Netanyahou en France pour commémorer la rafle du Vel d'Hiv

06 juillet 2017

Netanyahou en France pour commémorer la rafle du Vel d'Hiv

« Plusieurs membres de l’actuel gouvernement israélien, nous dit JPC, prônent ouvertement l’annexion de la zone C et tous récusent l’idée d’un État palestinien. Ils se sentent en position de force puisque la communauté internationale ne fait rien. De plus, l’arrivée de Trump au pouvoir aux États-Unis les encourage dans leurs positions. Ce que va faire Trump risque d’être décisif dans les mois à venir dans un sens ou dans un autre... S’il s’en tient à ses premières déclarations, le pire n’est jamais sûr mais il est probable. Il faut donc espérer qu’il aura compris les enjeux, mais rien n’est moins sûr... »

 

Reprenons la lecture des 4 articles ci-dessous...

 

Michel Peyret


BOYCOTT TOTAL D'ISRAEL

4 articles ci-dessous. A ne pas manquer !

 

Cordialement

Paul Monmaur



3 juillet 2017

Non à la venue du criminel Netanyahou en France !

 

Nous nous élevons contre la venue en France de Benjamin Netanyahou, premier ministre du gouvernement colonial israélien. L’invitation qui lui est faite par Emmanuel Macron de venir commémorer la rafle du Vel d’Hiv est indigne.


Il est indécent pour les victimes de la Rafle du Vel d’Hiv, 13.000 Juifs dont une moitié d’enfants arrêtés à Paris et en banlieue entre le 16 et le 17 juillet 1942 par 7.000 policiers français pour être livrées aux nazis et déportées dans des camps dont moins d’une centaine reviendront, d’être représentées par un raciste à la tête d’un Etat terroriste qui persécute tout un peuple depuis des décennies.

 

Confier cette commémoration à celui qui s’est spécialisé dans l’enfermement du peuple palestinien, le massacre de populations civiles, la torture des enfants, et qui maintient hermétiquement fermé le ghetto de Gaza, est scandaleux.

 

D’autant que cette rafle de 1942 concerna essentiellement les Juifs étrangers, réfugiés en France, et on sait comment le gouvernement israélien traite les étrangers et les réfugiés, qu’il s’agisse des demandeurs d’asile africains, qualifiés de « cancer » par la ministre de la « culture » , ou des réfugiés palestiniens parqués dans des camps, privés de liberté de circulation, ou encore expulsés et bannis illégalement de leur propre pays.

 

Netanyahou, qui a remis à l’honneur le concept de races, qui pratique l’apartheid sur des bases ethniques et religieuses, n’a rien à faire dans un pays qui se présente comme un défenseur des droits humains et du droit international.

 

On ne peut pas dire "Plus jamais cela", et dérouler le tapis rouge aux responsables d’un terrible nettoyage ethnique.

 

C’est pourquoi nous appelons à une manifestation de protestation la plus large possible

 

le samedi 15 juillet, veille de sa réception par le président de la République,

Rendez-vous à 15 H Place de la République à Paris le 15 juillet.

 

Premiers signataires : EuroPalestine, Droits Devant, Enfants de Palestine, Christine Delphy, Jacques-Marie Bourget, Mgr Gaillot, Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah, Nanterre Palestine, PIR, Marie-Jeanne Manuellan, Odile Tobner, Fethi Chouder, Les Désobéissants, Comité Palestine Israël Chateaubriant, Samidoun, Collectif 69 de Soutien au Peuple Palestinien, Alain Brossat, Paul Aries, Attac Paris Centre, Martine Sevegrand, Collectif Ni Guerre Ni Etat de Guerre...


L’aviation israélienne à la rescousse des groupes djihadistes

 

29 Jun 2017 -STEFANO MAURO

La tension est vive au sud de la Syrie, près des hauteurs du Golan occupé illégalement par Israël depuis 1967. Ciblés par les troupes syriennes et leurs alliés, les groupes djiahdistes tentent de reprendre du terrain. Ils peuvent compter sur un coup de pouce d’Israël… (IGA)


La frontière dans le sud de la Syrie (région de Quneitra) près des hauteurs du Golan occupé devient de plus en plus ardente. Des centaines de terroristes de Tahrir al-Cham et de Jaïch al-Tawhid ont essayé, durant ces derniers jours, de regagner du terrain contre l’armée syrienne dans la ville d’Al Baath. L’objectif des djihadistes est de résister à l’opération militaire lancée par l’armée syrienne et le Hezbollah dans la province de Deraa.

