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Chine

La Chine célèbre la Journée internationale de la paix

La Chine célèbre la Journée internationale de la paix

 

24 Septembre 2016
N’oubliez pas les défilés d’aujourd’hui. Cette célébration est une des rares nouvelles rassurantes de la période
(note de danielle Bleitrach)

Publié le 23 septembre 2016 

La Chine célèbre la Journée internationale de la paix

2016-09-22 14:12:38 xinhua

 

Plusieurs activités pour commémorer la Journée internationale de la paix ont été organisées mercredi à Yinchuan, capitale de la région autonome Hui du Ningxia (nord-ouest de la Chine).


Des responsables et des anciens hommes politiques de 33 pays, ainsi que des représentants d’ONG, de groupes de réflexion et des experts chinois ont participé à cet événement.

 

Le vice-président chinois Li Yuanchao a prononcé un discours liminaire, rappelant que la Journée internationale de la paix avait été décrétée par l’ONU il y a 35 ans, reflétant l’aspiration commune de la communauté internationale pour la paix et le développement.

 

Le président chinois, Xi Jinping, a indiqué que la société devenait une communauté mondiale au destin commun, dans laquelle tous les membres étaient interdépendants, alors que le développement pacifique et la prospérité commune constituent la bonne voie à suivre, a noté M. Li.

 

Il a espéré que tous les pays « résolvent les désaccords et les différends via le dialogue et la consultation », ajoutant que les pays devaient se respecter et s’adapter, organiser des consultations amicales, collaborer pour sauvegarder les objectifs et les principes de la Charte de l’ONU, et établir un environnement international pacifique et stable.

 

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a envoyé une lettre de félicitations à la cérémonie d’ouverture des activités.

 

source: http://french.cri.cn/621/2016/09/22/562s492927.htm

Le Yuan enterre le dollar : La Chine propose son propre système de gouvernance de l’économie mondiale par Andreï Ivanov

Le Yuan enterre le dollar : La Chine propose son propre système de gouvernance de l’économie mondiale par Andreï Ivanov

 
15 Septembre 2016

Юань хоронит доллар

Photo: Zuma / TASS

http://svpressa.ru/economy/article/155915/

 

Comme le rapporte l’agence « Xinhua », au sommet du « G20 » la Chine a proposé au monde un nouveau modèle de gestion de l’économie mondiale. Les jalons essentiels en sont consignés dans un document appelé «le consensus de Hangzhou». Fait intéressant, «Xinhua», constate une bonne compréhension du projet par les autres membres du G20.

 

Formellement, à la rencontre de Hangzhou rien d’extraordinaire ne s’est passé. Les médias ont rapporté que les dirigeants du monde ont discuté entre eux des problèmes les plus aigus, mais ne disent pas quelles mesures pratiques ont été envisagées. Par exemple, dans le cadre de diverses réunions, Hollande, Merkel, Obama et Poutine ont discuté de la Syrie et de l’Ukraine. Mais en fait, il semble que tout reste inchangé, rien n’a été expressément convenu, et chaque Etat continuera à tenir sa ligne. La même chose peut être dite sur les problèmes de l’économie mondiale. Bref, on s’est rencontré, on a parlé et on est reparti. Le sommet du G20 dans la conscience de masse est associé à une espèce de «club d’élite », et non une autorité qui prendrait des décisions politiques.

 

Par conséquent, le message de « Xinhua » mérite une certaine attention. Il apparaît, selon l’agence, que « grâce aux efforts de la Chine, au sommet du G20 à Hangzhou pour la première fois une place importante dans les politiques macro-économiques mondiales a été accordée aux questions de développement, pour la première fois a été élaboré un plan d’action pour la mise en œuvre d’un développement durable à l’horizon 2030 ». Autrement dit, avant les dirigeants du monde se réunissaient seulement pour parler, mais en Chine, ils ont commencé à travailler sérieusement.

 

« Cela signifie que les fruits du développement économique ne doivent pas seulement profiter à un petit nombre de personnes ou de pays, mais que tous les pays doivent en tirer profit, indépendamment du fait qu’ils soient pauvres ou riches, développés ou sous-développés. Là est le problème de l’économie mondiale « , – a commenté Zhao Xijun, Vice-Président de l’Académie des finances de l’Université Populaire de Chine.

 

Étant donné la retenue traditionnelle des médias chinois dans leurs formulations, on peut conclure que la Chine prépare un modèle fondamentalement nouveau de l’ordre mondial.

 

Nous pouvons essayer d’imaginer quelle sera son essence.

 

L’économie mondiale ralentit sa croissance. Cela s’est produit d’abord dans les pays développés, et il y avait de l’espoir pour la croissance dans les pays en développement. Mais, plus récemment, il est devenu clair que cet espoir ne se justifiait pas. Qu’est-ce qui peut relancer l’économie mondiale? Certains disent les nouvelles technologies. Toutefois, les gains de productivité ne suppriment pas le problème de la saturation des marchés. En Europe déjà certaines banques commerciales concèdent des prêts à intérêt négatif, à tel point dans le monde d’aujourd’hui il est devenu difficile de trouver une utilisation à l’argent.

 

Le problème, bien sûr, n’est pas l’absence physique de consommateurs. C’est juste que le modèle actuel est basé sur la croissance effrénée de la consommation dans les pays riches et laisse de côté des centaines de millions de personnes dans les pays pauvres, en fait exclus de l’économie mondiale. Pour la reprise de la croissance il est nécessaire de créer la demande des consommateurs en Afrique, dans les pays les plus pauvres d’Asie et d’Amérique latine. Mais cela signifie que nous devrions réduire les disparités entre les différentes régions du monde et abandonner l’ancien modèle.

 

La nouvelle économie doit être basée non pas sur la croissance de la consommation, mais sur la fourniture du nécessaire à tout le monde. Cela suppose d’économiser l’énergie et les ressources, et de transférer la motivation pour le travail des besoins aux capacités de chacun.

 

Le modèle actuel repose sur le dollar, et il est basé sur l’inégalité. En outre, les pays les plus prospères, plutôt que produire eux-mêmes, gèrent la redistribution des résultats du travail des autres et des ressources des autres. Changer le système n’est possible qu’en renonçant au dollar.

 

Il n’est pas difficile de deviner qu’en qualité de nouvelle monnaie mondiale, la Chine envisage le yuan. A propos, au dos des billets d’un yuan est représenté le Lac de l’Ouest, situé au centre de Hangzhou. On peut dire que le lieu du G20 chinois n’a pas été choisi au hasard. Les experts disent que l’image sur le billet de banque est un symbole de l’unité du ciel, de la terre et de l’homme. Cela est tout à fait différent des symboles ouvertement maçonniques au verso du dollar sur un fond de toile d’araignée qui semble envelopper le monde.

 

La seule chose que l’on peut contester parmi les affirmations de l’article de « Xinhua » est que tous les dirigeants du monde accueillent favorablement les initiatives de la Chine. Les USA et les pays européens ne renonceront pas si facilement au fondement de leur prospérité.

 

– La Chine tente aujourd’hui d’évincer les pays occidentaux dans la gestion de l’économie mondiale, – a déclaré le directeur adjoint de l’Institut d’Etudes Extrême-Orientales Andrei Ostrovsky.

 

– Les « majorités de contrôle » dans les institutions financières internationales clés sont détenues par les États-Unis et l’Union européenne. Si nous parlons des devises, partout ont cours le dollar, l’euro, la livre sterling, le yen. Ce n’est que récemment qu’il a été décidé d’inclure le yuan dans la liste des monnaies de réserve mondiale.

 

A Hangzhou, la Chine a tenté de réviser le système de la gouvernance économique mondiale, et d’associer au processus les pays en développement. Le G20 comprend 19 pays plus l’Union européenne, et 77 pays étaient représentés au sommet. La Chine étant le pays organisateur, elle a le droit d’inviter d’autres États. Elle en a profité au maximum, afin d’obtenir un large soutien à ses initiatives.

 

« SP »: – Qu’a l’intention de faire la Chine en pratique?

 

– La Chine a déjà mis en place la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, le fonds « Route de la Soie ». Ce sont des faits tangibles. La Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures dépasse déjà la Banque asiatique pour la reconstruction et le développement.

 

La Chine met en œuvre le projet « Route de la Soie ». Peu importe comment les autres pays l’accueilleront, la Chine a déjà commencé à mettre en œuvre son programme économique. La Chine s’éloigne peu à peu de l’esprit «profil bas» de Deng Xiaoping, ce qui est apparu clairement au sommet du « G20 » à Hangzhou.

 

« SP »: – Quels sont les principaux changements à attendre?

 

– La Chine est prête à accroître la capacité économique des pays en développement. Aujourd’hui, la proportion du G20 dans l’économie mondiale est de 86%, et tous les autres pays ne représentent que 14%, ainsi, nous voyons une grande disparité dans le monde. Pour réduire l’écart, il faut changer le système de gouvernance économique mondiale. Aujourd’hui, le système est lié au dollar, au Système fédéral de réserve et aux accords de Bretton Woods. Les Chinois tentent de corriger cette chose. La première étape est de faire du yuan une monnaie convertible. De toute évidence, ce n’est pas l’affaire d’un seul quinquennat.

 

La transition du « dollar mondial » au « yuan mondial » est un long processus. Mais le yuan est entré dans le panier de devises mondiales de réserve. Cela signifie que toutes les banques qui font l’échange de devises seront tenues d’avoir des réserves de yuans, donc acheter sur le marché mondial de la monnaie chinoise. Par exemple, les banques russes veulent avoir des bureaux à l’étranger. A partir d’octobre, elles devront avoir non seulement des livres et des dollars, mais aussi des yuans.

 

L’essentiel est de voir d’où vient ce processus. Le fait est que l’économie chinoise est en pleine croissance, et son taux de croissance est plus élevé qu’aux Etats-Unis et dans l’Union européenne. Il faut compter avec la Chine.

 

« SP »: – Les initiatives de la Chine peuvent ne pas plaire à l’Occident.

 

– Bien sûr. Et il y a des tentatives pour faire dévier la Chine de sa voie vers le développement durable. Ce n’est pas un hasard si on assiste à ces scandales autour des îles contestées dans la mer de Chine du Sud. Il est amusant de voir la polémique entre le leader des Philippines et le président des États-Unis. Les deux parties ont dû faire des compromis en raison de la Chine.

 

Le facteur chinois est aujourd’hui un élément clé dans le monde, au même titre que les États-Unis. En parité de pouvoir d’achat le PIB en Chine est plus élevé qu’aux Etats-Unis. Le revenu moyen par habitant des provinces côtières du Shandong, Jiangsu, Zhejiang est assez comparable au revenu américain sur la côte atlantique, à Boston ou à Philadelphie.

 

« SP »: – Comment les changements amenés par la Chine dans l’économie mondiale pourraient-ils affecter la Russie?

 

– Nous avons signé beaucoup d’accords et de contrats avec la Chine. Le problème est que notre «pivot vers l’Est »est mal appliqué. 85% du volume total du commerce extérieur se fait encore avec l’Occident, et seulement 15% en Orient, et sur ces 15% la Chine représente 12%. Notre volume du commerce extérieur avec la Chine est faible. Au cours des huit premiers mois de cette année, le volume du commerce extérieur représentait moins de 50 milliards de dollars. Nous ne pouvons pas encore atteindre le niveau de 2014. En pratique c’est« chaud en politique, froid en économie ». La coopération économique est loin derrière l’entente politique.

 

La part du commerce transfrontalier est seulement 15% du commerce total. Le volume des investissements mutuels est faible. L’an dernier, les Chinois ont investi chez nous environ un milliard de dollars, et nous en Chine – seulement 40 millions. Le commerce extérieur est directement lié à l’investissement mutuel.

 

Nous devons déterminer si nous nous tournerons vers l’Est. Au forum économique oriental on en a parlé. Mais les négociations sont en cours, et nous ne voyons pas de progrès. Quelque chose se fait, mais pas des changements fondamentaux. Il y a eu cette question des crèmes glacées, que nous faisons beaucoup mieux que les Chinois. Pourquoi y a-t-il des problèmes même avec les glaces?

 

– La Chine propose avant tout l’ouverture des marchés régionaux grâce à l’élimination des taxes à l’exportation et l’importation, – considère le Directeur de l’École d’études orientales, École supérieure d’économie Alexei Maslov.

 

– C’est bénéfique pour la Chine, qui a accumulé une masse des marchandises. Elle veut pénétrer de nouveaux marchés. Les États-Unis s’y opposent, en interdisant le dumping. Quand la Chine parle des nouvelles règles du commerce mondial, elle est préoccupée principalement par elle-même et non les autres pays.

 

Simplement le marché mondial actuel s’est constitué sans la participation de la Chine, comme un système étroit. La Chine veut obtenir sa part du marché.

 

Actuellement, à mon avis, les propositions de la Chine ne seront pas acceptées. Mais la Chine est obligée de les mettre en avant pour se déclarer comme le chef du nouvel ordre mondial et attirer à elle un grand nombre de pays d’Asie.

 

La Chine propose l’admission des Etats à leurs marchés respectifs. Formellement, cela sonne bien. Mais l’avantage n’est que pour ceux qui ont des marchandises excédentaires. Dans une certaine mesure, cela est bénéfique pour la Russie, mais pour l’instant nous ne disposons pas d’une quantité suffisante de produits qui puissent entrer sur les marchés mondiaux. La Chine est opposée à diverses restrictions de quotas commerciaux. La Chine se bat pour elle-même, mais prétend défendre les intérêts des autres pays.

 

« SP »: – dans quelle mesure est justifiée la thèse selon laquelle la Chine veut passer d’un modèle de croissance de la consommation à un modèle de croissance du bien-être?

 

– Ce n’est pas un modèle économique, mais une déclaration politique. Pendant longtemps, l’économie de la Chine a augmenté grâce à des investissements en actifs fixes, c’est-à-dire, à travers la construction d’usines et de routes. Formellement, cela augmentait le PIB. Mais la croissance était fondée sur l’augmentation des immobilisations, et non sur la croissance du bien-être des citoyens. Aujourd’hui, la Chine entend développer la consommation intérieure. Ainsi, la RPC entend relancer l’économie.

 

Mais on n’a jamais vu que la croissance de la consommation rende tout le monde en même temps plus riche. Quelqu’un sera plus pauvre, d’autres seront ruinés. Mais théoriquement cela donne une chance de nourrir tout le monde.

 

« SP »: – La Chine a l’ambition de reformater le système économique mondial?

 

– La Chine a des ambitions sérieuses. En plus de développer le commerce, la Chine est intéressée à être admise aux grands projets d’investissement dans le monde. Aujourd’hui, ils peuvent ne pas rapporter d’intérêt, mais le bénéfice est à long terme. Il s’agit de lignes de chemin de fer, de l’achat de ports. La Chine est engagée vers l’expansion et l’investissement étranger. Mais pour cela, il faut obtenir beaucoup de permissions des bureaucraties d’État, auxquelles la Chine s’oppose.

 

Si nous prenons la question du « yuan d’or », la Chine ne l’aborde pas ouvertement. Mais il est clair que la Chine ne souhaite pas lier sa monnaie à la notion de libre convertibilité. La Chine n’a pas soulevé cette question afin de ne pas dépendre du système de Bretton Woods, quand toute conversion passe par le dollar.

 

Le yuan peut rester une monnaie de réserve, comme elle est maintenant. Ou bien la Chine peut essayer d’élever le yuan au rang de devise, qui permettra la conversion. Autrement dit, la question est celle de la formation d’un système alternatif de conversion de devises. Théoriquement, c’est bien beau, mais en pratique, cela exige un consensus de nombreux Etats. Je doute sérieusement que la Chine soit en mesure de le faire au cours des prochaines années.

 

Ce que dit la Chine est conçu pour au moins 25 ans, ce qui est le temps long habituel pour les Chinois.

 

Traduit du russe par Marianne Dunlop

La Méditerranée n’est plus une mer occidentale…

La Méditerranée n’est plus une mer occidentale…


par Richard Labévière

jeudi 15 septembre 2016, par Comité Valmy

Navires chinois en Méditerranée

 

La Méditérranée n’est plus une mer occidentale…

 

Ehden, le 10 septembre 2016

 

« La Méditerranée, la mer bleue par excellence, la ‘grande mer’ des Hébreux, la ‘mer’ des Grecs, le mare nostrum des Romains, bordée d’orangers, d’aloès, de cactus, de pins maritimes, embaumée du parfum des myrtes, encadrée de rudes montagnes, saturée d’un air pur et transparent, mais incessamment travaillée par les feux de la terre, est un véritable champ de bataille où Neptune et Pluton se disputent encore l’empire du monde ».


Jules Verne – Vingt mille lieues sous les mers, 1870.

 

Deux des principales conclusions de notre rapport – Ambitions stratégiques américaines, britanniques et russes en Méditerranée1 – étaient les suivantes : le format euromed n’est plus adapté aux enjeux actuels, nécessitant l’adoption raisonnée d’un logiciel euroafricain susceptible de favoriser une coopération tripartite Union européenne/Union africaine/Ligue arabe, appuyée par les Nations unies ; la pleine prise en compte de l’affirmation confirmée de deux nouvelles « puissances méditerranéennes » : la Russie et la Chine.

 

Avec une Syrie dont la reconstruction se fera principalement avec l’aide de la Russie, de la Chine et de l’Iran ; avec la consolidation du port militaire russe de Tartous (Syrie) et l’installation d’une base maritime chinoise dans le même complexe portuaire ; avec la circulation accrue de bâtiments militaires russes et chinois dans toute la Méditerranée, cette mer stratégique n’est plus le monopole des puissances occidentales. Les transits économiques entre Suez et Gibraltar – sécurisés par les Marines nationales française, britannique et américaine depuis la fin de la Seconde guerre mondiale -, doivent désormais s’effectuer en présence des marines hauturières russe et chinoise. L’éloignement progressif de la marine turque de l’OTAN et les derniers essais positifs de missiles de croisière par la marine algérienne viennent compléter notre constat : la Méditerranée n’est plus une mer occidentale !

 

Bien que notre annonce d’une prochaine réconciliation Erdogan/Bachar al-Assad sous l’égide de Vladimir Poutine rencontre encore quelques difficultés de terrain sur les différents théâtres de la guerre civilo-régionale syrienne (prochetmoyen-orient.ch du 5 septembre dernier), le processus est lancé et bien lancé. Il constitue, d’ores et déjà, l’un des rouages de la nouvelle donne stratégique en cours : une Méditerranée orientale partagée, une Méditerranée occidentale en crise durable ; un rôle accru des villes portuaires.

 

Méditerranée orientale partagée

 

Au cours des semaines qui ont précédé le dernier sommet de l’OTAN à Varsovie (8 et 9 juillet derniers), Ankara a provoqué la surprise générale en s’opposant à une proposition américaine visant à constituer une force navale de l’Alliance en mer Noire afin de répondre aux nouveaux dispositifs de projection maritime russe à partir du port de Sébastopol. Pour Ankara, cette proposition constituait une violation flagrante des dispositions de la Convention de Montreux de 1936. Celle-ci reconnaît à la Turquie un contrôle sur les détroits du Bosphore et des Dardanelles et régit les règles de navigation en mer Noire. Le texte limite à 21 jours la présence de navires étrangers dans la zone.

 

En proposant aux pays riverains dont la Turquie, la Roumanie et la Bulgarie la formation de cette flotte intégrée sous la bannière de l’OTAN, Washington cherchait à endiguer, sinon affaiblir le nouveau dispositif naval de Moscou dans cette mer transformée en « lac russe », selon les propres termes du président turc. Après d’âpres négociations avec Moscou sur une présence massive de sa flotte en mer Noire, le revirement d’Ankara a été relaté en détail par le journal turc Hürriyet Daily News. Le quotidien relevait déjà en juin dernier un rééquilibrage inédit de la politique étrangère turque sur fond de tensions grandissantes avec les Etats-Unis et de volonté de normalisation avec la Russie.

 

Le 3 septembre 2013, alors que Paris, Washington et Londres déclaraient vouloir bombarder la Syrie – suite à l’usage supposé d’armes chimiques dans la Ghouta (banlieue de Damas) par l’armée gouvernementale syrienne le mois précédent -, trois missiles anti-missile ont été tiré à partir de deux bases de l’OTAN en Italie. Ceux-ci ont été neutralisés à partir d’une station radar russe de mer Noire et d’une frégate russe de premier rang croisant au large des côtes syriennes. Durant les mois qui suivirent, plusieurs unités de pays membres de l’OTAN (dont la France), se sont relayées en mer Noire en se conformant au délai de 21 jours de présence. Dans le même temps, un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) russe était repéré au large de la rade de Toulon. La partie de cache-cache a duré plusieurs semaines.

 

Si les missions de bâtiments russes sont désormais monnaie courante le long des côtes syriennes, ainsi qu’entre Chypre et le Liban, des incursions russes sous-marines et de surface sont régulièrement détectées aussi en Méditerranée occidentale entre les côtes italiennes, françaises et espagnoles. Les bâtiments engagés ont la possibilité de se réapprovisionner dans la base algérienne de Mers el-Kébir pouvant ainsi se projeter au-delà du détroit de Gibraltar. La marine algérienne reste essentiellement équipée de matériels russes.

 

Au sortir de la mer Noire, le principal point d’appui russe demeure le port syrien de Tartous qui, au fil des ans, s’est transformé en complexe inter-armées. Désormais, cette base abriterait jusqu’à 3 800 militaires russes. Le même complexe portuaire s’apprête à recevoir des unités du génie chinois. Dans les mois prochains, celles-ci sont chargées d’aménager une digue et une passe en eaux profondes, des postes de « refueling » pour frégates lourdes et une base vie d’une capacité de deux milles hommes selon les mêmes formats dernièrement mis en chantier à Djibouti.

 

Il y a un an et demi, deux frégates chinoises de premier rang et un ravitailleur ont franchi le canal de Suez et relié, durant plusieurs mois, différents ports de Méditerranée orientale et occidentale avant de franchir le détroit de Gibraltar. A son retour, ce groupe naval a effectué un stop diplomatique en rade de Toulon, de même qu’en Italie, en Grèce et en Turquie avant de reprendre la route de Suez pour rejoindre l’océan Indien.

 

Un dernier point cristallise les ambitions maritimes régionales : la découverte et la mise en exploitation de plusieurs blocs d’hydrocarbures entre Chypre, l’Egypte, Israël et le Liban. Si les trois premiers ont trouvé un accord pour exploiter ce ressources prometteuses, les eaux libanaises sont, quant à elles régulièrement violées voire progressivement grignotées, une crise politique et institutionnelle récurrente monopolisant les énergies du Pays du Cèdre vers d’autres priorités.

 

Méditerranée occidentale en crise

 

Déclenchée par Nicolas Sarkozy et David Cameron, puis relayée par l’OTAN à partir d’une interprétation partielle et partiale de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies, l’intervention militaire en Libye de mars 2011 a précipité trois dynamiques de crise. Laissant place à des groupes salafo-jihadistes et des factions mafieuses, la destruction des structures régaliennes libyennes a favorisé la jonction et l’amplification d’une série d’Etats faillis allant de l’Atlantique à la Corne de l’Afrique. Ce couloir de criminalité, qui traverse la bande sahélo-saharienne, a été mis à profit par les cartels latinos de la cocaïne (colombiens, vénézuéliens et brésiliens) qui disposent de têtes aéroportuaires en Afrique de l’ouest, notamment en Guinée Conakry et en Sierra Leone. A partir de ces appuis côtiers, les flux de drogue remontent vers le nord pour aboutir au Maroc, en Tunisie et en Libye avant de traverser la Méditerranée pour se répandre dans l’ensemble des pays européens.

 

La menace terroriste a, elle-aussi été confortée et amplifiée par l’implosion de la Libye. Même s’il vient de subir d’irréversibles revers, Dae’ch a, ainsi pu s’installer à 500 kilomètres des côtes européennes. Nombres d’autres groupes jihadistes soutenus par l’Arabie saoudite et le Qatar se sont multipliés, installant des camps d’accueil et de formation dans « la Libye faillie », notamment dans le Fezzan au sud, le long d’une ligne reliant les villes de Sebbah à Gât (à proximité de la frontière algérienne à la hauteur de Djanet). De ces sanctuaires du sud libyen, les jihadistes peuvent irriguer l’ensemble des pays de la région, tout particulièrement le Mali, le Niger et le Burkina-Faso, organisant aussi des filières à destination du désert du Sinaï, de Syrie et d’Irak. Des jonctions opérationnelles avec Boko-Haram et les Shebab somaliens sont à craindre.

 

Désormais, l’hypothèse d’un « Bataclan flottant », qui verrait un ou des jihadistes cibler des bateaux de croisière ou armer des embarcations en vue d’attaques-suicides – en haute mer ou dans des ports -, n’est plus à exclure. Ces différentes menaces sont d’autant plus préoccupantes qu’elles se diluent dans les flux croissants de réfugiés qui fuient les guerres d’Afghanistan, du Proche-Orient et d’Afrique, mais aussi des contextes économiques où la survie devient de plus en plus difficile. La Méditerranée occidentale est, ainsi devenue le creuset de l’une des crises de migrations les plus importantes depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Et ce ne sont pas les opérations Triton et autres dispositifs Frontex2 qui peuvent apporter des réponses pertinentes et durables à cette crise qui devrait être traitée en amont par l’UE, mais aussi la Ligue arabe, l’Union africaine et les autres structures régionales africaines.

 

Hormis une progressive montée en puissance de la marine algérienne favorisée par Moscou, ces différentes crises structurelles qui affectent la Méditerranée occidentale mobilisent d’importantes ressources budgétaires et de nombreux moyens opérationnels au détriment des autres enjeux stratégiques qui concernent la totalité de la masse d’eau allant du canal de Suez au détroit de Gibraltar.

 

Rôle accru des villes portuaires

 

Face à cette montée des périls en Méditerranée, plusieurs initiatives multilatérales se sont successivement cassées les dents… Les deux les plus connues sont le Partenariat Euromed dit Processus de Barcelone (1995) et l’Union pour la Méditerranée (juillet 2008). Ces fabrications institutionnelles ont clairement été plombées par rois conflits politiques majeurs et récurrents : Israël-Palestine (depuis 1948) ; l’occupation du nord de Chypre par la Turquie (1974) et le Sahara occidental, revendiqué à la fois par le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée par le Front Polisario (1976). Ce dernier théâtre continue à conditionner une relation bilatérale algéro-marocaine difficile, tout en empêchant l’émergence de l’Union du Maghreb arabe (UMA), serpent de mer improbable…

 

Ultérieurement, plusieurs initiatives de la société civile ont vu le jour, comme la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh3 pour le dialogue des cultures. Instituée par l’UE et les pays du pourtour méditerranéen, cette entité se concentre sur le rôle primordial du dialogue interculturel afin de promouvoir une coexistence paisible dans la région. Le Processus de Barcelone a établi la Fondation Anna Lindh en 2005 afin de soutenir des organisations et des individus travaillant à la promotion du dialogue, avec l’objectif politique de faire de la région Euro-Méditerranéenne une « aire de coopération, d’échange, de mobilité, de compréhension mutuelle et de paix »… Mais là encore, ces différentes initiatives n’ont pas suffi à peser significativement, sinon à transformer les différents conflits continuant à menacer la paix et la stabilité en Méditerranée.

 

Parallèlement, un troisième type d’initiatives tentait de relancer des efforts de négociations diplomatiques « par le bas », c’est-à-dire en partant des collectivités territoriales et locales (régions et villes portuaires). Marseille, Barcelone, Tunis, Athènes et Beyrouth ont lancé de multiples programmes dont certains perdurent aujourd’hui. Sur ce terrain, la Principauté de Monaco peut se féliciter d’une réelle antériorité.

 

Monaco en première ligne

 

A la charnière des XIXème et XXème siècles, le prince Albert 1er a voulu prolonger son activité scientifique et environnemental par une action politique en faveur de la paix. Cette volonté de faire de Monaco un pôle de rayonnement d’une Pax mediterrana s’est concrétisée par la création de l’Institut international de la paix en 1903. Les négociations sur la question marocaine en 1905 marquent l’apogée de son rôle de médiation entre la France et l’Allemagne. Après la Première Guerre mondiale, Albert Ier se voit refuser l’entrée de son pays dans la Société des Nations (SDN). Il répond alors dans le domaine de la coopération scientifique, par la mise en place de la Commission de la Méditerranée, Monaco participant aussi à l’ensemble des structures méditerranéennes.

 

Dernièrement la Principauté a participé à la 10ème session plénière de l’Assemblée parlementaire de la Méditerranée (APM) réunissant à Tirana (Albanie) les représentants des 25 pays membres ainsi que des hauts fonctionnaires des Nations unies, de l’OSCE et de la Banque européenne d’investissement (BEI). Principaux dossiers abordés : paix et sécurité aux Proche et Moyen-Orient, lutte contre le terrorisme, crise des réfugiés, changement climatique, dialogue interculturel et religieux.

 

Nathalie Amoratti-Blanc – vice-présidente de la 1ère commission sur la coopération politique régionale et les questions de sécurité – est intervenue sur la crise migratoire : « en 2015, plus d’un million de migrants sont arrivés en Europe. Nous avons besoin d’une plus grande cohérence et d’une véritable solidarité dans la gestion de ce phénomène, car il ne s’agit pas d’une crise passagère. Il est indispensable de trouver des solutions à long terme (…). Nous avons la responsabilité de comprendre la complexité de ce phénomène et de fabriquer des nouveaux équilibres, autant de réponses à l’extrémisme et au populisme ».

 

L’APM a été créée en 2005 lors de la 4ème Conférence sur la sécurité et la coopération en Méditerranée (C.S.C.M.), née de la transformation de ce « processus C.S.C.M. » lancé depuis une quinzaine d’années par l’Union Interparlementaire (UIP) pour faciliter le dialogue entre parlementaires méditerranéens. Plaçant les parlements de tous les pays du bassin méditerranéen sur un pied d’égalité, l’APM se saisit des questions d’intérêt commun pour favoriser et renforcer la confiance entre Etats de la Méditerranée, dans le but d’assurer la sécurité et la stabilité régionales et de promouvoir la paix. Elle se réunit en session ordinaire une fois par an et ses travaux sont préparés par les Commissions permanentes qui sont au nombre de trois : 1) la Commission permanente sur la coopération politique et en matière de sécurité ; 2) la Commission permanente sur la coopération économique, sociale et environnementale ; 3) la Commission permanente sur le dialogue des civilisations et les droits de l’homme.

 

Coopérations renforcées pour un « laboratoire méditerranéen »

 

Partant du constat que « la Méditerranée n’est plus une mer occidentale », il s’agit aujourd’hui de conjuguer l’esprit de Monaco dans trois perspectives principales. La première concerne d’abord les Marines nationales française et britannique qui ont déjà entrepris les ajustements nécessaires face aux nouvelles implantations portuaires en Méditerranée de la Russie et de la Chine. Pour être efficaces et durables, ces derniers devraient chercher aussi à développer des coopérations communes en matière de contre-terrorisme et de lutte contre les flux criminogènes (migrations illicites, trafics d’armes, de drogues et d’êtres humains), sinon œuvrer à un nouveau système de sécurité collective pour la Méditerranée.

 

Clairement politique, cette volonté n’ira pas sans une remise à plat des orientations diplomatiques de confrontation (sanctions économiques, redéploiements militaires en Pologne et dans les Pays baltes notamment), mises en œuvre à l’encontre de Moscou. Malheureusement, les conclusions du dernier sommet de l’OTAN à Varsovie en juillet dernier – dont la poursuite du programme de bouclier anti-missile – ne vont pas dans ce sens ! Par conséquent, la deuxième perspective porte sur l’effort de refondation d’une diplomatie adaptée aux enjeux méditerranéens immédiats à partir desquels peuvent s’envisager des convergences locales durables. Celles-ci pourraient servir de laboratoire à des mécanismes de gestion de crises applicables à des formats géopolitiques plus large : en Afrique sub-saharienne, en Arctique, en Asie-Pacifique, en Asie centrale et en Amérique latine. La mise en place d’un tel « laboratoire méditerranéen » est une grande ambition qui nécessite des dirigeants à la hauteur. Nous verrons, à l’issue des élections présidentielles américaine et française notamment, mais cette perspective devrait – d’ores et déjà – inspirer les candidats.

