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Syrie

«  Le Collectif Polex à reçu un ami revenu récemment de Damas. Il tient à conserver l'anonymat, il n'est pas toujours facile d'exprimer en France une opinion contraire à celle des gouvernants occidentaux sur la Syrie. Nous transmettons à nos lecteurs ce témoignage en nous portant garant de son honnêteté. »

 

Rapide voyage à l’intérieur de la Syrie gouvernementale

 

Début avril 2017, pendant 7 jours, j’ai pu découvrir la Syrie légale, celle contrôlée par le gouvernement de Bachar Al Assad. Voici quelques impressions et réflexions rapides sans prétention et loin d’un reportage ou une enquête exhaustive, ce qui me semble difficile dans ce pays en guerre depuis 6 ans. Nous avons pu obtenir le visa dans le cadre d’un voyage alliant solidarité et découverte. L’objectif humanitaire du déplacement était de faire parvenir des médicaments aux hôpitaux syriens Cela nous permettait de découvrir la vie quotidienne de ce pays martyre. Depuis l’embargo, la Syrie officielle doit acheter ses médicaments en devises au Liban. La destruction de l’appareil productif (notamment la région d’Alep) a accentué la pénurie et le pays a du mal à couvrir ses besoins médicaux. Le groupe était formé d’une dizaine de personnes provenant de différents milieux socioculturels.

 

Il y avait des ouvriers qualifiés, des techniciens, des fonctionnaires, des retraités, hommes et femmes. Tous se présentaient comme des amis de la Syrie et de son peuple. Ils voulaient voir sur place une réalité dont les média occidentaux dominants ne parlent pas.

 

Le voyage avait été organisé par une petite association humanitaire de Syriens de France.

 

Les zones parcourues s’étendent de la frontière libanaise à Damas puis de Damas à Alep en passant par Homs, et la côte méditerranéenne. Sur certains axes, nous avons circulé dans les bus normaux, parmi la population syrienne, notamment dans le long trajet de 8 heures entre Damas et Alep. L’autoroute est parfois encore coupée et il faut faire de longs détours, d’abord par la montagne puis par le désert pour ne pas être exposés à des tirs intempestifs. Le reste du circuit, Lattaquié, Tartous, Homs, Maaloula (la cité chrétienne ravagée) a été effectué en mini bus loué par les organisateurs. Nous avons pu entrevoir la vie de cette population courageuse et qui semble unie. Damas, à notre arrivée en fin d’après-midi, souffre d’embouteillages permanents. Le centre-ville semble craquer tant la densité humaine parait importante.

 

La présence de nombreux réfugiés provenant des zones de combat est manifeste.

 

On s’entasse dans les appartements de la famille, des cousins, des amis. La vie est très chère et partout pauvreté mais dignité.

 

L’artisanat, la réparation et le recyclage en tout genre permet à la population de survivre malgré les pénuries liées aux sanctions occidentales. Le soir il n’y a plus d’éclairage public et les coupures d’électricité nombreuses. Les blocs électrogènes prennent le relais chez les particuliers. L’armée arabe et nationale syrienne dite « armée du régime » et les différents groupes de défense locale sont partout. Ils sont formés par toutes les communautés avec beaucoup de jeunes certainement nouvellement enrôlés.

 

Ces soldats ont le sentiment de se battre actuellement contre une agression extérieure. Leur solde est basse et sans commune mesure avec les salaires proposés dans les milices des groupes rebelles. Pour eux, il n’y a pas d’islamistes modérés mais de terroristes qui occupent leur pays en y créant l’insécurité. Les deux plus grandes villes du pays (Damas et Alep) sont totalement pacifiées de même que les villes de la côte et Homs. Cela ne les empêche pas d’entendre des canonnades lointaines, le survol des Mig, des hélicoptères et de subir des attentats à la voiture piégée. De temps à autre (deux fois durant notre séjour) la capitale reçoit des tirs de roquettes aveugles provenant des montagnes. C’est pour des raisons de sécurité qu’il nous fallut faire demi-tour à seulement 20 km de la cité antique de Palmyre. La présence de snipers de Daech était signalée. Dans cette zone nous avons pu apercevoir 5 puits de pétrole en flamme et une raffinerie détruite. Faute de moyen et à cause de l’insécurité les autorités laissent brûler. Cela explique la grande difficulté pour s’approvisionner en carburant. La population disciplinée ouvre les sacs aux barrages de sécurité qui ceinturent les quartiers. Sur les routes des check points distants de 5 à 10 km contrôlent les coffres des véhicules, les sacs et marchandises. Pour des échanges directs et totalement indépendants nous étions limités par la langue et seuls les chrétiens semblent avoir sauvegardé la culture francophone. Je peux citer une religieuse libanaise responsable d’un orphelinat, un homme d’affaire lié au tourisme ou des personnes âgées rencontrées librement et vraiment au hasard dans les rues de Damas. Les témoignages recueillis convergent souvent dans le même sens. Il y a eu un incontestable mouvement démocratique en 2011 que les chrétiens ont salué mais qui très vite a été pris en main par des groupes armés islamistes et djihadistes. La soi-disant opposition laïque se disputait à Istanbul, à Paris ou au Caire mais n’avait aucune représentation crédible sur le terrain. Souvent on nous a interrogés sur le rôle de la diplomatie française qui d’après eux aurait pu avoir un rôle médiateur mais qui s’est alignée sur les seuls groupes terroristes.

 

Nous avons pu visiter librement, sans escorte avec seulement des personnes parlant arabe, les zones libérées d’Alep Est. Nous avons pu observer les terribles destructions sur les lignes de front et l’organisation des réseaux creusés par les rebelles dans une stratégie de guerre souterraine. Les tunnels communiquaient avec les égouts où de puissantes charges explosibles étaient positionnées sous les positions tenues par l’armée régulière. Les souks et la mosquée des Omeyade ont été pillés et fortement endommagés mais déjà des jeunes de l’école technique de Damas s’affairent à des travaux de restauration. Les bâtiments publics ont été occupés par les groupes rebelles de même que certaines maisons de particuliers car elles avaient par leur position une utilité stratégique. Nous avons trouvé, dans les sous-sols du QG des fameux casques blancs mais occupés par des combattants terroristes ((Jabhat Al Nostra) au milieu des immondices, des tracts du CBRN-TF en arabe (Chemical, biological, Radiological, Nuclear) de la task force de l’OTAN. Cela prouverait que des contacts entre l’alliance atlantique et les rebelles étaient engagés pour une assistance sanitaire et logistique.

 

Malgré leurs victoires récentes et leur moral élevé, l’armée nationale et les différentes défenses territoriales apparaissent comme épuisées et fatigués. Ils habitent dans des abris de fortune avec un matériel dérisoire aux barrages (des Kalachnikovs et des pick-up avec mitrailleuse Doushka).

 

Contrairement aux légendes nous n’avons pas vu de Russes en déplacement, seulement une base près d’Alep. On nous a dit qu’après les déminages, une de leurs spécialités, ils ne feraient que de la logistique.

 

Nous pouvons conclure que ce voyage de solidarité n’était pas de vouloir sauver un régime politique mais l’existence même d’un état souverain que certains voudraient voir éclaté. L’état syrien est indépendant depuis 1946. Il est reconnu comme tel par la communauté internationale. Malgré toutes ses imperfections, il permettait de faire vivre en paix les diverses communautés composant la société syrienne. L’avenir appartient au peuple syrien, sans intervention extérieure, lui seul saura décider de son futur.

Syrie : A qui profite le crime ? (CounterPunch)

 

Cui bono – « Qui en profite ? » - est la première question qu’un détective expérimenté doit se poser lorsqu’il enquête sur un crime.

 

Comme j’ai été moi-même détective dans ma jeunesse, je sais ce que cela veut dire. La plupart du temps celui qu’on soupçonne de prime abord n’est pas le coupable. Quand on se demande « cui bono ? », un autre suspect, auquel on ne pensait pas, apparaît.

 

Depuis deux semaines, cette question me taraude. Ça ne me quitte pas.

 

En Syrie, un terrible crime de guerre vient d’être commis. La population civile d’une ville rebelle appelée Idlib a subi une attaque de gaz toxiques. Des dizaines de civils, y compris des enfants, sont morts d’une mort épouvantable.

 

Qui peut avoir fait une chose pareille ? La réponse est évidente : ce terrible dictateur, Bashar al-Assad. Qui d’autre ?

 

Et donc, quelques minutes (littéralement) après l’attaque, le New York Times et beaucoup d’excellents journaux occidentaux ont proclamé sans hésiter : C’est Assad, le coupable !

 

Pas besoin de preuve. Ni d’enquête. C’était tout simplement évident. Ce ne pouvait être qu’Assad. En quelques minutes, tout le monde était au courant.

 

Une tempête d’indignation a balayé le monde occidental. Il faut le punir ! Le pauvre Donald Trump, qui ne comprend rien à rien, a cédé à la pression et a lancé une attaque de missiles absolument insensée sur un aérodrome syrien, après avoir prêché pendant des années que les États-Unis ne devaient en aucun cas s’impliquer en Syrie. Soudain, il a changé d’avis. Juste pour donner une bonne leçon à ce salaud. Et pour montrer au monde que, lui, Trump, est un homme, un vrai.

 

L’opération a eu un immense succès. En une nuit, Trump, qui était universellement méprisé, est devenu un héros national. Même les libéraux lui ont embrassé les pieds.

 

Mais la question a continué à me tarauder Pourquoi Assad a-t-il fait cela ? Qu’avait-il à y gagner ?

 

La réponse simple est : Rien. Absolument rien.

 

(« Assad » signifie « lion » en arabique. Contrairement à ce que les experts occidentaux et les politiciens semblent croire, c’est la première syllabe qui est accentuée).

 

Avec l’aide de la Russie, de l’Iran et du Hezbollah, Assad gagne lentement la guerre civile qui ravage la Syrie depuis des années. Il tient déjà presque toutes les grandes villes qui constituent le cœur de la Syrie. Il a assez d’armes pour tuer autant de civils ennemis qu’il le désire.

 

Alors, pourquoi, pour l’amour d’Allah, devrait-il recourir aux gaz pour en tuer quelques dizaines de plus ? Pourquoi susciter la colère du monde entier et risquer une intervention américaine ?

 

Il faut se résoudre à l’évidence : C’est Assad qui avait le moins intérêt à perpétrer ce crime monstrueux. Sur la liste de « cui bono », il est le dernier.

 

Assad est un dictateur cynique, peut-être cruel, mais c’est loin d’être un imbécile. Il a été élevé par son père, Hafez al-Assad, qui a été longtemps dictateur avant lui. Même s’il était fou, il a comme conseillers les gens les plus intelligents du monde : Vladimir Poutine de Russie, Hassan Rouhani d’Iran, Hassan Nasrallah du Hezbollah.

 

Alors, qui avait quelque chose à gagner dans l’affaire ? Eh bien, une demi-douzaine de sectes et de milices syriennes qui se battent contre Assad, et les unes contre les autres, dans cette folle guerre civile. Ainsi que leurs alliés arabes sunnites, les Saoudiens et autres Cheikhs du Golfe. Et Israël, bien sûr. Ils ont tous intérêt à soulever le monde civilisé contre le dictateur syrien.

 

Simple logique.

 

Un acte militaire a un objectif politique. Comme le disait Carl von Clausewitz, il y a 200 ans : la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens.

 

Les deux principaux adversaires, dans la guerre civile syrienne, sont le régime d’Assad et Daesh. Alors, quel est l’objectif des États-Unis ? Ça a l’air d’une blague : les États-Unis veulent détruire les deux camps. Et voilà une autre blague : ils veulent d’abord, détruire Daesh, donc ils bombardent Assad.

 

La destruction de Daesh est hautement souhaitable. Il y a peu de groupes plus détestables dans le monde. Mais Daesh est une idée plutôt qu’une organisation. La destruction de l’état de Daesh disperserait des milliers d’assassins dévoués à la cause dans le monde entier.

 

(il est intéressant de noter que la secte des Assassins, d’où vient le mot assassin, était composée, il y a quelque 900 ans, de fanatiques musulmans qui ressemblaient beaucoup à ceux de Daesh.)

 

Les mercenaires des Etats-Unis en Syrie sont en mauvaise posture, ils sont au bord de la défaite. Ils n’ont aucune chance de remporter la guerre.

 

Attaquer Assad a désormais comme seul résultat de prolonger une guerre civile qui a de moins en moins de sens.

 

Pour un journaliste professionnel comme je l’ai été pendant la plus grande partie de ma vie, l’aspect le plus déprimant de toute cette affaire est le comportement des médias américains, et des médias occidentaux en général.

 

Je suis un lecteur du New York Times et je l’admire. Mais il a violé tous ses principes professionnels en faisant passer des allégations sans fondement pour une vérité absolue qu’il n’était même pas besoin de vérifier. Peut-être Assad est-il coupable, après tout. Mais où sont les preuves ? Qui a enquêté, et quelles sont les conclusions de l’enquête ?

 

Pire encore, la « nouvelle » est devenue la vérité révélée dans le monde entier. Des millions de gens la répètent comme des perroquets, comme si c’était aussi évident que le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest.

 

Personne ne pose de question. Personne ne demande de preuves, personne n’en présente. C’est tout à fait désolant.

 

Revenons au dictateur. Pourquoi la Syrie a-t-elle un dictateur ? Pourquoi n’est-ce pas une belle démocratie à l’américaine ? Pourquoi n’accepte-t-elle pas avec gratitude le « changement de régime » que les États-Unis ont concocté pour elle ?

 

La dictature syrienne n’est pas le fait du hasard. Elle a des racines très concrètes.

 

La Syrie a été créée par la France après la Première Guerre mondiale. Une partie de la Syrie est ensuite devenue le Liban.

 

Ce sont des créations artificielles. Je doute qu’il y ait même aujourd’hui de véritables « Syriens » et de véritables « Libanais ».

 

Le Liban est un pays de montagnes, idéal pour les petites sectes qui ont besoin de se défendre. Au fil des siècles, de nombreuses petites sectes y ont trouvé refuge. Du coup, le Liban est plein de sectes qui se méfient les unes des autres - musulmans sunnites, musulmans chiites, chrétiens maronites et beaucoup d’autres sectes chrétiennes, Druzes, Kurdes.

 

En Syrie c’est à peu près pareil, sauf qu’en plus il y a des alaouites qui sont, comme les chiites, des adeptes d’Ali Ibn Abi Talib, le cousin et beau-fils du prophète (d’où leur nom). Ils vivent au nord de la Syrie.

 

Les deux pays ont dû inventer un système permettant à diverses entités qui ne se font pas confiance de vivre ensemble. Ils ont mis en place deux systèmes différents.

 

Le Liban, qui a un passé de guerres civiles brutales, a décidé de partager le pouvoir. Le président est toujours un maronite, le premier ministre un sunnite, le commandant de l’armée un druze, et le président du parlement un chiite.

 

Lorsqu’Israël a envahi le Liban en 1982, les chiites, au sud, étaient en bas de l’échelle sociale. Ils ont accueilli nos soldats avec du riz. Mais ils ont vite compris que les Israéliens n’étaient pas juste venus écraser les voisins qui les opprimaient mais qu’ils avaient l’intention de rester. Ainsi, les humbles chiites ont entamé une guérilla si réussie qu’ils sont devenus la communauté la plus puissante du Liban. Ils sont dirigés par le Hezbollah, le Parti d’Allah. Mais le système tient toujours.

 

Les Syriens ont trouvé une autre solution. Ils se sont volontairement soumis à une dictature, pour maintenir le pays uni et garantir la paix intérieure.

 

La Bible nous dit que lorsque les Enfants d’Israël ont décidé qu’ils avaient besoin d’un roi, ils ont choisi un homme appelé Saul qui appartenait à la plus petite tribu, celle de Benjamin. Les Syriens modernes ont fait à peu près la même chose : ils se sont soumis à un dictateur appartenant à une de leurs plus petites tribus : les Alawites.

 

Les Assads sont des dirigeants laïques et anti-religieux – tout le contraire des fanatiques assassins de Daesh. Beaucoup de musulmans croient même que les Alawites ne sont pas des musulmans. Depuis que la Syrie a perdu la guerre de Yom Kippour contre Israël, il y a 44 ans, les Assad ont maintenu la paix sur notre frontière commune, bien qu’Israël ait annexé le plateau syrien du Golan.

 

La guerre civile en Syrie est toujours en cours. Tout le monde se bat contre tout le monde. Les divers groupes de « rebelles », créés, financés et armés par les États-Unis, sont maintenant en mauvaise posture. Il y a plusieurs groupes de Djihadistes concurrents qui détestent tous Daesh. Il y a une enclave kurde qui veut faire sécession. Les Kurdes ne sont pas des Arabes, mais sont majoritairement musulmans. Il y a des enclaves kurdes dans la Turquie voisine, l’Irak et l’Iran, mais leur hostilité mutuelle les empêche de faire cause commune.

 

Et il y a le pauvre et innocent Donald Trump, qui avait juré de ne pas s’impliquer dans tout ce bazar, et qui est pourtant en train de faire exactement cela.

 

La veille, Trump était méprisé de la moitié des Américains et de la plupart des médias. Il lui a suffi de lancer quelques missiles, pour avoir droit à l’admiration générale et être considéré comme un leader valeureux et sage.

 

Qu’est-ce que cela nous dit du peuple américain et de l’humanité en général ?

 

URI AVNERY

URI AVNERY est un écrivain israélien et il milite pour la paix avec Gush Shalom. Il a contribué au livre de CounterPunch : The Politics of Antisemitism.

 

Traduction : Dominique Muselet

»» http://www.counterpunch.org/2017/04/14/syria-cui-bono/

URL de cet article 31767 

Les prémices d’un bouleversement du monde : alibi humanitaire et réalité énergétique

 

dimanche 16 avril 2017 

« Nos forces armées ne sont pas au trentième rang, mais aux deuxième ou troisième rang mondial. Nous avons la capacité de détruire le Monde avec nous. Et je peux vous assurer que cela arrivera avant qu’Israël ne disparaisse. » Prof. Martin van Creveld, Université Hébraïque de Jérusalem

 

Un coup d’éclair dans un ciel que l’on croyait- naïfs que nous sommes- dégagé concernant une issue favorable à la crise syrienne. C’était trop beau que Trump soit d’accord pour parler avec Assad selon la sénatrice américaine Tulsi Gabbart qui l’a rencontré à Damas. Il n’en sera rien et le cauchemar continue !

 

Les faits

 

Un raid aérien a frappé mardi 4 avril vers 07h00 (04h00 GMT) Khan Cheikhoun, une petite ville contrôlée par des rebelles et des jihadistes dans la province d’Idleb dans le nord-ouest de la Syrie. Des images montrent des corps sans vie d’autres pris de spasmes et de crises de suffocation. Le nombre de victimes est de 72 morts. Avant même qu’il y ait une enquête, les Occidentaux dégainent : « Toutes les preuves que j’ai vues suggèrent que c’était le régime d’Assad utilisant des armes illégales en toute connaissance de cause contre son propre peuple », déclare le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson. Le président français parle de « la responsabilité » d’Assad dans ce « massacre », tandis que la Maison-Blanche a dénoncé un « acte odieux du régime » de Damas. Pour sa part, l’armée syrienne a démenti « catégoriquement avoir utilisé toute substance chimique ou toxique à Khan Cheikhoun ». La Russie, a affirmé que l’aviation syrienne avait bombardé la veille près de Khan Cheikhoun un « entrepôt » des rebelles où étaient entreposés des « substances toxiques » L’arsenal d’armes chimiques a été livré par des combattants venant d’Irak » On se souvient qu’en août 2013, le régime avait été accusé d’avoir utilisé du gaz sarin à la Ghouta qui avait fait plusieurs dizaines de morts, selon les Occidentaux. Le gouvernement a rejeté ces accusations et ratifié en 2013 la Convention sur l’interdiction des armes chimiques. D’ailleurs, une étude du MIT avait disculpé le gouvernement syrien. Au terme d’un accord russo-américain, la Syrie a détruit tout son arsenal chimique !

 

Moins de 48 heures après avoir frappé une base aérienne syrienne, les Etats-Unis ont décidé samedi de montrer leurs muscles. Un porte-avions américain et sa flotte font route vers la péninsule coréenne a ainsi révélé samedi le porte-parole du commandement américain dans le Pacifique, en mentionnant clairement la menace nucléaire nord-coréenne. En montrant qu’elle était prête à user de la force, l’administration Trump a surpris la Chine, laissant planer le doute sur la façon dont Washington pourrait répondre à de futures provocations de Pyongyang. Les frappes surprises américaines en Syrie, le climat a changé. Comment Kim Jong-un va se manifester ? Les attaques américaines en Syrie rebattent les cartes en Asie. « C’est un signal envoyé à la Chine et à la Corée du Nord, Trump est apparu comme un président imprévisible qui n’hésite pas à frapper. »

 

Le non-sens de l’attaque par Assad qui était en train de gagner

 

C’est en tout cas l’avis de plusieurs politiciens qui pensent que Assad n’est pas fou d’attaquer son peuple : « Certains hommes et femmes politiques américains se sont démarqués de leurs confrères, critiquant avec virulence le président américain Donald Trump pour avoir ordonné une frappe contre la Syrie, tout en mettant en doute que le président syrien Bachar al-Assad ait pu lancer la présumée attaque chimique contre la localité de Khan Cheikhoune.

 

« Quiconque prétendait que Trump était d’une loyauté aveugle a eu un avertissement aujourd’hui », a déclaré Mike Cernovich, l’un des leaders du mouvement « Alt-Right », qui a accusé le président d’avoir abandonné ses positions électorales, dans une campagne sur les réseaux sociaux portée par le hashtag #Syriahoax (« canular syrien »). « Nous savons tous que Assad n’empoisonnerait pas son propre peuple », a poursuivi ce spécialiste qui dévoile les complots américains et occidentaux dans une vidéo mise en ligne vendredi, avançant l’idée que « l’Etat profond » (le « deep state », terme vague, mais désignant les cercles et les lobbys influents sur la politique américaine) « veut une guerre avec la Russie ».

 

« Ils utilisent l’attaque au gaz de la Syrie, qui est un canular, pour déclencher la Troisième Guerre mondiale ». Selon l’AFP, alors que certains partisans nient l’attaque chimique, d’autres rejettent l’opinion selon laquelle elle a été ordonnée par le président syrien Bachar al-Assad, blâmant une fausse attaque montée pour faire croire à une action de Damas ». [1]

 

« Pourquoi Assad ferait-il cela alors qu’il est en train de gagner ? », s’est ainsi interrogé Alex Jones, responsable du site « Infowars », qui est hostile à la politique belliqueuse des Occidentaux. M.Jones soutient l’idée que l’attaque était une ruse pour forcer Donald Trump à s’aligner sur les conservateurs traditionnels. Il estime que si le président « cède à ce front anti-Syrie pour prouver qu’il n’est pas une marionnette russe, ils ne vont pas s’arrêter. Trump a fait campagne pour ne pas s’impliquer dans le Moyen-Orient, car cela aide toujours nos ennemis et crée plus de réfugiés (…) Puis il a vu une photo à la télévision », a pour sa part noté la polémiste républicaine Anne Coulter. Celle-ci a rappelé que M. Trump était opposé en 2013 à une participation militaire américaine au Moyen-Orient. L’ex-sénateur républicain américain Ron Paul a quant à lui qualifié « de mise en scène fabriquée de toute pièce » ce qui s’est passé à Khan Cheikhoun. « Avant la présumée attaque chimique, tout se passait bien et le président Trump disait que c’est au peuple syrien de décider lui-même qui dirigera le pays.Je crois que certains n’ont pas apprécié cela et il fallait qu’il se passe quelque chose. » [2]

 

« Que s’est-il passé en l’espace de 48 heures ? On annonce une attaque chimique et 48h après une attaque américaine bien que Assad ai demandé une commission d’enquête impartiale. Nous lisons l’explication : « (…) En outre, il est question aussi que l’ancien stratège en chef du président américain, Steve Bannon, s’opposait lui aussi à l’intervention militaire américaine contre la Syrie. »

 

« Cette opposition est due non pas à sa légitimité problématique, mais au fait qu’elle ne fait pas partie de la priorité de la doctrine des États-Unis de Trump », a rapporté Tasnim News, citant deux proches de M. Bannon. L un d’entre eux est revenu sur les récentes frappes US sur la base aérienne d’al-Chaayrate en disant : « Bannon a perdu sa place à cause des hommes qui sont présents à la Maison-Blanche, dont Jared Kushner [le gendre juif de Donald Trump, Ndlr], qui estimait que Trump devait punir le régime d’Assad », a-t-il indiqué. » [3]

 

La tentation d’empire et la servilité des vassaux européens

 

America is back en effet pas dans le sens des valeurs ! Cela nous rappelle la tentation permanente d’empire des Etats-Unis ; En remontant jusqu’à Pearl Harbour où les Américains avaient coupé les routes du pétrole et du caoutchouc (pneumatiques) deux ingrédients essentiels d’une guerre motorisé aux Japonais ce qui a déclenché l’attaque de Pearl Harbour donnant le prétexte à une entrée en guerre des Etats-Unis. Ce fut ensuite l’attaque d’un bateau dans la baie du Tonkin qui nous a amené la guerre du Vietnam et « Apocalypse Now ». Avec la fin de l’empire soviétique sous les coups de boutoir de l’Empire et de Jean-Paul II (avec son « N’ayez pas peur ! » de sédition aux Polonais), l’Empire n’avait plus d’adversaire à sa taille.

