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Israël - Palestine

Mort de Shimon Peres : pas de larmes chez les Palestiniens

Publié par El Diablo

Mort de Shimon Peres : pas de larmes chez les Palestiniens

Mort de Shimon Peres : pas de larmes chez les Palestiniens

Si les Israéliens sont en deuil, la rue palestinienne voit en l'ancien Premier ministre puis président d'Israël "un criminel de guerre".

Les Israéliens se sont réveillés mercredi en deuil, avec le sentiment d'avoir perdu un proche en la personne de Shimon Peres, qui avait incarné jusqu'à ses 93 ans l'histoire et la continuité de l'État d'Israël. Chez les Palestiniens, les avis étaient également unanimes, mais diamétralement opposés, en un effet de miroirs reflétant des décennies d'hostilité. Il était « un criminel de guerre » et l'homme des « massacres » aux yeux des passants interrogés par l'AFP.

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

LIRE AUSSI ICI:

Leila Shahid : « Pour les Palestiniens, Shimon Peres restera l’homme qui n’a pas mis en œuvre les accords d’Oslo »

Publié par El Diablo

Leila Shahid : « Pour les Palestiniens, Shimon Peres restera l’homme qui n’a pas mis en œuvre les accords d’Oslo »

Leila Shahid, ici photographiée aux côtés de Yasser Arafat  (Photo : Georges Bartoli/Fédéphoto)

Leila Shahid, ici photographiée aux côtés de Yasser Arafat (Photo : Georges Bartoli/Fédéphoto)

Sur franceinfo, Leila Shahid, ex-ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne, a jugé Shimon Peres "décevant pour les partisans de la paix palestiniens mais aussi israéliens". L’ancien premier Ministre israélien est mort mercredi 28 septembre à l’âge de 93 ans.

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L’ancien premier ministre d’Israël et prix Nobel de la paix, Shimon Peres, est mort mercredi 28 septembre à l’âge de 93 ans, deux semaines après avoir été victime d’une attaque cérébrale. Leila Shahid, ancienne déléguée générale de l’Autorité palestinienne en France et ex-ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne, a estimé sur franceinfo que "pour les Palestiniens, il restera l’homme qui n’a pas mis en œuvre les accords d’Oslo."

franceinfo : Avez-vous le sentiment qu’il y a eu deux Shimon Peres ?

Leila Shahid : Oui, je dirais qu’il y a eu plusieurs Shimon Peres. L’homme qui a eu l’image respectable, cosmopolite, internationaliste et plutôt laïc d’Israël. Il y a eu plusieurs personnages parce que, comme tous les grands hommes politiques, il était complexe. Mais, pour les Palestiniens, il restera l’homme qui n’a pas mis en œuvre les accords d’Oslo, celui qui n’a pas su succéder à Yitzhak Rabin après son assassinat, celui qui a d’ailleurs perdu les élections face à Netanyahu et, pour cette raison-là, il a été décevant pour les partisans de la paix palestiniens mais aussi israéliens. Et puis surtout, l’homme qui a, au lieu de continuer à défendre le parti travailliste, a choisi d’aller avec Ariel Sharon.

Le dernier fondateur de l’Etat d’Israël a disparu. Pensez-vous que seuls les fondateurs avaient peut-être la capacité de faire la paix et que la "génération héritage" n’en a pas la capacité ?

Non ce n’est pas seulement cela. La société israélienne a changé, pas seulement les dirigeants. On est passés d’une société à majorité laïque, pionnière qui fondait un Etat qu’elle pensait être la protection ultime du peuple juif dans le monde, à un Etat qui est fait de religieux, fanatiques, nationalistes, dirigés par des racistes, fiers de l’être comme monsieur Lieberman qui est aujourd’hui ministre de la Défense. La société a changé, la Knesset a changé. C’est pour cela que c’est extrêmement tragique et que nous devons juger le legs de Shimon Peres à la lumière de sa trajectoire politique et historique. Je le juge assez sévèrement malheureusement.

>>Ecouter l’interview

SOURCE:

Ils ne feront pas pleurer Canaille le Rouge.

Ils ne feront pas pleurer Canaille le Rouge.

 

Publié le 28 Septembre 2016

Malgré un prix Nobel

comme tenue de camouflage

c'est un authentique

fauteur de guerre,

 organisateur et caution

de massacres

qui vient de casser sa pipe

 

Ils ne feront pas pleurer Canaille le Rouge.

En ce jour, Marouane Barghouti estle choix de Canaille le Rouge 

 

En 1947, Shimon Peres arrivé de Pologne en Palestine en 1934 s'enrôle A 24 ans dans la Haganah, prédécesseur de l'armée israelienne (Tsahal) , dont il devient un dirigeant.

 

Dès cette date, David Ben Gourion, président de l’Agence juive et donc chef politique de la Haganah, ordonne à celle-ci de se préparer à une guerre contre les États arabes. Des armes commencent à être achetés à travers l’Europe ou l’Amérique du Nord, y compris des armes lourdes.

 

À partir de la fin mars 1948 jusqu’au 15 mai, la Haganah lance une série d’offensives dans la bande côtière et autour de Jérusalem. Les forces irrégulières palestiniennes sont vaincues, et les zones juives sont sécurisées. Les populations arabes de la zone commencent à être expulsées.

 

En 1953, Peres devient directeur général du ministère de la Défense.

 

Dès cette date, il sera en permanence au centre du dispositif de militarisation de la société israélienne.

 

En 1954, il rencontre Maurice Bourgès-Maunoury ministre du commerce et de l'industrie du gouvernement Mendes France puis ministre des armées du gouvernement Mendes France suivant. Ensemble, ils mettent en place une coopération entre les services de renseignements dans la lutte contre l'ennemi commun égyptien, accusé par la France de soutenir les indépendantistes algériens.

 

En 1956, Bourgès-Maunoury reste ministre de la Défense, mais dans le gouvernement Guy Mollet. Une étroite coopération franco-israélienne s'amorce. Peres va ainsi pouvoir à acquérir auprès de la France le premier réacteur nucléaire de Dimona qui ouvrira la porte à une arme nucléaire toujours niée par Israël et, auprès Dassault qui fournira à Israël le Mirage III.

 

Ministre du gouvernement Rabbin de 74 à 77, c'est une période où les annexions, expulsions de Palestiniens redoublent d'intensité.

 

À la suite des accords d'Oslo qui imposent la légitimité palestinienne, mais Péres ne reconnaît pas l'occupation israélienne comme telle., il reçoit avec y Affarat le prix Nobel de la paix, a peine le prix reçu, il lance l'opération militaire "Raisins de la colère" dans le Sud du Liban. Le bombardement de Cana, où 106 civils qui s'étaient abrités auprès de la FINUL moururent sous les bombardements israéliens, Le gouvernement Péres est pris en flagrant délit de mensonge par l'ONU sur cette opération.

 

Il soutiendra l'édification du mur qui institutionnalise la spoliation des Palestiniens au mépris du droit international, Il soutient l'invasion de l'Irak par la coalition impérialiste en 2003, il déclarera que la guerre en Irak « serait une très bonne chose pour la reprise de l'économie mondiale ».

 

Peres était membre de la direction de l'internationale socialiste (en septembre 2003, celle-ci se réunira à Tel Aviv) en 1985, il participera en Italie à une réunion de son bureau juste après avoir ordonné le bombardement du quartier général de l'OLP à Tunis.

 

Voici à gros trait les états de service du disparu.

 

Et vous voudriez que Canaille le Rouge ait une seconde d'émotion ou de recueillement ?

 

Des intellectuels israéliens demandent la fin de « l’occupation pour le bien d’Israël »

Des intellectuels israéliens demandent la fin de « l’occupation pour le bien d’Israël »

 
16 Septembre 2016

Des hauts gradés de l’armée, 20 anciens ambassadeurs d’Israël ou l’écrivain Amos Oz ont signé cette lettre

 

TIMES OF ISRAEL STAFF 15 septembre 2016, 14:2715
Des soldats israéliens en train de contrôler l'identité palestiniens au checkpoint de Qalandia entre la ville de Ramallah en Cisjordanie et Jérusalem, le 1er juillet 2016 (Crédit : Flash90)
Des soldats israéliens en train de contrôler l’identité palestiniens au checkpoint de Qalandia entre la ville de Ramallah en Cisjordanie et Jérusalem, le 1er juillet 2016 (Crédit : Flash90)
 
Des centaines d’artistes et d’intellectuels israéliens ont exhorté la communauté juive mondiale à contester la politique israélienne envers les Palestiniens, dans une 
 
 
« Nous appelons les juifs du monde entier à se joindre aux partenaires israéliens pour une action coordonnée afin de mettre fin à l’occupation et construire un nouvel avenir, pour le bien de l’Etat d’Israël et des générations à venir », peut-on lire dans la lettre.Les 470 signataires comprennent 48 lauréats qui ont reçu des prix prestigieux d’Israël (le Prix d’Israël et le Prix EMET), sept haut gradés de l’armée israélienne, 20 anciens ambassadeurs israéliens, des ministres, des responsables gouvernementaux importants et des députés, ainsi que 160 professeurs des universités israéliennes.Parmi les signataires les plus connus, on retrouve les auteurs David Grossman et Amos Oz, le lauréat du prix Nobel Daniel Kahneman, et 20 anciens ambassadeurs israéliens.
 
L'économiste lauréat du Prix Nobel Daniel Kahneman explique sa théorie dans “The Nobelists”. (Crédit : Films Ruth Diskin)
 
L’économiste lauréat du Prix Nobel Daniel Kahneman explique sa théorie dans “The Nobelists”. (Crédit : Films Ruth Diskin)
 
« L’occupation prolongée est intrinsèquement oppressive pour les Palestiniens et alimente l’effusion mutuelle de sang. Elle sape le tissu moral et démocratique de l’Etat d’Israël et met à mal sa position dans la communauté des nations », a soutenu la lettre.L’organisation « Save Israel, Stop occupation » cherche à mettre fin au contrôle d’Israël sur les territoires qu’il a conquis au cours de la guerre des Six Jours en juin 1967, et à établir un Etat palestinien.
 
Ces territoires comprennent à présent la Cisjordanie et Jérusalem Est.Le directrice de l’organisation, Jessica Montell, a expliqué que le contrôle militaire israélien « nuit à la société israélienne, et il nuit aux juifs du monde entier. »
 

Etats-Unis, vers une dangereuse escalade du militarisme ?

01 juillet 2016

Etats-Unis, vers une dangereuse escalade du militarisme ?

 

« La Maison Blanche d'Obama, indique Bill Van Auken, a rejeté les propositions contenues dans le mémoire du Département d' Etat. On n’est pas enclin à monter une grande intervention militaire nouvelle avant les élections de novembre. L’élite dirigeante américaine a toujours été réticente à fournir ne serait-ce que la plus petite occasion au peuple américain d'exprimer son attitude face à la guerre. Mais quel que soit le parti qui remportera l’élection, le nouveau gouvernement se lancera dans une dangereuse escalade du militarisme. Les deux candidats présomptifs, la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump, ont exprimé leur soutien à un bombardement accru, à l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne et à d'autres actes d'agression. Plus fondamentalement, la marche vers la guerre a son origine dans une crise du capitalisme américain qui s’aggrave en permanence et dans les tensions irrépressibles se développant dans la société américaine... »

Reprenons le texte de Bill Van Auken...

Michel Peyret


Mémoire du Département d'Etat sur la Syrie: il s’agit de préparer le terrain pour la guerre avec la Russie

Par Bill Van Auken 
25 juin 2016

 

Le secrétaire d'Etat John Kerry a rencontré le 21 juin plusieurs « diplomates » du Département d'Etat, auteurs d’un mémoire dissident. Ils y appellent au lancement de frappes aériennes américaines contre le gouvernement syrien, prétendument comme moyen de mettre un terme à une guerre de cinq ans qui a coûté la vie à bien plus d'un quart de million de personnes et obligé à fuir plus de la moitié de la population du pays.

Le New York Times a rapporté que Kerry et dix des cinquante et un agents de niveau intermédiaire ayant signé ce mémoire avaient eu « une conversation étonnamment cordiale » à son propos, ce qui fut divulgué aux médias alors que l'encre n’en était pas encore sèche.

Le ton de la réunion n'avait rien d'étonnant. En voyage en Europe quand la note est apparue dans la presse, la semaine dernière, Kerry l'avait qualifiée de « déclaration importante ».

En réalité, la politique proposée dans le mémoire est celle que Kerry lui-même préconise depuis des années dans le gouvernement Obama, comme moyen d’inverser la situation dans une guerre de changement de régime où on s’est servi comme forces par procuration, de milices sunnites liées a Al-Qaïda, soutenues par la CIA.

En 2013 Kerry, alors nouvellement installé, était l'un des partisans les plus belliqueux d'une intervention directe de l'armée américaine pour renverser le gouvernement syrien de Bachar al-Assad après que le gouvernement Obama eut annoncé sa « ligne rouge » à propos de l'utilisation d'armes chimiques. C'est Kerry qui avait plaidé pour la guerre en août de cette année, sur la base de l'affirmation frauduleuse que les forces gouvernementales syriennes étaient responsables d'une attaque à l’arme chimique dans la banlieue de Damas.

Le gouvernement Obama recula devant une intervention militaire directe face à l'écrasante opposition populaire à une nouvelle guerre au Moyen-Orient et sur fond de divisions profondes entre dirigeants de l'armée américaine d'une part, et entre le Département d'Etat et la CIA d'autre part, sur l'opportunité d'une telle intervention.

Il adopta un plan, négocié par Moscou, de démantèlement des armes chimiques. Par la suite, en 2014, il lança des frappes aériennes et envoya des centaines de forces spéciales en Syrie, en violation directe du droit international. Il le fit sous prétexte de lutter contre l'État islamique (EI), une milice islamiste brutalement sectaire que Washington avait tacitement soutenue jusqu'à ce qu'elle envahisse une grande partie de l'Irak, mettant en déroute les forces de sécurité formées et armées par les Etats-Unis.

L'intervention militaire russe en Syrie montra un an plus tard que c’était là une guerre bidon. Elle a réussi, avec les troupes du gouvernement syrien, à porter des coups sérieux tant à l'EI qu’au Front Al Nusra, l'organisation syrienne d'Al-Qaïda que Washington protège toujours.

Voilà la situation qui a déclenché le mémoire dissident du Département d'Etat. Les soi-disant rebelles soutenus par Washington ne sont pas seulement en désarroi, ils tournent encore les canons fournis par la CIA et le Pentagone les uns contre les autres.

Le cessez-le-feu, que les dissidents du Département d'Etat prétendent vouloir faire respecter par l'escalade militaire, a été utilisé par Washington pour acheminer plus d'armes aux milices islamistes, repositionner leurs forces et amortir l'offensive de l'armée syrienne soutenue par la Russie. Il n'a pas cependant, réussi à tourner le cours de la bataille à l'avantage des forces soutenues par l'Occident.

D’où la nécessité de ce que les agents du Département d'Etat appellent « un rôle militaire plus affirmé des Etats-Unis en Syrie, basé sur l'utilisation judicieuse d’armes utilisées à grande distance et depuis des avions, qui sous-tendraient et pousseraient un processus diplomatique plus ciblé et plus dur dirigé par les Etats-Unis. »

Autrement dit, une nouvelle opération « choc et effroi » arrangera les choses; une attaque où les missiles Tomahawk et les bombes intelligentes américaines pleuvront sur Damas, comme déjà sur Kaboul, Bagdad et Tripoli.

Cet argument, totalement en phase avec l'idéologie militariste des criminels du gouvernement Bush ayant orchestré la guerre fondée sur des mensonges qui a détruit l'Irak, s’accompagne d’un appel « humanitaire ».

Le mémoire affirme que « la justification morale de prendre des mesures pour mettre fin à la mort et à la souffrance en Syrie, après cinq ans de guerre brutale, est évidente et incontestable ». Personne ne se douterait, en voyant ce raisonnement cynique, que les « cinq ans de guerre brutale » sont le produit direct de la massive opération de changement de régime orchestrée par Washington. L'argument, cependant s’accorde bien avec la campagne anti-impérialiste hypocrite menée par la pseudo-gauche, des organisations comme l'Organisation Socialiste Internationale (ISO) aux États-Unis, le Nouveau Parti anticapitaliste en France et le Parti de Gauche en Allemagne, qui sont allés jusqu’à faire l’éloge de cette opération de changement de régime soutenue par la CIA comme d’une « révolution ».

La frustration exprimée par les dissidents du Département d'Etat n'est pas seulement due à l'échec de la politique d'Obama en Syrie, mais à celui de toute la stratégie de l'impérialisme américain au Moyen-Orient ce dernier quart de siècle.

Suite à la liquidation de l’Union soviétique par la bureaucratie stalinienne de Moscou, Washington a commencé une politique de guerre sans fin fondée sur la conviction que le militarisme et la conquête néo-coloniale pouvaient compenser la crise historique et le déclin économique du capitalisme américain. L'idéologie sommaire justifiant cette stratégie criminelle d'agression a été résumée par leWall Street Journal au moment de la première guerre du Golfe en 1991 par le slogan « la force, ça marche ».

Mais comme on l’a vu, ce ne fut pas le cas. Un quart de siècle de guerres américaines dans la région n’ont fait que produire une débâcle, ont tué et mutilé des millions de personnes, créé des dizaines de millions de réfugiés sans-abri et anéanti le tissu social de toute la région.

La solution proposée par les auteurs du mémoire à cette débâcle est une nouvelle escalade militaire, avec la nette menace cette fois de déclencher une guerre nucléaire mondiale.

« Nous ne préconisons pas une pente glissante qui aboutisse à une confrontation militaire avec la Russie, » déclare le mémoire, ajoutant rapidement que ses auteurs « reconnaissent que le risque d'une nouvelle détérioration des relations américano-russes est important et que des mesures militaires… peuvent donner lieu à un certain nombre d'effets de second ordre ».

Parmi ces « effets de second ordre » il y a la mort de militaires russes et iraniens déployés avec les forces gouvernementales syriennes, la probabilité de la destruction d'avions militaires russes et américains et une escalade d’hostilités mutuelles.

C'est là où mène la « pente glissante » que les dissidents du Département d'Etat « ne préconisent pas ». Une telle évolution n’est guère un accident. Dès le début, la guerre américaine de changement de régime par procuration a été lancée dans le but de priver Moscou et Téhéran de leur principal allié dans le monde arabe en vue d’une confrontation directe avec ces deux pays.

L'appel à une intervention militaire américaine directe contre Damas a été fait dans des conditions où les tensions entre Washington et Moscou sont à leur plus haut niveau depuis la guerre froide. Les exercices militaires continus de l'OTAN sur la frontière occidentale de la Russie et le déploiement de systèmes anti-missiles en Europe de l'Est, conçus pour préparer une guerre nucléaire "gagnable" contre Moscou, montrent le danger grandissant qu’il y a d'une confrontation entre les deux principales puissances nucléaires du monde.

La Maison Blanche d'Obama a rejeté les propositions contenues dans le mémoire du Département d' Etat. On n’est pas enclin à monter une grande intervention militaire nouvelle avant les élections de novembre. L’élite dirigeante américaine a toujours été réticente à fournir ne serait-ce que la plus petite occasion au peuple américain d'exprimer son attitude face à la guerre.

Mais quel que soit le parti qui remportera l’élection, le nouveau gouvernement se lancera dans une dangereuse escalade du militarisme. Les deux candidats présomptifs, la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump, ont exprimé leur soutien à un bombardement accru, à l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne et à d'autres actes d'agression. Plus fondamentalement, la marche vers la guerre a son origine dans une crise du capitalisme américain qui s’aggrave en permanence et dans les tensions irrépressibles se développant dans la société américaine.

