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Intelligence artificielle : la Chine attire plus d’investissements que les États-Unis par Elisa Braun

 

19 Avril 2018
Résultat de recherche d'images pour "l'intelligence artificielle et la Chine"
En appui de l’article que nous écrivons à propos des conséquences sociales de l’IA,
Voici une analyse qui montre les conditions de la compétition dans ce domaine entre Chine et USA, mais au-delà de cette compétition c’est bien la confrontation entre deux systèmes sociaux. Si la Chine de l’avantage d’une énorme population connectée, son second avantage est dans le rôle pilote de l’Etat et les sommes qu’il consacre à ce développement, le « socialisme de marché », la planification chinoise témoigne de l’incroyable impulsion de la révolution technologique qui s’opère, mais comme nous  l’envisageons dans l’autre article publié sur le sujet, c’est peut-être dans sa manière d’anticiper sur les conséquences sociales nationales et internationales que la Chine est la plus intéressante
(note de Danielle Bleitrach)

Les deux puissances sont engagées depuis plusieurs années dans une compétition farouche pour devenir leader dans le domaine de l’intelligence artificielle. Pour la première fois, la Chine a commencé à prendre le dessus.

 

«Suivez l’argent». Cette réplique classique du film «Les Hommes du Président» fonctionne aussi bien pour le Watergate que pour l’évolution de l’intelligence artificielle.

 

En 2017, 15,2 milliards de dollars ont été investis à l’échelle mondiale dans des start-up spécialisées dans le secteur. Et près de la moitié de cette somme est allée directement vers la Chine, contre 38% en direction des États-Unis, selon un rapport de CB Insights sur les tendances à suivre en intelligence artificielle pour 2018. C’est la première fois que les investissements vers la Chine surpassent ceux des États-Unis dans ce secteur. Ils confirment ainsi la montée en puissance du pays et le retard grandissant des États-Unis.

 

150 milliards pour l’économie chinoise

Les deux États se livrent une guerre féroce pour devenir le leader mondial de l’intelligence artificielle depuis plusieurs années, mais la course s’est intensifiée en 2017.

 

En juillet, la Chine a dévoilé sa feuille de route pour créer une industrie d’une valeur de 150 milliards de dollars pour son économie d’ici 2030, dans un document de 28 pages qui se lisait comme un défi directement adressé aux Américains. D’autant plus qu’il copiait explicitement certains passages du plan stratégique en intelligence artificielle de l’administration Obama, paru fin 2016. « Les plans américains publiés en 2016 ont apparemment été à l’origine de la formulation de la stratégie nationale d’IA en Chine », a même expliqué au New York Times Elsa Kania, adjointe au Centre pour une nouvelle sécurité américaine, qui suit de près le développement chinois en matière d’intelligence artificielle.

L’adoption de l’IA par la Chine intervient à un moment clé dans le développement de la technologie. Des améliorations récentes et spectaculaires ont conduit les plus grandes entreprises à investir des milliards de dollars pour transformer les fantasmes de l’IA en services et produits du quotidien. Google et Amazon font partie de ceux qui ont déjà relevé le défi, mais de nombreux secteurs – y compris non technologiques — évaluent les possibilités de l’IA pour leur fonctionnement quotidien. La technologie est envisagée pour la conduite des voitures et camions autonomes aussi bien que pour faire parler les appareils ménagers. Les investissements dans l’IA ont augmenté de 141% en 2017 par rapport à 2016, selon CB Insights – et ont permis l’éclosion de 1100 nouvelles start-up l’année dernière. L’IA est également devenue un enjeu crucial pour la politique de défense et la sécurité intérieure pour de nombreux États.

 

«Le gouvernement américain fait très peu pour soutenir sa propre industrie»

 

Pour un certain nombre de raisons, les États-Unis perdent pourtant leur influence dans un domaine où ils avaient historiquement une longueur d’avance. Les inquiétudes liées aux visas accordés aux ingénieurs étrangers aux États-Unis ont poussé une grande partie des laboratoires de recherche à s’installer dans d’autres pays. L’Europe compte désormais certains des plus grands centres des grandes entreprises technologiques (GAFAM) en la matière. Facebook a récemment annoncé qu’il allait recruter davantage de chercheurs et investir 10 millions d’euros pour son centre dédié à Paris. En France, d’autres entreprises, telles Sony ou Huawei, ont installé des laboratoires de recherche. Microsoft est, lui, partenaire de l’institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) sur le sujet depuis 2005.