 

Al Jazeera a affirmé que les groupes djihadistes ont délibérément lancé des roquettes et des mortiers vers la frontière israélienne, fournissant un prétexte à l’aviation de Tel-Aviv pour bombarder le sud de la Syrie. Samedi et dimanche en effet, les avions israéliens ont frappé des positions de l’armée syrienne « en soutien évident aux terroristes opérant dans le Golan », causant de nombreux morts et blessés parmi les militaires syriens.

 

La chaîne iranienne PressTV a aussi déclaré que ces derniers jours « un intense trafic d’armes et de munitions en provenance d’Israël vers le Golan a eu lieu dans le but de renforcer les groupes djihadistes dans leurs combats contre l’armée syrienne et le Hezbollah, dernière tentative d’opposition à l’avancée de Damas dans la région ».

 

Ce qui inquiète le plus Tel-Aviv, c’est de voir les troupes de Damas et du Hezbollah gagner du terrain dans la province de Deraa et de Quneitra. Ces territoires bordent les hauteurs du Golan, occupé illégalement par Israël depuis 1967. Selon le site israélien Kan, le chef du Mossad Yossi Cohen, a déclaré que « l’Iran  est en train de créer un nouveau Hezbollah dans les hauteurs du Golan».

 

Le chef du service de renseignement israélien fait référence au groupe Harakat Hezbollah Al Nujaba (considéré comme le Hezbollah irakien, NDLR) qui, après les victoires de Daesh en Irak, a rejoint les troupes chiites libanaises. L’objectif déclaré d’Al Nujaba – en particulier la « Brigade de libération du Golan » – est de soutenir Damas et de contrer Israël en ouvrant, en cas de conflit avec Tel-Aviv, un nouveau front dans la région du Golan pour sa libération.

 

Selon le site d’informations Jerusalem Post, lors d’une réunion de son cabinet ministériel, Avigor Lieberman a annoncé  qu’« Israël ne restera pas passif contre tout type d’attaque qui touchera les hauteurs du Golan ». « Toute personne qui veut transformer la Syrie comme une base opérative pour le Hezbollah et l’Iran » — a continué le ministre israélien de la Défense – « devra réfléchir deux fois et s’attendre à une possible réponse militaire d’Israël ». Aussitôt dit, aussitôt fait.

 

Lundi la défense aérienne syrienne (DCA, NDLR) a mis en garde Israël et a dit qu’elle « n’hésitera pas à répondre aux attaques aériennes de Tel-Aviv, comme cela a déjà eu lieu dans le passé avec un avion israélien qui a été abattu ».

 

Le Secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, lors de la commémoration d’Al Qouds, a déclaré à plusieurs reprises qu’en cas de guerre avec Israël, « le conflit ne sera pas seulement limité aux Libanais, aux Syriens et aux Palestiniens », mais mobilisera de nombreux combattants dans différents pays arabes. Dans son discours, Nasrallah a fait référence au  rôle et à l’influence dont jouit le parti chiite dans le monde arabe, même dans les pays sunnites. Tout en restant un parti chiite, le Hezbollah  représente aux yeux des masses arabes « l’ axe de la  Résistance qui lutte contre les groupes takfiri comme Daesh et Al-Qaïda ». Enfin, concernant la question palestinienne, Nasrallah ajoute que la Résistance est « la seule force qui arrête les plans saoudiens pour faire oublier la situation en Palestine et qui empêche la normalisation des relations avec Israël, un pays qui emprisonne, colonise, torture et tue ».

 

Source originale: Nenanews

 

Traduit de l’italien par Stefano Mauro pour Investig’Action

Source: Investig’Action


http://www.europalestine.com/spip.php?article13168

5 juillet 2017

 

"À Gaza, Israël fait des expérimentations sur des humains en situation de stress et de privations" par Gideon Levy

 

"Qu’arrive-t-il à deux millions d’êtres humains privés d’électricité presque tout le temps, de nuit comme de jour ? C’est ce qu’expérimente Gaza. L’une des plus grandes expériences, impliquant des sujets humains jamais réalisée, est en train de se dérouler actuellement sous nos yeux, et le monde entier regarde les bras croisés."

 

Le journaliste israélien tire à nouveau la sonnette d’alarme sur la situation à Gaza, dans un article, dont nous publions plusieurs extraits.



( Photo : 16 avril 2015, dans une décharge publique à Rafah, au sud de la bande de Gaza, un jeune palestinien fouille dans un tas de déchets à la recherche, entre autres, d’objets recyclables qu’il espère vendre (AFP).

