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Chine

La Chine est responsable de 100% de la diminution du nombre de personnes pauvres, par John Ross

La Chine est responsable de 100% de la diminution du nombre de personnes pauvres, par John Ross

source : Key trends to globalization

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

En 2010, le Professeur Danny Quah de la London School of Economics, remarquait : « Ces trois dernières décennies, à elle seule, la Chine a tiré plus de gens de la pauvreté extrême que tous les autres pays du monde pris ensemble. En effet, la diminution, entre 1981 et 2005, de 627 millions du chiffre des personnes pauvres vivant avec un dollar par jour, dépasse le total de la baisse mondiale de cette même forme de pauvreté, qui passe pour la même période, de 1,9 milliards à 1,4 milliards ». Le but de cet article est d’analyser la situation sur la base des données disponibles trois ans après l’analyse de Quah, d’observer les tendances en matière de pauvreté, et pas seulement de pauvreté extrême (calculée par la Banque Mondiale sur la base d’une dépense quotidienne inférieure à 1,25 dollars), d’examiner une définition de la pauvreté légèrement plus large (2 dollars de dépenses quotidiennes) et faire la comparaison avec d’autres tendances dans l’économie mondiale.

La conclusion est simple. La conclusion de Quah tient toujours. La Chine est responsable de 100% de la réduction du nombre de personnes vivant dans la pauvreté dans le monde. Ce résultat découle de tout examen sérieux et informé du rôle de la Chine dans l’économie mondiale et de sa contribution aux droits de l’homme.

Il y a de nombreuses statistiques remarquables à propos de la Chine :

 

  • La Chine abritait 22% de la population mondiale quand sa réforme fut engagée en 1978, donc le pourcentage de la population mondiale bénéficiant de la croissance économique rapide de la Chine est sept fois supérieur aux 3% de la population des États-Unis ou du Japon quand commencèrent leur croissance, ou aux 2% que représentait le Royaume-Uni au temps de la Révolution Industrielle.
  • Les 9,9% de croissance moyenne du PIB par tête durant les deux derniers plans quinquennaux représentent la plus rapide augmentation du PIB par tête jamais réalisée par un pays important dans l’histoire de l’humanité.
  • Dans le même temps, la hausse de 8,1% de la consommation moyenne annuelle des ménages chinois, et la hausse de 8,3% de la consommation totale, y compris la dépense publique dans des domaines aussi importants pour la qualité de vie que l’éducation et la santé, ont été les plus rapides enregistrées dans une grande économie. Si on prend en compte l’espérance de vie supérieure à ce qu’on pourrait attendre compte tenu du PIB par tête, il est évident que la Chine a connu la hausse la plus rapide de la qualité de vie jamais vécue par un pays.
  • Mesurée en Parité de Pouvoir d’Achat (PPA)- le résultat réel en termes de production de voitures, de services etc.- la plus grande augmentation en valeur absolue en une seule année aux États-Unis date de 1999, et était de 567 milliards de dollars. Mais en 2010, la Chine a atteint 1, 126 milliards de dollars de hausse- plus du double de la grosse hausse de la production jamais réalisée par un pays en une seule année de l’histoire humaine.

Néanmoins, aussi impressionnantes que soient ces statistiques, du point de vue du bien-être humain, il y a un autre chiffre qui éclipse tous les autres : la contribution de la Chine à la réduction de la pauvreté humaine, non seulement à l’intérieur de ses frontières, mais aussi par son impact dans le monde. Le fait étonnant demeure que la Chine a été responsable de la totalité de la réduction du nombre de personnes vivant dans la pauvreté absolue dans le monde !

Pour montrer cela, le tableau ci-dessous fournit le nombre de personnes dans le monde qui vivent de moins de deux des mesures standard utilisées par la Banque Mondiale pour mesurer la pauvreté. C’est le critère de distinction de la pauvreté extrême, des dépenses de moins d’1,25 dollars par jour (37,5 dollars par mois), et la pauvreté- dépenses inférieures à deux dollars par jour (60 dollars par mois). Les graphiques montrant la tendance sont à la fin de l’article.

En 1981, d’après les données de la Banque Mondiale, 972 millions de personnes vivaient en Chine avec moins de 37,5 dollars par mois. En 2008, ce nombre était tombé à 173 millions, en 2009, il était tombé à 157 millions. Par conséquent, 662 millions de personnes ont été tirées de la pauvreté extrême en Chine en 2008 et 678 millions si on va jusqu’à 2009.

En contraste, le nombre de personnes vivant en pauvreté extrême a augmenté hors de Chine de 50 millions entre 1981 et 2008- le nombre de personnes sorties de la pauvreté était inférieur à la hausse de la population. Cela est dû au à la hausse du nombre de personnes en situation de pauvreté extrême en Afrique sub-saharienne. La Chine est donc responsable de 100% de la réduction du nombre de personnes vivant dans la pauvreté extrême.

En analysant le cas des personnes vivant avec 2 dollars par jours (60 dollars par mois), un revenu toujours très bas, la tendance est encore plus frappante. Le nombre de personnes en Chine vivant à ce niveau de dépense ou à un niveau inférieur est tombé de 972 millions en 1981 à 395 millions en 2008 et 362 millions en 2009. Le nombre de personnes vivant avec moins de 60 dollars par mois ou moins était tombé à 577 millions en 2008 et à 610 millions en 2009.

En contraste, le nombre de ceux vivant à ce niveau de pauvreté hors de Chine est passé de 1,548 millions en 1981 à 2,057 millions en 2008- une hausse de 509 millions. Une fois encore, la Chine comptabilise la totalité de la réduction du nombre de personnes pauvres dans le monde.

Il est par conséquent presque impossible d’exagérer la contribution apportée non seulement au bien-être du peuple chinois mais à toute l’humanité par le progrès économique chinois. Sans la Chine, il n’y aurait littéralement pas eu de réduction du nombre de personnes vivant dans la pauvreté.

L’énorme impact de cela sur le bien-être humain réside non seulement dans son effet direct sur le revenu et les dépenses, mais aussi dans ses conséquences indirectes sur le développement humain. Prenez des exemples simples :

 

  • L’espérance de vie en Chine est de neuf ans plus longue qu’en Inde- un pays qui avait à la fin des années 1940 un PIB par tête supérieur à celui de la Chine.
  • Pour mille habitants, la Chine a 66% d’infirmières et d’aides soignantes en plus et 160% de médecins en plus que l’Inde.
  • En Chine, le taux d’alphabétisation des femmes de 15 à 24 ans est de 99% d’après les dernières données de la Banque Mondiale, alors qu’en Inde il est de 74%.
  • Le taux de mortalité infantile pour 1000 naissances vivantes est de 12 en Chine contre 44 en Inde.

Le fait de sortir les gens de la pauvreté est aussi la plus grande contribution que l’on puisse faire aux droits de l’homme. La réalité est qu’avoir tiré 600 millions de personnes de la pauvreté fait qu’aucun autre pays ne rivalise même de loin avec la contribution de la Chine au bien-être humain et aux droits de l’homme.

 

Quatre choses à savoir sur la Chine – dans le cadre du XIXème congrès du Parti

Quatre choses à savoir sur la Chine – dans le cadre du XIXème congrès du Parti

 

20 Novembre 2017

  • La communication médiatique occidentale sur le XIXème congrès du Parti communiste chinois a été affligeante. L’attention a presque exclusivement porté sur les “marionnettes du spectacle”, sur un seul homme et les spéculations à propos de l’hypothétique étendue de son pouvoir. Toutefois ce congrès ne portait pas sur la personne de Xi Jinping mais sur les changements et les défis fondamentaux du plus grand pays au monde. Mais nous n’avons pas appris grand chose à ce sujet, sinon quelques clichés éculés.

Au cœur du congrès : le fait que la Chine se trouve dans une nouvelle ère de développement. L’expression “ère nouvelle” figurait 36 fois dans le discours du président Xi .L’ère ancienne s’est caractérisée par le développement rapide de l’économie et de la technologie, parallèlement à l’inégalité sociale et aux problèmes environnementaux.

 

L’ère nouvelle œuvre pour une croissance durable et équilibrée, une meilleure qualité de vie pour la population, davantage de participation et un rôle plus prépondérant sur la scène mondiale (1)

 

Nous donnons ci-après quelques informations contextuelles sur un certain nombre de domaines dans la société chinoise en pleine mutation, en plein “développement”, dans l’espoir de pouvoir étayer plus solidement les connaissances et ou les critiques.

 

1. L’économie

Des chiffres qui donnent le tournis

 

Ces 35 dernières années la croissance a été tout bonnement phénoménale. Le PNB par habitant a été multiplié par 17, oui vous lisez bien, par 17. En comparaison, celui de l’Inde a quadruplé pendant la même période (2). Entre 2003 et 2013 l’économie des pays industrialisés a connu une croissance de 16%, en Chine elle a été de 165% et en Inde de 102% (3). En outre il ne s’agissait plus de “davantage des mêmes choses”, car la productivité elle aussi a bondi en avant. Aujourd’hui un ouvrier chinois moyen produit cinq fois plus qu’il y a vingt ans (4).

 

Pour rendre plus concrètement cette poussée de modernisation : tous les deux ans, la Chine produit autant de ciment que les Etats-Unis pendant tout le vingtième siècle (5). La Chine produit aujourd’hui autant d’acier que le reste du monde (6). En 15 ans la Chine a posé 20.000 km de voies ferrées pour des trains à grande vitesse, soit davantage que le reste du monde. D’ici 2025 elle prévoit encore 15.000 km de plus (7). Deux tiers de tous les aéroports en construction se trouvent aujourd’hui en Chine. D’ici 2020 il y aura 240 aéroports (8).

 

Il a fallu 150 ans à la Grande-Bretagne, là où la révolution industrielle a commencé, pour doubler son revenu par habitant. Aux Etats-Unis il a fallu 30 ans. En Chine c’est le cas tous les sept à dix ans, et en outre sur une bien plus grande échelle (9). Aujourd’hui le PNB chinois est plus élevé que celui de l’économie entière de 154 pays (10).

 

A son arrivée il y a cinq ans, le président Xi Jinping indiquait déjà qu’une transformation du modèle de croissance » était nécessaire. Le vieux modèle se basait sur l’exportation et sur des investissements dans l’industrie lourde, la construction et l’industrie manufacturière. Dans le nouveau modèle, le moteur est la consommation de masse (marché intérieur), l’augmentation du secteur des services et le progrès technologique (11).

Cette conversion est bien engagée. En 2005 le secteur des services représentait 41% du PNB, en 2016, 52%. Les exportations comptaient en 2005 pour 37%; en 2016 elles avaient baissé à 20%. Par ailleurs la Chine n’est plus un pays de transit où les marchandises sont assemblées avec peu de bénéfice pour le pays même. Aujourd’hui la Chine ajoute 76 % de valeur à ses produits d’exportation. Dans l’UE ce chiffre est de 87% (12). La Chine est actuellement au sommet de l’innovation : 40 % de tous les brevets dans le monde sont chinois, soit davantage que ces trois pays réunis : les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud (13).

 

Caractéristiques chinoises

 

Dans le passé, Deng décrivait le passage progressif de l’économie planifiée à l’économie de marché par la métaphore : “Nous traversons la rivière en nous appuyant sur les pierres, à tâtons”. Cela, il n’en est plus question. L’économie chinoise est et reste un système hybride où l’Etat exerce un contrôle fort et autorise le marché dans certaines limites. C’est le socialisme dit “ à caractéristiques chinoises”.

 

Dans ce contexte le président chinois a répété à peu près ce qu’il disait déjà il y a cinq ans : les marchés doivent jouer “un rôle décisif” dans l’octroi de moyens, mais en même temps les autorités doivent jouer “un plus grand rôle” dans l’économie (14). Dans la pratique, il n’a pratiquement pas été question du premier point. Ces cinq dernières années nous avons assisté à une plus forte emprise des autorités sur l’économie, et ceci sur quatre terrains (15).

 

  1. Marchés financiers : le “ rôle décisif” visait surtout les marchés financiers. La formulation servait sans doute aussi à ne pas effaroucher les investisseurs étrangers. Quoi qu’il en soit, après le mini krach de la bourse chinoise en 2015 et la ruée sur le yuan, toute une série de déréglementations dans les marchés financiers ont été revues. Depuis 2016 il y a aussi davantage de restrictions sur les investissements étrangers d’entreprises chinoises, tant sur des entreprises d’Etat que sur des firmes privées (16).

  2. Extension du plan : jusqu’en 2010 la planification économique se limitait à neuf industries clés, comme l’acier, la pétrochimie et la construction navale. En 2010 sept secteurs y ont été ajoutés comme les énergies alternatives et les biotechnologies. En 2015, nouvelle extension, avec dix secteurs comme l’aéronautique, les équipements agricoles et les nouveaux matériaux (17).

  3. Consolidation des entreprises d’Etat. En novembre 2015 il est décidé que les efforts de réforme viseront principalement le “renforcement, l’optimisation et l’extension d’entreprises d’Etat”. En même temps la “privatisation” est rejetée. Avec la fusion de grandes entreprises d’Etat dans des entités encore plus grandes, les pouvoirs publics renforcent leur emprise sur l’économie. Les entreprises privées sont encouragées à ne prendre que de petites parts minoritaires dans les entreprises d’Etat. Entre 2006 et 2013 les actifs des entreprises d’Etat sont passés de 130% du PNB à 176% (18).

  4. Rôle plus important du parti. De grandes entreprises d’Etat cotées en bourse ont modifié leurs statuts afin d’ancrer le parti communiste, plutôt que l’Etat chinois, dans l’entreprise. On prévoit que davantage d’entreprises vont suivre. Le parti veut aussi davantage de membres du parti dans le haut management de l’entreprise. Bien sûr les cadres supérieurs gagnent bien leur vie, mais comparés à leurs collègues étrangers ils sont sous-payés. Ainsi le directeur de PetroChina gagne 200 fois moins que le PDG de Chevron (19).


Dans une économie avancée, la planification exige le traitement rapide d’une quantité gigantesque de données. Jusqu’à récemment c’était une tâche surhumaine et c’est peut-être une des raisons pour lesquelles l’économie soviétique a commencé à se gripper au début des années ‘80. Mais les progrès actuels de l’intelligence artificielle semblent rendre la chose possible. La grande entreprise chinoise en ligne Alibaba a déjà acquis une fameuse expertise dans ce domaine. Selon son fondateur Jack Ma “les Big Data rendront le marché plus malin et permettront de planifier et de prévoir les forces du marché, si bien que nous pourrons enfin réaliser une économie planifiée”. Sur base de Big Data, les économistes sont en train d’élaborer une économie hybride selon un modèle “planifié et conforme aux conditions du marché” (20).

 

Plusieurs formes différentes de propriété ont été autorisées dans l’économie chinoise. Dans des secteurs où la propriété d’Etat n’était pas nécessaire, comme la production d’articles de consommation, le petit commerce et les petits services, la propriété privée a été autorisée voire encouragée. Par ailleurs les rapports de propriété ne disent pas toujours tout du contrôle des pouvoirs publics sur l’économie.

 

Via l’attribution ou non de l’accès aux marchés publics ou aux crédits bon marché, les avantages fiscaux, l’accès aux fonds d’investissement publics, institutions financières et subventions etc., l’autorité centrale dirige des secteurs entiers sans avoir le contrôle direct sur les entreprises séparément. Le capital privé est le bienvenu aussi longtemps qu’il est au service des objectifs de l’autorité. Inversement, l’Etat peut aussi prendre ses distances par rapport à la gestion de ses entreprises sans renoncer à les détenir, parce que les limites à l’intérieur desquelles il faut travailler sont très claires (21).

 

Wu Jinglian, professeur à la China Europe International Business School de Pékin, le résume comme suit : « la présence de l’Etat reste grande, il maîtrise les courants financiers et fonctionne comme gardien de quasi toutes les décisions importantes, depuis les transactions foncières jusqu’aux fusions. Le contrôle ne se fait pas seulement à l’échelon le plus élevé. Les autorités locales participent aussi au fonctionnement d’une entreprise”. Le capital international ne peut y échapper. Selon leFinancial Times: “De cette manière, la Chine accueille le capital international à ses propres conditions et elle neutralise son pouvoir” (22).

 

2. Le social

Salaires et pouvoir d’achat

 

Presque partout dans le monde les salaires restent constants voire reculent. Même en Inde, dont la croissance surpasse celle de la Chine, les salaires sont restés constants. Ce n’est pas le cas en Chine, où ces dix dernières années les salaires moyens ont été triplés. Avec une augmentation de 10,5 %, c’est bien au-dessus de la croissance économique. Les Indiens gagnent à présent un cinquième de leurs voisins chinois. Ces quarante dernières années la consommation des ménages a augmenté de 7,7% par an, inflation comprise (23).

 

Il y a quinze ans des multinationales occidentales sont allées massivement en Chine en raison des faibles salaires. A présent le mouvement inverse est en train de s’amorcer. Les salaires moyens dans l’industrie chinoise ne sont plus inférieurs que de 20% à ceux du Portugal. En Bulgarie, Macédoine, Roumanie, Moldavie et Ukraine, dès 2013 les salaires minimum étaient déjà plus bas qu’en Chine (23). .i

 

La pauvreté et le fossé

 

Contrairement à beaucoup d’autres pays, la croissance économique en Chine s’accompagne d’un fort recul de la pauvreté. Entre 1978 et 2015 le revenu des 50% de Chinois les plus pauvres a augmenté de 400%. Pendant la même période il baissait de 1% aux Etats-Unis alors même que l’économie y croissait de 184%. Là-bas l’accroissement des richesses va exclusivement à la couche supérieure (25). Ces 25 dernières années, la Chine a tiré un nombre record de personnes de la pauvreté extrême : 635 millions – soit le total de l’Afrique noire à ce moment. Au rythme actuel l’extrême pauvreté sera éradiquée vers 2020 (26).

 

A présent que la majeure partie de la pauvreté a disparu, les autorités chinoises ne se concentrent plus tellement sur le développement des régions arriérées mais plutôt sur les individus pauvres, avec des programmes personnalisés. D’autres pays font de même, mais selon The Economist, “La Chine est un des rares pays en développement dotés d’une bureaucratie qui est suffisamment grande et solide pour réussir dans cette voie”.

 

Le Forum Economique Mondial est du même avis : “La Chine est sans aucun doute un leader mondial dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et de l’amélioration des résultats de santé. Le reste du monde peut tirer beaucoup d’enseignements de son expérience” (27).

 

Les pauvres y ont gagné, mais les Chinois les plus riches y ont gagné bien plus encore. Un grand fossé s’est donc creusé depuis les années ‘80. L’indice de Gini est passé de 29 à 41,5 – ce qui n’est guère une évolution positive (28). L’écart est le plus fort entre ville et campagne, entre régions les plus pauvres et provinces côtières. C’est surtout une conséquence d’une hausse de productivité plus rapide dans l’industrie et le secteur des services que dans l’agriculture (29).

 

Les dix dernières années ont vu un léger revirement et le coefficient de Gini a commencé à baisser. En 2009 le revenu moyen en ville était 3,3 fois plus élevé qu’à la campagne. Aujourd’hui il a baissé à 2,7 (30).

 

Il y a septante ans, la Chine était l’un des pays les plus pauvres du monde. Le PNB par habitant était la moitié de celui de l’Afrique (31). La population chinoise arrivait tout à fait en queue. Aujourd’hui, septante ans plus tard, elle acquiert lentement une position dans le peloton de tête, comme le montre le graphique ci-dessous. Sur l’axe horizontal figurent les déciles. 1 représente les 10% de plus pauvres, 10 représente les 10% des plus riches. L’axe vertical montre le pourcentage par région. La majeure partie de la population chinoise se situe entre le sixième et le neuvième décile de la population mondiale (32).

 

 

3. La géopolitique

L’encerclement

 

En 1992, un an après l’effondrement de l’Union soviétique, le Pentagone lançait une doctrine qui reste aujourd’hui le fil conducteur de la politique étrangère des Etats-Unis : “Notre objectif premier est d’empêcher qu’un nouveau compétiteur n’apparaisse sur la scène mondiale. Nous devons empêcher les concurrents potentiels ne serait-ce que d’aspirer à jouer un plus rôle au niveau mondial” (33).

 

Un rapport récent cite quatre pays qui sont les cibles potentielles d’une action militaire : l’Iran, la Russie, la Corée du Nord et la Chine (34). En dépit des roulements de tambour face à la Corée du Nord et de la rhétorique sur la Russie et l’Iran, c’est aujourd’hui en premier lieu la Chine qui est au centre du viseur. Tout autour de ce pays les Etats-Unis ont plus de trente bases militaires, points d’appui ou centres d’entraînement (petites boules sur la carte). D’ici 2020, 60% du total de la flotte sera stationnée dans la région (35). Vu sur une carte, il n‘est pas exagéré de dire que la Chine est cernée ou encerclée.

 

 

Face à cette surpuissance des Etats-Unis, la Chine est extrêmement vulnérable. Pour son commerce extérieur la Chine dépend à 90% du transport maritime. Plus de 80% du transport pétrolier doit passer par le détroit de Malacca (près de Singapour), où les Etats-Unis ont naturellement une base militaire. Washington peut ainsi fermer le robinet à pétrole, et actuellement la Chine n’a aucun moyen de défense à cet égard. Les Etats-Unis dépensent en armement plus de quatre fois plus que la Chine, et par habitant c’est quinze fois plus (36).
 

C’est dans ce contexte qu’il faut voir la construction de petites îles artificielles en mer de Chine méridionale, de même que la revendication d’une grande partie de cette zone. Contrôler les routes maritimes par lesquelles sont transportés son énergie et ses biens industriels a une importance cruciale pour Pékin. D’ailleurs aucun des six pays qui revendiquent des parties de la mer de Chine méridionale ne suit au pied de la lettre le code de conduite sur cette zone (37).

 

La stratégie d’Amsterdam

 

Pendant la majeure partie de l’Histoire, l’économie chinoise a été largement autosuffisante. Il n’y avait pas de pénurie de matières premières. Le pays pouvait se permettre de s’isoler du monde étranger et l’a souvent fait. Les principaux risques, vu l’étendue du pays, étaient d’ordre interne.

 

Aujourd’hui la situation est totalement différente. Le pays n’est plus autosuffisant. Avec 18% de la population mondiale il ne dispose que de 7% des terres agricoles fertiles et extrait seulement 5% du pétrole mondial. Proportionnellement les Etats-Unis ont 8 fois plus de minerai et la Russie 31 fois plus. En outre le pays produit beaucoup plus de biens qu’il n’en consomme lui-même. Pour toutes ces raisons le pays dépend aujourd’hui fortement de l’économie extérieure (38).

 

C’est dans ce cadre et aussi à cause de l’étreinte des Etats-Unis que le pays commence à mettre en œuvre une Nouvelle Route de la Soie. C’est un gigantesque réseau de routes maritimes et terrestres, lancé sous l’appellation “la Ceinture et la Route”. L’initiative implique des investissements, des financements, des accords commerciaux et des dizaines de zones économiques spéciales (ZES) d’une valeur de 900 milliards de dollars.

 

Au total le pays veut investir pas moins de 4.000 milliards de dollars dans 64 pays, pour une population de 3 milliards de personnes. Cela représente environ 30 fois l’aide au développement annuelle des pays riches. C’est donc de loin le plus grand programme depuis le plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe après la Deuxième guerre mondiale (39).

 

La Nouvelle Route de la Soie fait beaucoup penser à la stratégie commerciale des Pays-Bas il y a 400 ans. Les colonialismes britannique et français tentaient de conquérir et de soumettre des sociétés entières. Amsterdam par contre visait un “empire de commerce et de crédit”. Il ne s’agissait pas de territoires mais d’affaires. Ils construisirent une flotte gigantesque, installèrent des postes commerciaux sur les grandes routes tout en essayant de les sécuriser (40).

 

Tout comme les Néerlandais du XVIIème siècle, la Chine détient actuellement la plus grande flotte commerciale (41). Les ZES sont “des garnisons commerciales dans les chaînes d’approvisionnement internationales, grâce auxquelles la Chine peut sécuriser son commerce sans s’encombrer de soumission coloniale” selon Stratfor, un prestigieux laboratoire d’idées (42).

 

4. L’écologie

Une situation intenable

 

Depuis la fin des années ‘80 la Chine est entrée dans une phase de développement qui entraîne une grande pollution environnementale. En tant “qu’atelier du monde”, la Chine est forcément un des plus gros pollueurs de la planète. Plus de 40% du territoire agricole sont actuellement affectés, dont un cinquième de terres arables est même gravement pollué.

 

A Pékin la pollution de l’air a atteint jusque quarante fois le seuil d’alerte fixé par l’Organisation mondiale de la santé. Dans le nord du pays, la pollution atmosphérique a réduit de cinq années l’espérance de vie et elle cause un nombre inquiétant de cancers du poumon et d’accidents cardiovasculaires (43).

 

La Chine est maintenant largement le principal émetteur de CO2, même si les émissions par personne sont moitié moindres que celles des Etats-Unis et environ aussi importantes que celles de l’Europe. Elle n’est d’ailleurs responsable que de 11% des émissions cumulées, contre plus de 70% pour les pays industrialisés.

 

La situation n’en est pas moins intenable. Au rythme actuel, la Chine aura produit entre 1990 et 2050 autant de dioxyde de carbone que le monde entier entre le début de la révolution industrielle et 1970, ce qui est catastrophique pour le réchauffement climatique. Au rythme actuel de croissance il y aura d’ici vingt à trente ans une forte pénurie de pétrole partout dans le monde, avec toutes les conséquences économiques et géopolitiques qui en découlent (44).

 

Changement de cap

 

Il y a une petite dizaine d’années les autorités chinoises ont changé de cap en donnant la priorité à la problématique écologique. Lors du précédent congrès il y a cinq ans, cette priorité a été intégrée dans le plan de développement global du parti communiste. Toute une batterie de mesures ont fait leur apparition et la Chine s’est dotée d’une législation pionnière en matière d’environnement, même si l’application ne va pas de soi (45).

 

Mais c’était du sérieux. Mark Kenber, directeur de l’ONG The Climate Group, voit dans la Chine un exemple pour les autres pays en développement : “Il est clair que le plan chinois pour réduire les émissions de CO2 et construire une économie de technologie verte a été décidé au plus haut niveau du gouvernement. Nous espérons que l’Inde, le Brésil et d’autres pays suivront rapidement et feront preuve du niveau d’ambition nécessaire” (46).

 

Pour The Economist, qui est tout sauf un fan de la Chine : “Les dirigeants actuels comprennent le défi du changement climatique mieux que leurs prédécesseurs et peut-être mieux aussi que leurs collèges internationaux. Ils sont bons pour adopter des mesures prioritaires fortes (47).

 

Ce changement de cap exprime les aspirations de la population. Selon un sondage de 2012, 57% des Chinois trouvaient l’environnement prioritaire, même au prix de la croissance économique. Un quart de toutes les manifestations dans le pays concerneraient l’environnement (48).

 

Leader mondial

 

Les résultats sont bien là. A court terme la Chine est devenue numéro 1 dans le domaine des panneaux solaires et de l’énergie éolienne. Actuellement 33% de l’électricité sont issus d’énergies vertes – contre 15% aux Etats-Unis. D’ici 2020, 360 milliards sont prévus pour susciter de nouvelles énergies vertes. Le constructeur automobile Chongqing Changan a fait savoir qu’il ne vendra plus de véhicules à moteur à combustion d’ici 2025.

 

L’industrie automobile française et britannique ne le prévoit que pour 2040, tandis que les constructeurs allemands refusent la transition. Dans un avenir proche la Chine veut séquestrer des millions de tonnes de CO2 sous terre. Le pays est également pionnier dans le domaine de la transmission sur grandes distances de grandes quantités d’énergie (par exemple à partir de champs de panneaux photovoltaïques éloignés), ce qui est très important pour l’approvisionnement des villes en énergie verte (49).

 

Au sommet pour le climat de Paris, la Chine avait promis de faire baisser ses émissions de dioxyde de carbone dès 2030. Entre-temps l’engagement a déjà été tenu. La Chine utilise de moins en moins de charbon. 2017 est la quatrième année consécutive d’émissions de dioxyde de carbone inchangées ou en baisse. “Les statistiques montrent que la Chine est en bonne voie de dépasser largement les objectifs climatiques de Paris” dit Lauri Myllyvirta, le porte parole de Greenpeace (50).

 

Avec son approche, Pékin fait d’une pierre quatre coups. 1. Les problèmes environnementaux sont affrontés. 2. Les entreprises les plus polluantes sont souvent aussi les moins rentables. L’élévation des normes environnementales entraîne une efficacité accrue dans la production. 3. La fermeture de ces entreprises polluantes permet d’aborder d’emblée la surcapacité dans un certain nombre de secteurs. 4. L’énergie verte est un secteur en croissance très prometteuse qui peut créer pas mal d’emplois.

 

Jennifer Morgan, directrice de Greenpeace, l’a résumé en ces mots : “La Chine est également motivée par de puissants intérêts nationaux quand elle s’attaque à la pollution ambiante tenace, veut limiter l’incidence de la crise climatique et augmenter les possibilités d’emploi dans le secteur des énergies renouvelables. Aujourd’hui en Chine, plus de 3,4 millions de personnes travaillent déjà dans le secteur de l’énergie verte” (51).

 

Le bouquet

 

Pas besoin d’être un expert pour pouvoir suivre les développements politico-économiques chinois. Le quotidien populaire China Daily qui tire à des millions d’exemplaires papier et digitaux, publie depuis plusieurs jours un petit jeu-concours éducatif filmé

 

Ng Sauw Tjhoi est journaliste à la VRT. Marc Vandepitte est analyste politique. Ils ont écrit à quatre mains le livre ‘Made in China, meningen van daar’, EPO – Radio 1, 2006.

 

Traduction du néerlandais : Anne Meert pour Investig’Action.

 

Notes

i 1 Pour en savoir plus : cf notamment Carlens S., ‘Neue Kräfteverhältnisse’, Junge Welt, 25 octobre 2017; https://www.jungewelt.de/artikel/320656.neue-kr%C3%A4fteverh%C3%A4ltnisse.html Willems F., ‘Partijcongres bevestigt strategische lijn van Xi Jinping’; http://www.chinasquare.be/actueel-nieuws/congres-bevestigt-strategische-lijn-xi-jinping/ Philips T., ‘Xi Jinping heralds ‘new era’ of Chinese power at Communist party congress’, The Guardian, 18 octobre 2017;https://www.theguardian.com/world/2017/oct/18/xi-jinping-speech-new-era-chinese-power-party-congress .

2 Financial Times, 11 mars, p. 9. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/c7f12434-c678-11e4-aee8-00144feab7de.html#axzz3fJsX3ZAh

3. Financial Times, 4/5 janvier 2014, p. 3. http://im.ft-static.com/content/images/dc29d692-74af-11e3-af50-00144feabdc0.img?width=973&height=663&title=&desc=

4. The Economist, 8 avril 2017, Special Report, The Pearl River Delta, p. 7-9;https://www.economist.com/news/special-report/21720073-factories-are-upgrading-still-lag-far-behind-rich-world-future-lies

5. Financial Times, 25 février 2016, p. 9. http://www.ft.com/intl/cms/s/2/65a584e2-da53-11e5-98fd-06d75973fe09.html

6. The Economist, 9 avril 2016, p. 57. http://www.economist.com/news/business/21696556-it-hard-see-future-many-worlds-high-cost-steel-producers-britains-are-no

7. The Economist, 14 janvier 2017, p. 47. https://www.economist.com/news/china/21714383-and-theres-lot-more-come-it-waste-money-china-has-built-worlds-largest Financial Times, 1er mars 2013, p. 5; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/009bb49a-80f6-11e2-9908-00144feabdc0.html

8. The Economist, 12 mai 2012, p. 72. http://www.economist.com/node/21554492

‘China’s aviation boom drives airport building frenzy’, Reuters, 26 juin 2015,https://www.reuters.com/article/us-china-aviation/chinas-aviation-boom-drives-airport-building-frenzy-idUSKBN0P60F220150626

9. The Economist, 5 janvier 2013, p. 48. http://www.economist.com/news/business/21569016-emerging-world-consumer-king-mammons-new-monarchs

10. The Economist, 29 mars 2014, p. 53-4; https://www.economist.com/news/china/21599806-our-asia-economics-editor-takes-his-leave-less-worried-many-his-peers-about-frailties

11. Financial Times, 19 avril 2013, http://www.ft.com/intl/cms/s/0/93f0ddc6-a822-11e2-8e5d-00144feabdc0.html#axzz2T0n6X4ND

12. Banque mondiale, exportationshttps://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NE.EXP.GNFS.ZS?locations=CN&name_desc=falseBanque mondiale, secteur des services en % du PNBhttps://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NV.SRV.TETC.ZS?locations=CN The Economist,Special Report, The Pearl River Delta, 8 avril 2017, p. 9-10. https://www.economist.com/news/special-report/21720076-copycats-are-out-innovators-are-shenzhen-hothouse-innovation

13. Financial Times, 25 novembre 2016, p. 2; https://www.ft.com/content/4b6a9820-b210-11e6-a37c-f4a01f1b0fa1 Dodwell D., ‘Be afraid: China is on the path to global technology dominance’, South China Morning Post, 24 mars 2017. http://www.scmp.com/business/global-economy/article/2081771/be-afraid-china-path-global-technology-dominance

14 Johnson C., ‘Xi Jinping Opens 19th Party Congress Proclaiming a New Era—His’ Center for Strategic & International Studies, 18 octobre 2017.

15. Jinglian W. & Guochuan M., ‘Whither China? Restarting the Reform Agenda’, Oxford 2016, p. 234-9;Financial Times, 25 octobre 2012, p. 5; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/008ac6ea-1dcc-11e2-901e-00144feabdc0.html#axzz2A9Cj2iEB Financial Times, 16 octobre 2017, p. 7.https://www.ft.com/content/304964a4-ad0f-11e7-beba-5521c713abf4

16. Financial Times, 16 octobre 2017, p. 7; https://www.ft.com/content/304964a4-ad0f-11e7-beba-5521c713abf4Financial Times, 29 septembre 2017, p. 12. https://www.ft.com/content/cbe6deb2-a433-11e7-b797-b61809486fe2

17. The Economist, 23 septembre 2017, p. 61-2; https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21729442-its-record-industrial-policy-successes-patchy-china-sets-its-sights The Economist, 22 juillet 2017, p. 11-2. https://www.economist.com/news/leaders/21725295-bad-china-and-world-chinas-state-enterprises-are-not-retreating-advancing

18. Kroeber A., ‘China’s Economy. What Everyone Needs to Know’, Oxford 2016, p. 99; Financial Times16 octobre 2017, p. 7; https://www.ft.com/content/304964a4-ad0f-11e7-beba-5521c713abf4 Financial Times, 1er mars 2016, p. 7. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/253d7eb0-ca6c-11e5-84df-70594b99fc47.html

19. Financial Times, 8 septembre 2017, p. 11; https://www.ft.com/content/e91270a8-9364-11e7-bdfa-eda243196c2c The Economist, 28 octobre 2017, p. 57; https://www.economist.com/news/business-and-finance/21730613-chinese-business-has-not-stopped-thriving-under-all-powerful-leader-fears-xi-jinping The Economist, 22 juillet 2017, p. 11-2. https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21725293-outperformed-private-firms-they-are-no-longer-shrinking-share-overall

20. Financial Times, 5 septembre 2017, p. 9; https://www.ft.com/content/6250e4ec-8e68-11e7-9084-d0c17942ba93 ‘Can big data help to resurrect the planned economy?’, Global Times, 14 juin 2017.http://www.globaltimes.cn/content/1051715.shtml Kynge J., ‘China harnesses big data to buttress the power of the state’, Financial Times, 28/9 octobre 2017, p. 11. https://www.ft.com/content/5f483a34-ba5f-11e7-8c12-5661783e5589

21. Hsueh R., ‘China’s Regulatory State. A New Strategy for Globalization’, Ithaca 2011; Zhikui Z., ‘Introduction to Socialism with Chinese Characteristics’, Pékin 2016, chapitre 3; Kroeber A., ‘China’s Economy. What Everyone Needs to Know’, Oxford 2016, chapitre 5; Porter R., ‘From Mao to Market. China Reconfigured’, Londres 2011, p. 177-184; Bey M., ‘In China, Innovation Cuts Both Ways’,Stratfor, 24 octobre 2017; https://worldview.stratfor.com/article/china-innovation-cuts-both-ways The Economist, 23 novembre 2013, p. 70-1; https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21590562-chinas-rulers-look-singapore-tips-portfolio-management-soe-glc Financial Times 10 août 2017, p. 7; https://www.ft.com/content/ed900da6-769b-11e7-90c0-90a9d1bc9691

22. The Economist, 9 janvier 2016, p. 48; http://www.economist.com/news/china/21685511-ageing-reformists-diagnose-economys-ills-three-wise-men Financial Times, 4 juillet 2017, p. 9.https://www.ft.com/content/5cf22564-5f2a-11e7-8814-0ac7eb84e5f1

23. Financial Times, 27 février 2017, p. 1; https://www.ft.com/content/f4a260e6-f75a-11e6-bd4e-68d53499ed71 Ross J., ‘No China’s Economy is not Going to Crash’, Socialist Economic Bulletin, 1er septembre 2015. http://www.rdcy.org/displaynewsen.php?id=15104

24. Clean Clothes Campaign, ‘Stitched Up: Poverty wages for garment workers in Eastern Europe and Turkey’, 2014, http://www.cleanclothes.org/resources/publications/stitched-up-1, p. 32 Banque Mondiale, Labor force. https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SL.TLF.TOTL.IN . Source des graphiques : Financial Times, 27 février 2017, p. 1. https://www.ft.com/content/f4a260e6-f75a-11e6-bd4e-68d53499ed71

25. The Economist, 18 février 2017, p. 63; http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21717102-why-chinese-citizens-seem-more-tolerant-rising-inequality-westerners-new

United States GDP per capita’. https://tradingeconomics.com/united-states/gdp-per-capita

26. World Bank Group, ‘Taking on inequality. Poverty and Shared Prosperity. 2016’, Washington 2016,https://openknowledge.worldbank.org/bitstream/handle/10986/25078/9781464809583.pdf, p. 41 et 46; The Economist, 29 avril 2017, p. 43-4. https://www.economist.com/news/china/21721393-after-decades-success-things-are-getting-harder-chinas-new-approach-beating-poverty

27. The Economist, 29 avril 2017, p. 43-4; https://www.economist.com/news/china/21721393-after-decades-success-things-are-getting-harder-chinas-new-approach-beating-poverty World Economic Forum, ‘What lessons can we learn from China’s rapid growth?’, 16 mars 2016.https://www.weforum.org/agenda/2016/03/what-lessons-can-we-learn-from-china-s-rapid-growth/

28.L’indice de Gini va de 0, égalité complète, à 100, inégalité complète. Les scores les plus bas sont en Scandinavie, où le coefficient de la Suède est de 25. Les scores les plus hauts sont en Amérique latine. En Colombie il est de 58,5. Ravallion M., A Comparative Perspective on Poverty Reduction in Brazil, China and India. Working Paper 5080, World Bank, Washington 2009, p. 31;http://hdr.undp.org/sites/default/files/hdr_2010_fr_complete_reprint.pdf , New York 2010, p. 169 sqq.

29. En Inde par exemple il y a aussi un grand fossé entre les habitants de villes eux-mêmes. Financial Times, 10 avril 2014, p. 11. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/e8bca4ec-bf29-11e3-a4af-00144feabdc0.html#axzz3BJnhLJEv

30. The Economist, 14 mai 2016, p. 55. http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21698674-rising-rural-incomes-are-making-china-more-equal-up-farm

31. Maddison A., L’Economie mondiale : Une perspective millénaire, OCDE 2001,http://www.oecd.org/fr/dev/etudesducentrededeveloppementleconomiemondialeuneperspectivemillenaire.htm

32. Source : Credit Suisse, ‘Global Wealth Databook 2013’, p. 95. https://publications.credit-suisse.com/tasks/render/file/?fileID=1949208D-E59A-F2D9-6D0361266E44A2F8

33. ‘Excerpts From Pentagon’s Plan: “Prevent the Re-Emergence of a New Rival”’, New York Times, 8 mars 1992., http://www.nytimes.com/1992/03/08/world/excerpts-from-pentagon-s-plan-prevent-the-re-emergence-of-a-new-rival.html?pagewanted=all

34. The Pentagon, ‘The National Military Strategy of the United States of America 2015’,https://news.usni.org/2015/07/02/document-2015-u-s-national-military-strategy, p. 2.

35. The Economist, 19 novembre 2005, p. 22; Financial Times, 29 avril 2014, p, 6;http://www.ft.com/intl/cms/s/0/52b9edbe-ce25-11e3-bc28-00144feabdc0.html#axzz39oj4zaTF The Economist, Special Report, Asian Geopolitics, 22 avril 2017, p. 4;https://www.economist.com/news/special-report/21720714-after-seven-decades-hegemony-asia-america-now-has-accommodate-increasingly The Economist, 7 décembre 2013, p, 55;https://www.economist.com/news/asia/21591242-america-winding-down-its-presence-claims-it-wont-fade-away-going-going; Pilger J., https://blogs.mediapart.fr/danyves/blog/141216/la-prochaine-guerre-contre-la-chine-par-john-pilger-le-2-decembre-2016‘; The Economist, 17 octobre 2015, p. 62;http://www.economist.com/news/international/21674648-china-no-longer-accepts-america-should-be-asia-pacifics-dominant-naval-power-who-rules

36. Dyer G., ‘The Contest of the Century. The New Era of Competition with China – and How America Can Win’, New York, p. 26; Vien T., ‘The Grand Design of China’s New Trade Routes’, Stratfor;https://www.stratfor.com/analysis/grand-design-chinas-new-trade-routes SIPRI, ‘Military expenditure by country’, 2017. https://www.sipri.org/sites/default/files/Milex-constant-2015-USD.pdf

37. Financial Times, Life & Arts, 5-6 avril 2014, p. 8; http://www.ft.com/intl/cms/s/2/58cbbbe2-ba70-11e3-aeb0-00144feabdc0.html#axzz3BJnhLJEv Financial Times, 20 juin 2014, p. 7.http://www.ft.com/intl/cms/s/0/313432b0-f78f-11e3-b2cf-00144feabdc0.html?siteedition=intl#axzz37Ag64da2

38. The End of China’s Dengist Diplomacy’, Stratfor, 17 octobre 2017;https://worldview.stratfor.com/article/end-chinas-dengist-diplomacy The Economist, 10 juin 2017, p. 14;https://www.economist.com/news/leaders/21723109-cleaning-filthy-soil-much-harder-cleaning-foul-air-chinas-rockiest-environmental-problem Wikipedia,https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_production_de_p%C3%A9trole Craig A., ‘10 Countries With The Most Natural Resources’, Investopedia, 12 septembre 2016;http://www.investopedia.com/articles/markets-economy/090516/10-countries-most-natural-resources.asp Dyer G., ‘The Contest of the Century’, p. 10; Subramanian A., ‘Eclipse. Living in the Shadow of China’s Economic Dominance’, Washington 2011, p. 121sqq.

39. Financial Times, 9 octobre 2015, p. 9; http://www.ft.com/intl/cms/s/2/6e098274-587a-11e5-a28b-50226830d644.html ‘China Paves the Way for a New Silk Road’, Stratfor, 15 mai 2017;https://worldview.stratfor.com/article/china-paves-way-new-silk-road Financial Times, Special Report, Asian Infrastructure & Trade, 4 mai 2017, p. 5; https://www.ft.com/content/b9af2e26-0342-11e7-aa5b-6bb07f5c8e12 The Economist, 2017, 6 mai p. 45. https://www.economist.com/news/china/21721678-silk-routes-are-not-always-appealing-they-sound-china-faces-resistance-cherished-theme The Economist, 2 juillet 2016, p. 53; http://www.economist.com/news/china/21701505-chinas-foreign-policy-could-reshape-good-part-world-economy-our-bulldozers-our-rules Vien T., Stratfor, 24 juin 2015;https://www.stratfor.com/analysis/grand-design-chinas-new-trade-routes d’Hooghe I., ‘De Nieuwe Zijderoute moet China’s internationale positie versterken’, Internationale Spectator, 2015 n° 8.https://spectator.clingendael.org/pub/2015/8/china_en_de_nieuwe_zijderoute/ Source de la carte :https://commons.wikimedia.org/wiki/File:One-belt-one-road.svg?uselang=fr

40. Même si les Néerlandais ont collaboré avec les chefs locaux pour chasser les Portugais à Ceylan et en Indonésie, leur objectif premier était d’assurer le commerce dans toute la région.https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_colonial_n%C3%A9erlandais

Arrighi G., Adam Smith in Beijing. Lineages of the Twenty-Firs Century, Londres, 2007, p. 238;

41. Au XVIIème siècle les Néerlandais avaient proportionnellement 25 fois plus de navires que l’Angleterre, la France et l’Allemagne. Aujourd’hui la Chine détient 20 fois plus de navires de commerce que les Etats-Unis.Maddison A., L’Economie mondiale : Une perspective millénaire, OCDE 2001,http://www.oecd.org/fr/dev/etudesducentrededeveloppementleconomiemondialeuneperspectivemillenaire.htm

42. Khanna P., ‘Use It or Lose It: China’s Grand Strategy’, Stratfor, 9 avril 2016.https://www.stratfor.com/weekly/use-it-or-lose-it-chinas-grand-strategy

43. Financial Times, 19-20 avril 2014, p. 4; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/c250bd4c-c6b4-11e3-9839-00144feabdc0.html#axzz3B6tUyGad China: More Than 40 Percent Of Arable Land Degraded’, Stratfor, 4 novembre 2014; http://www.stratfor.com/situation-report/china-more-40-percent-arable-land-degraded The Economist, 8 février 2014, p. 11; https://www.economist.com/news/leaders/21595903-government-gives-its-davids-sling-use-against-polluting-goliaths-small-breath-fresh The Financial Times, 9 juillet 2013, p. 1. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/eed7c0be-e7ca-11e2-9aad-00144feabdc0.html#axzz2b0YBCPq8

44. Netherlands Environmental Assessment Agency, ‘Trends in Global CO2 Emissions’; Mengpin G., Friedrich J., & Damassa T., ‘6 Graphs Explain the World’s Top 10 Emitters’, World Resources Institute, 25 novembre 2014; http://www.wri.org/blog/2014/11/6-graphs-explain-world%E2%80%99s-top-10-emittershttp://edgar.jrc.ec.europa.eu/news_docs/jrc-2016-trends-in-global-co2-emissions-2016-report-103425.pdf The Economist, 8 février 2014, p. 11; https://www.economist.com/news/leaders/21595903-government-gives-its-davids-sling-use-against-polluting-goliaths-small-breath-fresh Minqi L., ‘China and the Twenty-First Century Crisis’, Londres 2016, p. 148.

45. Vandepitte M., ‘Wat mogen we van China de komende jaren verwachten? Verslag van het 18de partijcongres’, http://www.dewereldmorgen.be/artikels/2012/11/11/wat-mogen-we-van-china-de-komende-jaren-verwachten-verslag-van-het-18de-partijco Tsemin Y., ‘The 2014 revisions of china’s environmental protection law’, Swiss Re Insititute, 16 octobre 2014;http://institute.swissre.com/research/risk_dialogue/magazine/Environmental_liability/The_2014_Revisions_of_Chinas_Environmental_Protection_Law.htmlJoseph W., (ed.), ‘Politics in China. An Introduction’, Oxford 2010; p. 282.

46. IPS, ‘Klimaatplan China ambitieus, Zuid-Korea onvoldoende’,http://www.dewereldmorgen.be/artikel/2015/07/02/klimaatplan-china-ambitieus-zuid-korea-onvoldoende

47. The Economist, 10 août 2013, p. 17-20. http://www.economist.com/news/briefing/21583245-china-worlds-worst-polluter-largest-investor-green-energy-its-rise-will-have

48. GALLUP, ‘Majority of Chinese Prioritize Environment Over Economy’, 8 juin 2012;http://news.gallup.com/poll/155102/majority-chinese-prioritize-environment-economy.aspx The Economist, 10 août 2013, p. 8. http://www.economist.com/news/briefing/21583245-china-worlds-worst-polluter-largest-investor-green-energy-its-rise-will-have

49. Lofgren K., ‘China Becomes World’s First Nation to Install 3 GW of Utility-Scale Solar Power!’,https://inhabitat.com/china-becomes-worlds-first-nation-to-install-3-gw-of-utility-scale-solar-power/Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_solaire_en_Chine ; Financial Times, 11 février 2016, p. 3; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/e2298424-cfdf-11e5-831d-09f7778e7377.html The Economist, 22 avril 2017, p. 50; https://www.economist.com/news/china/21721227-once-foot-dragger-it-now-wants-lead-trumps-indifference-climate-change-has-not-changed ‘China: Automobile Company To Stop Selling Combustion Engine Cars In 2025’, Stratfor, 19 octobre 2017;https://worldview.stratfor.com/situation-report/china-automobile-company-stop-selling-combustion-engine-cars-2025 Financial Times 2 août 2017; https://www.ft.com/content/968402ea-769d-11e7-a3e8-60495fe6ca71?mhq5j=e7 Financial Times, 23 mai 2017, p. 5; https://www.ft.com/content/d6ee4558-36d7-11e7-bce4-9023f8c0fd2e The Economist, 14 janvier 2017, p. 11;www.economist.com/news/leaders/21714350-case-high-voltage-direct-current-connectors-chinas-embrace-new

50. PS, ‘China investeert niet meer in steenkool’,http://www.dewereldmorgen.be/artikel/2016/12/05/china-investeert-niet-meer-in-steenkool; Greenpeace, ‘China coal use falls: CO2 reduction this year could equal UK total emissions over same period’;http://energydesk.greenpeace.org/2015/05/14/china-coal-consumption-drops-further-carbon-emissions-set-to-fall-by-equivalent-of-uk-total-in-one-year/ Harvey C., ‘China vowed to peak carbon emissions by 2030. It could be way ahead of schedule’, Washington Post, 7 mars 2016,https://www.washingtonpost.com/news/energy-environment/wp/2016/03/07/china-vowed-to-peak-carbon-emissions-by-2030-these-researchers-think-it-could-already-be-there/?utm_term=.82ec15ee992a The Economist, 22 avril 2017, p. 50;https://www.economist.com/news/china/21721227-once-foot-dragger-it-now-wants-lead-trumps-indifference-climate-change-has-not-changed

51. ‘Consolidating China’s Industries, One Polluter at a Time’, Stratfor, 25 octobre 2017;https://worldview.stratfor.com/article/consolidating-chinas-industries-one-polluter-time

World Resources Institute, ‘WRI Calls China INDC “A Serious and Credible Contribution”’, 30 juin 2015.http://www.wri.org/news/2015/06/statement-wri-calls-china-indc-serious-and-credible-contribution

Source : Investig’Action

La Chine transfère des capitaux d’Etat au fonds de la sécurité sociale

La Chine transfère des capitaux d’Etat au fonds de la sécurité sociale

 

20 Novembre 2017
La concrétisation des annonces chinoises lors du Congrès
 
(note de Danielle Bleitrach)

© Chine Nouvelle (Xinhua) – Luo Jingping, le 18/11/2017 06:46

La Chine transférera quelques capitaux d’Etat, y compris des actions des entreprises publiques et des institutions financières vers le fonds de la sécurité sociale du pays, Au moment même où une société vieillissante exerce des pressions sur le paiement des pensions, ont montré samedi les documents officiels.

 

Les capitaux seront transférés au Conseil national du fonds de la sécurité sociale et aux sociétés entièrement contrôlées par l’Etat, selon un document publié par le Conseil des Affaires d’Etat.

 

Cette année marque le début de projets pilotes portant sur les transferts des actions de trois à cinq sociétés d’Etat supervisées au niveau central et de deux institutions financières centrales.

Vu de Chine: Karl Marx « revient » en vedette, en Allemagne alors qu’approche le 200e anniversaire de sa naissance approche

Vu de Chine:  Karl Marx « revient » en vedette, en  Allemagne alors qu’approche le 200e anniversaire de sa naissance approche

 

19 Novembre 2017
Source: Xinhua | 2017-11-18 00:43:52 | Éditeur: Mu Xuequan
 Vieux timbre. 1953. Chine. Karl Marx Banque d'images - 5300767
 
La Chine où on assiste également à un renouveau de l’étude du marxisme, est allée observer les préparatifs de la célébration du bicentenaire de sa naissance alors que cette année était celle des 150 ans du capital
 
(note de Danielle Bleitrach)

par Ren Ke, Tian Ying, Zhang Yuan

 

BERLIN, 17 novembre (Xinhua) – Dans la patrie de Karl Marx, la question se pose: son Das Kapital est-il encore d’actualité? Plus des deux tiers des répondants ont voté pour « Oui, c’est plus d’actualité que jamais ».

 

La question a été soulevée lors d’une exposition à Hambourg en mémoire de sa première publication dans la ville portuaire en 1867. Malgré de grandes vicissitudes au cours des derniers siècles et demi, seulement 6% des visiteurs pensent qu’il est dépassé.

 

Comme cette année marque le 150e anniversaire de Das Kapital et 2018 marquera le 200e anniversaire de la naissance de Marx, le grand mentor du prolétariat semble être «revenu», en provoquant  plus d’attention du public et une image publique plus positive.

 

Outre une exposition Das Kapital au Work Museum de Hambourg, d’autres expositions sur Marx ont été lancées. Une grande exposition intitulée « Karl Marx 1818-1883: Vie, œuvres et temps » est en cours de préparation, qui ouvrira ses portes l’année prochaine.

 

Dans la ville natale de Marx Trèves, un porte-parole de la ville a déclaré à Xinhua que la ville se prépare à une série de grands événements pour commémorer la figure la plus célèbre de l’histoire. Une statue de Marx de 5,5 m sera érigée à la fin de cette année et devrait être dévoilée au public à Trèves le 5 mai 2018, pour le 200e anniversaire de Marx.

 

Parmi les visiteurs de l’exposition, il y avait des étudiantes, Natasha et ses camarades de classe de Madrid. « Pourquoi venons-nous? Parce que nous l’aimons, Marx et ses œuvres ont changé le monde! » a déclaré Natasha , ajoutant que bien que le monde ne ressemble pas à ce qu’il était il y a 150 ans, le capitalisme fonctionne toujours comme Marx l’avait envisagé.

 

« L’exposition a pour but de poser une question aux visiteurs: à 150 ans de sa publication, Das Kapital est-il toujours important ou pertinent? » On peut dire que bien que le monde ait beaucoup changé, les analyses de Das Kapital sont toujours d’actualité  » , a déclaré Joachim Baur, conservateur de l’exposition à Xinhua.

 

Baur a déclaré que Marx était l’un des premiers économistes à avoir analysé la mondialisation et a découvert que dans le capitalisme, la valeur d’échanges de marchandises, plutôt que leur valeur d’usage, est trop déterminante, ce qui est encore un problème en ce moment.

 

Juergen Herres est chercheur à l’Académie des Sciences et des Sciences Humaines de Berlin-Brandebourg et rédacteur en chef de la MEGA (Marx-Engels-Gesamtausgabe), la plus grande collection d’œuvres de Marx et Engels en allemand ou dans n’importe quelle langue. Au cours des 20 dernières années, Herres a travaillé sur la compilation de nombreux manuscrits et lettres inédits des deux auteurs et les a publiés dans la collection.

 

Herres a déclaré à Xinhua qu’au cours des dernières années, il a constaté que les lecteurs des œuvres originales de Marx sont en train de croître . Les gens discutent ouvertement de Marx et de son Das Kapital, et les journalistes en écrivent plus sur lui dans les journaux. Les conférences académiques sur Marx et ses théories ont également explosé. Trois biographies de Marx ont été publiées cette année, et il pense que d’autres viendront l’année prochaine.

 

Presque tous les médias allemands ont rapporté le 150ème anniversaire de la publication de Das Kapital début septembre et l’exposition à Hambourg. Deutsche Welle a écrit « dans une histoire que de haut niveau de monopolisation de l’économie allemande »  à l’ heure actuelle a été précisément prédite  par Karl  Marx.

 

Actuellement, la Fondation Rosa Luxemburg organise régulièrement des groupes de lecture Marx « Das Kapital lesen ». IMarx Autumn School et a fait la plate-forme Internet Marx200.org pour son 200e anniversaire.

 

Marx est également apparu davantage dans les documentaires et les films allemands. Conjointement produit par l’Allemagne, la France et la Belgique, le « Jeune Karl Marx » a fait ses débuts au Festival de Berlin en février dernier et il s’est établi  sur la liste des dix premiers du box-office en Allemagne.

 

Son image a été imprimée sur une carte de crédit émise par une banque locale de Chemnitz, et une statuette en forme de buste portant le titre « Das Kapital » est en vente dans la plus grande librairie de Berlin, Dussmann.

 

« C’est comme une renaissance », a déclaré Baur, qui a estimé que les crises multiples des dernières années, à savoir la crise financière, la mondialisation, la crise de l’euro et d’autres ont poussé les gens à chercher des moyens de comprendre les problèmes actuels.

 

Herres a déclaré que l’image de Marx parmi le public allemand est contradictoire et divisée. Cependant, après presque 30 ans de réunification, les Allemands ont commencé à considérer  Marx avec une attitude plus objective.

 

« Beaucoup de gens se sont pris d’intérêt pour Karl Marx, avec Marx, que peuvent-ils apprendre de ses théories, ils ne s’intéressent pas au marxisme, mais à Marx en tant que philosophe, économiste et sociologue », a déclaré Herres.

 

Il peut s’agir d’un « retour » de Marx dans sa patrie, cependant, il n’a peut-être jamais quitté.

 

Herres a déclaré que Marx et ses œuvres ont profondément influencé et aidé à façonner le système social et économique allemand actuel.

 

Comparé aux États-Unis et à la Grande-Bretagne, l’Allemagne se concentre davantage sur l’équité sociale et la justice, un système formé conjointement par la lutte des classes et un éventail de pensées politiques allemandes depuis le 18ème siècle, y compris celui de Marx.

