeu joue l’opposition en refusant de participer aux élections et en présentant des demandes inattendues ou déjà réglées lors de la médiation qui a eu lieu en janvier sur le territoire dominicain en présence du gouvernement de ce pays? Il s’agit d’abord de restaurer une image décrédibilisée auprès de sa propre base qui est de plus en plus démobilisée, et de jouer surtout en liaison avec les médias et puissances étrangères véritables dirigeants de « l’opposition » vénézuéliennes en témoignant d’une fermeté dans le rapport des forces et en feignant de faire monter les enchères de la déstabilisation?
  • (traduction et note de Danielle Bleitrach)
Dans cet article:
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Après une qualification à la Constitution vénézuélienne fournie par l’Assemblée nationale constituante (ANC) compte tenu de son caractère Plénipotentiaire, il a été  permis une exception à l’expiration du mandat présidentiel et donc la convocation comme demandé par la Table ronde Unité démocratique (MUD) d’élections à la présidence de Miraflores . Maintenant, dans une situation sans précédent, ils décident de ne pas y participer, se surpassant eux mêmes dans leur record d’organisation qui, à trois reprises déjà, s’est retirée d’une élection, comme ce fut le cas lors des élections parlementaires de 2005, l’élection de l’ANC en juillet 2017 et les municipales en décembre de l’année dernière.

 

Quelles sont les raisons que le MUD invoque pour sa décision? Qu’ont-ils déclaré dans l’exposé des motifs de leur décision? À cet égard, et à propos de cette organisation que l’on appelle «politique»,  il y a quelques éléments à souligner.

 

Les garanties électorales

 

Mercredi 21 février, la coalition anti-Chavez a fait son annonce de boycott en disant s’abstenir de participer aux élections présidentielles prévues. Dans son document, qu’elle appelle « un défi » au gouvernement du président Nicolás Maduro, elle explique que bien qu’elle juge nécessaire de changer le régime « le plus tôt possible »,  pour arriver à ces fins, les  conditions électorales ne seraient pas réunies.

 

En ce sens, elle établit une contre-proposition, qui ressemble à ce qui a été récemment utilisé en République dominicaine dans le cadre des dialogues entre le gouvernement et l’opposition . A savoir, des conditions de garanties électorales qui, selon l’opposition, lui ouvriraient la voie pour participer aux élections.

 

Fondamentalement, il s’agit d’un document qui a surgi de manière inattendue et qui a surpris les médiateurs et le gouvernement juste le jour de la signature du document de consensus qui avait été pré-convenu et devait être signé en République dominicaine le 31 janvier. Dans cet accord apparaît une série de modifications substantielles, mettant tout le processus sous la coupe de l’opposition et torpillant de ce fait toute possibilité de signature. Cette série de conditions a été présentée par les dirigeants anti-Chavez pour aller aux élections, dans le cadre de la signature d’un document qui avait été « fait et approuvé à l’unanimité » par les ministres des Affaires étrangères et les médiateurs en République dominicaine.

 

En imposant de nouvelles prérogatives et même réitérant les conditions et pré-accord avec le gouvernement, la MUD commet un acte de propagande politique, en essayant de compenser avec cet acte purement communicationnel les dommages profonds exercés sur ses partisans lors de sa campagne et qui a entraîné la méfiance à l’ égard du corps électoral vénézuélien, ce qui s’est traduit par une très faible intention de voter parmi l’opposition. En plus de l’absence d’un leadership solide qui donnerait sa cohésion à l’opposition et renforcerait la confiance de ce camp.

 

Pour les opposants, la question des garanties électorales, ou au moins recréer un supposé changement dans les règles du jeu, est tout au plus très importante pour changer la corrélation actuelle dans l’intention de voter. En janvier de cette année, Eugenio Martinez, analyste électoral de l’opposition, a présenté les résultats de l’enquête entreprise par Datincorp: alors que 86,6% de ceux qui se déclarent chavistes sont « pleinement déterminés à voter » à l’élection présidentielle, seulement 46% de ceux qui se désignent comme des adversaires  disent qu’ils sont convaincus de participer.

 

Les conditions

 

Le MUD se réfère maintenant aux élections prévues en avril comme étant « prématurées » , mais il y a quelques semaines lorsque le dialogue était « hiatus indéfini » selon les mots du médiateur le président dominicain Danilo Medina, le MUD avait convenu avec les chavistes de la date du 22 avril. Donc, la déclaration de la MUD sur la date des élections apparaît comme la volonté de créer un obstacle à leur participation. La coalition a déclaré dans son document du 21 février qu’elle pariait sur les élections au second semestre de cette année.

 

Une autre des exigences qu’il essaie maintenant d’imposer comme condition est le remplacement des représentants au Conseil national électoral (CNE) pour le rendre plus «équilibré», sous le prétexte que cela avait été déjà accepté en République dominicaine, mais ce n’était pas signé par le MUD. Ce qui implique que l’opposition  introduit une nouvelle demande de changement dans la structure électorale qui avait été acceptée par le gouvernement vénézuélien dans les dialogues et qu’ils avaient décidé de ne pas entériner avec leur signature.

 

L’invitation des missions d’observation internationales est un autre point souligné par l’opposition dans tous les processus : avant, pendant et après l’élection présidentielle. Ce point avait déjà été convenu avec le gouvernement.

 

Un autre élément qui ressort du document est le vote des Vénézuéliens à l’étranger. Sans préciser dans quelles conditions ce vote pourrait avoir lieu, les dirigeants anti-Chavez font la proposition alors que les Vénézuéliens vivant à l’étranger peuvent effectivement voter. Ceux qui ont une situation juridique dans le pays de destination le font ainsi que  ceux qui se sont également inscrit sur le registre électoral permanent dans les ambassades et les services consulaires, conformément à l’article 124 de la loi organique des processus électoraux.

 

Probablement le MUD fait état d’un manque de connaissance de la loi pour permettre le vote de beaucoup de ses disciples qui ont migré et ne rentrent pas dans ces conditions. Ce qui constitue une barrière sérieuse au vote.

 

De la même manière la demande substantielle pour aller aux élections est l’accès égalitaires des médias publics et privés aux centres électoraux, personne n’ignore que ceci n’est pas une variable destinée à motiver pour le vote. Mais cela a été utilisé en d’autres temps pour faire proliférer les incidents dans les centres électoraux et qu’ainsi on construit la matrice de la dénonciation de »fraudes électorales », qui aujourd’hui provoquent l’intention de vote en faveur de l’opposition.

 

Il est demandé la révocation des disqualifications de  partis et de dirigeants politiques. La référence ne désigne pas spécifiquement une personne politique particulière. Quant à la disqualification des partis,  l’organisation Primero Justicia a récemment abandonné l’exigence de revalidation de son accès au corps électoral vénézuélien et ils ont échoué à recueillir des signatures en vue de se remettre sur les rails après une absence déclaré en tant que parti intervenant dans les élections.

 

Enfin, il a demandé une vérification technique du processus électoral. Ce qui n’est pas nouveau pour les autorités électorales vénézuéliennes et pour le MUD, puisque d’après les règlements électoraux, il y a des processus d’audits avant les élections, pendant les élections et après. Le MUD a validé tous les processus d’audit des élections de ces dernières années, y compris ceux des gouverneurs le 15 octobre.

 

Quelle est la signification des conditions MUD?

 

En termes strictement électoraux, seule la nomination de nouveaux rectorats au CNE est tout à fait significative, au cas où les nouvelles autorités décideraient de changer les méthodes de vote et un changement total de système, par exemple, si l’on passait du système automatisé actuel (qualifié par le Conseil des experts électoraux de l’Amérique latine -CEELA- comme l’un des plus transparents au monde) à un système manuel. Dans le cas où les méthodes actuelles ne sont pas changées les autorités électorales, le changement de rectorat est, en termes électoraux, est hors de propos.

 

Malgré son refus catégorique, le MUD semble laisser la porte ouverte aux élections si toutes (ou certaines, peut-être) des conditions sont remplies.

 

Ensuite, les conditions que les opposants à Chavez cherchent à imposer, semblent destinées , dans des conditions sévères de monitorat par des organismes étrangers, à être les conditions pour restaurer son image politique. Ils ne sont pas essentiellement corrélés avec les conditions électorales sur le terrain. Ils cherchent à construire une position dans laquelle si vous répondez à tout ou partie de leurs demandes, ils iront aux élections en se flattant de l’image de ceux  qui ont  réussi à « tordre le bras » à Chavez, alors que les Chavistes avaient déjà répondu aux demandes qui étaient déjà convenues à l’avance en République dominicaine.

 

Ici, la question de l’image politique s’impose. Pour le MUD, il est important que dans son arène (médias, pression étrangère et échos organisés) il obtienne des concessions électorales, au lieu de la position «domestiquée» qu’il a présentée en République Dominicaine. Dans ces cas, ils essaient de rétablir un lien rompu avec leurs partisans, car une grande partie d’entre eux considèrent que le MUD s’est soumis aux desseins du chavisme pour ne faire que ce que les politiciens devraient faire, c’est-à-dire dialoguer.

 

Bref, par rapport à l’opposition, il y a des situations qui peuvent sembler imprévisibles , surtout parce que c’est une instance pseudo-politique qui n’a pas ses propres critères de conduite, mais qui est plutôt dirigée par des corps étrangers qui tentent de créer un scénario de délégitimation pour céder la place à une plus grande  domination financière et économique sur le pays.

