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Grèce

Les communistes grecs bloquent les forces de l’OTAN

 

07 Juin 2017


Les communistes ont bloqué le mouvement des forces de l’OTAN en Grèce


Texte: Alexandre Gasyuk (Athènes)
http://www.kpu.ua/ru/87063/grecheskye_kommunysty_zablokyrovaly_peredvyzhenye_syl_nato

 

Les membres du Parti communiste de Grèce (KKE) ont arrêté vendredi le mouvement d’un convoi militaire de l’OTAN près de la ville grecque de Kozani, ont rapporté les médias locaux.

 

Plus de 20 véhicules militaires avec des soldats de l’OTAN étaient transportés de l’Albanie vers le nord de la Grèce afin de participer aux exercices de l’OTAN « Noble Jump 2017 », qui se tiendront en Roumanie du 6 au 14 juin. Cependant, s’étant heurté à la hauteur d’Egnatia à un poste de contrôle organisé par les communistes, les véhicules de l’alliance militaire ont été contraints de prendre à droite et de s’arrêter. Les organisateurs du blocus ont déployé des banderoles et des affiches avec des slogans comme « Assassins de l’OTAN, Go Home » et organisé un rassemblement spontané directement sur la chaussée, bloquant la route.

 

Sur les lieux ont été appelés la police grecque et les forces anti-émeute, mais le conflit a été évité – l’équipement de l’OTAN et les soldats, debout pendant quelques heures à cet endroit, ont été contraints à la fin de faire demi-tour et de repartir dans la direction opposée.

 

L’eurodéputé du KKE Sotiris Zorianopulos, qui participait au blocus a déclaré que « les communistes ont remporté la victoire. » Le député a déclaré aux journalistes grecs que le but des exercices de l’OTAN en cours est de tester « aussi rapidement et efficacement que possible la manière de transférer des troupes à la frontière de l’UE avec la Russie en cas d’une confrontation militaire. »

 

Le Député européen a appelé les Grecs à se battre pour que l’OTAN quitte la Grèce, et que toutes les bases de l’OTAN soient fermées.


Traduction MD pour H&S

A Athènes, mourir dans le dénuement

 

22 Mai 2017

19 mai 2017 – Benjamin Keller


Hier j’ai entendu sur BMTV l’interview de François Baroin interviewé par une de ces petites nullités dont la télé semble avoir le secret, comme il disait ne pas être d’accord avec la mesure visant à imposer plus les retraités, elle lui a dit « quelle importance ce ne sont pas les forces vives? » ce à quoi il lui a répondu qu’ils consommaient beaucoup. Le tout suivi d’une impertinence dans laquelle elle lui faisait remarquer qu’il n’était plus jeune et qu’il devait céder la place…

 

A quand l’euthanasie… En tous les cas le programme Macron c’est ça, l’Europe tu l’aimes ou tu la quittes… Quand il ne nous reste plus que le choix entre ces gens-là et les groupies de Tsipras, d’abord anticommuniste comme les mélenchoniens, on meure ce qu’on peut attendre…

 

(note de Danielle Bleitrach)


Les allocations de retraite ont déjà été réduites de 40% en moyenne depuis le début de la crise.


MAËLLE GROSS


Près de la moitié des retraités grecs vivent déjà sous le seuil de pauvreté. Les nouvelles mesures d’austérité les ciblent pourtant une nouvelle fois. Reportage.

 

Un vieillard en survêtement s’approche d’un pas mal assuré d’une benne à ordures. D’un bras, il soulève avec peine le couvercle bleu. De l’autre, il sonde les détritus autant qu’il peut. Son butin: une boîte à chaussures et un cintre en plastique. Il referme le conteneur, se retourne et traverse lentement la route, en direction de la poubelle d’en face. La scène se passe à Athènes, dans un quartier résidentiel. Elle est presque devenue banale dans la capitale grecque.

 

Les 2,7 millions de retraités que compte la Grèce – sur 11 millions d’habitants – sont en première ligne des mesures d’austérité mises en œuvre dans le pays depuis 2010 pour tenter de réduire le déficit budgétaire. Les nouvelles coupes dans les pensions imposées au parlement hellénique par les créanciers internationaux s’ajoutent à treize autres réformes en sept ans. Ces dernières, appliquées de manière graduelle, ont notamment rehaussé l’âge de la retraite, relevé les cotisations et supprimé certaines aides.

 

Sous le seuil de pauvreté


Les allocations, qui avec la nouvelle loi devraient diminuer de 9% à l’horizon 2019 pour économiser 1,8 milliard d’euros, ont déjà été réduites de 40% en moyenne. A l’heure actuelle, la retraite standard est d’un peu plus de 800 euros par mois, selon les autorités, et 43% des pensionnaires reçoivent moins de 660 euros, un montant inférieur au seuil de pauvreté. Or la plupart ne perçoivent aucun autre argent et les pensions constituent le revenu principal d’un ménage sur deux. Elles se substituent en outre à d’autres prestations sociales, faibles en Grèce. Enfin, les retraités doivent faire face comme tout le monde à la hausse des taxes en tous genres.

 

«Que vont-ils enlever à ceux qui n’ont déjà plus rien?» s’inquiète Teresa, une rousse de 67 ans active dans le réseau de solidarité Mirmigi («la fourmi»), situé à Kypseli, un quartier central d’Athènes qui s’est paupérisé ces dernières années. L’association fondée en 2012 fournit des vivres et des produits de base à environ 400 familles nécessiteuses, grecques et étrangères, deux fois par mois. Un bénéficiaire sur dix est retraité, indique Kostas, 26 ans, l’un des piliers de Mirmigi. «Ils sont toujours plus nombreux, observe-t-il. Certains touchent 500, 300 euros, voire rien du tout si ce n’est l’assistance sociale. Comment voulez-vous qu’ils vivent?»

 

Retraite divisée par deux


Au sein même de Mirmigi, environ la moitié de la trentaine de bénévoles actifs sont des retraités. Il y a par exemple Margarita, 69 ans, une ex-fonctionnaire qui percevait 900 euros ainsi qu’une aide de 100 euros en 2010 et qui n’en reçoit plus que 700 aujourd’hui. Il y a aussi Ioannis, 71 ans, qui travaillait dans les télécommunications et qui a vu sa pension être coupée en deux. De 2600 euros versés quatorze fois par an, elle est passée à 1500 fois douze, les 13e et 14e «salaires» ayant été supprimés.

 

Les tailles n’ont épargné aucune catégorie de retraités mais les pensions les plus hautes ont été les plus fortement élaguées.

 

Anthi Nikiforakis, une architecte, s’est retirée de la vie active en 2012. Elle aurait dû obtenir 2000 euros. Elle doit finalement se contenter de 1300. «J’ai travaillé dur et je touche 40% de moins que prévu», se plaint-elle. Une fois à la retraite, elle prévoyait de construire une maison et d’aider son fils. Désormais, elle parvient tout juste à régler ses factures: «Une fois, je suis allée au tribunal parce que je ne pouvais pas payer. On m’a répondu que je n’avais pas le choix!»

 

Indispensable ou impasse?


Les retraités sont descendus dans la rue pour protester contre cet énième tour de vis et une cour étatique l’a déclaré anticonstitutionnel. Rien n’y a fait. «Ces coupes étaient inévitables, juge Yannis Koutsomitis, un économiste indépendant. Il y a un vrai problème au niveau du système de pension grec, qui n’est pas du tout soutenable.» La Grèce est le pays d’Europe qui consacre la plus grande part de son budget aux retraites, indique le spécialiste de la zone euro, qui enchaîne: «Le salaire moyen est plus bas que la pension moyenne.

 

Trop de gens ont aussi pu recevoir des retraites confortables sans avoir payé l’entier de leurs contributions.» Des salaires de plus en plus bas, un chômage élevé (50% chez les jeunes) et une population vieillissante complètent le tableau. Pour l’économiste, «il faut entièrement repenser le filet social, pour pouvoir venir en aide à ceux qui ont été durement affectés par la crise».

 

Plus confiance en Tsipras

 

Le premier ministre Alexis Tsipras, du parti de gauche Syriza, a promis aux Grecs que cet effort serait le dernier avant un redémarrage de l’économie. Mais beaucoup ont perdu foi en sa parole. Kostas, de Mirmigi, en fait partie. Lui a arrêté de voter pour ce qu’il considère comme un «parti libéral» après le référendum de 2015 sur la poursuite des programmes de rigueur dictés par la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international), auquel il avait dit «non» comme 61,3% des Grecs.

 

«Tsipras et les autres ont tourné ce ‘non’ en ‘oui’ et maintenant nous vivons la même chose qu’auparavant, dénonce-t-il. Il faut une nouvelle gouvernance car ce chemin est toxique. La dépression dure depuis sept ans et les gens continuent de souffrir. Nous sommes dans une impasse.»

 

>>> Lire notre édito «Perseverare diabolicum» sur l’emprise de l’idéologie libérale sur l’Europe

 

L’austérité votée


Le Parlement grec a adopté jeudi soir de nouvelles mesures d’austérité, réclamées par les créanciers, UE et FMI. Elles sont censées permettre le versement d’une nouvelle tranche des prêts internationaux au pays, qui espère aussi un allégement de sa dette.

 

Les principaux articles de la loi comprennent de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses des impôts. Ils ont été approuvés par la faible majorité de la coalition gouvernementale, soit 153 députés de la gauche Syriza d’Alexis Tsipras et du petit parti souverainiste Anel, tandis que 128 députés ont voté contre, selon un vice-président du Parlement.

 

Le gouvernement grec dominé par Syriza espère que l’adoption de ces mesures, quatre jours avant une réunion des ministres des finances de la zone euro à Bruxelles, convaincra les créanciers qu’Athènes peut obtenir une tranche de 7,5 milliards d’euros d’aide et un nouvel allégement de sa dette.

 

En début de soirée, des milliers de manifestants s’étaient rassemblés aux abords du Parlement avec des banderoles frappées des mots « Non aux plans d’aide! Non à l’austérité! ». Selon la police, plus de 10 000 personnes ont manifesté pour protester contre un projet de loi comprenant de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses des impôts.

 

Des échauffourées se sont produites entre les policiers et de petits groupes d’individus cagoulés qui lançaient des cocktails Molotov. La police a tiré des gaz lacrymogènes pour les disperser. ATS

 

Pas tous égaux devant l’austérité


Tous les Grecs doivent faire des efforts pour réparer les erreurs du passé. L’antienne est connue: elle ne correspond pourtant aucunement à la réalité. Une étude de l’institut Hans Böckler a démontré que les hausses d’impôts subies par les Grecs entre 2008 et 2013 touchaient très diversement les citoyens. Ainsi, les catégories les plus modestes ont vu leurs prélèvements augmenter de 337% tandis que les riches ne paient que 9% de plus qu’auparavant.

 

Du côté des revenus, le constat est similaire. Selon les chercheurs, les 10% des Grecs les plus pauvres auraient perdu durant ce laps de temps 86% de leur revenu! Les 30% les plus riches, eux, n’auraient subi qu’une chute de 17% à 20% de leurs entrées. Des chiffres que les derniers plans d’austérité n’ont certainement fait qu’aggraver. BPZ

Publié par El Diablo

GRÈCE: le Parlement adopte les NOUVELLES MESURES D’AUSTÉRITÉ sur fond de manifestations et de grève générale

source : ruptures-presse

source : ruptures-presse

Le Parlement grec a adopté le soir du 18 mailes nouvelles mesures d’austérité exigées par les créanciers d’Athènes – UE, FMI et MES – en contrepartie du versement d’une nouvelle tranche de prêts. Un apport urgent car la Grèce doit rembourser 7 milliards d’euros en juillet (cf. la dernière édition de Ruptures).

C’est à une faible majorité que la coalition gouvernementale dirigée par Alexis Tsipras a approuvé ce plan de rigueur supplémentaire (assorti de quelques maigres compensations pour les plus vulnérables) : sur 281 députés présents (la Vouli – le Parlement grec – en compte 300 au total), 153 ont voté pour (les élus Syriza et ceux de son allié, le petit parti souverainiste ANEL) et 128 contre.

L’aide financière doit encore être validée par l’Eurogroupe – composé des ministres des Finances de la zone euro –, qui se réunit le 22 mai. La question de l’allègement de la colossale dette publique de la Grèce (179 % du PIB) reste sur la table, le FMI conditionnant sa participation au plan de renflouement à celui-ci tandis que Berlin reste extrêmement réticent face à une telle perspective.

Grève générale de 24 heures

Le 17 mai, la Grèce a connu une grève générale de 24 heures dans les secteurs public et privé. L’appel visait à protester contre le vote des nouvelles mesures d’austérité. Selon la police, 12 000 personnes ont manifesté à Athènes, 6 000 à Thessalonique. Dans la capitale, les troupes du syndicat PAME, proche du Parti communiste grec, étaient majoritaires (8 000 personnes).

Adedy, le syndicat de la fonction publique, et la centrale du privé GSEE avaient également appelé à la grève générale. Les jeunes étaient fortement représentés parmi les manifestants ; le taux de chômage des moins de 25 ans est proche de 48 % (il est d’environ 23 % pour l’ensemble de la population active).

Le 18 mai, jour du vote, 12 000 manifestants se sont de nouveau réunis devant le Parlement ; le PAME était encore fortement mobilisé. Des centaines de retraités avaient également protesté sous la pluie dans l’après-midi, inquiets quant aux nouvelles attaques contre la sécurité sociale.

Alexis Tsipras s’était empressé de féliciter Emmanuel Macron pour son élection, parlant à propos de celle-ci d’ « une inspiration pour la France et l’Europe ». Le nouveau président devrait lui rendre la pareille en célébrant la capacité du Premier ministre grec à « tenir bon face à la rue » (forcément archaïque et populiste).

SOURCE :

Le Parlement grec adopte les nouvelles mesures d'austérité sur fond de manifestations et de grève générale - Ruptures

 

https://ruptures-presse.fr/actu/grece-parlement-adopte-mesures-austerite-syriza-

Mémoires d’un marxiste « erratique » par Michaël Roberts

 

 
07 Mai 2017
 

Le 4 mai 2017, par Michaël Roberts

 

La Grèce est encore le maillon faible du capitalisme européen. A l’heure où le débat français s’enlise dans des considérations politiciennes, Michaël Roberts profite de la sortie des mémoires de Yannis Varoufakis, l’éphémère et iconoclaste ministre des finances du premier gouvernement Syriza, celui qui n’avait pas encore capitulé face au chantage de l’Eurogroupe, pour nous rappeler l’incapacité du capitalisme à dépasser ses propres faillites au-delà d’un certain point. Avec beaucoup d’a-propos, il souligne la différence majeure entre les politiques de la gauche keynesienne, ici également en échec et la perspective nécessaire d’une transformation socialiste de l’économie.

 

(note et traduction de Franck MARSAL)


 

Yanis Varoufakis s’est lui-même décrit une fois comme un ‘marciste erratique’. Cet économiste hétérodoxe devint ministre des finances dans le gouvernement grec dirigé par Syriza durant la période la plus intense de la crise de la dette grecque, alors que les grecs tentaient d’éviter les sévères mesures alors imposées en 2015 par la Troika formée de l’Eurogroupe, du FMI et de la Banque Centrale Européenne et de rester dans la zone Euro.

 

Varoufakis fut limogé par le premier ministre Tsipras lorsque Tsipras décidé de capituler aux demandes de la Troika, en dépit du vote du peuple grec s’opposant à l’austérité lors d’un référendum sans précédent, sollicité par Tsipras lui-même. Depuis, le gouvernement Syriza a accepté une série de mesures supplémentaires d’austérité, incluant des coupes dans les salaires et les emplois du secteur public, des baisses de pensions de retraites et des privatisations en contrepartie de subventions de l’UE, sous forme de prêts destinés à rembourser des dettes précédentes – en un cercle sans fin.

 

Maintenant, Varoufakis a publié ses mémoires de son époque de ministre des finances et de ce qui advint dans les discussions et négociations avec les dirigeants de l’UE et autres sur la gestion de la dette publique grecque. Selon une note de lecture critique de Paul Mason, « Varoufakis a écrit un des plus grand ouvrage de mémoires politiques de tous les temps. Bien, pour moi, cela sonne comme une hyperbole, en comparaison de « Ma vie », de Trotsky ou des mémoires politiques de Chruchill. Mais, aucun doute, le livre est intéressant, comme, selon les mots de Mason, « la petite histoire de la grande politique, racontée par un outsider ». Selon Mason, Varoufakis montre en dessins que « les politiciens élus ont peu de pouvoir ; Wall Street et un réseau de fonds d’investissements, de milliardaires et de propriétaires de médias ont le véritable pouvoir, et que l’état de l’art en politique consiste à reconnaître ceci comme un fait de la vie et de réaliser ce que vous pouvez sans perturber le système ».


