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Officiel russe : Si l’Iran attaque Israël, nous serons avec vous

Officiel russe : Si l’Iran attaque Israël, nous serons avec vous

 

16 Février 2018
  • L’ambassade de Moscou à Tel Aviv affirme qu’Israël a eu raison de tirer sur le drone, mais n’est pas d’accord avec l’affirmation de Tsahal selon laquelle Téhéran en est l’auteur… Histoire et societé, selon sa politique éditoriale, vous donne à voir la complexité d’un vaste monde et la nécessité pour toute politique de se situer en matière de droit international et pas au niveau des fantasmes émotionnels.  Si je traduis bien ce que dit l’ambassadeur et ce qu’a du dire Poutine : 1) Nous n’avons pas plus intérêt que vous à voir l’Iran s’étendre y compris en Irak et en Syrie, 2) nous tenons à la stabilité du Moyen Orien 3) Méfiez-vous des Américains, ce sont peut-être eux qui sont derrière cette histoire de drone, 4)Essayez des contacts directs avec les Syriens 5) votre meilleure garantie est une entente avec les Palestiniens. Il n’a pas tout à fait tort.
  • (note de Danielle Bleitrach)
Par RAPHAEL AHREN 15 février 2018, 16:10 0

Le président russe Vladimir Poutine (G) accueille le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une réunion au Kremlin à Moscou le 7 juin 2016. (AFP Photo/Pool/Maxim Shipenkov)

Le président russe Vladimir Poutine (G) accueille le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion au Kremlin à Moscou le 7 juin 2016. (AFP Photo/Pool/Maxim Shipenkov)
 

Si l’Iran attaquait Israël, Moscou se tiendrait aux côtés de l’État juif, a déclaré cette semaine un responsable russe, quelques jours après qu’un drone fabriqué par l’Iran a infiltré Israël depuis la Syrie et a été abattu par Tsahal.

 

« Dans le cas d’une agression contre Israël, non seulement les États-Unis se tiendront aux côtés d’Israël, mais la Russie sera également aux côtés d’Israël », a déclaré l’ambassadeur adjoint russe en Israël, Leonid Frolov.

 

« Beaucoup de nos compatriotes vivent ici en Israël, et Israël en principe est une nation amicale, et par conséquent nous ne tolérerons aucune agression contre Israël. »

 

Pourtant, lors d’un large entretien mené lundi à l’ambassade de Russie à Tel Aviv, Frolov a mis en doute l’affirmation d’Israël selon laquelle l’Iran était derrière l’incursion du drone et a suggéré aux services de renseignement israéliens d’établir des contacts avec ses homologues syriens.

 

Il a également prédit que les Israéliens ne seraient pas satisfaits du plan de paix américain à venir, et il a exprimé son indignation à l’encontre du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas qui a défini Israël comme un projet colonial européen sans lien avec le judaïsme.

 

« Nous soutenons sans aucune réserve le droit d’Israël à se défendre, et les actions des pilotes israéliens ont été tout à fait légitimes », a-t-il déclaré à propos du raid israélien de samedi dans le nord, au cours de laquelle un avion de chasse israélien a été abattu par une batterie antiaérienne syrienne et où deux pilotes ont été blessés.

 

« Nous regrettons vivement que deux pilotes israéliens aient été blessés dans cet incident », a déclaré Frolov. « Au nom de l’ambassade russe, je souhaite un prompt rétablissement aux pilotes blessés. »

 

 
Les restes de l’avion F-16 qui s’est écrasé près du Kibboutz Harduf le 10 février 2018. (Anat Hermony/Flash90)
 

Samedi matin, un hélicoptère israélien Apache a abattu le drone sans pilote une minute et demie après son entrée dans l’espace aérien israélien. En représailles à l’incursion, les forces aériennes israéliennes ont attaqué plusieurs cibles en Syrie, endommageant gravement les systèmes de défense aérienne du régime.

 

La Russie est un ardent allié de l’Iran et de la Syrie, aidant les deux pays dans leurs efforts pour aider le régime syrien à repousser les rebelles qui tentent de faire tomber le président Bashar el-Assad dans une sanglante guerre civile de sept ans.

 

« La Syrie est un pays souverain et le peuple syrien a également droit à l’auto-défense », a déclaré M. Frolov.

 

Israël a répété à maintes reprises qu’il avait promis de faire tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher les efforts de l’Iran de s’implanter militairement en Syrie. Jérusalem, qui aurait attaqué des cibles iraniennes en Syrie, et Moscou ont mis en place un mécanisme pour éviter les affrontements dans le ciel du pays déchiré par la guerre.

