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Israël - Palestine

17 février 2017

Jérusalem, une capitale « impossible » ?

 

« Au final, quel avenir pour Jérusalem ?, interroge Delphine Froment. Proclamée depuis 1980 capitale éternelle et indivisible de l’Etat d’Israël, Jérusalem a-t-elle trouvé là une conclusion à son histoire plurimillénaire ? Les auteurs insistent plutôt sur le « point de bifurcation » où elle se trouve : sa capitalisation, mal acceptée à l’international, ne saurait cacher que Jérusalem est la moins juive des grandes métropoles d’Israël ; et Jérusalem « demeure plus que jamais une capitale paradoxale, voire une capitale “impossible”, tiraillée par son triple statut de capitale universelle, nationale et binationale »; d’ailleurs, il est encore aujourd’hui impossible de savoir comment trancher le sort de Jérusalem pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien (la question du statut de la ville est tellement problématique et complexe qu’elle n’a pas été intégrée aux négociations de 1993 entre Israéliens et Palestiniens)... »

Reprenons le compte-rendu de Delphine Froment...

Michel Peyret


Les clés du Moyen-Orient

Vincent Lemire (dir.), Jérusalem. Histoire d’une ville-monde 

Article publié le 21/12/2016

Compte rendu de Delphine Froment


S’affranchir des débats passionnés et idéologiques pour retracer la longue histoire de la ville « trois fois sainte » : tel est le défi relevé par l’ouvrage dirigé par Vincent Lemire aux éditions Flammarion, et paru à l’automne 2016. Et ce défi n’était pas des moindres : Jérusalem, que Julien Gracq qualifiait de « ville épileptique » en 1967, ne se situe-t-elle pas, depuis plus de deux millénaires, au croisement des religions monothéistes et de leurs traditions ? N’est-elle pas au cœur d’imaginaires et de fantasmes identitaires ? Ce lourd héritage ne rend-il pas son histoire d’autant plus difficile à écrire ? « Jérusalem ne s’appartient pas, Jérusalem n’est pas à Jérusalem, Jérusalem est une ville-monde, une ville où le monde entier se donne rendez-vous, périodiquement, pour s’affronter, se confronter, se mesurer » (1). Partant de ce constat, les auteurs de cet ouvrage ont tenté de contrer les représentations fantasmées de Jérusalem pour en proposer une relecture « à la fois contextualisée et située, diachronique et géographique » (2).

Refaire de Jérusalem un objet d’histoire

Ce vaste programme est inédit dans l’historiographie. Dans son introduction, Vincent Lemire montre que de manière paradoxale, alors que Jérusalem regorge de monuments et de vestiges, elle est une ville « sans histoire », trop souvent « asphyxiée par des mémoires qui court-circuitent et brouillent la chronologie » (3). Devant la difficulté de passer outre cet héritage mémoriel multiple, jamais une telle synthèse de cette ville n’avait été proposée : cette tentative de faire une « nouvelle histoire de Jérusalem » ne peut donc être que saluée.

D’autant qu’à cette entreprise s’ajoute une autre volonté : celle de faire une histoire incarnée de la ville, en prêtant attention à la topographie, au relief, à la situation, à l’urbanisme et au peuplement. Car, comme le souligne Vincent Lemire, la géographie est l’autre grande absente de l’historiographie de Jérusalem, tant elle est supplantée par les analyses géopolitiques : « l’histoire de Jérusalem est généralement racontée sans que les lieux (rues, monuments, collines, vallées, sources, roches, grottes, murailles, cimetières) soient autre chose qu’une carte d’état-major ou qu’un simple décor à usage folklorique ou patrimonial » (4).

Pour ce faire, une large panoplie de cartes ainsi qu’une chronologie de référence pour l’histoire de la ville des origines à nos jours sont à trouver au fil du texte et en annexe de ce livre.

Quatre auteurs se sont partagé l’écriture de cette grande synthèse (430 pages de texte) :

- Vincent Lemire, directeur de cette publication, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée. Ses recherches portent sur Jérusalem et le Proche-Orient contemporain : dans sa thèse, il s’est intéressé à la question de l’eau à Jérusalem entre la fin du xixe siècle et la mise en place de l’État d’Israël (La Soif de Jérusalem, 1860-1948. Essai d’hydrohistoire, Paris, Publications de la Sorbonne, 2010). Il a plus récemment publié un autre ouvrage, à nouveau centré sur l’histoire de Jérusalem au début du XXe siècle : Jérusalem 1900. La ville sainte à l’âge des possibles, Paris, Armand Colin, 2013. Il est également directeur du projet européen « Open Jerusalem ».

- Katell Berthelot, historienne des religions, et plus particulièrement du judaïsme ancien. Avec Dionigi Albera, elle a notamment publié aux éditions Flammarion en 2013 Dieu, une enquête. Judaïsme, christianisme, islam, ce qui les distingue, ce qui les rapproche. Directrice au CNRS, rattachée au Centre Paul-Albert Février, elle a séjourné de 2007 à 2011 au Centre de recherche français de Jérusalem (CRFJ).

- Julien Loiseau, maître de conférences habilité à diriger des recherches à l’université Paul-Valéry Montpellier-3, et directeur du Centre de recherche français de Jérusalem (CRFJ). Spécialiste de l’Orient médiéval, on lui doit notamment sa très belle monographie sur les Mamelouks (Les Mamelouks. Une expérience politique dans l’Islam médiéval, Paris, Seuil, 2014).

- Yann Potin, historien et archiviste, chargé d’études documentaires principal aux Archives nationales, maître de conférences associé en histoire du droit à l’Université Paris Nord, membre du comité de pilotage du projet européen « Open Jerusalem ». Tout comme Julien Loiseau, il a participé à la coordination de L’Histoire du monde au XVe siècle, dirigée par Patrick Boucheron et parue chez Fayard en 2009.

Jérusalem, de l’âge du bronze à nos jours : construction d’une « capitale impossible »

Ces quatre auteurs signent ainsi une riche synthèse, qui se lit aisément et retrace toute l’histoire de la ville de Jérusalem, de l’âge du bronze à nos jours. Sept chapitres découpent de manière chronologique un passé plurimillénaire.

Loin de vouloir résumer ici le contenu de cet ouvrage aussi dense qu’éclairant, contentons nous d’énumérer les points principaux de ces chapitres, afin de refixer les très grandes lignes de l’histoire de Jérusalem : le premier chapitre se penche sur la période antique de la ville, jusqu’à la provincialisation romaine de la Judée, et y décrit la naissance du judaïsme, première religion à ériger Jérusalem en ville sainte ; le deuxième chapitre revient sur la période tardive et du haut Moyen Âge, en cherchant à montrer les multiples croisements entre la civilisation romaine et les traditions judéo-chrétiennes – croisements qui participent pleinement de l’évolution de la ville ; le troisième chapitre se consacre à la Jérusalem des Omeyyades et des Abbassides, de la conquête arabe au viie siècle à celle des croisés en 1099 – date qui marque le début des longues et âpres luttes pour la ville désormais trois fois saintes : en quelques siècles, Jérusalem passe et repasse aux mains de divers belligérants. Ainsi, le quatrième chapitre est dédié au royaume franc dont Jérusalem fut la capitale de 1099 à 1197 ; mais en 1197, la ville est reprise par Saladin et dirigée par les Ayyoubides puis par les Mamelouks qui parviennent à vaincre les hordes mongoles de Hülegü (petit-fils de Gengis Khan) en 1260 à la bataille de ‘Ayn Jalut, et entrent dans Jérusalem en 1261, inaugurant sept siècles de domination turque à Jérusalem ; cette domination turque, c’est donc d’abord celle des Mamlouks qui succèdent aux Ayyoubides (chapitre 5), puis celle des Ottomans (chapitre 6).

Cette longue domination est synonyme de grande stabilité pour la ville. Or, lorsque l’Empire ottoman disparaît au sortir de la Première Guerre mondiale, cette stabilité vole également en éclat ; la Jérusalem du xxe siècle est au contraire marquée par une période de ruptures et de fractures : « L’image qui s’impose est celle d’une ville en guerre, ou plutôt d’une succession de guerres qui chacune réorientent le destin de la Ville sainte » (5).

De la Première Guerre mondiale à l’intifada al-Aqsa (2000-2004), le septième et dernier chapitre montre combien Jérusalem est sans cesse tiraillée entre plusieurs peuples ; il nuance néanmoins cette idée de simple fracture, et insiste sur certaines continuités (notamment un relatif équilibre démographique entre les communautés tout au long du xxe siècle, avec un léger avantage pour la population juive).

Au final, quel avenir pour Jérusalem ? Proclamée depuis 1980 capitale éternelle et indivisible de l’Etat d’Israël, Jérusalem a-t-elle trouvé là une conclusion à son histoire plurimillénaire ? Les auteurs insistent plutôt sur le « point de bifurcation » où elle se trouve : sa capitalisation, mal acceptée à l’international, ne saurait cacher que Jérusalem est la moins juive des grandes métropoles d’Israël ; et Jérusalem « demeure plus que jamais une capitale paradoxale, voire une capitale “impossible”, tiraillée par son triple statut de capitale universelle, nationale et binationale » (6) ; d’ailleurs, il est encore aujourd’hui impossible de savoir comment trancher le sort de Jérusalem pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien (la question du statut de la ville est tellement problématique et complexe qu’elle n’a pas été intégrée aux négociations de 1993 entre Israéliens et Palestiniens).

Au-delà des communautarismes : circulations, échanges, interactions

La richesse de cette longue histoire de Jérusalem réside également (voire surtout ?) dans sa capacité à mettre en avant les porosités entre les traditions des trois monothéismes : circulations, échanges, transferts et interactions sont à l’honneur dans cette histoire. Par exemple, le chapitre 6 montre combien, en 1908, à Jérusalem, la promulgation de la Constitution par les Jeunes-Turcs donne lieu à des scènes de liesse entre les citoyens de toutes les communautés et confessions, qui fraternisent entre eux ; en effet, cette nouvelle promulgation d’une Constitution d’inspiration libérale (qui avait déjà été promulguée en 1876, mais suspendue presque immédiatement) est accueillie avec joie par les minorités nationales qui espèrent pouvoir vivre une démocratisation de l’Empire ottoman ; or, les auteurs de montrer que « le slogan “liberté, égalité, justice” s’est concrétisé par le libre accès de tous les habitants à l’ensemble des lieux saints de la ville » (7).

Cette approche permet ainsi de sortir d’une vision d’une Jérusalem qui aurait été, de tout temps, sclérosée par les communautarismes – alors que les conflits et difficultés que connaît aujourd’hui le Proche-Orient se cristallisent justement autour des passions confessionnelles et communautaires, cette volonté de montrer qu’il n’en a pas toujours été ainsi est à saluer : « Cette simple anecdote permet de mesurer combien est singulière l’histoire de Jérusalem dans ces années 1900, combien il est difficile aujourd’hui de se la représenter, mais aussi combien il est nécessaire d’en conserver la trace » (8).

C’est là l’un des plus grands mérites de cette riche et brillante analyse.

Notes :

(1) Vincent Lemire (dir.), Jérusalem. Histoire d’une ville-monde, Paris, Flammarion, p. 7.
(2) Ibid., p. 13.
(3) Ibid., p. 11.
(4) Ibid., p. 12.
(5) Ibid., p. 353.
(6) Ibid., p. 414.
(7) Ibid., pp. 348-349.
(8) Ibid., p. 350.

Vincent Lemire (dir.), Jérusalem. Histoire d’une ville-monde, Paris, Flammarion, 2016.

Posté par Michel Peyret

Publié par  El Diablo

La PALESTINE historique n’a jamais été aussi MENACÉE

Les Palestiniens protestent contre la fermeture de la rue Shuhada, à Hébron, en Cisjordanie, le 27 février 2015 - Photo : ActiveStills.org

Les Palestiniens protestent contre la fermeture de la rue Shuhada, à Hébron, en Cisjordanie, le 27 février 2015 - Photo : ActiveStills.org

Daniel Vanhove – Que n’aura-t-on écrit, publié et produit comme livres, documents et informations sur les territoires palestiniens occupés, afin d’informer et d’attirer l’attention du plus grand nombre mais aussi des responsables politiques, sur le démembrement de la Palestine historique au profit de la colonie sioniste ?!

Sans le moindre résultat à la hauteur du drame qui y perdure. Sans la moindre réaction déterminée des autres nations. Comment le comprendre ?

Impossible à ce stade, de ne pas revenir quelques années en arrière et de comprendre à la lumière des événements qui se sont succédés depuis, à quel point les Accords d’Oslo ont été une erreur stratégique du président Arafat. Les Palestiniens, trop naïfs, se sont faits piéger – une fois de plus – au plus grand bénéfice de la sournoise idéologie sioniste qui poursuit son objectif : le vol et l’accaparement de toutes les terres palestiniennes. L’art et la maîtrise d’une diplomatie d’un pays réside dans sa capacité à s’adapter aux événements. Or, depuis ces Accords, la situation en Palestine occupée continue de se déliter, au seul profit du projet sioniste. Et il faut bien constater que ni Y. Arafat à l’époque, ni le gouvernement actuel de M. Abbas – collaborationniste s’il en est – n’ont su réagir de manière adéquate, s’entêtant à poursuivre la chimère d’un « processus de paix » moribond et euthanasié au fil du temps par les sordides manœuvres israéliennes !

Loin d’y opposer la moindre contrainte qui eut pu ramener la partie israélienne à rentrer dans le rang, la courageuse diplomatie mondiale alignée sur celle des USA s’est retranchée derrière la même rhétorique éculée d’Oslo. Repoussant ainsi, la possibilité d’un partage acceptable (?) entre l’État israélien et l’improbable État palestinien, au point de le rendre totalement caduque à ce jour.

De même pour les associations et militants de la cause palestinienne dont la plupart persistent à poursuivre ce phantasme de « deux Etats vivant côte à côte dans une paix juste et durable ». Mantra usé jusqu’à la corde, inaudible pour le peuple palestinien, premier concerné et qui n’y croit plus. Quel aveuglement, à la limite de la bêtise, dont les autochtones paient le prix le plus fort, quand d’aucun poursuivent leurs manifestations stériles et de plus en plus clairsemées à défendre des Accords dont tout le monde sait qu’ils sont devenus irréalisables. A ce stade, il faut craindre que tant les associations que leurs militants n’aient rien compris de ce qui se joue sur le terrain, servant d’idiots utiles à la poursuite d’une colonisation intensive. De la même manière que les États, ces associations n’ont pas su s’adapter aux contingences.

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

La Palestine historique n'a jamais été aussi menacée

La Palestine historique n'a jamais été aussi menacée

Que n'aura-t-on écrit, publié et produit comme livres, documents et informations sur les territoires palestiniens occupés, afin d'informer et d'attirer l'attention du plus grand nombre mais auss...

 

http://chroniquepalestine.com/palestine-historique-ja

16 février 2017

Palestine, toujours de nouvelles colonies d'Israël

 

« Comme l’Histoire ne s’arrête jamais, indique l'article , depuis l’élection de D. Trump aux USA, les forfaits dans ces territoires amplement fractionnés semblent s’accélérer. En ce moment même, la droite la plus extrême d’Israël au pouvoir, met les bouchées doubles pour accaparer dans une indifférence quasi générale, le maximum de terres qu’elle vole désormais sans retenue aux Palestiniens, pour y implanter de nouvelles colonies et en légaliser d’autres – pourtant TOUTES illégales aux yeux du Droit international – dès lors qu’elle a compris avoir le feu vert de la nouvelle administration américaine. Et que le reste du monde, tant arabe qu’européen ou asiatique s’en fout. Même l’ONU en est réduite à ses discours pitoyables, réitérant « ses inquiétudes » ou prenant des Résolutions jamais respectées !... »

Reprenons l'ensemble de l'article...

Michel Peyret


http://enfantsdepalestine.org/article/la-palestine-historique-n-a-jamais-ete-aussi-menacee 

La Palestine historique n’a jamais été aussi menacée

 

Soumis par abnah le dim, 12/02/2017 

Sans le moindre résultat à la hauteur du drame qui y perdure. Sans la moindre réaction déterminée des autres nations. Comment le comprendre ?

Impossible à ce stade, de ne pas revenir quelques années en arrière et de comprendre à la lumière des événements qui se sont succédé depuis, à quel point les Accords d’Oslo ont été une erreur stratégique du président Arafat. Les Palestiniens, trop naïfs, se sont faits piéger – une fois de plus – au plus grand bénéfice de la sournoise idéologie sioniste qui poursuit son objectif : le vol et l’accaparement de toutes les terres palestiniennes. L’art et la maîtrise d’une diplomatie d’un pays réside dans sa capacité à s’adapter aux événements. Or, depuis ces Accords, la situation en Palestine occupée continue de se déliter, au seul profit du projet sioniste. Et il faut bien constater que ni Y. Arafat à l’époque, ni le gouvernement actuel de M. Abbas – collaborationniste s’il en est – n’ont su réagir de manière adéquate, s’entêtant à poursuivre la chimère d’un « processus de paix » moribond et euthanasié au fil du temps par les sordides manœuvres israéliennes !

Loin d’y opposer la moindre contrainte qui eut pu ramener la partie israélienne à rentrer dans le rang, la courageuse diplomatie mondiale alignée sur celle des USA s’est retranchée derrière la même rhétorique éculée d’Oslo. Repoussant ainsi, la possibilité d’un partage acceptable (?) entre l’État israélien et l’improbable État palestinien, au point de le rendre totalement caduque à ce jour.

De même pour les associations et militants de la cause palestinienne dont la plupart persistent à poursuivre ce fantasme de « deux Etats vivant côte à côte dans une paix juste et durable ». Mantra usé jusqu’à la corde, inaudible pour le peuple palestinien, premier concerné et qui n’y croit plus. Quel aveuglement, à la limite de la bêtise, dont les autochtones paient le prix le plus fort, quand d’aucun poursuivent leurs manifestations stériles et de plus en plus clairsemées à défendre des Accords dont tout le monde sait qu’ils sont devenus irréalisables. A ce stade, il faut craindre que tant les associations que leurs militants n’aient rien compris de ce qui se joue sur le terrain, servant d’idiots utiles à la poursuite d’une colonisation intensive. De la même manière que les États, ces associations n’ont pas su s’adapter aux contingences.

Comme l’Histoire ne s’arrête jamais, depuis l’élection de D. Trump aux USA, les forfaits dans ces territoires amplement fractionnés semblent s’accélérer. En ce moment même, la droite la plus extrême d’Israël au pouvoir, met les bouchées doubles pour accaparer dans une indifférence quasi générale, le maximum de terres qu’elle vole désormais sans retenue aux Palestiniens, pour y implanter de nouvelles colonies et en légaliser d’autres – pourtant TOUTES illégales aux yeux du Droit international – dès lors qu’elle a compris avoir le feu vert de la nouvelle administration américaine. Et que le reste du monde, tant arabe qu’européen ou asiatique s’en fout. Même l’ONU en est réduite à ses discours pitoyables, réitérant « ses inquiétudes » ou prenant des Résolutions jamais respectées !

Sur le terrain, loin des propos lénifiants et des rêves éveillés des belles âmes, qu’en est-il ? En parallèle à ce pillage éhonté mené au galop, les assassinats de civils en Cisjordanie se multiplient ; les incursions de colons protégés par l’armée sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem également ; le nombre d’arrestations et d’emprisonnements augmente ; et plus inquiétant, des bombardements aériens de l’armée israélienne s’intensifient sur la Bande de Gaza. Ajoutant au stress permanent que subissent les habitants de cette enclave concentrationnaire, prisonniers depuis 10 ans d’encagement et d’embargo.

Par le passé, de tels bombardements étaient pratiqués en vue d’affaiblir la résistance palestinienne avant une intervention militaire d’envergure. Présagent-ils la prochaine guerre qu’Israël voudrait mener contre Gaza ? Et sont-ce ces plans inavoués qui occasionnent dans la foulée, le renforcement actuel de leurs forces terrestres et maritimes ?

A ce stade, aucun pays ne semble réagir. En attente de ce que l’imprévisible nouvel occupant de la Maison Blanche va faire, d’autant que le 1er ministre israélien arrive aux USA dans quelques jours. Ici-et-là, certains trouvent comme à chaque fois quelque circonstance atténuante à l’entité sioniste qui a « le droit de se défendre » ! Ces bombardements s’inscriraient donc dans des « mesures préventives » admises de facto dès qu’il s’agit d’Israël. Mais pour se défendre contre qui, dès lors qu’il est la puissance occupante !? C’est donc à un renversement de toute notion de Justice auquel on assiste, où le coupable se présente à l’extérieur et aux médias comme victime. Qualifiant du même coup les résistants, de terroristes. Et nos gouvernements, par leur manque de rigueur, de probité et de courage politique, n’ayant aucune cohérence dans leurs propos et prises de position, révèlent combien ils sont hypocrites, menteurs et dès lors complices et coupables de cette situation.

Ceux qui suivent la situation me diront peut-être qu’il n’y a-là pas grand-chose de neuf dans la dérive qui prévaut dans la région depuis la partition de la Palestine en 1947. Sauf que ce qui change, est le contexte global des événements en cours. Tentons d’en dresser une topographie rapide :

– la première intervention en Irak décidée par le père Bush en janvier 1991 a entraîné tout le M-O dans le chaos. Nos « amis » américains – ah, le bel euphémisme – y ont multiplié leurs sales guerres pour les oléoducs et hydrocarbures, maquillées sous les prétextes humanitaires habituels qu’il n’y a plus que les bobos de gôôche pour les accréditer, genre BHL, Kouchner, Glucksmann, Bruckner, Adler et autres sombres sionistes qui se succèdent sur les ondes, à justifier ces crimes déguisés sous le label du « droit d’ingérence » ;

– après leurs échecs en Afghanistan, puis en Irak, les USA et la coalition dont fait partie l’UE à travers l’OTAN, ainsi qu’Israël, viennent d’essuyer un sérieux revers en Syrie. Le gouvernement officiel syrien soutenu par la Russie, l’Iran et les forces du Hezbollah libanais gagnent sur les mercenaires d’Al Qaïda et ses nébuleuses protéiformes, financées, formées et armées par nos États (!) ;

– les mêmes « amis » américains, alliés aux Britanniques et aux Israéliens (!) sont enlisés dans leur guerre par procuration menée par l’Arabie saoudite au Yémen, dont presque aucun média mainstream ne parle – on attend toujours les perspicaces analyses des nombreuses pleureuses d’Alep – comme lorsqu’il s’agissait de condamner le tyran B. Al Assad. Mais la résistance yéménite se révèle beaucoup plus robuste que les stratèges américano-israélo-saoudiens ne l’avaient imaginée, au point que les doutes s’installent là-aussi, et que certains princes n’osent même plus dormir dans leurs palais de Ryad;

– en Israël, B. Netanyahu faisant l’objet d’un dossier compromettant où il risque 10 ans de prison pour corruption avérée, tente de détourner les regards sur l’accord nucléaire signé à Vienne entre l’Iran et les grandes puissances (USA, Russie, Chine, France, G-B, Allemagne) après 12 ans de négociations, pour le dénoncer et affirmer que suite à ce mauvais accord, le monde n’a jamais été aussi menacé – allégation obsessionnelle reprise ce week-end par le président Trump qui a déclaré cet accord « très mauvais » et a dans la foulée, décidé de nouvelles sanctions à l’encontre de l’Iran ;

– parallèlement et toujours pour détourner l’attention, Netanyahu entouré de ses généraux répète que le Hezbollah représente une menace directe pour Israël et attise les provocations par des incursions armées en territoire libanais ;

– le président Trump a nommé son gendre Jared Kushner issu lui-même d’une famille juive orthodoxe au poste de haut conseiller à la Maison Blanche, particulièrement pour les Affaires étrangères, ce qui présage des positions que le milliardaire de 36 ans pourrait avoir sur le dossier. Le président américain a révélé que ce dernier était à l’origine de son discours de campagne sur Israël, et pourrait donc l’aider à « être celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens ». Avec le projet de transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, qui en douterait ?!

– loin de calmer les esprits, les forces armées de différents États pro-occidentaux n’ont de cesse d’organiser des exercices militaires simulant des attaques des uns contre les autres, se rapprochant toujours des frontières de pays ciblés et décrits comme menaçants…

Les tensions sont donc à leur comble et le moindre dérapage de l’une des parties de cet échiquier géant pourrait réellement mettre le feu aux poudres et entraîner un embrasement général dont on peut craindre, comme toujours dans ces cas-là, ne pas savoir comment l’arrêter. Mais, la première victime est toute désignée : la Palestine historique risque bel et bien de passer sous contrôle israélien complet, hormis le camp d’extermination de Gaza où seraient entassés tout ce qu’il y a moyen d’entasser comme population, tant de Cisjordanie que d’ailleurs. Le peuple palestinien aurait de la sorte, sa terre pour y établir son État (360 km² !) que s’empresserait de reconnaître Israël qui se sera approprié tout le reste de la Cisjordanie avec Jérusalem, capitale éternelle de ces fous de Dieu !

Ces plans machiavéliques ne sont pas des cauchemars. Ils émanent d’observateurs palestiniens eux-mêmes, sont dans les cartons de l’administration israélienne et donc, américaine à coup sûr. Et il n’est pas exclu qu’un D. Trump y prête une oreille favorable, flattant au passage les illuminés qui y voient le signe du retour imminent du Messie !

Les Palestiniens ayant compris depuis longtemps qu’ils ne pouvaient réellement compter que sur eux-mêmes, n’ont qu’une issue pour éviter la perte définitive de leur terre : la résistance armée. L’avenir s’assombrit donc encore pour ce bout de terre et sa population courageuse qui risque dans les mois prochains, de passer de la colonisation à l’annexion pure et simple. Mais à quel prix ?!

* Daniel Vanhove est Observateur civil et membre du Mouvement Citoyen. Il a publié aux Ed. Marco Pietteur – coll. Oser Dire : Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes – 2004 et La Démocratie mensonge – 2008

Transmis par l’auteur.

 
Posté par Michel Peyret 

02 février 2017

Yonatan Shapira, Israël, le processus de fascisation se poursuit

 

« Le gouvernement israélien actuel, nous dit Yonatan Shapira, est le plus à droite que nous n’ayons jamais eu dans ce pays. Le racisme et l’ethnocentrisme est quelque chose qu’il tente généralement de masquer derrière d’autres valeurs. Mais désormais, les choses apparaissent plus clairement. Auparavant, le système sioniste masquait son véritable agenda avec des messages plus cosmétiques. C’est comme si nous vivions dans une maison aux murs couverts de papiers fleuris chatoyants, mais que derrière, le mur était totalement pourri en raison des contradictions, crimes, dénis. Mais à présent, en raison de la façon dont ce gouvernement agit, le papier peint tombe. Les murs rongés sont alors apparents et nous voyons aussi les fondements de la maison. Désormais, le processus de fascisation se poursuit et continuera en réaction aussi aux condamnations de la communauté internationale devant les actions d’Israël... »

 

Reprenons l'interview de Yonatan Shapira...

 

Michel Peyret


http://www.europalestine.com/spip.php?article12522

17 décembre 2016

 

Yonatan Shapira, ancien pilote israélien devenu refuznik, explique son soutien au boycott d’Israel

 

Interview de Yonatan Shapira, ancien capitaine de l’armée de l’air israélienne, par Middle East Eye. L’un des opposants israéliens auxquels nos medias ne donnent jamais la parole :



Yonatan Shapira, refuznik israélien (AFP)

 

"Yonatan Shapira est un « refuznik » israélien, un de celles et ceux qui refusent ouvertement de servir l’armée israélienne dans les territoires palestiniens occupés. En 2003, il publiait avec 26 autres pilotes de l’armée une lettre ouverte dénonçant les attaques « illégales et immorales que l’État d’Israël effectue dans les territoires palestiniens ».

 

Depuis, l’ancien capitaine de l’armée de l’air, membre de l’élite militaire, fils d’un pilote de la guerre de 1973 et petit-fils de victimes du génocide juif, est devenu un activiste de la paix.

 

Indigné par le sort de Gaza, il tentera, avec d’autres, de pénétrer par trois fois dans l’enclave palestinienne par voie maritime, avec une simple cargaison de jouets et de fournitures scolaires. En 2010, à bord de L’Irène violemment arraisonnée par l’armée israélienne à 20 milles de Gaza, il sera touché par trois tirs de taser par ses ex-camarades de l’armée.

 

Depuis, il milite au sein du mouvement Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS).

 

Refuznik très actif, il est aussi l’un de ces « smolanim » ou gauchistes honnis par la droite et l’extrême-droite israéliennes.

 

MEE : Comment s’est fait votre cheminement politique et philosophique, de pilote dans l’armée israélienne à refuznik ?

 

Yonatan Shapira : J’ai grandi dans une base aérienne et je m’identifiais totalement avec Israël. J’adhérais à la narration sioniste qui pose que mon pays recherche la paix avec ses voisins et le monde, et souffre parce qu’il est entouré d’ennemis. C’est là typiquement le genre de narration selon laquelle les enfants de ce pays sont élevés.

 

J’ai simplement cessé de me soucier des miens seulement, et me suis préoccupé de tout le monde. J’ai cessé de m’inscrire uniquement dans une ethnie, une tribu, une religion ou une couleur. C’est un changement de perspective qui modifie tout. Toutes ces valeurs humanistes dans lesquelles j’ai grandi, je les ai appliquées à tous. Mais cela est un changement intenable pour ceux qui sont encore enfermés dans leur point de vue raciste.

 

Je dis souvent que parmi les morts ce jour-là, il y eut aussi le garçon naïf et sioniste que j’étais.

 

Je me suis toujours senti partie prenante de mon pays, c’est une part évidente de mon identité. Lorsque j’ai commencé à interroger la question du Bien ou du Mal qui était fait en mon nom, il a été plus facile de se sentir suffisamment confiant pour parler ouvertement. Quand bien même on me traitait de « traître » ou qu’on m’accusait de faire du mal à ce pays. Bien sûr, en devenant activiste, j’ai vu que mes paroles et actions pouvaient rendre les gens fous. Ainsi, quand j’ai taggué sur le mur du ghetto de Varsovie un graffiti « Libérez tous les ghettos, libérez Gaza », en Israël, les réactions ont été vives. Les gens ne comprenaient pas comment un ex-capitaine de l’armée de l’air pouvait comparer Gaza à un ghetto. Pour moi cela semblait pourtant évident.

