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Chine

L’intelligence artificielle : la chine prendra-t-elle la tête devant les USA ? Les retombées sociales…

L’intelligence artificielle : la chine prendra-t-elle la tête devant les USA ? Les retombées sociales…

 

19 Avril 2018

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Longtemps en matière d’intelligence artificielle les Etats-Unis ont joui d’une domination sans partage, mais celle-ci est désormais contestée par la Chine. Si celle-ci n’a pas l’équivalent de google, la vitesse du développement est stupéfiante explicable par le soutien politique et financier de l’Etat quasi illimité, le second atout, la population soit la majorité d’un milliad quatre cent mille individus connectés c’est-à-dire une base de données sans équivalent. C’est la matière première dont ce nourrit l’intelligence artificielle dans sa vocation à imiter les comportement humains, le tout à partir d’algorithmes capables de définir les processus qui permettent de se substituer aux comptables, aux conducteurs, aux employés de banques, de bourses, etc…

 

Et là sur les conséquences d’un point de vue humain d’une telle révolution scientifique et technique, la Chine est nettement plus en avance., Pour qui suit sa politique réelle et non celle fantasmée par les spécialistes de la désinformation mondiale, cela s’impose peu à peu. L’ère inaugurée par Xi jimping, le rôle attribué au parti communiste et à son idéal combiné avec l’héritage de Conficius par exemple, se traduit par des choix qu’il importe de mieux connaître. La chine manifeste une  volonté de coopération à l’échelle mondiale, des exigences de paix. Mais ce qui est également intéressant c’est l’optimisme conquérant de l’ensemble de la population, la manière dont elle atteint toute la diaspora chinoise dans le monde.

 

On commence à parler de Kai Fu Lee, un individu qui fait la jonction entre le monde chinois (il est né à Taiwan) et les Etats-Unis (il y réside), et il est le fondateur d’un fond d’investissement implanté en Chine et aux Etats-Unis, mais sa célébrité et son intervention maximale dans le grand public est en Chine, en particulier sur les réseaux chinois. Il pose les problèmes dans des termes comparables à Stephen Hawkin. Il prédit que dans des années proches l’intelligence artificielle pourra se substituer à 50% des travaux humains, mais il n’en est pas pessimiste pour autant et pense que si les bonnes mesures sont prises à temps on ira vers une société meilleure, d’où l’écho qu’il trouve en Chine dans une société beaucoup plus volontariste et optimiste que celle des Etats-Unis ou la notre. Un mélange de traditions et de communisme comme point d’appui à cet optimisme qui mériterait d’être mieux connu.

 

KaI-Fu-Lee interroge:  « Dans un monde où tous les télémarketeurs, tous les serveurs, les gens de service clients remplacés par des IA, comment devront nous nous organiser pour que les personnes qui effectuaient ces tâches auparavent ne sombrent pas dans le chômage de masse, la dépression et un immense sentiment d’inutilité? »

 

Pour lui, face à cette question centrale, celle de la prouesse technologique qui permettra soit à la Chine, soit aux USA de prendre le leadership devient secondaire. Le vrai défi est qui est en mesure d’anticiper sur cette situation et en tirer les conclusions qui s’imposent en matière de gouvernance?

 

Comment assurer la dignité et le sentiment d’utilité que les êtres humains trouvaient dans le travail ?

Quel système éducatif doit dès maintenant être mis en place pour préparer les futures générations ?

Comment seront répartis les revenus ?

 

Quelles seront les fonctions qui subsisteront et devront être donc conduites à l’excellence, l’art, les soins à la personne par exemple. A ce titre, lui qui appartient à deux cultures, il dit que la seule solution est dans la coopération : « C’est un sujet d’une portée geopolitique considérable, répète-t-il, qui nécessite une approche nouvelle et coopérative, à l’échelle mondiale. Il serait vraiment dommage qu’elle se résume à une course aux armements dans le domaine des technologies ».

 

Danielle Bleitrach

Intelligence artificielle : la Chine attire plus d’investissements que les États-Unis par Elisa Braun

Intelligence artificielle : la Chine attire plus d’investissements que les États-Unis par Elisa Braun

 

19 Avril 2018
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En appui de l’article que nous écrivons à propos des conséquences sociales de l’IA,
Voici une analyse qui montre les conditions de la compétition dans ce domaine entre Chine et USA, mais au-delà de cette compétition c’est bien la confrontation entre deux systèmes sociaux. Si la Chine de l’avantage d’une énorme population connectée, son second avantage est dans le rôle pilote de l’Etat et les sommes qu’il consacre à ce développement, le « socialisme de marché », la planification chinoise témoigne de l’incroyable impulsion de la révolution technologique qui s’opère, mais comme nous  l’envisageons dans l’autre article publié sur le sujet, c’est peut-être dans sa manière d’anticiper sur les conséquences sociales nationales et internationales que la Chine est la plus intéressante
(note de Danielle Bleitrach)

Les deux puissances sont engagées depuis plusieurs années dans une compétition farouche pour devenir leader dans le domaine de l’intelligence artificielle. Pour la première fois, la Chine a commencé à prendre le dessus.

 

«Suivez l’argent». Cette réplique classique du film «Les Hommes du Président» fonctionne aussi bien pour le Watergate que pour l’évolution de l’intelligence artificielle.

 

En 2017, 15,2 milliards de dollars ont été investis à l’échelle mondiale dans des start-up spécialisées dans le secteur. Et près de la moitié de cette somme est allée directement vers la Chine, contre 38% en direction des États-Unis, selon un rapport de CB Insights sur les tendances à suivre en intelligence artificielle pour 2018. C’est la première fois que les investissements vers la Chine surpassent ceux des États-Unis dans ce secteur. Ils confirment ainsi la montée en puissance du pays et le retard grandissant des États-Unis.

 

150 milliards pour l’économie chinoise

Les deux États se livrent une guerre féroce pour devenir le leader mondial de l’intelligence artificielle depuis plusieurs années, mais la course s’est intensifiée en 2017.

 

En juillet, la Chine a dévoilé sa feuille de route pour créer une industrie d’une valeur de 150 milliards de dollars pour son économie d’ici 2030, dans un document de 28 pages qui se lisait comme un défi directement adressé aux Américains. D’autant plus qu’il copiait explicitement certains passages du plan stratégique en intelligence artificielle de l’administration Obama, paru fin 2016. « Les plans américains publiés en 2016 ont apparemment été à l’origine de la formulation de la stratégie nationale d’IA en Chine », a même expliqué au New York Times Elsa Kania, adjointe au Centre pour une nouvelle sécurité américaine, qui suit de près le développement chinois en matière d’intelligence artificielle.

L’adoption de l’IA par la Chine intervient à un moment clé dans le développement de la technologie. Des améliorations récentes et spectaculaires ont conduit les plus grandes entreprises à investir des milliards de dollars pour transformer les fantasmes de l’IA en services et produits du quotidien. Google et Amazon font partie de ceux qui ont déjà relevé le défi, mais de nombreux secteurs – y compris non technologiques — évaluent les possibilités de l’IA pour leur fonctionnement quotidien. La technologie est envisagée pour la conduite des voitures et camions autonomes aussi bien que pour faire parler les appareils ménagers. Les investissements dans l’IA ont augmenté de 141% en 2017 par rapport à 2016, selon CB Insights – et ont permis l’éclosion de 1100 nouvelles start-up l’année dernière. L’IA est également devenue un enjeu crucial pour la politique de défense et la sécurité intérieure pour de nombreux États.

 

«Le gouvernement américain fait très peu pour soutenir sa propre industrie»

 

Pour un certain nombre de raisons, les États-Unis perdent pourtant leur influence dans un domaine où ils avaient historiquement une longueur d’avance. Les inquiétudes liées aux visas accordés aux ingénieurs étrangers aux États-Unis ont poussé une grande partie des laboratoires de recherche à s’installer dans d’autres pays. L’Europe compte désormais certains des plus grands centres des grandes entreprises technologiques (GAFAM) en la matière. Facebook a récemment annoncé qu’il allait recruter davantage de chercheurs et investir 10 millions d’euros pour son centre dédié à Paris. En France, d’autres entreprises, telles Sony ou Huawei, ont installé des laboratoires de recherche. Microsoft est, lui, partenaire de l’institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) sur le sujet depuis 2005.

 

Le mois dernier, Alphabet, la maison mère de Google, a annoncé son intention de mettre sur pied un centre de recherche basé à Pékin.

 

Selon plusieurs experts de l’IA, du côté académique et industriel, l’administration de Trump n’a tout simplement pas pris la mesure de la menace que représentait la Chine. « Nous attendons encore que la Maison Blanche donne des directives » sur la façon de répondre à la compétition, a déclaré Tim Hwang, directeur de l’Éthique de l’AI Initiative, fondée par des pontes de la Silicon Valley et d’Harvard pour la recherche en intelligence artificielle. « Le gouvernement américain fait très peu pour soutenir sa propre industrie », selon la revue technologique du MIT et « les investissements ne suivent pas une stratégie coordonnée » pour le New York Times.

 

Licornes chinoises

En écho aux plans mis en place par l’administration Obama, le gouvernement chinois a pour sa part déclaré qu’il avait l’intention d’augmenter considérablement le financement à long terme de la recherche sur l’IA et de développer une communauté beaucoup plus large de chercheurs dans le domaine. Depuis plusieurs années, la Chine enregistre aussi plus de brevets et publie plus d’articles de recherche liés aux thématiques de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage profond. L’aspect quantitatif n’est toutefois pas suffisant pour évaluer l’avance de la Chine par rapport aux États-Unis, où sont installées les meilleures universités au monde. Le nombre de citations des recherches dans les revues scientifiques est aussi un signe de la puissance chinoise dans la recherche.

 

Le succès des start-up chinoises en intelligence artificielle est un indice encore plus probant de cette montée en puissance. En 2018, les États-Unis ont beau compter plus de start-up en IA que la Chine, sa longueur d’avance se réduit depuis 2013, tandis que le nombre de start-up chinoises en IA augmente. Les Américains représentaient 77% des start-up mondiales spécialisées en IA, contre 50% aujourd’hui, selon CB Insights. Ce changement d’allure est en partie dû à un facteur technique. D’énormes quantités de données sont nécessaires pour «former» les systèmes d’IA, et aux États-Unis, une grande partie de ces données appartient à des entreprises privées, comme Facebook et Google. La Chine a, de son côté, une population qui génère largement plus de données, dont beaucoup appartiennent à l’État.

 

La reconnaissance faciale, qui repose aujourd’hui beaucoup sur des techniques d’apprentissage profond, s’invite ainsi dans le quotidien des Chinois comme nulle part ailleurs, et permet d’identifier les criminels comme les piétons trop pressés en quelques minutes, parmi des millions de visages. Les plus imposantes licornes du pays, selon CB Insights, sont spécialisées dans ce domaine:

 

● Megvii a déjà accès à 1,3 milliard de données biométriques sur les citoyens chinois et est soutenu par une société d’assurance chinoise (Sunshine Insurance Group), des entités gouvernementales (le groupe d’investissement Russie-Chine lui a laissé 460 millions de dollars), et des géants des technologies (le constructeur Foxconn, et le fonds de Jack Ma, Ant Financial).

 

● SenseTime, créé en 2014, dépasse déjà la valorisation d’1 milliard de dollars et collabore avec une quarantaine de gouvernements locaux pour la vérification des cartes bancaires et les systèmes de sécurité.

 

● CloudWalk a reçu 301 millions de dollars du Gouvernement municipal de Guangzhou pour installer un centre d’images dans la ville et levé 75 millions de dollars auprès d’investisseurs.

 

En pleine croissance, le marché de la reconnaissance faciale a dépassé le milliard de yuans (128 millions d’euros) en 2016 et devrait être multiplié par cinq d’ici 2021, selon une étude du cabinet Analysys. Dans le même temps, la Chine ambitionne de continuer à investir dans les start-up américaines. Récemment, Baidu et JD.com ont soutenu ZestFinance, et Tencent a soutenu ObEN, situé à New York. Quelques start-up comme WuXi NextCODE et Pony.ai fonctionnent dans les deux pays, brouillant davantage les lignes mais confirmant la longueur d’avance qu’est en train de prendre la Chine.

Investissements étrangers dans le domaine de l'IA (en millions de dollars)

L’ère Poutine-Xi va-t-elle supplanter le désordre libéral occidental ?

L’ère Poutine-Xi va-t-elle supplanter le désordre libéral occidental ?

 


Une approche confucéenne serait peut-être la marche à suivre vers une intégration eurasiatique


Par Pepe Escobar – le 25 mars 2018 – Source Asia Times

 

 

Le récent amendement de la Constitution chinoise qui permet à Xi Jinping de prolonger sa présidence de plusieurs mandats et de se maintenir au pouvoir suffisamment longtemps pour mettre en place un processus de « rajeunissement national » associé aux élections en Russie qui maintiennent Vladimir Poutine dans ses fonctions, garantissent une stabilité et une continuité du partenariat stratégique sino-russe pour la prochaine décennie.

 

Ce partenariat facilite les interactions entre d’une part l’initiative Une ceinture, Une route(OBOR) et l’Union économique eurasienne ; d’autre part entre la coordination des politiques au sein de l’Organisation de Coopération de Shanghai, les BRICS et le G20 et enfin entre tous les acteurs du processus en cours d’intégration eurasiatique.

 

Le renforcement de ce qui doit être compris comme étant « une ère Poutine-Xi »  ne peut que rendre les libéraux et néolibéraux occidentaux absolument livides.


Les acteurs du capitalisme ont toujours cru à leur propre récit de propagande, qui lie étroitement l’expansion du capitalisme à l’inexorable avancée de la démocratie.

 

Appliquer à cette fable un raisonnement critique permet enfin de la dénoncer pour ce qu’elle est, une grande illusion.

 

Ce qui s’est réellement passé depuis le début des années 1980 est que le capitalisme survitaminé à l’occidentale doit son succès à une variante d’un esclavagisme nouveau qui s’est développé dans les Zones économiques spéciales de Chine. À cela il faut ajouter la sempiternelle arrogance des élites occidentales qui ont parié sur le fait que la Chine, considérée dans le meilleur des cas comme un réservoir de travailleurs à bas coût, et une Russie affaiblie dans les années 1990 n’apprendraient jamais assez vite pour un jour venir concurrencer l’Occident, aussi bien économiquement que politiquement.

 

Mais le verdict historique est sans appel et montre qu’il n’existe aucune corrélation entre le marché « libre » (en général plus libre pour ceux qui ont plus de poids économique) et la libéralisation politique. La monarchie prussienne a abaissé les barrières commerciales et cela a abouti à la création en 1834 de l’Union douanière allemande. À l’opposé, le Troisième Reich s’est développé entre 1933 et 1938 sur un système alliant un capitalisme outrancier à un régime totalitaire.

 

Le système chinois, au sein duquel un parti marxiste contrôle l’État pour garantir l’intégrité nationale, n’entre pas dans la catégorie des démocraties libérales. Le penseur iconoclaste Minxin Pei, auteur de China’s Trapped Transition, expliquait déjà il y a 12 ans que le Parti communiste chinois n’opèrerait jamais sa transition vers le modèle de la démocratie libérale à l’occidentale (montrant ainsi qu’il avait parfaitement compris, à la lettre, les enseignements du Petit timonier, Deng Xiaoping).

 

Il avait raison de dire que la Chine « n’a aucun intérêt à devenir un membre du club occidental. La Chine veut tirer profit de l’ordre libéral occidental mais en rejette les valeurs politiques et craint ses alliances militaires. Aujourd’hui, la Chine est en position de force pour créer son propre club ».

 

Là où Pei avait tort, c’est quand il disait que le PCC ralentirait la croissance économique chinoise (« La perspective d’une stagnation à la japonaise est avérée »). Xi Jinping et sa nouvelle fine équipe gouvernante ont besoin de temps pour réussir à transformer le modèle économique chinois.

 

Si l’on ignore la diabolisation puérile dont fait continuellement objet la Russie, le fait est que ce pays est une démocratie, aussi imparfaite soit-elle. Il est important d’analyser la façon dont une jeune démocratie peut faire l’objet de manipulations. Le troisième chapitre du nouvel ouvrage de F. William Engdahl, Destinée manifeste : la démocratie comme dissonance cognitive, détaille la mise à sac de la Russie ; comment les « réformes de marché » de Boris Eltsine, facilitées par les « Harvard boys », ont permis à une clique d’oligarques milliardaires (dont Mikhail Khodorkovsky, Boris Berezovsky et Roman Abramovitch) de s’approprier des pans entiers d’une économie qui était en train de subir une thérapie de choc.

 

Entre 1991 et 1997, le PNB de la Russie s’est effondré de 83%, tandis que les investissements dans l’économie plongeaient de 92%.

 

Le cas de Khodorkovsky fait figure de symbole. Par le biais de la société Youkos, il détenait les champs pétrolifères de Sibérie et s’apprêtait à tous les vendre à des sociétés occidentales en 2003,  moment où Poutine décida de s’attaquer à lui. Il ne fait aucun doute que cet épisode de la libéralisation russe a été étudié dans les moindres détails par l’équipe au pouvoir à Beijing. Le contrôle des ressources stratégiques nationales est la dernière ligne rouge à ne pas franchir.

 

Pour Poutine comme pour Xi, l’arbitre ultime est l’État et pas une clique d’oligarques comme c’est devenu la norme dans tout l’Occident libéral ou néo-libéral. Au niveau des BRICS, on voit un parallèle avec l’usurpateur actuellement installé dans le fauteuil présidentiel brésilien, qui ne ménage pas ses efforts pour faire passer la plupart des réserves pétrolières du Brésil, ainsi que le fleuron de l’aéronautique nationale Embraer dans des mains étrangères.

 

Dans le doute, demandez à Confucius

 

Les défenseurs de l’establishment occidental ont pris pour habitude de pleurnicher sur la « disparition de l’ordre libéral mondial ». Certaines personnes reconnaissent qu’il n’est « ni libéral, ni mondial, ni ordonné ».

 

D’autres défenseurs moins importants sont plus réalistes et remarquent que les politiciens occidentaux ont complètement ignoré le mécontentement populaire sur de nombreuses questions, tout en continuant de croire qu’il leur est possible de « restaurer les fondations morales de la démocratie ».

 

Ce n’est pas possible, en tout cas pas sous le crédo néolibéral à la mode qui consiste à dire qu’il n’existe aucune alternative au « progrès » néolibéral. Les défenseurs du néolibéralisme, de droite comme de gauche, ne parviennent pas à comprendre l’ascension du populisme, parce que les citoyens sous l’influence de ce populisme perçoivent clairement la décrépitude avancée des mythes que sont « l’État de droit et la souveraineté nationale ». Les défenseurs du néo-libéralisme, dans le meilleur des cas, déplorent de façon nostalgique « la perte d’influence des élites ».

 

La Chine, la Russie, l’Iran et la Turquie, tous acteurs de l’intégration eurasiatique, sont peut-être tous des systèmes autoritaires à des degrés différents. Et on peut arguer qu’à part la Chine, ils sont tous en sous-performance économique par rapport à leur vrai potentiel.

 

Cependant, ils placent au-dessus de tout la souveraineté nationale dans un contexte multipolaire. C’est leur réponse conceptuelle au (dés)ordre mondial (il)libéral. Leur réponse au dogme « Il n’y pas d’alternative au néo-libéralisme ».

 

Quant à la « perte d’influence des élites » ce n’est une formule pour décrire la clique auto-proclamée des riches et puissants, adoptant constamment des postures vertueuses et la peur profonde qu’ils ont de voir le momentum unipolaire occidental se dissoudre sous leurs yeux plus tôt qu’ils ne l’avaient envisagé.

 

Toutes ces contradictions sont exacerbées dans le cas de l’Union européenne. L’UE, depuis le Traité de Maastricht, a été façonnée en ce qu’Angela Merkel appelle la Bundesrepublik Europa, la République fédérale d’Europe. Quiconque est familier avec le fonctionnement de Bruxelles sait que ces cohortes d’eurocrates exempts de taxes tirent le maximum d’un système kafkaïen hyper-centralisé et bureaucratique de règles, les tenant ainsi à l’écart de la réalité de tout citoyen européen.

 

 

La notion même de promouvoir « l’intégration économique » et les mesures d’austérité qui l’accompagnent sont on ne peut plus anti-démocratiques.

 

À cela s’ajoutent les scandales aux échelons les plus élevés des États, qui ne font qu’éroder un peu plus la confiance dans la primauté du modèle démocratique libéral à l’occidentale. Cela inclut notamment la possibilité réelle que le Colonel Kadhafi ait financé la campagne présidentielle de Sarkozy en 2007 en France ; une affaire des plus vaseuses avec son comptant de politique énergétique, de politique de gestion de l’eau et les habituelles ventes d’armes au cours desquelles les démocraties libérales occidentales font passer par la fenêtre toute supériorité morale supposée.

 

Quel contraste avec Xi Jinping, appelé communément « dirigeant fondamental »  (hexin lingdao), une sorte de primus inter pares dans une version sinisée de la République de Platon. Les Lumières de l’héritage helléno-romain n’ont plus le monopole des cœurs. Et malgré cela, ne nous attendons pas à ce que l’Occident arrogant se mette à écouter les conseils de Confucius.

 

Pepe Escobar

Le mépris chinois : Frappe téméraire sur la Syrie, un acte éhonté

Le mépris chinois : Frappe téméraire sur la Syrie, un acte éhonté

 

16 Avril 2018

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Source: Global Times Publié: 2018/4/15 22:23:40.

 

Global Times est un périodique en ligne, en anglais, au statut semi officiel du gouvernement chinois. C’est un texte admirable de lucidité et de dignité, vous remarquerez le mépris chinois qui ne cite que les Etats-Unis et jamais les deux comparses. Macron qui croyait pouvoir après cet exploit ignoble et dérisoire acquérir une stature internationale appréciera et nous Français avec.

 

(note et traduction  de Danielle Bleitrach)


Après que les forces américaines, britanniques et françaises aient lancé plus de 100 missiles en Syrie, Washington a rapidement déclaré être satisfait de l’efficacité de la frappe. Le président américain Donald Trump a tweeté « Mission Accomplie! » N’y aura-t-il plus d’actions militaires en Syrie?

 

Les Etats-Unis ont dit que cela dépendra du fait que le régime de Bachar al-Assad n’utilise plus d’armes chimiques à l’avenir.

 

En fonction des signaux de Washington, la plupart des observateurs estiment que cette série de frappes contre la Syrie par les États-Unis et ses alliés a pris fin.


Elles n’ont pas réellement affaibli les forces gouvernementales syriennes ni atteint la présence militaire russe en Syrie, mais ils ont transmis un avertissement selon lequel Trump osait frapper.

 

Quant à ce que Trump veut en Syrie, beaucoup de gens sont dubitatifs. Veut-il vraiment empêcher les forces gouvernementales syriennes d’utiliser des armes chimiques?

 

Dans ce cas, c’est simple, car il n’y a nul besoin que les forces gouvernementales du pays, qui contrôlent déjà la situation sur le champ de bataille syrien, utilisent des armes chimiques.

 

L’utilisation d’armes chimiques n’attirerait que la condamnation et les attaques du monde extérieur. Par conséquent, le gouvernement d’Assad énonce une raison suffisante, quand il prétend ne pas utiliser des armes chimiques.

 

Est-ce que Trump essayait de renverser les rôles sur le champ de bataille syrien, où les forces gouvernementales remportent  des victoires alors que les forces de l’opposition sont réduites ? 100 missiles sont loin d’être suffisants.

 

Washington essayait-il d’humilier la Russie? Sans doute a-t-il embarrassé Moscou, mais la frappe a évité la région où les troupes russes sont stationnées et les Etats-Unis ont émis un signal qui a interrompu la frappe  immédiatement après.

 

Apparemment, Washington s’est retenu pour ne pas pousser le Kremlin dans  ses retranchements et intensifier le conflit.

 

Peut-être que  Trump et son équipe, eux-mêmes n’ont aucune idée de ce qu’ils veulent faire en Syrie.

 

Ils pourraient vouloir montrer la puissance des États-Unis et de l’Occident, envoyer un avertissement à leurs adversaires potentiels et renforcer l’unité de l’Occident.

 

Washington peut penser que ce n’est pas un problème de frapper la Syrie.

 

Mais les Etats-Unis ont sous-estimé sévèrement les conséquences négatives de leur action militaire imprudente.

 

Cela stimulera inévitablement la haine et fera croire à beaucoup de pays et de forces que le moyen ultime de résoudre les conflits et les différends ne peut être que l’usage de la force.

