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Venezuela l'impérialisme US dans ses œuvres au cœur de ce qu'il considère être sa basse-cour.

 

Salut à tous, salut Jean

 

Assez d’accord avec Jean.

 

La position du KKE (Parti Communiste de Grèce) met très justement l’accent sur la lutte contre l’opportunisme dans le mouvement communiste : «étapisme», «socialisme du XXIième siècle», etc.

 

Il pose qu’aujourd’hui quasi tous les états sont  capitalistes et donc reliés dans la «pyramide impérialiste», certain ayant des positions plus fortes que d’autres dans cette pyramide (développement inégal). Dés lors le prolétariat doit se battre partout sous le drapeau de la révolution socialiste.

 

Le KKE est capable de nuancer sa position jusqu’à un certain point : il «comprend» la position du Parti Communiste Syrien qui se bat aux côtés de Assad contre l’impérialisme, il est «solidaire» du Parti Communiste Vénézuélien qui appuie, en toute indépendance, la révolution anti-impérialiste bolivarienne, etc.

 

Cependant il ne fait aucune différence entre le PSUV (Chavez, Maduro) et Syriza (Tsipras).

 

C’est essentiellement juste. Mais en pratique, contrairement à la Grèce ou Syriza (majoritairement) n’a jamais vraiment voulu organiser et conduire le prolétariat contre les diktats de l’UE, il me paraît difficile de nier l’évidence : que le Vénézuela sous Chavez puis Maduro est engagé dans un processus révolutionnaire anti-impérialiste.

 

Bien à vous

 

PS  Références des textes (en Espagnol) du KKE que j’ai cité /

- Message de solidarité à l’occasion du XVième Congrès du Parti Communiste Vénézuéla. (18.07.2017) 

http://inter.kke.gr/es/articles/Mensaje-de-Solidaridad-Internacionalista-al-XV-congreso-del-PCV/

 

- Commentaire de la Section des Relations Internationales du KKE concernant le délire et les mensonges du groupe de Carmelo Suarez (notes perso : Parti Communiste des Peuples d’Espagne (PCPE) fraction dite majoritaire.) (18.07.2017)

 

Comentario de la Sección de Relaciones Internacionales del KKE respecto al delirio y las mentiras del grupo de Carmelo Suárez

 

Le 11 août 2017 à 20:46, Patrice <Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.> a écrit :

 

Il faut pour notre propre gouverne ne pas confondre la révolution prolétarienne et la révolution anti impérialiste. Toutes les deux s’opposent à l’impérialisme mais il ne s’agit pas de révolutions identiques parce que ce ne sont pas nécessairement les mêmes classes qui les dirigent. Il existe entre ces deux révolutions un rapport d’identité et de lutte lié aux contradictions de classes.

 

Les étiquettes « socialistes » que se collent les gouvernements bourgeois anti impérialistes ne doivent pas nous abuser et on n’est pas obligés de reprendre sans esprit critique leur sémantique.

 

C’est à nous de mettre en avant notre façon de voir les choses, et de les appeler par leur nom en utilisant le matérialisme dialectique.

Amitiés

Jean


De :Alain

Nous n’avons pas à faire la fine bouche et devons défendre le peuple vénézuélien contre l’impérialisme US et la réaction intérieure.

Cependant il ne faudrait pas se laisser aller jusqu’à en justifier voire en promouvoir la ligne du Socialisme dit du XXIième siècle (voir texte très pertinent de Gilbert).

Le KKE (Parti Communiste de Grèce) écrit : « La classe dirigeante dans notre pays utilise les événements au Venezuela et en général en Amérique latine pour créer la confusion et désorienter, pour obscurcir la perspective socialiste. Cependant, ce qui est en crise n'est pas le socialisme ou le marxisme-léninisme, mais le capitalisme et les positions sans issues du « socialisme du XXIe siècle », qui fonctionnent sous le système d’exploitation.» 

 

Et plus loin, égratignant au passage le PCPE (Parti Communiste des Peuples d’Espagne (fraction dite majoritaire)) de Carmelo Suarez : « La position du groupe Carmelo Suárez sur « le processus révolutionnaire » au Venezuela n'a rien à voir avec la réalité dans ce pays où le pouvoir est entre les mains de la bourgeoisie et où la classe ouvrière connaît une intense exploitation par les capitalistes, son système d'exploitation et sa politique de gestion.

 

En fait (et cela est très dangereux) cette attitude incrimine le concept de révolution et attribue les problèmes du capitalisme et la crise capitaliste à un « processus révolutionnaire » inexistant et il est donc très important de préciser que les problèmes de la classe ouvrière au Venezuela, et ailleurs en Amérique latine, ne vient pas de la « révolution » et du « socialisme », mais du capitalisme qui engendre le chômage et la pauvreté.

 

Ou sinon on encourage des illusions dangereuses et on débilite la lutte pour le socialisme, pour l'abolition de l'exploitation de l'homme par l’homme.»

Venezuela - Congrès du PCV : " Il y a une autre voie : la révolution " - Solidarité Internationale PCF 

 

Bien à vous.

Le 11 août 2017 à 00:17, Patrice a écrit :

Merci Gilbert pour cette réaction,

 

Quant à juger le gouvernement vénézuélien, évidemment les critiques doivent faire la part de l’essentiel, la subversion, celle des reliquats féodaux, de l’impérialisme US et de ses alliés.

 

Je profite de l’occasion pour rappeler un texte fondamental, (qui se référait aux conclusions communes des partis communistes lors de la conférence de Moscou), avant la dérive et la scission khrouchtchéviennes : la lettre en 25 points et sa partie concernant la révolution dans les pays colonisés ou anciennement colonisés.

 

« Les révolutions nationales et démocratiques de ces régions constituent une partie intégrante importante de la révolution mondiale prolétarienne de notre époque.

[…]

L'histoire a confié aux partis prolétariens de ces régions la glorieuse mission de porter haut le drapeau anti-impérialiste, anticolonialiste et anti-néo-colonialiste, le drapeau de l'indépendance nationale et de la démocratie populaire, d'être aux premiers rangs du mouvement révolutionnaire national et démocratique, et de lutter pour l'avenir du socialisme. Dans ces régions, des couches extrêmement larges de la population refusent l'esclavage impérialiste. Elles englobent non seulement des ouvriers, des paysans, des intellectuels et des éléments petit-bourgeois, mais aussi la bourgeoisie nationale patriote, et même certains rois, princes et aristocrates patriotes. »

[…]

« Dans certains pays nouvellement indépendants, la bourgeoisie nationale patriote demeure aux côtés du peuple dans la lutte contre l'impérialisme et le colonialisme et elle introduit certaines mesures favorables au progrès social. Le parti du prolétariat doit alors prendre pleinement en considération le rôle progressiste de la bourgeoisie nationale patriote et renforcer l'union avec elle.

 

Dans d'autres pays nouvellement indépendants, à mesure que s'aggravent les contradictions sociales à l'intérieur du pays et que s'intensifie la lutte de classe sur le plan international, la bourgeoisie, et surtout la grande bourgeoisie, s'appuie de plus en plus sur l'impérialisme et poursuit une politique antipopulaire, anticommuniste et contre-révolutionnaire. Là, le parti du prolétariat doit combattre fermement cette politique réactionnaire.

 

Généralement, la bourgeoisie de ces pays a un double caractère. Lorsque le parti du prolétariat forme un front uni avec la bourgeoisie, il doit adopter une politique et d'union et de lutte : politique d'union vis-à-vis de la tendance progressiste anti-impérialiste et antiféodale de la bourgeoisie, et politique de lutte vis-à-vis de sa tendance réactionnaire au compromis et à la collusion avec l'impérialisme et les forces féodales. »

 

Ce texte du début des années 60, qui n’a pas pris beaucoup de rides en dépit des profondes transformations du monde, permet de comprendre de nombreux revirements, en même temps que le caractère révolutionnaire mais spécifique à ces pays de leurs classes dirigeantes.

 

Trop souvent, la « culture » politique s’étant limitée à « gauche » et « droite », nous avons laissé la gauche « radicale » faire de l’Alba l’alpha et l’oméga de la révolution prolétarienne … pour éreinter maintenant la gouvernement vénézuélien.

 

A l’inverse d’autre groupes ont fait de l’alliance avec la bourgeoisie « nationale » le but ultime de notre action, ignorant ou feignant d’ignorer la nature impérialiste de toutes les composantes de la bourgeoisie dans notre pays.

 

Fraternellement,

 

Jean


De :Gilbert

Bonjour,

 

Je n'était pas dupe de l'expression socialisme du XXIè siècle et de la réalité de son contenu convenu. Cette construction de circonstance qui ressemble a un mot valise prétendait redonner du contenu au vocable socialisme en lui adjoignant une qualité temporelle rythmant contemporanéité avec modernité. Cette mascarade sémantique pour habiller une réorientation sociale démocrate du paradigme révolutionnaire n'a jamais eu sur moi le début d'une influence. Le socialisme a une valeur universelle que le nombre des années n'entame pas et je ne cède pas au sens du tragique, ni de la tragédie en l'affirmant d'une parole emprunté a la dramaturgie cornélienne. Le mot socialisme ne peut trouver sa substance dans une logique calendaire ! Seuls les rapport sociaux lui apportent son contenu et sa validité. Il ne peut pas être l'effet d'une affirmation péremptoire éditoriale où d'une motion de congrès, de sa reprise dans un programme électoral. Le socialisme est une réalisation concrète qui se construit dans le conflit et la lutte de classe engageant un processus d'appropriation des moyens de production ce qui a priori n'était pas le cas du Venezuela.

 

La formule ainsi crée évitait d'aller plus loin dans l'exigence d'une réappropriation théorique du concept et de son évaluation historique critique. Elle évitait surtout de s'affronter à l'histoire et à la manière dont elle venait d'être réinvestie par l'idéologie bourgeoise pour en adapter le cours aux besoins de sa bataille politique actuelle, visant une neutralisation des formes qui l'exprimaient, voir si possible leur effacement.

 

Ce qui se passait et se poursuit au Vénuézéla a certes à voir avec la lutte des classes, en particulier d'un point de vu national avec l'affrontement d'un peuple cherchant les voies de l'émancipation, en s'opposant a la main mise de l'impérialisme sur ses richesses et ses institutions politiques. Pour autant il restait encore éloigné de ce que nous connaissons sous le mot socialisme. Ce fait objectif n'est cependant pas une raison pour rester insensible à la volonté politique qu'exprime le Chavisme. Nous ne pouvons d'avantage l'être devant les tentatives de déstabilisation qu'entreprennent les forces conjuguées de la droite vénézuélienne inféodée aux monopoles multinationaux et à celles de l'impérialisme américain qui n'ont jamais accepté la légalité populaire et les réformes sans précédents réalisées par la révolution bolivarienne.

 

Ces dernières redoublent depuis l'arrivée de Maduro au pouvoir et sa perte de majorité au parlement jusqu’à devenir une entreprise de subversion généralisée, téléguidée depuis l’extérieur comme de plus en plus de voix commencent à le dire. La dernière est celle du député LR Goasguen qui vient de déclaré au Figaro que se trouvait derrière les difficultés du Vénézuela la main de la CIA. Si cet agitateur professionnel de la droite la plus dur de notre pays en voit la preuve, c'est que la ficelle est visible à l’œil nu pour tout observateur un peu averti qui se penchant sur la question avec un peu d'expérience politique. Et bien non l'ensemble de la presse se déchaîne depuis le début des vacances contre ce qu'elle considère une nouvelle dictature qui s'acharne contre son peuple, le muselle et le réprime durement, comme aux pires heures de notre histoire !

 

Cette campagne qui ne nous épargne rien, est soutenu par les croisés habituels de la lutte pour les droits de l'homme, les Gluskman (dans la famille nous avons maintenant le fils), l'incontournable Fourest, le non moins incontournable Berger, le secrétaire de la CFDT qui ne semble par trop inquiet des mauvais coups que prépare Macron contre le droit du travail, et même « Ensemble » qui une fois de plus manifeste son attachement aux valeurs Atlantistes et européennes puisqu'ils en ont pris l'habitude avec l'Ukraine, et la Syrie . Ce serait a en rire, si la question n'était si grave.