 

En attendant, une troisième perspective concerne la mise en place de « coopérations renforcées » à l’image de ce que l’UE a été incapable de faire, à savoir des programmes à la carte, selon l’intérêt des Etats riverains décidant de participer ou non. Si les Etats demeurent indispensables à cet organon, les capacités diplomatiques des villes portuaires s’avèrent, d’ores et déjà, des outils complémentaires appropriés aux nouveaux enjeux stratégiques, économiques et sécuritaires auxquels sont désormais confrontées l’ensemble des populations méditerranéennes.

 

En la matière, il n’est pas acquis que les grandes puissances puissent constituer l’élément moteur d’une telle avancée. De petit acteurs tels que la Principauté de Monaco, seraient sans doute mieux à même de mettre en œuvre la concrétisation d’un tel laboratoire méditerranéen. L’esprit de Monaco, dont nous avons rappelé l’antériorité historique, pourrait favoriser, voire porter une telle ambition…

Richard Labévière 
12 septembre 2016

 

1 IRIS, octobre 2013 : Bastien Alex, Alain Coldefy, Didier Billion et Richard Labévière.


2 Frontex est l’agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne (en abrégé « Frontières extérieures »). Son siège est à Varsovie. Elle est responsable de la coordination des activités des garde-frontières pour le maintien de la sécurité des frontières de l’Union avec les États non-membres. Frontex a été créée par le 26 octobre 2004. Sa mission est d’aider les États membres à mettre en œuvre les règles communautaires relatives aux frontières extérieures et de coordonner leurs opérations dans la gestion de ces frontières extérieures. Chaque État membre reste toutefois responsable de la partie de frontière qui se trouve sur son territoire. Le budget de Frontex provient de subventions de l’Union européenne, 285 millions d’euros étant fournis dans le cadre d’un programme spécifique 2007-2013 dépendant du Programme européen pour la protection des infrastructures critiques (PEPIC).


3 Anna Lindh, ministre des Affaires étrangères suédoise a été poignardée par un déséquilibré en 2003.

 

Proche&Moyen-Orient.ch 
Observatoire Géostratégique

Entrevue Nguyên Xuân Phuc - Xi Jinping à Pékin

Entrevue Nguyên Xuân Phuc - Xi Jinping à Pékin

 

Publié le 

Entrevue Nguyên Xuân Phuc - Xi Jinping à Pékin

13/09/2016 23:35

 

La politique constante du Vietnam est d’attacher une importance particulière à son amitié avec la Chine et de lui donner une priorité de premier rang dans sa politique extérieure, a affirmé le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc.

 

Lors de sa rencontre avec le secrétaire général du Parti communiste et président chinois Xi Jinping à Pékin le 13 septembre, le chef du gouvernement vietnamien Nguyên Xuân Phuc a proposé certaines grandes orientations pour resserrer davantage les relations entre les deux Partis et les deux pays, soulignant que le Vietnam prend particulièrement en considération l’intensification de la confiance politique, la consolidation et la valorisation de l’amitié traditionnelle entre les deux pays et souhaite, de concert avec la Chine, rendre plus substantielle la coopération bilatérale au bénéfice des deux pays.

 

Il a demandé aux deux parties de bien contrôler les différends en mer, de respecter les accords signés par les hauts dirigeants des deux pays, d’accélérer les négociations, de bien observer la Déclaration sur la conduite des parties en Mer Orientale, parvenant bientôt à un code de conduite en mer Orientale.

 

Sur le plan économique et commercial, Nguyên Xuân Phuc a demandé aux échelons et aux secteurs des deux pays de bien collaborer pour dynamiser les relations commerciales et d’investissement bilatérales, en encourageant les entreprises chinoises à investir au Vietnam.

 

Le secrétaire général et président Xi Jinping a souligné que le Parti, le gouvernement et le peuple chinois attachent toujours une importance au développement des relations avec le Vietnam, ajoutant que la Chine est prête, de concert avec ce dernier, à développer les relations bilatérales, en maintenant les visites et les réunions de haut niveau, et renforçant la coopération substantielle en tous domaines et les échanges entre les deux peuples. La Chine conjuguera ses efforts avec le Vietnam pour gérer leurs litiges et résoudre de manière satisfaisante les différends, rendant ainsi les relations de partenariat et de coopération stratégique intégrale plus stables, plus durables et plus profondes, a-t-il dit.

 

Il a affirmé que son pays prenait en haute estime l’intensification de la coopération mutuellement bénéfique avec le Vietnam. Il a plaidé pour un rôle plus important du Comité de pilotage de la coopération sino-vietnamienne et une connexion stratégique dans le cadre d’ « une ceinture - une route » et de « deux couloirs - une ceinture économique ».

 

La Chine et le Vietnam doivent intensifier leur coopération dans le tourisme, la construction des zones économiques transfrontalières, la mise en œuvre des projets de coopération importants. La Chine incitera ses entreprises à investir au Vietnam et coopérera avec le Vietnam pour résoudre les problèmes commerciaux bilatéraux.

 

Le même jour, le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc a rencontré Wang Jiarui, vice-président du Comité central de la Conférence consultative politique du peuple chinois. Il a également rencontré le personnel de l'ambassade du Vietnam en Chine et des représentants de la communauté des Vietnamiens à Pékin.


VNA/CVN

source: http://lecourrier.vn/entrevue-nguyen-xuan-phuc-xi-jinping-a-pekin/353255.html

 

Des « locaux » de Hong Kongmade in Washington

Des « locaux » de Hong Kongmade in Washington


Par Joseph Thomas – Le 7 septembre 2016 – Source New Eastern Outlook

 

Les médias occidentaux se sont réjouis des maigres gains réalisés dans de récents sondages, par ce qu’ils ont décrit comme des «militants anti-Chine» du mouvement  «local», des groupes politiques à Hong Kong qui préconisent «l’indépendance» à l’égard de la Chine.

 

Au Royaume-Uni, l’ancien administrateur colonial de Hong Kong, la BBC rapportait dans son article (Hong Kong election : Anti-China activists set to take LegCo seats [Élections à Hong Kong : les militants anti-Chine emportent des sièges au Conseil législatif) :

 

Les résultats préliminaires indiquent qu’une nouvelle génération de militants anti-Chine a gagné des sièges au Conseil législatif de Hong Kong.

 

Parmi eux, Nathan Law, l’un des jeunes leaders des manifestations massives en faveur de la démocratie de 2014, est maintenant sur la bonne voie pour gagner un siège de circonscription.

 

C’est un avant-goût de pouvoir politique réel pour les jeunes leaders de la contestation.

 

Mais les politiciens pro-Beijing conserveront une majorité des sièges, en partie à cause du système électoral. 

 

Ce que la BBC omet opportunément de dire, c’est qu’alors que les politiciens pro-Beijing conserveront une majorité des sièges, «en partie à cause du système électoral», les politiciens anti-Beijing ont obtenu les leurs, presque entièrement grâce au financement et au soutien étasunien. Cela comprend Nathan Law lui-même, prêt à prendre un siège de circonscription, comblé de récompenses par le Département d’État américain pour son rôle dans les manifestations de 2014 soutenues par les États-Unis.

 

Comble de l’ironie, dans une tentative d’ajouter encore plus de sérieux à ces gains électoraux mineurs, la BBC a encensé ce qu’elle appelle un «taux de participation record»de 58%, tandis que les journalistes de la BBC annonçaient le mois dernier seulement qu’un taux de 60% en faveur du référendum sur la Charte en Thaïlande, «affaiblissait la légitimité du résultat». La seule différence étant que les gains obtenus à Hong Kong favorisaient les intérêts occidentaux, tandis que ceux obtenus en Thaïlande favorisaient le peuple thaï aux dépens des intérêts occidentaux.

 

Le parti-pris politiquement motivé de la BBC s’explique facilement, alors que ceux qui s’expriment ou les discours sont expurgés et que les réseaux étrangers qui ont créé et soutiennent actuellement le supposé mouvement pour «l’indépendance» sont mis en valeur.

 

L’«indépendance» de Hong Kong, fabriquée à et pour Washington

 

La BBC et les autres organes de presse occidentaux dépeignent les sondages récents comme une poursuite de ce qu’on a appelé la «Révolution des parapluies». À cet égard, ils ont en partie raison.

 

Ce qu’ils oublient de dire, est que les manifestations de 2014 étaient organisées et menées par des groupes d’opposition financés par les États-Unis, qui représentaient une infime minorité de la population de Hong Kong et qui ont été finalement retirés des rues lorsque les habitants de Hong Kong eux-mêmes ont perdu patience devant le comportement perturbateur des manifestations.

 

Au cours des mois précédant les manifestations de 2014, deux des leaders du mouvement étaient littéralement à Washington D.C : à faire pression sur le Département d’État pour obtenir à l’avance un soutien pour les manifestations prévues. La propre fondation du Département d’État américain, le National Endowment for Democracy (NED) a admis, dans une déclaration intitulée «The National Endowment for Democracy and support for democracy in Hong Kong» [Le National Endowment for Democracy et le soutien de la démocratie à Hong Kong], que :

Le 2 avril 2014, Mme Greve a animé une commission accueillie par le NED, présentant les célèbres défenseurs de la démocratie Martin Lee et Anson Chan − la vidéo complète de cet événement est accessible en ligne. Ce fut l’une des nombreuses apparitions et réunions prévues pour Lee et Chan, pendant leur visite aux États-Unis au printemps 2014 pour discuter de l’avenir de Hong-Kong.

Le NED tentait pourtant de nier l’implication de Lee et Chan dans l’organisation et la direction des manifestations, lors de manifestations ou d’assemblées avec les autres responsables élevés du mouvement.

 

Une fois les manifestations terminées, Freedom House, la filiale du NED, a même invité Martin Lee à un événement intitulé  «Three Hong Kong Heroes» [Trois héros de Hong Kong], qui incluait aussi les leaders de la contestation Joshua Wong et Benny Tai. Lee se dandinait sur la scène un parapluie à la main, une manière d’admettre son rôle dirigeant dans les manifestations et de confirmer que la déclaration précédente du NED était délibérément fausse.

 

Le NED a aussi nié avoir alloué des fonds au mouvement, en dépit du fait que chaque membre de sa haute direction est répertorié comme bénéficiaire du NED et de ses diverses filiales, dont Freedom House et le National Democratic Institute (NDI).

 

Vers la fin des manifestations de 2014, les organes de presse occidentaux ont commencé à avouer partiellement que, en effet, les États-Unis finançaient plusieurs éléments de la direction du mouvement. Dan Steinbock, dans un article d’octobre 2014 dans le South China Morning Post, énumérait les diverses accusations confirmées et concluait que «peut-être les tentatives d’interdire l’ingérence étrangère ne sont pas entièrement infondées».

 

Considérant cela, les affirmations selon lesquelles les «militants anti-Chine» de Hong Kong représentent la «démocratie» ou les «intérêts locaux», lorsqu’ils représentent des intérêts étrangers et non ceux des habitants de Hong Kong − et qu’ils ne sont pas soutenus localement − sont contradictoires, à première vue.

 

Il est aussi particulièrement surprenant que cette variété d’opposition politique affirme elle-même vouloir instaurer «l’indépendance», alors qu’en réalité elle cherche à faire retourner Hong Kong sous l’influence de l’hégémonie anglo-américaine. C’est particulièrement évident lorsque l’on considère les appels répétés de ces groupes à «Un pays, deux systèmes», condition que les colonialistes eux-mêmes ont posé pour restituer le territoire saisi aux Chinois.

 

Nathan Law − le candidat de l’Amérique, pas de Hong Kong

 

La BBC a mentionné particulièrement Nathan Law, président de Demosisto, un parti politique né de la Révolution des parapluies financée par les États-Unis. Selon la BBC, il s’attend à emporter un siège de circonscription, mais ce que la BBC ne réussit pas à dire, ce sont ses liens avec le Département d’État américain et les conflits d’intérêts préoccupants que cela pose, si l’on considère son rôle potentiel dans le gouvernement de Hong Kong.

 

Sur le site Internet «Mouvement mondial pour la démocratie» du NED, le Département d’État américain a écrit à propos des récompenses offertes à Nathan Lee, dans un billet intitulé  «Democracy Courage Tribute Award Presentation» [Démocratie, courage, hommage, présentation du prix] :

L’appel courageux du Mouvement des parapluies à l’automne 2014, pour un processus électoral libre et honnête pour choisir les dirigeants de la ville, a rassemblé des milliers de gens dans les rues, venus manifester pacifiquement. Les images de ces manifestations ont motivé les militants pour la démocratie sur le continent chinois et ont débouché sur la solidarité entre les champions de longue date de la démocratie à Hong Kong et une nouvelle génération de jeunes cherchant à améliorer leur ville. Le mouvement pour la démocratie de Hong Kong sera confronté à d’autres obstacles dans les années à venir, et son idéalisme et sa bravoure devront être soutenus, puisqu’ils œuvrent pour une représentation démocratique à Hong Kong.

Nathan Law a même posé pour des photos avec le président du NED Carl Gershman, apparemment inconscient des énormes conflits d’intérêts suscités par de telles associations compromettantes.

 

La couverture par la BBC des récentes élections législatives à Hong Kong tente de faire passer les percées opérées par les intérêts étrangers pour du «localisme» et de la«démocratie», qui s’enracineraient dans l’ancienne possession coloniale britannique. Tandis que la BBC fait allusion à l’influence de Beijing pour prévenir de futurs progrès de l’opposition, son omission intentionnelle des intérêts étrangers qui renforcent l’opposition révèle un parti-pris systématique et intentionnel dans les articles de la BBC. Ce parti-pris se retrouve aussi chez Reuters, CNN, AP et l’AFP.

 

La démocratie, théoriquement, est censée être l’expression du peuple. Hong Kong fait partie de la Chine, donc ceux qui participent à ses processus politiques devraient représenter les intérêts chinois. Un parti d’opposition qui passe son temps à Washington D.C. et maintient de plus en plus ses réseaux grâce à de l’argent étranger, ne représente pas la Chine ou les Chinois au sens large, et certainement pas Hong Kong et ses habitants, dans un sens plus local.

 

Les intérêts étrangers qui travaillent avec des collaborateurs ressemblent à une dictature de l’extérieur, davantage qu’à quelque chose comme une démocratie du peuple, même si cette dictature se drape dans les sondages publics, les élections et les manifestations de rue. Qu’avant, pendant et après la Révolution des parapluies, tous ses dirigeants soient liés à des intérêts étrangers discrédite totalement le récit selon lequel ils représentent davantage la « démocratie » que les intérêts étrangers qui les dirigent (puis les récompensent) à chaque étape du chemin.

 

Joseph Thomas est rédacteur en chef du magazine géopolitique basé en Thaïlande, The New Atlas, il contribue au magazine en ligne New Eastern Outlook.

 

Le G20 s’ouvre dans la zone technologique de Hangzhou, en Chine…

Le G20 s’ouvre dans la zone technologique de Hangzhou, en Chine…


… dans un contexte géopolitique très tendu


Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 2 septembre 2016 – Source CounterPunch

 

La Chine a investi un immense capital politique et économique pour préparer ce sommet. Les débats tourneront autour du thème principal de la recherche de solutions « vers une économie mondiale revigorée, interconnectée, inclusive et innovante ».

 

Les ministres du commerce réunis au G20 ont déjà accepté de déposer neuf principes de base pour l’investissement mondial. Au sommet, la Chine va continuer à appuyer les marchés émergents pour qu’ils aient un plus grand mot à dire dans le système de Bretton Woods.

 

Mais avant tout, la Chine cherchera le soutien accru du G20 pour les Routes de la soie – ou Une ceinture, Une Route (OBOR), comme on les appelle officiellement – ainsi que pour la nouvelle Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB).

 

Donc, au cœur du G20, nous aurons les deux projets qui sont en concurrence pour façonner géopolitiquement le jeune XXIe siècle.

La Chine a proposé OBOR : une connectivité pan-eurasienne spectaculaire, conçue pour configurer un hypermarché d’au moins dix fois la taille du marché américain au cours des deux prochaines décennies.

 

Pour sa part, l’hyperpuissance américaine – pas l’Ouest atlantiste, parce que l’Europe est embourbée dans la peur et la stagnation – propose le statut-quo du courant néocon / neolibéralcon, avec ses règles tactiques habituelles de diviser pour régner et la primauté de la peur, enchâssée dans la liste des menaces à combattre du Pentagone : de la Russie, de la Chine à l’Iran. Le grondement géopolitique en arrière-plan de la jungle de la haute technologie – objet du G20 – ne concerne que le confinement des meilleurs membres du G20 : la Russie et la Chine.

 

Pas besoin d’oracle pour deviner quel projet est le plus fascinant – et à bien des égards séducteur – pour les pays du Sud, ainsi que pour un éventail de membres des nations du G20.

 

Une frénésie de connectivité

 

La comparaison entre l’Occident et l’Asie peut être entrevue sous une multitude de formes, le contraste imagé entre la paralysie et la paranoïa d’un côté, et de l’autre un projet extrêmement ambitieux de $1400 milliards, touchant potentiellement soixante quatre nations, pas moins de 4,4 milliards d’individus et environ 40% de l’économie mondiale qui pourra, entre autres caractéristiques, créer de nouveaux horizons commerciaux «revigorés, innovants, interconnectés et inclusifs» et sans doute installer une époque post-géopolitique gagnant-gagnant.

 

Un éventail de mécanismes financiers est déjà en place. La banque AIIB qui financera bien au-delà de l’engagement initial de $100 milliards, le Fond des Routes de la soie avec $40 milliards déjà engagés, la Nouvelle Banque de développement des BRICS (NDB) avec une mise au départ de $100 milliards – ainsi que les acteurs assortis tels que la China Development Bank et la China Merchants Holdings internationale basée à Hong Kong.

 

Les entreprises et les fonds de l’État chinois achètent sans relâche des ports et des entreprises de haute technologie en Europe occidentale – de la Grèce au Royaume-Uni.

 

Les trains de fret font maintenant la route de Zhejiang à Téhéran en quatorze jours, à travers le Kazakhstan et le Turkménistan. Ce sera bientôt une partie d’un réseau ferroviaire à grande vitesse trans-eurasien, y compris un Transibérien à grande vitesse.

 

Le Corridor économique Chine Pakistan Corridor (CPEC) doté de $46 milliards a le potentiel pour désenclaver de vastes étendues de l’Asie du Sud, avec le port de Gwadar, exploité par China Overseas Port Holdings, appelé à devenir une plateforme maritime essentielle des nouvelles Routes de la soie.

 

Des ports en eau profonde seront construits à Kyaukphyu au Myanmar, sur l’île Sonadia au Bangladesh, à Hambantota au Sri Lanka. Ajoutez à cela le parc industriel du partenariat Chine-Biélorussie et trente-trois contrats au Kazakhstan couvrant tout, de l’exploitation minière et de l’ingénierie jusqu’au pétrole et au gaz.

 

En février, le cabinet international d’audit Price Waterhouse Cooper a détaillé $250 milliards dans les projets OBOR (Routes de la soie) qui sont déjà construits ou convenus et signés.

 

Une multitude de projets de la Route de la soie sillonne maintenant l’Eurasie, raccordant progressivement les couloirs économiques est-ouest et nord-sud.


La connectivité et le développement des infrastructures se développe avec une cadence frénétique, impliquant la Russie, la Chine, l’Inde, le Pakistan, l’Iran, le Sud-Est asiatique et l’Asie centrale. Plus que la géographie, la connectivité, est maintenant le destin.

 

Ce n’est pas par hasard que l’essentiel de ces actions concerne les États membres ou observateurs de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Les nouvelles Routes de la soie sont sur le point d’être totalement entremêlées avec la révision en cours de l’OCS comme instance de coopération pour la sécurité économique.

 

En parallèle, la Russie, avec la coordination progressive de l’Union économique Eurasienne (EEU) et des Nouvelles routes de la soie, projette le partenariat stratégique sino-russe beaucoup plus loin qu’une simple connectivité de ces nouvelles voies avec l’Europe.

 

Surveillez les Rencontres inattendues en mer (CUES)

 

L’Asie du Sud – via la Route de la Soie maritime – est une plaque tournante dans le jeu de la nouvelle connectivité eurasienne. Ce qui nous amène à la prétendue illégalité de la « ligne des neuf tirets » récemment jugée à La Haye, concernant la revendication chinoise de souveraineté indiscutable en mer de Chine du sud.

 

Les États-Unis et les Philippines ont un traité de défense mutuelle depuis 1951, selon lequel « les territoires insulaires relevant de la compétence [de Manille] » doivent également être défendus. Washington, sous la présidence potentielle d’une neolibéralcon, Hillary Clinton – flanquée d’un Kurt Campbell comme possible Secrétaire d’État, celui qui a conceptualisé le pivot vers l’Asie  – pourrait être tenté de déclarer que le traité s’applique aux îles, atolls, rochers et même aux caractéristiques sous-marines telles que Scarborough Shoal.

 

Pékin ne va pas attendre de tomber dans ce piège éventé. Suite à une récente réunion en Mongolie intérieure, la Chine et l’ASEAN ont décidé de créer une hotline – téléphone rouge – diplomatique d’urgence pour finalement adopter un code pour les Rencontres inattendues en mer (CUES).

 

Les puissances asiatiques de l’ASEAN et de l’Asie de l’est, en attendant, soupèsent les mérites du Partenariat économique global régional (RCEP) – seize nations, 29% du commerce mondial – comme une alternative au TTP, le Traité trans-pacifique poussé par les États-Unis, une sorte d’OTAN commerciale excluant la Chine.

 

La Chine est hyperactive sur tous les fronts. Elle stimulera l’utilisation du savoir-faire de Singapour pour aiguillonner le projet des Nouvelles routes de la soie. Singapour, avec une population de près de 75% d’origine chinoise, est le plus grand investisseur étranger de la Chine et une plaque tournante majeure pour le commerce d’outre-mer libellé en yuans. Plus de 20% du PIB de Singapour est lié à la Chine.

 

Dans le même temps, anticipant l’après-guerre en Syrie, Pékin est déterminé à stimuler le commerce et la coopération économique avec Damas, un autre futur pôle OBOR. Ça ne fait pas de mal non plus, que ce soit aussi une réaction asymétrique aux interférences du Pentagone dans la mer de Chine du Sud et au déploiement du système de défense anti-missiles THAAD en Corée du Sud.

 

Pékin a clairement fait savoir que la question de la mer de Chine du Sud ne sera pas discutée au G20. Le président philippin Rodrigo Duterte pour sa part a insisté : « Nous ne sommes pas pressés de faire la guerre, nous sommes pressés de parler. »

 

Le cœur de la question en mer de Chine du Sud, en rapport avec les Nouvelles route de la soie, n’est pas la souveraineté sur des rochers ou même des réserves inexploitées de pétrole et de gaz, il s’agit de la capacité de la marine chinoise de réglementer, et éventuellement refuser, l’accès au Pentagone et à l’US Navy. Ce qui est certain, c’est que l’US Navy ne fera pas de quartier pour empêcher la Chine de dominer stratégiquement le Pacifique occidental, de même que Washington ne retiendra pas ses coups pour imposer le TPP afin d’empêcher la Chine de régner sur le plan économique en Asie-Pacifique.

 

La maxime de Deng Xiaoping – « ne jamais se mettre en avant, ne jamais révéler son véritable potentiel, ne jamais disperser ses capacités » – appartient désormais au passé. Au G20, la Chine va encore une fois annoncer qu’elle prend les devants. Et non seulement prendre la tête – mais aussi planifier de surexploiter ses capacités pour faire une réalité de son projet eurasien hyper-ambitieux d’intégration des Routes de la soie. Appelez cela un exercice monstre de relations publiques ou un soft power gagnant-gagnant, la seule chose que le Sud Global et le G20 ont à savoir est le fait que la croisade impérialiste humanitaire incarnée par le Pentagone considère la Chine comme une menace majeure.

 

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), 

Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009)

Empire of Chaos (Nimble Books) et le petit dernier, 2030, traduit en français.

Est-ce que la Chine a besoin d’alliés?

Est-ce que la Chine a besoin d’alliés?

 

07 Aout 2016

 

Cette revue stratégique américaine directement liée au Pentagone a le mérite de nous montrer d’autres réalités de la Chine. Si en effet actuellement nous avons tendance à penser qu’il existe (ne serait que dans le cadre de l’organisation de coopération de Shanghaï) une véritable alliance entre la Chine et la Russie, du côté de la Chine tout n’est pas si simple comme en témoigne l’article. Le chercheur plaide dans cet article et dans d’autres pour que les Etats-Unis revoient leur politique à l’égard de la Chine, parce que dans ce pays les débats font rage autour de la réorientation stratégique vers un colosse eurasiatique qui répondrait à l’agressivité des Etats-Unis

(note de Danielle Bleitrach)


Il peut être temps pour Pékin à repenser ses réticences dans le partenariat.


Lyle J. Goldstein
31 mars 2016

 

Lors d’une conférence en Chine récemment, un érudit chinois assis à côté de moi a fait le commentaire inquiétant suivant: «Les États-Unis construisent ses alliances pour encercler et contenir la Chine. Mais la Chine peut aussi construire des alliances pour contrer les Etats-Unis». Beaucoup de stratèges occidentaux sont, bien sûr, dédaigneux de ces avertissements, à cause de la condamnation officielle depuis longtemps par Pékin du fait que les alliances sont dépassées et non pertinentes. Pour commencer, les Etats les plus proches de Pékin, comme le Pakistan, le Laos et la Corée du Nord, ne sont pas particulièrement puissants et peuvent représenter plus un fardeau qu’un avantage pour la politique étrangère chinoise. Mais comme un article récent sur ce forum l’illustre, certains grands stratèges universitaires chinois continuent de plaider pour un changement dans l’approche de la Chine.

 

Une autre preuve d’une intensification du débat à Beijing dans les cercles de politique étrangère a été la publication en 2015 d’un article dans l’importante revue chinoise de politique étrangère  (中国外交) écrit par le chercheur Xu Jin (徐进) de l’Académie chinoise des sciences sociales. L’article mérite un examen plus approfondi, car il était le papier de tête d’un ensemble, ce qui implique que l’argument a déjà recueilli un certain soutien significatif. Il se trouve, cependant, que le texte a été republié après être apparu dans une autre revue, ce qui une fois de plus souligne son importance. Le titre de l’article est simplement « Pourquoi la Chine rejette les alliances » (当代中国拒斥同盟心里的理由), et l’argumentation est claire dès la première phrase, avec la brève réponse à la question. La Chine rejette les alliances, selon Xu Jin, en raison de « quelques malentendus ». 


Xu commence son argumentaire avec l’affirmation audacieuse que «la recherche dans le monde entier depuis 1648, montre qu’il n’y a jamais eu une autre grande puissance unique qui a poursuivi une politique de rejet des alliances » (不结盟). Il admet que cette politique donne souvent à Pékin une plus grande flexibilité, mais il croit aussi que la Chine peut être considérée par certains pays comme «échappant à ses responsabilités » et «peu fiable». Il s’emploie ensuite à décrire plusieurs idées fausses qu’il prétend gouverner la politique étrangère chinoise de ses élites en ce qui concerne les alliances.


Premièrement, il dit qu’ils ne parviennent pas à comprendre que l’alliance n’est pas la même chose que l’amitié. Il explique que l’essence d’une alliance tourne effectivement autour des intérêts et des objectifs communs. Ainsi, Xu Jin cite les relations avec l’Arabie saoudite comme une alliance légitime, mais qui régit une relation plus large qui n’est «ni hostile, ni amicale» (非 敌 非 友). Un deuxième malentendu reflète la conviction apparemment commune aux savants chinois que l’alliance doit impliquer une gamme complète de coopération. Ici, Xu présente comme un exemple illustratif les USA et la France et même les relations anglo-américaines, où il suggère qu’il y a eu des désaccords fréquents, avec les Européens poursuivant souvent leurs propres approches indépendantes. Ce qui est une critique directe des principaux penseurs chinois de la politique étrangère comme Liu Jianfei (刘建飞) de l’École centrale du Parti, Xu soutient qu’il est absurde de dire que la formation d’alliances reflète une « mentalité de Guerre froide. » Au contraire, dit-il, des pays ont fait des alliances pour des milliers de années, de sorte que leur ligne de pensée ne correspond pas à une lecture précise des données historiques.

 

Une quatrième hypothèse que Xu met en avant pour comprendre le rejet classique dans la politique étrangère chinoise des alliances est la notion qui veut que la recherche des alliances représente un affaiblissement de la souveraineté nationale, avec une perte proportionnelle de flexibilité. Il suggère que, même dans l’alliance étroite entre Tokyo et Washington, les Etats-Unis ont conservé une grande flexibilité, comme cela a été démontré par le voyage secret de Henry Kissinger en Chine en 1971 ou la «stratégie trouble» de Washington (模糊 战略) concernant la défense des îlots contestés Senkaku /  Diaoyu. Xu concède finalement, cependant, que le prix peut en effet devoir être payé en termes de flexibilité et de souveraineté. Il fait valoir que, parfois, les circonstances sont telles que «deux pays comprennent que si chacun ne dépendait que de ses propres capacités, il n’y aurait aucune possibilité pour eux de réaliser l’objectif de rechercher un gain et d’éviter des dommages » (双方 都 知道 单靠 自己 的 力量 已经无法 达到 趋利避害 的 目的).

 

Une vache sacrée chinoise ultime à laquelle Xu se confronte concernant les hypothèses de politique étrangère par rapport aux alliances est la notion que la Chine devrait traiter tous les états exactement de la même manière. Il explique que depuis les années 1980, la politique étrangère chinoise a « édulcoré toute notion d’amis et ennemis » (谈话 敌友 理念). Il compare ensuite les relations entre les pays aux relations interpersonnelles simples. « Est-ce qu’une personne peut reconnaître et développer des relations amicales avec tous les autres? » demande Xu, ce à quoi il répond : «De toute évidence, ce n’est pas possible.» Il déclare alors avec insistance que la Russie et le Pakistan ont une certaine disposition à être sympathique et à rendre service à la Chine, tandis que Le Japon et les Philippines ne l’ont certainement pas. Il met en garde alors: « Les pays qui sont engagés dans la confrontation stratégique avec la Chine ne devraient pas être traités avec bienveillance » Une implication de cet argument pourrait bien être une approche plus réaliste, qui modifie la perception de Pékin, qui pourrait même entraîner la formation de nouvelles, et de compensatoire alliances.

 

La fin de l’article de Xu présente une analyse assez détaillée du conflit sino-soviétique qui s’est développé à la fin des années 1950 et a presque abouti à une guerre entre Moscou et Pékin à la fin des années 1960. Qu’il se concentre sur cette histoire semble tout à fait justifié, car il soutient que c’est le cas par excellence dans l’esprit des analystes de politique étrangère chinois quand ils dénigrent l’idée même d’alliance. Il souligne plusieurs raisons de la baisse constante de l’alliance sino-soviétique sous Nikita Khrouchtchev et Mao Zedong. Tout d’abord, Xu cite les «personnalités de leadership» (领导人个性) comme un problème important pour la gestion de l’alliance d’antan, mais il aborde aussi l’«idéologie» et «le manque d’expérience des deux pays dans la gestion d’une telle alliance.» Il fait valoir que ces facteurs ne sont pas susceptibles d’inhiber la capacité de la Chine à gérer des alliances à l’avenir. Ainsi, il pense que la diplomatie chinoise à l’avenir sera pragmatique, et donc «va renoncer à la participation à un tel type d’alliance idéologique» (不会参加一个意识形态同盟).

 

Dans une démonstration finale d’audace intellectuelle, cet érudit chinois appelle les élites chinoises de la politique étrangère à étudier la pratique occidentale par rapport à la formation d’alliances. Il affirme: «A partir de maintenant, la Chine doit étudier comment diriger d’autres personnes. Etre un leader mondial, cependant, n’est pas un exploit facile. À cet égard, nous ferions mieux d’étudier l’expérience des Britanniques et des Américains. « Il affirme en outre que « en tant que leader de l’alliance, les Etats-Unis étaient un peu plus cléments que l’Union soviétique, et leur pratique de leadership s’est avéré plus sage ».


A la fin de l’article, l’appel à la construction d’alliances et de leadership est sensiblement atténué dans l’article, Xu y a noté que plus de trente ans de spectacle de croissance économique soutenue combiné avec la disposition à «rejeter les alliances» (不结盟) sous la célèbre formule de Deng Xiaoping de «cacher sa force et prendre son temps» (韬光养晦) a connu un succès important. Il soutient que l’inclinaison actuelle de Beijing pour former des partenariats (结伴), plutôt que des alliances, n’est plus dans les circonstances actuelles de la Chine. Cependant, Xu est tout à fait clair sur le fait qu’il ne veut pas d’alliances, comme un outil de la diplomatie, à prendre sur la table des options futures de la Chine.