 

Ce projet vient d’atteindre son paroxysme dans l’indifférence générale. Il s’agit d’une expérience sur êtres humains pour laquelle aucune des institutions scientifiques internationales n’a obtenu l’approbation de la déclaration d’Helsinki. Son but ? Examiner les comportements humains dans des situations de tension extrême et de privations.

 

Il ne s’agit pas d’un groupe expérimental de quelques dizaines, centaines, ni de milliers ou dizaines de milliers, ni même de centaines de milliers des personnes. Les sujets de cette expérience ne sont pas moins de deux millions d’êtres humains.

 

Jusqu’à présent, ils ont réussi d’une façon stupéfiante à résister à cette épreuve. Évidemment, on a certes constaté quelques turbulences dans la cocotte minute à l’intérieur de laquelle ils sont confinés, mais elle n’a pas encore explosé. La bande de Gaza est sous observation afin de déterminer quand et comment elle finira par exploser. Ce n’est visiblement qu’une question de temps.

 

Voici comment est présentée cette expérience par Israël, l’Autorité palestinienne et l’Égypte : qu’arrive-t-il quand deux millions d’êtres humains sont privés d’électricité presque tout le temps, de jour comme de nuit ? Que leur arrive-t-il en hiver et au printemps, et surtout maintenant que frappe la terrible chaleur de l’été au Moyen-Orient ?

 

Cette expérience, comme toutes celles de ce genre, s’échelonne en une succession de phases. On va faire cuire la grenouille dans de l’eau chauffée, progressivement, jusqu’à ébullition.

 

Pour commencer, Gaza fut privée d’électricité pendant environ huit heures sur 24, puis environ douze heures, et maintenant le temps de privation d’électricité a été porté à un tel niveau que les deux millions d’habitants de Gaza n’en disposent qu’environ 2 heures et demi sur 24. Examinons-en maintenant les effets sur les sujets. Voyons comment ils réagissent. Et que se passe-t-il quand on leur accorde l’électricité pendant seulement une heure par jour ? Ou pourquoi pas une heure par semaine ? Cette expérience n’en est qu’à ses débuts et personne ne peut prévoir comment elle va tourner.

 

Au cours de la dernière décennie, cette bande de terre malmenée s’est aussi transformée en une cage – la plus grande cage sur terre. (...)



Des Palestiniens déambulent dans une rue du camp de réfugiés d’Al-Shati (ville de Gaza) pendant une panne d’électricité, le 11 juin (AFP)

 

On peine à concevoir la vie quotidienne, dans cette chaleur oppressante, avec seulement deux heures et demie d’électricité dans la journée. Comment imaginer conserver la nourriture ? On frémit à la pensée de toutes ces tâches ordinaires à accomplir sans électricité. Imaginez toutes ces personnes hospitalisées dont la vie dépend de l’électricité : c’est affreux.

 

Récemment, un article paru dans Haaretz (le 4 juin) de Mohammed Azaizeh, qui travaille pour Gisha, une organisation israélienne de défense des droits de l’homme, a décrit ce qui se passait à l’Hôpital d’Al-Rantisi à Gaza.

 

Au service pédiatrie, les enfants sont placés sous respirateur, mais comme l’électricité n’est disponible que quelques heures par jour, leur vie tient désormais au bon fonctionnement d’un générateur – qui parfois tombe en panne. Le directeur de l’hôpital, Dr Muhammad Abu Sulwaya donne une description catastrophique de son établissement. La situation est évidemment similaire dans tous les autres à Gaza.

 

À cause du manque d’électricité, l’eau propre manque et les égouts débordent d’eaux non traités qui inondent les rues. Gaza a l’habitude d’une telle situation, mais même l’incroyable et incomparable résilience des Gazaouis a ses limites.(...)

 

Gaza se meurt, lentement. Ses souffrances n’intéressent personne ailleurs. Personne à Washington, Bruxelles, Jérusalem ou au Caire, ni même à Ramallah. Aussi incroyable que cela puisse paraître, visiblement personne ne se soucie du sort de deux millions de personnes, abandonnées aux ténèbres la nuit et à la chaleur oppressante des journées d’été, avec nulle part où se tourner et pas le moindre espoir. Aucun."

 

(Traduction de l’anglais (original) par Dominique Macabies.)