Varoufakis établit « non seulement que la Grèce était en banqueroute en 2010, lorsque l’UE la renfloua et que le renflouement était destiné à sauver les banques françaises et allemandes, mais qu’Angela Merckel et Nicolas Sarkozy le savaient et qu’ils savaient que ce serait un désastre ». Le but des dirigeants de l’Euro, en 2010, alors que la crise grecque explosait dans la foulée de la Grande Récession et de la crise financière mondiale était de s’assurer que les banques françaises et allemandes ne subiraient pas de pertes importantes dans le cas d’un défaut de l’État Grec. Ces banques avaient acheté des volumes importants de dette grecque, pour faire des profits et, au moment de la crise, cette dette grecque ne valait plus rien. Les dirigeants de l’UE arrivèrent avec une solution : ces banques subiraient un « rafraichissement » (pas plus de 10 % de leurs investissements dans la dette) et le reste de la dette serait transféré dans les livres de comptes de l’UE, de la BCE et du FMI pour être remboursés sur la prochaine décennie ou plus tard. La Troïka, aurait alors à presser et saigner le peuple grec pour obtenir le remboursement des fonds prétés aux banques.

 

A ce moment, la coalition de gauche « Syriza » gagna une victoire fameuse dans les élections grecques, sur un programme rejetant le fardeau de la dette et refusant les mesures d’austérité. Voici ce que j’écrivis à ce moment : “L’alternative « prendre le taureau par les cornes » : demander l’annulation de la dette auprès de la BCE et du FMI (demande originale de Syriza) ou faire défaut ; imposer un contrôle des capitaux ; prendre le contrôle des banques grecques et appeler au soutien du peuple grec et du mouvement ouvrier européen ; laisser les dirigeants européens, plutôt que Syriza, prendre l’initiative sur l’appartenance de la Grèce à la zone Euro. Le problème est dès lors que le peuple grec a été conduit à croire qu’il n’y a qu’une voie de sortie : un accord avec l’Eurogroupe avec des conditions empirées. L’alternative d’un plan d’investissement socialiste et d’un appel large à l’Europe ne leur est pas présenté. »

 

Après des mois de négociations avec les dirigeants européens, Tsipras sollicita un référendum, s’attendant à le perdre (comme Varoufakis apparemment). Perdre le référendum aurait sorti Tsipras de l’étau car il aurait pu accepter les mesures de la Troïka puisque les Grecs l’aurait validé. Mais lui et Varoufakis eurent un choc. En dépit d’une massive campagne médiatique par les dirigeants européens et les conservateurs grecs ; en dépit d’un blocage du crédit organisé par l’Allemagne et la BCE et d’une ruée suivie d’une fermeture des banques grecques pendant plusieurs semaines, le peuple grec refusa.

 

Néanmoins, Tsipras décida d’ignorer ce vote et choisît de capituler. Mason dit que c’était le bon choix. “Je continue à croire que Tsipras eut raison de plier face à l’ultimatum de l’UE… Pour Tsipras – et pour la génération plus âgée des anciens détenus et victimes de la torture qui rebâtirent la gauche grecque après 74 – rester au pouvoir comme un bouclier diminué contre l’austérité était préférable à rendre le pouvoir à un cartel de politiciens mafieux soutenus par une foule de gosses de riches avides et de fashionistas.”  Mason est-il sérieux ? Les mafiosis de droite étaient-ils la seule solution ? Au lieu de construire un mouvement de soutien pour le gouvernement et de proposer un plan d’urgence pour le peuple grec et son économie, la seule solution était-elle d’abandonner ?

 

En juillet 2015, j’avais considérée les options pour Syriza. Il y avait la solution néo-libérale, demandée par la Troïka. Cela consistait à poursuivre les coupes dans le secteur public et ses coûts, de garder les revenus de travail bas et de faire payer les retraités et les autres payer davantage. Cela avait pour but d’améliorer la profitabilité du capital grec et, sans investissement étranger supplémentaire, de rétablir l’économie. Alors, peut-être l’économie de l’Eurozone recommencerait à croitre fortement et ainsi aiderait la Grèce, comme la marée montante soulève tous les bateaux.

La solution suivante était la solution keynesienne, soutenue par l’aile gauche de Syriza (mais pas par Varoufakis, qui demeura silencieux et partit pour l’Amérique – apparemment à cause de menaces de mort contre sa famille, selon ses mémoires). Elle consistait à augmenter la dépense publique, pour soutenir la demande, d’annuler une partie de la dette gouvernementale, pour la Grèce de quitter la zone Euro et d’introduire une nouvelle monnaie (la Drachme) qui serait dévaluée autant que nécessaire pour rendre l’industrie grecque compétitive sur le marché mondial.

 

Le problème avec cette solution était qu’elle supposait que le capitalisme grec pourrait revivre avec un taux de change plus bas, et qu’une dépense publique plus forte pourrait augmenter la demande sans à nouveau diminuer la profitabilité. Mais, la profitabilité est décisive pour la reprise d’une économie capitaliste. Les exportateurs grecs auraient bénéficié d’une dévaluation, mais les compagnies grecques qui font leur chiffre d’affaire à l’intérieur en Drachmes auraient été décimées. Et l’inflation augmentant rapidement qui aurait suivi la dévaluation aurait seulement amélioré la profitabilité seulement dans la mesure où, précisément, elle mordrait dans le revenu réel de la majorité si les salaires réels ne suivait pas l’inflation. En réalité, c’est précisément ce qui arrive au Royaume Uni depuis le vote sur le Brexit.

 

La troisième option était la voie socialiste – quelque chose qui n’était adopté alors ni par Tsipras, ni par Varoufakis, ni par la gauche de Syriza (ou sembla-t-il, sans être pour autant viable, selon Mason). Elle reconnaissait que le capitalisme grec ne pourrait se rétablir et restaurer le niveau de vie de la majorité, que ce soit à l’intérieur de la zone Euro dans le cadre d’un programme de la Troika ou à l’extérieur, avec sa propre monnaie et sans soutien de l’Eurozone. La solution socialiste consistait à remplacer le capitalisme grec par une économie planifiée, dans laquelle les banques grecques et les principales compagnies sont sous propriété et contrôle public et où la contrainte du profit est remplacée par la recherche de l’efficience, de l’investissement et de la croissance. L’économie grecque est petite, mais elle n’est pas sans avoir un peuple éduqué, de nombreuses capacités et des ressources au-delà du tourisme. En utilisant son capital humain dans un sens innovant et planifié, elle peut croître. Mais étant petite, elle aurait besoin, comme toute petite économie, de l’aide et de la coopération du reste de l’Europe.

 

Cette solution nécessitait que Syriza mobilise le support latent du peuple, à travers des comités d’usines et d’entreprises pour discuter d’un plan d’urgence pour le changement. Elle aurait entraîné une nationalisation immédiate des banques principales pour assurer le paiement des dépots populaires (en dépit de la BCE) et la prise de contrôle des principales compagnies (inversant les privatisations) dans le but d’instituer un plan pour la production et l’investissement. Cela aurait signifié de contacter le mouvement ouvrier et les forces progressistes dans les principaux pays européens pour obliger les gouvernements à arrêter l’austérité imposée à la Grèce ou les tentatives de la faire quitter la zone euro et, plutôt, la soulager de la ‘dette odieuse’ tout comme les allemands furent soulagés dans les années 50 de leur réparations de guerre (encore impayée à la Grèce pour les morts et destructions causées par les Nazis).

 

Cette option socialiste était la seule qui pouvait sortir la Grèce de cet enfer. Mais, bien sûr, elle aurait été fort difficile à mettre en place. Oui, les forces conservatrices à l’intérieur de la Grèce se seraient mobilisées ; oui, les militaires grecs auraient pu relever la tête ; et oui, les dirigeants de l’Euro auraient tenté d’étrangler la petite Grèce socialiste et de l’expulser de l’Euro et de l’UE. Mais, la bataille pour une transformation socialiste pose toujours ce genre d’obstacles ; et seule l’unité de la classe ouvrière dans toute l’Europe, et des dirigeants grecs déterminés pouvaient les surmonter. Mais, les dirigeants de Syriza, y compris Varoufakis (le marxiste erratique) n’ont jamais considéré cette option comme viable, et le marxiste Paul Mason est d’accord avec eux. Pour eux, il n’y avait pas d’alternative sinon d’accepter les diktats de la Troïka – qui se poursuivent encore jusqu’à ce jour. Et Mason admet que « Le gouvernement Tsipras a été un bouclier bien peu efficace pour la classe ouvrière grecque » même si (comme il le revendique) il fut « une protection efficace pour le plus d’un million de migrants syriens qui ont débarqués sur les rivages grecs dans les semaines qui ont suivi la capitulation économique. »

 

Mason estime que le succès de Tsipras dans la construction de Syriza et son accès au gouvernement est plus important que le franc-tireur « marxiste » Varoufakis qui est resté « immaculé » de la capitulation de juillet 2015. Mais, apparemment, si la « gauche globale » doit revenir elle « a besoin de dirigeants comme Tsipras, de trouver des penseurs comme Varoufakis et de les encourager ». Bon, les mémoires de Varoufakis et l’action de Tsipras semblent tout juste justifier l’admiration de Mason. Encore cette semaine, le gouvernement grec dirigé par Syriza a signé un nouveau round de sévères mesures d’austérité afin d’obtenir la nouvelle tranche des prétendus fonds de sauvetage de l’UE. Le gouvernement a accepté d’adopter 3,6 milliards de coupes budgétaires supplémentaires, des baisses de taxes pour les entreprises en contrepartie de la permission de dépenser une somme équivalente pour des mesures soulageant la pauvreté.

 

Le gouvernement Syriza a fait tout ce que a été demandé par la Troïka pour faire payer au peuple grec l’échec du capitalisme grec. Et, cependant, les dirigeants de l’UE n’ont encore pas accepté « d’allègement de la dette ». En fait, ils parlent seulement de l’envisager lorsque les mesures d’austérité du dernier paquet auront été implémentées totalement et que le programme arrivera à son terme en 2018. En attendant, le gouvernement grec est supposé obtenir un surplus budgétaire de 3,5 % du PIB annuel sur le futur prévisible. C’est un niveau plus élevé que nimporte quel pays de l’UE et loin au dessus de ce qu’aucun gouvernement a réussi jusqu’ici.

 

Pas de doute que le FMI considère que cette approche est insoutenable. « Même si la Grèce, grâce à un effort héroïque, pouvait attendre temporairement un surplus proche de 3,5 % du PIB, que peu de pays ont réussi à atteindre et à soutenir depuis une décennie ou davantage, il est hautement improbable que la Grèce puisse le soutenir considérant la faiblesse de ses institutions politiques et les projections qui suggèrent que le chômage demeurera à deux chiffres durant plusieurs décennies. » FMI


Pour la Grèce, il n’y a pas d’échappatoire à la misère de la dette publique due au FMI et à l’Eurogroupe. Il y a une nouvelle étude détaillée des plans de la Troika (UE, FMI et BCE) pour forcer le gouvernement grec à conduire un excédent budgétaire primaire (hors paiement des intérêts de la dette) de 3,5 % du PIB à partir de 2018. Elle montre qu’il sera impossible pour la Grèce de tenir ce niveau d’austérité et, même si elle y parvient, cela n’empêchera pas la dette de croître encore davantage. « L’expérience passée suggère que la politique fiscale attendue – un surplus budgétaire avant paiement des intérêts de 3,5 % du PIB, reconduit pendant 15 ans – n’a litteralement aucune chance d’aboutir, même si la Grèce était capable de commencer à générer un surplus budgétaire de 3,5 % en 2018, comme selon la trajectoire ». L’étude poursuit : « La dette de la Grèce à l’égard du Fond Européen de Stabilisation Financière ferait plus que doubler à environ 278 milliards d’Euros en 2050, lorsque le report des intérets prendrait fin, et commencerait un lent reflux, mais le montant en suspens en 2080 serait encore supérieur à ce qu’il est aujourd’hui. ». Ce sera 70 ans après le début de la crise ! L’étude conclut que l’EU doit offrir davantage d’argent pour le sauvetage dès l’année prochaine pour « dépanner la Grèce ». Mais, la dette demeurera et continuera à augmenter, même si de nouvelles mesures d’austérité (déjà sans précédent dans l’histoire) étaient appliquées. La seule solution est d’effacer la dette. Donc, alors que Varoufakis publie les mémoires de son passage comme ministre des finances durant la crise de la dette, expose la politique pourrie et cruelle de la Troïka, et parcours l’Europe en séminaires pour réclamer une meilleure Europe, le gouvernement Syriza dirigé par Tsipras continue d’essayer de répondre aux demandes et aux objectifs de la Troïka, dans l’espoir illusoire que le capitalisme européen récupèrera et croitra, permettant ainsi aux grecs d’obtenir quelques miettes. Il pourra y avoir éventuellement un deal sur « l’allègement de la dette ». Mais cela signifie néanmoins que la Grèce aura un fardeau insoutenable de dette dans ses livres pour les générations futures, alors que le niveau de vie du foyer grec moyen sera tombé en dessous de ce qu’il était lorsque la Grèce a rejoint la zone euro. Une génération entière de grecs se portera plus mal que la précédente alors qu’une récession mondiale est encore à prévoir.

Publié par  El Diablo

GRÈCE : l’épopée austéritaire de la « gauche radicale » continue

GRÈCE : l’épopée austéritaire de la « gauche radicale » continue

Selon des informations obtenues auprès de sources proches du dossier par Reuters (voirl’article– en anglais – publié par l’agence de presse le 29 mars), la Grèce et ses créanciers internationaux sont sur le point de converger vers une position commune quant à nouveau plan d’austérité. Celui-ci porte sur une vaste « réforme du marché du travail », des coupes budgétaires (avec les retraites en ligne de mire) et une privatisation accrue dans le secteur de l’énergie.

L’objectif des négociations actuelles entre Athènes, l’UE et le FMI est de parvenir à un accord officiel avant la réunion au sein de l’Eurogroupe des ministres des Finances le 7 avril prochain à Malte. La Commission européenne n’a pour l’instant pas confirmé l’existence d’un accord préliminaire.

Les tractations avançaient péniblement depuis plusieurs mois, laissant craindre une nouvelle crise. Pour obtenir la participation du FMI au « plan de sauvetage » (celui qui est à l’œuvre actuellement expire en 2018), le gouvernement Syriza a accepté le mois dernier des mesures d’austérité supplémentaires d’un montant évalué à 2 % du PIB. Pièce de résistance : un programme de réduction des pensions de retraite, qui fournirait jusqu’à la moitié des économies souhaitées en 2019. L’abaissement du plafond donnant droit à une exemption d’impôts devrait également dégager autour de 1 % du PIB.

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

L'épopée austéritaire de la " gauche radicale " continue en Grèce - Ruptures

L'épopée austéritaire de la " gauche radicale " continue en Grèce - Ruptures

Un accord entre le gouvernement d'Alexis Tsipras et les créanciers de la Grèce serait proche. Au programme : " réforme du marché du travail ", diminution des retraites et privatisation dans le ...

 

https://ruptures-presse.fr/actu/lepopee-austeritaire-de-la-g

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Le massacre de la GRÈCE symbole tragique du 60e anniversaire du traité de Rome

Le massacre de la GRÈCE symbole tragique du 60e anniversaire du traité de Rome

Le premier est celui de la victoire de la guerre d'indépendance sur l'Empire ottoman, dite aussi Révolution grecque (1821-1829). Cette commémoration renforce la volonté des Grecs de se libérer de leurs nouveaux envahisseurs : la Troïka (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international).

Le second est celui du 60ème anniversaire de la signature du traité de Rome qui a lancé la « construction » européenne. Cette date devrait être un jour de deuil européen, tant les méfaits de ce système sont désormais tellement évidents, le « cas » grec en étant une preuve tragique.

À cette occasion, Jacques Nikonoff, président du 
Parti de la démondialisation, s’est rendu à l’Ambassade de Grèce à Paris pour remettre à l’ambassadeur une lettre de soutien au peuple grec dans les épreuves qu’il traverse et de condamnation du gouvernement Tsipras totalement soumis à la tyrannie de l’Union européenne. Il a fait une courte prise de parole que vous pourrez retrouver dans une vidéo(ci-dessous).

Pour sortir de la crise, en Grèce et dans les autres pays de l’Union européenne, il faut sortir de l’euro et de l’Union européenne, immédiatement et unilatéralement ! Il faut démondialiser !

 

L’Etat de Grexit

La crise grecque, et tout ce qu’elle comprend – presque tout, ne fait plus couler de l’encre. La Grèce pourtant continue à traverser une phase très difficile, qui concerne tous les peuples, surtout ceux qui croient qu’ils sont à l’abri d’un tel traitement. La Grèce suit une feuille de route que son peuple n’a pas choisie, définit par ses créanciers qui avec l’asphyxie économique, font qu’elle soit plus que jamais enchaînée dans une situation d’austérité extrême qui est mal expliquée. Oui, il y a obstination à appliquer l’austérité comme un concept économique capable d’ajuster ou de réguler des situations et des modèles économiques, alors que nous savons depuis plus d’un siècle que ce concept n’est pas toujours applicable. Alors pourquoi continuer à le faire, encore aujourd’hui, dans des situations comme celle de la Grèce cela ne devrait pas être un mystère ou en tout cas se présenter en tant que tel.