 

Il faillait inventer un nouvel adversaire, ce sera la diabolisation de l’islam pour les stratèges néo-conservateurs concepteurs du Pnac « Projet pour un nouveau siècle américain » devenus par la suite acteurs principaux de l’Administration Bush. Dans le document « Reconstruire les Défenses de l’Amérique : (2000) », on peut lire : « Le processus de transformation, même s’il apporte des changements révolutionnaires, est susceptible d’être long, en l’absence d’un événement catastrophique catalyseur comme un nouveau Pearl Harbor ». Griffin regarde cette citation à la lumière du principe judiciaire du cui bono ? [à qui profite le crime ?] et conclut que le 11/9 était précisément le catalyseur dont l’Administration Bush avait besoin. Pour Griffin, il est probable que les USA aient orchestré un incident de ce genre pour justifier l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan, comme la réduction des libertés civiques aux USA par l’introduction du Patriot Act. [4]

 

Les menaces à venir

 

On constate un silence assourdissant des médias occidentaux après l’attaque C’est comme si on voulait banaliser à partir de maintenant les punitions de l’Empire et dans ce cadre, beaucoup de spécialistes pensent que les Etats-Unis (l’état profond) ne va pas s’arrêter la. Maintenant que les Européens comme un seul homme – il n’est que de voir le communiqué de servilité franco-allemand concernant la bénédiction d’une attaque injustifiée d’un Etat souverain accusé sans aucune preuve si ce n’est des certitudes préétablies, et confortées il faut le regretter par l’ancienne procureure des Nations unies Carla del Ponte qui n’a pas le moindre doute sur la responsabilité du gouvernement syrien. Il vient que d’autres « actions » sont prévues, pour cela il faut habituer les citoyens à de nouvelles vérités.

 

Pepe Escobar écrit :
« Le commandant du Centcom (Commandement central des États-Unis, le Pentagone), le général Joseph Votel, s’est pris pour la réincarnation du Docteur Folamour devant la Commission des forces armées de la Chambre des représentants des États-Unis, mercredi dernier.. »


« Nous devons chercher des opportunités de déstabiliser l’Iran, que ce soit à travers des moyens militaires ou d’autres méthodes. » Si orwellienne notre époque soit-elle, cette phrase se classe au rang des déclarations de guerre. Avec pour conséquence la destruction par le vide de l’accord sur le nucléaire passé avec l’Iran, à l’ONU, à l’été 2015. Joseph Folamour ne s’est pas donné la peine de mâcher ses mots. » [5]

 

Le futur coupable est l’Iran :


« L’Iran est une des plus grandes menaces auxquelles les USA sont confrontés aujourd’hui (c’est la doctrine officielle du Pentagone qui le dit ; il vient en quatrième position, après la Russie, la Chine et la Corée du Nord). L’Iran a développé son « rôle déstabilisateur » et constitue « la plus grande menace de long terme à la stabilité » de tout le Moyen-Orient.

 

L’Iran est perfide ; « Je pense que l’Iran opère dans ce que j’appelle une zone grise. » Et c’est « une zone située entre la concurrence normale entre pays – qui s’arrête juste aux portes de conflits ouverts ». L’Iran est impliqué dans des « mesures de facilitation d’aides létales » ; l’utilisation de « forces par procuration » ; et nombre de « cyber-activités ».

 

Les USA n’ont pas « vu d’amélioration dans le comportement de l’Iran ». Le garçon/pays turbulent en question pose encore « des menaces crédibles » à travers « son potentiel nucléaire » et son « robuste » programme de missiles balistiques. Donc, en voilà assez ; nous allons les dégager. » [6]

 

L’énergie au coeur de la stratégie,

 

J’avais écrit dans un article précédent que l’énergie de plus en plus difficile à exploiter pouvait expliquer en creux ce qui se passe en Syrie. On sait que le Qatar, l’Europe et les Etats-Unis voulaient casser le verrou syrien pour que le gazoduc qatari arrive en Europe et procède à la conquête de l’Europe. Un gouvernement docile aurait permis cela. C’est pour cela aussi que le Qatar finance toute l’opposition islamiste sous l’oeil bienveillant saoudien qui lui aussi a une raison de vouloir le départ de la Syrie, briser l’arc chiite de la coordination Hezbollah libanais-Syrie-Iran. Naturellement tout ceci n’est pas pour déplaire à Israël pour qui c’est tout bénéfice que d’affaiblir la Syrie dernier rempart après la reddition saoudienne – Israël aide les Saoudiens pour démolir le Yemen- et qataris dont on connaît les liens « commerciaux avec le régime israélien Dans le même ordre on apprend qu’une redistribution des cartes énergétiques gazières sont en train d’être élaborées avec un nouvel acteur Israël et le gisement contesté Leviathan, contesté en partie par Chypre et par le Liban. Après des années de retard, Israël s’engage dans un vaste projet d’infrastructure jamais réalisé avec le développement de l’énorme champ de gaz offshore Leviathan en Méditerranée. La première phase implique un investissement initial de 4 milliards de dollars pour produire 12 milliards de mètres cubes de gaz par an. L’Algérie est directement menacée si l’Italie renonce au gaz algérien jugé trop cher.

 

Le problème du dollar

 

Il est loin le temps où le secrétaire d’Etat américain traitant les européens comme quantité négligeable déclarait : « Le dollar c’est notre monnaie, mais c’est votre problème. » En clair, circulez il n’y a rien à voir ; l’ordre impérial a imposé le dollar depuis les accords de Bretton Woods que Nixon a détricoté en 1971- quand cela n’arrangeait plus les Américains- en laissant flotter le dollar au gré des conjonctures décidées par les Etats-Unis. Ceci jusqu’à l’avènement de dirigeants qui ont déclaré le refus de cet ordre. On sait comment El Gueddafi et Saddam ont fini. C’est un autre challenge avec les Brics qui, graduellement et sans remous, préparent la sortie du dollar en permettant dans un premier temps le règlement des achats et ventes avec une autre monnaie que le dollar. Dans cet ordre de sortie graduelle de l’hégémonie du dollar, Pepe Escobar écrit :

« La Russie et l’Iran contournent le dollar. » Le système de paiements russe Mir va être connecté au Shetab iranien (Interbank Information Transfer Network, un réseau concurrent du système Swift) pour que les touristes puissent tranquillement utiliser les distributeurs automatiques de billets pendant leur visite de l’autre côté’, selon les mots du gouverneur de la Banque centrale d’Iran, Valiollah Seif. La Russie et l’Iran commenceront bientôt à régler des transactions en rials et en roubles, contournant le dollar américain et stimulant les échanges commerciaux et les volumes d’imports-exports’. Tout cela est inscrit dans la déclaration jointe- Vers une coopération stratégique générale’ – signée par Poutine et Rohani à Moscou. Rien d’étonnant à ce que le Pentagone veuille la guerre. » [7]

 

Le Juriste et historien russe Ivo Rens résume magistralement la manipulation : « Disons-le autrement écrit-il : de l’emploi de l’arme chimique Assad n’aurait jamais pu espérer qu’un très médiocre avantage militaire local, mais en le lui faisant endosser ses adversaires pouvaient attendre un avantage politique international décisif. »

 

Dans cette dernière hypothèse, Bachar el-Assad ne serait pas le bourreau, mais la victime désignée à la vindicte mondiale. Dès lors, si l’on cherche la vérité, comment écarter la thèse russe du bombardement d’un entrepôt rebelle comportant des gaz de combat ? D’ailleurs, compte tenu du comportement des services dits de renseignement des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de France et autres Etats aux côtés des djihadistes et autres rebelles armés, et eu égard aux entreprises télécommandées de l’étranger tels les prétendus Casques blancs si vantés en Occident, comment exclure que ces gaz des combat aient été délibérément mis à la disposition des rebelles, même tout récemment, par un service voyou ou un Etat voyou pour déclencher une condamnation médiatique internationale de Bachar el-Assad et son éviction ?

 

Si on avait voulu provoquer l’hallali auquel nous assistons contre Bachar el-Assad et son “régime” pour reprendre la terminologie infâmante chère aux médias francophones, on ne pouvait mieux faire qu’en mettant en scène son évidente responsabilité d’un des crimes de guerre les plus odieux ». [8]

 

Que dire en conclusion ?

 

La citation donnée plus haut dans le cas d’Israël, outre l’hubris [9] qui s’en dégage, montre que le détenteur du feu, le Prométhée des temps modernes n’a pas de garde fous, il peut avoir un comportement imprévisible qui doit donner la conviction à l’adversaire qu’il peut faire quelque chose de démentiel ce qui en partie le fait craindre au vue de son comportement aléatoire qui défie les lois de la causalité . Nous sommes à priori dans cette situation.

 

Il est très probable que nous allons vers un chaos généralisé. L’ordre impérial ne lâche pas prise :

 

« Donald Trump, comme ses prédécesseurs, lit-on sur la contribution suivante, n’est rien d’autre qu’un capitaine de bateau dont le port d’arrivée a déjà été fixé, bénéficiant tout juste de la possibilité de choisir sa route, en encore, sur chaque route choisie, sa marge de manoeuvre reste faible. Le prétexte de l’utilisation de gaz chimiques par l’armée syrienne pour déclencher des frappes en Syrie ne tient pas la route. (..)il est plus que probable que les frappes avaient été décidées et préparées bien avant le début de la campagne médiatique autour des attaques chimiques. Ce qui accentue l’impression que Trump avance masqué, c’est que quelques jours seulement avant ces frappes, il faisait les yeux doux à Assad et jouait l’apaisement. La volte-face brutale de type émotionnel de Donald Trump est peu crédible chez un homme froid et calculateur. Le fait d’avoir profité de l’accord signé en octobre 2015 avec Moscou sur la prévention des incidents et la sécurité des vols lors des opérations en Syrie (…) Tout le monde sait ce qu’il faut faire pour éradiquer le terrorisme et faire en sorte que les Moyen-Orientaux, y compris les Israéliens, retrouvent la paix et rêvent d’un avenir radieux pour eux et leurs enfants : il suffit de tarir le financement du chaos à sa source. » [10]

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger
le 12/04/2017

 

Transmis par Linsay

L’expression

 

Publié par  El Diablo

SYRIE : AL-QAÏDA aurait-il manipulé Donald TRUMP et les médias américains ? [Par Scott Ritter]

NEW YORK, NY – 5 Avril – L’ambassadrice des États-Unis à l’ONU Nations Nikki montre des photos des victimes de l’attaque chimique. (Photo by Drew Angerer/Getty Images)

NEW YORK, NY – 5 Avril – L’ambassadrice des États-Unis à l’ONU Nations Nikki montre des photos des victimes de l’attaque chimique. (Photo by Drew Angerer/Getty Images)

[Scott Ritter est un ancien officier de renseignement et ancien inspecteur en armement de l’ONU en Irak de 1991 à 1998.]

Source en anglais :The Huffington Post, le 9 avril 2017

Il fut un temps où Donald Trump, l’« homme d’affaires new-yorkais devenu président », vociférait en septembre 2013 contre le président Barack Obama à propos de la non intervention militaire américaine contre la Syrie. À cette époque, les États-Unis envisageaient l’utilisation de la force contre la Syrie en riposte aux allégations (désormais largement contestées) que le régime du président Bachar el-Assad avait utilisé des armes chimiques contre des civils de la Ghouta, dans la banlieue de Damas. Trump tweetait alors « avertissement à notre leader très stupide, n’attaquez pas la Syrie, si vous le faites il n’en résultera que du mauvais et les É-U ne retireront rien de ce combat ! »

Le président Obama, en dépit de ses déclarations publiques affirmant qu’il déclencherait une action militaire américaine si la « ligne rouge » de l’utilisation des armes chimiques était franchie, renonça finalement à lancer une offensive. Ce recul était largement fondé sur les avertissements de James Clapper, Directeur du renseignement national, indiquant que les responsabilités de l’utilisation des armes chimiques lors de l’attaque de la Ghouta ne pouvaient être clairement établies.

Le président Obama, lors d’un entretien en 2016 avec The Atlantic, observait : « il y a un manuel à Washington que les présidents sont sensés suivre. C’est un manuel écrit par l’establishment de la diplomatie. Et le manuel prévoit des solutions pour différents événements, et ces solutions tendent à être des solutions militarisées. » Pour Obama, si le « manuel de Washington » peut être utile en temps de crise, il peut également devenir « un piège qui peut mener à des décisions néfastes. »

Sa « ligne rouge » concernant l’utilisation des armes chimiques, combinée avec les discours enflammés de ses plus proches conseillers, dont le secrétaire d’État John Kerry, faisant allusion à une réponse militaire, était l’un de ces pièges. Finalement, le président Obama choisit de reculer, au motif que « larguer des bombes uniquement pour démontrer que l’on est prêt à larguer des bombes est tout simplement la pire raison d’utiliser la force. » Les médias, les Républicains et même des membres de son parti ont condamné Obama pour cette décision.

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

Pendant que les médias américains poussent à la guerre en reprenant les accusations de la CIA sur l’usage d’armes chimiques
Les morts des bombardements américains triplent en Syrie et en Irak
 

Un rapport du groupe britannique de surveillance Airwars a révélé que le nombre de morts provoquées par les attaques aériennes américaines en Irak et en Syrie a presque quadruplé au mois de mars par rapport au dernier mois complet avant que Donald Trump entre à la Maison Blanche. Les décès de civils déclarés ont bondi de 465 en décembre 2016 à 1 754 en mars 2017, soit une hausse de 277 pour cent.

Le rapport a été publié sur fond d’hystérie médiatique sur les accusations fabriquées d’attaque au gaz neurotoxique par le régime syrien de Bashar al-Assad, prétexte aux frappes de missiles la semaine dernière commandées par le président Trump. Cela démontre que les bombardements américains ont tué beaucoup plus de civils innocents en Irak, y compris des enfants, que ceux qui seraient tués dans la prétendue attaque chimique de la semaine dernière en Syrie. Pour cette raison, l’étude n’est quasiment pas mentionnée dans les médias américains.

L’organisation Airwars, qui recense les morts causés par les frappes aériennes dans la zone de guerre Irak-Syrie et évalue la force des preuves qui étayent les rapports, a constaté que plus de civils ont été tués au cours des trois premiers mois de 2017, soit un total de 2826, que durant toute l’année 2016. Les hausses ont effectivement commencé en l’automne de 2016, lorsque l’armée irakienne et ses « conseillers militaires » américains ont commencé leur attaque sur la ville de Mossoul, occupée par le groupe fondamentalisme sunnite État islamique (ÉI) depuis deux ans et demi.

Amnesty International a enquêté sur une série de massacres causés par des frappes aériennes américaines dans la moitié orientale de Mossoul, qui a été reconquise lors de la première phase de l’assaut, d’octobre à décembre 2016. Un rapport publié la semaine dernière a révélé « un schéma alarmant de frappes aériennes de la coalition dirigée par Washington qui ont détruit des maisons entières avec des familles entières à l’intérieur. »

L’enquêtrice principal d’Amnesty International à Mossoul, Donatella Rovera, a déclaré : « Le nombre élevé de morts civils suggère que les forces de la coalition menant l’offensive à Mossoul n’ont pas pris les précautions adéquates pour les éviter, en violation flagrante du droit international humanitaire. » En particulier elle a cité le fait que les autorités irakiennes ont conseillé aux civils de rester dans leurs maisons au lieu de fuir, et qu’après il y a eu des bombardements qui ont visé des habitations complètement occupées.

La situation est encore pire dans l’ouest de Mossoul, où la deuxième étape de l’offensive américano-irakienne a commencé plus tôt cette année. Elle comprend l’ancien cœur de cette ville de deux millions d’habitants, la zone la plus densément peuplée, où les frappes aériennes ont été systématiquement demandées afin de détruire les immeubles d’appartements où se trouvaient des tireurs d’élite sur les toits, ce faisant elles ont tué la plupart des occupants des étages en dessous. Un de ces bombardements américains a tué 300 personnes le 17 mars.

Trois fois plus de personnes innocentes ont été tuées par des bombes américaines le 17 mars que le nombre de morts de la prétendue attaque syrienne aux armes chimiques sur la ville de Khan Sheikhoun, prétexte pour les frappes de missiles commandées par le président américain Trump sur une base aérienne syrienne. Le nombre total de morts civils causées par les bombardements américains en mars est 20 fois plus important.

Mais il n’y a presque pas eu de mention dans les médias américains des atrocités commises par les bombardements américains. En tout cas, rien de comparable au barrage de propagande constante qui a fourni une couverture politique pour le bombardement par missiles de croisière Tomahawk sur la Syrie ordonné par Trump.

Aucun des politiciens démocrates qui se sont précipités pour saluer la première action majeure de Trump en tant que « commandant en chef » des États-Unis, de Charles Schumer à Nancy Pelosi à Elizabeth Warren, n’a exprimé des objections au massacre de civils en cours à Mossoul.

Les défenseurs des médias de l’impérialisme des « droits de l’Homme », comme le trio de politologues guerriers de salon pour le New York Times – Nicolás Kristof, Roger Cohen et Thomas Friedman – n’ont pas écrit ne serait-ce qu’une ligne pour condamner le bain de sang à Mossoul, ni sur l’un des autres massacres effectués par les forces militaires américaines. Leur seule préoccupation est de diaboliser les gouvernements et les forces ciblés par la CIA et le Pentagone, et ainsi de rendre l’intervention impérialiste américaine plus acceptable pour leur public des classes moyennes supérieures.

Un obstacle majeur pour la campagne médiatique sur la supposée attaque au gaz neurotoxique syrien contre Khan Sheikhoun tient aux accusations totalement invraisemblables du point de vue du motif. Assad dirige un régime impitoyable et est responsable de nombreux crimes contre son propre peuple. Mais il n’avait tout simplement aucune raison de s’engager dans une telle attaque dans des conditions où ses forces ont repris le contrôle de toutes les grandes villes de la Syrie et où les principaux responsables de l’administration Trump venaient de reconnaître que Assad était susceptible de survivre à la guerre civile et que le but des États-Unis en Syrie était de détruire l’ÉI, et non de renverser le leader syrien.

Il n’y a, par contre, aucune difficulté à déterminer un motif pour le nombre croissant de personnes tuées par des bombes et des missiles américains en Irak et en Syrie. C’est une partie indispensable de la volonté de l’impérialisme américain de maintenir sa position dominante dans l’ensemble du Moyen-Orient, un effort qui a coûté la vie à plus d’un million de personnes et a plongé l’Irak, la Syrie, le Yémen, la Libye, la Somalie et d’autres pays dans un chaos sanglant.

L’escalade du bain de sang représente à la fois une continuation de la politique de l’administration Obama et une intensification de ses pires caractéristiques. Selon un calcul effectué par Micah Zenko du Conseil des affaires étrangères, les frappes de missiles par drone ont triplé en fréquence depuis que Trump est à la Maison-Blanche, allant d’une moyenne d’un tous les 5,4 jours à un tous les 1,8 jours.

Les règles d’engagement qui encadrent les bombardements et les frappes de missiles américains ont été considérablement atténuées au Yémen et en Somalie, dans les deux cas par des décisions directes du président Trump. Au moins une tuerie de masse, de 30 personnes au Yémen, a immédiatement fait suite au changement de gouvernement, et des centaines d’agents des forces spéciales des États-Unis ont été déployés en Somalie dans un changement de politique lancé par le Pentagone sous Obama et confirmé sous Trump.

Pour les forces américaines beaucoup plus importantes engagées en Irak et en Syrie, l’administration Trump est en phase finale d’examen des règles d’engagement afin de les assouplir ou de les supprimer complètement. Déjà, la prise de décision a été poussée vers le bas de la chaîne de commandement afin que les officiers de terrain, et non le quartier général, appellent des frappes aériennes. Le nombre croissant de morts des derniers mois va encore monter en flèche, car le Pentagone suit la consigne de Trump de « retirer les gants ».

Le Pentagone a commencé cette semaine une enquête officielle sur le massacre du 17 mars à Mossoul et sur plusieurs autres catastrophes provoquées par les bombardements américains. Le porte-parole du Pentagone, le colonel Joseph Scrocca, a reconnu que ces événements « ont un effet négatif sur notre image au moins dans toute la région et dans le monde ». Mais il a suggéré que « c’est exactement le but de l’ÉI en ce moment. » En d’autres termes, ceux qui exposent les crimes de l’impérialisme américain font le travail des terroristes !

Les rapports d’Airwars et d’Amnesty International soulignent le caractère complètement criminel de la politique étrangère des États-Unis au Moyen-Orient. Ils démasquent tous ceux qui sont impliqués dans l’hystérie anti-Assad et anti-russe comme des propagandistes pour l’impérialisme.

(Article paru en anglais le 12 avril 2017)

Patrick Martin

»» https://www.wsws.org/fr/articles/2017/avr2017/pers-a13.shtml
URL de cet article 31755 

Syrie : Des centaines de morts après le bombardement d’un dépôt de produits chimiques (Ministère de la Défense)

DAMAS, Syrie (13h30) : Selon une déclaration officielle du ministère syrien de la Défense, la coalition dirigée par les Etats-Unis ont effectué une frappe aérienne contre des positions de Daech à Deir Ezzor, en visant un dépôt de produits chimiques appartenant au groupe, provoquant la mort de centaines de militants ainsi que de civils.

 

Selon cette déclaration, « Hier, entre 17h30 et 17h50, des avions de combat de la dénommée coalition anti-Daech ont frappé une position de Daech dans le village de Hatla à l’est de Deir Ezzor. Suite à l’attaque, un énorme nuage blanc s’est formé – qui a plus tard viré au jaune – après l’explosion d’un dépôt de produits chimiques. Une énorme incendie a éclatée jusqu’à 22h30. On compte des centaines de morts – y compris des civils – suite à la dispersion de produits toxiques ».

 

La déclaration affirme que cet incident confirme sans aucun doute que « des groupes terroristes, en particulier Daech et Jabhet al-Nosra, possèdent déjà des armes chimiques, et ont la capacité d’obtenir, transporter, stocker et employer de telles armes avec l’aide de certains pays de la région. Cela souligne aussi que ces groupes terroristes se coordonnent avec leurs soutiens pour accuser l’Armée Arabe Syrienne d’employer des armes chimiques ».

(…)

Traduction « parce qu’il faut bien que quelqu’un le fasse, de temps en temps » par VD pour le Grand Soir.

