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Amérique Latine

18 août 2017

Venezuela, Le chavisme et l'héritage d'Hugo Chavez

 

« Pour renforcer son assise politique et sociale, nous dit l'article, et répondre à cette colère, le chavisme a dû recourir à une démagogie soi-disant « anti-impérialiste », bien rodée, en prenant notamment quelques mesures nationalistes comme la nationalisation (avec rachat) de certaines entreprises étrangères ou vénézuéliennes (dans le secteur des hydrocarbures ou de la métallurgie, dans le cas de Sidor par exemple) mais aussi en faisant quelques concessions aux masses. Le chômage, la pauvreté et l’analphabétisme ont ainsi reculé partiellement au Venezuela, mais c’est surtout l’effet de la redistribution de la rente pétrolière par l’Etat bolivarien. Ce n’est pas pour autant que les travailleurs au Venezuela sont aujourd’hui moins exploités et opprimés. De ce point de vue, Chávez est l’expression relativement timorée, au XXI siècle, de ce qu’ont pu représenter, à d’autres époques, des expériences nationalistes bourgeoises ou de « bonapartisme sui generis » en Amérique latine... »

 

Reprenons la lecture de l'article de présentation...

 

Michel Peyret


14 Août 2017

Publié par Patrick Granet

Qui était Hugo Chávez ?

 

Qui était Hugo Chávez ?

 

Alors que la crise perdure au Venezuela et que la droite et l’impérialisme poursuivent sur la voie du putschisme et de l’ingérence, la question du chavisme et de l’héritage d’Hugo Chávez Frías refait surface. Qu’est-ce qu’a réellement été le bolivarisme, sous la présidence Chávez, entre 1999 et 2013 ? Pouvait-on réellement parler de « socialisme bolivarien » à l’époque ? Maduro a-t-il trahi l’héritage du « Comandante » ? Pour répondre à ces questions et alors que certains continuent à vouloir parer Maduro des vertus du socialisme, nous republions l’article nécrologique écrit, en mars 2013, quelques jours après le décès de Chávez et qui garde, aujourd’hui, toute son actualité.

 

Dès l’annonce officielle de la mort du président Hugo Chávez ce sont des centaines de milliers de Vénézuéliennes et de Vénézuéliens qui sont descendus dans les rues des principales villes du pays pour dire à la fois leur douleur, leur tristesse et leur inquiétude. Au même moment, c’était la fête dans les quartiers chics de Caracas, là où l’on peut trouver les principaux soutiens de l’opposition la plus réactionnaire et pro-impérialiste, là où l’on a soutenu toutes les menées déstabilisatrices contre le gouvernement bolivarien, ã commencer par le coup d’Etat d’avril 2002.

 

Pour les masses vénézuéliennes qui sont descendues dans la rue et ont commencé aujourd’hui ã défiler devant son cercueil, Chávez incarnait ce gouvernement qui leur avait permis de réduire, du moins en partie, la pauvreté. Dans un pays riche en hydrocarbures sur lequel s’était nourri les pires dictateurs au service des « Majors » [les multinationales pétrolières], et qui avait par la suite alimenté le régime corrompu COPEI-AN, le chavisme a profité des cours élevés du brut afin de redistribuer, au bénéfice des classes populaire, une partie de cette rente pétrolière. L’amélioration relative des conditions de vie et de travail (logement, emploi, éducation, santé, etc.) pour des millions de Vénézuéliens sous le chavisme sont sans doute les plus grandes avancées que des millions d’exploités du pays ont obtenues depuis les années 1970. Et ça, c’était déjà énorme pour eux. C’est ce que symbolise Chavez pour des millions de personnes. C’est ce qu’ils pleurent aujourd’hui.

 

Et pourtant, le « socialisme du XXI siècle » ou « socialisme bolivarien », promis par Chávez en 2005, n’a de socialiste que le nom. Le chavisme a su garantir, tout au long de ces années, les principaux ressorts du système capitaliste vénézuélien, la propriété privée des moyens de production, y compris des multinationales, tout en offrant, à travers l’ensemble des rouages de « l’Etat bolivarien », ses syndicats et le PSUV [le parti lié au gouvernement], une soupape de sécurité et un instrument de canalisation du mouvement ouvrier et populaire.

 

Hugo Chávez a en effet représenté

 

Hugo Chávez a en effet représenté l’une des clefs d’un processus politique de conciliation de classe et de reconstruction de l’Etat bourgeois vénézuélien et d’un de ses piliers fondamentaux, les forces armées. Son rôle a été de contenir la révolte et le profond mécontentement des masses exploitées et opprimées et de dévier la lutte des classes populaires afin de construire un nouveau paradigme de gouvernabilité : avec une fraction de l’armée, dont Chávez était issu, et surtout avec la « bolibourgeoisie », la « bourgeoisie bolivarienne », « nationale », favorable à un changement du régime de « Punto Fijo » [système d’alternance « électorale » entre COPEI et AD ayant fonctionné entre 1958 et la fin des années 1980], tout en préservant le régime bourgeois. Le chavisme est, en ce sens, l’expression institutionnalisée de la colère qui avait éclaté lors de la grande révolte du « Caracazo », noyée dans le sang en 1989, mais aussi l’instrument de sa contention, de façon à garantir le capitalisme vénézuélien contre toute explosion incontrôlée des masses ouvrières, paysannes et populaires, et contre tout processus d’auto-organisation pouvant aboutir à une remise en cause du caractère semi-colonial et corrompu d’un système économique, politique et social alimenté par la rente pétrolière.

 

Pour renforcer son assise politique et sociale et répondre à cette colère, le chavisme a dû recourir à une démagogie soi-disant « anti-impérialiste », bien rôdée, en prenant notamment quelques mesures nationalistes comme la nationalisation (avec rachat) de certaines entreprises étrangères ou vénézuéliennes (dans le secteur des hydrocarbures ou de la métallurgie, dans le cas de Sidor par exemple) mais aussi en faisant quelques concessions aux masses. Le chômage, la pauvreté et l’analphabétisme ont ainsi reculé partiellement au Venezuela, mais c’est surtout l’effet de la redistribution de la rente pétrolière par l’Etat bolivarien. Ce n’est pas pour autant que les travailleurs au Venezuela sont aujourd’hui moins exploités et opprimés. De ce point de vue, Chávez est l’expression relativement timorée, au XXI siècle, de ce qu’ont pu représenter, à d’autres époques, des expériences nationalistes bourgeoises ou de « bonapartisme sui generis » en Amérique latine. Si on compare le régime bolivarien à ces autres expériences, par ailleurs, Chávez s’est davantage appuyé sur les pauvres et les forces armées que sur le mouvement ouvrier organisé, comme avaient pu le faire un Cárdenas au Mexique ou un Perón en Argentine dans les années 1930 et 1940.

 

Il n’en reste pas moins que, tapie dans l’ombre ou alors se manifestant ouvertement comme lors des dernières élections, la bourgeoisie réactionnaire et ses tuteurs impérialistes sont prêts à reprendre tout ce qui a été concédé aux classes populaires depuis 1999. Dans ce cadre, le chavisme, à travers ses courroies de transmission politiques et syndicales, n’est aucunement une garantie contre ce retour en arrière. D’où l’inquiétude palpable chez les masses dans les manifestations de mardi soir, à la suite de l’annonce du décès de Chávez.

 

A l’encontre de ceux qui, sur sa gauche, ont pu vouloir poursuivre les mobilisations contre l’ordre bourgeois et l’impérialisme, contre les multinationales et la grande propriété foncière, le régime n’a jamais fait cesser la répression. C’est sous Chávez que des dirigeants syndicaux et de mouvements sociaux ont été assassinés par les « sicarios » à la solde des multinationales, et ces crimes sont toujours restés impunis. Le dernier en date a eu lieu moins de quarante-huit heures avant la disparition de Chávez. Dimanche 3 mars le représentant du peuple originaire Yukpa, Sabino Romero, a été assassiné par des hommes de main à la solde de latifundistes.

Sur le versant extérieur, Chávez a pu s’opposer à la politique militaire agressive de l’impérialisme nord-américain, notamment en matière d’interventions militaires directes, comme en Irak en 2003, en Haïti en 2004 ou au cours à l’occasion des différentes offensives sionistes contre les Palestiniens ou le Liban. Cependant, « l’intégration latino-américaine » promise par Chávez n’a jamais été un instrument pour mener une lutte conséquente contre l’impérialisme étasunien et les impérialistes européens et leurs multinationales. Et surtout, alors que nous rentrons dans la troisième année des « printemps arabes », Chávez a été l’un des principaux soutiens des pires dictatures de la région, comme en témoigne sa solidarité sans faille avec Kadhafi ou Al-Assad.

 

Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, à première vue, aujourd’hui, l’impérialisme manifeste aussi son inquiétude. Les analystes les plus lucides savent, en effet, que Chávez disparu, aucun de ses « dauphins » plus ou moins désignés et qui se déchirent déjà pour prendre le contrôle des principaux leviers de pouvoir ne serait à même d’être aussi efficace, en termes de consensus et de canalisation de la colère sociale, que ne l’a été Chávez.

 

La douleur manifestée par la grande majorité des travailleurs, de la jeunesse et des masses du Venezuela est aussi le reflet de la grande souffrance que le peuple vénézuélien endure depuis des décennies et que le chavisme a certes fait reculer sans jamais remettre en cause les bases mêmes de ce système. C’est ce dont témoigne le fait que la répartition de la richesse au niveau national entre capital et travail n’a pas été foncièrement modifiée ou qu’aucun développement économique et industriel sérieux n’a vu le jour depuis la fin des années 1990, Chávez maintenant le caractère fondamentalement rentier de l’économie vénézuélienne qui l’a caractérisé depuis les premières décennies du XX siècle. L’expérience chaviste montre à nouveau combien la bourgeoisie nationale et toutes ses variantes ou expressions est incapable de rompre avec les mécanismes-mêmes qui génèrent cette souffrance : la domination impérialiste et, par conséquent, le caractère semi-colonial de l’Etat capitaliste vénézuélien.

 

En tant qu’internationalistes, le meilleur hommage que nous pouvons rendre aux masses vénézuéliennes, dans ce moment de deuil, c’est de défendre le drapeau du socialisme, la nécessité d’une révolution ouvrière, la seule qui puisse permettre d’en finir avec les problèmes structurels auxquels ont ã faire face les masses vénézuéliennes. C’est en ce sens que le Courant Communiste Révolutionnaire appuie le combat des marxistes révolutionnaires vénézuéliens qui œuvrent à la construction d’une alternative de classe et socialiste au chavisme et au PSUV.

 

Publié à l’origine sur ccr4.org le 06/03/2013

Posté par Michel Peyret

Dilma Rousseff : L’image diffusée en Occident sur le Venezuela est irresponsable

 

17 Août 2017
Source BBC Mundo
 
Il y a près d’un an que la procédure d’impeachment contre la présidente du Brésil Dilma Rousseff, l’a obligée à laisser son poste alors qu’elle était accusée de manipuler illégalement les comptes du gouvernement. Mais ce n’est pas une raison pour qu’elle garde le silence.
 
Au cours d’un entretien avec la BBC, l’ancienne cheffe d’Etat a affirmé que l’image diffusée en Occident sur le Venezuela est irresponsable, que le traitement de la presse internationale sur ce pays est « absurde » et que de cette manière, un grand conflit armé peut se créer dans la région « comme ils l’ont fait en Irak et en Afghanistan ».
 
Depuis que Rousseff a quitté le pouvoir, son mentor politique, l’ancien président Luz Inácio Lula da Silva, a été condamné il y a un mois à 10 ans de prison pour un autre cas de corruption et de blanchiment d’argent. Quelques semaines auparavant, Michel Temer qui a succédé à Roussef à la présidence du Brésil et qu’elle accuse de « traître« , a failli être poursuivi par la Chambre des Députés.
 
Avec ce paysage, l’ancienne présidente a décidé de parler avec la correspondante de la BBC au Brésil, Katy Watson, pas seulement sur la situation politique turbulente chez elle mais aussi sur celle du pays voisin et ancien allié politique : le Venezuela de Nicolás Maduro.
 
L’Occident est irresponsable avec le Venezuela
 
Au milieu de la crise actuelle au Venezuela qui a laissé plus de 100 morts dans les rues au cours des derniers quatre mois de protestation contre le gouvernement, Gleisi Hoffmann, le leader du Parti des Travailleurs (PT) auquel appartiennent Rousseff et Lula, a souligné que le parti soutenait Maduro contre la « violence offensive de la droite ». Lula avait également montré son soutien au gouvernement socialiste auparavant, et Rousseff n’est pas catégorique sur la condamnation du gouvernement du Venezuela, comme l’ont été d’autres leaders de la région ces dernières semaines.
 
« Maduro gouverne au Venezuela dans des circonstances extrêmes. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une manière d’aller de l’avant sans effusion de sang » dit-elle. Elle admet pourtant que Maduro n’a pas la même stature politique qu’Hugo Chávez. « Je crois qu’Hugo Chávez a été un grand leader qui a eu la chance d’être au pouvoir à l’époque où les prix du pétrole étaient à la hausse » a dit Rousseff à la BBC. « Quand les prix ont commencé à descendre, il n’y a pas eu que le Venezuela à le sentir. Et la situation a commencé à devenir très difficile » ajoute l’ex-présidente.
 
A ce propos, Rousseff critique l’image véhiculée en Occident sur le pays, qu’elle qualifie d’ « irresponsable » et considère également que le traitement de la presse internationale « est absurde ». « Ils vont créer, comme ils l’ont fait en Irak et en Afghanistan, ils peuvent créer ici, après 140 années de paix, ils peuvent créer un grand conflit armé » assure-t-elle. Et elle ajoute : « Et il ne s’agit plus de discuter. Car l’opposition n’est pas parfaite non plus ».
 
Vous souvenez-vous de Saddam Hussein ?
 
Et donc on ne peut pas reprocher à Maduro la crise actuelle au Venezuela ? Lui demande la journaliste de la BBC.
 
« Je ne vais pas en vouloir uniquement à Maduro. Ce qu’il y a c’est un conflit » souligne Rousseff. « Vous vous souvenez de ce qu’ils ont fait à Saddam Hussein ? Ils l’ont tué de la manière la plus brutale possible. Quand ils l’ont fait, tous les monstres sont sortis à découvert, on a ouvert une boite de Pandore. D’où est sorti l’Etat Islamique? Il est venu du fait que les Etats-Unis pensaient qu’il y avait une position démocratique là-bas. Et il n’en était pas ainsi » ajoute-t-elle.
 
Le 5 août dernier, le bloc économique des pays sudaméricains, le Mercosur, a suspendu indéfiniment le Venezuela jusqu’à ce que la démocratie soit rétablie dans le pays. Pour Roussef, la communauté internationale, et particulièrement le Brésil, a beaucoup de comptes à rendre.
 
« Le Brésil n’a pas le droit de parler sur la clause démocratique au Mercosur. La situation au Brésil n’est pas la même que celle du Venezuela mais il y a bien eu un coup d’Etat. Au moins, au Venezuela, ils sont arrivés au pouvoir à travers le vote » a souligné Rousseff.
 
Un coup d’état en cours
 
Le 31 août 2016, le Sénat du Brésil a destitué Rousseff de son poste de présidente pour « maniements illégaux des comptes du gouvernement ». Pour Rousseff, cet événement n’a été qu’une des phases d’un processus bien plus long. « Ne croyez pas que ça a commencé et fini le jour où ils m’ont sortie de mon bureau. Ca a commencé le jour où eux (les rivaux politiques) se sont rendus compte qu’ils n’allaient pas arriver au pouvoir par des élections démocratiques. C’est à dire que la démocratie n’était pas viable selon leur point de vue » a-t-elle dit à la BBC.
 
Pour Rousseff, la condamnation de son prédécesseur, l’ex-président Lula da Silva, est un autre mouvement de ce plan de manoeuvres politiques. Au delà de la sentence de 10 ans de prison contre lui, Lula se profile comme candidat du PT et se maintient dans les sondages pour les élections de l’année prochaine. « Le premier chapitre a été un coup d’Etat contre moi. Mais il y a un deuxième chapitre, qui est d’éviter que Lula devienne candidat présidentiel ».
 
Mais n’est-il pas temps que la scène politique du Brésil reçoive du sang neuf ?
 
« Comment savoir si le Brésil a besoin d’un nouveau leader et d’un nouveau changement ? Depuis quand ce qui est « nouveau » est nécessairement « bon » ? Le nouveau, ça pourrait être Hitler. Il n’y a pas de garanties. Pourquoi les gens reconnaissent ce que Lula a fait ? Parce que pendant son gouvernement, on vivait mieux » affirme-t-elle.
 
Sa réponse est claire quand on lui demande si le fait qu’elle soit une femme a influé sur sa destitution: « Vous me demandez s’il y a eu un comportement machiste ou misogyne ? Oui. Cela n’a pas été la raison principale, je ne peux pas dire ça, mais oui, c’est un élément qui s’est lié à tous les autres ».
 

Sondage: 86% des Vénézuéliens rejettent une intervention militaire

 

16 Août 2017

66 pour cent des Vénézuéliens préfèrent que le président Maduro prendre des mesures pour résoudre les problèmes économiques du pays.

66 pour cent des Vénézuéliens préfèrent que le président Maduro prennent des mesures pour résoudre les problèmes économiques du pays. | Photo: AVN 

Le Président des États-Unis, Donald Trump, a dit qu’il n’exclut pas une éventuelle intervention militaire au Venezuela.
 

L’institut de sondage vénézuélien Hinterlaces a mené une enquête dans le pays, révélant que 86 pour cent des citoyens ne sont pas d’accord avec une éventuelle intervention militaire des États-Unis (US) pour renverser le président Nicolás Maduro de son mandat.

 

Une autre question posée par le spécialiste des sondages, a abouti à 71 pour cent des Vénézuéliens est également en désaccord avec les États-Unis appliquer des sanctions économiques et financières contre le Venezuela, pour faire pression sur Maduro.

 

En ce qui concerne les élections présidentielles de l’année prochaine, 67 pour cent des Vénézuéliens préfèrent qu’elles aient lieu, alors que 32 pour cent disent qu’ils sortiraient probablement le président.

 

D’autre part, 84 pour cent des citoyens croient au dialogue entre l’opposition et le gouvernement.

 

Le dernier discours d’Allende…

 

15 Août 2017
 

Plusieurs associations et personnalités françaises écrivent au C.S.A. Pour exiger une information pluraliste et impartiale sur le Venezuela

 

15 Août 2017

Personnellement je signe cet appel, comme je signerai toute initiative qui dénonce ce qui se passe au Venezuela, les menaces que fait peser un Trump sur ce pays. Nous sommes en effet devant un scandale historique comparable à celui connu jadis au Chili. Et ce alors même que les principaux pays d’Amérique du sud ont rejeté la possibilité d’une intervention militaire évoquée par Trump, tout semble fait dans nos médias serviles pour au contraire faciliter cette intervention. Raoul Castro a dit au président du Venezuela qu’ils allaient connaître blocus, vie très dure, mais que le Venezuela ne serait pas seul, il sait de quoi il parle. Nous devons considérer qu’il est de notre devoir de soutenir ce pays, notre propre liberté comme la paix dans le monde en dépendent.

 

(note de Danielle Bleitrach)


 Nicolas Maduro à Quito le 17 octobre 2016

 

Au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel.Mesdames, messieurs,Les organisations et personnalités signataires de ce texte au CSA s’adressent à vous pour exprimer une sollicitation conforme à l’exigence démocratique qui devrait être celle du service public de l’audiovisuel.

 

Au Venezuela la situation politique est extrêmement tendue.

 

Les médias français donnent une version unilatérale des causes de cette situation et des faits qui se déroulent dans le pays conforme à la version de l’opposition d’extrême-droite et de droite vénézuélienne.

 

Or des observateurs dont le sérieux et le souci de la vérité sont reconnus comme Maurice Lemoine et bien d’autres confirment au contraire une version de faits conformes à ce que déclare le pouvoir bolivarien du président légitime et démocratiquement élu Maduro qui a lui-même succédé au président Chavez. Or cette version des faits est totalement ignoré par les médias y compris ceux du service public.

 

C’est pourquoi il nous parait conforme à la justice et à la démocratie que la parole soit donnée à ceux qui représentent la majorité du peuple du Venezuela.

 

Aussi les organisations signataires vous demandent expressément de donner la parole à son Excellence l’ Ambassadeur de la République bolivarienne du Venezuela au JT de 20h sur France 2 et le 13h de France Inter pour qu’il ait la possibilité et le temps d’exposer le point de vue du camp progressiste.

 

L’attitude unilatérale, le refus du débat démocratique des médias y compris de service public sont inquiétants autant pour la conception de l’information qu’elle révèle que pour l’information libre de nos concitoyens.

 

Les organisations signataires et les signataires individuels attendent une réponse rapide et positive de votre part conforme à la mission de votre institution qui est de garantir l’exercice de la liberté de communication audiovisuelle en France.

 

Veuillez recevoir, mesdames, messieurs, l’expression de notre parfaite considération.

 

ASSOCIATIONS : Pour le Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF), son président, Léon Landini, Président de l’Amicale des Anciens Combattants des bataillons FTP-MOI Carmagnole-Liberté de la Région Rhône-Alpes, Officier de la Légion d’Honneur, Médaille de la Résistance, Interné de la Résistance, Grand Mutilé de Guerre suite aux tortures subits au cour de son internement par la Gestapo.


Le Mouvement pour le Socialisme du 21e siècle (MS21)


Les Clubs penser la France (CPF)


Le Comité Internationaliste pour la solidarité de classe (CISC)


Le Front Syndical de Classe (FSC)


Pour le Cercle Henri Barbusse (CHB)  Claude Langlet

 

Auxquels se joignent : MM. Aurélien Bernier

et Christophe Breysacher

 

Chroniques Latines

Retour à l'accueil du blog« Chroniques Latines »

 

Les chroniques Latines de Jean Ortiz portent un regard loin des clichés sur les luttes de libération du continent sud-américains... Toujours un oeil vif sur l'Espagne et les enjeux sous-jacents du quotidien...

 

Toujours un poing levé et une main tendue, Jean Ortiz est un internationaliste assumé.
 
Delcy Rodriguez (au milieu) a été choisie comme présidente de l'Assemblée constituante du Venezuela vendredi 4 août.
Delcy Rodriguez (au milieu) a été choisie comme présidente de l'Assemblée constituante du Venezuela vendredi 4 août.
Juan Barreto, AFP
Jean Ortiz

 

 

Vendredi, 4 Août, 2017 - 23:24

 

Venezuela. « Ensemble ! » s’égare

 

Lorsque le vent souffle en sens contraire, commencer à lâcher un peu, c’est souvent capituler beaucoup. « Ensemble ! » vient de publier ce 4 août un communiqué effarant, à charge quasi totale, contre le président Maduro et son gouvernement bolivarien. 

 

On dirait ce texte repris aux médias « chiens de garde ».

 

Le déséquilibre de ce communiqué ne peut qu’inquiéter. Il ne s’agit même pas d’un renvoi dos-à-dos, mais d’une accusation en règle contre l’une des parties qui serait la principale responsable de la « répression des opposants », des « violences contre les manifestants », etc. Les manifestations de l’opposition donnent lieu aujourd’hui à de véritables émeutes, fomentées par des groupes violents. Les images tournent en rond dans les médias et réseaux sociaux, le plus souvent attribuées aux chavistes, alors qu’il s’agit de « guarimbas », sortes d’insurrections urbaines. La gravité de la crise, les affrontements, créés par la droite et l’extrême-droite, sont mis, essentiellement, sur le dos du Président Maduro. L’élection d’une Constituante, présentée comme une « pseudo-constituante », ne condamne pas l’Etat de droit, et ne fait pas du Venezuela une dictature. La possibilité de convoquer des élections constituantes, qualifiées par « Ensemble ! »  de « farce électorale », de « nouveau coup de force », est inscrite dans l’actuelle Constitution.

 

Cela nous chagrine qu’« Ensemble ! » s’érige en donneuse de leçons au chavisme, même si ce dernier a commis et commet des erreurs. Pas un mot sur le bilan démocratique et social depuis 1999 (les Missions sociales, éducatives, sanitaires, les Communes Socialistes, les Conseils Communaux ...). Certes, la mort de Chavez peut avoir désaxé certains aspects du processus de libération ; mais le projet global reste le même, entravé, saboté par la droite et l’extrême-droite nationales, revanchardes, prêtes à tout pour récupérer quelques privilèges perdus.

 

Quant au « caudillisme » en Amérique latine, c’est une vieille antienne, usée jusqu’à la corde. Le Venezuela n’a pas l’exclusivité du « caudillisme », ni de la rhétorique ultra-gauche.

 

Nous avons mené tant de combats, noué tant d’amitiés, avec les camarades d’ « Ensemble ! » que de voir leur organisation se tirer une balle dans le pied, emboîter le pas aux Etats-Unis et à l’Union Européenne, nous peine profondément. Le Venezuela fait d’abord face à une guerre non déclarée de l’impérialisme nord-américain. Derrière la crise, même si ce n’en est pas la seule cause, la main des Etats-Unis est de plus en plus visible. Ne nous trompons pas d’adversaire, camarades. Ceci dit en toute fraternité. Se tromper de cible principale peut affaiblir notre combat commun en France. « Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, mais beaucoup y ramène » (Jean Jaurès). La solidarité ne saurait être aveugle, certes, mais la conditionner à des contingences nationales, c’est lâcher beaucoup, face à nos adversaires de classe, là-bas comme ici.


 

Commentaire de B.T : « Ensemble ! » illustre parfaitement le glissement vers la droite de la société française. Il es évident que « Ensemble ! » n'est pas seul dans cette dérive. Voilà où conduit immanquablement la perte des repères de classe. Faute de ces repères ont n'en arrive très vite, à se rallier de faite au camp du capital, de l'impérialisme. Pour se retrouver in fine dans les fourgons de L'OTAN. Le communiqué de la direction du PCF dans son renvoi dos à dos n'est pas très loin. Dans tous les cas très loin de la nécessaire solidarité. Reproche amicale à Jean Ortiz et à José Fort. Pourquoi cet ostrasisme à l'égard du PCV qui n'existerait pas ???

 

Le président colombien Santos qualifie le mouvement d’Alvaro Uribe de « néo-nazi » et « néo-fasciste »

 

14 Août 2017
Publié par Venezuela infos 23 avril 2014

Juan Manuel Santos                 

Ce n’est plus un secret pour personne (même si des médias comme Le Monde (France) croient encore pouvoir le cacher à leurs lecteurs) : l’insurrection de l’extrême-droite au Venezuela, déguisée en ¨révolte étudiante¨, est en grande partie soutenue, formée, financée, armée par le paramilitarisme colombien. Certains des assassins professionnels ont été arrêtés au Venezuela en train de diriger les opérations en compagnie de relais vénézuéliens tels que Gabriel Alejandro Reyes, d’ailleurs sous le coup d’un mandat d’arrêt d’Interpol pour… narcotrafic.

 

Le style est facile à reconnaître : campagne de terreur et assassinats sélectifs contre des organisations populaires, attentats contre des services publics, assortie d’une guerre psychologique quotidienne sur les réseaux sociaux.

 

L’ex-rédacteur en chef du Monde Diplomatique Maurice Lemoine rappelle dans sa récente analyse de la désinformation du Monde (1), qu’¨un des leaders ¨étudiants¨ vénézuéliens, Lorent Saleh, (bien qu’il a terminé ses études depuis longtemps !), a assisté, le 6 juillet 2013, à Bogotá, en tant que représentant de l’ « opposition vénézuélienne », à une réunion politique organisée par un mouvement fascisant, l’Alliance nationaliste pour la liberté, en présence de Diego Cubillos, comandante de Troisième force, une organisation néo-nazie opérant dans toute la Colombie (El Espectador, Bogota, 21 juillet 2013). Saleh a déclaré à cette occasion : « Je viens vous dire que nous avons besoin de votre appui et que vous avez le nôtre ».

 

Le leader de l’extrême-droite vénézuélienne Leopoldo Lopez et son principal soutien régional : l’ex-président colombien Uribe. Bogota, décembre 2011.

 

L’ ex-président colombien Álvaro Uribe, impliqué dans le trafic de drogue et dans d’innombrables crimes contre l’humanité, reçoit régulièrement les leaders de la droite dure vénézuélienne (comme Leopoldo Lopez) et n’a jamais caché le but de ces réunions : renverser le gouvernement bolivarien par la violence faute de pouvoir le faire par la voie électorale.

 

C’est dans ce contexte que prennent tout leur poids les déclarations faites à la BBC par le président (conservateur) colombien Juan Manuel Santos à propos des méthodes du réseau Uribe, alors que la campagne présidentielle bat son plein en Colombie.

 

Le mandataire colombien a dénoncé les attaques qu’il subit de la part du ¨Centro Democrático¨, le nouveau parti d’Álvaro Uribe, qui se sont intensifiées durant la campagne pour la réélection présidentielle.

 

Ce Centro Democrático, qui au fond est une extrême-droite, retourne à quelque chose que je n’osais imaginer : des jeunes en chemise noire essayant de saboter mes apparitions durant la campagne. C’est une sorte de néo-nazisme, de néo-fascisme, qui ne provoque que la polarisation et la haine”.

 

Santos a rappelé que lors des dernières élections législatives “Uribe ambitionnait de remporter 40% du Congrès. Il n’a atteint que 12 %. Avec ce résultat il n’ont pas la capacité de bloquer une loi, ni de rejeter une politique. Ils vont donc faire du bruit, et qu’ils en fassent, très bien, c’est leur droit en démocratie. À condition qu’ils le fassent par les voies démocratiques”.

 

Le président a indiqué qu’en plus des actions menées contre lui durant cette campagne pour le scrutin du 25 mai, l’uribisme attaque le processus de paix en cours avec la guérilla des FARC à la Havane, Cuba. “Ils tentent de manipuler de nombreux secteurs avec des mensonges. Avec des rumeurs fausses : par exemple ils disent aux militaires qu’on va les réduire à leur plus simple expression. Aux policiers ils disent qu’on va leur enlever leur pension pour la donner aux guérilleros. Certaines personnes tombent dans le piège de cette guerre sale et cela fait du mal” a expliqué le président Santos.

 

Note :
(1) https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/04/19/lettre-au-mediateur-du-monde-par-maurice-lemoine/
 

Source : http://www.avn.info.ve/contenido/santos-califica-neonazista-y-neofacista-partido-uribe

 

Traduction de l’espagnol : Thierry Deronne

 

URL de cet article : https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/04/23/le-president-colombien-santos-qualifie-le-mouvement-dalvaro-uribe-de-¨neo-nazi¨et-¨neo-fasciste¨/

14 août 2017

Les menaces nord-américaines et celles de leurs relais locaux s'accumulent sur le Venezuela

 

Plus les jours passent, plus les menaces nord-américaines et celles de leurs relais locaux s'accumulent sur le Venezuela dont - faut-il le rappeler - le président a été élu par une majorité d'électeurs, plus je pense qu'il faut tout faire pour éviter le renouvellement de l'expérience chilienne. Jusqu'au bout le président Allende a joué la carte institutionnelle. Jusqu'au bout, il a cru en la bonne foi du chef de armées, le sinistre Pinochet. Jusqu'au bout, il a cru que les Etats-Unis n'interviendraient pas. Jusqu'au bout, il cru que la solidarité internationale se manifesterait pour éviter le putsch. Jusqu'au bout, avec en fin de parcours, le coup d'Etat, la répression, des milliers de morts et de disparus, le pays plongé pendant des décennies dans la terreur fasciste. L'heure n'est pas ( et de quel droit en France?) de regretter des "erreurs" ou des "dérives" du gouvernement Maduro. L'heure est à dire haut et fort "non" à une possible intervention impérialiste, "non" à une oligarchie revancharde et "oui" à la solidarité sans réserve avec les progressistes vénézuéliens qui ont commis le "crime" de s'inscrire dans une autre perspective que la voie de l'exploitation et de l'abandon de la souveraineté nationale.

 

José Fort.

Venezuela : Ohé les conseilleurs en DDDDémocratie

 

Publié le 12 Août 2017

Que dites-vous maintenant ?

" Donald Trump n’exclut pas

l’« option militaire »

au Venezuela "

Venezuela : Ohé les  conseilleurs en DDDDémocratie

 

A moins que la seconde vague de vos argumentations coté rive gauche sera "ils l'ont bien cherché" ou "on les avaient prévenus" et enfin, c'est un remake de l'opération overlord ou  un "A quand Cuba"  pour la rive droite ?

 

Qu'en disent nos Zimpartiaux donneurs de leçons de démocratie et d'avis sur la situation à Caracas ?

 

Déclaration de Trump :

 

« Nous avons de nombreuses options pour le Venezuela, y compris une possible option militaire si nécessaire. », c’est ce qu’a déclaré aux journalistes, depuis son golf du New Jersey, vendredi 11 août, le président américain.

 

« Nous avons des troupes dans le monde entier, qui sont parfois très loin. Le Venezuela n’est pas très éloigné et les gens souffrent et meurent », a fait valoir M. Trump, vendredi, entouré du secrétaire d’Etat Rex Tillerson et de l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Nikki Haley.

 

Appelé à donner des précisions sur cette annonce, le président est resté évasif :


« Nous n’en parlons pas, mais une option militaire est assurément une voie que nous pourrions suivre. »

Jeudi, M. Maduro a dit souhaiter « une conversation » avec son homologue américain. « S’il est autant intéressé par le Venezuela, je suis là, je suis le chef de ce qui l’intéresse », a-t-il lancé lors d’un discours devant la nouvelle et très critiquée Constituante. Rejetée par l’opposition et des pays occidentaux, cette assemblée l’a confirmé à l’unanimité dans ses fonctions de « président constitutionnel de la république bolivarienne du Venezuela ».