 

MEE : Après quel événement avez-vous écrit la lettre des pilotes de 2003 qui appelle à refuser les missions « immorales » sur Gaza ?

 

YS : Il y a eu plusieurs événements mais ce fut spécifiquement les assassinats de combattants palestiniens par l’armée de l’air israélienne. Et de tous les civils autour d’eux. La lettre a succédé à la fameuse attaque contre un leader de la branche armée du Hamas [Salah Shehadeh, l’un des chefs présumés des Brigades Izz al-Din al-Qassam], le 22 juillet 2002. Une bombe d’une tonne fut larguée sur la maison de ce leader, causant la mort de quinze personnes, dont neuf enfants. Je dis souvent que parmi les morts ce jour-là, il y eut aussi le garçon naïf et sioniste que j’étais. Si je n’ai piloté que des engins de secours et n’ai jamais pris part à ce genre d’action, j’ai eu l’impression que ces actions de bombardements avaient été faites en mon nom.



Un enfant assis sur un amas de décombres à la suite de l’offensive israélienne de cinquante jours au cours de l’été 2014 (AFP)

 

MEE : Comment fut reçue cette lettre ?

 

YS : Nous étions, les vingt-six autres pilotes et moi, submergés par cette attaque. Douze ans plus tard, il y eut le massacre de Gaza [l’assaut israélien de 2014 qui a fait plus de 1 500 morts côté palestinien, 6 côté israélien]. En juillet 2002, l’armée israélienne lançait une bombe d’une tonne sur Gaza pour tuer Salah Shehadeh. Exactement à la même date, 12 ans plus tard, en 2014, l’armée israélienne a déversé 100 bombes d’une tonne dans la partie sud de Gaza, tuant encore plus de gens.

 

La situation devient toujours plus extrême, la dévastation causée [en 2014] par l’IDF [l’armée israélienne] rend ce qui s’est passé en 2002 presque insignifiant. À chaque attaque, c’est plus fou, avec plus d’enfants brûlés vivants, plus de gens tués.

 

Peu à peu, ils ont accepté les règles, s’identifiant avec le système. Maintenant, ce sont des meurtriers de masse

 

Après la publication de la lettre, les réactions furent très négatives dans l’establishment militaire. Mais nous avons aussi eu des soutiens surprenants de militaires. J’ai eu ainsi le soutien de mon commandant d’escadron. J’en fus surpris car cette lettre pouvait être considérée comme un acte de mutinerie. Cela montre la complexité des choses. D’autres pilotes ont exprimé leur soutien en privé mais ils précisaient qu’ils avaient trop peur des conséquences s’ils nous rejoignaient dans cet appel.

 

Je pourrais parler de ceux qui furent punis, mais il me semble intéressant de dire la complexité des choses. Ceux qui restent dans le système passent par un processus lent où ils finissent par accepter les choses. Beaucoup de pilotes qui étaient d’accord avec moi aimaient trop voler pour y renoncer. Peu à peu, ils ont accepté les règles, s’identifiant avec le système. Maintenant, ce sont des meurtriers de masse. Personne dans ce monde ne peut dire qu’il ne sera jamais fasciste du moment où il s’adapte et se trouve des excuses.

 

MEE : Vous parlez « d’objection grise », pouvez-vous explicitez cette notion ?

 

YS : C’est un phénomène général, pas seulement en Israël. Seule une minorité décide de s’exprimer ouvertement. Puis il y a ceux qui sont persuadés du bien-fondé du système. Et enfin il y a cette part floue de ceux qui sont mal à l’aise mais refusent de risquer leur stabilité sociale et trouvent des accommodements.

 

Il me semble que nous devons « coller » à ce que les Palestiniens veulent, à leur façon d’envisager leur lutte. Donc soutenir leur appel au mouvement BDS.


 

En Israël, certains trouvent des excuses pour ne pas servir en Cisjordanie ou pour ne pas participer à des attaques qu’ils désapprouvent intérieurement. Je sais que certains pilotes admettent qu’ils évitent de participer à ces missions. Ils se font porter pâles et évitent ainsi d’interroger un système qui produit oppression et crimes. Ce système tolère cette « objection grise », il produit un « consentement industriel ». Cela n’aide en rien car alors d’autres exécutent ces missions.

 

MEE : En 2003, vous êtes devenu un refuznik. Vous avez dit « non ». À quoi dites-vous « oui » désormais ?

 

YS : J’ai dit non au fait d’être partie prenante de ces attaques, de cette occupation, de cette oppression. Mais nous avons décidé, avec mes camarades, de participer à la construction des solutions de réconciliation. J’ai cofondé en 2005 une ONG, Combatants for Peace, qui réunit d’anciens combattants palestiniens et israéliens œuvrant ensemble de façon non violente contre l’occupation. Je n’en fait plus partie désormais. En effet, cette ONG est devenue trop prudente, d’une certaine façon.

 

Il me semble que nous devons « coller » à ce que les Palestiniens veulent, à leur façon d’envisager leur lutte. Donc soutenir leur appel au mouvement BDS et ne pas avoir peur de dire des choses qui effraient l’opinion israélienne. Ce mouvement BDS est non violent. En tant qu’Israélien, je dois suivre ce que les Palestiniens disent, car c’est eux qui luttent contre l’oppression, ce n’est pas une lutte israélienne.

 

MEE : Comment inscrivez-vous votre action dans le refus de certains Palestiniens de toute normalisation avec les Israéliens, même activistes de la paix ?

 

YS : Nous ne sommes pas dans une situation où deux parties de force égale s’affrontent et souffrent également. Si certains palestiniens choisissent de ne pas travailler avec les activistes israéliens, je respecte ce choix. Je lutterai alors avec d’autres. Je comprends que certains Palestiniens soient frustrés par des années et des années de lutte avec le prétendu mouvement pour la paix israélien. Car ce mouvement a souvent échoué. Des gens qui auraient dû refuser de combattre ont accepté d’être réservistes et de participer à des attaques au lieu de manifester contre ces crimes.

 

BDS permet une clarification utile : si quelqu’un souhaite la fin de l’apartheid, de l’injustice, alors il doit soutenir les trois éléments de cet appel. Cela permet de dessiner une ligne nette entre ceux qui demeurent à l’intérieur de leur bon droit sioniste, de leur besoin d’être supérieurs sur cette terre, et ceux qui comprennent que si on veut vraiment la paix, elle doit être basée sur l’égalité.

 

MEE : À propos de BDS, que pensez-vous de la comparaison faite par le Français Bernard-Henri Levy qui a déclaré que c’était un mouvement d’inspiration « nazie » ?

 

YS : J’ai débattu avec lui, il y a douze ans de cela. Je lui ai expliqué ce que mes collègues pilotes et moi devions faire lors de nos missions. Il a occulté toutes ces horreurs d’enfants palestiniens brûlés vivants et m’a raconté combien était excitante l’expérience d’un membre de sa famille dans un kibboutz... Certaines personnes peuvent écrire, réfléchir de façon élaborée, mais leur cœur fonctionne mal en dehors de leur cercle ethnique ; ils voient toujours le monde à travers la peur d’un monde post-holocaustique. C’est triste de voir comment des gens censément intelligents se mettent au service d’une machine oppressive.

 

Un autre intellectuel israélien, Asa Kacher, souffre de cette même cécité. C’est un philosophe reconnu, qui a réécrit le code éthique de l’armée israélienne, c’est-à-dire au final comment oppresser des milliers de personnes dans les check-points, mais en le faisant de façon « éthique ». Dans l’histoire humaine, ce n’est pas nouveau que des intellectuels, écrivains, artistes choisissent de rallier les oppresseurs.

MEE : Vous donnez régulièrement des conférences aux États-Unis ; pensez-vous que les juifs américains puissent faire pression sur Israël dans la recherche de la paix ?

 

YS : Un changement important s’opère aux États-Unis, changement qui peut avoir son importance en Israël. Quand j’ai commencé ces conférences, une organisation comme Jewish Voice For Peace avait seulement cinq à sept ramifications. Elles sont désormais quarante. De plus en plus de juifs américains font partie de groupes de solidarité avec les Palestiniens.

 

Nous n’attendons pas que les leaders mondiaux lancent une initiative comme une grande conférence pour la paix. Nous n’attendons pas que quelqu’un vienne et coupe soudainement le tuyau du soutien militaire et diplomatique à l’apartheid israélien. Nous misons sur un processus qui part de la société civile. Notre espoir est de créer des pressions civiles.



Une femme palestinienne face à un soldat au checkpoint de Qalandia (AA)

 

MEE : Certains partis politiques israéliens appellent désormais ouvertement à une annexion pure et simple des colonies en Cisjordanie. L’hypothèse de deux États est-elle encore viable ?

 

YS : La solution de deux États est déjà morte. Le gouvernement fasciste israélien déclare une chose puis une autre. Nous pensons que la lutte est désormais pour l’égalité des droits de tous et un État pour tous ses citoyens. L’idée qu’il y aurait une différence entre la destruction des villages palestiniens en 1948 et ce qui s’est passé après 1967 en Cisjordanie est idiote. Ce sont les mêmes méthodes et les mêmes procédures employées alors et maintenant. Nous vivons tous ici, et si nous voulons une solution, il faudra reconnaître les crimes qui ont été commis.

 

MEE : Vous avez déclaré qu’Israël vivait « enfermé dans sa propre bulle », pourquoi ce constat ?

 

YS : Pour comprendre cela, il faut que chacun s’interroge sur sa propre société. Prendre simplement les problèmes dans son pays et observer comment les gens réagissent. Nous vivons à l’ère des médias de masse, et la façon dont ils dépeignent les choses est faite de telle manière que cela ne bouleverse pas trop nos propres points de vue. Mais en Israël, tout est plus exacerbé car il n’y a pas de distance physique avec la souffrance qui est si proche. Je suis sur une plage à Tel Aviv, avec les touristes, les lumières douces de la ville. Mais il ne me faudrait pas plus de 30 minutes pour me rendre dans un petit village palestinien lourdement opprimé, où les soldats peuvent entrer dans les maisons la nuit et kidnapper votre enfant, l’interroger pendant des heures sans avocat dans certains camps des services secrets, et sans savoir quand il reviendra.



Manifestants palestiniens devant une colonie israélienne dans le village de Bil’in, Cisjordanie, le 27 février 2015 (AFP).

 

MEE : Une série de lois israéliennes entend criminaliser l’utilisation même du mot « Nakba », la catastrophe palestinienne de 1948, et interroge le financement des ONG qui œuvrent pour la défense des Palestiniens ou la dénonciation des agissements de l’armée… Qu’en pensez-vous ?

 

YS : Le gouvernement israélien actuel est le plus à droite que nous n’ayons jamais eu dans ce pays. Le racisme et l’ethnocentrisme est quelque chose qu’il tente généralement de masquer derrière d’autres valeurs. Mais désormais, les choses apparaissent plus clairement. Auparavant, le système sioniste masquait son véritable agenda avec des messages plus cosmétiques. C’est comme si nous vivions dans une maison aux murs couverts de papiers fleuris chatoyants, mais que derrière, le mur était totalement pourri en raison des contradictions, crimes, dénis. Mais à présent, en raison de la façon dont ce gouvernement agit, le papier peint tombe. Les murs rongés sont alors apparents et nous voyons aussi les fondements de la maison. Désormais, le processus de fascisation se poursuit et continuera en réaction aussi aux condamnations de la communauté internationale devant les actions d’Israël.

 

Source : http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/interview-yonatan-shapira-la-lutte-est-d-sormais-pour-l-galit-des-droits-de-tous

 

CAPJPO-EuroPalestin

Posté par Michel Peyret 

20 janvier 2017

Gideon Levy, Israël/Palestine, un ou deux Etats ?

 

«En effet, indique Gideon Levy, la solution d’un seul État démocratique est une hérésie au regard de toutes les croyances dans lesquelles nous avons été élevés. Elle nous impose de tout repenser : repenser le sionisme et tous les privilèges qui ne sont accordés qu’à un seul peuple. C’est ici que commence une longue et pénible route. Mais c’est la seule qui nous reste encore ouverte.Cette route conduit à l’une des deux destinations : un État d’apartheid ou un État démocratique. Il n’y a pas de troisième option. Le discours croissant de l’annexion et les lois anti-démocratiques adoptées à la hâte démontrent qu’Israël est en train de jeter les bases idéologiques et légales pour mettre en œuvre la première option, un État d’apartheid. Le combat contre cela doit se concentrer sur la seconde option : l’État démocratique. Ceux qui continuent à jacasser à propos des deux États sabotent cet effort... »

 

Reprenons la thèse de Gideon Levy...

 

Michel Peyret


http://www.reperes-antiracistes.org/2017/01/psalmodier-deux-etats-deux-etats-ne-sert-qu-a-perpetuer-l-occupation-gideon-levy.html

 

Psalmodier “deux États, deux États” ne sert qu’à perpétuer l’occupation (Gideon Levy)

 

12 Janvier 2017 Publié dans #Palestine Colonisation occupation

 

Psalmodier “deux États, deux États” ne sert qu’à perpétuer l’occupation (Gideon Levy)

Cet article a été publié par Haaretz le 1er janvier 2017 sous le titre “The Two-state Solution Is Already Dead”. Traduction : Luc Delval.

 

Une question à ceux qui soutiennent ouvertement la “solution à deux États”, c’est-à-dire à peu près tout le monde, depuis le Secrétaire d’État U.S. John Kerry jusqu’au professeur Shlomo Avineri : vous dites tous que cette solution est en grand danger, peut-être même agonisante. Mais que faudrait-il qu’il advienne pour que vous admettiez qu’elle a rendu son dernier soupir ? Que faut-il de plus pour que vous admettiez qu’elle est morte ? Dix mille colons de plus ? Ou vingt mille ? Cinq ans de plus dans l’impasse ? Quand est-ce que vous allez l’admettre ?

 

La plupart des gens connaissent la vérité, mais refusent de l’admettre. Ils savent que le nombre des colons a atteint une masse critique. Ils savent qu’aucun parti israélien ne les fera jamais évacuer. Et sans qu’ils soient tous évacués – et cela aussi c’est une chose que chacun sait – il n’y a pas d’État palestinien viable.

 

Ils savent que le colonisateur israélien n’a jamais eu l’intention de mettre en œuvre la “solution à deux États”. Le fait est que tous les gouvernements israéliens – absolument tous – ont continué l’entreprise de colonisation.

 

Les supporters des deux États sont préoccupés par la situation, même effrayés. Ils se conduisent comme les proches d’un patient moribond, qui est déjà en état de mort cérébrale, et dont on a besoin de prélever les organes pour les transplanter, mais qui refusent, espérant que d’une manière ou d’une autre un miracle va survenir qui le ramènera à la vie. De Kerry à Avineri, c’est exactement ainsi que se conduisent les partisans des deux États : ils espèrent un miracle et pour cette raison ils s’opposent à des transplantations qui sauveraient des vies.

 

Il est difficile de tout reprendre à zéro. La “solution à deux États” était idéale [1]. Elle garantissait une relative justice aux deux parties, et un État pour chaque nation. Mais Israël a tout fait pour la détruire, via ses colonies, le seul facteur irréversible dans l’équation de la relation entre Israël et la Palestine.

 

C’est la raison pour laquelle la colère du monde contre les colonies s’est soudain intensifiée : il sait qu’elles sont irréversibles. Mais pour autant les soutiens de la “solution à deux États”, que ce soit à Jérusalem ou à Washington, n’ont jamais rien entrepris pour y mettre fin quand il était encore temps. La conclusion est inévitable : déclarer la mort de la “solution à deux États”. Mais au lieu de cela, ils continuent à attendre un miracle.

 

Kerry, Avineri et leurs semblables sont pleins de bonnes intentions. Ils ont raison, d’ailleurs, de dire que c’était la seule solution [1]. Mais en niant qu’elle soit morte, ils ne font rien d’autre que consolider le status quo, l’occupation, ce qui est le but du gouvernement israélien.

 

En Europe, aux États-Unis, à l’Autorité Palestinienne et en Israël, des gens continuent à psalmodier “deux États”, par inertie et par peur des conséquences du changement. Et ce faisant, ils anesthésient et étouffent toute réflexion adaptée à la nouvelle situation.

 

S’accrochant de toute leur volonté à la solution d’hier, les soutiens de la “solution à deux États” répondent agressivement à quiconque essaie de remettre en question leur foi irrationnelle en un miracle. C’est la manière de faire classique pour les croyance religieuses, quasiment messianiques : malheur à qui essaie de les mettre en doute. Et c’est ainsi qu’ils se conduisent actuellement envers A.B. Yehoshua, qui a proposé une solution typiquement dans le bon vieux style israélien à la situation nouvelle [2].

 

Yehoshua a proposé d’accorder un statut de résident permanent à des Palestiniens qui vivent dans la “zone C” [de la Cisjordanie occupée], sous contrôle israélien total. C’est trop étriqué, trop nationaliste et trop discriminatoire. Yehoshua croit encore en la supériorité des Juifs, dans des accords intérimaires et dans les petits pas au-dessus des abysses. Mais, contrairement aux tenants de la “solution à deux États”, au moins a-t-il le courage et l’intégrité de reconnaître la nouvelle réalité et d’essayer d’y offrir des solutions. Et cela seul suffit pour qu’il soit considéré comme un hérétique par ses pairs.

 

En effet, la solution d’un seul État démocratique est une hérésie au regard de toutes les croyances dans lesquelles nous avons été élevés. Elle nous impose de tout repenser : repenser le sionisme et tous les privilèges qui ne sont accordés qu’à un seul peuple. C’est ici que commence une longue et pénible route. Mais c’est la seule qui nous reste encore ouverte.

 

Cette route conduit à l’une des deux destinations : un État d’apartheid ou un État démocratique. Il n’y a pas de troisième option. Le discours croissant de l’annexion et les loi anti-démocratiques adoptées à la hâte démontrent qu’Israël est en train de jeter les bases idéologiques et légales pour mettre en œuvre la première option, un État d’apartheid.

 

Le combat contre cela doit se concentrer sur la seconde option : l’État démocratique. Ceux qui continuent à jacasser à propos des deux États sabotent cet effort.

 

Un rappel : la “solution à un État” existe depuis déjà longtemps. Au cours de l’année qui commence aujourd’hui, on va célébrer le 50ème anniversaire de sa fondation. Le moment est venu de lancer une bataille à propos de la nature de son régime.

 

Gideon Levy

Posté par Michel Peyret 

La réflexion du jour: vers un monde de négociation en faveur de qui?

 

19 Janvier 2017

Poutine, qui par ailleurs entretient d’excellents rapports avec Israël, au point que Netanayoun a reconnu il y a peu qu’il était une garantie pour Israël, a répondu à sa manière à la demande de Abbas. Cela fait maintenant des années que Lavrov se propose pour aider les Palestiniens à s’unir et voici la nouvelle qui tombe: à Moscou, le Hamas et le Fatah s’accordent pour former un gouvernement d’union.

 
19 janv 2017, 07:08

Palestine : à Moscou, le Hamas et le Fatah s’accordent pour former un gouvernement d’union
 
© Alexander NEMENOV Source: AFP

 
Les négociations à Moscou

 
Après trois jours de négociations à Moscou, les principaux partis politiques palestiniens, le Hamas et le Fatah, ont convenu de fonder un gouvernement d’union.

 
Après avoir accompli l’exploit de faire négocier ensemble Syriens, Turcs et Iraniens, et de les faire agir sur le terrain, voici une nouvelle étape vers la stabilité dans le Moyen-Orient. Pendant ce temps là, Obama donne des coups d’épée dans l’eau, et notre pitre national, Hollande mécontente tout le monde.
 
Pour le moment la voie vers un monde multipolaire se présente comme une saine rupture avec l’ordre unipolaire de ces vingt dernières années.
 
Respecter les souverainetés, poser la question de l’autodétermination des peuples en liaison avec ce respect des souverainetés et résoudre les contradictions par les négociations régionales, en tentant à partir d’un minimum d’accord de déboucher sur une situation mutuellement avantageuse. Du pragmatisme à l’intérieur de ce cadre général.

De l’image de Poutine

Je parle avec une jeune femme qui prétend ne pas s’intéresser à la politique et qui est personnel de service dans une maison de retraite. Elle me dit qu’elle est fascinée par les chinois parce qu’elle aime la modernité, les découvertes scientifiques. Mais elle adore Poutine parce qu’il est comme elle, il parle direct, ça plait ou ça plait pas tant pis. Elle ne s’est jamais intéressée à la politique, mais ça a changé depuis les attentats. Elle voudrait un Poutine en France, parce qu’ajoute-t-elle il y a un problème en France, on est trop sévère pour les petits, les pauvres et pas assez pour les gros qui ont tous les droits. Elle est bien contente que Valls ait reçu une gifle…  Je l’écoute et je me demande s’il faut que je lui explique que je suis pour une part d’accord avec ce qu’elle dit, mais que je crains que pour Poutine aussi la justice pour les petits et les gros soit différente… et je me demande ce qu’elle vote, j’ai les plus grandes craintes…

C’est tout le problème : vers quel monde multipolaire?

 

Danielle Bleitrach

Procès Eichmann : de la conférence de Wannse et de l’obéissance aux ordres, rationnel et irrationnel du fascisme

 

13 Janvier 2017

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Le 20 janvier 1942, quinze hauts fonctionnaires du parti nazi et de l’administration allemande se sont réunis dans une villa de Wannsee, dans la banlieue de Berlin, pour discuter de la mise en œuvre de ce qu’ils appelèrent « la Solution finale à la question juive ».

 

 

Le déroulé et le contexte de la conférence de Wannsee

 

Les représentants de la SS à cette réunion étaient le Général SS Reinhard Heyrich, directeur de l’Office central de sécurité du Reich (Reichssicherheitshauptamt-RSHA) et un des principaux adjoints du SS-Reichführer Heinrich Himmler ; le général SS Heinrich Müller, chef de la division IV de la RSHA (la Gestapo) ; le lieutenant colonel SS Adolf Eichmann, chef de la division IV B4 de la RSHA (les questions juives) ; le colonel SS Eberhard Schöngarth, commandant à Cracovie de la RSHA pour le gouvernement général de Pologne ; le major SS Rudolf Lange, commandant des Einsatzkommando 2 du RSHA déployé en Lettonie à l’automne 1941 ; le major général SS Otto Hofmann, chef du bureau central pour la race et le peuplement (RuSHA).

 

Les représentants des institutions étatiques étaient : le secrétaire d’Etat Roland Freisler (ministère de la Justice) ; le directeur ministériel à la chancellerie du Reich, Wilhelm Kritzinger ; le Secrétaire d’Etat Alfred Meyer (Ministère du Reich aux territoires occupés de l’Est — territoires de l’URSS occupés par l’Allemagne) ; le directeur ministériel Georg Leibrandt (Ministère du Reich aux territoires occupés de l’Est ) ; le Secrétaire d’Etat Martin Luther (ministère des Affaires étrangères) ; le secrétaire d’Etat Wilhelm Stuckart (ministère de l’Intérieur) ; le secrétaire d’Etat Erich Naumann (Bureau du plénipotentiaire pour le plan quadriennal) ; le secrétaire d’Etat Josef Bühler (Gouverneur adjoint du gouvernement général – Pologne occupée) ; et le Secrétaire d’Etat à la chancellerie du parti nazi Gerhard Klopfer.

 

La « Solution finale » fut le nom de code nazi pour l’extermination physique systématique et délibérée des Juifs européens. En 1941, à un moment encore indéterminé, Hitler autorisa ce plan de massacre de masse des Juifs d’Europe. Heydrich convoqua la conférence de Wannsee pour premièrement informer les participants et s’assurer de leur soutien dans la mise en œuvre de la « Solution finale » et deuxièmement annoncer qu’Hitler lui même l’avait chargé, ainsi que le RSHA, de la coordination de l’opération. Les hommes réunis autour de la table ne délibérèrent pas du bien fondé d’un tel plan, mais parlèrent des modalités d’application d’une décision déjà prise au plus haut niveau du régime nazi.

 

Donc dans cet extrait du procès d’Eichmann, il s’agit de la responsabilité individuelle dans un système criminel et qui s’affirme comme tel

 

Eichmann décrit une certaine réalité, celle d’une bureaucratie convoquée pour le meurtre de masse et qui va s’appliquer à remplir les objectifs tels qu’ils sont tracés par Heydrich, celui-ci représentant l’ordre du fuhrer, Eichman explique comment cela se réalise : se centrer sur la méthode de l’exécution de l’ordre y déployer toute l’intelligence et la rationalité dont on est capable.

 

Fascinant: l’important ce n’est pas l’assassinat de masse de la conférence de Wannse, mais la réflexion sur la méthode pour exécuter les ordres, l’efficacité de cette bureaucratie étatique. Cela fait penser à la réflexion de Brecht: « nous Allemands nous avons le sens de la perfection dans l’exécution que ce soit dans le cirage des parquets ou l’extermination des juifs ». Ce qui bien sûr renvoie apparemment à la banalité du mal d’Arendt, mais en fait il y a plus parce que le mal est ici une société et la servitude volontaire qui unit ses membres indépendamment de tout but rationnel ou même intérêt.

 

Nous avons là un questionnement sur la manière dont le collectif peut ou non conditionner l’individu. Récemment, il y a eu certaines expériences sur le rôle du collectif face à des femmes qui se font harceler dans les transports publics. Les gens du métro qui ne se connaissent pas si tout le monde se tait, les autres sont complètement inhibés, mais cela va bien au-delà, il y a une permanence qui dépasse la foule ou le groupe mis là par hasard.

 

On pense à l’interrogation de Freud sur ce qui peut relier entre eux dans les foules fascistes des individus pourtant formés par la bourgeoisie et sa rationalité individualiste donc à se penser comme individu, à devenir d’une manière permanente comme l’est la foule mue par un autre instinct et une autre attitude que celle qu’on attend du sujet individuel dans la société bourgeoise…

 

Dans La dialectique de la raison, Adorno et Horcqueimer se sont interrogés sur deux questions: premièrement comment se fait-il qu’alors que l’on pensait que le développement technologique des sociétés capitalistes devait nous conduire vers le progrès, la libération du fardeau du travail-torture, le plus haut développement des forces productives peut correspondre à un stade de barbarie rarement atteint?  Deuxième question, parallèle, comment le sujet individuel capitaliste, représenté par l’aventurier Ulysse, l’entrepreneur capitaliste peut-il se transformer en marionnette abandonnant toute rationalité face à la démagogie du chef?

 

Cet extrait du procès d’Eichmann nous montre que ce que l’on croyait antinomique à savoir cette rationalité et cet individualisme des sociétés capitalistes, et l’abandon de tout réflexe critique individuel, totalement centrés sur les moyens pour la mise en oeuvre des objectifs désignés sont en fait conciliables. Et ici encore nous retrouvons Brecht à la fois sur le fait que l’on ne comprend le fascisme que si on le lie au capitalisme et que dans ce contexte là, le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie mais son fonctionnement par temps de crise.


Adorno, encore lui, cette fois dans le conflit des sociologies, note que Freud, alors qu’il ne s’intéresse pas aux changements sociaux, ni vraiment à la politique, s’est intéressé au « Moi » dans les mouvements de masse, sur la base exclusive de la psychologie. Il s’intéresse à la manière dont les mécanismes et les conflits entre pulsions qui entrent en jeu jouent manifestement un rôle d’importance croissante. Il rejette l’idée d’un instinct grégaire; « les individus dans cette société libérale, concurrentielle et individualistes sont conditionnés à se maintenir en tant qu’unités indépendantes, autosubsistantes, on les exhorte à s’acharner et à ne jamais capituler. » Pourquoi ces hommes modernes font retour à des modèles de comportements qui entrent si manifestement en contradiction avec leur propre niveau de rationalité et avec l’état actuel d’une civilisation technologique éclairée?

 

C’est le projet de Freud, découvrir ce qui les relie entre eux, même si les buts sont globalement incompatibles avec leur intérêt personnel? Certes il y a des avantages immédiats et ceux qui sont présents à la conférence de Wannsee y trouvent carrière et avantage, mais ce n’est pas là l’essentiel. Ce qui par exemple fait que malgré les souffrances vécues par la masse des Allemands y compris sur le Front russe, il n’y ait pas eu révolte de masse. La destruction des organisations capables de résister joue un rôle, mais Freud insiste sur le principe libidinal du plaisir qui est celui des foules à Nuremberg. L’individu se trouve débarrassé de ses refoulements de ses motions pulsionnielles inconscientes, il retrouve des traits archaïques, rébellion contre la civilisation, il ne s’agit donc pas de retrouver l’archaïque mais sa reproduction jouée par la civilisation elle-même. La libido n’est guère à l’ordre du jour, mais elle est jouée, suggérée dans l’adhésion au chef. L’amour est devenu une vague référence à l’Allemagne ou autre et le sentiment de haine est partagé avec l’autorité, ce qui développe les accents d’hostilité ou d’agressivité face à ceux qui ne partagent pas cet amour.

 

C’est une part de l’héritage archaïque du sujet qui est revivifié par l’image du « meneur », le père qui peut s’étendre jusqu’au Moi d’une foule alors même que les buts ne correspondent plus à un intérêt personnel, ni à ceux de sa classe ou même de son pays. Il s’agit d’une « conviction qui n’est pas fondée sur la perception et le travail de la pensée, mais sur un lien érotique qui se déploie entre le meneur et ses partisans, s’en remettre à l’autorité pour être soi-même l’autorité ». Quand Heydrich dans la conférence de Wannsee mobilise en faveur de la solution finale toute la bureaucratie de l’Etat nazie, il commence en disant que c’est Hitler qui a fixé le but et alors tout est dit, le lien s’est créé et ces hommes sont prêts à déployer intelligence et rationalité pour le meurtre de masse.

 

Adorno fasciné par la postérité des « Lumières » dit : « voilà qui concorde avec un monde où s’exerce un contrôle irrationnel qui a pourtant perdu sa raison d’être suite au développement universel des Lumières ».

 

Etrange la permanence de ce questionnement aujourd’hui.