(Article paru en anglais le 24 juin 2016)

Posté par Michel Peyret 

Voilà ce que je pense réellement et en toute honnêteté à propos de ce qui s’est passé à Tel Aviv

Voilà ce que je pense réellement et en toute honnêteté à propos de ce qui s’est passé à Tel Aviv

 

09 Juin 2016

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Que dire sur ce qui s’est passé à Tel Aviv que comme à chaque fois on songe au malheur de ceux qui ont peru des proches, à la peur et aussi on se dit que cette ville rebelle n’est vraiment pas celle qui mérite un tel sort. Mais malheureusement comme le terrorisme en France cela ne s’arrêtera pas tant qu’on s’attaquera pas à l’origine de cette mort insensée d’innocents, morts qui ne se limite pas à ceux dont on parle, les autres relevant de la statistique du sous développement

 

Tant que des gouvernements inventeront dans la corruption, le mépris des pauvres et la xénophobie le moyen de continuer à diriger des pays pour le profit d’une poignée à qui profitent les guerres.

 

Il est de notre responsabilité de faire partout monter l’exigence de paix et cela passe par des négociations politiques menées par des gens respectés par leur peuple, ils peuvent avoir des visions antagonistes, le tout est qu’ils soient réellement représentatifs des intérêts populaires. Personnellement je pense qu’il y a des points d’appui même si la situation ne cesse de se dégrader et parait rendre impossible toute solution autre que le massacre.

 

Paradoxalement ces points d’appui sont ceux que les adversaires sur le terrain ne veulent surtout pas utiliser tant ils sont la proie de leurs haines et vociférations. Par exemple l’existence d’arabes israéliens que l’extrême-droite qui gouverne le pays tente de transformer en force hostile ou encore la possibilité de négocier avec un Barghouti qui est un politique respectée et qui sera peut-être capable de surmonter une des causes du recours au terrorisme, le désespoir devant non seulement la politique israélienne et le silence du monde y compris arabe, mais aussi la division entre les dirigeants que l’on sent plus inspirées par des intérêts personnels que par des différences de stratégie. Bref il faut accepter de laisser se reconstituer l’adversaire en tant que force politique responsable si l’on veut en finir avec le terrorisme et aller vers la paix.

 

e ne suis pas capable de dégager une solution, un deux Etats, etc… Seulement dire qu’il faut rassembler les forces de paix dans tous les camps… et je crois qu’aujourd’hui le rassemblement passe par l’affirmation de la nécessité de deux Etats viables et entre lesquels seraient prévus des coopérations en matière économique, d’éducation, de santé. ET ce  même si effectivement tout est fait pour la rendre impossible ce qui sera construit après dépendra de ceux qui vivent la situation… A chaque jour suffit sa peine et je pense qu’aujourd’hui ‘il faut chercher les points ‘appui au niveau des protagonistes et de la région pour une solution de paix…

 

Les soutiens français et peut-être mondiaux aux deux camps ne jouent pas un rôle constructif, ils sont pris de la même fureur et ne font plus -assez- de politique. Ils cherchent l’anéantissement et transforment l’autre en monstre au lieu de construire des projets politiques. Je dois dire que j’ai réalisé à quel point tout cela était pourri quand j’ai vu le peuple français, des gens de gauche ne pas s’émouvoir de l’assassinat à Toulouse de trois petits enfants sous le seul prétexte qu’ils étaient juifs. Mais cette prise de conscience ne m’a jamais interdit au contraire de mesurer à quel point on tentait de transformer les musulmans, les populations d’origine immigrée en bouc émissaire, ce sont les nouveaux juifs et les anciens n’y gagnent rien et subissent à leur tour la vague de racisme et le vivent très mal.

 

Le besoin d’une garantie internationale du processus existe,et l’on sait bien malheureusement à quel point la puissance hégémonique et ses alliés ont jeté de l’huile sur le feu. L’autre point d’appui ce sont les forces dans le monde qui ont intérêt à la paix. Malheureusement on ne peut plus parler de camp de la paix au niveau des nations et des Etats, mais il y en a qui ne veulent pas la guerre et tentent de la repousser en éteignant les feux quand ils s’allument, il faut s’appuyer aussi là-dessus même si idéologiquement il n’y a plus rien de chimiquement pur.

 

C’est pourquoi j’ai volontairement produit un choc en exposant la politique de la Russie, de la Chine et d’autres leaders d’un monde multipolaire, en tentant d’imaginer le rôle qu’ils pourraient jouer. J’ai tenté  de faire prendre conscience à chacun de la nécessité effective de construire une alternative politique pour en finir avec le massacre d’innocents dans tous les camps sans abandonner l’idéal mieux saisir les rapports de force réels.

 

… Parce qu’il faut bien mesurer qu’à ce jour le terrorisme, phénomène indistinct et mal défini, a accompli plus de victimes chez les peuples musulmans que partout ailleurs et pour moi le musulman, le chrétien, le juif, l’athée ou quoique ce soit d’autre qui meurt sans savoir sa faute est intolérable.Pourtant comment comprendre une telle folie si l’on n’analyse pas la manière dont les êtres humains vivent avant que d’en mourir?

 

Danielle Bleitrach

 

Les multiples facettes d’une rencontre géostratégique entre Russes et Israéliens

Les multiples facettes d’une rencontre géostratégique entre Russes et Israéliens

 

08 Juin 2016
 

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Pendant la conférence de presse des deux dirigeants, Poutine a protesté parce que l’interprète, un ministre israélien, n’a pas traduit une question que posait au premier ministre israélien un journaliste, en hébreu.

 

« Nous sommes intéressés aussi », a déclaré le président russe. « Il est dommage que nous ayons si peu de gens qui parlent l’hébreu, mais j’espère que lorsque un million et demi de personnes (la population russophone israélienne) seront de retour en Russie, nous en aurons plus  » a-t-il plaisanté.

 

Dans une visite marquée par une entente des plus cordiales où il a été rendu aux Israéliens un tank que leur avait pris l’armée syrienne et on le sait ont été jetées les bases d’une adhésion d’Israël à l’alliance eurasiatique, ce witz poutinien ne cherchait même pas à détendre l’atmosphère, peut-être simplement laisser entendre que même ceux qui triomphent perdent parfois un tank ou la guerre, qu’il fallait y songer…

 

Le tout assorti de la proposition de payer leur retraite aux Israéliens qui avaient travaillé en Union soviétique… Ce qui a soulevé quelques protestations dans le pays où sévit une crise assez dure…

 

Les commentateurs en Russie notent que les Israéliens, qui ont découvert à quel point les Américains étaient peu crédibles, souhaitent diversifier leurs alliances et en tous cas faire monter les enchères américaines à la veille de présidentielles incertaines. A ce titre c’est la troisième fois ans l’année que Netanyahu vient voir Poutine et qu’ils ressortent visiblement très satisfaits… Les dits commentateurs ajoutent pour leur part que les Russes ont gré aux Israéliens de leur livrer des technologies de pointe y compris militaires tandis que les Israéliens proposent aux Russes de venir les aider à exploiter leur gaz…

 

Mais dans ce monde d’intérêts multiples et parfois un peu cynique, pragmatiques en tous les cas, continuent à courir les traces de l’histoire, celle de la 2e guerre mondiale avec le sentiment que seuls les juifs et les soviétiques, les Russes en particulier en ont payé le prix réel… Court aussi l’histoire de l’Union soviétique avec les mouvements de libération nationale.

 

Il suffit de lire les déclarations de Lavrov prononcées dans le même temps:

 

Car comme je l’avais noté dans mon analyse, de son côté la diplomatie russe qui se déploie sur les traces de l’Union soviétique a joué son rôle du côté palestinien. Lavrov est intervenu comme en écho aux propositions de Poutine à Netanyahu  :

 

Il a constaté que les relations entre Palestiniens et Israéliens s’étaient encore dégradées. Il leur a donc proposé de servir d’intermédiaire entre factions palestiniennes pour qu’elles s’entendent entre elles et il leur a également proposé de coopérer avec l’union eurasiatique à laquelle Poutine venait de convier le premier ministre israélien.

 

S’agit-il de créer les conditions d’une fédération dans le cadre d’un  redécoupage régional?

 

Enfin il serait vain de ne pas voir que pour les Russes, pour les Chinois mais aussi pour d’autres peuples d’Asie centrale, l’instrumentalisation par les Etats-Unis et leurs alliés du Golfe d’un terrorisme dit islamiste a créé une situation dont ils cherchent à se prémunir. Tous les peuples de la région sont désormais soumis à ces tensions, mais israéliens et Palestiniens sont ceux dont on doit résoudre en priorité le conflit hérité d’une autre époque  pour entreprendre d’ assainir une situation qui menace leur stabilité. La position des Chinois est assez semblable. D’où le thème de la lutte contre le terrorisme et l’invitation à la négociation. Chaque protagoniste devra renoncer à ce qui pour les Russes constitue de fait les conditions de l’hégémonie américaine, la violence et le pourrissement des situations.

 

Les amateurs apprécieront si je leur dis que l’on se croit dans un roman de sholem aleikhem (la peste soit de l’Amérique ) avec cette petite musique de l’espérance que peut-être de cela il sortira quelque chose car rien ne saurait être pire qu’aujourd’hui se dit-on…Ce qui n’a rien d’écident parce que malheureusement dans l’état de crise et de tension le pire est toujours prévisible.

 

Danielle Bleitrach

ISRAËL : OÙ est emprisonné Marwan Barghouti, le « Mandela palestinien » ?

Publié par El Diablo

ISRAËL : OÙ est emprisonné Marwan Barghouti, le « Mandela palestinien » ?

Marwan Barghouti

Marwan Barghouti

Israël: Marwan Barghouti déplacé vers un lieu inconnu

Le célèbre militant palestinien Marwan Barghouti a été déplacé la semaine dernière de la prison Raymond où il était détenu, vers un lieu inconnu, a rapporté le Comité des affaires des prisonniers palestiniens.

"Barghouti a été transféré de Raymond depuis 5 jours et l'administration de la prison l'a empêché de se déplacer dans les sections de la prison ou de communiquer avec les autres détenus", a indiqué le comité dans un communiqué.

La campagne internationale pour la libération de M. Barghouti s'est inquiété de son côté de ce transfert qu'elle juge illégal.

"Ce transfert arbitraire et sans prévenir la famille ou le détenu en amont, et sans information claire sur le nouveau lieu de détention, constitue une mesure punitive illégale", a affirmé la campagne dans un communiqué.

Marwan Barghouti, architecte de la deuxième intifada, est détenu par Israël depuis 2002. Il a passé 3 des 14 dernières années en isolement individuel.

Des parlementaires et élus belges ont par ailleurs présenté le 18 mai la candidature du "Mandela palestinien" au prix Nobel de la Paix.

Le 30 mai 2016

SOURCE:

Israël, 68 ans de violation des droits fondamentaux des Palestiniens

26 mai 2016
Israël, 68 ans de violation des droits fondamentaux des Palestiniens

 

« En 68 ans, constate Ziad Medoukh, Israël a toujours été un état illégal, un état hors la loi, un état d’apartheid, un état colonial, un état qui considère les citoyens arabes des  territoires de 1948 comme des citoyens de seconde zone, un état qui a construit le mur de la honte en Cisjordanie, un état qui impose un blocus inhumain à la population civile de Gaza, un état qui érige tous les jours de nouvelles colonies dans les Territoires, un état qui vole tous les jours les ressources naturelles appartenant aux Palestiniens. Un état qui n’a toujours pas de frontières, un état qui refuse toutes les initiatives de paix régionales et internationales. On peut citer maints exemples de l’histoire noire de cette occupation contre les Palestiniens : agressions quotidiennes, mesures atroces, massacres, déportations, crimes contre l’humanité, crimes de guerre, la liste est longue, très longue, trop longue... »

 

Reprenons la lecture du constat de Ziad Medoukh...

Michel Peyret


Les 68 ans de la Nakba La résistance historique d’un peuple déterminé !

Par Ziad Medoukh

Mondialisation.ca, 15 mai 2016

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15 mai 1948 -15 mai 2016, soixante-huit ans déjà, soixante-huit ans depuis le début du drame des Palestiniens, soixante-huit ans de souffrance, de malheurs et de massacres pour un peuple digne, soixante-huit ans depuis le début de cette injustice imposée à un peuple sur sa terre, soixante-huit ans de déportation d’un peuple pour le remplacer par un autre peuple.

Mais, soixante-huit ans de résistance, de patience, de détermination, de courage, et de persévérance pour un peuple toujours debout, un peuple toujours attaché à sa terre et à sa Palestine en dépit de toutes les mesures de cette occupation illégale, une occupation aveugle, une occupation qui dure, qui dure !

Les Palestiniens commémorent les soixante-huit ans de la catastrophe dans un contexte national et régional particulier marqué notamment par la poursuite de l’occupation et de la colonisation dans les territoires palestiniens, par un soulèvement populaire spontané en Cisjordanie, par les agressions israéliennes permanentes dans la bande de Gaza qui subit un blocus inhumain, et l’absence de perspectives pour l’avenir.

Soixante-huit ans et les forces de l’occupation violent les droits les plus fondamentaux d’un peuple, soixante-huit ans de politique d’apartheid, de discrimination et du terrorisme d’un état hors la loi.

En 68 ans, Israël a appliqué toutes les mesures inhumaines illégales à l’encontre des Palestiniens, il en a emprisonné plus d’un million, il en a massacré et assassiné des milliers, il a occupé tous leurs territoires.

L’état d’occupation a créé le problème des réfugiés palestiniens qui vivent dans des conditions humanitaires épouvantables dans les pays voisins et à l’étranger, et qui souffrent en permanence.

Cet état d’apartheid est le seul Etat qui, encouragé par les grandes puissances internationales, n’a jamais appliqué aucune résolution des Nations-Unies, pas plus que les accords de paix signés.

En 68 ans, Israël a toujours été un état illégal, un état hors la loi, un état d’apartheid, un état colonial, un état qui considère les citoyens arabes des  territoires de 1948 comme des citoyens de seconde zone, un état qui a construit le mur de la honte en Cisjordanie, un état qui impose un blocus inhumain à la population civile de Gaza, un état qui érige tous les jours de nouvelles colonies dans les Territoires, un état qui vole tous les jours les ressources naturelles appartenant aux Palestiniens.

Un état qui n’a toujours pas de frontières, un état qui refuse toutes les initiatives de paix régionales et internationales.

On peut citer maints exemples de l’histoire noire de cette occupation contre les Palestiniens : agressions quotidiennes, mesures atroces, massacres, déportations, crimes contre l’humanité, crimes de guerre, la liste est longue, très longue, trop longue.

Le dernier crime israélien massif contre les Palestiniens, est la dernière offensive militaire contre la population civile de la bande de Gaza en été 2014, avec de milliers de morts et de blessés palestiniens, en majorité des enfants.

68 ans de résistance remarquable de toute une population qui poursuit son combat pour retrouver la liberté et vivre dignement sur sa terre.

Soixante-huit ans après, les Palestiniens s’interrogent : 68 ans de violation de nos droits ne suffisent-ils pas ? Le temps n’est-il pas venu de réagir et d’imposer à cet état d’apartheid l’application du droit international ? Le temps n’est-il pas venu d’instaurer la justice en Palestine ? Les Palestiniens n’ont-ils pas le droit de vivre, après tant d’années de souffrance, dans un état libre et indépendant ?

68 ans après cette catastrophe, nous, Palestiniens, et quelles que soient les mesures d’apartheid et de terrorisme d’état pratiquées, poursuivons le combat et les sacrifices pour notre liberté. Nous sommes plus que jamais déterminés et avons un message à délivrer au monde entier, un message clair et précis. Nous sommes toujours attachés aux principes suivants :

- Non, nous n’oublierons jamais l’histoire noire de cette occupation illégale et ses différents crimes contre notre population civile.

- Non, nous ne partirons pas d’ici, nous resterons attachés à notre terre. Nous ne partirons pas. Ici, notre terre, ici notre vie et ici notre Palestine !

- Oui, le droit au retour est sacré et tous les réfugiés palestiniens doivent pouvoir retrouver leurs villes et leurs villages d’origine.

- Oui, nous poursuivrons notre résistance sous toutes ses formes afin de vivre en liberté sur notre terre, cette terre appelée Palestine, et qui s’appellera toujours Palestine.

- Oui, nous avons le droit de créer notre Etat libre et indépendant, avec Jérusalem comme capitale.

- Oui, nous sommes prêts à vivre en paix, une paix durable, mais une paix qui passera avant tout par la justice, par l’application du droit international, par la fin de l’occupation illégale, et par la réalisation de toutes les revendications légitimes du peuple palestinien.

La lutte continue ! Et le combat se poursuit ! Pour une Palestine libre et pour une Palestine indépendante ! Nous sommes tous convaincus que notre liberté s’approche…

Ziad Medoukh

Quand Ken Loach s’exprime sur le conflit israélo-palestinien

Quand Ken Loach s’exprime sur le conflit israélo-palestinien

 

Cinéaste britannique à l’oeuvre fortement marquée par un réalisme social souvent dur, Ken Loach revient cette année à Cannes avec Moi, Daniel Blake, présenté en compétition. Derrière la caméra comme dans la vie, l’homme est engagé et ne se prive pas de se prononcer sur ce qu’il croit être juste ou non, comme au travers de cette missive qu’il destine à la réalisatrice israélienne Tali Shalom Ezer, dans laquelle il s’exprime sur l’interminable conflit opposannt les israéliens et les palestiniens.

 

"Levez-vous, s’il vous plait, du côté des oppressés contre les oppresseurs..."

 

Cher Tali Shalom Ezer,

 

Depuis le début, Israël et ses partisans ont accusé leurs délateurs d’être antisémites ou racistes. C’est une tactique pour miner le débat rationnel.

 

Pour être aussi clair que de l’eau de roche : en tant que réalisateur, vous avez reçu un accueil chaleureux à Edimbourg. Vous n’êtes ni censuré, ni rejeté. L’opposition concernait plutôt à la réception d’argent provenant de l’Etat d’Israël par le Festival.

 

L’appel en faveur d’un boycott des Institutions culturelles israéliennes est venu de nombreux Palestiniens :

 

écrivains, artistes, journalistes, hommes de loi, académiciens, syndicalistes, enseignants. Ils le considèrent comme « une contribution à la lutte pour la fin de l’occupation d’Israël, sa colonisation et son système d’apartheid. » Qui sommes-nous, pour ne pas tenir compte de leur appel ? Vos arguments de comptoir étaient déjà utilisés contre le boycott sud-africain, qui finit finalement par sortir victorieux.

 

Nous nous souvenons que les Palestiniens ont été dépossédés soixante ans durant, que leurs maisons ont été détruites et leurs communautés anéanties. Les Israéliens ignorent la loi internationale, la convention de Genève et la plupart des décisions des Nations Unies.

 

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PALESTINE, une question coloniale

03 mai 2016

PALESTINE, une question coloniale

 

« La question palestinienne, indique Frank Barat, est une question coloniale. Ce n’est pas une question de religion ou de deux peuples se battant pour la même terre. Les palestiniens et les juifs vivaient relativement paisiblement avant l’avènement du mouvement politique sioniste et l’immigration massive des juifs vers la Palestine. Et cela date de bien avant la deuxième guerre mondiale et le génocide juif, qui n’a fait qu’accélérer un processus déjà en marche depuis la fin du XIX siècle. Ce colonialisme de peuplement, qui s’est passé grâce au nettoyage ethnique de 1947/1948, a commencé avant la guerre de 48, (guerre qui a servi d’excuse à Israël pour le justifier, mais cela ne tient donc pas la route, puisque dès décembre 47, les Palestiniens furent expulsés par des groupes tel que le Irgun, la Haganah et le Stern Gang), s’est ensuite transformé en occupation militaire, et maintenant, après plus de 60 ans, en régime d’apartheid. Il est donc important de le dire, et d’en parler. La création de l’état d’Israël ne tient en aucun cas d’un miracle. C’est une opération politique, militaire et de nettoyage ethnique qui a permis à Israël de « naître ».