 

On peut prévoir que la frappe militaire sur la Syrie aura un impact négatif sur les pourparlers à venir entre les deux Corées et le sommet Trump-Kim.

 

L’une des principales caractéristiques de la diplomatie de l’administration Trump est la volonté et l’impudence, comme si les États-Unis tout-puissants avaient le droit de tout faire.

 

Cependant, plus un pays est fort, plus il a la responsabilité de maintenir la paix et l’ordre dans le monde.

 

Les actions militaires des États-Unis et de leurs alliés ont violé le cadre des Nations Unies et violé le fondement des relations internationales modernes.

 

Si la volonté de Washington et de l’Occident représente la volonté de toute l’humanité et qu’ils peuvent punir qui ils veulent, pourquoi avons-nous besoin de l’ONU ou du droit international ?

 

Sans l’autorisation de l’ONU, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France se sont comportés comme des voleurs.

 

Peu importent les excuses qu’ils se  trouvent pour eux-mêmes, ils ne peuvent pas changer le fait qu’ils lynchent la Syrie sans preuve.

 

Il est inquiétant que les Etats-Unis puissent attaquer la Syrie avec toujours plus de missiles quand ça leur prend,  en jetant encore plus de sel sur une blessure ouverte d’un pays.

 

Publié dans: EDITORIAL

La Chine refuse d’accepter plus de déchets et les renvoie aux États-Unis.

La Chine refuse d’accepter plus de déchets et les renvoie aux États-Unis

 

12 Avril 2018

C’est tout un symbole de la transformation des relations entre la Chine et les pays dits développés, le refus d’assumer les conséquences d’un mode de développement qui déverse sur les autres ses déchets quitte à les accuser d’être des polueurs, des gens qui ne respectent paés les canons du bien vivre et de la morale occidentale.
 
(note de Danielle Bleitrach)
 Publié: 11 Avr 2018 13:06 GMT
 
469 tonnes de déchets solides qui seraient initialement recyclés dans le pays asiatique seront retournées aux États-Unis. selon une nouvelle réglementation de Pékin.
 

La Chine refuse d'accepter plus de déchets et les renvoie aux États-Unis.

Photographie illustrative
ERIC THAYER / Reuters
 

Les autorités douanières en Chine ont rejeté l’entrée de 469 tonnes de déchets solides en provenance des États-Unis. et ont ordonné que les déchets soient retournés aux États-Unis dès que possible, selon Xinhua .

 

L’envoi est arrivé dans la ville côtière de Hangzhou, dans l’est du pays, et les inspecteurs ont constaté qu’il s’agissait de papier mélangé à des morceaux de ferraille et à des bouteilles en plastique usagées . Ils font partie des 24 types de déchets solides dont l’importation est interdite dans la nation asiatique.

 

Décharge près de Mae Sot, Thaïlande, le 22 décembre 2009.
 
 

L’interdiction est due à un règlement introduit par Pékin fin 2017 avec lequel les autorités du géant asiatique visent à réduire la pollution de l’environnement . La décision reflète également l’état de l’industrie du recyclage en Chine, où la rentabilité du traitement des déchets diminue à mesure que l’économie se développe.

 

La Chine a longtemps été le «bac de recyclage» du monde, traitant pas moins de 50 pour cent des exportations mondiales de plastique, papier et métaux, selon les données de 2016. Cette année, les États-Unis payé 5,2 milliards de dollars à la Chine pour recycler 16 millions de tonnes de déchets.

 

Après l’interdiction, il a été signalé que de nombreux pays développés – en particulier les États-Unis – ont eu des problèmes pour se débarrasser de leurs déchets.

 

 

Xi Jinping et Kim Jong-un : pour la réunification de la Corée !

Xi Jinping et Kim Jong-un : pour la réunification de la Corée !


La visite en Chine de Kim Jong-un en dit long sur les tactiques qui seront utilisées dans les négociations entre le dirigeant coréen et le président étasunien ; elle consolide également la relation historique entre Pyongyang et Beijing


Xi Jinping and Kim Jong-un: Make Korea United Again!


Federico PieracciniPar Federico Pieraccini – Le 30 mars 2018 – Source Strategic Culture

 

La récente réunion à Beijing entre les dirigeants suprêmes de la RPDC et de la Chine a retenu l’attention du monde entier. Le sommet est resté discret pendant toute sa durée et ne fut révélé par le dirigeant chinois que lorsque la visite fut terminée et que le dirigeant coréen fut de retour dans son pays.

 

Les rumeurs de la rencontre ont continué à être démenties par le ministre chinois des Affaires étrangères jusqu’à mardi, jour où elle fut officialisée. Les dénégations avaient beaucoup à voir avec le fait qu’un résultat positif au sortir de cette première réunion, ne pouvait pas être garanti. Les déclarations finales, l’atmosphère détendue, les nombreuses images montrant des sourires et la reconnaissance mutuelle révèlent que les deux dirigeants du Parti communiste chinois et du Parti du Travail de Corée sont sur la même longueur d’ondes.

 

Malgré le vœu pieux des États-Unis, qui ont interprété l’absence de réunions les années précédentes comme un changement d’attitude envers la Corée du Nord, la réunion a souligné les impressions positives de la part de Xi Jinping quant à l’évolution de la péninsule coréenne et confirmé la pensée stratégique de Kim Jong-un.

 

La stratégie de Kim Jong-un mérite une attention particulière. La capacité de dissuader l’agression des États-Unis et de la Corée du Sud existait bien avant le développement de la dissuasion nucléaire par Pyongyang, grâce notamment à l’énorme quantité d’artillerie dirigée contre Séoul. Un éventuel conflit aurait causé des millions de morts, détruit les forces étasuniennes sur la péninsule (leurs bases auraient été les premières éliminées, bien qu’elles ne servent que comme un fil piège) et contrecarrer l’alliance avec Séoul, qui aurait supporté un dommage inacceptable. Kim Jong-un et son père avaient déjà mis en place un moyen de dissuasion assez puissant pour parer à l’agression contre leur pays. La stratégie de développement des armes nucléaires devient plus claire suite à la rencontre avec Xi Jinping.

 

La volonté de Kim Jong-un de rencontrer Donald Trump dans des négociations bilatérales, et la possibilité que Pyongyang renonce à son arsenal nucléaire, feront date. La rencontre avec Xi Jinping était probablement axée sur leurs revendications auprès de Trump : le retrait des forces militaires étasuniennes du sud du pays. C’est un sujet à propos duquel la Chine et la RPDC sont totalement en accord. Le résultat souhaité par Pékin et Pyongyang − mais aussi par Moscou − serait que Washington retire ses forces de la Corée du Sud en échange de l’ouverture des sites nucléaires nord-coréens aux inspections internationales. La Chine et la Russie seraient heureuses de voir éliminée la menace de dissuasion nucléaire étasunienne (même si, avec les dernières armes hypersoniques révélées par Poutine, le problème ne semble plus se poser). Cela apporterait également de grands avantages à Séoul, qui pourrait s’engager dans un rapprochement avec le Nord, à commencer par une éventuelle réunification de la péninsule ; et sous l’égide économique et énergétique de la Russie et de la Chine, la péninsule pourrait être incluse dans le projet « Une ceinture Une route » (OBOR) mais aussi bénéficier du gaz russe.

Bien sûr, ce scénario se heurte aux récentes nominations de Mike Pompeo et de John Bolton au sommet de l’administration étasunienne, confirmées par la menace de dissolution du Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) conclu avec l’Iran, revenant ainsi sur un accord conclu suite aux efforts de plusieurs pays. Les conséquences seraient significatives, les États-Unis apparaitraient comme un État peu fiable dans ses relations internationales.

 

Cet aspect, pour Pyongyang, Pékin, Moscou et même pour Séoul, est important. Le message diplomatique extraordinaire que Kim Jong-un et Xi Jinping ont envoyé aux alliés et aux adversaires est la possibilité de la paix et de la réunification de la péninsule coréenne. Kim Jong-un est apparemment prêt à renoncer à ses armes nucléaires, son moyen de dissuasion le plus important. Mais il est intéressant de noter que, de toute façon, la Corée du Nord a toujours pu compter sur son formidable moyen de dissuasion conventionnel pour garantir sa sécurité. Pour la survie de Kim Jong-un et de son entourage [Sic – NdT], des milliers et des milliers de pièces d’artillerie destinées à Séoul suffisent pour éloigner tout agresseur potentiel. Une autre considération évidente est que toute utilisation par Kim Jong-un de ses armes nucléaires contre les États-Unis ou ses alliés entraînerait l’anéantissement total de la RPDC. La question qui reste est donc la suivante : si la Corée du Nord a toujours garanti sa survie grâce à sa dissuasion conventionnelle, pourquoi a-t-elle eu besoin de développer aussi la dissuasion nucléaire ? La réponse la plus logique à cette question est la volonté d’amener les États-Unis à la table des négociations.

 

Le coup de génie diplomatique et stratégique de Pyongyang est de pousser les États-Unis à quitter la péninsule coréenne en échange de la renonciation, par la Corée du Nord, à son arsenal nucléaire. Cette hypothèse place Kim Jong-un du côté positif de la négociation, apparaissant comme un partenaire raisonnable et sérieux prêt à trouver un moyen de garantir la paix sur toute la péninsule. Si Kim Jong-un est prêt à renoncer à son arsenal nucléaire, ce qui apparemment jusqu’à hier semblait impossible, dans l’intérêt d’un accord pour assurer la survie des deux Corées, alors Pyongyang se présente comme le garant de la paix pour Séoul. Le message que Moon Jae-in pourrait retenir des négociations est qu’un ennemi tel que la Corée du Nord est prêt à abandonner son arme la plus importante, au moment où les Étasuniens introduisent dans le jeu Bolton et Pompeo, prêts à frapper du poing sur la table des négociations, refusant de faire toute concession.

 

Alors que Kim Jong-un a bien l’intention d’accuser les Étasuniens pour l’échec des négociations et semble avoir en mains toutes les raisons pour le faire ; la rencontre entre Kim Jong-un et Xi Jinping semble viser à jeter les bases d’une rupture de l’alliance entre Séoul et Washington. Nous pouvons déjà imaginer la scène, avec Pyongyang prête à renoncer à ses armes nucléaires, Séoul prête à entamer un dialogue sur la réunification du pays, la Chine et la Russie heureuses de voir la dénucléarisation du Nord, et surtout, l’élimination des perspectives d’une guerre terrible sur la péninsule. Dans ce climat, Washington, en refusant toute perspective de retrait de la péninsule, serait complètement isolé. Grâce à ses relations moins que parfaites avec ses alliés européens, et à son intention d’annuler le JCPOA iranien, Washington se montrerait incapable de tenir ses promesses ni d’entretenir une posture diplomatique crédible.

 

La réalité est qu’un accord global entre la Corée du Nord et les États-Unis est pratiquement impossible pour une raison fondamentale : les États-Unis utilisent l’excuse de devoir protéger la Corée du Sud,  pour contenir la Chine et la Russie, en maintenant sur la péninsule à la fois une défense antimissile et une présence militaire près de leurs frontières. Pour cette raison, alors que Moscou et Pékin ont de multiples raisons de rechercher un accord entre Pyongyang et Washington, tous deux sont conscients que les États-Unis n’ont aucune intention d’abandonner leur présence en Corée du Sud. La rencontre entre Kim Jong-un et Trump est un piège bien conçu préparé par Moscou, Pékin et Pyongyang, peut-être sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Les objectifs les plus réalistes sont d’isoler davantage Washington dans la région, de rapprocher Beijing et Séoul et de creuser un fossé entre Séoul et Washington. Moscou utiliserait l’échec de ces négociations pour gagner plus de poids auprès de ses partenaires européens, tous désireux de trouver une solution à la crise coréenne. En outre, Moscou pourrait accroître ses opportunités d’entrer dans le marché de l’énergie en Corée du Sud grâce à la diversification des sources d’énergie de Séoul. Pékin a bien l’intention d’éviter une guerre sur la péninsule, ce qui serait désastreux à bien des égards, non seulement humanitaires, mais aussi en donnant la possibilité à Washington de camper sur la frontière chinoise à la suite de la destruction de la RPDC.

 

Moon Jae-in, le président de la Corée du Sud regarde anxieusement, prêt à conclure un accord avec le Nord. La maestria de la diplomatie sino-coréenne a créé une situation gagnant-gagnant pour Pyongyang, dans laquelle l’échec final des négociations avec Washington aurait des répercussions négatives auprès de ses alliés dans la région. C’est probablement la raison pour laquelle de nombreux membres de l’administration étasunienne ont accueilli négativement la décision de Trump d’accepter les discussions avec Kim Jong-un.

 

Accepter d’engager des pourparlers indique une disposition à négocier. Mais comme il est prévisible, le refus des Étasuniens d’accéder aux demandes de la Corée du Nord de quitter la péninsule voue ces pourparlers à l’échec. En même temps, si l’offre de Pyongyang d’abandonner ses armes nucléaires échouait à obtenir une réciprocité de la part de Washington, les États-Unis porteraient la responsabilité de l’échec. Pour cette raison, Trump a ingénieusement décidé de faire appel à deux fauteurs de guerre comme Pompeo et Bolton, dans l’intention d’effrayer Kim Jong-un en le mettant dans une position de négociation plus favorable à Washington, une stratégie qu’il entend poursuivre également en ce qui concerne l’Iran.

 

La vérité est que la diplomatie étasunienne n’a aucune marge de manœuvre et puisque la guerre est impensable, ce n’est même pas une réelle menace. Cela laisse Trump avec beaucoup de fanfaronnades et un tas de faucons hargneux, abandonnant les atouts dans les mains de Pyongyang et de Pékin. Tout deviendra clair dans les semaines à venir lorsque toutes les cartes seront posées sur la table des négociations.

 

Federico Pidraccini

 

Traduit par Alexandre MOUMBARIS, relu par Marie-José MOUMBARIS

La Chine réplique aux Etats-Unis en imposant des taxes sur 128 produits américains

La Chine réplique aux Etats-Unis en imposant des taxes sur 128 produits américains

 

02 Avril 2018

CHINE – Le 22 mars dernier, Donald Trump avait annoncé qu’il imposerait de nouvelles taxes sur quelque 60 milliards de dollars d’importations chinoises…
Illustration: Un drapeau en Chine.© Stephen Shaver/NEWSCOM/SIPA Illustration:

Un drapeau en Chine. Rancunière la Chine ? Le pays a annoncé lundi des mesures de rétorsion contre les importations américaines en imposant des taxes sur 128 produits, d’une valeur de trois milliards de dollars, en réplique aux taxes américaines sur l’acier et l’aluminium, selon l’agence Chine nouvelle.Pékin avait prévenu le mois dernier qu’il envisageait l’imposition de ces taxes, faisant craindre le déclenchement d’une guerre commerciale entre les deux géants économiques mondiaux. Les nouvelles taxes chinoises, imposées par la commission chargée des tarifs douaniers au sein du Conseil d’État (gouvernement), portent sur des produits divers allant des fruits à la viande de porc.

 

Washington accuse la Chine de piller les innovations technologiques américaines

 

Donald Trump avait annoncé le 22 mars que les États-Unis​ imposeraient de nouvelles taxes sur quelque 60 milliards de dollars d’importations chinoises, une nouvelle qui avait secoué les marchés financiers. Dès le lendemain, la Chine avait répliqué en dévoilant une liste de 128 produits sur lesquels elle affirmait vouloir appliquer des droits des douanes de 15 % à 25 % en cas d’échec des négociations entre les deux pays.

 

Washington reproche depuis longtemps à Pékin de tirer profit du système de coentreprises imposé aux firmes étrangères qui s’implantent en Chine pour piller les innovations technologiques américaines.

 

Kim Jong Un en Chine à l’invitation de Xi Jinping (upd)

Kim Jong Un en Chine à l’invitation de Xi Jinping (upd)

 

30 Mars 2018

  • Une visite qui est de bonne augure alors que l’on disait volontiers les deux dirigeants en froid. Avant la rencontre avec Trump a voulu dans une recontre qui demeurait informelle échanger entre camarades. Ce qui apparait de plus en plus c’est de KIm Jong UN que l’on nous avait présenté comme un fou irrationnel mène assez bien et dans le sens de la paix sa stratégie face au bellicisme des Etats-Unis. La situation asiatique pourtant encore plus dangereuse que le MOyen-Orient et l’Europe paraît être mieux maîtrisée.
  • (note et traduction de Danielle Bleitrach)
Par Dirk Nimmegeers le 28 mars 2018 
Le chef de la Corée du Nord a fait une courte visite en Chine. Il a été invité par le chef du parti et président Xi Jinping. La rencontre entre les deux avait un caractère informel, mais n’était pas purement touristique ou cérémoniale.

 

Kim Jong Un

 

À l’invitation de Xi Jinping, Kim Jong Un a effectué une visite « non officielle » en Chine. Kim est arrivé le 25 mars et est reparti le 28 mars. Il était accompagné de son épouse Ri Sol Ju.

 

Rencontre et conversations

 

L’agence de presse publique chinoise Xinhua rapporte que les deux dirigeants se sont entretenus après une cérémonie de bienvenue . Il y avait un banquet et une performance artistique. Kim, Xi et leurs femmes ont été photographiés. Plus tard, le dirigeant de la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord) a visité une exposition de réalisations technologiques. C’est une exposition sur le renouveau de l’Académie chinoise des sciences. Pour voir les photos, Ri Sol Ju était également présent à cette partie de la visite de son mari Kim.

 

Politique 

 

Les deux dirigeants étaient accompagnés d’un grand nombre de hauts dirigeants de leurs partis politiques. Pour la Chine, par exemple, Li Keqiang, le Premier ministre et Wang Huning étaient, tout comme Li, un membre de la plus haute direction du parti. Le nouveau vice-président Wang Qishan a également participé à certaines parties du programme.

 

Xi a prononcé des mots de bienvenue au nom du Comité central du PCC. Le président de la Chine a également remercié Kim Jong Un pour avoir félicité pour les nominations que Xi a reçues lors du 19ème Congrès du Parti et de l’Assemblée Générale du Congrès National du Peuple. « Nous apprécions grandement cette visite », dit Xi. C’est la première réunion que Kim Jong Un a avec un leader de l’étranger.

 

Kim Jong Un a répondu qu’il avait informé le « camarade secrétaire général Xi Jinping » de l’évolution rapide et profonde de la situation dans la péninsule coréenne. « Je le fais par camaraderie et c’est une responsabilité morale », a déclaré Kim. Il est remarquable que le leader nord-coréen parle d’abord à son collègue chinois avant de rencontrer le président Trump des États-Unis et (à part ça) avec Moon Jae-in, son collègue de la République de Corée (Corée du Sud).

 

Kim et Xi se souhaitaient mutuellement du succès dans le développement du socialisme et la poursuite de la prospérité pour la population de chacun de leur pays.

 

Amitié et dénucléarisation

 

Xi Jinping et Kim Jong Un ont échangé des propositions sur l’amitié et les bonnes relations entre la Chine et la République populaire démocratique de Corée. Ils veulent l’honorer et l’améliorer davantage. Des visites régulières seront organisées dans les deux sens. Les contacts entre les principaux partis des deux Etats deviendront plus intenses. Xi et Kim ont convenu de la nécessité de travailler sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Selon eux, cela peut se faire par des négociations pacifiques, qui inspirent la confiance.

 

Pour le désarmement nucléaire dans l’ensemble de la Corée, la Chine a fait la proposition de «gel pour le gel». Cela mettrait un terme à une menace spécifique de la part des États-Unis, entre autres choses. Au cours des exercices militaires conjoints avec la République de Corée, les États-Unis volent près de la frontière entre les deux bombardiers B1 de la Corée. Ils peuvent contenir des armes nucléaires et même jeter de fausses bombes.

 

Xi Jinping : le peuple, créateur de l’histoire et véritable héros

Xi Jinping : le peuple, créateur de l’histoire et véritable héros

 

22 Mars 2018
 
 

(Xinhua/Yao Dawei)

BEIJING, 20 mars (Xinhua) — Le peuple chinois est le créateur de l’histoire et le véritable héros, a déclaré mardi le président chinois Xi Jinping.

 

« Les efforts du peuple chinois ont conduit à un grand bond de la nation chinoise, passant d’une nation qui s’est relevée à une nation riche, puis à une nation puissante », a noté M. Xi lors de la clôture de la première session de la 13e Assemblée populaire nationale.

 

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Que signifie la réforme de la Constitution chinoise y compris pour le monde…

Que signifie la réforme de la Constitution chinoise y compris pour le monde…

 

 
20 Mars 2018

A écouter, ne vous laissez pas décourager par la dame qui nasille un peu et dites vous bien que c’est terrible sur le plan phonétique de passer du chinois au Français. Certes je suis l’individu le moins doué pour parler les langues étrangères (je chante faux), mais autant je trouve fascinant d’apprendre à lire du chinois, autant j’ai toujours refusé de tenter de parler le mandarin tant le son entre nos langues me paraissait étranger. Mais les interlocuteurs de la dame parlent un excellent français et surtout ce qu’ils ont à dire est passionnant et change des stupidités habituelles de nos médias.

 

La meilleure preuve de ce que sont ces médias viennent de nous être donnée par les élections russes. La seule en dehors de Poutine dont il a été question y compris pour nous dire à quel point elle représentait l’avenir était la candidate libérale, comme tous ces pairs elle n’a aucun impact sauf chez les bobos parlant anglais et donc fréquentant nos journalistes et autres spécialistes de la Russie. Elle n’a pas atteint les 3%. En revanche le candidat communiste qui non seulement arrive en second mais qui dans les zones où la fraude peut être contrôlée atteint des scores très importants ne représentait rien pour ces médias avant et après les élections

 

On retrouvez à propos de la Chine la même incapacité à voir, en général il s’agit de montrer une dictature qui fait régner le capitalisme le plus sauvage. Il est fréquent de voir cette opinion relayée y compris par des communistes paresseux qui une fois de plus au plan internation on décidé de suivre la ligne de Fabius sur tous les coins de la planète… Il serait temps de se documenter sur lez pays qui est effectivement dirigé par un parti communiste et qui est actuellement la deuxième puissance du monde et s’implique de plus en plus dans l’arène internationale.

 

Danielle Bleitrach

Chine: qu’est-ce que la mauvaise note sociale ?

Chine : qu’est-ce que la mauvaise note sociale ?

 

20 Mars 2018

La presse française s’est déchaînée sur le « président à vie » depuis que son mandat a été reconduit et qu’il peut l’être encore. « Putain encore 10 ans à le supporter ! » La machine à basher la Chine est repartie de plus belle sur tous les sujets.

 

Récemment la presse s’est lâchée sur la « mauvaise note sociale ».

 

Sur France Info :

 

En Chine, les personnes qui ont une mauvaise « note sociale » pourraient être empêchées de prendre l’avion ou le train


Le Parti communiste chinois teste depuis plusieurs années un système de note sociale. A partir du 1er mai, il sera utilisé dans les trains et les avions. Les « mauvais élèves » interdits à bord seraient par exemple des personnes ayant utilisé des billets périmés ou ayant fumé dans un train

 

France Info ajoute

 

C’est une décision qui rappelle Black Mirror, la série dystopique qui imagine le pire de la technologie. La Chine va utiliser la « note sociale » des individus pour filtrer leur accès aux moyens de transport et éventuellement l’interdire aux citoyens mal notés pour une période pouvant atteindre un an, rapporte l’Agence Reuters. La mesure entrera en vigueur le 1er mai, expliquent deux communiqués de la Commission nationale du développement de la réforme en date du 2 mars mis en ligne vendredi 16 mars.


Le Parti communiste chinois teste depuis quelques années ce système de crédit social appliqué aux particuliers et aux entreprises. Il doit prendre plein effet en 2020. Collectées massivement, les données fournies par les smartphones, les réseaux sociaux, mais aussi la police, les tribunaux, le fisc, etc. sont centralisées sur une sorte de fichier national de réputation.


Big brother et big Data


Le projet a été dénoncé par ses détracteurs comme un « Big Brother du Big Data » et une dérive totalitaire. La directive s’appliquant aux transports est apparemment la première du genre à être publiée. Les « mauvais élèves » interdits à bord des avions ou sur les chemins de fer seraient par exemple des personnes ayant propagé de fausses informations sur le terrorisme, utilisé des billets périmés, fumé dans un train ou encore omis de payer des amendes ou de s’acquitter de l’assurance sociale.


Dans le première épisode de la troisième saison de Black Mirror, intitulé Chute Libre, une jeune femme voit sa note sociale dégringoler et les portes de son existence se refermer une par une. 