 

C’est aussi un pays avec des syndicats forts et une idéologie traditionnelle de la social-démocratie, et avec un parti social-démocrate (SPD) que son prédécesseur a été fortement influencé par Marx lui-même.

 

« Les théories de Marx, en particulier Das Kapital, ont également eu un impact sur l’économie et les sciences sociales », a déclaré Herres.


Commentaire de B.T : "Dans la patrie de Karl Marx, la question se pose: son Das Kapital est-il encore d’actualité? Plus des deux tiers des répondants ont voté pour « Oui, c’est plus d’actualité que jamais »." A l'allure où vont les choses il n'y aura bientôt plu que Pierre Laurent et son mentor Roger Martelli pour le considérer comme dépasser. 

Comment interpréter la visite de Song Tao en Corée du Nord ?

Comment interpréter la visite de Song Tao en Corée du Nord ?

 

Publié le 18 Novembre 2017
17 Novembre 2017

Après le congrès du Parti communiste chinois (PCC) qui a donné lieu à des échanges habituels de messages de félicitations entre le PCC et le Parti du travail de Corée (PTC), Song Tao, chef du bureau des relations internationales du PCC est arrivé en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en qualité de représentant du Président chinois Xi Jinping. Si les médias occidentaux – ou encore le Président Donald Trump – ont voulu interpréter cette visite au regard du rôle que pourrait jouer la Chine pour abaisser les tensions dans la péninsule coréenne, quelques jours après la fin de la tournée asiatique du chef d’Etat américain, les autorités chinoises ont insisté sur la stricte corrélation entre cette visite et l’usage d’informer le PTC des résultats du dernier congrès.

 

Rencontre entre la délégation nord-coréenne conduite par Choe Ryong-hae et la délégation chinoise dirigée par Song Tao

Rencontre entre la délégation nord-coréenne conduite par Choe Ryong-hae et la délégation chinoise dirigée par Song Tao

 

Il faut connaître le fonctionnement des démocraties populaires et l’importance des relations de parti à parti, dans le contexte des relations traditionnelles entre Pékin et Pyongyang, pour comprendre que, si une telle visite n’avait pas eu lieu, elle aurait en tout cas signifié la remise en cause de liens noués depuis trois générations entre les dirigeants chinois et nord-coréens.

 

Song Tao a été accueilli à l’aéroport de Pyongyang par Ri Chang-gun, vice-directeur de département du PTC. Il a ensuite été reçu par Choe Ryong-hae, vice-président du Comité central du PTC, témoignant de la reconnaissance du niveau de la délégation chinoise.

 

Il est d’usage, lors de telles visites, d’aborder des sujets d’intérêt commun aux deux partis. L’application par la Chine des récentes sanctions internationales à l’encontre de la RPDC a donc probablement été évoquée, même si les comptes rendus publics des échanges sino-nord-coréens n’ont pas vocation à évoquer un tel sujet où les divergences de vues sont réelles.

 

En tout cas, la Chine a réaffirmé à l’occasion de cette visite qu’elle était favorable à un « double moratoire » (de ses essais nucléaires et balistiques par Pyongyang, de leurs exercices militaires par Washington), contredisant ouvertement les déclarations du Président Donald Trump qui avait affirmé, lors de sa récente visite en Chine, que Pékin était sur une position comparable à celle des Etats-Unis d’accroître la pression sur la RPDC.

 

Une fois encore, la Chine s’affirme comme un médiateur potentiel de premier rang pour diminuer les tensions dans la péninsule coréenne, en défendant le principe d’un dialogue suivant des positions qui ne sont donc celles ni de Pyongyang, ni de Washington.

 

Source :

China’s special envoy meets closest aide of North Korean leader

 

A special envoy of Chinese President Xi Jinping on Friday met with the closest aide of North Korean leader Kim Jong Un, amid an ongoing pause in Pyongyang’s saber-rattling….

 

http://www.scmp.com/news/china/diplomacy-defence/article/21204

En chine : une bibliothèque, j’ai vécu le jour des merveilles…

En chine : une bibliothèque, j’ai vécu le jour des merveilles…

 

17 Novembre 2017
Dans la meusre où j’ai le vertige à Marseille dans la bibliothèque municipale de l’Alcazar qui joue sur les transparences, je ne sais si j’apprécierais celle-ci, mais il y a là comme souvent une architecture sculpture avec cet espèce d’optimisme conquérant qui est une marque de la Chine aujourd’hui, comme si l’humanité en était déjà à l’assaut de l’univers. mais si vous regardez la video vous retrouvez le souci de l’enfant, la tendresse au coeur du gigantisme.  La Chine s’est mise en commune ,j’ai vécu le jour des merveilles, chantait le poète :  https://www.youtube.com/watch?v=1LIpWAg-x-s 
 
(note de Danielle Bleitrach)

En images, l’une des plus belles bibliothèques au monde

 

Ce nouveau temple du savoir installé dans le district de Tianjin, à l’est de la Chine, peut sérieusement prétendre à l’entrée dans le classement des plus belles bibliothèques du monde. Visite au cœur de ses 33.700 m2 aux 1,2 millions de livres.

 

PAR TIFFANY SALES. PHOTOS : MVRDV. | 
 

Il aura fallu trois ans pour réaliser cet espace de 33.700 m2 dédié à la lecture, la marche, la réunion et la discussion. A l’origine de cet immense temple du savoir ? La société néerlandaise d’architecture et de design urbain, MVRDV, ainsi que des architectes chinois.

 

Située en Chine, à Tianjin, dans l’est de la Chine, cette gigantesque bibliothèque publique qui a ouvert ses portes le 1er octobre, peut accueillir 1,2 millions de livres. Winy Maas, cofondateur de MVRDV, décrit l’intérieur comme « une étagère continue ». Au cœur de cette dernière, des immenses étagères s’étendent en effet à perte de vue du sol jusqu’au plafond.

 

Il précise : « Les étagères sont de grands espaces pour s’asseoir et permettre en même temps l’accès aux étages supérieurs, les angles et les courbes étant destinés à [optimiser] différentes utilisations de l’espace. »

 

Autre détail notable, toute l’architecture du bâtiment réparti sur cinq niveaux a été pensée pour que cet édifice ait la forme d’un œil, d’un véritable globe oculaire en trois dimensions. La couleur immaculée du lieu, éclairée par une géante baie vitrée, renforce également le sentiment de débarquer dans une troisième dimension.

 

En son centre, un auditorium de forme sphérique trône sous un puis de lumière qui « reflète l’environnement, en offrant un panorama à 360 degrés sur l’espace intérieur, un environnement véritablement propice à la réflexion et la contemplation », ajoute Winy Maas.

 

La bibliothèque comprend également des salles d’enseignement, des aires de lecture pour enfants et personnes âgées, des salles de réunion et d’informatique mais aussi des bureaux. Le sous-sol, abrite quant à lui, les archives.

 

 
 
 
 
 
 

La technologie et le marxisme de Jack Ma

La technologie et le marxisme de Jack Ma


Par Caleb Maupin – Le 26 octobre 2017 – Source New Eastern Outlook

Jack Ma, le fondateur d’Ali Baba, premier site de vente en ligne chinois.

Le célèbre fondateur d’Alibaba est peut être un PDG milliardaire, mais les mots qu’il diffuse dans le monde entier ont des échos de Karl Marx, de Vladimir Lénine et de Mao Dzedong. Il peut être difficile pour une oreille non avertie de l’identifier, mais il n’est pas surprenant que cette vedette de l’économie planifiée chinoise soit en bons termes avec un parti au pouvoir profondément idéologique. Pour ceux qui connaissent le sujet en profondeur, des sous-entendus marxistes peuvent être retrouvés tout au long de l’optimisme technologique de Ma.

 

Un matérialisme historique

 

Beaucoup de gens ouvrent le manifeste communiste en s’attendant à y trouver un plan pour un monde idéal, étalé devant eux. Pourtant, Karl Marx ou ses associés ont très peu écrit au sujet de la nature supposée du monde futur. Les écrits de Marx portaient plutôt sur des concepts philosophiques qu’il a inventés, le matérialisme dialectique et historique. En substance, le marxisme est une description de l’histoire du monde comme étant la résultante d’une lutte pour faire progresser les niveaux de vie et atteindre un mode de production plus élevé.

 

En s’exprimant au Valdaï Discussion Club en octobre, Jack Ma a sévèrement critiqué ceux qui réagissent à l’avènement d’Internet par la peur. Il a déclaré : « Là où d’autres personnes s’inquiètent, nous trouvons des moyens de résoudre cette inquiétude. » Il a rappelé à l’auditoire les nombreuses peurs qui ont accompagné l’invention de l’automobile et ajouté : « Si nous avons plus d’imagination et de créativité, nous nous sentirons beaucoup mieux. »

 

À l’époque de la révolution industrielle du XIXe siècle, la perspective de Marx était la même. Tout en critiquant le capitalisme, Marx saluait la naissance de l’économie industrielle et des révolutions sociales qui avaient détruit le féodalisme. Marx voyait la fin du servage et la naissance de la classe ouvrière industrielle ou du « prolétariat », conséquences des énormes progrès technologiques, comme un formidable bond en avant.

 

Jack Ma a aussi averti le public du danger potentiel associé aux progrès technologiques. Il est allé jusqu’à faire remarquer que les deux guerres mondiales se sont déclenchées à la suite de bonds technologiques.

 

Ce faisant, Ma pointait vers une compréhension du concept marxiste de surproduction et de baisse du taux de profit. En effet, les deux guerres mondiales ont été précédées par des ralentissements économiques et des périodes de dépression, et ces deux périodes difficiles ont été le résultat direct des progrès technologiques.

 

Dans « Le Capital », Marx explique que les propriétaires d’usines et d’entreprises cherchent constamment à révolutionner les moyens de production afin de produire des biens plus efficacement qu’auparavant. Cependant, dans ce processus de diminution des coûts de production et de recherche d’efficacité, le pouvoir d’achat des travailleurs diminue aussi. Finalement, l’abondance créée par les progrès technologiques crée une pauvreté de masse. Les marxistes du monde entier ont décrit les développements politiques qui ont finalement abouti aux deux guerres mondiales comme une conséquence des crises économiques créées par la surproduction.

 

Pourtant, malgré son inquiétant avertissement, Ma semble penser qu’un résultat potentiellement différent sera la conséquence de la révolution informatique. En 1848, Marx soulignait que la révolution industrielle réduisait les ouvriers à être « un appendice des machines ».

 

En 2017, Jack Ma nous dit : « Nous avons transformé des gens en machines, maintenant nous faisons des machines à l’image des gens. »

Ma soutient que l’éducation peut être complètement transformée car l’humanité est témoin de la naissance de la technologie des données (TD) en remplacement de la technologie informationnelle (TI). Selon Ma, avec la naissance de la TD, ce qu’il appelle les « travaux stupides », ceux pour lesquels les êtres humains sont poussés à ne pas utiliser leur intelligence pourraient être éliminés. Dans la nouvelle économie, la créativité humaine doit se développer pour faire ce que les machines ne peuvent pas faire, car « une machine ne peut avoir d’âme ».

 

« Nous avons besoin d’un G200, pas d’un G20 »

 

Tout comme Karl Marx, Jack Ma n’est pas un adversaire de la mondialisation. Au contraire, comme Marx l’a fait au XIXe, Ma salue la montée de l’économie mondiale comme un pas en avant, en disant « là où le commerce s’arrête, le monde s’arrête ».

 

Cependant, même si Ma ne critique pas la globalisation en tant que concept, il est opposé au déséquilibre de l’économie mondiale. Décrivant le caractère injuste du marché mondial, il a déclaré « 20% des pays réussissent, tandis que 80% n’ont aucune chance ».

 

Ici, Ma s’oppose frontalement au récit de la mondialisation poussé par les partisans du néolibéralisme. Le « Sud global » ne devient pas plus riche en raison du commerce avec l’Europe et les États-Unis. Les réformes du marché libre et la pénétration de la Banque mondiale et du FMI ne « développent » pas les pays sous-développés. Les politiques commerciales poussées par les dirigeants occidentaux n’ont pas l’effet que des personnes comme Milton Friedman et Jeffrey Sachs ont affirmé qu’elles auraient.

 

Avec ses mots, Ma fait écho à une approche de l’économie mondiale semblable à celle qui a été articulée par Vladimir Lénine avant la révolution russe. C’est une vision du monde qui explique comment les pays les plus riches du monde ont truqué les choses en leur faveur, pour rester les 20% les plus riches, s’enrichir en monopoles alors que les 80% restent pauvres et deviennent plus pauvres, en tant que consommateurs captifs. C’était le concept de Lénine disant « l’impérialisme, le stade suprême du capitalisme ».

 

Ma ne s’oppose pas à la mondialisation, mais insiste sur le fait qu’elle doit changer de structure. Selon ses propres mots : « Nous avons besoin d’un G200, pas d’un G20 ». Les paroles de Ma sont en accord avec la politique étrangère chinoise et son initiative de Nouvelle Route de la Soie, visant à sortir les pays de la pauvreté grâce aux infrastructures. Alors qu’elle continue d’étendre sa présence dans le monde sous-développé, la Chine développe ses partenaires commerciaux avec des trains à grande vitesse, des hôpitaux et des programmes éducatifs. Au fur et à mesure que ces pays deviennent plus riches, la Chine devient plus riche, en développant des économies avec lesquelles elle peut commercer. Ce modèle de mondialisation « gagnant-gagnant », par opposition au monopole d’entreprise de Londres et de Wall Street, est très différent.

 

Ma soutient que la multipolarité devrait être la bienvenue, et que plutôt que de se faire face les uns aux autres, les pays devraient travailler ensemble pour résoudre les problèmes mondiaux. « L’ennemi commun devrait être la pauvreté », a-t-il expliqué.

 

L’histoire avance, avec ou sans vous

 

« La révolution technologique est en marche, personne ne peut l’arrêter ! » Jack Ma prévient son public. Plutôt que d’être seulement au courant de l’histoire, Jack Ma invite son auditoire à en faire partie : « Les jeunes ne veulent pas seulement s’informer, ils veulent s’impliquer ! »

 

Son inquiétant avertissement que la technologie avance et la société avec elle, indépendamment de nos peurs, cela nous rappelle l’essai de Mao Dzedong « Rapport sur le mouvement paysan dans la province du Hunan. » Dans cet essai, Mao avertissait que la paysannerie chinoise était en révolte contre les propriétaires, et que les communistes chinois devaient les rejoindre et les diriger ou bien « se laisser dépasser ». Il y est écrit : « Quand les gens sont en mouvement, vous pouvez vous opposer à eux, vous pouvez les suivre en gesticulant et en critiquant, ou vous pouvez les diriger. »

 

Cette polémique de l’époque avec les dirigeants du Parti communiste chinois contient plusieurs des citations les plus connues de Mao. Mao y avertissait ses lecteurs que les avances et les explosions peuvent être imprévisibles, « une seule étincelle peut mettre le feu à la plaine ».

 

Lorsque Mao Dzedong écrivait ces mots en 1926, avec le même ton optimiste mais prudent que les projets de Jack Ma aujourd’hui, la Chine était une société agraire profondément appauvrie. Aujourd’hui, menée par l’organisation politique que Mao Dzedong a construite, elle est devenue la deuxième plus grande économie de la planète.

 

« Un environnement convivial pour les entreprises »

 

Alors que l’on pourrait s’attendre à ce qu’un milliardaire se considère comme un « self-made man » et râle contre l’ingérence d’un gouvernement dans les affaires économiques, la perspective de Ma semble être différente.

 

Au Club de discussion de Valdaï à Sotchi, Ma a salué les efforts récents du Parti communiste chinois, lorsqu’on l’a interrogé sur le XIXe Congrès national historique qui avait lieu simultanément à Beijing. Il a parlé de la façon dont la campagne anti-corruption « Mass Line » lancée par Xi Jinping est un bon développement qui a « aidé à nettoyer le milieu des affaires » et a permis de faire de la Chine un « environnement convivial pour faire du commerce ».

 

En effet, ceux dont la compréhension de l’idéologie marxiste est simpliste peuvent se moquer de l’idée qu’un milliardaire comme Jack Ma ait quelque chose en commun avec Marx. Les mêmes personnes raillent l’idée que la Chine soit socialiste, alors qu’il existe tant de sociétés privées, et que tant de personnes sont devenues riches.

 

Mais Deng Xiaoping l’a dit lui-même, « la pauvreté n’est pas le socialisme, s’enrichir est glorieux », et ces mots faisaient simplement écho à l’approche marxiste du matérialisme historique. L’histoire avance en raison de l’intelligence et de l’innovation humaine ; au contraire, à mesure que le capitalisme a émergé, la recherche irrationnelle du profit à tout prix a entravé la capacité de progression sociale.

 

Le « socialisme aux caractéristiques chinoises » est devenu une économie qui permet à 700 millions de personnes de sortir de la pauvreté.

 

Dans la Chine du XXIe siècle, chaque jour une personne devient millionnaire. Oui, s’enrichir est glorieux, mais toute cette richesse en Chine n’a pas été créée par l’avidité irrationnelle et l’égoïsme. Le chemin de la Chine vers plus de richesse et de prospérité a été basé sur une société fonctionnant de manière disciplinée, dirigée par une organisation politique forte, qui place la prospérité pour tout le peuple, et pas seulement une riche minorité, en tête de l’ordre du jour.

 

Caleb Maupin est un analyste politique et un activiste basé à New York.

Photos : Cérémonie d’inauguration du Palais de l’amitié Vietnam-Chine et du centre culturel chinois à Hanoï

Photos : Cérémonie d’inauguration du Palais de l’amitié Vietnam-Chine et du centre culturel chinois à Hanoï

 
14 Novembre 2017
Voilà un autre pas dans la recomposition des alliances en Asie pacifique… toujours dans le cadre de la visite de Trump.
 
(note de Danielle Bleitrach)

© Chine Nouvelle (Xinhua) – Tian Yun, le 13/11/2017 05:45

Xi Jinping et Nguyen Thi Kim Ngan ont assisté dimanche à la cérémonie d’inauguration et de remise des clés du Palais de l’amitié Vietnam-Chine et à la cérémonie d’inauguration du centre culturel chinois de Hanoï. – Photo : Li T.

 

Le président chinois

 

Le président chinois, Xi Jinping, qui est également secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), et Nguyen Thi Kim Ngan, présidente de l’Assemblée nationale vietnamienne, inaugurent le centre culturel chinois de Hanoï, au Vietnam, le 12 novembre 2017

 

Le président chinois

 

Le président chinois, Xi Jinping, qui est également secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), remet une « clé en or » du Palais de l’amitié Vietnam-Chine à Nguyen Thi Kim Ngan, présidente de l’Assemblée nationale vietnamienne, à Hanoï, au Vietnam, le 12 novembre 2017

 

Trump humilié en Chine lors de la visite de Pékin souligne le nouvel ordre mondial en Asie

Trump humilié en Chine lors de la visite de Pékin souligne le nouvel ordre mondial en Asie

 

14 Novembre 2017
Loin de souligner le leadership américain, le voyage a encore accentué l’émergence de la Chine comme pilier alternatif de la prospérité et de la stabilité dans la région la plus dynamique du monde, écrit Richard Heydarian cet article bien informé témoigne de ce que peut être le meilleur de la diplomatie chinois: utiliser la force et la brutalité de l’adversaire pour lui imposer sa propre volonté.
 
(note et traduction de Danielle Bleitrach)


Publié: lundi 13 novembre 2017, 07h02
MISE À JOUR: lundi 13 novembre 2017, 23h19

 

 

Parmi les étapes du voyage de Donald Trump dans cinq pays asiatiques  celle  qui est le plus caractéristique est Pékin. Après tout, la Chine est considérée comme le plus grand rival régional de l’Amérique, et elle a été souvent l’objet des tirades non-stop du président.

 

 Tous les autres pays participant à la tournée sont soit des alliés issus de traités, à savoir le Japon, la Corée du Sud et les Philippines, soit un nouveau partenaire stratégique, à savoir le Vietnam.
 

La visite, dans laquelle on a vu  Trump échouer à obtenir une concession majeure de la Chine, a  été celle qui a souligné l’émergence tranquille mais indubitable d’un véritable ordre post-américain en Asie.

 

Loin de souligner le leadership américain dans la région, la visite a démontré  l’émergence de la Chine en tant que pilier alternatif de prospérité et de stabilité dans le théâtre géopolitique le plus dynamique du monde. Trump s’est embarqué dans son voyage en Asie pour affirmer la centralité américaine dans les affaires mondiales, mais il a quitté Beijing comme le chef humilié d’une superpuissance en déclin.

 

Pendant  sa campagne présidentielle, Trump avait pointé du doigt  la Chine avec brio et vigueur, décrivant souvent la puissance asiatique comme une menace majeure pour le bien-être économique et la suprématie mondiale des États-Unis.

 

Adoptant un langage souvent belliqueux, il avait  accusé la Chine de manipuler des devises, de vendre un excédent commercial excessif à l’Amérique, de dominer agressivement les eaux adjacentes aux dépens des alliés régionaux comme le Japon et les Philippines et d’aider des parias comme la Corée du Nord.

 

Il n’est donc pas étonnant que le monde ait eu un regard très attentif sur le président américain, qui parle dur, pouvait obtenir en matière de concession majeure sur les principaux points de divergence avec Pékin. Comme prévu, cependant, la Chine a réussi à apaiser et à apprivoiser le président américain, tout en restant sur ses positions dans les zones de désaccord.

 

Sous Trump, l’excédent commercial de la Chine avec l’Amérique s’est en fait élargi à 223 milliards de dollars américains au cours des 10 premiers mois de l’année – une augmentation à deux chiffres par rapport à l’année précédente. Mais au lieu de reculer sur des domaines d’intérêt fondamental pour elle, en particulier sur le commerce et la politique industrielle, la Chine a sciemment attenué la différence.

 

Pour calmer les inquiétudes américaines face à leur énorme déficit commercial avec la Chine, Beijing a offert 37 contrats d’investissement majeurs totalisant plus de 250 milliards de dollars à 30 PDG de grandes entreprises américaines. De grands noms tels que Boeing, General Electric, Goldman Sachs, Qualcomm, Cheniere Energy, Air Products étaient parmi ceux qui ont rejoint la délégation d’hommes d’affaires de Trump.

 

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a salué ces accords comme une étape cruciale pour fournir « une base solide pour une relation plus forte, plus libre, équitable et réciproque entre les Etats-Unis et la Chine ».

 

Aux applaudissements de son auditoire chinois, Trump est allé jusqu’à donner à « la Chine un grand crédit » pour sa capacité à « tirer profit d’un autre pays [l’Amérique] pour le bénéfice de ses citoyens … »

 

Au lieu de blâmer la Chine pour les problèmes commerciaux de l’Amérique, il a placé la responsabilité sur ses prédécesseurs pour ne pas avoir adopté une relation économique optimale avec la plus grande nation exportatrice du monde. Pour l’instant, il semble que l’administration Trump recule effectivement par rapport à  ses menaces précédentes d’imposer des sanctions commerciales à la Chine.

 

Ainsi, Pékin a réussi à vider de son contenu  la posture agressive de Trump à travers un ensemble soigneusement élaboré d’accords commerciaux mutuellement satisfaisants. C’était la politique chinoise à son niveau le meilleur.

 

Pour être juste cependant, le président chinois Xi Jinping a promis un environnement d’investissement ouvert et que «la Chine ne fermera pas ses portes» et gardera son énorme marché intérieur «plus ouvert, plus transparent et plus ordonné» pour les entreprises étrangères, y compris américaines. Ce fut une déclaration d’assurance opportune au milieu des préoccupations croissantes concernant la montée du nationalisme économique en Chine.

 

En ce qui concerne les zones de tensions géopolitiques, Trump est parti presque bredouille de Pékin. S’exprimant devant l’Assemblée nationale sud-coréenne un jour plus tôt, le président américain avait lancé  une attaque à peine voilée contre la Chine pour avoir soi-disant choisi « d’ignorer » ou « pire encore, de permettre » la Corée du Nord. Il a carrément placé le «poids de la crise» sur la «conscience» de la Chine.

Pourtant, tout ce dur  discours  s’est rapidement traduit par une gratitude conciliatrice envers la Chine pour ses efforts visant à freiner le programme agressif de missiles balistiques et nucléaires de la Corée du Nord. A Pékin, Trump a simplement appelé « la Chine et votre grand président à travailler très dur », exprimant son optimisme que « si [Xi] travaille dur », il y aura une résolution rapide de la crise dans la péninsule coréenne .

Probablement, il n’y avait pas non plus d’accord significatif sur la montée des tensions sino-américaines en mer de Chine méridionale, la marine américaine contestant les activités de remise en état de la Chine par des «opérations de liberté de navigation» régularisées. Qualifiant les relations bilatérales de «nouveau point de départ historique», le président chinois a réitéré son point précédent: «L’océan Pacifique est assez grand pour accueillir la Chine et les États-Unis».

 

Ainsi, la Chine a manifesté sa volonté d’un «grand marché» émergent dans les eaux adjacentes, sans aucune résistance palpable de la part de l’administration Trump, qui cherche désespérément  l’aide de Pékin sur la question de la Corée du Nord.

 

L’échec à obtenir une concession majeure sur des domaines clés de différence peut expliquer le refus controversé de Trump de répondre aux questions des médias lors de sa conférence de presse conjointe avec Xi. Comme on dit, parfois le silence en dit long. La visite paradoxale  de Trump en Chine est probablement le signe avant-coureur d’un nouvel ordre en Asie, où l’Amérique n’est plus le numéro un incontesté.

 

Richard Heydarian est un universitaire basé à Manille et auteur de Rise of Duterte: une révolte populiste contre la démocratie d’élite

 
Cet article est paru dans l’édition imprimée de South China Morning Post sous le titre: Trump est venu avec des exigences, mais a obtenu l’état d’art à son meilleu

Un peu d’humilité à l’égard de la Chine, bon sang !

Un peu d’humilité à l’égard de la Chine, bon sang !
L’affligeante nullité des commentaires de la presse française sur le 19ème congrès du parti communiste chinois (18-24 octobre) est éloquente. Qu’avons-nous appris ? Quasiment rien à vrai dire, sinon que la dictature communiste est abominable, que Xi Jin Ping a été déifié, que la Chine croule sous la corruption, que son économie est chancelante, son endettement abyssal et son taux de croissance en berne. Enfilade de lieux communs et fausses évidences à l’appui, la vision française de la Chine a brillé une fois encore par un simplisme narquois qui masque à peine une ignorance crasse. Il suffit d’avoir entendu une seule émission de Vincent Hervouët sur Europe 1 pour prendre la mesure de ce vide sidéral.
 
Il faut dire que la Chine ne fait rien pour faciliter les distinctions tranchées - dignes du lit de Procuste - et les catégories préétablies auxquelles ce petit monde médiatique voudrait la plier à tout prix. Communiste, capitaliste, un peu des deux, ou autre chose encore ? Dans les sphères médiatiques, on y perd son chinois. Inconsciemment, on le sent bien, nos commentateurs aimeraient pouvoir dire que la Chine n’est plus communiste, ce serait tellement plus simple. Convertie au libéralisme, cette nation rebelle réintégrerait le droit commun. Retour à l’ordre des choses, cette capitulation idéologique validerait la téléologie de l’homo occidentalis. Absorbant la Chine, le capitalisme mondialisé pourrait enfin déboucher le Champagne.
 
Mais voilà, c’est une romance libérale, une de plus. Le PCC n’a nullement renoncé à son rôle dirigeant dans la société, et il fournit son ossature à un Etat qui tire sa force de sa souveraineté. Hérité du maoïsme, l’Etat central conserve la maîtrise de la politique monétaire et contrôle le secteur bancaire. Doté depuis les lois de 2008 d’une fiscalité moderne, d’un code du travail et d’un système social - certes imparfaits -, il s’est fixé pour objectif numéro un l’élévation du niveau de vie de la population. Restructuré dans les années 1990, le secteur public demeure la colonne vertébrale de l’économie chinoise : avec 40% des actifs et 50% des profits générés par l’activité industrielle, il est prédominant dans la sidérurgie, l’énergie et l’électricité.
 
Aucun commentateur ne l’a fait, mais il suffit de lire la résolution finale du 19ème congrès pour mesurer l’ampleur des défis de la Chine contemporaine. Lorsque cette résolution affirme que “le Parti doit s’unir pour remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, faire triompher le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, et lutter sans relâche pour réaliser le rêve chinois du grand renouveau de la nation”, il faut peut-être prendre ces déclarations au sérieux. Avec 89 millions de membres, le PCC n’est pas en perte de vitesse.
 
Mais il lui faudra stimuler la consommation intérieure, réduire les inégalités sociales et juguler la pollution - un véritable fléau -, s’il veut conserver l’appui d’une population en voie d’urbanisation accélérée.
 
En Occident, la vision de la Chine est obscurcie par les idées reçues. On s’imagine que l’ouverture aux échanges internationaux et la privatisation de nombreuses entreprises ont sonné le glas du “socialisme à la chinoise”. Mais c’est faux. Pour les Chinois, cette ouverture est la condition du développement des forces productives, et non le prélude à un changement systémique. Les “zones d’exportation spéciale” ont dopé la croissance, mais cette insertion dans la mondialisation s’est effectuée aux conditions fixées par l’Etat. Pour Pékin, il fallait accumuler les capitaux afin de poursuivre les réformes. Elles ont permis de sortir 700 millions de personnes de la pauvreté, soit 10% de la population mondiale. Il n’est pas étonnant que le 19ème congrès ait réitéré le choix d’une économie mixte en insistant sur les défis de l’urbanisation et la nécessaire réduction des inégalités.
 
Depuis 40 ans, la Chine change à un rythme déconcertant et brouille les repères habituels. Un pays qui assure 30% de la croissance mondiale et dont on juge que sa croissance “fléchit” lorsqu’elle est à 6,5% mérite quand même le détour. On peut ironiser sur ce communisme qui fait la part belle au capitalisme, ou encore évoquer le spectre d’un capitalisme d’Etat, mais à quoi bon ? Les communistes chinois se moquent bien des catégories dans lesquelles nos appareils idéologiques désignent la réalité chinoise. Ils la connaissent mieux que nous, et ils savent que nous n’avons aucune prise sur notre propre réalité. La puissance qui est la leur et l’impuissance qui est la nôtre suffisent à nous disqualifier. Si seulement la France était un Etat souverain, peut-être aurions-nous quelque chose à dire. Mais franchement, mettez-vous à la place des Chinois. Allons, un peu d’humilité !
 

La Chine parie pour une économie plus ouverte contre le protectionnisme de Trump

La Chine parie pour une économie plus ouverte contre le protectionnisme de Trump

 

13 Novembre 2017

  

Le président de la Chine, Xi Jinping. Photo: Archive

Le président de la Chine, Xi Jinping. Photo: Archive

 

Le président chinois Xi Jinping s’est engagé samedi à ouvrir  davantage l’économie du géant asiatique et a exhorté les pays de la région à collaborer étroitement lors de son discours au Forum de coopération économique Asie-Pacifique.

 

Les commentaires reflètent l’appel du président pour soutenir un « système commercial multilatéral » et celui-ci contrastait avec les propositions émises par le président des Etats-Unis, Donald Trump, qui s’est retiré du Partenariat Trans-Pacifique (TPP) et a déclaré que  les Etats-Unis envisageait de conclure des accords commerciaux bilatéraux.

 

Le dirigeant chinois a indiqué que son gouvernement continuera de donner la priorité à l’emploi dans son pays et à veiller à ce que le développement économique du pays « soutienne la création d’emplois », selon l’agence de presse officielle Xinhua.

 

« La Chine va s’ouvrir davantage et son développement générera des bénéfices encore plus grands pour le reste du monde », a assuré M. Xi aux autres dirigeants de l’APEC.

 

Xi a rapporté que son pays a créé un total de 13 millions de nouveaux emplois dans les villes ces dernières années.

 

« La restructuration économique ne doit pas se faire au détriment de l’emploi », a déclaré le président. « Au contraire, un emploi stable permettra une plus grande liberté de réforme et de développement », a-t-il ajouté.

 

(Avec des informations d’Europa Press)

Trump poursuit en Chine sa croisade contre la Corée du Nord

Trump poursuit en Chine sa croisade contre la Corée du Nord

 

09NOV

Les présidents américain Donald Trump (g) et chinois Xi Jinping lors d’une visite de la Cité Interdite, le 8 novembre 2017 à Pékin

© AFP/Archives Jim WATSON

 

LE 8 NOVEMBRE 2017

Donald Trump a entamé mercredi en Chine l’étape potentiellement la plus délicate de sa tournée asiatique, au cours de laquelle il tente de forger un front uni contre les ambitions nucléaires de la « cruelle dictature » nord-coréenne.

 

L’avion du président américain a atterri à l’aéroport de Pékin en provenance de Séoul, donnant le coup d’envoi d’une visite de moins de 48 heures en Chine, pays dont il avait fait l’un de ses boucs émissaires avant son élection il y a tout juste un an, l’accusant d’avoir « volé » des millions d’emplois aux Etats-Unis.

 

Mais désireux d’obtenir l’aide de Pékin dans sa croisade contre la Corée du Nord, il ne tarit plus d’éloges envers son homologue chinois, qui lui faisait mercredi visiter la Cité interdite, l’ancien palais des empereurs de Chine.

 

« J’attends avec une grande impatience de rencontrer le président Xi, qui vient tout juste de remporter une grande victoire politique », avait tweeté M. Trump quelques heures avant de rejoindre Pékin, faisant allusion au nouveau mandat de cinq ans que Xi Jinping a obtenu à la tête du Parti communiste chinois (PCC) et donc du pays le plus peuplé du monde.

 

« Il passe de la pommade. C’est pour préparer le terrain et le mettre de bonne humeur parce qu’il aura des choses désagréables à lui dire », pronostique le sinologue Jean-Pierre Cabestan, de l’Université baptiste de Hong Kong.

 

Si la Chine a voté les dernières sanctions de l’ONU contre la Corée du Nord et promis de les appliquer strictement, Washington lui demande d’en faire davantage pour étrangler économiquement Pyongyang.

 

« Des échanges commerciaux se poursuivent » à la frontière sino-coréenne, a affirmé un haut responsable de l’administration américaine devant la presse.

 

« Nous allons travailler étroitement avec les Chinois pour identifier ces activités et y mettre fin », a-t-il dit dans l’avion qui amenait Donald Trump à Pékin.

 

– ‘Pas accepter’ –

 

La Chine, qui assure la quasi-totalité du commerce de la Corée du Nord, est en position cruciale pour faire pression sur le régime de Kim Jong-Un, qui a procédé début septembre à un nouvel essai nucléaire. Mais si elle s’oppose au programme nucléaire nord-coréen, elle rejette les menaces de Donald Trump et plaide pour le dialogue.

 

Avant de quitter la Corée du Sud, Donald Trump a une nouvelle fois mis en garde la Corée du Nord, tout en appelant Kim Jong-Un à sortir de son isolement.

« Ne nous sous-estimez pas, ne nous mettez pas à l’épreuve », a lancé M. Trump devant l’Assemblée nationale sud-coréenne, sous des applaudissements nourris.

 

M. Trump en a profité pour appeler « toutes les nations responsables » à unir leurs forces, citant la Chine et la Russie, appelées à rompre tous liens commerciaux et technologiques avec le régime stalinien. « Vous ne pouvez pas soutenir, vous ne pouvez pas approvisionner, vous ne pouvez pas accepter », a-t-il lancé.

 

Mais le président américain a aussi tendu la main au dirigeant nord-coréen.

 

« En dépit des crimes que vous avec commis contre Dieu et l’homme, nous voulons ouvrir une voie vers un avenir meilleur », a-t-il déclaré à l’attention du jeune leader du Nord.

 

Des propos qui ne devraient pas convaincre Pyongyang de renouer le dialogue, selon des experts sud-coréens. Qualifier Kim Jong-Un de dictateur cruel « pourrait suffire à provoquer la Corée du Nord, qui attache la plus grande importance à la dignité de ses dirigeants », relève Yang Moo-Jin, expert des questions nord-coréennes à l’Université de Séoul.

 

Son discours devant les députés sud-coréens intervenait quelques heures après une déconvenue pour Donald Trump: l’annulation d’une visite surprise sur la zone démilitarisée (DMZ). Pour cause de brouillard, l’hélicoptère présidentiel n’a pu se poser à proximité de cette zone qui sépare les deux Corées depuis la fin de la guerre en 1953.

 

– ‘Graves déséquilibres’ –

 

Les relations commerciales devraient être l’autre gros dossier de la visite du président américain en Chine, même si plusieurs gros contrats pourraient être signés à cette occasion.

 

A bord d’Air Force One, le haut responsable de l’administration Trump a évoqué « les graves déséquilibres » dans la relation économique bilatérale, « pas juste le déficit commercial mais aussi les règles inéquitables, comme les transferts de technologie imposés aux entreprises américaines ».

 

Le déficit commercial américain vis-à-vis de la Chine ne montre pas de signe de dégonflement un an après l’élection de Donald Trump.

 

Alors qu’il atterrissait à Pékin, les Douanes chinoises faisaient état d’un excédent commercial de 223 milliards de dollars avec les Etats-Unis sur les 10 premiers mois de l’année, en hausse de 8% par rapport à la même période de 2016.

 

LNT avec Afp

The National Interest : la Chine est en train de renforcer ses positions dures à l’intérieur comme à l’extérieur

The National Interest : la Chine est en train de renforcer ses positions dures à l’intérieur comme à l’extérieur

 
09 Novembre 2017
Au moment de la rencontre entre Trump et Xi Jimping, voici l’interprétation que ce site conservateur proche de l’armée donne de la politique chinoise et du discours de Xi jimping au Congrès. une synthèse très éclairante.
 
(note et traduction de Danielle Bleitrach)

Le 19ème Congrès du Parti a fourni peu de raisons jusqu’à présent de penser que Pékin va adoucir sa position, que ce soit au niveau national ou à l’étranger.

Alors que le 19e congrès du Parti communiste chinois se terminait la semaine dernière, le secrétaire général du Parti communiste Xi Jinping a renforcé  son entourage de dirigeants pour les cinq prochaines années.

 

Bien que ses politiques précises soient peu susceptibles d’être révélées avant la troisième session plénière du 19ème Congrès du Parti au début de l’année prochaine, son discours récent au Congrès fournit quelques indications probables de la direction générale de sa politique.

 

Il s’appuie sur l’État, pas sur les marchés

 

Dans son discours, qui a duré plus de trois heures, M. Xi a souligné le rôle des entreprises d’État pour aider la Chine à atteindre son objectif de devenir une «société moyennement prospère» d’ici 2021.

 

Ces entreprises seront la pièce maîtresse des efforts déployés pour développer les secteurs des finances, des télécommunications et de l’énergie en Chine. La Chine s’appuiera davantage sur les marchés comme moyen d’obtention des ressources que comme moteur de croissance.

 

Tout en indiquant que le marché devrait aider à fixer les taux d’intérêt, il a souligné que Pékin «doit développer le secteur public». À cette fin, les entreprises d’État deviendront «plus fortes, meilleures et plus grandes».

 

Cela contraste fortement avec l’ère du secrétaire général Jiang Zemin et du premier ministre Zhu Rongji, lorsque les dirigeants chinois ont cherché à réduire leur dépendance vis-à-vis des entreprises d’État et à choisir  plus complètement le marché.

 

Le discours de Xi a également mis fin à tout espoir que le développement économique chinois créerait une classe moyenne qui pourrait pousser à la réforme politique et à la libéralisation. De tels espoirs ne seront probablement pas réalisés dans les cinq prochaines années.

 

Renforcer la politique intérieure

 

Les commentaires de Xi au sujet de Hong Kong, de Taïwan et d’Internet montrent clairement qu’il n’offrira  pas beaucoup d’ouverture politique.

 

Par exemple, il a déclaré que l’objectif du rajeunissement national serait un «vœu pieux» s’il n’était pas dirigé par le Parti communiste chinois.

 

Plutôt que de suivre la voie des autres nations, M. Xi a déclaré que la Chine devrait poursuivre sa propre approche politique, d’autant plus qu’ « aucun système politique ne devrait être considéré comme un choix optimal ».

 

A cette fin, Internet sera soumis à des contrôles plus stricts, afin de limiter les dommages causés par des «points de vue erronés». Les «patriotes» doivent jouer le rôle principal dans la direction de Hong Kong et de Macao.

 

Ses commentaires sur Taiwan ont été accueillis avec de forts applaudissements:

 

Nous défendrons résolument la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale et ne tolérerons jamais la répétition de la tragédie historique d’un pays divisé. Toutes les activités de division de la patrie seront résolument combattues par tout le peuple chinois. Nous avons une volonté ferme, une confiance totale et une capacité suffisante pour vaincre toute forme de complot de sécession de l’indépendance de Taiwan. Nous n’autoriserons jamais une personne, une organisation ou un parti politique à diviser une partie du territoire chinois de la Chine à tout moment ou sous quelque forme que ce soit.

 

Ces commentaires laissent  peu de chances  à l’hypothèse d’un plus grand respect des droits de l’homme, de la transparence ou d’un libre échange d’idées. Ils suggèrent également un durcissement probable des politiques envers Taïwan.

 

Pékin a déjà suspendu toute communication et tout dialogue officiels avec Taipei. Les commentaires de Xi suggèrent que non seulement il est peu susceptible de changer sa position, mais qu’il pourrait bien augmenter la pression dans sa deuxième mandature.

 

Soutenir la modernisation militaire

 

Afin de maintenir cette pression et de défendre les revendications territoriales toujours plus vastes de la Chine dans le Pacifique occidental, M. Xi a également précisé que l’effort de modernisation militaire en cours ne ralentirait pas.

 

Il a considéré que  l’Armée populaire de Libération devait pouvoir non seulement combattre les guerres futures, mais aussi les gagner. Cela exigerait que l’armée soit capable de s’engager non seulement dans des opérations conventionnelles terrestres, maritimes et aériennes, mais aussi dans de nouveaux théâtres, tels que l’espace extra-atmosphérique et l’information / le cyberespace.

 

Il a également précisé que la Chine ne renoncerait pas à ses revendications territoriales, comme dans la mer de Chine méridionale. Il a déclaré catégoriquement: «La Chine ne progressera jamais au détriment des intérêts des autres nations, mais nous n’abandonnerons jamais nos droits légitimes.

 

Il a dit que la Chine ne cèdera pas sur les questions qui « nuisent à notre souveraineté, à notre sécurité et à nos intérêts de développement », ce qui correspond au concept des « intérêts fondamentaux » de Pékin.

 

À cette fin, il a réaffirmé l’engagement de la Chine à maintenir ses avant-postes et ses îles artificielles dans la mer de Chine méridionale et le développement soutenu de la marine chinoise pour défendre ses intérêts maritimes.

 

Couplé à l’élévation de personnalités telles que Wang Huning, l’idéologue du Parti communiste chinois, au Comité permanent du Politburo, le 19e Congrès du Parti a fourni peu de raisons jusqu’à présent de penser que Pékin va adoucir sa position, au plan interne ou en matière de politique étrangère.

 

Cet article a paru à l’ origine sur The Daily Signal.

Image: Reuters


Commentaire de Bernard Trannoy

En fait ce que reproche "The National Interest" à la Chine c'est qu'elle ne fasse pas comme l'U.E se coucher. La Chine constate et prone la multipolarité du monde face à des USA qui se refusent à sortir de leur domination unipolaire du monde.

Présence chinoise dans les hydrocarbures en Asie centrale : réalité et perspectives

Présence chinoise dans les hydrocarbures en Asie centrale : réalité et perspectives

 

09 Novembre 2017

 

Le champ de pétrole et de gaz de Tarim, situé à Korla, dans la région ouighoure.
 
08 novembre 2017

Présence chinoise dans les hydrocarbures en Asie centrale : réalité et perspectives

 
Au tournant des années 2000, la Chine a commencé à considérer l’Asie centrale pour lui fournir des hydrocarbures. Avec des investissements conséquents dans les cinq pays de la zone, Pékin a cherché à sécuriser ses approvisionnements, tout en jouant un jeu politique.Novastan vous propose un tour d’horizon, sur la base d’un article écrit par Vladimir Paramanov et Alekseï Strokov, coresponsables du projet d’analyse « Eurasie centrale », et publié par le Central Asian Analytical Network.
 
La présence chinoise dans le domaine des hydrocarbures des États d’Asie centrale est aussi équivoque qu’ambiguë. Certes, l’infiltration de la Chine dans ce domaine est un succès considérable. Mais ce processus n’implique toutefois pas des relations d’égal à égal, mutuellement avantageuses, pour les pays impliqués, pas plus qu’elle ne permet le complexe développement économique des États d’Asie centrale.
 
L’intérêt de la République populaire de Chine pour le domaine des hydrocarbures des pays d’Asie centrale est né vers le milieu des années 1990. L’attention de Pékin était alors portée sur le Kazakhstan et sur les possibilités de transport du pétrole kazakh vers la Chine. L’importance de la région n’a depuis lors cessé d’augmenter aux yeux du secteur énergétique chinois et de la politique économique dans son ensemble, éveillant les intérêts politiques.
 
Lire aussi sur Novastan : La Chine, leader régional ?
 
Si les projets des entreprises chinoises pour les hydrocarbures ne concernaient au début que le voisin kazakh, le début du XXIe siècle a vu l’intérêt de la Chine s’étendre progressivement à d’autres États d’Asie centrale. Aujourd’hui, l’attention de Pékin s’est cristallisée sur les hydrocarbures du Kazakhstan et du Turkménistan, de sorte que la présence chinoise dans ce secteur en Ouzbékistan, au Kirghizstan et au Tadjikistan n’est pas tant liée à ses besoins énergétiques qu’à la promotion d’autres intérêts, économiques ou politiques, dans ces pays et dans la région en général. Tour d’horizon
 

Le Kazakhstan, premier partenaire centrasiatique

 
À partir du moment de l’établissement des liens diplomatiques, le 3 janvier 1992, la République du Kazakhstan était perçue par Pékin comme un intérêt économique et, surtout, énergétique majeur en Asie centrale. Cette conception s’est pleinement révélée après l’an 2000, lorsque la Chine s’est mise à acheter massivement des actifs dans le domaine des hydrocarbures kazakhes ainsi que dans d’autres branches du secteur énergétique, principalement dans le domaine de l’énergie atomique. Dès lors, les entreprises chinoises ont sans cesse augmenté leurs crédits, finançant certains projets à des conditions avantageuses.
 
Tout ceci s’est traduit par une présence commerciale chinoise considérablement accrue sur le marché kazakh. De 2001 à 2008, la livraison de biens depuis la Chine a augmenté de 11,3 fois, passant de 0,74 à près de 8,4 milliards de dollars, tandis que le volume total des échanges commerciaux est passé de 1,25 à environ 16 milliards de dollars. En 2009, le volume des échanges entre la Chine et le Kazakhstan a certes diminué (de 15,5 %, soit 13,5 milliards de dollars) en raison de l’influence négative de la crise financière mondiale, mais il est reparti à la hausse au cours des années suivantes.
 
Relations commerciales Chine Kazakhstan 1992 2014
 
Données pour la période 1992-2001 de la Banque de Développement asiatique, d’après les organes nationaux de statistiques du Kazakhstan ; données pour la période 2002-2014 de l’Economist Intelligence Unit, d’après les organes nationaux de statistiques du Kazakhstan.
 

Central Asian Analytical Network

 

Le pétrole kazakh fait saliver Pékin

Le volume total des ressources financières allouées par la Chine au renforcement de sa position dans le domaine des hydrocarbures kazakh était évalué début 2015 à hauteur de 43 à 45 milliards de dollars, comprenant de 22 à 24 milliards de dollars d’investissements, de près de 16 milliards de dollars d’actifs acquis et de 5 milliards de dollars de crédits.

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La politique chinoise dans les hydrocarbures de la République du Kazakhstan témoigne de son intérêt pour l’exploitation des gisements pétroliers, l’intensification des volumes d’extraction et de transport du pétrole kazakh vers la Chine et le renforcement de la position des entreprises chinoises sur le marché kazakh des produits pétroliers.

Dans une première phase à partir de la fin des années 1990, les entreprises chinoises ont lentement mais sûrement entamé une politique expansionniste dans le domaine des hydrocarbures du Kazakhstan via l’acquisition assez massive d’actifs étrangers et en partie kazakhs. En outre, la ligne de conduite de Pékin dans ce domaine a été et reste axée sur la forte augmentation des volumes d’extraction du pétrole (avec pour objectif son exportation vers la Chine).

Les entreprises chinoises contrôlent un quart du pétrole extrait au Kazakhstan

Dans ce contexte, l’extraction de gaz ne revêt qu’une importance secondaire pour les entreprises chinoises. En effet, la Chine s’intéresse davantage au transit du gaz depuis le Turkménistan qu’à son extraction directe au Kazakhstan. Compte tenu de l’intérêt aigu de la République populaire pour l’augmentation des importations en pétrole kazakh et pour le transit du gaz turkmène via le Kazakhstan, on comprend que la construction intensive d’un réseau d’oléoducs depuis le Kazakhstan vers la Chine a été et constitue encore une priorité absolue pour Pékin.

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Ekibastouz Kazakhstan Rue Neige Vide Vélo Lumière

Une rue d’Ekibastouz vide, de nuit.

Tengrinews

 

A l’heure actuelle, les entreprises chinoises contrôlent près du quart du pétrole extrait au Kazakhstan et le cinquième du marché kazakh des produits pétroliers. Elles occupent également une position assez solide tant dans le secteur des hydrocarbures kazakhes que dans la construction et l’exploitation de ces hydrocarbures. Toutefois, vu la situation actuelle, on ne sait si la Chine a la possibilité d’augmenter davantage encore le volume d’extraction de pétrole kazakh. En effet, les gisements pétroliers affleurants à la surface placés sous contrôle chinois diminuent ou sont à leur niveau maximal d’extraction, de sorte que les compagnies chinoises se heurtent à un problème de saturation des réseaux d’oléoducs existant et en construction.

 

L’objectif d’un accès au « Big Oil » / « Big Gas »

A court et moyen termes, il semble très peu probable que le caractère et l’envergure de la présence chinoise dans le secteur des hydrocarbures kazakhes ne changent de manière significative. À quelques exceptions près peut-être, l’intensification du processus d’implantation des entreprises commerciales chinoises sur le marché des hydrocarbures kazakh va se poursuivre. D’autant plus que le Kazakhstan crée lui-même les conditions propices à cet effet en favorisant l’importation d’hydrocarbures depuis la République populaire à la construction de nouvelles raffineries sur son sol.

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À long terme, si les entreprises chinoises parviennent à accéder au « Big Oil »/ »Big Gas » et à prendre activement part dans ces projets, la présence chinoise dans le secteur des hydrocarbures kazakh va s’amplifier, en même temps que l’importance du Kazakhstan dans les intérêts énergétiques et stratégiques de la Chine. Les gisements côtiers concernés par le projet pharaonique au nord de la mer Caspienne sont particulièrement visés pour accéder à ce graal industriel.

Route de la soie Asie centrale Camion Montagne

Les Nouvelles Routes de la Soie peuvent apporter beaucoup aux centrasiatiques.
lensnmatter
 

L’ombre des Nouvelles routes de la Soie

Toutefois, même dans cette hypothèse, il est très douteux que les caractéristiques actuelles de la présence chinoise dans le secteur des hydrocarbures kazakhes se trouvent modifiées. Les entreprises chinoises vont procéder en priorité aux exportations de ressources kazakhes. Dans le même temps, il est peu probable que les entreprises chinoises présentes au Kazakhstan fassent du traitement des hydrocarbures leur activité principale. Les Chinois vont sans aucun doute augmenter leurs capacités en matière de raffinage du gaz naturel et de production de gaz naturel liquéfié (GNL).

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Si les entreprises chinoises échouent à accéder au « Big Oil »/« Big Gas », il semble que l’importance du Kazakhstan dans l’intérêt, notamment énergétique, de la Chine va nettement diminuer, de même que la part de pétrole kazakh subvenant à la consommation chinoise, aujourd’hui d’à peine 2 à 3 % de la demande chinoise. Néanmoins, Pékin va dans tous les cas poursuivre ses activités dans le secteur des hydrocarbures kazakhes. Si la Chine ne parvient pas à accéder au « Big Oil »/« Big Gas », sa présence au Kazakhstan n’ambitionnera plus l’emprise sur les hydrocarbures, mais s’orientera vers des considérations stratégiques, notamment son projet de Nouvelles routes de la Soie, déjà bien entamé.

Au Kirghizstan, la Chine avance à petits pas

Jusqu’en 2008, la Chine ne portait aucune attention au secteur des hydrocarbures kirghizes, bien que des relations diplomatiques entre les deux pays existent depuis le 5 janvier 1992 et que des liens économiques, principalement commerciaux, se sont développés dès la chute de l’URSS. Ce désintérêt a pour conséquences une absence effective de ressources en pétrole et en gaz, une économie nationale peu développée, des contextes socio-économique et de politique intérieure instables ainsi qu’une peur permanente de Bichkek de l’expansion de l’ogre chinois.

Vu l’attractivité extrêmement faible de l’économie du Kirghizstan, en ce compris son secteur des hydrocarbures, Pékin n’a pas accordé la moindre attention au cours des années 1990 et du début de la décennie suivante au développement des relations économiques avec cet État d’Asie centrale, limitant les échanges commerciaux tant dans leur quantité que dans leur diversité.

Une arrivée discrète à partir de 2004

Mais à partir de la moitié des années 2000, la Chine a commencé à considérer son voisin occidental comme une base d’opérations potentielle pour son expansion commerciale dans la région et dans l’espace postsoviétique en général. Ce changement se reflète dans la dynamique commerciale entre les deux pays : si les échanges étaient inexistants avant 2004, leur volume n’a cessé d’augmenter par la suite.

Ainsi, si les exportations chinoises vers le Kirghizstan stagnaient entre 1992 et 2004 à 26/100 millions de dollars par an, et 30/125 millions de dollars pour l’ensemble des échanges commerciaux, leur volume a explosé dès 2008, atteignant environ 1,2 milliard de dollars pour un ensemble des échanges d’1,4 milliard de dollars.

Le pétrole kirghiz en ligne de mire

En 2009, ces mêmes échanges commerciaux ont accusé le coup de la crise financière sur les marchés internationaux, diminuant presque de moitié par rapport à l’année précédente (de 1,4 à 0,8 milliard de dollars). Mais ils sont repartis à la hausse les cinq années suivantes, et ont atteint en 2014 près du double de leur valeur de 2009, passant de 0,8 à 1,6 milliard de dollars.

Relations commerciales Chine Kirghizstan 1992 2014

Sources : Données pour la période 1992-2001 de la Banque de développement asiatique, d’après les organes nationaux de statistiques du Kirghizstan ; données pour la période 2002-2013 de l’Economist Intelligence Unit, d’après les organes nationaux de statistiques du Kirghizstan.
 

L’implantation directe chinoise dans le secteur des hydrocarbures du Kirghizstan ne s’est intensifiée qu’en 2008, lorsque l’entreprise chinoise Zhungneng Co. Ltd. s’est mise à prospecter la province de Batken, dans le sud-ouest du pays, en quête de pétrole. Presque simultanément, en 2009, une autre entreprise chinoise, China Petrol Company Zhongda, a entamé la construction d’une raffinerie à Kara-Balta, à l’ouest de la capitale Bichkek. Par la suite, en 2013, l’intérêt de Pékin pour le secteur s’est encore accru après avoir décidé la construction d’un quatrième segment du gazoduc reliant le Turkménistan et la Chine via le Tadjikistan et le Kirghizstan.

Lire aussi sur Novastan : Quelles compagnies pétrolières sont implantées au Kirghizstan ?

Début 2015, le volume des ressources financières chinoises (principalement des investissements) dans le secteur des hydrocarbures kirghize était évalué à 390 millions de dollars.

Un objectif d’influence politique

L’implantation chinoise dans le secteur des hydrocarbures du Kirghizstan s’inscrit dans un processus politique de « soft expansion » bien plus ambitieux, dont l’objectif est le renforcement économique et politique de la Chine dans l’ensemble de l’Asie centrale.

Investissements chinois Kirghizstan

La Chine est le premier investisseur étranger au Kirghizstan

Le secteur des hydrocarbures kirghizes en lui-même n’a jamais été l’objet d’une attention particulière de Pékin. Le Kirghizstan ne dispose de pratiquement aucune réserve en pétrole et en gaz, et le marché intérieur offre très peu de perspectives, vu la faible démographie du pays. Jusqu’en 2008, l’intérêt chinois pour ce secteur était nul. Par la suite, il n’a que très faiblement augmenté, si bien qu’en 2013, lorsque l’on a constaté un indéniable sursaut, celui-ci est demeuré non pas lié aux hydrocarbures en elles-mêmes, mais à d’autres enjeux largement plus importants.

 

Un intermédiaire plus qu’un producteur

Cependant, le projet chinois de construction du gazoduc « D » donne une chance à Pékin de non seulement prendre le contrôle de tout le segment gazier du secteur, mais aussi de solidement renforcer son influence au Kirghizstan en général. D’un côté, la Chine se veut un soutien du régime en place, cherchant à s’assurer sa loyauté. D’un autre côté, elle souhaite s’investir en masse dans les projets d’activités locaux, qui vont lui permettre de garder ce voisin comme un terrain d’opérations pour son expansion commerciale dans l’espace postsoviétique.

A l’avenir, notamment à long terme, il est clair que la Chine ne va pas extraire de manière industrielle des hydrocarbures du Kirghizstan ni, de surcroît, les importer depuis ce pays. Le plus probable est que l’intérêt chinois pour le secteur des hydrocarbures kirghizes se cristallise sur le segment du transport gazier et la construction et l’exploitation du quatrième segment du gazoduc reliant le Turkménistan et la Chine. Le marché des produits pétroliers peut aussi être un sujet d’attention si la question des envois réguliers de pétrole kazakh et/ou russe vers la raffinerie de Kara-Balta est résolue.