 

Quelques rappels à faire connaître...

 

Michel Peyret


Palestine: les conversations de Noam Chomsky et d’Ilan Pappé rapportées par Frank Barat

Publié le 29 avril 2016 |

 

9287847-14839723Dans « Palestine », Noam Chomsky et Ilan Pappé, deux ardents défenseurs de la cause palestinienne, mènent une longue conversation dirigée par Frank Barat, militant des droits de la personne. Nous avons rencontré ce dernier afin de renouveler nos clefs de compréhension sur la question palestinienne. Selon eux, il s’agirait depuis le début d’un cas évident de colonialisme et de dépossession. Entretien coup de poing.

 

Comment est né le livre-conversation entre Noam Chomsky et Ilan Pappé que vous dirigez?

 

« Palestine » est la suite de notre collaboration sur « Palestine, l’état de siège  » née d’un premier entretien que nous avions fait en 2007, « Le champ du possible ». J’avais, à l’époque, sans grand espoir à vrai dire, contacté Noam Chomsky, pour lui demander s’il serait d’accord de participer à un entretien croisé avec l’historien Ilan Pappé. A ma grande surprise, Noam a répondu positivement très rapidement. Les premiers entretiens, y compris ceux pour « Palestine, l’état de siège » furent par email, mais pour « Palestine », je tenais vraiment à ce que cela soit interactif. Nous sommes donc partis à Boston avec Ilan Pappé pour y rencontrer le Professeur Chomsky et avons passé deux jours ensemble. Cela rend le livre meilleur à mon avis, plus intéressant. Cela nous a permis d’aller au fond des choses, de les décortiquer. Je suis vraiment satisfait de la qualité et pertinence des échanges dans « Palestine », les deux auteurs s’étant vraiment ouverts, sans tabou.

 

La situation en Palestine est analysée sous le prisme du colonialisme et de la dépossession semblable à l’apartheid sud-africain. Pourquoi est-ce selon vous pertinent ?

 

C’est pertinent car c’est la réalité du terrain. C’est aussi un fait historique qui a trop longtemps été mis de coté. La question palestinienne est une question coloniale. Ce n’est pas une question de religion ou de deux peuples se battant pour la même terre. Les palestiniens et les juifs vivaient relativement paisiblement avant l’avènement du mouvement politique sioniste et l’immigration massive des juifs vers la Palestine. Et cela date de bien avant la deuxième guerre mondiale et le génocide juif, qui n’a fait qu’accélérer un processus déjà en marche depuis la fin du XIX siècle. Ce colonialisme de peuplement, qui s’est passé grâce au nettoyage ethnique de 1947/1948, a commencé avant la guerre de 48, (guerre qui a servi d’excuse à Israël pour le justifier, mais cela ne tient donc pas la route, puisque dès décembre 47, les Palestiniens furent expulsés par des groupes tel que le Irgun, la Haganah et le Stern Gang), s’est ensuite transformé en occupation militaire, et maintenant, après plus de 60 ans, en régime d’apartheid. Il est donc important de le dire, et d’en parler. La création de l’état d’Israël ne tient en aucun cas d’un miracle. C’est une opération politique, militaire et de nettoyage ethnique qui a permis à Israël de « naître ».

 

Le conflit israélo-palestinien est le théâtre d’une véritable « guerre des mots » où deux récits très structurés s’affrontent. Quel impact cela a-t-il sur le traitement de la question palestinienne ?

 

Un impact énorme. Pendant longtemps, les sondages ont montré que l’opinion publique dans sa majorité, croyait que la Palestine occupait Israël ! C’est fou. Une réussite incroyable pour la machine de propagande israélienne. Les médias de masse ont grandement et continuent toujours d’ailleurs, d’alimenter ce mythe et de créer cette image complètement fausse de la réalité. Mais cela change, petit à petit, les chiffres le montrent. Les gens ont maintenant conscience que ce qui se passe sur place n’est pas tel que les médias et nos gouvernements nous l’expliquent. En revanche, il est toujours très difficile pour les Palestiniens de se débarrasser de l’image de terroriste qu’on leur a collé dessus depuis le début. Le traitement de la question palestinienne par les médias de masse est grossier, pour parler poliment. Par exemple, a-t-on beaucoup parlé en France de l’exécution d’un Palestinien par un soldat israélien filmée, alors que celui-ci était au sol, blessé ? Non, imaginez si l’homme par terre avait été Israélien. Tout sur sa vie aurait été connu: son nom, son activité professionnelle, ses goûts, ses parents et sa petite amie auraient été interviewés…

 

La déshumanisation des palestiniens par les médias de masse est quelque chose qui faut combattre au jour le jour. Quant aux récits, il est vrai que le récit israélien est très structuré, très bien fait, mais il fait souvent penser à une fiction, car très peu réaliste. L’idée du petit pays (alors qu’Israël possède l’une des plus redoutables armées au monde) entourés de sauvages qui veulent lui faire la peau, l’idée du David contre Goliath, du miracle israélien, du « un pays sans peuple pour un peuple sans pays »….oui, c’est très bien fait, comme un bon film hollywoodien. Le récit palestinien lui, est parfois moins bien ficelé, mais c’est parce qu’il est réel. La réalité n’est jamais parfaite.

 

Territoires occupés vs disputés, terroristes vs résistants,… décrire la situation avec une certaine neutralité est souvent un casse-tête pour les commentateurs. Est-ce selon vous possible ou est-il inévitable de prendre parti dès lors que l’on utilise tel ou tel mot?

 

Ne pas prendre parti devant une situation d’injustice est la même chose que prendre parti pour l’oppresseur. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Desmond Tutu, figure mythique du mouvement contre l’apartheid sud-africain. Maintenant les journalistes des médias de masse me font doucement rigoler, avec leur impartialité et leur neutralité. C’est de la foutaise. Quand on est face a une puissance occupante et un peuple occupé, qui lutte pour sa liberté, comment rester neutre ? 

 

Les journalistes, pas tous bien sûr, car certains indépendants font un travail formidable, restent neutres, en général, pour sauver leur gagne pain et leur emploi. Après, certains « grands » journalistes vous diront que l’on ne leur a jamais demandé de changer un mot de leurs articles et qu’ils ne sont donc pas censurés. Mais encore une fois ils se trompent, l’auto censure est tellement ancrée en eux qu’il ne s’en rendent même pas compte, donc leurs patrons n’ont pas besoin de les rappeler à l’ordre. Le choix des mots est crucial, vous avez raison, car c’est un choix idéologique et politique. Cela est vrai pour la question palestinienne mais aussi pour tout autre question sociale.

 

Vous invitez donc à renouveler le vocabulaire sur la question palestinienne. Que proposez-vous sur le plan sémantique ?

 

C’est important, car le vocabulaire utilisé jusqu’à présent est le vocabulaire proposé par Israël. Il faut donc revenir à la réalité du terrain. Parler de colonialisme, d’occupation, d’apartheid, de résistance, de complicités internationales, des pays, des multinationales et des institutions. Il faut arrêter de parler de « conflit » qui renvoi à un combat de boxe. Ce n’est pas le cas sur le terrain. Il y a un occupé et un occupant. Point.

 

Au-delà des mots, quelle est la réalité de la situation en Palestine sur le plan des droits de la personne?

 

Elle est sombre. Très sombre. Les droits humains les plus élémentaires des Palestiniens sont bafoués quotidiennement. L’accès à la santé, à l’éducation, à la système juridique juste, le droit de mouvement, les droits de la famille, les droits de l’enfant, les droits civiques les plus basiques, le droit de construire un logement, d’exercer une profession de son choix (je pense là aux pêcheurs de Gaza par exemple) d’ouvrir une école, une garderie, une plaine de jeux… tout doit passer par l’occupant, qui valide ou ne valide pas, la plupart du temps les demandes des Palestiniens. On assiste donc toujours, par exemple, à une répression terrible des manifestations pacifiques, ou l’on dénombre de nombreux morts parmi les Palestiniens, des blessés graves… L’impunité d’Israël est telle qu’ils font ce qu’ils veulent sur le terrain, sachant très bien qu’aucun pays ne viendra leur dire de changer d’attitude. C’est grave, mais la société civile s’organise de mieux en mieux et arrive doucement à des résultats forts, qui vont petit à petit changer les choses sur place.

 

Selon vous, la Palestine serait devenue un laboratoire dédié aux méthodes d’oppression. Pourriez-vous nous en dire plus ?

 

Israël et son économie vivent grâce à la guerre. Israël se vante d’être en expert en lutte anti-terrorisme, en sécurité, ce qui est, à l’époque dans laquelle on vit, très important. La société d’armes israéliennes Elbit par exemple, met en avant sur ses prospectus, ses prouesses dans les territoires occupés, Gaza compris. Israël importe le « conflit » à l’international. Les experts qui ont construit le mur de l’apartheid, sont impliqués dans la création du mur à la frontière mexicaine. Les commandos israéliens forment les forces spéciales de nombreux pays, et la police israélienne est consultée à chaque attaques terroristes en Europe ou ailleurs. Israël en toute impunité, peut donc se servir des territoires occupés, et de Gaza en particulier, comme « training ground ». Pour ses soldats, ses armes, ses bombes, ses missiles… et ensuite dire au monde entier « regardez comme nous sommes forts, regardez comme nous matons notre ennemi. Vous pouvez faire pareil vous savez, il vous suffit d’acheter nos armes, d’étudier nos techniques…». 

 

Israël ne parle pas du fait, bien entendu, que les gens et le peuple qu’ils matent, sont loin d’avoir le même arsenal militaire et sont enfermés entre des murs et des barbelés… Cela ne fait pas parti de l’histoire qu’Israël veut vendre au monde entier. Si l’on remet cela dans un contexte plus global, c’est encore plus dangereux. En effet alors que le mouvement de solidarité continue à dire, justement, qu’Israël n’est pas une démocratie, nous assistons à une « israélisation de nos sociétés », comme en France par exemple, avec un état d’urgence prolongé, des mesures répressives dures à l’encontre des mouvements sociaux… petit à petit, Israël va définir ce qu’est vraiment une démocratie.

 

Vous êtes l’un des coordinateurs du tribunal Russell sur la Palestine. Pourriez-vous détailler le rôle de cet organe et ses actions ?

 

Le Tribunal Russell sur la Palestine est né en 2009 à cause de l’inaction des organes en place, des institutions et des Etats, quant aux violations du droit international commises par Israel. Le tribunal s’est penché, pendant plus de 5 ans, sur l’impunité d’Israël et la complicité des Etats, des multinationales et des Nations-Unies. Notre mandat n’était pas de dire « oui Israël est coupable », bien d’autres avant nous, y compris des organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch, l’ont très bien fait, mais d’essayer d’internationaliser le sujet en démontrant qu’Israël ne pourrait pas faire ce qu’il fait sans un soutien, parfois inconditionnel, de l’Europe, des Etats-Unis et de certaines multinationales. Dans l’idée, faire comprendre aux citoyens du monde entier qu’ils ont un rôle à jouer pour mettre fin au colonialisme israélien et à l’occupation. 

 

Un tribunal des peuples, citoyen, sur la Palestine fut donc établi, comme celui sur le Vietnam ou l’Amérique Latine auparavant. Nous avons étudié à Barcelone la complicité de l’Union Européenne et de ses Etats membres, à Londres celle des multinationales, et à New York celle des USA et des Nations Unies. Nous nous sommes aussi penché au Cap, en Afrique du Sud, sur la question de l’apartheid israélien et du sociocide, un concept que l’on a voulu développer. Le tribunal a enfin, dédié une session entière, à Bruxelles, fin 2014, à l’attaque sur Gaza, qui a couté la vie à plus de 2300 palestiniens, la plupart des civils.

 

Quel bilan faites-vous de la campagne Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) ?

 

Il est difficile de faire un bilan alors que la campagne est, il faut le rappeler, encore jeune. Nous venons de fêter les 10 ans du lancement de l’appel BDS, lancée en 2005 par un collectif d’associations, d’ONG, d’individus et de syndicats palestiniens. Alors que le gouvernement israélien regardait cela en plaisantant en 2005, il dépense maintenant des millions pour combattre la campagne et organise des séminaires sur le sujet. Pour moi, c’est le signe principal de la réussite du mouvement. Si l’on est pas attaqué, ou critiqué, cela veut dire qu’on ne dérange pas vraiment le pouvoir en place.

 

La campagne BDS à eu un effet très important sur le mouvement de solidarité, partout dans le monde. Cela a donné regain à un mouvement qui s’essoufflait. Cela a permis, aussi, de le rajeunir et a donné aux citoyens quelque chose de concret à faire. La campagne BDS est importante car elle a mis en avant le fait que la Palestine était une question internationale et globale et que les gens du monde entier devaient s’en emparer. C’est une campagne de démocratie directe, qui face à l’inaction des gouvernements, passe à l’action et à l’offensive. C’est pour cela qu’elle fait autant peur. Maintenant, après 10 ans, nous sommes à un moment charnière où il faut passer à la vitesse supérieure, car les gouvernements et Israël ne nous ont pas attendu pour redoubler leurs efforts et, de plus en plus, criminaliser une campagne citoyenne et pacifique. Les prochains mois, c’est certain, vont être clefs à ce niveau là.

 

Avec l’émergence de nouveaux théâtres de conflits dans la région, la solidarité vis-à-vis de la cause palestinienne ne s’est-elle pas essoufflée ?

 

Je ne les qualifierais pas de « nouveaux » conflits, car ils sont pour la plupart la conséquence inévitable des envolés impérialistes, orientalistes et capitalistes de l’ouest et du soutien des pays occidentaux aux dictateurs sur place. Un peuple ne reste jamais soumis indéfiniment. Il s’organise, se rassemble, s’unit et un jour ou l’autre, il explose. 

 

Après, il est certain que les révolutions du monde arabe, la guerre civile syrienne et la naissance de Daesh sont utilisés par Israël pour démontrer qu’ils sont le seul pays avec des valeurs humaines, et occidentales de la région, et qu’il est donc important de les soutenir. Cela rentre parfaitement dans leur fable du David contre Goliath. Le gouvernement israélien fait donc tout son possible pour qu’effectivement la Palestine soit oubliée, au profit des autres conflits. Cela marche peut être avec les gouvernements, nous avons vu Obama, par exemple lors de son dernier discours pour le « State of the Union » n’a pas mentionné le mot Palestine une seule fois. Ce qui est très rare. Par contre, au niveau de la société civile, du peuple, la Palestine reste dans tous les esprits.

 

Quelles sont selon vous les stratégies de solidarité les plus pertinentes, particulièrement avec l’émergence des nouvelles technologies de l’information et de la communication ?

 

Il est évident qu’il ne faut pas compter avec l’aide et le soutien des médias de masse. Ils font partie du problème et il faut donc les contourner, puis les rendre caduques. Ils ne font, pour la plupart que répéter les discours des puissants et la propagande des gouvernements. Il suffit de voir comment les journalistes parlent des grévistes en France, ou des employés qui se révoltent contre leurs patrons. C’est à la fois honteux et pas étonnant du tout. Après tout, beaucoup de journalistes et d’hommes politiques ont fait les mêmes écoles et fréquentes les mêmes endroits. 

 

Maintenant, grâce aux médias sociaux et aux médias indépendants, il est de plus en plus facile de se passer des médias de masse, qui courent tellement après le profit qu’ils n’ont parfois même plus de journalistes sur le terrain, pour couvrir les événements. Avec youtube et un téléphone portable, n’importe qui maintenant peu montrer la réalité du terrain, et cela est flagrant en Palestine, et encore plus pendant le dernier assaut israélien à Gaza. Tout a été filmé, pas besoin de beaucoup chercher pour trouver des preuves. 

 

Je pense qu’il faut aller plus loin, et vraiment créer notre propre média, un média purement alternatif, un média de résistance. C’est faisable, une émission comme Democracy Now aux USA fait cela très bien: elle est très écouté et suivie. A nous d’en faire de même en Europe.

 

Palestine 

Noam Chomsky, Ilan Pappé

 

Entretiens dirigés par Frank Barat 

Traduit de l’anglais par Nicolas Calvé 

Ouvrage publié aux Editions Ecosociété

 

« Plomb durci » (2008-2009), « Pilier de défense » (2012), « Bordure protectrice » (2014) : les trois dernières offensives militaires d’envergure menées par Israël contre Gaza ont fait des milliers de morts du côté palestinien et donné lieu à de nouvelles expropriations de terres en Cisjordanie. Ces guerres de conquête israélienne ont ravivé, chez les militant.e.s de la justice sociale, le besoin d’exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien et l’importance de renouveler le vocabulaire politique lié à cette question. 

 

Noam Chomsky est linguiste, analyste des médias et professeur au Massachusetts Institute of Technology. Il est célèbre dans le monde entier pour ses écrits, notamment les livres suivants aux Éditions Écosociété: L’an 501, Le pouvoir mis à nuLe nouvel humanisme militaireLes dessous de la politique de l’Oncle SamPropagandes, médias et démocratieQuel rôle pour l’État?Israël, Palestine, États-Unis : le triangle fatidique et La poudrière du Moyen-Orient. 

 

Ilan Pappé est professeur d’histoire à l’Université d’Exeter et directeur du Centre européen d’études sur la Palestine.

 

Frank Barat est activiste et l’un des coordinateurs du Tribunal Russel sur la Palestine. 

 

http://ecosociete.org/livres/palestine

ISRAËL: le vol de la terre palestinienne érigé en principe

Publié par Michel El Diablo

ISRAËL: le vol de la terre palestinienne érigé en principe

source : le blog Action Communiste

source : le blog Action Communiste

ISRAËL: le vol de la terre palestinienne érigé en principe

Communiqué de l’AFPS

(Association France Palestine Solidarité) 

La méthode est éprouvée. Un matin des Palestiniens découvrent un panneau annonçant une nouvelle confiscation de terres pour permettre une avancée de la colonisation.

Ce fut le cas le 15 mars lorsque des Palestiniens de la vallée du Jourdain sont tombés sur un panneau affichant un document daté du 10, annonçant la confiscation de 234 hectares entre Jéricho et la Mer morte. Information par ailleurs diffusée par la radio militaire israélienne et confirmée par l’ONG israélienne « La Paix maintenant » et son observatoire de la colonisation.

L’événement coïncidait avec l’annonce par Israël d’une « reprise du dialogue avec l’Union européenne » suite à une conversation téléphonique entre Netanyahou et Federica Mogherini, responsable de la diplomatie européenne.

Les voleurs, comme chacun sait, étant amateurs de procédure ont pris soin de signer l’avis de confiscation du nom d’un responsable répondant au titre ronflant de "superviseur de la propriété de l’Etat et des propriétés abandonnées en Judée et Samarie". Superviseur en chef des terres volées de Cisjordanie.

234 hectares, c’est la plus grande confiscation de terres depuis deux ans qui vient s’ajouter à celle de 154 hectares de terres cultivables en janvier, toujours dans la région de Jéricho.

