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Syrie

 

Comme par un matin calme, le paysage s’éclaircit peu à peu en Syrie. Partout à l’offensive, l’armée nationale a reconquis des milliers de kilomètres carrés de territoire à l’est d’Alep, de Homs et de Damas. Elle s’apprête à reprendre le contrôle intégral des frontières syro-jordanienne et syro-irakienne, traditionnelles voies de transit des mercenaires venus dévaster le berceau de la civilisation pour une poignée de pétrodollars.

En restaurant la souveraineté de l’Etat sur le sol national, cette courageuse armée de conscrits inflige un camouflet à tous ceux qui rêvaient de détruire cet Etat récalcitrant, à tous ceux qui voulaient le mettre en charpie parce qu’il osait déjouer leurs plans néo-coloniaux.

Victorieuse sur le plan militaire depuis la libération d’Alep, la Syrie souveraine l’emporte aussi sur le plan politique. Le temps paraît lointain où “Le Monde diplomatique” pouvait prédire, sans craindre le ridicule, l’exil doré de la famille Assad quelque part en Sibérie. Ses adversaires, le président syrien les a vus défiler, qui psalmodiaient les mêmes stupidités sur un pays dont ils ignoraient tout. A en croire les Occidentaux, le départ de Bachar Al-Assad devait être un “préalable” à la solution de la crise. En réalité, c’était tout le contraire. La résistance de l’Etat syrien dont le président est la clé de voûte exigeait son maintien. Là où tant d’autres auraient pris la poudre d’escampette, le chef est resté à son poste, et il a bien fait.

Fervent admirateur d’Al-Qaida, Laurent Fabius estimait que le chef de l’Etat syrien “ne méritait pas d’être sur terre”. Mauvaise pioche ! Car si M. Fabius cultive son éthylisme mondain au Conseil constitutionnel, M. Assad, lui, est toujours aux commandes à Damas. Son armée élimine la nébuleuse de groupes sectaires dont l’ancien ministre espérait le triomphe, et le peuple syrien goûte l’espoir renaissant d’une issue à la guerre. Ce qui est frappant avec les dirigeants occidentaux, c’est leur tendance à parler trop vite. Pendant six ans, leur presse aux ordres répétait comme un mantra l’effondrement imminent du régime syrien. Heureusement pour les journalistes, ils ne sont pas payés au résultat.

Pour comprendre les raisons de cette résistance à une offensive internationale sans précédent, il suffisait de consulter des sources fiables et d’exercer son jugement critique. Les officines de propagande avaient beau prétendre qu’un peuple unanime se dressait contre le tyran, on pouvait voir sur “Al-Mayadeen”, en mars et octobre 2011, de gigantesques rassemblements populaires en faveur du “gouvernement et des réformes”. Clamant sa fidélité à l’Etat nationaliste laïc et son rejet de la charia wahhabite, la foule inondait les rues de Damas, Alep, Tartous et ailleurs. Mais les médias occidentaux préféraient braquer leurs caméras vers des attroupements de barbus en les faisant passer pour un soulèvement populaire.

Des faits majeurs, indispensables à l’intelligence des événements, ne firent donc l’objet d’aucune narration, tandis qu’on nous proposait une narration des “faits” qui consistait à les fabriquer pour les besoins de la cause. Les “rebelles modérés” massacraient les familles des fonctionnaires baasistes, par exemple, et ces horreurs étaient imputées à une armée nationale dont il était entendu qu’elle “tire sur les civils”. Les “neocons” de Washington étant à la manoeuvre, ce genre de supercherie était pourtant plus que prévisible. “Pendant que vous parlez de la réalité que nous produisons, nous produisons une nouvelle réalité”, disait Karl Rove, conseiller de George W. Bush et apôtre distingué du “chaos constructif”.

Heureusement, vient un moment où l’épreuve des faits dissipe les mensonges les plus grossiers. Difficile de répéter les sornettes habituelles lorsque les populations fuient manifestement les zones rebelles, l’armée reconquiert peu à peu le territoire national et le gouvernement syrien, à l’évidence, bénéficie du soutien sans faille de ses alliés. Après avoir renoncé à la formule rituelle sur le “régime aux abois”, la presse occidentale a fini par proscrire son ironie coutumière sur les “victoires en trompe-l’oeil” de Damas. Pour se divertir, il aurait fallu conserver les centaines d’articles expliquant que les Russes et les Iraniens allaient “lâcher Bachar” et que c’était cuit pour le “despote”. Seul Jean-Pierre Filiu, tel un disque rayé, s’obstine à dire qu’il n’y a “plus d’armée syrienne”, mais on se demande sur quelle planète il habite.

Victorieuse sur le plan militaire face aux milices takfiristes, soutenue par la majorité du peuple syrien qui veut en finir avec cette tragédie, confortée par un jeu d’alliances qui penche en sa faveur, la Syrie souveraine entrevoit le bout du tunnel. L’impérialisme n’ayant pas l’habitude de lâcher le morceau, la route sera encore longue, mais l’évolution favorable de la “guerre du désert” laisse augurer une accélération des événements. Combat d’arrière-garde mené par une puissance en déclin, les provocations militaires US n’y changeront rien. La dernière agression, qui a vu un SU-22 syrien abattu par un F-16 près de Raqqa, a eu pour seul effet de torpiller les velléités de coopération russo-américaine contre Daech, Moscou ayant annoncé que tout aéronef étranger serait dorénavant ciblé par la DCA russe.

Cette provocation a aussi incité les Iraniens à effectuer leur premier tir de missile en territoire syrien contre Daech, l’implication militaire de Téhéran ayant fait preuve d’une discrétion qui n’est plus de mise dès lors que le bras de fer avec Washington atteint un seuil critique. En réalité, cette montée des tensions sert Damas, qui condamne fermement la présence occidentale sur le territoire national, et dont l’allié russe joue sa crédibilité à chaque provocation US. Même s’ils prennent Raqqa, les alliés arabo-kurdes des Etats-Unis vont se retrouver le bec dans l’eau, et l’armée syrienne y retournera sous peu. Bientôt chassé de ses pseudo-capitales (Mossoul et Raqqa), privé de ses voies de ravitaillement, pris en tenailles par les forces irakiennes et syriennes, Daech est en mauvaise posture.

Mais ce n’est pas tout. Une enquête du “Wall Street Journal” vient de donner de précieuses informations sur le soutien d’Israël aux rebelles syriens qui assurent la garde rapprochée du Golan occupé. Peu préoccupé par le sort de ces supplétifs, le journal de la finance new-yorkaise ironise sur le “cash” touché par les chefs de milices. Lorsque Damas en aura fini avec Daech, ces collaborateurs de l’occupant auront du souci à se faire. Quant aux pseudo-défenseurs de la cause palestinienne qui réclamaient des armes pour la “rébellion syrienne”, ils ont l’air malin. “Provoquer la chute de Bachar al-Assad est le meilleur moyen de protéger Israël”, écrivait Hillary Clinton. Après six années de mensonges, les masques tombent. La Syrie a affronté l’envahisseur sioniste en 1948-49, 1967, 1973 et 1982, et elle n’a jamais capitulé. Aujourd’hui, l’heure de vérité approche, mais on sait déjà qui a gagné la partie.

Bruno GUIGUE

URL de cet article 32031 

Notre dernière synthèse titrait : La fin de la guerre en Syrie est maintenant en vue :

 

À moins que les États-Unis ne changent de tactique et ne se lancent dans une guerre à grande échelle contre la Syrie avec ses propres forces armées, la guerre contre la Syrie est finie.

 

Il y a quelques civils en proie à la démence à la Maison-Blanche qui veulent élargir la guerre contre la Syrie à une guerre américaine entre les États-Unis et l’Iran. Le leadership militaire freine des quatre fers. Il s’inquiète pour ses forces en Irak et ailleurs dans la région. Mais il y a également des éléments au sein de l’armée américaine et de la CIA qui ont une une position pro-guerre plus agressive.

 

Hier, un avion US-F-18 a abattu un bombardier des forces aériennes syriennes près de la ville de Raqqa. Le Commandement central des États-Unis a le toupet d’affirmer qu’il s’agissait d’« auto- défense » pour protéger ses forces d’invasion et ses forces par procuration kurdes (forces démocratiques de la Syrie - FDS) dans une « zone de désescalade* » après que les FDS ont été attaquées dans la ville de Ja’din.

 

C’était des mensonges. Il n’y a pas non plus d’accord sur une « zone de désescalade » dans la région, et la ville de Ja’din n’était pas non plus aux mains des forces des FDS au moment de l’attaque. L’attaque était clairement illégale :

Les États-Unis [...] n’ont aucun droit légal de protéger des forces partenaires non étatiques qui ont comme objectif un changement de régime en Syrie ou d’autres objectifs politiques. Le droit à l’auto-défense collective d’acteurs non étatiques n’existe pas, ...

Le gouvernement syrien ainsi que les témoins sur le terrain contredisent les affirmations des États-Unis. L’Observatoire syrien en Grande-Bretagne, souvent cité comme faisant autorité sur les événements en Syrie, dit qu’il n’y pas eu d’attaque syrienne contre les forces de défense Kurdes (FDS). Les avions de guerre américains ont attaqué les Syriens pour protéger les forces de l’Etat islamique :

Un avion de guerre du régime a été ciblé et abattu en vol au-dessus de la région d’Al-Resafa [...] L’avion de guerre a été abattu dans la région d’Al-Resafa aux confins de laquelle les forces du régime sont arrivées aujourd’hui, et des sources ont confié à l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme que les avions de la Coalition internationale l’avaient ciblé alors qu’il volait à proximité de l’espace aérien des avions de guerre de la Coalition internationale, et que ses débris étaient tombés sur la ville de Resafa, et qu’on ne savait pas ce qui était advenu de son pilote, les sources ont confirmé que l’avion de guerre syrien ne ciblait pas les forces kurdes (FDS) dans les zones qu’elles contrôlent et qui sont limitrophes des zones contrôlées par les forces du régime dans le territoire situé à l’ouest d’Al-Tabaqa et qui va jusqu’à la route d’Al-Raqqah à Resafa.

Voici une vue aérienne de la situation dans le sud-est de la Syrie :

Carte via Peto Lucem – Pour agrandir

 

En bas à gauche, la zone de Palmyre ; on trouve à droite Deir Ezzor, et en haut Raqqa. Les zones sombres sont occupées par l’Etat islamique. 100 000 civils et une petite garnison de l’armée syrienne sont assiégés à Deir Ezzor par l’Etat islamique. L’armée syrienne fait mouvement vers l’est en venant de deux directions différentes pour libérer la ville. Une partie des troupes viennent de la région de Palmyre en empruntant la route qui vers le nord-est à Deir Ezzor. La distance à parcourir est d’environ 130 kilomètres et il va falloir reprendre en chemin une ville importante à l’Etat islamique, Al-Sukhnah.

 

L’autre partie des troupes vient du sud de Raqqa.

 

MISE À JOUR :

 

The evil_SDOC alias Weekend Warrior a fait cette excellente carte de ce qui lui rappelle les « sauts d’île en île » de la Seconde Guerre mondiale**. Il y a quelques rares endroits habités dans le désert de Syrie orientale, qui reliés par des routes d’une importance capitale pour contrôler les vastes zones qui les séparent. Cela montre le grand intérêt stratégique des axes d’avancée et de Resafa où s’est déroulé l’incident d’hier.

Carte de Weekend Warrior – Pour agrandir

[Fin mise à jour]

 

Raqqa est actuellement assiégée par les forces kurdes des FDS soutenues par les États-Unis. Ces forces (en jaune) ont pris des pans de la rive sud de l’Euphrate autour de la ville de Tabqa. L’armée syrienne avance vers le sud de ces forces, d’ouest en est. Son objectif actuel est la ville de Resafa au croisement de la route 6 et de la route 42. Si elle prend le carrefour, elle pourra avancer vers Deir Ezzor au sud-est, le long des routes principales. Elle coupera en même temps la retraite des forces de l’Etat islamique qui fuient vers le sud pour échapper à l’attaque kurde de Raqqa. La distance à parcourir pour arriver à Deir Ezzor est d’environ 100 kilomètres et il n’y a pas d’obstacles majeurs en cours de route. Prendre le carrefour est absolument nécessaire pour libérer la ville orientale assiégée.

Pour agrandir

Raqqa se trouve au-delà de la partie supérieure droite de cette carte détaillée de la région de Tabqa. Les forces kurdes sont en jaune, l’armée syrienne en rouge. L’armée syrienne se déplaçait très vite vers l’est pour prendre le carrefour à trois voies de Resafa (à mi-droite sur la carte). Quelques heures avant que le jet syrien ait été abattu, elle avait déjà pris la ville de Ja’din :

Yusha Yuseef sy Compte vérifié @ MIG29_
Dernières nouvelles, Forces Tigre syriennes libèrent Ja’din جعيدين village au nord de Al-Easawii Sud #Raqqa 
15h36 - 18 juin 2017

L’attaque meurtrière des États-Unis contre l‘avion syrien s’est produite deux heures plus tard :

Dr Abdulkarim Omar abdulkarimomar1
Coalition internationale abat avion militaire du régime syrien dans région de Raqqa après bombardement des positions FDS dans région de Tabqa
17h18 - 18 juin 2017 ---

Yusha Yuseef sy Compte vérifié @ MIG29_ Je peux confirmer que nous avons perdu un avion syrien à l’est de Rassafeh et loin des positions de SDF 
Je ne sais pas si ce sont les USA qui l’ont abattu
18h 14 - 18 juin 2017

Les États-Unis affirment maintenant que le jet syrien avait attaqué les forces kurdes à Ja’din. Mais il n’y en avait plus quand l’incident s’est produit. La ville était déjà entre les mains de l’armée syrienne. L’avion syrien attaquait des forces de l’État islamique près de Resafa. L’armée syrienne était en train de prendre la ville de Resafa à l’Etat islamique pour arriver au carrefour qui lui permettrait d’avancer vers la ville de Deir Ezzor assiégée par l’EI. Les forces aériennes syriennes bombardaient les forces de l’Etat islamique à Resafa. Les Etats-Unis ont abattu le jet en affirmant mensongèrement qu’il avait attaqué ses forces par procuration kurdes.

 

La seule interprétation possible est qu’il s‘agit d’une tentative des États-Unis pour empêcher ou entraver la libération de Deir Ezzor par les forces syriennes. Les États-Unis, volontairement ou non, aident les forces de l’Etat islamique qui attaquent sans répit la garnison assiégée de Deir Ezzor. Le gouvernement russe a qualifié l’attaque des États-Unis d’« acte d’agression » qui « viole le droit international » et d’« assistance aux terroristes » de l’État islamique. Il va stopper sa coordination de l’espace aérien avec le commandement des opérations américaines en Syrie. De plus :

« Dans les zones de missions de combat de la flotte aérienne russe dans le ciel syrien, tous les objets volants, y compris les avions et les avions sans pilote de la coalition internationale [menée par les États-Unis], à l’ouest de la rivière Euphrate, seront considérés par les forces de défense aérienne et les forces au sol russes comme des cibles aériennes », a déclaré le ministère russe de la Défense.

Si j’étais un pilote américain, j’essaierais d’éviter la zone ...

 

Qu’elle qu’ait été l’intention des États-Unis, cela n’a pas stoppé l’armée syrienne. Resafa vient d’être reprise(carte) par les forces de l’armée syrienne. Le pilote abattu, Ali Fahed, a été ramené de derrière des lignes ennemies par une équipe des Forces Tigre syriennes.

* * *

Indépendamment des événements qui ont eu lieu près de Raqqa, la Garde révolutionnaire iranienne a lancé des missiles balistiques de portée moyenne depuis l’Iran sur les forces de l’Etat islamique près de Deir Ezzor en Syrie. La distance était d’environ 600 kilomètres. Le lancement a été interprété comme une vengeance suite aux attaques terroristes du 7 juin contre le parlement à Téhéran, en Iran. Les missiles ont atteint leurs cibles.

 

Le message qui a été envoyé avec ces missiles était plus vaste qu’un simple acte de vengeance. L’Iran vient de démontrer qu’elle pouvait atteindre des objectifs lointains à partir de son propre pays. Les états wahhabites du golfe persique et toutes les forces américaines dans la région vont devoir en prendre bonne note. Elles ne sont pas à l’abri des représailles iraniennes, même si aucune force iranienne ne se trouve à proximité. L’Iran a souligné qu’il pouvait renouveler de telles attaques chaque fois que cela s’avérerait nécessaire :

« Ce message est adressé tout spécialement aux Saoudiens et aux Américains », a dit [le général des Gardes de la Révolution Ramazan] Sharif. « Certains pays réactionnaires de la région, en particulier l’Arabie saoudite, viennent de montrer clairement qu’ils essayaient de créer de l’insécurité en Iran ».

* * *

Comme c’est expliqué dansnotre précédente synthèse, les forces américaines occupent le poste frontière d’al-Tanf entre la Syrie et l’Irak au sud-est de la Syrie. Un vif mouvement de l’armée syrienne vers la frontière irakienne a empêché les troupes étatsuniennes et les forces « rebelles » arabes formées par les États-Unis d’avancer plus au nord. Depuis l’autre côté de la frontière, la milice commandée par le premier ministre s’est jointe aux forces syriennes, et al-Tanf est maintenant isolé. Selon plusieurs rapports, hier, les États-Unis ont amené par avion, du nord-est de la Syrie, des forces par procuration kurdes pour défendre al-Tanf. Ils ne font apparemment pas confiance aux forces « rebelles » arabes qu’ils ont formées pour occuper le sud-est de la Syrie. Quelques centaines de forces kurdes ne changeront pas la situation tactique. Ces forces ne seront d‘aucune utilité et ce contingent (soutenu par les) américain sera bientôt obligé de faire retraite en Jordanie.

* * *

Israël soutient depuis longtemps (ici, et ici) les « rebelles » d’al-Qaïda au sud-ouest de la Syrie, à proximité et sur le plateau du Golan. On le sait depuis au moins 2014 et le soutien israélien a même été documenté par les forces d’observation de l’ONU dans la région. Mais, dieu sait pourquoi, les médias américains ont « oublié » d’en parler et les Israéliens ne tenaient pas à le faire non plus.

 

Cela a changé. Il y a maintenant une foule de rapports (iciici, et ici) sur le soutien et le financement israélien des « rebelles » dans le Golan près des régions syriennes occupées par Israël. On ne dit pas souvent, cependant que les forces soutenues par Israël sont des terroristes d’al-Qaeda. Il y a également des groupes de l’État islamique dans la région qui ont présenté leurs « excuses » à Israël après une échauffourée avec les forces israéliennes. Il est clair qu’Israël soutient maintenant ouvertement les terroristes.

 

Quelqu’un fait paraître intentionnellement ces rapports. Je présume que c’est Israël pour préparer le terrain à une occupation plus importante du territoire syrien. Les rapports comparent les manœuvres israéliennes avec l’occupation israélienne du sud Liban dans les années 80 et 90. Mais ils ne racontent pas toute l’histoire. L’occupation israélienne du sud-Liban a conduit à la croissance de Hizbollah et à la défaite des forces israéliennes. Dès l’an 2000, ils ont été obligés de se retirer des terres occupées et le Hezbollah est maintenant l’ennemi le plus redouté d’Israël. Il semble qu’Israël veuille renouveler l’expérience.

 

Moon of Alabama

Notes :

*En anglais « deconflicting zone » ou « deconfliction zone »
**En anglais « island hopping » : tactique utilisée par l’Australie et ses alliés contre le Japon

»» http://www.moonofalabama.org/2017/06/syria-summary-us-attack-fails-to-...
URL de cet article 32023 

Synthèse des récents développements en Syrie [Mise à jour ci-dessous le 14 juin 1 heure du matin EDT]

 

Le changement le plus important de ces derniers jours est le déplacement des forces du gouvernement syrien (zones rouges et flèches - cf carte élargie à la fin de l’article) du sud-est vers la frontière irakienne. Le plan initial était de reprendre al-Tanf plus au sud-ouest pour sécuriser le passage frontalier de l’autoroute Damas-Bagdad. Mais al-Tanf était occupé par les envahisseurs américains, britanniques et norvégiens et certaines de leurs forces par procuration (bleu). Leurs avions ont attaqué les convois de l’armée syrienne lorsqu’ils se sont approchés. Le plan américain était de faire mouvement d’al-Tanf vers le nord, vers la rivière Euphrate, pour capturer et occuper tout le sud-est de la Syrie. Mais la Syrie et ses alliés ont fait un mouvement inattendu qui a contrecarré ce plan. Les envahisseurs sont maintenant coupés de la rivière Euphrate par une ligne syrienne qui va d’est en ouest jusqu’à la frontière irakienne. En Irak, des unités militaires populaires sous le commandement du gouvernement irakien viennent à la rencontre des forces syriennes à la frontière.

 

Les envahisseurs étatsuniens campent maintenant au milieu d’un désert sans intérêt stratégique près d’al-Tanf ; leur seule option est d’y mourir d’ennui ou de retourner en Jordanie d’où ils sont venus. L’armée russe a clairement indiqué qu’elle interviendrait fermement si les États-Unis attaquaient la ligne syrienne et se déplaçaient plus au nord. Les États-Unis et leurs alliés n’ont aucun mandat pour se trouver en Syrie. Ils n’ont aucune raison, ni aucun motif légal d’attaquer les unités syriennes. Leur seule option maintenant est de faire retraite.

 

Le mouvement étatsunien sur al-Tanf a été couvert par une attaque des forces par procuration de l’armée américaine au sud-ouest de la Syrie. Un grand groupe de « rebelles », qui comprend des éléments d’al-Qaïda et qui est ravitaillé depuis la Jordanie, a fait mouvement pour prendre la ville de Deraa aux mains du gouvernement syrien. On espérait que cette attaque détournerait les forces syriennes de leur mouvement vers l’est. Mais malgré les attaques suicides, l’assaut contre Deraa n’a pas réussi à faire reculer les fortes défenses des forces syriennes. La tentative de diversion a échoué. La position syrienne à Deraa a été renforcée par des unités de Damas qui attaquent maintenant les gangs de mercenaires de l’armée américaine. Des progrès significatifs ont été réalisés aujourd’hui dans la banlieue sud de Deraa, et l’armée syrienne va probablement poursuivre son offensive jusqu’à la frontière jordanienne.

 

Les plans des États-Unis pour le sud de la Syrie, à l’ouest comme à l’est, ont échoué pour l’instant. À moins que l’administration Trump ne soit disposée à investir des forces significatives et à mener une guerre ouverte, en violation de toutes les lois, contre le gouvernement syrien et ses alliés, la situation est contenue. Les forces syriennes reprendront avec le temps toutes les terres (de couleur bleue) dans le sud, qui sont actuellement détenues par les diverses forces par procurations américaines et d’autres groupes terroristes.

 

Au nord-ouest, les groupes « rebelles » takfiris se concentrent autour d’Idleb et plus au nord. Ces groupes sont financés par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie. Le récent conflit entre le Qatar et les autres États du Golfe a engendré encore plus de chaos à Idleb. Les groupes parrainés par l’Arabie Saoudite luttent maintenant contre les groupes parrainés par le Qatar et les Turcs. Ces conflits s’ajoutent à d’autres dissensions entre les forces alignées sur al-Qaeda et celles d’Ahrar al-Sham. Les forces du gouvernement syrien encerclent la province, et la Turquie au nord a gardé sa frontière fermée la plupart du temps. Les « rebelles » takfiris d’Idleb vont mariner dans leur propre jus jusqu’à ce qu’ils soient épuisés. Ensuite, les forces gouvernementales viendront les achever.

 

Au centre de la carte, les flèches (rouge) de l’armée syrienne sont dirigées vers les zones désertiques du centre tenues par les forces d’ISIS qui reculent vers l’est (flèches noires). Les forces du gouvernement syrien qui arrivent simultanément du nord, de l’ouest et du sud, progressent rapidement et reprennent plusieurs kilomètres de terrain chaque jour. Au cours du dernier mois, 4 000 kilomètres carrés et plus de 100 villages et villes ont été repris. Dans quelques semaines, ils auront repris toutes les zones (marron) d’ISIS jusqu’au lit de l’Euphrate et la frontière syrienne-irakienne.

 

Le matériel de pontage militaire russe a récemment commencé à arriver en Syrie. Il sera utilisé pour traverser la rivière Euphrate et reprendre les zones situées au nord de la rivière.

 

Pendant ce temps, les forces kurdes (flèches jaunes) soutenues par les États-Unis attaquent la ville de Raqqa tenue par ISIS. Le commandement militaire russe affirme (vidéo) que les Kurdes et les États-Unis ont convenu avec ISIS de laisser leurs combattants quitter Raqqa pour aller au sud et à l’est. La vitesse avec laquelle les Kurdes prennent la ville confirme cette affirmation. Il semble qu’il n’y ait à peu près aucune résistance de l’État islamique.

 

Toutes les forces d’ISIS qui restent en Syrie, celles qui viennent de Raqqa ainsi que celles qui viennent des zones désertiques, se déplacent vers l’est le long de l’Euphrate en direction de la ville de Deir Ezzor. Il y a au moins 100 000 civils pro- gouvernementaux et une garnison de l’armée syrienne qui y sont depuis longtemps encerclés par les forces d’ISIS. La population assiégée est ravitaillée par les airs. Jusqu’ici la garnison militaire syrienne résiste aux attaques d’ISIS. Mais si des milliers de combattants de l’Etat islamique arrivent en renfort, cette fois les troupes du gouvernement pourraient bien être submergées. Il faut parachuter des renforts dans la ville pour empêcher ISIS de rentrer et de se livrer à un grand massacre. Une ligne de secours au sol serait une bien meilleure option. Mais l’avancée de l’armée syrienne vers la ville a été retardée par les manigances des États-Unis dans le sud. Les forces gouvernementales préparent un grand mouvement au sol vers Deir Ezzor. On peut seulement espérer qu’elles arrivent à temps.