 

(Tiré de Mission Verdad )

Le défi stratégique de la gauche latino-américaine

Le défi stratégique de la gauche latino-américaine

 

21 Février 2018

  • Ce bilan d’un reflux est celui de Rafael Correa, pour le meilleur comme pour le pire, s’agit-il réellement seulement d’un adversaire aux moyens illimités, attisant le mécontentement d’une opinion publique dont à cause des réussites une bonne partie est venue renforcer les couches moyennes, tandis que les couches les plus pauvres continuaient à avoir une soif de justice ou s’agit-il d’une vision de la transformation qui croyait pouvoir se passer de la dictature du prolétariat et qui a de fait plus ou moins découragé cette base prolétarienne? Est-ce un hasard si ceux qui résistent encore sont la Bolivie, le Venezuela, l’Urugay, sans parler de Cuba? Est-ce que la contre-révolution est un simple retour aux temps de la domination de l’oligarchie et des bourreaux alliés aux Etats-Unis?  le nouveau rôle des médias et du système de propagande impérialiste ne pose-t-il pas la limite de la transition démocratique? 
  • (traduction et note de Danielle Bleitrach)

Les médias sont devenus les principaux partis d’opposition des gouvernements progressistes de la région

 

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Après la longue et triste nuit néolibérale des années 90 – qui a brisé des nations entières comme l’Equateur – et depuis que Hugo Chávez a remporté fin 1998 la présidence de la République du Venezuela, les gouvernements de droite et subversifs du continent ont commencé à être renversés comme un château de cartes, atteignant la longueur et la largeur de notre Amérique avec des gouvernements populaires attachés au socialisme de bonne vie.

 

À son apogée, en 2009, sur les dix pays latino-américains d’Amérique du Sud, huit avaient des gouvernements de gauche. En outre, en Amérique centrale et dans les Caraïbes, il y avait le Front Farabundo Martí au Salvador, les Sandinistes au Nicaragua, Álvaro Colom au Guatemala, Manuel Zelaya au Honduras et Leonel Fernández en République dominicaine. Dans des pays comme le Guatemala, avec Álvaro Colom, ou le Paraguay, avec Fernando Lugo. C’était la première fois dans l’histoire que la gauche arrivait au pouvoir, dans ce dernier cas, brisant même une constante des siècles de bipartisme.

 

En mai 2008 est né l’Unasur (Union des nations sud-américaines) et en février 2010, Celac a été créée avec 33 membres. Sur les 20 pays latins du Celac (Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes), 14 avaient des gouvernements de gauche, soit 70%.

 

La première partie du 21ème siècle a sans aucun doute été gagnée. Les avancées économiques, sociales et politiques ont été historiques et ont émerveillé le monde, tout cela dans un environnement de souveraineté, de dignité, d’autonomie, avec sa propre présence sur le continent et dans le monde entier.

 

L’Amérique latine n’a pas vécu une période de changements, mais un véritable changement d’époque, qui a également considérablement modifié l’équilibre géopolitique de la région. Pour cette raison, pour les puissances de facto et les pays hégémoniques, il était essentiel de mettre fin à ces processus de changement en faveur des grandes majorités, et ce qu’ils recherchaient la deuxième et définitive indépendance régionale.

 

RESTAURATION CONSERVATRICE

 

Bien qu’en 2002 le gouvernement d’Hugo Chávez ait dû subir un coup d’Etat manqué, c’est vraiment depuis 2008 que les tentatives non démocratiques de mettre fin aux gouvernements progressistes s’intensifient, comme ce fut le cas de la Bolivie en 2008, du Honduras 2009, Équateur 2010 et Paraguay 2012. Quatre tentatives de déstabilisation, dont deux réussies – Honduras et Paraguay – et toutes contre les gouvernements de gauche.

 

A partir de 2014 et en tirant parti de l’évolution du cycle économique, ces efforts de déstabilisation disjoints se sont consolidés et ont formé une véritable « restauration conservatrice » avec des coalitions nouvelles, un soutien international, qui avait droit à des ressources illimitées, au financement externe, et ainsi de suite. La réaction s’est approfondie et a perdu ses limites et ses scrupules. Nous avons maintenant le harcèlement et le boycott économique au Venezuela, le coup d’Etat parlementaire au Brésil, et la criminalisation de la politique – « lawfare » – comme nous avons vu des cas de Dilma et Lula au Brésil, en Argentine Cristina, et vice-président Jorge Glas en Equateur. Les tentatives pour détruire Unasur et neutraliser le Celac sont également évidentes et, souvent, effrontées. Sans parler de ce qui se passe au Mercosur.

 

En Amérique du Sud, à l’heure actuelle, il ne reste que trois gouvernements progressistes: le Venezuela, la Bolivie et l’Uruguay. Les puissances éternelles qui ont toujours dominé l’Amérique latine, et qui l’ont plongé dans l’arriération, l’inégalité et le sous-développement, reviennent avec une soif de vengeance, après plus d’une décennie de défaites continues.

 

LES AXES DE LA STRATÉGIE DE RESTAURATION CONSERVATRICE

 

La stratégie réactionnaire s’articule régionalement et repose essentiellement sur deux axes: l’échec supposé du modèle économique de gauche et le prétendu manque de force morale des gouvernements progressistes.

 

En ce qui concerne le premier axe, depuis le second semestre 2014, en raison d’un environnement international défavorable, l’ensemble de la région a souffert d’un ralentissement économique qui s’est transformé en récession ces deux dernières années.

 

Les résultats sont différents entre les pays et les sous-régions, reflétant la structure économique et les politiques économiques appliquées, mais les difficultés économiques de pays comme le Venezuela ou le Brésil sont prises comme exemple de l’échec du socialisme, quand l’Uruguay, avec un gouvernement de gauche, pays le plus développé au sud du Rio Grande, ou lorsque la Bolivie a les meilleurs indicateurs macroéconomiques sur la planète.

 

Le deuxième axe de la nouvelle stratégie contre les gouvernements progressistes est la moralité. La question de la corruption est devenue l’outil efficace pour détruire les processus politiques nationaux-populaires dans notre Amérique. Le cas emblématique est celui du Brésil, où une opération politique bien articulée a réussi à faire sortir Dilma Rousseff de la présidence du Brésil, pour montrer qu’elle n’avait rien à voir avec les problèmes qui lui étaient imputés.


Il y a une grande hypocrisie mondiale dans la lutte contre la corruption.

 

LA GAUCHE, VICTIME DE SON PROPRE SUCCÈS ?

 

Probablement la gauche est aussi victime de son propre succès. Selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Cepal), près de 94 millions de personnes sont sorties de la pauvreté et ont rejoint la classe moyenne régionale au cours de la dernière décennie, pour une écrasante majorité c’est le résultat des politiques des gouvernements de gauche.

 

Au Brésil, 37,5 millions de personnes ont cessé d’être pauvres entre 2003 et 2013, et maintenant elles sont de classe moyenne, mais ces millions n’ont pas constitué  une force mobilisée lorsqu’un parlement accusé de corruption a licencié Dilma Rousseff.

 

Nous avons des gens qui ont surmonté la pauvreté et maintenant – pour ce que l’on appelle souvent la prospérité objective et la pauvreté subjective – même s’ils ont considérablement amélioré leur niveau de revenu, ils demandent beaucoup plus, et ils se sentent pauvres, pas en référence à ce qu’ils ont, pire encore à ce qu’ils avaient, mais à quoi ils aspirent.

 

La gauche a toujours lutté contre le courant, du moins dans le monde occidental. La question est: serait-elle en train de lutter contre la nature humaine?

 

Le problème est beaucoup plus complexe si l’on ajoute à cela la culture hégémonique construite par les médias, au sens gramscien, c’est-à-dire rendre les désirs des grandes majorités fonctionnels par rapport aux intérêts des élites.

 

Nos démocraties devraient être appelées démocraties à médiation. Les médias sont une composante plus importante du processus politique que les partis et les systèmes électoraux; ils sont devenus les principaux partis d’opposition des gouvernements progressistes; et ils sont les vrais représentants des affaires et du pouvoir politique conservateur.

 

Peu importe ce qui convient aux majorités, ce qui a été proposé dans la campagne électorale, et ce que le peuple, le principal dans chaque démocratie, a ordonné aux urnes. L’important est ce que les médias approuvent ou désapprouvent dans leurs titres. Ils ont remplacé la règle de droit par l’état d’opinion.

 

Y AT-IL UN DÉFI STRATÉGIQUE ?

 

La gauche régionale est confrontée aux problèmes de l’exercice  du pouvoir, souvent avec succès mais avec épuisement.

 

Il est impossible de gouverner avec contentement le monde entier, encore plus encore quand il y a une telle soif de justice sociale.

 

Vous devez toujours être autocritique, mais c’est aussi avoir confiance en soi. Les gouvernements progressistes sont soumis aux attaques constantes, les élites et leurs médias ne pardonnent pas les erreurs et ils font une pression constante sur notre moral, pour nous faire douter de nos convictions, des propositions et des objectifs. Par conséquent, le plus grand «défi stratégique» de la gauche latino-américaine est peut-être de comprendre que tout travail de transformation fondamental  aura des erreurs et des contradictions.