Ainsi le gouvernement israélien conduit-il méthodiquement le dépeçage de la Palestine, se sachant assuré d’une totale impunité. On n’ose attendre les réactions françaises après les propos du Premier ministre Valls au dîner du CRIF assimilant ignominieusement antisémitisme et antisionisme (entendre par là critique politique de l’Etat d’Israël) et annonçant des dispositions taillées sur mesure pour museler le mouvement de solidarité avec la Palestine dans la future loi « Egalité et citoyenneté ».

Sur le terrain, on voit mal pourquoi les autorités israéliennes renonceraient à poursuivre et amplifier leurs exactions alors que l’Union européenne renonce à demander réparation pour les destructions d’habitations, d’écoles, de bâtiments agricoles qu’elle a financés.

La question posée aujourd’hui à la France, comme aux autres pays de l’Union européenne, est de savoir si oui ou non elle donne son feu vert à Netanyahou pour poursuivre une politique qui mène au chaos. S’y opposer au contraire suppose de prendre sans délai des sanctions effectives contre l’Etat d’Israël comme autant de mesures d’urgence pour laisser une chance à la paix.

Le Bureau national de l'AFPS

Le 16 mars 2016

SOURCE:

La mairie socialiste de Paris critique le boycott des produits israéliens

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

La mairie socialiste de Paris critique le boycott des produits israéliens

Elle compte faire voter un voeu en ce sens cette semaine au conseil municipal parisien. C'est soi-disant pour "la promotion de la paix entre Israéliens et Palestiniens". Mais dans les faits, le PS de Paris soutient la politique gouvernementale qui ne fait rien contre l'occupation par Israël de la Palestine et l'extension des colonies.

Pas une fois le terme "colonisation" n'apparaît dans le texte. Mais le voeu socialiste souhaite des "échanges" entre les deux peuples sans dire qui colonise et opprime l'autre, dans un politique dénommée Apartheid en Afrique-du-Sud autrefois.

Ce même voeu critique le boycottage des produits israéliens, considérant que cette action envers la production provenue des territoires palestiniens occupés est illégale selon la loi française. Comme si les lois adoptées par le gouvernement de Françoois Hollande allaient dans le sens de la démocratie, du progrès et de la paix.

Anne Hidalgo avait fait de Paris-plage cet été Tel-Aviv-sur-Seine. Et si je vous dis que le voeu socialiste est à l'initiative de Patrick Klugman, maire-adjoint aux relations internationales, membre du bureau exécutif du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), dont on connaît la proximité avec l’état d’Israël et que le droite parisienne votera ce texte...

le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliensla campagne BDSla Plateforme des ONG pour la Palestine appellent à un rassemblement le 16 février, Place du Châtelet à 18h.

La mairie socialiste de Paris critique le boycott des produits israéliens

Cette carte s'arrête en 2010. Depuis cette date, l'occupation, déclarée illégale par l'ONU, de la Palestine par l'état d'Israël se poursuit et la colonisation s'intensifie.

 

L’Exploitation économique des territoires occupés de Palestine - La réponse du Droit à un crime.

Fabius et Valls ont obéi aux injonctions d’Hillary Clinton en empêchant la libération de Georges Ibrahim Abdallah !


, par  communistes
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Des emails récemment déclassifiés émanant de Hillary Clinton, ancienne ministre étasunienne des Affaires étrangères et actuelle candidate aux élections présidentielles révèlent qu’en 2013, alors qu’elle était ministre, elle est intervenue directement avec Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, pour empêcher la libération de Georges Ibrahim Abdallah.

L’appel téléphonique en question entre Hillary Clinton et Laurent Fabius a eu lieu le 11 janvier 2013, c’est-à-dire le lendemain du jour où la Cour d’Appel a prononcé la libération de Georges Ibrahim Abdallah.

Ibrahim Abdallah, communiste révolutionnaire arabe, militant de la cause palestinienne, était détenu dans une prison française depuis 1984. En 2013, la plus haute Cour de Justice française lui a accordé sa libération conditionnelle.

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document déclassifié sur l’appel de H. Clinton à L. Fabius (1)
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document déclassifié sur l’appel de H. Clinton à L. Fabius (2)
Mais Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, s’y est opposé suite à l’intervention d’Hillary Clinton. Il a refusé d’extrader Ibrahim Abdallah au Liban et a prétendu qu’il ne lui serait pas possible de veiller à ce que celui-ci tienne parole une fois rentré dans sa patrie.

Georges Ibrahim Abdallah a été condamné à l’emprisonnement à perpétuité en 1987 pour sa participation dans l’assassinat de Charles Ray, attaché militaire américain, et dans celui de Yakov Barsimentov, diplomate israélien, survenus à Paris en 1982, ainsi que pour l’attentat de 1984 contre le consul général américain à Strasbourg.

Robert Homme- Ibrahim Abdallah, autrefois leader du mouvement de guérilla marxiste-léniniste FRAL (Fractions Révolutionnaires Armées du Liban) est connu pour être l’homme qui a passé le plus de temps dans les prisons occidentales.

Il aurait pu être libéré en 1999, mais sept appels consécutifs ont été rejetés parce qu’il n’a fait preuve d’aucun remords pour son crime et parce qu’il y avait tout lieu de penser qu’il reprendrait son combat révolutionnaire s’il était libéré et renvoyé au Liban.

Bien que le gouvernement français n’ait aucune autorité juridique pour annuler la décision de la Cour d’Appel du 10 Janvier, nous espérons que les autorités françaises puissent s’appuyer sur d’autres bases pour remettre en cause la légalité de cette décision.

Ce n’était certes pas la première intervention étasunienne dans le cas Ibrahim Abdallah. Trente ans plus tôt, en 1986, Ronald Reagan était intervenu aux côtés de François Mitterrand pour empêcher sa libération. Des fonctionnaires du Département d’Etat ainsi que des membres du Congrès n’ont cessé d’exiger qu’il soit maintenu en prison.

Le communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah a entamé sa 32ème année de détention à Lannemezan (Hautes-Pyrénées) 

Source : Le désordre et Secours Rouge 
Qui est Georges Ibrahim Abdallah ?
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C’est un Libanais arabe, militant de la cause palestinienne, emprisonné en France depuis 1984 et reconnu coupable d’avoir participé à des actions armées avec le mouvement FARL (Fractions Révolutionnaires Armées du Liban). Celui-ci combat les invasions sionistes et colonialistes au Liban.

Georges Abdallah est militant depuis son plus jeune âge. Il a d’abord travaillé avec le PSNS, Parti social nationaliste syrien, puis avec le FPLP, Front populaire de libération palestinien. Alors membre du FPLP, il a combattu et a été blessé en 1978 par les forces israéliennes qui envahissaient le Liban.

Communiste et internationaliste engagé, il considère la lutte arabe contre le sionisme et l’impérialisme comme partie intégrante du combat des travailleurs du monde entier contre le capitalisme.

Le mouvement FRAL (Fractions Révolutionnaires Armées du Liban) a été créé pour résister aux attaques impérialistes contre le Liban, menées par les États-Unis, Israël ou tout autre pays. Georges Abdallah a été accusé d’avoir participé à des attaques contre des responsables militaires américains et israéliens en France.

Depuis 1999, on a jugé qu’il pouvait être libéré. Pourtant, il continue à se voir refuser la libération conditionnelle bien qu’elle lui ait été plusieurs fois accordée par des juges français. Le gouvernement libanais a officiellement demandé sa libération et lui-même demande à être extradé au Liban.

Mais le gouvernement français est intervenu au plus haut niveau, avec les Américains et les Israéliens, pour lui refuser la liberté sur parole.

Samidoun
 
29 janvier 2016
Voir en ligne : Sur le secours rouge belge

Palestine : a quoi joue Laurent Fabius ?

Palestine : a quoi joue Laurent Fabius ? 


par Richard Labévière

L’Envers des Cartes du 8 février 2016

lundi 8 février 2016, par Comité Valmy

 

PALESTINE : A QUOI JOUE LAURENT FABIUS ?

 

Le 29 janvier dernier, au cours d’une cérémonie de vœux au corps diplomatique, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a réactivé une vieille idée de la diplomatie française : une conférence régionale-globale pour relancer les discussions de paix entre israéliens et palestiniens. Cette conférence rassemblerait autour des deux parties leurs principaux partenaires : les Etats-Unis, l’Union européenne et les pays de la Ligue arabe. En cas d’échec, Laurent Fabius a répété que Paris reconnaîtrait de façon unilatérale l’Etat de Palestine. Diantre !

 

De celle de Madrid en 1991 à celle d’Annapolis en 2007, les conférences israélo-palestiniennes ont toujours demandé un énorme travail de préparation et de mise en condition. Et dans le contexte actuel, rien ne laisse augurer que de telles dynamiques soient envisageables. La sortie de Laurent Fabius, qui doit quitter son poste dans quelques jours pour aller pantoufler à la présidence du conseil constitutionnel, est d’autant plus incompréhensible que François Hollande n’a cessé de donner des gages à Benjamin Netanyahu depuis son arrivée à l’Elysée. Entre autres, chacun se souvient du communiqué de l’Elysée – du mercredi 9 juillet 2014, après plusieurs journées de bombardements israéliens meurtriers sur la bande de Gaza – par lequel la France éternelle « condamnait fermement » les tirs de roquettes du Hamas.

 

La présidence de la République estimait qu’il « appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces ». Le président de la République rappelait aussi « la nécessité de prévenir l’escalade des violences », sans autre indication et, surtout sans un mot pour les victimes civiles palestiniennes ! Alerté par ses nombreux conseillers en communication sur les effets dévastateurs d’un tel communiqué propre à désespérer la banlieue, l’Elysée rectifiait le lendemain en s’inquiétant un peu tard des victimes civiles… Trop tard, sans parler de Tel-Aviv sur Seine et plages ! Et malgré cette dernière tentative de rééquilibrer le curseur israélo-palestinien, François Hollande et le Parti socialiste abordent, désormais la prochaine élection présidentielle avec une indécollable image pro-israélienne…

 

Selon plusieurs de ses très proches, Laurent Fabius est littéralement obsédé par la trace qu’il laissera dans l’histoire de la diplomatie française, sinon dans l’histoire tout court et bien-sûr, il la souhaite la plus valorisante possible. Par ailleurs, rien n’énerve autant le ministre des Affaires étrangères sortant que les éloges régulièrement tressés à la gloire de son éminent prédécesseur Hubert Védrine, et tout spécialement dans sa gestion « équilibrée » du conflit israélo-palestinien. De Laurent Fabius, l’histoire retiendra surtout qu’il s’est opposé, et jusqu’au dernier moment, à la finalisation de l’accord historique sur le nucléaire iranien. Jusqu’à son inéluctable signature, le 14 juillet 2015 à Vienne, le ministre français des Affaires étrangères a servilement relayé critiques et demandes israéliennes. Au nom de quels intérêts ? Français et Européens ? A voir… Toujours est-il que Laurent Fabius a voulu épater la galerie avant de partir, se souciant comme d’une guigne de la concrétisation de sa proposition lancée à la cantonade.

 

Sur ce dossier essentiel pour la stabilité et la paix mondiales, Laurent Fabius a toujours été à contretemps. Fin août 2014, en clôture de la conférence des ambassadeurs, il lâche sans élaborer davantage qu’« il faudra bien, à un moment, reconnaître l’Etat palestinien ». Une nouvelle opération meurtrière de l’armée israélienne venait de s’achever (2300 victimes palestiniennes), après les vaines tentatives du secrétaire d’Etat américain John Kerry de relancer la négociation. A l’automne 2014, Paris présente au Conseil de sécurité le projet d’une résolution inédite qui imposerait aux protagonistes un calendrier contraignant ainsi que des paramètres sur les grandes questions (droit au retour des réfugiés palestiniens, Jérusalem capitale des deux Etats, reconnaissance mutuelle, etc.) Le 28 novembre 2014, un débat avait lieu à l’Assemblée nationale, avant un vote sur une résolution symbolique reconnaissant la Palestine. Laurent Fabius évoquait devant les députés la nécessité de trouver le bon tempo pour cette mesure unilatérale.

 

A la fin décembre 2014, Paris doit déchanter. Non seulement, les Etats-Unis ne soutiennent pas la démarche française, mais les Palestiniens préfèrent pousser un projet de résolution concurrent, via la Jordanie. Le texte est rejeté. Les efforts de la France sont balayés et les observateurs ébaubis devant un tel amateurisme. Commence alors un cycle de six mois de négociations intenses sur le programme nucléaire iranien. Paris relaie scrupuleusement toutes les demandes israéliennes et le voyage de Laurent Fabius au Proche-Orient, à la fin de juin 2015, est – sans surprise – un coup d’épée dans l’eau.

 

En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le 30 septembre, a lieu une réunion du Quartet (ONU, UE, Russie et Etats-Unis), élargie à la Jordanie, l’Egypte et l’Arabie saoudite. Le lendemain débute un nouveau cycle de violences, encore en cours et dans lequel 25 Israéliens et près de 160 Palestiniens (dont de nombreux agresseurs) ont été tués. Israël et les Etats-Unis, de leur côté, sont occupés à mettre la touche finale à un nouveau mémorandum qui fixera pour dix ans le montant de l’aide militaire américaine. Tel-Aviv annexe 150 hectares de terre palestinienne dans l’indifférence générale, y compris celle de la France et de son ministre des Affaires étrangères si soucieux de son image d’homme de paix.

 

Dans ces perspectives de déshérence, une diplomatie sérieuse aurait du, d’abord par dresser la nouvelle géopolitique de la question palestinienne. Depuis l’assassinat d’Yitzhak Rabin, le 4 novembre 1995 par un terroriste israélien, le processus de paix est au point mort et le mouvement palestinien a été cassé en plusieurs morceaux, les territoires de Cisjordanie et de Gaza aussi. De Tel-Aviv regardant la Palestine, on affectionne le bon mot de Mauriac disant qu’il aimait tellement l’Allemagne qu’il préférait donc en avoir deux.

 

Et l’on sait mieux, désormais comment les services israéliens ont misé, depuis le début des années soixante-dix sur les Frères musulmans, pour faire pièce à l’OLP laïque et marxisante de Yasser Arafat, en favorisant les factions qui se regrouperont sous la bannière du Hamas, et aujourd’hui celle de plusieurs factions jihadistes qui se sont proclamées en faveur de Dae’ch. Mais quoiqu’il arrive, Tel-Aviv poursuit inexorablement sa politique consistant à favoriser les factions islamistes extrémistes sur le refrain connu : c’est nous, l’« Etat juif » ou le chaos terroriste !

 

Jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001, la question palestinienne avait conservé une certaine centralité dans les efforts de recréation d’une certaine stabilité aux Proche et Moyen-Orient. Mais avec sa déclaration de « guerre planétaire à la terreur », les deux gouvernements Bush successifs vont vouloir remanier et « démocratiser » le Grand-Moyen-Orient, des côtes du Maroc au fin fond de l’Indonésie. Avec leurs guerres en Afghanistan, dans les zones tribales du Waziristân, en Irak, en Libye, au Yémen et ailleurs – dont on peut mesurer quotidiennement les brillantes conséquences – les Etats-Unis et leurs supplétifs occidentaux ont poursuivi une politique obsessionnelle de changement de régime qui, elle-aussi s’est avéré catastrophique.

 

Dans ce nouveau contexte stratégique, la revendication palestinienne a perdu toute dimension politique pour se transformer en une simple question de sécurité et de maintien de l’ordre. La doctrine des néoconservateurs américains et de leurs émules européennes et tout particulièrement françaises, a fini par imposer une doxa dominante théorisée durant les années quatre-vingt par l’un de ses chefs de file, l’historien Bernard Lewis : ne plus parler d’un « monde arabe » et d’Etats-nations arabes… mais de tribus, de clans et de confédérations de clans ! A la trappe la question nationale palestinienne, la priorité étant exclusivement donnée à la lutte contre le terrorisme et ses multiples ramifications internationales rhizomatiques et toujours récurrentes…

 

Dans ce contexte stratégique et idéologique, on peut toujours relancer toutes les idées de toutes les conférences que l’on veut et rédiger tous les projets de résolutions dont on sait par avance qu’ils seront aussitôt abandonnés à la critique rongeuse des souris… Mais alors, plutôt que faire compliqué, pourquoi ne pas chercher à faire beaucoup plus simple ?

 

Le 29 janvier dernier, le secrétaire général des Nations unis, Ban Ki-moon a durement critiqué – et ce n’est guère son habitude – la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée, appelant à un gel des constructions. La « frustration de Palestiniens s’accroît sous le poids d’un demi-siècle d’occupation et de paralysie du processus de paix », a-t-il déclaré en s’adressant au Conseil de sécurité lors d’un débat sur le Proche-Orient. Et de préciser que la poursuite de la colonisation « est un affront fait à la population palestinienne et à la communauté internationale (…) et soulève des questions fondamentales sur l’engagement d’Israël envers une solution à deux États ».

 

La réaction de Benjamin Netanyahou ne s’est pas fait attendre : « Les commentaires du secrétaire général de l’ONU encouragent le terrorisme ». Et pour qui n’aurait pas compris : « Il n’y a aucune justification au terrorisme. Les assassins palestiniens ne veulent pas bâtir un État, ils veulent détruire un État. » C’est avec la même arrogance que la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström s’était trouvée le 13 janvier « interdite de séjour » en Israël et en Palestine pour avoir demandé des enquêtes approfondies sur les nombreux décès de Palestiniens qui s’apparentent à des exécutions extrajudiciaires.

 

Réactions de la France et de ces partenaires européens ? Rien à ce jour. On voit même au contraire des pays européens refuser jusqu’à la décision d’étiquetage des produits des colonies et laisser Netanyahou jouer la division de l’Europe. A l’heure où tout semble bon pour donner des gages aux soutiens inconditionnels d’Israël dans notre pays, on aimerait savoir si Paris et son ministre des Affaires étrangères sortant choisissent par leur silence de désavouer Ban Ki-moon ou si ils se décident enfin à mettre en œuvre l’étiquetage des produits des colonies israéliennes, réclamé depuis longtemps. Cette prise de position sur ce dossier concret serait certainement plus efficace qu’un nouvel appel improbable à une conférence internationale tout aussi improbable !

 

Richard Labévière 


8 février 2016

Proche&Moyen-Orient.ch 
Observatoire Géostratégique

Israël. Une Française enceinte et mariée à un Palestinien expulsée d'Israël

Israël. Une Française enceinte et mariée à un Palestinien expulsée d'Israël

 

lundi 18 janvier 2016

 

Une Française enceinte et mariée à un Palestinien expulsée d'Israël  
Salah Hamouri. FRED DUFOUR / AFP

 

L'information connue de certains était restée jusqu'ici secrète. Jean-Claude Lefort, ancien député communiste a décidé de monter au créneau. "Décidément, on ne laissera pas tranquille Salah Hamouri", dénonce - t-il dans un communiqué. "Mais cette fois le cynisme est absolu : c’est sa femme, Elsa Lefort, enceinte de leur enfant, qui a été refoulée d’Israël !", continue M. Lefort, le père de cette jeune femme.  

 

Elsa Lefort est partie vivre à Jérusalem en 2014 où elle s'est mariée en juin de la même année avec cet ancien prisonnier, détenu dans une geôle israélienne pendant près de 7 ans (mars 2005-décembre 2011), reconnu coupable par un tribunal militaire (illégal au regard du droit international) d'avoir voulu fomenter un attentat contre un rabbin, Ovadia Youssef, aujourd'hui décédé. Alain Juppé, à l'époque numéro 1 du Quai d'Orsay, finira par avouer que le dossier d'accusation était vide. 