 

Grave en effet elle l'est, car ce qui se passe autour et à propos du Vénézuela ressemble un peu trop à la campagne de dénigrement et de déstabilisation qui a précédé le coup d’état au Chili, ainsi que nous le rappelle Joan Garcés, ancien conseiller du président Salvador Allende, dans un interview donné a la chaîne latino américaine Télésur soulignant : « le parallèle existant entre la situation que traverse le Venezuela sous la révolution bolivarienne et le contexte de guerre de déstabilisation qui précéda le coup d’état du général Pinochet qui eu lieu le 11 septembre 1973 au Chili, avec le soutien de la CIA. » Or comme le souligne un article du  Grand Soir publié le 10 août « Malgré la fin de la guerre froide il y a près de 30 ans, jamais les Etats-Unis n’ont renoncé à renverser tout gouvernement progressiste ou socialiste d’Amérique Latine. Coup d’Etat, assassinats, déstabilisations, financement d’une opposition armée, attentats, tout moyen est bon pour obtenir la fin d’un dirigeant ayant choisi de placer les intérêts de son peuple avant ceux de la finance internationale. Déjà en 2002 l’opposition avait tenté un coup d’Etat militaire, mettant en prison le Président de l’époque Hugo Chavez. C’était sans compter sur la vigilance du peuple vénézuélien qui était parvenu à faire libérer Hugo Chavez en manifestant par millions dans les rues du pays. »

 

Quoi qu'on en dise et malgré leurs erreurs les dirigeants vénézuéliens ont su ne pas tomber dans le piège de la violence et de ses spirales destructrice, ils ont a choisi de remettre leur destin entre les main du seul décisionnaire du pays le peuple et c'est bien ce qui met en rage la réaction internationale.

 

Certains diront que la Révolution n’est pas allé assez vite, ni assez loin. L'on peut toujours vouloir que les choses aillent plus loin on peut aussi se donner le rôle du cœur pure et condamner au nom de l'idéal, on peut en tirer argument pour ne rien faire et laisser faire. Mais alors il faut bien mesurer les conséquences de ces exigences, la porté de ce non interventionnisme, se rappeler Blum ses discours, ses envolée lyriques avant trente six puis et la réalité de ses actions une fois au pouvoir faisant un paillasson de la radicalité des mots d'hier pour se coucher devant les pressions du voisin anglais devenu le partenaire du jour. L’Espagne républicaine n'était pas plus révolutionnaire que le Vénézuela chaviste et pourtant la classe ouvrière mondiale n'hésita pas de former des brigades internationales pressentant les suites du coup d'état franquiste, les menaces pour la paix et le progrès dans le monde !

 

Pour l’heure, nous sommes face a des menaces putschistes de l’extrême-droite vénézuélienne et a des déclaration de Trump ou de son administration qui ne laisse aucune ambiguïté sur leurs intentions. Elles rappellent les pires heures de l’Amérique latine, celle de la dictature militaire argentine, ou celle de Pinochet . Toutes avaient ces sinistres prolégomènes. La listes n'est pas difficile a dressé, l'économie est bloquée, le gouvernement est incapable de lui donner les moyens de fonctionner ( rappelons que 80 % de l'économie , comme la totalité de la presse sont dans les mains du privé, l'information est contrôlé les libertés menacés, la corruption galopante, les magasins ne sont plus alimenté, c'est la pénurie, le panier de la ménagère ne peut se remplir, l'insécurité règne, la propriété est menacé bref tous ces pantin de la CIA son prêt a entrer en action comme lorsqu'ils avait renversé le gouvernement socialiste, démocratiquement élu, de Salvador Allende.

 

Loin de faire les fine bouche comme viennent de le faire Clémentine Autin ou le Hyaric avec leur ni ni, ou de faire chorus avec les habituels pantins droit de l'hommistes, soutient indéfectible de toutes les campagnes lancées par l'impérialisme avant ses interventions militaires, les progressistes doivent au contraire affirmer leur solidarité envers le processus révolutionnaire bolivarien et s'opposer par tous leur moyens aux campagnes de haine et d'intoxication ourdies par ce dernier contre le peuple vénézuélien.

 

Godard dont je suis en train de lire la volumineuse biographie que lui a consacré Antoine de Baecque, disait au sujet des bombardements sur le Vietnam par L'US air force : «  ça me paraît difficile de parler des bombe alors qu'on ne les reçoit pas tête » par ailleurs il reconnaissait une difficulté de adressé au masse conscient d'appartenir a une élite cultivé qui en était coupé mais il avait aussi cette lucidité qui lui permettait de dire «  Nous ne nous connaissons pas avec l'ouvrier de la Rodhiaceta. Moi je suis dans une prison culturel,lui dans une prison économique » Pour mémoire l'usine Rodhiaceta de Besançon avait connu une grève dure et victorieuse qui avait fait l'objet d'une expérience de cinéma avec Chris Marker en liaison avec l'ouvrier de la CGT Paul Cèbe a laquelle Godard avait participé , qui aboutissait a la réalisation d'un film «  A bientôt j'espère » qui sera diffusé a la télévision et sortira en salle suivi très souvent de débat passionnés sur la création et l'engagement social et politique. Si Godard manifestait par là une forme de culpabilité du cinéaste, une sorte de haine de soi de l'intellectuel de gauche coupé du peuple au travail il recherchait en même temps quels moyens pour la conjuré, c'est ce qu'il mis en œuvre en partant de lui même et de ses capacité pour se mettre au service de cette cause a partir du mot d'ordre guévariste créer un deux trois Vietnam en l'adaptant par l'aphorisme créer un Vietnam en nous , ce qui le conduisait ensuite a faire un lien entre le soutient a la cause vietnamienne et les combats politique qu'il pouvait mener par l'intermédiaire du cinéma. «  Créer un Vietnam en nous, disait-il alors, c'est en France soutenir la Rodhiaceta ou Saint-Nazaire. Ce qui peut nous lier l'ouvrier de la Rodhiaceta et moi, c'est le Vietnam : je crois à la vertu incoercible du cri. Nous devons crier plus fort. » Godard réinventant la solidarité internationaliste venait de fabriquer selon le principe des métaphores cinématographique auquel il est habité une image militante , il faisait du Vietnam la métaphore du combat contre l'inégalité.

 

La campagne électorale, ses résultats leurs conséquences nous navrent. Nous sentons le poids de la défaite que les forces de progrès viennent de subir. Nous ne savons pas comment relever le grand corps battu de notre parti parce que nous ne savons plus comment en trouver les forces, ne sachant plus où les trouver tant nous semble prononcé la coupure entre lui et les classes populaires. Celle-ci s'éloignent chaque fois un peu plus dans le vote protestataire ou l'abstention. Il nous manque la conscience de classe, la conscience que tout cela participe d'un mouvement plus vaste et plus général a quoi les luttes anti-impérialistes et leur soutient étaient interdépendantes. Surtout nous avons perdu la conscience que l'exemplarité pouvait devenir notre ciment, qu'un peuple en lutte contre "le grand tigre en papier" féroce en apparence fragile en réalité pouvait redonner foi dans notre force a tous, que se battre ici c'est aussi se battre la bas et réciproquement. Le Venezuela mais aussi la Corée, l'Ukraine, la Syrie sont tout autant nos luttes que celles des peuples de ces pays. Ne devons nous pas nous apercevoir que cette conjoncture est en passe de réaliser le vœux de Guevara. Par contre si l'un de ces pays venait a subir la défaite et le fer de la réaction internationale ce serait tout autant la notre et pour longtemps . Ils ont la force militaire, il ont celle des médias et des puissance d'argent mais nous pouvons leur résister en nous unissant selon la logique décrite par Godard. En attendant qui peu le moins peut le mieux. Nous le pouvons en se tenant informer et en faisant circuler l'information pour contrer la machine a décerveler l'opinion car nous le comprenons toutes ces guerres nous ont appris une chose, c'est que  la première la plus importante d'entre elle est celle de l'opinion. J'ai donc collectionné a droite et a gauche tout une série d'articles et de communiqués de soutiens que je vais vous faire parvenir au fin de rompre le mur médiatique qui cherche a nous enfermer pour nous immobiliser. Le nombre obtenu me met dans l'obligation de faire plusieurs envoies

 

Dans celui ci vous trouverez :

 

Nous sommes tous Bolivarien, Francis Arzalier

Vénézuela la grande manip,  José Fort

Tous bolivariens ! Jean ortiz

Vénézuéla "ensemble" s'égare

Coup d'état contre Chavez : la révolution ne sera pas télévisée

Révolution bolivarienne de B à M

Message de soutien de l'Akel

Position du PCV

L'analyse de Maurice Lemoine

Vénézuela le peuple a voté oui a la paix

 

Gilbert Rémond


NOUS SOMMES TOUS BOLIVARIENS (par Francis Arzalier)

Vu sur le blog CanempechepasNicolas

 

Révolutions et contre-révolutions en Amérique latine

 

Il y a 15 ans, la plupart des anticapitalistes de France et d'Europe, désolés de la dégénérescence des partis communistes et de Gauche dans leurs pays, ne pouvaient que se réjouir de l'exception latino-américaine: un peu partout sur ce continent, que semblait avoir épargné la contre-révolution ultra-libérale déferlant sur le monde du XXIème siècle, naissaient des régimes anti-impérialistes au service des plus pauvres, du Venezuela de Chavez au Brésil de Lula, de l’Équateur à la Bolivie, etc.

 

 

Toutes ces expériences anti-capitalistes semblaient en plus capables d'éviter les erreurs répressives du "socialisme réel" défunt, marier la démocratie sociale et le suffrage universel.

 

 

Certains camarades s'enflammèrent même au point de prôner la création d'une Cinquième Internationale régénérée, dont le centre eut été Caracas, et nous étions quelques uns au risque de passer pour timorés, à dire l'illusion d'un "nouveau modèle" de socialisme, alors que celle cultivée au XXème siècle à l'égard de l'URSS a coûté si cher aux partis communistes.

 

 

Car cet engouement sans réserves oubliait que ces expériences latino-américaines, si positives qu'elles soient pour les pays concernés (éradication de la pauvreté prolétarienne, développement sanitaire et culturel, etc ) reposait presque exclusivement sur la redistribution, enfin, des bénéfices engrangés par l'état grâce à la flambée des prix du pétrole et des matières premières, lié au contexte mondial (forte demande de la Chine, etc...).

 

 

Car, même si les succès électoraux répétés le cachaient, des aspects négatifs persistaient: personnalisation du pouvoir, corruption parfois, et surtout, incapacité politique d'aller vers la diversification des ressources de l'état, et vers l'autosuffisance alimentaire et industrielle de la nation.

 

À partir de 2010, ces difficultés sont devenues dramatiques, du fait de l'effondrement des prix du pétrole et des matières premières, dû d'abord et avant tout a la volonté de l'impérialisme des USA et de leurs alliés qui contrôlent les marchés mondiaux. C'était pour EUX le moyen de détruire les régimes d'inspiration socialiste d'Amérique, Venezuela, puis Cuba.

 

 

Cela ne pouvait manquer de déstabiliser l'économie à Caracas, à Rio, et ailleurs, d'y provoquer des pénuries quotidiennes, avec l'aide d'une bourgeoisie locale restée très influente, grâce à ses relais bien placés dans les médias, dans les entreprises, le personnel politicien, les Universités, etc. Cette offensive de l'impérialisme et des bourgeoisies locales a réussi à basculer les régimes "de gauche" au Brésil et en Argentine. Il est presque miraculeux que cette opération de retour au Capitalisme ultra-libéral n'ait pas pour l'instant réussi au Venezuela, alors que l'opposition au régime "bolivarien" à tout essayé, de l'insurrection militaire aux émeutes de rue, en passant par l'escroquerie "démocratique" d'une consultation contrôlée par elle seule.

 

 

Depuis plusieurs semaines, ces opposants que les médias Français baptisent "démocrates", font tout ce qu'ils peuvent pour empêcher la consultation au suffrage universel du 30 juillet, pour désigner de façon pluraliste les représentants du peuple vénézuélien à l'Assemblée Constituante, en détruisant les bureaux de vote par la force, quitte à brûler de temps en temps un policier ou un militant pro-Maduro au cocktail Molotov.

 

 

Ces émeutiers armes, inspirés par l'extrême-droite ukrainienne, n'ont pas réussi malgré cela à empêcher plus de huit millions d'électeurs à venir voter. L'avenir dira si la Droite pro-étatsunienne parviendra à ses fins, comme elle le fit à Kiev, avec la caution des dirigeants politiques et des télévisions occidentales et notamment françaises, ou si le peuple vénézuélien trouvera la force unitaire de sauvegarder ses acquis et de poursuivre en l'améliorant le processus révolutionnaire. Il aura besoin de l'appui sans réserve des hommes et des femmes de notre pays, qui lui a parfois manque jusqu'ici.

 

 

La "Gauche" occidentale, y compris, parfois les dirigeants du PCF, n'ont pas hésité à ergoter sur les "erreurs" supposées des dirigeants chavistes, comme si elles étaient la cause première des émeutes armées des contre-révolutionnaires locaux, soutenus par Trump et ses amis. Et comme si EUX étaient en droit de jouer les donneurs de leçons à l'issue de 30 ans de trahisons opportunistes.