 

La maison Blanche a annoncé que M. Maduro a sollicité vendredi un nouvel entretien avec M. Trump.

 

Le Président du Venezuela souhaite que cette discussion ait lieu par téléphone ou qu’elle se fasse à New York à l’occasion de l’assemblée générale des Nations unies, prévue mi-septembre.

 

Trump a dit accepter de parler avec son homologue vénézuélien « dès que la démocratie sera rétablie », a annoncé la Maison Blanche.

 

Que dirait-on si le président du Venezuela se déclarait prêt à rencontrer le président des USA dès que celui ayant obtenu le plus de voix occuperait le bureau ovale ? Trump a dit accepter de parler avec son homologue vénézuélien « dès que la démocratie sera rétablie », a annoncé la Maison Blanche. Le croupier du casino du capital persiste à jouer le gendarme du monde. Un gendarme qui obéi aux ordres de Wallstreet. 

 

Tout en disant souhaiter avoir des relations « normales » avec les Etats-Unis, Maduro a averti Trump que son pays répondrait « avec les armes à la main » à une éventuelle agression. « Le Venezuela ne se rendra jamais (…), devrait savoir l’empire américain », a-t-il résumé.

Alors ? on attend les déclarations.

 

Canaille le rouge n'ose écrire les réactions !



Rédigé par Canaille Lerouge

La droite vénézuélienne : cartographie d’une défaite

 

Par Marco Teruggi

 


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Traduction Jean-Claude Soubiès pour Tlaxcala

 

À cette heure, la droite vénézuélienne devrait, selon ses calculs, se trouver dans un tout autre rapport de forces : elle devrait soit être installée au palais présidentiel de Miraflores, soit en pleine installation d’un gouvernement parallèle accompagné de manifestations de masse et d’une violence civile, voire militaire, accrues. En initiant les violences qui ont fait 130 morts elle avait fait le pari du tout ou rien, du maintenant ou jamais ! Et la voici qui se retrouve à se déchirer sur la voie à suivre pour essayer de survivre et de renaître dans les urnes après ces 100 jours de déchaînement. Ce massacre, étrangement imputé au président Maduro par les médias [1], aurait donc pu être évité : il lui suffisait de rester dans le champ démocratique et dans le calendrier électoral.

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Les plans panoramiques donnent une tout autre image de l’ampleur des manifestations de droite que les plans serrés des télévisions internationales. Ici, une manifestation à Carabobo le 22 juillet, où l’on compte une cinquantaine de manifestants.

 

Qu’est-il arrivé à cette droite ? Ce qui lui arrive d’habitude : une erreur d’analyse. Surestimation de ses propres forces, sous-estimation des chavistes, mauvaise lecture de l’état d’esprit de la population, mauvais calculs des données du champ de bataille à investir… Et dans les batailles si les responsabilités sont collectives, certaines sont plus importantes que d’autres : en particulier celles des généraux – comme nous l’explique si bien Marc Bloch dans son livre « L’étrange défaite ». Car cette défaite, certes tactique dans un contexte de déséquilibre à long terme, est une défaite certaine. Ce qui implique changements, comptes à rendre, débandades et repositionnements.

 

Interrogeons-nous sur les erreurs d’appréciation qui ont conduit à l’échec d’une prise de pouvoir par la violence. Il y a une combinaison de plusieurs éléments. D’abord la sociologie des dirigeants. La direction du mouvement reste aux mains d’une oligarchie de classe moyenne-haute (15 % de la population) avec un imaginaire spécifique : une vraie "bulle politique". Il serait faux de dire qu’elle n’a pas gagné d’espace dans les milieux populaires mais cela reste très marginal. A ce premier constat s’en ajoute un deuxième, qui est déterminant pour comprendre l’échec de la stratégie : une partie des dirigeants, qu’ils soient vénézuéliens ou américains, vivent à l’étranger, et en particulier aux États-Unis.

 

Leurs analyses, résultant de cette distance sociologique et géographique, se sont trouvées confortées par l’effet d’auto-suggestion de leur point fort : les réseaux sociaux. Ils ont considéré que la dynamique qui s’y développait exprimait vraiment l’état d’esprit de la majorité de la population. Ils ont cru dur comme fer que leurs investissements millionnaires sur les comptes Facebook, Instagram, Twitter auraient des résultats palpables, et que la radicalité qui s’y exprimait était bien celle de la majorité de la population.

 

Ils en ont donc conclu que le gouvernement était à deux doigts de tomber, qu’il était dans les cordes, que son assise populaire était des plus réduites, que les masses populaires mécontentes suivraient leurs consignes de faire tomber le "régime", et qu’enfin ils avaient la dynamique suffisante pour se déployer en force transversale à la société. Accessoirement, tout cela n’allait pas être sans incidence sur des factions minoritaires du chavisme qui, au vu de ce qu’ils percevaient comme une ascension irrésistible des masses, optèrent pour retourner leur veste. Exemple, la procureure générale de la Nation, qui s’est affichée très vite dans des meetings de la droite, ou quelques cadres intermédiaires du chavisme ; certains de ces revirements de dernière minute ne se sont pas produits tant en raison de l’apparente force de l’opposition que par calcul politicien, voire pour anticiper des enquêtes sur la corruption et pouvoir jouer internationalement aux victimes de la "dictature". Mais le plus important dans ce plan insurrectionnel était de faire basculer les Forces Armées Nationales Bolivariennes dans le camp du coup d’État : hélas pour la droite, Pinochet n’est toujours pas arrivé au Venezuela !

 

Le plan prévoyait un dénouement au bout de cent jours de violences, avec des moments forts tels que l’élection du président de la « transition » via des primaires de la droite ; ainsi l’avait proclamé Ramos Allup (ce même dirigeant "social-démocrate" d’opposition qui une fois échoué le plan violent s’est rallié à l’idée d’une participation aux élections municipales, régionales et présidentielles de 2018 !). Au milieu de tout ça, l’élection de l’Assemblée Nationale Constituante du 30 juillet dernier, a représenté un succès incontestable où plus de 8 millions d’électeurs se sont exprimés contre la violence et en faveur de la solution démocratique proposée par le chavisme. Malgré le refus de la droite de reconnaître les résultats, l’impact fut indéniable, comme en témoignent les repositionnements et changements de tactique qui s’ensuivirent.

 

Au bout du compte, les résultats du plan de bataille ne furent pas ceux qui étaient prévus : le chavisme n’est pas du tout KO et la leçon qu’il a donnée est historique. Les secteurs populaires ont observé de loin les tentatives des dirigeants de l’opposition et sont restés éloignés de la violence de cette droite qui, malgré ses troupes de choc, ses secteurs paramilitaires et sa base sociale élargie, est restée impuissante à inverser le cours des choses. Prendre le pouvoir par la force était de fait impossible avec de telles données. L’un après l’autre, les principaux dirigeants de la MUD se sont trouvés contraints d’accepter le cadre initialement prévu par les institutions : la participation aux élections régionales, municipales et présidentielles, élections encadrées par un Conseil National Électoral que ces mêmes dirigeants n’avaient cessé de fustiger comme illégal, illégitime et frauduleux ! Même le plus extrémiste des leaders de la droite, Freddy Guevara, du parti Voluntad Popular (Volonté Populaire) a admis que « l’issue était électorale »…

 

Certes, certains d’entre eux résistent et ne se sont pas prononcés : tout cela en raison de disputes internes, d’inhabilitation électorale – c’est le cas de Maria Corina Machado –, de l’expression de la frustration d’une base frustrée (à qui on avait promis un dénouement imminent et qui, après ces 100 jours, doit maintenant avaler la couleuvre d’une « issue électorale »). Au bout de ces mois intenses, la droite a opéré une recomposition en trois tendances qui malgré des positions différentes -par conviction ou pragmatisme- ont des contours assez flous :

 

1 – La première tendance regroupe les partis historiques de droite, tels qu’Accion Democratica, présidé par Ramos Allup ; celui-ci a accompagné la montée de la violence mais en pariant davantage sur une usure rapide du gouvernement que sur une issue brutale, pour capitaliser le mécontentement en nombre de votes et s’assurer de futures victoires électorales.

 

2 – La deuxième tendance est dirigée par des partis comme Voluntad Popular (Volonté Populaire) ou Primero Justicia (Justice d’abord) – dont les dirigeants sont inéligibles pour cause d’appel à l’insurrection contre des institutions légitimes – qui ont travaillé à l’issue par la force, en constituant, finançant et entraînant des troupes de choc, et qui se sont ouvertement liés au réseau paramilitaire de l’ex-président colombien Alvaro Uribe.

 

3 – La troisième tendance s’est autoproclamée Resistencia et s’est développée sous diverses appellations selon les régions du pays. Son discours repose sur un refus de la trahison de ces dirigeants de la droite qui ont accepté d’aller devant les électeurs, sur la nécessité d’une intensification de la confrontation de rue et sur la revendication d’actions violentes – comme par exemple les attaques qui ont eu lieu contre les votants des élections constituantes. Cette tendance se manifeste essentiellement via les réseaux sociaux et nombre de ses membres semblent basés à Miami. Il est encore difficile d’évaluer s’il s’agit d’un processus spontané, ou si Resistencia a été créée pour prendre le relais de la deuxième tendance dans des actions planifiées. Combien sont-ils et qui les dirige ? D’après des sources en provenance de Miami, il s’agit de groupes indépendants sans direction centralisée reconnue.

 

Après cette analyse, on comprend mieux ce qui s’est passé dimanche dernier au fort militaire de Paramacay. Il ne s’agirait plus, comme les attaques menées antérieurement contre des casernes, d’une stratégie d’escalade visant à mettre le pouvoir sur la défensive. Il s’agirait plutôt d’opérations cherchant un fort impact médiatique et international (« il y a une guerre civile au Venezuela, il faut intervenir »), parallèlement à la préparation clandestine de groupes plus radicaux. La paternité de cette opération est à rechercher du côté de la Resistencia évoquée plus haut, liée en sous-main aux partis de la deuxième tendance et au sénateur US d’origine cubaine Marco Rubio. Il est probable que d’autres actions de ce genre, voire plus agressives, soient perpétrées. Il y a des manifestations de désespoir, et cela peut engendrer plus de violence et de radicalisation.

 

Pour compléter le panorama, il faut évoquer les deux autres angles d’attaque de la droite : l’économie et l’international. Pour l’économie, on a vu comment après le 30 juillet une augmentation vertigineuse du dollar parallèle a pu déstabiliser la monnaie nationale. L’objectif visé était d’entraîner une augmentation des prix, de déborder la patience de la population, rendre impossible la vie quotidienne et l’éloigner ainsi définitivement du gouvernement. En ce qui concerne l’International, l’offensive est clairement dirigée depuis les États-Unis, avec l’appui principal de la Colombie et de gouvernements inféodés de la région.

 

La conclusion ? La droite est retombée dans des vieux travers qui ont pourtant montré jusqu’ici leur inefficacité : pousser la population à bout pour récolter le mécontentement dans les urnes ; et en appeler ouvertement à l’intervention états-unienne. Une preuve de faiblesse plutôt que de force.

 

La victoire du 30 juillet a été tactique pour le chavisme. Cette nouvelle situation se produit dans un équilibre très fragile. Elle a eu des effets sur une droite qui s’embourbe à nouveau dans ses analyses erronées des forces en présence et des enjeux pour la bataille qu’elle veut mener. Le chavisme doit pousser son avantage en prenant des mesures urgentes. La principale, avec la justice, relève de l’économie, ce « concentré de politique ». C’est pour l’heure le défi essentiel du processus bolivarien.

 

Tiré du site Tlaxcala
Source originale le blog de Marco Terrugi du 09/08/2017

 

[1Pour une liste des victimes de l’insurrection de la droite, avec secteurs sociaux, responsables et personnes condamnées, voir https://venezuelanalysis.com/analysis/13081 ; sur les assassinats racistes de la droite : Sous les Tropiques, les apprentis de l’Etat Islamique ; et le Venezuela est attaqué parce que pour lui aussi « la vie des Noirs compte » (Truth Out). Sur l’arrestation de membres de forces de l’ordre qui ont désobéi aux ordres en faisant un usage excessif de la force ou ont tué des manifestants, voir Droits de l’Homme au Venezuela : deux poids, deux mesures.

Le Venezuela rejette le pseudo-rapport émis par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme

 

samedi 12 août 2017 


COMMUNIQUÉ

 

Le Venezuela rejette le pseudo-rapport émis par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme

 

La République bolivarienne du Venezuela rejet le pseudo-rapport émis par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme sur la situation des droits de l’homme dans notre pays que—une nouvelle fois—encourt consciemment dans le mensonge, dans des remarques non fondées et tendancieuses, et dans la diffusion des fausses présomptions sur la réalité vénézuélienne.

 

L’instrumentalisation du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme à des fins politiques, pour attaquer le Venezuela, dénaturant les louables objectifs de cette instance, est devenue malheureusement une habitude pénible ces derniers temps. L’utilisation des fausses nouvelles par des médias sans scrupule, sans aucune vérification, et l’utilisation de deux poids et deux mesures concernant les droits de l’homme, expriment encore une fois une position partiale et honteuse qui porte atteinte à la souveraineté du Venezuela et au Droit International.

 

Il est répréhensible que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme insiste ouvertement à tromper la communauté internationale sur les évènements de violence perpétrés par un secteur de l’opposition vénézuélienne depuis avril de cette année, ignorant la documentation abondante, éclairante et fiable que l’Etat vénézuélien a fourni au Haut-Commissariat, dans laquelle est démontré la responsabilité des dirigeants de l’opposition dans l’organisation, promotion et financement des actes violents qui ont jeté un douloureux bilan de plus d’une centaine de morts, des milliers de blessés et d’innombrables dommages et souffrances au peuple vénézuélien.

 

Et il est pire encore que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme n’exprime aucune solidarité avec les victimes de cette stratégie politique violente et criminelle, dont le seul objectif est de renverser le Gouvernement légitime de la République bolivarienne du Venezuela.

 

Il est condamnable éthiquement que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, sur la base d’un rapport incomplet, pas officiellement conclu, fondé sur des opinions recueillies lors des entretiens prétendument faites par un soi-disant « équipe d’experts », affirme l’existence de « violations massives » aux droits de l’homme et présente tels mensonges au monde comme conclusions de l’ONU, compromettant ainsi le bon nom et la bonne réputation de cette organisation et de ses Etats membres.

 

Les fallacieuses conclusions du soi-disant « équipe d’experts de l’ONU », approuvées par le Haut-Commissaire, ont gravement blessé la probité, l’impartialité, l’équité, l’honnêteté et la bonne foi que doit prévaloir dans les actions dudit Commissariat, et représentent un dangereux précédent pour les Nations unies.

 

Ceci se produit à quelques jours de l’installation réussie de la souveraine et légitime Assemblée Nationale Constituante du Venezuela, quand la tranquillité et le calme retournent dans les rues, et quand l’opposition vénézuélienne—suite à l’échec de ce violent attaque—annonce le retour à la voie électorale et constitutionnelle en décidant participer aux élections régionales du 10 décembre prochain.

 

La République Bolivarienne exprime sa méconnaissance absolue de ce document illégal utilisé pour imposer une opinion fondée sur un approche vil et partiel par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, et fera les efforts diplomatiques nécessaires pour dénoncer cette nouvelle agression contre notre peuple et notre pays, depuis une instance qui devrait servir, avec de l’équilibre et de la pondération, à la protection des droits de l’homme dans le monde.

 

La République bolivarienne du Venezuela—actuellement immergée dans un processus constituant populaire—ratifie son engagement avec la paix, la promotion du dialogue entre tous les secteurs du pays, la tolérance politique et le plein respect des droits de l’homme, conditions essentielles pour résoudre les problèmes auxquels nous faisons face

CUBA : l’Herberferon, le 1er médicament contre le cancer de la peau du monde, disponible dans toutes les pharmacies cubaines

 

L’un des aspects les plus remarquables de la drogue est sa capacité à contourner les lésions, en attaquant les cellules cancéreuses au niveau organique. Quelques mois après son développement, Heberferon a apporté des résultats incroyables à plus de 400 patients autour de l’île.

 

Le premier traitement de cancer de la peau au monde, qui cible le carcinome basocellulaire, est apparu dans les pharmacies de Cuba seulement six mois après son entrée sur le marché.

 

Les chercheurs ont présenté leurs résultats lors du premier atelier national de coordonnateurs du Programme national d’extension pour l’utilisation d’Heberferon, une convention de deux jours organisée conjointement avec l’atelier méthodologique de Camaguey Cancer de la peau qui a analysé les progrès réalisés par le traitement innovant.

 

Produit par le Centre pour l’ingénierie génétique et la biotechnologie, le médicament est conçu pour traiter le cancer de la peau aux stades complexes, multiples et avancés et peut effectivement inhiber la croissance des tumeurs tout en réduisant ou éliminant complètement les lésions.

 

Le Dr Priscila Torres, représentante du Programme national des registres du cancer, a déclaré à la convention que 60% des patients atteints de carcinome basocellulaire ont répondu positivement à la drogue et que beaucoup plus pourraient bénéficier de l’utilisation d’Heberferon.

 

Un programme qui veillera à ce que les médecins de soins de santé primaires à travers le pays aient accès au merveilleux médicament, est en cours. Le coordinateur du projet CIGB, Yutdelis Roben a rassuré les participants à la convention.

 

L’un des aspects les plus remarquables de la drogue est sa capacité à contourner les lésions, attaquant les cellules cancéreuses au niveau organique. De plus, depuis l’arrivée d’Heberferon sur le marché, les médecins ont assisté à une baisse des procédures chirurgicales dans des zones très sensibles, en particulier pour les yeux, le nez, la bouche, le cuir chevelu et les oreilles, ainsi que des tumeurs plus grandes.

 

Avec la lumière directe du soleil sur les résidents de l’île tous les jours de l’année, le cancer de la peau est l’un des carcinomes les plus courants affectant la population cubaine avec plus de 10 200 cas signalés. Bien que le taux de mortalité attribuable au cancer ne reflète pas du tout ces chiffres, les cicatrices laissées par les chirurgies apportent leurs propres difficultés aux populations de l’île.

 

Le chercheur du CIGB, le Dr Iraldo Bello qui dirige le projet Heberferon, a déclaré que depuis la très récente disponibilité du médicament, la vie de patients atteints d’une grande variété de cancer de la peau commune s’est considérablement améliorée.

 

Source : Telesur, News, Science and Tech 9.08.2017

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La sale guerre du gouvernement espagnol contre la démocratie vénézuélienne

lundi 7 août 2017 
 

 

En Espagne aussi d’autres voix se font entendre sur le Venezuela...

Jusqu’il y a peu, le problème vénézuélien faisait partie de la politique intérieure du pays. Le show électoral espagnol a influé sur l’ordre du jour de tous les partis politiques de l’éventail aussi bien de droite que de gauche. 

Mais en ce moment, il y a des éléments qui indiquent que le gouvernement espagnol a joué un rôle plus actif dans la guerre sale contre le Venezuela, comme il l’a fait en son temps contre Cuba pour influencer les gouvernements européens.

La politique espagnole est toujours pleine de paradoxes, de simulacres et d’actions excessives. Beaucoup d’entre elles sont mises en scène pour essayer de convaincre les Espagnols qu’en plus d’utiliser leurs fonctions pour s’enrichir, ils font quelque chose qui ressemble à ce que, sous d’autres cieux, on appelle « gérer les affaires publiques et défendre les intérêts du pays. »

Mais quand on analyse, même superficiellement, la politique étrangère concernant le Venezuela, on trouve tellement d’incohérences et de non-sens qu’on ne peut que penser qu’il y a un scénario écrit et/ou dirigé de l’étranger ou, ce qui revient au même, que notre politique étrangère est subordonnée aux intérêts de l’empire états-unien.

Comment expliquer sinon que le ministre des Affaires Etrangères ait validé un plébiscite organisé par l’opposition vénézuélienne, sans aucune garantie et sans le soutien du Conseil National Electoral, à l’issue duquel on a brûlé les bulletins de vote, avec des observateurs qui reconnaissent avoir été payés par les organisateurs, etc… alors que le gouvernement espagnol déclare illégale la consultation organisée en Catalogne ?

Comment expliquer que le gouvernement vénézuélien et son Président étant reconnus comme légitimes par l’Etat espagnol, M. Dastis, ministre des Affaires Etrangères, déclare que « ce n’est pas une démocratie » ? Comment interpréter qu’après une rencontre avec son homologue états-unien, Rex Tillerson, il affirme « qu’il faut continuer à augmenter la pression pour que le Venezuela redevienne une démocratie ? »

Toute personne sensée pourrait se poser une simple question qui l’aiderait à comprendre qu’au Venezuela, se livre l’une des batailles les plus importantes d’une guerre mondiale dirigée par les Etats-Unis et que le gouvernement espagnol n’est rien d’autre qu’un vassal servile au service de la logique impérialiste. Sans doute, il faudrait tout d’abord faire un effort de désintoxication de l’information pour que ce qui est évident ne soit pas neutralisé par la propagande des médias que nous ingérons quotidiennement. Mais en réalité, il suffirait d’appliquer aux médias de masse les mêmes critères et les mêmes soupçons que nous avons quand ils nous donnent des informations sur notre propre pays. Voyons quelles seraient ces questions :

A quoi est dû le fait que la puissance de guerre la plus importante du monde (800 bases militaires dispersées dans le monde entier, le budget militaire le plus élevé de la planète, 200.000 soldats déployés dans 100 pays) déclare, par un décret exécutif, que le Venezuela est une « menace inhabituelle et extraordinaire », un pays qui n’a pas de bases militaires à l’étranger et dont l’armée est à la 52° place au classement mondial ?

Quelles ressources naturelles et morales le Venezuela possède-t-il qui en fassent une menace pour l’Empire et ses alliés ?

Si le Venezuela est une dictature, comment se fait-il que depuis que Chávez a été élu Président (1999), plus de 20 élections aient été organisées, que le Centre états-unien Carter, qui agit en tant qu’observateur des élections, ait reconnu son système électoral comme l’un des plus clairs et transparents du monde, que le gouvernement bolivarien de Nicolás Maduro occupe un poste important dans les principales commissions des Nations Unies où on a besoin d’être élu (le Venezuela a simultanément un mandat dans 7 commissions, y compris la présidence du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU jusqu’en 2018.)

Rien qu’en janvier 2017, on a enregistré au Mexique 1.938 homicides, de mars 2016 à mars 2017, 156 dirigeants sociaux et défenseurs des Droits de l’Homme ont été assassinés en Colombie, d’où vient alors que les médias de masse ne parlent que de la violence au Venezuela et que le ministre des Affaires Etrangères espagnol dise que la situation au Venezuela est insoutenable ?

Si la situation au Venezuela est tellement insoutenable, comment se fait-il que son taux d’émigration soit le plus bas de l’Amérique Latine (0,4% contre 11,8% pour le Mexique par exemple) ? Comment expliquer que son taux de chômage soit de 6% (en Espagne, il est de 20,9%) et, qu’avec Cuba, le Venezuela soit le pays du continent dans lequel il y a le moins d’inégalités (l’Espagne est la pays de l’ OCDE où il y a le plus d’inégalités) et qu’il n’y ait pas de malnutrition (en Espagne, la population en danger de pauvreté est de 28,3%) ? Comment se fait-il que la mortalité infantile soit en-dessous de la moyenne régionale et qu’il n’y ait ni journalistes assassinés ni disparitions forcées ?

Quand nous essayons de répondre à ces 5 questions, la première conclusion est que les attaques actuelles du gouvernement espagnol contre le Venezuela ont d’autres raisons que celles invoquées publiquement et ne proviennent pas de son souci pour la paix ou l’amélioration des conditions de vie du peuple vénézuélien.

Jusqu’il y a peu, le problème vénézuélien faisait partie de la politique intérieure du pays. Le show électoral espagnol a influé sur l’ordre du jour de tous les partis politiques de l’éventail aussi bien de droite que de gauche. Ainsi, une fois consolidée la criminalisation médiatique, le Venezuela a été une arme de jet pour accuser Podemos de populisme, de radicalisme et d’autoritarisme, mais il a été aussi pour eux un obstacle gênant qu’il fallait constamment contourner, pour une raison morale douteuse. La plupart des partis politiques du pays ont pris position, ouvertement ou timidement, activement ou passivement, dans la logique de guerre sale contre le gouvernement bolivarien.

Le double rôle consistant à mener les campagnes électorales tout en étant au service des Etats-Unis et donc en diffusant une image négative du Venezuela a été la ligne dominante de la politique espagnole.

Mais en ce moment, il y a des éléments qui indiquent que le gouvernement espagnol a joué un rôle plus actif dans la guerre sale contre le Venezuela, comme il l’a fait en son temps contre Cuba pour influencer les gouvernements européens. La fréquence des déclarations contre le gouvernement bolivarien a augmenté, le gouvernement a élevé le ton et est devenu le porte-parole des thèses putschistes de l’opposition vénézuélienne. Les médias espagnols ont radicalisé leur campagne empoisonnée et, en général, les uns et les autres reproduisent point par point la propagande états-unienne.

Tout montre que les principaux acteurs politiques espagnols exécutent une commande : créer les conditions pour qu’aussi bien l’opinion publique espagnole que l’opinion publique européenne soient favorables à une intervention armée. Les déclarations du démocrate douteux, l’ex-président Felipe González, affirmant qu’on ne doit pas organiser une Assemblée Nationale Constituante au Venezuela suffisent comme exemple. Un ex-président qui ne peut cacher ses excellentes relations et les intérêts qu’il partage avec l’oligarchie vénézuélienne et qui n’a pas hésité à faire cause commune avec l’ex-président Aznar contre le gouvernement bolivarien.

Dans le cas des Etats-Unis, il est évident que dans l’escalade de guerre actuelle, mettre à genoux le Venezuela est un objectif prioritaire si on envisage l’un des scénarios possibles prévus par les think tanks : un affrontement avec d’autres puissances à capacité militaire équivalente comme la Russie. Pour ce scénario, on présente comme nécessaire de récupérer des zones d’influence et le contrôle de sources d’énergie et d’approvisionnement, à savoir ce qui est considéré par les politiciens états-uniens comme « l’arrière-cour latino-américaine. »

Le Venezuela est une pièce clef dans cette perspective puisque la page officielle de la CIA signalait, en 2015, que le Venezuela était le pays qui avait les plus importantes réserves de pétrole prouvées du monde (18 % du total) et, évidemment, de grandes réserves de gaz, de ressources hydrauliques et de minerais rares.

Il y a un facteur important que nous ne verrons jamais dans les analyses des think tanks, c’est qu’au Venezuela se trouvent aujourd’hui d’importantes ressources morales : la défense de sa souveraineté et de son indépendance politique, l’intégration régionale basée sur des critères de coopération, le soutien aux causes justes comme la Palestine, un projet égalitaire et de justice sociale de caractère socialiste… Nous pourrions dire qu’après la résistance héroïque de Cuba, le flambeau est passé aux mains des Vénézuéliens.

Toutes les données objectives signalent que la guerre sale contre le Venezuela a été mise en marche depuis longtemps, qu’avec le président états-unien B. Obama, on a appuyé sur l’accélérateur et qu’avec Donald Trump se poursuit le plan d’intervention fixé. En avril de cette année, l’amiral états-unien chef du Commandement Sud, Kurt Tidd, a dit devant le Comité des Services Militaires du Sénat des États-Unis que la situation au Venezuela avait empiré et que cela pourrait déclencher une « crise humanitaire qui demande une intervention militaire au niveau régional. ». Ensuite, il a dû préciser qu’il ne parlait pas d’une intervention militaire, mais il n’y a aucun doute que ses paroles donnent un aval à ce que l’opposition appelle Heure Zéro au Venezuela.

La résistance du peuple vénézuélien qui défend sa démocratie malgré la guerre économique, le fait de ne pas avoir réussi à fissurer l’Alliance bolivarienne, les tentatives répétées du gouvernement de Nicolás Maduro pour ouvrir des canaux de dialogue et sa proposition d’Assemblée Nationale Constituante en tant que stratégie pour vaincre pacifiquement l’opposition putschiste ont accéléré la feuille de route de l’intervention qui répond, avec de grandes similitudes avec ce qui a été fait au Chili avant le coup d’Etat de Pinochet, à ces lignes :

- Augmenter le niveau de violence et de provocation aussi bien en s’opposant à l’Assemblée Nationale que grâce à des groupes paramilitaires qui agissent dans la rue.

- Former un gouvernement parallèle légitimé par des organismes internationaux contrôlés par les Etats-Unis et par des pays alliés.

- Obtenir une masse critique avec le plébiscite frauduleux du 16 juillet.

- Entraver et saboter l’administration publique pour faire s’effondrer la prestation de biens et de services.

- Augmenter la pression économique et financière jusqu’à faire éclater définitivement l’économie.

- Organiser des campagnes systématiques de désinformation, de post-vérité et de fake news.

- Préparer des grèves et des débrayages dans les services, le transport et dans le secteur pétrolier.

- Boycotter l’entrée dans le pays d’aliments et de médicaments, paralyser les importations.

- Augmenter la propagande sur les violations des droits de l’homme, la crise humanitaire, etc…

- Créer un gouvernement de transition avec la reconnaissance de l’OEA et de certains gouvernements européens, en particulier du gouvernement espagnol.

Il ne s’agit pas d’une nouvelle forme de guerre sale. Aussi bien la séquence des événements que le type d’actions ont déjà été appliqués souvent dans l’environnement latino-américain : coups d’Etat, interventions militaires, financement de paramilitaires, d’opposants comme de la contre-insurrection, guerre psychologique, coups d’Etat doux, intervention humanitaire… L’isolement, la diabolisation et l’intervention continuent à s’accomplir à différents niveaux de complexité. La différence est que la résistance du peuple vénézuélien oblige l’impérialisme à diversifier ses formes d’intervention et à les rendre plus complexes.

Si, dans le cas des Etats-Unis, les intérêts dissimulés et la raison de la priorité donnée à l’agression contre le Venezuela semblent clairs, qu’est-ce qui fait agir le gouvernement espagnol et se joindre si activement à ce plan de guerre ? Etant donné qu’en ce moment, il n’y a pas d’élections en vue, il faut chercher d’un autre côté.

Après l’entrée de l’Espagne dans l’OTAN en 1982, a été signé l’Accord de Coopération pour la Défense (1988) avec plusieurs ratifications et amendements qui ont débouché sur le Nouvel Ordre du Jour Transatlantique (1995). Le renforcement des relations bilatérales s’est produit à partir de 2001, lors de la signature avec la Secrétaire d’Etat nord-américaine, Madeleine Albright, d’une déclaration conjointe qui représenta un saut qualitatif dans les relations bilatérales, en renforçant notre dépendance envers les Etats-Unis (non seulement au niveau politique mais aussi dans le domaine de la défense et de la sécurité, en matière de coopération économique et financière, scientifique, industrielle, technologique et culturelle).

A partir de la présidence d’Obama et après un petit froid dû au retrait des troupes espagnoles d’Irak, les relations bilatérales avec les Etats-Unis se sont à nouveau renforcées. Il y a eu la rencontre de Rajoy et d’Obama à Washington (janvier 2014), des voyages continuels de divers ministres, le voyage officiel des souverains d’Espagne, la visite du secrétaire d’Etat John Kerry et du secrétaire à la Défense Ashton Carter en Espagne, etc…

Le ministère des Affaires Etrangères lui-même affirme sur son site que les Etats-Unis sont un allié avec lequel « peu de pays dans le monde ont des liens historiques, culturels et linguistiques aussi forts et avec lequel nous partageons les mêmes valeurs démocratiques et intérêts géostratégiques. » N’importe qui sachant lire entre les lignes verra que la relation entre un pays comme l’Espagne, sans ressources naturelles importantes, avec une dette extérieure qui dépasse son PIB, une forte dépendance envers les ressources énergétiques, etc… et les Etats-Unis ne peut être une relation entre égaux mais uniquement une relation de subordination et de dépendance.

Pour les Etats-Unis, en finir avec le gouvernement vénézuélien est une politique d’Etat et fait partie de la guerre mondiale que l’administration états-unienne appelle « défendre les intérêts nord-américains dans n’importe quelle partie du monde. » Un empire, si décadent soit-il, ou au pouvoir si diminué qu’il soit, ne peut rien faire d’autre qu’étendre la guerre pour conserver son hégémonie. D’un autre côté, l’impérialisme n’est que la forme qu’adopte l’expansion capitaliste et, en ce moment, le Venezuela constitue l’un de ses principaux obstacles. Le guerre qui se livre contre le Venezuela est donc une guerre qui nous concerne tous puisque c’est seulement une des parties les plus visibles de la Troisième Guerre mondiale qui est déjà en marche.

Dans le cas du gouvernement et de l’Etat espagnol, sa position active et belliciste en faveur de la feuille de route des Etats-Unis provient de la servilité, de l’incapacité et de la subordination de notre classe politique.

Dans cette guerre contre le peuple vénézuélien et son gouvernement, l’équidistance ne suffit pas, la neutralité ou les bonnes intentions non plus. Il faut seulement démasquer et dénoncer le rôle de l’Espagne et soutenir les efforts héroïques d’un pays pour défendre son indépendance et sa souveraineté, efforts qui, en ce moment, doivent être la bannière qui nous unit tous contre l’impérialisme.