 

A sa sortie de prison, les déboires de Salah Hamouri n'allaient pas s'arrêter pour autant. Deux arrêtés militaires émanant de l'armée israélienne ont été pris contre lui en 2015, l'interdisant de se rendre dans les territoires occupés palestiniens. L'empêchant ainsi de finir son cursus d'avocat : Salah Hamouri avait repris des études de droit et son université se trouve à Ramallah ...

 

Après quelques jours passés à Paris auprès de sa famille lors des dernières fêtes de fin d'année 2015, Elsa Lefort et Salah Hamouri décident de repartir chez eux, à Jérusalem, le 5 janvier dernier. "Munie d’un visa délivré par les autorités israéliennes valable jusqu’en octobre 2016, elle a été refoulée à l’arrivée à Ben Gourion à Tel Aviv. Après deux jours et deux nuits d’emprisonnement, au motif, non prouvé bien évidemment, que le Shin Beth (NDLR: services secrets israéliens) la considère comme une personne dangereuse pour la sécurité d’Israël et même terroriste, a dû revenir en France !", s'indigne Jean - Claude Lefort.  

 

Elsa Lefort, qui travaille au consulat français de Jérusalem, est ainsi séparée de son mari alors qu'elle est enceinte. "De plus de 6 mois", précise son père. "Elle ne pourra plus prendre l’avion d’ici trois semaines. Le fait que l’enfant naisse à Jérusalem et non à Paris a son importance pour l’avenir de celui-ci", ajoute l'ancien député, qui a décidé de lancer un "appel en urgence aux parlementaires et à des personnalités". "Un appel destiné à soutenir les efforts effectués vers les autorités françaises qui, dans des circonstances parallèles, ne sont pas restées inactives pour aider nos compatriotes victimes d’arbitraire", conclut Jean-Claude Lefort.  

 

Ce dernier met à disposition une adresse mail à destination de celles et ceux succeptibles d'apporter leur soutien : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser." target="_blank">

 

Nadir Dendoune

 

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Exposition organisée à la Maison des Métallos par MSF sur le « quotidien des Palestiniens » en territoire occupé : le CRIF demande son interdiction

21 décembre 2015
Exposition organisée à la Maison des Métallos par MSF sur le « quotidien des Palestiniens » en territoire occupé : le CRIF demande son interdiction

 

Le Crif demande à la mairie de Paris d’arrêter une exposition sur les Palestiniens

 

Sur le site de l'Association France Palestine Solidarité

 

France TV Info avec AFP, samedi 19 décembre 2015

Selon l’organisme, une exposition de MSF consacrée à la vie des Palestiniens constitue "une apologie du terrorisme". L’ONG dénonce des accusations "inacceptables".

Pour le Crif, l’exposition "ne peut qu’attiser la violence antisémite et augmenter la menace terroriste" dans la capitale. Le Conseil représentatif des institutions juives de France demande, vendredi 18 décembre, à la maire de Paris de mettre fin à une installation de l’ONG Médecins sans frontières sur la vie des Palestiniens.

"Une apologie du terrorisme", selon le Crif

L’exposition contestée, "In Between wars" ("Entre deux guerres"), se veut "une immersion au coeur du quotidien des Palestiniens" en territoire occupé. ¨Présentée jusqu’au 23 décembre puis du 5 au 17 janvier à la Maison des métallos, elle a pour cadre une programmation plus large intitulée "Focus Palestine", présentée sous cette phrase : "Entre ceux qui sont désespérément faibles et ceux qui disposent d’une force militaire presque illimitée, comment rester neutre et se prétendre humaniste ?"

Selon le communiqué du Crif, l’exposition constitue "une incitation à la haine et une apologie du terrorisme". "Nous pleurons encore 130 morts, mais pour @MSF les terroristes sont des ’martyrs’, écrit son président, Roger Cukierman, sur Twitter. Choquant." Le responsable de l’organe de représentation politique de la première communauté juive d’Europe a protesté par courrier auprès d’Anne Hidalgo, la maire de Paris.

Des accusations "inacceptables", répond MSF

Le président de Médecins sans frontières, Mego Terzian, indique à l’AFP "comprendre" et "accepter" que l’exposition "puisse faire l’objet de critiques". Elle ambitionne de "rendre compte d’un point de vue humanitaire des difficultés quotidiennes des Palestiniens sous occupation israélienne", explique-t-il, un "parti-pris dont nous connaissons le caractère controversé".

Pour autant, le responsable de l’ONG estime que le président du Crif a "perdu le sens de la mesure et des responsabilités". Pour Mego Terzian, ses accusations "sortent du cadre d’un débat d’opinion et sont inacceptables".

 

Note de l’AFPS : Faisons de cette exposition un succès !

 

Elle a lieu jusqu’au 23 décembre PUIS du 5 au 17 janvier, à la Maison des Métallos (94 rue Jean-Pierre

Timbaud, Paris 11e ; M  ligne 2 arrêt Couronnes ; M  ligne 3 arrêt Parmentier ; Bus ligne 96).

Voir ici

L’entrée est gratuite alors passez l’info, amenez-y vos amis, parents, enfants !

Israël: les Etats-Unis sont en train de laisser le leadership à la Russie au Moyen Orient

Israël: les Etats-Unis sont en train de laisser le leadership à la Russie au Moyen Orient

 

06 Décembre 2015
 

Cette déclaration du Ministre de la Défense israélien faite à Washington est vraisemblablement destinée à enfoncer Obama et à peser sur les élections américaines, mais elle dit des choses de bon sens, à savoir que les Occidentaux n’on pas intérêt à envoyer des troupes au sol parce qu’ils feront l’unanimité contre eux et que pourtant nul ne peut l’emporter contre Daech et autres groupes terroristes sans l’appui de troupes au sol. Une idée que notre président et les autres européens auraient intérêt à méditer… Surtout que flambard Hollande a épuisé son lot de bombes (680) ce qui est d’un coût prohibitif à 100.000 euros la bombe…  A mois qu’il en ait vendu au passage à nos chers alliés saoudiens pour qu’il les balancent sur le Yemen… Serge Halimi a raison: je ne suis pas contre toutes les guerres, mais « contre les guerres imbéciles ».

 

(note de danielle Bleitrach)

Imagen ilustrativa

Imagen ilustrativa / Sputnik / Mikhail Voskresenskiy
 
La Russie joue un rôle prépondérant dans le conflit syrien, alors que les États-Unis ne peuvent pas assumer le leadership au Proche Orient, selon le ministre de la défense israélien, Moshé Yalón. Selon lui, des Etats-Unis. doit jouer un rôle plus influent dans la lutte contre l’État Islamique.

 

« Devant le manque de leadership des États-Unis dans la région [le Proche Orient], la Russie joue un rôle dominant dans le conflit syrien »,  a déclaré ce vendredi le ministre de la défense israélien, Moshé Yalón, dans le cadre du forum Saban de l’Institut Brookings de la capitale américaine, informe le journal israélien ‘ The Times of Israël ‘.

 

Selon le ministre, son pays est « préoccupé » par la participation de l’Iran aux  conversations multilatérales sur la Syrie convoquées par le secrétaire d’État d’Etats-Unis., John Kerry, à Vienne (Autriche). « Le processus de Vienne dont  je ne suis pas sûr qu’il ait un succès, offre à l’Iran l’opportunité de conquérir l’hégémonie », a-t-il  indiqué.
 

Yalón croit que, d’une part, il serait très désirable « d’éviter une opération terrestre occidentale en Syrie, tandis que d’un autre côté – il reconnaît – qu’il n’est pas possible » arriver à l’emporter sur le mouvement djihadiste de l’État Islamique sans une opération de ce type.

 

Depuis le 30 septembre, les forces aériennes russes bombardent les positions des terroristes en Syrie,  ses objectifs et infrastructure, en obtenant  des réussites perceptibles. Cette semaine le Royaume-Uni et l’Allemagne ont donné le feu vert à la participation des Forces Armées en campagne antiterroriste contre l’État Islamique en Syrie.

 

https://actualidad.rt.com/actualidad/193447-israel-rusia-papel-dominante-siria-eeuu

Alain Gresh : Les Occidentaux ne veulent pas comprendre : Oslo, c’est fini

Alain Gresh : Les Occidentaux ne veulent pas comprendre : Oslo, c’est fini

 

12 Novembre 2015

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Ex-directeur-adjoint du Monde diplomatique, animateur du blog « Nouvelles d’Orient » et grand spécialiste du Moyen-Orient, Alain Gresh explique qu’une solution du conflit syrien passe par une entente entre les différents acteurs régionaux et internationaux, et que la question palestinienne demeure centrale.
 

Al-Ahram Hebdo : Les récentes opé­rations militaires russes en Syrie risquent-elle de changer la donne dans le conflit syrien ?

 

Alain Gresh : L’intervention russe aide le pouvoir syrien et l’armée syrienne, donc on peut s’attendre à des avancées (de l’armée). Les Russes essayent d’enlever la pression sur toute une région tenue par le régime, de Lattaquié à Damas. Et cela donne les résultats que l’on connaît. Est-ce qu’à moyen terme cela aura des effets ? Il y a deux scénarios possibles : ou bien les Russes se servent de cela pour pousser le régime syrien vers une solution politique et une négociation, ou bien ils pensent qu’ils vont remporter une victoire militaire, et là je pense qu’ils se trompent parce qu’une telle victoire n’est pas possible, car c’est évident qu’elle sera inacceptable pour les Saoudiens, les Turcs et sans doute les Américains. Donc, on assistera à une escala­de. Certes, ce n’est pas la même chose qu’en Afghanistan, car la situation est très différente en terme de géopolitique. On n’est pas dans la guerre froide, mais on sent déjà une volonté de la part des pays du Golfe et de la Turquie d’aider l’opposition syrienne.

 

— Une solution politique est-elle envisa­geable ?

 

— La solution politique ne paraît pas très visible, dans la mesure où 4 ans de guerre ont complètement fait éclater l’opposition. La force principale est la force islamiste dans laquelle il y a aussi le Front Al-Nosra, qui fait partie d’Al-Qaëda. On sent aussi qu’il peut y avoir une unité de toute l’opposi­tion, à l’exception de l’EI pour combattre les Russes. Je ne vois pas de solution politique car je ne vois pas sur quelle base elle pourrait se faire, mais je ne vois pas de solution militaire non plus. L’intervention militaire russe ne changera pas la donne de manière fondamentale. A court terme, je pense que le seul objectif raisonnable, qui devait être celui de toute la communauté internationale, notam­ment des grandes puissances, est l’arrêt des combats.

 

— Les analystes, qui parlent d’une éven­tuelle confrontation américano-russe en Syrie à même de mener vers une troisième guerre mondiale, sont-ils trop alarmistes ?

 

— Oui, car l’enjeu n’a de telle importance, ni pour les Américains, ni pour les Russes au point de provoquer une guerre mondiale. On va voir jusqu’où iront les Russes et les Américains, mais je ne crois pas qu’il y aura une confrontation mondiale. C’est une situa­tion qui est bien sûr dangereuse. Car cette guerre est devenue une forme de guerre mon­diale dans la mesure où il y a une quinzaine de pays dont les avions survolent et bombardent (le territoire syrien), chacun avec des objectifs différents, dans un pays qui a été complète­ment détruit. Il faut le rappeler : pratiquement, la moitié des habitants de la Syrie sont soit réfugiés de l’intérieur soit réfugiés dans le monde. Une situation qui est insupportable et je pense que la priorité devait être ce problè­me. Je ne vois pas se dégager de solution politique, avec ou même sans Bachar. Et je ne vois pas comment on peut arriver à négocier.

 

— Le Caire a mené une initiative qui vise à créer un front unifié de l’opposition syrienne en vue d’une éventuelle solution politique. Qu’en pensez-vous ?

 

— Tout ce qui peut unir une opposition syrienne qui pourrait négocier est une bonne chose. Le problème est que l’opposition syrienne est le reflet de la situation du pays, c’est-à-dire d’un pays éclaté. Il y a aussi le fait qu’il n’y a pas de force politique dominante. On sait qu’il y a des centaines de groupes locaux de résistants dont les affiliations ne sont pas évidentes. C’est une situation très dangereuse. Je ne suis pas sûr que le régime syrien soit prêt à négocier, et puis négocier sur quoi ? Mais si on se place dans un cadre un peu plus large, il n’y a pas d’accord pos­sible sans une entente américa­no-russe, et turco-irano-saou­dienne.

 

— De telles ententes pourraient-elles voir le jour ?

 

— Il faudra à un moment donné que cela se fasse, sinon on ira vers une guerre moins mon­diale que régionale qui opposera l’Iran et ses alliés à l’Arabie et ses alliés avec le danger que cela se transforme en une vraie guerre confessionnelle. Il faudra que chacun des pro­tagonistes ait conscience que c’est une guerre où tout le monde va perdre et qu’il n’y aura pas de gagnant. Et aujourd’hui, calmer le jeu est dans l’intérêt de tout le monde. Sinon, on ira vers un délitement et un éclatement de toute la région.

 

— Etant donné toutes les divisions qui existent en Syrie, va-t-on vers une « somali­sation » du confit syrien ?

 

— Il est toujours très difficile de voir vers quoi nous allons, mais je crois que la division chiite-sunnite, qui est utilisée aujourd’hui, n’est pas si profonde que ça. Au Liban et en Iraq, chiites et sunnites se mariaient entre eux. Quand il y a eu en 2006 l’agression israélien­ne contre le Liban, le portrait de Hassan Nasrallah était partout (dans le monde arabe), mais malheureusement, il peut y avoir une alimentation de cette guerre. Cela peut deve­nir des prophéties auto-réalisatrices. Petit à petit, chacun se replie sur son camp. Il y a le cas, par exemple, du Liban où la guerre au départ n’était pas confessionnelle et qui petit à petit s’est transformée en guerre confession­nelle. En Iraq, contrairement à ce qu’on pense, il y a un très fort pouvoir chiite qui est très hostile au confessionalisme et à la politi­que actuelle du gouvernement. Ce sont des choses dangereuses, mais qui sont réversibles.

 

— Un éventuel apaisement entre l’Iran et l’Arabie saoudite est-il possible ?

 

— Il est peut-être très difficile, car il existe une paranoïa des deux côtés. C’est la logique de tous les pays qui s’affrontent, qui s’imagi­nent toujours le pire chez l’autre. Avant l’af­faire du Yémen, à mon avis, il y avait quand même des possibilités de rapprochement. Les Iraniens étaient contents du fait qu’ils avaient un accord avec les Américains. Le Yémen n’est pas si décisif pour eux. Ils ne sont pas énormément intervenus contrairement à ce que disent les Saoudiens. Donc, avant l’affai­re du Yémen, les Iraniens ont visité différents pays du Golfe et ont déclaré à plusieurs repri­ses être prêts à rencontrer les Saoudiens. Mais ces derniers ne les croient pas en partie parce qu’ils (les Iraniens) pro­gressent au Liban, en Iraq, et que les Saoudiens les voient aussi progresser au Yémen. On était donc dans une situation difficile, mais on pouvait ima­giner une rencontre. Le Yémen a été la goutte d’eau de trop pour les Saoudiens.

 

— Le conflit sunnite-chiite ne finit-il pas par remplacer le conflit israélo-palestinien ?

 

— Il ne faut pas y voir un complot. Il y a un véritable débat dans les cercles des dirigeants israéliens sur ce qu’il fallait faire par rapport à la guerre en Syrie. Il y avait ceux qui disaient qu’Assad est notre meilleur ennemi et que les frontières avec lui ont toujours été stables. D’autres disaient qu’au contraire, Assad est l’allié de l’Iran, donc c’est notre ennemi et il vaut mieux qu’il tombe. Les autres répondaient que s’il tombait,b les djihadistes viendraient au pou­voir. Et puis, il y a quelqu’un qui a dit, et à mon avis, c’est aujourd’hui la politique israé­lienne — mais ce n’est pas les Israéliens qui ont créé cette situation — que (les Syriens) s’entre-tuent le plus longtemps possible. Cela permet d’écarter la Syrie du champ de bataille avec Israël et occupe le monde arabe. Comme si la Palestine n’existait pas.

 

— Depuis le début du conflit syrien, le problème palestinien ne figure plus parmi les priorités de la communauté internatio­nale, malgré le fait qu’on parle de troisième intifada … Qu’en dites-vous ?

 

— Depuis les révolutions arabes, il y a un discours notamment dans les chancelleries occidentales, selon lequel la question palesti­nienne n’est pas importante. J’ai toujours pensé que cette analyse est fausse, et qu’au contraire, la question palestinienne est cen­trale et sensible. Je pense que les images actuelles (en Palestine) alimentent Al-Qaëda, parce que les gens ne savent plus quoi faire. Il y a une sorte de désespoir. C’est l’une des raisons de l’intifada, qui était d’ailleurs l’une des raisons aussi de la première intifada. En 1986, cette dernière a éclaté après un sommet arabe qui a eu lieu à Amman, où il n’y a pas eu un mot sur la Palestine. D’une certaine manière, l’intifada était une façon de dire que nous sommes toujours là. Aujourd’hui aussi, c’est pour dire que ça ne peut pas continuer, la différence est qu’il n’y a pas de perspective politique. Il y a une Autorité palestinienne totalement discréditée et le Hamas qui n’a pas de stratégie politique. Après la première inti­fada, le projet politique était clair : créer un Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza. Mais de plus en plus, ce projet paraît difficile sur le terrain. C’est l’une des raisons pour lesquelles les chancelleries occidentales s’ac­crochent à Oslo. On fait semblant qu’il y a encore quelque chose de possible, alors qu’il n’y en a pas. Un journaliste israélien a dit que l’intifada actuelle montre ce que va devenir l’Etat israélien : « un Etat unique national avec une forme d’apartheid, et des formes de désespoir, des gens qui poignardent des sol­dats ou des civils israéliens ».

 

— La majorité des médias occidentaux ne parlent pas des attaques israéliennes contre l’Esplanade des mosquées en tant qu’élément déclencheur de cette dernière intifada, mais plutôt des « violences » des deux parties …

 

— Jusqu’à Oslo, la position de la diplomatie occidentale était qu’il y avait un peuple sous occupation et qu’il fallait trouver une solution. Mais après Oslo, cette position s’est transformée : ll y a deux peu­ples et ils négocient. C’est l’illusion qu’Oslo existe, alors qu’il n’existe pas. Le commu­niqué du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, par exemple, dit « condamner les violences ». Mais les violences de qui, de quoi, dans quelles conditions ? Bien sûr, tout le monde condamne le fait de poignarder qui que ce soit. Mais il y a quelque chose de fondamental que les Occidentaux n’ont pas compris et ne veulent pas compren­dre : Oslo, c’est fini. Soit ils pensent que la solution de deux Etats est encore possible, à ce moment-là, il faut arrêter la colonisation et il faut le faire d’une manière déterminée en mettant des sanctions contre Israël, ou ils pen­sent que ce n’est plus possible, alors, il faut en tirer les conséquences, c’est-à-dire qu’Israël est en train de devenir un Etat d’apartheid et qu’il se met en dehors de la communauté internationale

De par la loi

De par la loi

Publié le 8 Novembre 2015

et au nom de la démocratie.

de la charte des nations Unies qui interdit

le colonialisme et le pillage des peuples.

De par la loi
 
De par la loi De par la loi

Ils viennent du Chili, de Tunisie ou de Grèce.

Ils ont l'air appétissant.