 

Cette bataille est aussi la notre, nous sommes tous bolivariens, résolument.

 

Pour paraphraser Aragon, "quand le blé est sous la grêle, fou qui fait le délicat"...

 

Francis Arzalier


José Fort

Lundi, 31 Juillet, 2017 - 19:17

Venezuela : la grande manip

 

Un peu plus de 8 millions de Vénézuéliens ont voté dimanche en faveur d’une Assemblée constituante  malgré la violence déclenchée par une opposition puissante disposant de moyens considérables financiers et médiatiques soutenue par le gouvernement des Etats-Unis et la CIA. Un succès pour le mouvement populaire et progressiste vénézuélien.

 

En France et plus généralement en Europe, la tendance médiatique est à l’acharnement contre le pouvoir en place à Caracas en procédant à une manipulation de l’information. Les images des manifestations de la dite « opposition » qui se traduisent généralement par des scènes de guerre sont largement diffusées alors que les rassemblements chavistes sont passés sous silence. On évoque plus de cent morts depuis le début des affrontements en oubliant de préciser que des candidats à la constituante et des militants chavistes ont été assassinés tandis que les forces de l’ordre  ont enregistré nombre de morts et de blessés. Les médias des Bolloré, Drahi, Lagardère et ceux du «  service public » ont choisi leur camp : celui de l’extrême droite vénézuélienne. 

 

Ils rejoignent ainsi les pires forces réactionnaires du continent latino américain dans des pays qui osent remettre en cause le verdict des urnes vénézuéliennes alors que ces mêmes pays se distinguent par la corruption, le népotisme et les atteintes aux droits de l’homme. Je veux parler du Mexique, du Pérou, de Panama, de l’Argentine et de la Colombie.

 

Ce n’est pas au Venezuela  que 45 étudiants ont été assassinés sans aucune suite judiciaire, que les fosses communes débordent d’hommes et de femmes martyrisés, que la misère et l’analphabétisme sévit dans tout le pays, mais au Mexique.

 

Ce n’est pas au Venezuela que le rapport 2017 d’Amnesty  relève la multiplication de violences contre les femmes et les populations indigènes, que l’armée et la police s’illustrent par des opérations répressives dans les villages éloignés de la capitale, mais au Pérou.

 

Ce n’est pas au Venezuela que la finance internationale camoufle ses méfaits, mais au Panama.

 

Ce n’est pas au Venezuela que le pouvoir s’attaque aux grands mères des disparus durant la dictature, que la répression s’abat sur le mouvement ouvrier, mais en Argentine.

 

Ce n’est pas au Venezuela que des centaines d’opposants politique restent toujours emprisonnés malgré des «  accords de paix », que des militants de gauche sont assassinés mais en Colombie.

 

Le Venezuela n’a pas de leçon à recevoir de ces régimes corrompus et fascisants. Son peuple doit dans la paix enfin retrouvée surmonter lui et lui seul l’épreuve en cours.


Chroniques Latines

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Les chroniques Latines de Jean Ortiz portent un regard loin des clichés sur les luttes de libération du continent sud-américains... Toujours un œil vif sur l'Espagne et les enjeux sous-jacents du quotidien...

 

Jean Ortiz

Samedi, 29 Juillet, 2017 - 10:32

 

Tous bolivariens !

 

Dans quelques heures le Venezuela peut être plongé dans un bain de sang par ceux qui, nationalement et internationalement, ne supportent pas que les pauvres refusent de le rester, et qui voudraient faire main basse sur les énormes réserves en hydrocarbures du pays.

 

L’enjeu géopolitique dépasse Caracas.

 

Les secteurs majoritaires et d’extrême droite de l’opposition connue comme « Table d’union démocratique » (MUD en espagnol) tentent de bloquer le pays pour empêcher les élections à l’Assemblée constituante et en appeler à l’intervention de Washington. Le président TRUMP et la CIA ont prévenu : s’il y a vote, « l’empire » prendra des sanctions immédiates contre le droit à l’auto-détermination d’un peuple.

 

Ce qui se joue au Venezuela aujourd’hui, quelles que soient les erreurs qu’ait pu commettre le président Maduro, a et aura des répercussions continentales et internationales lourdes. Washington (soutenu en sous-main par l’Union européenne) s’apprête à violer la souveraineté du Venezuela. Ils tentent de provoquer une rupture dans l’armée. Pour les États-Unis, le Venezuela bolivarien constitue « une menace pour la (sa) sécurité ». La formule est de ce « bon » président Obama.

 

Le Venezuela redevient le cœur de la stratégie impérialiste. Il doit plus que jamais faire battre le cœur de tous les démocrates. Le Haut commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’homme vient d’appeler à « garantir la paix » afin que le vote de l’Assemblée constituante, le 30 juillet, se déroule en toute normalité. Les médias vénézuéliens, qui appartiennent très majoritairement à l’oligarchie, et leurs clones français, soufflent sur le feu au lieu de calmer le jeu, hurlent à « la dictature » parce que le gouvernement Maduro a interdit les manifestations pour que le vote ait lieu en toute tranquillité, et éviter que le sang coule davantage.

 

L’opposition, nous serions tenté d’écrire la « subversion », refuse de participer à la consultation. Elle a préalablement et illégalement organisé, un vote parallèle et bidon où elle aurait obtenu plus de 7 millions de suffrages. Aucune vérification, aucun comptage sérieux n’ont pu avoir lieu. Listes électorales « maison » et bulletins de vote ont été monopolisés, puis brûlés.

 

Les principaux chefs de l’opposition veulent aujourd’hui, après trois mois et demi d’insurrections localisées, surtout dans les quartiers riches, en découdre, quel qu’en soit le prix. Les opposants sont devenus des émeutiers. Depuis l’élection, avec une courte majorité, du président Maduro, en 2013, l’opposition se refuse à reconnaître la légitimité du président. Cette attitude putschiste rappelle et dépasse le « golpe » contre Chavez de 2002. Et pourtant ...

 

L’élection d’une Constituante, l’élargissement de la démocratie, la consultation de l’ensemble de la population, dans un processus de fond, constituent bien l’un des derniers atouts, sans doute, pour le vivre ensemble, dans un pays aujourd’hui déchiré, au bord du gouffre. La révolution veut modifier la Constitution de 1999, y ajouter les acquis sociaux reconnus par les institutions internationales.

 

Malgré l’effondrement économique, la révolution est parvenue à maintenir les grandes « Missions » sociales. Peu en parlent. La pénurie sur des produits ciblés, sur des médicaments, certes cruelle, organisée essentiellement par le patronat, est sur-médiatisée. Et pourtant les chiffres, eux, parlent... L’indice de développement humain du Venezuela était en 2015 de 0.767, 71e rang sur un ensemble de 188 pays. De 1990 à 2015, l’espérance de vie à la naissance a augmenté de 4,6 années. La santé et l’éducation (gratuites) restent des priorités, malgré la profonde crise économique et politique.

 

Le Venezuela ne doit pas être le Chili. L’expérience a prouvé que tout blocus affecte surtout les populations civiles et se retourne finalement contre ses promoteurs. Cuba a plus que prouvé et éprouvé les voies de la résistance pratique, concrète, au quotidien.

 

Les niveaux atteints par la désinformation ne sauraient nous détourner de notre devoir d’internationalisme. L’internationalisme, disait le Che, c’est la solidarité de classe des exploités.

 

Delcy Rodriguez (au milieu) a été choisie comme présidente de l'Assemblée constituante du Venezuela vendredi 4 août.

 

Juan Barreto, AFP


Jean Ortiz

Vendredi, 4 Août, 2017 - 23:24

Venezuela. « Ensemble ! » s’égare

 

Lorsque le vent souffle en sens contraire, commencer à lâcher un peu, c’est souvent capituler beaucoup. « Ensemble ! » vient de publier ce 4 août un communiqué effarant, à charge quasi totale, contre le président Maduro et son gouvernement bolivarien. 

 

On dirait ce texte repris aux médias « chiens de garde ».

 

Le déséquilibre de ce communiqué ne peut qu’inquiéter. Il ne s’agit même pas d’un renvoi dos-à-dos, mais d’une accusation en règle contre l’une des parties qui serait la principale responsable de la « répression des opposants », des « violences contre les manifestants », etc. Les manifestations de l’opposition donnent lieu aujourd’hui à de véritables émeutes, fomentées par des groupes violents. Les images tournent en rond dans les médias et réseaux sociaux, le plus souvent attribuées aux chavistes, alors qu’il s’agit de « guarimbas », sortes d’insurrections urbaines. La gravité de la crise, les affrontements, créés par la droite et l’extrême-droite, sont mis, essentiellement, sur le dos du Président Maduro. L’élection d’une Constituante, présentée comme une « pseudo-constituante », ne condamne pas l’État de droit, et ne fait pas du Venezuela une dictature. La possibilité de convoquer des élections constituantes, qualifiées par « Ensemble ! »  de « farce électorale », de « nouveau coup de force », est inscrite dans l’actuelle Constitution.

 

Cela nous chagrine qu’« Ensemble ! » s’érige en donneuse de leçons au chavisme, même si ce dernier a commis et commet des erreurs. Pas un mot sur le bilan démocratique et social depuis 1999 (les Missions sociales, éducatives, sanitaires, les Communes Socialistes, les Conseils Communaux ...). Certes, la mort de Chavez peut avoir désaxé certains aspects du processus de libération ; mais le projet global reste le même, entravé, saboté par la droite et l’extrême-droite nationales, revanchardes, prêtes à tout pour récupérer quelques privilèges perdus.

 

Quant au « caudillisme » en Amérique latine, c’est une vieille antienne, usée jusqu’à la corde. Le Venezuela n’a pas l’exclusivité du « caudillisme », ni de la rhétorique ultra-gauche.

 

Nous avons mené tant de combats, noué tant d’amitiés, avec les camarades d’« Ensemble ! » que de voir leur organisation se tirer une balle dans le pied, emboîter le pas aux Etats-Unis et à l’Union Européenne, nous peine profondément. Le Venezuela fait d’abord face à une guerre non déclarée de l’impérialisme nord-américain. Derrière la crise, même si ce n’en est pas la seule cause, la main des Etats-Unis est de plus en plus visible. Ne nous trompons pas d’adversaire, camarades. Ceci dit en toute fraternité.

 

Se tromper de cible principale peut affaiblir notre combat commun en France. « Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, mais beaucoup y ramène » (Jean Jaurès). La solidarité ne saurait être aveugle, certes, mais la conditionner à des contingences nationales, c’est lâcher beaucoup, face à nos adversaires de classe, là-bas comme ici.


 Un autre point de vue sur le Venezuela

Gérard Mordillat·samedi 29 juillet 2017

Je n’en suis pas l’auteur - il est dû à mon ami Eric Stemmelen, historien et économiste - GM

 

Mike Pompeo, directeur de la CIA, Aspen (Colorado), 20 juillet 2017 :« Quand vous avez un pays aussi grand, avec une capacité économique comme celle du Venezuela, les États-Unis ont grand intérêt à s'assurer qu'il soit aussi stable et démocratique que possible. Nous avons beaucoup d’espoir dans le fait qu’il puisse y avoir une transition au Venezuela et nous, la CIA, faisons tous nos efforts pour en comprendre la dynamique. Je suis allé à Mexico et à Bogotá la semaine dernière pour parler de ce sujet, pour essayer de les aider à comprendre ce qu’ils pourraient faire pour avoir un meilleur résultat. »

 

Traduction de la novlangue en usage à la CIA et dans la presse occidentale :

 

« stable et démocratique » = dictature fasciste ultraviolente, de type Castelo Branco (Brésil 1964), Pinochet (Chili 1973), Videla (Argentine 1976).

 

« transition » = putsch militaire, arrestations arbitraires de masse, tortures systématiques, exécutions et assassinats, emprisonnements, déportations. « comprendre la dynamique » = organiser la déstabilisation du pays, saboter l’économie, financer et armer la subversion, renverser par la force un gouvernement élu.

 

« ce qu’ils pourraient faire pour avoir un meilleur résultat » = propagande et intoxication médiatique ; financement et instruction de partis et syndicats réactionnaires pro-américains ; déclenchement de grèves, d’émeutes ou d’insurrections ; fourniture d’armes et d’équipements à des groupes rebelles ;manipulation de factions terroristes, sabotages et attentats sous fausse bannière ; blocus maritime ou terrestre ; désintégration de l’économie,malversations financières et monétaires, destruction d’aliments et de médicaments ; atteintes à l’environnement et à l’état sanitaire du pays ;enlèvements, tortures et assassinats de leaders politiques, syndicaux ou religieux ; infiltrations de mouvements progressistes ; noyautage des instances  militaires, policières, judiciaires, médiatiques, universitaires et culturelles ;corruptions en tout genre ; trafic d’influence, trucages politiques, fraude électorale, et si besoin coup d’État militarisé.