En mettant en exploitation le segment « D », la Chine prépare le terrain à la participation de ses entreprises aux projets hydroélectriques d’envergure au Kirghizstan. En raison de l’approvisionnement continu en gaz l’hiver, il sera plus avantageux et technologiquement plus pratique pour le Kirghizstan ainsi que pour le Tadjikistan d’utiliser massivement leurs réserves d’eau l’été au moyen de l’hydroélectricité produite dans les centrales thermiques pour les mettre à disposition d’États comme l’Ouzbékistan ou le Kazakhstan, principaux utilisateurs des ressources en eau du Syr-Daria.

Le Tadjikistan, petit poucet de l’investissement chinois

Bien que les relations diplomatiques liant la Chine à la République du Tadjikistan aient été établies presque sitôt après la chute de l’URSS, le 4 janvier 1992, le secteur des hydrocarbures tadjikes, pas plus que l’économie du pays en général, n’ont éveillé les intérêts chinois, comme pour le voisin kirghiz. Jusqu’à la moitié des années 2000, les liens économiques entre les deux pays se résumaient à de maigres envois de biens chinois de consommation courante, de sorte que les exportations de la Chine vers le Tadjikistan pesaient environ 15 millions de dollars annuels pour la période 1992 à 2003 et que les importations chinoises depuis ce pays étaient nulles.

La faiblesse des relations économiques entre la Chine et le Tadjikistan durant les années 1990 et au début des années 2000 était en grande partie due à la guerre civile (1992-1997) qui a ravagé l’État le plus pauvre d’Asie centrale, puis au long et difficile processus d’établissement de la paix. En outre, le manque de transports entre les deux pays, véritable obstacle au développement des relations économiques, a joué un rôle important.

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Bien qu’une frontière commune de plus de 500 kilomètres sépare les deux États, elle a longtemps été inaccessible pour le développement des infrastructures nécessaires au commerce dans cette région de haute altitude, totalement absentes jusqu’en 2004. Par conséquent, l’acheminement des marchandises chinoises vers le Tadjikistan s’effectuait uniquement via les pays voisins : le Kazakhstan, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan.

Une seule route relie la Chine et le Tadjikistan

L’ouverture, fin 2004, de la liaison routière directe entre le Tadjikistan et la Chine via le col Kulma, ainsi que les initiatives de financement par crédits de Pékin dans l’économie tadjike ont marqué le début de l’implantation chinoise au Tadjikistan. Les crédits provenaient et proviennent encore principalement de financement de projets par des compagnies chinoises. Bien que cette politique de financement sur le territoire tadjik menée par Pékin ne vise pas directement le secteur des hydrocarbures, elle n’en utilise pas moins la dynamique de croissance des échanges entre les deux pays.

Xi Jinping Emomalii Rahmon Chine Tadjikistan Rencontre BRICS

Emomalii Rahmon et Xi Jinping ont affiché leur amitié officiellement.

Prezident.tj

De 2004 à 2008, le volume des exportations chinoises vers le Tadjikistan n’a cessé de croître, pour atteindre en 2008 646 millions de dollars, pour un volume d’échanges total de 755 millions de dollars. L’année 2009 a vu une diminution de près de 40 % du chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente, passant de 755 à 446 millions de dollars, causée par l’influence de la crise financière mondiale.

Des échanges commerciaux très limités

La tendance à la hausse a toutefois repris au cours des années suivantes, de sorte qu’entre 2009 et 2011, les échanges commerciaux ont augmenté de 1,3 fois, passant de 446 à 575 millions de dollars. La période 2011-2012 fut marquée par une certaine stagnation, voire une légère recrudescence, des échanges, passant de 575 à 552 millions de dollars. Mais le commerce entre les deux pays a été multiplié par 1,5 entre 2012 et 2014, atteignant les 845 millions de dollars.

Relations commerciales Chine Tadjikistan 1992 2014

Sources : Données pour la période 1992-2001 de la Banque de développement asiatique, d’après les organes nationaux de statistiques du Tadjikistan ; données pour la période 2002-2013 de l’Economist Intelligence Unit, d’après les organes nationaux de statistiques du Tadjikistan.
 

Le mois de juin 2013 marque le début de l’activité chinoise dans le secteur des hydrocarbures tadjik, lorsque la China National Petroleum Corporation, amortissant les dettes de la Tethys Petroleum Ltd., se joint à l’exploration géologique des gisements pétrolifères dans le district de Bokhtar. Presque simultanément, en septembre de la même année, les deux pays profitent d’une visite du président chinois Xi Jinping à Douchanbé, la capitale tadjike, pour conclure un accord concernant le passage sur le territoire du Tadjikistan du quatrième segment du gazoduc reliant le Turkménistan à la Chine. Peu après, en avril 2014, un accord gouvernemental sur la construction d’une raffinerie dans la zone économique spéciale de Dangara est signé.

L’influence avant la production

Début 2015, le volume des ressources financières chinoises dans le secteur des hydrocarbures tadjik représentait 80 à 130 millions de dollars, comprenant 50 à 100 millions de dollars d’investissements et 30 millions de dollars d’actifs acquis.

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Malgré une présence chinoise tardive dans le secteur des hydrocarbures tadjikes, intervenue 21 ans après la déclaration d’indépendance du Tadjikistan, la Chine a toutes les chances de se retrouver en position de force par rapport à son voisin, déjà à court terme.

Xi Jinping Emomalii Rahmon Chine Tadjikistan Rencontre BRICS

Le président chinois Xi Jinping (à gauche) a accueilli son homologue tadjik Emomalii Rahmon avant l’ouverture officielle du sommet du BRICS.

Il est clair que les principaux intérêts politiques de Pékin sont la formation d’une solide influence prochinoise parmi les élites tadjikes au pouvoir, la lutte contre une entrée du Tadjikistan dans une potentielle alliance antichinoise et la prévention d’une arrivée au pouvoir dans le pays d’islamistes radicaux.

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Par ailleurs, les principaux intérêts économiques de la Chine résident dans l’approvisionnement de ses entreprises en matières premières minérales tadjikes, et tout particulièrement ses riches réserves en minerai polymétallique constituées sous l’ère soviétique.

Objectif pour Pékin : contrôler Douchanbé

En résumé, outre la faible importance actuelle des intérêts chinois pour les hydrocarbures tadjikes en tant que tel, ce secteur joue un rôle toujours plus important pour la politique chinoise au Tadjikistan. Même dans l’hypothèse où à l’avenir la Chine ne s’implique pas dans l’extraction de gaz et de pétrole tadjiks, le contrôle des approvisionnements en gaz dans ce pays et du marché des hydrocarbures demeure néanmoins pour Pékin un puissant moyen de pression sur Douchanbé.

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Il est fort probable que la Chine va à l’avenir renforcer sa position dans les branches du transport gazier et du traitement du secteur des hydrocarbures tadjik, ainsi que dans le marché des produits pétroliers. Il n’en demeure pas moins que les perspectives de renforcement de cette position sont vagues.

En dehors de la possibilité de contrôle industriel de la région pétrolifère de Bakhtar (si du moins les prévisions se confirment), les importantes difficultés technologiques et les hautes dépenses liées à l’activité de production rendent l’extraction d’hydrocarbures non rentable, a fortiori dans la conjoncture défavorable.

La Chine comme solution aux problèmes énergétiques tadjiks ?

Par conséquent, il est plus que probable que l’activité chinoise dans le secteur des hydrocarbures tadjik se cristallise sur la construction et l’exploitation du segment « D » du gazoduc « Turkménistan – Chine » ainsi que sur la production de produits pétrolifères (principalement à partir de pétrole importé) et leur écoulement sur le marché local. Cette mise en exploitation va favoriser, sous l’égide de la Chine, les conditions de résolution des problèmes hydroélectriques régionaux et préparer le terrain à une participation active des entreprises chinoises dans les grands projets hydroélectriques du Tadjikistan.

Statue Tadjikistan Douchanbé Ismoil Somoni Place

L’Asie centrale reste depuis la fin de l’URSS sous l’influence de celle-ci. Ici une statue représentant Ismoil Somoni à Douchanbé, Tadjikistan.

Ainsi, si l’approvisionnement en gaz est constant en hiver, le Tadjikistan pourra compter sur des conditions financières et technologiques plus favorables au moment d’aborder, l’été venu, une phase de rejet massif des eaux qui permettra une productivité maximale de ses centrales hydroélectriques. Ce qui risque par ailleurs de faire les affaires de l’Ouzbékistan et du Turkménistan, qui consomment la majeure partie de l’énergie produite au Tadjikistan grâce aux eaux de l’Amou-Daria. Un accord entre Douchanbé, Tachkent et Achgabat visant à mettre en place un régime d’exploitation mutuellement avantageux du barrage de Rogun est possible. Cet accord pourrait favoriser la construction de projets tels que cette centrale ou d’autres projets hydroélectriques au Tadjikistan, auxquels prendraient bien entendu part des entreprises chinoises.

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Il convient dès lors de ne pas minimiser le tremplin que constituerait le secteur des hydrocarbures tadjik pour le renforcement rapide et de grande envergure de la position chinoise dans le secteur hydroélectrique au Tadjikistan. Pékin recevra par conséquent une chance de dominer le domaine de l’énergie tadjike.

Le Turkménistan, un enjeu gazier majeur pour Pékin

Comme pour le Tadjikistan et le Kirghizstan, jusqu’au milieu des années 2000, les entreprises chinoises n’ont accordé aucun intérêt au Turkménistan, notamment à son secteur des hydrocarbures, bien que les relations diplomatiques entre les deux pays aient été établies presque sitôt après la chute de l’URSS, le 6 janvier 1992. Ce désintérêt était en grande partie dû à l’éloignement géographique entre les deux États ainsi qu’au manque de développement des infrastructures de transport reliant le Turkménistan à la Chine.

Principale répercussion, les relations commerciales bilatérales entre les deux pays étaient extrêmement faibles, au point de revêtir jusqu’après 2006 une importance secondaire, même pour une économie aussi modeste que celle du Turkménistan. Ainsi, le volume des échanges bilatéraux pour la période 1992 à 2006 ne dépassait pas les 125 millions de dollars, soit environ 1,8 % des échanges globaux du pays.

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L’éveil de l’activité politique et économique chinoise au Turkménistan ne s’est produit qu’après 2005, lorsque la Chine a clairement manifesté son intérêt stratégique pour les ressources en pétrole de l’Etat le plus fermé d’Asie centrale. Il est à noter que le sursaut d’intérêt de Pékin pour le contrôle des transports en gaz turkmène a coïncidé avec l’envie d’Achgabat de diversifier ses relations économiques extérieures, notamment au moyen de son secteur des hydrocarbures.

Feu rouge Achgabat Turkménistan

Une avenue centrale d’Achgabat, la capitale turkmène.

Le dernier pays visé par les investissements chinois
 

La Chine s’est alors activement appliquée à transposer sur place son mécanisme financier, rodé au préalable dans les autres pays d’Asie centrale et comprenant l’offre de crédits préférentiels destinés à développer toute une série de projets économiques locaux. Ces crédits, sauf exception, ont été accordés par des entreprises chinoises. Pékin a par ailleurs procédé à la fourniture de matériel permettant de réaliser ces projets. En échange, Achgabat s’est engagée à ouvrir toujours plus largement son secteur des hydrocarbures à la Chine.

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Cette ouverture a eu pour effet une intensification drastique du commerce bilatéral. Déjà en 2007, les échanges entre les deux pays avaient augmenté de 3 fois par rapport à l’année précédente, passant de 125 à 377 millions de dollars. En 2008, le commerce a encore enregistré une hausse de 76 %, atteignant 663 millions de dollars. La hausse s’est prolongée en 2009, le volume des échanges augmentant de 2,5 fois par rapport à l’année précédente et atteignant 1,6 milliard de dollars. La période 2010-2014 a encore prolongé cette tendance en triplant le volume des échanges, qui plafonnait à près de 4,9 milliards de dollars en 2014.

Relations commerciales Chine Turkménistan 1992 2014

Sources : Données pour la période 1992-2001 de la Banque de développement asiatique, d’après les organes nationaux de statistiques du Turkménistan ; données pour la période 2002-2012 de l’Economist Intelligence Unit, d’après les organes nationaux de statistiques du Turkménistan.

Central Asian Analytical Network

 

Un prix du gaz turkmène dérisoire

L’activité des entreprises chinoises dans le secteur des hydrocarbures turkmènes se concentre principalement sur le segment gazier. Ainsi, à partir de 2007, la China National Petroleum Corporation y a lancé toute une série de projets visant à s’approprier les gisements gaziers et à construire des usines de traitement du gaz et l’énorme gazoduc Turkménistan-Chine, destiné à acheminer durablement des quantités gigantesques de gaz turkmène vers la Chine.

De 2007 à 2014, Pékin a investi d’importants moyens dans le secteur des hydrocarbures turkmène, dont le volume total atteignait début 2015 13 à 15 milliards de dollars, soit près de 9 milliards de dollars de crédits et 4 à 6 milliards de dollars d’investissements.

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En retour, le Turkménistan se retrouve dans une situation délicate. En 2016, le prix payé par les Chinois pour son gaz est largement en dessous de la concurrence mondiale : 185 dollars pour 1000 mètres cubes, contre 228 dollars en moyenne pour l’ensemble des exportateurs. De quoi handicaper le Turkménistan, dont le gaz est la principale, si ce n’est la seule, richesse.

Pékin contrôle un quart du gaz turkmène

Toutefois, malgré la forte présence chinoise dans le secteur des hydrocarbures turkmène, celle-ci se concentre essentiellement sur le segment gazier : appropriation des gisements gaziers, extraction de gaz, construction d’usines de traitement du gaz et d’un réseau de gazoducs à destination de la Chine. Cette présence demeure néanmoins inégale, pour des raisons objectives et subjectives.

Le Turkménistan est un géant gazier fragile.

Pékin contrôle plus du quart de la production turkmène en gaz et occupe une position dominante par rapport aux autres acteurs extérieurs, entreprises comme États. Cette domination s’exerce dans l’extraction de ce gaz, son traitement (raffinage et déshydratation, passant d’un gaz brut à un produit commercialisable) et dans la construction et l’exploitation de gazoducs. Les ressources financières chinoises dépassent largement l’ensemble des ressources financières des autres États et entreprises étrangères investies dans les hydrocarbures turkmènes.
 

Une implantation chinoise particulièrement réussie

En comparaison, la politique chinoise d’implantation au Turkménistan, menée au moyen de larges crédits octroyés à la fourniture de gaz et d’une participation active aux projets d’extraction, de traitement primaire et de transport du gaz, est particulièrement réussie. En outre, cette présence chinoise va encore s’intensifier, car Pékin souhaite s’approprier de nouveaux gisements de gaz dans les provinces occidentales et sud-occidentales du Turkménistan, ce qu’Achgabat voit d’un bon œil par rapport à ses propres plans d’extraction, de traitement primaire et d’exportation de son gaz.

Il n’en demeure pas moins qu’au milieu de ce fourmillement d’activité, l’intérêt chinois pour le pétrole local est extrêmement faible en ce qui concerne son raffinage, voire inexistant quant à son extraction et son transport. La raison principale de ce désintérêt est que le Turkménistan ne possède pas de réserves conséquentes en pétrole ni de possibilité réelle d’exporter celles-ci.

Vers une augmentation des échanges

D’ici 3 à 10 ans, le caractère de la présence chinoise dans le secteur des hydrocarbures turkmènes ne devrait pas, selon toute vraisemblance, être modifié, mais poursuivre sa croissance. Dès 2021 et à moyen terme, le Turkménistan pourra livrer annuellement et durablement 65 milliards de mètres cubes de gaz à Pékin, atteignant le maximum du rendement des gazoducs reliant les deux États.

À long terme, il est difficile de prévoir la nature et l’ampleur de la présence chinoise dans ce secteur. L’intérêt de Pékin pour des volumes précis de gaz turkmène va en effet jouer un rôle prépondérant. En théorie, une fois le quatrième segment de gazoducs Turkménistan-Chine construit et mis en exploitation, la capacité annuelle de fourniture devrait augmenter de 30 milliards de mètres cubes, passant à 95 milliards de mètres cubes. Toutefois, en pratique, les volumes réels peuvent largement varier, dans un sens comme dans l’autre.

L’Ouzbékistan entre deux eaux

Bien que la République d’Ouzbékistan ait été le premier État d’Asie centrale à nouer des relations diplomatiques avec la Chine, le 2 janvier 1992, Pékin n’est pas arrivé à s’installer économiquement dans ce pays et dans son secteur des hydrocarbures jusqu’au début des années 2000, et ce pour toute une série de raisons. La première est que ni la Chine, ni l’Ouzbékistan n’ont montré à cette époque le moindre intérêt à intensifier leurs relations gouvernementales, l’un comme l’autre se considérant comme d’ordre secondaire dans leurs priorités de politique extérieure.

Après 2002, les liens économiques entre les deux pays se limitaient à un commerce basique, dans des quantités extrêmement faibles. La tendance à la hausse de la présence économique chinoise dans le secteur des hydrocarbures ouzbek ne s’est manifestée qu’après 2003, lorsque la politique économique de Pékin s’est fixée sur l’Asie centrale.

Gaz et pétrole à Boukhara

Entrée de la compagnie d’exploitation du pétrole et du gaz à Boukhara en Ouzbékistan

Une forte augmentation des échanges avec la Chine

 

Ainsi, si le volume des exportations chinoises vers l’Ouzbékistan n’a pas dépassé les 114 millions de dollars annuels pour toute la période 1992-2002, avec des échanges bilatéraux plafonnant à 136 millions de dollars par an, ce volume est passé, au cours de la période 2002-2007, de 114 à 867 millions de dollars pour les exportations chinoises vers le partenaire ouzbek et de 136 millions à 1,6 milliard de dollars pour l’ensemble des échanges commerciaux bilatéraux.

En 2008, ce volume a quelque peu baissé, mais la hausse a repris de manière spectaculaire dès 2009 pour atteindre près de 4,2 milliards de dollars en 2014.

Relations commerciales Chine Ouzbékistan 1992 2014

Sources : Données pour la période 1992-2001 de la Banque de développement asiatique, d’après les organes nationaux de statistiques de l’Ouzbékistan ; données pour la période 2002-2013 de l’Economist Intelligence Unit, d’après les organes nationaux de statistiques de l’Ouzbékistan.

Central Asian Analytical Network

Simultanément à cette hausse du commerce bilatéral, on a assisté à une recrudescence des investissements chinois pour des projets en Ouzbékistan. La présence des entreprises chinoises dans le secteur des hydrocarbures ouzbèkes est principalement liée aux intérêts politiques de Pékin.

Pékin tente d’influencer Tachkent

D’une part, l’Ouzbékistan revêt une importance stratégique pour le transit du gaz turkmène, dont les livraisons représentent à court terme un enjeu énergétique essentiel pour la Chine. D’autre part, Pékin s’évertue à renforcer ses positions politique et économique en Ouzbékistan afin d’y obtenir une influence dans le développement de l’Etat le plus peuplé d’Asie centrale, l’objectif premier étant d’empêcher l’intégration du pays dans une alliance antichinoise.

L’intérêt croissant de Pékin à s’ancrer dans le secteur des hydrocarbures ouzbèkes a débuté en 2004, quand la China National Petroleum Corporation et l’entreprise nationale ouzbèke Uzbekneftegaz ont signé un accord-cadre sur le développement de leur coopération.

Peu après, de 2005 à 2007, ces deux acteurs économiques ont signé une série d’accords sur la réalisation de projets particuliers, notamment l’exploration géologique, avec future appropriation, des gisements d’hydrocarbures dans la vallée de Ferghana dans l’est du pays, mais aussi à l’ouest dans la région de BoukharaKhiva, sur le plateau d’Oust-Ourt et dans la partie ouzbèke de l’ancienne mer d’Aral. Par la suite, dès 2008, la China National Petroleum Corporation a démarré un projet de construction du segment ouzbek du gazoduc Turkménistan-Chine. Par ailleurs, Pékin a décidé de financer deux projets assez imposants de traitement d’hydrocarbures en Ouzbékistan.

Le gaz, seul intérêt de Pékin en Ouzbékistan

Au total, de 2004 à 2014, la Chine n’a cessé d’injecter des fonds dans le secteur des hydrocarbures ouzbèkes, de sorte que début 2015, leur volume total atteignait près de 2 milliards de dollars, comprenant 0,3 milliard de dollars de crédits et 1,6 à 1,8 milliard de dollars d’investissements.

La mer d’Aral, un potentiel en matière de ressources gazières ?

Il n’en demeure pas moins que la forte activité chinoise en Ouzbékistan concerne uniquement le secteur du transport du gaz, alors que l’intérêt de Pékin pour les gisements pétroliers, l’extraction et le traitement des hydrocarbures sur le territoire ouzbek reste insignifiant.

 

De fait, l’Ouzbékistan présente déjà un déficit énergétique et est confronté à une consommation toujours plus importante en hydrocarbures d’importation. À l’heure actuelle, cela concerne le pétrole, mais il y a fort à parier que cette consommation impliquera dans un avenir proche le gaz.

De moins en moins de pétrole disponible en Ouzbékistan

Dès 2004, on a observé en Ouzbékistan une tendance constante à la baisse du volume d’extraction du pétrole. Si en 2004 ce volume dépassait les 7 millions de tonnes, il n’a cessé de diminuer au cours des années suivantes, pour atteindre lors de la période 2009 à 2014 la limite de 2,9 à 3,3 millions de tonnes annuellement, ce qui représente nettement moins que la quantité nécessitée pour la consommation interne. Par conséquent, à partir de 2005, le pays s’est vu forcé d’accroître ses volumes d’importation de pétrole. En 2014, seules 3 millions de tonnes de pétrole étaient produites pour 4,4 millions de tonnes importées.

Le statut d’exportateur traditionnel de gaz naturel de l’Ouzbékistan risque, à court terme, de se confronter au problème du déficit en « carburant bleu » sur le marché intérieur. Même en faisant abstraction de cette dynamique d’extraction/consommation de gaz enraillée, d’autres facteurs jouent indirectement sur la situation : la transition progressive opérée par certaines régions d’Ouzbékistan concernant leur approvisionnement énergétique, qui abandonnent le gaz pour le charbon, ou encore la stratégie à long terme mise en place par Tachkent pour développer son secteur du charbon, en faisant entre autres appel à des investissements et des technologies étrangers, notamment chinois.

Vers une impasse

Côté chinois, l’empire du milieu s’efforce d’intensifier sa présence énergétique et économique sur le sol ouzbek non pas dans le but de s’y fournir en masse en ressources énergétiques, ce qui est objectivement impossible, mais afin d’obtenir un rôle influent dans le jeu politique à Tachkent. Pékin nourrit très vraisemblablement l’ambition d’empêcher l’adhésion potentielle de l’Ouzbékistan dans une alliance antichinoise, ainsi que celle de soutenir fermement les relations amicales qu’entretiennent les deux États. Pour sa part, l’Ouzbékistan tâche d’utiliser au maximum le potentiel technologique et financier chinois dans le processus d’industrialisation du pays.

Chavkat Mirzioïev Réunion Ouzbékistan Ouverture

Le président ouzbek Chavkat Mirzioïev fait preuve d’ouverture, mais ne lâche pas les rênes pour autant.

En outre, l’Ouzbékistan ne pourra envisager, même à long terme, de devenir un fournisseur incontournable en gaz à la Chine. En effet, malgré les efforts soutenus par Tachkent depuis 2012 pour alimenter en gaz le gazoduc Turkménistan-Chine, la quantité fournie demeure négligeable aux yeux de Pékin.

En décembre 2011 encore, AK Ouztransgaz, subdivision de l’entreprise Ouzbekneftegaz, concluait avec PetroChina International Company Ltd. (subdivision de la China National Petroleum Corporation) un accord-cadre concernant la fourniture en gaz naturel ouzbek à la Chine. Ce contrat fut conclu sur base de l’accord intergouvernemental de 2007 sur les principes de construction et d’exploitation du segment ouzbek du gazoduc Turkménistan-Chine, ainsi que de l’accord sur les conditions de base de contrat d’achat et de vente en gaz naturel signé la même année par Ouzbekneftegaz et la China National Petroleum Corporation.

Des objectifs faramineux fixés par Tachkent

Si l’on s’en réfère audit accord-cadre, l’Ouzbékistan devra pouvoir fournir à la Chine jusqu’à 10 milliards de mètres cubes de gaz chaque année, sans toutefois que les délais soient précisés. À l’heure actuelle, le gaz ouzbek est acheminé via le second segment du gazoduc Turkménistan-Chine. En 2012, le pays a livré à Pékin 4 milliards de mètres cubes de gaz, en 2013 près de 3 milliards, et en 2014 environ 5,8 milliards.

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Il est difficile de prévoir quand (et même si) l’Ouzbékistan sera capable de faire parvenir ces 10 milliards de mètres cubes annuels à son partenaire chinois, mais il semble clair qu’il s’agit du plafond théorique de capacité de fourniture de gaz à la Chine. D’ici 2020, les autorités ouzbèkes ont augmenté cet objectif pour atteindre 66 milliards de mètres cubes exportés à cet horizon.

Des volumes d’échange réels difficiles à prévoir

En pratique toutefois, le volume réel de gaz fourni par l’Ouzbékistan à la Chine devrait être nettement moindre que 10 milliards de mètres cubes par an. Ce, d’une part, en raison de la traditionnellement forte consommation en gaz du marché intérieur ouzbek (où 85 % de l’énergie électrique est produite à partir de la combustion de gaz dans des centrales thermiques) encore renforcée par la croissance démographique du pays, de la stratégie mise en place par Tachkent pour industrialiser son économie nationale, des volumes en rapide recrudescence de gaz destiné à la consommation domestique et de la transition énergétique vers le gaz pour les transports routiers.

Chemin de fer Chine train soleil couchant soirée

Les Chinois sont devenus experts dans la construction de routes et chemins ferrés, notamment en Asie centrale.

D’autre part, il est impossible à l’heure actuelle de prévoir dans quelle mesure la quantité de gaz extrait localement va augmenter. Entre 2009 et 2014, le niveau annuel de gaz extrait s’était stabilisé à près de 60 milliards de mètres cubes (selon certaines données, environ 55 milliards de mètres cubes en 2013), sans que l’on constate pour autant un accroissement des réserves nationales. Par conséquent, vu la forte consommation intérieure en gaz, il n’est pas exclu que l’Ouzbékistan importe, déjà à d’ici une dizaine d’années, du gaz en provenance du Turkménistan voisin.
 

Pékin avance à visage découvert 

La politique énergétique de Pékin en Asie centrale demeure fortement dépendante de la stratégie globale chinoise qui, au moyen de conditions les plus favorables possible, poursuit sa modernisation, la croissance constante de son économie et sa route vers un leadership économique mondial. Dans sa tâche vers ces ambitieux objectifs, la Chine implique toujours plus activement le vecteur centrasiatique de sa politique en renforçant d’une main de fer sa position dans les économies locales, en y proposant toujours plus de projets, en augmentant les investissements et les crédits. Le secteur des hydrocarbures joue à cet égard un rôle clé.

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Il n’est donc pas exagéré de dire que Pékin souhaite toujours plus faire de la région un pion dans son réseau d’influence géoéconomique. Il est particulièrement frappant de constater le manque total de précautions de la Chine dans cette ligne de conduite et la transparence complète de ses ambitions politiques et géopolitiques en Asie centrale. Il n’en demeure pas moins que la présence chinoise dans le domaine des hydrocarbures des États composant cette région est aussi équivoque qu’ambiguë. Certes, l’infiltration de la Chine dans ce domaine et dans d’autres secteurs connexes est un succès considérable. Mais ce processus n’implique toutefois pas des relations d’égal à égal, mutuellement avantageuses, pour les pays impliqués, pas plus qu’elle ne permet le complexe développement économique des États d’Asie centrale.

Vladimir Paramanov et Alekseï Strokov

Traduit du russe par Pierre-François Hubert pour Novastan

Texte intégral du rapport de Xi Jinping au 19e Congrès national du PCC

Texte intégral du rapport de Xi Jinping au 19e Congrès national du PCC

 
07 Novembre 2017

(Xinhua/Ju Peng)BEIJING, 3 novembre (Xinhua) — Xi Jinping a présenté un rapport au 19e Congrès national du Parti communiste chinois (PCC) le 18 octobre 2017.

 

Voici le texte intégral :

 

Remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance et faire triompher le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère

 

— Rapport au XIXe Congrès national du Parti communiste chinois

(18 octobre 2017)

Xi Jinping

 

Camarades,

 

Au nom du XVIIIe Comité central, j’ai l’honneur de présenter maintenant le rapport d’activité au XIXe Congrès national du Parti communiste chinois (PCC).

 

Le XIXe Congrès national du PCC est un congrès extrêmement important qui a lieu au moment où nous entrons dans la phase décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, et au moment clé où le socialisme à la chinoise est entré dans une nouvelle ère.

 

Le présent congrès a pour thème : rester fidèle à l’engagement initial, garder constamment à l’esprit notre mission, porter haut levé le grand drapeau du socialisme à la chinoise, remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, faire triompher le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, et lutter sans relâche pour réaliser le rêve chinois du grand renouveau de la nation.

 

Rester fidèle à l’engagement initial assure le succès de toute entreprise. L’engagement initial et la mission des communistes chinois consistent précisément à apporter le bonheur au peuple chinois et le renouveau à la nation chinoise. Ils représentent la force motrice fondamentale qui pousse les communistes chinois à continuellement aller de l’avant. Tous les camarades du Parti doivent toujours rester étroitement unis au peuple en partageant avec lui le même souffle et le même destin. Ils doivent toujours faire de l’aspiration du peuple à une vie meilleure l’objectif de leur lutte, et continuer à avancer vaillamment, avec une détermination sans faille, vers ce but grandiose qu’est la réalisation du grand renouveau de la nation chinoise.

 

À l’heure actuelle, la situation tant intérieure qu’extérieure connaît des changements profonds et complexes. Le développement de notre pays se trouve dans une importante période stratégique dont les perspectives sont rayonnantes, tout en étant confronté à des défis très sérieux. Tous les camarades du Parti doivent prendre de la hauteur pour voir loin, être conscients des dangers possibles, avoir un esprit ouvert à la réforme et à l’innovation en rejetant toute pensée sclérosée et tout immobilisme, unir autour d’eux et conduire notre peuple multiethnique à la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, et faire triompher le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère.

 

I. LES TÂCHES ACCOMPLIES DURANT LES CINQ DERNIÈRES ANNÉES ET LES TRANSFORMATIONS HISTORIQUES OPÉRÉES

 

La période des cinq années qui s’est écoulée depuis le XVIIIe Congrès national a été une période extraordinaire dans le processus de développement du Parti et de l’État. Dans un environnement international caractérisé par la faiblesse de la reprise de l’économie mondiale, des conflits et bouleversements régionaux fréquents et l’aggravation des problèmes planétaires, et face aux changements profonds de notre économie avec, notamment, l’amorce de la nouvelle normalité, nous avons suivi dans notre travail le principe général dit « aller de l’avant à pas assurés ». Nous avons également avancé en surmontant toutes sortes de difficultés grâce à un esprit créatif, remportant ainsi de nouveaux succès historiques s’agissant de la politique de réforme et d’ouverture, et de la modernisation socialiste.

 

Pour appliquer l’esprit du XVIIIe Congrès national, le Comité central a convoqué sept sessions plénières lors desquelles ont été adoptées des décisions et dispositions sur des questions importantes, portant notamment sur la réforme des organes gouvernementaux et la reconversion de leurs fonctions, l’approfondissement intégral de la réforme, la promotion à tous les niveaux de la gouvernance du pays en vertu de la loi, l’élaboration du XIIIe Plan quinquennal, et la gestion globale et stricte du Parti. Ces cinq dernières années, nous avons fait progresser de façon synergique les dispositions d’ensemble dites « Plan global en cinq axes » [l’édification sur les plans économique, politique, culturel, social et écologique] et les dispositions stratégiques des « Quatre Intégralités » [édification intégrale de la société de moyenne aisance, approfondissement intégral de la réforme, promotion intégrale de la gouvernance de l’État en vertu de la loi, application intégrale d’une discipline rigoureuse dans les rangs du Parti]. Par conséquent, les objectifs du XIIe Plan quinquennal ont été accomplis avec succès, la mise en place du XIIIe Plan s’est faite sans obstacle, et la cause du Parti et de l’État a connu une situation nouvelle dans tous les domaines.

 

L’édification économique a remporté des succès importants. Nous avons appliqué fermement le nouveau concept de développement, rectifié résolument les idées erronées dans ce domaine, et transformé notre mode de développement, si bien que la qualité et la rentabilité du développement n’ont cessé de s’améliorer. Une croissance moyennement élevée de l’économie a été maintenue, de sorte que notre pays se trouve au premier rang des principaux pays du monde. Passant de 54 000 milliards de yuans à 80 000 milliards, le PIB de notre pays occupe la deuxième place du monde avec une contribution supérieure à 30 % à la croissance de l’économie mondiale. La réforme structurelle du côté de l’offre s’est poursuivie en profondeur, permettant une optimisation continue de notre structure économique ; l’économie numérique et d’autres industries nouvelles ont connu un développement fulgurant ; la construction d’infrastructures telles que les lignes ferroviaires à grande vitesse, les routes, les ponts, les ports et les aéroports s’est accélérée. La modernisation de l’agriculture a progressé à pas assurés, portant la capacité de production céréalière à 600 millions de tonnes. Le taux d’urbanisation a augmenté en moyenne de 1,2 point de pourcentage par an, tandis que plus de 80 millions de ruraux se sont installés en ville pour devenir citadins. La coordination du développement interrégional s’est renforcée, et la promotion du projet « la Ceinture et la Route », le développement coordonné de la zone Beijing-Tianjin-Hebei, ainsi que la construction de la ceinture économique du Changjiang ont enregistré des résultats notables. La stratégie de développement par l’innovation a été appliquée de façon énergique. L’édification d’un pays novateur a porté de beaux fruits, de sorte que de grandes réalisations scientifiques et technologiques ont été accomplies, comme le module spatial Tiangong, le submersible Jiaolong, le radiotélescope sphérique à ouverture unique Tianyan, l’explorateur de particules de matière noire Wukong, le satellite de communication quantique Mozi et l’avion gros porteur. Par ailleurs, nous avons promu activement les travaux de construction sur les îlots et les récifs en mer de Chine méridionale. Un nouveau système d’économie ouverte s’est perfectionné peu à peu, tandis que notre commerce extérieur, nos investissements à l’étranger et nos réserves de devises se sont classés solidement aux premiers rangs dans le monde.

 

L’approfondissement intégral de la réforme a réalisé des percées importantes. En faisant progresser de manière stable et rapide l’approfondissement intégral de la réforme, nous avons éliminé résolument toutes sortes de vices au niveau des institutions et des mécanismes. En œuvrant pour une réforme tous azimuts, nous avons veillé à réaliser des percées dans plusieurs secteurs et à pousser la réforme en profondeur, de manière à renforcer son caractère systématique, global et coordonné. Pour faire progresser étape par étape les réformes, tant en ampleur qu’en profondeur, nous avons adopté plus de 1 500 mesures, permettant ainsi des percées dans les secteurs importants et les maillons clés, et l’établissement d’un cadre général de réforme dans les domaines prioritaires. Le régime socialiste à la chinoise s’est amélioré, le niveau de modernisation du système et de la capacité de gouvernance de l’État a sensiblement progressé, et le dynamisme du développement et la force novatrice de toute la société ont connu un accroissement sensible.

 

L’édification de la démocratie et de la légalité a franchi un pas important. Nous avons développé activement la démocratie socialiste et déployé de grands efforts pour la promotion intégrale de la gouvernance de l’État en vertu de la loi, de sorte que l’édification institutionnelle pour assurer la coordination entre la direction du Parti, la souveraineté populaire et la gouvernance de l’État en vertu de la loi s’est renforcée sur tous les plans, que le système de direction du Parti et ses mécanismes n’ont cessé de s’améliorer, que la démocratie socialiste a connu un développement continu, que la démocratie au sein du Parti s’est élargie davantage, que la démocratie consultative socialiste a joué son rôle sur tous les plans, que le front uni patriotique s’est consolidé et développé, et que le travail innovant concernant les ethnies et les religions a progressé. Par ailleurs, nous avons veillé à renforcer en même temps le caractère scientifique de la législation, la rigueur de l’application de la loi, l’impartialité de la justice et le respect de la loi par tous, et à réaliser l’interaction entre l’appareil d’État, l’Administration et la société sous l’autorité des lois. Le système légal socialiste à la chinoise n’a cessé de se perfectionner, tandis que la conscience de la légalité des citoyens s’est sensiblement renforcée. La réforme pilote du système national de supervision a produit des effets tout à fait positifs. La réforme des systèmes administratif et judiciaire, ainsi que l’édification d’un système de contrainte et de surveillance du fonctionnement du pouvoir ont donné des résultats satisfaisants.

 

L’édification dans les domaines idéologique et culturel a fait des progrès importants. Nous avons renforcé la direction du Parti sur le travail idéologique et fait progresser globalement l’innovation théorique. De ce fait, la position du marxisme comme idéologie directrice s’est davantage affirmée, le socialisme à la chinoise et le rêve chinois sont entrés dans le cœur des Chinois, les valeurs essentielles du socialisme et la quintessence de la culture traditionnelle chinoise se sont propagées à une large échelle, et les activités de masse visant à construire la civilisation spirituelle se sont répandues en produisant des résultats réels. Le niveau des services culturels publics n’a cessé de s’améliorer ; la création littéraire et artistique a connu une progression durable ; les œuvres et les industries culturelles ont prospéré ; le développement, la gestion et l’utilisation d’Internet n’ont cessé de s’améliorer ; les sports de masse et de compétition ont connu un développement général. Les grands thèmes de notre époque ont retenti avec encore plus de force, rendant ainsi plus puissante l’énergie positive au sein de la société ; la confiance dans notre propre culture s’est accrue, tandis que le « soft power » culturel et le rayonnement de la culture chinoise se sont renforcés considérablement ; la cohésion et l’unité de tout le Parti et de toute la société sont devenues plus solides.

 

Les conditions de vie de la population n’ont cessé de s’améliorer. Grâce à la mise en application du concept de développement centré sur le peuple, tout un lot de mesures a été exécuté au profit du peuple, ce qui a permis de renforcer considérablement son sentiment de satisfaction. La lutte pour éradiquer la pauvreté a enregistré des résultats décisifs, si bien que plus de 60 millions d’habitants démunis sont sortis définitivement de la pauvreté, et que le taux de pauvreté a baissé, passant de 10,2 % à moins de 4 %. Le secteur de l’éducation a connu un essor général, surtout dans les régions rurales et dans le Centre et l’Ouest du pays. Dans le cadre de l’amélioration continue de l’emploi, plus de 13 millions de nouveaux postes par an ont été créés dans les agglomérations urbaines. Le taux de croissance du revenu des populations urbaine et rurale a dépassé celui de l’économie. Les groupes de personnes à revenu moyen n’ont cessé de s’élargir. La mise en place d’un système de protection sociale couvrant les populations urbaine et rurale a été presque achevée ; le niveau de santé de la population et des services médicaux et sanitaires s’est amélioré considérablement ; la construction de logements sociaux a progressé de manière régulière. Enfin, le système de gouvernance sociale s’est amélioré davantage, garantissant ainsi la stabilité sociale générale et le renforcement de la sécurité nationale dans les divers domaines.

 

L’édification d’une civilisation écologique a remporté des succès notables. Le Parti et le pays tout entier ont déployé de grands efforts pour promouvoir l’édification d’une civilisation écologique, si bien que l’application du concept de développement vert est devenue un acte conscient et une initiative des masses, et que la négligence de la protection de l’environnement a été sensiblement corrigée. La mise en place d’un système de civilisation écologique a été accélérée ; la stratégie des régions à fonctions spécifiques s’est perfectionnée progressivement ; les projets pilotes de création de parcs nationaux ont bien progressé. La promotion efficace concernant les économies de ressources naturelles dans tous les domaines a donné des résultats très positifs, permettant ainsi de faire baisser considérablement l’intensité de la consommation d’énergies et de ressources naturelles. Les projets importants de protection et de régénération des écosystèmes ont progressé sans à-coup, et le taux de couverture forestière du pays s’est élevé continuellement. Grâce aux efforts consentis, l’environnement s’est amélioré sensiblement. Par ailleurs, en incitant à la coopération internationale pour réagir aux changements climatiques, notre pays est devenu un important acteur, contributeur, et exemple à suivre pour l’édification de la civilisation écologique à l’échelle mondiale.

 

L’édification des forces armées est entrée dans une phase nouvelle. Visant la réalisation du rêve chinois et du rêve de renforcement de l’armée, nous avons élaboré des principes stratégiques militaires adaptés à la conjoncture nouvelle, et déployé tous nos efforts pour faire progresser la modernisation de la défense nationale et de l’armée. À la suite de la conférence de Gutian sur le travail politique au sein de l’armée, les traditions glorieuses et l’excellent style de travail de notre Parti et de notre armée ont pu être rétablis et développés, tandis que le paysage politique de l’armée populaire s’est véritablement amélioré. La réforme de la défense nationale et des forces armées a réalisé une percée historique. En effet, un nouveau schéma s’est établi, dans lequel la Commission militaire centrale assure la direction centralisée et unifiée, les zones de commandement se chargent des opérations militaires, et les différentes forces armées se consacrent à leur propre édification. C’est ainsi que l’armée populaire a accompli une refonte révolutionnaire de sa structure organisationnelle et de ses structures de forces. Nous avons renforcé les entraînements militaires et les préparatifs de combat. Nous avons également procédé à l’exécution de tâches importantes, telles que la sauvegarde des droits dans nos eaux maritimes, la lutte contre le terrorisme et la préservation de la stabilité, la lutte contre les calamités naturelles et les secours à la population sinistrée, les opérations internationales de maintien de la paix, l’escorte des convois dans le golfe d’Aden et les secours humanitaires. Le développement des équipements militaires s’est accéléré. Les préparatifs de combat ont enregistré des progrès importants. C’est ainsi que l’armée populaire a fait de solides pas en avant dans la voie de la montée en puissance à la chinoise.

 

Le travail concernant Hong Kong, Macao et Taiwan a enregistré de nouveaux progrès. En appliquant intégralement et avec précision le principe « un pays, deux systèmes », nous avons exercé fermement le pouvoir de gouvernance globale attribué à l’autorité centrale par la Constitution et les lois fondamentales sur les Régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao, approfondi les échanges et la coopération entre la partie continentale et ces deux régions, et assuré la prospérité et la stabilité de ces dernières. En maintenant le principe d’une seule Chine et le « Consensus de 1992″, nous avons promu le développement pacifique des relations entre les deux rives du détroit de Taiwan, renforcé leurs échanges et la coopération qu’elles entretiennent sur les plans économique et culturel, et réalisé la rencontre historique des dirigeants des deux côtés. Nous avons su réagir judicieusement aux changements de la situation politique à Taiwan et combattu fermement les forces sécessionnistes pour l' »indépendance de Taiwan », sauvegardant ainsi la paix et la stabilité du détroit.

 

La diplomatie tous azimuts a poursuivi son développement en profondeur. Nous avons fait progresser globalement la diplomatie de grand pays à la chinoise, de manière à mettre en place une diplomatie tous azimuts, multidimensionnelle et à plusieurs niveaux, créant ainsi un environnement extérieur favorable au développement de notre pays. Dans le cadre du projet « la Ceinture et la Route », nous avons pris l’initiative de créer la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures et mis sur pied le Fonds de la route de la soie. Nous avons organisé le premier Forum « la Ceinture et la Route » pour la coopération internationale, la réunion des dirigeants de l’APEC, le sommet du G20 à Hangzhou, le sommet des BRICS à Xiamen et la Conférence pour l’interaction et les mesures de confiance en Asie. Par ailleurs, nous avons pris l’initiative de construire une communauté de destin pour l’humanité et promu la réforme du système de gouvernance mondiale. Tout cela a permis à la Chine de jouir d’une influence accrue sur le plan mondial, de susciter une adhésion croissante autour d’elle et de jouer un rôle chaque jour plus actif dans le remodelage des relations internationales. C’est ainsi que nous avons pu apporter de nouvelles et importantes contributions à la paix et au développement dans le monde.

 

La gestion globale et stricte du Parti a donné d’excellents résultats. Nous avons renforcé sur tous les plans la direction et l’édification du Parti pour prévenir et corriger avec une grande fermeté toute manifestation de relâchement et de laxisme dans la gestion du Parti. Nous avons amené tout le Parti à se conformer strictement aux statuts du Parti, à renforcer la conscience politique, la conscience de l’intérêt général, la conscience du noyau dirigeant et la conscience de l’alignement [« Quatre Consciences »], et à défendre fermement l’autorité et la direction centralisée et unifiée du Comité central, tout en réaffirmant la discipline et les règles de conduite politiques du Parti et en assumant, d’échelon en échelon, la responsabilité politique en matière de gestion du Parti. Conformément à l’exigence de « se regarder dans le miroir, rectifier sa tenue, prendre sa douche et se soigner », nous avons organisé la campagne d’éducation et de mise en pratique de la ligne de masse du Parti et l’opération éducative sur le style de travail dit « trois consignes de rigueur et trois règles d’honnêteté », tout en régularisant et institutionnalisant l’éducation dite « deux études et une ligne d’action ». Par conséquent, dans tout le Parti, les idéaux et convictions sont devenus plus solides et l’esprit du Parti s’est raffermi davantage. Grâce à l’application stricte des normes requises pour l’évaluation des bons cadres à la nouvelle époque, nous avons constaté une nette amélioration quant à l’atmosphère et la pratique de la sélection et de la nomination des cadres. La réforme institutionnelle en matière d’édification du Parti a progressé en profondeur, tandis que la réglementation interne du Parti s’est perfectionnée sans cesse. Nous avons veillé à accorder la première place à la discipline du Parti, et à résoudre les problèmes qui ont suscité un vif mécontentement au sein des masses populaires et qui constituent la plus grave menace pour le fondement même de l’exercice du pouvoir par le Parti. Le Comité central a publié les « Huit Recommandations » pour réprimer sévèrement le formalisme, la bureaucratie, l’hédonisme et le goût du luxe [« quatre vices »], et combattre toute recherche de privilèges. Les tournées d’inspection couvrant tous les comités des instances centrales et provinciales du Parti ont agi comme une arme fortement dissuasive. La lutte anticorruption, étendue à tous les domaines, ne connaît pas de tolérance ni de zone interdite, et nous sommes résolus à réprimer aussi bien les « tigres » que les « mouches » et les « renards ». Nous avons presque atteint notre but de dissuader toute tentative de corruption en resserrant les barreaux de la cage pour empêcher toute possibilité de corruption, et en consolidant la digue qui réprime toute envie même de corruption. Tout cela a permis de renforcer et de maintenir l’effet dissuasif et répressif de la lutte anticorruption.

 

Les résultats que nous avons obtenus depuis cinq ans dans tous les domaines ont une valeur pionnière ; les réformes réalisées durant cette période se sont opérées à des niveaux plus profonds et revêtent un caractère fondamental. Depuis cinq ans, grâce à un énorme courage politique et à un sens aigu des responsabilités, notre Parti a formulé une série de conceptions, pensées et stratégies nouvelles, adopté une série de principes et politiques majeurs accompagnés d’un train de mesures importantes, et accompli une série de tâches majeures. Cela nous a permis de réussir des tâches colossales et de surmonter bon nombre de difficultés que nous n’avions pas réussi à surmonter durant de très nombreuses années. Toutes ces transformations historiques revêtent une grande et profonde signification pour l’avenir de la cause du Parti et de l’État.

 

Depuis cinq ans, animés d’un grand courage pour affronter les divers risques, les dures épreuves et les problèmes notables au sein du Parti, nous avons, en nous appuyant sur une volonté opiniâtre, rétabli la discipline, combattu la corruption et puni les coupables, de manière à éliminer les dangers latents au sein du Parti et de l’État. Ainsi, la vie politique interne du Parti s’est renouvelée, le paysage politique du Parti s’est sensiblement amélioré, et sa force créatrice, sa cohésion et sa combativité se sont considérablement renforcées. De plus,l’unité du Parti s’est renforcée, les relations entre le Parti et les masses populaires se sont davantage resserrées, et le Parti est devenu plus ferme dans sa lutte révolutionnaire, tout en se dotant d’une nouvelle et puissante vitalité. Tout cela a fourni une solide garantie politique pour le développement de la cause du Parti et de l’État.

 

En même temps, nous devons être parfaitement conscients que notre travail reste insuffisant et que nous devons faire face à de nombreux défis et difficultés qui peuvent se résumer ainsi : certains problèmes qui empêchent sérieusement un développement équilibré et suffisant subsistent, la qualité et la performance du développement se trouvent encore à un niveau relativement bas, notre capacité à innover n’est pas assez forte, le niveau de l’économie réelle doit être amélioré, et la tâche de la protection des écosystèmes et de l’environnement s’annonce encore lourde et ardue ; de nombreux maillons faibles gênent encore l’amélioration des conditions de vie de la population, l’élimination de la pauvreté s’impose comme une tâche très dure, l’écart de développement entre villes et campagnes comme entre les différentes régions et l’écart de revenus restent encore importants, les masses populaires sont encore confrontées à bon nombre de difficultés en ce qui concerne notamment l’emploi, l’éducation, les soins médicaux, le logement et les services aux personnes âgées ;le degré de civilité de notre société doit être élevé ; les contradictions et problèmes sociaux s’enchevêtrent et s’additionnent, notre tâche de l’édification intégrale d’un État de droit demeure très lourde, notre système et notre capacité de gouvernance de l’État doivent être renforcés ; la lutte idéologique demeure complexe, la sécurité nationale est confrontée à une situation nouvelle ; certaines dispositions et mesures politiques d’importance capitale relatives à la réforme nécessitent une meilleure mise en application ; l’édification du Parti présente encore bon nombre de maillons faibles. Tous ces problèmes nous demandent de grands efforts pour trouver des solutions adéquates.

Tous les succès obtenus au cours des cinq années écoulées, nous les devons à la ferme direction du Comité central du Parti et surtout aux efforts conjugués de tout le Parti et de notre peuple multiethnique. Ici, je tiens à exprimer, au nom du Comité central du PCC, nos remerciements les plus sincères à toutes nos communautés ethniques, à tous les partis et groupements démocratiques, à toutes les organisations populaires, aux patriotes de tous horizons, à nos concitoyens des Régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao, à nos compatriotes de Taiwan, ainsi qu’aux Chinois résidant à l’étranger, sans oublier nos amis partout dans le monde qui s’intéressent à la Chine et apportent leur soutien à la modernisation de la Chine.

 

Camarades,

 

Dès le début de l’application de la politique de réforme et d’ouverture, le PCC a lancé un appel à construire un socialisme à la chinoise qui suive un chemin qui lui est propre. Il a dès lors uni et conduit le peuple chinois multiethnique dans une lutte inlassable, permettant ainsi à la Chine de se hisser au rang des premiers pays du monde dans les domaines de l’économie, des sciences et des technologies, de la défense nationale et de la puissance globale du pays ; la position internationale de la Chine a atteint un niveau plus élevé que jamais ; les physionomies du Parti, de l’État, du peuple, de l’armée et de toute la nation ont connu sans exception des changements inédits ; la nation chinoise se dresse en Orient sous un aspect entièrement nouveau.

 

Le socialisme à la chinoise, après avoir parcouru un long chemin, est entré dans une nouvelle ère, et au cours de son développement, un nouvel horizon historique s’est ouvert à notre pays.

 

L’entrée du socialisme à la chinoise dans une nouvelle ère signifie que la nation chinoise, qui avait connu toutes sortes d’adversités dans le passé, est en voie d’accomplir un grand bond, passant d’une nation qui s’est relevée, à une nation riche, puis à une nation puissante, et ouvrant de ce fait de belles perspectives pour son grand renouveau ; cela montre que le socialisme scientifique est reparti de l’avant avec une vitalité débordante dans la Chine du XXIe siècle et que l’étendard du socialisme à la chinoise flotte haut levé dans le monde ; cela prouve que le socialisme à la chinoise a progressé sans cesse dans sa voie, sa théorie, son régime et sa culture, ouvert aux pays en développement une voie plus large pour leur modernisation, offert des choix totalement nouveaux aux nations et pays désireux d’accélérer leur développement en toute indépendance, et apporté à l’humanité la sagesse et la solution chinoises pour résoudre ses problèmes.

 

Cette nouvelle ère, héritière de l’ancienne et annonciatrice de la future, est l’ère durant laquelle le socialisme à la chinoise se dirige vers une grande victoire dans un nouveau contexte historique. L’édification intégrale de la société de moyenne aisance remportera la victoire décisive avant que la construction complète d’un grand pays socialiste moderne puisse être menée à terme. Le peuple chinois multiethnique continuera à lutter ensemble pour créer continuellement les conditions d’une vie meilleure et réaliser enfin la prospérité commune. Tous les Chinois travailleront sans relâche, d’un même cœur et d’une même volonté, pour la réalisation du rêve chinois du grand renouveau national. Notre pays jouera progressivement un rôle central sur la scène internationale et apportera des contributions plus grandes à l’humanité.

 

Avec l’entrée du socialisme à la chinoise dans la nouvelle ère, la principale contradiction dans la société chinoise s’est transformée en celle entre l’aspiration croissante de la population à une vie meilleure et le développement déséquilibré et insuffisant de la Chine. Notre pays est déjà parvenu à assurer la satisfaction des besoins élémentaires et quotidiens de plus d’un milliard de personnes, a réalisé pour l’essentiel une prospérité moyenne, et accomplira bientôt l’édification intégrale de la société de moyenne aisance ; les besoins de la population pour une vie meilleure se diversifient, et la population devient de plus en plus exigeante non seulement à l’égard de la vie matérielle et culturelle, mais aussi de la démocratie, de la légalité, de l’équité, de la justice, de la sécurité et de l’environnement. Alors que les forces productives sociales en Chine se trouvent dans leur ensemble à un niveau beaucoup plus élevé et que notre pays est au premier rang mondial dans de nombreux domaines en termes de capacités de production, le problème du développement déséquilibré et insuffisant se pose avec acuité et est considéré de surcroît comme le principal handicap pour satisfaire l’aspiration croissante de la population à une vie meilleure.

 

Il faut bien comprendre que cette transformation de la principale contradiction sociale en Chine est un changement historique touchant à la situation d’ensemble. Le Parti et l’État doivent donc agir en s’adaptant à de nombreuses nouvelles exigences qui en découlent. Il nous faut, en poursuivant nos efforts en faveur du développement, tout mettre en œuvre pour résoudre le problème lié à un développement déséquilibré et insuffisant, et améliorer sensiblement sa qualité et ses performances, de manière à satisfaire au mieux les besoins croissants de la population dans les domaines économique, politique, culturel, social et écologique, à encourager le plein épanouissement de l’homme, et à faire progresser la société dans tous les domaines.

 

Il faut également comprendre que, bien que la principale contradiction sociale ait changé, notre affirmation sur la phase historique où se trouve le socialisme en Chine n’a pas changé : notre pays se trouve et se trouvera encore longtemps dans le stade primaire du socialisme, et cette réalité fondamentale n’a pas changé ; la Chine demeure le plus grand pays en développement dans le monde, et ce statut international n’a pas changé. Tous les membres du Parti sont appelés à lutter pour faire de la Chine un grand pays socialiste beau, moderne, prospère, puissant, démocratique, harmonieux et hautement civilisé. Pour ce faire, les membres du Parti doivent se conformer à la réalité fondamentale et aux conditions réelles de notre pays, à savoir qu’il est encore au stade primaire du socialisme ; se tenir fermement à la ligne fondamentale du Parti qui représente une source vitale pour le Parti et l’État et fournit une garantie essentielle pour le bonheur du peuple ; guider et unir autour d’eux toutes les communautés ethniques chinoises pour axer nos efforts sur le développement économique, observer les quatre principes fondamentaux, poursuivre la réforme et l’ouverture, compter sur nos propres forces et œuvrer sans relâche en bravant les obstacles et difficultés.

 

Camarades,

 

Le socialisme à la chinoise est entré dans une nouvelle ère. Cela revêt une importance capitale aussi bien pour l’histoire du développement de la République populaire de Chine et de la nation chinoise, que pour l’histoire du socialisme à l’échelle mondiale et l’histoire de la société humaine. Tous les membres du Parti doivent renforcer leur détermination et œuvrer avec dynamisme et dans un esprit entreprenant, de manière à permettre au socialisme à la chinoise de dégager une vitalité encore plus grande.

 

II. LA MISSION HISTORIQUE DU PARTI COMMUNISTE CHINOIS À LA NOUVELLE ÈRE

 

Il y a cent ans, les salves de la Révolution d’Octobre ont apporté à la Chine le marxisme-léninisme. Des éléments avancés en Chine ont découvert, à travers la vérité scientifique du marxisme-léninisme, la clé de la résolution des problèmes chinois. En 1921, le Parti communiste chinois a vu le jour suite aux mouvements violents déclenchés en Chine depuis les temps modernes, aux luttes acharnées du peuple chinois contre la domination féodale et l’invasion étrangère, et à la combinaison du marxisme-léninisme avec le mouvement ouvrier chinois. Dès lors, les Chinois ont trouvé un guide leur permettant de mener à bien leur lutte pour l’indépendance nationale, l’émancipation du peuple, la prospérité du pays et le bonheur des citoyens, passant ainsi sur le plan moral de la passivité à l’initiative.

 

La nation chinoise est une grande nation avec une civilisation vieille de plus de 5 000 ans et une brillante culture qui lui est propre. Elle a apporté une contribution considérable à l’humanité. Après la guerre de l’Opium, elle a sombré dans un état déplorable et souffert de troubles intérieurs et de menaces extérieures, et son peuple a vécu de profondes souffrances : des guerres incessantes, des territoires envahis et une vie misérable. Pour redresser la nation, beaucoup d’hommes aux nobles idéaux se sont lancés les uns après les autres à diverses reprises dans des luttes héroïques et opiniâtres. Mais, finalement, ils ne purent changer ni la nature de l’ancienne Chine, ni le sort misérable de son peuple.