»» https://www.almasdarnews.com/article/breaking-civilians-killed-us-jets...
URL de cet article 31753 
 
Interview de Peter Ford, ancien ambassadeur britannique en Syrie
Peter Ford : Trump a donné mille raisons à Daech de lancer des attaques chimiques

Transcription :

 

Journaliste : C’était la première déclaration du Président Trump immédiatement après ce lancement de missiles. L’ancien ambassadeur britannique en Syrie Peter Ford est maintenant avec moi. Bonjour à vous !

 

Peter Ford : Bonjour.

 

Journaliste : Puis-je d’abord seulement attirer votre attention. Voici le début de ce discours du Président Trump : « Mes chers concitoyens. Mardi, le dictateur syrien Bachar al-Assad a lancé une horrible attaque chimique contre des civils innocents. » C’est un fait (n’est-ce pas) ?

 

Peter Ford : C’est une déclaration... une fausse déclaration sur un fait non avéré. Nous ne savons pas. Ce qui est nécessaire, c’est une enquête, car il y a deux possibilités pour ce qui s’est passé. L’une est la version américaine, qu’Assad a lancé des armes chimiques sur cette ville. L’autre version est qu’une bombe ordinaire a été lâchée et qu’elle a frappé un dépôt de munitions où les djihadistes entreposaient des armes chimiques. Nous ne savons pas laquelle de ces deux possibilités est la bonne.

 

Souvenez-vous des événements qui ont précédé (la guerre en) Irak : les experts, les services de renseignement, les politiciens étaient convaincus que Saddam avait des armes de destruction massive. Ils ont présenté des tombereaux de preuves : des photographies, des diagrammes, etc. Tout était faux. Tout était faux. Il est possible qu’ils se trompent (encore) cette fois-ci également, mais ils ne recherchent qu’un prétexte pour attaquer la Syrie.

 

Et ne nous racontons pas d’histoires. Ce qui s’est passé rend l’usage des armes chimiques plus probable, et non pas moins.

 

Journaliste : Eh bien, l’impression que vous évoquez se rapproche surtout, parmi la réaction internationale aux attaques chimiques, de la position de la Russie. Vous vous accordez largement avec eux. Nous avons entendu Michael Fallon, le Secrétaire d’Etat à la Défense [britannique], qu’il est convaincu par les preuves et soutient les frappes. Pourquoi êtes-vous donc, en quelque sorte, une voix assez isolée ?

 

Peter Ford : Je ne laisse pas mon cerveau à la porte lorsque j’examine une situation de manière analytique. J’essaie d’être objectif et me base sur les expériences précédentes, notamment l’Irak. Nous voyons que nous ne pouvons pas prendre pour argent comptant ce que les soi-disant "experts du renseignement" nous disent, [surtout] pas lorsqu’ils ont un agenda.

 

Mais je reviens au point principal : ça ne va pas s’arrêter ici, et nous sommes probablement destinés à y être entraînés, car Trump vient de donner aux djihadistes 1000 raisons d’organiser des opérations sous faux drapeau, voyant à quel point il est efficace et facile, avec des médias crédules, de pousser l’Occident à des réactions outrancières. En toute probabilité, ils vont mettre en scène une opération semblable à celle qu’ils ont montée, et cela a été prouvé par l’ONU en août dernier, ils ont monté une attaque au gaz de chlorine contre des civils et ont essayé de faire en sorte qu’elle ait l’air d’une opération du régime.

 

Souvenez-vous bien de ce que je vous dis ici, car cela se produira (infailliblement), et on aura tous les va-t-en guerre qui viendront nous dire qu’Assad nous défie et que nous devons intervenir encore plus lourdement en Syrie. Ce sera des attaques sous faux drapeau.

 

Journaliste : Si je peux juste vous demander d’après votre expertise, vous êtes l’ancien ambassadeur britannique en Syrie, avec votre connaissance de Bachar al-Assad et de son régime, de ce pays, comment pensez-vous qu’il réagira à cela ?

 

Peter Ford : Il est peut-être cruel et brutal, mais il n’est pas fou. La perspective qu’il s’expose à une confrontation directe [par une riposte contre les USA] sans objectif militaire dépasse l’entendement. Le site qui a été frappé n’avait pas d’importance militaire [majeure]. Cette frappe n’avait absolument aucun sens [d’un point de vue militaire]. Et il aurait fâché les Russes [en ripostant].

 

Journaliste : Ma question portait sur ce qui va se passer maintenant.

 

Peter Ford : Sans aucune raison, c’est tout simplement invraisemblable. Mais en quoi son attitude va-t-elle changer ? Maintenant, il sait que Trump est prêt à lancer des attaques avec des missiles de croisière. Mais il est probablement innocent [de l’attaque chimique] de toute façon. Ca ne peut donc pas changer son attitude si il n’a pas commis [cette attaque chimique] avant les frappes. Mais nous en paierons tous les conséquences.

 

La situation [le prix à payer] va se corser. En toute probabilité, il y aura plus de recours, et non pas moins, aux armes chimiques en conséquence. Et, ce qui est également important, les Russes et les Syriens vont moins coopérer [avec les USA] dans la lutte contre Daech.

 

Journaliste : Ok. Peter Ford, merci beaucoup d’être venu pour nous ce matin.

 

Peter Ford : Merci à vous.

 

Journaliste : Peter Ford est l’ancien ambassadeur britannique en Syrie.

 

BBC Breakfast, 7 avril 2017

 

»» http://sayed7asan.blogspot.fr/2017/04/peter-ford-trump-donne-1000-raisons.html
URL de cet article 31748 

Au milieu d'une semaine consacrée à jardiner les idées loin de la culture médiatique intensive

 

Publié le 11 Avril 2017

Un article de José Fort faisant le point sur la Syrie.

Il a la qualité de rappeler

qui ensensait le clan Hassad ou au moins s'en accomodait

qui et pourquoi déjà le combattait

Les bombardiers du moment étant les tuteurs d'alors

 

Résultat de recherche d'images pour "Hassad et Président USA"

Le monde est fou (La chronique de José FORT)

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Ce soir, je n’ai pas envie de sourire. Les tirs de missiles en fin de semaine dernière sur une base syrienne décidés par Donald Trump constituent un sérieux avertissement : la paix mondiale est en danger. Et rien n’est plus important que la guerre et la paix.

 

Avant d’aller plus loin dans mon propos et afin d’éviter les interprétations malignes - telles celles lorsqu’on s’inquiète des dérives mélenchoniennes - une précision : le régime de Bachar el-Assad est une dictature sanguinaire. Rien ne peut justifier les bombardements massifs, les dizaines et centaines de milliers de victimes et la répression féroce exercée depuis trop longtemps par l’ancien chirurgien oculaire  de Damas.

 

J’ajoute que j’ai moi même eu à connaître la réalité du pouvoir syrien. En 1982, j’ai été arrêté puis expulsé de Syrie m’étant approché trop près de la ville de Hama en pleine révolte dont l’inspiration n’incombait pas seulement aux Frères musulmans. A cette époque déjà, plusieurs villes révoltées, comme Alep, avaient été réprimées dans le sang par Assad père entraînant de nombreuses victimes. Les massacres étaient passés sous silence ou presque dans le monde. En France,  les présidents Mitterrand puis plus tard Chirac et Sarkozy n’ont-ils pas rivalisé de relations courtoises avec Assad père et fils ?

 

L’obligatoire précaution prise, revenons au propos liminaire : les missiles nord-américains balancés sur la Syrie menacent  la paix.

 

Alors qu’une commission d’enquête de l’ONU était mandatée pour enquêter sur le massacre au gaz toxique survenu à Khan Cheikhoun, une ville du nord-ouest de la Syrie et alors que les instances des Nations unies s’apprêtaient à en débattre, le président Trump décidait de déclencher le feu. On savait l’homme imprévisible. On sait désormais, même si on s’en doutait un peu, que ses propensions naturelles pourraient nous entraîner dans une aventure guerrière aux conséquences incalculables d’autant qu’il vient d’envoyer un porte avion dans la péninsule coréenne.

 

Le président nord-américain si méprisé par la classe politico-médiatique française et européenne est devenu soudainement fréquentable. Fillon qualifie la décision de Trump de «  humaine et compréhensible » ; François Hollande et le candidat à l’élection présidentielle de ce qui reste du parti socialiste en perdition trouve la décision du cinglé de la Maison blanche de «  normale » et «  tardive ». A se demander si l’émotion affichée après le massacre de la semaine dernière ne relève pas du calcul purement politicien.

Il faudrait rappeler au sinistre Trump que la guerre n’est pas un show télévisé. Qu’à jouer avec le feu, si de l’autre côté on s’amuse à en rajouter, sa propriété dorée de Floride pourrait bien partir en fumée. Et quand en France, au milieu de ce monde fou, on délire sur l’énergie pacifique nucléaire sans trouver dangereux les missiles français qui se trimballent sous les mers, un conseil : si vous voulez faire la guerre, merci de ne pas compter sur nous.

 

José Fort sur Radio Arts-Mada, tous les lundi en direct à 19h)

Rédigé par Canaille Lerouge

Ignorant les cruelles leçons de la guerre en Irak, Trump lance une offensive contre la Syrie (RT)

Donald Trump s’était engagé à adopter une approche différente de sa concurrente, Hillary Clinton, sur la Syrie. Pourtant, suite à une attaque chimique dans une ville syrienne, le commandant en chef des États-Unis n’a pas attendu qu’une enquête soit diligentée et a décidé de bombarder les forces armées syriennes.

Vendredi, le monde s’est réveillé au son fracassant de la nouvelle que les États-Unis avaient lancé une attaque de missiles de croisière sur une base de l’armée syrienne à Homs, attaque qui a tué au moins cinq soldats syriens. Ce qui rend cette nouvelle si troublante, c’est que Washington n’a, une fois de plus, pas tenu compte du Congrès et s’est proclamé juge, jury et exécuteur des hautes œuvre dans à une crise internationale. Le fait de l’Empereur.

De plus, dans un incident où les responsabilités ne sont pas établies, l’administration Trump a accordé le bénéfice du doute aux individus dont on sait qu’ils sont affiliés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique. Peut-être que Trump devrait envisager d’écrire un nouveau livre et de l’appeler, L’Art du chaos impérial ?

Un Empire a-t-il besoin de preuves ?

Avant même le début d’une enquête sur l’attaque chimique de mardi dans la province d’Idlib, Nikki Haley, l’ambassadrice des États-Unis aux Nations Unies, a fait quelque chose de vraiment remarquable. Elle a montré des photographies des enfants syriens tués lors de l’attaque chimique, et elle a dit – sans apporter la moindre preuve à ses affirmations – qui en était responsable.

« Regardez ces photos », a demandé Haley aux personnes présentes. « Nous ne pouvons pas ignorer ces images. Nous ne pouvons pas refuser de prendre nos responsabilités. Nous ne savons pas encore tout sur l’attaque d’hier. Mais il y a beaucoup de choses que nous savons déjà.

« Nous savons que l’attaque d’hier présente toutes les caractéristiques d’une utilisation d’armes chimiques par le régime d’Assad. Nous savons qu’Assad a déjà utilisé de telles es armes contre le peuple syrien auparavant ... Nous savons que l’attaque d’hier montre que le régime d’Assad s’enfonce de plus en plus dans la barbarie ».

Si Haley était procureur et qu’elle présentait ce genre de preuve basée uniquement sur l’émotion dans une Cour de justice, on lui ferait prendre la porte sous les lazzis.

De plus, comme on parle ici de rebelles liés au terrorisme qui ont la réputation de couper des têtes et de détruire des œuvres d’art inestimables juste pour le plaisir, cela défie l’entendement que l’administration Trump exclue ces fous furieux de la liste des suspects et accuse Assad. À moins, bien sûr, qu’elle ne veuille que le monde croie sur parole qu’Assad est coupable et qu’il renonce à se poser des questions.

Washington ne s’est pas contentée de ces accusations insultantes portées sur la foi de simples ouïe-dire, il a bombardé le principal aéroport de l’armée syrienne à Homs, apportant une aide précieuse aux terroristes. Mais n’espérez que qui que ce soit, et encore moins les médias dominants, souligne ces incohérences flagrantes. Nous avons déjà descendu cette pente dangereuse et le scénario nous est familier, mais cela ne le rend pas moins inquiétant.

Quelqu’un a-t-il un sentiment de déjà vu ?

L’intervention de Haley rappelait étrangement celle de l’ex-secrétaire d’État étasunien, Colin Powell pour promouvoir une action militaire contre Saddam Hussein, il y a presque 15 ans.

Le 5 février 2003, Colin Powell adressa un plaidoyer passionné en faveur d’une opération militaire contre l’Irak, accusée – à tort, évidemment, par l’administration Bush d’abriter sur son sol des armes de destruction massive. Tout le monde se souvient de Powell brandissant un faux flacon d’anthrax devant l’Assemblée, et invitant ses auditeurs à imaginer ce qui se passerait si Hussein déclenchait une pareille épidémie en l’Occident.

Tout comme Nikki Haley, Powell a fait jouer l’émotion et encore l’émotion – la sauce nécessaire à tout discours porteur, mais on ne devrait jamais accepter que l’émotion prenne le pas sur les preuves matérielles.

Au même moment, de l’autre côté de la mare, Tony Blair, l’ancien Premier ministre britannique dont l’héritage politique a été réduit à néant pour n’avoir jamais cessé d’être le « caniche de Bush », soutenait activement les conclusions d’un dossier de renseignement « amélioré », qui accusait Hussein d’avoir des ogives chimiques, biologiques ou nucléaires.

« Nous devons veiller à ce qu’il [Saddam] ne parvienne pas à utiliser les armes qu’il a déjà, ni à se procurer les armes qu’il veut », déclara Blair à ses compatriotes.

Au même moment encore, Hans Blix et son équipe d’inspecteurs des armes de l’ONU étaient sur le terrain en Irak et ne trouvaient absolument aucun élément de nature à soutenir les descriptions apocalyptiques de Londres et de Washington. Trump s’est montré un peu plus intelligent qu’eux dans l’affaire. Il n’a pas donné aux inspecteurs de l’ONU la moindre chance d’examiner la scène du crime avant de déclencher la foudre du ciel, comme le puissant Thor.

En fin de compte, en dépit de l’opposition féroce des gouvernements russe, français et allemand, ainsi que de certains des plus grands mouvements de protestation des derniers temps, Washington a obtenu sa guerre et le peuple irakien a vécu l’enfer sans aucune raison valable.

Colin Powell, de son côté, a exprimé ses regrets pour sa communication devant l’ONU, dans une interview, en disant que cela « entacherait pour toujours sa réputation ».

On procède à une avance rapide de 15 ans, et on s’aperçoit qu’il y a toujours autant de monde prêt à se laisser convaincre par des paroles théâtrales plutôt que par des preuves solides. Certes, seuls des gens totalement insensibles pourraient regarder des photographies d’enfants assassinés sans ressentir une émotion et un chagrin profonds. Mais des photographies ne suffisent pas à démontrer la responsabilité, et je pense que Nikki Haley et l’administration Trump en sont pleinement conscients.

Le refus arrogant de Washington – une fois de plus – d’attendre calmement les résultats d’une enquête internationale avant de prendre des mesures, montre qu’ils attachent plus d’importance à la poursuite de leur projet essentiel qu’à la découverte de la vérité. Et ce projet essentiel, malgré les affirmations récentes du contraire, semble être de chasser Bashar Assad du pouvoir.

Il faut mentionner un dernier élément – la clé de voûte, en quelque sorte – d’une situation qui explique que de tels crimes de guerre puissent se produire. Ce sont les médias traditionnels occidentaux, qui sont devenus plus bellicistes que n’importe quel porte-parole du Pentagone.

La folie belliciste des médias

Pendant que se préparait la guerre en Irak, le New York Times a publié une série d’articles de Judith Miller, qui était alors une journaliste respectée, lauréate du prix Pulitzer, qui affirmaient que l’Irak était en train d’accumuler un stock inouï d’armes de destruction massive. Ces informations basées sur des « preuves » fournies par un personnage très peu fiable, Ahmad Chalabi, se sont révélés erronées mais seulement après que les États-Unis eurent joyeusement ramené l’Irak à l’âge de pierre à coups de bombardements.

Voilà un échantillon de preuves de ce que les journalistes étasuniens sont capables de rassembler, aujourd’hui, quand leurs dirigeants se lancent sur le sentier de la guerre :

« Le président Donald J. Trump a eu raison de frapper le régime du président syrien Bashar al-Assad pour avoir utilisé une arme de destruction massive, le gaz sarin, contre son propre peuple », écrit Anthony J. Blinken, très satisfait, dans un article d’opinion du New York Times. « M. Trump peut ne pas vouloir être le « président du monde entier », mais quand un tyran viole directement une norme fondamentale de conduite internationale ... le monde compte sur l’Amérique pour faire quelque chose. M. Trump l’a fait, et pour cela il mérite d’être félicité. »

Je trouve incroyable que le premier article positif sur Trump que je lis dans les médias depuis qu’il a été élu président nous arrive après une aventure militaire extrêmement mal avisée, basée sur zéro preuve.

Mais le New York Times n’est certainement pas le seul média à mettre tout son poids dans le camp de la guerre.

Aujourd’hui, après des années de jérémiades sur ses errements passés, tout l’appareil médiatique occidental, extrêmement content de lui-même, encourage les escapades militaires, cravachant les leaders comme des chevaux de course, ce qui est évidemment le contraire de ce qu’il est censé faire au départ. Cette tendance dangereuse remonte à l’époque de l’administration Bush, et désormais, les médias semblent œuvrer main dans la main avec l’armée et le gouvernement.

En 2014, Dan Froomkin, de l’Intercepta, a donné un bon aperçu de la façon dont les médias poussaient Barack Obama Dans à l’action militaire. « Les experts et les journalistes semblent rivaliser de mépris envers le président Obama ... passant au crible avec délectation les paroles d’Obama pour y déceler la moindre faiblesse et réclamant essentiellement une attaque militaire majeure – tout en se gardant bien de poser la question délicate de l’utilité qu’une telle attaque pourrait bien avoir. » « Dans une nation qui se considère comme pacifique et civilisée, on ne devrait pas décider d’une action militaire quand les arguments en sa faveur ne sont pas infiniment plus solides que le contraire », a déclaré à juste titre Froomkin. « Les arguments en faveur de la guerre doivent pouvoir résister à une remise en cause sans concession. »

Il est de plus en plus évident que la tragédie de la politique étasunienne c’est que cette course insensée vers la guerre n’est plus contrôlée par le peuple ni remise en question par les médias, mais qu’elle est l’effet d’une décision – unilatérale – du président qui ressemble plus à un César romain qu’à un personnage officiel démocratiquement élu.

Il faut mettre fin à ces jeux de guerre étasuniens présidés par les médias mensongers et très mal connus d’un public marginalisé et mal informé, avant que les chiens de guerre ne soient déchaînés, et sans qu’ils ne rentrent jamais à la niche.

Robert Bridge

Robert Bridge, est un écrivain et un journaliste étasunien basé à Moscou, en Russie. Il est l’auteur du livre Midnight in the American Empire, sur le pouvoir de l’entreprise, publié en 2013.

Traduction : Dominique Muselet

Original en anglais ici

»» http://chroniquepalestine.com/ignorant-lecons-irak-trump-lance-attaque...

URL de cet article 31734 

Abri d’Amiriya, Bagdad, 1991. (AFP)
L'histoire de la guerre est celle du mensonge. Dernière proposition américaine, dans une série qui remonte -pour le moins - au XIXe siècle : vitrifions la Syrie.

Difficile de survivre quand, sans jugement ni recours, le monde du bien vous classe dans le camp des salauds. De ceux qui rient dans les cimetières d’enfants en venant chicaner la réalité d’un bombardement au gaz sarin opéré par l’armée syrienne. Il faut nous apprendre à vivre avec ce tatouage intime, celui de l’infamie. La nôtre. Ce qui doit nous réconforter c’est d’être en compagnie de co-inculpés qui sont à la fois des hommes d’expérience et estimables. Je veux dire qu’ils ont passé leur vie à tenter de sauver le monde, tout au moins un peu. L’autre soutien vient de la nature de ceux qui nous désignent comme compagnons de route des bourreaux. Etre accusé d’inhumanité par un champion de la chose, Donald Trump, est comme une médaille de la Résistance. A la liste de ceux qui nous mettent à l’index, je pourrais ajouter les dirigeants de l’Europe, mais c’est inutile, par contrat ils sont tenus d’obéir à Washington. Quant à l’opprobre de Madame Arthaud et de Monsieur Poutou, soutiens des bombes de Trump ? Elle nous importe aussi peu qu’un coup de piolet jadis donné dans un crâne barbichettu au Mexique, et seul Mélenchon garde ses nerfs. Maintenant installés dans le ghetto des méchants, et pourquoi pas des monstres, promis à la Cour Pénale Internationale des mauvais penseurs, il est temps de réfléchir à la lecture de notre acte d’accusation.

Deux souvenirs forts me viennent aux yeux et en mémoire. Le 13 février 1991 je suis à Bagdad pour couvrir la Guerre du Golfe. Un ami me réveille à l’aube « les Américains ont bombardé un abri dans le quartier d’Al Amiria ». Je saute dans mes chaussures pour arriver devant un édifice lourd, en béton, à demi enterré. Les parois sont brûlantes comme une forge. Je ne peux m’engager dans un escalier que pendant quelques mètres avant de faire demi-tour, suffocant. Je passe ici deux jours et deux nuits. Le temps que les pompiers arrachent à ce four des corps charbonneux. Il y en a au moins quatre cents. Des femmes, des enfants et des vieillards venus ici pour se protéger de la guerre.

En écoutant la BBC, RFI les radios du Monde libre que je peux capter, j’apprends que ce « shelter » a été bombardé parce que Saddam Hussein se trouvait à l’intérieur... Ah bon... Saddam est mort ? Bien sûr que c’est une farce, une mauvaise excuse pour des guerriers décidés à tester, en vrai, l’efficacité de leur avion furtif et des ces nouveaux missiles perforants. Qu’est-ce que 400 morts tant qu’ils ne font pas couler les larmes des peuples de la Communauté Internationale. Madeleine Albright nous a donné la hauteur de la toise en indiquant que les enfants morts en Irak ça valait bien le prix de la démocratie. (*) Aujourd’hui, tapez Al Amaria sur Google... rien n’apparait. Pas de crime, pas d’abri, pas d’enfants assassinés.

Quelques années plus tard, au Kosovo, lisant du doigt les titres du Monde qui nous annonçait « des dizaines de milliers de morts »... j’ai cherché. Et pas trouvé. Les morts étaient aux abonnés absents. Ce qui est sans doute normal. Ces deux exemples sont ceux de deux mensonges. Des paroles des rumeurs puisqu’elles sont émises pour justifier l’attaque, la guerre qui est rarement « juste ». Riche de cette expérience, et de quelques autres, donc chat échaudé, je crains les communiqués officiels, ceux qui prétendent nous donner les bonnes raisons de la mort, les justes raisons des missiles et des bombes.

Je ne sais plus ce que l’on enseigne à l’école ? Jadis on enseignait la turpitude de la « dépêche d’Ems », imbroglio diplomatique qui a servi de prétexte pour engager la guerre. Un télégramme envoyé le 14 juillet 1870 par le chancelier Otto von Bismarck à ses ambassades et qui tronquait les propos échangés par son roi et l’ambassadeur de France.

En février 1898, nous sommes dans la baie de la Havane. Dépêché sur place pour protéger les intérêts américains, le navire de guerre « USS Maine » explose et coule. Poussée par les articles d’une presse incendiaire où tonnent de William Randolph Hearst et Joseph Pulitzer, publiés dans la presse jaune par William Randolph Hearst et Joseph Pulitzer, accuse l’Espagne de ce qui est un accident ou un naufrage volontaire. Et la guerre se met en marche le 25 avril 1898.