Angeles Diez , Traduit de l’espagnol par Bolivar Infos

Transmis par Linsay

 

 

Angeles Diez est Docteur en Sciences Politiques et en Sociologie, professeur à l’Université Complutense de Madrid, membre du Forum Contre la Guerre impérialiste et l’OTAN, juillet 2017.

Publié par El Diablo

Coup de projecteur sur le VENEZUELA

Coup de projecteur sur le VENEZUELA

Le directeur de la CIA, Michael Richard Pompeo a révélé récemment la tenue d’une série de réunions avec la Colombie et le Mexique pour évaluer les manœuvres qui pourraient être mises en œuvre depuis ces nations pour imposer un changement de gouvernement au Venezuela (1). Depuis des mois des paramilitaires colombiens passent la frontière et font des incursions en territoire vénézuelien pour y commettre des actes terroristes et s'adonner à la contrebande.

 

Barak Obama avait le 9 mars 2015 signé un décret qualifiant le Venezuela de"menace inusuelle et extraordinaire à la sécurité nationale et à la politique extérieure des États-Unis ".

Comme elle le fait dans tous les pays où les États-Unis veulent asseoir leur leadership, la CIA finance l'opposition vénézuelienne sous diverses couvertures : l'USAID, la NED ...qui se définissent comme des organisations non gouvernementales (ONG) humanitaires.

Pourquoi les États-Unis s'acharnent-ils contre le Venezuela ?

-La première raison est économique. Le Venezuela possède les plus importantes réserves mondiales - prouvées - de pétrole et jusqu'alors les États-Unis importaient depuis ce pays 1/3 de leur consommation. Trajet de 4 à 5 jours contre 40 à 45 depuis le Moyen-Orient, ce qui réduit considérablement les coûts de transport. Exxon Mobil veille avec son PDG Rex Tillerson, secrétaire d’État de Trump.

- La deuxième raison est idéologique : depuis 1998 et l'élection de Hugo Chavez, le gouvernement du Venezuela de gauche progressiste est favorable aux classes populaires. Il est proche de Cuba. C'est pour les États-Unis un très mauvais exemple qu'il faut éradiquer....

-La troisième raison est stratégique. Dès son arrivée au pouvoir, Hugo Chavez aentrepris de réactiver l'OPEP ( Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole)afin de faire remonter le prix du baril tombé très bas - en 1998 moins de 10 dollars -. Puis il reprend le projet de Simon Bolivar d'une "Grande Colombie" en mettant sur pied des alliances et des accords d'intégration avec les pays voisins ( UNASUR, CELAC, ALBA, Petrocaribe...) (2) . Il met en échec le projet étatsunien d'un accord de libre-échange ( ALCA ou ZLEA)(3) de l'Alaska à la Terre de Feu et en contre partie il crée l'ALBA, traité de coopération économique équilibré entre le Venezuela, Cuba, la Bolivie, le Nicaragua, l'Équateur, San Vicente et les Grenadines, Antigua-et-Barbuda .

Pourquoi cette haine de l'opposition envers le président Nicolas Maduro ?

C'est une haine de classe : Nicolas Maduro est un homme du peuple. Ancien chauffeur de bus puis leader syndical, il est élu député en 1999 et devient président de l'Assemblée Nationale. Il est ensuite ministre des Affaires étrangères puis vice-président de la République en 2012. A la suite du décès de Hugo Chavez il devient président par intérim puis remporte les élections qui suivent enavril 2013 avec 50,6% des voix. La bourgeoisie de Caracas déteste ce Président pourtant élu démocratiquement et aspire à un changement de régime pour retrouver ses privilèges ; ce qu'elle n'a pas réussi à obtenir du temps de Chavez car celui-ci bénéficiait d'un fort soutien populaire, elle espère bien l'obtenir aujourd'hui d'autant que la chute des cours du pétrole ont obligé le gouvernement Maduro à pratiquer une politique sociale moins généreuse.

N'ayant pas réussi à gagner les élections présidentielles, elle a organisé la pénurie. C'est dans la rue que cette opposition pense arriver à ses fins. Précisons que l'opposition de droite et d'extrême droite se concentre dans quelques quartiers de Caracas - les plus aisées - ( Chacao, Altamira), dans quelques municipalités de droite et dans les zones frontalières avec la Colombie. Le chaos n'a nullement envahi tout le pays. Les appels à la grève générale n'ont pas été suivis.

Pourquoi tant d'informations mensongères dans (presque) tous nos médias ?

On entend à la radio ou à la TV que les manifestations ont provoqué la mort de 120 personnes depuis avril : mais qui sont ces morts ? leur identité ? qui les a tués ? Si les journalistes ne précisent rien, c'est pour inciter les auditeurs à penser que les forces de l'ordre tirent sur des manifestants pacifiques, ces "combattants pour la liberté"! Or la majorité des victimes a été causée par les violences de l'extrême droite et les quelques "bavures" policières (une vingtaine) ont été durement sanctionnées par le pouvoir. Il faut à ce propos, rappeler que les forces de l'ordre au Venezuela ne sont pas équipées d'armes létales.

Entendu sur France-Inter : "Les sbires de Nicolas Maduro ont riposté..." Pourquoi utiliser ce mot "sbires" et non "forces de l'ordre" ou "policiers" ? Tout est fait pour discréditer l'adversaire de classe.

Ainsi Nicolas Maduro voudrait instaurer une dictature ! Comment ? En organisant l'élection au suffrage universel d'une Assemblée Constituante ! En soumettant cette nouvelle constitution à un référendum ! Voilà les méthodes autoritaires de Maduro qui vont conduire à la dictature ! C'est risible ! Maduro n'est pas Pinochet ! Que l'on nous cite des "dictateurs" qui ont organisé autant d'élections et de référendum que Chavez et Maduro !

L'opposition clame qu'elle ne reconnaîtra pas cette Assemblée car le procédé serait illégitime. L'article 347 du Chapitre III de l'actuelle constitution dit : " le peuple du Venezuela est le dépositaire du pouvoir constituant originaire. Il peut convoquer une Assemblée Nationale Constituante avec l'objet de transformer l'État, créer un nouvel ordre judiciaire et rédiger une nouvelle constitution."

Quand on voit l'Union européenne emboîter une fois de plus le pas à la rhétorique de Washington et déclarer qu'elle non plus ne reconnaîtra pas la nouvelle Assemblée venezuelienne, on peut s'interroger une nouvelle fois, sur sa conception de la démocratie et de la souveraineté des États.

Malgré le boycott de l'opposition, malgré les pressions médiatiques, malgré les menaces de toutes sortes, malgré le danger, malgré deux assassinats de personnalités dont celui d'un candidat à son domicile, les citoyens sont allés voter : 8 millions de votants !

Ref : (1) http://reseauinternational.net/venezuela-le-directeur-de-la-cia-admet-quil-travaille-avec-la-colombie-et-le-mexique-pour-renverser-la-revolution-bolivarienne/

(2) UNASUR : Union des nations sud-américaines

CELAC : Communauté d'Etats Latino-Américains et Caraïbes

ALBA : ALliance Bolivarienne pour les peuples de notre Amérique.

Alba signifie aube en espagnol : tout un symbole....

(3) ALCA en espagnol, ZLEA en français : Zone de Libre échange des Amériques

SOURCE:

Coup de projecteur sur le Venezuela

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Vénézuela: la grande manip par José Fort

Vénézuela: la grande manip par José Fort

En France, des révolutionnaires de salon, hier gauchistes purs et durs, aux forces réactionnaires, chacun n'a de cesse d'écrire que le Vénézuela plonge dans la dictature la plus horrible. Sans pour cela exonérer absolument le gouvernement du président Maduro, lui démocratiquement élu, qui est à l'origine de la crise qui secoue le pays et pourquoi? L'impérialisme US, qui, à l'aide de la CIA, fait de l'Amérique latine son pré carré pour obtenir des politiciens à sa botte et accroitre les profits du capitalisme, n'existerait-il donc plus? Et la droite et l'extrême droite vénézuélienne ne seraient que de doux agnelets parés de toutes les vertus démocratiques?

 

Je vous mets en ligne la position de José Fort, prise sur son blog. Pour réfléchir et non pas jeter du feu dans le feu en omettant l'essentiel: la lutte internationale des classes, celle des exploités contre le capitalisme mondial:

 

"Un peu plus de 8 millions de Vénézuéliens ont voté dimanche en faveur d’une Assemblée constituante malgré la violence déclenchée par une opposition puissante disposant de moyens considérables financiers et médiatiques soutenue par le gouvernement des Etats-Unis et la CIA. Un succès pour le mouvement populaire et progressiste vénézuélien.

 

En France et plus généralement en Europe, la tendance médiatique est à l’acharnement contre le pouvoir en place à Caracas en procédant à une manipulation de l’information. Les images des manifestations de la dite « opposition » qui se traduisent généralement par des scènes de guerre sont largement diffusées alors que les rassemblements chavistes sont passés sous silence. On évoque plus de cent morts depuis le début des affrontements en oubliant de préciser que des candidats à la constituante et des militants chavistes ont été assassinés tandis que les forces de l’ordre  ont enregistré nombre de morts et de blessés. Les médias des Bolloré, Drahi, Lagardère et ceux du «  service public » ont choisi leur camp : celui de l’extrême droite vénézuélienne.

 

Ils rejoignent ainsi les pires forces réactionnaires du continent latino américain dans des pays qui osent remettre en cause le verdict des urnes vénézuéliennes alors que ces mêmes pays se distinguent par la corruption, le népotisme et les atteintes aux droits de l’homme. Je veux parler du Mexique, du Pérou, de Panama, de l’Argentine et de la Colombie.

 

Ce n’est pas au Venezuela  que 45 étudiants ont été assassinés sans aucune suite judiciaire, que les fosses communes débordent d’hommes et de femmes martyrisés, que la misère et l’analphabétisme sévit dans tout le pays, mais au Mexique.

 

Ce n’est pas au Venezuela que le rapport 2017 d’Amnesty  relève la multiplication de violences contre les femmes et les populations indigènes, que l’armée et la police s’illustrent par des opérations répressives dans le villages éloignés de la capitale, mais au Pérou.

 

Ce n’est pas au Venezuela que la finance internationale camoufle ses méfaits, mais au Panama.

 

Ce n’est pas au Venezuela que le pouvoir s’attaque aux grands mères des disparus durant la dictature, que la répression s’abat sur le mouvement ouvrier mais en Argentine.

 

Ce n’est pas au Venezuela que des centaines d’opposants politique restent toujours emprisonnés malgré des «  accords de paix », que des militants de gauche sont assassinés mais en Colombie.

 

Le Venezuela n’a pas de leçon à recevoir de ces régimes corrompus et fascisants. Son peuple doit dans la paix enfin retrouvée surmonter lui et lui seul l’épreuve en cours."

 

José Fort

Le blog de José Fort

La pensée mi-figue mi-raisin de la gauche intellectuelle par Romain Mingus

 

10 Août 2017

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Le cyclone médiatique semble s´être éloigné temporairement des côtes vénézuéliennes. Durant les trois semaines précédant l'élection des députés à l´Assemblée constituante, le Venezuela bolivarien a été à la Une de toutes les entreprises de communication internationales. Ce n´est évidemment pas un hasard, il s´agissait de créer un climat favorable dans l´opinion publique pour justifier un changement de régime par la force. Celui ci n´ayant pas eu lieu, et le Peuple vénézuélien ayant donné une légitimité par les urnes à l´Assemblée constituante, en dépit du boycott de l´opposition et des menaces qui pesaient sur les électeurs, le Venezuela disparaît progressivement de nos médias, laissant la place à l´arrivée de Neymar au PSG et à celle d´un bébé panda au zoo de Beauval.

 

Comme les nuages se sont désormais retirés (attention tout de même à la queue du cyclone), nous pouvons désormais constater l´ampleur des dégâts laissé par le typhon médiatique au sein de l´opinion publique, et particulièrement parmi les sympathisants et militants de la transformation sociale. Le temps de rétablir la véracité des faits étant bien plus long que celui d´énoncer des mensonges, il restera toujours un doute et une méfiance dès que l´on recommencera à parler du Venezuela bolivarien. Il convient donc de revenir sur la légitimité de certaines sources d´information.

 

Depuis quatre mois, une opération de déstabilisation antidémocratique était en cours dans le pays caribéen. Elle s´est accélérée dés que le président Maduro, analysant la crise politique dans laquelle était plongé son pays, décida de redéfinir le pacte social qui unit les vénézuéliens en convoquant une Assemblée constituante. L´opposition vénézuélienne, au nom de  la démocratie, décida de boycotter et d´empêcher par tous les moyens la tenue de cet évènement électoral. Les tenants de la droite internationale ont tous manifesté une solidarité inconditionnelle avec leurs semblables vénézuéliens dans leur tentative de renverser le pouvoir. De Rajoy a Santos, de Uribe a Manuel Valls en passant par Peña Nieto et autres, aucun des dirigeants de droite n´a conditionné son soutien à une quelconque critique de cette opposition, pourtant très peu démocratique. En revanche, dans certains secteurs de gauche, nous avons pu assister à des exercices de funambulisme politique voire à des attaques frontales contre la Révolution Bolivarienne au moment où celle-ci est attaquée de toute part.

 

La plupart de ces commentateurs, pour critiquer le processus révolutionnaire vénézuélien, sans pour autant devoir puiser leurs références à l´extrême droite, se sont référés aux analyses produites par les membres de Marea Socialista, organisation issue d´une énième scission des partis trotskystes vénézuéliens (1). Ces derniers, pour dépasser le cadre intime de leur organisation, ont lancé un mouvement autodénominé « Plateforme du peuple en lutte et du chavisme critique ». Grand coup de communication, puisque cela laisse supposer qu´ils détiennent le monopole de la critique. Ce qui est évidemment faux. Il suffit, pour s´en rendre compte, de discuter un instant avec n´importe quel militant ou sympathisant du Parti Socialiste Uni du Venezuela (Psuv), ou des organisations de base de la Révolution bolivarienne.

 

Comme les médias et certains politiciens n´ont cessé de le répéter, ce mouvement compte effectivement 4 des 141 anciens ministres de l´ancien président Chavez (1999-2012). Mais alors, on se demande bien pourquoi la parole de 3% des anciens ministres d´Hugo Chavez pèse plus que celle des 97% restant qui continuent, eux, de soutenir la Révolution (2). Dans ce cas, la légitimité accordée à cette ultraminorité ne semble venir que de leur récente position d´opposant politique. Cette invocation permanente du « chavisme critique » n´est pas le fruit du hasard.

 

Systématiquement relayé par les médias dominants voire par les leaders de l´opposition, l´éclosion médiatique du « chavisme critique » semble faire écho au mémorandum élaboré en 2006 par l´ancien ambassadeur étatsunien William Brownfield et révélé par Wikileaks trois ans plus tard. Dans la missive envoyée au Département d´Etat, l´ancien ambassadeur faisait état du travail de l´ambassade pour tenter de diviser le chavisme (3). Il semble que les efforts souterrains des Etats-Unis aient porté leurs fruits.

 

Le Venezuela n´est pas un cas isolé. Tous les gouvernements progressistes d´Amérique latine ont une opposition dite de gauche. Rejeté majoritairement par les Peuples de leurs pays, le Psol au Brésil (1,55%), les Verts en Bolivie (2,69%), le Front de Gauche en Argentine (3,43%), ou encore l´Unité plurinationale des gauches en Equateur (3,23%) ont un écho médiatique sans commune mesure avec leur manque de représentativité populaire. Et pourtant, des « intellectuels de gauche » jusqu´aux médias dominants, leurs analyses destructrices des processus révolutionnaires sont extrêmement relayées dans les pays occidentaux sans qu´aucun questionnement sur la légitimité de leur point de vue ne soit jamais évoqué. Même si chaque opinion est intéressante pour enrichir le débat, cette question de la légitimité démocratique des sources d´information pose problème (4).

 

Imaginons un seul instant que le New York Times fasse une double page d´interview de Jacques Cheminade pour dresser un bilan critique des débuts d´Emmanuel Macron à la présidence de la République. Ce qui choquerait ne serait pas tant les propos tenus par le politicien français, mais l´exclusion du même media de personnes considérées comme plus légitime car rassemblant
autour d´eux un courant d´idées et une véritable force politique  d´opposition. Au nom de quoi se voit-on imposer les Jacques Cheminade vénézuéliens pour décrypter la situation du pays caribéen?

 

Lors des élections législatives de 2015 au Venezuela, Marea Socialista et le « chavisme critique » ont présenté 67 candidats à l'Assemblée Nationale (5), ces derniers réalisèrent des scores historiquement faible, allant de 0,01% à 0,1% (6). Si 99.9% des vénézuéliens (chavistes ou d´opposition) rejettent les analyses et les propositions des membres du « chavisme critique », pourquoi donc cette vision s´impose dans le débat sur le Venezuela au sein d´une partie de la gauche française ? Estce parce que cette dernière trouve dans ces critiques qu´elle comprend, une façon de se désolidariser d´une révolution qui lui échappe et dont elle ne mesure pas la portée ?

 

Cette pensée mi-figue mi raisin consiste à mettre sur le même pied des positions politiques adverses et inégales. Et pourtant, même cette expression idiomatique typiquement française (« mi figue, mi raisin ») tend à nous faire oublier que la France est un pays de raisin, dont la production est 2000 fois supérieure à la production de figue (7). Tout le monde conviendra que si l´arrêt de la production de figue ne représenterait pas un coup dur à notre économie, celle du raisin, en revanche, détruirait une grande partie de nos campagnes. Il ne viendrait à l´idée de personne de mettre sur un pied d´égalité ces deux productions agricoles. Or, hasard des chiffres, le chavisme compte aussi 2000 fois plus d´électeurs que Marea Socialista et son chavisme critique, et malgré cela la figue molle réussit à se hisser au niveau du raisin.

 

La pensée « mi-figue mi-raisin », si elle s´adapte parfaitement aux schèmes de pensées intellectuels, est impropre à la prise de décision politique où l´on est élu pour trancher entre des différentes options politiques. Elle est de fait, la meilleure alliée de la droite la plus réactionnaire. Car en se cachant derrière l´illusion d´une troisième voie dans un contexte extrêmement bipolarisé, en invoquant la liberté virtuelle du Peuple de rejeter les deux seules options politiques crédibles qui s´offrent á lui, elle participe en réalité à la justification des stratégies antidémocratiques de l l l’opposition vénézuélienne. Cette pensée abonde dans certains secteurs de la gauche d´opposition, éloignés depuis trop longtemps des centres de pouvoir et de prise de décision. Elle est le reflet d´une gauche ONGisée et intellectualisée dont le but n´est pas la prise de pouvoir et le changement social mais la critique permanente des situations présentes. Il n´est donc pas étonnant de retrouver de manière récurrente en France et en Europe, l´argumentation de ,ces acteurs sans responsabilité politique ni légitimité démocratique.

 

La plupart des ONGs en « poste » dans les pays progressistes d´Amérique Latine dont le Venezuela ne sont en fait que les porte voix internationaux des thèses de l´opposition, quand ils n´imposent pas l´agenda politique des pays étrangers ou des groupes économiques qui les financent. Ces organisations séquestrent la parole de catégories sociales, en s´accaparant leur représentation sans aucun contrôle démocratique. Elles donnent ainsi l´illusion de défendre un Peuple ou des segments de la société alors qu´en réalité, elles ne combattent que pour des concepts et des idéaux sans jamais écouter les citoyens ni tenir compte de leurs revendications. Si elles n´ont aucun impact dans les pays sur lesquels elles pondent des rapports, elles sont systématiquement relayées au sein d’une partie de la gauche occidentale, elle-même encore trop refugiée au sein d´associations ou à l´Université.

 

Si la plupart des ONGs s´opposent aux gouvernements progressistes d´Amérique Latine, c´est aussi sous le coup de deux facteurs. En premier lieu, avec la prise de pouvoir de mouvements populistes, un nombre non négligeable de membres de ces organisations ont été cooptés par l´appareil d´Etat, en raison de la promiscuité entre leur lutte et le projet politique légitimé par les urnes. Certains membres décidèrent alors que l´espace ouvert par le pouvoir était le lieu idéal pour faire avancer leurs idées malgré les contradictions politiques existantes et délaissèrent la critique permanente pour la construction politique. Ceux qui restèrent en marge du nouveau moment politique ont levé le voile sur le rôle qu´ils tenaient au sein du vieux système de caste: celui de corps constitués de la contestation, c´est à dire d´un espace de critiques inoffensives qui permet au système capitaliste d´entretenir l´illusion de la démocratie. Si ce genre de structures peuvent avoir un rôle positif lorsque le pouvoir ne favorise qu'une élite, elles sont totalement inadaptées lorsqu´un gouvernement se tourne vers la défense de l´intérêt général.

 

En second lieu, on a tendance à oublier que les documents publiés par certaines ONGs sont le résultat d´un travail élaboré par des personnes ayant eux mêmes leurs propres positions politiques dans la société qu´ils sont censés analyser. Par exemple, à l´époque où Robert Ménard ne représentait pas encore l´aile la plus radicale du Front National (8), et où nombres de médias et de politiques se faisait l´écho des rapports de Reporters Sans Frontières sur le Venezuela, absolument personne ne savait que le correspondant de RSF au Venezuela était un opposant furibond financé par le gouvernement étasunien via la National Endowment for Democracy (NED) (9). Ce genre d´exemple abonde au Venezuela et en Amérique Latine. Et pourtant, une fois passé l´Océan Atlantique, leurs points de vue sont admis avec la plus grande crédulité au nom de la défense de grands idéaux comme la démocratie, les droits de l´homme ou la liberté de la presse (10).


Il ne s´agit évidemment pas d´empêcher qui que se soit de penser ou d´émettre des opinons sur le Venezuela ou sur n´importe quel autre pays, mais de remettre la source de ces informations et de ces critiques à sa juste valeur, en ne sous estimant jamais la capacité des Peuples à juger de leur propre condition, comme ce fut le cas au Venezuela lors du vote du 30 juillet 2017 pour élire les députés à l´Assemblée constituante. Ainsi, lorsque l´on entend que cette Assemblée constituante ou même Nicolas Maduro n´auraient plus de légitimité, comme le clament à l´unisson la droite la plus radicale et un groupe de politiciens déguisés en « intellectuels de gauche» (11), nous sommes en droit de nous demander que représentent, à leurs yeux, les 8.089.320 électeurs chavistes qui se sont déplacés aux urnes pour l´élection des députés à l´Assemblée constituante.

 

L´opposition ayant décidé de boycotter l´élection, le nombre d´électeurs qui ont voté le 30 juillet 2017 l´ont fait pour marquer leur adhésion à la proposition politique du président Maduro.


Cela représente 41,53% des inscrits, soit un nombre plus important que celui qui, en 2000, avait entériné par referendum la précédente constitution (30,17% des inscrits) (12). Y´a t-il une légitimité à deux vitesses ?

 

De nombreux dirigeants de par le monde aimeraient d´ailleurs bénéficier d´un tel soutien populaire et d´une telle légitimité démocratique. Rappelons que les présidents de la Colombie Juan Manuel Santos, de l´Argentine Mauricio Macri, ou du Mexique Enrique Peña Nieto, tous farouches opposants à Nicolas Maduro furent élus avec seulement 24% des inscrits de leur pays. Sans parler de Michel Temer, qui n´a reçu aucun vote populaire pour occuper la présidence du Brésil. Ce n´est pas la cohérence politique qui étouffe les opposants à la révolution bolivarienne.


Pourquoi ceux qui ne reconnaissent pas cette force chaviste ne dénoncent-ils pas alors « l´illégitimité » du président français, Emmanuel Macron, élu avec 43,6% des inscrits, soit un score comparable avec la dernière élection vénézuélienne, et sans boycott du vote de la part de ses opposants. Encore une fois, on imagine mal une série de pays, comme ce fut le cas pour le Venezuela, ne pas reconnaître les résultats de l´élection française, et donc le président en exercice, au vue de la « faible » participation ». Dans ce « deux poids, deux mesures », nous voyons bien qu´il s´agit d´une attaque politique qui ne tient pas compte de la légitimité démocratique que confère le Peuple à ses représentants. Les critiques sur l´illégitimité du gouvernement vénézuélien venant d´une certaine gauche ou d´organisations non gouvernementales nous inquiètent au plus haut point, car elles révèlent avant tout leur rejet de la démocratie et leur incapacité à comprendre les motivations du Peuple dont ils prétendent représenter les intérêts.

 

Les derniers évènements au Venezuela nous forcent à nous questionner sur la place que doivent occuper, dans notre démocratie, les organisations politiques ou certains corps intermédiaires lorsque ceux-ci sont complètement détachés des préoccupations populaires, et ne fonctionnent que par une idéologie totalement éloignée de la réalité sociale. Cela nous interpelle aussi sur le manque de légitimité démocratique de ces organisations lorsque celle-ci prétendent parler au nom de personnes qui, non seulement, ne se sentent pas représentées par ces organisations mais qui, au contraire, légitime le pouvoir que celles-ci prétendent dénoncer. Sur ce point, comme sur beaucoup, d´autre, le Venezuela n´a pas fini de nous inviter à remettre en cause notre propre réalité politique.

 

Notes:
(1) Tous les trotskystes vénézuéliens ne sont pas alignés sur cette tendance. Ainsi Stalin Perez, cofondateur de la C-Cura, puis de Marea Clasista y Socialista, puis de Marea Socialista, a pris ces distances avec ses anciens camarades et a fondé la  Liga Unitaria Chavista Socialista (LUCHAS), mouvement trotskyste critique, mais qui continue de soutenir la Révolution Bolivarienne. On peut d´ailleurs noter que, pour l´arrogance de certains de ses dirigeants, une nouvelle scission est en train de poindre au sein du “chavisme critique”. Affaire à suivre pour ceux qui ont du temps à perdre.


(2) Un nombre très restreint de ces ministres a fait défection dans les premières années du Chavisme rejoignant l´opposition de droite. C´est le cas, de Luis Miquilena, Francisco Uson, Alfredo Peña par exemple.

 

(3) Voir le mémorandum sur https://search.wikileaks.org/plusd/cables/06CARACAS3356_a.html

 

(4) En Argentine, le Front de Gauche (3,43%) a appelé à s´abstenir au deuxième tour favorisant la victoire de Mauricio Macri d´à peine 2.68%. Les conséquences néfastes du retour à l´ère néolibéral décidé par ce dernier sont catastrophiques pour le peuple Argentin.

 

(5) Voir la liste des candidats sur https://www.aporrea.org/poderpopular/a217218.html

 

(6) Voir les résultats des élections sur http://www.cne.gob.ve

 

(7) 3000 tonnes de figues produites en 2016 contre 6.247.000 tonnes de raisins. Voir http://ec.europa.eu/eurostat/fr/home

 

(8) Selon les mots de Louis Alliot, député et vice président du Front National, voir http://lelab.europe1.fr/Pour-Louis-Aliot-vicepresident-du-FN-Robert-Menard-s-entoure-de-gens-beaucoupplus-radicaux-que-ne-le-sera-jamais-le-FN-14422

 

(9) Personne sauf peut être Robert Ménard mais ce n´est pas le sujet.

 

(10) Point de vue admis aussi dans des organisations internationales. Ainsi l´ONU vient d´emmètre un communiqué assez négatif sur la situation au Venezuela. Cependant, l´ONU n´a envoyé aucun enquêteurs sur place et, de leur propre aveu, ils se sont basés sur les témoignages des ONGs et de celui de l´ancienne procureur de la République, opposante politique de Nicolas Maduro.

 

(11) Voir « L´appel international à stopper l´escalade de violence au Venezuela », appel disponible sur le portail d´information de la droite vénézuélienne la plus radicale, LaPatilla.com. Coïncidence? Voir : 

https://www.lapatilla.com/site/2017/06/06/intelectuales-deizquierda-de-todo-el-mundo-firmaron-solicitud-contra-laviolencia-en-venezuela/

 

(12) 30,17% des inscrits avaient voté en faveur de la nouvelleConstitution, 11,86% s´y était opposé

Venezuela l'impérialisme US dans ses œuvres au cœur de ce qu'il considère être sa basse-cour.

 

Salut à tous, salut Jean

 

Assez d’accord avec Jean.

 

La position du KKE (Parti Communiste de Grèce) met très justement l’accent sur la lutte contre l’opportunisme dans le mouvement communiste : «étapisme», «socialisme du XXIième siècle», etc.

 

Il pose qu’aujourd’hui quasi tous les états sont  capitalistes et donc reliés dans la «pyramide impérialiste», certain ayant des positions plus fortes que d’autres dans cette pyramide (développement inégal). Dés lors le prolétariat doit se battre partout sous le drapeau de la révolution socialiste.

 

Le KKE est capable de nuancer sa position jusqu’à un certain point : il «comprend» la position du Parti Communiste Syrien qui se bat aux côtés de Assad contre l’impérialisme, il est «solidaire» du Parti Communiste Vénézuélien qui appuie, en toute indépendance, la révolution anti-impérialiste bolivarienne, etc.

 

Cependant il ne fait aucune différence entre le PSUV (Chavez, Maduro) et Syriza (Tsipras).

 

C’est essentiellement juste. Mais en pratique, contrairement à la Grèce ou Syriza (majoritairement) n’a jamais vraiment voulu organiser et conduire le prolétariat contre les diktats de l’UE, il me paraît difficile de nier l’évidence : que le Vénézuela sous Chavez puis Maduro est engagé dans un processus révolutionnaire anti-impérialiste.

 

Bien à vous

 

PS  Références des textes (en Espagnol) du KKE que j’ai cité /

- Message de solidarité à l’occasion du XVième Congrès du Parti Communiste Vénézuéla. (18.07.2017) 

http://inter.kke.gr/es/articles/Mensaje-de-Solidaridad-Internacionalista-al-XV-congreso-del-PCV/

 

- Commentaire de la Section des Relations Internationales du KKE concernant le délire et les mensonges du groupe de Carmelo Suarez (notes perso : Parti Communiste des Peuples d’Espagne (PCPE) fraction dite majoritaire.) (18.07.2017)

 

Comentario de la Sección de Relaciones Internacionales del KKE respecto al delirio y las mentiras del grupo de Carmelo Suárez

 

Le 11 août 2017 à 20:46, Patrice <Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.> a écrit :

 

Il faut pour notre propre gouverne ne pas confondre la révolution prolétarienne et la révolution anti impérialiste. Toutes les deux s’opposent à l’impérialisme mais il ne s’agit pas de révolutions identiques parce que ce ne sont pas nécessairement les mêmes classes qui les dirigent. Il existe entre ces deux révolutions un rapport d’identité et de lutte lié aux contradictions de classes.

 

Les étiquettes « socialistes » que se collent les gouvernements bourgeois anti impérialistes ne doivent pas nous abuser et on n’est pas obligés de reprendre sans esprit critique leur sémantique.

 

C’est à nous de mettre en avant notre façon de voir les choses, et de les appeler par leur nom en utilisant le matérialisme dialectique.

Amitiés

Jean


De :Alain

Nous n’avons pas à faire la fine bouche et devons défendre le peuple vénézuélien contre l’impérialisme US et la réaction intérieure.

Cependant il ne faudrait pas se laisser aller jusqu’à en justifier voire en promouvoir la ligne du Socialisme dit du XXIième siècle (voir texte très pertinent de Gilbert).

Le KKE (Parti Communiste de Grèce) écrit : « La classe dirigeante dans notre pays utilise les événements au Venezuela et en général en Amérique latine pour créer la confusion et désorienter, pour obscurcir la perspective socialiste. Cependant, ce qui est en crise n'est pas le socialisme ou le marxisme-léninisme, mais le capitalisme et les positions sans issues du « socialisme du XXIe siècle », qui fonctionnent sous le système d’exploitation.» 

 

Et plus loin, égratignant au passage le PCPE (Parti Communiste des Peuples d’Espagne (fraction dite majoritaire)) de Carmelo Suarez : « La position du groupe Carmelo Suárez sur « le processus révolutionnaire » au Venezuela n'a rien à voir avec la réalité dans ce pays où le pouvoir est entre les mains de la bourgeoisie et où la classe ouvrière connaît une intense exploitation par les capitalistes, son système d'exploitation et sa politique de gestion.

 

En fait (et cela est très dangereux) cette attitude incrimine le concept de révolution et attribue les problèmes du capitalisme et la crise capitaliste à un « processus révolutionnaire » inexistant et il est donc très important de préciser que les problèmes de la classe ouvrière au Venezuela, et ailleurs en Amérique latine, ne vient pas de la « révolution » et du « socialisme », mais du capitalisme qui engendre le chômage et la pauvreté.

 

Ou sinon on encourage des illusions dangereuses et on débilite la lutte pour le socialisme, pour l'abolition de l'exploitation de l'homme par l’homme.»

Venezuela - Congrès du PCV : " Il y a une autre voie : la révolution " - Solidarité Internationale PCF 

 

Bien à vous.

Le 11 août 2017 à 00:17, Patrice a écrit :

Merci Gilbert pour cette réaction,

 

Quant à juger le gouvernement vénézuélien, évidemment les critiques doivent faire la part de l’essentiel, la subversion, celle des reliquats féodaux, de l’impérialisme US et de ses alliés.

 

Je profite de l’occasion pour rappeler un texte fondamental, (qui se référait aux conclusions communes des partis communistes lors de la conférence de Moscou), avant la dérive et la scission khrouchtchéviennes : la lettre en 25 points et sa partie concernant la révolution dans les pays colonisés ou anciennement colonisés.