 

La réalisation du grand renouveau est le plus grand rêve de la nation chinoise depuis les temps modernes. Dès sa naissance, le PCC, en se donnant comme idéal suprême et objectif ultime de réaliser le communisme, s’est chargé sans aucune hésitation de mener à bien la mission historique du renouveau de la nation chinoise. Il a uni et conduit le peuple dans une lutte d’une âpreté inouïe, inscrivant ainsi dans l’histoire les épopées les plus glorieuses.

 

Notre Parti a parfaitement compris que, pour réaliser le grand renouveau de la nation chinoise, il fallait renverser à tout prix les trois montagnes qui pesaient sur les épaules du peuple chinois, à savoir l’impérialisme, le féodalisme et le capitalisme bureaucratique, pour obtenir l’indépendance nationale, libérer le peuple, réunifier le pays et maintenir la stabilité sociale. Dans ce but, il a conduit le peuple à trouver la bonne voie révolutionnaire consistant à encercler les villes à partir des campagnes et à prendre le pouvoir par les armes. Au terme de 28 années de combats sanglants, la révolution de démocratie nouvelle s’est achevée, donnant naissance à la République populaire de Chine en 1949. Un grand pas a été franchi par la Chine qui a réussi le passage de l’autocratie féodale plusieurs fois millénaire à un régime de démocratie populaire.

 

Notre Parti a profondément compris que, pour réaliser le grand renouveau de la nation chinoise, il était impératif d’établir un régime social avancé et adapté à la réalité du pays. Pour ce faire, il a conduit le peuple à achever la révolution socialiste, à établir le système fondamental du socialisme, à promouvoir l’édification socialiste, et à accomplir la transformation sociale la plus ample et la plus profonde dans l’histoire de la Chine, préparant ainsi les conditions politiques préalables et les fondements institutionnels indispensables au progrès et au développement de la Chine contemporaine. Tout cela a permis à la nation chinoise de réaliser un grand bond en avant, c’est-à-dire un changement radical de destin : en finir avec le déclin continu depuis les temps modernes pour s’engager dans la voie de la prospérité et d’une montée en puissance.

 

Notre Parti a profondément compris que, pour réaliser le grand renouveau de la nation chinoise, il fallait suivre le courant de l’époque, répondre aux attentes du peuple, et pratiquer courageusement la réforme et l’ouverture sur l’extérieur, de façon à donner une grande force motrice à la progression irrésistible de la cause du Parti et du peuple. Notre Parti a uni et conduit le peuple à entreprendre une nouvelle révolution que sont la réforme et l’ouverture, pour éliminer tous les obstacles idéologiques et institutionnels préjudiciables au développement du pays et au progrès de la nation, et pour se frayer la voie du socialisme à la chinoise, permettant ainsi à la Chine d’être en phase avec son temps.

 

Durant les 96 années écoulées, pour accomplir la mission historique du grand renouveau de la nation chinoise, le PCC, qu’il ait été en position de force ou de faiblesse, dans ses victoires comme dans ses défaites, est resté indéfectiblement fidèle à son engagement initial et à ses idéaux, et a conduit le peuple à œuvrer opiniâtrement, en bravant mille difficultés et dangers et en faisant de grands sacrifices. Sans se laisser décourager par les vicissitudes, il a toujours eu le courage de corriger ses erreurs et de surmonter une à une toutes les difficultés qui semblaient insurmontables, créant ainsi une série de miracles à jamais inscrits dans les annales de l’histoire.

 

Camarades,

 

Aujourd’hui, nous sommes plus que jamais proches de l’objectif du grand renouveau national, et plus que jamais confiants et capables de l’atteindre.

 

Un voyageur qui a fait 90 % de son trajet doit considérer qu’il n’est encore qu’à mi-chemin. Le grand renouveau national ne se réalisera pas sans peine, ni simplement à coups de tambour ou de gong. Tout le Parti doit être prêt à consentir davantage d’efforts pénibles et assidus.

 

La réalisation du grand rêve implique une grande lutte. La société évolue à travers le mouvement des contradictions. Qui dit contradiction dit lutte. Notre Parti, à la tête du peuple, doit mener une grande lutte aux nombreuses caractéristiques historiques nouvelles, afin de faire face aux grands défis, se prémunir contre les risques sérieux, surmonter les graves difficultés et résoudre les contradictions fondamentales ;toute idée ou tout acte, tel que la recherche des agréments de la vie, la passivité, le laisser-aller et le contournement des contradictions, est à condamner. Tous les membres du Parti doivent plus consciencieusement rester fidèles à la direction du Parti et au régime socialiste de notre pays, et s’opposer à tout acte ou propos qui tente de les affaiblir, de les ternir et de les rejeter ; sauvegarder les intérêts du peuple en luttant contre tout acte susceptible de leur nuire et en se gardant de se couper des masses populaires ; suivre le courant de réforme et d’innovation de notre époque et combattre les maux graves et invétérés ; sauvegarder la souveraineté, la sécurité et les intérêts en matière de développement de notre pays en combattant toutes les activités de sécession et toute tentative de sabotage de l’unité nationale, ainsi que de l’harmonie et de la stabilité sociales ; se prémunir contre toutes sortes de risques en surmontant toutes les difficultés et en relevant tous les défis à caractères politique, économique, culturel, social et écologique. Tout le Parti doit faire preuve d’un esprit combatif et améliorer ses aptitudes afin de mener, jusqu’aux nouvelles victoires, cette grande lutte à long terme qui se révèle très complexe et ardue.

 

La réalisation du grand rêve implique une grande œuvre. Cette œuvre est précisément la nouvelle grande entreprise de l’édification du Parti qui se poursuit maintenant en profondeur. L’histoire a prouvé et prouvera que, sans la direction du PCC, le renouveau national ne sera qu’une chimère. Le PCC doit lui-même être fort s’il veut demeurer, en tout temps, un parti marxiste au pouvoir, à l’avant-garde de l’époque, et le pilier de la nation. Tous les membres du Parti doivent renforcer l’esprit du Parti, avoir le courage d’affronter les problèmes, faire preuve d’une volonté de fer pour mener la tâche jusqu’au bout comme si l’on n’hésitait pas à racler l’os pour en éliminer le poison, extirper tous les facteurs préjudiciables à la pureté et au caractère avancé du Parti et éliminer tout virus nuisible à sa santé, de manière à lui permettre de renforcer sans cesse ses capacités en matière de direction politique, d’orientation idéologique, de mobilisation populaire et d’influence sociale, et de garder toujours sa grande vitalité et sa puissante combativité.

 

La réalisation du grand rêve implique la progression continue de notre grande cause. Le socialisme à la chinoise est le thème majeur de toute la théorie et de toute la pratique suivies par notre Parti depuis l’application de la politique de réforme et d’ouverture,et représente le résultat essentiel que le Parti et le peuple ont obtenu au prix d’immenses efforts et peines. La voie du socialisme à la chinoise est le passage obligé pour réaliser la modernisation socialiste et créer une vie meilleure pour les Chinois ; le système théorique du socialisme à la chinoise est la juste théorie permettant au Parti et au peuple chinois de réaliser le grand renouveau national ; le régime du socialisme à la chinoise offre la garantie institutionnelle fondamentale pour le développement et le progrès de la Chine contemporaine ; la culture du socialisme à la chinoise est une puissante force spirituelle qui pousse notre Parti et notre peuple multiethnique à aller courageusement de l’avant. Tous les membres du Parti sont appelés à renforcer leur confiance dans la voie, la théorie, le régime et la culture qui nous appartiennent. Nous refusons de reprendre l’ancienne voie du repli sur soi et de l’immobilisme, comme nous rejetons la voie erronée nous menant à l’abandon de notre drapeau. Nous devons garder notre fermeté politique, faire un travail solide en faveur du redressement du pays, et maintenir et développer sans arrêt le socialisme à la chinoise.

 

La grande lutte, la grande œuvre, la grande cause et le grand rêve sont quatre éléments étroitement liés, cohérents entre eux et en interaction, à l’intérieur desquels la nouvelle et grande œuvre d’édification du Parti joue un rôle crucial. Pour réussir cette grande œuvre, il faut l’entreprendre en liaison avec les pratiques de la grande lutte et de la réalisation de la grande cause et du grand rêve, de sorte que le Parti se tienne toujours à la pointe de notre temps tout au long du processus historique marqué par une conjoncture internationale en profonde mutation, reste toujours le soutien spirituel du peuple tout au long de la progression de la lutte pour faire face aux divers risques et épreuves venant tant de l’intérieur que de l’extérieur, et demeure pour toujours le ferme noyau dirigeant tout au long de la lutte historique pour le maintien et le développement du socialisme à la chinoise.

 

Camarades,

 

Notre mission appelle aux responsabilités et nous dirige vers l’avenir. Nous devons nous montrer dignes du choix historique et de la confiance que le peuple a placée en nous. Dans la grande pratique du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, sous la ferme direction du Parti et grâce à une lutte ardue, nous mobiliserons tous les Chinois pour aller courageusement de l’avant et rassemblerons d’immenses forces pour accomplir ensemble le rêve chinois.

 

III. LA PENSÉE DU SOCIALISME À LA CHINOISE DE LA NOUVELLE ÈRE ET LA STRATÉGIE FONDAMENTALE À SUIVRE

 

Depuis le XVIIIe Congrès national du PCC, face à une situation nationale et internationale en évolution, et face au développement des divers secteurs d’activités en Chine, nous nous trouvons confrontés à un grand défi de notre époque, celui de savoir donner une réponse systématique, en combinant la théorie et la pratique, aux questions suivantes :quel type de socialisme à la chinoise doit-on maintenir et développer à la nouvelle ère et comment le maintenir et le développer, y compris les objectifs généraux, la mission globale, les dispositions d’ensemble et les dispositions stratégiques, ainsi que les questions essentielles liées à l’orientation du développement, au mode de développement, aux forces endogènes de développement, aux phases stratégiques, aux conditions extérieures et à la garantie politique. Il nous faut aussi, sur la base de nouvelles pratiques, procéder à des analyses théoriques et proposer des orientations politiques concernant les domaines de l’économie, de la politique, de la légalité, des sciences et technologies, de la culture, de l’éducation, du bien-être social, des affaires ethniques, des affaires religieuses, de la société, de la civilisation écologique, de la sécurité nationale, de la défense nationale et de l’armée, du principe d' »un pays, deux systèmes » et de la réunification nationale, du front uni, de la diplomatie et de l’édification du Parti, afin de mieux poursuivre et développer le socialisme à la chinoise.

 

Face à ce grand défi de l’époque, notre Parti s’est guidé sur le marxisme-léninisme, la pensée de Mao Zedong, la théorie de Deng Xiaoping, la pensée importante de la « Triple Représentation » et le concept de développement scientifique ; il s’est conformé aux principes selon lesquels il faut libérer la pensée, faire preuve d’objectivité et de réalisme, et être en phase avec son temps. Fidèle au matérialisme dialectique et au matérialisme historique, et en fonction des nouvelles conditions de l’époque et des exigences de la pratique, le Parti a adopté une vision toute neuve pour approfondir ses connaissances sur les lois régissant l’exercice du pouvoir par les partis communistes, l’édification socialiste et l’évolution de la société humaine, et a continuellement effectué des recherches théoriques. D’importants résultats sur le plan de l’innovation théorique ont été obtenus, donnant ainsi naissance à la pensée du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère.

 

Cette pensée du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère a clarifié ce qui suit : le maintien et le développement du socialisme à la chinoise ont pour mission globale de réaliser la modernisation socialiste et le grand renouveau de la nation chinoise, et après la mise en place de la société de moyenne aisance, de faire de la Chine, en deux étapes et vers le milieu du siècle, un grand pays socialiste beau, moderne, prospère, puissant, démocratique, harmonieux et hautement civilisé ; la principale contradiction dans la société chinoise à la nouvelle ère étant celle entre l’aspiration croissante de la population à une vie meilleure et un développement déséquilibré et insuffisant, il faut rester fidèle au concept de développement centré sur le peuple, et promouvoir continuellement le plein épanouissement de l’homme et l’enrichissement commun de toute la population ; il importe de suivre les dispositions d’ensemble dites « Plan global en cinq axes » et les dispositions stratégiques des « Quatre Intégralités », tout en renforçant la confiance dans la voie, la théorie, le régime et la culture du socialisme à la chinoise ; l’objectif général de l’approfondissement intégral de la réforme consiste à perfectionner et développer le régime du socialisme à la chinoise, et à promouvoir la modernisation du système et de la capacité de gouvernance de l’État ; la promotion tous azimuts de la gouvernance du pays en vertu de la loi a pour objectif général d’établir un ordre légal socialiste à la chinoise et d’édifier un État de droit socialiste ; l’objectif du Parti concernant la montée en puissance de l’armée dans la nouvelle ère consiste à construire une armée populaire selon le principe dit « l’obéissance au commandement du Parti, l’excellente aptitude au combat et un style de travail exemplaire », afin de faire de l’armée populaire une armée de premier rang mondial ; la diplomatie de grand pays à la chinoise vise à promouvoir la mise en place d’un nouveau type de relations internationales et la construction d’une communauté de destin pour l’humanité ; la direction du PCC est la marque essentielle du socialisme à la chinoise et également le plus grand atout du régime socialiste à la chinoise : le Parti exerce le pouvoir suprême de direction politique, les exigences globales de l’édification du Parti à la nouvelle ère sont formulées, et l’édification sur le plan politique joue un rôle essentiel dans l’édification du Parti.

 

En tant que continuation et développement du marxisme-léninisme, de la pensée de Mao Zedong, de la théorie de Deng Xiaoping, de la pensée importante de la « Triple Représentation » et du concept de développement scientifique, la pensée du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère représente le dernier acquis de la sinisation du marxisme ainsi que la cristallisation de l’expérience et de la sagesse collective du Parti et du peuple. Elle est un élément essentiel du système théorique du socialisme à la chinoise, et le phare qui guide tout le Parti et tout le peuple dans leurs efforts pour réaliser le grand renouveau de la nation chinoise. Il faut perpétuer cette pensée tout en la développant.

 

Le Parti tout entier doit saisir parfaitement l’essence et le riche contenu de la pensée du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère et la mettre en application intégralement et avec précision.

 

1) Maintenir la direction du Parti dans toutes les activités. Tout doit être placé sous la direction du Parti, que ce soit les organisations du Parti, le gouvernement, l’armée, la société civile, et quel que soit l’endroit où l’on se trouve. Il faut implanter dans l’esprit de chacun la conscience politique, la conscience de l’intérêt général, la conscience du noyau dirigeant et la conscience de l’alignement. Il faut également défendre consciencieusement l’autorité et la direction centralisée et unifiée du Comité central, en agissant en parfait accord avec ce dernier tant dans l’action que sur les plans idéologique et politique. Nous devons parfaire les systèmes et mécanismes visant à maintenir la direction du Parti, nous tenir au principe général dit « aller de l’avant à pas assurés », promouvoir de façon synergique les dispositions d’ensemble dites « Plan global en cinq axes » et promouvoir de façon coordonnée les dispositions stratégiques des « Quatre Intégralités », accroître la capacité et la fermeté du Parti quant au maintien de l’orientation politique, à l’élaboration d’un plan d’ensemble, à l’adoption des politiques et au suivi de la progression de la réforme, afin que le Parti puisse maîtriser l’ensemble de la situation et coordonner les actions de toutes les parties.

 

2) Persévérer dans l’idée de la primauté du peuple. Le peuple est le créateur de l’histoire et également la force essentielle dont dépend le destin du Parti et du pays. En insistant sur la position primordiale du peuple et en adhérant fermement à l’idée que le Parti se met au service des intérêts communs et exerce le pouvoir pour le peuple, nous devons rester fidèles à l’objectif fondamental de servir le peuple de tout cœur, mettre en application la ligne de masse du Parti dans toutes les activités d’administration du pays, et nous fixer l’objectif de satisfaire l’aspiration du peuple à une vie meilleure, afin d’accomplir des exploits historiques en nous appuyant sur lui.

 

3) Poursuivre l’approfondissement intégral de la réforme. Seul le socialisme peut sauver la Chine ; seule la politique de réforme et d’ouverture permet de développer à la fois la Chine, le socialisme et le marxisme. Il nous faut maintenir et perfectionner le système socialiste à la chinoise, et faire progresser sans cesse la modernisation du système et de la capacité de gouvernance de l’État. Nous devons nous débarrasser de toutes les idées et conceptions obsolètes ainsi que des défauts des systèmes et des mécanismes, briser la barrière des « privilèges intouchables », en nous référant aux fruits de la civilisation humaine, afin de mettre en place des systèmes complets, scientifiques et efficaces, et de valoriser pleinement la supériorité du système socialiste chinois.

 

4) Maintenir le nouveau concept de développement. Le développement est la base et la clé pour résoudre tous nos problèmes. Nous devons œuvrer pour un développement scientifique et nous attacher à mettre en œuvre l’idée directrice en faveur d’un développement innovant, coordonné, écologique, ouvert et partagé. Il faut maintenir et perfectionner notre système économique fondamental et notre système de répartition des revenus, consolider et développer sans relâche l’économie publique, encourager, soutenir et orienter avec détermination le développement de l’économie non publique, notre but étant de permettre au marché de jouer un rôle décisif dans la distribution des ressources, et au gouvernement de mieux jouer son rôle. Nous devons promouvoir le développement coordonné d’une industrialisation de type nouveau, de l’informatisation, de l’urbanisation et de la modernisation agricole. Nous devons prendre l’initiative de promouvoir la mondialisation économique et d’y participer, et développer une économie ouverte à un niveau plus élevé. Le tout doit contribuer à l’accroissement de la puissance économique et de la puissance globale de notre pays.

 

5) Assurer le statut du peuple en tant que maître du pays. Maintenir l’osmose entre la direction du Parti, la souveraineté populaire et la gouvernance de l’État en vertu de la loi est une exigence essentielle du développement politique socialiste. Nous devons poursuivre fermement la voie de développement politique socialiste à la chinoise, maintenir et parfaire le système des assemblées populaires, le système de coopération multipartite et de consultation politique sous la direction du PCC, le système d’autonomie régionale ethnique et le système d’autogestion populaire aux échelons de base. Il faut aussi consolider et développer le plus large front uni patriotique, développer la démocratie consultative socialiste, améliorer le système démocratique, enrichir les formes et élargir les canaux de réalisation de la démocratie, afin que la souveraineté populaire se traduise concrètement dans la vie politique et la vie sociale.

 

6) Persévérer dans la promotion intégrale de la gouvernance de l’État en vertu de la loi. La promotion intégrale de la gouvernance de l’État en vertu de la loi est une exigence essentielle et une garantie importante du socialisme à la chinoise. La direction du Parti doit s’exercer sur toutes les facettes et dans toutes les opérations de gouvernance de l’État en vertu la loi. Nous devons marcher inébranlablement dans la voie de la légalité socialiste à la chinoise, perfectionner le système juridique socialiste à la chinoise axé sur la Constitution, établir un ordre légal socialiste à la chinoise, pour ainsi créer un véritable État de droit socialiste et développer une théorie de la légalité socialiste à la chinoise. Il faut mener de front la gouvernance de l’État, l’exercice du pouvoir et l’administration dans le respect de la loi, de manière à réaliser l’intégration de l’appareil d’État, de l’Administration et de la société sous l’autorité des lois. Il faut insister sur l’importance de l’alliance entre la loi et la morale dans la gouvernance de l’État, ainsi que sur l’importance d’une parfaite association entre la gouvernance de l’État en vertu de la loi et la gestion du Parti en vertu de ses règlements. La réforme du système judiciaire se poursuivra en profondeur, et des efforts seront faits pour renforcer le sens du droit et de la moralité de toute la nation.

 

7) Adhérer fermement aux valeurs essentielles socialistes. La confiance dans la culture constitue une des forces les plus fondamentales, les plus profondes et les plus durables dans le développement d’un pays et d’une nation. Il nous faut rester fidèles au marxisme, ancrer solidement dans notre esprit le noble idéal du communisme et l’idéal commun du socialisme à la chinoise, tout en cultivant et pratiquant les valeurs essentielles du socialisme. Nous devons renforcer continuellement notre initiative et accroître notre droit à la parole dans le domaine idéologique. La transformation novatrice et le développement innovant des bonnes traditions culturelles chinoises doivent être promus, de manière à poursuivre les traditions de la culture révolutionnaire et à développer une culture socialiste à caractère avancé. Ce n’est qu’en restant fidèles à nos belles traditions, en assimilant tout ce qu’il y a d’utile provenant de l’étranger, et en nous orientant vers l’avenir que nous arriverons à bâtir l’esprit chinois, les valeurs chinoises et la force chinoise qui fourniront un guide moral au peuple.

 

8) Garantir et améliorer le bien-être social par le développement. Le développement a pour but final d’améliorer le bien-être de la population. Nous devons donner la primauté à l’intérêt général et répondre aux préoccupations des citoyens, remédier aux maillons faibles dans le secteur du bien-être public et promouvoir l’équité et la justice sociales. De nouveaux progrès devront être réalisés afin que les enfants grandissent sainement, que tout le monde ait droit à l’éducation, que tout travail soit rémunéré, que chacun soit couvert par l’assurance maladie et l’assurance vieillesse, que tout habitant dispose d’un logement décent et que les démunis puissent recevoir une aide. Il faut mener jusqu’à la victoire finale la lutte contre la pauvreté, garantir à tous les citoyens le sentiment de satisfaction au cours du développement « par tous et pour tous », et promouvoir continuellement le plein épanouissement de l’individu et la prospérité commune. En vue d’assurer la stabilité à long terme de l’État ainsi qu’une vie paisible à la population, il est important de promouvoir l’édification d’une Chine sûre, d’innover en renforçant le système de gouvernance sociale, et de sauvegarder l’harmonie et la stabilité sociales.

 

9) Persévérer dans la coexistence harmonieuse entre l’homme et la nature. L’édification de la civilisation écologique est une œuvre d’importance capitale qui met en jeu le développement pérenne de la nation chinoise. Il faut garder à l’esprit l’idée que la nature vaut son pesant d’or, et appliquer fidèlement la politique fondamentale de l’État. Cette dernière, considérant la protection de l’écosystème comme une question de vie ou de mort,insiste sur les économies des ressources et la protection de l’environnement. Nous veillerons à mettre en place une gestion systématique des montagnes, des rivières, des forêts, des champs, des lacs et des steppes, et à promouvoir un mode de développement et un mode de vie respectueux de l’environnement, grâce à l’application la plus stricte des mesures de protection des écosystèmes. Il faut suivre une voie de progrès permettant de favoriser à la fois la production, le bien-être de la population et la préservation des écosystèmes, afin de construire une belle Chine, de créer un bel environnement de production et de vie pour la population, et d’apporter de nouvelles contributions à l’écosécurité à l’échelle planétaire.

 

10) Adopter un concept global de sécurité nationale. Coordonner le développement et la sécurité, aiguiser notre vigilance face aux risques éventuels même quand nous sommes en temps de paix, voilà un principe important que suit notre Parti dans sa gouvernance de l’État. En plaçant l’intérêt de l’État au-dessus de tout, en ayant pour objectif fondamental la sécurité des citoyens, et sur la base de la sécurité politique, nous devons coordonner les divers facteurs tels que la sécurité extérieure et intérieure, la sécurité du territoire et celle des citoyens, la sécurité conventionnelle et la sécurité non conventionnelle, la sécurité nationale et la sécurité commune. L’accent doit également être mis sur l’amélioration du système de sécurité nationale et le renforcement de la capacité en matière de défense de la sécurité nationale, afin de préserver résolument la souveraineté et la sécurité nationale ainsi que les intérêts en matière de développement.

 

11) Maintenir la direction absolue du Parti sur l’armée populaire. L’édification d’une armée populaire fidèle au Parti, apte au combat, et dotée d’un style de travail exemplaire constitue une garantie stratégique à la réalisation des objectifs des « deux centenaires » et du grand renouveau de la nation. Nous devons appliquer l’ensemble des principes et des règlements fondamentaux visant à garantir la direction du Parti sur l’armée, et faire en sorte que le concept du Parti concernant le renforcement de l’armée dans la nouvelle ère joue un rôle directeur dans l’édification de la défense nationale et des forces armées. Il faut poursuivre l’édification de l’armée sur le plan politique, le renforcement de l’armée par la réforme, le renouveau de l’armée par la science et la technologie, ainsi que l’administration de l’armée en vertu de la loi. En vue de réaliser l’objectif du Parti consistant à construire une armée puissante en cette nouvelle ère, l’accent doit être davantage mis sur la préparation aux combats selon les exigences de guerre en situation réelle, sur l’innovation, sur la mise en place d’institutions, sur la gestion intensive et l’efficacité, ainsi que sur l’intégration militaro-civile.

 

12) Maintenir le principe « un pays, deux systèmes » et promouvoir l’unité nationale. Assurer la prospérité et la stabilité à long terme de Hong Kong et de Macao, et achever la réunification complète de la patrie font partie des exigences essentielles pour réaliser le grand renouveau de la nation chinoise. Nous devons défendre le pouvoir de gouvernance globale de l’autorité centrale sur les Régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao, tout en garantissant le haut degré d’autonomie de ces deux régions, afin que le principe « un pays, deux systèmes » reste inchangé et inébranlable, et qu’il ne soit ni altéré ni déformé lors de son application. En nous tenant à la politique d’une seule Chine et en respectant le « Consensus de 1992 », nous nous efforcerons de mieux promouvoir le développement pacifique des relations entre les deux rives du détroit de Taiwan, d’approfondir la coopération économique et les échanges culturels entre les deux parties et de mobiliser les compatriotes des deux rives pour s’opposer ensemble à toute activité sécessionniste, afin d’œuvrer ensemble à la réalisation du grand renouveau de la nation chinoise.

 

13) Promouvoir la construction d’une communauté de destin pour l’humanité. Le rêve du peuple chinois est étroitement lié aux rêves des autres peuples. Il est difficile de le réaliser sans un environnement international pacifique et un ordre international stable. Il faut tenir compte de la conjoncture tant intérieure qu’extérieure, suivre la voie de développement pacifique et appliquer une stratégie d’ouverture mutuellement bénéfique. En adoptant une conception correcte de la justice et des intérêts, nous devons mettre en place une nouvelle conception de sécurité commune, globale, coopérative et durable, de manière à ouvrir des perspectives de développement caractérisées par l’ouverture, l’innovation, l’inclusion et la réciprocité, à promouvoir les échanges et l’enrichissement mutuel entre civilisations dans le respect de la diversité, et à former un système écologique respectueux de la nature et favorisant un développement vert. La Chine restera toujours un bâtisseur de la paix mondiale, un contributeur au développement dans le monde et un défenseur de l’ordre international.

 

14) Continuer à faire régner une discipline rigoureuse dans les rangs du Parti. Avoir le courage de s’imposer une révolution et appliquer une stricte discipline dans ses rangs font partie des qualités les plus manifestes de notre Parti. Nous devons faire avancer de façon coordonnée l’édification du Parti sous tous ses aspects conformément à ses statuts, en donnant la priorité à l’édification politique et en associant l’édification idéologique à la gestion institutionnelle. En même temps, il faut accorder une attention particulière aux cadres dirigeants qui jouent un rôle déterminant malgré leur petit nombre, respecter les « trois consignes de rigueur et trois règles d’honnêteté », et maintenir le centralisme démocratique ; il faut rendre plus rigoureuse la vie politique au sein du Parti, resserrer la discipline et renforcer le contrôle interne ; il faut assainir le paysage politique en son sein afin de développer une culture politique active et saine et mettre fin à toute pratique malsaine, et adopter une politique de tolérance zéro face à la corruption. C’est ainsi que notre Parti pourra parfaire sa capacité à se purifier, à se perfectionner, à se renouveler et à s’améliorer, et ses liens de chair et de sang avec les masses populaires se perpétueront éternellement.

 

Les 14 points susmentionnés composent la stratégie fondamentale pour le maintien et le développement du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère. Tous les camarades du Parti sont tenus d’appliquer intégralement la théorie, la ligne et la stratégie fondamentales du Parti, afin de mieux guider la progression de la cause du Parti et du peuple.

 

L’innovation théorique est sans limites, tout comme la pratique. Du fait que le monde, comme la Chine, sont en évolution permanente, nous sommes obligés d’adapter la théorie aux exigences de notre époque, de renouveler sans cesse notre compréhension des lois objectives, et de promouvoir sans relâche les innovations théorique, pratique, institutionnelle, et culturelle, entre autres.

 

Camarades,

 

Le temps est la mère de la pensée, la pratique est la source de la théorie. Pourvu que nous ayons la sagesse de comprendre l’appel du temps et le courage de corriger les erreurs commises pour persévérer dans la vérité, le marxisme chinois du XXIe siècle témoignera sûrement d’une force de conviction encore plus puissante.

 

IV. REMPORTER LA VICTOIRE DÉCISIVE DE L’ÉDIFICATION INTÉGRALE DE LA SOCIÉTÉ DE MOYENNE AISANCE ET ENTAMER LA NOUVELLE MARCHE DE L’ÉDIFICATION INTÉGRALE D’UN PAYS SOCIALISTE MODERNE

 

Après la mise en œuvre de la politique de réforme et d’ouverture, notre Parti a pris des dispositions stratégiques en matière de modernisation socialiste du pays et s’est fixé l’objectif stratégique de développement « en trois étapes ». Jusqu’à présent, les deux premières étapes — mettre la population à l’abri des besoins essentiels et lui assurer une vie de moyenne aisance dans son ensemble –, ont été franchies avant la date prévue. Sur cette base, notre Parti a proposé les objectifs suivants : au moment du centenaire de la fondation du Parti, il faudra avoir parachevé la construction de la société de moyenne aisance caractérisée par une économie plus développée, une démocratie plus avancée, un niveau scientifique et éducatif plus élevé, une culture plus prospère, une société plus harmonieuse et une vie plus aisée ; ensuite, après encore trois décennies d’efforts, au moment du centenaire de la fondation de la Chine nouvelle, il faudra avoir réalisé pour l’essentiel la modernisation du pays pour le transformer en un État socialiste moderne.

 

Jusqu’à 2020, nous nous trouverons à l’étape décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance. Il nous faut donc, en conformité avec les exigences formulées par les XVIe, XVIIe et XVIIIe Congrès nationaux du Parti, et en fonction de la transformation de la principale contradiction sociale en Chine, faire progresser de façon coordonnée l’édification sur les plans économique, politique, culturel, social et écologique. Il nous faut aussi appliquer fermement la stratégie de redressement de la nation par les sciences et l’éducation, la stratégie du renouveau national grâce à l’émergence de talents, les stratégies de développement par l’innovation, de redressement des campagnes, de développement interrégional coordonné et de développement durable, ainsi que la stratégie d’intégration militaro-civile. Nous devons mettre l’accent sur les domaines prioritaires, remédier à nos insuffisances, nous débarrasser de nos points faibles, et surtout, livrer la dure bataille pour parer aux risques majeurs, réaliser l’élimination ciblée de la pauvreté et maîtriser la pollution de l’environnement. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que, le moment venu, le peuple chinois reconnaisse l’avènement de la société de moyenne aisance et que cette dernière résiste à l’épreuve de l’histoire.

 

La période qui sépare le XIXe du XXe Congrès national du Parti constitue la charnière des objectifs des « deux centenaires ». Durant cette période, nous devons non seulement parachever l’édification intégrale de la société de moyenne aisance pour réaliser l’objectif du premier centenaire, mais également entreprendre, sur cette lancée, l’édification intégrale d’un pays socialiste moderne — nouvelle grande marche conduisant à la réalisation de l’objectif du deuxième centenaire.

 

Après l’analyse de la conjoncture, tant extérieure qu’intérieure, et l’analyse des conditions de développement dont dispose notre pays, nous pouvons diviser en deux phases la période allant de 2020 au milieu du siècle pour prendre des dispositions.

 

La première phase va de 2020 à 2035 ; phase pendant laquelle, partant de l’établissement de la société de moyenne aisance, nous poursuivrons nos efforts pour réaliser l’essentiel de la modernisation socialiste. La Chine verra alors sa puissance économique, scientifique et technologique accroître considérablement, et se hissera au premier rang des pays novateurs. Le droit du peuple à la participation et au développement sur un pied d’égalité se verra pleinement garanti ; l’édification d’un État, d’un gouvernement et d’une société qui respectent la loi sera parachevée pour l’essentiel ; les systèmes institutionnels seront améliorés dans divers domaines ; et la modernisation du système et de la capacité de gouvernance de l’État sera réalisée dans son ensemble. Le degré de civilité de notre société atteindra un niveau plus élevé, le « soft power » culturel s’accroîtra considérablement, et le rayonnement de la culture chinoise deviendra plus large et plus profond. La vie de la population sera plus aisée ; la proportion des personnes à revenu moyen accroîtra sensiblement ; les écarts de développement entre les régions, et entre les villes et campagnes, ainsi que les écarts du niveau de vie entre les habitants seront notablement réduits ;l’homogénéisation des services publics fondamentaux sera pratiquement réalisée ; notre marche vers l’enrichissement commun accomplira ainsi un pas substantiel. Une structure de gouvernance sociale moderne prendra forme, créant une société où règnent le dynamisme, l’harmonie et l’ordre. L’écosystème connaîtra une amélioration fondamentale, et la belle Chine deviendra réalité.

 

La deuxième phase va de 2035 au milieu du siècle ; phase pendant laquelle nous allons, partant de la modernisation réalisée pour l’essentiel, poursuivre nos efforts pendant encore 15 ans pour transformer notre pays en un grand pays socialiste beau, moderne, prospère, puissant, démocratique, harmonieux et hautement civilisé. La Chine connaîtra alors un renforcement général sur le plan de la civilisation matérielle, politique, spirituelle, sociale et écologique, et réalisera la modernisation du système et de la capacité de gouvernance de l’État. La Chine se hissera au premier rang du monde en termes de puissance globale et de rayonnement international. Le peuple chinois connaîtra pour l’essentiel l’enrichissement commun, aura une vie plus heureuse et plus aisée, et prendra sa place dans le concert des nations avec une plus grande fierté.

 

Camarades,

 

Parachever l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, pour ensuite réaliser l’essentiel de la modernisation, et enfin édifier un grand pays socialiste moderne dans tous les domaines, sont les dispositions stratégiques que nous avons adoptées pour développer le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère. Nous devons faire preuve de ténacité et consentir d’inlassables efforts pour inscrire des chapitres glorieux dans la nouvelle marche vers la modernisation socialiste.

 

V. APPLIQUER LE NOUVEAU CONCEPT DE DÉVELOPPEMENT ET ÉDIFIER UN SYSTÈME ÉCONOMIQUE MODERNE

 

Pour atteindre les objectifs des « deux centenaires », réaliser le rêve du grand renouveau national, et élever sans cesse le niveau de vie de la population, il faut considérer, sans équivoque, le développement comme la tâche primordiale du Parti dans la gouvernance de la nation en vue de son renouveau, continuer à libérer et à développer les forces productives sociales, persévérer dans la réforme visant le perfectionnement de l’économie de marché socialiste, et promouvoir un développement sain et durable de l’économie.

 

Ayant réalisé le passage d’une croissance rapide à un développement axé sur la qualité, notre économie se trouve actuellement à une période clé caractérisée par la transformation du mode de développement, l’optimisation de la structure économique, et la conversion des moteurs de croissance. Pour franchir ce cap, il est impératif d’édifier un système économique moderne, ce qui constitue aussi l’objectif stratégique de notre développement. Il s’agit d’insister sur la primauté de la qualité sans négliger pour autant l’efficacité ; prendre pour fil conducteur la réforme structurelle du côté de l’offre pour promouvoir un changement en matière de qualité, d’efficacité et de force motrice du développement économique ; élever la productivité globale des facteurs et accélérer l’instauration d’un système industriel où l’économie réelle, l’innovation scientifique et technique, la finance moderne et les ressources humaines se développent de façon coordonnée ; construire un système économique caractérisé par la grande efficacité du rôle du marché, un dynamisme entrepreneurial des acteurs microéconomiques et un emploi à bon escient du macro contrôle. Tout cela a pour objectif d’accroître sans cesse la capacité d’innovation et la compétitivité de notre économie.

 

1) Approfondir la réforme structurelle du côté de l’offre. Dans l’édification d’un système économique moderne, il faut définir comme priorité le développement de l’économie réelle, et orienter les efforts notamment sur l’amélioration de la qualité du système de l’offre, afin de renforcer considérablement l’avantage qualitatif de notre économie. Nous accélérerons la transformation du pays en puissance manufacturière et le développement d’une industrie manufacturière avancée, stimulerons l’intégration profonde de l’Internet, des mégadonnées et de l’intelligence artificielle à l’économie réelle, et créerons de nouveaux pôles de croissance. Nous formerons ainsi de nouvelles forces motrices dans les domaines de la consommation haut et moyen de gamme, de l’innovation appelée à jouer un rôle moteur, des technologies vertes et à faibles émissions de carbone, de l’économie partagée, de la chaîne moderne de l’offre et des prestations de services en capital humain. Nous encouragerons l’optimisation et la mise à niveau des industries traditionnelles et accélérerons le développement du secteur des services modernes, en nous référant aux normes internationales. Nous ferons évoluer nos industries vers les positions moyennes et supérieures de la chaîne mondiale de valeur, et ferons émerger des conglomérats manufacturiers avancés de niveau mondial. Nous intensifierons la construction des réseaux d’infrastructures dans les domaines des ouvrages hydrauliques, des chemins de fer, des routes, du transport fluvial et maritime, de l’aviation, de la canalisation, de l’électricité, de l’information et de la logistique. Poursuivant nos efforts pour éliminer les capacités de production obsolètes, diminuer les stocks, baisser le ratio de levier, réduire les coûts de production et combler les failles de l’économie, nous chercherons en même temps à optimiser la répartition des ressources existantes et à multiplier l’offre de nouvelles ressources de qualité, afin de réaliser un équilibre dynamique entre l’offre et la demande. Par la galvanisation et la protection de l’esprit entrepreneurial, nous encouragerons davantage d’acteurs à se lancer dans l’innovation et la création d’entreprises. Nous formerons un grand nombre de travailleurs dotés de qualités intellectuelles, de compétences professionnelles et d’un esprit novateur, et ferons rayonner l’esprit du travailleur modèle et du maître-artisan, afin que règnent des mœurs honorant le travail dans la société et la recherche de la perfection dans le monde professionnel.

 

2) Accélérer l’édification d’un État innovant. L’innovation est la première force motrice du développement et constitue la base stratégique de la mise en place d’un système économique moderne. Ciblant les sciences et technologies d’avant-garde dans le monde, nous renforcerons les recherches fondamentales et tâcherons de réaliser d’importantes percées dans les recherches fondamentales proactives et les recherches originales et pionnières. En même temps, nous intensifierons les recherches fondamentales appliquées, étendrons les grands projets nationaux scientifiques et technologiques, et favoriserons l’innovation surtout en matière de technologies génériques clés, technologies d’avant-garde, technologies d’ingénierie moderne et technologies révolutionnaires. De cette manière, nous fournirons un appui solide à la construction d’un État puissant dans les domaines des sciences et technologies, des produits de qualité, de l’aérospatiale, de l’Internet et des transports, et aussi à la construction d’une Chine numérique et d’une société intelligente. Nous accentuerons l’édification du système national d’innovation et consoliderons les forces scientifiques et technologiques d’intérêt stratégique. Dans le cadre de l’approfondissement de la réforme du système scientifique et technologique, nous mettrons en place un système d’innovation technologique alimenté principalement par les entreprises, orienté vers le marché, et associant les entreprises, les établissements d’enseignement et les institutions de recherche. Nous accorderons davantage de soutien aux PME dans leurs efforts d’innovation, et stimulerons la conversion des acquis scientifiques et technologiques en forces productives réelles. Nous exalterons l’ardeur de toute la société pour l’innovation et intensifierons la création, la protection et l’utilisation de la propriété intellectuelle. Enfin, nous formerons un plus grand nombre d’équipes novatrices de haut niveau, de talents en sciences et technologies stratégiques, de chefs de file et de jeunes éminents atteignant tous un niveau scientifique et technologique international.

 

3) Appliquer la stratégie de redressement des régions rurales. Du fait que les problèmes liés à l’agriculture, aux paysans et aux régions rurales revêtent une importance fondamentale pour l’économie nationale et la vie de la population, nous devons toujours considérer les solutions à ces problèmes comme « la priorité des priorités » du travail du Parti. Nous devons privilégier le progrès de l’agriculture et des régions rurales dans le développement national. Des industries prospères, un milieu où il fait bon vivre, des mœurs civilisées, une gouvernance efficace et une vie aisée étant l’exigence globale à remplir, nous établirons des systèmes, des mécanismes et des politiques en faveur du développement intégré ville-campagne, et accélérerons la modernisation de l’agriculture et des régions rurales. Nous consoliderons et améliorerons le système fondamental d’exploitation rurale, approfondirons la réforme du système agraire rural, et perfectionnerons le régime de séparation entre le droit de propriété, le droit de prise en charge forfaitaire et le droit d’exploitation des terres agricoles. Le droit forfaitaire devant être stabilisé et maintenu à long terme, les contrats signés pour la deuxième tranche de 30 ans et arrivés à échéance seront renouvelés pour une nouvelle durée. Nous approfondirons la réforme du système de propriété collective rurale pour garantir les droits de propriété aux paysans et renforcer l’économie collective. La sécurité alimentaire fera l’objet d’une garantie renforcée, afin que les Chinois aient toujours des réserves suffisantes à leur disposition. Nous allons construire un système industriel et un système de production et d’exploitation adaptés aux exigences de l’agriculture moderne, perfectionner le système de soutien et de protection agricoles, développer l’exploitation d’envergure adéquate sous diverses formes, former des exploitants agricoles de type nouveau, et améliorer le système de prestations sociales agricoles, afin de réaliser une parfaite association entre les foyers paysans et l’agriculture moderne. Nous favoriserons le développement intégré des secteurs primaire, secondaire et tertiaire, encouragerons et soutiendrons les paysans désireux de trouver un emploi ou de créer leur propre entreprise, et accroîtrons le revenu des paysans par de multiples moyens. Nous renforcerons le travail aux échelons de base, et améliorerons le système de gouvernance rurale, combinant l’autogestion, l’observation de la loi et le respect des convenances morales. Nous formerons des équipes de travail compétentes en agriculture, dévouées aux régions rurales et attachées au sort des paysans.

 

4) Appliquer la stratégie de développement interrégional coordonné. Nous accroîtrons notre soutien pour accélérer le développement des anciennes bases révolutionnaires, des régions peuplées d’ethnies minoritaires, des régions frontalières et des régions démunies. Nous adopterons des mesures plus énergiques pour faire émerger une nouvelle configuration concernant la mise en valeur de l’Ouest de la Chine, approfondirons la réforme pour accélérer le redressement des anciennes bases industrielles du Nord-Est et d’autres régions chinoises, exploiterons les atouts du Centre du pays pour promouvoir son décollage, et ferons jouer davantage un rôle moteur à l’innovation pour réaliser en premier l’optimisation du développement de l’Est du territoire. Tout cela permettra d’instaurer un nouveau mécanisme de développement interrégional coordonné et plus efficace. Nous prendrons les conurbations comme principaux modèles d’aménagement urbain caractérisé par un développement coordonné des grandes, moyennes et petites villes, et des bourgs, et accélérerons la transformation d’anciennes populations agricoles en populations urbaines. Nous ferons progresser le développement coordonné de la zone Beijing-Tianjin-Hebei en commençant par la tâche clé qui consiste à déplacer hors de Beijing les fonctions qu’une capitale n’est pas obligée d’endosser, et construirons la nouvelle zone de Xiong’an selon une planification et des critères de haut niveau. Nous stimulerons le développement de la ceinture économique du Changjiang en veillant à conjuguer nos efforts pour sa protection au lieu de son exploitation à grande échelle. Nous soutiendrons la reconversion et la mise à niveau de l’économie des régions qui dépendent de leurs ressources naturelles. Nous accélérerons le développement des régions frontalières, sans jamais négliger leur stabilité et leur sécurité. Poursuivant la coordination de la mise en valeur des ressources terrestres et maritimes, nous accélérerons notre marche vers une puissance maritime.

 

5) Accélérer le perfectionnement du système d’économie de marché socialiste. La réforme du système économique doit se fixer pour priorité le perfectionnement du système de propriété et l’allocation des facteurs de production en vertu des règles du marché pour réaliser une incitation efficace en faveur du droit de propriété, la libre circulation des facteurs de production, l’ajustement automatique et rapide des prix, la concurrence loyale et ordonnée, ainsi que la sélection par élimination des entreprises. Il faut perfectionner les divers systèmes de gestion des biens publics, réformer le système de licence d’exploitation des capitaux publics, accélérer l’optimisation de la répartition, la restructuration et la réorganisation stratégique de l’économie publique, favoriser la valorisation et la revalorisation optimales des biens publics, poursuivre les efforts pour que les capitaux publics gagnent en puissance, en ampleur et en performance, et prévenir efficacement la fuite des avoirs publics. Nous travaillerons à approfondir la réforme des entreprises d’État, à développer l’économie de propriété mixte et à créer des entreprises compétitives de niveau mondial. Nous mettrons en œuvre intégralement le système de la liste négative pour l’accès au marché, procéderons à l’examen ou l’abrogation des règlements et méthodes qui entravent la formation d’un marché unifié et la concurrence loyale, soutiendrons le développement des entreprises privées et stimulerons le dynamisme de toutes les catégories d’acteurs du marché. Nous approfondirons la réforme concernant la simplification des formalités d’enregistrement des entreprises industrielles et commerciales, mettrons fin au monopole administratif, préviendrons le monopole sur le marché, accélérerons la réforme visant à soumettre le prix des facteurs de production aux règles du marché, assouplirons les conditions d’accès au secteur des services et perfectionnerons le système de supervision du marché. Nous innoverons en perfectionnant le contrôle macroéconomique, ferons jouer un rôle d’orientation stratégique au plan de développement national, et perfectionnerons le mécanisme de coordination des politiques économiques d’ordre budgétaire, monétaire, sectoriel et régional. Nous améliorerons les différents systèmes et mécanismes favorables à la croissance de la consommation pour renforcer le rôle fondamental de la consommation dans le développement économique. Nous approfondirons la réforme du système d’investissement et de financement pour faire valoir le rôle décisif des investissements dans l’optimisation de la structure de l’offre. Nous accélérerons l’établissement d’un système moderne des finances, de manière à mettre en place des relations financières entre les instances centrales et locales caractérisées par une délimitation claire des pouvoirs et des responsabilités, une répartition coordonnée des ressources et l’équilibre interrégional. Nous travaillerons à établir un système budgétaire complet, standardisé, transparent, scientifique et véritablement contraignant, et à mettre en œuvre intégralement le régime d’évaluation des performances budgétaires. Nous approfondirons la réforme du régime fiscal pour améliorer le système fiscal local. Nous poursuivrons la réforme du système financier, de manière à renforcer la capacité de la finance à servir l’économie réelle, à augmenter la part des financements directs et à favoriser le développement sain du marché des capitaux à multiples niveaux. Nous parachèverons le cadre de contrôle basé sur la politique monétaire et la politique macroéconomique prudentielle, et approfondirons la réforme visant à soumettre le taux d’intérêt et le taux de change aux règles du marché. Enfin, nous améliorerons le système de supervision financière pour parer aux risques financiers systémiques.

 

6) Promouvoir une nouvelle conjoncture d’ouverture tous azimuts. L’ouverture amène le progrès ; le repli sur soi conduit à la régression. La porte ouverte de la Chine ne se refermera pas, mais au contraire continuera à s’ouvrir encore davantage. Ayant comme priorité le projet « la Ceinture et la Route », nous devons combiner au mieux les deux volets de la stratégie, à savoir « introduire de l’étranger » et « sortir du pays » ; suivre fidèlement le principe de « consultations réciproques, d’engagement commun et de partage des fruits » ; et renforcer l’ouverture et la coopération en matière de capacités d’innovation, pour créer une situation caractérisée par une ouverture simultanée vers l’Est et l’Ouest aux interactions terre-mer. Nous étendrons le commerce extérieur, tout en encourageant l’émergence de nouvelles activités et de nouveaux modes de commerce pour faire de la Chine une puissance commerciale. Nous appliquerons la politique de libéralisation et de facilitation du commerce et de l’investissement de haut niveau, mettrons intégralement en œuvre la règle du traitement national dès la phase de pré-établissement et le système de la liste négative, assouplirons considérablement les conditions d’accès au marché, élargirons l’ouverture sur l’extérieur du secteur des services, et protègerons les droits et intérêts légitimes des entrepreneurs étrangers en matière d’investissement. Toute entreprise enregistrée en Chine sera traitée sur un pied d’égalité. Nous continuerons à optimiser les dispositions d’ouverture régionale et accroîtrons l’ouverture de l’Ouest de la Chine. Nous accorderons aux zones pilotes de libre-échange un plus grand pouvoir de décision concernant les réformes et étudierons la question de l’établissement de ports de libre-échange. Nous adopterons de nouveaux modes d’investissement à l’étranger, encouragerons la coopération internationale en matière de capacité de production, créerons des réseaux de commerce, d’investissement, de financement, de production et de services tournés vers le monde entier, et travaillerons à nous doter, dans les meilleurs délais, de nouveaux atouts dans la coopération et la concurrence économiques internationales.

 

Camarades,

 

Libérer et développer les forces productives sociales est une exigence essentielle du socialisme. Stimulons la créativité de toute la société,donnons un nouveau souffle au développement, et efforçons-nous de réaliser un développement de meilleure qualité, plus efficace, plus équitable et plus durable !

 

VI. PARFAIRE LE SYSTÈME DE LA SOUVERAINETÉ POPULAIRE ET DÉVELOPPER LA DÉMOCRATIE SOCIALISTE

 

La Chine est un État socialiste de dictature démocratique populaire, dirigé par la classe ouvrière et fondé sur l’alliance des ouvriers et des paysans. Tous les pouvoirs de l’État appartiennent au peuple. La démocratie socialiste chinoise est la démocratie la plus large, la plus réelle et la plus efficace pour préserver les intérêts fondamentaux du peuple. Développer la démocratie socialiste a pour but de traduire la volonté du peuple, de garantir ses droits et intérêts, de stimuler sa créativité, et de lui assurer par tout un système institutionnel le statut de maître du pays.

 

Du point de vue de l’histoire, de la théorie ou de la pratique, la voie de développement politique socialiste aux caractéristiques chinoises est l’aboutissement logique de la lutte de longue haleine menée par le peuple chinois depuis les temps modernes. C’est aussi la condition nécessaire au maintien de la nature du Parti et à la poursuite de son objectif fondamental. Il n’existe pas, dans le monde, deux systèmes politiques parfaitement identiques. On ne doit pas juger d’une façon abstraite le régime politique d’un pays sans tenir compte de ses conditions sociales et politiques, ou de ses traditions historiques et culturelles, ni le vénérer comme absolument supérieur aux autres, ni transposer mécaniquement sur celui-ci le modèle politique d’un autre pays. Nous devons poursuivre sans relâche et développer sans cesse la démocratie socialiste chinoise ; promouvoir activement, mais méthodiquement, la réforme du système politique ; nous efforcer d’institutionnaliser, de normaliser et de régulariser la démocratie socialiste ; nous assurer de garantir le droit du peuple à gérer, en vertu de la loi, les affaires de l’État, ainsi que les activités économiques, culturelles et sociales par différents moyens et sous diverses formes, afin de consolider et de développer une situation politique caractérisée par le dynamisme, la stabilité et l’union.

 

1) Veiller à une parfaite cohésion entre la direction du Parti, la souveraineté populaire et la gouvernance de l’État en vertu de la loi. La direction du Parti constitue la garantie fondamentale de la souveraineté populaire et de la gouvernance en vertu de la loi ; la souveraineté populaire est la nature même de la démocratie socialiste ; la gouvernance en vertu de la loi est le principal mode de gestion des affaires de l’État par le peuple sous la direction du Parti. Elles représentent trois aspects indivisibles de la grande pratique de la réalisation de la démocratie socialiste en Chine. Dans la vie politique chinoise, le Parti joue un rôle directeur. Il faut d’une part, renforcer la direction centralisée et unifiée du Parti, et d’autre part, soutenir l’Assemblée populaire, le gouvernement, la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), la cour de justice et le parquet dans leurs efforts pour exercer leurs fonctions, engager des actions et jouer leur rôle conformément à la loi et aux règlements. Ces deux éléments sont cohérents. Il importe donc d’améliorer les modes de direction et de gouvernement du Parti pour garantir une gouvernance efficace de l’État par le peuple sous la direction du Parti ; il est nécessaire d’élargir la participation ordonnée du peuple aux affaires politiques pour lui garantir des droits de participation en vertu de la loi aux élections, aux consultations, à la prise de décisions, à la gestion et au contrôle démocratiques ; il faut défendre l’unité, l’inviolabilité et l’autorité de la loi, et renforcer la garantie légale des droits de l’homme, pour assurer au peuple la jouissance d’une large panoplie de droits et libertés accordés par la loi. Nous consoliderons les organes du pouvoir à la base ; parachèverons le système démocratique aux échelons de base ; et assurerons au peuple ses droits à l’information, à la participation, à l’expression et à la supervision. Nous perfectionnerons le mécanisme de prise de décisions en vertu de la loi et mettrons en place un mécanisme de fonctionnement des pouvoirs caractérisé par une prise de décisions scientifique, une application rigoureuse des décisions et un contrôle efficace des pouvoirs. Les cadres à tous les échelons doivent renforcer leur conscience démocratique, faire valoir l’esprit démocratique, se soumettre au contrôle du peuple et servir le peuple avec dévouement.

 

2) Renforcer la garantie institutionnelle de la souveraineté populaire. Le système des assemblées populaires est un système politique fondamental garantissant l’unité organique entre la direction du Parti, la souveraineté populaire et la gouvernance de l’État en vertu de la loi. Il faut le maintenir pour longtemps et le perfectionner sans cesse. Il faut soutenir et garantir l’exercice du pouvoir de l’État par le peuple au moyen des assemblées populaires. Il faut faire jouer aux assemblées populaires et à leurs comités permanents leur rôle central dans le travail législatif ; perfectionner le système d’organisation et de travail des assemblées populaires ; soutenir et garantir l’exercice par les assemblées populaires des attributions de législation, de supervision, de prise de décisions, de nomination et de destitution des responsables conformément à la loi ; et mieux faire jouer leur rôle aux représentants des assemblées populaires, de sorte que les assemblées populaires à tous les échelons et leurs comités permanents deviennent des organes assumant pleinement les responsabilités qui leur sont confiées par la Constitution et les lois, et restent en contact étroit avec les masses populaires. Enfin, nous perfectionnerons la structuration des commissions spéciales des assemblées populaires, et optimiserons la composition des membres de leur comité permanent et de leurs commissions spéciales.

 

3) Faire valoir le rôle important de la démocratie consultative socialiste. Se consulter quand un problème se pose, et solliciter les avis de tous quand il s’agit des affaires de tous représentent l’esprit de la démocratie populaire. La démocratie consultative est un moyen essentiel à la concrétisation de la direction du Parti, une forme d’expression unique et un atout maître de la démocratie socialiste chinoise. Nous devons promouvoir un large développement institutionnel, à plusieurs niveaux, de la démocratie consultative ; et devons encourager,de façon coordonnée, les consultations au sein des partis politiques, des assemblées populaires, des organes gouvernementaux, des organisations de la CCPPC, des groupements populaires et des organisations sociales, ainsi qu’aux échelons de base. Il faut renforcer l’édification institutionnelle de la démocratie consultative, établir des mécanismes globaux et procédures intégrales, ainsi que des moyens de réalisation, pour garantir au peuple un droit de participation large, durable et réel à la vie politique quotidienne.

 

La CCPPC, système propre à la Chine, est un important canal et l’organe consultatif de la démocratie consultative socialiste. Elle doit axer ses activités sur les tâches centrales du Parti et de l’État, et les mener autour des deux thèmes que sont l’unité et la démocratie, pour traduire la démocratie consultative dans tout le processus des consultations politiques, du contrôle démocratique, de la participation à la vie politique et de la délibération des affaires de l’État. Elle doit enrichir le contenu et perfectionner les méthodes de consultation et de délibération des affaires de l’État, élargir les consensus et promouvoir l’unité. Elle doit renforcer son rôle dans le contrôle démocratique, avec un accent mis sur la supervision de la mise en œuvre des politiques majeures et des décisions importantes du Parti et de l’État. Il faut accroître la représentativité des différents groupes de la CCPPC et assurer une meilleure formation de ses membres.

 

4) Approfondir la pratique de la gouvernance de l’État en vertu de la loi. La promotion intégrale de la gouvernance de l’État en vertu de la loi est une révolution profonde dans l’administration de l’État. Il faut promouvoir la primauté de la loi, légiférer de manière scientifique, assurer l’application rigoureuse de la loi, garantir l’équité judiciaire et faire respecter la loi par tous les citoyens. Afin de renforcer la direction unifiée pour la promotion de l’édification d’une Chine fondée sur les lois, un groupe dirigeant central chargé de la promotion intégrale de la gouvernance de l’État en vertu de la loi sera mis en place. Nous veillerons à l’application de la Constitution et au contrôle de son application, à faire progresser le travail d’examen de la constitutionnalité et à préserver l’autorité de la Constitution. Nous ferons en sorte que les lois soient édictées dans un esprit scientifique, dans le respect des procédures démocratiques et en vertu de la loi, pour que les bonnes lois favorisent le développement et garantissent la bonne gouvernance. Nous veillerons à édifier un gouvernement respectueux de la loi, à soumettre l’administration au régime légal, et à appliquer la loi de façon stricte, uniforme, équitable et adéquate. Nous approfondirons la réforme globale du système judiciaire et les réformes d’accompagnement, et mettrons en œuvre intégralement le système de responsabilité dans le travail judiciaire, pour permettre à la population de ressentir l’équité et la justice dans chaque affaire judiciaire. Nous redoublerons d’efforts pour assurer une large diffusion des connaissances juridiques parmi les Chinois, développer une culture légalitaire socialiste, et enraciner dans les esprits la primauté de la Constitution et des lois et l’égalité de tous devant la loi. Les organisations du Parti à tous les échelons et tous les membres du Parti doivent donner l’exemple en étudiant, en respectant et en observant la loi, et y recourir si besoin est. Aucune organisation ni aucun individu n’a le droit de se placer au-dessus de la Constitution et des lois, et personne ne doit substituer son autorité personnelle à celle de la loi, placer son pouvoir au-dessus de la loi, chercher des gains illicites, ni abuser de ses fonctions pour satisfaire ses intérêts personnels.

