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Amérique Latine

L’accord Colombie-OTAN est dirigé contre le Venezuela et vers le pillage des ressources naturelles

 

Dimanche 19 février 2017 

L’éventuel accord militaire entre le Gouvernement de la Colombie et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est une provocation contre les accord de paix de l’Amérique du Sud signés à la CELAC et à l’UNASUR, des accords ratifiés même par le Gouvernement colombien lui-même.

 

Ils ont les yeux fixés sur les réserves de pétrole aussi bien au Venezuela qu’en Colombie et sur les ressources naturelles de l’Amazonía en Amérique du Sud, déclare Horacio Duque, analyste politique colombien à Resumen Latinoamericano.

 

Mais le président colombien Juan Manuel Santos ne se souvient déjà plus de la promesse qu’il a faite en 2010 au président vénézuélien de l’époque, Hugo Chávez Frías de ne faire aucune alliance militaire avec l’OTAN. Le 23 décembre 2016, il a déclaré ce qui suit  :

 

 

« Je suis plein de joie et de satisfaction parce que cet objectif, nous l’avions depuis l’époque où j’étais ministre de la défense. Nous avons fait la demande il y a 9 ans pour signer un accord de coopération qui est la possibilité la plus importante que l’OTAN a avec les pays qui ne osnt pas membres de l’OTAN pour collaborer mututellement et ils m’ont remis la lettre dans laquelle ils disent que « la Colombie a été acceptée ! »

 

L’accord de 2013

 

Le 5 mars 2013, Chávez est mort et le Gouvernement colombien, cette fois sous la baguette de Santos, a mis « mois pour que le ministre de la défense, Juan Carlos Pinzon, au siège de l’OTAN en Belgique, informe que la Colombie avait déjà un accord avec l’OTAN sur l’échange d’informations et la sécurité. Cela a été le premier memorandum de cette nature que l’Alliance ait singé avec un pays d’Amérique Latine.

 

Le Congrès de la République de Colombie a soutenu le 1é août 2014 l’accord signé le 25 juin 2013. Le 24 février 2015, le Procureur Général de Colombie a demandé qu’on déclare irrecevable l’accord signé entre la Colombie et l’OTAN en 2013 parce qu’il considérait que le document signé « n’indiquait pas avec précision sa finalité. »

 

En juin 2015, la Cour Constitutionnelle Colombie a supprimé l’accord signé en 2013 pour vices de forme quand il a été approuvé au Congrès colombien. Le 26 octobre 2016, le Sénat colombien a approuvé en seconde lecture l’accord sur la coopération et la sécurité concernant l’information entre la Colombie et l’OTAN. Le 23 décembre 2016 Santos annonce que l’OTAN a à nouveau accepté de commencer des négociations avec la Colombie.

 

Le but : contrôler le Venezuela

 

Le sénateur Paul Cordwell a été très sincère quand il a parlé au Congrès états-unien du Plan Colombie à la fin des années 90. Il a dit : « Pour contrôler le Venezuela, il faut occuper militairement la Colombie ! »

 

Avec le Plan Colombie, l’occupation militaire et la dépendance de ce pays envers les Etats-Unis se sont accélérées. Le 1é juin 2008, on a réactivé la 4° Flotte qui avait été inactive depuis 1950. Cette flotte opère dans les Caraïbes, l’Amérique du Sud et l’ Amérique Centrale et leurs 2 côtes.

 

Le 30 octobre 2009, l’ex président Álvaro Uribe Vélez a signé un accord avec le Commando Sud pour lui fournir 7 bases militaires en Colombie. Parmi ces 7 bases se trouvent la base navale de la Baie Málaga, construite au début des années 80 par la transnationale de construction suisse ABV. Santos non seulement est accusé de jouer au poker politique mais aussi d’être un menteur et un tricheur, ce qui se confirme avec le mensonge qu’il a dit à Chávez 2010. Nicolás Maduro a rappelé cette promesse violée quand il a commenté et condamné cette information, le 23 décembre :

 

« Nous allons chasser l’OTAN de là, j’appelle le peuple colombien et les peuples d’ Amérique du Sud et du Venezuela à lutter contre l’OTAN, non à l’OTAN en Amérique du Sud, ça suffit, ses guerres bien loin d’ici, l’Amérique du Sud sans alliances militaires avec des armes nucléaires et de guerre, » a déclaré Maduro dans son émission « La hora de la salsa. »

 

Horacio Duque Giraldo est un analyste politique colombien et il soutient aussi que la cible d’un éventuel accord entre la Colombie et l’OTAN est Caracas. A ce journaliste, il a dit :

 

« Je crois que le but concret est le Venezuela, nous ne devons pas nous y tromper. Indépendamment de tous les problèmes et de toutes les contradictions d’un processus comme le processus vénézuélien, ici, le problème essentiel est les grandes entreprises pétrolières et minières et les armées qui travaillent pour leur sécurité. Elles sont derrière la rente pétrolière et les richesses du Venezuela et de l’Amazonie colombienne. »

 

Le général Kelly une vraie menace pour le Venezuela.

 

Duque continue :

 

« Les 7 bases militaires en Colombie et l’accord avec l’OTAN, la nomination comme ministre de l’Intérieur et de la Sécurité du Gouvernement de Donald Trump du général John Kelly, cet ex commandant de la 4° Flotte et du Commando Sud qui fut un interventionniste déclaré en ce qui concerne la situation au Venezuela, tout cela montre qu’il se charge de détruire la structure démocratique du Venezuela. Pour la détruire, ils ont décimé et traqué économiquement (le Venezuela), ce qu’ils ont voulu faire pendant tant d’années avec Cuba.

 

Et maintenant, ils vont, comme en ont l’habitude les oligarchies d’Amérique Latine et de l’Empire, provoquer subrepticement toutes les actions nécessaires pour atteindre leur objectif très ponctuel qui est de rétablir la domination de l’oligarchie au Venezuela, la vieille oligarchie d’AD et du COPEI vénézuéliens que nous connaissons et attaquer et piller la rente pétrolière et attaquer et piller les ressources de l’Amazonie colombienne, brésilienne et équatorienne. Sur cela, nous ne pouvons pas nous tromper. C’est le but central de cet accord qu’ils annoncent avec l’OTAN. »

 

La sous-traitance des Forces Armées de Colombie

 

Horacio Duque soutient que l’Accord de Paix avec les FARC et la fin d’un conflit social et armé doivent avoir des conséquences pour les Forces Militaires Colombiennes, les plus importantes du continent. Sur le demi-million d’unités militaires, elles devraient se réduire au oins de 100 000 militaires bien que Santos ait dit qu’il en les réduirait pas. L’idée, dit Duque, est de faire une sous-traitance, ce qui signifie que même l’Armée est « victime » du modèle néolibéral dans lequel l’Etat reste seulement l’administrateur d’un petit noyau de productions et de services, le reste étant fragmenté en coopératives ou privatisé.

 

Dans ce cas, l’Etat colombien a son « produit d’exportation » qui est le Plan Colombie. Il a réussi : seulement sur le continent latino-américain et dans les Caraïbes, 12 pays ont des contrats avec Bogota dans e domaine de la sécurité et de la formation.

 

L’un d’entre eux est le Honduras, la seconde nation la plus pauvre du continent américain où la pauvreté extrême atteint 42,6% de la population. Les militaires et les civils colombiens ont remplacé en grande partie les conseillers militaires et policiers du Commando Sud des Etats-Unis. Les militaires colombiens forment leurs collègues honduriens. C’est la même chose avec la police, les organismes de sécurité et de renseignement militaire. Des avions vont tous les jours de Tegucigalpa à Bogotá avec des Honduriens qui doivent être formés par les Colombiens alors que la Colombie a de nombreux contingents de militaires en terre hondurienne.

 

Après le coup d’Etat de juin 2009, des rumeurs ont couru aussi bien au Honduras qu’en Colombie, disant que les grands propriétaires terriens de la côte nord du Honduras recrutaient des paramilitaires colombiens démobilisés venant de Magdalena Medio. Après la visite au Palais de Nariño d’une délégation hondurienne de la junte civique et militaire qui a été reçue par Álvaro Uribe en juin 2009, un mois après le coup d’Etat, Alvaro Uribe s’est rendu au Honduras en janvier 2010 et un accord a été signé entre les 2 pays pour la « lutte commune contre le terrorisme (lisez « contre la résistance hondurienne ») et le trafic de drogues ». Depuis cette date, les corps de l’armée et de la police honduriennes se sont remplis de militaires colombiens.

 

Le fond de l’Accord avec les FARC

 

C’est cette sorte de « conseils » qui ont été et seront les tâches des Forces Militaires (dans lesquelles on inclut aussi la Police Nationale colombienne). Par un accord avec l’OTAN, ce processus peut s’intensifier encore plus. Les militaires et les policiers colombiens qui ne veulent pas continuer à travailler pour les Forces Militaires peuvent devenir ouvertement des mercenaires recrutés par les alliés des Etats-Unis dans le Golfe Persique comme les 800 ex membres colombiens des Forces Spéciales colombiennes qui tuent aujourd’hui des Yéménites au Yemen, victimes d’un terrible génocide perpétré par l’Arabie Saoudite et l’Emirat Arabe.

 

« D’une certaine manière, l’Accord de Paix en Colombie poursuit ce but, c’est à dire déblayer les zones dans lesquelles se trouvent les grandes richesses minières et pétrolières, agricoles et agro-industrielles en Colombie. Les déblayer pour que les grandes multinationales viennent piller et emporter toutes les richesses, organiser de grandes étendues et de grandes propriétés foncières pour renforcer la politique de sécurité et des entreprises alimentaires des états qui vont venir profiter des grandes étendues de terre en Colombie, c’est ce que nous avons appelé « l’étrangérisation » de la terre en Colombie. C’est le but de l’accord de l’OTAN, c’est ce qu’ils veulent et qu’ils cherchent avec l’Accord de Paix en croyant que le mouvement populaire va baisser la garde et ne va pas se mobiliser. »

 

Il n’y a qu’un « mais » : Donald Trump a dit que l’OTAN n’a plus de raison d’exister mais une chose est ce que dit Trump et une autre ce que dit et fait le Pouvoir de Fait. Même le président Dwight Eisenhower admettait dans les années 50 que le Complexe Militaire et Industriel est le véritable Pouvoir aux Etats-Unis. Tous les autres, c’est RIEN !

 

DICK EMANUELSSON le 09/01/2017
Traduit de l’espagnol par Françoise Lopez pour Bolivar Info

Transmis par Linsay

Resumen Latinoamericano

La conséquence la plus tragique du coup d’État (de 2016, qui a écarté Dilma Rousseff de la présidence NdT) est la destruction du Brésil en tant que nation et la décomposition morale de ses institutions.

 

Si l’impeachment représentait lui-même une attaque contre les fondements démocratiques et républicains de la Constitution, le travail du gouvernement illégitime (de Michel Temer NdT) vise la destruction implacable et impitoyable du sens social que le pays a construit depuis la Constitution de 1988. Les mesures gouvernementales parlent d’elles-mêmes et sont synthétisées dans la PEC des dépenses (projet d’amendement de la Constitution gelant les dépenses publiques durant 20 ans NdT), dans les propositions de réforme des pensions et du travail et dans la lente destruction des programmes sociaux tels que Prouni (bourse d’accès à l’enseignement supérieur), Minha Casa Minha Vida (accès à la propriété), Bolsa Família (allocation famille), financement des étudiants, etc.

 

Le gouvernement fédéral et les gouvernements des États, en particulier à Rio de Janeiro, São Paulo et Rio Grande do Sul, ont détruit la recherche scientifique et la culture, coupant le financement, fermant les institutions et les instituts de recherche, mettant fin aux programmes, supprimant des orchestres symphoniques, sapant les universités publiques.

 

Il existe un complot anti-social délibéré, contre la science, la recherche, la culture, l’éducation et la santé publique. Il faudra des décennies de reconstruction, avec des pertes incalculables en termes de progrès, de ressources et de capacités. Ce qui est en cours est une catastrophe sociale majeure, avec un massacre des droits d’une ampleur rarement vue dans notre histoire.

 

D’un point de vue économique, à Brasilia, le pays est à vendre. Les groupes d’assaut entourent le gouvernement prêt à les satisfaire, leur fournissant pétrole et gaz, services et infrastructures, bien-être et droits sociaux, pardonnant les dettes de l’agro-industrie, dans un jeu dévastateur de piraterie économique. Le résultat est une économie paralysée avec près de treize millions de chômeurs, avec des entreprises fermant leurs portes et la production au ralenti (Ford vient de mettre en vacances forcées ses ouvriers NdT). Le miracle de la récupération rapide s’est avéré être un grand mensonge. [1]

 

Le plus grave est le travail délibéré de la décomposition morale des institutions. Le gouvernement a perdu toute modestie, tout sens de la limite, du raisonnable, du respect. C’est un gouvernement de gangs qui promeut des criminels à des postes gouvernementaux tous les jours, prouvant que le PMDB (parti du président illégitime Temer NdT), appuyé par le PSDB (parti du candidat vaincu aux élections présidentielles de 2014, Aécio Neves NdT) et les partis du centrão (partis du centre, sans qui le coup d’État n’aurait pas été possible NdT), a promu le coup d’État pour chercher protection par le forum privilégié (quasi immunité ministérielle, puisque les ministres ne peuvent être jugés que par la Cour Suprême, et quand on sait ce qu’est devenue la Cour Suprême... NdT).

 

La perte de modestie s’est transformée en cynisme et en mépris, sans scrupules et décence. C’est la conséquence logique de la grande farce rassemblée autour de l’impeachment. Si la société s’est mobilisée (dans des manifestations « anti-corruption » contre le gouvernement Dilma et qui ont disparu comme par magie NdT) pour livrer le gouvernement aux mains de la bande de corrompus la plus grande et la mieux organisée que le Brésil ait jamais connue, ce gang se sent parfaitement à l’aise dans la promotion de son autoprotection, sans tenir compte des exigences de la morale publique.

 

Au Congrès, les corrompus se sont organisés pour prendre d’assaut les principales commissions de la Chambre et du Sénat, notamment les comités sur la Constitution et la Justice. Être dénoncé dans l’opération Lava-Jato (énorme opération judiciaire contre la corruption, dont les résultats les plus flagrants sont de paralyser l’économie, d’attaquer les politiciens liés au Parti des Travailleurs, et de tenter d’empêcher l’ex-président Lula de se présenter aux présidentielles de 2018 – mais la Lava-Jato déborde et les politiciens de tout bord sont dénoncés – Michel Temer est cité 43 fois etc... NdT), et être dénoncé pour corruption est devenu une condition pour accéder aux postes de commandement, et aux commissions qui décident. Dans ce pays, il est devenu normal que le président de la République, le président de la Chambre des Députés et le président du Sénat aient de lourdes dénonciations sur leurs épaules. Cela n’a aucune espèce d’importance. Ils ont éliminé les fondements moraux de l’État brésilien.

 

Les gangs du gouvernement et du Congrès se sont articulés pour indiquer pour le poste de juge à la Cour Suprême une personne qui est accusée de plaider pour le PCC (gang de trafiquants tout puissant à São Paulo NdT), de recevoir des pots de vin et d’avoir plagié des livres de juristes espagnols (Alexandre de Morães, ex-secrétaire à la Sécurité de São Paulo, actuel ministre de la Justice NdT ). Si une telle personne devient ministre de la plus haute cour du pays, chargée de sauvegarder la Constitution et le sens moral de l’État, quelle force un enseignant aura-t-il dans sa salle de classe pour demander aux étudiants de ne pas plagier son travail à partir d’Internet ? Ce que l’on observe, c’est la destruction des valeurs morales qui font les liens de la société, car une partie de cette société, anesthésiée dans son hypocrisie, croit que tout cela est normal et que cela fait partie du jeu politique.

 

Autorités sans morale et discréditées

 

Rien d’autre ne compte. Peu importe que le futur ministre (Juge de la Cour Suprême NdT) renonce à l’indécence (il y a quelques jours, Morães a passé une soirée avec une dizaine de sénateurs – que le Sénat doive l’auditionner dans quelques jours en vue de sa nomination n’a pas l’air d’avoir la moindre importance – sur un love boat bien connu, un motel flottant dont la destination principale n’est pas exactement la réunion d’honorables sénateurs de la République avec un ministre de la Justice candidat à la Cour Suprême NdT). Et cela ne compte pas pour la majorité des ministres (juges) actuels de la Cour suprême, qui, sans honte, sans vertu, sans prudence et sans décence, se sont montrés favorables à l’entrée d’Alexandre de Moraes dans ce collège suprême des autruches en capes noires.

 

Quel est le sens moral donné au pays avec la nomination d’un ministre de la Cour suprême avec l’intention claire de protéger les personnes corrompues ? Que peut-on attendre de la moralité sociale quand les juges sont proches de ceux qu’ils doivent juger, comme c’est le cas de Gilmar Mendes (Juge de la Cour Suprême et soutien actif du PSDB NdT) avec Temer et des tucanos de haute volée ? (le toucan est l’emblème du PSDB NdT) Le fait est que nos plus hautes autorités ont perdu toute mesure, tout critère, tous bon sens, toute prudence, toute honte. Sans limite morale, sans sens social, sans sens de la justice, sans les valeurs de la dignité et des droits de l’homme, le Brésil du post-coup d’État se décompose quotidiennement, visiblement, en exsudant la putréfaction par tous ses pores.

 

Les États, comme Rio de Janeiro et Espírito Santo, sont en pleine convulsion. Le gouverneur Pezão (à Rio, déchu de son mandat par la Justice il y a quelques jours pour corruption, mais qui reste en place tant que son recours durera – c’est-à-dire probablement jusqu’à la fin de son mandat en 2018, voire plus NdT) qualifie les manifestants de « vandales ». Mais les vandales sont les politiciens du PMDB de Rio, qui ont saccagé les coffres de l’état (l’ex-gouverneur Sergio Cabral est en prison, et le montant des détournements de fonds, pots de vin etc. dont il fut le promoteur font tourner la tête NdT). Le gouverneur Hartung (de Espirito Santos NdT) dit que « la société est devenue un otage de la police ». Mais la vérité est que la police et la société sont les otages de gouverneurs incompétents qui, en période de tragique normalité, jettent la police contre la société et, en période de bain de sang provoquée par la mutinerie d’une corporation armée, jettent la société contre la police. La société et la police sont victimes d’un jeu de violence atroce, manipulé par les intérêts politiques des dirigeants. Et après sept jours de bain de sang, Temer se manifeste en mettant des chars dans les rues dans un spectacle de force stupide et impuissante (l’État d’Espirito Santo est resté 10 jours sans force policière, laissant l’État et surtout sa capitale Vitoria dans le chaos, avec une vague de règlements de comptes et d’assassinats, les magasins dévalisés, les écoles et les établissements publics fermés. Notons qu’à Rio de Janeiro, il y a déjà une soixantaine de casernes de la police militaire, responsable du maintien de l’ordre, qui sont bloquées par les familles des policiers – puisque les policiers n’ont pas le droit de faire grève... et le Carnaval qui arrive NdT).

 

Les gangs dans les prisons, la violence et le désordre dans les rues, les affrontements croissants entre manifestants et policiers, l’augmentation du chômage et de la pauvreté et la destruction des institutions étatiques sont l’héritage croissant d’un gouvernement séditieux qui récompense le crime par des postes haut placés. Ce faisant, sans scrupule et sans morale, le gouvernement autorise la barbarie sociale, l’excès, le désordre. Il faut réagir avant que les dégâts ne deviennent trop effrayants. L’opposition et les mouvements sociaux doivent sortir de leur léthargie et de leurs propres crises. Ils doivent être reconstruits dans les luttes, dans les rues, sur les places publiques, car ce sont les meilleurs remèdes pour rétablir les vertus civiques. Les batailles pour la citoyenneté, pour les droits, pour la justice et la liberté sont les meilleurs moyens de notre autocritique. L’assomption de la défaite est toujours l’avantage de l’ennemi.

 

Le Brésil ne peut pas continuer dans les mains de ceux qui le détruisent. Les jeunes ont besoin d’espoir, les travailleurs veulent des emplois, et les personnes âgées sont impuissantes, craignant une vieillesse sans retraite. Il est nécessaire de ramener le Brésil au stade de la démocratie, du sens social, dans la recherche des droits, de la justice et de l’égalité. Le Brésil a besoin, de toute urgence, d’un gouvernement décent et capable de diriger moralement et politiquement la société. Le gouvernement actuel, par l’immoralité manifeste qu’il représente, mérite la damnation et un éternel oubli.

 

Aldo FORZIERI

traduit par Lucien, candidat au Label Certifié, Appellation Contrôlée « Mal Pensant » du DECODEX du Monde.

 

Note du traducteur :

[1] Rien que dans le secteur du commerce, en 2016, la récession de Temer a provoqué la fermeture de 1087 magasins et éliminé 182.000 postes.
https://www.brasil247.com/pt/247/economia/280003/Recess%C3%A3o-de-Teme...

