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Moyen-Orient

Publié par El Diablo

Les plaies ouvertes du MONDE ARABO -MUSULMAN [par Francis Arzalier]

Les plaies ouvertes du MONDE ARABO -MUSULMAN [par Francis Arzalier]

Malgré près de dix ans de guerre et d'intervention extérieure, l'impérialisme occidental a échoué à détruire l'état national de Syrie, alors qu'il avait réussi à le faire en Irak et en Libye, avec l'aide des opposants armes la plupart du temps intégristes. Certes, la Syrie ravagée a été amputée de millions d'hommes qui ont émigré, mais les "djihadistes" financés par l'Occident (USA, OTAN, Monarchies pétrolières du Golfe) ont perdu l'essentiel de leurs conquêtes. Mais ces "djihadistes-intégristes-terroristes", quelle que soit leur obédience, continuent leur sale guerre contre les peuples arabes et musulmans du Moyen Orient et d'Afrique, et leurs états nationaux, pour la plus grande satisfaction de l'impérialisme occidental.

 

Car ne nous y laissons pas tromper : c'est bien contre les peuples arabes et musulmans qu'ils mènent depuis 30 ans au moins cette guerre féroce, jalonnée de crimes et d'attentats moins irrationnels qu'on veut bien le dire. Après l'Afghanistan, ce fut l'Algérie des années 1990, ou les criminels intégristes ont assassiné et chassé du pays des milliers de militants, détruisant pour des décennies les mouvements progressistes, partis et syndicats, à la grande satisfaction de la bourgeoisie possédante, et des dirigeants de Washington et leurs alliés-serviteurs de Paris ou Ryiad. Et la mémé guerre terroriste contre-révolutionnaire se poursuit...

 

Aux racistes naïfs qui croient encore parce qu'on le leur ressasse à la télévision que le terrorisme intégriste est inhérent à l'Islam, qu'il est dirigé contre les citoyens occidentaux, que chaque musulman cache sous sa barbe ou son voile un potentiel poseur de bombes dans nos rues, il suffit d'opposer l'histoire et l'actualité de l'Égypte, cette grande nation massivement musulmane, qui vient d'être encore une fois la cible du terrorisme intégriste: le 24 novembre 2017, un commando de 20 à 30 intégristes ( EL ou d'autres, peu importe ) bien équipés ( par quel sponsor ?), mitraillent les fidèles en prières dans la mosquée de Bir El Abed ( Sinaï ), y laissant plus de 300 cadavres et autant de blessés. Et ce n'est la qu'un nouvel épisode de la terreur infligée au peuple égyptien par ces terroristes "islamistes", version contemporaine du fascisme en pays d'Islam. Depuis 1997, l'Égypte a subi 15 attaques criminelles de ce genre: 840 morts officiellement répertoriés, quelques touristes occidentaux, quelques membres des minorités copte ( chrétienne ) ou orthodoxe, quelques policiers ou soldats, mais surtout des musulmans sunnites lambda comme 9 égyptiens sur 10, une guerre résolue contre la nation, ses ressources touristiques, ses citoyens les plus actifs, paysans ou ouvriers, d'autant que la terreur incite le pouvoir à renforcer la répression et à démanteler ce qui subsiste de libertés politiques et syndicales.

 

À qui donc profitent ces crimes, dans un monde que les grandes puissances et leurs charges d'affaires rêvent de régenter à leur main, en éradication les résistances populaires ou nationales ?

 

Francis ARZALIER

 

SOURCE :

Pourquoi l’Etat islamique s’obstine à cibler des musulmans

 

 

27 Novembre 2017
Le chef actuel d’Al-Qaïda avait demandé au parrain de l’Etat islamique d’arrêter de tuer ses coreligionnaires à une occasion explique l’article. Il ne l’a pas fait – et cela n’a pas été non plus le cas de ses successeurs idéologiques. cet article en provenance du Temps d’Israël, est intéressant parce qu’il éclaire la nouvelle donne au Moyen orient. Il est extraordinaire de faire d’AlQaida une organisation pacifiste et cela ne s’explique que dans la nouvelle configuration où Israël est de fait allié de l’Arabie saoudite en particulier face à la Syrie et l’iran. L’Egypte qui joue jusqu’ici un rôle ambigu n’est pas visé par hasard. Avec la perte d’influence de la France, mais aussi des Etats-Unis, on assiste à des afrontements, des situations ou il n’y a plus d’alliés simplement des opportunités temporaires.
 
(note de danielle Bleitrach)


DOV LIEBER 26 novembre 2017, 15:35
Des Egyptiens marchent autour des cadavres suite à un attentat à l'arme à feu et à la bombe commis dans la mosquée de  Rawda, à à peu-près 40 kilomètres à l'ouest de la capitale d'el-Arish, dans le nord du Sinaï, le 24 novembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / STRINGER)
L’Etat islamique s’obstine à massacrer des fidèles innocents – même musulmans – lorsqu’ils sont en train de prier. Le massacre horrible survenu vendredi dans le nord du Sinaï est un rappel frappant de cette réalité et entraîne la question :
 
Pourquoi, et dans quel but ?

Tandis que personne, samedi soir, n’avait encore revendiqué le massacre meurtrier qui a tué 305 fidèles, les responsables égyptiens ont indiqué que les terroristes brandissaient le drapeau noir de l’Etat islamique alors même qu’ils ouvraient le feu à l’intérieur du lieu de culte. Les principaux suspects sont les membres de la Province du Sinaï de l’Etat islamique, le groupe connu dans le passé sous le nom d’Ansar Bayt al-Maqdis. Son chef, dont le nom de guerre est Abu Oussama (et de son vrai nom Muhammad al-Isawi), a succédé au mois d’août 2016 à Abu Dua al-Ansari, qui avait été assassiné.

L’attentat de vendredi a été perpétré contre une mosquée soufie – un courant mystique de l’islam qui avait prospéré dans le passé à travers toute la région et dont le message est généralement un message de tolérance, de paix et d’amour de Dieu et de l’humanité.

Que cette attaque ait été commise contre une mosquée n’a pas été une erreur. Oui, c’est un lieu commode lorsqu’il s’agit de cibler un vaste public et – ce qui est plus important encore aux yeux des terroristes – l’attentat a transmis le message aux Soufis de cesser de pratiquer leur religion.

Une haine unique nourrie à l’encontre des Soufis ne justifie toutefois pas ce massacre. L’enjeu va bien au-delà : C’est la haine envers tous ceux qui ne se conforment pas à l’islam salafiste – une version puritaine de la religion qui a émergé depuis l’Arabie saoudite au 18e siècle. Et tous ceux – chrétiens, Juifs, hindouistes, yézidis, chiites, soufis, ou même sunnites – tous ceux qui semblent avoir une pratique trop laxiste de leur religion, sont pris pour cibles.

Par définition, l’idéologie salafiste – mot qui dérive du terme arabe désignant les “aïeux” – est rétrograde. Les premières générations de musulmans qui étaient proches de Mahomet vivaient correctement, conformément à la philosophie, affirment les Salafistes, et la société devait lutter pour les imiter, évitant tout ce qui pouvait être considéré comme une innovation.

L’Etat islamique est un groupe djihadiste salafiste et ses membres estiment que l’islam salafiste doit se propager par l’épée.
Mais ce qui rend différent l’Etat islamique du groupe salafiste djihadiste original, Al-Qaïda, c’est qu’il n’a aucun scrupule à tuer d’autres musulmans.
Ayman al-Zawahiri, leader d’Al-Qaida (Crédit : SITE Intelligence Group/ AFP)
En 2005, le numéro 2 d’Al-Qaïda de l’époque, Ayman al-Zawahiri, qui se trouve dorénavant à la tête du mouvement, avait envoyé un courrier au parrain de l’Etat islamique, Abu Musab al-Zarqawi, qui dirigeait l’aile d’al-Qaida en Irak.

Zarqawi, délinquant jordanien qui avait découvert Dieu alors qu’il était en prison, avait mené une campagne impitoyable contre les chiites en Irak, ciblant notamment des mosquées.

Zawahiri avait vivement demandé à Zarqawi de cesser de prendre pour cibles ceux qui n’étaient pas des Salafistes sunnites, de mettre un terme aux violences et aux décapitations, et d’arrêter d’imposer la loi salafiste partout où al-Qaida gagnait du territoire.

Zawahiri avait affirmé que les jihadistes avaient besoin d’un large soutien dans toute la société musulmane pour accomplir son objectif : la construction d’un califat.

Il avait également pressé Zarqawi de revenir à la raison.

« Les moudjahidines peuvent-ils tuer tous les chiites en Irak ? Un état islamique dans l’histoire a-t-il jamais tenté une telle chose ? », avait demandé Zawahiri.

Zawahiri pensait qu’une guerre avec les chiites pourrait survenir, mais bien plus tard.

Zarqawi n’avait pas écouté. Il avait continué à bombarder, décapiter et à imposer une interprétation stricte de la loi islamique partout où il le pouvait.

Mais peut-être la différence idéologique la plus distincte entre Zarqawi et ses frères d’Al-Qaïda avait été sa conviction que le front principal à mener ne se trouvait pas en Occident mais bien là, au Moyen-Orient. Il ne voulait pas jouer sur le long-terme. Il voulait tuer et massacrer, initier des tensions sectaires et établir un califat dans les meilleurs délais.

Le roi de Jordanie Abdallah II, à droite, et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi à l’aéroport international Reine Alia à Amman, en Jordanie, le 28 mars 2017. (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)
 
Zarqawi, qui a été tué lors d’une frappe ciblée des forces américaines en Irak en 2006, ne s’est pas contenté de faire des musulmans une cible légitime. Il a fait du meurtre des musulmans son principal objectif.

D’où cette réalité : Les musulmans sont les premières victimes, celles qui sont le plus fréquemment touchées par le terrorisme islamiste.

Les leaders arabes aujourd’hui comprennent que le terrorisme dans leurs pays émane d’une forme d’idéologie islamique radicale qui n’a cessé de s’imposer davantage au cours des dernières décennies. C’est pourquoi les dirigeants des états sunnites, comme l’égyptien Abdel-Fattah el-Sissi, le prince héritier saoudien Mohammad Bin Salman, le roi de Jordanie Abdallah et même le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, parlent souvent « d’islam modéré » et de « modérer l’islam ».

L’horrible idéologie de Zarqawi est l’une des branches de l’arbre salafiste. La question que doivent affronter les dirigeants arabes aujourd’hui est la suivante : Est-il possible de seulement arracher la branche, ou sera-t-il nécessaire de déraciner le tronc entier ?
25 novembre 2017
David Rigoulet-Roze, la démission de Saad Hariri
 

 « Là aussi, comme souvent en Orient, il y a souvent un mix entre les affaires politiques et les affaires d’argent. Il est en effet difficile de dissocier strictement les deux. Saad Hariri, d’après la reconstitution du scénario que l’on a pu obtenir, avait fait une première visite les 30 et 31 octobre à Riyad. Dans le contexte de cette visite, une déclaration avait été faite, par Thamer al Sabhane, qui était passée sur le moment relativement inaperçue : il avait dit que « quelque chose d’extraordinaire [allait] se produire dans les prochains jours ». Au cours de la semaine Saad Hariri fut à nouveau sollicité à plusieurs reprises pour se rendre instamment à Riyad, et il a dû finalement s’y résoudre en fin de semaine. Il dépend en effet beaucoup des Saoudiens, tant en matière de soutien politique que financier... »

Reprenons la lecture de l'entretien avec David Rigoulet-Roze...

 

Michel Peyret


Les clés du Moyen-Orient

Entretien avec David Rigoulet-Roze – Purges en interne et démission de Saad Hariri : quelles sont les stratégies de Mohammed ben Salmane ? 

 

Article publié le 20/11/2017

Propos recueillis par Anne-Lucie Chaigne-Oudin

David Rigoulet-Roze

David Rigoulet-Roze, docteur en Sciences politiques, est enseignant et chercheur, ainsi que consultant en relations internationales.

Auteur de nombreux articles, il est rattaché à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS). Il notamment publié Géopolitique de l’Arabie saoudite : des Ikhwans à Al-Qaïda (Armand Colin, 2005) et L’Iran pluriel : regards géopolitiques(l’Harmattan en 2011). Il est en outre rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques.

Pouvez-vous revenir sur la nomination du fils du roi Salmane, Mohamed ben Salmane, à la fonction de « prince héritier », le 21 juin dernier, en remplacement du prince Mohamed ben Nayef ?

Cette nomination est l’aboutissement, d’une certaine manière, d’une stratégie méthodique au fil des mois d’accumulation de prérogatives quasi-régaliennes, au profit de Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, depuis l’accession au trône de son père le roi Salmane le 23 janvier 2015. Mohammed ben Salmane, devenu chef du cabinet royal, a d’emblée été catapulté ministre de la Défense, président d’une structure économique, le CAED (Conseil des affaires économiques et du développement). Il a donc cumulé la casquette politique de ministre de la Défense, et des prérogatives de type économique, ce qui constitue en soi une anomalie, car traditionnellement les grands princes de la famille régnante se partagent les fonctions, soit politiques soit économiques. Puis à la faveur d’un premier remaniement express qui limoge, le 29 avril 2015, l’éphémère « prince héritier » nommé en janvier 2015, à savoir le prince Moqren ben Abdelaziz Al Saoud, le plus jeune des fils survivants du roi fondateur Ibn Saoud qui se trouve remplacé par Mohammed ben Nayef ben Abdelaziz Al Saoud, le « Monsieur sécurité » du royaume en sa qualité de ministre de l’Intérieur, Mohammed ben Salmane en profite pour se faire nommer « vice-prince héritier » (VPH), donc second dans la ligne de succession. Quelques jours plus tard, le 2 mai 2015, Mohammed ben Salmane devient par ailleurs Président d’un tout nouveau Conseil suprême chargé de superviser les activités de la compagnie pétrolière publique Aramco SDABO.UL qui est également la première compagnie pétrolière mondiale. Enfin, l’ultime étape de cette marche au pouvoir est intervenue, le 21 juin 2017, avec le limogeage de Mohammed ben Nayef ben Abdelaziz Al Saoud et l’attribution du titre de « prince héritier » à Mohammed ben Salman ben Abdelaziz Al Saoud.

On peut expliquer cette nomination par le fait que le roi Salmane est âgé de 81 ans, qu’il est dit malade, et qu’il a donc décidé de confier à son fils Mohammed, qui est son préféré, l’essentiel des prérogatives régaliennes (il fait de fait office de « régent ») et ce, au détriment de tous les autres clans de la famille régnante. En effet, pour la première fois, l’équilibre des divers clans n’est pas respecté alors que traditionnellement, même si un roi accédait au trône, il faisait toujours un peu figure de primus inter pares, c’est-à-dire qu’il était volens nolens obligé de tenir compte des autres clans de la famille. Il faut rappeler que le système dynastique saoudien est très complexe. Le roi fondateur Abdelaziz Al Saoud, passé à la postérité sous le nom d’Ibn Saoud, a eu une vingtaine d’épouses, plusieurs dizaines de fils, dont les descendants sont les actuels petits-fils (on parle de quelque 200 grands princes environ). Tous manifestent des appétits tant sur le plan économique que politique, l’un allant rarement sans l’autre d’ailleurs. Concernant les modalités de la succession par le roi fondateur, il s’agissait d’une succession « horizontale », dite adelphique, soit de frère ainé à frère ainé de chacune des épouses officielles - une règle qui, en pratique, ne fut d’ailleurs pas toujours totalement appliquée -, et qui aboutissait à terme à un système gérontocratique, les rois devenant mécaniquement de plus en plus âgés lors de leur accession au trône. Il y eut donc eu des adaptations, d’abord avec la loi fondamentale édictée par feu le du roi Fahd le 1er mars 1992, laquelle permettait d’ouvrir potentiellement l’accession au trône à la deuxième génération, c’est-à-dire à celle des petits-fils. Le successeur du roi Fahd, feu le roi Abdallah avait établi, le 19 octobre 2006, un « conseil d’allégeance » censé régler les formalités d’une accession au trône via le titre de « prince héritier ». C’est ce « conseil d’allégeance » qui a été sollicité en juin 2017, lors de l’éviction de Mohammed ben Nayef ben Abdelaziz Al Saoud de sa fonction de « prince héritier ». Et de manière inédite, Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud a pris soin de rendre public le résultat des avis donnés pour son accession au poste de « prince héritier ». Sur 34 princes du « Conseil d’allégeance », 31 y auraient été favorables et 3 défavorables, dont dit-on le prince Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud qui vient de faire les frais de la vaste purge décidée par le nouveau « prince héritier ». Ceci expliquant sans doute pour partie cela.

Pouvez-vous revenir sur les arrestations par le nouveau « Prince héritier » de plusieurs hauts responsables saoudiens, le 4 novembre 2017 ?

Il y a évidemment une logique d’affichage marquée par rapport à ce qui est présenté comme une purge « anti-corruption » à laquelle il est difficile de ne pas souscrire. D’une certaine manière, celle-ci finalise sa préparation à l’accession au trône, par la mise de côté des dernières personnes susceptibles de lui porter ombrage sur sa route pour le trône. Les personnes arrêtées sont à la fois des personnalités politiques importantes sur l’échiquier de la famille régnante saoudienne, mais aussi des acteurs économiques emblématiques. Concernant l’éviction de certains princes, on peut noter celle du prince Miteb ben Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud, chef de ladite Garde nationale qui fait office de « garde prétorienne » du régime, jugée beaucoup plus fiable que l’armée saoudienne. A chaque fois que le régime s’est trouvé en danger, on a fait appel à la Garde nationale. Celle-ci avait été notamment sollicitée lors de la prise de La Mecque en novembre 1979 par un groupe d’insurgés messianistes qui avait menacé de renverser la monarchie saoudienne. Feu le roi Abdallah, qui fut longtemps le chef de cette Garde nationale, avait décidé d’en faire un ministère à part entière et de propulser son fils Miteb à sa tête afin de préserver les intérêts de sa progéniture à sa disparition. Miteb était le dernier représentant de l’« ère Abdallah », et son limogeage est donc un marqueur fort. Les intérêts de tous les différents clans se trouvent ainsi liquidés par cette purge à grande échelle, au profit du seul lignage du roi Salmane, certes issu du clan Soudeyri mais avec la monopolisation du pouvoir par son sous-clan à travers son fils Mohammed ben Salmane. En effet, le roi Salman fait partie des « sept Soudeyri », ou « clan des sept », soit les sept fils préférés que le roi fondateur a eu avec son épouse préférée. L’un d’entre eux avait déjà régné, feu le roi Fahd, deux autres de ses frères - feu le prince Sultan et feu le prince Nayef - avaient eu vocation à régner après avoir bénéficié du titre de « prince héritier » sous le règne de feu le roi Abdallah, mais ils sont décédés avant d’avoir pu accéder au trône. A la mort d’Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud, on retrouve à nouveau un Soudeyri en la personne de Salmane car ce dernier avait été désigné « prince héritier » à la suite de la disparition de ses frères et c’est donc lui qui est logiquement devenu roi le 23 janvier 2017. Mais la nouveauté réside dans le fait que le roi Salmane ait finalement décidé de nommer son fils Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud « prince héritier » et d’assurer potentiellement via son fils, une « verticale du pouvoir », au profit d’un unique lignage au détriment de tous les autres. C’est effectivement une mini-révolution, car cela n’étant jamais arrivé dans le système dynastique saoudien.

Cela supposait donc de mettre de côté les poids lourds des différents clans qui subsistaient, notamment Mohamed ben Nayef ben Abdelaziz Al Saoud, le fils de l’ancien « prince héritier » Nayef ben Abdelaziz Al Saoud ; Miteb, fils de Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud. Il y a aussi les poids lourds économiques comme le « prince milliardaire » Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud, qui a un rôle très important compte tenu de son assise financière et de sa visibilité à l’international : il est la première fortune des pays arabes, est très engagé dans de nombreuses opérations financières et a des participations dans le capital de nombreuses entreprises occidentales. Son arrestation a, de fait, soulevé beaucoup d’interrogations, et ce d’autant plus qu’elle apparaît en contradiction avec la ligne des réformes « libérales » qui sont affirmées en interne sur les plans à la fois économique et sociétal. Le prince Waleed ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud est d’ailleurs l’un de ceux qui a depuis longtemps défendu le droit de conduire pour les femmes. De l’extérieur, il est difficile de comprendre pourquoi Waleed ben Talal est mis de côté, alors qu’il pourrait être un allié de poids. Mais c’est précisément parce qu’il a cette assise financière qu’il est devenu l’une des victimes de cette purge générale, officiellement justifiée pour des raisons de lutte contre la corruption, ce qui est évidemment porteur en termes d’affichage, à la fois en externe et en interne, même s’il y a probablement aussi des règlements de comptes familiaux et financiers. Il faut préciser que le prince Waleed ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud est libanais par sa mère, Mona El Solh et le petit-fils de Riad El Solh, le « père de l’indépendance » libanaise en 1943, finalement assassiné le 17 juillet 1951 à Amman en Jordanie dans des circonstances obscures.

Pour l’essentiel donc, la purge concerne des princes, anciens ministres et hommes d’affaires de premier ordre. Parmi ces hommes d’affaires, on peut citer Bakr Ben Laden le -demi-frère du fameux Oussama ben Laden - de son état dirigeant du Saudi Ben Laden Group, premier groupe BTP du royaume. Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud veut récupérer de l’argent qui lui fait défaut pour financer ses réformes. Il pressure donc des réseaux financiers qui ont toujours recyclé de l’argent. Ainsi, la croisade anti-corruption n’est donc pas totalement sans fondement, mais elle est sans aucun doute instrumentalisée pour d’autres raisons. On peut dire que Mohammed ben Salmane fait d’une pierre deux coups. Les personnes incriminées se retrouvent aujourd’hui assignées à résidence à l’hôtel Ritz-Carlton, qui, ironie de l’histoire, a été largement construit par le groupe de BTP Saudi Oger, propriété de Saad Hariri, mise en faillite à l’été 2017 faute d’avoir été renfloué par Riyad pour des raisons autant économiques que politiques dans la mesure où un passif financier peut constituer un moyen de pression opportun.

Comment analyser les derniers événements entre l’Arabie saoudite et le Liban, avec l’annonce par Saad Hariri de sa démission annoncée le 4 novembre 2017, depuis Riyad ?

Là aussi, comme souvent en Orient, il y a souvent un mix entre les affaires politiques et les affaires d’argent. Il est en effet difficile de dissocier strictement les deux. Saad Hariri, d’après la reconstitution du scénario que l’on a pu obtenir, avait fait une première visite les 30 et 31 octobre à Riyad. Dans le contexte de cette visite, une déclaration avait été faite, par Thamer al Sabhane, qui était passée sur le moment relativement inaperçue : il avait dit que « quelque chose d’extraordinaire [allait] se produire dans les prochains jours ». Au cours de la semaine Saad Hariri fut à nouveau sollicité à plusieurs reprises pour se rendre instamment à Riyad, et il a dû finalement s’y résoudre en fin de semaine. Il dépend en effet beaucoup des Saoudiens, tant en matière de soutien politique que financier. A son arrivée à Riyad le 3 novembre 2017, on lui aurait retiré tous ses appareils de communication sécurisée. Cela prit la forme d’une véritable assignation résidentielle, avec manifestement une pression énorme exercée sur lui sans doute à l’origine de sa déclaration de démission de son poste de Premier ministre libanais le 4 novembre suivant. Sur le plan financier, ce sont les dettes accumulées par le groupe de BTP Saudi Oger dont il a hérité de son père feu Rafik Hariri et déclaré en faillite à l’été 2017. Sur le plan politique, c’est le reproche qui lui a été fait par Riyad d’avoir intégré, en tant que Premier ministre libanais le Hezbollah chiite pro-iranien dans le gouvernement élargi qu’il avait constitué au début de l’année 2017 et ce, en validant la politique dite de « distanciation » vis-à-vis des tensions régionales définie depuis 2011 afin d’éviter au Liban les affres d’une nouvelle guerre confessionnelle. Mais il se trouve que l’accélération des événements avec la montée de la tension entre Riyad et Téhéran ont conduit le nouveau « prince héritier » Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud à considérer que ce qui avait été accepté fin 2016-début 2017 n’était plus admissible, compte tenu du rôle grandissant pris par le Hezbollah en Syrie avec le soutien armé apporté au régime de Damas à la demande expresse de l’Iran, ce qui a permis à Bachar Al Assad de gagner « sa guerre » contre les insurgés sunnites initialement soutenu par les pétro-monarchies. L’idée était donc de faire « sauter » le gouvernement libanais, ce que ne souhaitait sans doute pas Saad Hariri. Mais compte tenu des contraintes pesant sur ses épaules, il s’est retrouvé contraint d’annoncer spectaculairement sa démission, avec toutes les interrogations consécutives à celle-ci pour l’avenir de son pays. La stratégie comminatoire et quelque peu impulsive du prince Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud a partiellement échoué, comme en d’autres occasions précédentes en matière de politique extérieure - on peut penser à l’impasse de l’engagement militaire Yémen ou de la mise au ban du Qatar -, d’abord parce que cette démission « obligée » a, de manière inédite, cimenté les Libanais toutes tendances confondues, parce que cela constituait un véritable affront, un outrage ; ensuite parce que cette « démission » peu ou prou imposée a été appréciée pour ce qu’elle est par la communauté internationale dont certains Etats menaçaient de porter l’affaire devant le Conseil de sécurité de l’ONU, dans la mesure où se trouvait en cause un Premier ministre en exercice. 

Pouvez-vous revenir sur l’arrivée en France de Saad Hariri, samedi 18 novembre 2017 ?

La France est effectivement intervenue à un moment crucial de l’affaire. Elle a fait une sorte de médiation, et a développé une stratégie assez habile en « invitant » officiellement à Paris, Saad Hariri avec sa famille, en prenant au mot les Saoudiens qui affirmaient publiquement que ce dernier n’était nullement retenu à Riyad. Le fait de venir avec sa famille enlevait un moyen de pression sur Saad Hariri. C’est la « formule magique », selon les propres termes du président libanais Michel Aoun - lui-même par le passé exfiltré par la France du Liban dans le contexte de la fin de la guerre civile libanaise en 1990 -, qui a été trouvée. Elle a convenu au prince Mohamed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, car il se sentait lui-même piégé par sa propre stratégie dans la mesure où elle n’avait pas obtenu les effets escomptés, au vu des diverses réactions à l’extérieur. C’était donc aussi une manière de permettre au « prince héritier » Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud de sauver les apparences, et c’est là toute l’habileté du président Macron, car un retour direct à Beyrouth de Saad Hariri lui aurait fait perdre la face. Cela ne veut pas dire pour autant que la situation soit réglée, car la question demeure de savoir si Saad Hariri pourra - ou voudra - se maintenir à son poste.

On peut noter également que la stratégie de Mohammed ben Salmane apparaît de plus en plus risquée. Cela apparaît toujours un peu plus comme une fuite en avant avec le calcul sous-jacent que certains soutiens déclarés suivront automatiquement la stratégie de Riyad : en l’occurrence, celui du président Donald Trump, en cas d’affrontement direct avec l’Iran, et donc qu’il peut pousser à une déstabilisation au Liban pour mettre en difficulté le Hezbollah pro-iranien en le poussant à se montrer plus agressif ; et celui d’Israël seul pays en mesure d’affronter militairement le Hezbollah. S’il y a certes aujourd’hui certains intérêts objectifs convergents entre Américains, Israéliens et Saoudiens par rapport au supposé danger iranien, ce n’est pas pour autant que tous ces acteurs souhaiteront se laisser entrainer dans un conflit ouvert dont l’issue serait plus qu’incertaine a fortiori dès lors que leurs intérêts nationaux ne sont pas directement en cause.

Posté par Michel Peyret 

Le chaos du Moyen-Orient de : Guillermo Almeyra

 

24 Novembre 2017
Maintenant que Daech est battu, la paix n’est pas au rendez-vous selon l’auteur de l’article. Toutes les pièces du puzzle sont en mouvement et comme le véritable adversaire visé par les Etats-Unis est la Chine, chacun tente de se recomposer dans un inextricable désordre dans lequel la situation de la France est prise dans des réseaux d’intérêts parfaitement contradictoires.Et encore l’auteur porte son analyse sur le caractère mouvant et inextricable des enjeux au Moyen Orient, mais si on y ajoute l’essentiel c’est-à-dire l’affrontement Chine-USA, pour le moment par le biais de la Corée du  nord et l’instabilité européenne, on mesure les raisons du cri final. 
 
(note et traduction de Danielle Bleitrach)


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Un djihadiste devant le drapeau de l'État islamique, vaincu en Syrie et en Irak.  Photo: Reuters.

Un djihadiste devant le drapeau de l’État islamique, vaincu en Syrie et en Irak. Photo: Reuters.

 

La défaite de l’État islamique (ISIS, EI ou Daesh) en Syrie et en Irak a ébranlé le rapport des  forces antérieure dans la région. les États-Unis et Israël, qui ont  soutenu et armé l’EI, sont affaiblis par la victoire obtenue par Bachar al-Assad, en alliance avec la Russie, le Hezbollah (libanais et chiite),  un gouvernement également chiite de l’Irak et l’Iran dest Ayatollahs . Il soutient également une coalition chiite au Yémen  contre laquelle combattent sans résultats les membres d’une coalition sunnite (Oman, Egypte, Jordanie et Arabie Saoudite) dirigée par Riyad

 

Les Etats-Unis, qui avaient d’abord soutenu le gouvernement de Saddam Hussein en Irak, qui était un ennemi du gouvernement syrien et l’avaient lancé dans une guerre contre les chiites iraniens, puis l’avaient renversée et avaient détruit l’Irak avec son invasion. Le résultat brillant a été le renforcement dans ce pays de l’influence de Téhéran et le fait que le gouvernement chiite irakien se bat aujourd’hui uni aux Syriens armés par les Russes contre l’EI soutenu par les Etats-Unis et ses alliés.