Venezuela. Une crise d’une importance capitale pour la gauche latino-américaine

Publié par Alencontre le 7 - juillet - 2017

 Une crise d’une importance capitale pour la gauche latino-américaine

 

Maduro promet une augmentation du salaire minimum pour le 1er juillet 2017

Par Giorgio Boccardo et Sebastian Caviedes

 

Il est douloureux d’écrire sur le Venezuela. En partie parce que cela implique rendre compte du drame d’un peuple qui, pour la première fois, commençait à participer à la redistribution de ses ressources. Mais également parce que cela implique d’aborder le déclin d’un processus politique qui a été une référence pour la gauche latino-américaine pendant les dernières décennies.

 

C’est la raison pour laquelle il est fondamental d’encourager un débat critique et réfléchi sur la crise vénézuélienne. Cela n’implique pas qu’il faille se soumettre à l’opportunisme de la droite, qui, sous une façade démocratique, réduit tout débat à la question de savoir si oui ou non le régime vénézuélien est une dictature, alors que ses intentions vont dans le sens de réinstaller un modèle aussi socialement et politiquement excluant que celui de type néolibéral. Mais il ne serait pas non plus responsable d’éviter le débat comme le fait la majorité des penseurs critiques, qui prônent une sorte de solidarité inconditionnelle avec le processus, au point de se montrer apathiques face à la tragédie que vit le peuple vénézuélien.

 

Notre intérêt pour un débat sur la grave crise que traverse la société vénézuélienne, sur les réussites et les erreurs du chavisme tient à l’importance de ce qui est en jeu au Venezuela, non seulement pour l’avenir de ce pays et de toute l’Amérique latine, mais également pour la construction de projets radicalement démocratiques, alternatifs à ceux de la société capitaliste.

 

1. La crise du puntofijismo

 

Entre 1958 et 1993, l’ordre politique vénézuélien a reposé sur le Pacte de Punto Fijo (1). Fondamentalement cela signifiait que les deux principaux partis politiques, Accion Democratica (AD) et Comité de Organizacion Politica Électoral Independiente (COPEI), d’orientation respectivement social-démocrate et chrétienne-sociale, se sont mis d’accord sur le fait que, indépendamment de qui gagnerait les élections, ils mettraient en place des gouvernements d’unité nationale sur la base d’un programme minimum et sur la répartition entre eux des institutions étatiques. Cet accord a entraîné une société «méritocrate» formée de groupes d’entreprises, de bureaucraties étatiques et des ouvriers du pétrole, tout cela autour de la distribution de la rente générée par l’«État dans l’État» que constituait Petroleos de Venezuela SA (PDVSA). Mais cette «méritocratie puntofijista» excluait une proportion considérable de travailleurs ainsi que les paysans et des groupes marginaux.

 

A la fin des années 1970, il y a eu une longue crise économique et politique. Le déclin de la rente pétrolière a réduit la capacité de l’État à répondre aux demandes des forces faisant partie du Pacte. De leur côté, AD et COPEI sont de plus en plus devenus des machines électorales clientélistes et corrompues et se sont éloignés des bases qui les avaient soutenus sur le plan politique (2). Au cours du deuxième gouvernement de Carlos Andrés Pérez, partisan de l’AD (1989-1993), des politiques radicales d’ajustement structurel ont commencé à être appliquées, ce qui a entraîné, en février et en mars 1989, des protestations populaires massives connues sous le nom de «Caracazo». La violente répression de ces protestations a provoqué des centaines de morts et des milliers de disparus.

 

La bureaucratie puntofijista s’opposait à des réformes, car leur application aurait entraîné leur mutation et la réduction des prébendes versées aux clientèles, ce qui aurait déstabilisé le délicat équilibre au sein de l’alliance bourgeoise dominante. Des changements furent effectués, mais ils ne purent stopper la crise économique et politique. En 1993, le puntofijismo a destitué Carlos Andrés Pérez [qui occupa le poste de vice-président de l’Internationale social-démocrate et était très lié à Felipe Gonzalez], accusé de corruption, et c’est ainsi que, pour la première fois depuis 1958, un candidat non issu du Pacte a pu s’imposer lors de l’élection présidentielle.

 

L’ex-partisan de COPEI, Rafael Caldera [il avait été président entre 1969 et 1974; après un échec il est réélu en 1998], a créé un nouveau parti chrétien-social et, en s’alliant avec des organisations de gauche, il a gagné les élections sur un programme anti-néolibéral. Cependant, après avoir évité la pire crise financière de l’histoire du pays [en 1994], Caldera a négocié avec le FMI et a impulsé l’Agenda Venezuela. Celui-ci prévoyait l’application de mesures monétaristes orthodoxes, une réduction drastique des prestations sociales aux travailleurs et le lancement de politiques d’ouverture et d’internationalisation de l’industrie pétrolière. Cet ensemble de mesures a suscité de nouvelles protestations.

 

Hugo Chavez a été libéré après avoir passé deux ans en prison pour son rôle dans le coup d’Etat manqué de 1992. Une tentative de coup d’Etat qui a fait de lui une référence politique à échelle nationale. Avec le soutien de militaires, d’intellectuels et de militants de gauche, il se lance dans une forte activité politique. C’est dans ce contexte d’une société profondément divisée, dont le système politique était totalement délégitimé et les conditions de vie de la population se dégradaient de plus en plus, que Chavez a fondé en 1997 le Movimiento Quinta Republica (MVR). L’année suivante il s’est imposé aux élections présidentielles en mettant en avant un projet qui exprimait cet énorme malaise social en lui donnant une orientation et un espoir.

 

En résumé, la transformation néolibérale avait entraîné l’effondrement d’un système politique corrompu qui était en place depuis l’accord de Punto Fijo. C’est ce contexte de vide politique qui explique en partie la vertigineuse ascension de Chavez. Après quinze ans de ce gouvernement, le chavisme va inverser plusieurs des réformes néolibérales en appliquant une redistribution radicale de la rente pétrolière. Cela permettra le développement de nouvelles clientèles à un État qui soutient un projet national et populaire mais qui ne cesse pas pour autant d’être capitaliste (3).

 

2. L’ascension et le développement du chavisme (1999-2013)

 

Le projet initial de Chavez n’est pas très éloigné des orientations du populisme latino-américain: un discours anti-impérialiste, la récupération de la souveraineté nationale, la centralité de l’État, un chef de file militaire, des styles de pouvoir politique autoritaires et d’importants programmes de redistribution de la richesse (4). Lors de son premier mandat, le gouvernement de Chavez a mis la priorité sur la convocation d’une Assemblée constituante pour la création de la Cinquième République. Avec une large majorité chaviste, la nouvelle Constitution réaffirme le caractère capitaliste de l’économie vénézuélienne avec un État fort, qui se réserve l’activité pétrolière et les autres industries d’intérêt publique ou stratégique. Sur le plan politique, il incorpore divers mécanismes participatifs en vue d’approfondir la démocratie [avant tout à l’échelle locale]; ainsi les droits populaires sont significativement élargis sur les plans économique, social et culturel.

Hugo Chavez en compagnie de Diosdado Cabello, le militaire de la continuité

 

Étant donné l’extrême dépendance de toute l’économie – et de l’État vénézuélien – par rapport à la rente pétrolière, le chavisme commence par inverser certaines des mesures politiques néolibérales des années 1990 (5). Cela le conduit à s’affronter directement avec la PDVSA [Petróleos de Venezuela SA, compagnie pétrolière dont le capital appartient pour l’essentiel à l’État], qui, depuis des années, donnait priorité à la rentabilité au détriment de l’intérêt national [tout en distribuant de manière socialement sélective une grande partie de la rente pétrolière]. Chavez a restructuré la politique fiscale de la PDVSA, augmenté sa contribution directe à l’État et a mis un terme au processus d’ouverture à des capitaux multinationaux initié au cours de la décennie précédente. Le gouvernement chaviste a également récupéré l’initiative au sein de l’OPEP, afin de contrôler les niveaux de production à l’échelle internationale et ainsi stabiliser ou augmenter les prix du baril. En particulier, la politique de «contrôle des prix» convenue avec des pays comme l’Irak [de Saddam Hussein] et la Libye [de Mouammar Khadafi] provoque des confrontations entre Chavez et les Etats-Unis.

 

Deux lois passées à cette époque par le gouvernement chaviste ont particulièrement suscité l’opposition du patronat: d’abord, celle relative à la terre et au développement agraire et, ensuite, celle concernant les hydrocarbures. La première de ces lois a été une tentative tardive de réforme agraire pour limiter le pouvoir des latifundistes et donner une certaine sécurité agroalimentaire aux paysans [mais sans appui technique, entre autres]. La deuxième permettait de récupérer le contrôle politique et économique sur la PDVSA. Les deux lois ont été cataloguées par le patronat et par l’opposition politique comme étant un attentat contre la propriété privée.

 

Pendant son deuxième mandat (2001-2007), Chavez a entamé l’affrontement avec une opposition qui était prête à utiliser tous les moyens pour renverser le gouvernement. Cette opposition regroupait des secteurs militaires, des patrons, des partis puntofijistes, la «méritocratie» de la PDVSA et presque tous les médias, sans compter le soutien du gouvernement états-unien. En avril 2002, elle a déclenché un coup d’Etat, mais une mobilisation populaire combative, appuyée par un secteur clé des militaires, oblige finalement les putschistes à restituer la présidence à Chavez. C’est à la fin de cette même année qu’une grève pétrolière patronale a été lancée (6).

 

Une fois de plus, la résistance populaire était en faveur du chavisme, ce qui a permis de faire reculer le sabotage de l’opposition. Après avoir surmonté ces deux assauts et malgré les dommages qu’ils ont entraînés sur le plan économique et la drastique réduction des revenus fiscaux, Chavez en est sorti renforcé. Il s’est produit un changement dans le rapport des forces qui a permis de désarticuler l’opposition d’un secteur militaire et les bureaucraties pétrolières, mais en échange d’un nouveau pacte avec les groupes populaires dont dépendait la survie du régime. Même s’ils avaient déjà voté pour Chavez, c’est la chaleur du conflit qui les fait sentir que ce gouvernement était «le leur» (7).

 

Au cours des premières années du chavisme, la crise budgétaire, la priorité constitutionnelle et la déstabilisation provoquée par l’opposition ont empêché une amélioration des conditions de vie des secteurs populaires. Mais étant donné, d’une part, la centralité des secteurs populaires pour la continuité du processus et, d’autre part, l’imminence d’un référendum révocatoire convoqué par l’opposition, l’administration chaviste a mis toute son énergie à développer une nouvelle politique sociale. Au moyen de ce qu’on a appelé les «Missions» [initiatives concernant la santé et l’éducation dans les quartiers paupérisés, s’appuyant fortement sur une aide de Cuba compensée par des livraisons pétrolières et des crédits], elle a appliqué un programme de démocratisation de la rente pétrolière qui a permis d’améliorer de manière significative les revenus, la santé, l’éducation, les communications et l’accès à la culture du peuple vénézuélien (8). En contraste avec les politiques qui ont prévalu dans une bonne partie de l’Amérique latine, les dépenses sociales ont été concentrées de manière à diminuer les inégalités, devenant une composante fondamentale des dépenses publiques.

 

En résumé, pendant cette période le chavisme a construit un relatif tissu productif et social ainsi qu’une nouvelle institutionnalité.

 

La légitimité de la nouvelle politique sociale s’est exprimée clairement lors du référendum révocatoire de 2004, où Chavez s’est imposé avec 59% des votes. De même, lors des élections des gouverneurs des départements [structure fédérale] la même année, il n’en a perdu que 2 sur les 23 Etats. L’année suivante, devant la possibilité d’être balayée de l’Assemblée nationale, l’opposition s’est retirée des élections, ce qui a laissé un Parlement constitué exclusivement de partisans du chavisme. Lors des élections présidentielles de 2006, Chavez a triomphé avec presque 63% des suffrages face à Manuel Rosales, candidat de l’AD.

 

Dès lors, Chavez s’est consolidé en tant que figure internationale, non seulement parce qu’il était un acteur important de la nouvelle stratégie de contrôle des prix de l’OPEP, mais aussi parce qu’il a réussi à freiner la politique états-unienne de subordination latino-américaine au travers de l’ALCA [zone de libre-échange des Amériques]. Il a pu accomplir cela grâce à une alliance avec les gouvernements du Brésil de Lula et de l’Argentine de Nestor Kirchner, en créant l’ALBA en 2004 [un projet que ne se concrétisera qu’à la marge] et au moyen d’autres initiatives d’intégration économique et sociale, sans compter le soutien croissant à des gouvernements tels que ceux de la Bolivie [Evo Morales] et de l’Équateur [Rafael Correa]. C’est ainsi qu’a pu s’établir une résistance politique et culturelle aux prétentions hégémoniques des Etats-Unis sur l’Amérique latine menées par George W. Bush.

