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Chine

Le film du dimanche soir : « Il était une fois en Chine », quand Jet Li tapa dans l’œil de l’Occident

Le film du dimanche soir : « Il était une fois en Chine », quand Jet Li tapa dans l’œil de l’Occident

 

18 Février 2018

  • Sur le canal 23, ne ratez pas ce chinois patriote et d’une rare élégance qui répondit à Nixon qui voulait en faire son garde du corps qu’il préférait combattre pour son milliard de Chinois… A main nue et dans de splendides chorégraphies.Notons qu’on lui reproche son unique réalisation le baiser mortel du dragon d’un « anti-américanisme primaire », je ne l’ai pas vu mais peut-être qu’il est à découvrir… 
  • (note de danielle Bleitrach)
Il était une fois en Chine

Numéro 23 diffuse dimanche 18 février “Il était une fois en Chine”, le premier volet de la saga qui révéla le comédien chinois Jet Li. Tsui Hark chorégraphie l’art ancestral comme un ballet, et la star du kung-fu en jette.

 

La première rencontre entre Jet Li et l’Occident fut mémorable. Au début des années 70, le jeune champion de wushu – art martial chinois combinant plusieurs techniques de combat, sur un mode acrobatique – fait une démonstration sur la pelouse de la Maison-Blanche, durant une visite officielle. La légende raconte que Richard Nixon, impressionné, lui demande s’il veut devenir son garde du corps. Le garçon, âgé de 11 ans, répond qu’il préfère défendre son milliard de compatriotes.

 

En 1991, il tient parole dans Il était une fois en Chine, du génial Tsui Hark. Dans la peau du docteur Wong Fei-hung – héros populaire chinois, inspiré d’un personnage réel, mis en scène dans une centaine de films et de feuilletons –, il affronte, à la fin du XIXe siècle, d’abominables colons (Américains, Anglais ou Français esclavagistes). Une fresque nationaliste ? Non, car le patriotisme est sans cesse désamorcé par un second degré bienvenu. Wong n’est d’ailleurs pas un personnage univoque : c’est un héros ambigu, pétri de contradictions – à l’image de la Chine de l’époque, tiraillée entre tradition et modernité –, aussi aérien au combat qu’il est naïf en politique ou en amour.

 

Moment suspendu : la bagarre sur des échelles

 

A l’obsession de la gâchette des Occidentaux, Jet Li oppose un art ancestral du combat à main nue et du détournement d’objets – parapluie, poutres, ballots… – utilisés comme armes. Moment suspendu : la bagarre sur des échelles, chorégraphiée comme un ballet aux limites de l’abstraction, contre un maître de kung-fu corrompu. Le film fourmille de trucages artisanaux renversants, souvent des systèmes de poulies ou de trampolines, grâce auxquels comédiens et cascadeurs défient la pesanteur.

Le succès du long métrage, qui donnera cinq suites (dont trois avec Li), est considérable en Chine. Ainsi qu’à l’étranger, via la diffusion en festivals et en vidéo – même s’il reste, en France, inédit en salles jusqu’en 2000. Cette notoriété ouvre à l’acteur les portes de Hollywood. En 1998, il incarne un inoubliable sadique dans L’Arme fatale 4, de Richard Donner, où son kung-fu revitalise miraculeusement une franchise occidentale usée – les blagues sur la vieillesse de Mel Gibson et Danny Glover prennent alors tout leur sens.

 

Le reste de sa carrière américaine est moins brillant. Tandis que son compatriote Jackie Chan pratique une baston burlesque et bon enfant (Rush Hour, 1998), lui joue les justiciers cruels dans des navets (Roméo doit mourir, 2000) ou des productions Besson (Le Baiser mortel du dragon, 2001). Une déplaisante réminiscence de Born to defense (1986), film anti-américain primaire et unique réalisation du comédien. Désormais, Jet Li tourne régulièrement en Chine et a intégré, depuis 2010, la saga Expendables, où Sylvester Stallone lui a quelque peu redonné la bienveillance et la grâce qui était celle du docteur Wong.

 

Les frustrations de M. Lobsang Sangay

 

Une fois de plus (1), et cette fois sous la plume d’Arnaud Vaulerin, Libération fait preuve de complaisance envers la pensée unique en relayant, sans le moindre esprit critique, les propos de Lobsang Sangay, le chef du « gouvernement tibétain en exil ». Son interview publiée le 26 janvier 2018 est titrée en grands caractères Tibet : « Nous avons perdu notre pays à cause d’une route ».

  • Une nostalgie d’Ancien Régime

« Nous avons perdu notre pays » : telle était aussi la déploration des émigrés français (nobles, riches bourgeois et prélats) ayant fui la Révolution de 1789. Pour ces quelque 140 000 privilégiés de l’Ancien Régime, la France était leur chose que le petit peuple était juste bon à entretenir à leur profit. Ils étaient incapables d’imaginer que, pour les 27 autres millions d’habitants que comptait alors la France, ce « nous » des émigrés ne représentait pas grand-chose.

 

Et pour la masse des Tibétains du Tibet, que représentent les quelque 150 ou 160 000 exilés sinon les descendants des nantis et de leurs domestiques qui ont fui leur pays à partir de 1959 ? Qui, parmi le 2,8 millions de Tibétains de la Région autonome du Tibet (RAT), oserait affirmer sans mentir : « nous avons perdu notre pays », alors que leurs conditions d’existence en amélioration constante sont sans commune mesure avec la misère qui a été le lot de leurs grands-parents ?

Là s’arrête la comparaison entre la Révolution française et la reprise par la Chine devenue communiste de son ancienne province tibétaine : si la France après Waterloo a connu la Restauration, jamais la Chine n’acceptera que le Tibet redevienne une terre d’Ancien Régime.

 

À cause d’une route ?

 

Lobsang Sangay continue sur un ton amer : « Nous avons perdu notre pays à cause d’une route. Les Chinois ont dit qu’ils allaient construire une route pour relier le Tibet à la Chine. Elle allait apporter paix et prospérité. Les ouvriers y ont cru, d’autant qu’ils étaient payés en pièces d’argent. Les Chinois ont également acheté les élites. Puis, quand la route a été construite, ils ont fait venir des camions, des chars et des armes, et alors notre pays a été occupé. » (2)

 

Sans sourciller, le journaliste de service à Libération a laissé Lobsang Sangay développer son discours nostalgique, coupé des réalités.

 

Selon ce dernier, la paix et la prospérité promises par Pékin seraient un leurre : n’importe quel touriste en RAT peut constater la fausseté de cette accusation. Depuis 2001, Pékin a dépensé plus de 40 milliards de dollars pour y développer l’économie ; et même si des voix s’élèvent pour dénoncer l’imparfaite répartition de cette manne, la population locale bénéficie très largement d’un développement tellement spectaculaire qu’il suscite parfois l’envie d’autres régions de la campagne chinoise où subsistent des poches de pauvreté.

 

« Les ouvriers y ont cru, d’autant qu’ils étaient payés en pièces d’argent. » Lobsang Sangay préférait-il le « bon vieux temps » où les paysans devaient fournir à leurs seigneurs et maîtres, nobles laïcs ou moines de haut rang, des corvées gratuites ? (3)

 

« Les Chinois ont également acheté les élites. » De quelles élites parle-t-il ? Des anciennes élites du haut clergé et de la noblesse ? Mais beaucoup d’entre elles avaient fui le pays. Il ne peut donc s’agir que d’une nouvelle classe politique tibétaine, issue du peuple, qui a décidé de travailler en bonne entente avec les autorités centrales. Qu’est-ce qui autorise Lobsang Sangay à accuser de corruption ces nouvelles élites tibétaines ? N’a-t-il jamais entendu parler d’une relation gagnant-gagnant ? Ignorerait-il que, singulièrement depuis un bon quart de siècle, de très nombreux travailleurs tibétains collaborent loyalement avec leurs homologues Han au développement de leur région ? En matière de corruption, l’Ancien Régime était, il est vrai, passé maître (4) ; cela n’implique pas qu’il s’agisse là d’une tare congénitale. Le laisser penser s’apparenterait à du racisme...

 

« Puis, quand la route a été construite, ils ont fait venir des camions, des chars et des armes (...) » Lobsang Sangay aurait-il oublié qu’ils ont aussi construit des écoles, des hôpitaux, des lignes de chemin de fer, des autoroutes, des aéroports, des centrales hydroélectriques, des parcs d’éoliennes, des stations photovoltaïques, des serres gigantesques, etc. ? Mais, bien sûr, pour Dharamsala et pour Libé, ça ne compte pas.

 

« (...) et alors notre pays a été occupé. » Il faut revoir vos cours d’histoire, M. Lobsang Sangay ! Le Tibet fait partie de la Chine depuis des siècles, avec des liens plus ou moins étroits suivant les époques. L’indépendance déclarée par le 13e dalaï-lama n’a jamais été reconnue, même pas par les États-Unis quand ils étaient au faîte de leur puissance. La Chine ayant en 1950 retrouvé sa puissance publique n’a fait que récupérer une province traditionnelle ayant échappé pour quelques dizaines d’années à son contrôle. Quel esprit tordu oserait affirmer que, par exemple, la Bretagne est occupée par la France ? Mais, quand il s’agit du Tibet, intégré à l’empire chinois bien avant le rattachement de la Bretagne à la couronne de France, il semble que toutes les sottises soient permises, avec la complicité de la presse dite grande.