Plus d’un demi-siècle plus tard, même méthode, les 2 et 4 août 1964 la Maison Blanche nous annonce en urgence que « des accrochages maritimes ont eu lieu dans le golfe du Tonkin ». Des torpilleurs nord-vietnamiens « ont attaqué » deux destroyers américains. Comme la vérité marche à la vitesse d’escargot, ce n’est qu’en 2005 que les Américains, via la NSA, vont avouer le mensonge de Lyndon Johnson : les bateaux de Hanoï n’ont jamais ouvert le feu sur ceux de Washington. Nous sommes pourtant en route pour dix années de carnage.

En août 1995, il fait chaud à Sarajevo et brûlant quand un obus tombe sur le marché de Markale. Dans la minute les Serbes sont désignés comme auteurs du carnage. L’ONU qui prend le temps d’enquêter désigne clairement que le tir provient de la zone contrôlée par les Bosniaques. Qu’il s’agit donc d’une provocation au cours de laquelle des provocateurs tirent sur leur propre peuple. Peu importe. La cohorte de la Communauté Internationale pilotée par l’OTAN fait basculer la guerre du côté qui lui convient : les Serbes, qui vont plus tard donner quelques bonnes raisons à leurs adversaires- devront rendre gorge.

Dernier tableau de notre exposition « Docteur Folamour », le 5 février 2003 devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, Colin Powell, Secrétaire d’Etat, agite un tube qui contient un élément chimique des armes de destructions massives de Saddam Hussein. Vous connaissez la suite, le million de morts, un pays brisé, puis Daesch, et une région brisée. Peut- être bientôt un monde puisque ce que nous montre chaque soir Pujadas n’est pas « Une guerre contre le terrorisme », mais bien plus la première marche militaire d’une guerre mondialisée.

Le mercredi 5 avril, à l’endroit même où Powell a naguère agité son tube, Nikki Haley, l’ambassadrice américaine à l’ONU, brandi des photos d’enfants « morts en Syrie lors d’une attaque chimique » à Khan Cheikhoun. Elle a peut-être raison mais, comme on le dit dans les commissariats, elle a de bien mauvais antécédents judiciaires.

En dehors d’affirmer l’évidence, pourquoi Bachar Al Assad qui remontait la pente diplomatique et militaire, ce serait lancé dans une entreprise aussi folle ? A ce jour je n’ai ni trouvé ni lu une réponse convaincante.

Le doute demeure et la vérité, comme dans l’affaire du golfe du Tonkin, ne doit pas attendre 30 ans avant d’être validée ou invalidée. Nous, les sceptiques qui méritons la fosse, sommes dans un doute de bonne compagnie. Ainsi Willy Wimmer, ancien vice-président de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE et ex-secrétaire d’État auprès du ministère allemand de la Défense n’est pas convaincu par le jugement et les bombes de Trump. « Les pays tels que les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, qui ont commencé la guerre en Syrie il y a six ans, ne reculeront devant rien. Même la Charte des Nations Unies ne suffira pas à les arrêter. Ils mènent la guerre d’une manière connue. Dans des conflits qu’ils ont eux-mêmes créés. Nous le savons au moins depuis la guerre en Yougoslavie. Depuis 1990, il y a eu tant de mensonges. C’est un modèle que nous voyons dans la politique étrangère des États-Unis...Alors, ou nous arrêtons cela, ou nous nous attendons à des ennuis ! »

Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France en Syrie enfonce le même clou dans « Afrique Asie » : « Le moment unipolaire américain de 1991à 2011, a permis à « l’Empire le plus puissant ayant jamais existé à la surface de la Terre » de détruire les bases de la légalité internationale en établissant le nouvel ordre mondial voulu par les faucons de Washington. Ce qui se traduira en un temps record par l’abandon des principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies : souveraineté, non-ingérence, droit des peuples à l’autodétermination, droit de tout Etat à choisir librement son régime politique hors de toute ingérence étrangère, obligation de négocier en cas de conflit avant de recourir à l’usage ou à la menace d’usage de la force. La « communauté internationale » atlantique trouvera sa lampe d’Aladin dans un concept miraculeux, la Responsabilité de Protéger, version relookée du droit d’ingérence à connotation trop colonialiste. Les Nations-Unies seront instrumentalisées, voire ignorées lorsque le moteur unipolaire connaîtra ses premiers ratés : on fera grand cas des délibérations du Conseil de Sécurité lorsqu’il dit « oui-oui-oui », mais on passera outre lorsqu’il dit non.  »

Donner de la rationalité au coup de folie de Trump est bien difficile, sauf peut-être pour les exégètes de l’administration américaine qui remarquent qu’un certain KT Mc Farland est aujourd’hui vice-conseiller à la Sécurité nationale à Washington. Dans la passé, aux côtés du criminel de guerre Kissinger il a été l’un des champions de la politique « de l’homme fou ». Entendez qu’il faut faire les choses les moins prévisibles pour surprendre l’adversaire...

Outre la tentation de faire le fou, Trump a d’autres raisons qui le poussent à oublier sa promesse de bonne entente avec la Russie. Wall Sreet a fait remarquer à la maison Blanche que l’annonce d’une politique apaisée avec Moscou a fait, en quelques heures, lourdement chuter la bourse. Pour continuer de produire, de vendre, d’exploiter, de tuer, le lobby militaro-industriel américain a besoin d’un ennemi qui hante les citoyens et Hollywood, il faut donc raviver la légende : Poutine et Staline même combat.

Une seconde affaire d’argent, énorme, vient tout juste de tomber sur le bureau ovale. Lors de sa visite le 14 mars à Washington le vice-prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane Al Saoud, qui est également ministre de la Défense du royaume, a promis 600 milliards d’investissement aux USA afin d’améliorer les infrastructures. Voilà un thème de campagne de Trump financé, avec en prime l’odieux mur à la frontière mexicaine. En guise d’intérêts ce prince de la dictature saoudienne a demandé que Washington révise sa politique en Syrie. Que disparaisse Bachar et que la République devienne islamique.

Pour ce qui est du corps du délit, le sarin et les Tomawaks, l’investigation est mince. Sur 59 missiles tirés depuis la mer, 36 ont disparu en vol. Les Russes vantent en douce la qualité de leur dispositif de protection S 300... En outre le Tomawak, sauf à être tiré de très près, est plus chargé en carburant qu’en explosif. Ses effets – je les ai constatés en Irak ou à Belgrade- ne sont pas rédhibitoires. Ainsi l’aéroport militaire syrien de Shayran, qui était la cible, est-il intact. Dans son geste « d’homme fou », Trump semble avoir fait pas mal d’esbroufe. Comme la France vengeresse de 1983, après l’explosion du Drakkar, quand elle a bombardé le désert de la Bekaa pour y tuer un berger et son âne. En ce qui concerne « la raison réelle » pour laquelle les États-Unis ont attaqué la Syrie, et que nous cherchons, l’ancien député américain Ron Paul, affirme qu’il s’agissait plutôt d’une action du “Deep State” contre le président Donald Trump et non pas une décision du Président lui-même. Explication du politicien pour qui l’administration a trompé Trump : "Ce qui s’est passé il y a quatre ans en 2013, vous savez, tout cela sur le passage de la ligne rouge ? Depuis, les néocons crient et hurlent, et une partie de l’administration a crié et hurlé à propos d’Assad et des gaz toxiques (comme Saddam et ses ADM). Il n’a jamais été prouvé en fait qu’Assad en ait utilisé, et la fonctionnaire de l’ONU, Carla Del Ponte, a déclaré que l’attaque chimique de 2013 a probablement été faite par les rebelles. Il n’y a aucun sens, pour Assad, d’utilisation soudaine de gaz toxique. Je pense qu’il n’y a aucune chance qu’il ait fait cela délibérément. "

Mais que peut-on tirer comme observations provenant du champ de bataille lui-même ? Quelques détails. Des experts neutres, en particulier une ONG suédoise qui détient une expertise en matière de soins à apporter aux gazés met en doute la pratique des secouristes et autres « Casques blancs ». On ne manipule pas à mains nues des corps ou des blessés touchés par le sarin. Les piqûres administrées aux enfants sont inadéquates.

La seconde observation extérieure nous vient de la personnalité du médecin, de celui qui a été le « lanceur d’alerte » lors de cet évènement, et de celle aussi de son acolyte médiatique. Ici je donne la parole à « Zero Hedge », un organe d’information respecté qui siège à New York, comme on va le voir, le site reprend quelques une des informations données plus haut :

"Les observateurs ont également noté que le 1er avril 2017, un médecin sur le terrain à Khan Sheikhoun, le Dr Shajul Islam, avait reçu plusieurs expéditions de masques à gaz dans les jours précédant l’incident chimique.

Daily Mail a rapporté que le Dr Shajul Islam était à un point recherché par le gouvernement britannique dans le cadre de l’enlèvement de deux journalistes en Syrie, et les services de sécurité ont déclaré qu’Islam et son frère avaient peut-être des liens avec le bourreau de l’ISIS « Jihadi John ».

En outre, les séquences montraient que les casques blancs portant « secours aux victimes » d’une manière qui n’était pas conforme au protocole établi sur la façon de traiter les corps saturés de sarin. Les images semblent montrer que les opérateurs du casque blanc syriens manipulent des victimes de sarin présumées avec leurs mains nues, plutôt qu’avec des gants, ce qui est nécessaire pour empêcher le sauveteur d’être blessé par le produit chimique lui-même. Ils semblent également utiliser des masques anti-poussières simples, qui ne sont pas une protection appropriée en cas d’attaque de sarin. "

Pour faire connaitre « la situation sur le terrain », celle les Casques blancs et d’hommes comme le docteur Shajul Islam ont besoin d’utiliser les médias. Pas de problème. Chassé d’Alep, le bon docteur a sous la main un magicien. Bilal Abdul Kareem (1) pratique la vidéo, la photo et l’écrit. Un rêve pour une rédaction. Cet acteur raté, avant d’être imam à Brooklyn, a quitté les États-Unis après avoir approuvé un attentat islamiste dans un fort des Marines aux États-Unis.

Après avoir connu le monde au Soudan, au Rwanda, en Égypte, il est devenu caméraman pour une chaine de télévision religieuse saoudienne. Puis à a sauté en Syrie, dans le djihad. A Alep, sa mise en scène des fameux Casques blancs, qui viennent d’être récompensés à Hollywood, a fait merveille. CNN l’a même engagé comme pigiste et il a obtenu, en France à Bayeux, un Prix réservé aux correspondants de guerre ! Quand il ne filme pas, Kareem, sur Facebook, donne des conseils aux jeunes de la planète afin qu’ils respectent au mieux la charia. Est-ce faire injure à ce distingué confrère que d’estimer qu’il ferait une recrue de grande qualité pour la CIA...

Reste aujourd’hui, pour les cerveaux qui ne vont pas plus vite que la musique, pour les experts militaires, et ceux en gaz de combat, à livrer un verdict. Si celui-ci est encore possible. S’il tombe, Trump aura déjà vitrifié Damas, fait sombrer la Corée du Nord dans la mer. Dommage que François Hollande ne soit plus à l’Élysée pour applaudir à toutes ces merveilles.

Jacques-Marie BOURGET

(1) https://www.legrandsoir.info/bien-pensance-rsf-et-la-ville-de-bayeux-r...

(*) Lesley Stahl :"Nous avons entendu dire que 500.000 enfants sont morts (en Irak). Ca fait plus qu’à Hiroshima. Et, vous savez, est-ce que cela en valait le prix ?

Secrétaire d’Etat US Madeleine Allbright : "Je pense que c’est un choix difficile. Mais le prix - nous pensons que cela en valait le prix."

Entretien télévisé sur CBS 60 minutes, Mai 1996

URL de cet article 31737 

Par Philippe Migault
Philippe Migault est Directeur du Centre Européen d'Analyses Stratégiques, analyste, enseignant, spécialiste des questions stratégiques.

La Syrie, Rex Tillerson et le cortège d’absurdités occidentales

 

La Syrie, Rex Tillerson et le cortège d’absurdités occidentales© Carlos Barria Source: Reuters

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson et le président Donald Trump

 

L'Occident songe à de nouvelles sanctions contre la Russie et le secrétaire d'Etat américain propose à Moscou de choisir entre Assad et Washington. Le gendarme américain est-il de retour ? L'expert militaire Philippe Migault examine la question.

 

Un parfum de lâche soulagement. C’est ce qu’inspirent les déclarations des principaux responsables de l’Union européenne depuis la frappe conduite par les Etats-Unis vendredi dernier [le 7 avril] sur une base aérienne syrienne, en guise de rétorsion après l’attaque chimique de Khan Cheikhoun attribuée au régime de Damas.

 

Déconcertés par l’élection de Donald Trump en novembre 2016, alors qu’ils avaient tous misé sur Hilary Clinton, la plupart des chefs d’Etat de l’UE se comportaient depuis comme une section de jeunes conscrits brutalement privée de leur officier bienveillant et confiée à un – mauvais – clone de Clint Eastwood. Les déclarations de Donald Trump se félicitant du Brexit, sa critique de la politique migratoire d’Angela Merkel – et par extension automatique de l’UE – ses attaques contre l’OTAN ont suscité un pitoyable tollé de protestations affolées. Soudain le grand frère américain avait cessé d’être bienveillant. Soudain le guide de la «communauté internationale» soutenait des positions allant à l’encontre des prétendues «valeurs occidentales». Grande peur chez les bien-pensants. Confronté à l’Etat profond américain en rébellion ouverte contre lui et bloquant chacune de ses tentatives de réforme, le président américain est fort heureusement contraint au compromis en termes de politique intérieure comme de diplomatie. Exit Michael Flynn, jugé trop proche de la Russie. Retour vers la guerre froide tendance Obama et la traditionnelle morgue américaine. Rex Tillerson, le secrétaire d'Etat américain, qui doit rencontrer demain son homologue russe Sergueï Lavrov, a adressé aujourd’hui [11 avril] au Kremlin un avertissement d’une finesse toute texane : « Rejoignez la cause des Etats-Unis et de ses alliés sur le dossier syrien, ou soutenez l'Iran, le Hezbollah et le leader syrien Bachar al-Assad », a-t-il déclaré. En clair : « Choisis ton camp camarade. »

Ce n’est pas une frappe sur un aérodrome qui est de nature à inverser la tendance et à empêcher Damas et ses alliés de régler à long terme le sort d’Idleb ou de Deir-es-Zor

Bien entendu, tous les responsables européens sont aussitôt montés au créneau pour surenchérir. Le gendarme du monde brusquement ressuscité – comme l’ont titré la quasi-totalité des médias occidentaux – l’UE, rassérénée, peut de nouveau adopter la posture de puissance majeure qu’elle affectionne et bander des muscles dont elle ne sait, ni ne veut, se servir. Dans la foulée des Américains, chacun est prêt à présent à prendre de nouvelles sanctions vis-à-vis de la Russie. Contre certains hauts responsables militaires russes –ceux là-mêmes avec lesquels on souhaite soi-disant collaborer pour sauvegarder la paix – ou contre la Russie elle-même si nécessaire.

 

Lâche soulagement, oui.

 

Mais ce n’est pas cela le pire. Ce qui est dramatique, c’est de constater qu’une fois de plus il a suffi d’un drame – dont les responsables restent à identifier – pour que la diplomatie de la première puissance mondiale s’infléchisse. Politique de l’émotion une fois de plus. Avec, bien entendu, le même cortège d’absurdités.

 

Rex Tillerson connaît bien la Russie. Sa nomination a même été critiquée compte tenu de sa proximité supposée avec Vladimir Poutine. S’imagine-t-il une seule seconde qu’il peut arriver à Moscou comme dans un saloon en sommant Sergueï Lavrov et Vladimir Poutine de choisir leur camp ? En Russie, ce genre de rhétorique bolchévique n’impressionne plus personne…

 

Quant aux Européens, fébrilement rassemblés derrière leur leader, s’imaginent-ils réellement qu’ils pèseront une seule seconde dans les débats quand Américains et Russes décideront éventuellement de conclure un compromis ?

 

S’imaginent-ils qu’ils peuvent renouer, sans conséquences graves, avec la désastreuse politique d’alliance, qui a été la leur dans le dossier syrien depuis 2011, en s’associant à des Etats-voyous ? Oui, si l’on s’en réfère à la récente décision du ministre des affaires étrangères italien, Angelino Alfano. Ce dernier, qui reçoit cette semaine le G7, veut tenter de relancer un processus politique de sortie de crise en Syrie avec la Turquie, les Emirats Arabes Unis, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Jordanie. Une kyrielle de dictatures islamistes qui – hormis la Jordanie – ont soutenu l’Etat islamique, Al Qaïda et les cellules terroristes opérant sur le sol européen.

 

Rex Tillerson a martialement déclaré que son pays ferait en sorte que «quiconque» s’en prend à des innocents en paie le prix. On peut se demander si les Etats avec lesquels l’Italie entend collaborer dans le dossier syrien, partisans de la peine de mort par décapitation, de la lapidation ou de la flagellation des femmes en public, tous complices de crimes ou de discriminations contre les chrétiens, seront ou non sur la liste.

 

A défaut de rentrer en guerre, on ne voit pas comment un déblocage pourrait survenir autrement que par un dialogue avec Moscou, Téhéran et, qu’on le veuille ou non, Bachar

Enfin l’essentiel demeure : le rapport de forces sur le terrain syro-irakien.

 

Américains et Européens peuvent toujours taper du poing sur la table. Malgré les moyens engagés contre l’Etat islamique, le sort de Mossoul et de Raqqa n’est pas encore réglé et exigera de leur part un surcroît d’efforts. Peuvent-ils, dans ces conditions, prendre le risque militaire et diplomatique d’instaurer par exemple une zone d'exclusion aérienne au dessus de la Syrie ? Vraisemblablement pas.

 

Car pour l’heure les forces de Bachar el-Assad conservent l’initiative. Ce n’est pas une frappe sur un aérodrome qui est de nature à inverser la tendance et à empêcher Damas et ses alliés de régler à long terme le sort d’Idleb ou de Deir es Zor. Et on imagine mal Vladimir Poutine céder à une quelconque forme de pression et lâcher maintenant Assad, qu’il a soutenu depuis une demi-douzaine d’années dans des circonstances bien plus périlleuses.

 

A défaut de rentrer en guerre contre les troupes syriennes et leurs alliés russes, iraniens et libanais, on ne voit pas comment un déblocage pourrait survenir autrement que par un dialogue avec Moscou, Téhéran et, qu’on le veuille ou non, Bachar.

 

C’est du reste ce qui se profilait jusqu’à la tragédie de Khan Cheikhoun. Qui tombe décidément à point nommé pour les partisans de l’intransigeance.

Publié par  El Diablo

SYRIE : les grands MÉDIAS poussent à la GUERRE...

SYRIE : les grands MÉDIAS poussent à la GUERRE...

Syrie : encore une fois, un jugement hâtif et dangereux (Consortium News)

Par Robert PARRY

Avec le dernier jugement hâtif sur les morts par gaz toxique dans une région occupée par les rebelles au nord de la Syrie, les médias mainstream se révèlent comme une menace pour le journalisme responsable et pour l’avenir de l’humanité. Encore une fois, nous assistons au scénario troublant où le verdict précède l’enquête, même si un tel comportement peut conduire à une escalade dangereuse de la guerre ainsi que du nombre de victimes.

Avant même toute évaluation minutieuse des preuves, Le New York Times et d’autres grands sites d’information US avaient déjà désigné le gouvernement syrien de Bashar al-Assad comme le coupable. Ce qui a relancé l’exigence des États-Unis et d’autres pays de mettre en place une « zone d’exclusion aérienne » en Syrie, ce qui constituerait le début d’une nouvelle guerre de « changement de régime » et entraînerait les Etats-Unis dans une guerre probable avec une Russie dotée d’armes nucléaires.

Alors qu’on en était encore à chercher ce qui s’était réellement passé mardi, nous, le public, avons déjà été préparés pour ne pas croire la réponse du gouvernement syrien selon qui les gaz toxiques pourraient provenir de stocks rebelles et auraient pu être libérés accidentellement ou intentionnellement, provoquant la mort de civils dans un ville de la province d’Idlib.

Un scénario possible est que les avions de combat syriens ont bombardé un dépôt d’armes rebelles où le gaz toxique était stocké, ce qui a provoqué la rupture des conteneurs. Une autre possibilité est un incident organisé par les djihadistes de plus en plus désespérés d’Al-Qaïda qui sont connus pour leur mépris envers la vie d’innocents.

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

Publié par  El Diablo

SYRIE : L’attaque CHIMIQUE d’Idlib « ressemble à une mise en scène »

SYRIE : L’attaque CHIMIQUE d’Idlib « ressemble à une mise en scène »

Et si l’attaque chimique de mardi à Khan Cheikhoun, dans la province d’Idlib, n’était qu’une mise en scène bien orchestrée? Igor Nikouline, ex-membre de la Commission de l’Onu sur les armes biologiques et chimiques, présente la liste des arguments prouvant que la nature de la tragédie pourrait ne pas être si évidente que cela.

L'expert militaire Igor Nikouline, ex-membre de la Commission des Nations unies sur les armes biologiques et chimiques, présente une vision différente de l'attaque contre la petite ville syrienne de Khan Cheikhoun.

« M. Assad n'a pas pu utiliser des armes chimiques. Tout d'abord, il n'en possède simplement pas. Les inspecteurs internationaux l'ont signalé il y a un an. De plus, cette démarche ne lui est pas profitable — objectivement, il gagne. Et même du point de vue technique il n'a pas pu réaliser cela, à en juger d'après les images diffusées par les médias », estime Igor Nikouline au micro de la station de radio lettone Baltkom.

Selon lui, les organisations terroristes pouvaient s'emparer d'une partie des armes chimiques. Assad aujourd'hui n'en a plus. « En outre, personne ne juge avantageux de recourir aux armes chimiques, et la réaction des États-Unis en est la preuve. Ils ont frappé sans avoir procédé à aucune enquête. »

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

08 avril 2017

Missiles américains sur la Syrie, nouveau chapitre pour l'hégémonie mondiale

 

"Le plus extraordinaire dans cette crise, nous dit Bill Van Auken, est la rapidité avec laquelle elle s'est développée. Les frappes contre la Syrie sont intervenues à peine 48 heures après le premier reportage d'un incident dans la province d’Idleb en Syrie, une zone en grande partie contrôlée par la filiale syrienne d'Al-Qaïda, où environ 70 personnes auraient été tuées par des gaz toxiques.Quelques minutes littéralement après l’annonce de cet incident, les médias américains se sont mobilisés pour déclarer que le gouvernement du président Bachar al-Assad était coupable. Les éditorialistes du New York Times, d'autres grands journaux, et les radoteurs des journaux télévisés ont tous exprimé leur indignation morale et exigé que Washington lance des représailles. Tout indique que les médias avaient déjà été informés, afin de mener un exercice de propagande de guerre soigneusement orchestré..."

 

Reprenons les données de Bill Van Auken...

 

Michel Peyret


En lançant une salve de missiles sur la Syrie, les Etats-Unis entament un nouveau chapitre dans leur guerre pour l'hégémonie mondiale, lancée il y a plus d'un quart de siècle avec une invasion de l'Irak.

 

L’affirmation que c'est une réaction à une attaque au gaz par le gouvernement syrien est un mensonge transparent. Encore une fois, comme dans la guerre aérienne contre la Serbie en 1999, l'invasion de l'Afghanistan en 2001 et de l'Irak en 2003 et l'attaque contre la Libye en 2011, les Etats-Unis ont concocté un prétexte pour violer la souveraineté d'un autre pays.

 

Le bombardement de la Syrie est une abrogation unilatérale par Washington de l'accord négocié avec la Russie en 2013, qui a empêché une intervention militaire directe planifiée de longue date par les Etats-Unis dans la guerre syrienne.