 

« Les révolutions nationales et démocratiques de ces régions constituent une partie intégrante importante de la révolution mondiale prolétarienne de notre époque.

[…]

L'histoire a confié aux partis prolétariens de ces régions la glorieuse mission de porter haut le drapeau anti-impérialiste, anticolonialiste et anti-néo-colonialiste, le drapeau de l'indépendance nationale et de la démocratie populaire, d'être aux premiers rangs du mouvement révolutionnaire national et démocratique, et de lutter pour l'avenir du socialisme. Dans ces régions, des couches extrêmement larges de la population refusent l'esclavage impérialiste. Elles englobent non seulement des ouvriers, des paysans, des intellectuels et des éléments petit-bourgeois, mais aussi la bourgeoisie nationale patriote, et même certains rois, princes et aristocrates patriotes. »

[…]

« Dans certains pays nouvellement indépendants, la bourgeoisie nationale patriote demeure aux côtés du peuple dans la lutte contre l'impérialisme et le colonialisme et elle introduit certaines mesures favorables au progrès social. Le parti du prolétariat doit alors prendre pleinement en considération le rôle progressiste de la bourgeoisie nationale patriote et renforcer l'union avec elle.

 

Dans d'autres pays nouvellement indépendants, à mesure que s'aggravent les contradictions sociales à l'intérieur du pays et que s'intensifie la lutte de classe sur le plan international, la bourgeoisie, et surtout la grande bourgeoisie, s'appuie de plus en plus sur l'impérialisme et poursuit une politique antipopulaire, anticommuniste et contre-révolutionnaire. Là, le parti du prolétariat doit combattre fermement cette politique réactionnaire.

 

Généralement, la bourgeoisie de ces pays a un double caractère. Lorsque le parti du prolétariat forme un front uni avec la bourgeoisie, il doit adopter une politique et d'union et de lutte : politique d'union vis-à-vis de la tendance progressiste anti-impérialiste et antiféodale de la bourgeoisie, et politique de lutte vis-à-vis de sa tendance réactionnaire au compromis et à la collusion avec l'impérialisme et les forces féodales. »

 

Ce texte du début des années 60, qui n’a pas pris beaucoup de rides en dépit des profondes transformations du monde, permet de comprendre de nombreux revirements, en même temps que le caractère révolutionnaire mais spécifique à ces pays de leurs classes dirigeantes.

 

Trop souvent, la « culture » politique s’étant limitée à « gauche » et « droite », nous avons laissé la gauche « radicale » faire de l’Alba l’alpha et l’oméga de la révolution prolétarienne … pour éreinter maintenant la gouvernement vénézuélien.

 

A l’inverse d’autre groupes ont fait de l’alliance avec la bourgeoisie « nationale » le but ultime de notre action, ignorant ou feignant d’ignorer la nature impérialiste de toutes les composantes de la bourgeoisie dans notre pays.

 

Fraternellement,

 

Jean


De :Gilbert

Bonjour,

 

Je n'était pas dupe de l'expression socialisme du XXIè siècle et de la réalité de son contenu convenu. Cette construction de circonstance qui ressemble a un mot valise prétendait redonner du contenu au vocable socialisme en lui adjoignant une qualité temporelle rythmant contemporanéité avec modernité. Cette mascarade sémantique pour habiller une réorientation sociale démocrate du paradigme révolutionnaire n'a jamais eu sur moi le début d'une influence. Le socialisme a une valeur universelle que le nombre des années n'entame pas et je ne cède pas au sens du tragique, ni de la tragédie en l'affirmant d'une parole emprunté a la dramaturgie cornélienne. Le mot socialisme ne peut trouver sa substance dans une logique calendaire ! Seuls les rapport sociaux lui apportent son contenu et sa validité. Il ne peut pas être l'effet d'une affirmation péremptoire éditoriale où d'une motion de congrès, de sa reprise dans un programme électoral. Le socialisme est une réalisation concrète qui se construit dans le conflit et la lutte de classe engageant un processus d'appropriation des moyens de production ce qui a priori n'était pas le cas du Venezuela.

 

La formule ainsi crée évitait d'aller plus loin dans l'exigence d'une réappropriation théorique du concept et de son évaluation historique critique. Elle évitait surtout de s'affronter à l'histoire et à la manière dont elle venait d'être réinvestie par l'idéologie bourgeoise pour en adapter le cours aux besoins de sa bataille politique actuelle, visant une neutralisation des formes qui l'exprimaient, voir si possible leur effacement.

 

Ce qui se passait et se poursuit au Vénuézéla a certes à voir avec la lutte des classes, en particulier d'un point de vu national avec l'affrontement d'un peuple cherchant les voies de l'émancipation, en s'opposant a la main mise de l'impérialisme sur ses richesses et ses institutions politiques. Pour autant il restait encore éloigné de ce que nous connaissons sous le mot socialisme. Ce fait objectif n'est cependant pas une raison pour rester insensible à la volonté politique qu'exprime le Chavisme. Nous ne pouvons d'avantage l'être devant les tentatives de déstabilisation qu'entreprennent les forces conjuguées de la droite vénézuélienne inféodée aux monopoles multinationaux et à celles de l'impérialisme américain qui n'ont jamais accepté la légalité populaire et les réformes sans précédents réalisées par la révolution bolivarienne.

 

Ces dernières redoublent depuis l'arrivée de Maduro au pouvoir et sa perte de majorité au parlement jusqu’à devenir une entreprise de subversion généralisée, téléguidée depuis l’extérieur comme de plus en plus de voix commencent à le dire. La dernière est celle du député LR Goasguen qui vient de déclaré au Figaro que se trouvait derrière les difficultés du Vénézuela la main de la CIA. Si cet agitateur professionnel de la droite la plus dur de notre pays en voit la preuve, c'est que la ficelle est visible à l’œil nu pour tout observateur un peu averti qui se penchant sur la question avec un peu d'expérience politique. Et bien non l'ensemble de la presse se déchaîne depuis le début des vacances contre ce qu'elle considère une nouvelle dictature qui s'acharne contre son peuple, le muselle et le réprime durement, comme aux pires heures de notre histoire !

 

Cette campagne qui ne nous épargne rien, est soutenu par les croisés habituels de la lutte pour les droits de l'homme, les Gluskman (dans la famille nous avons maintenant le fils), l'incontournable Fourest, le non moins incontournable Berger, le secrétaire de la CFDT qui ne semble par trop inquiet des mauvais coups que prépare Macron contre le droit du travail, et même « Ensemble » qui une fois de plus manifeste son attachement aux valeurs Atlantistes et européennes puisqu'ils en ont pris l'habitude avec l'Ukraine, et la Syrie . Ce serait a en rire, si la question n'était si grave.

 

Grave en effet elle l'est, car ce qui se passe autour et à propos du Vénézuela ressemble un peu trop à la campagne de dénigrement et de déstabilisation qui a précédé le coup d’état au Chili, ainsi que nous le rappelle Joan Garcés, ancien conseiller du président Salvador Allende, dans un interview donné a la chaîne latino américaine Télésur soulignant : « le parallèle existant entre la situation que traverse le Venezuela sous la révolution bolivarienne et le contexte de guerre de déstabilisation qui précéda le coup d’état du général Pinochet qui eu lieu le 11 septembre 1973 au Chili, avec le soutien de la CIA. » Or comme le souligne un article du  Grand Soir publié le 10 août « Malgré la fin de la guerre froide il y a près de 30 ans, jamais les Etats-Unis n’ont renoncé à renverser tout gouvernement progressiste ou socialiste d’Amérique Latine. Coup d’Etat, assassinats, déstabilisations, financement d’une opposition armée, attentats, tout moyen est bon pour obtenir la fin d’un dirigeant ayant choisi de placer les intérêts de son peuple avant ceux de la finance internationale. Déjà en 2002 l’opposition avait tenté un coup d’Etat militaire, mettant en prison le Président de l’époque Hugo Chavez. C’était sans compter sur la vigilance du peuple vénézuélien qui était parvenu à faire libérer Hugo Chavez en manifestant par millions dans les rues du pays. »

 

Quoi qu'on en dise et malgré leurs erreurs les dirigeants vénézuéliens ont su ne pas tomber dans le piège de la violence et de ses spirales destructrice, ils ont a choisi de remettre leur destin entre les main du seul décisionnaire du pays le peuple et c'est bien ce qui met en rage la réaction internationale.

 

Certains diront que la Révolution n’est pas allé assez vite, ni assez loin. L'on peut toujours vouloir que les choses aillent plus loin on peut aussi se donner le rôle du cœur pure et condamner au nom de l'idéal, on peut en tirer argument pour ne rien faire et laisser faire. Mais alors il faut bien mesurer les conséquences de ces exigences, la porté de ce non interventionnisme, se rappeler Blum ses discours, ses envolée lyriques avant trente six puis et la réalité de ses actions une fois au pouvoir faisant un paillasson de la radicalité des mots d'hier pour se coucher devant les pressions du voisin anglais devenu le partenaire du jour. L’Espagne républicaine n'était pas plus révolutionnaire que le Vénézuela chaviste et pourtant la classe ouvrière mondiale n'hésita pas de former des brigades internationales pressentant les suites du coup d'état franquiste, les menaces pour la paix et le progrès dans le monde !

 

Pour l’heure, nous sommes face a des menaces putschistes de l’extrême-droite vénézuélienne et a des déclaration de Trump ou de son administration qui ne laisse aucune ambiguïté sur leurs intentions. Elles rappellent les pires heures de l’Amérique latine, celle de la dictature militaire argentine, ou celle de Pinochet . Toutes avaient ces sinistres prolégomènes. La listes n'est pas difficile a dressé, l'économie est bloquée, le gouvernement est incapable de lui donner les moyens de fonctionner ( rappelons que 80 % de l'économie , comme la totalité de la presse sont dans les mains du privé, l'information est contrôlé les libertés menacés, la corruption galopante, les magasins ne sont plus alimenté, c'est la pénurie, le panier de la ménagère ne peut se remplir, l'insécurité règne, la propriété est menacé bref tous ces pantin de la CIA son prêt a entrer en action comme lorsqu'ils avait renversé le gouvernement socialiste, démocratiquement élu, de Salvador Allende.

 

Loin de faire les fine bouche comme viennent de le faire Clémentine Autin ou le Hyaric avec leur ni ni, ou de faire chorus avec les habituels pantins droit de l'hommistes, soutient indéfectible de toutes les campagnes lancées par l'impérialisme avant ses interventions militaires, les progressistes doivent au contraire affirmer leur solidarité envers le processus révolutionnaire bolivarien et s'opposer par tous leur moyens aux campagnes de haine et d'intoxication ourdies par ce dernier contre le peuple vénézuélien.

 

Godard dont je suis en train de lire la volumineuse biographie que lui a consacré Antoine de Baecque, disait au sujet des bombardements sur le Vietnam par L'US air force : «  ça me paraît difficile de parler des bombe alors qu'on ne les reçoit pas tête » par ailleurs il reconnaissait une difficulté de adressé au masse conscient d'appartenir a une élite cultivé qui en était coupé mais il avait aussi cette lucidité qui lui permettait de dire «  Nous ne nous connaissons pas avec l'ouvrier de la Rodhiaceta. Moi je suis dans une prison culturel,lui dans une prison économique » Pour mémoire l'usine Rodhiaceta de Besançon avait connu une grève dure et victorieuse qui avait fait l'objet d'une expérience de cinéma avec Chris Marker en liaison avec l'ouvrier de la CGT Paul Cèbe a laquelle Godard avait participé , qui aboutissait a la réalisation d'un film «  A bientôt j'espère » qui sera diffusé a la télévision et sortira en salle suivi très souvent de débat passionnés sur la création et l'engagement social et politique. Si Godard manifestait par là une forme de culpabilité du cinéaste, une sorte de haine de soi de l'intellectuel de gauche coupé du peuple au travail il recherchait en même temps quels moyens pour la conjuré, c'est ce qu'il mis en œuvre en partant de lui même et de ses capacité pour se mettre au service de cette cause a partir du mot d'ordre guévariste créer un deux trois Vietnam en l'adaptant par l'aphorisme créer un Vietnam en nous , ce qui le conduisait ensuite a faire un lien entre le soutient a la cause vietnamienne et les combats politique qu'il pouvait mener par l'intermédiaire du cinéma. «  Créer un Vietnam en nous, disait-il alors, c'est en France soutenir la Rodhiaceta ou Saint-Nazaire. Ce qui peut nous lier l'ouvrier de la Rodhiaceta et moi, c'est le Vietnam : je crois à la vertu incoercible du cri. Nous devons crier plus fort. » Godard réinventant la solidarité internationaliste venait de fabriquer selon le principe des métaphores cinématographique auquel il est habité une image militante , il faisait du Vietnam la métaphore du combat contre l'inégalité.

 

La campagne électorale, ses résultats leurs conséquences nous navrent. Nous sentons le poids de la défaite que les forces de progrès viennent de subir. Nous ne savons pas comment relever le grand corps battu de notre parti parce que nous ne savons plus comment en trouver les forces, ne sachant plus où les trouver tant nous semble prononcé la coupure entre lui et les classes populaires. Celle-ci s'éloignent chaque fois un peu plus dans le vote protestataire ou l'abstention. Il nous manque la conscience de classe, la conscience que tout cela participe d'un mouvement plus vaste et plus général a quoi les luttes anti-impérialistes et leur soutient étaient interdépendantes. Surtout nous avons perdu la conscience que l'exemplarité pouvait devenir notre ciment, qu'un peuple en lutte contre "le grand tigre en papier" féroce en apparence fragile en réalité pouvait redonner foi dans notre force a tous, que se battre ici c'est aussi se battre la bas et réciproquement. Le Venezuela mais aussi la Corée, l'Ukraine, la Syrie sont tout autant nos luttes que celles des peuples de ces pays. Ne devons nous pas nous apercevoir que cette conjoncture est en passe de réaliser le vœux de Guevara. Par contre si l'un de ces pays venait a subir la défaite et le fer de la réaction internationale ce serait tout autant la notre et pour longtemps . Ils ont la force militaire, il ont celle des médias et des puissance d'argent mais nous pouvons leur résister en nous unissant selon la logique décrite par Godard. En attendant qui peu le moins peut le mieux. Nous le pouvons en se tenant informer et en faisant circuler l'information pour contrer la machine a décerveler l'opinion car nous le comprenons toutes ces guerres nous ont appris une chose, c'est que  la première la plus importante d'entre elle est celle de l'opinion. J'ai donc collectionné a droite et a gauche tout une série d'articles et de communiqués de soutiens que je vais vous faire parvenir au fin de rompre le mur médiatique qui cherche a nous enfermer pour nous immobiliser. Le nombre obtenu me met dans l'obligation de faire plusieurs envoies

 

Dans celui ci vous trouverez :

 

Nous sommes tous Bolivarien, Francis Arzalier

Vénézuela la grande manip,  José Fort

Tous bolivariens ! Jean ortiz

Vénézuéla "ensemble" s'égare

Coup d'état contre Chavez : la révolution ne sera pas télévisée

Révolution bolivarienne de B à M

Message de soutien de l'Akel

Position du PCV

L'analyse de Maurice Lemoine

Vénézuela le peuple a voté oui a la paix

 

Gilbert Rémond


NOUS SOMMES TOUS BOLIVARIENS (par Francis Arzalier)

Vu sur le blog CanempechepasNicolas

 

Révolutions et contre-révolutions en Amérique latine

 

Il y a 15 ans, la plupart des anticapitalistes de France et d'Europe, désolés de la dégénérescence des partis communistes et de Gauche dans leurs pays, ne pouvaient que se réjouir de l'exception latino-américaine: un peu partout sur ce continent, que semblait avoir épargné la contre-révolution ultra-libérale déferlant sur le monde du XXIème siècle, naissaient des régimes anti-impérialistes au service des plus pauvres, du Venezuela de Chavez au Brésil de Lula, de l’Équateur à la Bolivie, etc.

 

 

Toutes ces expériences anti-capitalistes semblaient en plus capables d'éviter les erreurs répressives du "socialisme réel" défunt, marier la démocratie sociale et le suffrage universel.

 

 

Certains camarades s'enflammèrent même au point de prôner la création d'une Cinquième Internationale régénérée, dont le centre eut été Caracas, et nous étions quelques uns au risque de passer pour timorés, à dire l'illusion d'un "nouveau modèle" de socialisme, alors que celle cultivée au XXème siècle à l'égard de l'URSS a coûté si cher aux partis communistes.

 

 

Car cet engouement sans réserves oubliait que ces expériences latino-américaines, si positives qu'elles soient pour les pays concernés (éradication de la pauvreté prolétarienne, développement sanitaire et culturel, etc ) reposait presque exclusivement sur la redistribution, enfin, des bénéfices engrangés par l'état grâce à la flambée des prix du pétrole et des matières premières, lié au contexte mondial (forte demande de la Chine, etc...).

 

 

Car, même si les succès électoraux répétés le cachaient, des aspects négatifs persistaient: personnalisation du pouvoir, corruption parfois, et surtout, incapacité politique d'aller vers la diversification des ressources de l'état, et vers l'autosuffisance alimentaire et industrielle de la nation.

 

À partir de 2010, ces difficultés sont devenues dramatiques, du fait de l'effondrement des prix du pétrole et des matières premières, dû d'abord et avant tout a la volonté de l'impérialisme des USA et de leurs alliés qui contrôlent les marchés mondiaux. C'était pour EUX le moyen de détruire les régimes d'inspiration socialiste d'Amérique, Venezuela, puis Cuba.

 

 

Cela ne pouvait manquer de déstabiliser l'économie à Caracas, à Rio, et ailleurs, d'y provoquer des pénuries quotidiennes, avec l'aide d'une bourgeoisie locale restée très influente, grâce à ses relais bien placés dans les médias, dans les entreprises, le personnel politicien, les Universités, etc. Cette offensive de l'impérialisme et des bourgeoisies locales a réussi à basculer les régimes "de gauche" au Brésil et en Argentine. Il est presque miraculeux que cette opération de retour au Capitalisme ultra-libéral n'ait pas pour l'instant réussi au Venezuela, alors que l'opposition au régime "bolivarien" à tout essayé, de l'insurrection militaire aux émeutes de rue, en passant par l'escroquerie "démocratique" d'une consultation contrôlée par elle seule.

 

 

Depuis plusieurs semaines, ces opposants que les médias Français baptisent "démocrates", font tout ce qu'ils peuvent pour empêcher la consultation au suffrage universel du 30 juillet, pour désigner de façon pluraliste les représentants du peuple vénézuélien à l'Assemblée Constituante, en détruisant les bureaux de vote par la force, quitte à brûler de temps en temps un policier ou un militant pro-Maduro au cocktail Molotov.

 

 

Ces émeutiers armes, inspirés par l'extrême-droite ukrainienne, n'ont pas réussi malgré cela à empêcher plus de huit millions d'électeurs à venir voter. L'avenir dira si la Droite pro-étatsunienne parviendra à ses fins, comme elle le fit à Kiev, avec la caution des dirigeants politiques et des télévisions occidentales et notamment françaises, ou si le peuple vénézuélien trouvera la force unitaire de sauvegarder ses acquis et de poursuivre en l'améliorant le processus révolutionnaire. Il aura besoin de l'appui sans réserve des hommes et des femmes de notre pays, qui lui a parfois manque jusqu'ici.

 

 

La "Gauche" occidentale, y compris, parfois les dirigeants du PCF, n'ont pas hésité à ergoter sur les "erreurs" supposées des dirigeants chavistes, comme si elles étaient la cause première des émeutes armées des contre-révolutionnaires locaux, soutenus par Trump et ses amis. Et comme si EUX étaient en droit de jouer les donneurs de leçons à l'issue de 30 ans de trahisons opportunistes.

 

Cette bataille est aussi la notre, nous sommes tous bolivariens, résolument.

 

Pour paraphraser Aragon, "quand le blé est sous la grêle, fou qui fait le délicat"...

 

Francis Arzalier


José Fort

Lundi, 31 Juillet, 2017 - 19:17

Venezuela : la grande manip

 

Un peu plus de 8 millions de Vénézuéliens ont voté dimanche en faveur d’une Assemblée constituante  malgré la violence déclenchée par une opposition puissante disposant de moyens considérables financiers et médiatiques soutenue par le gouvernement des Etats-Unis et la CIA. Un succès pour le mouvement populaire et progressiste vénézuélien.

 

En France et plus généralement en Europe, la tendance médiatique est à l’acharnement contre le pouvoir en place à Caracas en procédant à une manipulation de l’information. Les images des manifestations de la dite « opposition » qui se traduisent généralement par des scènes de guerre sont largement diffusées alors que les rassemblements chavistes sont passés sous silence. On évoque plus de cent morts depuis le début des affrontements en oubliant de préciser que des candidats à la constituante et des militants chavistes ont été assassinés tandis que les forces de l’ordre  ont enregistré nombre de morts et de blessés. Les médias des Bolloré, Drahi, Lagardère et ceux du «  service public » ont choisi leur camp : celui de l’extrême droite vénézuélienne. 

 

Ils rejoignent ainsi les pires forces réactionnaires du continent latino américain dans des pays qui osent remettre en cause le verdict des urnes vénézuéliennes alors que ces mêmes pays se distinguent par la corruption, le népotisme et les atteintes aux droits de l’homme. Je veux parler du Mexique, du Pérou, de Panama, de l’Argentine et de la Colombie.

 

Ce n’est pas au Venezuela  que 45 étudiants ont été assassinés sans aucune suite judiciaire, que les fosses communes débordent d’hommes et de femmes martyrisés, que la misère et l’analphabétisme sévit dans tout le pays, mais au Mexique.

 

Ce n’est pas au Venezuela que le rapport 2017 d’Amnesty  relève la multiplication de violences contre les femmes et les populations indigènes, que l’armée et la police s’illustrent par des opérations répressives dans les villages éloignés de la capitale, mais au Pérou.

 

Ce n’est pas au Venezuela que la finance internationale camoufle ses méfaits, mais au Panama.

 

Ce n’est pas au Venezuela que le pouvoir s’attaque aux grands mères des disparus durant la dictature, que la répression s’abat sur le mouvement ouvrier, mais en Argentine.

 

Ce n’est pas au Venezuela que des centaines d’opposants politique restent toujours emprisonnés malgré des «  accords de paix », que des militants de gauche sont assassinés mais en Colombie.

 

Le Venezuela n’a pas de leçon à recevoir de ces régimes corrompus et fascisants. Son peuple doit dans la paix enfin retrouvée surmonter lui et lui seul l’épreuve en cours.


Chroniques Latines

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Les chroniques Latines de Jean Ortiz portent un regard loin des clichés sur les luttes de libération du continent sud-américains... Toujours un œil vif sur l'Espagne et les enjeux sous-jacents du quotidien...

 

Jean Ortiz

Samedi, 29 Juillet, 2017 - 10:32

 

Tous bolivariens !

 

Dans quelques heures le Venezuela peut être plongé dans un bain de sang par ceux qui, nationalement et internationalement, ne supportent pas que les pauvres refusent de le rester, et qui voudraient faire main basse sur les énormes réserves en hydrocarbures du pays.

 

L’enjeu géopolitique dépasse Caracas.

 

Les secteurs majoritaires et d’extrême droite de l’opposition connue comme « Table d’union démocratique » (MUD en espagnol) tentent de bloquer le pays pour empêcher les élections à l’Assemblée constituante et en appeler à l’intervention de Washington. Le président TRUMP et la CIA ont prévenu : s’il y a vote, « l’empire » prendra des sanctions immédiates contre le droit à l’auto-détermination d’un peuple.

 

Ce qui se joue au Venezuela aujourd’hui, quelles que soient les erreurs qu’ait pu commettre le président Maduro, a et aura des répercussions continentales et internationales lourdes. Washington (soutenu en sous-main par l’Union européenne) s’apprête à violer la souveraineté du Venezuela. Ils tentent de provoquer une rupture dans l’armée. Pour les États-Unis, le Venezuela bolivarien constitue « une menace pour la (sa) sécurité ». La formule est de ce « bon » président Obama.

 

Le Venezuela redevient le cœur de la stratégie impérialiste. Il doit plus que jamais faire battre le cœur de tous les démocrates. Le Haut commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’homme vient d’appeler à « garantir la paix » afin que le vote de l’Assemblée constituante, le 30 juillet, se déroule en toute normalité. Les médias vénézuéliens, qui appartiennent très majoritairement à l’oligarchie, et leurs clones français, soufflent sur le feu au lieu de calmer le jeu, hurlent à « la dictature » parce que le gouvernement Maduro a interdit les manifestations pour que le vote ait lieu en toute tranquillité, et éviter que le sang coule davantage.

 

L’opposition, nous serions tenté d’écrire la « subversion », refuse de participer à la consultation. Elle a préalablement et illégalement organisé, un vote parallèle et bidon où elle aurait obtenu plus de 7 millions de suffrages. Aucune vérification, aucun comptage sérieux n’ont pu avoir lieu. Listes électorales « maison » et bulletins de vote ont été monopolisés, puis brûlés.

 

Les principaux chefs de l’opposition veulent aujourd’hui, après trois mois et demi d’insurrections localisées, surtout dans les quartiers riches, en découdre, quel qu’en soit le prix. Les opposants sont devenus des émeutiers. Depuis l’élection, avec une courte majorité, du président Maduro, en 2013, l’opposition se refuse à reconnaître la légitimité du président. Cette attitude putschiste rappelle et dépasse le « golpe » contre Chavez de 2002. Et pourtant ...

 

L’élection d’une Constituante, l’élargissement de la démocratie, la consultation de l’ensemble de la population, dans un processus de fond, constituent bien l’un des derniers atouts, sans doute, pour le vivre ensemble, dans un pays aujourd’hui déchiré, au bord du gouffre. La révolution veut modifier la Constitution de 1999, y ajouter les acquis sociaux reconnus par les institutions internationales.

 

Malgré l’effondrement économique, la révolution est parvenue à maintenir les grandes « Missions » sociales. Peu en parlent. La pénurie sur des produits ciblés, sur des médicaments, certes cruelle, organisée essentiellement par le patronat, est sur-médiatisée. Et pourtant les chiffres, eux, parlent... L’indice de développement humain du Venezuela était en 2015 de 0.767, 71e rang sur un ensemble de 188 pays. De 1990 à 2015, l’espérance de vie à la naissance a augmenté de 4,6 années. La santé et l’éducation (gratuites) restent des priorités, malgré la profonde crise économique et politique.

 

Le Venezuela ne doit pas être le Chili. L’expérience a prouvé que tout blocus affecte surtout les populations civiles et se retourne finalement contre ses promoteurs. Cuba a plus que prouvé et éprouvé les voies de la résistance pratique, concrète, au quotidien.

 

Les niveaux atteints par la désinformation ne sauraient nous détourner de notre devoir d’internationalisme. L’internationalisme, disait le Che, c’est la solidarité de classe des exploités.

 

Delcy Rodriguez (au milieu) a été choisie comme présidente de l'Assemblée constituante du Venezuela vendredi 4 août.

 

Juan Barreto, AFP


Jean Ortiz

Vendredi, 4 Août, 2017 - 23:24

Venezuela. « Ensemble ! » s’égare

 

Lorsque le vent souffle en sens contraire, commencer à lâcher un peu, c’est souvent capituler beaucoup. « Ensemble ! » vient de publier ce 4 août un communiqué effarant, à charge quasi totale, contre le président Maduro et son gouvernement bolivarien. 

 

On dirait ce texte repris aux médias « chiens de garde ».

 

Le déséquilibre de ce communiqué ne peut qu’inquiéter. Il ne s’agit même pas d’un renvoi dos-à-dos, mais d’une accusation en règle contre l’une des parties qui serait la principale responsable de la « répression des opposants », des « violences contre les manifestants », etc. Les manifestations de l’opposition donnent lieu aujourd’hui à de véritables émeutes, fomentées par des groupes violents. Les images tournent en rond dans les médias et réseaux sociaux, le plus souvent attribuées aux chavistes, alors qu’il s’agit de « guarimbas », sortes d’insurrections urbaines. La gravité de la crise, les affrontements, créés par la droite et l’extrême-droite, sont mis, essentiellement, sur le dos du Président Maduro. L’élection d’une Constituante, présentée comme une « pseudo-constituante », ne condamne pas l’État de droit, et ne fait pas du Venezuela une dictature. La possibilité de convoquer des élections constituantes, qualifiées par « Ensemble ! »  de « farce électorale », de « nouveau coup de force », est inscrite dans l’actuelle Constitution.

 

Cela nous chagrine qu’« Ensemble ! » s’érige en donneuse de leçons au chavisme, même si ce dernier a commis et commet des erreurs. Pas un mot sur le bilan démocratique et social depuis 1999 (les Missions sociales, éducatives, sanitaires, les Communes Socialistes, les Conseils Communaux ...). Certes, la mort de Chavez peut avoir désaxé certains aspects du processus de libération ; mais le projet global reste le même, entravé, saboté par la droite et l’extrême-droite nationales, revanchardes, prêtes à tout pour récupérer quelques privilèges perdus.

 

Quant au « caudillisme » en Amérique latine, c’est une vieille antienne, usée jusqu’à la corde. Le Venezuela n’a pas l’exclusivité du « caudillisme », ni de la rhétorique ultra-gauche.

 

Nous avons mené tant de combats, noué tant d’amitiés, avec les camarades d’« Ensemble ! » que de voir leur organisation se tirer une balle dans le pied, emboîter le pas aux Etats-Unis et à l’Union Européenne, nous peine profondément. Le Venezuela fait d’abord face à une guerre non déclarée de l’impérialisme nord-américain. Derrière la crise, même si ce n’en est pas la seule cause, la main des Etats-Unis est de plus en plus visible. Ne nous trompons pas d’adversaire, camarades. Ceci dit en toute fraternité.

 

Se tromper de cible principale peut affaiblir notre combat commun en France. « Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, mais beaucoup y ramène » (Jean Jaurès). La solidarité ne saurait être aveugle, certes, mais la conditionner à des contingences nationales, c’est lâcher beaucoup, face à nos adversaires de classe, là-bas comme ici.


 Un autre point de vue sur le Venezuela

Gérard Mordillat·samedi 29 juillet 2017

Je n’en suis pas l’auteur - il est dû à mon ami Eric Stemmelen, historien et économiste - GM

 

Mike Pompeo, directeur de la CIA, Aspen (Colorado), 20 juillet 2017 :« Quand vous avez un pays aussi grand, avec une capacité économique comme celle du Venezuela, les États-Unis ont grand intérêt à s'assurer qu'il soit aussi stable et démocratique que possible. Nous avons beaucoup d’espoir dans le fait qu’il puisse y avoir une transition au Venezuela et nous, la CIA, faisons tous nos efforts pour en comprendre la dynamique. Je suis allé à Mexico et à Bogotá la semaine dernière pour parler de ce sujet, pour essayer de les aider à comprendre ce qu’ils pourraient faire pour avoir un meilleur résultat. »

 

Traduction de la novlangue en usage à la CIA et dans la presse occidentale :

 

« stable et démocratique » = dictature fasciste ultraviolente, de type Castelo Branco (Brésil 1964), Pinochet (Chili 1973), Videla (Argentine 1976).

 

« transition » = putsch militaire, arrestations arbitraires de masse, tortures systématiques, exécutions et assassinats, emprisonnements, déportations. « comprendre la dynamique » = organiser la déstabilisation du pays, saboter l’économie, financer et armer la subversion, renverser par la force un gouvernement élu.

 

« ce qu’ils pourraient faire pour avoir un meilleur résultat » = propagande et intoxication médiatique ; financement et instruction de partis et syndicats réactionnaires pro-américains ; déclenchement de grèves, d’émeutes ou d’insurrections ; fourniture d’armes et d’équipements à des groupes rebelles ;manipulation de factions terroristes, sabotages et attentats sous fausse bannière ; blocus maritime ou terrestre ; désintégration de l’économie,malversations financières et monétaires, destruction d’aliments et de médicaments ; atteintes à l’environnement et à l’état sanitaire du pays ;enlèvements, tortures et assassinats de leaders politiques, syndicaux ou religieux ; infiltrations de mouvements progressistes ; noyautage des instances  militaires, policières, judiciaires, médiatiques, universitaires et culturelles ;corruptions en tout genre ; trafic d’influence, trucages politiques, fraude électorale, et si besoin coup d’État militarisé.


Venezuela. Une crise d’une importance capitale pour la gauche latino-américaine

Publié par Alencontre le 7 - juillet - 2017

 Une crise d’une importance capitale pour la gauche latino-américaine

 

Maduro promet une augmentation du salaire minimum pour le 1er juillet 2017

Par Giorgio Boccardo et Sebastian Caviedes

 

Il est douloureux d’écrire sur le Venezuela. En partie parce que cela implique rendre compte du drame d’un peuple qui, pour la première fois, commençait à participer à la redistribution de ses ressources. Mais également parce que cela implique d’aborder le déclin d’un processus politique qui a été une référence pour la gauche latino-américaine pendant les dernières décennies.

 

C’est la raison pour laquelle il est fondamental d’encourager un débat critique et réfléchi sur la crise vénézuélienne. Cela n’implique pas qu’il faille se soumettre à l’opportunisme de la droite, qui, sous une façade démocratique, réduit tout débat à la question de savoir si oui ou non le régime vénézuélien est une dictature, alors que ses intentions vont dans le sens de réinstaller un modèle aussi socialement et politiquement excluant que celui de type néolibéral. Mais il ne serait pas non plus responsable d’éviter le débat comme le fait la majorité des penseurs critiques, qui prônent une sorte de solidarité inconditionnelle avec le processus, au point de se montrer apathiques face à la tragédie que vit le peuple vénézuélien.