Une étude de la Banque Mondiale montre que le gouvernement Temer provoquera le rejet vers l’extrême pauvreté de 3,6 million de personnes.
https://www.brasil247.com/pt/247/economia/280000/Com-Temer-Brasil-ganh...;novos-pobres’.htm

»» http://jornalggn.com.br/noticia/a-destruicao-do-brasil-e-sua-decomposi...
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07 février 2017

Raul Castro Ruz, Cuba et ses relations internationales

 

« Je souhaite exprimer, indique Raul Castro Ruz, la volonté de Cuba de continuer de discuter des affaires bilatérales en suspens avec les États-Unis, sur la base de l’égalité, la réciprocité et le respect de la souveraineté et de l’indépendance de notre pays, et de poursuivre le dialogue respectueux et la coopération sur des sujets d’intérêt commun avec le nouveau gouvernement du président Donald Trump. Cuba et les États-Unis peuvent coopérer et coexister de manière civilisée, en respectant leurs différences et en favorisant tout ce qui peut s’avérer positif pour les deux pays et les deux peuples, mais il ne faut pas attendre pour autant que Cuba fasse des concessions inhérentes à sa souveraineté et à son indépendance. Le blocus économique, commercial et financier persiste, et entraîne des privations et des dommages humains importants qui affectent gravement notre économie et entrave notre développement... »

 

Revenons à la lecture du discours...

 

Michel Peyret


Jamais il n’a été plus nécessaire de nous engager réellement dans la voie de l’unité

 

Discours prononcé par le général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’État et du Conseil des ministres de la République de Cuba, au 5e Sommet de la Communauté des États d’Amérique latine et de la Caraïbe (CELAC), à Punta Cana, République dominicaine, le 25 janvier 2017, « Année 59 de la Révolution »

 

Auteur: Raul Castro Ruz | Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">

 

25 janvier 2017 17:01:33

Photo: Estudio Revolución

 

(Traduction de la version sténographique du Conseil d’État)

 

Cher président Medina,

 

Chers chefs d’État ou de gouvernement d’Amérique latine et de la Caraïbe, Illustres chefs de délégations et invités,

 

Au Sommet qui a donné vie à cette Communauté, à Caracas, en 2011, nous avons exprimé la conviction que « l’unité et l’intégration politique, économique, sociale et culturelle de l’Amérique latine et de la Caraïbe constituent (…) une nécessité pour affronter avec succès les dangers qui se posent à nous en tant que région ».

 

Jamais il n’a été plus nécessaire de nous engager réellement dans la voie de l’unité, en reconnaissant que nous avons de nombreux intérêts en commun. Travailler en faveur de « l’unité dans la diversité » est un besoin impératif.

 

Pour atteindre cet objectif, il s’impose un respect absolu de la Proclamation de l’Amérique latine et de la Caraïbe comme Zone de paix, signée par les chefs d’État et de gouvernement en janvier 2014, dans laquelle nous nous sommes engagés « envers le strict respect de l’obligation de ne pas intervenir, directement ou indirectement, dans les affaires intérieures de tout autre État », et à régler les différends par la voie pacifique, ainsi qu’à « respecter pleinement le droit inaliénable de tout État d’adopter le système politique, économique, social et culturel de son choix ».

 

Pour ce faire, il est indispensable que tous les membres de la communauté internationale respectent pleinement les postulats de la Proclamation dans leurs relations avec les pays de la CELAC.

 

Il serait souhaitable que le nouveau gouvernement des États-Unis opte pour le respect de la région, bien qu’il soit préoccupant qu’il ait annoncé certaines intentions qui mettent en danger nos intérêts dans les sphères du commerce, de l’emploi, de la migration et de l’environnement, entre autres.

 

Par conséquent, il est indispensable de lancer des plans d’actions communs et de rendre plus efficace la gestion de la CELAC.

 

Par ailleurs, un retour au néolibéralisme provoquerait une recrudescence de la pauvreté et du chômage, aggravant ainsi les conditions sociales en Amérique latine et la Caraïbe.

 

Monsieur le Président,

 

Nous réaffirmons notre soutien au peuple et au gouvernement vénézuéliens dans la défense de leur souveraineté et de leur autodétermination face aux actions menées contre la Révolution bolivarienne.

 

Nous continuerons, dans la mesure de nos possibilités, de contribuer à la mise en œuvre de l’Accord final de paix entre le gouvernement de Colombie et les FARC-EP, et d’appuyer les conversations de paix avec l’ELN.

 

Nous réaffirmons que le peuple de Porto Rico doit être libre et indépendant ; nous continuerons d’appuyer les revendications de l’Équateur face au refus des transnationales de réparer les graves dommages environnementaux causés en Amazonie ; nous rejetons la manipulation politique contre le gouvernement bolivien et les tentatives de déstabilisation contre ce pays ; nous félicitons le président Daniel Ortega pour sa récente réélection à la tête du Nicaragua, et également la vice-présidente Rosario Murillo. Nous réaffirmons notre rejet du coup d’État parlementaire perpétré au Brésil contre la présidente Dilma Rousseff, à qui nous exprimons notre solidarité, de même qu’à l’ancien président Luis Inacio Lula da Silva.

 

Nous confirmons le soutien de Cuba aux nations sœurs des Caraïbes face aux tentatives de les priver de l’accès aux ressources financières, dans leur lutte contre le changement climatique, et dans leurs revendications légitimes pour la réparation des dommages provoqués par le colonialisme et l’esclavage.

 

Nous renouvelons nos encouragements aux efforts de la République argentine pour récupérer les Îles Malouines, Georgie-du-Sud et Sandwich-du-Sud.

Cher président, je souhaite exprimer la volonté de Cuba de continuer de discuter des affaires bilatérales en suspens avec les États-Unis, sur la base de l’égalité, la réciprocité et le respect de la souveraineté et de l’indépendance de notre pays, et de poursuivre le dialogue respectueux et la coopération sur des sujets d’intérêt commun avec le nouveau gouvernement du président Donald Trump.

 

Cuba et les États-Unis peuvent coopérer et coexister de manière civilisée, en respectant leurs différences et en favorisant tout ce qui peut s’avérer positif pour les deux pays et les deux peuples, mais il ne faut pas attendre pour autant que Cuba fasse des concessions inhérentes à sa souveraineté et à son indépendance.

 

Le blocus économique, commercial et financier persiste, et entraîne des privations et des dommages humains importants qui affectent gravement notre économie et entrave notre développement.

 

Cependant, nous continuons de centrer nos efforts sur la mise à jour de notre modèle économique et social, et de lutter pour construire une Nation souveraine, indépendante, socialiste, démocratique, prospère et durable.

 

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude au président Danilo Medina pour son émouvant hommage à la mémoire du Commandant en chef de la Révolution cubaine, Fidel Castro Ruz, à la cérémonie d’ouverture de ce Sommet, ainsi qu’à toutes les personnes qui nous ont transmis leurs condoléances et leurs messages de solidarité.

 

Permettez-moi, pour conclure, de vous remercier, ainsi que le peuple dominicain, pour votre hospitalité et pour votre chaleureux accueil, et vous féliciter pour le travail réalisé durant votre mandat à la présidence tournante de la CELAC, et aussi de réitérer notre engagement de soutien et de solidarité au Salvador et à son président Salvador Sanchez Cerén, dans sa gestion à la tête de la Celac en 2017.

 

Je vous remercie. (Applaudissements)

 

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Posté par Michel Peyret 

Cuba : Pourquoi blocus et pas embargo ?

Même si, formellement, le blocus total contre Cuba fut imposé par les États-Unis le 7 février 1962, déjà en 1959 notre pays était victime des politiques de blocus

LES actions hostiles du gouvernement des États-Unis contre Cuba n’entrent pas dans la définition d’ « embargo ». Au contraire, elles dépassent le sens étroit du mot et typifient un « blocus » qui en réalité cherche l’isolement, l’asphyxie, à encercler et harceler Cuba dans le but délibéré d’étouffer le peuple cubain et de le pousser à renoncer à sa décision de rester souverain et indépendant. Ces visées constituent précisément des éléments cardinaux dans le concept de « blocus », qui signifie siège, coupure de toute communication avec l’extérieur, isolement, autrement dit une guerre d’usure imposée pour d’obtenir une capitulation par la force ou par la famine.

Depuis la Conférence navale de Londres, en 1909, le blocus est considéré par le Droit international comme « un acte de guerre ». Et en tant que tel, il ne peut être utilisé que par les pays belligérants. Par ailleurs, aucune norme du Droit international ne justifie le dénommé « blocus pacifique » tel qu’il fut employé par les puissances coloniales au 19e siècle.

Ce concept controversé n’est pas non plus de tradition dans le Droit international accepté par les États-Unis d’Amérique, mais les autorités de ce pays semblent avoir la mémoire courte et oublient qu’en 1916, ils lancèrent cette mise en garde à la France : « Les États-Unis ne reconnaissent à aucune puissance étrangère le droit de mettre des obstacles à l’exercice des droits commerciaux des pays non intéressés, en ayant recours au blocus quand il n’y a pas d’état de guerre ».

Généralement, on appelle embargo un placement sous séquestre, une forme judiciaire de retenir les biens pour s’assurer de l’accomplissement d’une obligation contractée en toute légitimité. Il peut également s’agir d’une mesure de précaution à caractère patrimonial autorisée par le juge, un tribunal ou une autorité compétente, visant à obliger le débiteur à honorer ses obligations envers ses créanciers.

Cuba est-elle débitrice des États-Unis ? Cuba a-t-elle commis un crime justifiant la saisie et la liquidation de ses biens en faveur des États-Unis. La réponse ne saurait être plus claire et nette. Notre pays n’a jamais été ni ne constitue une menace pour la sécurité des États-Unis, si bien qu’il est contraire aux lois internationales d’appliquer des mesures de « légitime défense » alors que le Droit international ne reconnaît pas la légitime défense subjective, ni ne justifie la légitime défense consacrée par la Doctrine Monroe, qui prône une politique d’agression.

L’expression « embargo » ne fait que cacher un ensemble de mesures de coercition et d’agression économique découlant d’un blocus illégal exercé par les États-Unis contre Cuba.

Le gouvernement des États-Unis emploie le mot « embargo » pour ne pas reconnaître qu’il applique à Cuba des mesures de temps de guerre non déclarée contre le peuple cubain.

Le blocus contre Cuba relève d’un comportement génocidaire de la part du gouvernement étasunien, dont le but est de soumettre intentionnellement le peuple cubain à des conditions d’existence qui pourraient entraîner des préjudices physiques, totaux ou partiels pour affaiblir sa décision de lutter et de vaincre.

Même si, formellement, le blocus total contre Cuba fut décrété par les États-Unis le 7 février 1962, déjà en 1959 ce pays appliquait des politiques de blocus contre notre pays, destinées essentiellement à porter atteinte aux intérêts vitaux de la défense et de l’économie cubaine, telles que l’élimination du quota sucrier qui était le seul et le principal support de l’économie et des finances de l’île, et le refus de livraison et de raffinage du pétrole de la part des entreprises pétrolières nord-américaines qui exerçaient le monopole de cette activité énergétique. Paralyser le pays était l’objectif qu’ils n’ont pas pu atteindre, ainsi que le boycott pervers de l’achat de toute pièce de rechange destinée à l’industrie cubaine, qui étaient toutes de fabrication nord-américaine.

Face à l’échec du blocus partiel imposé pour faire plier le peuple cubain, le président des États-Unis J.F. Kennedy, sur instruction du Congrès, à travers la Section 620a de la Loi d’aide étrangère de septembre 1961, décréta le blocus total contre Cuba, le 7 février 1962.

Il y a donc un paradoxe, voire un antagonisme, entre l’objectif du blocus et le droit du peuple cubain d’exercer sa libre détermination, un droit consacré dans la Charte des Nations Unies, la Déclaration des droits de l’Homme et les articles 1 des Traités internationaux sur les droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que sur les droits civils et politiques de nos citoyens. Qui viole donc les droits humains du peuple cubain ?

De nombreuses résolutions des Nations Unies condamnent les actes d’agression.

Par exemple, la Résolution 2625 du 24 octobre 1970 de la 25e Période de sessions de l’Assemblée nationale des Nations Unies, stipule qu’ « aucun État ne peut appliquer ni encourager l’usage de mesures économiques, politiques ou de toute autre nature pour contraindre un autre État à subordonner l’exercice de ses droits souverains et pour obtenir de lui des avantages de quelque ordre que ce soit. Tous les États doivent aussi s’abstenir d’organiser, d’aider, de fomenter, de financer, d’encourager ou de tolérer des activités armées subversives ou terroristes destinées à changer par la violence le régime d’un autre État ainsi que d’intervenir dans les luttes intestines d’un autre État », et que « tout État a le droit inaliénable de choisir son système politique, économique, social et culturel sans aucune forme d’ingérence de la part d’un autre État ». •

NOTE : Extraits tirés du livre Cuba-USA. Nationalisations et blocus, de la Dr Olga Miranda Bravo, Éditions Ciencias sociales, La Havane, 1996. Source : http://www.cubavsbloqueo.cu

Depuis 1992, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté à une majorité croissante la Résolution intitulée « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis d’Amérique ». Depuis l’entrée en vigueur de cette politique criminelle contre l’Île, voici plus de 50 ans, le blocus a provoqué des dommages évalués à plus de 125 milliards de dollars au peuple cubain, selon le Rapport présenté par Cuba en 2016 à l’ONU.

»» http://fr.granma.cu/cuba/2017-02-03/pourquoi-blocus-et-pas-embargo
URL de cet article 31483 

Figures Révolutionnaires de l’Amérique latine

Cet ouvrage propose au lecteur sept chapitres consacrés à quelques-uns des révolutionnaires les plus importants d’Amérique latine et caribéenne : Simón Bolívar, José Martí, Ernesto Che Guevara, Hugo Chávez, Fidel Castro et Evo Morales. L’Amérique latine et caribéenne offre depuis le début des années 2000 l’image de peuples qui sont parvenus à repasser à l’offensive, dans les conditions historiques très difficiles qui sont celles de ce début de XXIe siècle. C’est cette puissante mobilisation populaire qui est aujourd’hui confrontée à diverses tentatives, appuyées par l’impérialisme étasunien, de retour de la réaction. Et ce sont ces peuples qui, comme ils l’ont fait depuis des décennies, sur tout le continent, résistent.

 

Rémy Herrera : Economiste, est chercheur au CNRS. Il dirige des thèses de doctorat au Centre d’Économie de la Sorbonne. Il est associé à l’International Initiative for Pro- moting Political Economics (Londres), à l’Union of Radical Political Economics (New York), à la Chubu University (Nagoya), la Lingnan University (Hong Kong), la Sociedad de Economía Política Latinoamericana (São Paulo), à l’Aso- ciación Nacional de Economistas de Cuba (La Havane), au Forum du Tiers Monde (Dakar) et au Forum mondial des Alternatives (Paris). Il travaille aussi avec le Centre Europe-Tiers Monde (Genève) auprès du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.

Editions DELGA
Prix public : 10 euros
Nombre de pages : 114
Référence : 978-2-37607-107-5

http://editionsdelga.fr/portfolio/remy-herrera-3/

URL de cet article 31482 
https://legrandsoir.info/figures-revolutionnaires-de-l-amerique-latine.html


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Un autre capitalisme n’est pas possible
Rémy HERRERA
Le capitalisme est en crise. Il pourrait même s’agir d’une des plus graves crises de l’histoire moderne. Et pourtant, à suivre l’actualité au jour le jour, l’opinion publique peut avoir le sentiment que cette crise est déjà derrière nous. Or, le pire est sans doute encore à venir, malgré les propos rassurants tenus et les aménagements envisagés. En effet, la réactivation annoncée de l’intervention étatique a notamment pour objet la négation de la nature de biens publics à la fois gratuits et libres de (...)
 
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Une autre Amérique : La Virginie devient le seizième Etat fédéral à rejoindre « Engage Cuba »

 

31 Janvier 2017

Aujourd’hui j’avais le choix entre des informations sur la montée du klux klux klan, qui désormais recrute au grand jour aux Etats-Unis, et les conséquences du décret anti-immigration. J’ai préféré traduire cet article qui décrit un travail qui depuis des années se mène entre Américains du nord et Cubains pour inscrire dans les faits la levée du blocus. Dans ces temps incertains, on peut se demander si les vagues lueurs que l’on voit sont celles du crépuscule ou celle de l’aube. Pour que se lève cette dernière il faut une résistance digne de celle des Cubains, une certitude et une confiance en l’avenir qui les caractérise. Que l’on ne se fasse pas d’illusion une telle résistance n’est pas verbale, elle doit pénétrer les esprits et chaque organisation collective. Les Cubains ne sont pas les seuls, simplement ils ont un parti, des dirigeants pour donner sens à cette volonté de vivre, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. La révolution est d’abord choix de la vie face au fascisme qui tente de l’imiter mais qui est choix de la mort

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach).


Terry McAuliffe, le gouverneur de la Virginie, a dit qu'il est honoré de servir comme président d'honneur du conseil a récemment annoncé une étape importante dans les efforts visant à lever les restrictions étape. Photo prise de politico.com.

 

Les dirigeants du territoire américain de Virginie ont lancé un conseil bipartite de l’Etat pour la promotion des relations avec Cuba et exhorter le Congrès à lever le blocus contre l’île.

 

L’initiative, nommée Conseil d’Etat de Virginia-Engage Cuba, est dirigé par le gouverneur Terry McAuliffe et cherche à éliminer les restrictions commerciales avec la nation des Caraïbes pour ouvrir des opportunités bilatérales.

 

Avec la loi promulguée ce lundi, la Virginie devient le seizième Etat à se joindre à engager Cuba, une organisation basée dans cette capitale qui se consacre à la promotion de mesures législatives pour mettre fin au blocus économique, commercial et financier.

 

Selon ce qu’a dit McAuliffe, il se sent honoré de servir comme président d’honneur du conseil qui a été récemment créé, une étape importante dans les efforts visant à lever les restrictions et à promouvoir des relations mutuellement bénéfiques entre le Commonwealth de Virginie et le pays des Antilles.

 

Il a souligné que l’Etat a une relation économique exceptionnellement positive avec Cuba, notamment en étant le territoire avec le plus grand volume des exportations agricoles vers l’île en 2015.

 

Cependant, notre activité est entravée par plus de 50 ans de politiques ratées d’isolement économique et politique, a-t-il dit.

 

Selon  le gouverneur démocrate, il est temps pour le  Congrès de lever les restrictions, financières commerciales et des voyages qui empêchent l’échange normal de marchandises entre les deux pays, et de permettre aux entreprises de forger de nouvelles alliances.

 

Le titulaire  d’engager Cuba, James Williams, a applaudi McAuliffe et le sénateurs Mark Warner et Tim Kaine pour le soutien apporté à l’amélioration des relations avec Cuba et pour mettre fin au blocus, il a publié une note de l’organisation. Pour Warner, lever l’encerclement permettrait à la Virginie de vendre au pays des Caraïbes des produits depuis les  technologies de l’information jusqu’à l’équipement lourd, tout en contribuant à la croissance économique de l’île et à une augmentation du pouvoir d’achat.

 

En 2002, quand il était gouverneur de l’Etat, l’homme politique démocrate a signé un accord sur les exportations agricoles vers Cuba pour la première fois en 40 ans, et une fois élu au Congrès, il a soutenu avec Keine plusieurs initiatives de lois concernant l’île.

 

À son tour, le secrétaire de l’Agriculture et des forêts de Virginie, Basil I. Gooden a déclaré que la première de ces industries a grandement bénéficié de la relation commerciale forte, mais a reconnu qu’on  ne peut en tirer le plein potentiel alors que les limites sont conservés à échange.

 

Lors de la présentation du Conseil d’Etat, étaient présents lundi une délégation de chefs d’entreprise cubains qui font une tournée de plusieurs villes américaines jusqu’au 3 février.

 

(Con información de Prensa Latina)

 

Groupe à but non lucratif qui fait pression sur le Congrès américain en faveur de la suppression de l’interdiction de faire des affaires ou de voyager à Cuba, un vestige de la guerre froide établi depuis 1960. Le groupe comprend des responsables politiques des partis démocrate et républicain et a des liens étroits avec les dirigeants du Congrès et le secteur des entreprises. Le mouvement intervient auprès de grands groupes d’affaires et non-gouvernementaux pour exiger la fin de blocus que, pour plus de la moitié d’un siècle Washington a imposé sur le peuple cubain.

Tourisme humanitaire : l’humiliant business de certaines ONG installées en Haïti

 

30 Janvier 2017
Je connais Haïti, j’ai eu la chance d’être initiée à ce fier pays par un couple de sociologues communistes Suzy Castor et Gérard Pierre Charles, j’ai fait un compte-rendu de ce voyage dans les Temps Modernes. Mais qui a vécu à Cuba a appris le respect et l’amitié pour ce pays… Je pourrais longuement vous parler des écrivains, des artistes et même du vaudou haïtien qui fait partie de cette créativité autant que de l’aliénation. C’est vrai que quand on connaît l’histoire d’Haïti, le pillage, lire cette description de certaines ONG faisant du tourisme charitable vous écœure… oui les ONG ont été partout dans le monde des plaies de la bonne conscience occidentale. Quand je pense à cette charité là, j’ai envie de chanter la complainte de Brecht: « Grand saint Martin comme chacun sait plaignait très fort les miséreux, voyant un pauvre grelottant, il fendit en deux son grand manteau sur le champ. Ils moururent tous deux… Gelés » Le monde n’a pas besoin de charité et de bons sentiments, il a besoin de justice et de paix
 
(note de Danielle Bleitrach)


http://www.telerama.fr/sortir/tourisme-humanitaire-l-humiliant-business-de-certaines-ong-installees-en-haiti%2C153257.php?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#link_time=1485536155

Le bus conduit les membres de l'association chrétienne Food for the Poor dans des bidonvilles dits dangeureux pour distribuer de la nourriture. 