 

Au début 2007, Chavez a annoncé que la «phase de transition» au Venezuela était achevée et que c’était le moment d’avancer dans la construction du «Socialisme du XXIe siècle». Pour cela il lui fallait des lois de type constitutionnel pour lui accorder des pouvoirs extraordinaires, et donc une réforme constitutionnelle pour déclarer socialiste la République bolivarienne de Venezuela. A cela, il a ajouté la construction du Parti socialiste uni vénézuélien - PSUV [qui était étroitement contrôlé par les sommets du chavisme]. Parmi d’autres propositions spécifiques, Chavez réaffirmait la propriété et le contrôle de l’État sur les hydrocarbures, l’élimination des restrictions pour la réélection présidentielle pour plus de deux mandats [afin d’assurer une permanence de son pouvoir] et la réorganisation territoriale politique du pays [réorganisation du dit fédéralisme et de l’indépendance des unités fédérales par rapport au pouvoir central].

 

C’est précisément pendant cette période qu’il y a eu un infléchissement dans le processus économique et politique, qui allait avoir des conséquences très importantes pour le Venezuela. D’abord, au lieu de s’orienter vers une diversification productive afin de rendre le pays moins dépendant de la rente pétrolière et des cycles économiques internationaux, il s’est employé à renforcer la distribution de la rente [avec des dimensions clientélaires renforcées] et la formation d’un patronat chaviste de caractère commercial et financier [la dite bolibourgeoisie]. C’est ainsi que la «malédiction des ressources naturelles» a fini par enterrer sur le long terme les efforts de démocratisation sociale qui avaient été atteints. Ensuite, Chavez a fini par réduire son projet de socialisme à un étatisme et à un verticalisme [pouvoir concentré autour de Chavez et d’un secteur militaire]. En effet, au lieu de radicaliser la démocratie politique, il est resté prisonnier de l’autoritarisme militaire et – malgré sa rhétorique – de l’héritage du populisme et des dits socialismes réels. Enfin, au lieu d’accorder davantage de pouvoir politique aux classes populaires, il finit par le diminuer en faveur d’un clientélisme étatique plus important et d’un contrôle bureaucratique du processus.

 

Donc, au-delà des difficultés liées à l’affrontement face aux Etats-Unis et face aux forces réactionnaires de l’opposition ainsi que des limitations du sous-développement latino-américain, c’est justement au moment de l’apogée du chavisme que celui-ci perd une possibilité historique de radicaliser le processus social et politique en cours. Nicolas Maduro [fonction présidentielle prise le 8 mars 2013, puis élection gagnée le 14 avril 2013; Chavez décède le 5 mars 2013] a hérité de conditions sociales et politiques qui vont éclater suite à la baisse des prix du pétrole, mais ces conditions ont été créées bien avant son ascension à la présidence.

 

3. Le Venezuela après Chavez

 

Avec la mort de Chavez en 2013, et en l’absence d’autre leader de la même carrure dans le PSUV, le «choix» porta sur Maduro, d’une part, étant donné sa position de position de vice-président depuis octobre 2012 et, d’autre part, à cause de ses liens politiques à l’échelle nationale et internationale. Cela pour prendre la tête d’un amalgame complexe de tendances et de mouvements qui convergent dans l’alliance chaviste. Mais son ascension au pouvoir a coïncidé avec la diminution de la rente pétrolière. Celle-ci représentait près de 95% des revenus d’exportations, 60% de ses rentrées budgétaires et 12% de son PIB. En suivant cette pente, en 2015, les revenus issus de l’exportation de pétrole brut étaient tombés de 40%, et en 2016 la dette extérieure augmentait de plus de 350% par rapport à 1998 (9).

 

L’effet dévastateur de cette contraction économique fait que le gouvernement peut très difficilement maintenir les programmes de redistribution sociale et par conséquent aussi le consensus au sein de l’alliance dominante. A cela s’ajoute le renforcement des traits autoritaires du régime politique, aussi bien ceux hérités du processus bolivarien dans son ensemble que ceux liés à l’incapacité politique du nouveau président. Il faut surtout souligner la destruction du tissu social que l’hégémonie chaviste avait stabilisé. En effet, la crise économique et politique a aggravé la faille d’origine du chavisme, qui consistait en une mauvaise compréhension de l’organisation sociale de base sur laquelle s’est fondé ce mouvement considéré comme étant autogéré et autonome, alors qu’en réalité ce mouvement était plutôt le produit de politiques publiques menées par l’État vénézuélien (10).

 

Au sein du PSUV et du mouvement chaviste, cette faille s’est exprimée dans une culture politique qui, depuis l’époque de Chavez, a peu à peu supprimé le débat critique au sein des rangs du parti, ce qui avait été en partie un trait lors de sa fondation (11). Par ailleurs, une des tendances de ces dernières années est l’augmentation de la militarisation de l’État et du gouvernement. Il est possible que cela soit dû au fait que Maduro, n’ayant pas de lien organique avec les Forces armées, a incorporé davantage de ses membres à des postes de pouvoir pour s’assurer leur loyauté. C’est ainsi qu’aujourd’hui un tiers des ministres (12 sur 31) et des gouverneurs (13 sur 20) sont des militaires, et beaucoup d’autres se trouvent dans des positions clés de l’économie, où, le manque de contrôles démocratiques crée des conditions favorisant la prolifération de la corruption, surtout dans les domaines comme la répartition des devises, le contrôle des ports [importations de biens de consommation, pour l’essentiel devant être achetés sur les marchés internationaux] ou la distribution d’aliments (12).

 

Outre la corruption, vieux problème vénézuélien qui est antérieur à l’expérience chaviste, la crise met en évidence les effets négatifs liés au régime rentier pétrolier (extractiviste) qui régit l’économie. Par exemple, dans le secteur énergétique, le manque d’investissements a provoqué des coupes et des restrictions dans la fourniture d’électricité et a fait sombrer le pays dans une pénurie de gaz naturel et de ses dérivés, alors même que celui-ci possède une des plus importantes réserves reconnues de gaz conventionnel à l’échelle mondiale. Pire, le gouvernement s’est déclaré intéressé à utiliser les techniques de perforation horizontale et de fracking, qui se sont avérées dommageables pour l’environnement et pour la santé, cela dans le but de commercer l’exploitation de gaz dans le bassin du lac Maracaibo (13). Ce sont ces techniques qui, paradoxalement, ont permis aux Etats-Unis d’obtenir une relative autonomie énergétique, entraînant un déséquilibre dans le marché mondial du pétrole, ce qui a contribué à faire chuter les prix globaux et a nui au Venezuela (14).

 

En outre, la crise approfondit la pénétration du capital transnational, comme le montre la création de la Nouvelle zone de développement stratégique nationale «Arco minero del Orinoco», qui ouvrira presque 112’000 kilomètres carrés à la grande industrie minière locale et étrangère sous la supervision des Forces armées (15).

Manifestation contre Nicolas Maduro à San Cristobal, dans l’Etat de Tachira, le 20 mai 2017

 

Consciente de la faiblesse de Maduro, la même opposition qui avait affronté Chavez s’est renforcée et a repris vigueur suite à la légitimité perdue sous l’effet du coup d’Etat de 2002. Rassemblée au sein de la Mesa de Unidad Democratica (MUD), elle réunit des groupes qui vont de la gauche modérée à l’extrême droite putschiste, chacun ayant son programme propre. A cause de leur poids majoritaire dans l’Assemblée nationale [élue en décembre 2015], les organisations qui dirigent la MUD sont Primero Justicia (PJ) et Voluntad Popular (VP) (16) aux côtés de l’ancien parti AD (Alliance démocratique). Parmi les membres de PJ se trouvent l’ex-candidat présidentiel Henrique Capriles et Julio Borges, l’actuel président du Parlement, archétypes de la génération politique qui, avec la montée du chavisme, n’ont pas pu effectuer leur passage logique à la politique puntofijista après avoir été éduqués à l’étranger et avoir appartenu au COPEI. VP, dirigée par Leopoldo Lopez, appelle à la mobilisation de rue, avec un degré élevé de violence, en refusant d’accepter la légitimité du gouvernement et faisant campagne pour une intervention étrangère contre le Venezuela de Maduro (17).

 

Bien qu’elle ait existé, l’orientation de l’opposition prônant le dialogue n’a duré que jusqu’à la publication des résultats de l’élection présidentielle de 2013. En effet, depuis l’intenable accusation de fraude électorale de la part de Capriles (18), appel qui a entraîné 11 morts, la radicalisation de l’opposition a donné lieu à des faits brutaux comme ceux qui se sont passés lors des manifestations d’étudiants de février 2014, lorsque Lopez et son parti, aux côtés de la parlementaire Maria Corina Machado et du maire de Caracas, Antonio Ledezma, ont soutenu une mobilisation qui a fait 47 morts et durant laquelle on a vu l’installation de fils de fer tendus dans les rues pour décapiter les motocyclistes pro-gouvernementaux. L’appel à faire tomber le gouvernement a fait que Lopez et Ledezma ont été condamnés à des peines de prison. Cependant, une offensive internationale dirigée par l’ex président espagnol José Maria Aznar et d’autres ex-mandataires ibéro-américains, avec le soutien du secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro [d’origine uruguayenne], les a transformés – malgré leurs antécédents putschistes – en «martyrs» de la défense de la démocratie et des droits humains.

 

Le grand problème de l’opposition est le manque d’un projet commun et alternatif au chavisme. Cela est apparu clairement suite à la «super majorité» parlementaire qu’elle a obtenue en décembre 2015 (20). Sa politique ne s’est centrée que sur le démantèlement de tout ce qui avait été fait précédemment et sur la stratégie la plus adéquate pour renverser Maduro, en négligeant la recherche de mesures concrètes pour affronter la criminalité et l’insécurité [ces phénomènes sont très marqués, depuis longtemps, entre autres dans la périphérie de la capitale Caracas; le «Gran Caracas» compte quelque 4,5 millions d’habitants] ou pour soulager la crise économique. Les rares propositions programmatiques à son actif vont dans le sens d’une croissance de la rente pétrolière, la libéralisation économique et «l’aide» que pourrait offrir le FMI [face à la dette publique], ce qui est peu attractif pour la société vénézuélienne, car beaucoup de fractions populaires pensent que si l’opposition arrivait au pouvoir, ces mesures leur feraient perdre encore davantage que ce qu’elles ont déjà perdu (21). Ces propositions vont enfin dans le sens d’une réarticulation du pacte élitaire qui a dominé toute l’histoire vénézuélienne. En s’insurgeant contre le régime qui les exclut de la politique distributive étatique ou qui limite sa participation à la distribution de la rente pétrolière, cette opposition cherche à déstabiliser cet État par la force.

 

Mais dernièrement, la crise humanitaire provoquée par la détérioration socio-économique grave du pays a permis à l’opposition d’instrumentaliser en sa faveur la mobilisation populaire de l’ouest de Caracas, bastion du chavisme, ouvrant ainsi une brèche dans l’indiscutable enracinement populaire bolivarien. L’opposition appelle à créer un couloir humanitaire [terme utilisé par analogie avec les couloirs humanitaires demandés par des ONG pour des villes assiégées] afin de résoudre le manque de produits et de médicaments. Mais elle se mobilise surtout sur des revendications politiques telles que la libération des prisonniers politiques ou le référendum révocatoire contre Maduro. En même temps le peuple, qui se réfère en majorité au chavisme d’origine, se mobilise contre les autorités poussé par la faim, par la pénurie de médicaments et de produits de base ainsi que suite à l’explosion de la violence et de l’insécurité généralisées [liée à la paupérisation et à la crise des institutions et du régime] (22).

La crise de la distribution sous «contrôle» militaire

 

Le système de contrôle des devises et des prix imposé en 2002-2003 pour faire face au sabotage économique de l’opposition est devenu dysfonctionnel lorsqu’il a permis la spéculation par les secteurs qui contrôlent les devises. Le manque chronique de dollars a sapé toute capacité économique, surtout dans le secteur de l’importation. Par conséquent ce sont les groupes populaires qui dépendent des produits importés par le gouvernement et qu’il vend à des prix contrôlés qui sont les plus touchés [car ces produits sont rares]. Cette situation a entraîné une croissance du marché noir. Le manque d’une stratégie d’approvisionnement et de distribution – une autre tare du développement bolivarien – y a également contribué (23). Outre ces graves problèmes de pénurie, les dernières données économiques diffusées par l’Institut national de statistique (INE) vénézuélien et par la Commission économique pour l’Amérique latine (CEPAL) indiquent pour décembre 2015 une inflation générale de 180,9% et une inflation du prix des aliments de 218% (24). Dans ce contexte, la dénutrition augmente, pour la première fois à cause de la faim et non pas des maladies, la population a perdu en moyenne 8 kg par personne, alors qu’augmentent ceux qui indiquent qu’ils ne mangent que deux fois par jour, ou moins (25).