 

Danielle Bleitrach


 

COMMENTAIRE IMPORTANT DE JOSEPH CASADO

 

Ce commentaire que je me permets d’ajouter à ce texte le complète et ne le contredit pas. Sa critique d’Arendt est importante non pas en ce qui concerne sa remarque « sur la banalité du mal », mal interprétée le plus souvent, mais sur son faux concept de totalitarisme qui parti de la globalité du nazisme aboutit à l’identification du nazisme et du communisme, une hérésie théorique mais une manipulation politique de l’histoire qui crée la confusion opportune pour blanchir le capitalisme. Donc voici la critique de Joseph Casado qui je le répète complète cet article qui justement s’inscrit en faux contre la notion de totalitarisme

 

(Danielle Bleitrach)

 

Bonjour Danielle, je voudrai sans te froisser réfuter la référence à Hannah Arendt en remettant à sa place l’idéologie qui prédispose au travail accompli par les nazis, par les « bureaucrates », par les technocrates qui organisait les usines de la mort comme les chefs d’état majors organisaient la bataille, par les exécutants et ceux qui acceptaient au nom de la science que tout cela ait lieu. Dans les règles scientifiques. « Ce qui bien sur renvoie apparemment à la banalité du mal d’Arendt, mais non, c’est trop facile et il y a un travers : c’est de transformer en visée exclusivement centrée sur la population juive ce qui relevait d’une plus large conception de la purification de la race et des classifications selon les critères Eugénistes de cette époque, Combien de société scientifiques ont poursuivi leurs pratiques sans être inquiété puisque le problème n’était pas le corpus scientifique largement accepté, et intégré par la population comme tel alors qu’il n’était qu’un hypothèse trop vite mise en place de façon massive et internationale. En fait il y a plus que ce que nous dit Arendt, et ce qui est terrible, c’est qu’en restant sur les aspects spectaculaires et incroyables, il était évident qu’Arendt avait raison parce que le mal est ici la culture de la société elle même et la servitude volontaire qui unit ses membres indépendamment de tout but rationnel.

 

C’est dit. Il n’y a pas de part pour l’irrationalité dans les crimes nazis, pas plus qu’il n’y en a eu dans ceux de la maison des syndicats d’Odessa en 2014. Il y avait une idéologie sur laquelle s’appuyait les nervis d’Hitler, que n’a pas inventé le Mein Kampf. Il ne l’a tellement pas inventé, qu’en Amérique et partout ailleurs, on appliquait des expérimentations massives depuis des années et que cela à continué après guerre avec certaines populations stigmatisées. Autrement dit, la banalité du mal n’est pas un phénomène collectif irrationnel, mais bel et bien un construit social non questionné, un allant de soi culturel qu’il suffit de débridé pour qu’il se diffuse de façon pandémique. Nous avons le même phénomène avec un autre allant de soi culturel mondialement intégré parce qu’il a formaté le monde du travail durant le 20ème siècle. c’est le béhaviorisme. D’un coté Skinnérien et de l’autre Pavlovien, et cette dérive là n’est pas terminé.

 

Au contraire, avec l’économie comportementaliste et les approche par compétence, il s’est agit depuis vingt ans, de les remettre à l’honneur. Rien de plus facile puisque les salariés sont prédisposés par un conditionnement culturel à accepter ces formes du « nouveau » management qui ne fait que s’appuyer sur ces allant de soi eux aussi non questionnés. Et tu vois où je veux en venir, c’est que pendant qu’on s’occupe du spectaculaire avec le coté irréductible et un peu « pensée magique » de l’irrationalité collective, on ne fustige pas les idéologies qui préparent le terrain sur lequel les néofascistes peuvent prospérer à l’envie. (il faudrait d’ailleurs inventer un terme actuel pour les qualifier et ne pas les confondre avec justement l’obéissance servile de la hiérarchie des pouvoirs de grand papa. justement parce qu’aujourd’hui, la servitude volontaire invente ce nouveau comportement et réoriente son fond culturel commun sur des formes que même les fascistes auraient mis à l’index.) Je m’entête avec cette alerte mais je pense que c’est incontournable pour ne pas retomber dans l’illusion d’un retour au passé dont il ne s’agit surtout pas.

Mise en perspective de la Résolution 2334 (2016) du Conseil de Sécurité des Nations Unies condamnant la politique de colonisation israélienne

 

Pour la première fois depuis l´année 1980, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a pu adopter, le 23 décembre 2016, une résolution condamnant en des termes extrêmement fermes, les implantations israéliennes en territoire palestinien. Les projets de résolution sur celles-ci présentés pendant ces dernières décennies étaient systématiquement l´objet d´un véto nord américain, permettant ainsi aux autorités israéliennes, en toute impunité, de continuer la construction de nouvelles implantations et de procéder à la destruction de maisons habitées par des familles palestiniennes, tant en Cisjordanie que dans les quartiers de Jérusalem-Est.

Colonisation israélienne et Conseil de Sécurité : brefs rappels et quelques chiffres

Les dernières résolutions du Conseil de Sécurité condamnant ces actions israéliennes datent de l´année 1980 (voir le texte des résolutions 476 et 478).

La première fois que l´administration du Président Barack Obama a fait usage de son droit de véto en la matière fut lors de la séance du 18 février 2011 : le projet de résolution S/2011/24 contenait dans son dispositif deux paragraphes (1 et 2) condamnant fermement les implantations israéliennes. On lit dans le communiqué de presse des Nations Unies que ce projet de résolution comptait avec l´appui de plus de deux tiers des Etats membres des Nations Unies.

La lecture de l´acte de la séance du Conseil de Sécurité S/PV/6484 indique le résultat suivant du vote (voir page 4) : 14 votes pour et un contre (Etats Unis).

A noter que lorsque l´actuel Premier Ministre israélien ordonna, comme à son habitude, la construction de 3000 nouveaux logements en Cisjordanie et notamment à Jérusalem-Est au mois de novembre 2012, la délégation des États-Unis procéda à une véritable innovation technique au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies : le « veto implicite » (Note 1).

Dans un rapport récent daté du 29 décembre 2016, on lit que durant l´année 2016, plus de mille maisons de familles palestiniennes ont été démolies ou saisies : "Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations Unies a annoncé jeudi que 1.089 structures appartenant à des Palestiniens en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, ont été démolies ou saisies par les autorités israéliennes durant l’année 2016" (voir note de presse des Nations Unies).

Concernant les chiffres de cette colonisation et ses effets pendant plus de 35 ans, lors d´une séance spéciale organisée au mois d´ ´octobre 2016 devant les membres du Conseil de Sécurité (voir note de What´s in Blue), l´activiste nord-américaine/israélienne Lara Friedman de l´ONG Americans for Peace Now (APN), entité soeur de l´ONG israélienne Peace Now (voir site officiel) declara haut et fort que :

Twenty-three years ago, in 1993, Israel and the PLO signed the Declaration of Principles, also known as the Oslo Accords. Back then, the settler population in the West Bank, excluding East Jerusalem, was around 116,000. At the end of 2015, that number was nearly 390,000. Looking just at East Jerusalem, in 1993 the Jewish Israeli population was approximately 146,000. Today it is over 210,000. This population explosion could not have occurred without Israeli government support and encouragement, including, most obviously, the approval and construction of new housing. And that is exactly what happened. During this same period, 1993 to today, over 50,000 settlement units were built in the West Bank, and plus thousands more in East Jerusalem. What about settlement construction just under Prime Minister Netanyahu 2016 figures are still not complete, but looking at 2009 to 2015 – which included the so-called “moratorium” – more than 11,000 settlement units were established in the West Bank with the approval of Israeli authorities. And in 2015 alone, we are talking about almost 2000 new units in West Bank settlements

(voir texte de son allocution du 14 Octobre 2016 à Nueva York).

Afin de visualiser ces données, nous renvoyons à la carte interactive élaborée et constamment actualisée par les membres de APN et de PeaceNow, ainsi qu´aux graphiques interactifs inclus dans cet article du Monde intitulé "Colonies israéliennes en Cisjordanie : près d’un demi-siècle d’installations illégales".

La résolution 2334 (2016) : remarques sur certaines de ses dispositions

Le texte de la résolution 2334 (2016) (voir texte complet en Français reproduit à la fin de cette note), précise, entre autres, que le Conseil de Sécurité des Nations Unies :

1.Réaffirme que la création par Israël de colonies de peuplement dans le Territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, n’a aucun fondement en droit et constitue une violation flagrante du droit international et un obstacle majeur à la réalisation de la solution des deux États et à l’instauration d’une paix globale, juste et durable ;

2. Exige de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et respecte pleinement toutes les obligations juridiques qui lui incombent à cet égard ;

3. Souligne qu’il ne reconnaîtra aucune modification aux frontières du 4 juin 1967, y compris en ce qui concerne Jérusalem, autres que celles convenues par les parties par la voie de négociations.

Le point 11 du dispositif indique que le Conseil de Sécurité n´est pas dupe, et connaît fort bien l´attitude des autorités israéliennes au regard du droit international et des résolutions émanant des Nations Unies. On notera que pendant ces dernières années, chaque victoire diplomatique palestinienne a été répondue par de nouvelles implantations israéliennes : parmi une liste d´exemples, on peut citer le fait qu´au lendemain du vote du 29 novembre 2012 de l´Assemblée Générale des Nations Unies reconnaissant à la Palestine le statut d´"Etat Non Membre Observateur", (Note 2) les autorités israéliennes répliquaient avec la construction de 3000 nouveaux logements (voir note de la BBC) ; la ratification par la Palestine de 20 traités internationaux au mois d´avril 2014 signifia la contruction de 708 nouveaux logements et la destruction de 32 maisons habitées par des familles palestiniennes (voir note de Human Rights Watch). Prévoyant, on lit que le Conseil de Sécurité : "11. Réaffirme qu’il est résolu à examiner les moyens concrets de faire pleinement appliquer ses résolutions sur la question". Une résolution du Conseil de Sécurité indiquant qu´il est cette fois "résolu" à la faire appliquer devrait freiner les autorités israéliennes si celles-ci comprennent le ton du message. A ce propos, nous invitons nos lecteurs-chercheurs à partir à la recherche de toute autre résolution du Conseil de Sécurité utilisant l´expression du point 11 du dispositif de la résolution 2334 : une recherche rapide sur la toile renvoit constamment à cette seule résolution, mais le doute est permis.

On notera également au passage le considérant 5 de la résolution 2334 mentionnant les diverses formes et stratégies de la colonisation israélienne, réalisée en dépit des résolutions adoptées par le Conseil de Sécurité dans les années 70 et 80, et des normes internationales en vigueur, et notamment celles prévues par le droit international humanitaire concernant les obligations qui incombent à toute puissance occupante. Il s´agit d´un chapitre du droit international public qu´Israël souhaiterait ne pas à avoir à appliquer dans les territoires palestiniens occupés, et qui fut, fin 2014, l´objet de vives tensions avec la Suisse (Note 3). Ce considérant 5 se lit comme suit :

"Condamnant toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, le caractère et le statut du Territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, notamment la construction et l’expansion de colonies de peuplement, le transfert de colons israéliens, la confiscation de terres, la destruction de maisons et le déplacement de civils palestiniens, en violation du droit international humanitaire et des résolutions pertinentes".

Une résolution à bien des égards historique

On peut dire que ce texte est historique, dans la mesure où l´application du droit international en Cisjordanie et à Jérusalem-Est est réaffirmé par le Conseil de Sécurité : depuis de trop longues decennies, une impunité totale était garantie aux autorités israéliennes, en raison d´un véto américain placé en mode automatique sur tout projet de résolution condamnant cette colonisation. La mise en garde que traduit le paragraphe 11 du dispositif devrait en outre calmer les appétits de certains décideurs politiques israéliens.

Conscient du caractère unique de cette résolution durant sa gestion aux Nations Unies et bien avant, le Secrétaire Général des Nations Unies sortant, quelques minutes après le vote du texte, affirma dans un communiqué de presse que :

"The Secretary-General welcomes the adoption by the Security Council of resolution 2334 (2016) on the situation in the Middle East, including the Palestinian question. The resolution is a significant step, demonstrating the Council’s much needed leadership and the international community’s collective efforts to reconfirm that the vision of two States is still achievable.

The Secretary-General takes this opportunity to encourage Israeli and Palestinian leaders to work with the international community to create a conducive environment for a return to meaningful negotiations.

The United Nations stands ready to support all concerned parties in achieving this goal".

Lors de l´explication de son vote (voir texte complet), le représentant de la France a précisément commencé son allocution en indiquant que :

"L’adoption de la résolution 2334 marque un jour important et à bien des égards historique dans l’histoire récente du Conseil de sécurité.

Il s’agit en effet de la première résolution adoptée par ce Conseil sur le règlement du conflit israélo-palestinien depuis huit ans. Et c’est la première fois que le Conseil de sécurité s’exprime ainsi, de manière aussi claire, pour constater ce qui est en réalité une évidence : la colonisation israélienne remet en cause, petit à petit, les chances de voir bâtir un Etat palestinien viable et indépendant, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité avec l’Etat d’Israël".

De quelques détails concernant les jours antérieurs au vote

L´adoption de cette résolution se doit à l´abstention des Etats-Unis, qui cette fois, ont renoncé à faire usage de leur droit de véto, et le résultat final du vote est de 14 votes pour et une abstention (Etats-Unis). A noter le volte-face de l´Egypte qui, suite à des appels téléphoniques personnels pressants de Donald Trump sur demande d´Israël, retira le texte, sans prévoir que quatre autres Etats Membres, à savoir la Malaisie, la Nouvelle Zélande, le Sénégal et le Vénézuela, étaient prêts (et fort décidés) à présenter le même texte quelques heures plus tard en vue de son adoption définitive.

Ce tour de passe-passe imprévu laisse évidemment l´Egypte dans une situation quelque peu embarassante au sein de la communauté des Etats arabes : comme on le sait, Donald Trump avait proposé de transférer à Jérusalem l´Ambassade des Etats Unis (voir sur ce point l´analyse publiée récemment dans Foreign Policy intitulée : "Want a third Intifada ? Go ahead and move the US Embassy to Jerusalem"). Dans un discours du 6 janvier 2017 donné par les autorités palestiniennes (voir note de presse), il est fait mention de ce tranfert comme une véritable "ligne rouge".

Plus généralement, on peut dire que le fait d´accéder aux demandes d´un Président élu place le Chef d´Etat égyptien dans une situation singulière vis-à-vis de la communauté internationale en tant que telle : rarement un Etat a cédé aux appels et aux exigences d´un Président élu. Au plan international, celui-ci ne bénéficie d´aucun statut particulier et n´engage rien d´autre que sa personne. On peut même avancer l´idée qu´il s´agit d´une véritable première mondiale de la part des diplomates israéliens et de leurs homologues égyptiens.

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Photo publiée dans cet article, Le Monde

On a pu lire dans Le Monde (voir note) que :

“A l’origine, le texte avait été présenté mercredi soir par l’Egypte, à la surprise générale. Mais Donald Trump est intervenu pour peser de tout son poids de président élu auprès d’Abdel Fattah Al-Sissi. Il a demandé au président égyptien de renoncer à son initiative. Son interlocuteur n’a pas voulu compromettre ses futures relations avec le président américain, et a donc retiré son texte. Mais le volte-face de l’Egypte n’a pas condamné son initiative. Quatre membres non permanents du Conseil de sécurité – la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Sénégal et le Venezuela – ont pris le relais du Caire, pour promouvoir la résolution dans une version identique. Vendredi dans l’après-midi, des responsables israéliens sous couvert d’anonymat exprimaient leur amertume – et une certaine panique – dans les médias, en affirmant que Barack Obama et John Kerry se trouvaient derrière ce « coup honteux » et qu’ils « abandonnaient » Israël”.

Des autorités israéliennes un brin exaspérées

A peine adoptée la résolution 2334, les autorités israéliennes ont déclaré par la voix de leur Premier Ministre (et sans jamais faire référence aux implantations illégales) qu´un accord tacite avec les Etats-Unis avait été violé par le Président Barack Obama :

"Tous les présidents américains depuis Carter ont respecté l’engagement américain d’essayer de ne pas dicter les termes d’un accord permanent à Israël devant le Conseil de sécurité. Et hier [vendredi], en opposition totale avec cet engagement, et avec une déclaration explicite du président [Barack] Obama lui-même en 2011, l’administration Obama a mené un complot anti-Israël honteux aux Nations Unies" (voir note du Times of Israel reproduisant le texte de la déclaration). On ignore si le fait de consentir à des implantations illégales dans les territoires palestiniens occupés faisait également partie dudit accord.

Comme prévu, depuis l´adoption de la résolution 2334 (2016), les représailles israéliennes vont bon train (rappel d´ambassadeurs, déclarations officielles tous azimuts contre les Nations Unies et les membres du Conseil de Sécurité, suspension de programmes de coopération bilatéraux, etc). Le Sénégal a simplement "pris note" de la notification officielle israélienne en date du 27 décembre (voir note de presse) et le texte du communiqué officiel sénégalais reproduit ici. En ce qui concerne la Nouvelle Zélande, la "déclaration de guerre" mentionnée par le Premier Ministre israélien lors d´un entretien téléphonique avec le ministre des Affaires étrangères néo-zélandais, Murray Mccully (entretien antérieur au vote) ne semble pas avoir grandement ému ses autorités (voir note de Haaretz). L´Angola pour sa part, attend une note verbale israélienne (voir note de presse) et on ignore si l´Egypte (ayant finalement voté en faveur du texte) fera l´objet d´un traitement similaire de la part de la diplomatie israélienne. Pour ce qui est de l´Espagne, qui présidait la séance du Conseil de Sécurité lors de l´adoption du texte (et qui n´a pas accédé aux demandes pressantes d´ajourner le vote), on apprend qu´elle ne subira aucune mesure de rétorsion (voir note de presse). On laisse aux spécialistes le soin d´expliquer la raison exacte pour laquelle l´Espagne, qui fut le premier Etat à célébrer l´adoption de cette résolution, avant même sa date (voir communiqué officiel en date du ... 22 décembre 2016) ne fait l´objet d´aucune mesure de rétorsion de la part d´Israël. Ce traitement différencié pour l´Espagne avait déjà été vérifié lors du vote de son Congrès exigeant au Pouvoir Exécutif la reconnaissance de la Palestine comme Etat, au mois de novembre 2014 (Note 4) : notons au passage que, malgré un vote sans appel (319 votes pour, une abstention et deux votes contre), l Exécutif espagnol n´a toujours pas procédé à cette reconnaissance.

Sur ces détails de forme et quelques autres, tels que les vétos nord-américains antérieurs, la véritable course contre la montre de Donald Trump agissant en tant qu´émissaire israélien, la réaction israélienne une fois adoptée la résolution 2334, et les déclarations tonitruantes habituelles de ses diplomates, nous renvoyons à notre analyse intitulée "Consejo de Seguridad condena colonización israelí en Cisjordania y en Jerusalén Oriental" (Note 5).

Remarques finales en guise de conclusion

Il va sans dire que ce texte est historique, car, d’une certaine façon, il réconcilie le Conseil de Sécurité avec le droit international et son application en Cisjordanie et à Jérusalem-Est : il l´est aussi pour ceux qui enseignent le droit international depuis longtemps, et qui peinent souvent à expliquer qu´un Etat semble placé au dessus des normes juridiques internationales, bénéficiant, et ce depuis de longues decennies, d´une impunité totale au sein du Conseil de Sécurité en raison d´un véto automatique américain tout à fait légal. Plus de 35 ans après sa publication, et après bien d’autres actions menées depuis 1981 par Israël, la conclusion du Professeur Georges Fischer reste toujours d´une surprenante actualité : « /… / on demeure surpris qu’un petit pays puisse régulièrement et avec impunité défier la communauté internationale et les règles du droit des gens » (Note 6). Signe de temps difficiles pour Israël ? Il semblerait que l´idée, somme toute hardie, de recourir à Donald Trump exhibe d´abord une certaine panique de la part de la diplomatie israélienne. Ce premier faux-pas peut expliquer que les autorités israéliennes agissent en ce moment quelque peu angoissées (conscientes de la distance qu´elles ont créé avec l´administration sortante du Président Obama, mais peut-être aussi du fait que leurs déclarations officielles fracassantes ne semblent plus impressionner outre mesure).

Comme on le sait, ce type de résolution peut intéresser bien des organes aux Nations Unies, que ce soit la Cour Internationale de Justice (CIJ), l´Assemblée Générale, le Conseil de Sécurité, ou encore la Cour Pénale Internationale (CPI) que la Palestine a rejoint en 2015 en ratifiant le Statut de Rome, parmi bien d´autres entités onusiennes. La France, qui prépare pour le 15 janvier 2017 une nouvelle conférence internationale sur le Moyen Orient, devra également inclure cette nouvelle donne que représente la résolution 2334 dans les discussions. Autre difficulté à l´horizon ? A partir de ce premier janvier 2017, la Suède, seul Etat membre à avoir défier l´Union Européenne en 2014 en reconnaissant la Palestine comme Etat (Note 7), a pris les rênes de la Présidence du Conseil de Sécurité aux Nations Unies (alors que Donald Trump ne prend les siens à Washington que 20 jours plus tard).

Nicolas Boeglin
Professeur de Droit International Public, Faculté de Droit, Universidad de Costa Rica (UCR).

Texte de la Résolution 2334 (2016)

Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 7853e séance, le 23 décembre 2016

Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions sur la question, notamment les résolutions 242 (1967), 338 (1973), 446 (1979), 452 (1979), 465 (1980), 476 (1980), 478 (1980), 1397 (2002), 1515 (2003) et 1850 (2008),

Guidé par les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies et rappelant notamment que l’acquisition de territoire par la force est inadmissible, Réaffirmant qu’Israël, Puissance occupante, est tenu de respecter scrupuleusement ses obligations et responsabilités juridiques découlant de la quatrième Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, en date du 12 août 1949, et rappelant l’avis consultatif rendu le 9 juillet 2004 par la Cour internationale de Justice,

Condamnant toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, le caractère et le statut du Territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, notamment la construction et l’expansion de colonies de peuplement, le transfert de colons israéliens, la confiscation de terres, la destruction de maisons et le déplacement de civils palestiniens, en violation du droit international humanitaire et des résolutions pertinentes,

Constatant avec une vive préoccupation que la poursuite des activités de peuplement israéliennes met gravement en péril la viabilité de la solution des deux États fondée sur les frontières de 1967,

Rappelant l’obligation faite à Israël dans la Feuille de route du Quatuor et approuvée par sa résolution 1515 (2003) de geler toutes ses activités de peuplement, y compris par « croissance naturelle », et de démanteler tous les avant-postes de colonie établis depuis mars 2001,

Rappelant également l’obligation faite aux forces de sécurité de l’Autorité palestinienne dans la Feuille de route du Quatuor de continuer de mener des opérations efficaces en vue de s’attaquer à tous ceux qui se livrent à des activités terroristes et de démanteler les moyens des terroristes, notamment en confisquant les armes illégales,

Condamnant tous les actes de violence visant des civils, y compris les actes de terreur, ainsi que tous les actes de provocation, d’incitation à la violence et de destruction,

Réitérant sa vision d’une région où deux États démocratiques, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, en paix, à l’intérieur de frontières sûres et reconnues, Soulignant que le statu quo n’est pas viable et que des mesures importantes,compatibles avec le processus de transition prévu dans les accords antérieurs, doivent être prises de toute urgence en vue de i) stabiliser la situation et inverser les tendances négatives sur le terrain, qui ne cessent de fragiliser la solution des deux États et d’imposer dans les faits la réalité d’un seul État, et de ii) créer les conditions qui permettraient d’assurer le succès des négociations sur le statut final et de faire progresser la solution des deux États par la voie de négociations et sur le terrain,

1. Réaffirme que la création par Israël de colonies de peuplement dans le Territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, n’a aucun fondement en droit et constitue une violation flagrante du droit international et un obstacle majeur à la réalisation de la solution des deux États et à l’instauration d’une paix globale, juste et durable ;

2. Exige de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et respecte pleinement toutes les obligations juridiques qui lui incombent à cet égard ;

3. Souligne qu’il ne reconnaîtra aucune modification aux frontières du 4 juin 1967, y compris en ce qui concerne Jérusalem, autres que celles convenues par les parties par la voie de négociations ;

4. Souligne qu’il est essentiel qu’Israël mette un terme à toutes ses activités de peuplement pour préserver la solution des deux États, et demande l’adoption immédiate de mesures énergiques afin d’inverser les tendances négatives sur le terrain, qui mettent en péril la solution des deux États ;

5. Demande à tous les États, compte tenu du paragraphe 1 de la présente résolution, de faire une distinction, dans leurs échanges en la matière, entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires occupés depuis 1967 ;

6. Demande que des mesures immédiates soient prises pour prévenir tous les actes de violence visant des civils, y compris les actes de terreur, ainsi que tous 
les actes de provocation et de destruction, demande que les auteurs de tels actes en répondent, et appelle au respect des obligations qu’impose le droit international de renforcer l’action menée pour lutter contre le terrorisme, notamment par la coordination en matière de sécurité, et de condamner sans équivoque tous les actes de terrorisme ;

7. Demande aux deux parties d’agir dans le respect du droit international, notamment du droit international humanitaire, et des accords et des obligations qu’elles ont précédemment contractés, de faire preuve de calme et de retenue et de s’abstenir de tout acte de provocation et d’incitation à la violence et de toute déclaration incendiaire, dans le but, notamment, de désamorcer la situation sur le terrain, de rétablir la confiance, de montrer, par leurs politiques et leurs actes, un véritable attachement à la solution des deux États et de créer les conditions nécessaires à la promotion de la paix ;

8. Invite toutes les parties à continuer, dans l’intérêt de la promotion de la paix et de la sécurité, de déployer collectivement des efforts pour engager des négociations crédibles sur toutes les questions relatives au statut final dans le cadre du processus de paix au Moyen-Orient et selon le calendrier établi par le Quatuor dans sa déclaration du 21 septembre 2010 ;

9. Préconise vivement à cet égard l’intensification et l’accélération des efforts diplomatiques entrepris et de l’appui apporté aux niveaux international et régional en vue de parvenir sans tarder à une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, sur la base des résolutions pertinentes de l’Organisation des Nations Unies, du mandat de la conférence de Madrid, y compris le principe de l’échange de territoires contre la paix, de l’Initiative de paix arabe et de la Feuille de route du Quatuor, et de mettre fin à l’occupation israélienne qui a commencé en 1967, et souligne à cet égard l’importance que revêtent les efforts déployés pour faire avancer l’Initiative de paix arabe, l’initiative prise par la France de convoquer une conférence de paix internationale, les efforts récemment entrepris par le Quatuor ainsi que ceux déployés par l’Égypte et la Fédération de Russie ;
>
10. Rappelle qu’il est déterminé à apporter son appui aux parties tout au long des négociations et dans la mise en œuvre d’un accord ;

11. Réaffirme qu’il est résolu à examiner les moyens concrets de faire pleinement appliquer ses résolutions sur la question ;

12. Prie le Secrétaire général de lui faire rapport tous les trois mois sur la mise en œuvre des dispositions de la présente résolution ;

13. Décide de demeurer saisi de la question.

»» http://derechointernacionalcr.blogspot.fr/2016/12/texte-de-la-resoluti...

Note 1 : Dans une analyse du Professeur Weckel publiée dans le Bulletin Sentinelle de janvier 2013, on lit que « Le Conseil de sécurité a consacré une réunion informelle le 19 décembre 2012 aux mesures de relance massive de la colonisation prises par Israël. En quittant inopinément la salle, Madame Susan Rice, Ambassadrice des États-Unis, a fait obstacle à l’adoption d’une résolution ou, du moins, d’une déclaration présidentielle condamnant le comportement d’Israël. Néanmoins, tous les autres 14 membres du Conseil ont fait des déclarations à la presse critiquant la reprise de la colonisation. Même si l’absence d’un membre permanent n’équivaut pas à un veto, ce départ de la représentante américaine a bloqué l’issue de la réunion. Seuls en face des autres membres du Conseil, les États-Unis ne voulaient se prononcer au sein de cet organe, ni pour une condamnation d’Israël, ni contre, ni même s’abstenir. Les autres membres n’ont visiblement pas l’intention de les laisser sur la touche et le résultat est bien là : le Conseil de sécurité est paralysé, comme l’est d’ailleurs aussi le Quatuor. Les États-Unis ont donc inventé le veto implicite sinon de poche au Conseil de sécurité  ». Cf. WECKEL Ph., « Israël, les États-Unis inventent le veto implicite au Conseil de Sécurité », Sentinelle, Société Française pour le Droit International (SFDI), janvier 2013. Texte diponible ici.

Note 2 : 
Sur la portée de ce vote, cf. SALMON J., "La qualité d’État de la Palestine", Revue Belge de Droit International, 2012-1. Article complet disponible ici. Pour une analyse depuis la perspective latinoaméricaine, cf. BOEGLIN N., "Le nouveau Statut de membre la Palestine : une perspective latinoaméricaine", publiée par l´Observatoire Politique de l’Amérique latine et des Caraïbes (OPALC), Sciences-Po /Paris, décembre 2012. Texte disponible ici.

Note 3 : Cf. notre analyse, BOEGLIN N., "Pressions et menaces récentes d´Israël sur la Suisse : brève mise en perspective", Bulletin Sentinelle, Société Française pour le Droit International (SFDI), janvier 2015. Texte diponible ici.

Note 4 : "Por su parte, la reacción de Israel ha sido extremadamente cauta con las autoridades de España. Es posible que Israel esté ponderando el efecto que puedan tener sus declaraciones en la dinámica muy peculiar que generan los círculos parlamentarios en Europa (con incluso posibles ramificaciones fuera del viejo continente)" : cf. notre analyse, BOEGLIN N., "El Congreso de España y el reconocimiento de Palestina como Estado : balance y perspectivas", Debate Global, Academia Colombiana de Derecho Internacional, décembre 2014. Texte disponible ici.

Note 5 : Celle-ci a été publiée sur divers sites en espagnol, tels que Ius360 le 28 décembre 2016 (texte en disponible ici). Une version préliminaire a aussi été publiée le 26 décembre dans Middle East Monitor, disponible ici.

Note 6 : Cf. FISCHER G., "Le bombardement par Israël d’un réacteur nucléaire irakien", Vol. 27 Annuaire Français de Droit International (AFDI), 1981, pp. 147-167, et en particulier pp. 162-166. Article complet disponible ici.