On ne saura pas qui sont les « détracteurs » qui dénoncent ce projet, s’il s’agit de millions de chinois, d’un quarteron de dissidents ou du comité de rédaction de France Info.


Pire que tout : même les entreprises doivent bien se conduire.


Mais le site a eu le bon goût d’illustrer l’article par une photo montrant les chinois faisant la queue en bon ordre, au lieu de former le pack de Castres ou de Toulon, d’écrabouiller les arpions des femmes et de marcher sur les bambins.

 

A ce train-là les touristes chinois n’oseront même plus cracher par terre. Encore un exemple de l’abominable dictature totalitaire du PCC.

 

Des passagers font la queue pour prendre le train, le 21 février 2018 à Jiujiang (Chine). (HU GUOLIN / XINHUA / AFP)

 

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Le président chinois prête serment d’allégeance à la Constitution pour la première fois

Le président chinois prête serment d’allégeance à la Constitution pour la première fois

 

19 Mars 2018
Notez qu’après avoir salué la salle des 2790 délégués du parlement chinois qui l’ont élu chef d’Etat en se courbant à la chinoise, il a prêté serment le point levé et la main sur la Constitution.

 

 

(Xinhua/Ju Peng)

 

BEIJING, 17 mars (Xinhua) — « Je prête serment d’allégeance à la Constitution de la République populaire de Chine (RPC) et m’engage à sauvegarder l’autorité de la Constitution, à remplir mes obligations légales… », a solennellement déclaré samedi à Beijing le président chinois nouvellement élu, Xi Jinping.

 

Il s’agit de la première fois qu’un président chinois prête serment d’allégeance à la Constitution lors de son entrée en fonction.

 

M. Xi a été élu plus tôt samedi président chinois et président de la Commission militaire centrale de la RPC au cours de la première session de la 13e Assemblée populaire nationale, l’organe législatif national.

 

En octobre dernier, il a été élu secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) et nommé président de la CMC du PCC lors de la première session plénière du 19e Comité central du PCC.

 

Avec l’emblème national accroché en haut, dans un auditorium, à l’intérieur du Grand Palais du Peuple, tout le monde s’est levé et une version papier de la Constitution a été amenée sur la scène par la garde d’honneur lorsque la cérémonie a commencé à environ 10h49.

 

L’hymne national a été chanté en choeur par toutes les personnes présentes.

 

Ensuite, M. Xi, âgé de 64 ans, habillé en costume noir, a prononcé le serment après être monté sur l’estrade, avoir placé sa main gauche sur la Constitution et levé son poing droit.

 

« [Je m’engage à] être fidèle au pays et au peuple, à être déterminé et honnête dans mes fonctions, à accepter la supervision du peuple et à oeuvrer pour un grand pays socialiste moderne qui est prospère, puissant, démocratique, hautement civilisé, harmonieux et beau », a déclaré le président.

 

Il s’est ensuite incliné et est retourné à son siège, sous des applaudissements chaleureux.

 

La cérémonie a été organisée tout juste six jours après que l’organe législatif national a inscrit dimanche dernier la prestation de serment d’allégeance dans la Constitution nouvellement amendée.

 

En vertu de l’amendement, la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère est elle aussi entrée dans la Constitution en tant que théorie directrice pour la Chine.

Se basant sur une décision législative adoptée par l’organe législatif suprême chinois en juillet 2015, la Chine a mis le système en oeuvre en janvier 2016, demandant à tous les fonctionnaires d’Etat de prêter serment d’allégeance à la Constitution lors de leur entrée en fonction.

 

La RPC a adopté sa première Constitution en 1954. L’actuelle Constitution a été adoptée en 1982 et amendée en 1988, 1993, 1999, 2004 et 2018.

 

En se joignant aux députés à l’APN dans des discussions de groupe le 10 mars, M. Xi a exhorté les responsables à maintenir l’Etat de droit, s’opposer à la volonté d’un homme, respecter la Constitution, et assumer leur devoir dans les limites de la Constitution et des lois.

 

La cérémonie a été diffusée en direct par la télévision d’Etat et sur Internet.

 

« En prenant l’initiative de prêter serment d’allégeance, le président dit au public que chacun est égal devant la loi et qu’il n’y a aucune exception », a affirmé Xiao Shengfang, un député à l’APN et président de l’Association des avocats du Guangdong. « Il montre l’engagement de la direction chinoise envers l’Etat de droit, ce qui assurera à la Chine une voie vers la modernisation ».

Xi Jinping félicite Poutine et salue une relation sino-russe à son zénith

Xi Jinping félicite Poutine et salue une relation sino-russe à son zénith

 

19 Mars 2018
Macron refuse d’honorer la littérature russe pour faire oublier qu’il a contre lui de plus en plus de français… et Théresa May tente de faire oublier ses difficultés… ridicules personnages
 
(note de danielle Bleitrach)


 05h39, le 19 mars 2018, modifié à 06h56, le 19 mars 2018
Xi Jinping félicite Poutine et salue une relation sino-russe à son zénith
Le président chinois Xi Jinping a félicité lundi son homologue Vladimir Poutine pour sa réélection la veille à la présidence russe@ GREG BAKER / AFP  

Vladimir Poutine, largement réélu dimanche pour un quatrième mandat, a reçu les félicitations du président chinois Xi Jinping, qui entend continuer à faire « progresser » leurs relations.

 

Le président chinois Xi Jinping a félicité lundi son homologue Vladimir Poutine pour sa réélection la veille à la présidence russe, saluant une relation sino-russe à son zénith et exemplaire pour les relations internationales, a annoncé l’agence Chine nouvelle.

 

« Respect, équité, justice ». La relation entre les deux pays « est à son meilleur niveau historique, ce qui constitue un exemple pour l’édification d’un nouveau type de relations internationales fondé sur le respect mutuel, l’équité et la justice », a indiqué dans un message le président chinois, lui-même réélu samedi à l’unanimité à la tête de l’Etat par le parlement chinois. Xi Jinping, qui cumule déjà les fonctions de chef du Parti communiste chinois et des armées, a obtenu un nouveau mandat de cinq ans. Il avait au préalable fait modifier la constitution pour pouvoir se maintenir à la présidence au delà du terme prévu de 2023, devenant potentiellement président à vie.

 

« Promouvoir la paix mondiale ». Vladimir Poutine, réélu dimanche pour un quatrième mandat avec un score dépassant 76%, pourra lui se maintenir jusqu’en 2024. « La Chine se tient prête à travailler avec la Russie pour continuer à faire progresser encore les relations sino-russes (et promouvoir) la paix mondiale« , a estimé le président chinois. Moscou et Pékin, tous deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, se tiennent fréquemment sur la même ligne face aux pays occidentaux sur des dossiers comme la Syrie ou la Corée du Nord.

 

La Chine doit être prête pour une guerre commerciale imminente

La Chine doit être prête pour une guerre commerciale imminente

 

15 Mars 2018

Source: Global Times Publié: 2018/3/14 22:48:41
 
Global Times est un site plus ou moins officiel chinois qui publie des articles en anglais. Les récentes décisions de TRump sur l’acier, son remaniement gouvernemental a été considéré comme l’ouverture des hostilités par la CHine qui considère ici que la guerre commerciale est déclarée et qui  après avoir tenté par tous les moyens de l’éviter s’affirme prête à l’engager. Elle fait mesurer à Trump la fragilité de son pouvoir et combien son électorat est versatile, peu capable de résister aux chocs que ne manquera pas d’entraîner une guerre commerciale à l’inverse de la Chine. la dernière phrase dit tout: « La Chine ne se laissera pas piétiner. Peut-être que le destin de la Chine est de lutter avec les États-Unis uniquement pour donner une leçon à Washington. Dans ce cas, qu’il en soit ainsi. »
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Le président Donald Trump cherche à imposer des droits sur les importations chinoises jusqu’à 60 milliards de dollars et les Etats-Unis vont cibler les secteurs de la technologie et des télécommunications, a rapporté mercredi Reuters citant deux personnes de l’administration qui avaient discuté de la question.
 

En tant que directeur de la CIA, Mike Pompeo, considéré comme intransigeant sur la Chine, prendra le poste de secrétaire d’Etat américain, Washington pourrait renforcer sa politique agressive sur le commerce avec la Chine. Les tensions vont probablement s’intensifier dans les relations sino-américaines.

 

La Chine doit se préparer aux guerres commerciales à la fois dans la stratégie et la mentalité. Pékin doit donner des coups frontaux à Washington en réponse aux siens et ne doit pas être mou.

 

L’administration Trump croit qu’elle peut submerger la Chine et obtenir beaucoup plus de retours que de pertes en imposant des tarifs. Après un an de mandat, les politiques étrangères de Trump ont bien fonctionné, sauf dans la péninsule coréenne . En visitant d’autres pays, il a été exceptionnellement bien reçu et a rapporté des promesses d’investir aux États-Unis et d’acheter plus de produits américains.

 

N’ayant pas souffert de son approche sévère de la politique étrangère, Trump doit penser que toutes ses actions ont été cautionnées. Ainsi, il a expulsé quelques mondialistes de son équipe tels que Rex Tillerson et Gary Cohn et y a introduit des officiels plus bellicistes.

 

Washington doit penser  que Trump utilise au mieux son image «J’ose faire quelque chose» comme un bluff, sans  vraiment le dire.

 

Si les Etats-Unis mènent en effet une guerre commerciale mondiale, ils se trouveront dans une position inconfortable.

 

Les États-Unis sont toujours le pays le plus développé du monde, dépassant les autres dans une multitude de secteurs, de la technologie au financement. Son déficit commercial n’est pas le seul indice permettant de mesurer le développement économique et social des États-Unis.

 

Si les États-Unis veulent réduire leur déficit commercial, ils doivent rendre les Américains plus travailleurs et procéder à des réformes conformément à la demande du marché international, au lieu de demander au reste du monde de changer. C’est déraisonnable de jouer la victime.

 

En menaçant , Trump veut gagner autant d’avantages que possible pour son pays afin d’apaiser ses électeurs et gagner sa réélection. Il a bien fait cela jusqu’à récemment.

 

Mais il ne devrait pas ialler jusqu’à la  confrontation. Une fois qu’une guerre commerciale commence, les pays capables de la mener  ne se plieront pas devant les États-Unis. La Chine a fait de son mieux pour éviter une guerre commerciale, mais si une guerre éclate, l’apaisement ne sera  pas une option.

 

Étant donné que les pays ciblés par les États-Unis sont plus résilients sur le plan politique, l’administration Trump risque d’être la première à s’effondrer.

 

L’administration Trump paiera cher si sa dureté en faisant subir aux Etats-Unis de lourdes pertes. Sa seule ressource à l’appui de la ténacité par rapport aux administrations précédentes est la personnalité de Trump, qui n’est pas très bien accueillie. Sous son comportement agressif il y a une réalité brutale.

 

La Chine ne se laissera pas piétiner. Peut-être que le destin de la Chine est de lutter avec les États-Unis uniquement pour donner une leçon à Washington. Dans ce cas, qu’il en soit ainsi.

 

Publié dans: EDITORIAL

Elias Jabbour: Xi Jinping, la « Chine recentralisée » et la « nouvelle formation socio-économique »

Elias Jabbour : Xi Jinping, la « Chine recentralisée » et la « nouvelle formation socio-économique »

 

 

13 Mars 2018

 

 

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Voici un article tout à fait intéressant d’un marxiste brésilien, sur les cycles (les générations) de l’adaptation du socialisme chinois aux défis auxquels il est confronté. Comment la formation sociale (infrastructure et superstructure en perpétuelle mobilité) Chinoise s’est-elle développée depuis Mao jusqu »à Xi jinping. Pour ceux qui connaissent un peu la civilisation chinoise, le communisme chinois se présente comme successeur dynastique de l’empire avec le souci de ne pas perdre « le mandat du ciel », c’est-à-dire en fait l’accord de sa population en assurant continuité et transformation. A lire impérativement.
 
(note et traduction de danielle Bleitrach)

Xi Jinping, la Chine « recentralisee » et la « nouvelle formation socio-economique »
 

Sujet d’intérêt, mais pas toujours profond, les événements en Chine ont une répercussion croissante dans le monde et au Brésil. À cet égard, il est important de discuter de la récente proposition d’amendement constitutionnel, mise en débat lors de la dernière réunion du Comité central du Parti communiste chinois, conclue le 25 février et résumée par le retrait de la limite de deux mandats à des postes clés, notamment la présidence de la République populaire.


Il n’est pas difficile d’en déduire l’imaginaire de la pensée journalistique, savante et des larges sections de la gauche influencée par un libéralisme brut, importé et profondément historisé:  « Xi Jinping est un nouveau « dictateur »; « Cela augmente le poids des revendications  démocratiques » ; « La libre pensée des » intellectuels critiques « est menacée » . Je propose un raisonnement préalable qui pourrait être introduit dans un programme de recherche en cours. Allons-y.

 

Je pense que c’est une réponse à l’épuisement d’un système politique qui avait eu le mérite d’accroître le degré d’exercice d’un corps collectif de dirigeants au détriment du risque de placer les destinées du pays sur les épaules d’un leader charismatique. Un système juridique socialiste qui avait fait ses premiers pas dans l’élaboration des vues de Deng Xiaoping sur les idées- forces-roboratives, parmi lesquelles celle des «générations dirigeantes», dont la première génération avait été rassemblée par Mao Tse-tung, la seconde par Deng lui-même. la troisième et quatrième dirigées par Jiang Zemin et Hu Jintao. La génération actuelle et cinquième a à sa tête Xi Jinping. Chaque génération, depuis Jiang Zemin, a pour mission de relever les défis de son mandat de dix ans (deux mandats de cinq ans). De ce point de vue, l’amendement constitutionnel proposé peut-il être une marche inverse? Pourrait être.

 

L’une des caractéristiques des réformes économiques chinoises était la décentralisation politique qui conférait non seulement une plus grande liberté d’action aux gouverneurs des provinces et des régions autonomes. C’était une réforme politique exigée par le temps historique, mais aussi une exigence de «grande politique» utilisée par Deng Xiaoping pour faire face à la résistance de Pékin dans les moments les plus difficiles du début des réformes économiques.

 

Cette décentralisation, reflétant un nouvel ordre celui du socialisme «de marché», conférait également un plus grand pouvoir et une plus grande autonomie aux grands et moyens dirigeants d’entreprises, par opposition à l’époque précédente de la planification centralisée. L’émergence précoce des Townships and Village Enterprises (TVE) liée au marché extérieur est un exemple du résultat de cette décentralisation et de son expression dans ce que j’appelle «l’industrialisation rurale» qui inaugure de nouvelles formes de division sociale et régionale du travail en Chine.

 

Dans l’ensemble, le résultat de cette étape a été extraordinaire à tous égards, je ne soumettrai pas de chiffres et de faits à ce sujet. Le point de connexion entre la réforme constitutionnelle proposée et le processus amorcé en 1978 est en fait clair pour moi: le « modèle » a commencé en 1978 et son cadre institutionnel aujourd’hui  a montré des signes évidents d’épuisement. De la même manière que le « modèle soviétique » était épuisé.

 

Les contradictions qui ont surgi dans ce long et grand processus de croissance et de développement ont été proportionnelles aux progrès observés: graves problèmes sociaux et environnementaux, inégalités sociales et régionales explosives, dégénérescence sociale dans les grands centres urbains. Mis à part le phénomène de la corruption qui ébranlait les fondements du pouvoir du PCC, menant au même sort que les  autres dynasties, quand elles devenaient corrompues et inaptes , pour rendre assurer, en leur temps, de grandes œuvres hydrauliques.

 

Il est clair qu’au cours des 40 dernières années, la capacité du PCC à répondre aux défis posés par la réalité, interne et externe, est très impressionnante. De nouveaux cadres institutionnels ont émergé au fil du temps, de sorte que faire face à cette gamme de contradictions ouvre de nouvelles frontières au processus de développement lui-même. Les « solutions de continuité » entre un cycle et un autre de croissance sont une caractéristique fondamentale du processus chinois.

 

Xi Jinping (que Fidel Castro appelait « l’un des leaders révolutionnaires les plus forts et les plus capables que j’ai jamais connus ») est arrivé au pouvoir en 2012 avec une mission claire pour faire face aux défis posés à son époque. Tout comme leurs prédécesseurs, Jiang Zemin et Hu Jintao, l’ont fait avec brio. La marque de l’ère Xi Jinping est la recentralisation du pouvoir de l’Etat à tous les niveaux, rétablissant de larges portions de l’économie et ses flux de revenus et de conflits ouverts aux fractions de la bourgeoisie plus touchées par la libéralisation financière. Renforcement d’une rhétorique marxiste plus aiguë et d’un plus grand rôle international . Une campagne violente contre la corruption a été déclenchée, atteignant de hauts échelons de l’Etat et du Parti.

 

Parenthèse importante. Il devrait y avoir peu d’ennemis créés par Xi Jinping dans les hauts sommets du PCC. En ce sens, selon Richard McGregor, chercheur à l’Institut Lowy en Australie et auteur du livre « Le Parti », sur le fonctionnement du Parti communiste chinois, la proposition de réforme constitutionnelle « (…)a  consolidé pour l’instant l’autorité extraordinaire de Xi sur le Parti et sur le gouvernement, et il met en garde sa légion d’ennemis lors du sommet du parti, celui qui nuit à sa campagne anti-corruption, ne va aller nulle part.  » En ces termes, la permanence de Xi donnera une impulsion encore plus grande aux initiatives chinoises ambitieuses qui ont  son soutien personnel, comme la Nouvelle Route de la Soie et la transformation du pays en une puissance technologique.

 

Il y a environ un quart de siècle, les cercles les plus réactionnaires de la planète célébraient la « fin du communisme ». Il ne serait pas exagéré de dire que le plus grand événement de notre temps réside dans le fait qu’un parti communiste formé à la suite de la Troisième Internationale de Lénine est à la pointe de la plus grande nation du monde, un pays prêt à prendre la tête de l’économie internationale. Rien de tout cela ne se passerait sans que le PCC lui-même ne montre aucune capacité à se réinventer au fil du temps.

 

J’ai dit que le processus récent perçu dans l’économie chinoise (la formation de 149 conglomérats d’affaires appartenant à l’Etat mettant en œuvre des politiques publiques majeures et l’ouverture de nouveaux niveaux de planification économique et de coordination / socialisation des investissements, par exemple) « Nouvelle formation économique-sociale » (« socialisme de marché »). Ce point de vue s’oppose vivement à ceux qui définissent la Chine ou comme un autre cas de « restauration capitaliste » sous la forme d’un « capitalisme d’État » réussi, ou une affirmation empirique des avantages d’une « économie mixte » ou de un « capitalisme autochtone ».

 

Cette nouvelle «formation socio-économique» exige toujours l’émergence de nouveaux cadres et dispositifs institutionnels capables non seulement d’ouvrir de nouveaux champs et de nouvelles possibilités au processus de développement. Mais ils doivent aussi être capables de répondre aux immenses défis internes et externes du régime. L’empire chinois fut périodiquement  recentralisé. La République populaire n’a aucune raison d’être différente.

 

Ainsi, le socialisme opère  la recherche d’institutions qui reflètent, selon une définition acceptée de la catégorie marxiste de la formation sociale, la totalité «infra et supra» qui se forme et se développe. La bourgeoisie a mis plus d’un siècle pour s’adapter à quelque chose que la Révolution française a essayé de définir en 1789 …

 

La Chine sur la Corée : « les parties doivent continuer sur cette voie »

La Chine sur la Corée : « les parties doivent continuer sur cette voie »

 

11 Mars 2018

Par Dirk Nimmegeers le 9 mars 2018

 

Lors de sa conférence de presse du 8 mars, Wang Yi, le ministre chinois des Affaires étrangères, a répondu à des questions sur la Corée. On ne savait pas encore que Kim et Trump . La Chine peut espérer le développement positif qu’elle a toujours préconisé. Les commentateurs reçoivent  un avertissement aujourd’hui.

 

Corée.

Le chemin de la raison


Le ministre chinois n’a pas tari d’éloges pour les rencontres entre les deux parties de la Corée. Le dégel rapide ne l’a pas beaucoup surpris, car «c’était la seule alternative raisonnable» à l’escalade. Il pense qu’il est nécessaire que les pays profitent maintenant des opportunités qui se présentent. Wang rappelle que pendant les Jeux d’hiver, la Corée du Nord n’a pas organisé de tests nucléaires et la Corée du sud a temporairement suspendu  les exercices militaires de la Corée du Sud contre le pays voisin. C’était un bon exemple de la «suspension bilatérale» que la Chine propose depuis des mois. Le fait que les deux parties se soient abstenues de provocations rendait leur rapprochement possible. Ils doivent continuer sur cette voie . La péninsule coréenne peut devenir exempte d’atomes et connaître la paix et la stabilité par le dialogue. La condition est que les parties ne se défient pas mutuellement.
 
Un vrai dialogue entre les États-Unis et la Corée du Nord?

Après cela, Wang s’est montré optimiste dans ses prévisions . « La prochaine étape: une conversation entre les États-Unis et la République populaire démocratique de Corée ». La Chine reste favorable à une politique à deux voies. Sous le drapeau des Nations Unies, avec les résolutions du Conseil de sécurité, nous continuerons à travailler à la détente avec  la Corée du Nord. Cependant, un mécanisme est également nécessaire pour maintenir la paix sur la péninsule. Les parties doivent ainsi comprendre les préoccupations légitimes des autres quant à leur sécurité. Wang mentionne explicitement « aussi celle de la République populaire démocratique de Corée » (Corée du Nord). Cependant, la Chine ne veut pas se réjouir trop tôt. «L’histoire a souvent montré que, chaque fois que les tensions diminuent, les acteurs extérieurs à leurs interventions brouillent la situation». Cet avertissement  peut également être relevé dans le Commentaire de Xinhua .

Consultation à sixCorée
Un jour plus tôt, le porte-parole des affaires étrangères Geng Shuang a fait des déclarations similaires lors de sa conférence de presse régulière. Sur une question sur la reprise du dialogue entre les deux Corées, les Etats – Unis, la Chine, le Japon et la Russie, Geng a dit, « que les pourparlers à six doivent commencer le plus tôt possible et déboucher sur  résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la question nucléaire de la Péninsule coréenne. La communauté internationale devrait faire tout son possible pour cela.
 
Vigilance

Le Global Times, proche de  l’ État, fait allusion à un commentaire sur les rebondissements spectaculaires sur les pièges possibles. Le journal pense probablement à l’issue de  rencontres antérieures avec les Etats-Unis, sous le gouvernement de GW Bush. Le commentateur du Global Timesécrit: « La Chine ne devrait pas seulement soutenir les résolutions de l’ONU, mais aussi aider à protéger les droits de la Corée du Nord lorsque Pyongyang commencera à négocier avec Washington. La Chine … peut aider à faire en sorte que la Corée du Nord ne soit pas trompée et mise sous pression par les Etats-Unis .
 
brillant avenir?

Pour le moment, la Chine a des raisons d’être satisfaite et prudemment optimiste. Pékin est convaincue qu’avec des sanctions seules ou en préalable , aucun progrès n’est possible. Dans cette perspective, le dialogue entre la Corée du Nord et la Corée du Sud est le résultat de la volonté de prendre du recul et de montrer une compréhension mutuelle. Cela reste le cas selon le gouvernement chinois. La paix et l’abolition des armes nucléaires en Corée sont de la plus haute importance pour la Chine, voisine de la Corée du Nord. Deuxièmement, il existe une bonne coopération économique avec la République de Corée (le Sud) et avec la République populaire démocratique de Corée (le Nord). Dans les deux cas, cette coopération est d’intérêt mutuel. La coopération avec la Corée du Nord, qui connait un creux,
 
Sources: Xinhua, fmprc.gov.cn (site Web BuZa Chine), Global Times

Xi et les délégués de Mongolie intérieure : comment éliminer la pauvreté

Xi et les délégués de Mongolie intérieure : comment éliminer la pauvreté

 

09 Mars 2018

Hier au téléphone discussion avec Marianne qui me raconte la venue de Monika dans le Pas de calais, tout ce qui a été fait pour la solidarité avec les communistes polonais frappé de répression dans le cadre de la politique de l’UE qui réprime les communistes qui prétendent défendre le socialisme tel qu’il a existé, ce qu’il a apporté donc que l’on accuse d’apologie du « totalitarisme » pour mieux soutenir par ailleurs les fascismes.