 

Historiquement, nous savons que les politiques de relance économique basées sur l’austérité échouent, surtout lorsqu’elles ne sont pas adaptées pour des pays comme la Grèce, qui souffrent non seulement d’un déficit budgétaire mais aussi du déficit de la balance de paiements. L’austérité, dénoncée depuis les débuts du siècle dernier (voir David Hume), consiste à un modèle de dévaluation intérieure des revenus d’un pays (travail, retraite, investissements, prix, etc.), qui n’est pas adapté dans le cas grec puisque plus le coût de travail et les retraites baissent, plus la dette augmente. L’austérité en tant que mesure de régulation des modèles économiques et financiers (G20 de Toronto, 2008). Le bloc européen a refusé de suivre le modèle suivi par d’autres pays comme la Chine, la Russie, les EU, etc.

 

Pourquoi alors l’Allemagne, principal moteur de la politique de l’euro, (avec la complicité partielle de la France), refuse de suivre le modèle macroéconomique keynésien et opte pour une adaptation par les politiques monétaires et économiques ? Depuis, alors que les grandes puissances optent pour une approche keynésienne, afin de sortir de la crise de 2008 et prendre les mesures nécessaires au niveau international afin de corriger les failles du modèle, l’UE, quant à elle, fait bande à part.

 

Les intérêts de la dette et les Memoranda

 

Le point de vue, ici c’est à l’occasion de l’inscription sur le budget 2017 de la Grèce d’une dette de 563.055.375.000 €. Cette décision, loi 4444 a été publié dans JO du gouvernement grec le 14/12/2016, date à laquelle les pays membres doivent inscrire dans leur bilan, non seulement leur dettes mais aussi les coûts de service de la dette, c’est-à-dire les programme d’assistance pour soutenir le service de la dette du pays endetté. Avec cette loi qui consiste à charger le peuple grec avec un fardeau deux fois plus lourd qu’il y a 4 mois, votée par le parlement, sous gouvernement dit d’extrême gauche, signé par le Ministre des Finances Tsakalotos, la Grèce se prépare à traverser une autre galère, bien plus grande que celle qui traverse aujourd’hui.

 

D’où vient cette dette ? Quel est son rapport avec l’économie réelle ? Comment le peuple d’une manière ou d’une autre a bénéficié de cette somme, pourquoi les économistes de gauche comme de droite ne réagissent pas, quel est le rapport avec le devenir de la France ou de l’Europe, seraient les questions à se poser, surtout lorsque on se prépare à élire notre président. Cela consisterait aussi à étudier de plus près le fonctionnement de la BCE et frapper pour changer, car le calcul est vite fait si on veut calculer l’inscription à porter pour le budget 2018 : Avec 40 Milliards de recettes, et 600 Milliards de dette, environ 80 Milliards serait exigibles fin 2017, c’est-à-dire deux fois les recettes de la Grèce. Ce qui veut dire, que jusqu’à 2030, date imposée par les créanciers, la dette actuelle augmenterait de 322 Milliards dont la moitié seront des intérêts.

 

Le droit à la faillite et l’état de nécessité

 

Le droit sur la faillite d’un Etat est inexistant. Les forces qui s’y opposeraient établissent ou non la légitimité nécessaire pour procéder. Le cas de l’Argentine ou de l’Islande sont différents de celui de la Grèce.

 

L’état de nécessité, reconnu par l’ONU, permettrait d’utiliser la force publique d’un Etat au service et les besoins de son peuple, et cela voudrait dire que la Grèce doit envisager une rupture unilatérale avec l’eurozone, qui elle-même constitue en elle-même un système incroyable. Autrement dit, comme la sortie de l’eurozone n’est pas prévue par les textes, la Grèce emprunterait une feuille de route inconnue, où elle trouverait face à elle l’hostilité de ses créanciers par le biais des grandes puissances qui les protègent. (Rappelons-nous, dans le cas de l’Argentine, même la France avec son président de l’époque, Nicolas Sarkozy a mis la pression, ce dernier une semaine après son installation à l’Elysée a pris son avion pour défendre les intérêts du Club de Paris). Ajoutons aussi que sur cette éventualité plusieurs propagandes de dangerologie essaient de barrer la route à tout Etat-membre qui tenterait de la faire.


Le danger est de rester dans l’UE

 

Si effectivement l’Europe était régie par une autre mentalité, la BCE interviendrait dans le bon sens pour compenser le manque de politique monétaire commune européenne dans l’intérêt de l’Etat qui subit cette politique de l’Euro, sans les compensations si on compare avec le fonctionnement du Dollar, ce qui est tant préjudiciable pour les pays comme la Grèce. C’est justement ce laxisme ou l’inaction très volontaire probablement, de la BCE qui a fait monter les spreads et conduire la Grèce à subir une situation de faillite non déclarée. Mais le fonctionnement de la BCE n’est pas isolé du fonctionnement de l’UE. L’attachement farouche à un certain type de construction de l’Europe a été ressenti avec la manière avec laquelle le Traité de Lisbonne a été adopté.

 

L’eurozone est une construction juridique incroyable et de caractère féodal. La BCE définit de façon unilatérale l’émission de la monnaie. L’art 104 du traité de Maastricht interdit à toutes les banques nationales d’émettre de la monnaie, interdit à la BCE de donner des avances dans les cas de nécessité exceptionnelle, comme il interdit à la BCE d’acheter des obligations des Etats-membres lorsqu’ils se trouvent face à des problèmes. C’est-à-dire l’avantage pour un Etat-membre de disposer de sa banque centrale et de bénéficier d’une souplesse pendant des périodes courtes d’un excès de besoin de s’endetter (c’est courant pour une entreprise, comme c’est courant pour un Etat de profiter des possibilités de roll up de sa banque centrale). Lorsque l’annonce délibéré en 2009, sur une éventuelle faillite de l’Etat grec a été propagée très efficacement (nul doute sur la source d’information), il n’y avait plus de banque centrale grecque pour intervenir et la BCE n’a pas agi en tant que banque centrale de substitution, et le résultat était la montée des spreads jusqu’à 30%. C’est-à-dire pour honorer un taux de 30%, quelle doit être le taux de croissance d’un pays ?

 

Grexit ou Grexit

 

Le danger d’un Grexit n’est pas pour la Grèce mais pour ceux qui s’attachent à voir leur capital rémunéré de la sorte, les créanciers qui prêtent à la BCE. Tous ceux, y compris des économistes Grecs, qui déconseillent à la Grèce de procéder de façon unilatérale à sa sortie de l’euro, et par conséquent de l’Europe, ne regardent pas l’inscription de la nouvelle dette grecque dans le bilan ? Cela ne leur fait pas peur ? On est donc face à des opinions sans preuves et il convient de les écarter, et ce n’est pas nouveau ou curieux de voir des intellectuels ou des académiciens changer de camp idéologique. L’Histoire nous montre bon nombre de nos intellectuels et scientifiques accueillir avec des fleurs lors de l’occupation nazie.

 

Le mécanisme européen est un mécanisme de mise en esclavage des pays qui ne sont pas en mesure d’être compétitifs (et il y en a qui œuvrent fort pour cela). Il y a un principe dans la théorie du mercantilisme, qui dit qu’il y a un avantage spécifique au pays qui présente une balance de paiement positive, alors qu’il y a un immense danger qui pèse sur le pays qui présente une balance négative. Avant l’euro, la mesure d’affronter un tel danger, en cas de balance négative, étaient de recourir à payer avec de devises étrangères la différence, mais cette possibilité n’est plus au sein de l’euro. Au lieu donc de recycler l’excédent dû à l’avantage concurrentiel au sein des pays les plus faibles, l’Allemagne le fait avec intérêts, dont les taux sont usuriers, et pour prendre le rythme de ce phénomène il suffit de mesurer les intérêts que la Grèce a déjà payés juste parce qu’elle présente un inconvénient (et non un avantage) concurrentiel. S’il n’est pas clair pourquoi l’Allemagne ne veut pas un changement, ni des règles de l’euro (ce qui conduirait à une Europe Fédérale, avec un fonctionnement identique à celui de la FED et un euro comme le dollar), ni de la forme de l’Europe. Le fait de ne pas vouloir se limiter au competitive advantage mais vouloir TOUT (l’huile d’olive ou les carrières de marbre, les aéroports ou l’exploitation des musées), n’est-il pas un argument de taille pour sortir de l’Euro et de l’Europe ? Dans un tel système européen, monétaire et financier, qui s’apparente aux pratiques des usuriers moyenâgeuses qui poussent les peuples à l’esclavage et à la disparition, ne pas sortir de l’Euro et de l’Europe serait du suicide.

 

C’est pour cela que la soi-disant destruction de la Grèce, dans le cas où elle choisit de se séparer de l’euro et de facto de l’Europe, non seulement elle est déjà faite pour plusieurs générations (et encore ceci est valable si la Grèce décide de sortir immédiatement de l’Euro), mais sans sortie immédiate de l’Euro, il faut accepter que la mort est déjà arrivée.

 

Comment est possible pour un peuple d’accepter une dette dix fois plus grande que ses recettes, pendant que les créanciers par le biais des Etats-membres détenteurs de la dette, principalement l’Allemagne, La France et l’Italie, lui privent de ses outils de productivité en imposant la braderie de ses centres de productions les plus lucratifs, à laquelle on assiste depuis quelque temps déjà, pour se servir en premier au prix qu’ils définiront eux-mêmes. Comment qualifierait-on ce type de relation avec l’UE, ce type d’assujettissement, si ce n’est pas une vassalité assortie d’un joug économique aux effets gravissimes ? Faut-il se poser encore la question pourquoi les créanciers avec l’Allemagne en tête refusent de voir la Grèce sortir de l’Euro ? Qui tuerait-il la poule aux œufs d’or ? Quand on convertit l’intérêt collectif européen en intérêt national et au lieu de travailler sur la compétitivité européenne il travaille sur la compétition intra-européenne, juste pour tirer la couverture de la crise de 2009 vers soi, peut-il s’appeler partenaire européen ? Bien sûr que non.

 

Et même si les nouvelles mesures d’austérité tant désirées par les créanciers, ou 4e memorandum, sont acceptées, comment alors protéger une population de la famine, de la maladie ou de l’absence d’un système d’éducation ? Il faut croire que tout ceci ne constitue plus un minimum à assurer à une population, et ne correspond plus aux droits de l’homme les plus élémentaires.

 

Parfois il faut démolir pour tout reconstruire, et c’est ça le message à faire passer. Le traité de Maastricht avait promis une Europe politique et sociale qui n’a jamais eu lieu, montrant que le but de ses architectes était de construire seulement une alliance de créanciers tout en déconstruisant les acquis sociaux et politiques de chaque peuple. Les traités ce sont avérés être un bluff qui a enrôlé les peuples dans un système législatif complexe et périlleux. Et si ce n’est plus possible de s’entendre dans un très court terme, entre peuples cette fois-ci, sur une architecture de coopération contrôlée, alors il vaut mieux être seul et libre plutôt que dans une prison collective.

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[Vers le Grexit ? 1/3] - GRÈCE : l'impasse économique

[ Vers le Grexit ? 1/3 ] - GRÈCE : l'impasse économique

Olivier Delorme est écrivain et historien. Passionné par la Grèce, il est l'auteur de La Grèce et les Balkans: du Ve siècle à nos jours (en Folio Gallimard, 2013, trois tomes), qui fait aujourd'hui référence.Alors que la crise grecque semble sur le point de refaire surface en raison de la mésentente entre les différents créanciers du pays, et que l'idée d'un « Grexit » est récemment devenue, pour la toute première fois,majoritaire dans un sondage grec, Olivier Delorme a accepté de revenir pour L'arène nue sur la situation de la Grèce.

Cette analyse est en trois partie et traitera successivement de l'impasse économique, de l'impasse géopolitique et de l'impasse politique dans lesquelles se trouve Athènes. Ci-dessous, le premier volet.

*****

Aujourd’hui, la Grèce se trouve dans une triple impasse. La première est économique : depuis 2009, elle a connu plus de dix plans de rigueur assortis de coupes budgétaires, de mesures de démantèlement du droit du travail, de centaines de réformes dites structurelles (notamment lors de l’imposition à ses gouvernements des trois mémorandums de 2010, 2012 et 2015), des baisses de salaires et de pensions ainsi que des dizaines de hausses ou créations d’impôts. Car depuis sept ans, la Grèce s’est vu imposer par l’UE et le FMI un véritable délire fiscal dont la dernière manifestation consiste à taxer les contribuables sur la différence entre la montant minimal que, eu égard à leurs revenus, ils « doivent » avoir réglé par carte bancaire et le montant dont ils peuvent justifier qu’ils l’ont dépensé, si le second est inférieur au premier– mesure destinée, en réalité, à réduire la circulation d’argent liquide et à faire passer toutes les transactions par les banques.

Cette politique déflationniste, d’une violence inconnue en Europe depuis les années 1930 (où elle a amené Hitler au pouvoir en Allemagne), a étouffé la consommation intérieure, provoqué des milliers de faillites et l’évaporation d’au moins le quart (sans doute autour du tiers, nonobstant les habillages statistiques) de la richesse nationale. Elle a fait plonger le tiers de la population sous le seuil de pauvreté et gravement précarisé un autre tiers désormais lui aussi menacé de basculer ; elle a en grande partie liquidé les classes moyennes – fondement sociologique de la démocratie – et creusé les inégalités dans un pays qui était déjà, avant 2009, l’un des plus inégalitaires d’Europe.

[…]

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GRECE : La procédure judiciaire provocatrice, attentée par les nazis contre le maire communiste, Kostas Peleditis, a été mise en échec

photo d'illustration : manifestation du parti communiste grec (KKE)

photo d'illustration : manifestation du parti communiste grec (KKE)

Communiqué du Parti communiste grec (KKE)

Le  24 février 2017

Traduction MlN pour « Solidarité internationale PCF – Vivelepcf ».

La chambre d’accusation du tribunal de la ville de Patras a relaxé le maire de la ville, Kostas Peleditis, le 23 février. Il était accusé de n’avoir pas laissé de locaux communaux à la disposition des petits meurtriers nazis de « l’Aube Dorée » pour qu’ils puissent diffuser leur poison fasciste et raciste lors de la campagne des élections parlementaires de 2015. Le verdict a été salué par des applaudissements nourris des milliers de personnes rassemblées devant le tribunal.

Les poursuites ont été engagées à la suite de la plainte d’un ancien député du parti nazi « Aube Dorée ». Il a accusé le maire, qui a appliqué pourtant une décision unanime du conseil municipal et a rempli sa mission vis-à-vis du peuple, de ne pas accorder de moyens à l’activité à l’organisation nazie et criminelle qu’est « l’Aube Dorée ». Sous le gouvernement de « gauche » des partis Syriza et Anel, il s’est trouvé des éléments de l’Etat bourgeois pour, après l’intervention des fascistes, remettre en cause la légalité des décisions du conseil municipal et du maire.

A l’annonce du jugement, Kostas Peletidis a déclaré aux médias présents : « le maire et le conseil municipal défendent, de façon conséquente, les intérêts du peuple. Nous continuerons a remplir notre devoir, concrètement à ne pas accorder de moyens à l’ « Aube Dorée » avec son idéologie nazie qui porte son caractère criminel. Nous nous battons ensemble, avec le peuple et ses organisations, qui ont soutenu sans discontinuer le conseil municipal, pour isoler l’activité d’une organisation qui représente la forme la plus extrême de l’exploitation de classe. Nous nous battons pour que celles et ceux qui subissent les lourdes mesures des derniers gouvernements bourgeois, puissent respirer ».

Aux côtés du maire communiste, se tenaient des représentants de syndicats, d’organisations de masse, des élus de tout le pays, et des milliers de travailleurs.

SOURCE:

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UNION EUROPÉENNE: L’austérité pousse les GRECS vers la dépression collective

UNION EUROPÉENNE: L’austérité pousse les GRECS vers la dépression collective

L’Eurogroupe qui se réunit ce lundi [20/02/2017] réclame de nouvelles mesures d’austérité à la Grèce. Le spectre du « Grexit » refait surface alors que l’économie du pays est exsangue.

Athènes doit rembourser 7 milliards d’euros à ses créanciers avant l’été. Or, comme depuis 2011, elle ne pourra pas honorer ses dettes sans toucher au préalable la dernière tranche de crédit que le FMI et les membres de la zone euro lui ont promise en juillet 2015 (86 milliards d’euros). Les créanciers réclament de nouvelles mesures… alors que la population est à bout.

« Tous les ans, la situation scolaire se dégrade. Je n’ai plus d’espoir d’amélioration !» La mine de Dimitris Panogiotakopoulos s’allonge dès qu’il parle de l’école primaire qu’il dirige, à Elefsina, à une vingtaine de kilomètres d’Athènes. « Entre 2009 et aujourd’hui, le budget a diminué de 70%, confie-t-il. Nous n’avons même pas de quoi acheter les craies. Nous avons dû organiser une collecte sur la place centrale de la ville pour nous procurer les fournitures scolaires ». Kostas Vamvakas, professeur de sport, fait le même constat : la situation est identique dans son lycée. Face à l’urgence, les deux hommes ont monté un réseau de solidarité. « Certains gamins n’ont même pas un blouson à se mettre sur le dos cet hiver ! Ils en pleurent avec ce froid », témoigne l’enseignant. Dans le bureau du directeur, tous sont couverts : le chauffage est en marche mais au minimum.