Une lettre de Jacques Alexis sur l’artiste et son besoin du peuple aux mains calleuses de son pays, Haïti

Une lettre de Jacques Alexis sur l’artiste et son besoin du peuple aux mains calleuses de son pays, Haïti

 

21 Février 2018

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le monde sait que pour qu’une plante produise à son plein rendement, il lui faut les sèves de son terroir natif. Un romancier qui respecte son art ne peut être un homme de nulle part, une véritable création ne peut non plus se concevoir en cabinet, mais en plongeant dans les tréfonds de la vie de son peuple. L’écrivain authentique ne peut se passer du contact journalier des gens aux mains dures — les seuls qui valent d’ailleurs la peine qu’on se donne — c’est de cet univers que procède le grand œuvre, univers sordide peut-être mais tant lumineux et tellement humain que lui seul permet de transcender les humanités ordinaires. Cette connaissance intime des pulsations de la vie quotidienne de notre peuple ne peut s’acquérir sans la plongée directe dans les couches profondes des masses. C’est là la leçon première de la vie et de l’œuvre de Frédéric Marcelin, de Fernand Hibbert, de Justin Lhérisson ou de Jacques Roumain.

 

Chez eux, les gens simples avaient accès à toute heure comme des amis, de même que ces vrais mainteneurs de l’haïtianité étaient chez eux dans les moindres locatifs des quartiers de la plèbe. Mes nombreux amis de par le vaste monde ont beau s’inquiéter des conditions de travail qui me sont faites en Haïti, je ne peux renoncer à ce terroir.


Également, en tant que médecin de la douleur, je ne peux pas renoncer à la clientèle populaire, celle des faubourgs et des campagnes, la seule payante au fait, dans ce pays qu’abandonnent presque tous nos bons spécialistes. Enfin, en tant qu’homme et en tant que citoyen, il m’est indispensable de sentir la marche inexorable de la terrible maladie, cette mort lente, qui chaque jour conduit notre peuple au cimetière des nations comme les pachydermes blessés à la nécropole des éléphants. Je connais mon devoir envers la jeunesse de mon pays et envers notre peuple travailleur. Là non plus, je n’abdiquerai pas. Goering disait une fois quand on cite devant lui le mot culture, il tire son revolver; nous savons où cela a conduit l’Allemagne et l’exode mémorable de la masse des hommes de culture du pays des Niebelungen. Mais nous sommes dans la deuxième moitié du XXème siècle qui sera quoiqu’on fasse le siècle du peuple roi. Je ne peux m’empêcher de rappeler cette parole fameuse du grand patriote qui s’appelle le Sultan Sidi Mohamed Ben Youssef, parole qui illumine les combats libérateurs de ce siècle des nationalités malheureuses. « Nous sommes les enfants de l’avenir !» disait-il de retour de son exil en relevant son pitoyable ennemi, le Pacha de Marrakech effondré à ses pieds. Je crois avoir prouvé que je suis un enfant de l’avenir. ‘’

 

Ces lignes sont extraites d’une lettre de Jacques Stephen Alexis à François Duvalier président de la République d’Haïti, datant du 02 juin 1960. Stephen Alexis, enfant terrible de la Cité de l’Indépendance, descendant de Jean Jacques Dessalines le Grand, brillant neurologue, Intellectuel bien articulé, humaniste fervent, promoteur d’une littérature caribéenne… Jacques Stephen Alexis finira ses jours en avril 1961, à 39 ans, assassiné à Chansolme au Nord-Ouest d’Haïti par les Volontaires de la Sécurité Nationale (V.S.N.), il sera enseveli sur place avec ses compagnons de combat : Max Monroe, Charles Adrien Georges, Hubert Dupuis-Nouillé et Guy Béliard. Son œuvre littéraire sera traduite dans plus d’une vingtaine de langue et se repend à travers le monde.

 

Les gouvernements de Suárez et González ont récompensé les membres de la dictature chilienne pour leurs « mérites »

Les gouvernements de Suárez et González ont récompensé les membres de la dictature chilienne pour leurs « mérites »

 

20 Février 2018
 

Les militaires Fernando Matthei et Jorge Zincke, deux éminents membres du régime Augusto Pinochet, ont été décorés en 1981 et en 1984 de la Grande Croix du Mérite militaire avec un insigne blanc. La médaille est destinée à  reconnaître les «performances distinguées en temps de paix».Cet article d’un quotidien espagnol reflète bien la colère de tous ceux qui en Espagne ont vécu l’amnistie des crimes du franquisme en 1978 et la permanence de celui-ci. Il dénonce le rôle joué par Juan carlos et les gouvernements espagnols dans la caution aux tortionnaires du plan Condor. la manière dont il a cautionné en Amérique latine la même opération d’amnistie des pires crimes, il n’y a pas eu que PPe, mais le parti socialiste a contribué à valider la torture.. Aujourd’hui dans l’offensive des USA en Amérique latine ce sont les criminels  de ce temps là, leurs disciples qui sont mobilisés dans la lutte à mort contre les régimes progressistes du bolivarisme 

 

(note de danielle Bleitrach)


Augusto Pinochet.

Augusto Pinochet.

DANILO ALBIN

@danialri

 

C’est la lettre d’une mère désespérée. « Ma fille María Isabel Beltrán Sánchez est née le 2 mai 1952 à Santiago du Chili. Elle a été le seul enfant pendant 10 ans, puis Roberto et Felipe sont nés. Il a grandi dans une maison modeste, de travailleurs. Depuis l’enfance, María Isabel était une fille agitée et rêveuse, mais très responsable « . Quelques paragraphes plus tard, Oriana Sánchez révèle la fin dramatique: sa fille a été kidnappée, torturée et assassinée par la dictature d’Augusto Pinochet .

 

L’horreur prend une dimension particulière dans ce cas: Oriana a réussi à voir sa fille à l’école d’artillerie de Linares, l’un des principaux centres de détention de la dictature chilienne. « Mamita, ils vont me tuer, » la jeune femme a réussi à lui dire. Ensuite, ils les ont séparés. Pour toujours. « J’ai tranquillement quitté cet endroit. Son coeur était déchiré. Depuis cette date, je n’ai plus revu ma chère fille. Je n’ai plus jamais eu de ses nouvelles », écrit sa mère plusieurs années plus tard.

 

Lorsque Maria Isabel est descendu en enfer, le responsable du « Département de recherche » au camp de torture était le brigadier Jorge Zincke, l’ un des nombreux militaires qui ont suivi strictement les instructions du régime Pinochet après le coup d’ Etat sanglant contre le gouvernement légitime de Salvador Allende. Onze ans après l’instauration de la dictature, alors que pratiquement toute la planète connaissait les très graves violations des droits de l’homme enregistrées au Chili, Zincke a reçu une récompense inattendue. Ce ne serait pas Pinochet qui l’aurait décoré, ni aucun autre dictateur de la région. Cette fois, la médaille viendrait de loin. De loin.

 

Comme en témoigne Público , le gouvernement de Felipe González a remis le 26 avril 1984 à l’armée chilienne la Grande Croix de l’Ordre Militaire du Mérite avec un insigne blanc. Le décret signé par le roi Juan Carlos et ensuite ministre de la Défense, Narcís Serra, ne se penche pas sur les motivations que le bureau exécutif du PSOE a eues pour offrir une telle distinction à une personne formidable. Le texte officiel ne parle que des «mérites et circonstances» de Zincke, qui devint commandant en chef adjoint de l’armée sous la dictature de Pinochet.

Médailles données à Fernando Matthei (ci-dessus) et Jorge Zincke (ci-dessous).

Médailles données à Fernando Matthei (ci-dessus) et Jorge Zincke (ci-dessous).

 

Pour trouver leurs raisons, il faut revenir à la législation qui, à l’époque, qqui réglait ce genre de distinctions. Selon les dispositions de la loi 15/1970, qui avait promu le régime de Franco, ce type de décorations cherchait à « récompenser les mérites, les emplois, les services ou les actions distinguées en temps de paix ». Dans cette catégorie a été encadrée, selon la logique du gouvernement Gonzalez, la médaille décernée à l’armée de Pinochet.

 

Suarez aussi

 

Cependant, l’exécutif du PSOE n’a pas été le premier à décerner un membre de la dictature sauvage chilienne. Trois ans plus tôt, le 6 octobre 1981, le gouvernement d’Adolfo Suárez a fait de même avec le général Fernando Matthei , un membre éminent de la Junte militaire qui gouvernait les destinées du Chili sur la base du sang et du feu. Dans son cas, le décret par lequel il obtint la Grande Croix de l’Ordre Militaire du Mérite avec un insigne blanc fut signé par le Roi Juan Carlos et par le Ministre de la Défense, Alberto Oliart.

 

Quelques années plus tard, l’Association des parents de prisonniers politiques Exécuté du Chili a pris tribunal Matthei comme présumé responsable de la mort du général Alberto Bachelet  père de Michelle Bachelet ancien président en 1984. Sa mort est survenue suite à la Les souffrances ont souffert pendant la période où il est resté entre les mains de ses anciens collègues des forces armées, qui ne lui ont pas pardonné son attachement à la démocratie. Bachelet a été torturé à l’Air War Academy qui dirigeait alors Matthei. Cependant, la Cour suprême du Chili a refusé à deux reprises d’être jugée pour ce crime.