 

Les forces par procuration qataris, saoudiennes et turques, dirigées par la CIA, ont mené une guerre de six ans contre la Syrie et son peuple. Avec le Qatar et la Turquie maintenant en conflit avec les Saoudiens et leurs alliés américains, le gang qui a attaqué la Syrie se désagrège. L’État islamique perd rapidement du terrain et est au bord de la défaite. L’avancée des États-Unis dans le sud a été stoppée. À moins que les États-Unis ne changent de tactique et ne s’embarquent dans une attaque à grande échelle contre la Syrie avec leurs propres forces armées, la guerre contre la Syrie est terminée. De nombreuses zones doivent encore être reprises par les forces syriennes. Les attaques terroristes dans le pays se poursuivront pendant plusieurs années. Les blessures prendront des décennies à guérir. Il faudra entamer des négociations sur des zones situées dans le Nord qui sont actuellement sous contrôle des Turques ou des mercenaires des américains. Il y aura bien des questions à régler. Mais la guerre stratégique à grande échelle contre la Syrie a maintenant pris fin.

 

Personne n’y a gagné quoi que ce soit. Les Kurdes qui, pendant tout un temps apparaissaient comme les seuls gagnants de la guerre, viennent de jeter ce qu’ils avaient gagné par-dessus bord.

 

Les forces kurdes du YPG soutenues par les États-Unis ont fait l’erreur inouïe de réclamer ouvertement le soutien de l’Arabie saoudite. Les anarcho-marxistes du YPG, qui arborent fièrement leur féminisme, font soudain allégeance aux barjots moyenâgeux wahhabites. Ils ont détruit leur réputation de force de gauche progressiste. Leur démarche va renforcer l’hostilité turque et syrienne, irakienne et iranienne contre eux. Toutes les avancées politiques qu’ils ont faites pendant la guerre en ne prenant partie, la plupart du temps, ni pour les « rebelles » ni pour le gouvernement syrien sont maintenant menacées. C’est une décision insensée. La zone tenue par les Kurdes est complètement encerclée par des forces plus ou moins hostiles. Le soutien des États-Unis ou de l’Arabie saoudite à l’enclave kurde encerclée ne pourra plus durer longtemps. Les Kurdes viennent à nouveau de démontrer qu’ils sont leurs pires ennemis dans leur combat pour un Etat kurde (à moitié) souverain. Ils vont être renvoyés dans leurs territoires d’origine et seront à nouveau intégrés à l’état syrien.

 

[MISE À JOUR :]

 

Le secrétaire de la Défense Mattis a été interrogé hier au Congrès sur la situation en Syrie. Il n’y a pas encore de transcription diponible, mais voici quelques tweets d’un journaliste de Stars & Stripes qui y a assisté :

Tara Copp @TaraCopp - 3:11 PM - 13 juin 2017

# Secrétaire Défense Mattis dit que les forces « pro-régime » qui sont entrées en Syrie près de la base de #AlTanf sont en fait #russes 
#Secrétaire Défense Mattis : « Je ne prévoyais pas que les Russes viendraient là-bas (près de Al Tanf.) ... mais cela n’a pas surpris nos services secrets. »

Les Etats-Unis avaient affirmé que les forces alignées sur le gouvernement syrien qui avançaient en direction d’al-Tanf étaient « soutenues par l’Iran » ou « dirigées par l’Iran ». Maintenant, le secrétaire de la Défense dit que c’était un mensonge. Il s’agissait de Russes alliés au gouvernement syrien. Les Russes ne prennent certainement pas leurs ordres des généraux iraniens. Il n’est pas étonnant que le commandement russe ait émis de fortes mises en garde contre toute attaque de ces forces.

 

Mattis montre aussi qu’il est incapable d’une pensée stratégique. Il croyait vraiment que les Russes n’iraient pas à al-Tanf couvrir leurs camarades syriens ? Il est clair depuis des mois que les Russes sont totalement impliqués en Syrie. Ils ne laisseront pas tomber le gouvernement syrien pour se mettre bien avec Mattis ou Trump ou qui que ce soit d’autre. Leur stratégie est claire depuis un certain temps. Ils se battront. Ils l’ont dit. Il fallait être idiot pour croire autre chose.

 

Al-Tanf a une importance tactique, mais l’armée américaine l’élève au rang d’atout stratégique. Ce qui n’est manifestement pas le cas. On ne comprend pas quelles raisons les États-Unis ont de défendre cet endroit en plein désert. Il n’y en a aucune, mais le défendre pour le « principe » pourrait évidemment provoquer une guerre beaucoup plus importante.

La garnison de Tanf est maintenant encerclée par des forces hostiles. Les forces des États-Unis dans la région devraient traverser les positions de régime pour se rendre à al Bukamal, ce qui risque de provoquer une escalade.

Qu’en va-t-il se passer maintenant ? Les États-Unis sont-ils prêts à protéger ces forces à perpétuité ? Est-ce que les États-Unis vont fournir une couverture aérienne à des forces qui se battent directement avec des alliés du régime en dehors de la zone de 55 kilomètres ? Les trois dernières frappes ont-elles provoqué une contre-escalade qui a nui aux intérêts des États-Unis ? Malheureusement, la réponse à la dernière question est oui. 
... 
La stratégie devrait commander la tactique quand on a affaire à des forces soutenues par l’Iran en Syrie, et non l’inverse. 
... 
Les États-Unis ont la capacité de défendre une garnison dans le désert syrien. Cependant, il n’y a aucune raison stratégique de le faire, ce qui rend impossible une évaluation des avantages et des inconvénients.

Le département de la Défense et le commandement américain sur le terrain n’ont à l’évidence pas encore compris cela. Le commandant local des États-Unis a fait venir de Jordanie à al-Tanf un système d’artillerie à longue portée étasunien HIMARS. HIMARS a une portée de 300 kilomètres. Cela ne fait aucune différence d’un point de vue tactique s’il tire de Jordanie ou d’al-Tanf en Syrie à quelque 12 kilomètres à l’est de la frontière. C’est une démarche symbolique du type « planter le drapeau » à al-Tanf, mais elle expose le système d’artillerie à une attaque légitime des forces syriennes, russes et iraniennes.

 

Comme le secrétaire d’État Tillerson l’a dit à juste titre : les États-Unis n’ont aucune autorité légale pour attaquer les Syriens ni les Iraniens ni les forces russes. Pas la moindre. Ils ont envahi la Syrie sans motif légitime. La Syrie, en revanche, a le pouvoir légal de jeter dehors les troupes américaines.

 

Faire venir les HIMARS à al-Tanf, est tout à fait idiot. Il est grand temps que Washington arrête ses bêtises.

 

Moon of Alabama

source Al Watan Online

»» http://www.moonofalabama.org/2017/06/syria-summary-the-end-of-the-war-...
URL de cet article 32003 

Publié par El Diablo

Les VRAIES raisons de la GUERRE en SYRIE [vidéo]

 

 Les VRAIES raisons de la GUERRE en SYRIE [vidéo]

Alain Juillet évoquait au Sénat les vraies raisons de la guerre en Syrie :suivez les pipelines !

jeudi 1 juin 2017

Palmyre: le terrorisme, arme d'une guerre hybride

Deux fois en une semaine, la Russie a arrêté une tentative de Daesh sur Palmyre. Il est surprenant de noter que chaque rencontre internationale où il est question de renforcer la coopération avec la Russie dans la lutte contre le terrorisme, s'accompagne de tentatives de percée des groupes islamiques. Coïncidences certainement. A moins qu'il ne soit temps de reconnaître que le terrorisme est utilisé comme arme dans cette guerre hybride. Que cette guerre est une négation de la civilisation. Que nous revenons à la barbarie.
 
Le 25 mai, une colonne de 39 pick-up avec de l'artillerie et 120 hommes se dirigeait de Rakka vers Palmyre. Ayant tiré les leçons des évènements précédents, la Russie a développé sa surveillance et ses techniques de renseignement dans la région. Des drônes surveillent en permanance Rakka et ses alentours. Elle a ainsi su en avance les déplacements prévus par les terroristes et l'aviation a bombardé la colonne.
 

 
Une seconde tentative a eu lieu dans la nuit du 29 au 30 mai. Cette fois-ci trois colonnes de véhicules, avec armement et 80 terroristes, sortent à nouveau de Rakka pour se diriger vers Palmyre, en espèrant bénéficier de la protection de l'obscurité. L'aviation russe a bombardé ces colonnes et détruit les armements. Comme le précise les sources russes, ces terroristes ont été armés par les "Forces démocratiques syriennes", mais également par les Etats Unis, la Grande Bretagne et la France. Ce qui confirme encore une fois, si besoin est, que la coalition russe et la coalition américaine n'ont pas les mêmes ennemis.
 
Enfin, le 30 mai, la Russie a lancé 4 missiles de croisière Kalibr sur des objectifs cachés de Daesh à l'est de Palmyre. Tous furent détruits.
 

 
Lorsque l'on regarde froidement la manière dont les terroristes sont armés et financés, l'on en arrive forcément à se demander dans quelle mesure cette menace n'est pas virtuelle? Cela ne signifie pas qu'elle n'existe pas, des gens meurent réellement sous le coup de réels attentats. Elle est virtuelle dans le sens où la menace est ailleurs, où l'on inverse la cause et les conséquences. Le terrorisme n'est pas la cause de la menace, il en est la conséquence. 
 
Pour reprendre l'expression de "guerre hybride" si chère à l'Occident, les groupes terroristes sont les armées de ces guerres hybrides - et sales. Car le droit de la guerre ne s'applique pas à eux.  Les soldats des armées régulières sont un minimum obligés par une règlementation internationale qui interdit la torture et la barbarie, sinon la responsabilité de l'Etat est engagée. Nous revenons à cette période barbare, puisque les Etats utilisent contre d'autres Etats des terroristes, qui peuvent accomplir toute la sale besogne. 
 
Il y a bien sûr des dégâts collatéraux, des attentats en Europe ou aux Etats Unis, mais ils sont finalement très utiles pour justifier, d'une part, la mise en place d'une législation liberticide qui ne serait pas autrement acceptée par les populations occidentales et, d'autre part, le renforcement de la globalisation: la menace étant globale, la lutte ne peut être nationale. Les Etats fournissent les forces militaires, mais ne décident pas. En tout cas, tous les Etats ne sont pas autorisés à décider. 
 
Dans ce contexte, nous risquons de parler encore très longtemps de la lutte contre le terrorisme, tant que cette guerre sale ne sera pas terminée. Tant que nous ne reviendrons pas à un mode politique plus civilisé. Et cela va prendre du temps ...
 

Armes chimiques en Syrie : à propos du rapport des services de renseignements français

Photo de la visite de John Kerry au Palais de l´Élysée suite aux attentats de Paris, 17 novembre 2015, tirée d´un article de presse paru dans Clicanoo

Il y a presque un mois, le 26 avril 2017, la presse française a annoncé le contenu d’un rapport des services de renseignement français confirmant l’usage d’armes chimiques en Syrie le 4 avril dernier (voir le texte complet du rapport inclus dans cette note du Huffingthon Post et déclaration officielle du chef de la diplomatie française). On lit (voir article du Monde) que "Les preuves recueillies par les services français complètent celles des Américains et des Britanniques. Elles sont accablantes pour Bachar Al-Assad, même si elles ne démontrent pas un ordre direct du dictateur syrien, seul véritable patron d’un arsenal chimique qui n’a donc pas été totalement détruit malgré ses engagements". La reáction prévisible de la Syrie s’est fait entendre 24 heures plus tard (voir note de l’Express).

 

On remarquera que l’annonce officielle de "preuves irréfutables contre la Syrie" par la France a été faite quelques jours avant le premier tour des élections, le 19 avril 2107 (voir déclarations du chef de la diplomatie contenues dans cette note de presse parue dans Le Parisien).

 

Une sensation de déjà vu

 

On rappelera également que dans un livre publié en France en 2014 par deux journalistes, "Les chemins de Damas", il était precisé comment sont parfois rédigés certains rapports sur la Syrie par des services de renseignements : "Les informateurs avaient soulevé plusieurs questions dans leurs rapports concernant des événements qu’ils n’avaient pas pu vérifier comme l’utilisation de gaz sarin. Une des hypothèses faite par les informateurs dans leurs rapports était la suivante : "Il est possible que des bombardements classiques de l’armée syrienne sur un laboratoire clandestin des rebelles ait provoqué une fuite de gaz." Mais cette conclusion a été "purement et simplement coupée" du texte du rapport final" (voir note de presse de Sabah Ayoub publiée dans Le Grand Soir). Les articles de presse publiés en septembre 2013 ont bien évidemment signalé la Syrie comme la seule et unique responsable (voir par exemple note l’Obs, parmi bien d’autres). Dans un commentaire sur cet ouvrage, l’auteur commence en indiquant que " Le livre français, "Les chemins de Damas" publié il y a quelques jours, provoque un scandale en révélant des éléments secrets sur la manière dont la présidence française a forcé le corps diplomatique et les services secrets français à se soumettre à la décision politique de renverser Assad, ainsi qu’à manipuler les rapports sur les armes chimiques et la réelle puissance du régime syrien".

 

On notera aussi que, plus récemment, les services de renseignements israéliens et français ont affiché une coopération fort étroite concernant les armes chimiques en Syrie, comme l’opération dite "Ratafia" dévoilée par Le Monde au mois de mars 2017 (voir note parue dans Le Monde). On ignore si d’autres opérations conjointes des services des deux Etats ont été menées ou sont en cours actuellement en Syrie.

 

La certitude des Etats Unis, fondement d’une frappe aérienne illégale au regard du droit international

 

Comme on le sait, en "représailles" à l’explosion de substances chimiques survenue à Khan Cheikhoun du 4 avril dernier, ayant causé la mort de 87 personnes, les Etats-Unis ont ordonné deux jours plus tard le bombardement de la base d’Al-Chayrat, d’où étaient partis, selon le Département d’Etat, le ou les avions de l’armée syrienne responsables du lancer les armes chimiques. Cette opération militaire des Etats-Unis constitue une violation flagrante de la Charte des Nations Unies. Pour une analyse strictement juridique, nous renvoyons à celle du Professeur Marko Milanovic (Université of Nottingham) intitulée : "The Clearly Illegal US Missile Strike in Syria" publiée sur by EJIL Talk. On lit dans une analyse plus récente publiée en Belgique que le droit international "... ne reconnaît pas de « droit » unilatéral d’intervention humanitaire. De même, la « responsabilité de protéger », consacrée par les membres des Nations unies en 2005, n’autorise pas un État à bombarder le territoire d’un autre État sans l’autorisation du Conseil de sécurité, même si ces bombardements sont conduits à des fins de protection de populations civiles menacées par leur propre gouvernement.

 

Les frappes du 6 avril n’ont donc, en l’état, aucun fondement en droit international. Elles doivent donc être considérées comme illégales" (voir article de Nabil Hajjami, Maître de conférences à l’Université Paris Nanterre (CEDIN), intitulé "Les frappes militaires américaines en Syrie du 6 avril 2017 – Quelles incidences en droit international ? ", disponible ici).

 

Une analyse récente précise les risques de dérive concernant les interventions unilatérales dites "humanitaires" : "Article 2(4) is under great strain in the post-9/11 world and further exceptions would only further endanger international peace and stability. One only needs to consider how President Putin drew on NATO’s action in Kosovo as a precedent for intervention in Ukraine, stating that it was a ‘humanitarian mission’. This shows the dangers of setting precedents of humanitarian intervention and the risk of this ‘right’ being used as a pretext for aggressive and unlawful behaviour. It should not therefore be called upon to fill an enforceability or accountability gap. Responding to a breach of one cardinal international rule with a breach of another would be a retrograde step in the development of international law" (voir l’analyse du chercheur Chris O’Meara, intitulée "United States’ Missile Strikes in Syria : Should International Law Permit Unilateral Force to Protect Human Rights ?"publiée par EJIL-Talk, disponible ici)

 

L’absence de condamnation catégorique de la part des alliés des Etats-Unis concernant cette décision unilatérale du Président Donald Trump est une donnée à prendre en compte. Lors de son intervention devant le Conseil de Sécurité, le représentant de la France a même jugé utile d’affirmer que "cette opération américaine a constitué une réponse légitime face à un crime de masse qui ne pouvait rester impuni. Bashar Al-Assad, nous l’avons dit et répété, porte l’entière responsabilité de ce développement" (voir texte complet du compte rendu de la séance du 12 avril 2017, S7PV.7922, p. 4).

 

Comme on le sait, "punir" et éviter que des crimes puissent "rester impunis" sont des termes propres du droit pénal international, qui prévoit un certain nombre de mécanismes à ce sujet. Concernant les violations au droit international humanitaire et aux normes relatives aux droits de l’homme commises en Syrie, un mécanisme spécial a été créé en vertu d’une résolution adoptée par l’Assemblée Générale le 21 décembre 2016 (voir notre note sur le sujet publiée en Anglais). On notera que la France n’a pas pris la parole lors du débat général sur cette résolution, accompagnée par le même silence de la part des Etats-Unis et du Royaume Uni. Ce nouveau mécanisme s’ajoute à celui mis en place par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies en 2011 (voir site officiel de la Commission Internationale Indépendante sur la Syrie).

 

Dans toutes nos belles facultés de droit, on enseigne que le droit international public exclut l’usage unilatéral et "punitif" de la force armée par un Etat contre un autre Etat, et ce depuis 1945. Nonobstant, il semblerait que pour l’occasion, les Etats-Unis el la France considèrent que les choses ont quelque peu changé depuis la signature de la Charte des Nations Unies. A ce sujet, nous avions eu l’occasion de signaler l’étrange rapprochement de vues entre les Etats-Unis et la France, lors de l’adoption de la résolution 2249 en novembre 2015 par le Conseil de Sécurité, suite aux attentats de Paris, concluant que "La stratégie nord-américaine dans sa « guerre contre le terrorisme » semble donc avoir de nouveaux adeptes en France, même si ses échecs sont largement connus. Sur ce point précis, le rapprochement n’est pas seulement une simple vue de l’esprit : le premier diplomate étranger à s’être rendu personnellement au Palais de l’Elysée suite aux attentats de Paris fut le Secrétaire d’Etat américain John Kerry, le 17 novembre ; la première destination à l’étranger du Président François Hollande suite aux attentats fut la visite rendue le 24 novembre 2015 à son homologue à Washington" (voir notre note, "Attentats à Paris : remarques critiques au sujet de la résolution 2249 du Conseil de Sécurité des Nations Unies", Sentinelle-SFDI, Bulletin 454 du 29 novembre 2015, disponible ici).

 

La discussion au sein du Conseil de Sécurité : de la certitude de certains à l’incertitude collective

 

Lors de son intervention le 5 avril au Conseil de Sécurité, le représentant de la France a indiqué qu’ "Après six années de conflit en Syrie marquées par la violence la plus effroyable contre la population civile et notamment par l’emploi avéré et répété d’armes chimiques par le régime syrien contre son propre peuple, en particulier au gaz de chlore, nous nous sommes une nouvelle fois réveillés hier en apprenant qu’une attaque ignoble venait d’être commise à Khan Cheikhoun, au sud d’Edleb. Cela ne peut que nous rappeler cette terrible journée du 21 août 2013, après les attaques chimiques commises par le régime dans la Ghouta, en banlieue de Damas, dont les images insoutenables hantent les mémoires" (voir compte rendu S/PV.7915 de la séance du 5 avril 2017, page 3).

 

Or, malgré ces affirmations catégoriques entendues de la part du représentant de la France concernant l’implication directe des autorités syriennes, on notera que lors de la réunion du Conseil de Sécurité tenue le 12 avril, la France (avec les Etats-Unis et le Royaume Uni) a présenté un projet de résolution condamnant l’usage "qui aurait été fait" d’armes chimiques en Syrie (voir texte). La nuance, quoique ignorée par de nombreux commentateurs, mérite d’être signalée. Sur les quinze Etats siégeant au Conseil de Sécurité, ce projet de résolution n’a obtenu que dix votes pour, deux contre (dont celui de la Russie) et trois abstentions (donte celle de la Chine). Le représentant de la Chine a expliqué que "Le projet de résolution sur lequel nous avons voté condamne l’emploi d’armes chimiques en Syrie et appelle à mener une enquête sur les faits, ce que la Chine approuve. Néanmoins, certains autres éléments du texte auraient pu être modifiés pour garantir un consensus. C’est pourquoi la Chine s’est abstenue dans le vote sur le projet de résolution" (voir compte rendu de séance S/PV.7922, page 6).

 

On peut d’ailleurs s’interroger sur le nombre de votes qu’aurait réuni ce texte en sa faveur s’il avait été aussi catégorique dans son premier paragraphe que ses trois auteurs dans leurs interventions respectives. Le malaise de certains représentants, tel celui de l’Uruguay, ayant voté pour sans grande conviction, se laisse entrevoir lorsqu’il explique que

 

"les privilèges qui distinguent les différents membres du Conseil font penser à une expression figurant dans le roman de George Orwell, intitulé « La Ferme des animaux », selon laquelle certains animaux sont plus égaux que d’autres. Ce déséquilibre légal mais illégitime, fait que de nombreux membres se trouvent dans une situation où ils sont obligés de choisir le moindre des deux maux parmi les options qui leur sont présentées" (voir compte rendu de séance S/PV.7922, page 11).

 

Nous renvoyons à notre note parue dans Debate Global et dans Ius 360 (en espagnol) relative à la position des deux Etats d’Amérique Latine membres du Conseil de Sécurité lors du débat sur la Syrie : la Bolivie, ayant voté contre et l’Uruguay, ayant choisi de voter pour.

 

Les annexes de ce texte en espagnol renvoient au projet de résolution russe et aux projets dénommés "E-10" et "P-3" (version anglaise) ayant circulé au sein du Conseil de Sécurité le 5 avril 2017, lors d’une séance urgente sur la Syrie. Peu de commentateurs se sont intéréssés au texte russe et noté la différence de ton par rapport aux projets "E-10" (présenté par les Etats élus Membres du Conseil) et "P-3 " (présenté par les Etats-Unis, la France et le Royaume Uni). La principale différence entre ces deux derniers tient au Paragraphe 5 exigeant de la Syrie des informations militaires qu’un Etat partage rarement avec d’autres Etats.

 

Concernant le texte finalement présenté et soumis au vote lors de la séance du 12 avril (correspondant à une version à peine remaniée du projet "P-3" du 5 avril) on est d’ailleurs en droit de se demander s’il est habituel de voir le Conseil de Sécurité des Nations Unies condamner "avec la plus grande fermeté l’emploi qui aurait été fait d’armes chimiques" (Paragraphe 1) ; et, plus généralement, condamner des actions "qui auraient été" menées. Sur ce point, une recherche rapide sur la toile de cette expression par le Conseil de Sécurité renvoie au seul projet de résolution présenté le 12 avril précité, mais le doute est permis. Nous remercions d’avance nos lecteurs et chercheurs de réferer à une quelconque résolution précédente du Conseil de Sécurité condamnant "avec la plus grande fermeté" des choses qui auraient été faites.

 

La certitude états-unienne passée au crible

 

Un rapport des services de renseignements des Etats-Unis (voir texte complet) rédigé afin de justifier cette action militaire contre la Syrie a été analysé par un spécialiste, Theodore Postol, Professeur au MIT (Massachusets). On peut lire dans l’analyse de cet expert (voir texte publié par GlobalResearch) que "We again have a situation where the White House has issued an obviously false, misleading and amateurish intelligence report". Dans un Addendum du 13 avril (voir texte), le scientifique conclut son analyse ainsi : "I therefore conclude that there needs to be a comprehensive investigation of these events that have either misled people in the White House, or worse yet, been perpetrated by people seeking to force decisions that were not justified by the cited intelligence. This is a serious matter and should not be allowed to continue".

 

A noter qu’en 2014, un rapport similaire (voir texte complet du rapport signé par deux experts, Richard Lloyd et Théodore Postol) avait également mis en doute les certitudes des Etats-Unis et de la France sur la responsabilité directe de la Syrie lors d’une explosion de substances chimiques dans le quartier Est de Ghouta (Damas), au mois d’août 2013. Laurent Fabius, alors Ministre des Affaires Etrangères, avait alors évité de répondre à une question d’un étudiant apparemment fort bien informé (voir article dans Le Point).

 

Concernant le récent rapport des services de renseignements français, une analyse de Théodore Postol précise, du point de vue chimique, que les inconsistances sont évidentes : "Such an obviously flawed investigative finding would be a product of the same combination of irrationalarguments and unsound scientific evidence that the FIR used as its basis to reach a conclusion that the Syrian government must have executed in nerve agent attack on April 4, 2017 in Khan Sheikhoun" (voir texte complet de son analyse intitulée "The Flawed Chemical Analysis in the French Intelligence Report of April 26, 2017 Alleging a Syrian Government Sarin Nerve Agent Attack in Khan Sheikhoun of April 4, 2017", datée du 30 avril 2017).

 

Pour revenir à l’usage de substances chimiques en Syrie le 4 avril dernier, il sied de rappeler qu’Israël, par la voix de son Ministre de la Défense, affirma immédiatement être "100% certain" de l’implication directe des plus hautes autorités syriennes (voir note de Haaretz). La Turquie pour sa part, sans désigner de responsables, confirma officiellement que le gaz sarin avait bien été utilisé le 4 avril en Syrie (voir note du New York Times).

 

L’OIAC pressée de déclarer, avant toute enquête in situ

 

Les enquêteurs de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) ont conclu, le 19 avril dernier 2017, et ce sans procéder à l’envoi d’une mission sur place (réclamé depuis le 5 avril par la Russie dans son projet de résolution), à l’emploi « irréfutable » de gaz sarin ou d’une substance similaire. Sur cette épisode récent de l’OIAC, inhabituel dans la mesure ou l’OIAC prend plusieurs mois afin de mener une enquête en Syrie, nous renvoyons a notre note intitulée "Without any in situ inspection, OPCW confirms sarin exposure during the events that took place in Syria last April 4th" publiée sur le site de Human Rights Investigations. Or, dans un rapport daté du 24 avril 2017, et qui n’a fait l’objet d’aucun communiqué de presse, on lit de, la part de l’OIAC, qu’une Mission d’établissement des faits (Fact Finding Mission - FFM) a été mise en place : "The FFM is currently continuing the process of interviews, evidence management, and sample acquisition. A first interim report is expected to be completed in the coming weeks, at which time it will be submitted for the consideration of the States Parties and shared with the JIM" (voir rapport, point 18). Le 27 avril, le guatémalteque Edmond Mulet a été désigné par l’actuel Secrétaire Général des Nations-Unies pour présider l’organe de l’OIAC chargé de l’enquête en Syrie (voir note de presse de Prensa Libre), en remplacement de Virginia Gamba, argentine, nommée le 15 septembre 2015 par son prédécesseur Ban Ki-moon (voir note de presse des Nations-Unies).