Une ville industrielle naguère prospère

Kostas Vamvakas est amer : « En 2015, nous espérions qu’Alexis Tsipras [l’actuel premier ministre] et son parti, Syriza [la gauche grecque] stoppent la descente aux enfers »Pour Dimitris Panogiotakopoulos, seule une sortie de l’euro mettra un terme aux problèmes.

[…]

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L'austérité pousse les Grecs vers la dépression collective

L'austérité pousse les Grecs vers la dépression collective

Athènes doit rembourser 7 milliards d'euros à ses créanciers avant l'été. Or, comme depuis 2011, elle ne pourra pas honorer ses dettes sans toucher au préalable la dernière tranche de crédi...

 

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16 février 2017

Dès 2010, le FMI savait que le programme de Bruxelles pour la Grèce échouerait - Alors, pourquoi y a-t-il participé ?

Grèce : le FMI savait que le programme échouerait dès 2010

 

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Le FMI avait anticipé l'échec du programme grec dès 2010.

Le FMI avait anticipé l'échec du programme grec dès 2010. (Crédits : © Yuri Gripas / Reuters)

Nouvelle pierre dans le jardin des créanciers européens sur la Grèce : le FMI avait mis en garde sur les risques de la stratégie mise en place en 2010. Des avertissements ignorés à l'origine du désastre actuel.

Alors que la crise grecque pourrait, le 20 février, connaître un nouvel épisode lors de la réunion de l'Eurogroupe sur la deuxième revue du troisième programme de financement de l'Etat grec, de récentes révélations viennent à nouveau éclairer les débuts de cette crise en 2010. Un éclairage qui explique largement les échecs et les aveuglements, même sept ans plus tard...

Ces révélations étaient, pour tout dire, passées relativement inaperçues en Europe lorsqu'elles ont été publiées dans le dernier ouvrage du journaliste étasunien Paul Blustein, Laid Low, paru en octobre dernier aux Etats-Unis aux éditions du Centre international de l'innovation de la gouvernance (CIGI). L'ouvrage s'intéresse particulièrement au rôle du FMI dans la préhistoire du premier mémorandum imposé à la Grèce en mai 2010. Ce récit détaillé confirme ce que d'autres sources avaient déjà établies, notamment la Commission sur la Vérité de la dette grecque, établie au premier semestre 2015 par Zoé Kostantopoulou, alors présidente de la Vouli, le parlement grec, mais aussi par d'autres journalistes étasuniens et par l'instance de surveillance interne du FMI. Mais cet ouvrage donne une vision plus claire des négociations du printemps 2010 et apporte davantage de précisions.

Les réserves du FMI sur le plan de 2010

 

Paul Blustein confirme ainsi que le FMI a bien participé au premier programme grec contre ses propres règles édictées après la crise argentine qui obligeaient le Fonds à ne pas aider un pays dont la dette n'était pas tenable sur le long terme. Or, les experts du FMI ne se faisaient aucune illusion sur la capacité du programme à sortir la Grèce de l'ornière. C'est la grande information de ce livre qui cite un « mémo interne » du chef économiste du FMI d'alors, Olivier Blanchard, transmis le 4 mai 2010, soit six jours avant l'annonce du plan « d'aide » à Athènes.

Ce mémo est d'une grande sévérité pour le mémorandum qui sera finalement signé avec la Grèce. Ce plan prévoyait, rappelons-le, officiellement, une dette maximale de 149 % du PIB en 2013 pour la Grèce et une légère récession en 2010 de 0,4 %, puis une reprise vigoureuse dans le cas où le pays réaliserait toutes les réformes structurelles imposées. Dans la version officielle qui a toujours cours et qui est encore largement acceptée par les décideurs et observateurs européens, c'est le manque d'implication de la Grèce dans le programme de réformes qui a fait échouer ces plans.

Des réformes vaines ?

 

Mais Olivier Blanchard, qui, depuis, a quitté le FMI avait déjà mis en garde dès le 4 mai 2010 : « même en remplissant entièrement toutes les conditions posées, rien ne peut soutenir la croissance contre la contribution négative du secteur public ». Et d'ajouter : « la reprise aura plus vraisemblablement la forme d'un « L » avec une récession plus profonde et plus longue que celle projetée ». Et de conclure : « le schéma de croissance en « V » projetée est beaucoup trop optimiste, il est improbable que les forts gains de productivité puisse jouer un rôle significatif ». Ce mémo prouve que le FMI savait donc parfaitement ce qui allait se passer en Grèce. Les informations de Paul Blustein ont été confirmées par Olivier Blanchard lui-même qui, dans un tweet du mercredi 15 février, a indiqué qu'il « n'a pas fait fuité lui-même » ce document, mais qu'il n'est finalement « pas mécontent qu'il ait fuité ». [...]

La suite ci-dessous

Grèce : le FMI savait que le programme échouerait dès 2010

Grèce : le FMI savait que le programme échouerait dès 2010

Nouvelle pierre dans le jardin des créanciers européens sur la Grèce : le FMI avait mis en garde sur les risques de la stratégie mise en place en 2010. Des avertissements ignorés à l'origine ...

 

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-le-fmi-savait-que-le-programme-echouerait-des-2010-639615.html

Athènes : un hôpital suspend les chimiothérapies

L’Association Médicale d’Athènes a dénoncé l’annulation des chimiothérapies programmées la semaine passée à l’hôpital Laiko en raison du manque de médicaments. 

Selon les responsables de l’hôpital, les patients atteints du cancer ont été prévenus que les thérapies prévues étaient annulées en raison du manque de médicaments oncologiques. 

Ils déclarent :« Le report des thérapies peut avoir une conséquence défavorable sur leurs résultats et constitue de toute manière une violation des bonnes pratiques scientifiques.. Cela ajoute aussi une grande souffrance au groupe fragile des patients atteints du cancer qui viennent, pour beaucoup, de la province pour suivre leur thérapie. Cette situation inacceptable ne peut pas durer. » 

Au cours de l’année dernière, le personnel soignant et les malades ont informé l’ Association Medicale d’Athènes,comme le souligne son président, de sérieux manques qui rendent problématique le fonctionnement des hôpitaux et mettent les malades en danger. 

L’Association Médicale d’Athènes exprime sa forte inquiétude devant l’incapacité des hopitaux publics à se procurer les médicaments et produits nécessaires à leur bon fonctionnement.

 

Traduction Palili

http://kinisienergoipolites.blogspot.fr/2017/01/a.html

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Publié par  El Diablo

GRÈCE : Alexis Tsipras une nouvelle fois humilié par les créanciers

Tsipras avec Juncker, le président de la Commission européenne

Tsipras avec Juncker, le président de la Commission européenne

Par ROMARIC GODIN - 27/12/2016

Le premier ministre grec a obtenu la tolérance des créanciers concernant son "cadeau de Noël" aux retraités moyennant des engagements humiliants pour l'avenir. L'autonomie financière de la Grèce est de plus en plus un mirage.

Le gouvernement grec s'est-il livré à un jeu de dupes dans la querelle autour des primes accordées aux retraités en janvier ? C'est ce que l'on peut soupçonner. Au début du mois de décembre,le premier ministre Alexis Tsipras avait annoncé la suspension de la hausse prévue de la TVA dans les îles du nord de la mer Egée, les plus exposées au flux de migrants depuis la Turquie et la distribution d'une prime de 300 à 800 euros pour les retraités les plus pauvres. L'ensemble des mesures s'élevaient à 617 millions d'euros et étaient en ligne avec le mémorandum dans la mesure où Athènes a dégagé un excédent budgétaire primaire de plus de 3 milliards d'euros supérieur à l'objectif et qu'elle peut employer à sa guise 60 % de ces surplus.

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Pour la prise de pouvoir par le peuple : Dix propositions afin de ne pas reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce.

 

Par Eric Toussaint

 

, par  pam

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Visiblement, beaucoup de progressistes, y compris parmi ceux qui étaient dans la recherche d’une alternative non communiste à gauche, cherchent comment tirer les leçons de l’échec grec à l’été 2016...et en tirent la conclusion qu’il faut commencer par la désobéissance européenne et se donner de nouveaux outils monétaires... Il n’y a que la direction du PCF qui s’enferme dans le refus d’ouvrir ce débat...

 

Pour éviter de reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce en 2015, je fais dix propositions sur la prise de pouvoir par le peuple |1|.

 

La première proposition est la nécessité, pour un gouvernement de gauche, de désobéir, de manière très claire et annoncée au préalable, à la Commission européenne. Le parti qui prétend, ou la coalition de partis qui prétendent gouverner et, bien sûr, je pense par exemple à l’Espagne, devront refuser d’obéir, dès le début, aux exigences d’austérité, et s’engager à refuser l’équilibre budgétaire. Il faudra dire : « Nous ne respecterons pas l’obligation décrétée par les traités européens de respecter l’équilibre budgétaire » parce que nous voulons augmenter les dépenses publiques pour lutter contre les mesures anti-sociales et d’austérité, et pour entreprendre la transition écologique. Par conséquent, le premier point est de s’engager d’une manière claire et déterminée à désobéir. Selon moi, après la capitulation grecque, il est essentiel d’abandonner l’illusion d’obtenir de la Commission européenne et des autres gouvernements européens qu’ils respectent la volonté populaire. Conserver cette illusion nous conduirait au désastre. Nous devons désobéir.

 

Deuxième point : S’engager à appeler à la mobilisation populaire. Tant au niveau de chaque pays qu’au niveau européen. Cela aussi a échoué l’année dernière en Grèce. Il est évident que les mouvements sociaux européens ne furent pas à la hauteur en termes de manifestations, qui certes eurent lieu, mais ne montrèrent pas un niveau suffisant de solidarité avec le peuple grec. Mais il est vrai aussi que l’orientation stratégique de Syriza ne prévoyait pas de faire appel à la mobilisation populaire au niveau européen, ni même de faire appel à la mobilisation populaire en Grèce. Et quand ils ont appelé à la mobilisation par le référendum du 5 Juillet 2015, ce fut pour ensuite ne pas respecter la volonté populaire de 61,5% des Grecs, qui refusèrent d’obéir aux exigences des créanciers.

 

Troisième point : S’engager à organiser un audit de la dette avec la participation des citoyens. Je dirais que cet audit devra être simultané à la suspension des remboursements de la dette. Les situations dans 28 pays de l’Union européenne sont différentes. Il y a des pays européens où la suspension des remboursements est une mesure de nécessité absolue et prioritaire, comme dans le cas de la Grèce, et comme serait le cas du Portugal et de Chypre. En Espagne, il faudrait voir. Dans d’autres pays, il est possible de réaliser d’abord l’audit et ensuite décider de la suspension des remboursements. Ces mesures doivent être mises en œuvre en tenant compte de la situation spécifique de chaque pays.

 

Quatrième mesure. Mettre en place des contrôles des mouvements de capitaux. Et tenir compte de ce que cela signifie. C’est à dire aller à l’encontre de l’idée selon laquelle il serait interdit aux citoyens de transférer quelques centaines d’euros à l’étranger. Il est évident que les transactions financières internationales seront autorisées jusqu’à un certain montant. Par contre, il s’agit de mettre en place un contrôle strict sur les mouvements de capitaux au-dessus d’un certain montant des transferts.

 

Cinquième mesure : Socialiser le secteur financier et le secteur de l’énergie. Selon moi, socialiser le secteur financier ne consiste pas seulement à développer un pôle bancaire public. Il s’agit de décréter un monopole public sur le secteur financier, à savoir les banques et les sociétés d’assurance. Une socialisation du secteur financier sous contrôle citoyen. C’est-à-dire transformer le secteur financier en service public |2|. Dans le cadre de la transition écologique, bien sûr, la socialisation du secteur de l’énergie est également une mesure prioritaire. Il ne peut y avoir de transition écologique sans monopole public sur le secteur de l’énergie, tant au niveau de la production que de la distribution.

 

Proposition numéro six : Création d’une monnaie complémentaire, non convertible. Que ce soit dans le cas d’une sortie de l’euro ou d’un maintien dans la zone euro, de toute façon, il est nécessaire de créer une monnaie complémentaire non convertible. Autrement dit, une monnaie qui sert, en circuit court, aux échanges à l’intérieur du pays. Par exemple, pour le paiement de l’augmentation des retraites, des augmentations de salaire aux fonctionnaires, pour le paiement des impôts, pour le paiement des services publics ... Utiliser une monnaie complémentaire permet de se détacher et de sortir partiellement de la dictature de l’euro et de la Banque Centrale Européenne. Bien sûr, on ne peut pas éviter le débat sur la zone euro. Je pense que dans plusieurs pays, la sortie de la zone euro est également une option qui doit être défendue en tant que partis et syndicats de classe. Plusieurs pays de la zone euro ne pourront pas réellement rompre avec l’austérité et lancer une transition écosocialiste sans quitter la zone euro. Dans le cas d’une sortie de la zone euro, selon moi, il faudra faire une réforme monétaire redistributive. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie décréter, par exemple, que jusqu’à 200.000 euros liquides, le taux de change serait de 1 euro pour 100 pesetas. Mais au-dessus de 200.000 (ou peut-être au-dessus de 100.000), le taux de change serait de 1.5 euros pour obtenir 100 pesetas. A un niveau encore supérieur, il serait de 2 euros. Au-delà de 500.000, il faudrait donner 10 euros pour obtenir 100 pesetas. Ceci consiste en une réforme monétaire redistributive. Cela diminue le liquide en circulation et redistribue la richesse liquide des ménages. Et bien sûr, cela élimine une partie des actifs liquides des 1% les plus riches. Sachant que, je ne connais pas exactement ce que les données du Pays basque et de l’Espagne, mais près de la moitié de la population n’a même pas d’épargne. 30% de la population, les moins riches, ont des dettes, pas d’actifs liquides. Ils ont éventuellement du patrimoine en termes de logement (hypothéqué ou non), mais cette proportion de la population n’a pas de capital.

 

La septième mesure : Bien sûr, une réforme radicale de la fiscalité. Supprimer la TVA sur les biens et les services de consommation de base, comme la nourriture, l’électricité et l’eau, et d’autres bien de première nécessité. Par contre, une augmentation de la TVA sur les biens et les produits de luxe, etc. Nous avons aussi besoin d’une augmentation des impôts sur les bénéfices des entreprises privées et des revenus au-dessus d’un certain niveau. Autrement dit, un impôt progressif sur les revenus et sur le patrimoine.

 

Huitième mesure : Déprivatisations. « Racheter » les entreprises privatisées pour un euro symbolique. Ainsi, de ce point de vue, utiliser l’euro pourrait s’avérer très sympathique, en payant un euro symbolique à ceux qui ont profité des privatisations. Et renforcer et étendre les services publics sous contrôle citoyen.

 

Neuvième mesure : Réduire le temps de travail avec maintien des salaires. Abroger les lois anti-sociales et adopter des lois pour remédier à la situation de la dette hypothécaire. Cela pourrait très bien se résoudre par la loi, en évitant des procès (car il y a de nombreux procès sur la dette hypothécaire où les ménages sont confrontés aux banques). Un Parlement peut décréter par une loi l’annulation des dettes hypothécaires inférieures à 150.000 euros, par exemple. Cela permettrait d’éviter d’aller en justice.

 

Dixième mesure : Entamer un véritable processus constituant. Il ne s’agit pas de changements constitutionnels dans le cadre des institutions parlementaires actuelles. Il s’agirait de dissoudre le parlement et de convoquer l’élection au suffrage direct d’une Assemblée constituante. Bien sûr, il faudra tenir compte des questions de nationalités, etc. mais il s’agit d’ouvrir un véritable processus constituant, que ce soit aux niveaux des nationalités ou au niveau de l’État en tant que tel. Et de rechercher à insérer ce processus dans d’autres processus constituants au niveau européen.

Ce sont pour moi dix propositions de base à soumettre au débat. Mais je mets ces mesures à un niveau élevé de priorité. Parce que je crois que, sans mesures radicales annoncées depuis le début, il n’y aura pas de rupture avec des politiques d’austérité. Il n’y a pas de marge de manœuvre pour rompre avec les politiques d’austérité sans prendre des mesures radicales contre le grand capital. Ceux qui pensent qu’ils peuvent éviter cela, ce sont des « enfumeurs » qui ne pourront pas obtenir de réelles avancées concrètes. Le niveau européen, l’architecture européenne est telle, et la crise du capitalisme est tellement étendue qu’il n’y a pas de réel espace pour des politiques productivistes néo-keynésiennes. Selon moi, l’écosocialisme ne doit pas être à la marge mais au cœur du débat, d’où doit venir les propositions immédiates et concrètes. Il faut mener à bien la lutte contre l’austérité et se lancer sur le chemin et la transition de éco-socialiste est une nécessité absolue et immédiate.