 

Ceux qui célébrent la collaboration avec le nazisme comme en Ukraine, dans le Donbass, le bellicisme de l’OTAN. de là Marianne me dit la discussion qu’elles ont eu Monika et elle sur la proposition chinoise de « société de moyenne aisance » comme ici. L’art des Chinois de mettre des mots sur ce qu’ils veulent ou ce qu’ils font. Marianne a vécu deux ans en Chine =, mariée avec un chinois, elle a eu deux enfants et s’est immergée dans ce monde chinois. Elle me dit à quel point Monika et elle ont connu cette paix, cette sécurité du socialisme, ce sentiment que demain sera mieux. Elle propose d’écouter la chaîne chinoise en français (je crois que c’est le canal 550) pour mieux comprendre l’expérience chinoise dans la vie quotidienne des provinces les plus reculées. Monika part en Chine pour le Congrès du parti communiste chinois sur le Marxisme, et nous parlons encore des textes publiés ici. comment faire comprendre à des français soumis au jet continu de la propagande, et qui voyagent peu ou mal dans le cadre idéologique des voyages organisés ce qui se passe dans un monde en mouvement, les dangers mais aussi ce qui naît ou renaît?

 

(note de Danielle Bleitrach)

 

Note de B.T : Canal 550 pour ceux qui ont comme fournisseur d'accés Internet Orange

La chaine chinoise sur youtube CGTN en francais https://www.youtube.com/watch?v=gsEck1rnOwQ

 

 

 

Les grands classiques : LES « DEUX EPEES » – Mao Tsé toung

Les grands classiques : LES « DEUX EPEES » – Mao Tsé Toung

 

 

06 Mars 2018

 

 

Voici le texte célèbre par lequel Mao Tsé Toung a salué le XXe Congrès du PCUS et surtout le « rapport secret » de Khrouchtchev. Par ailleurs il fait noter que les Chinois quand ils ont à leur tour remis en cause la politique de Mao Tse Toung, ils ont affirmé la continuité (aujourd’hui aussi), toutes les étapes de leur révolution, en se contentant de noter que 70% de la politique de Mao était bonne et 30% d’erronée, sans préciser d’ailleurs outre mesure. cela dit la manière dont Mao déclare la guerre au révisionnisme et qui l’a conduit à pactiser avec les Etats-Unis; cette division du mouvement communiste international est une des principales raison de la chute de l’Union soviétique que nous payons tous par une abominable victoire du capitalisme, une contre-révolution, une régression sociale. Quand je vois aujourd’hui l’entente entre la Chine communiste et la Russie de Poutine, je me dis qu’ils auraient dû y penser plus tôt, révisionnisme ou pas révisionnisme. Cela dit je suis bien consciente qu’il y avait probablement au sein du Parti communiste chinois des gens tentés par l’aventure « révisionniste », encouragés par Khrouchtchev et que Mao avec son art de passer à l’essentiel a tué l’affaire dans l’oeuf. Ca aussi désormais relève de l’Histoire.

 

(note de Danielle Bleitrach)


 

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Je voudrais dire quelques mots à propos du XXe Congrès du Parti communiste de l’Union soviétique. A mon avis, il y a deux « épées »: l’une est Lénine et l’autre, Staline. L’épée qu’est Staline, les Russes l’ont maintenant rejetée. Gomulka et certains Hongrois l’ont ramassée pour frapper l’Union soviétique, pour combattre ce qu’on appelle stalinisme. Dans beaucoup de pays d’Europe, les partis communistes critiquent aussi l’Union soviétique; leur leader, c’est Togliatti. Les impérialistes se servent aussi de cette épée pour tuer les gens ; Dulles par exemple l’a brandie un moment. Cette arme n’a pas été prêtée, elle a été jetée. Nous autres Chinois, nous ne l’avons pas rejetée. Premièrement, nous défendons Staline et deuxièmement, nous critiquons aussi ses erreurs; et pour cela, nous avons écrit l’article « A propos de l’expérience historique de la dictature du prolétariat ». Ainsi, au lieu de le diffamer et de l’anéantir comme font certains, nous agissons en partant de la réalité.

 

Quant à l’épée qu’est Lénine, n’a-t-elle pas été aussi rejetée quelque peu par des dirigeants soviétiques? A mon avis, elle l’a été dans une assez large mesure. La Révolution d’Octobre est-elle toujours valable? Peut-elle encore servir d’exemple aux différents pays ? Le rapport de Khrouchtchev au XXe Congrès du Parti communiste de l’Union soviétique dit qu’il est possible de parvenir au pouvoir par la voie parlementaire; cela signifie que les autres pays n’auraient plus besoin de suivre l’exemple de la Révolution d’Octobre. Une fois cette porte grande ouverte, le léninisme est pratiquement rejeté.

 

La doctrine léniniste a développé le marxisme. Dans quels domaines l’a-t-elle développé ? i) Dans celui de la conception du monde, c’est-à-dire du matérialisme et de la dialectique; 2) dans celui de la théorie et de la tactique révolutionnaires, surtout en ce qui concerne la lutte de classes, la dictature du prolétariat et le parti prolétarien. Par ailleurs, la doctrine de Lénine porte sur l’édification socialiste. A partir de la Révolution d’Octobre en 1917, Lénine a entrepris l’édification tout en poursuivant la révolution ; ainsi, il a accumulé dans ce domaine sept années d’expérience pratique, expérience que Marx n’avait pas. Ce que nous apprenons, ce sont précisément ces principes fondamentaux du marxisme-léninisme.

 

Dans la révolution démocratique comme dans la révolution socialiste, nous avons toujours mobilisé les masses populaires pour mener la lutte de classes, tout en les éduquant au cours de la lutte. C’est la Révolution d’Octobre qui nous a appris à mener cette lutte. Dans cette révolution, que ce soit dans les villes ou à la campagne, partout les masses étaient pleinement mobilisées pour mener la lutte de classes. Les experts que l’Union soviétique envoie aujourd’hui dans différents pays étaient à l’époque des enfants ou tout au plus des adolescents et nombre d’entre eux ont oublié cette pratique. Des camarades de certains pays affirment que la ligne de masse pratiquée en Chine n’est pas juste, ils aiment beaucoup à s’inspirer du paternalisme. Que cela leur plaise, nous n’y pouvons rien ; en tout cas, nous nous attachons, pour notre part, aux cinq principes de la coexistence pacifique, dont la non-ingérence mutuelle dans les affaires intérieures et la non-agression mutuelle. Nous ne prétendons diriger aucun autre pays, nous n’en dirigeons qu’un seul, la République populaire de Chine.

 

Pour certains pays d’Europe orientale, le problème fondamental est qu’ils n’ont pas mené comme il fallait la lutte de classes ; ils n’ont pas éliminé les contre-révolutionnaires qui étaient encore si nombreux ni trempé le prolétariat au cours de la lutte de classes pour qu’il sache établir une claire distinction entre nous et nos ennemis, entre le vrai et le faux, entre l’idéalisme et le matérialisme. Maintenant, ceux qui ont laissé couver le feu se font brûler eux-mêmes: on récolte ce qu’on a semé.

 

De quel capital disposez-vous? Rien que Lénine et Staline. Or, ce dernier, vous l’avez déjà rejeté, et, le premier, vous l’avez démembré presque entièrement: vous lui avez coupé les deux jambes, ou bien vous ne lui avez conservé que la tête, ou bien vous lui avez enlevé un bras. De notre côté, nous étudions le marxisme-léninisme et nous nous mettons à l’école de la Révolution d’Octobre. Marx a produit tant d’ouvrages, et Lénine de même. S’appuyer sur les masses, suivre la ligne de masse, voilà ce que nous avons appris d’eux. Ce serait bien dangereux de ne pas s’appuyer sur les masses pour mener la lutte de classes et de ne pas établir une claire distinction entre nous et nos ennemis.

 

[Mao Tsé-toung – discours à la deuxième session plénière du Comité Central issu du VIIIe Congrès du Parti Communiste Chinois – 15 novembre 1956]

 

Réflexions sur la voie chinoise au socialisme à partir des documents du 19ème congrès du PCC, 2017

Réflexions sur la voie chinoise au socialisme à partir des documents du 19ème congrès du PCC, 2017

 

par  Samir Amin

Chine |

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1. La révolution chinoise est une grande révolution

La révolution chinoise est une grande révolution parce qu’elle a inscrit ses objectifs premiers (libérer la Chine de la domination de l’impérialisme, de la féodalité et de la bourgeoisie compradore) dans la longue transition au communisme.

a) le communisme est un stade supérieur de la civilisation, fondé sur le principe de la solidarité (des individus et des nations) se substituant à celui de la compétition. La socialisation par la pratique de la démocratie succède à celle fondée sur la soumission aux mécanismes du marché. La libération des êtres humains de l’aliénation marchande et de leur soumission au pouvoir substitue la domination de l’instance culturelle nouvelle à celle de l’Etat et permet son dépérissement.

Le communisme est une « utopie créatrice » : l’utopie d’aujourd’hui deviendra la réalité de demain.

b) le projet communiste est un projet universel. Il n’est pas celui de quelques peuples particuliers dont l’héritage culturel exceptionnel aurait préparé leur capacité à en imaginer la réalisation. Il est le projet de l’humanité entière.

Ce caractère universel ne signifie pas que le communisme fabriquera des individus tous semblables les uns aux autres, des nations qui ne se distingueraient plus les unes des autres. Au contraire le communisme est synonyme de la plus grande diversité, au bénéfice d’une créativité sans précédent dans l’histoire.

Dans ce sens chacune des étapes de la longue transition socialiste puis le communisme lui-même doivent être associés aux caractères propres à chaque peuple. Le socialisme sera toujours et partout aux couleurs de la Chine, de la Russie, de la France, de l’Egypte etc. Le rappel de cette volonté par le PCC (le socialisme avec des caractéristiques chinoises) doit être soutenu ; il est positif.

2. Le parcours historique de la Chine est remarquable.

La Chine a constitué la masse démographique la plus importante organisée en société dans un Etat en avance sur les autres. Elle se tenait au premier rang pour la diversité et la qualité de ses produits et l’efficacité dans leur production. Elle avait inventé quelques-uns des éléments fondamentaux pour une avancée dans la modernisation du monde : la laïcité, la gestion des services publics par la méritocratie. De ce fait elle constituait pour les Monarchies absolues européennes du 18 ième siècle le modèle à imiter (Ref, Etiemble).

Néanmoins ce modèle s’essoufflait depuis le 18 ième siècle et avec la révolution industrielle européenne du 19 ième la Chine sombrera dans le statut de pays dominé. Son peuple s’est engagé très tôt dans une voie révolutionnaire nouvelle dont témoigne la Révolution des Taipings (ref), ancêtre du maoïsme. Les classes dirigeantes ont également tenté de résister à leur manière (Ref, les réformes de l’impératrice Tseu Hi, la révolution de 1911). Ce sont les canons de la flotte britannique et non pas la compétitivité supérieure de l’industrie anglaise qui ont ouvert la Chine à la domination impérialiste.

La Chine doit au marxisme et à sa sinisation par Mao l’heureuse issue de son combat et le triomphe de sa révolution.

L’ambition du peuple chinois, soutenu par son Etat depuis 1950 et jusqu’à ce jour, est de voir la Chine parvenir au rang de puissance indépendante, respectée, acteur actif dans le façonnement du monde, offrir à son peuple des conditions de vie honorables, rendues possibles par le progrès de la science moderne.

Cette ambition est légitime et doit être soutenue par tous les peuples de la Planète.

3. Depuis 1950 la Chine s’est engagée sur la voie de la longue transition socialiste.

Depuis 1950 la Chine s’est engagée sur la voie de la longue transition socialiste.

a) la voie choisie par le peuple et l’Etat chinois est évidemment singulière, en réponse au défi de la « construction du socialisme dans un seul pays ». Car la longue transition socialiste ne peut pas être autre chose que le produit d’avancées successives et inégales d’un pays à l’autre. Il n’en a jamais été autrement ni dans le passé historique, ni dans le présent et l’avenir visible. L’humanité n’a jamais progressé et n’avancera jamais à un rythme égal pour tous ; il n’y aura jamais de « révolution mondiale » dispensant ceux qui peuvent faire un pas en avant de le faire seuls (ref l’erreur des Trotskystes sur ce sujet).

b) la transition socialiste chinoise est passée par des étapes successives depuis 1950 jusqu’à ce jour.
La première étape s’est conclue par la victoire d’une révolution populaire et démocratique conduite par un parti authentiquement communiste dans son projet, une révolution qui a été capable d’engager la majorité de la force principale dans la société, la paysannerie, dans le long processus de transformation du pays. Pour cette raison Mao a dit de cette révolution qu’elle était « populaire et démocratique » et non pas « bourgeoise et démocratique » ; et cette distinction conserve son caractère décisif pour le présent et l’avenir.

Les moments successifs ultérieurs pour les périodes maoistes et post maoistes ont été marqués par des avancées, et parfois des reculs, qu’il est nécessaire de savoir reconnaître. Il ne peut en être autrement dans le combat historique de longue durée engagée par la Chine depuis 1950.

Il revient au 19 ième Congrès et au Président Xi Jinping l’honneur d’avoir reconnu la continuité de cette histoire et d’avoir rompu avec les discours qu’on entend souvent selon lesquels la période maoiste aurait été tissée d’erreurs continues et fondamentales et que c’est la rupture consécutive à la mort de Mao qui serait seule à l’origine du succès de la Chine contemporaine.

c) à toutes les étapes de son développement la voie chinoise a été confrontée – et elle le demeure – à deux défis majeurs qui appellent des réponses efficaces et correctes pour chacun de ses moments successifs.

- (i)le défi que constitue l’association de la paysannerie aux avancées possibles de la longue transition socialiste ; 

- (ii)le défi que constitue l’hostilité que le système capitaliste mondial en place manifeste à l’endroit de la progression de la Chine.

La Chine est parvenue à répondre généralement correctement à ces défis. Mao a su tirer les leçons de l’expérience soviétique malheureuse, enlisée et incapable de se réformer, condamnée de ce fait à une restauration pure et simple du capitalisme. Mao et ses successeurs ont été capables d’imaginer des stratégies nouvelles qui se sont avérées efficaces.

d) la Chine est désormais engagée dans un projet double qui vise d’une part à construire un système productif industriel complet, cohérent et autocentré, articulé à la rénovation de l’agriculture paysanne et, d’autre part, à chercher à tirer profit de son insertion dans la mondialisation capitaliste contemporaine. Ce projet est conflictuel par nature, même si probablement il constitue la seule alternative possible dans les conditions du monde contemporain. Certes il laisse la voie ouverte au renforcement de tendances capitalistes qui opèrent dans la société. Néanmoins si le pouvoir dirigeant du PC et de l’Etat en prend une mesure lucide, il devient possible de surmonter la contradiction en question. Mais pour cela il est nécessaire :

a) que le pouvoir conserve et renforce sa capacité de contrôler l’insertion de la Chine dans la mondialisation impérialiste hostile (et en particulier qu’il refuse l’insertion de l’économie chinoise dans la mondialisation financière) ; et

b) qu’il respecte et même favorise les capacités de résistance des classes populaires aux ravages du capitalisme.

Sur ce plan ma lecture des documents du 19 ième Congrès me rassure. Il reste que seuls les développements à venir pourront prouver que les résolutions du Congrès seront réellement mises en œuvre.
 

Voir en ligne : sur le blog de SamirAmin

 

Documents joints

Chinois en Afrique : ce qu’ils représentent vraiment

Chinois en Afrique : ce qu’ils représentent vraiment

 
27 Février 2018

  • On dit beaucoup de choses sur la présence chinoise en Afrique, en particulier il existe toute une propagande pour tenter d’éloigner la présence chinoise des terres réservées aux Occidentaux, à la France en particulier mais également aux Américains, et la presse en général relaie complaisamment leurs intérêts, mais les rapports du monde des affaires peuvent être lucidement différents. Le principal apport de la Chine ne parait pas souligné ici, c’est d’avoir contribué à la création d’un réseau de routes et de moyens de transport qui à l’inverse de celui mis en place par les colonisateurs ne se contentait  d’amener les richesses vers les ports et les métropoles, mais créaient des échanges inter-africains.
  • (note de Danielle Bleitrach)
  • Les Chinois occupent de plus en plus de place dans l’économie africaine. Une récente étude du cabinet McKinsey en révèle les contours réels.
 
Publié le  – Modifié le  | Le Point Afrique
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L’étude de McKinsey Africa révèle que la majorité des entreprises présentes en Afrique sont des entreprises privées.  © McKinsey
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En deux décennies, la Chine est devenue le partenaire économique le plus important pour l’Afrique. Non seulement le commerce sino-africain a été multiplié par 20, mais les investissements chinois ont passé la surmultipliée. L’implication de la Chine en Afrique serait donc beaucoup plus importante et plus diverse que ne le suggéraient les études précédentes. C’est un rapport publié fin juin par le cabinet McKinsey Africa qui le révèle. Dans ce rare document, le cabinet américain a plongé dans les chiffres des entreprises tout secteur pour en tirer des enseignements majeurs sur la relation Chine-Afrique.

 

10 000 entreprises chinoises en Afrique

 

Il y aurait plus de 10 000 entreprises chinoises implantées en Afrique. Soit quatre fois que les chiffres des estimations précédentes, et environ 90 % d’entre elles sont des sociétés privées opérant dans des secteurs bien diversifiés. « Ces entreprises apportent des investissements en capital, savoir-faire de gestion et énergie entrepreneuriale au continent et, ce faisant, contribuent à accélérer le progrès des économies africaines », note le rapport. Que nous apprennent ces chiffres ? Remettent-ils pour autant en cause le poids de Pékin dans les investissements chinois en Afrique ? Quelle place pour les entreprises publiques ? Quels impacts pour le développement du continent ? Des questions auxquelles le rapport apporte de nouveaux éclairages. Bien que les entreprises publiques aient tendance à être plus importantes, en particulier dans des secteurs tels que l’énergie et l’infrastructure, le nombre total d’entreprises chinoises privées suggère que l’investissement chinois en Afrique est plus complexe qu’il n’y paraît.

 

LIRE aussi Investissements en Afrique : la Chine passe la surmultipliée

 

L’étude, intitulée « Comprendre le rythme de l’activité chinoise en Afrique », qui a été menée dans huit pays qui représentent environ les deux tiers du PIB de l’Afrique subsaharienne, constate que « le nombre d’entreprises privées et le montant des investissements qu’elles versent en Afrique augmentent simultanément. » Ce qui fait de la Chine l’un des cinq principaux partenaires de l’Afrique en matière de commerce, d’investissement, d’infrastructure, de financement et d’aide.

 

Le Parti communiste chinois propose la suppression de la limite du mandat présidentiel

Le Parti communiste chinois propose la suppression de la limite du mandat présidentiel

 

26 Février 2018
 

Une déléguée tient son dossier de vote après la cérémonie de clôture du 19ème Congrès du Parti de la Chine au Grand Palais du Peuple à Beijing, mardi 24 octobre 2017

© AP Photo / Mark Schiefelbein

ASIE-PACIFIQUE


 

Le Comité central du Parti communiste chinois a proposé d’éliminer le paragraphe stipulant que le président et le vice-président de la République populaire de Chine peuvent « exercer leurs fonctions pendant deux mandats consécutifs », selon l’agence de presse Xinhua.

 

Le président chinois  Xi Jinping , qui est également le chef du Parti communiste chinois, est président depuis 2013 et démissionnerait en 2023 en vertu de la constitution actuelle. Si cette proposition est considérée et acceptée, alors le leader actuel du pays Xi Jinping pourra rester en poste non seulement pour les cinq prochaines années, mais encore plus longtemps.

 

En outre, selon les rapports, le Comité central a proposé d’inclure des positions théoriques introduites par Xi Jinping sur la nouvelle ère du développement du socialisme avec des caractéristiques chinoises dans la constitution du pays.

 

Les amendements proposés à la constitution peuvent être examinés lors de la première session du Congrès national du peuple de la 13ème convocation. Selon les plans promulgués, il ouvrira le 5 mars.

 

L’un des points les plus importants à l’ordre du jour sera la réélection de l’actuel président Xi Jinping à un second mandat de cinq ans par les législateurs. Sur proposition du chef de l’Etat, une candidature au poste de Premier ministre du Conseil d’Etat de la République populaire de Chine, susceptible de devenir Li Keqiang, devrait être approuvée pour une période similaire.

 

Au XIXe Congrès du Parti communiste chinois en octobre 2017, les idées de Xi Jinping ont été introduites dans sa charte.

 

Li Keqiang a été longtemps le poulain de l’ancien président Hu jintiao, il est considéré comme un « libéral ». les commentateurs notent qu’il y aurait ainsi un contrepoids au pouvoir de XI jinping du côté de ceux qui seraient favorables au capitalisme, mais ajoutent aussitôt que Xi a mis en place des commissions sous sa seule direction qui sont un véritable gouvernement parallèle. De toute manière il est difficile  et hasardeux de se livrer à ce genre d’interprétation, tout ce que l’on peut noter c’est que la possibilité reconnue à XI de poursuivre son orientation au-delà du mandat habituel signifie non seulement le renforcement  de son pouvoir mais également la reconnaissance de la difficulté de le mise en oeuvre de l’orientation ne serait qu’à cause des tensions internationales provoquées par les Etats-Unis. Une sorte de guerre hors limite pour reprendre l’expression de deux stratèges chinois dans laquelle la Chine veut garder le cap sur le communisme en réduisant les inégalités sans diminer la productivité et en la ré-orientant vers l’innovation..

 

Danielle Bleitrach

Qu’est-ce que « abolir la propriété privée » et pourquoi? toujours de l’Ecole centrale du parti communiste chinois

Qu’est-ce que « abolir la propriété privée » et pourquoi? toujours de l’Ecole centrale du parti communiste chinois

 

26 Février 2018

En commémoration du 170ème anniversaire du Manifeste du Parti Communiste, voici un autre article sur l’interprétation chinoise de la nécessité d’abolir la propriété privée, il y a toute une démonstration sur le fait que ce qu’il faut abolir n’est pas la propriété, mais sa capacité à exploiter, à soumettre l’immense majorité de la population à ses seuls intérêts, pour cela il faut que le prolétariat ait le pouvoir politique et instaure la dictature du prolétariat, la démocratie. C’est ce que les communistes chinois ont réalisé. Mais leur stade de développement était insuffisant pour atteindre l’essence du socialisme, le développement des forces productives dirigé par le pouvoir socialiste. Il a fallu passer par ces fourches caudines. mais l’existence du pouvoir du parti communiste nous permet de contrôler le processus non seulement dans le sens du bien être et de l’égalité de notre population mais de celui de l’égalité non raciste entre les peuples du monde. Donc même si l’abolition de la propriété du capital est un processus long, nous en avons bâti la base réaliste et c’est non seulement notre mission pour l’avenir, mais nous l’avons entamé dès le début aujourd’hui.

 

(note de danielle Bleitrachet traduction de jean Jullien)


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Maison d’édition populaire http://www.ccpph.com.cn 2018-02-07 Source: China Theory Network

 

Le « Manifeste communiste » est un document programmatique sur la théorie et la pratique publié en 1848 en tant qu’exposé sur le communisme et il est un symbole de la naissance du marxisme et du socialisme scientifique. Dans le «Manifeste communiste», Marx et Engels ont résumé la théorie communiste en disant qu’il fallait : «Éradiquer la propriété privée». Alors, quel serait le but de «l’élimination de la propriété privée»? C’est une question urgente qui a besoin d’être clarifiée.

 

Le « Manifeste communiste » (ci-dessous dénommé le « manifeste ») a souligné que les principes théoriques des communistes ne sont nullement basés sur les idées et les principes de certains réformateurs. En même temps, l’abolition des relations de propriété préexistantes n’est pas le fait des seuls communistes. La déclaration soutient que toutes les relations de propriété ont subi des changements historiques fréquents et des changements historiques. Par exemple, la révolution française a aboli la propriété féodale et l’a remplacée par la propriété bourgeoise. « Cependant, la propriété privée bourgeoise moderne est basée sur l’antagonisme de classe et sur l’exploitation des uns par les autres . » Ainsi, en ce sens, « les communistes peuvent résumer leur théorie en une phrase: Éliminer la propriété privée. »Le but de l’élimination de la propriété privée est évidemment d’éliminer« l’antagonisme de classe »et« l’exploitation de certains par d’autre ». Mais spécifiquement, sa signification devrait être celle-ci:

 

Premièrement, l’élimination de la propriété privée n’a pas pour but de priver qui que ce soit du pouvoir de posséder des biens sociaux, mais de les priver du pouvoir d’asservir le travail d’autrui.