 

Selon d’autres témoignages, le général distingué par le  le gouvernement de Suárez a «dirigé et sélectionné ceux qui devaient être torturés et interrogés» . C’est ce qu’a déclaré le premier caporal Sergio Lontano Trureo, qui a même affirmé qu’il l’avait vu battre à côté d’un autre officier «deux prisonniers debout et les yeux bandés». Matthei est décédé le 19 novembre 2017 à l’Hôpital de la Fuerza Aérea du Chili. Il avait 92 ans.

 

Plus de prix pour l’horreur

 

Ces distinctions aux Pinochetistas militaires s’ajoutent aux prix accordés par les gouvernements de Suárez et González à plusieurs membres de l’autre grand régime de l’horreur qu’a souffert l’Amérique latine: la dictature argentine de Jorge Rafael Videla. Comme l’a révélé le public à travers différents rapports publiés en 2014, l’État espagnol a accordé des distinctions à cinquante militaires et civils qui faisaient partie de ce régime.

 

Dans ce contexte, le gouvernement González a même maintenu la politique d ‘ «échange de soutien diplomatique» avec la dictature argentine , facilitant son accès à différents forums internationaux. D’ici là, leurs dirigeants étaient déjà responsables de 30 000 disparitions.

Brésil : L’adhésion à la grève générale contre la réforme des retraites grandit

Brésil : L’adhésion à la grève générale contre la réforme des retraites grandit 

 

18 Février 2018

  • On mesure bien que ce qui nous paraît une offensive française est d’abord européenne mais partout le capital profitant de ses avancées politiques et du repli des travailleurs, l’abstention, la division mènent une offensive généralisée, face à laquelle se pose partout la question d’une riposte à la hauteur des coups portés. Au brésil où il y a eu un coup d’Etat « légal » avec mise en jugement de Lula de la part d ‘un pouvoir corrompu, la riposte tente de prendre de l’ampleur
  • (note et traduction de danielle Bleitrach)

15 FÉVRIER 2018

Partout au Brésil, la lutte contre la réforme que le gouvernement du coup d’état brésilien veut approuver est en train de monter . Le Front populaire brésilien prévient que la mesure pénalise les plus pauvres et vise à laisser la sécurité sociale entre les mains du capital privé.

 

Le Front populaire brésilien et les centrales syndicales considèrent la mobilisation pour vaincre la réforme de la sécurité sociale fondamentale

Le Frente Brasil Populaire et les centrales syndicales considèrent la mobilisation comme fondamentale pour vaincre la réforme de la Sécurité sociale Crédits/ Médias Ninja

Du nord au sud, les secteurs les plus divers syndicats ont tenu plénière une vue de décider du mode de participation des travailleurs à la grève générale contre la réforme des retraites, prévue pour le lendemain 19 le Front populaire du Brésil (FBP) et qui a   le soutien des grandes centrales syndicales du pays sud-américain.

 

Il est pas encore certain que la réforme, qui a été présentée comme un amendement constitutionnel proposé (PEC) 287, obtiendra un vote à la Chambre des représentants le 19 (20 et 21 sont des hypothèses aussi), mais les syndicats et les organisations sociales ont clairement fait savoir que quel que soit le jour du vote, lundi prochain est « le jour de l’arrêt du Brésil ».

 

Février est la date limite imposée par le gouvernement de Michel Temer pour l’approbation de la réforme des retraites, après plus d’un an de discussions et reports successifs de son vote. Cependant, le projet, qui « semblait avoir un soutien solide » peine à atteindre  les 308 votes nécessaires « dans une année électorale et après avoir fait face deux plaintes » du ministère public fédéral, appelé le Brésil de Fato .

 

Au portail rouge , le président de la "Centralnica dos Trabalhadores (CUT)", Vagner Freitas, a également souligné la question de l’année électorale: «Ils n’ont pas voté jusqu’à présent parce qu’ils n’ont pas de voix. Les députés ont peur d’approuver cette proposition inquiétante et ne pas être réélus », a-t-il déclaré.

 

Menace de destruction de la sécurité sociale

 

Une note à portée de main sur le site Web du Centre des travailleurs du Brésil (PFE), le FBP   rapelle que le « gouvernement du coup d’ Etat de Michel Temer et ses alliés menacent le peuple brésilien sur les questions de  la retraite [retraite] » depuis l’ année dernière .

 

Affirmant que le peuple et les travailleurs brésiliens, organisés et mobilisés, peuvent vaincre la tentative , FPB souligne que, si elle est approuvée, cela conduira à la destruction de la sécurité sociale et constituera  « un stimulus à la croissance des pensions privées, laissant la société otage des banques dans un pacte des putschistes avec le capital financier ».

 

«  Michel Temer disant que la réforme est nécessaire pour mettre fin » avec le déficit du régime de retraite, a déclaré le FBP, soulignant que les changements proposés augmenteront le temps de cotisation et l’âge minimum d’accès à la retraite (62 ans pour femmes et 65 ans pour les hommes), et mettra un terme aux systèmes spéciaux de réforme des enseignants, des fonctionnaires, des travailleurs ruraux et autres.

 

Le FBP souligne également que, dans certaines régions et périphéries des grandes villes du Brésil, «les résidents travailleront jusqu’à leur mort», considérant que l’espérance de vie n’excède pas 58 ans.

 

Pour le 19, il a été annoncé des grèves, des protestations, des manifestations, desmanifestations dans des États comme São Paulo, Pernambuco, Natal, Ceará, Bahia, Sergipe, Minas Gerais, Rio de Janeiro, District fédéral, Santa Catarina, Rio Grande do Sul.

 

La Syrie et Cuba signent un programme exécutif d’accord de coopération culturelle

La Syrie et Cuba signent un programme exécutif d’accord de coopération culturelle

 

16 Février 2018

 15 février 2018

 

Comme le dit très pertinemment Jack Dion : « Le Président de la République a déclaré que la France mènerait des frappes en Syrie si elle avait « des preuves avérées » que le régime avait utilisé des armes chimiques. On peut donc en conclure qu’en l’état actuel des informations, il n’y en a pas de preuves. Ce détail a dû échapper à tous les médias ayant expliqué que la soldatesque de Bachar al-Assad avait eu recours à des armes chimiques dans l’enclave de la Ghouta, aux portes de Damas. Comment dit-on « fake news » en français? » Il semble qu’une bonne partie de la planète ne soit pas de leur avis.
 
(note de danielle Bleitrach) 

La Havane, SANA-Syrie et Cuba ont signé un programme exécutif pour un accord de coopération culturelle entre les ministères de l’enseignement supérieur des deux pays.

 

L’accord a été signé par le ministre de l’enseignement supérieur, Dr. Atef al-Naddaf, et son homologue cubain, José Ramon Saborido, dans la capitale cubaine de La Havane.

 

Après la signature de l’accord, le ministre al-Naddaf a déclaré aux journalistes que l’accord renforcerait la coopération scientifique et culturelle entre les deux pays.

 

Il a ajouté que le programme comprend l’échange de visites entre professeurs, experts et spécialistes et la participation à des symposiums et à des conférences organisés par les universités et les centres de recherche scientifique des deux pays.

 

Pour sa part, le ministre cubain a indiqué que l’accord donnera une grande impulsion à la coopération scientifique entre la Syrie et Cuba dans les domaines scientifiques et culturels.

 

R. Jazaeri / Ghossoun

Le véritable objectif du périple de Tillerson en Amérique Latine

Le véritable objectif du périple de Tillerson en Amérique Latine

 

Publié le par anonyme

Interventionniste, dangereux et un rappel du fait que, pour les États-Unis, l'Amérique Latine est leur arrière-cour : telles sont les caractéristiques du périple qu'effectue actuellement le secrétaire d'état des États-Unis, Rex Tillerson,

Bien que le Venezuela ne figure pas bien sûr, sur la liste des pays à visiter, c'est précisément sur ce pays sud-américain qu'est centrée l'attention du périple du chef de la diplomatie étasunienne qui ne cache pas les intentions de Washington de se faire des alliés dans ses tentatives de promouvoir la déstabilisation en territoire vénézuélien pour renverser le président Nicolas Maduro, élu démocratiquement aux urnes par le peuple.

Rappelons que les attaques des États-Unis contre Caracas incluent des sanctions, des agressions, l’encouragement de putsch militaires et la méconnaissance d’institutions légitimes. Le voisin du Nord étaye l’opposition dans ses actions violentes contre la Révolution Bolivarienne, actions qui ont fait des dizaines de morts et de nombreux blessés parmi la population civile.

Maintenant Tillerson est allé même jusqu`à dire ouvertement que la Force Armée Nationale Bolivarienne pourrait devenir en « agent du changement » dans ce pays sud-américain suggérant ainsi que les militaires pourraient intervenir dans les questions politiques du pays.

Ce sont des déclarations extrêmement dangereuses car, comme l’a bien souligné le ministre vénézuélien de la défense, Vladimir Padrino. « Aujourd’hui l’agression est contre le Venezuela mais elle serait faisable en n’importe quel moment suivant les niveaux d’intervention du gouvernement étasunien contre n’importe quel gouvernement ».

La réalité est que l’administration du président Donald Trump est aussi retournée au passé dans ses relations avec l’Amérique Latine et elle est désireuse d’encourager la tristement célèbre Doctrine Monroe, connue principalement par la phrase « l’Amérique pour les Américains » et qui marquerait le développement des relations internationales dans la région depuis sa formulation en 1823 jusqu’à nos jours.