 

Notre intérêt pour un débat sur la grave crise que traverse la société vénézuélienne, sur les réussites et les erreurs du chavisme tient à l’importance de ce qui est en jeu au Venezuela, non seulement pour l’avenir de ce pays et de toute l’Amérique latine, mais également pour la construction de projets radicalement démocratiques, alternatifs à ceux de la société capitaliste.

 

1. La crise du puntofijismo

 

Entre 1958 et 1993, l’ordre politique vénézuélien a reposé sur le Pacte de Punto Fijo (1). Fondamentalement cela signifiait que les deux principaux partis politiques, Accion Democratica (AD) et Comité de Organizacion Politica Électoral Independiente (COPEI), d’orientation respectivement social-démocrate et chrétienne-sociale, se sont mis d’accord sur le fait que, indépendamment de qui gagnerait les élections, ils mettraient en place des gouvernements d’unité nationale sur la base d’un programme minimum et sur la répartition entre eux des institutions étatiques. Cet accord a entraîné une société «méritocrate» formée de groupes d’entreprises, de bureaucraties étatiques et des ouvriers du pétrole, tout cela autour de la distribution de la rente générée par l’«État dans l’État» que constituait Petroleos de Venezuela SA (PDVSA). Mais cette «méritocratie puntofijista» excluait une proportion considérable de travailleurs ainsi que les paysans et des groupes marginaux.

 

A la fin des années 1970, il y a eu une longue crise économique et politique. Le déclin de la rente pétrolière a réduit la capacité de l’État à répondre aux demandes des forces faisant partie du Pacte. De leur côté, AD et COPEI sont de plus en plus devenus des machines électorales clientélistes et corrompues et se sont éloignés des bases qui les avaient soutenus sur le plan politique (2). Au cours du deuxième gouvernement de Carlos Andrés Pérez, partisan de l’AD (1989-1993), des politiques radicales d’ajustement structurel ont commencé à être appliquées, ce qui a entraîné, en février et en mars 1989, des protestations populaires massives connues sous le nom de «Caracazo». La violente répression de ces protestations a provoqué des centaines de morts et des milliers de disparus.

 

La bureaucratie puntofijista s’opposait à des réformes, car leur application aurait entraîné leur mutation et la réduction des prébendes versées aux clientèles, ce qui aurait déstabilisé le délicat équilibre au sein de l’alliance bourgeoise dominante. Des changements furent effectués, mais ils ne purent stopper la crise économique et politique. En 1993, le puntofijismo a destitué Carlos Andrés Pérez [qui occupa le poste de vice-président de l’Internationale social-démocrate et était très lié à Felipe Gonzalez], accusé de corruption, et c’est ainsi que, pour la première fois depuis 1958, un candidat non issu du Pacte a pu s’imposer lors de l’élection présidentielle.

 

L’ex-partisan de COPEI, Rafael Caldera [il avait été président entre 1969 et 1974; après un échec il est réélu en 1998], a créé un nouveau parti chrétien-social et, en s’alliant avec des organisations de gauche, il a gagné les élections sur un programme anti-néolibéral. Cependant, après avoir évité la pire crise financière de l’histoire du pays [en 1994], Caldera a négocié avec le FMI et a impulsé l’Agenda Venezuela. Celui-ci prévoyait l’application de mesures monétaristes orthodoxes, une réduction drastique des prestations sociales aux travailleurs et le lancement de politiques d’ouverture et d’internationalisation de l’industrie pétrolière. Cet ensemble de mesures a suscité de nouvelles protestations.

 

Hugo Chavez a été libéré après avoir passé deux ans en prison pour son rôle dans le coup d’Etat manqué de 1992. Une tentative de coup d’Etat qui a fait de lui une référence politique à échelle nationale. Avec le soutien de militaires, d’intellectuels et de militants de gauche, il se lance dans une forte activité politique. C’est dans ce contexte d’une société profondément divisée, dont le système politique était totalement délégitimé et les conditions de vie de la population se dégradaient de plus en plus, que Chavez a fondé en 1997 le Movimiento Quinta Republica (MVR). L’année suivante il s’est imposé aux élections présidentielles en mettant en avant un projet qui exprimait cet énorme malaise social en lui donnant une orientation et un espoir.

 

En résumé, la transformation néolibérale avait entraîné l’effondrement d’un système politique corrompu qui était en place depuis l’accord de Punto Fijo. C’est ce contexte de vide politique qui explique en partie la vertigineuse ascension de Chavez. Après quinze ans de ce gouvernement, le chavisme va inverser plusieurs des réformes néolibérales en appliquant une redistribution radicale de la rente pétrolière. Cela permettra le développement de nouvelles clientèles à un État qui soutient un projet national et populaire mais qui ne cesse pas pour autant d’être capitaliste (3).

 

2. L’ascension et le développement du chavisme (1999-2013)

 

Le projet initial de Chavez n’est pas très éloigné des orientations du populisme latino-américain: un discours anti-impérialiste, la récupération de la souveraineté nationale, la centralité de l’État, un chef de file militaire, des styles de pouvoir politique autoritaires et d’importants programmes de redistribution de la richesse (4). Lors de son premier mandat, le gouvernement de Chavez a mis la priorité sur la convocation d’une Assemblée constituante pour la création de la Cinquième République. Avec une large majorité chaviste, la nouvelle Constitution réaffirme le caractère capitaliste de l’économie vénézuélienne avec un État fort, qui se réserve l’activité pétrolière et les autres industries d’intérêt publique ou stratégique. Sur le plan politique, il incorpore divers mécanismes participatifs en vue d’approfondir la démocratie [avant tout à l’échelle locale]; ainsi les droits populaires sont significativement élargis sur les plans économique, social et culturel.

Hugo Chavez en compagnie de Diosdado Cabello, le militaire de la continuité

 

Étant donné l’extrême dépendance de toute l’économie – et de l’État vénézuélien – par rapport à la rente pétrolière, le chavisme commence par inverser certaines des mesures politiques néolibérales des années 1990 (5). Cela le conduit à s’affronter directement avec la PDVSA [Petróleos de Venezuela SA, compagnie pétrolière dont le capital appartient pour l’essentiel à l’État], qui, depuis des années, donnait priorité à la rentabilité au détriment de l’intérêt national [tout en distribuant de manière socialement sélective une grande partie de la rente pétrolière]. Chavez a restructuré la politique fiscale de la PDVSA, augmenté sa contribution directe à l’État et a mis un terme au processus d’ouverture à des capitaux multinationaux initié au cours de la décennie précédente. Le gouvernement chaviste a également récupéré l’initiative au sein de l’OPEP, afin de contrôler les niveaux de production à l’échelle internationale et ainsi stabiliser ou augmenter les prix du baril. En particulier, la politique de «contrôle des prix» convenue avec des pays comme l’Irak [de Saddam Hussein] et la Libye [de Mouammar Khadafi] provoque des confrontations entre Chavez et les Etats-Unis.

 

Deux lois passées à cette époque par le gouvernement chaviste ont particulièrement suscité l’opposition du patronat: d’abord, celle relative à la terre et au développement agraire et, ensuite, celle concernant les hydrocarbures. La première de ces lois a été une tentative tardive de réforme agraire pour limiter le pouvoir des latifundistes et donner une certaine sécurité agroalimentaire aux paysans [mais sans appui technique, entre autres]. La deuxième permettait de récupérer le contrôle politique et économique sur la PDVSA. Les deux lois ont été cataloguées par le patronat et par l’opposition politique comme étant un attentat contre la propriété privée.

 

Pendant son deuxième mandat (2001-2007), Chavez a entamé l’affrontement avec une opposition qui était prête à utiliser tous les moyens pour renverser le gouvernement. Cette opposition regroupait des secteurs militaires, des patrons, des partis puntofijistes, la «méritocratie» de la PDVSA et presque tous les médias, sans compter le soutien du gouvernement états-unien. En avril 2002, elle a déclenché un coup d’Etat, mais une mobilisation populaire combative, appuyée par un secteur clé des militaires, oblige finalement les putschistes à restituer la présidence à Chavez. C’est à la fin de cette même année qu’une grève pétrolière patronale a été lancée (6).

 

Une fois de plus, la résistance populaire était en faveur du chavisme, ce qui a permis de faire reculer le sabotage de l’opposition. Après avoir surmonté ces deux assauts et malgré les dommages qu’ils ont entraînés sur le plan économique et la drastique réduction des revenus fiscaux, Chavez en est sorti renforcé. Il s’est produit un changement dans le rapport des forces qui a permis de désarticuler l’opposition d’un secteur militaire et les bureaucraties pétrolières, mais en échange d’un nouveau pacte avec les groupes populaires dont dépendait la survie du régime. Même s’ils avaient déjà voté pour Chavez, c’est la chaleur du conflit qui les fait sentir que ce gouvernement était «le leur» (7).

 

Au cours des premières années du chavisme, la crise budgétaire, la priorité constitutionnelle et la déstabilisation provoquée par l’opposition ont empêché une amélioration des conditions de vie des secteurs populaires. Mais étant donné, d’une part, la centralité des secteurs populaires pour la continuité du processus et, d’autre part, l’imminence d’un référendum révocatoire convoqué par l’opposition, l’administration chaviste a mis toute son énergie à développer une nouvelle politique sociale. Au moyen de ce qu’on a appelé les «Missions» [initiatives concernant la santé et l’éducation dans les quartiers paupérisés, s’appuyant fortement sur une aide de Cuba compensée par des livraisons pétrolières et des crédits], elle a appliqué un programme de démocratisation de la rente pétrolière qui a permis d’améliorer de manière significative les revenus, la santé, l’éducation, les communications et l’accès à la culture du peuple vénézuélien (8). En contraste avec les politiques qui ont prévalu dans une bonne partie de l’Amérique latine, les dépenses sociales ont été concentrées de manière à diminuer les inégalités, devenant une composante fondamentale des dépenses publiques.

 

En résumé, pendant cette période le chavisme a construit un relatif tissu productif et social ainsi qu’une nouvelle institutionnalité.

 

La légitimité de la nouvelle politique sociale s’est exprimée clairement lors du référendum révocatoire de 2004, où Chavez s’est imposé avec 59% des votes. De même, lors des élections des gouverneurs des départements [structure fédérale] la même année, il n’en a perdu que 2 sur les 23 Etats. L’année suivante, devant la possibilité d’être balayée de l’Assemblée nationale, l’opposition s’est retirée des élections, ce qui a laissé un Parlement constitué exclusivement de partisans du chavisme. Lors des élections présidentielles de 2006, Chavez a triomphé avec presque 63% des suffrages face à Manuel Rosales, candidat de l’AD.

 

Dès lors, Chavez s’est consolidé en tant que figure internationale, non seulement parce qu’il était un acteur important de la nouvelle stratégie de contrôle des prix de l’OPEP, mais aussi parce qu’il a réussi à freiner la politique états-unienne de subordination latino-américaine au travers de l’ALCA [zone de libre-échange des Amériques]. Il a pu accomplir cela grâce à une alliance avec les gouvernements du Brésil de Lula et de l’Argentine de Nestor Kirchner, en créant l’ALBA en 2004 [un projet que ne se concrétisera qu’à la marge] et au moyen d’autres initiatives d’intégration économique et sociale, sans compter le soutien croissant à des gouvernements tels que ceux de la Bolivie [Evo Morales] et de l’Équateur [Rafael Correa]. C’est ainsi qu’a pu s’établir une résistance politique et culturelle aux prétentions hégémoniques des Etats-Unis sur l’Amérique latine menées par George W. Bush.

 

Au début 2007, Chavez a annoncé que la «phase de transition» au Venezuela était achevée et que c’était le moment d’avancer dans la construction du «Socialisme du XXIe siècle». Pour cela il lui fallait des lois de type constitutionnel pour lui accorder des pouvoirs extraordinaires, et donc une réforme constitutionnelle pour déclarer socialiste la République bolivarienne de Venezuela. A cela, il a ajouté la construction du Parti socialiste uni vénézuélien - PSUV [qui était étroitement contrôlé par les sommets du chavisme]. Parmi d’autres propositions spécifiques, Chavez réaffirmait la propriété et le contrôle de l’État sur les hydrocarbures, l’élimination des restrictions pour la réélection présidentielle pour plus de deux mandats [afin d’assurer une permanence de son pouvoir] et la réorganisation territoriale politique du pays [réorganisation du dit fédéralisme et de l’indépendance des unités fédérales par rapport au pouvoir central].

 

C’est précisément pendant cette période qu’il y a eu un infléchissement dans le processus économique et politique, qui allait avoir des conséquences très importantes pour le Venezuela. D’abord, au lieu de s’orienter vers une diversification productive afin de rendre le pays moins dépendant de la rente pétrolière et des cycles économiques internationaux, il s’est employé à renforcer la distribution de la rente [avec des dimensions clientélaires renforcées] et la formation d’un patronat chaviste de caractère commercial et financier [la dite bolibourgeoisie]. C’est ainsi que la «malédiction des ressources naturelles» a fini par enterrer sur le long terme les efforts de démocratisation sociale qui avaient été atteints. Ensuite, Chavez a fini par réduire son projet de socialisme à un étatisme et à un verticalisme [pouvoir concentré autour de Chavez et d’un secteur militaire]. En effet, au lieu de radicaliser la démocratie politique, il est resté prisonnier de l’autoritarisme militaire et – malgré sa rhétorique – de l’héritage du populisme et des dits socialismes réels. Enfin, au lieu d’accorder davantage de pouvoir politique aux classes populaires, il finit par le diminuer en faveur d’un clientélisme étatique plus important et d’un contrôle bureaucratique du processus.

 

Donc, au-delà des difficultés liées à l’affrontement face aux Etats-Unis et face aux forces réactionnaires de l’opposition ainsi que des limitations du sous-développement latino-américain, c’est justement au moment de l’apogée du chavisme que celui-ci perd une possibilité historique de radicaliser le processus social et politique en cours. Nicolas Maduro [fonction présidentielle prise le 8 mars 2013, puis élection gagnée le 14 avril 2013; Chavez décède le 5 mars 2013] a hérité de conditions sociales et politiques qui vont éclater suite à la baisse des prix du pétrole, mais ces conditions ont été créées bien avant son ascension à la présidence.

 

3. Le Venezuela après Chavez

 

Avec la mort de Chavez en 2013, et en l’absence d’autre leader de la même carrure dans le PSUV, le «choix» porta sur Maduro, d’une part, étant donné sa position de position de vice-président depuis octobre 2012 et, d’autre part, à cause de ses liens politiques à l’échelle nationale et internationale. Cela pour prendre la tête d’un amalgame complexe de tendances et de mouvements qui convergent dans l’alliance chaviste. Mais son ascension au pouvoir a coïncidé avec la diminution de la rente pétrolière. Celle-ci représentait près de 95% des revenus d’exportations, 60% de ses rentrées budgétaires et 12% de son PIB. En suivant cette pente, en 2015, les revenus issus de l’exportation de pétrole brut étaient tombés de 40%, et en 2016 la dette extérieure augmentait de plus de 350% par rapport à 1998 (9).

 

L’effet dévastateur de cette contraction économique fait que le gouvernement peut très difficilement maintenir les programmes de redistribution sociale et par conséquent aussi le consensus au sein de l’alliance dominante. A cela s’ajoute le renforcement des traits autoritaires du régime politique, aussi bien ceux hérités du processus bolivarien dans son ensemble que ceux liés à l’incapacité politique du nouveau président. Il faut surtout souligner la destruction du tissu social que l’hégémonie chaviste avait stabilisé. En effet, la crise économique et politique a aggravé la faille d’origine du chavisme, qui consistait en une mauvaise compréhension de l’organisation sociale de base sur laquelle s’est fondé ce mouvement considéré comme étant autogéré et autonome, alors qu’en réalité ce mouvement était plutôt le produit de politiques publiques menées par l’État vénézuélien (10).

 

Au sein du PSUV et du mouvement chaviste, cette faille s’est exprimée dans une culture politique qui, depuis l’époque de Chavez, a peu à peu supprimé le débat critique au sein des rangs du parti, ce qui avait été en partie un trait lors de sa fondation (11). Par ailleurs, une des tendances de ces dernières années est l’augmentation de la militarisation de l’État et du gouvernement. Il est possible que cela soit dû au fait que Maduro, n’ayant pas de lien organique avec les Forces armées, a incorporé davantage de ses membres à des postes de pouvoir pour s’assurer leur loyauté. C’est ainsi qu’aujourd’hui un tiers des ministres (12 sur 31) et des gouverneurs (13 sur 20) sont des militaires, et beaucoup d’autres se trouvent dans des positions clés de l’économie, où, le manque de contrôles démocratiques crée des conditions favorisant la prolifération de la corruption, surtout dans les domaines comme la répartition des devises, le contrôle des ports [importations de biens de consommation, pour l’essentiel devant être achetés sur les marchés internationaux] ou la distribution d’aliments (12).

 

Outre la corruption, vieux problème vénézuélien qui est antérieur à l’expérience chaviste, la crise met en évidence les effets négatifs liés au régime rentier pétrolier (extractiviste) qui régit l’économie. Par exemple, dans le secteur énergétique, le manque d’investissements a provoqué des coupes et des restrictions dans la fourniture d’électricité et a fait sombrer le pays dans une pénurie de gaz naturel et de ses dérivés, alors même que celui-ci possède une des plus importantes réserves reconnues de gaz conventionnel à l’échelle mondiale. Pire, le gouvernement s’est déclaré intéressé à utiliser les techniques de perforation horizontale et de fracking, qui se sont avérées dommageables pour l’environnement et pour la santé, cela dans le but de commercer l’exploitation de gaz dans le bassin du lac Maracaibo (13). Ce sont ces techniques qui, paradoxalement, ont permis aux Etats-Unis d’obtenir une relative autonomie énergétique, entraînant un déséquilibre dans le marché mondial du pétrole, ce qui a contribué à faire chuter les prix globaux et a nui au Venezuela (14).

 

En outre, la crise approfondit la pénétration du capital transnational, comme le montre la création de la Nouvelle zone de développement stratégique nationale «Arco minero del Orinoco», qui ouvrira presque 112’000 kilomètres carrés à la grande industrie minière locale et étrangère sous la supervision des Forces armées (15).

Manifestation contre Nicolas Maduro à San Cristobal, dans l’Etat de Tachira, le 20 mai 2017

 

Consciente de la faiblesse de Maduro, la même opposition qui avait affronté Chavez s’est renforcée et a repris vigueur suite à la légitimité perdue sous l’effet du coup d’Etat de 2002. Rassemblée au sein de la Mesa de Unidad Democratica (MUD), elle réunit des groupes qui vont de la gauche modérée à l’extrême droite putschiste, chacun ayant son programme propre. A cause de leur poids majoritaire dans l’Assemblée nationale [élue en décembre 2015], les organisations qui dirigent la MUD sont Primero Justicia (PJ) et Voluntad Popular (VP) (16) aux côtés de l’ancien parti AD (Alliance démocratique). Parmi les membres de PJ se trouvent l’ex-candidat présidentiel Henrique Capriles et Julio Borges, l’actuel président du Parlement, archétypes de la génération politique qui, avec la montée du chavisme, n’ont pas pu effectuer leur passage logique à la politique puntofijista après avoir été éduqués à l’étranger et avoir appartenu au COPEI. VP, dirigée par Leopoldo Lopez, appelle à la mobilisation de rue, avec un degré élevé de violence, en refusant d’accepter la légitimité du gouvernement et faisant campagne pour une intervention étrangère contre le Venezuela de Maduro (17).

 

Bien qu’elle ait existé, l’orientation de l’opposition prônant le dialogue n’a duré que jusqu’à la publication des résultats de l’élection présidentielle de 2013. En effet, depuis l’intenable accusation de fraude électorale de la part de Capriles (18), appel qui a entraîné 11 morts, la radicalisation de l’opposition a donné lieu à des faits brutaux comme ceux qui se sont passés lors des manifestations d’étudiants de février 2014, lorsque Lopez et son parti, aux côtés de la parlementaire Maria Corina Machado et du maire de Caracas, Antonio Ledezma, ont soutenu une mobilisation qui a fait 47 morts et durant laquelle on a vu l’installation de fils de fer tendus dans les rues pour décapiter les motocyclistes pro-gouvernementaux. L’appel à faire tomber le gouvernement a fait que Lopez et Ledezma ont été condamnés à des peines de prison. Cependant, une offensive internationale dirigée par l’ex président espagnol José Maria Aznar et d’autres ex-mandataires ibéro-américains, avec le soutien du secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro [d’origine uruguayenne], les a transformés – malgré leurs antécédents putschistes – en «martyrs» de la défense de la démocratie et des droits humains.

 

Le grand problème de l’opposition est le manque d’un projet commun et alternatif au chavisme. Cela est apparu clairement suite à la «super majorité» parlementaire qu’elle a obtenue en décembre 2015 (20). Sa politique ne s’est centrée que sur le démantèlement de tout ce qui avait été fait précédemment et sur la stratégie la plus adéquate pour renverser Maduro, en négligeant la recherche de mesures concrètes pour affronter la criminalité et l’insécurité [ces phénomènes sont très marqués, depuis longtemps, entre autres dans la périphérie de la capitale Caracas; le «Gran Caracas» compte quelque 4,5 millions d’habitants] ou pour soulager la crise économique. Les rares propositions programmatiques à son actif vont dans le sens d’une croissance de la rente pétrolière, la libéralisation économique et «l’aide» que pourrait offrir le FMI [face à la dette publique], ce qui est peu attractif pour la société vénézuélienne, car beaucoup de fractions populaires pensent que si l’opposition arrivait au pouvoir, ces mesures leur feraient perdre encore davantage que ce qu’elles ont déjà perdu (21). Ces propositions vont enfin dans le sens d’une réarticulation du pacte élitaire qui a dominé toute l’histoire vénézuélienne. En s’insurgeant contre le régime qui les exclut de la politique distributive étatique ou qui limite sa participation à la distribution de la rente pétrolière, cette opposition cherche à déstabiliser cet État par la force.

 

Mais dernièrement, la crise humanitaire provoquée par la détérioration socio-économique grave du pays a permis à l’opposition d’instrumentaliser en sa faveur la mobilisation populaire de l’ouest de Caracas, bastion du chavisme, ouvrant ainsi une brèche dans l’indiscutable enracinement populaire bolivarien. L’opposition appelle à créer un couloir humanitaire [terme utilisé par analogie avec les couloirs humanitaires demandés par des ONG pour des villes assiégées] afin de résoudre le manque de produits et de médicaments. Mais elle se mobilise surtout sur des revendications politiques telles que la libération des prisonniers politiques ou le référendum révocatoire contre Maduro. En même temps le peuple, qui se réfère en majorité au chavisme d’origine, se mobilise contre les autorités poussé par la faim, par la pénurie de médicaments et de produits de base ainsi que suite à l’explosion de la violence et de l’insécurité généralisées [liée à la paupérisation et à la crise des institutions et du régime] (22).

La crise de la distribution sous «contrôle» militaire

 

Le système de contrôle des devises et des prix imposé en 2002-2003 pour faire face au sabotage économique de l’opposition est devenu dysfonctionnel lorsqu’il a permis la spéculation par les secteurs qui contrôlent les devises. Le manque chronique de dollars a sapé toute capacité économique, surtout dans le secteur de l’importation. Par conséquent ce sont les groupes populaires qui dépendent des produits importés par le gouvernement et qu’il vend à des prix contrôlés qui sont les plus touchés [car ces produits sont rares]. Cette situation a entraîné une croissance du marché noir. Le manque d’une stratégie d’approvisionnement et de distribution – une autre tare du développement bolivarien – y a également contribué (23). Outre ces graves problèmes de pénurie, les dernières données économiques diffusées par l’Institut national de statistique (INE) vénézuélien et par la Commission économique pour l’Amérique latine (CEPAL) indiquent pour décembre 2015 une inflation générale de 180,9% et une inflation du prix des aliments de 218% (24). Dans ce contexte, la dénutrition augmente, pour la première fois à cause de la faim et non pas des maladies, la population a perdu en moyenne 8 kg par personne, alors qu’augmentent ceux qui indiquent qu’ils ne mangent que deux fois par jour, ou moins (25).

 

Après avoir scellé définitivement son accord avec les secteurs populaires au début des années 2000, les politiques sociales chavistes ont entraîné une diminution pratiquement ininterrompue de la pauvreté et de l’indigence. Celles-ci atteignaient leur niveau le plus bas en 2012, lorsque la pauvreté était estimée à 25,4% de la population et l’indigence à 7,1% (26). Mais, entre 2014 et 2016, le pourcentage de foyers pauvres monte en flèche, passant de 48,4% à 81,8%; 51,5% des foyers se trouvant dans une situation de pauvreté extrême (27). Cela démontre l’importance qu’a eue la redistribution sociale de la rente pétrolière, tout en étant en même temps le talon d’Achille du système.

 

La crise politique s’est accentuée depuis avril 2017, alors que les traits autoritaires se sont exacerbés avec Maduro, au point de contourner la Constitution de 1999, cela avec l’assentiment du Conseil national électoral (CNE) et, initialement, du Tribunal suprême de justice (TSJ) (28).

Diosdado Cabello épaule Nicolas Maduro

 

Il faut ajouter à cela l’augmentation de la radicalité des affrontements entre les forces de choc de l’opposition et celles du gouvernement. Ce qui est le plus marquant du point de vue politique est à quel point cette situation approfondit la division au sein du chavisme. Au début du mandat de Maduro la tension se manifestait entre, d’une part, une faction civile chargée d’importants ministères tels que celui de l’Agriculture et des Terres et celui de l’énergie et du Pétrole et, d’autre part, une faction militaire, composée d’éléments actifs et retraités, dont plusieurs compagnons de Chavez depuis l’émeute de 1992, et qui dirigeaient des secteurs nationaux stratégiques. Ces derniers contrôlaient l’Assemblée nationale et le PSUV en la personne de Diosdado Cabello (29). Mais aujourd’hui cette division, faussant la polarité initiale, s’élargit vers de nouvelles franges civiles et militaires.

 

En ce qui concerne les militaires, le «commando F4» gagne en importance. Ce groupe, dirigé par d’ex-compagnons d’armes de Chavez, reproche à Maduro son éloignement de tout projet révolutionnaire, socialiste ou bolivarien, tout en soulignant la précarité économique qui affecte la troupe professionnelle et les familles des militaires (30). De son côté, la dissidence de gauche du chavisme – dont le noyau est Marea Socialista, un collectif de politiciens et d’intellectuels chavistes critiques dont l’existence précède la crise actuelle – gagne de nouveaux appuis, y compris des ex-ministres de Chavez et de Maduro, des dirigeants politiques, sociaux et universitaires qui critiquent la «rupture des lignes de force constitutionnelles» et l’état de polarisation et de violence qui affectent le pays (31).

 

Les deux groupes misent sur l’ouverture d’un dialogue politique et social pour permettre un consensus national. Mais pour l’opposition de gauche, il s’agit d’alerter sur le fait que le tournant anti-démocratique pris par Maduro, qui vient s’ajouter à celui de l’opposition et qui a mis à mal le fragile régime institutionnel vénézuélien, pourrait ouvrir la porte à l’intervention étrangère. Mais cette alternative de gauche est quoi qu’il en soit peu développée et, en réalité, elle n’a pas la capacité suffisante pour diriger le processus de transition. L’orientation qu’adopte ce processus continue plutôt à être entre les mains des militaires, dont le soutien à Maduro explique en bonne partie son maintien au pouvoir.

 

Ce qui est en jeu après la mort de Chavez est plus que le processus de démocratisation du Venezuela, une question qui pourrait concerner la majorité des pays latino-américains. En jeu est la possibilité que se développe en Amérique latine un capitalisme national et populaire dans le cadre d’une économie internationale de tendance néolibérale. Cependant, aujourd’hui la position immédiate que devraient défendre les forces de gauche dans la région est de veiller à l’autonomie populaire dans la résolution de cette crise, en évitant toute dérive vers un nouveau pacte élitaire, qui pourrait y compris être décidé depuis l’extérieur des frontières vénézuéliennes.

 

4. Critique et internationalisme face à la crise vénézuélienne

 

Le processus vénézuélien reste très ouvert. En grande partie parce qu’il n’y a pas eu [pour l’instant] de brèche importante au sein des Forces armées. Néanmoins les conditions de vie dramatiques que connaît quotidiennement le peuple pourraient accélérer le cours des événements. Suivant quelles fractions du chavisme et/ou de l’opposition finiront pas s’imposer (ou par conclure un accord), le cours historique de Venezuela pourrait prendre une orientation imprévisible. Mais plutôt que de chercher à prédire ce que l’avenir réserve au Venezuela, nous tenons à réaffirmer quelques réflexions sur la crise du chavisme et – qu’on le veuille ou non – ce qu’héritent de cette expérience les efforts de ceux qui visent à une transformation anti-néolibérale et cherchent la faire émerger sous différentes latitudes de la planète.

 

D’abord, quelle que soit l’attractivité des bénéfices que procure l’exploitation des ressources naturelles pour étendre la «démocratie sociale», y compris lorsque ces bénéfices sont monopolisés par l’État, ce moyen impose des limites aux projets politiques de transformation. En effet, ils génèrent une extrême dépendance par rapport aux cycles économiques internationaux [prix des commodities], ils produisent des crises socio-environementales dans les territoires exploités et entraînent en général une dépression d’autres secteurs productifs (le dit «syndrome hollandais» qui résulte d’une surexploitation des ressources naturelles et conjointement produit le déclin de l’industrie manufacturière). Il est évident que de telles critiques doivent être compatibles avec les revendications légitimes de redistribution des secteurs populaires, qui sont justement ceux qui alimentent ces expériences.

 

Deuxièmement, il a été démontré une fois de plus qu’il ne suffit pas de «prendre l’Etat» pour avancer dans la transformation de la société capitaliste, même si c’est avec les outils de la démocratie libérale. La tragédie que vit le Venezuela nous renvoie de nouveau aux limites historiques des gauches au pouvoir au cours du XXe siècle qui, de manière répétée, ont réduit le problème du socialisme à l’étatisme, alors qu’il s’agit au contraire de socialiser de manière permanente le pouvoir et de démocratiser de manière croissante la vie sociale.

 

Troisièmement il faut noter que la crise au Venezuela aura un impact énorme pour la gauche latino-américaine. Une défaite entraînerait la délégitimation de certaines bonnes idées que le chavisme a tenté de développer, et permettrait une prédominance accrue de l’influence états-unienne dans la région, cette fois par le biais de la Colombie, où les Etats-Unis disposent de bases militaires importantes. D’autant que le Brésil est également traversé par une crise politique aiguë.

 

Nous ne savons pas comment va se terminer cette crise vénézuélienne. Mais quelle qu’en soit l’issue nous devrons porter la lourde charge de son héritage. Nous devrons l’expliquer, apprendre de ses réussites et de ses erreurs. Mais la gauche ne pourra en tout cas pas l’ignorer, même si cela entraîne des coûts politiques (ou électoraux) importants. Au minimum nous devons sortir de ce silence intéressé, défendre le fait que notre critique à l’égard du Venezuela est destinée à radicaliser ses réussites et à ne pas les inverser, apprendre de ses erreurs, mais aussi contrer les termes qu’essaient de nous imposer la réaction et le progressisme néolibéral dont les orientations ont été les principales responsables des conditions de vie très pauvres que connaissent les peuples latino-américains, jour après jour.

 

Dans l’immédiat, la solidarité de la gauche latino-américaine avec le peuple vénézuélien doit s’appuyer sur son engagement critique en faveur d’une solution anti-néolibérale et démocratique de la crise, poussant pour que les forces qui représentent cette orientation s’imposent. Avec la même détermination il faudra affronter le caractère putschiste, élitaire et néolibéral que représentent les actuels agissements de l’opposition. En fin de compte, la constitution d’une gauche radicale passe aussi par le fait de récupérer l’internationalisme critique et solidaire qui a caractérisé la tradition révolutionnaire de notre Amérique latine.

 

(Article publié le 29 juin 2017, traduction A l’Encontre)

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Giorgio Boccardo enseigne à l’Université du Chili dans le master «Les études latino-américaines». Sebastian Caviedes est chercheur à la Fondation Nodo XXI, enseignant à l’Université du Chili

Notes

1/ Le Pacte de Puntofiho a été conclu en 1958 entre les trois grands partis vénézuéliens. Comme expliqué dans l’article, il va se prolonger jusqu’aux années 1980. Voir Becerra, M. (2001). El


Août 2017

[Vidéo] Coup d’État contre Chávez – La révolution ne sera pas télévisée

Coup d’État contre Chávez – La révolution ne sera pas télévisée

 

Suite de notre série sur le Venezuela, avec différents articles visant à compléter la vision diffusée par les médias.

 

Rappelons que nous ne soutenons aucun camp là-bas, militons pour que le peuple vénézuélien choisisse librement et démocratiquement son avenir, et condamnons toutes les atteintes aux droits de l’Homme des deux camps…

 

Source : Youtube, 17-03-2016

 

Le documentaire Chávez, le film ou Coup d’État contre Chavez (Chavez: Inside the Coup ou The Revolution Will Not Be Televised), réalisé par Kim Bartley et Donnacha O’Briain décrit le coup d’État de 2002 contre le président Hugo Chavez.