 

5) Approfondir la réforme des institutions et du système administratif. Nous devons revoir selon une planification d’ensemble la structuration des différentes institutions, définir de façon scientifique les attributions des organismes du Parti et du gouvernement, les attributions de leurs organes internes, et préciser leurs responsabilités respectives ; mettre en valeur de manière coordonnée toutes les catégories d’effectifs pour établir un système de gestion scientifique et rationnel et parfaire les lois organiques des organismes d’État ; poursuivre la reconversion des fonctions gouvernementales, approfondir la décentralisation et la simplification administratives, et innover dans les méthodes de supervision, afin de renforcer la capacité d’exercice du pouvoir et la crédibilité du gouvernement, et de mettre en place un gouvernement au service du peuple et apprécié par celui-ci. Davantage de pouvoirs de décision seront attribués aux gouvernements provinciaux et à ceux des échelons inférieurs. Des recherches seront faites pour étudier la possibilité d’une fusion des organes du Parti et du gouvernement dont les attributions sont similaires aux niveaux des provinces, des municipalités et des districts, ou de l’intégration du personnel. Nous approfondirons la réforme des établissements d’intérêt public, qui verront leur vocation d’utilité publique renforcée, et nous ferons avancer cette réforme selon le principe suivant : séparer les établissements d’intérêt public de l’Administration, séparer ces établissements des entreprises qui en dépendent et séparer les fonctions administratives des fonctions exécutives.

 

6) Consolider et développer le front uni patriotique. Le front uni est un atout majeur pour la réussite de la cause du Parti ; il sera maintenu encore pour une longue période. Nous devons porter haut levé le drapeau du patriotisme et du socialisme, garder toujours à l’esprit l’importance de la solidarité et de l’unité, et assurer une parfaite cohésion entre l’homogénéité et l’hétérogénéité, de manière à trouver le plus grand dénominateur commun et le plus grand des cercles concentriques ; maintenir le principe de coexistence à long terme, de contrôle mutuel, de sincérité réciproque et de communauté de destin pour le meilleur et pour le pire ; encourager un meilleur exercice des fonctions de participation au pouvoir de l’État des partis et groupements démocratiques, conformément aux exigences du socialisme à la chinoise ; appliquer sans réserve la politique ethnique du Parti, approfondir les campagnes d’éducation sur le thème de la solidarité et du progrès commun des ethnies, renforcer le sentiment d’appartenance à la nation chinoise et promouvoir les échanges et l’inspiration mutuelle entre les différentes ethnies chinoises, pour que toutes forment ensemble une nation étroitement unie comme les pépins d’une grenade et luttent ensemble pour réaliser la prospérité partagée et le développement commun. Nous appliquerons intégralement la politique fondamentale du Parti en matière d’affaires religieuses, veillerons à ce que les religions se conforment mieux aux réalités chinoises, et travaillerons activement à aider les religions à s’adapter à la société socialiste. Nous renforcerons notre travail auprès des intellectuels non communistes et mènerons à bien notre travail auprès des nouvelles couches sociales pour faire valoir leur rôle important dans la cause du socialisme à la chinoise. Nous établirons des relations de type nouveau entre les pouvoirs publics et les acteurs économiques caractérisées par la proximité et l’honnêteté, et travaillerons à assurer le développement sain de l’économie non publique et l’épanouissement de ses acteurs dans de bonnes conditions. Nous renforcerons nos liens et notre solidarité avec les Chinois d’outre-mer, avec les ressortissants chinois revenus dans leur patrie et leur famille, pour œuvrer ensemble au grand renouveau de la nation chinoise.

 

Camarades,

 

Le régime politique socialiste à la chinoise est une grande création de notre Parti et du peuple chinois. Nous avons totalement la confiance et la capacité de faire pleinement valoir les avantages et les caractéristiques de la démocratie socialiste chinoise et de contribuer, par la sagesse chinoise, au progrès de la civilisation humaine sur le plan politique.

 

VII. RENFORCER LA CONFIANCE DANS NOTRE CULTURE ET FAVORISER L’ÉPANOUISSEMENT DE LA CULTURE SOCIALISTE

 

La culture est l’âme d’un pays et d’une nation. Si la culture est florissante, le pays et la nation le seront aussi. Sans une confiance solide dans notre culture et sans une prospérité culturelle, le grand renouveau de la nation chinoise serait impossible. Aussi devons-nous poursuivre la voie du développement de la culture du socialisme à la chinoise et développer la créativité culturelle de toute la nation, afin de faire de la Chine une puissance culturelle socialiste.

 

La culture socialiste chinoise, qui tire son origine de la brillante culture traditionnelle que la nation chinoise a forgée durant son histoire cinq fois millénaire, s’est développée avec la culture révolutionnaire et la culture socialiste avancée créées par le peuple chinois au cours de la révolution, de la construction et de la réforme du pays sous la direction du Parti, et s’est enracinée dans la grande pratique du socialisme à la chinoise. Développer la culture socialiste chinoise, c’est mettre en place, à la lumière du marxisme et dans le respect des valeurs de la culture chinoise, en tenant compte des réalités de la Chine contemporaine et des conditions de notre époque, une culture socialiste nationale, scientifique et populaire, orientée vers la modernisation, le monde extérieur et l’avenir, et promouvoir un développement coordonné des civilisations socialistes matérielle et spirituelle. Il faut également suivre les principes suivants : servir le peuple et le socialisme ; « que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent » ; et réaliser une transformation créative et un développement innovant, pour assurer un nouveau rayonnement splendide de la culture chinoise.

 

1) Maintenir fermement notre rôle directeur dans le travail idéologique. L’orientation et la voie du développement de la culture dépendent de l’idéologie. Nous devons faire progresser la sinisation et la popularisation du marxisme tout en l’adaptant à notre temps, et construire une idéologie socialiste dotée d’une puissante force de cohésion et d’orientation, afin d’unir le peuple sur le plan des idéaux, des convictions, des valeurs et de la moralité. Il faut renforcer l’arsenal théorique pour que la pensée du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère soit enracinée dans les esprits. Il est aussi nécessaire d’approfondir l’étude et l’édification de la théorie marxiste, d’accélérer le développement de la philosophie et des sciences sociales à la chinoise, et de promouvoir la construction de think-tanks de type nouveau et aux caractéristiques chinoises. Nous continuerons à guider correctement l’opinion publique, attacherons une haute importance au renforcement et à l’innovation des moyens de diffusion, et augmenterons les capacités de communication et d’orientation, l’influence et la crédibilité des médias auprès du grand public. Nous travaillerons à enrichir et assainir les sites Internet et à mettre en place un système de gestion intégrée, afin de créer un cyberespace sain et propre. Il faut bien appliquer le système de responsabilité dans le travail idéologique ; renforcer la gestion et consolider nos positions ; et faire la distinction entre les questions de principes politiques, les questions de compréhension, et les questions d’ordre académique, afin de réagir et de lutter sans équivoque contre toutes les idées erronées.

 

2) Cultiver et mettre en pratique les valeurs essentielles socialistes. Celles-ci reflètent parfaitement l’esprit de la Chine contemporaine et représentent l’aspiration commune du peuple chinois. Nous devons nous fixer l’objectif de former une nouvelle génération, capable de remplir la grande mission du renouveau de la nation chinoise ; renforcer l’éducation, la mise en pratique et la garantie institutionnelle des valeurs essentielles socialistes ; faire jouer le rôle d’orientation des valeurs essentielles socialistes dans l’éducation des citoyens, l’édification de la civilisation spirituelle, ainsi que dans la création et la diffusion des produits culturels ; faire en sorte que ces valeurs soient intégrées dans tous les aspects du développement social, que le peuple y adhère de bon cœur et qu’il les traduise dans son comportement quotidien. Il faut que toute la population soit mobilisée, que les cadres donnent l’exemple, et que la sensibilisation commence au niveau familial dès le plus jeune âge. Nous travaillerons à mettre pleinement en valeur les pensées, les conceptions, l’esprit humanitaire et les règles morales que recèle l’excellente culture traditionnelle chinoise, tout en innovant en fonction des exigences de notre époque, pour que la beauté éternelle de la culture chinoise rayonne sur notre époque.

 

3) Renforcer l’édification morale et idéologique. Un peuple ferme dans ses convictions fait la force du pays et porte l’espoir de la nation. Nous devons élever la conscience idéologique, le niveau de moralité et la formation culturelle du peuple,ainsi que le degré de civilité de toute la société ; développer dans tout le pays l’éducation en matière d’idéaux et de convictions, mener en profondeur la campagne de sensibilisation au socialisme à la chinoise et au rêve chinois, faire rayonner l’esprit national et l’esprit de l’époque, et renforcer l’éducation au patriotisme, au collectivisme et au socialisme, de manière à ce que la population se forge une juste conception de l’histoire, de la nation, du pays et de la culture ; pousser en avant le projet d’éducation morale des citoyens, faire progresser l’éducation en matière de civilité, de déontologie professionnelle, de valeurs familiales et de qualités individuelles, et encourager dans la société les comportements qui incarnent la bonté et le progrès, ainsi que la piété filiale et la loyauté envers la patrie et le peuple ; renforcer et améliorer le travail politico-idéologique et développer en profondeur les activités de masse visant à construire une civilisation spirituelle ; faire rayonner l’esprit scientifique, populariser les connaissances scientifiques, faire évoluer les us et coutumes pour mettre à l’honneur les mœurs de notre époque et combattre l’action corrosive de la culture décadente et arriérée ; sensibiliser à l’honnêteté, institutionnaliser le bénévolat et renforcer le sens des responsabilités sociales, du respect des règles et du dévouement à la société.

 

4) Faire prospérer la littérature et l’art socialistes. La littérature et l’art socialistes appartiennent au peuple. Il faut persister dans le principe consistant à accorder la place centrale au peuple dans la création littéraire et artistique,se frotter aux réalités et s’enraciner dans la vie du peuple pour créer des œuvres littéraires et artistiques dignes de notre époque. Pour la prospérité des créations littéraires et artistiques, il faut : veiller à une parfaite association entre la profondeur de la pensée, la virtuosité de l’art et la finesse du style ; encourager les œuvres inspirées de la vie réelle ; et offrir sans cesse au grand public des chefs-d’œuvre qui valorisent le Parti, la patrie, le peuple et des héros incarnant les valeurs socialistes. Il est important de développer la démocratie sur les plans académique et artistique, et d’encourager les œuvres originales et les créations littéraires et artistiques innovantes. La recherche de la hauteur d’esprit et du bon goût, ainsi que le sens de la responsabilité sont à encourager, tandis que les goûts vulgaires, vils et bas sont à combattre. Nous renforcerons la formation des écrivains et artistes afin de faire émerger un grand nombre d’illustres maîtres très respectés pour leur haute moralité et leurs compétences professionnelles, ainsi qu’un grand nombre de créateurs de haut niveau.

 

5) Promouvoir la culture et l’industrie culturelle. Afin de répondre aux nouvelles aspirations du peuple à une vie meilleure, nous devons lui fournir une riche nourriture spirituelle. Pour ce faire, il nous faut approfondir la réforme du système culturel, tout en en perfectionnant les mécanismes de gestion, et accélérer la mise en place d’un système institutionnel qui associe l’efficacité sociale et l’efficacité économique en privilégiant la première. Nous veillerons à perfectionner le système de services culturels publics, à promouvoir la réalisation de projets culturels pour le bénéfice de tous, et à diversifier les activités culturelles de masse. Des efforts seront déployés pour le renforcement de la protection, de la mise en valeur et de la transmission du patrimoine culturel matériel et immatériel. Nous travaillerons à améliorer le système d’industrie et de marché culturels modernes, à mettre en œuvre des mécanismes de production et d’exploitation innovants, à perfectionner les mesures économiques en matière culturelle,et à développer de nouvelles branches d’activités culturelles. Nous généraliserons la pratique de l’exercice physique à une large échelle, accélérerons la construction d’une puissance sportive et ferons avancer les préparatifs des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de Beijing. Par ailleurs, nous intensifierons les échanges humains et culturels avec l’extérieur dans un esprit d’enrichissement mutuel et dans le respect des valeurs culturelles chinoises. Nous renforcerons nos capacités de communication internationale, notre but étant de savoir « raconter la Chine », c’est-à-dire, de présenter de manière exhaustive une Chine réelle et pluridimensionnelle. Le tout doit contribuer au renforcement du « soft power » culturel de notre pays.

 

Camarades,

 

Depuis sa création, notre Parti a joué un rôle de pionnier et de contributeur au progrès de la culture chinoise avancée ; il est aussi le continuateur et le promoteur de la brillante culture traditionnelle chinoise. Aujourd’hui, tous les communistes et le peuple chinois doivent et peuvent, j’en suis sûr, accomplir la nouvelle mission culturelle qui leur incombe, enrichir la culture chinoise par des apports créatifs et la faire progresser en suivant la marche de l’histoire.

 

VIII. GARANTIR ET AMÉLIORER LES CONDITIONS DE VIE DE LA POPULATION, ET INNOVER POUR RENFORCER LA GOUVERNANCE SOCIALE

 

Tous les membres du Parti doivent garder constamment à l’esprit que la question « qui servir » est la pierre de touche permettant de déterminer la nature d’un parti et d’un pouvoir. Guider le peuple vers une vie meilleure, tel est l’objectif que notre Parti poursuit inlassablement. Nous devons toujours placer les intérêts du peuple au-dessus de tout, garantir que les fruits de la réforme et du développement bénéficient davantage et plus équitablement à l’ensemble de la population, et avancer sans cesse vers l’enrichissement commun de tous.

 

Pour garantir et améliorer la qualité de vie de la population, il faut, avant tout, concentrer nos efforts sur les problèmes qui touchent aux intérêts directs et réels de la population et qui sont au centre de ses préoccupations ; faire tout ce qui est possible, dans la mesure de nos capacités, et travailler année après année sans relâche pour résoudre un par un les problèmes rencontrés par la population. Nous devons agir en suivant le principe de « par tous et pour tous », observer le seuil à ne pas dépasser, mettre l’accent sur les domaines prioritaires, perfectionner le système institutionnel et orienter les anticipations de la population. Il faut aussi travailler à parfaire le réseau de services publics et à satisfaire les besoins essentiels de la population, de même que son aspiration croissante à une vie meilleure ; promouvoir sans cesse l’équité et la justice sociales ; mettre en place une gouvernance sociale efficace ; et assurer un meilleur ordre social, afin de procurer au peuple un sentiment de satisfaction, de bonheur et de sécurité qui soit plus fort, mieux garanti et plus durable.

 

1) Développer en priorité l’éducation. Faire de la Chine une puissance en termes d’éducation est une œuvre fondamentale pour réaliser le grand renouveau de la nation chinoise. L’éducation doit rester l’une de nos priorités. Dans ce domaine, la réforme doit être approfondie et la modernisation poursuivie,en sorte que le peuple soit satisfait. Il faut appliquer intégralement la politique éducative du Parti ; accomplir la tâche fondamentale qui consiste à cultiver le sens moral tout en formant les compétences ; assurer le développement des élèves sous tous les rapports ; et garantir l’égalité des chances dans l’éducation, afin de former des bâtisseurs et des continuateurs du socialisme qui soient pleinement épanouis sur les plans moral, intellectuel, physique et esthétique. Nous favoriserons l’intégration de l’éducation obligatoire dans les villes et campagnes, en attachant une grande importance aux régions rurales ; mènerons à bien l’enseignement préscolaire, l’éducation spécialisée et la formation en ligne ; généraliserons le deuxième cycle de l’enseignement secondaire ; et nous efforcerons de garantir à chaque enfant l’égal accès à une éducation de qualité. Nous travaillerons à perfectionner le système de formation et d’enseignement professionnels, à approfondir l’intégration entre la production et l’enseignement, ainsi qu’à renforcer les partenariats entre les établissements d’enseignement et les entreprises. Des efforts seront engagés pour accélérer l’édification d’universités et de disciplines de premier rang, et réaliser un développement qualitatif de l’enseignement supérieur. Nous perfectionnerons le système d’aide financière aux élèves, et ferons en sorte que la grande majorité des nouveaux arrivants sur le marché du travail urbain et rural aient suivi le deuxième cycle de l’enseignement secondaire, et qu’une plus grande proportion d’entre eux aient suivi des études supérieures. La création d’écoles par différents acteurs sociaux sera encouragée et réglementée. Nous renforcerons la formation des enseignants sur le plan de la moralité et de l’éthique professionnelle pour faire émerger un corps enseignant hautement compétent, et renforcerons le sentiment de respect à l’égard des enseignants et de l’éducation au sein de la société. De plus, nous mènerons à bien la formation continue. Notre objectif est d’accélérer l’édification d’une société attachée à l’étude et d’élever sensiblement les qualités des citoyens sur les plans moral et intellectuel.

 

2) Augmenter la qualité de l’emploi et les revenus de la population. L’emploi est essentiel au bien-être de la population. Nous devons poursuivre la stratégie de priorité à l’emploi et la politique de création active d’emplois, afin de créer davantage d’emplois de meilleure qualité. Nous travaillerons à développer la formation professionnelle à grande échelle, à résoudre les problèmes structurels en matière d’emploi, et à stimuler l’emploi par la création d’entreprises. En proposant des services publics à tous les niveaux en faveur de l’emploi, nous multiplierons les possibilités d’emploi pour les travailleurs migrants et les jeunes, y compris les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur, qui désirent trouver du travail ou créer leur propre entreprise. Les obstacles institutionnels à la mobilité de la main-d’œuvre et des talents dans la société seront levés, de manière à ce que chacun ait la chance de réussir dans la vie grâce à un travail laborieux. Afin d’établir des relations de travail harmonieuses, nous perfectionnerons les mécanismes de concertation et de coordination entre le gouvernement, les syndicats et les entreprises. Nous poursuivrons le principe de rémunération selon le travail fourni et améliorerons le mécanisme de rémunération en fonction des facteurs de production, en vue d’une répartition des revenus plus rationnelle et plus ordonnée. Nous encouragerons la population à s’enrichir par son labeur et dans le strict respect de la loi ; ferons en sorte qu’il y ait une augmentation du nombre de personnes ayant un revenu moyen ; augmenterons le revenu des personnes à faible revenu ; réajusterons les revenus excessivement élevés et supprimerons les gains illicites. Nous voulons réaliser la synchronisation de la croissance économique avec l’accroissement des revenus des habitants, ainsi que la synchronisation de l’amélioration de la productivité du travail avec une meilleure rémunération. Les canaux qui permettent aux habitants d’augmenter leurs revenus provenant du travail et de la propriété seront multipliés. Enfin, nous veillerons à ce que le gouvernement joue bien son rôle de régulateur dans la répartition des revenus, à accélérer l’homogénéisation des services publics fondamentaux, et à réduire l’écart entre les revenus.

 

3) Renforcer l’édification du système de protection sociale. Conformément au principe de « garantir les moyens d’existence, consolider le socle de la protection et établir les mécanismes nécessaires », nous parachèverons la mise en place d’un système de protection sociale durable, à plusieurs niveaux et couvrant toute la population. Ce système sera marqué par l’harmonisation des règlements pour les populations urbaine et rurale, une définition claire des droits et des obligations, et une meilleure adaptation aux besoins réels. Toute la population sera inscrite à l’assurance sociale. Nous perfectionnerons le système d’assurance vieillesse de base des travailleurs urbains et celui des habitants urbains et ruraux, et réaliserons au plus tôt une gestion unifiée de l’assurance vieillesse au niveau national. Nous veillerons à parfaire le système unifié de l’assurance maladie de base et celui de l’assurance pour les maladies graves en faveur des habitants urbains et ruraux, ainsi que le système d’assurance chômage et le système de l’assurance contre les accidents du travail. Une plate-forme de services publics unifiée au niveau national pour l’assurance sociale sera mise en place. Les systèmes d’assistance sociale en ville et à la campagne seront harmonisés, et le système du minimum vital sera perfectionné. Nous poursuivrons la politique fondamentale de l’égalité des genres et protégerons les droits et intérêts légitimes des femmes et des enfants. Nous travaillerons aussi à parfaire les divers systèmes concernant l’assistance sociale, le bien-être social, les œuvres caritatives, les allocations aux militaires invalides, les allocations aux familles des militaires et des martyrs révolutionnaires, ainsi que la réinsertion des chômeurs ; à perfectionner les réseaux d’assistance aux enfants, aux femmes et aux personnes âgées des régions rurales, séparés de leurs parents ou de leurs proches partis travailler ailleurs. Nous développerons les œuvres sociales pour les personnes handicapées et améliorerons les services de rééducation en leur faveur. Conformément au principe dit « le logement, c’est pour habiter, pas pour spéculer », nous accélérerons la mise en place d’un système de logement caractérisé par la diversification des offres, la multiplication des garanties, et une importance égale accordée à l’achat et à la location, afin que chacun dispose d’un logement décent.

 

4) Remporter la victoire finale dans la lutte contre la pauvreté. Faire entrer les populations et régions pauvres dans une société de moyenne aisance en même temps que l’ensemble du pays est un engagement solennel pris par notre Parti. Il faut mobiliser tout le Parti, tout le pays et toute la société, afin d’apporter une assistance ciblée aux démunis et de réaliser l’élimination ciblée de la pauvreté ; il faut agir suivant le mécanisme de travail dit « le gouvernement central se charge de la planification d’ensemble, les gouvernements provinciaux se chargent de la direction, et les gouvernements au niveau de la municipalité et du district se chargent de la mise en application », et respecter strictement le système de responsabilité des premiers responsables des organismes du Parti et du gouvernement ; il faut adopter une vision globale quant à la lutte contre la pauvreté, en renforçant la volonté de lutter et en améliorant le niveau d’éducation, approfondir la coopération entre les régions de l’Est et de l’Ouest de la Chine, et nous attaquer en priorité à la pauvreté dans les régions les plus démunies, afin de s’assurer que d’ici 2020 toutes les populations rurales démunies et tous les districts pauvres, définis selon les critères en vigueur dans notre pays, sortent de la pauvreté, et que le problème de la pauvreté régionale soit résolu. Il s’agit donc là d’une véritable lutte pour éliminer définitivement la pauvreté, sans trucage des chiffres.

 

5) Mettre en œuvre la stratégie d’une « Chine saine ». La bonne santé du peuple est le signe essentiel de la prospérité de la nation et de la puissance de l’État. Nous devons perfectionner la politique de santé publique pour offrir des services de santé tous azimuts et couvrant tout au long de la vie. Il faut approfondir la réforme du système médical, pharmaceutique et sanitaire, pour mettre en place à l’échelle nationale un système de services médicaux et sanitaires de base à la chinoise, un système de protection médicale et un système de soins efficace et de qualité, ainsi qu’un système amélioré de gestion moderne des hôpitaux. Il faut, par ailleurs, améliorer le système de services médicaux et sanitaires aux échelons de base, et la formation de médecins pluridisciplinaires. Nous supprimerons dans tous les hôpitaux le financement supplémentaire des soins médicaux par les recettes des produits pharmaceutiques et poursuivrons nos efforts pour améliorer le mécanisme d’approvisionnement en produits pharmaceutiques. En accordant la priorité à la prévention, nous approfondirons le mouvement patriotique en faveur de l’hygiène, préconiserons des modes de vie à la fois sains et civilisés, et intensifierons la prévention et le contrôle des maladies graves. La stratégie de fiabilité des produits alimentaires sera poursuivie, afin d’offrir à la population des produits alimentaires dignes de confiance. Tout en accordant une importance égale à la médecine chinoise et à la médecine occidentale, nous nous attacherons à mettre en valeur et à développer la médecine et la pharmacie traditionnelles chinoises. Il faut encourager la création de services médicaux financés par des capitaux non publics et développer le secteur de la santé. Il convient de promouvoir la connexion entre la politique de natalité et des mesures économiques et sociales d’accompagnement, et d’approfondir la recherche stratégique sur le développement démographique. Pour faire face au vieillissement de la population, il faut développer toute une série de politiques et un environnement social qui encouragent le respect, l’aide et le soutien à l’égard des personnes âgées, et promouvoir la combinaison des services médicaux et sanitaires avec les services aux personnes âgées, de sorte à accélérer le développement des œuvres sociales et du secteur des services en faveur du troisième âge.

 

6) Mettre en place une architecture de gouvernance sociale dite « synergie, concertation et partage ». L’édification institutionnelle de la gouvernance sociale sera renforcée, tout comme sera amélioré le régime de gouvernance sociale qui associe la direction des comités du Parti,la responsabilité assumée par le gouvernement, la synergie sociale, la participation du public et la garantie par la loi. Ainsi, verra-t-on une gouvernance sociale plus conforme à la loi, plus intelligente et plus spécialisée, avec la participation de tous les citoyens. Il faut perfectionner les mécanismes de prévention et de résolution des conflits sociaux, et traiter correctement les contradictions au sein du peuple. Il importe d’établir un concept de développement sûr, de valoriser le principe selon lequel « la vie est le bien le plus précieux et la sécurité l’emporte sur tout », et de parfaire le système de sécurité publique et le système de responsabilité s’agissant de la sécurité du travail,afin de freiner la multiplication des accidents graves ou extrêmement graves, et d’améliorer notre capacité de prévention et de réduction des calamités naturelles et de secours aux sinistrés. Par ailleurs, nous accélérerons la mise en place d’un système de prévention et de contrôle en matière d’ordre public, et punirons en vertu de la loi tous les délits et actes criminels tels que la pornographie, les jeux d’argent, la drogue, les activités des sociétés secrètes semblables à la maffia, l’enlèvement et le trafic de femmes et d’enfants, et les escroqueries, pour protéger les droits de la personne, les droits de propriété,et les droits de la personnalité. Nous perfectionnerons le système de services psychologiques sociaux, de manière à cultiver dans la société le respect de soi, la confiance en soi, la raison, la placidité et l’esprit d’entreprise. Nous renforcerons le système de gestion au niveau des quartiers d’habitation, en orientant la gestion sociale vers les échelons de base et en faisant valoir le rôle des organisations sociales, afin de favoriser le plus possible les interactions entre l’administration, la concertation sociale et l’autogestion des habitants.

 

7) Assurer efficacement la sécurité nationale. Celle-ci est la pierre angulaire de la stabilité d’un pays. Défendre la sécurité nationale est dans l’intérêt fondamental du peuple chinois multiethnique. Il faut perfectionner la stratégie et les politiques en matière de sécurité nationale, défendre résolument la sécurité politique du pays et faire progresser de façon coordonnée toutes les activités relatives à la sûreté de l’État. Il convient d’améliorer le système de sécurité nationale en lui donnant un appui légal solide, et de développer nos capacités à prévenir et à combattre les risques en matière de sécurité. Nous redoublerons de vigilance et réprimerons fermement les actes d’infiltration, de subversion et de sabotage, les actes terroristes violents, les activités nationalistes séparatistes et les activités religieuses extrémistes. Nous nous efforcerons de renforcer l’éducation à la sécurité nationale et d’élever la conscience en la matière dans tout le Parti et toute la population, de manière à former dans toute la société une synergie puissante en faveur de la sauvegarde de la sécurité nationale.

 

Camarades,

 

Toutes les activités du Parti doivent avoir pour norme suprême les intérêts fondamentaux de la plus grande majorité de la population. Nous devons nous attacher à ce principe : considérer le moindre souci des masses populaires comme s’il s’agissait d’une affaire importante nous concernant, et agir là où les masses populaires ont des besoins, et là où nous pouvons les satisfaire, pour les conduire à une vie toujours meilleure.

 

IX. ACCÉLÉRER LA RÉFORME EN FAVEUR DE LA CIVILISATION ÉCOLOGIQUE ET CONSTRUIRE UNE BELLE CHINE

 

L’homme et la nature forment une communauté de vie. L’homme doit respecter la nature, vivre en conformité avec elle et la préserver. C’est en respectant les lois de la nature que l’homme évitera efficacement de s’engager dans une mauvaise voie en exploitant la nature, étant donné que les dommages causés à la nature par l’homme retomberont en fin de compte sur ce dernier ; c’est une loi inéluctable.

 

La modernisation que nous voulons réaliser est une modernisation caractérisée par la coexistence harmonieuse entre l’homme et la nature, c’est-à-dire que nous voulons créer une plus grande richesse matérielle et spirituelle pour satisfaire l’aspiration croissante de la population à une vie meilleure. En même temps, nous voulons fournir davantage de produits écologiques de qualité pour satisfaire les exigences croissantes de la population pour un environnement écologique agréable. Nous suivrons fidèlement le principe de « priorités aux économies, à la protection et au renouvellement des ressources naturelles »,et travaillerons à développer une configuration spatiale, une structure industrielle, un mode de production et un mode de vie favorables aux économies des ressources et à la protection de l’environnement, afin de rendre à la nature sa tranquillité, son harmonie et sa beauté.

 

1) Promouvoir le développement vert. À cette fin, il faut accélérer la mise en œuvre d’un système juridique et de mesures favorables à la production et la consommation vertes, ainsi qu’un système économique de développement vert, circulaire et à faible émission de carbone ; mettre en place un système d’innovation des technologies vertes basé sur les besoins du marché, développer la finance verte, l’industrie de l’environnement et des économies d’énergie, le secteur de la production non polluante et l’industrie d’énergie propre ; faire progresser la révolution dans la production et la consommation des énergies,de manière à mettre en place un système d’énergie propre, efficace, sûr et à faible émission de carbone ;réaliser l’économie tous azimuts des ressources et leur recyclage,lancer une campagne nationale pour économiser l’eau, réduire la consommation d’énergie et de matières premières, pour pousser en avant le lien entre la production et la vie quotidienne ; préconiser un mode de vie économe,simple et à faible émission de carbone,combattre le gaspillage, le goût du luxe et la consommation irrationnelle, et lancer une opération pour promouvoir une administration économe des ressources, les foyers verts, les écoles vertes et les quartiers d’habitation verts, ainsi que les modes de déplacement verts.

 

2) Veiller à résoudre les problèmes saillants de l’environnement. Il faut suivre le principe de lutte concertée contre la pollution et du traitement à la source, poursuivre les actions de lutte contre la pollution de l’air, et remporter la guerre sans merci pour préserver un ciel bleu ; accélérer la lutte contre la pollution de l’eau, et adopter des méthodes concertées contre la pollution des bassins et des eaux littorales ; renforcer le contrôle de la pollution des sols et leur régénération, intensifier la prévention et la lutte contre la pollution diffuse de l’agriculture, et entreprendre l’aménagement des conditions d’habitat dans les campagnes ; renforcer le traitement des rejets solides et des déchets ; resserrer les normes d’émission de matières polluantes, mettre l’accent sur la responsabilité des pollueurs, et parfaire le système d’évaluation de la crédibilité en matière de protection de l’environnement,le système de publication obligatoire de l’information et le système de sanctions et d’amendes sévères s’agissant de la protection de l’environnement. Nous mettrons en place un système de gestion de l’environnement dirigé par le gouvernement, avec les entreprises comme acteurs principaux, et aussi la participation des organisations sociales et du public. Nous participerons activement à la gouvernance planétaire de l’environnement et honorerons nos engagements de réduction des émissions de carbone.

 

3) Renforcer la protection de l’écosystème. Nous mettrons en œuvre des projets d’importance majeure pour la protection et la régénération des écosystèmes essentiels, optimiserons le système de barrières protectrices pour la préservation des écosystèmes,aménagerons des corridors écologiques, construirons des réseaux protecteurs de la biodiversité, et travaillerons à améliorer et à rendre plus résistant l’écosystème. Nous terminerons le travail de délimitation de la ligne rouge à ne pas franchir s’agissant de la protection des espaces écologiques, des terres agricoles de base à usage imprescriptible, et des lignes de démarcation des terrains destinés à la construction dans les villes et bourgs. Une grande campagne de reboisement sera lancée et des méthodes combinées seront adoptées pour lutter contre l’érosion des sols, la désertification et l’extension des déserts rocheux. La protection et la restauration des écosystèmes dans les zones humides seront intensifiées, ainsi que la lutte contre les catastrophes géologiques. Le régime de protection des forêts naturelles sera amélioré et davantage de terres abusivement défrichées seront reconverties en forêts et en prairies ;la protection des terres cultivées sera renforcée,les expériences pilotes de rotation des cultures et de jachère seront étendues, le système de maintien de l’état de repos pour les terres cultivées, les steppes, les forêts, les rivières et les lacs sera amélioré, et des mécanismes de compensation écologique diversifiés et conformes aux règles du marché seront mis en place.

 

4) Innover dans le domaine du système de surveillance de l’écosystème. Il convient de renforcer la planification d’ensemble et l’organisation de l’édification de la civilisation écologique : établir des organes chargés de la gestion des biens publics liés aux ressources naturelles et de la surveillance de l’écosystème, améliorer le régime de gestion de l’écosystème, et exercer de façon unifiée les attributions des propriétaires des biens publics liés aux ressources, les attributions de gestion de l’utilisation du territoire national, de protection et de régénération de l’écosystème, les attributions de surveillance de toutes les émissions polluantes dans les villes comme dans les campagnes, et les attributions d’exécution de la loi par voie administrative. Nous poursuivrons la mise en œuvre des plans d’exploitation et de protection du territoire, perfectionnerons les mesures politiques d’accompagnement applicables dans les régions à fonctions spécifiques,et mettrons en place un système de protection des réserves naturelles, dont notamment les parcs nationaux. Tous les actes de sabotage de l’écosystème seront prohibés et sanctionnés.

 

Camarades,

 

Si c’est à nous qu’il revient d’accomplir l’édification de la civilisation écologique, ses effets bénéfiques profiteront aux générations successives de Chinois durant des siècles. Nous devons ancrer solidement l’idée de la civilisation écologique socialiste, créer une nouvelle situation de modernisation marquée par le développement harmonieux de l’homme et de la nature, et apporter les contributions de notre génération à la protection de l’écosystème.

 

X. POURSUIVRE LA VOIE À LA CHINOISE DU RENFORCEMENT DE L’ARMÉE ET PROMOUVOIR INTÉGRALEMENT LA MODERNISATION DE LA DÉFENSE NATIONALE ET DE L’ARMÉE

 

L’édification de la défense nationale et de l’armée se trouve désormais à un nouveau point de départ historique. Étant donné les profondes mutations de l’environnement sécuritaire national et pour répondre à l’exigence de notre époque d’édifier un État puissant avec une armée puissante, nous devons mettre en œuvre intégralement l’idée directrice du Parti relative à la montée en puissance de l’armée dans la nouvelle ère ; appliquer une stratégie militaire adaptée à la nouvelle situation, afin d’édifier une armée de terre, de mer et de l’air, des forces balistiques et des forces d’appui stratégique puissantes et modernes ; mettre sur pied des organes de commandement fermes et hautement efficaces pour des opérations interarmées menées au niveau des zones de commandement ; et mettre en place un système de combat moderne à la chinoise. Tout cela sert à bien assumer la mission et les tâches de la nouvelle ère que le Parti et le peuple ont confiées à notre armée.

 

Pour suivre la tendance de développement de la nouvelle révolution militaire dans le monde et répondre aux besoins concernant la sécurité nationale, il faut assurer une meilleure performance et une plus grande efficacité de l’édification de l’armée. Dans ce but, il faut,d’ici 2020, réaliser pour l’essentiel sa mécanisation et enregistrer d’importants progrès dans l’informatisation et l’élévation de sa capacité stratégique. Pour suivre la progression de la modernisation du pays, il faut promouvoir la modernisation de la théorie militaire, de l’organisation militaire, du personnel militaire et de l’armement, de manière à réaliser pour l’essentiel la modernisation de la défense nationale et de l’armée en 2035, et faire de l’armée populaire une armée de premier ordre vers le milieu du siècle.

 

Pour consolider l’édification du Parti au sein de l’armée, nous poursuivrons la campagne d’éducation sur le thème « transmettre les gènes révolutionnaires et assurer la mission du renforcement de l’armée ». Le système de distinctions honorifiques pour les militaires sera complété, notre but étant de former des militaires révolutionnaires compétents, courageux, vertueux et dignes de la nouvelle ère, et de maintenir pour toujours la nature, les objectifs et les qualités propres à une armée populaire. Nous continuerons à approfondir la réforme de la défense nationale et de l’armée. Nous poursuivrons les réformes organisationnelles et politiques de grande importance telles que la professionnalisation des officiers, la réorganisation du personnel civil et la refonte du service militaire. Nous pousserons en avant la révolution de la gestion militaire, perfectionnerons et développerons le système militaire socialiste à la chinoise. Nous devons ancrer dans les esprits l’idée selon laquelle les sciences et technologies font partie des éléments essentiels de la combativité, faire progresser les importantes innovations technologiques et les innovations autonomes,développer le système de formation du personnel militaire, et nous efforcer d’édifier une armée populaire innovante. Enfin, en assurant une administration rigoureuse de l’armée sur tous les plans, nous introduirons des changements radicaux dans son mode de gestion et nous élèverons le niveau de conformité à la loi de l’édification de la défense nationale et de l’armée.

 

L’armée doit être prête aux combats. C’est pourquoi la combativité est un critère à appliquer dans toutes nos activités, et tout doit converger vers l’exigence de « savoir combattre et vaincre ». Il faut mener à bien la préparation aux combats dans toutes les directions stratégiques ; faire progresser de façon coordonnée la préparation aux combats dans les domaines sécuritaires traditionnels et ceux de type nouveau ; développer de nouveaux types de forces de combat et de soutien ; promouvoir des entraînements militaires simulant des guerres réelles ; faire valoir notre dispositif de frappe ; accélérer le développement militaire intelligent ; et améliorer nos capacités de combat transrégional et de combat interarmées qui s’appuient sur les réseaux informatiques. Nous devons faire preuve d’une grande efficacité pour orienter les évolutions, contrôler les crises, contenir les conflits et gagner les guerres.

 

En veillant à réaliser une parfaite unité entre la prospérité de l’État et la puissance de l’armée, nous renforcerons la direction unifiée, la conception globalisée, les réformes et les innovations, ainsi que la mise en œuvre de projets d’importance majeure, et approfondirons la réforme dans les domaines des sciences, des technologies et des industries servant la défense nationale, afin de créer une structure de développement marquée par une profonde intégration militaro-civile, et de mettre en place un système stratégique national unifié et doté de capacités réelles. Nous améliorerons le système de mobilisation pour la défense nationale et développerons une défense frontalière, maritime et aérienne puissante, solide et moderne. Un organe de gestion et de protection des militaires démobilisés sera établi pour défendre les droits et intérêts légitimes des militaires et des membres de leur famille, de telle sorte que le métier de militaire soit un métier respecté de tous. Nous continuerons à approfondir la réforme des forces de police armée pour bâtir une police armée moderne.

 

Camarades,

 

Notre armée est une armée du peuple, et notre défense nationale, une défense assurée par notre peuple tout entier. Nous devons renforcer la sensibilisation à la défense nationale, resserrer l’unité entre l’armée et le gouvernement, tout comme la solidarité entre l’armée et le peuple,pour rassembler de puissantes énergies en vue de la réalisation du rêve chinois et du rêve de la montée en puissance de l’armée chinoise.

 

XI. MAINTENIR LE PRINCIPE « UN PAYS, DEUX SYSTÈMES » ET PROMOUVOIR LA RÉUNIFICATION NATIONALE

 

Après le retour de Hong Kong et de Macao dans le giron de la patrie, la mise en pratique du principe « un pays, deux systèmes » a été une grande réussite universellement reconnue. Les faits ont prouvé que ledit principe était la meilleure solution pour régler la question, léguée par l’histoire, de Hong Kong et de Macao, de même que le meilleur régime pour y maintenir la prospérité et la stabilité à long terme.

 

Dans ce but, il faut appliquer dans leur intégralité et avec précision les principes dits « un pays, deux systèmes », « administration de Hong Kong par les Hongkongais », « administration de Macao par les Macanais », et le principe d’un haut degré d’autonomie. Il faut agir conformément à la Constitution et aux lois fondamentales qui régissent Hong Kong et Macao, et perfectionner le système et les mécanismes liés à l’application des lois fondamentales. Les chefs de l’exécutif, ainsi que les gouvernements de ces deux Régions administratives spéciales, bénéficieront de notre soutien dans leurs efforts en vue de gouverner en vertu de la loi. Ils devront prendre l’initiative d’unir et de guider les personnalités issues de divers milieux de Hong Kong et de Macao pour assurer le développement, promouvoir l’harmonie, garantir et améliorer le bien-être des habitants, faire progresser méthodiquement la démocratie, préserver la stabilité sociale et remplir leurs obligations de sauvegarde de la souveraineté et de la sécurité nationale, tout comme la sauvegarde des intérêts en matière de développement du pays, tel que le prévoit la Constitution.

 

Le développement de Hong Kong et de Macao est étroitement lié au développement de la partie continentale. Nous soutiendrons leur intégration dans le plan national de développement : des efforts seront faits pour promouvoir la coopération mutuellement bénéfique entre la partie continentale et ces deux régions dans tous les domaines, mettant notamment l’accent sur le plan d’aménagement de la conurbation de la Baie Guangdong-Hong Kong-Macao, la coopération Guangdong-Hong Kong-Macao et la coopération dans le pan-delta du Zhujiang ; des mesures politiques seront adoptées en faveur des habitants de Hong Kong et de Macao qui souhaitent se développer dans la partie continentale.

 

En persévérant dans les principes dits « administration de Hong Kong par les Hongkongais » et « administration de Macao par les Macanais », et avec les patriotes comme principaux acteurs, nous développerons à Hong Kong et à Macao des forces attachées à ces deux régions et à la patrie. Nous travaillerons à renforcer la conscience de l’État et l’esprit patriotique de nos compatriotes de ces deux régions pour qu’ils partagent, avec les autres Chinois, la responsabilité historique qu’est la réalisation du renouveau national, et tirent honneur du grand prestige de notre patrie prospère et puissante.

 

Résoudre la question de Taiwan et réaliser la réunification complète de la patrie constituent tant un souhait commun de tous les Chinois qu’un enjeu pour les intérêts fondamentaux de la nation chinoise. En restant fidèles au principe de « réunification pacifique » et d' »un pays, deux systèmes », nous ferons progresser le développement pacifique des relations entre les deux rives du détroit et la réunification pacifique de la patrie.

 

Le principe d’une seule Chine constitue la base politique des relations entre les deux rives. Le « Consensus de 1992 », en affirmant ce principe, définit clairement la nature de ces relations et constitue ainsi la clé de leur développement pacifique. En reconnaissant le « Consensus de 1992 », qui est un fait historique, et l’appartenance des deux rives à une seule Chine, les deux parties pourront entamer un dialogue et se consulter mutuellement pour régler les problèmes d’intérêt commun concernant les compatriotes des deux rives, tandis que tout parti politique et toute organisation de Taiwan pourront effectuer des échanges sans obstacle avec la partie continentale.

 

Les compatriotes des deux rives sont des frères de sang naturellement liés ensemble et partagent de ce fait le même destin. En suivant l’idée que « de part et d’autre du détroit, il s’agit de la même famille », nous respecterons le régime social actuel de Taiwan et le mode de vie de ses habitants, et sommes disposés à partager d’abord avec eux nos opportunités de développement. Nous élargirons les échanges et la coopération dans les domaines économique et culturel entre les deux rives pour réaliser des bénéfices réciproques. Nous offrirons progressivement aux compatriotes taiwanais le même traitement que celui réservé aux habitants locaux pour vivre, étudier, travailler, ou créer une entreprise dans la partie continentale. Tout cela se fera dans le but d’améliorer le bien-être de nos compatriotes de Taiwan. De plus, nous invitons la population des deux rives à faire rayonner ensemble la culture chinoise pour promouvoir une communauté de cœur.

 

Nous défendrons fermement la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays, et ne tolérerons jamais que se répète la tragédie passée de la division du pays. Toute activité séparatiste sera résolument combattue par tous les Chinois. Nous avons la ferme volonté, la confiance totale et la capacité suffisante de mettre en échec les tentatives sécessionnistes visant à l' »indépendance de Taiwan », sous quelque forme que ce soit. Nous ne permettrons à aucune personne, à aucune organisation, ni à aucun parti politique de séparer une seule parcelle de terre de la Chine, à quelque moment et sous quelque forme que ce soit !

 

Camarades,

 

Réaliser le grand renouveau national est le rêve commun de tous les Chinois. Nous sommes convaincus que tous les descendants de Chinois, y compris nos compatriotes de Hong Kong, de Macao et de Taiwan, pourront créer ensemble un bel avenir en réalisant le grand renouveau de la nation, pourvu qu’ils suivent le cours de l’histoire, qu’ils assument conjointement leurs responsabilités envers la nation, et qu’ils prennent fermement en main le destin de la nation chinoise !

 

XII. POURSUIVRE UNE VOIE DE DÉVELOPPEMENT PACIFIQUE ET FAIRE PROGRESSER LA CONSTRUCTION DE LA COMMUNAUTÉ DE DESTIN POUR L’HUMANITÉ

 

Œuvrant pour le bien-être du peuple chinois et luttant pour le progrès de l’humanité, le PCC se dévoue toujours à sa mission d’apporter de nouvelles et plus grandes contributions à l’humanité.

 

Portant haut levé l’étendard de la paix, du développement, de la coopération et du principe gagnant-gagnant, nous resterons fidèles à l’objectif de notre politique étrangère, à savoir, sauvegarder la paix mondiale et favoriser un développement commun. Nous sommes prêts à développer des relations d’amitié et de coopération avec les autres pays sur la base des Cinq principes de coexistence pacifique. Nous œuvrerons pour l’établissement d’un nouveau type de relations internationales basées sur le respect mutuel, l’équité et la justice, ainsi que la coopération et le principe gagnant-gagnant.

 

Le monde traverse actuellement une période de grands développements, de profondes transformations et de vastes réajustements, mais la paix et le développement demeurent les deux thèmes majeurs de notre époque. La multipolarisation politique, la mondialisation économique, l’informatisation sociale et la diversification culturelle se développent en profondeur ; les mutations du système de gouvernance mondiale et de l’ordre international s’accélèrent ; les liens et l’interdépendance des États s’approfondissent chaque jour ; le rapport de force international tend à devenir plus équilibré, tandis que la paix et le développement constituent une tendance irréversible. En même temps, le monde est confronté à de sérieuses sources d’instabilités et d’incertitudes ; la croissance de l’économie mondiale reste atone ; le fossé entre les riches et les pauvres se creuse ; les points chauds régionaux se succèdent ; les questions du terrorisme, de la cybersécurité, des graves épidémies, du changement climatique et d’autres menaces de sécurité non conventionnelles continuent à s’étendre. L’humanité doit donc faire face à beaucoup de défis communs.

 

Le monde où nous vivons est plein d’espoir et de défis. Nous ne devons pas abandonner nos rêves à cause de la complexité de la réalité, ni cesser la poursuite de nos idéaux parce qu’ils nous semblent trop loin à atteindre. Aucun pays n’est capable de répondre tout seul aux divers défis posés à l’humanité, de même qu’aucun pays ne peut se retirer sur une île déserte pour y vivre dans l’isolement.

 

Nous appelons tous les peuples à unir leurs efforts pour bâtir une communauté de destin pour l’humanité, et construire un monde beau et propre, caractérisé par l’ouverture, l’inclusion, la paix durable, la sécurité globale et la prospérité commune. Ce qu’il nous faut, c’est le respect mutuel et des discussions d’égal à égal ; il faut abandonner résolument la mentalité de la guerre froide et la politique du plus fort, et suivre une nouvelle voie pour les relations entre États qui privilégie le dialogue et le partenariat, plutôt que les confrontations et les alliances. Il faut régler les différends par le dialogue et la discussion, coordonner les actions pour répondre aux menaces de sécurité conventionnelles et non conventionnelles, et lutter contre toute forme de terrorisme. Il faut œuvrer, dans un esprit de solidarité, pour la facilitation et la libéralisation du commerce et de l’investissement, et faire évoluer la mondialisation économique dans le sens d’une plus grande ouverture, de l’inclusion, de l’universalité, de l’équilibre et du principe gagnant-gagnant. Il faut respecter la diversité des civilisations : transcender les malentendus par les échanges entre civilisations ; les conflits, par leur inspiration réciproque ; et la supériorité d’une quelconque civilisation, par la coexistence de toutes. Enfin, il faut édifier une société respectueuse de l’environnement et coopérer pour faire face au changement climatique, afin de préserver la Terre, notre foyer unique.

 

Poursuivant indéfectiblement une politique extérieure d’indépendance et de paix, la Chine respectera le droit des peuples à choisir en toute indépendance leur voie de développement, défendra l’équité et la justice internationales, et s’opposera à ce que l’on s’ingère dans les affaires intérieures d’autrui, que l’on impose sa volonté aux autres, et que l’on abuse de sa puissance. La Chine ne cherchera pas à se développer au détriment des intérêts d’autres pays, ni ne renoncera à ses propres droits et intérêts légitimes. Personne ne doit s’attendre à ce que la Chine avale des couleuvres au détriment de ses intérêts. Fidèle à sa politique de défense nationale à caractère défensif, elle ne sera jamais une menace pour qui que ce soit. Et quel que soit le degré de développement qu’elle aura atteint, la Chine ne recherchera jamais l’hégémonie ni l’expansion.

 

Afin d’établir un réseau mondial de partenariats, la Chine veillera à élargir la convergence d’intérêts avec les autres pays, et promouvra la coordination et la coopération entre les grands pays en contribuant à l’établissement d’un cadre de relations globalement stables et équilibrées entre eux. En appliquant le principe dit « amitié, sincérité, réciprocité et inclusion », et la politique diplomatique de bon voisinage et de partenariat avec ses voisins, la Chine développera en profondeur ses relations avec eux. Persévérant dans la juste conception de la justice et des intérêts, et dans le principe dit « sincérité, pragmatisme, amitié et franchise », la Chine renforcera la solidarité et la coopération avec les autres pays en développement. Enfin, elle intensifiera les échanges et la coopération avec des partis et des organisations politiques de tous les pays, en particulier les échanges avec l’extérieur de l’Assemblée populaire, de la CCPPC, de l’armée, des collectivités locales et des organisations populaires.

 

Persévérant dans sa politique fondamentale d’ouverture, la Chine continuera à ouvrir sa porte pour se développer, et fera une promotion active de la coopération internationale dans le cadre du projet « la Ceinture et la Route », en créant de nouvelles plate-formes de coopération internationale et de nouveaux moteurs de développement commun, dans le but de réaliser la coordination en matière de politique, l’interconnexion des infrastructures, la facilité du commerce, l’intégration financière et la compréhension mutuelle entre les peuples. La Chine accroîtra ses aides aux autres pays en développement, en particulier aux pays les moins développés, pour diminuer l’écart entre le Nord et le Sud. Par ailleurs, elle soutiendra le système commercial multilatéral et la création de zones de libre-échange pour contribuer au développement d’une économie mondiale ouverte.

 

Fidèle à la conception de gouvernance mondiale dite « concertation, synergie et partage », la Chine préconise la démocratisation des relations internationales et l’égalité entre tous les pays, qu’ils soient grands ou petits, puissants ou faibles, riches ou pauvres. Elle se prononce pour un rôle actif des Nations Unies, ainsi que pour le renforcement de la représentation et l’extension du droit de parole des pays en développement dans les affaires internationales. La Chine continuera à jouer son rôle en tant que grand État responsable, participera activement à la réforme et au développement du système de gouvernance mondiale, pour y apporter continuellement la sagesse et la force chinoises.

 

Camarades,

 

Le destin du monde est entre les mains des peuples du monde, et l’avenir de l’humanité dépendra de leur choix. Le peuple chinois est disposé, de concert avec les autres peuples, à promouvoir la construction d’une communauté de destin pour l’humanité et à créer un bel avenir pour elle !

 

XIII. ASSURER FERMEMENT L’APPLICATION INTÉGRALE D’UNE DISCIPLINE RIGOUREUSE AU SEIN DU PARTI ET ACCROÎTRE SANS CESSE LA CAPACITÉ DE GOUVERNANCE ET DE DIRECTION DU PARTI

 

Le socialisme à la chinoise étant entré dans une nouvelle ère, il faut faire régner une nouvelle atmosphère dans notre Parti pour accomplir de nouveaux exploits. Comme on dit, « pour forger le fer, il faut soi-même être fort ». Si le Parti veut unir et conduire le peuple pour mener la grande lutte, faire progresser la grande cause et réaliser le grand rêve, il doit maintenir sans jamais faillir sa direction, tout en améliorant et renforçant résolument son édification pour devenir plus ferme et plus puissant.

 

Faire régner une discipline rigoureuse au sein du Parti est une tâche qui est toujours d’actualité. L’avenir et le sort d’un parti politique ou d’un pouvoir politique dépendent en fin de compte du soutien du peuple. Nous devons prévenir et corriger sans hésitation tout ce qui suscite le mécontentement et l’opposition des masses populaires. Tout le Parti doit se rendre clairement compte que l’exercice de son pouvoir se trouve dans un environnement complexe et que les facteurs nuisant à son caractère avancé et à sa pureté le sont aussi. Les problèmes criants concernant l’impureté en matière d’idéologie, d’organisation et de style de travail n’ont pas été complètement résolus. Il faut prendre pleinement conscience de la longue durée et de la complexité des épreuves auxquelles fait face notre Parti, en particulier dans les domaines de l’exercice du pouvoir, de la réforme et l’ouverture, de l’économie de marché, et sur le plan extérieur. Il faut également se rendre compte de la gravité des dangers qui menacent notre Parti, à savoir le relâchement moral, l’incompétence, la coupure d’avec les masses,l’inaction et la corruption. Il faut, suivant le principe de « se focaliser sur les problèmes », maintenir notre stratégie contre vents et marées, et pousser toujours plus en profondeur la gestion globale et stricte du Parti.

 

Les exigences globales de l’édification du Parti à la nouvelle ère sont les suivantes : il faut maintenir et renforcer la direction du Parti sur tous les plans, et renforcer le contrôle et la gestion du Parti de façon rigoureuse ; il faut faire progresser sur toute la ligne l’édification du Parti dans les domaines de la politique, de l’idéologie, de l’organisation, de la discipline et du style de travail, tout en veillant à ce que l’édification du Parti aille de pair avec le perfectionnement du système institutionnel — tout au long de ce processus, nous devons faire jouer un rôle directeur à l’édification politique, nous appuyer sur la réaffirmation de nos idéaux, de nos convictions et de nos objectifs, prendre comme fil conducteur l’amélioration de la capacité du Parti à exercer le pouvoir sur le long terme et à préserver son caractère avancé et sa pureté, et focaliser nos efforts sur la stimulation de l’enthousiasme, de l’esprit d’initiative et de la créativité de tout le Parti –; enfin, il faut approfondir la lutte anticorruption et améliorer continuellement la qualité de l’édification du Parti. Tout cela a pour but de faire de notre Parti un parti marxiste dynamique au pouvoir, toujours à l’avant-garde de son époque, soutenu de tout cœur par le peuple, capable de résister à toutes les épreuves, et qui a le courage de s’imposer une autorévolution.

 

1) Donner la priorité à l’édification politique du Parti. Accorder toute la priorité à la fermeté sur les principes politiques est une exigence essentielle pour notre Parti, un parti marxiste. Jouant un rôle fondamental, l’édification politique détermine l’orientation et les effets de l’édification du Parti. Elle a pour tâche prioritaire de maintenir l’autorité du Comité central et sa direction centralisée et unifiée, de manière à assurer que tout le Parti se soumet au Comité central. Tous les membres du PCC doivent appliquer résolument la ligne politique du Parti, respecter rigoureusement sa discipline et ses règles de conduite politiques, et s’aligner strictement sur son Comité central quant aux positions, orientations, principes et voies politiques. Il faut respecter les statuts du Parti, appliquer rigoureusement les Principes de la vie politique au sein du Parti pour la nouvelle situation,de manière à renforcer son caractère politique, sa concordance avec l’époque, sa conformité aux principes et sa combativité. Il faut empêcher consciemment la corrosion de la vie du Partipar la loi de l’échange de marchandises, et travailler à créer un bon climat politique où l’intégrité règne. Il faut perfectionner et mettre en application les règles du centralisme démocratique, en combinant le centralisme basé sur la démocratie et la démocratie guidée par le centralisme, sans négliger ni l’un ni l’autre. Il s’agit non seulement de faire rayonner pleinement la démocratie, mais aussi d’assurer l’unité et la centralisation. Il faut mettre à l’honneur les valeurs telles que la fidélité, l’honnêteté, l’impartialité, l’esprit de justice, l’objectivité et l’intégrité ; prévenir et combattre fermement l’individualisme, la décentralisation excessive, le libéralisme, le particularisme et la complaisance ; lutter contre le sectarisme, la « culture du cercle » et les « mœurs de quai » ; s’opposer résolument à la pratique du double jeu et à l’homme à double face. Tous les membres du Parti, en particulier les cadres dirigeants supérieurs, doivent, tout en renforçant leur esprit du Parti et en améliorant sans cesse leur propre conscience et leurs compétences politiques, assumer leurs responsabilités politiques essentielles, à savoir, rester fidèles au Parti, partager ses soucis, accomplir les tâches qu’il leur confie et agir dans l’intérêt du peuple, de manière à conserver pour toujours les qualités politiques propres aux communistes.