 

le Manifeste stipule « On nous a reproché, à nous autres communistes, de vouloir abolir la propriété personnellement acquise, fruit du travail de l’individu, propriété que l’on déclare être la base de toute liberté, de toute activité, de toute indépendance individuelle.»

 

C’est en fait une calomnie contre les communistes. Cette propriété ne sera pas détruite par les communistes, car les biens du petit bourgeois, du petit paysan ont déjà été éliminé. Dans une société capitaliste, «le progrès de l’industrie l’abolisse et continue de l’abolir tous les jours». De toute évidence, la bourgeoisie veut toujours déformer le sens que le communisme donne à l’abolition de la propriété privée, en reprochant aux communistes d’essayer de détruire les biens personnels, de manière à isoler et à attaquer les communistes. « Le Manifeste communiste » énonce clairement: «Nous ne voulons en aucune façon abolir cette appropriation personnelle des produits du travail », parce que « cette appropriation ne laisse aucun profit net qui confère un pouvoir sur le travail d’autrui. Les communistes n’élimineront donc jamais les biens personnels appartenant à des individus, y compris le logement, et permettront le libre développement des personnes.

 

Deuxièmement, l’abolition de la propriété privée ne consiste pas à transformer la propriété personnelle en propriété sociale, mais à détruire la nature de classe du capital et les conditions de vie dans lesquelles les travailleurs ne vivent que pour l’accumulation du capital.

 

Les communistes veulent éliminer le pouvoir d’utiliser ces biens privés ou produits sociaux pour asservir les autres. Nous voyons que dans une société capitaliste « une personne qui n’a pas d’autre propriété que sa propre force de travail doit, quel que soit son statut social et culturel, l’aliéner pour accéder à des moyen de production dont ils deviennent les esclaves.Le prolétariart ne peut travailler qu’avec la permission du propriétaire des Moyens de production, et ainsi le prolétaire ne peut survivre qu’avec l’autorisation de la bourgeoisie.De toute évidence ce pouvoir, qui utilise les moyens de production pour asserir le prolétariat , doit-il être maintenu ou les communistes devraient-ils l’éliminer? Par conséquent, les communistes en tant que représentants des intérêts du mouvement prolétarien, « n’ont pas d’objectif qui les sépareraient de l’ensemble du prolétariat Les communistes doivent avoir pour but l’éradication de l’oppression et de l’exploitation de la propriété privée, la libération du prolétariat des chaînes de la propriété privée. .

 

Deuxiemement , l’effacement de la propriété privée ne consiste pas à transformer la propriété personnelle en propriété sociale, mais à détruire la nature de classe du capital et les conditions de vie dans lesquelles les travailleurs ne vivent que pour l’accumulation du capital.

 

Le Manifeste souligne que certains reprochent aux communistes de vouloir éliminer « la propriété privée bourgeoise ». En effet, les communistes devraient agir en ce sens . La propriété privée capitaliste bourgeoise est le « capital », ou « l’exploitation du produit du travail salarié» qui «ne peut s’accroître qu’à la condition d’exploiter encore et encore du travail salarié, afin d’accroitre exploitation et accumulation». De toute évidence, le capitaliste dépend de l’exploitation du travail des ouvriers, c’est-à-dire du travail salarié. En tant que produit collectif, le capital ne peut pas être démultiplié par le seul capitaliste, mais par les efforts conjugués de nombreux travailleurs.

 

Mais le travail salarié, le travail du prolétariat ne lui apporte aucune propriété, il n’est qu’un des instruments de l’accumulation du capital. « Le prix moyen du travail salarié, c’est le minimum du salaire, c’est-à-dire la somme des moyens de subsistance nécessaires pour maintenir en vie l’ouvrier en tant qu’ouvrier. Par conséquent, ce que l’ouvrier s’approprie par son labeur est tout juste suffisant pour reproduire sa vie ramenée à sa plus simple expression ». on ne parle pas de l’acquisition de biens personnels à partir de salaires insuffisants.

 

Troisièmement, le but de l’élimination de la propriété privée est d’éliminer l’exploitation, d’éliminer les antagonismes de classe et, éventuellement, d’établir une coalition de personnes libres.

 

Le « Manifeste » dit que l’abolition de la propriété privée est la condition de l’éradication de l’exploitation, et des conditions de l’exploitation, de la suppression des classes et des antagonismes de classe : éliminer le caractère individuel, l’indépendance et la liberté de la bourgeoisie, pour restaurer la personnalité individuelle, l’indépendance et la liberté de tous. Il faut éliminer l’exploitation de l’homme par l’homme et éliminer ensuite l’exploitation raciste des nations, c’est-à-dire détruire l’oppression du prolétariat par la bourgeoisie, et éliminer l’oppression de la bourgeoisie par le prolétariat en tant que classe. En résumé, l’abolition de la propriété privée par la révolution communiste signifie «réaliser la rupture la plus radicale avec les rapports de propriété privée capitaliste, » jeter les bases pour la réalisation du communisme, l’instauration d’une communauté de peuples libres. Les conditions « du libre développement de tous ».

 

Cependant puisque « le capital n’est donc pas une puissance personnelle; c’est une puissance sociale ». Alors les communistes doivent « transformer le capital en propriété commune appartenant à tous les membres de la société », abolir « l’indépendance et l’individualité » du capital, détruire la nature de la classe bourgeoise de la propriété privée, supprimer ce « qui fait que l’ouvrier ne vit que pour accroître le capital, et ne vit qu’autant que l’exigent les intérêts de la classe dominante ».

 

Le « Manifeste » soutient que la seule façon « d’éliminer le système de propriété des biens qui sont interdits à l’écrasante majorité du peuple », et d’éviter que «les travailleurs soient niés et que les ouvriers n’obtiennent rien» dans la société capitaliste, c’est que dans une société communiste « le travail salarié » se débarrasse du « capital » et de l’exploitation, de sorte que « le travail déjà accumulé ne soit qu’un moyen d’élargir d’enrichir et d’embellir l’existence des travailleurs».

 

Quatrièmement, l’élimination de la propriété privée, l’élimination de l’antagonisme de classe et l’élimination de l’exploitation ne sont pas accomplies d’un seul coup : c’est un processus historique à long terme.

 

Le Manifeste déclare que l’action commune du prolétariat, dans les pays civilisés tout au moins, est une des premières conditions de son émancipation. Par conséquent, pour supprimer la propriété privée, pour éliminer l’antagonisme de classe, pour éliminer l’exploitation, « la première étape dans la révolution ouvrière est la constitution du prolétariat en classe dominante, la conquête de la démocratie ». Alors, « Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l’Etat, c’est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante », et en tant que classe dominante il détruira par la violence les anciens rapports de production, éliminera les conditions sur lesquelles se développent les antagonismes de classe, l’abolition des classes et ce qui permet leur existence .

 

Mais nous savons que la révolution communiste ne se réalisera pas dans un court laps de temps, et seulement à un certain stade de développement économique, politique, social et culturel, résultant de tous les aspects d’un développement coordonné. Bien que le Parti communiste chinois ait établi un pouvoir d’Etat socialiste après une révolution démocratique, le stade primaire du socialisme n’avait pas franchi l’étape de la société capitaliste. Au contraire, il doit passer par ces fourches caudines. Les communistes chinois en sont à l’essence même du socialisme qui est de « libérer et développer les forces productives, d’éliminer l’exploitation et les inégalités de classe, et, finalement de parvenir à la prospérité commune, » une base réaliste. Imaginez s’il n’y a pas d' »exploitation » de l’essence même du socialisme, c’est-à-dire le droit de gouverner ce développement, ce que les communistes chinois entreprennent en fonction de l’étape en cours,quelle pourrait être l’élimination de l’exploitation s’il n’y a pas d’exploitation préalable de l’essence du socialisme.

 

Par conséquent, la nécessité d’éliminer l’exploitation n’est pas seulement au coeur de l’objectif des communistes chinois dans le cadre du développement socialiste, mais aussi la base pour les communistes chinois pour formuler leurs tâches actuelles. L’abolition des conditions d’exploitation existantes, c’est-à-dire l’éradication de la propriété privée, n’est pas seulement une théorie des communistes, mais aussi ce que les communistes ont commencé et leur mission .

 

(Auteur: Yang Ning Cong, École des hautes études école du Parti diplômé 2015)

Quand la Chine éradiquera la pauvreté…

Quand la Chine éradiquera la pauvreté…

 

26 Février 2018

J. H.-R. – LES ECHOS | 
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« La Chine est la championne du monde pour ses efforts visant à réduire la pauvreté », écrit « The Economist ». De fait, selon l’hebdomadaire économique, la misère a été éradiquée dans les grandes villes et a été réduite dans les campagnes. Le nombre de ruraux vivant en dessous du seuil officiel de pauvreté, situé à moins de 2.300 yuans par an (396 euros), a chuté de 775 en 1980 à 43 millions de personnes en 2016.

 

Il est vrai que la méthode chinoise est différente de celle des autres pays en développement et peut être imposée par son imposante et autoritaire bureaucratie. Ainsi, la Chine préfère cibler individuellement les pauvres plutôt que de simplement aider les zones les plus défavorisées, avec l’espoir d’un enrichissement général. « The Economist » cite le cas de Minning dans le Ningxia qui est devenue une « ville pilote » lorsque Xi Jinping était gouverneur de la riche province du Fujian, associée à cette partie déshéritée de la Chine.

 

Cette expérience, qui a été copiée ailleurs, vise à assurer un travail et à accorder des aides à chaque personne comme, par exemple, un générateur solaire ou une vache. Une fois devenu président, Xi s’est engagé à faire de la Chine « une société modérément prospère » d’ici à 2021. Mais, pour « The Economist », le plus dur reste à faire, car la réussite chinoise a été largement fondée sur sa croissance, qui a permis de créer des emplois. Et la dernière étape sera coûteuse et compliquée, notamment parce que 46 % des Chinois pauvres l’étaient pour des questions de santé. Pékin a amélioré en tout cas son système de « garantie de subsistance ». Un nouveau pas en avant. « The Economist  » est optimiste : au rythme actuel, Xi parviendra à atteindre son objectif. Mais cela ne sera pas encore l’éradication totale de la pauvreté.

 

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/02/05/2017/LesEchos/22436-049-ECH_quand-la-chine-eradiquera-la-pauvrete&#8212

 

Commentaire de B.T

Icu au contraire la pauvreté progresse au rytme inverse des dividendes

 

La Chine et la Russie font le point sur leurs relations avec l’Amérique latine et les Caraïbes

La Chine et la Russie font le point sur leurs relations avec l’Amérique latine et les Caraïbes

 

25 Février 2018

  • En provenance de Resistancia, le journal des communistes brésiliens cette confirmation de la coordination du partenariat russo-chinois. Je voudrais rappeler à cette occasion à quel point la lecture d’un rapport de Fidel Castro de 1983 aux non alignés m’avait incitée à voir dans les rapports sud-sud, impulsés par l’intervention chinoise, une dimension de la résistance de l’Amérique latine (cf. Les États-Unis de mal empire, ces leçons de résistance qui nous viennent du sud, Aden). Ce processus parait bloqué par l’offensive des Etats-Unis contre les pays progressistes de l’hémisphère sud. En fait, il y a simplement eu reflux du mouvement populaire favorisant les menées contre-révolutionnaires, mais rien n’est joué parce que l’isolement des gouvernements pro-washington est de plus en plus patent, le monde multipolaire impulsé par l’alliance russo-chinoise tend aussi à gagner des positions face au repliement des Etats-Unis et à la poursuite de son agressivité militaire. Si en Europe on peut se faire quelques illusions sur ce que les Etats-Unis sont un modèle démocratique y compris économiquement, en Amérique latine encore mieux que dans le reste du monde, on sait  comment a été imposé le néo-libéralisme, par les meurtres de masse, les tortures, le plan Condor et les blocus. Le Chili de Pinochet en fut le laboratoire
  • (note de Danielle Bleitrach)

GÉOPOLITIQUE

La Chine et la Russie feront le point à Beijing sur les questions liées au développement de leurs relations avec l’Amérique latine et les Caraïbes lors de la 11ème série de consultations sur la région, a confirmé samedi le ministère chinois des Affaires étrangères.

 

Des hauts fonctionnaires des ministères des Affaires étrangères des deux pays se réuniront bientôt.

 

La date et les noms n’ont pas été divulgués, mais les informations diffusées dans la presse indiquent que la réunion pourrait avoir lieu lundi (26) et sera dirigée par Zhao Bentang, directeur général du Département Amérique latine et Caraïbes du ministère chinois des Affaires étrangères, et Shchetinin Aleksander Valentinovich, pour la Russie.

 

Le ministère chinois des Affaires étrangères a rappelé que des consultations de ce type ont eu lieu depuis 2001 et ont contribué à une meilleure compréhension mutuelle et à la promotion des relations entre toutes les parties.

 

Beijing et Moscou sont des partenaires commerciaux importants des pays d’Amérique latine et des Caraïbes, avec lesquels ils entretiennent également des relations solides fondées sur l’amitié, la coopération, le respect et la complémentarité.

 

Selon les données officielles, seul le commerce entre la Chine et la région était de 260 milliards de dollars en 2017, soit 18,8% de plus qu’en 2016.

 

Résistance , avec Prensa Latina

La Chine célèbre le 170ème anniversaire du Manifeste communiste

La Chine célèbre le 170ème anniversaire du Manifeste communiste

 

25 Février 2018

 French.china.org.cn | Mis à jour le 23. 02. 2018 | Mots clés : Parti communiste, PCC

 

il ne s’agit pas d’une simple commémoration mais d’une mobilisation avec un retour à Marx qui permet de lier à lui directement le socialisme à la chinoise au fondateur théoricien sans avoir à passer par Lénine ou Staline qui quelques soient leurs immenses mérites n’ont pas pu préserver la Révolution russe de la corruption du parti et de la chute dans le capitalisme comme un nouveau féodalisme. Encore une hypothèse à vérifier, à approfondir… la Chine a gagné dans la querelle sino-soviétique ouverte par Khrouchtchev et avec elle la fin du « modèle ». Mais ce qu’en tirent les communistes russes est un enseignement sur le fait qu’il ne saurait y avoir pour la Russie de politique souveraine dans un monde dominé par l’impérialisme des Etats-Unis sans un parti communiste. C’est aussi ce que l’on peut retirer du texte de Ziuganov adressé à Poutine (traduit par Marianne et publié hier sur ce blog
 
et qu’il faut comprendre me semble-t-il comme une proposition d’alliance face aux traîtres qui fourmillent au Kremlin. IL n’y a pas que Llavrov de récupérable, Poutine peut choisir la défense de la souveraineté et s’appuyer sur le parti communiste, en commençant par jouer le jeu de l’élection. On sait la manière dont les communistes russes, Ziuganov en tête sont intéressés par le parcours de la Chine, hier et aujourd’hui. Il me semble que rien de ce débat ne devrait être occulté, il concerne tous les communistes.
 
 
(note de Danielle Bleitrach)

 

Avec la publication en février 1848 de ce document rédigé par Karl Marx et Friedrich Engels, le marxisme est apparu « tel un éclair déchirant le ciel sombre », indique un article publié jeudi par l’agence d’information Xinhua.

 

Un commentaire publié le même jour dans le People’s Daily, le porte-voix du Parti communiste de Chine (PCC), compare le Manifeste du Parti communiste à une « aube glorieuse dans l’histoire spirituelle humaine » et un « foyer spirituel pour les communistes ».

 

Les communistes chinois d’aujourd’hui peuvent continuer à apprendre beaucoup et à s’inspirer du Manifeste du Parti communiste, souligne un article publié par Study Times, un journal dirigé par l’Ecole du Parti du Comité central du PCC.

 

Le Comité central de la Ligue de la jeunesse communiste chinoise a publié un article sur son compte public WeChat intitulé Joyeux anniversaire Manifeste. Celui-ci a été lu par plus de 100 000 personnes et aimé par des milliers.

 

« Du Manifeste du Parti communiste au Léninisme, [et] de la Pensée de Mao Zedong, la théorie de Deng Xiaoping, la Théorie de la triple représentation et la Perspective scientifique sur le développement à la Pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise pour une nouvelle ère, nous pouvons voir une trajectoire cohérente », note Han Zhenfeng, le doyen de la Faculté du marxisme à l’Université Jiaotong de Beijing.

 

Même si la Chine a poursuivi sa propre voie dans la révolution et le développement socialiste, le marxisme a toujours été un guide, estime le professeur Chen Xianda de l’Université Renmin de Chine.

 

Le 31 décembre 2017, lors de l’allocution de Xi Jinping diffusée à la télévision et en ligne pour la nouvelle année, le Manifeste du Parti communiste était visible dans la bibliothèque du président, aux côtés d’autres classiques du communisme.

 

Au cours des 170 années qui ont suivi la publication de ce document, le monde a été témoin de l’émergence de la Chine, qui est passée d’un pays faible et peu développé à une nation prospère, détachée du modèle de développement occidental et ayant trouvé une voie plus adaptée vers la modernisation.

 

Le socialisme à la chinoise pour une nouvelle ère n’est pas seulement une cause pour la Chine, mais également une part remarquable du socialisme au XXIe siècle, estime Jiang Hui de l’Académie des sciences sociales de Chine (ASSC).

 

Cette année marque le 170e anniversaire du Manifeste du Parti communiste, ainsi que le 40e anniversaire du lancement de la dynamique de réforme et d’ouverture de la Chine socialiste.

 

Pour Fang Ning, le directeur de l’Institut de sciences politiques de l’ASSC, la Chine offre ainsi une référence à d’autres pays en développement qui s’efforcent de se moderniser, ainsi qu’aux pays développés perturbés par une situation difficile inhérente.

 

Le « socialisme de marché » Etape dans la longue transition socialiste ou raccourci vers le capitalisme ?

Samir AMIN à propos de la Chine

Le « socialisme de marché » Etape dans la longue transition socialiste ou raccourci vers le capitalisme ?

 

 

, par  Samir Amin
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A

rticle fait suite à un précédent, écrit en 2000. La similitude des titres de ces deux articles (le précédant avait pour titre : “ Théorie et pratique du projet chinois de socialisme de marché ”) indique que l’objet de ma préoccupation n’a pas changé.

 

 

L’article précédent avait été traduit en chinois, ce qui m’a permis de bénéficier en 2002, à l’occasion d’une nouvelle visite en Chine, des commentaires d’intellectuels de ce pays, en particulier de ceux qui restent attachés à la perspective socialiste.

 

La question de l’avenir du socialisme

 

La question fondamentale que je me pose est la même depuis 1980, c’est à dire depuis que la Chine a amorcé, avec Deng Xiaoping, son option en faveur d’une forme “ d’économie de marché ” qui l’a conduite là où elle est aujourd’hui. Une dizaine d’années avant même que ne disparaisse l’URSS je posais cette question, à partir de la critique du “ modèle soviétique ” dit du “ socialisme réellement existant ” (S. Amin, Trente ans de critique du soviétisme).

 

Cette question reste ouverte, et certainement le restera longtemps. Mais elle doit être – ou devrait être – au cœur même des préoccupations de tous ceux qui, n’étant pas convaincus des vertus du capitalisme, assimilé alors à la raison humaine transhistorique, et partant, constituant de ce fait la “ fin de l’histoire ”, demeurent soucieux de penser au delà de ce système, aux exigences et aux possibilités d’une construction sociale nouvelle, supérieure, socialiste.

 

L’histoire est souvent plus longue qu’on ne le pense, ou le souhaite. La première vague d’expériences qui se sont voulues socialistes, du moins à l’origine, et qui ont occupé la majeure partie du siècle dernier, ont graduellement épuisé leur potentiel, se sont érodées, effondrées parfois, ou ont amorcé leur remise en question. Une seconde vague viendra certainement, qui ne peut être un remake de la précédente ; non seulement parce qu’il faut bien tirer quelques leçons des échecs, mais encore parce qu’entre temps le monde (capitaliste) a changé. Après tout, en y regardant de près, la première vague de transformations capitalistes, qui avait eu pour théâtre les villes italiennes de la Renaissance, a bel et bien avorté ; mais elle a été suivie par une seconde vague, localisée dans le quart nord ouest atlantique de l’Europe, qui, elle, a donné le capitalisme historique dans les formes essentielles qui sont les siennes jusqu’à ce jour.

 

Le débat sur la question de l’avenir du socialisme reste donc vivant et central. Ce débat, bien évidemment, peut et doit être abordé sous les angles multiples que la diversité même de la réalité sociale, toujours complexe, offre à l’analyse et à l’action transformatrice. Je n’aborderai cette question centrale, ici comme dans l’article précédent, qu’à partir des réflexions que l’évolution de la Chine peut inspirer. En sachant bien que la même question est posée ailleurs, sous des angles différents et à partir de réflexions inspirées par d’autres expériences, qu’il s’agisse de celles du Viet Nam et de Cuba, ou de celles du monde ex-soviétique, ou de celles de la social-démocratie des pays capitalistes développés, ou encore de celles des populismes nationaux radicaux du tiers monde.

 

Ma question centrale est la suivante : la Chine évolue-t-elle vers une forme stabilisée de capitalisme ? Ou demeure-t-elle dans la perspective possible d’une transition au socialisme ?

 

Je ne pose pas cette question en termes de “ prévisions ” du plus probable. Je la pose dans de tous autres termes : quelles sont les contradictions et les luttes qui ont pour théâtre la Chine contemporaine ? Quelles sont les forces et les faiblesses de la voie adoptée (au demeurant largement capitaliste) ? Quelles sont les atouts des forces anti-capitalistes (socialistes au moins potentiellement) ? A quelles conditions la voie capitaliste peut-elle triompher, et quelle forme de capitalisme plus ou moins stabilisé pourrait-elle produire ? A quelles conditions le moment actuel pourrait s’infléchir dans des directions qui en feraient une étape (longue) dans la transition (encore plus longue) vers le socialisme ?

 

Un esprit militant, qui se définit par la volonté de mettre sa capacité d’analyse au service de l’action transformatrice, ne peut éviter de faire des prévisions, ne serait-ce que parce qu’il lui faut supputer les conséquences de la ligne qu’il critique et de celle qu’il défend. Mais il ne peut pas davantage se contenter de “ prévoir l’avenir ”, comme un observateur détaché peut croire le pouvoir. Sa préoccupation majeure demeurant celle de savoir comment infléchir le cours de l’histoire, il lui faut pour cela aller bien au delà de la seule lecture du cours des évolutions.

 

La classe dirigeante chinoise a choisi la voie capitaliste, mais ne le reconnaît pas.

 

La classe dirigeante chinoise a choisi la voie capitaliste, sinon depuis Deng, au moins après lui. Mais elle ne le reconnaît pas. La raison en est qu’elle tient toute sa légitimité de la révolution qu’elle ne saurait répudier sans se suicider. La révolution chinoise est, comme l’a été la révolution française, l’événement majeur, la coupure décisive dans l’histoire des deux peuples concernés. Les deux peuples tiennent leur entrée massive et consciente sur la scène de leur histoire à ces révolutions, si imparfaites, voire décevantes à certains égards eussent-elles été. Elles sont “ sacrées ”, quand bien même des intellectuels réactionnaires, dans les deux cas, s’emploient-ils à vouloir les dénigrer, voire en nier la portée.

 

Mais on doit juger les êtres humains – et les forces politiques, qu’ils représentent – par ce qu’ils font et non par ce qu’ils disent. Cela étant la question qu’il faut alors se poser concerne l’avenir de cette option fondamentale de fait. Le projet réel de la classe dirigeante chinoise est de nature capitaliste, et le “ socialisme de marché ” devient un raccourci permettant de mettre en place progressivement les structures et les institutions fondamentales du capitalisme, en réduisant au maximum les frottements et les peines de la transition au capitalisme. La méthode se situe aux antipodes de celle adoptée par la classe dirigeante russe qui a accepté de renier à la fois la révolution et l’évolution ultérieure qui lui a permis de se constituer en classe nouvelle, candidate à devenir bourgeoise. La méthode russe s’est, de ce fait, inscrite dans la logique de “ la thérapie de choc ”. Je ne sais pas si l’histoire lui permettra de s’en sortir par ce moyen et de mettre en place une forme stabilisée de capitalisme assurant la pérennité (pour un temps) de son pouvoir de classe. Ce n’est pas mon sujet ici.

 

La classe dirigeante chinoise a fait une option fort différente. Je crois qu’une fraction importante de cette classe sait que la ligne qu’elle s’efforce de faire progresser conduit au capitalisme, et le souhaite, même si peut être une fraction (sans doute minoritaire) reste prisonnière de la rhétorique du “ socialisme à la chinoise ”. La classe dominante chinoise sait aussi – probablement – que son peuple est attaché aux “ valeurs du socialisme ” (l’égalité en premier lieu) et aux avancées réelles qui leur ont été associées (le droit d’accès égal à la terre de tous les paysans en premier lieu). Elle sait donc qu’il lui faut avancer vers le capitalisme avec beaucoup de prudence et de lenteur calculée.