 

Source : http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/gaza-isra-l-fait-des-exp-rimentations-sur-des-humains-en-situation-de-stress-et-de

CAPJPO-EuroPalestine


http://www.enfantsdepalestine.org/article/la-victoire-de-la-force-ne-peut-que-conduire-a-la-defaite-d-israel

La victoire de la force ne peut que conduire à la défaite d’Israël

 

Soumis par abnah le dim, 02/07/2017 - 10:21

 

Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des universités et auteur de nombreux ouvrages sur le Moyen-Orient et la question palestinienne, vient de publier aux éditions Actes Sud Israël-Palestine : la défaite du vainqueur, un nouvel opus dans lequel il dresse un constat peu optimiste de la situation.

 

Oppression, humiliations, vol de terres, violence latente mais omniprésente, discriminations structurelles et apartheid… pour le spécialiste, la situation sur le terrain pour les Palestiniens ne fait qu’empirer malgré une apparente stabilité. Or, si Israël semble remporter l’épreuve de force, c’est sans compter avec le fait que, selon l’universitaire, « il est impensable qu’un peuple puisse jamais accepter sans résistance un tel système de domination ».

 

Pour le perpétuer, prévient-il, « il faudra donc encore davantage de moyens de coercition et d’oppression. Ce qui implique évidemment en retour des réactions de violence sans fin avec toutes les formes de radicalisation qu’elles ne manqueront pas de générer. »

 

Jean-Paul Chagnollaud revient pour Middle East Eye sur son analyse du conflit israélo-palestinien, et sur ce qui constitue selon lui la seule solution à terme : œuvrer pour la victoire du droit, « la seule qui importe parce qu’elle est la seule à fonder une paix juste et équilibrée. Toutes les autres ne sont, à l’échelle de l’histoire, que des défaites différées. »

 

Middle East Eye : Vous citez en ouverture de votre ouvrage le général chinois Sun Tzu, auteur de L’Art de la guerre, qui écrivit : « Jamais guerre prolongée ne profita à un pays ». En quoi le vainqueur du conflit israélo-palestinien est-il, selon vous, condamné à essuyer une défaite ?

 

Jean-Paul Chagnollaud : Depuis de nombreuses années, et tout particulièrement depuis 2001, les gouvernements israéliens se sont lancés dans une vaste entreprise de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Aujourd’hui, il y a près de 650 000 colons israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, soit près d’un habitant sur quatre.

 

Cela n’est rendu possible qu’en raison de l’occupation militaire israélienne, avec tout ce que cela implique pour les Palestiniens : domination arbitraire, absence totale de toutes les libertés même les plus simples comme celle d’aller et venir... Ils subissent donc une oppression de tous les jours, dans tous les domaines de leur vie.

 

Continuer comme cela revient à consolider un système d’apartheid. C’est une victoire de la force qui, à l’échelle de l’histoire, ne peut durer. Elle ne peut que conduire à des catastrophes politiques et humanitaires et donc à la défaite d'Israël...

 

MEE : Vous mentionnez le poids grandissant de l’extrême droite dans la politique et la société israélienne et citez deux visions de l’avenir promues par ce courant : l’annexion selon le ministre de l’Éducation Naftali Bennett et le transfert de populations selon le ministre de la Défense Avigdor Liberman. Sont-ce là des perspectives réelles à court terme ?

 

JPC : Plusieurs membres de l’actuel gouvernement israélien prônent ouvertement l’annexion de la zone C et tous récusent l’idée d’un État palestinien. Ils se sentent en position de force puisque la communauté internationale ne fait rien. De plus, l’arrivée de Trump au pouvoir aux États-Unis les encourage dans leurs positions. Ce que va faire Trump risque d’être décisif dans les mois à venir dans un sens ou dans un autre... S’il s’en tient à ses premières déclarations, le pire n’est jamais sûr mais il est probable. Il faut donc espérer qu’il aura compris les enjeux, mais rien n’est moins sûr.

 

MEE : Malgré toutes les politiques de judaïsation de Jérusalem, vous constatez la forte résilience démographique des Palestiniens : alors que depuis 1967, la population juive a été multipliée par 2,5, la population palestinienne a quadruplé. Quelles conséquences politiques pourrait avoir cette croissance continue de la population palestinienne à Jérusalem ?

 

À Jérusalem, la balance démographique penche en effet à terme en faveur des Palestiniens. D’ici une vingtaine d’années, sur la base des paramètres actuels, on tend vers les 50/50. Ce qui est déjà le cas sur le territoire de l’ensemble Israël/Palestine, où il y a désormais parité démographique entre la population juive et la population palestinienne (inclus les Palestiniens citoyens d’Israël).