 

Sur ordre d'un pouvoir plus rapide à légitimer un pouvoir nazi en Ukraine qu'à faire respecter la charte des nations Unies dont la France s'honnore d'avoir rédigé l'appel fondateur, un pouvoir qui commerce avec les pays du globe les plus répressifs qui foulent aux pieds la dite charte, il est interdit d'appeler au boycott des produits issus de la spoliation territoriale, de la surexploitation des salariés annexés.

 

Dont acte, La Canaille n’appellera donc pas publiquement au boycott des produits venant des territoires occupés par le pouvoir impérialiste de Tel Aviv puisque c'est interdit.

 

Par contre, rien n'interdit à Canaille le Rouge de vous informer que celui qui signe sous ce pseudo, pour ce qui le concerne, dans le cadre du marché libre et non faussé institué par les instances qui soutiennent le pouvoir israélien, persistera à ne sélectionner pour son caddy que des produits dont il est certain que la production est conforme aux obligations imposées par le respect de la charte des nations Unies telle que ratifiée par la France.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Télérama : interview, nous avons voulu lutter contre la mythification de la Shoah

Télérama : interview, nous avons voulu lutter contre la mythification de la Shoah

 

05 Novembre 2015
 

Montrer l’usine à fabriquer des cadavres qu’était Auschwitz dans un film de fiction, voilà qui est potentiellement explosif. A Cannes, László Nemes, réalisateur du « Fils de Saul », et sa scénariste Clara Royer, nous racontaient pourquoi ils ont tenu à en faire le sujet de leur premier film.
 

Elle est française, romancière et universitaire, spécialiste des littératures d’Europe centrale. Il est hongrois, cinéaste (il a été l’assistant de Béla Tarr) et parle un français limpide. Il y a quinze ans, il a été son professeur de hongrois pendant quelques mois. C’était à Paris, qu’ils ont quitté en 2003 pour s’installer en même temps à Budapest.

 

Clara Royer et László Nemes sont jeunes. Même pas 40 ans. Mais rien ni personne n’aurait pu les empêcher d’écrire ensemble Le Fils de Saul, le seul premier long métrage en compétition à Cannes cette année. Ou l’histoire d’un « Sonderkommando » à Auschwitz qui décide, envers et contre tout, d’inhumer son fils mort dans le camp.

 

Les Sonderkommandos ? Des déportés chargés de convoyer d’autres déportés jusqu’aux portes des chambres à gaz, d’en extraire les cadavres pour les brûler, avant de nettoyer les lieux et de se débarrasser des cendres. Pour ces détenus au statut particulier, le travail n’est qu’un sursis. Comme tous les autres, ils sont éliminés au bout de quelques mois.

 

De l’aveu de sa coscénariste, Le Fils de Saul est « sorti des tripes » du réalisateur László Nemes, qui a pris le parti radical de ne pas quitter son personnage principal d’une semelle. C’est avec lui que l’on découvre Auschwitz comme on ne l’avait probablement jamais vu au cinéma : une ruche abominable et gigantesque, une usine à fabriquer des cadavres à la chaîne.

Clara Royer et Laszlo Nemes au
Clara Royer et Laszlo Nemes au « photocall » du Fils de Saul.

Lionel Cironneau/AP/SIPA

Clara Royer et László Nemes ne sont pas naïfs. Ils savent que le sujet est explosif, et que le diktat lanzmannien de « l’irreprésentabilité » des camps sera brandi tel un totem par leurs détracteurs. Mais on les sent calmes et déterminés. Le Fils de Saul est leur façon de transmettre une histoire dont ils se disent les héritiers. « C’est à nos yeux un sujet éminemment contemporain. Extrêmement important à l’heure où l’Union européenne est en danger. Car après tout, l’Europe s’est aussi bâtie sur la Shoah. »

 

C’est votre premier long métrage. Pourquoi les camps ?

 

László Nemes : Une partie de ma famille a été déportée en 44. Il n’est pas resté grand monde. Cette histoire me hante depuis l’enfance et j’ai toujours un peu vécu dans les camps, en imagination. Un jour, je suis tombé sur un livre intitulé Des voix sous la cendre. Il s’agit d’un recueil de textes écrits, enterrés et cachés par des Sonderkommandos d’Auschwitz, ces travailleurs de l’extermination qui se sont rebellés en octobre 1944. Ils parlent avec précision du quotidien, de l’organisation et de la hiérarchie du camp. Dans ce livre, il y a aussi des témoignages moins factuels, plus subjectifs, qui vous transportent dans la tête d’un travailleur du four crématoire. Je n’avais jamais lu ce type de témoignages avant, jamais entendu ces voix-là auparavant. Elles racontent le cœur de l’enfer. Exactement ce que je voulais traiter : pas un récit de survie mais, au contraire, l’histoire de ceux qui ne sont pas revenus. Quant à la trajectoire particulière du personnage, Saul, elle a surgi d’une phrase, d’une seule.

Laquelle ?

 

Clara Royer : Je ne m’en souviens pas mot pour mot mais elle mentionne un homme, membre d’un Sonderkommando, qui reconnaît son fils parmi les cadavres et décide qu’il doit être enterré. Quand László m’a appelée pour me dire cette phrase, j’ai su que nous tenions notre film.

 

LN : Je voulais écrire avec quelqu’un et comme je ne fais confiance qu’à mes amis, j’ai fait appel à Clara. J’avais besoin de mener ce projet avec quelqu’un. Seul, c’eût été au-dessus de mes forces.

 

CR : J’ai tout de suite été frappée par la dimension humaine de cette histoire : dans l’enfer du camp où tous les corps sont censés brûler dans les fours, un homme choisit d’accomplir une impossible quête.

 

Comment s’est imposé ce parti pris de mise en scène, qui consiste à rester de bout en bout à hauteur d’homme, d’un seul homme ?

 

LN : L’écriture du film est inséparable de sa réalisation. Dès le départ, nous savions que nous voulions raconter cette histoire différemment, la représenter comme nous ne l’avions jamais vue représentée. Saul Ausländer nous en donnait l’occasion. D’un côté Auschwitz, le camp, cette usine de mort, et de l’autre, l’histoire personnelle de Saul, qui croit reconnaître son fils parmi les morts. J’ai choisi de montrer le camp comme il le voit lui, ce Juif hongrois membre du Sonderkommando, et de m’en tenir strictement à son point de vue. Ni plus ni moins.

 

CR : Moi, qui suis romancière, j’ai appris l’humilité de l’écriture scénaristique. On ne fait pas de style, pas de littérature quand on écrit un scénario. Qui plus est sur un tel sujet. László s’agaçait quand il trouvait les dialogues trop longs : nous sommes dans un camp, chaque parole est une prise de risque, les prisonniers ne se parlent pas comme dans un roman ! J’ai beaucoup appris de ce travail de dépouillement systématique.

 

Vous êtes-vous beaucoup documentés ?

 

LN : Oui, bien sûr. Au maximum. Nous étions paniqués à l’idée des libertés trop grandes que nous pourrions prendre à l’égard des faits. Avoir tous deux suivi des études d’Histoire – Clara, plus que moi ! – nous a aidés à relativiser. Nous avons eu peur mais nous n’avons jamais douté que notre film serait respectueux.

 

CR : On a lu énormément. Mais on a aussi eu l’occasion de rencontrer Gideon Greif, un historien israélien qui a recueilli les témoignages de survivants des Sonderkommandos. Nous lui avons demandé beaucoup de précisions sur les détails de leur quotidien : les tenues, la nourriture, etc. En France, nous avons consulté Philippe Mesnard, un spécialiste du sujet. Il y avait aussi le témoignage de ce médecin juif hongrois affecté aux crématoires, Miklós Nyiszli.

Avez-vous réalisé votre film contre certaines représentations des camps au cinéma ? 

 

LN : Moi, oui. C’est très clair. Si Shoah, de Lanzmann, n’a eu de cesse de nous nourrir, la plupart des films de fiction réalisés sur ce sujet montrent combien il est facile de verser dans l’irrespect. En faisant monter les enchères visuelles, en cherchant à montrer toujours plus. More is more… Je dois dire que La Liste de Schindler est loin, très loin, d’être le pire des films sur la Shoah. J’aime bien The Pawnbroker de Sidney Lumet [Le Prêteur sur gages, réalisé en 1964, ndlr], précisément parce qu’on entre un peu dans la tête du personnage principal, un rescapé des camps.

 

CR : Nous nous sommes interdit certaines choses. Le sensationnalisme, le pathétique facile… Pas question, par exemple, de filmer les déportés en train de mourir dans les chambres à gaz. C’est une impossible reconstitution. Et puis, notre personnage, Saul, ne voit plus l’horreur qui l’entoure. Nous montrons une vision volontairement parcellaire du camp et de ses rouages. La vision de Saul. C’est au spectateur de reconstituer, à l’aide de son imagination, les images manquantes.

 

LN : Avec le chef opérateur, Mátyás Erdély, nous avions même défini une liste de principes à respecter. Le film ne pourrait pas être beau. Les jolis plans ou une lumière sophistiquée était à bannir. On voulait éviter toute iconographie, ne surtout pas composer de tableaux. Pour le son, on s’en est tenu au fait, aux langues diverses dans lesquelles les uns et les autres ont parfois du mal à se comprendre, aux ordres hurlés. L’environnement sonore se veut assez réaliste.

 

Votre jeunesse étonne…

 

CR : C’est vrai, nous sommes d’une autre génération que celle des cinéastes qui ont tenté de représenter l’univers concentrationnaire. Nous ne sommes pas des témoins de la Shoah, mais des héritiers. Cela nous semble important que des gens de notre âge puissent transmettre quelque chose de cette période à notre génération.

 

LN : Tout en refusant le recul historique qui nous autoriserait à livrer des vues d’ensemble et des plans larges pour rester au plus près du personnage principal, en immersion, à ses côtés. Les gens ont construit des tabous sur la représentation des camps, sur la Shoah, qui sont en fait totalement contre-productifs. Comment transmettre quoi que ce soit quand le mythe fige tout sur son passage ? Il faut aller contre cette mythification de la Shoah. Ceux qui ont commis l’extermination des Juifs d’Europe, comme ceux qui l’ont subie, n’étaient pas des créatures mythiques mais des être humains. Des hommes ont fait cela à d’autres hommes. L’ignorer c’est le nier.

 

Le film montre que le camp fonctionne aussi sur une sorte d’équilibre de la terreur entre les détenus eux-mêmes…

 

CR : Oui mais c’est un lieu où l’équilibre est précaire. Où tout peut s’emballer très vite comme dans cette scène nocturne où l’on voit les SS et les Sonderkommandos complètement dépassés par le nombre de déportés arrivant au camp par convois entiers.

 

LN : Un camp, c’est de l’organisation et du chaos en même temps. Les nazis faisaient en sorte que les détenus aient accès à très peu d’informations, voient peu de choses et ne sachent pas toujours où ils se trouvent.

 

Vous êtes-vous préparés à ce que le film suscite la polémique ?

 

LN : C’est en France que le débat sur la représentation des camps est toujours très intense. En Angleterre par exemple, ce n’est pas le cas.

 

CR : On a encore peu de retours mais on espère que le public comprendra qu’on n’a pas fait ce film pour polémiquer. Mais simplement pour proposer autre chose.

 

Au fond, que voulez-vous transmettre au spectateur ?

 

LN : Une expérience sensorielle. Redonner du sens en faisant notamment appel aux sens du spectateur.

Israël : ça commence à sentir le gaz (lisez la suite avant de ricaner)

Dans une vidéo (*) filmée dans le camp de réfugiés d’Aïda, près de Bethléem, l’armée israélienne menace par haut-parleur de gazer les Palestiniens :

 

"Habitants d’Aïda, nous sommes l’armée d’occupation[sic, et CQFD donc]. Vous lancez des pierres, nous vous enverrons des gaz jusqu’à ce que vous en mourriez. Les enfants, les jeunes, les personnes âgées, vous allez tous mourir, nous ne laisserons aucun d’entre vous vivant. Nous avons arrêté l’un d’entre vous, il est entre nos mains à présent. Nous l’avons arrêté chez lui et nous allons le massacrer et le tuer sous vos yeux si vous continuez à lancer des pierres. Rentrez chez vous ou nous vous gazerons jusqu’à ce que vous en mourriez. Vos familles, vos enfants, nous tuerons chacun d’entre vous. Écoutez-moi, et rentrez tous chez vous, c’est le mieux pour vous".

 

Théophraste R. 


Comment commenter l’incommentable ?

 

 

(*) https://www.youtube.com/watch?v=QC5_W_zUzHc (sous-titré en anglais)

 

Analyse d’un parlementaire palestinien emprisonné

Analyse d’un parlementaire palestinien emprisonné.

Marwan Barghouti s’adresse à nous.

Le dernier jour de l’occupation sera le premier jour de la paix

 

, par  Paul Barbazange
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Rouge midi vient de publier cette tribune de Marwam Barghouty. Elle mérite largement diffusion. A un moment où face à l’embrasement du moyen orient notre solidarité au peuple palestinien peine un peu à rester au niveau nécessaire à l’efficacité du combat anti impérialiste.

Paul Barbazange


 

Marwan Barghouthi en direct de la prison de Hadarim cellule n°28.

mercredi 14 octobre 2015

 

Aucun peuple sur terre n’accepterait de coexister avec l’oppression. Par nature, les êtres humains aspirent à la liberté, luttent pour la liberté, se sacrifient pour la liberté. Et la liberté du peuple palestinien n’a que trop tardé. Une tribune de Marwan Barghouthi [1]parue dans le journal anglais The Guardian le 12 octobre dernier.

 

L’escalade n’a pas débuté avec la mort de deux colons israéliens. Elle a débuté il y a longtemps, et s’est poursuivie durant des années. Chaque jour, des Palestiniens sont tués, blessés, arrêtés. Chaque jour, le colonialisme avance, le siège contre notre peuple à Gaza se poursuit, l’oppression et l’humiliation persistent. Alors que certains veulent que nous soyons accablés par les conséquences potentielles d’une nouvelle spirale de la violence, je continue à plaider, comme je l’ai fait en 2002 , pour que l’on s’attaque aux causes de cette violence : le déni de liberté pour les Palestiniens.

 

Certains ont suggéré que la raison pour laquelle nous ne sommes pas parvenus à conclure un accord de paix est le manque de volonté de feu Président Yasser Arafat ou du manque de capacité du Président Mahmoud Abbas, alors que tous les deux étaient prêts et capables de signer un tel accord.

 

Le véritable problème est qu’Israël a choisi l’occupation aux dépens de la paix et a usé des négociations comme d’un écran de fumée pour faire avancer son projet colonial. Tous les gouvernements au monde connaissent pertinemment cette vérité élémentaire et pourtant nombre d’entre eux prétendent que le retour aux recettes éculées nous permettra d’atteindre la liberté et la paix.

 

La folie c’est de répéter sans arrêt la même chose et d’espérer un résultat différent. Il ne peut y avoir de négociations sans un engagement israélien clair de se retirer complètement du territoire qu’Israël a occupé en 1967, y compris en ce qui concerne Jérusalem, une fin de l’ensemble des politiques coloniales, la reconnaissance des droits inaliénables du peuple palestinien, y compris le droit à l’auto-détermination et au retour, et la libération de tous les prisonniers palestiniens. Nous ne pouvons coexister avec l’occupation israélienne, et nous ne capitulerons pas devant elle.

 

On nous a demandé d’être patients, et nous l’avons été, donnant une chance après l’autre pour la conclusion d’un accord de paix, y compris depuis 2005 et jusqu’à aujourd’hui. Il est peut-être utile de rappeler au monde que notre dépossession, exil et transfert forcés, et l’oppression que nous subissons ont duré près de 70 ans et nous sommes le seul point toujours à l’agenda des Nations Unies depuis sa création.

 

On nous a dit qu’en ayant recours aux moyens pacifiques et aux cadres diplomatiques et politiques, nous engrangerions le soutien de la communauté internationale pour mettre fin à l’occupation. Et pourtant, comme en 1999 à la fin de la période intérimaire, la communauté internationale n’a pas réussi à adopter une seule mesure significative, y compris mettre en place un cadre international assurant la mise en œuvre du droit international et des résolutions onusiennes, et adopter des mesures pour mettre fin à l’impunité, y compris à travers le boycott, les désinvestissements et les sanctions, en s’inspirant des outils qui ont permis de débarrasser le monde du régime d’apartheid.

 

En l’absence d’intervention internationale pour mettre fin à l’occupation, et en l’absence d’actions sérieuses des gouvernements pour mettre fin à l’impunité d’Israël, et en l’absence de toute perspective de protection internationale accordée au peuple palestinien sous occupation, et alors même que la colonisation et ses manifestations diverses, y compris les attaques violentes des colons israéliens, s’intensifient, que nous demande-t-on de faire ?

 

Laisser faire et attendre qu’une autre famille palestinienne se fasse brûler, qu’un autre jeune palestinien se fasse tuer, qu’une nouvelle colonie soit construite, qu’une autre maison palestinienne soit détruite, qu’un autre enfant palestinien soit arrêté, qu’une nouvelle attaque de colons ait lieu, qu’une autre agression contre notre peuple à Gaza soit lancée ?

 

Le monde entier sait pertinemment que Jérusalem est la flamme qui peut inspirer la paix ou déclencher la guerre. Alors pourquoi demeure-t-il impassible alors que les attaques israéliennes contre le peuple palestinien dans la ville et les lieux saints musulmans et chrétiens, notamment Al-Haram Al-Sharif, continuent sans relâche ? Les actions et les crimes israéliens ne détruisent pas seulement la solution à deux États sur les frontières de 1967 et violent le droit international. Ils menacent de transformer un conflit politique qui peut être résolu en un conflit religieux éternel qui ne fera que déstabiliser plus avant une région qui fait déjà l’expérience de bouleversements sans précédents.

 

Aucun peuple sur terre n’accepterait de coexister avec l’oppression. Par nature, les êtres humains aspirent à la liberté, luttent pour la liberté, se sacrifient pour la liberté.

 

Et la liberté du peuple palestinien n’a que trop tardé. Pendant la première Intifada, le gouvernement israélien a lancé une politique « briser leurs os pour briser leur volonté », mais une génération après l’autre, le peuple palestinien a démontré que sa volonté ne peut être brisée et ne doit pas être testée.

 

Cette nouvelle génération palestinienne n’a pas attendu les pourparlers de réconciliation pour incarner une unité nationale que les partis politiques ont échouée à réaliser, dépassant les divisions politiques et la fragmentation géographique. Elle n’a pas attendu d’instructions pour mettre en œuvre son droit, et même son devoir, de résister à cette occupation. Elle le fait sans armes, alors même qu’elle est confrontée à une des plus importantes puissances militaires au monde. Et pourtant, nous demeurons convaincus que la liberté et la dignité l’emporteront, et que nous triompherons. Et que le drapeau palestinien que nous avons levé avec fierté à l’ONU flottera au-dessus des murailles de la vieille ville de Jérusalem, pas pour un jour, mais pour toujours.

 

J’ai rejoint la lutte palestinienne pour l’indépendance il y a 40 ans, et fus emprisonné pour la première fois à l’âge de 15 ans. Cela ne m’a pas empêché de plaider pour une paix fondée sur le droit international et les résolutions de l’ONU. Mais j’ai vu Israël détruire méthodiquement cette perspective année après année.

 

J’ai passé 20 ans de ma vie dans les geôles israéliennes, y compris les 13 dernières années, et ces années n’ont fait que renforcer ma foi en cette vérité inaltérable : le dernier jour de l’occupation sera le premier jour de paix. Ceux qui veulent réaliser cette dernière doivent agir, et agir maintenant, pour précipiter la première.