Nous savons tous qu’en appliquant cette politique extérieure à l’égard de l’Amérique Latine, les États-Unis ont pillé les ressources naturelles, envahi les marchés avec leurs produits tandis que les peuples s’enfoncent de plus en plus dans la pauvreté et que des coups d’état ont été orchestrés.

La Doctrine Monroe a été et elle reste une ingérence et une colonisation ouverte du continent américain par les États-Unis qui voient avec préoccupation comment la région ne suit plus aveuglement leurs diktats et que beaucoup de gouvernements comme ceux du Venezuela et de Cuba n’acceptent ni chantages ni impositions d’aucune sorte.

Mais c’est, en plus, une façon de freiner la diversification des relations des pays latino-américains et caribéens avec d’autres états comme la Russie, la Chine et l’Iran avec lesquels d’importants accords mutuellement avantageux ont été signés.

Le Mexique, l’Argentine, le Pérou, la Colombie et la Jamaïque sont les pays inclus dans le périple de Tillerson dans la région, périple qui a soulevé un grand rejet au sein de la société civile.

Des organisations sociales signalent que le périple du chef de la diplomatie étasunienne a pour but de coordonner, avec les gouvernements liés à Washington, les actions pour continuer à asphyxier le Venezuela.

Il faut être vigilants car, comme l’a dénoncé le ministère cubain des Affaires étrangères, la position de Tillerson est une instigation au « changement de régime », changement qui a fait des millions de victimes innocentes dans plusieurs parties du monde et promu la violence, la guerre, les crises humanitaires et l’instabilité, démontrant ainsi son échec.

Mais il s’agit en plus d’une preuve d’ignorance totale. Le gouvernement du président Nicolás Maduro, qui a toujours insisté sur la nécessité du dialogue, s’est assis à la table de négociations avec l’opposition pour résoudre les problèmes du pays et il a convoqué des élections générales pour le premier quadrimestre de cette année, ce qui est une démonstration ouverte de souveraineté, de transparence et d’engagement envers son peuple.

Edité par Reynaldo Henquen


source: http://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/154489-le-veritable-objectif-du-periple-de-tillerson-en-amerique-latine

Le Media TV sur le Venezuela

10 février 2018

Le Media TV sur le Venezuela

 

Le Media TV sur le Venezuela

 

Publié par Venezuela infos 
 

Première de la nouvelle émission « Les sujets qui fâchent » sur LeMediaTV, présentée par Gérard Miller, le 9 février 2018. Le journaliste Maurice Lemoine, ex-rédacteur en chef du Monde Diplomatique et qui couvre l’Amérique Latine depuis trente ans, démonte l’univocité médiatique en France et rétablit le point de vue de la réalité du Venezuela. Cette émission existe grâce aux Socios.

 

URL de cet article : https://wp.me/p2ahp2-3ZU

Retour sur une condamnation sans preuve : le cas Lula au Brésil ou la judiciarisation de la vie politique

« Pour nos combats de demain, pour un monde plus libre, plus juste, plus égalitaire, plus fraternel et solidaire, nous devons maintenir vivante la mémoire de nos luttes »

 

Gunter Holzmann

 

Retour sur une condamnation sans preuve : le cas Lula au Brésil ou la judiciarisation de la vie politique

 

8 février 2018
 

Dans cette vidéo, Christophe Ventura revient sur les enjeux et les suites de la confirmation de la condamnation de l’ancien président brésilien par le tribunal fédéral de Porto Alegre (24 janvier 2018) pour corruption passive et blanchiment d’argent.

 

Le cas Lula est un cas de « Lawfare » (utilisation abusive des armes juridiques à des fins de persécution politique).

 

 

 

Vidéo et musique : Adrien Piquera et Jordi Lafon

Les Etats-Unis reconnaissent publiquement que les sanctions cherchent l’effondrement du Venezuela (Mision Verdad)

Les Etats-Unis reconnaissent publiquement que les sanctions cherchent l’effondrement du Venezuela (Mision Verdad)

Le Secrétaire d’État états-unien Rex Tillerson a suggéré la possibilité d’un coup d’État au Venezuela pour chasser le président élu Nicolas Maduro et l’exiler à Cuba : «parfois en Amérique Latine l’armée peut être un acteur de changement quand les choses vont trop mal »  a-t-il précisé le jeudi 1 février.

 

La thèse est assez souvent répétée mais elle ajoute plus de réalisme au scénario actuel : plus les partis d’opposition rendent visible leur incapacité à diriger le front intérieur de l’opération de changement de régime, plus les puissances occidentales se font les porte-paroles d’actions contre le Venezuela et agissent. De façon de plus en plus agressive et brutale.

 

La semaine dernière, le chef de la CIA, Mike Pompeo, a avoué lors d’un forum du think-tank néo-conservateur American Enterprises Institute que l’appareil de renseignement qu’il dirige a travaillé coude à coude avec Trump les éléments des sanctions contre le Venezuela.

 

Les médias internationaux qui ont rapporté ses déclarations en ont extrait la partie la plus rentable pour eux, oubliant les détails que, pendant presque une heure, Pompeo a donnés sur le parcours qui a abouti à la mise sur pied de institutionnalisation des sanctions financières par un Ordre Exécutif (13692) et la désignation de plus de 30 fonctionnaires de haut niveau du Gouvernement vénézuélien par l’OFAC/Département du Trésor.

 

Pour orchestrer les sanctions, la CIA, selon son chef, a préparé des rapports sur le statut actuel des Forces Armées Nationales Bolivariennes (FANB) et leur relation avec le pouvoir exécutif. Il a aussi été élaboré une mosaïque des points faibles de la dette extérieure concernant le délai et la capacité de paiement du pays destinée à obtenir une plus grande efficacité qui se permettrait non seulement de forcer la situation de défaut de paiement mais aussi de déformer le schéma du commerce international du Venezuela concernant des produits de base comme les aliments et les médicaments.

 

Peut-être à cause du flux énorme d’informations au Venezuela où des événements importants peuvent remonter dans un ensemble de nouvelles concernant le spectacle, les déclarations du chef de la CIA sont arrivées dans la plus grande indifférence, encouragée par les nouvelles technologies de l’information en ce qui concerne la politique parce que c’est leur intérêt. Et cela aussi fait partie du plan : l’individualisation en tant que processus systémique (le contraire de la politique) est la dernière touche de la grande œuvre du pouvoir mondial pour supprimer les vases communicants de la société.

 

Des déclarations de Pompeo se détachent, au moins, 3 signes qui vont marquer le conflit politique et sa internationalisation consciente pour des raisons géopolitiques impérieuses après l’installation de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) et le désastre de l’opposition interne :

 

 La confession de la CIA est un reflet du fait que le pouvoir dur (qu’on appelle « Etat profond » dans les conclaves des grandes corporations qui décident de la politique étrangère des puissances) laisse derrière lui la diplomatie et, dans le meilleur des cas, lui impose ses rythmes et ses façons d’agir.

 

 Que des organes de sécurité étasuniens entrent en jeu de façon frontale révèle que les sanctions et ce qui en découle sur le terrain sont une expérimentation pré-guerrière dans laquelle la vie de la population et l’Etat Nation doivent être détruits par des mécanismes de pouvoir réel (interruption de la fourniture d’aliments, de produits d’hygiène, d’argent) en poussant un scénario d’intervention préventive pour « raisons humanitaires » et « l’effondrement définitif » tellement annoncé.

 

 Les agences du Gouvernement des Etats-Unis et le Congrès prennent un tournant dans lequel « l’issue » à la crise vénézuélienne est transnationale et se fait par la force, les élections et l’Etat en exercice (la Constitution vénézuélienne) en tant que pratique sociale et cadres symboliques de la nation, deviennent des obstacles au développement du plan de fond. Le Gouvernement Trump est, à la base, une Junte Militaire. C’est pourquoi il crie à la « fraude » dès que les élections présidentielles ont été annoncées.

 

La création par l’extrême droite de María Corina Machado de « Je suis le Venezuela » comme avant-garde idéologique de « l’intervention humanitaire » nommée ainsi sans aucun détour car ils savent qu’ils recevront les applaudissements du Congrès, doit être vue comme l’élargissement de ce front. Le vertige que donne l’élargissement des sanctions demande de simuler une certaine vénézolanisation.

 

Dans une vidéoconférence avec des journalistes, le haut fonctionnaire du Département d’Etat a évoqué sans plus de détails la façon dont « un officiel du Département de l’Etat-major » a donné certains détails sur la tournée qu’effectuera le Secrétaire d’Etat Rex Tillerson en Amérique Latine à partir du 1° février. Dans son programme, il est prévu qu’il se rende au Mexique, en Argentine, en Colombie, au Pérou et en Jamaïque et qu’il rencontre les principales autorités et le corps diplomatique des pays qui composent le Groupe de Lima.

 

Un détail important : cette tournée se déroule à quelques jours de la présentation par la Chine, qualifiée comme l’une des principales menaces pour les Etats-Unis dans sa Stratégie de Sécurité Nationale et de Défense pour 2018, de son projet Initiative de la Bande et de la Route au II° Forum Chine-CELAC (Communauté des États Latino-américains et des Caraïbes). Un fait qui n’est pas sans importance étant donné que la Chine augmente son influence financière sur la région dont le Venezuela est un pivot dans les stratégies du géant asiatique qui prend la place des Etats-Unis comme principal partenaire commercial.