 

La question est alors de savoir si elle peut parvenir à ses fins et quelles pourraient être alors les caractères (spécifiques ou non) du capitalisme chinois en construction, et en particulier son degré éventuel de stabilité. Donner à cette question une réponse négative en disant que “ le peuple chinois ne le permettra pas ” est loin d’être satisfaisant, même si – en gros – cela n’est pas absolument impossible, si on le souhaite et même qu’on agisse pour qu’il en soit ainsi.

 

Pour avancer dans l’argumentation sur la question il faut approfondir l’analyse des contradictions de la ligne capitaliste, de ses forces et de ses faiblesses, de ce qu’elle peut offrir en termes de croissance, développement, amélioration des conditions sociales et des niveaux de vie, et de ce qu’elle ne peut pas offrir. Là encore se contenter de dire que la voie capitaliste est fondée sur l’exploitation du travail, pour la condamner, ne nous avance pas beaucoup. C’est vrai. Mais n’empêche guère le capitalisme d’exister et d’être légitime aux yeux mêmes de beaucoup de ceux qu’il exploite. La voie capitaliste tient sa force, et partant une bonne part de sa légitimité, la stabilité de sa construction, de sa capacité à réaliser une croissance économique dont les bénéfices matériels sont largement distribués – même si inégalement.

 

La structure, nature, forme de la construction capitaliste, son degré de stabilité, sont les produits des “ compromis historiques ”, des alliances sociales définissant les blocs hégémoniques qui se succèdent au fur et à mesure de la construction du système. La spécificité de chacune des voies historiques (l’anglaise, la française, l’allemande, l’américaine …) définies par ces successions a produit à son tour les particularités éventuelles des formes contemporaines propres à chacune des sociétés capitalistes en question. C’est parce que ces cheminements – différents – ont été conduits avec succès que le capitalisme dans les pays du centre du système mondial est “ stabilisé ” (ce qui n’est pas synonyme “ d’éternel ” !).

 

Quelles sont les possibilités offertes à la voie capitaliste dans la Chine d’aujourd’hui ? Des alliances entre les pouvoirs de l’Etat, la nouvelle classe de “ grands capitalistes privés” (jusqu’à ce jour constituée principalement des Chinois de l’extérieur, mais sans qu’on puisse exclure l’émergence d’une classe analogue de Chinois de l’intérieur), les paysans des zones enrichies par les débouchés que leur offrent les marchés urbains, les classes moyennes en plein essor, ne sont pas difficiles à imaginer, elles sont déjà en place. Mais il reste que ce bloc hégémonique – potentiel encore plus que réel – exclut la grande majorité des ouvriers et des paysans. Toute analogie avec les alliances historiques construites par certaines bourgeoisies européennes avec la paysannerie (contre la classe ouvrière), puis, par la suite le compromis historique capital-travail de la social-démocratie, demeure donc artificiel et fragile.

 

Cette faiblesse d’un bloc hégémonique pro-capitaliste en Chine est à l’origine du problème difficile de la gestion politique du système. Je laisse aux idéologues propagandistes américains vulgaires le soin de placer un signe d’égalité entre marché et démocratie. Le capitalisme fonctionne, dans certaines conditions, en parallèle avec une pratique politique d’une forme démocratique donnée, pour autant qu’il parvienne à en contrôler l’usage et à en éviter les “ dérives ” (anti-capitalistes) que la démocratie comporte fatalement. Lorsqu’il en est incapable, le capitalisme se passe tout simplement de démocratie et ne s’en porte pas plus mal.

 

La question démocratique en Chine se pose dans des termes plus complexes, du fait de l’héritage de la IIIe Internationale (du marxisme –léniniste et maoïste) et de ses concepts singuliers concernant la “ dictature du prolétariat ” et la prétendue “ démocratie socialiste ”. Ce n’est pas mon sujet ici (j’en ai traité ailleurs). Mais il est évident que le maintien de ces formes politiques est difficilement compatible avec une option capitaliste qui apparaîtra de plus en plus telle. Comment le Parti-Etat pourra-t-il maintenir son nom (parti communiste !) et sa référence, de pure rhétorique fut-elle, à Marx et à Mao ! Leur abandon au profit de l’adoption des formes de la “ démocratie occidentale ” (pluripartisme électoral pour l’essentiel) pourra-t-il fonctionner dans les conditions du pays ? J’en doute, non pour des raisons para-culturelles prétendues historiques (du style “ la démocratie est un concept étranger à la culture chinoise ”), mais parce que les luttes sociales dans lesquelles risque de se mobiliser la majorité des classes populaires en rendraient la pratique intenable. La Chine doit inventer une autre forme de démocratie, associée au socialisme de marché conçu comme phase dans la longue transition socialiste, question sur laquelle je reviendrai. A défaut je ne vois guère que la succession d’autocraties sans légitimité et d’intermèdes de “ petite démocratie ” instable, qui est le lot courant du tiers monde capitaliste.

 

Les possibilités économiques de la voie capitaliste en Chine et l’éventail des formes de sa gestion politique qui leur sont associées, dépendent aussi – en partie tout au moins – des conditions de l’insertion de ce capitalisme dans le système capitaliste mondial d’aujourd’hui et de demain. Je reviendrai sur cette question multidimentionnelle.

 

Car il ne s’agit pas seulement ici des aspects économiques de cette insertion. Les dimensions géopolitiques du problème ne sont pas moins importantes. Et comme on le sait, sur ce plan, les Etats Unis ont proclamé par les voix de Bush père, Clinton et Bush fils qu’ils ne toléreront pas l’émergence d’une nouvelle puissance chinoise, fut-elle capitaliste.

 

La rhétorique concernant la diversité des capitalismes fleurit partout dans le monde contemporain, souvent associée à une évocation incantatoire de spécificités peu ou mal définies, exploitées avec le plus grand opportunisme politique par les uns et les autres. La Chine ne fait pas exception et la “ voie chinoise ” – capitaliste sans le dire chez les uns, affirmée socialiste par les autres – est rarement exprimée en termes suffisamment précis pour échapper à ces instrumentalisations opportunistes.

 

La variété est dans la nature et le constat de la diversité des sociétés capitalistes une platitude. Oui le capitalisme “ rhénan ” (pour ne pas dire les capitalismes français et allemand, passablement différents ! Réconciliation franco-allemande oblige !) est différent de “ l’anglosaxon ” (mais ici aussi le capitalisme états unien est passablement différent du britannique …). Pourquoi donc ? J’ai proposé, sur cette question, le transfert du débat du plan descriptif de l’actualité à celui de l’analyse historique des cultures politiques produites par les luttes sociales qui ont accompagné la formation de la modernité (S. Amin, Marx et la démocratie ; S. Amin, La raison ). Sans revenir sur les arguments que j’ai déployés à cette occasion j’en résumerai la portée en accusant le contraste entre l’idéologie nord américaine et celle de l’Europe. La première ne reconnaît que deux valeurs fondamentales : la propriété privée et la liberté (entendue alors comme celle de faire un usage de la propriété libéré de toute contrainte). La seconde reconnaît une valeur d’égalité dont le conflit avec celle de liberté doit être géré, par la reconnaissance de contraintes imposées à la propriété (à laquelle la révolution française substitue alors la fraternité). J’ai même placé ce contraste au cœur de la contradiction Europe – Etats Unis, que je ne situe pas au plan du conflit des intérêts du capital dominant, l’impérialisme collectif de la triade (Etats Unis, Europe, Japon) ayant pris la relève de l’impérialisme de l’histoire antérieure (S. Amin, Au delà du capitalisme sénile).

 

Aussi important, sinon davantage, le contraste qui oppose l’ensemble des capitalismes périphériques (eux mêmes divers dans l’espace et le temps) à ceux des centres. Un contraste dont la forme s’est transformée d’une étape à l’autre de l’expansion du capitalisme mondial toujours impérialiste (au sens de polarisant), mais qui s’est toujours approfondi. L’avenir n’est pas, sur ce plan, différent du passé et du présent, la polarisation étant immanente au capitalisme. Je ne reviendrai pas ici sur les formes nouvelles en construction du contraste centre/périphéries, fondées sur les nouveaux monopoles articulés des centres (technologie, accès aux ressources naturelles, communications et information, contrôle du système financier mondial, armements de destruction massive) se substituant au monopole simple de l’industrie des époques antérieures. Dans ce sens la qualification de “ pays émergents ” relève de la farce idéologique ; il s’agit de pays qui, loin de “ rattraper ”, construisent le capitalisme périphérique de demain. La Chine ne fait pas exception.

 

L’invocation de la dimension culturelle ou dite telle et la variété qu’elle impose (ou imposerait) aux voies du capitalisme (ou du socialisme) devient rituelle dans ses formes d’expression et opportuniste dans les fins qu’elle s’emploie à justifier (mal) dès lors que la “ culture ” est conçue comme un invariant transhistorique, postulat nécessaire à tous les fondamentalistes (celui de Bush comme celui de Ben Laden). Nous n’avons que faire de ce genre à la mode, la question véritable – celle de l’interaction des cultures et de leur transformation permanente – étant d’emblée évacuée de la réflexion.

 

Non moins vulgaire est le contraste prétendu entre “ capitalisme normal ” (à la manière de l’idéal type de Weber) et “ capitalisme populaire ” qu’on prétend fondé sur une propriété répartie sinon également tout au moins très largement (le citoyen devenu à la fois travailleur et actionnaire, à la manière conçue dans le mode d’accumulation “ patrimonial ” et de bien d’autres discours qui s’inscrivent dans l’air du temps).

 

Par delà toutes ses variantes et variétés, passées et futures, centrales et périphériques, le capitalisme définit toujours une société (et pas seulement une économie) fondée sur l’aliénation économiciste et marchande, condition immanente de sa soumission aux exigences de l’accumulation.

 

Le socialisme émancipation de l’humanité, libérée de la soumission aux exigences de l’accumulation du capital

 

Le socialisme se définit alors d’abord comme émancipation de l’humanité et partant construction d’un mode d’organisation général de la société libérée de la soumission aliénante aux exigences de l’accumulation du capital. Socialisme et démocratie sont alors inséparables.

 

Je ne reviendrai pas ici sur ce que j’ai écrit ailleurs concernant la nature des systèmes du monde soviétique et de la Chine maoïste, de leurs projets d’origine et de leur évolution (ou dérive), de la responsabilité des circonstances dans leur transformation sous la pression des exigences du “ rattrapage ” et de celle des idéologies du mouvement ouvrier et socialiste des IIe et IIIe Internationales. Je rappelerai seulement que j’ai mis en garde contre la confusion réductrice qui assimilait la planification centralisée telle qu’elle fut conçue, en réponse (adéquate à mon avis) à un tout premier moment nécessaire dans les circonstances, mais par la suite érigée abusivement en synonyme de “ socialisme achevé ” (cf. mon article précédent).

 

Le socialisme “ achevé ” si tant est qu’on puisse qualifier un système social quelconque, nécessairement lui aussi mondialisé, encore davantage que ne l’est le capitalisme (dont la mondialisation, tronquée et biaisée, produit la polarisation centres/périphéries qui lui est immanente), ne peut être décrit à l’avance en termes de formes d’organisations précises et d’institutions adéquates mais dans ceux des principes qui doivent guider l’imagination créatrice des peuples et leur plein exercice des pouvoirs que leur fournit une démocratisation toujours inachevée, toujours approfondie. Sur ce plan l’utopie créatrice inspirée de Marx (en acceptant qu’être marxiste ce n’est pas s’arrêter à Marx mais partir de lui) comme celle des théologies de la libération ont beaucoup plus à dire que ce qu’une médiocre sociologie dite réaliste peut offrir à la réflexion.

 

La route en direction de ce socialisme sera longue, plus longue (et différente) de celles imaginées par les IIe et IIIe Internationales (cf. S. Amin, Les défis de la mondialisation, Conclusion : retour sur la question de la transition ). Et dans cette perspective un “ socialisme de marché ” pourrait en constituer une première phase. Mais il y a des conditions pour qu’il en soit ainsi, que je formulerai dans trois propositions.

 

La première est que des formes de propriété collective soient créées, maintenues et renforcées au cours de tout le processus d’avancée sociale. Ces formes peuvent, et doivent même, être multiples : relever de l’Etat, des collectivités régionales, de collectifs de travailleurs ou de citoyens. Mais pour qu’elles puissent opérer avec toutes les responsabilités que le respect de l’échange marchand exige il leur faut être conçues comme des formes de propriété authentique (fusse-t-elle non privée), non comme des expressions de pouvoirs mal définis. Je n’accepte pas, à ce propos, la simplification à la mode – inventée par von Mises et von Hayek – qui confond propriété et propriété privée. Cette réduction/simplification procède de la confusion planification centralisée à la soviétique / socialisme. Les deux adversaires se situaient donc sur un même terrain. Par ailleurs la dominance de la propriété collective n’exclut pas la reconnaissance d’une place octroyée à la propriété privée. Non seulement de la “ petite propriété ” locale (artisanats, petites et moyennes entreprises, petits commerces et services), mais même peut être de la “ grande entreprise ”, voire d’arrangements avec le grand capital transnationalisé. A condition que le cadre dans lequel ceux-ci sont autorisés à se mouvoir soit clairement défini.

 

Car l’exercice des responsabilités de “ propriétaires ” (Etat, collectivités et privés) doit être régulé. Cette seconde proposition est formulée ici dans des termes vagues qui ne peuvent être précisés qu’en tenant compte à la fois des exigences concrètes des moments successifs de la transformation et de celles de la perspective plus lointaine de l’objectif socialiste. Autrement dit il faut entendre par régulation la combinaison conflictuelle entre les exigences associées à une accumulation de caractère capitaliste (en dépit du caractère collectif de la propriété) et celles du déploiement progressif des valeurs du socialisme (l’égalité en premier lieu, l’intégration de tous dans le processus de changement, le service public au sens le plus noble du terme).

 

Ma troisième proposition concerne la démocratie, dont il est évident qu’elle est inséparable du concept d’émancipation. La démocratie est alors non une formule donnée une fois pour toute, qu’il n’y a plus qu’à “ appliquer ”, mais un processus toujours inachevé, ce qui m’a conduit à lui préférer le terme de démocratisation. Celle-ci doit alors savoir combiner, dans des formulations sans cesse plus complexes et riches, les exigences incontournables de leur définition en termes de “ procédures ” précises (l’Etat de droit dans le langage simplifié) et en termes “ substantiels ”. J’entends par là la capacité de l’exercice de cette démocratisation à renforcer l’impact des valeurs du socialisme sur les processus de décision à tous les niveaux et dans tous les domaines.

 

Le système soviétique aurait-il pu, ou non, évoluer dans ce sens, faire des réformes allant dans ce sens, le libérant des carcans de la planification centralisée à sa manière et de l’Etat-parti s’auto-érigeant en “ avant garde ” ? La question relève désormais de l’histoire. Celle-ci révèle en tout cas que les “ réformes ”, quand elles furent envisagées, n’allaient pas dans ce sens, mais au contraire visaient à prolonger la survie du système parvenu à ses limites historiques.

 

La Chine actuelle s’est déjà positionnée en dehors du “ socialisme de marché ” tel que proposé ici, s’étant avancée dans la voie capitaliste, ayant accepté – en principe – la perspective de la substitution de la propriété privée à celle de la dominance de la propriété collective et publique. Beaucoup de critiques – chinois en particulier – du système actuel affirment qu’il est “ déjà trop tard ”, non sans arguments factuels solides. Ce n’est pas exactement mon point de vue. Tant que le principe de l’accès égal à la terre reste reconnu et que sa mise en œuvre effective reste opérante, je crois pouvoir conclure qu’il n’est pas trop tard pour que l’action sociale parvienne à infléchir une évolution encore incertaine. C’est aussi le point de vue de William Hinton. Je vais en développer l’argument dans la section qui suit.

 

L’urbanisation ne réduira pas sensiblement le nombre de ruraux

 

La population de Chine s’élevait en 2000 à 1 200 millions d’habitants dont deux tiers de ruraux (800 millions). Une projection simple à l’horizon 2020 (vingt ans) démontre qu’il serait illusoire, voire dangereux, de croire que l’urbanisation pourra réduire sensiblement le nombre des ruraux, même si elle parvient à en abaisser la proportion.

 

Une croissance démographique de l’ordre de 1,2 % par an portera la population de la Chine en 2020 à 1 520 millions. Par ailleurs admettons que la Chine parvienne à soutenir une belle croissance de ses industries et des services modernes localisés dans les zones urbaines, au taux de 5 % l’an. Pour y parvenir la modernisation et les exigences de compétitivité imposeront certainement que cette croissance ne soit pas produite exclusivement par un mode d’accumulation extensif (les “ mêmes industries et services ” qu’à l’heure actuelle, mais en plus grand nombre), mais par un mode partiellement intensif, associé à une forte amélioration de la productivité du travail (à un taux de l’ordre de 2 % l’an). La croissance de l’offre d’emplois urbains serait alors de 3 % l’an, portant le chiffre de la population absorbable en zone urbaine à 720 millions. Ce dernier chiffre inclurait le même volume de population urbaine actuellement réduite soit au chômage, soit à des emplois précaires et informels (et ce volume n’est pas négligeable). Néanmoins leur proportion serait alors fortement réduite (et ce serait déjà un beau résultat).

 

Une simple soustraction montre alors que 800 millions de Chinois – le même nombre qu’aujourd’hui mais dans une proportion réduite de 67 % à 53 % de la population totale – devraient demeurer ruraux. S’ils sont condamnés à émigrer en ville, parce qu’ils n’ont pas accès à la terre, ils ne pourront qu’y grossir une population marginalisée de bidonvilles, comme c’est le cas depuis longtemps dans le tiers monde capitaliste.

 

Une projection à plus long terme – quarante ans – conforterait cette conclusion : même dans les hypothèses les plus optimistes concernant la poursuite d’un processus de modernisation et d’industrialisation puissant et sans accrocs dus à des évènements et des conjonctures politiques ou économiques, nationales ou mondiales, défavorables, même passagères, on ne peut espérer voir la proportion de la population rurale réduite que lentement, sur au moins un siècle.

 

Ce problème est loin d’être spécifique à la Chine. Il concerne l’ensemble du tiers monde, c’est à dire 75 % de la population mondiale.

 

Les agricultures paysannes rassemblent prés de la moitié de l’humanité – trois milliards d’êtres humains. Ces agricultures se partagent à leur tour entre celles qui ont bénéficié de la révolution verte (engrais, pesticides et semences sélectionnées), néanmoins fort peu motorisé, dont la production évolue entre 100 et 500 quintaux par travailleur et celles qui se situent avant cette révolution, dont la production évolue autour de 10 quintaux seulement par actif. L’agriculture capitaliste, commandée par le principe de la rentabilité du capital, localisée presque exclusivement en Amérique du nord, en Europe, dans le cône sud de l’Amérique latine et en Australie, n’emploie guère que quelques dizaines de millions d’agriculteurs qui ne sont plus véritablement des “ paysans ”.Mais leur productivité, fonction de la motorisation (dont ils ont presque l’exclusivité à l’échelle mondiale) et de la superficie dont chacun dispose, évolue entre 10 000 et 20 000 quintaux d’équivalent- céréales par travailleur et par an.

 

Une vingtaine de millions de fermes modernes supplémentaires, si on leur donne l’accès aux superficies importantes de terres qui leur seraient nécessaires (en les enlevant aux économies paysannes et en choisissant sans doute les meilleurs sols) et s’ils ont accès aux marchés de capitaux leur permettant de s’équiper, pourraient produire l’essentiel de ce que les consommateurs urbains solvables achètent encore à la production paysanne. Mais que deviendraient les milliards de ces producteurs paysans non compétitifs ? Ils seront inexorablement éliminés dans le temps historique bref de quelques dizaines d’années. Que vont devenir ces milliards d’êtres humains, déjà pour la plupart pauvres parmi les pauvres ,mais qui se nourrissent eux mêmes, tant bien que mal , et plutôt mal pour le tiers d’entre eux ( les trois quarts des sous-alimentés du monde sont des ruraux ) ? A l’horizon de cinquante ans aucun développement industriel plus ou mois compétitif, même dans l’hypothèse fantaisiste d’une croissance continue de 7 % l’an pour les trois quarts de l’humanité, ne pourrait absorber fut-ce le tiers de cette réserve. C’est dire que le capitalisme est par nature incapable de résoudre la question paysanne et que les seules perspectives qu’il offre sont celles d’une planète bidonvillisée, et de milliards d’ êtres humains “ en trop ”.

 

La stratégie que le capital dominant veut désormais mettre en œuvre n’est rien moins qu’une sorte “ d’enclosure ” à l’échelle mondiale. Nous sommes donc parvenus au point où pour ouvrir un champ nouveau à l’expansion du capital (“ la modernisation de la production agricole ”) il faudrait détruire – en termes humains – des sociétés entières. Vingt millions de producteurs efficaces nouveaux (cinquante millions d’êtres humains avec leurs familles) d’un coté, plusieurs milliards d’exclus de l’autre. La dimension créatrice de l’opération ne représente plus qu’une goutte d’eau face à l’océan des destructions qu’elle exige. J’en conclus que le capitalisme est entré dans sa phase sénile descendante ; la logique qui commande ce système n’étant plus en mesure d’assurer la simple survie de la moitié de l’humanité. Le capitalisme devient barbarie, invite directement au génocide. Il est nécessaire plus que jamais de lui substituer d’autres logiques de développement, d’une rationalité supérieure.

 

L’argument des défenseurs du capitalisme est que la question agraire en Europe a bien trouvé sa solution par l’exode rural. Pourquoi les pays du Sud ne reproduiraient-ils pas, avec un ou deux siècles de retard, un modèle de transformation analogue ? On oublie ici que les industries et les services urbains du XIXe siècle européen exigeaient une main d’œuvre abondante et que l’excédant de celle-ci a pu émigrer en masse vers les Amériques. Le tiers monde contemporain n’a pas cette possibilité et s’il veut être compétitif comme on lui ordonne de l’être il doit d’emblée recourir aux technologies modernes qui exigent peu de main d’œuvre. La polarisation produite par l’expansion mondiale du capital interdit au Sud de reproduire avec retard le modèle du Nord.

 

Alors que faire ?

 

Il faut accepter le maintien d’une agriculture paysanne pour tout l’avenir visible du XXIe siècle. Non pour des raisons de nostalgie romantique du passé, mais tout simplement parce que la solution du problème passe par le dépassement des logiques du capitalisme, s’inscrivant dans la longue transition séculaire au socialisme mondial. Il faut donc imaginer des politiques de régulation des rapports entre le “ marché ” et l’agriculture paysanne. Aux niveaux nationaux et régionaux ces régulations, singulières et adaptées aux conditions locales, doivent protéger la production nationale, assurant ainsi l’indispensable sécurité alimentaire des nations et neutralisant l’arme alimentaire de l’impérialisme – autrement dit déconnecter les prix internes de ceux du marché dit mondial – ,comme elles doivent – à travers une progression de la productivité dans l’agriculture paysanne , sans doute lente mais continue – permettre la maîtrise du transfert de population des campagnes vers les villes . Bien entendu l’articulation développement des agricultures paysannes / industrialisation moderne peut et doit également s’inscrire dans la perspective inventive d’un imaginaire social libéré du modèle du gaspillage propre au capitalisme central, qu’on aurait du mal à penser généralisé à une dizaine de milliards d’êtres humains.

 

La “ question agraire ”, loin d’avoir trouvé sa solution, est plus que jamais au cœur des défis majeurs auxquels l »’humanité sera confrontée au XXIe siècle. Les réponses qui seront données à cette question façonneront d’une manière décisive le cours de l’histoire.

 

Or la Chine dispose dans ce domaine d’un atout majeur – l’héritage de sa révolution – qui lui permettrait de produire l’un des “ modèles ” possibles de ce qu’il faut faire. L’accès à la terre est en effet pour la moitié de l’humanité un droit fondamental, et sa reconnaissance la condition de sa survie. Ce droit, ignoré par le capitalisme, n’est pas même mentionné dans la Charte des Droits de l’ONU ! Mais il est reconnu jusqu’à ce jour en Chine (et au Viet Nam). L’illusion suprême serait qu’en y renonçant, c’est à dire en attribuant à la terre le statut de marchandise comme le suggèrent tous les propagandistes du capitalisme en Chine et ailleurs, on pourrait “ accélérer la modernisation”.