 

Il a été tourné alors que les deux réalisatrices préparaient un documentaire sur le président Hugo Chávez au Venezuela. Elles se trouvaient à l’intérieur du palais présidentiel quand fut déclenché, le 11 avril 2002, le coup d’État conduit par les propriétaires des chaînes privées, les cadres de la compagnie pétrolière du Venezuela, ainsi qu’une poignée de dirigeants militaires avec le soutien, entre autres, des États-Unis, de l’Espagne, de la Colombie et du Salvador. Le film présente la chronologie du putsch et la mobilisation des millions de Vénézuéliens qui entraîna le retour au pouvoir d’Hugo Chávez 48 h après le début du coup, grâce à la garde présidentielle.

 

Ce documentaire a obtenu, entre autres, deux prix au Grierson Documentary Awards anglais en 2003. Il a été diffusé sur Arte en 2004.

http://www.les-crises.fr/video-coup-detat-contre-chavez-la-revolution-ne-sera-pas-televisee/#.WYV-W-q8nBM.facebook

Venezuela: Révolution bolivarienne de B à M #2, par Filip Fi

 

Suite de notre série sur le Venezuela, avec différents articles visant à compléter la vision diffusée par les médias.

 

Rappelons que nous ne soutenons aucun camp là-bas, militons pour que le peuple vénézuélien choisisse librement et démocratiquement son avenir, et condamnons toutes les atteintes aux droits de l’Homme des deux camps…

 

Ici, suite du travail de fond du jeune Filip… (1ère partie ici). N’hésitez pas à enrichir l’article en commentaire…

 

Source : Le Blog Mediapart, Filip, 14-07-2017

 

Nous connaissons à présent la figure historique que fut Simon Bolivar, la pensée qui l’animait, et l’histoire qui l’accompagne. Faisons désormais un bond dans le temps. La date du 6 décembre 1998 est sans nul doute la plus importante de l’histoire de la révolution bolivarienne, puisqu’elle en constitue le commencement. Par conséquent, afin de comprendre son avènement, il faut observer en détail ce qu’était le Venezuela de l’avant-Chavez, et comprendre les idées et les motivations qui l’ont construite. Nous nous situons dans les années 1980/1990.

© Filip FI

 

I. La misère d’un peuple

 

S’il y a bien un facteur décisif dans la rébellion d’un peuple contre quelque système que ce soit, c’est bien ses conditions et son niveau de vie. Et dans le cas présent, le niveau de vie au Venezuela était catastrophique.

 

Pour comprendre, prenons le célèbre indicateur de développement humain comme point de départ de notre analyse. Pour ceux qui ne sauraient pas de quoi il s’agit, c’est un indicateur qui varie de 0 à 1 et qui est calculé à partir de trois critères: l’espérance de vie, l’accès à l’éducation, et le PIB par habitant. Plus on approche de 1, mieux c’est, plus on approche de 0, plus ça va mal. Rien de bien méchant.

Je pense que la plupart d’entre-vous êtes d’accord avec moi pour dire que les Nations Unies ne sont pas une organisation bolcheviko-chaviste? Parfait, on ne m’accusera pas d’être subjectif sur ces données. Voici un premier graphique du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) :

Indice de Développement Humain du Venezuela de 1980 à 2013 © INE (reprenant les statistiques du PNUD)

 

On constate très clairement un faible IDH en 1990 à 0,644. Pour vous donner une idée de ce que cela représente, la France à la même période avait un IDH de 0,909 et elle est aujourd’hui à 0,888, ce qui reste élevé. Le taux de croissance annuel de l’IDH vénézuélien n’est en moyenne que de 0,501% dans les années 19901 . Là encore pour se faire une idée, on peut le comparer au taux de croissance entre 2000 et 2013 qui est de 0,934%, soit presque deux fois plus élevé.

 

J’ai pris l’IDH pour avoir une vue générale de la situation, mais malheureusement, si on rentre dans les détails, les faits se confirment. En 1997, un vénézuélien sur deux est pauvre, l’extrême pauvreté touche elle, un quart de la population2 . En 1998, moins de trois millions de personnes ont un accès régulier aux soins3 ,une personne sur cinq n’a pas accès à l’eau potable4, presque un enfant sur deux n’a pas accès à l’éducation secondaire, en bref, la situation sociale est catastrophique.

 

II. Une inégale répartition des richesses

 

Le Venezuela à cette époque est également, vous l’aurez deviné, un pays très inégalitaire. Si la majeur partie de la population connait une situation sociale difficile, il existe également une petite caste de privilégiés qui sévit, notamment dans les quartiers chics de Caracas.

 

Et oui, c’est le moment d’y venir, on va parler de l’or noir. Comment parler du Venezuela sans parler de ses importantes ressources pétrolières?


Hormis le fer, l’or, la bauxite ou encore le diamant, le pays possède d’importantes réserves de gaz naturel et surtout de pétrole. Contrairement aux idées reçues sur les pays du Golfe, c’est le Venezuela qui possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole.

 

D’après les chiffres de BP de 2015, 17,5% des réserves mondiales5. La richesse qui émane de cette ressource représente un tiers des revenus du pays.

 

Malgré une pseudo-nationalisation en 1976 par Carlos Andres Perez lors de son premier mandat, les revenus de PDVSA (l’entreprise pétrolière vénézuélienne) vont davantage dans l’accumulation privé de la classe dirigeante que dans les programmes sociaux, laissant ainsi une énorme source de revenus et de développement potentiel, entre les mains de quelques-uns, sans compter les multinationales étrangères comme Texaco, Exxon, Shell, BP et j’en passe, qui tentent elles aussi d’avoir une part du magot.

Logo de PDVSA

 

Les inégalités provoquées par cette captation de richesses peuvent se constater grâce à l’étude du coefficient de Gini du PIB par habitant. De la même façon que l’IDH, l’échelle du coefficient de Gini varie de 0 à 1. Le 0 représente une égalité parfaite, et inversement.

 

En 1998 au Venezuela, on était à 0,486 (0.282 en France la même année), contre 0,381 en 2015. Les 20% les plus riches captaient 53,4% des richesses6.

 

De quoi créer le terreau d’une révolte tout ça non?

 

III. Répression politique : Caracazo

 

Les événements du 27 février 1989 sont d’une importance capitale. Que s’est-il passé ? Tout débute avec l’accession à la présidence le 2 février de la même année du « social-démocrate »  Carlos Andres Perez, sur la base d’un programme social-démocrate donc. Il est membre du parti Action Démocratique.

 

Seulement la tournure des événements qui suivent son arrivée au pouvoir va rapidement dégénérer. Fraîchement arrivé à la présidence, Perez ne tient pas du tout les promesses de son programme électoral mais préfère suivre les conseils néo-libéraux du Fond Monétaire International (FMI), en imposant ainsi au pays d’importantes coupes budgétaires qui incluent l’augmentation des prix du gaz, du téléphone, de l’eau, des transports et de nombreux autres biens de première nécessité, sans compter de nombreuses privatisations.

 

Les étudiants ne pouvant plus payer les transports (le tarif ayant doublé), ils se révoltent et débutent alors le Caracazo. Au départ de Guarenas le 27 février au matin, la manifestation prend de l’ampleur et investit la capitale Caracas où va commencer une des répressions les plus sanglantes de l’histoire du Venezuela. La police et l’armée sont mobilisées, elles massacrent les manifestants puis persécutent et tuent des civils innocents, notamment dans les quartiers pauvres de Caracas. La ville est dans le chaos, les commerces fermés et les transports arrêtés.

Images d’archive du 27 février 1989

 

Au-delà des dégâts matériels considérables, c’est le bilan humain qui est fracassant. Le premier bilan officiel de l’époque évoquait 279 morts, mais des découvertes récentes de charniers creusés par le gouvernement à l’époque font elles état d’environ 2500 à 3500 morts, mais les estimations sont difficilement vérifiables. Ces événements sont désormais gravés dans les mémoires et vont constituer la principale source d’instabilité politique qui suivra dans les années 1990.

 

IV. Naissance d’un mouvement révolutionnaire | Le leader Hugo Chavez

 

La misère du pays et la répression vont donner naissance à un mouvement révolutionnaire mené par le charismatique Hugo Rafael Chavez Frias. A la fois socialiste, bolivariste, chrétien et marxiste, comme il aimait bien le dire7, voyons qui est Chavez et le mouvement qu’il représente.

 

Hugo Chavez est né en 1954 à Sabaneta, dans le sud du Venezuela, où il grandit dans une maison « de bois de palmiers et d’un sol en terre ». Fils de parents enseignants, il se passionne très vite pour l’histoire de son pays et notamment celle de Bolivar. A 17 ans, en 1971, il rejoint l’Académie Militaire Vénézuélienne. C’est à l’académie qu’il lira Marx, Bolivar, ou encore Lénine, et débattra beaucoup avec ses camarades en enrichissant ses connaissances afin de développer son esprit révolutionnaire. En 1975, il sort sous-lieutenant de cette académie avec déjà des ambitions de changement du système politique. En 1984, Chavez et ses compagnons créent au sein de l’armée le MBR-200 (Mouvement Révolutionnaire Bolivarien), « 200 » car il a été créé lors du 200èmeanniversaire de la naissance de Bolivar. Ce mouvement d’orientation socialiste va prendre son temps mais passera bientôt à l’action pour essayer de changer les choses.

Hugo Chavez à l’académie militaire

 

V. Tentatives de putsch du MBR-200 contre le pouvoir

 

Le Caracazo de 1989 est la goutte de sang qui fait déborder la coupe déjà pleine. Il ne faudra pas moins de trois ans pour que le MBR-200 tente un premier putsch le 4 février 1992 contre Carlos Andres Perez. Des soldats révolutionnaires emmenés par Chavez investissent Caracas, mais par manque d’organisation et d’alliances solides, le coup échoue, et Chavez est emprisonné pendant deux ans.

 

Il déclare aux médias assumer l’entière responsabilité de cet échec. Cette séquence va lui donner une aura nationale et sa popularité grimpe en flèche, le public découvrant un leader militaire au béret rouge jusque là encore inconnu, qui a eu le courage de défier Perez. Un second coup d’état a été tenté le 26 et 27 novembre de la même année mais il échoue à son tour.

Hugo Chavez en 1992, annonçant l’échec de l’insurrection aux médias

 

VI. Vers le 6 décembre 1998

 

Après que Perez ait finalement quitté le pouvoir en 1993 pour fraude fiscale, en 1994 est élu l’indépendant Rafael Caldera, grâce entre autre à la promesse qu’il a faite de libérer Chavez s’il arrivait au pouvoir (Chavez étant devenu très populaire auprès de la population grâce à sa tentative de putsch). La promesse est tenue et Chavez est libéré. Il fonde alors le parti Mouvement Cinquième République avec lequel il se présente aux élections de 1998 avec la promesse de changer la constitution et de rendre sa dignité au peuple.

Hugo Chavez en décembre 1998, après avoir gagné les élections et célébrant sa victoire dans la rue

 

Comme le montre la photo ci-dessus, le 6 décembre 1998, Chavez gagne les élections avec 56% des voix. Tout le peuple se repose désormais sur lui. Certains se posent encore la question : va-t-il vraiment changer les choses ou est-ce encore un beau parleur ? C’est ce que nous verrons dans l’épisode 3.

 

Si vous voulez aller plus loin…

 

  • …dans la compréhension de ce qui a poussé Chavez à agir, je vous conseille ce documentaire de 2010 dans lequel il revient notamment (mais pas que) sur les événements que nous avons évoqué dans l’article à travers un entretien avec un journaliste argentin: Hugo Chavez vraiment.

Source : Le Blog Mediapart, Filip, 14-07-2017


 

Message au camarade Oscar Figuera, Secrétaire Général du Comité Central du Parti Communiste du Venezuela (PCV) de la part du Parti Progressiste des Travailleurs de Chypre (AKEL)

 

Solidarité Internationale PCF Vénézuela - Révolution bolivarienne, Grèce et Chypre, Impérialisme Aucun commentaire

04 août 2017

 

Traduction NK pour « Solidarité internationale PCF – Vivelepcf » - 3 août 2017 - Message de la part d'Andros Kyprianou, Secrétaire général du Comité Central du Parti Progressiste des Travailleurs de Chypre (AKEL) à Oscar Figuera, Secrétaire Général du Comité Central du Parti Communiste du Venezuela, reconduit dans ses fonction au XVème Congrès du PCV, qui s'est déroulé du 22 au 25 juin 2017.

 

Cher camarade,

 

Au nom du Comité central du Parti Progressiste des Travailleurs (AKEL) et moi-même personnellement, je vous félicite chaleureusement pour votre réélection en tant que Secrétaire général du Comité central du Parti communiste du Venezuela. Je transmet les salutations militantes et de camaraderie des cadres et des membres d'AKEL aux communistes du Venezuela qui mènent une lutte héroïque dans les conditions pénibles qui prévalent dans votre pays. Je suis certain que les résultats du XVème Congrès du PCV l'ont renforcé afin de contribuer de manière encore plus décisive à la défense de la souveraineté nationale, de la volonté populaire et des défis de la Révolution Bolivarienne.

 

À cette occasion, je voudrais exprimer la solidarité sans réserve d'AKEL avec le peuple, le Parti communiste et le gouvernement vénézuélien, qui résistent aux tentatives de la droite et de l’ultra-droite pro-impérialistes de sape et de déstabilisation du pays. Il s'agit d'une tentative qui fait partie des plans américains pour une intervention étrangère et pour le contrôle des riches ressources naturelles de votre pays.

 

L’AKEL salue les résultats de l'élection de l'Assemblée constituante et le fait que le peuple vénézuélien n'aitpas cédé à la violence et au terrorisme et qu’il ait votéen nombre massif lors de cesélections. Parallèlement, l’AKEL suit attentivement les évaluations et les approches du Parti communiste du Venezuela sur le déroulement de la Révolution Bolivarienne et sur la nécessité d'une réponse révolutionnaire à la crise et aux défis auxquels est confronté le pays, mais aussi auxactions agressives des Etats-Unis. L’AKEL partage votre évaluation selon laquelle la lutte anti-impérialiste pour résister à l'intervention étrangère doit être combinée avec l'intensification de la lutte des classes à l'intérieur du pays.

 

L’AKEL, selon ses capacités, dénonce et condamne les plans américains d'intervention politico-économique et même militaire au Venezuela, mais aussi la position hypocrite de l'Union européenne dès qu’il le peut, sur chaque podium et dans chaque forum.

 

Nous savons très bien que, dans l'histoire moderne, il y a eu de nombreux exemples en Amérique latine, mais aussi dans le monde entier, y compris dans notre propre pays, Chypre, où les États-Unis et leurs alliés ont tenté de calomnier, de saper et de renverser des gouvernements qui n'étaient pas à leur goût ou qui necoopéraientpasavec eux. Il est clair que les États-Unis cherchent à mener auVenezuela une répétition moderne du drame chilien des années1970 avec le renversement du gouvernement Salvador Allende et l'installation de la junte de Pinochet.

 

L’aboutissement de ces aspirations sera décidé par l'unité, la préparation et la détermination des peuples de chaque pays, mais aussi par la solidarité internationale que reçoivent les peuples en difficulté. C'est la raison pour laquelle l’AKEL se tient fermement du côté des communistes, mais aussi de tout le peuple vénézuélien, dans la direction de l'approfondissement de la Révolution Bolivarienne avec des changements radicaux dans la société, dansl'économie et dans l'état du pays au profit du peupleet des travailleurs de votre pays d'origine.

 

Merci de transmettre aux membres du Parti communiste du Venezuela la solidarité sans réserve et inébranlable de leurs camarades chypriotes dans leur lutte pour la démocratie, l'indépendance nationale, la souveraineté populaire, la paix et le socialisme.


Salutations fraternelles


Andros Kyprianou
Secrétaire général du Comité Central du Parti Progressiste des Travailleurs (AKEL)


Venezuela : Pour le PCV, le niveau de la participation électorale exprime le rejet des violences de l’opposition

 

Solidarité Internationale PCF Vénézuela - Révolution bolivarienne, Amérique Latine, Impérialisme 

04 août 2017

 

Le Parti communiste du Venezuela s’est investi dans la campagne pour l’élection de l’Assemblée nationale constituante. Ce choix politique a été décidé après une analyse lucide des conditions de précipitation et d’improvisation de ce vote.

 

 

Pour le PCV, il était primordial, pour la poursuite et l’approfondissement du processus révolutionnaire bolivarien, de contrer l’opposition et sa politique de violence, soutenue par l’impérialisme, mais aussi de gagner l’audience et la représentation maximales de ceux qui portent véritablement les intérêts de la classe ouvrière. C’est d’autant plus important que des éléments de la bourgeoisie, au sein même de la direction du parti de Maduro (PSUV), opportunistes au langage souvent gauchiste, poussent vers une ligne réformiste de compromis et affaiblissent le processus révolutionnaire.

 

 

Dans une conférence de presse le 31 juillet 2017, la direction du PCV a tiré un premier bilan. Nous reprenons des articles des agences et sites AVN et Ultima Hora. Traduction MlJ pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf ».

 

Article AVN : Venezuela : Pour le PCV, le niveau de la participation électorale exprime le rejet des violences de l’opposition

 

Le Parti communiste du Venezuela (PCV) estime que l’élection de l’Assemblée nationale constituante (ANC) constitue une victoire marquante pour le peuple vénézuélien. Elle a enregistré un haut niveau de participation. Les électeurs se sont mobilisés pour rejeter le terrorisme et les menaces d’intervention étrangère.

 

Dans une conférence de presse, lundi [31 juillet 2017], Oscar Figuera, secrétaire général du PCV, a répété que l’ANC  « sera une opportunité de débattre d’une nouvelle société ».

 

Il a estimé qu’une partie des couches moyennes de la population, qui ne sont pas chavistes, « veulent empêcher une intervention étrangère contre le pays et manifester leur ras-le-bol de la violence fasciste et terroriste ».

 

Il a ajouté que ces catégories refusent que « les commandos de mercenaires terroristes de l’extrême-droite fasciste, au service de l’impérialisme américain, créent, chaque jour, des situations qui conduisent à la mort de Vénézuéliens par des actes atroces ».

 

Article Ultima Hora : « Pedro Eusse (PCV) : il est important que les travailleurs ne nourrissent pas d’illusions ». 

 

La direction du Parti communiste du Venezuela s’est exprimée après l’élection de l’Assemblée nationale constituante. Elle a participé à cet événement électoral, en alliance avec d’autres partis révolutionnaires, même si elle a exprimé son désaccord avec la forme improvisée de son déroulement.

 

Pedro Eusse, membre du Comité central du PCV, a souligné que, bien que l’on ne dispose pas [à ce moment – le 31 juillet] du taux final de la participation et que l’on ne connaisse pas quels sont les résultats définitifs et s’il y aura des députés communistes à la constituante, « nous devons mettre en avant le soutien apportés par les 8 millions de Vénézuéliens qui sont venus voter ».

 

« Il est vrai que la participation n’a pas été aussi massive qu’à d’autres échéances électorales, comme nous l’aurions voulu et comme c’était nécessaire, mais il faut garder en tête que l’opposition n’a pas participé au scrutin. Cela explique qu’il faut retrancher un nombre important d’électeurs ne se sont pas déplacés. »

 

Pour Eusse, d’une façon générale, le niveau de participation est significatif. Et même des électeurs qui ne se s’identifient pas avec le processus bolivarien ont décidé de voter pour contrer les agissements à venir du Président des Etats-Unis et la violence organisée par l’opposition. Et il s’est trouvé bien des gens qui n’ont pas pu sortir de chez eux à cause du blocage des routes par l’opposition.

 

Pour Eusse : « Le mouvement chaviste, et ceux qui ne sont pas chavistes mais révolutionnaires, comme le PCV, avaient à mettre en échec un ennemi très important, l’impérialisme américain et son principal porte-parole, le Président Donald Trump. Je pense que le message a été clair ».

 

Eusse était lui-même candidat à l’Assemblée constituante dans le collège ouvrier. Pour lui, l’ANC va être un espace de débat et de lutte idéologique. Mais elle ne va pas, à elle seule, résoudre les problèmes et garantir la paix, parce que la paix ne sera gagné qu’en vainquant le fascisme. Eusse a expliqué « qu’il est important que les travailleurs ne nourrissent pas d’illusions et ne s’accrochent pas à certains bureaucrates des administrations ou des syndicats. Parce que c’est seulement par nos luttes que nous arriverons à des solutions. Nous devons comprendre que la cause fondamentale de nos problèmes réside dans l’existence même du système capitaliste qui continue de dominer notre pays ».

 

A la fin de son intervention, Eusse a exhorté à unir les forces du « Front national de lutte de la classe ouvrière » et du « Front anti-impérialiste et populaire antifasciste » pour « transcender les luttes et faire de la bataille pour la libération, une bataille pour une véritable émancipation. »

 

4 août, 15:05 ·

Patrick Boriès a ajouté 6 photos.

2 août, 15:12 ·

 

« Ça va vous paraître très bizarre, ce que je vous dis, mais je reviens de là-bas et on rentre petit à petit dans un schéma de guerre civile. Il faut bien comprendre, parce qu’on n’a pas abordé, ça, MOI J’Y SUIS ALLÉ, LÀ, PENDANT 3 SEMAINES : LES MANIFESTATIONS DE L’OPPOSITION SONT EXTRÊMEMENT VIOLENTES. Vous avez une opposition qui défile de 10 heures du matin jusqu’à une heure de l’après-midi, et ensuite elle est remplacée par DES GROUPES DE CHOC DE L’EXTRÊME DROITE AVEC DES DÉLINQUANTS. Au Vénézuela les manifestants d’opposition sont avec un casque, sont avec un masque à gaz, sont avec des lunettes sous-marine… ils sont très équipés et c’est une violence qui n’a strictement rien à voir avec les manifestations que nous avons ici, en Europe.


Et j’insiste sur un point, c’est que bien souvent on dit : « répression des manifestations au Vénézuela, 90 morts » C’EST PAS VRAI ! Moi, en tant que journaliste, je m’insurge et je suis très en colère, dans les 90 morts, vous avez 8 policiers et gardes nationaux qui ont été tués par balles !… Vous avez 2 jeunes manifestants qui se sont fait péter avec des explosifs artisanaux… Vous avez des gens, des Chavistes qui essaient de passer une barricade et qui sont tués par balles… C’EST-À-DIRE QUE LA MAJORITÉ DES VICTIMES NE SONT PAS DES OPPOSANTS, TUÉS PAR DES FORCES DE L’ORDRE, et dans les cas de grosses bavures de manifestants qui sont victimes des forces de l’ordre, les gardes nationaux ou les policiers sont actuellement entre les mains de la justice. Donc il y a une présentation du phénomène, qui est, DE MON POINT DE VUE DE JOURNALISTE, EXTRÊMEMENT MANIPULATRICE.»


Maurice Lemoine, ancien Rédacteur-en-Chef du Monde Diplomatique.

 

https://www.rts.ch/…/linvite-de-la-redaction-maurice-lemoin…

Un très bon interview, très éclairant sur le Venezuela, en dehors de tout ce que l'on peut lire ou entendre.

 

Venezuela : l’analyse de Maurice Lemoine

Maurice Lemoine est un journaliste et voyageur engagé, rédacteur en chef de La Chronique d’Amnesty International de 1993 à 1996, avant de rejoindre le Monde diplomatique dont il a également é…

http://www.les-crises.fr/venezuela-lanalyse-de-maurice-lemoine/

 


Venezuela. Le peuple a voté oui à la paix…

 

Angèle Savino

Jeudi, 3 Août, 2017

Humanite.fr

 

ils sont « la deuxième force électorale» de Caracas : Tamayba lara, candidate, Andy Hernandez, militant, Rigel Sergent et Oliver Rivas, également candidats, portent les propositions des « Chavistes rebelles ».

Photo : Angèle Savino

 

Ils veulent faire revivre le chavisme populaire et relancer la révolution bolivarienne. Les candidats du mouvement du “chavisme rebelle” *n’ont pas été élus à la Constituante. Mais ils savourent la victoire de la paix…tout en rappelant à ses devoirs le président Maduro. Reportage à Caracas le soir du 30 juillet.

 

Caracas(Vénézuela), correspondante.

 

La place Bolivar est remplie de joie. Les militants du “chavisme rebelle” arrivent dans le centre historique de Caracas après une longue journée électorale. La foule danse au rythme d’une célèbre salsa : « Nous voulons la paix, nous ne voulons pas la guerre. Pourquoi se battre ? Nous allons nous unir et chanter pour la paix ».

 

Elias Jaua, le président de la commission présidentielle de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), arrive sur scène : « Nous avons répondu à l’oligarchie de Bogota qui a une dette envers nous : elle a trahi Simon Bolivar et l’a expulsé de sa Patrie. Nous, les Bolivariens, nous avons vaincu ceux qui ont détruit la Grande Colombie. » L’ancien ministre des affaires étrangères s’adresse indirectement au président colombien Juan Manuel Santos, le premier à ne pas reconnaître les résultats, la veille du scrutin. Il a été suivi par ses homologues péruviens et panaméens. Mais les mouvements sociaux du continent se sont mobilisés. Ils ont lancé il y a deux semaines la campagne « Venezuela, cœur de l’Amérique ».  

 

Les résultats sont annoncés par la présidente du Conseil National Électoral : plus de 8 millions de personnes ont voté « oui » à la paix. « Nous devons construire la prochaine génération de la révolution bolivarienne et rénover le chavisme. Nous sommes heureux de cette victoire politique internationale », témoigne Oliver Rivas, qui s’est présenté sur la liste territoriale de Caracas. Aucun des candidats du « chavisme rebelle » n’a été élu, la campagne électorale était trop courte. Rigel Sergent, militant du mouvement des habitants, a parcouru plusieurs quartiers populaires dimanche 30 juillet : « la mobilisation était importante, les plus pauvres continuent de soutenir la révolution. C’est la première fois que nous participons à une élection, nous sommes la deuxième force électorale à Caracas. Beaucoup de ceux qui ont gagné ont été ministres ou gouverneurs ».

 

«La mobilisation était importante. Les plus pauvres continuent de soutenir la révolution.» Rigel Sergent, Candidat.

 

« Le socialisme se conquiert en luttant, courage Président, le peuple ne renonce pas », s’exclame la foule, lorsque Nicolas Maduro apparaît : “Nous sommes préparés pour la paix, et aussi pour supporter la guerre, répond le chef d’État. Vous savez que 150 centres électoraux ont été assaillis par les paramilitaires. Mais le peuple rebelle a été courageux. 500 personnes ont traversé le fleuve Torbes, dans l’État frontalier du Tachira pour aller voter, car la route principale était bloquée.”

 

C’est l’heure de l’autocritique. Les militants du chavisme rebelle s’approchent de la scène avec une immense banderole, et répètent le refrain de leur campagne “Face aux défis, le peuple est rebelle”. Le Président reconnaît que ses partisans sont nombreux à demander d’accélérer la lutte contre la guerre économique. Oliver, Rigel, Tamayba et leur camarades interrompent le Président : « Coup de gouvernail, coup de gouvernail !  ». Silence. Nicolas Maduro les écoute. Puis il reprend : « Je vous jure que je vais lutter pour que nous corrigions nos erreurs ».

 

Tamayba avait 21 ans le 20 octobre 2012. Elle n’oubliera jamais le discours historique de Chavez sur l’élargissement du pouvoir communal. « Nous sommes organisés en assemblée permanente territoriale pour apporter nos propositions à l’ANC. Nous ne croyons pas au coup de baguette magique, il n’existe pas de recette pour construire le socialisme. Nous devons organiser et construire une constituante populaire. Ici, il existe un peuple organisé, des conseils communaux, des conseils étudiants et de travailleurs. La seule issue à la crise, c’est plus de révolution ! »

 

Face à la statue de Simon Bolivar, le président Maduro conclue son discours: “Souvenons-nous des héros Indiens Guaicaipuro, Tupac Katari, Tupac Amaru, et des commandants Fidel et Chavez, qui nous accompagnent dans cette étape de renaissance du chavisme populaire.

 

Cuba et le retour migratoire

 

mardi 8 août 2017 

Connue pour être une terre d’émigration, Cuba observe depuis plusieurs années un nouveau phénomène : celui du retour migratoire.

 

Depuis le triomphe de la Révolution cubaine en 1959, les Etats-Unis ont fait de la problématique migratoire un instrument de déstabilisation de l’île, au nom de la guerre menée contre le premier pays socialiste du continent latino-américain. Ainsi, dès les premiers jours suivant la victoire de Fidel Castro, Washington a ouvert ses portes aux partisans de la dictature de Fulgencio Batista et à l’oligarchie de l’ancien régime. De 1960 à 1969, plus de 200 000 Cubains ont émigré vers les Etats-Unis. A titre de comparaison, le total de la décennie précédente, de 1950 à 1959, s’élevait à 73 000 départs vers les Etats-Unis. [1]

 

Trois raisons expliquent cette émigration massive. Tout d’abord, historiquement, Cuba a toujours été un pays à forte émission migratoire vers le Voisin du Nord. En 1959, Cuba occupait le deuxième rang du continent américain juste derrière le Mexique. Cuba émettait une émigration plus forte que celle de tous les pays des Caraïbes réunis et que celle de toutes les nations d’Amérique centrale prises dans leur ensemble. De la même manière, aucun pays d’Amérique du Sud, ni le Brésil, ni la Colombie, ni l’Argentine n’avait une émission migratoire supérieure à celle de Cuba. Plus encore, la somme migratoire de ces trois mastodontes démographiques restait inférieure à celle de Cuba. [2]

 

Le deuxième facteur qui a favorisé l’émigration cubaine vers les Etats-Unis à partir de 1960 a été l’application de sanctions économiques sévères contre l’île dès juillet 1960, lesquelles sont devenues totales en février 1962. Elles ont imposé des conditions de vie drastiques aux Cubains et des pénuries de toutes sortes, stimulant ainsi le départ vers les Etats-Unis. Toujours en vigueur à ce jour, elles affectent toutes les catégories de la population cubaine, surtout les segments les plus vulnérables, ainsi que tous les secteurs de la société. Rejetées par la communauté internationale pour leur caractère anachronique, cruel et illégal, les sanctions constituent le principal obstacle au développement du pays. En 2016, pour la 25e année consécutive, l’Assemblée générale des Nations unies a condamné l’état de siège économique contre Cuba à une majorité écrasante de 191 voix sur 193. [3]

 

Le troisième paramètre à prendre en compte est la loi d’Ajustement cubain en vigueur depuis 1966. Cette législation spéciale, unique au monde, stipule que tout Cubain qui émigre légalement ou illégalement vers les Etats-Unis, pacifiquement ou par des moyens violents, le 1er janvier 1959 ou après, est accueilli à bras ouverts, reçoit diverses aides sociales et obtient automatiquement au bout d’un an et un jour le statut de résident permanent. A l’évidence, il s’agit là d’un formidable outil d’incitation à l’émigration légale et illégale. [4]

 

En décembre 2014, le Président Barack Obama a décidé d’établir un dialogue avec Cuba afin de tenter de résoudre par des voies pacifiques le différend qui oppose Washington à La Havane depuis plus d’un demi-siècle. Plusieurs mesures constructives ont été adoptées telles que, entre autres, l’ouverture d’ambassades dans les capitales respectives, la levée de certaines restrictions concernant le commerce (même si elle reste très limitée), la reprise des liaisons aériennes et maritimes directes entre les deux pays et la signature d’un accord migratoire entre Cuba et les Etats-Unis en janvier 2017 qui met fin à la politique de « pieds secs/pieds mouillés » – selon laquelle les Cubains qui arrivent à traverser le Détroit de Floride et à toucher le sol étasunien sont automatiquement acceptés –, ainsi qu’au Programme médical cubain, en vigueur depuis 2006 et destiné à inciter le personnel médical cubain en mission à l’étranger à déserter pour s’installer aux Etats-Unis, pillant ainsi un précieux capital humain. [5]

 

Ces mesures, ajoutées à la stabilité politique, à l’amélioration de la situation économique à Cuba et à la réforme migratoire cubaine du décret-loi 302 de 2013 qui a éliminé les obstacles bureaucratiques concernant les voyages, ont incité de nombreux Cubains installés à l’étranger à rentrer définitivement dans leur pays natal et ont considérablement réduit le nombre de sorties définitives. Ainsi, en 2016, près de 14 000 Cubains installés à l’étranger ont décidé de rentrer définitivement dans leur pays d’origine, soit un chiffre supérieur au total des années 2013 à 2015, ce qui représente une hausse de 300% en quatre ans. [6]

 

Par ailleurs, pour les années 2013-2016, le solde migratoire total, entre les entrées composées de Cubains et d’étrangers qui ont décidé de vivre à Cuba et les sorties, est de 36 000, soit un total de 9 000 départs secs par an. S’il reste négatif, ce solde a été divisé par quatre par rapport à 2012 où ce chiffre était d’environ de 35 000 sorties par an. De 2013 à 2016, plus de 670 000 Cubains ont réalisé au moins un voyage à l’étranger. Pour 78% d’entre eux, il s’agissait de leur premier voyage. Seuls 9% ont choisi de s’installer à l’étranger. [7]

 

Ces chiffres illustrent la réalité de la problématique migratoire cubaine. En effet, l’immense majorité de l’émigration cubaine est d’ordre économique et non politique. Celle-ci aspire à entretenir des relations normales et apaisées avec sa patrie d’origine. De la même manière, ils illustrent que malgré les difficultés et vicissitudes quotidiennes inhérentes à un pays sous-développé et victime de sanctions économiques, les Cubains, en majorité, restent attachés à leur pays et à leur modèle de société qui offre à la population, et surtout aux plus vulnérables, les conditions d’une vie digne et épanouie grâce à un accès universel aux biens de première nécessité, à l’éducation, aux soins et à la culture ainsi que la sécurité et le bien-être.