 

D’une route à l’autre

 

Lobsang Sangay est invité à poursuivre sur sa lancée antichinoise par le « journaliste » de Libération qui lui pose la question qui lui brûlait les lèvres : « La même logique est-elle derrière OBOR [c.-à-d.One Belt, One Road = les nouvelles routes de la soie] ? »

 

Lobsang Sangay saisit à pleines mains la perche qui lui est tendue. Je le cite : « Dans de nombreux pays à travers la planète, les Chinois développent le même modèle. Ils viennent toujours au nom de la paix et de la prospérité et ils corrompent les élites. C’est ce qui se passe en Europe où ils achètent des consultants, des anciens ministres, des parlementaires. Ils bâtissent des routes et des voies de chemin de fer qui arrivent jusqu’ici. Ils débarquent avec de grosses machines pour exploiter les ressources, les matières premières. Je ne dis pas que OBOR va mener à l’occupation de ces pays, mais il y aura une forme d’occupation économique et politique. Ils veulent devenir numéro 1. »

 

Quel mépris pour les élites occidentales qui, trop peu nombreuses encore, manifestent de l’intérêt pour les nouvelles routes de la soie ! Quel mépris pour les responsables de Grande-Bretagne qui, juste après le Brexit, ont compris l’intérêt d’accueillir à Londres, le 18 janvier 2017, le premier train de marchandises chinois, ayant franchi 12 000 km et traversé le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie, la Pologne, l’Allemagne, la Belgique et la France !

 

Quel mépris pour Dominique de Villepin pour qui « l’initiative de la Nouvelle Route de la Soie (...) représente une occasion unique d’insuffler à l’économie internationale un sursaut d’innovations et d’activités (...) (5) !

 

Quel mépris, même pour le Président Macron, qui, au cours de son voyage en Chine début janvier 2018, a plaidé en Chine pour une « alliance franco-chinoise pour un avenir mondial » (6) et déclaré : « Avançons ensemble sur ce projet pour le faire aboutir d’ici 2020 » (7) !

 

Pour qui donc se prend M. Lobsang Sangay pour oser ainsi s’en prendre à des responsables politiques qui ne sont pas a priori alignés sur Dharamsala ? Et pourquoi la rédaction de Libération ne réagit-elle pas à des propos aussi déplacés, sinon injurieux ?

 

Quant à dénoncer la corruption des élites, Lobsang Sangay devrait plutôt faire profil bas, en se rappelant les liens que l’ICT (International Campaign for Tibet), largement financée par des dons privés et publics états-uniens, entretient avec des dignitaires occidentaux, en se rappelant aussi les millions de dollars distribués aux indépendantistes tibétains, d’abord par la CIA (Central Intelligence Agency) et puis par le NED (New Endowment for Democracy) ?

 

The Times They Are a-Changin’ 

Lobsang Sangay, lui-même, n’a pas oublié que c’est grâce à une bourse Fullbright qu’il a pu étudier à Harvard. Il n’entend pas mordre la main qui l’a nourri. Ayant parfaitement intériorisé l’idéologie de l’oncle Sam, son vœu le plus cher est que les États-Unis restent la première puissance mondiale. Comme beaucoup de responsables étasuniens, tout ce qui peut menacer le leadership de Washington est ressenti comme une menace, et singulièrement la montée en puissance de la Chine dans un monde devenu multipolaire (8).

 

Pas étonnant que notre diplômé d’Harvard conclue ses propos bilieux par cette remarque indignée : « Ils [les Chinois] veulent devenir numéro 1. » Eh ! Oui, c’est comme ça, il faudra bien vous y faire, M. Lobsang Sangay. Vos cris d’orfraie ne sont pas sans rappeler les récriminations scandalisées des émigrés français pendant la Révolution, ceux-là mêmes dont Talleyrand a pu dire, qu’une fois rentrés au pays après 1815, « ils n’ont rien appris, ni rien oublié. »

 

André LACROIX

(1) http://tibetdoc.org/index.php/politique/mediatisation/422-libe-porte-v... ou https://www.legrandsoir.info/libe-porte-voix-de-dharamsala.html.

 

(2) Lobsang Sangay veut sans doute parler de la construction de routes dans les années 1950 qui ont rattaché le Tibet aux régions chinoises situées à l’est, au nord-est et au nord. Il s’agit en l’occurrence de trois routes, construites en grande partie par l’APL dans un temps record et sous des conditions extrêmement difficiles et dangereuses. La première, la plus au sud, menant de Ya’an au Sichuan à Lhassa, mesure 2 400 km et passe par quatorze cols de haute montagne. La deuxième, venant de la province du Qinghai, fait 2 100 km. Ces deux routes furent ouvertes au trafic dès le 25 décembre 1954. Une troisième route venant du Xinjiang, d’une longueur de 1 200 km, fut inaugurée en octobre 1957.

 

(3) Lobsang Sangay dément ici, sans doute sans s’en rendre compte, un ancien mensonge de la propagande dalaïste repris par Laurent Deshayes dans son Histoire du Tibet quand il écrit que, pour la construction de ces routes « les Chinois recourent à la main d’œuvre tibétaine, le plus souvent sans rémunérer les ouvriers » et que ceux-ci travaillent « dans des conditions similaires à celles des travaux forcés. » (p. 328).

 

(4) Voir à ce sujet le témoignage de Tashi Tsering. Travaillant comme fonctionnaire au Trésor du Potala de 1947 à 1949, il a été le témoin des gaspillages et des pots-de-vin encouragés par le système. Son commentaire en dit long sur la corruption ambiante : « Voilà tout simplement, note-t-il sobrement, comment les choses allaient en ces jours-là » (Mon combat pour un Tibet moderne, éd. Golias, 2010, p. 53).

 

(5) Voir, sur le blog de Pierre Verhas (03/05/2017) La route de la soie : l’Union européenne rate le tain de l’histoire.

 

(6) Claude Arpi, Le jeune cheval a-t-il dompté le dragon ?, sur le site « France-Tibet » du 23/01/2018.

 

(7) Le Monde, 08/01/2018.

 

(8) À lire, sur le site de « RT France » (qui ne publie pas que des fake news) : Pourquoi les nouvelles routes de la soie effraient Washington, par Pablo Escobar, 11/10/2016.

URL de cet article 32924 

Xi Jinping : Mon travail est de servir le peuple

Xi Jinping : Mon travail est de servir le peuple

 

14 Février 2018

Quand je lis ce texte, je me dis que celui avec qui je souhaiterais en parler est l’auteur du film les trois soeurs du Yunnan un film documentaire chinois réalisé par Wang Bing, et sorti en 2012, qui décrit ces poches de misère dans les campagnes, mais le fait avec un infini respect pour le père et ses trois filles qui conservent leur fraîcheur mais poussent comme de l’herbe, on se croirait dans un tableau de Le nain, avec la grandeur.  des laissés pour compte du miracle chinois. C’est avec ce cinéaste modeste  et attentif à ce qui n’intéresse personne  que je voudrais  parler de ce que dit le président chinois. Je lui demanderai ce qui me frappe  de la volonté du président  de préparer le thé lui-même avec du porc frit, comme quand lors de la Révolution culturelle il a été envoyé dans les campagnes en tant que prince rouge. Opération de communication, probablement mais pas seulement, peut-être…

 

(note de danielle Bleitrach)


Publié le par anonyme

xinhua 2018-02-13 20:12:12

 

« Mon travail est de servir le peuple », a déclaré lundi le président chinois, Xi Jinping, à des villageois en banlieue de Chengdu, capitale de la province du Sichuan (sud-ouest).

 

M. Xi, qui est également secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois, a fait ces remarques lorsqu’un habitant âgé du village de Zhanqi s’est exprimé avec enthousiasme : « Vous êtes notre bon dirigeant et la bonne étoile du peuple chinois ! »

 

« Merci. Je suis le serviteur du public. Mon travail est de servir le peuple », a répondu le président.

 

M. Xi s’est rendu au village pour constater les avancées dans le domaine des ventes de produits locaux sur Internet. Une dame âgée voulait offrir une paire de chaussures fabriquées à la main à M. Xi comme cadeau, mais le président a insisté pour payer en souriant.

 

Avant son arrivée au village, M. Xi a visité le bourg de Yingxiu du district de Wenchuan, épicentre du séisme de magnitude 8 qui a frappé la province du Sichuan le 12 mai 2008.

 

M. Xi s’est rendu dans les ruines d’une école, où il a déposé des fleurs en mémoire des plus de 80.000 victimes du séisme et des héros décédés lors des opérations de secours.

 

M. Xi a indiqué que les ruines devaient être protégées afin de devenir une base pour l’éducation patriotique.

 

Il a également constaté les changements réalisés dans le bourg au cours des dix années écoulées depuis le séisme et a visité un atelier local de thé et un restaurant, où il a aidé à faire du thé au beurre et du porc croustillant frit et à broyer du soja pour faire du douhua.

 

Durant cette visite, M. Xi a déclaré aux habitants locaux que la Chine continuerait à revitaliser la campagne.

 

« Le développement de la campagne ne consiste pas à développer uniquement les industries et les matériaux, mais aussi la vie spirituelle et culturelle », a indiqué le président.