 

La demande d’Israël de ne pas permettre à l’Iran d’établir une forte présence militaire en Syrie est « absolument légitime », a déclaré M. Frolov.

 

 
L’ambassadeur adjoint russe en Israël Leonid Frolov à l’ambassade de Russie à Tel Aviv, 12 février 2018 (Raphael Ahren/Times of Israel)
 

Moscou convient que les forces iraniennes doivent quitter le pays dès que la sanglante guerre civile prendra fin et qu’un nouveau gouvernement démocratique sera établi, a-t-il dit. En attendant, cependant, les rebelles anti-régime – ou « terroristes », comme Frolov les appelle – tentent de déstabiliser la Syrie, ce qui incite Assad à demander aux forces iraniennes d’aider à les vaincre. La Russie est convaincue que tous les militaires étrangers quitteront le pays une fois le calme rétabli.

 

Pour empêcher l’Iran de s’implanter en Syrie, Israël aurait dû « établir des liens plus étroits avec les services secrets syriens », a-t-il ajouté. « Israël est entouré de nombreux États ennemis. Mais cela n’empêche pas les dirigeants israéliens d’annoncer que leurs services secrets ont des contacts avec leurs homologues d’Arabie Saoudite ou du Qatar, par exemple. »

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Part of the remains of the UAV the  tried to sneak into Israel. Not much left of it, similar to some parts of the  air defense array.

Bien qu’il ait reconnu qu’Israël était tout à fait dans son droit d’abattre le drone, Frolov a mis en doute l’affirmation selon laquelle l’Iran était derrière l’incursion. Il a plutôt suggéré que les forces anti-régime auraient lancé le drone pour déclencher une attaque israélienne contre les forces loyales à Assad.

 

« Je suis sûr que tous les drones qui pénètrent dans l’espace aérien israélien doivent être abattus. Il vaudrait encore mieux faire tomber le drone [sans le détruire] et voir qui l’a créé, à qui il appartient », a-t-il dit en russe, traduit par un interprète.

Que gagneraient les Iraniens à envoyer un drone en Israël ? Après tout, les Iraniens savent qu’il serait abattu

« On peut accuser les Iraniens de bien des choses, mais ils ne sont pas stupides », a-t-il poursuivi. « Ils savent ce qui arriverait s’ils envoyaient un drone en Israël. Personne ne doute qu’Israël a la capacité de vaincre les forces militaires iraniennes en Syrie. Mais nous ne voulons pas supposer, sans preuve, que les Iraniens en Syrie sont fous. »

 

Tsahal a déclaré sans équivoque que le drone – une réplique du RQ-170 américain – a été construit et piloté par les troupes iraniennes stationnées en Russie. L’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU, Nikki Haley, a déclaré mercredi au Conseil de sécurité que les « milices soutenues par l’Iran » étaient derrière l’attaque de drones, qu’elle a décrite comme une « escalade flagrante et non provoquée » et un « signal d’alarme pour nous tous ».

 

Une photo du bureau du chef suprême iranien Khamenei, publiée le 11 mai 2014, montre Khamenei (au centre) assis à côté de l’US RQ-170 sentinelle de reconnaissance à haute altitude et sa copie faite localement à l’exposition des Forces Aérospatiales du Corps de la Garde Révolutionnaire Islamique à Téhéran. (AFP/HO/Iranian Leader’s Website)
 

Mais Frolov, un diplomate expérimenté aux cheveux gris qui a servi à Tripoli et Ramallah, n’était pas du tout d’accord avec l’affirmation israélienne, affirmant que les photos du drone détruit publiées en Israël ne prouvaient aucunement que l’Iran était derrière le lancement de samedi.

 

« Je ne sais pas qui l’a fait », a-t-il dit, ajoutant que des groupes rebelles sont présents à l’endroit où le drone a été lancé. « Il suffirait que ces gangs se livrent à des provocations pour qu’Israël attaque des positions en Syrie. Nous devons toujours nous demander qui en tire profit. Que gagneraient les Iraniens à envoyer un drone en Israël ? Après tout, les Iraniens savent qu’il serait détruit et qu’ensuite les Israéliens attaqueraient plusieurs cibles en Syrie. »

 

Jérusalem tient habituellement Moscou au courant avant de lancer des frappes en Syrie, et il est donc peu probable que des Russes aient été touchés par les attaques israéliennes samedi, a dit Frolov.

 

Interrogé sur la question de savoir si la Russie donne le feu vert à Israël pour ces attaques, il a répondu : « Je ne pense pas qu’Israël soit le genre de pays qui accepte des instructions ou attend le feu vert de qui que ce soit ».