On ne peut pas être tout à fait pessimiste à la lecture de cet article innovant, qui démontre l’existence d’un débat dynamique en cours parmi les stratèges universitaires de Beijing. De plus, il est rationnel et relativement modérée dans le ton. L’auteur montre beaucoup d’admiration pour la diplomatie américaine et, en particulier, la gestion des alliances par les États-Unis. Néanmoins, une telle ligne d’argumentation pourrait encourager les pessimistes stratégiques de Pékin à faire pression pour la création d’une véritable alliance, englobant les puissances importantes telles que la Russie et de l’Iran, par exemple. Ce serait un développement alarmant pour l’ordre mondial, on peut en être sûr. Les penseurs des deux côtés du Pacifique (Atlantique pour cette question) préoccupés par la prévention d’une nouvelle guerre froide qui pourrait prendre forme doivent prendre des mesures pour arrêter ces tendances inquiétantes.

 

Lyle J. Goldstein est professeur agrégé à l’Institut d’études maritimes de la Chine (CMSI) au US Naval War College de Newport, Rhode Island. Les opinions exprimées dans cette analyse sont les siennes et ne représentent pas les évaluations officielles de la Marine des États-Unis ou tout autre organisme du gouvernement des États-Unis.

 

Comment la Nouvelle route de la soie peut métamorphoser l’Asie centrale

Comment la Nouvelle route de la soie peut métamorphoser l’Asie centrale

 

31 Juillet 2016
http://www.novastan.org/articles/comment-la-nouvelle-route-de-la-soie-peut-metamorphoser-lasie-centrale

30.07.2016

Les échanges commerciaux et les relations économiques entre l’Union européenne et l’Asie centrale sont, à l’heure actuelle, bien loin de refléter leur réel potentiel. Que ce soit la distance entre les deux régions, l’absence ou l’insuffisance d’intérêt des européens pour l’Asie centrale, les obstacles sont nombreux avant que cette relation tienne toutes ses promesses. Pourtant les choses pourraient changer.

 

Car si l’Asie centrale est riche en ressources naturelles, les pays de la région possèdent aussi une grande capacité industrielle et des perspectives intéressante en terme de main d’œuvre. Grâce à sa position stratégique — située au carrefour de multiples itinéraires commerciaux — la région pourrait devenir un véritable pont économique entre l’Asie de l’Est et l’Europe de l’Ouest.

 

L’Asie centrale est apparue depuis 2013 au cœur des « nouvelles routes de la Soie » qui visent à former un réseau d’infrastructures reliant la Chine à l’Europe, permettant l’accroissement de ses relations commerciales avec le continent Européen. Le projet se traduirait par la construction de nouveaux chemins de fers, de centres logistiques et autres infrastructures routières qui sont actuellement en cours de réalisation en Asie centrale. Pékin finance généreusement ces travaux et crée de nouveaux mécanismes financiers en y invitant les pays d’Asie et d’Europe.


C’est une immense opportunité pour le développement économique de l’Asie centrale et pour son intégration à l’économie mondiale, mais la réussite de ce projet colossal dépend bien sûr de l’intérêt qu’y porteront les européens.

 

Une longue histoire

 

Permettant de relier la Chine à l’Europe dès le Ve siècle avant J.-C., la Route de la soie a été le plus vaste réseau de transport de marchandises pendant deux millénaires. Avec l’ouverture des grandes routes maritimes, dont celle de l’Inde par Vasco de Gama, les itinéraires de la Route de la soie déclinèrent avant de disparaître.

 

Route de la soie Asie centrale

Au XXIe siècle, alors que le commerce entre la Chine et l’Europe devient l’un des plus importants au monde, l’idée de la renaissance de ces routes fait son retour dans les discussions, notamment de la part de Pékin.

 

A la fin de l’année 2013, le réseau de transport ferroviaire de la Chine est devenu le deuxième plus étendu au monde après celui des Etats-Unis : disposant de plus de 100 000 km de voies ferrées, et un réseau à grande vitesse classé au premier rang mondial. En développant son infrastructure ferroviaire pour le transport, mais aussi comme l’un des moteurs-clés de son économie, la Chine ne souhaite pas se limiter à son propre territoire. Pékin a déjà proposé plusieurs projets de réseaux internationaux qui pourraient la rapprocher de ses principaux partenaires. Le projet de lignes ferroviaires de la Chine vers l’Union européenne — son partenaire commercial le plus important — incarne une ambition prioritaire. Ces lignes, qui font partie du projet de la « Ceinture économique de la Route de la Soie », visent à raccourcir le délai de transport des biens commerciaux et faciliter les relations économiques entre les régions asiatiques et européennes.

 

Cette nouvelle « Route de la Soie » passera par de nombreux pays qui bénéficieront de retombées significatives. Parmi eux, l’Asie centrale obtient un rôle particulier puisque cette région est le voisin occidental direct de la Chine, et représente la principale alternative aux routes qui passent par la Russie. La réalisation de ces projets devrait consolider les relations économiques entre les pays de la région et la Chine qui s’étaient intensifiées ces dernières années. Quant à l’autre extrémité du réseau — l’Union européenne — , elle n’entretient pas de relations économiques particulières avec les pays d’Asie centrale

 

Route de la soie Asie centrale

La dynamique chinoise

 

Ces projets sont articulés dans la feuille de route de la Commission nationale pour le développement et la réforme (NDRC) publiée en mars 2015, le ministère des Affaires étrangères et le ministère du Commerce de la République Populaire de Chine :

 

« Le Président chinois Xi Jinping a successivement lancé l’initiative de construire conjointement une Ceinture économique de la Route de la Soie et celle sur une Route de la Soie maritime du XXIe siècle (ci-après dénommées la Ceinture et la Route), initiatives attirant beaucoup l’attention de la communauté internationale… La Ceinture et la Route traversent les continents asiatique, européen et africain, reliant à l’est la zone économique dynamique de l’Asie de l’Est et à l’ouest la zone économique développée de l’Europe, et couvrant nombre de pays avec un grand potentiel de développement économique. La Ceinture économique de la Route de la Soie vise notamment à assurer la liaison économique entre la Chine et l’Europe (mer Baltique) en passant par l’Asie centrale et la Russie, celle entre la Chine et le Golfe persique voire la Méditerranée en passant par l’Asie centrale et l’Asie de l’Ouest, et celle entre la Chine et l’Asie du Sud-Est, l’Asie du Sud et l’océan Indien. (…)


Sur terre, on s’appuie sur de grandes artères internationales et des métropoles riveraines, et on prend pour plates-formes de coopération les principaux parcs économiques, commerciaux et industriels, en vue de créer ensemble des couloirs internationaux de coopération économique, dont le nouveau pont continental eurasiatique, le couloir Chine-Russie-Mongolie, le couloir Chine-Asie centrale-Asie de l’Ouest, et le couloir Chine-Péninsule indochinoise. »

 

Le projet « La  Ceinture et La Route » (One Belt and One Road) se compose d’un réseau terrestre – la Ceinture économique de la Route de la Soie  — et d’un réseau maritime — la Route de la Soie maritime du XXIe siècle. On parle aussi de « Nouveau pont terrestre eurasiatique » (The New Eurasian Land Bridge) pour désigner les chemins de fer reliant la Chine et l’Europe. Le terme de « nouvelles routes de la soie » est souvent utilisé officieusement pour l’ensemble de ces projets.

 

L’Asie centrale, partenaire de choix

 

Singulièrement, c’est la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures qui émerge comme le principal mécanisme financier des projets d’infrastructures au sein de la Ceinture économique de la Nouvelle route de la Soie. Reflétant le caractère régional de la Banque, ses membres régionaux (asiatiques) seront les actionnaires majoritaires, détenant environ 75 pour cent des actions. L’ensemble des pays d’Asie centrale (sauf le Turkménistan) ont signé le Statut de la Banque et sont considérés comme les membres fondateurs. On trouve aussi trois pays européens — l’Allemagne, la France et la Grande Bretagne — parmi les 10 plus grands contributeurs de la Banque.

 

Cette institution financière est pour l’instant la seule institution qui unit la Chine, l’Asie centrale et l’Europe et son but principal est de financer les projets d’infrastructures mentionnés ci-dessus.

 

Route de la soie Asie centrale

Pour la Chine, qui est l’initiateur de ces projets, il est essentiel de les réaliser sans rupture et vite, non seulement pour faciliter ses échanges avec l’Europe, mais aussi dans la perspective de former une nouvelle architecture économique et financière à l’échelle mondiale. La vitesse d’exécution jusque-là est impressionnante : l’initiative a été annoncée en automne 2013 et Pékin déjà participe aux grands projets ferroviaires et routiers dans trois pays centrasiatiques — au Kazakhstan, au Kirghizstan et en Ouzbékistan.

 

La renaissance du ferroviaire

 

Ces projets sont aujourd’hui dans leurs phases finales. Depuis fin 2014, une ligne ferroviaire de plus de 10 000 kilomètres — soit la plus longue au monde — dessert la ville chinoise Yiwu et la capitale espagnole Madrid par train de fret, en passant par le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie, la Pologne, l’Allemagne et l’Espagne. Ce rythme montre bien la détermination de Pékin à mettre en œuvre ces projets.

Route de la soie Asie centrale

« Pour la Chine, il s’agit d’un plan stratégique qui vise à réorienter sa géopolitique vers l’intérieur du continent, notamment vers l’Asie centrale et l’Europe, plutôt que vers l’Est et sa côte Pacifique. C’est aussi un projet pour contrecarrer les influences russe et américaine dans la région. C’est en quelque sorte une nouvelle diplomatie chinoise, qu’on peut qualifier de “réalisme institutionnel”, et qui consiste à bâtir de nouvelles infrastructures à l’étranger pour influencer les politiques mondiales », explique Simon Shen, directeur du Global Studies Program, interrogé à l’université chinoise de Hong Kong.

 

Du côté de l’Asie centrale, la « Ceinture économique de la Route de la Soie » représente une opportunité qui pourrait amener de la croissance économique, une ouverture de nouveaux marchés et une  meilleure intégration à l’économie mondiale. Mais ces avantages sont à contrebalancer avec la crainte de d’une hégémonie économique de la Chine dans la région. Par conséquent, les pays centrasiatiques cherchent aussi à attirer d’autres acteurs de poids pour participer aux processus économiques — l’intensification des relations avec le Japon et l’Inde en sont un exemple. Malgré cette appréhension, les pays de la région s’engagent activement à ces projets afin de recevoir plus d’investissements chinois.

 

Que fait l’Union Européenne ?

 

Comme le constate Igor Apokins, spécialiste des relations internationales, l’importance de l’Asie centrale a toujours été définie par son énorme potentiel économique et par sa position stratégique au carrefour d’itinéraires commerciaux. Les pays d’Asie centrale ont une importance émergeante sur la scène internationale et cette région est cruciale pour l’Union européenne parce qu’elle sert de pont économique entre l’Europe et la Chine.

 

Dans ce modèle tripartite joignant la Chine, l’Asie centrale et l’Europe, l’Union européenne est la moins motivée des trois. Les Européens manifestent leur présence via le projet de Transport Corridor Europe – Caucasus – Central Asia (TRACECA) depuis mai 1993, mais ce programme a largement échoué à transformer les flux régionaux et la connectivité souhaitée entre les pays du Caucase et ceux de l’Asie centrale. D’autre part, un des objectifs essentiels de la Chine pour ce projet – prendre en main le contrôle du transport de ses marchandises vers l’Europe – ne correspond pas aux intérêts européens puisqu’actuellement les itinéraires principaux passent par les zones sous influence européenne ou américaine.

 

Le développement de grands réseaux de transports en Asie centrale est un dossier  qui touche très directement aux intérêts économiques de l’UE et/ou de ses états-membres. Cela pourrait ouvrir de nouvelles routes alternatives pour les échanges avec son deuxième partenaire commercial, mais aussi aider à l’intensification des relations avec les pays qui se trouvent sur ces routes. Les projets sont déjà initiés par Pékin et la plupart sont en cours, la seule chose est demandée de l’UE – c’est sa participation active à la réalisation de ses projets. L’UE pourrait faire des contributions uniques du côté des investissements, mais aussi des savoirs faires, des technologies et des bonnes pratiques.

 

La vision européenne de l’Asie centrale est en train d’évoluer vers l’inclusion au rang de « voisins des voisins ». Un tel concept peut aider l’UE à systématiser ses relations avec la région, mais risque aussi de les reléguer à un échelon trop éloigné pour être fructueux — surtout quand on se rappelle que la politique européenne de voisinage n’est pas toujours une politique bien réussie… Cependant, l’engagement de l’UE dans les projets concrets pourrait changer la donne. Dans l’attente d’une décision communautaire, il revient sans doute aux états-membres, intéressés par le projet, de prendre l’initiative et de faire les premiers pas vers sa réalisation.


Sarvar Jalolov


Relu par Alix Ladent et Grégoire Domenach

La voie chinoise est du succès

La voie chinoise est du succès

 

Publié le 

La voie chinoise est du succès

| Mis à jour le 26. 07. 2016

 

Rolf Berthold, ancien ambassadeur de la République démocratique allemande en Chine.

 

Le 1er juillet 2016, le Parti communiste chinois (PCC) célèbre le 95e anniversaire de sa fondation. 95 ans de combats difficiles, dont certains se sont soldés par des défaites cuisantes et d'autres par des victoires historiques. Le PCC a pris la tête de la lutte contre le semi-féodalisme et la semi-colonisation dans la Chine victime de l'impérialisme. Il s'est placé à l'avant-garde de la résistance contre l'agression japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale et a conduit le peuple vers la victoire de la nouvelle révolution démocratique qui a eu pour résultat la fondation de la République populaire de Chine le 1er octobre 1949. Le PCC s'est ensuite chargé d'organiser la transformation socialiste et l'édification du socialisme en Chine, corrigeant les erreurs au fur et à mesure de leur apparition et gérant au mieux les situations de crise qui se présentaient. En 1978, la modernisation socialiste fut mise au centre de toutes les attentions, donnant naissance à une politique de réforme et d'ouverture sur l'extérieur.

 

Cette voie nouvelle vers le socialisme a été couronnée de succès tout à fait remarquables. Le visage du pays s'est modifié radicalement. L'espérance de vie des Chinois, qui était de 36 ans au moment de la fondation de la République populaire, atteint désormais 76 ans. Un tiers de la croissance économique mondiale provient actuellement de l'économie chinoise. Lors du XVIIIe Congrès du PCC en novembre 2012, les constatations suivantes ont été faites : « L'objectif principal de la réforme et de l'ouverture ainsi que de la modernisation du socialisme a été de permettre une amélioration du niveau de vie matériel et culturel de la population », « Les besoins en formation, en revenu du travail, en soins médicaux, le droit des personnes âgées à une prise en charge et le droit au logement doivent être satisfaits. Un effort immense doit être entrepris pour permettre à la population de mener une vie meilleure. »

 

Créer un avenir meilleur et plus beau pour les citoyens

 

Les principaux objectifs du XIIe Plan quinquennal (2011 à 2015) ont été atteints. La croissance du produit intérieur brut (PIB) s'est montée en moyenne annuelle à 7,8 %. Dans les villes et les municipalités, 64 millions d'emplois nouveaux ont été créés, et 100 millions de ruraux défavorisés ont pu, en l'espace de cette période relativement courte, échapper à la pauvreté, tandis que 300 millions d'habitants ruraux ont obtenu l'accès à l'eau potable, les 200 000 derniers foyers ont été reliés au réseau électrique (ce qui signifie que 100 % des foyers du pays sont désormais alimentés en électricité). Plus de 40 millions de logements sociaux ont été construits. Le principal résultat, dans le domaine de l'assurance sociale, a été la création d'un système d'assurance retraite unifié qui fonctionne pour les habitants des villes comme des campagnes. En 2015, les pensions de retraite versées par les entreprises se sont accrues de 10 %, tandis que les revenus dans les villes et les campagnes croissaient de 8 % (9,2 % dans les campagnes). Ceci signifie que la croissance des revenus des citoyens a été plus forte que celle de l'économie, tandis que la disparité des revenus entre villes et campagnes se réduisait.

 

En termes de PIB, la Chine s'est hissée au second rang mondial. Si, voici 35 ans, le produit brut par personne représentait 200 dollars, il atteint aujourd'hui 8 000 dollars. Les 30 premières années qui ont suivi le début de la politique de réforme et d'ouverture de 1978, l'économie a crû en moyenne de 10 % par an. Ces dernières années, le rythme du développement s'est ralenti. Cela est dû à la fois à l'évolution des conditions internationales, au passage d'un développement économique extensif à une croissance intensive, à la réorientation vers une croissance tirée par la consommation et un développement plus économe en ressources, et enfin à un accent mis sur le progrès des sciences et des techniques. De nombreux secteurs industriels parviennent aujourd'hui à la pointe de la pratique mondiale. L'agriculture a vu ses rendements s'accroître de manière significative. Rien que la récolte de céréales dépassait en 2015 le seuil de 621 millions de tonnes.

 

Ce changement de stratégie économique et la réduction du rythme de développement sont appelés la « nouvelle normalité ». Un changement qui se traduit par des évolutions positives sur la situation intérieure, mais qui ont produit des inquiétudes à l'étranger, notamment en Occident où l'on a parlé de « faiblesse» de l'économie chinoise, comme si le taux de croissance moyen de 7,8 % sur la période 2011-2015 et d'environ 6,9 % en 2015 n'étaient pas parmi les taux les plus élevés de la planète. Cette nouvelle normalité correspond à une croissance assagie, qui passe d'un taux extrêmement élevé à un taux simplement élevé, avec une adaptation de la structure économique.

 

Lors du XVIIIe Congrès du PCC, l'objectif a été formulé de parachever, d'ici au centenaire de l'existence du PCC, la société de moyenne aisance, ainsi que celui, d'ici au centenaire de la fondation de la RPC, en 2049, de parvenir à un pays riche, puissant, démocratique, civilisé et harmonieux, de créer un pays socialiste moderne, et pour le peuple chinois, dans toutes ses nationalités, un avenir radieux et heureux. Ces tâches représentent de plus en plus clairement le centre de l'action du PCC et du peuple tout entier. Le XIIIe Plan quinquennal, qui prévoit le développement économique et social du pays pour la période allant de 2016 à 2020, qui a été défini lors de la cinquième session plénière du 18e comité central du PCC, a été adopté lors de la quatrième session de la XIIe Assemblée populaire nationale en mars 2016. Il comprend pour objectif le parachèvement de la construction de la société de moyenne aisance. D'ici à 2020, le PIB du pays et les revenus des habitants, aussi bien dans les villes que dans les campagnes, devraient représenter le double de ce qu'ils étaient en 2010. Pour y parvenir, une croissance annuelle moyenne de 6,5 % est nécessaire. Par ailleurs, on vise pour 2020 la victoire définitive dans la lutte contre la pauvreté, qui concerne aujourd'hui encore environ 70 millions de personnes. D'autre part, la consommation d'eau, d'énergie et les émissions de CO2 par unité de PIB devront être réduites respectivement de 23, de 15 et de 18 %.

 

La voie chinoise produit de grands résultats

 

Lors de la session du Comité central qui venait d'être élu au sujet de l'évaluation du XVIIIe Congrès, le secrétaire général Xi Jinping a déclaré : « Notre Parti a toujours affirmé que le socialisme à la chinoise est un socialisme et non quelqu'autre ''isme''. Les principes de base du socialisme scientifique ne doivent pas être abandonnés, faute de quoi on ne pourrait plus parler de socialisme. » Il clarifiait ainsi la position du PCC, qui affirme que le socialisme à la chinoise repose sur les principes de base du marxisme, prenant en compte les évolutions dans les domaines de la science et des techniques et la situation internationale.

 

Certains analystes bourgeois prétendent que les succès de la République populaire de Chine proviennent de ce qu'elle a abandonné le chemin du socialisme. Ceci est censé fournir un nouvel argument à la thèse selon laquelle l'approche socialiste ne serait pas viable. Particulièrement en Europe, il se trouve des représentants des partis de gauche pour parler d'une évolution capitaliste de la Chine. Mais il s'agit avant tout ici de trouver des excuses pour éviter d'analyser en profondeur les raisons de l'échec du socialisme dans de nombreux pays.

 

Avec sa réforme de 1978, le PCC a pris une nouvelle ligne stratégique. Arc-boutée sur le marxisme, la Chine poursuit un nouveau chemin socialiste qui tire les conclusions de l'échec en URSS et en Europe de l'Est, prend en compte les particularités de la société chinoise et réagit à la situation actuelle du monde. Il a déjà prouvé sa valeur dans la pratique.

 

Il s'agit d'un chemin socialiste basé sur les principes de base du marxisme mais qui diffère également de façon très large des modèles du socialisme qui ont échoué, et qui, compte tenu des particularités de la Chine auxquelles répond le PCC, ne doit pas être reproduit à l'identique dans d'autres pays. Il s'agit d'un chemin qui ne peut ni ne doit être parcouru dans la précipitation. Le chemin chinois représente la cristallisation du socialisme scientifique moderne, qui propose une relation étroite entre l'évolution chinoise et celle du monde, et les développements de l'époque actuelle. Lorsque l'élévation du niveau de vie du peuple est décrétée comme la tâche prioritaire entre toutes, lorsque l'éradication de la pauvreté est poursuivie systématiquement, alors on a pris consciemment le chemin du socialisme. Que des difficultés surviendront à l'occasion, et que des fautes seront parfois commises, la direction chinoise en est parfaitement consciente. Mais il n'existe aucun parti actuellement au pouvoir dans un pays capitaliste pour faire de cette volonté d'élévation du niveau de vie de la population et du bien-être du peuple sa tâche centrale.

 

La direction chinoise du Parti a procédé à une analyse approfondie de la défaite du socialisme en URSS et dans de nombreux autres pays. Elle est parvenue à la conclusion que les principales raisons de cet échec résident dans des défauts du modèle pratique du socialisme de ces pays qui sont tombés sous le coup de la contre-révolution. La formule de la « triple représentation » permet de tirer de précieuses conclusions sur l'échec du socialisme en URSS et d'autres pays anciennement socialistes. Le Parti doit représenter les exigences du développement des forces productives avancées en Chine, l'orientation du progrès de la culture chinoise avancée et les intérêts fondamentaux de la majorité écrasante de la population.

 

Le marxiste italien Domenico Losurdo, professeur de philosophie, formule cela de la façon suivante : « Malheureusement, les marxistes occidentaux possèdent rarement une compréhension suffisante de l'urgence qui existe, dans certains pays qui ont opté pour le chemin de la réforme socialiste, à essayer de rattraper leur retard sur les pays développés. Au contraire : cette volonté qui existe à l'Est de sortir de cette arriération socio-économique et de l'état de faiblesse sur le plan international et géopolitique est souvent interprétée à l'ouest comme une façon de se rapprocher et de s'adapter au capitalisme. » (Junge Welt du 16 janvier 2014)

 

Au nombre des particularités chinoises du chemin socialiste, il faut compter aussi l'absence d'une société capitaliste développée, d'un mode de production capitaliste, et l'existence de retards dans les domaines scientifique, technique et culturel. Le pays manquait par ailleurs de forces productives hautement avancées, lesquelles sont considérées par les classiques du marxisme-léninisme comme la condition sine qua non d'une révolution socialiste. La révolution démocratique bourgeoise s'est déroulée en Chine sous la forme d'une révolution de la démocratie nouvelle sous la direction de la classe ouvrière et de son parti, le PCC. Le développement continu de modes de production modernes devait donc se faire suivant les décisions du pouvoir politique de la classe ouvrière et de son parti au cours d'une longue phase préparatoire du socialisme.

 

Engagement de la Chine pour la préservation de la paix dans le monde

 

La direction du PCC en est convaincue, la lutte pour la paix et le développement, contre l'hégémonisme et la politique de la canonnière est l'une des questions clés qui détermine les conflits internationaux d'aujourd'hui. La contradiction qui existe entre le capitalisme et le socialisme n'est plus actuellement le conflit principal qui divise le monde.

 

Si la Chine s'est développée jusqu'à devenir la deuxième économie au monde, sa position internationale et son influence se sont accrues en proportion. Aux côtés des autres pays du groupe BRICS, des pays en voie de développement et de toutes les forces qui recherchent la paix et le développement, la République populaire de Chine s'engage pour prévenir l'irruption d'une nouvelle guerre mondiale et pour la solution pacifique des conflits internationaux. La préservation de la paix est centrale. Il faut rechercher la solution des différends dans le dialogue et non dans la confrontation, dans le respect mutuel des choix de société, de système politique et de chemin de développement, la coopération sur la base de l'intérêt partagé et de la prise en compte des intérêts de l'autre sans oublier son intérêt propre. Ceci a été réaffirmé, notamment lors des célébrations du 70e anniversaire de la capituation du Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale et alors qu'était rappelée la contribution décisive du peuple chinois à la victoire dans la guerre mondiale contre le fascisme. La politique étrangère de la Chine vise à consolider la paix dans le monde et à créer un environnement international paisible, favorable à la construction du pays.

 

Les États-Unis poursuivent avec leurs alliés leur stratégie d'encerclement et de confinement de la Chine. M. Obama a récemment expliqué qu'avec le TPP (Partenariat Trans-Pacifique), ce sont les États-Unis et non la Chine qui détermineront les règles du jeu dans cette région. Un aveu on ne peut plus clair de la volonté hégémonique de ce pays.

 

Les États-Unis ont désormais positionné plus de 60 % de leurs forces armées dans la zone Asie-Pacifique. Des stratèges allemands parlent d'un « cercle de feu » entourant la Chine. Dans ce contexte, il faut également prêter attention à la déclaration du président de l'Académie fédérale de la politique de sécurité (BAKS), qui a récemment expliqué que l'on devrait se préparer à un prochain conflit d'envergure : une confrontation avec la Chine pour la domination mondiale. On ne peut pas ignorer l'émergence de la Chine car elle menace l'ordre mondial défini par les puissances occidentales. La politique étrangère actuelle de l'Allemagne comprend déjà certains aspects de cette future confrontation. L'émergence de la Chine menace l'hégémonie globale de l'Occident.

 

Mais la Chine oppose à cette stratégie une politique de coopération internationale pacifique qui s'articule sur un grand nombre d'activités. Le président Xi Jinping a appelé de ses vœux un nouveau type de relations entre la Chine et les États-Unis. Celui-ci comprend les principes suivants : « Absence de conflit, absence de confrontation, respect mutuel, coopération et bénéfice mutuel. »

 

C'est dans ce contexte que le concept présenté par le président Xi lors de sa tournée des pays de l'Asie du Sud-Est et centrale au second semestre 2013, celui d'un développement partagé par l'initiative des Nouvelles Routes de la Soie, prend tout son sens. Cette offre de coopération s'étend à plus de 60 pays le long des Nouvelles Routes de la Soie. L'objectif poursuivi est celui d'une coopération internationale pacifique qui se basera sur les échanges économiques et culturels et qui bénéficiera à tous. Le plan comprend le développement d'un ambitieux réseau d'infrastructures qui comprendra des pipelines et des gazoducs, le raccordement généralisé des pays de la région à des systèmes de télécommunications modernes et le développement d'une coopération entre les instituts de recherche et les universités. Afin de sécuriser le financement de cette initiative, la Chine a mis en place en 2014 le Fonds de la Route de la Soie.

 

Par ailleurs, la République populaire déploie des activités visant à détendre la situation dans la péninsule de Corée et à clarifier par des négociations pacifiques les questions relatives à la mer de Chine méridionale. Lors de la session de l'ONU dédiée aux 70 ans de l'établissement de l'institution internationale, la Chine a annoncé son intention de fournir une aide au développement des pays les moins avancés, des pays les plus pauvres et des petits pays insulaires.

 

En septembre de cette année, après de nombreuses visites à l'étranger, les principaux dirigeants politiques de la Chine participeront au Sommet du G20 qui se tiendra en Chine. Les débats relatifs aux initiatives visant les pays en développement et aux initiatives internationales de la Chine en constituent une partie qui est de plus en plus centrale.

 

Rolf Berthold, ancien ambassadeur de la République démocratique allemande en République populaire de Chine de 1982 à 1990.

 

source: http://french.china.org.cn/foreign/txt/2016-07/26/content_38961464_2.htm

 

A Pékin, avec la participation des communistes russes s’est tenue une conférence sur « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme » de Lénine

 

19 Juillet 2016
 

A l’invitation du Centre pour l’étude du socialisme mondial (Chine), une délégation du Parti communiste de la Fédération de Russie a pris part au séminaire scientifique dédié au 100e anniversaire de « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme »

 

https://kprf.ru/international/new-world/156835.html

 

Service de presse du Comité régional d’Astrakhan du Parti communiste, à la suite d’un voyage en Chine

10/07/2016

Le séminaire a eu lieu le 5 Juillet à Pékin.

 

La délégation comprenait le secrétaire du Comité central du Parti communiste Mikhail Kostrikov, le député de la Douma régionale de Samara  Sergueï Rakitine et le secrétaire du Comité régional d’Astrakhan du Parti communiste, rédacteur en chef du journal, « Pravda d’Astrakhan » Alexandre Tokarev.

 

Le séminaire réunissait des représentants de la communauté scientifique chinoise, venus de différentes villes du pays. En outre, le séminaire a été suivi par les professeurs de l’Université de Moscou Gratchikov et Tsygankov.

 

La réunion a eu lieu dans les locaux de la revue «Quishi», une publication du Comité central du Parti communiste chinois.

 

Quelle est la pertinence des conclusions de Lénine il y a 100 ans, quelle forme prend l’impérialisme aujourd’hui, au début du XXIe siècle, et quelles sont les menaces qu’il fait peser sur le monde, comment construire des relations russo-chinoises dans ces conditions – ces questions et beaucoup d’autres ont été discutées lors du séminaire à Pékin.

 

***

Le discours d’ouverture a été prononcé par le membre du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale, vice-président de la commission des affaires judiciaires du Congrès national du peuple, ancien vice-président du Centre pour l’étude du socialisme mondial Li Shinmin.

 

Le contenu principal de sa déclaration se résume aux dispositions suivantes :

 

Nous vivons encore dans l’époque de l’impérialisme, dont le sujet principal est aux États-Unis. Mais le capitalisme connait inévitablement des périodes de crise. Et l’Amérique fera porter le poids de la crise financière sur les épaules des autres. Le capitalisme financier est un phénomène pourri, mais on doit se préparer pour une lutte sévère.

 

Globalement, l’écart entre les pays et les peuples riches et pauvres va croître. Toutes les grandes richesses seront concentrées dans les mains d’un groupe restreint de gens qui gouvernent le monde. Donc, la résistance à un tel ordre va augmenter. La gauche et les idées socialistes (même aux États-Unis) seront renforcées. Les gens vont agir (et agissent déjà) contre un système fondé sur l’argent.

Li Shinmin conclut que nous (les adversaires d’un tel ordre mondial) devons nous mettre sérieusement à l’élaboration de stratégies de résistance à l’agression impérialiste. Nous ne nions pas la possibilité d’une guerre majeure dans 3-5 ans, explique Li Shinmin parce que lorsque d’autres moyens d’action ont été épuisés, le capitalisme a toujours eu recours à la guerre. Les adversaires probables des Américains seront la Chine et la Russie.

 

Dans l’arsenal des impérialistes, souligne Li Shimmin, il y a également le «soft power»: la lutte idéologique, l’imposition des valeurs occidentales (principalement américaines) de la démocratie et de l’économie de marché dans le monde entier.

 

Dans le contexte des risques mentionnés ci-dessus et en tenant compte de la triste expérience de l’URSS, nous devrons rester vigilants et construire une relation plus étroite entre la Chine et la Russie.

 

Aujourd’hui, la communauté mondiale tout entière peut être divisée en trois grands groupes: le premier monde – les États-Unis, le deuxième monde – l’Union européenne et le troisième monde – la Chine, la Russie et tous les autres pays.

 

Les Etats-Unis ne permettront pas à la Russie de se développer avec succès. La raison : la Russie possède un complexe militaro-industriel développé, par ailleurs, elle est riche en ressources naturelles.

 

En conclusion, Li Shinmin a noté qu’un moyen de sortir de la situation actuelle est de rassembler les pays en développement entre eux puis avec les pays du deuxième monde (Europe) en opposition à l’expansion croissante des États-Unis. Actuellement, dans le monde existent les conditions pour l’essor du mouvement socialiste, au milieu du siècle il y aura un certain nombre de nouveaux Etats socialistes. Le Parti communiste russe à cet égard a de bonnes perspectives.