 

La modernisation de l’agriculture est bien l’une des quatre modernisations formulées par Zhou Ehlai. Qu’elle s’impose ne signifie nullement que la croissance nécessaire de la production agricole exige qu’on abandonne le droit à la terre de tous au bénéfice de quelques uns. Cette voie donnerait certainement une belle croissance de la production de quelques uns, mais au prix de la stagnation de beaucoup. La moyenne que représenterait cette croissance pour l’ensemble de la paysannerie restée sur place ou émigrée dans les bidonvilles risquerait fort d’être finalement médiocre à long terme.

 

Cette réalité n’intéresse pas les défenseurs inconditionnels du capitalisme. L’accumulation et l’enrichissement de quelques est la seule loi qu’il connaisse, l’exclusion des “ inutiles ”, fussent-ils des milliards d’êtres humains, n’est pas son problème.

 

L’histoire de la Chine au cours du dernier demi siècle a démontré qu’une autre voie, visant à engager l’ensemble de la paysannerie dans le processus de la modernisation, (laquelle respecte donc le droit à la terre de tous) peut donner des résultats qui soutiennent favorablement la comparaison avec la voie capitaliste (la comparaison entre la Chine et l’Inde est sur ce plan fort instructive). Choisir cette voie n’est certainement pas choisir celle de la facilité car les stratégies, moyens d’intervention et formes institutionnelles qui peuvent lui donner l’efficacité souhaitable maximale ne peuvent être données une fois pour toute, et être les mêmes partout (en l’occurrence dans l’ensemble des régions de la Chine) et à tous les stades de l’évolution. L’erreur du modèle kolkhozien soviétique et de celui des communes chinoises a été précisément, en parallèle à celle de la planification centralisée, d’avoir érigé ces formules en solutions prétendues définitives. Je rejoins ici les propositions de nombreuses organisations paysannes chinoises et de William Hinton, qui prônent, au stade actuel, le soutien à un mouvement diversifié de coopératives volontaires.

 

Qu’on le veuille ou pas la “ question agraire ” demeure l’un des axes principaux du défi de la modernisation. Le contraste centres/périphéries est lui même en bonne partie produit et reproduit par le choix de la “ voie capitaliste ” dont les effets sur les sociétés de la périphérie ont été et continuent à être désastreux. La “ voie paysanne ”, articulée aux autres segments de l’organisation d’une étape “ socialiste de marché ” constitue la seule réponse de principe adéquate, capable de faire sortir les sociétés du tiers monde de leur “ sous-développement ”, de la misère grandissante qui frappe des milliards d’êtres humains, de l’insignifiance du pouvoir de leurs Etats sur la scène internationale.

 

L’héritage de la révolution chinoise pèse et continuera à peser d’un poids – positif – considérable

 

Les succès enregistrés au cours des vingt dernières années – croissance économique équilibrée et exceptionnelle, urbanisation gigantesque (200 millions d’urbains nouveaux) et dans l’ensemble réussie, capacité d’absorption technologique remarquable – qualifiés de “ miracle ” ne le sont pas. Sans la révolution qui en a préparé les conditions ils n’auraient pas été possibles. J’ai fait référence à ce point de vue, que je partage avec la presque totalité des intellectuels chinois respectables, dans mes écrits antérieurs sur la Chine. Seuls les propagandistes de l’impérialisme américain et leurs émules européens et chinois font semblant de l’ignorer. Les résultats en termes sociaux – inégalités sociales et régionales, chômage et afflux de ruraux dans les villes – plus discutables et discutés (cf. mon article précédent) n’ont rien de comparable avec les catastrophes qu’on enregistre partout ailleurs dans les expériences du tiers monde capitaliste, dans celles qualifiées également de “ miracles ” (toujours sans lendemain) comme dans les autres. Les Chinois ignorent largement ces réalités et de ce fait sous estiment leurs propres succès. Mais quiconque connaît bien le tiers monde ne peut ignorer les différence gigantesques qui distancient la Chine des autres périphéries du système mondial.

 

“ La Chine est un pays pauvre où l’on ne voit que peu de pauvres ”. La Chine nourrit 22 % de la population mondiale bien qu’elle ne dispose que de 6 % des terres arables de la planète. Le véritable miracle se situe là. En rapporter l’origine principale à l’ancienneté de la civilisation chinoise n’est pas correct. Car s’il est vrai que jusqu’à la révolution industrielle la Chine disposait d’un équipement technologique plus avancé dans l’ensemble que toutes les autres grandes régions du monde, sa situation s’était dégradée pendant un siècle et demi et avait produit le spectacle d’une misère à grande échelle comparable à celle des pays de la périphérie ravagés par l’expansion impérialiste, Inde et autres. La Chine doit son redressement remarquable à sa révolution. A l’autre extrémité de l’éventail des situations créées par l’expansion capitaliste mondiale je situerai le Brésil : “ un pays riche où l’on ne voit que des pauvres ”.

 

Peu de pays du tiers monde sont aussi pauvres que la Chine, en termes de rapports population/superficie arable. Seule à ma connaissance le Viet Nam, la Bengla Desh et l’Egypte lui sont comparables. Certaines régions de l’Inde, ou Java, le sont également, mais ni l’Inde, ni l’Indonésie dans leur ensemble. Et pourtant en Inde, en Egypte, au Bengla Desh, comme dans presque toute l’Amérique latine (Cuba excepté) le spectacle d’une misère incommensurable agresse tout observateur de bonne foi. Quiconque a parcouru des milliers de kilomètres à travers les provinces riches et les régions pauvres de la Chine, visité un bon nombre de ses grandes villes doit avoir l’honnêteté de dire qu’il n’y a jamais rencontré de spectacles aussi avilissants que ceux qu’on ne peut éviter dans les campagnes et les bidonvilles du tiers monde. La raison de ce succès de la Chine est sans le moindre doute sa révolution paysanne radicale et l’accès égal à la terre qu’elle a garanti.

 

La révolution chinoise a fait entrer la société de ce pays dans la modernité. La société chinoise est bel et bien moderne, et cela s’exprime dans tous les aspects du comportement de ses citoyens. J’entends par modernité cette rupture historique et culturelle à partir de laquelle les êtres humains se considèrent responsables de leur histoire (cf. S. Amin, Les défis de la modernité … , annexe ; Au delà du capitalisme sénile). Une modernité toujours inachevée, en Chine comme ailleurs où elle domine la pensée, les idéologies et les comportements.

 

Cette modernité explique qu’on ne voit pas en Chine d’expression de ces névroses para-culturelles qui sévissent ailleurs, dans les pays musulmans, dans l’Inde hindouiste, en Afrique sub-saharienne. Les Chinois vivent leur temps, ne se nourrissent pas de ces variétés de nostalgie à l’égard d’un passé mythologique recomposé qui caractérisent ailleurs l’air du temps. Ils ne connaissent pas de problème “ d’identité ”.

 

Or si la modernité ne produit pas ipso facto la démocratie, elle en crée les conditions, impensable sans elle. Comparativement peu de sociétés de la périphérie du système capitaliste ont fait ce saut dans la modernité (la Corée et Taiwan constituent sur ce plan comme sur d’autres des exceptions dont je n’examinerai pas ici les raisons complexes). Au contraire le moment actuel est dans l’ensemble caractérisé sur ce plan par d’effroyables régressions à travers lesquelles s’exprime la faillite du capitalisme. “ Le vieux monde se meurt, le nouveau n’est pas encore né, dans ce clair obscur se profilent des monstres ” avait déjà écrit Gramsci.

 

Dans ce domaine le discours dominant concernant les prétendus héritages culturels favorables ou défavorables à la démocratie n’alimente que davantage de confusion. Car ce discours ignore la rupture que constitue la modernité, attribuant aux prétendues “ cultures ” des caractères invariants transhistoriques.

 

La modernité dans laquelle la Chine s’est engouffrée constitue un atout majeur pour son avenir. Je ne sais pas si elle produira suffisamment rapidement l’aspiration de son peuple à la démocratie et l’invention des formes adéquates de celle-ci. Mais cela n’est pas “ impossible ”, et dépendra largement de l’articulation des luttes démocratiques et sociales.

 

La révolution et le plongeon dans la modernité ont transformé le peuple chinois plus qu’aucun autre dans le tiers monde contemporain. Les classes populaires chinoises ont confiance en elles mêmes, elles savent se battre et elles savent que la lutte paye. Elles se sont largement débarrassées des attitudes de soumission dont les expressions visibles constituent pour tout observateur de bonne foi une triste réalité dans tant d’autres pays. L’égalité est devenue une valeur essentielle de l’idéologie commune, comme elle l’est en France (qui elle aussi a fait une grande révolution), comme elle ne l’est pas aux Etats Unis (qui n’ont pas fait de révolution).

 

L’ensemble de ces transformations profondes se traduit par une combativité remarquable. Les luttes sociales sont quotidiennes, se chiffrent par milliers, prennent souvent des formes violentes et ne se soldent pas toujours par des échecs. Le pouvoir le sait et s’emploie à la fois à réprimer, à tenter d’éviter la cristallisation de fronts de lutte dépassant les horizons locaux (par l’interdiction de l’organisation autonome des classes populaires) et à en atténuer les dangers par l’art du “ dialogue ” et de la manipulation. Ces luttes n’ont pas l’heure de plaire à la plupart des défenseurs occidentaux “ des droits de l’homme ”. La démocratie au service de la lutte des classes ne les intéresse pas, elle en inquiète même certains. Par contre la revendication démocratique dont tous prennent la défense systématique et dont ils nous rebattent les oreilles est celle des “ libéraux ” dont le pouvoir tente aussi d’atténuer la virulence de leur défense des vertus du capitalisme !

 

La question nationale occupe tout également une place centrale dans les débats chinois et dans les luttes politiques

 

La question nationale occupe tout également une place centrale dans les débats chinois et dans les luttes politiques qui opposent les partisans de lignes d’évolution différentes.

 

La Chine a été victime de l’agression impérialiste ininterrompue des puissances occidentales et du Japon de 1840 à 1949, comme toutes les nations d’Asie et d’Afrique . Ses agresseurs ont su passer des alliances avec les classes dominantes réactionnaires locales – “ féodaux ” et compradore (le terme même a été forgé par les communistes chinois), seigneurs de la guerre. La guerre de libération conduite par le Parti Communiste a rendu à la Chine sa dignité et reconstruit son unité (la question de Taiwan demeurant seule non solutionnée jusqu’ici). Tous les Chinois savent cela.

 

En dépit des régionalismes que la taille du pays génère fatalement, la nation chinoise (han) est une réalité (et je m’en félicite). Les seules questions nationales gérées d’une manière discutable (encore que je ne partage pas du tout le point de vue des prétendus “ défenseurs de la démocratie ” passés à l’éloge – et au service – des lamas et des mollas, qui, au delà de leur obscurantisme, ont toujours exploité avec la plus grande violence barbare leurs propres peuples jusqu’à ce que la révolution chinoise vienne les en libérer), sont celles qui concernent les Tibétains et les Ouigours. L’impérialisme s’emploie activement à exploiter ces faiblesses du régime.

 

J’irai un peu plus loin dans l’expression de mes intuitions. J’ai eu l’occasion, de discuter des problèmes les plus divers avec des dirigeants de rangs moyens élevés (guère plus), occupant des fonctions de natures diverses. Mon intuition (trop généralisante ?) est que ceux qui s’occupent de la gestion économique penchent plutôt à droite, mais que ceux qui gèrent le pouvoir politique demeurent lucides sur un point qui, pour moi, est fondamental : ils considèrent généralement l’hégémonisme de Washington comme l’ennemi numéro un de la Chine (comme nation et Etat, pas seulement parce qu’elle est “ socialiste ”). Ils le disent assez facilement et souvent. Je reste frappé par la différence, sur ce plan, entre leur langage et celui que j’ai entendu utiliser (avec conviction semble-t-il) par les dirigeants politiques soviétiques (et a fortiori ceux des ex démocraties populaires). Ces derniers m’ont toujours paru ne pas être du tout conscients des objectifs véritables de Washington et des alliés occidentaux dans son sillage. Le type de discours que Gorbatchev a prononcé en 1985 à Reykjavik, proclamant – avec une naïveté incroyable – la “ fin ” de l’hostilité des Etats Unis à l’égard de l’URSS, est impensable en Chine. Le hasard me faisait en discuter peu après à Pékin. Tous les Chinois étaient abasourdis par cette stupidité et, s’échauffant, n’hésitaient pas à conclure : les Etats Unis sont et resteront notre ennemi, l’ennemi principal.

 

Les Chinois ont une conscience forte de la place que leur nation a occupé dans l’histoire. Le nom du pays – Choung Kuo – ne fait référence à aucune “ ethnie ” spécifique ; il signifie “ empire du Milieu ” (et République populaire chinoise se lit en chinois République populaire de l’empire du Milieu ” !). Le déclin de leur nation leur a été insupportable. C’est pourquoi l’intelligentsia chinoise a toujours tourné ses regards vers ceux des “ modèles ” extérieurs qui, de leur avis, leur permettraient de découvrir ce qu’ils leur fallait faire pour rendre à la Chine sa place dans le monde moderne. Depuis le 4 Mai 1919 ce modèle était soit celui du Japon (dont s’inspirait le Kuo Min Tang) soit celui de la Russie révolutionnaire (qui s’est finalement imposé parce qu’il associait le combat contre l’impérialisme à une transformation sociale révolutionnaire qui engageait tout le peuple). Le Japon en crise, la Russie effondrée, l’Europe elle même s’employant à imiter les Etats Unis, la Chine risque de ne plus voir la modernité et le progrès qu’à travers le “ modèle américain ”, qui est pourtant celui de leur adversaire comme l’était hier le Japon. La Chine, grande nation, se compare toujours aux plus puissants.

 

Je ne veux pas sous estimer les dangers gigantesques que ce regard implique. Il nourrit dans la nouvelle génération l’illusion de “ l’amitié américaine ”. Il contribue à faire oublier l’importance décisive, pour faire reculer l’hégémonisme agressif des Etats Unis, de la reconstruction d’un internationalisme des peuples. Car derrière les classes dirigeantes européennes, alignées sur la stratégie de Washington dans le souci exclusif de défendre les intérêts communs du capital dominant du nouvel impérialisme collectif de la triade, il y a des peuples dont la vision de la modernité n’est pas celle que le néo-libéralisme mondialisé et américanisé veut imposer. Derrière les pouvoirs compradores aux abois dans le tiers monde, il y a des peuples qui ont hier fait reculer l’impérialisme de l’époque en exprimant à travers le Mouvement des Non Alignés, la solidarité des peuples afro-asiatiques. La construction par la Chine du chemin de fer Tanzanie-Zambie (Tanzam), la seule initiative lourde qui ait libéré l’Afrique australe de sa dépendance physique à l’égard du régime de l’apartheid de l’Afrique du Sud, l’action des médecins chinois dans les villages les plus reculés de l’Afrique, ont valu une immense popularité à la Chine de l’époque. Faire revivre la solidarité des peuples africains et asiatiques face aux agressions sauvages de l’hégémonisme américain, en cours et à venir, constitue aujourd’hui l’une des tâches parmi les plus importantes de la stratégie anti-impérialiste nécessaire, pour la Chine comme pour les autres. C’est la condition pour que le devant de la scène dans la résistance à l’impérialisme ne soit plus occupé par des Saddam Hussein et Ben Laden.

 

Toutes les grandes révolutions – la française, la russe et la chinoise – se sont projetées loin en avant des “ exigences du moment ”

 

Toutes les grandes révolutions – la française, la russe et la chinoise – se sont projetées loin en avant des “ exigences du moment ” et des transformations immédiates nécessaires dans les sociétés qui ont été leur théâtre. La République fraternelle et populaire que 1793 voulait construire “ tout de suite ”, le communisme sous le drapeau duquel les Russes et les Chinois ont conduit leur révolution, formulaient les utopies créatrices nécessaires pour un avenir plus lointain.

 

On ne devrait donc pas être surpris que toutes les grandes révolutions aient été suivies de reculs, de “ restaurations ”, de “ contre révolutions ”. Mais si ces reculs ont remis les pendules à l’heure, ils ne sont pas parvenus à éradiquer les semences fécondes des visions révolutionnaires plus généreuses. Seules les petites révolutions – si tant est que le terme même de révolution puisse leur convenir – comme la “ glorieuse ” (peu glorieuse) révolution anglaise de 1688, la prétendue révolution américaine qui n’a rien modifié dans le système social colonial mais seulement transféré le pouvoir politique en dernier ressort de la métropole aux colons, peuvent se vanter d’avoir “ réussi à 100 % ”, n’ayant pas fait grand’ chose que d’enregistrer ce qui se produisait spontanément dans la société.

 

Le recul est néanmoins toujours une chose fort grave. Il menace la Russie de quasi disparition en tant que nation même, sans qu’on ne voit encore les signes d’un ressaisissement. Il menace la Chine de s’embourber dans la voie d’un capitalisme périphérique sans avenir.

 

Dresser la liste des phénomènes négatifs qui traduisent la réalité déjà bien présente de ce danger n’est pas difficile.

 

La nouvelle bourgeoisie chinoise n’est pas moins égoïste et vulgaire que ne le sont les bourgeoisies compradores du tiers monde contemporain. Elle n’occupe pas (encore ?) le devant de la scène politique, mais elle ne manque pas de moyens (de corruption entre autre) pour peser sur les décisions.

 

Les jeunes de la nouvelle classe moyenne en plein essor offrent le même spectacle “ d’américanisation ”, d’un caractère sans doute superficiel dans ses apparences immédiates, mais derrière lequel se cache une dépolitisation grave. Des jeunes ouvriers étaient envoyés en URSS apprendre à fabriquer des moteurs d’avion. Les fils de la nouvelle classe moyenne vont aux Etats Unis apprendre le “ management ” d’hôtels !

 

Dans ces conditions l’avenir de la Chine reste incertain. La bataille du socialisme n’y a pas été gagnée. Mais elle n’a pas (encore ?) été perdue. Et à mon avis elle ne le serait que le jour où le système chinois aura renoncé au droit à la terre de tous ses paysans, comme j’ai essayé de le montrer plus haut. Jusque là les luttes politiques et sociales peuvent infléchir le cours des évolutions.

 

La classe politique dirigeante s’emploie à maîtriser ces luttes par le seul moyen de sa dictature bureaucratique. Des fragments de cette classe pensent également circonvenir par ce même moyen l’émergence de la bourgeoisie. La bourgeoisie et les classes moyennes dans leur ensemble ne sont pas décidées à se battre pour une démocratie (“ à l’américaine ”). A l’exception de quelques idéologues, ces classes acceptent sans difficulté le modèle de l’autocratie “ à la manière asiatique ”, pourvu que celle-ci autorise le déploiement de leurs appétits de consommateurs. Les classes populaires se battent sur les terrains de la défense de leurs droits économiques et sociaux. Parviendront-elles à unifier leurs combats, à inventer des formes d’organisation adéquates, à formuler un programme alternatif positif, à définir le contenu et les moyens de la démocratie qui peut le servir ? A long terme cela me paraît fort possible, compte tenu de ce que j’ai dit concernant les peuples qui sont passés par l’expérience de grandes révolutions. A moyen terme je n’en sais rien.

 

C’est pourquoi chacun des quatre scénarios que j’avais dessiné dans un article précédent me paraît toujours autant possible que les autres.

 

Le meilleur de ces scénarios impliquerait un infléchissement en direction de la construction d’un socialisme de marché conçu comme étape dans la longue transition au socialisme mondial.

 

Le pire – celui auquel les impérialistes n’ont jamais renoncé – se solderait par l’éclatement de la Chine, “ puissance trop grande ” aux yeux de l’establishment de Washington.

 

Entre les deux le maintien du “ compromis ” en place ou son évolution à droite tout en sauvegardant l’unité du pays et sans faire de concession à la démocratie, peuvent paraître constituer l’alternative la plus probable à court terme. Il reste que ces compromis ne peuvent garantir ni la stabilité de cette forme particulière de “ capitalisme à la chinoise ” (quand bien même on la qualifierait de “ socialisme à la chinoise ”), ni même, je crois, la poursuite d’une modernisation économique accélérée.

 

Documents joints

 

Un jour, Monsieur Wang m’a dit, les problèmes les plus graves sont ceux dont on ne parle pas parce qu’il n’y a pas encore de solution

Un jour, Monsieur Wang m’a dit, les problèmes les plus graves sont ceux dont on ne parle pas parce qu’il n’y a pas encore de solution

 

24 Février 2018

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Un jour j’ai eu une longue discussion avec un Chinois, cela se passait dans un restaurant marseillais proche du stade vélodrome et nous étions en 2008. Le Chinois qui avait une cinquantaine d’années tenait le restaurant mais c’était un homme très cultivé et aussi engagé dans le flux millénaire de son pays, que de son actualité. Il a fini par s’asseoir à ma table alors que toute la clientèle avait disparu. Tandis que son épouse qui faisait les comptes hochait la tête pour appuyer les analyses de son lettré de mari. Les lumières étaient pratiquement toutes éteintes sauf une applique contre le mur. La tension s’inscrivait sur les visages même si mes hôtes ne se sont jamais départis de leur sourire.

 

Il s’appelait comme il se doit monsieur Wang

 

Mon intérêt pour la Chine, son histoire, l’avait charmé et il m’a demandé: est-ce que vous connaissez le problème de la Chine ?

 

Je lui en cité plusieurs dont le réchauffement climatique qui pouvait à la fin assécher la source des grands fleuves de l’Asie. Chaque fois que j’énonçais un problème y compris le vieillissement de la population, l’absence de démocratie, etc… Monsieur Wang secouait la tête en signe de dénégation. Il a fini par me dire il n’y a pas de problème tant que celui-ci est dit, discuté en public, le problème c’est quand le problème n’est jamais posé officiellement, cela veut dire que personne ne sait comment le résoudre.

 

Pour lui le problème, à ce que j’ai cru comprendre, résidait dans la perte des valeurs morales qui accompagnait les réformes dont les effets étaient spectaculaires en matière de victoire sur le sous-développement. Tout y contribuait y compris la politique de l’enfant unique qui faisait du petit chinois un capricieux, égoïste. Les mesures prises étaient nécessaires mais il deviendrait tout aussi urgent d’intervenir le plus tôt possible. Il m’a alors annoncé que déjà le parti communiste dont il laissait entendre qu’il était membre préparait des individus aptes à faire face.

 

Il m’a alors expliqué comment étaient formés les dirigeants. On prenait quelques jeunes postulants et on les expédiait dans un coin connu pour sa corruption, les luttes de clan, les tensions sociales ou les difficultés diverses les plus insurmontables. Et là il devait faire ses preuves, témoigner de la lucidité de son diagnostic, de son art d’utiliser les rapports de forces locaux et de sa capacité impitoyable à trancher au bon moment. Y compris, avait-il ajouté à mon grand étonnement, un véritable dirigeant doit savoir tuer s’il n’y a pas d’autres moyens. Ceux qui franchissaient, sous l’œil attentif des anciens, les étapes de cette formation, pouvaient prétendre à diriger un jour la Chine. Il m’avait cité quelques lieux typiques de cette formation pour le plus haut niveau, la municipalité de Chongqing qui a 34 millions d’habitants et une superficie égale à celle de l’Autriche et qui était pour lui le lieu de tous les déchaînements de la bête sauvage du capitalisme. Je n’ai pas retenu les autres lieux qu’il m’a décrit mais l’idée d’un stage au cœur des contradictions du développement lui paraissait essentielle pour préparer l’avenir. On formait un dirigeant comme un athlète en voyant ses potentialités mais aussi en les exerçant, en les développant. C’était de ce fait un pur produit du parti et pas celui de rivalités pour le pouvoir, même s’il était probable qu’il existait un moment de compétition.

 

J’ai souvent ces derniers temps pensé à monsieur Wang que je n’ai jamais revu. J’ai pensé à lui bien sûr en lisant tous les commentaires sur Xi Jinping le nouveau président chinois dont chacun s’interrogeait sur le pouvoir personnel. Mais aussi j’y ai pensé en lisant ce texte de l’Ecole centrale du marxisme sur la manière dont le Manifeste du parti communiste de Marx pouvait aider la Chine à son étape actuelle de son évolution. Cette phrase reflétait assez bien sa pensée : « L’idéal est supérieur à la réalité, mais l’idéal doit être en relation avec la réalité ». Quelle belle définition du communisme, cela renvoie à cette définition du communisme dont j’ai souvent entendu citer le début mais qui mérite d’être reprise en entier et dont voici le premier paragraphe.

