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Sofa Landver : « Des mesures toutes fraîches pour l’intégration des Français »

Sofa Landver : « Des mesures toutes fraîches pour l’intégration des Français »

 

30 Novembre 2017
De passage à Paris, la ministre de l’Alyah et de l’Intégration a notamment détaillé pour le Times of Israël une série de décisions récentes ou en cours en faveur des professionnels de santé s’installant dans l’Etat juif. Cet article note à quel point les juifs français ne souhaitent pas partir comme d’ailleurs ceux d’aucun pays. Non seulement le gouvernement fait tout pour les attirer, mais l’antisémitisme est son meilleur allié avec la conviction que celui-ci ne s’arrêtera jamais.
 
(note de danielle Bleitrach)

OLIVIER CHALAUTRE 28 novembre 2017, 14:26
Sofa Landver au salon parisien de l'alyah du 26 novembre 2017 (Crédit : autorisation Agence juive pour Israël-France)

Sofa Landver, en charge des nouveaux immigrants et de l’intégration dans le gouvernement Netanyahu, s’est déplacée au salon parisien de l’alyah organisé par l’Agence juive le 26 novembre dans une salle de réception du bois de Vincennes, avec un peu moins d’un millier de visiteurs.

 

Elle souhaitait délivrer un message prometteur alors que les Français sont presque deux fois moins nombreux à partir qu’il y a trois ans (3 500 à 4 000 contre 7 000 en 2015). Elle a annoncé que le budget à leur intention ne baisserait pas malgré cette chute et a voulu montrer que la question épineuse de la reconnaissance des diplômes médicaux serait bientôt réglée pour l’ensemble des professionnels concernés. Nous l’avons interrogée à l’occasion de ce voyage.

 

Times of Israël : L’alyah de France, toujours importante, est néanmoins en baisse sensible depuis deux à trois ans. Est-ce seulement la conséquence de la diminution des actes antisémites ou voyez-vous une explication liée à la situation interne en Israël et aux difficultés d’intégration ?

 

Sofa Landver : Je vais être directe. Tout Juif, en diaspora, pense naturellement que les choses vont s’améliorer dans le pays où il se trouve, que l’antisémitisme y est passager. Mais il renaît toujours. Je suis convaincue que la baisse en question ne durera pas.

 

Concernant l’intégration, elle n’a jamais été facile. Pour la réussir, il faut une vraie volonté personnelle.

 

Nous n’avons pas les moyens d’offrir aux nouveaux immigrants le volume d’aides sociales en vigueur en France et ceux qui nous rejoignent font face à toutes sortes de défis.

 

Remarquez cependant que le soutien financier à l’alyah en provenance de l’Hexagone n’a pas diminué d’un shekel alors que la vague de départs a fortement fléchi depuis 2014-2015. Je continue à croire en effet que ce pays reste un terreau exceptionnel : les Juifs français apportent énormément à Israël et le mouvement va se poursuivre.

 

La ministre Sofa Landver avec le directeur de l’Agence juive pour la France, Daniel Benhaim, le 26 novembre 2017 (Crédit : autorisation Agence juive pour Israël-France)

 

Nombre d’entre eux exercent des professions de santé. Or, malgré des progrès en ce sens, on ne comprend pas bien pourquoi le processus de reconnaissance des diplômes et des compétences est si lent et laborieux…

 

Il ne l’est plus. Il y a eu de grandes avancées ces derniers temps et nous accélérons la cadence en ce moment-même.

 

Désormais, un dentiste parisien ou marseillais peut travailler en Israël sans la moindre restriction s’il justifie de cinq années d’expérience.

Les médecins diplômés sont libres de s’installer dans les secteurs public et privé.

 

Pour les étudiants en médecine, il y avait un problème spécifiquement français : le diplôme n’est délivré ici qu’à l’issue de l’internat, qui lui-même ne débute qu’après un cursus de six ans. C’est pourquoi il était délicat d’autoriser les jeunes en quatrième ou cinquième année à intégrer le système hospitalo-universitaire israélien au même niveau, dès leur arrivée.

 

J’ai décidé de faciliter les choses. Sans entrer dans les détails pointus de la réforme, je suis intervenue fin 2016 auprès des autorités concernées pour qu’un étudiant puisse réaliser son alyah en cours de route et opter pour telle ou telle spécialité… La prise en charge économique de cette seconde partie de son parcours émane de mon ministère.