 

Les journalistes ont interrogé « l’officiel » sur les divers sujets que Tillerson devrait traiter pendant sa tournée. Les négociations complexes sur le TCLAN avec le Mexique, l’augmentation de la production de drogue en Colombie et d’autres négociations sur l’ouverture de marchés pour les exportations étasuniennes devraient tenir une bonne partie de l’ordre du jour bien que le sujet du Venezuela devrait être au premier plan pour la presse mondiale.

 

A une question de la journaliste María Molina de Radio Colombia sur l’efficacité des sanctions contre le Venezuela, il a répondu : « La campagne de pression fonctionne. Les sanctions financières que nous avons imposées au Gouvernement vénézuélien l’ont obligé à commencer à créer le défaut de paiement aussi bien en ce qui concerne la dette souveraine que la dette de PDVSA, leur compagnie pétrolière. Et ce que nous allons amener, (…) c’est un effondrement économique complet du Venezuela. Alors, notre politique fonctionne, notre stratégie fonctionne (…)  » Cette déclaration est un message pour tenter d’affaiblir la table de dialogue en République Dominicaine.

 

Il souligne aussi (sur un ton assez euphorique) les sanctions coordonnées avec l’Union européenne et la création du Groupe de Lima pour mettre en place une coalition qui augmente la capacité de nuisance des sanctions des Etats-Unis.

 

De cette façon, les Etats-Unis reconnaissent une évidence mais qui résonne différemment quand elle est prononcée par le pouvoir : les sanctions imposées au Venezuela n’ont pas pour but de « rétablir la démocratie » ou d’inciter à des « négociations sérieuses » avec l’opposition mais de faire s’effondrer le pays économiquement et financièrement pour l’engager dans une situation de chaos perpétuel qui pourrait permettre une issue militaire. La privation d’aliments et de médicaments, le boycott du dollar parallèle et le blocus financier sont des étapes préalables et ceux qui les mettent en place reconnaissent qu’elles suivent la bonne voie. Le moment d’occulter les ordres du jour est passé.

 

Pendant ce temps, le Congrès des Etats-Unis a déjà approuvé dans sa chambre basse un projet de loi « d’assistance humanitaire » au Venezuela qui oblige la diplomatie étasunienne à chercher à obtenir du Conseil de Sécurité de l’ONU des mesures coercitives qui permettent de faire parvenir cette « aide » grâce à des mécanismes militaires et privés. Le Département d’Etat reconnaît que les politiques de sanctions représentent un ensemble d’agressions préalables pour que cette loi l’impose comme la seule solution pour le Venezuela.

 

Tillerson semble avoir bien prévu son ordre du jour et la façon de faire pression, ce n’est pas pour rien que Pompeo s’attribue les sanctions et « l’officiel » du Département d’Etat interviewé fabrique un modèle aux objectifs que poursuivent les sanctions. Une manœuvre qui rend transparents les acteurs de poids qui sont derrière et contrôlent.

 

A la lumière des composantes du front intérieur (dialogue, Assemblée Nationale aux mains de gens comme ceux du parti Un Nouveau Temps, décomposition de l’opposition de partis politiques et organisation d’élections présidentielles) tout suggère que la tournée de Tillerson non seulement annonce une ronde de sanctions plus agressives contre l’économie – le Journal des Amériques envisage un éventuel embargo sur le pétrole – mais la construction de bases de soutien dans la région pour les rendre légitimes. Le Groupe de Lima a été créé pour cela. Au départ, il a été fondé en tant que garant du blocus politique, diplomatique et financier du pays. Il faudra voir combien de pays sont attirés par le fait de rompre les relations commerciales et diplomatiques avec le Venezuela car au-delà des communiqués, les Etats-Unis ont besoin d’envoyer un message fort et d’augmenter l’efficacité du blocus diplomatique et financier.

 

Une analyse minimale des éléments dont nous avons parlé permet d’envisager l’éventualité qu’à mesure que l’effondrement provoqué par les sanctions avance, cette coalition se transforme en front militaire pour faire pression pour une intervention « humanitaire. » La résistance provoquée par les paroles de Trump disant qu’il n’écartait pas « l’option militaire » au Venezuela a différentes acceptions, selon qu’il s’agit d’une intervention pour soi-disant protéger ou sauver un pays « effondré », ou de l’ouverture de « couloirs humanitaires » par des pays frontaliers pour balkaniser le pays. La CIA et le Congrès travaillent à ce changement de sens devant lequel le Département d’Etat et son « chef » baissent la tête.

 

The Washington Post et The New York Times, des médias qui ont d’importantes relations commerciales avec la CIA, accélèrent une intense campagne pour homologuer le Venezuela avec la Somalie ou le Congo, des pays également victimes de cette sorte de guerres. Les crimes ne sont pas seulement économiques mais se mènent aussi dans le domaine de l’information.

 

Les tournées de hauts fonctionnaires des Etats-Unis pour préparer un ordre du jour de siège ont un précédent dans la tournée de Mike Pence en août, quelques semaines après l’installation de l’Assemblée Nationale Constituante et avec une opposition dévastée, dans laquelle il s’agissait d’intégrer des soutiens régionaux pour augmenter les pressions sur le Venezuela.

 

Quelques semaines plus tard, un Ordre exécutif signé par Donald Trump institutionnalisait le blocus financier du Venezuela, une action qui aujourd’hui rend chaotiques tous les aspects de la vie sociale, économique et politique du pays. Un crime qui aujourd’hui dépasse toutes les lois internationales et « met contre le mur l’estomac de la population »…

 

Traduction : Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol : http://misionverdad.com/LA-GUERRA-EN-VENEZUELa/eeuu-reconoce-publicame...

»» https://venezuelainfos.wordpress.com/2018/02/02/les-etats-unis-reconna...
URL de cet article 32909 

La Jornada : Tillerson: l’armée vénézuélienne pourrait renverser Maduro

La Jornada : Tillerson: l’armée vénézuélienne pourrait renverser Maduro

 

03 Février 2018
Quand le spectacle de la démocratie en est là et que nos propres médias relaient cet ultime parodie du devoir d’ingérence qui n’est qu’un nouveau plan condor pour l’Amérique latine, quand le président de la République française se mêle de participer à l’assaut militaire en dénonçant le pays victime de cette appel au putsch fasciste, cette ingérence fantasmée de la Russie et de la Chine, le retour du grand « totalitarisme » fantasmé, le communisme, les masses en mouvement et leur dictature potentielle ! Que signifie alors  la démocratie sinon ce moment où elle devient tyrannie par temps de crise du capital  et pourtant ici comme en Corée, les menaces proférées se heurtent à une résistance, la vraie question est encore et toujours ce que veut réellement le peuple? Comment est-il organisé pour exprimer cette volonté?
 
(note et traduction de Danielle Bleitrach)

Reuters |  Jeudi, 01 Fév 2018  15:17

Le secrétaire d’État des États-Unis parle avant de signer un accord avec le Qatar à Washington. Photo Afp ​​/ Archive

L’eugénisme, la « science » pour améliorer la race, en Amérique latine

L’eugénisme, la « science » pour améliorer la race, en Amérique latine

 
27 Janvier 2018
 
Comment au pérou en relation avec le FMI et  l’église, Fujimori a procédé à un programme de stérilisation forcée. Ces pratiques eugénistes ont touché essentiellement les catégories pauvres, les indigènes
 
(Traduction et note de danielle Bleitrach)


Publié: Jan 27 2018 01:39 GMT

L'eugénisme, la «science» pour améliorer la course, en Amérique latine

Illustration illustrative / Mohammed Salem / Reuters
 

L’eugénisme a émergé au cœur de l’Angleterre victorienne à la fin du XIXe siècle et a été défini par Sir Francis Galton, son créateur, comme «la science qui traite de toutes les influences qui améliorent les qualités innées d’une race.

 

Que ce soit par des mécanismes subtils promus par l’Église catholique ou par des pratiques agressives telles que la stérilisation forcée des personnes, l’eugénisme sera la science responsable de la promotion de la reproduction des « bons » individus et découragera les «mauvais» ou « qualité inférieure ».

 

Coïncidence ou non, depuis plus de 100 ans, les plus drastiques pratiques eugéniques ont été appliquées dans le monde entier, presque exclusivement sur les classes inférieures. L’Amérique latine n’est pas l’exception.

 

Certains plus précieux que d’autres

 

« les Élites ont vu dans l’eugénisme un moyen  pour invoquer la supériorité des uns sur les autres. Qu’apportera cette science sinon qu’il ya des gens dont la vie vaut plus que d’autres. Donc, s’il y a plus de bonnes personnes, l’eugénisme de fournir un mécanisme par lequel la reproduction d’un être sera orienté  au détriment des autres « , explique Gustavo Vallejo, docteur en histoire et chercheur au Conseil national de la recherche scientifique et technique (CONICET), basé à l’Université nationale de Quilmes (Argentine).

 

Logo du deuxième congrès international d’eugénisme, 1921. / wikipedia.org / Beao / Domaine public

 

Selon le chercheur, l’eugénisme aura deux aspects majeurs. D’une part, il y aura l’eugénisme anglo-saxon , qui n’aura pas de limites et effectuera des mesures sanglantes de l’exercice de la violence directe sur les corps, comme la stérilisation forcée . Dans cette direction étaient les eugénistes américains, et par cette voie, on en est venu directement au nazisme.