Note 7 : Cf. notre étude : BOEGLIN N., "Le défi lancé par la Suède concernant la reconnaissance de la Palestine", Grotius International, janvier 2015. Texte disponible ici. Afin de donner un idée des suites données aux gesticulations israéliennes, nous nous permettons de reproduire la conclusion : "Le défi lancé par la Suède a relancé de manière notoire le débat dans plusieurs États européens : durant ces derniers jours, la discussion en France sur la reconnaissance de la Palestine s’est considérablement intensifiée et elle s’est étendue à bien d’autres membres de l’Union Européenne, tels la Belgique, le Luxembourg, le Danemark pour ne citer que quelques pays. Cette discussion devrait tenir compte, parmi d’autres éléments, de l’absence de réaction significative israélienne au geste suédois : l’ambassadeur israélien rappelé par ses supérieurs le 30 octobre est de retour dans son bureau depuis le vendredi 28 novembre, selon une note de presse. Ce retour s’est fait sans que l’on comprenne bien quel fut le geste hostile ou offensif de la Suède l’obligeant à quitter la capitale suédoise pour y revenir officiellement en « signe de paix ».

URL de cet article 31419 
09 janvier 2017

Gideon Levy, la résolution 2334 de l'ONU, un souffle d'espoir

 

« Cette décision, pense Gideon Levy, a ramené Israël sur le sol solide de la réalité. Toutes les colonies, y compris celles dans les territoires qui ont été annexés, dont évidemment Jérusalem Est, constituent une violation de la loi internationale. Le monde entier est unanime pour le penser, aussi bien les soi-disant amis d’Israël que ses soi-disant ennemis.Il est probable que les dispositifs de lavage de cerveau en Israël, de pair avec les mécanismes de répression et de déni, essaieront d’ébranler la décision. Mais lorsque les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine et la Russie sont d’accord pour une déclaration aussi claire, cela sera difficile. Alors vous pouvez bien vous plaindre : « Tout le monde est contre nous », hurler à l’« antisémitisme », vous pouvez demander : « Qu’en est-il de la Syrie ? ». En fin de compte cette vérité limpide restera : le monde entier pense que les colonies sont un crime. Toutes les colonies... »

Reprenons l'appréciation de Gideon Levy...

Michel Peyret


« La douce illusion » de la résolution 2334 de l’ONU

 

Publié le 27 décembre 2016

Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution pour établir un Etat juif (à côté d’un Etat arabe) dans la terre d’Israël. Soixante-neuf ans plus tard, le vendredi 23 décembre 2016, le Conseil de Sécurité de l’ONU a adopté une résolution pour tenter de sauver celle votée en 1947. La résolution 2334, approuvée vendredi, a constitué un souffle de bonnes nouvelles, d’espoir, dans la mer d’obscurité et de désespoir des récentes années.

Alors même que tout allait à vau-l’eau – approfondissement de l’occupation, de plus en plus soutenue par les Etats-Unis sans compter une Europe qui se précipite à droite de l’échiquier politique – voilà une résolution de Hanouka [«Fête des Lumières» du 24 décembre 2016 au 1er janvier 2017] qui allume une mince bougie d’espoir. Alors qu’il semblait que les méchants allaient l’emporter, la Nouvelle Zélande et trois autres pays sont venus donner un cadeau de Noël au monde.

Donc, un grand merci à la Nouvelle Zélande, au Venezuela et à la Malaisie. Il est vrai que l’arbre de Noël qu’ils ont apporté, avec ses lumières étincelantes, sera bientôt enlevé. Donald Trump attend déjà à la porte. Mais l’empreinte restera. D’ici-là, réjouissons-nous, même si nous savons qu’on aura une gueule de bois le lendemain.

Il nous faut bien sûr interpeller rageusement le président Barack Obama : « Pourquoi n’est-ce n’est que maintenant que vous faites quelque chose ? » Et frustrés nous devons demander au monde : « Et qu’en est-il des actions ? ». Mais il est impossible d’ignorer la décision du Conseil de sécurité selon laquelle toutes les colonies sont illégales, par nature.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou peut bien rappeler ses ambassadeurs, tandis que son bras droit, le ministre Yuval Steinitz hurle que la résolution est « injuste » (il a visiblement un sens de l’humour !). Isaac Herzog [Parti travailliste], le leader de l’opposition, peut aussi bafouiller : « Nous devons lutter contre cette décision par tous les moyens ». Mais toute personne ayant une conscience ne manquera pas de se réjouir de cette résolution.

En outre, aucun Israélien respectable ne devrait se laisser berner par la propagande qui prétend que la résolution est « anti-israélienne » – une définition que les médias israéliens se sont évidemment empressés d’adopter avec leur servilité caractéristique.

Cette décision a ramené Israël sur le sol solide de la réalité. Toutes les colonies, y compris celles dans les territoires qui ont été annexés, dont évidemment Jérusalem Est, constituent une violation de la loi internationale. Le monde entier est unanime pour le penser, aussi bien les soi-disant amis d’Israël que ses soi-disant ennemis.

Il est probable que les dispositifs de lavage de cerveau en Israël, de pair avec les mécanismes de répression et de déni, essaieront d’ébranler la décision. Mais lorsque les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine et la Russie sont d’accord pour une déclaration aussi claire, cela sera difficile. Alors vous pouvez bien vous plaindre : « Tout le monde est contre nous », hurler à l’« antisémitisme », vous pouvez demander : « Qu’en est-il de la Syrie ? ». En fin de compte cette vérité limpide restera : le monde entier pense que les colonies sont un crime. Toutes les colonies.

Il est vrai que le monde ne lève pas un petit doigt pour éliminer les colonies, mais peut-être cela arrivera-t-il un jour. Mais à ce moment-là il sera trop tard.

La résolution 2334 établit une distinction artificielle entre Israël et les colonies en ce sens qu’elle vise les colonies et non l’occupation. Comme si c’étaient les colons d’Amona1qui étaient coupables et non pas tous les Israéliens.

Cette duperie prouve à quel point le monde continue à traiter Israël avec indulgence et hésite à prendre des mesures contre ce pays, comme il l’a fait contre la Russie après sa conquête de la Crimée.

Mais les Israéliens qui ne vivent pas à Amona, qui n’y sont jamais allés, doivent se poser la question : cela vaut-il vraiment la peine ? Tout cela pour quelques colons qu’ils ne connaissent pas et qu’ils n’ont pas vraiment envie de connaître ?

La résolution 2334 est destinée surtout aux oreilles israéliennes, comme le réveille-matin qui vous réveille juste à temps, comme une sirène qui vous incite à aller vous réfugier dans un abri antiaérien. Il est vrai que la résolution n’a aucune valeur concrète ; il est vrai que la nouvelle administration états-unienne promet de l’effacer. Mais deux questions resteront. Pourquoi les Palestiniens ne méritent-ils pas exactement la même chose que les Israéliens ? Et à quel point un pays avec sa puissance de lobbying, son armement et sa haute technologie peut-il continuer à ignorer le monde entier ? Ce premier jour aussi bien de Hanouka que de Noël nous pouvons apprécier, ne serait-ce qu’un moment, la douce illusion2 que la Résolution 2334 va soulever ces questions en Israël.

Gideon Levy

Article publié dans le quotidien Haaretz en date du 26 décembre 2016

Traduction et titre de la rédaction de A l’Encontre

http://alencontre.org/moyenorient/israel/israel-la-douce-illusion-de-la-resolution-2334-de-lonu.html

De l’auteur :

Bonjour du compte Twitter de l’armée israéliennebonjour-du-compte-twitter-de-larmee-israelienne/ 

Le sang de Khaled Bahar clame justice, mais personne en Israël ne l’entendle-sang-de-khaled-bahar-clame-justice-mais-personne-en-israel-ne-lentend/ 

Il n’y aura pas de paix tant qu’Israël n’admettra pas sa responsabilité dans la Nakba,il-ny-aura-pas-de-paix-tant-quisrael-nadmettra-pas-sa-responsabilite-dans-la-nakba/ 

« Avec le nouvel accord d’aide à Israël, Obama est le parrain de l’occupation »avec-le-nouvel-accord-daide-a-israel-obama-est-le-parrain-de-loccupation/ 

Israël. Imposer le silence sur les crimes de l’occupationisrael-imposer-le-silence-sur-les-crimes-de-loccupation/ 

Jamais tant de personnes n’ont acclamé un assassin aussi méprisable, jamais-tant-de-personnes-nont-acclame-un-assassin-aussi-meprisable/ 

Le journaliste israélien Gideon Levy appelle au boycott d’Israëlle-journaliste-israelien-gideon-levy-appelle-au-boycott-disrael/ 

Tous les Israéliens sont coupables d’avoir brûlé une maison palestiniennetous-les-israeliens-sont-coupables-davoir-brule-une-maison-palestinienne/ 

Gaza. Articles pour Haaretz Crimes de guerre 



La colonie d’Elon Moreh : « Un manuel de l’occupation »

Piotr Smolnar, dans Le Monde daté du 27 septembre (page 3), décrit les méthodes« classiques » utilisées par les colons de la colonie d’Elon Moreh, appuyés par l’Etat d’Israël, afin d’exproprier de leurs terres les paysans palestiniens. Une illustration, parmi d’autres, de la politique coloniale de l’Etat d’Israël à l’œuvre depuis fort longtemps:

« Azmut, Deir Al-Hatab et Salem, là où vit la famille Marouf, sont trois villages palestiniens situés sur des collines à l’ouest de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie. De génération en génération, leurs habitants se sont consacrés à l’agriculture et à l’élevage. Leur rythme de vie, leur organisation collective et leurs revenus dépendaient de ces deux activités. Oliviers, figuiers et citronniers coloraient le paysage. Des réserves d’eau naturelle servaient à étancher la soif des bêtes. On vivait modestement, mais l’autosuffisance était assurée.

Tout cela, c’était avant que la colonie d’Elon Moreh ne soit établie, en 1980. Depuis trente-six ans, cette communauté a grignoté les terres palestiniennes, privé les villageois de l’accès à leurs terres cultivées – à partir de la première Intifada (1987) – et à leurs pâturages.

L’histoire de ces trois villages est un véritable manuel de l’occupation, de ses expropriations et de la négation des droits palestiniens. « Les villageois ont été laissés dans un état d’insécurité à de multiples niveaux : financier, alimentaire et social,souligne l’ONG israélienne B’Tselem dans un rapport accablant sur la situation locale, publié début décembre. L’Etat d’Israël et 1800 colons agissant avec son soutien et ses encouragements ont pris les terres des villages, en y faisant ce qu’ils voulaient, pendant que près de 10’000 résidents palestiniens ne pouvaient s’approcher de ces terres. »

Dans cette expropriation graduelle, l’administration civile israélienne – qui gère entièrement la zone C, soit 60 % de la Cisjordanie – a procédé par des techniques classiques. Elle a élargi la zone dite de sécurité autour de la colonie; elle a enregistré de nouveaux lots de terrains comme propriétés d’Etat; elle a construit une route de contournement de 15 kilomètres, pour relier Elon Moreh à la colonie d’Itamar.

Cette route est devenue, dans les faits, une frontière pour les villageois, les empêchant de se rendre sur leurs terres situées de l’autre côté. Sauf à deux moments de l’année, et sous haute surveillance: lors de la semence printanière et de la récolte des oliviers en octobre. Quelques jours amers.

Enfin, deux avant-postes (« outposts ») – illégaux même au regard du droit israélien – sont apparus en 1998 et en 2009 au milieu de la réserve naturelle voisine de Har Kabir, créée par l’administration civile. L’armée n’a jamais démantelé ces deux colonies sauvages, qui ont étendu les zones inaccessibles pour les paysans palestiniens.

Tandis que l’attention médiatique est focalisée, depuis de longs mois, sur l’avant-poste d’Amona, auquel le gouvernement a consacré des moyens démesurés pour déménager sans heurts quarante familles avant le 25 décembre, la Cisjordanie compte des dizaines de communautés juives similaires. Protégées par l’armée et bénéficiant de services des conseils régionaux de colons, elles sont au cœur d’un projet de loi à la Knesset visant à les légaliser. »

*****

« Amona, avant-poste situé près de Ramallah, devrait être détruit d’ici au 25 décembre 2016, en exécution du jugement prononcé par la Cour suprême israélienne. L’affaire a cependant permis l’adoption en première lecture au Parlement, le 5 décembre, d’une loi qui annexerait de fait la centaine d’outposts encore jugés illégaux par le droit israélien. Avec, en perspective, la légalisation de toutes les colonies en Cisjordanie.» C’est ainsi que, le 22 décembre 2016, Dominique Vidal, sur le site Orient XXI, présente cette« opération en trompe-l’œil » qui consiste à déplacer quarante familles pour les réinstaller sur une autre terre palestinienne. Un article complémentaire de celui de Gideon Levy. (Rédaction A l’Encontre)

The Times of Israël – porte-parole de la politique sioniste – annonce en date du 26 décembre 2016 : « La mairie de Jérusalem est sur le point d’approuver la construction de centaines de logements à Jérusalem Est cette semaine, à peine quelques jours après l’adoption de la résolution par le Conseil de Sécurité – qui a excédé Israël – qualifiant les constructions de « violation flagrante du droit international ».

Durant la réunion, le Comité de planification et de construction du district de Jérusalem devrait donner son feu vert pour la construction de 618 unités de logements. 140 seront à Pisgat Zeev, 262 à Ramat Schlomo, et 216 à Ramot, selon un article dans le quotidien Haaretz.

Cette réunion, destinée à l’approbation de la construction de ces logements initialement prévue pour vendredi, a été reportée suite au vote de la résolution 2334 par le Conseil de Sécurité de l’ONU, qui a qualité toutes les constructions au-delà de la Ligne verte – les terres situées au-delà des frontières de 1949 qu’Israël a annexées durant la guerre des Six Jours, en 1967 – comme illégales, y compris dans Jérusalem.

Bien que Jérusalem soit la capitale d’Israël, la construction au sein de la ville est depuis longtemps condamnée par la communauté internationale, qui ne reconnaît pas l’annexion de la moitié de la ville par Israël. Israël maintient que la ville est unifiée et qu’il jouit du droit de construire dans tous les quartiers de la capitale.

La Commission de zonage du district de Jérusalem doit également se réunir mercredi pour délibérer sur la construction de 5 600 logements à Jérusalem Est, donc 2 600 à Gilo, 2 600 à Givat Hamatos et 400 à Ramot, selon Israel Hayom.

La construction à Givat Hamatos, un flanc de colline faiblement peuplé au sud de Jérusalem n’a pas pu se faire à cause d’une ferme opposition de la communauté internationale. Les détracteurs d’Israël avaient déclaré que l’ajout de maisons israéliennes séparerait le quartier palestinien de Beit Safaa des autres quartiers palestiniens de Cisjordanie, ce qui compliquerait la division de portions de Jérusalem Est du reste de la ville.

La mairie de Jérusalem voit en l’investiture du président élu Donald Trump une opportunité pour une reprise des constructions à Jérusalem Est, qui a été ralentie à cause de la pression exercée par l’administration Obama.» (Rédaction A l’Encontre)

Posté par Michel Peyret

Israël mène une véritable « guerre de l’eau » en Palestine

 

jeudi 5 janvier 2017 

Rappels

 

* Israël pratique une politique systémique de destruction des ressources palestiniennes en eau et montre qu’il est prêt à contrevenir aux Conventions de Genève en se servant de l’eau comme outil de coercition et de contrôle.
 
* Au cours des opérations militaires, Israël a ciblé l’infrastructure de l’eau en Cisjordanie comme à Gaza, perpétuant les crises humanitaires.* Les sept années de siège israélien sur Gaza doivent être considérées comme faisant partie de la guerre de l’eau, puisqu’en empêchant l’accès aux matériaux de réparation, de maintenance ou de développement de l’infrastructure de l’eau, Israël perpétue les dommages causés pendant les périodes d’attaque.* La guerre de l’eau paralyse le développement en Cisjordanie et à Gaza, et provoque des pertes économiques dans l’agriculture et l’industrie, ainsi que des risques sanitaires à long terme.* La restriction de l’accès palestinien à l’eau transforme ce qui fut la ressource gérée par la communauté en une marchandise et menace de modifier la relation entre les Palestiniens et leur terre.

 

Synthèse

 

Cibler l’infrastructure palestinienne de l’eau est une politique israélienne systémique et à double objectif pour empêcher l’existence de communautés palestiniennes durables. Dans cette note politique, Muna Dajani, membre de l’équipe politique d’Al-Shabaka et chercheuse en environnement, démontre qu’Israël cible les infrastructures de l’eau et montre comment la politique n’empêche pas seulement la croissance économique, mais pousse aussi les Palestiniens hors de leur terre. Elle observe la marchandisation de l’eau qui en résulte et avertit que ce processus est en train de changer les modèles traditionnels de la gestion communautaire de l’eau et qu’il pourrait modifier définitivement la configuration de la société palestinienne. Pour combattre cette guerre de l’eau, Dajani propose des actions aux acteurs locaux, nationaux et internationaux – des campagnes de sensibilisation aux bases de données – pour mettre la question à l’ordre du jour politique. Elle exhorte également les donateurs à exiger des indemnisations pour les investissements perdus.

Israël a pratiqué une politique systémique de destruction des ressources palestiniennes en eau et a maintes fois prouvé qu’il était disposé à contrevenir aux Conventions de Genève dans son exploitation de l’eau comme outil de coercition et de contrôle.

 

La guerre de l’eau d’Israël

 

L’une des causes de la dernière attaque d’Israël sur la Bande de Gaza est l’infrastructure de l’eau de l’enclave côtière, qui n’a pas été épargnée par les tirs délibérés des missiles israéliens. Cette attaque sur l’infrastructure de l’eau n’est ni nouvelle, ni spécifique à Gaza, mais fait plutôt partie intégrante d’une campagne israélienne soutenue pour faire obstacle au développement des communautés palestiniennes et rendre leur vie quotidienne insupportable. 
 
Afin d’empêcher qu’Israël continue de viser délibérément l’infrastructure de l’eau, il faut que le caractère systémique des dégâts qu’il a causés aux ressources palestiniennes vitales soit reconnu ; il doit être documenté et dénoncé, à tous les niveaux de la société palestinienne, par des campagnes de sensibilisation et des initiatives de la société civile. Les partenaires internationaux comme la Ligue des Etats arabes, l’Union européenne et les Nations unies doivent également faire pression sur Israël pour qu’il cesse et s’abstienne.La politique qui consiste à refuser que les communautés palestiniennes aient accès à l’eau peut être considérée comme un outil de guerre utilisé continuellement par l’occupation israélienne et les autorités d’occupation, et qui, finalement, porte atteinte à la résistance palestinienne. Les répercussions de cette politique sont vastes. Parmi elles la dégradation de l’environnement à long terme, des dangers pour la santé publique à court et à long terme, et la privation d’eau potable pour une partie importante de la société civile.Viser l’infrastructure de l’eau est interdit en vertu du Protocole
 
Article 54 de la Convention de Genève (1977) qui stipule :

« 2. Il est interdit d’attaquer, de détruire, d’enlever ou de mettre hors d’usage des biens indispensables à la survie de la population civile, tels que des denrées alimentaires et les zones agricoles qui les produisent, les récoltes, le bétail, les installations et réserves d’eau potable et les ouvrages d’irrigation, en vue d’en priver, à raison de leur valeur de subsistance, la population civile ou la Partie adverse, quel que soit le motif dont on s’inspire, que ce soit pour affamer des personnes civiles, provoquer leur déplacement ou pour toute autre raison. »
 
L’offensive soutenue d’Israël contre les infrastructures de l’eau palestinienne a été menée sur deux fronts : les dégâts directs et considérables causés délibérément au cours des opérations militaires à grande échelle, et les dommages à long terme en empêchant les réparations, l’entretien ou le développement des infrastructures de l’eau. Bien que rarement sur l’agenda politique, cibler les infrastructures de l’eau est une tactique identifiée et documentée de l’armée israélienne ; que ce soit sous la forme de bombes sur l’usine d’épuration des eaux résiduaires à Gaza ou sur les citernes de l’époque romaine qui fournissent toujours de l’eau dans un village reculé en Cisjordanie, les méthodes sont intentionnelles. Le rapport Goldstone des Nations Unies, qui avait été chargé de documenter les violations des droits de l’homme au lendemain de l’attaque israélienne de 2008-2009 sur Gaza (opération « Plomb Durci »), a confirmé ce qu’il considérait comme une destruction « délibérée et systématique » de l’infrastructure de l’eau par Israël.
 
Les 51 jours d’assaut de cet été [l’article a été écrit en septembre 2014, ndt] sur la Bande de Gaza ne font pas exception. Au cours des bombardements, des personnalités politiques israéliennes auraient appelé à la coupure de l’approvisionnement en eau à Gaza, ainsi que l’électricité. Cela fait partie d’une rhétorique de guerre qui voit les infrastructures de l’eau et de l’électricité comme une arme politique de coercition.

 

Cibler les infrastructures de l’eau pendant les opérations militaires

 

Au cours de la décennie passée, lors de chaque attaque israélienne sur Gaza, les bombardements ont visé l’infrastructure de l’eau, des principales centrales électriques aux usines d’épuration des eaux résiduaires et aux réseaux d’eau. Les actions militaires ont ravagé les canalisations d’eau, les égouts et autres systèmes de gestion des eaux usées. Les rapports consécutifs à l’« opération Plomb Durci » ont montré que les dégâts ont privé d’accès à l’eau un tiers de la population de Gaza. Les dommages environnementaux ont été estimés à 44 millions de dollars.

Dans les premiers jours de la dernière opération militaire à Gaza, « Pilier de Défense », l’aviation israélienne a visé la station de pompage des eaux usées à l’ouest de Gaza-ville. En frappant sa cible, Israël a paralysé une infrastructure qui pompe 25.000 m3 d’eaux usées par jour vers la principale usine de traitement des eaux de Gaza. Après l’attaque, la municipalité de Gaza a annoncé qu’elle ne serait plus en mesure de traiter les eaux usées. Les frappes continues sur l’usine ont aussi contraint la direction à cesser de réparer les dégâts afin d’éviter que les membres du personnel ne soient blessés, après que 7 d’entre eux ont été tués en inspectant les premiers dégâts. Les bombardements israéliens suivants sur l’est de Gaza-ville ont frappé une conduite d’eau principale, déconnectant les zones à l’est de la ville et coupant l’alimentation en eau à plus de 1,5 million d’habitants.Les pertes dans les seules infrastructures de l’eau ont été estimées (lienà 30 millions de dollars. Depuis le début de l’assaut de cet été sur Gaza, la principale usine de traitement des eaux usées a été détruite, y compris le réseau de canalisations qui y était raccordé. Quatre puits, cinq réservoirs et d’innombrables réseaux de canalisation sont également devenus inutilisables. En conséquence, plus de 100.000 mètres cubes d’eaux usées non traitées se sont écoulés dans les rues de Gaza et dans la mer.Sans accès à l’eau potable, la majorité des habitants de Gaza doit chercher un refuge et les services de base hors de chez eux. La destruction des puits et de l’infrastructure des eaux usées augmente ainsi la crise humanitaire. Avec des quartiers entiers envahis par les eaux d’égouts, on craint la propagation d’épidémies. Des hôpitaux bondés doivent maintenant traiter également les troubles digestifs, les allergies cutanées et les maladies d’origine hydrique et respiratoire. Un porte-parole d’Oxfam a déclaré, « Nous travaillons dans un environnement dont l’infrastructure d’eau est complètement détruite, ce qui empêche les gens de Gaza de cuisiner, de tirer la chasse d’eau des toilettes ou de se laver les mains. Le risque sanitaire est actuellement énorme […] et il faudra des mois ou des années pour que l’infrastructure de Gaza soit complètement remise en état. »
 
Dans ce cadre, le siège de Gaza peut – et doit – être compris comme une continuation de la politique de ciblage des infrastructures d’eau. Avec des restrictions drastiques sur ce qui est autorisé à entrer dans la Bande de Gaza, la reconstruction de l’usine de traitement des eaux usées, suite aux attaques de 2008, a été impossible. Au-delà de la reconstruction, les réparations régulières sont également impossibles et la modernisation des systèmes pour les rendre plus efficaces ou plus durables est hors de question. Des innovations dans le traitement de l’eau et la construction d’une qualité de vie qui dépende de l’accès régulier à l’eau sont donc interdites ; de même les ressources disponibles s’épuisent rapidement, ce qui rend plus difficile de faire des projets.Sans réparation, la terre de Gaza subit des dégâts durables. Il y a eu une rapide infiltration d’eau de mer et une surexploitation de l’aquifère pendant des années. Même les sources d’eau disponibles ne sont pas toujours potables : 95% de l’eau que les Palestiniens de Gaza consomment depuis des décennies se sont révélés impropres à la consommation humaine. Les coupures d’électricité qui ont duré près d’une décennie ont limité la capacité du traitement de l’eau et donc la disponibilité de l’eau pour les ménages, et elles ont augmenté le rejet des eaux usées non traitées dans la mer. Même avant l’assaut de cet été sur Gaza, 90 millions de litres d’eaux usées non traitées ou partiellement traitées ont été déversés et continuent d’être déversés dans la mer chaque jour en raison de l’insuffisance des installations de traitement.

Les matériaux autorisés à entrer à Gaza, comme des générateur, du carburant limitée et des camions d’eau, ne compensent que temporairement et visent à fournir des services de base et un soulagement immédiat à une population déplacée. Ces mesures palliatives ne peuvent en aucun cas répondre aux problèmes d’approvisionnement en eau à Gaza et atténuent à peine les conséquences de la guerre de l’eau d’Israël. Il ne faudra pas seulement des millions de dollars pour mettre en œuvre les phases de reconstruction et de réhabilitation des infrastructures, mais également beaucoup de temps, étant donné la situation actuelle de siège.
 
La guerre de l’eau menée sur le long terme dans les zones occupées

Encore plus insidieux a été la lente mais délibérée destruction de l’infrastructure de l’eau en Cisjordanie. La même politique de dommages intentionnels aux équipements de gestion de l’eau en période d’agression militaire a également été observée dans toute la région, le plus évident étant lors de l’invasion israélienne de la ville de Jénine en 2001 et 2002 qui a causé des dommages énormes [1] aux réseaux d’alimentation en eau et aux réseaux des eaux usées, interrompant tous les services pendant des semaines.Les dommages causés aux infrastructures sont également plus progressifs et plus subtils, lorsque, en lieu et place du blocage des importations de matériaux, les démolitions sont devenues la norme, en particulier dans les communautés marginalisées de la zone C – 60% de la Cisjordanie en vertu des accords d’Oslo – et dans ce qu’Israël a déclaré comme « zone tampon » autour de la Bande de Gaza. Ces zones sous contrôle israélien direct ont été expropriées pour des raisons de « sécurité » et sont utilisées comme zones militaires et terrains d’entraînement pour l’armée d’occupation. Déclarer une zone militaire signifie presque automatiquement la destruction des terres agricoles, un danger de mort pour les habitants des communautés voisines, et l’expropriation de vastes étendues de terre.

Bien que des outils et du matériel puissent être disponibles dans la zone C, l’infrastructure est aussi difficile à construire que dans la bande de Gaza assiégée. Les Palestiniens qui vivent dans cette zone doivent demander la permission aux autorités israéliennes pour maintenir, construire ou étendre leurs infrastructures de l’eau (l’autorisation doit également être requise dans les zones A et B, uniquement par l’intermédiaire du Comité conjoint de l’eau dont il est question ci-dessous). Lorsque la permission est – presque inévitablement – refusée, les habitants sont alors obligés de construire sans permission. Cela les expose au risque d’amendes et d’ordres de démolition.Selon la coalition palestinienne Emergency Water, Sanitation and Hygiene for Palestine (EWASH), entre 2009 et 2011, 173 différentes installations de l’eau, d’assainissement ou d’hygiène ont été démolies, sans oublier la confiscation de camions-citernes qui sont utilisés comme moyen d’urgence lorsque l’accès à l’eau est refusé.
 
Au-delà du ciblage systématique des infrastructures par l’armée israélienne dans la zone C, les habitants des colonies juives illégales ont également commis des actes de vandalisme et de destruction qui ciblent spécifiquement les sources d’eau palestiniennes et ils s’approprient fréquemment des sources naturelles pour leur propre usage de loisirs. Les colons peuvent être considérés comme agissant dans le cadre d’une claire politique israélienne qui considère un tel ciblage des ressources en eau comme une méthode de guerre tout à fait normale.La destruction des anciennes infrastructures pour l’eau telles que les citernes ou les sources qui ont existé depuis toujours, prive non seulement les communautés marginalisées de la zone C de l’accès à l’eau mais détruit aussi un élément important de l’histoire palestinienne et détruit aussi la très réelle et ancienne relation organique de la communauté avec les ressources naturelles et l’héritage des ressources gérées localement.
 
La même chose se produit à Gaza, où une zone frontalière occupée engloutit environ 17% de la zone continentale de Gaza et où 305 puits agricoles ont été détruits entre 2005 et 2013. Cette zone tampon et les zones marquées sous la lettre C recouvrent la majorité des terres agricoles palestiniennes, et par conséquent s’attaquer ici à l’infrastructure de l’eau a de vastes implications sur la production économique et sur la capacité des communautés palestiniennes à être autosuffisantes. En raison de la destruction des infrastructures hydrauliques sur les terres agricoles, les Palestiniens dépendent davantage de l’aide, des importations et même des biens israéliens.Sans accès à des sources d’eau régulières, propres et fiables, les activités industrielles, agricoles et commerciales s’amenuisent, entraînant une crise économique. Cela est particulièrement vrai pour les activités économiques hautement vulnérables et dépendantes des ressources en Palestine, comme l’agriculture. Dans ces conditions, seulement 6,8% des terres agricoles en Cisjordanie sont irriguées et ce même faible pourcentage donne la moitié des produits agricoles dans les territoires palestiniens occupés. Ces chiffres illustrent la perte stupéfiante d’opportunités économiques dans le secteur agricole, due uniquement à l’eau perdue en raison des restrictions et des démolitions israéliennes. Selon les estimations, cette perte de gain économique s’établirait à 1,44 milliard de dollars par an.
 