 

Comme l'écrivait le Comité international de la Quatrième Internationale en septembre 2013, « Le report de la guerre ne diminue pas la probabilité, même l'inévitabilité, de l'éruption d'une guerre majeure. Comme le soulignent les déclarations belliqueuses émanant de Washington, ‘l'option militaire’ reste sur la table. Et la Syrie n’est pas la seule cible d'une attaque militaire. Des opérations américaines contre la Syrie ouvriraient la voie à un affrontement avec l'Iran. En plus, la logique de la poussée de l’impérialisme américain pour la domination mondiale mène à la confrontation avec la Russie et la Chine. Il ne peut pas être exclu non plus que le conflit d'intérêts entre les principales puissances impérialistes, par exemple les États-Unis et l'Allemagne, pourrait sous certaines conditions se transformer en conflits armés. » [1]

 

Cet avertissement a été validé.

 

De plus, les attaques signifient au moins une résolution partielle du conflit acharné sur la politique étrangère qui fait rage aux plus hauts niveaux de l'Etat américain depuis l'élection présidentielle de novembre dernier. Avec le soutien des fractions dominantes du Pentagone et de la CIA, la poussée du Parti démocrate pour mener une guerre contre la Syrie et intensifier la confrontation avec la Russie l’a emporté. La Maison Blanche de Trump a dû exécuter une étonnante volte-face, abandonnant la politique qu’elle avait annoncée seulement quelques jours auparavant.

 

Le plus extraordinaire dans cette crise est la rapidité avec laquelle elle s'est développée. Les frappes contre la Syrie sont intervenues à peine 48 heures après le premier reportage d'un incident dans la province d’Idleb en Syrie, une zone en grande partie contrôlée par la filiale syrienne d'Al-Qaïda, où environ 70 personnes auraient été tuées par des gaz toxiques.

 

Quelques minutes littéralement après l’annonce de cet incident, les médias américains se sont mobilisés pour déclarer que le gouvernement du président Bachar al-Assad était coupable. Les éditorialistes du New York Times, d'autres grands journaux, et les radoteurs des journaux télévisés ont tous exprimé leur indignation morale et exigé que Washington lance des représailles. Tout indique que les médias avaient déjà été informés, afin de mener un exercice de propagande de guerre soigneusement orchestré.

 

Mercredi, Trump a repris ce récit médiatique lors d' une conférence de presse à la Maison Blanche, en déclarant qu'on ne peut « tolérer les actions abominables du régime Assad ». Son ambassadrice à l'ONU, Nikki Haley, a menacé que Washington pourrait lancer une action militaire unilatérale. Trump a répété cette ligne dans un communiqué aux médias depuis sa maison de villégiature de Mar-a-Lago jeudi soir.

 

La Maison Blanche et les médias ont rejeté sommairement les démentis du régime syrien ; on a fait le silence sur le rôle des forces d'Al-Qaïda en Syrie, qui ont mené leurs propres attaques aux armes chimiques, pour ensuite les mettre au compte du régime Assad.

 

La question de savoir qui était responsable de la prétendue attaque aux gaz a été « résolue » en moins de temps que la police de New York ne consacre à enquêter sur un vol à l’arrachée. Le verdict était annoncé, maintenant la sentence est en cours d’éxecution.

 

Il est utile de comparer cette réaction aux méthodes employées quand des frappes américaines en Afghanistan, en Irak, ou au Yémen tuent des centaines de civils. Le Pentagone déclare inévitablement qu'il n'a pas de preuve crédible de l’existence de victimes civiles. S'il décide d'investiguer pour sauver la face, on attend habituellement des semaines avant qu'il ne publie un rapport qui soit nie le carnage, soit signale une petite fraction du nombre réel de morts.

 

A Mossoul, à peine 300 km du site de l'attaque au gaz présumée en Syrie, les Etats-Unis ont massacré des centaines d'hommes, de femmes et d’enfants irakiens. Des familles entières sont enterrées vivantes sous les bombes qui détruisent des quartiers entiers. Il va sans dire que les grands médias américains ne diffusent pas d'images des corps calcinés et déchiquetés des victimes de ces attaques. Aucun des commentateurs qui versent des larmes de crocodile sur l'attaque au gaz présumée en Syrie n’a pu trouver une once d’indignation morale pour les victimes à Mossoul.

 

Il ne fait aucun doute que l'incident en Syrie est un prétexte concocté pour lancer une intervention militaire américaine prévu de longue date. Pour enquêter sur ce qui est arrivé à Idleb, il faudrait commencer avec le service action de la CIA en Syrie, responsable de la coordination avec les forces mandataires de Washington, organisées autour d'Al-Qaïda.

 

Nous avons été confrontés à cette situation tellement de fois qu’il n’est guère utile de réfuter encore une fois le récit officiel. C'est il y a 14 ans maintenant que les Etats-Unis ont envahi l'Irak, prétendant que le pays avait des armes de destruction massive, et produit un vaste massacre qui a coûté la vie à plus d'un million de personnes et transformé des millions d'autres en réfugiés. Des mensonges semblables ont servi de prétexte en 2011 à la guerre de l’OTAN en Libye.

 

Les médias ne soufflent mot sur ces précédents tristement célèbres. Ils ne font pas la moindre allusion au fait que dans cette nouvelle guerre, Al Qaïda est l'allié de Washington et de l'Europe. Les médias ont abandonné la moindre prétention au journalisme indépendant.

 

L'oligarchie américaine exige une autre campagne d'agression militaire pour assurer son hégémonie sur le Moyen-Orient et faire reculer ses rivaux régionaux et mondiaux, surtout l'Iran et la Russie.

 

Comme l'invasion de l'Irak, l'intervention en Syrie est un crime de guerre. Washington intervient dans une guerre civile qu’ils ont eux-mêmes provoquée, armée et financée afin de renverser Assad et le remplacer par un régime fantoche. La tentative de renverser Assad avec des milices islamistes a échoué, après avoir coûté la vie à un demi-million de personnes et transformé cinq millions de Syriens en réfugiés. Cet échec est dû non seulement au soutien russe et iranien pour Assad, mais aussi à la peur et à la haine ressentie par la majorité des Syriens pour les éléments soutenus par les Etats-Unis liés à Al-Qaïda.

 

Le brusque revirement de la ligne politique de Trump donne une indication de l'immense pression pour la guerre au sein de la classe capitaliste américaine. Quelques jours avant l'incident à Idlib, les responsables de l'administration déclaraient toujours qu’ils allaient s’accommoder de l'existence du régime Assad. Trump lui-même avait critiqué à plusieurs reprises la politique d’Obama en Syrie, déclarant que le seul objectif des États-Unis devrait être la destruction de l'Etat islamique.

 

Les dénonciations acharnées de Trump par les démocrates et les médias pro-démocrates comme le New York Times visaient précisément cette question : celle de sa prétendue mollesse envers le gouvernement syrien et, significativement, le principal allié de Damas, la Russie.

 

Si Hillary Clinton avait remporté l’élection en novembre, on peut dire sans risque de se tromper que des missiles américains auraient frappé leurs cibles en Syrie quelques jours après l'élection. Le retard de Trump dans la poursuite de ce cours a provoqué un tollé de la part du Parti démocrate, cet instrument de Wall Street et de l'appareil de l’armée et du renseignement, qui l’a dénoncé pour ses liens présumés à Moscou.

 

A présent, Trump a été rappelé à l’ordre. Le revirement politique a été accompagné d'un remaniement du personnel à la Maison Blanche. Stephen Bannon a été écarté du Conseil national de sécurité, tandis que l’armée renforçait sa mainmise sur le pouvoir.

 

Ce changement de cap était tout à fait prévisible. En décembre dernier, alors que Trump nommait un officier militaire de haut rang après l'autre aux postes de responsabilité dans son administration, le WSWS a écrit: « Il se peut bien que ce soit les généraux qui choississent de rejoindre l'administration Trump tout autant que Trump les choisit, car ils sont confiants qu'il pourront finalement dicter sa politique à Trump ».

 

La politique étrangère russe quant à elle est en miettes, révélant la fausse perspective de ceux autour du président Vladimir Poutine qui ont cru naïvement que quelque chose d'aussi insignifiant qu'un changement de président pourrait modifier la poussée fondamentale par l'impérialisme américain vers de nouvelles guerres, toujours plus grandes.

 

La guerre contre la Syrie ne jouit d'aucun soutien populaire. Le remaniement politique à Washington et les préparatifs pour une agression renouvelée ont été effectués dans le dos du peuple américain. L'indifférence de l'élite dirigeante à l'opinion populaire se traduit par l'absence même d’un sondage sur la popularité de cette nouvelle guerre.

 

Aucune voix critique ne s’élève contre la guerre, au Congrès ou dans les médias. Il n'y a même pas le simulacre d'un débat. Les démocrates qui dénonçaient Trump hier se rallient à lui pour souligner leur soutien bipartite pour le « commandant en chef » des armées. Un cas typique est le député Adam Schiff (démocrate, de Californie), qui a avoué qu'il « se sentait plus à l'aise en sachant que [Trump] comptait sur le général Mattis et le général McMaster. »

 

Bernie Sanders, l'ancien candidat présidentiel démocrate autoproclamé « socialiste démocratique » et chef de l'aile soi-disant « progressiste » du parti, n’a rien dit sur les plans de guerre, parce qu'il les soutient.

 

L'opposition du Parti démocrate à Trump reposait entièrement sur ces questions. Tous les discours contre la traque aux migrants de Trump, les déportations et les assauts sur les droits démocratiques ont rapidement disparus au nom de l’unité nationale sur la guerre.

Une attaque contre la Syrie comporte la menace directe d'une guerre plus large et potentiellement catastrophique. Quelle sera la réaction de la Russie, une puissance nucléaire, si les missiles américains tuent ses troupes en Syrie?

 

La classe dirigeante américaine accepte de prendre le risque. Face à la baisse prolongée de sa domination autrefois incontestée de l'économie mondiale, elle doit compter de plus en plus sur sa puissance militaire afin d'affirmer son hégémonie mondiale. Le fait qu’une telle voie mène inévitablement à une nouvelle guerre mondiale qui menace la survie de l' humanité ne la fera pas changer de cap.

 

Les actions de l'oligarchie américaine rappellent en tout point la description par Trotsky de la bourgeoisie mondiale à la veille de la Seconde Guerre mondiale, qui marchait « les yeux fermés vers la catastrophe économique et militaire. »

 

Les missiles Tomahawk ne mettront pas fin aux conflit qui vient d'exploser. L'impérialisme américain ne peut affirmer son hégémonie mondiale en dehors d'une série sans fin d'escalades militaires, chacune plus téméraire que la précédente, conduisant finalement à la catastrophe.

 

Ces événements expriment la nécessité brûlante de la construction d'un mouvement anti-guerre de masse, orienté vers la classe ouvrière, ayant pour objectif l'abolition de l'ordre social capitaliste qui est la cause fondamentale de la guerre.

 

[1] David North, A Quarter Century of War: The US Drive for Global Hegemony 1990 -2016

(Article paru en anglais le 7 avril 2017)

Posté par Michel Peyret

il ne s’embarrasse pas du droit international ni même de sa constitution

 

Publié le 8 Avril 2017

Canaille le Rouge reste

à contre courant

et appelle à ne pas céder

aux sirènes des boute-feux impérialistes 

 

il ne s’embarrasse pas du droit international ni même de sa constitution

 

L'acte de guerre commis par Trump-Folamour,  au mépris des propres lois de son pays (la constitutions des USA interdit tout recours à la guerre sans autorisation du congrès), suscite colère et indignation à travers le monde. Seule les faucons de l'impérialisme et les laquais de la sociale démocratie approuve parfois avec quelques timide réserves.

 

Souhaitons que cet acte insupportable ne soit pas la première marche qui conduirait à la conflagration généralisée. le jeux des traités et alliances internationales peut malheureusement y conduire et très rapidement.

 

Trump-Folamour vient d'entrer dans l'histoire comme y est entré son maître à guider Mussolini, avec des pratiques d'incendiaire du Reichstag. L'horloge du cataclysme se rapproche dangereusement de minuit.

 

Dans les jours qui viennent, Canaille le rouge va tenter de donner quelques réactions du monde des blogs.

 

Elles n'engagent que leurs auteurs mais donnent à connaitre le panel de ceux qui s'opposent à l'impérialisme et de ceux qui composent avec lui.

 

Un mot d'ordre : si tu veux la paix agit contre la guerre 

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Les USA indiquent qu’il est prêt pour une nouvelle offensive sur le territoire syrien

 

 

08 Avril 2017

 

Le représentant permanent des États-Unis à l'ONU, Nikki Haley,

Le représentant permanent des États-Unis à l’ONU, Nikki Haley,

 

 

Face aux critiques devant l’attaque lancée sur les bases militaires en Syrie considérées une violation du droit international, la délégation américaine a annoncé vendredi à  l’ONU  qu’ils étaient prête à lancer une nouvelle offensive sur le territoire syrien.

 

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité convoquée par la Bolivie pour faire face à l’agression contre les  bases militaires  en Syrie en réponse aux attaques d’armes chimiques perpétrées mardi, les membres de cette organisation de l’ONU ont montrés leurs profondes divisions.

 

L’attaque lancée hier par les Etats-Unis « constitue une menace pour le droit international », a déclaré le représentant permanent de la Bolivie auprès de l’ONU, Sacha Llorenti.

 

Le représentant de la Bolivie a déclaré que son pays défend le multilatéralisme, qui constitue la base sur laquelle a été conçue l’ONU, en plus de la charte de gouvernance de cette organisation qui  proscrit  les actions militaires unilatérales.

 

« Les Etats-Unis sont devenus l’enquêteur, le procureur et le bourreau », a déclaré Llorenti. Le diplomate bolivien a déploré que, tandis que le Conseil de sécurité  débattait d’une résolution pour enquêter sur l’attaque d’armes chimiques en Syrie, les Etats-Unis se préparait à une attaque militaire.

 

Pendant ce temps, les délégations que l’Uruguay, la Suède et la Chine ont évité de critiquer directement les Etats-Unis, mais ils ont suggérés que toute réaction à l’utilisation d’armes chimiques devrait être soutenue par le droit international et être approuvé par le Conseil de sécurité.

 

Tandis que le Royaume-Uni et la France ont apporté un  soutien sans réserve au fait que plus de 50 missiles aient été  lancés depuis les porte-avions des États-Unis sur des bases militaires en Syrie.

 

La représentante américaine permanent à l’ONU, Nikki Haley, a rappelé que comme elle l’avait dit  dans la session après les attaques avec des armes chimiques en Syrie, son pays était prêt à prendre « ses propres actions » s’il n’avait  pas obtenu le soutien du Conseil de sécurité .

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À cet égard, elle a mis en garde: « Nous sommes prêts à faire plus, mais j’espère que cela ne sera pas nécessaire. » Elle a dit que les Etats-Unis agiraient de manière unilatérale dans des cas tels que l’utilisation d’armes chimiques contre les civils.

 

Dans son discours, le représentant suppléant de la Russie auprès de l’ONU, Vladimir Safronkov, a affirmé  que l’offensive américaine a violé le droit international, en plus de plus accru la remise en cause de  la stabilité dans la région.

 

Safronkov a également maintenu sa demande à l’ONU de lancer une enquête pour déterminer les responsabilités en ce qui concerne l’attaque chimique en Syrie, mais a dit qu’il ne soutiendrait pas un document préjugent au préalable qui est responsable.

 

À cet égard, il a déclaré que les États-Unis et ses alliés avaient « peur qu’il y ait une enquête indépendante, car ses résultats seraient  peut-être contraire au récit qu’ils ont a tenu contre le régime » en Syrie.

 

À cet égard, le Conseil de sécurité n’a pas encore décidé de se réunir pour discuter d’une résolution visant à lancer une enquête sur les attaques avec des armes chimiques produites dans la province de Idlib, qui a tué au moins 80 personnes, dont 27 mineurs.

 

Peu de temps avant le début de la session, le vendredi, Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU, a appelé la communauté internationale à « éviter toute action qui pourrait qu’accroître les souffrances du peuple syrien ».

 

Le chef de l’ONU a également réitéré sa conviction qu’il n’y a pas d’autre moyen de résoudre le conflit en Syrie que par une solution politique, il  a exhorté les parties en conflit à renouveler d’urgence leur engagement à faire avancer la des pourparlers de paix à Genève.

 

(Information fournie par Notimex)

La violation du droit international, la défense de la paix et l’exercice de notre citoyenneté

 

08 Avril 2017

L’intervention américaine et la manière dont elle a été accueillie par certains politiciens français doit contribuer à éclairer nos choix citoyens parce qu’il y a là un acte dont la gravité exige la prise en compte de la dangerosité du monde qui est le nôtre.

 

Que Macron, Hamon, Hollande et sa clique,  puissent de fait approuver l’intervention de Trump alors que celle-ci s’exerce en violation du droit international ou des Nations Unies témoigne du degré de déchéance politique, intellectuelle et morale à laquelle ces échappés d’un PS en décomposition sont parvenus. Que la quasi totalité des médias qui depuis des mois nous bassine avec la dénonciation de la folie de Trump ait les mêmes coupables indulgences à l’égard d’un tel acte prouve l’état de décomposition de ce milieu journalistique dominé par la propriété des marchands d’arme.

 

Cette pseudo gauche apparaît pour ce qu’elle est : la poursuite d’une vision colonialiste dans laquelle on accorde tous les droits au shérif du capital, les Etats-Unis, garantie de nos propres pillage ou plutôt celle de notre classe domnante à laquelle nous sommes inféodés.

 

Que l’on retrouve sans la moindre preuve, avant tout enquête, le langage de ceux qui ont appuyé les expéditions en Yougoslavie, en irak, en Libye, etc… pour soutenir un acte de l’administration Trump, un acte d’agression internationale contre un autre Etat souverain au Moyen-Orient. Cette gauche là est celle des néo – conservateurs et ils se réjouissent que ces dernier réaffirment leur domination sur la politique étrangère américaine à Washington. Comment attribuer à Moscou l’origine d’un tel acte pour justifier la politique d’agression en Europe derrière l’OTAN.

 

Oui Mélenchon a raison Hollande et Merkel portent l’entière responsabilité du droit dictatoral des Etats-Unis à faire fi de tout droit international et à empêcher toute détente entre la Russie et les Etats-Unis dont notre continent fera les frais autant que le malheureux Moyen orient.


Une fois de plus des images horribles en provenance d’ Idlib après une présupmée attaque au gaz sarin sont sciemment utilisées non pour châtier ceux que l’on décrit alors comme coupables alors que selon toute vraisemblance il s’agit de désigner ceux que l’empire et ses néoconservateurs veulent abattre. On se croirait dans un remake de l’invasion de L’Irak en 2003 et les bébés en couveuse débranchés lors de l’invasion du Koweit par Saddam Hussein. Tous les précédents jouant sur l’émotion pour nous entraîner dans des catastrophes pour les peuples que l’on prétend sauver devraient pourtant nous inspirer de la défiance devant ces utilisations qui sont pain béni pour les fascistes terroristes qui se nourrissent du chaos et paraissent protégés plutôt que contenus par de telles interventions. Aujourd’hui nous ne savons pas réellement ce qui s’est passé à Idlib, et le savoir serait la base de toute sanction conforme au droit international.

 

De qui se moque-t-on ? Les souffrances des enfants servent de pretexte pour justifier l’injustifiable, mais on se souvient de la manière dont la démocrate Madeleine Albright parlait du « prix à payer » pour les morts massives d’enfants en irak et aussi la manière dont on ferme aujourd’hui les yeux sur ce qui se passe au yemen. sans parler de la différence de traitement concernant Alep (sur lequel le silence se fait) et Mossoul. Avec toute cette expérience qui peut légitimement comme un Macron , Hmaont et Hollande justifier un tel viol du droit international pris « au nom des intérêts vitaux américains » (lesquel?), quelle faiblesse et quel mépris du peuple français les pousse à confondre cet acte avec une volonté de justice ?

 

Tout laisse à penser que Trump qui ouvrait des négociations avec le président chinois le même jour a trouvé là l’argument frappant pour inaugurer celles-ci dans de bonnes conditions pour lui sur le plan commercial, sur celui de l’allié coréen du nord et sur celui des îles de la mer de Chine.

 

Comme cet acte a été utilisé pour dépasser une situation bloquée au sein du Congrès y compris dans son propre camp républicain.

 

Les photos des enfants victimes des bombardements agitées à l’ONU non seulement font songer à l’intervention de Collin Powells agitant les preuves de l’existence d’ames de destruction massive en Irak, mais il est ignoble d’utiliser un tel drame, les sentiments du public pour des raisons purement de voyou se disputant avec d’autres voyous. C’est de la pornographie pédophile qui écoeure quand on voit qu’elles ne sont que des pretextes.

 

Je n’ai pas plus confiance en Bachar El Assad qu’en Saddam Hussein, mais la parole d’un président des etats-Unis ou d’un président français ne représente aucune garantie de leur culpabilité.  Pourquoi Bachar El Assad dont les forces étaient victorieuses sur le terrain aurait-il pris ce risque, lui dont l’arsenal chimique a été démantelé sous contrôle international, ce qui n’est pas le cas d’autres forces de la région et y compris des groupements terroristes qui agissent avec l’accord des alliés des occidentaux. Nul ne peut répondre à cette question et si Bachar El Assad doit rendre des comptes, une telle frappe sans la moindre enquête préalable interroge sur ce qu’elle cherche à masquer sous couvert d’indignation vertueuse. Comment considérer que de simples photos émanant d’une « rébellion » dont on sait à quel point elle est orfèvre dans les fausses nouvelles et témoignages fabriqués puisse justifier cela. On peut ne pas approuver la politique des Russes mais celle-ci avait réussi avec d’infinies prudences à créer les conditions de négociation entre des parties qui a priori n'avaient aucun point commun. Cette intervention vise à frapper non pas le régime syrien mais les possibilités réelle d’une diplomatie active y compris avec les Turcs, les Iraniens, les rebelles dits modérés et même les Israéliens et les palestiniens. C’est la politique de force, les extrémismes belliciste que cette intervention encourage.

 

Les Etats-UNis montrent un visage impudent dans lequel le prétexte humanitaire, la croisade démocratique devient de plus en plus risible et le droit du shérif un néo-colonialisme sans vergogne.

 

Le PS tel qu’il est aujourd’hui s’est un temps plongé dans le bain de jouvence de mai 68, de tous les gauchismes, mais il demeure bien l’héritier du colonialisme de la vieille SFIO, de son allégeance aux Etats-Unis et à son impérialisme sous couvert d’anti-totalitarisme soviétique et il en fait la preuve en soutenant cette intervention inimaginable sinon dans une période historique de décin impérialiste avec une vocation fascisante.

 

Les conséquences d’une telle intervention sont incomensurables et nous devons prendre conscience de la nécessité de mettre désormais la lutte pour la paix et pour le respect des souverainetés et du droit international au centre de nos préoccupations.

 

C’est à la lumière de cette situation que nous devons exercer nos droits de citoyens, voter mais aussi et surtout nous impliquer dans le renouveau des combats pour un monde de paix.

 

Danielle Bleitrach

07 avril 2017

Syrie, Bombardement américain, un tournant dans la géopolitique mondiale ?

"Or, nous dit l'article, outre le fait qu’on voit mal quel intérêt le pouvoir syrien aurait eu à alimenter contre lui une nouvelle fois toute la propagande occidentale, les experts militaires, notamment français, mettent en doute cette thèse, comme le révélait hier l’hebdomadaire Challenges, peu suspect de sympathie excessive vis-à-vis de Bachar el-Assad. Dès lors, on peut s’interroger sur une hypothèse : le drame de Khan Cheikhoun n’était-il pas une provocation imaginée par des forces, à Washington ou ailleurs, qui voyaient avec angoisse la guerre en Syrie pouvoir s’orienter – enfin ! – vers une issue négociée respectant la souveraineté de ce pays ?..."

Reprenons la lecture des réflexions qui alimentent l'appréciation de "tournant"...

Michel Peyret


Bombardement américain contre la Syrie : comment Donald Trump a été repris en main par l’« État profond »

 

le 07 avril 2017

Bombardement base Shayrat

Le bombardement soudain et massif, le 6 avril, de la base militaire syrienne de Shayrat par les forces américaines pourrait bien marquer un nouveau tournant dans la géopolitique mondiale. Au-delà de la Syrie, c’est naturellement un geste agressif brutal qui est ainsi perpétré contre la Russie. Pour l’heure, celle-ci a réagi avec sang-froid.