 

Les informations, indices, ainsi que les pistes et les hypothèses doivent se traduire, au sein d’un mécanisme de vérification international sur place, en faits vérifiés pouvant établir avec précision le type de substances chimiques, leur origine exacte, et le type d’explosion ayant eu lieu. Une fois identifiée(s) une ou plusieurs substances chimiques et leur origine, les éléments de preuves rassemblés doivent permettre d’attribuer à une entité leur usage : cette ultime étape constitue un point sur lequel les difficultés sont majeures. En effet, nombreuses sont les possibilités d’usage de substances chimiques de la part des divers acteurs qui participent, soit directement, soit de façon indirecte, au conflit en Syrie.

 

Il s’agit d’un travail de longue haleine, et l’on peut rester surpris par la vitesse avec laquelle le Directeur Général de l’OIAC a communiqué les résultats préliminaires le 19 avril dernier (date qui coïncide avec l’annonce de "preuves irréfutables" par le chef de la diplomatie française mentionnée ci-dessus concernant l’implication des autorités syriennes).

 

Il faut savoir que les enquêtes menées en Syrie par l’OIAC prennent habituellement un certain temps. Par exemple, le dernier rapport qui a été remis au Conseil de Sécurité concernant l’usage prétendu d’armes chimiques en Syrie date de janvier 2017 : voir la lettre de décembre 2016 et le rapport de la mission d’établissement des faits menée par l’OIAC en Syrie sur un incident du 2 août 2016, disponibles ici. On lit (point 18 des conclusions du rapport) : "Conclusions 18. Aucun des produits chimiques identifiés n’est susceptible d’être la cause du décès des victimes dans l’incident. La méthyldiéthanolamine est un précurseur de l’ypérite à l’azote, mais elle est également présente dans certains détergents commerciaux. Les signes d’exposition à l’ypérite à l’azote n’étaient pas visibles chez les victimes".

 

Une autre enquête de l’OIAC a été ordonnée concernant l’usage du gaz moutarde durant la bataille d’Alep au mois de novembre dernier, dont les résultats sont toujours attendus. Traduire des indices en preuves au sens d’une procédure de vérification internationale, et, ensuite, passer de preuves à l’imputabilité n’est pas toujours chose aisée.

 

Il est bon de rappeler que l’OIAC a été créée en vertu de la "Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction", signée à Paris en 1993, et qui est entrée en vigueur en 1997. Cette convention multilatérale a été ratifiée par 192 Etats (dont la Syrie, qui l’a ratifiée en 2013). En 2014, les équipes de l’OIAC ont conclu leur travail en Syrie, les stocks d’armes chimiques possédés par l’armée syrienne ayant été officiellement détruits. Nous renvoyons le lecteur au site officiel de l’OIAC concernant son travail en Syrie, où sont mis en ligne les divers rapports, demandes, documents officiels divers et communiqués de presse depuis 2013. Lors de la séance urgente du Conseil de Sécurité sur la Syrie du 5 avril 2017, le représentant du Secrétaire Général a présenté aux membres du Conseil un état des lieux concernant les actions menées par l’OIAC en Syrie (voir compte rendu S/PV.7915 de la séance du 5 avril 2017, pages 1-2).

 

A noter que le seul Etat Membre des Nations-Unies à ne pas avoir ratifié la convention sur l’interdiction des armes chimiques adoptée en 1993 est Israël (voir liste officielle sur l’état des signatures et ratifications). Dans un article du Jérusalem Post de 2015 intitulé "Israël et les armes chimiques", on y lit que "selon un document secret de la CIA publié par le magazine américain Foreign Policy en 2013, un satellite espion américain aurait découvert en 1982, une usine de production d’agent neurotoxique ainsi qu’un centre de stockage près de Dimona.

 

Lors d’une conférence de l’OIAC réservé aux journalistes israéliens en décembre dernier, un fonctionnaire de l’organisation confirmait l’existence d’un stock d’armes chimiques israélien. Une information que l’organisation s’est hâtée de démentir, expliquant ne pas avoir la capacité d’évaluer si les Etats non parties possèdent ou non des armes chimiques".

 

En guise de conclusion

 

On se souvient qu’en septembre 2013, la France a failli déclarer la guerre à la Syrie. Le volte-face du Président Barack Obama avait obligé à revoir le dispositif militaire de la France prévu (voir note de presse intitulée "L’été où la France a presque fait la guerre en Syrie". On lit dans la note précitée que :

"Mercredi 4 septembre, le jour du débat prévu à l’Assemblée nationale, François Hollande convoque ses principaux ministres et collaborateurs pour un conseil restreint, à 11 h 30, à l’Elysée. « Le président insiste sur la nécessité d’apporter des informations d’origine françaises pour valider un argumentaire en quatre points, raconte un témoin : c’est une attaque chimique, massive, contre des civils, orchestrée par le régime de Bachar Al-Assad ».

 

En ce mois d’avril 2017, il semblerait que ce qui s’est passé le 4 avril en Syrie offrait à certains décideurs politiques une nouvelle possibilité. Avec une différence par rapport à 2013 : l’existence, pour ce qui a trait aux arnmes chimiques en Syrie, d’un mécanisme de vérification mis en place par l’OIAC.

 

Le rapport des services de renseignements de la France, rendu public trois jours après le premier tour du scrutin, attribue directement aux autorités syriennes l’usage de substances chimiques contre les groupes rebelles à Idlib le 4 avril dernier, et écarte toute autre hypothèse. Au vu de l’insistance avec laquelle la France a affirmé depuis le 4 avril l’implication des autorités syriennes, les conclusions auxquelles ce rapport parvient étaient prévisibles.

 

Les rapports des services de renseignements ne sont pas des documents publics. Mais lorsqu’ils sont rendus publics, c’est bien souvent pour essayer de justifier la position d’un Etat. Au vu de la qualité relative du rapport des services de renseignements des Etats-Unis, ont est en droit de penser que celui produit par la France cherche aussi, entre autres motifs, à venir en aide à un chef d’Etat partageant les mêmes vues sur le dossier syrien : le Président Donald Trump.

 

Nicolas Boeglin
Professeur de Droit International Public, Faculté de Droit, Université du Costa Rica (UCR)

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Rapide voyage à l’intérieur de la SYRIE gouvernementale [TÉMOIGNAGE]

Rapide voyage à l’intérieur de la SYRIE gouvernementale [TÉMOIGNAGE]

Le Collectif Polex à reçu un ami revenu récemment de Damas. Il tient à conserver l'anonymat, il n'est pas toujours facile d'exprimer en France une opinion contraire à celle des gouvernants occidentaux sur la Syrie. Vous lirez ce témoignage (ci-dessous) en nous portant garant de son honnêteté.

Le Collectif Communiste Polex

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Début avril 2017, pendant 7 jours, j’ai pu découvrir la Syrie légale, celle contrôlée par le gouvernement de Bachar Al Assad. Voici quelques impressions et réflexions rapides sans prétention et loin d’un reportage ou une enquête exhaustive, ce qui me semble difficile dans ce pays en guerre depuis 6 ans. Nous avons pu obtenir le visa dans le cadre d’un voyage alliant solidarité et découverte. L’objectif humanitaire du déplacement était de faire parvenir des médicaments aux hôpitaux syriens Cela nous permettait de découvrir la vie quotidienne de ce pays martyre. Depuis l’embargo, la Syrie officielle doit acheter ses médicaments en devises au Liban.

La destruction de l’appareil productif (notamment la région d’Alep) a accentué la pénurie et le pays a du mal à couvrir ses besoins médicaux. Le groupe était formé d’une dizaine de personnes provenant de différents milieux socioculturels. Il y avait des ouvriers qualifiés, des techniciens, des fonctionnaires, des retraités, hommes et femmes. Tous se présentaient comme des amis de la Syrie et de son peuple. Ils voulaient voir sur place une réalité dont les média occidentaux dominants ne parlent pas. Le voyage avait été organisé par une petite association humanitaire de Syriens de France. Les zones parcourues s’étendent de la frontière libanaise à Damas puis de Damas à Alep en passant par Homs, et la côte méditerranéenne.

Sur certains axes, nous avons circulé dans les bus normaux, parmi la population syrienne, notamment dans le long trajet de 8 heures entre Damas et Alep. L’autoroute est parfois encore coupée et il faut faire de longs détours, d’abord par la montagne puis par le désert pour ne pas être exposés à des tirs intempestifs. Le reste du circuit, Lattaquié, Tartous, Homs, Maaloula (la cité chrétienne ravagée) a été effectué en mini bus loué par les organisateurs. Nous avons pu entrevoir la vie de cette population courageuse et qui semble unie. Damas, à notre arrivée en fin d’après-midi, souffre d’embouteillages permanents. Le centre-ville semble craquer tant la densité humaine parait importante. La présence de nombreux réfugiés provenant des zones de combat est manifeste. On s’entasse dans les appartements de la famille, des cousins, des amis. La vie est très chère et partout pauvreté mais dignité. L’artisanat, la réparation et le recyclage en tout genre permet à la population de survivre malgré les pénuries liées aux sanctions occidentales. Le soir il n’y a plus d’éclairage public et les coupures d’électricité nombreuses. Les blocs électrogènes prennent le relais chez les particuliers. L’armée arabe et nationale syrienne dite « armée du régime » et les différents groupes de défense locale sont partout. Ils sont formés par toutes les communautés avec beaucoup de jeunes certainement nouvellement enrôlés. Ces soldats ont le sentiment de se battre actuellement contre une agression extérieure. Leur solde est basse et sans commune mesure avec les salaires proposés dans les milices des groupes rebelles. Pour eux, il n’y a pas d’islamistes modérés mais de terroristes qui occupent leur pays en y créant l’insécurité. Les deux plus grandes villes du pays (Damas et Alep) sont totalement pacifiées de même que les villes de la côte et Homs. Cela ne les empêche pas d’entendre des canonnades lointaines, le survol des Mig, des hélicoptères et de subir des attentats à la voiture piégée. De temps à autre (deux fois durant notre séjour) la capitale reçoit des tirs de roquettes aveugles provenant des montagnes. C’est pour des raisons de sécurité qu’il nous fallut faire demi-tour à seulement 20 km de la cité antique de Palmyre. La présence de snipers de Daech était signalée. Dans cette zone nous avons pu apercevoir 5 puits de pétrole en flamme et une raffinerie détruite. Faute de moyen et à cause de l’insécurité les autorités laissent brûler. Cela explique la grande difficulté pour s’approvisionner en carburant. La population disciplinée ouvre les sacs aux barrages de sécurité qui ceinturent les quartiers. Sur les routes des check points distants de 5 à 10 km contrôlent les coffres des véhicules, les sacs et marchandises. Pour des échanges directs et totalement indépendants nous étions limités par la langue et seuls les chrétiens semblent avoir sauvegardé la culture francophone. Je peux citer une religieuse libanaise responsable d’un orphelinat, un homme d’affaire lié au tourisme ou des personnes âgées rencontrées librement et vraiment au hasard dans les rues de Damas. Les témoignages recueillis convergent souvent dans le même sens. Il y a eu un incontestable mouvement démocratique en 2011 que les chrétiens ont salué mais qui très vite a été pris en main par des groupes armés islamistes et djihadistes. La soi-disant opposition laïque se disputait à Istanbul, à Paris ou au Caire mais n’avait aucune représentation crédible sur le terrain. Souvent on nous a interrogés sur le rôle de la diplomatie française qui d’après eux aurait pu avoir un rôle médiateur mais qui s’est alignée sur les seuls groupes terroristes.

Nous avons pu visiter librement, sans escorte avec seulement des personnes parlant arabe, les zones libérées d’Alep Est. Nous avons pu observer les terribles destructions sur les lignes de front et l’organisation des réseaux creusés par les rebelles dans une stratégie de guerre souterraine. Les tunnels communiquaient avec les égouts où de puissantes charges explosibles étaient positionnées sous les positions tenues par l’armée régulière. Les souks et la mosquée des Omeyade ont été pillés et fortement endommagés mais déjà des jeunes de l’école technique de Damas s’affairent à des travaux de restauration. Les bâtiments publics ont été occupés par les groupes rebelles de même que certaines maisons de particuliers car elles avaient par leur position une utilité stratégique. Nous avons trouvé, dans les sous-sols du QG des fameux casques blancs mais occupés par des combattants terroristes ((Jabhat Al Nostra) au milieu des immondices, des tracts du CBRN-TF en arabe (Chemical, biological, Radiological, Nuclear) de la task force de l’OTAN. Cela prouverait que des contacts entre l’alliance atlantique et les rebelles étaient engagés pour une assistance sanitaire et logistique.

Malgré leurs victoires récentes et leur moral élevé, l’armée nationale et les différentes défenses territoriales apparaissent comme épuisées et fatigués. Ils habitent dans des abris de fortune avec un matériel dérisoire aux barrages (des Kalachnikovs et des pick-up avec mitrailleuse Doushka).

Contrairement aux légendes nous n’avons pas vu de Russes en déplacement, seulement une base près d’Alep. On nous a dit qu’après les déminages, une de leurs spécialités, ils ne feraient que de la logistique.

Nous pouvons conclure que ce voyage de solidarité n’était pas de vouloir sauver un régime politique mais l’existence même d’un état souverain que certains voudraient voir éclaté. L’état syrien est indépendant depuis 1946. Il est reconnu comme tel par la communauté internationale. Malgré toutes ses imperfections, il permettait de faire vivre en paix les diverses communautés composant la société syrienne. L’avenir appartient au peuple syrien, sans intervention extérieure, lui seul saura décider de son futur.

vendredi 19 mai 2017

Syrie: la coalition américaine bombarde les alliés de Assad luttant contre Daesh

La coalition américaine reconnait avoir bombardé des forces pro-Assad luttant contre Daesh. Elle reconnait l'avoir fait sciemment. Car ils présentaient un danger. Voici ce qui se passe lorsque l'on n'a pas le même ennemi: certains utilisent les terroristes dans un but politique pour garder le contrôle sur un territoire, d'autres luttent contre ces terroristes.
 
Le 18 mai, la coalition américaine, après avoir soi-disant prévenu les "intrus" et leur avoir demandé de sortir de la zone contrôlée par la coalition américaine, après avoir soi-disant prévenu la Russie par le canal officiel, a bombardé une colonne de chars T 62 qui se dirigeait vers At Tanf en Syrie. Tout cela, parce que cette colonne de 5 chars présentait un danger et qu'il fallait bien se défendre. 
La question étant: se défendre contre qui? Car les Etats Unis affirment entrainer là-bas des forces d'opposition. L'affirmation du Pentagone selon laquelle la politique américaine dans la région n'a pas changé est on ne peut plus vrai: les Etats Unis continuent à défendre leurs groupes armés contre les forces d'Assad.
 
La seconde excuse avancée concerne ces fameuses zones de désescalades. Or, comme le fait remarquer le Pentagone un peu plus tard, il ne s'agit pas tout à fait d'une zone de désescalades faisant partie de celles convenues à Astana, mais ce territoire aurait été visé par un ancien memorandum passé entre les Etats Unis et la Russie ... Si l'explication est assez floue, en revanche, la démarche féodale est évidente: nous sommes chez nous et faisons ce que nous voulons. 
 
Autrement dit, soit Trump a lui-même donné l'ordre, comme ce fut le cas lors de la dernière attaque de la base aérienne syrienne et les discussions avec la Russie ne lui servent qu'à gagner du temps pour reprendre la main en Syrie et affaiblir Assad, en utilisant les armées constituées sur place par la coalition américaine. Soit la guerre des clans aux Etats Unis se radicalise après que Trump ait relevé la tête dernièrement et le maximum est fait pour compliquer sa tournée au Moyen Orient et en Europe.
 
Un sénateur russe estime que cet acte doit être considéré à l'ONU comme un acte d'agression. Mais la Russie sera bien seule à défendre cette position, pourtant rationnelle. Dans tous les cas, il est extrêmement difficile de coopérer avec un pays dont le pouvoir le maîtrise pas le processus de décision politique. Situation encore compliquée par cette manie des guerres modernes de jouer sur l'apparence, car le niveau d'armement mondial ne permet plus les guerres traditionnelles. Les avancées militaires sont utilisées dans des processus politiques de négociation sans fin. Et ces conflits n'en finissent pas.
 

«  Le Collectif Polex à reçu un ami revenu récemment de Damas. Il tient à conserver l'anonymat, il n'est pas toujours facile d'exprimer en France une opinion contraire à celle des gouvernants occidentaux sur la Syrie. Nous transmettons à nos lecteurs ce témoignage en nous portant garant de son honnêteté. »

 

Rapide voyage à l’intérieur de la Syrie gouvernementale

 

Début avril 2017, pendant 7 jours, j’ai pu découvrir la Syrie légale, celle contrôlée par le gouvernement de Bachar Al Assad. Voici quelques impressions et réflexions rapides sans prétention et loin d’un reportage ou une enquête exhaustive, ce qui me semble difficile dans ce pays en guerre depuis 6 ans. Nous avons pu obtenir le visa dans le cadre d’un voyage alliant solidarité et découverte. L’objectif humanitaire du déplacement était de faire parvenir des médicaments aux hôpitaux syriens Cela nous permettait de découvrir la vie quotidienne de ce pays martyre. Depuis l’embargo, la Syrie officielle doit acheter ses médicaments en devises au Liban. La destruction de l’appareil productif (notamment la région d’Alep) a accentué la pénurie et le pays a du mal à couvrir ses besoins médicaux. Le groupe était formé d’une dizaine de personnes provenant de différents milieux socioculturels.

 

Il y avait des ouvriers qualifiés, des techniciens, des fonctionnaires, des retraités, hommes et femmes. Tous se présentaient comme des amis de la Syrie et de son peuple. Ils voulaient voir sur place une réalité dont les média occidentaux dominants ne parlent pas.

 

Le voyage avait été organisé par une petite association humanitaire de Syriens de France.

 

Les zones parcourues s’étendent de la frontière libanaise à Damas puis de Damas à Alep en passant par Homs, et la côte méditerranéenne. Sur certains axes, nous avons circulé dans les bus normaux, parmi la population syrienne, notamment dans le long trajet de 8 heures entre Damas et Alep. L’autoroute est parfois encore coupée et il faut faire de longs détours, d’abord par la montagne puis par le désert pour ne pas être exposés à des tirs intempestifs. Le reste du circuit, Lattaquié, Tartous, Homs, Maaloula (la cité chrétienne ravagée) a été effectué en mini bus loué par les organisateurs. Nous avons pu entrevoir la vie de cette population courageuse et qui semble unie. Damas, à notre arrivée en fin d’après-midi, souffre d’embouteillages permanents. Le centre-ville semble craquer tant la densité humaine parait importante.

 

La présence de nombreux réfugiés provenant des zones de combat est manifeste.

 

On s’entasse dans les appartements de la famille, des cousins, des amis. La vie est très chère et partout pauvreté mais dignité.

 

L’artisanat, la réparation et le recyclage en tout genre permet à la population de survivre malgré les pénuries liées aux sanctions occidentales. Le soir il n’y a plus d’éclairage public et les coupures d’électricité nombreuses. Les blocs électrogènes prennent le relais chez les particuliers. L’armée arabe et nationale syrienne dite « armée du régime » et les différents groupes de défense locale sont partout. Ils sont formés par toutes les communautés avec beaucoup de jeunes certainement nouvellement enrôlés.

 

Ces soldats ont le sentiment de se battre actuellement contre une agression extérieure. Leur solde est basse et sans commune mesure avec les salaires proposés dans les milices des groupes rebelles. Pour eux, il n’y a pas d’islamistes modérés mais de terroristes qui occupent leur pays en y créant l’insécurité. Les deux plus grandes villes du pays (Damas et Alep) sont totalement pacifiées de même que les villes de la côte et Homs. Cela ne les empêche pas d’entendre des canonnades lointaines, le survol des Mig, des hélicoptères et de subir des attentats à la voiture piégée. De temps à autre (deux fois durant notre séjour) la capitale reçoit des tirs de roquettes aveugles provenant des montagnes. C’est pour des raisons de sécurité qu’il nous fallut faire demi-tour à seulement 20 km de la cité antique de Palmyre. La présence de snipers de Daech était signalée. Dans cette zone nous avons pu apercevoir 5 puits de pétrole en flamme et une raffinerie détruite. Faute de moyen et à cause de l’insécurité les autorités laissent brûler. Cela explique la grande difficulté pour s’approvisionner en carburant. La population disciplinée ouvre les sacs aux barrages de sécurité qui ceinturent les quartiers. Sur les routes des check points distants de 5 à 10 km contrôlent les coffres des véhicules, les sacs et marchandises. Pour des échanges directs et totalement indépendants nous étions limités par la langue et seuls les chrétiens semblent avoir sauvegardé la culture francophone. Je peux citer une religieuse libanaise responsable d’un orphelinat, un homme d’affaire lié au tourisme ou des personnes âgées rencontrées librement et vraiment au hasard dans les rues de Damas. Les témoignages recueillis convergent souvent dans le même sens. Il y a eu un incontestable mouvement démocratique en 2011 que les chrétiens ont salué mais qui très vite a été pris en main par des groupes armés islamistes et djihadistes. La soi-disant opposition laïque se disputait à Istanbul, à Paris ou au Caire mais n’avait aucune représentation crédible sur le terrain. Souvent on nous a interrogés sur le rôle de la diplomatie française qui d’après eux aurait pu avoir un rôle médiateur mais qui s’est alignée sur les seuls groupes terroristes.

 

Nous avons pu visiter librement, sans escorte avec seulement des personnes parlant arabe, les zones libérées d’Alep Est. Nous avons pu observer les terribles destructions sur les lignes de front et l’organisation des réseaux creusés par les rebelles dans une stratégie de guerre souterraine. Les tunnels communiquaient avec les égouts où de puissantes charges explosibles étaient positionnées sous les positions tenues par l’armée régulière. Les souks et la mosquée des Omeyade ont été pillés et fortement endommagés mais déjà des jeunes de l’école technique de Damas s’affairent à des travaux de restauration. Les bâtiments publics ont été occupés par les groupes rebelles de même que certaines maisons de particuliers car elles avaient par leur position une utilité stratégique. Nous avons trouvé, dans les sous-sols du QG des fameux casques blancs mais occupés par des combattants terroristes ((Jabhat Al Nostra) au milieu des immondices, des tracts du CBRN-TF en arabe (Chemical, biological, Radiological, Nuclear) de la task force de l’OTAN. Cela prouverait que des contacts entre l’alliance atlantique et les rebelles étaient engagés pour une assistance sanitaire et logistique.

 

Malgré leurs victoires récentes et leur moral élevé, l’armée nationale et les différentes défenses territoriales apparaissent comme épuisées et fatigués. Ils habitent dans des abris de fortune avec un matériel dérisoire aux barrages (des Kalachnikovs et des pick-up avec mitrailleuse Doushka).

 

Contrairement aux légendes nous n’avons pas vu de Russes en déplacement, seulement une base près d’Alep. On nous a dit qu’après les déminages, une de leurs spécialités, ils ne feraient que de la logistique.

 

Nous pouvons conclure que ce voyage de solidarité n’était pas de vouloir sauver un régime politique mais l’existence même d’un état souverain que certains voudraient voir éclaté. L’état syrien est indépendant depuis 1946. Il est reconnu comme tel par la communauté internationale. Malgré toutes ses imperfections, il permettait de faire vivre en paix les diverses communautés composant la société syrienne. L’avenir appartient au peuple syrien, sans intervention extérieure, lui seul saura décider de son futur.

Syrie : A qui profite le crime ? (CounterPunch)

 

Cui bono – « Qui en profite ? » - est la première question qu’un détective expérimenté doit se poser lorsqu’il enquête sur un crime.

 

Comme j’ai été moi-même détective dans ma jeunesse, je sais ce que cela veut dire. La plupart du temps celui qu’on soupçonne de prime abord n’est pas le coupable. Quand on se demande « cui bono ? », un autre suspect, auquel on ne pensait pas, apparaît.

 

Depuis deux semaines, cette question me taraude. Ça ne me quitte pas.

 

En Syrie, un terrible crime de guerre vient d’être commis. La population civile d’une ville rebelle appelée Idlib a subi une attaque de gaz toxiques. Des dizaines de civils, y compris des enfants, sont morts d’une mort épouvantable.

 

Qui peut avoir fait une chose pareille ? La réponse est évidente : ce terrible dictateur, Bashar al-Assad. Qui d’autre ?

 

Et donc, quelques minutes (littéralement) après l’attaque, le New York Times et beaucoup d’excellents journaux occidentaux ont proclamé sans hésiter : C’est Assad, le coupable !

 

Pas besoin de preuve. Ni d’enquête. C’était tout simplement évident. Ce ne pouvait être qu’Assad. En quelques minutes, tout le monde était au courant.

 

Une tempête d’indignation a balayé le monde occidental. Il faut le punir ! Le pauvre Donald Trump, qui ne comprend rien à rien, a cédé à la pression et a lancé une attaque de missiles absolument insensée sur un aérodrome syrien, après avoir prêché pendant des années que les États-Unis ne devaient en aucun cas s’impliquer en Syrie. Soudain, il a changé d’avis. Juste pour donner une bonne leçon à ce salaud. Et pour montrer au monde que, lui, Trump, est un homme, un vrai.

 

L’opération a eu un immense succès. En une nuit, Trump, qui était universellement méprisé, est devenu un héros national. Même les libéraux lui ont embrassé les pieds.

 

Mais la question a continué à me tarauder Pourquoi Assad a-t-il fait cela ? Qu’avait-il à y gagner ?

 

La réponse simple est : Rien. Absolument rien.

 

(« Assad » signifie « lion » en arabique. Contrairement à ce que les experts occidentaux et les politiciens semblent croire, c’est la première syllabe qui est accentuée).

 

Avec l’aide de la Russie, de l’Iran et du Hezbollah, Assad gagne lentement la guerre civile qui ravage la Syrie depuis des années. Il tient déjà presque toutes les grandes villes qui constituent le cœur de la Syrie. Il a assez d’armes pour tuer autant de civils ennemis qu’il le désire.