Transformer la relation avec la terre

Beaucoup de communautés dépendent de ressources d’eau de base comme les puits, les sources et les citernes pour répondre aux besoins domestiques. Souvent cette infrastructure a été construite depuis des décennies, sinon des siècles plus tôt, et elle a un urgent besoin de réparation. Des centaines de ces communautés en Cisjordanie souffrent des dégâts délibérés et des destructions infligées à leurs sources d’eau. Les citernes d’eau de pluie, les puits, les systèmes d’irrigation et les réseaux d’eau construits pendant la période pré-romaine ont été la cible des forces militaires israéliennes. Les effets de la destruction de l’infrastructure de l’eau ne se limitent pas à la maladie, à l’absence de ressources vitales, à la perte de revenus ou aux possibilités de développement.
 
A long terme, le ciblage par Israël des infrastructures hydrauliques impacte aussi profondément la relation que les Palestiniens entretiennent avec leurs terres. En privant les agriculteurs de l’accès à l’eau, Israël les chassent de leurs terres. Empêcher des éleveurs d’avoir accès à des citernes séculaires supprime les moyens de subsistance traditionnels et a pour effet de vider des villages riches de par leur travail, leurs familles et leurs traditions. Dans ce paradigme de la guerre de l’eau, il n’est pas surprenant que la vallée du Jourdain, riche en eau, soit l’une des zones les plus brutalement attaquées en termes de démolition d’infrastructures.
 
On peut dire clairement qu’il s’agit d’une guerre systémique contre l’eau menée contre la population palestinienne. Cette guerre à long terme détruira la relation organique que les villes et les villages ont avec les ressources en eau locales, et transformera des ressources en eau autrefois gérées localement en une marchandise – qui de plus est contrôlée par Israël. Les habitants d’aujourd’hui de Ramallah, par exemple, achètent leur eau à Mekorot, la compagnie d’eau nommée par le gouvernement israélien. L’eau n’est plus une ressource communautaire, et sa commercialisation aux mains de l’occupation israélienne modifie encore la nature de la société palestinienne.Exercer une pression politique pour protéger l’infrastructure de l’eau

La destruction de l’infrastructure de l’eau est un coup direct aux programmes palestiniens de développement qui ont été soutenus par les donateurs internationaux au cours des deux dernières décennies. Les donateurs versent des milliards de dollars dans des projets de gestion de l’eau, dans ce que l’on peut considérer comme un secteur qui dépend littéralement d’eux.
 
La plus grande partie de ces milliards est dédiée à la reconstruction des infrastructures endommagées par les bombardements israéliens successifs. Parfois, le coût élevé de la remise en état décourage les organismes donateurs d’intervenir. Cela laisse des communautés comme Susiya, dans les collines du sud d’Hébron, ou Al-Farasiya dans la vallée du Jourdain (à la fois des communautés bédouines ou troglodytes de quelques dizaines d’individus chacune) avec juste un accès à l’aide humanitaire la plus immédiate, qui revient alors à un moindre coût. Lorsque les forces israéliennes confisquent des camions-citerne, ceux-ci pourront éventuellement être remplacés, mais le cycle semble exclure toute solution à long terme aux crises en eau pour ces hameaux.
 
L’intervention des donateurs dans le domaine de l’eau doit aller de la fourniture de solutions temporaires à la pression politique active sur Israël afin que ses forces militaires cessent leur destruction stratégique des infrastructures. L’argent pourrait ensuite être investi dans le développement à long terme d’une infrastructure qui permettrait à la base d’habiliter politiquement les communautés palestiniennes, d’assurer l’accès à l’eau potable et permettrait le développement économique des secteurs industriel et agricole. Si les Palestiniens et la communauté des donateurs pouvaient être assurés que l’infrastructure était à l’abri des attaques israéliennes, ce serait la fin d’une politique qui a pour effet d’assécher les ressources palestiniennes.

Pour commencer, l’Autorité Palestinienne de l’Eau a condamné de façon répétée la destruction des citernes en Cisjordanie. Cela a permis de documenter les destructions et de montrer que les actions d’Israël violaient l’accord du Comité conjoint de l’eau de 2001. Ce comité avait été créé en tant que mécanisme pour assurer l’accès palestinien à l’eau en Cisjordanie par le biais d’un programme de gestion de l’eau qui a pour but de « garder l’infrastructure de l’eau hors du cycle de la violence ».
 
Cependant, étant donné que le comité fonctionne conjointement entre l’Autorité palestinienne (AP) et l’administration d’occupation d’Israël, il reste finalement sous le contrôle de la puissance occupante.Certaines ONG et des groupes de la société civile explorent d’autres moyens pour rendre Israël responsable de ses violations de l’accès à l’eau, pour imposer des mesures qui devraient être considérées comme un modèle et pourraient être renforcées. EWASH a collaboré avec le groupe de défense des droits des Palestiniens Al-Haq pour produire un rapport pour le Comité des droits économiques, sociaux et culturels. Le rapport documente les violations de l’eau perpétrées par Israël et demande instamment une action basée sur le Pacte international des Nations Unies sur les droits économiques, sociaux et culturels dont Israël est signataire. Toutefois, des initiatives sont nécessaires pour mobiliser les acteurs locaux et internationaux.

Au niveau des communautés palestiniennes, il y a un manque général de conscience et un sentiment d’impuissance qui prévaut quand il s’agit d’imposer les droits sur l’eau. Pour y remédier, les dirigeants communautaires doivent adopter les droits à l’eau comme élément important de leur lutte populaire contre l’occupation. Cela signifie sensibiliser les communautés à leurs droits et travailler à documenter de manière collective les violations subies, et se mobiliser collectivement pour exiger une action. L’attention portée à la crise de l’eau à Gaza a en partie stimulé l’action en Cisjordanie, où des campagnes ont été organisées pour fournir de l’eau à la population, même symboliquement. Ces efforts peuvent servir à sensibiliser la population à la guerre systémique de l’eau imposée par Israël, galvaniser les mesures qui s’imposent face à cette guerre et permettre l’acheminement de l’eau potable dans la bande de Gaza.
 
Au niveau national et international, il existe un besoin urgent de plaidoyers pour exposer les violations de l’eau dans tous les forums, ainsi que des initiatives pour s’associer aux campagnes mondiales pour les droits de l’eau des populations autochtones. En outre, l’Autorité palestinienne de l’eau et la communauté internationale des donateurs doivent être plus sensibles aux violations des droits sur l’eau et rendre Israël responsable de ses crimes.Compte tenu de la situation actuelle, les mesures suivantes pourraient être prises :

1) La société civile doit :

– Attirer l’attention sur les cas de dommages ou de tentatives de dommages causés par les attaques contre l’infrastructure de l’eau.

– Former des coalitions pour un soutien mutuel.

– Organiser et tenir à jour une base de données complète sur la destruction de l’infrastructure de l’eau ainsi que la liste des personnes touchées et les effets à long terme des destructions.
 
2) Les mouvements présents sur le terrain doivent :

– Mettre le droit à l’eau à l’ordre du jour, en particulier au sein des comités de lutte populaire palestiniens afin que le droit à l’eau occupe une place dans l’agenda politique.

– Former des liens avec d’autres communautés autochtones qui s’efforcent d’imposer la justice dans l’accès à l’eau.

– Utiliser la lutte pour la protection des ressources en eau comme moyen de mobilisation pour les campagnes des populations autochtones à l’échelle mondiale.
 
3) L’Organisation de libération de la Palestine/AP doit :

– Documenter davantage les violations d’Israël

– Utiliser son statut d’État observateur aux Nations Unies pour rendre Israël responsable par les moyens dont disposent les Nations Unies.
 
4) Les gouvernements et les principales organisations intergouvernementales comme l’ONU doivent :

– Tenir Israël responsable de toutes ses violations des droits de l’homme

– Inclure le droit à l’eau dans cette problématique.
        
– Insister pour qu’Israël indemnise les donateurs pour la perte d’infrastructures mises en place par des organismes internationaux. La compensation pour les investissements des donateurs doit être réclamée.Source 4 septembre 2016 – al-Shabaka – Traduction conjointe : Chronique de Palestine & ISM France
 
Transmis par Linsay
                                      

Muna Dajani est une chercheuse et militante palestinienne en environnement à Jérusalem. Muna détient une maîtrise en développement international et environnement. Elle est actuellement étudiante au doctorat à la London School of Economics (LSE) au département de Géographie et Environnement. Ses recherches visent à identifier le lien entre l’identité, la résilience et l’agriculture sous occupation militaire, où l’agriculture revient pour une part à une forme de résistance culturelle. Ses domaines de recherche sont la politique environnementale, la gestion des ressources par la communauté et les impacts sociaux du changement climatique.

 

[1Mark Zeitoun, _Power and Water in the Middle East : The Hidden Politics of the Palestinian-Israeli Water Conflict_ (New York : I.B. Tauris & Co Ltd, May 2008).

04 janvier 2017

Vincent Lemire, quel avenir pour Jérusalem ?

 

« Au final, quel avenir pour Jérusalem ?, interroge Delphine Froment. Proclamée depuis 1980 capitale éternelle et indivisible de l’Etat d’Israël, Jérusalem a-t-elle trouvé là une conclusion à son histoire plurimillénaire ? Les auteurs insistent plutôt sur le « point de bifurcation » où elle se trouve : sa capitalisation, mal acceptée à l’international, ne saurait cacher que Jérusalem est la moins juive des grandes métropoles d’Israël ; et Jérusalem « demeure plus que jamais une capitale paradoxale, voire une capitale “impossible”, tiraillée par son triple statut de capitale universelle, nationale et binationale » (6) ; d’ailleurs, il est encore aujourd’hui impossible de savoir comment trancher le sort de Jérusalem pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien (la question du statut de la ville est tellement problématique et complexe qu’elle n’a pas été intégrée aux négociations de 1993 entre Israéliens et Palestiniens)... »

Reprenons l'article de Delphine Froment...

Michel Peyret


Les clés du Moyen-Orient

Vincent Lemire (dir.), Jérusalem. Histoire d’une ville-monde 


Article publié le 21/12/2016

Compte rendu de Delphine Froment

S’affranchir des débats passionnés et idéologiques pour retracer la longue histoire de la ville « trois fois sainte » : tel est le défi relevé par l’ouvrage dirigé par Vincent Lemire aux éditions Flammarion, et paru à l’automne 2016. Et ce défi n’était pas des moindres : Jérusalem, que Julien Gracq qualifiait de « ville épileptique » en 1967, ne se situe-t-elle pas, depuis plus de deux millénaires, au croisement des religions monothéistes et de leurs traditions ? N’est-elle pas au cœur d’imaginaires et de fantasmes identitaires ? Ce lourd héritage ne rend-il pas son histoire d’autant plus difficile à écrire ? « Jérusalem ne s’appartient pas, Jérusalem n’est pas à Jérusalem, Jérusalem est une ville-monde, une ville où le monde entier se donne rendez-vous, périodiquement, pour s’affronter, se confronter, se mesurer » (1). Partant de ce constat, les auteurs de cet ouvrage ont tenté de contrer les représentations fantasmées de Jérusalem pour en proposer une relecture « à la fois contextualisée et située, diachronique et géographique » (2).

Refaire de Jérusalem un objet d’histoire

Ce vaste programme est inédit dans l’historiographie. Dans son introduction, Vincent Lemire montre que de manière paradoxale, alors que Jérusalem regorge de monuments et de vestiges, elle est une ville « sans histoire », trop souvent « asphyxiée par des mémoires qui court-circuitent et brouillent la chronologie » (3). Devant la difficulté de passer outre cet héritage mémoriel multiple, jamais une telle synthèse de cette ville n’avait été proposée : cette tentative de faire une « nouvelle histoire de Jérusalem » ne peut donc être que saluée.

D’autant qu’à cette entreprise s’ajoute une autre volonté : celle de faire une histoire incarnée de la ville, en prêtant attention à la topographie, au relief, à la situation, à l’urbanisme et au peuplement. Car, comme le souligne Vincent Lemire, la géographie est l’autre grande absente de l’historiographie de Jérusalem, tant elle est supplantée par les analyses géopolitiques : « l’histoire de Jérusalem est généralement racontée sans que les lieux (rues, monuments, collines, vallées, sources, roches, grottes, murailles, cimetières) soient autre chose qu’une carte d’état-major ou qu’un simple décor à usage folklorique ou patrimonial » (4).

Pour ce faire, une large panoplie de cartes ainsi qu’une chronologie de référence pour l’histoire de la ville des origines à nos jours sont à trouver au fil du texte et en annexe de ce livre.

Quatre auteurs se sont partagé l’écriture de cette grande synthèse (430 pages de texte) :

- Vincent Lemire, directeur de cette publication, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée. Ses recherches portent sur Jérusalem et le Proche-Orient contemporain : dans sa thèse, il s’est intéressé à la question de l’eau à Jérusalem entre la fin du xixe siècle et la mise en place de l’État d’Israël (La Soif de Jérusalem, 1860-1948. Essai d’hydrohistoire, Paris, Publications de la Sorbonne, 2010). Il a plus récemment publié un autre ouvrage, à nouveau centré sur l’histoire de Jérusalem au début du XXe siècle : Jérusalem 1900. La ville sainte à l’âge des possibles, Paris, Armand Colin, 2013. Il est également directeur du projet européen « Open Jerusalem ».

- Katell Berthelot, historienne des religions, et plus particulièrement du judaïsme ancien. Avec Dionigi Albera, elle a notamment publié aux éditions Flammarion en 2013 Dieu, une enquête. Judaïsme, christianisme, islam, ce qui les distingue, ce qui les rapproche. Directrice au CNRS, rattachée au Centre Paul-Albert Février, elle a séjourné de 2007 à 2011 au Centre de recherche français de Jérusalem (CRFJ).

- Julien Loiseau, maître de conférences habilité à diriger des recherches à l’université Paul-Valéry Montpellier-3, et directeur du Centre de recherche français de Jérusalem (CRFJ). Spécialiste de l’Orient médiéval, on lui doit notamment sa très belle monographie sur les Mamelouks (Les Mamelouks. Une expérience politique dans l’Islam médiéval, Paris, Seuil, 2014).

- Yann Potin, historien et archiviste, chargé d’études documentaires principal aux Archives nationales, maître de conférences associé en histoire du droit à l’Université Paris Nord, membre du comité de pilotage du projet européen « Open Jerusalem ». Tout comme Julien Loiseau, il a participé à la coordination de L’Histoire du monde au XVe siècle, dirigée par Patrick Boucheron et parue chez Fayard en 2009.

Jérusalem, de l’âge du bronze à nos jours : construction d’une « capitale impossible »

Ces quatre auteurs signent ainsi une riche synthèse, qui se lit aisément et retrace toute l’histoire de la ville de Jérusalem, de l’âge du bronze à nos jours. Sept chapitres découpent de manière chronologique un passé plurimillénaire. Loin de vouloir résumer ici le contenu de cet ouvrage aussi dense qu’éclairant, contentons nous d’énumérer les points principaux de ces chapitres, afin de refixer les très grandes lignes de l’histoire de Jérusalem : le premier chapitre se penche sur la période antique de la ville, jusqu’à la provincialisation romaine de la Judée, et y décrit la naissance du judaïsme, première religion à ériger Jérusalem en ville sainte ; le deuxième chapitre revient sur la période tardive et du haut Moyen Âge, en cherchant à montrer les multiples croisements entre la civilisation romaine et les traditions judéo-chrétiennes – croisements qui participent pleinement de l’évolution de la ville ; le troisième chapitre se consacre à la Jérusalem des Omeyyades et des Abbassides, de la conquête arabe au viie siècle à celle des croisés en 1099 – date qui marque le début des longues et âpres luttes pour la ville désormais trois fois saintes : en quelques siècles, Jérusalem passe et repasse aux mains de divers belligérants. Ainsi, le quatrième chapitre est dédié au royaume franc dont Jérusalem fut la capitale de 1099 à 1197 ; mais en 1197, la ville est reprise par Saladin et dirigée par les Ayyoubides puis par les Mamelouks qui parviennent à vaincre les hordes mongoles de Hülegü (petit-fils de Gengis Khan) en 1260 à la bataille de ‘Ayn Jalut, et entrent dans Jérusalem en 1261, inaugurant sept siècles de domination turque à Jérusalem ; cette domination turque, c’est donc d’abord celle des Mamlouks qui succèdent aux Ayyoubides (chapitre 5), puis celle des Ottomans (chapitre 6). Cette longue domination est synonyme de grande stabilité pour la ville. Or, lorsque l’Empire ottoman disparaît au sortir de la Première Guerre mondiale, cette stabilité vole également en éclat ; la Jérusalem du xxe siècle est au contraire marquée par une période de ruptures et de fractures : « L’image qui s’impose est celle d’une ville en guerre, ou plutôt d’une succession de guerres qui chacune réorientent le destin de la Ville sainte » (5). De la Première Guerre mondiale à l’intifada al-Aqsa (2000-2004), le septième et dernier chapitre montre combien Jérusalem est sans cesse tiraillée entre plusieurs peuples ; il nuance néanmoins cette idée de simple fracture, et insiste sur certaines continuités (notamment un relatif équilibre démographique entre les communautés tout au long du xxe siècle, avec un léger avantage pour la population juive). Au final, quel avenir pour Jérusalem ? Proclamée depuis 1980 capitale éternelle et indivisible de l’Etat d’Israël, Jérusalem a-t-elle trouvé là une conclusion à son histoire plurimillénaire ? Les auteurs insistent plutôt sur le « point de bifurcation » où elle se trouve : sa capitalisation, mal acceptée à l’international, ne saurait cacher que Jérusalem est la moins juive des grandes métropoles d’Israël ; et Jérusalem « demeure plus que jamais une capitale paradoxale, voire une capitale “impossible”, tiraillée par son triple statut de capitale universelle, nationale et binationale » (6) ; d’ailleurs, il est encore aujourd’hui impossible de savoir comment trancher le sort de Jérusalem pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien (la question du statut de la ville est tellement problématique et complexe qu’elle n’a pas été intégrée aux négociations de 1993 entre Israéliens et Palestiniens).

Au-delà des communautarismes : circulations, échanges, interactions

La richesse de cette longue histoire de Jérusalem réside également (voire surtout ?) dans sa capacité à mettre en avant les porosités entre les traditions des trois monothéismes : circulations, échanges, transferts et interactions sont à l’honneur dans cette histoire. Par exemple, le chapitre 6 montre combien, en 1908, à Jérusalem, la promulgation de la Constitution par les Jeunes-Turcs donne lieu à des scènes de liesse entre les citoyens de toutes les communautés et confessions, qui fraternisent entre eux ; en effet, cette nouvelle promulgation d’une Constitution d’inspiration libérale (qui avait déjà été promulguée en 1876, mais suspendue presque immédiatement) est accueillie avec joie par les minorités nationales qui espèrent pouvoir vivre une démocratisation de l’Empire ottoman ; or, les auteurs de montrer que « le slogan “liberté, égalité, justice” s’est concrétisé par le libre accès de tous les habitants à l’ensemble des lieux saints de la ville » (7).

Cette approche permet ainsi de sortir d’une vision d’une Jérusalem qui aurait été, de tout temps, sclérosée par les communautarismes – alors que les conflits et difficultés que connaît aujourd’hui le Proche-Orient se cristallisent justement autour des passions confessionnelles et communautaires, cette volonté de montrer qu’il n’en a pas toujours été ainsi est à saluer : « Cette simple anecdote permet de mesurer combien est singulière l’histoire de Jérusalem dans ces années 1900, combien il est difficile aujourd’hui de se la représenter, mais aussi combien il est nécessaire d’en conserver la trace » (8).

C’est là l’un des plus grands mérites de cette riche et brillante analyse.

Notes :

(1) Vincent Lemire (dir.), Jérusalem. Histoire d’une ville-monde, Paris, Flammarion, p. 7.
(2) Ibid., p. 13.
(3) Ibid., p. 11.
(4) Ibid., p. 12.
(5) Ibid., p. 353.
(6) Ibid., p. 414.
(7) Ibid., pp. 348-349.
(8) Ibid., p. 350.

Vincent Lemire (dir.), Jérusalem. Histoire d’une ville-monde, Paris, Flammarion, 2016.

Posté par Michel Peyret

1 janvier 2017

Les Palestiniens réfugiés : faits et chiffres [ Collectif communiste polex ]

 

Les Palestiniens réfugiés: faits et chiffres

 

Nous ne partageons pas les orientations islamistes du Hamas, parti politique palestinien influent surtout à Gaza. Il n'empêche que cette analyse du nombre effarant des réfugiés palestiniens dans les pays voisins, soigneusement occulté par les médias israéliens et occidentaux, mérite notre attention. Aucune solution au problème de la Palestine encore colonisée ne pourra l'ignorer.


Collectif communiste polex


 

mis à jour le : 27 Décembre, 2016

Les réfugiés palestiniens représentent la population de réfugiés la plus ancienne et la plus importante dans le monde aujourd’hui. Il y a environ 7,2 millions de réfugiés palestiniens, ce qui équivaut à environ 70% de la totalité de la population palestinienne, qui est estimée à 10,7 millions dans le monde.

 

Le droit au retour: de solides bases juridiques


** L’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme affirme: « Chacun a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de retourner dans son pays. »

 

** La Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale [Article 5 (d) (ii)] stipule: « Les États parties s’engagent à interdire et à éliminer la discrimination raciale sous toutes ses formes et à garantir le droit de chacun, sans distinction de race, de couleur ou d’origine nationale ou ethnique, à l’égalité devant la loi, notamment dans la jouissance de … le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de retourner dans son pays. »


** La Convention internationale sur les droits civils et politiques [Article 12.4)] stipule: « Nul ne peut être arbitrairement privé du droit d’entrer dans son propre pays. »


** Conformément au droit international, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Résolution 194 le 11 décembre 1948. Le paragraphe 11 stipule que « les réfugiés [palestiniens] désireux de rentrer chez eux et de vivre en paix avec leurs voisins devraient être autorisés à le faire et une indemnisation devrait être versée pour les biens de ceux qui choisissent de ne pas revenir et pour la perte ou les dommages à des biens qui, selon les principes du droit international ou dans l’équité, devraient être réparés par les gouvernements ou les autorités responsables. »


** La résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations Unies a été confirmée par l’ONU plus de 110 fois depuis son instauration en 1948 avec un consensus universel, sauf pour Israël et les États-Unis.


Cette résolution a été précisée par la résolution 3236 de l’Assemblée générale des Nations unies, qui réaffirme au paragraphe 2: « Le droit inaliénable des Palestiniens au retour dans leurs foyers et les propriétés dont ils ont été déplacés et déracinés, et appelle à leur retour. »

 

Statistiques

Jordanie
2 097 338 réfugiés palestiniens sont enregistrés auprès de l’UNRWA. Contrairement à tout autre pays hôte, la Jordanie a accordé aux réfugiés palestiniens des droits de pleine citoyenneté, à l’exception de 120 000 personnes originaires de la bande de Gaza. Il existe 10 camps officiels de réfugiés et trois camps non officiels. Les dix camps de réfugiés palestiniens reconnus dans tout le pays accueillent près de 370 000 personnes, soit 18% du total de la population du pays. La Jordanie accueille le plus grand nombre de réfugiés de Palestine dans tous les domaines d’intervention de l’UNWRA.

 

Liban
449 957 réfugiés sont enregistrés auprès de l’UNRWA au Liban. Il y a 12 camps officiels de réfugiés. Étant donné leur état d’apatride, les Palestiniens au Liban se voient refuser de nombreux droits fondamentaux. Par exemple, ils sont exclus d’une vingtaine de professions et n’ont pas accès aux services sociaux publics. Même l’accès aux services de santé et d’éducation est limité, rendant souvent les réfugiés enregistrés fortement tributaires de l’UNRWA.

 

Syrie
526 744 réfugiés palestiniens sont enregistrés auprès de l’UNRWA. Il y a neuf camps officiels et trois camps officieux. Les Palestiniens jouissent des mêmes droits que la population syrienne, sauf les droits de citoyenneté.

 

Gaza
1 258 559 Palestiniens, en plus de la population de 1,8 million de Gaza, sont des réfugiés enregistrés par l’UNRWA. Il y a huit camps administrés par l’UNRWA dans la bande de Gaza. L’occupation israélienne depuis 1967 et le blocus et le siège continus sur la bande de Gaza font que la population de l’ensemble du territoire souffre de graves problèmes économiques. Les activités de l’UNRWA dans la bande de Gaza ont été sévèrement limitées par le blocus.

 

Cisjordanie
La Cisjordanie abrite 762 288 réfugiés enregistrés. Il y a 19 camps surpeuplés et mal servis. Les occupations et les barrages militaires et les bouclages imposés par l’armée israélienne exercent une pression énorme sur l’économie de la Cisjordanie.

 

« Israël » 

(Palestine de 1948) Alors que la plupart des Palestiniens ont été chassés, certains sont restés dans ce qui est devenu Israël. Bien que citoyens du nouvel État, ils ont été soumis à l’administration militaire israélienne jusqu’en 1966. Aujourd’hui, les citoyens palestiniens d’Israël représentent près de 20% de la population d’Israël. Ils ont le droit de voter et de se porter candidat, mais plus de 20 lois israéliennes privilégient explicitement les Juifs à l’encontre des non-Juifs. Près d’un quart des Palestiniens d’Israël sont des « personnes déplacées à l’intérieur du pays », incapables de retourner aux maisons et aux terres qui leur ont été volées.

 

Égypte
Les Palestiniens ont fui vers l’Égypte pendant les guerres de 1948, 1956 et 1967. On estime à 50 000 le nombre de Palestiniens en Égypte. Cependant, ils n’ont pas de droits de résidence permanente, et ils ne peuvent pas non plus s’inscrire en tant que réfugiés.

 

Irak
Jusqu’en mai 2006, le HCR estimait que 34 000 Palestiniens vivaient en Irak. Aujourd’hui, il ne reste que 11 544 réfugiés palestiniens enregistrés par le HCR. Les Palestiniens ont été pris pour cibles et ils ont été des dizaines à être assassinés par des groupes militants depuis l’invasion de l’Irak en 2003 par les États-Unis. De nombreux Palestiniens vivant en Irak ont donc subi deux fois des déplacements forcés: une fois de leurs foyers d’origine en Palestine, puis de leur pays d’accueil. La plupart des Palestiniens qui ont fui l’Irak ont cherché refuge dans la Syrie et la Jordanie voisines.

 

Le mouvement Hamas considère le droit au retour comme un droit inaliénable pour les millions de Palestiniens éparpillés dans le monde entier en attendant que leurs terres soient libérées et que leurs espoirs soient satisfaits. A plusieurs reprises, le Hamas a déclaré que le droit au retour n’est pas négociable et qu’il devrait être intégré dans toutes les stratégies à court, moyen et long terme.

 

Sources: Palestine Refugees – unrwa.org - 10 facts about the Nakba - al-awda.org Factsheet on Palestinian Refugees

Au lendemain du vote au Conseil de Sécurité de l'ONU, Israël provoque les Nations Unies sans réaction des puissances occidentales

 

A Jerusalem-Est, de nouveaux logements pourraient être construits par Israël malgré le vote de l'Onu appelant à la fin de la colonisation.

A Jerusalem-Est, de nouveaux logements pourraient être construits par Israël malgré le vote de l'Onu appelant à la fin de la colonisation. | EPA/MAXPPP

 

Colonies. Israël pourrait annoncer de nouvelles constructions

 

618 logements pourraient être construits à Jérusalem-Est par Israël si le vote sur leur permis de construire est approuvé ce mercredi. Un pas de plus vers la colonisation de la ville Sainte que ne semble pas avoir freiné le vote de l'Onu restreignant l’expansion d’Israël dans les Territoires palestiniens.

 

Un comité de planification israélien doit discuter mercredi de la délivrance d’un permis de construire pour 618 logements à Jérusalem-Est, malgré la récente résolution de l'ONU lui demandant de cesser la colonisation dans les Territoires palestiniens occupés, selon une ONG anticolonisation.

 

Les discussions porteront sur la délivrance d’un permis pour la construction de logements dans les quartiers de Pisgat Zeev (140), Ramat Shlomo (262) et Ramot (216), à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville sainte occupée et annexée par Israël, a précisé l’ONG israélienne Ir Amim.

 

Le maire adjoint de Jérusalem, Meïr Turgeman, qui préside ce comité, a indiqué que le vote vendredi à l'ONU d’une résolution exhortant Israël à « cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est » ne remettait nullement en question cette réunion

 

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http://www.ouest-france.fr/monde/israel/colonies-israel-pourrait-annoncer-de-nouvelles-constructions-4708450?utm_source=neolane_of_newsletter-generale&utm_medium=email&utm_campaign=of_newsletter-generale&utm_content=20161228&vid=1917160&mediego_euid=1917160

Publié par  El Diablo

L'ONU condamne la colonisation israélienne

L'ONU condamne la colonisation israélienne

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté vendredi soir une résolution demandant l'arrêt des colonies en Cisjordanie à laquelle, fait rarissime, les Etats-Unis n'ont pas opposé leur veto.

Si les Etats Unis se sont abstenus les 14 autres membres du Conseil de sécurité se sont prononcés en faveur du texte présenté par la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Venezuela et le Sénégal.

A l'origine, c'est l'Egypte qui avait proposé le texte, mais elle avait décidé jeudi de faire marche arrière sous la pression d'Israël et du président américain élu, Donald Trump.

Celui-ci a fait savoir que "les choses seront différentes à l'ONU" après son arrivée à la Maison Blanche dans un mois.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a fait savoir vendredi soir qu'Israël ne respectera pas la résolution du Conseil de sécurité comme l'indique un communiqué des services du Premier ministre israélien qui précise : "Israël rejette cette résolution anti-israélienne honteuse des Nations unies et ne s'y conformera pas".

Benjamin Netanyahu a aussi annoncé, quelques heures seulement après le vote de la résolution, le rappel "immédiat" de ses ambassadeurs en Nouvelle-Zélande et au Sénégal "pour consultations".

Il a également décidé d'annuler la visite du ministre sénégalais des Affaires étrangères, prévue en janvier, ordonné l'annulation de tous les programmes d'aide au Sénégal, et l'annulation des visites en Israël des ambassadeurs non-résidents du Sénégal et de Nouvelle-Zélande.

Côté palestinien, on salue "un camouflet" : La résolution constitue "un grand camouflet" pour Israël, a immédiatement réagi Nabil Abou Roudeina, porte-parole de la présidence palestinienn : "Il s'agit d'une condamnation internationale unanime de la colonisation et d'un fort soutien à une solution à deux Etats", a-t-il ajouté.