À ce stade, trois points méritent d’être notés. D’abord, sans guère de surprise, les pays occidentaux et les médias dominants reprennent sans la moindre réserve la thèse selon laquelle l’attaque chimique contre la ville syrienne de Khan Cheikhoun – attaque qui a servi de prétexte à l’agression américaine – aurait été ordonnée par Damas.

Or, outre le fait qu’on voit mal quel intérêt le pouvoir syrien aurait eu à alimenter contre lui une nouvelle fois toute la propagande occidentale, les experts militaires, notamment français, mettent en doute cette thèse, comme le révélait hier l’hebdomadaire Challenges, peu suspect de sympathie excessive vis-à-vis de Bachar el-Assad. Dès lors, on peut s’interroger sur une hypothèse : le drame de Khan Cheikhoun n’était-il pas une provocation imaginée par des forces, à Washington ou ailleurs, qui voyaient avec angoisse la guerre en Syrie pouvoir s’orienter – enfin ! – vers une issue négociée respectant la souveraineté de ce pays ?

Deuxièmement et surtout, au regard de la campagne électorale atypique que mena le milliardaire qui siège désormais à la Maison-Blanche, la décision de ce dernier de recourir à l’agression militaire met en lumière l’extraordinaire capacité de ce qu’on pourrait appeler « l’État profond » américain à reprendre en main celui qui avait dû son succès à sa rhétorique anti-establishment. Plus significatif encore est le langage employé par Donald Trump, qui n’a pas hésité à renouer avec des accents moralisateurs que n’auraient pas renié les pires néo-conservateurs, et mis à l’honneur par George W. Bush.

Ces dernières semaines déjà, le président américain avait explicitement tourné le dos à des thèmes qui avaient marqué sa campagne

Ces dernières semaines déjà, le président américain avait explicitement tourné le dos à des thèmes qui avaient marqué sa campagne : tonalité brutalement anti-russe (sur la Crimée, en particulier), guerrière contre la Corée du Nord, beaucoup plus amène en ce qui concerne l’OTAN, et plus encore vis-à-vis de l’Union européenne. Alors qu’il n’avait pas de mots assez durs contre celle-ci, il lui a trouvé récemment des charmes « merveilleux ». Bref, les forces qui pilotent vraiment les coulisses du pouvoir américain n’ont eu besoin que de quelques mois à peine pour circonvenir le nouveau locataire de la Maison Blanche.

Enfin, il n’a pas fallu attendre ne serait-ce que quelques heures pour entendre les déclarations de soutien et d’enthousiasme en provenance de Berlin, de Paris et de Bruxelles : enfin l’Oncle Sam revient à la raison, et renoue avec les discours et pratiques virils qui font tout son charme… Nul doute que ces compliments – doublés d’immenses soupirs de soulagement – vont se multiplier du côté des dirigeants de l’Union européenne. Ceux-ci, éperdus de reconnaissance, n’en seront que plus encouragés pour tenir les promesses d’augmentation des dépenses militaires formulées auprès de l’OTAN.

Le 6 avril constitue un tournant dans la stratégie américaine. Mais ce tournant, aussi inquiétant soit-il, illustre également à quel point la géopolitique mondiale est devenue (pour une part) imprévisible et instable. L’aspiration populaire – aux quatre coins de la planète – à un avenir pacifique et de progrès passe plus que jamais par la reconquête de la souveraineté de chaque État, et la mise en place concomitante de véritables coopérations sur une base d’égalité et de respect mutuel.

Et donc par le refus d’intégrations régionales porteuses de logiques de puissance impériale et de rivalités.

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Posté par Michel Peyret 

07 avril 2017

Anthony Torres, Syrie, qui, et pourquoi, l'arme chimique ?

"Des investigations, nous dit Anthony Torres, du journaliste américain réputé Seymour Hersh ont ensuite établi en 2014 que l'Administration Obama avait passé sous silence l'information qu'Al Qaïda disposait d'armes chimiques en Syrie, et que l'attaque à Ghouta avait été planifiée par les services turcs. Aucun gouvernement n'a fourni une réfutation de l'analyse de Hersh. Le but était de fournir un prétexte au Pentagone pour lancer une guerre en Syrie. Obama a finalement décidé contre une intervention directe, au grand dam de Hollande, quelques semaines plus tard. En fait, le pire dans l'instrumentalisation des photos d'enfants syriens gazés par la presse, c'est que, pour l'heure, elle ressemble tellement à cette propagande monstrueuse en 2013..."
 
Reprenons le récit des constats de Anthony Torres...
 
Michel Peyret
Après l’attaque prétendument à l’arme chimique effectuée par le régime d’Assad dans la ville de Khan Cheikhoun, Libération mène une propagande anti-Assad et antirusse afin de préparer l'opinion à une guerre de l'OTAN avec la Syrie et la Russie.
 
Le journal a publié en Une une photo choquante. Sur fond noir, on voit sept enfants morts dans l’attaque chimique du 5 avril, avec en titre « Les enfants d’Assad ». Ceci renvoie aux accusations portées par l’opposition syrienne contre le régime de Bachar al-Assad, d’avoir fait au moins 58 morts et près de 170 blessés dans une attaque chimique contre un fief rebelle djihadiste.
 
Dans un éditorial intitulé « Impunité », Alexandra Schwartzbord écrit : « Les enfants d'Assad nous regardent. Ils nous rappellent de leurs yeux grand ouverts sur l'horreur qu'à quelques milliers de kilomètres d'ici, pendant que nous savourons les premiers jours du printemps, un peuple tout entier est massacré dans le silence général. Et le pire, ce n'est pas cette photo. Le pire, c'est qu'elle ressemble en tout point à d'autres photos prises il y a quatre ans ».
 
C'est une tentative odieuse d'exploiter la mort de sept enfants afin de culpabiliser l'opinion et la pousser vers une intervention militaire en Syrie dont les conséquences sont incalculables.
 
La propagande des humanitaires bellicistes à Libération est fondée sur des spéculations et des mensonges. Il n'y a eu aucune investigation de l'attaque chimique qui aurait frappé Khan Cheikhoun, dans la province d’Idleb.Schwartzbord ne mentionne jamais le fait que les rebelles djihadistes en Syrie détiennent des armes chimiques ; elle fait tout pour calmer les doutes du lecteur et le pousser à accepter une guerre.
 
Entretemps, Donald Trump menace de passer à l'action en Syrie après l'attaque chimique présumée imputée au régime de Damas, qu'il a qualifiée d'« odieuse ». Son chef de la diplomatie Rex Tillerson a également mis en garde la Russie sur son soutien à Damas. En même temps, Washington menace la Corée du nord et son alliée, la Chine, d'une guerre. Une intervention en Syrie ferait des millions, voire – si elle déclenche la « guerre totale » avec la Russie que Hollande craignait en 2015, ou avec la Chine – des milliards de morts.
 
L'évocation par Schwartzbord des morts de l'attaque chimique en 2013 à Ghouta souligne le risque très réel que l'attaque à Khan Cheikhoun est une provocation montée par la CIA ou ses alliés. L'attaque de Ghouta s'est déroulée alors que Washington et les puissances impérialistes européennes menaçaient la Syrie d'une guerre. Comme maintenant, Washington et l'Europe ont insisté immédiatement, sans aucune investigation, qu'Assad était coupable.
 
Des investigations du journaliste américain réputé Seymour Hersh ont ensuite établi en 2014 que l'Administration Obama avait passé sous silence l'information qu'Al Qaïda disposait d'armes chimiques en Syrie, et que l'attaque à Ghouta avait été planifiée par les services turcs. Aucun gouvernement n'a fourni une réfutation de l'analyse de Hersh. Le but était de fournir un prétexte au Pentagone pour lancer une guerre en Syrie. Obama a finalement décidé contre une intervention directe, au grand dam de Hollande, quelques semaines plus tard.
 
En fait, le pire dans l'instrumentalisation des photos d'enfants syriens gazés par la presse, c'est que, pour l'heure, elle ressemble tellement à cette propagande monstrueuse en 2013.
 
Dans l'analyse que présente Libération pour justifier la mise en accusation d'Assad par Schwartzbord, il manque tout élément de preuve. Libération cite des témoins : un responsable d'une ONG française présente dans la province d'Idleb, un médecin, et le porte-parole des rebelles de la région. Ceux-ci confirment la présence de chasseurs Soukhoï-22 syriens dans la région et de tirs de missiles vers l'heure de l'attaque, et le fait que les symptômes des victimes sont conformes à ceux que provoqueraient une attaque chimique.
 
Toutefois, seul un témoin établit concrètement un lien entre les Soukhoï-22 syriens et l'usage des armes chimiques : Ibrahim al-Idlibi, « porte-parole de la rébellion modérée pour la région d'Idlib » selon Libération. Et même le témoignage d'al-Idlib n'établit pas de manière définitive que ce sont les chasseurs d'Assad qui ont tiré le gaz.
 
Selon al-Idlib, « C'est la première fois que des chasseurs Soukhoï-22 sont utilisés avec des missiles pleins de sarin lancés en même temps que des missiles explosifs pour une attaques massive destinée à tuer au maximum. ... La semaine dernière, les rebelles ont mené une offensive contre Hama, et le régime a subi des pertes considérables. L'attaque de Khan Cheikhoun est une vengeance ».
 
Si ce sont là les preuves dont dispose Libération, il faut dire que pour l'heure, personne ne sait ce qui s'est passé à Khan Cheikhoun, car personne n'a investigué sérieusement l'attaque. Mais non seulement Schwartzbord fait porter de manière incendiaire la responsabilité entièrement à Assad ; elle dénonce également, et avec hystérie, Moscou.
 
Dénonçant le rôle de la Russie dans la sortie de la crise en 2013 – Moscou avait joué aux médiateurs afin d'empêcher une intervention impérialiste en Syrie, et promis de détruire l'arsenal chimique syrien – Schwartzbord ajoute, « Mais le pire ce n'est pas cette photo. Le pire c'est que les Russes s'étaient portés garants de la destruction des sites syriens d'arme chimique il y a 4 ans ».
 
En mettant en doute le rôle de la Russie dans la destruction des armes chimiques d’Assad, Libération jette le doute sur toute tentative de négocier avec la Russie dans les multiples conflits, dont en Syrie et en Ukraine, qui l'opposent à l'OTAN. C'est un geste d'une témérité extraordinaire, vu les conséquences d'une guerre entre les grandes puissances nucléaire.
 
La guerre en Syrie est avant tout la responsabilité des Etats-Unis et de leurs alliés européens, dont la France. Le massacre de la population syrienne est le résultat de six ans de guerre par procuration menée par les puissances impérialistes contre la Syrie. Washington et ses alliés européens ont employé des forces islamistes liées à Al Qaïda financées par les monarchistes du Golfe, ainsi que des milices nationalistes kurdes, à partir de 2013.
 
Schwartzbord dépeint le monde à l'envers, terminant son éditorial avec des lamentations sur « l'impuissance » de l'OTAN : « L'Europe est exsangue, et ses deux piliers, la France et l'Allemagne, paralysés par des campagnes électorales. Et les Américains sont gouvernés par un fou dont on ne sait si l'on préférerait qu'il intervienne ou qu'il s'abstienne. Le pire, c'est cette impuissance ».
 
Ce genre de passage donne tout son sens à l'expression « la presse bourgeoise ». Quel genre de journal s'interroge pour savoir si elle préfère ou non que Trump, un milliardaire d'extrême-droite, lance une autre guerre dévastatrice pour occuper encore un autre pays du Moyen Orient, après l'Afghanistan et l'Irak ? C'est un journal qui dont les prétensions à un gauchisme postsoixantehuitard petit-bourgeois masquent à peine le bellicisme proimpérialiste.
 
Libération agit en tant qu’instrument de la propagande de l’impérialisme français et de la CIA pour encourager Trump et l’opinion publique en France à de nouvelles guerres.
 
Pour plus d'informations :
 
[8 avril 2014]

Posté par Michel Peyret 

07 avril 2017

Habib Abba-Sidick, Syrie, le trio infernal perpétue sa stratégie

"Le trio infernal, nous dit Habid Abba-Sidick, perpétue sa stratégie, comme ce blog en témoigne depuis 2012, de dislocation de ce territoire en s’accaparant les vastes réserves en hydrocarbures détenues de Raqqa à Deir-Ez-Zor par la République Arabe Syrienne. On observe que Raqqa ne sera pas le " Stalingrad " de Daesch, puisque déjà ses milices l’abandonnent, remettant cette cité à sa tutelle américaine laquelle se propose de proscrire toute offensive de l’Armée Arabe Syrienne en direction de Raqqa, vers laquelle elle se dirige, en y interposant son contingent, déniant toute souveraineté à la République Arabe syrienne sur son propre territoire..."

Reprenons les observations et réflexions de Habid Abba-Sidick...

Michel Peyret


La Syrie raquera-t-elle à Raqqa ? par Habib Abba-Sidick

Par Colère et Espoir60 le 3 avr. 2017, 02:37

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À la sommation du ministre des relations extérieures des USA, lequel sans s’en remettre à ses alliés d’épopée en Syrie a déclaré " Le sort du président Bachar-Al-Assad, à long terme, sera décidé par le peuple syrien ", son homologue hexagonal n’a pas tardé à obtempérer, sans barguigner, en indiquant " Si on veut la paix et la sécurité durables en Syrie, il ne faut pas seulement l'option militaire, il faut l'option politique et l'option politique, c'est la négociation pour une transition ".

L'hexagone après avoir fomenté le chaos en République Arabe Syrienne et juré que son dirigeant devait s’effacer au profit des "criminels modérés" du Front Al Nosra et consorts que depuis 2011 il soutient militairement, financièrement et médiatiquement associé à la Grande-Bretagne, aux USA, à l’Allemagne, à la Turquie, à Israël, à l’Arabie Saoudite, au Qatar et à la Jordanie, tel un vassal a prononcé son allégeance à son suzerain.

Malgré quelques velléités manifestées par l’hexagone refusant son insuccès en République Arabe Syrienne, notamment en assiégeant par milices interposées une partie de la banlieue de Damas et la cité de Hama, les ambitions de la France ont été scellées par les déclarations des USA.

Elle aurait pu escompter que son appariement avec le sultan d’Ankara l’autorise à profiter des acquis syriens de ce dernier dans le nord frontalier de la Syrie, la Fédération de Russie a dévasté en quelques jours les espérances hexagonales et turques en détruisant avec ses aéronefs les milices criminelles destinées à préserver les acquis vitaux turcs en République Arabe syrienne. Le sultan d’Ankara annonçant qu’il mettait un terme à ses opérations militaires sur le territoire syrien.

Il n’en demeure pas moins que la présence militaire des USA estimée à un millier de troupes aux abords de Raqqa vers la frontière irakienne pose un problème majeur. Les USA sans y être autorisés par la République Arabe Syrienne et le congrès américain interviennent avec leurs milices kurdes et arabes rassemblées dans une organisation hétéroclite le FDR encadrée par leurs forces spéciales avec comme objectif la capture de la ville de Raqqa et par la suite celle de Deir-Ez-Zor. En cette matière, l’hexagone n’est pas absent, puisqu’il se réserve le droit de participer à cette conquête.

On se résume, le trio infernal France, Grande-Bretagne et USA occupent une partie du territoire d’une nation souveraine et y met en œuvre son dépeçage en ralliant une partie de la population kurde à laquelle il a été promis la formation d’une entité souveraine s’associant à celle de l’Irak, dont l’existence a été formalisée sous les auspices des USA lors de son intervention en Irak en 1990.


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Évidemment, le prétexte aurait pu être la persécution des kurdes en République Arabe Syrienne expliquant l’immixtion du trio infernal désireux d’être le preux chevalier, selon la propacom en vigueur, s’opposant à la férocité du " boucher de Damas ". La Syrie n’est pas la Turquie et les kurdes de Syrie ne sont pas l’objet d’une répudiation par les autorités syriennes.

Le trio infernal perpétue sa stratégie, comme ce blog en témoigne depuis 2012, de dislocation de ce territoire en s’accaparant les vastes réserves en hydrocarbures détenues de Raqqa à Deir-Ez-Zor par la République Arabe Syrienne. On observe que Raqqa ne sera pas le " Stalingrad " de Daesch, puisque déjà ses milices l’abandonnent, remettant cette cité à sa tutelle américaine laquelle se propose de proscrire toute offensive de l’Armée Arabe Syrienne en direction de Raqqa, vers laquelle elle se dirige, en y interposant son contingent, déniant toute souveraineté à la République Arabe syrienne sur son propre territoire.

On y supputerait presque un accomodement entre les USA, la Fédération de Russie, la République d’Iran et la République Arabe Syrienne parvenant à l’acceptation par la nation syrienne d’une gouvernance collégiale.

Le gouvernement syrien ne se résoudra pas à l’extorsion d’une de ses provinces, d’autant que s’agissant des kurdes établis sur son territoire, ils procèdent d’abord de la citoyenneté syrienne et aucune puissance étrangère n’est en droit de décider du devenir d’une autre nation en oblitérant de facto son libre-arbitre, autrement cela se nomme une déclaration d’hostilités appelant une riposte à une situation d’illégitime agression.

La Fédération de Russie deviendrait en cette occurrence un simple aléa que le trio infernal assaillirait sitôt son forfait accompli. Entre les éléments turcs se tenant sur la délimitation entre la Syrie et la Turquie et ceux occupant celle séparant l’Irak de la Syrie s’établirait la prédominance de la République Arabe Syrienne. En aucune manière le trio infernal ne renoncera à sa stratégie initiale, laquelle est d’entraver par tous les moyens, le développement des "chemins de la soie " et l’entente entre la république Populaire de Chine et la Fédération de Russie, car cela signifierait le délitement de sa prédominance.

Les USA n’ont pas d’autre alternative que le fractionnement de la République Arabe Syrienne. L’exploitation des hydrocarbures et des gisements de méthane est une nécessité absolue, si les USA souhaitent entretenir la prééminence artificielle du dollar, la pratique de cette économie de l’agiotage reposant sur le mythe de leur puissance militaire et de leurs fonds spéculatifs d’investissement ayant l’impérieuse nécessité d’être abondés par les gigantesques liquidités provenant des majors de l’industrie des hydrocarbures, dont les pertes actuelles sont supplées par l’émission massive par la FED de dollars falsifiés pourvoyant à l’illusion spéculative.

Cependant, il existe une certitude que la République Arabe Syrienne, la Fédération de Russie, la République d’Iran et la République Populaire de Chine ne permettront pas au trio infernal d’imposer sa doxa prédatrice sur le territoire de la Syrie laïque.

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Posté par Michel Peyret 

Publié par  El Diablo

Bombardement américain contre la SYRIE : comment Donald TRUMP a été repris en main par l’« État profond »

Bombardement américain contre la SYRIE : comment Donald TRUMP a été repris en main par l’« État profond »

Le 07 avril 2017

Le bombardement soudain et massif, le 6 avril, de la base militaire syrienne de Shayrat par les forces américaines pourrait bien marquer un nouveau tournant dans la géopolitique mondiale. Au-delà de la Syrie, c’est naturellement un geste agressif brutal qui est ainsi perpétré contre la Russie. Pour l’heure, celle-ci a réagi avec sang-froid.

À ce stade, trois points méritent d’être notés. D’abord, sans guère de surprise, les pays occidentaux et les médias dominants reprennent sans la moindre réserve la thèse selon laquelle l’attaque chimique contre la ville syrienne de Khan Cheikhoun – attaque qui a servi de prétexte à l’agression américaine – aurait été ordonnée par Damas.

Or, outre le fait qu’on voit mal quel intérêt le pouvoir syrien aurait eu à alimenter contre lui une nouvelle fois toute la propagande occidentale, les experts militaires, notamment français, mettent en doute cette thèse, comme le révélait hier l’hebdomadaire Challenges, peu suspect de sympathie excessive vis-à-vis de Bachar el-Assad. Dès lors, on peut s’interroger sur une hypothèse : le drame de Khan Cheikhoun n’était-il pas une provocation imaginée par des forces, à Washington ou ailleurs, qui voyaient avec angoisse la guerre en Syrie pouvoir s’orienter – enfin ! – vers une issue négociée respectant la souveraineté de ce pays ? […]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE SUR LE SITE DE « RUPTURES »:

Bombardement américain contre la SYRIE : comment Donald TRUMP a été repris en main par l’« État profond »

Publié par  El Diablo

Les bombardements US en SYRIE menacent la paix mondiale

Les bombardements US en SYRIE menacent la paix mondiale

Ce 7 avril on apprend qu’en violation du droit international les Etats Unis ont mené des actes de guerre contre un pays souverain, la Syrie, bombardement un camp militaire au sud de Homs : une soixantaine de missiles de croisière tirés par l’armée américaine ont visé la base aérienne de l’armée républicaine syrienne de Al Shaerat détruisant plusieurs avions et tuant quatre soldats. Il convient de noter que cette attaque a été réalisée de façon concomitante avec une attaque de Daech à 20 km à l’est de cette base militaire et une attaque des islamistes d’Al Qaida en direction de Lataquié. Démontrant s’il le fallait le but réel de ce viol de la légalité internationale par cette agression […]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

AUTRE LIEN:

VOIR ÉGALEMENT LE LIEN CI-DESSOUS:

Publié par  Le Mantois et Partout ailleurs

La paix contre la guerre: en Syrie comme partout dans le monde

Les bombardements nord-américains sur le territoire syrien, la nuit dernière, en s'asseyant une fois de plus sur le droit international, ouvre une phase dramatique de l'internationalisation du conflit en Syrie et tout autour de ce pays. 

Cette initiative unilatérale de Donald Trump gomme d'un trait l'espace de discussions politiques et diplomatiques qui s'entrouvraient sous l'égide de l'ONU. Elle ravale les Nations unies à un machin chose obsolète et conforte la position des USA en gendarme du monde: celui des guerres, de la misère et des impérialismes qui en sont les producteurs.

Certes, l'usage des armes chimiques doit être condamné et jugé. Mais anéantir des populations civiles par des armes dites conventionnelles -comme si tuer des êtres humains innocents relevait d'une convention-, doit recevoir la même indignation.

La guerre reste toujours un massacre de pauvres gens qui ne se connaissent pas, pour le profit de gens qui se connaissent sans jamais se massacrer. Qu'ils s'appellent Trump ou Poutine, ou tout autre chef d'Etat inféodé à leurs politiques. Et le capitalisme porte toujours la guerre comme la nuée l'orage.

La droite et son extrême, en France comme partout dans le monde, soutiennent les forces de l'argent et de la guerre. Et le PS, comme son candidat à la présidence de la République, a oublié la mémoire de Jean Jaurès, le fondateur de leur parti, depuis qu'il fut assassiné à l'été 1914 par un nationaliste d'extrême droite.

La paix contre la guerre: en Syrie comme partout dans le monde

Bombardement US en Syrie : Trois réflexions pour inciter à la prudence

 

Quand nous sommes bombardés d’informations sur un « massacre » servant à justifier des bombardements US, on a toujours intérêt à se souvenir des précédents. En 2013, on a déjà accusé Damas. Mais l’enquête officielle de l’ONU (pourtant fort infiltrée par les USA) a conclu à l’impossibilité de désigner le camp responsable.

1. Réfléchir avec prudence !

 

Quand nous sommes bombardés d’informations sur un « massacre » servant à justifier des bombardements US, on a toujours intérêt à se souvenir des précédents.

 

En 2003, les « armes de destruction massive » avaient déjà servi de prétexte à George Bush pour plonger l’Irak en enfer. A l’époque, nous disions : c’est un médiamensonge, on ne nous a pas crus. Maintenant tout le monde le reconnaît mais pour les Irakiens, il est trop tard.

 

En 2013, on a déjà accusé Damas. Mais l’enquête officielle de l’ONU (pourtant fort infiltrée par les USA) a conclu à l’impossibilité de désigner le camp responsable. Par contre, le Massachusetts Institute of Technologies (USA) a attribué l’attaque aux rebelles.