 

Alors que les États-Unis et les anciennes puissances coloniales (France et Angleterre) perdent de la force dans la région, la Russie et l’Iran se sont renforcés à travers le Mashrek depuis la frontière turque jusqu’à la frontière de la Palestine avec l’Égypte.

 

En effet, le Hamas est majoritaire parmi les Palestiniens, qui oscille  entre chiites et sunnites dans le mouvement du Hezbollah libanais, un chiite, est majoritaire parmi les pauvres et une partie du cabinet d’union nationale sunnite Saad Hariri duquel seuls ont été exclus  les chrétiens Maronites de la Phalange, les agents de la France et Israël et les États-Unis et enfin en Syrie, l’Irak et l’Iran sont des gouvernements chiites. Seule la Jordanie a une monarchie sunnite.

 

Mais les différences sectaires entre sunnites et chiites cachent en réalité les conflits sociaux dans le monde arabe. Les monarchies et les grands marchands sont – en général – sunnites et les pauvres et de nombreuses tribus sont pour la plupart chiites (chrétiens de toutes sortes et les laïcs sont généralement urbains et mieux lotis). En ce qui concerne les Kurdes, ils  sont dispersés entre l’Iran, l’Irak, la Syrie et la Turquie et divisé entre clans opposés l’un à l’autre et même si elles sont pour la plupart sunnites, ils sont principalement intéressés à leur indépendance de leurs gouvernements qu’ils soient sunnites, tout comme celle de Saddam Hussein ou de la Turquie, ou chiites comme les gouvernements de Bagdad et de Téhéran.

 

Sur cette base sociale et religieuse, les intérêts dynastiques dans les monarchies et les intérêts géopolitiques se superposent. Par exemple, le gouvernement militaire égyptien combat les Frères musulmans, financés et protégés par Riyad, mais il est allié avec les Saoudiens dans la coalition qui intervient dans la guerre civile yéménite et cherche le soutien saoudien pour ses relations avec les Etats-Unis. Soit l’Arabie saoudite et le Qatar financent et soutiennent conjointement l’État islamique, mais Riyad veut maintenant rendre responsable  le Qatar de la défaite et rompre les relations, en  concentrant désormais son intervention au Liban.

 

L’enlèvement virtuel en Arabie Saoudite du Premier ministre libanais Saad Hariri, qui a été contraint de dénoncer son allié le Hezbollah et l’Iran et à abdiquer, oblige la France à intervenir parce qu’elle est l’ancienne puissance coloniale au Liban où elle a des intérêts forts et soutenus par la droite chrétienne Christian et parce qu’elle a de gros investissements en Iran et l’intérêt dans le pétrole et le gaz de ce pays et en même temps elle a réarmé l’aviation militaire saoudienne. C’est pourquoi le président Emmanuel Macron devait se rendre à Riyad de nuit pour obtenir la permission de Harari de se rendre en France. Cela place Paris dans le champ opposé des intérêts américains car l’Arabie Saoudite ne fait rien sans consulter le Département d’Etat.

 

La France ne veut pas être un satellite américain et ajoute ainsi à ses différences sur le réchauffement climatique et sur le protectionnisme de Donald Trump, une différence tactique dans la question du Moyen-Orient même si ses intérêts stratégiques coïncident avec ceux de Washington. Ce désir d’indépendance – surtout lorsque les États-Unis remplacent la domination française à l’Afrique – fait que Paris entretient des liens étroits avec la Chine et la Russie qui, comme la France, commercent avec l’Iran et investissent dans ce pays stratégique. pour ses frontières avec l’Afghanistan et le Moyen-Orient, pour ses richesses et pour sa puissance militaire régionale.

 

L’homme fort saoudien , Mohammed bin Salman, fils du souverain, veut présenter un islam moins médiéval que le wahhabite dominant dans son pays et moderniser la vie de celui-ci et de son économie pour paraître plus présentable. Nous verrons ce qu’il va faire maintenant avec Hariri à Paris. Il faudra aussi voir si le Premier ministre revient comme tel à Beyrouth et s’il est possible de maintenir la paix dans ce pays ou si Israël invente un prétexte pour l’envahir et attaquer la Syrie pour l’empêcher, après l’expulsion de l’Etat islamique, de redevenir avec l’aide russe, une puissance régionale.

 

Dans le contexte de la préparation par les États-Unis d’une guerre contre la Chine. Toutes les pièces du monde sont en mouvement sur la carte du monde, depuis les menaces lancées à la Corée du Nord et à la pression navale dans la mer de Chine jusqu’à la tentative de couper l’approvisionnement en carburant que Pékin obtient de l’ Iran. 

 

Mais la maladresse et la brutalité de Washington engendrent des résistances parmi ses complices et subordonnés européens et stimulent le nationalisme et l’anti-impérialisme dans des pays qui ont une histoire longue et glorieuse. 

 

De manière aveugle, Trump pousse le monde à la fois vers une catastrophe écologique et une terrible guerre atomique. on doit l’arrêter.

 

(Tiré de La Jornada )

jeudi 23 novembre 2017

Règlement politique du conflit syrien: la Russie prend les devants à la conférence de Sotchi

Mercredi 22 novembre se sont réunis à Sotchi les dirigeants des pays "vainqueurs" de l'opération militaire lancée en Syrie contre Daesh, à savoir en plus de la Russie, la Turquie et l'Iran. L'absence de la coalition américaine a été fortement remarquée. Absence physique et négation politique. La Russie a remporté une première manche, pour autant, les jeux ne font que commencer.
 
Deux jours avant ce sommet, Assad est venu en Russie, à Sotchi, pour s'entretenir avec Vladimir Poutine. Ce fut l'occasion pour le Président russe d'annoncer la fin proche de la phase militaire avec la défaite de Daesh et le lancement du processus politique. Il a ainsi pris la main et garantit l'intégrité territoriale de la Syrie autant que la participation de Assad au processus de réglement politique.
«Je voudrais vous féliciter pour les résultats atteints par la Syrie en termes de lutte contre le terrorisme, pour le fait que le peuple syrien, qui traverse des moments très difficiles, voit arriver la défaite définitive et inévitable des terroristes», a déclaré, selon un communiqué du Kremlin, le président russe.
 
«Je pense qu'il est maintenant temps de passer au processus politique», a-t-il ajouté (...).
Après cet entretien, il a téléphoné au Président américain, pour une longue conversation dont quasiment rien n'a filtré. La presse anglosaxonne, comprenant le danger du processus, processus qui n'est pas maîtrisé par la coalition américaine, tente alors une opération de discréditation en le présentant comme simplement "exécuté" par la Russie, qui aurait demandé "l'accord" de D. Trump:
Vladimir Putin has sought Donald Trump’s broad endorsement for his plan to bring the Syrian civil war to a close on largely Russian and Iranian terms, after the defeat of Islamic State and the repeated pushbacks of Syrian rebels.
La conférence qui va suivre à Sotchi le 22 novembre est quelle que peu surréaliste. Les trois parties en cause, la Russie, l'Iran et la Turquie, si elles ont un ennemi (voire deux) commun, à savoir les terroristes, n'ont pas forcément les mêmes intérêts "positifs", à savoir sur l'avenir de la Syrie. Notamment sur la question kurde. Cette conférence est également surréaliste par l'absence des Etats Unis. Absence physique, puisqu'ils n'ont pas été invités pour discuter d'un plan de paix sur l'avenir de la Syrie, mais ils sont également totalement absents des discours.
 
Cette position est salutaire. Elle confirme la prise de conscience de l'absence de possibilité d'un réel partenariat entre les Etats Unis et la Russie sur ce dossier en particulier, et sur la scène internationale en générale. Une saine concurrence entre ces deux puissances, la Russie s'étant à nouveau affirmée comme puissance, est la seule issue positive. Le combat (géopolitique), lui, est inévitable. 
 
Trois Etats décidant de l'avenir d'une zone de conflit, cela rappelle des souvenirs. Et la presse russe n'est pas la seule à y voir une sorte de deuxième Yalta.
Si l'image est belle et porteuse d'espoir, l'on peut douter que dans les faits il en sera ainsi. Yalta a été efficace, car il a permis un accord entre toutes les puissances en jeu, l'URSS ayant payé très cher le droit de se retrouver à la table. Ici, seulement un bloc des puissances politiques est représenté, tous les combats restent possibles.
 
Politiquement, la Russie lance un Congrès du dialogue national syrien qui devra regrouper toutes les forces politiques du pays, l'opposition interne et extérieure ainsi que le gouvernement régulier. Ces forces prépareront alors une nouvelle constitution, avec le soutien de l'ONU. C'est effectivement la sortie idéale pour la Russie. Mais au minimum, deux questions ne sont pas encore réglées. La première va être celle des relations entre la Turquie et les Kurdes, Turquie qui doit jouer un rôle important pour convaincre l'opposition syrienne de se déplacer en Russie pour discuter de l'avenir du pays. La seconde est la concurrence mise en place avec le processus de Genève, même s'il n'est pas très efficace, personne ne l'a encore annulé. Il peut parfaitement devenir la plateforme concurrente de réglement du conflit, plateforme tenue par les Etats Unis.
 
Et cette option de prologation du conflit politique est affirmée dans la presse américaine, lorsque le Washington Post détaille la décision de laisser en place les troupes américaines en Syrie pour un délai illimité:
Le but est également clairement affirmé: renforcer la position des kurdes dans les négociations qui s'annoncent ... à Genève:
U.S. officials say they are hoping to use the ongoing presence of American troops in northern Syria, in support of the Kurdish-dominated Syrian Democratic Forces (SDF), to pressure Assad to make concessions at United Nations-brokered peace talks in Geneva. The negotiations there are set to resume at the end of this month after sputtering along for more than three years without result.
Rien n'est encore joué, la partie vient seulement de commencer. Mais la Russie a pris un véritable avantage, à ce jour.
 

The newyorker :La catastrophe de l’intervention de l’Arabie saoudite au Yémen

 

19 Novembre 2017
Voici un terrible reportage sur les conséquences de l’intervention saoudienne au Vietnam et qui dénonce le rôle des Etats-Unis, de Obama àTrump. Pym me signale mon lapsus avoir mis Vietnam à la place de Yemen, il est clair qu’il révèle à quel point je désigne la responsabilité des Etats-Unis, aussi je laisse le lapsus mais je demande au lecteur de bien vouloir corriger s’il ne l’a déjà fait.   
 
(note et traduction de DanielleBleitrach pour histoire et societe)

Un père transporte sa fille, qui souffre de malnutrition, dans un centre d’alimentation au Yémen, où un blocus mené par l’Arabie saoudite a créé la plus grande crise humanitaire au monde.

 

Photographie de Hani Al-Ansi / dpa / AP

Dans l’hôpital principal de la ville portuaire yéménite de Hudaydah en août, la salle de malnutrition a débordé de patients. Dans le couloir, un homme était assis par terre, avec deux enfants à ses côtés dont les côtes dépassaient sous leur peau pâle. Dans la salle de fortune, chaque lit contenait deux enfants squelettiques. Saleha, une mère d’une trentaine d’années, assise sur le coin d’un lit avec sa fille de neuf ans, Fateena, sur ses genoux. L’enfant semblait mince et faible, et haletait en manquant d’air. Selon les médecins, elle avait urgemment besoin de tests, mais les laboratoires de l’hôpital étaient débordés. Saleha m’a dit que l’hôpital local de son village était fermé. Il a fallu à la famille trois jours d’auto-stop avec des étrangers pour atteindre la ville, sur la côte ouest du Yémen, et son hôpital. « La guerre l’a vraiment ébranlée », m’a dit Saleha en désignant sa fille. « Maintenant, elle reste là jusqu’à ce que son corps succombe. » Le personnel de l’hôpital gouvernemental a déclaré qu’ils n’avaient pas été payés depuis des mois. « Nous avons faim, mais nous pouvons aussi bien travailler que mourir de faim à la maison », m’a dit un médecin. « Nous ne pouvons pas aller en guerre sur le front, mais c’est notre façon de lutter contre l’agression, en sauvant les gens. »
 

Jeudi, les chefs des trois agences de secours des Nations Unies ont appelé une coalition militaire de neuf pays dirigée par l’Arabie saoudite pour mettre fin au blocus renforcé imposé au Yémen après que les rebelles houthis aient lancé un missile balistique sur Riyad, la capitale saoudienne, le week-end dernier. « La fermeture d’une grande partie des ports aériens, maritimes et terrestres du pays aggrave une situation déjà catastrophique », a déclaré un communiqué conjoint du Fonds des Nations Unies pour l’enfance, du Programme alimentaire mondial et de l’Organisation mondiale de la santé. « L’espace et l’accès dont nous avons besoin pour acheminer l’aide humanitaire sont bloqués, menaçant la vie de millions d’enfants et de familles vulnérables ».

 

Les responsables de l’ONU ont déclaré que plus de vingt millions de personnes, dont plus de onze millions d’enfants, ont besoin d’une aide humanitaire urgente; au moins 14,8 millions de personnes n’ont pas les soins médicaux de base et une épidémie de choléra a infecté plus de neuf cent mille personnes. Les Yéménites sont pris dans un conflit de près de trois ans qui a commencé comme une lutte pour le pouvoir intérieur et s’est transformé en une guerre par procuration brutale entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, tuant plus de dix mille personnes et fermant plus de la moitié des installations médicales du pays. Les forces armées saoudiennes, soutenues par plus de quarante milliards de dollars d’armes américaines autorisées par les Administrations Trump et Obama, ont tué des milliers de civils dans les frappes aériennes. Ils ont également bloqué le pays à des degrés divers pendant deux ans et empêché par intermittence les journalistes et les chercheurs des droits de l’homme d’entrer dans le pays.

 

Lundi, la Chambre des représentants a adopté une résolution non contraignante stipulant que l’envoi d’une aide militaire américaine à l’Arabie saoudite pour sa campagne au Yémen n’est pas autorisé par une loi adoptée par le Congrès pour lutter contre le terrorisme. Alors que certains membres du Congrès ont critiqué le coût humanitaire de l’intervention saoudienne, la mesure n’a aucun pouvoir légal et est avant tout un effort symbolique du Congrès pour réaffirmer son pouvoir de déclarer la guerre. L’administration Trump a proclamé avec enthousiasme l’Arabie saoudite comme  allié et a claironné que les ventes d’armes américaines était  un moyen de créer des emplois américains.

 

En reportage au Yémen avec une équipe de tournage locale de la BBC cet été, je suis entré dans le pays en faisant quinze heures de route à travers des zones reculées pour éviter la coalition et les forces Houthi. C’était mon sixième voyage dans le pays en trois ans, et j’ai découvert  une détérioration rapide de la situation humanitaire. Les pénuries alimentaires qui sévissent dans les villages reculés se sont étendues aux grandes villes du pays, soit vingt-huit millions de personnes. Avec l’épidémie de choléra, le nombre de cas de méningite a augmenté.

 

Depuis que le gouvernement yéménite a perdu le contrôle de Sanaa, la capitale, il y a plus d’un an, des milliers d’enseignants, de médecins et de fonctionnaires n’ont pas été payés par le gouvernement et luttent pour trouver de la nourriture et d’autres produits de première nécessité. Pendant ce temps, les rebelles houthis ont pillé les ressources de l’Etat dans les zones sous leur contrôle et ont utilisé le système fiscal pour financer les opérations militaires au lieu des services publics.

 

Le conflit a éclaté lorsque les rebelles Houthi, alliés aux loyalistes de l’ancien président Ali Abdullah Saleh, ont réussi à évincer le gouvernement de son successeur, Abdo Rabo Mansour Hadi. L’Arabie saoudite, craignant que l’Iran ne soutienne les rebelles houthis, a formé une coalition de neuf pays – soutenue par les États-Unis et la Grande-Bretagne – qui a mené une intervention militaire et une campagne de bombardement pour rétablir Hadi au pouvoir. Les administrations Obama et Trump ont soutenu la campagne en autorisant la vente de plus de quarante milliards de dollars d’armes à l’Arabie Saoudite et en fournissant des renseignements et une assistance logistique, notamment des pétroliers américains ravitaillant les F-16 saoudiens avant qu’ils ne bombardent le Yémen.

 

Dans les derniers jours de la présidence d’Obama – alors que des groupes de défense des droits de l’homme et certains législateurs américains critiquaient le nombre de victimes civiles des bombardements saoudiens – Obama a réduit le soutien américain à la campagne aérienne saoudienne. Il a mis un terme à une vente de munitions à guidage de précision de trois cent millions de dollars, a réduit le partage de renseignements et a demandé des mises à jour de la formation pour améliorer le ciblage de l’armée de l’air saoudienne. Obama, cependant, a continué d’autres ventes d’armes aux Saoudiens qui étaient déjà engagées, et a continué à fournir un soutien logistique à la coalition. Après l’entrée en fonction du président Trump, il a supprimé les limites d’Obama et a repris les ventes d’armes américaines. En réponse à la pression internationale, l’alliance dirigée par les Saoudiens a levé le blocus des zones contrôlées par les forces gouvernementales dimanche. Mais il a continué son blocus de l’aide humanitaire aux régions contrôlées par les rebelles, y compris Hudaydah, qui compte quatre cent mille habitants et est actuellement sous le contrôle des rebelles houthis.

 

Pendant mon voyage avec l’équipe de la BBC réalisant un film , nous avons visité un camp à la périphérie de Hudaydah qui abritait quelques-uns des près de trois millions de déplacés internes vivant au Yémen. Les parents du camp ont lavé leurs enfants à l’air libre avec l’eau d’un seau, puis, habillésavec leurs vêtements, se sont lavés. Pendant que nous filmions, une vieille femme s’est approchée de moi et nous a invités chez elle, non loin du camp, qui était une petite maison en briques. À l’intérieur, un petit enfant, pâle et mince, était étendu sur un matelas par terre. « C’est ma petite-fille », nous a dit la femme. «Elle a presque deux ans.» Elle a dit que sa famille recevait moins d’aide parce qu’ils vivaient à l’extérieur du camp. « Ils aident les gens dans les camps, mais nous aussi avons tout perdu. Nous n’avons pas de nourriture pour nourrir nos enfants, pas d’argent, rien. Cette guerre a tout emporté. Dis leur.

 

Le lendemain, je suis retourné à l’hôpital de Hudaydah pour vérifier Saleha et Fateena. Des tests ont montré que l’enfant avait une méningite, une infection du cerveau et de la moelle épinière qui peut entraîner une perte auditive, des convulsions, des lésions cérébrales et même la mort. Un médecin m’a dit que la maladie est de plus en plus fréquente dans la région. Mais Saleha a dit qu’elle avait à peine de l’argent pour la nourriture, encore moins pour un traitement médical. Elle avait décidé de ramener Fateena dans son village sans traitement.

 

 

Les événements au Proche-Orient s’accélèrent comme jamais. Saad Hariri, le premier ministre du Liban, vient d’annoncer sa démission de façon insolite, depuis l’Arabie saoudite où se déroule une « révolution de palais ». En Syrie, d’importantes victoires ont été remportées par l’armée et annoncent la fin d’un conflit meurtrier. Quelle sera l’issue de cette crise politique ? Pour approfondir ces questions, nous avons interrogé l’historien et ex-ministre des finances libanais Georges Corm, auteur du livre Le Liban contemporain.

Il y a un an, les élections présidentielles permettaient au Liban de sortir d’une longue période d’instabilité institutionnelle. Comment expliquer ce coup de théâtre ?

 

Le contexte libanais était effectivement très stable. Le gouvernement constitué par Saad Hariri en décembre comprenait tous les grands partis politiques, à l’exception du parti phalangiste qui s’est érigé en parti d’opposition. Il incluait donc aussi le Hezbollah et les choses semblaient bien se passer : loi électorale et budget adoptés, en particulier. Le ton de Saad Hariri restait très modéré pour ce qui concerne la politique iranienne et celle du Hezbollah, partie à son gouvernement.

 

Son rappel en Arabie saoudite trois jours après une visite qu’il y avait fait effectuée et son départ précipité sans que personne de son entourage ou des ministres libanais ne l’accompagne montre qu’il s’est agi d’une démission forcée faite en Arabie saoudite, comme tout le prouve, dans un contexte du coup d’État qui se déroule dans ce pays.

 

Cette démission s’est produite en Arabie Saoudite, où une crise inédite vient d’avoir lieu, avec la mise à l’écart d’une partie du gouvernement.

 

Le prince héritier, encouragé par le président américain, est en train de changer le régime de cette royauté vermoulue. Il liquide de très nombreux membres de la famille royale, intimide les grands hommes d’affaires du pays et change en fait le régime politique en devenant le dictateur unique du royaume, alors que la règle principale de la famille royale jusqu’ici était une direction de type collégial et un consensus entre les aînés des différentes branches de la famille.

 

Les changements qui se déroulent visent aussi à mener une « dé-wahhabisation » et une dé-radicalisation religieuse du royaume ; ainsi la permission accordée aux femmes de conduire une voiture, le rétablissement des loisirs en public, notamment, mais aussi l’abolition des consultations avec les cheikhs de l’establishment religieux.

 

Que révèle selon vous le fait que Hariri ait démissionné depuis un pays étranger et y soit resté à ce jour ?

 

Il ne fait plus aucun doute que le premier ministre est en résidence forcée en Arabie saoudite. La prestation télévisée faite hier soir avec une journaliste libanaise travaillant à la station de télévision de son parti a confirmé aux téléspectateurs avertis son statut de séquestré (phrases mécaniques et répétitives, visage émacié et plein de tristesse, son besoin de verres d’eau toutes les quelques minutes).

 

Peut-on établir un lien entre ce qui s’est passé et le dénouement de la guerre en Syrie qui se profile à l’horizon ?

 

Oui, cela n’est pas à exclure, la situation en Syrie ayant nettement tourné au profit du gouvernement légal de la Syrie. Il peut s’agir d’une forme de représailles de la part de l’Arabie saoudite qui a été avec le Qatar le principal financeur des mouvements terroristes en Syrie.

 

Il faut aussi rappeler le boycott de l’émirat du Qatar par l’Arabie saoudite et les membres du Conseil de coopération du Golfe, qui ne fait aucun sens, sinon celui de se défausser sur le petit émirat de l’échec de la politique en Syrie.

 

Quelles ont été les premières réactions des différentes forces politiques qui composaient le gouvernement Hariri ?

 

En dehors de quelques voix extrémistes issues du Courant du futur, parti de M. Hariri, la grande majorité des partis politiques libanais, y compris celui de M. Hariri, réclament avec force le retour du premier ministre.

 

L’un des ténors du Courant du futur, le ministre de l’intérieur, a fait des déclarations très fortes disant à l’Arabie saoudite qu’au Liban les choses ne se passaient pas comme en Arabie saoudite et que les Libanais ne sont pas un troupeau de moutons.

 

Quel effet pourrait avoir lieu dans la société libanaise l’appel au retour par l’Arabie de ses ressortissants ?

 

Aucun, car depuis 2011 ou 2012, ils ont été rappelés et il a été demandé aux Saoudiens de ne plus se rendre au Liban. Cela n’a dû concerner que quelques centaines d’individus. Plus grave pour le Liban serait l’expulsion des 250 000 ressortissants libanais travaillant en Arabie saoudite.

 

Mais une telle mesure causerait de graves dommages à l’économie saoudienne car la communauté libanaise dans ce pays y joue un grand rôle économique ; il ne s’agit pas de travailleurs pauvres, mais d’hommes d’affaires et de techniciens et cadres de haut niveau. Leur départ contribuerait à paralyser encore plus l’économie saoudienne, mise à mal par la chute des prix du pétrole et les événements intérieurs actuels.

 

Depuis notamment l’invasion de l’Irak par les USA en 2003, le Proche-Orient est le théâtre de nouvelles ingérences par des puissances étrangères et régionales, que les médias présentent souvent sous la forme de rivalités interconfessionnelles. Dans votre récent ouvrage « Pensée et politique dans le monde arabe » vous dénoncez la notion de « choc des civilisations » comme étant contraire à la réalité pluriconfessionnelle du monde arabe. Quelle influence a la grille de lecture fabriquée par les pétromonarchies dans votre pays ?

 

En réalité la grille de lecture des pétromonarchies est la même que celle des États-Unis et des milieux de l’OTAN. Tout s’expliquerait par un conflit entre « bons » sunnites et « méchants » chiites que l’Iran manipulerait à sa guise (soit un conflit de type civilisationnel). Depuis l’arrivée de Trump à la présidence des États-Unis, la démonisation de l’Iran a pris des proportions hystériques. Le gouvernement américain estime que la source du terrorisme islamique dans le monde est l’Iran (et non point ses alliés des pétromonarchies), ce qui est évidemment contradictoire aux faits actuels sur le terrain.

 

La politique saoudienne, devenue elle aussi hystérique, ne fait que refléter la politique américaine actuelle. Ce sont aussi à mon avis les Etats-Unis qui exigent aujourd’hui la « dé-wahhabisation » de l’Arabie saoudite. Pour le Liban, le biais anti-chiite de l’Arabie saoudite n’est pas nouveau. Il s’était déjà exprimé en 2006 lors de l’attaque israélienne sauvage contre le Liban où le royaume avait blâmé le Hezbollah pour son aventurisme et non l’État d’Israël qui, du fait d’un incident de frontière, avait déclenché une attaque de très grande envergure contre le Liban.

 

Aujourd’hui, l’Arabie saoudite sous prétexte de lutter contre l’influence chiite et l’Iran détruit le Yémen avec des bombardements continus depuis 2015, un siège de ses ports, une épidémie redoutable de choléra qui en a résulté, dans un silence assourdissant de la communauté internationale. La justification de cette guerre intolérable par la nécessité de combattre l’influence d’un « triangle chiite » subversif au Moyen-Orient est une feuille de vigne idéologique pour justifier la politique saoudo-américaine dans la région. J’aime à rappeler ici que c’est l’Irak sous influence des pétromonarchies et des États-Unis qui a tenté en 1980 d’envahir l’Iran et lui a déclaré la guerre et non l’inverse.

 

On pourrait pour être plus proche des réalités du terrain, résumer la situation en disant que nous sommes dans l’affrontement de deux blocs géopolitiques : celui de l’OTAN d’un côté et l’axe contestataire de la suprématie américaine du monde, soit celui de la Chine, de la Russie et de l’Iran, de l’autre. La Syrie et aujourd’hui le Yémen ont été victimes de cet affrontement ; le Liban avec son premier ministre kidnappé pour son manque d’activisme anti-iranien en souffre lui aussi.

 

Seuls les naïfs, victimes des grands médias occidentaux et arabes sous influence occidentale, peuvent penser qu’il s’agit d’une lutte entre « sunnites » et » chiites ».

 

Georges Corm et Alex Anfruns

»» https://www.investigaction.net/fr/corm-seuls-les-naifs-pensent-quil-sa...

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Révélation : Les Saoudiens envisageraient d’abandonner la Palestine en échange d’une guerre contre l’Iran

 

Les tyrans de l’Arabie Saoudite ont le projet de vendre la Palestine. Cela leur semble le seul moyen d’obtenir le soutien des États-Unis pour leur campagne fanatique contre l’ennemi iranien.

 

Un mémorandum interne saoudien transmis au journal libanais Al-Akhbar, en révèle les principaux éléments. (Note : L’authenticité du mémo n’a pas été confirmée. En théorie, il pourrait s’agir d’un « faux » envoyé au journal par un autre camp, mais Al-Akhbar a la réputation de publier de vrais documents fuités et je fais confiance au jugement de ses éditeurs.)

 

Selon le mémo, les Saoudiens sont prêts à renoncer au droit du retour des Palestiniens. Ils renoncent aussi à la souveraineté palestinienne sur Jérusalem et n’insistent plus sur la création d’un véritable Etat palestinien. En échange, ils demandent une alliance (militaire) américano-saoudo-israélienne contre leur soi-disant ennemi de l’est du golfe Persique.

 

Il y a eu des négociations sur la question entre les Saoudiens et les sionistes sous l’égide des États-Unis. Le « conseiller » que Netanyahou et Trump « partagent, l’enfant prodige, Jared Kushner », est le pivot de ces négociations. Il a fait au moins trois voyages en Arabie Saoudite cette année, le dernier très récemment.

 

Les opérations saoudiennes du mois dernier, à la fois contre l’opposition interne du clan Salman et contre le Hezbollah au Liban, doivent être analysées dans le contexte de la préparation d’un plan plus large. Pour récapituler :

 

• La semaine dernière, l’actuel chef des Palestiniens, Mahmoud Abbas, a été convoqué à Riyad. Là, on lui a dit d’accepter tout ce qui sera présenté comme un plan de paix américain ou de démissionner. On lui a ordonné de couper tous les liens palestiniens avec l’Iran et le Hezbollah :

 

Depuis ces mises en garde qui pourraient menacer le nouvel accord d’unité palestinienne signé par le Fatah et le Hamas soutenu par l’Iran dans la bande de Gaza, les médias palestiniens ont manifesté une rare unité en attaquant tous l’Iran dans leurs colonnes.

 

• Le 6 novembre, une lettre du Premier ministre israélien Netanyahou aux ambassades israéliennes a été intentionnellement « fuitée ». Dans ce document, Netanyahou commande à ses diplomates de solliciter partout le total soutien aux projets saoudiens contre le Liban, le Yémen etc. Le même jour, Trump a tweeté :

 

Donald J. Trump @realDonaldTrump - 15:03 - 6 nov. 2017


J’ai toute confiance dans le roi Salman et le prince héritier d’Arabie Saoudite, ils savent exactement ce qu’ils font ...

 

(Le tweet a fait l’objet d’une énorme promotion de la part des bots Twitter saoudiens.)

 

• Le tyran saoudien a enlevé le premier ministre libanais, Saad Hariri, et déclaré la guerre au Liban. Son but est de chasser ou isoler le Hezbollah, la résistance chiite du Liban qui est alliée à l’Iran et s’oppose aux projets saoudiens pour la Palestine.