 

source:http://french.cri.cn/focus-pic/730/20180213/91048.html

Publié dans chine

Cela dit le Sichan n’est pas le yunnan. C’est une puissance démographique avec plus de 110 millions d’habitants et  l’énorme métropole (plus de 30 millions d’habitants  qui a apporté dans la Chine la plus retardé les capitaux du haut développement technologique)).

 

C’est la province d’origine de Deng Xiaoping. Proche du Tibet, elle était du temps des seigneurs de la guerre le lieu de l’opium et de la corruption. Elle est un lieu d’émigration vers le reste de la Chine et bien des « nouveaux riches » en sont originaires. Nous avons donc une paysannerie pauvre qui survit sur de petits lopins de terre et une émigration riche, en quelque sorte le symbole des tensions chinoises de toutes sortes.En particulier entre ce qu’on a applé la chine jaune, celle de l’intérieur et la chine bleue celle du boum côtier.

 

Donc la visite de Xi Jimping n’est pas en rupture avec la préoccupation constante sur cette province y compris lors des réformes de Deng Xioaping. Il y a encore quelque chose à noter  d’une autre personnalité issue du Sichuan han Suyin, fille de mandarin qui a expliqué à quel point la Chine avait le sens de l’Histoire et à cause de ce sens de l’histoire son père mandarin s’était trouvé en accord avc »ezc la révolution communiste…

 

Le rêve chinois est aussi sur ce substrat…

Xi Jinping : la lutte contre la pauvreté est au cœur de la mission du PCC

Xi Jinping : la lutte contre la pauvreté est au cœur de la mission du PCC

 

13 Février 2018
Se donner comme but, pour la première fois dans l’histoire de la Chine d’éradiquer totalement la pauvreté vaut mieux que tous les discours sur la modernité et les nouvelles technologies dont Macron nous abreuve pour mieux faire refleurir misère et épidémies. Dans le même temps la Chine accomplit son saut vers les nouvelles technologies et propose au monde une vision optimiste de son devenir parce qu’elle a un parti communiste… Pendant que la France voit le sien accepter sa fin sous prétexte de modernité, cherchez l’erreur ? Ou voyez la victoire du capital dans l’abandon de tout projet révolutionnaire? 
 
(note de danielle Bleitrach)
French.china.org.cn | Mis à jour le 12. 02. 2018 | Mots clés : Xi Jinping

Le secrétaire général a transmis son message aux villages appauvris du Sichuan

 

Xi Jinping, secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), a rendu visite dimanche à des familles pauvres dans une région montagneuse de la province du Sichuan, où il a parlé de la réduction de la pauvreté avec les villageois.

 

M. Xi a passé deux heures à bord d’un bus qui allait de Xichang aux villages de Sanhe et Huopu, tous deux situés dans le district de Zhaojue, dans la préfecture autonome Yi de Liangshan (sud-ouest de la Chine).

 

Depuis le 18e Congrès national du PCC tenu en 2012, M. Xi s’est rendu dans des régions touchées par la pauvreté chaque année avant la fête du Printemps. L’année dernière, il a rendu visite à des familles pauvres de Zhangjiakou, dans la province du Hebei, pour discuter avec les gens de la manière d’augmenter leurs revenus.

 

En février 2016, M. Xi s’est rendu à Jinggangshan, lieu de la première base révolutionnaire rurale du PCC, dans la province du Jiangxi (est), pour inspecter les efforts de réduction de la pauvreté menés dans la région. Au cours de sa visite, il avait déclaré que le pays ne devait laisser derrière lui aucune famille ni personne appauvrie.

 

« Les mesures et le travail visant à réduire et éliminer la pauvreté doivent être précis, et les politiques doivent être créées en fonction des (besoins des) ménages et des individus », avait ajouté M. Xi à Jinggangshan.

 

En décembre 2012, peu de temps après avoir été élu pour la première fois secrétaire général du Comité central du PCC, M. Xi s’est rendu dans le comté de Fuping, dans la province du Hebei, où il a bavardé avec le fermier Tang Rongbin dans sa maison.

 

« La tâche la plus ardue pour la Chine dans l’achèvement de la construction d’une société raisonnablement prospère se trouve dans les zones rurales, en particulier dans les régions frappées par la pauvreté », avait noté M. Xi lors de ce voyage.

 

Le PCC a fait la promesse solennelle de sortir de la pauvreté tous les résidents ruraux vivant en dessous du seuil de pauvreté actuel d’ici 2020. Ce sera la première fois dans les milliers d’années d’histoire de la Chine que la pauvreté extrême sera éliminée.

 

Le nombre de personnes vivant dans la pauvreté dans les zones rurales a été réduit de plus de 10 millions l’an dernier, a indiqué M. Xi dans son discours du Nouvel An 2018.

 

Alors qu’il discutait avec des législateurs du Sichuan lors de la session annuelle de l’Assemblée populaire nationale en mars dernier, M. Xi a indiqué avoir été extrêmement touché lorsqu’il a lu l’histoire d’élèves de la province obligés d’escalader des montagnes dangereuses pour aller à l’école tous les jours.

 

L’ensemble du processus de réduction de la pauvreté nécessite des politiques adaptées de lutte contre la pauvreté et des mesures précises, mais également parfois de la patience et de l’exactitude s’apparentant à « faire de la broderie », avait alors déclaré M. Xi aux législateurs du Sichuan.

 

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Source: french.china.org.cn

La Chine aspire à jouer un rôle plus important dans la reconstruction et le développement de la Syrie (ambassadeur)

La Chine aspire à jouer un rôle plus important dans la reconstruction et le développement de la Syrie (ambassadeur)

 

12 Février 2018

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Par : french.china.org.cn |  Mots clés : Syrie, Chine, reconstruction
French.china.org.cn | Mis à jour le 12-02-2018
 
La Chine souhaite jouer un rôle plus important dans le processus de reconstruction et de développement de la Syrie, en renforçant notamment son aide à ce pays ravagé par la guerre, a affirmé dimanche Qi Qianjin, ambassadeur de Chine en Syrie.
 

« Je pense qu’il est temps de concentrer nos efforts sur le développement et la reconstruction de la Syrie, et je pense que la Chine jouera un rôle accru dans ce processus, en apportant davantage d’aide au peuple et au gouvernement syriens », a déclaré l’ambassadeur à Xinhua, au cours d’une visite de l’Hôpital universitaire al-Muwasat de Damas.

 

La Chine a effectué plusieurs donations pour soutenir le secteur de la santé en Syrie. La dernière de ces donations a notamment permis la rénovation du département des urgences de l’hôpital al-Muwasat.

 

En janvier 2017, le gouvernement chinois avait déjà donné 1 million de dollars américains à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) afin de soutenir un projet humanitaire visant à répondre aux besoins des Syriens en matière de santé.

 

Ce projet comprenait notamment des soins médicaux aux réfugiés syriens, et l’amélioration des soins de base et de l’accès aux services de santé en Syrie.

 

M. Qi a espéré que les donations chinoises permettraient d’améliorer la qualité des services médicaux offerts au peuple syrien.

 

« Nous espérons que nos donations à cet hôpital et à d’autres organisations permettront d’offrir les meilleurs services possibles aux Syriens, et notamment aux malades. Ces donations sont en outre une preuve très claire de la profonde amitié qui unit les gouvernements et les peuples de Chine et de Syrie », a-t-il ajouté.

 

Esam Ameen, directeur de l’Hôpital universitaire al-Muwasat, a quant à lui exprimé sa gratitude envers la Chine pour son soutien.

 

« Le soutien de la Chine n’est pas seulement politique, mais aussi pratique. La Chine nous a beaucoup aidé, en contribuant notamment à la rénovation du département des urgences, qui offre des services vitaux au peuple syrien », a-t-il déclaré.

 

Elizabeth Hoff, représentante de l’OMS en Syrie, a elle aussi souligné la générosité de l’aide chinoise.

 

« Je voudrais remercier le peuple chinois par l’intermédiaire de son ambassadeur pour cette généreuse contribution, qui a permis de rétablir des services efficaces dans le département des urgences », a-t-elle déclaré. 

 

Source: Agence de presse Xinhua

La Chine sort 68 millions de personnes de la pauvreté en cinq ans

La Chine sort  68 millions de personnes de la pauvreté en cinq ans

 

11 Février 2018

Un autre défi pour la société chinoise est de lutter contre la pollution.

Un autre défi pour la société chinoise est de lutter contre la pollution. | Photo: Reuters

Publié 10 février 2018
Depuis cinq ans, l’administration chinoise fait des efforts pour réduire la pauvreté.
 

Quelque 68,53 millions de personnes sont sortis de  la pauvreté en Chine au cours des cinq dernières années, grâce aux efforts de l’Administration qui a lutté pour l’abaissement du taux de pauvreté qui est passé de 10,2% en 2012 à 3,1% en 2017

 

Le Bureau du Groupe pilote du Conseil d’Etat  pour la réduction de la pauvreté et le développement  a fait état de la réduction annuelle d’au moins 13 millions de personnes.

 

« Nous ne pouvons pas affirmer que nous avançons vers  la construction intégrale d’une société moyennement aisée si les zones rurales, en particulier les pauvres, n’obtiennent toujours pas un confort modeste », a déclaré le président Xi Jingping lors d’un voyage d’inspection à Fuping en 2012.

 

La Chine vise à éliminer la pauvreté absolue d’ici la fin de 2020 et  voit cet objectif comme l’une des «trois batailles difficiles» de la Chine pour les trois prochaines années. Ajouter à cette liste la prévention des risques et le contrôle de la pollution.