 

Bien qu’il soit naturel que le président Vladimir Poutine exige qu’Israël ne porte pas atteinte aux soldats russes, Frolov a nié les informations selon lesquelles le Kremlin aurait fait état de menace à Jérusalem sur cette question. Ce n’est pas notre modus operandi, a-t-il dit.

 

Les forces gouvernementales syriennes se réjouissent dans la ville de Deir Ezzor, dans l’est de la Syrie, le 11 septembre 2017, alors qu’elles continuent d’avancer avec la couverture aérienne russe dans l’offensive contre le groupe terroriste islamique. (AFP Photo/George Ourfalian)
 

Dans l’interview accordée samedi dernier au Times of Israel à l’occasion de la Journée des diplomates russes, Frolov a également longuement évoqué la position du Kremlin sur le conflit israélo-palestinien.

 

La reconnaissance par l’administration américaine de Jérusalem en tant que capitale d’Israël « a considérablement perturbé le processus de paix », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il ne comprenait pas pourquoi les Israéliens célébraient avec tant de jubilation la déclaration du président Donald Trump le 6 décembre. En plus de reconnaître l’évidence – que Jérusalem est la capitale d’Israël – Trump a aussi fait comprendre clairement que les frontières finales seront déterminées par des négociations entre Israéliens et Palestiniens.

 

« Vous voyez dans la déclaration de Trump ce que vous aimez. Mais le fait que la déclaration perturbe le processus de paix ne vous dérange pas. Personne ne peut douter que la capitale d’Israël est Jérusalem. Nous disons simplement que la population arabe qui vit dans les territoires palestiniens mérite également une capitale dans cette ville sainte », a-t-il dit.

 

Personne en Israël n’a applaudi lorsque Moscou a reconnu Jérusalem occidentale comme la capitale d’Israël en avril 2017, a noté Frolov, ajoutant que l’ambassade de Russie en Israël envisageait d’accueillir sa cérémonie de la Journée de la Russie du 12 juin dans la ville.

 

La Russie aimerait jouer un rôle plus important dans le processus de paix, a déclaré M. Frolov, reconnaissant toutefois que « sans les Etats-Unis, il est impossible de parvenir à des accords » entre Israéliens et Palestiniens.

 

« Nous nous souvenons de l’effort français pour lancer une conférence de paix et nous nous souvenons également de la manière dont elle s’est terminée », a-t-il dit en se référant à une réunion de janvier 2017 à Paris, qui s’est conclue par une simple déclaration conjointe appelant à une solution à deux États.

Abbas cherche simplement quelqu’un qui empêchera le Président Trump de ruiner encore plus la situation.

Moscou voudrait en fait que les États-Unis adoptent une approche plus dynamique du conflit israélo-palestinien, a dit M. Frolov, notant qu’après un an de discussion de l’administration sur une proposition de paix, personne n’a encore vu de projet.

 

« Je ne pense pas que vous serez aussi heureux de découvrir cette proposition que vous l’étiez lors de la première phrase de la déclaration de Trump sur Jérusalem », a-t-il prédit, laissant entendre qu’il pourrait demander à Israël de douloureuses concessions.

 

Malgré le rejet par les Palestiniens des Etats-Unis en tant que médiateur avec Israël, Abbas, qui s’est rendu à Moscou cette semaine, ne cherche pas à exclure l’administration du processus de paix, a déclaré le diplomate russe. « Il cherche simplement quelqu’un qui empêchera le président Trump de ruiner encore plus la situation. [Abbas] est un homme intelligent qui connaît très bien l’histoire [du processus de paix]. »

 

Le président russe Vladimir Poutine, à gauche, et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors de leur rencontre à la résidence du président Novo-Ogaryovo, près de Moscou, le 13 avril 2015. (Crédit : Sergei Ilnitsky/Pool/AFP)
 

M. Frolov a également minimisé le discours controversé du leader palestinien prononcé le 14 janvier devant le Conseil central de l’Organisation de libération de la Palestine à Ramallah, dans lequel il a affirmé que l’État d’Israël est « un projet colonial qui n’a rien à voir avec le judaïsme » pour préserver les intérêts européens.

 

« Nous ne sommes pas de petits enfants qui s’énervent des déclarations faites dans la colère et l’excitation », a dit Frolov, ajoutant qu’il y a aussi des Israéliens qui font des déclarations scandaleuses et historiquement discutables.

 

Contrairement à certains États arabes qui finançaient autrefois des guerres contre Israël, mais qui coopèrent maintenant secrètement avec l’État juif, les Palestiniens sont depuis longtemps prêts à « vivre dans de bonnes relations de voisinage avec Israël », a-t-il déclaré.

 

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