 

La seconde sera ce qu’on a appelé l’eugénisme latin et elle réunira précisément les pays de cette ascendance. Dans cet aspect non stérilisant de l’eugénisme, un rôle central est donné à l’église, au système judiciaire et à la médecine, afin de déterminer l’aptitude des individus en tant que futurs pères et prolongateurs d’une certaine génétique et de certaines valeurs.

 

 

« La connaissance normative, qui est la loi, la médecine et la théologie, finit par construire un vaste champ à travers lequel l’eugénisme fut  diffusé comme un mécanisme d’ordre social, qui a eu lieu vers 1930 et a  traversé toute l’Amérique latine ».

 

Le point de départ de tout ce mécanisme sera la sélection des conjoints, et cette sélection sera faite en partie par l’Eglise catholique à travers les conseils pré-matrimoniaux. Lorsque les futurs mariés sont allés voir un prêtre avant de se marier, le prêtre leur a posé des questions, évalué et analysé le futur couple pour éventuellement décourager et interdire le mariage par l’Église.

Gustavo Vallejo, docteur en histoire et chercheur au CONICET
L’eugénisme latin était plus subtil, moins visible en termes de pratiques qui ont été réalisées et c’est peut-être pourquoi il a été moins analysé ou moins détectéGustavo Vallejo, Docteur en Histoire et chercheur du CONICET

Dans le même temps, l’examen médical prénuptial a été institué dans le domaine public étatique. Bien qu’il existe encore aujourd’hui dans de nombreux pays, sa motivation dans les années 1930 était strictement eugénique. Si à la suite d’ un examen médical , il avait  été déterminé que l’ un des époux avait une maladie ou « tare » qui pourraient être transférés à leurs enfants, l’Etat a le pouvoir  de dire non pour permettre les unions civiles.

 

« Ici commence à articuler le domaine médical, le droit et l’Eglise D’un côté est le certificat médical … Si vous ne respectez pas les attentes, il agit de la loi La loi peut intervenir sur un acte qui relève du  droit privé et d’autre part il y a l’Eglise, le prêtre intervient pour vous décourager si il a été admis  s que vous alliez générer une progéniture pas souhaitable pour l’État », résume Vallejo.

 

Selon l’historien, l’eugénisme latin était une manière moins visible en termes de pratiques qui ont été réalisées et peut-être, par conséquent, est passé inaperçu.

 

Nouveau millénaire et stérilisations forcées

 

Près d’un siècle après l’arrivée des idées eugéniques en Amérique latine, le tournant du millénaire a entraîné un tournant inattendu et une violence sans précédent dans la région.

 

Des femmes protestent contre les stérilisations forcées qui ont eu lieu dans les années 90. Lima, Pérou – 2016. / Aaron Heredia / Roverimages / http://www.globallookpress.com

 

L’eugénisme anglo-saxon occupait une place centrale lorsqu’il s’agissait de contrôler et de restreindre la croissance des populations considérées comme dangereuses ou indésirablest.

 

En 1996, Alberto Fujimori, alors président du Pérou, a lancé pendant sa deuxième présidence le Programme national de santé génésique et de planification familiale (PNSRPF) dans le but supposé de lutter contre la pauvreté grâce à la stérilisation des femmes.

 

Grâce à des méthodes contraceptives auparavant punissables par la loi, comme la ligature des trompes, le programme de santé reproductive a progressé avec ses objectifs à plein régime, et au moment où il a pris fin en 2000, le nombre  des femmes stérilisées dans le pays était de 331 000 , selon une étude qui cite des estimations du ministère de la Santé péruvien lui-même.

 

Cependant, ce qui, à première vue, pourrait être interprété comme un succès en termes de santé sexuelle et reproductive a fini par être l’un des crimes les plus graves de l’histoire démocratique du continent.

 

Au moins 18 femmes sont mortes victimes de ces opérations. 211 000 femmes stérilisées – soit plus de 63% du total – n’ont pas reçu d’informations complètes sur le processus de ligature des trompes, alors que 25 000 d’entre elles n’ont pas été informées du caractère irréversible de l’intervention chirurgicale, c’est-à-dire qu’elles ne pourront plus jamais avoir d’enfants.

 

María Ysabel Cedano, Directrice de l'Etude pour la Défense des Droits de la Femme
En fait, il y avait une politique de contrôle de la population par la violation des droits reproductifs des femmes, les stérilisant sans garantir un consentement préalable, libre et éclairé.María Ysabel Cedano, Directrice de l’Etude pour la Défense des Droits de la Femme

« Un an après l’opération, ma taille a commencé à faire mal et la coupure que j’avais subie dans l’opération, je ne pouvais pas manger des choses chaudes ni faire des efforts  et à partir de ce moment, je me suis sentie mal ». présidente de l’Association des femmes péruviennes touchées par la stérilisation forcée et l’une des victimes de la campagne promue par Fujimori.

 

Avant d’être opérée, Rute a été menacée par les opérateurs de santé pour avoir résisté à l’intervention: on lui a d’abord dit qu’elle ne pourrait pas inscrire sa fille nouveau-née au registre municipal, puis on lui a dit qu’elle commencerait bientôt à payer cher  pour chacun de leurs enfants. Finalement, le 10 février 1999, elle a été emmenée en ambulance avec sa fille et son mari censés faire vacciner la fille.

 

Une fois à l’hôpital et devant les pleurs  et les doutes de Rute, une infirmière l’emmena dans une salle d’opération où elle fut rapidement déshabillée et allongée sur une civière. En raison de sa résistance constante, la femme était attachée à la main et au pied et la procédure a été menée contre sa volonté . « Jusqu’à présent, il n’y a pas de justice, le gouvernement ne dit rien et nous avons suffisamment de preuves, notre affaire a été arrêtée, ils ne veulent plus avancer, et maintenant le président actuel a accordé un pardon à Fujimori qui ne mérite pas le respect ».

 

Coopération internationale

 

Les procédures judiciaires engagées par les victimes et par des associations non gouvernementales cherchent à condamner les auteurs directs des stérilisations, ainsi que celui de Fujimori et des autres dirigeants politiques. Cependant, María Ysabel Cedano, directrice de l’étude pour la défense des droits de la femme (DEMUS), souligne le rôle joué par certaines organisations internationales dans ce processus agressif de contrôle démographique.

 

Image illustrative. / Pixabay / Herney
 

« Lorsque Fujimori arrive au pouvoir pour se réinsérer dans le système international, il adopte les politiques du FMI, de la Banque mondiale et de la Banque interaméricaine de développement, y compris des politiques démographiques soutenues par la coopération internationale », souligne M. Cedano.

 

Un rapport fait en 2002 par une commission enquêtant sur le Congrès péruvien qui cherchait à trouver les responsables de ces politiques confirme ce qu’a affirmé le directeur de DEMUS.

 

Le document se réfère aux archives internes de l’agence américaine . pour le développement international (USAID), qui révèlent que, en 1993,  ce pays a pris en main  le système de santé national du Pérou. Cette intervention a été possible grâce à une réorganisation du ministère de la Santé qui avait été réalisée peu de temps auparavant en réponse aux recommandations des bailleurs de fonds .

 

Selon le rapport, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) était également un acteur clé dans ce cadre institutionnel à des fins eugéniques.

 

« Depuis le début des activités de la planification familiale au Pérou, le FNUAP a participé en collaboration avec l’ USAID dans pratiquement toutes les activités contribuant au financement. Il est important de considérer que les principaux contributeurs de fonds du FNUAP sont précisément les EE. Amérique du Nord », dit le texte préparé par la législature.

 

Des femmes brandissent des affiches contre les stérilisations forcées lors d’une manifestation au Pérou – 2015 / Mariana Bazo / Reuters
 

María Ysabel Cedano estime qu’en dehors de tous les euphémismes utilisés par Fujimorismo, « il y avait en fait une politique de contrôle de la population par la violation des droits reproductifs des femmes, les stérilisant sans garantir un consentement préalable, libre et éclairé. pas toutes les femmes, mais les femmes analphabètes, les locuteurs du quechua, les paysans et les populations autochtones. »

 

Le cauchemar continue

 

Bien que les centaines de milliers de cas de stérilisation forcée au Pérou aient été largement couverts par la presse internationale et même parvenus à la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), les choses ne semblent pas avoir beaucoup changé dans la région. Bien que nous ne puissions jusqu’ici parler de plans systématiques de contrôle agressif de la reproduction par les États latino-américains, les stérilisations sans consentement restent une réalité, en particulier pour les femmes séropositives.

 

Un rapport de 2013, réalisé par l’organisation «Promotion de la balance pour le développement et la jeunesse», a révélé que les droits reproductifs des femmes séropositives  au Mexique et dans trois pays d’Amérique centrale étaient violés . Sur un total de 337 femmes interrogées, 20 d’entre elles ont déclaré avoir subi des pressions ou être obligées de se faire stériliser au Mexique, 10 au Salvador, 7 au Nicaragua et 6 au Honduras.

Alexandra Minna Stern, professeur de culture et d'histoire américaine à l'Université du Michigan.
« Il y a une logique eugénique derrière tout cela qui dit que ces gens ne devraient pas avoir de bébés parce qu’ils ne sont pas en forme »Alexandra Minna Stern, professeur de culture et d’histoire américaine à l’Université du Michigan.