Parmi les 10.000 ONG recensées en Haïti, certaines ont des pratiques peu reluisantes. Le photojournaliste Corentin Fohlen signe un reportage qui en dit long sur l’ahurissante naïveté et le mépris de ces évangélistes des temps modernes.

 

Corentin Fohlen ne connaissait rien, ou presque, de la Repiblik Dayiti avant ce 12 janvier 2010. Quand il apprend, par la radio, qu’un tremblement de terre a ravagé l’un des pays des Grandes Antilles, il décide de partir là-bas. Réflexe de photojournaliste ! Alors âgé de 29 ans, il est déjà rompu aux situations de conflits : à son actif, des reportages sur la guerre du Kivu en République Démocratique du Congo, l’Afghanistan, les émeutes en région parisienne, la crise grecque…

 

Devant l’ampleur du drame haïtien il réalise divers sujets pour la presse. Le feu de déchets se consumant en plein milieu de l’avenue Dessalines, dans le quartier commerçant le plus touché par le séisme, est l’une de ses premières images emblématiques de la catastrophe. Prise le 21 mars 2010, elle ouvre le livre de photos qui paraît aujourd’hui : Haïti, Conrentin Fohlen, Éditions Light Motiv.

 

Dans ce quartier, l'un des plus dévasté après le séisme du 12 janvier 2010, les déchets sont brûlés chaque soir (ici le 21 mars 2010). 

 

Dix neuf voyages plus tard, le photographe voit les choses autrement : « Désormais, je travaille plus en profondeur, en m’éloignant de la course effrénée aux news. Et surtout, je cherche à montrer une autre image que celle d’un pays misérable et maudit. Loin des clichés, je voudrais avec mon témoignage redonner sa fierté à ce pays. ».


Corentin est aujourd’hui l’un des rares photoreporters à ne pas avoir cédé à l’esthétique du cadavre et de la ruine. Il est parvenu à décrire La terre des hautes montagnes et ses habitants, avec un œil à la fois critique et respectueux.

 

“La République des ONG”

 

L’un des chapitres du livre est consacré à une forme d’ingérence étrangère. Pire, à un humiliant commerce orchestré par des ONG : le tourisme humanitaire.

 

Le bus conduit les membres de l'association chrétienne Food for the Poor dans des bidonvilles dits dangeureux pour distribuer de la nourriture. 

« En 2012, je voyais passer des groupes d’Américains installés à l’arrière de pickup ou dans des bus, en complet décalage avec la situation. C’était des membres appartenant à l’une des 10.000 ONG (1) qui pullulent à Haïti et dont la plupart américaines sont liées à une église missionnaire évangélistes aux USA. Je les ai contacté pour en suivre quelques unes »...


For the Poor est l’une des importantes organisations implantées en Haïti dès 1996. Sur l’image ci-dessus, on voit l’arrivée des « volontaires » pour distribuer de la nourriture aux plus démunis dans le bidonville de Cité Soleil, un quartier considéré comme le plus dangereux du pays, mais où les ONG ont des contacts.

 

Dans une orphelinat de Titanyen, le 17 janvier 2013, des membres de Healing Haïti s'essaient au lavage des vêtements à l'haïtienne... 

 

Une autre ONG, Healing Haiti, installée depuis 2006, a été créée par un couple du Minnesota qui affirme : « Nous n’avons pas choisi Haïti, Dieu a choisi Haïti, pour nous. » Comme toutes ces organisations prosélytes, elles organisent chaque semaine le débarquement de 200.000 américains (chiffres de l’ambassade américaine), qui viennent pour un séjour (coûteux) d’une semaine. Au programme distribution d’eau, de chewing-gum dans les écoles, journée plage avec des orphelins… et câlins. « Comme sur l’image ci-dessous, le 17 janvier 2013, dans le village de Titanyen, Dickinson tient une petite fille dans ses bras, raconte Corentin, alors que le reste du groupe aide un vieillard à manger. »

 

Dickingson, membre de l'ONG Healing Haïti s'occupe d'une petite fille, le 17 janvier 2013 à Titanyen. 

Réalisme cru

 

Dans la cour de l’orphelinat « La vigne d’or », ils sont venus distribuer coloriages, sucreries et jouets. L’appareil photo enregistre la scène, avec un réalisme cru. Rien n’a été ôté, ni ajouté à cette drôle de pièce de théâtre, ce jeu de rôles grandeur nature qui se reproduit inlassablement, chaque semaine. Et, la petite fille, incrédule, d’observer les bulles de savon que l’on fait éclater sous son nez. « Ces ONG sont convaincues du bien-fondé de leur action et ne voient évidemment pas les conséquences néfastes que leurs vacances humanitaires induisent : ingérence, mépris, pays sous perfusion et perversion des mentalités haïtiennes. »

 

Distribution de jouets et de friandises dans un orphelinat de Titanyen le 17 janvier 2013. 

 

« Lors d’une visite dans une maison de retraite, raconte le photographe, j’ai assisté à une scène épouvantable. Le programme prévoyait une distribution de bonbons aux personnes âgées. Chaque volontaire s’est affairé à donner ses friandises aux vieillards, plutôt en mauvaise santé. Là, j’ai assisté au face à face effrayant d’une jeune Américaine qui durant près de 3 minutes a tenté d’introduire de force un bonbon dans la bouche résolument fermée d’une vielle dame assoupie, qui grommelait, sans comprendre ce qui lui arrivait. »

 

Selfies souvenirs

 

Love Haïti, Mission Haïti, Haïti for Christ, Christianville Haïti, Save Haïti, … sont, sur le Net, parmi les noms d’associations qui veulent sauver Haïti, leurs programmes simplistes jouent sur la crédulité de certains haïtiens (alors que d’autres, en colère, envoient parfois des pierres sur les autobus, qui sont aujourd’hui grillagés). Venus se faire plaisir, ils repartiront ravis de leur vacances, avec plein de selfies-souvenirs .

 

Port-au-Prince, le 15 janvier 2013 à l'occasion d'une distribution d'eau dans un bidonville. 

 

(1) Haïtien resource developement Foundation et la banque Mondiale avancent le même chiffre.

Carlos Slim, le milliardaire mexicain réclame la plus grande fermeté dans les négociations et exclut de se présenter à la présidentielle

 

28 Janvier 2017

Le journal mexicain la Jornada donne la parole à un des hommes les plus riches du monde. Décidément les capitalistes ont la cote pour résoudre les problèmes qu’ils créent et qui visiblement leur rapportent. L’avantage est sans doute qu’ils parlent la même langue et ne pensent qu’aux intérêts en jeu. Selon le milliardaire mexicain, le président américain cherche à «provoquer pour négocier». Il s’est montré confiant quant à la tenue prochaine d’une réunion entre le président mexicain Enrique Peña Nieto et son homologue américain du fait de l’importance de la relation entre les deux Etats. A noter que dans cette partie de poker, le milliardaire mexicain pense que le meilleur atout du Mexique est de ne plus tabler sur les exportations et importations mais de développer un marché intérieur, ce qui veut dire en clair privilégier les emplois et les salaires. La renégociation de l’Alena ne serait pas une mauvaise affaire… Une conséquence de la politique de Trump qui ne vaut pas que pour le Mexique…

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et société)


Amador Roberto González Vendredi 27 janvier 2017 13h39
 
Selon le milliardaire mexicain Carlos Slim, le président américain Donald Trump cherche à «provoquer pour négocier». (Vendredi 27 janvier 2017)

ÉQUATEUR : Élections présidentielles de février 2017 : Lenin Moreno pourrait succéder à Rafaël Correa.

 

27 Janvier 2017

Merci à Michel Taupin pour la traduction du sujet. Remarquez avec le prénom de Lénine on peut être rassuré… encore que un des responsable syndical trotskyste au Vénézuela répond au doux prénom de Staline

 

(note de Danielle Bleitraach)


Rafaël Correa ne sollicitera pas un 4ème mandat. C’est Lenin Moreno son ancien vice-président (2007-2013) qui présente Alianza Pais, le mouvement de gauche socialiste au pouvoir depuis 2007.

 

Lenin Moreno, handicapé lui-même, a beaucoup agi pour les droits et le bien-être des personnes handicapées. Grâce à lui, l’Équateur est devenu l’un des pays les plus avancés d’Amérique du Sud dans ce domaine.


Depuis 2004, il dirige la Fondation Eventa qui s’intéresse à l’intelligence émotionnelle et à la promotion de l’humour sous toutes ses formes.

 

Lenin Moreno, accompagné de son vice-président potentiel Jorge Glas, a exhorté les jeunes à être des entrepreneurs et non seulement des salariés.

 

« Pour développer l’esprit d’entreprise, chers jeunes, ne pensez pas toujours à rester des employés » a souhaité le candidat de Pays Alliance pour la présidence de l’Équateur.

 

Le candidat a exhorté mercredi les jeunes Équatoriens à proposer de l’innovation et à acquérir l’esprit d’entreprise et de laisser derrière eux les vieux concepts.

 

« Notre Constitution reconnaît les jeunes comme acteurs stratégiques dans le développement. Alors osez développer votre esprit d’entreprise, chers jeunes. » a-t-il dit lors de la réunion nationale de la jeunesse 2017.

 

Moreno a annoncé que s’il gagnait la présidence le 19 février prochain, il accorderait des prêts et des bourses à la jeunesse pour encourager l’innovation et la volonté d’entreprendre. « Je n’ai jamais manqué à mon pays, je ne manquerai pas à la jeunesse ».

 

Selon le CNE, environ 13,2 millions d’électeurs seront appelés aux urnes pour élire le nouveau président, le vice-président et les 137 députés de l’Assemblée nationale, actuellement dominée par les partisans de Rafaël Correa.

 

Ce scrutin sera crucial pour la majorité présidentielle car ce sera la première fois depuis 2006 que M. Correa, porteur du projet « révolution citoyenne » socialiste, ne se représentera pas.

 

Ce pays producteur de pétrole et « dollarisé » est fortement affecté depuis plusieurs mois par la chute des cours du brut, la hausse du billet vert et la dévaluation des monnaies du Pérou et de la Colombie, ses voisins.

 

C’est Rafaël Correa, dont l’épouse est belge et qui, à la fin de son mandat, envisage de s’installer en Europe pour des raisons familiales, qui a suggéré le nom de ses remplaçants : son ex vice-président Lenin Moreno et l’actuel vice-président Jorge Glas.

 

A ce jour, seuls deux opposants ont annoncé leurs candidatures: l’ancien banquier Guillermo Lasso, du parti libéral Créer des Opportunités (CREO) et l’ex parlementaire Dalo Bucaram, de Force Équateur.

 

Photo : Lenin Moreno

L’image contient peut-être : 5 personnes, personnes assises

26 janvier 2017

Bruni Guigue, Fidel Castro et Cuba

 

« Cette révolution en profondeur de la société cubaine, nous dit Bruno Guigue, certes, ne fut pas un lit de roses. Petite île des Caraïbes, Cuba a repoussé l’invasion de la « Baie des Cochons » orchestrée par la CIA, elle a conquis son indépendance au forceps, elle s’est dressée contre une superpuissance qui voulait anéantir sa révolution et restaurer l’ancien régime politique et social. Elle a fermé les bordels destinés aux yankees, exproprié les capitalistes locaux, arraché l’économie à l’étreinte des multinationales. Méditant les expériences révolutionnaires du passé, Fidel Castro savait que les puissances dominantes ne font jamais de cadeaux. Il n’en a pas fait non plus. Mais à aucun moment il n’a suscité de violence aveugle contre le peuple des Etats-Unis d’Amérique, et le 11 septembre 2001 il a exprimé son dégoût pour cette tuerie... »

 

Reprenons l'évocation de Bruno Guigue...

 

Michel Peyret


Fidel Castro, la Révolution et l’Histoire

 

Ennemis jurés de Fidel Castro, les USA ont tué Patrice Lumumba et Salvador Allende, fomenté un coup d’État contre Mohammed Mossadegh, massacré deux millions de Vietnamiens et un million d’Irakiens, soutenu l’agression sioniste, livré Nelson Mandela, assassiné Ernesto Che Guevara et créé Al-Qaida. L’URSS, elle, a vaincu le nazisme au prix de 25 millions de morts, elle a soutenu les mouvements révolutionnaires du Tiers Monde, aidé Cuba face à l’agresseur impérialiste et l’ANC face au régime d’apartheid. Ce n’est pas si mal. L’Histoire jugera.

 

La disparition de celui que les Cubains nommaient affectueusement « El Comandante », en cette fin d’année 2016, n’est pas seulement un événement chargé d’émotion, un moment de recueillement où l’on rend à ce combattant l’hommage qu’il mérite. Le départ de Fidel pour son dernier voyage invite aussi à une réflexion sur la révolution cubaine et sa place dans l’histoire des mouvements de libération du XXème siècle. Avec la révolution castriste, Cuba s’est forgé une expérience historique hors du commun, de dimension internationale, et dont les enseignements dépassent le cadre géographique des Caraïbes.

 

Cette révolution n’est pas née par hasard. Victorieuse après des années de lutte acharnée, elle eut pour origine l’humiliation sans précédent infligée au peuple cubain par un impérialisme yankee protecteur de la dictature militaire. En le frustrant de sa souveraineté, en le condamnant à l’archaïsme social et aux affres du sous-développement, cette mise sous tutelle par le puissant voisin nord-américain créa les conditions du sursaut révolutionnaire. Loin de sortir tout droit du cerveau enflammé de Fidel, la révolution cubaine fut un mouvement populaire qui donna un visage à la fierté retrouvée des Cubains, elle fut d’abord ce refus intransigeant de l’ordre impérial dicté par Washington. « El Comandante » en fut l’incarnation héroïque, mais sans le mouvement des masses, la révolution était perdue.

 

Cette révolution ne fut pas une révolution de pacotille. Elle bouleversa la société cubaine en éradiquant la misère, le racisme et l’analphabétisme qui régnaient dans la société de plantation. Elle mena une lutte infatigable, malgré les difficultés héritées d’une économie arriérée et aggravées par le blocus impérialiste, pour donner à chaque Cubain des conditions de vie décentes. Charriant évidemment son lot d’erreurs et de tentatives avortées, le travail accompli fut colossal. Réforme agraire, santé gratuite, éducation pour tous, le socialisme cubain est une réalité qu’aucune propagande ne fera disparaître dans l’oubli.

 

Dès 1961, soit deux ans après la révolution, Cuba fut l’un des rares pays à avoir éradiqué l’analphabétisme. Le taux d’alphabétisation des 15-24 ans atteint aujourd’hui les 100%, et celui des adultes 99,8%, ce qui place Cuba parmi les cinq pays les plus alphabétisés au monde. Selon l’UNESCO, Cuba est le pays qui affiche le meilleur résultat d’Amérique Latine et des Caraïbes en matière d’éducation. L’île dispose d’un nombre d’enseignants record et du plus faible nombre d’élèves par classe dans le primaire et le secondaire. En 1959, Cuba ne comptait qu’une seule université. Aujourd’hui l’île compte 52 établissements d’enseignement supérieur.

 

D’après l’ONU, la mortalité infantile à Cuba est de 4,2 pour 1000, soit le taux le plus faible du continent américain, USA compris, alors qu’elle s’élevait à 69,8 pour 1000 avant la révolution. L’espérance de vie à Cuba est de 79,4 ans, soit 0,3 ans de plus qu’aux États-Unis. Meilleur chiffre du continent américain derrière le Canada et le Chili, il correspond à la moyenne des pays riches de l’OCDE. L’Ecole de médecine de la Havane, « la plus avancée au monde » selon l’ONU, forme aujourd’hui 11 000 jeunes venus de 120 pays. En reconnaissance de ses efforts, Fidel Castro fut le premier chef d’État à recevoir la médaille de la Santé pour tous, décernée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En 2014, l’OMS qualifiait le système de santé cubain « d’exemple à suivre ». *

 

Cette révolution en profondeur de la société cubaine, certes, ne fut pas un lit de roses. Petite île des Caraïbes, Cuba a repoussé l’invasion de la « Baie des Cochons » orchestrée par la CIA, elle a conquis son indépendance au forceps, elle s’est dressée contre une superpuissance qui voulait anéantir sa révolution et restaurer l’ancien régime politique et social. Elle a fermé les bordels destinés aux yankees, exproprié les capitalistes locaux, arraché l’économie à l’étreinte des multinationales. Méditant les expériences révolutionnaires du passé, Fidel Castro savait que les puissances dominantes ne font jamais de cadeaux. Il n’en a pas fait non plus. Mais à aucun moment il n’a suscité de violence aveugle contre le peuple des Etats-Unis d’Amérique, et le 11 septembre 2001 il a exprimé son dégoût pour cette tuerie.

 

Lors des funérailles de Fidel, un million de Cubains lui ont rendu publiquement hommage. Quel dirigeant dans le monde peut se prévaloir d’une telle popularité posthume ? Cuba n’est pas un paradis tropical, la révolution est un processus au cours imprévisible, elle ne change pas l’homme du jour au lendemain, elle se débat dans d’innombrables contradictions, mais au moins s’est-elle attaquée aux structures de la domination. Les médias occidentaux dénoncent une dictature, mais selon Amnesty International il n’y a aucun prisonnier politique à Cuba. Les Cubains ne sont pas riches, mais ils sont fiers de ce qu’ils sont. Leurs enfants réaliseront un jour que le sort du peuple cubain ne dépend que de lui-même. Ils verront qu’il est infiniment préférable à celui des peuples haïtien et dominicain, si proches géographiquement, dont la misère ahurissante illustre les « bienfaits » de l’économie de marché sous la tutelle occidentale.

 

Cette révolution, pourtant, n’a pas seulement transformé les conditions d’existence du peuple cubain. Elle rayonna au-delà des océans, donnant corps à un internationalisme qui est la continuation du patriotisme par d’autres moyens. Nelson Mandela en savait quelque chose. Lorsqu’il quitta sa prison sud-africaine, en 1991, son premier voyage hors d’Afrique fut pour La Havane. Il vint remercier le peuple cubain qui versa son sang pour terrasser l’odieux régime de l’apartheid, maintenu avec la complicité occidentale depuis 1948. L’armée sud-africaine fut chassée du territoire angolais par les forces angolaises et cubaines lors de la bataille de Cuito Cuanavale en 1988, l’indépendance de la Namibie fut arrachée manu militari à Pretoria, l’ANC enfin dotée d’une base-arrière et la chute de l’apartheid rendue inéluctable grâce à l’aide cubaine et soviétique. Les médias occidentaux s’en moquent, mais les Africains s’en souviennent.

 

Nelson Mandela le savait. L’histoire des mouvements de libération enseigne que la victoire dépend de la détermination du peuple opprimé à payer le prix de sa libération, mais aussi de sa capacité à nouer des alliances. Livré à la police de Pretoria par la CIA, ami du parti communiste sud-africain (SACP), le chef de l’ANC savait où trouver ses alliés. C’étaient les communistes. L’Union soviétique s’était rangée au côté de cette révolution cubaine que les Etats-Unis voulaient étouffer, l’idéologie communiste soulevait les affamés et les humiliés, elle signifiait un avenir meilleur que l’enfer capitaliste. Par idéal révolutionnaire et solidarité internationaliste, des centaines de milliers de Cubains partirent en Afrique à l’appel de Fidel Castro pour contribuer à l’émancipation du continent.

 

Ceux qui se gargarisent avec le mot de souveraineté devraient se rappeler que Lénine fut le premier, en 1916, à proclamer le « droit des nations à disposer d’elles-mêmes ». Dans la tourmente de la Première Guerre mondiale, son appel invitant les peuples colonisés à devenir les « sujets de leur propre histoire » ensemença le puissant mouvement de la décolonisation en Asie, en Afrique, en Amérique latine et en Océanie. Les millions de communistes qui participèrent aux grands combats de libération nationale étaient les dignes héritiers de Lénine. Le communisme international a pu commettre de lourdes erreurs et l’URSS privilégier parfois crûment ses intérêts, l’honnêteté oblige à dire qu’elle fut souvent du bon côté de la barricade.

 

En aidant Hô chi Minh et les Vietnamiens à se libérer de la tutelle occidentale, Moscou joua un rôle décisif dans la décolonisation de l’Asie du sud-est. L’URSS aida aussi les nationalistes arabes face à l’agression sioniste, elle soutint la lutte pour les indépendances africaines et elle donna le coup de grâce à l’apartheid en fournissant un appui décisif à l’ANC. Ce sont des armes soviétiques, livrées aux Angolais et aux Cubains, qui ont affronté les armes US livrées au régime raciste de Pretoria. Ennemis jurés de Fidel Castro, les USA ont tué Patrice Lumumba et Salvador Allende, fomenté un coup d’État contre Mohammed Mossadegh, massacré deux millions de Vietnamiens et un million d’Irakiens, soutenu l’agression sioniste, livré Nelson Mandela, assassiné Ernesto Che Guevara et créé Al-Qaida. L’URSS, elle, a vaincu le nazisme au prix de 25 millions de morts, elle a soutenu les mouvements révolutionnaires du Tiers Monde, aidé Cuba face à l’agresseur impérialiste et l’ANC face au régime d’apartheid. Ce n’est pas si mal. L’Histoire jugera.