 

2) Armer tout le Parti grâce à la pensée du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère. L’édification idéologique constitue un volet fondamental de l’édification du Parti. Rien n’est plus élevé que les idéaux révolutionnaires. L’idéal noble du communisme et l’idéal commun du socialisme à la chinoise sont le pilier moral et l’âme politique des communistes chinois, et constituent le fondement idéologique de la cohésion et de l’unité du Parti. Étant donné que le renforcement des idéaux et convictions est la tâche primordiale de l’édification idéologique du Parti, nous devons inciter tous les membres du Parti à garder constamment à l’esprit leurs objectifs, à raffermir le pilier moral propre aux communistes, et à bien régler la question de l' »interrupteur central » que sont les conceptions du monde, de la vie et des valeurs, pour qu’ils deviennent des partisans convaincus et des militants dévoués de l’idéal noble du communisme et de l’idéal commun du socialisme à la chinoise. Pour promouvoir le style d’étude marxiste, nous devons nous efforcer de régulariser et d’institutionnaliser l’éducation dite « deux études et une ligne d’action ». En outre, une campagne ayant pour thème « Rester fidèle à l’engagement initial et garder toujours à l’esprit la mission » sera lancée au sein du Parti, en particulier parmi les cadres dirigeants à l’échelon du chef de district et aux échelons au-dessus, pour que tous soient armés de la théorie innovante du Parti, et œuvrent plus consciencieusement et sans défaillance à l’accomplissement de la mission historique du Parti dans la nouvelle ère.

 

3) Former un contingent de cadres hautement compétents et spécialisés. Les cadres du Parti demeurent les militants les plus résolus de la cause du Parti et de l’État. Fidèles au principe selon lequel il revient au Parti de gérer les cadres, nous devons choisir nos cadres en tenant compte à la fois de leurs qualités morales et de leurs compétences professionnelles — la priorité étant accordée aux qualités morales –, les nommer selon leurs mérites quelle que soit leur origine, et sélectionner ceux qui sont dévoués à la cause du Parti et font preuve d’impartialité et de loyauté. C’est ainsi que nous parviendrons à recruter de bons cadres. Nous maintiendrons fermement ce principe directeur correct pour la sélection et la nomination des cadres afin de créer une atmosphère saine dans ce domaine. En mettant l’accent sur les critères politiques, nous nous appliquerons à promouvoir et à nommer à des postes importants des cadres qui se montrent fermes concernant les « Quatre Consciences », qui ont une ferme confiance dans notre voie, notre théorie, notre régime et notre culture, qui défendent fermement l’autorité du Comité central du Parti, qui appliquent intégralement la théorie, la ligne, les principes et les mesures politiques du Parti, qui font preuve de dévouement et d’intégrité, et qui ont le courage d’assumer leurs responsabilités. Par ailleurs, il nous faut sélectionner des personnes de talent pour renforcer les équipes dirigeantes à tous les échelons. Nous travaillerons à améliorer la capacité et le professionnalisme de nos cadres pour les rendre plus aptes à répondre aux exigences de développement du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère. Un grand effort doit être consenti dans la détection et la constitution d’une réserve de jeunes cadres. À cet effet, nous veillerons à les former et à les aguerrir aux échelons de base,aux premières lignes, et dans les endroits où les conditions sont particulièrement dures, afin de choisir et de nommer continuellement parmi eux des personnes de talent ayant fait leurs preuves dans la pratique. Nous organiserons de manière coordonnée la formation et la sélection de cadres parmi les femmes, les personnes issues d’ethnies minoritaires et les non-communistes, et mènerons à bien le travail relatif aux cadres retraités. En associant la rigueur et l’indulgence et en attachant une importance égale à l’incitation et à la contrainte, nous perfectionnerons le mécanisme d’évaluation des cadres, mettrons sur pied le mécanisme d’incitation et le mécanisme de tolérance et de rectification d’erreurs, défendrons et soutiendrons sans équivoque les cadres qui ont le courage de prendre leurs responsabilités et qui font preuve de diligence et d’intégrité. Les organisations du Parti à tous les niveaux doivent témoigner toute leur sollicitude à l’égard des cadres travaillant aux échelons de base, en prenant l’initiative de les aider à surmonter leurs difficultés et à résoudre leurs problèmes.

 

Les talents sont des ressources stratégiques cruciales pour réaliser le renouveau de notre nation et nous assurer d’avoir l’initiative dans la concurrence internationale. Fidèles au principe de gestion des talents par le Parti, nous nous emploierons à rassembler des personnes compétentes venant des quatre coins du monde pour faire au plus tôt de la Chine une puissance renommée pour la qualité de ses ressources humaines. Pour ce faire, il nous faut appliquer une politique plus active, plus ouverte et plus efficace. Nous devons savoir détecter avec perspicacité les personnes de talent, les apprécier avec sincérité, faire preuve d’audace et de largeur d’esprit en leur confiant des responsabilités, et les rassembler par des moyens efficaces. C’est ainsi que nous serons en mesure de rallier le plus grand nombre possible de personnes compétentes, à l’intérieur comme à l’extérieur du Parti et du pays, pour les engager dans la grande lutte du Parti et du peuple. Nous encouragerons les personnes de talent à aller dans les régions pauvres reculées, les régions frontalières peuplées d’ethnies minoritaires et les anciennes bases révolutionnaires, à travailler aux échelons de base et à rester très près des masses. Tout cela a pour objectif de créer une situation favorable où chacun a le désir, la détermination, et la possibilité de devenir compétent, et peut exploiter pleinement ses talents, permettant ainsi l’épanouissement de la créativité et de l’intelligence de tous dans tous les domaines.

 

4) Renforcer l’édification des organisations de base du Parti. Les organisations de base du Parti constituent la garantie même de l’application de la ligne, des principes, des mesures politiques, des décisions et des dispositions du Parti. Il faut donc faire en sorte que les organisations du Parti aux échelons de base — celles au sein des entreprises, des organes administratifs ruraux, des organismes d’État, des écoles, des établissements de recherche scientifique, des quartiers d’habitation, et des organisations sociales –, jouent un rôle de bastion dans la sensibilisation aux recommandations du Parti, l’application de ses décisions, la direction de la gouvernance à la base, le rassemblement et la mobilisation des masses, ainsi que la promotion de la réforme et du développement. L’accent sera mis sur l’amélioration de leur capacité d’organisation et le renforcement de leur rôle politique. Les cellules du Parti doivent bien remplir leurs fonctions consistant à éduquer, gérer et contrôler directement leurs membres, et à organiser, sensibiliser, rallier et servir les masses, tout en incitant leurs membres à jouer leur rôle d’avant-garde et de modèle. Pour remédier à l’affaiblissement, à la minimisation et à la marginalisation de certaines organisations de base du Parti, il convient de maintenir le système dit « trois séances et un cours », de promouvoir l’innovation en ce qui concerne leur structure et leurs formes d’activité, d’intensifier l’édification de leurs équipes dirigeantes, et de travailler à étendre leur couverture. Le Parti doit, en son sein, élargir la démocratie à la base et améliorer la transparence de ses activités, tout en maintenant ouvertes les voies par lesquelles ses adhérents peuvent participer à ses activités internes, surveiller ses organisations et ses cadres, et communiquer leurs opinions et leurs suggestions aux organisations de l’échelon supérieur. Le Parti doit veiller à recruter de nouveaux adhérents parmi les ouvriers, les jeunes paysans et les intellectuels de haut niveau, comme au sein des entités économiques non publiques et des organisations sociales. Il convient d’améliorer le mécanisme d’incitation, de solidarité et d’assistance au sein du Parti. Les organisations du Parti doivent faire en sorte que l’éducation et la gestion des adhérents soient mieux ciblées et plus efficaces, et que les sanctions envers ceux qui ne répondent pas aux critères du Parti soient appliquées de manière appropriée et coordonnée.

 

5) Poursuivre les efforts pour améliorer le style de travail et faire régner une discipline rigoureuse. Issu du peuple, notre Parti s’enracine dans le peuple et est dévoué à son service. Dès qu’il est coupé du peuple, il perd toute sa vitalité. Pour améliorer son style de travail, notre Parti est tenu de maintenir ses liens de chair et de sang avec les masses populaires, d’être plus dévoué à leurs intérêts, de leur témoigner un attachement plus profond, et de consolider sans cesse son assise populaire dans l’exercice du pouvoir. Nous devons, avec tout le sérieux qui s’impose, résoudre les problèmes qui font l’objet des plus vives critiques de la part de la population, et corriger résolument tout comportement qui porte préjudice à ses intérêts. En faisant jouer un rôle exemplaire aux cadres supérieurs, nous consoliderons les résultats obtenus dans l’application des « Huit Recommandations » du Comité central, poursuivrons notre lutte contre les « quatre vices » et combattrons résolument toute mentalité de privilégié et toute recherche de privilèges. Avant tout, nous rendrons plus strictes la discipline politique et la discipline organisationnelle, de manière à resserrer ensuite les règles disciplinaires relatives à l’intégrité, aux relations avec les masses populaires, au travail, et à la vie privée. Fidèles à la pratique de la critique et de l’autocritique, et au principe dit « tirer la leçon du passé pour éviter de refaire les mêmes erreurs et guérir la maladie pour sauver l’homme », nous recourrons aux « quatre modalités » de surveillance et d’application de la discipline pour réagir tôt et vite contre toute déviation en étouffant le mal dans l’œuf. Nous renforcerons la surveillance, l’application de la discipline et la poursuite de la responsabilité, en conférant des attributions en matière de sanctions disciplinaires aux organisations du Parti chargées de la gestion des cadres. Nous intensifierons la sensibilisation au respect de la discipline et rendrons plus rigoureuse son application, afin que les cadres et les membres ordinaires du Parti sachent respecter les règles et craignent de les enfreindre, qu’ils agissent avec circonspection et dans les limites de la loi et de la discipline, et qu’ils se soumettent volontairement au contrôle et à la discipline.

 

6) Remporter une victoire écrasante dans la lutte contre la corruption. Les masses populaires détestent au plus haut point la corruption, et celle-ci constitue la plus grande menace pour notre Parti. Nous devons persévérer dans la lutte anticorruption, en veillant à remédier tant aux symptômes qu’à la cause du mal et à assurer à la fois la probité des cadres, l’intégrité de l’administration et la clarté de la vie politique. En effet, c’est seulement ainsi que nous arriverons à contourner le cycle historique et à assurer la stabilité durable du Parti et de l’État. Étant donné la gravité et la complexité de la lutte anticorruption à l’heure actuelle, nous devons montrer une détermination inébranlable à maintenir l’effet dissuasif et répressif de cette lutte pour aboutir finalement à une victoire décisive. Il faut faire en sorte que la lutte anticorruption ne connaisse pas de tolérance, d’exception, ni de zone interdite. Il importe d’enrayer la propagation de la corruption, d’exercer une forte pression sur les personnes corrompues et de former une force de dissuasion durable. Il est impératif de poursuivre autant les coupables de corruption active que les coupables de corruption passive, et d’éviter à tout prix la formation de groupes d’intérêts au sein du Parti. Un système de tournée d’inspection sera introduit dans les comités du Parti aux échelons des municipalités et des districts, et de plus grands efforts seront consentis pour régler les problèmes de corruption portant directement atteinte aux intérêts des masses. Les corrompus, où qu’ils se cachent, seront poursuivis, arrêtés et traduits en justice. Il faut promouvoir l’élaboration de la législation nationale anticorruption et mettre en place une plate-forme de dénonciation couvrant le système de contrôle de la discipline et de supervision. Nous nous efforcerons de renforcer les mesures de dissuasion, de fortifier la « cage » institutionnelle qui empêche toute tentative de corruption, et de sensibiliser davantage au respect conscient de la discipline, de sorte que personne n’ose, ne puisse, ni ne veuille pratiquer la corruption. Bref, nous chercherons à créer, grâce à nos efforts inlassables, un univers où tout est clarté, ordre et justice.

 

7) Perfectionner le système de contrôle du Parti et de l’État. Pour accroître la capacité d’autopurification du Parti, il faut, en dernière analyse, compter sur son contrôle interne et sa surveillance par la population. Il faut renforcer la limitation et la surveillance des pouvoirs, de sorte que le peuple surveille le pouvoir, et que ce dernier fonctionne en toute transparence tout en étant enfermé dans la « cage » des institutions. Il importe de renforcer le contrôle hiérarchisé, d’améliorer la surveillance démocratique de bas en haut, d’encourager le contrôle mutuel entre les cadres et les organisations de même échelon, et de renforcer la gestion et le contrôle quotidiens des cadres dirigeants communistes. Nous mènerons une profonde inspection politique en insistant sur son rôle dans la découverte de problèmes existants et dans la production d’effets dissuasifs, et en mettant en place un réseau de contrôle efficace grâce à l’interaction entre les tournées d’inspection aux échelons supérieurs et inférieurs. Nous approfondirons la réforme du système national de supervision en procédant à des essais à l’échelle nationale, et en installant des commissions de supervision aux niveaux national, provincial, municipal et de district, dont le personnel sera le même que dans les organes du Parti chargés du contrôle de la discipline. C’est ainsi que nous réaliserons une couverture totale de la supervision de tous les fonctionnaires qui exercent des pouvoirs publics. En élaborant une loi de supervision nous conférerons, conformément à la loi, autant d’attributions que de moyens d’enquête aux commissions de supervision, en substituant la garde à vue à la mesure dite « Lianggui » [mesure disciplinaire obligatoire prise à l’égard d’un cadre du Parti et exigeant de lui qu’il s’explique en temps et lieu fixés pour élucider un acte]. Il convient de réformer le mécanisme d’audit et d’améliorer le mécanisme de statistique. Afin d’augmenter la synergie des contrôles, nous instituerons un système de supervision hautement efficace et faisant autorité. Celui-ci couvrira tous les domaines, sera placé sous la direction unique du Parti, et associera le contrôle interne du Parti, la supervision par les organes d’État, la supervision démocratique, le contrôle judiciaire et la surveillance par les masses et l’opinion publique.

 

8) Améliorer sur tous les plans les compétences à exercer le pouvoir. Pour diriger un grand pays socialiste comptant plus de 1,3 milliard d’habitants, notre Parti doit se doter à la fois d’une ferme position politique et de compétences hors du commun. Pour améliorer notre aptitude à apprendre, nous devons créer au sein du Parti une atmosphère où chacun est apte à apprendre et courageux dans la pratique, transformant ainsi le PCC en un parti marxiste en formation continue, et faisant de la Chine un pays attaché à l’étude. Pour améliorer notre aptitude à assurer la direction politique, nous devons nous doter de pensées stratégiques, novatrices, dialectiques et légalitaires. Nous devons penser à toutes les éventualités en envisageant le pire, définir de manière scientifique la ligne, les principes et les mesures politiques du Parti pour les appliquer sans défaillance, et faire pleinement jouer au Parti son rôle qui consiste à maîtriser la situation générale et à concilier les intérêts des diverses parties. Afin d’accroître notre aptitude à réformer et à innover, nous devons préserver notre esprit d’initiative et savoir faire avancer notre travail de manière créative, en tenant compte de la réalité et en recourant aux technologies d’Internet et à des moyens informatiques. En vue d’améliorer notre aptitude à assurer le développement dans un esprit scientifique, nous devons savoir appliquer le nouveau concept de développement et réaliser sans cesse de nouvelles avancées dans ce domaine. Pour améliorer notre aptitude à exercer le pouvoir dans le respect de la loi, nous devons établir un ensemble de règlements internes du Parti couvrant tous les aspects de sa direction et de son édification. Nous devons également renforcer et améliorer la direction du Parti sur les organes du pouvoir de l’État. Pour améliorer notre aptitude à mener à bien notre travail auprès des masses populaires, nous devons, en renouvelant les systèmes, mécanismes, modes et méthodes de travail en la matière, encourager les organisations et groupements de masse, tels que les syndicats, la Ligue de la jeunesse communiste et la Fédération des femmes, à renforcer leur caractère politique, avancé et populaire, à jouer leur rôle de courroie de transmission entre le Parti et les masses populaires, et à organiser et motiver celles-ci pour qu’elles suivent le Parti inébranlablement. Afin de renforcer notre aptitude à appliquer effectivement les politiques, nous devons toujours dire la vérité, élaborer des plans réalistes, prendre des mesures efficaces et chercher à obtenir des résultats substantiels. Nous devons aussi associer étroitement le style dit « aussitôt dit, aussitôt fait » à la persévérance opiniâtre, relever les défis redoutables et faire preuve d’esprit de ténacité comme si l’on enfonçait des clous, pour mener à bien toutes nos activités grâce à un travail solide et minutieux. Pour améliorer notre aptitude à maîtriser les risques, nous devons perfectionner les mécanismes de prévention et de contrôle dans tous les domaines, savoir traiter les contradictions complexes, avoir le courage de surmonter tous les obstacles qui se dressent sur notre chemin, et garder fermement l’initiative en toute circonstance.

 

Camarades,

 

Une grande cause ne peut se réaliser sans la direction d’un parti politique ferme. Pourvu que notre Parti mène à bien son édification en même temps que son renforcement, et qu’il reste toujours uni avec le peuple dans la pensée et dans l’action, il arrivera à conduire le navire portant le grand rêve du peuple chinois à bon port en dépassant le cap des temps difficiles.

 

Camarades,

 

La nation chinoise est une grande nation durement éprouvée, mais indomptable en toutes circonstances ; le peuple chinois est un grand peuple laborieux et courageux, qui n’a jamais cessé de faire des efforts pour progresser ; et le Parti communiste chinois est un grand parti qui ose combattre pour remporter la victoire. La roue de l’histoire tourne en progressant sans arrêt, tandis que le courant de notre époque est impétueux et irrésistible. L’histoire ne favorise que ceux qui ont une volonté ferme et vont vaillamment de l’avant contre vents et marées ; elle n’attend jamais les indécis, les paresseux et les lâches. Tous les membres du Parti doivent travailler dur pour réussir la nouvelle Longue Marche en persévérant dans la diligence et la sobriété, en se gardant de toute présomption et de toute précipitation, et en se saisissant du jour et de l’instant. Ils sont tenus de préserver consciencieusement la cohésion et l’unité du Parti, de maintenir les liens étroits avec les masses populaires, de cimenter la grande union de notre peuple multiethnique et de renforcer l’union de tous nos compatriotes résidant en Chine comme à l’étranger, d’unir toutes les forces susceptibles d’être unies et de conjuguer tous les efforts pour conduire notre pays vers un avenir radieux — le grand renouveau de la nation chinoise.

 

Un pays est prospère quand sa jeunesse est prospère ; un pays est fort quand sa jeunesse l’est aussi. Lorsque notre jeunesse est dotée de fortes compétences, animée par de grands idéaux et par un sens élevé des responsabilités, le pays a un avenir, la nation a de l’espoir. Le grand renouveau de la nation chinoise est un rêve du passé, du présent et aussi de l’avenir. C’est l’idéal commun de notre génération, et surtout, de la jeunesse chinoise. Il finira par devenir réalité grâce aux efforts continus de plusieurs générations de jeunes. Tout le Parti doit entourer les jeunes d’attentions et de sollicitude, leur offrant une grande scène pour réussir leur vie. De leur côté, les jeunes doivent affermir leurs idéaux et convictions, nourrir de nobles ambitions, avancer d’un pas ferme et assuré, et se tenir à l’avant-garde de l’époque, de manière à donner libre cours à leurs rêves juvéniles tout au long de la réalisation du rêve chinois, et à inscrire des chapitres magnifiques dans leur combat sans relâche au service des intérêts du peuple.

 

« Quand la Voie céleste prévaut, l’esprit public règne sur Terre. » Vivant sur cet immense territoire chinois de 9,6 millions de km2, puisant nos nutriments dans les richesses culturelles accumulées par la nation chinoise tout au long de quelque cinq mille années de lutte, dotés d’une force extraordinaire née de l’union de plus de 1,3 milliard de Chinois, nous bénéficions d’un vaste champ d’action, d’une solide assise historique et d’une fermeté inébranlable pour avancer sur la voie du socialisme à la chinoise. Nous appelons tout le Parti, ainsi que l’ensemble de notre peuple multiethnique, à s’unir étroitement autour du Comité central du Parti, à porter haut levé le grand drapeau du socialisme à la chinoise, à travailler dur dans un esprit d’entreprise, et à lutter sans relâche pour accomplir nos trois tâches historiques, à savoir le progrès de la modernisation, la réalisation de la réunification nationale, ainsi que la sauvegarde de la paix mondiale et la promotion du développement commun ; et pour remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, faire triompher le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, réaliser le rêve chinois du grand renouveau national et satisfaire l’aspiration du peuple à une vie toujours plus belle !

Résolution du 19ème Congrès national du Parti communiste chinois sur le rapport du 18ème Comité central

Résolution du 19ème Congrès national du Parti communiste chinois sur le rapport du 18ème Comité central

 

, par  communistes,
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Pierre Laurent, cité par la presse chinoise a cru pertinent de dire que le PCF et le PCC apprenaient l’un de l’autre...
En ce qui concerne la coopération franco-chinoise, M. Laurent estime que les deux pays maintiendraient des relations étroites, alors que le PCF et le PCC continueraient à se respecter et apprendre l’un de l’autre.
Franchement, je ne vois pas ce que le PCF, qui vient de perdre 1,2 million de voix sur 1,8 million aux législatives [1] peut bien apprendre au PCC, qui dirige le plus grand pays du monde... A part, peut-être comment il est possible qu’un parti communiste historique s’affaiblisse autant sans qu’aucun dirigeant ne commence la moindre autocritique... Autocritique, voila une question où Pierre Laurent a à apprendre effectivement du PCC.
Pam
 
Beijing, 24 octobre (Xinhua) — Voici le texte intégral de la Résolution du 19ème Congrès national du Parti communiste chinois sur le rapport du 18ème Comité central, adoptée mardi lors du 19ème Congrès national du PCC, qui vient de s’achever.

Résolution du XIXème Congrès national du Parti communiste chinois sur le rapport d’activité du XVIIIème Comité central


24 octobre 2017

Le XIXème Congrès du Parti communiste chinois (PCC) approuve le rapport d’activité que le camarade Xi Jinping a présenté au nom du XVIIIème Comité central. En portant haut levé le grand drapeau du socialisme à la chinoise et en se guidant sur le marxisme-léninisme, la pensée de Mao Zedong, la théorie de Deng Xiaoping, la pensée importante de la « Triple Représentation », le concept de développement scientifique et la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, le Congrès a analysé les évolutions de la situation tant internationale que nationale, fait le bilan des tâches accomplies au cours des cinq années écoulées, ainsi que des transformations historiques opérées, et avancé une série d’importantes thèses politiques, dont l’entrée du socialisme à la chinoise dans une nouvelle ère et la transformation de la principale contradiction sociale en Chine en celle entre l’aspiration croissante de la population à une vie meilleure et le développement déséquilibré et insuffisant de la Chine ; il a expliqué de façon approfondie la mission historique du PCC à la nouvelle ère, affirmé le statut historique de la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, proposé la stratégie fondamentale pour le maintien et le développement du socialisme à la chinoise à la nouvelle ère, défini les objectifs visant à remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance et à entamer dans tous les domaines la nouvelle marche pour l’édification d’un pays socialiste moderne, et arrêté un ensemble de dispositions pour faire progresser la grande cause du socialisme à la chinoise et la nouvelle grande œuvre de l’édification du Parti à la nouvelle ère. En dessinant un plan magnifique sur la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance et le triomphe du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, le rapport d’activité du XVIIIème Comité central, adopté par le présent Congrès, indique plus clairement la direction à suivre pour faire avancer la cause du Parti et de l’État. Né de la quintessence de la sagesse de tout le Parti et de tout notre peuple multiethnique, ce rapport constitue non seulement un document-programme marxiste, mais également une déclaration politique et un programme d’action permettant à notre Parti d’unir et de guider notre peuple multiethnique dans ses efforts pour maintenir et développer le socialisme à la chinoise à la nouvelle ère.
Le Congrès estime que le thème exposé dans le rapport d’activité revêt une importance capitale pour notre Parti qui conduit le peuple à aller vaillamment de l’avant dans un esprit d’entreprise. Tout le Parti doit rester fidèle à l’engagement initial, garder constamment à l’esprit sa mission, et porter haut levé le grand drapeau du socialisme à la chinoise, pour remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, faire triompher le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, et lutter sans relâche pour réaliser le rêve chinois du grand renouveau de la nation.

Le Congrès donne une haute appréciation de l’activité du XVIIIème Comité central. La période des cinq années qui s’est écoulée depuis le XVIIIème Congrès a été une période extraordinaire dans le processus de développement du Parti et de l’État, car, des succès historiques ont été obtenus dans l’œuvre de réforme, d’ouverture et de modernisation socialiste. Depuis cinq ans, grâce à un énorme courage politique et à un sens aigu des responsabilités, le Comité central du Parti avec le camarade Xi Jinping comme noyau dirigeant, a formulé une série de conceptions, pensées et stratégies nouvelles, adopté une série de principes et politiques majeurs accompagnés d’un train de mesures importantes, et accompli une série de tâches majeures. Cela nous a permis de réussir des tâches colossales et de surmonter bon nombre de difficultés que nous n’avions pas réussi à surmonter durant de très nombreuses années, de sorte que des transformations historiques se sont opérées dans la cause du Parti et de l’État. Animé d’un grand courage pour affronter les divers risques, les dures épreuves et les problèmes notables au sein du Parti, le Comité central avec le camarade Xi Jinping comme noyau dirigeant a fait preuve d’une volonté opiniâtre en rétablissant la discipline, en combattant la corruption et en punissant les coupables. Ainsi, les graves dangers latents au sein du Parti et de l’État ont été éliminés, la vie politique interne du Parti s’est renouvelée, le paysage politique du Parti s’est sensiblement amélioré, et sa force créatrice, sa cohésion et sa combativité se sont considérablement renforcées. De plus, l’unité du Parti s’est consolidée, les relations entre le Parti et les masses populaires se sont davantage resserrées, et le Parti est devenu plus ferme dans sa lutte révolutionnaire, tout en se dotant d’une nouvelle et puissante vitalité. Tout cela a fourni une solide garantie politique pour le développement de la cause du Parti et de l’État. Les résultats que nous avons obtenus depuis cinq ans dans tous les domaines ont une valeur pionnière, et les réformes réalisées depuis cinq ans se sont opérées à des niveaux plus profonds et revêtent un caractère fondamental.

Le Congrès souligne que le socialisme à la chinoise, après avoir parcouru un long chemin, est entré dans une nouvelle ère, et au cours de son développement, un nouvel horizon historique s’est ouvert à notre pays. Avec l’entrée du socialisme à la chinoise dans la nouvelle ère, la principale contradiction dans la société chinoise s’est transformée en celle entre l’aspiration croissante de la population à une vie meilleure et le développement déséquilibré et insuffisant de la Chine. Cette transformation de la principale contradiction sociale en Chine est un changement historique touchant à la situation d’ensemble. Le Parti et l’État doivent donc agir en s’adaptant à de nombreuses nouvelles exigences qui en découlent. Il nous faut, en poursuivant nos efforts en faveur du développement, tout mettre en œuvre pour résoudre le problème lié à un développement déséquilibré et insuffisant, et améliorer sensiblement sa qualité et ses performances, de manière à satisfaire au mieux les besoins croissants de la population dans les domaines économique, politique, culturel, social et écologique, à encourager le plein épanouissement de l’homme, et à faire progresser la société dans tous les domaines.

Le Congrès souligne : étant confronté à un grand défi de notre époque, celui de donner une réponse systématique aux questions de savoir quel type de socialisme à la chinoise doit-on maintenir et développer à la nouvelle ère et comment le maintenir et le développer, notre Parti a adopté une vision toute neuve pour approfondir ses connaissances sur les lois régissant l’exercice du pouvoir par les partis communistes, l’édification socialiste et l’évolution de la société humaine, et a continuellement effectué des recherches théoriques. D’importants résultats sur le plan de l’innovation théorique ont été obtenus, donnant ainsi naissance à la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère. En tant que continuation et développement du marxisme-léninisme, de la pensée de Mao Zedong, de la théorie de Deng Xiaoping, de la pensée importante de la « Triple Représentation » et du concept de développement scientifique, cette pensée représente le dernier acquis de la sinisation du marxisme ainsi que la cristallisation de l’expérience et de la sagesse collective du Parti et du peuple. Elle est un élément essentiel du système théorique du socialisme à la chinoise, et un guide d’action pour tout le Parti et tout le peuple dans leurs efforts de réalisation du grand renouveau de la nation chinoise. Il faut perpétuer cette pensée tout en la développant.

Le Congrès souligne : maintenir la direction du Parti dans toutes les activités, persévérer dans l’idée de la primauté du peuple, poursuivre l’approfondissement intégral de la réforme, maintenir le nouveau concept de développement, assurer le statut du peuple en tant que maître du pays, persévérer dans la promotion intégrale de la gouvernance de l’État en vertu de la loi, adhérer fermement aux valeurs essentielles socialistes, garantir et améliorer le bien-être social par le développement, persévérer dans la coexistence harmonieuse entre l’homme et la nature, adopter un concept global de sécurité nationale, maintenir la direction absolue du Parti sur l’armée populaire, rester fidèles au principe « un pays, deux systèmes » et favoriser l’unité nationale, promouvoir la construction d’une communauté de destin pour l’humanité, et continuer à faire régner une discipline rigoureuse dans les rangs du Parti, voilà 14 points qui composent la stratégie fondamentale pour le maintien et le développement du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère. Tous les camarades du Parti sont tenus d’appliquer intégralement la théorie, la ligne et la stratégie fondamentales du Parti, pour mieux guider la progression de la cause du Parti et du peuple.

Le Congrès indique que, jusqu’à 2020, nous nous trouverons dans l’étape décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance. Il nous faut donc, en conformité avec les exigences formulées par les XVIème, XVIIème et XVIIIème Congrès du Parti, mettre l’accent sur les domaines prioritaires, remédier à nos insuffisances, nous débarrasser de nos points faibles, et surtout, livrer la dure bataille pour parer aux risques majeurs, réaliser l’élimination ciblée de la pauvreté et maîtriser la pollution de l’environnement. Et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que, le moment venu, le peuple chinois reconnaisse l’avènement de la société de moyenne aisance et que cette dernière résiste à l’épreuve de l’histoire.

Le Congrès estime que la période qui sépare le XIXème du XXème Congrès du Parti constitue la charnière des objectifs des « deux centenaires ». Durant cette période, nous devons non seulement par achever l’édification intégrale de la société de moyenne aisance pour réaliser l’objectif du premier centenaire, mais également entreprendre, sur cette lancée, l’édification intégrale d’un pays socialiste moderne-nouvelle grande marche conduisant à la réalisation de l’objectif du deuxième centenaire. Après l’analyse de la conjoncture, tant extérieure qu’intérieure, et l’analyse des conditions de développement dont dispose notre pays, nous pouvons diviser en deux phases la période allant de 2020 au milieu du siècle pour prendre des dispositions : la première phase va de 2020 à 2035, phase pendant laquelle, partant de l’établissement de la société de moyenne aisance, nous poursuivrons nos efforts pour réaliser l’essentiel de la modernisation socialiste ; la deuxième phase va de 2035 au milieu du siècle, phase pendant laquelle nous allons, partant de la modernisation réalisée pour l’essentiel, poursuivre nos efforts pendant encore 15 ans pour transformer la Chine en un grand pays socialiste beau, moderne, prospère, puissant, démocratique, harmonieux et hautement civilisé.

Le Congrès approuve les dispositions proposées dans le rapport d’activité concernant l’édification du socialisme sur les plans économique, politique, culturel, social et écologique. Il souligne qu’il faut appliquer le nouveau concept de développement et édifier un système économique moderne ; insister sur la primauté de la qualité et privilégier la rentabilité du développement ; prendre pour fil conducteur la réforme structurelle du côté de l’offre pour promouvoir un changement en matière de qualité, d’efficacité et de force motrice du développement économique ; accélérer l’instauration d’un système industriel où l’économie réelle, l’innovation scientifique et technique, la finance moderne et les ressources humaines se développent de façon coordonnée ; et construire un système économique caractérisé par la grande efficacité du rôle du marché, un dynamisme entrepreneurial des acteurs microéconomiques et un emploi à bon escient du macrocontrôle, notre but visé étant d’accroître sans cesse la capacité d’innovation et la compétitivité de notre économie. Il faut approfondir la réforme structurelle du côté de l’offre, accélérer l’édification d’un État innovant, appliquer la stratégie de redressement des régions rurales, mettre en œuvre la stratégie de développement interrégional coordonné, accélérer le perfectionnement du système d’économie de marché socialiste, promouvoir une nouvelle conjoncture d’ouverture tous azimuts, de manière à réaliser un développement de meilleure qualité, plus efficace, plus équitable et plus durable.

Il importe de parfaire le système de la souveraineté populaire et de développer la démocratie socialiste. Dans ce but, nous devons veiller à une parfaite cohésion entre la direction du Parti, la souveraineté populaire et la gouvernance de l’État en vertu de la loi, renforcer la garantie institutionnelle de la souveraineté populaire, faire valoir le rôle important de la démocratie consultative socialiste, approfondir la pratique de la gouvernance de l’État en vertu de la loi, poursuivre en profondeur la réforme des institutions et du système administratif, renforcer et élargir le front uni patriotique, afin de consolider et de développer une situation politique caractérisée par le dynamisme, la stabilité et l’union. Il faut renforcer la confiance dans notre culture et favoriser l’épanouissement de la culture socialiste. À cette fin, il faut maintenir fermement notre rôle directeur dans le travail idéologique, cultiver et mettre en pratique les valeurs essentielles socialistes, renforcer l’édification morale et idéologique, faire prospérer la littérature et l’art socialistes, et promouvoir la culture et l’industrie culturelle, pour stimuler la créativité culturelle de toute la nation. Il faut garantir et améliorer les conditions de vie de la population et innover pour renforcer la gouvernance sociale. Dans ce but, il faut, avant tout, concentrer nos efforts sur les problèmes qui touchent aux intérêts directs et réels de la population et qui sont au centre de ses préoccupations : développer en priorité l’éducation, augmenter la qualité de l’emploi et les revenus de la population, renforcer l’édification du système de protection sociale, remporter la victoire finale dans la lutte contre la pauvreté, mettre en œuvre la stratégie de « Chine saine », mettre en place une architecture de gouvernance sociale dite « synergie, concertation et partage », et assurer efficacement la sécurité nationale, afin de procurer au peuple un sentiment de satisfaction, de bonheur et de sécurité qui soit plus fort, mieux garanti et plus durable. Il faut accélérer la réforme en faveur de la civilisation écologique et construire une belle Chine. À cet effet, il importe de promouvoir le développement vert, de veiller à résoudre les problèmes saillants de l’environnement, de renforcer la protection de l’écosystème, et d’innover dans le domaine du système de surveillance de l’écosystème pour créer une nouvelle situation de modernisation marquée par le développement harmonieux de l’homme et de la nature.

Le Congrès souligne qu’étant donné les profondes mutations dans la situation sécuritaire nationale et pour répondre à l’exigence de notre époque d’édifier un État puissant avec une armée puissante, il faut poursuivre la voie à la chinoise du renforcement de l’armée : mettre en œuvre intégralement l’idée directrice de Xi Jinping sur la montée en puissance de l’armée, et appliquer une stratégie militaire adaptée à la nouvelle situation, afin d’édifier une armée de terre, de mer et de l’air, des forces balistiques et des forces d’appui stratégique puissantes et modernes ; mettre sur pied des organes de commandement fermes et hautement efficaces pour des opérations interarmées menées au niveau des zones de commandement ; et mettre en place un système de combat moderne à la chinoise, le tout pour promouvoir intégralement la modernisation de la défense nationale et de l’armée, et pour faire de l’armée populaire une armée de premier rang mondial.

Le Congrès souligne : pour maintenir la prospérité et la stabilité à long terme de Hong Kong et de Macao, il faut appliquer dans leur intégralité et avec précision les principes dits « un pays, deux systèmes », « administration de Hong Kong par les Hongkongais », « administration de Macao par les Macanais », et celui d’un haut degré d’autonomie ; agir conformément à la Constitution et aux lois fondamentales qui régissent Hong Kong et Macao, de sorte que nos compatriotes de ces deux régions partagent, avec les autres Chinois, la responsabilité historique qu’est la réalisation du renouveau national, et tirent honneur du grand prestige de notre patrie prospère et puissante. Fidèles au principe de « réunification pacifique » et d’« un pays, deux systèmes », nous élargirons les échanges et la coopération dans les domaines économique et culturel entre les deux rives du détroit de Taiwan, tout en invitant la population des deux rives à faire rayonner ensemble la culture chinoise ; nous ferons progresser le développement pacifique des relations entre les deux rives du détroit et la réunification pacifique de la patrie, et nous ne permettrons à aucune personne, à aucune organisation, ni à aucun parti politique de séparer une seule parcelle de terre de la Chine, à quelque moment et sous quelque forme que ce soit.

Le Congrès approuve l’analyse que le rapport d’activité a faite sur la situation internationale ainsi que les principes qu’il a formulés en ce qui concerne notre activité extérieure. Il souligne : la Chine poursuivra la voie de développement pacifique ; portant haut levé l’étendard de la paix, du développement, de la coopération et du gagnant-gagnant, elle restera fidèle à l’objectif de sa politique étrangère, à savoir, sauvegarder la paix mondiale et favoriser un développement commun ; elle est prête à développer des relations d’amitié et de coopération avec les autres pays sur la base des Cinq principes de coexistence pacifique ; elle promouvra activement la coopération internationale dans le cadre du projet « la Ceinture et la Route » ; elle participera activement, comme par le passé, à la réforme et au développement du système de gouvernance mondiale ; elle œuvrera pour l’établissement d’un nouveau type de relations internationales basées sur le respect mutuel, l’équité et la justice, ainsi que la coopération et le principe gagnant-gagnant ; elle apportera sa contribution à la création d’une communauté de destin pour l’humanité ; elle luttera, de concert avec les autres peuples, pour construire un monde beau et propre, caractérisé par l’ouverture, l’inclusion, la paix durable, la sécurité globale et la prospérité commune.Le Congrès souligne : comme on dit, pour forger le fer, il faut être fort soi-même. Si le Parti veut unir et conduire le peuple pour mener la grande lutte, faire progresser la grande cause et réaliser le grand rêve, il doit maintenir sans jamais faillir sa direction, tout en améliorant et renforçant résolument son édification pour se rendre plus ferme et plus puissant. Et les exigences globales de l’édification du Parti à la nouvelle ère sont les suivantes : il faut maintenir et renforcer la direction du Parti sur tous les plans, et intensifier le contrôle et la gestion du Parti de façon rigoureuse ; il faut faire progresser sur toute la ligne l’édification du Parti dans les domaines de la politique, de l’idéologie, de l’organisation, de la discipline et du style de travail, tout en veillant à ce que l’édification du Parti aille de pair avec le perfectionnement du système institutionnel -tout au long de ce processus, nous devons faire jouer un rôle directeur à l’édification politique, nous appuyer sur la réaffirmation de nos idéaux, de nos convictions et de nos objectifs, prendre comme fil conducteur l’amélioration de la capacité du Parti à exercer le pouvoir sur le long terme et à préserver son caractère avancé et sa pureté, et focaliser nos efforts sur la stimulation de l’enthousiasme, de l’esprit d’initiative et de la créativité de tout le Parti- ; enfin, il faut approfondir la lutte anticorruption et améliorer continuellement la qualité de l’édification du Parti. Tout cela a pour but de faire de notre Parti un parti marxiste dynamique au pouvoir, toujours à l’avant-garde de son époque, soutenu de tout cœur par le peuple, capable de résister à toutes les épreuves, et qui a le courage de s’imposer une autorévolution.

Le Congrès souligne qu’il faut donner la priorité à l’édification politique du Parti. Tous les membres du Parti doivent renforcer la conscience politique, la conscience de l’intérêt général, la conscience du noyau dirigeant et la conscience de l’alignement ; maintenir l’autorité du Comité central et sa direction centralisée et unifiée ; appliquer résolument la ligne politique du Parti, respecter rigoureusement sa discipline et ses règles de conduite politiques, et s’aligner strictement sur le Comité central du Parti quant aux positions, orientations, principes et voies politiques.

Le Congrès appelle tout le Parti, ainsi que l’ensemble de notre peuple multiethnique, à s’unir étroitement autour du Comité central du Parti avec le camarade Xi Jinping comme noyau dirigeant, à porter haut levé le grand drapeau du socialisme à la chinoise, à étudier et appliquer consciencieusement la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, à travailler dur dans un esprit d’entreprise, et à lutter sans relâche pour accomplir nos trois tâches historiques, à savoir, le progrès de la modernisation, la réalisation de la réunification nationale, ainsi que la sauvegarde de la paix mondiale et la promotion du développement commun ; et pour remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, faire triompher le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, réaliser le rêve chinois du grand renouveau national et satisfaire l’aspiration du peuple à une vie toujours plus belle !
 

Voir en ligne : Sur le service de presse chinois

 

[1] 615.487 en 2017, 1.793.192 en 2012

Le président de la Banque mondiale félicite la Chine pour son combat contre la pauvreté

Le président de la Banque mondiale félicite la Chine pour son combat contre la pauvreté

 

19 Août 2017

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La voie choisie par la Chine demeure encore une inconnue et pour l’éclairer il faut remonter aux débats qui ont lieu autour de la NEP, bien qu’ici l’enjeu ne soit déjà plus l’existence des koulaks et l’accumulation primitive sur l’agriculture. pour développer un état socialiste, mais le développement d’abord par la manufacture et de la une transformation totale de la structure productive du pays vers plus de valeur ajoutée. Pour cela, la Chine a besoin de la paix. Cette phase, à l’inverse de l’accumulation primitive du capital décrit par Marx ou de la phase néolibérale que nous connaissons, ne se ferait pas au profit de la classe bourgeoise, mais de l’Etat socialiste dont le plan permet une répartition de développement des plus pauvres.Ce qui apparaît est ce qu’on trouve déjà dans la NEP est une lutte constante entre gauche et droite, suspendus à l’existence  d’ un niveau international dominé par le marché au profit du capital. Il faut  considérer les résultats et ceux présentés ici sont fondamentaux pour juger de l’orientation réelle de la Chine et du rôle qu’elle joue par la masse de sa population.

 

(note de Danielle Bleitrach)


© Chine Nouvelle (Xinhua) – Huang Jian, le 18/08/2017 13:29
Le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim a félicité jeudi la Chine pour ses mesures de lutte contre la pauvreté, qui ont permis de sortir des « centaines de millions » de personnes de la misère.

Beijing « s’est adapté aux nouvelles réalités » de notre temps pour mettre en oeuvre des politiques efficaces, a déclaré M. Kim, qui est arrivé jeudi à Buenos Aires pour une visite de deux jours afin de rencontrer le président argentin Mauricio Macri, avec qui il discutera du développement et des réformes économiques du pays.

« Depuis 1990, près de 1,1 milliard de personnes à travers le monde sont sorties de la pauvreté. Des centaines de millions d’entre elles vivent en Chine, un pays qui s’est adapté aux nouvelles réalités du marché et a promu la croissance », a déclaré M. Kim lors d’une conférence de presse conjointe tenue à l’issue de sa réunion avec M. Macri au palais présidentiel argentin.

Ces 30 dernières années, la Chine a mis en oeuvre des réformes et ouvert son économie, ce qui a permis de sortir 700 millions de personnes de la pauvreté. Ce chiffre représente plus de 70% de la baisse de la pauvreté dans le monde, selon un rapport annuel sur la lutte de la Chine contre la pauvreté publié en 2016 par l’Académie chinoise des sciences sociales et le Conseil des affaires d’Etat.

La Chine comptait 10,2% de pauvres en 2012. En 2016, ce chiffre est passé à 4,5%. Depuis 2013, 55,64 millions de Chinois sont sortis de la pauvreté, selon le rapport.

Les autorités chinoises visent à éliminer la pauvreté dans les zones rurales d’ici à 2020.

Au cours de leur rencontre, MM. Kim et Macri ont discuté de la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) qui se tiendra à Buenos Aires en décembre ainsi que de la présidence du G20 en 2018, qui sera assumée par l’Argentine à compter du 1er décembre.

« L’Argentine avance vers une direction prometteuse. Elle a entrepris des réformes difficiles pour stabiliser l’économie, ouvert l’Argentine au monde et amélioré la transparence, entre autres », a déclaré M. Kim.

« Ces réformes vont jeter les fondements qui permettront d’accroître durablement les investissements et la création d’emplois », a-t-il ajouté, estimant que l’Argentine « enregistrera une croissance de 2,7% cette année, ce qui constituera un progrès remarquable, en particulier en comparaison avec la contraction de l’année dernière ».

La Chine empêchera toute tentative de frappe préventive des USA contre la Corée du Nord - (Global Times)

People's Liberation Army soldier © Jason Lee / Reuters

La Chine empêchera toute tentative américaine ou sud-coréenne de mener des frappes préventives sur la Corée du Nord ainsi que toute tentative de prendre le leadership local, mais elle restera neutre si Pyongyang lance ses missiles le premier sur des cibles américains, déclare le très officiel « Global Time ».

 

L’avertissement a été délivré par l’entremise d’un éditorial du Quotidien d’Etat ce jeudi, alors que les USA et la Corée du Nord continuaient à échanger des remarques incendiaires, augmentant le risque d’une action disproportionnée ou d’une mauvaise estimation au sujet de la crise.

 

Pékin tient à être clair : «  Si la Corée du nord lance des missiles qui menacent le sol des USA et que les USA répliquent, la Chine restera neutre ", déclare le « Global Time ».

 

Mais si les USA et leur allié Sud-Coréen attaquent Pyongyang et tentent de «  renverser le Régime Nord-Coréen et changer le paysage politique de la Péninsule Coréenne », la Chine fera en sorte d’agir pour que cela ne soit pas possible, insiste l’article.

 

Le quotidien de masse, publié par la presse quotidienne officielle du Parti Communiste, précise aussi que les derniers événements sont vus par Pékin avec une irritation grandissante et de profondes implications.

 

Si la Guerre éclate réellement, les USA ne pourront en tirer aucun bénéfice stratégique et la Corée du Nord sera placée face à des risques sans précédents » alerte l’article. « La Corée du Nord souhaite pousser les USA à la négociation avec elle, alors que les USA désirent la pousser dan ses derniers retranchements ».

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« La nouvelle guerre de Corée peut éclater à tout moment », (Ministre chinois des Affaires Etrangères).

Pékin est n’est pas en mesure aujourd’hui « de persuader Washington ou Pyongyang de reculer », précise le « Global Times », ajoutant qu’il soutenait en premier la Paix et la Stabilité ans la Région. Toutes les parties impliquées dans cette crise doivent comprendre que « si leurs actes mettent en danger les intérêts de la Chine, la Chine ripostera très fermement en premier », explique l’article gouvernemental.

 

La Chine et la Corée du Nord sont des alliés économiques et idéologique de longue date, et ont répété ce vendredi que tous les côtés impliqués dans la crise devaient « parler et agir avec précaution » afin de construire vraiment au lieu « d’alterner dans des démonstrations de force », ainsi que le Ministre des Affaires Etrangères l’a précisé à Reuter.

 

Au début de la semaine, le president des Etats-Unis, Donald Trump a jeté de l’huile sur le feu de la Crise Nord Coréenne, en déclarant que se précédentes menaces de lâcher « le Feu et la Fureur comme le Monde ne l’avait jamais vu », n’étaient peut-être « pas assez fortes ».

 

Parlant ce vendredi dans son golf de Bedminster, dans le New-Jersey, Trump a déclaré que les Nord Coréens « feraient bien d’en prendre acte ensemble ou qu’ils seraient soumis à des pressions comme peu de nations ont pu les subir en ce Monde ». Cette menace ouverte de Washington vient après que Pyongyang ait ridiculisé le « Feu et la Fureur » comme une « immense imbécillité ».

 

Pyongyang avait aussi dévoilé un plan détaillé qu’il venait juste de mettre au point permettant d’atteindre avec ses missiles la Base militaire US de Guam dans le Pacifique. En retour, les Militaires US avaient signalé qu’ils enverraient leurs bombardiers stratégiques B- 1 bombarder les sites de lancement de missiles, les installations souterraines et autre installations de Corée du Nord.

 

Un pareil « jeu irresponsable » pourrait avoir de graves conséquences déclare le Global Times. « Personne, ni Washington, ni Pyongyang ne désire réellement la guerre, mais la guerre peut éclater de diverses manières et ils n’ont aucune capacité de tenir untel jeu extrême sous contrôle ».

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Trump : "Les solutions militaires sont chargées et verrouillées contre la Corée du Nord".

« Les enjeux sont extrêmement élevés et chaque côté semble prêt pour le scénario du pire », confirme un ancien Général à la retraite Pavel Zoltarev, un spécialiste russe respecté, qui déclare à RT que la décision prise à Washington est « hors de toute logique, et que nous pourrions en subir de graves conséquences difficiles à estimer à priori ».

 

« Chaque Armée de chaque pays se doit élaborer un éventail de stratégies correspondant à toutes éventualités. Ce sont les Politiques, pas les Militaires, qui décident de comment user ou non de ces plans... Aussi, si les militaires nord-coréens parlent de tels plans, c’est qu’ils les possèdent effectivement » déclare-t-il dans ses commentaires au sujet des menaces de Pyongyang sur Guam.

« L’armée nord-coréenne peut infliger de graves dommages aux Forces armées de USA en cas de conflit conventionnel. Même si leurs équipement sont bien loin derrière ceux des Américains, leur capacité de combat ainsi que leur moral sont bien plus hauts » déclare le général en retraite.

 

Traduit par Geb.

 

Notes de Geb : "Echec et Pat".

 

Trump vient de se prendre une baffe par Xi. La même qu’Obama s’est prise avec Poutine lors de la "Ligne rouge en Syrie" sur les Armes chimiques d’Assad.

 

On attend l’information dans la Presse française. Ca va être dur à expliquer pour certains.

»» https://www.rt.com/news/399310-china-prevent-us-strike-nkorea/
URL de cet article 32184 

RUSSIE et CHINE répondent CONJOINTEMENT aux exercices militaires américains

Publié par El Diablo

RUSSIE et CHINE répondent CONJOINTEMENT aux exercices militaires américains

«De très bons voisins» : A Moscou, Poutine et Xi Jinping saluent le partenariat russo-chinois

«De très bons voisins» : A Moscou, Poutine et Xi Jinping saluent le partenariat russo-chinois

Washington refuse d'admettre cette nouvelle réalité que constitue le monde multipolaire et l'époque où la Chine et la Russie acceptaient l’autorité des Etats-Unis est révolue, selon le commentateur politique John Wight.

La Royal Navy a suivi trois navires de guerre chinois qui traversaient les eaux territoriales du Royaume-Uni afin de rejoindre la mer Baltique pour prendre part à des manœuvres militaires avec la Russie.  

Lors de son entrée en mer du Nord, la marine chinoise s'est vue «escortée» par des navires néerlandais et britanniques.

RT: C’est la première fois depuis 2012 que la Russie et la Chine mènent des exercices conjoints. Est-ce un reflet des tensions que connaît le monde ?

J.W. : Sans aucun doute. Le développement des capacités militaires chinoises ces dernières années en est la preuve. Le gouvernement chinois a beaucoup investi dans le renforcement de ses armées, et notamment de la marine. Le fait que la Chine soit capable de déployer des forces navales à des milliers de kilomètres de ses eaux territoriales est un puissant message, qui témoigne, entre autres, du renforcement de l’alliance entre la Russie et la Chine. Cela est d’autant plus logique que les deux pays sont confrontés à la menace impérialiste des Etats-Unis et de leurs alliés. Désormais, à chaque fois qu’un camp conduit des exercices militaires, l’autre réagit en déployant ses propres navires afin de montrer qu’il est capable de répondre à toute menace. Ce sont des situations à haut risque, surtout lorsque des incidents se déroulent dans le ciel. Il y a peu, nous avons vu, alors qu'il se rendait à Kaliningrad, l’avion du ministre russe de la Défense être suivi par un avion de l’OTANqui s'en est rapproché dangereusement avant d'être chassé par l’escorte aérienne du ministre.

(...)

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

Russie et Chine répondent conjointement aux exercices militaires américains

 

Russie et Chine répondent conjointement aux exercices militaires américains

Washington refuse d'admettre cette nouvelle réalité que constitue le monde multipolaire et l'époque où la Chine et la Russie acceptaient l'autorité des Etats-Unis est révolue, selon le commen...

 

https://francais.rt.com/opinions/41338-russie-chine-r

La Chine fête ce 29 juillet la fondation de l’armée populaire de Chine (vidéo en français)

La Chine fête ce 29 juillet la fondation de l’armée populaire de Chine (vidéo en français)

01 Aout 2017  

Pierre Rousset, la réponse de Washington à la victoire de la révolution chinoise

28 juillet 2017

Pierre Rousset, la réponse de Washington à la victoire de la révolution chinoise

 

"Le terme de « guerre froide », considère Pierre Rousset, ne convient qu’à l’Europe, là où la situation géopolitique se fige dans une division Est-Ouest. Il n’a aucun sens en Asie. La réponse de Washington à la victoire de la révolution chinoise est un ensemble de guerres brûlantes, dont la densité va dépasser celle des années 39-45. Le Nord de la Corée a été « aplati » au point que les pilotes US n’avaient plus de cibles définies à détruire. Le territoire indochinois a reçu un tonnage de bombes deux fois plus important que ce qui fut déversé pendant toute la Seconde Guerre mondiale. Le coup d’Etat de 1965 en Indonésie est l’un des plus sanglants de l’histoire (si ce n’est le plus sanglant). L’affrontement global se joue pour une large part dans trois pays, à trois « moments » clefs de l’intervention US : la Corée (guerre de 1950-1953), le Vietnam et l’Indochine (escalade de la fin des années 50 au début des années 70), l’Indonésie (écrasement des forces progressistes en 1965-1966)..."

 

Reprenons la lecture de la présentation de l'histoire de la Chine...

 

Michel Peyret


Les guerres d’Asie et la politique internationale de la République populaire (1949-1979)

 

mercredi 19 juillet 2017, par ROUSSET Pierre

 

Contribution rédigée pour un livre sur la Chine à paraître en espagnol aux éditions Anticapitlistas. Ce texte est susceptible d’être ultérieurement corrigé, précisé ou étoffé.

 

De sa fondation en 1949 jusqu’au début des années 1980, la République populaire de Chine (RPC) a la guerre pour environnement. Disons plutôt les guerres. En effet, si dans un premier temps, elle se situe politiquement au sein du « camp socialiste », avec l’URSS, face au « camp impérialiste » dirigé par les Etats-Unis ; dans un second temps, Moscou et Pékin s’opposent frontalement, au point où chacun cherche jouer Washington contre l’autre.

La politique internationale de la RPC a donc pour toile de fond cet état de guerre permanent. Elle reflète aussi l’évolution politique et sociale du régime maoïste, liée à la cristallisation et à la montée en force de la bureaucratie. Cependant, durant toute cette période, la direction chinoise n’a pas pour objectif de s’intégrer à l’ordre capitaliste mondial de manière à faire du pays une grande puissance capable de rivaliser sur leur propre terrain avec les impérialismes traditionnels. Cette question ne se posera que dans les années 1990, corrélativement à la formation en Chine même d’une nouvelle bourgeoisie. 

 

La politique internationale du régime inclut les rapports avec des Etats, mais aussi avec des partis (notamment maoïstes) et des mouvements de libération. Elle se déploie simultanément à plusieurs échelles : mondiale et régionales, avec une importance particulière accordée à l’espace asiatique – l’Asie du Sud (l’Inde…), du Sud-Est (Vietnam, Indonésie…) ou du Nord-Est (Corée, Japon…). En règle générale, Pékin aura toujours plus d’un fer au feu.

 

La géopolitique de la diplomatie chinoise répond à plusieurs impératifs, comme la rivalité sino-étatsunienne, la rivalité sino-soviétique et la rivalité sino-indienne. Elle change suivant les périodes, mais ces changements de cadre ne sont pas nécessairement synchronisés en tous domaines. Elle intervient dès 1949 en ce qui concerne l’affrontement mondial avec les Etats-Unis, mais, en Asie du Sud, la coopération avec l’Indien Nehru dure plus longtemps et, avec Soekarno, en Asie du Sud-est insulaire jusqu’au le coup d’Etat indonésien de 1965. Pour tenter d’en rendre compte, la présentation qui suit est thématique quitte à ce que la chronologie et les « périodes » se chevauchent. 

 

I. 1945 et ses lendemains

 

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’Asie orientale – de la Birmanie à la Corée – est sous occupation japonaise. La reddition de Tokyo, en 1945, crée une situation de vide étatique, administratif, simultanément dans tous les pays de cette région. Une situation exceptionnelle !

 

Les puissances alliées ont prévu une sortie contrôlée de la Seconde Guerre mondiale en se répartissant à l’avance les zones d’influence ou d’occupation, sanctionnées avec les accords de Yalta (février 1945) et de Potsdam (juillet-août 1945). Ces conférences réunissent l’Union soviétique, les Etats-Unis et le Royaume uni. Le périmètre des anciennes colonies d’Asie n’est pas toujours été respecté. Ainsi, le Vietnam devait être occupée au nord du 16e parallèle par l’armée chinoise du Guomindang (ce qui fut fait) et au sud par les Britanniques (ce que Paris réussit à éviter).

 

La place des partis communistes est plus importante au sein du mouvement de libération nationale en Asie orientale que dans toute partie du tiers monde. Il y a certes de notables exceptions, comme en Indonésie où le PKI est minoritaire, et des situations complexes (comme la place des organisations armées de groupes ethniques en Birmanie). La résistance antijaponaise a généralement été divisée entre des courants aux ancrages sociaux et aux orientations politiques antagoniques – la Chine en offrant un exemple criant (le face-à-face PCC/Guomindang). 