 

Alors, pourquoi, pour l’amour d’Allah, devrait-il recourir aux gaz pour en tuer quelques dizaines de plus ? Pourquoi susciter la colère du monde entier et risquer une intervention américaine ?

 

Il faut se résoudre à l’évidence : C’est Assad qui avait le moins intérêt à perpétrer ce crime monstrueux. Sur la liste de « cui bono », il est le dernier.

 

Assad est un dictateur cynique, peut-être cruel, mais c’est loin d’être un imbécile. Il a été élevé par son père, Hafez al-Assad, qui a été longtemps dictateur avant lui. Même s’il était fou, il a comme conseillers les gens les plus intelligents du monde : Vladimir Poutine de Russie, Hassan Rouhani d’Iran, Hassan Nasrallah du Hezbollah.

 

Alors, qui avait quelque chose à gagner dans l’affaire ? Eh bien, une demi-douzaine de sectes et de milices syriennes qui se battent contre Assad, et les unes contre les autres, dans cette folle guerre civile. Ainsi que leurs alliés arabes sunnites, les Saoudiens et autres Cheikhs du Golfe. Et Israël, bien sûr. Ils ont tous intérêt à soulever le monde civilisé contre le dictateur syrien.

 

Simple logique.

 

Un acte militaire a un objectif politique. Comme le disait Carl von Clausewitz, il y a 200 ans : la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens.

 

Les deux principaux adversaires, dans la guerre civile syrienne, sont le régime d’Assad et Daesh. Alors, quel est l’objectif des États-Unis ? Ça a l’air d’une blague : les États-Unis veulent détruire les deux camps. Et voilà une autre blague : ils veulent d’abord, détruire Daesh, donc ils bombardent Assad.

 

La destruction de Daesh est hautement souhaitable. Il y a peu de groupes plus détestables dans le monde. Mais Daesh est une idée plutôt qu’une organisation. La destruction de l’état de Daesh disperserait des milliers d’assassins dévoués à la cause dans le monde entier.

 

(il est intéressant de noter que la secte des Assassins, d’où vient le mot assassin, était composée, il y a quelque 900 ans, de fanatiques musulmans qui ressemblaient beaucoup à ceux de Daesh.)

 

Les mercenaires des Etats-Unis en Syrie sont en mauvaise posture, ils sont au bord de la défaite. Ils n’ont aucune chance de remporter la guerre.

 

Attaquer Assad a désormais comme seul résultat de prolonger une guerre civile qui a de moins en moins de sens.

 

Pour un journaliste professionnel comme je l’ai été pendant la plus grande partie de ma vie, l’aspect le plus déprimant de toute cette affaire est le comportement des médias américains, et des médias occidentaux en général.

 

Je suis un lecteur du New York Times et je l’admire. Mais il a violé tous ses principes professionnels en faisant passer des allégations sans fondement pour une vérité absolue qu’il n’était même pas besoin de vérifier. Peut-être Assad est-il coupable, après tout. Mais où sont les preuves ? Qui a enquêté, et quelles sont les conclusions de l’enquête ?

 

Pire encore, la « nouvelle » est devenue la vérité révélée dans le monde entier. Des millions de gens la répètent comme des perroquets, comme si c’était aussi évident que le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest.

 

Personne ne pose de question. Personne ne demande de preuves, personne n’en présente. C’est tout à fait désolant.

 

Revenons au dictateur. Pourquoi la Syrie a-t-elle un dictateur ? Pourquoi n’est-ce pas une belle démocratie à l’américaine ? Pourquoi n’accepte-t-elle pas avec gratitude le « changement de régime » que les États-Unis ont concocté pour elle ?

 

La dictature syrienne n’est pas le fait du hasard. Elle a des racines très concrètes.

 

La Syrie a été créée par la France après la Première Guerre mondiale. Une partie de la Syrie est ensuite devenue le Liban.

 

Ce sont des créations artificielles. Je doute qu’il y ait même aujourd’hui de véritables « Syriens » et de véritables « Libanais ».

 

Le Liban est un pays de montagnes, idéal pour les petites sectes qui ont besoin de se défendre. Au fil des siècles, de nombreuses petites sectes y ont trouvé refuge. Du coup, le Liban est plein de sectes qui se méfient les unes des autres - musulmans sunnites, musulmans chiites, chrétiens maronites et beaucoup d’autres sectes chrétiennes, Druzes, Kurdes.

 

En Syrie c’est à peu près pareil, sauf qu’en plus il y a des alaouites qui sont, comme les chiites, des adeptes d’Ali Ibn Abi Talib, le cousin et beau-fils du prophète (d’où leur nom). Ils vivent au nord de la Syrie.

 

Les deux pays ont dû inventer un système permettant à diverses entités qui ne se font pas confiance de vivre ensemble. Ils ont mis en place deux systèmes différents.

 

Le Liban, qui a un passé de guerres civiles brutales, a décidé de partager le pouvoir. Le président est toujours un maronite, le premier ministre un sunnite, le commandant de l’armée un druze, et le président du parlement un chiite.

 

Lorsqu’Israël a envahi le Liban en 1982, les chiites, au sud, étaient en bas de l’échelle sociale. Ils ont accueilli nos soldats avec du riz. Mais ils ont vite compris que les Israéliens n’étaient pas juste venus écraser les voisins qui les opprimaient mais qu’ils avaient l’intention de rester. Ainsi, les humbles chiites ont entamé une guérilla si réussie qu’ils sont devenus la communauté la plus puissante du Liban. Ils sont dirigés par le Hezbollah, le Parti d’Allah. Mais le système tient toujours.

 

Les Syriens ont trouvé une autre solution. Ils se sont volontairement soumis à une dictature, pour maintenir le pays uni et garantir la paix intérieure.

 

La Bible nous dit que lorsque les Enfants d’Israël ont décidé qu’ils avaient besoin d’un roi, ils ont choisi un homme appelé Saul qui appartenait à la plus petite tribu, celle de Benjamin. Les Syriens modernes ont fait à peu près la même chose : ils se sont soumis à un dictateur appartenant à une de leurs plus petites tribus : les Alawites.

 

Les Assads sont des dirigeants laïques et anti-religieux – tout le contraire des fanatiques assassins de Daesh. Beaucoup de musulmans croient même que les Alawites ne sont pas des musulmans. Depuis que la Syrie a perdu la guerre de Yom Kippour contre Israël, il y a 44 ans, les Assad ont maintenu la paix sur notre frontière commune, bien qu’Israël ait annexé le plateau syrien du Golan.

 

La guerre civile en Syrie est toujours en cours. Tout le monde se bat contre tout le monde. Les divers groupes de « rebelles », créés, financés et armés par les États-Unis, sont maintenant en mauvaise posture. Il y a plusieurs groupes de Djihadistes concurrents qui détestent tous Daesh. Il y a une enclave kurde qui veut faire sécession. Les Kurdes ne sont pas des Arabes, mais sont majoritairement musulmans. Il y a des enclaves kurdes dans la Turquie voisine, l’Irak et l’Iran, mais leur hostilité mutuelle les empêche de faire cause commune.

 

Et il y a le pauvre et innocent Donald Trump, qui avait juré de ne pas s’impliquer dans tout ce bazar, et qui est pourtant en train de faire exactement cela.

 

La veille, Trump était méprisé de la moitié des Américains et de la plupart des médias. Il lui a suffi de lancer quelques missiles, pour avoir droit à l’admiration générale et être considéré comme un leader valeureux et sage.

 

Qu’est-ce que cela nous dit du peuple américain et de l’humanité en général ?

 

URI AVNERY

URI AVNERY est un écrivain israélien et il milite pour la paix avec Gush Shalom. Il a contribué au livre de CounterPunch : The Politics of Antisemitism.

 

Traduction : Dominique Muselet

»» http://www.counterpunch.org/2017/04/14/syria-cui-bono/

URL de cet article 31767 

Les prémices d’un bouleversement du monde : alibi humanitaire et réalité énergétique

 

dimanche 16 avril 2017 

« Nos forces armées ne sont pas au trentième rang, mais aux deuxième ou troisième rang mondial. Nous avons la capacité de détruire le Monde avec nous. Et je peux vous assurer que cela arrivera avant qu’Israël ne disparaisse. » Prof. Martin van Creveld, Université Hébraïque de Jérusalem

 

Un coup d’éclair dans un ciel que l’on croyait- naïfs que nous sommes- dégagé concernant une issue favorable à la crise syrienne. C’était trop beau que Trump soit d’accord pour parler avec Assad selon la sénatrice américaine Tulsi Gabbart qui l’a rencontré à Damas. Il n’en sera rien et le cauchemar continue !

 

Les faits

 

Un raid aérien a frappé mardi 4 avril vers 07h00 (04h00 GMT) Khan Cheikhoun, une petite ville contrôlée par des rebelles et des jihadistes dans la province d’Idleb dans le nord-ouest de la Syrie. Des images montrent des corps sans vie d’autres pris de spasmes et de crises de suffocation. Le nombre de victimes est de 72 morts. Avant même qu’il y ait une enquête, les Occidentaux dégainent : « Toutes les preuves que j’ai vues suggèrent que c’était le régime d’Assad utilisant des armes illégales en toute connaissance de cause contre son propre peuple », déclare le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson. Le président français parle de « la responsabilité » d’Assad dans ce « massacre », tandis que la Maison-Blanche a dénoncé un « acte odieux du régime » de Damas. Pour sa part, l’armée syrienne a démenti « catégoriquement avoir utilisé toute substance chimique ou toxique à Khan Cheikhoun ». La Russie, a affirmé que l’aviation syrienne avait bombardé la veille près de Khan Cheikhoun un « entrepôt » des rebelles où étaient entreposés des « substances toxiques » L’arsenal d’armes chimiques a été livré par des combattants venant d’Irak » On se souvient qu’en août 2013, le régime avait été accusé d’avoir utilisé du gaz sarin à la Ghouta qui avait fait plusieurs dizaines de morts, selon les Occidentaux. Le gouvernement a rejeté ces accusations et ratifié en 2013 la Convention sur l’interdiction des armes chimiques. D’ailleurs, une étude du MIT avait disculpé le gouvernement syrien. Au terme d’un accord russo-américain, la Syrie a détruit tout son arsenal chimique !

 

Moins de 48 heures après avoir frappé une base aérienne syrienne, les Etats-Unis ont décidé samedi de montrer leurs muscles. Un porte-avions américain et sa flotte font route vers la péninsule coréenne a ainsi révélé samedi le porte-parole du commandement américain dans le Pacifique, en mentionnant clairement la menace nucléaire nord-coréenne. En montrant qu’elle était prête à user de la force, l’administration Trump a surpris la Chine, laissant planer le doute sur la façon dont Washington pourrait répondre à de futures provocations de Pyongyang. Les frappes surprises américaines en Syrie, le climat a changé. Comment Kim Jong-un va se manifester ? Les attaques américaines en Syrie rebattent les cartes en Asie. « C’est un signal envoyé à la Chine et à la Corée du Nord, Trump est apparu comme un président imprévisible qui n’hésite pas à frapper. »

 

Le non-sens de l’attaque par Assad qui était en train de gagner

 

C’est en tout cas l’avis de plusieurs politiciens qui pensent que Assad n’est pas fou d’attaquer son peuple : « Certains hommes et femmes politiques américains se sont démarqués de leurs confrères, critiquant avec virulence le président américain Donald Trump pour avoir ordonné une frappe contre la Syrie, tout en mettant en doute que le président syrien Bachar al-Assad ait pu lancer la présumée attaque chimique contre la localité de Khan Cheikhoune.

 

« Quiconque prétendait que Trump était d’une loyauté aveugle a eu un avertissement aujourd’hui », a déclaré Mike Cernovich, l’un des leaders du mouvement « Alt-Right », qui a accusé le président d’avoir abandonné ses positions électorales, dans une campagne sur les réseaux sociaux portée par le hashtag #Syriahoax (« canular syrien »). « Nous savons tous que Assad n’empoisonnerait pas son propre peuple », a poursuivi ce spécialiste qui dévoile les complots américains et occidentaux dans une vidéo mise en ligne vendredi, avançant l’idée que « l’Etat profond » (le « deep state », terme vague, mais désignant les cercles et les lobbys influents sur la politique américaine) « veut une guerre avec la Russie ».

 

« Ils utilisent l’attaque au gaz de la Syrie, qui est un canular, pour déclencher la Troisième Guerre mondiale ». Selon l’AFP, alors que certains partisans nient l’attaque chimique, d’autres rejettent l’opinion selon laquelle elle a été ordonnée par le président syrien Bachar al-Assad, blâmant une fausse attaque montée pour faire croire à une action de Damas ». [1]

 

« Pourquoi Assad ferait-il cela alors qu’il est en train de gagner ? », s’est ainsi interrogé Alex Jones, responsable du site « Infowars », qui est hostile à la politique belliqueuse des Occidentaux. M.Jones soutient l’idée que l’attaque était une ruse pour forcer Donald Trump à s’aligner sur les conservateurs traditionnels. Il estime que si le président « cède à ce front anti-Syrie pour prouver qu’il n’est pas une marionnette russe, ils ne vont pas s’arrêter. Trump a fait campagne pour ne pas s’impliquer dans le Moyen-Orient, car cela aide toujours nos ennemis et crée plus de réfugiés (…) Puis il a vu une photo à la télévision », a pour sa part noté la polémiste républicaine Anne Coulter. Celle-ci a rappelé que M. Trump était opposé en 2013 à une participation militaire américaine au Moyen-Orient. L’ex-sénateur républicain américain Ron Paul a quant à lui qualifié « de mise en scène fabriquée de toute pièce » ce qui s’est passé à Khan Cheikhoun. « Avant la présumée attaque chimique, tout se passait bien et le président Trump disait que c’est au peuple syrien de décider lui-même qui dirigera le pays.Je crois que certains n’ont pas apprécié cela et il fallait qu’il se passe quelque chose. » [2]

 

« Que s’est-il passé en l’espace de 48 heures ? On annonce une attaque chimique et 48h après une attaque américaine bien que Assad ai demandé une commission d’enquête impartiale. Nous lisons l’explication : « (…) En outre, il est question aussi que l’ancien stratège en chef du président américain, Steve Bannon, s’opposait lui aussi à l’intervention militaire américaine contre la Syrie. »

 

« Cette opposition est due non pas à sa légitimité problématique, mais au fait qu’elle ne fait pas partie de la priorité de la doctrine des États-Unis de Trump », a rapporté Tasnim News, citant deux proches de M. Bannon. L un d’entre eux est revenu sur les récentes frappes US sur la base aérienne d’al-Chaayrate en disant : « Bannon a perdu sa place à cause des hommes qui sont présents à la Maison-Blanche, dont Jared Kushner [le gendre juif de Donald Trump, Ndlr], qui estimait que Trump devait punir le régime d’Assad », a-t-il indiqué. » [3]

 

La tentation d’empire et la servilité des vassaux européens

 

America is back en effet pas dans le sens des valeurs ! Cela nous rappelle la tentation permanente d’empire des Etats-Unis ; En remontant jusqu’à Pearl Harbour où les Américains avaient coupé les routes du pétrole et du caoutchouc (pneumatiques) deux ingrédients essentiels d’une guerre motorisé aux Japonais ce qui a déclenché l’attaque de Pearl Harbour donnant le prétexte à une entrée en guerre des Etats-Unis. Ce fut ensuite l’attaque d’un bateau dans la baie du Tonkin qui nous a amené la guerre du Vietnam et « Apocalypse Now ». Avec la fin de l’empire soviétique sous les coups de boutoir de l’Empire et de Jean-Paul II (avec son « N’ayez pas peur ! » de sédition aux Polonais), l’Empire n’avait plus d’adversaire à sa taille.

 

Il faillait inventer un nouvel adversaire, ce sera la diabolisation de l’islam pour les stratèges néo-conservateurs concepteurs du Pnac « Projet pour un nouveau siècle américain » devenus par la suite acteurs principaux de l’Administration Bush. Dans le document « Reconstruire les Défenses de l’Amérique : (2000) », on peut lire : « Le processus de transformation, même s’il apporte des changements révolutionnaires, est susceptible d’être long, en l’absence d’un événement catastrophique catalyseur comme un nouveau Pearl Harbor ». Griffin regarde cette citation à la lumière du principe judiciaire du cui bono ? [à qui profite le crime ?] et conclut que le 11/9 était précisément le catalyseur dont l’Administration Bush avait besoin. Pour Griffin, il est probable que les USA aient orchestré un incident de ce genre pour justifier l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan, comme la réduction des libertés civiques aux USA par l’introduction du Patriot Act. [4]

 

Les menaces à venir

 

On constate un silence assourdissant des médias occidentaux après l’attaque C’est comme si on voulait banaliser à partir de maintenant les punitions de l’Empire et dans ce cadre, beaucoup de spécialistes pensent que les Etats-Unis (l’état profond) ne va pas s’arrêter la. Maintenant que les Européens comme un seul homme – il n’est que de voir le communiqué de servilité franco-allemand concernant la bénédiction d’une attaque injustifiée d’un Etat souverain accusé sans aucune preuve si ce n’est des certitudes préétablies, et confortées il faut le regretter par l’ancienne procureure des Nations unies Carla del Ponte qui n’a pas le moindre doute sur la responsabilité du gouvernement syrien. Il vient que d’autres « actions » sont prévues, pour cela il faut habituer les citoyens à de nouvelles vérités.

 

Pepe Escobar écrit :
« Le commandant du Centcom (Commandement central des États-Unis, le Pentagone), le général Joseph Votel, s’est pris pour la réincarnation du Docteur Folamour devant la Commission des forces armées de la Chambre des représentants des États-Unis, mercredi dernier.. »


« Nous devons chercher des opportunités de déstabiliser l’Iran, que ce soit à travers des moyens militaires ou d’autres méthodes. » Si orwellienne notre époque soit-elle, cette phrase se classe au rang des déclarations de guerre. Avec pour conséquence la destruction par le vide de l’accord sur le nucléaire passé avec l’Iran, à l’ONU, à l’été 2015. Joseph Folamour ne s’est pas donné la peine de mâcher ses mots. » [5]

 

Le futur coupable est l’Iran :


« L’Iran est une des plus grandes menaces auxquelles les USA sont confrontés aujourd’hui (c’est la doctrine officielle du Pentagone qui le dit ; il vient en quatrième position, après la Russie, la Chine et la Corée du Nord). L’Iran a développé son « rôle déstabilisateur » et constitue « la plus grande menace de long terme à la stabilité » de tout le Moyen-Orient.

 

L’Iran est perfide ; « Je pense que l’Iran opère dans ce que j’appelle une zone grise. » Et c’est « une zone située entre la concurrence normale entre pays – qui s’arrête juste aux portes de conflits ouverts ». L’Iran est impliqué dans des « mesures de facilitation d’aides létales » ; l’utilisation de « forces par procuration » ; et nombre de « cyber-activités ».

 

Les USA n’ont pas « vu d’amélioration dans le comportement de l’Iran ». Le garçon/pays turbulent en question pose encore « des menaces crédibles » à travers « son potentiel nucléaire » et son « robuste » programme de missiles balistiques. Donc, en voilà assez ; nous allons les dégager. » [6]

 

L’énergie au coeur de la stratégie,

 

J’avais écrit dans un article précédent que l’énergie de plus en plus difficile à exploiter pouvait expliquer en creux ce qui se passe en Syrie. On sait que le Qatar, l’Europe et les Etats-Unis voulaient casser le verrou syrien pour que le gazoduc qatari arrive en Europe et procède à la conquête de l’Europe. Un gouvernement docile aurait permis cela. C’est pour cela aussi que le Qatar finance toute l’opposition islamiste sous l’oeil bienveillant saoudien qui lui aussi a une raison de vouloir le départ de la Syrie, briser l’arc chiite de la coordination Hezbollah libanais-Syrie-Iran. Naturellement tout ceci n’est pas pour déplaire à Israël pour qui c’est tout bénéfice que d’affaiblir la Syrie dernier rempart après la reddition saoudienne – Israël aide les Saoudiens pour démolir le Yemen- et qataris dont on connaît les liens « commerciaux avec le régime israélien Dans le même ordre on apprend qu’une redistribution des cartes énergétiques gazières sont en train d’être élaborées avec un nouvel acteur Israël et le gisement contesté Leviathan, contesté en partie par Chypre et par le Liban. Après des années de retard, Israël s’engage dans un vaste projet d’infrastructure jamais réalisé avec le développement de l’énorme champ de gaz offshore Leviathan en Méditerranée. La première phase implique un investissement initial de 4 milliards de dollars pour produire 12 milliards de mètres cubes de gaz par an. L’Algérie est directement menacée si l’Italie renonce au gaz algérien jugé trop cher.

 

Le problème du dollar

 

Il est loin le temps où le secrétaire d’Etat américain traitant les européens comme quantité négligeable déclarait : « Le dollar c’est notre monnaie, mais c’est votre problème. » En clair, circulez il n’y a rien à voir ; l’ordre impérial a imposé le dollar depuis les accords de Bretton Woods que Nixon a détricoté en 1971- quand cela n’arrangeait plus les Américains- en laissant flotter le dollar au gré des conjonctures décidées par les Etats-Unis. Ceci jusqu’à l’avènement de dirigeants qui ont déclaré le refus de cet ordre. On sait comment El Gueddafi et Saddam ont fini. C’est un autre challenge avec les Brics qui, graduellement et sans remous, préparent la sortie du dollar en permettant dans un premier temps le règlement des achats et ventes avec une autre monnaie que le dollar. Dans cet ordre de sortie graduelle de l’hégémonie du dollar, Pepe Escobar écrit :

« La Russie et l’Iran contournent le dollar. » Le système de paiements russe Mir va être connecté au Shetab iranien (Interbank Information Transfer Network, un réseau concurrent du système Swift) pour que les touristes puissent tranquillement utiliser les distributeurs automatiques de billets pendant leur visite de l’autre côté’, selon les mots du gouverneur de la Banque centrale d’Iran, Valiollah Seif. La Russie et l’Iran commenceront bientôt à régler des transactions en rials et en roubles, contournant le dollar américain et stimulant les échanges commerciaux et les volumes d’imports-exports’. Tout cela est inscrit dans la déclaration jointe- Vers une coopération stratégique générale’ – signée par Poutine et Rohani à Moscou. Rien d’étonnant à ce que le Pentagone veuille la guerre. » [7]

 

Le Juriste et historien russe Ivo Rens résume magistralement la manipulation : « Disons-le autrement écrit-il : de l’emploi de l’arme chimique Assad n’aurait jamais pu espérer qu’un très médiocre avantage militaire local, mais en le lui faisant endosser ses adversaires pouvaient attendre un avantage politique international décisif. »

 

Dans cette dernière hypothèse, Bachar el-Assad ne serait pas le bourreau, mais la victime désignée à la vindicte mondiale. Dès lors, si l’on cherche la vérité, comment écarter la thèse russe du bombardement d’un entrepôt rebelle comportant des gaz de combat ? D’ailleurs, compte tenu du comportement des services dits de renseignement des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de France et autres Etats aux côtés des djihadistes et autres rebelles armés, et eu égard aux entreprises télécommandées de l’étranger tels les prétendus Casques blancs si vantés en Occident, comment exclure que ces gaz des combat aient été délibérément mis à la disposition des rebelles, même tout récemment, par un service voyou ou un Etat voyou pour déclencher une condamnation médiatique internationale de Bachar el-Assad et son éviction ?

 

Si on avait voulu provoquer l’hallali auquel nous assistons contre Bachar el-Assad et son “régime” pour reprendre la terminologie infâmante chère aux médias francophones, on ne pouvait mieux faire qu’en mettant en scène son évidente responsabilité d’un des crimes de guerre les plus odieux ». [8]

 

Que dire en conclusion ?

 

La citation donnée plus haut dans le cas d’Israël, outre l’hubris [9] qui s’en dégage, montre que le détenteur du feu, le Prométhée des temps modernes n’a pas de garde fous, il peut avoir un comportement imprévisible qui doit donner la conviction à l’adversaire qu’il peut faire quelque chose de démentiel ce qui en partie le fait craindre au vue de son comportement aléatoire qui défie les lois de la causalité . Nous sommes à priori dans cette situation.

 

Il est très probable que nous allons vers un chaos généralisé. L’ordre impérial ne lâche pas prise :

 

« Donald Trump, comme ses prédécesseurs, lit-on sur la contribution suivante, n’est rien d’autre qu’un capitaine de bateau dont le port d’arrivée a déjà été fixé, bénéficiant tout juste de la possibilité de choisir sa route, en encore, sur chaque route choisie, sa marge de manoeuvre reste faible. Le prétexte de l’utilisation de gaz chimiques par l’armée syrienne pour déclencher des frappes en Syrie ne tient pas la route. (..)il est plus que probable que les frappes avaient été décidées et préparées bien avant le début de la campagne médiatique autour des attaques chimiques. Ce qui accentue l’impression que Trump avance masqué, c’est que quelques jours seulement avant ces frappes, il faisait les yeux doux à Assad et jouait l’apaisement. La volte-face brutale de type émotionnel de Donald Trump est peu crédible chez un homme froid et calculateur. Le fait d’avoir profité de l’accord signé en octobre 2015 avec Moscou sur la prévention des incidents et la sécurité des vols lors des opérations en Syrie (…) Tout le monde sait ce qu’il faut faire pour éradiquer le terrorisme et faire en sorte que les Moyen-Orientaux, y compris les Israéliens, retrouvent la paix et rêvent d’un avenir radieux pour eux et leurs enfants : il suffit de tarir le financement du chaos à sa source. » [10]

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger
le 12/04/2017

 

Transmis par Linsay

L’expression

 

Publié par  El Diablo

SYRIE : AL-QAÏDA aurait-il manipulé Donald TRUMP et les médias américains ? [Par Scott Ritter]

NEW YORK, NY – 5 Avril – L’ambassadrice des États-Unis à l’ONU Nations Nikki montre des photos des victimes de l’attaque chimique. (Photo by Drew Angerer/Getty Images)

NEW YORK, NY – 5 Avril – L’ambassadrice des États-Unis à l’ONU Nations Nikki montre des photos des victimes de l’attaque chimique. (Photo by Drew Angerer/Getty Images)

[Scott Ritter est un ancien officier de renseignement et ancien inspecteur en armement de l’ONU en Irak de 1991 à 1998.]