 

Dans mes livres, j’ai exposé comment chaque guerre est précédée d’un grand médiamensonge (Vietnam, Panama, Irak, Yougoslavie, Palestine, Afghanistan, Libye, Syrie, Côte d’Ivoire). C’est une technique pour chauffer l’opinion, il convient de ne pas se laisser manipuler, mais de réfléchir.

 

2. Qui a intérêt à cette provocation ?

 

N’étant pas sur place, je ne prétends pas savoir ce qui s’est passé. D’ailleurs, dans une telle affaire, PERSONNE ne peut l’affirmer avec certitude. Il faudrait une enquête, impartiale, qui prendrait un certain temps. Je remarque que dans le magazine français Challenges, hier, les experts militaires français mettent en doute la responsabilité de l’armée syrienne.

 

La première question à se poser est : qui a intérêt à cela ? Quelle est la situation actuelle en Syrie ? Les organisations terroristes perdent de plus en plus de terrain. Al-Nosra avait occupé plusieurs dizaines de localités autour de Hama, mais la contre-offensive de l’armée syrienne avait libéré 85% des territoires perdus et avançait vers les bases d’Al-Nosra. Au moment où la situation des armes lui est favorable, Damas commettrait la stupidité d’employer cette arme, inutile, et de provoquer l’opinion internationale ?

 

Quoi qu’on pense du gouvernement à Damas, on doit quand même toujours se demander quel est, en ce moment, l’intérêt des uns et des autres ? N’est-ce pas l’opposition, en difficulté, qui verrait son seul salut dans une intervention internationale ?

 

Les Etats-Unis venaient de décider que c’était aux Syriens de décider si Assad devait rester ou non. La négociation bloquée depuis 2011 s’engageait enfin. Quelles forces avaient intérêt à saboter cette négociation ? Quoi qu’en disent nos médias, le président syrien a toujours le soutien d’une large partie de sa population.


Il faut remarquer que la base syrienne bombardée servait surtout à cibler Daesh autour de Palmyre. Que s’est-il passé après le bombardement US ? Daesh est passée à l’attaque contre l’armée syrienne.

 

3. Vérifier la vraisemblance !

 

Donc l’armée US bombarde la base syrienne d’al-Chaayrate d’où seraient parties les armes chimiques ? Attendez, vous protestez contre l’emploi d’armes chimiques, mais vous bombardez un entrepôt d’armes chimiques au risque de provoquer une grande pollution ? Est-ce bien logique ?

 

L’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC), qui a supervisé la destruction des stocks d’armes déclarées par Damas en septembre 2013, a déclaré en janvier 2016 que ce stock a été détruit en totalité (La Dépêche.fr, 5 janvier 2016). Seymour Hersh, célèbre journaliste US (Prix Pulitzer) avait démontré que les rebelles avaient été approvisionnés en armes chimiques.

 

Pour se faire une idée, on doit aussi toujours écouter « les méchants ». Damas avait informé l’ONU qu’un convoi de douze camions venus de Turquie avait acheminé des substances toxiques vers Idlib, mais l’ONU n’a pas enquêté. Est-ce cela qui aurait été bombardé par l’armée syrienne ? Ne faudrait-il pas une enquête avant de faire quoi que ce soit ?

 

Les faits surviennent au moment où la coalition US-Europe est accusée d’avoir tué plus de sept cent civils à Mossoul (Irak) et Raqa (Syrie). Deux poids, deux mesures ? Diversion ? Le 17 mars, les Syriens ont abattu un avion israélien qui violait l’espace aérien et soutenait les terroristes autour de Palmyre. Quel média a enquêté sur cette affaire ?

+ + +

Comment comprendre ces événements ? En 2013, Trump s’était opposé à un bombardement. Répétant dans sa campagne que Washington ne devait pas s’engager dans les conflits du Moyen-Orient. Promesses électorales, direz-vous, tous les présidents US avaient fait de telles promesses, George W. Bush y compris !

 

Cependant, 57% des citoyens aux Etats-Unis ont déclaré que ceux-ci devaient moins s’occuper des affaires des autres pays et davantage de leurs propres problèmes. Trump a senti qu’il fallait dire cela pour être élu.

 

Mais à présent l’establishment US déclenche une pression énorme pour qu’il rentre dans le rang et rejoigne les va-t-en-guerre. Les marchands d’armes se réjouissent et pressent les pays européens de doubler leurs dépenses militaires au détriment des budgets sociaux. La guerre, ça rapporte !

 

Ceci mènerait à un grand conflit avec la Russie et la Chine. Nous vivons dans un monde de plus en plus dangereux. Il est urgent de recréer un mouvement anti-guerre international. En commençant par surveiller l’info.

 

Comme nous l’écrivions en 2008, à l’arrivée d’Obama, la politique des USA n’est pas décidée par un seul homme et le président est au fond un employé. Des forces supérieures décident : les multinationales dominantes. Inquiètes de voir le déclin des Etats-Unis, elles cherchent la parade. Les stratèges US sont divisés, la campagne l’a montré.

 

De plus en plus dangereux, le monde devient aussi plus complexe. Il convient donc d’analyser de façon réfléchie ce qui se passe aux Etats-Unis et où va le monde. C’est le thème du prochain livre d’Investig’Action : Le Monde selon Trump, par Grégoire Lalieu et moi-même. Sortie fin avril. Infos bientôt par notre newsletter.

»» http://www.investigaction.net/bombardement-us-en-syrie-trois-reflexion...
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Malgré les ingérences de l’Empire et ses vassaux, le peuple syrien vivra

La guerre en Syrie fait toujours rage

 

« Il existe pour le pauvre en ce monde deux grandes manières de crever, soit par l’indifférence absolue de vos semblables en temps de paix, ou par la passion homicide des mêmes la guerre venue. » Voyage au bout de la nuit (édition 1952) - Louis-Ferdinand Céline

 

Six ans de cauchemar, c’est ainsi que l’on peut résumer le calvaire du peuple syrien que l’on veut réduire en poussière. Six ans qui ont emporté Aylan el Kurdi venu rendre l’âme aux pieds de la forteresse Europe responsable à des degrès divers du chaos syrien. Les deux acolytes qui ont commencé il y a plus de 150 ans à chercher querelle à l’Empire ottoman vermoulu au point de créer des abcès de fixation comme de protéger les chrétiens arabes d’Orient dont on ne voit que la religion, mais pas l’humanité, a fait qu’un pays comme la France dans la discrétion la plus absolue sélectionne les rares migrants qu’elle accueille en misant sur la religion aidée en cela par des réseaux de « bénévoles » dont le credo est de sauver disent-ils « nos frères en religion ». Ceci se passe dans les pays censés être ceux des droits de l’homme qui est de fait ceux des droits de l’homme chrétien, peu importe l’humanité des autres, elle est niée. C’est dire si les corps sociaux européens sont gangrenés et travaillés en profondeur par des thèmes nauséabonds comme le racisme, les croisades. Ce qui nous amène à déconstruire une bonne fois pour toutes le mythe des valeurs occidentales – qui ne semblent jusqu’à une certaine mesure entre soi, mais pas valables à l’extérieur où le mythe de la race supérieure à la Ferry qui lui au moins avait cette franchise d’affirmer que « les droits de l’homme ne sont pas applicables dans les colonies ».

 

Bref, comment en est-on arrivé à martyriser un peuple pendant six longues années ? Certes, Al Assad n’est pas un enfant de chœur : comme tous les dirigeants arabes il arrive au pouvoir par la combine, la malversation, voire la terreur. Mais pourquoi s’ingérer dans les affaires intérieures d’un pays indépendant qui, un an auparavant, était encore accueilli avec le tapis rouge à l’Elysée au même titre qu’un autre dirigeant, celui de la Libye qui eut moins de chance, il sera lynché et le peuple libyen vit un autre calvaire. Le peuple syrien martyrisé par des terroristes soutenus par l’Empire et ses vassaux a décidé de vivre. Bachar el-Assad n’aurait jamais pu tenir si la majorité de son peuple était contre lui. De plus, tous ceux qui claironnaient « ne méritait pas de vivre », voire voulaient le punir sans savoir qu’ils étaient sur le point d’être balayés par l’Histoire qu’ils auront traversée d’une façon honteuse.(...) Avec cela on crée de toutes pièces un Observatoire syrien des droits de l’homme qui comptabilise les morts et les blessés à partir de Londres. On en serait à 300 000 morts en 2 000 jours de combat, soit une moyenne de 150 morts par jour ! Qui dit mieux ? Les pays occidentaux n’arrêtent pas de demander par résolutions la mise en place de trêves pour évacuer les civils et les blessés. Assad qui se bat depuis bientôt 6 ans pour que son pays reste uni et que les terroristes soient jetés hors des frontières n’a aucune raison de céder au chant des sirènes, surtout que ceux qui l’entonnent l’ont traîné, lui et son peuple, dans la boue. » (1)

 

Dès le départ, aussi bien la Grande-Bretagne que la Syrie avaient pour dessein de destituer Assad. Paris et Londres vont livrer des armes aux rebelles en Syrie, avait annoncé Laurent Fabius en mars 2017. La France et la Grande-Bretagne demandent ´´aux Européens, maintenant, de lever l’embargo pour que les résistants aient la possibilité de se défendre´´, Paris et Londres décideront de livrer des armes à titre national aux rebelles, car la France ´´est une nation souveraine´´, a ajouté Laurent Fabius. Ainsi, en 2013, comme il y avait 70 000 morts en Syrie, il était urgent d’y envoyer encore plus d’armes.

 

Hôpitaux d’Alep : la sale guerre...

 

La nécessité de la déconstruction de la doxa occidentale s’impose elle concerne à ce titre l’information, voire la propagande visant à la diabolisation de Assad coupable de poursuivre les blessés même sur leurs lits d’hopital Comme le rapporte Leslie Varenne : « Pendant toute la durée du conflit à Alep, les hôpitaux de cette ville ont été au coeur de « l’information de guerre ». « Les médias occidentaux et les ONG ont déploré tant de bombardements sur les structures de santé situées dans les quartiers Est, que cette partie de la ville aurait pu passer pour la zone la plus médicalisée au monde. Tant de nouvelles, fausses ou approximatives, ont été relayées qu’il a été difficile de démêler l’écheveau. Cependant, après la libération d’Alep, grâce à l’aide de médecins Alépins rencontrés lors de la mission humanitaire à laquelle l’Iveris a pu participer, il est désormais possible de dénouer les fils rapportés, et le « plus grand hôpital d’Alep-Est » al-Kindi avait été détruit bien avant. Un seul hôpital a été touché par un bombardement, tous les autres ont subi les dommages collatéraux liés au conflit. Aux horreurs de la guerre urbaine, où les civils payent toujours un lourd tribut, s’est ajoutée une sale guerre de l’information. En dénonçant dans l’urgence médiatique et en s’empressant de prendre des décisions politiques lourdes de conséquences sans avoir vérifié les faits, les Etats et les Nations unies font preuve d’un aveuglement volontaire. Dès lors, ils font porter aux ONG et aux agences de presse qui diffusent ces informations une responsabilité immense, elles deviennent, de fait, des acteurs du conflit. » (2)

 

L’invasion américaine de la Syrie

 

On aurait cru avec Trump que les Etats-Unis allaient mettre un point final à la guerre en Syrie par la non-intervention. En fait il n’en fut rien, plus que jamais les cartes sont brouillées. Tony Cartalucci écrit à ce propos : « Le déploiement récent des forces militaires étasuniennes en Syrie, suit un plan prévisible et singulier, qui prend ce pays pour cible depuis des décennies, et plus particulièrement, depuis le tout dernier conflit en cours, lancé en 2011 au milieu du « printemps arabe » manigancé par les EU. Dans son article, « Des marines EU sont envoyés en Syrie pour aider la prise du bastion d’Isis, Raqua », voici ce qu’écrit le journal britannique The Independent : Armés d’artillerie lourde en prévision d’un assaut contre Raqua, de facto capitale de l’État islamique, des centaines de marines EU sont arrivés en Syrie. Or, les troupes EU en Syrie n’ayant pas du tout été sollicitées par le gouvernement syrien, il s’agit, en vertu du droit international, d’une violation incontestable de la souveraineté nationale syrienne. » (3)

 

« Dans son article, Assad : les forces armées EU en Syrie sont des ’envahisseurs’’, voici ce que rapporte CNN : Faisant montre de dérision et contestant l’activité des EU en Syrie, le Président syrien Bashar el-Assad a qualifié les troupes EU déployées dans le pays d’’envahisseurs’’, puisqu’il ne leur a pas donné l’autorisation d’entrer dans le pays, et il a dit qu’il n’y avait eu aucune action concrète de l’administration Trump envers Isis. (...) Malgré ce que disent les médias occidentaux, que la Turquie et les EU sont en désaccord, et plus précisément, en désaccord sur leurs occupations de terrains et leurs opérations illégales respectives sur le territoire syrien, leurs décennies de collaboration visant à tenter de diviser et détruire la Syrie, révèlent que, selon toute probabilité, derrière le voile de prétendus intérêts contradictoires, ils sont toujours complices.(...) L’Arabie saoudite, le Qatar et d’autres pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), servent aussi à blanchir divers aspects de la politique étrangère EU contre la Syrie, en particulier l’armement, la formation et le financement de diverses organisations terroristes, dont Al Qaïda et le prétendu État islamique (Isis) lui-même » (3).

 

« Les avancées syriennes sur le champ de bataille et le soutien militaire direct de leurs alliés, incluant la Russie et l’Iran, ont fait considérablement reculer les vues des EU sur l’État syrien (...) Mais tandis que la confiscation et l’occupation des Hauteurs du Golan par Israël se poursuivent, les incursions turques et EU et les saisies territoriales constituent un démembrement similaire et progressif de l’État syrien. Face à la perspective probable que la plupart des territoires syrien reviendront sous le contrôle de Damas plus vite qu’on ne le pense, les EU et leurs collaborateurs à Ankara tentent de s’accaparer d’autant de territoires que possible, avant les prochaines tentatives d’affaiblir la Syrie, lors de cycles de déstabilisation ciblés encore à déployer. » (3)

 

Six ans de guerre en Syrie et une diplomatie française en zigzags

 

Dans ces invasions occidentales, notamment celles de la Grande-Bretagne et de son acolyte de toujours dans les mauvais coups qui veulent toujours faire croire à une grandeur, celle-ci ne repose plus que sur du vent. A titre d’exemple, le manque de visibilité de la diplomatie française est un fait : arrimée à l’Empire et dirigée d’une façon inexorable par le sionisme, elle n’est plus celle héritée de De Gaulle. La publication nous trace à grands traits ses errements : « En six ans de guerre, la diplomatie française a connu plusieurs revirements. Alors que le 15 mars marque le triste sixième anniversaire du conflit qui ravage la Syrie, RT France revient sur l’évolution de la diplomatie française des premières manifestations en Syrie en 2011 à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis. Quelques semaines après les révolutions tunisienne et égyptienne, des manifestations commencent à naître en Syrie. Le coup d’envoi est donné le 15 mars quand quelques dizaines d’individus battent le pavé à travers plusieurs villes du pays. S’ensuivront plusieurs autres mobilisations. Très vite, on assiste à une militarisation de l’opposition à Bachar el-Assad. Du côté du Quai d’Orsay, les premiers jours de contestation contre le chef de l’Etat syrien sont propices au tâtonnement. Malgré les condamnations en cascade de divers ONG et gouvernements, Etats-Unis en tête, qui accusent Bachar el-Assad de « massacrer » son peuple, la France se montre hésitante. Il faut dire que Paris et Damas entretiennent des liens privilégiés de longue date. (...) Le 14 juillet 2008, moins de trois ans avant le début du conflit syrien, les troupes locales défilaient sur les Champs-Elysées sous le regard d’un Bachar el-Assad invité officiel de Nicolas Sarkozy. » (4).

 

Le 27 avril 2011, Lamia Chakkour, ambassadrice de Syrie en France, était convoquée au ministère des Affaires étrangères pour se voir signifier la condamnation de Paris. (...) Caroline Donati, actrice de L’Exception syrienne, expliquait au quotidien Le Monde en 2011 la chose suivante : « Les raisons invoquées par les diplomates occidentaux pour expliquer cette grande réserve de critiques contre Bachar el-Assad sont l’absence d’opposition. » Justement, dans les mois qui suivent, la rébellion dite « modérée » se structure. Le 29 juillet 2011, l’Armée syrienne libre voit le jour. Difficile de connaître le nombre exact de ses soldats. Les chiffres varient de quelques milliers à 50 000 combattants A partir de ce moment, Paris choisira le camp de « l’opposition modérée ». Peu importe si, dès 2012, un rapport des services secrets étasuniens tire la sonnette d’alarme. Selon le document rendu public en septembre dernier, l’insurrection syrienne est principalement menée par des forces extrémistes. L’Agence du Renseignement et de la Défense (DIA) dresse un bilan effroyable décrivant une situation prenant clairement un tournant sectaire, des salafistes, les Frères Musulmans et Al-Qaïda en pointe de la lutte contre le gouvernement en plus d’affirmer qu’Al-Qaïda en Irak (ancêtre de Daech) est au soutien de la rébellion depuis le début. Peu importe si la véritable force de cette Armée syrienne libre a été maintes fois remise en cause comme par Frédéric Pichon, spécialiste de la Syrie qui expliquait dans les colonnes de La Croix en 2013 : « Il y a longtemps que les djihadistes ont pris le pouvoir dans l’opposition syrienne armée. On fait semblant de découvrir que l’armée syrienne libre est faible, qu’elle n’existe pas. En fait, l’ASL a été une franchise commode. » (4)

 

« Dans un article du Monde daté du 13 décembre 2012, on apprenait que Laurent Fabius, chef de la diplomatie française à l’époque, considérait qu’un groupe terroriste faisait du « bon boulot » sur le terrain en Syrie. Extrait : « En revanche, la décision des Etats-Unis de placer Jabhat Al-Nosra, un groupe djihadiste combattant aux côtés des rebelles, sur leur liste des organisations terroristes, a été vivement critiquée par des soutiens de l’opposition. Laurent Fabius a ainsi estimé que « tous les Arabes étaient vent debout » contre la position étasunienne, « parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot ». « C’était très net, et le président de la Coalition était aussi sur cette ligne », a ajouté le ministre. » (4)

 

Punir Assad

 

Comme aux plus beaux jours de la nostalgie de l’Empire, Hollande veut punir Assad : « Le zèle de la France concernant le conflit syrien a trouvé son paroxysme en 2013 quand le locataire de l’Elysée a sérieusement envisagé une intervention militaire directe.(...) Le 30 août 2013, il est 18h05 dans le bureau de l’Elysée. Le président de la République en profite pour relire une note d’un de ses généraux : « Vous pourrez dire au président Obama que vos moyens militaires sont prêts à agir dès à présent. » L’armée française attend le feu vert de Washington pour intervenir en Syrie. A l’époque, les Etats-Unis cherchent un prétexte pour s’engager militairement. Quelques jours auparavant, le 21 août, l’armée régulière et l’opposition syriennes étaient engagées dans de vifs combats pour le contrôle de la banlieue de Damas. A la Goutha, une attaque à l’arme chimique faisait des centaines de victimes.


Pour l’opposition et les gouvernements occidentaux, le coupable est vite trouvé. Le président syrien vient de gazer son peuple. (...) Un rapport des services secrets prouve que la Maison-Blanche avait été prévenue, dès 2012, que l’insurrection syrienne était principalement menée par des forces extrémistes, des révélations qui n’ont...(...). Vu l’hostilité de l’institution étasunienne à propos d’une intervention directe, cette déclaration signe la fin des velléités guerrières de François Hollande. L’armée française a été mobilisée... pour rien (...) le 8 novembre, un événement qui a fait trembler la planète a forcé la diplomatie française à revoir sa stratégie. Trump a été élu 45e président des Etats-Unis. Ce dernier, qui a vivement critiqué la diplomatie occidentale vis-à-vis du conflit syrien durant la course à la Maison-Blanche, n’est pas du tout sur la même longueur d’onde que le (...) François Fillon ne fait pas du départ de Bachar el-Assad une condition à la résolution de crise et est partisan d’un rapprochement avec la Russie. Quant à Marine Le Pen, elle érige la non-ingérence en pierre angulaire de sa politique étrangère. On peut s’attendre à du changement. » (4)

 

La réalité : arrêter d’armer les terroristes !

 

C’est en ces termes que la sénatrice américaine Tulsi Gabbard a présenté une résolution au Congrès après s’être déplacée en Syrie. Elle a écrit un rapport « Le peuple de Syrie veut désespérément la paix ». « Pendant des années, le gouvernement a soutenu des groupes militants armés qui travaillaient directement pour, et étaient souvent sous le commandement de groupes terroristes comme Daech et Al-Qaïda, dans leur combat pour abattre le gouvernement syrien. Plutôt que dépenser des milliards de dollars dans des guerres de changement de régime au Moyen-Orient, nous devrions nous concentrer sur l’éradication de terroristes comme Daech et al-Qaïda, et utiliser nos ressources pour investir dans la reconstruction de nos communautés ici, chez nous. » (5)

 

Le peuple syrien sortira de l’épreuve c’est une certitude. C’est la marche de l’Histoire qui veut que les peuples auront toujours le dernier mot. Quant à la configuration de la nouvelle Syrie bien malin qui en tracera les contours. Plusieurs milliers de morts, des centaines de milliers de déplacés, épaves en Europe rejetées de tous, notamment des Arabes du Golfe qui lui font une guerre pour n’avoir pas voulu couper avec l’Iran, mais aussi pour le pétrole.. Paix à ce peuple qui a vu sur son sol l’enfance de l’Humanité.

 

Chems Eddine CHITOUR

»» http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour...

1. Chems Eddine Chitour https://www.legrandsoir.info/malgre-le-terrorisme-et-ses-allies-alep-m...

2. Leslie Varenne https://www.iveris.eu/list/notes_ danalyse/253-hopitaux_dalep la_sale guerre

3. Tony Cartalucci journal-neo.org/2017/03/15/us-expands-defacto-syrian-invasion/ Petrus Lombard

4. https://francais.rt.com/.../35237-six-ans-guerre-civile-syrie-diplomat...

5. https://gabbard.house.gov/news/press-releases/gabbards-stop-arming-ter...

URL de cet article 31713 

Un acte de guerre aux conséquences non mesurables

 

Publié le 7 Avril 2017

Trump envoie

ses missiles Tomhawaks

sur la Syrie

 

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Alors que le conseil de sécurité de l'ONU était réuni, alors que le gouvernement syrien récuse tout bombardement chimique par son aviation et qu'une enquête internationale était en cour, le docteur Follamour de l'ultra réaction étatsunienne vient de commettre un acte de guerre majeur au mépris du droit international mettant les nations Unies devant le fait accompli et créant les conditions d'un engrenage dont on ne sait à ce moment vers quoi il peut conduire. 

 

Le peuple américain qui a majoritairement voté contre Trump commençait à mesurer douloureusement ce que porte l'arrivée du VRP de Morgan, Chase, Rockfeller mais aussi l'industrie de guerre américaine. Il partage maintenant avec le reste des peuples de la planète de voir cet homme à la froide folie encadrée par ses pairs actionnaires et pilote de l'impérialisme décider de l'avenir de l'Humanité.

 

L'horreur des morts par armes chimiques et son utilisation idéologique par Trump lui permet de masquer le bombardement le 26 mars du barrage hydroélectrique dont la fragilisation menace la vie de millions d'habitants sur la vallée de l'Euphrate.

 

Syrie : un barrage bombardé menace des centaines de milliers de vies

Syrie : un barrage bombardé menace des centaines de milliers de vies

Le Monde | * Mis à jour le En Syrie, des centaines de milliers de vies suspendues à un barrage. Les Américains ont lancé une offensive contre l'organisation Etat islamique dans la zone de Tabqa...