 

Pour la réduction de la pauvreté, la Chine a alloué plus de 196,1 milliards de yuans d’aide aux pauvres au cours des quatre dernières années, avec une augmentation annuelle moyenne de 19,22%.

 

Ils ont également accordé 283,3 milliards de yuans de prêts, ce qui a aidé huit millions de familles à sortir de la pauvreté.

 

Ils espèrent qu’avec ces politiques, plus de 10 millions de personnes sortiront de la pauvreté d’ici 2018 et alors ils  retireront 100 districts de la liste des entités touchées.

Qu’en est-il de la PROTECTION SOCIALE en CHINE ?

Publié par El Diablo

Qu’en est-il de la PROTECTION SOCIALE en CHINE ? 

 

Intervention de Mme Atindehou Laporte au colloque « Le droit à une protection sociale pour tous les peuples », organisé par la Fondation Gabriel Péri les 23 et 24 novembre 2017.

 

******

Un commentaire de Danielle Bleitrach sur son blog :

 

Voici un exposé très clair et précis sur ce que l’on pourrait appeler la longue marche vers la protection sociale de l’ensemble de la population chinoise, nous avons à la fois en effet une description très précise de l’évolution actuelle qui conforte le projet définir lors du 19e congrès « vers une société de moyenne aisance », en tenant compte des contraintes économiques et sociales mais aussi en contribuant à leur transformation. Il en est ainsi de la contrainte territoriale, en particulier de la distinction ville campagne, déjà définie par Marx comme l’inégalité de base. Il faut aussi bien mesurer que le dépassement (au sens dialectique du terme conservation et abolition) des contraintes traditionnelles a d’abord une dimension économique et sociale mais elle introduit aussi une dimension juridique et va vers un début de reconnaissance du droit individuel sur le collectif, tout en maintenant la prééminence de ce dernier.

 

En écoutant cet exposé sur la manière dont le parti communiste chinois dans le socialisme de marché garde le cap sur la satisfaction des besoins de la population y compris les plus pauvres et tend vers l’égalité alors même que les réformes économiques comme également la politique de l’enfant unique développent les inégalités.On perçoit mieux ce qu’est exactement le socialisme à la chinoise et le rôle du parti communiste chinois.

 

Une telle description est à comparer (y compris avec la référence à l’UE) avec la volonté d’amélioration et de conquête de droits de la Chine avec la politique d’abandon de ces droits et conquêtes sociales dans notre propre pays dont le modèle de sécurité sociale demeure pourtant une référence y compris pour les Chinois.

 

D.B.

Remy Herrera, l’économie chinoise, le socialisme ou la crise…

Remy Herrera, l’économie chinoise, le socialisme ou la crise…

 

06 Février 2018

 

The National interest : L’Amérique peut rencontrer un autre Mao en Chine

The National interest : L’Amérique peut rencontrer un autre Mao en Chine

 

01 Février 2018

 

Voici un groupe conservateur qui n’attends rien de bon d’un Chine qui resterait trop communiste. Ce texte qui sort toutes les propagandes habituelles sur le communisme demeure néanmoins réjouissant tant on sent ces gens complètement paumés non seulement l’énigme est chinoise mais elle est communiste et éprise de nouvelles technologies. Que faire? je dois dire que ce matin j’écoutais l’analyse de la paysannerie écrasée par le monopole de la grande distribution, dans le fond le capital en est au stade où les intérêts privés ont le monopole des prix comme l’eut la planification « stalinienne », mais sans aucune référence aux intérêts prolétariens, ni à la nation.Résultat si on prétend les faire acheter à un prix décent ils iront s’approvisionner en Pologne puisque l’UE c’est ça, la mise en concurrence des salariés et des producteurs.Donc nous en sommes bien au stade suprême. Pareil pour l’intelligence artificielle, qu’en fera un groupement privé comme google? Alors que les Chinois sont optimistes, et ils voient dans les nouvelles technologies de l’emploi, des opportunités, alors que nous nous en avons peur ou adoptons des stratégies individuelles perdantes. Qui’est-ce qui vaut mieux la loi des monopoles financiarisés ou un parti communiste qui donne des objectifs qui peuvent y compris se concilier avec des objectifs collectifs spontanés autant que l’initiative individuelle et dont tout le problème est de ne pas se laisser gagner par les intérêts privés, ce qui n’est pas rien…

 

(note et rtraduction  de danielle Bleitrach)


 

L’année prochaine marque le soixante-dixième anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine (RPC). Mao Zedong et ses collègues révolutionnaires ont construit  un nouvel état, fier et indépendant. IL ‘était aussi autoritaire et meurtrier. Cette époque semblait révolue, mais l’oppression avec des connotations totalitaires est revenue en RPC. Que devrait faire l’Amérique?

 

L’histoire de la Chine est longue et torturée. Autrefois un grand empire qui dominait ses voisins, il s’est replié sur lui-même, loin derrière ses voisins et les puissances occidentales plus lointaines. La dynastie a stagné et a été humiliée par des étrangers. Le renversement des Mandchous en 1911 et l’ascension de Sun Yat-sen ont offert l’espoir, mais la république de nom  a été déchiré  par les conflits de seigneur de guerre, l’invasion japonaise et la guerre civile. Il y avait beaucoup à critiquer dans le règne de Chiang Kai-shek, mais ses défauts pâlissaient comparés à ceux de Mao Zedong, le révolutionnaire qui vint dominer la vie dans le pays le plus peuplé du monde.

 

Sur la place Tiananmen, le 1er octobre 1949, Mao proclama l’établissement de la République populaire de Chine: «Nous nous sommes levés.» Les communistes devinrent la nouvelle élite, avec la direction qui s’installa à Zhongnanhai, un complexe bien gardé à côté de l’ancienne cité interdite, qui abrita les empereurs.

 

Au début de son règne, Mao a orchestré des campagnes contre des «propriétaires terriens» et d’autres «contre-révolutionnaires», tuant jusqu’à cinq millions de personnes – peut-être plus – et en envoyant des millions de plus dans des camps de travail. En 1956, Mao lança la Campagne des Cent Fleurs, qui offrait aux Chinois l’occasion de s’exprimer librement: «Que cent fleurs fleurissent», a-t-il déclaré. Cependant, Mao se lassa bientôt de la critique et commença le mouvement anti-droitier répressif, ponctué par des exécutions à grande échelle, atteignant peut-être les millions.

 

À peine un an après la formation de la RPC, Mao a insisté sur l’intervention de Pékin dans la guerre de Corée, qui a sacrifié peut-être 200 000 vies chinoises, y compris le fils de Mao, pour sauver la dynastie Kim.

 

En 1958 est venu le « Grand Bond en avant », destiné à industrialiser rapidement la Chine. Avec la nourriture détournée vers les villes et à l’étranger pour l’exportation, les gens dans les provinces sont morts de faim. Ceux qui ont résisté ont été arrêtés, torturés et parfois tués. Après avoir perdu toute influence, il lance en 1966 la Révolution Culturelle Prolétarienne contre ses ennemis: il en résulte une lutte de pouvoir xénophobe / guerre civile qui consume beaucoup de ses vieux collègues, laissant toute une génération sans éducation ni compétences.

 

Les estimations du nombre total de personnes décédées sous l’homme connu sous le nom d ‘«empereur rouge» se situent entre trente-cinq millions et un nombre stupéfiant de 100 millions de personnes. Alors qu’il n’entendait pas beaucoup de ces morts, ses politiques ont créé l’horreur humaine.

 

Seule sa mort en 1976 a finalement libéré le peuple chinois. La réforme économique suivit bientôt, avec peut-être la plus grande réduction de la pauvreté en si peu de temps dans l’histoire humaine. Bien qu’il subsiste d’importants écarts de richesse entre les régions, même les résidents ruraux vivent beaucoup mieux que leurs parents. Et malgré des défis significatifs – banques lourdement endettées, entreprises publiques démesurées, démographie vieillissante biaisée, investissements gouvernementaux politisés – la RPC devrait continuer à croître, même si elle n’est plus à la vitesse de l’éclair ces derniers temps.

 

De plus, l’autonomie personnelle s’est considérablement élargie. Sur tant de décisions autrefois contrôlées par l’Etat, les gens sont libres de vivre leur vie, en dehors de la politique, de toute façon. Même les étrangers, à quelques exceptions près, sont libres d’obtenir un visa, d’acheter un billet d’avion, d’entrer dans la RPC, de se rendre dans une ville éloignée, de réserver une chambre d’hôtel, acheter des produits PRC, vendre des produits occidentaux et engager des citoyens chinois. J’ai trouvé que l’entrée en Chine était plus facile que le retour en Amérique – les fonctionnaires chinois n’ont jamais fouillé mon ordinateur ou mes bagages, contrairement aux agents frontaliers américains.

 

Enfin, l’atmosphère intellectuelle s’est détendue. La coopération académique a augmenté, les étudiants ont critiqué la censure, les groupes libéraux chinois ont tenu des conférences, les VPN ont contourné les contrôles Internet et plus encore. L’opposition politique était verboten, mais le Parti communiste chinois (PCC) avait peu de crédibilité. Il était rempli d’opportunistes, critiqué par les cadres de gauche et déchiré par la corruption. Alors que la démocratie n’était pas imminente, il y avait de l’espoir que les contacts occidentaux, le développement économique et l’accroissement des richesses conduiraient à une société chinoise de plus en plus libre. Le point final exact était moins important que l’augmentation de l’espace individuel en dehors du contrôle de l’état.