 

Les participants ont parlé de l’expérience réussie de développement de la Chine au cours des dernières décennies. En Chine, on assiste au développement du socialisme avec ses propres caractéristiques. En économie, la position dominante est occupée par la propriété étatique. Dans le même temps, il a souligné le rôle du marché dans la répartition des ressources. Conscient de la valeur du marché, le gouvernement chinois a déclaré que l’économie ne devrait pas perdre son orientation socialiste. La privatisation des biens est jugée comme une chose négative.

 

Nous sommes guidés par les principes de la primauté du droit, a-t-il été  déclaré lors du séminaire, nous attachons une grande importance au développement de la démocratie, au respect du rôle dirigeant du PCC dans le développement du pays.

 

D’après les discours des camarades chinois, on peut observer qu’au sein du PCC se mène une discussion sur la compréhension de l’expérience du développement du socialisme dans le monde et les voies de développement du pays. Les camarades plus âgés insistent sur l’importance de l’approche de classe dans l’évaluation des processus dans le passé et le présent. Tous les discours sur le socialisme et le marxisme sans approche de classe sont inconsistants, a-t-on déclaré lors du séminaire.

 

***

Cependant, tous les participants, y compris parmi les collègues russes, n’avaient pas une opinion unanime sur la question. En particulier, tous ne voient pas clairement que les caractéristiques fondamentales du prolétariat en tant que classe sont la position du travailleur par rapport aux moyens de production et surtout – la conscience prolétarienne. Et donc, comme l’a correctement souligné M. Kostrikov, le prolétaire peut être non seulement une personne travaillant à la machine, mais aussi devant un ordinateur portable.

 

Le Secrétaire du Comité central du Parti communiste M. Kostrikov a présenté son rapport : « l’impérialisme n’a pas changé de nature ».  La principale question soulevée dans le rapport est : Y a-t-il des raisons de croire que le capitalisme tôt ou tard surmontera toute crise, le capitalisme a-t-il réussi à trouver des sources de croissance en lui-même?

 

La principale source de la prospérité capitaliste continue d’être le pillage, indique le rapport: « Chaque saut qualitatif du capitalisme a été obtenu d’une manière ou d’une autre par le pillage. Le pillage a toujours été à la base de la croissance. La défaite du bloc soviétique a été marquée également par le pillage sans précédent de près d’un tiers du globe, constitué par l’Union soviétique, ses alliés et sa sphère d’influence. Qu’est-il advenu du grand héritage que le capitalisme a reçu à sa disposition pour rien? Il a en fait été englouti en quelques deux misérables décennies. Dès 2007-2008 le capitalisme est à nouveau entré dans une période de crise grave dont il n’arrive toujours pas à se sortir.

 

Le capitalisme aujourd’hui inhibe clairement le développement des forces productives. Nous le ressentons à partir de l’exemple de notre propre pays … 

 

« Mais cet exemple n’est pas le seul et n’est même pas le plus flagrant, dit M. Kostrikov. Par exemple, en Occident, « la société « Apple » depuis de nombreuses années mène la guerre des brevets. La société achète beaucoup d’innovations dans le monde, mais elle n’est pas pressée de les mettre en route. Au contraire, ces acquisitions sont destinées à la préservation de la position dominante actuelle de la société. D’une part, elle ne veut pas que le nouveau développement tombe entre les mains de ses concurrents, de l’autre elle ne veut pas investir dans leur développement, afin de ne pas réduire le taux de profit. Le droit d’auteur et le droit des brevets sont devenus un outil polyvalent pour la préservation du monopole. Les corporations, occupant une position dominante, entravent le développement des forces productives à l’échelle mondiale ».

 

Il y a une réduction des garanties sociales. Au cours des dernières années, la Russie a presque complètement éliminé les systèmes de soins de santé et d’éducation gratuits reçus en héritage de l’Union soviétique. Ces services sont payants. Le cas de la Russie n’est pas une exception. En France, en Allemagne et au Royaume-Uni se déroulent des processus similaires.

 

« Cela est rendu possible parce que « aujourd’hui, il n’y a plus cette concurrence féroce entre le capitalisme occidental et le socialisme soviétique. C’est pourquoi le capital n’a aucune raison de supporter les coûts supplémentaires de la sécurité sociale. On voit encore une fois confirmé : l’essence du capitalisme n’a pas changé, il reste le même. Le capital est resté le principal « bandit » dans le monde », – a conclu M. Kostrikov.

 

Se référant aux perspectives possibles de développement du socialisme à l’échelle mondiale, M. Kostrikov a déclaré: « Au sein de la société capitaliste contemporaine se manifestent clairement les tendances d’une nouvelle société. Les technologies de gestion de l’automatisation modernes offrent ce qui manquait: l’efficacité, la flexibilité dans la prise de décision. En fait, elles « s’ajustent » parfaitement pour l’économie planifiée de l’avenir. » Cependant, le nouveau système ne se met pas en place par lui-même, il doit être mis en place par certaines forces politiques.

 

En Russie, cette force est le Parti communiste, dont le programme anti-crise dit tout ce que nous voyons aujourd’hui dans la pratique, a résumé M. Kostrikov.

 

S.Rakitine a fait un rapport sur « L’impérialisme russe péri-étatique ou de répartition budgétaire ».

 

En Russie, la « petite et moyenne production, précédemment disparates et en concurrence les unes avec les autres, deviennent des monopoles sous le contrôle des fonctionnaires, – a noté le rapport. – Et ce processus en Russie a déjà franchi l’équateur, et est en voie d’achèvement ».

 

« Les citoyens russes pour la plupart ne réalisent pas que le terme « Etat » sous le capitalisme et le socialisme ont un contenu différent. Par conséquent, les processus de monopolisation et étatisation sont bien acceptés par la population. Ceci étant, une propagande bien menée conduit au fait que le prolétariat, qui est maintenant sérieusement divisé, continue de soutenir le pouvoir d’Etat au service des intérêts des monopoles. « L’idéologie impérialiste pénètre aussi la classe ouvrière », remarquait à juste titre Lénine.

 

Cependant, S. Rakitine pense qu’il y a dans tout cela un côté positif: « La concentration des monopoles dans la gestion péri-étatique et  la participation de l’Etat dans les structures monopolistiques permettra dans le cas d’arrivée au pouvoir du Parti communiste de remettre le plus tôt possible la machine d’état sur la voie socialiste. La Russie est maintenant à un stade de développement qui peut entraîner son absorption dans l’impérialisme mondial, sa transformation en un appendice fournisseur de matières premières.

 

Seule la venue au pouvoir du Parti communiste, armé de la théorie marxiste-léniniste, riche de l’expérience historique du développement et de la construction du socialisme, fera de la Russie un pays socialiste vraiment puissant, qui, en alliance avec les pays socialistes existants seront en mesure de remporter la victoire sur l’impérialisme mondial », – conclut C. Rakitine.

 

Le rapport « Une alternative populaire au capitalisme» a été présenté par A. Tokarev. Il y a cent ans, Lénine dans son ouvrage « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme », a fait valoir que le capitalisme a épuisé ses possibilités en tant que système économique. Et aujourd’hui, dans ce cadre capitaliste, la civilisation mondiale n’a pas de perspectives, indique le rapport.

 

C’est une voie fondamentalement différente du développement qu’ont choisi les autorités du Bélarus et de la Chine, l’amélioration du système socialiste, plutôt que sa destruction, comme cela a été fait en Russie. L’expérience en Biélorussie, pays régulièrement visité par des représentants du Parti communiste, est devenue un objet d’intérêt dans les régions russes. Elle est particulièrement pertinente là où ont été crées des entreprises populaires, qui pendant la crise se sont montrées le modèle le plus efficace de la production. L’expérience des entreprises populaires en Russie a été discutée au Plenum du Comité central du Parti communiste ce printemps.

 

Tokarev a donné quelques exemples d’entreprises populaires et expliqué leur différence qualitative avec les entreprises capitalistes.

 

Les entreprises populaires – Naberezhnye Chelny carton et papiers, l’exploitation agricole « Zvenigovsky » dans la République de Mari- El, la « ferme d’Etat Lénine » dans la banlieue de Moscou – sont différentes des autres en ce qu’elles n’appartiennent pas à des oligarques qui viennent ramasser les profits et sortir l’argent du pays. Le vrai maître ici est le collectif des travailleurs. C’est à lui que reviennent la gestion, la propriété et la disposition des biens. Le travailleur de l’entreprise est à la fois un fabricant et un actionnaire. Il est co-propriétaire de la production, plutôt que de la spéculation. En participant à la gestion et la prise de décision, il porte la responsabilité conjointe des résultats d’exploitation. Un tel équilibre des droits et des responsabilités est l’un des avantages concurrentiels principaux.

 

A la tête de ces entreprises sont des communistes ou des sympathisants de notre parti.

 

En ce qui concerne le socialisme, selon les communistes russes, il ne peut venir par des réformes d’en haut, auxquelles les autorités ne sont pas intéressés. Il n’est possible que par en bas. Dans la Russie bourgeoise-oligarchique actuelle, les entreprises populaires russes sont des îlots de socialisme, elles sont le germe de son avènement– telle est la conclusion faite dans le rapport de Tokarev.

 

***

Toutes les présentations faites lors du séminaire ont été incluses dans un recueil édité à part.

 

Le séminaire scientifique tenu à Pékin est un jalon important au niveau international dans la préparation du 100e anniversaire de la Grande Révolution d’Octobre. Au vu du bilan des interventions, et par le fait même de tenir un tel événement à un tel niveau, nous pouvons dire que la Chine étudie sérieusement l’héritage théorique de Lénine et met la théorie en pratique. Et la Chine elle-même donne un signal concernant le fait que, dans l’avenir, elle pourra devenir le centre du monde socialiste, ce qu’était autrefois l’Union soviétique.

La Chine dresse la table de l’ordre financier mondial

Sommet de la banque asiatique d’investissement pour les infrastructures
La Chine dresse la table de l’ordre financier mondial
 
par Ariel Noyola Rodríguez
 
Ariel Noyola RodríguezÉconomiste diplômé de l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM). Il est membre du Centre de Recherche sur la Mondialisation, Global Research, basé au Canada. Ses reportages sur l’économie mondiale sont publiés dans l’hebdomadaire Contralínea et ses billets d’humeur sur la chaîne d’information internationale Russia Today. Le Club des Journalistes du Mexique lui a décerné le Prix national du Journalisme dans la catégorie de la Meilleure analyse économique et financière pour ses articles publiés sur le Réseau Voltaire en 2015.
 

Au cours du premier sommet annuel de la BAII, la Banque Asiatique d’Investissement pour les Infrastructures qui a eu lieu à Pékin, les Chinois ont montré leur intention d’assumer le leadership mondial dans le domaine du financement des infrastructures.

 

À la fin de cette année, il est probable que la BAII aura plus de 100 pays membres, ce qui lui permettrait de devenir la première institution de prêts multilatéraux, dans l’histoire, sous le contrôle des plus importants pays émergents. Cependant, on attend toujours qu’elle se décide à abandonner le dollar, parce que c’est la seule façon de briser enfin l’hégémonie des États-Unis sur la finance internationale.

 

 
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La Chine a déjà pris la tête — devant les États-Unis — dans la course au financement global des infrastructures. Les finances internationales sont en voie de transformation, en dépit de la forte opposition de la puissante tutelle états-unienne. L’année dernière, depuis Washington, de hauts fonctionnaires ont tenté de saboter le lancement de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures — la BAII — mais ils ont échoué.

 

En fait, ceux qui étaient soi-disant alliés dévoués du gouvernement des États-Unis, comme l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni, ont pris, en fin de compte, la décision de se joindre à la nouvelle institution de prêts multilatéraux promue par Pékin. Le président Barack Obama ne pouvait pas concevoir que, en quelques mois, la BAII gagnerait le soutien de plus de cinquante pays.

 

Sans aucun doute, la Chine précipite le déclin US dans le monde entier. En avril 2015, Larry Summers, qui était secrétaire du Trésor sous le président Bill Clinton, a déclaré que la convocation réussie de la BAII a représenté l’un des épisodes les plus dramatiques pour l’hégémonie états-unienne : « On se souviendra du mois dernier comme celui du moment où les États-Unis ont perdu leur rôle de garant du système économique mondial » [1].

 

Pékin retarde l’offensive majeure contre le dollar

 

Cependant, jusqu’à présent la Chine a agi avec une extrême prudence. En conséquence, presque tous les pays du G-7 — l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni — ont salué le lancement de la BAII. Cependant, même s’il est vrai que l’extraordinaire capacité d’attraction de Pékin a miné l’influence de Washington dans le financement mondial des infrastructures [2], la BAII se retient de rejeter le dollar. Bien que beaucoup aient spéculé [3] sur le fait que les prêts de la BAII seraient libellés en yuans — ou peut-être en monnaies locales — à ce jour, leurs demandes ont été émises en monnaie US.

 

En outre, il faut noter que sur les quatre prêts approuvés cette année par la BAII, pour un total de 509 millions de dollars, trois d’entre eux sont liés à des projets d’investissement qui impliquent également des institutions de l’ancien ordre financier mondial, celles qui ont été construites à l’image de Washington après la Seconde Guerre mondiale. À mon avis, les Chinois veulent profiter des actions qui ont été investies dans la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement, ainsi que des excellentes relations qui ont été établies avec l’Europe.

 

À l’heure actuelle, la BAII finance un programme d’amélioration de l’habitat en Indonésie, avec la Banque mondiale, par le biais d’un prêt de 216,5 millions de dollars ; la construction d’une route au Pakistan, pour un coût de 100 millions de dollars, est réalisée en collaboration avec la Banque asiatique de développement et le Département pour le développement international du Royaume-Uni ; un prêt de 27,5 millions de dollars, financé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, est utilisé pour la mise à niveau d’une route au Tadjikistan ; un prêt de 165 millions de dollars pour apporter l’électricité dans les zones rurales du Bangladesh est le seul projet que la BAII porte elle-même.

 

La Banque Asiatique a une vocation mondiale à investir dans les infrastructures

 

Malgré tout, la naissance de la BAII marque un tournant dans l’histoire des institutions multilatérales de crédit car elle est la première — en plus de la nouvelle banque de développement des BRICS — dans laquelle les économies émergentes sont les principaux actionnaires [4].

 

Les contributions économiques des trois puissances orientales des BRICS sont impressionnantes : la Chine est à 29,78 %, suivie par l’Inde avec 8,36 %, et la Russie troisième avec 6,53 %. En revanche, les vingt partenaires non régionaux contribuent au capital de la BAII pour seulement un quart des 100 milliards de dollars autorisés [5].

 

Dans un premier temps, la BAII a été conçue avec l’idée de fournir principalement un financement aux pays d’Asie, cependant, il semble que la Chine envisage de la transformer en une institution à vocation globale capable d’unir les aspirations de toutes les économies émergentes [6]. Dans cette perspective, à la cérémonie d’ouverture de son premier sommet annuel à Beijing en juin dernier, le président de la BAII, le chinois Jin Liqun, a annoncé qu’il envisage actuellement l’ajout de vingt-quatre autres pays [7].

 

En Amérique latine, le Chili, la Colombie, le Venezuela sont candidats. En Afrique, l’Algérie, la Libye, le Nigeria, le Sénégal et le Soudan ont présenté leur candidature. Il faut également souligner la candidature du Canada, qui, en collaboration avec le Mexique et les États-Unis fait partie de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). En Europe, Chypre, la Grèce et l’Irlande sont extrêmement intéressés. Si tout se passe aussi bien que jusqu’à présent, il est fort possible que d’ici la fin de cette année la BAII rassemble plus de cent pays membres [8], soit ont au moins 34 adhérents de plus que la Banque asiatique de développement, mais elle est encore loin d’atteindre les 183 adhérents de la Banque mondiale.

 

Opter pour un monde multipolaire

 

La BAII a de nombreuses tâches en suspens. En effet, bien qu’ayant enregistré des taux de croissance élevés du produit intérieur brut (PIB) au cours des deux dernières décennies, la région asiatique a échoué à mettre en place un système d’infrastructures de premier plan. Sultan Ahmed Al Jaber, qui est le ministre du gouvernement des Émirats Arabes Unis, a révélé que dans la région Asie-Pacifique près de 1 500 millions de personnes manquent d’installations sanitaires de base, 260 millions n’ont pas accès à l’eau potable et au moins 500 000 n’ont pas l’électricité dans leurs maisons [9].

 

En conclusion, le premier sommet annuel de la BAII a montré la détermination de la Chine à se faire entendre dans la « première ligue » de la finance internationale. Par son engagement dans la construction de la nouvelle « Route de la soie » [10], la BAII est un puissant contrepoids à l’influence géo-économique des États-Unis et du Japon dans la région asiatique. Toutefois, pour accélérer la construction d’un ordre mondial multipolaire, il est crucial que les gestionnaires de la BAII décident finalement d’abandonner le dollar, et surtout, ne renient jamais leur promesse d’améliorer les conditions de vie de l’humanité.

 


site : Le Saker Francophone 

 

Source 


Russia Today (Russie)

[1] « Time US leadership woke up to new economic era », Lawrence Summers, Financial Times, April 5, 2015.

[2] « The AIIB : The infrastructure of power », The Economist, July 2, 2016.

[3] « China seeks role for yuan in AIIB to extend currency’s global reach », Cary Huang, The South China Morning Post, April 14, 2015.

[4] « Beijing, le crépuscule asiatique post-Bretton Woods », par Ariel Noyola Rodríguez, Réseau Voltaire, 11 novembre 2014.

[5] « Asian Infrastructure Investment Bank : Articles of Agreement », Asian Infrastructure Investment Bank.

[6] « President’s Opening Statement 2016 Annual Meeting of the Board of Governors Asian Infrastructure Investment Bank », Asian Infrastructure Investment Bank, June 25, 2016.

[7] « AIIB expansion plans underscore China’s global ambitions », Tom Mitchell, Financial Times, June 26, 2016.

[8] « AIIB will have 100 countries as members by year-end : Jin Liqun », Li Xiang, China Daily, May 31, 2016.

[9] « The AIIB has been designed to benefit all », Sultan Ahmed Al Jaber,China Daily, June 25, 2016.

[10] « China’s AIIB seeks to pave new Silk Road with first projects », Tom Mitchell & Jack Farchy, Financial Times, April 19, 2016.

L’arbitrage sur la mer de Chine méridionale par Ruolin ZHENG

L’arbitrage sur la mer de Chine méridionale par Ruolin ZHENG

 

12 Juillet 2016

Les USA arborent leurs forces en mer de Chine méridionale avec des bâtiments de guerre et des avions militaires

Ces derniers mois, tous mes amis français me posaient des questions sur la Mer de Chine méridionale, alors que les Philippines viennent d’intenter un procès à la Chine auprès du Tribunal international d’arbitrage de La Haye. Il est à noter que l’affaire sera traitée non pas par la Cour internationale de Justice (CIJ) qui constitue l’organe judiciaire principal de l’ONU, mais par le Tribunal international d’arbitrage qui siège à La Haye et qui ne dépend d’aucune organisation internationale et qui n’est donc pas transparent. Le verdict de ce tribunal sera bientôt rendu public.

 

Par ailleurs, les multiples apparitions des forces navales américaines dans les eaux de la mer de Chine méridionale donnent lieu de temps à autre à des rencontres impromptues avec la marine chinoise, accroissant considérablement les risques d’incidents. La situation tendue en mer de Chine méridionale aiguise l’appétit des médias du monde entier.

 

Ce que je regrette profondément, c’est que comme sur bien d’autres questions, la Chine se retrouve sur le banc des accusés. C’est toujours elle qu’on qualifie dans les médias français de « provocatrice » dans la question relative à la mer de Chine méridionale. Lorsqu’ils analysent cette question, les chercheurs français font toujours un choix sélectif : ils prêtent l’oreille aux arguments américains, japonais, philippins et vietnamiens, mais n’écoutent jamais les explications de la partie chinoise, n’en demandent jamais, ne s’y intéressent pas. D’autres fois, ils prennent les faits historiques et l’actualité décrits par la Chine pour des « déformations », qualifient de « sophisme » les explications chinoises, et, lorsque la Chine émet une protestation, ils la rebaptisent « menace. »

 

En réalité, le fond de la question de la mer de Chine méridionale n’est pas difficile à comprendre. Jusque dans les années 1970, il n’existait aucun conflit concernant les eaux territoriales en mer de Chine méridionale. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Japon, pays envahisseur vaincu, a restitué à la Chine les territoires et les eaux territoriales qu’il avait illégalement occupés, et la Chine a rendu publiques les lignes discontinues à neuf sections délimitant ses eaux territoriales au sud de la mer de Chine méridionale, affirmant explicitement sa souveraineté sur cette zone de la mer de Chine méridionale. À cette époque, la souveraineté de la Chine sur la mer de Chine méridionale a été largement reconnue sur le plan international et ne faisait pas l’objet de conflits internationaux, ni avec les États-Unis, ni avec les pays limitrophes. Certains des pays qui avancent aujourd’hui des prétentions sur une portion de ces territoires avaient porté sur les cartes géographiques publiées dans ces mêmes pays les lignes discontinues à neuf sections dessinant les limites des eaux territoriales chinoises. Cependant, dans le contexte de la guerre civile qui opposait la partie continentale et Taiwan qui s’est prolongé pendant une longue période, la partie continentale de la Chine s’est trouvée dans l’incapacité d’exercer un contrôle effectif sur certaines îles de cette zone, ce qui a permis à certains pays d’en tirer l’argument de futures revendications territoriales.

 

En 1968, un organisme dépendant de la Commission économique des Nations unies pour l’Asie et l’Extrême-Orient a annoncé, suite à des prospections, l’existence probable de riches ressources d’hydrocarbures en mer de Chine méridionale. La nouvelle a immédiatement suscité l’intérêt de plusieurs pays asiatiques limitrophes. Ce n’est qu’après l’entrée en vigueur de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) en 1994, convention à laquelle les États-Unis n’adhèrent pas jusqu’à aujourd’hui, que ces pays ont avancé leurs revendications de souveraineté. La partie chinoise a avancé à ce moment-là la proposition selon laquelle « la souveraineté appartient à la Chine, mais les divergences peuvent être laissées de côté pour engager une exploitation commune » des ressources, idée inscrite dans la Déclaration commune publiée à l’issue de la rencontre informelle des chefs d’État Chine-ASEAN de 1997. La Chine est donc parvenue à un accord avec les pays concernés pour une exploitation commune de la mer de Chine méridionale. Un accord qui vide largement de son sens la « question de la mer de Chine méridionale. »


C’est la stratégie de « pivot vers la région Asie-Pacifique » des États-Unis qui a de fait provoqué la crise actuelle.

 

Les États-Unis s’inquiètent de voir la Chine devenir une nouvelle superpuissance grâce à son industrialisation irrésistible. Bien que la Chine déclare à qui veut l’entendre qu’elle n’a l’intention ni de prétendre à l’hégémonie ni de défier l’ordre international existant, il est peu probable que les États-Unis, soucieux de préserver leur statut de seule hyperpuissance, selon le mot de l’ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine, restent les bras croisés devant l’émergence de la superpuissance chinoise. C’est pourquoi les États-Unis ont officiellement annoncé sous le mandat de Barack Obama, leur stratégie de pivot vers l’Asie-Pacifique.

 

Dans le même temps, l’importance géostratégique de la mer de Chine méridionale s’accroît continuellement pour les États-Unis. Pour certains stratèges américains, l’importance géostratégique des océans asiatiques doit supplanter au XXIe siècle celle que l’on accordait au XXe siècle au Continent européen. La mer de Chine méridionale occupe justement une position centrale dans les échanges maritimes entre la Chine et le monde extérieur. Prendre le contrôle de la mer de Chine méridionale, c’est prendre la Chine à la gorge. L’un des objectifs stratégiques inavouables des États-Unis est justement de préserver leur maîtrise de la mer, notamment en mer de Chine méridionale.

 

Puissance maritime, les États-Unis ont une sensibilité politique particulière pour la liberté de navigation, et c’est là un autre facteur explicatif de l’ingérence accrue des États-Unis dans les questions relatives à la mer de Chine méridionale. Les États-Unis s’inquiètent que le contrôle renforcé par la Chine de ses eaux territoriales, notamment en mer de Chine méridionale, affecte non seulement la liberté de navigation des flottes américaines dans cette zone, mais encore qu’il ne donne un « mauvais exemple » qui pourrait influencer, puis limiter la libre circulation des forces navales les plus puissantes du monde. De fait, c’est aussi pour cette raison que les États-Unis ont toujours refusé de signer la CNUDM.

 

Actuellement, les États-Unis travaillent à renforcer sur tous les plans leur déploiement militaire en Asie, poursuivant un objectif stratégique clair et précis. C’est pourquoi leur stratégie de rééquilibrage vers l’Asie-Pacifique est étroitement liée au soutien très actif qu’ils apportent aux revendications territoriales des pays limitrophes sur la mer de Chine méridionale.

 

En 2010, la secrétaire d’État américaine Hilary Clinton a critiqué ouvertement à Hanoï la position de la Chine sur la question de la mer de Chine méridionale, ce qui a lancé le débat sur la question. Depuis lors, les conflits sino-américains se multiplient à ce sujet. Les États-Unis ont commencé par envoyer directement des bâtiments de guerre en mer de Chine méridionale pour y exercer leur soi-disant « liberté de navigation » ; ensuite, ils ont apporté un soutien actif aux Philippines dans leur tentative d’imposer un « arbitrage international » à la Chine.

 

Accuser la Chine de perturber le principe de la liberté de navigation internationale, cela revient à trouver un prétexte pour l’incriminer. La Chine n’a jamais imposé de restrictions à la liberté de navigation, mais n’est-elle pas en droit de poser des questions lorsque les bâtiments de guerre d’un pays étranger arrivent sur son entrée maritime ? Le premier chef d’accusation contre la Chine sur cette question concerne les travaux de remblai et de construction d’îles qu’elle y conduit. Des travaux de remblai et de construction d’îles qui ne sont pas une initiative chinoise, mais bien des Philippines et du Vietnam. Ce dernier a même construit une base de lancement de missiles sur une île artificielle récemment construite. La Chine n’a fait que leur rendre la monnaie de leur pièce, se rendant compte que ses protestations étaient inutiles. Ce qui doit être noté, c’est la vitesse incroyable à laquelle ces travaux chinois ont été menés, prenant de court les autres pays. Il est donc injuste d’accuser la Chine de prendre parti en faveur d’autres pays, cela alors que la Chine a déjà annoncé l’arrêt de ses travaux de construction.

 

Ceux qui analysent les faits de manière impartiale s’aperçoivent que le processus d’arbitrage sur la question de la mer de Chine méridionale est depuis le début manipulé par les États-Unis. L’acte d’accusation a été rédigé par des Américains, plus de 3 000 documents ont été sélectionnés par des Américains, et le résultat définitif sera bien entendu favorable à la stratégie de rééquilibrage des États-Unis vers l’Asie-Pacifique. Le gouvernement chinois a adopté une position de non-reconnaissance et de non-participation à cet arbitrage parce que le tribunal en question n’a pas de juridiction, ni de neutralité, ni d’impartialité.

 

Le Tribunal international d’arbitrage prononcera bientôt sa sentence. Dans le cas où le résultat ne serait pas favorable à la Chine, les États-Unis l’interpréteront certainement comme un « arbitrage juridique international » et demanderont ou chercheront à obliger la Chine, par la pression médiatique, à accepter la sentence. Ils menaceront de déclarer que la Chine ne respecte pas le droit international. Certains spécialistes chinois estiment même que, dans le cas où la pression américaine sur la Chine n’aurait pas d’effet dans le domaine diplomatique, la possibilité de sanctions économiques serait brandie par les États-Unis, qui lieraient la position de la Chine sur l’arbitrage à certaines activités économiques sino-américaines, voire s’engageraient sur la voie des sanctions dans une certaine mesure, soutenant autant que possible les Philippines dans leurs machinations à l’encontre de la Chine, peut-être en saisissant par la force des bateaux de pêche chinois. Si l’on se prépare au pire, les États-Unis lanceront probablement des menaces militaires contre la Chine.

 

Cela me rappelle un autre litige maritime international.


En 2010, le Royaume-Uni a délimité, dans l’archipel des Chagos, dans l’Océan indien, une zone de protection maritime de 1,036 million de km2, suscitant le mécontentement de l’île Maurice. Cette dernière a intenté un procès au Royaume-Uni auprès du Tribunal international d’arbitrage qui a jugé que le Royaume-Uni avait violé la convention sur le droit de la mer. Mais le Royaume-Uni a refusé catégoriquement d’accepter ce verdict et continue, aujourd’hui encore, d’exercer un contrôle sur ces eaux maritimes controversées. La conduite du Royaume-Uni peut-elle servir d’exemple à la Chine ? De fait, jusqu’à quel point un tel verdict peut-il être fiable, étant donné qu’une seule partie concernée était présente, la Chine ayant refusé de reconnaître la compétence de ce tribunal d’arbitrage ? Et de quel droit ce tribunal prétend-il obliger la Chine à accepter son jugement ?


Actuellement, les États-Unis ne cessent d’exhiber leurs forces militaires en mer de Chine méridionale et envoient régulièrement des bâtiments de guerre et des avions militaires exercer leur droit à la « navigation libre ». Ces agissements des États-Unis recueillent bien entendu le soutien de la France et des autres pays occidentaux. La France a récemment envoyé elle aussi des navires militaires en mer de Chine méridionale pour se joindre à cette « navigation libre ». La menace d’employer la force s’affirme chaque jour davantage. La Chine a déclaré de son côté qu’elle ne provoquerait pas de troubles, mais qu’elle ne les craint pas non plus. Cela signifie que la Chine ne cèdera pas d’un pouce sur la défense de sa souveraineté et de son territoire.

 

Il est à noter que la Chine, qui connaît une émergence rapide, n’a jamais eu pour habitude de résoudre les conflits internationaux par la force. Elle ne prend jamais l’initiative de régler les conflits internationaux par la voie militaire. Jusqu’à présent, la Chine est toujours parvenue à faire entendre la voix de la raison. Elle cherche à obtenir le soutien international, notamment celui des pays en développement, par des moyens diplomatiques. Dans le même temps, elle travaille à exposer ses points de vue et sa position au monde extérieur. Ce sont les « réponses douces » de la Chine. Cette façon de faire montre pleinement que la Chine respecte le droit international et les intérêts des autres pays et qu’elle s’efforce de régler les divergences par voie de consultations et de négociations.


Bien entendu, je crains que la patience dont fait preuve la Chine ne soit interprétée par certains pays comme une faiblesse et la crainte devant les troubles possibles. Ce serait une erreur d’évaluation qui pourrait conduire à la catastrophe… J’espère que cette crainte s’avérera non fondée.

 

ZHENG RUOLIN
(Ancien correspondant à Paris du quotidien Wen Hui Bao de Shanghai).

Xi Jinping appelle à protéger de la corruption l'environnement interne du Parti

Xi Jinping appelle à protéger de la corruption l'environnement interne du Parti

 

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Xi Jinping appelle à protéger de la corruption l'environnement interne du Parti

2016-06-29 18:15:30 xinhua

 

Le président chinois, Xi Jinping, a appelé à davantage d'efforts pour éliminer la corruption, en la qualifiant de "source de pollution la plus mortelle" pour l'environnement politique à l'intérieur du Parti communiste chinois (PCC).

 

M. Xi, qui est également secrétaire général du Comité central du PCC, a fait ces remarques mardi après-midi lors d'une étude de groupe sur la discipline du Parti, à laquelle ont assisté les membres du Bureau politique du Comité central du PCC.

 

M. Xi a souligné qu'un environnement politique sérieux, sain et intègre au sein du PCC était crucial pour que le Parti maintienne sa vigueur, ses atouts, sa créativité et son unité, depuis les 95 dernières années, ce qui distingue le PCC des autres partis non marxistes.

 

Le PCC célébrera son 95e anniversaire le 1er juillet.

 

Le PCC a grandi à partir d'un groupe d'une cinquantaine de membres, pour devenir le plus grand parti au pouvoir dans le monde, avec plus de 88 millions de membres, a rappelé M. Xi, en soulignant qu'une telle croissance est basée sur les liens avec le peuple, la rationalité, une conviction ferme, une organisation solide et les règles, lesquels sont étroitement liés avec l'environnement politique au sein du Parti.

 

"Nous devons accorder la même attention pour prévenir les mauvaises actions et pour encourager les bonnes pour remplir notre Parti avec l'énergie positive et ne laisser aucun espace au mal", a-t-il ajouté.