Source en anglais :The Huffington Post, le 9 avril 2017

Il fut un temps où Donald Trump, l’« homme d’affaires new-yorkais devenu président », vociférait en septembre 2013 contre le président Barack Obama à propos de la non intervention militaire américaine contre la Syrie. À cette époque, les États-Unis envisageaient l’utilisation de la force contre la Syrie en riposte aux allégations (désormais largement contestées) que le régime du président Bachar el-Assad avait utilisé des armes chimiques contre des civils de la Ghouta, dans la banlieue de Damas. Trump tweetait alors « avertissement à notre leader très stupide, n’attaquez pas la Syrie, si vous le faites il n’en résultera que du mauvais et les É-U ne retireront rien de ce combat ! »

Le président Obama, en dépit de ses déclarations publiques affirmant qu’il déclencherait une action militaire américaine si la « ligne rouge » de l’utilisation des armes chimiques était franchie, renonça finalement à lancer une offensive. Ce recul était largement fondé sur les avertissements de James Clapper, Directeur du renseignement national, indiquant que les responsabilités de l’utilisation des armes chimiques lors de l’attaque de la Ghouta ne pouvaient être clairement établies.

Le président Obama, lors d’un entretien en 2016 avec The Atlantic, observait : « il y a un manuel à Washington que les présidents sont sensés suivre. C’est un manuel écrit par l’establishment de la diplomatie. Et le manuel prévoit des solutions pour différents événements, et ces solutions tendent à être des solutions militarisées. » Pour Obama, si le « manuel de Washington » peut être utile en temps de crise, il peut également devenir « un piège qui peut mener à des décisions néfastes. »

Sa « ligne rouge » concernant l’utilisation des armes chimiques, combinée avec les discours enflammés de ses plus proches conseillers, dont le secrétaire d’État John Kerry, faisant allusion à une réponse militaire, était l’un de ces pièges. Finalement, le président Obama choisit de reculer, au motif que « larguer des bombes uniquement pour démontrer que l’on est prêt à larguer des bombes est tout simplement la pire raison d’utiliser la force. » Les médias, les Républicains et même des membres de son parti ont condamné Obama pour cette décision.

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

Pendant que les médias américains poussent à la guerre en reprenant les accusations de la CIA sur l’usage d’armes chimiques
Les morts des bombardements américains triplent en Syrie et en Irak
 

Un rapport du groupe britannique de surveillance Airwars a révélé que le nombre de morts provoquées par les attaques aériennes américaines en Irak et en Syrie a presque quadruplé au mois de mars par rapport au dernier mois complet avant que Donald Trump entre à la Maison Blanche. Les décès de civils déclarés ont bondi de 465 en décembre 2016 à 1 754 en mars 2017, soit une hausse de 277 pour cent.

Le rapport a été publié sur fond d’hystérie médiatique sur les accusations fabriquées d’attaque au gaz neurotoxique par le régime syrien de Bashar al-Assad, prétexte aux frappes de missiles la semaine dernière commandées par le président Trump. Cela démontre que les bombardements américains ont tué beaucoup plus de civils innocents en Irak, y compris des enfants, que ceux qui seraient tués dans la prétendue attaque chimique de la semaine dernière en Syrie. Pour cette raison, l’étude n’est quasiment pas mentionnée dans les médias américains.

L’organisation Airwars, qui recense les morts causés par les frappes aériennes dans la zone de guerre Irak-Syrie et évalue la force des preuves qui étayent les rapports, a constaté que plus de civils ont été tués au cours des trois premiers mois de 2017, soit un total de 2826, que durant toute l’année 2016. Les hausses ont effectivement commencé en l’automne de 2016, lorsque l’armée irakienne et ses « conseillers militaires » américains ont commencé leur attaque sur la ville de Mossoul, occupée par le groupe fondamentalisme sunnite État islamique (ÉI) depuis deux ans et demi.

Amnesty International a enquêté sur une série de massacres causés par des frappes aériennes américaines dans la moitié orientale de Mossoul, qui a été reconquise lors de la première phase de l’assaut, d’octobre à décembre 2016. Un rapport publié la semaine dernière a révélé « un schéma alarmant de frappes aériennes de la coalition dirigée par Washington qui ont détruit des maisons entières avec des familles entières à l’intérieur. »

L’enquêtrice principal d’Amnesty International à Mossoul, Donatella Rovera, a déclaré : « Le nombre élevé de morts civils suggère que les forces de la coalition menant l’offensive à Mossoul n’ont pas pris les précautions adéquates pour les éviter, en violation flagrante du droit international humanitaire. » En particulier elle a cité le fait que les autorités irakiennes ont conseillé aux civils de rester dans leurs maisons au lieu de fuir, et qu’après il y a eu des bombardements qui ont visé des habitations complètement occupées.

La situation est encore pire dans l’ouest de Mossoul, où la deuxième étape de l’offensive américano-irakienne a commencé plus tôt cette année. Elle comprend l’ancien cœur de cette ville de deux millions d’habitants, la zone la plus densément peuplée, où les frappes aériennes ont été systématiquement demandées afin de détruire les immeubles d’appartements où se trouvaient des tireurs d’élite sur les toits, ce faisant elles ont tué la plupart des occupants des étages en dessous. Un de ces bombardements américains a tué 300 personnes le 17 mars.

Trois fois plus de personnes innocentes ont été tuées par des bombes américaines le 17 mars que le nombre de morts de la prétendue attaque syrienne aux armes chimiques sur la ville de Khan Sheikhoun, prétexte pour les frappes de missiles commandées par le président américain Trump sur une base aérienne syrienne. Le nombre total de morts civils causées par les bombardements américains en mars est 20 fois plus important.

Mais il n’y a presque pas eu de mention dans les médias américains des atrocités commises par les bombardements américains. En tout cas, rien de comparable au barrage de propagande constante qui a fourni une couverture politique pour le bombardement par missiles de croisière Tomahawk sur la Syrie ordonné par Trump.

Aucun des politiciens démocrates qui se sont précipités pour saluer la première action majeure de Trump en tant que « commandant en chef » des États-Unis, de Charles Schumer à Nancy Pelosi à Elizabeth Warren, n’a exprimé des objections au massacre de civils en cours à Mossoul.

Les défenseurs des médias de l’impérialisme des « droits de l’Homme », comme le trio de politologues guerriers de salon pour le New York Times – Nicolás Kristof, Roger Cohen et Thomas Friedman – n’ont pas écrit ne serait-ce qu’une ligne pour condamner le bain de sang à Mossoul, ni sur l’un des autres massacres effectués par les forces militaires américaines. Leur seule préoccupation est de diaboliser les gouvernements et les forces ciblés par la CIA et le Pentagone, et ainsi de rendre l’intervention impérialiste américaine plus acceptable pour leur public des classes moyennes supérieures.

Un obstacle majeur pour la campagne médiatique sur la supposée attaque au gaz neurotoxique syrien contre Khan Sheikhoun tient aux accusations totalement invraisemblables du point de vue du motif. Assad dirige un régime impitoyable et est responsable de nombreux crimes contre son propre peuple. Mais il n’avait tout simplement aucune raison de s’engager dans une telle attaque dans des conditions où ses forces ont repris le contrôle de toutes les grandes villes de la Syrie et où les principaux responsables de l’administration Trump venaient de reconnaître que Assad était susceptible de survivre à la guerre civile et que le but des États-Unis en Syrie était de détruire l’ÉI, et non de renverser le leader syrien.

Il n’y a, par contre, aucune difficulté à déterminer un motif pour le nombre croissant de personnes tuées par des bombes et des missiles américains en Irak et en Syrie. C’est une partie indispensable de la volonté de l’impérialisme américain de maintenir sa position dominante dans l’ensemble du Moyen-Orient, un effort qui a coûté la vie à plus d’un million de personnes et a plongé l’Irak, la Syrie, le Yémen, la Libye, la Somalie et d’autres pays dans un chaos sanglant.

L’escalade du bain de sang représente à la fois une continuation de la politique de l’administration Obama et une intensification de ses pires caractéristiques. Selon un calcul effectué par Micah Zenko du Conseil des affaires étrangères, les frappes de missiles par drone ont triplé en fréquence depuis que Trump est à la Maison-Blanche, allant d’une moyenne d’un tous les 5,4 jours à un tous les 1,8 jours.

Les règles d’engagement qui encadrent les bombardements et les frappes de missiles américains ont été considérablement atténuées au Yémen et en Somalie, dans les deux cas par des décisions directes du président Trump. Au moins une tuerie de masse, de 30 personnes au Yémen, a immédiatement fait suite au changement de gouvernement, et des centaines d’agents des forces spéciales des États-Unis ont été déployés en Somalie dans un changement de politique lancé par le Pentagone sous Obama et confirmé sous Trump.

Pour les forces américaines beaucoup plus importantes engagées en Irak et en Syrie, l’administration Trump est en phase finale d’examen des règles d’engagement afin de les assouplir ou de les supprimer complètement. Déjà, la prise de décision a été poussée vers le bas de la chaîne de commandement afin que les officiers de terrain, et non le quartier général, appellent des frappes aériennes. Le nombre croissant de morts des derniers mois va encore monter en flèche, car le Pentagone suit la consigne de Trump de « retirer les gants ».

Le Pentagone a commencé cette semaine une enquête officielle sur le massacre du 17 mars à Mossoul et sur plusieurs autres catastrophes provoquées par les bombardements américains. Le porte-parole du Pentagone, le colonel Joseph Scrocca, a reconnu que ces événements « ont un effet négatif sur notre image au moins dans toute la région et dans le monde ». Mais il a suggéré que « c’est exactement le but de l’ÉI en ce moment. » En d’autres termes, ceux qui exposent les crimes de l’impérialisme américain font le travail des terroristes !

Les rapports d’Airwars et d’Amnesty International soulignent le caractère complètement criminel de la politique étrangère des États-Unis au Moyen-Orient. Ils démasquent tous ceux qui sont impliqués dans l’hystérie anti-Assad et anti-russe comme des propagandistes pour l’impérialisme.

(Article paru en anglais le 12 avril 2017)

Patrick Martin

»» https://www.wsws.org/fr/articles/2017/avr2017/pers-a13.shtml
URL de cet article 31755 

Syrie : Des centaines de morts après le bombardement d’un dépôt de produits chimiques (Ministère de la Défense)

DAMAS, Syrie (13h30) : Selon une déclaration officielle du ministère syrien de la Défense, la coalition dirigée par les Etats-Unis ont effectué une frappe aérienne contre des positions de Daech à Deir Ezzor, en visant un dépôt de produits chimiques appartenant au groupe, provoquant la mort de centaines de militants ainsi que de civils.

 

Selon cette déclaration, « Hier, entre 17h30 et 17h50, des avions de combat de la dénommée coalition anti-Daech ont frappé une position de Daech dans le village de Hatla à l’est de Deir Ezzor. Suite à l’attaque, un énorme nuage blanc s’est formé – qui a plus tard viré au jaune – après l’explosion d’un dépôt de produits chimiques. Une énorme incendie a éclatée jusqu’à 22h30. On compte des centaines de morts – y compris des civils – suite à la dispersion de produits toxiques ».

 

La déclaration affirme que cet incident confirme sans aucun doute que « des groupes terroristes, en particulier Daech et Jabhet al-Nosra, possèdent déjà des armes chimiques, et ont la capacité d’obtenir, transporter, stocker et employer de telles armes avec l’aide de certains pays de la région. Cela souligne aussi que ces groupes terroristes se coordonnent avec leurs soutiens pour accuser l’Armée Arabe Syrienne d’employer des armes chimiques ».

(…)

Traduction « parce qu’il faut bien que quelqu’un le fasse, de temps en temps » par VD pour le Grand Soir.

»» https://www.almasdarnews.com/article/breaking-civilians-killed-us-jets...
URL de cet article 31753 
 
Interview de Peter Ford, ancien ambassadeur britannique en Syrie
Peter Ford : Trump a donné mille raisons à Daech de lancer des attaques chimiques

Transcription :

 

Journaliste : C’était la première déclaration du Président Trump immédiatement après ce lancement de missiles. L’ancien ambassadeur britannique en Syrie Peter Ford est maintenant avec moi. Bonjour à vous !

 

Peter Ford : Bonjour.

 

Journaliste : Puis-je d’abord seulement attirer votre attention. Voici le début de ce discours du Président Trump : « Mes chers concitoyens. Mardi, le dictateur syrien Bachar al-Assad a lancé une horrible attaque chimique contre des civils innocents. » C’est un fait (n’est-ce pas) ?

 

Peter Ford : C’est une déclaration... une fausse déclaration sur un fait non avéré. Nous ne savons pas. Ce qui est nécessaire, c’est une enquête, car il y a deux possibilités pour ce qui s’est passé. L’une est la version américaine, qu’Assad a lancé des armes chimiques sur cette ville. L’autre version est qu’une bombe ordinaire a été lâchée et qu’elle a frappé un dépôt de munitions où les djihadistes entreposaient des armes chimiques. Nous ne savons pas laquelle de ces deux possibilités est la bonne.

 

Souvenez-vous des événements qui ont précédé (la guerre en) Irak : les experts, les services de renseignement, les politiciens étaient convaincus que Saddam avait des armes de destruction massive. Ils ont présenté des tombereaux de preuves : des photographies, des diagrammes, etc. Tout était faux. Tout était faux. Il est possible qu’ils se trompent (encore) cette fois-ci également, mais ils ne recherchent qu’un prétexte pour attaquer la Syrie.

 

Et ne nous racontons pas d’histoires. Ce qui s’est passé rend l’usage des armes chimiques plus probable, et non pas moins.

 

Journaliste : Eh bien, l’impression que vous évoquez se rapproche surtout, parmi la réaction internationale aux attaques chimiques, de la position de la Russie. Vous vous accordez largement avec eux. Nous avons entendu Michael Fallon, le Secrétaire d’Etat à la Défense [britannique], qu’il est convaincu par les preuves et soutient les frappes. Pourquoi êtes-vous donc, en quelque sorte, une voix assez isolée ?

 

Peter Ford : Je ne laisse pas mon cerveau à la porte lorsque j’examine une situation de manière analytique. J’essaie d’être objectif et me base sur les expériences précédentes, notamment l’Irak. Nous voyons que nous ne pouvons pas prendre pour argent comptant ce que les soi-disant "experts du renseignement" nous disent, [surtout] pas lorsqu’ils ont un agenda.

 

Mais je reviens au point principal : ça ne va pas s’arrêter ici, et nous sommes probablement destinés à y être entraînés, car Trump vient de donner aux djihadistes 1000 raisons d’organiser des opérations sous faux drapeau, voyant à quel point il est efficace et facile, avec des médias crédules, de pousser l’Occident à des réactions outrancières. En toute probabilité, ils vont mettre en scène une opération semblable à celle qu’ils ont montée, et cela a été prouvé par l’ONU en août dernier, ils ont monté une attaque au gaz de chlorine contre des civils et ont essayé de faire en sorte qu’elle ait l’air d’une opération du régime.

 

Souvenez-vous bien de ce que je vous dis ici, car cela se produira (infailliblement), et on aura tous les va-t-en guerre qui viendront nous dire qu’Assad nous défie et que nous devons intervenir encore plus lourdement en Syrie. Ce sera des attaques sous faux drapeau.

 

Journaliste : Si je peux juste vous demander d’après votre expertise, vous êtes l’ancien ambassadeur britannique en Syrie, avec votre connaissance de Bachar al-Assad et de son régime, de ce pays, comment pensez-vous qu’il réagira à cela ?

 

Peter Ford : Il est peut-être cruel et brutal, mais il n’est pas fou. La perspective qu’il s’expose à une confrontation directe [par une riposte contre les USA] sans objectif militaire dépasse l’entendement. Le site qui a été frappé n’avait pas d’importance militaire [majeure]. Cette frappe n’avait absolument aucun sens [d’un point de vue militaire]. Et il aurait fâché les Russes [en ripostant].

 

Journaliste : Ma question portait sur ce qui va se passer maintenant.

 

Peter Ford : Sans aucune raison, c’est tout simplement invraisemblable. Mais en quoi son attitude va-t-elle changer ? Maintenant, il sait que Trump est prêt à lancer des attaques avec des missiles de croisière. Mais il est probablement innocent [de l’attaque chimique] de toute façon. Ca ne peut donc pas changer son attitude si il n’a pas commis [cette attaque chimique] avant les frappes. Mais nous en paierons tous les conséquences.

 

La situation [le prix à payer] va se corser. En toute probabilité, il y aura plus de recours, et non pas moins, aux armes chimiques en conséquence. Et, ce qui est également important, les Russes et les Syriens vont moins coopérer [avec les USA] dans la lutte contre Daech.

 

Journaliste : Ok. Peter Ford, merci beaucoup d’être venu pour nous ce matin.

 

Peter Ford : Merci à vous.

 

Journaliste : Peter Ford est l’ancien ambassadeur britannique en Syrie.

 

BBC Breakfast, 7 avril 2017

 

»» http://sayed7asan.blogspot.fr/2017/04/peter-ford-trump-donne-1000-raisons.html
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Au milieu d'une semaine consacrée à jardiner les idées loin de la culture médiatique intensive

 

Publié le 11 Avril 2017

Un article de José Fort faisant le point sur la Syrie.

Il a la qualité de rappeler

qui ensensait le clan Hassad ou au moins s'en accomodait

qui et pourquoi déjà le combattait

Les bombardiers du moment étant les tuteurs d'alors

 

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Le monde est fou (La chronique de José FORT)

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Ce soir, je n’ai pas envie de sourire. Les tirs de missiles en fin de semaine dernière sur une base syrienne décidés par Donald Trump constituent un sérieux avertissement : la paix mondiale est en danger. Et rien n’est plus important que la guerre et la paix.

 

Avant d’aller plus loin dans mon propos et afin d’éviter les interprétations malignes - telles celles lorsqu’on s’inquiète des dérives mélenchoniennes - une précision : le régime de Bachar el-Assad est une dictature sanguinaire. Rien ne peut justifier les bombardements massifs, les dizaines et centaines de milliers de victimes et la répression féroce exercée depuis trop longtemps par l’ancien chirurgien oculaire  de Damas.

 

J’ajoute que j’ai moi même eu à connaître la réalité du pouvoir syrien. En 1982, j’ai été arrêté puis expulsé de Syrie m’étant approché trop près de la ville de Hama en pleine révolte dont l’inspiration n’incombait pas seulement aux Frères musulmans. A cette époque déjà, plusieurs villes révoltées, comme Alep, avaient été réprimées dans le sang par Assad père entraînant de nombreuses victimes. Les massacres étaient passés sous silence ou presque dans le monde. En France,  les présidents Mitterrand puis plus tard Chirac et Sarkozy n’ont-ils pas rivalisé de relations courtoises avec Assad père et fils ?

 

L’obligatoire précaution prise, revenons au propos liminaire : les missiles nord-américains balancés sur la Syrie menacent  la paix.

 

Alors qu’une commission d’enquête de l’ONU était mandatée pour enquêter sur le massacre au gaz toxique survenu à Khan Cheikhoun, une ville du nord-ouest de la Syrie et alors que les instances des Nations unies s’apprêtaient à en débattre, le président Trump décidait de déclencher le feu. On savait l’homme imprévisible. On sait désormais, même si on s’en doutait un peu, que ses propensions naturelles pourraient nous entraîner dans une aventure guerrière aux conséquences incalculables d’autant qu’il vient d’envoyer un porte avion dans la péninsule coréenne.

 

Le président nord-américain si méprisé par la classe politico-médiatique française et européenne est devenu soudainement fréquentable. Fillon qualifie la décision de Trump de «  humaine et compréhensible » ; François Hollande et le candidat à l’élection présidentielle de ce qui reste du parti socialiste en perdition trouve la décision du cinglé de la Maison blanche de «  normale » et «  tardive ». A se demander si l’émotion affichée après le massacre de la semaine dernière ne relève pas du calcul purement politicien.

Il faudrait rappeler au sinistre Trump que la guerre n’est pas un show télévisé. Qu’à jouer avec le feu, si de l’autre côté on s’amuse à en rajouter, sa propriété dorée de Floride pourrait bien partir en fumée. Et quand en France, au milieu de ce monde fou, on délire sur l’énergie pacifique nucléaire sans trouver dangereux les missiles français qui se trimballent sous les mers, un conseil : si vous voulez faire la guerre, merci de ne pas compter sur nous.

 

José Fort sur Radio Arts-Mada, tous les lundi en direct à 19h)

Rédigé par Canaille Lerouge

Ignorant les cruelles leçons de la guerre en Irak, Trump lance une offensive contre la Syrie (RT)

Donald Trump s’était engagé à adopter une approche différente de sa concurrente, Hillary Clinton, sur la Syrie. Pourtant, suite à une attaque chimique dans une ville syrienne, le commandant en chef des États-Unis n’a pas attendu qu’une enquête soit diligentée et a décidé de bombarder les forces armées syriennes.

Vendredi, le monde s’est réveillé au son fracassant de la nouvelle que les États-Unis avaient lancé une attaque de missiles de croisière sur une base de l’armée syrienne à Homs, attaque qui a tué au moins cinq soldats syriens. Ce qui rend cette nouvelle si troublante, c’est que Washington n’a, une fois de plus, pas tenu compte du Congrès et s’est proclamé juge, jury et exécuteur des hautes œuvre dans à une crise internationale. Le fait de l’Empereur.

De plus, dans un incident où les responsabilités ne sont pas établies, l’administration Trump a accordé le bénéfice du doute aux individus dont on sait qu’ils sont affiliés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique. Peut-être que Trump devrait envisager d’écrire un nouveau livre et de l’appeler, L’Art du chaos impérial ?

Un Empire a-t-il besoin de preuves ?

Avant même le début d’une enquête sur l’attaque chimique de mardi dans la province d’Idlib, Nikki Haley, l’ambassadrice des États-Unis aux Nations Unies, a fait quelque chose de vraiment remarquable. Elle a montré des photographies des enfants syriens tués lors de l’attaque chimique, et elle a dit – sans apporter la moindre preuve à ses affirmations – qui en était responsable.

« Regardez ces photos », a demandé Haley aux personnes présentes. « Nous ne pouvons pas ignorer ces images. Nous ne pouvons pas refuser de prendre nos responsabilités. Nous ne savons pas encore tout sur l’attaque d’hier. Mais il y a beaucoup de choses que nous savons déjà.

« Nous savons que l’attaque d’hier présente toutes les caractéristiques d’une utilisation d’armes chimiques par le régime d’Assad. Nous savons qu’Assad a déjà utilisé de telles es armes contre le peuple syrien auparavant ... Nous savons que l’attaque d’hier montre que le régime d’Assad s’enfonce de plus en plus dans la barbarie ».

Si Haley était procureur et qu’elle présentait ce genre de preuve basée uniquement sur l’émotion dans une Cour de justice, on lui ferait prendre la porte sous les lazzis.

De plus, comme on parle ici de rebelles liés au terrorisme qui ont la réputation de couper des têtes et de détruire des œuvres d’art inestimables juste pour le plaisir, cela défie l’entendement que l’administration Trump exclue ces fous furieux de la liste des suspects et accuse Assad. À moins, bien sûr, qu’elle ne veuille que le monde croie sur parole qu’Assad est coupable et qu’il renonce à se poser des questions.

Washington ne s’est pas contentée de ces accusations insultantes portées sur la foi de simples ouïe-dire, il a bombardé le principal aéroport de l’armée syrienne à Homs, apportant une aide précieuse aux terroristes. Mais n’espérez que qui que ce soit, et encore moins les médias dominants, souligne ces incohérences flagrantes. Nous avons déjà descendu cette pente dangereuse et le scénario nous est familier, mais cela ne le rend pas moins inquiétant.

Quelqu’un a-t-il un sentiment de déjà vu ?

L’intervention de Haley rappelait étrangement celle de l’ex-secrétaire d’État étasunien, Colin Powell pour promouvoir une action militaire contre Saddam Hussein, il y a presque 15 ans.

Le 5 février 2003, Colin Powell adressa un plaidoyer passionné en faveur d’une opération militaire contre l’Irak, accusée – à tort, évidemment, par l’administration Bush d’abriter sur son sol des armes de destruction massive. Tout le monde se souvient de Powell brandissant un faux flacon d’anthrax devant l’Assemblée, et invitant ses auditeurs à imaginer ce qui se passerait si Hussein déclenchait une pareille épidémie en l’Occident.

Tout comme Nikki Haley, Powell a fait jouer l’émotion et encore l’émotion – la sauce nécessaire à tout discours porteur, mais on ne devrait jamais accepter que l’émotion prenne le pas sur les preuves matérielles.

Au même moment, de l’autre côté de la mare, Tony Blair, l’ancien Premier ministre britannique dont l’héritage politique a été réduit à néant pour n’avoir jamais cessé d’être le « caniche de Bush », soutenait activement les conclusions d’un dossier de renseignement « amélioré », qui accusait Hussein d’avoir des ogives chimiques, biologiques ou nucléaires.

« Nous devons veiller à ce qu’il [Saddam] ne parvienne pas à utiliser les armes qu’il a déjà, ni à se procurer les armes qu’il veut », déclara Blair à ses compatriotes.

Au même moment encore, Hans Blix et son équipe d’inspecteurs des armes de l’ONU étaient sur le terrain en Irak et ne trouvaient absolument aucun élément de nature à soutenir les descriptions apocalyptiques de Londres et de Washington. Trump s’est montré un peu plus intelligent qu’eux dans l’affaire. Il n’a pas donné aux inspecteurs de l’ONU la moindre chance d’examiner la scène du crime avant de déclencher la foudre du ciel, comme le puissant Thor.

En fin de compte, en dépit de l’opposition féroce des gouvernements russe, français et allemand, ainsi que de certains des plus grands mouvements de protestation des derniers temps, Washington a obtenu sa guerre et le peuple irakien a vécu l’enfer sans aucune raison valable.

Colin Powell, de son côté, a exprimé ses regrets pour sa communication devant l’ONU, dans une interview, en disant que cela « entacherait pour toujours sa réputation ».