 

Pas que cela éliminerait le défi géopolitique posé par Pékin. Beaucoup de jeunes, quels que soient leurs points de vue sur les contrôles Internet et la culture occidentale, sont des nationalistes enragés. Ils ne sont pas enclins à être enseignés par l’Occident et croient que la Chine éternelle possède la mer de Chine méridionale, Taiwan et plus encore. En effet, une Chine démocratique pourrait être plus sensible aux passions publiques nationalistes. Mais cette inquiétude semblait se situer loin dans le futur.

 

Puis est arrivé Xi Jinping.

 

Il a souvent été comparé à Mao Zedong, en termes de pouvoir qu’il a amassé. Mais le plus important est son rôle en tant qu’anti-Gorbatchev et même anti-Xiaoping. L’augmentation de son autorité personnelle est une priorité évidente. Mais c’est aussi l’autonomisation de l’Etat. Presque partout, son gouvernement a attaqué la liberté intellectuelle, l’accès à Internet, la liberté religieuse, les affaires étrangères et l’autonomie économique. Ces attaques sont également évidentes à Hong Kong, une fois promis autonomie juridique, et même contre Taiwan, avec une recrudescence récente des menaces et des comportements intimidants. Peut-être le plus troublant est la tentative de créer un système totalitaire de surveillance et de contrôle social. C’est le maoïsme qui renaît par la magie de la haute technologie plutôt que par les informateurs démodés et les capitaines de blocs.

 

Le président Xi pourrait finalement échouer dans sa tentative de refaire la PRC. Sa campagne anti-corruption politiquement menée a créé plus que  quelques ennemis. Beaucoup ont peur d’être ciblés ensuite; À un moment donné, Xi pourrait être confronté à un défi important. Le peuple chinois peut aussi devenir plus rétif à mesure qu’ils deviennent plus riches: le PCC a perdu toute prétention morale à la direction, et le pouvoir brutal  ne peut poursuivre  si longtemps.

 

Pourtant, il semble naïf d’imaginer que la Chine est destinée à évoluer dans une direction plus libérale. Ce qui signifie que l’Amérique est susceptible de faire face à une Chine plus riche et plus autoritaire contrôlée par un président qui prend des mesures consciemment anti-occidentales. Comme l’administration Trump l’a reconnu dans sa dernière stratégie de sécurité nationale, la PRC ressemble plus à un concurrent qu’à un collaborateur. Si oui, alors quoi?

 

 

Même les gains économiques apparents de la Chine sont inférieurs à ce qu’ils semblent être. Pékin, comme le «vilain américain» de la guerre froide, a trouvé l’Afrique difficile. L’initiative Belt and Road fait face à une multitude de défis. Poursuivre des projets politiquement dirigés avec des gouvernements pauvres, inefficaces et corrompus à travers le monde est une prescription pour un échec coûteux. Et plus la République populaire de Chine est forte, plus les nations rebondissent, notamment dans son propre voisinage, alors que les pays d’Asie du Sud-Est sont de plus en plus favorables à la participation militaire des Indiens et des Japonais.

 

 Néanmoins, Washington ne peut ignorer la transformation qui s’opère en Chine. Alors que l’influence de l’Amérique sur les affaires intérieures de la RPC est extrêmement limitée, elle bénéficierait d’une société chinoise plus libérale. Le commerce offre aux Américains d’énormes avantages économiques, mais les investissements chinois, même dans les industries civiles, suscitent de plus en plus d’inquiétudes lorsque Pékin semble viser délibérément la démocratie libérale. Il est impératif pour Washington d’éviter la guerre – la République populaire de Chine ne serait pas une menace, et même si les États-Unis gagnaient le premier conflit, ce dernier ne serait que le premier. Il y a un siècle, en Allemagne, le nationalisme chinois serait probablement stimulé à initier un nouveau cycle. Pourtant, comment encourager les voisins souvent rebelles de la RPC à coopérer pour limiter ce qui menace d’être une superpuissance écrasante?
 

La politique américaine doit évoluer. L’une des seules certitudes est l’importance de ne pas traiter les Chinois comme des ennemis. Cependant, avec les événements en Chine qui vont dans la mauvaise direction, Washington devrait envisager sa réponse. La Chine reste beaucoup plus libre qu’elle ne l’était lorsque l’empereur rouge a régné. Mais jusqu’où le président Xi a l’intention d’aller n’est pas évident. Les États-Unis pourraient finir par se trouver face à une version plus rationnelle de Mao, dirigeant une Chine beaucoup plus puissante. Nous devrions commencer à nous préparer pour cette heure aujourd’hui.

 

Doug Bandow est Senior Fellow à l’Institut Cato. Ancien assistant spécial du président Ronald Reagan, il est l’auteur de Tripwire: la politique étrangère de la Corée et des États-Unis dans un monde en mutation et co-auteur de The Conundrum: les relations trépidentées de l’Amérique avec la Corée du Nord et du Sud .

 

Image: Reuters

Chine : Un nouvel équilibre des pouvoirs

Chine : Un nouvel équilibre des pouvoirs

 

29 Janvier 2018
Encore un texte fondamental pour approcher un peu la réalité de ce qu’on appelle le socialisme à la Chinoise, le rôle du parti communiste, la manière dont il sélectionne et forme les dirigeants (référence à Confucius) pour que le parti communiste dompte « la bête sauvage » (Hegel) de la société civile avec ses intérêts particuliers du capitalisme… Beaucoup de lucidité et une perspective collective que l’on donne à voir
 
(note de Danielle Bleitrach)


Publié par  le 29/01/2018

Le Parti communiste chinois (PCC) doit sa force à tous les gens du peuple qui ont combattu à ses côtés pour parvenir à l’indépendance nationale et qui l’ont aidé à remporter la guerre civile contre le Guomindang.

 

Toutefois, le Parti est sorti du droit chemin à un moment de l’histoire : il a commis des erreurs de jugement et de calcul qui ont eu des conséquences tragiques comme la Révolution culturelle (1966-1976) ou la mise en œuvre de politiques hostiles aux échanges et au commerce, ce qui a provoqué une perte de dynamisme économique.

 

Après s’être rendu compte de ses erreurs, le PCC a réajusté ses politiques, sorti la population chinoise de la pauvreté et accompli un miracle économique qui a étonné le monde entier.

[…]

 

Tous ces progrès n’auraient pu voir le jour si la Chine avait adopté un système multipartite sur le modèle occidental. Sous la gouvernance du PCC, la Chine est exempte des querelles politiques partisanes comme l’on voit en Occident, ce qui explique en partie pourquoi la nation chinoise parvient toujours à établir un consensus pour avancer en accord avec les intérêts de la grande majorité des citoyens.

 

Dans une large mesure, le PCC a perpétué les traditions confucianistes et construit un prodigieux système de sélection des dirigeants sur la base de leurs mérites et de leurs performances. Par exemple, la plupart des décideurs aux plus hautes sphères du pouvoir ont exercé au moins deux fois plus longtemps que les secrétaires du Parti ou les gouverneurs au niveau provincial.

[…]

 

Aux États-Unis, le pouvoir du capital affiche un avantage sur les pouvoirs politique et social. Influencé par le capital, le pouvoir politique américain manque d’indépendance et de neutralité, n’ayant d’autre choix que de céder aux exigences émanant des divers intérêts personnels.

 

De la même façon, le pouvoir du capital a imprégné le pouvoir social dans ses moindres aspects. Cela ne fait aucun doute au vu de sa capacité à contrôler les médias traditionnels et à fixer l’agenda social du pays. Si le penchant actuel en faveur du pouvoir du capital n’est pas rectifié à temps, il est fort probable qu’une nouvelle crise, encore plus grave, se déclenche. Pourtant, pas l’ombre d’une réforme pour s’attaquer à ces problèmes n’est en vue.

 

En Chine, il est impossible pour les 100 Chinois les plus riches d’influencer le Bureau politique du Comité central du PCC ; alors qu’aux États-Unis, les quelque dix magnats les plus fortunés peuvent façonner les politiques de la Maison-Blanche.

 

Dans le cas de l’Europe, les forces sociales peuvent souvent mettre à mal le processus de décision. La plupart du temps, de cette situation naît un dilemme où les gens ont tendance à privilégier le gain personnel aux dépens des objectifs collectifs et de long terme. Face à ce manque de consensus dans la démocratie européenne, il est difficile pour les gouvernements de poser des bases solides pour la réforme.

 

Le pouvoir politique en Chine a, dans l’ensemble, réussi à conserver son indépendance et sa neutralité au cours d’une trentaine d’années de réforme et d’ouverture, malgré la croissance rapide de ses pouvoirs social et du capital. En Chine, le pouvoir du capital est limité dans une large mesure par les forces politiques et sociales, le rendant incapable d’imposer un diktat politique. Certes, le fossé entre les riches et les pauvres s’est élargi ces dernières années, mais le pouvoir politique en Chine a majoritairement réussi à garantir l’élévation constante du niveau de vie des catégories modestes.