 

source: http://french.cri.cn/621/2016/06/29/301s484247.htm 

 

Publié dans PCC

Guerres hybrides : 6. Comment contenir la Chine (I)

Guerres hybrides : 6. Comment contenir la Chine (I)

 

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Par Andrew Korybko (USA) – Le 17 juin 2016 – Source Oriental Review

 

La Chine est la seule grande puissance avec les moyens économiques pour défier les États-Unis partout dans le monde. En tant que telles, ces qualités se complètent parfaitement avec les capacités militaires de la Russie en aidant les deux pôles civilisationnels à forger ensemble un ordre mondial multipolaire. La manifestation de leur vision globale commune et le cadre dans lequel elles coopèrent est le partenariat stratégique russo-chinois, et à cause de la proximité intime de Pékin avec Moscou, c’est aussi la cible des déstabilisations par les États-Unis par tous les moyens, au travers de proxy. La stratégie de Washington ne se limite pas uniquement à entraver des projets conjoints transnationaux multipolaires (aussi ambitieux que soit déjà ce but), mais aussi à contenir physiquement la Chine dans sa propre région d’origine, semblable à bien des égards à ce qui a été tenté contre la Russie depuis la fin de la guerre froide.

 

Ces deux stratégies se croisent dans une large mesure et ont un point commun majeur entre elles, dans le sens où elles peuvent toutes deux être favorisées par les guerres hybrides instrumentalisées par les Américains. Cette partie explore l’applicabilité de cette méthode pour l’ASEAN, la cour stratégique et le ventre mou de la Chine. À bien des égards, l’ASEAN est à la Chine ce que l’Asie centrale est à la Russie, mais il peut être fortement soutenu que l’ASEAN est d’une importance économique beaucoup plus critique pour la Chine que l’Asie centrale ne le sera jamais pour la Russie (bien que les deux régions aient une valeur stratégique égale, par rapport à chaque grande puissance respectivement). La première partie cartographiera les trois pays de l’ASEAN les plus vulnérables aux guerres hybrides (le Myanmar, le Laos et la Thaïlande), mais leur importance géopolitique et l’attrait que les États-Unis auraient à cibler spécifiquement ces États ne peuvent être pleinement compris si on l’explique hors du cadre de la région plus large qu’est l’ASEAN.

 

Pour cette raison, j’intégrerai dans les premières parties de cette étude géopolitique un focus sur l’ASEAN dans son ensemble, en expliquant sa stratégique saillante en général, puis en décrivant la façon dont les États-Unis envisagent de militariser par proxy le bloc des rivalités macro-régionales contre la Chine. Dans le même ordre d’idée, il est également pertinent de détailler les grands projets stratégiques de la Chine pour répondre à cet encerclement agressif et à la militarisation unipolaire des routes navigables dans les eaux internationales dont dépend une grande partie de sa croissance économique. Cela amène naturellement à réfléchir de manière approfondie sur les raisons pour lesquelles la Chine a choisi le Myanmar, le Laos et la Thaïlande comme pays d’accueil pour ses projets multipolaires conjoints transnationaux et comment ceux-ci sont envisagés comme des contre-mesures appropriées, afin d’éluder le piège que les États-Unis ont posé dans le Sud de la Mer de Chine. Les vulnérabilités socio-politiques de tous les pays de l’ASEAN seront ensuite abordées, avant que la recherche ne se penche en profondeur sur les études des cas thaïlandais et du Myanmar. Ensuite, ces deux scénarios seront comparés entre eux pour mettre en évidence la différence entre leurs vraisemblances et leur impact stratégique global respectifs.

 

À la croisée des chemins de l’économie mondiale

 

La solide croissance de l’ASEAN au cours des dernières décennies en a fait un partenaire privilégié pour beaucoup, et le bloc économique a conclu plusieurs accords de libre-échange (ALE) de haut niveau ces deux dernières années. À la fin 2015, elle a conclu des ALE bilatéraux avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande, la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud, pour l’essentiel, ce qui en fait le carrefour économique formel entre ces grandes économies mondiales. En outre, elle est actuellement engagée dans des négociations de libre-échange avec l’UE et l’Union eurasienne, qui, s’ils sont finalement scellés, donneraient à l’ASEAN des droits de libre-échange avec la quasi-totalité du supercontinent, à l’exception du Moyen-Orient et d’une petite poignée d’autres pays. Avec la convergence de tant d’intérêts économiques autour de l’ASEAN, ce n’est qu’une question de temps avant que cette série d’accords bilatéraux ne soit élargie dans un cadre multilatéral, qui intégrerait progressivement chacune des parties.

 

Un tel arrangement représenterait une victoire majeure pour l’Eurasie et le monde multipolaire, parce qu’il lierait chacune des grandes puissances ensemble et les rendrait collectivement plus interdépendantes les unes les autres que chacune d’elles individuellement ne le serait jamais avec les États-Unis. C’est évidemment une vision à long terme et ce ne sont pas des choses qui peuvent être mise en place en quelques années, mais le chemin sera pavé encore un peu plus, si l’ASEAN parvient à ancrer des accords de libre-échange avec l’UE et l’Union eurasienne. Les ALE de plus en plus imbriqués que ces partenaires économiques respectifs signent entre eux seront inévitablement tous rapprochés avec le temps, malgré les différences politiques et structurelles  entre certains d’entre eux, tels que le coup de froid imposé actuellement par les Américains dans les relations entre l’UE et l’Union eurasienne.

Le TTIP piétine tout

 

Si on lui donnait la chance de se comporter librement, l’UE aurait probablement intensifié ses relations bilatérales avec l’Union eurasienne, comme en témoigne, fin novembre  2015, la sensibilisation de Junker à l’égard de son bloc. Mais la grande stratégie des États-Unis a toujours été basée sur le maintien des deux entités divisées, d’où la crise ukrainienne fabriquée, puis la nouvelle guerre froide. Si une percée dans les relations bilatérales se produisait – peut-être en raison de changements structurels que le Balkan Stream et la route de la soie des Balkans généreraient à l’intérieur de l’UE si l’un d’entre eux était terminé avec succès –,  il est probable que le chevauchement de leurs intérêts économiques dans l’ASEAN (négocié indépendamment jusqu’ici) pourrait représenter le catalyseur idéal pour se regrouper et formaliser un cadre économique plus large et plus inclusif entre tous les acteurs. Le raisonnement sous-jacent est que la détérioration actuelle des relations UE-Union eurasienne attribuée aux Américains est le seul obstacle structurel non naturel empêchant tous les blocs commerciaux du supercontinent de coopérer à l’échelle suggérée ci-dessus.

 

Du point de vue stratégique américain, cependant, cela représenterait l’échec ultime de leur politique de division pour régner en Eurasie, et c’est pour cette raison institutionnelle que les États-Unis sont si déterminés à poursuivre le partenariat commercial et l’investissement transatlantique (TTIP) avec l’UE. Dans le cas où cette proposition néo-impérialiste entrerait en vigueur, les États-Unis auraient le rôle dominant pour décider si leur partenaire novice qu’est l’UE est autorisé à poursuivre ses négociations de libre-échange en cours avec le Japon et l’Inde. Plus que probablement, ces négociations seraient indéfiniment gelées, alors que ces processus sont déjà au point mort, afin de consolider le contrôle économique des USA sur le bloc. Ce n’est qu’après l’exercice d’un contrôle incontestable sur l’UE, que Washington permettra aux pourparlers d’avancer. A ce moment-là, l’objectif sera de lier le TTIP et le TPP (qui sera élargi prochainement, mais dont la composante asiatique sera dirigée par le Japon)  pour faire des États-Unis l’acteur institutionnel essentiel entre eux, puis compléter la domination unipolaire enveloppant économiquement l’Eurasie en amenant l’Inde dans le mélange à un certain moment.

 

Cette stratégie est ordonnée par les États-Unis, qui utilisent le battage médiatique autour de la nouvelle guerre froide qu’ils ont créée pour effrayer leurs partenaires et les amener à accepter le TTIP et le TPP sur la base de la perception fabriquée qu’ils ont besoin de contenir la Russie et la Chine, respectivement. Dans le scénario ci-dessus, si les États-Unis ne parviennent pas à faire avancer le TTIP, l’UE s’alignera de façon indépendante avec l’une de ces grandes économies asiatiques (gageons qu’elle entamerait des négociations de libre-échange avec la Chine), et les États-Unis pourraient perdre rapidement leur prééminence actuelle sur l’économie de l’UE. En très peu de temps, Bruxelles pourrait finalement arriver à la conclusion à laquelle tout le monde autour du globe est déjà arrivé et réaliser que l’avenir de l’économie mondiale repose sur l’Est et non sur l’Occident. Elle entamerait alors des relations commerciales plus larges et plus libres avec ses autres partenaires potentiels. Cela passerait bien sûr par l’inclusion de la Russie et de l’Union eurasienne. Ces deux économies convergeant déjà l’une vers l’autre (se rappeler que seuls des obstacles politiques attribués aux américains retardent l’échéance), il est prévisible qu’elles  coordonneraient leurs ALE respectifs avec l’ASEAN comme une dernière étape avant de conclure des accords similaires entre elles.

 

Plans de secours multilatéraux

 

Aussi positive que soit l’image dépeinte dans la section ci-dessus, elle ne se concrétisera probablement pas pendant au moins la décennie à venir, le cas échéant, quand on voit comment les États-Unis sont sérieux à garder active cette rivalité de Nouvelle Guerre froide. Que ce soit à travers les rouages institutionnels du TTIP ou à l’extérieur de celui-ci, par l’intermédiaire de mesures sans scrupules si ledit accord n’était pas prêt à temps, les États-Unis feront tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher l’UE de développer des relations économiques indépendantes avec l’Union eurasienne, la Chine et l’ASEAN. L’UE pourrait éventuellement être autorisée à approfondir ses relations avec le Japon et l’Inde (par la grande stratégie unipolaire décrite précédemment), mais même cela est discutable, à moins que les USA n’aient l’assurance de garder assez de contrôle sur le bloc après l’obtention de ces accords potentiels. Ils n’auront sans doute pas confiance pour laisser faire, à moins de contrôler l’UE formellement par le TTIP, rendant ainsi ces zones de libre-échange potentielles peu probables, du moins à court et moyen terme, sauf bien sûr changements géopolitiques inattendus. Pour une grande part, l’UE peut donc être écartée en toute sécurité des discussions sérieuses sur les zones de libre-échange intra-eurasiennes, mais cela ne signifie pas que ces rêves doivent être découragés simplement parce que le bloc ne peut raisonnablement pas y prendre part pour un certain temps (le cas échéant).

 

RCEP et FTAAP

 

Pour compenser la non-participation attendue de l’Union eurasiatique à l’intérieur des cadres économiques multipolaires envisagés, quelques propositions modifiées ont été faites. Deux des plus promues sont le Partenariat régional global économique (RCEP) et la zone de libre-échange de l’Asie-Pacifique (FTAAP), tous deux activement soutenus par la Chine. Le RCEP est la formalisation d’un ALE multilatéral entre l’ASEAN et chacun de ses partenaires de libre-échange déjà existants (Australie, Chine, Inde, Japon, Nouvelle-Zélande et Corée du Sud). Le FTAAP, quant à lui, pousse les choses beaucoup plus loin et propose une grandiose zone de libre-échange entre tous les pays qui constituent le forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC). Donc y compris la Russie, les États-Unis et quelques autres pays de l’hémisphère occidental, mais au détriment d’un accord de libre échange complet du commerce avec l’ASEAN dans son ensemble (dont le Myanmar, le Laos et le Cambodge, qui ne sont pas membres de l’APEC).

 

Il est néanmoins significatif que la plupart des pays au sein du bloc participeraient à ce cadre, ce qui souligne à quel point les économies de l’ASEAN sont favorables à des offres de libre-échange trans-régionales de nos jours. Dans le même temps, cependant, l’inclusion des États-Unis pourrait grandement miner la flexibilité multipolaire du groupement à venir et le transformer plutôt en une organisation économique apolitique, qui ne pourrait être utilisée en aucune manière pour affaiblir la vision unipolaire des États-Unis. Il est probable que la Russie et la Chine ne soutiennent cette idée que dans le but de marquer des points politiques, en l’opposant aux plans exclusifs du TPP des USA qui menacent de saper les connexions commerciales existantes des deux grandes puissances et les possibilités futures avec les États concernés.

 

Vision de la Russie vis-à-vis du GEFTA

 

La dernière proposition pour créer un bloc commercial trans-régional multilatéral est venue de Russie et a été annoncée lors du discours du président Poutine à l’Assemblée fédérale le 4 décembre 2015. Le dirigeant russe a fait connaître l’intention de son pays de former un partenariat économique entre l’Union eurasienne, les États de l’ASEAN et de l’OCS (y compris les deux membres pressentis, l’Inde et le Pakistan), en faisant valoir que la nouvelle organisation «constitue près d’un tiers de l’économie mondiale, en termes de parité de pouvoir d’achat». C’est la plus réaliste des trois suggestions et la plus susceptible d’être mise en œuvre dans la pratique. La Chine a déjà un ALE avec le Pakistan (la fermeture de l’intégration eurasienne), et l’Union eurasienne étudie la possibilité de sceller des accords similaires avec l’Inde et le candidat officiel à l’OCS, l’Iran. À noter que la Russie et la Chine sont également engagées dans un partenariat trilatéral avec la Mongolie, qui pourrait aussi devenir de manière prévisible une zone de libre-échange à l’avenir.

 

En supposant que Moscou réussisse à atteindre ces objectifs (et il n’y a aucune raison d’en douter pour le moment), puis unisse l’Union eurasienne et l’OCS dans un partenariat économique qui serait un ajustement naturel, l’ASEAN offrirait une touche complémentaire parfaite qui pourrait stimuler économiquement tous les membres. En outre, l’inclusion de l’Inde et du Pakistan dans le cadre discuté entraînerait probablement le reste de l’Association sud-asiatique de coopération régionale (SAARC, qui a sa propre zone de libre-échange interne de commerce) a le rejoindre, ce qui pousserait l’intégration des partenaires de cette organisation, l’Afghanistan, le Bangladesh, le Bhoutan, les Maldives, le Népal et le Sri Lanka. Prise dans son ensemble, la vision de la Russie revient à former la Grande région eurasienne de libre-échange (GEFTA) qui est censée englober la grande majorité de l’Asie et fusionner un jour avec l’Union eurasienne, excluant pour le moment, évidemment, les économies européennes (de l’UE et des États non membres de l’UE), le Moyen-Orient (sauf peut-être la Syrie et Israël [une étrange combinaison bien sûr, mais poursuivie pour des raisons tout à fait distinctes]), les deux Corées et le Japon.

 

L’obstacle indien ouvre une possibilité pour l’ASEAN

 

Même en supposant un minimum d’interférences (américaines) externes essayant de compenser la vision de la Russie, il est prévisible que l’Inde présentera un défi majeur pour la mise en œuvre du GEFTA. L’Inde et la Chine sont engagées dans un dilemme de sécurité très intense qu’aucune des deux parties ne veut reconnaître publiquement. Dans ces conditions, il est peu probable que l’une d’elles soit sérieuse sur la poursuite d’un ALE avec l’autre. Du point de vue de New Delhi, l’Inde n’a aucune raison de sacrifier ce qu’elle voit comme ses intérêts économiques nationaux en concluant un ALE avec la Chine, peu importe que ce soit le RCEP ou le GEFTA. Relativement au RCEP, l’Inde a déjà conclu des ALE avec le Japon et la Corée du Sud, et elle ne croit pas que l’inclusion de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande dans le cadre multilatéral proposé compense le déséquilibre économique qu’elle pense subir au travers d’un libre-échange tarifaire avec la Chine, qu’elle devrait accepter dans le cadre de cette transaction. En ce qui concerne le GEFTA, les préoccupations sont très semblables. L’Inde est actuellement dans une relation de libre-échange avec l’ASEAN et pourrait éventuellement en conclure un avec l’Iran, après que ce dernier eut proposé une telle idée au printemps 2015. Avec les progrès tout à fait positifs pour atteindre un accord de libre-échange avec l’Union eurasienne un jour prochain, l’Inde n’a pas besoin de sauter dans le GEFTA, alors qu’elle est tout sauf assurée d’en tirer les avantages demandés via cet accord, en y enlevant les complications prévisibles si l’accord doit inclure aussi la Chine (où son leadership ne voit actuellement aucun avantage).

L’absence attendue de l’Inde au GEFTA ne signifie pas l’échec de la vision, mais elle met en évidence sa dépendance à l’égard de l’inclusion de l’ASEAN pour être géopolitiquement assez étendue pour devenir un point déterminant dans l’économie mondiale. L’Union eurasienne et ses accords bilatéraux de libre-échange sont des développements positifs en eux-mêmes, surtout s’ils débouchent sur une perspective d’ALE entre l’Union eurasienne et la Chine intégrant multi-latéralement les  accords déjà conclus (comme avec l’Iran). Toutefois, la multi-polarité serait infiniment plus forte grâce à l’ajout de l’ASEAN à cet accord. Le Vietnam est déjà partant pour un tel accord avec l’Union eurasienne, et même s’il est un composant robuste du portefeuille de partenariat de l’Union, son potentiel mutuel pâlit de la comparaison avec les deux groupements économiques ayant leur propre pacte inclusif bloc à bloc. L’une des étapes pour faire avancer cette possibilité serait pour la Russie de faire un usage efficace de la SEZ de l’ASEAN (Special Economic Zones) avec le Myanmar, le Laos et le Cambodge afin d’atteindre des ALE individuels avec les autres membres de la partie continentale de l’organisation (y compris la Thaïlande, à laquelle Medvedev a offert cette possibilité au printemps 2015). Ils pourraient alors faire collectivement pression sur leurs homologues insulaires pour aller dans ce sens.

 

Le TPP contre-attaque

 

La plus grande menace pour les relations économiques du monde multipolaire avec l’ASEAN vient directement du TPP. Les États-Unis font pression avec cet arrangement commercial exclusif, afin de faire obstacle aux partenariats commerciaux existants que les pays non alliés (Russie et Chine) planifient de renforcer auprès de chaque membre du bloc. Dans un sens, le traité peut être considéré comme une déclaration préalable de guerre économique, parce que les États-Unis prennent des mesures actives pour sculpter un marché restreint qui tomberait principalement sous leur contrôle. Washington est pleinement conscient que Moscou envisage un pivot vers l’Asie et comprend qu’il doit être diversifié et intégrer la Chine s’il veut atteindre son plein potentiel économique. En ce qui concerne Pékin, les États-Unis reconnaissent à quel point les obstructions aux relations économiques bilatérales Chine-ASEAN pourraient perturber la Nouvelle Route de la Soie que la Chine espère achever dans les prochaines années. Les États-Unis aimeraient utiliser l’hégémonie économique qu’ils pourraient acquérir sur chacun des membres de l’ASEAN via le TPP afin de les intimider, de les éloigner de ces centres multipolaires et de les ancrer fermement dans le camp unipolaire. Il y a des raisons concrètes de prendre cette menace stratégique au sérieux.

 

L’AEC

 

L’ASEAN a franchi une étape historique lors de son 27e sommet, fin novembre 2015 à Kuala Lumpur, en acceptant de former la Communauté économique de l’ASEAN (AEC), afin de coordonner les relations économiques du bloc avec le monde extérieur et renforcer la coopération sociale, culturelle et sécuritaire entre ses membres. Il est prévu que l’AEC cherchera à adopter des accords commerciaux en bloc à partir de ce moment, cherchant éventuellement à élargir le TPP pour y inclure le reste de l’organisation au fil du temps. Le raisonnement est assez simple. L’ASEAN souhaite normaliser les accords commerciaux que ses membres entretiennent avec les pays et les blocs extérieurs, afin de ne pas créer un déséquilibre structurel interne entre ses économies. Si la Malaisie entre dans le TPP, mais que le Vietnam a un ALE avec l’Union eurasienne, on peut imaginer que cela créerait un désavantage pour les Philippines, qui ne disposent pas de liens institutionnalisés avec l’un ou l’autre des blocs. Le méli-mélo des différents acteurs externes, qui interagissent avec l’ASEAN sur une base de membre à membre au lieu de traiter avec tout le groupe, crée une situation interne inutilement complexe, qui rend plus difficile aux divers membres de l’AEC de s’intégrer économiquement les uns aux autres.

 

Bien que ce ne soit pas la comparaison la plus précise, dans ce cas, il est peu approprié de jumeler l’AEC avec l’Union eurasienne alors que les deux blocs veulent contrôler les relations économiques institutionnalisées de leurs membres avec d’autres États et organisations. Même si cet objectif n’a pas été officiellement proclamé par l’AEC pour l’instant, il est fonctionnellement inévitable qu’il aille dans cette direction, tôt ou tard, une fois que ses membres auront défini plus sérieusement leurs objectifs d’une intégration partagée. Cela signifie que l’AEC aura un jour à déterminer avec quels accords bilatéraux n’incluant pas de bloc elle veut s’étendre, pour couvrir l’ensemble de l’organisation et ceux que ses membres respectifs seront contraints d’abandonner. Il est important de noter à ce stade, que la plupart des membres de l’AEC semblent aller dans la direction du TPP, à en juger du moins par les déclarations émanant des deux meilleurs économies du groupe, l’Indonésie et la Thaïlande. Le Président Joko Widodo a dit à Obama, lors d’une réunion à la Maison Blanche à la fin Octobre que l’«Indonésie a l’intention de se joindre au TPP», tandis que l’un des vice-premiers ministres de la Thaïlande a proclamé à la fin de novembre que son pays «est très intéressé à se joindre au TPP […] il y a de fortes chances que la Thaïlande cherche à rejoindre le TPP».

 

La Thaïlande et l’Indonésie

 

La Thaïlande pourrait essayer de s’incliner publiquement face aux États-Unis aussi longtemps que possible, afin de dévier une partie de l’hostilité que beaucoup lui portent à Washington, depuis que le coup d’État multipolaire a évincé les dirigeants pro-américains et que le pays s’est largement réorienté vers la Chine. Il est probable que Bangkok n’ait pas l’intention sincère de se joindre au TPP, ou tout au moins pas à ce stade. En effet, cela mettrait en danger le partenariat stratégique qu’il a rapidement développé avec Pékin au cours de la dernière année et demie (ce sera abordé plus en avant dans la recherche), mais la situation avec l’Indonésie est beaucoup plus simple. À l’insu de la plupart des observateurs, l’Occident a engagé un mini-confinement de toutes sortes de manière contre le pays, afin de faire pression sur ses dirigeants pour prendre des décisions pro-unipolaire au moment opportun. Widodo est déjà reconnu comme  favorable à l’Ouest, mais il est toujours le maître de l’une des plus grandes économies du monde et a un rôle difficile à jouer pour contenir la Chine (comme la voit le dirigeant indonésien) tout en évitant de se soumettre totalement à la suprématie des États-Unis et devenir son dernier état proxy.

 

Réécriture des règles

 

Malheureusement, cependant, il semble que l’Indonésie soit sur le point d’utiliser son rôle de leader économique dans l’AEC pour égarer le reste de l’organisation en favorisant son basculement dans la servitude unipolaire. Si Jakarta s’engage vers le TPP, il est prévisible que ce sera le facteur décisif pour savoir si le reste de l’AEC accepte l’offre commerciale défavorable des États-Unis, au détriment de l’amélioration de ses liens avec l’Union eurasienne. En fait, la mise en œuvre du TPP pourrait même conduire à l’annulation éventuelle des ALE de l’ASEAN avec la Chine, portant ainsi un coup double à l’influence institutionnelle du monde multipolaire en Asie du Sud-Est.

 

À peine les détails ont-ils été connus au sujet du TPP (la fuite d’un texte d’environ deux millions de mots, qui le rend presque impossible à lire pour une seule personne pour bien le comprendre) qu’il a déjà été bien établi que les ajustements juridiques préférentiels à respecter, qui sont prescrits à chaque partie, ne sont qu’un écran de fumée pour permettre aux grandes entreprises d’acquérir des droits politiques décisifs. L’une des controverses ici, est que les entreprises pourraient poursuivre les gouvernements nationaux si les États concernés promulguaient des lois destinées à respecter l’«environnement, la santé ou avoir d’autres objectifs réglementaires» qui nuiraient aux avantages commerciaux légalement inscrits dans ladite organisation ou mettraient en danger ses bénéfices (il n’est même pas nécessaire de provoquer une baisse réelle, sa menace suffit).

 

Rappelant que le Vietnam participe déjà à un ALE avec l’Union eurasienne et que tous les pays de l’ASEAN ont un arrangement similaire avec la Chine, il est certainement possible que les États-Unis trouvent un prétexte au sein de chacun de ces accords pour faire valoir qu’ils violent le TPP et doivent donc être réécrits ou carrément abandonnés. S’ils ne parviennent pas à résoudre le problème dans le laps de temps donné, alors les entreprises américaines mèneront chacun des États contrevenants devant la cour au nom de Washington, pour faire valoir contre eux un règlement punitif et / ou les forcer à faire les changements dictés. Le Japon, allié des USA, peut également diriger une partie de ses grandes entreprises à faire de même, dans le cadre d’une poussée coordonnée pour maximiser la douleur économique légale infligée à l’État ciblé.

 

Comment cela pourrait être arrêté

 

Aussi extrême qu’un tel scénario puisse paraître pour le moment, il se corrèle parfaitement aux objectifs stratégiques des États-Unis de pousser les influences des grandes  puissances multipolaires hors de l’Asie du Sud-Est et de thésauriser le potentiel économique de la région pour eux tout seuls. Cela a également des fondements géostratégiques très spécifiques, qui seront décrits dans le chapitre suivant, donnant ainsi une autre motivation aux États-Unis pour avancer dans cette direction. Pour autant que Washington veuille mener à bien cette stratégie, cependant, il n’est pas assuré qu’elle soit couronnée de succès. Il y a toujours une possibilité très réelle d’arrêter ce plan dans son élan, avant même qu’il ne parvienne à pleine maturité.

 

Les plus grands obstacles au rêve de domination des États-Unis sur l’Asie du Sud-Est via le TPP, c’est le projet chinois de Route de la soie pour l’ASEAN, une ligne ferroviaire à grande vitesse qui devrait relier Kunming à Singapour et traverser le Laos, la Thaïlande, la Malaisie et Singapour. Les deux premiers pays de transit ont le plus à gagner à cette proposition. Ils devraient donc rester les plus loyaux dans la sauvegarde d’un ALE de la Chine avec l’ASEAN, dans le cas où l’AEC tente de le réviser (peut-être sous initiative indonésienne influencée par le TPP). Il y a aussi le Corridor du pipeline Chine-Myanmar qui a été lancé début 2015, pour transférer le pétrole du Moyen-Orient et son gaz vers la province du Yunnan, via une voie géostratégique plus sûre que le détroit de Malacca (ce qui est discutable et sera expliqué plus tard dans le travail), avec un potentiel envisagé d’évoluer vers un corridor commercial à grande échelle. Cela donne théoriquement à Naypyidaw [capitale de la Birmanie, NdT] un intérêt à préserver le statu quo de son ALE institutionnel avec la Chine, bien que cela puisse probablement changer avec le rôle accru de Aung San Suu Kyi sur l’État. Le Cambodge est aussi un proche allié chinois de nos jours. Il n’est pas institutionnellement lié à de grands projets d’infrastructure, ce qui signifie qu’il pourrait être acheté par le plus offrant et n’est donc pas fondamentalement fiable. Par conséquent, les partenaires les plus fiables dont dispose la Chine pour défendre ses intérêts économiques dans l’AEC, sont le Laos et la Thaïlande.

 

Il est prévisible que les principaux dirigeants de ces deux États ont déjà fait le choix conscient de se lier économiquement de manière plus étroite avec la Chine, en participant au projet de Route de la soie vers l’ASEAN. Pour cette raison, ils ont intérêt à s’assurer que leurs homologues de l’AEC adhérant au TPP n’imposent pas les conditions commerciales unipolaires au reste du bloc et / ou ne contraignent pas les autres à restreindre leurs liens économiques avec la Chine (à la demande des États-Unis, bien sûr). Une scission au sein de l’organisation pourrait alors facilement se produire, les États affiliés au TPP affrontant ceux non alignés, puisque l’AEC lutte pour rationaliser ses engagements économiques institutionnels, dans sa quête d’une coordination et d’une intégration plus grandes entre ses membres. Les frottements prévisibles conduiraient probablement à une impasse bloquant toute révision institutionnelle (ou expansion avec le TPP) politique au sein de l’AEC, empêchant ainsi les États-Unis d’atteindre pleinement leurs objectifs unipolaires sur ce théâtre. Par conséquent, en raison de la position du Laos, de la Thaïlande et, dans une certaine mesure, du Myanmar, les relations économiques hautement stratégiques avec la Chine (les deux premiers faisant partie de  la route de la soie de l’ASEAN et le dernier étant l’hôte du Corridor du Pipeline Chine-Myanmar) se trouvent sur le chemin des États-Unis et de leur dominance unipolaire full-spectrum sur l’ASEAN, ces trois États sont des cibles valides pour une guerre hybride dans le futur.

 

La perspective mondiale

 

La guerre économique par procuration en cours entre les camps unipolaire et multipolaire concernant l’ASEAN est d’une immense importance en termes d’impact global. Mais pour vraiment apprécier comment elle est liée au reste du monde, il est essentiel de rappeler au lecteur certains éléments de la grande stratégie américaine contemporaine.

 

Les États-Unis ont capitalisé depuis la fin de la guerre froide, en exportant leurs pratiques économiques néo-libérales partout dans le monde, avec l’intention ultime de piéger la Russie, la Chine et dans une moindre mesure – toujours pertinente de nos jours – l’Iran, dans un réseau d’institutions contrôlées par Washington, hors duquel il n’y aurait pas d’échappatoire. Il leur a fallu un certain temps pour avancer, mais en ce moment, les États-Unis ne cessent d’aller de l’avant à toute vitesse, en liant les quatre coins de l’Eurasie dans sa matrice de contrôle, et en encerclant de fait ces trois grandes puissances, afin de les rendre de façon disproportionnée dépendantes d’un centre de gravité économique stratégique commun.

 

Le TTIP / TAFTA, s’il entre en vigueur, placerait les relations économiques extérieures de l’UE sous le contrôle des États-Unis, ce qui signifie que Bruxelles serait impuissant à conclure un ALE ou un accord similaire privilégié avec d’autres pays sans la bénédiction explicite des États-Unis. Si on se rapproche du Moyen-Orient, les États-Unis et le CCG travaillent à l’intensification de leurs relations économiques pour préparer un éventuel ALE. Ce n’est pas très important en ce moment, en raison de la dépendance déséquilibrée des économies du Golfe à l’égard des ventes d’énergie, mais un jour, elles devront faire une transition vers une économie plus normale, basée sur le commerce de biens. À ce moment-là, leur situation financière, et les énormes réserves qu’elles ont épargnées, seront redirigées vers l’achat de produits des États-Unis et de tout autre pays susceptible de faire partie d’un ALE avec eux à ce moment-là. Le prochain objectif sur lequel les Américains se concentreront est l’ASEAN, qui vient d’être décrit en détail. La dernière partie de la stratégie supercontinentale, c’est la Corée du Sud et le Japon. Les États-Unis ont déjà un ALE avec la Corée, et ils ont l’intention d’utiliser le TPP pour créer le même arrangement avec le  Japon.

 

Tout mis bout à bout, on peut voir clairement que la plupart des points cardinaux en Eurasie sont couverts par les plans d’ALE de l’Amérique. Si on réévalue les plans des États-Unis dans cette perspective, l’UE représente l’Eurasie de l’Ouest, le CCG est l’Eurasie du Sud-Ouest, l’ASEAN, l’Eurasie du Sud-Est, et la Corée du Sud et le Japon, l’Eurasie du Nord. Le seul lien manquant est l’Eurasie du Sud, principalement l’Inde, qui est courtisée en l’état par les États-Unis, même si elle est encore loin de conclure un ALE avec eux. Néanmoins, si les TTIP/TAFTA et TPP devaient entrer pratiquement en vigueur, ce n’est qu’une question de temps avant qu’une offre irrésistible ne soit faite à New Delhi pour câliner l’Inde et la faire intégrer ce tissu économique unipolaire. Même sans une incorporation formelle dans le régime néo-libéral global des États-Unis, il a déjà été dit que l’Inde resterait probablement à l’extérieur du GEFTA en raison des préoccupations pour sa souveraineté stratégique par rapport à son voisinage et à sa rivalité avec la Chine. Dans ce cas, la Russie, la Chine et l’Iran devraient partager le même espace économique stratégique en Asie centrale, l’une des dernières parties du supercontinent restant en dehors du contrôle institutionnalisé formel des États-Unis. Cela ferait de l’Asie centrale le centre de gravité multipolaire incontestable entre ces trois grandes puissances, mais à l’inverse, cela la rendrait particulièrement vulnérable aux guerres hybrides américaines préfabriquées.