 

Après avoir scellé définitivement son accord avec les secteurs populaires au début des années 2000, les politiques sociales chavistes ont entraîné une diminution pratiquement ininterrompue de la pauvreté et de l’indigence. Celles-ci atteignaient leur niveau le plus bas en 2012, lorsque la pauvreté était estimée à 25,4% de la population et l’indigence à 7,1% (26). Mais, entre 2014 et 2016, le pourcentage de foyers pauvres monte en flèche, passant de 48,4% à 81,8%; 51,5% des foyers se trouvant dans une situation de pauvreté extrême (27). Cela démontre l’importance qu’a eue la redistribution sociale de la rente pétrolière, tout en étant en même temps le talon d’Achille du système.

 

La crise politique s’est accentuée depuis avril 2017, alors que les traits autoritaires se sont exacerbés avec Maduro, au point de contourner la Constitution de 1999, cela avec l’assentiment du Conseil national électoral (CNE) et, initialement, du Tribunal suprême de justice (TSJ) (28).

Diosdado Cabello épaule Nicolas Maduro

 

Il faut ajouter à cela l’augmentation de la radicalité des affrontements entre les forces de choc de l’opposition et celles du gouvernement. Ce qui est le plus marquant du point de vue politique est à quel point cette situation approfondit la division au sein du chavisme. Au début du mandat de Maduro la tension se manifestait entre, d’une part, une faction civile chargée d’importants ministères tels que celui de l’Agriculture et des Terres et celui de l’énergie et du Pétrole et, d’autre part, une faction militaire, composée d’éléments actifs et retraités, dont plusieurs compagnons de Chavez depuis l’émeute de 1992, et qui dirigeaient des secteurs nationaux stratégiques. Ces derniers contrôlaient l’Assemblée nationale et le PSUV en la personne de Diosdado Cabello (29). Mais aujourd’hui cette division, faussant la polarité initiale, s’élargit vers de nouvelles franges civiles et militaires.

 

En ce qui concerne les militaires, le «commando F4» gagne en importance. Ce groupe, dirigé par d’ex-compagnons d’armes de Chavez, reproche à Maduro son éloignement de tout projet révolutionnaire, socialiste ou bolivarien, tout en soulignant la précarité économique qui affecte la troupe professionnelle et les familles des militaires (30). De son côté, la dissidence de gauche du chavisme – dont le noyau est Marea Socialista, un collectif de politiciens et d’intellectuels chavistes critiques dont l’existence précède la crise actuelle – gagne de nouveaux appuis, y compris des ex-ministres de Chavez et de Maduro, des dirigeants politiques, sociaux et universitaires qui critiquent la «rupture des lignes de force constitutionnelles» et l’état de polarisation et de violence qui affectent le pays (31).

 

Les deux groupes misent sur l’ouverture d’un dialogue politique et social pour permettre un consensus national. Mais pour l’opposition de gauche, il s’agit d’alerter sur le fait que le tournant anti-démocratique pris par Maduro, qui vient s’ajouter à celui de l’opposition et qui a mis à mal le fragile régime institutionnel vénézuélien, pourrait ouvrir la porte à l’intervention étrangère. Mais cette alternative de gauche est quoi qu’il en soit peu développée et, en réalité, elle n’a pas la capacité suffisante pour diriger le processus de transition. L’orientation qu’adopte ce processus continue plutôt à être entre les mains des militaires, dont le soutien à Maduro explique en bonne partie son maintien au pouvoir.

 

Ce qui est en jeu après la mort de Chavez est plus que le processus de démocratisation du Venezuela, une question qui pourrait concerner la majorité des pays latino-américains. En jeu est la possibilité que se développe en Amérique latine un capitalisme national et populaire dans le cadre d’une économie internationale de tendance néolibérale. Cependant, aujourd’hui la position immédiate que devraient défendre les forces de gauche dans la région est de veiller à l’autonomie populaire dans la résolution de cette crise, en évitant toute dérive vers un nouveau pacte élitaire, qui pourrait y compris être décidé depuis l’extérieur des frontières vénézuéliennes.

 

4. Critique et internationalisme face à la crise vénézuélienne

 

Le processus vénézuélien reste très ouvert. En grande partie parce qu’il n’y a pas eu [pour l’instant] de brèche importante au sein des Forces armées. Néanmoins les conditions de vie dramatiques que connaît quotidiennement le peuple pourraient accélérer le cours des événements. Suivant quelles fractions du chavisme et/ou de l’opposition finiront pas s’imposer (ou par conclure un accord), le cours historique de Venezuela pourrait prendre une orientation imprévisible. Mais plutôt que de chercher à prédire ce que l’avenir réserve au Venezuela, nous tenons à réaffirmer quelques réflexions sur la crise du chavisme et – qu’on le veuille ou non – ce qu’héritent de cette expérience les efforts de ceux qui visent à une transformation anti-néolibérale et cherchent la faire émerger sous différentes latitudes de la planète.

 

D’abord, quelle que soit l’attractivité des bénéfices que procure l’exploitation des ressources naturelles pour étendre la «démocratie sociale», y compris lorsque ces bénéfices sont monopolisés par l’État, ce moyen impose des limites aux projets politiques de transformation. En effet, ils génèrent une extrême dépendance par rapport aux cycles économiques internationaux [prix des commodities], ils produisent des crises socio-environementales dans les territoires exploités et entraînent en général une dépression d’autres secteurs productifs (le dit «syndrome hollandais» qui résulte d’une surexploitation des ressources naturelles et conjointement produit le déclin de l’industrie manufacturière). Il est évident que de telles critiques doivent être compatibles avec les revendications légitimes de redistribution des secteurs populaires, qui sont justement ceux qui alimentent ces expériences.

 

Deuxièmement, il a été démontré une fois de plus qu’il ne suffit pas de «prendre l’Etat» pour avancer dans la transformation de la société capitaliste, même si c’est avec les outils de la démocratie libérale. La tragédie que vit le Venezuela nous renvoie de nouveau aux limites historiques des gauches au pouvoir au cours du XXe siècle qui, de manière répétée, ont réduit le problème du socialisme à l’étatisme, alors qu’il s’agit au contraire de socialiser de manière permanente le pouvoir et de démocratiser de manière croissante la vie sociale.

 

Troisièmement il faut noter que la crise au Venezuela aura un impact énorme pour la gauche latino-américaine. Une défaite entraînerait la délégitimation de certaines bonnes idées que le chavisme a tenté de développer, et permettrait une prédominance accrue de l’influence états-unienne dans la région, cette fois par le biais de la Colombie, où les Etats-Unis disposent de bases militaires importantes. D’autant que le Brésil est également traversé par une crise politique aiguë.

 

Nous ne savons pas comment va se terminer cette crise vénézuélienne. Mais quelle qu’en soit l’issue nous devrons porter la lourde charge de son héritage. Nous devrons l’expliquer, apprendre de ses réussites et de ses erreurs. Mais la gauche ne pourra en tout cas pas l’ignorer, même si cela entraîne des coûts politiques (ou électoraux) importants. Au minimum nous devons sortir de ce silence intéressé, défendre le fait que notre critique à l’égard du Venezuela est destinée à radicaliser ses réussites et à ne pas les inverser, apprendre de ses erreurs, mais aussi contrer les termes qu’essaient de nous imposer la réaction et le progressisme néolibéral dont les orientations ont été les principales responsables des conditions de vie très pauvres que connaissent les peuples latino-américains, jour après jour.

 

Dans l’immédiat, la solidarité de la gauche latino-américaine avec le peuple vénézuélien doit s’appuyer sur son engagement critique en faveur d’une solution anti-néolibérale et démocratique de la crise, poussant pour que les forces qui représentent cette orientation s’imposent. Avec la même détermination il faudra affronter le caractère putschiste, élitaire et néolibéral que représentent les actuels agissements de l’opposition. En fin de compte, la constitution d’une gauche radicale passe aussi par le fait de récupérer l’internationalisme critique et solidaire qui a caractérisé la tradition révolutionnaire de notre Amérique latine.

 

(Article publié le 29 juin 2017, traduction A l’Encontre)

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Giorgio Boccardo enseigne à l’Université du Chili dans le master «Les études latino-américaines». Sebastian Caviedes est chercheur à la Fondation Nodo XXI, enseignant à l’Université du Chili

Notes

1/ Le Pacte de Puntofiho a été conclu en 1958 entre les trois grands partis vénézuéliens. Comme expliqué dans l’article, il va se prolonger jusqu’aux années 1980. Voir Becerra, M. (2001). El


Août 2017

[Vidéo] Coup d’État contre Chávez – La révolution ne sera pas télévisée

Coup d’État contre Chávez – La révolution ne sera pas télévisée

 

Suite de notre série sur le Venezuela, avec différents articles visant à compléter la vision diffusée par les médias.

 

Rappelons que nous ne soutenons aucun camp là-bas, militons pour que le peuple vénézuélien choisisse librement et démocratiquement son avenir, et condamnons toutes les atteintes aux droits de l’Homme des deux camps…

 

Source : Youtube, 17-03-2016

 

Le documentaire Chávez, le film ou Coup d’État contre Chavez (Chavez: Inside the Coup ou The Revolution Will Not Be Televised), réalisé par Kim Bartley et Donnacha O’Briain décrit le coup d’État de 2002 contre le président Hugo Chavez.

 

Il a été tourné alors que les deux réalisatrices préparaient un documentaire sur le président Hugo Chávez au Venezuela. Elles se trouvaient à l’intérieur du palais présidentiel quand fut déclenché, le 11 avril 2002, le coup d’État conduit par les propriétaires des chaînes privées, les cadres de la compagnie pétrolière du Venezuela, ainsi qu’une poignée de dirigeants militaires avec le soutien, entre autres, des États-Unis, de l’Espagne, de la Colombie et du Salvador. Le film présente la chronologie du putsch et la mobilisation des millions de Vénézuéliens qui entraîna le retour au pouvoir d’Hugo Chávez 48 h après le début du coup, grâce à la garde présidentielle.

 

Ce documentaire a obtenu, entre autres, deux prix au Grierson Documentary Awards anglais en 2003. Il a été diffusé sur Arte en 2004.

http://www.les-crises.fr/video-coup-detat-contre-chavez-la-revolution-ne-sera-pas-televisee/#.WYV-W-q8nBM.facebook

Venezuela: Révolution bolivarienne de B à M #2, par Filip Fi

 

Suite de notre série sur le Venezuela, avec différents articles visant à compléter la vision diffusée par les médias.

 

Rappelons que nous ne soutenons aucun camp là-bas, militons pour que le peuple vénézuélien choisisse librement et démocratiquement son avenir, et condamnons toutes les atteintes aux droits de l’Homme des deux camps…

 

Ici, suite du travail de fond du jeune Filip… (1ère partie ici). N’hésitez pas à enrichir l’article en commentaire…

 

Source : Le Blog Mediapart, Filip, 14-07-2017

 

Nous connaissons à présent la figure historique que fut Simon Bolivar, la pensée qui l’animait, et l’histoire qui l’accompagne. Faisons désormais un bond dans le temps. La date du 6 décembre 1998 est sans nul doute la plus importante de l’histoire de la révolution bolivarienne, puisqu’elle en constitue le commencement. Par conséquent, afin de comprendre son avènement, il faut observer en détail ce qu’était le Venezuela de l’avant-Chavez, et comprendre les idées et les motivations qui l’ont construite. Nous nous situons dans les années 1980/1990.

© Filip FI

 

I. La misère d’un peuple

 

S’il y a bien un facteur décisif dans la rébellion d’un peuple contre quelque système que ce soit, c’est bien ses conditions et son niveau de vie. Et dans le cas présent, le niveau de vie au Venezuela était catastrophique.

 

Pour comprendre, prenons le célèbre indicateur de développement humain comme point de départ de notre analyse. Pour ceux qui ne sauraient pas de quoi il s’agit, c’est un indicateur qui varie de 0 à 1 et qui est calculé à partir de trois critères: l’espérance de vie, l’accès à l’éducation, et le PIB par habitant. Plus on approche de 1, mieux c’est, plus on approche de 0, plus ça va mal. Rien de bien méchant.