 

La décolonisation avortée

 

Il est impossible de restituer ici la complexité politique de l’immédiat après-guerre. Il y a partout un temps d’hésitation, concernant la portée effective des accords de Yalta ou la politique des gouvernements métropolitains. Certains mouvements de libération (à direction communiste ou pas) ont saisi la brèche ouverte par la défaite japonaise pour proclamer sans attendre l’indépendance (Vietnam, Indonésie, Corée) ou se sont préparés à la guerre civile (Chine) ; d’autres ont suspendu la lutte et ont commencé à désarmer avant d’être contraints par la répression à reprendre le combat (Philippines, Malaisie).

 

Témoin des incertitudes du moment, chaque métropole impérialiste a réagi en 1945 selon ses propres ambitions et ses propres contraintes. Question déterminante : voulait-elle et pouvait-elle reprendre le contrôle de son ou de ses anciennes colonies ?

 

Les Etats-Unis ne le voulaient pas. Ils ne reviennent administrer les Philippines que le temps d’octroyer l’indépendance. Ce choix politique avait été longuement préparé avec les élites locales afin d’arrimer durablement l’archipel au navire amiral US, en entrant de façon précoce et ordonnée dans l’ère néocoloniale. Ils sont les mieux à même d’agir ainsi.

 

Washington doit cependant aider le nouveau régime philippin à combattre l’insurrection des Huks, en 1946-1954. Formée durant la guerre, l’Hukbo ng bayan Laban sa Hapon (Armée populaire antijaponaise) – connue sous l’acronyme Hukbalahap ou, pour faire court Huks – était dirigée par le Parti communiste (PKP). Elle avait commencé à désarmer en 1945, mais ses unités étant massacrées, elle a repris le combat ; elle n’était cependant solidement implantée que dans une partie de l’île de Luzon, ce qui lui fut fatal.

 

Le Portugal le pouvait. Ce sont principalement les alliés néerlandais et australiens qui battent les Japonais au Timor oriental, avec un soutien discret des forces portugaises (Lisbonne étant officiellement neutre dans le conflit mondial). En 1945, le territoire est « rendu » à la dictature Salazar. Ce n’est pas la défaite nippone qui ouvre une brèche permettant de déclarer l’indépendance, mais – à l’initiative du Fretilin en 1975 – le renversement du régime portugais lors de la « révolution des œillets ».

 

Cette brèche est immédiatement refermée par l’invasion indonésienne. Le quart de la population trouve la mort sous le régime d’occupation. Le pays fait sécession en 1999 et son indépendance n’est formellement reconnue qu’en 2002.

 

Les Pays-Bas ne le pouvaient pas. Ils tentent de reconquérir l’Indonésie après la déclaration d’indépendance de 1945, mais ils doivent renoncer à cette ambition après quatre années de conflit armé (la « Revolusi »).

 

Plus la guerre coloniale se poursuit et plus l’influence du PKI, déjà importante, risque de se renforcer. En 1949, corrélativement à la victoire de la révolution chinoise, l’indépendance indonésienne est reconnue par La Haye.

 

La France a longtemps cru le pouvoir. Au Vietnam aussi l’indépendance est proclamée dès 1945 – mais de Gaule envoie un corps expéditionnaire rétablir l’Empire ; il s’en suit 30 années de guerres dévastatrices…

 

Le jusqu’au-boutisme de l’impérialisme français se manifeste quand vient l’heure de la défaite. La victoire vietnamienne de Diên Biên Phu, en 1954, sonne le glas de la reconquête coloniale ; mais plutôt que de reconnaître l’indépendance des pays indochinois, Paris passe la main aux Etats-Unis.

 

Le Royaume-Uni a, pour sa part, bénéficié des accords entre grandes puissances prévoyant le maintien de l’Asie du Sud-Est dans la sphère d’influence des anciennes métropoles. Il sait négocier à sa convenance l’indépendance.

 

Dans la péninsule malaise, l’Armée antijaponaise prononce en décembre 1945 sa dissolution et remet le pouvoir aux Britanniques, le PCM, qui la dirigeait, se préparant à poursuivre son combat sous d’autres formes. Bien qu’il ait acquis des soutiens notables parmi les classes populaires malaises, il a pour enracinement initial la communauté chinoise. Il n’est pas évident qu’il est, en 1945, en situation de postuler au pouvoir ; mais il semble bien avoir espéré que la Grande-Bretagne sous gouvernement Travailliste le laisserait opérer légalement. Il n’en est rien.

 

Londres est libre de refondre les institutions et l’ordre social, puis, en 1948, de décréter l’état d’urgence (elle dure jusqu’en 1960) pour briser le mouvement communiste. L’indépendance de la Malaisie est proclamée en 1957, dans le cadre du Commonwealth, puis en 1963, avec l’adjonction de Bornéo du Nord (renommé Sabah) et Sarawak, ainsi (très temporairement) de Singapour.

 

Il faut deux ans à Londres pour créer en Birmanie des conditions acceptables par la métropole d’une indépendance, proclamée en 1948. Le Parti communiste (PCB) et des minorités se soulèvent contre le nouveau régime, sans réussir à le renverser ; mais le pouvoir birman n’est pas non plus capable d’assurer son contrôle sur les régions montagnardes. 

 

La Thaïlande n’ayant jamais sous domination coloniale directe, la question de sa décolonisation ne se pose pas en 1945. Le régime militaire a collaboré avec les forces d’occupation nippones. La capitulation de Tokyo et l’activité des mouvements de résistance antijaponais permettent l’ouverture d’une fenêtre démocratique autour de la figure progressiste de Pridi Banomyong. Washington s’assure qu’elle est rapidement refermée, avec le retour au pouvoir, dès 1947-1948, du maréchal Phibun. Le royaume participe sous drapeau onusien à la guerre de Corée. En 1957, Phibun est lui-même victime d’un coup d’Etat soutenu par les Etats-Unis, qui inaugure la dictature militaire du maréchal Sarit Thanarat. Le royaume devient, à partir de 1961, une pièce maîtresse de l’intervention US dans l’Indochine voisine.

 

Ce n’est qu’en 1973 qu’un mouvement de masse initié par une révolte étudiante renverse le régime militaire et que le contexte national redevient favorable au Parti communiste de Thaïlande (PCT), durement réprimé et marginalisé. 

 

Aux yeux des puissances occidentales, les partis communistes deviennent très rapidement l’ennemi prioritaire à combattre. Le processus de décolonisation s’enferre dans la guerre.

 

Guerre froide en Europe, guerres brûlantes en Asie

 

Le terme de « guerre froide » ne convient qu’à l’Europe, là où la situation géopolitique se fige dans une division Est-Ouest. Il n’a aucun sens en Asie. La réponse de Washington à la victoire de la révolution chinoise est un ensemble de guerres brûlantes, dont la densité va dépasser celle des années 39-45. Le Nord de la Corée a été « aplati » au point que les pilotes US n’avaient plus de cibles définies à détruire. Le territoire indochinois a reçu un tonnage de bombes deux fois plus important que ce qui fut déversé pendant toute la Seconde Guerre mondiale. Le coup d’Etat de 1965 en Indonésie est l’un des plus sanglants de l’histoire (si ce n’est le plus sanglant).

 

L’affrontement global se joue pour une large part dans trois pays, à trois « moments » clefs de l’intervention US : la Corée (guerre de 1950-1953), le Vietnam et l’Indochine (escalade de la fin des années 50 au début des années 70), l’Indonésie (écrasement des forces progressistes en 1965-1966).

 

La Corée. La question coréenne est traitée en détail dans le premier chapitre de la partie 6 [1]. Après la capitulation japonaise, le pays est rapidement occupé, d’un commun accord, par l’armée soviétique au nord du 38e parallèle et, au sud, par les forces étatsuniennes. Une situation de guerre civile apparaît au sud entre un mouvement de résistance, solidement implanté, animé par le Parti communiste, et l’administration soutenue par Washington et intégrant bon nombre d’anciens collaborateurs.

 

La guerre de Corée (1950-1953) transforme un conflit politique et social coréen en un affrontement international. La guérilla du sud et l’intervention des troupes régulières du nord balaient le régime de Séoul. Washington organise une contre-offensive, menée, au nom de l’ONU, qui conduit le corps expéditionnaire jusqu’aux abords de la frontière chinoise. Pékin intervient à son tour sous le commandement de Peng Dehuai. Le front finit par se stabiliser à nouveau autour du 38e parallèle.

 

En 1950, le régime maoïste avait pour priorité absolue la reconstruction, pas la guerre aux frontières. C’est contraint qu’il est intervenu. Plus de deux millions de soldats chinois ont combattu en Corée, 180.000 d’entre eux y ont trouvé la mort. Le conflit a coûté la vie à 800.000 militaires coréens (les deux côtés compris) et à peut-être deux millions de civils, ainsi qu’à 57.000 membres des forces onusiennes. Une grande partie du pays est dévasté, notamment du fait des bombardements.

 

Le Vietnam. Au Vietnam, après avoir obtenu le départ des armées chinoises du Guomindang qui occupaient le nord du pays, le gouvernement Hô Chi Minh est confronté au corps expéditionnaire français. Ce dernier peut dans un premier temps reconquérir des territoires grâce à sa puissance de feu. En s’appuyant sur une mobilisation populaire multiforme (la fameuse « guerre du peuple ») le Vietminh équilibre progressivement le rapport des forces et bénéficie, à partir de 1950, de l’aide d’une frontière amie au Nord : la Chine de Mao.

 

En 1953, l’état-major français planifie la bataille de Diên Biên Phu qui doit lui assurer une victoire déterminante – ce fut effectivement une victoire décisive, mais vietnamienne. Elle sonne le glas de l’empire colonial français au-delà même des frontières indochinoises. L’indépendance, proclamée en 1945, est à nouveau à portée de main. Le mouvement de libération fait cependant les frais d’accords entre grandes puissances, à l’occasion des négociations de Genève de 1954. Moscou et Pékin font pression pour imposer une division « temporaire » du pays, au niveau du 17e parallèle. La réunification devait avoir lieu à l’occasion d’élections, que le gouvernement Hô Chi Minh aurait emportées – et qui ne se sont donc jamais tenues. C’était prévisible : les Etats-Unis, les nouveaux « parrains » du régime sud-vietnamien, avaient pris soin de ne pas s’engager en refusant de signer ces accords.

 

Le Parti communiste vietnamien tire une leçon de cette expérience amère : quand, près de vingt ans de guerre plus tard, de nouveaux pourparlers s’engagent avec les Etats-Unis, il ne convie à la table de négociation ni Moscou ni Pékin.

 

Au tournant des années 60, les accords de Genève n’ayant pas été respectés et le régime saïgonnais pourchassant communistes et progressistes, la lutte armée de libération reprend, avec succès. Face à ces développements, les Etats-Unis ont doublement réagi :

 

D’une part, en engageant en Indochine une escalade sans précédent, menant la politique de contre insurrection, sur tous les plans : militaires (bombardiers B52, technologies innovantes…), sécuritaires (programme d’assassinats du plan Phoenix…), écologique (usage massif des défoliants…), démographique (regroupements de la population au sud dans les « hameaux stratégiques…), socio-économiques (réforme agraire capitaliste opposée à la réforme agraire égalitaire du FNL…), étatique (politique de « vietnamisation » de la guerre via le régime saïgonnais…), etc. La guerre d’Indochine comme « guerre totale » n’a probablement pas d’équivalent contemporain.

D’autre part, en soutenant en Indonésie le coup d’Etat du général Suharto. 

 

L’Indonésie. Sur un registre différent d’au Vietnam, Djakarta défie l’ordre mondial étatsunien. Soekarno accueillant en 1955 la conférence de Bandung (voir plus loin). Au début des années 60, les tensions sont de plus en plus vives entre l’armée et le bloc politique noué entre Soekarno et le Parti communiste indonésien (PKI). Des officiers de gauche tentent un putsch, probablement à titre préventif, mais ne reçoivent pas l’appui de Soekarno (le PKI restant pour sa part sur une position très prudente). Avec l’aide de la CIA, le général Suharto saisit l’occasion pour prendre le pouvoir. Les forces armées, les paramilitaires et les milices anticommunistes mènent une véritable campagne de liquidation et d’incarcération arbitraire contre toute personne suspectée de sympathies de gauche (et incidemment contre la communauté chinoise). Elle se poursuit pendant plus d’un an et fait plus d’un demi-million, voire plus d’un million de morts selon les chiffres les plus souvent cités, un nombre équivalent de personnes étant placées en détention. Le PKI était considéré comme le plus grand parti communiste du monde capitaliste ; il est détruit. Le règne dictatorial de Suharto s’est maintenu 33 ans, sans partage.

 

Les Etats-Unis ont ainsi « sécurisé » l’Asie du Sud-Est insulaire. Ils constituent un arc de points d’appui et de bases militaires qui va de la péninsule coréenne (le Sud) à la péninsule sud-est asiatique (Thaïlande, Vietnam Sud) en passant par le Japon (Okinawa), Taïwan, et les Philippines – sans oublier la très puissante VIIe Flotte. Ils contrôlent ainsi l’accès aux océans Pacifique et Indien tout en créant un vaste espace où ils peuvent déployer librement leurs forces armées et assurer leur maintenance.

 

La République populaire ne peut opposer une force aéronavale au formidable dispositif US. Elle répond sur trois plans :

 

• Dans le pays même, l’approfondissement du cours révolutionnaire, le renforcement de la répression et le maintien d’une armée de terre nourrie par la mobilisation populaire. L’envoi par l’impérialisme d’un corps expéditionnaire pour « reconquérir » la Chine continentale apparaît ainsi une entreprise beaucoup trop risquée pour être tentée.

 

• Le soutien à la Corée du Nord et à la révolution vietnamienne qui « verrouillent » ses frontières continentales au sud et au nord-est. Un appui aux partis communistes d’Asie du Sud-est (et au-delà à des mouvements de libération nationale).

 

• Une offensive politique et diplomatique tous azimuts pour éviter de se retrouver isolée sur le plan international. La Chine rouge ne doit pas faire peur, mais être perçue comme une alliée possible pour résister à la volonté hégémonique des Etats-Unis – le soutien aux révolutions « voisines » n’est donc pas inconditionnel, comme les Vietnamiens en ont fait l’expérience en 1954 : la direction chinoise montre à cette occasion qu’elle n’est pas « jusqu’au-boutiste », qu’elle peut négocier et imposer, de concert avec Moscou, des compromis internationaux. 

 

Pékin réussit un tour de force en 1955. Les rapports entre la RPC et l’URSS sont alors étroits, au sein du « camp socialiste ». Pourtant, Pékin participe activement (et sans Moscou) à la conférence de Bandung qui célèbre la « troisième voie », prélude au mouvement des non-alignés, où elle apparaît avant tout comme un grand pays asiatique, plus encore que communiste. 

 

II. Le temps de Bandung

 

Du côté de Pékin, la conférence de Bandung (avril 1955) est précédée d’une offensive de charme intense [2]. Les visites en Chine de chefs d’Etat, personnalités politiques, journalistes, partis plus ou moins frères se multiplient. Mao lui-même est à la peine. Le conflit frontalier avec la Corée du Nord est réglé, au prix parfois de concessions. Des traités bilatéraux sont proposés pour régler la question de la double nationalité là où résident d’importantes communautés chinoises en Asie du Sud-Est. Des gestes sont faits en direction du Royaume-Uni, de la France, du Japon pour qu’ils affirment leur autonomie vis-à-vis des USA.

 

L’Inde joue alors un rôle moteur pour affirmer la présence asiatique dans le monde. Jawaharlal Nehru, Premier ministre, dirigeant du Parti du Congrès, est une figure de référence sur la scène internationale, perçu comme le représentant du mouvement national indien (Gandhi a été assassiné en 1948). Dès mars-avril 1947, il organise une « conférence des relations asiatiques » à laquelle participent une trentaine de délégations, dont 25 de pays indépendants.

 

Nehru a noué d’étroites relations avec Nasser en Egypte et avec Soekarno en Indonésie – ce dernier s’appuie sur l’Inde et l’Australie pour faire reconnaître l’indépendance de l’archipel. A cette fin, il organise en janvier 1949 une conférence Asie-Moyen-Orient à laquelle participent l’Ethiopie et l’Egypte, mais aussi l’Australie.

 

Pour son grand projet asiatique, Nehru veut réunir les mondes chinois et indiens. Il souhaite même que ce soit Pékin qui entre au Conseil de sécurité de l’ONU plutôt que Delhi. Dans un premier temps, la direction maoïste l’assure que la RPC ne soulèvera aucune revendication frontalière dans l’Himalaya (en fait, les problèmes commencent dès 1957). 

 

L’ordre américain peine à s’imposer. Sommées en 1950 de choisir entre les deux Vietnam (Saigon ou Hanoï), l’Inde, la Birmanie et l’Indonésie refusent. La création de l’Organisation du traité de l’Asie du Sud-est (OTASE), en septembre 1954, ne fait pas recette. Elle est composée de puissances coloniales (Royaume-Uni, France), des deux pays asiatiques « sous contrôle » (Philippines, Thaïlande) et du Pakistan qui veut s’armer face à l’Inde.

 

Nehru est réticent sur l’opportunité d’organiser la conférence de Bandung, mais il s’y joint. Sous l’égide de Soekarno, elle accueille aussi Gamal Abdel Nasser (Egypte), Hocine Aït Ahmed (Algérie), Kwame Nkrumah (Ghana), Zhu Enlai (Chine). Le Japon est là. Au total, 29 pays sont représentés – il y avait moins d’Etats du Sud lors de la fondation, à San Francisco, de l’ONU qui a, par ailleurs, bloqué les admissions à la nouvelle organisation internationale. L’un des rôles de la conférence de Bandung est d’avoir fait sauter ce verrou. 

 

Bandung fut un événement de portée mondiale. Le Mouvement des Non-Alignés est né à sa suite, créant un espace propre au pays du « tiers monde ». Les divergences entre les gouvernements participants sont cependant fondamentales (notamment sur la question de la « menace communiste ») et les « petits » Etats craignent la domination des géants que sont l’Inde, la Chine et l’Indonésie. Les impérialismes manœuvrent pour étouffer toute dynamique révolutionnaire. Les relations économiques afro-asiatiques restent très limitées.

 

Le souffle de Bandung ne résiste pas à la crise de Suez, en 1956.

 

Pour sa part, c’est à la crise tibétaine auquel le rapprochement sino-indien ne résiste pas. Cette question est traitée dans un chapitre ultérieur (partie VI). La frontière himalayenne héritée de l’ère coloniale est rejetée par Pékin. A la suite d’une courte guerre, en 1962, où la suprématie militaire chinoise s’affirme, deux territoires restent contestés : l’Aksai Chin, revendiqué par l’Inde et l’Arunachal Pradesh, revendiqué par la Chine.

 

Après la géopolitique fluide de la coopération, les rapports sino-indiens se figent dans l’antagonisme. Delhi s’adosse à Moscou pour éviter la dépendance US et se garder de Pékin. Le RPC apporte son soutien à la dictature militaire pakistanaise pour faire pièce à l’Inde.

 

En Asie orientale, le Japon et l’Indonésie de Suharto s’intègrent à l’alliance régionale anticommuniste impulsée par les Etats-Unis. La géopolitique de guerre impose dorénavant sa loi.

 

Hors Asie, Pékin reste en priorité tourné vers l’Afrique. La Chine soutient le FLN dès 1958 ; elle est le premier Etat non arabe à reconnaître le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Son aide militaire est limitée, mais elle organise des manifestations massives de solidarité. Des équipes médicales sont envoyées en 1963 en Algérie ; d’autres partiront en Afrique au cours des années 70. Des experts chinois introduisent les plantations de thé en Guinée sous Sékou Touré et au Mali. En 1963-1964, Zhu Enlai vient sur le continent prôner l’afro-asiatisme (offrant une alternative tout à la fois aux impérialismes occidentaux et à Moscou).

 

L’autre Chine, celle du Guomindang, tisse des liens en Amérique latine. Les combats de libération menée en Chine et au Vietnam ont permis d’élargir la pensée politico-militaire marxiste en incorporant des expériences variées et riches de « guerre du peuple », de « guerre révolutionnaire prolongée ». L’Asie orientale fut corrélativement un véritable laboratoire de la contre-insurrection moderne – déjà mise en œuvre par le colonel Lansdale, agent réputé de la CIA, pour réduire le soulèvement des Huks philippins (en 1962, il prépare l’opération Mongoose (mangouste) visant à renverser le régime castriste).

 

Un centre de formation à la contre-insurrection est établi à Formose (Taïwan) dans les années 1950. Destiné à l’armée du Guomindang, il accueille aussi des officiers latino-américains. Des instructeurs chinois se rendent, à partir de 1974, au Guatemala (de même les Français ont transmis sur le continent américain leur expertise en matière de torture acquise durant la guerre d’Algérie).

 

III. Pékin et les « partis frères »

 

Dans les années 60-70, la majorité des mouvements communistes d’Asie du Sud-Est (hors Indochine) sont maoïstes. Ils ont tous des programmes en 10 points, que ce soit celui du front ou du parti lui-même. Ils se réfèrent tous à la stratégie de lutte armée et d’encerclement des villes par les campagnes. Ils ne sont pas pour autant des clones. Ils diffèrent par leur histoire, leur insertion sociale, leur système d’organisation, leur degré de dépendance par rapport à Pékin.

 

Ils sont représentés dans la capitale chinoise. La plupart d’entre eux peuvent émettre sur les ondes radio, dans leurs langues, à partir de studios établis à Kunming, dans le sud de la Chine. Ils reçoivent une aide multiforme, bien que mesurée. Le nouveau Parti communiste philippin (PCP) semble à la marge de la famille. Il n’a été fondé que tardivement (1968), n’a pas de frontière terrestre, n’est pas spécifiquement implanté dans la communauté chinoise et commence par faire preuve d’un amateurisme décourageant (deux cargaisons d’armements fournies par la Chine n’arrivent jamais à bon port).

 

Les liens de ces partis avec l’URSS sont ténus, même dans les années 1950. Les partis vietnamien et chinois dressent en quelque sorte un écran protecteur vis-à-vis du centre stalinien, ayant tous deux pris leur distance par rapport aux « ordres de Moscou ». Durant les années 20 et 30, l’envoyé du Comintern fut Nguyen Ai Quoc (Ho Chi Minh) qui milita notamment dans le Nord-est thaïlandais et forma des cadres de la région à Hong Kong. Dans les années 50, la capitale de référence de ces partis est Pékin.

 

La situation en Asie orientale diffère donc de celle qui prévalait en Europe. La question du respect ou non des accords de Yalta et de Potsdam ne se pose pas dans les mêmes termes. Le partage des zones d’influence entre puissances est certes un facteur à prendre en compte (la position de Moscou a des implications négatives sur les rapports de forces) et peut conforter des illusions quant au respect par les métropoles des règles démocratiques dans leurs colonies ; mais d’autres considérations entrent en jeu : la situation réelle dans le pays, pour les colonies britanniques des interrogations sur les équilibres politiques à Londres (gouvernement travailliste), etc.

 

La politique internationale chinoise et ses évolutions ont évidemment des implications majeures et communes sur ces partis, mais médiées par leurs identités distinctes. Comparons les cas thaïlandais et philippins.

 

Le Parti communiste thaïlandais. Dans les années 1970, il bénéficie de bases frontalières, au Laos principalement et au Cambodge. Il reçoit une aide matérielle du PC vietnamien, mais ce dernier n’est pas censé « interférer » politiquement, la ligne de référence restant exclusivement maoïste. Il y a un fossé de génération considérable entre les dirigeants historiques de ce parti et les nombreux jeunes qui ont cherché refuge auprès du PCT après le coup d’Etat sanglant de 1976. Les premiers sont généralement issus de la communauté chinoise et – vivant à la périphérie du royaume ou en exile – ils n’ont pas connu la transformation du pays (y compris l’intégration des Chinois à la société thaïe). Les seconds sont issus de la radicalisation étudiante, du combat pour la démocratie, des activités syndicales et de masse… Ces jeunes ont beaucoup de respect pour les « anciens » qui ont dédié leur vie au combat révolutionnaire, mais le dialogue intergénérationnel ne va pour le moins pas de soi.

 

En Thaïlande même, le PCT est devenu ce que l’on peut appeler un « parti de jungle ». Ses membres vivent dans des camps établis sous la protection de la forêt et se rendent, surtout de nuit, dans les villages avoisinants. Des zones « rouges », « roses » et « blanches » se côtoient. Le parti est surtout implanté à la périphérie : le nord (alliance avec des tribus montagnardes) ; le nord-est (Isan) de population pauvre et délaissée, largement lao ; le sud, région de dissidences où sont aussi basés le Parti communiste malaisien et des mouvements musulmans.

 

La guerre d’Indochine a plongé la Thaïlande dans une crise morale profonde. Elle accueille les bombardiers qui dévastent les pays voisins. Elle sert de base arrière et récréative aux soldats américains – la prostitution (préexistante) explose littéralement. Les tensions sociales s’aiguisent avec l’industrialisation, le développement des bidonvilles et l’occupation par les paysans des dernières terres libres aux marges du royaume. L’influence du PCT grandit, il a la possibilité objective de développer à nouveau un travail de masse bien au-delà de ses zones d’influence habituelles.

 

Tout ce potentiel est réduit à néant quand explose le conflit sino-indochinois. La direction historique du PCT, vivant pour une bonne part en Chine, ne peut ou ne veut rompre avec Pékin – le parti se retrouve du côté des Khmers rouges, des USA et de l’Etat thaïlandais (!) contre les Vietnamiens. Ses camps au Laos sont en conséquence fermés ; il perd l’essentiel de ses bases arrière et de ses approvisionnements en armes. Les désaccords en son sein grandissent et l’hémorragie militante commence. Des groupes de jeunes tentent de reconstruire des organisations « hors jungle », mais ils n’ont pas d’enracinement social, pas d’emploi, pas de revenus ; il leur faut en priorité trouver un travail… Au cours des années 80, les dernières unités de guérilla du PCT négocient leur retour discret à la vie civile.

 

Malgré de très vives tensions, la crise du PCT ne débouche pas en Thaïlande sur des purges physiques, des liquidations ; cela mérite d’être souligné. Néanmoins, pour une longue période, la gauche politique n’est plus un facteur visible de la vie politique thaïlandaise.

 

Le Parti communiste des Philippines. Fondé dans la cadre de la radicalisation internationale de la jeunesse des années 1960, le PCP est homogène sur le plan générationnel. Son analyse de la société philippine (semi-féodale, semi-coloniale) et son projet stratégique sont très rigides, nourris par une version appauvrie du maoïsme chinois (nous sommes à l’époque de la « révolution culturelle ») : primauté permanente de la lutte armée, encerclement des villes par les campagnes et (après quelques tâtonnements coûteux) constitution simultanée de fronts de guérilla dans les grandes iles de l’archipel, aux frontières montagneuses de plusieurs provinces.

 

Le PCP est le seul parti d’extrême gauche qui réussit à survivre à l’imposition en 1972 du régime de loi martiale, puis à se développer. Les autres courants disparaissent, passent un compromis avec la dictature ou restent longtemps trop minoritaires pour peser sur la situation. De ce fait, l’essentiel de la génération qui combat le régime Marcos intègre les rangs du parti maoïste ou rejoint les « fronts » qu’il dirige.

 

Le PCP s’est très tôt associé les Chrétiens pour la libération nationale. Il est à même de bénéficier de la remontée des luttes étudiantes ou ouvrières, démocratiques et sociales et gagne une implantation nationale (bien que marginale en territoire musulman au sud de l’archipel).

La crise éclate au cours des années 80, alors que le mouvement maoïste philippin est à son apogée. Il est le théâtre d’une purge massive, paranoïaque : la direction est convaincue que le parti est profondément infiltré par des agents de l’armée ; la torture aidant, un très grand nombre d’innocents avouent des crimes qu’ils n’ont pas commis et sont exécutés. Par ailleurs, suivant les régions et les secteurs d’intervention, la pratique politique du PCP se diversifie, mais les références idéologiques restent figées – et son organe exécutif, à une très faible majorité, exclut que le régime Marcos puisse tomber à l’occasion des élections de février 1986. Cela ne rentrait pas dans le schéma stratégique du parti, mais cela s’est pourtant produit.

 

Le pluralisme de la gauche philippine s’affirme, y compris au sein du PCP. La tenue d’un congrès (il n’y en a pas eu depuis la fondation du parti) est finalement rejetée par le noyau de direction. De 1993 à 1996, plusieurs régions du parti scissionnent, ainsi que des commissions nationales. Le PCP assassine des dizaines de cadres dissidents. Une rupture de générations apparaît entre celle qui est entrée en lutte sous la dictature et celle qui lui succède. Cependant, l’expérience de la résistance au régime Marcos a été si profonde que la gauche politique reste aux Philippines plus active et plus composite que dans la plupart des autres pays d’Asie du Sud-Est.

 

Le PCP a cherché de l’aide en Chine, en Corée du Nord, en Libye…, mais il n’a jamais été aussi directement dépendant de Pékin que le PCT. La comparaison de leurs trajectoires montre à quel point l’histoire propre à chacun de ces partis doit être prise en compte et combien les labels (« prochinois »…) peuvent masquer la diversité réellement existante entre eux. L’influence chinoise n’en a pas moins été très profonde et a contribué à la crise du parti aux Philippines.

 

La direction du PCP s’est refusée à étudier les leçons de la révolution vietnamienne (le PCV n’ayant pas rompu avec Moscou) ou des expériences latino-américaines. La richesse de l’histoire du PCC, en Chine, n’est pas prise en compte. Le désaccord et le débat politiques ne sont pas perçus comme légitimes, reflet d’une pratique complexe, mais comme l’expression d’une « lutte entre deux lignes », au risque d’identifier rapidement cette dernière à une lutte de classes.

 

Pour le parti, l’existence de la Chine rouge est une condition à la fois nécessaire et suffisante pour assurer la survie d’un éventuel gouvernement révolutionnaire aux Philippines – et voilà que Pékin normalise ses rapports avec Washington et avec Manille. Comment comprendre le conflit sino-indochinois et ses alliances contre nature entre la RPC et les Etats-Unis, entre le droitier Deng Xiaoping et les ultragauches Khmers rouges ? La vision géopolitique très univoque du PCP ne lui permet pas d’intégrer à sa pensée les bouleversements à l’œuvre dans l’arène mondiale. D’un côté, de nombreux membres et cadres du parti aspirent à débattre pour comprendre, de l’autre, une partie décisive de la direction sur replie sur le dogme : le remettre en question, c’est ouvrir une boîte de pandore.

 

IV. Le conflit sino-soviétique

 

Le changement de période est brutal. Au début des années 70, l’impérialisme américain n’est pas certain de pouvoir endiguer la révolution sur le continent, dans la péninsule. En Thaïlande et en Malaisie notamment, l’influence des Partis communistes grandit. Quelques années plus tard, il réalise que Ferdinand Marcos, par népotisme clanique, n’assure pas la « modernisation » espérée de l’Etat philippin. L’avenir est en balance, jusqu’au jour où les soubresauts du conflit sino-soviétique frappent de plein fouet la région.


Les tensions politiques entre les directions maoïste en Chine et stalinienne en URSS remontent aux années 1920, c’est-à-dire aux origines. Si Mao Zedong « existait » avant, le maoïsme comme courant politique distinct est en effet né en réaction à l’écrasement de la Seconde Révolution chinoise et à la responsabilité de Moscou dans ce désastre [3]. Les tensions n’ont cessé de se renouveler à chaque étape de la lutte révolutionnaire, jusque et y compris la conquête du pouvoir en 1949, à laquelle Staline ne croyait pas [4].

 

La guerre de Corée n’a rien arrangé, l’URSS contrant les forces onusiennes par armée chinoise interposée, mais elle ne fournit pas à cette dernière la couverture aérienne qui lui aurait permis d’être protégée des bombardements US, même si des pilotes soviétiques sont engagés sur place (comme ce fut le cas en Espagne et en Chine dans les années 1930).

 

L’alliance entre Pékin et Moscou au début des années 50 est cependant une réalité, sanctionnée par un pacte de coopération et un ensemble d’accords économiques et politiques dans le cadre desquels l’URSS apporte une aide à la RPC. Cette aide s’accompagne d’un modèle de développement (priorité à l’industrie lourde…) que la direction maoïste finit par mettre en question.

 

Les intérêts communs face à la menace impérialiste, l’aide et la coopération vont de pair avec le cynisme d’Etat et la défiance. Les tensions s’expriment au sein du « camp socialiste ».

 

D’emblée, à Bandung notamment, le PCC et la RPC affirment leur autonomie et leur volonté de parler au nom de l’Asie et du tiers monde. Pour Pékin, l’URSS est européenne ; la direction stalinienne s’inquiète pour sa part des ambitions maoïstes en Sibérie – et la direction maoïste de manœuvres soviétiques envers le Xinjiang (le pays ouïghour, de population musulmane). Le devenir de la Mongolie extérieure est une pomme de discorde.

 

Le processus de rupture commence sur la question de l’armement atomique. Dans un premier temps, la Chine engage des recherches en ce domaine avec l’assistance de l’URSS. Cependant, à partir de 1958, Nikita Khrouchtchev condamne le radicalisme maoïste (c’est l’époque du Grand Bond en avant), prône la coexistence pacifique, ouvre des négociations avec les Etats-Unis sur le contrôle international de l’arme nucléaire et refuse d’en doter la RPC. Ce qui n’empêche pas Pékin de faire exploser sa première bombe en 1964.

 

Les accords de coopération URSS-RPC sont suspendus en 1960, près de 1400 techniciens soviétiques quittent brutalement le pays ; un coup dur pour l’économie. La rupture est consommée en 1963, quand Moscou soutient Delhi lors de la guerre sino-indienne. La détérioration des relations débouche finalement en 1969 sur une confrontation militaire à la frontière sibérienne du fleuve Oussouri.

 

Le PC chinois joue à son tour la normalisation avec Washington, faisant de l’URSS son « ennemi principal ». En 1971, la RPC devient membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU (un poste qui était occupé par Formose/Taïwan). En 1972, Richard Nixon, président des Etats-Unis, se rend à Pékin – alors que l’escalade militaire US bas son plein en Indochine et que les pourparlers de paix entre belligérants se tiennent à Paris. Un coup de poignard dans le dos.

 

Il ne faut cependant pas sous-estimer l’importance de l’aide soviétique et chinoise à Hanoï durant une grande partie des années de guerre. Elle est à la fois considérable et politiquement mesurée à l’aune des intérêts d’Etat de Moscou et Pékin.

 

Le soutien s’impose tout d’abord parce que les directions soviétique et chinoise savent qu’elles sont directement visées par l’intervention US en Indochine. Il doit se maintenir, car le prestige international du combat mené au Vietnam est immense. En temps de rivalité, ni Moscou ni Pékin ne peuvent abandonner Hanoi. L’aide peut enfin être utilisée au moment voulu comme un moyen de pression (ce qui est notamment le cas en 1954).

 

L’aide (y compris soviétique, qui transite par la Chine) continue à être acheminée durant la période chaotique de la Révolution culturelle grâce à l’armée qui reste alors le seul corps d’Etat cohérent capable de coordonner son action sur l’ensemble du territoire chinois.

 

En 1954, la Chine se serait volontiers contentée d’un gel à la coréenne de la situation au Vietnam, le Nord servant d’Etat tampon tenant les Etats-Unis à bonne distance. Dans les années 60, Pékin prône au contraire la lutte sans compromis, alors que Moscou et Washington se rapprochent. En 1962, Hanoi reçoit gratuitement 90 000 fusils et pistolets. En réponse au bombardements US sur le Nord, des batteries chinoises terre-air sont installées et des unités du génie viennent notamment réparer routes et voies ferrées. Malgré sa volonté de poursuivre une politique de détente, Moscou est obligée d’augmenter elle aussi massivement son aide – elle se garde cependant de doter Hanoi de ses armements les plus performants, capable d’interdire à l’aviation US le survol du territoire, pour ne pas « provoquer » outre mesure Washington. 

 

Bien que soumis à des pressions contradictoires qui se reflètent au sein du bureau politique, le PCV est alors en mesure de jouer sur la rivalité sino-soviétique pour s’assurer un appui militaire et économique indispensable face à l’escalade US. Ce jeu d’équilibre devient impossible quand Pékin bascule du côté de Washington. Les Vietnamiens comprennent qu’il faut sans plus tarder obtenir la signature des accords négociés à Paris avec Washington. Ils lancent un appel solennel au mouvement antiguerre des Etats-Unis et à toutes les composantes de la solidarité internationale pour qu’ils se mobilisent et imposent cette signature. C’est chose faite en 1973. En 1975, le régime saïgonnais s’effondre après une offensive militaire éclaire de l’armée populaire.

 

Une victoire historique, suivie d’une crise majeure. L’Indochine est devenue l’otage d’un conflit de puissances inédit (« interbureaucratique ») et de la volonté de revanche de Washington. Une alliance idéologiquement paradoxale se constitue entre la Chine de Deng Xiaoping (Mao est mort en 1976), les Etats-Unis et le Cambodge des Khmers rouges, tous unis contre le Vietnam qui ne peut plus compter que sur Moscou. Une crise aux multiples facettes se solde en 1978-1979 par l’intervention vietnamienne au Cambodge et l’attaque chinoise du Vietnam par la Chine. Un désastre qui casse la dynamique révolutionnaire ouverte par la victoire de 1975.

 

Malgré cela, l’impérialisme étatsunien sort très affaibli de sa défaite indochinoise. Un puissant mouvement antiguerre s’est développé. Le coût économique de l’escalade militaire a été exorbitant. Il traverse lui aussi une crise politique majeure. Pendant toute une période, il ne peut jouer efficacement son rôle de gendarme mondial de l’ordre capitaliste.

 

Pierre Rousset

 

Notes

[1] Pierre Rousset, ESSF (article 41214), La crise coréenne et la géopolitique en Asie du Nord-Est : du passé au présent.

[2] Cette partie s’appuie notamment sur le travail de synthèse de Pierre Grosser, L’histoire se fait en Asie. Une autre vision du XXe siècle, Odile Jacob : Paris 2017.

[3] Pierre Rousset, ESSF (article 11137), La Chine du XXe siècle en révolutions – I – 1911-1949 ou de la chute des Qing à la victoire maoïste.

[4] Pierre Rousset, ESSF (article 13546), La Chine du XXe siècle en révolutions – II – 1949-1969 : crises et transformations sociales en République populaire.

 

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·        La Chine du XXe siècle en révolutions – VI – Annexe 4 : maoïsme et « sinisation » du marxisme

·        La Chine du XXe siècle en révolutions – V – Annexe 3 : L’Armée rouge chinoise, les débats militaires du PCC, la guerre populaire et le double pouvoir territorial

 

1996-2017  — Europe Solidaire Sans Frontières

Posté par Michel Peyret

Comment la Chine est devenue chinoise

Comment la Chine est devenue chinoise

 

14 Juillet 2017
 
 

Un extrait du livre de Jared Diamond « de l’inégalité parmi les sociétés ». 

 

A sa parution en 2004, « Effondrement » a suscité une importante polémique. La thèse du géographe américaine (les sociétés choisissent inconsciemment la voie du suicide collectif lorsqu’elles minimisent les facteurs environnementaux dans leur processus de développement) a été diversement accueillie. Il y a eu en particulier un article polémique du Monde diplomatique reprochant à Diamond sa propension à lier problèmes environnementaux, problèmes démographiques et problèmes migratoires (notamment en Californie) ou à conférer au secteur privé une meilleure efficience en matière de préservation des ressources.

 

Je ne suis pas d’accord avec ces arguments, un des aspects les plus intéressant de son livre « effondrement » est l’analyse qu’il fait de la catastrophe environnementale de la CHine. pollution de l’air, réduction de la biodiversité, réduction des terres arables, assèchement des marécages, dégradation des pâturages, catastrophes naturelles en chaîne liées à l’anthropisation forcenée des milieux naturels, salinisation et érosion des sols, augmentation de la production d’ordures, pollution des eaux, augmentation des espèces invasives, réduction du débit des cours d’eau… Cette liste de menaces, non exhaustive, entraîne des impacts multiples, dans les domaines économiques, sociaux et sanitaires, et à toutes les échelles. Jared Diamond montre que cette situation ne date pas d’aujourd’hui,et que la déforestation date du XVIII ème siècle. Il insiste sur les facteurs géographiques mais aussi l’accélération dûe à une croissance économique accélérée et une urbanisation rapide avec le développement d’une population qui aspire au modèle occidental (voitures, électroménager, viande), ce qui est un problème non chinois mais mondial puisque cela pose la question d’un modèle de vie qui n’est possible que s’il est totalement inégalitaire au niveau de la planète.

 

La seule réponse qui ait été trouvé à travers cette mondialisation capitaliste est le renforcement des inégalités et la pression accrue sur la vie de la majorité au profit d’une « élite » de plus en plus restreinte et qui poursuit le pillage à une échelle rarement atteinte. Quand un pays sous développé comme la CHine est désormais la seconde voir la première puissance du monde chacun de ses mouvements influe sur la totalité de la planète. Nous avons donc montée en puissance d’un peuple en situation de sous développement et modèle autodestructeur disons occidental, celui du « marché ». 

 

La description de la situation environnementale chinoise  est certes saisissante mais il faut voir aussi que si Diamond n’est pas tendre avec la gestion des communistes qu’il s’agisse du grand bond en avant ou de l’industrialisation et du marché plus récent, on ne peut pas dire qu’il ne voit pas les atouts de la CHine dans une différence essentielle avec le modèle occidental, en particulier dans la planification et dans le socialisme. Simplement, il ne parle pas de celui-ci et préfère faire remonter la centralisation et le dirigisme chinois à l’histoire parfaitement originale de la Chine et c’est le sujet de l’extrait de son livre « de l’inégalité parmi les sociétés » que nous publions ci-dessous.  Ainsi il aboutit à l’idée que « l’un des atouts de la Chine est son immensité et son absence de morcellement politique. Si l’état central veut élaborer une politique environnementale aussi volontariste que celle de l’enfant unique, il peut en imposer les termes sur l’ensemble du territoire chinois en même temps (soit plus de neuf millions de kilomètres carré). Chose que l’Union européenne ou l’état fédéral américain sont encore loin de pouvoir réaliser. »

 

On peut certes s’interroger sur ce qui a fait que le communisme s’est installé en Chine, est-ce  parce qu’il avait été précédé par une unification millénaire? Ou alors ce genre d’analyse peut être extrapolée à d’autres civilisations et la France avec son unification, le poids de son autorité centralisée jouit effectivement d’atouts comparables qui ne sont pas ceux des Etats-Unis ou encore moins de l’Europe, l’essentiel est bien dans la démonstration de Jared Diamond: quand nous sommes à un niveau de mondialisation tel, la réponse ne peut être apportée que par une planification centralisée. 

 

Effectivement, quand on voit la manière dont disons depuis les jeux olympiques, il y a eu une véritable mutation de la Chine sur la question environnementale, c’est au niveau du pouvoir central, du parti communiste que s’élabore aujourd’hui cette mutation. Et si l’on suit la thèse de Jared Diamond sur le fait que le problème de la Chine n’est pas celui de ce pays mais qu’il est celui de l’humanité toute entière avec en particulier un modèle occidental capitaliste complètement destructeur et qui apparaît d’autant plus comme tel que dès que des pays aspirent au développement ils contribuent à cette destruction. Donc quelles que soient les opinions politiques de Jared Diamond et je n’ai aucune raison de penser qu’il soit pro-communiste, il n’en demeure pas moins qu’il montre la nécessité d’une planification, voire d’une « dictature du prolétariat » qui peut seule combiner développement pour tous et lutte contre la catastrophe environnementale (ce qui est encore plus vrai si l’on considère des questions comme la paix et la guerre). L’autogestion des ressources par des micro-sociétés n’est plus aujourd’hui la solution. C’est pour cela que quels que soient les critiques qui ont été faites à Jared Diamond, la réflexion qu’il développe ma paraît incontournable. 

 

(note de Danielle Bleitrach pour histoire et société)


Un extrait du livre de Jared Diamond « de l’inégalité parmi les sociétés ». 

 

Le chapitre 16 pp 331-345 sur la Chine. La thèse est que la Chine a réalisé, 3000 ans avant les autres, l’unité administrative, économique, sociale et culturelle pour des raisons d’avantages géographiques, de ressources pour la production de nourriture par l’agriculture et l’élevage, et d’adaptation à l’environnement. En témoignent l’unité de langage et d’écriture (le Mandarin), l’accroissement de la population de l’an 0 à 1820 début de la révolution industrielle en Europe occidentale après quatre siècles de découvertes du monde par les occidentaux: portugais, espagnols, puis les hollandais et les anglais. Voir Angus Maddison « The world economy, a millennial perspective » sur la Chine, l’Inde et le Japon.

 

Immigration, mesures antidiscriminatoires en faveur des minorités, multilinguisme et diversité ethnique : la Californie, où je vis, a été l’un des premiers États à adopter ces politiques controversées et à en subir aujourd’hui le contrecoup. Un simple coup d’oeil dans les salles de classe de Los Angeles, où mes fils sont scolarisés, donne un visage à ces débats abstraits. Ces enfants représentent plus de 80 langues parlées dans leurs foyers — les Blancs anglophones étant minoritaires. Chaque camarade de jeu de mes fils a au moins un parent ou un grand-parent né hors des Etats-Unis. Tel est aussi le cas de trois des quatre grands-parents de mes fils. Mais l’immigration ne fait que rendre à l’Amérique la diversité qui était la sienne depuis des milliers d’années. Avant la colonisation européenne, le continent nord-américain abritait plusieurs centaines de tribus, et de langues indigènes, qui ne sont passées sous l’autorité d’un gouvernement unique qu’au cours des cent dernières années.

 

À tous ces points de vue, les États-Unis sont un pays profondément « normal ». Les six nations les plus peuplées du monde sont toutes, sauf une, des melting-pots dont l’unification politique est récente et où continuent à vivre des centaines de langues et de groupes ethniques. Jadis petit État slave centré sur Moscou, par exemple, la Russie n’a commencé son expansion au-delà de l’Oural qu’en 1582. Jusqu’au xixe siècle, elle devait englober des dizaines de populations non slaves, dont beaucoup ont conservé leur langue d’origine et leur identité culturelle. De même que l’histoire américaine est l’histoire de l’américanisation de notre continent, l’histoire de la Russie nous dit comment la Russie est devenue russe. L’Inde, l’Indonésie et le Brésil sont aussi des créations politiques récentes (dans le cas de l’Inde, une recréation), où coexistent respectivement 850, 670 et 210 langues.

 

La grande exception à cette règle du melting-pot récent est la nation la plus peuplée du monde : la Chine. Politiquement, culturellement et linguistiquement, elle fait aujourd’hui figure de monolithe, tout au moins pour les profanes. Politiquement, elle était déjà unifiée en 221 ay. J.-C. et, pour l’essentiel, elle l’est restée. Depuis le début de l’alphabétisation, elle n’a connu qu’un système d’écriture, tandis que l’Europe emploie plusieurs dizaines d’alphabets modifiés. Sur les 1,2 milliard d’habitants de la Chine, plus de 800 millions parlent le mandarin — de loin la langue la plus parlée au monde. Quelque 300 millions parlent sept autres langues aussi proches du mandarin, et les unes des autres, que l’espagnol l’est de l’italien. Ainsi, non seulement la Chine n’est pas un melting-pot, mais il paraît absurde de demander comment la Chine est devenue chinoise. Aussi loin qu’on remonte dans son histoire ou presque, la Chine a été chinoise.

 

Cette unité apparente de la Chine nous paraît tellement évidente que nous oublions de nous en étonner. L’une des raisons pour lesquelles cette unité aurait dû nous surprendre est d’ordre génétique. Tandis qu’une classification raciale sommaire des populations mondiales range tous les Chinois dans la catégorie des « mongoloïdes », cette catégorie dissimule des variations bien plus grandes que les différences entre Suédois, Italiens et Irlandais en Europe. En particulier, les Chinois du Nord et du Sud sont assez différents génétiquement et physiquement : ceux du Nord sont très proches des Tibétains et des Népalais, ceux du Sud des Vietnamiens et des Philippins. Mes amis chinois du Nord et du Sud se reconnaissent souvent au premier coup d’oeil : les Chinois du Nord sont généralement plus grands, plus corpulents et plus pâles. Ils ont aussi le nez plus pointu et des yeux plus petits, qui semblent plus « bridés » (à cause de ce qu’on appelle le pli « épicanthique »).

 

Le nord et le sud de la Chine diffèrent également par l’environnement et le climat : le nord est plus sec et plus froid, le sud plus humide et plus chaud. Les différences génétiques apparues dans ces milieux différents supposent une longue histoire d’isolement relatif entre les populations. Comment ont-elles pu, alors, avoir des langues et des cultures si proches, voire identiques ?

 

L’unité linguistique apparente de la Chine est également déroutante au regard de la diversité linguistique d’autres parties du monde peuplées de longue date. Avec une superficie dix fois inférieure à celle de la Chine et 40 000 ans d’histoire humaine seulement, la Nouvelle-Guinée compte, elle, un millier de langues dont plusieurs douzaines de groupes linguistiques avec des différences beaucoup plus grandes qu’entre les huit grandes langueschinoises. L’Europe occidentale, quant à elle, a élaboré ou acquis une quarantaine de langues dans les 6 ou 8 000 ans qui ont suivi l’arrivée des langues indo-européennes (y compris des langues aussi différentes que l’anglais, le finnois ou le russe).


Or des fossiles attestent la présence de l’homme en Chine depuis plus d’un demi-million d’années. Qu’est-il advenu des dizaines de milliers de langues distinctes qui ont dû apparaître en Chine au cours d’un si long laps de temps1 ?

 

Ces paradoxes laissent penser que la Chine était jadis aussi diverse que le sont les nations très peuplées aujourd’hui. La Chine se distingue uniquement par une unification bien plus précoce. Sa « sinisation » s’est soldée par l’homogénéisation drastique d’une immense région dans un ancien melting-pot, ainsi que par la repopulation de l’Asie du Sud-Est tropicale et une influence massive sur le Japon, la Corée et peut-être même l’Inde. L’histoire de la Chine est donc la clé de l’histoire de tout l’Est asiatique et l’on verra ici comment la Chine est devenue chinoise.

 

La carte linguistique détaillée de la Chine fournit un point de départ commode (figure 16.1). Le fait est que, outre les huit « grandes » langues de la Chine — le mandarin et ses sept proches parents (souvent désignés collectivement sous le nom de « chinois »), qui comptent entre 11 et 800 millions de locuteurs chacun —, la Chine possède plus de 130 « petites » langues, parlées par quelques milliers de personnes seulement. Toutes ces langues, « grandes » et « petites », appartiennent à quatre familles importantes, très différentes par le caractère compact de leur distribution.

 

À un extrême, le mandarin et les langues apparentées, qui forment la sous-famille chinoise de la famille linguistique sino-tibétaine, sont distribués de manière continue du nord au sud. On peut traverser la Chine de part en part, de la Mandchourie au golfe du Tonkin, sans quitter les terres occupées par des populations qui parlent le mandarin ou des langues parentes. Les trois autres familles ont des distributions fragmentées et forment des « îles » linguistiques entourées par un « océan » de locuteurs du chinois et d’autres familles linguistiques.

 

1. Jared Diamond traite de l’éradication des langues au cours du processus d’hominisation et d’expansion de l’espèce humaine dans Le troisième chimpanzé, op. cit., chapitres 8, « Les passerelles vers le langage humain », et 15, « Les chevaux, les Hittites et l’Histoire ». (N. d. É.)

 

La distribution de la famille miao-yao (alias hmong mien) est particulièrement fragmentaire, constituée de six millions de locuteurs divisés en cinq langues aux noms colorés : le miao rouge, le miao blanc (ou rayé), le miao noir, le miao vert (ou bleu) et le yao. Les locuteurs du miao-yao vivent dans une douzaine de petites enclaves, toutes entourées de locuteurs d’autres familles linguistiques, éparpillées sur plus de 1300 km’ depuis la Chine du Sud jusqu’à la Thaïlande. Plus de 100000 réfugiés vietnamiens de langue miao ont porté leur famille linguistique aux États-Unis, où ils sont mieux connus sous le nom de Hmong.


Un autre groupe linguistique fragmenté est celui de la famille austro-asiatique, dont les langues les plus largement parlées sont le vietnamien et le cambodgien. Ses 60 millions de locuteurs sont dispersés du Viêt-nam, à l’est, jusqu’à la péninsule malaise au sud et au nord de l’Inde à l’ouest. La quatrième et dernière des familles linguistiques de la Chine est la famille taikadai, dont font partie le thaï et le lao et dont les 50 millions de locuteurs sont dispersés depuis la Chine du Sud jusqu’à la Thaïlande péninsulaire et Myanmar à l’ouest (figure 16.1).

 

Naturellement, cette fragmentation des locuteurs de la famille miao-yao n’est pas l’effet d’un saupoudrage à travers le paysage asiatique. On pourrait au contraire imaginer qu’il y a eu jadis une distribution plus continue, qui s’est fragmentée lorsque d’autres familles linguistiques se sont étendues ou ont amené les miao-yao à abandonner leurs langues. En fait, cette fragmentation linguistique est pour l’essentiel intervenue au cours des 2 500 dernières années suivant un processus historique bien connu. Les ancêtres des locuteurs modernes du thaï, du lao et du birman sont tous venus du sud de la Chine et des régions voisines, jusqu’à leur place actuelle, au point d’inonder par vagues successives les descendants installés des migrations antérieures. Les locuteurs des langues chinoises ont fait preuve d’une singulière vigueur pour remplacer et transformer linguistiquement d’autres groupes ethniques, jugés primitifs et inférieurs. L’histoire de la dynastie Zhou, de 1100 à 221 ay. J.-C., retrace la conquête et l’absorption de l’immense majorité de cette population de langue non chinoise par des États sinophones.


Plusieurs types de raisonnement sont possibles pour essayer de reconstituer la carte linguistique de l’Asie de l’Est il y a plusieurs millénaires. On peut d’abord étudier à rebours les expansions linguistiques historiquement connues des récents millénaires. On peut aussi imaginer que les régions modernes qui ne comptent qu’une seule langue, ou un groupe de langues parentes occupant une vaste zone continue, témoignent d’une expansion géographique à ce point récente de ce groupe que le temps a manqué pour une différenciation en de multiples langues. Enfin, on peut imaginer à l’inverse que les zones modernes à forte diversité linguistique au sein d’une même famille se trouvent plus près du centre de distribution originaire de cette famille linguistique.

 

En recourant à ces trois formes de raisonnement pour faire tourner à rebours l’horloge linguistique, nous en arrivons à laconclusion que la Chine a été à l’origine occupée par des populations de langues sino-tibétaines, chinoise et autres ; que les différente s parties de la Chine du Sud ont été diversement occupées par des populations de langues miao-yao, austroasiatiques et tai-kadai ; et que les populations de langues sino-tibétaines ont remplacé la plupart des locuteurs de ces autres familles dans la Chine du Sud. Un bouleversement linguistique encore plus radical a dû balayer le Sud-Est asiatique tropical jusqu’au sud de la Chine — Thaïlande, Myanmar, Laos, Cambodge, Viêt-nam et Malaisie. Les langues qui y étaient parlées à l’origine doivent être toutes éteintes aujourd’hui, parce que toutes les langues modernes de ces pays semblent être des envahisseurs récents, essentiellement venus de Chine du Sud ou, dans certains cas, d’Indonésie. Comme les langues miao-yao ont réussi à survivre, nous pourrions aussi conjecturer que la Chine du Sud abritait jadis d’autres familles linguistiques que les familles miao-yao, austroasiatique et tai-kadai, mais que rien n’a survécu de ces familles aujourd’hui. On verra que la famille linguistique austronésienne (à laquelle appartiennent toutes les langues philippines et polynésiennes) a sans doute été l’une de ces familles, disparues du continent chinois que nous ne connaissons que parce qu’elle a gagné les îles du Pacifique et y a survécu.

 

Ces remplacements linguistiques de l’Asie de l’Est nous rappellent la diffusion des langues européennes, en particulier de l’anglais et de l’espagnol, dans le Nouveau Monde, jadis foyer d’un millier ou plus de langues indigènes. Nous savons, par l’histoire récente, que l’anglais n’a pas pris la place des langues des Indiens d’Amérique parce que ceux-ci le trouvaient agréable à l’oreille. Par la guerre, le meurtre et les maladies, les immigrés anglophones ont exterminé la grande majorité des Indiens, tandis que les survivants se voyaient contraints d’adopter l’anglais, langue de la nouvelle majorité. Les causes immédiates de ce remplacement linguistique ont été les avantages tirés par les envahisseurs européens de la technologie et de l’organisation politique, eux-mêmes issus des avantages de l’essor précoce de la production alimentaire. Ce sont fondamentalement les mêmes processus qui expliquent le remplacement des langues aborigènes d’Australie par l’anglais, et des langues des Pygmées et des Khoisans d’Afrique équatoriale par les langues bantoues.

 

Les bouleversements linguistiques de l’Est asiatique soulèvent donc une question du même type : qu’est-ce qui a permis aux locuteurs de la famille sino-tibétaine de se propager de la Chine du Nord à la Chine du Sud, et aux locuteurs des familles linguistiques originaires de la Chine du Sud (austroasiatique et autres) de se propager au sud jusqu’en Asie du Sud-Est tropicale ? C’est ici qu’il faut demander à l’archéologie des preuves d’avantages technologiques, politiques et agricoles que certains Asiatiques ont manifestement acquis sur d’autres.