 

• Le 11 novembre, le New York Times a mentionné la rédaction d’un « plan de paix » par les États-Unis, mais il a fourni peu de détails. Les chances de réussite d’un tel plan sont considérées comme faibles.

 

Le journal libanais de gauche Al-Akhbar s’est procuré une copie du plan (en arabique) sous la forme d’un mémorandum du ministre saoudien des Affaires étrangères Adel Al-Jubeir au prince-clown saoudien Mohammed Bin Salman (traduction automatique en anglais) :

 

Le document, qui est dévoilé pour la première fois, prouve tout ce qui a été divulgué depuis la visite du président Trump en Arabie Saoudite en mai dernier sur les efforts américains pour qu’un traité de paix soit signé entre l’Arabie saoudite et Israël.

 

On a eu ensuite des informations sur les rencontres entre Riyad et Tel Aviv, la plus importante étant la visite du prince héritier saoudien à l’entité sioniste.

 

Le document révèle l’importance des concessions que Riyad a l’intention de faire pour aider à liquider la question palestinienne, et son souci d’obtenir en retour de l’aide contre l’Iran et la résistance menée par le Hezbollah.

 

La note du ministère saoudien des Affaires étrangères commence par un exposé de la stratégie prévue :

 

Pour contrer l’Iran en augmentant les sanctions contre les missiles balistiques et en reconsidérant l’accord nucléaire, le Royaume a affirmé dans l’accord de partenariat stratégique avec le président américain Donald Trump qu’un effort conjoint américano-saoudien était la clé du succès.
...
Le rapprochement de l’Arabie Saoudite avec Israël comporte le risque de mécontenter les peuples musulmans du Royaume, car la cause palestinienne est un héritage spirituel, historique et religieux. Le Royaume ne prendra pas ce risque à moins d’être sûr que les États-Unis partagent sincèrement leur approche envers l’Iran qui déstabilise la région en parrainant le terrorisme, en menant des politiques sectaires et en s’ingérant dans les affaires des autres.

 

Le document saoudien décrit les étapes du processus vers un accord en cinq points :

 

Premièrement : les Saoudiens exigent la « parité des relations » entre Israël et l’Arabie Saoudite. Sur le plan militaire, ils exigent qu’Israël renonce à ses armes nucléaires ou que l’Arabie saoudite soit autorisée à en acquérir.

 

Deuxièmement : En échange, l’Arabie saoudite utilisera son pouvoir diplomatique et économique pour faire accepter le « plan de paix » entre Israël, les Palestiniens et les pays arabes concocté par États-Unis. Les Saoudiens feront pour cela des concessions extraordinaires, selon le mémo :

 

• La ville de Jérusalem ne deviendrait pas la capitale d’un Etat palestinien mais serait soumise à un régime international spécial administré par les Nations Unies. 


• Le droit au retour des réfugiés palestiniens qui ont été violemment expulsés par les sionistes serait abandonné. Les réfugiés deviendraient citoyens des pays où ils résident actuellement (aucune demande d’une pleine souveraineté pour un État palestinien n’est mentionnée).

 

Troisièmement : lorsque l’Arabie Saoudite et les États-Unis (Israël) se seront mis d’accord sur les « principes généraux de la solution finale » pour la Palestine, une réunion de tous les ministres des Affaires étrangères de la région serait organisée pour qu’ils les soutiennent. Des négociations finales suivraient.

 

Quatrièmement : En coordination et en coopération avec Israël, l’Arabie saoudite utiliserait son pouvoir économique pour convaincre le public arabe d’accepter le plan. On trouve dans le texte une remarque exacte : « Au début de la normalisation des relations avec Israël, la normalisation ne sera pas acceptée par l’opinion publique dans le monde arabe. » Le plan consiste donc essentiellement à soudoyer les Arabes pour qu’ils l’acceptent.

 

Cinquièmement : Le conflit palestinien détourne l’attention du vrai problème que les dirigeants saoudiens ont dans la région, à savoir l’Iran : « Par conséquent, les parties saoudienne et israélienne sont d’accord sur ce qui suit :

 

1. contrecarrer toutes les activités qui servent les politiques agressives de l’Iran au Moyen-Orient. L’affinité de l’Arabie saoudite avec Israël doit s’accompagner d’une position américaine sincère contre l’Iran.


2. Augmenter les sanctions américaines et internationales liées aux missiles balistiques iraniens.


3. Augmenter les sanctions contre le financement iranien du terrorisme dans le monde.


4. Réexaminer le groupe (cinq + 1) dans l’accord nucléaire avec l’Iran pour assurer la mise en œuvre littérale et stricte de ses dispositions.


5. Limiter l’accès de l’Iran à ses actifs gelés et exploiter la détérioration de la situation économique iranienne pour augmenter la pression intérieure sur le régime iranien.


6. Une coopération intensive en matière de renseignement dans la lutte contre le crime organisé et le trafic de drogue de l’Iran et du Hezbollah. »

 

"Le mémo est signé par Adel al-Jubeir. (Mais qui étaient les « conseillers » qui le lui ont dicté ?)

 

Le plan américain pour la paix en Palestine est de contraindre les Palestiniens et les Arabes à faire tout ce que veut Israël. Les Saoudiens accepteront tout, en posant de très légères conditions, si les États-Unis et Israël les aident à se débarrasser de leur ennemi juré, l’Iran. Mais tout cela est impossible. Ni Israël ni les États-Unis n’accepteront une « parité de relations » avec l’Arabie saoudite. L’Arabie Saoudite n’a rien de ce qu’il lui faudrait pour devenir un État dominant du Moyen-Orient arabe.

 

L’Iran ne peut pas être vaincu.

 

L’Iran est au cœur du mouvement chiite et au cœur de la résistance à l’impérialisme « occidental ». Les populations chiites et sunnites au Moyen-Orient (ex-Égypte) sont d’importance à peu près égale. L’Iran a environ quatre fois plus de citoyens que les Saoudiens. Il est beaucoup plus ancien et lettré que l’Arabie Saoudite. Il a une population éduquée et des capacités industrielles bien développées. L’Iran est une nation, pas un conglomérat de tribus du désert comme l’est la péninsule arabique sous al-Saoud. Sa position géographique et ses ressources le rendent invincible.

 

Pour vaincre l’Iran, les Saoudiens ont lancé des guerres par procuration en Irak, en Syrie, au Yémen et maintenant au Liban. Ils avaient besoin de soldats au sol pour gagner ces guerres. Les Saoudiens ont recruté et envoyé se battre les seuls mercenaires qu’ils ont trouvé. Leurs hordes de fanatiques d’al-Qaïda et de l’EI ont été vaincues. Des dizaines de milliers d’entre eux ont été tués sur les champs de bataille en Irak, en Syrie et au Yémen. Malgré une campagne de mobilisation mondiale, presque toutes leurs forces disponibles ont été vaincues par les résistances locales sur le terrain. Ni l’Etat colonial, ni les Etats-Unis, ne sont disposés à envoyer leurs soldats se battre pour la suprématie saoudienne dans la région.

 

Le plan de l’administration Trump pour parvenir à la paix au Moyen-Orient soulève beaucoup d’espoir mais il ne tient pas compte de la situation concrète. Les Saoudiens promettent de soutenir le plan américain si l’Administration de Trump accepte de combattre leur ennemi juré, l’Iran. Mais les deux chefs sont aussi limités qu’impulsifs et leurs plans ont peu de chance de réussir. Ils tenteront quand même de les mener à bien en faisant énormément de dommages collatéraux. L’entité sioniste n’a nullement besoin de faire la paix. Elle montre déjà peu d’empressementà accepter ce plan de paix et elle essaiera uniquement d’en tirer un profit personnel.

 

Moon of Alabama

Traduction : Dominique Muselet

»» www.moonofalabama.org/2017/11/the-saudi-tyrants-devilish-plan-sell-out...
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Saâd Hariri, une démission et des interrogations

 

« La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. » Carl Von Clausewitz, officier prussien.

 

Une étrange information, le Premier ministre libanais démissionne et annonce cela à partir de Riyadh et ceci sans consulter personne ni donner d’explication viable. Les acteurs sont connus et la reprise en main par Damas de ses régions, signe le déclin de l’Etat islamique et du même coup de la perte de puissance de l’axe sunnite Arabie saoudite- Turquie et d’Israël - Etats-Unis. L’Iran et le Hezbollah libanais sont plus que jamais les Satan de rechange

 

Première salve de la guerre saoudienne contre le Hezbollah

 

« Sombres jours pour le Liban ? Oui, lit-on sur le site Moon Of Alabama, la guerre arrive au Liban. » C’est par ce titre inquiétant que le site Moon of Alabama évoque le Liban. « (...) Aujourd’hui, le Premier ministre libanais Saad Al-Hariri a démissionné en faisant une déclaration écrite par l’Arabie saoudite sur la chaîne de télévision saoudienne Al Arabia. C’était la première salve. L’axe saoudo-israélo-américain perdra cette guerre et c’est l’Iran et la Russie qui vont y gagner. » Au début de la semaine, Thamer al-Sabhan, le ministre saoudien extrêmement sectaire des Affaires du Golfe, avait menacé le Hezbollah libanais et annoncé une surprise : il a appelé lundi à « renverser le Hezbollah » et a annoncé des « développements étonnants » dans les « jours à venir ». Se référant à son tweet de dimanche sur le gouvernement libanais, le ministre a déclaré : « J’ai envoyé ce tweet au gouvernement parce que le parti de Satan (Hezbollah) y est représenté et que c’est un parti terroriste. Le problème n’est pas de renverser le gouvernement, mais plutôt de renverser le Hezbollah. » (1)

 

Pendant qu’il y avait des combats en Syrie et en Irak, le Liban était en paix. Maintenant que ces guerres se terminent, les luttes par procuration reprennent au Liban. Joseph Bahout l’avait prédit à la mi-octobre : « Au niveau régional, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis cherchent maintenant un autre endroit d’où ils pourraient défier et faire saigner l’Iran pour compenser la perte de la Syrie. Le violent désir de renverser la donne régionale pourrait les amener à tenter de reprendre pied au Liban. Les États du Golfe, Israël et les États-Unis ne veulent pas que l’Iran récolte les fruits d’une victoire en Syrie. S’ils cherchent à rééquilibrer la relation régionale avec Téhéran au Moyen -Orient, le seul endroit pour le faire serait le Liban, malgré les nombreux risques que cela comporterait. Dans un tel cas, et malgré sa réticence à mettre en péril son sanctuaire libanais, le Hezbollah pourrait ne pas avoir d’autre choix que d’accepter le défi, surtout s’il a une composante israélienne. La politique libanaise est organisée selon un accord compliqué. Le camp sunnite, financé par les Saoudiens, occupe le poste de Premier ministre. Le poste de président est occupé par l’ancien général chrétien Michel Aoun. Le poste de président du Parlement est occupé par le leader du mouvement chiite Amal Nabih Berri. (...) Hariri avait récemment nommé un ambassadeur libanais en Syrie. Hier, Hariri a reçu la visite à Beyrouth d’Ali Velayati, un haut conseiller de Khamenei, le chef suprême d’Iran. Les Saoudiens n’ont apprécié ni l’un ni l’autre l’événement. Le plan de Thamer a été mis en marche. Ils ont envoyé un jet privé et ramené Hariri à Riyad. Là, le prince clown saoudien Mohammed ben Salmane Al Saoud a donné à Hariri la lettre de démission (écrite par Thamer ?) qu’il a lue à la TV saoudienne. » (1)

 

A quoi joue l’Arabie saoudite de Mohammed ben Salmane Al Saoud ?

 

On dit que l’Arabie saoudite est derrière ce scénario diabolique. Le prince Mohamed Ibn Selman, maître omnipotent depuis qu’il a isolé son cousin anciennement prince héritier, est atteint d’hubris. Il veut tout régenter aidé en cela par la maladie de son père qui lui laisse les coudées franches. Les médias français aux ordres notamment français ne tarissent pas d’éloges et s’extasient hypocritement devant sa modernité qui consiste à présenter les avancées fantastiques comme pour la femme de conduire une voiture et en fait démolir en creux les fondements bien compris de l’Islam – pas celui du « wahhabisme » oublient que c’est la Turquie qui la première octroya le droit de vote aux femmes. Naturellement, pas un mot sur le génocide à bas bruit au Yémen et ce n’est pas parce que les médias occidentaux n’en parlent pas qu’il ne se passe rien et que tout va bien. Au contraire, c’est le chaos. En réalité, lit-on sur la contribution suivante : « Cette démission relève d’un plan concerté mis au point conjointement par le prince héritier Mohamed ben Salman et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu visant à stopper les progrès enregistrés jusqu’ici par le Hezbollah libanais et ses alliés syrien et iranien dans la région. Cette démission coïncide également avec le renforcement d’une campagne médiatique féroce, menée tambour battant par toutes les chaînes satellitaires arabes inféodées au régime de Ryad, visant comme d’habitude l’Iran et la Syrie, mais également ce qui est présenté comme le terrorisme au Liban. Le renforcement des relations stratégiques entre l’Arabie saoudite et Israël vise à ramener le Liban dans le giron saoudien, quitte à l’expédier à l’âge de pierre à coups de bombes, stopper l’avancée des troupes syriennes et iraniennes au Levant et enfin à empêcher toute jonction entre les forces armées syriennes et les forces irakiennes Engagée dans une désastreuse campagne militaire au Yémen, engagée dans la guerre en Syrie et intervenant dans les coulisses des sables mouvants de la politique irakienne, l’Arabie saoudite perçoit l’Iran comme son ennemi mortel et n’hésitera pas à soutenir une nouvelle agression israélienne contre le Liban visant les infrastructures du Hezbollah libanais. » (2)

 

Les conséquences prévisibles

 

L’un des premiers gouvernements à réagir et pour cause est celui de la France. Comme lu sur le site voltairenet.org. Le gouvernement français est intervenu auprès du prince héritier saoudien, Mohamed ben Salmane, pour qu’il libère le Premier ministre libanais, Saâd Hariri, actuellement aux arrêts à l’hôtel Ritz de Riyad avec plusieurs des personnalités arrêtées lors du coup de Palais. Il est impossible de le joindre. Monsieur Hariri a annoncé depuis l’hôtel Ritz qu’il démissionnait de ses fonctions au Liban. Cependant, selon la Constitution libanaise, il reste en charge des affaires courantes dans l’attente de son successeur. (3)

 

« Il est évident que les premiers à en souffrir, seront les Libanais, de ce vide. « Le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a pris la défense de Saâd Hariri, leader de la Coalition opposée à son parti. Il a dénoncé une ingérence saoudienne dans les affaires libanaises. Le président Michel Aoun a réuni un Conseil de défense au palais de Babda pour déterminer les réactions à la disparition inattendue du Premier ministre. Il ne semble pas considérer comme valide une démission par téléphone et ne devrait en tenir compte que si le Premier ministre revenait au Liban la lui annoncer en personne. Dans sa lettre de démission écrite par les Saoudiens il accuse l’Iran d’ingérence étrangère dans la politique libanaise. La démission de Hariri a pour but de provoquer une crise constitutionnelle au Liban et d’empêcher de nouvelles élections parlementaires. Voilà la suite probable du plan saoudien (1) :

 

L’administration Trump annoncera de nouvelles sanctions contre le Hezbollah et contre le Liban.

 

Le gouvernement saoudien infiltrera au Liban une partie de ses combattants par procuration d’Al-Qaïda/EI de Syrie et d’Irak Il financera des opérations terroristes libanaises locales.

 

Des extrémistes sunnites se livreront à des nouvelles tentatives d’assassinat, à des attentats terroristes et à des émeutes contre les chrétiens et les chiites au Liban.

 

Les États-Unis essayeront de pousser l’armée libanaise à déclarer la guerre au Hezbollah.

 

Israël tentera de provoquer le Hezbollah et de détourner son attention avec de nouvelles machinations à la frontière libanaise et à la frontière syrienne. Mais il n’entamera PAS une vraie guerre.

 

Pour le site Moon of Alabama le plan a peu de chances de réussir pour plusieurs raisons :

 

Le peuple libanais dans son ensemble ne veut pas d’une nouvelle guerre civile.


L’armée libanaise ne s’impliquera pas avec un camp ou un autre et au contraire tentera de maintenir le calme partout.

 

Les sanctions contre le Hezbollah frapperont tout le Liban, y compris les intérêts sunnites.

 

Un nouveau Premier ministre sunnite sera installé à la place de la marionnette saoudienne qui a démissionné. Le Liban constituera un nouveau marché pour les Russes et les Iraniens. » (1)

 

« Les compagnies russes s’engageront dans l’extraction gazière et pétrolière libanaise en Méditerranée et remplaceront les Etats-Unis. Le plan saoudo/américano/israélien contre le Hezbollah a tout l’air d’une crise de rage impuissante provoquée par leur défaite en Syrie et en Irak. « Les troupes irakiennes ont, malgré les protestations des Etats-Unis, débarrassé les zones frontalières avec la Syrie de l’EI. Des milices irakiennes ont franchi la frontière pour aider les troupes syriennes à reprendre Abu Kamal, le dernier endroit contrôlé par l’EI. Cela ouvrira enfin une route directe de la Syrie vers l’Irak et au-delà. (...) L’Etat islamique parrainé par l’Arabie saoudite en Irak et en Syrie a été anéanti (...) L’Irak a retrouvé sa souveraineté nationale. Il a vaincu l’EI, empêché les Kurdes de s’approprier une partie du territoire arabe, et déjoué toutes les tentatives de relancer une guerre civile. (...) il est très probable que la puissante alliance de la Syrie, de l’Iran, de la Russie et du Hezbollah remportera la guerre. (...) Les efforts maniaques des Saoudiens et des Etats-Unis pour contrecarrer une prétendue influence iranienne (et russe), ont permis à l’Iran (et à la Russie) d’améliorer et de sécuriser leur situation bien mieux qu’ils n’auraient jamais pu l’espérer autrement. » (1)

 

Une nouvelle guerre au Moyen-Orient ?

 

C’est de notre point de vue, un vœu pieux, l’Empire et Israël ne laisseront pas les Russes redessiner la carte de l’énergie au Moyen-Orient. C’est aussi l’analyse lucide de différents spécialistes. Sous la plume du spécialiste du Moyen-Orient Richard Labévière nous lisons les mêmes conclusions concernant l’axe américano-saoudo-israélien contre la coalition syrie-Irak-Hezbollah-Russie : « (...) Cette décision spectaculaire fait suite à l’appel du président américain Donald Trump, lancé le 20 mai dernier depuis Riyad, d’« isoler l’Iran ». Avec la libération de Deir ez-Zor par l’armée gouvernementale syrienne, l’opposition armée et ses soutiens sunnites – Arabie saoudite, Qatar, Emirats arabes unis, Koweït, etc. – sont aux abois. En reprenant le contrôle des régions de l’est de la Syrie, l’armée syrienne et ses alliés, non seulement libèrent des zones pétrolières qui seront essentielles pour la reconstruction du pays, mais surtout opèrent leur jonction avec les forces de Bagdad sur la frontière avec l’Irak, une bande de quelque 650 kilomètre entre la Jordanie et la Turquie.(...) Dieu ez-Zor était le dernier centre aux mains de Dae’sh en Syrie, depuis la chute de Rakka mi-octobre. » (4)

 

« Malgré les protestations américaines, les troupes irakiennes ont débarrassé les zones frontalières avec la Syrie de l’essentiel des groupes salutistes. Des milices irakiennes ont même franchi la frontière pour aider les troupes syriennes à reprendre Abu Kamal, la dernière localité contrôlée par Dae’ch. Il est certain que cette jonction favorisera une collaboration militaire entre la Syrie et l’Irak, cauchemar de Washington, de Tel-Aviv et de Riyad ». « Parrainé par l’Arabie saoudite en Irak et en Syrie, Daech a, donc été anéanti, L’Irak a retrouvé sa souveraineté nationale et la Syrie est en passe de reconquérir la sienne. Une dynamique de revanche et de nouveaux irrédentismes. (...) Les propos de Benjamin Netanyahu, le 5 novembre à la BBC, confirment involontairement cette évolution et la défaite de l’axe américano-israélo-saoudien : « La démission de Sand Hariri veut dire que le Hezbollah a pris le pouvoir, ce qui signifie que l’Iran a pris le pouvoir. Ceci est un appel à se réveiller ! Le Moyen-Orient vit une période extrêmement dangereuse où l’Iran mène une tentative pour dominer et contrôler toute la région... Quand tous les Arabes et les Israéliens sont d’accord sur une chose, le monde doit l’entendre. Nous devons stopper cette prise de contrôle iranienne ». Dans tous les cas de figure, chaque fois qu’une nouvelle menace cible l’Iran, c’est le Liban qui trinque. » (4)

 

« La démission surprise de Sand Hariri parachève une révolution de palais qui intervient en pleine reprise des négociations internationales sur la Syrie. En visite en Iran, le 1er novembre dernier, Vladimir Poutine a confirmé sa détermination à poursuivre le processus d’Astana par une prochaine réunion des différentes composantes de l’opposition à Sotchi. Au début de la semaine, Thamer al-Sabhan, le ministre saoudien des Affaires du Golfe, avait menacé le Hezbollah libanais et annoncé des surprises à venir. (...) Dimanche soir, lors d’une allocution télévisée, le secrétaire général du Hezbollah s’est montré rassurant en soulignant que « l’escalade politique verbale ne change rien à la réalité régionale ». Il a appelé les Libanais au calme et à ne pas céder à trois rumeurs colportées par ceux qui cherchent à provoquer une crise constitutionnelle : un projet d’assassinat contre Saâd Hariri, une frappe israélienne et un plan saoudien pour attaquer le Liban « Avant même l’annonce de la démission de Sapad Hariri, Samir Geagea - le patron des Forces libanaise (FL) – avait, lui-aussi multiplié les attaques en direction du Hezbollah. Toujours en phase avec Tel-Aviv et Riyad, le leader d’extrême-droite cherchera, sans doute, à tirer profit de la situation pour affaiblir ses concurrents du camp chrétien en se présentant comme la seule alternative possible à la succession du président Michel Aoun. » (4)

 

« D’autres conséquences sont à craindre. L’administration américaine pourrait en profiter pour annoncer de nouvelles sanctions contre le Hezbollah et le Liban. L’Arabie saoudite continuera à infiltrer au Liban une partie de ses combattants de la Qaïda et de Dae’ch en Syrie et en Irak. Comme depuis plusieurs décennies, la monarchie wahhabite financera de nouvelles opérations terroristes au Liban et dans d’autres pays de la région. » (4)

 

Conclusion

 

On le voit, une nouvelle géopolitique tente de se mettre en place après le domino syrien qui n’est pas tombé. La première « manche » – ce mot est tragique il s’agit de la mort de centaines de milliers de personnes qui ne savent pas pourquoi ces stratégies à leur encontre – s’achève près de 200 000 morts syriens pour rien, un pays exsangue, mais debout,. Le peuple libanais qui a tant souffert de la guerre interconfessionnelle dans une guerre qui a duré 15 ans au milieu des années soixante dix attend d’une façon inquiète la nouvelle confrontation qui se dessine du fait du rôle diabolique de l’Arabie saoudite guidée par Mohamed Ibn Salman, un Schwarzkopf au petit pied qui veut -avec sa coalition de pieds nickelés – faire le job pour le compte de l’Empire et d’Israël croyant de ce fait, dominer l’Iran, pays qui investit dans le savoir et ne compte pas sur les pétrodollars et le parapluie américain. Pendant ce temps, la cause palestinienne s’enfonce, disparaît de plus en plus des écrans radar ; C’est tout béent pour Israël devant l’anomie du monde et dire que le roi Fayçal ne désespérait pas d’aller prier à Jérusalem dans la mosquée de Omar. Sombre jour, un nouveau feuilleton s’écrit. La variable d’ajustement sera à n’en point douter le Liban.

 

Chems Eddine CHITOUR

1.http://www.moonofalabama.org/2017/11/lebanon-hariris-resignation-the-o...
2.https://strategika51.wordpress.com/2017/11/05/la-demission-du-premier-...
3. http://www.voltairenet.org/article198635.html
4. http://prochetmoyen-orient.ch/liban-demission-hariri-contre-iran/

 

8 Novembre 2017

URL de cet article 32552 

Arabie Saoudite - Le « réformateur libéral » est un tyran impulsif

Il devient de plus en plus difficile de dissimuler le bazar engendré par le prince clown saoudien Mohammed ben Salmane Al Saoud. La propagande sur le « réformateur libéral » est trop éloignée de son comportement manifestement tyrannique.

 

Le prince clown de la Barbarie saoudienne a pratiquement enlevé le Premier ministre libanais, l’a obligé à démissionner de ses fonctions en lui faisant du chantage, et le maintient depuis en résidence surveillée. C’est une attaque sans précédent contre la souveraineté du Liban et de tous les autres pays. Pourtant, les Etats-Unis et certains dirigeants européens prétendent lâchement que Saad Hariri est libre d’aller où il veut.

Un responsable français a déclaré que le Premier ministre libanais, Saad Hariri, avait dit à des ambassadeurs étrangers qu’il n’était pas prisonnier en Arabie saoudite où il se terre depuis son étrange démission.

Un responsable du bureau du président français Emmanuel Macron a déclaré vendredi que les ambassadeurs français et étasunien en Arabie saoudite avaient rencontré Hariri, et que Hariri « dit qu’il n’est pas prisonnier, le prince (héritier saoudien) dit qu’il n’est pas prisonnier ».

Macron a effectué une visite surprise en Arabie saoudite jeudi soir et a rencontré le prince héritier, notamment au sujet de la montée des tensions au Liban, un ancien protectorat français.

Hariri n’est peut-être pas « prisonnier », mais il n’est pas plus libre de quitter sa résidence actuelle que Julian Assange, n’est libre de quitter l’ambassade d’Équateur à Londres.

 

Macron n’a même pas rencontré Hariri, il a filé tout droit aux Émirats arabes unis pour signer la venteinattendue de deux corvettes françaises. Le président des EAU, Mohammed bin Zayed, est le mentor du prince clown saoudien Mohammed bin Salman. Macron a encaissé les trente deniers et a abandonné Hariri et le Liban à leur sort.

 

Il est évident que Hariri ne s’est pas rendu en Arabie Saoudite samedi dernier avec l’intention de démissionner de son poste.

Hariri avait prévu des réunions à Beyrouth le lundi suivant – avec le FMI, la Banque mondiale, et une série de discussions sur l’amélioration de la qualité de l’eau ; ce n’est pas exactement le planning d’un homme qui a prévu de démissionner de son poste de Premier ministre.

La version ci-dessous de la rencontre de Hariri avec l’ambassadeur des États-Unis et de la France est différente de la version officielle citée plus haut :

M. Hariri, qui est citoyen du Liban et de l’Arabie saoudite, a rencontré les ambassadeurs de Grande-Bretagne et de l’Union européenne et le chargé d’affaires de l’ambassade des EU, mercredi et jeudi, à sa résidence de Riyad. D’autres diplomates occidentaux, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, ont déclaré que ces envoyés avaient eu, eux aussi, le sentiment qu’il ne pouvait pas s’exprimer librement.

Même le porte-parole du département d’État a laissé échapper que Hariri n’est pas libre d’aller où il veut :

« Nous l’avons vu. En ce qui concerne les conditions de sa détention ou les conversations entre l’Arabie saoudite et le Premier ministre Hariri, il faut vous adresser au gouvernement de l’Arabie saoudite et au bureau de M. Hariri. »

Le parti politique de M. Hariri au Liban s’est joint à son ennemi, le Hezbollah, et au président chrétien Aoun pour demander à Hariri de revenir et de s’expliquer devant le peuple libanais :

« Le retour du chef du gouvernement libanais, du leader national et du chef du mouvement al-Mustaqbal, Saad Hariri, est nécessaire pour rétablir le respect de l’équilibre libanais à l’intérieur du pays comme à l’étranger, dans le plein respect de la légitimité libanaise incarnée par la Constitution et l’Accord de Taëf, et dans le respect des légitimités arabes et internationales », a déclaré Mustaqbal dans une déclaration publiée à l’issue d’une réunion d’urgence de son bloc parlementaire et son bureau politique.

Les Saoudiens ont dit à leurs citoyens de quitter le Liban. Leurs alliés, le Koweït, les EAU et Bahreïn ont suivi. Il y a eu quatre recommandations de ce type au cours des cinq dernières années et la décision n’est pas importante en soi. Si les Saoudiens se mettaient à bloquer le flux d’argent du Golfe vers le Liban ou autre chose de ce genre, les dommages économiques seraient bien plus importants pour le Liban. Si les pays du Golfe expulsaient les travailleurs libanais, les dommages économiques seraient énormes pour le Liban. Mais ces travailleurs libanais sont les gens qui dirigent les entreprises dans les États du Golfe. Sans les 160 000 libraires et gestionnaires libanais, l’économie saoudienne s’effondrerait probablement.

 

Tout cela ressemble comme deux gouttes d’eau à la grotesque campagne saoudienne contre le Qatar. Le Saoudien a mis en œuvre une décision impulsive et hostile sans avoir réfléchi à ses conséquences. Il s’est rapidement retrouvé à court de munitions, mais n’a pas trouvé le moyen de résoudre le problème sans perdre la face.

 

Dans leur lâcheté, les Français et d’autres pays couvrent aussi la famine causée au Yémen par le prince clown. Les vols de l’ONU apportant au Yémen des fournitures médicales, de la nourriture et des produits de première nécessité sont bloqués par les autorités saoudiennes. Les ports d’expédition de nourriture sont bloqués. Les responsables de l’ONU ne cessent d’alerter sur l’imminence d’une famine de grande ampleur et implorent tout le monde d’intervenir. Mais ni Macron, ni aucun politicien « occidental », n’ont entendu leurs appels.