 

Dans le même temps, le pouvoir social en Chine a hérité d’une tradition d’égalitarisme, de telle sorte que la société chinoise est presque toujours encline à limiter le pouvoir du capital. Cet équilibre entre les pouvoirs politique, social et du capital a permis à la Chine d’éviter le genre de crise financière et crise de la dette qu’ont connu les États-Unis, tout en faisant de la vaste majorité des Chinois les bénéficiaires du développement rapide du pays.

[…]

 

Après vingt années passées à travailler/étudier à l’étranger et à voyager dans une centaine de pays et régions, j’en suis arrivé à la simple conclusion que la structure du parti chinois et sa gouvernance de type méritocratique transcende le modèle occidental, comme l’illustrent l’amélioration continue du bien-être de la population et la hausse du taux de satisfaction de l’opinion publique quant à l’approche chinoise pour la modernisation.

 

Le 5 octobre 2016, le centre de recherche américain Pew Research Center a publié les résultats d’un sondage, révélant que les Chinois se montrent optimistes vis-à-vis de l’avenir économique à long terme. « Environ 82 % pensent que les enfants qui grandissent aujourd’hui au pays bénéficieront d’une meilleure situation financière que leurs parents », indique le rapport. Il fait remarquer que « l’attitude positive du peuple chinois contraste nettement avec le pessimisme observé aux États-Unis et dans la plupart des pays européens ».

 

ZHANG Weiwei, Un nouvel équilibre des pouvoirs, Chine au présent, 23/10/2017.

 

Lire aussi :
• ZHANG Weiwei, réforme du système politique et vox populi, Chine au présent, 04/03/2011.
• Eric X. LI, L’histoire de deux systèmes politiques, Chine en Question.
• XIXe Congrès du Parti communiste chinois, Agence de Presse Xinhua – Beijing Information – Centre d’Informations Internet de Chine – Chine au présent.
• Dossier documentaire Chine, Monde en Question.
• Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

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L’armée chinoise recrute les meilleurs scientifiques pour développer la technologie quantique et l’IA

L’armée chinoise recrute les meilleurs scientifiques pour développer la technologie quantique et l’IA

 

28 Janvier 2018

Mécanique quantique

 

Comme le dit un spécialiste : « vous êtes en 2018, la Chine se prévoit en 3018! » Elle le fait en prévoyant à sa manière, en tablant sur les nouvelles technologies pour faire face à la puissance américaine jusqu’ici supérieure à tous les autres pays réunis. Il serait trop coûteux de prétendre se développer sur le modèle américain, il faut innover et le faire dans un système de protection du pays qui permette d’annuler les effets de la supériorité militaire de l’adversaire. Cela relève des arts martiaux et de la projection dans l’avenir sur le millénaire.

 

(note de Danielle Bleitrach)


RENSEIGNEMENT MILITAIRE
 
La Chine regarde vers l’avenir alors qu’elle se lance dans une mission visant à développer des technologies de pointe afin de devenir la nouvelle superpuissance militaire.
 
La Chine a sélectionné 120 meilleurs spécialistes pour travailler dans un important institut de recherche afin de promouvoir le développement de l’intelligence artificielle et des technologies quantiques pour des applications militaires, rapporte le South China Morning Post, citant les médias d’Etat.Il a été rapporté que l’Armée populaire de libération de Chine (APL) a attiré des experts pour travailler à l’Académie chinoise des sciences militaires, avec plus de 95% de chercheurs titulaires de doctorats dans certains domaines spécialisés en technologie quantique et intelligence artificielle.La publication note qu’une telle mesure est entreprise alors que Pékin a l’intention de devenir une superpuissance militaire et technique et de rattraper les forces armées américaines. « Le président Xi Jinping a lancé une refonte et une modernisation massives de l’armée du pays et il a déclaré dans un discours donné à l’académie des sciences militaires en juillet dernier que la Chine devrait construire des instituts de technologie militaire de classe mondiale ».
 

Collin Koh, un expert militaire a déclaré à la publication, que l’objectif de la Chine d’entrer dans ces domaines technologiques militaires est également dû à sa stratégie militaire qui vise à « annuler par des moyens asymétriques la supériorité militaire générale américaine dans les points chauds régionaux envisagés tels que le détroit de Taiwan ». Un groupe dirigé par Pan Jianwei à l’Université des Sciences et Technologies de Chine, est l’une des équipes qui dirigent la recherche chinoise sur la technologie quantique. Selon l’analyste, la Chine pourrait tirer un avantage militaire si elle pouvait apprendre à appliquer des percées dans la technologie quantiqueLes technologies quantiques permettent le développement d’équipements et d’armes modernes allant de nouveaux satellites capables de suivre les aéronefs militaires jusqu’à la fissuration de codes ennemis cryptés.« La technologie quantique pourrait changer la donne et l’intégration réussie de la technologie quantique dans les forces militaires régulières de la Chine pourrait profondément modifier l’équilibre de la sécurité régionale, qui est déjà en faveur de Pékin », a déclaré Ben Ho, chercheur à Nanyang. Université, a déclaré au South China Morning Post.
 

La Chine appelle les autres pays à venir « faire un tour » pour examiner son développement

La Chine appelle les autres pays à venir « faire un tour » pour examiner son développement

 

28 Janvier 2018

CHINE

La Chine ne fermera jamais ses portes au reste du monde et pratique le gagnant-gagnant dans la paix, et elle conseille aux autres pays d’examiner la manière dont elle conçoit son propre développement  avant de lui prêter de sombres desseins tels que les décrits Trump

 

(note de Danielle Bleitrach)


La Chine appelle les autres pays à « faire de l’auto-stop »  face à leur développement à grande vitesse tout en défendant fermement leurs droits et leurs intérêts, a déclaré jeudi une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

 

Les médias ont rapporté que certains responsables américains ont déclaré que la Chine faisait du bon travail pour promouvoir le libre-échange, mais pratiquait en réalité un protectionnisme radical.

 

La porte-parole Hua Chunying a déclaré que le monde sait quel pays est en train de promouvoir le protectionnisme, en se concentrant sur les intérêts de son pays et en adoptant des tactiques d ‘« appauvrissement du voisin ».

 

Les dirigeants chinois ont répété que la Chine ne fermerait jamais sa porte au reste du monde, a indiqué M. Hua, ajoutant que le pays avait pris des mesures pragmatiques pour faciliter le contrôle de l’accès au marché financier à la fin de l’année dernière.

 

Liu He, un haut responsable chinois qui a récemment participé au Forum économique mondial tenu à Davos, en Suisse, a également expliqué la détermination de la Chine à continuer d’ouvrir et de sauvegarder le multilatéralisme et le système commercial multilatéral, a indiqué Hua.

 

Liu Il est membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois et directeur du Bureau général du Groupe exécutif central pour les affaires économiques et financières.

 

Résistance avec le Quotidien du Peuple en ligne

De Gaulle et la Chine

De Gaulle et la Chine

 

28 Janvier 2018

Cet homme était disons un « conservateur » pour être modéré, mais il avait un sens de l’histoire qui manque singulièrement aux valets du capitalisme actuellement. résultat il y a dans ce diagnostic et le choix politique de liens diplomatiques une vision d’une grande lucidité, anticommuniste mais lucide. Comme l’était son appréciation sur Staline, il sait voir le rôle du communisme dans le développement et dans l’émergence de la modernité pour une nation. En outre comme il est lui-même un nationaliste, un passionné exalté de la grandeur française, il apprécie la manière dont il peut s’émanciper des contraintes de l’alliance avec les Etats-Unis. Il table enfin sur la division entre l’URSS et la Chine parce qu’il mesure bien comment l’URSS de Khrouchtchev et de ses successeurs vont tenter de mettre en lisière la Chine en perdant le bénéfice de l’aide fournie et qui n’a pas été ménagée.

 

Extrait de la conférence de presse du 31 Janvier 1964 où de Gaulle explique pourquoi la diplomatie française envoie des ambassadeurs en République Populaire de Chine.

 

La Chine prête à promouvoir la confiance mutuelle et la coopération avec la Russie en 2018, déclare Xi Jinping

La Chine prête à promouvoir la confiance mutuelle et la coopération avec la Russie en 2018, déclare Xi Jinping

 

Publié le par anonyme

xinhua 2017-12-31 18:04:02

Le président chinois Xi Jinping s'est déclaré prêt dimanche à travailler avec son homologue russe, Vladimir Poutine, pour raffermir la confiance politique et stratégique mutuelle et développer la coopération pragmatique bilatérale dans tous les domaines.


Dans son message de voeux du Nouvel An adressé à M. Poutine, M. Xi a adressé, au nom du gouvernement et du peuple chinois, ses sincères salutations et ses meilleurs voeux au président et au peuple russes.


La Chine cherche à promouvoir la coordination stratégique internationale avec la Russie et à obtenir de nouveaux fruits dans le développement des relations bilatérales, a-t-il déclaré.


Notant que 2018 et 2019 seront des années de coopération et d'échanges entre les deux pays aux niveaux locaux, M. Xi a déclaré que ces initiatives stimuleraient les échanges locaux en Chine et en Russie, contribueraient à raffermir leur longue amitié et renforceraient la recherche d'un développement et d'une prospérité pour les deux pays.


M. Xi a souligné que des progrès importants ont été accomplis dans le développement du partenariat stratégique global de coordination entre la Chine et la Russie au cours de l'année qui vient de s'écouler, ajoutant que les deux parties se sont fermement soutenues sur les questions concernant leurs intérêts fondamentaux respectifs et ont obtenu rapidement des résultats dans le cadre de l'initiative chinoise "La Ceinture et la Route", en collaboration avec l'Union économique eurasiatique, dont la Russie est membre.