 

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 5-CULTURE DEBATSarticles // Bruno GuigueCUBACuba socialisteFidel Castrogéopolitiquerévolution // janvier 11, 2017

Posté par Michel Peyret 

Rafael Correa, le président de l’équateur : La solution à la migration n’est pas un mur

 

26 Janvier 2017

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« La solution pour arrêter la migration ne réside pas dans des murs et des frontières, elle est dans la solidarité, l’humanité et la création de solutions de paix pour tous les habitants de la terre », a déclaré le président de l’Equateur, Rafael Correa, lors de son discours au V Sommet de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) tenue  mercredi.

 

Le président équatorien a également souligné la nécessité de construire notre propre architecture financière et de « rechercher des instruments contraignants pour punir les sociétés transnationales qui violent les droits de l’homme et la nature. »

 

Le libre-échange ne favorise pas le développement, qui peut croire que ces traités cherchent pas un avantage économique pour nos peuples « est plus proche de la foi que de la science », a déclaré le président en ajoutant: « Croire que le commerce est équitable là où le terrain de jeu est nivelé et que sont traités également riches et pauvres, jeunes et vieux, est une erreur historique ».

 

La Démocratie en Amérique latine 

 

Le président Correa a averti que la démocratie commerciale doit être évitée, car la médiation démocratie où régissant les médias et la démocratie « oneigizada » où les ONG et les acteurs politiques régissent « sans responsabilité politique. »

 

« Les grandes inégalités en Amérique latine ont créé des démocraties fictives dans lesquelles il semble que la souveraineté réside dans la capitale et non pas dans le village, » a déploré le président.

 

>>  El Salvador réaffirme son engagement à l’intégration des peuples.

 

Correa a souligné que les pays de la CELAC devraient engager à la « démocratie où l’égalité des chances et la notion de méritocratie sont essentiels ».

 

Enfin, le président a rappelé les attaques qui souffrent actuellement des présidents progressistes comme Cristina Fernandez en Argentine et Dilma Rousseff au Brésil, et a dit que les échecs peuvent se produire en Amérique latine, mais « jamais retourner dans le passé. La CELAC est le meilleur exemple du changement de notre temps.  »

 

« Il ne faut pas oublier que nos électeurs sont notre peuple, ne l’oublions pas pour qui nous sommes ici et qui nous servons », Correa a réitéré qui livrera la commande de son pays le 24 mai.

 

Pour sortir Haïti de l’impasse

 

Haïti//République populaire de Chine : Un choix d’avenir.

 
, par  Hervé FuyetMichaelle LAFONTANTPeggy Cantave Fuyet
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Haïti 2017 ! 213 ans d’existence d’un peuple qui s’est libéré du joug de l’esclavage pour fonder la première république noire du monde ! Glorieuse épopée qui a placé Haïti sur la scène internationale comme leader de la liberté des peuples noirs du monde, leader des luttes anticoloniales.

 

 

Si la fierté inscrite sur le front des descendants des héros de 1804 reste et demeure légitime, il convient, au 21e siècle, d’oser faire un état des lieux. Oui, Haïti s’est héroïquement libérée des chaînes de l’esclavage et des colonialismes espagnol, anglais, français au 19e siècle. Mais qu’en est-il des luttes à mener aujourd’hui, des batailles non moins héroïques à gagner aujourd’hui ? Comment s’affranchir de la main-mise néo coloniale et impérialiste américaine ?

 

Notre pays, appauvri et asservi par l’impérialisme international, est un Etat “indépendant” mais non souverain. Comment briser les chaînes de l’esclavage moderne ? Comment se libérer et construire un pays souverain ? Aujourd’hui, avec la mondialisation de l’économie, la révolution des nouvelles technologies, le mélange des cultures, la réductions des distances, la quasi caducité des frontières, toute échappée solitaire, ’’indépendante’’ est devenue aléatoire, voire illusoire. Certes, la volonté politique des pays est indispensable, mais tout aussi incontournable est l’alchimie des alliances. Au point qu’on pourrait affirmer : « Dis-moi qui sont tes alliés et je te dirai si tu as des chances de t’en sortir ! » Plus le pays est vulnérable, plus se vérifiera cette affirmation.

 

Si la stabilité politique est un facteur majeur qui ne devrait pas être absent de l’échiquier politique haïtien, il convient aussi de dresser le constat d’échec de nos alliances asphyxiantes. Nous pourrions oser regarder ailleurs en direction des pays émergents comme la République populaire de Chine. [1]
 [2]
En 2017, l’économie chinoise continuera à être un moteur pour la reprise et le développement de l’économie mondiale
 [3]

entre autres pour affaiblir le vivier qui alimente l’hégémonie des forces prônant l’existence d’un monde unipolaire. La République populaire de Chine propose plutôt une coopération internationale de type gagnant-gagnant, dont les résultats sont rapidement palpables Les retombées positives obtenues, par exemple, avec l’Ile Maurice, l’Éthiopie, le Zimbabwe, le Sénégal en sont la preuve.

 

Unique, incontournable et légitime préalable posé par la République populaire de Chine en amont de toute coopération bilatérale : la reconnaissance d’une Chine unique au niveau diplomatique. Les Etats Unis, le Canada, la France - entre autres pour les pays du Nord - l’Ile 


Maurice, l’Ethiopie [4], la Zambie... et tout récemment Sao Tome y Principe -pour les pays du Sud – ont depuis de nombreuses années souscrit à ce principe. Pourquoi, Haïti se prive-t-elle d’une alliance qui lui serait, comme dans le cas de Cuba, mais en beaucoup plus grand, vraiment bénéfique ?

 

L’établissement de relations diplomatiques avec la République populaire de Chine devrait figurer au programme de tout responsable politique haïtien soucieux de sortir Haïti du bourbier économique et social dans lequel il patauge depuis plusieurs décennies. Briguer l’exercice du pouvoir, c’est s’engager à faire des choix libérateurs pour cette terre et ses habitants qui méritent bien de vivre dans un pays qui aura les moyens de garantir le droit au travail, à la santé, à l’éducation,à la justice...pour tous. Autant de droits fondamentaux qui ne pourront être atteints qu’à partir d’un vrai programme de développement durable. Un tel développement durable ne saurait être l’addition d’expériences communautaires avec financement d’ONG internationales et nationales travaillant sur les situations d’urgence dans le cadre d’un Etat vidé de sa substance régalienne. Entre les perfusions urgentistes de l’aide internationale classique d’un côté, et de l’autre un important apport de capitaux accompagné d’un transfert efficace de technologies capables de nous faire franchir le fossé de la misère dégradante et crasseuse vers une pauvreté digne avec certitude de progrès continus, le choix qui s’impose paraît évident.

 

Nous, Haïtiens, devons enfin nous engager dans des alliances et coopérations bénéfiques pour notre pays.

 

Au Conseil de Sécurité de l’ONU, le 11 octobre 2016 [5], lors d’un débat sur Haïti organisé suite au passage de l’ouragan Matthew, l’ambassadeur de Chine, LIU Jieyi, au nom de son pays, a pris position en faveur d’Haïti et émis le souhait de voir Haïti entrer dans l’ère de la stabilité politique. Nul doute, qu’il existe chez ce pays frère la volonté de développer une coopération de haut niveau avec notre pays.

 

Il nous semble que tous les Haïtiens de bonne volonté, et leurs vrais amis, devraient comprendre la nécessité et l’urgence pour Haïti d’établir des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine, comme vient de le faire la République de Sao Tomé et Principe [6]. Il faut aussi comprendre la nécessité et l’urgence de convaincre les acteurs politiques haïtiens de la pertinence de ce choix. Nous pourrons ainsi bénéficier des retombées positives que ce choix ne manquera pas d’entraîner en termes de coopération gagnant-gagnant entre Haïti et la Chine.

 

La balle est donc dans le camp haïtien [7] ! Et c’est une urgence absolue ! Il s’agit d’une condition nécessaire, un préalable à la sortie de l’impasse séculaire où Haïti est enfermée !

 

Malakoff (France) le 10 janv

Lisa Howard entretien inédit  avec Fidel Castro (1964): les US devrait vivre en paix avec Cuba

 

11 Janvier 2017

Une entrevue qui date de 1964, dans laquelle Fidel Castro définit la politique cubaine d’une manière qui encore aujourd’hui n’a pas varié et il parle de la sagesse française, en conseillant aux Etats-Unis de s’en inspirer.

 

(note et traduction de danielle Bleitrach pour histoire et societe)


Fidel Castro et journaliste Lisa Howard US.

Fidel Castro et la journaliste Lisa Howard US.

.

Le programme de la télévision cubaine  La pupila étonnée a  diffusé au mois de  Mars le dialogue inédit entre la journaliste étatsunienne  Lisa Howard et le Commandant en chef Fidel Castro Ruz, qui a eu lieu en Février 1964, mais demeure d’une  impressionnante actualité.

 

Howard a interviewéFidel pour un documentaire  de la télévision américaine ABC et le leader historique de la Révolution cubaine a répondu à toutes les questions en anglais. CubaDebate partage la traduction d’Esther Perez publiée  sur le blog Le insomniaque des élèves .

 

Lisa Howard: Je veux vous poser des questions sur les tentatives d’assassinat, parce que ce fut un thème l’autre semaine. Souvent, on lit des rapports sur dse tentatives d’attentat à votre vie  sa vie. Craignez-vous pour votre vie?

 

Fidel Castro: Par exemple, en Union soviétique, personne n’a jamais lu ces choses, parce que personne ne veut  me tuer. Aux États-Unis il y a beaucoup de contre – révolutionnaires et plusieurs personnes qui voudraient  apprendre que j’ai été  tué. Ils confondent  leurs désirs, leurs rêves avec la réalité. Mais jusqu’à présent , j’ai vécu cinq ans au milieu du peuple et personne ne m’a tiré. dessus.

 

Je me sens en sécurité, je ne suis pas inquiet. Et c’est mon travail. Regardez ce paradoxe: aux Etats-Unis, le Président se sent en sûreté, absolument en sûreté . Je suis sûr que le gouvernement des États-Unis a pris beaucoup plus de mesures pour sa sécurité personnelle que ce que j’en prends. Et les nouvelles de ce que le président des États-Unis avait été tué a été une surprise. Pour  personne à Cuba, cela a été  une  bonne nouvelle, parce que, franchement, nous pouvons être des ennemis politiques, mais nous ne voulons  la mort de personne.

 

Dans un  certain sens, nous nous sentons comme quand vous avez un adversaire et il disparaît: personne ne se sent  satisfait. Dans un certain  sens, voilà ce que je sentais: un adversaire qui a disparu d’une manière avec laquelle nous ne pouvons être d’accord.  Eh bien, je pense que beaucoup de gens veulent me tuer. Tout le monde est appelé à mourir tôt ou tard. Est-ce qu’il y a quelqu’un qui ne le sait pas? Nous savons très bien. Alors que nous vivons, nous travaillons, nous accomplissons notre tâche. Et nous sommes satisfaits, heureux, nous ne sommes pas inquiets à ce sujet.

 

Si quelque chose vous   arrivait, que pensez-vous qu’il adviendrait de la révolution cubaine?

 

Au début, ma mort aurait été un coup très dur pour la révolution, mais pas maintenant. Nous avons tenu cinq ans, nous avons une organisation, nous avons plusieurs hommes avec des conditions extraordinaires pour diriger le pays. Je suis absolument sûr que rien ne se passerait. Je peux donner mon expérience à la Révolution. Nous avons tous appris au fil des ans. J’ai une certaine expérience. J’ai aidé la Révolution avec mon expérience, mais vous pouvez être sûr, comme je le  suis, que rien ne se passerait.

 

Bien sûr, nous ne voulons pas faire le test, mais nous ne sommes pas inquiets. Honnêtement, cela ne nous inquiète pas. Une révolution n’est pas la  tâche d’un homme. Une révolution est la tâche d’un peuple. Et les gens se rassemblent  dans des situations difficiles et choisissent  un chef dans des situations difficiles. Aucune révolution n’a succombé  parce que le chef a disparu. Je ne veux pas faire des comparaisons. Je suis le chef d’un petit pays, une petite révolution. Mais penser à une grande révolution, la révolution soviétique. Dans une situation très difficile beaucoup plus difficile que la notre, Lénine est mort, et la révolution a continué. La révolution n’est pas la tâche d’un homme, Elle  est la tâche d’un peuple.

 

Qui va prendre le pouvoir?

 

Ce n’est pas une monarchie et il n’y a aucune décision à ce sujet. Au début, quand je comprenais  que s’il me tuait ce serait  un danger pour la révolution , je l’ai mentionné à Raul. Mais c’est un problème que devra  résoudre la direction collective de la Révolution.

 

Nous avons beaucoup d’hommes. Vous voyez, nous avons un président, je suis le premier ministre. Ma tâche est politique et je dois donner une impulsion à beaucoup de choses. Mais nous avons un président, un conseil des ministres  , un parti politique, la direction du parti politique. Dans cette situation, la direction nationale de notre parti nommerait un premier ministre pour mener à bien la tâche qui est la mienne.

 

Ici, à Cuba, les principaux problèmes politiques sont discutées au sein de notre direction. Tous les problèmes majeurs. Je ne prends jamais une décision personnelle. J’entends les opinions  de tous, et quand nous avons abouti à un accord, nous avons pris la décision.

 

Docteur Castro, est-il possible que cette révolution puisse prendre une autre direction, qui serait, de nouveau   une démocratie,  avec des élections libres, assumer bon nombre des idées que vous proclamées dans la Sierra Maestra?

 

Pour un citoyen ordinaire des États-Unis il n’est pas  facile de comprendre ces problèmes. Vous avez une idée de la démocratie, nous avons notre idée de la démocratie. Il existe de nombreux exemples. Par exemple, nous pourrions  parler de chômage, les Noirs aux États-Unis, ceux qui vivent dans le sud des États-Unis, vous ne pouvez pas parler de démocratie à de nombreux pauvres, de nombreux malheureux qui vivent aux États-Unis. Pour eux, la démocratie est une formalité.

 

Vous avez deux partis, tous deux contrôlés par l’oligarchie et qu’ils appellent la démocratie. Dans l’Athènes antique, en Grèce, ils ont parlé de la démocratie et il y avait des milliers d’esclaves. Les États-Unis ont de nombreux intérêts dans le monde entier. En Amérique latine et le reste du monde, leurs entreprises font travailler  très dur  des millions de personnes  qui manquent de droits, ne pas avoir un niveau de vie, l’éducation, les soins de santé. Et vous parlez de la démocratie. Voilà pourquoi ce  n’est pas facile, mais un jour on comprendra notre idée de la démocratie.

 

Docteur Castro, toutes les personnes avec lesquelles  nous avons parlé qui s’opposent à vousr, disent qu’ils le font parce qu’ils pensaient que ce serait faire une révolution démocratique, et au lieu de cela est devenue une révolution communiste.

 

Quand ils disent révolution démocratique ils veulent dire une révolution capitaliste, la révolution de la libre entreprise l’influence des monopoles sur Cuba. Ils pensent à leurs intérêts de classe, et non aux travailleurs,aux paysans, aux noirs, aux étudiants,aux intellectuels. Ils pensent à leur intérêt matériel. Il est que ce qu’ils appellent la démocratie. Batista a dit qu’il était démocratique. Tous les riches propriétaires terriens, ont parlé de la démocratie. Voilà ce qu’ils entendent par démocratie. Lincoln a dit que la démocratie est le gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple.

 

La révolution est aussi le gouvernement qui prend le pouvoir avec le peuple et prend des mesures pour le peuple. Personne ne peut nier que notre gouvernement est un gouvernement honnête. Nous avons banni toutes sortes de vices de notre société, tous les types de vol, détournement de fonds. Et toutes les mesures prises le sont en vue d’aider le peiple. Nous avons fait beaucoup de choses pour le peuple. Un million de Cubains ne savaient pas lire et écrire, ils savent maintenant. Tout le monde à Cuba a la garantie de l’éducation. Tout le monde a  un emploi, la possibilité d’étudier. Tout le monde: les Blancs, les Noirs, tout le monde à Cuba. Le peuple le sent. Il faut donc analyser en profondeur le problème de Cuba pour comprendre.

 

Cependant, nous n’avons  pas achevé  bien des choses. Nous devons transformer   plusieurs choses, en  les institutionnalisant. On n’a pas eu le temps de faire beaucoup en  ces cinq ans..

 

Nous avons visité de nombreuses écoles et a trouvé une uniformité extraordinaire. Les enfants semblent répondre de mémoire. Il semble y avoir beaucoup d’endoctrinement marxiste. Il semble y avoir très peu de pensée indépendante. Est-ce que cela vous préoccupe?

 

Dans les écoles américaines, qu’est-ce qu’ils enseignent aux élèves? Ils enseignent leur point de vue, ils  leur parlent de la libre entreprise, des affaires,de l’industrie, des intérêts américains dans le monde entier. de tout cela ils  parlent à leurs jeunes. La classe dirigeante aux États-Unis tente d’enseigner aux élèves ce qui les intééresse. Ici, la révolution enseigne et prépare les jeunes à la Révolution.

 

Je prends  un exemple personnel: j’ai étudié dans une école religieuse depuis mes premières années jusqu’à ce que je sois entré  à l’Université. Ce qu’ils me ont appris? Je n’ai pas décidé quelle école aller, mes parents ont choisi, et ils m’ont appris tout ce qu’ils voulaient. Je n’avais pas la possibilité de choisir. A Cuba, il y avait des centaines d’écoles religieuses où les enfants de la classe riche ont été instruits. Maintenant, nous éduquons nos jeunes dans les idées révolutionnaires, nos idées.

 

Nous avons dit aux gens: « Apprenons, nous ne voulons pas d’un peuple ignorant. Nous voulons un peuple apprenant à penser « Est-ce que nous disons à nos jeunes » croiyez « . nous disons, « étudie, , pense ». Si nous craignons que le peuple  étudie et pense  nous n’aurions jamais développé l’éducation dans la mesure où nous l’avons développée. Nous enseignons à tout le monde, nous éduquons tout le monde. Et si vous pouvez lire et écrire, vous êtes mieux en mesure de penser et d’analyser.

 

Vous pouvez tromper un peuple ignorant; Vous ne pouvez pas tromper un peuple éduqué. Et la révolution a une obsession celle d’éduquer le peuple. Cela prouve que nous ne craignons pas que les gens pensent, analysent. Nous sommes confiants en notre avenir, nous sommes confiants en notre jeunesse, en  notre raison.

 

Vous étiez aussi révolutionnaire au début, quand ils ont fait leur guerre d’indépendance et ont dû se battre. Que pensez-vous de l’Angleterre? Au début, vous étiez libéral, les Anglais étaient monarchistes. Les Anglais ne sont pas d’accord avec vous et ils sont  allés au Canada et ailleurs.

 

Ensuite, vous, aux États-Unis, vous avez commencé à enseigner aux gens la Constitution, la Déclaration des droits. Ils ont parlé au peuple. Et les Anglais ont dit, « sont libéraux. » Appelez quelqu’un libéral en 1776c’ était la même chose que d’appeler quelqu’un maintenant socialiste, marxiste, communiste. C’est la même chose. Pour ceux qui sont partis, entendre parler de communisme est mauvais. Mais quand vous avez fait votre révolution, quand ils ont été appelés libéraux, c’était aussi diabolique. Dans l’ancien temps vous avez vécu cette expérience. Dans l’avenir, nous serons d’accord. Je suis sûr. Et nous ne vous  donnons pas  raison à vous maintenant, parce que jadis  vous étiez   libéraux, mais maintenant vous ne pouvez pas être appelés libérale.

 

Qu’est-ce qui se passe au Vietnam? Qu’est-ce qui se passe en Amérique latine? Vous soutenez dictateurs  vous appuyez , des groupes  militaires, vous maintenez de bonnes relations avec les oligarchies jusqu’à ce qu’au triomphe de la Révolution cubaine. S’ils commencent à se soucier maintenant des réformes sociales, c’est le résultat de la Révolution cubaine. Pouvez-vous le nier?

 

Est-ce que ça ne  peut pas être notre propre conscience sociale et non pas une conséquence de la Révolution cubaine?

 

Eh bien, mais cela coïncide beaucoup avec la Révolution cubaine. J’ai des  des spoupçons, des doutes sur le sujet. je suis d’accord beaucoup avec la Révolution cubaine. Je soupçonne, j’ai des doutes à ce sujet.

 

Deux choses: (Nikita) Khrouchtchev et (Charles) de Gaulle. Vous avez passé   beaucoup de temps récemment avec le premier ministre Khrouchtchev et au cours de votre premier voyage en Russie. Que pensez-vous de Khrouchtchev en tant qu’homme et en tant que leader?

 

J’ai une excellente opinion de Khrouchtchev. J’en ai parlé à Cuba. J’admire Khrouchtchev. C’est un homme très simplet dans ses relations avec les gens avec les autres leaders, C’est un dirigeant très humain.  un  homme très humain. Il est très intelligent. très clair,un ‘homme responsable. Il est aussi un homme de paix. Il se soucie de la paix. Je le comprends très bien, et plus je le connais, plus  l’impression que ‘ai de  lui. est une excellente impression. Réellement, honnêtement.

 

Maintenant vous achetez   des bus en Angleterre, vous parlez d’acheter des bateaux en Espagne, j’ai cru  comprendre qu’il y a une mission économique cubaine en Suisse. Est-ce que cela signifie un changement radical dans votre politique commerciale,  Dr Castro?