 

Marwan Barghouthi prison de Hadarim cellule n°28

 

[1] Marwan Barghouthi, leader palestinien emprisonné, député, Président du groupe d’amitié avec la France au Conseil Législatif Palestinien, Membre du Comité Central du Fatah, souvent appelé « le Mandela palestinien »

Israel veut adhérer à la zone de libre-échange eurasienne

Israel veut adhérer à la zone de libre-échange eurasienne

 

29 Octobre 2015
 

La Russie , qui par ailleurs témoigne de fermeté sur la question palestinienne, a réussi l’exploit diplomatique d’avoir d’excellentes relations avec le gouvernement israélien. Une des bases de cet accord est l’histoire de la deuxième guerre mondiale, Poutine étant connu comme philosémite et prenant garde à ne jamais laisser développer ni antisémitisme, ni anti-islamisme et menant une lutte active contre un terrorisme (stratégie commune avec les pays eurasiatique) qu’il attribue pour une bonne part aux américains et une autre aux Saoudiens. C’est une grande diplomatie comparable à celle que savait jadis mener la France et qui lui permettait de servir d’intermédiaire entre les pires adversaires. Encore une preuve que l’intervention militaire de la Russie en Syrie n’est qu’une pièce du dispositif diplomatique qui tente de dégager des intérêts communs. En ce qui concerne les aspects commerciaux, la similitude avec la Chine est  évidente; Partir des intérêts communs en matière de développement et ici, comme pour la Chine, ils sont évidents: transferts de technologie et capitaux d’investiissement D’ailleurs je signalais que les deux principaux investisseurs en Crimée russe sont la Chine et Israël. 

(note de Danielle Bleitrach)

 

https://www.rt.com/business/319947-Israel-Russia-EEU-trade/
Published time: 28 Oct, 2015 12:21

Russian President Vladimir Putin (L) welcomes Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu © Ivan Sekretarev
Russian President Vladimir Putin (L) welcomes Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu © Ivan Sekretarev

 

Tel Aviv a l’intention de conclure un accord sur une zone de libre-échange avec l’UnionÉconomique Eurasienne Menée par la Russie (EEU) dès que possible, a dit le co-président de la Commission Commerciale russe-israélienne Zeev Elkin.

 

Nous donnons aux  négociations entre Israël et l’EEU « la plus haute des priorités , » dit l’agence  TASS  en citant le ministre.

 

« Nous avons demandé aux russes de commencer des négociations au début de 2016 et nous aurons  au moins deux rounds de pourparlers ensuite , à une allure normale, un tel accord peut être signé dans deux ans, » a déclaré Elkin.

 

Il a dit que l’accord final dépend de la difficulté de questions auxquelles nous serons confrontés pendant des négociations, mais a ajouté  qu’Israël marche activement pour donner le coup d’envoi des pourparlers dès que possible.

 

« Nous croyons qu’il a un grand potentiel pour l’économie israélienne et pour les pays [de l’EEU]. Je crois qu’il n’y a aucune raison de  retarder l’accord » a dit Elkin.

 

Israël pourra augmenter le commerce avec les cinq membres de l’Union de 6-8 pour cent; la Russie y  trouvera une augmentation du transfert d’investissement et  de technologies.

 

Malgré le fait qu’Israël  traditionnellement a  été un allié proche des américains , sa relation avec Washington s’est récemment détérioré,  a dit le  président du Moyen-Orient russe Institue Yevgeny Satanovsky.

 

« Les EU ont trahi Israël avec les pourparlers  avec l’Iran. Barack Obama pense que Benjamin Netanyahu est un Républicain pur et dur, c’est difficile pour eux de trouver une langue commune, » a dit l’expert dans un entretien avec le quotidien  russe  Kommersant.

 

Durant le même temps, Moscou et Tel Aviv ont atteint une compréhension mutuelle sur nombre de problèmes-clés, a dit Satanovsky. « Israël coopère entièrement avec la Russie sur la Syrie. Benjamin Netanyahu peut rencontrer Président Vladimir Poutine quand bon lui semble. Je décrirais leur relation comme idéale, » a-t-il dit.

 

L’EEU est un bloc commercial Mené par Russie établi en 2015 sur la base de l’Union douanière de la Russie, le Kazakhstan et la Biélorussie. Il a actuellement cinq membres : la Russie, l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirgyzstan, tandis que le Tadzhikistan est un membre éventuel.

 

L’EEU assure le mouvement libre de marchandises et des services, des capitaux  et de la main d’oeuvre , aussi bien qu’une politique économique coordonnée, cohérente et unifiée pour ses membres.


L’Union a un accord de libre-échange avec le Viêt-Nam et est actuellement en pourparlers avec l’Iran.

Henry Laurens : « Je suis aujourd’hui d’un pessimisme total sur le conflit israélo-palestinien et la région »

Henry Laurens : « Je suis aujourd’hui d’un pessimisme total sur le conflit israélo-palestinien et la région »

 

29 Octobre 2015
http://www.lorientlejour.com/article/951732/henry-laurens-je-suis-aujourdhui-dun-pessimisme-total-sur-le-conflit-israelo-palestinien-et-la-region-.html

Une vue du Dôme du Rocher sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est. Ahmad Gharabli/AFP

EntretienÀ l’occasion de la 22e édition du Salon du livre francophone de Beyrouth, « L’Orient-Le Jour » s’est entretenu avec Henry Laurens, professeur au Collège de France, historien français et auteur de nombreux ouvrages, notamment « La Question de Palestine » dont le tome 5 est paru en septembre dernier aux éditions Fayard.

 

Pouvez-vous nous présenter le dernier tome de « La Question de Palestine » ?


Il marque la fin d’une série commencée il y a près de 20 ans et couvre la période qui s’étend du début de l’invasion israélienne au Liban en 1982 à l’échec des négociations israélo-palestiniennes à Taba en janvier 2001. J’ai tenté de reconstituer toutes les myriades d’événements qui se sont déroulés sur plusieurs théâtres puisqu’une partie de mon livre est consacrée aux affaires libanaises et l’autre à la Palestine et les négociations depuis la conférence de Madrid, les accords d’Oslo et la création de l’Autorité palestinienne jusqu’en 2000, avec le sommet de Camp David, la deuxième intifada et la rencontre de Taba.

Vous avez affirmé que l’« occupation pacifique » n’existe pas et le soulèvement actuel prouve une fois de plus que l’occupation a un coût élevé. Quelles sont les implications de cette situation pour Israël ?


Le problème d’Israël est un problème de définition du temps. La question est de savoir si sur le temps long, en maintenant sa coercition sur la population palestinienne, Israël peut renforcer son emprise sur les territoires occupés, c’est-à-dire profiter d’une absence de solution pour continuer à renforcer sa base, l’absence de solution étant considéré par les Israéliens comme la solution la plus sûre. Des voix dans la presse affirment aujourd’hui que les Palestiniens sont hostiles aux Israéliens parce qu’ils sont juifs, j’insiste sur le fait qu’ils sont hostiles aux Israéliens parce que ce sont des occupants.


Dans ce contexte, on m’a accusé de ne « mentionner aucun auteur juif » dans ma bibliographie. Tout d’abord c’est faux, mais de toute évidence faire ce genre de réflexion nous amène aux heures les plus sombres de l’histoire de l’Europe où l’on essayait de déterminer qui était juif et qui ne l’était pas, c’est-à-dire les lois de Nuremberg en Allemagne ou le statut des juifs sous le régime de Vichy.

 

Depuis le début du soulèvement, la répression féroce menée contre les Palestiniens a suscité l’indignation de l’Autorité palestinienne (AP). Pourtant, aux yeux de nombreux analystes, les forces de sécurité de l’AP sont intégrées au dispositif d’occupation et agissent comme sous-traitant de l’État occupant. Ce soulèvement pourrait-il remettre en cause la coopération sécuritaire de l’AP avec Israël ?


Il faut bien comprendre le dilemme dans lequel se trouve l’Autorité palestinienne. D’un côté, c’est la seule réalisation concrète que le Fateh et l’OLP ont réussi à construire. De l’autre, ce sont des milliers d’emplois pour les fonctionnaires et les services de sécurité, des milliers de familles qui vivent des salaires de l’AP qui elle-même dépend essentiellement des subsides extérieurs américains et européens. Si l’AP se lance dans une confrontation avec Israël, on lui coupera les vivres. Ce n’est pas un choix facile ! L’affrontement avec Israël entraînerait des représailles contre l’Autorité. L’effondrement de l’administration risque d’affecter l’ensemble de la structure économique. La stratégie israélienne depuis 1967 a été définie par la carotte et le bâton, et le coup de bâton peut être terrible pour les intérêts de milliers de Palestiniens.

 

( Lire aussi : Majed Bamya à « L’OLJ » : « L’Autorité palestinienne n’est pas là pour assurer la sécurité de l’occupant » )

 

Vous avez choisi d’intituler le tome 5 « La paix impossible ». En présence de l’idéologie suprématiste sioniste, de la politique de confiscation des terres, de la colonisation tous azimuts, peut-on encore parler de « négociations de paix » ?


Le mot paix n’a aucune signification dans la mesure où chaque acteur veut la paix selon ses intérêts, ses revendications, en fonction de son projet politique. Il a bien existé une possibilité de paix au cours de la période étudiée dans mon livre, c’est-à-dire la constitution d’un État palestinien sur les limites dessinées par le 4 juin 1967, mais les progrès de la colonisation juive, le projet sioniste lui-même et l’extrême difficulté pour traiter des questions comme le statut de Jérusalem l’ont rendu caduque.


Si l’on reprend les textes à partir d’Oslo, tout ce qui était prévu en théorie ne pouvait être posé au moment de la négociation finale. Les documents convenaient que l’on discuterait de la totalité des territoires occupés, mais évidemment cela a été une fiction. Oslo 2 avait divisé la Cisjordanie en zone A, B, et C, mais tant que l’on ne définissait pas le statut final, le jeu restait ouvert. Pour les Palestiniens, les territoires occupés renvoyaient non seulement à la Cisjordanie mais à Jérusalem et quelques morceaux de territoires annexés en 67, donc quand l’on avance les pourcentages, on ne sait jamais s’il s’agit du pourcentage de la Cisjordanie défini par les Israéliens ou celui des territoires occupés défini par les Palestiniens. À la fin de la négociation, on avait tout de même approché d’un certain nombre de points concrets mais on ne disposait pas de cartographie à ce moment et on a surtout jugé que tant qu’il n’y avait pas d’accord final ces propositions n’existaient pas.

 

La solution à deux États apparaît de moins en moins réaliste. Quelle est selon vous la pertinence d’une solution à la sud-africaine ?


Les Israéliens n’accepteront jamais la solution d’un État unifié. Le problème est qu’aucune partie n’a jamais pu faire confiance à l’autre. Le maximum que les Palestiniens avaient pu élaborer comme proposition à la fin des années 30 et au début des années 40 était une solution à la libanaise, avec une répartition sur un modèle confessionnel, or il ne semble pas que ce soit un modèle très attractif. La solution à deux États reste fondamentale sur le plan symbolique parce que les deux parties ont besoin de symboles nationaux. Or, sur le terrain, toutes les questions sont imbriquées. Le droit de retour serait pour les Palestiniens la solution la plus juste mais l’on voit mal comment l’imposer. L’affaire du camp de Yarmouk avec Mahmoud Abbas, qui s’est dit prêt à reprendre les réfugiés palestiniens en Cisjordanie, et le refus d’Israël montre qu’il y a un besoin d’une patrie palestinienne. La diplomatie est l’art du possible et nous avons une opposition entre le rationnel et le raisonnable, les acteurs politiques suivront leur rationalité et pas ce qui est raisonnable. Je suis aujourd’hui d’un pessimisme total non seulement sur le conflit israélo-palestinien mais pour l’ensemble de la région.

Message de Marwan Barghouthi au Réseau de la Coopération Décentralisée pour la Palestine (RCDP)

Message de Marwan Barghouthi au Réseau de la Coopération Décentralisée pour la Palestine (RCDP)

 

27 Octobre 2015
 

Marwan Barghouthi s’est adressé aux participants des quatrième assises de la coopération décentralisée franco-palestinienne qui se sont tenues à l’institut du monde arabe les 22 et 23 octobre 2015. Son message a été lu par Claude Nicolet, président du RCDP.

Marwan Barghouthi, vendredi 23 octobre 2015

 

Chers amis,

 

Permettez-moi de commencer en vous remerciant de m’avoir invité à m’exprimer à l’occasion de ses Assises de la coopération décentralisée franco-palestinienne, et cela en ma qualité de Président du groupe d’amitié Palestine-France au Conseil Législatif Palestinien. C’est une fonction que j’ai peu l’occasion d’exercer pleinement mais qui me tient particulièrement à cœur en raison des liens profonds d’amitié qui lient nos pays et nos peuples, et dont la coopération décentralisée entre nos villes et nos régions respectives est une des plus belles et plus concrètes manifestations.


Je vous envoie ce message alors que la Palestine refait irruption dans les forums diplomatiques et les journaux télévisés, non en raison de la colonisation, du siège de la bande de Gaza ou des attaques de l’armée d’occupation israélienne ou des colons, qui constituent notre quotidien, mais pour nous faire apparaitre comme les instigateurs d’une violence dont nous sommes en réalité les victimes, car l’oppression et l’occupation sont la source de toute violence. Je vous écris alors que se rajoute au siège insupportable de la bande de Gaza, le siège intérieur et extérieur de la ville de Jérusalem, et que notre peuple, des deux côtés de la ligne verte, se révolte contre le déni de ses droits.

 

70 ans après la Nakba, la Palestine continue à chercher la place qui lui est du dans l’histoire et la géographie, Notre peuple veut vivre en liberté et en dignité sur sa terre et sa volonté demeure sans faille. L’oppression et la répression ne mèneront ni à notre capitulation ni à la paix, ils ne feront que bloquer un peu plus les voies de l’avenir. En 3 semaines, plus de 50 Palestiniens ont été tués, près de 2000 blessés, souvent par balles lors de leur participation dans les manifestations contre l’occupation, plus de 1000 Palestiniens ont été arrêtés. Le peuple palestinien a le droit et même le devoir de résister à l’occupation et il doit mener sa résistance en conformité avec le droit international. Cette période en particulier exige de nous la plus large résistance populaire possible, ainsi que d’avancer dans la voie de la désobéissance civile.

 

J’ai appris l’hébreu dans les geôles de l’occupation et j’ai lancé le dialogue parlementaire après la conclusion des accords imparfaits de paix d’Oslo, pour soutenir les avancées vers la paix et donner une chance à cet accord intérimaire pour qu’il ouvre la voie à un accord de paix définitif, menant à l’établissement d’un Etat palestinien libre, indépendant et souverain sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale vivant en paix et en sécurité aux côtés d’Israël et garantissant le droit au retour des réfugiés palestiniens. Si nous avions réussi à conclure un tel accord définitif en 1999 comme prévu, nous aurions pu changer en profondeur l’avenir de cette région qui est désormais témoin et victime de bouleversements sans précédents et particulièrement inquiétants. Mais Israël a choisi la voie du colonialisme et de la perpétuation de l’occupation et non celle de la paix.

 

Il ne peut y avoir de négociations sérieuses avec un gouvernement qui entend poursuivre l’occupation et non y mettre un terme. Ce n’est que lorsque Israël, la puissance occupante, se sera clairement engagé à mettre fin à son occupation et aura reconnu les droits inaliénables du peuple palestinien et aura libéré nos prisonniers que nous pourrons avancer sur la voie de la paix. En attendant que cela arrive, il est impératif que la communauté internationale à tous les niveaux mettent fin à l’impunité d’Israël et prennent les mesures qui s’imposent pour faire respecter le droit international. On n’a pas mis fin à l’apartheid par la négociation, c’est la décision de mettre fin à l’apartheid due à la pression du terrain et internationale, y compris via la campagne Boycott Désinvestissements et Sanctions, qui a permis de lancer les négociations de paix, Pour l’heure, la Communauté internationale n’a pas réussi à œuvrer pour mettre fin à l’occupation, ou mettre fin à l’impunité, ou même pour accorder à notre peuple la protection qui lui est du, Et certains préfèrent même se préoccuper de la sécurité de la puissance occupante plutôt que de garantir la sécurité du peuple occupé qui n’a ni armée, ni arsenal militaire.


Notre peuple a été confronté depuis plus de 70 ans à la dépossession, au transfert forcé, à la négation de ses droits et de son existence. Votre solidarité contribue à lui permettre de rester sur sa terre et de réclamer sa souveraineté, Je salue ce travail quotidien que vous faites et qui porte une signification particulière. Il est l’expression de votre soutien à une cause noble et juste, celle de la liberté et de la dignité de notre peuple qui sont les fondements indispensables de la paix,


Je ne peux parler des jumelages et ne pas évoquer le jumelage de villes françaises avec les camps de réfugiés palestiniens qui sont souvent en première ligne des tragédies qui traversent notre région, et je salue par la même la mémoire de deux hommes, deux frères, qui ont porté et incarné ce magnifique projet, Ahmad Muhaissen et Fernand Tuil.

 

Enfin, permettez moi de dire qu’Israël pensait qu’en m’emprisonnant elle me couperait du peuple palestinien et du monde, J’ai passé 20 ans dans les geôles israéliennes, dont les 13 dernières années, j’ai passé plus de 3 ans en isolement, et pourtant le lien qui me lie à notre peuple héroïque n’a fait que se renforcer, et en me permettant de m’adresser à vous, vous démontrez qu’Israël a aussi échoué à rompre le lien particulier qui me lie à la France.

 

Les prisonniers palestiniens sont des messagers de la liberté, et c’est pourquoi une campagne internationale a été lancée de la cellule de Nelson Mandela à Robben Island par ma femme et l’amour de ma vie Fadwa et l’icône anti-apartheid Ahmed Kathrada, compagnon de Mandela, pour exiger ma libération et celle de tous les prisonniers palestiniens. Cette campagne, par l’incroyable soutien dont elle jouit, y compris celui de 8 prix Nobel de la paix dont le Président Carter ; d’anciens chefs d’États et de gouvernements, d’anciens ministres, de parlementaires, d’associations, d’intellectuels et d’artistes, est le reflet du soutien planétaire à notre cause. Je voudrai remercier les amis français qui se sont mobilisés dès les premières heures après mon arrestation et tous ceux qui animent la campagne en France. Je voudrai aussi remercier les villes qui m’ont octroyé le privilège d’être leur citoyen d’honneur, et je m’engage de nouveau, dès que je suis libre, à réserver mon premier voyage à l’étranger à la France. La France a souvent été et demeure à l’avant garde du soutien pour la cause palestinienne et à la paix et nous espérons qu’elle fera le choix indispensable de reconnaître l’État de Palestine au plus vite, Je sais que nombre d’entre vous œuvrent activement pour que cela se réalise,

 

Chers amis,


la France a connu l’occupation et a elle-même occupé plusieurs pays dont l’Algérie. Elle est donc bien placé pour savoir que l’occupation étrangère ne dure qu’un temps, et c’est ce que le Général De Gaulle a compris tant quand il a choisi de mettre en place la résistance que lorsqu’il a décidé de mettre fin à l’occupation de l’Algérie. Pour réaliser la libération en 1944 la France a consenti beaucoup de sacrifices, et pour se libérer du joug colonial l’Algérie a payé un tribut sans précédent. De ces exemples, comme de celui de Mandela et de la lutte contre l’apartheid, nous tirons une seule et unique conclusion : notre victoire est inéluctable, et elle doit être celle de la liberté, de la dignité, de la justice, elle doit consacrer le triomphe des principes universels comme l’a souvent si bien rappelé le grand Stéphane Hessel. C’est par le plein respect de ces principes universels, et non à leur dépend, qu’on fonde le règne de la paix.