 

Pendant ce temps, la purge du tyran saoudien pour se débarrasser de toute éventuelle concurrence interne se poursuit. Quelque 500 personnes ont été arrêtées, les plus importantes étant détenus au Ritz Carlton de Riyad. L’hôtel a été « réservé » jusqu’à la fin du mois de janvier. Mais ses 300 chambres ne suffisent pas à contenir le tas croissant de déchets argentés. L’hôtel voisin de Mariott a également été réservé par les autorités saoudiennes. Les clients réguliers ont été invités à quitter l’hotel. C’est le signe que la campagne de purge va se poursuivre.

 

Un aspect important de la purge est le vol sans foi ni loi qui en fait partie. Toutes les personnes arrêtées sont accusées de « corruption ». C’est un pays où on considère que c’est un droit héréditaire de la classe dirigeante de bénéficier de tous les contrats d’État. Selon le Wall Street Journal, les gens qui entourent Mohammed ben Salmane Al Saoud (MbS) s’attendent à voler jusqu’à 800 milliards de dollars d’actifs aux hommes d’affaires ultra riches et aux princes qu’ils ont maintenant sous leur contrôle. Ils auront probablement besoin de cet argent pour maintenir le pays à flot :

Même seulement une partie de ce montant pourrait aider les finances de l’Arabie saoudite. Une période prolongée de bas prix du pétrole a contraint le gouvernement à emprunter de l’argent sur le marché obligataire international et à entamer largement les réserves de devises du pays, qui sont passées de 730 milliards de dollars en 2014 à 487,6 milliards de dollars en août. 
... 
La banque centrale a envoyé une liste de centaines de noms à des prêteurs, leur demandant de geler tous les comptes qu’ils possèdent, selon des sources bien informées,
... 
Par mesure de précaution, les autorités ont interdit à un grand nombre de personnes de quitter le pays, parmi eux des centaines de membres de la famille royale et de personnes liées aux personnes arrêtées, selon des sources bien informées.

Qui voudra investir un sou en Arabie Saoudite après une tel racket ? Le droit n’est pas respecté et il n’y a pas de tribunaux fiables. Tout est soumis aux caprices d’un seul homme. L’extorsion des riches pourrait remettre un peu d’argent dans les coffres de MbS, mais il ne trouvera plus de sponsors pour ses grandioses projets d’investissement.

 

Trump a exprimé son soutien total aux opérations saoudiennes. Mais il est clair que la purge intérieure et l’aventurisme belliciste à l’extérieur ne donneront rien de bon. Le secrétaire d’État Tillerson tempère d’ailleurs un peu les envolées démagogiques de Trump. Il alerte MbS sur le traitement de ses prisonniers :

« Je crois comprendre que pour eux, ce ne sont pas vraiment des arrestations ; ils montrent aux gens des preuves de ce qu’ils considèrent comme des actes répréhensibles pour les inciter à s’amender. »

« Cela nous inquiète quelque peu et nous aimerions savoir comment ces individus sont traités au juste », a ajouté Tillerson.

Tillerson a mis en garde Israël contre toute intervention au Liban. Il se positionne dans le camp libanais sur la question de Hariri. Il n’entérine pas la « démission » forcée :

Les Etats-Unis observent « très attentivement » la situation [concernant Hariri], en « soutenant » le gouvernement légitime du Liban » et en « demandant à ceux qui n’y sont pas directement impliqués de ne pas s’en mêler » a-t-il ajouté.

« S’il veut démissionner, comme cela semble être le cas, il doit retourner au Liban pour officialiser son départ. J’espère qu’il le fera, si c’est toujours son intention de quitter le pouvoir, pour que le gouvernement libanais puisse fonctionner correctement », a déclaré Tillerson.

Les deux décisions saoudiennes, concernant le Liban et la purge interne, semblent trop impulsives pour faire partie d’un plan global. Elles commencent à ressembler aux autres « aventures » dans lesquelles MbS s’est lancé au Qatar et au Yémen. Des campagnes sans objectif clair dont les effets secondaires et tertiaires finissent par se retourner contre l’agresseur. Tout cela causera d’énormes dommages à long terme à l’Arabie Saoudite.

 

Le prince clown va devenir roi d’Arabie Saoudite d’un jour à l’autre. En théorie, il pourrait alors régner pendant 50 ans. Mais il est peu probable que son pays survive à cinq années supplémentaires d’une gestion aussi impulsive et tyrannique. Il est probable qu’un de ses gardes sera assez miséricordieux pour résoudre le problème d’une seule balle.

 

Complément :

 

Un autre épisode illustre l’impulsivité de MbS. En 2016, Salman a acheté sur un coup de tête un yacht d’occasion pour 550 millions de dollars (500 millions d’euros) :

En vacances dans le sud de la France, le prince bin Salman a repéré un yacht de 440 pieds flottant au large de la côte. Il a envoyé un assistant pour acheter le navire, le Serene, qui était la propriété de Yuri Shefler, un magnat russe de la vodka. L’accord a été conclu en quelques heures, au prix d’environ 500 millions d’euros (environ 550 millions de dollars aujourd’hui), selon un collaborateur de M. Shefler et un proche saoudien de la famille royale. Le russe a quitté le yacht le même jour.

Le bateau avait été construit en 2007 et lancé en 2011. Son prix était alors de 330 millions de dollars (300 millions d’euros).

Le méga-yacht de 330 millions de dollars, dont on sait qu’il appartient an géant russe de la vodka, Yuri Scheffler, a été vu au large de la côte de Venise, en Californie.

 

Après cinq ans de bons et loyaux services, il valait sans doute les deux tiers du prix initial. MbS a payé 250% de sa valeur réelle parce qu’il voulait le bateau tout de suite et parce qu’il en avait les moyens. Un homme de trente ans, qui n’a jamais travaillé pour gagner sa vie, a gaspillé 330 millions de dollars pour un achat impulsif. De l’argent qui appartenait légitimement aux peuples de la péninsule arabe. Et c’est ce type-là qui prétend aujourd’hui vouloir combattre la « corruption » !

 

Moon of Alabama

 

Traduction : Dominique Muselet

»» http://www.moonofalabama.org/2017/11/saudi-arabia-the-liberal-reformer...

URL de cet article 32544 

11 août 2017

Aline de Diéguez, au-delà de quinze jours, les journalistes n'ont plus de mémoire

 

« M. Guetta, indique Aline de Diéguez, se garde d'évoquer la responsabilité de la féroce occupation israélienne, de l'extension continue des colonies et de la guerre persévérante menée déjà depuis des décennies par Barak et Sharon contre l'OLP d'Arafat. Olmert a simplement pris la relève. Qui a oublié l'holocauste de la vaillante Jenine, les ruines de Ramallah, le siège du Raïs dans son quartier général, les tanks et les bulldozers éventrant les pistes de l'aéroport et les quais du port construits à grands frais avec l'argent des contribuables européens, la soldatesque israélienne se répandant dans les bâtiments des ministères de l'embryon de gouvernement palestinien et détruisant méthodiquement tout ce qu'elle ne pouvait pas piller? Les fichiers, les listes, les dossiers des ministères, des administrations, tout a été piétiné, ravagé . Et naturellement, le casseur n'est jamais le payeur. Faut-il croire qu'au-delà de quinze jours, les journalistes n'ont plus de mémoire?... »

 

Reprenons la lecture de l'analyse de Aline de Diéguez...

 

Michel Peyret


Analyse d'un édito de Guetta, journaliste sans mémoire (France-Inter)

LE DOCUMENT DE BERNARD GUETTA

France Inter le 4 janvier 2007 à 8h16

 

"lI y a un point, le seul, sur lequel les grandes puissances s'accordent aujourd'hui.

 

Toutes considèrent que, dans le chaos croissant du Proche-Orient , il n'y aurait pas de plus grande urgence que de parvenir à relancer un processus de paix israélo-palestinien afin de circonscrire la crise irakienne.

 

Georges Bush lui-même, à la mi-décembre, a encouragé Tony Blair à tenter de faire bouger les choses mais y a-t-il le moindre espoir que quiconque y parvienne cette année ?

 

A priori, la réponse est non. Rien ou presque ne le laisse croire et cela pour trois raisons.

 

La première est que les Palestiniens n'en finissent plus de s'entredéchirer entre, d'un côté, leur Président, Mahmoud Abbas, qui voudrait parvenir à un accord avec Israël mais a peu de pouvoir, et, de l'autre, les islamistes du Hamas, aux commandes gouvernementales mais toujours résolument hostiles à une reconnaissance d'Israël.

 

Israël, en deuxième lieu, est gouverné par un Premier ministre affaibli par l'échec de la guerre du Liban, éclaboussé par des affaires de corruption et qui réunit contre lui deux tiers de mécontents. La marge de manœuvre d'Ehud Olmert en est d'autant plus réduite que les Israéliens constatent, chaque jour, que l'évacuation de Gaza a fait de ce territoire une rampe de lancement d'obus sur leurs agglomérations les plus proches.

 

Et puis, enfin, le dernier mot revient immanquablement aux plus radicaux des islamistes car, chaque fois qu'un élément de détente pourrait intervenir, ils s'arrangent pour tuer l'espoir comme ils l'avaient fait, au début de l'été, avec les enlèvements de soldats israéliens. "

 

Bernard Guetta

 

ANALYSE :

 

1 – " Le chaos croissant du Proche-Orient " .

 

"II y a un point, le seul, sur lequel les grandes puissances s'accordent aujourd'hui. Toutes considèrent que, dans le chaos croissant du Proche-Orient il n'y aurait pas de plus grande urgence que de parvenir à relancer un processus de paix israélo-palestinien afin de circonscrire la crise irakienne." (Bernard Guetta)

 

Il convient de constater que le chaos qui règne dans la région – en Palestine et au Liban – semble chu de la galaxie ou surgir au titre d'une entité théologique dépourvue de cause . Comme la suite du discours cible plus précisément la Palestine on devine que, dans l' esprit du chroniqueur, il sera question de la situation intérieure des Palestiniens et du conflit qui oppose le Hamas , victorieux aux dernières élections législative, et le Fatah , qui ne parvient pas à digérer sa défaite et les conséquences financières qui vont avec.

 

M. Guetta se garde d'évoquer la responsabilité de la féroce occupation israélienne, de l'extension continue des colonies et de la guerre persévérante menée déjà depuis des décennies par Barak et Sharon contre l'OLP d'Arafat. Olmert a simplement pris la relève.

 

Qui a oublié l'holocauste de la vaillante Jenine, les ruines de Ramallah, le siège du Raïs dans son quartier général, les tanks et les bulldozers éventrant les pistes de l'aéroport et les quais du port construits à grands frais avec l'argent des contribuables européens, la soldatesque israélienne se répandant dans les bâtiments des ministères de l'embryon de gouvernement palestinien et détruisant méthodiquement tout ce qu'elle ne pouvait pas piller? Les fichiers, les listes, les dossiers des ministères, des administrations, tout a été piétiné, ravagé . Et naturellement, le casseur n'est jamais le payeur.

 

Faut-il croire qu'au-delà de quinze jours, les journalistes n'ont plus de mémoire?

 

Rien non plus sur les récentes élections démocratiques qui ont porté le Hamas au pouvoir, précisément parce que les Palestiniens se sont rendus compte de la vanité des concessions d'Arafat d'abord, de Mahmoud Abbas ensuite, de la gabegie et de la corruption , du clientélisme du parti au pouvoir , accentués par la désorganisation de tous les services de leur embryon d'Etat.

 

Ces innocents ne se sont-ils pas avisés de prendre au pied de la lettre les injections occidentales à voter librement? N'auraient-ils pas dû savoir qu'ils jouaient en réalité à une sorte de jeu de l'oie, que les dés étaient pipés et que la case " victoire du Hamas " faisait d'eux des parias, des pestiférés et les précipitait dans la case prison ou dans le puits de la famine? Ces naïfs ne savaient pas qu'un seul portillon leur était ouvert . Ils n'avaient pas compris que les maîtres du monde sont aussi les maîtres du vocabulaire.

 

Punir toute une population d'avoir choisi librement des représentants qui déplaisent à l'occupant et à son allié américain, en la condamnant à la famine, c'est en effet un chaos qui devrait faire mourir de honte tous les démocrates du monde dignes de ce nom.

 

C'est même le déni absolu de la démocratie. Les nombreux observateurs présents sur place avaient tous salué la régularité du scrutin . La "civilisation occidentale" – comme aiment à se qualifier l'occupant et ses alliés – s'est tiré une balle dans le pied . La blessure est si profonde qu'une gangrène mortelle est en train de monter en tapinois dans le corps tout entier .

 

Le soutien à la politique du marteau-pilon israélien conduit donc à rien moins qu'à la ruine de la civilisation occidentale par la négation des valeurs sur lesquelles elle repose et qu'elle est censée promouvoir.

 

Malgré cette infamie, "le canard est toujours vivant…" . (Référence au célèbre sketch de Robert Lamoureux )

 

2 – La colonie pénitentiaire

 

La monstrueuse machine décrite par Kafka dans La Colonie pénitentiaire a été mise en marche par les tortionnaires des USA, de l'Union européenne mollassonne , invertébrée et suiveuse, des Etats arabes indifférents. Le principal responsable, Israël, la fameuse "seule démocratie de la région" officie aux manettes de la machine.

 

Les roues dentées de la herse de la démocratie pénitentiaire ont été huilées par les bourreaux et ses aiguilles, aiguisées et ajustées à la profondeur de la pénétration ont commencé leur patient travail . Chaque jour elles s'enfoncent un peu plus dans la chair des Palestiniens . Elles triturent et torturent les corps, mais l'objectif est d'atteindre le cerveau afin de vaincre le siège de la résistance.

 

Le monde entier est au balcon. Il assiste , à peine gêné, à cette torture de tout un peuple. Il évalue l'état du torturé, la profondeur des blessures , la quantité de sang qu'il a perdu et attend le moment où , comme l'écrit le génial Kafka "l'esprit le plus stupide s'ouvre alors . Cela commence autour des yeux, puis rayonne et s'étend" .

 

Et voilà pourquoi Israël et ses acolytes, les tortionnaires américains et européens, attendent que les Palestiniens "déchiffrent avec leurs plaies" les mots S O U M I S S I O N et C A P I T U L A T I O N que la machine grave dans leur chair en lettres de sang.

 

Mais Kafka a également prévu que la machine finit par se détraquer et c'est dans le front des tortionnaires que se plantera la pointe de la grande aiguille de fer .

Résistant vaillamment à la torture de la famine… "le canard est toujours vivant…"

 

3 – Le blocus financier

 

Parmi les causes du " chaos ", outre le chantage des Européens et des Américains , M. Guetta ne s'avise pas d'évoquer, même à demi mot, le blocus économique et financier d'Israël qui empêche les Palestiniens d'exporter leurs propres productions afin de tenter de s'assumer eux-mêmes économiquement . Car Gaza est une gigantesque cage et la Cisjordanie le royaume du Père Ubu par le nombre des interdits qui emprisonnent et empoisonnent la vie quotidienne des Palestiniens .

 

Le journaliste se garde également de faire allusion aux taxes et aux droits de douane que l'occupant retient illégalement et sur lesquelles, je suppose, il perçoit des intérêts dont personne n'imagine qu'il en fera bénéficier les propriétaires du capital. Qui contrôle les sommes qu'il perçoit au nom des Palestiniens ?

 

Il ne vient pas non plus à l'esprit de cet éditorialiste de se demander pourquoi aucune banque au monde n'accepte les fonds des Etats arabes sensibilisés à la détresse des Palestiniens et pourquoi les dirigeants du Hamas sont obligés , s'ils veulent alléger la souffrance de leurs administrés , de ramener de l'étranger des valises de billets de banque.

 

S'il était un esprit curieux, il s'informerait de la composition et le statut des grandes institutions financières mondiales – la FED, le FMI , la BERD – et il s'apercevrait que ce sont des organismes privés gérés par de grands trusts financiers et qu'elles sont entre les mains de :

 

Rothschild Banks of London and Berlin

Lazard Brothers Bank of Paris

Israel Moses Sieff Banks of Italy

Warburg Bank of Hamburg and Amsterdam

Lehman Brothers Bank of New York

Kuhn Loeb Bank of New York Chase

Manhattan Bank of New York

Goldman Sachs Bank of New York

 

Ainsi, M. Guetta comprendrait , au simple énoncé du nom de cess banques, par quel jeu de quilles des solidarités le blocus financier des Palestiniens est aussi hermétique .

 

Je ne rappelle que pour mémoire le terrible chaos provoqué par la destruction volontaire et malveillante de la seule centrale électrique de Gaza payée par l'Union européenne et des réseaux d'eau potable et d'assainissement. Pas d'eau, pas d'électricité , pas de réfrigérateur, pas de ventilateur quand la température flirte pendant des semaines avec les 40°, voilà en effet un chaos volontairement institué par l'occupant qui devrait soulever d'indignation tous les hommes de cœur.

 

L'Europe paie, construit et Israël, moins vache sacrée que taureau furieux, passe derière , détruit tout et personne n'y trouve à redire. Le même scénario s'est répété au Liban. Et ensuite une quête internationale est organisée, sous l'appellation pompeuse de Paris I, Paris II, Paris III… pour "aider" à la "reconstruction" des régions "dévastées". Comme personne ne s'avise de désigner le coupable et de lui demander des comptes, les "généreux donateurs" finissent par donner l'impression qu'il s'agissait de remédier aux conséquences d'une catastrophe météorologique. A quand un Paris IV, Paris V……Paris X…?

 

Ensuite un journaliste, la main sur le coeur, distille subtilement ses lamentations accusatoires et sa réprobation , non pas contre les responsables de la chienlit, mais contre les victimes, les Palestiniens, ces terroristes, ces fauteurs de désordre, incapables de se gouverner.

 

L'auditeur ainsi conditionné boira comme du petit lait la sempiternelle lamentation que les Israéliens répètent comme un leitmotiv depuis des années: " Nous n'avons pas de partenaire pour la paix " .

 

Rien n'y fait. Malgré le blocus financier… "le canard est toujours vivant…"

 

4 – Passons du "chaos" au "processus de paix" israélo-palestinien

 

"lI y a un point, le seul, sur lequel les grandes puissances s'accordent aujourd'hui. Toutes considèrent que, dans le chaos croissant du Proche-Orient il n'y aurait pas de plus grande urgence que de parvenir à relancer un processus de paix israélo-palestinien afin de circonscrire la crise irakienne." (Bernard Guetta)

 

Ne croirait-on pas qu'il s'agit de deux Etats d'un statut équivalent et qui auraient à faire des concessions réciproques en vue de l'établissement d'une convention raisonnable ?

 

Ah ! le beau " processus " ! M. Guetta a dû avoir des distractions et manquer les épisodes " Opération premières pluies " suivie de l'" Opération pluies d'été " à laquelle a succédé la non moins romantique " Opération nuages d'automne " . Le vocabulaire interpelle: sachant que les Palestiniens manquent d'eau, ces "pluies" de bombes et ces "nuages" menaçants constituent une dérision cynique. Le poids des mots, le choc des missiles.

 

A chaque fois, ces " pluies " de plus en plus virulentes, virant à l'orage et même à une tempête de missiles, de bombes tirées à partir de F-16, de drones ou de chars se sont abattues sur la bande de Gaza avant et après que les mêmes " pluies d'été " particulièrement féroces aient ravagé le Liban et laissé sur le carreau des centaines de cadavres .

Pendant que le monde avait les yeux braqués sur le Liban, Tsahal a passé sa rage sur les Palestiniens et s'est vengée sur un peuple désarmé de la déroute honteuse que lui a infligée la poignée de combattants du Hezbollah. Les incursions de colonnes de tanks et d'une soldatesque déchaînée ont conduit à de véritables tueries , notamment de femmes et d'enfants.

 

Là encore, M. Guetta a déjà oublié les pilonnages nocturnes de maisons de civils à Beit Hanoun et l'épisode glorieux des vaillants soldats de la si " morale " Tsahal ouvrant courageusement le feu à bout portant sur un groupe de femmes désarmées. Je rappelle pour mémoire l'utilisation d'armes expérimentales provoquant des blessures particulièrement atroces .

 

Pour un " chaos ", ce fut un splendide " chaos " et il se déroula dans l'indifférence universelle , tant de la majorité des Israéliens, qui détournent pieusement la tête , contemplent leur ciel ou leurs chaussures et se gargarisent d'être la " seule démocratie de la région ". Ils savaient et n'ont rien dit. Cela ne nous rappelle-t-il pas quelque chose ?

 

Que dire de l'indifférence des Etats arabes tout tremblants devant l'empereur Picrochole, protecteur et complice d'Israël, mais qui les nourrit , et des petits cris discrets d'une Union européenne paralysée par sa soumission à l'Amérique et par les lobbies pro-israéliens, qui n'a commencé à augmenter les décibels de ses gémissements qu'au moment où les cadavres pantelants des civils libanais ont envahi les écrans et lui ont sauté à la figure.

 

Mais les cadavres palestiniens n'émeuvent plus personne. Le blocus du camp de concentration de Gaza est tel que les images ont été rares. Les punitions collectives sauvages et le génocide larvé ont donc pu se dérouler tranquillement à l'abri des regards et quasiment à huis-clos.

 

Les bombes, les missiles ne sont pas parvenus à l'exterminer et … "le canard est toujours vivant…"

 

5 – Faire bouger les choses

 

"Georges Bush lui-même, à la mi-décembre, a encouragé Tony Blair à tenter de faire bouger les choses". (Bernard Guetta)

On ne peut nier qu'Israël s'applique à " faire bouger les choses " . En laissant son armée faire des cartons sur les femmes, les enfants, les vieillards, les cortèges funèbres qui se succèdent en Palestine à un rythme accéléré entre deux bombardements de missiles ou d'incursions de tanks, créent en effet, beaucoup de mouvement et déplacent de foules considérables.

 

Le mouvement n'épargne d'ailleurs pas les maisons que les bulldozers de l'armée s'appliquent à faire passer de l'état vertical à celui de tas de gravas.

 

Là encore, le journaliste a la mémoire courte. Il a oublié l'extravagante comédie offerte à la planète par les quelque huit mille colons qui squattaient les meilleures terres du misérable territoire de Gaza surpeuplé et dont la gloutonnerie a quasiment épuisé les nappes phréatiques si bien que les Gazaouis sont condamnés à utiliser une eau saumâtre polluée par les infiltrations d'eau salée.

 

Les larmes, les gémissements de colons se débattant , hurlant des accusations de déportation, faisant référence à l'holocauste, à la shoah, au génocide, à Auschwitz, à Hitler et tutti quanti, ont accablé nos écrans pendant des semaines. Même l'avocat engagé volontaire dans la police des Checkpoints, Arno Klarsfeld, avait trouvé ces lamentations indécentes!

 

C'est, en effet, bien douloureux de devoir rendre ce qu'on a chapardé ! Mais des colons de ce tonneau et de cette mentalité, c'est cinquante fois plus qu'il faudrait faire partir de Cisjordanie pour donner une chance à un Etat palestinien viable . Quel est l'esprit politique assez délirant ou assez déconnecté de la réalité anthropologique et politique pour imaginer que c'est faisable ou seulement envisageable ?

 

Malgré la destruction de son toit… "le canard est toujours vivant…"

 

6 – Une rampe de lancement d'obus

 

"La marge de manœuvre d'Ehud Olmert en est d'autant plus réduite que les Israéliens constatent, chaque jour, que l'évacuation de Gaza a fait de ce territoire une rampe de lancement d'obus sur leurs agglomérations les plus proches." (Bernard Guetta)

" Une rampe de lancement ", mazette !

 

C'est vrai que pour survivre dans les conditions infernales qui sont les leurs, il faut aux Palestiniens une dose de débrouillardise et de résistance peu communes. Mais qui aurait imaginé qu'ils auraient poussé le génie jusqu'à avoir été capables d'installer une " rampe de lancement ", autant dire un mini cap Canaveral, au nez et à la barbe des satellites-espions de l'occupant, de ses avions-espions , de ses drones-espions qui ronronnent nuit et jour dans leur ciel , de ses innombrables espions infiltrés et déguisés en Palestiniens et des espions palestiniens qu'il a achetés, comme il en existe, hélas , toujours? Ils seraient vraiment forts, ces Palestiniens, comme dirait notre Astérix national !

 

Certes, les Palestiniens utilisent quelques pétoires artisanales appelées Qassam impossibles à guider. Mme Leila Shahid , qui n'approuve pas l'utilisation de ces armes , inefficaces militairement et nuisibles politiquement , expliquait qu'elles étaient bricolées à partir de matériaux de récupération et notamment avec de vieux tuyaux de salle de bain. Est-il impossible à un esprit normalement constitué de comprendre qu'à moins de devenir les légumes décrits par Kafka dans sa "colonie pénitentiaire" , les pilonnages et les assassinats de "Tsahal" poussent logiquement les hommes à la résistance et à la révolte? L'armée d'occupation, par ses dévastations est donc la cause de ces tirs et le principal fournisseur d'un matériau inépuisable à la fabrication de ces pétoires.

 

Ces réactions prouvent que les Palestiniens continuent d'appartenir à l'humanité et que l'action de la machine pénitentiaire n'a pas encore atteint le cerveau et provoqué l'hébétude de la soumission heureuse des bovidés.

 

Ces résistants courageux se trouvent face à la plus forte armée de la région.

 

163 500 hommes ,425 000 réserviste et 8000 garde-frontières.

 

3 930 chars lourds, les fameux Merkava

 

855 canons automoteurs (calibre 155 et plus)

 

520 canons tractés (calibre 105 et plus)

 

198 lance-roquettes (calibre 122 mm et plus)

 

770 mortiers de 120 mm et plus,

 

1300 missiles ( Stinger, Redeye et Chaparral).

 

La marine israélienne aligne trois sous-marins et 47 bâtiments.

 

L'aviation israélienne dispose de 446 avions de combat et 250 en réserves dont 98 F-15 et 237 F-16 et 133 hélicoptères, sans compter les drones et les avions espions.

 

On connaît la recette du célèbre pâté d'alouette, où, comme chacun sait, on mélange les ingrédients par moitié, c'est-à-dire un cheval pour une alouette. Dans le pâté d' alouette appelé " processus de paix israélo-palestinien " nous retrouvons les mêmes proportions : un cheval israélien face à une alouette palestinienne.

 

Refusant de capituler…. "le canard est toujours vivant…"

 

7 – Les déchirements inter-palestiniens

 

"les Palestiniens n'en finissent plus de s'entredéchirer entre, d'un côté, leur Président, Mahmoud Abbas, qui voudrait parvenir à un accord avec Israël mais a peu de pouvoir, et, de l'autre, les islamistes du Hamas, aux commandes gouvernementales." (Bernard Guetta)

 

Il est vrai que si Mahmoud Abbas voulait offrir à ses adversaires des verges pour se faire battre, il n'agirait pas autrement qu'il ne fait . Ces derniers jours, il semble avoir retrouvé un peu de fermeté, de bon sens et de dignité puisqu'il a refusé la carotte de " frontières provisoires " que brandissait Mme Rice, reprenant les principales propositions du plan de la Ministre des Affaires étrangères, Tsippi Livni – mais combien de temps durera sa fermeté ?

 

Il a peut-être compris que ce " provisoire "-là avait toutes les chances de devenir éternel et constituait une toute petite carotte sans lendemain.

 

Mais ses rencontres officielles avec une Condoleezza Rice rayonnante et le berçant de promesses de " mesures pour reconstruire la confiance " en vue d'un " état viable " et surtout sa rencontre du 24 décembre avec Ehud Olmert et les embrassades auxquelles elle a donné lieu ont rappelé à ceux qui ont encore une mémoire historique la rencontre du Maréchal Pétain et d'Adolf Hitler à Montoire. Il y a des télescopages ravageurs.

 

voir La collaboration consensuelle

 

Naturellement , aucune des promesses claironnées par le Premier Ministre Ehud Olmert en vue " d'aider Abou Mazen" (Mahmoud Abbas), n'a été tenue . Les restrictions liées aux check points en Cisjordanie ont été allégées d'une manière si homéopathique que personne ne s'en est aperçu et dans certaines zones, l'armée a même ajouté des check points mobiles.

 

La densité de ces points de contrôle en Cisjordanie et le sadisme des soldats qui les contrôlent font des banthoustans palestiniens soumis au bon plaisir d'une soldatesque souvent cruelle et d'une population de colons racistes, de gigantesques camps de concentration soumis à un strict apartheid.

 

Quant au territoire de Gaza, c'est le blocus complet . Une seule porte ouvre ce gigantesque pénitencier sur le monde et son ouverture, intermittente, dépend du caprice des forces d'occupation.

 

Etouffé, enfermé … "le canard est toujours vivant…"

 

Aucun prisonnier n'a été libéré.

 

En revanche, afin d'attiser la jalousie, la division, la haine et la guerre civile entre les groupes et les partis et reproduire dans la société palestinienne ce que l'Amérique a si bien réussi en Irak et qu'elle tente de mettre en place au Liban, Mme Condoleezza Rice a généreusement offert la coquette somme de 86,4 millions de dollars au parti de Mahmoud Abbas. Le but de cette généreuse obole n'est évidemment pas de soulager les souffrances de la population mais de " renforcer les forces de sécurité " du Président de l'autorité Palestinienne .

 

Devinette : contre qui " renforcer" Abbas ?

 

Les Usa lui ont même fait livrer directement, via l'Egypte pour Gaza et via la Jordanie en direction des banthoustans de Cisjordanie, des milliers de fusils, de munitions et d'armes diverses et les Israéliens ont largement ouvert les portes de la prison afin que cette cargaison pénètre commodément. Grâce à cette généreuse offrande, les " modérés " du Fatah sous le commandement du Président Abu Mazen et du " charismatique Mohammed Dahlan " pourront dorénavant tuer les " extémistes " du Hamas pour le compte de leurs bailleurs de fonds, pendant qu'Israël et les USA , aux premières loges, compteront les points et les cadavres .

 

De plus, la puisssance occupante a décidé de reverser aux occupés une obole de 100 millions de dollars sur les sommes qu'elle retient indûment , non pas au gouvernement légal issu des urnes, mais au Président du parti adverse afin que celui-ci puisse distribuer quelque argent aux Palestiniens – mais à ses partisans uniquement.