 

Mais le pouvoir n’est pas lié à la démographie, surtout dans une situation d’occupation militaire. C’est en ce sens qu’on glisse de plus en plus vers un système d’apartheid. Même [l’ancien Premier ministre israélien] Ehud Barak vient ces jours-ci d’utiliser le terme !

 

MEE : Comme vous l’expliquez, l’apparente stabilité en Israël-Palestine, surtout par rapport aux guerres qui sévissent dans la région, n’est qu’une illusion qui masque une constante aggravation de la situation. Peut-on alors s’attendre à une nouvelle intifada ?

 

JPC : Je ne crois pas à une nouvelle intifada prochainement car les organisations politiques palestiniennes sont assez dévitalisées et les jeunes s’en sont éloignés. Reste la désespérance profonde des jeunes Palestiniens. L’occupation les empêche d’avoir un avenir. Il est évident que certains d’entre eux vont s’exprimer par des actes violents quitte à en perdre la vie, comme on l’a vu récemment avec les attaques au couteau.

 

MEE : Que pensez-vous de cette tendance des autorités israéliennes à dresser un parallèle entre les attaques palestiniennes et le terrorisme de groupes tels que l’État islamique ?

 

JPC : Rien à voir avec Daech, qui sont des terroristes sectaires et totalitaires avec lesquels il n’y a rien à négocier. Les Palestiniens se battent pour la reconnaissance de leurs droits et pour obtenir enfin leur État.

 

Leurs revendications sont conformes au droit international tel qu’il résulte notamment des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Avec la dernière en date : la résolution 2334 du 23 décembre 2016, qui rappelle que l’acquisition de territoires par la force est absolument contraire au droit international.

 

MEE : Qu’est-ce qui empêche selon vous le Fatah en Cisjordanie et le Hamas à Gaza d’opérer une véritable réconciliation ?

JPC : Les organisations politiques palestiniennes sont empêtrées dans des luttes d’appareil qui leur font oublier l’essentiel. Les divergences sont idéologiques et politiques mais il ne faut pas sous-estimer les luttes des dirigeants entre eux pour le pouvoir ou, en tout cas, pour ce qui en tient lieu...

 

Aujourd’hui, il y a près de 650 000 colons israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, soit près d’un habitant sur quatre

 

MEE : Vous citez Moshe Levinger, l’un des fondateurs de Goush Emounim, groupe de colons nationalistes-messianiques, qui a un jour déclaré : « La temporalité a toujours été importante pour nous […]. Ils finissaient tout simplement par s’habituer aux faits sur le terrain ». Pensez-vous que ceci pourrait s’appliquer aux Palestiniens ; pourraient-ils capituler ?

 

JPC : J’ai cité la formule de Moshe Levinger qui attendait que les gouvernements israéliens se lassent et finissent par accepter les faits accomplis sur le terrain. Cela n’a rien à voir avec les Palestiniens, qui eux n’accepteront jamais une telle situation d’oppression...

Israël a entamé la construction d'une toute nouvelle colonie en Cisjordanie le 20 juin 2017, une première en 25 ans, à la veille de la visite du conseiller principal de la Maison Blanche, Jared Kushner (capture d’écran)

 

MEE : Vous écrivez qu’une paix juste passe par la négociation et le droit international. Or, vous rappelez que les Israéliens ont instrumentalisé les négociations pour gagner du temps et entériner leur occupation. Peut-on alors garder confiance dans les négociations ? Pourrait-on envisager une autre solution, par exemple un accord imposé par la communauté internationale ?

 

JPC : Une négociation s’inscrit toujours dans un rapport de forces. Il y a ici une totale asymétrie entre une puissance occupante (au sens de la IVe Convention de Genève de 1949) et un peuple occupé. Donc sans une intervention de la communauté internationale, rien n’avancera.

 

MEE : Comment qualifieriez-vous la diplomatie française sur le conflit israélo-palestinien jusqu’à présent ? Le nouveau président Emmanuel Macron est-il selon vous désireux – et capable – d’œuvrer en faveur d’une solution juste pour les Palestiniens ?

 

JPC : La France a un rôle à jouer. Difficile, très difficile, mais très important. J’ignore ce que fera Emmanuel Macron.

 

La victoire de la force ne peut que conduire à la défaite d’Israël Soumis par abnah le dim, 02/07/2017 - 10:21 

Posté par Michel Peyret