 

Traduit par Trommons

 

Notes

|1| Ce texte correspond à la conférence que Eric Toussaint a donnée à Bilbao le 25 Septembre 2016 lors de la troisième réunion écosocialiste internationale http://alterecosoc.org/?lang=fr

 

|2| Pour une explication à propos de la socialisation des banques, voir Que faire des banques ? Version 2.0, http://www.cadtm.org/Que-faire-des-banques-Version-2-0

 

Voir en ligne : sur le site du CADTM

19 décembre 2016

« ... cette... prime exceptionnelle pour les retraités, n’y peut plus rien ; la popularité des Tsiprosaures est en chute libre. »

 

Hiver de tous les dangers

 

Sur le blog Greek Crisis


Hiver de tous les dangers. En plein centre-ville d’Athènes, on peut distinguer ce buste d’un clown en bois sur lequel est accrochée la pancarte suivante: “Mondialisation, la guerre de la paix”. Autant dire... la guerre tout court. Il neige légèrement dans certains quartiers de l’agglomération. Stéréotypes ainsi battus en brèche. Aux immeubles sans chauffage central comme le nôtre, c’est la débrouille, bouteilles de gaz, puis... cheminées réactivées. Imparable symbole... xylophage du ressenti unanime: “Retour aux années 1950”. Enfumage surtout... du nouveau siècle !

 

 

De la... liberté. Athènes, décembre 2016


La Région Attique fleure alors ce nouveau smog, irrespirable de nuit, et cela je dirais cependant moins... que les “autorités”, lesquelles invitent sans cesse la population à modérer l’usage du bois devenu principale solution en termes de chauffage. Tout part en fumée aux dires des Grecs, et tout est dans l’air du temps, confusion comprise. Maigre consolation, ces dernières années, l’usage du chauffage au gaz naturel (gaz de ville) progresse lentement mais sûrement. Sans la crise, il serait sans doute mieux répandu. Or, c’est le coût de l’installation qui freine son développement.

Contrairement à un certain état passé raisonnablement récent, on sent enfin que l’équilibre collectif devient à son tour précaire, faisant “mécaniquement” suite à la précarisation galopante de chacune des existences et des habitants au pays de la Troïka réellement existante. Sauf que parfois, les pires des illusions finissent par se dissiper, surtout après une saignée. Et alors “offrir de la liberté” à boire ou à diluer dans l’alcool s’adressant aux derniers jeunes restant au pays n’y changera plus rien.

Jeudi 15 décembre, de nombreux retraités venus de toute la Grèce ont manifesté au centre-ville d’Athènes... contre la mise à mort apparaissant comme lente (et en réalité rapide) des retraites grecques. Ils ont même parodié le “geste” d’Alexis Tsipras... en distribuant aux passants de faux billets allemands (euros). Pour ce qui est du “geste”... Jeudi 8 décembre au soir, le premier ministre grec, Alexis Tsipras a annoncé un véritable " cadeau de noël " aux retraités. Un chèque compris entre 300 et 850 euros sera ainsi versé le 22 décembre prochain à 70 % des pensionnés qui touchent moins de 850” et ainsi la bonne analyse de Romaric Godin. Sauf que cette... prime exceptionnelle pour les retraités, n’y peut plus rien ; la popularité des Tsiprosaures est en chute libre.

Grèce: la honte et la colère

 

Jacques SapirPar  · publication  · mis à jour 

La Grèce revient sur le devant de l’actualité avec un incident qui dit, en des termes d’une telle simplicité qu’elle en devient évidente, la réalité de l’oppression exercée par l’Union européenne sur ce pauvre pays.

 

Le Mécanisme Européen de Stabilité (MES), vient d’annoncer le gel du « toilettage » de la dette décidé par l’Eurogroupe du 5 décembre dernier. Cela signifie, en clair que Les créanciers européens de la Grèce ont suspendu les mesures prises sur la dette la semaine passée. Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe qui dirige de fait le MES, le dit sans ambages : « Les institutions sont arrivées à la conclusion que les actions du gouvernement grec semblent ne pas être en ligne avec nos accords »[1]. Ce qui est en cause est une mesure sociale, parfaitement dans la ligne de ce qui est autorisé au gouvernement grec par les dits « accords », au profit des retraités. En effet le mémorandum d’août 2015, signé on le rappelle sous la contrainte, le couteau sous la gorge, prévoit que la Grèce puisse disposer de sommes équivalentes à 40 % des excédents budgétaires supplémentaires dégagés par le pays. Or, cet excédent budgétaire s’est élevé en octobre 2016 à environ 3 milliards d’euros. Les mesures prévues par le gouvernement grec au profit des retraités ne couteront que de 674 millions d’euros. On le constate, le MES, et M. Dijsselbloem en particulier, mène une politique d’humiliation systématique du gouvernement grec.

 

Rappelons que, depuis qu’elle applique les mesures d’austérité imposées par ses créanciers, la « Troïka » soit l’Union européenne, la BCE et le FMI, le PIB de la Grèce est revenu à son niveau de 2004. Les investissements (en capital fixe) sont descendus quant à eux sous leur niveau de 1996, autrement dit d’il y a 20 ans.

 

Graphique 1

Evolution du PIB et de l’investissement en capital fixe (à prix constants)

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Source : Elstat

 

La situation est d’ailleurs d’autant plus dramatique si l’on regarde les investissements par secteurs. Dans l’industrie mécanique, on est au-dessous du niveau de 1997. Pour les transports, au niveau de 1996, et pour le logement bien en-dessous du niveau de 1996. Non seulement on affame et l’on assassine le peuple grec aujourd’hui, mais on lui retire tous les moyens de pouvoir un jour se redresser.

 

Graphique 2

Evolution de l’investissement en capital fixe par activité (à prix constants)

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Source : Elstat

 

La situation de la Grèce est aujourd’hui à ce point dramatique que le FMI, qui en a pourtant vu d’autres, appelle les institutions européennes à autoriser les mesures prises par le gouvernement grec et à annuler une partie importante de la dette grecques. Mais, rien n’y fait et n’y fera. Les institutions européennes n’ont de cesse que d’obtenir la chute du gouvernement Tsipras et conduisent à son égard une véritable vendetta politique.

Cela montre bien, s’il en était besoin, que la capitulation de juillet 2015 n’a servi à rien. Seule, une politique de rupture avec les institutions européennes, et avec l’Eurogroupe, pouvait permettre à la Grèce de retrouver un espoir. Il n’y a pas d’avenir pour la Grèce si elle reste dans la zone euro, ni d’ailleurs pour les autres nations de l’Europe du sud.

 

Ce fut la responsabilité de Tsipras de refuser cela, et ce en dépit du mandat clair qu’il avait pu obtenir du peuple grec lors du référendum. Mais, le fait d’avoir trahi son mandat ne l’a pas sauvé de la vindicte des institutions européennes. Il faudra se souvenir de cela lors de l’élection présidentielle d’avril-mai 2017, et ne pas élire quelqu’un dont la main, au moment décisif, soit susceptible de trembler.

 

[1] Godin R., http://www.latribune.fr/economie/unioneuropeenne/grece-leurogroupe-gele-lesmesures-sur-la-dette-624867.html

 

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Toujours plus d'austérité pour le peuple grec: le capitalisme n'en a jamais assez

Toujours plus d'austérité pour le peuple grec: le capitalisme n'en a jamais assez

J'écris cela tant cela n'apparaît pas toujours pour une évidence. Pourtant, lorsqu'on cherche à s'entendre avec le capitalisme, pour une raison ou une autre, le peuple n'a jamais rien à y gagner.

Le 8 décembre dernier, à Athènes, une fois de plus, s'est déroulée une importante manifestation contre l'austérité et une grève générale dans le pays: mouvement de luttes qui s'amplifie chaque jour davantage. Pour ne pas dire que j'affabule sur le quotidien du peuple de Grèce, les chiffres de l'Humanité-dimanche du 15-12-2016 à ce sujet: "6 ans d'austérité, c'est 33,9% de baisse pour les dépenses publiques et la privatisation de nombre d'entreprises, 25% de baisse du PIB par tête, moins 20% sur le salaire moyen, 37,8% d'enfants pauvres et 23,1% de chômeurs". Sans oublier la baisse des pensions de retraite et le report de l'âge de la retraite à 65 ans.

Alexis Tsipras, le chef du gouvernement, reconnait dans l'Humanité du 16 décembre 2016: "Nous avons appliqué ces dernières années une politique extrême d'austérité". Et donc de lâcher du lest. Trois fois rien: un 13e mois pour les plus petites pensions de retraite et le report de la Tva dans les îles grecques. Or, c'est beaucoup trop pour l'Eurogroupe auquel la Grèce appartient et pour l'UE avec à sa tête l'Allemagne. Couic de l'aide européenne prévue. Et pire, on ouvre le robinet si la Grèce va plus loin dans la destruction de son droit du travail.

Les sondages sont mauvais pour le parti d'Alexis Tsipras, largement distancé par la droite réactionnaire. Oui, lorsqu'on n'applique pas une politique carrément anticapitaliste, on laboure gratos pour l'abstention populaire et la droite réactionnaire, pire pour la peste brune.

C'est vrai pour Syriza, du Parti de la gauche européenne, auquel appartient le Pcf, qui bêle à cor et à cris "Europe sociale, Europe Sociale", mais qui ne voit rien venir, comme ma soeur Anne. Et pour cause!

Grèce : la France place ses hauts fonctionnaires pour mieux profiter des privatisations

 

par 

C’est un haut fonctionnaire français, inspecteur général des Finances, Jacques Le Pape, qui présidera au programme de privatisations de propriétés et d’entreprises publiques imposé à la Grèce. Malgré les appels des syndicats et de millions de citoyens grecs, le Parlement du pays a acté fin septembre la relance de ce processus, dans le cadre de son nouvel accord avec ses créanciers européens. Pour chapeauter l’agence de privatisation Taiped, sera créée une nouvelle entité appelée Superfund, avec un conseil composé de trois Grecs et deux Européens. «  Les représentants de l’UE auront un pouvoir de veto sur les décisions du Superfund pour 99 ans, ce qui revient à placer de fait les services et les biens publics grecs sous le contrôle de la Troïka et d’intérêts établis pour tout un siècle », dénonce la Fédération syndicale internationale des services publics ISP.

 

Celle-ci attire notamment l’attention sur la situation des services d’eau d’Athènes et de Thessalonique, depuis longtemps convoités par Suez (lire notre enquête). La privatisation totale initialement envisagée à été bloquée par un arrêt de la Cour suprême grecque. Les Européens cherchent à contourner ce verdict en ne cédant que 49 % des deux entreprises concernées au secteur privé. Cela n’empêchera pas un prestataire comme Suez de contrôler les services et leurs flux financiers (voir en bas de cet article un film en anglais réalisé par l’ISP pour sensibiliser sur les nouveaux risques de privatisation de l’eau en Grèce).

 

Diplomatie intéressée

 

Ancien du cabinet de Christine Lagarde et d’Air France, Jacques Le Pape n’est pas le seul haut fonctionnaire français issu de Bercy à occuper une place stratégique dans le processus de privatisation grec. Philippe Boin, de la direction du Trésor, siège à la fois au conseil d’administration de l’agence de privatisation Taiped, au nom de l’UE, et au service économique de l’ambassade de France en Grèce, où il est chargé... de promouvoir les intérêts des entreprises hexagonales. Un beau conflit d’intérêt !

 

Le gouvernement français, qui aime à se présenter comme un ami de la Grèce, paraît surtout préoccupé de tirer le meilleur profit des futures privatisations. Outre Suez, de nombreuses autres firmes françaises ont fait part de leur intérêt pour les secteurs privatisables, comme EDF (électricité), Vinci (aéroports et autoroutes), La Poste (services postaux) ou encore Alstom (rail). Leurs dirigeants accompagnent régulièrement François Hollande lors de ses déplacements en Grèce.

 

Conquérants bienveillants ?

 

Avant d’être en poste à Athènes, Philippe Boin, rattaché à la direction du Trésor, officiait au service économique de l’ambassade de France en Roumanie. Il y a ardemment défendu les intérêts des multinationales françaises, qu’il a qualifié de « conquérants, au bon sens du terme ». On rappellera que la capitale roumaine Bucarest a privatisé son service de l’eau au profit de Veolia, dont la filiale locale est aujourd’hui au cœur d’une retentissante affaire de corruption (voir ici). GDF Suez (aujourd’hui Engie) avait également obtenu des marchés lucratifs dans le pays.

 

Depuis le début, le processus de privatisation imposé à la Grèce par ses créanciers a été entaché de nombreux scandales de corruption et de conflits d’intérêts, qui ont poussé plusieurs des responsables de l’agence Taiped à la démission. Des problèmes que l’on retrouve quasi systématiquement dans les processus de privatisation (lire notre article Le petit monde des banquiers, avocats et auditeurs qui profitent des privatisations en Europe). Nos nouveaux « conquérants » français feront-il mieux ?

 

Olivier Petitjean

 

 

Grèce : François Hollande et sa fausse légende

 

05 Décembre 2016

Par Romaric Godin  |  02/12/2016

François Hollande a-t-il sauvé la Grèce ?

François Hollande a-t-il sauvé la Grèce ? (Crédits : POOL)

 

Dans son discours de « renoncement » prononcé jeudi comme dans le livre de confidences paru début octobre François Hollande se dressait un portrait de « sauveur de la Grèce ». La réalité pourrait être différente.

 

Article publié initialement le 17 octobre 2016, mis à jour le 2 décembre:

 

Dans le discours prononcé jeudi soir par François Hollande, ce n’est pas le moment qui a le plus retenu l’attention. Le président de la République, outre sa renonciation à l’élection présidentielle, a fait son propre bilan de la crise grecque :

 

« Au niveau européen, j’ai agi en votre nom pour que l’austérité puisse être enfin terminée pour beaucoup de peuples et j’ai fait en sorte que la Grèce puisse rester dans la zone euro parce que sinon elle aurait éclaté cette zone euro, tellement elle était traversée de tensions et de crises. »

 

Une vision déjà assumée dans le livre* de « confidences » du président de la République. Or, il convient de ne pas oublier que l’essentiel de l’ouvrage vise bien à construire l’image d’un président en action, dans toute la splendeur et l’étendue de son pouvoir. Nulle part cet effort n’est si visible que dans les pages consacrées à la politique étrangère, et en particulier à la troisième crise grecque du premier semestre 2015.

 

Sauveur de la Grèce, le storytelling de l’Elysée

 

Intitulé « le facilitateur », ce chapitre de 14 pages dresse le portrait en pied d’un François Hollande arbitre de l’Europe, capable de retenir la furie destructrice d’Alexis Tsipras, le premier ministre hellénique, et de Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances. Le chef de l’Etat français aime se présenter comme « protecteur » du chef du gouvernement grec. Les deux journalistes auteurs de l’ouvrage soulignent ainsi sa « mansuétude » envers Alexis Tsipras (qu’ils comparent avec celles, coupable à leurs yeux, qu’il a adopté envers Christiane Taubira et Emmanuel Macron), de son « acharnement » à maintenir la Grèce dans la zone euro. On le voit batailler avec Angela Merkel pour que « tout faire pour maintenir la Grèce » dans l’union monétaire.

 

Ce discours, soutenu tant par les auteurs que par le président, n’est pas étonnant. Il est la « version officielle » française des événements depuis que, au petit matin du 13 juillet 2015, Alexis Tsipras a signé une capitulation complète devant ses créanciers, faisant replonger le pays dans la crise et dans l’assujettissement le plus complet. Selon le Château, qui en vend la version à qui veut bien l’entendre, c’est la France qui a stoppé l’Allemagne dans sa volonté de chasser les Grecs de la zone euro.

 

Les deux auteurs rendent donc l’image d’un président gonflé d’orgueil d’avoir l’impression, sur ce dossier grec, de « faire l’histoire ». Du reste, eux-mêmes, présents dans les bureaux dorés de l’Elysée, avouent cette « impression légèrement grisante d’observer l’histoire en marche ». Jamais la connivence entre le monarque et ses secrétaires « embusqués » n’est aussi forte que sur ce dossier. Jamais l’admiration du chef de l’Etat n’y est aussi palpable. Mais si l’on y regarde de plus près, ce portrait élogieux du « sauveur des Grecs » apparaît fort contestable.

Mépris et réalisme

 

Premier élément. Si François Hollande est très soucieux « d’avoir la position la plus proche des Allemands », il montre un mépris ouvert et constant envers « l’ami grec ». « François Hollande, semble s’adresser à un petit frère un peu trop dissipé », notent les auteurs. Plus loin, ils soulignent que le président français « assume parfaitement ce rôle de grand frère ».  Mais les deux journalistes évoquent aussi l’attitude de « proviseur compréhensif » de l’élève Tsipras. Elève de quelle leçon ? Mais celle du « réalisme », bien sûr. Le réalisme consiste pour l’Elysée à faire de la politique en ne changeant absolument rien. Rester donc à tout prix dans la zone euro, quel qu’en soit le prix, mais tenter de présenter un storytelling qui « sauve la face ». « Tsipras entend sauver à la fois son pays… et les apparences », expliquent les auteurs en décryptant le discours présidentiel.