 

Amener l'ennemi à s'auto détruire, c'est le dernier stade du cynisme d'un occupant, la manœuvre ultime de l'émiettement tentée par le duo infernal Olmert-Rice face à laquelle Mahmoud Abbas s'était momentanément ressaisi . La nouvelle stratégie de la Maison Blanche et de Tel Aviv n'est donc pas difficile à décrypter : elle vise à créer, comme en Irak une guerre civile et à se lamenter ensuite de " l'augmentation du chaos parmi les Palestiniens ", comme l'écrivait notre chroniqueur, pour finir par dénoncer " l'incapacité de gouverner du Hamas".

 

Il semble, malheureusement, que les Palestiniens soient en train de tomber dans le piège. La fatalité des éternels Laval et des éternels Pétain serait-elle en train de se mettre en place ?

 

(Voir Discours du Président de l'autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas, à la suite de son annonce de la tenue de nouvelles élections législatives et présidentielles dans les territoires palestiniens sous occupation israélienne)

 

Là, le canard est devenu très triste, son compagnon de misère va-t-il céder au chant des sirènes de la collaboration ? Mais le pire n'est pas sûr. Pour l'instant … "le canard est toujours vivant…"

 

8 – L'espoir ? Quel espoir?

 

"les islamistes s'arrangent pour tuer l'espoir comme ils l'avaient fait, au début de l'été, avec les enlèvements de soldats israéliens.

Parler d'espoir alors qu'il faudrait l'échelle de Jacob pour arriver au sommet du mur monstrueux qui continue inexorablement de zébrer la campagne palestinienne de sa hideuse balafre, relève de la dérision . Condamné par tous les organismes internationaux le tracé du mur en Cisjordanie a , comme beaucoup de personnes l'ignorent, été vicieusement planifié afin d'intégrer les ressources en eau palestiniennes à l'intérieur des frontières israéliennes .

 

Le blocus pour affamer les Palestiniens et le mur pour les assoiffer et faire dépérir leur agriculture.

 

9 – Le poids des mots

 

Ce journaliste oublie d'ajouter que ce même gouvernement, pieds et poings liés par le blocus de l'occupant, a vu la moitié de ses ministres et une centaine de députés et d'élus enlevés la nuit dans leurs maisons, donc au sens propre du mot cette fois, et même kidnappés, et enfermés sans jugement dans les geôles israéliennes

 

Depuis quand un soldat en campagne est-il " enlevé ", pour reprendre l'expression du journaliste de France-Inter? Un soldat ennemi capturé est un prisonnier de guerre.

 

De même , a-t-on entendu la presse occidentale parler de terrorisme lorsque l'armée d'occupation largue des bombes ou des missiles sur des maisons dans un quartier très peuplé et tue sans discrimination toute la maisonnée? Il s'agit toujours, dans ce cas, de "destruction légitime d'un nid de d'activistes", de "punition", de "représailles" , de "bavure" quand les cadavres sont un peu trop nombreux et voyants .

 

Israël a, par définition, "le droit de se défendre" face à des "terroristes" et le journaliste de France-Inter reprend ce vocabulaire sans état d'âme et sans la moindre remise en question.

 

Certes, le sort d'un prisonnier n'est jamais enviable, mais le soldat Shalit est une monnaie d'échange précieuse et il ne subira pas le sort des 181 prisonniers palestiniens morts dans les geôles de la " seule démocratie du Moyen Orient " des suites de tortures ou de négligences médicales.

 

Car cette démocratie " exemplaire " a légalisé la torture et elle a réussi l'exploit d'"enlever" 650 000 Palestiniens depuis 1967, soit un cinquième de la population. Que dirait-on si durant l'occupation de la France, les nazis avaient emprisonné et torturé 14 millions de Français !

 

Aujourd'hui, Israël conserve dans ses prisons environ 11 000 otages parmi lesquelles 400 femmes et jeunes filles et 341 enfants. Tous les prisonniers sont battus ou torturés et 99% des enfants emprisonnés ont été soumis à des tortures.

 

Les Palestiniens ont un seul prisonnier.

 

Emprisonné, torturé … "le canard est toujours vivant…"

 

10 – La "reconnaissance d'Israël"

 

"les islamistes du Hamas, aux commandes gouvernementales mais toujours résolument hostiles à une reconnaissance d'Israël." (Bernard Guetta)

 

Afin de mieux évaluer les raisons du refus du Hamas de "reconnaître" le "droit à l'existence" non pas d'Israël, comme l'écrit fautivement M. Guetta , mais "d'un Etat juif" – telle est la terminologie exacte – je renvoie à mon texte Israël et le complexe de Monsieur Perrichon .

 

Le canard, subtil, a détecté le piège. C'est bien la preuve que …"le canard est toujours vivant…"

 

11 – Injonction

 

Après quoi Bernard Guetta achève pompeusement son tour d'horizon par une injonction péremptoire adressée au gouvernement issu des dernières élections démocratiques palestiniennes : " Sous peine de se discréditer, les islamistes doivent améliorer le sort des Palestiniens ".

 

M. Guetta n'explique pas comment dans un territoire sous occupation militaire depuis des années, qui a vu cette occupation se renforcer à un point insoutenable, un territoire dans lequel les habitants ne peuvent plus ni se déplacer, ni travailler librement, ni cultiver leurs champs, ni exporter la moindre production; un territoire dans lequel l'occupant continue à ravager les infrastructures , où les routes sont réservées aux colons, où les ministères ont été dévastés ou transformés en tas de ruines, où les administrations, privées de leurs outils et de leurs ordinateurs, n'ont plus les moyens de fonctionner; un territoire où l'occupant a jeté la moitié du gouvernement dans ses culs de basse fosse ; un territoire que le geôlier a réussi à boucler politiquement et à étrangler financièrement; comment dans cette situation digne du Père Ubu, les "islamistes" sont censés produire le miracle "d'améliorer le sort des Palestiniens" . Allah est grand! Alleluiah !

 

Méprisant , le canard tourne le dos aux falsificateurs de la réalité . Imperturbable, il se dirige vers son destin en se dandinant , comme tout canard qui se respecte, et il chantonne … "le canard est toujours vivant…", "le canard est toujours vivant…" , "le canard est toujours vivant…" en clignant de l'oeil.

 

Nous sommes deux, le canard et moi, à savoir que cette seule réalité enrage l'occupant. Nous savons tous les deux que tous les obstacles dressés sur le chemin de la fatalité n'empêcheront pas la fatalité de suivre son cours .

 

Conclusion

 

Ce petit exercice de " déconstruction " révèle à quel point le parti-pris de la presse occidentale est solidement bétonné et combien il est urgent que les Palestiniens envoient dans toutes les grandes capitales du monde des représentants qui soient de grands intellectuels familiers du style d'argumentation des médias occidentaux.

 

Constamment aux aguets, ils devraient exiger des droits de réponse face à l'omniprésence et à la variété des représentants de la thèse israélienne . Ceux-ci sont innombrables : porte-parole de la présidence, porte-parole du gouvernement, porte-parole de l'armée, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, ambassadeur en poste, ancien ambassadeur – tous parfaitement francophones. Et la liste s'allonge avec les partisans déclarés ou crypto-sympathisants , à laquelle s'ajoute toute une brochette de journalistes qui , comme je l'ai montré pour le rédacteur de France-inter présentent volontairement ou par ignorance une information tellement biaisée qu'elle s'apparente à un lavage de cerveau.

 

Et surtout, il faudrait que ces personnalités maîtrisent parfaitement la langue et les usages du pays dans lesquels ils seraient envoyés.

Posté par Michel Peyret 

Les images de Mossoul, libérée après 9 mois de combats acharnés

 

10 Juillet 2017

On ne peut que se féliciter de la fin de la domination de Daech, mais je voudrais néanmoins signaler la différence de compte-rendu sur la bataille d’Alep et celle de Mossoul pour ceux qui auraient oublié combien ils avaient à l’époque été chauffé à blanc sur le martyre des civils à Alep y compris par un pseudo maire d’Alep.
 
(note de Danielle Bleitrach)

Le Premier ministre irakien a annoncé la libération de Mossoul ce dimanche. © AFP
 
Le Premier ministre irakien a annoncé la libération de Mossoul ce dimanche. © AFP
 
Une victoire qualifiée de «
majeure
» par les autorités. AFP
 
Ces derniers jours, les quelques djihadistes encore présents à Mossoul étaient assiégés dans un réduit de la vieille ville, le long du Tigre. © AFP
 
La reconquête de Mossoul est la plus importante victoire de l’Irak face à Daesh depuis que le groupe extrémiste sunnite s’était emparé en 2014 de vastes portions de son territoire. © AFP
 
La reprise de la grande ville du nord intervient au terme d’une offensive lancée le 17 octobre par les forces irakiennes, soutenues par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis. © AFP
 
Le commandement irakien des opérations conjointes a annoncé que les forces de sécurité avaient tué «30 terroristes» qui tentaient de s’enfuir en traversant le fleuve, qui sépare la cité en deux. © AFP
 
Les près de neuf mois de campagne militaire ont entraîné une crise humanitaire majeure. © AFP
 
Les civils piégés dans la ville ont vécu dans des conditions «terribles», subissant pénuries en tout genre, bombardements et intenses combats, et servant de «boucliers humains». AFP
 
Parmi les centaines de civils qui fuyaient quotidiennement ces derniers jours, des journalistes de l’AFP à Mossoul ont vu une soixantaine de femmes et des enfants, inconsolables et traumatisés. © AFP
 
Mossoul avait une importante dimension symbolique pour Daesh: son chef Abou Bakr al-Baghdadi y avait fait en juillet 2014 son unique apparition publique après la proclamation d’un «califat» sur les vastes territoires conquis par le groupe jihadiste en Irak et en Syrie. ©AFP
 
Daesh contrôle cependant toujours quelques zones en Irak. © AFP
 
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© Reuters
 
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dimanche, juillet 9, 2017 – 16:19

Photos surprenantes de la vie en Afghanistan dans les années 1960 avant les talibans

 

09 Juillet 2017

De  | 27 juillet 2016

Afghanistan

Photos surprenantes de la vie en Afghanistan dans les années 1960 avant les talibans

 

Demandez aux gens de décrire l’Afghanistan d’aujourd’hui, et ils vous répondront certainement quelque chose comme :

 

-Une zone de guerre

 

-Sous le contrôle des talibans ou d’ISIS

 

-Femmes en burqa

 

-Pays sous-développé

 

Il est triste de constater à quel point ce pays était à la fois très moderne, bien développé et florissant. Un pays très riche et rempli d’histoire. Avec des trésors cachés et beaucoup d’histoires à raconter. La paix et la bonne fortune caractérisaient ce pays jusqu’à ce que la guerre et la terreur prennent le contrôle.

 

En 1967, le Dr Bill Podlich s’est rendu avec sa femme et ses deux filles à Kaboul, la capitale de l’Afghanistan pour commencer son nouveau travail en tant que professeur à l’Université de Kaboul. Pendant qu’il était là-bas, le Dr Podlich a documenté les relations qu’il avait formées avec de nombreuses connaissances afghanes.

 

Les images que vous voyez du Dr. Podlich montrent un pays moderne et libéral avec un mode de vie très occidentalisé. Tout le contraire du pays que l’on connait aujourd’hui. Des portraits colorés, un environnement heureux, des femmes en train de porter des shorts et d’étudier. Tout cela a changé une dizaine d’années plus tard, ensuite ce pays a été détruit par ses nouveaux maîtres.

« À LA VUE DES CLICHÉS DE MON PÈRE, JE ME SOUVIENS ENCORE QUE L’AFGHANISTAN ÉTAIT UN PAYS AVEC DES MILLIERS D’ANNÉES D’HISTOIRE ET DE CULTURE. » a déclaré Peg, la fille du Dr Podlich Peg, alors scolarisée à l’École internationale américaine de Kaboul, au Denver Post.

La série de photos du Dr Podlich a suscité de nombreuses réactions positives chez beaucoup d’afghans visiblement enthousiastes à l’idée de partager avec la nouvelle génération (née dans la guerre et le désarroi), ces moments de joie passée et de vie moderne de ce pays.

 

Insightful Photos of 1960s Afghanistan Reveal What Life Was Like Before the Taliban

 

Insightful Photos of 1960s Afghanistan Reveal What Life Was Like Before the Taliban

La campagne saoudo / émirati contre le Qatar a vite tourné au bazar. Le Qatar n’a pas craqué comme prévu. Il n’y avait pas de plan B. Les instigateurs du plan doivent maintenant craindre pour leur tête.

 

L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Qatar ont tous créé et dorloté des groupes extrémistes qui se battent dans d’autres pays. Ils fournissent de l’argent, des armes et du soutien politique et médiatique à divers groupes de meurtriers Takfiris. Contrairement aux trois autres, le Qatar a soutenu non seulement des salafistes ultra-conservateurs, mais aussi des groupes alignés sur les Frères musulmans. Les Frères musulmans n’acceptent pas la domination des monarques absolus arabes. Ils proposent un mode de gouvernance alternatif qui inclut une certaine participation démocratique du peuple. Du coup, les Saoudiens et les autres dictatures familiales les considèrent comme une menace terrible. Le dictateur militaire de l’Egypte, qui partage l’avis des Saoudiens sur la question, a renversé par un coup d’Etat le gouvernement des Frères musulmans élu de son pays.

 

Les Saoudiens et les trois autres ont voulu régler le cas du Qatar. Son porte-parole médiatique, Al-Jazeerah en Arabique, défend les mêmes positions sectaire et anti-iraniennes que les Saoudiens, mais il soutient également les frères musulmans. Cela ne pouvait plus durer.

 

Le 5 juin, les quatre pays ont décrété le boycott et le blocus du Qatar. Trois semaines plus tard, ils ont envoyé au Qatar une liste d’exigences qu’on pourrait résumer ainsi : « Renoncez à votre souveraineté, sinon ... ». L’ « offre » ne pouvait qu’être refusée. Elle exigeait pratiquement la capitulation totale du Qatar et était assortie de menaces de sanctions supplémentaires et même d’une attaque armée.

 

Comme MoA l’avait prédit deux jours après le début du conflit, soit le 7 juin, le Qatar n’a pas capitulé. Il a des centaines de milliards de réserves monétaires, le soutien international de ses partenaires et clients du gaz liquéfié, et il est approvisionné et soutenu par la Turquie et l’Iran. Il n’a tout simplement pas répondu à « l’offre » avant la fin de l’ultimatum.

 

Les Saoudiens ont cligné de l’œil les premiers*. Dimanche, ils ont prolongé l’ultimatum de deux jours. Hier, le Qatar a répondu en listant ses propres exigences qui, comme « l’offre » des Saoudiens, ne pouvaient qu’être refusées. Il a également annoncé qu’il augmenterait ses exportations de gaz liquéfié d’un tiers ce qui pourrait enlever des parts de marché et des revenus aux Saoudiens. Il a rappelé aux Émirats arabes unis que 80% de leurs approvisionnements en électricité dépendaient du gaz naturel livré par le Qatar.

 

Aujourd’hui, les Saoudiens, les Émirats arabes unis, l’Égypte et le Bahreïn se sont rencontrés pour étudier les futures conséquences et discuter de nouvelles mesures contre le Qatar. Les médias du Golfe ont prédit plus de sanctions.

 

Mais la bande de quatre a décidé ... de ne rien faire :

Les ministres des Affaires étrangères de quatre pays arabes, réunis au Caire, ont déclaré regretter la réponse « négative » du Qatar à leur liste de demandes.
...
Le ministre saoudien des Affaires étrangères a déclaré que d’autres mesures seraient prises contre le Qatar au moment opportun et qu’elles seraient conformes au droit international.
...
La réunion a eu lieu à la date limite où le Qatar devait accepter la liste des demandes ou faire face à d’autres sanctions.

Tout cela est très embarrassant pour les princes bouffons des Émirats arabes unis et de l’Arabie saoudite. Ces derniers, Mohammad bin Zayed et Mohammad bin Salman, sont les instigateurs de la campagne contre le Qatar. La réunion d’aujourd’hui aurait dû accoucher d’une mesure de rétorsion quelconque contre le Qatar qui n’avait répondu à aucune de leurs exigences : d’importantes sanctions supplémentaires ou l’intensification du blocus, ou une menace d’attaque armée. Mais la réunion n’a abouti à ... rien.

 

Les princes bouffons ont tiré toutes leurs cartouches le premier jour. Il ne leur restait plus de nouvelles mesures appropriées à mettre en œuvre. Le Koweït et Oman refusent de chasser le Qatar du Conseil de coopération du Golfe, les Émirats arabes unis perdraient toutes leurs entreprises internationales à Dubaï si les approvisionnements en gaz qatari et, par conséquent, leur électricité, s’arrêtaient. Un blocage accru du Qatar est impossible sans l’accord de la Russie, des Etats-Unis et d’autres grands pays.

 

Un tel affront aura des conséquences. Lorsque le prince bouffon saoudien a lancé la guerre contre le Yémen, il s’attendait à ce que Sanaa tombe en quelques jours comme il l’avait annoncé. Deux ans plus tard, Sanaa n’est pas tombée et les Saoudiens perdent la guerre. Le Qatar devait capituler en quelques jours. Mais il a suffisamment de capitaux et de revenus pour supporter la situation actuelle pendant de nombreuses années encore. La guerre contre le Yémen et les sanctions contre le Qatar visaient indirectement l’Iran, l’ennemi juré que les Saoudiens se sont choisis. Mais sans même avoir investi un centime, l’Iran est maintenant le gagnant des deux conflits. Mohammad bin Salman, le prince bouffon saoudien, s’est révélé par deux fois un stratège si catastrophique qu’il met son pays en danger.

 

Le roi saoudien Salman et son fils ont annoncé qu’aucun d’entre eux ne participerait à la prochaine réunion du G-20 à Hambourg. Selon les rumeurs, ils craignent qu’un coup d’état n’ait lieu si l’un d’eux quittait le pays.

 

Il ne faudra pas être surpris si l’ère des Salman se termine dans un bain de sang au cours de la semaine ou du mois prochain.

 

Moon of Alabama

 

Note :
*Allusion au jeu des enfants qui consiste à se regarder droit dans les yeux. Le premier qui bat des paupières a perdu.

»» http://www.moonofalabama.org/2017/07/the-saudi-qatar-spat-qatar-and-ir...
URL de cet article 32075 

Dans les coulisses du château de cartes saoudien


Par Pepe Escobar − 24 juin 2017 − Source Sputnik

 

Au moment même où les spécialistes de la géopolitique parient sur un changement de régime au Qatar, orchestré par une maison des Saoud au désespoir, c’est à Riyad qu’il a eu lieu, orchestré par le prince guerrier, destructeur du Yémen et instaurateur du blocus du Qatar, Mohammed ben Salmane (MBS).

 

Étant donné l’opacité qui caractérise cette oligarchie familiale du fin fond du désert, qui regorge de pétrodollars et qui se fait passer pour une nation, il ne faut se fier qu’aux rares étrangers ayant eu droit de visite pour se faire une idée du jeu des trônes en cours. Ce qui n’arrange en rien les choses, les « largesses » des lobbys saoudien et émirati à Washington ont également réussi à transformer pratiquement tous les groupes de réflexion et les journalistes en simples lèche-bottes.

 

Une source importante au Moyen-Orient proche de la maison des Saoud, qui remet donc en cause le consensus à l’intérieur du périphérique à Washington, ne mâche pas ses mots : « La CIA est fort mécontente du limogeage de [l’ancien prince héritier] Mohammed ben Nayef. Mohammed ben Salmane est perçu comme un commanditaire du terrorisme. En avril 2014, les USA comptaient écarter du pouvoir les familles royales des États arabes unis (EAU) et de l’Arabie saoudite au complet en raison du terrorisme. On a trouvé un compromis en vertu duquel Nayef devait prendre les rênes du Royaume pour y mettre fin. »

 

Avant le coup d’État de Riyad, le topo qui prévalait dans certains cercles géopolitiques du Moyen-Orient était que les services secrets des USA avaient « indirectement » stoppé un autre coup d’État contre le jeune émir du Qatar, cheikh Tamim al-Thani, orchestré par Mohammed ben Zayed, le prince héritier d’Abou Dhabi, avec l’aide de l’armée de mercenaires de Blackwater/Academi d’Eric Prince aux EAU. Il se trouve que Zayed est le mentor de MBS, ce qui n’est pas rien.

 

Notre source clarifie les choses : « Tout est connecté. Eric Prince est de la CIA, mais il a probablement stoppé toute tentative de coup d’État au Qatar. La CIA a bloqué le coup d’État au Qatar et les Saoudiens ont réagi en se débarrassant de  Mohammed ben Nayef, le choix de la CIA, qui devait devenir le prochain roi. Les Saoudiens ont la trouille. La monarchie est dans le pétrin, car la CIA peut lever une armée en Arabie saoudite contre le roi. C’était une mesure défensive par MBS. »

 

La source poursuit : « MBS échoue partout : au Yémen, en Syrie, au Qatar, en Irak, etc. La Chine aussi est insatisfaite de MBS qui sème le désordre au Xinjiang. La Russie ne peut non plus se réjouir du fait que MBS était et est derrière la baisse des prix du pétrole. Qui sont ses alliés ? Il n’en a qu’un et c’est son père, qui n’est pas tellement compétent. » Le roi Salmane est pratiquement en état d’incapacité pour cause de démence.

 

La source est convaincue qu’il « est très possible que la CIA  s’en prenne à la monarchie en Arabie saoudite ». La guerre entre le président Trump et certains secteurs de l’État profond aux USA prendrait alors une toute autre dimension.

 

Pour compliquer encore les choses, il faut tenir compte aussi du facteur Jared d’Arabie. Il serait étonnant qu’un des principaux acteurs de cette saga confirme quoi que ce soit à propos d’un coup d’État (avorté) au Qatar. Mais si une tentative de renversement a vraiment eu lieu, et qu’elle a été matée, Jared Kushner pourrait avoir obtenu des renseignements privilégiés, étant donné ses connexions.

 

Selon la source, « Jared Kushner est pratiquement en faillite au 666 de la 5e Avenue et il compte sur une aide financière saoudienne. Il fait donc tout ce que les Saoudiens lui demandent. Les difficultés financières du 666 de la 5e Avenue sont tellement énormes, que même son beau-père ne peut le cautionner. »

 

Opération arrogance du désert

 

Cette suite des événements alambiquée corrobore la fameuse note de service du BND (le Service fédéral de renseignement allemand) daté de décembre 2015, selon laquelle la maison des Saoud avait adopté « une politique impulsive d’intervention », qualifiant son ministre de la Défense et vice-prince héritier d’alors, MBS, de « joueur politique »cherchant la déstabilisation.

 

La note de service du BND décrivait comment la maison des Saoud a financé la création en Syrie de l’Armée de la Conquête, qui n’était en fait qu’une simple restructuration du front al-Nosra, alias al-Qaïda en Syrie, et de Ahrar al-Sham, son comparse idéologique. Autrement dit, la maison des Saoud aide, encourage et arme le terrorisme salafo-djihadiste. Voilà maintenant que ce régime accuse le Qatar de faire la même chose (Doha appuyait d’autres groupes).

 

Au Yémen, le BND s’inquiétait que la guerre menée par MBS contre les Houthis et l’armée yéménite ne profite qu’à al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA). La guerre de MBS, menée avec des armes étasuniennes et britanniques, a causé une catastrophe humanitaire horrible.

 

Comment se fait-il qu’un être aussi arrogant, négligent, présomptueux et ignorant que MBS est presque parvenu à mettre le feu à l’ensemble de l’Asie du Sud-Ouest ? Des vagues de désespoir déferlent parmi les investisseurs occidentaux aussi, qui craignent que les actes d’un élément imprévisible comme MBS n’occasionnent une désintégration généralisée des fonds de retraite personnels.

 

Une mise en contexte essentielle s’impose. Ce à quoi nous avons droit aujourd’hui, c’est au troisième royaume saoudien, fondé par Ibn Saoud en 1902, et qui maintient la même alliance nocive qu’avant avec les religieux wahhabites troglodytes. Au départ, Ibn Saoud ne régnait que sur le Najd. En 1913, il a annexé l’est de l’Arabie chiite (où se trouve le pétrole), puis le Hejaz, sur la côte de la mer Rouge jusqu’en 1926. Le Royaume d’Arabie saoudite « unifié » n’a été proclamé qu’en 1932.

 

Ibn Saoud est mort en 1953. La plus influente des femmes de son harem était sans contredit Hassa al-Sudairi. Ils ont eu sept garçons ensemble. Le roi Salmane (dément), Nayef et MBS sont tous des Sudairi. MBS est le premier des petits-fils de Ibn Saoud à être sur le point de monter sur le trône.

 

Un certain nombre de princes sont plus compétents que MBS. Nayef, qui a longuement travaillé au sein du ministère de l’Intérieur, était le tsar du contre-terrorisme (ce qui en a fait le chouchou de la CIA). Il y a aussi Mitab ben Abdullah, le ministre de la Garde nationale d’Arabie saoudite ; le prince Turki, ancien chef des services du renseignement, ambassadeur des USA et grand copain d’Oussama ben Laden ; et Khaled ben Faisal, gouverneur de La Mecque et ancien ministre de l’Éducation.

 

MBS mise tout sur son projet Vision 2030 qui, en théorie, pourrait propulser l’économie saoudienne en dehors des champs de pétrole, mais qui nécessiterait un renouvellement politique quasiment irréalisable. C’est qu’aucune réforme n’est possible dans le château de cartes de la maison des Saoud. On n’a qu’à penser à cette liste de 13 demandes ridicules imposées au Qatar (l’œuvre de BMS), qui comprend l’excommunication virtuelle de l’Iran et la fermeture d’al-Jazeera.

 

Pas étonnant que tous les grands joueurs géopolitiques projettent des scénarios de guerre (même si seulement l’Allemagne a fait connaître ses préoccupations). Le Qatar a le statut d’observateur à L’OTAN. Doha est résolu. Il ne pliera pas devant les demandes absurdes de l’Arabie saoudite. Que va-t-il se passer ensuite ? Est-ce que BMS, le dirigeant le plus dangereux de la scène géopolitique d’aujourd’hui, va perdre la face ou se lancer dans une autre guerre démentielle, impossible à gagner et qui, cette fois, ne manquera pas de causer des convulsions à l’échelle planétaire ?

Daech déclare la guerre aux Talibans selon les Russes

 

27 Juin 2017

Des combattants talibans. (Fichier)

18:29 25.06.2017(Mis à jour 18:52 25.06.2017)
 
Le groupe terroriste Daesh (interdit en Russie) a l’intention d’éliminer les militants du groupe terroriste taliban (également interdit en Russie) n’importe où, y compris en Afghanistan, à annoncé dimanche l’agence de presse Tahim. Il est clair que les Russes qui en sont arrivés à considérer les Talibans comme un moindre mal parce que comme le dit leur chef ici, premièrement les afghans n’ont jamais envahi personne, ils veulent être maîtres chez eux. L’intervention américaine et de l’OTAN non seulement est l’obstacle à la paix, mais elle favorise l’intervention de Daech qui profite de la guerre pour tenter de s’implanter. Les talibans leur ont déclaré la guerre.
 
(Note et traduction de Danielle Bleitrach).


 

Le nouveau leader taliban Mullah Haibatullah Akhundzada est vu dans une photo non datée, posté sur un flux twitter Taliban le 25 mai 2016 et identifié séparément par plusieurs fonctionnaires talibans, qui ont refusé d'être nommés
© REUTERS /
 
 

Le chef des Taliban en Afghanistan a publié vendredi une déclaration appelant les États-Unis et l’OTAN à retirer leurs troupes du pays.

Les troupes américaines en Afghanistan

Le mollah Haibatullah Akhundzada, qui a été nommé chef du mouvement militant après que l’ancien chef des Taliban ait été tué lors d’une frappe des drones américains, s’est adressé à Washington dans un message officiel publié à la veille du festival Eid al-Fitr qui marque la fin du saint mois  musulman du ramadan.

 

Le message a répété les remarques faites par Akhundzada il y a près d’un an dans son premier discours publique après avoir pris en charge le groupe insurrectionnel, lorsqu’il a déclaré que le premier pas vers la renaissance  de l’Afghanistan serait lorsque « les envahisseurs américains » mettront fin à l’occupation du pays.

 

« L’occupation est le principal obstacle à la paix », a déclaré la déclaration du vendredi d’Akhundzada, rapporté par Deutsche Welle.

 

« Plus [les États-Unis] insistent pour maintenir la présence de leurs forces ici ou veulent une poussée de leurs forces, plus la sensibilité régionale contre eux s’intensifiera ».

 

Akhundzada a accusé les États-Unis et ses alliés de compromettre la stabilité dans la région avec leur présence, mais a ajouté que les relations diplomatiques constructives pourraient devenir une réalité après que ses demandes soient respectées.

 

« La solution de la question afghane par des moyens pacifiques fait partie intégrante de la politique de l’émirat islamique, », a-t-il déclaré.

 

La déclaration fait suite à la confirmation par un responsable de la Maison Blanche que le Pentagone déploiera 4 000 soldats supplémentaires en Afghanistan dans l’espoir de mettre fin à l’impasse dans  laquelle il s’est installé.

 

« Si vous pensez que vous pouvez rompre notre détermination avec votre présence militaire et votre nombre de troupes, vous faites une erreur », a déclaré le message d’Akhundzada.

 

« Les Américains devraient comprendre que la poursuite de la guerre en Afghanistan, l’intensification  des bombardements … n’aboutiront jamais à leur réussite. Les Afghans ne sont pas un peuple  qui s’attaquer à quelqu’un ».

 

Il a nié que l’Afghanistan pourrait devenir un refuge pour les militants étrangers qui cherchent à attaquer les États-Unis et a promis que les talibans ne voulaient que l’indépendance en vertu de la loi islamique.