 

Non jamais. Qu’est-ce que cela changerait? Nous avons jamais refusé de faire des affaires avec les États-Unis, avec toute nation. C’était  la politique des États-Unis de réduire nos relations commerciales avec eux et avec les nations <que vous avez mentionné. Ce n’était  pas notre politique. Notre politique depuis le début a été de faire des affaires avec toutes les nations, et c’est ce que nous faisons. Voilà ce que nous faisons maintenant avec succès, beaucoup de succés, vraiment. Et je pense que c’est une grosse erreur des Etats-Unis d’essayer de couper ces relations, parce qu’ils ne peuvent pas oublier que ces pays ont leurs propres problèmes, ont des problèmes d’argent, ils ont besoin pour faire des affaires, ils ont besoin de vendre pour résoudre leurs problèmes.

 

Toutes les nations ont leurs problèmes économiques, et le blocus économique -pour vous qui avez mentionné le réalisme-   n’est en aucune façon une politique réaliste. Les Américains aiment à dire qu’ils sont un peuple pratique, un peuple réaliste, mais nous avons vu beaucoup de choses qui prouvent qu’ils ne sont pas très réalistes. Et ils nous appellent des rêveurs, des rêveurs, et ils  nous prouvent que nous sommes plus réalistes, notre politique est plus réaliste que la vôtre.

 

Comment évaluez-vous la politique du président De Gaulle qui a  reconnu la Chine communiste?

 

Je pense qu’e c’ est une politique très intelligente, et qui est une preuve de plus que la politique des États-Unis n’est pas réalistes. Ce test est un autre exemple. Je pense que c’est une politique intelligente.

 

Une autre chose:que vous  savez, De Gaulle a joué un rôle très important dans la France moderne. Mes idées, mes idées sociales et politiques, bien sûr, sont très différents de celles  de De Gaulle, mais De Gaulle a travaillé dur pour la France. Dans les pires moments de la France, il a joué un rôle important. Et maintenant, la France a une position très importante sur la scène internationale. Et en prenant des mesures telles que la reconnaissance, ec’st une politique très intelligente. Je sais que vous n’aimez pas cette politique, mais elle est le résultat de vos erreurs, des erreurs dans de nombreux domaines. Mais je ne vais pas donner des conseils, je pense que vous allez apprendre avec le temps. Les Anglais …

 

Maintenant, c’est à mon tour. Que voudriez-vous que fasse les États-Unis en ce qui concerne Cuba?

 

Vivre en paix avec Cuba. Voilà tout. Nous souhaitons, et je suis sûr que ce serait la seule politique intelligente que les États-Unis pourraient adopter. Mais je pense que si je tentais de les persuader , de nombreux diraient que nous allons couler. Mais nous sommes confiants, nous sommes heureux. Nous pouvons très bien vivre sans les Etats-Unis. Nous avons besoin de la paix, les États-Unis ont besoin de la paix, le monde a besoin de paix.

 

Notre politique est une politique de paix. Je pense qu’il est une bonne politique pour toutes les nations et, bien sûr, pour les États-Unis. Je pense que vous avez commencé à comprendre une partie du problème. Ils commencent à comprendre, et en arrivent  à comprendre. J’ai entendu un pêcheur dire quelque chose de très sage: que vous avez beaucoup de choses pendant une longue période et  que vous n’ apprécier pas  les choses simples. C’était un pêcheur qui est venu vivre ici, à Cuba, vous voyez?, Un Américain qui voulait venir vivre à Cuba. Au fil du temps, vous deviendrez sage comme les Anglais, les Français.

 

Les Français avaient de nombreux problèmes coloniaux au Vietnam, en Algérie. Ils ont signé la paix avec le Vietnam, signé la paix avec l’Algérie. Ils ont maintenant de bonnes relations avec l’Algérie. Et sans doute qui est une meilleure politique pour la France qu’une politique de la guerre avec l’Algérie.

 

Mais ce qui est arrivé? Le Français ont laissé un problème et vous l’avez récupéré. Quand un gouvernement sage laisse derrière lui un problème, vous qui n’^êtes  sages, vous le récuperez. Voilà ce qui se passe. Les Anglais sont également sages, mais vous ne l’êtes pas. 

 

Mais nous  voulons vivre en paix, mais que vous vous  êtes intéressé à exporter vortre révolution dans toute l’Amérique latine.

 

Nous devons être clair, très clair, nous sommes en mesure de vivre en paix avec toutes les nations. Mais il est nécessaire que les autres nous laissent tranquilles.

 

Lisez aussi l’interview de Lisa Howard Che Guevara

Le dernier héros, l’ex-président d’Uruguay Mujica vu par Kusturica

 

09 Janvier 2017

Publié le 05 janvier 2017 à 12h15 | Mis à jour le 05 janvier 2017 à 12h15

 

http://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/201701/05/01-5056827-le-dernier-heros-lex-president-duruguay-mujica-vu-par-kusturica.php

 

L'ex-président Mujica (à gauche) s'entretient avec le réalisateur... (PHOTO Pablo PORCIUNCULA, ARCHIVES AFP)

 

L’ex-président Mujica (à gauche) s’entretient avec le réalisateur Emir Kusturica dans sa modeste « chacra » (ferme) en périphérie de Montevideo, le 12 décembre.

 

PHOTO PABLO PORCIUNCULA, ARCHIVES AFP

 

Le vieil homme attend patiemment et ne sait pas ce que va donner ce documentaire parce que dit-il en faisant un geste de la main Kustarica est à moitié fou et à moitié génial, mais ça permettra de faire connaitre l’Uruguay, le plus petit pays d’Amérique latine, mais très intéressant. je confirme.

 

(Note de danielle Bleitrach)


MAURICIO RABUFFETTI
Agence France-Presse
MONTEVIDEO

Il lui porte la même admiration qu’à ses idoles de jeunesse: le cinéaste serbe Emir Kusturica vient de terminer le tournage en Uruguay de son documentaire Le dernier héros, consacré à l’ancien dirigeant José Mujica, surnommé le « président le plus pauvre du monde ».

 

« J’ai développé une vision particulière du monde, liée aux personnes que j’admirais depuis ma jeunesse, du (guérillero Ernesto) Che Guevara à (l’ex-président cubain Fidel) Castro », confie-t-il à l’AFP à l’occasion du tournage des dernières scènes à Montevideo.

 

« Comme je n’ai rien pu faire avec eux deux (…), quand j’ai entendu parler d’un homme qui était président tout en continuant à conduire son tracteur et réparer sa maison, je me suis dit « C’est lui mon homme ». Et je ne me suis pas trompé », assure le réalisateur de 62 ans, lauréat de deux Palmes d’or au Festival de Cannes (France), en 1985 et en 1995.

 

Cet homme, c’est José Mujica, 81 ans, dit « Pépé », qui s’est fait connaître dans le monde entier pour son style informel, son franc-parler et sa façon de gouverner l’Uruguay entre 2010 et 2015.

 

Promoteur de mesures pionnières comme le mariage homosexuel et la légalisation du cannabis, ce chantre anti-consommation reversait la quasi-totalité de ses revenus à un programme de logement social, s’attirant le surnom de « président le plus pauvre du monde ».

Même s’il a suscité des critiques dans son propre pays, pour Kusturica c’est Le dernier héros, titre du documentaire qu’il lui consacre, mêlant entretiens et images de ses nombreux voyages à l’étranger.

 

« Il y a des gens en Uruguay qui n’aiment pas ce qu’il fait, ce qui est naturel », observe-t-il, certains lui reprochant de ne pas avoir tenu ses promesses concernant la réforme de l’éducation ou de l’administration.

 

Mais « même s’il est populaire autour du monde, il ne l’est pas autant que je le souhaiterais », dit Kusturica.

 

Le cinéaste serbe, connu pour Chat noir chat blanc, Le temps des gitans ou encore Underground, voit dans « l’expérience » de vie de Mujica, ex-guérillero emprisonné 14 ans avant de se reconvertir dans la politique pour devenir député, sénateur, ministre et finalement président, une « synthèse » de « l’histoire compliquée » de nombreux pays.

 

« Humilité et engagement »

 

Aujourd’hui sénateur, Mujica vit toujours dans sa modeste « chacra » (ferme) en périphérie de Montevideo. C’est là que Kusturica tourne les dernières images.

 

« Il est connecté de façon presque religieuse avec la terre », s’enthousiasme le réalisateur, qui filme, par une journée chaude, un groupe de jeunes venus écouter Mujica leur raconter sa façon de cultiver.

 

Le documentaire se centrera sur « son dernier jour à la présidence », lorsqu’il était « en train de se préparer à transmettre les manettes à une autre personne », le leader de gauche Tabaré Vazquez qui lui a succédé début 2015.

 

Les proches de Mujica assurent que l’ex-président a « beaucoup de patience » avec Kusturica, mais en ce jour de tournage, le vieil homme regarde régulièrement sa montre tandis qu’il attend, devant sa maison, que ce soit son tour de « jouer » face aux caméras.

 

Portant un chapeau, une chemise aux manches retroussées, un pantalon large, des lunettes noires, de vieilles sandales en plastique, « Pepe » accueille le groupe de jeunes dans sa « chacra » où il a reçu nombre de personnalités, comme l’ancien roi d’Espagne Juan Carlos.

 

Au bout de 45 minutes, le tournage bascule sur la conversation entre le Serbe et l’Uruguayen.

 

Pour la première fois en quatre ans, Kusturica interroge Mujica sur sa famille, sur la mort. L’ex-président lui offre les paroles du tango La ultima curda (« La dernière beuverie »), traduites en anglais. Séduit, Kusturica propose d’utiliser la chanson dans le film.

 

Interrogé le jour suivant, Mujica salue l’idée du documentaire, qui, selon lui, permettra « que l’on connaisse l’Uruguay, qui a beaucoup à apporter au monde », même si c’est « le pays le plus petit d’Amérique latine ».

 

« Kusturica, je ne sais pas trop ce qu’il va faire, parce qu’il est à moitié… », dit-il en secouant sa main droite à côté de sa tête en signe de folie, « et moitié génial ». « Mais j’ai beaucoup de respect pour lui ».

 

Ce qu’il attend du projet ? Qu’il transmette un message d’« humilité et d’engagement ».

 

Kusturica prévoit, lui, que son documentaire soit prêt, au plus tôt, pour la Mostra de Venise en septembre 2017.

Publié par  El Diablo

L'OTAN débarque en Colombie

L'OTAN débarque en Colombie

Le Président Santos a annoncé un accord entre son pays et l'Organisation commandée par les USA. Cet accord vient parachever la mise en coupe réglée de l'Amérique latine, un continent truffé des bases militaires US. La signature de l'accord met en danger la paix dans la région. Le journaliste Stella Calloni a dit : « C'est un accord avec des assassins. L'OTAN est une organisation terroriste qui a créé Daech et d'autres groupes similaires ».

Le président de la Colombie, Juan Manuel Santos a confirmé la conclusion d'un accord entre son pays et l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN). L'annonce a provoqué une grande inquiétude parmi les promoteurs de l'accord de paix entre le gouvernement et les FARC-EP, les dirigeants de la région et les analystes politiques.

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

TLAXCALA: L'OTAN débarque en Colombie

TLAXCALA: L'OTAN débarque en Colombie

 

Le Président Santos a annoncé un accord entre son pays et l'Organisation commandée par les USA. Cet accord vient parachever la mise en coupe réglée de l'Amérique latine, un continent truffé ...

 

http://tlaxcala-int.org/article.asp?reference=19573

On dit de Fidel

 

06 Janvier 2016

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On dit qu’il ne voulut pas atteindre 2017, après avoir vécu pendant près d’un siècle.


On dit que, avant de partir, il a remercié la vie qu’il a tant révolutionnée.


On dit que, au moment du départ, Fidel se retourna et vit Cuba debout.


On dit qu’il se retourna encore une fois, et regardant le peuple cubain, avec sa voix d’une intimité infinie, il lui dit de ne pas lâcher, de suivre le chemin. Qu’ils se retrouveraient dans tous les coins de l’histoire, chantant ensemble tous et toutes, en clé de sol.


On dit que Fidel avait le sourire aux lèvres, parce qu’il sentait qu’au cours du voyage il retrouverait Chavez, Camilo, Celia, Haydée, le Che …qui lui ont tellement manqué, comme une victoire.


On dit que Fidel partit, rêvant de nouvelles révolutions dans différentes villes et galaxies.


On dit qu’il dit, avant de partir, que maintenant c’était à nous, à nous, de continuer à ouvrir à la machette les sillons de la vie nouvelle.


On dit qu’il a dit qu’il a tout donné, mais absolument tout, avec l’effort de semer et de récolter la dignité dans les territoires dévastés.


On dit que Fidel est resté gravé dans la récolte millionnaire, à la baie des cochons, dans ce peuple sans analphabètes, dans les centres de santé, dans les champs de l’Angola, dans les missions internationalistes des médecins/doctoresses, alphabétiseurs /trices et guérilleros /as généreusement disséminés dans le monde entier.


On dit que, avant de partir, il a ri au nez de Trump, et s’est moqué de son despotisme tout neuf, et il a accompli sa dernière mission, déverrouillant à coups de coude- contre le pouvoir mondial- les limites de l’histoire.


On dit que le géant fou n’est plus là pour nous parler pendant des heures de l’humain et du divin, faisant du discours interminable la révolution permanente, la pédagogie du dire et du faire. On dit que ses paroles ne restèrent pas coincées dans les livres, mais dans les cœurs passionnés, et dans les mains créatrices du peuple.


On dit que le fou est mort comme il a vécu, bercé par l’amour de son peuple, qui fait de Fidel des briques et des graines ; qui fait de Fidel le feu et la révolte, qui fait de Fidel un coin de l’utopie collective que nous rallumons quotidiennement, nous les femmes et les hommes du peuple.


On dit qu’il est entré à pied dans l’histoire, avec sa longue barbe et sa veste vert olive.


On dit que le silence résonna dans les continents oubliés.

Publié par  El Diablo

L'horrible DICTATURE de CUBA [vidéo]

L'horrible DICTATURE de CUBA [vidéo]
 

 

La page Facebook : 

https://www.facebook.com/DemKrat/

Les sources (elles sont toutes citées en bas de l'article)


Le Vent Se Lève

http://lvsl.fr/ce-que-les-medias-pass...

Publié par  El Diablo

Hommage à FIDEL CASTRO RUZ - Dimanche 8 janvier 2017 à Paris-Saint-Ouen

pour agrandir le document, lien ci-dessous:

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La mémoire au service des luttes

 

04 Janvier 2016

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Quand dans la période spéciale, après la chute de l’URSS, j’ai attarri à Cuba, alors que le PCF était en pleine « mutation » autodestruction, Cuba ne renonçait pas à cet internotialisme prolétarien, libération nationale et exploités de tous pays. Fidel Castro organisait des conférences où l’on voyait déjà Evo Morales, mais aussi un Joseph Stiglitz et des tas d’autres. Cuba survivait dans les pires difficultés et continuait à regrouper les damnés de la terre à l’inverse du repliment du PCF et de la rupture, la soumission au PS et à son atlantisme. peut-être faudra-t-il un jour réfléchir à tout ça.

 

(note de Danielle Bleitrach)


La mémoire au service des luttes

 

Il y a 50 ans, le 3 janvier 1966, la première conférence de solidarité des peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique-Latine commence ses travaux à la Havane. Près de cinq cents délégués y participent représentant une centaine de délégations venues de 82 pays. De nombreux délégués ont quittés leurs maquis pour participer à cette rencontre inédite. Les damnés de la terre du vingtième siècle faisaient ainsi de la capitale cubaine l’espace de tous les possibles émancipatoires, le lieu d’organisation des solidarités concrètes, l’endroit où s’anticipe collectivement un avenir sans colonialisme et sans impérialisme.

 

La conférence se tient en l’absence du président de son comité préparatoire, Mehdi Ben Barka, qui a été assassiné peu de temps auparavant dans l’espoir de mettre fin à l’initiative. La conférence prend une série de décision visant à apporter une aide matérielle et financière concrète aux mouvements de libération nationaux engagés dans la lutte armée et plus particulièrement aux luttes du peuple vietnamien, des peuples des colonies portugaises et d’Afrique du Sud. Elle reste un des moments forts de l’histoire anti-impérialiste mondiale. Commémorons en ce cinquantième anniversaire cette date importante de la lutte des peuples opprimés.

 

Les Cubains : maîtres dans l’agroécologie

 

03 Janvier 2017

Cuba Pixabay joepwijsbek.png

 

Ecrit par Bérengère Condemine le 02.01.2017

 

Alors que le père de la révolution cubaine s’est éteint, tout n’est pas sombre sur le tableau du pays. Souvent catégorisé dans la case salsa, mojito, rhum et cigare. Il y a un point qu’une grande partie de la population mondiale peut leur envier, c’est celui de l’agriculture biologique. Un domaine qu’ils maîtrisent totalement, conséquence de l’embargo avec les États-Unis (1962) et plus tard de la chute de l’URSS (1991). 

 

La situation géopolitique du pays l’a poussé à revoir ses plans pour alimenter la population. Sans importation, le pays ne bénéficie pas de matériels agricoles, engrais chimiques, et pesticides. Il a fallu trouver une solution, celle du développement des « techniques agricoles traditionnelles et biologiques ».

 

Les chiffres représentent la situation, en tout 400 000 exploitations agricoles urbaines, représentant 1,5 million de tonnes de légumes, sans pesticides et sans engrais chimiques. Un isolement qui conduit les populations dans les années 1990 utiliser des « ressources locales, pour une consommation locale ».

Pour mener à bien cette mission, les coopératives sont en fait les anciennes fermes d’État. Actuellement, « La Havane est à même de fournir 50 % de fruits et légumes bio à ses 2 200 000 habitants, le reste étant assuré par les coopératives de la périphérie ». 

 

Le film documentaire « Cultures en transition » réalisé par Nils Aguilar, sorti en 2012, décrit Cuba comme un des exemples à suivre pour le mode de production agricole.

 

« Reporterre » s’est penchée sur la vallée de Viñales, à l’ouest de l’île. Ses terres rouges sont composées de sols fertiles et disposent d’un climat propice à l’élevage et aux cultures.

 

Cette région inscrite depuis 1999 au patrimoine mondial de l’UNESCO détient comme principale activité l’agriculture de fruits, légumes et tabac cubain. Pour labourer les champs, les bœufs sont utilisés, grâce à leur traction. Aucune machine n’est utilisée. Quant au manioc, il est découpé à la machette.

 

Les animaux sont élevés dans des enclos, ainsi que dans les jardins des maisons. La majorité des familles élèvent des porcs ou des poulets chez eux. Un travail qui se fait en famille, les parents travaillant dès leur plus jeune âge. Les aliments ne peuvent être que sains, et tous connaissent la provenance de ce qu’ils mangent. Un bon point !

 

Sources : BASTAMAG – REPORTERRE

Publié par El Diablo

CUBA interdit tout lieu ou monument au nom de Fidel CASTRO – Qui parlait du CULTE de la personnalité sur l'Île ?

CUBA interdit tout lieu ou monument au nom de Fidel CASTRO – Qui parlait du CULTE de la personnalité sur l'Île ?

Il n'y aura à Cuba ni statues à l'effigie de Fidel Castro, ni rues ou institutions portant son nom, selon une loi approuvée mardi 27 décembre par le Parlement de l'île, se conformant ainsi aux dernières volontés du père de la révolution cubaine.

Adoptée à l'unanimité sur proposition du Conseil d'Etat présidé par Raul Castro, la loi interdit l'usage du nom de Fidel «pour baptiser des institutions, places, parcs, avenues, rues ou autres sites publics, ainsi que pour tout type de décoration, reconnaissance ou titre honorifique».

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

La longue et étonnante liste de ce que Cuba a fait à travers le monde

L’avenir est à vous, comandante Fidel

 

 

Cuba. En longs cortèges silencieux, dans la douleur et le recueillement, le peuple cubain en deuil a rendu un ultime hommage, fait de dignité et d’affection, à son Comandante en Jefe

 

Fidel Alejandro Castro Ruz. Figure de légende moderne. Comme lui, aucun autre. Avec lui, l’humanité entière, ou presque. Depuis ce soir du 25 novembre 2016, par millions, dizaines, sans doute centaines de millions, des hommes et des femmes ont témoigné leur respect, leur admiration pour le leader historique de la Révolution cubaine. Sur l’île bien sûr, et plus loin. Partout dans le monde.

En Chine, où l’on sait les efforts que déploya Cuba pour préserver l’éphémère unité d’un front commun des pays socialistes avant le schisme sino-soviétique ; et qu’elle fut la première des nations d’Amérique à reconnaître la République populaire, son aînée de dix ans, colossale à côté. En Inde où, depuis un abrazo, l’accolade à Nehru, sa popularité est devenue immense. Et que dire de Java, jadis saignée à blanc pour extraire l’écarlate, tout juste après Bandung, après qu’il eut reçu le kriss de l’amitié des mains de Sukarno ? Le Viêt-nam se souvient des milliers de Cubains s’étant portés volontaires pour combattre avec Hô Chi Minh qui fit le choix, afin de se libérer seul et fortifier sa propre révolution, de n’accepter que les civils venus soutenir le Viêt Minh. Au Laos, qu’aida aussi Cuba, tandis qu’un Bob McNamara civilisait la rive gauche du Mékong, en déversant napalm, défoliant, agent orange. Impérialisme et droits de l’homme en même temps, le bel exploit ! Trop forts ces « Ricains » : le flingot sur la hanche, ils font croire ce qu’ils veulent, foutent en l’air un pays et voudraient qu’on acquiesce !