On procède à une avance rapide de 15 ans, et on s’aperçoit qu’il y a toujours autant de monde prêt à se laisser convaincre par des paroles théâtrales plutôt que par des preuves solides. Certes, seuls des gens totalement insensibles pourraient regarder des photographies d’enfants assassinés sans ressentir une émotion et un chagrin profonds. Mais des photographies ne suffisent pas à démontrer la responsabilité, et je pense que Nikki Haley et l’administration Trump en sont pleinement conscients.

Le refus arrogant de Washington – une fois de plus – d’attendre calmement les résultats d’une enquête internationale avant de prendre des mesures, montre qu’ils attachent plus d’importance à la poursuite de leur projet essentiel qu’à la découverte de la vérité. Et ce projet essentiel, malgré les affirmations récentes du contraire, semble être de chasser Bashar Assad du pouvoir.

Il faut mentionner un dernier élément – la clé de voûte, en quelque sorte – d’une situation qui explique que de tels crimes de guerre puissent se produire. Ce sont les médias traditionnels occidentaux, qui sont devenus plus bellicistes que n’importe quel porte-parole du Pentagone.

La folie belliciste des médias

Pendant que se préparait la guerre en Irak, le New York Times a publié une série d’articles de Judith Miller, qui était alors une journaliste respectée, lauréate du prix Pulitzer, qui affirmaient que l’Irak était en train d’accumuler un stock inouï d’armes de destruction massive. Ces informations basées sur des « preuves » fournies par un personnage très peu fiable, Ahmad Chalabi, se sont révélés erronées mais seulement après que les États-Unis eurent joyeusement ramené l’Irak à l’âge de pierre à coups de bombardements.

Voilà un échantillon de preuves de ce que les journalistes étasuniens sont capables de rassembler, aujourd’hui, quand leurs dirigeants se lancent sur le sentier de la guerre :

« Le président Donald J. Trump a eu raison de frapper le régime du président syrien Bashar al-Assad pour avoir utilisé une arme de destruction massive, le gaz sarin, contre son propre peuple », écrit Anthony J. Blinken, très satisfait, dans un article d’opinion du New York Times. « M. Trump peut ne pas vouloir être le « président du monde entier », mais quand un tyran viole directement une norme fondamentale de conduite internationale ... le monde compte sur l’Amérique pour faire quelque chose. M. Trump l’a fait, et pour cela il mérite d’être félicité. »

Je trouve incroyable que le premier article positif sur Trump que je lis dans les médias depuis qu’il a été élu président nous arrive après une aventure militaire extrêmement mal avisée, basée sur zéro preuve.

Mais le New York Times n’est certainement pas le seul média à mettre tout son poids dans le camp de la guerre.

Aujourd’hui, après des années de jérémiades sur ses errements passés, tout l’appareil médiatique occidental, extrêmement content de lui-même, encourage les escapades militaires, cravachant les leaders comme des chevaux de course, ce qui est évidemment le contraire de ce qu’il est censé faire au départ. Cette tendance dangereuse remonte à l’époque de l’administration Bush, et désormais, les médias semblent œuvrer main dans la main avec l’armée et le gouvernement.

En 2014, Dan Froomkin, de l’Intercepta, a donné un bon aperçu de la façon dont les médias poussaient Barack Obama Dans à l’action militaire. « Les experts et les journalistes semblent rivaliser de mépris envers le président Obama ... passant au crible avec délectation les paroles d’Obama pour y déceler la moindre faiblesse et réclamant essentiellement une attaque militaire majeure – tout en se gardant bien de poser la question délicate de l’utilité qu’une telle attaque pourrait bien avoir. » « Dans une nation qui se considère comme pacifique et civilisée, on ne devrait pas décider d’une action militaire quand les arguments en sa faveur ne sont pas infiniment plus solides que le contraire », a déclaré à juste titre Froomkin. « Les arguments en faveur de la guerre doivent pouvoir résister à une remise en cause sans concession. »

Il est de plus en plus évident que la tragédie de la politique étasunienne c’est que cette course insensée vers la guerre n’est plus contrôlée par le peuple ni remise en question par les médias, mais qu’elle est l’effet d’une décision – unilatérale – du président qui ressemble plus à un César romain qu’à un personnage officiel démocratiquement élu.

Il faut mettre fin à ces jeux de guerre étasuniens présidés par les médias mensongers et très mal connus d’un public marginalisé et mal informé, avant que les chiens de guerre ne soient déchaînés, et sans qu’ils ne rentrent jamais à la niche.

Robert Bridge

Robert Bridge, est un écrivain et un journaliste étasunien basé à Moscou, en Russie. Il est l’auteur du livre Midnight in the American Empire, sur le pouvoir de l’entreprise, publié en 2013.

Traduction : Dominique Muselet

Original en anglais ici

»» http://chroniquepalestine.com/ignorant-lecons-irak-trump-lance-attaque...

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Abri d’Amiriya, Bagdad, 1991. (AFP)
L'histoire de la guerre est celle du mensonge. Dernière proposition américaine, dans une série qui remonte -pour le moins - au XIXe siècle : vitrifions la Syrie.

Difficile de survivre quand, sans jugement ni recours, le monde du bien vous classe dans le camp des salauds. De ceux qui rient dans les cimetières d’enfants en venant chicaner la réalité d’un bombardement au gaz sarin opéré par l’armée syrienne. Il faut nous apprendre à vivre avec ce tatouage intime, celui de l’infamie. La nôtre. Ce qui doit nous réconforter c’est d’être en compagnie de co-inculpés qui sont à la fois des hommes d’expérience et estimables. Je veux dire qu’ils ont passé leur vie à tenter de sauver le monde, tout au moins un peu. L’autre soutien vient de la nature de ceux qui nous désignent comme compagnons de route des bourreaux. Etre accusé d’inhumanité par un champion de la chose, Donald Trump, est comme une médaille de la Résistance. A la liste de ceux qui nous mettent à l’index, je pourrais ajouter les dirigeants de l’Europe, mais c’est inutile, par contrat ils sont tenus d’obéir à Washington. Quant à l’opprobre de Madame Arthaud et de Monsieur Poutou, soutiens des bombes de Trump ? Elle nous importe aussi peu qu’un coup de piolet jadis donné dans un crâne barbichettu au Mexique, et seul Mélenchon garde ses nerfs. Maintenant installés dans le ghetto des méchants, et pourquoi pas des monstres, promis à la Cour Pénale Internationale des mauvais penseurs, il est temps de réfléchir à la lecture de notre acte d’accusation.

Deux souvenirs forts me viennent aux yeux et en mémoire. Le 13 février 1991 je suis à Bagdad pour couvrir la Guerre du Golfe. Un ami me réveille à l’aube « les Américains ont bombardé un abri dans le quartier d’Al Amiria ». Je saute dans mes chaussures pour arriver devant un édifice lourd, en béton, à demi enterré. Les parois sont brûlantes comme une forge. Je ne peux m’engager dans un escalier que pendant quelques mètres avant de faire demi-tour, suffocant. Je passe ici deux jours et deux nuits. Le temps que les pompiers arrachent à ce four des corps charbonneux. Il y en a au moins quatre cents. Des femmes, des enfants et des vieillards venus ici pour se protéger de la guerre.

En écoutant la BBC, RFI les radios du Monde libre que je peux capter, j’apprends que ce « shelter » a été bombardé parce que Saddam Hussein se trouvait à l’intérieur... Ah bon... Saddam est mort ? Bien sûr que c’est une farce, une mauvaise excuse pour des guerriers décidés à tester, en vrai, l’efficacité de leur avion furtif et des ces nouveaux missiles perforants. Qu’est-ce que 400 morts tant qu’ils ne font pas couler les larmes des peuples de la Communauté Internationale. Madeleine Albright nous a donné la hauteur de la toise en indiquant que les enfants morts en Irak ça valait bien le prix de la démocratie. (*) Aujourd’hui, tapez Al Amaria sur Google... rien n’apparait. Pas de crime, pas d’abri, pas d’enfants assassinés.

Quelques années plus tard, au Kosovo, lisant du doigt les titres du Monde qui nous annonçait « des dizaines de milliers de morts »... j’ai cherché. Et pas trouvé. Les morts étaient aux abonnés absents. Ce qui est sans doute normal. Ces deux exemples sont ceux de deux mensonges. Des paroles des rumeurs puisqu’elles sont émises pour justifier l’attaque, la guerre qui est rarement « juste ». Riche de cette expérience, et de quelques autres, donc chat échaudé, je crains les communiqués officiels, ceux qui prétendent nous donner les bonnes raisons de la mort, les justes raisons des missiles et des bombes.

Je ne sais plus ce que l’on enseigne à l’école ? Jadis on enseignait la turpitude de la « dépêche d’Ems », imbroglio diplomatique qui a servi de prétexte pour engager la guerre. Un télégramme envoyé le 14 juillet 1870 par le chancelier Otto von Bismarck à ses ambassades et qui tronquait les propos échangés par son roi et l’ambassadeur de France.

En février 1898, nous sommes dans la baie de la Havane. Dépêché sur place pour protéger les intérêts américains, le navire de guerre « USS Maine » explose et coule. Poussée par les articles d’une presse incendiaire où tonnent de William Randolph Hearst et Joseph Pulitzer, publiés dans la presse jaune par William Randolph Hearst et Joseph Pulitzer, accuse l’Espagne de ce qui est un accident ou un naufrage volontaire. Et la guerre se met en marche le 25 avril 1898.

Plus d’un demi-siècle plus tard, même méthode, les 2 et 4 août 1964 la Maison Blanche nous annonce en urgence que « des accrochages maritimes ont eu lieu dans le golfe du Tonkin ». Des torpilleurs nord-vietnamiens « ont attaqué » deux destroyers américains. Comme la vérité marche à la vitesse d’escargot, ce n’est qu’en 2005 que les Américains, via la NSA, vont avouer le mensonge de Lyndon Johnson : les bateaux de Hanoï n’ont jamais ouvert le feu sur ceux de Washington. Nous sommes pourtant en route pour dix années de carnage.

En août 1995, il fait chaud à Sarajevo et brûlant quand un obus tombe sur le marché de Markale. Dans la minute les Serbes sont désignés comme auteurs du carnage. L’ONU qui prend le temps d’enquêter désigne clairement que le tir provient de la zone contrôlée par les Bosniaques. Qu’il s’agit donc d’une provocation au cours de laquelle des provocateurs tirent sur leur propre peuple. Peu importe. La cohorte de la Communauté Internationale pilotée par l’OTAN fait basculer la guerre du côté qui lui convient : les Serbes, qui vont plus tard donner quelques bonnes raisons à leurs adversaires- devront rendre gorge.

Dernier tableau de notre exposition « Docteur Folamour », le 5 février 2003 devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, Colin Powell, Secrétaire d’Etat, agite un tube qui contient un élément chimique des armes de destructions massives de Saddam Hussein. Vous connaissez la suite, le million de morts, un pays brisé, puis Daesch, et une région brisée. Peut- être bientôt un monde puisque ce que nous montre chaque soir Pujadas n’est pas « Une guerre contre le terrorisme », mais bien plus la première marche militaire d’une guerre mondialisée.

Le mercredi 5 avril, à l’endroit même où Powell a naguère agité son tube, Nikki Haley, l’ambassadrice américaine à l’ONU, brandi des photos d’enfants « morts en Syrie lors d’une attaque chimique » à Khan Cheikhoun. Elle a peut-être raison mais, comme on le dit dans les commissariats, elle a de bien mauvais antécédents judiciaires.

En dehors d’affirmer l’évidence, pourquoi Bachar Al Assad qui remontait la pente diplomatique et militaire, ce serait lancé dans une entreprise aussi folle ? A ce jour je n’ai ni trouvé ni lu une réponse convaincante.

Le doute demeure et la vérité, comme dans l’affaire du golfe du Tonkin, ne doit pas attendre 30 ans avant d’être validée ou invalidée. Nous, les sceptiques qui méritons la fosse, sommes dans un doute de bonne compagnie. Ainsi Willy Wimmer, ancien vice-président de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE et ex-secrétaire d’État auprès du ministère allemand de la Défense n’est pas convaincu par le jugement et les bombes de Trump. « Les pays tels que les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, qui ont commencé la guerre en Syrie il y a six ans, ne reculeront devant rien. Même la Charte des Nations Unies ne suffira pas à les arrêter. Ils mènent la guerre d’une manière connue. Dans des conflits qu’ils ont eux-mêmes créés. Nous le savons au moins depuis la guerre en Yougoslavie. Depuis 1990, il y a eu tant de mensonges. C’est un modèle que nous voyons dans la politique étrangère des États-Unis...Alors, ou nous arrêtons cela, ou nous nous attendons à des ennuis ! »

Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France en Syrie enfonce le même clou dans « Afrique Asie » : « Le moment unipolaire américain de 1991à 2011, a permis à « l’Empire le plus puissant ayant jamais existé à la surface de la Terre » de détruire les bases de la légalité internationale en établissant le nouvel ordre mondial voulu par les faucons de Washington. Ce qui se traduira en un temps record par l’abandon des principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies : souveraineté, non-ingérence, droit des peuples à l’autodétermination, droit de tout Etat à choisir librement son régime politique hors de toute ingérence étrangère, obligation de négocier en cas de conflit avant de recourir à l’usage ou à la menace d’usage de la force. La « communauté internationale » atlantique trouvera sa lampe d’Aladin dans un concept miraculeux, la Responsabilité de Protéger, version relookée du droit d’ingérence à connotation trop colonialiste. Les Nations-Unies seront instrumentalisées, voire ignorées lorsque le moteur unipolaire connaîtra ses premiers ratés : on fera grand cas des délibérations du Conseil de Sécurité lorsqu’il dit « oui-oui-oui », mais on passera outre lorsqu’il dit non.  »

Donner de la rationalité au coup de folie de Trump est bien difficile, sauf peut-être pour les exégètes de l’administration américaine qui remarquent qu’un certain KT Mc Farland est aujourd’hui vice-conseiller à la Sécurité nationale à Washington. Dans la passé, aux côtés du criminel de guerre Kissinger il a été l’un des champions de la politique « de l’homme fou ». Entendez qu’il faut faire les choses les moins prévisibles pour surprendre l’adversaire...

Outre la tentation de faire le fou, Trump a d’autres raisons qui le poussent à oublier sa promesse de bonne entente avec la Russie. Wall Sreet a fait remarquer à la maison Blanche que l’annonce d’une politique apaisée avec Moscou a fait, en quelques heures, lourdement chuter la bourse. Pour continuer de produire, de vendre, d’exploiter, de tuer, le lobby militaro-industriel américain a besoin d’un ennemi qui hante les citoyens et Hollywood, il faut donc raviver la légende : Poutine et Staline même combat.

Une seconde affaire d’argent, énorme, vient tout juste de tomber sur le bureau ovale. Lors de sa visite le 14 mars à Washington le vice-prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane Al Saoud, qui est également ministre de la Défense du royaume, a promis 600 milliards d’investissement aux USA afin d’améliorer les infrastructures. Voilà un thème de campagne de Trump financé, avec en prime l’odieux mur à la frontière mexicaine. En guise d’intérêts ce prince de la dictature saoudienne a demandé que Washington révise sa politique en Syrie. Que disparaisse Bachar et que la République devienne islamique.

Pour ce qui est du corps du délit, le sarin et les Tomawaks, l’investigation est mince. Sur 59 missiles tirés depuis la mer, 36 ont disparu en vol. Les Russes vantent en douce la qualité de leur dispositif de protection S 300... En outre le Tomawak, sauf à être tiré de très près, est plus chargé en carburant qu’en explosif. Ses effets – je les ai constatés en Irak ou à Belgrade- ne sont pas rédhibitoires. Ainsi l’aéroport militaire syrien de Shayran, qui était la cible, est-il intact. Dans son geste « d’homme fou », Trump semble avoir fait pas mal d’esbroufe. Comme la France vengeresse de 1983, après l’explosion du Drakkar, quand elle a bombardé le désert de la Bekaa pour y tuer un berger et son âne. En ce qui concerne « la raison réelle » pour laquelle les États-Unis ont attaqué la Syrie, et que nous cherchons, l’ancien député américain Ron Paul, affirme qu’il s’agissait plutôt d’une action du “Deep State” contre le président Donald Trump et non pas une décision du Président lui-même. Explication du politicien pour qui l’administration a trompé Trump : "Ce qui s’est passé il y a quatre ans en 2013, vous savez, tout cela sur le passage de la ligne rouge ? Depuis, les néocons crient et hurlent, et une partie de l’administration a crié et hurlé à propos d’Assad et des gaz toxiques (comme Saddam et ses ADM). Il n’a jamais été prouvé en fait qu’Assad en ait utilisé, et la fonctionnaire de l’ONU, Carla Del Ponte, a déclaré que l’attaque chimique de 2013 a probablement été faite par les rebelles. Il n’y a aucun sens, pour Assad, d’utilisation soudaine de gaz toxique. Je pense qu’il n’y a aucune chance qu’il ait fait cela délibérément. "

Mais que peut-on tirer comme observations provenant du champ de bataille lui-même ? Quelques détails. Des experts neutres, en particulier une ONG suédoise qui détient une expertise en matière de soins à apporter aux gazés met en doute la pratique des secouristes et autres « Casques blancs ». On ne manipule pas à mains nues des corps ou des blessés touchés par le sarin. Les piqûres administrées aux enfants sont inadéquates.

La seconde observation extérieure nous vient de la personnalité du médecin, de celui qui a été le « lanceur d’alerte » lors de cet évènement, et de celle aussi de son acolyte médiatique. Ici je donne la parole à « Zero Hedge », un organe d’information respecté qui siège à New York, comme on va le voir, le site reprend quelques une des informations données plus haut :

"Les observateurs ont également noté que le 1er avril 2017, un médecin sur le terrain à Khan Sheikhoun, le Dr Shajul Islam, avait reçu plusieurs expéditions de masques à gaz dans les jours précédant l’incident chimique.

Daily Mail a rapporté que le Dr Shajul Islam était à un point recherché par le gouvernement britannique dans le cadre de l’enlèvement de deux journalistes en Syrie, et les services de sécurité ont déclaré qu’Islam et son frère avaient peut-être des liens avec le bourreau de l’ISIS « Jihadi John ».

En outre, les séquences montraient que les casques blancs portant « secours aux victimes » d’une manière qui n’était pas conforme au protocole établi sur la façon de traiter les corps saturés de sarin. Les images semblent montrer que les opérateurs du casque blanc syriens manipulent des victimes de sarin présumées avec leurs mains nues, plutôt qu’avec des gants, ce qui est nécessaire pour empêcher le sauveteur d’être blessé par le produit chimique lui-même. Ils semblent également utiliser des masques anti-poussières simples, qui ne sont pas une protection appropriée en cas d’attaque de sarin. "

Pour faire connaitre « la situation sur le terrain », celle les Casques blancs et d’hommes comme le docteur Shajul Islam ont besoin d’utiliser les médias. Pas de problème. Chassé d’Alep, le bon docteur a sous la main un magicien. Bilal Abdul Kareem (1) pratique la vidéo, la photo et l’écrit. Un rêve pour une rédaction. Cet acteur raté, avant d’être imam à Brooklyn, a quitté les États-Unis après avoir approuvé un attentat islamiste dans un fort des Marines aux États-Unis.

Après avoir connu le monde au Soudan, au Rwanda, en Égypte, il est devenu caméraman pour une chaine de télévision religieuse saoudienne. Puis à a sauté en Syrie, dans le djihad. A Alep, sa mise en scène des fameux Casques blancs, qui viennent d’être récompensés à Hollywood, a fait merveille. CNN l’a même engagé comme pigiste et il a obtenu, en France à Bayeux, un Prix réservé aux correspondants de guerre ! Quand il ne filme pas, Kareem, sur Facebook, donne des conseils aux jeunes de la planète afin qu’ils respectent au mieux la charia. Est-ce faire injure à ce distingué confrère que d’estimer qu’il ferait une recrue de grande qualité pour la CIA...

Reste aujourd’hui, pour les cerveaux qui ne vont pas plus vite que la musique, pour les experts militaires, et ceux en gaz de combat, à livrer un verdict. Si celui-ci est encore possible. S’il tombe, Trump aura déjà vitrifié Damas, fait sombrer la Corée du Nord dans la mer. Dommage que François Hollande ne soit plus à l’Élysée pour applaudir à toutes ces merveilles.

Jacques-Marie BOURGET

(1) https://www.legrandsoir.info/bien-pensance-rsf-et-la-ville-de-bayeux-r...

(*) Lesley Stahl :"Nous avons entendu dire que 500.000 enfants sont morts (en Irak). Ca fait plus qu’à Hiroshima. Et, vous savez, est-ce que cela en valait le prix ?

Secrétaire d’Etat US Madeleine Allbright : "Je pense que c’est un choix difficile. Mais le prix - nous pensons que cela en valait le prix."

Entretien télévisé sur CBS 60 minutes, Mai 1996

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Par Philippe Migault
Philippe Migault est Directeur du Centre Européen d'Analyses Stratégiques, analyste, enseignant, spécialiste des questions stratégiques.

La Syrie, Rex Tillerson et le cortège d’absurdités occidentales

 

La Syrie, Rex Tillerson et le cortège d’absurdités occidentales© Carlos Barria Source: Reuters

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson et le président Donald Trump

 

L'Occident songe à de nouvelles sanctions contre la Russie et le secrétaire d'Etat américain propose à Moscou de choisir entre Assad et Washington. Le gendarme américain est-il de retour ? L'expert militaire Philippe Migault examine la question.

 

Un parfum de lâche soulagement. C’est ce qu’inspirent les déclarations des principaux responsables de l’Union européenne depuis la frappe conduite par les Etats-Unis vendredi dernier [le 7 avril] sur une base aérienne syrienne, en guise de rétorsion après l’attaque chimique de Khan Cheikhoun attribuée au régime de Damas.

 

Déconcertés par l’élection de Donald Trump en novembre 2016, alors qu’ils avaient tous misé sur Hilary Clinton, la plupart des chefs d’Etat de l’UE se comportaient depuis comme une section de jeunes conscrits brutalement privée de leur officier bienveillant et confiée à un – mauvais – clone de Clint Eastwood. Les déclarations de Donald Trump se félicitant du Brexit, sa critique de la politique migratoire d’Angela Merkel – et par extension automatique de l’UE – ses attaques contre l’OTAN ont suscité un pitoyable tollé de protestations affolées. Soudain le grand frère américain avait cessé d’être bienveillant. Soudain le guide de la «communauté internationale» soutenait des positions allant à l’encontre des prétendues «valeurs occidentales». Grande peur chez les bien-pensants. Confronté à l’Etat profond américain en rébellion ouverte contre lui et bloquant chacune de ses tentatives de réforme, le président américain est fort heureusement contraint au compromis en termes de politique intérieure comme de diplomatie. Exit Michael Flynn, jugé trop proche de la Russie. Retour vers la guerre froide tendance Obama et la traditionnelle morgue américaine. Rex Tillerson, le secrétaire d'Etat américain, qui doit rencontrer demain son homologue russe Sergueï Lavrov, a adressé aujourd’hui [11 avril] au Kremlin un avertissement d’une finesse toute texane : « Rejoignez la cause des Etats-Unis et de ses alliés sur le dossier syrien, ou soutenez l'Iran, le Hezbollah et le leader syrien Bachar al-Assad », a-t-il déclaré. En clair : « Choisis ton camp camarade. »

Ce n’est pas une frappe sur un aérodrome qui est de nature à inverser la tendance et à empêcher Damas et ses alliés de régler à long terme le sort d’Idleb ou de Deir-es-Zor

Bien entendu, tous les responsables européens sont aussitôt montés au créneau pour surenchérir. Le gendarme du monde brusquement ressuscité – comme l’ont titré la quasi-totalité des médias occidentaux – l’UE, rassérénée, peut de nouveau adopter la posture de puissance majeure qu’elle affectionne et bander des muscles dont elle ne sait, ni ne veut, se servir. Dans la foulée des Américains, chacun est prêt à présent à prendre de nouvelles sanctions vis-à-vis de la Russie. Contre certains hauts responsables militaires russes –ceux là-mêmes avec lesquels on souhaite soi-disant collaborer pour sauvegarder la paix – ou contre la Russie elle-même si nécessaire.

 

Lâche soulagement, oui.

 

Mais ce n’est pas cela le pire. Ce qui est dramatique, c’est de constater qu’une fois de plus il a suffi d’un drame – dont les responsables restent à identifier – pour que la diplomatie de la première puissance mondiale s’infléchisse. Politique de l’émotion une fois de plus. Avec, bien entendu, le même cortège d’absurdités.

 

Rex Tillerson connaît bien la Russie. Sa nomination a même été critiquée compte tenu de sa proximité supposée avec Vladimir Poutine. S’imagine-t-il une seule seconde qu’il peut arriver à Moscou comme dans un saloon en sommant Sergueï Lavrov et Vladimir Poutine de choisir leur camp ? En Russie, ce genre de rhétorique bolchévique n’impressionne plus personne…

 

Quant aux Européens, fébrilement rassemblés derrière leur leader, s’imaginent-ils réellement qu’ils pèseront une seule seconde dans les débats quand Américains et Russes décideront éventuellement de conclure un compromis ?

 

S’imaginent-ils qu’ils peuvent renouer, sans conséquences graves, avec la désastreuse politique d’alliance, qui a été la leur dans le dossier syrien depuis 2011, en s’associant à des Etats-voyous ? Oui, si l’on s’en réfère à la récente décision du ministre des affaires étrangères italien, Angelino Alfano. Ce dernier, qui reçoit cette semaine le G7, veut tenter de relancer un processus politique de sortie de crise en Syrie avec la Turquie, les Emirats Arabes Unis, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Jordanie. Une kyrielle de dictatures islamistes qui – hormis la Jordanie – ont soutenu l’Etat islamique, Al Qaïda et les cellules terroristes opérant sur le sol européen.

 

Rex Tillerson a martialement déclaré que son pays ferait en sorte que «quiconque» s’en prend à des innocents en paie le prix. On peut se demander si les Etats avec lesquels l’Italie entend collaborer dans le dossier syrien, partisans de la peine de mort par décapitation, de la lapidation ou de la flagellation des femmes en public, tous complices de crimes ou de discriminations contre les chrétiens, seront ou non sur la liste.