 

Photo du 27 mai 2016, les membres d'une faction séparatiste des combattants talibans se promènent lors d'un rassemblement, dans le district de Shindand, dans la province de Herat, en Afghanistan

 

« Nous n’autorisons pas les autres à utiliser le sol de l’Afghanistan contre quiconque », a déclaré Akhundzada. Il a également exhorté les combattants talibans à tenter d’éviter les victimes civiles.

 

Les États-Unis et ses alliés ont lancé une opération militaire en Afghanistan en 2001 suite aux attentats terroristes du 11 septembre . La mission en Afghanistan a pris fin le 28 décembre 2014. Le 1er janvier 2015, l’OTAN a annoncé une nouvelle mission dans le pays, Resolute Support, pour former et assister les forces de sécurité afghanes.

 

L’Afghanistan connaît depuis des décennies une instabilité politique, sociale et sécuritaire importante, alors que les organisations terroristes, y compris Daesh et les Taliban , continuent d’organiser des attaques contre des cibles civiles et militaires.

 

MOSCOU  – L’agence de presse Tasnim a précisé qu’un  commandant de Daesh avait souligné  que  la décision de déclarer la guerre aux Talibans se fondait  sur la croyance de Daesh selon laquelle les membres talibans trahissaient l’islam.La décision de Daesh est intervenue à la suite   d’une annonce des talibans de leur volonté d’attaquer  les membres de Daesh, publiée peu avant dans  Tasnim par le porte-parole taliban afghan Zabihullah Mujahid.

 

L’Afghanistan est depuis longtemps confronté à l’instabilité en raison de la poursuite des combats entre les forces gouvernementales et les Taliban, qui se sont emparés  de vastes territoires dans les zones rurales afghanes. En outre, l’instabilité dans le pays a provoqué l’émergence des cellules locales d’autres organisations extrémistes telles que Daesh.

La torture étatsunienne, le coup saoudien et les crimes de l’EI – « Par, avec et à travers des alliés »

 

L’armée des États-Unis et / ou la CIA ont sous-traité une partie de leur campagne de torture en cours au Yémen aux Émirats arabes unis, selon l’AP. Certains « interrogatoires » se font en présence de personnel étasunien sur des navires américains :

M0UKALLA, Yémen (AP) - Des centaines d’hommes arrêtés au cours de la chasse aux combattants d’al-Qaïda ont disparu dans un réseau secret de prisons du sud du Yémen où les abus sont routiniers et où les tortures atroces vont jusqu’au « grill », une méthode de torture où la victime est attachée à une broche comme un rôti pour la faire tourner au feu, selon une enquête de l’Associated Press.

De hauts responsables étasuniens de la défense ont reconnu mercredi que les forces étasuniennes ont été impliquées dans les interrogatoires de détenus au Yémen mais ont nié avoir participé à des violations des droits de l’homme ou même en avoir eu connaissance.

Dans un important complexe de détention de l’aéroport de Riyan, dans la ville méridionale de Moukalla, d’anciens détenus ont raconté qu’ils avaient été entassés dans des conteneurs pleins d’excréments et qu’on les avait gardés cagoulés pendant des semaines d’affilée. Ils ont dit qu’ils avaient été battus, mis sur le « grill » et agressés sexuellement. Selon un membre de l’Hadramawt Elite, une force de sécurité yéménite créée par les Émirats arabes unis, les forces américaines étaient parfois à quelques mètres seulement.

Il y a depuis longtemps des rumeurs au Yémen selon lesquelles les détenus sont transportés sur des navires américains à l’ancre pour des « interrogatoires » intensifs :

@ BaFana3 – 3h42 · 6 mai 2016
Tous au Yémen maintenant : porte-avion étasunien, 2 destroyers navals, un groupe amphibie prêt et une unité expéditionnaire de la marine. Cela fait près de 15 000 soldats.

Maintenant, je connais les navires sur lesquels ont été emmenés les combattants d’AQAP capturés à Al Moukalla, Hadhramaut.

Selon l’AP aujourd’hui :

Un officier yéménite qui a été en service un certain temps sur un navire au large de la côte a déclaré qu’il avait vu au moins deux détenus amenés sur le navire pour interrogatoire. Les détenus ont été emmenés sous le pont, où, selon ses informations, des « experts polygraphiques* » et des « experts psychologiques » étasuniens menaient des interrogatoires.

Deux hauts fonctionnaires du Yémen, un au ministère de l’Intérieur de Hadi et un autre dans le 1er district militaire basé dans la province de Hadramawt, où Moukalla est situé, ont également déclaré que les Américains effectuaient des interrogatoires en mer, tout comme un ancien haut responsable de la sécurité à Hadramawt.

D’anciens détenus et un officiel du Yémen ont fourni à l’AP le nom de cinq suspects détenus sur des « sites noirs », qui ont été interrogés par des Étasuniens.

Les EAU font partie de l’appareil de torture des « sites noirs » de la CIA. Ses agents sont donc bien formés par la CIA. Les militaires étasuniens et / ou la CIA semblent maintenant leur avoir sous-traité, la plupart des trucs « sales ». Cela ne rend pas les Etats-Unis moins coupables.

L’administration Obama avait appelé cette manière de procéder « par, avec et à travers » les alliés. L’administration Trump lui emboîte le pas.

Les « combattants » torturés n’étaient probablement pas des gars d’al-Qaïda. Al-Qaïda dans la péninsule arabe tenait la ville portuaire de Moukalla au Yémen. Les EAU ont « libéré » la ville en avril 2016 en concluant avec AQAP un accord qui a permis à ces derniers de quitter la ville. Les EAU sont des alliés de ce groupe tout en luttant contre les Houthis yéménite. Si les équipes de torture des États-Unis croient qu’ils « interrogent » de vrais combattants d’« al-Qaïda », ils ont été trompés par les équipes des EAU.

L’armée des États-Unis nie, bien sûr, toutes les accusations de torture ; et la CIA, évidemment, ne fait pas de commentaires, mais tente de discréditer les accusateurs. Nous avons déjà souvent entendu ce genre de démentis.

Hier, un prince clownesque de la famille al-Saud a remplacé un autre prince bouffon de la famille al-Saud pour remplacer le vieux roi de la famille al-Saud qui va bientôt être débarqué. Ceci, dans un pays qui porte le nom de la famille al-Saud. On est quasiment certain que cela va se passer ainsi. Le prochain dictateur-roi Mouhammad bin Salman bin Abdulaziz Al Saud, le gars qui a une dette publique, est porté aux nues dans les médias américains. Ce n’est pas étonnant. Il a beaucoup d’argent et aucune idée de sa valeur. Il a payé 500 millions d’euros un navire usagé qui n’avait coûté, neuf, que 300 millions d’euros, il y a six ans. Il va distribuer son argent ici ou là chaque fois qu’un journaliste écrira un bel article sur lui. Si le ou la journaliste est vraiment bon(ne), il ou elle touchera un pot de vin à la faveur d’un contrat d’armement garanti par la CIA avec les cheiks du Golfe. Bin Salman n’est pas très intelligent. Il est allé en Israël et est en contact permanent avec les responsables israéliens. Son programme de développement pour l’Arabie saoudite, basé sur l’austérité, a été élaboré par des consultants de McKinsey et a donc de grandes chances d’échouer. Avec son positionnement anti-iranien extrémiste, il fait l’effet d’une simple marionnette américo-israélienne.

Description : http://www.moonofalabama.org/images5/salman-s.jpg

Les 26 millions de personnes sur lesquelles il règne n’apprécieront pas non plus. Beaucoup de citoyens de la péninsule arabe voudront voir sa tête au bout d’une pique. La Maison Saoud n’est plus qu’un château de cartes qui va s’écrouler.

L’avènement de Mouhammad bin Salman en tant que roi saoudien est, en partie, un projet de son mentor, le prince bouffon Emirati Mohamed bin Zayed. Bin Zayed dirige les Émirats arabes unis. L’expression « Par, avec et à travers » les alliés, nous revient à l’esprit.

Les dirigeants saoudiens ont encouragé et financé, avec le Qatar, la prise de contrôle de l’Etat Islamique sur l’Irak et des pans de la Syrie. Ils ont également contribué au financement de la campagne de Clinton. Les terroristes de l’Etat islamique viennent de faire exploser, à Mossoul, la mosquée d’al-Nuri vieille de 845 ans. Le leader de l’EI, Baghdadi, s’est fait intronisé calife dans cette mosquée, et l’armée irakienne était sur le point de la reprendre.

L’article du New York Times sur la destruction de la mosquée appelle les nihilistes de l’EI des « militants » :

Depuis le début de son règne ou presque, L’État islamique a systématiquement détruit ou endommagé des monuments ou sanctuaires importants, les uns après les autres [...] Dans la bibliothèque de Mossoul, des « militants » ont brûlé des milliers de vieux livres et manuscrits.

Un autre article du New York Times a récemment qualifié les soutiens de Bernie Sanders de « militants » :

La tension croissante entre l’aile militante en croissance du parti et les Démocrates, qui se disputent un terrain à tendance conservatrice, est apparue au grand jour pendant le week-end.

Apparemment, défendre une couverture santé publique universelle est comparable aux massacres sectaires de milliers de personnes ou à l’explosion de lieux de culte centenaires. Seuls des « militants » font ce genre de chose. Mais ne vous risquez surtout pas à comparer le parrainage saoudien de l’EI à celui d’Hillary Clinton. Même quand les Saoudiens font les deux.

Faire le lien entre la torture émiratienne / CIA au Yémen, le parrainage émiratien du prochain roi saoudien, le parrainage saoudien la campagne Clinton sous l’égide de la CIA, la famine** causée par les États-Unis et l’Arabie Saoudite, et le terrorisme de l’EI, n’est pas kasher – même s’il y a des liens directs entre tous ces éléments.

Soit dit en passant, Trump ne vaut pas mieux que Clinton dans ce domaine. Son soutien à l’agressif nouveau dirigeant saoudien au moment où un avion américain abat un avion syrien qui attaquait l’EI n’a probablement rien d’une coïncidence.

Mais ce sont les progressistes qui sont des « militants » !

Notes
*Polygraphe : détecteur de mensonges

*** Au Yémen

»» http://www.moonofalabama.org/2017/06/more-us-torture-a-saudi-coup-and-...
URL de cet article 32030 

 

 

Économiste et historien, Georges Corm vient de publier aux éditions La Découverte La nouvelle question d’Orient, une « plongée historique dans le destin tragique des sociétés de l’Est de la Méditerranée et du monde arabe ». Il livre ici son analyse sur la crise diplomatique qui secoue la péninsule arabique entre sponsors sunnites du « terrorisme », sous l’œil du parrain militaire étasunien.

Comment analysez-vous la crise diplomatique actuelle et la mise en quarantaine du Qatar, accusé de soutenir le « terrorisme » ?

Georges Corm : Heureusement que le ridicule ne tue pas : depuis la première guerre d’Afghanistan, les pays du Golfe comme les Etats-Unis ont armé et entretenu des groupes de prétendus « djihadistes » qui ont été déployés d’un pays à l’autre, en fonction des intérêts géopolitiques de Washington et de ses alliés. Ceci dit, ce n’est pas la première crise entre l’Arabie Saoudite et le Qatar, qui ont en commun comme doctrine d’Etat le wahhabisme. Et qui ont été ces dernières années en compétition très forte, en particulier depuis les soulèvements arabes de 2011, pour recueillir le fruit du détournement de ces révoltes en soutenant différentes mouvances de l’islam politique. L’influence du Qatar, via notamment ses centres d’études, ses think tanks et sa chaîne de télévision al-Jazeera, a visiblement pris trop d’importance pour une Arabie Saoudite qui cherche aujourd’hui, sans aucun complexe, à affirmer son emprise absolue et totale sur les pays arabes et aussi tous les Etats se définissant comme musulmans. Une emprise qui a débuté avec l’envolée des prix du pétrole en 1973, et qui a permis à Riyad de créer toutes les institutions nécessaires à cet effet – Ligue islamique mondiale, Banque islamique de développement, Conférence des Etats islamiques, etc. – qui ont été créé dès l’origine pour être des outils majeurs de lutte contre l’influence de l’URSS et du marxisme dans les rangs des jeunesses musulmanes, arabes ou non arabes de ce que l’on appelait alors le tiers-monde.

Les Frères musulmans sont désignés par l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis comme la principale entité terroriste sponsorisée par le Qatar...

Georges Corm : Pourtant, aux Emirats arabes unis, la Confrérie n’a qu’un impact limité, et historiquement, l’Arabie Saoudite a toujours été la base arrière des Frères musulmans comme de n’importe quel mouvement se réclamant de l’islam politique. L’événement qui a peut-être contribué à déclencher la contradiction actuelle, c’est le fait que l’Egypte a renversé le régime des Frères musulmans installé par les élections de 2013, avec la bénédiction des Saoud. Autant il peut être utile d’instrumentaliser une mouvance islamique, autant qu’une organisation qui a une telle importance historique arrive au pouvoir dans le plus grand des pays arabes, l’Egypte, l’Arabie Saoudite ne peut pas le tolérer.

L’Iran a réagi très durement aux propos de Donald Trump qui a déclaré que la République islamique avait « récolté ce qu’elle avait semé ». Que vous inspire l’attitude du président américain dans cette séquence diplomatique ?

Georges Corm : Ce n’est pas simplement l’attitude de Donald Trump qui pose problème. La thèse selon laquelle le terrorisme au Moyen-Orient serait d’origine iranienne est devenue très prégnante, alors que c’est une contre-vérité. C’est l’Irak qui a attaqué l’Iran en 1980, encouragé par les pétromonarchies, les Etats-Unis ou la France. L’Iran, qui ne parvenait pas à acheter des armes, a utilisé à cette époque des modes d’actions qualifiés de terroristes (enlèvement d’otages au Liban, attentats contre les locaux de l’ambassade américaine, ainsi que ceux contre le contingent militaire américain et celui de la France au Liban. Sitôt terminée la guerre Iran – Irak fin 1988, ces opérations se sont arrêtées. Cependant, le maintien de cette accusation, 20 ans après ces évènements et 30 ans après la prise de l’ambassade américaine à Téhéran, permet par exemple de classer le Hezbollah libanais ou le Hamas comme des organisations terroristes, alors qu’il s’agit avant tout de mouvements de résistance à une occupation, qui reçoivent des soutiens multiforme de l’Iran.

Quelles peuvent être les conséquences de cette brusque montée en tension pour le Liban ?

Georges Corm : Pour le moment, heureusement, la scène libanaise demeure relativement gelée. Les services de sécurité, qui travaillent avec le Hezbollah, ont réussi à mettre fin à la vague terroriste qui a touché le pays en 2013, 2014 et 2015. Même les partis politiques financés par l’Arabie Saoudite ne contestent pas le fait que le Hezbollah est une composante importante de la vie politique et sociale libanaise, et nul ne songerait à qualifier ce parti de « terroriste ». D’ailleurs, nous assistons heureusement depuis quelques mois à la disparition de la forte polarisation transcommunautaire de la vie politique libanaise depuis 2005. Il s’agissait des deux grands blocs parlementaires, l’un pro-occidental et pro-saoudien (dit bloc du « 14 mars »), dirigé par la famille Hariri d’un côté, et de l’autre le bloc dit du « 14 mars » anti-impérialiste et pro-résistance libanaise et palestinienne contre l’Etat d’Israël, dit bloc « du 8 mars ». C’est l’approche des élections parlementaires ainsi que l’arrivée du Général Michel Aoun à la présidence de la République à la fin de l’année dernière et celle de Saad Hariri comme premier ministre et allié du président qui a permis la recomposition du paysage politique libanais. Ce qui ne veut pas dire que les problèmes politiques ont disparu, comme l’a prouvé la pénible et très longue période de gestation d’une nouvelle loi électorale en vue d’élections prochaines.

Propos recueillis par Marc de Miramon
Journaliste à L’Humanité Dimanche

»» http://www.humanite.fr/georges-corm-les-pays-du-golfe-comme-les-etats-...

URL de cet article 32015 

 

Petite parenthèse d 'un lecteur : je ne suis pas totalement d'accord sur le rôle du Qatar car il a minore l'action du Qatar par exemple en Libye, Syrie etc...Mais cet article offre quelques pistes de réflexion.

Richard Falk, professeur de droit international et auteurs de nombreux livres, s’interroge sur l’annonce soudaine par l’Arabie Saoudite, l’Egypte, le Bahrein, les Emirats Arabes Unis , le Yemen et les Maldives, de la rupture des relations économiques et politiques avec le Qatar.

"Ce tsunami a donné lieu, dit-il, a une foule de suppositions et supputations d’autant qu’il intervenait parallèlement à l’attentat contre l’Iran, son parlement et la tombe de l’ayatollah Khomeyni. Mais une chose est sûre, il ne faut y voir en aucun cas un renforcement de l’axe anti-Daech, revendiqué par l’Arabie Saoudite et auquel se serait joint Donald Trump.

"S’il est difficile de s’y retrouver, les versions officielles, ne tiennent pas la route, car ni l’Iran, ni le Qatar n’ont encouragé les extrêmistes djihadistes en Syrie ou ailleurs, contrairement à l’Arabie Saoudite.

En revanche l’Arabie et Israel entretiennent depuis quelques années des griefs contre le Qatar, qui n’ont rien à voir avec Daech. On peut d’ailleurs s’interroger sur le fait que ni l’Arabie Saoudite, ni les Emirats Arabes Unis, ni Israël n’aient jamais été ciblés par Daech.

De la part du gouvernement de Riyad, on imagine davantage un moyen de faire diversion quant à ses liens avec le terrorisme, car il est tout de même assez connu qu’y compris les membres de la famille royale soudienne financent les djihadistes les plus extrêmistes au Moyen-Orient, et ont dépensé des milliards pour répandre le salafisme le plus déchaîné dans tout le monde islamique.

En comparaison, le Qatar, qui ne peut être totalement innocenté de tout lien avec le terrorisme, et qui est certes un régime oppressif, notamment par rapport à ses très nombreux travailleurs immigrés, est un acteur mineur des menées à haut risque au sein de la région.

Et Trump, qui semble cautionner cette nouvelle alliance anti-Qatar, ne devrait pas oublier qu’il dispose au Qatar de sa plus grande base militaire américaine (al-Udeid Air Base) au Moyen-Orient, avec 10.000 soldats américains sur place, et une rampe de lancement pour les bombardements contre l’Irak et l’Afghanistan.

Que Netanyahou soit ravi de cette nouvelle division, n’est en revanche pas surprenant, car elle conjugue l’avantage de créer du chaos supplémentaire dans le monde arabe, et d’accentuer la pression sur l’Iran.

L’Arabie Saoudite est inquiète concernant le rapport dont Jeremy Corbyn a demandé la publication au gouvernement britannique, et qui établit ses responsabilités dans les attentats djihadistes. Tout est donc bienvenu pour en détourner l’attention.

Mais l’Iran, ne l’oublions pas, combat Daech en Syrie, et poursuit une politique modérée, comme l’a montré la réelection de son président récemment. On peut même dire qu’il y aurait tout intérêt à intégrer l’Iran dans la diplomatie internationale, afin de calmer le jeu dans la région.

Mais ni Israel, ni l’Arabie Saoudite ne lui pardonnent d’avoir soutenu le Hezbollah et le Hamas, ni d’avoir donné refuge à des dirigeants des Frères Musulmans persécutés par le régime de Sissi, ou encore d’héberger Khaled Mashaal de la bande de Gaza.

Ils lui en veulent également d’avoir accueilli favorablement les "printemps arabes", là où ils demandaient aux Etats-Unis de les écraser et de soutenir Moubarak en Egypte. Ils ont accueilli à bras ouverts et avec soulagement le coup d’Etat du dictateur Sissi et sa sanglante répression.

L’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis redoutent plus que tout une contagion démocratique dans leurs pays. La minorité chiite est en outre concentrée près des champs pétroliers.

La présence par ailleurs de la chaine Al-Jazeera à Doha est une autre épine dans le pied des régimes du Golfe et d’Israël. La Chaîne a non seulement soutenu les soulèvements de 2011, mais ses sympathies pour la cause palestinienne, et ses critiques de la politique israélienne, ne sont pas pour leur plaire.

Le Qatar a également donné refuge à Azmi Bishara, opposant palestinien à la citoyenneté israélienne, que Netanyahou aurait volontiers emprisonné.

Le Qatar est très vulnérable aux pressions, mais il a également quelques atouts dans sa manche.

Sa population de 2,5 millions d’habitants ne comprend que 200.000 personnes ayant la nationalité qatarie. Il importe 40 % de sa nourriture par sa frontière avec l’Arabie Saoudite, actuellement fermée aux 600 à 800 camions qui la traversaient quotidiennement. La panique s’est donc emparée des Qataris à l’annonce soudaine de la fermeture de cette frontière, et ils ont dévalisé les magasins pour constituer des stocks.

Mais le Qatar est par ailleurs le plus gros exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, et une source majeure d’investissement pour le capital turc.

Quant à l’Europe occidentale, elle s’inquiète des projets de Trump de mettre en place un "OTAN arabe", et se méfie de plus en plus de la conduite des affaires du monde par les USA.

Que va-t-il se passer maintenant ? Une tempête dans un verre d’eau ? Il est en tout cas peu probable que l’Iran, la Russie et la Turquie restent passifs si la crise se durcit et se poursuit.
Le ministre iranien des affaires étrangères a souligné dans un tweet que "les voisins sont permanents et que la géographie ne peut être modifiée", en appelant au dialogue. Si la crise n’est pas résolue rapidement. On peut s’attendre à ce que l’Iran approvisionne le Qatar en nourriture et autres produits de première nécessité.

La Russie qui collabore depuis longtemps avec l’iran contre les terroristes de Daech en Syrie, prendra sans doute l’Europe à témoin de cette désastreuse déstabilisation du monde par Trump, qui a déjà créé un grand mécontentement en se retirant de l’accord de Paris sur le climat.

La Turquie, qui s’est offerte en tant que médiateur pour aplanir la situation, a des intérêts au Qatar, sur e plan économique et militaire."

A suivre...

Richard Falk
"Global Justice in the 21st Century". https://richardfalk.wordpress.com/2017/06/07/interrogating-the-qatar-rift/

Traduit par CAPJPO-EuroPalestine

»» http://www.europalestine.com/spip.php++cs_INTERRO++article13085
URL de cet article 31990 

« Le Conseil de coopération du Golfe dirigé par l’Arabie saoudite va tomber dans l’oubli »

 

Encouragé par le soutien des États-Unis, l’Arabie saoudite a lancé une campagne pour réduire le Qatar au rôle d’état client. Le plan a maintenant atteint son point culminant. Il y a quelques heures, le Bahreïn, l’Égypte, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont rompu tous liens avec le Qatar.

 

Tous les espaces maritimes et aériens ont été fermés au trafic qatari et les routes terrestres coupées. Tous les Qataris devront quitter ces pays dans les 14 jours. Les diplomates qataris n’ont que 48 heures pour partir.

 

Les conséquences immédiates sont énormes. Environ 37 millions de passagers traversent Doha chaque année. Mais Qatar Airways doit maintenant emprunter l’espace aérien iranien, irakien et turc pour atteindre l’Europe. (Si cela dure, Emirates Airways, propriété des Émirats Arabes Unis, devra probablement passer une grosse commande de nouveaux avions.) La moitié de la nourriture du Qatar passe par l’Arabie Saoudite, à travers la seule frontière terrestre du Qatar. Cela représentait 600-800 camions par jour qui ne peuvent plus passer. Les 19 vols par jour entre Doha et Dubaï sont annulés. Les prix du pétrole ont augmenté de quelque 1,6% et la bourse qatari a été secouée.

 

Les raisons de l’altercation actuelle sont multiples. Elles n’ont pas grand chose à voir avec l’Iran.

 

Les Saoudiens accusent le Qatar de soutenir les terroristes. C’est comme si la Grande-Bretagne accusait les États-Unis d’impérialisme, ou si la mafia coupait ses liens avec le crime organisé pour cause de gangstérisme. Comme l’a remarqué Joe Biden (vidéo), deux pays wahhabites, le Qatar et l’Arabie Saoudite, ont financé et alimenté le terrorisme en Syrie, en Irak et ailleurs. Mais les Saoudien trouvent simplement que le Qatar plus « libéral » soutient la « mauvaise » sorte de terroristes.

 

Le gouvernement qatari et son porte-parole Al-Jazeera ont installé et soutenu le gouvernement des Frères musulmans en Egypte. Les Saoudiens ont renversé ce gouvernement en finançant un coup militaire contre lui. Le Qatar soutient le gouvernement des frères musulmans de Turquie. Il soutient le Hamas palestinien, également affilié aux Frères musulmans. Le Qatar finance divers groupes alignés sur al-Qaïda en Libye, en Syrie et en Afghanistan. Les talibans ont leur seule mission diplomatique à Doha. Jusqu’à récemment, les Saoudiens finançaient Daech. Ils financent maintenant à nouveau principalement divers autres groupes djihadistes sous contrôle de la CIA en Syrie. Les Émirats arabes unis parrainent le général libyen Hiftar qui lutte contre les groupes alignés sur al-Qaïda soutenus par le Qatar. Les Saoudiens font copains copains avec Israël et n’ont aucun intérêt pour la cause palestinienne que le Qatar défend.

 

Il y a des intérêts divergents dans les hydrocarbures. Le Qatar est le plus grand exportateur mondial de gaz naturel - une concurrence sérieuse pour les exportations de pétrole saoudien. Il a récemment intensifié ses relations avec d’autres producteurs et clients dans la région du Golfe et au-delà.

 

Les conflit a aussi une dimension locale et personnelle du fait des nombreux mariages inter-tribaux et de la concurrence entre les tribus et les familles saoudiennes et qataris. Il y a des rumeurs selon lesquelles des groupes tribaux importants dans le désert saoudien du Najd, en particulier la tribu al-Tamim, a récemment renouvelé ses liens avec le Qatar sous l’égide de son émir actuel, le Prince Tamim Bin Hamad al-Thani. C’est un affront pour les al-Sauds.

 

Oman et le Koweït n’ont pas pris position dans le conflit et tentent de jouer les médiateurs. La Turquie est alliée au Qatar, mais elle est restée étrangement silencieuse. Il y a un nouvel accord de défense entre le Qatar et la Turquie qui s’engage à soutenir le Qatar en cas d’attaque. L’armée turque a une base au Qatar avec quelque 600 soldats. Une part importante de l’investissement étranger en Turquie provient du Qatar. Les gouvernements turc et qatari se coordonnent étroitement pour soutenir ensemble Al-Qaeda et d’autres Takfiris dans la guerre contre la Syrie.

 

Le problème actuel entre le Qatar et les autres pays arabes du Conseil de coopération du Golfe (CCG) a été rendu possible par l’administration Trump :

Alors que l’administration Obama cherchait à renforcer l’engagement des États-Unis avec le CCG en tant que bloc, Trump a choisi de faire de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis les deux piliers de son approche régionale. Des liens solides auraient été formés entre le conseiller et gendre de Trump, Jared Kushner, et Mohammed bin Salman en Arabie Saoudite ainsi que Yusuf al-Otaiba, l’ambassadeur influent des EAU à Washington.

Les principaux dirigeants de l’administration Trump, tels que le secrétaire à la Défense Jim Mattis et le directeur de la CIA, Mike Pompeo, ont des opinions sur l’Iran et les Frères musulmans qui sont pratiquement identiques à celles de Riyad et d’Abu Dhabi.

Trump est tombé dans un piège israélo-saoudien. Les faucons du Pentagone ont rêvé d’une « OTAN arabe » pour lutter contre l’Iran. L’« OTAN arabe » envisagée pourrait bientôt mener sa première guerre, mais elle sera contre l’un de ses membres. Le spectacle des « Orbes* » (non-satanique) et le soutien illimité des États-Unis à l’Arabie saoudite ont agrandi les brèches au sein du CCG, ce qui va entraver toute opération commune.

 

Les militaires américains ont d’énormes intérêts au Qatar et dans d’autres pays du Golfe. Al-Udeid au Qatar est la plus grande base aérienne américaine au Moyen-Orient. La base, qui abrite quelque 10 000 soldats américains, est aussi le quartier-général avancé du commandement central des États-Unis qui mène la lutte contre ISIS. La 5ème flotte de la marine américaine est hébergée au Bahreïn voisin, qui vient maintenant de déclarer la guerre froide au Qatar. Toute altercation ou difficulté entre les pays du Golfe entrave les opérations militaires des États-Unis.

 

À Washington, une intense campagne de lobbying des Emirats Arabes Unis et de l’Arabie saoudite contre le Qatar est en cours depuis des mois. Un lobbyiste saoudien a menacé le dirigeant qatari de lui faire subir « le même sort que le Morsi égyptien ». En représailles, des courriels piratés de l’ambassadeur des Émirats arabes unis, Yusuf al-Otaiba, aux organes de lobbying israéliens à Washington ont récemment été publiés. Les documents révèlent que l’organisation lobbyiste sioniste "Foundation for the Defense of Democracy" conseille la dictature des Emirats Unis sur la manière de combattre la dictature du Qatar.

 

À la fin du spectacle des « orbes », les Saoudiens et les États-Unis ont essayé de faire valider un document déclarant diverses organisations et l’Iran « soutiens du terrorisme ». le Qatar a refusé de signer. Les religieux saoudiens ont ensuite déclaré que les dirigeants qataris de la tribu al-Thani ne sont plus considérés comme « faisant partie du clan Abdel Wahhab ». Cela ôte toute légitimité religieuse aux dirigeants wahhabites.

 

Le Qatar a essayé de calmer le jeu. Il a annoncé que six de ses soldats avaient été blessés en se battant pour les Saoudiens près du Yémen. Il a expulsé quelques dirigeants du Hamas. Un médiateur a été envoyé au Koweït, tout cela en vain jusqu’à présent.