« Les femmes autochtones ou les femmes de couleur en Amérique latine sont toujours la cible de stérilisations, peut-être s’agit-il d’une série de cas spécifiques, je ne sais pas si cela devient un modèle, mais l’idée derrière cela est que vous êtes Les femmes sont une menace et leur état indique qu’elles ne devraient pas être mères », explique Alexandra Stern, professeur de culture et d’histoire américaine à l’Université du Michigan.

 

Plus récemment, Amnesty International a publié un document confirmant que les stérilisations forcées se poursuivent au Mexique et dans d’autres pays de la région.

 

Le rapport raconte l’histoire de plusieurs femmes qui ont subi ces abus en Amérique latine. Parmi eux se trouve le cas de Michelle, une mère de 23 ans de l’État de Veracruz au Mexique qui a découvert qu’elle était séropositive au cours d’un examen médical alors qu’elle était enceinte de quatre mois.

 

Le jour où elle est arrivée à l’hôpital pour accoucher, Michelle a trouvé sur son lit une pancarte qui disait «VIH». Puis le médecin lui a dit qu’ils devaient opérer pour éviter de futures grossesses. Alors que Michelle a refusé, les médecins ont ignoré  ses protestations  et ont procédé à la stérilisation.

 

Selon Stern, l’argument derrière ces stérilisations pourrait être économique et lié à la santé publique, mais si vous creusez plus profondément, les vraies raisons sont évidentes: « Il y a une logique eugénique derrière tout cela qui dit que ces gens ne devraient pas avoir de bébés parce qu’ils ne sont pas adaptés, ou parce qu’ils sont malades ou parce qu’ils ne sont tout simplement pas le genre de citoyen qui devrait continuer à se reproduire », conclut-il.

 

Ignacio Fernández Albano

Avec Lula c’est le peuple brésilien que l’on condamne

Avec Lula c’est le peuple brésilien que l’on condamne

 

26 Janvier 2018

L’ancien président Lula dans une manifestation de soutien à São Paulo, le 24 janvier. LEONARDO BENASSATTO / REUTERS

Condamné en appel le 24 janvier à une peine alourdie, passée à douze ans et un mois de prison, l’ancien président Lula poursuit son combat politique et judiciaire.

Je n’ai jamais eu la moindre illusion. Il y a eu un pacte entre le pouvoir judiciaire et les médias, qui ont décidé qu’il était temps d’en finir avec le PT [Parti des travailleurs]. Ce sont les seuls à vouloir que je ne sois pas candidat.”

Un avenir encore incertain

 

Le tribunal régional fédéral a décidé, en appel, d’alourdir la peine en la passant à douze ans et un mois de prison – Lula avait été condamné à neuf ans et demi en première instance. Les trois juges ayant choisi exactement la même sentence, les recours possibles sont limités, mais les avocats de Lula entendent bien les mettre en œuvre, relate le quotidien O Globo. La suite de la procédure se déroulera donc principalement devant deux tribunaux, le Tribunal supérieur de justice (STJ) et le Tribunal supérieur fédéral (STF), à Brasilia, qui devraient recevoir le dossier d’ici deux mois. Ces deux instances devront aussi se prononcer sur l’application de la peine : la prison, le sursis ou un régime semi-ouvert.
Lula a déjà fait savoir qu’il resterait candidat à la présidentielle du mois d’octobre, quoi qu’il arrive. Il revient à cet effet au Tribunal supérieur électoral de décider si la candidature de l’ancien président est valide.

La bourse bat un record

Dans la foulée de la confirmation de la condamnation, la Bourse de São Paulo a fermé avec une hausse de 3,72 %, établissant un record à 83 680 points.

La radio CBN, du groupe Globo, explique cette hausse par l’animosité des marchés financiers à l’égard de Lula, figure tutélaire de la gauche.

Mais aux yeux du président Michel Temer, de centre droit, cité par le magazineVeja, les bons résultats des marchés sont dus à son discours au Forum économique mondial de Davos, qui se déroule jusqu’au 26 janvier dans la station suisse.
Devant un parterre clairsemé, au moment même où se tenait le procès de Lula, Michel Temer a réaffirmé l’importance de la réforme du système des retraites, que prépare son gouvernement. Sur le procès de Lula, il s’est contenté d’un commentaire laconique :
Le pouvoir judiciaire juge en toute indépendance, en toute tranquillité.”
Signe de l’importance du procès pour les Brésiliens, 811 000 tweets ont été publiés en dix-huit heures, relève le quotidien Estadão

La séance a fait réagir aussi bien les anti-Lula, autour du hashtag #LulaNaCadeia (“#LulaEnPrison”), que les pro-Lula, avec les mots-clefs #CadêAProva (“#OùEstLaPreuve”).

Hugo Florent

Cuba rejette la déclaration de Jérusalem comme capitale d’Israël à l’ONU

Cuba rejette la déclaration de Jérusalem comme capitale d’Israël à l’ONU

 

23 Décembre 2017

Voilà une position qui me convient totalement et j’ai toujours cru que c’était celle du PCF, mais il s’avère que visiblement des camarades croient très « révolutionnaire » de relayer des positions gauchistes et qui ne mènent nulle part. Sans parler de ceux qui font du sensationnel, de l’émotion trafiquée et des fausses nouvelles la base de leur choix politique dans les réseaux sociaux, tout cela en vue de diaboliser les « sionistes », terme qui masque à peine celui de juif. Sur cette question, comme celle de l’Europe et tant d’autres, il serait temps que les militants du PCF adoptent la position qui est celle de leur parti quand ils la connaîtront, l’humanité ne les éclairant guère sur la question

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach)


 

l’Ambassadeur Anayansi Rodriguez Camejo, représentant permanent de Cuba auprès des Nations Unies, est intervenue lors de la 10e session extraordinaire de l’ Assemblée générale des Nations Unies sur les « actions illégales d’Israël dans Jérusalem-Est occupée et le reste des territoires palestiniens occupés « .

 

En correspondance avec la Déclaration du Ministère des Affaires Etrangères de Cuba, publiée le 6 décembre 2017, la diplomate de l’île a réitéré la profonde préoccupation et le rejet de la nation caribéenne en ce qui concerne la déclaration unilatérale du Président des États-Unis, désignant la ville de Jérusalem en tant que capitale d’Israël, ce qui constitue une violation grave et flagrante de la Charte des Nations Unies, du droit international et des résolutions pertinentes des Nations Unies; ce qui, a-t-elle ajouté, viole les intérêts légitimes du peuple palestinien et des nations arabes et islamiques, provoquant une augmentation des tensions dans cette région et empêchant tout effort visant à reprendre les pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens.

 

Elle a demandé au Conseil de sécurité – s’acquittant de la responsabilité de la Charte des Nations Unies dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales – d’adopter les décisions nécessaires et d’exiger d’Israël la fin immédiate de l’occupation des territoires palestiniens et des politiques agressives et des pratiques colonisatrices, ainsi que le respect des résolutions adoptées par cet organe sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne.

 

Rodríguez Camejo a souligné la nécessité d’une solution globale, juste et durable au conflit israélo-palestinien, fondée sur la création de deux États, qui accorde aux Palestiniens le droit à l’autodétermination et à un État indépendant et souverain, avec sa capitale à Jérusalem-Est et les frontières d’avant 1967.

 

Lors de cette extraordinaire session d’urgence de l’Assemblée générale des Nations Unies, la délégation cubaine a coparrainé et voté en faveur du projet de résolution intitulé «Statut de Jérusalem», qui stipule clairement que toute décision ou action ayant pour but de modifier le caractère, le statut ou la composition démographique de la ville sainte de Jérusalem n’a aucun effet juridique, est considéré comme nul et doit être abrogé, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU.

 

A cet égard, le texte a été adopté avec le soutien majoritaire de 128 des Etats membres de l’Organisation, 9 contre – y compris Israël et les Etats-Unis – et 35 abstentions; demande à tous les États de s’abstenir d’établir des missions diplomatiques dans la ville sainte de Jérusalem.

Le représentant de Cuba à l'ONU, Anayansi Rodríguez, dans son discours rejetant la politique de Trump à Jérusalem. Photo: @ CubaMINREX / Twitter.

 

(Avec des informations de CubaMinrex)

Chili : Piñera président

Avec 54,57 % des voix, Sebastián Piñera remporte l’élection présidentielle et revient au pouvoir après Bachelet.

 

Comme je l’avais signalé, Piñera représente la droite dure et réactionnaire. Mais Guillier, par son manque de stratégie électorale et d’écoute aux aspirations populaires portées par Beatriz Sánchez et le Frente Amplio est seul responsable de sa déroute. Sa condescendance et son mépris auront été fatals. Encore une fois, la Démocratie Chrétienne préfère s’allier à la droite. Cela ne peut que nous rappeler ce triste jour de septembre 1973, notre 11 septembre.

 

Pourtant, les Chiliens ont été plus nombreux à se rendre aux urnes qu’au premier tour ce qui montre, contrairement à ce que dit Bachelet, que les électeurs ne se sont pas détournés de la politique. Il s’agit, en fait, d’un désaveu de la politique menée par la Concertation vers plus de libéralisme.

 

Bachelet prendra son petit-déjeuner demain à 9 h avec Piñera. Qu’elle le digère bien car des millions de pauvres se feraient une joie d’y participer !

 

En attendant, Salvador Allende et Miguel Enríquez doivent se retourner dans leurs tombes !

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