 

Marwan Barghouthi
cellule 28
prison de Hadarim


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« Libèrez Georges Ibrahim Abdallah »

Publié par Jean Lévy

« Libèrez Georges Ibrahim Abdallah »

Abdallah, ancien instituteur devenu fondateur et chef des Fractions armées libanaises (FARL), a déjà réclamé neuf fois sa libération, sans succès, alors qu'il est libérable depuis 1999, selon le droit français.  "Des Basques, des Bretons, des habitants de Bagnolet (banlieue parisiennes) Bordeaux, Toulouse et Montpellier sont arrivés en bus et en train pour réclamer sa libération, a indiqué par téléphone à l'AFP l'un des organisateurs, Gilbert Hanna.  Selon lui, la manifestation a rassemblé 400 personnes
Abdallah, ancien instituteur devenu fondateur et chef des Fractions armées libanaises (FARL), a déjà réclamé neuf fois sa libération, sans succès, alors qu'il est libérable depuis 1999, selon le droit français.  "Des Basques, des Bretons, des habitants de Bagnolet (banlieue parisiennes) Bordeaux, Toulouse et Montpellier sont arrivés en bus et en train pour réclamer sa libération, a indiqué par téléphone à l'AFP l'un des organisateurs, Gilbert Hanna.  Selon lui, la manifestation a rassemblé 400 personnes
Abdallah, ancien instituteur devenu fondateur et chef des Fractions armées libanaises (FARL), a déjà réclamé neuf fois sa libération, sans succès, alors qu'il est libérable depuis 1999, selon le droit français. "Des Basques, des Bretons, des habitants de Bagnolet (banlieue parisiennes) Bordeaux, Toulouse et Montpellier sont arrivés en bus et en train pour réclamer sa libération, a indiqué par téléphone à l'AFP l'un des organisateurs, Gilbert Hanna. Selon lui, la manifestation a rassemblé 400 personnes

Cher"e"s camarades, cher"e"s amies,

À quelques mètres de ces murs, de ces barbelés et autres miradors, l’écho de vos slogans résonne dans nos têtes et nous transporte loin de ces sinistres lieux. Certainement votre mobilisation aujourd’hui ne laisse personne indifférent ici ; si près de nos cellules, elle nous apporte beaucoup de chaleur et suscite autant d’émotion et d’enthousiasme. Quant aux gardiens, ils s’y attendaient ; en quelque sorte, depuis le temps qu’il y a des prisonniers politiques ici, ils s’y sont habitués…

À l’aube de cette 32ème année de captivité Camarades, force est de constater que la politique d’anéantissement dont font l’objet les protagonistes révolutionnaires incarcérés, est vouée immanquablement à l’échec, dans la mesure où l’on assume la solidarité sur le terrain de la lutte anticapitaliste/ anti-impérialiste. On n’y insiste jamais assez camarades, ce n’est qu’en assumant la solidarité sur le terrain de la lutte de classe en cours et dans toutes ses dimensions que l’on apporte le soutien le plus efficace à nos camarades prisonniers.

Dans la guerre déchainée contre les masses populaires ici, dans les centres du système ainsi que dans ses périphéries, les réactionnaires de tous bords cherchent par tous les moyens à en finir avec les prisonniers révolutionnaires en tant que référence vivante de la Résistance et de la lutte. Ils leur faut absolument les transformer en épouvantail servant à terroriser les jeunes rebelles récalcitrants. À défaut de pouvoir les briser afin qu’ils abjurent et renient leurs convictions, il faut les enterrer vivants, et ainsi s’en servir pour peser sur le moral de ceux et celles qui luttent.

Camarades, les diverses initiatives solidaires que vous avez su développer ce dernier temps, non seulement ont participé efficacement à démasquer l’absurdité de l’acharnement judiciaire et de la vengeance d’État, mais surtout elles ont apporté un cinglant démenti à tous ceux et celles qui misaient sur l’essoufflement de votre élan solidaire. Vous êtes toujours là Camarades, sur le terrain de la lutte et vos multiples initiatives réconfortent et fortifient plus que jamais ma résolution et ma détermination. À mes côtés ici des valeureux camarades Basques résistent aussi depuis tant d’années. La suspension des peines pour raison médicale est systématiquement refusée du moment où l’on est un militant Basque. Le cas du camarade Ibon Fernandez est symptomatique à cet égard.

Comme vous voyez Camarades, du début de ce mois les masses populaires palestiniennes et tout particulièrement les jeunes ont réussi à mettre en évidence la place de la Palestine sur le devant de la scène dans la lutte contre la barbarie de l’occupant sioniste. Une troisième grande Intifada est déjà en cours. Nul besoin d’experts pour expliquer les raisons de cette Intifada et de ses diverses modalités de lutte. Le niveau d’oppression et d’humiliation que les sionistes infligent au quotidien à tout un peuple ne peut que susciter cette explosion et nourrir son affirmation et sa propagation et à plus forte raison sa victoire…

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur de la Palestine et sa prometteuse Intifada.

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur de la jeunesse libanaise en lutte !
Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveurs des masses populaires kurdes et ses valeureux combattants.

À bas l’impérialisme et ses chiens de garde sionistes et autres réactionnaires arabes !

Honneur aux martyrs et aux peuples en lutte !

La solidarité, toute la solidarité avec les résistants dans les geôles sionistes, et dans les cellules d’isolement au Maroc, en Turquie et ailleurs de par le monde !

Ensemble Camarades, et ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons !
À vous tous Camarad
es et ami«e»s mes plus chaleureuses salutations.

Votre camarade Georges Abdallah

Actualités

«Libèrez Georges Ibrahim Abdallah»

Société

«Libèrez Georges Ibrahim Abdallah»
«Libèrez Georges Ibrahim Abdallah»

Hier, ils étaient environ 400 à manifester devant la centrale pénitentiaire de Lannemezan, afin d'exiger la libération immédiate de Georges Ibrahim Abdallah, le militant révolutionnaire libanais condamné à la prison à perpétuité pour complicité d'attentats, détenu depuis plus de trente ans en France, et pour lequel la justice française a rejeté une nouvelle fois sa demande de liberté alors qu'il peut y prétendre.

 

La Croix

 

QUI EST GEORGES IBRAHIM ABDALLAH ?

 

Arrêté à Lyon le 24 octobre 1984, Georges Ibrahim Abdallah a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la Cour d’assises spéciale de Lyon en 1987 pour complicité dans l’assassinat de deux diplomates en 1982 à Paris, l’Américain Charles Ray et l’Israélien Yacov Barsimentov.

Se décrivant comme un « révolutionnaire », militant de la cause palestinienne, Georges Ibrahim Abdallah a cofondé en 1980 les Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), groupuscule marxiste pro-syrien et anti-israélien qui a revendiqué cinq attentats, dont quatre mortels, entre 1981 et 82 en France.

Ses objectifs étaient la libération du Liban de toute présence étrangère (France, États-Unis, Israël) et la création d’un État palestinien.

CONDAMNÉ DANS UN CONTEXTE POLITIQUE TENDU

 

La condamnation de ce militant libanais est intervenue dans un contexte politique particulièrement tendu alors qu’il était soupçonné d’être l’instigateur d’une série d’attentats commis en 1985 et 1986 en france (treize morts et des centaines de blessées) et revendiqués par le csppa (comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes), un groupuscule qui réclame alors notamment la libération de george ibrahim abdallah.
 

Ce n’est qu’après sa condamnation que l’on apprendra qu’il n’avait pas de lien avec ces attentats.

NEUF DEMANDES DE LIBÉRATION REFUSÉES

 

Éligible à la libération conditionnelle depuis 1999, il a déjà déposé en vain neuf demandes en ce sens.

En 2003, la justice française avait accepté sa libération mais Dominique Perben, alors ministre de la justice, s’y était opposé et avait demandé au parquet général de faire appel. Les Américains étaient également intervenus considérant le détenu comme une menace encore active. La Cour d’appel avait finalement refusé sa libération.

En 2013, la justice acceptait de libérer Georges Ibrahim Abdallah et il revenait alors à Manuel Valls, ministre de l’intérieur, de prendre l’arrêté d’expulsion. Mais la Cour de Cassation intervenait alors pour annuler la libération conditionnelle au motif que le détenu aurait dû être soumis « à titre probatoire, à une mesure de semi-liberté ou de placement sous surveillance électronique pendant une période d’un an au moins ».

UNE ATTEINTE À LA SÉPARATION DES POUVOIRS ?

 

Le 5 novembre 2015, le tribunal d’application des peines a de nouveau refusé de remettre en liberté l’ancien chef des FARL, décision confirmée aujourd’hui en appel.

Sa nouvelle demande a été déclarée irrecevable au motif qu’il n’avait pas fait préalablement l’objet d’un arrêté d’expulsion. La cour d’appel a ajouté à cet argument le fait que l’ancien militant « ne regrettait pas les actes pour lesquels il avait été condamné » et rappelé qu’il n’avait pas indemnisé les ayants droit des victimes.

Pour Me Jean-Louis Chalanset, subordonner la libération conditionnelle à la signature préalable d’un arrêté d’expulsion constitue une « entrave à la séparation des pouvoirs », l’exécutif dictant ainsi sa conduite au judiciaire. Il a d’ores et déjà annoncé qu’il formerait un pourvoi en cassation contre cette décision.

DE NOMBREUX SOUTIENS

 

Me Jean-Louis Chalanset assure que Georges Ibrahim Abdallah souhaite rejoindre le Liban craignant pour sa sécurité en France. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’avait pas demandé de semi-liberté. Il devrait selon lui, « être très bien accueilli » au Liban où il est « attendu » depuis de nombreuses années par les autorités du pays.

> À lire : 300 personnes réclament sa libération

Le sort de Georges Ibrahim Abdallah a ému de nombreuses associations, partis politiques et élus de gauche dont certains lui ont encore aujourd’hui manifesté leur soutien. Yves Bonnet, patron de la DST au moment de l’arrestation de Georges Ibrahim Abdallah, dénonçait, déjà en 2012, dans les colonnes de La Dépêche, une « vengeance d’État" trouvant « anormal et scandaleux de maintenir encore Georges Ibrahim Abdallah en prison ».

De sources israéliennes : Netanyahu annule une réunion par crainte de Poutine

De sources israéliennes : Netanyahu annule une réunion par crainte de Poutine

 
27 Octobre 2015
En général télésur (Amérique latine)  est une source crédible, sauf sur ce qui touche au « sionisme », il se trouve alors parfois un rédacteur aveuglé  par l’antisémitisme qui répercute n’importe quoi, mais ce n’est pas fréquent même si les cas isolés existent. En l’occurrence, il s’agit de montrer qu’Israël est le deus es machina qui trame la perte de Bachar El Assad, ce qui par parenthèse blanchit Etats-Unis et Saoudiens et au delà tout impérialisme fondé sur le capitalisme et non sur les seuls juifs, et de céder à la facilité d’une cause devenue mal absolu, le frisson garanti…  Cette reprise d’une agence libanaise citant des sources anonymes présente néanmoins l’intérêt de souligner les relations pour le moins complexes qui existent entre les Israéliens et Poutine autant que l’implication  bien réelle (plus ou moins que la France?)  d’Israël dans la guerre civile syrienne.  
(Danielle Bleitrach)
 

  • Benjamin Netanyahu apuesta por la caída del gobierno de Bashar al-Assad.

    Benjamin Netanyahu s’engage à la chute du gouvernement de Bachar al – Assad. | Photo : EFE

Le président israélien, Benjamin Netanyahu décidé de ne pas assister à la réunion avec l’opposition syrienne à Jérusalem craignant de mécontenter le Président russe Vladimir Putin. 
 
Le premier ministre israélien, Benjamin Netayanhu a déclaré que « maintenant n’est pas le meilleur moment pour mettre en colère (Vladimir) Poutine », selon  des sources israéliennes  qui souhaitent garder l’anonymat selon l’agence de presse libanaise Al – Ahd.
 
La déclaration du chef du gouvernement israélien a été faite alors que  les représentants du gouvernement sioniste, parmi lesquels se trouvaient le ministre des affaires militaires, Moshe Yaalon, avaient envisagé une réunion avec les dirigeants des groupes armés syriens dans la ville de Jérusalem.
 
Toutefois, les autorités d’Israël craignent qu’en  tenant une Conférence de ce genre dans les territoires occupés et le concours éventuel de Netanyahu pourraient provoquer des réactions du Président russe, Vladimir Putin, dont le pays soutient la Syrie dans la confrontation contre les groupes terroristes après une demande du Président de la nation arabe, Bachar al – Assad.
 
Selon les sources, cela contraint les autorités sionistes à annuler l’événement et à demander aux dirigeants des groupes armés qu’ils ne viennent pas à la réunion.
 
L’agence  Al – Ahd  a indiqué que, malgré l’annulation de la réunion, Israël et les groupes qui cherchent à renverser Al – Assad entretiennent d’excellentes relations et continueront leurs contacts et coopération, même si elles doivent se cacher du  public.
 
Depuis le début de la crise syrienne, au moins 1 300 membres des groupes armés syriens (y compris les groupes terroristes tels que la filiale avant al – Nusra, à Al – Qaïda en Syrie) ont été traités dans des hôpitaux en Israël, selon des sources de la santé de ce pays.

Le Parti communiste Palestinien rencontre une délégation composée d’un groupe de représentants des Partis communistes du Monde à Ramallah

 


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Le Parti communiste Palestinien a rencontré un groupe de représentants de Partis communistes du monde à Ramallah Dimanche 11/10/2015. La décision de rendre visite à une délégation du mouvement ouvrier palestinien est une décision qui avait été prise lors de la 16 ème rencontre internationale des Partis communistes et ouvriers du monde qui s’est déroulée, l’an dernier, en Équateur. La délégation ouvrière comprenait des représentants du Parti communiste Allemand, du Parti du Peuple progressiste de Chypre "AKEL", du Parti communiste Portugais, du Parti communiste de Belgique et enfin d’un représentant du Parti communiste grec qui est membre du Parlement européen.

 

Lors de la rencontre, le Parti communiste Palestinien a donné une explication détaillée de la situation politique et économique en Palestine occupée, et sur les attaques sionistes qui se poursuivent et qui sont dirigées contre les Palestiniens dans tous les lieux où elles se déroulent. La délégation Palestinienne a indiqué que le peuple Palestinien souffre de la division politique, de la judaïsation de Jérusalem, de l’accaparement des terres, et des pratiques du racisme fasciste qui sont le résultat du nuisible accord d’Oslo de 1993. Et ce qui se produit aujourd’hui est la suite du contenu de cet accord que notre parti considère comme le principal obstacle pour la poursuite du choix de la lutte pour la libération de la Palestine et le droit à la libre disposition du peuple Palestinien. Comme il l’a exprimé notre parti s’oppose fermement à la politique actuelle du pouvoir envers la cause palestinienne, son incapacité à prendre des décisions pour sa conduite, incapacité qui affecte les principes fondamentaux de notre peuple que personne ne doit ni aliéner ou renier. Notre Parti a appelé les partis amis à l’organisation de plus grandes actions pour renforcer la cause palestinienne dans leurs Etats et à utiliser l’arme du boycott contre l’entité de l’Etat sioniste dans tous les domaines internationaux, scientifiques, économiques et touristiques. Cette arme s’ajoute à la résistance de notre peuple héroïque qui exige chaque jour de grands sacrifices par amour pour la liberté et l’indépendance.

 

Notre Parti a également exprimé sa pleine confiance que le peuple Palestinien entreprendra tout ce qui est nécessaire pour obtenir une nouvelle direction à la place de celle en place qui accepte l’occupation et ses promoteurs américains. Comme il a exprimé son total et persistant soutien aux comités de protection de notre peuple comme une forme nouvelle parmi les formes de résistance , un changement d’une direction usée.

 

Au cours de la rencontre, la délégation ouvrière a exprimé son soutien au soulèvement actuel de notre peuple et a affirmé sa position de soutenir et de renforcer les droits du peuple palestinien à la liberté et à l’indépendance. Elle a confirmé qu’elle agira de son mieux pour dénoncer les pratiques de l’occupation, en organisant des actions de solidarité avec le peuple Palestinien et elle appellera à de plus grandes actions sous toutes les formes pour le boycott de l’entité sioniste. Elle a également exprimé son soutien aux positions du parti au sujet de la question palestinienne et à ses positions idéologiques contre les divers courants réactionnaires, le révisionnisme et la capitulation.

 

Le bureau d’information du Parti communiste Palestinien

 

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Voir en ligne : traduction de l’arabe par la rédaction du lien (PADS)

40 maires juifs et arabes israéliens disent “non” à la violence

40 maires juifs et arabes israéliens disent « non » à la violence

 

26 Octobre

Cette position commune me conduit à répéter certaines de mes idées fixes: premièrement, j’ai toujours considéré que les palestiniens israéliens étaient une chance pour la paix et ce n’est pas un hasard si les extrémistes du gouvernement israélien souhaitent leur retirer la nationalité israélienne et ne cessent de les dénoncer. Deux: l’influence communiste est forte en Galilée, là où vivent en majorité ces communautés prêtes à s’entendre. Le rôle des communistes français est d’aider les partis communistes israéliens et Palestinien, des partis qui ne manquent pas d’impact  et ceux qui représentent la troisième force politique en Israël baptisé une peu hâtivement parti arabe et qui a failli prendre la mairie de tel Aviv

(note de danielle Bleitrach)

maires galilee
Société   19 October 2015

Un groupe de 40 maires et de chefs de conseils du Nord d’Israël, ont été convoqués à une réunion d’urgence le 13 octobre dernier à Maalot-Tarshiha, dans le but de calmer les tensions et mettre un terme à la vague d’attaques violentes.

 

Le groupe a publié une déclaration commune, signée par tous, appellant le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le Président Mahmoud Abbas de répondre et résoudre l’escalade actuelle, avertissant que les efforts à long terme pour renforcer les relations peuvent être perdus à cause des attaques au couteau.

“Nous sommes destinés à vivre ensemble et nous devons trouver un moyen de vivre en partenariat et en paix” a déclaré le maire de Migdal Haemek, Eli Barda. De même, Saleh Suleiman, chef du Conseil de Beunai Nogidat, dit à ses collègues maires : “je vous dis que c’est possible de vivre ensemble. Je partage la douleur de toutes les familles et je suis contre la violence et condamnent les attaques et les meurtres. J’ai été un peu attaqué un peu mais je m’en fiche. Nous devons résister comme des dirigeants.

 

La déclaration intégrale signée et distribuée par le groupe des maires, est la suivante :

 

Nous soussignés, les maires juifs, druzes, circassiens et arabes vivant en Galilée dans la coexistence et la vie partagée, en appellent à vous, dans une lettre sincère d’une commune volonté partagée par nos concitoyens, pour une vie paisible et prospère. Dans tous les aspects de notre vie quotidienne, nous travaillons à une vie partagée et durable ensemble, et malgré les événements actuels, la majorité de nos concitoyens veulent promouvoir la tolérance et rejette la violence.

 

Pourtant, ces derniers jours, nous sommes très préoccupés par ce que nous voyons dans les rues d’Israël et par la réalité en général.

 

 Nous croyons qu’une courageuse rencontre entre les deux dirigeants peut tous nous conduire de la crise vers une opportunité. À notre avis, une telle réunion conduira à un processus de dialogue qui pourrait apporter de l’espoir pour les deux peuples.

 

Nous serions reconnaissants si vous nous acceptiez en tant que délégation de dirigeants juifs et arabes de Galilée pour entendre nos idées et nos recommandations”.

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