 

Afin d’éviter une ultra-dépendance du type trois pour un en Asie centrale, il est impératif et urgent que le monde multipolaire maintienne et défende ses percées dans l’AEC. D’où l’importance de la lutte contre le TPP et les efforts de la Chine via la Route de la soie de l’ASEAN et le corridor du pipeline Chine-Myanmar. Une retraite sur ces fronts et la cession de l’Asie du Sud-Est aux étreintes unipolaires de l’Amérique pourraient créer une situation stratégique dangereuse pour la Chine et, par extension, les autres grandes puissances multipolaires, avec pour résultat la progression du calendrier états-unien pour l’ancrage de leurs intérêts économiques en Asie centrale. La Chine a également très clairement défini ses intérêts géostratégiques dans le maintien de son influence dans l’ASEAN (ou au moins pour sa composante continentale) afin de mettre un terme à la promotion de la Coalition du confinement chinois par les États-Unis (CCC) et pour maintenir des accès à l’océan Indien non contrôlés par les Américains, afin de lui permettre d’accéder en toute sécurité aux marchés africains en plein essor dont dépend sa croissance future.

 

Andrew Korybko est un commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides: l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride.

 

MGIMO : Institut d'État des relations internationales de Moscou

La démocratie ne se résume pas à une élection Bonne gouvernance et démocratie

Vendredi 17 Juin 2016

La démocratie ne se résume pas à une élection

Bonne gouvernance et démocratie

 

Point de vue d’un intellectuel chinois qui fut longtemps Parisien

 

Ruolin ZHENG*
 
En avril 2016, ce n’est pas la primaire présidentielle qui a fait les gros titres, mais le mouvement « Printemps de la démocratie ». La manifestation, qui a attiré des milliers de manifestants aux États-Unis, a débuté devant la Liberty Bell de Philadelphie et a fini à Washington avec un rassemblement devant la Maison blanche. Les manifestants avaient un objectif bien défini : exiger du gouvernement américain de pratiquer une véritable démocratie. Les protestations ont duré plus de 20 jours, et se sont terminées par une répression au cours de laquelle un millier de personnes ont été arrêtées.
 
Pourtant, les médias américains, CNN ou encore le New York Times, n’en ont pas dit mot ou n’ont fait qu’effleurer la question. De mon côté, j’ai interrogé certains de mes amis français. La plupart ont affirmé ne pas être au courant. Visiblement, ce mouvement contestataire n’a pas fait partie du 20 heures des médias français.
 
On peut supputer que pour les médias occidentaux, habitués d’ordinaire à se faire le héraut de la « démocratie » dans le monde entier et aux mouvements comme le « Printemps arabe » ou encore le « Printemps ukrainien » qui ont lieu d’habitude hors de chez eux, un mouvement démocratique, qui éclate aux États-Unis même, les a pris de court.
 
Cela m’a rappelé ce qu’a dit Zhang Weiwei, directeur de l’Institut de recherches sur la Chine de l’université Fudan lors d’un discours intitulé « Chinois, ayez confiance ! » qui avait fait le buzz.
 
Il y déclarait notamment : « Dictature ou démocratie ne sont plus un critère pour évaluer un pays dans le monde actuel. Ce qui compte, c’est la gouvernance. C’est ça qui doit servir de critère universel. » Si un mouvement démocratique a éclaté aux États-Unis, la plus grande « démocratie » en Occident, il paraît évident que c’est à cause du dysfonctionnement dans la gouvernance de l’État.
 
Un pays démocratique peut se révéler un pays où règne une mauvaise gouvernance, mais un pays non démocratique, à condition d’être bien gouverné, peut permettre à son peuple de jouir de plus de démocratie parfois.
 
Dans un article intitulé Démocratie sur mesure d’Ignacio Ramonet, un expert français, on peut lire : « Washington a pris l’habitude d’avilir ses adversaires en les qualifiant systématiquement de “non démocratiques ” […] Seule condition pour échapper à cette malédiction : organiser des “élections libres”. » Ramonet souligne avec sagacité que primo, la question démocratique n’est pas un débat académique, mais un combat éthique ; que secundo, la démocratie ne se résume pas à une élection. Dans ce contexte, celui qui prône l’élection détient toujours la position éthique dominante.
 
Voilà pourquoi en France, certains « sinologues » font encore et toujours le débat de « la Chine est-elle une dictature ou un pays autoritaire ? ». Ils sont coincés dans la discussion sur Chine et démocratie et il leur semble impossible de comprendre et d’expliquer la raison pour laquelle la Chine est le pays qui a le mieux réussi depuis 30 ans et a dépassé la plupart des pays en matière de gouvernance.
 

Le président chinois Xi Jinping a recommandé le livre The China Wave : The Rise of a Civilizational State, un des tomes de la trilogie de Zhang Weiwei, à Robert Zoellick, le président de la Banque mondiale d’alors. Pas sûr que Xi Jinping soit complètement d’accord avec les théories de ZhangWeiwei, mais il est certain que ce livre laisse voir le fait que la Chine est en train de renverser une notion commune en Occident : modernisation = occidentalisation.

 

La Chine s’est engagée dans une nouvelle voie de développement dépassant le concept de « la fin de l’Histoire », élaboré par Francis Fukuyama, professeur de l’université Stanford. Cette thèse est l’objet d’une polémique entre lui et Zhang Weiwei. Francis Fukuyama a depuis publié plusieurs articles pour discuter de ce sujet de la bonne gouvernance.

 

Zhang Weiwei propose dans son livre le concept dit du « modèle chinois ». Une nouvelle voie développée par la Chine à partir de ses propres traditions historiques et culturelles et qui forme un ensemble de modèles de développement s’adaptant à la Chine, à son histoire et à la volonté des Chinois. « Le modèle de développement chinois va bien au-delà du mode démocratique occidental de l’élection », affirme-t-il d’ailleurs.

 

Il faut admettre que le concept du « modèle chinois » a soulevé des contestations tant en Chine qu’à l’étranger. Certains experts chinois et occidentaux estiment que cette voie s’inspire en réalité du modèle capitaliste primitif et qu’il n’existe donc pas un modèle chinois particulier. Leur conclusion, toute naturelle, est que la Chine se dirige donc vers le modèle « démocratie + économie de marché » comme en Occident actuellement.

 

Après avoir comparé les voies de développement d’une centaine de pays, et notamment les différences au niveau économique et politique entre la Chine et les pays occidentaux, Zhang Weiwei a obtenu cette conclusion : « La Chine a bel et bien élaboré une voie de développement typiquement chinoise. Celle-ci lui a permis de se placer au-dessus des États-Unis en termes de volume économique, de capital individuel, de protection sociale, d’innovation technico-scientifique, de système et d’idéologie. »

 

Comparée avec la démocratie occidentale et ses élections multipartites, la Chine présente des singularités dans quatre domaines : le Parti communiste chinois est un État-parti, qui représente l’intérêt général du peuple chinois. La Chine a adopté un système de démocratie consultative, et un nouveau type de centralisme démocratique. La Chine pratique la méritocratie dans l’élection des dirigeants d’État combinant sélection et élection. Les critères de sélection des dirigeants sont basés sur les qualités morales et les capacités, avant de procéder au suffrage indirect. En outre, que ce soient les dirigeants des autorités centrales ou locales, le mandat de cinq ans ne peut être renouvelé qu’une fois. Enfin, du point de vue du système économique, la Chine est un régime économique mixte combinant économie planifiée et économie de marché.

 

Le système de démocratie consultative ayant cours en Chine est un type de démocratie beaucoup plus élargie que le système des élections en vigueur dans les pays occidentaux. Les élections occidentales se bornent principalement au domaine politique, notamment en matière d’élection du dirigeant de l’État.

 

La démocratie consultative chinoise s’étend, elle, à toute la société. Preuve : en Chine, on consulte le peuple sur les affaires politiques, économiques, sociales et culturelles afin de créer une communauté de vues pour élaborer une politique.

 

Le plan quinquennal est élaboré de cette manière, après de nombreuses consultations et discussions aux niveaux national et local. C’est d’ailleurs grâce à la démocratie consultative chinoise que la croissance économique chinoise a pu être possible depuis 30 ans.

 

En Occident, presque aucun des dirigeants n’arrive à tenir ses promesses après les élections. En revanche, les plans quinquennaux chinois sont toujours accomplis. On est en droit de se demander pourquoi et la réponse réside certainement dans le fait que les décisions politiques chinoises ne sont pas le fruit de l’imagination d’un homme politique, mais un projet discuté entre le peuple et les élites, d’où un potentiel de réalisation plus grand.

 

Les pays occidentaux critiquent souvent l’élection des dirigeants chinois en arguant qu’elle n’est pas le fruit du suffrage universel direct . Le système chinois veut que la personne choisie ait une expérience en tant que gouverneur de deux provinces chinoises pour être élu dirigeant des autorités centrales. Autrement dit, celui-ci doit avoir déjà été responsable d’une collectivité de plus de 100 millions d’habitants (la population d’une province chinoise équivaut en général à celle d’un pays européen). D’autre part, après avoir été élu au sein du comité central du Parti ou du comité permanent de l’Assemblée populaire nationale, un dirigeant ne peut pas effectuer plus de deux mandats.

 

Ce système fait que les dirigeants d’État chinois ont tous une expérience du gouvernement à haut niveau et permet d’assurer une passation en douceur du pouvoir politique.

 

Le système méritocratique chinois s’avère efficace et adapté aux besoins actuels du pays. Il serait absurde de critiquer le pouvoir politique chinois uniquement sous le prétexte que ses dirigeants n’y sont pas élus au suffrage universel.

 

D’après Zhang Weiwei, le système de suffrage dans les pays occidentaux a résolu le problème de l’équilibre entre les pouvoirs politiques, mais pas le rapport de force entre le capital, les forces sociales et les partis politiques. Dans ce cas, c’est le capital qui domine la démocratie, d’où les mouvements « Occupy Wall Street » et « Printemps de la démocratie ».

 

Le théorème des 99 % qui subissent et du 1 % qui décide. 

 

La Chine a, elle, réussi à équilibrer le rapport de force entre capital, forces sociales et partis politiques et sa bonne gouvernance depuis plus de trois décennies est au vu et au su de tout le monde. Elle est déjà la deuxième puissance économique mondiale, et les Chinois ont vu leur capital s’accroître à toute vitesse. Selon le Rapport de la Chine publié par l’Université des finances et de l’économie du Sud-Ouest de la Chine et cité par ZhangWeiwei, en 2012, l’actif net des familles chinoises a atteint 69 100 milliards de dollars, dépassant celui des États-Unis.

 

La Chine n’est pas pour autant un pays parfait et il est facile de s’en apercevoir. Les théories de Zhang Weiwei peuvent paraître toute nouvelles pour les experts français de la Chine. Ses livres viennent d’être publiés en anglais, japonais, coréen et arabe, malheureusement pas encore en français. Aucune maison d’édition française ne semble intéressée par sa trilogie, considérée probablement comme de la propagande officielle. « Depuis plus de 30 ans, souligne-t-il, les pays occidentaux ont produit nombre de prévisions pessimistes sur le développement chinois. Elles se sont quasiment toutes avérées erronées, alors que celui-ci a confirmé les nombreuses prévisions optimistes que j’avais formulées. »

 

D’où la question : les experts français de la Chine ne devraient-ils pas s’intéresser d’un peu plus près à ce visionnaire politiquement pas très « correct » qu’est Zhang Weiwei ?

 

ZHENG Ruolin

 

source Le Grand Soir 


*ZHENG RUOLIN est un ancien correspondant à Paris du quotidien Wen Hui Bao de Shanghai, et auteur de « Les Chinois sont des hommes comme les autres », édition Denoël. Au cours des 20 ans qu’il a passés à Paris, ses interventions dans les médias étaient remarquées.

Quand les officiels chinois passent à la casserole

Bienvenue en Chinoiserie
Quand les officiels chinois passent à la casserole
 

 

A mon retour du Xinjiang, j’ai fait une escale de 36 heures à Pékin pour y rencontrer des médias et mon excellent ami Zheng Ruolin dont j’ai souvent parlé ici, conquis par son talent et sa rigueur intellectuelle.


Il m’a accompagné au siège de « La Chine au présent », mensuel chinois qui est publié en 6 langues. A l’occasion d’une table ronde, j’y ai rencontre un jeune Français, Sébastien Roussillat (photo ci-contre), conseiller linguistique et journaliste à l’édition francophone du magazine. 
Il nous a envoyé cet article que LGS publie volontiers.


Maxime Vivas

D’ordinaire habitués aux longs discours-tiroirs aussi captivants qu’une prêche de m’sieur l’curé le dimanche, les officiels chinois se retrouvent aujourd’hui en direct à la télévision face à leurs « ouailles » pour des face à face sans fard et sans filet avec ce « peuple » qu’ils sont censés servir.

 

La Chine, et son histoire plurimillénaire, a inventé quelque chose de très particulier qui se résume sous le terme « bureaucratie ». Cette magnifique invention léguée à la postérité est tellement enracinée dans la culture chinoise qu’elle en est devenue un symbole : le mandarin (pas le canard...).

 

En Chine, les fonctionnaires, bureaucrates, et autres « mandarins » sont donc une classe à part, de plus en plus déconnectée de la réalité du « petit peuple » et qui vit sa vie vautrée dans ses privilèges : maison aux frais de l’Etat, voiture de fonction avec chauffeur etc… et fait parfois son « travail » de façon très nonchalante.
Un parking rempli de voitures de fonction à vendre après le début de la campagne anti-corruption.

 

La fainéantise du fonctionnaire

 

Alors oui, à cause de cela, de l’arrivisme de certains et de tous les avantages qu’il y a à être fonctionnaire en Chine, certains en ont oublié LE grand précepte de Mao Tse Toung : on est fonctionnaire « pour servir le peuple ». Malgré cela, et peut-être parce que tous les slogans ne sont là que pour rappeler ce que l’on n’arrive pas à faire, l’hédonisme, la luxure et la corruption se sont installées parmi les « mandarins ». Et même le président Xi Jinping s’en inquiète dans plusieurs textes de son livre La Gouvernance de la Chine ce qui peut paraître assez incroyable mais est véridique.


La corruption est une affaire, la fainéantise du fonctionnaire en est une autre. Certains fonctionnaires seraient donc fainéants, d’autres se rejetteraient la balle d’un département à l’autre selon ce que les Chinois appellent « le jeu du ping-pong ». D’autres n’endosseraient jamais leurs responsabilités. Et le peuple en a assez !

 

Pour un projet qui traînait depuis des années, ce fonctionnaire s’est vu offrir un escargot pendant l’émission.

 

La télévision comme outil de contrôle

 

Pourtant, la commission de discipline du parti veille au grain car les problèmes engendrés par ces fonctionnaires peu ardus au travail ou qui ne répondent pas aux demandes des gens posent plusieurs problèmes : la baisse de confiance de la population dans le système, la non-transparence des affaires gouvernementales mais surtout, l’efficacité et la responsabilité des fonctionnaires qui est finalement ce dont les gens se préoccupent le plus. On ne paye pas un fonctionnaire et surtout un fonctionnaire communiste qui plus est à ne rien faire !

 

Une des nombreuses solutions qui ont été trouvées pour remédier à ce casse-tête, en dehors des formations à la « morale socialiste » et aux « valeurs du socialisme à la chinoise » des fonctionnaires dans les écoles du parti et les rapports circonstanciés des « résultats flamboyants » du gouvernement au journal télévisé, sont donc les émissions de questions au gouvernement.

 

Plusieurs programmes de ce type existent en Chine, et ce, depuis 2005. Le plus connu mais aussi celui qui existe depuis le plus longtemps est celui de la Hubei TV qui dure depuis 2012 et en est donc à sa troisième année. Les taux d’audience battent des records, avec par exemple 1.65 de part d’audience pour l’émission de « grand examen annuel » de la Hubei TV. Les télévisions de Jinan, du
Le plateau télé d’une émission chinoise de face à face.

 

Dans l’arène, une présentatrice à l’air sévère (avec des lunettes c’est mieux) qui fait l’arbitre entre une estrade où sont assis les fonctionnaires qui doivent répondre aux questions et le public qui a deux petites pancartes : une rouge et une verte pour noter les fonctionnaires ou bien un smiley « content » et « pas content » (c’est mignon !). Un jury de spécialistes formés d’experts sur la question et de professeurs ou directeurs d’école du parti (objectivité oblige !) sont présents pour évaluer les réponses des fonctionnaires et donner des précisions.

 

Véritables forums à la chinoise, ces émissions, qui mettent face à face les fonctionnaires et les habitants d’une ville, permettent une « certaine forme de démocratie directe » et possèdent une fonction de surveillance du travail des fonctionnaires directement par la population.

 

On compte près de 5 millions de fonctionnaires en Chine selon certaines données, soit 1 fonctionnaire pour 256 personnes. La Chine étant le grand pays que l’on connaît, il est déjà difficile de l’administrer, contrôler ceux qui l’administrent est une autre paire de manches. Il ne suffit souvent pas que « la tête » dise pour que « les pieds » exécutent comme il est l’habitude de dire ici.

 

Alors ces émissions, diffusées hebdomadairement pour la plupart, permettent aussi aux responsables de ces fonctionnaires récalcitrants d’avoir des retours sur le travail de leurs subalternes, de voir s’ils sont réellement efficaces ou non et si le peuple est satisfait ou non de leur travail.

 

De grandes sessions de « contrôle » appelées « examen de mi année » et « examen de fin d’année » sont organisés tous les 6 mois par la chaîne du Hubei pour voir si les fonctionnaires qui sont passés dans l’émission au cours de l’année ont avancé sur les projets, répondu aux doléances du peuple ou résolu les problèmes traités auparavant. Façon de faire le bilan et parfois, de mettre les fonctionnaires « le nez dans leur caca ». La note attribuée par le public aux fonctionnaires compte même dans leur évaluation générale pour 20 % et peut par conséquent avoir une incidence sur leur carrière.

 

Le but premier de ces émissions : faire avancer les choses, obtenir des résultats de la part des autorités et parfois dénoncer les fonctionnaires qui font traîner les dossiers ou font des promesses en l’air. Comme l’explique Chen Baosheng, secrétaire du parti de la ville de Lanzhou dans le Gansu, instigateur de la première émission de ce genre en 2005 : « Le but était de trouver des solutions, la solution qui résout le problème est la meilleure solution, si c’est pour faire de beaux discours et qu’il ne se passe rien derrière, alors ça ne sert à rien. »

 

Un show politicien ?

 

Diffusées à des heures de grande audience, ces émissions font beaucoup parler d’elles et sont même sujets à polémique. Le sujet intéresse évidemment les Chinois et hormis les personnes présentes sur le plateau, qui posent les questions, passent les fonctionnaires sur le grill et réagissent aux réponses données, les téléspectateurs participent sur Weibo ou par téléphone et SMS. Les réactions sont même parfois assez musclées et ce n’est pas toujours la tête haute que les fonctionnaires ressortent de ces émissions. Certains qui y ont participé disent même y avoir eu des sueurs froides et se rendre compte de la dureté de la tâche. Être face au public, à la population et devoir s’expliquer de ses actions ou inactions est effectivement plus difficile que « rester dans son bureau à lire Le Quotidien du Peuple un verre de thé à la main ».

 

On peut par exemple citer cette émission de Wenzhou où le directeur du département des finances de la ville se met à suer à grosses gouttes lorsqu’il doit présenter son bilan en direct devant le secrétaire du comité de la ville et les téléspectateurs ou encore ce fonctionnaire du département du chauffage central de Jinan qui doit reconnaître que les promesses qu’il avait faites aux habitants d’une résidence du centre-ville n’ont pas été tenues car ceux-ci n’ont toujours pas le chauffage.

 

Un fonctionnaire ressort en sueur d’une émission. Chaleur des projecteurs ou stress ?

 

Ces émissions sont-elles une soupape pour la population ? Certainement. Elles ont l’avantage de faire ressortir les frustrations du peuple sur les fonctionnaires en les voyant se liquéfier lors de la diffusion des reportages en caméra cachée ou bien en observant leur réaction lorsqu’ils découvrent un problème qui est de leur ressort et qui n’a pas été traité ou oublié ou encore quand ils font semblant de découvrir un problème et se sentent piégés.


Des éboueurs posent leurs questions aux fonctionnaires responsables de la gestion de la ville lors d’une émission.

 

Mais certains se posent la question du « est-ce que tout n’est pas préparé à l’avance ? », car c’est assez courant dans les émissions de télévision. Quelle est la part d’authenticité ? Peut-être est-il utile de rappeler qu’aucune émission, qu’elle soit d’une chaine de télévision occidentale ou chinoise, n’est réellement authentique et surtout pas les débats politiques.

 

Pourtant, la chaine de télévision du Hubei décrit la préparation de l’émission comme aussi secrète que la préparation des examens du baccalauréat. « Avant la diffusion de l’émission, ni le secrétaire du parti, ni le directeur de la chaine n’ont le droit de voir l’émission ». Qui croire ?

 

Un examen de passage

 

La Chine est une culture de l’examen, l’examen impérial en est un exemple, l’examen des fonctionnaires actuel en est un autre. Les émissions de questions au gouvernement sont un exercice. Un exercice de démocratie directe et un exercice de communication. Car la communication est loin d’être le fort des fonctionnaires chinois.

 

Habitués aux discours longs comme un jour sans pain et à « la langue de bambou », ceux-ci n’ont jamais vraiment été confrontés à la question. D’habitude, on les écoute et personne n’ose remettre en doute ce qu’ils disent. D’où : impossibilité de se rendre compte de ses erreurs, et surdité aïgue à la critique. La communication officielle chinoise se résume plus à du formalisme qu’à de la vraie communication. Les journalistes n’osent d’ailleurs pas trop déranger ni pousser dans leurs retranchements ses fonctionnaires « sensibles » et « pitoyables » qui ne supportent pas la critique, vexés comme des vieilles filles. Les occasions que le peuple a pour dialoguer directement avec les autorités ou faire connaître ses doléances ne sont pas nombreuses : avez-vous déjà entendu parler d’un conseil municipal ouvert au public en Chine ? Avez-vous entendu parler d’élections d’un conseil municipal ? Non.

 

Une évolution de la vie démocratique en Chine



Les gens se rendent compte qu’en dehors du côté cathartique de l’émission : voir les fonctionnaires pleurer, suer, trembler, il y a un côté très sérieux qui est « l’attitude des fonctionnaires envers leur travail et le peuple » et l’impact que celle-ci a sur la société et les projets de la communauté. C’est d’ailleurs un des contenus importants de la XVIIIe session plénière du PCC : l’efficacité du gouvernement et la « gestion gouvernementale par la loi » (un concept très innovant…). C’est aussi un leitmotiv de la ligne politique chinoise actuelle : « être près du peuple » et « s’en tenir aux intérêts du peuple ». Sans vouloir être méchant, c’est un peu le but de tout gouvernement. Enfin, dans l’idéal…

 

Dans ces émissions, on est passé du « jeter les fonctionnaires dans la fosse aux lions » à la discussion « posée et réfléchie ». Aujourd’hui, les gens regardent plus cette émission pour voir les problèmes qui existent et comment ceux-ci sont vont être résolus ou ont été résolus. Car c’est bien marrant de se moquer des fonctionnaires, mais eux non plus ne sont pas omnipotents et ce n’est pas (j’ai du mal à écrire cette phrase) toujours leur faute. (argh…)

 

Ces émissions apprennent aussi aux fonctionnaires à répondre aux questions sans éluder, de façon claire et concrète ou tout simplement à accepter de dire « je ne sais pas » quand ils préféraient se retrancher dans le mutisme par peur de perdre la face.

 

Elles apprennent aussi aux gens à formuler leurs demandes et à pointer du doigt les problèmes de façon plus « froide » car si les Chinois savent manifester (oui, ils manifestent), ce n’est pas toujours très « pro » et organisé, et on a du mal à comprendre leur revendication car les demandes ne sont pas claires. Ce qui se reflète souvent dans les émissions c’est qu’il y a un ressenti de la part du public, assez compliqué à exprimer et que la présentatrice est souvent obligée de « raccourcir les questions » et simplifier les problèmes pour les rendre plus compréhensibles.

 

Alors finalement, tout le monde y trouve son compte, malgré quelques doutes émis par certains sur ces émissions quant à leur objectivité ou leur efficacité, les gens n’attendent pas qu’elles deviennent un tribunal pour fonctionnaires ou une « réunion de plaignants », mais plutôt une sorte de conseil municipal télévisé où chacun peut s’exprimer sans dépasser les limites bien sûr…

 

Sébastien ROUSSILLAT

»» http://yingxiong2008.canalblog.com/archives/2016/01/27/33275692.html
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Marx redevient une idole en Chine Par Junzhi Zheng.

2 Juin 2016 , Rédigé par Réveil Communiste

Marx redevient une idole en Chine

Marx redevient une idole en Chine

Par Junzhi Zheng.

Publié dans Le Figaro le 01/06/2016 à 16h09

 

Le penseur allemand qui avait inspiré Mao et hypnotisé plusieurs générations de communistes est de nouveau à la mode en Chine, alors que Pékin cherche à resserrer l’étau idéologique. La gloire de Marx illumine à nouveau dans l’empire du Milieu.

 

Vendredi dernier, un groupe de professeurs chinois, outrés par l’« occidentalisation » des cursus économiques, ont fermement réclamé le renforcement de l’enseignement de Marx dans les universités. « Beaucoup d’entre eux (étudiants en économie, NDLR) ont subi un « lavage de cerveau » à cause des théories occidentales bourgeoises que l’on leur inculque (…) Au moins la moitié des cours d’économie devraient être dédiés au marxisme, sinon les étudiants risqueraient de devenir les fossoyeurs du système économique socialiste », se sont alarmés ces professeurs dans une lettre adressée au ministre de l’Éducation, Yuan Guiren.

 

La pétition, signée par «des dizaines d’universitaires» selon le quotidien officiel Le Global Times, fait écho aux efforts de Pékin pour augmenter les enseignements idéologiques dans les écoles, et de reprendre le contrôle sur les contenus des cursus universitaires. M. Yuan avait récemment déclaré qu’ «aucune autre idéologie occidentale, sauf le marxisme, ne doit pénétrer dans les salles de cours d’université».

 

Un rap chante les louanges de Marx

 

Ce qui a vraiment ressuscité Karl Marx dans la mémoire et le cœur des millions de Chinois est une chanson de rap intitulée Marx est de la génération 1990. Depuis fin mars, ce jingle d’une émission culturelle est non seulement devenu viral sur les réseaux sociaux, mais aussi le hit relayé par bon nombre de chaînes de télévision chinoises. Les paroles de cette chanson auraient de quoi faire se retourner le philosophe dans sa tombe: « J’ai croisé Marx pour la première fois dans un cours de politique, je l’ai étudié uniquement pour passer l’examen, je pensais qu’après ce serait fini, mais plus tard je l’ai relu et il n’est pas si mauvais (…) Un jour, j’ai compris à quel point il déchire (…) Fini les magazines, je lis Marx (…) Je suis né dans les années 1990, je suis ton Bruno Mars et tu es ma Vénus cher Marx…»

 

Afin d’accompagner le succès grandissant de la chanson, Le Quotidien du peuple, organe du Parti communiste chinois (PCC), n’a pas manqué de louer la théorie marxiste, la «quintessence du communisme»: «Ceux qui renoncent au marxisme s’éloignent du bon sens et de la vérité (…) Leur vie perdra beaucoup d’éclat (…) Le marxisme ne nous a jamais quittés et il ne sera jamais rejeté par la jeunesse».

 

Cette renaissance de Marx intervient alors que le débat s’envenime parmi les internautes Chinois sur la récente révision des manuels scolaires, auxquels des médias d’État ont reproché de ne pas prêter assez d’attention à l’« héritage révolutionnaire du Parti communiste ».

La coopération énergétique est le « pilier » des relations économiques entre la Russie et la Chine (SYNTHESE)

La coopération énergétique est le « pilier » des relations économiques entre la Russie et la Chine (SYNTHESE)

 

Publié le 

La coopération énergétique est le "pilier" des relations économiques entre la Russie et la Chine (SYNTHESE)

MOSCOU, 29 mai (Xinhua) -- La coopération énergétique est devenue le pilier du partenariat économique entre la Russie et la Chine, et les interactions bilatérales devraient s'accélérer dans tous les domaines économiques.

 

Le vice-Premier ministre russe Arkadi Dvorkovitch s'est dit convaincu que la coopération économique bilatérale continuerait à croître de manière stable dans divers domaines.

 

"La Chine est un partenaire politique étranger clé de la Russie et notre principal partenaire commercial", a déclaré M. Dvorkovitch dans une interview écrite accordée à Xinhua mercredi.

 

Il a noté que la visite du vice-Premier ministre chinois Zhang Gaoli en Russie les 30 et 31 mai à l'occasion de la 13e réunion du Comité de coopération énergétique sino-russe et du second forum sur les PME sino-russes permettrait de mieux coordonner la coopération bilatérale.

 

"Au cours de la réunion sur la coopération énergétique, nous prévoyons de discuter de toutes les questions qui sont au centre de notre attention, à savoir l'interaction et la mise en œuvre de projets dans des domaines tels que le pétrole, le gaz, l'énergie électrique, l'énergie nucléaire ou encore le charbon", a déclaré M. Dvorkovitch.

 

Konstantin Simonov, directeur général de la Fondation nationale sur la sécurité énergétique basée à Moscou, a indiqué que la question de l'approvisionnement en gaz à travers la route de l'ouest serait abordé au cours des réunions, en particulier les problèmes en suspens tels que le prix d'approvisionnement et l'emplacement de la route.

 

En mai 2014, la Chine et la Russie ont conclu un accord d'approvisionnement en gaz naturel sur 30 ans très attendu qui utilisera la route de l'est, avec un approvisionnement annuel en gaz de 38 milliards de mètres cubes à partir de 2018.

 

M. Simonov a indiqué qu'il était possible que les deux pays discutent de l'expansion de l'offre à travers le gazoduc de l'est.

 

"Il y a aussi l'idée d'étendre à la Chine le pipeline qui va de Sakhaline à Vladivostok (tous deux en Extrême-Orient russe)", a déclaré M. Simonov.

 

L'expert a ajouté que la Chine avait un "marché gazier prometteur et dynamique", car elle "considère avec davantage de prudence l'énergie à base de charbon" compte tenu des problèmes de sécurité minière et de pollution environnementale.

 

Parallèlement, la chute du prix du gaz et les facteurs géographiques font aussi de la Russie un choix confortable pour la Chine, a-t-il ajouté.

 

Outre l'approvisionnement en gaz, le commerce du pétrole entre les deux pays se développe aussi avec dynamisme en ce qui concerne le volume physique, a indiqué M. Simonov.

 

Selon les statistiques publiées par l'Administration générale des douanes de Chine, la Russie était le deuxième plus grand fournisseur de pétrole de la Chine l'année dernière avec un volume de 42,43 millions de tonnes métriques, une hausse de 28% par rapport à 2014, lorsque la Chine avait dépassé l'Allemagne en tant que plus grand consommateur de pétrole brut de la Russie.

 

"Je crois que la coopération dans le domaine de l'énergie est aujourd'hui l'épine dorsale de notre interaction économique. Le rôle de l'énergie dans le commerce sino-russe est énorme", a indiqué M. Simonov, qui a qualifié la coopération énergétique bilatérale de mutuellement bénéfique.

 

source: http://french.xinhuanet.com/2016-05/29/c_135396559.htm

 

La Chine, nouvelle arme de destruction massive du chômage en France ?

La Chine, nouvelle arme de destruction massive du chômage en France ?