Le président chinois a également fait observer que les grands projets stratégiques des deux pays sont en bonne voie et que la coopération dans l'innovation et l'agriculture, ainsi que les échanges entre les peuples et les médias, sont en plein essor.


La Chine et la Russie ont également maintenu une coordination étroite et efficace dans les affaires internationales et régionales, apportant une contribution importante à la préservation de la paix et de la stabilité dans le monde, a ajouté M. Xi. 

source: http://french.cri.cn/news/china/685/20171231/72055.html

En réponse à Trump, la Chine propose que les États-Unis abandonnent la mentalité de guerre froide

En réponse à Trump, la Chine propose que les États-Unis abandonnent la mentalité de guerre froide

 

22 Décembre 2017
L’Assemblée générale de l’ONU a condamné, ce jeudi 21 décembre, à une large majorité la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d’Israël. Sur les 193 pays membres, 128 ont voté en faveur de cette résolution dont la France, la Russie et la Chine, neuf contre et 35 pays ont fait le choix de s’abstenir. Le président américain Donald Trump avait promis d’observer de près ce scrutin, menaçant de représailles financières les Etats qui apporteraient leur soutien à ce texte. Un exemple parmi d’autres de ce que la Chine dénonce ici, étant bien entendu que le cas palestinien est plus symbolique alors que le point  le plus dangereux de la stratégie américaine demeure la Corée du nord. Ce que la Chine n’ignore pas dans sa mise en garde et elle dénonce surtout le caractère versatile de cette politique qui adopte une attitude et son contraire. Le ton est agacé et ferme.
 
(note de Danielle Bleitrach)


 

GÉOPOLITIQUE

Mardi dernier (19), la Chine a exhorté les États-Unis à cesser délibérément de fausser leurs intentions stratégiques et d’abandonner la mentalité de guerre froide et le concept dépassé du jeu à somme nulle.

 

La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying a fait ces remarques lors d’une conférence de presse en réponse au rapport sur la stratégie de sécurité nationale américaine publié récemment.

 

Lundi, le président américain Donald Trump a annoncé la stratégie de sécurité nationale, qualifiant la Chine et la Russie de « rivales » et de « puissances rivales » de Washington, qui tentent de saper les intérêts nationaux américains sur tous les fronts.

Selon le rapport, la Chine et la Russie érodent la sécurité et la prospérité américaines et finissent par renverser l’ordre mondial défini par Washington.

 

« La Chine reste attachée à la voie du développement pacifique et adhérer fermement à la stratégie d’ouverture de bénéfice mutuel et des résultats avantageux pour tous », a déclaré Hua, notant que le pays a toujours été un constructeur de maintien de l’ordre international et la paix mondiale, ce qui contribue au développement global.

 

Hua a souligné que la Chine est confiante dans sa voie de développement et que les réalisations chinoises sont reconnues par la communauté internationale. Il a souligné que les tentatives de tout pays de déformer la vérité seront vaines.

 

« La Chine ne cherchera jamais le développement au détriment des intérêts d’autres pays, et n’abandonnera jamais ses propres droits et intérêts légitimes », a dit Hua.

 

La Chine est le plus grand pays en développement du monde, tout comme les États-Unis sont le plus grand pays développé, a ajouté Hua, ajoutant que les deux pays sont les deux plus grandes économies du monde. devrait partager de larges intérêts communs.

 

« En ce qui concerne les relations entre la Chine et les Etats-Unis, la coopération est le seul choix correct pour les deux pays », a déclaré M. Hua, ajoutant que les différences entre les deux pays ne sont pas surprenantes puisque les deux sont de grandes puissances.

 

Selon Hua, la Chine et les Etats-Unis doivent traiter leurs différends de manière adéquate, en se basant sur le respect des intérêts principaux et des préoccupations mutuelles.

 

« Nous attendons des Etats-Unis qu’ils mènent les relations sino-américaines d’une manière objective et rationnelle et honorent leurs engagements », a souligné M. Hua, soulignant que le maintien de relations bilatérales saines et stables est le bon choix pour le bien-être des deux pays. peuples et la communauté internationale.

 

 Ambassade à Washington

 

En réponse à la récente stratégie de sécurité nationale des États-Unis, le porte-parole de l’ambassade de Chine à Washington a déclaré que la Chine resterait toujours attachée à la paix mondiale, au développement mondial et à l’ordre international.

 

Le diplomate chinois a déclaré que la paix et le développement sont des thèmes de l’époque actuelle et des aspirations communes de tous. Tous les efforts contre cette option sont inappropriés et seront finalement rejetés par le temps.

 

De plus, toute tentative de placer les intérêts nationaux de certains pays au-dessus des intérêts des autres et de la communauté internationale reflète un égocentrisme qui ne mène nulle part mais à l’auto-isolement, a ajouté le porte-parole de l’ambassade chinoise.

 

Les fondements du développement de la Chine résident dans le bien-être de la population, dans le développement  du pays et dans la paix et la prospérité mondiales.

 

Le fait que les États-Unis considèrent la Chine comme une nation rivale, contrairement à sa demande précédente de développer un partenariat avec la Chine et va à l’encontre de la nature interdépendante des relations sino-américaines ainsi que les efforts des deux pays sur les questions de coopération bilatérale et pays.

 

Pour Pékin et Washington, la coopération conduit à des résultats positifs, alors que la confrontation entraîne des pertes réciproques, a déclaré le porte-parole, ajoutant que le meilleur conseil serait que les États-Unis s’habituent au développement de la Chine et l’acceptent.

 

Le porte-parole chinois a suggéré qu’il était grand temps pour les Etats-Unis d’abandonner leur mentalité de somme nulle dépassée et de travailler avec la Chine sur un objectif commun de prospérité et de progrès pour tous.

 

Source: Xinhua; traduction de Maria Helena de Eugênio pour la Résistance

Promouvoir la construction d’une communauté de destin pour l’humanité par Yang Jiechi

Promouvoir la construction d’une communauté de destin pour l’humanité par Yang Jiechi


21 Décembre 2017

 

Résultat de recherche d'images pour "le parti communiste chinois et la paix dans le monde"

Publié le:2017-12-12 |

Par:Yang Jiechi | Source:Quotidien du Peuple Le 19 novembre 2017

 

Dans le rapport présenté au XIXe Congrès national du Parti communiste chinois (PCC), le Secrétaire général Xi Jinping déclare, dans la partie concernant les affaires étrangères, que « le PCC est un parti politique qui œuvre pour le bonheur du peuple chinois et qui lutte pour le progrès de l’humanité. Le PCC se dévoue toujours à sa mission d’apporter de nouvelles et plus grandes contributions à l’humanité ». En plus des promesses, les communistes chinois ont aussi agi pour mettre en œuvre leur mission. Depuis le XVIIIe Congrès national du PCC, le Secrétaire général Xi Jinping a démontré la vision ambitieuse et la pensée stratégique d’éminents politiciens et stratèges, et formulé la pensée importante de la construction d’une communauté de destin pour l’humanité. Cette proposition est une partie importante de la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, elle est aussi une contribution majeure de la Chine contemporaine pour le monde. La construction d’une communauté de destin pour l’humanité est déjà devenue le drapeau que la Chine porte pour mener la tendance des temps et diriger les progrès de la civilisation humaine.

 

I. Nous devons saisir avec précision le contexte de cette pensée sur la construction d’une communauté de destin pour l’humanité.

 

Le rapport au XIXe Congrès signale que « le monde traverse actuellement une période de grands développements, de profondes transformations et de vastes réajustements, mais la paix et le développement demeurent les deux thèmes majeurs de notre époque ». L’humanité vit dans le même village planétaire, toutes les nations sont interdépendantes et unies dans leur destin et forment, de plus en plus, une communauté de destin où l’avenir des uns est directement lié à celui des autres. Aucun pays ne pourra relever seul les défis auxquels l’humanité est confrontée, aucun pays ne pourra non plus se replier sur soi-même. Les pays du monde doivent travailler ensemble dans un esprit responsable pour sauvegarder et promouvoir conjointement la paix et le développement dans le monde.

 

Parallèlement, le monde est davantage caractérisé par la multi-polarisation, la mondialisation économique, l’informatisation de la société et la diversification des cultures ; les pays émergeants et les pays en développement ont évolué à toute vitesse, modifiant progressivement le rapport de forces international et remodelant les relations internationales, tant sur le plan théorique que pratique. Le centralisme occidental, dans lequel la scène internationale est dominée par l’Occident et les relations internationales sont orientées par les valeurs occidentales, est en crise. Les idées, systèmes et modèles de gouvernance occidentaux ont de plus en plus de difficultés à s’adapter à la nouvelle conjoncture internationale et à l’évolution de notre temps : les problèmes s’accumulent et s’aggravent, les puissances occidentales ne parviennent même plus à gérer leurs propres soucis. La communauté internationale appelle de toute urgence à une nouvelle conception de gouvernance mondiale, à la construction d’un nouveau système et un nouvel ordre international plus justes et plus équitables, afin d’ouvrir de meilleures perspectives pour l’avenir de l’humanité.