Je pense que la plupart d’entre-vous êtes d’accord avec moi pour dire que les Nations Unies ne sont pas une organisation bolcheviko-chaviste? Parfait, on ne m’accusera pas d’être subjectif sur ces données. Voici un premier graphique du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) :

Indice de Développement Humain du Venezuela de 1980 à 2013 © INE (reprenant les statistiques du PNUD)

 

On constate très clairement un faible IDH en 1990 à 0,644. Pour vous donner une idée de ce que cela représente, la France à la même période avait un IDH de 0,909 et elle est aujourd’hui à 0,888, ce qui reste élevé. Le taux de croissance annuel de l’IDH vénézuélien n’est en moyenne que de 0,501% dans les années 19901 . Là encore pour se faire une idée, on peut le comparer au taux de croissance entre 2000 et 2013 qui est de 0,934%, soit presque deux fois plus élevé.

 

J’ai pris l’IDH pour avoir une vue générale de la situation, mais malheureusement, si on rentre dans les détails, les faits se confirment. En 1997, un vénézuélien sur deux est pauvre, l’extrême pauvreté touche elle, un quart de la population2 . En 1998, moins de trois millions de personnes ont un accès régulier aux soins3 ,une personne sur cinq n’a pas accès à l’eau potable4, presque un enfant sur deux n’a pas accès à l’éducation secondaire, en bref, la situation sociale est catastrophique.

 

II. Une inégale répartition des richesses

 

Le Venezuela à cette époque est également, vous l’aurez deviné, un pays très inégalitaire. Si la majeur partie de la population connait une situation sociale difficile, il existe également une petite caste de privilégiés qui sévit, notamment dans les quartiers chics de Caracas.

 

Et oui, c’est le moment d’y venir, on va parler de l’or noir. Comment parler du Venezuela sans parler de ses importantes ressources pétrolières?


Hormis le fer, l’or, la bauxite ou encore le diamant, le pays possède d’importantes réserves de gaz naturel et surtout de pétrole. Contrairement aux idées reçues sur les pays du Golfe, c’est le Venezuela qui possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole.

 

D’après les chiffres de BP de 2015, 17,5% des réserves mondiales5. La richesse qui émane de cette ressource représente un tiers des revenus du pays.

 

Malgré une pseudo-nationalisation en 1976 par Carlos Andres Perez lors de son premier mandat, les revenus de PDVSA (l’entreprise pétrolière vénézuélienne) vont davantage dans l’accumulation privé de la classe dirigeante que dans les programmes sociaux, laissant ainsi une énorme source de revenus et de développement potentiel, entre les mains de quelques-uns, sans compter les multinationales étrangères comme Texaco, Exxon, Shell, BP et j’en passe, qui tentent elles aussi d’avoir une part du magot.

Logo de PDVSA

 

Les inégalités provoquées par cette captation de richesses peuvent se constater grâce à l’étude du coefficient de Gini du PIB par habitant. De la même façon que l’IDH, l’échelle du coefficient de Gini varie de 0 à 1. Le 0 représente une égalité parfaite, et inversement.

 

En 1998 au Venezuela, on était à 0,486 (0.282 en France la même année), contre 0,381 en 2015. Les 20% les plus riches captaient 53,4% des richesses6.

 

De quoi créer le terreau d’une révolte tout ça non?

 

III. Répression politique : Caracazo

 

Les événements du 27 février 1989 sont d’une importance capitale. Que s’est-il passé ? Tout débute avec l’accession à la présidence le 2 février de la même année du « social-démocrate »  Carlos Andres Perez, sur la base d’un programme social-démocrate donc. Il est membre du parti Action Démocratique.

 

Seulement la tournure des événements qui suivent son arrivée au pouvoir va rapidement dégénérer. Fraîchement arrivé à la présidence, Perez ne tient pas du tout les promesses de son programme électoral mais préfère suivre les conseils néo-libéraux du Fond Monétaire International (FMI), en imposant ainsi au pays d’importantes coupes budgétaires qui incluent l’augmentation des prix du gaz, du téléphone, de l’eau, des transports et de nombreux autres biens de première nécessité, sans compter de nombreuses privatisations.

 

Les étudiants ne pouvant plus payer les transports (le tarif ayant doublé), ils se révoltent et débutent alors le Caracazo. Au départ de Guarenas le 27 février au matin, la manifestation prend de l’ampleur et investit la capitale Caracas où va commencer une des répressions les plus sanglantes de l’histoire du Venezuela. La police et l’armée sont mobilisées, elles massacrent les manifestants puis persécutent et tuent des civils innocents, notamment dans les quartiers pauvres de Caracas. La ville est dans le chaos, les commerces fermés et les transports arrêtés.

Images d’archive du 27 février 1989

 

Au-delà des dégâts matériels considérables, c’est le bilan humain qui est fracassant. Le premier bilan officiel de l’époque évoquait 279 morts, mais des découvertes récentes de charniers creusés par le gouvernement à l’époque font elles état d’environ 2500 à 3500 morts, mais les estimations sont difficilement vérifiables. Ces événements sont désormais gravés dans les mémoires et vont constituer la principale source d’instabilité politique qui suivra dans les années 1990.

 

IV. Naissance d’un mouvement révolutionnaire | Le leader Hugo Chavez

 

La misère du pays et la répression vont donner naissance à un mouvement révolutionnaire mené par le charismatique Hugo Rafael Chavez Frias. A la fois socialiste, bolivariste, chrétien et marxiste, comme il aimait bien le dire7, voyons qui est Chavez et le mouvement qu’il représente.

 

Hugo Chavez est né en 1954 à Sabaneta, dans le sud du Venezuela, où il grandit dans une maison « de bois de palmiers et d’un sol en terre ». Fils de parents enseignants, il se passionne très vite pour l’histoire de son pays et notamment celle de Bolivar. A 17 ans, en 1971, il rejoint l’Académie Militaire Vénézuélienne. C’est à l’académie qu’il lira Marx, Bolivar, ou encore Lénine, et débattra beaucoup avec ses camarades en enrichissant ses connaissances afin de développer son esprit révolutionnaire. En 1975, il sort sous-lieutenant de cette académie avec déjà des ambitions de changement du système politique. En 1984, Chavez et ses compagnons créent au sein de l’armée le MBR-200 (Mouvement Révolutionnaire Bolivarien), « 200 » car il a été créé lors du 200èmeanniversaire de la naissance de Bolivar. Ce mouvement d’orientation socialiste va prendre son temps mais passera bientôt à l’action pour essayer de changer les choses.

Hugo Chavez à l’académie militaire

 

V. Tentatives de putsch du MBR-200 contre le pouvoir

 

Le Caracazo de 1989 est la goutte de sang qui fait déborder la coupe déjà pleine. Il ne faudra pas moins de trois ans pour que le MBR-200 tente un premier putsch le 4 février 1992 contre Carlos Andres Perez. Des soldats révolutionnaires emmenés par Chavez investissent Caracas, mais par manque d’organisation et d’alliances solides, le coup échoue, et Chavez est emprisonné pendant deux ans.

 

Il déclare aux médias assumer l’entière responsabilité de cet échec. Cette séquence va lui donner une aura nationale et sa popularité grimpe en flèche, le public découvrant un leader militaire au béret rouge jusque là encore inconnu, qui a eu le courage de défier Perez. Un second coup d’état a été tenté le 26 et 27 novembre de la même année mais il échoue à son tour.

Hugo Chavez en 1992, annonçant l’échec de l’insurrection aux médias

 

VI. Vers le 6 décembre 1998

 

Après que Perez ait finalement quitté le pouvoir en 1993 pour fraude fiscale, en 1994 est élu l’indépendant Rafael Caldera, grâce entre autre à la promesse qu’il a faite de libérer Chavez s’il arrivait au pouvoir (Chavez étant devenu très populaire auprès de la population grâce à sa tentative de putsch). La promesse est tenue et Chavez est libéré. Il fonde alors le parti Mouvement Cinquième République avec lequel il se présente aux élections de 1998 avec la promesse de changer la constitution et de rendre sa dignité au peuple.

Hugo Chavez en décembre 1998, après avoir gagné les élections et célébrant sa victoire dans la rue

 

Comme le montre la photo ci-dessus, le 6 décembre 1998, Chavez gagne les élections avec 56% des voix. Tout le peuple se repose désormais sur lui. Certains se posent encore la question : va-t-il vraiment changer les choses ou est-ce encore un beau parleur ? C’est ce que nous verrons dans l’épisode 3.

 

Si vous voulez aller plus loin…

 

  • …dans la compréhension de ce qui a poussé Chavez à agir, je vous conseille ce documentaire de 2010 dans lequel il revient notamment (mais pas que) sur les événements que nous avons évoqué dans l’article à travers un entretien avec un journaliste argentin: Hugo Chavez vraiment.

Source : Le Blog Mediapart, Filip, 14-07-2017


 

Message au camarade Oscar Figuera, Secrétaire Général du Comité Central du Parti Communiste du Venezuela (PCV) de la part du Parti Progressiste des Travailleurs de Chypre (AKEL)

 

Solidarité Internationale PCF Vénézuela - Révolution bolivarienne, Grèce et Chypre, Impérialisme Aucun commentaire

04 août 2017

 

Traduction NK pour « Solidarité internationale PCF – Vivelepcf » - 3 août 2017 - Message de la part d'Andros Kyprianou, Secrétaire général du Comité Central du Parti Progressiste des Travailleurs de Chypre (AKEL) à Oscar Figuera, Secrétaire Général du Comité Central du Parti Communiste du Venezuela, reconduit dans ses fonction au XVème Congrès du PCV, qui s'est déroulé du 22 au 25 juin 2017.

 

Cher camarade,

 

Au nom du Comité central du Parti Progressiste des Travailleurs (AKEL) et moi-même personnellement, je vous félicite chaleureusement pour votre réélection en tant que Secrétaire général du Comité central du Parti communiste du Venezuela. Je transmet les salutations militantes et de camaraderie des cadres et des membres d'AKEL aux communistes du Venezuela qui mènent une lutte héroïque dans les conditions pénibles qui prévalent dans votre pays. Je suis certain que les résultats du XVème Congrès du PCV l'ont renforcé afin de contribuer de manière encore plus décisive à la défense de la souveraineté nationale, de la volonté populaire et des défis de la Révolution Bolivarienne.

 

À cette occasion, je voudrais exprimer la solidarité sans réserve d'AKEL avec le peuple, le Parti communiste et le gouvernement vénézuélien, qui résistent aux tentatives de la droite et de l’ultra-droite pro-impérialistes de sape et de déstabilisation du pays. Il s'agit d'une tentative qui fait partie des plans américains pour une intervention étrangère et pour le contrôle des riches ressources naturelles de votre pays.

 

L’AKEL salue les résultats de l'élection de l'Assemblée constituante et le fait que le peuple vénézuélien n'aitpas cédé à la violence et au terrorisme et qu’il ait votéen nombre massif lors de cesélections. Parallèlement, l’AKEL suit attentivement les évaluations et les approches du Parti communiste du Venezuela sur le déroulement de la Révolution Bolivarienne et sur la nécessité d'une réponse révolutionnaire à la crise et aux défis auxquels est confronté le pays, mais aussi auxactions agressives des Etats-Unis. L’AKEL partage votre évaluation selon laquelle la lutte anti-impérialiste pour résister à l'intervention étrangère doit être combinée avec l'intensification de la lutte des classes à l'intérieur du pays.

 

L’AKEL, selon ses capacités, dénonce et condamne les plans américains d'intervention politico-économique et même militaire au Venezuela, mais aussi la position hypocrite de l'Union européenne dès qu’il le peut, sur chaque podium et dans chaque forum.

 

Nous savons très bien que, dans l'histoire moderne, il y a eu de nombreux exemples en Amérique latine, mais aussi dans le monde entier, y compris dans notre propre pays, Chypre, où les États-Unis et leurs alliés ont tenté de calomnier, de saper et de renverser des gouvernements qui n'étaient pas à leur goût ou qui necoopéraientpasavec eux. Il est clair que les États-Unis cherchent à mener auVenezuela une répétition moderne du drame chilien des années1970 avec le renversement du gouvernement Salvador Allende et l'installation de la junte de Pinochet.

 

L’aboutissement de ces aspirations sera décidé par l'unité, la préparation et la détermination des peuples de chaque pays, mais aussi par la solidarité internationale que reçoivent les peuples en difficulté. C'est la raison pour laquelle l’AKEL se tient fermement du côté des communistes, mais aussi de tout le peuple vénézuélien, dans la direction de l'approfondissement de la Révolution Bolivarienne avec des changements radicaux dans la société, dansl'économie et dans l'état du pays au profit du peupleet des travailleurs de votre pays d'origine.