 

Le mois dernier, Alphabet, la maison mère de Google, a annoncé son intention de mettre sur pied un centre de recherche basé à Pékin.

 

Selon plusieurs experts de l’IA, du côté académique et industriel, l’administration de Trump n’a tout simplement pas pris la mesure de la menace que représentait la Chine. « Nous attendons encore que la Maison Blanche donne des directives » sur la façon de répondre à la compétition, a déclaré Tim Hwang, directeur de l’Éthique de l’AI Initiative, fondée par des pontes de la Silicon Valley et d’Harvard pour la recherche en intelligence artificielle. « Le gouvernement américain fait très peu pour soutenir sa propre industrie », selon la revue technologique du MIT et « les investissements ne suivent pas une stratégie coordonnée » pour le New York Times.

 

Licornes chinoises

En écho aux plans mis en place par l’administration Obama, le gouvernement chinois a pour sa part déclaré qu’il avait l’intention d’augmenter considérablement le financement à long terme de la recherche sur l’IA et de développer une communauté beaucoup plus large de chercheurs dans le domaine. Depuis plusieurs années, la Chine enregistre aussi plus de brevets et publie plus d’articles de recherche liés aux thématiques de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage profond. L’aspect quantitatif n’est toutefois pas suffisant pour évaluer l’avance de la Chine par rapport aux États-Unis, où sont installées les meilleures universités au monde. Le nombre de citations des recherches dans les revues scientifiques est aussi un signe de la puissance chinoise dans la recherche.

 

Le succès des start-up chinoises en intelligence artificielle est un indice encore plus probant de cette montée en puissance. En 2018, les États-Unis ont beau compter plus de start-up en IA que la Chine, sa longueur d’avance se réduit depuis 2013, tandis que le nombre de start-up chinoises en IA augmente. Les Américains représentaient 77% des start-up mondiales spécialisées en IA, contre 50% aujourd’hui, selon CB Insights. Ce changement d’allure est en partie dû à un facteur technique. D’énormes quantités de données sont nécessaires pour «former» les systèmes d’IA, et aux États-Unis, une grande partie de ces données appartient à des entreprises privées, comme Facebook et Google. La Chine a, de son côté, une population qui génère largement plus de données, dont beaucoup appartiennent à l’État.

 

La reconnaissance faciale, qui repose aujourd’hui beaucoup sur des techniques d’apprentissage profond, s’invite ainsi dans le quotidien des Chinois comme nulle part ailleurs, et permet d’identifier les criminels comme les piétons trop pressés en quelques minutes, parmi des millions de visages. Les plus imposantes licornes du pays, selon CB Insights, sont spécialisées dans ce domaine:

 

● Megvii a déjà accès à 1,3 milliard de données biométriques sur les citoyens chinois et est soutenu par une société d’assurance chinoise (Sunshine Insurance Group), des entités gouvernementales (le groupe d’investissement Russie-Chine lui a laissé 460 millions de dollars), et des géants des technologies (le constructeur Foxconn, et le fonds de Jack Ma, Ant Financial).

 

● SenseTime, créé en 2014, dépasse déjà la valorisation d’1 milliard de dollars et collabore avec une quarantaine de gouvernements locaux pour la vérification des cartes bancaires et les systèmes de sécurité.

 

● CloudWalk a reçu 301 millions de dollars du Gouvernement municipal de Guangzhou pour installer un centre d’images dans la ville et levé 75 millions de dollars auprès d’investisseurs.

 

En pleine croissance, le marché de la reconnaissance faciale a dépassé le milliard de yuans (128 millions d’euros) en 2016 et devrait être multiplié par cinq d’ici 2021, selon une étude du cabinet Analysys. Dans le même temps, la Chine ambitionne de continuer à investir dans les start-up américaines. Récemment, Baidu et JD.com ont soutenu ZestFinance, et Tencent a soutenu ObEN, situé à New York. Quelques start-up comme WuXi NextCODE et Pony.ai fonctionnent dans les deux pays, brouillant davantage les lignes mais confirmant la longueur d’avance qu’est en train de prendre la Chine.

Investissements étrangers dans le domaine de l'IA (en millions de dollars)

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