 

Au salon parisien de l’alyah du 26 novembre 2017 (Crédit : autorisation Agence juive pour Israël-France)

 

S’agissant des infirmiers et infirmières, la responsable du secteur au ministère de la Santé, Shoshana Goldberg, qui a en charge 70 000 professionnels, m’a accompagnée ce 26 novembre en France. C’est une première. Le principal obstacle a été levé en octobre. Jusqu’alors, nous imposions pour exercer un examen théorique difficile. Dorénavant, une infirmière bénéficiant d’au moins cinq ans d’activité antérieure peut travailler quasi-immédiatement en Israël. Il suffit qu’elle se prête à un examen pratique extrêmement simple et rapide ! C’est un progrès très important.

 

Et ce n’est pas tout : mon ministère finance, dorénavant, un stage de préparation à l’examen théorique pour ceux et celles qui ont débuté récemment dans le métier à l’extérieur de nos frontières. Nous rendons la réussite à cet examen plus aisée en leur octroyant de surcroît un « bonus » de dix points. S’agissant de certaines spécialités non sanctionnées par un diplôme académique en France, comme l’ostéopathie ou la podologie, cinq ans d’expérience suffisent – et deux ans pour un pharmacien à partir d’aujourd’hui.

 

Une révolution toute fraîche : le décret a été promulgué ce 22 novembre.

 

Les Français d’Israël reprochent parfois au gouvernement de s’occuper davantage des migrants américains ou russes.

 

C’est inexact. En tout cas, la réalité a changé du tout au tout dans ce domaine. Il y a cinq ou six ans, mon ministère employait très peu de francophones. Aujourd’hui, ils sont nombreux. Je suis entourée de conseillers originaires de France, comme Olivier Rafowicz, colonel de réserve, ex-porte-parole de Tsahal et bien connu par les fidèles des médias audiovisuels juifs diffusant dans votre langue.



Olivier Rafowisc (Crédit : Capture d’écran I24/YouTube)

 

 

Quels freins administratifs rencontrez-vous encore ?

 

Permettre aux nouveaux immigrants âgés de percevoir leur retraite en Israël n’est pas toujours facile mais cela ne concerne pas les Français.

Globalement, je regrette aussi que les logements réservés aux olim [ceux qui font leur alyah – NDLR] soient rares. On ne construit pas assez en pensant à cette population.

Mais je voudrais répéter que l’intégration est par définition une épreuve. Le simple fait de changer de région ou de ville à l’intérieur d’un même pays nécessite des adaptations parfois pénibles. Or, les Français font de gros efforts. C’est une alyah de haute qualité.

Contrairement à une idée reçue, ils sont d’ailleurs moins diplômés, proportionnellement, que d’autres nouveaux Israéliens. Il n’y a pas que les médecins ! Beaucoup sont ou étaient commerçants, sans formation particulière. Eh bien, ils se battent et s’inscrivent à l’une des 2 000 sessions de formation professionnelle financées par mon ministère. Leur énergie est indéniable et il existe pour eux une quantité d’opportunités dans des secteurs aussi variés que la pâtisserie ou la cyber-sécurité.

« Nous n’avons pas les moyens d’offrir aux nouveaux immigrants le volume d’aides sociales en vigueur en France et ceux qui nous rejoignent font face à toutes sortes de défis »

 

Sofa Landver

Les olim de France sont réputés traditionalistes ou religieux, parfois très pratiquants. Est-ce une difficulté ?

 

Pourquoi donc ? Il est vrai que la société israélienne est ouverte, que la vie communautaire typiquement hexagonale y est inconnue. Mais chacun se respecte.

 

Le chef de file de mon parti (Yisrael Beytenu), Avigdor Liberman, n’est pas pratiquant. Son épouse est religieuse, sa fille aussi et ils s’entendent à merveille.

 

L’antenne française de l’Agence juive va-t-elle simplifier les démarches nécessaires à l’émigration vers Israël ?

 

Elle l’a déjà fait dans une large mesure. Le système a été fluidifié. Les délais d’attente sont de plus en plus courts. Je tiens à souligner une réalité dont on n’a pas toujours conscience en Diaspora : le processus migratoire vers l’Etat juif est, tout simplement, le plus facile du monde développé !

 

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, à la Knesset, le 10 juillet 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

 

Essayez donc de vous installer aux Etats-Unis…

 

Comment jugez-vous les tensions actuelles entre Israël et les courants libéral et « conservative » (massorti, en hébreu) du judaïsme américain ? On parle de divorce, en raison du poids des ultra-orthodoxes dans les décisions gouvernementales.

 

Je suis sur la même ligne qu’Avigdor Liberman.

 

Je déplore ces tensions car Israël est la maison commune de tous les Juifs, sans exclusivité. Et je m’oppose aux interdictions successives prononcées contre les prières mixtes au mur Occidental. Le Kotel [mur Occidental] appartient à l’ensemble du peuple juif.

 

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