 

Clichés désolants

 

Mais ce qui frappe par-dessus tout, c’est l’incompréhension complète de la situation grecque. François Hollande ne semble pas saisir l’enjeu du succès de Syriza, qui s’appuie sur la défaite absolue de la stratégie menée par les Européens depuis 2010 en Grèce, sur la protection de l’oligarchie pendant l’austérité, sur le désastre social qu’il a causé et sur le sentiment d’humiliation des actes de la Troïka. Pas un mot de tout cela dans la bouche d’un président qui, en 2012, tout fraîchement élu, avait appelé les Hellènes à voter contre Syriza, donc pour le parti conservateur Nouvelle Démocratie d’Antonis Samaras. Pire même, le président français ne peut saisir que, si la Grèce a sa part de responsabilité,  les déséquilibres de la zone euro ont conduit au désastre et que, de ce fait, tout le monde a sa part de responsabilité. Et doit donc prendre sa part de fardeau.

 

François Hollande refuse d’entendre la réalité grecque, jamais il n’évoque l’idée d’un assouplissement des exigences ou un plan « actif » de reconstruction économique du pays. Il impose à la malheureuse Hellade sa propre réalité, faite de clichés désolants de Grecs rétifs aux impôts, au travail non déclaré et aux retraites à 50 ans et d’une dette immense (dont il oublie de préciser qu’elle vient principalement désormais des crédits accordés par les Européens). Dès lors, la situation est simple : Alexis Tsipras doit accepter les « réformes » et les demandes de ses créanciers pour sauver sa place dans la zone euro. La faute est grecque, la Grèce doit payer. Tout en « sauvant les apparences ». Avec de tels amis, la Grèce n’a guère besoin d’ennemis.

Accepter l’alternative allemande

 

Les faits l’ont confirmé. François Hollande a accepté « par réalisme » de discuter des conditions d’une expulsion de la Grèce de la zone euro avec Wolfgang Schäuble. Dès lors, il en acceptait la possibilité et participait à la stratégie allemande en acceptant un « plan B » fondé sur cette expulsion. Il est un peu piquant de voir par la suite l’hôte de l’Elysée s’émouvoir d’une éventuelle demande à la Russie d’impression de drachmes de la part de la Grèce, alors que lui-même travaille à chasser la Grèce de la zone euro. Il est de même assez étonnant de voir François Hollande et ses hagiographes expliquer « qu’à force de persuasion, la France va réussir à éviter le pire », puisque ce « pire » même est une option acceptée par la France. Si Paris avait refusé une expulsion qui, par ailleurs n’est nullement prévue dans les traités, si elle avait usé de son influence pour « changer de logique », ce « pire » n’eût pas été possible. En acceptant l’option de l’expulsion, la France tirait dans le pied des Grecs, puis se réjouissait qu’on ne leur eût pas tiré dans la tête.

 

La France passive

 

Le récit des deux auteurs est, du reste, assez étrange. A les lire, dans les jours qui ont suivi le référendum perdu par les créanciers, le 5 juillet 2015, c’est la France qui a aidé, grâce à une « mise sous tutelle française de l’administration grecque » et à sa « force de persuasion », Athènes à demeurer dans la zone euro. Rien n’est moins juste. Alexis Tsipras a paniqué après la victoire du « non » : il ne s’est pas vu assumer un dernier combat qu’il a jugé perdu d’avance. Il a alors espéré que l’appui français lui permettrait de faire une proposition « acceptable ». 10 fonctionnaires ont été envoyés à Athènes, mais la proposition « française » (une réplique à peine durcie de celle rejetée par les Grecs le 5 juillet) a été rejetée par l’Eurogroupe du 11 juillet ! Ce jour-là, Wolfgang Schäuble et ses alliés ont relevé les mises et imposé de nouveaux critères, notamment un « fonds de privatisation » de 50 milliards d’euros (chiffre absolument irréaliste) et une mise sous tutelle étroite des finances publiques grecques.

 

C’est cette « proposition » du 11 qui va être la base de discussions du 12 et qui sera, à peine aménagée, acceptée le 13 par Alexis Tsipras. François Hollande n’a contribué – s’il a vraiment agi – qu’à négocier quelques détails de cette proposition allemande « punitive ». La France a alors permis à Angela Merkel de « vendre » à son opinion publique le maintien de la Grèce dans la zone euro. Quant à la Grèce, elle a, grâce à son « ami français » pu repartir avec un troisième mémorandum qui a mis encore à genoux son économie défaillante et qui a mis son gouvernement sous une tutelle humiliante. Sans que le gouvernement grec ne parvienne, comme promis le 13 juillet 2015, à ouvrir de vraies négociations sur sa dette publique. Depuis, la France a continué à accepter la position extrêmement dure de l’Eurogroupe, sans vraiment la modifier. Un détail, sans doute, dont ne parlent pas les deux auteurs.

 

La France absente à l’Eurogroupe

 

Au reste, même l’attitude « bienveillante » de la France face à la Grèce durant les négociations est peu convaincante. En quoi François Hollande a-t-il joué le rôle de « facilitateur » ? Le chapitre débute sur une scène où le président français assure Alexis Tsipras du soutien de la France avant l’Eurogroupe du 9 mars 2015. A ce moment, la Grèce prépare un plan de réforme suite à l’accord du 20 février. L’accord doit être validé le 9 mars et la crise pourrait alors s’apaiser. « Il y a un Eurogroupe lundi et nous pourrons peut-être agir », explique alors François Hollande. Mais ce que les deux auteurs ne relèvent pas, c’est que, ce 9 mars, l’Eurogroupe va refuser tout plan grec et, cela, pendant deux mois. L’Eurogroupe réclame des baisses de pension. La France ne s’oppose pas à cette demande. Elle ne tente pas « d’agir », elle ne joue aucun rôle de facilitateur. A lire les deux auteurs, la Grèce est alors restée immobile. « Tsipras tarde à produire ses réformes », explique François Hollande en avril qui tenterait de « réfréner les ardeurs belliqueuses » du Grec. Problème : de mars à mai, la Grèce multiplie les plans de réformes qui sont systématiquement rejetés par un Eurogroupe qui veut obtenir la baisse des pensions, signe final de la capitulation politique du gouvernement grec. Et la France soutient cette politique. Loin d’être « facilitateur », François Hollande a soutenu les objectifs politiques de l’Eurogroupe et a placé le gouvernement grec devant une alternative : sortir de l’euro ou capituler.

 

Miser sur les mauvais chevaux

 

Enfin, dernier point, de détail, celui-là. François Hollande donne deux conseils à Alexis Tsipras : s’appuyer sur l’OCDE et sur Jean-Claude Juncker. Le problème, c’est que c’était miser sur deux mauvais chevaux. La décision n’était pas à la Commission, qui a été entièrement mise sur la touche pendant les négociations, mais à l’Eurogroupe. En demandant à Alexis Tsipras de s’appuyer sur la Commission, François Hollande demande à Bruxelles de faire ce qu’il refuse de faire lui-même : apaiser l’Eurogroupe alors même que la France siège à cet Eurogroupe… Quant à l’OCDE, la Grèce s’est beaucoup appuyée effectivement sur cet organisme, notamment pour rejeter les demandes de l’Eurogroupe.

 

L’obsession de l’Allemagne

 

François Hollande fait donc mine d’oublier qu’il est acteur – passif, s’entend – du blocage entre la Grèce et ses créanciers. En réalité, il le sait et finit par le reconnaître : plus que son « amitié » pour la Grèce, le président français sauve « sa » relation avec l’Allemagne. « Si les Allemands me lâchent, c’est fini », avoue-t-il. C’est là le résumé de toute sa politique européenne. Un peu plus loin, il résume encore son rôle de « facilitateur » : il ne s’agissait pas de faire comprendre aux Allemands et aux Grecs leurs divergences et de les rapprocher. Il s’agissait de « faire comprendre aux Grecs » qu’il faut bien accepter les priorités définies par Berlin. François Hollande ne doit donc pas s’étonner que son rôle dans la crise grecque n’ait guère redoré blason. C’est que, malgré les tendances hagiographiques du livre, la France de François Hollande a été la malédiction de la Grèce plus encore que son « sauveur ».

 

* Gérard Davet & Fabrice Lhomme, « Un président ne devrait pas dire ça« , Stock, pages 499-512.

 

Publié par  El Diablo

GRÈCE : TSIPRAS interdit et réprime les manifestations populaires lors de la visite d’OBAMA à Athènes

GRÈCE : TSIPRAS interdit et réprime les manifestations populaires lors de la visite d’OBAMA à Athènes
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[jpg] JC-13-SOUTIEN-PCGREC-NOV2016

GRÈCE : TSIPRAS interdit et réprime les manifestations populaires lors de la visite d’OBAMA à Athènes

LIRE AUSSI LA DÉCLARATION DU PARTI COMMUNISTE DE GRÈCE (KKE) 

LIEN CI-DESSOUS : 

9 novembre 2016 

"Bien plus que l'avenir de l'économie grecque, c'est désormais son avenir politique qui est la priorité de sa politique. Il n'est cependant pas certain que les Grecs se montrent dupes." 

Grèce : Alexis Tsipras affiche son obéissance totale aux créanciers

 

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Alexis Tsipras envoie des signaux de soumission aux créanciers. Pour remonter dans les sondages ?
Alexis Tsipras envoie des signaux de soumission aux créanciers. Pour remonter dans les sondages ? (Crédits : © Michalis Karagiannis / Reuter)
Le premier ministre grec a remanié son gouvernement en excluant les quelques récalcitrants et revu son objectif de restructuration de la dette à la baisse. Son objectif semble désormais celui d'accepter rapidement les demandes des créanciers pour obtenir une victoire de façade sur le terrain de la dette. Et remonter dans les sondages.
Alexis Tsipras est pressé d'en finir avec la deuxième revue du programme prévu par le troisième mémorandum. C'est en effet à l'issue de cette deuxième revue que les négociations sur la dette publique grecque pourront réellement débuter. Avant la réunion de l'Eurogroupe des 19 ministres des Finances de la zone euro ce lundi 7 novembre, le chef du gouvernement grec a donc envoyé un message fort : il a remanié son gouvernement ce samedi dans un sens très favorable à la politique de « réformes » voulue par les créanciers.
 
Un remaniement pour plaire aux créanciers

Tous les ministres qui avaient émis des doutes sur la politique de privatisation, notamment, ont été écartés. Alexis Tsipras a ainsi exclu du gouvernement le ministre de la mer, Theodoros Dritsas, qui avait émis des réserves sur la privatisation du port du Pirée... tout en la signant. Mais c'est surtout le transfert au ministère de l'Intérieur, dont se désintéressent les créanciers, de Panos Skourletis, jusqu'ici ministre de l'Energie, qui est significatif du changement de stratégie du gouvernement. Panos Skourletis avait fait part de son opposition à la privatisation complète de la compagnie publique d'énergie réclamée par les créanciers. Il est remplacé par Giorgos Stathakis, jusqu'ici ministre de l'Economie et qui est un partisan connu des « réformes ». C'est lui qui, en juillet 2015, avait plaidé auprès d'Alexis Tsipras pour que la Grèce accepte un nouveau mémorandum. Giorgos Stathakis sera lui-même remplacé par Dimitris Papadimitriou, un économiste qui a travaillé dans de nombreuses universités aux Etats-Unis, et qui a un profil tout à fait rassurant pour les bailleurs de fonds. Alexis Tsipras a clairement voulu envoyer un message aux créanciers : les privatisations ne seront pas remis en cause, ni freinées, et la « volonté de réformes » du gouvernement est complète. Il n'y aura plus aucune tentative de retarder l'application des demandes de l'Eurogroupe. Le transfert du ministre du travail, Giorgos Katrougalos, qui avait bâti une réforme des retraites que les créanciers avaient du mal à accepter, au poste symbolique de vice-ministre des Affaires étrangères, va dans le même sens. Sa remplaçante, Effie Achtioglou, jusqu'ici sa vice-ministre, est réputée pour entretenir d'excellentes relations avec les autorités européennes. C'est un élément clé alors que la grande affaire du prochain mois devrait être la réforme du droit du travail réclamée par les créanciers.
 

Grèce : Alexis Tsipras affiche son obéissance totale aux créanciers

 

 

 

Grèce : Alexis Tsipras affiche son obéissance totale aux créanciers

 

Le premier ministre grec a remanié son gouvernement en excluant les quelques récalcitrants et revu son objectif de restructuration de la dette à la baisse. Son objectif semble désormais celui ...

 

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-alexis-tsipras-affiche-son-obeissance-totale-aux-creanciers-614345.html

 

 

 

Commentaire de B.T : Alors, on soutien toujours ??? Les cocus lever la main. Alors Pierre tu ne crois pas qu'Alexis ne pousse pas un peu loin le bouchon un peu loin en matière de renoncements ?? Mais peut-être envisage-tu les mêmes renoncements pour nous même ??

 

 

Publié par El Diablo

GRÈCE : NON au dépeçage des biens du peuple!

capture d'écran

capture d'écran

Le merveilleux gouvernement de « gauche radicale », conduit par A. Tsipras, fait vendre aux enchères les modestes biens des couches populaires.

 

Une dette est une dette et Tsipras qui refuse d’annuler la dette nationale, par ailleurs illégitime, remboursera jusqu’au dernier euro les « créanciers » de son pays. Il compte appliquer le même fanatisme néolibéral au peuple grec.

 

Les biens des personnes les plus touchées par ses politiques d’austérité, qui ne peuvent s’acquitter de leurs remboursements auprès des banques, sont mis aux enchères.

 

Heureusement, depuis des semaines, les mobilisations de citoyens et d’associations font échouer le déroulement de ces enchères.

 

Mercredi 19 octobre, de nouvelles grandes mobilisations ont eu lieu devant les Tribunaux de tout le pays. Appuyées par l’abstention des notaires, elles ont, une nouvelle fois, empêché le déroulement des enchères.

 

A Salonique, les manifestants ont même brisé les barrages de police et bloqué, de manière combattive, la mise aux enchères (non autorisée) d’un champ.

 

VIDÉO:

Les mots d’ordre des manifestations étaient: « Etat, UE et banques, les voyous volent les maisons du peuple ! », « Aucune maison aux mains du banquier ! », , «  Lutte, affrontement, abolition ! L’Histoire s’écrit en désobéissant ! », « Vous accaparez nos maisons, vous vendez notre DEI (la compagnie nationale d’électricité)   et à la fin, vous vendrez aussi l’Acropole ! ».

SOURCE:

Grèce : NON au dépeçage des biens du peuple!

http://www.pardem.org/actualite/en-bref/487-grece-non-au-depecage-des-biens-du-pe

Publié par El Diablo

BAISSE des pensions en GRÈCE : grenades lacrymogènes contre retraités ! Merci Tsipras !

photo vue sur facebook (Marie Max Moulin)

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Grèce : des retraités affrontent la police lors d'une manifestation contre la baisse de leurs pensions

A Athènes, lundi 3 octobre 2016, la police a procédé à des tirs de gaz lacrymogènes pour disperser une manifestation de retraités, mobilisés après des annonces du gouvernement sur le montant de leur retraite.

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

PLUS D'INFORMATIONS (en grec) -traduction possible :

 L’église en Grèce : en direct avec Angélique Kourounis, journaliste grecque

 

La Libre Pensée interviewe Angélique Kourounis

, par  Robert Brun
 
En direct avec d’Angélique Kourounis, journaliste grecque (propos recueillis par David Gozlan)
 

Libre Pensée : Angélique quelle est la place de l’Eglise orthodoxe en Grèce ?

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Angélique Kourounis : La place de l’Eglise est une place dominante, proéminente, énorme, qui de surcroit ne correspond pas au taux de croyants, mais qui correspond totalement aux traditionalistes. On va prendre un exemple : le blasphème. Il est absolument interdit de blasphémer et si la loi était appliquée en Grèce, ce qui est rarement le cas, toute personne qui blasphème irait en prison pour plusieurs mois. Or, les grecs blasphèmes du matin au soir de la façon la plus injurieuse qui soit. Ces mêmes grecques là se disent croyants, mais ne vont jamais à l’église, pratiquent encore moins les préceptes de la chrétienté, par contre le vendredi saint et à Pâques, ils sont tous à l’église.

 

Cette Eglise correspond à une tradition très profondément ancrée parce que profondément calquée sur l’identité des Grecs. Cela renvoie à la question « Est-ce qu’un grec peut ne pas être orthodoxe ? », « Est-ce que l’on est un vrai grec si l’on est un grec catholique, un grec juif, un grec musulman ? », « Est-ce que l’on n’est pas un citoyen de seconde catégorie ? ». C’est un vrai problème qui se pose. Cela est la première des choses.

 

Elle a un rôle très dominant parce que l’ouverture du Parlement, l’ouverture des écoles à la rentrée, se font avec la bénédiction du Pope, parce que pour toute ouverture de magasin qui se respecte, qui veut avoir une clientèle, il va falloir que le Pope arrive avec son bouquet de basilic et son eau bénite. Parce que dans tous les stades importants de la vie l’Eglise est là : le baptême, la mort.

