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Eau

L’eau, prélude de guerre en Amérique ?

 

dimanche 29 mars 2015 
par  Gérard Jugant 

Bien que la nouvelle soit passée pratiquement inaperçue dans les grands médias, elle n’en est pas moins importante et alarmante pour ses possibles conséquences pour tous les pays du continent américain.

 

Une étude de la NASA est arrivée à la conclusion que le volume total d’eau dans les bassins des rivières Sacramento et San Joaquin, dans l’Etat de Californie, a diminué depuis 2014 de 42.000 millions de mètres cubes, ce qui signifie un effet dévastateur pour l’économie de ce vaste Etat de l’Union.


L’information est apparue dans un article du Angeles Times, signé par le scientifique du Laboratoire de Propulsion à Jet de cette institution, Jay Famigletti, dans lequel il affirme que la Californie perd de l’eau stockée depuis 2002, et que les deux tiers de ces baisses viennent de l’usage des eaux souterraines par les agriculteurs pour combattre les effets de la sécheresse.

 

Avec beaucoup de force, le scientifique assure que « les réserves actuelles en eau de la Californie pourraient s’épuise d’ici un an » et que les autorités doivent activer des mesures restrictives de l’usage du liquide stocké dans tous les secteurs et permettre la formation d’agences régionales de durabilité. 


Dans les calculs de l’équipe dirigée par Famiglietti on a pris en considération les volumes qui comprennent la neige fondue, les réserves et l’eau souterraine.

 

La nouvelle met sur le tapis l’intérêt qu’au cours de ces dernières années ont démontré les Etats-Unis d’avoir une plus grande présence à proximité de l’Aquifère Guarani qui s’étend du nord du Brésil jusqu’à la pampa argentine. Il a été calculé qu’il détient 37.000 millions de mètres cubes, et chaque kilomètre de mètre cube est égal à un milliard de litres.


Avec 1 190 000 kilomètres carrés de superficie, alors que l’Espagne, la France et le Portugal réunis ne font que 850 000 kilomètres carrés du Brésil (équivalent à 9,9% de son territoire), 225 000 de l’Argentine, 70.000 kilomètres carrés du Paraguay (17,2%) et 45.000 kilomètres carrés de l’Uruguay, 25,5% de la nation orientale.

 

Ses sources pourraient approvisionner indéfiniment 360 millions de personnes, alors que la population actuelle dans la zone de l’aquifère est estimée à 17 millions.


Les chefs du Commandement de l’Armée Sud des Etats-Unis ont maintenu une progressive présence dans cette région et la Banque Mondiale a commencé, à partir de 2007, à financer des projets dans le Guarani.

 

Depuis plus d’un siècle, les pays puissants ont lancé des guerres ou contrôlé des gouvernements dociles pour s’emparer du contrôle des gisements d’hydrocarbures existant dans différentes nations.

 

En Amérique Latine la plupart des réservoirs sont sous le contrôle des Etats-Unis et dans d’autres régions, ont été lancées de violentes guerres de pillage pour s’emparer du pétrole et du gaz, comme en Libye, en Irak, en Syrie ou au Soudan, pour en citer quelques uns.

 

Actuellement les experts prédisent que tôt ou tard, les nouvelles guerres auront comme fondement de tenter de s’emparer des grandes réserves d’eau, étant donné la rareté et la contamination dans certains pays de ce liquide fondamental pour la vie sur cette planète.

 

Observons ces données : 70% de la terre est couverte par de l’eau salée et seulement 2,5% par de l’eau potable. De cette dernière, 70% est utilisée pour l’agriculture, 20% pour l’industrie et 10% pour la consommation humaine. La contamination des eaux provoque la mort de plus de 5 millions de personnes, principalement des mineurs d’âge.

 

Quelque 1200 millions d’habitant n’ont pas accès à l’eau et 2200 millions vivent sans conditions sanitaires. Pour 2050 l’ONU estime la population mondiale à 9000 millions avec une demande supérieure de 60% à l’actuelle, alors que les sources hydriques se rencontrent là où habitent 12%. 


Il se trouve très symptômatique qu’un rapport de la CIA a affirmé que pour 2015 l’eau sera une des principales causes de conflit international. En 1997, quand la plupart des gouvernements d’Amérique Latine étaient soumis aux Etats-Unis, différents pays ouvrirent leurs portes à la Banque Mondiale, y compris des universités, comme celles de Santa Fe et Buenos Aires, celles d’Uruguay et plusieurs du Brésil, lui donnant les droits d’investigation de l’aquifère Guarani.

 

En novembre 2001 la BM, par l’intermédiaire d’une de ses institutions spécialisées, le Fonds Mondial pour l’Environnement (GEF pour son sigle en anglais), commença à financer la recherche et les travaux pour obtenir le « développement soutenable » de ce réservoir.

 

Deux années plus tard, en novembre 2003, se réunirent à Montevideo les membres du MERCOSUR avec la BM et fut signé le Projet de Protection Environnemental et de Développement Soutenable du Système Aquifère Guarani. Le GEF apporta comme garantie de financement, 13,4 millions de dollars provenant de Banques des Etats-Unis, de Hollande et d’Allemagne. L’Organisation des Etats Américains (OEA) et l’Unité pour le Développement Soutenable (OEA-USDE) qui a son siège à Washington agirent comme la filiale régionale d’exécution et la Banque Mondiale comme l’agence de mise en œuvre.

 

Au cours du IVe Forum Mondial de l’Eau, qui se tint à Mexico en mars 2006, le président d’alors de la BM, Paul Wolfowitz, produisit un document appelé « Mirage dans l’Eau », où il était mentionné que la Banque Mondiale seule accorderait des prêts pour la fourniture de l’eau à la condition que ce service soit privatisé.

 

Mais comme l’a exprimé le président équatorien Rafael Correa, commençait alors pour la région un « changement d’ère » et le texte fut rejeté par les participants. Dans ce document il était indiqué que le pays qui se refuserait à respecter les décisions se verrait réduire les crédits pour d’autres investissements dans le secteur public.

 

Avec la récente information de la NASA au sujet de la rareté de l’eau dans l’étendu Etat nord-américain de Californie, les nations du Sud doivent être en alerte pour éviter les nouvelles menaces qui se présentent sur l’Aquifère Guarani.

 

Hedelberto Lopez Blanch journaliste cubain

Traduit de l’espagnol par Gérard Jugant