 

Merci de transmettre aux membres du Parti communiste du Venezuela la solidarité sans réserve et inébranlable de leurs camarades chypriotes dans leur lutte pour la démocratie, l'indépendance nationale, la souveraineté populaire, la paix et le socialisme.


Salutations fraternelles


Andros Kyprianou
Secrétaire général du Comité Central du Parti Progressiste des Travailleurs (AKEL)


Venezuela : Pour le PCV, le niveau de la participation électorale exprime le rejet des violences de l’opposition

 

Solidarité Internationale PCF Vénézuela - Révolution bolivarienne, Amérique Latine, Impérialisme 

04 août 2017

 

Le Parti communiste du Venezuela s’est investi dans la campagne pour l’élection de l’Assemblée nationale constituante. Ce choix politique a été décidé après une analyse lucide des conditions de précipitation et d’improvisation de ce vote.

 

 

Pour le PCV, il était primordial, pour la poursuite et l’approfondissement du processus révolutionnaire bolivarien, de contrer l’opposition et sa politique de violence, soutenue par l’impérialisme, mais aussi de gagner l’audience et la représentation maximales de ceux qui portent véritablement les intérêts de la classe ouvrière. C’est d’autant plus important que des éléments de la bourgeoisie, au sein même de la direction du parti de Maduro (PSUV), opportunistes au langage souvent gauchiste, poussent vers une ligne réformiste de compromis et affaiblissent le processus révolutionnaire.

 

 

Dans une conférence de presse le 31 juillet 2017, la direction du PCV a tiré un premier bilan. Nous reprenons des articles des agences et sites AVN et Ultima Hora. Traduction MlJ pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf ».

 

Article AVN : Venezuela : Pour le PCV, le niveau de la participation électorale exprime le rejet des violences de l’opposition

 

Le Parti communiste du Venezuela (PCV) estime que l’élection de l’Assemblée nationale constituante (ANC) constitue une victoire marquante pour le peuple vénézuélien. Elle a enregistré un haut niveau de participation. Les électeurs se sont mobilisés pour rejeter le terrorisme et les menaces d’intervention étrangère.

 

Dans une conférence de presse, lundi [31 juillet 2017], Oscar Figuera, secrétaire général du PCV, a répété que l’ANC  « sera une opportunité de débattre d’une nouvelle société ».

 

Il a estimé qu’une partie des couches moyennes de la population, qui ne sont pas chavistes, « veulent empêcher une intervention étrangère contre le pays et manifester leur ras-le-bol de la violence fasciste et terroriste ».

 

Il a ajouté que ces catégories refusent que « les commandos de mercenaires terroristes de l’extrême-droite fasciste, au service de l’impérialisme américain, créent, chaque jour, des situations qui conduisent à la mort de Vénézuéliens par des actes atroces ».

 

Article Ultima Hora : « Pedro Eusse (PCV) : il est important que les travailleurs ne nourrissent pas d’illusions ». 

 

La direction du Parti communiste du Venezuela s’est exprimée après l’élection de l’Assemblée nationale constituante. Elle a participé à cet événement électoral, en alliance avec d’autres partis révolutionnaires, même si elle a exprimé son désaccord avec la forme improvisée de son déroulement.

 

Pedro Eusse, membre du Comité central du PCV, a souligné que, bien que l’on ne dispose pas [à ce moment – le 31 juillet] du taux final de la participation et que l’on ne connaisse pas quels sont les résultats définitifs et s’il y aura des députés communistes à la constituante, « nous devons mettre en avant le soutien apportés par les 8 millions de Vénézuéliens qui sont venus voter ».

 

« Il est vrai que la participation n’a pas été aussi massive qu’à d’autres échéances électorales, comme nous l’aurions voulu et comme c’était nécessaire, mais il faut garder en tête que l’opposition n’a pas participé au scrutin. Cela explique qu’il faut retrancher un nombre important d’électeurs ne se sont pas déplacés. »

 

Pour Eusse, d’une façon générale, le niveau de participation est significatif. Et même des électeurs qui ne se s’identifient pas avec le processus bolivarien ont décidé de voter pour contrer les agissements à venir du Président des Etats-Unis et la violence organisée par l’opposition. Et il s’est trouvé bien des gens qui n’ont pas pu sortir de chez eux à cause du blocage des routes par l’opposition.

 

Pour Eusse : « Le mouvement chaviste, et ceux qui ne sont pas chavistes mais révolutionnaires, comme le PCV, avaient à mettre en échec un ennemi très important, l’impérialisme américain et son principal porte-parole, le Président Donald Trump. Je pense que le message a été clair ».

 

Eusse était lui-même candidat à l’Assemblée constituante dans le collège ouvrier. Pour lui, l’ANC va être un espace de débat et de lutte idéologique. Mais elle ne va pas, à elle seule, résoudre les problèmes et garantir la paix, parce que la paix ne sera gagné qu’en vainquant le fascisme. Eusse a expliqué « qu’il est important que les travailleurs ne nourrissent pas d’illusions et ne s’accrochent pas à certains bureaucrates des administrations ou des syndicats. Parce que c’est seulement par nos luttes que nous arriverons à des solutions. Nous devons comprendre que la cause fondamentale de nos problèmes réside dans l’existence même du système capitaliste qui continue de dominer notre pays ».

 

A la fin de son intervention, Eusse a exhorté à unir les forces du « Front national de lutte de la classe ouvrière » et du « Front anti-impérialiste et populaire antifasciste » pour « transcender les luttes et faire de la bataille pour la libération, une bataille pour une véritable émancipation. »

 

4 août, 15:05 ·

Patrick Boriès a ajouté 6 photos.

2 août, 15:12 ·

 

« Ça va vous paraître très bizarre, ce que je vous dis, mais je reviens de là-bas et on rentre petit à petit dans un schéma de guerre civile. Il faut bien comprendre, parce qu’on n’a pas abordé, ça, MOI J’Y SUIS ALLÉ, LÀ, PENDANT 3 SEMAINES : LES MANIFESTATIONS DE L’OPPOSITION SONT EXTRÊMEMENT VIOLENTES. Vous avez une opposition qui défile de 10 heures du matin jusqu’à une heure de l’après-midi, et ensuite elle est remplacée par DES GROUPES DE CHOC DE L’EXTRÊME DROITE AVEC DES DÉLINQUANTS. Au Vénézuela les manifestants d’opposition sont avec un casque, sont avec un masque à gaz, sont avec des lunettes sous-marine… ils sont très équipés et c’est une violence qui n’a strictement rien à voir avec les manifestations que nous avons ici, en Europe.


Et j’insiste sur un point, c’est que bien souvent on dit : « répression des manifestations au Vénézuela, 90 morts » C’EST PAS VRAI ! Moi, en tant que journaliste, je m’insurge et je suis très en colère, dans les 90 morts, vous avez 8 policiers et gardes nationaux qui ont été tués par balles !… Vous avez 2 jeunes manifestants qui se sont fait péter avec des explosifs artisanaux… Vous avez des gens, des Chavistes qui essaient de passer une barricade et qui sont tués par balles… C’EST-À-DIRE QUE LA MAJORITÉ DES VICTIMES NE SONT PAS DES OPPOSANTS, TUÉS PAR DES FORCES DE L’ORDRE, et dans les cas de grosses bavures de manifestants qui sont victimes des forces de l’ordre, les gardes nationaux ou les policiers sont actuellement entre les mains de la justice. Donc il y a une présentation du phénomène, qui est, DE MON POINT DE VUE DE JOURNALISTE, EXTRÊMEMENT MANIPULATRICE.»


Maurice Lemoine, ancien Rédacteur-en-Chef du Monde Diplomatique.

 

https://www.rts.ch/…/linvite-de-la-redaction-maurice-lemoin…

Un très bon interview, très éclairant sur le Venezuela, en dehors de tout ce que l'on peut lire ou entendre.

 

Venezuela : l’analyse de Maurice Lemoine

Maurice Lemoine est un journaliste et voyageur engagé, rédacteur en chef de La Chronique d’Amnesty International de 1993 à 1996, avant de rejoindre le Monde diplomatique dont il a également é…

http://www.les-crises.fr/venezuela-lanalyse-de-maurice-lemoine/

 


Venezuela. Le peuple a voté oui à la paix…

 

Angèle Savino

Jeudi, 3 Août, 2017

Humanite.fr

 

ils sont « la deuxième force électorale» de Caracas : Tamayba lara, candidate, Andy Hernandez, militant, Rigel Sergent et Oliver Rivas, également candidats, portent les propositions des « Chavistes rebelles ».

Photo : Angèle Savino

 

Ils veulent faire revivre le chavisme populaire et relancer la révolution bolivarienne. Les candidats du mouvement du “chavisme rebelle” *n’ont pas été élus à la Constituante. Mais ils savourent la victoire de la paix…tout en rappelant à ses devoirs le président Maduro. Reportage à Caracas le soir du 30 juillet.

 

Caracas(Vénézuela), correspondante.

 

La place Bolivar est remplie de joie. Les militants du “chavisme rebelle” arrivent dans le centre historique de Caracas après une longue journée électorale. La foule danse au rythme d’une célèbre salsa : « Nous voulons la paix, nous ne voulons pas la guerre. Pourquoi se battre ? Nous allons nous unir et chanter pour la paix ».

 

Elias Jaua, le président de la commission présidentielle de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), arrive sur scène : « Nous avons répondu à l’oligarchie de Bogota qui a une dette envers nous : elle a trahi Simon Bolivar et l’a expulsé de sa Patrie. Nous, les Bolivariens, nous avons vaincu ceux qui ont détruit la Grande Colombie. » L’ancien ministre des affaires étrangères s’adresse indirectement au président colombien Juan Manuel Santos, le premier à ne pas reconnaître les résultats, la veille du scrutin. Il a été suivi par ses homologues péruviens et panaméens. Mais les mouvements sociaux du continent se sont mobilisés. Ils ont lancé il y a deux semaines la campagne « Venezuela, cœur de l’Amérique ».  

 

Les résultats sont annoncés par la présidente du Conseil National Électoral : plus de 8 millions de personnes ont voté « oui » à la paix. « Nous devons construire la prochaine génération de la révolution bolivarienne et rénover le chavisme. Nous sommes heureux de cette victoire politique internationale », témoigne Oliver Rivas, qui s’est présenté sur la liste territoriale de Caracas. Aucun des candidats du « chavisme rebelle » n’a été élu, la campagne électorale était trop courte. Rigel Sergent, militant du mouvement des habitants, a parcouru plusieurs quartiers populaires dimanche 30 juillet : « la mobilisation était importante, les plus pauvres continuent de soutenir la révolution. C’est la première fois que nous participons à une élection, nous sommes la deuxième force électorale à Caracas. Beaucoup de ceux qui ont gagné ont été ministres ou gouverneurs ».

 

«La mobilisation était importante. Les plus pauvres continuent de soutenir la révolution.» Rigel Sergent, Candidat.

 

« Le socialisme se conquiert en luttant, courage Président, le peuple ne renonce pas », s’exclame la foule, lorsque Nicolas Maduro apparaît : “Nous sommes préparés pour la paix, et aussi pour supporter la guerre, répond le chef d’État. Vous savez que 150 centres électoraux ont été assaillis par les paramilitaires. Mais le peuple rebelle a été courageux. 500 personnes ont traversé le fleuve Torbes, dans l’État frontalier du Tachira pour aller voter, car la route principale était bloquée.”

 

C’est l’heure de l’autocritique. Les militants du chavisme rebelle s’approchent de la scène avec une immense banderole, et répètent le refrain de leur campagne “Face aux défis, le peuple est rebelle”. Le Président reconnaît que ses partisans sont nombreux à demander d’accélérer la lutte contre la guerre économique. Oliver, Rigel, Tamayba et leur camarades interrompent le Président : « Coup de gouvernail, coup de gouvernail !  ». Silence. Nicolas Maduro les écoute. Puis il reprend : « Je vous jure que je vais lutter pour que nous corrigions nos erreurs ».

 

Tamayba avait 21 ans le 20 octobre 2012. Elle n’oubliera jamais le discours historique de Chavez sur l’élargissement du pouvoir communal. « Nous sommes organisés en assemblée permanente territoriale pour apporter nos propositions à l’ANC. Nous ne croyons pas au coup de baguette magique, il n’existe pas de recette pour construire le socialisme. Nous devons organiser et construire une constituante populaire. Ici, il existe un peuple organisé, des conseils communaux, des conseils étudiants et de travailleurs. La seule issue à la crise, c’est plus de révolution ! »

 

Face à la statue de Simon Bolivar, le président Maduro conclue son discours: “Souvenons-nous des héros Indiens Guaicaipuro, Tupac Katari, Tupac Amaru, et des commandants Fidel et Chavez, qui nous accompagnent dans cette étape de renaissance du chavisme populaire.