 

Le violent assaut des Saoudiens et des Émirats arabes unis contre le Qatar, avec la fermeture totale de toutes les frontières, a pour but de provoquer une capitulation immédiate. Jusqu’à présent, le Qatar tient bon, mais il est probable qu’il finira par capituler. Il lui faudra cesser son soutien au « terrorisme », c’est-à-dire aux Frères musulmans. Un autre scénario est un putsch contre Doha avec une marionnette saoudienne prête à prendre le relais. Si cela ne réussit pas, une opération militaire pourrait suivre. Le Qatar n’a pas vraiment les moyens de résister à une invasion saoudienne.

 

L’Iran pourrait y voir une occasion de faire exploser le CCG en intensifiant ses relations avec le Qatar. Il pourrait augmenter ses exportations alimentaires vers le pays et accueillir les vols de la compagnie aérienne du Qatar. En échange d’un retrait qatari de la Syrie. Le plan U.S./Saudien d’attaquer l’Iran par le biais du CCG serait alors totalement compromis.

 

Quelle que soit la façon dont le conflit avec le Qatar va se terminer, la mascarade de l’unité du GCC vient (encore) d’être dévoilée au grand jour. Elle ne pourra pas se reconstituer. Le « leadership » de l’Arabie Saoudite se révèle n’être que de l’intimidation brutale et il y aura des résistances. Les plans des États-Unis pour un CCG uni, sous direction saoudienne et sous contrôle des États-Unis, sont en miettes.

 

Le pivot de tout cela est la guerre saoudienne contre le Yémen. Les Saoudiens soutiennent, au Yémen, le gouvernement de la marionnette Hadi et, il y a deux ans, ils ont réuni les autres États du Golfe, y compris le Qatar, pour lutter contre les Houthis dans le nord du Yémen. Ils accusent les Houthis de recevoir le soutien des Iraniens. Il n’y a aucune preuve de ce soutien. La coalition se défait et la guerre échoue. La résistance des Houthis est toujours aussi forte. Avec la famine qui se généralise au Yémen à cause du blocus frontalier saoudien et avec l’épidémie de choléra qui s’étend rapidement, la guerre va prendre fin. Le Koweït, Oman et le Qatar discutent avec les Houthis à Sanaa. La semaine dernière, les troupes des Émirats arabes unis se sont servi d’hélicoptères pour combattre à nouveau les milices soutenues par l’Arabie Saoudite dans l’aéroport du sud d’Aden. Les États-Unis et la Grande-Bretagne veulent que la guerre s’arrête et, dans les couloirs, menacent de retirer leur soutien. Les Saoudien et leur nouveau leadership surestiment leurs capacités. Trump aussi lorsqu’il leur a donné un plus grand rôle à jouer. Les tigres en papier saoudiens n’ont pas les capacités nécessaires pour devenir un acteur politique sérieux dans ce monde.

 

Leur argent ne peut compenser éternellement leurs lacunes.

 

Ce qui précède me rappelle la prédiction d’un avocat yéménite à Sanaa, il y a près de deux ans :

@ Bafana3
A la fin de la guerre contre #Yemen, les Etats du CCG dirigés par l’Arabie Saoudite tomberont dans l’oubli. Je ne sais pas ce qui les remplacera.

Moon of Alabama

Note :
*Orbes : Artefacts apparaissant sur certaines photographies, parfois considérés comme des phénomènes paranormaux

»» http://www.moonofalabama.org/2017/06/the-gcc-states-led-by-saudi-arabi...

URL de cet article 31956 

jeudi 8 juin 2017

Iran: quand les Etats Unis utilisent Daesh pour défendre leurs intérêts

Les Présidents américains changent, mais les effets négatifs de leurs tournées mondiales dans leurs différents fiefs ne diminuent pas. Après le voyage de Trump au Moyen Orient et le soutient apporté à l'Arabie Saoudite, la région est au bord d'une crise majeure, à travers l'attaque du Quatar et de l'Iran. Dans ce jeu très dangereux, les alliés sont toujours les mêmes: les groupes terroristes interviennent décidément juste au bon endroit au bon moment.
 
Les effets de la visite de D. Trump au Moyen Orient n'ont pas tardé à se faire sentir et il s'en félicite.
Le Quatar accusé de tous les maux de la terre permet ainsi de blanchir l'Arabie Saoudite. C'est très pratique pour les Etats Unis. Pendant ce temps-là, alors que l'Iran promet de l'aide humanitaire au Quatar, dont la population est soumise à un blocus total, le pays subie une attaque terroriste.
 
Rappelons que les Etats Unis viennent encore une fois de bombarder les forces militaires syriennes en argumentant du danger qu'elles présentent. Et ce pour la deuxième fois exactement au même endroit en un mois (voir notre texte en ce qui concerne le bombardement du mois de mai). Suite à ce bombardement, condamné également par la Russie comme une ingérence qui aide les terroristes dans la région, l'Iran a déclaré être prête à répondre aux Etats Unis en Syrie. Rappelons que l'Iran fait partie de la coalition qui lutte en Syrie aux côtés du Gouvernement légitime contre Daesh.
 
C'est alors que l'Iran est touché par un attentat très symbolique, faisant 13 morts et 43 blessés à ce jour. Un attentat revendiqué par Daesh, ce qui est une première pour le pays. Et les "condoléances" des Etats Unis sonnent quasiment comme une menace, comme la revendication d'un attentat:
Ainsi, les pays qui font la promotion du terrorisme, s'en trouvent les victimes. Les Etats Unis et l'Europe savent de quoi il s'agit. Mais la réaction de l'Iran est intéressante.
 
Beaucoup de voix s'élèvent, sans oser l'affirmer trop clairement, pour dire que Daesh est non seulement une créature des Etats Unis, mais également un instrument utilisé pour destabiliser les pays et les affaiblir en fonction des intérêts outre-atlantiques.
 
La réponse de l'Iran est, elle, très directe. L'Arabie Saoudite est derrière ces attentats, pays qui a reçu le feu vert des Etats Unis pour activer Daesh en Iran. 
 
Le ministre des affaires étrangères refuse les "condoléances" présentées par les Etats Unis:
Quant au pouvoir, il accuse directement les Etats Unis d'utiliser les terroristes:
"This terrorist attack happened only a week after the meeting between the U.S. president (Donald Trump) and the (Saudi) backward leaders who support terrorists. The fact that Islamic State has claimed responsibility proves that they were involved in the brutal attack," a Guards statement said.
Les Etats Unis continuent à jouer avec le feu dans la région, l'Europe est anesthésiée et, elle, joue avec la Tour Eiffel. Pendant ce temps-là, le terrorisme se porte à merveille et le caractère artificiel de Daesh se révèle peu à peu au grand jour.
 

Crise dans le Golfe, Nosferatrump

Publié le 7 Juin 2017

Au delà des tensions internationales

 

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Comme Trump la mort a parfois des absences intellectuelles qui mettent en danger les quatre coins de la planète, qui ira rappeler au pentagone qu'il ne faut pas bombarder le parc des Princes ? Informer Nosferatrump qu'il se trouve à Paris.

 

En France, pour coller aux basques du Nosferatu du Potomac, la fachosphère se déchaîne :

 

"Il est temps de demander des comptes à ceux qui soutiennent le Qatar en France !" titre le site fachos Bd Voltaire dès que Trump a causé et Riyad embrayé.
Petit rappel de quelques données : 
Doha est-il liés aux activité intégristes théofascistes ? Tous les experts de la planète s'accordent à dire que dès lors qu'on explore les circuits industriels, financiers, commerciaux, le recrutement ou l'encadrement,  Doha ne les finance pas plus pas moins que ses voisins et parfois moins que certains d'entre eux.
La question des Frères Musulman revenant de façon récurrente, pas inutile de rappeler pour les plus jeunes qu'ils sont la créature des gouvernement français et britannique en 1956 pour en Egypte s'opposer à Nasser qui  outre qu'il était la base arrière des mouvements de libération nationale anticolonialistes, expulsait l'impérialisme franco anglais en nationalisant le Canal.
Le soutien impérialiste à la compagnie de Suez (qui par reconversion et garanties financières accordées alors par Paris et Londres s'est emparée des sources et circuits de diffusion d'énergie dont GDF en France) s'est manifesté en sous main par l'aide au "freres".
Ces "frères" qui ont été depuis un demi siècle les soutiens zélés de toutes la mouvance intégriste de Casablanca à l'océan Indien et sont considérés comme les instigateurs des persécutions et attentats meurtriers contre les coptes en Egypte.
Notons qu'en 1956, les compagnies financières américaines (celles qui portent Nosfératrump aujourd'hui) avait incité le département d'Etat US à discrètement tenter de soutenir la première révolution nassérienne pour prendre place dans l'espace géostratégique du moyen orient et s'installer face à l'URSS d'alors.
En rappelant que l'Arabie saoudite comme les émirats ne sont pas des états nations mais des états-propriétés privées appartenant à des familles ou dynastie installées ou choisies par le colonialisme (essentiellement britannique) de tailles et richesses variables, dont les potentats outre de droits seigneuriaux sur les populations allant jusqu'à l'esclavage et le travail forcé, appliquant une "justice" barbare, disposent des financements étatiques comme cassettes privée et réciproquement.
Sur le terrorisme, argumentation de la Maison Blanche, rappelons enfin que Riyad, client privilégié de Trump, a fourni,  identifiés par l'administration américaine, 11 des 16 responsables de l'agression du 11 septembre à New York, certains dont Ben laden étant directement et à haut niveau installés dans la famille des despotes en place.
Pour revenir au Qatar, voici (cela date de 2013, l'état de quelques investissements qataris en France essentiellement via "Qatar Investissement". 
 

Il y a lieu de retenir le rôle décisif d'un certain Nicolas Sarkozy qui outre de disposer d'un cabinet d'avocat d'affaires florissant a su user d'un passage au château du fb St honoré pour aider l'arrivée des capitaux qataris en France.

 

SPORTS

 

TV - Le groupe de télévision Al Djazira, détenu par le Qatar, a lancé début juin les chaînes beIN Sport 1 et beIN Sport 2 après s’être vu attribuer en février une partie des droits de la Ligue 1 de football pour la période 2012-2016.

FOOT - Qatar Sports Investments a racheté la participation de 30 % qu’il restait à Colony Capital dans le Paris Saint-Germain, concluant ainsi sa prise de contrôle du club de football.

HANDBALL - En juin, le fonds a aussi racheté le club Paris Handball.

 

IMMOBILIER

 

À Paris, l’émirat, via le gestionnaire de portefeuille hôtelier de luxe Katara Hospitality, possède l’hôtel Royal Monceau ainsi que l’hôtel Péninsula dont l’ouverture est attendue en 2014.

Sur les Champs-Elysées, le Qatar possède l’immeuble du Virgin Megastore et l’ancien siège de HSBC France.

La banque centrale du Qatar est également propriétaire de la galerie commerciale Elysées 26, un immeuble de bureaux et de logements également situé sur les Champs-Elysées.

Le Qatar est actionnaire minoritaire de la Société Fermière du Casino Municipal de Cannes, qui exploite le Gray d’Albion et le Majestic.

 

LUXE

 

LVMH - Le Qatar est devenu actionnaire du groupe en 2011 en acquérant 1 % du capital, selon le document de référence du numéro un mondial du luxe pour l’exercice 2011.

LE TANNEUR - Qatar Luxury Group contrôle le maroquinier.

 

MÉDIAS

 

LAGARDERE - Qatar Holding, une des branches d’investissement du fonds souverain Qatar Investment Autority (QIA), détient 12,83 % du capital du groupe de médias, selon des données Thomson Reuters.

QIA avait dit en mars 2012 se réserver la possibilité d’augmenter encore sa participation dans Lagardère - groupe qui détient 7,5 % d’EADS - sans en prendre le contrôle et envisager de demander à siéger au conseil de surveillance.

 

VIVENDI - Qatar Holding détient 1,67 % du capital du groupe de télécoms, maison mère de l’opérateur téléphonique mobile SFR, selon des données Thomson Reuters.

 

INDUSTRIE

 

VINCI - Le Qatar possède environ 5,5 % du capital, ce qui en fait le deuxième actionnaire du numéro un mondial du BTP et des concessions derrière les salariés.

VEOLIA ENVIRONNEMENT - L’émirat détient 4,7 % du capital, ce qui en fait l’un des cinq premiers investisseurs du groupe de services aux collectivités.

TOTAL - Le PDG du groupe pétrolier Christophe de Margerie a annoncé en avril 2012 que le Qatar avait augmenté sa participation à 3 %.

 

Oui, cela vaut le coup de prévenir le pentagone, qu'il ne se gourent pas quand ils vont lâcher l'US air force pour éliminer les bases du terrorisme mondial.

 

Déjà que Paris à mauvaise presse dans le temps disponible du neurone de Nosferatrump...

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Qatar, Arabie saoudite &C°, pour aider à y voir clair

Publié le 6 Juin 2017

approche succincte

qui demandera développement

Résultat de recherche d'images pour "pays du golfe persique"

 

Outre les recompositions politiques dans le Golfe, il est nécessaire de bien mesurer aussi les rivalités inter-impérialistes entre les USA et l'UE, et la volonté de Trump de préparer son champ de bataille pour organiser l'agression contre l'Iran.

 

On peut comme moi détester le régime iranien et dire que contrairement à la coalition construite autour de l'A.S, ...au même titre que le Qatar en matière de logistique et financement il ne porte pas de responsabilité en matière de terrorisme.

 

Notons aussi que ce n'est pas Doha qui bombarde les population civile au Yemen, mais Riyad avec les bombes et missiles (enjeu de concurrence effrénée entre les USA et l'UE) de l'OTAN et de son industrie militaire.

 

En attendant, si j'étais ministre de la culture, je ferais fissa pour rapatrier les collections installées par les Musées de France à Doha. 

 

Si jétais à la FIFA, je sauterais sur l'occasion pour stopper le gâchis de la coupe du monde de foot.

 

Si j'étais à la commission des droits humain de l'ONU, j'en profiterais pour stigmatiser tous les pays de la Régions, lourder ceux qui n'ont rien à faire au sein de cette commission...avant que Trump fasse que les USA ne s'en retire.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Les Tartuffes: cachez le Qatar que je ne saurais voir

Une dépêche de l'AFP de ce 5 juin 2017 annonce:" L'Arabie saoudite, l'Egypte, Bahreïn et les Emirats arabes unis ont tour à tour annoncé lundi la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accusé de "soutien au terrorisme", y compris Al-Qaïda, le groupe Etat islamique (EI) et les Frères musulmans." Ah bon?

"Ces développements sont un sérieux revers pour le Qatar qui, indépendamment de son rôle régional, se targue d'organiser la Coupe du Monde de football en 2022", dit aussi l'AFP.  Ah bon? bis

Le Qatar est donc devenu l'arbre qui cache la forêt de l'intégrisme islamique. En effet, jusqu'à preuve du contraire, ni l'Arabie Saoudite, ni le Bahreïn, ni les Emirats arabes unis, ne sont un exemple de libertés et de démocratie sans lien aucun envers le terrorisme islamo-fasciste.

Et la France par rapport au Qatar? Quelques exemples pris surWikipédia:

Relations diplomatiques: Selon le Ministère des Affaires Etrangères français, les visites et entretiens bilatéraux entre la France et le Qatar sont fréquents.

Le Président François Hollande a été reçu en visite officielle par l’ancien émir du Qatar Hamad ben Khalifa Al Thani les 22 et 23 juin 2013, seulement deux jours avant la passation de pouvoir à son fils Tamim ben Hamad Al Thani. En 2015, le François Hollande a effectué un nouveau déplacement à Doha à l’occasion de la signature du contrat de vente de 24 avions de combat français Rafale.

L’émir Tamim ben Hamad El Thani s’est rendu à son tour à Paris les 23 et 24 juin. Ce déplacement a constitué sa première visite officielle dans un pays de l’Union Européenne depuis son accession au trône.

Relations économiques: Les chiffres du Fonds Monétaire International confirment l’importance des relations franco-qataries sur le plan économique. Ainsi, en 2015, la France était le cinquième fournisseur du Qatar, avec une part de marché de 6,3%.

Investissements du Qatar en France: Selon la revue hebdomadaire Le Figaro, « le Qatar s'est infiltré dans le capital de plusieurs fleurons de la cote française », dont :

  • Lagardère
  • EADS
  • Vinci
  • Veolia Environnement
  • Total
  • Vivendi
  • Orange (anciennement France Telecom)
  • Vente-Privée, une entreprise de vente évènementielle en ligne de produits de luxe
  • Société Foncière Lyonnaise
  • Altis
  • Cegelec
  • BLC Bank France

En outre, le gouvernement du Qatar a créé en 2014 un fonds d’investissement en partenariat avec la Caisse de Dépôts permettant à la Qatar Investment Authority de monter au capital des PME françaises les plus prometteuses et dites « à vocation internationale »

Je rajoute que Jean-Yves Le Drian, quand il était le ministre socialiste de la Guerre de François Hollande, est allé vendre des armes au Qatar. Jean-Yves Le Drian est désormais le ministre des Affaires étrangères d'Emmanuel Macron. Et m'en voudrez-vous beaucoup si j'évoque les liens étroits du Qatar avec le sport français, le PSG -foot notamment?

Autre chose. Ne demandez surtout pas à Nicolas Hulot pourquoi le gouvernement, auquel il appartient, fait toujours du business avec les autocraties intégristes pétrolières et gazières. Lui, il ne fait que dans l'écologie propre bien entendu, pas dans la politique au service du capitalisme.

Les Tartuffes: cachez le Qatar que je ne saurais voir

Brève réponse à un ami sur la Palestine et la Syrie

 

Tu t’affliges du malheur qui frappe le peuple syrien, et tu te demandes si tu ne dois pas condamner la politique du gouvernement syrien pour les mêmes raisons qui te poussent à condamner celle du gouvernement israélien. Je te réponds que cette analogie est totalement trompeuse. Car le peuple syrien est majoritairement du côté de son gouvernement et de son armée qui luttent contre une invasion orchestrée de l’étranger. Sinon, comment expliquer la résistance victorieuse de cette armée de conscrits sur des mercenaires issus de 110 pays ? Et comment expliquer que les populations se réfugient, dès qu’elles le peuvent, dans les zones tenues par les forces gouvernementales ?

 

La guerre est toujours sale, et il y a des victimes innocentes des deux côtés. Mais si Bachar Al-Assad était vraiment le boucher sanguinaire que décrit la presse occidentale et saoudienne, crois-tu que l’Etat syrien et ses institutions, dont le président est la clé de voûte, ne se seraient pas effondrés depuis longtemps comme un château de cartes ? Ceux qui accréditaient la thèse ridicule du “méchant dictateur qui extermine son peuple à l’arme chimique”, les Filiu, les Hénin et autres Burgat, ces affabulateurs professionnels en sont pour leurs frais. Les faits parlent d’eux-mêmes, et lorsque l’interprétation est erronée, ce ne sont pas les faits qu’il faut changer, mais l’interprétation. Aujourd’hui cette “narrative” simpliste n’abuse plus que ceux qui ont renoncé, par paresse intellectuelle, à l’usage de leur propre raison.

 

Mais comme ton engagement pour la cause palestinienne est solide, tu dois aussi prendre en considération d’autres faits que tu connais. Ils montrent que les ennemis de la Syrie sont les ennemis de la Palestine, et que la défaite de la Syrie serait aussi la défaite de la Palestine. Car elle mettrait fin, à la fois, à la lutte séculaire du peuple palestinien pour son autodétermination et à la lutte séculaire de la nation arabe contre l’impérialisme occidental.

Résumons les faits, et rien que les faits.

 

En Syrie, des dizaines de milliers de combattants affluent de la planète entière, depuis six ans, pour aller combattre le “méchant Assad”. Ils passent par la Turquie, pays-membre de l’OTAN et allié des USA, comme à travers une passoire. Ces mercenaires sont payés par les pétromonarchies, souvent entraînés par la CIA et parfois soignés en Israël. Avec la Turquie, Israël et l’Arabie saoudite sont les deux principaux alliés des USA dans la région. La Syrie baasiste, elle, est le seul Etat arabe de la ligne de front à n’avoir jamais pactisé avec l’envahisseur sioniste. Allié de la Syrie, le Hezbollah libanais est la seule organisation à avoir battu l’armée israélienne en la chassant du Liban “manu militari”.

 

Les USA veulent dépecer la Syrie pour affaiblir l’Iran et le Hezbollah. Ce n’est pas moi qui le dis, mais Hillary Clinton dans un email révélé par Julian Assange. En Syrie, depuis 2011, l’aviation israélienne bombarde régulièrement l’armée syrienne et le Hezbollah. Elle ne bombarde jamais les organisations qui combattent l’armée syrienne, et ces organisations n’attaquent jamais Israël. Basma Kodmani, l’égérie de l’opposition syrienne, a déclaré en 2012 : “Nous avons besoin d’Israël”. Un ministre israélien vient de déclarer qu’il fallait éliminer Bachar Al-Assad. “L’armée syrienne libre”, c’est ainsi qu’elle prétend se nommer, offre à Israël une zone-tampon, côté syrien, qui protège le Golan occupé. Comme tu le sais, l’annexion illégale du Golan syrien par Israël constitue légitimement un “casus belli” pour Damas.

 

Voilà, ce sont des faits.

 

Prétendre soutenir la lutte des Palestiniens en rêvant de la destruction de l’Etat syrien, cela a un nom : c’est de l’imposture. Imagines-tu ce qui se passerait si la Syrie et le Hezbollah étaient vaincus par cette alliance mortifère qui réunit Israël, les USA et les wahhabites ? Au lendemain de cette ultime reddition de la résistance arabe, je ne donnerais pas cher des Palestiniens. Et il n’est pas nécessaire d’être un expert pour comprendre que ceux qui soutiennent la “rébellion” en Syrie sont les idiots utiles de Washington et de Tel Aviv.

 

Bruno GUIGUE

URL de cet article 31921 

Violence : la leur et la nôtre (Jadaliyya)

« Je ne comprends pas toute la sensiblerie autour du recours au gaz. Je suis fortement favorable à l’utilisation de gaz toxique contre les tribus non civilisées. Cela répandrait une sacrée terreur ». Winston Churchill, 1920, au sujet du soulèvement en Irak. Londres.

 

Le 23 mars 2017, Khalid Masood a foncé sur les passants avec sa voiture sur le pont de Westminster à Londres, il a poignardé un officier de police avec un couteau puis il a été abattu. Il a tué quatre personnes dans sa furie, et il a en plus blessé quarante personnes et perturbé la tranquillité d’une grande ville occidentale. Masood, qui est né à Dartford (Kent, Grande-Bretagne), avait des ennuis avec la loi depuis de nombreuses années – principalement à cause d’actes de violence et de possession d’armes. L’écart entre l’acte de Masood et celui d’un criminel de droit commun est mince.

Il y a deux mois, le chef de la Police Métropolitaine a déclaré que « tous les voyants d’alerte étaient au rouge » en ce qui concernait l’augmentation des crimes violents en Angleterre et au Pays de Galles. L’arme de prédilection, a dit Sir Bernard Hogan-Howe, était le simple couteau. Les crimes violents avaient augmenté de 22%, avec 30838 crimes au couteau commis rien que dans le dernier quart de 2016. Le crime de Masood aurait aussi bien pu être considéré à la lumière de ces données, comme relevant d’un sérieux problème d’augmentation de la violence notamment au couteau.

Au lieu de cela, les médias et la classe politique britanniques ont offert une leçon de civisme moralisatrice. Il s’agissait, a déclaré le ministre des affaires étrangères Boris Johnson, « d’une attaque contre notre démocratie, au coeur de notre démocratie. » La première ministre britannique Theresa May a déclaré à la Chambre des communes que malgré cette attaque « nous irons de l’avant ensemble, et ne cèderons jamais face à la terreur. Et nous ne laisserons jamais les voix de la haine et du mal nous diviser ». Un journal a suggéré que la déclaration de Boris Johnson était « churchillienne ».

Daesh, qui a été sévèrement menacé en Irak et en Syrie, a appelé les gens dans le monde entier à mener des actions criminelles violentes en son nom. Il n’y a encore aucune preuve que Masood ait agi sous les instructions de Daesh et qu’il répondait à l’injonction de Daesh d’attaquer des gens dans l’espace public en Occident. Tout ce que l’on sait, c’est que juste après l’attaque, Daesh a revendiqué cet acte, désignant Masood comme son « soldat ». Les médias et les réseaux sociaux de Daesh ont célébré l’attaque. Il y a une forme de délire à l’oeuvre ici – un groupe affaibli qui cherche à attirer sur lui la gloire en utilisant l’attaque pathétique d’un repris de justice ayant utilisé une vieille voiture et un couteau.

Le « biais d’attribution » est une notion familière de la psychologie moderne. Cela renvoie au problème qui survient quand des gens évaluent leurs actions ou celles d’autres personnes en se fondant non sur les faits mais sur des attributs hérités de différents biais. Fritz Heider, qui est le premier à avoir développé cette théorie dans La psychologie des relations interpersonnelles (1958), a suggéré que ces attributions se faisaient principalement pour préserver notre concept de nous-même – c’est-à-dire notre sentiment de nous-même. Plutôt que d’évaluer son propre comportement dans une mauvaise situation, on tend à blâmer les autres et à ignorer les contraintes sous lesquelles les autres agissent. Un exemple typique de « biais d’autocomplaisance » : le vainqueur d’une élection dit « j’ai gagné parce que le peuple a voté pour moi », alors que le perdant dit « j’ai perdu à cause de la fraude électorale ».

L’acte de Masood a déjà été attribué à Daesh, et Daesh l’a déjà adopté comme un de ses combattants. Ces deux décisions sont auto-complaisantes – l’une parce qu’elle nie avoir le moindre rôle dans la production de l’acte de Masood et l’autre parce qu’elle encourage à un acte de rébellion chancelante. Les propres contorsions de Masood avec le racisme, son propre désir de trouver la gloire et de s’élever au-dessus de sa misérable situation : rien de cela n’est pris au sérieux. Les terroristes « locaux » ont des problèmes « locaux ». Mais avec le terme « terroriste » il devient possible d’exporter ce ressortissant « local » – tel quel – vers d’autres pays, de rejeter la responsabilité sur eux – sur Daesh en l’occurrence.

Al-Mansoura

A cinq mille kilomètres au Sud Est de Londres, se trouve la ville de al-Mansoura, près de la grande ville de Raqqa (en Syrie). Les bombardements aériens américains dans la zone autour de Raqqa ont forcé environ cinquante familles à trouver refuge dans l’école communale al-Badia. Les bombardements américains avaient réussi à affaiblir les positions de Daesh dans les petites villes qui entourent Raqqa alors que des centaines de soldats américains avaient pris position dans la périphérie. Les forces américaines – et leurs alliés, le Front Démocratique Syrien – ont cherché à s’emparer d’un barrage de première importance sur l’Euphrate dans la petite ville de Taqbah. Ce barrage est essentiel pour fournir de l’eau à Raqqa. La bataille de Taqbah, l’une des dernières voies d’accès à Raqqa, sera essentielle avant que les Américains et leurs alliés puissent tourner leur force de frappe contre la « capitale » de Daesh.

Le 22 mars 2017, quelques heures avant que Khalid Masood ne mène son attaque terroriste à Londres, l’aviation américaine a bombardé l’école. L’observatoire syrien des droits de l’homme, basé à Londres, affirme que trente-trois civils sont morts dans ce bombardement. Hamoud Almoussa de l’organisation « On Massacre Raqqa dans le Silence » (Raqqa is Being Slaughtered Silently) dit que ce nombre pourrait s’élever à 101 victimes civiles. Le jour précédent, le 21 mars, l’aviation américaine avait bombardé le village de Taqbah, touchant l’école Maysaloon, un poste médical avancé et des habitations dans la rue al-Synaa – tuant vingt civils. Une semaine plus tôt, l’aviation américaine avait bombardé le village al-Jineh (près d’Alep), touchant une mosquée et tuant quarante-six civils. Le Colonel John Thomas du Centre de Commandement américain a déclaré que l’aviation américaine n’avait pas touché de mosquée. « Nous allons enquêter sur toutes les allégations de pertes civiles en rapport avec ces frappes aériennes », a-t-il dit. Une déclaration comme celle-ci suggère toujours que le Centre de Commandement sait qu’il a touché des civils, mais qu’il ne veut pas faire d’affirmation directe dans un sens ou dans l’autre.

L’ONG AirWars qui tient le décompte des victimes des bombardements aériens, dit que rien qu’en mars, il y a eu plus de mille morts de civils non combattants en Irak et en Syrie comme conséquence de ce qu’elle appelle des « actions de la Coalition » – les avions américains infligeant la majorité des pertes. Ce pic considérable a conduit AirWars à suspendre ses enquêtes sur les pertes infligées par les Russes (50 en mars) et à concentrer les efforts de ses membres sur celles infligées par la seule aviation de la Coalition.

Les médias occidentaux se sont concentrés sur les actes de Khalid Masood et ont gardé le silence sur toutes ces morts. De brèves dépêches sur tel ou tel massacre sont sorties, mais sans l’attention et l’intensité de la couverture accordée aux attaques de Masood. Pas d’article à la une avec de grandes photographies, pas de couverture de « dernière minute » à la télévision avec des envoyés spéciaux qui insisteraient pour que les porte-paroles du Centre de Commandement américain leur en donne un peu plus à se mettre sous la dent. C’est comme si nous vivions dans deux mondes parallèles – l’un, où le terrorisme plonge la population dans l’indignation morale, et le deuxième où les morts massives causées par des avions de combat sont traitées comme un dommage collatéral inévitable de la guerre. Dans l’un, c’est du terrorisme ; dans l’autre, ce sont des accidents.

Mais cela n’a rien d’accidentel pour les habitants de al-Mansoura ou de al-Jineh.