 

A défaut de rentrer en guerre, on ne voit pas comment un déblocage pourrait survenir autrement que par un dialogue avec Moscou, Téhéran et, qu’on le veuille ou non, Bachar

Enfin l’essentiel demeure : le rapport de forces sur le terrain syro-irakien.

 

Américains et Européens peuvent toujours taper du poing sur la table. Malgré les moyens engagés contre l’Etat islamique, le sort de Mossoul et de Raqqa n’est pas encore réglé et exigera de leur part un surcroît d’efforts. Peuvent-ils, dans ces conditions, prendre le risque militaire et diplomatique d’instaurer par exemple une zone d'exclusion aérienne au dessus de la Syrie ? Vraisemblablement pas.

 

Car pour l’heure les forces de Bachar el-Assad conservent l’initiative. Ce n’est pas une frappe sur un aérodrome qui est de nature à inverser la tendance et à empêcher Damas et ses alliés de régler à long terme le sort d’Idleb ou de Deir es Zor. Et on imagine mal Vladimir Poutine céder à une quelconque forme de pression et lâcher maintenant Assad, qu’il a soutenu depuis une demi-douzaine d’années dans des circonstances bien plus périlleuses.

 

A défaut de rentrer en guerre contre les troupes syriennes et leurs alliés russes, iraniens et libanais, on ne voit pas comment un déblocage pourrait survenir autrement que par un dialogue avec Moscou, Téhéran et, qu’on le veuille ou non, Bachar.

 

C’est du reste ce qui se profilait jusqu’à la tragédie de Khan Cheikhoun. Qui tombe décidément à point nommé pour les partisans de l’intransigeance.

Publié par  El Diablo

SYRIE : les grands MÉDIAS poussent à la GUERRE...

SYRIE : les grands MÉDIAS poussent à la GUERRE...

Syrie : encore une fois, un jugement hâtif et dangereux (Consortium News)

Par Robert PARRY

Avec le dernier jugement hâtif sur les morts par gaz toxique dans une région occupée par les rebelles au nord de la Syrie, les médias mainstream se révèlent comme une menace pour le journalisme responsable et pour l’avenir de l’humanité. Encore une fois, nous assistons au scénario troublant où le verdict précède l’enquête, même si un tel comportement peut conduire à une escalade dangereuse de la guerre ainsi que du nombre de victimes.

Avant même toute évaluation minutieuse des preuves, Le New York Times et d’autres grands sites d’information US avaient déjà désigné le gouvernement syrien de Bashar al-Assad comme le coupable. Ce qui a relancé l’exigence des États-Unis et d’autres pays de mettre en place une « zone d’exclusion aérienne » en Syrie, ce qui constituerait le début d’une nouvelle guerre de « changement de régime » et entraînerait les Etats-Unis dans une guerre probable avec une Russie dotée d’armes nucléaires.

Alors qu’on en était encore à chercher ce qui s’était réellement passé mardi, nous, le public, avons déjà été préparés pour ne pas croire la réponse du gouvernement syrien selon qui les gaz toxiques pourraient provenir de stocks rebelles et auraient pu être libérés accidentellement ou intentionnellement, provoquant la mort de civils dans un ville de la province d’Idlib.

Un scénario possible est que les avions de combat syriens ont bombardé un dépôt d’armes rebelles où le gaz toxique était stocké, ce qui a provoqué la rupture des conteneurs. Une autre possibilité est un incident organisé par les djihadistes de plus en plus désespérés d’Al-Qaïda qui sont connus pour leur mépris envers la vie d’innocents.

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

Publié par  El Diablo

SYRIE : L’attaque CHIMIQUE d’Idlib « ressemble à une mise en scène »

SYRIE : L’attaque CHIMIQUE d’Idlib « ressemble à une mise en scène »

Et si l’attaque chimique de mardi à Khan Cheikhoun, dans la province d’Idlib, n’était qu’une mise en scène bien orchestrée? Igor Nikouline, ex-membre de la Commission de l’Onu sur les armes biologiques et chimiques, présente la liste des arguments prouvant que la nature de la tragédie pourrait ne pas être si évidente que cela.

L'expert militaire Igor Nikouline, ex-membre de la Commission des Nations unies sur les armes biologiques et chimiques, présente une vision différente de l'attaque contre la petite ville syrienne de Khan Cheikhoun.

« M. Assad n'a pas pu utiliser des armes chimiques. Tout d'abord, il n'en possède simplement pas. Les inspecteurs internationaux l'ont signalé il y a un an. De plus, cette démarche ne lui est pas profitable — objectivement, il gagne. Et même du point de vue technique il n'a pas pu réaliser cela, à en juger d'après les images diffusées par les médias », estime Igor Nikouline au micro de la station de radio lettone Baltkom.

Selon lui, les organisations terroristes pouvaient s'emparer d'une partie des armes chimiques. Assad aujourd'hui n'en a plus. « En outre, personne ne juge avantageux de recourir aux armes chimiques, et la réaction des États-Unis en est la preuve. Ils ont frappé sans avoir procédé à aucune enquête. »

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

08 avril 2017

Missiles américains sur la Syrie, nouveau chapitre pour l'hégémonie mondiale

 

"Le plus extraordinaire dans cette crise, nous dit Bill Van Auken, est la rapidité avec laquelle elle s'est développée. Les frappes contre la Syrie sont intervenues à peine 48 heures après le premier reportage d'un incident dans la province d’Idleb en Syrie, une zone en grande partie contrôlée par la filiale syrienne d'Al-Qaïda, où environ 70 personnes auraient été tuées par des gaz toxiques.Quelques minutes littéralement après l’annonce de cet incident, les médias américains se sont mobilisés pour déclarer que le gouvernement du président Bachar al-Assad était coupable. Les éditorialistes du New York Times, d'autres grands journaux, et les radoteurs des journaux télévisés ont tous exprimé leur indignation morale et exigé que Washington lance des représailles. Tout indique que les médias avaient déjà été informés, afin de mener un exercice de propagande de guerre soigneusement orchestré..."

 

Reprenons les données de Bill Van Auken...

 

Michel Peyret


En lançant une salve de missiles sur la Syrie, les Etats-Unis entament un nouveau chapitre dans leur guerre pour l'hégémonie mondiale, lancée il y a plus d'un quart de siècle avec une invasion de l'Irak.

 

L’affirmation que c'est une réaction à une attaque au gaz par le gouvernement syrien est un mensonge transparent. Encore une fois, comme dans la guerre aérienne contre la Serbie en 1999, l'invasion de l'Afghanistan en 2001 et de l'Irak en 2003 et l'attaque contre la Libye en 2011, les Etats-Unis ont concocté un prétexte pour violer la souveraineté d'un autre pays.

 

Le bombardement de la Syrie est une abrogation unilatérale par Washington de l'accord négocié avec la Russie en 2013, qui a empêché une intervention militaire directe planifiée de longue date par les Etats-Unis dans la guerre syrienne.

 

Comme l'écrivait le Comité international de la Quatrième Internationale en septembre 2013, « Le report de la guerre ne diminue pas la probabilité, même l'inévitabilité, de l'éruption d'une guerre majeure. Comme le soulignent les déclarations belliqueuses émanant de Washington, ‘l'option militaire’ reste sur la table. Et la Syrie n’est pas la seule cible d'une attaque militaire. Des opérations américaines contre la Syrie ouvriraient la voie à un affrontement avec l'Iran. En plus, la logique de la poussée de l’impérialisme américain pour la domination mondiale mène à la confrontation avec la Russie et la Chine. Il ne peut pas être exclu non plus que le conflit d'intérêts entre les principales puissances impérialistes, par exemple les États-Unis et l'Allemagne, pourrait sous certaines conditions se transformer en conflits armés. » [1]

 

Cet avertissement a été validé.

 

De plus, les attaques signifient au moins une résolution partielle du conflit acharné sur la politique étrangère qui fait rage aux plus hauts niveaux de l'Etat américain depuis l'élection présidentielle de novembre dernier. Avec le soutien des fractions dominantes du Pentagone et de la CIA, la poussée du Parti démocrate pour mener une guerre contre la Syrie et intensifier la confrontation avec la Russie l’a emporté. La Maison Blanche de Trump a dû exécuter une étonnante volte-face, abandonnant la politique qu’elle avait annoncée seulement quelques jours auparavant.

 

Le plus extraordinaire dans cette crise est la rapidité avec laquelle elle s'est développée. Les frappes contre la Syrie sont intervenues à peine 48 heures après le premier reportage d'un incident dans la province d’Idleb en Syrie, une zone en grande partie contrôlée par la filiale syrienne d'Al-Qaïda, où environ 70 personnes auraient été tuées par des gaz toxiques.

 

Quelques minutes littéralement après l’annonce de cet incident, les médias américains se sont mobilisés pour déclarer que le gouvernement du président Bachar al-Assad était coupable. Les éditorialistes du New York Times, d'autres grands journaux, et les radoteurs des journaux télévisés ont tous exprimé leur indignation morale et exigé que Washington lance des représailles. Tout indique que les médias avaient déjà été informés, afin de mener un exercice de propagande de guerre soigneusement orchestré.

 

Mercredi, Trump a repris ce récit médiatique lors d' une conférence de presse à la Maison Blanche, en déclarant qu'on ne peut « tolérer les actions abominables du régime Assad ». Son ambassadrice à l'ONU, Nikki Haley, a menacé que Washington pourrait lancer une action militaire unilatérale. Trump a répété cette ligne dans un communiqué aux médias depuis sa maison de villégiature de Mar-a-Lago jeudi soir.

 

La Maison Blanche et les médias ont rejeté sommairement les démentis du régime syrien ; on a fait le silence sur le rôle des forces d'Al-Qaïda en Syrie, qui ont mené leurs propres attaques aux armes chimiques, pour ensuite les mettre au compte du régime Assad.

 

La question de savoir qui était responsable de la prétendue attaque aux gaz a été « résolue » en moins de temps que la police de New York ne consacre à enquêter sur un vol à l’arrachée. Le verdict était annoncé, maintenant la sentence est en cours d’éxecution.

 

Il est utile de comparer cette réaction aux méthodes employées quand des frappes américaines en Afghanistan, en Irak, ou au Yémen tuent des centaines de civils. Le Pentagone déclare inévitablement qu'il n'a pas de preuve crédible de l’existence de victimes civiles. S'il décide d'investiguer pour sauver la face, on attend habituellement des semaines avant qu'il ne publie un rapport qui soit nie le carnage, soit signale une petite fraction du nombre réel de morts.

 

A Mossoul, à peine 300 km du site de l'attaque au gaz présumée en Syrie, les Etats-Unis ont massacré des centaines d'hommes, de femmes et d’enfants irakiens. Des familles entières sont enterrées vivantes sous les bombes qui détruisent des quartiers entiers. Il va sans dire que les grands médias américains ne diffusent pas d'images des corps calcinés et déchiquetés des victimes de ces attaques. Aucun des commentateurs qui versent des larmes de crocodile sur l'attaque au gaz présumée en Syrie n’a pu trouver une once d’indignation morale pour les victimes à Mossoul.

 

Il ne fait aucun doute que l'incident en Syrie est un prétexte concocté pour lancer une intervention militaire américaine prévu de longue date. Pour enquêter sur ce qui est arrivé à Idleb, il faudrait commencer avec le service action de la CIA en Syrie, responsable de la coordination avec les forces mandataires de Washington, organisées autour d'Al-Qaïda.

 

Nous avons été confrontés à cette situation tellement de fois qu’il n’est guère utile de réfuter encore une fois le récit officiel. C'est il y a 14 ans maintenant que les Etats-Unis ont envahi l'Irak, prétendant que le pays avait des armes de destruction massive, et produit un vaste massacre qui a coûté la vie à plus d'un million de personnes et transformé des millions d'autres en réfugiés. Des mensonges semblables ont servi de prétexte en 2011 à la guerre de l’OTAN en Libye.

 

Les médias ne soufflent mot sur ces précédents tristement célèbres. Ils ne font pas la moindre allusion au fait que dans cette nouvelle guerre, Al Qaïda est l'allié de Washington et de l'Europe. Les médias ont abandonné la moindre prétention au journalisme indépendant.

 

L'oligarchie américaine exige une autre campagne d'agression militaire pour assurer son hégémonie sur le Moyen-Orient et faire reculer ses rivaux régionaux et mondiaux, surtout l'Iran et la Russie.

 

Comme l'invasion de l'Irak, l'intervention en Syrie est un crime de guerre. Washington intervient dans une guerre civile qu’ils ont eux-mêmes provoquée, armée et financée afin de renverser Assad et le remplacer par un régime fantoche. La tentative de renverser Assad avec des milices islamistes a échoué, après avoir coûté la vie à un demi-million de personnes et transformé cinq millions de Syriens en réfugiés. Cet échec est dû non seulement au soutien russe et iranien pour Assad, mais aussi à la peur et à la haine ressentie par la majorité des Syriens pour les éléments soutenus par les Etats-Unis liés à Al-Qaïda.

 

Le brusque revirement de la ligne politique de Trump donne une indication de l'immense pression pour la guerre au sein de la classe capitaliste américaine. Quelques jours avant l'incident à Idlib, les responsables de l'administration déclaraient toujours qu’ils allaient s’accommoder de l'existence du régime Assad. Trump lui-même avait critiqué à plusieurs reprises la politique d’Obama en Syrie, déclarant que le seul objectif des États-Unis devrait être la destruction de l'Etat islamique.

 

Les dénonciations acharnées de Trump par les démocrates et les médias pro-démocrates comme le New York Times visaient précisément cette question : celle de sa prétendue mollesse envers le gouvernement syrien et, significativement, le principal allié de Damas, la Russie.

 

Si Hillary Clinton avait remporté l’élection en novembre, on peut dire sans risque de se tromper que des missiles américains auraient frappé leurs cibles en Syrie quelques jours après l'élection. Le retard de Trump dans la poursuite de ce cours a provoqué un tollé de la part du Parti démocrate, cet instrument de Wall Street et de l'appareil de l’armée et du renseignement, qui l’a dénoncé pour ses liens présumés à Moscou.

 

A présent, Trump a été rappelé à l’ordre. Le revirement politique a été accompagné d'un remaniement du personnel à la Maison Blanche. Stephen Bannon a été écarté du Conseil national de sécurité, tandis que l’armée renforçait sa mainmise sur le pouvoir.

 

Ce changement de cap était tout à fait prévisible. En décembre dernier, alors que Trump nommait un officier militaire de haut rang après l'autre aux postes de responsabilité dans son administration, le WSWS a écrit: « Il se peut bien que ce soit les généraux qui choississent de rejoindre l'administration Trump tout autant que Trump les choisit, car ils sont confiants qu'il pourront finalement dicter sa politique à Trump ».

 

La politique étrangère russe quant à elle est en miettes, révélant la fausse perspective de ceux autour du président Vladimir Poutine qui ont cru naïvement que quelque chose d'aussi insignifiant qu'un changement de président pourrait modifier la poussée fondamentale par l'impérialisme américain vers de nouvelles guerres, toujours plus grandes.

 

La guerre contre la Syrie ne jouit d'aucun soutien populaire. Le remaniement politique à Washington et les préparatifs pour une agression renouvelée ont été effectués dans le dos du peuple américain. L'indifférence de l'élite dirigeante à l'opinion populaire se traduit par l'absence même d’un sondage sur la popularité de cette nouvelle guerre.

 

Aucune voix critique ne s’élève contre la guerre, au Congrès ou dans les médias. Il n'y a même pas le simulacre d'un débat. Les démocrates qui dénonçaient Trump hier se rallient à lui pour souligner leur soutien bipartite pour le « commandant en chef » des armées. Un cas typique est le député Adam Schiff (démocrate, de Californie), qui a avoué qu'il « se sentait plus à l'aise en sachant que [Trump] comptait sur le général Mattis et le général McMaster. »

 

Bernie Sanders, l'ancien candidat présidentiel démocrate autoproclamé « socialiste démocratique » et chef de l'aile soi-disant « progressiste » du parti, n’a rien dit sur les plans de guerre, parce qu'il les soutient.

 

L'opposition du Parti démocrate à Trump reposait entièrement sur ces questions. Tous les discours contre la traque aux migrants de Trump, les déportations et les assauts sur les droits démocratiques ont rapidement disparus au nom de l’unité nationale sur la guerre.

Une attaque contre la Syrie comporte la menace directe d'une guerre plus large et potentiellement catastrophique. Quelle sera la réaction de la Russie, une puissance nucléaire, si les missiles américains tuent ses troupes en Syrie?

 

La classe dirigeante américaine accepte de prendre le risque. Face à la baisse prolongée de sa domination autrefois incontestée de l'économie mondiale, elle doit compter de plus en plus sur sa puissance militaire afin d'affirmer son hégémonie mondiale. Le fait qu’une telle voie mène inévitablement à une nouvelle guerre mondiale qui menace la survie de l' humanité ne la fera pas changer de cap.

 

Les actions de l'oligarchie américaine rappellent en tout point la description par Trotsky de la bourgeoisie mondiale à la veille de la Seconde Guerre mondiale, qui marchait « les yeux fermés vers la catastrophe économique et militaire. »

 

Les missiles Tomahawk ne mettront pas fin aux conflit qui vient d'exploser. L'impérialisme américain ne peut affirmer son hégémonie mondiale en dehors d'une série sans fin d'escalades militaires, chacune plus téméraire que la précédente, conduisant finalement à la catastrophe.

 

Ces événements expriment la nécessité brûlante de la construction d'un mouvement anti-guerre de masse, orienté vers la classe ouvrière, ayant pour objectif l'abolition de l'ordre social capitaliste qui est la cause fondamentale de la guerre.

 

[1] David North, A Quarter Century of War: The US Drive for Global Hegemony 1990 -2016

(Article paru en anglais le 7 avril 2017)

Posté par Michel Peyret

il ne s’embarrasse pas du droit international ni même de sa constitution

 

Publié le 8 Avril 2017

Canaille le Rouge reste

à contre courant

et appelle à ne pas céder

aux sirènes des boute-feux impérialistes 

 

il ne s’embarrasse pas du droit international ni même de sa constitution

 

L'acte de guerre commis par Trump-Folamour,  au mépris des propres lois de son pays (la constitutions des USA interdit tout recours à la guerre sans autorisation du congrès), suscite colère et indignation à travers le monde. Seule les faucons de l'impérialisme et les laquais de la sociale démocratie approuve parfois avec quelques timide réserves.

 

Souhaitons que cet acte insupportable ne soit pas la première marche qui conduirait à la conflagration généralisée. le jeux des traités et alliances internationales peut malheureusement y conduire et très rapidement.

 

Trump-Folamour vient d'entrer dans l'histoire comme y est entré son maître à guider Mussolini, avec des pratiques d'incendiaire du Reichstag. L'horloge du cataclysme se rapproche dangereusement de minuit.

 

Dans les jours qui viennent, Canaille le rouge va tenter de donner quelques réactions du monde des blogs.

 

Elles n'engagent que leurs auteurs mais donnent à connaitre le panel de ceux qui s'opposent à l'impérialisme et de ceux qui composent avec lui.

 

Un mot d'ordre : si tu veux la paix agit contre la guerre 

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Les USA indiquent qu’il est prêt pour une nouvelle offensive sur le territoire syrien

 

 

08 Avril 2017

 

Le représentant permanent des États-Unis à l'ONU, Nikki Haley,

Le représentant permanent des États-Unis à l’ONU, Nikki Haley,

 

 

Face aux critiques devant l’attaque lancée sur les bases militaires en Syrie considérées une violation du droit international, la délégation américaine a annoncé vendredi à  l’ONU  qu’ils étaient prête à lancer une nouvelle offensive sur le territoire syrien.

 

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité convoquée par la Bolivie pour faire face à l’agression contre les  bases militaires  en Syrie en réponse aux attaques d’armes chimiques perpétrées mardi, les membres de cette organisation de l’ONU ont montrés leurs profondes divisions.

 

L’attaque lancée hier par les Etats-Unis « constitue une menace pour le droit international », a déclaré le représentant permanent de la Bolivie auprès de l’ONU, Sacha Llorenti.

 

Le représentant de la Bolivie a déclaré que son pays défend le multilatéralisme, qui constitue la base sur laquelle a été conçue l’ONU, en plus de la charte de gouvernance de cette organisation qui  proscrit  les actions militaires unilatérales.

 

« Les Etats-Unis sont devenus l’enquêteur, le procureur et le bourreau », a déclaré Llorenti. Le diplomate bolivien a déploré que, tandis que le Conseil de sécurité  débattait d’une résolution pour enquêter sur l’attaque d’armes chimiques en Syrie, les Etats-Unis se préparait à une attaque militaire.

 

Pendant ce temps, les délégations que l’Uruguay, la Suède et la Chine ont évité de critiquer directement les Etats-Unis, mais ils ont suggérés que toute réaction à l’utilisation d’armes chimiques devrait être soutenue par le droit international et être approuvé par le Conseil de sécurité.

 

Tandis que le Royaume-Uni et la France ont apporté un  soutien sans réserve au fait que plus de 50 missiles aient été  lancés depuis les porte-avions des États-Unis sur des bases militaires en Syrie.

 

La représentante américaine permanent à l’ONU, Nikki Haley, a rappelé que comme elle l’avait dit  dans la session après les attaques avec des armes chimiques en Syrie, son pays était prêt à prendre « ses propres actions » s’il n’avait  pas obtenu le soutien du Conseil de sécurité .

.

À cet égard, elle a mis en garde: « Nous sommes prêts à faire plus, mais j’espère que cela ne sera pas nécessaire. » Elle a dit que les Etats-Unis agiraient de manière unilatérale dans des cas tels que l’utilisation d’armes chimiques contre les civils.

 

Dans son discours, le représentant suppléant de la Russie auprès de l’ONU, Vladimir Safronkov, a affirmé  que l’offensive américaine a violé le droit international, en plus de plus accru la remise en cause de  la stabilité dans la région.

 

Safronkov a également maintenu sa demande à l’ONU de lancer une enquête pour déterminer les responsabilités en ce qui concerne l’attaque chimique en Syrie, mais a dit qu’il ne soutiendrait pas un document préjugent au préalable qui est responsable.

 

À cet égard, il a déclaré que les États-Unis et ses alliés avaient « peur qu’il y ait une enquête indépendante, car ses résultats seraient  peut-être contraire au récit qu’ils ont a tenu contre le régime » en Syrie.

 

À cet égard, le Conseil de sécurité n’a pas encore décidé de se réunir pour discuter d’une résolution visant à lancer une enquête sur les attaques avec des armes chimiques produites dans la province de Idlib, qui a tué au moins 80 personnes, dont 27 mineurs.

 

Peu de temps avant le début de la session, le vendredi, Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU, a appelé la communauté internationale à « éviter toute action qui pourrait qu’accroître les souffrances du peuple syrien ».

 

Le chef de l’ONU a également réitéré sa conviction qu’il n’y a pas d’autre moyen de résoudre le conflit en Syrie que par une solution politique, il  a exhorté les parties en conflit à renouveler d’urgence leur engagement à faire avancer la des pourparlers de paix à Genève.

 

(Information fournie par Notimex)

La violation du droit international, la défense de la paix et l’exercice de notre citoyenneté

 

08 Avril 2017

L’intervention américaine et la manière dont elle a été accueillie par certains politiciens français doit contribuer à éclairer nos choix citoyens parce qu’il y a là un acte dont la gravité exige la prise en compte de la dangerosité du monde qui est le nôtre.

 

Que Macron, Hamon, Hollande et sa clique,  puissent de fait approuver l’intervention de Trump alors que celle-ci s’exerce en violation du droit international ou des Nations Unies témoigne du degré de déchéance politique, intellectuelle et morale à laquelle ces échappés d’un PS en décomposition sont parvenus. Que la quasi totalité des médias qui depuis des mois nous bassine avec la dénonciation de la folie de Trump ait les mêmes coupables indulgences à l’égard d’un tel acte prouve l’état de décomposition de ce milieu journalistique dominé par la propriété des marchands d’arme.

 

Cette pseudo gauche apparaît pour ce qu’elle est : la poursuite d’une vision colonialiste dans laquelle on accorde tous les droits au shérif du capital, les Etats-Unis, garantie de nos propres pillage ou plutôt celle de notre classe domnante à laquelle nous sommes inféodés.

 

Que l’on retrouve sans la moindre preuve, avant tout enquête, le langage de ceux qui ont appuyé les expéditions en Yougoslavie, en irak, en Libye, etc… pour soutenir un acte de l’administration Trump, un acte d’agression internationale contre un autre Etat souverain au Moyen-Orient. Cette gauche là est celle des néo – conservateurs et ils se réjouissent que ces dernier réaffirment leur domination sur la politique étrangère américaine à Washington. Comment attribuer à Moscou l’origine d’un tel acte pour justifier la politique d’agression en Europe derrière l’OTAN.

 

Oui Mélenchon a raison Hollande et Merkel portent l’entière responsabilité du droit dictatoral des Etats-Unis à faire fi de tout droit international et à empêcher toute détente entre la Russie et les Etats-Unis dont notre continent fera les frais autant que le malheureux Moyen orient.


Une fois de plus des images horribles en provenance d’ Idlib après une présupmée attaque au gaz sarin sont sciemment utilisées non pour châtier ceux que l’on décrit alors comme coupables alors que selon toute vraisemblance il s’agit de désigner ceux que l’empire et ses néoconservateurs veulent abattre. On se croirait dans un remake de l’invasion de L’Irak en 2003 et les bébés en couveuse débranchés lors de l’invasion du Koweit par Saddam Hussein. Tous les précédents jouant sur l’émotion pour nous entraîner dans des catastrophes pour les peuples que l’on prétend sauver devraient pourtant nous inspirer de la défiance devant ces utilisations qui sont pain béni pour les fascistes terroristes qui se nourrissent du chaos et paraissent protégés plutôt que contenus par de telles interventions. Aujourd’hui nous ne savons pas réellement ce qui s’est passé à Idlib, et le savoir serait la base de toute sanction conforme au droit international.