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L’Eglise est présente dans le débat public. A la grande différence des catholiques, elle ne donne pas de directives sur comment s’envoyer en l’air, ce qu’il faut ou pas faire. Par exemple quand a eu lieu le grand rapprochement avec le Pape Paul VI et Athénagoras, au moment où l’Eglise catholique a voulu aborder les problèmes plus intimes des fidèles, Athénagoras a dit « Non, nous on s’arrête devant la chambre à coucher de nos disciples ». C’est donc une vraie différence. Ce qui ne les empêche pas de prendre position sur l’homosexualité, le mariage libre ou l’avortement. La différence, c’est que l’Eglise grecque est autocéphale. Ce que pense l’archevêque Ambrios qui est un fasciste notoire proche de l’Aube dorée, n’est pas du tout la même chose que ce que pense l’évêque SIatistis Pavlos qui a publiquement dit « un mec avec une chemise noire qui vient communier, je ne le communie pas ! ». Il y a des bons et des mauvais côtés.

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Ceci étant on peut observer que depuis 1980, il y a un recul de cette emprise qui correspond aussi à un recul des Grecs par rapport à la religion. Par exemple, on a eu l’introduction du mariage civil, mais qui n’est pas obligatoire. Pendant un moment, il y avait des curés fous furieux qui disaient « Tu te maries à la mairie ? Tu ne pourras pas te marier à l’église après et tu ne pourras pas être enterré religieusement ! ». Ce qui relevait d’une certaine logique, mais qui était contre la volonté de l’individu. Ils ont dû faire marche arrière. Maintenant tu peux te marier à la mairie et être enterré religieusement, si tu le veux.

 

Ils se sont prononcés contre l’incinération des morts. C’est un débat qui est toujours à l’ordre du jour, la loi est passée, mais pas encore appliquée. Il y a eu une opposition extrêmement virulente sur l’extension du « PACS » aux couples homosexuels, mais là aussi ils font marche arrière. Ce qui n’a pas empêché un archevêque de dire que l’homosexualité était une maladie etc…

 

Je dirai qu’ils ont toujours la parole, qu’ils dominent toujours le débat, mais ils n’ont plus le dernier mot. Cela, c’est une chose, c’est pour la galerie. Maintenant dans les faits un homme politique ne peut pas faire carrière, s’il se met l’Eglise à dos. Une des premières visites à l’étranger d’Alexis Tsipras a été

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au mont Athos qui est pour le moins une république théocratique semi-autonome, où les femmes sont interdites et qui est financée par nos impôts. L’interdiction pour les femmes d’aller sur le mont Athos n’a pas été remise en cause par Syriza, ni par le Pasok et encore moins par les conservateurs. L’euro-députée de l’époque, Maria Calamano, qui avait posé la question publiquement au parlement a vu dans les mois qui ont suivi sa carrière se terminer. C’est très clair !

 

On ne peut pas dire que l’Eglise fait office d’intouchable, parce que l’on a eu un curé qui a été en prison pour une affaire financière. Cela a été un véritable tremblement de terre : enfin un prêtre allait en prison pour des malversations financières. Il est vrai que dans le monde de la gauche, et uniquement de la gauche, il y a des attentes pour une Séparation des Eglises et de l’Etat. Sur ce sujet Syriza la met en sourdine.

Libre Pensée : Tu dis « Il y a une certaine gauche qui demande la Séparation des Eglises et de l’Etat ». C’est quelque chose qui est dans les débats, sans être en avant-poste. Quels sont les enjeux pour l’Eglise, pour l’Etat s’il y avait séparation et quelles sont les forces politiques en dehors de Syriza qui avanceraient cet argument de séparation ?

A.K : Il faut un peu remonter dans l’histoire. Quand l’Etat a accepté de salarier les Popes, l’accord a été la prise en charge des salaires des Popes en échange de dons de terrains et autres. Côté Eglise, l’accord a été respecté puisqu’elle a donné de grandes propriétés et de grands terrains. Pour schématiser on peut dire qu’environ la moitié d’Athènes provient de propriétés de l’Eglise.

 

L’Eglise dit « vous voulez la séparation de l’Eglise et de l’Etat, très bien, mais vous nous dédommagez, car vous avez eu les terrains ». Comme l’Etat est ce qu’il est en Grèce, c’est-à-dire inexistant, l’Eglise a une énorme œuvre caritative. Ce qu’elle dit, c’est que si elle n’a plus les moyens d’assurer cette œuvre se sera à l’Etat de le faire et on parle de centaines d’institutions pour personnes âgées, pour enfants autistes, pour aveugles etc... Il s’agit, ni plus ni moins, que d’un marchandage.

 

L’autre problème qui se greffe là-dessus, sur l’Eglise et l’Etat, c’est que l’on ne sait pas vraiment quelles sont les propriétés ni de l’Etat ni de l’Eglise parce que l’on a pas de cadastre, parce que l’Eglise grecque est autocéphale et que chaque évêché à ses propres possessions et que l’on n’est pas censé le savoir. D’autre part, pendant la Guerre d’indépendance et pendant les 400 ans d’occupation ottomane, beaucoup de grecs, pour que leurs propriétés n’aillent pas chez les turcs, les donnaient à l’Eglise. Tout cela est donc très flou comme tous ce qui est officiel en Grèce.

 

Pour procéder à une véritable Séparation de l’Eglise et de l’Etat, il y a le côté symbolique et politique et puis il y a le côté financier. Je suis à-peu-près persuadée que le premier côté sera plus simple que le second. Cela, c’est vraiment un gros problème. Maintenant comme les Popes sont considérés comme des fonctionnaires il faut savoir qu’ils ont subi eux aussi une baisse de leurs salaires et de leurs retraites et qu’ils sont aussi soumis au même impôt.

Libre Pensée : Est-ce qu’ils ont manifesté à ce sujet ?

A.K : Oui bien sûr, j’ai vu plusieurs Popes qui ont manifesté pendant les grèves et j’en ai vu plusieurs aussi qui ont manifesté en faveur de Aube Dorée, j’en ai vu qui ont manifesté contre Aube Dorée. Ce sont des citoyens qui font partie du quotidien. Le vrai problème avec l’Eglise ce n’est pas ce que l’on sait, c’est ce que l’on ne sait pas. Par exemple : je me marie. Il n’y a pas de tarif officiel. Si tu veux avoir les lumières allumées, si tu veux avoir des bougies allumées, si tu veux avoir l’Eglise balayée, tu dois payer à chaque fois ! Tu seras un peu radin si tu ne donnes pas quelque chose au Pope et celui-ci ira demander aussi à tes témoins. Il y a le pire et le meilleur.

 

Le pire : L’évêque Ambrios qui estime que nos jeunes chemises noires d’Aube Dorée sont l’avenir de la Grèce. Et aussi verbatim, l’évêque SIatistis Pavlos qui dit que les principes d’Aube Dorée sont incompatibles avec la religion, refuse de communier les membres d’Aube Dorée et interdit à ses Popes de le faire. Le problème est que le Pope fait ce qu’il veut, il n’a pas de compte à rendre à son archevêque

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.

Le bon côté : le pope Giorgos sur l’ile de Kalimnos, qui avec son unité de choc, une dizaine de femmes, qui donne et dit que si l’orthodoxie ne devient pas orthopraxie, ce n’est pas la peine de venir dans mon église. Il travaille avec les gardes côtes et lorsqu’on lui dit que des migrants arrivent, il mobilise son équipe et cuisine pour distribuer des repas chauds. Comme il a noté que sa soutane les gênes, il reste dans son camion et se sont les femmes qui distribuent les repas.

 

Avec la Séparation de l’Eglise et de l’Etat pour ce qui est du meilleur on ne va pas le perdre, mais pour ce qui est du pire, je ne sais pas. S’il n’y a plus de contrôle, il y en a déjà peu, de ce qui se passe dans l’Eglise, c’est grave.

Libre Pensée : Sur le fond la question est la place de l’Etat. Quand il y a Séparation de l’Eglise et de l’Etat, il y a la question de la force et de la place de l’Etat.

A.K : Le problème est qu’il n’y a pas d’Etat en Grèce et donc l’Eglise prend sa place. Il n’est pas normal que, parce que l’Etat n’a pas d’argent, il s’en remette à l’Eglise pour tous ce qui est du domaine du caritatif. L’Eglise distribue 70 000 repas par jour ! L’Eglise a ouvert des dispensaires ouverts à tous, grecs et étrangers. C’est cela qui est extrêmement grave à mon sens.

 

Pourquoi est-ce que les grecs sont propriétaires, à 97%, de leur bien ? Il y a une explication historique liée à l’occupation ottomane, mais surtout cette propriété, c’était le bas de laine au cas où quelque chose allait mal. Car en cas de problème, l’Etat n’est pas là, même s’il y a eu beaucoup d’amélioration. On est très loin du compte. Vivant entre la France et la Grèce je peux comparer : les aides apportées par exemple aux personnes âgées en cas de maladie, dans le cadre du maintien à domicile etc. relèvent de l’utopie en Grèce !

 

Le terrain que l’on possède va donc être vendu si l’on n’a plus rien ou pour payer les études des enfants. L’école est gratuite en Grèce, mais elle est tellement de mauvaise qualité que pour faire des études, les parents doivent payer des cours particuliers à leurs enfants (400 euros par mois pour un cours de langue). Pour passer des examens l’école de suffit pas. Le système scolaire est lié à un système de corruption ce qui fait qu’un même enseignant incompétent à l’école publique, va à l’école privée le soir et sera compétant !

Libre Pensée : Parle-nous de l’imposition.

A.K : Ce que je veux dire sur l’imposition, c’est que les prêtres sont imposés, l’Eglise est imposée. Les prêtres étant salariés, ils ont toujours été imposés. Ce qui est nouveau, c’est que les institutions de l’Eglise doivent payer une nouvelle taxe imposée par la Troïka. Il existe 8 impôts immobiliers en Grèce. Je n’ai jamais dit que les Grecs ne devaient pas payer d’impôts, mais on ne peut pas demander à un pays de faire en trois ans ce qui n’a pas été fait en trente. On ne peut pas en même temps augmenter les impôts de 52 % et baisser les salaires de 40% ! Le résultat, c’est 30% de Grecs qui n’ont plus accès aux soins.

 

Les Popes payent leurs impôts au même titre que les autres, car l’impôt est retenu à la source pour 1/3 des grecs. A salaire égal, les Grecs payent deux fois plus d’impôts que les Français ! Tout ce qui relève du commerce, des lieux de vie, des lieux de repos appartenant à l’Eglise est maintenant soumis à l’impôt. Seuls les lieux de culte sont exonérés au même titre que les stades de foot !

Libre Pensée : Dernière question. Nous disons en tant que libres penseurs que nous sommes dans le cadre de l’Europe vaticane. Quelle est la relation entre l’Eglise orthodoxe et l’Union européenne d’une part, l’Eglise orthodoxe et le Vatican d’autre part et que pensent les politiques de l’Union européenne d’une manière générale ?

A.K : L’Eglise orthodoxe et l’UE c’est un vaste débat. Les orthodoxes se sentaient un peu isolés dans cette Europe très catholique et très protestante et ils ont été très contents de l’arrivée des roumains et des bulgares. Le père spirituel des orthodoxes est Monseigneur Bartholomé dont l’archevêché est à Constantinople. Il a très vite compris que sa survie en tant que père spirituel passait par l’UE et a donc un bureau au parlement européen. Mais l’Eglise orthodoxe grecque voulait aussi avoir son bureau au Parlement et il y a donc eu un problème de confrontation et d’intérêt.

 

D’autre part tous ne se passe pas pour le mieux entre Bartholomé et Alexis le chef des russes. Les orthodoxes se méfient viscéralement des catholiques. Cela date des croisades. La phrase « Plutôt le turban que la mitre » est toujours valable. Il y a une sorte de mémoire collective, que l’on retrouve également dans les livres scolaires d’histoire, qui veut que les catholiques sont des méchants qui ne veulent que « bouffer » de l’orthodoxe. Heureusement des gens intelligents pensent qu’il faut un rapprochement œcuménique sur lequel Bartholomé a beaucoup travaillé. Il est très écouté car modéré.

 

Mais il y a un schisme en Grèce entre ceux de l’Ancien calendrier et ceux du Nouveau calendrier. Ceux de l’Ancien calendrier célèbrent les fêtes avec une semaine de retard par rapport à ceux du Nouveau calendrier. Ceux de l’Ancien calendrier sont violemment, fascistement opposés à tous rapprochement avec le Vatican. Ils ont un monastère au Mont Athos et sont surnommés les « talibans de l’orthodoxie ». On peut y lire sur la façade : « l’orthodoxie ou la mort ». Des décisions judiciaires leur ont demandé de partir, pour que d’autres moines plus modérés puissent venir, mais ils ont refusé et l’on a vu dans le monde entier cette photo d’un moine jetant un cocktail Molotov sur la police. Ces moines ne peuvent pas sortir de leur monastère et vivent en autarcie complète, car ils n’ont aucune livraison de nourriture ni de médicaments

 

Il y a un processus de rapprochement qui est fortement encouragé par tous les gouvernements. Je ne sais pas ce que cela pourra donner, car dire que le corps du christianisme a besoin de ses deux poumons, catholique et orthodoxe, c’est une belle image, une belle formule, mais à terme cela veut dire que l’un va disparaitre. Je ne vois pas les orthodoxes abandonner leur Corum, leurs velléités, leur différence. Les orthodoxes très religieux vous diront que les catholiques ont créés les Uniates qui sont le cheval de Troie des catholiques dans l’Orthodoxie. Pour beaucoup l’Europe est quand même un corps étranger si peu dire. L’Europe est étrangère à l’Orthodoxie.

Libre Pensée : Est-ce qu’ils la considèrent comme religieuse ou trop catholique ?

A.K : Définitivement trop catholique ! Les Grecs ont l’impression, en tant qu’orthodoxes, d’être mal compris par les européens, que l’on veut prendre leurs richesses, leur culture. Il y a une mauvaise compréhension.

Libre Pensée : Est-ce que l’on ne peut pas considérer que chez les Grecs il y avait un syndrome d’une république inachevée ou d’une unité inachevée ? Ils ont obtenu leur unité à coup de révoltes et à coup de sang au 19ème Siècle, mais j’ai l’impression qu’en Grèce il y a quelque chose d’inachevé.

A.K : C’est un discours dangereux, car tous les fascistes de service vous dirons que la Guerre d’indépendance n’est pas achevée, parce que le sud de l’Albanie où vivait une communauté orthodoxe n’est pas libérée. Je ne sais pas si on peut parler de république inachevée, car il y a tellement de choses qui ne sont pas achevées en Grèce ! Les comptes de la guerre civile ne sont pas fermés et on le voit maintenant avec l’Aube Dorée. Le processus logique de l’histoire n’a pas été au bout, il a été arrêté par les différentes dictatures qui se sont mises en place et ensuite une Europe imposée.

 

Questions grecques sur le pillage des aéroports

 

 

Une entreprise (semi) publique allemande achète 14 aéroports grecs moins cher que la TVA impayée de l'aéroport d'Athènes détenu par une autre entreprise allemande. L'accord prévoyait que l'entreprise fasse des investissements..... c'est le paquet Junker, subvention promise à la Grèce par l'Europe depuis des mois, qui en tient lieu

L’arnaque de FRAPORT :


c’est la subvention du paquet Junker « investie » dans les 14 aéroports.

« Et à la fin , c’est l’Allemagne qui gagne ». Cette phrase reprise des souvenirs des matchs de foot, va comme un gant au cas de FRAPORT en ce qui concerne l’aventure de la concession de 14 aéroports du pays ( dont celui de La Chanée) pour une durée de 40 ans.

 

L’appel d’offres pour la concession des aéroports avait été lancé par le précédent gouvernement Samaras-Vénizelos comme « étape de développement de l’infrastructure du pays », « investissement dans la qualité des services fournis aux voyageurs grecs et étrangers », et naturellement pour « attirer de gros investissements »vers un pays ayant besoin de travail et d’argent frais. SYRIZA, dans l’opposition, qui se trouvait dans toutes les manifestations contre les concessions, s’est vu « contraint » cependant d’accepter la fin du match et il se trouve que c’est ses ministres (parmi lesquels Giorgos Stathakis de La Chanée) qui ont apposé leurs signatures à la convention finale avec FRAPORT.

 

Et quand tous attendaient l’afflux d’argent frais allemand pour rénover nos aéroports, arrive la nouvelle de l’accès de FRAPORT au paquet Junker, avec un financement de 300 millions d’euros, exactement comme l’article de la convention, destiné à la mise à niveau des 14 aéroports. Dans les accords signés, l’entreprise s’était engagée, dans les trois ans, à investir 330 millions d’euros ; autrement dit, elle n’aura besoin de débourser que 30 millions ( s’il ne se trouve pas une autre subvention pour cela).

 

La première question qui vient à l’esprit est : pourquoi cette subvention ne pouvait pas être destinée directement à la rénovation des aérodromes mais avait besoin de passer par les poches d’une entreprise allemande ? Je me demande si les parties allemande et grecque savaient qu’il pouvait y avoir cette subvention courageuse quand sont tombées les dernières signatures, et finalement quel type de « croissance » produit un investissement, quand une entreprise allemande semi étatique est subventionnée par l’argent européen pour gérer la propriété publique grecque ?