 

Salim Lamrani le 31/07/2017

Transmis par Linsay


Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

 

Son nouvel ouvrage s’intitule Fidel Castro, héros des déshérités, Paris, Editions Estrella, 2016. Préface d’Ignacio Ramonet.

 

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[1Department of Homeland Security, «  2008 Yearbook of Immigration Statistics  », Office of Immigration Statistics, août 2009. http://www.rougemidi.fr/plugins/auto/sarkaspip_3x/images/lien_out.gif") right center no-repeat transparent;">https://www.dhs.gov/xlibrary/assets/statistics/yearbook/2008/ois_yb_2008.pdf(site consulté le 31 juillet 2017)

[2Ibid.

[3Salim Lamrani, Etat de siège : les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Editions Estrella, 2011.

[4Salim Lamrani, Cuba : les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013. Voir chapitre «  l’émigration cubaine vers les Etats-Unis  ».

[5Cuba/Etats-Unis, «  Declaración conjunta Cuba-EEUU sobre temas migratorios  », 12 janvier 2017. http://www.rougemidi.fr/plugins/auto/sarkaspip_3x/images/lien_out.gif") right center no-repeat transparent;">http://www.cubadebate.cu/noticias/2017/01/12/declaracion-conjunta-cuba-eeuu-sobre-temas-migratorios/#.WX7kUmdds_Z (site consulté le 31 juillet 2017).

[6Oscar Figueredo Reinaldo, Aynel Martínez Hernández & Cinthya García Casañas, «  De ida y de regreso : Miradas a la migración en Cuba  », Cubadebate, 15 juin 2017. http://www.rougemidi.fr/plugins/auto/sarkaspip_3x/images/lien_out.gif") right center no-repeat transparent;">http://www.cubadebate.cu/especiales/2017/06/15/de-ida-y-de-regreso-miradas-a-la-migracion-en-cuba-video/#.WUPSp3pds_Y (site consulté le 15 juin 2017).

[7Ibid.

Caracas, qui tue qui ?

Publié le 9 Août 2017

Et qui organise quoi.

La peste brune encore une fois

Qui l'arme 

Missing à Caracas. 

 

Caracas, qui tue qui ?

 

Sous la pression d'une lame de fond médiatique identique  à celles qui déferlèrent contre l'Unité populaire chilienne de mars à aout 73 ou pour soutenir à Kaboul les Talibans ou Massoud  contre une invasion qui, soviétique, était abominable quand les Marines US libéraient la Grenade  au M16 armait la contra  en Amérique Centrale, réprimait en direct au Panama, pour ne rien dire de la Syrie de la Libye ou encore font les yeux de Chimène aux nazis ukrainiens installés par l'OTAN à Kiev, beaucoup s'interrogent (La Canaille aussi) sur la réalité des événement.

 

Juste pour rappeler la sélectivité des indignations.

 

Au Venezuela, Nous sommes dans une situation de pré-guerre civile.

 

Qui tue qui ? Quelle légitimité des gouvernements élus et réélus?

 

Qui déstabilise qui?

 

Avec quelles armes ?

 

Caracas, qui tue qui ?

 

Au dernier bilan officiel des victimes de la crise au Venezuela, il est inintéressant de regarder comment se répartissent les victimes, cela donne indication sur l'origine de la violence :

 

13 militants "chavistes" assassinés

 

5 policiers tués

 

30 passants tués par les émeutiers

 

48 morts par balles et 13 assassinats durant les émeutes

 

10 personnes mortes sur des barricades

 

5 personnes tués par la police.

Voici la réalité des morts au Vénézuéla depuis que l'extrême-droite vénézuélienne (soutenue financièrement et fournie en armes par les USA) sème la terreur dans le pays.

 

PS : sur le référendum à Caracas rappelons qu'en France les 42% de votants sont considérés comme une grande victoire de la démocratie en juin quand 42% de votants au Venezuela en juillet serait une défaite pour le gouvernement bolivarien.

 

Comme le disait ce bon Albert :

Caracas, qui tue qui ?

P- S : Parmi les indignés montant au créneaux contre Maduro, on retrouve aussi ceux aujourd'hui chenus mais qui portaient déjà BHL ceux qui ont dénoncé le Vietnam quand celui ci est venu libérer le peuple cambodgien de la dictature de Pol Pot.

 

La sommes et la diversité de ces "parrainages" devraient faire réfléchir.



Rédigé par Canaille Lerouge

Lette ouverte aux Révolutionnaires insurgés de la Sierra Facebooka

 

Publié le 8 Août 2017

Pourquoi maintenant ouvrir l'oeil,

le droit

et si tard ? 

 

Lette ouverte aux Révolutionnaires insurgés de la Sierra Facebooka

 

Depuis quelques semaines, les feux de camps des avant-gardes maquisardes de la démocratie piaffe de colère devant la situation à Caracas (qui n'est pas tout le Venezuela).

 

La situation vous insupporte ? Elle est surtout  insupportable pour le peuple Venezuelien.

 

Même si il ne faut défendre que ce qui est défendable, combien serait plus crédibles celles et ceux qui aujourd'hui dénoncent le gouvernement Venezuelien s'ils avaient montré la même détermination et mobilisation à protester contre le blocus économique, les actions ouvertes de subversion de l'intervention publique du ci-devant Juan Carlos dit "little Franco" de Madrid invectivant en public les chef d'états d'Amérique du Sud principalement Chavez et Lula ou le financement par la filière de Miami de toutes les subversions armées.

 

A ce moment messieurs dames les donneurs de leçon, que faisiez-vous ? Canaille le Rouge n'a pas souvenir de vous avoir vu nombreux lors des rassemblement au pied de la statut de Bolivar à Paris pour exprimer votre solidarité.

 

Il est vrai que certains d'entre vous (heureusement pas tous) étaient mobilisés pour soutenir les putschistes de Kiev et leur référence idéologique aux accent nazis prononcés.

 

D'autres attendaient sabre au clair derrière Fabius comment soutenir les maquisards syriens qui se sont révélés n'être que vitrines reloockée d'alqaïda ou autre officine théofasciste.

 

Les parents des précédents quittaient les terrasses du boulevard St Germain pour filer au Trocadéro soutenir avec enthousiasme tant ces "étudiants" de kaboul certes un peu sectaires et turbulents que le Commandant Massoud qui tous ont en coeur massacré les communistes, les démocrates les laîcs, les artistes les poètes les écrivains, l'école le système de santé dont on mesure où ils ont conduit l'Afghanistan aujourd'hui et la régression magistrale et historique que par le sang ils ont imposés aux femmes en particulier.

 

A ceux qui ne supportent pas d'être associé aux précédent (pas de la faute de Canaille le Rouge si certains parcours le temps et l'histoire en proximité avec eux), quand l'impérialisme mettait en route la machiner à broyer les démocrates en Amérique du sud, qu'écriviez-vous, que disiez-vous ? Quelle pétitions et interpellations lanciez-vous ?

 

Les mêmes enfin leur cousins du cônes sud qui promettent le même traitement aux progressistes à la classe paysanne et ouvrière venezuelienne vont-il conserver votre soutien? Allez vous persister à justifier vos positionnement en refusant d'entendre ce que dit un pouvoir légitimé par les urnes depuis des années ? 

 

Quand une opération monté de toute pièce  par les frères de ceux qui sont à l'oeuvre à Caracas, aidé par l'oncle Sam et les héritier de Franco et Salazar, contre le pouvoir démocratiquement élu au Brésil a déstabilisé et renversé qu'avez vous fait, dit, organisé ?

 

Il y a 44 ans, vos aînés faisaient pareil avec le gouvernement chilien lui donnant des leçons depuis la rue de la Huchette  ou le square Montholon avant quatre mois plus tard de dénoncer ce Pinochet qu'ils avaient contribué à légitimer au plan international.

 

Aujourd'hui le seul choix c'est Trump et ses séides (voir ses trois dernières déclarations sur le sujet) ou Maduro.

 

Les barricades n'ont que deux côtés. 

 

Venezuela: Partido Comunista de Chile legitima el gobierno de Maduro y critica a la Cancillería chilena

 

https://www.publimetro.cl/cl/noticias/2017/07/31/venezuela-partido-comunista-chile-le

 


En supplément B.T : Le PCV (Parti communiste du Venezuela) ignoré de l'Humanité (c'est une constance), mais aussi de nos amis José Fort, et Jean Ortiz.


https://prensapcv.wordpress.com/

 

Venezuela, E=MC2, suite

 

Publié le 31 Juillet 2017

Pour donner quelques repères 

 

Venezuela , E=MC2 , suite

 

L'ex premier ministre appelle " la communauté internationale à réagir " non pas contre les Emirats ou l'Arabie saoudite mais contre Maduro.

 

En France, la totalité de ceux qui montent au créneau contre le référendum au Venezuela ont applaudit à l'usage par le précédent du 49.3.

 

Le pensionnaire de l'Elysée qui organise la casse du droit social par décrets et ordonnances a été élu avec 13% des inscrits. La majorité de la presse hurle à la dictature à Caracas. Même Médiapart surenchérit sur le Monde en parlant de coup de force de Maduro quand la droite assassine à Caracas.

 

Au Etats Unis, celui qui a été élu avec moins de voix que sa concurrente braille comme un veau qu'on égorge parce que ses poulains ont été défait par les urnes et annonce une intervention.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Venezuela, E=MC2

 

Publié le 31 Juillet 2017

Rapporté au pourcentage d'inscrits,

il y a eu plus de votants le 30 juillet 2017

au Venezuela

que le 7 mai 2017

en France.

Et beaucoup plus de votes pour Maduro

que pour Touthenmakron.

Le pensionnaire de l'Elysée doit-il partir ? 

Venezuela, E=MC2

Rédigé par Canaille Lerouge

Dimanche, le Venezuela tiendra une élection générale pour élire les participants à une assemblée constitutionnelle. La moitié des représentants seront élus dans les circonscriptions électorales ordinaires. L’autre moitié sera élue par et parmi huit groupes spécifiques de « travailleurs », « agriculteurs », « employeurs », etc. La deuxième méthode d’élection est peut être inhabituelle, mais elle n’est pas moins démocratique que le système américain qui donne plus de poids aux électeurs des états ruraux qu’aux électeurs citadins.

 

La nouvelle assemblée proposera des modifications à la constitution actuelle. Ces changements seront votés par tout le pays. Il est probable que les résultats viendront conforter les politiques que la grande majorité des gens et le gouvernement social-démocrate dirigé par le président Maduro privilégient.

 

La partie la plus riche de la population ainsi que les lobbies et les gouvernements étrangers ont essayé d’empêcher ou de saboter les prochaines élections. Les États-Unis ont utilisé divers modes de pression économique contre le gouvernement vénézuélien, y compris la guerre économique et l’augmentation des sanctions. L’opposition a organisé de violents rassemblements de rue, a attaqué des institutions et les partisans du gouvernement et a appelé à des grèves générales.

 

Mais les photos de propagande du NYT des rassemblements de l’opposition dans la capitale de Caracas ne montrent que de petits groupes de quelques dizaines à quelques centaines de jeunes souvent violents. Les appels de l’opposition à des grèves générales ont eu peu de résonance comme est obligé de le reconnaître même le Washington Post dont on connait la position fiévreusement anti-Maduro :

Dans la moitié la plus riche de l’est de la ville, la plupart  des entreprises ont fermé pour soutenir la grève appelée par l’opposition, pour boycotter le vote et obtenir son annulation.

 

Les principales autoroutes de la capitale ont été en grande partie  fermées au début de la matinée, et des rapports ont été publiés sur le fait que la police nationale envoyait des gaz lacrymogènes sur les grévistes dans le centre. Dans les quartiers les plus pauvres de l’ouest, la grève a semblé moins prononcée,  avec plus d’entreprises ouvertes et plus de personnes dans les rues.

 

(Traduction de la propagande du WaPo : « Même les quartiers riches de la ville occupés par l’opposition n’ont pas été entièrement fermés. Les tentatives de l’opposition de bloquer les routes centrales ont été contrecarrées par la police. Dans les quartiers les plus pauvres de la ville, l’appel à la grève de l’opposition a tout simplement été ignoré. ») L’opposition n’est vivace que dans les couches les plus riches de la population et seulement dans quelques grandes villes. Les régions rurales pauvres ont vu leur situation s’améliorer sous les gouvernements sociaux-démocrates et elles continuent de les soutenir.

 

Dans une interview du New York Times d’hier, le lobby du « changement de régime » du Bureau de Washington sur l’Amérique latine (WOLA) a indiqué les étapes de la prochaine guerre contre le Venezuela :

 

Depuis le plébiscite, l’opposition au Venezuela a pris des mesures pour établir un gouvernement parallèle. Cela pourrait rester une initiative symbolique. Mais si l’opposition continue dans cette voie, elle recherchera prochainement la reconnaissance et le financement de l’étranger, et revendiquera, au moins implicitement, le monopole légitime de l’emploi de la force pour le gouvernement parallèle. Ensuite, elle cherchera à se procurer ce dont chaque gouvernement a besoin : des armes pour se défendre. Si elle réussit, le Venezuela pourrait s’enfoncer dans une guerre civile à côté de laquelle le conflit actuel apparaîtra comme une chamaillerie d’écoliers.

 

(Le WOLA a également participé au coup d’Etat de Hillary Clinton au Honduras).

 

La CIA ne fait pas mystère de ses plans :

 

Le directeur de la CIA, Mike Pompeo, a donné un indice des plus clairs de l’ingérence de Washington dans la politique de l’Amérique latine, en disant qu’il espérait qu’il pourrait y avoir une transition politique au Venezuela, et que la CIA faisait de son mieux pour comprendre la dynamique qui était à l’œuvre là-bas.

 

Il a ajouté : « J’étais à Mexico et à Bogota il y a quinze jour pour parler de cette question, et essayer de les aider à comprendre ce qu’ ils pourraient faire pour obtenir de meilleurs résultats pour leur partie du monde et notre partie du monde. »

L’article explique :

 

Au Venezuela, [le gouvernement des États-Unis] a cherché à affaiblir les gouvernements élus de M. Maduro et de son prédécesseur, Hugo Chavez, qui a été chassé brièvement lors du coup d’Etat de 2002. Pour cela nous avons soit financé de groupes d’opposition par le biais d’organisations telles que la Fondation nationale pour la démocratie, soit seulement diffusé de la propagande.

 

En mai 2016 , des responsables américains non identifiés ont déclaré à des journalistes, lors d’un briefing, que le Venezuela s’enfonçait dans une « crise » qui pourrait se terminer dans la violence.

 

On peut en conclure que la violence qui va éclater au Venezuela ne sera pas due à une action spontanée de l’opposition, mais à la mise en œuvre d’un plan qui a vu le jour depuis, au moins, mai 2016. Il suivra probablement le scénario des révolutions de couleur mises en oeuvre par la force, par les États-Unis, dans plusieurs pays au cours de la dernière décennie. L’approvisionnement en armes et le soutien mercenaire de l’opposition arriveront par et à travers les pays voisins du Venezuela dans lesquels le responsable de la CIA vient de se rendre.

 

L’élection de l’assemblée constitutionnelle se déroulera comme prévu. L’opposition tentera de le saboter et, si elle n’y parvient pas, de recourir à la violence. Armes, conseils tactiques et soutien seront fournis par la CIA.

 

Le gouvernement vénézuélien est soutenu par beaucoup plus d’électeurs que l’opposition de droite alignée sur les États-Unis. L’armée n’a montré aucun signe de déloyauté envers le gouvernement. Normalement, toute tentative de renverser du gouvernement devrait échouer.

Les États-Unis peuvent nuire encore plus au Venezuela en interdisant l’importation de pétrole vénézuélien aux Etats-Unis. Mais cela augmenterait probablement le prix de l’essence aux États-Unis. Cela gênerait le Venezuela dans un premier temps, mais il y a de la demande pour le pétrole et il trouverait vite d’autres clients.

 

Il y a des tentatives pour renverser le gouvernement vénézuélien depuis la première élection d’un gouvernement plus ou moins socialiste en 1999. Le coup d’État organisé par les États-Unis en 2002 a échoué parce que le peuple et l’armée se sont opposés à cette ingérence flagrante. Les méthodes de « changement de régime » ont évolué depuis, avec, maintenant, le soutien, à partir de l’extérieur, d’une « opposition démocratique » militante. Cette méthode a réussi en Libye et en Ukraine mais a échoué en Syrie. Je suis convaincu que le gouvernement du Venezuela a pris la mesure de ces précédents et s’est préparé à contrer une tentative similaire.

 

Les États-Unis viennent d’ordonner aux familles des employés de leur ambassade de quitter le pays. Ils ne prennent ce genre de mesure que lorsqu’ils ont toutes les raisons de penser qu’il va se passer quelque chose de grave.

 

Moon of Alabama

»» http://www.moonofalabama.org/2017/07/countdown-to-war-on-venezuela.html
URL de cet article 32143 

Comment expliquer en 2017 le prestige têtu de Che Guevarra, la fascination qu’il exerce encore et toujours ? Le nouvel ouvrage de Jean Ortiz propose une analyse et un point de vue fournis et argumentés, à contre-courant des poncifs et des contre-vérités qui ne manqueront pas de ressurgir en ce cinquantième anniversaire de son assassinat.

 

Il est évident que se joue sur cette figure du combat anticapitaliste comme dans son legs au mouvement pour l’émancipation humaine, une bataille toujours aussi féroce entre les classes dominantes et les « changeurs » de monde. Plus qu’une œuvre pour mémoire, puissent ces pages contribuer à l’utopie nécessaire aujourd’hui autant qu’hier. Che incarne l’idéal d’une révolution désirable, affranchie de tout modèle. Le lecteur découvrira ses réflexions visionnaires sur l’Union soviétique, la place centrale qu’il accorde à l’éthique en politique, à l’engagement total, altruiste, au rôle de l’individu dans le processus révolutionnaire. « C’est sans doute la première fois, écrit-il, qu’un système socialiste [à Cuba] met l’homme au centre [...]. »

 

Disponible en prévente en exclusivité sur le site d’Arcane 17

 

Sortie officielle en librairie le 12 juillet 2017

 

Format : 
Livre
Modèle : 
Broché, 244 pages
ISBN : 
9782918721604
Parution : 
2017-07

»» http://www.editions-arcane17.net/content/vive-le-che
URL de cet article 32139 

 

“Le peuple du Venezuela est le dépositaire du pouvoir constituant originel. Dans le cadre de l’exercice de ce pouvoir il peut convoquer une assemblée nationale constituante dans le but de transformer l’État, créer un nouvel ordonnancement juridique et rédiger une nouvelle Constitution”. Art. 347, Constitution de la République Bolivarienne du Venezuela.

Dimanche prochain, dans chacun des États du pays caraïbe, se tiendront les élections en vue de la convocation de l’Assemblée Nationale Constituante. C’est l’appel au Pouvoir Constituant Originel, qui aura la tâche d’élaborer une nouvelle Constitution, améliorant celle de 1999 qu’a impulsée le Commandant éternel Hugo Chávez Frías. Voyons de quoi il s’agit.

 

Le 1er mai, à l’occasion d’un nouvel anniversaire de la Journée Internationale des Travailleurs, dans le cadre d’une escalade de la violence fasciste menée par l’opposition politique et économique interne et externe qui a commencé en avril, le Président Nicolás Maduro a appelé le Pouvoir Originel à débattre d’une nouvelle Constitution pour surmonter les problèmes que traverse la République Bolivarienne du Venezuela. La convocation se fonde sur l’article 347 de la Constitution de la République Bolivarienne du Venezuela, et en conformité avec les articles 70, 236-1 et 347 de la Constitution, dans le but de garantir la paix dans le pays face aux circonstances sociales, économiques et politiques actuelles, où la Révolution Bolivarienne se trouve menacée à l’intérieur comme à l’extérieur par des éléments antidémocratiques. Le peuple, en tant que Pouvoir Constituant Originel, devra exprimer sa volonté et son engagement à défendre les acquis sociaux et les droits conquis au cours de ces 18 années. 

 

Quels seront les objectifs de l’ANC ?

 

La nouvelle Constitution aura des problèmes urgents à résoudre, ce qui n’implique pas que ce soient les seuls : une fois que sera constituée l’ANC, d’autres sujets de préoccupation pourront se présenter, et devront être traités par ce Pouvoir Originel. Quels sont ces thèmes prioritaires ?

  • La paix. Une convocation au dialogue national pour contenir la violence, reconnaissant la nouvelle réorganisation de l’État, rétablissant la coordination des pouvoirs publics, et pour garantir le plein fonctionnement de l’État démocratique.
  • L’amélioration du système économique national vers un “Venezuela puissance”, qui développera un nouveau modèle d’économie post-pétrolière, mixte, productive, diversifiée, intégratrice. Créatrice d’outils pour dynamiser le développement des forces productives, ainsi que d’un nouveau modèle de distribution transparent qui puisse satisfaire aux besoins de toute la population.
  • La constitution des Missions et grandes Missions Socialistes, assurant le développement de l’État démocratique, social, de droit et de justice, vers un État du Suprême Bonheur Social. Faire croître le droit à la pleine jouissance et au plein exercice des droits sociaux du peuple.
  • Élargissement des compétences du système judiciaire, , pour en finir avec les crimes et délits impunis, particulièrement ceux commis contre les personnes, ainsi que ceux qui sont commis contre la Patrie et la société, comme la corruption, la contrebande aggravée [contrevenant à la loi dite des « Precios Justos », Prix Justes, NdT], la spéculation, le terrorisme, le trafic de stupéfiants, la promotion de la haine sociale et l’ingérence extérieure.
  • La démocratisation des nouvelles formes de la démocratie participative et protagoniste , à partir de la reconnaissance des nouveaux acteurs du Pouvoir Populaire, comme les Communes et les Conseils communaux, les Conseils de Travailleurs/Travailleuses, ainsi que les espaces territoriaux et sociaux d’organisation.
  • Défense de la souveraineté nationale et protection de la Nation contre l’ intervention étrangère, en élargissant les compétences de l’ État pour préserver la sécurité des citoyens, assurer la garantie de l’exercice intégral des droits humains, la défense de l’indépendance, la paix, l’immunité et la souveraineté politique, économique et territoriale du pays. La consolidation d’un monde multipolaire et polycentrique qui garantisse le respect du droit et de la sécurité au plan international.
  • Caractère pluriculturel de la Patrie, développant les valeurs spirituelles et reconnaissant toutes et à tous comme citoyens vénézuéliens, dans leur diversité ethnique et culturelle, comme garantie de cohabitation pacifique, contre la haine sociale et raciale d’une minorité de la société.
  • Les droits de la jeunesse, l’utilisation libre et consciente des technologies de l’information, le droit à un travail digne qui libère leur créativité, la protection des jeunes mères, l’accès à un premier logement, et la reconnaissance de leurs goûts et de leur pensée.
  • Préservation de la vie de la planète, en protégeant la biodiversité et le développement d’une culture écologique.

Il y a des articles dans la Constitution de 1999 qui prévoient la convocation d’une Assemblée nationale Constituante. L’Article 347 dit que “le peuple est le dépositaire du pouvoir constitutionnel originel”. L’Article 348 stipule que l’ ANC peut être convoquée par le Présidente ou la Présidente de la Nation, entre autres. Et à l’article 349, il est clairement stipulé que les pouvoirs constitués ne pourront s’opposer aux décisions de l’ANC. Nicolás Maduro convoque le Pouvoir Constituant pour mettre en place l’ANC comme organe de participation et de protagonisme, qui devra exprimer la voix des différents secteurs de la société. La constitution de l’ANC obéira à la structure géopolitique de l’État fédéral et décentralisé, sur la base de l’unité politique primaire de l’organisation territoriale consacrée par la Constitution.

 

C’est le devoir de l’ANC de garantir l’État Social de droit et de justice, ainsi que de canaliser l’exigence populaire de ceux qui réclament que leurs droits et leurs acquis bénéficient d’une garantie constitutionnelle, en perfectionnant le développement humaniste du modèle économique, politique et juridique, contenu dans, et consacré par la Constitution.

Comment seront élus les candidats/es à l’ANC ?

 

Les candidats à l’ ANC seront élus dans leurs territoires et secteurs respectifs sous la supervision du CNE (Conseil national électoral, NdT), par le suffrage universel, direct et secret.

 

Au total l’ANC sera composée de 545 membres : 364 pour les territoires, 181 pour les différents secteurs, et 8 représentants indigènes.

La représentation territoriale sera d’un représentant pour chacune des municipalités du pays et deux pour chaque capitale d’État.

 

Nombre d’élus par État et entité territoriale : Anzoátegui, 22 ; Apure, 8 ; Aragua, 19 ; Barinas, 13 ; Bolívar, 12 ; Carabobo, 15 ; Cojedes, 10 ; Distrito Capital (Caracas), 7 ; Falcón, 26 ; Guárico, 16 ; Lara, 10 ; Mérida, 24 ; Miranda, 22 ; Monagas, 14 ; Nueva Esparta, 12 ; Portuguesa, 15 ; Sucre, 10 ; Táchira, 30 ; Trujillo, 21 ; Yaracuy, 15 ; Zulia, 22 ; Amazonas, 8 ; Delta Amacuro, 5, et Vargas, 2.

 

Secteurs et nombre de candidats à élire : 79 travailleurs et travailleuses ; 8 agriculteurs/trices et pêcheurs/euses ; 24 étudiants/es ; 5 personnes handicapées ; 8 peuples indigènes ; 28 retraités ; 5 entrepreneurs ; 24 Communes y Conseils Communaux.

 

En convoquant l’Assemblée Nationale Constituante, la République Bolivarienne mise sur le dialogue et la paix. Sur la victoire contre la violence fasciste, incarnée dans l’opposition politique et économique, locale et internationale, soutenue par la propagande impérialiste et quelques gouvernements complices, et par les groupes paramilitaires présents aujourd’hui au Venezuela. C’est une décision souveraine qu’elle confie à ceux sur qui le processus politique repose depuis maintenant 18 ans : le peuple organisé. C’est le seul qui puisse affronter les problèmes qui frappent cette nation sud-américaine, comme la guerre économique, la violence, la corruption, etc. C’est le peuple souverain, par sa participation comme protagoniste à l’ANC, approfondira et améliorera la Constitution de 1999, et continuera à porter l’héritage du Commandant Chávez. L’Amérique latine ne peut qu’appuyer, en ces temps difficiles, ce processus politique qui nous a rendu l’espoir dans le rêve auquel nous ne saurions renoncer, celui d’une Grande Patrie juste, libre et souveraine.

 

ALBA Movimientos

source : http://www.albamovimientos.org/2017/07/venezuela-asamblea-nacional-con...

Traduit par Jacques Boutard

»» http://www.tlaxcala-int.org/article.asp++cs_INTERRO++reference=21055
URL de cet article 32136 

 

Dans quelques heures le Venezuela peut être plongé dans un bain de sang par ceux qui, nationalement et internationalement, ne supportent pas que les pauvres refusent de le rester, et qui voudraient faire main basse sur les énormes réserves en hydrocarbures du pays. L’enjeu géopolitique dépasse Caracas.

Les secteurs majoritaires et d’extrême droite de l’opposition connue comme « Table d’union démocratique » (MUD en espagnol) tentent de bloquer le pays pour empêcher les élections à l’Assemblée constituante et en appeler à l’intervention de Washington. Le président TRUMP et la CIA ont prévenu : s’il y a vote, « l’empire » prendra des sanctions immédiates contre le droit à l’auto-détermination d’un peuple.

 

Ce qui se joue au Venezuela aujourd’hui, quelles que soient les erreurs qu’ait pu commettre le président Maduro, a et aura des répercussions continentales et internationales lourdes. Washington (soutenu en sous-main par l’Union européenne) s’apprête à violer la souveraineté du Venezuela. Ils tentent de provoquer une rupture dans l’armée. Pour les États-Unis, le Venezuela bolivarien constitue « une menace pour la (sa) sécurité ». La formule est de ce « bon » président Obama.

 

Le Venezuela redevient le cœur de la stratégie impérialiste. Il doit plus que jamais faire battre le cœur de tous les démocrates. Le Haut commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’homme vient d’appeler à « garantir la paix » afin que le vote de l’Assemblée constituante, le 30 juillet, se déroule en toute normalité. Les médias vénézuéliens, qui appartiennent très majoritairement à l’oligarchie, et leurs clones français, soufflent sur le feu au lieu de calmer le jeu, hurlent à « la dictature » parce que le gouvernement Maduro a interdit les manifestations pour que le vote ait lieu en toute tranquillité, et éviter que le sang coule davantage.

 

L’opposition, nous serions tenté d’écrire la « subversion », refuse de participer à la consultation. Elle a préalablement et illégalement organisé, un vote parallèle et bidon où elle aurait obtenu plus de 7 millions de suffrages. Aucune vérification, aucun comptage sérieux n’ont pu avoir lieu. Listes électorales « maison » et bulletins de vote ont été monopolisés, puis brûlés.

 

Les principaux chefs de l’opposition veulent aujourd’hui, après trois mois et demi d’insurrections localisées, surtout dans les quartiers riches, en découdre, quel qu’en soit le prix. Les opposants sont devenus des émeutiers. Depuis l’élection, avec une courte majorité, du président Maduro, en 2013, l’opposition se refuse à reconnaître la légitimité du président. Cette attitude putschiste rappelle et dépasse le « golpe » contre Chavez de 2002. Et pourtant ...

 

L’élection d’une Constituante, l’élargissement de la démocratie, la consultation de l’ensemble de la population, dans un processus de fond, constituent bien l’un des derniers atouts, sans doute, pour le vivre ensemble, dans un pays aujourd’hui déchiré, au bord du gouffre. La révolution veut modifier la Constitution de 1999, y ajouter les acquis sociaux reconnus par les institutions internationales. Malgré l’effondrement économique, la révolution est parvenue à maintenir les grandes « Missions » sociales. Peu en parlent. La pénurie sur des produits ciblés, sur des médicaments, certes cruelle, organisée essentiellement par le patronat, est sur-médiatisée. Et pourtant les chiffres, eux, parlent... L’indice de développement humain du Venezuela était en 2015 de 0.767, 71e rang sur un ensemble de 188 pays. De 1990 à 2015, l’espérance de vie à la naissance a augmenté de 4,6 années. La santé et l’éducation (gratuites) restent des priorités, malgré la profonde crise économique et politique.

 

Le Venezuela ne doit pas être le Chili. L’expérience a prouvé que tout blocus affecte surtout les populations civiles et se retourne finalement contre ses promoteurs. Cuba a plus que prouvé et éprouvé les voies de la résistance pratique, concrète, au quotidien.

 

Les niveaux atteints par la désinformation ne sauraient nous détourner de notre devoir d’internationalisme. L’internationalisme, disait le Che, c’est la solidarité de classe des exploités.

 

Jean Ortiz

URL de cet article 32135 

Le chemin de la révolution est encore ouvert

 

Interview avec Carolus Wimmer, secrétaire international du PC de Venezuela (PCV)


Lars Mörking s’entretient avec Carolus Wimmer
Publié dans le journal « Unsere Zeit » (UZ), le 21.07.2017
Traduit par Alexandra Liebig

 

Merçi à Alexandra qui nous a transmis ce texte. Celui-çi aurait toute sa place dans le journal l'Humanité, mais n'est-ce pas là rêver ? En effet l'Humanité est aux antipodes d'un journal communiste, et même pour une part frôle avec l'anti communisme. 

 

UZ : Comment est la situation aujourd’hui en Venezuela, à la veille de l’assemblée constituante qui aura lieu le 30 juillet ?


Carolus Wimmer: La situation s’aggrave beaucoup. Il y a plusieurs raisons. Effectivement, les élections pour l’assemblée constituante sont un moment qui est aussi important pour les Etats-Unis.


On entend qu’ils veulent trouver une solution jusqu’au 30 juillet pour le problème Venezuela, la question du pouvoir qu’ils ont avec le gouvernement de Venezuela,. Mais il n’est pas nécessaire d’être pessimiste, car enfin, ils essayent, depuis 18 ans, de changer la ligne politique que le peuple de Venezuela a prise. Il est un bon signe pour notre lutte que le pouvoir militaire impérieux des Etats-Unis ne peut pas exaucer tous ses désirs. Nous sommes pleinement confiants que ce seuil, les élections du 30 juillet, puisse aussi être franchi. Si nous disons que la situation est dangereuse, c’est en sachant comment les Etats-Unis ont agi en Libye, en Afghanistan, en Syrie, où le pays est tout simplement bombardé. Des choses comme ça, ils peuvent les faire sans difficulté.


UZ : Quelle importance ont les élections pour l’assemblée constituante ?


Carolus Wimmer: En tant que parti communiste, nous avons décidé de participer aux élections pour l’assemblée constituante et voulons former une alliance aussi large que possible. Tout dépend vraiment de l’assemblée constituante et de sa composition. Celui qui a la majorité dans cette assemblée a aussi l’autorité, le pouvoir, la force de tout changer. Une majorité des forces de la droite serait théoriquement possible. Cela signifierait que beaucoup de droits sociaux existants, obtenu de haute lutte, seront obsolètes d’un jour à l’autre. On pourrait avoir aussi un nouveau gouvernement. La poursuite des communistes et des forces progressistes seraient possible. Le résultat est ouvert, et bien sûr que cela cache des dangers.


UZ : De quelle manière vous approchez-vous en tant que parti communiste des élections ?