*****

Israël a commencé à établir un réseau de colonies dans toute la Cisjordanie occupée à partir des années 1970 et a continué de l'étendre après les accords d'Oslo de 1995, qui ont divisé ce territoire en zones israéliennes et palestiniennes. Ces dernières étaient destinées à jeter les bases d'un futur Etat palestinien.

Quelque 430.000 colons israéliens vivent en Cisjordanie occupée, aux côtés de 2,6 millions de Palestiniens. Plus de 200.000 Israéliens vivent aussi à Jérusalem-Est annexée, aux côtés d'au moins 300.000 Palestiniens, qui veulent en faire la capitale de leur futur Etat.

Israël a également saisi une partie des hauteurs du Golan aux dépens de la Syrie ainsi que la bande de Gaza au détriment de d'Egypte et a établi des colonies dans ces deux zones, avant d'évacuer celles de Gaza en 2005.

Les Nations unies et la majeure partie de la communauté internationale considèrent comme illégales les colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, qu'Israël a annexée en 1980. Cette nouvelle résolution n'a donc pour objectif que de faire respecter le droit international, bafoué en toute impunité depuis quatre décennies.

Eugénie Barbezat

Journaliste

SOURCE:

L'ONU condamne la colonisation israélienne

 

http://www.humanite.fr/lonu-condamne-la-colonisation-israelienne-629208

L'ONU condamne la colonisation israélienne

Le Conseil de Sécurité de l’ONU condamne sans appel la colonisation de la Palestine par Israël

Un rappel bienvenu du droit international, face à un avenir menaçant

Par ces temps difficiles, c’est une victoire diplomatique incontestable que vient de remporter la Palestine avec un vote à l’unanimité (14 voix), moins l’abstention des Etats-Unis qui n’ont pas fait jouer leur veto. Israël et ses multiples relais auront été dans l’incapacité d’y faire obstacle malgré la complicité honteuse du Général Sissi et l’invraisemblable immixtion de Trump dans les affaires de l’administration américaine en place. Cela a choqué dans les milieux diplomatiques et amené le Président Obama à rester sur la position d’abstention.

Refusant de céder comme l’Egypte au diktat trumpien, le Venezuela, la Malaisie, la Nouvelle-Zélande et le Sénégal, pays de quatre continents, ont reproposé le texte au vote et ont convaincu l’ensemble des Etats membres du Conseil de l’adopter. Ce beau succès ne doit pas nous cacher que le couple Trump-Netanyahou va être extrêmement dangereux et que les responsabilités des pays européens seront d’autant plus grandes pour refuser un monde dominé par la loi de la jungle.

De ce point de vue, la Suède qui, hors Conseil, a beaucoup fait pour permettre cette percée diplomatique s’est révélé particulièrement engagée montrant la voie à ses partenaires européens.

Quant à la France elle a su faire le bon choix et ne pas se laisser impressionner par les imprécations grotesques de B. Netanyahou. Elle doit maintenant honorer son engagement d’une reconnaissance pleine et entière de l’Etat de Palestine, engagement renouvelé par l’Assemblée nationale et le Sénat. Le Président de la République doit saisir ce moment pour faire aboutir ce qui selon les termes de Laurent Fabius en 2014, « n’est pas une faveur, pas un passe-droit, mais un droit ».

Le Bureau national de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS)

Le 23 décembre 2016

SOURCE:

Association France Palestine Solidarité

 

http://www.france-palestine.org/

Tout ce qui peut pourrir les jours de Nethanyhaou et ses complices ...

 

Publié le 25 Décembre 2016

 ... apporte de la lumière

à ceux de Canaille le Rouge

 

Tout ce qui peut pourrir les  jours de Nethanyhaou et ses complices ...

Certes, cela réglera pas tout et les brutes colonialistes n'ont à ce jour aucune coercition concrète d'engagée contre eux.

 

Mais que pour la première fois le colonialisme, la politique de spoliation des Palestiniens par un pays qui érige l'apartheid et le terrorisme d'état comme pratique quotidienne soit mis à l'index par l'assemblée des Peuples des Nations Unies (qui au passage démontrent que le critère de Nation ne renvoie pas exclusivement au nationalisme et permet même de le combattre) est une avancée qui va marquer la fin de 2016.

 

Avant que Trump ne vienne mettre en péril la paix mondiale par des déclarations provocatrices et des choix aventuristes, ce qui s'est passé ce 14 décembre à l'ONU ne peut laisser indifférent. 

 

Voila un demi siècle que tout le camp impérialiste si ce n'est soutient au moins protège les méthodes criminelles de colonisation, destruction des maisons, expulsion de tout un peuple.

 

Cela n'a pas pris fin hier mais ces pratiques sont maintenant condamnées clairement par la communauté internationale qui confirme les droits inaliénables des Palestinien à vivre sur leur terre, avec une organisation politique, des lois et droits conforme au droit international ; droit que lui dénie l'occupant.

 

La colère du gouvernement de Tel Aviv, la hargne des idéologues de l'expansionnisme sioniste est à la hauteur de la satisfaction de tous les pacifistes dont les militants de la paix israéliens qui refusent de voir piétinés le peuple palestinien qui dans des conditions périlleuses se battent en première ligne contre la politique fascisante du gouvernement israélien. 

 

Rédigé par Canaille Lerouge

A propos du vote du Conseil de Sécurité à l’ONU sur le droit des Palestiniens

 

24 Décembre 2016
 

L’image contient peut-être : nuit et intérieur

 

Je vous avais dit que je n’interviendrai dans ces fêtes de Noël qu’en cas d’événement important: il y en a eu un

 

C’est le vote du Conseil de sécurité contre le colonisation israélienne et pour qu’un tel vote ait lieu il a fallu l’abstention des Etats-Unis. J’éprouve à cette annonce des sentiments mêlés que je voudrais vous exposer en espérant que cela contribuera à faire avancer nos combats communs.

 

Que s’est-il passé, l’administration Obama a décidé de replier le parapluie qu’elle avait systématiquement déployé depuis huit ans au-dessus d’Israël, au Conseil de sécurité. Ce coup de semonce est une défaite politique sévère pour le premier ministre Benyamin Nétanyahou et une sanction contre la promotion décomplexée de la colonisation par la droite israélienne.

 

Le texte de la résolution, contrairement aux affirmations des responsables israéliens, n’est pas fondamentalement hostile à l’Etat hébreu. Il s’inscrit dans la lignée de la résolution 465, adoptée en 1980, qui dénonçait déjà l’extension des colonies, jugées illégales. En outre, il se place à la suite du rapport du Quartet – Etats-Unis, Russie, UE Union européenne  (UE), ONU –, publié le 1er juillet, qui dressait un état des lieux alarmant de la réalité, sur le terrain.

 

La résolution 2334 estime elle aussi que la construction et l’extension des colonies mettent « gravement en danger la viabilité de la solution à deux Etats ». Par ailleurs, dans un souci d’équilibre réclamé notamment par Paris et Washington, le texte « condamne tous les actes de violence contre les civils, dont les actes terroristes », une référence aux attaques palestiniennes. La résolution exige la « cessation immédiate » de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés, dont Jérusalem-Est, et loue les efforts diplomatiques entrepris par la France, la Russie et l’Egypte au cours des derniers mois, pour relancer un dialogue sur le conflit. Ce vote se situe donc dans un contexte politique qui est celui de la défaite des occidentaux à Alep, mais aussi l’ouverture d’un autre système de négociation.

 

Je voudrais comme j’en ai l’habitude dans ce blog, vous dire ce que m’inspire cet événement, je ne le fais pas pour étaler mes états d’âme, mais bien parce que je crois qu’ici comme ailleurs, il y a un combat à mener pour aller vers une solution et que mon point de vue peut renseigner sur les obstacles, autant que les perspectives.

 

Le premier sentiment est semblable au votre, à vous les lecteurs de ce blog, épris de justice et qui considérez comme moi que la politique de colonisation de l’Etat d’israêl que ce soit dans les territoires occupés ou dans Jérusalem est, est non seulement inique, mais suicidaire parce que la seule solution réside dans l’existence de deux Etats et la mise en oeuvre des aujourd’hui de collaborations pacifiques dans le domaine de l’eau, de la santé, de l’éducation, dans la construction d’une paix qui soit aussi un avenir commun.

 

Parce que ces deux Etats ne sont viables que s’ils s’entendent. C’était déjà la vision utopiste d’un Einstein, faire de Jérusalem, une nouvelle Cordoue, que le monde arabe soit capable d’accueillir ce que les juifs peuvent apporter au monde dans un rayonnement universel.  Le gouvernement israélien a tout fait pour rendre cette solution impossible et donc pour barrer la voie à l’avenir. La résolution est pour le moins équilibrée puisqu’elle assortit cette exigence du respect d’un territoire palestinien à la dénonciation d’un terrorisme qui s’attaquerait à la population civile israélienne. Donc il faut avancer vers cette voie.

 

Le second sentiment m’est certainement propre, quand j’entends l’ambassadeur d’Israêl protester, y compris d’un espèce de droit mythique des juifs, j’ai honte. Cette honte est quelque chose que vous devez prendre en compte parce qu’elle est une indéfectible marque de solidarité et l’humiliation de voir les miens, parce que ce sont les miens, alors qu’ils ont subi depuis des millénaires l’horreur du racisme et de l’arbitraire des etats n’en tirer aucune leçon. Ce sentiment qui en même temps est fait de répulsion à l’égard d’une politique et de reconnaissance de mon appartenance à ce peuple a été construit. D’abord par mes origines, par le fait que ma propre histoire aussi loin que remonte ma mémoire est celle de la peur que chaque acte antisémite renouvelle. Et pour renforcer cet étrange adhésion, ceux qui ne cessent de prendre le prétexte de la politique d’Israël pour faire ressurgir le vieil antisémitisme jouent un grand rôle. Ceux qui récemment ont cherché à utiliser ma condamnation du CRIF pour me faire signer une pétition en soutien à Pascal Boniface qui attribuait la torture et le meurtre du gang des barbares à ce même CRIF, justifiant de fait le meurtre antisémite, ne faisaient que redoubler tous ces textes immondes dans lesquels le terme sioniste ne devenait que la traduction du juif éternel.

 

La haine du sioniste voyant en lui l’origine de tous les maux et qui faisait un parallèle par exemple entre l’extermination nazie que rien ne doit jamais justifier et la politique d’Israêl qui selon eux accomplit pire que les Allemands. cela devient comme dans la démonstration de Pascal Bonifaace sur le CRIF et le gang des barbares, le fait qu’israêl aujourd’hui justifierait la Shoah.  

 

La confusion qui se développe entre extrême-droite et communiste, la diffusion de sites négationnistes sous prétexte qu’ils ont nos opinions sur d’autres sujets simplement ce n’est plus le capital le coupable, mais le sioniste. . Voilà peu à peu on a réussi l’exploit de m’écarter de ce combat là et alors que je méprise comme criminel et imbécile l’arrogance de cet ambassadeur à l’ONU, me le faire vivre comme ma honte à moi. Est-il possible de vous faire comprendre ce à quoi vous touchez et combien cette attitude est contreproductive alors qu’il faudrait rassembler tous les gens de bonne volonté autour d’un combat pour la justice et la paix pour deux peuples que tout devrait rapprocher. déjà aujourd’hui, regardez ceux qui historiquement mènent le combat pour le peuple palestinien ont des origines juives, mais de plus en plus il s’agit d’une génération qui disparait.

 

Enfin, le troisième point comme le premier nous concerne tous. Parce que face à ce vote du Conseil de sécurité je ne puis m’empêcher de voir qu’il s’agit de la part de l’administration Obama d’une sorte de baroud d’honneur qui s’adresse à son propre électorat américain et y compris la majorité des juifs américains qui craignent comme la peste la politique d’un Trump, raciste, suprématiste blanc qui comme une bonne partie de l’extrême-droite va soutenir l’extrême-droite israélienne, empêcher toute solution à deux états et qui nous menera à la guerre et au désastre. Combien de temps durera ce petit jeu américain? Il a déconsidéré les démocrates, comme il déconsidère les socialistes chez nous et résultat ils ouvrent la porte à l’extrême-droite faute d’avoir le courage de réellement s’inscrire dans une politique de paix. Ils ont témoigné de leur faiblesse sans pour autant apporter des garanties. Il faut rompre avec tout cela et considérer que nous occidentaux nous sommes dans ce domaine comme dans d’autres largement déconsidéré et n’avons fait que du gâchis.

 

C’est seulement en acceptant de s’intégrer pleinement dans une politique régionale que palestiniens et israéliens peuvent trouver le chemin de la paix et de la coexistence. Il faut que Palestiniens et israéliens profitent de la nouvelle donne et voient dans la négociations telle qu’elle est en train de se mettre en place une issue. Il faut prendre pleinement en compte la nouvelle donne multipolaire, le fait que la Russie comme la Chine souhaitent que l’intégrité des Etats existants soit préservé. C’est à ce titre d’ailleurs que les multiples reconnaissances de l’Etat palestinien et en dernier ce vote du Conseil de sécurité à la quasi unanimité est le plus intéressant pour l’avenir, parce que toutes ces reconnaissances créent un terrain de droit sur lequel nous devrons nous appuyer, en sachant que là encore un des dangers de Trump est qu’il refuse la base même de tout droit international à savoir la continuité dena les engagements.

 

Je voudrais que mon triple constat nous aide tous à réfléchir ensemble à ce que nous devrons faire tous ensemble pour sur le cas des deux états comme sur bien d’autres, nous soyons en mesure de rassembler le plus largement possible face à ce qui nous menace et que les récentes déclarations sur le nécessaire renforcement des arsenaux nucléaires laisse subodorer.

 

Danielle Bleitrach

2ème Congrès du Parti communiste Palestinien à Ramallah

 

, par  communistes

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Dans un communiqué, publié le 4 décembre 2016, le Parti communiste Palestinien annonce la fin des travaux de son deuxième Congrès. Ci-dessous les idées essentielles de ce communiqué du Bureau international du Parti communiste Palestinien :

 

Le deuxième Congrès du Parti communiste Palestinien a achevé hier ses travaux qui ont duré deux jours - les 2 et 3 décembre 2016. Au sommet des travaux du congrès, il y avait le nouveau programme politique du Parti qui appelait à l’adoption de la solution d’un Etat progressiste et démocratique sur l’ensemble de la Palestine historique. Le débat sur cette question s’est achevé au cours de la première journée. Après une discussion les délégués ont adopté ce nouveau programme politique et ont décidé de le diffuser dans toute la partie occidentale du pays, la Bande de Gaza, la Jordanie et la Syrie, et les autres endroits où résident les Palestiniens. Le nouveau programme politique adopté par le congrès appelle à une solution d’un seul Etat à la place de celle de deux Etats qui a été enterrée depuis longtemps par l’occupation.

 

Au courant de la deuxième journée la discussion s’est poursuivie sur les questions idéologiques et organiques et sur l’activité du parti dans les masses afin d’élargir sa base de masse. Au cours de cette journée, ont été lus les messages envoyés aux délégués au Congrès par les amis et les partis frères. Après cette lecture la discussion approfondie s’est poursuivie. Ensuite le camarade Mahmoud Saada a été réélu au poste de secrétaire général du Parti, puis le camarade Mahmoud Abou Namous a été élu Adjoint du secrétaire général dans la Bande de Gaza et le camarade Mohamed Aalqam Adjoint du Secrétaire général dans la partie occidentale.

 

Voir en ligne : lu sur le site du parti communiste algérien (pads)

Netanyahu dévoile les accords avec Poutine sur la Syrie: le passage à un monde multipolaire

 

13 Décembre 2016

INTERNATIONAL 10:53 12.12.2016(mis à jour 13:26 12.12.2016) 

Négociations Poutine-Netanyahu

 

 

Israël coordonne ses actions avec la Russie sur la situation militaire en Syrie afin d’éviter d’éventuels conflits, selon le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Poutine semble avoir réussi la quadrature du cercle puisque ses relations s’améliorent avec Erdogan alors même qu’ils sont en désaccord sur la question syrienne et il conserve des relations « amicales » avec Israêl . En effet,  les relations avec les dirigeants israéliens sont toujours au beau fixe alors même que les Russes soutiennent Bachar El assad assisté par l’Iran et le Hezbollah et que la Russie a une position très claire sur la nécessité d’un Etat palestinien.Cet été, Le président égyptien Fattah al-Sissi a même annoncé que le président russe Vladimir Poutine serait prêt à accueillir à Moscou un sommet des leaders du Proche-Orient et à contribuer à organiser un tête-à-tête, entre israélien et Palestinien.

 

Les experts restent pourtant prudents. « Aucune autre source ne confirme que Netanyahu et Abbas se rencontreront bientôt à Moscou,a  souligné Shlomo Brom, directeur du programme des relations israélo-palestiniennes au sein de l’Institut d’études de sécurité nationale d’Israël. Cette perspective, même évoquée par le président égyptien, semble douteuse. Nous avons connu des tentatives d’organiser des rencontres entre Netanyahu et Abbas. Ce dernier pourrait consentir à s’entretenir avec Netanyahu à condition d’organiser de manière préalable des rencontres entre des fonctionnaires palestiniens et israéliens visant à préparer ce tête-à-tête entre les deux leaders. A ma connaissance, Netanyahu ne veut toujours pas organiser ces rencontres ».Cela n’a pas été confirmé par le kremlin mais c’est une proposition faite plusieurs fois par Lavrov.

 

Netanyahu a pu déclarer :: les relations avec la Russie contribuent à la sécurité d’Israël

 

Dans une interview accordée à la chaîne de télévision américaine CBS le 8 décembre 2016, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a révélé l’existence d’accords entre la Russie et Israël concernant la situation en Syrie. Selon Benjamin Netanyahu, il a promis personnellement à Vladimir Poutine de ne pas interférer dans le conflit syrien, tout en prévenant par ailleurs qu’il ne permettrait pas à l’Iran d’attaquer son pays au moyen de la Syrie. « Si la Syrie nous attaque elle-même, si l’Iran tente d’utiliser le conflit en Syrie pour attaquer Israël, nous nous les arrêterons », a déclaré le premier ministre israélien, assurant ne pas souhaiter un tel dénouement, ce à quoi, selon lui, le président russe a acquiescé.

 

Et d’ajouter : « Nous avons coordonné nos forces armées, car personne ne veut d’affrontements imprévus entre Israël et la Russie ». Parlant de ses relations avec la Russie, Netanyahu les a qualifiées d’amicales. Ainsi, Moscou a immédiatement réagi à la demande de Tel-Aviv de l’aider à éteindre les incendies de forêt de grande ampleur qui se sont déclarés fin novembre dans le pays. Les avions bombardiers d’eau Be-200 ont été envoyés en Israël par le président russe Vladimir Poutine.

 

Le passage à un monde multipolaire

 

Peut-être faut-il chercher la recette dans trois caractéristiques de la politique russe qui tranche avec celle des Américains et occidentaux: 1) être de parole, on fait ce qu’on dit et un engagement, une alliance sont respectés. 2)e l’on ne cherche pas à exaspérer les antagonismes mais à trouver des points d’accord fussent-ils limités.3) On crée les conditions d’un respect des cultures et de l’histoire de chaque nation et peuple.

 

ici non seulement Poutine se contente-t-il d’un accord sur la coordination des interventions, mais cet accord intervient sur un fond dans lequel est cultivé la mémoire de la seconde guerre mondiale et le prix fort payé par les juifs et les soviétiques dont la Russie est héritière. . Poutine proclame trés haut et très fort son philosémitisme, son refus du négationnisme, mais aussi dénonce systématiquement toutes les tentatives de résurgence de l’antisémitisme en Russie. Ainsi dernièrement une infirmière russe a été tuée à Alep, nous n’en avons pas entendu parler pas plus que de l’aide humanitaire apportée par les Russes, mais en Russie il lui a été fait des funérailles nationales dans le Birobidjian, la république traditionnellement juive où les panneaux indicateur sont en Yiddish. Poutine insiste toujours sur le patriotisme des citoyens juifs et l’extrême-droite le représente avec une kippa. Toujours à titre humanitaire quand il y a eu des incendies en Israël Poutine a envoyé des avions contre l’incendie à Haifa en particulier où il y a beaucoup de juifs soviétiques.

 

Tout cela pourrait paraître anecdotique si, comme avec Erdogan, on ne retrouvait pas l’empreinte de cette « bienveillance » dans des projets à long terme, par exemple une intégration eurasiatique avec l’accord de la Chine. Sans que jamais les points de désaccord ne soient passés sous silence. Ainsi l’intervention en Syrie aux côtés de l’Iran et du Hezbollah s’accompagne d’un engagement qui implique la défense de l’existence d’Israêl. La même attitude existe avec les dirigeants égyptiens.et surtout avec la Turquie d’Erdogan. Avec la Turquie d’Erdogan, les enjeux sont encore plus importants puisque la Russie est-elle même traversée par des contradictions nationales où elle tente de retrouver l’équilibre qui fut celle de l’Union soviétique. Aujourd’hui mise à mal par des séparatisme attisés par la crise économique.

 

En fait la seule possibilité de réussite d’une telle stratégie s’appuie sur le manque de fiabilité des Etats-Unis et de leurs alliés dans leurs alliances. Le cas le plus exemplaire étant bien sur celui de saddam Hussein, mais même Israël et les saoudiens se sont heurtés à ces prises de décisions à géomètrie variable, l’ère d’Obama étant fertile en rebondissement, Clinton étant d’une vénalité assez étonnante et maintenant avec Trump le moins que l’on puisse dire c’est que l’on attend pas beaucoup d’amélioration.

 

En fait, il y a là la mise en oeuvre d’une logique multipolaire. Il ne s’agit pas comme le font les Américains et Occidentaux d’exiger une alliance totale quitte à être sanctionné comme Saddam Hussein, utilisé contre l’Iran et assassiné dans le cadre d’ une intervention qui continue à déchirer le Moyen orient. Les alliances sont sacrées et les engagements doivent être tenus.

 

Il s’agit de respecter les souverainetés au plan international et d’en être en quelque sorte garant, sans juger des cultures, des religions, des régimes et de développer les bases d’un accord en réduisant les points de désaccord.Il faut également souligner le rôle joué par la Chine dans ce domaine qui appuie de fait la stratégie de Poutine en privilégiant l’intérêt mutuel des pays, la non ingérence dans les affaire internes et le priviliège accordé aux règlement régional des questions litigieuses.

 

La diplomatie qui est mise en oeuvre est déjà celle de la fin de l’hégémonie nord américaine, celle d’un monde unipolaire imposant sa loi et ses valeurs aux autres pays, mais bien la création d’un monde multipolaire dans lequel le compromis la négociation n’excluent pas la fermeté dans la défense des alliances. Cette vision idéale se heurte bien sur à la réalité des politiques sur le terrain. La fragilisation de l’hégémonie occidentale s’accompagnant d’une âpreté à continuer à la défendre y compris par le chaos dans lequel chaque puissance régionale tente elle aussi de se constituer un empire en dépeçant celui qui est visé par la dite intervention des occidentaux. C’est une chasse en meute derrière le maître.

 

Danielle Bleitrach

Israël. Nos amis les antisémites

 

10 Décembre 2016 
 
Si l’on admet que la population juive est divisée en trois groupes, l’un en Israël d’environ 6 millions de personnes, l’autre aux Etats-Unis encore 6 millions et le troisième groupe réparti dans le reste du monde (deux millions) dont quelques gros foyers comme en France, cette population traditionnellement attachée à la gauche, à l’antiracisme est en train de connaître une dérive « nationaliste » comparable à celle qu’on rencontre dans d’autres pays occidentaux, en particulier en Europe et aux États-Unis. La défense d’Israël, mais aussi la recrudescence « à gauche » de l’antisémitisme sous prétexte d’anti-impérialisme est en train de conduire une partie des juifs à se choisir d’étranges alliés. Tendance que l’on retrouve également chez d’autres populations traditionnellement stigmatisées (on pense à l’antisémitisme d’un Soral et d’un Dieudonné mais aussi les Indigènes de la république) qui tente de se constituer  une clientèle musulmane sur des bases raciales. Ce texte de Gidéon Levy paru dans le quotidien israélien met l’accent sur ce paradoxe dangereux de l’actuelle mondialisation et des nationalismes qui s’y exaspèrent. Mais il oublie sans doute de noter à quel point la gauche qu’elle soit israélienne ou partout ailleurs dans le monde a joué un rôle comparable en acceptant de soutenir la pire réaction et l’injustice, je n’en veux pour exemple qu’Israël votant seul avec les Etats-Unis en faveur du blocus de Cuba et partout les réseaux juifs de soutien à Israël relayant et justifiant cette infamie
 
(note de Danielle Bleitrach)

Publié le 09/12/2016 – 10:39

Dessin d’Ammer paru dans NRC Handelsblad. Rotterdam.

Le célèbre éditorialiste israélien Gidéon Lévy pousse un coup de colère contre une droite occidentale radicale qui soutient le gouvernement Nétanyahou, tout en haïssant les Juifs.

Tout à coup, il n’est plus si horrible d’être antisémite. Soudain, il est devenu excusable de haïr les musulmans et les Arabes et d’“aimer Israël”. Les droites juive et israélienne ont décrété une large amnistie aux amants antisémites d’Israël. Et ce sont ces derniers qui vont bientôt exercer le pouvoir à Washington.

 

Qu’on se le tienne pour dit : comme la pornographie, l’antisémitisme est désormais une question de géographie et de prix. Les antisémites américains de droite ne sont plus considérés comme antisémites.

 

La définition a été remise à jour : à partir de maintenant, les antisémites ne se trouvent qu’à gauche. Roger Waters [ancien leader du groupe Pink Floyd et partisan du boycott d’Israël] est un antisémite. Steve Bannon, ce raciste et antisémite qui vient d’être nommé stratège en chef de la Maison-Blanche, est un ami d’Israël.

 

 
Blanchiment d’un antisémite avoué
 

Ces militants juifs et israéliens qui retournaient ciel et terre à la recherche du moindre signe d’antisémitisme (amende pour mauvais stationnement infligée à un Juif, cambriolage d’un domicile juif, etc.) sont maintenant embarqués dans une opération de blanchissement d’un antisémite avoué. Soudain, le mal antisémite n’est plus un problème.

 

Alan Dershowitz [avocat et universitaire juif américain], l’un des plus efficaces propagandistes en ce domaine, est déjà sorti du bois pour défendre Steve Bannon. Dans une tribune publiée dans Ha’Aretz, Dershowitz a eu le cran d’écrire que l’homme dont la femme ne veut pas que ses enfants aillent à l’école avec des Juifs n’est pas antisémite.

 

Après tout, un ancien assistant de recherche de Dershowitz, un Juif orthodoxe qui allait travailler plus tard avec Bannon, lui a assuré qu’il n’avait décelé aucun signe d’antisémitisme chez Bannon. Et soudain, ce genre d’explication est suffisant pour Dershowitz. Soudain, il est devenu possible de séparer le racisme de l’antisémitisme.

 

L’aube d’un nouveau jour

 

L’ambassadeur d’Israël à Washington, Ron Dermer, s’est hâté de se joindre à la fête. Le week-end dernier, il a déclaré qu’il était impatient de travailler avec Bannon. Oui, l’un des nôtres [un Israélien] est impatient de travailler avec ce raciste. Après tout, ils seront d’accord sur tout : il n’y a pas de peuple palestinien, il n’y a pas d’occupation, l’implantation de Yitzhar [colonie de peuplement proche de Naplouse] doit rester pour toujours et les gauchistes sont des traîtres.

 

Pour Ron Dermer, ce chantre de l’avant-poste illégal d’Amona [en Cisjordanie], cet ami du Tea Party [néoconservateurs américains] et ce boycotteur de J Street [le mouvement juif américain de gauche], cet homme qui, dans toute relation bilatérale normale, aurait été déclaré persona non grata aux États-Unis, les nominations annoncées par Trump sont l’aube d’un nouveau jour. Dermer se sentira à l’aise avec Frank Gaffney, un autre haïsseur des musulmans en passe d’obtenir une place de choix dans la nouvelle administration et de partager le bonheur de travailler avec Bannon. Et Mike Huckabee [leader républicain américain] est exactement sa tasse de thé. Dermer, après tout, a reçu le Freedom Flame Award du Center for Security Policy, un groupe haineux qui brandit fièrement la bannière de l’islamophobie.

 

Les racistes, ces amis d’Israël

 

Ces racistes et leurs semblables sont les meilleurs amis d’Israël aux États-Unis. Ils sont rejoints par les racistes de la droite européenne. Si l’on met de côté les sentiments de culpabilité qui prévalent encore [en Europe] envers la Shoah, ces gens sont les seuls amis sur qui Israël peut compter.

 

Dès lors que l’amitié pour Israël ne sera plus jugée que sur la base du soutien à l’occupation, Israël n’aura plus pour amis que des racistes et des ultranationalistes. Cela devrait susciter un scandale en Israël : dites-nous qui sont vos amis et nous vous dirons qui vous êtes.

 

Ces racistes adorent Israël parce que notre gouvernement accomplit leurs rêves : opprimer les Arabes, injurier les musulmans, les déposséder, les expulser, les tuer, démolir leurs maisons et fouler leur honneur aux pieds. Cette bande d’ordures aimerait tant se comporter comme nous le faisons. Mais pour l’instant, cela n’est possible qu’en Israël, lumière des Nations en ce domaine. Où est le temps où les Juifs d’Afrique du Sud étaient jetés en prison avec Nelson Mandela ? De nos jours, les militants juifs d’Amérique soutiennent un autre type de dirigeants : des racistes et des antisémites.

 

Le sionisme, “une antithèse du judaïsme”

 

L’auteure palestino-américaine Susan Abulhawa a écrit ceci sur Facebook :

Les Palestiniens appellent le suprémaciste blanc Steve Bannon un antisémite, tandis que l’AIPAC [lobby américain pro israélien] et Dershowitz pensent qu’il n’est pas si méchant. N’est-ce pas la preuve que le sionisme est une expression du suprématisme blanc et une antithèse du judaïsme ?”

L’été dernier, Abulhawa a été expulsée par le pont d’Allenby [sur le Jourdain]. Comment ne pas lui donner raison ? Les États-Unis et Israël partagent désormais les mêmes valeurs. Et malheur à qui en exprimera un sentiment de honte.