Dualismes

J’ai passé des décennies à réfléchir à l’asymétrie des réactions face à des incidents de ce type dans des endroits comme l’Irak ou l’Afghanistan. J’ai écrit sur ces incidents, des essais pleins d’indignation. Mais cela revient à pisser dans un violon. Il est dérisoire, par exemple, de suggérer que les bombardements de Karrada en 2016 en Irak, qui ont tué plus de trois cents personnes, auraient dû pousser les gens à remplacer la photo de leur profil sur Facebook par des drapeaux irakiens (comme cela a été fait à travers le monde entier à la suite des attaques de Paris en 2015 où 137 personnes ont été tuées). « Je suis Charlie » est facile à écrire, mais pas #AmiAvijit. On lève les yeux au ciel quand on appelle à de tels gestes, soit par étonnement quant à leur signification soit par lassitude par rapport à leur côté moralisateur. Mais en définitive, ce que ces haussements de sourcils suggèrent, c’est : comment pourrait-on comparer un magazine satirique français avec d’obscurs bloggeurs bangladais qui ont été poussés à la mort par des hackers ? Il faut un immense effort de volonté pour convaincre les rédacteurs en chef de publier des articles sur des tragédies qui semblent si lointaines. Tous les regards se tournent vers la dernière attaque à Molenbeek, mais bien peu regardent avec la même intensité les tragédies qui se jouent à Beyrouth ou au Caire.

A travers les années, j’ai établi une typologie des dualismes qui sont mis en oeuvre pour aveugler toute réflexion sur la violence dans le monde. Notre époque est une hallucination, avec, toujours, la violence à l’orée de la conscience. Mais la violence est comprise à travers des dualismes qui jettent dans la perplexité ceux qui croient à une humanité universelle, ceux qui croient – dans un sens concret – que les gens de Kaboul méritent la même empathie et compassion que ceux de Berlin. En fait, le degré de la violence à Kaboul est tellement plus haut qu’il ne l’est à Berlin qu’il serait naturel d’imaginer une compassion bien plus grande à l’égard de ceux qui sont dans une bien plus grande détresse. Mais en réalité, la logique de ce dualisme pousse la conscience dans la direction opposée.

Malveillance orientale / Bienveillance occidentale

C’est une croyance ordinaire parmi les journalistes, par exemple, que les actions des Occidentaux sont motivées par les valeurs les plus nobles et sont par conséquent bien intentionnées. Les valeurs les plus hautes aujourd’hui – la démocratie et les droits de l’homme – sont prises en otage du concept d’Occident. L’Orient, débraillé, est traité comme un monde où de telles valeurs manquent. Il en est dépourvu, ce mauvais élève. On trouve là ce qu’Aimé Césaire appelle un « racisme timide », car cela suppose que les Orientaux ne peuvent pas avoir le bénéfice du doute quand ils agissent, ou que les Occidentaux ne peuvent pas être mal intentionnés dans leurs objectifs. La façon dont cette logique se manifeste, c’est que les bombardements orientaux d’Alep en Syrie, sont conduits par le despote oriental Bashar al-Assad, que cela est inhumain, alors que ce sont les bombardements de Mossoul en Irak par l’Occident (de 250 à 370 civils tués pendant la première semaine de mars) qui sont inhumains. Mais cela fendrait l’armure d’amour-propre de l’Occident de reconnaître que ses forces armées peuvent – sans le moindre souci de compassion – bombarder des mosquées et des écoles.

Et Hitler ? N’est-il pas le parangon de la malveillance occidentale ? Hitler est le fou, tout comme les terroristes blancs à l’Ouest sont des fous. Ils ne définissent pas la société ou la culture. Personne ne demande après leurs attaques à la Chrétienté de répondre de leurs crimes ou à la Civilisation Occidentale de se lever pour les condamner. Ils ne sont pas comparés à Hitler. Les avatars modernes d’Hitler se trouvent toujours à l’Est – Saddam, Bashar, Kim Jong-Un – mais pas à l’Ouest.

Il a fallu un certain courage à l’homme politique indien Shashi Tharoor pour faire remarquer que « Churchill n’était pas mieux qu’Hitler » – une déclaration qui a été suivie des objections habituelles de la classe politique britannique. Le président américain Donald Trump a insisté pour que son buste soit réinstallé dans son bureau ovale, où il l’a montré avec beaucoup d’aplomb à la première ministre britannique Theresa May (elle lui a offert un exemplaire d’un discours de Churchill pendant sa visite). Cela ne gêne ni Trump ni May que Churchill soit un raciste, qui croyait que « la souche aryenne est vouée à la victoire ». On a recours à des clichés pour le défendre : c’était un homme de son temps, où de telles idées étaient banales. Mais de telles idées étaient alors vigoureusement contestées dans les colonies et en Grande-Bretagne aussi. La solution finale d’Hitler n’était pas d’une nature différente de la Famine au Bengale de Churchill en 1943. La comparaison faite par Tharoor entre Churchill et Hitler ne restera pas. Elle finira par être balayée. Il est bien plus aisé de voir Hitler dans Bashar al-Assad ou dans Kim Jong-un que dans Churchill ou dans George W. Bush. Hitler était l’aberration de l’Europe, et non, comme l’a fait remarquer Césaire, la culmination de la logique de la brutalité coloniale.

Légalité étatique / Illégalité non étatique

Normalement, les Etats n’interviennent pas en dehors des limites du droit international. S’ils le font, c’est une erreur. Ou alors, il y a des Etats qui ne sont pas à proprement parler des Etats mais des « Etats voyous », qui ne se comportent pas selon les principes de la civilisation. Les Etats normaux – pas les « Etats voyous » – nous souffle la logique du racisme timide, ne violent jamais intentionnellement les lois en temps de guerre et ne se comportent jamais de façon barbare. Leurs actions meurtrières sont toujours involontaires parce qu’il serait bien trop pénible pour eux d’assassiner des civils intentionnellement. Quand le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies a voulu enquêter sur le bombardement de la Libye par l’OTAN en 2011, sur la base de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité, son QG de Bruxelles a mis le holà. Le conseiller juridique de l’OTAN, Peter Olson, a écrit aux Nations Unies en disant que l’OTAN méritait l’immunité. « Nous serions très préoccupés si les incidents liés à l’OTAN étaient inclus dans le rapport de la commission au même titre que ceux dont la commission pourraient finalement conclure qu’ils ont violé les lois ou qu’ils constituent des crimes » a écrit Olson. Ce que l’OTAN voudrait, a-t-il conclu, était que la commission de l’ONU « affirme clairement que l’OTAN n’a pas délibérément visé des civils et n’a pas commis de crimes de guerre en Libye ». En d’autres termes, sans aucune enquête, le Conseil pour les Droits de l’Homme de l’ONU devrait décerner à l’OTAN un certificat de haute moralité.

Si des civils sont tués, alors c’est soit entièrement accidentel, soit parce que l’ennemi les a utilisés comme boucliers humains. Drôles d’affirmations illogiques telles qu’en produisent les centres de pouvoir occidentaux pour déjouer les critiques. La politique de frappes par drones du président américain Obama autorisait ses opérateurs à frapper dans la foule, des gens qui avaient l’air d’être des ennemis (les « signature strikes »). Si, par la suite, les services de renseignement déterminaient que certains d’entre eux n’étaient en réalité pas des ennemis, alors ces civils seraient « posthumément exonérés ». Mais ils seraient – bien sûr – morts, assassinés par un acteur étatique qui n’est pas perçu comme un voyou et qui se considère comme respectueux du droit international.

Les Etats voyous et les acteurs non-étatiques voyous ne se plient pas aux protocoles des lois de la guerre, et par conséquent, ce sont les seuls qui les violent intentionnellement. La violence des Etats voyous et des acteurs non-étatiques voyous est toujours pire que celle de ceux qui sont réputés être des Etats légitimes ou des acteurs non-étatiques légitimes. L’arme nucléaire en Inde, en Israël et au Pakistan est acceptable, mais le programme énergétique nucléaire iranien est une grave menace pour l’humanité. Une « attaque au couteau » par un enfant palestinien est abominable et est utilisée non seulement pour définir le mouvement de libération palestinien mais aussi la culture palestinienne en général. Le bombardement de quatre jeunes garçons palestiniens sur la plage de Gaza est accidentel et n’est déterminant ni pour l’action de l’Etat israélien ni pour la culture israélienne. Cette asymétrie d’évaluation joue un rôle fondamental dans l’idéologie qui domine notre époque.

La violence pour guérir / La violence pour blesser

Quand l’armée américaine a mené une campagne de bombardements massifs contre l’Irak en mars 2003 sous le nom « Shock and Awe » (« le choc et l’effroi »), cela a été considéré comme un service rendu à l’humanité et à sa sécurité. Mais le langage utilisé par ses architectes était génocidaire. Harlan K. Uliman, qui a développé la théorie du « Shock and Awe », a dit en 2003 : « Vous détruisez la ville. Vous vous débarrassez de leurs sources d’ énergie, de l’eau. Au bout de deux, trois, quatre, cinq jours, ils seront physiquement, émotionnellement et psychologiquement épuisés ». Un officiel du Pentagone a dit au sujet des bombardements réels : « Il n’y aura plus un seul endroit sûr à Bagdad. La simple étendue de la chose n’a jamais été vue avant, n’a jamais été contemplée avant. » Et des centaines de missiles de croisières se sont abattus sur Bagdad. Finalement, après une décennie de guerre et d’occupation, la violence de la guerre aura coûté la vie à au moins un million d’Irakiens.

Mais pourtant, le langage pour décrire la guerre est en sourdine. Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a dit de la guerre que « du point de vue de la charte (de l’ONU), elle était illégale ». Ceci devrait signifier que le président américain George W. Bush et sa clique étaient des criminels de guerre. Mais son successeur, le président américain Barack Obama a refusé d’ouvrir une enquête et le monde lui a emboîté le pas. Le langage de Bush qui parlait d’apporter la démocratie et la liberté en Irak est devenu un refrain classique. Si un million de personnes devaient mourir, qu’il en soit ainsi. Tout cela était pour soigner l’Irak, pour libérer l’Irak.

La violence de la rébellion irakienne, d’un autre côté, a immédiatement été considérée comme une violence visant à blesser, à créer des problèmes non seulement pour les Etats-Unis mais pour l’Irak lui-même. La violence de l’Ouest est prophylactique, celle de l’Est est destructrice.

Vie précieuse / Vie jetable

Quand on a appris la nouvelle du raid raté sur le village de al-Jineh (Yémen), les médias occidentaux se sont concentrés sur la mort de Ryan Owens, qui était membre de la troupe d’élite Seal Team 6. Il y a eu beaucoup de discussions sur sa mort et peu de mentions des civils qui avaient été tués par les camarades d’Owens dans ce raid. S’ils étaient mentionnés, c’était comme des nombres : vingt-huit ou trente. Il n’y a pas eu de noms dans les histoires, pas de moyen pour humaniser ces gens. Rien sur Mohammad Khaled Orabi (14 ans), Hasan Omar Orabi (10 ans) ; Ahmad Nouri Issa (23 ans), Mustapha Nashat Said al-Sheikh (23 ans), Ali Mustapha (17 ans), Abd al Rahman Hasim (17 ans), pas même sur Nawar al-Awlaki (8 ans) dont le père et le frère avaient été tués dans des raids précédents. Aucune mention des noms des quarante-deux réfugiés somaliens qui ont été abattus par un hélicoptère armé saoudien, un armement fourni par les Etats-Unis. Présenter ces noms reviendraient à accorder à ces gens une humanité.

Quand vingt mille personnes ou plus meurent à cause d’une usine américaine qui explose à Bhopal en 1984, Michael Utidjian, le directeur médical d’American Cyanamid, a dit que c’était triste mais qu’il fallait tenir compte du contexte. Qu’est-ce que c’est que ce contexte ? Les Indiens n’ont pas « la philosophie nord-américaine de l’importance de la vie humaine  ». Cela ne les dérange pas quand des gens meurent, semble-t-il. Ils ont des standards différents pour l’humanité. Leurs vies sont jetables. Ils ne sont pas précieux. Trente-trois morts par-ci, quarante-deux par-là. C’est triste, bien sûr, mais pas tragique. La tragédie est possible seulement si l’on a « la philosophie nord-américaine de l’importance de la vie humaine ».

Des narrations lisibles / Des narrations illisibles

Ce serait une narration irrationnelle de suggérer que des généraux occidentaux veulent raser des villes. Cela n’est pas leur motivation. Quand les Etats-Unis ont laminé Falloujah (en Irak) en 2004, sous le commandement du général James Mattis de la première division de Marines, cela n’était pas le dessein. Qu’on ait eu recours à de l’uranium appauvri, et que cela ait conduit à des taux de cancer quatorze fois supérieurs à ceux d’Hiroshima après le largage de la première bombe atomique, tout cela est secondaire, ce n’est pas délibéré. Il est impossible d’imaginer des Américains, par exemple, employer des stratégies militaires cruelles. De l’autre côté, il est facile d’imaginer un général syrien, tel que le général Issam Zahreddine, faire preuve d’un sadisme systématique. Ce n’est pas possible de voir les deux comme cruels. Cela produirait une narration illisible si on mettait les deux histoires en vis-à-vis. L’un est de toute évidence un homme meilleur (Mattis) que l’autre (Zahreddine). Le caractère de l’homme occidental surpasse toujours celui de l’homme oriental.

Un choc violent.

A quoi bon la censure quand on a l’idéologie ? Quand quoi que ce soit qui est en dehors de l’idéologie dominante essaie de se manifester, cela est disqualifié comme un relent de théorie conspirationniste ou des « faits alternatifs ». Le terrorisme, c’est le terrorisme ; et le contre-terrorisme, c’est le contre-terrorisme. Briser la séparation entre les deux est un scandale contre la civilisation elle-même. Bien sûr, al-Qaeda c’est le mal et l’armée américaine, c’est le bien ! C’est ipso facto l’essence de la réalité.

Tout cela n’est pas pour blâmer des journalistes ou des rédacteurs pris individuellement ou même les lecteurs individuels d’un reportage de presse. Ce n’est pas quelque chose qui se limite à l’Occident, car ces attitudes sont largement adoptées à travers le monde. Ce n’est pas la conséquence de l’impact de CNN ou de la BBC, mais bien avant cela, bien plus profondément des attitudes qui ont des racines profondes dans le colonialisme. C’est une vieille conception coloniale que la violence des armées impériales devait bien avoir une part de Lumières derrière elle, alors que celle du monde plus sombre était motivée par le messianisme, le tribalisme, le millénarisme ou d’autres conceptions irrationnelles d’un autre âge.

Quand dans les années 1950, les Britanniques ont brutalement écrasé les aspirations des Kenyans, en envoyant des milliers de Kenyans dans des camps de concentration et massacrant – comme le démontre l’historienne Caroline Elkins – cent mille personnes, cela s’est fait selon des motifs rationnels. L’Empire devait être protégé. L’insurrection des Mau Mau, à laquelle ils s’opposaient au Kenya, ne devait pas réussir. En effet, elle ne devait pas réussir, ont suggéré les Britanniques, parce qu’il s’agissait seulement d’une éruption de vieux instincts africains. Même le nom du groupe a puissamment autorisé les Britanniques à dépeindre cette insurrection avec des couleurs diaboliques. Les rebelles appelaient leur groupe « the Kenya Land and Freedom Army ». Le choix des mots « land » (la terre) et « freedom » (la liberté) suggérait un lien avec les mouvements de libération nationaux de cette période de décolonisation. Ils suggéraient aussi une plate-forme politique rationnelle, redistribuer la terre aux populations colonisées dans un Kenya libre. Les Britanniques ont insisté pour les appeler les Mau Mau – un nom qui comportait pour une audience britannique un parfum complet d’Afrique traditionnelle dans sa consonance, un rythme de tambour, un cri du plus profond de la forêt, le racisme sournois du déni d’une puissance de libération nationale plus traditionnelle. Dans le nom Mau Mau, la forêt apparaissait et dans celle-ci se dissolvaient les accusations de camps de concentration et de massacres. Ce ne sont pas les Britanniques qui ont commis ces massacres, mais les Mau Mau. Toujours les Mau Mau, jamais Lord Evelyn Baring qui a pourtant écrit que les Britanniques devaient infliger « un choc violent » aux Kenyans sans quoi l’Empire britannique serait vaincu au Kenya. Du Choc Violent de Lord Baring au « Choc et l’Effroi » de George W. Bush : il ne peut pas s’agir de terrorisme. Ce sont les affaires des Etats rationnels. Le terrorisme c’est ce que les autres font. Toujours.

Vijay PRASHAD 
http://www.jadaliyya.com/pages/index/26270/violence_theirs-and-ours

traduction : l’histoire est à nous

»» https://historiaesnuestra.wordpress.com/2017/04/17/vijay-prashad-viole...
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Europe 1 : Irak : Daech a utilisé des armes chimiques contre l’armée à Mossoul

 

18 Avril 2017
Tiens, tiens, ils en auraient à Mossoul et pas en Syrie? Quand on connaît l’arsenal des saoudiens bailleurs de fonds, les popilations civiles à Mossoul sont visiblement protégées par la seule présence de la coalition, du moins c’est que l’on veut nous faire croire…
 
(note de Danielle Bleitrach)

Irak : Daech a utilisé des armes chimiques contre l'armée à Mossoul

L’armée irakienne assure avoir été ciblée par des obus chargés de substances chimiques toxiques (illustration).

@ ARIS MESSINIS / AFP

 

Selon l’armée irakienne, le groupe État islamique a utilisé des obus chargés de substances chimiques toxiques contre elle mais les effets ont été limités.

 

Le groupe djihadiste État islamique (EI) a utilisé des armes chimiques lors d’une attaque contre les forces irakiennes engagées dans la bataille pour reprendre la ville de Mossoul, blessant quelques soldats, a indiqué dimanche l’armée irakienne. « Les terroristes de Daech (acronyme arabe de l’EI) ont essayé de bloquer l’avancée de nos forces en utilisant des obus chargés de substances chimiques toxiques mais les effets ont été limités », a indiqué le commandement conjoint des opérations, une structure coordonnant les forces engagées contre les djihadistes.

 

Quelques blessés légers selon l’armée. Cet incident a eu lieu samedi selon l’armée qui n’a déploré aucun mort, seulement quelques « blessures limitées » chez certains soldats. Elle n’a pas précisé le lieu exact où Daech avait utilisé ces substances chimiques. Les djihadistes ont déjà utilisé dans le passé des armes chimiques contre les forces irakiennes mais leur effet a toujours été très limité. Les forces pro-gouvernementales, soutenues par une coalition internationale, ont lancé en octobre une vaste offensive pour reprendre la deuxième ville d’Irak à l’EI. Après avoir chassé les djihadistes de la partie orientale de la ville – séparée en deux par le Tigre -, l’armée a lancé l’assaut sur l’ouest de Mossoul en février mais elle avance lentement dans l’entrelacs de ruelles densément peuplées de la vieille ville.

 

Des crues entravent l’évacuation des habitants de Mossoul ouest. 


Des inondations ont rendu impraticables les deux ponts flottants construits sur le Tigre par l’armée irakienne pour permettre aux habitants de Mossoul ouest d’évacuer la partie de la ville encore contrôlée par Daech. Des centaines de civils ont ainsi grimpé dimanche à bord de petites embarcations en bois pour échapper aux affrontements opposant les djihadistes aux forces irakiennes. Quelque 400.000 personnes sont toujours prises au piège dans Mossoul ouest, selon les autorités irakiennes.

 

Déclaration du Conseil mondial de la Paix à propos des frappes de missiles par les Etats-Unis sur des cibles syriennes

 

18 Avril 2017

Déclaration du Conseil mondial de la Paix à propos des frappes de missiles par les Etats-Unis sur des cibles syriennes

Déclaration du 7 avril 2017.

 

Le Conseil mondial de la Paix dénonce et condamne les récentes frappes de missiles par les Etats-Unis sur des cibles syriennes, le 6 avril, comme étant un acte supplémentaire dans l’escalade de l’intervention impérialiste et dans la région, reposant sur la prétendue utilisation par l’armée syrienne, pour des motifs improbables, d’armes chimiques dans la ville de Khan Chekhoun, près d’Idleb.

 

Le bombardement américain en Syrie constitue non seulement une violation des principes de la Charte des Nations Unies, mais il se situe aussi dans la continuation des politiques des gouvernements américains précédents, maintenant par le gouvernement Trump. Après avoir créé, formé et financé les groupes armés de mercenaires de « l’Etat islamique » et d’autres, les Etats-Unis, l’OTAN et l’UE, avec leurs alliés dans la région, apportent un soutien aux groupes terroristes armés en frappant l’armée syrienne et ce n’est pas la première fois. Derrière ces attaques se trouvent les projets d’établissement d’un « Grand Moyen-Orient » permettant le contrôle des ressources énergétiques et des oléoducs avec des régimes consentants et de nouvelles frontières.

 

Le CMP exprime sa solidarité avec le peuple syrien et les peuples de la région, qui ont le droit de déterminer librement leur destinée sans ingérence étrangère. Nous dénonçons également l’hypocrisie et la morale à deux vitesses des impérialistes, qui soutiennent (ou conduisent) des attaques contre les peuples et les nations, poussant des centaines de milliers de personnes à se réfugier, mais qui, dans le même temps versent des larmes sur le sort des personnes déplacées qui ont fui pour sauver leur vie.

 

Le CMP appelle ses membres et amis à condamner les interventions et les projets impérialistes dans la région et à exprimer leur solidarité avec les peuples en détresse.

 

Le Secrétariat du Conseil mondial de la Paix, le 7 avril 2017

Quand Emmanuel Macron soutenait la vente d’armes de la France à l’Arabie Saoudite

 

17 Avril 2017

Quand Emmanuel Macron soutenait la vente d’armes de la France à l’Arabie Saoudite

Sur les conflits qui déchirent le Moyen Orient, Macron fait l’objet d’une désinformation insidieuse. Le choix médiatique d’évaluer les propositions des candidats sur ces conflits uniquement à partir du prisme syrien induit une présentation biaisée de leurs positions. À cet égard, le silence médiatique sur le Yémen et les crimes de guerre saoudiens alimente l’image erronée d’un Macron que l’on nous présente comme un candidat promouvant les droits de l’homme, quand en vérité le ministre Macron a été complaisant à l’égard des crimes de guerre saoudiens, allant jusqu’à soutenir la vente d’armes à ce pays. Silence médiatique sur le Yémen et silence médiatique sur ces positions de Macron sont liés. Ou quand le journalisme médiocre alimente le médiocre journalisme…

 

Au Yémen, crise humanitaire et crimes de guerre

 

Selon l’ONU, le Yémen connaît “la plus grande crise humanitaire au monde” : plus de 80% de la population a besoin d’une aide humanitaire en raison de l’insécurité alimentaire qui touche plus de 17 millions de personnes, du retour du choléra et de la rougeole.

 

Plus de 3 millions de personnes ont dû partir de chez elles, plus de 2 millions d’enfants sont déscolarisés. Et la liste des maux qui rongent ce pays est longue…

 

En cause, une guerre civile opposant depuis 2014 rebelles chiites houthis et forces pro-gouvernementales (plus de détails, ici). Cette guerre a fait des dizaines de milliers de morts.

 

Des crimes de guerre impunis

 

La situation s’est particulièrement dégradée après l’intervention de l’Arabie Saoudite à la tête d’une coalition de pays arabes en mars 2015. Le 7 octobre 2015, Amnesty International publiait déjà un rapport accablant qui dénonçait les crimes de guerre commis par les Saoudiens au Yémen et en appelait aux pays occidentaux à ne plus leur vendre d’armes. En cause : bombardements aériens volontaires sur civils ; destruction de milliers d’infrastructures publiques (écoles, hôpitaux) ; utilisation d’armes interdites par les traités internationaux, et cette liste aussi est encore longue. Depuis, d’autres rapports dénoncent l’impunité de nouveaux crimes de guerre. (Les rebelles houthis commettent aussi des crimes de guerre, mais il s’agit ici d’évoquer l’alliance entre la France et l’Arabie Saoudite)..

 

Le soutien français à l’Arabie Saoudite

 

Une semaine après le rapport d’Amnesty International, le 13 octobre 2015, la France, en digne pays des droits de l’homme, a évidemment ignoré ces recommandations en allant vendre des armes aux Saoudiens, dans le cadre d’un contrat-accord de 10 milliards d’euros.

 

Mais la France n’a pas attendu ce rapport pour apporter son soutien : dès le début du conflit en mars 2015, les services de renseignements français collaboraient avec les Saoudiens dans la guerre yéménite.

Silence médiatique sur la guerre au Yémen

 

La couverture médiatique du conflit yéménite est quasi inexistante, malgré l’importance du conflit et l’implication de la France.

 

On parle si peu de ce conflit que certains médias l’ont baptisé “la guerre oubliée”, alors même qu’ils sont responsables de cet oubli médiatique ! Nombreux sont ceux qui ont consacré un article pour dénoncer cet oubli et ont aussitôt renoué avec leur silence médiatique en n’abordant plus le sujet. Comme si ces milliers de morts n’étaient que l’occasion de meubler les temps morts de l’actualité, au même titre que les sujets sur le beau temps en été…

 

Ce silence médiatique sur le conflit yéménite permet à Macron de ne pas être confronté à la ligne politique qu’il a conduite à Bercy à l’égard de l’Arabie Saoudite et aux ventes d’armes qu’il a soutenues.

 

Macron et les crimes de guerre saoudiens

 

Aujourd’hui, Macron se veut ferme vis-à-vis des pétro-monarchies : “Sur le Qatar et l’Arabie Saoudite, je n’aurai aucune complaisance” (débat BFMTV/CNews). Or le candidat Macron promet ce que le ministre Macron a toujours nié : constant dans l’inconstance, Macron est d’accord avec tout le monde… sauf avec lui-même. Car contrairement à ce qu’il affirme, il a toujours fait preuve de complaisance avec l’Arabie Saoudite..

 

À l’occasion de son projet de loi qui sanctionne notamment la fusion entre deux entreprises d’armements, le français Nexter et l’allemand KMW, Macron rassure le député Hervé Morin qui l’interrogeait sur les exportations d’armes à l’Arabie Saoudite, auxquelles l’Allemagne pourrait s’opposer puisqu’elle refuse de leur en vendre. Macron assure alors que l’Allemagne ne pourra pas opposer de veto et que la France pourra continuer d’exporter des armes aux Saoudiens, malgré les “sensibilités” des Allemands sur les questions de droits de l’homme. Le “modèle allemand”, qu’il vante tant par ailleurs, ne semble plus l’inspirer quand il est question des droits de l’homme… Pragmatique jusqu’au bout, il souligne, par ailleurs, que le choix de l’Allemagne de ne pas exporter vers ces pays est une chance pour cette fusion puisqu’elle assure la complémentarité des entreprises française et allemande. (Le compte rendu intégral de cette séance : ici)

 

À cet égard, la ligne politique de Macron s’inscrit parfaitement dans celle du gouvernement Valls, quand on considère les contrats-accords d’armement signés entre la France et l’Arabie Saoudite alors qu’il était Ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique.

 

Lui qui se vantait d’avoir la parole libre quand il était au gouvernement, prenant position contre le sommet de l’exécutif sur les fonctionnaires ou les 35h, a pourtant choisi de se taire quand, le 4 mars 2016, François Hollande remettait la légion d’honneur au Prince héritier saoudien Mohamed bin Nayef. À cette occasion, il a préféré fermer les yeux sur la guerre du Yemen et ouvrir ses bras au criminel de guerre : en effet, il a rencontré discrètement le Vice-président du conseil des Ministres saoudien. Cette rencontre ne figurait pas à son agenda officiel… De toute évidence, Macron préfère mettre en lumière ses vacances avec Brigitte et faire dans l’ombre ce qui pourraient vraiment intéresser les Français. Mais heureusement pour lui qui aime tant s’afficher en Une, l’agence de presse saoudienne a immortalisé ce moment.

 

Macron, le candidat le plus complaisant à l’égard des Saoudiens

 

Pour des raisons différentes, les quatre autres candidats les plus médiatisés ont fait preuve de bien plus de fermeté à l’encontre de l’Arabie Saoudite. 

 

Mélenchon et Hamon (dans une moindre mesure) ont tous deux dénoncés avec constance les crimes de guerre saoudiens au Yemen.

 

Le Pen a également dénoncé les rapports de la France avec les pétro-monarchies. Mais quand le FN reproche à la France les ventes d’armes aux Saoudiens, ce n’est pas en raison des crimes de guerre au Yemen… Ce que le FN reproche au gouvernement Valls, c’est le peu de retombées financières de ce contrat et le sentiment de s’être fait dupé.

 

Fillon est également critique à l’égard de l’Arabie Saoudite, moins pour son implication au Yemen dont il n’est jamais question, que pour son influence sur l’islam radical ; les critiques que le candidat Fillon adresse au gouvernement pourraient d’ailleurs tout aussi bien viser l’ex-premier ministre Fillon, sous le mandat duquel les relations entre la France et l’Arabie Saoudite étaient florissantes…

 

Au vu de son passage à Bercy, la fermeté de Macron sur les crimes de guerre ne tient que tant qu’elle ne constitue pas un obstacle aux intérêts économiques… D’où sa prétendue fermeté sur la Syrie et les ambiguïtés de sa position concernant l’Arabie Saoudite.

 

Aujourd'hui en Turquie

 

Publié le 16 Avril 2017

Image associée

Le Napoléon 3 d'Ankara a disposé des urnes pour obtenir un plébiscite afin d'installer une dictature.

 

Le site du ministère des étranges affaires internationales dont traite le dinosaure nantais parle (pourquoi pas) de la Syrie, de l'Ouzbekistan, du venezuela d'un tramway surnommé désir en voyage au Cap, de l'Ukraine mais pas un mot sur le coup de force institutionnel en Turquie.

 

Professeurs, journalistes, artistes  syndicalistes empilés dans les geôles du fils prodigue de L'Otan, la peine de mort à réinstallée dès le résultat  du vote, Ayrault se tait . Hollande est parti à la chasse au Mélenchon.

 

Après, toutes ces droites du PS au f-haine vont hurler au retour imaginaire de Robespierre

 

Rédigé par Canaille Lerouge

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