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/video/2017/03/30/syrie-un-barrage-bombarde-menace-des-centaines-de-milliers-de-vies_5103529_3218.html

 

La question peut être et doit être posée: cette escalade inadmissible pour l'instant commenté par aucune chancellerie n'est -elle pas une fuite en avant de l'impérialisme pour masquer la réalité de son intervention en se servant des actes inqualifiables qui ne date pas de 2017 mais des années où les états de l'OTAN regardait le régime syrien d'un oeil attendri devant sa capacité à réprimer communistes syndicaliste et démocrates ? Ils sont aujourd'hui un peu comme si Krupp et Siemens...ou Renault venaient se plaindre des "débordements" de leur ami Adolf.

 

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Maintenant c'est aux peuples de reprendre la main. Souhaitons que le mouvement pacifiste mondial et bien sûr ici en France prenne au plus vite des initiatives majeures pour tordre le bras des fous de la Maison Blanche et du Pentagone et ramener tous les militaires dans leurs casernes.

 

Le peuple syrien doit être aidé. Les missiles ne sont pas la solution. Que déjà les grandes compagnies pétrolières et gazières (qui siège dans le conseil rapproché de Trump) soit contrainte de cesser les pillages et l'aliénation des sols et sous sols de la région et déjà cela éliminera 80% des tensions. Ensuite au peuple syrien, sous controle de l'ONU et sans interventions des puissances intégristes régionales, puisse prendre ses destinées librement en main. Mais cela ni l'Otan, ni l'UE, ni Trump, ni Ryiad ou autres Emirats, ni Erdogan leur bras armé ne veulent en entendre parler.

 

A nous de nous faire entendre par tous les moyens dont chacun dispose.

 

Canaille le Rouge - 07 avril 2017 8h00

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Des missiles Tomawhak, hier, ont frappé l’aéroport militaire syrien de Sharyat à une trentaine de kilomètres au sud-est de Homs. L’événement fait la Une des gazettes, mais cette agression militaire américaine contre la Syrie souveraine n’est pas la première. Le 17 septembre 2016, l’aviation US avait tué 80 soldats de l’armée arabe syrienne à Deir Ezzor. Loin d’être fortuite, cette attaque avait eu lieu au moment précis où l’armée nationale, loin de ses bases, affrontait une vigoureuse offensive de Daech.

 

Bis repetita ! Avec ce bombardement, la Maison-Blanche, pour la deuxième fois, vole au secours de ses “proxys” lobotomisés qui font la guerre pour son compte contre la Syrie souveraine. En frappant par les airs l’appareil militaire syrien, Donald Trump sait bien qu’il ne modifie pas le rapport de forces. Ce qu’il veut, c’est humilier Damas. Il veut montrer qu’il peut atteindre le sol syrien, où il veut et quand il veut, faisant ainsi la démonstration que cet Etat est vulnérable. L’armée syrienne et l’allié russe ont été pris par surprise. Il n’est pas sûr que ce soit le cas la prochaine fois.

 

Quasi providentiel, le massacre chimique de Khan Cheikhoun fournit à Trump un prétexte en or. Il lui permet de reprendre pied dans un conflit où Washington n’a essuyé que des revers depuis des mois. Obéissants, les médias dominants orchestrent la compassion sur commande destinée à justifier l’agression, et le tour est joué. Pour cette opération de propagande, Trump peut compter, comme d’habitude, sur l’impressionnante servilité des médias français, le torchon sioniste qui ose s’appeler “Libération” obtenant sans difficulté la palme de la manipulation émotionnelle.

 

Ce faisant, les faux-culs de la presse parisienne oublient un petit détail. Aucune preuve, aucune, n’a été fournie de la culpabilité de Damas. Selon les autorités syriennes et russes, l’aviation syrienne a bombardé un dépôt de munitions appartenant aux factions islamistes qui contenait des armes chimiques. Cette explication est d’autant plus vraisemblable qu’on a déjà eu la preuve de l’utilisation d’armes chimiques par Al-Nosra et que l’arsenal chimique syrien, lui, a été démantelé sous contrôle onusien en 2014.

 

On se demande bien pourquoi, d’ailleurs, le gouvernement syrien aurait eu envie, subitement, de gazer sa propre population. Non seulement cette accusation est infondée, faute de preuves, mais elle insulte le bon sens. Il y a évidemment des victimes innocentes dans cette guerre. Mais si le gouvernement syrien se moquait du sort des civils, il y a longtemps que Raqqa ou Idleb aurait été rasée. Attribuer à Bachar Al-Assad la responsabilité d’un tel massacre n’a aucun sens. C’est grotesque. Il est vrai que plus c’est gros, plus ça passe. Colin Powell avait exhibé une fiole de jus de pomme, l’ambassadrice américaine à l’ONU exhibe des photos, et l’histoire se répète. Tant qu’il y aura des gogos pour y croire, la supercherie continuera de plus belle.

 

Jamais à court d’imagination, certains “experts” ont quand même inventé une variante. Ce n’est pas Bachar Al-Assad, mais “l’aile dure du régime syrien” qui aurait ordonné cette tuerie. Pourquoi ? Pour faire échouer les négociations sur la fin du conflit, imposer une solution militaire et montrer aux Russes qui est le patron. On comprend que la fonction de journaliste au “Figaro” impose certaines concessions à l’employeur, mais bon, on n’est pas obligé de suivre Georges Malbrunot, qui soutient cette thèse, lorsqu’il doit justifier sa fiche de paie.

 

Cette explication abracadabrante, en fait, n’est que la resucée de ce que disaient certains commentateurs à propos de l’attaque chimique du 21 août 2013 faussement imputée à Damas. Des généraux syriens, disait-on, auraient commis ce massacre de leur propre initiative. Tout en épargnant M. Assad, cette version des faits présente l’avantage propagandiste d’incriminer le “régime syrien”, ce qui permet de remplir le contrat journalistique. Elle permet aussi de se donner l’air plus intelligent que la moyenne, ce qui n’est pas difficile étant donné le niveau de bêtise atteint par la meute télévisuelle. Mais elle n’est pas plus fondée, ni plus vraisemblable que la précédente.

 

Un rapport circonstancié du “Massachussets Institute of Technology” avait montré que l’attaque chimique du 21 août 2013 ne pouvait venir que de la zone rebelle. Le journaliste indépendant Seymour Hersch avait affirmé la même chose au terme d’une enquête minutieuse. Il faudra sans doute attendre le résultat d’investigations comparables pour connaître les détails du drame de Khan Cheikhoun où des innocents, une fois de plus, ont fait les frais d’une guerre voulue par Washington et ses larbins. En attendant, les menteurs professionnels tenteront l’impossible pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

 

Le bombardement du 17 septembre 2016 fut le dernier cadeau de Barack Obama aux coupeurs de têtes. Le bombardement du 6 avril 2017 est le premier que leur offre Donald Trump. En agressant Damas, le président américain montre que rien n’a changé à Washington. Les déclarations du candidat républicain laissaient espérer un changement. Les actes du président élu dissipent définitivement cette illusion. Cette agression impérialiste à visage découvert marque donc la fin d’une séquence politique. Comme les autres, Trump est le pantin du lobby militaro-industriel. Les USA, c’est la guerre. Ils en vivent, ils aiment ça, et ça ne changera jamais tant qu’ils ne se seront pas pris une bonne dérouillée.

 

Bruno GUIGUE

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vendredi 7 avril 2017

Attaque de la base aérienne syrienne Al-Chaayrate: une erreur stratégique de l'armée américaine

 

Dans la nuit de jeudi à vendredi, D. Trump a donné l'ordre de bombarder la base militaire aérienne de Al-Chaayrate en Syrie, non loin de Homs. En réponse à la prétendue attaque chimique menée par l'armée syrienne régulière mardi dans la province de Idlib, alors qu'une enquête indépendante n'a pas encore été menée. La destruction de la base aérienne permet de redonner l'avantage à Daesh dans la région et met sérieusement en danger les relations russo-américaines. Sur tous les plans, cette attaque d'un pays souverain est, au minimum, une erreur stratégique.
 
Chacun se demandait comment réagirait le nouveau Président américain face à une crise internationale, la réponse est navrante, mais dans la tradition de ses prédecesseurs: tout en muscle et sans esprit, avec une vue à court terme des relations internationales. Ainsi, D. Trump a déclaré avant le bombardement:
«Ce soir, j’ai ordonné une frappe militaire ciblée sur une base aérienne en Syrie, d’où a été menée l’attaque chimique» de mardi, a déclaré le président américain de sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, au cours d’une brève allocution télévisée. «Il est incontestable que la Syrie a utilisé des armes chimiques interdites, a violé ses obligations en vertu de la convention sur les armes chimiques et ignoré les appels du Conseil de sécurité de l’ONU», a-t-il ajouté. «Il est dans l’intérêt vital pour la sécurité nationale des Etats-Unis de prévenir et dissuader la propagation et l’usage d’armes chimiques mortelles», a-t-il déclaré, soulignant que «des années de tentatives de faire changer (le président syrien Bachar el-Assad) ont échoué dramatiquement».
Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'armée américaine a attaqué la base aérienne de Al-Chaayrate, située non loin de Homs:
La base de al-Chaayrate, dans la province centrale de Homs, a frappée vers 00h40 GMT par 59 missiles Tomahawk tirés par les navires américains USS Porter et USS Ross, qui se trouvaient en Méditerranée orientale.
 
Selon le Pentagone, les services de renseignement américains ont établi que les avions qui ont mené l'attaque chimique contre la localité de Khan Cheikhoun étaient partis de cette base.
 
La base était connue comme un lieu de stockage d'armes chimiques avant 2013 et le démantèlement de l'arsenal chimique syrien, a indiqué le capitaine de vaisseau Jeff Davis, un porte-parole du Pentagone.
 
Sur ce point, rappelons que la Syrie a détruit l'ensemble de son arsenal chimique, ce qui a été constaté par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques en janvier 2016. D. Trump poursuit donc la politique de ses prédécesseurs soutenant les forces terroristes, en fermant les yeux sur les atrocités qu'ils peuvent commettre. Assad est à nouveau l'ennemi numéro Un et non Daesh.
 
La réaction du Pentagone à ce sujet est assez inquiétante, vue la joie infantile qui s'est emparée de son porte-parole J. Kirby déclarant qu'il y avait des avions russes et des militaires russes sur cette base:
"Je pense qu'il va être très important de voir comment ils (les russes) vont réagir, autant dans les paroles que dans les actes. Il sera également intéressant de savoir combien il y a eu de discussions avec les russes sur le canal de la prévention des incidents aériens. Il est évident que sur cette base il y avait des militaires russes et, autant que je le sache, l'aviation russe y était basée. Il sera intéressant de voir si l'aviation russe a été touchée"
Cette déclaration laisse à penser que la frappe a été orientée tout autant contre la Syrie que contre la Russie, punie pour son soutien à Assad, et plus largement pour son indépendance en matière de politique internationale. Ce qui s'appelle justement la souveraineté et qui ne semble plus être acceptable en dehors du monde anglo-saxon aujourd'hui.
 
La Russie n'a pas confirmé la présence de son armée sur cette base. Ce qui est certain, ce sont les pertes subies par l'armée régulière syrienne, les civls dans les villages environnants et les avions touchés et donc sa capacité de réaction, puisque cette base était utilisée pour lutter contre Daesh.
 
Les deux premières conséquences de cette attaque laissent songeur.
 
Tout d'abord, l'on remarquera que, certainement suite à un étrange concours de circonstances, Daesh en a profité pour attaquer la route Homs-Palmyre exactement au moment où l'aviation américaine bombardait en toute impunité les premières forces agissant contre les groupes terroristes, c'est-à-dire, l'armée régulières syrienne, libérant les mains des terroristes.
 
Pour autant, cette tragédie n'est pas une première, l'on se souviendra des bombardements de Deir Ezzor par l'armée américaine qui ont fait une centaine de morts et autant de blessés parmi les militaires syriens en septembre 2016, libérant les mains des terroristes qui en ont profité pour lancer une offensive qu'ils ne pouvaient mener à bien avant cela. La différence est que, alors, les Etats Unis avaient tout d'abord démenti puis avaient reconnu qu'il s'agissait d'une erreur. Ici, la frappe et ainsi l'aide apportée aux terroristes est revendiquée ... au nom de la lutte contre le terrorisme.
La deuxième conséquences, et non la moindre, est la vague de froid polaire qui s'abat sur les relations russo-américaine, une semaine avant la visite du Secrétaire d'Etat américain à Moscou. Les analystes français ont tort d'imaginer que, de cette manière, les Etats Unis vont forcer la Russie à se rapprocher d'eux et à abandonner Assad. Trump serait un allié, selon eux, beaucoup plus important qu'Assad pour le Président russe. Trump ne sera jamais un allié de la Russie, mais il peut (aurait pu) être un partenaire. 
 
La réaction de la Russie dément cette analyse superficielle et classique en Europe. V. Poutine a déclaré que cette attaque constituait une atteinte à la souveraineté de la Syrie et une violation du droit international. Sans compter que les bombardements portaient un coup très fort aux relations russo-américaines, déjà en mauvais état. Le Conseil de sécurité de l'ONU est convoqué pour une réunion d'urgence. Immédiatement, le ministère des affaires étrangères suspend son accord avec les Etats Unis quant à la prévention des incidents aériens et la sécurité des vols lors des opérations en Syrie. Mais la diplomatie russe va plus loin et déclare que les Etats Unis se sont donnés les moyens, par l'attaque chimique d'Idlib, de justifier une attaque contre l'armée syrienne, bloquant ainsi son avancée.
 
La Russie ne peut pas rejoindre les Etats Unis dans ce combat, car ce serait interprété comme un renoncement et un aveu de faiblesse qui dépasserait le cadre du conflit syrien. Ce que laisse sous-entendre la réaction du porte-parole du Pentagone, lorsqu'il dit ouvertement que les Etats Unis attendent de voir comment la Russie va réagir, et pas seulement en parole.
 
Sans oublier que cette impunité de fait donnée aux terroristes peut les inciter à utiliser les armes chimiques contre la population, puisque de toute manière le régime sera immédiatement déclaré responsable par la communauté internationale qui, en plus, fera elle-même le travail en détruisant l'armée régulière syrienne.
C'est pourquoi ce bombardement par l'armée américaine de la base syrienne est une double erreur stratégique, si l'on part du principe que les Etats Unis combattent le terrorisme, comme cela est déclaré. Tout d'abord, parce qu'en fragilisant l'armée syrienne, les Etats Unis déplacent le rapport de force sur le terrain en faveur des terroristes. Ensuite, parce qu'en "punissant" ouvertement la Russie, ils bloquent toute possibilité d'alliance dans la lutte contre le terrorisme. Or, sans la Russie, la coalition américaine en pourra résoudre le problème.
 
S'il ne s'agit pas, en revanche, d'une lutte contre le terrorisme, la communauté internationale doit en tirer les conclusions qui s'imposent. Ce qu'elle ne fera pas, car cette "communauté internationale" est de facto inexistante aujourd'hui, depuis la fin des Etats souverains.
 
C'est une provocation très forte de la part des Etats Unis et du clan de la guerre. Il est à espèrer que le Président russe trouvera une réponse asymétrique permettant de déplacer le conflit sur un autre plan.
 

Les Etats-Unis lance des attaques de missiles base aérienne en Syrie (+ photos)

 

07 Avril 2017

Ce qui ressort de cette initiative est que cette intervention guerrière contre le gouvernement syrien viole  non seulement la légalité internationale, mais également le droit américain pour qui l’entrée en guerre des Etats-Unis doit être prise en accord avec le législateur. Alors que le gouvernement syrien nie son implication dans le bombardement chimique et dénonce une campagne orchestrée par les soutiens des groupes terroristes et que l’enquête en cours n’a pas rendu ses résultats, Trimp balance des missiles contre le gouvernement syrien. L’article de Cubadebate si dessous souligne en passant un élément clé de cette folle intervention: les négociations entamées avec le président chinois en Floride le jour même. Trump pratique la stratégie du fou pour créer les « conditions du dialogue » avec son homologue chinois. Est-ce que l’affaire a été préparée?

 

(note et traduction de danielle Bleitrach pour histoire et societe)


Le président américain, Donald Trump.  Photo: Archives.

Le président américain, Donald Trump. Photo: Archives.

Les Etats-Unis a  lancé aujourd’hui environ 50 missiles de croisière sur une cible en Syrie, peu de temps après  qu’un rapport indique que le président Donald Trump considérait comme une action militaire dans la nation arabe.

 

Le New York Times a cité des sources militaires selon lesquelles des dizaines de missiles Tomahawk ont ​​été tirés sur une base aérienne en Syrie en représailles contre une utilisation présumée d’armes chimiques cette semaine dans la province de Idlib.

 

Bien que  des enquêtes soient actuellement en cours concernant  l’attaque du 4 avril  dernier pour lesquelles les résultats ne soient toujours pas connus  Trump et son secrétaire d’État, Rex Tillerson, se sont précipités pour incriminer   le président syrien, Bachar al-Assad, pour ce qui s’est passé.

 

Les Missiles ont été lancés depuis  deux destroyers de la marine en Méditerranée orientale, ils ont visé  une base aérienne appelée Shayrat dans la province de Homs. Selon le Washington Post, la décision de lancer des attaques ont eu lieu 48 heures après de discussions intenses entre les  responsables américains.

 

Ce fait, selon le journal  représente une rupture importante avec la réticence de l’administration antérieure à entrer dans une guerre  contre  l’administration syrienne, tout en détournant l’attention de la campagne contre le groupe terroriste qui se fait  appeler Etat islamique.

 

Selon le Post, l’assaut ajoute une nouvelle complexité au conflit prolongé dans ce pays, où de nombreux combattants ont porté sur la lutte contre le regroupement extrémiste, qui, après plus de deux ans d’attaques et alliés des États-Unis, reste une force puissante.

 

On attend cette nuit un discours deTrump sur ces faits, alors que dans l’état du sud de la Floride est prévue  une rencontre avec le président chinois Xi Jinping.

 

Jeudi le sénateur Rand Paul a rappelé que l’action militaire en Syrie devait être approuvé par le Congrès. C’est en accord avec  le législatif que l’on doit décider d’aller à la guerre pour savoir si elle  elle sera meilleure ou pire et si elle améliorera la sécurité nationale. « Sommes-nous menacés actuellement par la Syrie? » a-t-il  demandé.

 

Un autre membre du Parti Rouge, le représentant Thomas Massie, a exprimé des doutes hier sur le fait qu’Al-Assad soit responsable de ce qui est arrivé et il a averti que l’intervention américaine ne ferait qu’aggraver la situation dans la nation arabe.

 

L’attaque contre la base aérienne en Syrie se produit le jour même où le  vice-premier ministre et le ministre des Affaires étrangères de la Syrie, Walid al-Mouallem a réaffirmé que son gouvernement rejette catégoriquement l’utilisation d’armes chimiques dans Idlib et il a affirmé que ces événements font partie d’une campagne manipulé et fausse.

 

Ce qui est arrivé à Khan Sheikhoun, dans le sud de Idlib,  fait partie d’une vaste campagne internationale lancée par les soutiens des terroristes, qui a été dénoncé à plusieurs reprises par la Syrie.

 

Photo: AFP

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(Information fournie par Prensa Latina)

Washington passe à l’attaque en Syrie

 

07 Avril 2017

Nos élections présidentielles françaises jusqu’ici simplement grotesques doivent maintenant être en priorité considérées en fonction de ce sur quoi nous ne cessons d’alerter, à savoir les dangers de guerre internationale au MOyen Orient comme d’ailleurs en Corée. Il est clair que Trump a mis peu de temps pour dévoiler ce qu’il est et sans la moindre preuve, Mieux la concordance entre l’attentat dans le métro de Saint Petesbourg, un incident peu clair où la Syrie est accusée de bombarder avec des armes chimiques alors que l’on ne voit pas l’intérêt de bachar El Assad à agir ainsi démontre à quel point une extrême droite peut duper son électorat et représenter un terrible danger pour l’humanité.  Trump envoie des missiles en Syrie en prétendant à la mode d’hitler souffrir devant la mort de petits enfants. Un des favoris des sondages français Macron nous a déjà dit son accord avec une telle folie. Il faut que les citoyens français mesurent la gravité de la situation.

 

(note de danielle Bleitrach)


Les Etats-Unis ont lancé des frappes contre une base aérienne en Syrie dans la nuit de jeudi à vendredi. Donald Trump a appelé « toutes les nations civilisées à chercher à mettre fin au massacre et au carnage en Syrie ».

 

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 07.04.2017 à 03h31 • Mis à jour le 07.04.2017 à 05h10

Le navire de l’US Navy USS Ross (DDG 71) tire un missile sur une base aérienne syrienne, le 6 avril.

Les Etats-Unis ont frappé une base aérienne syrienne en réponse à l’attaque chimique présumée attribuée au régime de Bachar al-Assad, selon des responsables américains jeudi 6 avril. Les missiles ont été tirés depuis des destroyers de l’U.S. navy dans l’est de la méditerranée.


La frappe a été menée avec « 59 missiles », a précisé un responsable de la Maison Blanche, indiquant que les Etats-Unis avaient frappé la base aérienne de Shayrat, qui est « associée au programme » syrien d’armes chimiques et « directement liée » aux évènements « horribles » de mardi qui a fait des dizaines de morts à Khan Cheikhoune.

« Mettre fin au massacre » selon M. Trump

Les Etats-Unis ont accusé jeudi le régime syrien d’avoir utilisé un agent neurotoxique de type sarin mardi contre une ville rebelle et dont les images de victimes agonisantes ont choqué le monde. « Pour ces attaques, le régime Assad a utilisé un agent neurotoxique qui a les caractéristiques du sarin », a affirmé un haut responsable de la Maison Blanche sous couvert d’anonymat.

Le président des Etats-Unis Donald Trump a déclaré « ce soir j’ai ordonné une frappe militaire sur une base aérienne de Syrie d’où a été menée l’attaque chimique » car Assad « a arraché la vie à des hommes, femmes et enfants sans défense ». Le président des Etats-Unis a ajouté « j’appelle toutes les nations civilisées à chercher à mettre fin au massacre et au carnage en Syrie ». Les frappes en Syrie sont « dans l’intérêt vital de la sécurité nationale », a-t-il continué.

Donald Trump s’apprête à faire une déclaration après le lancement de missiles américains sur la Syrie, le 6 avril.
Donald Trump s’apprête à faire une déclaration après le lancement de missiles américains sur la Syrie, le 6 avril. CARLOS BARRIA / REUTERS
Jeudi, en arrivant en Floride pour accueillir son homologue chinois Xi Jinping, il avait encore dénoncé une « honte pour l’humanité » et réclamé que « quelque chose se passe ». Son chef de la diplomatie Rex Tillerson avait accusé « le régime syrien sous la gouverne du président Bachar al-Assad d’être responsable de cette attaque ». La chancelière allemande Angela Merkel a, elle aussi, montré du doigt le « régime d’Assad ».

Mais la Russie, alliée de la Syrie, avait averti les Etats-Unis que des frappes n’étaient pas une bonne idée. La Russie a « manqué à ses responsabilités en Syrie », a accusé le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, mais elle a été avertie à l’avance de la frappe américaine pour éviter que ses militaires sur place ne soient touchés.
 
« Pertes » côté syrien

La frappe a provoqué des « pertes », a rapporté une source militaire syrienne, sans préciser s’il s’agissait de pertes humaines ou matérielles. « L’une de nos bases aériennes dans le centre du pays a été visée à l’aube par un missile tiré par les Etats-Unis, provoquant des pertes », a signalé la source citée par la télévision d’Etat, qui avait auparavant qualifié l’attaque d’« agression ». « Agression américaine visant des cibles militaires syriennes avec plusieurs missiles », avait alerté la chaîne sitôt après l’annonce américaine.« Cette agression américaine vient après la campagne médiatique de dénigrement menée par des pays (…) après ce qui s’est passé à Khan Cheikhoun », a indiqué pour sa part l’agence officielle Sana. L’opposition syrienne s’est félicitée de la frappe américaine et a appellé à......