 

Comme partout ailleurs dans le monde, les recherches archéologiques en Asie de l’Est, pour le plus clair de l’histoire humaine, n’ont exhumé que les débris des chasseurs-cueilleurs se servant d’outils de pierre non polis et ignorant la poterie. Les premiers signes de quelque chose de différent viennent de Chine où apparaissent autour de 7500 ay. J.-C. des restes de récolte, des ossements d’animaux domestiques, de la poterie et des outils de pierre polie (néolithiques). A un millier d’années près, on retrouve la date du début du néolithique et de la production alimentaire dans le Croissant fertile. Mais parce que le précédent millénaire est archéologiquement mal connu en Chine, on ne saurait dire à l’heure actuelle si les origines de la production alimentaire chinoise sont contemporaines, légèrement antérieures ou légèrement postérieures à celles du Croissant fertile. En revanche, nous pouvons à tout le moins affirmer que la Chine a été l’un des premiers centres mondiaux de la domestication végétale et animale.

 

En réalité, la Chine a bien pu englober deux ou plusieurs centres indépendants d’origines de la production alimentaire. J’ai déjà évoqué les différences écologiques entre le nord, froid et sec, et le sud, chaud et humide. A une latitude donnée, il existe aussi des distinctions écologiques entre les terres, basses, de la côte et les terres, hautes, de l’intérieur. Ces milieux disparates se distinguent par des plantes sauvages indigènes différentes, qui auraient donc été diversement à la portée des premiers agriculteurs chinois. De fait, les toutes premières cultures identifiées sont deux espèces de millet, résistant à la sécheresse en Chine du Nord, mais le riz en Chine du Sud, ce qui suggère la possibilité de centres de domestication végétale septentrionaux et méridionaux séparés.

 

Les sites chinois possédant les tout premiers signes de culture contenaient aussi des os de porcs domestiques, de chiens et de poulets. A ces premiers animaux et à ces cultures vinrent progressivement s’ajouter les nombreux autres domesticats de la Chine. Parmi les animaux, les plus importants furent les buffles d’eau (pour tirer les charrues), mais il y eut aussi les vers à soie, les canards et les oies. Parmi les cultures chinoises plus tardives, figurent le soja, le chanvre, les agrumes, le thé, les abricotiers, les pêchers et les poiriers. En outre, de même que l’axe est-ouest de l’Eurasie a permis, dans l’Antiquité, à nombre d’animaux et de cultures chinois de se propager à l’ouest, les domesticatsouest-asiatiques se sont aussi propagés vers l’est, en Chine, et y ont pris de l’importance. Le blé et l’orge, les vaches et les chevaux et, dans une moindre mesure, les moutons et les chèvres ont été des contributions occidentales, particulièrement significatives, à l’économie de la Chine ancienne.


En Chine, comme ailleurs dans le monde, la production alimentaire a progressivement débouché sur les autres marques caractéristiques de la « civilisation » (évoquées dans les chapitres 11 à 14). Une superbe tradition de métallurgie en bronze a trouvé ses origines dans le troisième millénaire ay. J.-C. et a permis à la Chine de développer de loin la plus ancienne production de fonte du monde, autour de 500 ay. J.-C. Les 1 500 années suivantes ont vu la profusion d’inventions techniques chinoises mentionnées dans le chapitre 13: entre autres, le papier, la boussole, la brouette et la poudre à canon. Les villes fortifiées firent leur apparition au troisième millénaire, avec des cimetières dont la grande diversité des tombes, tantôt dénuées d’ornement, tantôt luxueusement meublées, trahit l’émergence des différences de classes. Les sociétés stratifiées dont les dirigeants pouvaient mobiliser de grandes forces de roturiers sont également attestées par de grandes murailles défensives, de grands palais et, finalement, le Grand Canal (le plus grand canal du monde, de plus de 1 600 kilomètres) qui relie la Chine du Nord à celle du Sud. La présence de l’écriture est attestée depuis le deuxième millénaire, mais elle est probablement apparue plus tôt. Notre connaissance archéologique des cités et États émergeants de la Chine est ensuite complétée par des chroniques des premières dynasties de la Chine, à commencer par la dynastie Xia, apparue autour de 2000 ay. J.-C.

 

Pour ce qui est du sous-produit le plus sinistre de la production alimentaire, les maladies infectieuses, nous ne saurions préciser où sont apparues la plupart des grandes maladies originaires d’Europe. En revanche, des écrits romains et médiévaux décrivent clairement l’arrivée depuis l’Orient de la peste bubonique et, peut-être, de la variole, si bien que ces germes pourraient être d’origine chinoise ou est-asiatique. Pour la grippe espagnole (transmise par les cochons), la probabilité qu’elle soit apparue en Chine est plus grande encore, quand on sait que les porcs y ont été domestiqués très tôt et y ont pris rapidement de l’importance.

 

La superficie et la diversité écologique de la Chine ont donné naissance à maintes cultures locales, que l’archéologie permet de distinguer par les différents styles de poterie et d’artefact. Au cours du quatrième millénaire ay. J.-C., ces cultures locales se sont étendues géographiquement et ont commencé à interagir, à rivaliser et à se fondre les unes dans les autres. De même que les échanges de domesticats entre les différentes régions écologiques ont enrichi la production alimentaire chinoise, les échanges entre les différentes régions culturelles ont enrichi la culture et la technologie chinoises, tandis qu’une concurrence farouche entre chefferies guerroyantes s’est soldée par la formation d’États toujours plus grands et plus centralisés (chapitre 14).

 

Le gradient nord-sud de la Chine, s’il a retardé la diffusion des cultures, y fut toutefois moins une barrière qu’aux Amériques ou en Afrique. Cela pour différentes raisons : d’abord les distances nord-sud de la Chine étaient plus petites et puis la Chine n’est coupée par aucun désert, comme le sont l’Afrique et le nord du Mexique, ni par un isthme étroit, comme l’est l’Amérique centrale. Au contraire, les longs fleuves est-ouest de la Chine (le fleuve Jaune au nord, le fleuve Bleu au sud) ont facilité la diffusion des cultures et des techniques entre la côte et l’intérieur des terres, tandis que son immense étendue est-ouest et son terrain relativement accessible, qui a permis finalement de rejoindre par des canaux ces deux systèmes fluviaux, ont facilité les échanges nord-sud. Tous ces facteurs géographiques ont contribué à l’unification culturelle et politique précoce de la Chine, tandis que l’Europe occidentale, avec un espace semblable mais un terrain plus accidenté et sans unification par les fleuves, a résisté jusqu’à ce jour à l’unification culturelle et politique.

 

Certains développements se sont propagés du sud de la Chine vers le nord, en particulier la fonte du fer et la culture du riz. Mais la propagation s’est faite surtout du nord vers le sud. La tendance est on ne peut plus claire en ce qui concerne l’écriture : contrairement à l’Eurasie occidentale, qui a produit de bonne heure pléthore de systèmes d’écriture — le cunéiforme, les hiéroglyphes, le hittite, le minoen et l’alphabet sémitique —, la Chine n’a élaboré qu’un seul système d’écriture bien attesté. Mis au point en Chine du Nord, il s’est propagé jusqu’à préempter ou remplacer tout autre système naissant, puis donner naissance à l’écriture encore employée en Chine aujourd’hui. D’autres traits majeurs des sociétés chinoises du Nord se sont propagés vers le sud, dont la technologie du bronze, les langues sino-tibétaines et la formation de l’État. Les premières dynasties de la Chine — les Xia, les Shang et les Zhou — sont toutes trois nées en Chine du Nord au deuxième millénaire ay. J.-C.

 

Les écrits du premier millénaire avant notre ère qui nous sont parvenus montrent que les Chinois avaient déjà tendance à cette époque (comme c’est souvent le cas aujourd’hui) à se sentir culturellement supérieurs aux « barbares » non chinois. Les Chinois du Nord avaient même tendance à tenir leurs homologues du Sud pour des barbares. Un auteur de la fin de la dynastie Zhou, au premier millénaire ay. J.-C., décrivait, par exemple, en ces termes les autres peuples de la Chine : « Les peuples de ces cinq régions — les Etats du milieu et les Rong, les Yi et autres tribus sauvages autour d’eux — ont tous eu leurs natures diverses, dont on ne pourrait les faire changer. Les tribus de l’est étaient appelées Yi. Ils portaient les cheveux dénoués et exhibaient des tatouages sur le corps. Certains d’entre eux mangeaient leur nourriture sans la faire cuire. » L’auteur Zhou de décrire ensuite les tribus sauvages du sud, de l’ouest et du nord qui s’abandonnaient à des pratiques également barbares, comme de tourner les pieds en dedans, de se tatouer le front, de porter des peaux, de vivre dans des grottes, de ne pas consommer de céréales et, naturellement, de manger leurs aliments crus.

 

Les États organisés par celui de la dynastie Zhou, de la Chine du Nord, ou calqués sur lui, se sont propagés en Chine du Sud au cours du premier millénaire ay. J.-C., pour aboutir finalement à l’unification politique de la Chine, sous la dynastie des Qin, en 221 avant notre ère. Son unification culturelle s’accéléra au cours de cette même période, alors que les États chinois civilisés » et lettrés absorbèrent les « barbares » illettrés, à moins qu’ils n’aient été copiés par ceux-ci. Cette unification culturelle fut parfois féroce : par exemple, le premier empereur Qin condamna toutes les chroniques historiques écrites jusque-là ; les jugeant sans valeur, il ordonna qu’elles fussent brûlées, au grand dam de notre compréhension des débuts de l’histoire et de l’écriture chinoises. Ces mesures draconiennes et d’autres ont dû contribuer à l’essor des langues sino-tibétaines de la Chine du Nord à travers la majeure partie du pays et à réduire le miao-yao et les autres familles linguistiques à la distribution fragmentée qu’on leur connaît aujourd’hui.

 

En Asie de l’Est, les débuts précoces de la Chine dans le domaine de la production alimentaire, de la technologie, de l’écriture et de la formation de l’État ont aussi fortement contribué à l’essor des régions voisines. Jusqu’au quatrième millénaire ay. J.-C., par exemple, la majeure partie de l’Asie du Sud-Est tropicale était encore occupée par des chasseurs-cueilleurs élaborant des outils de pierre appartenant à la tradition hoabinhienne, du nom du site vietnamien de Hoa-Binh. Par la suite, les cultures d’origine chinoise, la technologie néolithique, la vie villageoise et les poteries semblables à celles de la Chine du Sud se sont répandues en Asie du Sud-Est tropicale, probablement accompagnées par les familles linguistiques de la Chine du Sud. L’expansion vers le sud des Birmans, des Laotiens et des Thaïs depuis la Chine du Sud a achevé la sinisation de l’Asie tropicale du Sud-Est. Tous ces peuples modernes sont des rejetons récents de leurs cousins de Chine du Sud.

 

Ce rouleau compresseur chinois était si écrasant que les anciens peuples du Sud-Est asiatique tropical ont laissé peu de traces dans les populations modernes de la région. Seuls trois groupes de chasseurs-cueilleurs ont survécu : les Négritos Semang de la Malaisie péninsulaire, les habitants des îles Andaman et les Négritos Vedda du Sri Lanka — reliquat qui suggère que les anciens habitants du Sud-Est asiatique tropical avaient peut-être la peau sombre et les cheveux bouclés, comme les Néo-Guinéens modernes et à la différence des Chinois du Sud et des habitants du Sud-Est asiatique moderne à la peau claire et aux cheveux raides qui en sont les rejetons. Ces reliquats de population Négritos de l’Asie du Sud-Est sont peut-être les derniers survivants de la population source à partir de laquelle la Nouvelle-Guinée a été colonisée. Les Négritos Semang ont persisté en tant que chasseurs-cueilleurs, commerçant avec leurs voisins paysans, mais ont emprunté à ceux-ci une langue austroasiatique — un peu comme, nous le verrons, les Négritos des Philippines et les chasseurs-cueilleurs Pygmées d’Afrique ont adopté les langues de leurs partenaires commerciaux voisins. Ce n’est que dans les lointaines îles Andaman que persistent des langues sans rapport avec les familles linguistiques des Chinois du Sud — ultimes survivants linguistiques de, sans doute, plusieurs centaines de langues aborigènes du Sud-Est asiatique aujourd’hui éteintes.

 

Même la Corée et le Japon ont été fortement influencés par la Chine, bien que leur isolement géographique leur ait évité de perdre leurs langues ou leur singularité physique et génétique, comme le Sud-Est asiatique tropical. La Corée et le Japon adoptèrent le riz de la Chine au cours du deuxième millénaire ay. J.-C., la métallurgie du bronze au premier millénaire avant notre ère et, enfin, l’écriture au premier millénaire apr. J.-C. La Chine transmit aussi le blé et l’orge d’Asie de l’Ouest à la Corée et au Japon.

 

En décrivant ainsi le rôle séminal de la Chine dans la civilisation est-asiatique, gardons-nous d’exagérer. Il serait inexact de prétendre que tous les progrès culturels d’Asie de l’Est soient venus de la Chine tandis que les Coréens, les Japonais et les populations asiatiques du Sud-Est tropical n’auraient été que des barbares incapables d’inventer. On doit aux Japonais quelques-unes des plus anciennes poteries du monde. De plus, en tant que chasseurs-cueilleurs, ils s’établirent dans des villages vivant des richesses de la mer bien avant l’arrivée de la production alimentaire. Certaines cultures ont été probablement domestiquées d’abord ou indépendamment au Japon, en Corée et en Asie tropicale du Sud-Est.

 

La Chine n’en a pas moins eu un rôle disproportionné. Par exemple, le prestige de la culture chinoise est encore si grand au Japon et en Corée que le Japon n’a pas songé à se défaire de son système d’écriture d’inspiration chinoise malgré ses inconvénients pour la langue japonaise, tandis que la Corée entreprend aujourd’hui seulement de remplacer son écriture peu maniable dérivée du chinois par son merveilleux alphabet indigène, le han’gul. Cette persistance de l’écriture chinoise au Japon et en Corée est un héritage vivant de la domestication des plantes et des animaux en Chine il y a près de 10 000 ans. C’est grâce aux succès des premiers paysans de l’Est asiatique que la Chine est devenue chinoise et que les populations allant de la Thaïlande à l’île de Pâques sont devenues leurs cousins.

 

Que cherche la Chine en investissant autant en Afrique ?

Que cherche la Chine en investissant autant en Afrique ?

 

14 Juillet 2017

Publié le 13 juillet 2017 à 13h06 — Mis à jour le 13 juillet 2017 à 14h26

 

Jamais Pékin n’avait investi à ce point sur le continent africain, devenu un véritable laboratoire de ses ambitions internationales. Et l’Afrique apprécie ce partenaire non interventionniste qui lui apporte financements et infrastructures. Système gagnant-gagnant ? Le débat est lancé.

 

Vieilles de plusieurs siècles, les relations entre la Chine et l’Afrique n’ont jamais été aussi fortes qu’au cours des quinze dernières années. Et le niveau d’engagement de l’empire du Milieu sur le continent a atteint des niveaux inédits. Cette offensive est menée à la fois par les entreprises publiques et privées, les décideurs politiques et les diplomates, et est autant le fruit d’actions spontanées que d’une stratégie bien orchestrée par Pékin.

 

Tous les investisseurs internationaux voient en l’Afrique un important réservoir de minerais et sont attirés par le pétrole angolais et nigérian, par le cuivre de la RD Congo et de la Zambie ou encore par l’uranium namibien. Mais les Européens et les Américains la perçoivent également comme une inquiétante source d’instabilité, de migration et de terrorisme, tandis que la Chine préfère se concentrer sur ses opportunités.

 

Récemment, les entreprises de l’empire du Milieu ont réussi à sécuriser leur accès au cobalt, crucial pour la production des batteries de voitures électriques, en rachetant à coups de milliards de dollars des parts dans les mines de la RD Congo, premier producteur mondial.

 

Un investissement qui va au-delà des matières premières

Ce qui l’attire en Afrique, c’est aussi le marché de consommateurs qu’elle constitue pour ses manufacturiers et ses entreprises de construction

Mais cet intérêt pour le continent va au-delà des matières premières. D’ailleurs, les États-Unis investissent dans l’exploitation minière beaucoup plus que la Chine (66 % du total des investissements pour les premiers, contre 28 % pour la seconde). Ce qui attire celle-ci en Afrique, c’est aussi le marché de consommateurs qu’elle constitue pour ses manufacturiers et ses entreprises de construction.

 

Un pays en est la parfaite illustration : l’Éthiopie. Affichant une croissance soutenue depuis près d’une décennie, comptant plus de 100 millions d’habitants – soit la deuxième plus importante population du continent derrière le Nigeria – et stratégiquement située dans la Corne de l’Afrique, elle est devenue l’une des destinations phares des investissements chinois, malgré sa pauvreté en ressources naturelles.

 

Depuis 2000, elle a été la deuxième plus grande bénéficiaire des prêts chinois en Afrique, recevant des financements pour la construction de barrages, de routes, de chemins de fer et d’usines de manufacture pour plus de 12,3 milliards de dollars, selon les chercheurs de l’université Johns-Hopkins. Cela correspond à plus du double du montant prêté au Soudan, producteur de pétrole, et à la RD Congo, dont le sous-sol regorge de minerais.

 

Un intérêt diplomatique

 

Par ailleurs, et c’est peut-être l’aspect le moins bien compris, l’Afrique offre à la Chine un très bon moyen d’étendre son influence géopolitique. « Avoir de bonnes relations avec les 54 pays africains est très important pour la Chine », explique Jing Gu, directrice du Centre pour les puissances émergentes et le développement global à l’université du Sussex, soulignant qu’elle entretient par ailleurs des rapports très tendus avec ses voisins, de Tokyo à Hanoï.

La Chine a utilisé le continent comme une sorte de laboratoire pour ses ambitions internationales croissantes

Pékin compte aujourd’hui 52 missions diplomatiques dans les capitales africaines, contre 49 pour Washington, et est le membre du Conseil de sécurité des Nations unies qui dispose du plus grand nombre de Casques bleus sur le continent, soit plus de 2 000, au Congo, au Liberia, au Mali, au Soudan et au Soudan du Sud.

 

Selon Jing Gu, spécialiste des questions de développement et consultante pour plusieurs institutions internationales, dont la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, la Chine a utilisé le continent comme une sorte de laboratoire pour ses ambitions internationales croissantes. Et la nature multidimensionnelle de son approche n’est souvent pas reconnue, qu’il s’agisse de ses participations aux opérations de maintien de la paix ou à la construction de routes, de ports et de chemins de fer, destinés à relier le monde en développement à l’empire du Milieu via une nouvelle route de la soie.

 

Howard French, l’auteur du livre China’s Second Continent, qui retrace l’expérience d’environ 1 million d’entrepreneurs chinois partis s’installer sur le continent, partage cette analyse : « L’Afrique a été un atelier de nouvelles idées qui sont maintenant devenues de grands atouts stratégiques. »

 

Quelques chiffres l’illustrent : en 2000, le commerce sino-africain était estimé à 10 milliards de dollars, selon la Johns Hopkins School of Advanced International Studies, à Washington. En 2014, il a atteint 220 milliards de dollars, avant de connaître une baisse liée à la chute des prix des matières premières. La Chine contribue à environ un sixième du total des prêts accordés à l’Afrique, selon une étude du John L. Thornton China Center à la Brookings Institution.

 

Pour beaucoup, la démarche de Pékin s’apparente à un système néocolonialiste dans lequel les entreprises qui extraient des minerais en échange d’infrastructures et de financements de projets agissent comme des intermédiaires pour le gouvernement chinois.

 

Un avantage pour l’Afrique

Les pays africains ont besoin de commerce et d’investissement. Peu importe d’où cela vient – de Chine, d’Inde, de Turquie, de Russie, du Brésil

Il n’empêche que, d’un point de vue africain, bien qu’il comporte de nombreux risques, le partenariat avec la Chine apporte des avantages tangibles en matière de financement et d’infrastructures.

 

Et, plus important encore, il offre un choix bienvenu aux gouvernements africains, qui ont développé durant des décennies des relations souvent improductives avec les bailleurs de fonds internationaux. Même si ces derniers ont apporté des milliards de dollars en aide, ils ont également aussi imposé, dans les années 1980 et 1990, des réformes inspirées du consensus de Washington, qui ont été destructrices pour les économies africaines.

 

« La relation entre les donateurs et les bénéficiaires a considérablement changé avec l’arrivée de la Chine », soutient Dambisa Moyo, économiste zambienne et auteur du livre Dead Aid, publié en 2009 et mettant en cause les liens de l’Afrique avec l’Europe et les États-Unis fondés sur l’aide.

 

Attractivité de la politique non-interventionniste

 

« Les pays africains ont besoin de commerce et d’investissement. Peu importe d’où cela vient – de Chine, d’Inde, de Turquie, de Russie, du Brésil –, c’est toujours une bonne nouvelle d’avoir de nouveaux partenaires », ajoute-t-elle. Pour Jeffrey Sachs, le directeur de l’Earth Institute à l’université Columbia, l’enthousiasme de la Chine en Afrique représente même « la plus importante source de développement pour le continent de notre génération ».

Un sondage réalisé par Afrobarometer en 2016 dans 36 pays du continent a montré que, pour 63 % des Africains, l’influence chinoise a été « plutôt » ou « très » positive

De même, la politique officielle non interventionniste de la Chine la rend encore plus attractive pour les dirigeants africains, dont ceux de l’Angola et du Zimbabwe, qui disent en avoir assez de l’attitude de « donneurs de leçons » des anciennes puissances coloniales en matière de droits de l’homme et de démocratie.

 

À travers le continent, les populations et les décideurs politiques partagent ce sentiment. Un sondage réalisé par Afrobarometer en 2016 dans 36 pays du continent a montré que, pour 63 % des Africains, l’influence chinoise a été « plutôt » ou « très » positive. Et 24 % des personnes interrogées pensent que la Chine présente le meilleur modèle de développement pour l’Afrique, juste derrière les États-Unis, avec 30 % d’avis favorables.

 

La menace de la dette

C’est toujours la même histoire : la Chine conquiert l’Afrique, mais quel profit en tire l’Afrique ?

Mais un sentiment de malaise persiste à propos de son importance grandissante. « Je pense que les Chinois savent ce qu’ils veulent alors que les Africains, eux, ne le savent pas, estime PLO Lumumba, le directeur de la Kenya School of Law. La Chine veut gagner de l’influence, elle veut être une puissance mondiale ».

 

Selon lui, les gouvernements africains contractent tellement de dette envers la Chine qu’ils mettent en gage leur indépendance politique et économique. Godfrey Mwampembwa, caricaturiste connu dans toute l’Afrique sous le nom de « Gado », partage la même analyse : « C’est toujours la même histoire : la Chine conquiert l’Afrique, mais quel profit en tire l’Afrique ? » Dans l’un de ses dessins, il représente les leaders africains en lilliputiens secouant leurs mains devant un énorme visage chinois. Avec ce texte : « Nous sommes des partenaires égaux. »

 

Le Kenya a bénéficié de l’aide chinoise – pour un montant évalué à plusieurs milliards de dollars – ainsi que de leur expertise en ingénierie afin d’améliorer ses infrastructures. Mais dans une interview accordée récemment au Financial Times, le président Uhuru Kenyatta a exprimé son inquiétude au sujet du déficit commercial de l’Afrique face à la Chine.

 

Il estime cependant que Pékin « commence à comprendre que, pour qu’une stratégie gagnant-gagnant fonctionne, la Chine doit s’ouvrir à l’Afrique comme l’Afrique s’ouvre à elle ». De même, le sentiment des Africains à l’égard des Chinois a évolué.

 

D’après Howard French, même s’ils ont globalement un a priori positif, l’enthousiasme d’antan a fait place à une certaine réserve. Si les infrastructures sont bien accueillies, l’opinion publique insiste sur la nécessité d’exiger des entreprises chinoises qu’elles emploient plus de main-d’œuvre locale et qu’elle la traite bien.

 

Selon cet expert, les populations s’indignent également de voir le coût des projets augmenter pour permettre à certains de leurs gouvernements de bénéficier de rétrocommissions. Des soupçons qui pèsent actuellement sur le projet ferroviaire Mombasa-Nairobi, d’un montant de 4 milliards de dollars, inauguré au mois de juin 2017.

 

Une récente prise en compte de la société civile

 

Les entreprises chinoises sont aujourd’hui conscientes du problème. Il y a une décennie, elles estimaient que leurs relations avec les gouvernements suffisaient. Désormais, elles comprennent qu’il est indispensable d’échanger avec la société civile et les ONG internationales sur les questions environnementales ou sur le transfert de technologies. Un nombre croissant de ces sociétés communiquent sur la transmission de leur savoir-faire aux Africains.

 

Par exemple, le géant des télécoms Huawei, qui réalise 15 % de ses revenus sur le continent, forme chaque année 12 000 étudiants en télécommunications dans des centres en Angola, au Congo, en Égypte, au Kenya, au Maroc, au Nigeria et en Afrique du Sud. Selon les chercheurs de Johns-Hopkins, 80 % des employés des projets chinois en Afrique sont des locaux, même si beaucoup d’entre eux occupent les postes à faible niveau de compétence. « Les Chinois ont rapidement progressé, reconnaît Howard French. Ils sont maintenant devenus des joueurs sophistiqués. »

 

Selon Jing Gu, il est important pour la Chine que sa relation avec l’Afrique apparaisse comme mutuellement bénéfique. « Elle poursuit activement une stratégie d’industrialisation. Au cours des dix prochaines années, elle espère relocaliser sa production manufacturière sur le continent », explique-t-elle.

 

Selon notre consultante, il est vital que les gouvernements africains reprennent le contrôle de leurs relations avec leurs partenaires étrangers, qu’il s’agisse de l’Occident ou de la Chine. Ce qui signifie établir des priorités, insister sur le transfert des connaissances et négocier selon leurs propres conditions. « Les Africains doivent être clairs et déterminer qui joue quel rôle. C’est à eux de décider, et non pas aux étrangers. »

© Financial Times et Jeune Afrique 2017


Peut mieux faire

 

Dans un rapport publié le 28 juin, McKinsey prédit un bel avenir aux relations sino-africaines. Le cabinet international de conseil avance deux scénarios. Le premier : si les investissements chinois sur le continent se poursuivent sur le même rythme, les groupes de l’empire du Milieu verront leurs recettes africaines passer de 180 milliards de dollars aujourd’hui à 250 milliards en 2025.

 

Le second : d’après McKinsey, les entreprises chinoises peuvent significativement accroître leurs activités africaines, que ce soit dans les secteurs qu’elles occupent prioritairement aujourd’hui – les mines et les infrastructures – ou dans d’autres domaines tels que l’agriculture, la bancassurance, les télécoms, les transports et la logistique. Dans ce dernier cas, leurs revenus pourraient atteindre 440 milliards de dollars en 2025


La Chine-Afrique s’invite à Marrakech

 

Plus de 400 décideurs chinois et africains de haut niveau sont attendus les 27 et 28 novembre à Marrakech dans le cadre de la 2e édition du China-Africa Investment Forum (CAIF).

 

Au cœur des discussions de cet événement coorganisé par le ministère marocain de l’Industrie et de l’Investissement, Jeune Afrique Media Group et BOAO Business Consulting : les implications financières de la nouvelle route de la soie pour les économies africaines, les solutions à privilégier pour tirer profit de cette nouvelle dynamique et faire du continent une véritable plateforme industrielle

Le lettré chinois est un chamane, par Christian Fauré

Le lettré chinois est un chamane, par Christian Fauré

 

 

13 Juillet 2017 

Christian Fauré

Hypomnemata : supports de mémoire

 

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Je suis l’exact contraire de Marianne, les langues ne sont pas pour moi un moyen de communication et je déteste parler une autre langue que la langue française, mais en revanche les langues peuvent devenir objet d’étude, compréhension d’une civilisation et je privilégie les « langues mortes », la traduction, l’écriture. Je serais encore en train d’étudier le chinois si l’on ne s’était obstiné à vouloir que je le parle. En revanche, je me souviens avec délice des cours de civilisation et parmi eux un cours sur l’écriture chinoise sur les carapaces de tortue, pratique divinatoire. Ce texte, cette interprétation me ravit

 

(note de Danielle Bleitrach)


 

by CHRISTIAN on 9 JUILLET, 2013

 

Il est toujours délicat de parler de “lettrés” chinois quand on sait qu’il n’y a précisément pas de lettres dans l’écriture chinoise.

 

Aussi, tous les éclairages que produit Sylvain Auroux dans “La révolution technologique de la grammatisation”, quand il met en lumière le processus de constitution des grammaires et des vocabulaires de la langue qui s’écrit en spatialisant la parole grâce au découpage des mots en une suite finie de lettres – ces processus de grammatisation qui sur-déterminent largement notre philosophie et nos modes de pensées – tous ces éclairages donc, deviennent “lettre morte” quand on porte notre regard vers l’empire du milieu.

 

Si la culture chinoise diverge autant de notre culture occidentale c’est très certainement dans le rapport à l’écriture et c’est donc à partir de sa spécificité qu’il faut poser le problème. L’écriture idéographique est donc le marqueur qu’il faut éclairer si l’on veut saisir ce qui se joue dans cette autre visage de l’écriture qui produit d’autres mode de pensée.

 

Qui sont donc les “lettrés” chinois que l’on n’arrive pas à nommer à partir de nos catégories issues de la grammatisation occidentale ?

 

Léon Vandermeersch propose une analyse stimulante de cette question dans son dernier ouvrage, “Les deux raisons de la pensée chinoise”, sous-titré “Divination et idéographie”.

 

Sa thèse est la suivante : l’écriture idéogrammatique chinoise se distingue non seulement de l’écriture alphabétique mais également de toute autre forme d’écriture idéogrammatique (par exemple les hiéroglyphes) en cela qu’elle a été inventée sous le règne de Wu Ding (13° siècle av. JC) non pas pour noter des énoncés de la langue parlée mais pour noter des protocoles d’opération de divination.

 

Pour Léon Vandermeersch, l’origine et la spécificité de l’écriture chinoise réside dans le fait qu’elle invente des inscriptions d’équations divinatoires. Ce n’est que bien plus tard, au VIII° siècle de notre ère, que l’écriture chinoise, au travers diverses transformations que nous pourrions qualifier d’idéographisation en écho à la grammatisation, s’est généralisée comme une pratique d’écriture qui retranscrit la parole.

 

La différence entre idéogramme chinois et écriture alphabétique occidentale repose in fine sur la différence entre la spéculation manticologique chinoise et la théologie occidentale : culture du chamane d’un côté versus culture du prêtre et du clerc de l’autre.

 

D’ailleurs, dans une note de son introduction, Léon Vandermeersch rappelle que:

 

“lettré” en chinois se dit “ru”, étymologiquement “faiseur de pluie” ; or la danse chamanique a survécu comme danse pour faire tomber la pluie.

 

Sur la base de cette thèse, l’auteur se demande ce que la Chine contemporaine va faire de son nouveau statut de puissance majeure mondiale, et notamment si elle va redécouvrir la fécondité de sa propre culture basée sur une raison chamanique ou “manticologique” au lieu de la raison théologique occidentale.

 

 

La Longue Marche, un jalon historique incontournable

La Longue Marche, un jalon historique incontournable

 

06 Juillet 2017
La Chine n’oublie pas son histoire et plonge dans ses racines la force des défis actuels. (note de Danielle Bleitrach)
 
2017-03-13      Texte de Li Xia

 

Le 23 septembre 2016, le président chinois Xi Jinping et d’autres hauts responsables de l’État, y compris Yu Zhengsheng, Liu Yunshan, Wang Qishan et Zhang Gaoli, visitent une exposition qui marque le 80e anniversaire de la fin de la Longue Marche au Musée militaire de la révolution populaire chinoise de Beijing. Crédits photo : Lan Hongguang / Xinhua

 

Il y a 80 ans, l’Armée rouge des ouvriers et des paysans chinois est arrivée à sa destination dans la province du Shaanxi, après avoir parcouru 12 500 kilomètres. La manœuvre militaire menée par l’armée sous la direction du Parti communiste chinois (PCC) d’octobre 1934 à octobre 1936 sera appelée la Longue Marche.

 

Le PCC et son armée se sont mis en marche vers l’ouest et ont ensuite viré vers le nord, endurant des difficultés et des souffrances inimaginables ; manquant de nourriture, ils ont subsisté en mangeant des racines et l’écorce des arbres. Beaucoup portaient des chaussures de paille et avaient à peine de quoi se couvrir durant l’hiver glacial. Ils ont traversé plus de vingt montagnes enneigées, endurant le manque d’oxygène dans des endroits que peu avaient bravé à des altitudes de plus de 4 000 mètres. De tous les marais qu’a traversés l’armée rouge, celui de Songpan sur le plateau oriental du Qinghai-Tibet était le plus dangereux. D’une superficie de 15 200 kilomètres carrés, il comprend de nombreux étangs boueux et tranchées.

 

Le 24 septembre 2016, Wang Tianbao (à gauche), ancien conseiller des Forces aériennes de Chine, examine un morceau de chaîne de fer lors d’une exposition marquant le 80e anniversaire de la fin de la Longue Marche au Musée militaire de la révolution populaire chinoise de Beijing. Crédits photo : Par Yin Gang / Xinhua

 

« J’avais de plus en plus de mal à respirer au fur et à mesure que l’oxygène se raréfiait, j’étais à peine capable de parler », s’est rappelé un des anciens dirigeants du PCC aujourd’hui décédé, Dong Biwu, en évoquant la traversée d’un pic enneigé pendant la Longue Marche. « Il faisait si froid que la vapeur que j’exhalais se figeait aussitôt, mes mains et mes lèvres étaient pourpres. Certaines personnes et têtes de bétail ont glissé dans la rivière glacée et ont disparu à jamais. Ceux qui se sont assis pour se reposer ont été rapidement engourdis par le froid. »

 

En plus de ces conditions naturelles rudes, l’armée rouge était assiégée par les forces du Kuomintang. Le récit de l’Armée rouge prenant le pont de Luding témoigne de l’ardeur des batailles. Pour arrêter la progression de l’armée rouge, les troupes du Kuomintang ont retiré les planches du pont suspendu sur la rivière Dadu, ne laissant que 13 chaînes de fer. Finalement, 22 soldats de l’Armée rouge ont risqué leur vie pour capturer le pont après une lutte féroce. La Longue Marche est un miracle de l’histoire humaine et une épopée glorieuse écrite par le PCC et l’Armée rouge.

 

Une unité de la Première armée du front de l’Armée rouge des ouvriers et des paysans chinois pose pour une photo après son arrivée dans le nord de la province du Shaanxi. En octobre 1935, la Première armée du front a achevé la Longue Marche après avoir rompu les sièges orchestrés par les troupes du Kuomintang et vaincu diverses barrières naturelles. CFB

 

Après avoir mené avec succès l’Armée rouge dans le nord du Shaanxi, où le soutien du peuple était fort, le PCC a vaincu les envahisseurs japonais et le Kuomintang et a fondé la République populaire de Chine en 1949. La Longue Marche a jeté des bases importantes pour cette victoire.

 

Après sa fondation en 1921, le PCC s’est d’abord allié au Kuomintang pour lancer la Grande Révolution visant à renverser les seigneurs de la guerre féodaux. La révolution s’est soldée par un échec, tout comme la coopération entre le PCC et le Kuomintang. Le premier a alors dirigé indépendamment la Révolution territoriale et organisé des opérations armées contre le gouvernement corrompu et contre-révolutionnaire du Kuomintang. En conséquence, l’Armée rouge et ses bases révolutionnaires ont continué à se développer. À son apogée en 1933, la zone soviétique centrale du PCC, qui se développait à partir de bases révolutionnaires dans le sud de la province du Jiangxi et dans la province occidentale du Fujian, couvrait 60 comtés, une population de 4,35 millions de personnes et un territoire d’environ 84 000 kilomètres carrés.

 

 

La tour des forces interarmées de l’Armée rouge à Huining, dans la province du Gansu. Ce mémorial s’élève à 28,78 mètres et se compose de trois pagodes de style traditionnel. La plaque de marbre au milieu porte les inscriptions de Deng Xiaoping : « Tour commémorative de la convergence des Première, Deuxième et Quatrième Armées des ouvriers et des paysans chinois ». CFB

 

En 1931, l’armée japonaise a organisé l’incident du 18 septembre dans le but d’occuper le nord-est de la Chine. Pour sauver la nation, le PCC s’est engagé dans la résistance contre l’agression japonaise. Cependant, le gouvernement du Kuomintang a rassemblé des forces pour assiéger la zone soviétique centrale, dans une tentative d’éliminer le PCC et son armée. Certains dirigeants du PCC ont commis l’erreur de s’attacher fermement au dogmatisme de gauche, entraînant l’échec de la cinquième campagne contre l’encerclement et la suppression menée par les troupes du Kuomintang. L’Armée rouge a été obligée de commencer la Longue Marche pour se retirer vers les zones dans lesquelles le Kuomintang était faible, plus près des fronts anti-japonais, afin de conserver ses forces pour se défendre contre les envahisseurs.

 

Le mont Jiajin traversé par l’Armée rouge pendant la Longue Marche dans la préfecture autonome tibétaine Aba et Qiang de la province du Sichuan. CFB

 

Comme l’a dit Deng Xiaoping, bien que la Longue Marche ait été une retraite militaire provoquée par les erreurs dogmatiques gauchistes de certains dirigeants du PCC et le siège imposé par les troupes du Kuomintang, le but ultime était de résister à l’agression japonaise et de sauver la nation. Pendant la Longue Marche, le PCC a diffusé des informations pour sensibiliser le public aux efforts de résistance contre les envahisseurs japonais et a recruté dans l’Armée rouge. Même dans les régions éloignées et isolées, les efforts de l’armée pour résister à l’agression japonaise ont gagné le respect et l’appui des résidents locaux.

 

Partout où elle est arrivée, l’Armée rouge a aidé les pauvres à renverser les despotes locaux, à distribuer les terres et à abolir les lourdes taxes. Les paroles d’une ballade populaire appellent à « soutenir l’Armée rouge pour gagner la guerre, la seule manière pour les ouvriers et les paysans d’être libérés ». Des slogans tels que « Peuple pauvre et affamé, viens rejoindre l’Armée rouge » et « L’Armée rouge sauve les pauvres » étaient visibles dans les villages traversés durant la Longue Marche.

 

En octobre 1936, les forces principales de l’Armée rouge, à savoir les Première, Deuxième et Quatrième armées du front, convergent à Huining, dans la province du Gansu, mettant fin à la Longue Marche qui durait depuis deux ans. CFB

 

Lorsque l’Armée rouge est arrivée dans la ville de Bijie, dans la province du Guizhou, les dirigeants du PCC ont rencontré Zhou Suyuan, un dignitaire local, et ont expliqué les théories marxistes et les points de vue du PCC. Zhou Suyuan est ensuite devenu commandant de l’armée du salut national et de résistance anti-japonaise du Guizhou du PCC et a rejoint la Longue Marche au nord du Shaanxi. Lorsque l’Armée rouge est arrivée dans les régions habitées par les minorités ethniques, son département politique général a ordonné à tous les officiers de se plier inconditionnellement aux coutumes et aux règles des minorités ethniques locales et de clarifier ces coutumes et règles à tous les soldats, de s’opposer aux préjudices et concepts de suprématie de l’ethnie han, ainsi que faire connaître les objectifs de l’Armée rouge aux personnes de toutes les minorités ethniques, en particulier ses idées sur l’autonomie ethnique et l’égalité. L’Armée rouge a appliqué avec rigueur les politiques du PCC sur l’égalité ethnique et la religion, ce qui lui a permis de gagner la confiance et le soutien des Tibétains locaux, dont huit moines éminents du monastère de Guihua à Zhongdian, dans la province du Yunnan. Le monastère a donné cinq tonnes de grain à l’Armée rouge.

Une arche de papier coloré construite par l’Armée rouge dans le nord du Shaanxi pour saluer les troupes arrivant de la Longue Marche. CFB

 

Dans son livre Étoile rouge sur la Chine, le journaliste américain Edgar Snow a écrit que « les commandants les plus élevés mangent et s’habillent comme des soldats ordinaires. Le Parti communiste n’a pas de fonctionnaires et généraux généreusement payés ou corrompus, alors que dans d’autres organisations militaires chinoises, une grande partie des fonds destinés aux militaires sont détournés par les officiers. » Malgré les difficultés de la Longue Marche, les idéaux, le courage, la sagesse et l’action du PCC ont inspiré les gens tout au long du chemin, et beaucoup d’entre eux ont rejoint l’Armée rouge. Par exemple, en février 1935, plus de 3 000 personnes se sont jointes à l’effort à Zhaxi, dans le Yunnan, et 6 000 autres de Jiangyou et Zhongba dans le Sichuan se sont jointes à l’Armée rouge entre avril et mai 1935. Les premières données montrent qu’un total de 43 000 personnes vivant le long du parcours ont rejoint l’Armée rouge entre novembre 1934 et septembre 1936.

 

Vestiges d’une planche traversée par l’Armée rouge pendant la Longue Marche. CFB

 

Le président Mao Zedong a dit que « la Longue Marche est la première de son genre dans les annales de l’Histoire. Elle est un manifeste, une force de publicité et une machine à semer des graines. Qui a fait de la Longue Marche une victoire ? Le Parti communiste. Sans le Parti communiste, une marche de ce genre aurait été inconcevable. »

 

Les chaînes de fer du pont Luding sur la torrentielle rivière Dadu. Le 25 mai 1935, l’Armée rouge a emprunté le pont Luding après sa première bataille de la Longue Marche, écrasant la tentative de Chiang Kai-shek d’éliminer les troupes communistes au sud du fleuve. CFB

 

Le PCC a surmonté les échecs en convainquant beaucoup avec peu de moyens et en vainquant les forts avec les faibles. La clé de la victoire de la Longue Marche est que le PCC a suivi l’appel des temps, a maintenu ses idéaux, a répondu aux espoirs du peuple, et a gardé son esprit d’altruisme. C’est l’héritage précieux que la Longue Marche a laissé au PCC, qui a progressivement facilité la création d’énormes richesses au cours de la révolution chinoise et du développement économique subséquent. Tout comme le président chinois Xi Jinping l’a déclaré, « la Longue Marche était une grande expédition en quête d’idéaux et de foi, testant la vérité et ouvrant de nouveaux horizons. »

 

Des herbes sauvages mangées par l’Armée rouge et un gilet porté par un soldat pendant la Longue Marche. CFB

 

Le 21 octobre 2016, le Comité central du PCC a tenu un rassemblement pour commémorer le 80e anniversaire de la victoire de la Longue Marche. Dans son discours, le président Xi a remarqué que « le grand esprit de la Longue Marche est la richesse spirituelle précieuse qui a coûté au Parti et au peuple un lourd tribut de lutte douloureuse. À chaque génération, nous devons garder à l’esprit, apprendre et promouvoir le grand esprit de la Longue Marche, en préservant sa force spirituelle qui continue à motiver le Parti, l’État, le peuple, l’armée et la nation pour progresser vers un avenir encore meilleur. » En soutenant l’esprit de la Longue Marche, les Chinois sont confiants dans leur propre développement et sont prêts à assumer les responsabilités de l’humanité et de l’avenir. C’est pourquoi le PCC chérit l’héritage de la Longue Marche.

La Chine lance la construction de la ligne ferroviaire la plus difficile du monde

La Chine lance la construction de la ligne ferroviaire la plus difficile du monde

 

06 Juillet 2017

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Publié le 2017-07-05 à 15:38 | french.xinhuanet.com

 

Quand on songe à la longue marche que de chemin parcouru par ce pays… (note de Danielle Bleitrach)
CHENGDU, 5 juillet (Xinhua) — Des paysages à couper le souffle et des dangers saisissants, voilà ce que les ingénieurs chinois devront affronter en s’attaquant à la construction du chemin de fer le plus difficile du monde.
 

Le chemin de fer Sichuan-Tibet sera la deuxième ligne ferroviaire dans la région autonome du Tibet, après le chemin de fer Qinghai-Tibet. La ligne traversera le sud-est du plateau Qinghai-Tibet, l’une des zones les plus actives géologiquement du monde.

 

« La construction et le fonctionnement du chemin de fer Sichuan-Tibet doivent surmonter les risques les plus importants du monde », a indiqué You Yong, ingénieur en chef de l’Institut des risques et de l’environnement dans les régions montagneuses de l’Académie chinoise des Sciences, à la tête d’une équipe de soutien scientifique et technologique pour la prévention des catastrophes dans les montagnes.

 

La China Railway Eryuan Engineering Group Co. Ltd., responsable de la conception de la ligne, a indiqué qu’elle partirait de Chengdu, capitale de la province du Sichuan (sud-ouest), traverserait Ya’an et Kangding avant d’entrer au Tibet via Qamdo. Puis elle traversera les préfectures de Nyingchi et de Shannan avant d’arriver à Lhassa, capitale du Tibet. La longueur totale de la construction sera d’environ 1.700 kilomètres et elle coûtera 250 milliards de yuans (environ 36,88 milliards de dollars).

 

Les travaux ont commencé aux deux extrémités de la ligne. La section entre Chengdu et Ya’an devrait entrer en service en juin 2018. L’étude de faisabilité sur la section entre Ya’an et Kangding a été achevée. La section entre Lhassa et Nyingchi est en construction.

 

Cependant, la section entre Kangding et Nyingchi, la section la plus difficile et la plus longue, est encore dans sa phase de conception. Sa construction devrait commencer en 2019 et pourrait durer environ sept ans, selon le China Railway Eryuan Engineering Group Co. Ltd.

 

Le chemin de fer Sichuan-Tibet sera une ligne importante dans le réseau ferroviaire de l’ouest du pays, reliant le Tibet à davantage de régions développées du centre et de l’est. La vitesse de conception se situe entre 160 et 200 km/h. A son achèvement, la durée du trajet en train entre Chengdu et Lhassa ne sera plus que de 13 heures environ, contre 48 heures actuellement.

 

You Yong, qui a consacré presque 30 années à l’étude des risques dans les régions montagneuses, a indiqué que la ligne traverserait l’est du plateau Qinghai-Tibet, sujet à des variations brusques du terrain.

 

Selon lui, la structure géologique active de cette région est la cause de forts séismes. La ligne devrait traverser des zones sismiques telles que la montagne Longmen et la rivière Yarlung Zangbo.

 

« Construire une ligne ferroviaire dans un tel environnement géologique complexe se heurtera à de nombreux difficultés scientifiques et technologiques. La prévention et le contrôle des risques dans les régions de montagne seront cruciaux pour son succès », a indiqué M. You.

The Guardian : La Chine met en miettes les promesses faites au Royaume-Uni et montre au monde qui est le maître…

The Guardian : La Chine met en miettes les promesses  faites au Royaume-Uni et montre au monde qui est le maître… 

 

03 Juillet 2017

Xi Jinping n’a offert aucune concession sur les libertés civiles lors de sa visite à Hong Kong. En gros la Chine dans son style fleuri inimitable explique que la temps de la colonisation est terminé et que soit les nobles étrangers acceptent de le comprendre soit la Chine fera comme s’ils le comprenaient
 
(note et traduction de Danielle Bleitrach).
Le président chinois Xi Jinping
Le message du président chinois Xi Jinping à la Grande-Bretagne était que la Chine n’admettrait aucune ingérence extérieure dans l’ancienne colonie. 
Photo: Jerome Favre / EPA 

Samedi 1 juillet 2017

 

Les conversations difficiles de Xi Jinping à Hong Kong reflètent une confiance croissante dans la capacité de la Chine à façonner les événements mondiaux ou à ignorer les pays moins puissants comme la Grande-Bretagne.

 

Le président chinois aurait pu jeter un os à ronger au mouvement pro-démocratie. Il aurait pu offrir une libéralisation sur les libertés civiles et les droits politiques à l’opinion occidentale. Au lieu de cela, il a montré à Hong Kong qui était le patron.

 

Xi, l’homme dur a établi la loi selon Pékin…

 

Son message à la Grande-Bretagne était aussi brutal, limite dédaigneux. La Chine n’accepterait pas d’ «ingérence» dans l’ancienne colonie. Oubliez les garanties d’une société libre et ouverte négociée minutieusement avant le transfert de 1997.

 

« Toute tentative de mettre en danger la souveraineté de la Chine et de contester le pouvoir du gouvernement central est absolument inadmissible », a déclaré Xi.

 

Selon la version tronquée de Xi de la Loi fondamentale, toute critique est désormais interdite, sous peine de conséquences graves. Boris Johnson a bénéficié au début de la semaine d’une importante leçon concernant  le nouvel équilibre des pouvoirs.

 

« En ce qui concerne l’avenir, la Grande-Bretagne espère que Hong Kong fera plus de progrès vers un système de gouvernement entièrement démocratique et responsable », a souligné le secrétaire aux affaires étrangères avec une douceur inhabituelle.

 

La déclaration de Johnson était honteusement déférente. Il a pu, et devrait, avoir été plus énergique quant aux responsabilités de Pékin et à sa propre ingérence brutale, parfois illégale. Mais la Chine en a pris de l’ombrage tout de même. Liu Xiaoming, l’ambassadeur de la Chine à Londres, a déclaré  directement à Johnson que les questions concernant Hong Kong doivent désormais être «traitées correctement» ou les liens globaux en souffriraient.

 

Le pire  était  encore à venir. Vendredi, le ministère chinois des Affaires étrangères a officiellement renoncé à la déclaration conjointe sino-britannique de 1984, base sur laquelle la Grande-Bretagne a accepté de renoncer au contrôle de la colonie. Les deux parties avaient convenu que le traité resterait en vigueur pendant 50 ans.

 

« La déclaration conjointe sino-britannique, en tant que document historique, n’a plus de signification pratique, et n’est pas du tout contraignante pour la direction du gouvernement central sur Hong Kong », a déclaré le porte-parole Lu Kang. Le Foreign Office a rapidement rejeté le propos. Mais dans son humeur optimiste actuelle, Xi n’écoute pas.

 

La position de durcissement de la Chine menace profondément Hong Kong et les relations bilatérales. Cela suggère que la parole officielle de la Chine ne peut pas être considérée comme digne de confiance, qu’il s’agisse des libertés continues de Hong Kong (et de Taiwan), de l’expansion militaire régionale illégale ou de l’investissement dans l’industrie nucléaire, le commerce et les achats immobiliers de la Grande-Bretagne.

 

Le sentiment évident de l’impunité de la Chine est également humiliant pour la Grande-Bretagne. Il souligne la baisse de la position  de la Grande-Bretagne dans le monde et la pénurie alarmante d’amis et d’alliés fiables. Donald Trump aidera-t-il? Une union européenne aliénée? Improbable.

 

Le gouvernement de Theresa May est confronté à un choix entre le maintien du principe juridique et les valeurs démocratiques, et son besoin chronique de post-Brexit pour le commerce et les affaires chinoises à tout prix.

 

Pas de prix, ou des parapluies jaunes, pour prédire à quel moment May et Johnson seront balancés.

La Chine a commencé la construction de la première ville-forêt du monde

La Chine a commencé la construction de la première ville-forêt du monde

 

03 Juillet 2017

Toujours dans le cadre de ce gigantesque laboratoire qu’est la Chine. Si quelque chose est bien socialiste, au vrai sens du terme, c’est cet aspect laboratoire de la modernité que l’on retrouve dans toutes les expériences socialistes
 
(note de Danielle Bleitrach).

Crédits : Stefano Boeri Architetti

 

Un projet inédit est en marche dans la province chinoise du Guangxi, au sud de la Chine. Dans la préfecture de Liuzhou, la première ville-forêt du monde est en cours de construction pour lutter contre la pollution. Designée par le cabinet d’architecte italien Stefano Boeri Architetti, qui développe des projets du même type  partout dans le monde, cette Ville Forêt futuriste accueillera une communauté d’environ 30 000 personnes. Elle devrait être inaugurée en 2020.

 

 

Couverte de verdure, la construction abritera près d’un million de plantes de plus de 100 espèces différentes, ainsi que 40 000 arbres. Ils absorberont ensemble chaque année près de 10 000 tonnes de dioxyde de carbone et 57 tonnes d’agents polluants, tandis qu’ils produiront 900 tonnes d’oxygène. La Ville Forêt aidera par conséquent à faire baisser la température de l’air moyenne, à améliorer la qualité de l’air local. En plus de générer des espaces d’habitation, la zone créera des écrans acoustiques naturels et améliorera la biodiversité dans la région. En tant que centre industriel de la province du Guangxi, la qualité de l’air actuelle à Liuzhou est préoccupante.

 

 

La Ville Forêt de Liuzhou sera également auto-suffisante et alimentée grâce aux énergies renouvelables telles que l’énergie solaire et géothermique. La ville connectée inclura des zones commerciales, des quartiers résidentiels, des espaces récréatifs, un hôpital et deux écoles. Elle sera reliée à la ville de Liuzhou par une ligne ferroviaire électrique ouverte aux voitures électriques.

 

  

Source et crédits : Stefano Boeri Architetti

Le PCC compte près de 89,5 millions de membres

Le PCC compte près de 89,5 millions de membres

 

 
02 Juillet 2017
 

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Voici une manière de célébrer la fondation du parti communiste chinois, en décrire l’évolution. Depuis une dizaine d’années, il est privilégié l’excellence  et la qualification. Une sorte de méritocratie axée sur la production et le développement (comme la planification qui est orienté du passage à l’usine du monde au développement scientifique et technique) les membres jouissant de diplômes supérieurs formant 41% du recrutement,Les efforts déployés par le pays pour encourager l’innovation et pour faire que les progrès scientifiques et techniques jouent à partir de 2011 et surtout 2013 dans la restructuration industrielle et le développement d’industries stratégiques. La Chine attache de plus en plus  d’importance aux projets scientifiques mais aussi à ceux qui vont vers l’environnement et le bien être du peuple  tout en ne négligeant pas la compétitivité internationale. L’un des principaux objectifs consiste à réduire la dépendance de la Chine à l’égard d’autres pays  dans les technologies clés. On retrouve ces axes dans la planification, dans les directives imposées aux investissements privés et publics dans le pays aussi bien que dans la composition du parti communiste.

 

(note de danielle Bleitrach)


Publié le 30 juin 2017 par anonyme
BEIJING, 30 juin (Xinhua) — Le Parti communiste chinois (PCC) comptait 89,447 millions de membres fin 2016, a annoncé vendredi le Département de l’organisation du Comité central du PCC.
 
Le nombre des membres du PCC a augmenté de 688.000 par rapport à 2015, soit une hausse de 0,8%. Les unités de base du Parti ont augmenté de 105.000 pour atteindre 4,518 millions, en hausse de 2,4%, a précisé le département dans un communiqué publié à la veille du 96e anniversaire de la fondation du PCC du 1er juillet.
 
Les statistiques montrent que la vigueur et la vitalité du Parti ont été renforcées, indique le communiqué.Le taux de croissance du nombre de membres du PCC a baissé alors que la structure de ses membres a été améliorée depuis 2013, date à laquelle le Parti a appliqué une règle de recrutement qui met l’accent sur la qualité de ses membres tout en en limitant la quantité.
 
En 2016, le PCC a recruté 1,911 million de nouveaux membres, 54.000 de moins que 2015, dont 953.000 jouent des rôles de premier plan dans la production, soit 49,9% des nouveaux membres.Au total, 1,571 million de ces nouveaux membres étaient âgés de moins de 35 ans, soit 82,2% de tous les nouveaux membres en 2016, en hausse de 0,4 point de pourcentage par rapport à 2015.
 
Parmi ces nouveaux membres, 785.000 sont titulaires de diplômes pré-universitaires ou au-dessus, représentant 41,1%, en hausse de 1,5 point de pourcentage par rapport à 2015, selon le communiqué.Le Parti comptait 22,982 millions de membres féminins fin 2016, soit 25,7% du total, tandis que 6,3 millions de membres étaient originaires de groupes ethniques minoritaires, représentant 7% du total
 
 
Publié dans PCC

Nouveau record de la Chine: une province fonctionne durant 7 jours avec seulement des énergies renouvelables

Nouveau record de la Chine: une province fonctionne durant  7 jours avec seulement des énergies renouvelables

 

02 Juillet 2017
 
La Chine a choisi une politique environnementale et y met la même énergie que dans d’autres domaines, à suivre
 
(note de danielle Bleitrach)
Publié le 28 Juin, 2017 15:23 GMT

La province du Qinghai en Chine a réussi à courir pendant une semaine en utilisant uniquement l’énergie éolienne, hydraulique et solaire, battant le précédent record, qui a eu lieu par le Portugal.

 

Nouveau record de la Chine: une province travaille pour 7 jours seulement des énergies renouvelables

China Network Stringer / Reuters
La province du Qinghai en Chine, avec une population de 5,8 millions de personnes, a utilisé pendant sept jours ( du 17 au 23 Juin ) , seulement  les sources d’énergie renouvelables (vent, eau et soleil) pour produire de l’ électricité, rapporte l’agence Nouvelles chinoise « Xinhua ». Le paysa battu le précédent  record du Portugal , qui a utilisé  l’ énergie propre pendant quatre jours  (du 7 au 11 mai 2016).

 

 
Selon de Quan Shengming, directeur général du réseau électrique Qinghai, la consommation d’électricité au cours de cette période se chiffrent à 1,1 milliards de kilowattheures, ce qui équivaut à 535.000 tonnes de charbon . Ses centrales hydroélectriques ont  fourni 72,3% de cette énergie, alors que le reste provenait d’installations solaires et éoliennes.

 

Une grande partie de cette énergie est produite par Laxiwa hydroélectrique, située sur la rivière Jaune, qui produit une moyenne de 10,2 milliards de kilowattheures par an. Le personnel de la station pendant des mois révisait les installations et les heures supplémentaires de travail pour assurer le bon fonctionnement pendant la période de test.

 

Au cours du mois de mai, le réseau provincial avait une capacité installée de 23,4 millions de kilowatts, 82,8% proviennent de sources d’énergie renouvelables.

 

Ambitions plans futurs

 

Selon le plan quinquennal 13.º de la province, le Qinghai a fixé un objectif d’augmenter sa capacité d’énergie solaire et éolienne pour atteindre 35 millions de kilowatts d’ici 2020 et de fournir 110 milliards de kilowattheures d’énergie propre par an à d’autres régions de la Chine centrale et orientale.

 

La Chine prévoit d’ investir environ 370 milliards de dollars  pour accroître sa production d’énergie renouvelable, qui devrait aussi entraîner la création de plus de 13 millions d’ emplois.

 

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