 

01 Juin 2016
Un article intéressant qui dénonce bien des certitudes, en particulier celles qui aujourd’hui nous valent d’abord le blocage autour de la loi khomri, mais aussi une politique belliciste irresponsable derrière les Etats-Unis contre un continent euroasiatique en construction, avec une Chine dont le marché intérieur est en train d’évoluer.
(Danielle Bleitrach)
 Par   |  31/05/2016, 14:36  |  1405  mots
http://www.latribune.fr/opinions/la-chine-nouvelle-arme-de-destruction-massive-du-chomage-en-france-575413.html

Si l'on prend le cas de l'agriculture, 1 milliard d'euros à l'export en plus permettrait la création de 20.000 à 30.000 emplois supplémentaires, pour une productivité de 50.000 euros par travailleur agricole.
Si l’on prend le cas de l’agriculture, 1 milliard d’euros à l’export en plus permettrait la création de 20.000 à 30.000 emplois supplémentaires, pour une productivité de 50.000 euros par travailleur agricole. (Crédits : DR)

 

Loin des clichés, mérités, il existe des voies nouvelles qui permettraient une création massive d’emplois grâce, tout à la fois, au numérique, à la Chine et à l’export, guérissant ainsi la faiblesse chronique des PME françaises sur le sujet. Par Denis Jacquet, Pdg de EduFactory.com et président de « Parrainer la croissance ».

 

La Chine a longtemps été accusée de nous voler nos emplois. Même si l’analyse des chiffres des vingt dernières années accrédite largement cette thèse, il faut reconnaître que nous nous les sommes principalement volés à nous-mêmes !

 

La pression sur les prix des grands donneurs d’ordre, le sacrifice des institutionnels et des politiques au « Dieu pouvoir d’achat » pour des considérations électorales ont conduit la France et nombre de pays développés à mettre une telle pression sur les fournisseurs qu’ils n’ont eu d’autre choix que de délocaliser. Tout en étant assis de force sur le banc des accusés, alors qu’ils n’étaient que les lampistes. Les exemples ne manquent pas.

 

Les opérateurs téléphoniques exigeaient des coûts de service après-vente à des prix que seul un pays émergent pouvait offrir, afin de sacrifier à l’exigence du toujours moins cher du politique ? Pourtant, ce sont les opérateurs de centres d’appels qui étaient montrés du doigt en place publique.

 

Le miroir aux alouettes du « toujours moins cher »

 

De même, la grande distribution imposait des prix tellement bas pour le textile que même une production maghrébine ne pouvait plus y satisfaire, jetant ainsi nos derniers emplois entre les jeunes mains d’enfants asiatiques, cela afin de permettre à Leclerc de crier à tout vent qu’il offrait du pouvoir d’achat aux français. Les pubs sur le « moins cher » auraient dû être sous-titrées avec le nombre d’emplois perdus.

 

Nous nous sommes donc volés. Tout seuls. Nous avons accepté ces politiques productivistes, au mauvais sens du terme, confortées par l’attitude passive du consommateur qui a préféré le breuvage sucré du court terme et ignorer la potion salée qu’il boirait à long terme.

 

Or, il y avait dans le monde, nombre de candidats très heureux de récupérer ces emplois détruits. Ils en avaient besoin et devaient bien se demander au nom de quelle hérésie on pouvait cracher sur ces millions d’emplois si durs à créer.

 

Quand l’économie devient une arme de destruction d’avenir

 

Nous avons, en Occident, oublié que le but d’une économie est de l’enrichir et non de faire passer le profit à court terme et la productivité avant le bénéfice des générations futures. Parmi les candidats à la reprise de nos emplois, figurait la Chine. Elle a principalement bénéficié de notre bêtise, et la blâmer de nous avoir « piqué nos emplois » est un peu facile. Nous les jetions alors qu’elle avait plus de 1 milliard de bouches à nourrir qui découvraient que le Livre rouge ne nourrissait pas son homme. Ils se sont donc fait une spécialité que de fournir ce salarié à bas prix que l’Occident aveugle voulait s’offrir.

 

Désormais, la Chine est riche, de devises, de milliardaires ramassés à la faucille, qui investissent dans le monde entier, poursuivant des objectifs variés, mais centrés sur la préparation de leur avenir. Mais peut-être sommes nous arrivés à un possible point de bascule qui pourrait, en retour, nous profiter.

 

Que dirions-nous si la chine pouvait nous renvoyer l’ascenseur en dépensant sa fortune acquise en achetant des produits français ? Paradoxe, l’attrait de ses produits serait lié à l’origine française de leur production. N’est-ce pas délicieusement ironique ? L’export au service de l’emploi.

 

Le Commerce extérieur, enfant maudit de la politique française

 

Or, le Commerce extérieur est confié depuis trente ans à des secrétaires d’Etat souvent aussi novices que totalement inconnus. Leur discrétion est aussi forte que notre déficit est conséquent. Le Commerce extérieur est l’enfant maudit de la politique française.

 

Nous sommes des nains de l’international, dépendants de contrats géants – qui, parfois, nous font la gentillesse de tomber (les Rafale ou les sous-marins). Mais, pour le reste, c’est le néant, alors que les bras se tendent pour recueillir les produits français. Il nous revient de transformer cette envie en offre, et cette offre en emplois.

 

Au lieu de milliers d’aides inutilisées, aidons les Français à se vendre en Chine (notamment) et transformons chaque milliard de vente en 30.000 à 40.000 emplois directs et peut-être autant en indirect. Nul besoin de l’Etat pour cela, ou si peu, juste notre bon sens, notre volontarisme et une organisation tournée vers le numérique.

 

Le chômage, comme une avalanche au ralenti qui lamine le pays

 

L’export au service de l’emploi, voilà une idée qui mérite plus d’attention que les programmes des candidats à la présidentielle de 2017. C’est l’urgence. Chômage des jeunes en hausse, 70% d’augmentation du chômage des seniors… L’effet désastreux du chômage s’étend, de plus, à la totalité des foyers concernés: en effet, l’impact touche, en moyenne, trois fois plus d’individus que le nombre des chômeurs !

 

Ajoutez à cela les désillusions concernant le pouvoir, les élus, les mouvements politiques, les nouvelles lois « baguette magique », les « dispositifs »… Au contraire du virus Ebola, ou de la menace terroriste qui a justifié la bascule durable en « état d’urgence », ce fléau est devenu un état de fait qui ne mobilise plus : une sorte d’avalanche au ralenti qui lamine toute la France et pose de réelles questions sur notre viabilité à terme.

 

Il faut se focaliser non pas sur la croissance et la consommation…

 

Notre expérience d’entrepreneur, faite de pragmatisme et de décisions quotidiennes face à l’inefficacité bureaucratique, permet de pointer du doigt des solutions qui n’ont été que peu explorées.

 

Le raisonnement est pourtant simple – même si certains experts de l’économie y trouveront à redire, pour le plaisir de passer à la télé. Le nombre d’emplois dans un pays est le résultat de la quantité de travail fournie par les personnes en âge de travailler. Cette quantité de travail dépend de la consommation intérieure et des exportations, et donc, de la balance commerciale. Tout ce qui est importé est du travail procuré aux autres pays.

 

 … mais sur la balance extérieure

 

Notre attention est totalement focalisée sur la croissance de la consommation et du pouvoir d’achat. Mais rien pour renverser la tendance d’une balance commerciale en chute libre.

 

Pourtant, l’équation est simple. Si l’on prend le cas de l’agriculture, 1 milliard d’euros à l’export en plus permettrait la création de 20.000 à 30.000 emplois supplémentaires, pour une productivité de 50.000 euros par travailleur agricole. Tous métiers confondus, un excédent de cette balance de 70 milliards d’euros correspondrait à 2 millions d’emplois nouveaux. La démonstration en a été faite par l’Allemagne en 2015. Avec un excédent de 248 milliards d’euros (+ 30 milliards par rapport à 2014) et une création nette de 600.000 emplois nets, elle approche le plein emploi (5,1% de chômage).

 

Double-effet Kiss Cool, cet accroissement de l’export influe directement sur la consommation intérieure en augmentant le pouvoir d’achat des travailleurs sortis du chômage.

 

Et si la Chine renvoyait l’ascenseur

 

La Chine est, de manière assez inattendue, une des solutions possibles pour améliorer notre balance commerciale. Le e-commerce s’est développé de manière incroyablement forte et dépasse les Etats-Unis avec un volume de 500 milliards de dollars d’achats en ligne.

 

Or, ce succès fait apparaître une demande qui explose: les importations de produits étrangers. Pourtant, la France n’est pas dans le Top 10 des importations ! Nous avons donc de l’or à portée de main (comme le prouvent l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas…).

 

C’est le but d’initiatives comme « Fine Fleur de France » que d’exporter, par le biais de petits colis postaux directement envoyés aux internautes chinois, les meilleurs produits fabriqués en France. La rencontre avec l’association « Parrainer la croissance » est en train de permettre à ses 3.500 entreprises d’accéder directement à 10 géants du e-commerce chinois. Un appel élargi à toutes les entreprises du « Made in France » est en cours. L’objectif est simple. Parvenir, en 5 ans, à franchir la barrière des 10 milliards de ventes de produits français aux consommateurs chinois. Ceci afin de créer en final ces 300.000 emplois directs -et certainement le double avec les emplois indirects- dont la France a tant besoin.

 

Nous avons été aveugles trop longtemps, montrons tous notre vision et faisons du numérique et de l’export le moteur du retour de la France dans le peloton des gagnants qui enrichissent leurs concitoyens !

Par Denis Jacquet, Pdg de EduFactory.com et président de « Parrainer la croissance »

Chine: « Nous ne sommes pas intéressés à jouer un rôle dans un film hollywoodien, dirigé par l’armée américaine »

 

Chine: « Nous ne sommes pas intéressés à jouer un rôle dans un film hollywoodien, dirigé par l’armée américaine »

 

31 Mai 2016

Nous sommes dans un monde  où les tensions ne cessent de croître, partout les Etats-Unis comme en Europe jouent la carte de la tension, de l’encerclement et du retour à la guerre froide contre des pays qui se sont prononcés pour un monde multipolaire, contre la suprêmatie du dollars. C’est vrai également pour la Russie et le Brésil.Partout à travers l’Europe et la complicité de notre gouvernement nous avons choisi d’accroître les tensions dans le sillage des Etats-Unis. La question essentielle du combat contre les politiques d’austérité ne doit pas être isolé  de cette course aux armements et ce danger permanent de guerre y compris nucléaires.

(note de  danielle Bleitrach)



Publié: 31 mai 2016 01:38 GMT | Dernière mise à jour: 31 mai 2016 01:41 GMT


Pékin a réagi aux déclarations du secrétaire à la Défense Ashton Carter, qui a dit que la Chine court le risque de créer une « Grande Muraille de l’auto-isolement. »

https://actualidad.rt.com/actualidad/208865-eeuu-guerra-fria-china-papel-hollywood


La Chine prétend être prête si les États-Unis « Provoque un conflit» dans la mer de Chine méridionale


Pékin a accusé le secrétaire américain de la Défense, Ashton Carter, d’avoir une «mentalité de guerre froide», à la suite de sa déclaration sur le fait que la Chine court le risque de créer une «Grande Muraille de l’auto-isolement » avec ses actions dans la mer de Chine méridionale.

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Dans une conférence de presse officielle, lundi, le  porte-parole lundi ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying, a déclaré aux journalistes que les déclarations de Carter « exposent la pensée stéréotypée et la volonté d’hégémonie américaine. »

 

« En fait, il y en a aux  Etats – Unis ceux qui vivent physiquement dans le XXI e siècle, mais dont l’ esprit est resté pris au piège dans l’ère de la guerre froide ,  » a déclaré le porte – parole, cité par AP .

 

« La Chine n’a aucun intérêt à toute forme de guerre froide nous ne sommes pas plus intéressés à jouer un rôle dans un film d’Hollywood, écrit et réalisé par certains responsables militaires américains », a déclaré Hua Chunying.

 

Cependant, il a averti que son pays « n’a pas peur et contrecarrera  toute action qui menace et viole la souveraineté et la sécurité de la Chine ».

Les déclarations faites par le représentant du ministère des Affaires étrangères interviennent quelques jours après que le secrétaire américain de la Défense Ashton Carter, ait affirmé que la Chine court le risque de créer une «Grande Muraille de l’auto-isolement » à la suite de son expansion militaire dans la mer China Southern.

 

Dans un discours prononcé vendredi à l’Académie navale des Etats-Unis, Carter a déclaré que «les pays de la région -aliés, partenaires et non-alignés ont exprimé leurs préoccupations publiquement et en privé au plus haut niveau. »

 

Il a également exprimé les actions de la Chine dans la mer de Chine méridionale « défient les principes fondamentaux, et nous ne pouvons pas détourner le regard. »

 

Hua, à son tour, a répondu ce vendredi que les déclarations de Carter étaient destinées à couvrir les plans de Washington visant à déployer des forces militaires supplémentaires dans la région Asie-Pacifique.

 

La tension croissante

 

Les paroles du secrétaire à la Défense des États-Unis  étaient les derniers d’une série de déclarations critiques e Washington en ce qui concerne les actions de Pékin en mer de Chine du Sud.


Les tensions entre les deux pays se sont  intensifies la semaine dernière aprèsque  les Etats – Unis aient annoncé la levée de l’embargo sur les armes au Vietnam, dans un esprit  qui, selon au journal d’Etat China Daily, vise à « mettre fin à l’expansion de la Chine ».

 

Bien que la Chine a maintes fois mis en garde contre l’ingérence américaine dans la région, les navires de guerre américains sont entrés plusieurs fois dans les eaux contestées, et ses avions ont effectué de nombreuses missions de surveillance sur la zone.

 

En outre, Washington a annoncé qu’il va ignorer la zone d’identification de défense aérienne de Pékin (ADIZ, pour son sigle en anglais) au cours de ses missions militaires dans la région.

 

Il y a certains qui  physiquement  vivent dans le XXI e siècle, mais dont l’esprit est pris au piège dans l’ère de la guerre froide

 

Plusieurs pays ont des revendications territoriales dans la région. La Chine vise à contrôler 80% de la mer, près de 3 millions de kilomètres carrés, alors que le Vietnam, la Malaisie, les Philippines ne veulent pas renoncer à un territoire qu’ils considèrent comme le leur. Brunei ne revendique pas le territoire, mais veut continuer à pêcher dans ces îles qu’il occupe de facto.

 

Les États-Unis a également été impliqué dans le conflit, en exprimant ouvertement son soutien  aux Philippines et au Vietnam, ses alliés t. En outre, États-Unis exhorte le Japon à prendre les armes pour contrer la puissance croissante de la Chine, bien que Tokyo ait renoncé à ses revendications territoriales dans la mer de Chine méridionale en 1945 et actuellement seulement maintient un différend territorial avec la Chine dans une autre mer, celle de l’Est de la Chine.

 

 

 

 

Pour Allah, la Chine et Marx: le « mix théologique » des jeunes imams de Chine

Pour Allah, la Chine et Marx: le « mix théologique » des jeunes imams de Chine

 

25 Mai 2016

  • Un étudiant chinois musulman en cours à Yinchuan le 22 septembre 2015

Par AFP , publié le 23/05/2016 à 10:19 , mis à jour à 10:19

 Un étudiant chinois musulman en cours à Yinchuan le 22 septembre 2015

afp.com/GOH CHAI HIN

http://www.lexpress.fr/actualites/1/styles/pour-allah-la-chine-et-marx-le-mix-theologique-des-jeunes-imams-de-chine_1794711.html#rzkmfyoP6QqTErM8.01

Yinchuan (Chine) – Tous les matins en se rendant à l’Institut d’études islamiques, Wang Yue se voit rappeler qu’il peut aimer à la fois l’Etat chinois et Allah, même si le pays doit passer en premier. Gravé dans le marbre blanc en lettres d’or à l’entrée de l’institut, le slogan « Aimer le pays, aimer la religion » se retrouve dans tout le campus.

 

Un slogan qui cache un paradoxe de taille dans un pays dirigé par le Parti communiste chinois (PCC), parti unique et officiellement athée. Mais les étudiants de l’institut de Yinchuan (nord), l’un des plus importants de Chine, ne voient guère de contradictions entre les enseignements de Marx et ceux de Mahomet.

 

« Aimer son pays, c’est aussi être un homme bon et un bon musulman », dit Wang, en quatrième et dernière année d’études islamiques. « Marxisme et religion ne sont pas contradictoires, et comprendre les religions et les théories des autres peut aider à mieux comprendre sa propre foi », assure-t-il.

La Constitution chinoise prévoit la liberté de culte tout en imposant de sévères limites à ce principe puisqu’elle ne reconnaît que cinq religions dont la pratique est en outre strictement encadrée.

 

Le président Xi Jinping l’a rappelé en avril lors d’une conférence gouvernementale: les religions en Chine doivent suivre la direction du Parti communiste.

« Nous devons guider et éduquer les milieux religieux et leurs fidèles avec les valeurs fondamentales du socialisme », a-t-il alors déclaré, selon l’agence officielle Chine nouvelle. « Il faut résolument combattre les infiltrations étrangères utilisant des moyens religieux et empêcher les déviations idéologiques par des extrémistes », a ajouté le président.

 

– Marteau, faucille et croissant –

 

L’islam chinois est pratiqué principalement par les Hui, des Chinois ethniquement classés à part mais bien intégrés et très proches de la majorité Han, et par les Ouïghours, la minorité turcophone du Xinjiang, culturellement voisins de l’Asie centrale.

 

Sunnites comme les Hui, les Ouïghours sont dans le collimateur des autorités en raison des violences survenues ces dernières années au Xinjiang, attribuées par Pékin à « l'extrémisme religieux », au « séparatisme » et au « terrorisme » d’inspiration jihadiste.

 

L’islam existe en Chine depuis plus d’un millier d’années, arrivé avec les commerçants arabes par la mer et par la route de la Soie, et le pays compte aujourd’hui huit Instituts d’études islamiques administrés par l’État.

 

Dans celui de Yinchuan, Wang Yue et ses camarades récitent en choeur durant leur cours d’arabe les « valeurs fondamentales du socialisme » et du « patriotisme » devant un tableau noir orné de la faucille et du marteau.

 

Ces étudiants sont « conscients » du paradoxe, mais les Hui s’en accommodent facilement, après avoir été « soumis tellement longtemps à la propagande politique, particulièrement la génération des années 1960 et 70 », explique Timothy Grose, professeur d’études chinoises de l’Institut de Technologie de Terre Haute (Indiana, USA).

 

« Traditionnellement, les musulmans Hui ont occupé une pléiade de positions militaires et gouvernementales » , relève-t-il, et « les Hui ont pu bénéficier du développement national » . « C’est plus facile d’aimer un gouvernement qui vous aide à devenir riche ».

 

– ‘Pas besoin du gouvernement’ –

 

La prospérité apparente de Yinchuan, capitale du Ningxia, en est la preuve, avec ses avenues flambant neuves, ses pancartes trilingues (chinois, arabe et anglais) et sa foire commerciale annuelle Chine-Moyen-Orient.

 

Malgré les signes de réussite, l’éducation islamique à la mode chinoise ne fait pourtant pas l’unanimité dans la communauté musulmane.

 

« L’enseignement des Instituts islamiques, ce n’est pas l’islam, ce n’est pas de la religion, c’est de la propagande officielle », explique un imam rencontré dans une mosquée de la ville, en refusant de donner son nom complet.

 

« Les officiels savent qu’ils feront des imams qui enseignent ce qu’on leur a raconté », assure-t-il, avant d’ajouter: « On n’a pas besoin du gouvernement pour nous parler de religion ».

 

Les écoles religieuses dépendantes des mosquées donnent de leur côté des cours d’islam sans référence au marxisme et au patriotisme. Mais leurs diplômés devront passer un test officiel avant d’être autorisés à prêcher.

 

A l’Institut, bâti dans les années 1980 et largement financé par la Banque du développement islamique d’Arabie Saoudite, les étudiants se disent satisfaits de leur sort. Hai Jun, en troisième année, estime que la situation des musulmans de Chine s’est nettement améliorée depuis l’époque de son grand-père qui a vécu des temps « très difficiles ».

 

« Sa génération ne pouvait pas faire le hadj, nous on le peut », résume-t-il en évoquant le pèlerinage à La Mecque, un des cinq piliers de l’islam.

Paradoxe : les Chinois se reposent, pendant que les Russes se tuent à la tâche

Paradoxe : les Chinois se reposent, pendant que les Russes se tuent à la tâche

03 Avril 2016

Ce texte traduit par Marianne pour histoire et société démystifie beaucoup notre vision de la Chine, on y apprend que la Chine va passer à une semaine de 4 jours de travail pour stimuler l’industrie des loisirs et des services. Cela fait partie de la volonté chinoise de changer son modèle de développement par la stimulation de son marché intérieur. Les Russes qui ne cessent de déplorer de ne pas avoir copié les Chinois, avoir gardé le socialisme tout en développant le marché maitrisé par la planification protestent

(Note de Danielle Bleitrach).


Парадокс: китайцы отдыхают, россияне надрываются

En Chine, on va passer à la semaine de travail de 4 jours. Pourra-t-on transposer cette expérience chez nous?

Andreï Ivanov

 

Photo: Lehtikuva / TASS

http://svpressa.ru/economy/article/145726/

 

La Chine songe à passer progressivement à une semaine de travail de quatre jours. Pas demain, mais en 2030. Au 1er avril de cette année, deux municipalités dans la province de Shanxi, ainsi que les fonctionnaires d’Etat dans les villes de Jinzhong et Ji’an vont expérimenter la semaine de 4,5 jours. Dans un premier temps, cette réduction du temps de travail sera saisonnière – à partir du 1er avril jusqu’au 31 octobre. Si l’expérience est un succès, dans 15 ans la Chine laissera loin derrière elle la plupart des pays développés, sinon par le niveau de la consommation, du moins pour la qualité de vie.

 

La réduction de la durée de la semaine de travail selon les autorités chinoises devrait stimuler le secteur des loisirs et des services. L’initiative a été proposée par le Conseil d’Etat en octobre dernier.

 

D’une manière  générale, les propositions visant à augmenter le temps libre des travailleurs ont été énoncées récemment dans les plus hautes sphères. En 2013, le passage à une semaine de travail de quatre jours a été préconisé par des chercheurs de l’Université du Peuple de Chine. Les experts estiment que d’ici 2030, la sphère de repos produira jusqu’à la moitié du PIB national. En 2014, l’Académie chinoise des sciences sociales a lancé une initiative visant à augmenter le nombre de jours fériés. Il a été proposé de rétablir les vacances de la « semaine d’or » en mai, abolies en 2008, et de prolonger les congés officiels accordés pour le Nouvel An chinois, qui durent aujourd’hui sept jours.

 

L’augmentation du temps de repos est depuis longtemps un sujet de discussion dans les différents pays. Le passage à une semaine de travail de quatre jours avait été envisagé en Italie, avant la crise de 2008. Cependant, il n’y a eu aucun début de concrétisation. En France, on a adopté la semaine de 35 heures, mais en réduisant les salaires.

 

En Chine, la tendance à l’amélioration de la qualité de vie est extrêmement rapide ces dernières années. Au début des années 2000, les travailleurs de nombreuses entreprises avaient un seul jour de congé par mois, il fallait parfois travailler jusqu’à 16 heures par jour, et le salaire était inférieur à 100 $. Aujourd’hui, le salaire moyen des travailleurs chinois est plus élevé que le russe.

 

Le fait que les Chinois ont plus de temps libre et plus d’argent apparaît de manière éclatante à travers le nombre croissant de touristes chinois dans le monde entier. L’an dernier, ils ont acheté rien qu’à Moscou pour un milliard de dollars, et chaque année, ils dépensent à travers le monde 250 milliards de dollars.

 

Dans notre pays, d’autres mesures sont souvent mises en avant dans la lutte pour la croissance économique. On reparle du relèvement progressif de l’âge de la retraite. On propose de compenser la faible croissance de la productivité par une baisse des salaires. La Douma d’Etat enregistre constamment des propositions pour supprimer les vacances du Nouvel An. La réduction de la semaine de travail a lieu seulement lorsqu’une entreprise est au bord de la faillite. Naturellement, pour ce temps partiel les salariés gagnent moins. Il n’est plus question de partir en voyage vers des contrées lointaines ni de faire du shopping, mais d’assurer le quotidien.

 

« SP » a demandé aux experts ce qui a motivé la réduction de la semaine de travail en Chine, et s’il est possible de mettre en œuvre cette expérience chez nous?

 

Le Directeur adjoint de l’Institut d’Extrême-Orient Andrei Ostrovsky:

 

– Quand je suis allé en Chine pour la première fois à la fin des années 70, il y avait la semaine de travail de six jours. Les gens commençaient à travailler à 6 heures, de 12 à 14 heures il y avait une pause, puis ils reprenaient le travail habituellement jusqu’à 18 heures.

 

Dans les années 1980, la semaine de travail était de 52 heures. De plus il y avait encore les samedis communistes. Les gens étaient motivés par des slogans comme « Nous avons besoin de plus de temps pour faire des réserves de céréales. » Ils travaillaient sans cesse, y compris les samedis et dimanches. Le salaire moyen des travailleurs et des employés chinois était de 60 yuans par mois (environ 30 $). Et on considérait qu’ils avaient une bonne situation.

 

Mais depuis le niveau de vie a grandi non seulement de manière rapide mais ultra rapide. Selon tous les critères.

 

Aujourd’hui, la Chine a officiellement une semaine de 40 heures sur cinq jours de travail. Les gens ont vu leur temps libre augmenter considérablement, y compris pour faire leurs courses. Une semaine de travail de quatre jours permettra de vendre plus de produits. Donc, il y a une logique.

 

La Chine a lancé une politique d’augmentation du marché intérieur. Cela signifie qu’il faut augmenter les ventes dans les magasins, le temps pour les loisirs et les occasions d’acheter.

 

Mais en Chine, on ne fait rien sur un coup de tête. Par exemple, en Russie le 1er avril, nous avons introduit de nouvelles taxes sur le carburant à travers le pays. Ce qui se passera ensuite –on verra bien. En Chine, on a introduit à titre d’expérience une semaine de 4,5 jours dans deux villes. Il faudra voir si les magasins en tireront bénéfice. Si le marché de la consommation augmente, cela permettra d’élargir la géographie de l’expérience, puis de réduire la semaine de travail à quatre jours.

 

« SP »: – Mais peut-être la réduction de la semaine de travail est due à la baisse des taux de croissance économique?

 

Après tout, il y a eu des rapports sur la réduction de la production en Chine.

 

– La production sera diminuée, on n’a plus besoin de tant d’entreprises. Des entreprises seront déplacées d’une région du pays à une autre. Dans certaines industries, par exemple, dans l’industrie de l’acier et du charbon, il y a des surcapacités. Les gens seront transférés dans d’autres domaines. Principalement, dans le secteur tertiaire.

 

Le 12ème plan quinquennal avait été chargé d’augmenter la part de plus-value dans le secteur des services à 50%. Cette tâche est accomplie. Aux Etats-Unis et en Europe, le chiffre est de 70-80%. Mais afin d’augmenter le marché des services, les gens ont besoin d’avoir plus de temps libre. Pendant les heures de travail (dont le contrôle en Chine est très strict) il n’est pas possible de courir les magasins.

 

La croissance économique a été constante toutes ces dernières années. Alors que notre économie était en crise dans les années 90, la réforme économique en Chine a donné des taux de 8, 10 et même 12% de croissance. La Chine a été en mesure de combiner une économie planifiée et le marché. Les taux de croissance élevés ont augmenté les revenus de la population.

 

Le gouvernement a réussi à convaincre les gens de la nécessité des réformes, le consensus public a été obtenu. Au cours des cinq premières années de réformes, les gens étaient sceptiques. On produisait seulement 180 millions de tonnes de céréales par an, tout le monde dépendait des cartes de ravitaillement. Mais après quelques années, on a commencé à produire 400 millions de tonnes, et les cartes ont commencé à être progressivement supprimées. Sont apparus des marchés où l’on pouvait acheter des marchandises. Il ne fallait plus faire la queue dans les entreprises pour obtenir les coupons. La Chine est passée du système de carte à des relations marchandises-argent normales.

 

Si aujourd’hui on envisage de passer à une semaine de travail de quatre jours, ce n’est pas parce qu’il y aurait ralentissement de la croissance. Pour ce quinquennat, il est prévu une croissance de 6,5-7% par an. De 2021-2025 la croissance ne sera pas supérieure à 6,5%. Mais lors de la récente session de l’Assemblée populaire nationale, le Premier ministre Li Keqiang a déclaré qu’un pour cent de croissance aujourd’hui équivaut à 2,5% il y a dix ans. Le Président du Forum de Davos, Klaus Schwab, quand il a ouvert le forum cette année, a déclaré que la croissance du PIB de la Chine en termes absolus, est égal à la totalité du PIB de la Suisse.

 

« SP »: – Mais si les gens travaillent moins, le volume des marchandises diminuera.

 

– Dans le secteur réel, la productivité devrait augmenter dans tous les lieux de travail. Les machines seront différentes. Ce qui se faisait en cinq jours pourra être fait en quatre, ou même encore moins.

 

Tout dépend de savoir si la Chine va construire une économie véritablement innovante. Si ce n’est pas la cas, alors, bien sûr, la réduction de la semaine de travail est une vaine spéculation. Si les innovations sont développées, il ne sera pas nécessaire de passer cinq jours par semaine derrière une machine.

 

« SP »: – La Russie peut-elle tirer des leçons de l’expérience chinoise?

 

– La science doit être la principale force productive. Mais regardez ce que l’on fait de notre science? Nous avons fait une réforme et pratiquement liquidé l’Académie des sciences. Les scientifiques sont dirigés par la FANO (Agence fédérale des organisations scientifiques), qui n’a aucune compétence dans les questions scientifiques. Les universités ont considérablement augmenté la charge de travail des enseignants. Et en même temps, il y a une diminution des postes.

 

La question est de savoir si la science russe sera en mesure de contribuer par ses avancées à l’innovation dans l’industrie et d’autres secteurs de l’économie. Si des nouvelles machines apparaitront. De cela dépend la productivité dans chaque lieu de travail et dans l’industrie en général.

 

Le Directeur de la Section d’Etudes Orientales d’HEC Alexei Maslov:

 

– Le nombre d’heures de travail a diminué en Chine ces deux dernières années. Le fait est que de nombreuses entreprises chinoises sont passées du travail manuel à la machine. J’ai vu comment en 2005, les usines étaient très mal équipées, elles employaient des dizaines de milliers de personnes. Aujourd’hui il n’y en a qu’un millier. Autrement dit, il y a eu réduction du volume de travail.

 

Le gouvernement chinois est confronté à un choix : mettre les gens à la rue et augmenter le chômage, ou réduire la charge de travail sur chacun. En principe, d’ici à 2018 le nombre de chômeurs pourrait atteindre cinq à sept millions de personnes. Le seul moyen de s’en sortir est de réaffecter la quantité de travail.

 

D’autre part en Chine, on veut éviter un scénario à la japonaise où un grand volume de travail ne conduit pas à une augmentation de la productivité, mais à sa réduction. En raison de la fatigue, des névroses constantes, de la haute compétition. Au Japon il y a même un syndrome psychologique, comme la mort au travail. Les gens se suicident simplement parce qu’ils ne peuvent pas se détendre et quitter le travail. L’Etat ne les oblige pas à le faire, mais la société encourage le travail au-delà de la mesure. La Chine tente d’éviter cela. Donc, ils sont passés de la semaine de travail de six à celle de cinq jours, et maintenant ils pensent à une semaine de quatre jours de travail.

 

Bien sûr, une autre raison est que lorsque les gens ont plus de temps libre, ils peuvent aller faire du shopping, aller au cinéma, dépenser de l’argent pour les divertissements.

 

L’économie chinoise avait un problème majeur – le marché de la consommation n’était pratiquement pas développé. La Chine construisait et produisait, mais ne consommait pas. La réduction du nombre d’heures de travail devrait stimuler la demande intérieure.

 

Comme toujours, l’initiative commence par l’expérimentation.

 

« SP »: – Et nous, nous pourrions suivre la voie des Chinois?

 

– La Chine a toujours été un Etat socialement orienté. Et c’est non seulement un beau slogan, mais un principe de vie. Tout simplement, la moindre atteinte aux intérêts de la population peut conduire à un bouleversement social énorme, et il est préférable de prendre les devants.

 

Au cours des dernières années, la Chine a procédé à une réforme des retraites, la réforme des soins de santé. La médecine n’est pas devenue payante, mais les cliniques ont été entièrement rénovées avec des équipements modernes. Dans le pays on réduit la journée de travail, et on ne parle même pas d’augmenter l’âge de la retraite. Autrement dit, toutes les décisions sont destinées à faire en sorte que les gens se sentent à l’aise dans leur propre pays.