Carolus Wimmer: D’abord, nous tentons à assurer qu’une grande partie des futurs députés viendront de la classe ouvrière. C’est une question des rapports majoritaires et aussi une question de la classe. Pour ce problème, il n’y a pas encore une solution, en Venezuela. Beaucoup d’erreurs faites ont leur cause dans le fait que des personnalités dirigeantes du Parti socialiste (PSUV) et aussi du gouvernement viennent de la petite bourgeoisie et se montrent parfois très radicalement, mais puis, ils pensent très égoïstement et individualisés.


UZ : L’opposition, participe-t-elle aux élections ?


Carolus Wimmer: D’abord, l’opposition a annoncé de ne pas vouloir participer aux élections. Cela signifierait que l’élection serait gagnée d’avance. C’était déjà une fois comme ça, en 2005, quand l’opposition a retiré au dernier moment tous ses candidats aux élections parlementaires. Ils l’ont justifié en disant que le Venezuela était une dictature et des élections libres étaient impossibles.

 

A l’époque, cela a complètement échoué. Nous étions pratiquement sans opposition au parlement, pendant cinq ans. Cela pourrait se passer de nouveau comme ça.


Mais les temps ont changé. Si cela signifie que les émeutes dans les rues se poursuivent, qu’on ne se rend pas maître d’elles, l’assemblée peut décider de milliers de choses, mais peut-être, qu’elles ne puissent pas être réalisées. Puis, cela deviendra une épreuve de force.


UZ : Qu’est-ce que tu dis aux protestations ? L’opposition, quelle force a-t-elle actuellement ?


Carolus Wimmer: La constitution donne le droit de protester à chacun. Mais ces destructions de tout ce qui est d’une manière ou d’autre social ou public, ces attaques aux institutions sociales, la dévastation des maternelles, les attaques aux maisons et leur destruction , des attaques aux dépôts de denrées alimentaires, à tous ce qui est public comme les transports – ce ne sont pas des protestations. Il faut le maîtriser. C’est la tâche du gouvernement.


Actuellement, l’opposition n’a pas la majorité claire dans la population. L’opposition a gagné les élections parlementaires, il y a deux ans. Nous avons analysé qu’il s’agit plutôt d’une élection de protestation contre les erreurs ainsi qu’une expression d’insatisfaction envers le gouvernement. En conséquence, le champ du gouvernement a perdu beaucoup d’électeurs, presque 3 millions de suffrages. Ces personnes sont très critiques – chez nous, on les appelle les Chavistes, donc ils suivent les idéaux de Hugo Chavez. En critiquant, ils n’ont pas voté pour l’opposition, mais ils ne sont pas allés aux urnes. Cette perte des voix a mené à la victoire électorale de l’opposition qui a gardé environ tous ses électeurs.

 

UZ : Que reprochent les Chavistes au gouvernement ?

 

Carolus Wimmer: La corruption, la bureaucratie et l’inefficacité. Ce sont des manques qui sont activement combattu par de larges parties de la population. Cela donne aussi d’espoir pour notre lutte, aussi pour le parti communiste, car nous voulons poursuivre le chemin révolutionnaire. Le peuple veut plus de la révolution et aucune contrerévolution. Quant au gouvernement et le Parti socialiste, il existe déjà des cercles qui veulent en ce moment prendre le chemin réformiste de la démocratie bourgeoise.


UZ : Qu’est-ce qu’il s’est passé avec des projets comme les coopératives qui ont été financées par l’Etat ? Est-ce la corruption qui a empêché le succès de ces projets ? Pourquoi le pétrole est toujours si important pour Venezuela et la dépendance aux importations si grande ?


Carolus Wimmer: Le pétrole, c’est l’argent facile. Tous les gouvernements ont dit qu’il faut faire le pays plus productif. Il a existé la devise : « semer le pétrole », c’est-à-dire le faire productif dans l’agriculture et l’industrie. On a fait quelque chose, mais c’est comme ça avec les êtres humains. Si tu as la possibilité de faire de l’argent facile, pourquoi dois-tu travailler durement pour cela ? C’est la contradiction dialectique qu’on ne peut résoudre normalement que par la révolution. Une révolution, où la classe ouvrière est la force décisive.

Tout cela n’a pas seulement à faire avec la corruption, mais est aussi un résultat de la politique qui n’est pas fait sur la base scientifique, qui croit qu’un homme ou une volonté peut changer le pays. On a tenté beaucoup de choses, tu as parlé des coopératives.


L’étude de ces projets est souvent très séparée de la réalité. Dire que tu veux aider des personnes pauvres ou des chômeurs dans les villes en les faire partir à la campagne pour qu’ils deviennent des paysans – cela ne fonctionne pas. Tu peux avoir de milliers de difficultés dans la ville, mais dans la ville, il te reste des rêves. Tu fais du lèche-vitrine et tu vois des choses où tu en veux, tu as le cinéma et d’autre chose qui te manque totalement – surement au début – à la campagne.


Puis, il était une grande erreur de qualifier ce processus en Venezuela comme processus socialiste. En Venezuela, malgré les grands programmes sociaux – de bons programmes sociaux - le rapport des forces est toujours en faveur de la bourgeoisie, du capitalisme. Quant au parti communiste, nous nous référons positivement au processus politique et le qualifions en tant que lutte ou processus de la libération nationale. Cela veut dire : actuellement, il faut garder l’indépendance. Elle est en danger, quand les Etats-Unis nous menacent de la guerre. Nous pouvons tous perdre, il nous faut une large alliance antiimpérialiste. C’est notre politique, avec laquelle nous avons déjà eu des confrontations avec le gouvernement. Pourquoi ? Ils s’imaginent déjà au socialisme. Bien sûr qu’il y a des difficultés, si on explique aux travailleurs et travailleuses que nous vivons au socialisme, mais il existe encore une grande exploitation. Nous vivons au socialisme, mais les problèmes sociaux grandissent tous les jours. Nous vivons au socialisme, mais les injustices sociales restent. Pourquoi ? Parce que ce n’est simplement aucun cas le socialisme.


Ce qui est très positif et était en partie déjà l’oeuvre du président Chavez : il existe un grand intérêt à la politique, une conscience politique parmi les larges masses populaires. Cela nous donne vraiment l’espoir, pour que la lutte continue aussi sous les conditions difficiles – contre le capitalisme, contre l’impérialisme – et qu’on pense au socialisme, et fait en partie déjà des tentatives, des vrais pas vers le socialisme.

 

UZ: Tu dis que le Venezuela est un pays capitaliste. Vous avez le secteur du pétrole dans la main de l’Etat, vous avez un service de santé et de l’éducation gratuit. Quel doit être le prochain pas ?


Carolus Wimmer: Notre parti revendique la nationalisation des banques. Tout le système financier est dans la main privée ou dépend du système capitaliste. Evidemment, l’industrie doit être nationalisée, bien que les secteurs-clés soient déjà nationalisés, ce qui est positif. Il s’agit du secteur de pétrole, de l’industrie minière, des industries-clés, elles sont nationalisées. Mais elles sont souvent devenues des monopoles d’Etat où la classe ouvrière n’a pratiquement aucun droit de regard, où elle est dévalisée, où des ouvriers syndicalisés perdent leur emploi.


C’est justement l’illusion des cercles de la petite bourgeoisie. Ils croient qu’on puisse changer un système avec des mots ou des actions radicales. On change le système par une révolution qui devrait diriger par la classe ouvrière. Vu toutes nos difficultés, nous nous souvenons de la révolution d’octobre et apprenons d’elle sans prendre le tout comme modèle totale. Mais ce qu’on peut comparer avec le Venezuela, c’est qu’il y avait, en 1917, deux révolutions. En Venezuela, nous avons la révolution bourgeoise, elle a été faite maintenant, avec beaucoup de progrès. Mais il nous manque encore la révolution d’octobre, en Venezuela.


UZ : Certaines visages de l’opposition vénézuelienne viennent directement des cercles du capital ou y sont étroitement liés. Les groupes alimentaires comme Polar sont très dominants et pourraient déclencher des problèmes d’approvisionnement ou trouver des solutions. Est-ce que ce n’est pas la vraie force de l’opposition actuelle ?


Carolus Wimmer: Il y a deux ans, cet espoir a existé. L’opposition a clairement dit : vous votez pour nous et dans la semaine prochaine, tout y sera réglé. C’était attractif. Attractif aussi, parce que le gouvernement a fait des erreurs.


A l’époque, les entreprises n’ont pas vendu aux supermarchés, mais aux commerçants du marché noir qui ont demandé des prix exorbitants. La bourgeoisie a fait part de ces marchés noir ou les a arrangés. Elle a donné les produits au marché noir par la porte derrière et devant, les étagères étaient vides. Ce comportement a été utilisé par la bourgeoisie, par l’ennemi de la classe pour faire du profit. Evidemment, qu’ils ont fait des sommes exorbitantes, mais c’était aussi une arme politique.


Aujourd’hui, tout cela a changé. Si on voit des images, aujourd’hui qui montrent des étagères vides, et la télévision les publie toujours, il s’agit d’anciennes nouvelles déformées. Le problème actuel est un autre. Les étagères sont relativement pleines, tu peux tous acheter, mais la plupart des marchandises est importé. Cela signifie – et cela dépend du marché noir de devises, des spéculations sur le taux de change – que les étagères sont pleines, mais les hommes ne peuvent pas s’offrir de beaucoup de choses. C’est une grande régression par rapport aux années 1980, 1990, où nous avons déjà vécu cette situation. Elle doit être surmontée. Malgré l’effondrement du prix du pétrole sur pratiquement un quart de ce qu’on a reçu, pendant l’époque Chavez, les projets et programmes sociaux sont poursuivis.


Voyons par exemple le manque des denrées alimentaires. On l’a eu, il y a deux ans. Aujourd’hui, six millions de familles – nous sommes 31 millions de Vénézueliens – reçoivent une fois par mois un paquet de denrées alimentaires. Ce paquet coute 10.000 Bolivars, dont le prix du marché noir est au moins de 200.000. Il n’y a pas tout dedans, mais les denrées alimentaires les plus importantes. En général, on l’a voit comme une grande aide.

L’opposition est contre la distribution de ces paquets, mais elle ne fait pas des propositions pour améliorer l’approvisionnement. La faiblesse de l’opposition est, depuis 18 ans, le fait de ne pas faire des propositions. Elle est tout simplement contre le président et promet pour le cas que nous le renversions – renversions, ne pas blackboulions – que la situation soit d’une certaine manière améliorée. Il y a deux ans, et cela a encore fonctionné, car la situation dans les familles étaient tellement compliquée que quelques-uns ont cherché une bouée de sauvetage. L’opposition occupe des postes de gouverneurs, des maires etc. mais il n’y a personne parmi eux duquel on pourrait dire : d’accord, il le fait mieux.

 

Actuellement, l’opposition n’a aucune personnalité. En Venezuela, on a besoin d’une personnalité dans la politique. Toutes leurs visages sont de vieux visages. Il est possible que le président du groupe de denrées alimentaires Polar, Lorenzo Mendoza, deviendra le candidat présidentielle avec son apparence d’un « entrepreneur moderne », ses cheveux longues, n’importe-comment anti-establishment. Mais ce qui fonctionne aux Etats-Unis, ne fonctionne pas automatiquement en Venezuela.


Jusqu’a aujourd’hui, ils n’ont pas un programme ni d’autre chose comme ça. L’opposition ne spécule seulement sur plus d’actes de sabotage, sur le chaos, sur le non-fonctionnement de l’Etat pour ensuite pouvoir tenter un putsch. Jusqu’à aujourd’hui, la population a dit non à ce chemin.

 

UZ : Les militaires jouent un rôle important en Venezuela, aussi dans la politique. Comment estimes-tu la position des forces armées ?

 

Carolus Wimmer: Il existe une position claire et anti impérialiste dans la majorité du peuple, non seulement dans la population civile, mais aussi dans les forces armées. Dans les forces armées, il y avait de grands changements sous Chavez. Le fait qu’il venait des forces armées et les a bien connues, a donné la possibilité de ces changements qui sont très dans notre faveur.


Autrefois, les forces armées étaient totalement sous le contrôle des Etats-Unis et la bourgeoisie. Les soldats, de la main-d’oeuvre bon marché ou gratuites, travaillaient aussi comme des domestiques, des jardiniers ou chauffeurs pour les riches, Chavez l’a changé. Il s’est occupé de plus de démocratie, et il a interdit les amendes physiques. Aujourd’hui, un tiers des membres des forces armées sont des femmes. En plus, les forces armées étaient divisées en marine, armée de l’air, armée de terre et garde nationale. Il existait de la concurrence et la jalousie entre eux. Chavez a créé un pouvoir militaire de l’unité. Même tout le programme de l’éducation a été changé. Avant, elle était pro-impérialiste, maintenant, elle est anti impérialiste. Dans ces programmes d’éducation, le marxisme a sa place ferme – on lit Marx, on lit Lénine, c’est maintenant normal. Evidemment, c’est une grande chance pour notre Parti communiste.

 

Très souvent, nous sommes invités aux workshops ou aux conférences. Bien sûr qu’il faut dire que nous vivons dans le capitalisme, les forces armées ne sont pas révolutionnaires en soi, mais une grande partie d’elles a des positions patriotiques et une partie assez importante, a vraiment des positions révolutionnaires. On devrait y avoir aussi une partie pro-impérialiste. Mais le fait que les Etats-Unis ne sont pas encore arrivés à réaliser leurs plans prouve simplement que cette partie pro-impérialiste n’a pas la majorité dans la population civile et dans les forces armées.


UZ : Fin juin a eu lieu votre congrès du Parti communiste de Venezuela. Quels sujets avez-vous discutés ?


Carolus Wimmer: Nous avons débattu des difficultés actuelles du Venezuela. Notre point de vue était et reste le même : il s’agit d’une grande erreur que la classe ouvrière ne participe pas au pouvoir, n’est pas intégrée dans le processus politique en Venezuela.


En plus, au congrès, nous avons à l’unanimité décidé que nous devons travailler très intensivement pour une large alliance. Cela signifie le renforcement du front populaire contre l’impérialisme et le fascisme. Cette alliance doit intégrer des différentes couches sociales pour l’étape de la lutte pour la libération nationale. J’ai déjà dit que nous refusons de définir l’étape actuelle en Venezuela comme un socialisme normale, ni du socialisme du 21ème siècle, ni de n’importe quel socialismede telles désignations sont mystificatrices. On n’arrive qu’à dissuadé les couches sociales qu'il est nécessaire de mener la lutte contre la menace par l’impérialisme des Etats-Unis.


UZ : Cela veut dire, qu’actuellement en Venezuela, la révolution socialiste n’est pas à l’ordre du jour, mais l’alliance avec tous ceux qui sont prêts à défendre les acquis du processus bolivarien ?


Carolus Wimmer: Nous ne sommes pas un parti qui prévoit deux étapes – d’abord la lutte contre l’impérialisme et après pour le socialisme. Nous refusons cela. Il s’agit des déroulements parallèles. En conséquence, nous avons deux formes de la politique d’alliance. L’une, c’est le large front populaire anti impérialiste, mais à côté de cela, nous travaillons pour l’alliance du Bloc révolutionnaire du peuple (Bloque Popular Revolucionario) qui lutte pour le socialisme. Les forces au Bloc révolutionnaire du peuple ne sont pas vraiment des organisations politiques, mais surtout des conseillers communaux qui veulent le socialisme et qui acceptent que le Parti communiste joue un rôle important et qu’il doit le jouer. Au fond, tous ensemble jouent en faveur de la discussion sur la politique révolutionnaire. Le travail large et le travail révolutionnaire de l’alliance marche en même temps – cela coute beaucoup de force, mais il est nécessaire.


UZ : De quoi avez-vous encore discuté au congrès de votre parti ? Tu as dit que la classe ouvrière ne participe pas au pouvoir. A cause de quoi ?

 

Carolus Wimmer: C’est notre expérience des années passées et la grande faiblesse de ce processus politique de grande valeur au Venezuela. La classe ouvrière n’y participe pas, n’a pas de la place dans le travail du gouvernement. La classe ouvrière est mal organisée dans notre pays. Dans les années 1970 et 1980, le Venezuela était – surtout porté par le parti social-démocrate – le modèle pour le néolibéralisme. Pour imposer cette politique néolibérale, les organisations des masses devaient être détruites. On l’a planifié et exercé sur deux chemins : une fois par la corruption, donc les chefs des syndicats ont été acheté et chaque résistance et chaque forme du travail syndicaliste a été fortement réglementé et opprimé. Une politique qui maniait la carotte et le bâton.


Le mouvement qui a commencé avec Hugo Chavez, a eu le grand handicap de devoir agir sans un mouvement organisé des masses. On critique souvent qu’on a dit au Venezuela : « Hugo Chavez et le peuple » - mais aucune organisation n’a pas existé. C’est pourquoi que notre parti se concentre sur l’organisation de la classe ouvrière qui comprend aujourd’hui beaucoup plus que les ouvrières de la fabrique. C’est notre tâche principale, notre responsabilité, aucun d’autre parti ne nous décharge de ce travail en Venezuela.


UZ : Comment s’est développé le PCV ?


Carolus Wimmer: Nous devons travailler très dur à notre parti. Donc nous nous disons – nous faisons beaucoup d’autocritique – que notre politique est bonne, mais si le parti est encore très faible, on ne peut pas gagner personne avec cette politique. Très souvent, on ne remarque pas ou reconnait pas que nous sommes l’alternative aux autres partis. C’est pourquoi que nous devons très dur travailler à notre organisation, à notre travail d’éducation. Notre avantage est le fait qu’il existe une bonne jeunesse communiste qui nous apporte des bons cadres avec beaucoup d’expériences dans les prochaines années. La différence des nouveaux membres est, que les membres qui viennent de notre organisation de la jeunesse ont déjà 10 à 15 ans d’expérience. Nous voyons aussi que nous avons beaucoup de soutiens internationaux. Au congrès du parti, nous avons compté 71 réactions des parti communistes et travailleurs, 25 d'entre eux sont venus en délégations en Venezuela. Les autres ont envoyés des messages de sympathie. Et tous cela dans un moment où un voyage en Venezuela est difficile. Si on voit les reportages sur les prétendu chaos au Venezuela, on n’envoie pas si facilement un camarade là-bas. Cette grande solidarité, aussi du DKP représenté par le camarade Mario Berrios, nous a aidés dans le parti. A savoir dans la dure lutte quotidienne que nos efforts sont reconnus dans le monde, de ne pas être tout seul, c’est très important pour nos camarades. C’était aussi une possibilité de montrer la situation à nos partis-frères.


UZ : Au début, tu as dit, encore avant les élections à l’assemblée constituante, l’impérialisme US veut passer à une clarification, cela veut dire au sens d’une escalade, d’un putsch ou d’une guerre civile. Face à ces menaces, quels développements possibles vas-tu pour l’avenir ?


Carolus Wimmer: Alors, cela sera publié dans l’UZ, et puis dans quelques semaines, les camarades contrôleront si mes mots sont vrais ou pas, c’est pourquoi que je ne peux pas, en principe, donner une réponse. Mais il est très logique pour l’impérialisme qu’il cherche des possibilités pour imposer un changement du pouvoir. Une possibilité de l’impérialisme US serait une attaque militaire, directement par militaires US ou par l’OEA (l'Organisation des États américains) qui envoie des troupes latino-américaines. Ce serait le chemin plus habile, pour ne pas salir ses propres mains, mais quand même imposer sa politique.


Un autre danger est la guerre civile. Ce danger est grand, d’autres seraient des attaques terroristes avant les élections. Il existe déjà des actions terroristes, mais pas tellement comme à Londres, Paris ou Berlin avec beaucoup de morts. Jusqu’ici, il est resté chez un mort par jour, comme si serait planifié. Par hasard, les caméras sont aussi sur place, avant qu’il se passe quelque chose. Et ces morts ne sont pas punis. Tous cela, on le protège même au motif du droit de manifester, du droit de protester. Puis, quand quelqu’un meurt, on prétend que personne n’est responsable ou le gouvernement est le responsable. Des politiques aux Etats-Unis parlent même de millions des communistes et chavistes qu’on devrait tuer pour que quelque chose change en Venezuela. Un tel massacre anticommuniste, une telle vague massive de violence politique est alors aussi possible respectivement voulue.


Une autre possibilité est le chemin réformiste, spécialement celui des forces social-démocratique de la droite – aussi bien de l’opposition que de l’alliance bolivarienne. Ce sont des forces qui ne veulent pas le socialisme, qui cherchent un compromis. Pour le moment, la classe ouvrière et le peuple voit ce fait comme une trahison, car cette politique est connue depuis des années 1980 et 1990. Après tout, Hugo Chavez se faisait connaître du public par le fait que les gens ont voulu finir avec l’ancien système du bipartisme. C’est pourquoi cette politique n’est pas aimée dans la population. Mais l’UE par exemple cherche et encourage des forces qui veulent aller ce chemin : installer la paix, assurer le capitalisme, une forme de la pseudo-bureaucratie bourgeoise.

 

La troisième chemin est celui de la révolution, toujours ouvert et possible.

 

La population a fait, dans les dernières années, tellement de grands sacrifices et on remarque : elle n’abandonne pas si facilement. Dans d’autres pays, le manque des denrées alimentaires avait peut-être mené toute de suite aux très grandes insurrections, mais pas en Venezuela. Il y avait beaucoup de critiques, mais les hommes et femmes faisaient la queue pendant des heures. Le terrorisme ne vient pas du peuple, mais, à vrai dire, des couches privilégiées qui ne se combattent que pour gagner leurs anciens privilèges au détriment des ouvriers et ouvrières. Elles attisent les émeutes, ce sont la couche moyenne et les jeunes qui vont en principe très bien. Les émeutes se passent principalement dans leurs propres quartiers. Ils se punissent eux-mêmes. Ils construisent des barricades, et les habitants ne peuvent pas sortir de leurs maisons pendant 20 ou 30 heures. Dans cette couche moyenne, il existe un grand fanatisme. Ils se donnent de paroles d’encouragement comme ceci : jusqu’au renversement du gouvernement.

 

UZ : Tu as parlé du danger de la guerre civile, du danger des meurtres ciblés. Comment savez-vous s’y prendre comme parti communiste avec cela ?

 

Carolus Wimmer: Dans le parti, nous parlons très ouvertement et cherchons des solutions. C’est aussi une question de l’éducation politique. Avoir peur est humain. Mais les membres doivent avoir confiance dans le parti, pour que les camarades ne soient isolés et inactifs, s’enferment à cause de la peur des attaques. Notre parti a prouvé dans son histoire qu’il est capable d’utiliser tous les formes du combat contre le capitalisme. Dans l’histoire de Venezuela, on a eu beaucoup de partis ou des organisations de la gauche.

 

Quelques-uns étaient plus radicaux, mais aujourd’hui, ils ont disparu. Le parti le plus vieux en Venezuela, le seul parti de la gauche depuis maintenant 86 ans, est toujours attractif et jeune, c’est le Parti communiste. Nous devons avoir confiance que le parti – non pour chacun tout seul, mais dans son collectif – trouve des chemins pour protéger et défendre soi-même et ses membres. Le congrès a donné un signe, car il fut menacé. Cela aurait fait un grand écho dans les médias, s’il y’avait eu une attaque au bâtiment du Comité central avec 397 délégués et 34 délégués internationaux ! Quant à notre parti révolutionnaire, nous avons trouvé des moyens pour assurer avec succès le congrès, malgré la situation actuelle.

 

Publié par El Diablo

50 vérités sur Ernesto GUEVARA... (par Salim Lamrani)

50 vérités sur Ernesto GUEVARA... (par Salim Lamrani)

Che Guevara reste dans la mémoire collective des peuples comme le défenseur des opprimés, celui qui s’est indigné face aux injustices, le symbole du désintéressement, et l’homme qui a pris les armes au nom de l’intérêt supérieur des damnés de la terre.

De nombreuses célébrations sont organisées en cette année, 50ème anniversaire de son exécution le 9 octobre 1967 par le sergent bolivien Mario Teran, sur ordre de la CIA et des autorités des Etats Unis.

VOIR  EN LIEN CI-DESSOUS LE DOSSIER PDF :

 

[pdf] 50_VERITES_SUR_ERNESTO_GUEVARA_MONDIALISATION_-_CENTRE_DE_RECHERCHE_SUR_LA_MONDIALISATION

 

SOURCE: 

50 véritées sur Ernesto Guevara... - Association Cuba Coopération France 

Un pays pétrolier qui résiste à l’Empire depuis plus de quinze ans et qui a sorti du néant ses « fils de rien »

VENEZUELA : le bain de sang approche. Que fait la gauche internationale ?

 

 

Il ne faudra pas venir pleurer demain lorsque l’on assassinera, torturera, « disparaîtra », les militants chavistes. Les précédents historiques sont malheureusement nombreux.

Les classes dominantes vénézuéliennes veulent une revanche sociale, liquider la « révolution bolivarienne », ou ce qu’il en reste, afin que le peuple des anciens « invisibles » ne relève plus jamais la tête. L’oligarchie veut que ces « fils de rien », auxquels le chavisme a donné statut et dignité, retournent au néant.

 

On peut émettre des critiques sur la gestion, sur la stratégie du président Maduro. Mais il a été élu, certes de peu, mais élu. Donc légitime. Il propose le dialogue, et a le droit de se défendre contre des émeutiers. La plupart des médias vénézuéliens et étrangers s’acharnent à donner une image chaotique du pays, à mettre sur le dos des chavistes les exactions commises par des groupes violentissimes, masqués, souvent armés, les « guarimbas », qui veulent la guerre civile.

 

L’opposition vénézuélienne n’est pas toute favorable à ce coup d’Etat permanent, qui va déboucher sur un massacre. Mais les secteurs qui dominent cette opposition sont parvenus à la radicaliser, à instrumentaliser le dépit de secteurs populaires éprouvés. Ils sont majoritairement d’ultra-droite. Ils veulent en découdre, et rapidement désormais. Ouvertement encouragés par la brute va-t-en guerre Trump, ils redoublent d’exactions, de sabotages, de destruction de bâtiments et de services publics, de violences en tout genre.

Le pays étant encore en grande partie capitaliste, l’oligarchie, les propriétaires, les possédants, organisent la guerre économique sur des produits ciblés, et font porter la responsabilité des difficultés structurelles, des pénuries et des queues interminables sur le gouvernement, qui n’est pas tout blanc, mais qui cherche, par la Constituante, une issue pacifique à la crise abyssale.

 

On peut, voire il faut, critiquer les erreurs du régime, mais n’oublions jamais que les chavistes et le peuple (même si une partie peut s’en éloigner) sont sous le feu permanent d’une véritable guerre menée par les Etats-Unis contre un pays aux énormes ressources pétrolières, et qui a osé résister à « l’Empire » pendant plus de quinze ans et chercher une autre voie que celle de l’inféodation, vers l’indépendance, la justice sociale, le socialisme. Qui a eu le culot, par la voix d’Hugo Chavez, de remettre les dirigeants des Etats-Unis (« ¡Váyanse pal carajo, yanquis de mierda ! ») à leur place.

 

N’est-il pas temps que la gauche dans son ensemble se ressaisisse et manifeste sa condamnation de l’ingérence étrangère dans un pays souverain, et affirme sa solidarité, fût-elle critique, voire conditionnelle (ni dans l’aveuglement, ni donneuse de leçon), avec la révolution bolivarienne ?

 

« La solidarité est la tendresse des peuples » disait Che Guevara. Il faut être aveugle, ou inconséquent, pour ne pas saisir ce qui est aujourd’hui en jeu au Venezuela.

 

Jean ORTIZ, Maître de conférences, université de Pau.

URL de cet article 32109 

Les Etats-Unis soutiennent l’opposition de droite au Venezuela contre le gouvernement socialiste du président Maduro.

 

Depuis avril, l’opposition tente de déloger le gouvernement en menant des opérations violentes de changement de régime. Ses manifestations et ses combats de rue avec la police sont dirigés par des gangs violents et militarisés :

Les manifestations de rue actuelles au Venezuela ressemblent de plus en plus à une guerre pure et simple. Alors que les forces de sécurité tirent des balles en caoutchouc, des gaz lacrymogènes et de temps en temps des balles réelles sur les foules agitées, des groupes de plus en plus déchaînés répondent avec des lance-pierres meurtriers, des bombes artisanales et des cocktails Molotov.

 

Cette semaine, sept membres de la garde nationale, qui roulaient à moto, ont été blessés à Caracas lorsqu’une bombe posée au bord de la route a explosé.

 

Les troupes de choc de l’opposition sont dirigées par des groupes de jeunes gens qui se font appeler les Templiers, les Guerriers ou les Arcadians. Collectivement, ils sont connus sous le nom de Chamos de la Resistancia qu’on peut traduire par Jeunes de la Résistance.

 

Ce n’est pas seulement par hasard qu’on assiste à des développements comparables à ceux des violentes révolutions de couleur en Libye, en Ukraine et en Syrie. Les forces paramilitaires qui se cachent derrière les « manifestants pacifiques » attaquent les institutions policières, militaires et civiles pour provoquer une escalade conduisant à la guerre civile. La semaine dernière, l’opposition au Venezuela a annoncéqu’aujourd’hui c’était le « Jour J » pour une nouvelle tentative de coup de d’état contre le président Maduro :

 

Le pilote fugitif de la police qui aurait soi-disant volé un hélicoptère et l’aurait utilisé pour attaquer la Cour suprême du Venezuela est apparu à un rassemblement de l’opposition dans la capitale, Caracas, ont déclaré des participants à CNN.

 

Oscar Perez, un officier de la force d’investigation de la police du pays, s’est adressé à la foule, pour inciter l’opposition à continuer à manifester.
...
« Une grève générale le 18 juillet, une grève sans retour. Le jour J commencera mardi. Le référendum aura lieu dans la dignité, nous serons dans la rue pour défendre les gens ».

 

La date a été confirmée hier :

 

Les dirigeants de l’opposition vénézuélienne ont appelé leurs partisans à intensifier les manifestations de rue et à soutenir une grève nationale de 24 heures plus tard cette semaine, après que plus de 7,1 millions de personnes ont rejeté le projet du gouvernement de réécrire la constitution.
...
Une coalition d’une vingtaine de partis d’opposition s’est réunie lundi à son siège pour organiser une campagne de désobéissance civile « Jour J » dans les deux semaines qui précèdent le vote du gouvernement.

 

Dimanche dernier, l’opposition a organisé un vote citoyen auquel la participation a été moins importante que ne l’espérait l’opposition. Les résultats n’ont pas été annoncés, seulement le nombre de participants :

 

Dimanche soir, l’opposition a publié seulement le nombre des personnes qui sont venues voter, mais n’a pas donné le détail des votes, même si on pense que pratiquement tous les votants ont répondu « oui » au rejet de la réécriture de la Constitution.

 

Il y a environ 19 millions d’électeurs inscrits au Venezuela. Une participation de sept millions pour un vote citoyen, si le chiffre est vrai, est significative, mais pas décisive, ni probante. La dissimulation des résultats permet de supposer que les réponses aux questions du vote citoyen ne sont pas en faveur du plan de l’opposition.

 

Il est difficile de savoir ce que les Vénézuéliens pensent réellement. Les sondages sont toujours manipulés dans le pays. La politique économique de Maduro, qui s’est heurtée à la chute des prix du pétrole, au sabotage des riches importateurs et exportateurs et aux sanctions étasuniennes, n’a pas donné de résultats. Mais le vote de l’Assemblée nationale de 2015 remporté par l’opposition était plus un vote de protestation contre les problèmes économiques qu’un vote en faveur du vague programme de l’opposition.

 

Il est évident que l’opposition au Venezuela est fortement soutenue par les diverses institutions de changement de régime des États-Unis. Certains de ses agents ont des liens étroits avec la DEA et la CIA. Les médias étasuniens sont, comme d’habitude, complètement en faveur du programme de changement de régime des États-Unis. Ils incitent depuis longtemps à la révolte contre le gouvernement socialiste du Venezuela.

 

Une déclaration officielle de Trump sur le Venezuela, publiée hier, brille par son absence de faits concrets :

 

Hier, le peuple vénézuélien a encore montré clairement qu’il défendait la démocratie, la liberté et la primauté du droit. Pourtant, ses actions, fortes et courageuses, continuent d’être ignorées par un mauvais chef qui rêve de devenir dictateur.

 

Les États-Unis ne resteront pas inactifs pendant que le Venezuela s’effondre. Si le régime de Maduro impose son assemblée constituante e 30 juillet, les États-Unis prendront des mesures économiques fortes et rapides.

 

Trump ferait-t-il une déclaration pareille sur la volonté du « peuple américain » si les démocrates avaient organisé, contre lui, un vote citoyen auquel avait participé plusieurs millions de personnes ?

 

Le gouvernement de Maduro a appelé à un vote le 30 juillet pour élire les membres de la future assemblée constitutionnelle. Il n’a rien « imposé » du tout. L’opposition va tenter de semer le chaos dans les rues jusqu’à cette date et elle a vraisemblablement prévu quelques actions d’éclat.

 

Le gouvernement a jusqu’à présent réagi par la passivité aux protestations violentes. La police s’est contentée de protège des bâtiments du gouvernement et de démolir des barricades qui bloquaient des routes. Mais le gouvernement n’a pas procédé à des vagues d’arrestation, ni tenté de prendre un contrôle plus étroit de la situation. A moment donné de de telles mesures deviendront inévitables. La question est « quand » ?

 

Moon of Alabama

»» http://www.moonofalabama.org/2017/07/zero-day-for-violent-regime-chang...
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