 

Sur le continent africain, plein de sagesse et de reconnaissance, que Fidel aimait tant, comme on aime un aïeul un instant retrouvé dans le sourire de ses enfants. À Banjul, où les murs du système de santé ne tiennent debout que grâce à lui. Au plus profond du Burkina Faso, terre dioula honneur moré, où l’esprit du Cubain a désormais rejoint celui qu’on invoque à nouveau, Thom’Sank. Ressoufflera bientôt. À Asmara, où ses portraits barbus ornent maintes maisons depuis que Cuba, pourtant appui de l’Éthiopie, reconnut à la rouge Érythrée le droit à l’auto-détermination, lorsque l’une et l’autre étaient socialistes. Roue crantée et machete croisées d’Angola, soleil à douze branches de Namibie, montez haut, brillez, un monde vous contemple ! Dans toutes les mémoires, Fidel est là. Vivant. Bissau, Bafatá de Cabral, Kasaï lumumbiste, forêts obscures du Kivu. Tanzanie du Mwalinu, Ghana de l’Osagyefo. Afrique australe, « ligne de front », de l’anti-apartheid, dans chaque tête il se tient aux côtés de son ami, son frère, son camarade, Nelson Mandela. Fidel fait redresser la tête, bomber le torse, lever le poing. Deux syllabes et deux autres, un ¡Viva !, deux points d’exclamation, qui rendent plus forts, ou moins seuls, les gosses errants des slums boueux de Monrovia ou de Freetown. Ce sont les siens, d’une île minuscule, qui pansent les plaies des oubliés. En première ligne, sans peur, mais larmes dans les yeux, Cuba si loin. Ce sont ses fils, ses filles, qui enseignent aux rebuts du capitalisme que même contraints de survivre en animaux sur des tas d’immondices ou sous des caveaux de cimetière, tous ont des droits, des droits égaux, qui leur apprennent qu’on reste humain jusque dans des taudis de misère. Fidel. Dans sa voix se tenait la colère, tonnait l’indomptable révolte contre ce monde-là.

 

Et l’univers arabo-musulman. Des femmes kashmiri connaissent ce prénom, avec celui de la jeune doctora qui vint porter secours aux pieds de la demeure des neiges, Himalaya, quand trembla Muzaffarabad. À Alger, hier Mecque des révolutionnaires, endeuillée huit longues journées, juste une de moins qu’en son pays natal. Le temps d’une guerre, jusqu’à la liberté, moudjahidine, des orphelins furent recueillis là-bas. Fidel veilla sur eux. Ils sont tous bien rentrés, au bras de Ben Bella. Et voilà qu’à presque cent ans, en survêtement de fennec, lui aussi chanta one, two, three ! Au Caire, par où il passa voir le maître de Suez, Gamal Abdel Nasser. La Palestine, Cuba la porte au cœur. Toutes les deux savent ce que donner veut dire quand on a peu, si peu pour soi. L’île se rappelle : la main tendue de Yasser Arafat, l’entraide, quand les temps devinrent durs, quand l’ordinaire vint à manquer après la chute, à l’Est, de l’un des socialismes. En Syrie également, où les pentes du Golan furent un temps défendues par des Cubains en armes qui arrêtèrent la marche sûre de Tsahal vers Damas. Israël n’oublie pas non plus, mais pour mieux suivre, hélas, comme un seul homme, le tyran qui impose un crime à toute l’humanité. Blocus. Honte à vous, États-honnis d’Amérique !

 

Au Sud, l’Amérique qu’on dit latine, avec son arc caribéen. Elle qui s’est rebellée pour que Cuba ne soit pas l’exception. Elle qui s’est débattue et qui s’est mise debout. Elle qu’on veut remettre à genou. Plus politisée et lucide qu’ailleurs, grâce aux leçons de Fidel, à l’exemple du Che et des héros tombés. Là où pour ainsi dire, la cruauté des riches, leur violence sans pitié, leur haine écumeuse s’aperçoivent à l’œil nu, comme la lutte des classes. L’émotion, la ferveur, la détermination sont ici, surtout. À fleur de peau. L’adhésion à Fidel se dit tout haut, se crie. Guatemala meurtri et Paraguay martyr, Bolivie insoumise, Colombie guerillera. Et Venezuela, plus que jamais boliviarien, le premier à les avoir reconnus lui et son Ejercito rebelde, où naquit une petite sœur, hermanita Chavista, nueva Caravana de la Libertad. Mexique, qui ne coupa jamais les ponts. Haïti de Toussaint. Fidel serait né brésilien, l’hémisphère aurait basculé.

 

Ailleurs, au-delà du plus lointain des horizons imaginables, son aura, encore. Jusqu’à ces points perdus d’Océanie, Fidji, Salomon, Tonga, éclats de terre éparpillés aux limites bleutées du planisphère, Kiribati, Vanuatu, Tuvalu, Nauru. Jusqu’aux Highlands papouasiens, silhouettes inquiétantes, plus noires de peau qu’en Guinée, masquées, os dans le nez, et restées cannibales assure le dépliant en quête de frissons, de sous-développement garanti, résidu d’un autre âge. Jusque-là sont allés les soins dont a rêvé Fidel. Alors qu’on ne parvient pas même à les voir prodiguer aux plus nécessiteux du « modèle du monde » – autre embargo des Yankis, guerre insidieuse contre leurs pauvres à eux. Cuba a proposé, mais en vain, de mettre à leur disposition ses brigades de médecins pour agir et soigner dans les quadrilatères décrépis de Harlem – plus décrépis que les façades pastel et colorées de l’Habana Vieja, c’est dire.

 

En Ukraine même, les familles, les proches des enfants de Tchernobyl disposent de preuves matérielles : Cuba en accueillit près de 20 000. Gratuitement, cela va sans dire, mais mieux vaut le dire. Y compris quand le régime ukrainien vota le maintien du blocus, par anti-communisme, ressemblant trait pour trait à l’ancien qui lors de Barbarossa se réjouit un peu vite de voir Kiev encerclée. Cuba prolongea son hospitalité aux enfants irradiés. Les soigna, les guérit. Ainsi se conduisit la Cuba de Fidel. Ne séduirait-elle pas ? Jusqu’à l’Est ? Jusqu’au Nord ? Un Nord qui a tôt fait d’oublier un Sven Olof Palme, et l’honneur sauvé. Ce Nord « injuste et plein de convoitises, qui se ferme et se remplit de haines », comme l’écrivait déjà un héros, Martí, illustre prédécesseur qui inspira Fidel.

 

Aujourd’hui, ce sont les forces les plus honnêtes, progressistes, nombreuses, qui se rejoignent et remercient Fidel pour ce qu’il a laissé : la défense de l’humanité. Les révolutionnaires de la planète serrent les rangs autour de lui et réaffirment qu’ils lutteront, continueront la lutte, épaule contre épaule. Au cours des siècles, rares, fort rares ont été les hommes d’État qui à ce point pénétrèrent les cœurs, comprirent que les peuples sont seuls sujets à transformer l’histoire, qui formèrent les consciences, infléchirent les idées, influencèrent ainsi le fil des événements. Robespierre, Lénine ou Mao. Telle est sa mesure. Voilà sa grandeur. Fidel est de cette taille.

 

Et Cuba si petite, avec son sémaphore planté dessus, luz qui porte par delà toutes les mers. Grâce à lui, on y partagea le repas, le logis et le livre. Quand l’Est lâcha prise, on partagea encore. Quand l’Ouest sauta à la gorge, pour étrangler, pour tuer, on partagea ce qui restait. Presque rien. Tous connurent la faim, mais aucun ne mourut. On partagea la dignité, la sérénité du juste, la souffrance des manques. Fierté de résister. Pour nous prouver à tous que l’on peut résister. Presque tout. Fidel : « Il fallait forger la conviction et tenir la promesse de résister, de lutter et de vaincre, quand bien même il nous aurait fallu nous retrouver seuls. Nous ne pouvions pas nous rendre. Cela n’aurait pas été digne de l’histoire de ce pays, de nos ancêtres. Il s’agit d’une lutte, et dans la lutte, l’essentiel, c’est le peuple, qui surprend tout le monde par ses vertus. Nous étions ouverts à toutes les possibilités, à l’exception de celle de renoncer au socialisme, à l’unité, au pouvoir du peuple, aux conquêtes de la Révolution, à l’exception de celle d’accepter que d’autres soient maîtres de notre destinée. Nous avions fait notre choix depuis longtemps : le socialisme ou la mort ! ».

 

La Cuba de Fidel garda le feu en vie. Dix ans durant, toute seule, comme une grande, quand un bloc retomba en arrière. Elle éclaira la nuit, nuit de la réaction, tel un Octobre rouge. Avant que d’autres viennent reprendre le flambeau, Indiecitos, mulaticos, tous Bolivarianos. Fidel fut à la hauteur de son peuple. De sa loyauté, sa droiture, sa générosité. La combattivité de ce peuple cubain qui, plus longtemps qu’aucun autre, peut-être plus qu’un autre, apporta un soutien, inlassable, inébranlable, à sa révolution, à cette génération d’exception, née de la guérilla, inflexible et intègre, accompagnant pendant six décennies son Commandant en chef. Lider maximo, qui eut tant de pouvoir. Lui-même s’en inquiéta, tant de pouvoir. Il ne le chercha pas pourtant, il ne l’arracha pas. Tous vinrent à lui, d’Holguín, de Santiago, Santa Clara, Camagüey, Plaza de la Revolución, pour lui remettre, consentir, lui confier, et surtout l’exercer. Parce que c’était lui. Incomparable, incontestable. Même les saints le protégèrent en syncrétisme métissé, santeria Ocha religion Yorúba, Palo Monte regla Conga, la société Abakuá, et Arará. Obbatalá Santísimo, Mbumba de la Charité, Changó Santa Bárbara Yoasi, et Yemayá, ils firent aussi la traversée des déportés, presque un million, on les pleure si peu, depuis les pontons de la côte des Dents, du golfe du Bénin, du Biafra, de Loango, Gabinde, Mayumba, du Mozambique. Elugo, Fanti, Ganga, Yolof ou Mani, ils venaient de là-bas. Oublierait-on ceux de Canton et le delta des Perles, emmenés enchaînés sur les mêmes bateaux ? Des rois, des papes ont pu voir ça. Un peuple exigea Martí et Marx réunis. C’était Fidel qu’il fallait. Sans leurs volontarismes, les deux entremêlés par des liens si intimes, dévotions réciproques, où en serait-elle donc cette belle Révolution ? Ceux qui traitent Fidel, quand ils connaissent l’île, de « dictateur brutal, cruel », sanguinaire, savent qu’ils mentent, qu’ils se mentent à eux-mêmes, qu’ils sont des hypocrites. Qu’ils cherchent à nous trumper.

 

L’insulte n’y fera rien, le crachat ne touche pas. Fidel avait choisi le camp des opprimés, celui des actes conséquents, cohérents, courageux, constamment du coté des humildes, de la canaille, pour espérer, et croire encore en l’être humain. Qu’on peut en tirer quelque chose. Écoutons Neruda : « ses mots en actions, ses faits qui chantent ». Il nationalisa la terre et la distribua. Cette Reforma agraria, Benny la célébra. Guajiros, laissons parler le poète, Guillén : « il souleva la glèbe, jusqu’au myrte, au laurier  ». Puis il socialisa moyens de production, outils industriels, raffineries de pétrole, les remettant enfin dans les mains du travail. Il plaça même la banque sous contrôle de l’État. Et l’État sous celui du Parti. Et ce Parti lui-même au service d’idéaux : pour le peuple, santé, éducation, lumière, et la sécurité, tout dans la gratuité. Mit fin à la ségrégation, au sexisme, au crime organisé, dans un pays pourtant ossifié de longue date, maltraité, quatre siècles d’esclavage, prostitué plus de six décennies par des gringos avides qui nous l’avaient pourri, Chicago des tropiques. Fidel apprit aux riches les bonnes manières, eux qui n’en avaient cure. À leurs fréquentations si mauvaises, il enseigna aussi à bien se comporter, à vivre en société. Ou alors à partir. Ils déguerpirent, débarrassant le sol de tous les exploiteurs. C’est pour cela que Fidel était fait. Para nuestra Cuba, Cuba Socialista, patrie universelle.

 

Ses critiques, les maîtres de la bourse, ont dû se rendre compte, arithmétique élémentaire, que nous sommes le nombre, écrasant, massif, la vraie majorité, celle des peuples. Cuba aime Fidel, et très profondément. Et le monde avec elle, que cela plaise ou non. De quoi avons-nous peur ? Est-ce si difficile de dire ce que l’on est ? De quoi aurions-nous honte, d’aimer tant nos héros ? L’humanité arrive à la rescousse. Toute l’humanité. Ou presque, disions-nous. Les autres, en leur for intérieur, n’ignorent pas que si ce monde doit changer, bien nécessairement, si l’on marche en effet vers un mieux et non pas le chaos, alors oui c’est sûr, c’est tout entier que le futur lui appartient. Comandante Fidel, l’avenir est à vous !

 

Rémy HERRERA
(Chercheur au CNRS).

 

Article à paraître dans le prochain numéro de la revue mensuelle Afrique Asie.

URL de cet article 31368 

L’obsession yankee: tuer Fidel. Par Fabian Escalante

 

30 Décembre 2016
Cet article face à une presse indigne et prostituée qui poursuit et amplifie sa vassalité yankee et prétend tuer dans l’esprit des masses l’idée même de Révolution. Cette presse répand  l’avidité et la haine des dirigeants des Etats-Unis, qui tous les jours, comme les nôtres prouvent jusqu’où ils ont bafoué la politique et veulent nous mener à la destruction de l’humanité. Cet article  prouve à quel point un tel projet peut être vaincu quand les peuples ont choisi de rester debout. A lire pour se laver de la médiocrité d’Obama
 
(note et traduction de danielle Bleitrach pour histoire et societe

30 décembre 2016 

Fidel Castro-le-héros-of-the-déshéritée-580x871Ces jours -ci  se sont multipliés les  sujets -à  propos de sa dispartion physique – portant  l’empreinte de la personnalité et de l’ héritage de Fidel Castro, la marque laissée sur ses contemporains, l’exemple de la ténacité, de  la discipline, du  courage, de  la solidarité, de l’optimisme, sa vision de l’ avenir; en même temps , beaucoup se sont souvenue des nombreux plans , des  complots et conspirations ourdis  aux États-Unis pendant plus de la moitié d’ un siècle pour l’assassiner.

 

Les recherches menées dans cette optique  ont  montré qu’en  41 ans , les organes de sécurité cubains ont mis à jour et ont démantelé 634 complots  homicides contre sa personne, à différents stades d’élaboration, et parmi ceux-ci  60 dont l’exécution a été dirigée  par la CIA, dans 10 desquels était impliquée   la mafia de ce  pays, un triste record que aucun  autre leader  mondial n’a atteint dans l’histoire de l’ humanité et sans compter ceux qui n’ont pas été  découvert.

 

Les informations présentées ci-dessus -rigoureusement  véridiques- ont  été obtenues  dans les archives de la Sécurité d’Etat, dans la procédure pénale menées contre  leurs  auteurs et jugé par les tribunaux, et les documents déclassifiés aux États-Unis.

 

poisons sophistiqués, des fléchettes mortelles, des fusils de chasse aux  éléphants, des armes ultramodernes et d’autres gadgets ont été conçus, préparés ou utilisés pour réaliser ces plans diaboliques.

 

Mais il n’a pas été essayé seulement de  tuer physiquement l’homme, mais aussi moralement et intellectuellement il a s’agi d’affecter leur image et de discréditer leurs idées: des poudres avec des médicaments qui affectent vos sens, des campagnes médiatiques pour dénigrer ses pensée et ses actes, en bref toute la créativité et la prouesse technologique et scientifique de la plus grande superpuissance du monde mis à la disposition de cet objectif.

 

Films, documentaires, bandes dessinées, des conférences dans les universités de toutes les  latitudes, des campagnes déversées dans les  radios et les télévisions, enfin, le possible et l’impossible a été fait, avec de gros budgets, mais encore et encore, tout a échoué; l’image et la pesée du  leader cubain en est sortie  renforcée et a  jeté sa lumière vers nos peuples frères.

 

Dans le monde, beaucoup de gens se sont demandé pourquoi cette obsession criminelle d’un gouvernement puissant – la superpuissance mondiale- en vue d’ éliminer, tuer et enterrer les idées d’un homme qui, à la tête  d’un petit pays, n’a jamais agressé personne  et s’est  battu pour l’indépendance et  la souveraineté de son peuple, pour améliorer  le niveau de vie de ses  compatriotes, en pratiquant l’internationalisme militant et de manière désintéressée et donnent un exemple de comportement révolutionnaire.

 

Je pense que les raisons de cette haine viscérale doivent être  recherchés dans la réalisation même  de la Révolution cubaine, à seulement 90 miles des États-Unis.

 

Le « establisment » US n’a pas été préparé pour un défi de cette nature, parce que l’Amérique latine était leur arrière-cour. La Havane était presque une ville de l’Empire, où leurs nationaux venaient en vacances, pour jouer  et consommer de  la drogue, avec les gouvernements laquais qui satisfaisaient leurs  souhaits et leurs  besoins….

 

Les investissements américains à Cuba atteignaient plus de 1.000 millions de dollars  avant la révolution, les meilleures raffineries  de sucre, les entreprises de services publics, les principales entreprises immobilières, les grandes industries, clubs, terrains de golf, les hôtels, des raffineurs de pétrole, enfin   tout ce qui était, était la propriété américaine, y compris les investisseurs  de la Mafia qui s’étaient déjà  installés dans le pays, pour en faire un bordel  international.

 

Les gouvernements corrompus comme ceux de Ramon Grau, Carlos Prio et Fulgencio Batista leur avaient  assuré un refuge  pour leur investissement et leurs loisirs, qui, selon les plans ad’lors, allait devenir le «Las Vegas des Caraïbes ».

 

Le premier jour de Janvier 1959  on a constaté que dans cette paisible  et jusque-là bucolique  île des Caraïbes , a été déclenchée, après plus de 25 mois de la lutte armée dans les montagnes et les plaines, une véritable révolution qui va bientôt transformer le « statu quo  « existant  en un programme de transformation sociales, politiques et économiques sans précédent dans les Amériques, qui a touché directement les fondements mêmes de l’empire américain.

 

La réforme agraire et urbaine, la réduction des tarifs d’électricité et de téléphone, la construction d’écoles, le bannissement du jeu et de la corruption, la déroute  des  mercenaires parrainés par eux dans la  Baie des Cochons, le succès de la grande campagne d’alphabétisation qui a éliminé l’analphabétisme et la nationalisation des grandes propriétés des États-Unis à Cuba, pour sanctionner son sabotage et  son opposition à des mesures sociales mises en œuvre était une salve qui a secoué le puissant « voisin du nord », en le plaçant en évidence  devant l’opinion publique mondiale.

 

Et tout a été réalisé en plein jour, diffusé en direct et en direct sur les radios et la télévision qui venait de naître, tout a été conçu pour la maîtrise de la conscience des grandes masses de la population. Jamais auparavant, cela  n’avait été utilisé si ingénieusement et le peuple cubain, comme les autres peuples du monde, savait, jour après  jour,  les plus petits détails de ce processus extraordinaire qui était en train de se réaliser à  Cuba et qui  révolutionnait  la manière faire une révolution.

 

Le 6 Août, 1960 dans le stade de base ball Cerro de la capitale , fréquentée par le peuple et diffusé à la  télévision, Fidel et les dirigeants révolutionnaires ont proclamé au monde, la nationalisation de toutes les entreprises des États-Unis et la fin  de ses activités à Cuba. Quelque chose d’inédit  pour l’Empire et qui faisait déborder sa coupe. 

 

Quelques semaines plus tard, en Septembre de cette année, en profitant d’une visite de Fidel à l’ONU dans la ville de  New York, la CIA a engagé la mafia pour l’assassiner. Quelque chose d’entièrement attesté par   leurs documents déclassifiés. Par la suite, a commencé une traque  qui a duré pendant plus de cinquante ans, sans succès. La Révolution continuera son processus d’approfondissement et  quelques mois après proclamé son caractère socialiste.

 

Dans ces années de luttes et de victoires, Fidel avec son talent et son éthique, a forgé un nouveau concept de « faire politique», que des années plus tard, au début de ce siècle, il a défini comme le concept de révolution.

 

La politique jusqu’ici discréditeé et prostituée, embourbée dans des siècles de corruption, de complots, de luttes pour le pouvoir, etc.,  est sortie de sa pensée comme quelque chose de nouveau, différent, qui a trait à la meilleure façon de servir les intérêts de la patrie et de l’humanité, et dans notre cas, de construire une société «avec tous et pour le bien de tous », quelque chose qui a déplacé le concept de la soi-disant plus «démocratie représentative» parrainé et promu par l’Empire jusqu’au de la la démocratie.

 

Depuis lors, il y a deux types de démocratie, la leur, appelés «représentant»ils  ne savent toujours pas pourquoi, prostituée et corrompue ce que les récentes élections dans ce pays ont démontré, et la socialiste cubaine consacrée par l’existence de nos pouvoirs populaires, la conception même de la structuration et de la formation de la société civile et la défense des droits fondamentaux de l’homme, bien qu’il soit encore nécessaire d’améliorer notre système démocratique.