 

... FRAPORT est dirigé par un conseil de surveillance de 20 membres auquel participent : 


4 membres privés , 3 représentants de l’état fédéral de Hesse, 2 représentants de la municipalité de Francfort, un représentant de la république fédérale d’Allemagne et 10 représentants du personnel.
..............
Μάριος Διονέλλης / e-dromos.gr/

http://kinisienergoipolites.blogspot.fr/2016/08/fraport-14.html

 

SI...

 

Si réellement le prix de vente de 14 aéroports rentables de notre pays pour 40 ans à l’entreprise publique allemande FRAPORT est de 1, 234 milliard, pourquoi alors le gouvernement grec ne recouvre-t-il pas le 1, 4 milliard de TVA que doit l’entreprise également allemande Hochtief qui exploite l’aéroport « El. Venizelos » pour ne pas vendre les autres aéroports à ce prix dégradant ?

 

Peut-être que le nouveau ministre de l’économie qui a déclaré qu’il ne laisserait personne « empocher la TVA » pourrait commencer par cette entreprise ?
....

http://kinisienergoipolites.blogspot.fr/2015/08/blog-post_66.htm

traduction Palili

»» http://kinisienergoipolites.blogspot.fr/2016/08/fraport-14.html
URL de cet article 30736 

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Et du côté de la Grèce, comment ça va docteur?

Pas trop bien si j'en crois l'Humanité de 26 juillet 2016. La purge, infligée par les praticiens du capitalisme -l'UE, la Banque européenne, l'Eurogroupe et le FMI, ont vraiment mis à mal le programme de Syriza au gouvernement.

Je cite: "(...) malgré la victoire écrasante du camp anti-austérité lors du référendum du 5 juillet 2015, il ne reste, depuis des mois, plus grand chose du programme initial de Syriza dans la politique appliquée à Athènes (...)". Voilà, c'est dit, même si le journal ajoute que c'est la faute entièrement aux toubibs précités.

Bon, Syriza reste mordicus dans l'UE et le Parti de la gauche européenne, dirigé par Pierre Laurent, patron du PCF, lui donne toujours raison. Par contre, en Grande-Bretagne, ceux qui ont voté lors d'un référendum pour le Brexit, en particulier les travailleurs, sont à jeter à la poubelle.

Syriza veut également rester dans l'OTAN. Normal, puisque le ministre grec de la défense est de droite et son allié au gouvernement.

Au sein de l'OTAN, la Turquie est le bras militaire le plus puissant des USA. En ce moment, dans ce pays dirigé par l'islamiste Erdogan, ça dégage sec. Des milliers de Turcs en prison, des milliers de passeports supprimés, sans décision de justice, puisque les magistrats sont aussi incarcérés suite au coup d'état manqué. L'islamiste Erdogan en profite pour fonder ainsi son propre califat.

Il avait pris de la graine en soutenant les islamo-fascistes de Daesh.

La Grèce est frontalière avec la Turquie. C'est soi-disant le berceau de la démocratie en Europe.

Quel communiqué contre les atteintes aux libertés en Turquie? Syriza se retire-t-il de l'OTAN, alors que la torture est révélée par Amnesty international chez Erdogan? Et le Parti de la gauche européenne? Pas plus de communiqué sur son blog.

A part ça, comment ça va?

Si le dessin est petit, c'est fait exprès.

Et du côté de la Grèce, comment ça va docteur?

Bilan final de la Grèce pour Anne Sabourin 12 juillet 2016

 

Intervention de STAVRAKOGLOU Adam à la conférence du mardi 12 Juillet 2016 au siège de la section du PCF de Bègles (33)

 

Voici les propos économiques de mon père après 18 mois de Syriza et un référendum qui n’a pas été respecté par rapport à l’avis des grecs :

 

Chômage : il est de 23,8% il était de 24,7% avant Syriza mais le % des jeunes chômeurs il était de de 54% et il est actuellement aux 62 %!


* Le parc des habitations disponibles et vacantes est de 180.000 des bureaux est de 80.000 et des habitations secondaires de 110.000 maisons invendues


* Les faillites ont été multipliez par 28% de plus


* L'arrêt d'activités tous métiers confondus  ont touché le chiffre de 36.000 personnes seulement les derniers  6 mois. . . .  


* 80.000 jeunes surtout diplômé se sont expatrié , touchant le chiffre de 500.000 personnes depuis 2012


* Les retraites ont été amputées de 25 a 40%


* Les hôpitaux manquent cruellement de personnel et de matériaux de soins basic


* Les suicides -  Maladies cardiovasculaires - Et les dépressions persistent  à une cadence ascendantes!


* Les exports ont régressé de 7% depuis l'année dernière


* Les investissements ont diminué de plus de 35%


* L'état doit aux particuliers / sociétés / mutuelles / collectivités locales plus de 10 milliards d'euros.


* Les impôts directs et indirects ont augmentaient de 48%

 
* Le budget de l'éducation et de la culture a été ampute de - 18%


Voilà quelques points ou le pays se trouve, et ceci cause d'une politique de complaisance et point de protestation . . . . Si ce n'est de la résistance. . .. !!!

 

Voici ce qui se passe aujourd’hui avec la plus grande chaîne d’hypermarché en Grèce :

 

Une série de dépôts de bilan et de faillites spectaculaires secouent l’économie grecque ces dernières semaines. Après la grande chaîne de supermarchés Marinopoulos, celle d’électronique grand public Ilektroniki et la firme de sécurité Pyrsos, le groupe Mamidoil-Jetoil qui exploite un important réseau de stations-service connaît à son tour de grosses difficultés financières.

 

Si les dates anniversaires se succèdent ces jours-ci, le cœur n’est vraiment pas aux célébrations en Grèce. C’est qu’un an après son instauration, le 29 juin 2015, le contrôle des capitaux imposé aux particuliers et aux entreprises est toujours en place. Après avoir voté « non », le 5 juillet de la même année, à 61,3 % sur le plan de rigueur imposé par l’Union européenne, la population s’est vue imposer un tour de vis plus sévère encore, en contrepartie d’un troisième plan de sauvetage de 86 milliards d’euros de la part de ses créanciers. « Le passage de Yanis Varoufakis au ministère des Finances entre janvier et août 2015 a coûté 100 milliards d’euros à la Grèce », estimait il y a peu dans une interview accordée à une télévision locale Klaus Regling, le directeur général du Mécanisme européen de stabilité (MES), né de la crise des dettes souveraines.

 

Selon des données patronales, la consommation a baissé de 4,3 % en un an tandis que les importations et les exportations chutaient d’environ 12 %. Près de 26 000 entreprises ont été amenées à fermer la porte sur la période tandis que le nombre de créations de sociétés (12 486) chutait d’environ 19 %. Et la purge n’est pas terminée ! Confrontées à des taux de créances douteuses faramineux, tournant aux alentours de 40 %, les banques grecques sont en train de faire un grand nettoyage dans leurs comptes, provoquant aujourd’hui la chute de gros groupes.

 

Chute de la consommation. La dernière en date a été celle de Mamidoil-Jetoil, un réseau de 600 stations-service. Frappée par une chute de la consommation, liée à une hausse des taxes sur le carburant, l’entreprise qui exploitait aussi une flotte de bateaux, des centres de stockage ainsi que des hôtels de luxe et des vignobles était confrontée à un endettement de 270 millions d’euros, sans compter les 8 millions dus à la sécurité sociale et 1 million d’euros de retards de salaires.

 

Si le récent suicide du fondateur du groupe Kyriakos Mamidakis, 84 ans, a particulièrement frappé les esprits, d’autres dépôts de bilan spectaculaires se sont produits ces dernières semaines. Comme celui de Marinopoulos, la plus grosse chaîne de distribution grecque (700 points de ventes, hypermarchés, supermarchés, supérettes, et 13 000 employés) dont la création remonte à 1893. Un temps associé à Prisunic, puis à Carrefour entre 1995 et 2012, le groupe a dû se placer sous la protection de la loi sur les faillites, confronté à 1,3 milliard d’euros de dettes. Il devrait notamment quelque 500 millions à 3 000 de ses fournisseurs, 40 millions à l’administration et le reste aux banques.

 

Le groupe a jusqu’au 21 septembre pour se restructurer au risque sinon de provoquer des dépôts de bilan en cascades. Peu de temps auparavant, la chaîne de magasins d’électronique grand public Ilektroniki (46 magasins, 450 salariés) a mis la clé sous la porte tout comme la firme de sécurité Pyrsos (800 employés) ou l’hôtel 5 étoiles Athens Lectra (150 employés) qui, confronté à 40 millions de dettes, a mis ses clients à la porte du jour au lendemain.

 

La liste est sans doute appelée à s’allonger. Alors que le ministère des Finances a décidé de publier le nom des mauvais payeurs devant plus de 300 000 euros au fisc ainsi qu’aux organismes sociaux, un récent rapport chiffrait à 4,7 milliards d’euros la somme due par quelque 4 400 entreprises de toutes tailles à la seule sécurité sociale.

 

Affaire JET OIL :

 

Le magnat grec de la distribution de pétrole Kyriakos Mamidakis, président de la société endettée Jet Oil, s'est suicidé dimanche à son domicile près d'Athènes, a-t-on appris de source policière. Agé de 84 ans, Kyriakos Mamidakis « s'est tiré une balle dans la tête avec son pistolet », a indiqué à l'AFP une responsable du bureau de presse de la police d'Athènes.


Aucun détail supplémentaire n'a été pour le moment donné par la police.


Kyriakos Mamidakis était président du groupe familial de distribution de pétrole Jet Oil. Il y a deux jours, la société avait déposé auprès d'un tribunal d'Athènes une demande « de restructuration de l'entreprise » pour éviter la faillite. Selon le quotidien des affaires Naftemporiki, les dettes de la Jet Oil s'élèvent à 314,5 millions d'euros dont 184 millions envers des banques, 87 millions envers des fournisseurs, 2,5 millions envers l'Etat grec, 920.000 envers les employés et 650.000 envers les caisses de retraites.


Basée à Thessalonique, deuxième ville grecque dans le nord de la Grèce, Jet Oil a été créée en 1971, un an après l'entreprise familiale Mamidoil. Les deux sociétés avaient ensuite fusionné en 1974 lors de la création de la Mamidoil-Jetoil, selon le site du groupe. En 1980, la famille Mamidakis a créé la société maritime Jet Tank pour la commercialisation des carburants aux ferries et cargos. Dans les années 2000, des filiales du groupe ont été créées en Albanie et au Kosovo.


En 2008, Jet Oil a transféré son siège en Bulgarie, à l'instar de nombreuses entreprises grecques à l'époque pour des raisons financières sur fond de crise économique. Possédant 600 stations de distribution en Grèce, le groupe emploie 215 personnes dans le pays et 50 personnes dans ses sept filiales en Grèce et à l'étranger, selon son site internet.


Jet Oil a fermé de nombreuses stations de service ces dernières années en Grèce, où des milliers de petites et moyennes entreprises ont fermé en raison de la récession qui perdure depuis sept ans et a entraîné une importante baisse de la consommation. La semaine dernière, la chaîne historique grecque de distribution Marinopoulos, ex-partenaire franchisé de Carrefour, a également demandé « sa restructuration » par la justice grecque qui lui a accordé trois mois pour tenter d'éviter la faillite.

Le Premier ministre grec Tsipras perturbe le dîner de gala d’Obama à l’OTAN en débattant de la Russie

 
12 Juillet 2016

Ils lui feront tout avaler y compris la guerre avec la Russie ? (note de Danielle Bleitrach)

Publié: 12 Juillet, 2016 14:20 GMT
Lors du dîner de gala des États membres de l’OTAN à Varsovie Alexis Tsipras a proposé une alliance qui  mettrait fin à la confrontation avec Moscou, qui a provoqué l’irritation d’ Obama.
 
Yannis Behrakis Reuters
La simple mention de la Russie a constitué  une douche froide pour le président des Etats-Unis. Il étai en train de  célébrer le dîner de gala du sommet de l’ OTAN à Varsovie en la présence des dirigeants des États membres.
 
À un moment donné dans la soirée, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a exhorté les dirigeants de l’ OTAN à abandonner leur attitude hostile contre Moscou, écrit le site grec Kathimerini . A ce moment , Tsipras a été réprimandé par le président américain Barack Obama.
 
Selon les informations publiées  par le Financial Times dimanche dernier lorsque les 28 dirigeants de l’ OTAN s’étaient réunis pour  dîner au palais présidentiel à Varsovie , Tsipras  » a mis à mal  la forme du consensus officiel et a plaidé pour la coopération avec Vladimir Poutine, président russe « pour mettre fin à la crise en Syrie.
 
Ses paroles ont été accueillies par une réprimande par le président américain, qui a informé le chef du gouvernement grec que «cette idée  (en se référant à la coopération avec le chef de l’Etat russe) est quelque chose qu’il  devrait dire à son ami Poutine. »
 
Le ministre grec de la Défense Panos Kammenos, a confirmé l’information. Toutefois, Athènes et Washington ont maintenu d’excellentes relations selon Kammenos..

Déclaration du Parti communiste de Grèce sur le Sommet de l’OTAN

Des déclarations en faveur de la paix avec des décisions pour la guerre

 

, par  communistes
pdf | 
 

(Source : Solidnet - traduction de l’anglais par la rédaction du Lien (PADS))

 

 

Le Bureau de Presse du CC du KKE se référant au Sommet de l’OTAN à Varsovie a fait la déclaration suivante intitulée : "Des déclarations en faveur de la paix avec des décisions pour la guerre."

 

"Le Sommet de l’OTAN à Varsovie a montré, une fois encore, le criminel rôle de cette organisation impérialiste, qui a décidé :

 

La concentration plus avancée et le transfert de forces militaires prêtes au combat dans des pays qui ont une frontière avec la Russie.

 

L’achèvement de l’installation et de la mise en service du dénommé "Bouclier Missile" avec des bases en Roumanie et en Pologne, avec un soutien naval et plus d’infrastructures générales liées à l’emploi des armes nucléaires dans une confrontation destructrice. Ce n’est pas un accident que la Déclaration du Sommet dans ses conclusions met l’accent sur la préparation de l’OTAN afin d’utiliser les armes nucléaires.

 

La création et le renforcement d’une présence permanente de l’OTAN en Mer noire, dans la Baltique, le nord de l’Atlantique, la Mer Égée et Méditerranéenne, en utilisant dernièrement le prétexte d’un contrôle des flux de réfugiés causés et renforcés par les guerres impérialistes et leurs douloureuses conséquences au détriment des peuples.

 

La poursuite de sa présence en Afghanistan et Irak, tout aussi bien dans les Balkans, le Caucase, l’Afrique du nord. Effectivement une plus grande présence de l’OTAN dans ces régions est liée à la continuation des opérations militaires en Syrie, à la préparation d’une nouvelle intervention en Libye.

 

Les décisions de l’OTAN et l’approfondissement de la collaboration avec l’UE impérialiste, décisions qui sont prises au nom de la "paix" et de la "Sécurité", n’ ont évidemment aucune relation avec les intérêts actuels des peuples, mais uniquement pour la "Sécurité" et les profits des monopoles Euro-américains.

 

Le Parti communiste de Grèce dénonce le gouvernement SYRIZA-ANEL, qui volontiers participe activement dans tous les dangereux plans des USA, de l’OTAN et de l’UE cités ci-dessus, lesquels dans le contexte de leur antagonisme avec la Russie peut causer un réel holocauste pour les peuples d’Europe et plus général.

 

Ce qui doit être exigé maintenant c’est la vivification des luttes contre l’engagement de la Grèce dans les plans de guerre de l’OTAN, pour la sortie de notre pays de l’OTAN qui met "le feu aux poudres" et de toute alliance impérialiste, afin de réaliser le slogan "Ni terre ni eau aux assassins des peuples".

 

(Source : Solidnet - traduction de l’anglais par la rédaction du Lien)

 

Voir en ligne : sur le site du lien (PADS)

Publié par El Diablo

EXIT [par Panagiotis Grigoriou, historien et ethnologue]

EXIT [par Panagiotis Grigoriou, historien et ethnologue]

Il est grand temps d’en finir avec l’Union Européenne. Son projet irrationnel n’est pas comme on s’amuse à dire parfois, “anti-démocratique par accident”, il est tout simplement totalitaire et cela même par essence. Le Brexit - pas encore accompli, faudrait-il alors le rappeler ? - n’est qu’un début, sauf que la “Paneuropa” ne se laissera certainement pas abattre si facilement. Cependant... l’espoir revient, d’ailleurs, en dépit des analystes mainstream et des politiciens bien de chez nous et... qui feraient mieux de se taire.

Nous avions débattu de tout cela en direct depuis le studio de la Radio du Pirée 90.1 FM dans la nuit du mercredi 23 au jeudi 24 juin et nous avons exprimé notre certitude quant à la victoire du Brexit. Lors de l’émission, il a été ouvertement question du totalitarisme de l’Union Européenne, ainsi que de ce son “nazisme bleu” que les peuples de l’Europe doivent alors abattre sans trop tarder. En annalistes et en écrivains d’hier et autant d’aujourd’hui, nous entrevoyons parfois assez clairement les fentes du temps humain qui est le nôtre.

LIEN VERS L'ARTICLE CI-DESSOUS:

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