 

De qui se moque-t-on ? Les souffrances des enfants servent de pretexte pour justifier l’injustifiable, mais on se souvient de la manière dont la démocrate Madeleine Albright parlait du « prix à payer » pour les morts massives d’enfants en irak et aussi la manière dont on ferme aujourd’hui les yeux sur ce qui se passe au yemen. sans parler de la différence de traitement concernant Alep (sur lequel le silence se fait) et Mossoul. Avec toute cette expérience qui peut légitimement comme un Macron , Hmaont et Hollande justifier un tel viol du droit international pris « au nom des intérêts vitaux américains » (lesquel?), quelle faiblesse et quel mépris du peuple français les pousse à confondre cet acte avec une volonté de justice ?

 

Tout laisse à penser que Trump qui ouvrait des négociations avec le président chinois le même jour a trouvé là l’argument frappant pour inaugurer celles-ci dans de bonnes conditions pour lui sur le plan commercial, sur celui de l’allié coréen du nord et sur celui des îles de la mer de Chine.

 

Comme cet acte a été utilisé pour dépasser une situation bloquée au sein du Congrès y compris dans son propre camp républicain.

 

Les photos des enfants victimes des bombardements agitées à l’ONU non seulement font songer à l’intervention de Collin Powells agitant les preuves de l’existence d’ames de destruction massive en Irak, mais il est ignoble d’utiliser un tel drame, les sentiments du public pour des raisons purement de voyou se disputant avec d’autres voyous. C’est de la pornographie pédophile qui écoeure quand on voit qu’elles ne sont que des pretextes.

 

Je n’ai pas plus confiance en Bachar El Assad qu’en Saddam Hussein, mais la parole d’un président des etats-Unis ou d’un président français ne représente aucune garantie de leur culpabilité.  Pourquoi Bachar El Assad dont les forces étaient victorieuses sur le terrain aurait-il pris ce risque, lui dont l’arsenal chimique a été démantelé sous contrôle international, ce qui n’est pas le cas d’autres forces de la région et y compris des groupements terroristes qui agissent avec l’accord des alliés des occidentaux. Nul ne peut répondre à cette question et si Bachar El Assad doit rendre des comptes, une telle frappe sans la moindre enquête préalable interroge sur ce qu’elle cherche à masquer sous couvert d’indignation vertueuse. Comment considérer que de simples photos émanant d’une « rébellion » dont on sait à quel point elle est orfèvre dans les fausses nouvelles et témoignages fabriqués puisse justifier cela. On peut ne pas approuver la politique des Russes mais celle-ci avait réussi avec d’infinies prudences à créer les conditions de négociation entre des parties qui a priori n'avaient aucun point commun. Cette intervention vise à frapper non pas le régime syrien mais les possibilités réelle d’une diplomatie active y compris avec les Turcs, les Iraniens, les rebelles dits modérés et même les Israéliens et les palestiniens. C’est la politique de force, les extrémismes belliciste que cette intervention encourage.

 

Les Etats-UNis montrent un visage impudent dans lequel le prétexte humanitaire, la croisade démocratique devient de plus en plus risible et le droit du shérif un néo-colonialisme sans vergogne.

 

Le PS tel qu’il est aujourd’hui s’est un temps plongé dans le bain de jouvence de mai 68, de tous les gauchismes, mais il demeure bien l’héritier du colonialisme de la vieille SFIO, de son allégeance aux Etats-Unis et à son impérialisme sous couvert d’anti-totalitarisme soviétique et il en fait la preuve en soutenant cette intervention inimaginable sinon dans une période historique de décin impérialiste avec une vocation fascisante.

 

Les conséquences d’une telle intervention sont incomensurables et nous devons prendre conscience de la nécessité de mettre désormais la lutte pour la paix et pour le respect des souverainetés et du droit international au centre de nos préoccupations.

 

C’est à la lumière de cette situation que nous devons exercer nos droits de citoyens, voter mais aussi et surtout nous impliquer dans le renouveau des combats pour un monde de paix.

 

Danielle Bleitrach

07 avril 2017

Syrie, Bombardement américain, un tournant dans la géopolitique mondiale ?

"Or, nous dit l'article, outre le fait qu’on voit mal quel intérêt le pouvoir syrien aurait eu à alimenter contre lui une nouvelle fois toute la propagande occidentale, les experts militaires, notamment français, mettent en doute cette thèse, comme le révélait hier l’hebdomadaire Challenges, peu suspect de sympathie excessive vis-à-vis de Bachar el-Assad. Dès lors, on peut s’interroger sur une hypothèse : le drame de Khan Cheikhoun n’était-il pas une provocation imaginée par des forces, à Washington ou ailleurs, qui voyaient avec angoisse la guerre en Syrie pouvoir s’orienter – enfin ! – vers une issue négociée respectant la souveraineté de ce pays ?..."

Reprenons la lecture des réflexions qui alimentent l'appréciation de "tournant"...

Michel Peyret


Bombardement américain contre la Syrie : comment Donald Trump a été repris en main par l’« État profond »

 

le 07 avril 2017

Bombardement base Shayrat

Le bombardement soudain et massif, le 6 avril, de la base militaire syrienne de Shayrat par les forces américaines pourrait bien marquer un nouveau tournant dans la géopolitique mondiale. Au-delà de la Syrie, c’est naturellement un geste agressif brutal qui est ainsi perpétré contre la Russie. Pour l’heure, celle-ci a réagi avec sang-froid.

À ce stade, trois points méritent d’être notés. D’abord, sans guère de surprise, les pays occidentaux et les médias dominants reprennent sans la moindre réserve la thèse selon laquelle l’attaque chimique contre la ville syrienne de Khan Cheikhoun – attaque qui a servi de prétexte à l’agression américaine – aurait été ordonnée par Damas.

Or, outre le fait qu’on voit mal quel intérêt le pouvoir syrien aurait eu à alimenter contre lui une nouvelle fois toute la propagande occidentale, les experts militaires, notamment français, mettent en doute cette thèse, comme le révélait hier l’hebdomadaire Challenges, peu suspect de sympathie excessive vis-à-vis de Bachar el-Assad. Dès lors, on peut s’interroger sur une hypothèse : le drame de Khan Cheikhoun n’était-il pas une provocation imaginée par des forces, à Washington ou ailleurs, qui voyaient avec angoisse la guerre en Syrie pouvoir s’orienter – enfin ! – vers une issue négociée respectant la souveraineté de ce pays ?

Deuxièmement et surtout, au regard de la campagne électorale atypique que mena le milliardaire qui siège désormais à la Maison-Blanche, la décision de ce dernier de recourir à l’agression militaire met en lumière l’extraordinaire capacité de ce qu’on pourrait appeler « l’État profond » américain à reprendre en main celui qui avait dû son succès à sa rhétorique anti-establishment. Plus significatif encore est le langage employé par Donald Trump, qui n’a pas hésité à renouer avec des accents moralisateurs que n’auraient pas renié les pires néo-conservateurs, et mis à l’honneur par George W. Bush.

Ces dernières semaines déjà, le président américain avait explicitement tourné le dos à des thèmes qui avaient marqué sa campagne

Ces dernières semaines déjà, le président américain avait explicitement tourné le dos à des thèmes qui avaient marqué sa campagne : tonalité brutalement anti-russe (sur la Crimée, en particulier), guerrière contre la Corée du Nord, beaucoup plus amène en ce qui concerne l’OTAN, et plus encore vis-à-vis de l’Union européenne. Alors qu’il n’avait pas de mots assez durs contre celle-ci, il lui a trouvé récemment des charmes « merveilleux ». Bref, les forces qui pilotent vraiment les coulisses du pouvoir américain n’ont eu besoin que de quelques mois à peine pour circonvenir le nouveau locataire de la Maison Blanche.

Enfin, il n’a pas fallu attendre ne serait-ce que quelques heures pour entendre les déclarations de soutien et d’enthousiasme en provenance de Berlin, de Paris et de Bruxelles : enfin l’Oncle Sam revient à la raison, et renoue avec les discours et pratiques virils qui font tout son charme… Nul doute que ces compliments – doublés d’immenses soupirs de soulagement – vont se multiplier du côté des dirigeants de l’Union européenne. Ceux-ci, éperdus de reconnaissance, n’en seront que plus encouragés pour tenir les promesses d’augmentation des dépenses militaires formulées auprès de l’OTAN.

Le 6 avril constitue un tournant dans la stratégie américaine. Mais ce tournant, aussi inquiétant soit-il, illustre également à quel point la géopolitique mondiale est devenue (pour une part) imprévisible et instable. L’aspiration populaire – aux quatre coins de la planète – à un avenir pacifique et de progrès passe plus que jamais par la reconquête de la souveraineté de chaque État, et la mise en place concomitante de véritables coopérations sur une base d’égalité et de respect mutuel.

Et donc par le refus d’intégrations régionales porteuses de logiques de puissance impériale et de rivalités.

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Posté par Michel Peyret 

07 avril 2017

Anthony Torres, Syrie, qui, et pourquoi, l'arme chimique ?

"Des investigations, nous dit Anthony Torres, du journaliste américain réputé Seymour Hersh ont ensuite établi en 2014 que l'Administration Obama avait passé sous silence l'information qu'Al Qaïda disposait d'armes chimiques en Syrie, et que l'attaque à Ghouta avait été planifiée par les services turcs. Aucun gouvernement n'a fourni une réfutation de l'analyse de Hersh. Le but était de fournir un prétexte au Pentagone pour lancer une guerre en Syrie. Obama a finalement décidé contre une intervention directe, au grand dam de Hollande, quelques semaines plus tard. En fait, le pire dans l'instrumentalisation des photos d'enfants syriens gazés par la presse, c'est que, pour l'heure, elle ressemble tellement à cette propagande monstrueuse en 2013..."
 
Reprenons le récit des constats de Anthony Torres...
 
Michel Peyret
Après l’attaque prétendument à l’arme chimique effectuée par le régime d’Assad dans la ville de Khan Cheikhoun, Libération mène une propagande anti-Assad et antirusse afin de préparer l'opinion à une guerre de l'OTAN avec la Syrie et la Russie.
 
Le journal a publié en Une une photo choquante. Sur fond noir, on voit sept enfants morts dans l’attaque chimique du 5 avril, avec en titre « Les enfants d’Assad ». Ceci renvoie aux accusations portées par l’opposition syrienne contre le régime de Bachar al-Assad, d’avoir fait au moins 58 morts et près de 170 blessés dans une attaque chimique contre un fief rebelle djihadiste.
 
Dans un éditorial intitulé « Impunité », Alexandra Schwartzbord écrit : « Les enfants d'Assad nous regardent. Ils nous rappellent de leurs yeux grand ouverts sur l'horreur qu'à quelques milliers de kilomètres d'ici, pendant que nous savourons les premiers jours du printemps, un peuple tout entier est massacré dans le silence général. Et le pire, ce n'est pas cette photo. Le pire, c'est qu'elle ressemble en tout point à d'autres photos prises il y a quatre ans ».
 
C'est une tentative odieuse d'exploiter la mort de sept enfants afin de culpabiliser l'opinion et la pousser vers une intervention militaire en Syrie dont les conséquences sont incalculables.
 
La propagande des humanitaires bellicistes à Libération est fondée sur des spéculations et des mensonges. Il n'y a eu aucune investigation de l'attaque chimique qui aurait frappé Khan Cheikhoun, dans la province d’Idleb.Schwartzbord ne mentionne jamais le fait que les rebelles djihadistes en Syrie détiennent des armes chimiques ; elle fait tout pour calmer les doutes du lecteur et le pousser à accepter une guerre.
 
Entretemps, Donald Trump menace de passer à l'action en Syrie après l'attaque chimique présumée imputée au régime de Damas, qu'il a qualifiée d'« odieuse ». Son chef de la diplomatie Rex Tillerson a également mis en garde la Russie sur son soutien à Damas. En même temps, Washington menace la Corée du nord et son alliée, la Chine, d'une guerre. Une intervention en Syrie ferait des millions, voire – si elle déclenche la « guerre totale » avec la Russie que Hollande craignait en 2015, ou avec la Chine – des milliards de morts.
 
L'évocation par Schwartzbord des morts de l'attaque chimique en 2013 à Ghouta souligne le risque très réel que l'attaque à Khan Cheikhoun est une provocation montée par la CIA ou ses alliés. L'attaque de Ghouta s'est déroulée alors que Washington et les puissances impérialistes européennes menaçaient la Syrie d'une guerre. Comme maintenant, Washington et l'Europe ont insisté immédiatement, sans aucune investigation, qu'Assad était coupable.
 
Des investigations du journaliste américain réputé Seymour Hersh ont ensuite établi en 2014 que l'Administration Obama avait passé sous silence l'information qu'Al Qaïda disposait d'armes chimiques en Syrie, et que l'attaque à Ghouta avait été planifiée par les services turcs. Aucun gouvernement n'a fourni une réfutation de l'analyse de Hersh. Le but était de fournir un prétexte au Pentagone pour lancer une guerre en Syrie. Obama a finalement décidé contre une intervention directe, au grand dam de Hollande, quelques semaines plus tard.
 
En fait, le pire dans l'instrumentalisation des photos d'enfants syriens gazés par la presse, c'est que, pour l'heure, elle ressemble tellement à cette propagande monstrueuse en 2013.
 
Dans l'analyse que présente Libération pour justifier la mise en accusation d'Assad par Schwartzbord, il manque tout élément de preuve. Libération cite des témoins : un responsable d'une ONG française présente dans la province d'Idleb, un médecin, et le porte-parole des rebelles de la région. Ceux-ci confirment la présence de chasseurs Soukhoï-22 syriens dans la région et de tirs de missiles vers l'heure de l'attaque, et le fait que les symptômes des victimes sont conformes à ceux que provoqueraient une attaque chimique.
 
Toutefois, seul un témoin établit concrètement un lien entre les Soukhoï-22 syriens et l'usage des armes chimiques : Ibrahim al-Idlibi, « porte-parole de la rébellion modérée pour la région d'Idlib » selon Libération. Et même le témoignage d'al-Idlib n'établit pas de manière définitive que ce sont les chasseurs d'Assad qui ont tiré le gaz.
 
Selon al-Idlib, « C'est la première fois que des chasseurs Soukhoï-22 sont utilisés avec des missiles pleins de sarin lancés en même temps que des missiles explosifs pour une attaques massive destinée à tuer au maximum. ... La semaine dernière, les rebelles ont mené une offensive contre Hama, et le régime a subi des pertes considérables. L'attaque de Khan Cheikhoun est une vengeance ».
 
Si ce sont là les preuves dont dispose Libération, il faut dire que pour l'heure, personne ne sait ce qui s'est passé à Khan Cheikhoun, car personne n'a investigué sérieusement l'attaque. Mais non seulement Schwartzbord fait porter de manière incendiaire la responsabilité entièrement à Assad ; elle dénonce également, et avec hystérie, Moscou.
 
Dénonçant le rôle de la Russie dans la sortie de la crise en 2013 – Moscou avait joué aux médiateurs afin d'empêcher une intervention impérialiste en Syrie, et promis de détruire l'arsenal chimique syrien – Schwartzbord ajoute, « Mais le pire ce n'est pas cette photo. Le pire c'est que les Russes s'étaient portés garants de la destruction des sites syriens d'arme chimique il y a 4 ans ».
 
En mettant en doute le rôle de la Russie dans la destruction des armes chimiques d’Assad, Libération jette le doute sur toute tentative de négocier avec la Russie dans les multiples conflits, dont en Syrie et en Ukraine, qui l'opposent à l'OTAN. C'est un geste d'une témérité extraordinaire, vu les conséquences d'une guerre entre les grandes puissances nucléaire.
 
La guerre en Syrie est avant tout la responsabilité des Etats-Unis et de leurs alliés européens, dont la France. Le massacre de la population syrienne est le résultat de six ans de guerre par procuration menée par les puissances impérialistes contre la Syrie. Washington et ses alliés européens ont employé des forces islamistes liées à Al Qaïda financées par les monarchistes du Golfe, ainsi que des milices nationalistes kurdes, à partir de 2013.
 
Schwartzbord dépeint le monde à l'envers, terminant son éditorial avec des lamentations sur « l'impuissance » de l'OTAN : « L'Europe est exsangue, et ses deux piliers, la France et l'Allemagne, paralysés par des campagnes électorales. Et les Américains sont gouvernés par un fou dont on ne sait si l'on préférerait qu'il intervienne ou qu'il s'abstienne. Le pire, c'est cette impuissance ».
 
Ce genre de passage donne tout son sens à l'expression « la presse bourgeoise ». Quel genre de journal s'interroge pour savoir si elle préfère ou non que Trump, un milliardaire d'extrême-droite, lance une autre guerre dévastatrice pour occuper encore un autre pays du Moyen Orient, après l'Afghanistan et l'Irak ? C'est un journal qui dont les prétensions à un gauchisme postsoixantehuitard petit-bourgeois masquent à peine le bellicisme proimpérialiste.
 
Libération agit en tant qu’instrument de la propagande de l’impérialisme français et de la CIA pour encourager Trump et l’opinion publique en France à de nouvelles guerres.
 
Pour plus d'informations :
 
[8 avril 2014]

Posté par Michel Peyret 

07 avril 2017

Habib Abba-Sidick, Syrie, le trio infernal perpétue sa stratégie

"Le trio infernal, nous dit Habid Abba-Sidick, perpétue sa stratégie, comme ce blog en témoigne depuis 2012, de dislocation de ce territoire en s’accaparant les vastes réserves en hydrocarbures détenues de Raqqa à Deir-Ez-Zor par la République Arabe Syrienne. On observe que Raqqa ne sera pas le " Stalingrad " de Daesch, puisque déjà ses milices l’abandonnent, remettant cette cité à sa tutelle américaine laquelle se propose de proscrire toute offensive de l’Armée Arabe Syrienne en direction de Raqqa, vers laquelle elle se dirige, en y interposant son contingent, déniant toute souveraineté à la République Arabe syrienne sur son propre territoire..."

Reprenons les observations et réflexions de Habid Abba-Sidick...

Michel Peyret


La Syrie raquera-t-elle à Raqqa ? par Habib Abba-Sidick

Par Colère et Espoir60 le 3 avr. 2017, 02:37

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À la sommation du ministre des relations extérieures des USA, lequel sans s’en remettre à ses alliés d’épopée en Syrie a déclaré " Le sort du président Bachar-Al-Assad, à long terme, sera décidé par le peuple syrien ", son homologue hexagonal n’a pas tardé à obtempérer, sans barguigner, en indiquant " Si on veut la paix et la sécurité durables en Syrie, il ne faut pas seulement l'option militaire, il faut l'option politique et l'option politique, c'est la négociation pour une transition ".

L'hexagone après avoir fomenté le chaos en République Arabe Syrienne et juré que son dirigeant devait s’effacer au profit des "criminels modérés" du Front Al Nosra et consorts que depuis 2011 il soutient militairement, financièrement et médiatiquement associé à la Grande-Bretagne, aux USA, à l’Allemagne, à la Turquie, à Israël, à l’Arabie Saoudite, au Qatar et à la Jordanie, tel un vassal a prononcé son allégeance à son suzerain.

Malgré quelques velléités manifestées par l’hexagone refusant son insuccès en République Arabe Syrienne, notamment en assiégeant par milices interposées une partie de la banlieue de Damas et la cité de Hama, les ambitions de la France ont été scellées par les déclarations des USA.

Elle aurait pu escompter que son appariement avec le sultan d’Ankara l’autorise à profiter des acquis syriens de ce dernier dans le nord frontalier de la Syrie, la Fédération de Russie a dévasté en quelques jours les espérances hexagonales et turques en détruisant avec ses aéronefs les milices criminelles destinées à préserver les acquis vitaux turcs en République Arabe syrienne. Le sultan d’Ankara annonçant qu’il mettait un terme à ses opérations militaires sur le territoire syrien.

Il n’en demeure pas moins que la présence militaire des USA estimée à un millier de troupes aux abords de Raqqa vers la frontière irakienne pose un problème majeur. Les USA sans y être autorisés par la République Arabe Syrienne et le congrès américain interviennent avec leurs milices kurdes et arabes rassemblées dans une organisation hétéroclite le FDR encadrée par leurs forces spéciales avec comme objectif la capture de la ville de Raqqa et par la suite celle de Deir-Ez-Zor. En cette matière, l’hexagone n’est pas absent, puisqu’il se réserve le droit de participer à cette conquête.

On se résume, le trio infernal France, Grande-Bretagne et USA occupent une partie du territoire d’une nation souveraine et y met en œuvre son dépeçage en ralliant une partie de la population kurde à laquelle il a été promis la formation d’une entité souveraine s’associant à celle de l’Irak, dont l’existence a été formalisée sous les auspices des USA lors de son intervention en Irak en 1990.


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Évidemment, le prétexte aurait pu être la persécution des kurdes en République Arabe Syrienne expliquant l’immixtion du trio infernal désireux d’être le preux chevalier, selon la propacom en vigueur, s’opposant à la férocité du " boucher de Damas ". La Syrie n’est pas la Turquie et les kurdes de Syrie ne sont pas l’objet d’une répudiation par les autorités syriennes.

Le trio infernal perpétue sa stratégie, comme ce blog en témoigne depuis 2012, de dislocation de ce territoire en s’accaparant les vastes réserves en hydrocarbures détenues de Raqqa à Deir-Ez-Zor par la République Arabe Syrienne. On observe que Raqqa ne sera pas le " Stalingrad " de Daesch, puisque déjà ses milices l’abandonnent, remettant cette cité à sa tutelle américaine laquelle se propose de proscrire toute offensive de l’Armée Arabe Syrienne en direction de Raqqa, vers laquelle elle se dirige, en y interposant son contingent, déniant toute souveraineté à la République Arabe syrienne sur son propre territoire.

On y supputerait presque un accomodement entre les USA, la Fédération de Russie, la République d’Iran et la République Arabe Syrienne parvenant à l’acceptation par la nation syrienne d’une gouvernance collégiale.

Le gouvernement syrien ne se résoudra pas à l’extorsion d’une de ses provinces, d’autant que s’agissant des kurdes établis sur son territoire, ils procèdent d’abord de la citoyenneté syrienne et aucune puissance étrangère n’est en droit de décider du devenir d’une autre nation en oblitérant de facto son libre-arbitre, autrement cela se nomme une déclaration d’hostilités appelant une riposte à une situation d’illégitime agression.

La Fédération de Russie deviendrait en cette occurrence un simple aléa que le trio infernal assaillirait sitôt son forfait accompli. Entre les éléments turcs se tenant sur la délimitation entre la Syrie et la Turquie et ceux occupant celle séparant l’Irak de la Syrie s’établirait la prédominance de la République Arabe Syrienne. En aucune manière le trio infernal ne renoncera à sa stratégie initiale, laquelle est d’entraver par tous les moyens, le développement des "chemins de la soie " et l’entente entre la république Populaire de Chine et la Fédération de Russie, car cela signifierait le délitement de sa prédominance.

Les USA n’ont pas d’autre alternative que le fractionnement de la République Arabe Syrienne. L’exploitation des hydrocarbures et des gisements de méthane est une nécessité absolue, si les USA souhaitent entretenir la prééminence artificielle du dollar, la pratique de cette économie de l’agiotage reposant sur le mythe de leur puissance militaire et de leurs fonds spéculatifs d’investissement ayant l’impérieuse nécessité d’être abondés par les gigantesques liquidités provenant des majors de l’industrie des hydrocarbures, dont les pertes actuelles sont supplées par l’émission massive par la FED de dollars falsifiés pourvoyant à l’illusion spéculative.

Cependant, il existe une certitude que la République Arabe Syrienne, la Fédération de Russie, la République d’Iran et la République Populaire de Chine ne permettront pas au trio infernal d’imposer sa doxa prédatrice sur le territoire de la Syrie laïque.

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Posté par Michel Peyret 

Publié par  El Diablo

Bombardement américain contre la SYRIE : comment Donald TRUMP a été repris en main par l’« État profond »

Bombardement américain contre la SYRIE : comment Donald TRUMP a été repris en main par l’« État profond »

Le 07 avril 2017

Le bombardement soudain et massif, le 6 avril, de la base militaire syrienne de Shayrat par les forces américaines pourrait bien marquer un nouveau tournant dans la géopolitique mondiale. Au-delà de la Syrie, c’est naturellement un geste agressif brutal qui est ainsi perpétré contre la Russie. Pour l’heure, celle-ci a réagi avec sang-froid.

À ce stade, trois points méritent d’être notés. D’abord, sans guère de surprise, les pays occidentaux et les médias dominants reprennent sans la moindre réserve la thèse selon laquelle l’attaque chimique contre la ville syrienne de Khan Cheikhoun – attaque qui a servi de prétexte à l’agression américaine – aurait été ordonnée par Damas.

Or, outre le fait qu’on voit mal quel intérêt le pouvoir syrien aurait eu à alimenter contre lui une nouvelle fois toute la propagande occidentale, les experts militaires, notamment français, mettent en doute cette thèse, comme le révélait hier l’hebdomadaire Challenges, peu suspect de sympathie excessive vis-à-vis de Bachar el-Assad. Dès lors, on peut s’interroger sur une hypothèse : le drame de Khan Cheikhoun n’était-il pas une provocation imaginée par des forces, à Washington ou ailleurs, qui voyaient avec angoisse la guerre en Syrie pouvoir s’orienter – enfin ! – vers une issue négociée respectant la souveraineté de ce pays ? […]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE SUR LE SITE DE « RUPTURES »:

Bombardement américain contre la SYRIE : comment Donald TRUMP a été repris en main par l’« État profond »

Publié par  El Diablo

Les bombardements US en SYRIE menacent la paix mondiale

Les bombardements US en SYRIE menacent la paix mondiale

Ce 7 avril on apprend qu’en violation du droit international les Etats Unis ont mené des actes de guerre contre un pays souverain, la Syrie, bombardement un camp militaire au sud de Homs : une soixantaine de missiles de croisière tirés par l’armée américaine ont visé la base aérienne de l’armée républicaine syrienne de Al Shaerat détruisant plusieurs avions et tuant quatre soldats. Il convient de noter que cette attaque a été réalisée de façon concomitante avec une attaque de Daech à 20 km à l’est de cette base militaire et une attaque des islamistes d’Al Qaida en direction de Lataquié. Démontrant s’il le fallait le but réel de ce viol de la légalité internationale par cette agression […]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

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