 

C’est la politique que Cuba a toujours développé au cours du dernier demi-siècle, non seulement au profit des intérêts d’un pays, mais de toute l’humanité, que ce soit pour soutenir tous ceux qui ont combattu pour l’indépendance et la libération; affronter et vaincre les armées de l’apartheid, menant  une campagne militaire sans précédent pour les peuples d’Afrique; diffusant l’enseignement et la médecine jusque dans les  « coins les plus sombres du monde»; ou  en lançant un avertissement au sujet de la catastrophe environnementale qui est devant nous.

 

Personne sur notre planète n’a jamais connu  un  leader intéressé et engagé dans la résolution de tant problèmes dissemblables, une épopée d’une nature telle que celle qu’a précisément dirigé et ordonné Fidel Castro et …. pour lcs «péchés» Les États-Unis l’a condamné à mort.

 

Cependant, ils ont échoué, maintes et maintes fois, leurs complots criminels contre sa vie et afin de  renverser la Révolution, comme ise fracasseront toutes les menaces impériales qui se dessinent à l’horizon, après les nouvelles élections américaines . Cuba est un bastion des idées de Fidel, la solidarité, les droits de l’homme, du socialisme.

 

Ils ne pouvaient pas le supprimer physiquement, il est mort quand et comment il le voulait, après une vie longue et fructueuse au service de son peuple et de l’humanité. Fidel sera toujours dans nos cœurs et dans notre pensée et notre action

 

 (Tomado de La pupila insomne)

Venezuela : les médias veulent bien voir la crise mais pas la guerre économique

 

Au sujet du Venezuela, les médias dominants veulent bien voir la crise, mais pas la guerre économique. Et quand les prises de positions ou actions du gouvernement vénézuélien ne lui laissent plus le choix, les médias y font référence mais en parlant de "prétexte", ou de "présumé complot".

Tant de mauvaise foi prête à confusion : est-ce de l’ignorance, et dans ce cas quelle honte pour la profession de journalisme, ou de la mauvaise foi, et dans ce cas nous avons affaire à de la propagande, ce qui est peut-être pire, quoi qu’il n’y ait rien d’étonnant à cela. Nous savons comment fonctionne le système médiatique, courroie de transmission des intérêts impérialistes des grandes puissances.

La guerre économique est une réalité. Bien sur elle n’explique pas tout au moins deux autres éléments doivent être pris en compte : les erreurs de stratégie en matière de gestion économique de la part du gouvernement et la corruption, si présente en Amérique latine, le Venezuela n’échappant malheureusement pas à la règle.

Mais le problème est le suivant : au Venezuela, le gouvernement reconnaît et prend en compte ces 3 éléments, alors que de leur côté les médias dominants ne se concentrent QUE sur les 2 derniers ; pour eux la guerre économique n’existe pas ou n’est qu’une invention du président Maduro.

Alors ? Ignorance ou mauvaise foi de la part des médias ?

Que chacun se fasse son opinion, mais une chose est certaine, pour aspirer à comprendre la situation complexe que traverse le Venezuela, il est indispensable de prendre en compte TOUS les éléments entrant en action.

Vous trouverez ci-après 4 articles de 2013, 2014 et 2015 qui, déjà, dénonçaient la guerre économique en cours au pays de la Révolution Bolivarienne. Ils ont été publiés dans leur majorité par des sites d’information alternative ou militants :

Au Venezuela, la guerre économique ne sera pas médiatisée - juin 2015 - Le Grand Soir

La guerre économique n’a pas lieu au Venezuela : plus de 400 tonnes d’aliments confisquées dans la région de Barinas - février 2014 - Le Grand Soir

Guerre économique au Venezuela : le gouvernement intensifie la lutte face à la contrebande (PHOTOS) - août 2014 - Voie Bolivarienne

Venezuela : Récupération de plus de 23 700 tonnes d’aliments accaparés - février 2013 - Cuba Si France Provence

La guerre économique : invention du gouvernement ou réalité ?

Et puis, comme nous aimons l’Histoire (contrairement à Obama (1)) et bien conscients qu’un peuple qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre, nous ne pouvons pas oublier quelles ont été les méthodes employées par le passé par les Etats-Unis pour déstabiliser leurs adversaires en Amérique latine (et ailleurs) : le parallèle entre ce qui se passe depuis plusieurs années au Venezuela et ce qui arriva au Chili de Salvador Allende est trop flagrant pour passer inaperçu aux yeux des analystes sérieux.

Ainsi nous ne pouvons que vous recommander la lecture de l’article suivant publié dans le journal équatorien El Telégrafo (www.telegrafo.com.ec/) en novembre 2015 :

La déstabilisation au Venezuela suit le même schéma qu’au Chili en 1972

Interview de Maurice Lemoine par El Telegrafo - source : Mondialisation.ca

Solidairement,

Loïc
Mouvement de Solidarité avec la Révolution Bolivarienne

http://vivavenezuela.over-blog.com/

NOTE :

[1] Le président des Etats-Unis a plusieurs fois évoqué la nécessité "d’oublier le passé" afin de pouvoir "avancer" dans les relations entre son pays et le sous-continent. Voilà la réponse donnée par Hugo Chavez en 2009 puis par la présidente argentine Cristina Fernandez en 2015 à ce sujet :

Obama veut "oublier le passé", chavez lui donne la vraie version des faits

Refuta Cristina Fernández a Obama : la historia ayuda a entender lo que pasa

»» http://vivavenezuela.over-blog.com/2016/12/au-venezuela-les-medias-veu...
URL de cet article 31315 

C’est possible, tel est l’enseignement permanent de Fidel

Photo : Estudio Revolución
 

Discours prononcé par le général d’armée Raul Castro Ruz, Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, à la cérémonie nationale en hommage au commandant en chef Fidel Castro Ruz, sur la Place de la Révolution « Major-général Antonio Maceo Grajales », à Santiago de Cuba, el 3 décembre 2016, « Année 58 de la Révolution ».

(Traduction de la version sténographique du Conseil d’État)

 

Chers chefs d’État et de gouvernement,

 

Éminentes personnalités qui nous accompagnent,

 

Compatriotes, qui êtes présents ici en représentation des provinces orientales et de Camagüey,

 

Santiagaises et Santiagais,

 

Cher peuple cubain,

 

Dans l’après-midi d’aujourd’hui, après son arrivée dans cette ville héroïque, le cortège funèbre contenant les cendres de Fidel, qui a réédité, en sens inverse, le trajet de la Caravane de la Liberté de 1959, a parcouru des sites emblématiques de Santiago de Cuba, le berceau de la Révolution, où, comme dans le reste du pays, il a reçu les témoignages d’amour des Cubains.

 

Demain, ses cendres seront déposées, au cours d’une simple cérémonie au cimetière de Santa Ifigenia, très près du Mausolée du Héros national José Marti, de ses compagnons d’armes de la Moncada, du Granma et de l’Armée rebelle, de la lutte clandestine et des missions internationalistes.

 

Il reposera à quelques pas des tombes de Carlos Manuel de Céspedes, le Père de la Patrie, et de la légendaire Mariana Grajales, la mère des Maceo, et j’irai même jusqu’à dire la mère de tous les Cubains et les Cubaines. Non loin de là se trouve également le tombeau où reposent les restes de l’inoubliable Frank Pais Garcia, jeune Santiagais assassiné par les sbires de la tyrannie de Fulgencio Batista, âgé d’à peine 22 ans, un mois après la mort au combat dans cette ville de son frère cadet Josué. L’âge de Frank ne l’empêcha pas d’avoir eu un parcours exemplaire dans la lutte contre la dictature, dans laquelle il se distingua comme chef du soulèvement armé de Santiago de Cuba, le 30 novembre 1956, visant à appuyer le débarquement des membres de l’expédition du yacht Granma, ainsi que dans l’organisation de l’envoi décisif d’armes et de combattants à la naissante Armée rebelle dans les montagnes de la Sierra Maestra.

 

Depuis l’annonce, tard dans la soirée du 25 novembre, du décès du leader historique de la Révolution cubaine, la douleur et la tristesse se sont abattues sur le peuple qui, profondément ému par sa perte physique irréparable, a fait preuve de courage, de fermeté, de conviction patriotique, de discipline et de maturité en se rendant massivement aux activités d’hommage qui ont été organisées, et en faisant sien le serment de fidélité au concept de Révolution énoncé par Fidel le 1er Mai 2000. Les 28 et 29 novembre, des millions de compatriotes ont apposé leur signature en soutien à la Révolution.

 

Au milieu de la douleur de ces journées, nous nous sommes sentis réconfortés et fiers, une fois de plus, par la réaction impressionnante des enfants et des jeunes Cubains, qui réaffirment leur engagement à être les fidèles continuateurs des idéaux du leader de la Révolution.

 

Au nom de notre peuple, du Parti, de l’État, du gouvernement et des proches, je tiens à vous réitérer ma reconnaissance la plus profonde pour les innombrables témoignages d’affection et de respect envers Fidel, envers ses idées et son œuvre, qui continuent à affluer de tous les coins du monde.

 

Fidel qui cultivait l’éthique de José Marti selon laquelle « Toute la gloire du monde tient dans un grain de maïs », le leader de la Révolution rejetait toute forme de culte à la personnalité et a été conséquent avec ce principe jusqu’aux dernières heures de sa vie. Il a insisté pour qu’après son décès, ni son nom ni son image ne soit jamais donné à des institutions, des places, des parcs, des avenues, des rues ou autres sites publics, ni que soit érigé en sa mémoire aucun monument, buste, statue ou autre forme d’hommage.

 

Conformément au vœu du camarade Fidel, nous présenterons à la prochaine période de sessions de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire les propositions législatives qui s’imposent en vue de respecter de sa volonté.

 

Notre cher ami Bouteflika, le président algérien, avait parfaitement raison lorsqu’il affirmait que Fidel possédait la capacité extraordinaire de voyager dans le futur et de revenir pour l’expliquer. Le 26 juillet 1989, dans la ville de Camagüey, le commandant en chef avait prédit, deux ans à l’avance, la disparition de l’Union soviétique et du camp socialiste, assurant devant le monde que si ces circonstances venaient à se produire, Cuba continuerait de défendre les drapeaux du socialisme.

 

L’autorité de Fidel et ses liens profonds avec le peuple ont été déterminants dans la résistance héroïque du pays, dans les années dramatiques de la période spéciale, lorsque notre Produit intérieur brut a chuté de 34,8%, que l’alimentation des Cubains s’est considérablement détériorée, que nous avons enduré des coupures de courant de 16 à 20 heures par jour et qu’une grande partie de notre industrie et des transports fut paralysée. Malgré tout, nous sommes parvenus à préserver la santé publique et l’éducation pour toute notre population.

 

Je me souviens des réunions du Parti dans les provinces : dans l’est de l’Île, à Holguin ; dans le centre à Santa Clara et dans l’ouest, dans la capitale de la République, La Havane, tenues en juillet 1994 pour discuter comment affronter avec davantage d’efficience et de cohésion les défis de la période spéciale, le durcissement du blocus impérialiste et les campagnes médiatiques destinées à répandre le désenchantement parmi les citoyens. De ses réunions, y compris celle de l’ouest qui fut présidée par Fidel, nous sommes tous sortis convaincus qu’avec la force et l’intelligence des masses unies en rangs serrés sous la conduite du Parti, il était possible et cela fut possible de transformer la période spéciale en une nouvelle bataille victorieuse dans l’histoire de la patrie.

 

Rares étaient à l’époque ceux qui dans le monde misaient sur notre capacité de résistance pour vaincre l’adversité et le renforcement du siège ennemi. Cependant, notre peuple, sous la conduite de Fidel, a donné une leçon inoubliable de fermeté et de loyauté aux principes de la Révolution.

 

En évoquant ces moments difficiles, il me paraît juste et pertinent de répéter ce que j’ai dit de Fidel le 26 juillet 1994, l’une des années les plus dures, à l’Île de la Jeunesse, il y a 22 ans, et je cite : « L’enfant le plus brillant de Cuba de ce siècle, celui qui nous a prouvé qu’il était possible de tenter la conquête de la Caserne Moncada ; qu’il était possible de transformer le revers en victoire », ce que nous avons réussi cinq ans, cinq mois et cinq jours plus tard, lors du glorieux 1er Janvier 1959, – ceci ajouté aux paroles que j’ai prononcées à cette occasion (Applaudissements).

 

Il nous a prouvé « qu’il était possible d’atteindre les côtes de Cuba à bord du yacht Granma, qu’il était possible de résister à l’ennemi, à la faim, à la pluie et au froid, et organiser une armée révolutionnaire dans la Sierra Maestra après la débâcle d’Alegria de Pio ; qu’il était possible de créer de nouveaux fronts de guérilla dans la province d’Oriente, avec les colonnes d’Almeida et la nôtre ; qu’il était possible de vaincre avec 300 fusils la grande offensive de plus de 10 000 soldats  ». Une fois cette armée mise en déroute, le Che écrivit dans son journal de campagne que cette victoire avait brisé l’épine dorsale de l’armée de la tyrannie ; « qu’il était possible de rééditer l’épopée de Maceo et de Gomez en étendant la lutte à l’ouest de l’Île avec les colonnes du Che et de Camilo ; qu’il était possible de vaincre, avec le soutien de tout le peuple, la tyrannie de Batista appuyée par l’impérialisme nord-américain.

 

Celui qui nous a appris qu’il était possible de vaincre, en 72 heures, voire moins, « l’invasion mercenaire de Playa Giron tout en poursuivant la campagne destinée à éradiquer l’analphabétisme en un an », que nous avons parachevée en 1961.

 

« Qu’il était possible de proclamer le caractère socialiste de la Révolution à 90 miles de l’empire, alors que ses navires de guerre avançaient sur Cuba derrière les troupes de la brigade mercenaire ; qu’il était possible de maintenir fermement les principes inébranlables de notre souveraineté sans céder au chantage nucléaire des États-Unis pendant les journées de la Crise des missiles de 1962.

 

« Qu’il était possible d’envoyer de l’aide solidaire à d’autres peuples frères qui luttaient contre l’oppression coloniale, l’agression extérieure et le racisme.

 

« Qu’il était possible de vaincre les racistes sud-africains et préserver l’intégrité territoriale de l’Angola, forçant l’indépendance de la Namibie et assénant un rude coup au régime de l’apartheid.

 

« Qu’il était possible de transformer Cuba en une puissance médicale, de réduire la mortalité infantile au plus faible taux du Tiers monde, d’abord, et de l’autre monde riche ensuite, car sur ce continent, pour le moins, nous affichons un taux de mortalité d’enfants de moins d’un an inférieur à celui du Canada et des États-Unis eux-mêmes (Applaudissements), tout en élevant considérablement l’espérance de vie de notre population.

 

« Qu’il était possible de transformer Cuba en un grand pôle scientifique, avancer dans les domaines modernes et décisifs de l’ingénierie génétique et de la biotechnologie ; de nous insérer dans la chasse gardée du commerce international des produits pharmaceutiques ; de développer le tourisme en dépit du blocus nord-américain ; de construire des routes sur la mer pour faire de Cuba un archipel de plus en plus attractif et obtenir une source croissante de devises grâce à nos beautés naturelles.

 

« Qu’il est possible de résister, de survivre et de nous développer sans renoncer aux principes ni aux conquêtes du socialisme dans le monde unipolaire marqué par la toute-puissance des transnationales qui a émergé à la suite de l’effondrement du camp socialiste d’Europe et de la désintégration de l’Union soviétique.

 

« C’est possible, tel est l’enseignement permanent de Fidel. Il nous a montré que l’homme est capable de surmonter les conditions les plus dures s’il reste inébranlable dans sa volonté de vaincre, s’il fait une évaluation correcte de chaque situation sans renoncer à ses justes et nobles principes », fin de citation.

 

Ces paroles que j’ai prononcées voici plus de dix ans sur celui qui, après le désastre du premier combat à Alegria de Pio, dont nous fêterons après-demain le 60e anniversaire, n’a jamais perdu la foi en la victoire, et 13 jours plus tard, dans les montagnes de la Sierra Maestra, un 18 décembre de cette même année, après avoir réuni sept fusils et une poignée de combattants, s’exclama : « Maintenant, nous avons gagné la guerre ! » (Applaudissements et exclamations de : « Fidel, Fidel ! Ça c’est Fidel ! »).

 

C’est le Fidel invaincu qui nous convoque avec son exemple et avec la preuve que c’était possible, que c’est possible et que ce sera possible ! (Applaudissements et exclamations de « C’est possible ! »). Autrement dit, je répète qu’il a prouvé que c’était possible, que c’est possible et que ce sera possible de surmonter n’importe quel obstacle, menace, turbulence dans notre ferme effort pour construire le socialisme à Cuba ou, ce qui revient au même, préserver l’indépendance et la souveraineté de la patrie ! (Applaudissements).

 

Devant les restes de Fidel sur cette Place de la Révolution Major-général Antonio Maceo, dans la ville héroïque de Santiago de Cuba, jurons de défendre la patrie et le socialisme (Exclamations de « Nous le jurons ! »), et, ensemble, réaffirmons la sentence d’Antonio Maceo, le Titan de Bronze : « Quiconque tentera de s’emparer de Cuba recueillera la poussière de son sol baigné de sang, s’il ne périt pas dans la bataille ! » (Exclamations).

 

Fidel ! Fidel ! Hasta la Victoria (Exclamations de « Siempre ! »). (Exclamations de « Raul est Fidel ! » et de « Raul, rassure-toi, le peuple est avec toi ! »

»» http://fr.granma.cu/hasta-la-victoria-siempre/2016-12-04/cest-possible...
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Gabriel Garcia Marquez a rencontré Fidel Castro: plus tard, le romancier a dit qu’il n’avait jamais rencontré quelqu’un qui en savait plus sur les fruits de mer que Castro

 

17 Décembre 2016

Moi, j’ai rencontré deux fois Gabriel Garcia Marquez, honnêtement je ne crois pas que lui m’ait rencontrée surtout la seconde fois. Nous étions des dizaines de milliers sur la place de la Révolution, à la Havane, à attendre le discours de Jean-Paul II, lui il était à la tribune et moi dans la foule. La première fois, c’était à Moscou, il lisait l’Humanité dans le grand hall de l’hôtel, je lui ai demandé s’il pouvait me prêter le journal, il a eu un regard aimable et appréciateur et avec un sourire m’a tendu le journal. Fort heureusement les contacts entre Gabo et Fidel ont été plus fructueux et cet auteur nous dévoile encore une facette de Fidel, son amour de la littérature, sa passion de lecteur. Cette éducation remarquable, ce goût d’un savoir encyclopédique et cette incapacité à concevoir une pensée qui ne fut pas colossale

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et societe)


http://www.independent.co.uk/arts-entertainment/books/features/fidel-castro-gabriel-garcia-marquez-a7474596.html

Lorsque l’auteur des « Cent ans de Solitude »  a rencontré l’ancien président récemment décédé de Cuba, il y avait une connexion instantanée. Mais de nombreux fans de ses livres ne peuvent pas comprendre cette amitié durable avec Castro, qui a même relu ses livres

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Le président cubain Fidel Castro parle avec le lauréat du prix Nobel colombien de littérature, Gabriel Garcia Marquez, pendant le dîner au Festival cigares cubains à La Havane en 2000 Getty

 

La conversationLe Prix Nobel, l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez est l’un des auteurs américains les plus lus dans le monde latin. Ses romans Cent ans de solitude et l’ amour au temps du choléra sont parmi les livres préférés de beaucoup de gens. Mais, même en aimant ses  livres, beaucoup de ses lecteurs ont eu  du mal à comprendre ses opinions politiques – en particulier son soutien et son amitié pour l’ancien président récemment décédé de Cuba, Fidel Castro.

 

La relation entre les deux légendes d’Amérique latine est une bonne initiation à la lecture . Elle a débuté quelques années avant le triomphe de la révolution cubaine, lorsque Garcia Marquez ( «Gabo») a rencontré le poète cubain Nicolas Guillén à Paris. Guillén, qui lui a dit au sujet d’un jeune étudiant en droit, Fidel Castro, qu’il pourrait être la personne capable de renverser le régime de Fulgencio Batista. Gabo a rencontré Castro pour la première fois en 1959 après le «triomphe» de la révolution – lorsque le dirigeant cubain a invité des journalistes du monde entier pour couvrir « Operación Verdad » – son plan pour poursuivre les anciens collaborateurs de Batista. Ils ont échangé quelques phrases à cette époque, mais pas beaucoup plus.

Le triomphe de la révolution et la mise en œuvre d’une société socialiste correspondaient aux espoirs de Garcia Marquez d’un avenir meilleur pour l’Amérique latine, et il a rejoint d’autres intellectuels latino-américains qui ont apporté un soutien public à la révolution de Castro. Mais ce voyage romantique a été interrompu en 1968 par l’éclatement de l’affaire Padilla, qui représentait la fin de la liberté d’expression et d’opinion à Cuba. Le procès et l’arrestation d’Heberto Padilla, un poète qui avait été critique de la révolution de Castro, a été accueilli par la consternation de beaucoup d’anciens soutiens de Castro – y compris l’écrivain Prix Nobel, péruvien Mario Vargas Llosa – lui-même à ce moment-là un ami proche de Garcia Marquez. Gabo lui cependant, a continué de soutenir Castro – à la surprise générale.