 

Gidéon Lévy
 
 

Campagne BDS et les intimidations françaises

 

Publié le 16 Novembre 2016

Pour celles et ceux

qui en France

n'ont que la défense du colonialisme

pour horizon,

qui s'obstinent à contester

le droit international et l'ONU

Les mêmes qui à longueur d'année se gargarisent et nous gonflent avec leurs règlements européens vont-ils ce coup ci faire comme s'ils étaient à applications variables ? 

 

Boycotter Israël = liberté d'expression, déclare la chef de la politique étrangère de l'UE

 

Publié le 

"L’union Européenne défend fermement le droit des citoyens à boycotter Israël".

 

“L’UE défend la liberté d’expression et d’association, conformément à la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne, qui s’applique aux Etats membres de l’UE, y compris en ce qui concerne les actions BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) menées sur ce territoire" a affirmé, n’en déplaise aux lobbys israéliens, la chef de la diplomatie européenne.

 

Tout en indiquant que l"’UE ne partage pas la stratégie BDS, visant à isoler Israël’, elle a été claire sur la légitimité de cette manière de défendre les droits des Palestiniens, qui rappelons-le a été adoptée récemment par trois Etats : la Suède, l’Irlande et les Pays-Bas.

 

Sans parler des centaines de syndicats, églises et partis politiques qui ont voté en faveur de la campagne BDS tant qu’Israël violera le droit international.

 

Le dernier parti en date à avoir adopté officiellement la campagne BDS est celui des Verts au Quebec, en ce mois d’octobre (après les Verts canadiens lors de leur congrès d’Ottawa en août dernier.

 

(http://www.europalestine.com/spip.php?article12120)

 

 

Avigail Abarbanel – une psychologue d’origine israélienne qui a quitté Israël depuis 25 ans – exprime ici ce qui la sépare de ses anciens compatriotes.

Cher Israël et chers juifs israéliens,

 

Il est probable que vous écrire soit inutile et, d’ailleurs, je n’attends pas de réponse de votre part. J’écris par une sorte de sens du devoir. Après tout, je viens de chez vous alors, peut être, quelques uns pourraient m’écouter, être curieux, prendre un risque et examiner ce qui vous est impensable.

 

Je suis partie depuis ce qui me semble être une éternité, vingt-cinq ans. Je ne pense pas que vous ayez beaucoup changé depuis, sauf peut-être pour le pire. Les psychologies comme la vôtre ont la mauvaise habitude de s’aggraver si elles ne sont pas soignées. Je me souviens toujours de vous comme de gens durs, sur la défensive, chauds du collier et prêts à exploser à chaque occasion, bruyants et impitoyables. Vous aviez des moments de calme et peut-être même de bonté, mais ils étaient réservés à ceux qui vivaient dans des endroits plus verts et agréables, et qui avaient plus d’argent que nous n’en avions.

 

J’ai grandi à Bat-Yam et c’était terrible là bas. Un amas dense de béton, bruyant et immense ; des blocs résidentiels faits d’appartements aux murs très fins, à perte de vue, séparés par des routes bitumées. Ce n’est pas l’image que vous aimez montrer au reste du monde, et cela ne correspond pas à ce que le reste du monde pense de vous. J’ai grandi rue Hashikma. Quelle cruelle plaisanterie c’était, nommer ce monstrueux dessert de béton, Hashikma... Le sycomore. Il n’y avait aucun arbre là bas. Dans mon enfance, je n’avais aucune idée de ce que pouvait être un sycomore. Quel que soient les gens qui ont fait cela, pensaient-ils qu’en nommant la rue « sycomore », cela allait rendre les choses plus faciles pour ceux qui y habitaient ? Pensaient-ils pouvoir nous tromper et nous faire penser que c’était plus idyllique que cela ne l’était en réalité ? Cela ne faisait que provoquer embêtements et tourments. Le nom de ma rue me faisait penser à quelque chose auquel je n’avais pas accès et que je ne pensais pas pouvoir atteindre.

 

Cette dichotomie schizophrène entre le nom de l’endroit et sa réalité est un symbole de votre existence. Là bas, on ne diffère pas beaucoup des autres quartiers populaires du monde entier, mais on m’a toujours dit que nous étions différents des autres. Nous étions spéciaux, nous étions meilleurs, nous étions plus moraux, plus éthiques et plus civilisés. Et ne me dites pas que vous ne l’avez pas dit. J’en m’en souviens parfaitement ! J’étais très attentive à l’école.

 

Mais dans mon esprit d’enfant, je ressentais qu’en fait nous n’étions pas si spéciaux que cela. Je pense que beaucoup d’enfants ayant souffert d’avoir été abusés dans leur propre famille, aux mains de leur propre peuple, doutent de leur groupe. Si vous m’aviez plus protégée, peut-être serais-je toujours parmi vous. Mais vous ne pouviez pas me protéger, ni les autres enfants, précisément parce que vous n’êtes pas ce que vous dites, un peuple plus éveillé et plus éthique. Vous n’êtes qu’un groupe d’humains avec des dons et des faiblesses, et plein de lâchetés, comme tout autre groupe. Vous ne différez pas des autres sociétés humaines qui permettent et cachent des crimes contre leurs propres enfants et qui faillissent à la protection des plus vulnérables d’entre eux.

 

Quelques années après vous avoir quitté, j’ai petit à petit réalisé que j’étais semblable à tous ceux qui quittent un culte. Cela a été un choc pour moi mais, en regardant en arrière, je me demande comment je ne l’avais pas réalisé plus tôt. Bien sûr, les gens pris dans un culte voient rarement où ils en sont. S’ils le pouvaient, les cultes ne seraient pas ce qu’ils sont. Ils pensent être les membres d’un groupe spécial, ayant un destin spécial, et toujours sous une menace. La survie du culte étant toujours le principe le plus important. On enseigne aux membres d’un culte, depuis leur naissance, que le monde extérieur est dangereux, qu’ils doivent se regrouper pour leur sécurité.

 

À ce moment de la discussion, vous allez sûrement me dire que, culte ou pas culte, tout cela est totalement justifié. Aurais-je oublié l’Holocauste ? Bien sûr que non. La persécution du peuple juif a travers l’Histoire est bien une réalité. Quelle que soit l’identité juive, les juifs ont été un groupe haï et rejeté parmi les autres cultures européennes et les Juifs ont toujours eu une coexistence difficile avec les non-juifs. Tout groupe marginalisé ou persécuté entretient une relation difficile avec la culture dominante. Une fois que vous avez été discriminé, il est difficile de faire confiance.

 

Mais deux choses importantes me gênent à votre sujet. D’abord, cette histoire de persécution est tellement rattachée à votre identité que vous ne pouvez pas voir au delà. Vous semblez tous être totalement pris dedans, sauf une très petite minorité qui peut voir le sionisme pour ce qu’il est. Quiconque ayant subi un traumatisme tend à se sentir différent et séparé. La psychologie humaine veut qu’une fois que vous avez été maltraité, vous vous sentiez différent des autres. Mais toute personne ayant été maltraitée et traumatisée se doit de guérir et de ne pas permettre à la peur et au sentiment de victimisation de devenir son identité. Ceux comme nous qui avons été traumatisés et maltraités ont ce devoir, car s’ils ne guérissent pas, alors nous nous faisons du mal à nous-mêmes et aux autres. C’est là où vous en êtes et c’est ce que vous faites. Vous n’avez pas seulement permis au traumatisme de devenir votre identité intime, vous l’avez glorifié et vous le vénérez comme un dieu.

 

Le deuxième et plus important sujet qui m’ennuie est le crime que vous avez commis et que vous continuez de commettre au nom de « notre » survie. Vous vouliez une solution à la persécution de votre groupe et c’est justement là que réside le problème. Vous avez décidé de créer un ghetto que vous pensiez comme un havre de paix, alors que la terre était déjà bien occupée. Vous êtes venus et vous l’avez prise, avez perpétué un nettoyage ethnique et vous continuez encore à le faire. Je sais que vous n’aurez pas considéré votre mission comme accomplie avant que vous n’ayez toute la terre, sans son peuple.

 

Vous êtes le produit d’une colonie de peuplement, un État créé par le déplacement et l’élimination du peuple qui vivait sur cette terre avant vous. La relation que vous entretenez avec vos victimes, les Palestiniens, a toutes les caractéristiques d’une relation entre des colons et ceux qu’ils souhaitent éliminer de leur existence. Les colons ne font pas que retirer un peuple de sa terre, ils effacent leurs endroits historiques, leur monuments, les preuves de leur histoire, matérielles et orales, toute trace de leur existence... S’il n’y a plus de victimes, il n’y a plus de crimes. Si le territoire est nettoyé de toute trace culturelle du peuple qui vivait ici, il devient libre d’être occupé par un nouveau peuple.

 

Je sais ce que c’est que de se cacher que vous êtes des colons, des gens qui sont en train de commettre un crime terrible. Vous ne pouvez pas vous voir comme les « méchants » ici. Vous êtes tellement enfoncés dans le mythe de vous-mêmes que vous avez créé, que vous avez toujours été et serez toujours la victime la plus tragique de l’Histoire de l’humanité. J’étais quelqu’un comme vous, à l’époque, et je sais qu’il vous est pratiquement impossible de voir selon votre manière de raisonner : « Nous ne faisons que retourner vers nos terres ancestrales. Nous voulons seulement rester en paix entre nous. Qu’y-a-t-il de mal à cela ? Pourquoi est-ce que les autres ne nous laissent pas vivre en paix ? ».

 

Il y a un puissant champ de forces, une sorte de bouclier de plomb en vous qui protège vos croyances de la vérité, de la réalité. Vous ne niez pas être « revenus » et avoir colonisé cette terre, vous ne pouvez tout simplement pas envisager ce que cela veut dire. Alors laissez-moi-vous le dire encore une fois. Quand un groupe de gens arrive sur un territoire (quelle qu’en soit la raison), élimine le peuple indigène et accapare ses terres et ses ressources, cela s’appelle de la colonisation. La colonisation de peuplement est immorale, un crime contre l’humanité. Les victimes ne s’en vont pas toujours silencieusement dans la nuit, alors les crimes doivent continuer à être commis, jusqu’à ce que la résistance des victimes soit écrasée et qu’ils disparaissent de la vue et de la mémoire. Il n’y a rien d’original ni de spécial dans ce que vous êtes, ni dans ce que vous faites. Vous êtes comme tous les colons avant vous. Même votre capacité à l’auto-illusion ou à illusionner les autres n’a rien de spécial. Cela a déjà été fait avant. Vous n’avez vraiment rien de spécial, du tout.

 

Admettons que vous soyez « rentrés à la maison », comme votre mythe le dit, que la Palestine ait été votre terre ancestrale. Mais la Palestine était déjà totalement occupée quand vous avez commencé à la convoiter. Pour la prendre, vous avez suivi à la lettre l’ordre biblique donné à Joshua de pénétrer et de tout prendre. Vous avez tué, vous avez expulsé, violé, volé, brûlé et tout détruit, et vous avez remplacé la population par votre propre peuple. On m’a toujours appris que le mouvement sioniste était largement non religieux (comment peut-on être juif sans la religion juive, cela rend perplexe). Pour un mouvement prétendument non religieux, il est extraordinaire de constater comment le sionisme – votre créateur et votre grand projet – a suivi la Bible de près. Bien sûr, vous n’osez jamais critiquer les histoires bibliques, même les plus laïcs d’entre vous. Aucun des bons professeurs de mon école laïque n’a jamais suggéré de mettre en question la moralité de ce que Joshua avait fait. Si nous étions capables de remettre cela en question, l’étape logique suivante serait de remettre en question le sionisme, ses crimes, et la légitimité de notre existence dans notre propre État. Non, nous fumes pas autorisés à aller si loin. Le danger était trop grand. Cela fragiliserait la structure précaire qui nous maintient sur place.

 

Donc, comme dans tout culte ayant déjà existé e comme dans ceuxt ceux qui, sans aucun doute, continueront d’être créés, vous vivez dans un aveuglement auto-imposé. Vous créez et recréez une image de la réalité remplie de trous, mais vous vous sentez très bien comme cela. La possibilité de remplir ces trous vous met face à vos terreurs mortelles, votre peur morbide de l’anéantissement. Et vous ne pouvez pas le supporter. Je sais ce que l’anéantissement veut dire pour vous. Cela ne veut pas dire seulement être tué. L’anéantissement veut dire que le peuple juif, la judaïté elle-même, n’existerait plus. Pour vous, « assimilation » veut dire aussi anéantissement. Ils nous ont appris cela à l’école. On nous a enseigné que l’assimilation était méprisable, de la lâcheté, de la trahison de notre peuple. Si des juifs se marient avec des non-juifs dans leurs pays et quand toute trace de judaïté, quelle qu’elle soit, se dilue, vous vous inquiétez. Vous pensez que c’est la fin. Parce qu’il n’y a pas d’individus, seulement le groupe, et quand le groupe va bien alors les individus vont bien. Vous prenez alors toute menace contre le groupe comme une menace personnelle. C’est pourquoi vous criez à l’antisémitisme si rapidement et par réflexe, dès que vous percevez la moindre menace envers votre culte nationaliste.

 

J’ai abandonné le culte parce que je voulais découvrir qui j’étais vraiment. J’ai refusé que le seul objet de ma vie soit de défendre le culte et de lui permettre de continuer. C’est humain, c’est mammifère de laisser son identité être possédée par le groupe, mais cela ne fait pas une vie heureuse. Nous avons survécu en tant que mammifères, en partie parce nous avons vécu en groupe. Sans le groupe autour d’eux, nos ancêtres seraient probablement morts dans ce monde dur où ils vivaient. Votre psychologie n’est rien de plus que la psychologie des cavernes et du troupeau humain et cela ne concerne pas que vous. Mais nous sommes une espèce qui a la capacité de faire bien mieux. Dans le monde actuel, notre survie dépend de notre capacité à transcender nos instincts animaux. Nous pouvons développer et utiliser la partie morale et éthique de notre cerveau, cette partie qui nous permet conscience de soi et empathie, cette partie qui peut prendre la responsabilité de ses propres péchés et crimes et qui peut faire pénitence. Ce qui va nous sauver n’est plus de rester dans notre petit groupe mais de se rassembler en tant qu’une seule espèce, l’espèce humaine.

 

Allez, abandonnez le culte et la mentalité de ghetto et rejoignez la race humaine, faites la bonne chose. Vous voulez vraiment être spécial, accomplir une destinée spéciale ? Mais certainement ! Alors ouvrez le chemin à l’éveil en admettant, en vous repentant, en faisant amende honorable et en transformant votre identité en quelque chose de sain et de positif. Montrez ce qui peut être réalisé lorsqu’on n’est plus que des mammifères effrayés.

Je ne m’attends pas à ce que vous m’entendiez ou à ce que vous voyiez ce que vous ne pouvez pas voir. Vous êtes des experts en endoctrinement et êtes trop imprégnés dans votre vision de la réalité basée sur la peur. Vous me décevez énormément. C’est pourquoi je soutiens le BDS contre vous. Si vous ne voulez pas vous arrêter de vous même, quelqu’un doit le faire pour vous.

 

Avigail Abarbanel 


8 octobre 2016 – Mondoweiss http://mondoweiss.net/2016/10/why-i-left-the-cult/

 

Avigail Abarbanel est née et a été élevée en Israël. Elle a déménagé pour l’Australie en 1991 et vit maintenant au nord de l’Écosse. Elle travaille comme psychothérapeute et milite pour les droits des Palestiniens. Elle a dirigé l’ouvrage (Beyond Tribal Loyalties : Personal Stories of Jewish Peace

 

Activists(Au-delà des loyautés tribales : histoires personnelles des militants juifs pour la paix), Cambridge Scholars Publishing, 2012).

 

Article original traduit par Wayan pour le Saker Francophone

 

22 octobre 2016

PS (LGS) : autre témoignage : http://www.liberation.fr/planete/2014/07/15/toutes-les-raisons-pour-le...

 

Á relire : http://www.legrandsoir.info/pourquoi-autant-d-israeliens-se-hatent-ils...

 

Des femmes israéliennes et palestiniennes marchent pour exiger la paix

 

22 Octobre 2016

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L’article parle de manifestations de soutien à cette initiative y compris en France, je n’en ai vu aucune et la France désormais telle que je la perçois a choisi d’exaspérer les haines entre israéliens et Palestiniens, qu’il s’agisse d’un gouvernement à la partialité insupportable en faveur du gouvernement isralélien ou des organisations de soutien au Palestiniens qui vomissent leur haine raciste à l’égard des « sionistes », il est devenu impossible de se mêler de ce conflit, de soutenir les intiatives de paix et même celles menées par le parti communiste israélien et les arabes israéliens. La France ici comme ailleurs a choisi la guerre au lieu de soutenir partout la paix. Il faut traduire les textes pour connaître le terrain, en français il n’y a plus ici comme ailleurs que des appels à la haine. (note de Danielle Bleitrach)

La marche de l’espérance  exige la relance des négociations entre les gouvernements isréaliens et palestiniens pour que la paix existe entre les générations futures.

 

Plus de trois mille  femmes palestiniennes et israéliennes ont marché durant des semaines  jusqu’à la résidence du dirigeant israélien, Benjamin Netanyahu, pour exiger un accord de paix entre les deux nations .
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la marche de l’espouir, comme on le sait, a été créée  par l’organisation « femmes pour la paix », sa mission est « de créer un mouvement de femmes non-politiques pour rétablir l’espoir  travailler à une coexistence pacifique pour nous, nos enfants et les futures générations »

 

L’une des participantes, Kalisman Raya, , a déclaré que  l’organisation s’est développée depuis un an et demi après plusieurs mois de discussions entre les femmes palestiniennes et israéliennes pourquoi ils envoient leurs enfants à la guerre. Elle a également expliqué  que la marche regroupe  des gens de gauche, de droite, religieux et non religieux.

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Kalisman a précisé que la marche  a atteint la résidence du dirigeant  d’Israël pour y porter  le message  de leur désir que les négociations pour la paix  redémarrent. «Nous continuerons de protester jusqu’à ce qu’il y ait  un accord »,.

 

L’Activiste et membre du comité d’organisation, Orna Ashkenazi, a déclaré: «Nous continuerons  jusqu’à ce que Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas prennent place à la table des négociations à nouveau, non seulement pour  parler, mais pour agir ».

 

« Cette coalition de femmes a réussi à  ramener sur le devant de la scène la question des pourparlers, et elle a mobilisé plus que ne l’avait fait jusqu’à présent d’autres groupes », a déclaré un autre participante de la marche.

 

Il y a eu aussi des manifestations de solidarité en Israël, en  Jordanie, en Egypte, en  Tunisie, au Maroc, en France et aux Etats-Unis, selon la le Times of Israel .

 

 

 

Shimon Peres, qui est décédé mercredi à 93 ans après avoir subi un accident vasculaire cérébral le 13 septembre, incarne la disparité entre l’image d’Israël en Occident et la réalité de sa politique coloniale sanglante en Palestine et dans la région.

 

Peres est né en 1923 dans le Belarus actuel, et sa famille a déménagé en Palestine dans les années 1930. Jeune homme, il a rejoint la Haganah, la milice principalement responsable du nettoyage ethnique des villages palestiniens en 1947-49, pendant la Nakba.

 

Bien que le déplacement violent des Palestiniens soit un fait historique, Peres a toujours soutenu que les forces sionistes « ont respecté la pureté des armes » pendant l’établissement de l’Etat d’Israël. Et il a même affirmé qu’avant qu’Israël n’existe, « il n’y avait  rien ici  ».

 

Pendant sept décennies, Peres a occupé les mandats Premier ministre (deux fois) et président, bien qu’il n’ait jamais vraiment remporté une élection nationale directe. Il fut membre de 12 gouvernements et à plusieurs reprises ministre de la Défense, des Affaires étrangères et des Finances.

 

Il est peut-être mieux connu en Occident pour son rôle dans les négociations qui ont abouti aux Accords d’Oslo de 1993 qui lui ont valu, ainsi qu’Yitzhak Rabin et Yasser Arafat, le Prix Nobel de la Paix.

 

Pourtant, pour les Palestiniens et leurs voisins au Moyen-Orient, le palmarès de Peres est très différent de sa réputation de « colombe infatigable » en Occident. Ce qui suit est loin d’être un résumé complet des antécédents de Peres au service du colonialisme et de l’apartheid. 

 

Armes nucléaires

 

Entre 1953 et 1965, Peres a servi d’abord comme directeur général du ministère de la Défense d’Israël. En raison de ses responsabilités à l’époque, il a été décrit comme « un architecte du programme d’armement nucléaire d’Israël », qui, à ce jour, « reste en dehors du contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). »

 

En 1975, comme l’ont révélé depuis des procès-verbaux, Peres a rencontré le ministre de la Défense sud-africain PW Botha et « a proposé de vendre des ogives nucléaires au régime d’apartheid. » En 1986, il aautorisé l’opération du Mossad qui a kidnappé le lanceur d’alerte nucléaire Mordechai Vanunu à Rome.

 

Les citoyens palestiniens en ligne de mire

 

Peres a joué un rôle clé dans le régime militaire imposé aux citoyens palestiniens depuis 1966, sous lequel les autorités ont procédé à des vols de terre et à des déplacements massifs.

 

Un de ces outils fut l’Article 125 qui permettait que les terres palestiniennes soient déclarées « zones militaires fermées ». Leurs propriétaires s’en voyaient interdire l’accès, les terres étaient ensuite confisquées comme « en friche ». Peres a vanté l’Article 125 comme un moyen de « continuer directement la lutte pour la colonisation et l’immigration juives. »

 

Une autre des responsabilités de Peres en sa qualité de directeur général du ministère de la Défense fut de « judaïser » la Galilée ; c’est-à-dire poursuivre la politique visant à réduire la proportion de citoyens palestiniens dans la région comparée aux citoyens juifs.

 

En 2005, en tant que vice-Premier ministre dans le gouvernement d’Ariel Sharon, Peres a réitéré son attaque contre les citoyens palestiniens avec des plans encourageant les Israéliens juifs à déménager en Galilée. Son plan de « développement » couvrait 104 communautés – dont 100 d’entre elles étaient juives.

 

Dans des conversations secrètes avec des responsables états-uniens cette même année, Peres affirmait qu’Israël avait « fait perdre un million de dunams [1.000 km²] de terre du Néguev aux Bédouins, » ajoutant que le « développement » du Néguev et de la Galilée pouvait « soulager ce qu’[il] appelait une menace démographique. »

 

Soutien aux colonies en Cisjordanie

 

Alors que le projet colonial d’Israël en Cisjordanie est imputé principalement au Likoud et autres partis nationalistes de droite, ce fut en fait le parti Travailliste qui a donné le coup d’envoi de la colonisation du territoire palestinien nouvellement conquis – et Peres y a participé avec enthousiasme.

 

Pendant son mandat de ministre de la Défense, de 1974 à 1977, le gouvernement Rabin a établi un nombre de colonies en Cisjordanie, dont Ofra , dont de grandes parties ont été construites sur des terres privées palestiniennes confisquées.

 

Après avoir joué un rôle central dans les premiers jours de l’entreprise de colonisation, ces dernières années, Peres est intervenu pour saper toutes sortes de mesures, aussi modestes fussent-elles, qui auraient sanctionné les colonies – toujours, bien sûr au nom de la protection « des négociations de paix ».

 

Le massacre de Qana

 

En tant que Premier ministre en 1996, Peres a ordonné et supervisé «  l’opération Raisins de la Colère », au cours de laquelle les forces armées israéliennes ont tué quelques 154 civils au Liban et blessé 351 autres. L’opération, largement soupçonnée d’avoir été une démonstration de force pré-électorale a visé intentionnellement des civils libanais.

 

Selon le site officiel de l’armée de l’air israélienne (en hébreu, pas en anglais), l’opération a impliqué « le bombardement massif de villages shiites au Sud Liban, afin de provoquer un flux de civils vers Beyrouth au nord, faisant ainsi pression sur la Syrie et le Liban pour entraver le Hezbollah. »

 

L’incident le plus notoire de la campagne fut le massacre de Qana, quand Israël a bombardé une base des Nations Unies et tué 106 civils qui s’étaient réfugiés à l’intérieur. Un rapport des Nations Unies a déclaré que contrairement aux dénégations israéliennes, il était « peu probable » que le bombardement « ait été le résultat d’erreurs techniques et/ou de procédure. »

 

Plus tard, les artilleurs israéliens ont dit à la télévision israélienne qu’ils n’avaient pas de regrets au sujet du massacre, car les morts n’étaient qu’une bande d’Arabes. » Quant à Peres, il avait lui aussi la conscience propre : « Tout a été fait selon une logique claire et d’une manière responsable, » a-t-il dit. « Je suis en paix. »

 

Gaza – défendre le blocus et la brutalité

 

Peres a pris toute sa mesure comme l’un des plus importants ambassadeurs mondiaux d’Israël ces dix dernières années, alors que la Bande de Gaza était soumise à un blocus dévastateur et trois offensives majeures. Malgré l’indignation mondiale provoquée par ces politiques, Peres a constamment soutenu la punition collective et la brutalité militaire.

 

En Janvier 2009 par exemple, en dépit des appels des « organisations israéliennes pour les droits de l’homme (…) pour l’arrêt de l’ « Opération Plomb Durci », Peres a décrit « la solidarité nationale derrière l’opération militaire » comme « l’heure de gloire d’Israël. » Selon Peres, le but de l’assaut « était de donner un bon coup à la population de Gaza pour lui faire perdre l’envie de tirer sur Israël. »

 

Pendant l’ « Opération Pilier de Défense » en Novembre 2012, Peres « a entrepris de participer aux efforts israéliens de relations publiques, en communicant le récit israélien aux dirigeants mondiaux, » selon les termes de Ynetnews. A la veille de l’offensive israélienne, « Peres a averti le Hamas que s’il voulait que les habitants de Gaza aient une vie normale, alors il devait cesser de tirer des roquettes sur Israël. »

 

En 2014, pendant un bombardement de Gaza sans précédent, Peres a fait un pas de plus vers le blanchiment des crimes de guerre. Après qu’Israël a tué quatre jeunes enfants jouant sur une plage, Peres s’est empressé de blâmer les Palestiniens : « Nous avions prévenu que c’était une zone que nous bombarderions, » a-t-il dit. « Et malheureusement, ils n’ont pas fait partir les enfants. »

 

Le blocus étouffant, condamné internationalement comme une forme de châtiment collectif interdit, a été également défendu par Peres – précisément au motif que c’est une forme de châtiment collectif. Comme il l’a dit en 2014, « Si Gaza cesse le feu, il n’y aura pas besoin de blocus. »

 

Le soutien de Peres au châtiment collectif s’est aussi étendu à l’Iran. Commentant en 2012 un rapport selon lequel six millions d’Iraniens souffrant de cancer étaient dans l’impossibilité d’obtenir un traitement à cause des sanctions, Peres a dit : « S’ils veulent revenir à une vie normale, qu’ils deviennent normaux. »

 

Sans vergogne jusqu’à la fin

 

Peres a toujours été clair sur l’objectif d’un accord de paix avec les Palestiniens. Comme il l’a dit en 2014 : « La première priorité est de préserver Israël comme Etat juif. Tel est notre objectif central, celui pour lequel nous nous battons. » L’an dernier, il a réitéré ses sentiments dans un entretien avec AP, disant : « Israël doit mettre en œuvre la solution de deux Etats avant tout pour lui-même, » pour ne pas « perdre notre majorité [juive]. »

 

C’est, rappelez-vous, ce qui a façonné le soutien des Travaillistes pour les Accords d’Oslo. Rabin, parlant à la Knesset peu de temps avant son assassinat en 1995, exprimait clairement que ce qu’Israël cherchait dans les Accords d’Oslo était une « entité » palestinienne qui serait « moins qu’un Etat ». Jérusalem serait la capitale indivisible d’Israël, les colonies clés seraient annexées et Israël resterait dans la vallée du Jourdain.

 

Il y a quelques années, Peres a dit que les Palestiniens faisaient de l’ « auto-victimisation ». Il a continué : « Ils se victimisent eux-mêmes. Ils sont les victimes de leurs propres erreurs inutilement. » Une telle condescendance cruelle était caractéristique d’un homme pour qui la « paix » a toujours voulu dire pacification coloniale.

 

Ben White

 

https://www.middleeastmonitor.com/20160928-shimon-peres-israeli-war-cr...

Traduction : MR pour ISM

»» http://www.ism-france.org/analyses/Shimon-Peres-le-criminel-de-guerre-...
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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Un prix Nobel ne fait pas la Paix!

Depuis l’annonce de la mort de Shimon Peres, on assiste à un concert de louanges qui passent en boucle dans nos médias. Connu du grand public comme un des artisans des accords d’Oslo, il aurait été l’homme de la paix, et il aurait juste manqué d'un peu de temps pour mener à son terme le «processus de paix» !
 

Depuis l’annonce de la mort de Shimon Peres, on assiste à un concert de louanges qui passent en boucle dans nos médias. Connu du grand public comme un des artisans des accords d’Oslo, il aurait été l’homme de la paix, et il aurait juste manqué d'un peu de temps pour mener à son terme le "processus de paix" !

Pour formuler une appréciation fondée sur le personnage politique qu'a été Shimon Peres, il faut revenir aux faits.

Shimon Peres est d’abord un des pères de la bombe atomique israélienne, négociée avec la France contre la participation d'Israël à la calamiteuse opération franco-anglaise contre l’Égypte à Suez, en 1956 : un « frère d’armes » dans l’aventure coloniale, en somme.

C’est aussi ce politicien inconséquent qui, lorsqu'il a succédé à Rabin,  n’a pas osé la paix. Il a alors choisi de se lancer dans l’assassinat ciblé de responsables palestiniens et dans une opération contre le Liban, se rendant responsable du massacre de Cana qui s’est soldé par la mort 106 civils réfugiés dans un camp de casques bleus. Il a ainsi directement contribué à l’engrenage de violences qui a amené au pouvoir Benyamin Netanyahou en 1996, celui-là même qui était moralement responsable de l'assassinat de Rabin.