 

Comment pourrions-nous apprendre de l’expérience chinoise? Le gouvernement russe devrait s’orienter sur le social. Actuellement, la solution des problèmes économiques est recherchée dans des méthodes simplistes et non économiques. Par exemple, nous ne disposons pas de suffisamment de main d’œuvre, alors on propose de relever l’âge de la retraite et de geler  les pensions. On cherche la solution d’un problème isolé, et non la solution dans son ensemble.

 

Nous pourrions augmenter la productivité du travail, améliorer son organisation. Mais il est nécessaire de réduire le nombre de fonctionnaires, de réduire le nombre d’opérations papier. Comme cela se fait en Chine.

 

Plus important encore, il faut stimuler le travail par des méthodes économiques, plutôt que par la peur du chômage. C’est une intimidation et non un stimulant. Cette méthode peut fonctionner, mais pas sur la durée.

Xi avertit Obama contre tout ce qui menacerait la souveraineté et les intérêts nationaux de la Chine

Xi avertit Obama contre tout ce qui menacerait la souveraineté et les intérêts nationaux de la Chine

 
02 Avril 2016

Les tensions en mer de Chine ne sont pas moindre que celles qui existent en Europe avec l’OTAN. La Chine discute « fermement » alors que la Russie a renoncé à aller discuter

(note de Danielle Bleitrach).


Temps Publié: 1 avril 2016 05:38

Le président américain Barack Obama (non représenté) et le président Xi Jinping de la Chine participent à une rencontre bilatérale en marge du Sommet sur la sécurité nucléaire au Walter E. Washington Convention Center le 31 Mars, 2016 Washington, DC. © Mandel Ngan
Le président américain Barack Obama (non représenté) et le président Xi Jinping de la Chine participent à une rencontre bilatérale en marge du Sommet sur la sécurité nucléaire au Walter E. Washington Convention Center le 31 Mars, 2016 Washington, DC. © Mandel Ngan / AFP

La Chine a mis en garde les Etats-Unis en expliquant qu’elle allait protéger sa souveraineté dans les eaux contestées de la mer de Chine méridionale et qu’elle rejetait les tentatives visant à utiliser les lois et la liberté de navigation internationales comme prétexte pour porter atteinte à ses intérêts de sécurité nationale.

 

Lors d’une rencontre avec le président américain Barack Obama lors du quatrième Sommet sur la sécurité nucléaire à Washington DC, son homologue chinois Xi Jinping a déclaré qu’alors même qu’il croit en la résolution pacifique des conflits par le biais de négociations directes, la Chine prendrait des mesures pour protéger ses intérêts nationaux et sa souveraineté.

 

« La Chine va fermement sauvegarder sa souveraineté et ses droits en mer de Chine du Sud, » a déclaré  Xi dans une réunion, selon l’agence Xinhua.

 

Tout en affirmant que Pékin « respecte et protège la liberté de navigation et de survol d’autres pays au  regard du droit international, » Xi a souligné que la Chine « ne peut pas accepter que la liberté de navigation devienne  une excuse pour porter atteinte à la souveraineté de la Chine et à ses intérêts de sécurité nationale. »

 

Les États-Unis ont pris des mesures pour contrer l’influence croissante de la Chine dans la région et ont accru leurs patrouilles navales régulières en mer de Chine du Sud dans le cadre de la « liberté de navigation »  près de la chaîne des îles contestées. Washington a également augmenté sa surveillance aérienne, en plus de l’intensification de jeux de guerre américaine avec ses alliés asiatiques. En réponse la Chine a déployé ses systèmes surface-air missiles sur l’ île Woody cette année, en plus des avions militaires.

 

Woody Island est la plus grande île dans la chaîne Paracel de la mer de Chine méridionale. La Chine a revendiqué l’île dans les années 1950, mais ses droits dans la région, qui est au cœur des routes maritimes économiquement importantes dans la mer de Chine du Sud, sont contestés par Taiwan, les Philippines, Brunei, la Malaisie et le Vietnam.

 

En plus de l’intrusion américaine dans cette question de la  mer de Chine méridionale, la Chine est inquiète de l’installation d’un système d’anti-missile Terminal High Altitude Area Defense (THAAD) sur la péninsule coréenne.

 

Selon le vice – ministre chinois Zheng Zeguang, lors de la réunion, Xi a dit que la Chine était « fermement opposée » au déploiement par les Etats-Unis de THAAD.

 

En février, les États-Unis et la Corée du Sud ont convenu d’entamer des pourparlers sur le déploiement du système THAAD pour contrer la menace de la Corée du Nord, qui a récemment vanté l’augmentation de ses capacités nucléaires. L’essai nucléaire de la Corée du Nord le 6 janvier et le lancement d’un satellite le 7 février étaient des violations des interdictions des Nations Unies.

 

Bien qu’aucune décision officielle n’ait été prise pour placer THAAD en Corée du Sud, la Chine à plusieurs reprises au cours des derniers mois a continué de souligner que le déploiement par les Etats-Unis d’un complexe de missiles anti-balistiques, conçu pour détruire des missiles balistiques à courte et moyenne portée, pourrait mettre en péril sa sécurité nationale.

 

Avant le Sommet sur la sécurité nucléaire, Tony Blinken, secrétaire adjoint à la Défense, a exhorté la Chine à une entente avec les États-Unis sur le déploiement de THAAD.

 

« Si la Chine cherche à s’assurer que nous ne soyons pas obligés de prendre des mesures supplémentaires pour notre propre sécurité et celle de nos partenaires et alliés, la meilleure chose qu’elle peut faire est de s’engager à nos côtés pour contraindre la Corée du Nord, »   a déclaré Blinken mardi à la Brookings Institution.

 

« Nous sommes conscients que la Chine peut ne pas nous croire et nous proposons également de négocier la technologie avec eux … et nous sommes prêts à nous  expliquer [ à propos de] ce que la technologie fait et ce qu’elle ne fait pas et nous espérons qu’ils vont accepter  cette proposition, » a ajouté Blinken

 

Le ministère chinois des Affaires étrangères mercredi a répondu aux commentaires de Blinken en répétant encore une fois que le système de défense antimissile nuirait à la sécurité de la Chine.

 

« L’installation du système THAAD est étendu bien au-delà de la nécessité de la défense contre la Corée duNord, et causera un préjudice direct aux intérêts stratégiques et de sécurité de la Chine, ainsi que l’équilibre régional, » a déclaré Hong Lei, porte – parole du ministère.La Russie a également mis en garde contre le déploiement de THAAD sur la péninsule coréenne. Fin  mars l’ambassadeur de Russie en Chine Andrey Denisov a déclaré que THAAD  « crée des défis considérables pour la sécurité des autres pays, dont la Russie … [et] ne peut être considéré comme autre chose que la création d’une certaine menace pour la Chine et  la Russie. »

 

Lors du sommet de jeudi Obama et Xi Jinping ont convenu de travailler ensemble sur la menace nord-coréenne et ont appelé  Pyongyang à renoncer à son arsenal nucléaire. La Chine a également accepté de mettre pleinement en œuvre les dernières restrictions économiques imposées par le Conseil de sécurité contre le Nord.

 

Les deux dirigeants ont également publié des déclarations conjointes promettant d’améliorer la sécurité nucléaire, mettre en œuvre un accord global sur le changement climatique, et lutter contre les menaces de sécurité cybernétique.

 

La télévision chinoise expose la vérité sur les droits de l'homme aux États-Unis

Publié par Jean Lévy

La télévision chinoise expose la vérité sur les droits de l'homme aux États-Unis

La télévision chinoise expose la vérité sur les droits de l'homme aux États-Unis

Analyse communiste internationale

le Quotidien du Peuple en ligne |

15.03.2016 16h49

Le 13 mars dans la soirée, la télévision centrale de Chine a diffusé un film intitulé « Le bilan des ‘défenseurs des droits de l’homme’ sur la situation des droits de l’homme » qui, par l’intégration de reportages des médias américains et d’autres pays, montrant le véritable état des droits de l'homme aux États-Unis, qui reflète l’hypocrisie des États-Unis dans ce domaine.

Le film cite les problèmes liés aux droits de l'homme aux États-Unis dans de nombreux domaines, qui ne peuvent que choquer les gens. Pour les prisonniers détenus dans les prisons, les scandales liés à la corruption, la torture et les abus sexuels sont fréquents, et quant aux femmes, elles souffrent fréquemment de discrimination à l'emploi et de harcèlement sexuel ; chez les adolescents de plus de 15 ans morts de blessures aux États-Unis, 1/4 ont été tués à la suite de tirs d’armes à feu ; enfin, le FBI utilise ses prérogatives pour obliger les sociétés de l’Internet à fournir les informations des utilisateurs, y compris toute leur historique en ligne, sans l'approbation de la justice.

Depuis les années 1970, le département d'Etat américain présente chaque année au Congrès ce qu’il appelle le « Rapport sur les droits de l’homme » sur la situation des droits de l’homme dans d'autres pays, mais se montre beaucoup moins regardant sur les graves problèmes des droits de l’homme aux États-Unis même. Les États-Unis se sont autoproclamés « défenseurs des droits de l’homme », mais ils utilisent ce concept pour leurs propres intérêts stratégiques.

Selon Ji Hong, chercheur à l’Institut d’études américaines à l’Académie des sciences sociales « Les États-Unis se considèrent eux-mêmes depuis longtemps comme une sorte de leader, ils ont un sentiment de supériorité, ou le sentiment qu'ils sont les meilleurs, que ce soit d’un point de vue système ou situation ». Mais ce documentaire télévisé sur les droits de l'homme aux États-Unis qui expose la vérité montre que sur la question des droits de l'homme, le gouvernement des États-Unis fait « deux poids, deux mesures », en particulier s’agissant de l'absence de volonté et de capacité à améliorer la situation des droits de l'homme dans son propre pays.

Ce film diffusé par la télévision chinoise fait écho à la position constante de la Chine, qui veut que tous les pays font face à leurs propres problèmes, et qu’il faut renforcer un dialogue authentique avec les autres pays, afin de promouvoir efficacement le développement de la cause internationale des droits de l'homme.

(Yang Xun, journaliste au Quotidien du Peuple)

(Rédacteurs :Guangqi CUI, Wei SHAN)

source: http://french.peopledaily.com.cn/Chine/n3/2016/0315/c31354-9030562.html

La Chine est confiante quant aux perspectives de ses relations avec la Russie, selon Wang Yi

La Chine est confiante quant aux perspectives de ses relations avec la Russie, selon Wang Yi

 

15 Mars 2016

Publié le 13 mars 2016 par anonyme

La Chine est confiante quant aux perspectives de ses relations avec la Russie, selon Wang Yi

2016-03-12 11:49:11 xinhua

 

La Chine est pleinement confiante quant aux perspectives de ses relations avec la Russie et apportera un soutien indéfectible au partenariat de coordination stratégique global entre les deux pays, a déclaré vendredi à Moscou le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi après avoir rencontré son homologue russe Sergueï Lavrov.

 

« En tant que partenaires mutuels prioritaires et les plus importants, la Chine et la Russie envisagent le partenariat de coordination global comme un principe stratégique et non pas comme une opportunité politique, » a dit M. Wang.

 

Quelles que soient les situations aux plans mondial et régional, a ajouté M. Wang, la politique visant à consolider notre partenariat ne changera pas, et notre engagement en faveur d’un développement et d’une revitalisation communs, et du respect de la paix dans le monde, de la stabilité, de l’équité et de la justice ne faillira pas.

 

Alors qu’en 2016 sera célébré le 15ème anniversaire du Traité de bon voisinage et de coopération amicale entre la Chine et la Russie, les deux parties doivent saisir l’occasion pour donner un nouvel élan à leur partenariat, a considéré M. Wang.

 

Selon le chef de la diplomatie chinoise, les deux parties planifient et préparent un ensemble d’échanges et de programmes conjoints de haut niveau, tels que l’alignement de l’initiative de la « Ceinture économique de la Route de la Soie » et du projet russe d’Union économique eurasienne, qui permettront d’obtenir des résultats fructueux.

 

M. Wang a affirmé que la Chine est confiante dans la capacité de la Russie à surmonter ses difficultés économiques actuelles et que Beijing croit dans l’avenir de son partenariat de coordination stratégique global avec Moscou et dans le pragmatisme de leur coopération bilatérale.

 

De son côté, M. Lavrov a déclaré que la coopération avec la Chine est l’axe principal de la politique étrangère de la Russie et que le partenariat de coordination fait partie des intérêts fondamentaux des deux parties.

 

Il a ajouté que le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping se sont rencontrés à cinq reprises au cours de l’année passée et que ces réunions ont considérablement resserré les liens bilatéraux.

 

La Russie est prête à maintenir des contacts de haut niveau avec la partie chinoise, et à renforcer la coopération dans les domaines de la finance, de l’énergie, des technologies nouvelles et de pointe, de l’exploration de l’espace, des transports et des télécommunications, tout en développant les échanges et les contacts culturels au niveau régional.

 

Les deux ministres des Affaires étrangères ont également échangé et atteint un large consensus sur les questions mondiales et régionales telles que la crise en Syrie et la situation dans la péninsule coréenne.

 

source: http://french.cri.cn/621/2016/03/12/603s471546.htm

Nombreuse, efficace et puissante: la Chine se lance dans une réforme historique de l’armée

Nombreuse, efficace et puissante: la Chine se lance dans une réforme historique de l’armée

 

06 Mars 2016
 

On retrouve ici les faits déjà notés dans les deux précédents articles publié aujourd’hui concernant la Chine, mais qui précise les conditions de la transformation de l’armée chinoise. Celle-ci note l’article doit avancer à marche forcée face à la tension qui croît dans la mer de Chine avec l’avancée de la 7e flotte américaine et son armement nucléaire. Ce qui en France est essentiellement vu sous le prisme d’une grotesque agitation de la Corée du Nord est en fait beaucoup plus préoccupant et menace la paix mondiale ici comme en d’autres lieux de la planète. Les Etats-Unis sont plus que jamais en situation de prétendre à une hégémonie qu’ils n’ont plus les moyens de contrôler et d’utiliser leur puissance militaire et celle de leurs alliés, dont la France. Une nouvelle course aux armements est déclenchée, elle exige toujours plus d’austérité pour les peuples et la montée d’appareils de répression interne. L’exigence de paix devrait être notre première préoccupation.

(Danielle Bleitrach)


Publié: Mar 2016 03:48 6 GMT

L’Armée de libération du peuple entre dans « une nouveau et historique stade de son évolution. »

Damir Sagolj / Reuters

Le gouvernement chinois a entrepris cette année une réforme à grande échelle de ses forces armées. Selon les prévisions, l’Armée de libération du peuple, qui emploie 2,3 millions de personnes, sera plus en alerte et sera mieux à même de défendre le pays.

 

« La Chine est en train de passer du stade où elle est  juste  un grand pays pour devenir un pays grand et puissant , de sorte que la défense et le développement militaire entrent  dans une nouvelle étape historique de son évolution, » a  déclaré  le président chinois Xi Jinping, au cours d’ une réunion dles responsables militaires tenue à Beijing, en Novembre dernier.

 

Des experts de l’agence Bloomberg ont  analysé le plan de l’ Etat pour la réforme militaire en Chine. Tels  sont les principaux changements qui vont affecter  l’Armée de libération populaire en 2016:

 

La croissance du budget militaire va stagner

 

La Croissance approuvé par Pékin pour le budget 2016 militaire dépasse à elle seule 7% ou 8% des  indices de l’année dernière. Ces chiffres sont dus au ralentissement de la croissance de l’économie chinoise en général, alors que  les dépenses de défense en Chine correspondent à la croissance de l’économie nationale.

 

La Chine est en train de passer du stade où elle était   juste un grand pays pour être un grand et puissant pays, de sorte que  la défense et le développement militaire entrent  dans une nouvelle étape historique de son évolution

 

Cette année, le gouvernement chinois prévoit une croissance du PIB de seulement 6,5% ou 7%, de sorte que les investissements de l’armée ne dépasseront  pas 8%, selon l’annonce. Toutefois, il est probable que la Chine destine à la présente   réforme militaire une somme supérieure, estime , le groupe d’experts de  l’International Peace Research Institute de Stockholm.

 

La réduction des effectifs

 

Il prévu de réduire les effectifs  à environ 300.000 emplois dans l’armée jusqu’à la fin de 2016. Cela touchera les activités non directement liées au combat, comme les cuisiniers, les médecins, les journalistes, les chanteurs et les danseurs  accrédités pour  la Défense de la Chine.. Pékin veut aussi réduire le nombre de troupes au sol, mais embaucher plus de pilotes, des marins, des soldats des forces spéciales et les opérateurs  de véhicules sans pilote.

 

La réforme du système administratif

 

Toutes les unités de l’armée seront gérées à partir d’un centre unique de commandement. Les sept districts militaires qui existent actuellement en Chine seront réorganisés en cinq nouveaux districts, chacun dirigé par un nouveau patron.

 

Le ministère de la Défense sera divisé en 15 nouveaux départements qui, à leur tour, seront contrôlés par la Commission militaire centrale du Parti communiste chinois. Selon Bloomberg, le président Xi Jinping ne prévoit pas de fonctions de contrôle de l’ armée au sein  gouvernement du pays.

 El destructor de misiles William Lawrence « Llega el fin de la supremacía naval de EE.UU. en Asia »

 

L’augmentation des dépenses pour la présence militaire en Asie de l’Est

 

La situation tendue dans la région de la mer de Chine du Sud, où ise  rencontrent les intérêts de divers pays, a conduit Pékin à accroître les investissements pour les opérations militaires dans la région.
 

Le gouvernement chinois va renforcé sa présence militaire dans la région, un mesure rendue obligatoire , par les activités de la flotte américaine dans les eaux de la mer de Chine du Sud.

 

Au début de  cette semaine, l’US Navy a envoyé   dans les  eaux contestées de la mer de Chine méridionale , un groupe d’attaque de porte-avions  à propulsion  nucléaire – aligner des porte-avions, le porte-avions Nimitz-class USS, John C. Stennis, les croisieurs Antietam et mobile Bay, des destroyers avec missiles Chung Hoon et Stockdale, et le fleuron de la 7ème flotte  de guerre  US Blue Ridge.

 

Cette réforme se traduira-t-elle  par un renforcement de l’Armée de libération du peuple?

 

L’analyste du magazine britannique de renseignement militaire ‘Intelligence Review IHS Jane Craig Caffrey a souligné que la réforme qui devrait être menée en Chine peut vraiment aboutir à une modernisation des forces armées de la Chine et  transformer l’armée en une institution plus efficace et moins coûteuse. .

 

Les armées les plus puissantes du monde

La Chine vise une croissance d’au moins 6,5% sur cinq ans

La Chine vise une croissance d’au moins 6,5% sur cinq ans

 

06 Mars 2016

 Par   |  05/03/2016, 9:03

Affectée par la faiblesse de la demande intérieure et internationale, la croissance chinoise est tombée en 2015 à son niveau le plus bas depuis 25 ans avec 6,9%.

 

Affectée par la faiblesse de la demande intérieure et internationale, la croissance chinoise est tombée en 2015 à son niveau le plus bas depuis 25 ans avec 6,9%. (Crédits : CHINA STRINGER NETWORK)

 

De nombreux observateurs s’attendaient à voir Pékin creuser son déficit budgétaire pour stimuler la croissance, mais l’objectif a été fixé à 3% du PIB pour l’année en cours.

 

La Chine vise une croissance d’au moins 6,5% sur les cinq prochaines années et concentrera ses efforts sur la création de nouveaux emplois et la restructuration de son industrie, a annoncé samedi le Premier ministre Li Keqiang. Pour l’année en cours, le gouvernement table sur 6,5 à 7% de croissance du produit intérieur brut (PIB), précise le projet de plan quinquennal qu’il a présenté à l’ouverture de la session annuelle de l’Assemblée populaire nationale (APN), au Grand Palais du peuple, à Pékin.

 

Affectée par la faiblesse de la demande intérieure et internationale, la croissance chinoise est tombée en 2015 à son niveau le plus bas depuis 25 ans avec 6,9% et les économistes s’attendent à la voir poursuivre son recul cette année pour se situer aux alentours de 6,5%. « Le développement de notre pays est confronté cette année à des difficultés plus nombreuses et plus grandes, et à des défis plus importants, nous devons donc nous préparer à une dure bataille », a averti le chef du gouvernement lors de cette quatrième session de la 12e APN.

 

Pékin table également sur une inflation aux alentours de 3% et une augmentation de la masse monétaire de 13% en 2016. De nombreux observateurs s’attendaient à voir Pékin creuser son déficit budgétaire pour stimuler la croissance, mais l’objectif a été fixé à 3% du PIB pour l’année en cours. Il est certes plus important que celui de 2015 (2,3%), mais certains espéraient le voir plus proche de 4%. « Le déficit budgétaire de 3% n’est pas suffisant et devrait être revu à la hausse », a jugé l’économiste Yu Yongding, ancien conseiller de la banque centrale, interrogé par Reuters. Pékin promet en outre de maintenir le taux de change du yuan« généralement stable, tout en poursuivant les réformes de libéralisation du taux de change ».

 

LI PROMET UN CHÔMAGE STABLE

 

Ce projet de 13e plan quinquennal donne un aperçu des grandes priorités du leadership chinois pour les prochaines années, soit la recherche d’un équilibre entre le maintien d’un solide taux de croissance et la restructuration d’industries peu performantes, qui plus est désignées comme des responsables majeures de la pollution dans le pays. Pékin se fixe pour objectif de plafonner à 5 milliards de tonnes de charbon sa consommation totale d’énergie d’ici 2020.

 

Sur le front de l’emploi, le gouvernement chinois a déclaré en début de semaine qu’il prévoyait la suppression de 1,8 million de postes dans les industries houillères et sidérurgiques, sans en préciser le calendrier. Pas moins de cinq à six millions de salariés d’entreprises publiques maintenues artificiellement à flot perdront leur emploi dans les deux à trois prochaines années, selon deux sources proches du gouvernement chinois.

 

Pékin promet de débloquer 150 milliards de yuans (21 milliards d’euros) dans les deux ou trois ans pour la réinsertion des employés licenciés et vise dix millions de créations d’emplois dans d’autres secteurs. Li Keqiang a ajouté que le taux de chômage serait maintenu sous les 4,5% de la population active en 2016.

 

CAP SUR L’INNOVATION

 

Avec 7,6%, l’augmentation du budget de la défense sera cette année la plus faible depuis 2010. Les dépenses militaires ont connu une croissance annuelle à deux chiffres presque sans discontinuer au cours des deux dernières décennies, alors que Pékin faisait preuve d’une fermeté croissante dans les différends territoriaux en mer de Chine orientale et méridionale avec ses voisins. En 2010, sa croissance avait été de 7,5% et l’objectif de progression pour l’année dernière était encore de 10,1%, ce qui l’a porté à 886,9 milliards de yuans (123,5 milliards d’euros), soit le quart du budget de la défense des Etats-Unis.

 

Le 13e plan quinquennal, qui doit être adopté par l’APN réunie pour douze jours en séance plénière, propose par ailleurs de faire de la Chine l’un des leaders mondiaux dans les nouvelles technologies. L’innovation est le premier moteur du développement, a souligné Li Keqiang, dont le gouvernement compte porter ses dépenses de recherche à 2,5% du PIB, soit 0,4% de plus que dans le cadre du précédent plan (2011-2015).

 

« La Chine établira un système de gouvernance de l’Internet multilatéral, démocratique et transparent », a encore promis le chef du gouvernement chinois (Reuters).

La Chine a testé les points de faiblesse des Etats-Unis, qui vivent dans l’illusion de leur omnipotence

La Chine a testé les points de faiblesse des Etats-Unis, qui vivent dans l’illusion de leur omnipotence

 
06 Mars 2016

 

La Russie est convaincue que la Chine, devenue son alliée, est en situation de bloquer les Etats-Unis dans une sorte de jeu de Go dans lequel l’ennemi ne s’aperçoit que trop tard qu’il est encerclé. Mais il n’ s’agit pas de devenir la puissance hégémonique mais de créer un monde multipolaire. Les Etats-Unis tentent d’assurer partout y compris par le chaos leur puissance, en commençant par l’Amérique latine qu’il devient impérieux de reconquérir y compris dans sa façade pacifique. Les Russe envoient-ils un message à l’Occident pour proposer des zones de neutralité au lieu de l’offensive otanesque en Europe et au Moyen Orient?

(note de Danielle Bleitrach)


Publié: Mar 2016 15:31 5 GMT

Une course aux armements a commencé entre Pékin et Washington et le plus probable est que les États-Unis perde à cause de sa situation économique défavorable, disent les experts russes de premier plan.

 

photo illustrative

Reuters

Les États – Unis ont déployé un groupe de porte-avions d’attaque dans les eaux contestées de la mer de Chine du Sud, tandis que Pékin a déclaré lui-même être prêt à relever tous les défis et répondre aux actions de Washington, rapporte le site « Svobodnaya Pressa‘.».

 

« Nous assistons à une redistribution des forces dans le monde. Le pouvoir des centres indépendants  tels que la Russie, la Chine, l’Inde, l’Iran et le Brésil sont en train de croître. Les Etats-Unis déjà ne peuvent pas contrôler l’ensemble de la planète », a dit Mikhail Alexandrov, un centre d’expertise études politico-militaires de Moscou, Institut d’Etat des relations internationales.

 

« Quand Washington a réalisé qu’il était trop tard  »

 

« Les forces américaines ont été détournés vers l’ Europe, la Syrie, la Turquie et l’ Ukraine, mais ont négligé de Pékin », qui  renforce sa position dans la mer de Chine méridionale en déployant  de systèmes de défense d’avions de combat et de missiles dans ses îles artificielles créées dans la région il a ajouté Alexandrov.

Los soldados rusosExplican por qué el Ejército de EE.UU. no podrá vencer a Rusia ni a China

« Quand Washington l’a réalisé il était trop tard. Une confrontation militaire ne sera pas facile pour les États-Unis. La Chine est assez forte pour repousser l’attaque de deux ou trois groupes d’aviation. Une victoire américaine dans une bataille navale sera difficile, et si les États-Unis soit perdent , soit  le duel se termine par un match nul, l’hégémonie américaine tombera en morceaux comme un château de cartes », a déclaré l’expert.

 

Est-il possible que les Etats-Unis se retirent de la région?

 

Les États-Unis veulent  être présent dans le monde entier. Après l’effondrement de l’Union soviétique, ce pays chef de file, le leader incontesté, croyait, et vit toujours dans l’illusion de l’omnipotence. Cela est très dangereux, car il peut déclencher une guerre majeure. Washington devrait comprendre qu’il n’est pas  le Tout-Puissant.

 

Selon Alexandrov, si la Chine rompt totalement les relations économiques avec les États-Unis, dans le  monde se formera un système financier mondial alternatif sans la participation de l’Occident. De plus  dans la région Asie-Pacifique, s’est concentré une grande force de production et l’Occident perdrait de grands marchés et des sources de matières premières. C’est pour cela que, Washington n’osera pas couper les relations avec Pékin ou imposer des sanctions.

 

« Voyons voir une démonstration de force. La Chine va progressivement augmenter son influence dans la région. Les États-Unis doivent montrer qu’ils sont à la tête et commencer une course aux armements jusqu’à ce qu’un des deux parties cède. le plus probable est que Washington cède, car il a un énorme déficit budgétaire, une dette publique énorme, et qui pésera  également sur  une course aux armements », dit l’analyste.

 

Selon l’expert, la Russie et la Chine ont la tâche de créer un monde multipolaire, parce que « l’hégémonie des États-Unis, qui dicte ses conditions et impose ses politiques » pour les autres,  est nocif.

 

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Pékin a ratifié les accords d’entraide judiciaire en matière pénale avec 51 pays

Pékin a ratifié les accords d’entraide judiciaire en matière pénale avec 51 pays

 

05 Mars 2016
Une vue d'ensemble montre l'horizon d'un quartier central des affaires à Pékin

© AFP 2016 / WANG ZHAO

Pékin a ratifié les accords d’entraide judiciaire en matière pénale avec 51 pays dans l’espoir de renforcer sa capacité à traquer les personnes recherchées à l’étranger.

 

BEIJING (Sputnik) – La Chine a ratifié des accords d’entraide judiciaire en matière pénale avec 51 pays, chef de la commission des affaires étrangères de l’organe législatif de la Chine, le Congrès national du peuple (CNP), Fu Ying a déclaré vendredi. « D’un point de vue international, la Chine est en train d’élaborer une loi sur l’assistance judiciaire en matière pénale avec les autres pays. Le Comité permanent de l’APN a déjà ratifié des accords bilatéraux avec 51 pays », a déclaré Fu.Elle a noté que la Chine, en tant que partie à la Convention des Nations Unies contre la corruption, a renforcé la coopération dans ce domaine avec d’autres pays qui ont signé la convention.Selon Fu, ces mesures contribueront à l’amélioration de la capacité de la Chine à traquer les personnes recherchées à l’étranger.

 
Après son entrée en fonction en 2012, le président chinois Xi Jinping a lancé une campagne de grande envergure contre la corruption, ciblant principalement les fonctionnaires de haut niveau dans le Parti du peuple chinois, les forces armées et les entreprises d’Etat. La Chine vise à construire un réseau mondial de coopération anti-corruption. Le pays a développé une législation pour soutenir l’ entraide judiciaire internationale en matière pénale.Actuellement, Pékin négocie activement avec les États étrangers la question de l’extradition des fonctionnaires fugitifs.

Comprendre pourquoi la Chine achète massivement des sociétés étrangères

Comprendre pourquoi la Chine achète massivement des sociétés étrangères

 

02 Mars 2016

 

Février 29, 2016 12:33 GMT

En 2016, on découvre qu’il y a déjà eu plus de 100 opérations au cours desquelles on a constaté que des entrepreneurs chinois rachetaient des participations  dans des entreprises à haute technologie y compris américaines, le tout d’une valeur approximative  de 80.000 millions de dollars. Ces achats sont en fait contrôlés par la planification étatique qui en donne les moyens aux entrepreneurs grâce au contrôle du système financier du pays et sont orientés vers la transformation accéléré du modèle Chinois. Un article de RT la radio télévision russe découvre le fait, ce qui fait partie sans doute de la réflexion des russes sur le développement de leur propre économie.

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REUTERS / Aly chanson

L’économie occidentale  traverse une autre crise économique; des  moments difficiles La Chine est en train de réorganiser sa propre économie, confrontée à la stagnation des économie occidentales elle revoit son propre modèle basé sur les exportations de produits manufacturiers dans deux sens, le premier concerne le développement du marché intérieur, le second est la transformation de sa production et l’accès aux entreprises à haute technologie. Pour renforcer ce dernier secteur, en liaison avec la planification étatique,  les entrepreneurs chinois achètent de nombreuses  entreprises étrangères  y compris aux États-Unis Ce qui est recherché est moins le caractère rentable de ces entreprises que leur haute technologies. Jusqu’à présent en 2016 ont été rapportés plus de 100 opérations liées à la participation des entrepreneurs chinois d’une valeur approximative de 80.000 millions de dollars (par rapport à la même période en 2015, ce chiffre marque une augmentation de près de 8 fois)

 

.RT, la station russe en anglais  a récemment fait état de ce phénomène que nous avions analysé ici même et qui nous permet de mieux approcher les liens entre planification d’Etat et socialisme de marché puisque visiblement ces achats obéissent à une stratégie non pas entrepreneuriale mais de développement national dans une période de mutation accélérée de l’économie chinoise.

L’ économiste David Kotz a ainsi mis l’accent sur le fait  que grâce à l’achat d’entreprises étrangères par  les fabricants chinois, ceux-ci seront en mesure d’intégrer lds entreprises de pointe des technologies en Chine. « Je pense qu’avec des  sociétés  telles que la  General Electric, la Chine acquiert un transfert de procédés technologiques. Les producteurs locaux vont bénéficier de technologies qui vont jouer un rôle important pour l’avenir du pays. » dit l’expert à RT .

 

« La Chine opère une transition  entre les productions qui nécessitent le travail non qualifié dans le secteur high-tech avec des technologies de pointe », dit l’économiste.

 

Selon Kotz, professeur d’économie à l’Université du Massachusetts (USA), l’achat d’entreprises par des entrepreneurs du géant asiatique « Il est tout à fait logique du point de vue de la stratégie de développement de la Chine ». « Le pays a obtenu un grand succès en tant qu’exportateur, en particulier sur les marchés des États-Unis. Il y a une blague qui fait référence à ce que si les États-Unis ne se souciait pas des vêtements de la Chine et d’interdire leur approvisionnement, nous serions dévêtu, » dit-il.

 

A partir d’un article de RT, par danielle Bleitrach

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