 

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Gabriel Garcia Marquez rencontre Fidel Castro dans les années 1990 (Rex)
 

A ce moment-là,  García Marquez n’était pas particulièrement proche de Castro – il devait convaincre le leader cubain de son engagement en faveur de la révolution. Et, en dépit de plusieurs tentatives infructueuses de connaître Castro en personne, ce ne fut qu’en 1977 – après avoir lu plusieurs articles écrits par Garcia Marquez à propos de Cuba – que Castro a décidé de contacter  l’écrivain colombien en personne.

 

Castro devait donner des interviews aux journalistes de l’Agence France Presse et Reuters, mais au contraire, il est soudainement apparu à l’Hôtel Nacional de Cuba, où Gabo séjournait, et il a demandé à lui parler. Ils ont d’abord discuté du dernier voyage de Garcia Marquez en Angola et des questions liées à son séjour dans le pays d’Afrique, tels que la nourriture. Gabo a dit plus tard qu’il n’avait jamais rencontré quelqu’un qui en savait plus sur les fruits de mer que Castro. Cette première rencontre personnelle entre les deux hommes a été instantanément positive.  L’interview de Castro avec les journalistes a été annulé et Castro à la place a accompagné Gabo à l’aéroport de La Havane pour le voir partir.

 

Au fil des ans, cette première rencontre est devenue une véritable amitié. Garcia Marquez a toujours dit que c’était une amitié basée sur leur intérêt commun pour la littérature. Gabo a passé de longues périodes à La Havane avec sa femme Mercedes – et Castro était un visiteur fréquent dans sa maison à La Havane (qui était un cadeau de Castro) et il  apparaissait à tout moment de la journée ou de la nuit. Il a décrit Castro comme un lecteur avide, qui pouvait commencer un livre dans la soirée et le commenter le jour suivant.

 

L’auteur dit qu’il n’a jamais compris comment Castro a réussi à trouver le temps de lire tant et si bien. Un jour, en discutant le livre de Garcia Marquez Récit d’un naufragé, Castro a dit qu’il y avait une erreur de calcul de la vitesse d’un bateau. L’œil du leader cubain sur les  détails a conduit à Gabo à demander Castro à lire ses manuscrits avant de les soumettre – et il y avait plusieurs cas où les observations de Castro ont conduit à des corrections factuelles dans les livres de Garcia Marquez. Gabo a même dit qu’il ne publiait plus un livre sans que  l’ait relu.

 

Dans le même temps, Gabo avait aussi une certaine influence sur le leader cubain. Les critiques soulignent le fait que Garcia Marquez n’a jamais parlé publiquement négativement de la façon dont Castro gouvernait Cuba. Cependant, il est à noter que plusieurs de ses amis proches dont Ange Esteban avec qui j’ai parlé lors de la recherche pour notre livre –  Fidel et Gabo: Un portrait de l’amitié légendaire entre Fidel Castro et Gabriel Garcia Marquez –  ont tous dit la même chose: s’il y avait une personne qui n’avait  pas peur de critiquer Castro, c’était Garcia Marquez.

 

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Gabriel Garcia Marquez à son domicile à Mexico à son 87e anniversaire en mars 2014 (Getty)
 

Il semblait à l’auteur préférable de discuter de ses critiques de Castro avec le leader cubain lui-même. On nous a dit qu’il y avait eu quelques profondes divergences d’opinion – par exemple, dans le cas de l’ancien général cubain Arnaldo Ochoa et du colonel Tony de la Guardia, qui ont été exécutés pour trafic de drogue et trahison en 1989. La fille du général, nous a dit Garcia Marquez, a tenté d’intervenir pour changer la volonté de Castro, mais en vain. L’influence de l’auteur était importante, cependant, dans la décision de libérer plusieurs prisonniers politiques de haut niveau, y compris Padilla, Norberto Fuentes et Armando Valladares.

 

Le 17 avril 2014 – le jour de la mort de Garcia Marquez – le journal cubain Granma a publié un article écrit par l’auteur à propos de Castro dans lequel on est immédiatement frappé par l’affection de Gabo envers son ami pour la vie. Comme il le dit: « Ceci est le Fidel Castro que je crois connaître. Un homme d’habitudes austères et d’illusions insatiables, avec une ancienne éducation formelle des mots prudents et une voix basse, et incapable de concevoir une idée qui ne soit pas colossale ».

 

Beaucoup se sont étonnés que Fidel n’ait rien dit publiquement sur la mort de Garcia Marquez – mais seulement envoyé une couronne avec les mots « à mon ami attachant ». Il pourrait aussi bien pu l’appeler un ami durable – une référence à cette relation étroite qui a duré près de quatre décennies et s’est enrichie à la fois de leur vie et de leur travail.

 

La conversationStéphanie Panichelli-Batalla est chargé de cours en études américaines espagnoles et latines à l’Université d’Aston.

 

Cet article a été initialement publié sur The Conversation

Des documents de la CIA confirment que l’Opération Condor a cherché à « liquider » les défenseurs des Droits de l’Homme

Publié le 17 décembre 2016

On le savait, du moins les gens de ma génération ne pouvait l’ignorer s’ils avaient un peu fréquenté les milieux de l’exil et pas seulement latino-américains (je pense à l’assassinat de Dulcie September) c’était de Wahington que venaient les ordres des terribles dictatures latino-américaines. L’armée française on le sait avait fourni des tortionnaires formés durant la guerre d’Algérie. Et les exilés devaient se protéger en exil, leurs organisations étaient infiltrées par des gens qui se prétendaient de gauche. Cela a donné une grande prudence aux gens de ma génération, à leur capacité à « sentir » le flic y compris dans l’excès. Je me souviens de Fournial, un des meilleurs connaisseurs de l’Amérique latine et de la méfiance qui était la sienne. L’hégémonie du PS non seulement a signifié la fin de cette méfiance mais la vague atlantiste qui niait cette réalité au profit de la dénonciation des « crimes communistes »
 
(note et traduction de Danielle Bleitrach)

La Maison Blanche a déclassifié plus de 500 documents confidentiels, à la demande d’une ONG, ces documents  montrent comment la CIA et le Département d’Etat ont  collaboré avec l’Opération Condor dans les dictatures du Cône Sud (Argentine, Chili, Uruguay) pour achever les défenseurs DD.HH. liés à la gauche .

 

Graffiti à Buenos Aires exige la justice pour les victimes de la guerre sale.

 

Graffiti à Buenos Aires exigeant la justice pour les victimes de la sale guerre. Soman / wikipedia.org

L’Assassinat des exilés des dictatures sanglantes du Cône Sud faisait partie de l’Opération Condor, ont confirmé les documents déclassifiés de la CIA et du Département d’Etat.

 

Il s’agit de plus de 500 documents contenant une information qui révèle comment les USA ont collaboré avec les régimes dictatoriaux en Argentine, au Chili et en Uruguay, pour « liquider » les dirigeants syndicalistes et politiques de gauche, non seulement dans leur pays d’origine, mais en Europe, où beaucoup étaient exilés et où ils étaient  engagés dans la défense des droits humains.

 

« Certains dirigeants d’Amnesty ont été mentionnés comme cibles,  » dévoile l’un des rapports de la CIA, en date de mai 1977.

 

Le portail de la politique argentine donne des  détails sur le fait que certains des responsables de meurtres ont été formés à Buenos Aires, ils ont voyagé en Europe déguisés en hommes d’affaires et ont eu la tâche d’infiltrer les organisations de défense des droits DD.HH. « en feignant des connexions marxistes et socialistes » .

 

Un autre des documents confidentiels, cité par La Jornada, rapporte que les pays du réseau Condor avaient prévu d’anéantir les Latino-Américains vivant en France : « Avec la publication  de cette documentation révélatrice, le président Obama a fait avancer la cause des droits de l’homme en Argentine et ailleurs,  » a déclaré Carlos Osorio, directeur de la documentation du projet Southern Cone.

 

Les documents ont été rendus publics sous la pression de plusieurs organisations non-gouvernementales dédiées à la recherche de la vérité des crimes de la dictature militaire en Argentine, comme CELS et les Mères de la Plaza de Mayo, désigne RFI . En mars de cette année, après sa visite à Buenos Aires, le président américain, Barack Obama, a promis de divulguer des informations qui ont confirmé ce que nous savions déjà: la main de Washington dans la répression brutale du Cône Sud.

 

Selon les déclarations faites par le conseiller à la sécurité de la politique étrangère d’Obama elle-même, Susan Rice, il y aurait plus de 4000 documents secrets qui seraient portés à à la lumière « à la demande du gouvernement argentin. » On estime qu’il y avait plus de 30.000 disparus seulement dans ce pays.

 

Nazareth Balbás

40 photos de Cuba avant la révolution et Fidel qui vous surprendront

 

15 Décembre 2016

Comment était-on Cuba avant 1958 lorsqu’a  éclaté la Révolution Cubaine avec Fidel Castro à sa tête ?
Avant la Révolution la Cuba n’était qu’un grand Casino et une zone de Fêtes pour les Américains, régnait  la prostitution infantile et les drogues, le tout contrôlé par de grands mafieux et des narcotrafiquants. Mes grands parents fuyant le nazisme en 1940 ont atterri à la Havane dans la calle 13, celle de la synagogue, on les appelait les pollacks. Ils m’ont raconté la manière dont les noirs étaient traités, une femme de ménage pouvait être battue, elle ne protestait pas. Ils sont morts Cubains

 

(note de Danielle Bleitrach)


50 % de la population n’avait pas de travail et les autres survivaient en  travaillant comme de vrais esclaves pour de la  nourriture.

 

Vous pouvez voir ici des images et des extraits de la revistas Carteles  de 1956, l’année où Fidel Castro part depuis le Mexique avec 80 guérilleros dans un bateau vers  Cuba avec peu d’armes, seulement 20 d’entre eux y compris Fidel réussissent à survivre après avoir été mitraillé par l’Armée de Batista, 20 hommes parmi lesquels Fidel, Raúl et le Che ont réussi à prendre le pouvoir à  Cuba avec l’appui du peuple.

 

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Los últimos 7 años antes de que llegara la Revolución Cubana, EEUU puso a un dictador en el poder de Cuba para controlar a las masas que ya comenzaban a revelarse contra el poder, ante las injusticias y la pobreza extrema que vivía el país.

 

Una vez que la revolución Cubana llegó de la mano de Fidel Castro, Cuba comenzó a enjuiciar a los torturadores del Dictador Batista que asesinaron y torturaron a mas de 30.000 personas.

 

(Vídeo de los Juicios de la Revolución Cubana)

 

Para mas Información sobre la realidad de Cuba y otros conflictos bélicos en el mundo síguenos en nuestra página de Facebook (Topete GLZ) No te arrepentirás! saludos.

 

Publié par  El Diablo

VENEZUELA : Que se passe-t-il en Colombie avec les billets vénézuéliens ?

VENEZUELA : Que se passe-t-il en Colombie avec les billets vénézuéliens ?

Telesur, 11 décembre 2016

 

Le Gouvernement vénézuélien a annoncé des mesures pour affronter l'attaque de la monnaie nationale parmi lesquelles l'entrée en circulation d'un nouveau cône monétaire.

 

Des montagnes de billets vénézuéliens s'accumulent dans les zones frontalières avec la Colombie. Qu'en font-ils ?

 

Depuis environ 2 ans, le Venezuela a commencé à être l'objet d'une attaque contre sa monnaie avec l'extraction de billets de 100 bolivars, la plus grosse coupure du pays, vers Cúcuta, Colombie, où ils les accumulent.

 

Mais que font-ils, en Colombie, avec le billets vénézuéliens ?

 

Selon les enquêtes, les billets sont utilisés par des mafias pour imprimer de faux dollars sur du papier monnaie vénézuélien.

 

« Des entrepôts entiers de billets de 100 bolivars à Cúcuta, Cartagena, Maicao, Bucaramanga. On pense que plus de 300.000 millions de bolivars sont aux mains des mafias internationales dirigées depuis la Colombie dans le cadre du coup d'Etat économique, » a dénoncé le président Nicolás Maduro dimanche.

 

Cette extraction massive a provoqué l'absence d'argent liquide dans les distributeurs automatiques du pays et dans d'autres cas, la remise de grosses sommes d'argent en billets de petite valeur, ce qui cause des problèmes aux usagers du service bancaire.

 

Face à cette situation inhabituelle dénoncée par le Gouvernement vénézuélien comme faisant partie de la guerre économique, on a annoncé le retrait de la circulation des billets de 100 bolivars en 3 jours pour ouvrir la voie à la monnaie de même valeur et au nouveau cône monétaire à partir du 15 décembre.

 

Ensuite, la Banque Centrale du Venezuela (BCV) de faire l'échange pendant 10 jours.

 

L'Association Bancaire du Venezuela (ABV) a recommandé aux Vénézuéliens « d'utiliser de préférence les canaux électroniques jusqu'à ce que ce processus soit achevé. »

 

D'autre part, la sécurité a été renforcée dans les zones frontalières avec la Colombie après l'annonce de cette mesure.

 

On a commencé à saisir le billets de 100 bolivars sur la frontière quand ils essaient d'entrer au Venezuela.

 

Publié le 12 décembre 2016 par Bolivar Infos

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol :

http://www.telesurtv.net/news/Que-hacen-en-Colombia-con-los-billetes-venezolanos-20161211-0026.html

 

URL de cet article:

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2016/12/venezuela-que-se-passe-t-il-en-colombie-avec-les-billets-venezueliens.html

 

SOURCE:

Venezuela : Que se passe-t-il en Colombie avec les billets vénézuéliens ? - Viva Venezuela

 

http://vivavenezuela.over-blog.com/2016/12/venezuela-que-se-passe-t-il-en-colombie-avec-les-billets-venezueliens.html

VOIR AUSSI LE LIEN CI-DESSOUS:

VENEZUELA : Que se passe-t-il en Colombie avec les billets vénézuéliens ?

La force de l’héritage de Fidel, par Pavel Shcherbakov du parti communiste de la fédération de Russie

 

14 Décembre 2016
 

 

46 heures. 24 en vol. 22 sur le sol cubain, et tout le temps « sur nos pieds. » Dans l’après-midi du 29 novembre, la délégation de la Douma d’Etat, dirigée par son président Vyacheslav Volodine a visité La Havane pour dire adieu au leader historique de la Révolution cubaine, le dirigeant durant de nombreuses années de la République de Cuba, un des plus grands hommes du XX siècle, Fidel Castro… Marianne me signale que l’expression « Ile de la Liberté » pour désigner Cuba est tout ce qu’il y a de plus banal en Russie, y compris à la télé.

 

Pavel Shcherbakov, service de presse du Comité central du Parti communiste, La Havane-Moscou


13/12/2016

https://kprf.ru/party-live/cknews/160814.html

 

A la demande du président du Comité central du Parti communiste Guennadi Ziouganov, le Parti communiste était représenté par une délégation au plus haut niveau. Sont venus sur l’Ile de la Liberté dire adieu à Fidel au nom des communistes russes, de tous ceux qui se disent encore  soviétiques, le Premier vice–président du Comité central du Parti communiste Ivan Melnikov et le vice–président du Comité central du Parti communiste Dmitri Novikov.

 

J’ai visité Cuba tant de fois. À l’époque soviétique, j’ai participé à des échanges organisés par l’Université de Moscou, puis avec les délégations officielles du PCUS, et dans les années 90 c’était déjà le Parti communiste de la fédération de Russie, et plus tard à la tête ou comme membre de délégations de la Douma d’Etat, – dit Ivan Melnikov – mais cette visite ne peut être comparée à aucune autre. Pour la première fois notre avion a fait son atterrissage sur un sol qui n’hébergeait plus Fidel vivant. Pour la première fois j’ai rencontré mes amis et connaissances cubains sans les sourires habituels. Au lieu de l’ambiance festive, l’air était empli de chagrin. Sans lamentations ni mots inutiles, courageux et recueilli, le peuple cubain a fait face à ce coup de tonnerre au milieu du ciel cubain éternellement clair. Tous ensemble et chacun en lui-même a ressenti cela dans son cœur.

 

En même temps, au cours de tous les entretiens –  nous avons rencontré le Président de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire de Cuba, le camarade Lazo Hernandez, les cinq héros cubains, nous avons croisé de nombreux hommes politiques lors des cérémonies de deuil – nous n’avons remarqué aucun désarroi, aucune confusion, ou incertitude quant au futur de l’Île. Partout nous avons senti la force de l’héritage de Fidel, qui d’ores et déjà est « sorti » de l’histoire révolutionnaire cubaine, a trouvé des millions de partisans combatifs à travers le monde, qui attire à lui chaque nouvelle génération de jeunes. Ce n’est pas une histoire appartenant au passé, mais une énergie vivante qui continuera à nous aidera à vaincre à l’avenir.

 

Qui sait, peut-être, pour cette raison, comme s’il ne voulait pas mettre un point à un moment donné, ni même une virgule, le Comandante lui-même a ordonné de ne pas perpétuer son souvenir sous une forme personnalisée. Comme s’il considérait que la force de sa personnalité ne devait pas concentrer en elle l’énergie de la lutte, qu’elle ne devait pas s’enfermer dans des limites de pierre: mais se concentrer et se poursuivre dans les esprits, les cœurs et les aspirations des peuples.

 

Debout à la tribune avec nos homologues russes, nous avons perçu ces notes dans les discours sages et inspirés, dignes du grand talent oratoire de Fidel, des chefs d’Etats soutenant une orientation socialiste. Les camarades chinois et vietnamiens, le président bolivien Evo Morales, le président du Venezuela Nicolas Maduro, le président du Nicaragua, Daniel Ortega, et bien sûr, le leader actuel de Cuba Raul Castro et d’autres. Des centaines de milliers d’yeux sur la place Jose Marti participaient à chaque parole prononcée ici par les intervenants. Si quelque part dans le monde il existe une définition de la solidarité, elle était, elle est – ici.

 

Cette atmosphère émotionnelle me fit faire un retour sur moi-même : je me suis souvenu d’une rencontre avec Fidel, de nombreuses heures à parler avec lui en tête-à-tête, une chose que je n’oublierai jamais. Sont revenues à ma mémoire des images de l’enfance, de l’école, quand le professeur de géographie avait consacré à Cuba toute une fête scolaire. Je me suis souvenu des années 60, quand nous allions nous coucher et nous réveillions avec les paroles de la chanson très populaire « Cuba – mon amour, île aux aubes pourpres.* » En grandissant et en apprenant de plus en plus à connaître l’histoire et les principales étapes de la révolution cubaine, ses dirigeants et ses héros, nous avons admiré Fidel et ses compagnons héroïques, qui ont pris d’assaut la caserne Moncada, débarqué du yacht « Granma »,  combattu dans la Sierra Maestra, vaincu les bandes de contre-révolutionnaires dans la baie des Cochons. Pour les jeunes citoyens soviétiques ce furent les premières leçons d’internationalisme, le sentiment d’appartenir à tous les combats des peuples pour leur liberté.

 

Et je me souviens du sentiment de malaise et d’amertume dans les années 90 quand nous avions honte devant Fidel pour la politique étrangère de la Russie d’Eltsine. Se retrouvant après l’effondrement de l’Union soviétique dans une situation difficile, il ne proféra pas à l’encontre de notre pays un seul reproche, s’élevant fièrement au-dessus des nains opportunistes qui avaient trahi leurs alliés. Mais j’ai aussi des souvenirs plus réjouissants, la phase de reconstruction indispensable, la reprise des liens dans ces quinze dernières années. Toute cette joie au cours des visites fréquentes à Cuba pour reconstruire brique par brique bien des choses qui ont été perdues.

 

Je pense à tout cela dans l’espoir que les jeunes communistes, les jeunes politiciens, aussi, vont continuer à travailler dur pour faire que nos deux pays géographiquement éloignés – Cuba et la Russie – soient comme une même famille les uns pour les autres. Et nous en avons l’espoir, c’est un espoir raisonnable et légitime. Tant à La Havane, qu’à Moscou, il y a des gens, il y a beaucoup de gens qui le veulent et s’engagent dans le renforcement de notre amitié. Parce qu’il est encourageant qu’à ce rassemblement commémoratif, épaule contre épaule près de moi se tienne Dmitri Novikov, qui représente une nouvelle génération de communistes, et qui représente ici le groupe parlementaire d’amitié avec Cuba, grâce aux liens étroits qui se sont développées entre le Parti communiste russe et le Parti communiste cubain a livré ses impressions Ivan Melnikov.

 

« Cuba a réalisé le rêve de millions de personnes sur notre planète – a déclaré Dmitri Novikov, – le droit à un développement autonome et indépendant,et aux garanties sociales de base. Et tout cela existe à Cuba, faisant la fierté de ses habitants. Ici la médecine, gratuite, est d’excellente qualité, et le système d’éducation, bien sûr également gratuit. Oui, tout cela est venu à Cuba, car nous l’avions déjà dans notre pays – l’Union soviétique. Mais de ces réalisations nous parlons, hélas, au passé. Tandis que Cuba a survécu. Et Fidel Castro a joué ici un rôle particulier. C’est de cela qu’ont parlé dans leurs discours d’adieu au Comandante les représentants des dizaines de pays qui sont venus à La Havane avant que l’urne avec les cendres ne commence son voyage funéraire vers le lieu d’ensevelissement à Santiago de Cuba ».

 

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

 

*la chanson : «Куба – любовь моя, остров зари багровой»

 

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