Il est l’artisan des accords d'Oslo, qui lui ont valu de partager le prix Nobel de la Paix avec Arafat et Rabin, mais en quoi consistait son désir de paix ? Si personne ne peut le dire, force est de constater  que ces accords ont fonctionné comme un marché de dupes et un piège pour les Palestiniens, ouvrant la voie au morcellement de leur territoire et au développement exponentiel de la colonisation, phénomènes auxquels il ne s'est jamais véritablement opposé.

Son opportunisme politique lui a fait quitter le parti travailliste et participer, comme ministre des affaires étrangères, au gouvernement d'Ariel Sharon, pendant que celui-ci bombardait le palais présidentiel d'Arafat, l'homme avec qui il avait partagé le prix Nobel aux côtés de Rabin.

Alors certes, le spectacle que donne le gouvernement actuel israélien peut rendre « sympathique », en comparaison, un homme politique comme Shimon Peres. Mais il est une figure éminente de cette classe politique faible, opportuniste et dépourvue de courage qui ne s’est jamais véritablement opposée à la colonisation et l’a même favorisée dans les faits. Cette classe politique qui a finalement conduit au désastre moral incarné par le gouvernement israélien actuel.

Si ce désastre a d'abord pour cause l'inconséquence, l'ambiguïté, les contradictions de la classe politique israélienne (et là, c'est la société israélienne qui devrait se sentir profondément interpellée), il en a aussi une autre : le laisser-faire et la complicité de la "communauté internationale".

Ceux de nos responsables politiques qui aujourd’hui encensent Shimon Peres feraient bien de regarder en face la réalité de la politique constamment menée par l'Etat d'Israël,  synonyme d’occupation, de colonisation, d’apartheid.

Elle les renvoie à leur responsabilité : celle de cesser toute complicité avec une politique criminelle qui ne peut mener qu’à l’abîme.

Bertrand Heilbronn
Secrétaire général de l'AFPS (Association France Palestine Solidarité)

Note de ma pomme: Le prix Nobel 1994 fut attribué conjointement au Palestinien Yasser Arafat et aux Israéliens Shimon Peres et Yitzhac Rabbin "pour leurs remarquables avancées dans les négociations de paix entre Israël et la Palestine", dixit Wikipédia.

Et pour rester éveillé, ce qui reste de la Palestine aux Palestiniens de nos jours, avec la complicité de ladite communauté internationale dont le fer de lance sont les USA dont le président Obama est aussi prix Nobel de la Paix.

Un prix Nobel ne fait pas la Paix!

Mahmoud Abbas est le chef de ce qui reste de l'Autorité palestinienne, institution découlant pourtant des accords d'Oslo entre Palestiniens et Israéliens, sous l'égide des USA. Mahmoud Abbas s'est rendu aux obsèques de Shimon Peres. Il lui a fallu pour cela déposer une requête pour s'y rendre auprès de l'état d'Israël. Chacun appréciera.

Par contre, les députés arabes israëliens ont boycotté les funérailles.Ayman Odeh, président de la liste arabe commune à la Knesset, a publié un communiqué : « Nous considérons que Shimon Peres a œuvré pour la paix dans les années 90 en avançant vers la paix, tout en établissant la confiance avec le public arabe israélien qui, à 90 %, a voté pour lui en 1996. Mais nous sommes profondément opposés à sa vision sécuritaire de l'occupation, au fait qu'il a permis la construction de colonies et l'introduction des armes nucléaires au Proche-Orient. Malheureusement, en tant que président, il a choisi de soutenir Netanyahu et ses politiques. »

30 septembre 2016

Gidéon Levy, l'Amérique paie et Israël occupe et bombarde

 

« Un homme d’État israélien courageux et honnête, considère Gidéon Levy, aurait dit depuis longtemps : non merci. Cet argent n’est pas bon pour nous. Même sans ça, l’armée israélienne est trop importante pour ses besoins. Mais le rituel se poursuit. L’Amérique paie et Israël occupe et bombarde, comme s’il n’y avait pas d’autre moyen. C’est la victoire à la Pyrrhus d’Israël. C’est aussi la victoire personnelle du Premier Ministre Benjamin Netanyahou : toutes les accusations de liens détruits avec les États Unis sont absolument sans fondement. Les relations n’ont jamais été meilleures – regardez seulement les chiffres.Rien n’a été détruit dans la relation et c’est une honte. Avec ce genre d’amis, on n’a pratiquement pas besoin d’ennemis. Israël peut continuer à faire ses affaires, il a un chèque en blanc et l’Amérique paie, sans conditions, pour au moins dix années de plus. Y a-t-il pire nouvelle pour Israël ?... »

 

Reprenons le texte de Gidéon Levy...

 

Michel Peyret


Gidéon Levy: « Avec le nouvel accord d’aide à Israël, Obama est le parrain de l’occupation »

 

21 septembre 2016

 

La générosité des États Unis qui coûte 300 dollars par an aux contribuables, nuit à Israël et ne fera que le pousser à davantage d’actes d’agression

 

Par Gidéon Levy, 18 septembre 2016

 

Barack Obama est un mauvais président pour Israël. Si l’aide militaire qu’il a approuvée pour la décennie à venir est la plus importante jamais attribuée, alors comme président il est, pour Israël, le pire jamais connu. La dernière chose dont Israël a besoin c’est de plus d’armes qui le pousseront à plus d’actes de violence. Mais Obama est le président d’un pays où chaque maison a un petit tronc métallique – comme les boîtes bleu et blanc du Fonds National Juif que nous avons ici – dans lequel chaque citoyen U.S. doit mettre quelques pièces à titre d’assistance et de bienfaisance pour le pauvre Israël dans le besoin, faible comme une frêle feuille.

 

Trois cents dollars (269 €) pour chaque contribuable américain pour les 10 prochaines années. Non pas pour les besoins sociaux considérables en Amérique, non pas pour aider des pays véritablement dans le besoin – imaginez ce que 38 milliards de dollars (34 milliards d’euros) représenteraient pour l’Afrique – mais pour fournir des armes à une armée qui est l’une des plus puissantes au monde, l’une de celles dont les principaux ennemis sont des filles brandissant des ciseaux ; pour financer une armée qui ne combat aucune autre vraie armée en ce moment ; l’armée d’un pays tellement récalcitrant que peu d’autres peuvent l’égaler, lui qui défie systématiquement les États Unis et la communauté internationale. Et le pire de tout est que ce pays recevra un autre cadeau sans avoir à donner quoi que ce soit en retour. L’argent ne va aller qu’à l’armement, ce qui va pousser ce pays à mener plus d’agressions. C’est l’accord qui a été acté, sans débat sérieux ni en Israël ni aux États Unis.

En Amérique seules quelques personnes demandent pourquoi. Pourquoi faire ? Qu’y aura-t-il en échange ? Et même pas à quel intérêt américain sert l’énorme dépense du contribuable américain. Mais laissons l’Amérique aux Américains. Le seul point en discussion en Israël est de savoir si les Américains peuvent être pressurés pour avoir plus. C’et bien que la somme ait été plafonnée à 38 milliards. La députée à la Knesset Shelly Yacimovich (de l’Union Sioniste) a dit que le Premier Ministre avait déjà dit aux agents de la sécurité qu’ils peuvent « y aller». Plus d’aide ouvrirait la voie à plus de sauvagerie. Une partie de l’argent ira au système de défense mais une autre partie servira à maintenir l’occupation et en particulier à financer des actions violentes et voyantes, à Gaza et au Liban et des exercices d’entraînement inutiles et mégalos contre des dangers imaginaires.

 

« Le porte-avion américain en Méditerranée » tel que des Américains (Alexander Haig) et des Israéliens (Moshe Ya’alon) aiment à décrire Israël, continuera à lâcher des bombes et des obus à grande distance, parfois sans aucune restriction, au nom des contribuables américains et de leur argent. Est-ce que c’est ce que veut Obama ? C’est le résultat de sa politique. Cette aide généreuse, dont aucun pays sur terre ne reçoit l’équivalent, rend la propagande américaine d’autant plus ridicule qu’Israël continue à défier Washington. Protestation américaine, fureur au Département d’État, colère à la Maison Blanche – des plaisanteries.

 

Si c’est le porte-avions américain, alors les colonies, la violation du droit international, les crimes, les raids et les guerres que l’Amérique est si prompte à critiquer, sont perpétrés sur son propre porte-avions. Chaque balcon supplémentaire construit dans une colonie est « Made in USA ». Chaque assassinat de femmes et d’enfants à Gaza est «  né aux États Unis ». Obama est le parrain de l’occupation et au diable l’hypocrisie et l’autosatisfaction.

 

Les Israéliens ne devraient pas être reconnaissants envers la générosité américaine : elle gâche leur pays. Pour quoi Israël a-t-il besoin de plus d’armement ? Pourquoi a-t-il besoin de faire la guerre aux Gazaouis qui vont pieds nus et aux jeunes hommes de Cisjordanie ?

 

Un homme d’État israélien courageux et honnête aurait dit depuis longtemps : non merci. Cet argent n’est pas bon pour nous. Même sans ça, l’armée israélienne est trop importante pour ses besoins. Mais le rituel se poursuit. L’Amérique paie et Israël occupe et bombarde, comme s’il n’y avait pas d’autre moyen. C’est la victoire à la Pyrrhus d’Israël. C’est aussi la victoire personnelle du Premier Ministre Benjamin Netanyahou : toutes les accusations de liens détruits avec les États Unis sont absolument sans fondement. Les relations n’ont jamais été meilleures – regardez seulement les chiffres.

 

Rien n’a été détruit dans la relation et c’est une honte. Avec ce genre d’amis, on n’a pratiquement pas besoin d’ennemis. Israël peut continuer à faire ses affaires, il a un chèque en blanc et l’Amérique paie, sans conditions, pour au moins dix années de plus. Y a-t-il pire nouvelle pour Israël ?

 

Traduction : SF pour l’Agence Media Palestine

 

Source: Haaretz

Posté par Michel Peyret

Israël a rappelé aux nationalistes ukrainiens Babi Yar

 

28 Septembre 2016
 

Un article traduit du russe par Marianne qui montre l’ampleur de ce qui se passe en Europe, chez les amis de l’OTAN, le négationnisme est érigé en idéologie officielle et au président israélien qui proteste, ils répondent que tout est de la faute de l’Union soviétique et que ceux qui dénoncent les crimes des collaborateurs d’Hitler sont des propagandistes russes et soviétiques. Nous sommes ici devant les mensonges des agents de la CIA comme Bernard Henri Lévy qui partout ont soutenu ces gens-là au nom des intérêts supérieurs des Etats-Unis.

(note de Danielle Bleitrach)


28 septembre 2016

«Бойцы ОУН издевались над евреями, убивали их и выдавали немцам», – напомнил президент Израиля

Photo: Konstantin Chernichkin / Reuters

Texte: Nikita Golobokov, Marina Baltacheva

http://www.vzglyad.ru/politics/2016/9/28/835026.html

 

Des députés ukrainiens se sont indignés des paroles du président israélien Reuven Rivlin, qui a rappelé à la Verkhovna Rada l’implication de l’UPA dans les crimes du nazisme. Le rappel de ces faits historiques a été qualifié d’humiliation de la nation ukrainienne, et le rôle des nationalistes dans la tragédie de Babi Yar de « mythe soviétique ». Le plus zélé a été Oleg Lyashko, dont des collègues de sa faction ont été vus louant Hitler.

 

Le chef du Parti radical ukrainien et le chef de sa faction à la Verkhovna Rada Oleg Lyashko a exigé des excuses du président israélien pour ses paroles sur la complicité des Ukrainiens nazis dans les crimes contre les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

« Le discours de Rivlin est humiliant pour les Ukrainiens, donc, je demande au Président d’Israël de présenter des excuses à notre état et notre peuple. A la Knesset (parlement) d’Israël il est temps de reconnaître l’Holodomor comme un génocide du peuple ukrainien, comme la Verkhovna Rada en 2008 a reconnu l’Holocauste comme un génocide des Juifs » , – a dit Lyashko.

 

En effet, cette semaine, Rivlin s’est rendu en Ukraine pour une visite officielle à l’occasion du 75e anniversaire de la tragédie de Babi Yar. Le 27 septembre Rivlin s’est adressé à la Verkhovna Rada, rappelant que sur le territoire de l’Ukraine actuelle au cours de la Seconde Guerre mondiale, environ 1,5 millions de Juifs ont été tués, et leurs complices étaient des Ukrainiens, en particulier les combattants bien connus de l’OUN. « A Babi Yar et d’autres endroits ils (les Juifs) ont été abattus dans les bois près des ravins et des fossés, ils étaient poussés dans des fosses communes. De nombreux Ukrainiens étaient complices du crime. Et parmi eux se sont particulièrement distingués les combattants de l’OUN, qui se moquaient des Juifs, les tuaient, et dans de nombreux cas, les livraient aux Allemands, » – a noté Rivlin.

 

Il a noté que « les relations entre l’Ukraine et le peuple juif aujourd’hui sont tournées vers l’avenir. » Cependant, « nous ne pouvons pas permettre que … l’histoire, sous tous ses aspects bons ou mauvais, soit oubliée. Il est impossible de réhabiliter et de glorifier les antisémites »- a appelé le président israélien.

 

En conclusion, il a exprimé l’espoir d’une identification rapide de toutes les victimes de Babi Yar. « Il est nécessaire d’identifier chaque victime et d’honorer sa mémoire, » –a-t-il souligné.

 

« Accuser l’OUN de l’Holocauste –c’est humilier la nation ukrainienne »

 

Les mots du président israélien ont mis en colère non seulement Lyashko, mais aussi Bogdan Chervak,  vice-président du Comité d’Etat de la télévision et de la radiodiffusion de l’Ukraine et leader de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN).

 

« Ce qu’a dit le président de l’Etat d’Israël au parlement ukrainien ne peut être interprété que d’une façon – un crachat au coeur des Ukrainiens. Accuser l’OUN de l’Holocauste, en particulier lors des auditions parlementaires à l’occasion du 75e anniversaire de la tragédie de Babi Yar – est humilier la nation ukrainienne » , – a noté Chervak dans son Facebook . Il a souligné que Rivlin, « n’a pas vu la nouvelle Ukraine », et ensuite il a demandé à la communauté juive en Ukraine d’intervenir dans le débat, de sorte qu’ils persuadent le président israélien que « lire les journaux de Moscou et regarder la TV russe est non seulement nocif, mais indécent ».

 

Cette vague d’indignation est partagée également par le président de l’Institut ukrainien de la mémoire nationale, Vladimir Vyatrovich. Il a affirmé que l’OUN n’a pas pris part à l’Holocauste, et taxé les déclarations du président d’Israël de mythe soviétique.

 

Selon le président de l’Institut de la Mémoire, la responsabilité de cette tragédie n’est pas seulement celle des exécutants, mais aussi du régime communiste soviétique qui a essayé d’étouffer l’ampleur des crimes – car, en URSS, toutes les victimes de Babi Yar étaient appelées  « soviétiques », d’ailleurs, sur le lieu de leur mort on aurait tenté de construire des installations sportives, a déclaré Vyatrovich, cité par DW.

 

En réponse, l’historien et publiciste russe Dyukov dans sa page Facebook a traité Vyatrovich de « révisionniste débile ». « Non seulement il nie des faits évidents et explorés à fond par les historiens, mais en plus il est incapable de garder le silence quand cela est nécessaire », – écrit-il.

 

Rivlin n’a pas répondu aux requêtes révisionnistes des « patriotes ukrainiens ». Mercredi, il a été forcé d’interrompre sa visite en raison du décès de l’ex-chef de l’Etat Shimon Peres. Pour rappel, le Prix Nobel de la paix, l’ancien président d’Israël, Shimon Peres, est mort mercredi soir à l’âge de 93 ans, des suites d’un accident vasculaire cérébral.

 

Les excuses de Porochenko ont également été considérées comme une « humiliation »

 

Pendant l’occupation de Kiev – de l’automne de 1941 jusqu’à la libération de la ville en 1943 – Babi Yar est devenu une fosse commune pour des centaines de milliers de victimes des nazis, principalement juifs, mais aussi Tsiganes, prisonniers de guerre et d’autres. En seulement deux jours –les 29-30 septembre 1941 – le nombre de Juifs assassinés a dépassé 33 000. Le nombre exact de morts n’est pas encore défini. Au total, selon les historiens, il y en a eu plus de 150.000, parmi lesquels, selon les chercheurs de l’Holocauste, il n’y avait pas moins de 50 000 Juifs.

 

Porochenko a déjà essayé de présenter des excuses pour les crimes des nazis ukrainiens contre les Juifs. Ainsi, lors d’une visite en Israël en décembre 2015 Porochenko a parlé de l’importance du rôle des Juifs dans  la création de l’Ukraine: « La langue hébraïque a été une des langues officielles dans le jeune Etat ukrainien, et les Juifs en tant que nation ont été directement impliqués dans sa création. » Il voulait parler de la République populaire ukrainienne de l’époque de la guerre civile.

 

Notez que le chef de la République populaire ukrainienne, « l’ataman » Simon Petlioura, selon les historiens, si tant est qu’il n’ait pas participé directement aux pogromes contre les juifs, n’a jamais fait obstacle aux exactions commises par les groupes armés qui se réclamaient de lui. Petlioura a été assassiné en France en 1926 par l’anarchiste Samuel Schwartzbard qui, selon ses propres mots, entendait venger la mort de 15 de ses proches, dont ses propres parents, massacrés en Ukraine par les partisans de Petlioura au cours des pogromes juifs. Schwartzbard a été entièrement acquitté par les jurés français.

 

Nous ajoutons que, étant en Israël, Porochenko a mentionné ces épisodes de la Seconde Guerre mondiale peu glorieux pour les nationalistes ukrainiens. « Nous devons nous rappeler les événements négatifs de l’histoire, quand des hommes de main ont aidé les nazis … Lorsque l’Ukraine a été formée, nous avons déjà demandé pardon pour cela, et je demande pardon encore une fois, à la Knesset, aux enfants et aux petits-enfants des victimes de l’Holocauste, à tous les citoyens d’Israël » , – a-t-il dit. « Les Ukrainiens n’ont jamais vu une telle humiliation dans l’histoire du pays … » – a commenté Lyashko. Ensuite, le député de la Verkhovna Rada du Parti de Lyashko, Artem Vitko s’est filmé dans une vidéo chantant une chanson à la gloire du chef de l’Allemagne nazie Adolf Hitler, après quoi la vidéo a été largement diffusée sur le web .

 

« Des monuments à Hitler en Ukraine –ce n’est qu’une question de temps »

 

Le Président de l’Institut du Moyen-Orient Evgueni Satanovski estime que, malheureusement, la réaction de Lyashko et Vyatrovski aux paroles du président d’Israël est tout à fait prévisible. « Le régime actuel a élevé au rang de héros du peuple de l’Ukraine les  responsables de l’assassinat des Juifs et des Polonais, ceux qui ont travaillé pour l’Abwehr, les SS, la Gestapo. Ils n’ont pas encore érigé de monuments à Hitler, mais tout cela est une question de temps » – a estimé l’expert.

 

En ce qui concerne la réponse officielle d’Israël à de telles déclarations, selon Satanovsky, la décision appartient aux dirigeants israéliens.

 

Le politologue israélien et ancien agent du renseignement Yakov Kedmi estime que le rappel par le président israélien Reuven Rivlin de l’inadmissibilité de la glorification d’antisémites à la Verkhovna Rada d’Ukraine est une bonne étape. « Avec cette déclaration, il a équilibré le fait même de la visite de Porochenko en Israël en décembre 2015 », – a dit l’expert à notre journal.

 

En outre, Kedmi a commenté sévérement la réaction à cette déclaration des propagandistes ukrainiens. À son avis, ni Israël ni le peuple juif n’ont besoin d’aucune preuve que les Banderistes ont participé à l’Holocauste.

 

« Nous savons mieux qu’eux, qui et où a exterminé notre peuple, nous disposons de nombreuses preuves réelles, qui ne sont ni de la propagande ni de la spéculation. Je suis vraiment désolé que lorsque Porochenko a visité Yad Vashem, on ne lui ait pas offert  un livre avec des milliers de documents et de preuves sur les complices des nazis, qui sont maintenant considérés comme des héros de l’Ukraine » , – a dit la source. Kedmi a ajouté qu’il « a des amis dont les parents ont été tués par les Banderistes pendant la Seconde Guerre mondiale, et des amis, dont la famille a été tuée par les collaborateurs baltes. Nous n’avons pas étudié l’Holocauste dans des ouvrages de propagande, elle a touché tous les foyers, et toutes ces déclarations de Lyashko et Vyatrovski, on n’en a pas besoin, » .

 

Traduit du russe par MD pour H&S

Publié par El Diablo

Mort de Shimon Peres : pas de larmes chez les Palestiniens

Mort de Shimon Peres : pas de larmes chez les Palestiniens

Si les Israéliens sont en deuil, la rue palestinienne voit en l'ancien Premier ministre puis président d'Israël "un criminel de guerre".

Les Israéliens se sont réveillés mercredi en deuil, avec le sentiment d'avoir perdu un proche en la personne de Shimon Peres, qui avait incarné jusqu'à ses 93 ans l'histoire et la continuité de l'État d'Israël. Chez les Palestiniens, les avis étaient également unanimes, mais diamétralement opposés, en un effet de miroirs reflétant des décennies d'hostilité. Il était « un criminel de guerre » et l'homme des « massacres » aux yeux des passants interrogés par l'AFP.

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

LIRE AUSSI ICI:

Publié par El Diablo

Leila Shahid : « Pour les Palestiniens, Shimon Peres restera l’homme qui n’a pas mis en œuvre les accords d’Oslo »

Leila Shahid, ici photographiée aux côtés de Yasser Arafat  (Photo : Georges Bartoli/Fédéphoto)

Leila Shahid, ici photographiée aux côtés de Yasser Arafat (Photo : Georges Bartoli/Fédéphoto)

Sur franceinfo, Leila Shahid, ex-ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne, a jugé Shimon Peres "décevant pour les partisans de la paix palestiniens mais aussi israéliens". L’ancien premier Ministre israélien est mort mercredi 28 septembre à l’âge de 93 ans.

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L’ancien premier ministre d’Israël et prix Nobel de la paix, Shimon Peres, est mort mercredi 28 septembre à l’âge de 93 ans, deux semaines après avoir été victime d’une attaque cérébrale. Leila Shahid, ancienne déléguée générale de l’Autorité palestinienne en France et ex-ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne, a estimé sur franceinfo que "pour les Palestiniens, il restera l’homme qui n’a pas mis en œuvre les accords d’Oslo."

franceinfo : Avez-vous le sentiment qu’il y a eu deux Shimon Peres ?

Leila Shahid : Oui, je dirais qu’il y a eu plusieurs Shimon Peres. L’homme qui a eu l’image respectable, cosmopolite, internationaliste et plutôt laïc d’Israël. Il y a eu plusieurs personnages parce que, comme tous les grands hommes politiques, il était complexe. Mais, pour les Palestiniens, il restera l’homme qui n’a pas mis en œuvre les accords d’Oslo, celui qui n’a pas su succéder à Yitzhak Rabin après son assassinat, celui qui a d’ailleurs perdu les élections face à Netanyahu et, pour cette raison-là, il a été décevant pour les partisans de la paix palestiniens mais aussi israéliens. Et puis surtout, l’homme qui a, au lieu de continuer à défendre le parti travailliste, a choisi d’aller avec Ariel Sharon.

Le dernier fondateur de l’Etat d’Israël a disparu. Pensez-vous que seuls les fondateurs avaient peut-être la capacité de faire la paix et que la "génération héritage" n’en a pas la capacité ?

Non ce n’est pas seulement cela. La société israélienne a changé, pas seulement les dirigeants. On est passés d’une société à majorité laïque, pionnière qui fondait un Etat qu’elle pensait être la protection ultime du peuple juif dans le monde, à un Etat qui est fait de religieux, fanatiques, nationalistes, dirigés par des racistes, fiers de l’être comme monsieur Lieberman qui est aujourd’hui ministre de la Défense. La société a changé, la Knesset a changé. C’est pour cela que c’est extrêmement tragique et que nous devons juger le legs de Shimon Peres à la lumière de sa trajectoire politique et historique. Je le juge assez sévèrement malheureusement.

>>Ecouter l’interview

SOURCE:

Ils ne feront pas pleurer Canaille le Rouge.

 

Publié le 28 Septembre 2016

Malgré un prix Nobel

comme tenue de camouflage

c'est un authentique

fauteur de guerre,

 organisateur et caution

de massacres

qui vient de casser sa pipe

 

Ils ne feront pas pleurer Canaille le Rouge.

En ce jour, Marouane Barghouti estle choix de Canaille le Rouge 

 

En 1947, Shimon Peres arrivé de Pologne en Palestine en 1934 s'enrôle A 24 ans dans la Haganah, prédécesseur de l'armée israelienne (Tsahal) , dont il devient un dirigeant.

 

Dès cette date, David Ben Gourion, président de l’Agence juive et donc chef politique de la Haganah, ordonne à celle-ci de se préparer à une guerre contre les États arabes. Des armes commencent à être achetés à travers l’Europe ou l’Amérique du Nord, y compris des armes lourdes.

 

À partir de la fin mars 1948 jusqu’au 15 mai, la Haganah lance une série d’offensives dans la bande côtière et autour de Jérusalem. Les forces irrégulières palestiniennes sont vaincues, et les zones juives sont sécurisées. Les populations arabes de la zone commencent à être expulsées.

 

En 1953, Peres devient directeur général du ministère de la Défense.

 

Dès cette date, il sera en permanence au centre du dispositif de militarisation de la société israélienne.

 

En 1954, il rencontre Maurice Bourgès-Maunoury ministre du commerce et de l'industrie du gouvernement Mendes France puis ministre des armées du gouvernement Mendes France suivant. Ensemble, ils mettent en place une coopération entre les services de renseignements dans la lutte contre l'ennemi commun égyptien, accusé par la France de soutenir les indépendantistes algériens.

 

En 1956, Bourgès-Maunoury reste ministre de la Défense, mais dans le gouvernement Guy Mollet. Une étroite coopération franco-israélienne s'amorce. Peres va ainsi pouvoir à acquérir auprès de la France le premier réacteur nucléaire de Dimona qui ouvrira la porte à une arme nucléaire toujours niée par Israël et, auprès Dassault qui fournira à Israël le Mirage III.

 

Ministre du gouvernement Rabbin de 74 à 77, c'est une période où les annexions, expulsions de Palestiniens redoublent d'intensité.

 

À la suite des accords d'Oslo qui imposent la légitimité palestinienne, mais Péres ne reconnaît pas l'occupation israélienne comme telle., il reçoit avec y Affarat le prix Nobel de la paix, a peine le prix reçu, il lance l'opération militaire "Raisins de la colère" dans le Sud du Liban. Le bombardement de Cana, où 106 civils qui s'étaient abrités auprès de la FINUL moururent sous les bombardements israéliens, Le gouvernement Péres est pris en flagrant délit de mensonge par l'ONU sur cette opération.

 

Il soutiendra l'édification du mur qui institutionnalise la spoliation des Palestiniens au mépris du droit international, Il soutient l'invasion de l'Irak par la coalition impérialiste en 2003, il déclarera que la guerre en Irak « serait une très bonne chose pour la reprise de l'économie mondiale ».

 

Peres était membre de la direction de l'internationale socialiste (en septembre 2003, celle-ci se réunira à Tel Aviv) en 1985, il participera en Italie à une réunion de son bureau juste après avoir ordonné le bombardement du quartier général de l'OLP à Tunis.

 

Voici à gros trait les états de service du disparu.

 

Et vous voudriez que Canaille le Rouge ait une seconde d'émotion ou de recueillement ?

 

Des intellectuels israéliens demandent la fin de « l’occupation pour le bien d’Israël »

 
16 Septembre 2016

Des hauts gradés de l’armée, 20 anciens ambassadeurs d’Israël ou l’écrivain Amos Oz ont signé cette lettre

 

TIMES OF ISRAEL STAFF 15 septembre 2016, 14:2715
Des soldats israéliens en train de contrôler l'identité palestiniens au checkpoint de Qalandia entre la ville de Ramallah en Cisjordanie et Jérusalem, le 1er juillet 2016 (Crédit : Flash90)
Des soldats israéliens en train de contrôler l’identité palestiniens au checkpoint de Qalandia entre la ville de Ramallah en Cisjordanie et Jérusalem, le 1er juillet 2016 (Crédit : Flash90)
 
Des centaines d’artistes et d’intellectuels israéliens ont exhorté la communauté juive mondiale à contester la politique israélienne envers les Palestiniens, dans une 
 
 
« Nous appelons les juifs du monde entier à se joindre aux partenaires israéliens pour une action coordonnée afin de mettre fin à l’occupation et construire un nouvel avenir, pour le bien de l’Etat d’Israël et des générations à venir », peut-on lire dans la lettre.Les 470 signataires comprennent 48 lauréats qui ont reçu des prix prestigieux d’Israël (le Prix d’Israël et le Prix EMET), sept haut gradés de l’armée israélienne, 20 anciens ambassadeurs israéliens, des ministres, des responsables gouvernementaux importants et des députés, ainsi que 160 professeurs des universités israéliennes.Parmi les signataires les plus connus, on retrouve les auteurs David Grossman et Amos Oz, le lauréat du prix Nobel Daniel Kahneman, et 20 anciens ambassadeurs israéliens.
 
L'économiste lauréat du Prix Nobel Daniel Kahneman explique sa théorie dans “The Nobelists”. (Crédit : Films Ruth Diskin)
 
L’économiste lauréat du Prix Nobel Daniel Kahneman explique sa théorie dans “The Nobelists”. (Crédit : Films Ruth Diskin)
 
« L’occupation prolongée est intrinsèquement oppressive pour les Palestiniens et alimente l’effusion mutuelle de sang. Elle sape le tissu moral et démocratique de l’Etat d’Israël et met à mal sa position dans la communauté des nations », a soutenu la lettre.L’organisation « Save Israel, Stop occupation » cherche à mettre fin au contrôle d’Israël sur les territoires qu’il a conquis au cours de la guerre des Six Jours en juin 1967, et à établir un Etat palestinien.
 
Ces territoires comprennent à présent la Cisjordanie et Jérusalem Est.Le directrice de l’organisation, Jessica Montell, a expliqué que le contrôle militaire israélien « nuit à la société israélienne, et il nuit aux juifs du monde entier. »
 

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