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Lundi 13 novembre 2017

Pas de rencontre Poutine / Trump à l'APEC: et alors?

Il semblerait que les politologues aient besoin de faire d'un non évènement, l'absence de rencontre entre les Présidents russe et américain, l'un des évènements importants de ce sommet de l'APEC, dont l'actualité est, il est vrai, particulièrement vide. Pourtant, tout comme cette rencontre si elle avait eu lieu, son absence n'est pas un évènement, car cela n'apporte rien, ne change rien et n'aurait rien pu changer.
 
Quelques jours avant le sommet de l'APEC, tous les médias s'interrogeaient sur la possible deuxième rencontre entre les Présidents Poutine et Trump. La Russie l'avait annoncée comme fort possible, les Etats Unis avaient laissé planer un doute favorable, finalement elle n'a pas eu lieu. Problèmes de protocole: les Etats Unis voulaient que cela se passe "chez eux". Or, deux fois de suite, cela était inacceptable pour la Russie, comme l'a expliqué le porte-parole du Kremlin. Ils "n'ont pu" se déplacer. Problèmes d'agende trop chargés de part et  d'autre: le Président américain a du jouer au golf avec son homologue japonais.
 
Toutefois, ils ont pris le temps de longuement se serrer la main et d'échanger en marchant quelques paroles. Suite à quoi Trump a tout aussi longuement expliqué à la presse américaine que Poutine n'y était pour rien dans les élections américaines, que les mauvaises relations avec la Russie sont destructrices. Il a comme à son habitude, il a longuement twitté ses impressions:

 Après s'être fait reprendre en main, Trump déclarera plus modérément:
« Je crois qu'il a le sentiment que ni lui, ni la Russie n'ont interféré dans les élections », mais « que je le croie ou non... je suis avec nos agences »
Trump semble avoir atteint avec Twitter son maximum de puissance en matière de potentiel politique international.
 
Finalement, valait-il la peine d'y consacrer plus que quelques minutes en marchant? C'est à en douter. Le poids du Président américain est tel qu'il ne peut même pas maîtriser son calendrier professionnel, semble échanger quelques mots lorsque sa "garde" ne peut objectivement l'en empêcher. Comme un gamin en faute. Et s'il le maîtrise, cela signifie qu'il n'est pas prêt à de véritables négociations sur de réels problèmes internationaux, dont une grande partie sont le résultat de la politique américaine elle-même. 
 
Par ailleurs, même si la rencontre avait eu lieu, D. Trump  est à ce point isolé sur la scène politique intérieure américaine, qu'il peut promettre ce qu'il veut, il ne pourra pas le réaliser. D'une certaine manière, ne rien promettre est la meilleure manière d'avoir une chance de faire quelque chose. Plus discrètement, mais plus efficacement, sans braquer immédiatement tout l'establishment.
 
Bref, rencontre ou pas rencontre, ce n'est pas un évènement, car rien n'en aurait découlé. Ce type de rencontre n'a de sens que lorsque l'ensemble des protagonistes est en état de réaliser les négociations. Ce qui n'est pas le cas dans les relations russo-américaines.