 

Dans « L’Idéologie allemande » : « Le communisme n’est pour nous ni un état qui doit être créé, ni un idéal sur lequel la réalité devra se régler. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel. Les conditions de ce mouvement résultent des prémisses actuellement existantes.

 

(…) Le prolétariat ne peut donc exister qu’à l’échelle de l’histoire universelle, de même que le communisme, qui en est l’action, ne peut absolument pas se rencontrer autrement qu’en tant qu’existence « historique universelle ». (…)

 

Les individus ont été de plus en plus asservis à une puissance qui leur est étrangère, — oppression qu’ils prenaient pour une tracasserie de ce qu’on appelle l’Esprit du monde, — une puissance qui est devenue de plus en plus massive et se révèle en dernière instance être le marché mondial. Mais il est tout aussi fondé empiriquement que cette puissance, si mystérieuse pour les théoriciens allemands, sera abolie par le renversement de l’état social actuel, par la révolution communiste (nous en parlerons plus tard) et par l’abolition de la propriété privée qui ne fait qu’un avec elle ; alors la libération de chaque individu en particulier se réalisera exactement dans la mesure où l’histoire se transformera complètement en histoire mondiale.

 

(…) Ce n’est pas la critique, mais la révolution qui est la force motrice de l’histoire, de la religion, de la philosophie et de toute autre théorie. Cette conception montre que la fin de l’histoire n’est pas de se résoudre en « conscience de soi » comme « esprit de l’esprit », mais qu’à chaque stade se trouvent donnés un résultat matériel, une somme de forces productives, un rapport avec la nature et entre les individus, créés historiquement et transmis à chaque génération par celle qui la précède, une masse de forces de production, de capitaux et de circonstances, qui, d’une part, sont bien modifiés par la nouvelle génération, mais qui, d’autre part, lui dictent ses propres conditions d’existence et lui impriment un développement déterminé, un caractère spécifique ; par conséquent les circonstances font tout autant les hommes que les hommes font les circonstances.

 

Cette somme de forces de production, de capitaux, de formes de relations sociales, que chaque individu et chaque génération trouvent comme des données existantes, est la base concrète de ce que les philosophes se sont représenté comme « substance » et « essence de l’homme », de ce qu’ils ont porté aux nues ou qu’ils ont combattu, base concrète dont les effets et l’influence sur le développement des hommes ne sont nullement affectés parce que ces philosophes se révoltent contre elle en qualité de « conscience de soi » et d’ »uniques ».

 

Ce sont également ces conditions de vie, que trouvent prêtes les diverses générations, qui déterminent si la secousse révolutionnaire, qui se reproduit périodiquement dans l’histoire sera assez forte pour renverser les bases de tout ce qui existe ; les éléments matériels d’un bouleversement total sont, d’une part, les forces productives existantes et, d’autre part, la formation d’une masse révolutionnaire qui fasse la révolution, non seulement contre des conditions particulières de la société passée, mais contre la « production de la vie » antérieure elle-même, contre l’« ensemble de l’activité » qui en est le fondement ; si ces conditions n’existent pas, il est tout à fait indifférent, pour le développement pratique, que l’idée de ce bouleversement ait déjà été exprimée mille fois… comme le prouve l’histoire du communisme. »

 

En France j’ai souvent eu l’impression que cette référence au communisme comme mouvement évitait d’aborder les problèmes concrets de la politique du PCF, ce qui selon l’analyse pertinente de monsieur Wang était de mauvaise augure pour envisager des solutions.

 

Mais le moins que l’on puisse dire est que le parti communiste chinois n’a jamais craint de partir à la nage dans les eaux de la mondialisation avec un parti communiste qui ne manque pas d’audace devant la réalité.

 

Le texte de l’école central du marxisme tente de donner corps à cette analyse à partir de l’expérience chinoise comme une réponse aux inquiétudes de monsieur Wang. Le problème est désormais posé et seul le communisme peut le résoudre parce qu’il abolit ce dont il a réussi à intégrer les aspects révolutionnaires.

 

Mais j’ai pensé également à l’influence que la découverte de ce que subissais la Chine, la guerre de l’opium, entre autres, avait contribué à faire évoluer la pensée de Marx sur les différents modes de production et sur leur relation à la transition vers le socialisme. Ce que la réflexion sur l’Inde n’avait pas engendré chez Marx et Engels, le spectacle du dépeçage de la Chine par l’impérialisme l’avait provoqué comme d’ailleurs la rencontre avec la Russie avait déclenché l’hypothèse d’autres possibles à un état encore embryonnaire. Le manifeste du Parti communiste est un texte basé sur l’Europe, son évolution capitaliste, mais dans lequel la mondialisation est déjà envisagée à travers ce prisme et qui ouvre un nouveau rapport théorie pratique dont l’actualité est évidente y compris pour monsieur Wang très marqué par l’influence de Confucius.

 

Danielle Bleitrach

La Chine propose d’enseigner les droits de l’homme aux Etats-Unis après le massacre de l’institut en Floride

La Chine propose d’enseigner les droits de l’homme aux Etats-Unis après le massacre de l’institut en Floride

 

24 Février 2018
• Le journal officiel chinois Global Times a proposé vendredi dans un éditorial  de donner des leçons aux Etats-Unis sur les droits de l’homme après la fusillade qui a eu lieu la semaine dernière dans une école de la ville de Parkland, dans l’état de Floride, où 17 personnes sont mortes
 
• 
  • « Plus d’Américains sont morts de blessures par balles dans le pays que de soldats américains dans les zones de guerre », explique un journal officiel chinois.
  • • « Le droit à la vie est le plus fondamental des droits, le droit de porter les armes ne devrait pas être reconduit », affirme  Global Times
    Publié le2/23/2018à 09:16Mise à jour le 23/02/2018 à 10:36

    Marjory Stoneman Douglas Zeif, rescapée de la fusillade au lycée Douglas

    Marjory Stoneman Douglas Zeif, survivant du tournage de Douglas High School avec Trump, étudiants et enseignants

     

    La Chine peut offrir des leçons aux Etats-Unis en matière de protection des droits de l’homme

     

    Par Yu Ning Source: Global Times Publié: 2018/2/22 22:43:40

    Des milliers de manifestants, menés par des survivants de la fusillade de la semaine dernière à l’école secondaire Marjory Stoneman Douglas, se sont rassemblés mercredi au Florida State Capitol Building. Leur message: Plus jamais. Plus jamais un meurtrier n’achètera une arme facilement. Plus jamais une école ne sera criblée par un tir de masse. Le mouvement, identifié sur les médias sociaux à travers le hashtag #neveragain, a également galvanisé les étudiants à travers les États-Unis.

     

    La fusillade du 14 février, dans laquelle un tireur de 19 ans a tué 17 étudiants et éducateurs avec un fusil AR-15, a ravivé l’urgence d’une question éternelle: Pourquoi le pays ne peut-il pas établir un contrôle des armes à feu raisonnable?

     

    Si nous regardons en arrière dans l’histoire, les États-Unis ont été fondées sur l’utilisation d’armes à feu. Le droit de posséder des armes à feu est réglementé par le deuxième amendement à la Constitution. Les adversaires du contrôle des armes à feu affirment que la Constitution leur garantit le droit absolu de posséder des armes à feu. Cependant, la situation des États-Unis est maintenant différente de celle d’il y a plus de 200 ans, lorsque la protection de la possession d’une arme à feu était inscrite dans la loi.

     

    Il est urgent que les États-Unis imposent de sévères restrictions aux achats d’armes à feu de nos jours. Les États-Unis ont été les témoins d’une prolifération folle d’armes à feu et de la violence généralisée des armes à feu. On estime que les civils aux États-Unis possèdent environ 300 millions d’armes, soit assez pour chaque adulte aux États-Unis. Il y a plus de tirs de masse aux États-Unis que dans tout autre pays du monde. Selon CNN, une étude de 2016 a porté sur 292 incidents dans lesquels quatre personnes ou plus ont été tuées, dont 90 se sont produites aux États-Unis.

     

    Les États-Unis n’ont pas d’autre choix que d’adopter le contrôle des armes à feu. Le droit à la vie est le droit de l’homme le plus fondamental. Le droit de porter des armes ne peut pas dominer le droit de l’individu à vivre.

     

    Washington a pointé un doigt accusateur vers d’autres pays sur la question des droits de l’homme. Cependant, plus d’Américains ont été tués par des coups de feu dans leur pays que les soldats américains ont été tués dans toutes les guerres américaines. Il est inhumain pour les États-Unis, qui se vantent de leur bilan en matière de droits de la personne, de fermer les yeux sur la violence armée, d’ignorer les appels au contrôle des armes à feu et de risquer des vies plus innocentes.

     

    Les États-Unis devront adopter le contrôle des armes à feu à l’avenir. Il vaut mieux décider tôt plutôt que tard. La possession d’armes à feu en Chine est strictement réglementée, ce qui contribue à réduire les crimes et les décès liés aux armes à feu. Les États-Unis devraient apprendre de la Chine et protéger véritablement les droits de la personne. Si les États-Unis ne contrôlent pas leurs armes, les problèmes causés par les armes à feu dans un avenir prévisible continueront de sévir dans la société américaine.

     

    Le film du dimanche soir : « Il était une fois en Chine », quand Jet Li tapa dans l’œil de l’Occident

    Le film du dimanche soir : « Il était une fois en Chine », quand Jet Li tapa dans l’œil de l’Occident

     

    18 Février 2018

    • Sur le canal 23, ne ratez pas ce chinois patriote et d’une rare élégance qui répondit à Nixon qui voulait en faire son garde du corps qu’il préférait combattre pour son milliard de Chinois… A main nue et dans de splendides chorégraphies.Notons qu’on lui reproche son unique réalisation le baiser mortel du dragon d’un « anti-américanisme primaire », je ne l’ai pas vu mais peut-être qu’il est à découvrir… 
    • (note de danielle Bleitrach)
    Il était une fois en Chine

    Numéro 23 diffuse dimanche 18 février “Il était une fois en Chine”, le premier volet de la saga qui révéla le comédien chinois Jet Li. Tsui Hark chorégraphie l’art ancestral comme un ballet, et la star du kung-fu en jette.

     

    La première rencontre entre Jet Li et l’Occident fut mémorable. Au début des années 70, le jeune champion de wushu – art martial chinois combinant plusieurs techniques de combat, sur un mode acrobatique – fait une démonstration sur la pelouse de la Maison-Blanche, durant une visite officielle. La légende raconte que Richard Nixon, impressionné, lui demande s’il veut devenir son garde du corps. Le garçon, âgé de 11 ans, répond qu’il préfère défendre son milliard de compatriotes.

     

    En 1991, il tient parole dans Il était une fois en Chine, du génial Tsui Hark. Dans la peau du docteur Wong Fei-hung – héros populaire chinois, inspiré d’un personnage réel, mis en scène dans une centaine de films et de feuilletons –, il affronte, à la fin du XIXe siècle, d’abominables colons (Américains, Anglais ou Français esclavagistes). Une fresque nationaliste ? Non, car le patriotisme est sans cesse désamorcé par un second degré bienvenu. Wong n’est d’ailleurs pas un personnage univoque : c’est un héros ambigu, pétri de contradictions – à l’image de la Chine de l’époque, tiraillée entre tradition et modernité –, aussi aérien au combat qu’il est naïf en politique ou en amour.

     

    Moment suspendu : la bagarre sur des échelles

     

    A l’obsession de la gâchette des Occidentaux, Jet Li oppose un art ancestral du combat à main nue et du détournement d’objets – parapluie, poutres, ballots… – utilisés comme armes. Moment suspendu : la bagarre sur des échelles, chorégraphiée comme un ballet aux limites de l’abstraction, contre un maître de kung-fu corrompu. Le film fourmille de trucages artisanaux renversants, souvent des systèmes de poulies ou de trampolines, grâce auxquels comédiens et cascadeurs défient la pesanteur.

    Le succès du long métrage, qui donnera cinq suites (dont trois avec Li), est considérable en Chine. Ainsi qu’à l’étranger, via la diffusion en festivals et en vidéo – même s’il reste, en France, inédit en salles jusqu’en 2000. Cette notoriété ouvre à l’acteur les portes de Hollywood. En 1998, il incarne un inoubliable sadique dans L’Arme fatale 4, de Richard Donner, où son kung-fu revitalise miraculeusement une franchise occidentale usée – les blagues sur la vieillesse de Mel Gibson et Danny Glover prennent alors tout leur sens.

     

    Le reste de sa carrière américaine est moins brillant. Tandis que son compatriote Jackie Chan pratique une baston burlesque et bon enfant (Rush Hour, 1998), lui joue les justiciers cruels dans des navets (Roméo doit mourir, 2000) ou des productions Besson (Le Baiser mortel du dragon, 2001). Une déplaisante réminiscence de Born to defense (1986), film anti-américain primaire et unique réalisation du comédien. Désormais, Jet Li tourne régulièrement en Chine et a intégré, depuis 2010, la saga Expendables, où Sylvester Stallone lui a quelque peu redonné la bienveillance et la grâce qui était celle du docteur Wong.

     

    Les frustrations de M. Lobsang Sangay

     

    Une fois de plus (1), et cette fois sous la plume d’Arnaud Vaulerin, Libération fait preuve de complaisance envers la pensée unique en relayant, sans le moindre esprit critique, les propos de Lobsang Sangay, le chef du « gouvernement tibétain en exil ». Son interview publiée le 26 janvier 2018 est titrée en grands caractères Tibet : « Nous avons perdu notre pays à cause d’une route ».

    • Une nostalgie d’Ancien Régime

    « Nous avons perdu notre pays » : telle était aussi la déploration des émigrés français (nobles, riches bourgeois et prélats) ayant fui la Révolution de 1789. Pour ces quelque 140 000 privilégiés de l’Ancien Régime, la France était leur chose que le petit peuple était juste bon à entretenir à leur profit. Ils étaient incapables d’imaginer que, pour les 27 autres millions d’habitants que comptait alors la France, ce « nous » des émigrés ne représentait pas grand-chose.

     

    Et pour la masse des Tibétains du Tibet, que représentent les quelque 150 ou 160 000 exilés sinon les descendants des nantis et de leurs domestiques qui ont fui leur pays à partir de 1959 ? Qui, parmi le 2,8 millions de Tibétains de la Région autonome du Tibet (RAT), oserait affirmer sans mentir : « nous avons perdu notre pays », alors que leurs conditions d’existence en amélioration constante sont sans commune mesure avec la misère qui a été le lot de leurs grands-parents ?

    Là s’arrête la comparaison entre la Révolution française et la reprise par la Chine devenue communiste de son ancienne province tibétaine : si la France après Waterloo a connu la Restauration, jamais la Chine n’acceptera que le Tibet redevienne une terre d’Ancien Régime.

     

    À cause d’une route ?

     

    Lobsang Sangay continue sur un ton amer : « Nous avons perdu notre pays à cause d’une route. Les Chinois ont dit qu’ils allaient construire une route pour relier le Tibet à la Chine. Elle allait apporter paix et prospérité. Les ouvriers y ont cru, d’autant qu’ils étaient payés en pièces d’argent. Les Chinois ont également acheté les élites. Puis, quand la route a été construite, ils ont fait venir des camions, des chars et des armes, et alors notre pays a été occupé. » (2)

     

    Sans sourciller, le journaliste de service à Libération a laissé Lobsang Sangay développer son discours nostalgique, coupé des réalités.

     

    Selon ce dernier, la paix et la prospérité promises par Pékin seraient un leurre : n’importe quel touriste en RAT peut constater la fausseté de cette accusation. Depuis 2001, Pékin a dépensé plus de 40 milliards de dollars pour y développer l’économie ; et même si des voix s’élèvent pour dénoncer l’imparfaite répartition de cette manne, la population locale bénéficie très largement d’un développement tellement spectaculaire qu’il suscite parfois l’envie d’autres régions de la campagne chinoise où subsistent des poches de pauvreté.

     

    « Les ouvriers y ont cru, d’autant qu’ils étaient payés en pièces d’argent. » Lobsang Sangay préférait-il le « bon vieux temps » où les paysans devaient fournir à leurs seigneurs et maîtres, nobles laïcs ou moines de haut rang, des corvées gratuites ? (3)

     

    « Les Chinois ont également acheté les élites. » De quelles élites parle-t-il ? Des anciennes élites du haut clergé et de la noblesse ? Mais beaucoup d’entre elles avaient fui le pays. Il ne peut donc s’agir que d’une nouvelle classe politique tibétaine, issue du peuple, qui a décidé de travailler en bonne entente avec les autorités centrales. Qu’est-ce qui autorise Lobsang Sangay à accuser de corruption ces nouvelles élites tibétaines ? N’a-t-il jamais entendu parler d’une relation gagnant-gagnant ? Ignorerait-il que, singulièrement depuis un bon quart de siècle, de très nombreux travailleurs tibétains collaborent loyalement avec leurs homologues Han au développement de leur région ? En matière de corruption, l’Ancien Régime était, il est vrai, passé maître (4) ; cela n’implique pas qu’il s’agisse là d’une tare congénitale. Le laisser penser s’apparenterait à du racisme...

     

    « Puis, quand la route a été construite, ils ont fait venir des camions, des chars et des armes (...) » Lobsang Sangay aurait-il oublié qu’ils ont aussi construit des écoles, des hôpitaux, des lignes de chemin de fer, des autoroutes, des aéroports, des centrales hydroélectriques, des parcs d’éoliennes, des stations photovoltaïques, des serres gigantesques, etc. ? Mais, bien sûr, pour Dharamsala et pour Libé, ça ne compte pas.

     

    « (...) et alors notre pays a été occupé. » Il faut revoir vos cours d’histoire, M. Lobsang Sangay ! Le Tibet fait partie de la Chine depuis des siècles, avec des liens plus ou moins étroits suivant les époques. L’indépendance déclarée par le 13e dalaï-lama n’a jamais été reconnue, même pas par les États-Unis quand ils étaient au faîte de leur puissance. La Chine ayant en 1950 retrouvé sa puissance publique n’a fait que récupérer une province traditionnelle ayant échappé pour quelques dizaines d’années à son contrôle. Quel esprit tordu oserait affirmer que, par exemple, la Bretagne est occupée par la France ? Mais, quand il s’agit du Tibet, intégré à l’empire chinois bien avant le rattachement de la Bretagne à la couronne de France, il semble que toutes les sottises soient permises, avec la complicité de la presse dite grande.

     

    D’une route à l’autre

     

    Lobsang Sangay est invité à poursuivre sur sa lancée antichinoise par le « journaliste » de Libération qui lui pose la question qui lui brûlait les lèvres : « La même logique est-elle derrière OBOR [c.-à-d.One Belt, One Road = les nouvelles routes de la soie] ? »

     

    Lobsang Sangay saisit à pleines mains la perche qui lui est tendue. Je le cite : « Dans de nombreux pays à travers la planète, les Chinois développent le même modèle. Ils viennent toujours au nom de la paix et de la prospérité et ils corrompent les élites. C’est ce qui se passe en Europe où ils achètent des consultants, des anciens ministres, des parlementaires. Ils bâtissent des routes et des voies de chemin de fer qui arrivent jusqu’ici. Ils débarquent avec de grosses machines pour exploiter les ressources, les matières premières. Je ne dis pas que OBOR va mener à l’occupation de ces pays, mais il y aura une forme d’occupation économique et politique. Ils veulent devenir numéro 1. »

     

    Quel mépris pour les élites occidentales qui, trop peu nombreuses encore, manifestent de l’intérêt pour les nouvelles routes de la soie ! Quel mépris pour les responsables de Grande-Bretagne qui, juste après le Brexit, ont compris l’intérêt d’accueillir à Londres, le 18 janvier 2017, le premier train de marchandises chinois, ayant franchi 12 000 km et traversé le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie, la Pologne, l’Allemagne, la Belgique et la France !

     

    Quel mépris pour Dominique de Villepin pour qui « l’initiative de la Nouvelle Route de la Soie (...) représente une occasion unique d’insuffler à l’économie internationale un sursaut d’innovations et d’activités (...) (5) !

     

    Quel mépris, même pour le Président Macron, qui, au cours de son voyage en Chine début janvier 2018, a plaidé en Chine pour une « alliance franco-chinoise pour un avenir mondial » (6) et déclaré : « Avançons ensemble sur ce projet pour le faire aboutir d’ici 2020 » (7) !

     

    Pour qui donc se prend M. Lobsang Sangay pour oser ainsi s’en prendre à des responsables politiques qui ne sont pas a priori alignés sur Dharamsala ? Et pourquoi la rédaction de Libération ne réagit-elle pas à des propos aussi déplacés, sinon injurieux ?

     

    Quant à dénoncer la corruption des élites, Lobsang Sangay devrait plutôt faire profil bas, en se rappelant les liens que l’ICT (International Campaign for Tibet), largement financée par des dons privés et publics états-uniens, entretient avec des dignitaires occidentaux, en se rappelant aussi les millions de dollars distribués aux indépendantistes tibétains, d’abord par la CIA (Central Intelligence Agency) et puis par le NED (New Endowment for Democracy) ?

     

    The Times They Are a-Changin’ 

    Lobsang Sangay, lui-même, n’a pas oublié que c’est grâce à une bourse Fullbright qu’il a pu étudier à Harvard. Il n’entend pas mordre la main qui l’a nourri. Ayant parfaitement intériorisé l’idéologie de l’oncle Sam, son vœu le plus cher est que les États-Unis restent la première puissance mondiale. Comme beaucoup de responsables étasuniens, tout ce qui peut menacer le leadership de Washington est ressenti comme une menace, et singulièrement la montée en puissance de la Chine dans un monde devenu multipolaire (8).

     

    Pas étonnant que notre diplômé d’Harvard conclue ses propos bilieux par cette remarque indignée : « Ils [les Chinois] veulent devenir numéro 1. » Eh ! Oui, c’est comme ça, il faudra bien vous y faire, M. Lobsang Sangay. Vos cris d’orfraie ne sont pas sans rappeler les récriminations scandalisées des émigrés français pendant la Révolution, ceux-là mêmes dont Talleyrand a pu dire, qu’une fois rentrés au pays après 1815, « ils n’ont rien appris, ni rien oublié. »

     

    André LACROIX

    (1) http://tibetdoc.org/index.php/politique/mediatisation/422-libe-porte-v... ou https://www.legrandsoir.info/libe-porte-voix-de-dharamsala.html.

     

    (2) Lobsang Sangay veut sans doute parler de la construction de routes dans les années 1950 qui ont rattaché le Tibet aux régions chinoises situées à l’est, au nord-est et au nord. Il s’agit en l’occurrence de trois routes, construites en grande partie par l’APL dans un temps record et sous des conditions extrêmement difficiles et dangereuses. La première, la plus au sud, menant de Ya’an au Sichuan à Lhassa, mesure 2 400 km et passe par quatorze cols de haute montagne. La deuxième, venant de la province du Qinghai, fait 2 100 km. Ces deux routes furent ouvertes au trafic dès le 25 décembre 1954. Une troisième route venant du Xinjiang, d’une longueur de 1 200 km, fut inaugurée en octobre 1957.

     

    (3) Lobsang Sangay dément ici, sans doute sans s’en rendre compte, un ancien mensonge de la propagande dalaïste repris par Laurent Deshayes dans son Histoire du Tibet quand il écrit que, pour la construction de ces routes « les Chinois recourent à la main d’œuvre tibétaine, le plus souvent sans rémunérer les ouvriers » et que ceux-ci travaillent « dans des conditions similaires à celles des travaux forcés. » (p. 328).

     

    (4) Voir à ce sujet le témoignage de Tashi Tsering. Travaillant comme fonctionnaire au Trésor du Potala de 1947 à 1949, il a été le témoin des gaspillages et des pots-de-vin encouragés par le système. Son commentaire en dit long sur la corruption ambiante : « Voilà tout simplement, note-t-il sobrement, comment les choses allaient en ces jours-là » (Mon combat pour un Tibet moderne, éd. Golias, 2010, p. 53).

     

    (5) Voir, sur le blog de Pierre Verhas (03/05/2017) La route de la soie : l’Union européenne rate le tain de l’histoire.

     

    (6) Claude Arpi, Le jeune cheval a-t-il dompté le dragon ?, sur le site « France-Tibet » du 23/01/2018.

     

    (7) Le Monde, 08/01/2018.

     

    (8) À lire, sur le site de « RT France » (qui ne publie pas que des fake news) : Pourquoi les nouvelles routes de la soie effraient Washington, par Pablo Escobar, 11/10/2016.

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