 

Depuis le XVIIIe Congrès national du PCC, sur la base des grands progrès réalisés depuis la fondation de la Chine nouvelle et en particulier depuis la politique de la réforme et l’ouverture, notre pays a connu des changements historiques, et au cours de son développement, un nouvelle horizon historique s’est ouvert à notre pays : le socialisme à la chinoise est entré dans une nouvelle ère. L’entrée du socialisme à la chinoise dans une nouvelle ère signifie que la nation chinoise, qui avait connu toutes sortes d’adversités depuis l’ère moderne, est en voir d’accomplir un grand bon, passant d’une nation qui s’est relevée, à une nation riche, puis à une nation puissante, et ouvrant de ce fait de belles perspectives pour son grand renouveau; cela montre que le socialisme scientifique est reparti de l’avant avec une vitalité débordante dans la Chine du XXIe siècle et que l’étendard du socialisme à la chinoise flotte haut levé dans le monde; cela prouve que le socialisme à la chinoise a progressé sans cesse dans sa voie, sa théorie, son régime et sa culture, ouvert aux pays en développement une voie plus large pour leur modernisation, offert des choix totalement nouveaux aux nations et pays désireux d’accélérer leur développement en toute indépendance, et apporté à l’humanité la sagesse et la solution chinoises pour résoudre ses problèmes. Sur le plan international, la conception et la pratique de la Chine en matière de gouvernance sont hautement appréciées et largement acceptées, son influence internationale, son pouvoir rassembleur et sa force constructive se sont renforcés. La Chine est confiante et capable de contribuer davantage au monde.

 

C’est dans ce contexte que le Secrétaire général Xi Jinping, partant du développement historique de l’humanité, a pris la responsabilité d’un dirigeant de grande puissance et mené des réflexions approfondies sur des sujets majeurs concernant l’avenir et le destin de l’humanité, comme « quel monde à construire et comment construire ce monde ». Ses discours importants sur la construction d’une communauté de destin pour l’humanité, donnés à différentes occasions, forment un système idéologique scientifique et complet avec un contenu riche et une signification profonde. L’idée d’édifier une communauté de destin est une innovation majeure de la diplomatie chinoise contemporaine. Saluée et appréciée par la communauté internationale, cette proposition a été écrite à plusieurs reprises dans des documents des Nations Unies et son influence internationale ne cesse de croître.

 

II. Nous devons comprendre le riche contenu de la pensée sur la construction d’une communauté de destin pour l’humanité.

 

Le contenu de la pensée sur la construction d’une communauté de destin pour l’humanité est extrêmement riche et profonde. Son essence est de « construire un monde beau et propre, caractérisé par la paix durable, la sécurité globale, la prospérité commune, l’ouverture et l’inclusion », comme le souligne le rapport au XIXe Congrès du PCC. La construction d’une communauté de destin pour l’humanité nécessite donc nos efforts dans cinq domaines : la politique, la sécurité, l’économie, la culture et l’écologie.

 

(1) Sur le plan politique, ce qu’il nous faut, c’est le respect mutuel et des discussions d’égal à égal ; il faut abandonner résolument la mentalité de la guerre froide et la politique du plus fort, et suivre une nouvelle voie pour les relations entre Etats qui privilégie le dialogue et le partenariat, plutôt que les confrontations et les alliances. Les guerres fréquentes dans l’histoire de l’humanité nous enseignent une leçon douloureuse, la paix est le désir simple mais vrai de tous les peuples. Pour construire un monde de paix durable, les pays doivent établir un réseau de partenariats d’égalité, de négociation et de compréhension mutuelle. Les grandes puissances sont souvent les facteurs déterminants de la guerre et de la paix, elles portent donc une plus grande responsabilité dans la promotion de la paix et du développement des régions et du monde en général. De ce fait, les grands pays doivent respecter les intérêts et les préoccupations de chacun, contrôler les conflits et les différends et s’efforcer d’établir un nouveau type de relation qui privilégie le respect mutuel et la coopération gagnant-gagnant, plutôt que les confrontations. Face aux pays plus petits, les grandes puissances doivent aussi les traiter sur un pied d’égalité, en abandonnant résolument la domination, la menace et l’intimidation. Les Etats doivent chercher à résoudre les conflits et différends par des consultations égales et privilégier le dialogue avec un maximum de sincérité et de patience. Ce n’est qu’en suivant ensemble la voie du développement pacifique que tous les pays pourront se développer ensemble et coexister en paix.

 

(2) Sur la question de la sécurité, il faut régler les différends par le dialogue et la discussion, coordonner les actions pour répondre aux menaces de sécurité conventionnelles et non conventionnelles, et lutter contre toute forme de terrorisme. A l’heure actuelle, les enjeux de la sécurité internationale sont complexes, les menaces de sécurité conventionnelles et non conventionnelles s’entrecroisent, le contenu et l’étendue de la question de la sécurité ne cessent de grandir. Dans le même temps, pour l’humanité, les intérêts et la sécurité des uns sont de plus en plus liés à ceux des autres. Dans une telle situation nouvelle, la mentalité de la guerre froide, les alliances militaires et la poursuite de sa propre sécurité absolue sont devenus impraticables, toutes les nations devraient établir une nouvelle conception de sécurité commune, globale, coopérative et durable. Les préoccupations légitimes en matière de sécurité de chaque pays doivent être respectées, que le pays soit grand ou petit, puissant ou faible, riche ou pauvre et quelque soit ses traditions historiques ou culturelles et son système social. Il faut défendre les principes fondamentaux des relations internationales, notamment le respect de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale et la non-ingérence dans les affaires intérieures d’autrui, et coordonner le maintien de la sécurité face aux menaces traditionnelles et non-traditionnelles. Tous les pays ont le droit de participer aux affaires de sécurité régionale sur un pied d’égalité et ils ont tous la responsabilité de sauvegarder la sécurité régionale. Les problèmes de sécurité doivent être résolus par le dialogue, la consultation et la coopération mutuellement bénéfique.

 

(3) Dans le domaine économique, il faut œuvrer, dans un esprit de solidarité, pour la facilitation et la libéralisation du commerce et de l’investissement, et faire évoluer la mondialisation économique dans le sens d’une plus grande ouverture, de l’inclusion, de l’universalité, de l’équilibre et du principe gagnant-gagnant. Le développement demeure la première tâche de chaque pays, l’objectif d’une communauté de destin pour l’humanité est le développement commun. Pour construire cette communauté, tous les pays doivent s’efforcer d’améliorer leur capacité de développement et élaborer des stratégies de développement adaptées à leurs conditions nationales, en tenant compte de leurs propres caractéristiques. Tous les pays doivent également travailler ensemble pour sauvegarder la paix internationale afin d’améliorer l’environnement de développement international, promouvoir le développement par la paix et consolider la paix par le développement. Il faut aussi renforcer la gouvernance économique mondiale et améliorer le mécanisme de coordination du développement afin de créer un environnement institutionnel extérieur favorable. Tous les pays, en particulier les grandes économies, doivent renforcer la coordination des politiques macroéconomiques. Nous devons défendre les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), soutenir un système commercial multilatéral ouvert, transparent, inclusif et non discriminatoire et promouvoir la construction d’une économie mondiale ouverte. Nous devons optimiser le développement de partenariats, faire de notre mieux pour résoudre le problème de développement déséquilibré entre le Nord et le Sud et au sein des régions, de sorte que le développement profite à la population tout entière et donne un nouvel élan à la croissance globale durable.

 

(4) En ce qui concerne la culture, il faut respecter la diversité des civilisations : transcender les malentendus par les échanges entre civilisations ; les conflits, par leur inspiration réciproque : et la supériorité d’une quelconque civilisation, par la coexistence de toutes. La diversité des civilisations humaines est la caractéristique fondamentale du monde et la source du progrès de l’humanité, car la diversité crée des échanges, les échanges apportent l’intégration et l’intégration engendre des progrès. Les différentes civilisations incarnent la sagesse et les contributions des différents groupes ethniques sans aucune distinction de supériorité. Leurs différences ne doivent donc pas devenir la source des conflits mondiaux, mais le moteur du progrès de la civilisation humaine. Nous devons préconiser les échanges culturels qui favorisent la coexistence des différences, l’intégration et la tolérance, apprendre d’autrui dans la concurrence et développer ensemble à travers les échanges et l’apprentissage mutuel, de sorte que les échanges entre civilisations renforcent l’amitié entre les peuples, promeuvent le progrès de l’humanité et sauvegardent la paix mondiale.

 

(5) Enfin, sur la question de l’écologie, il faut édifier une société respectueuse de l’environnement et coopérer pour faire face au changement climatique, afin de préserver la Terre, notre foyer unique. L’homme peut utiliser la nature et transformer la nature, mais il demeure une partie de la nature. L’homme doit donc prendre soin de la nature et ne peut jamais aller au-delà des limites de la nature. L’édification de la civilisation écologique concerne l’avenir de l’humanité. Nous devons remédier aux contradictions apportées par la civilisation industrielle et chercher la coexistence harmonieuse entre l’homme et la nature, afin de réaliser le développement durable du monde et le développement global de l’homme. Il faut sensibiliser l’homme au respect de la nature, à l’harmonie avec la nature et à la conservation de la nature, il faut garder à l’esprit l’idée que la nature vaut son pesant d’or. Nous devons poursuivre sur la voie du développement vert, durable, circulaire et à faible teneur en carbone, mettre en œuvre de manière équilibrée le Programme de développement durable à l’horizon 2030, agir pour relever les nouveaux défis tels que le changement climatique, continuer à explorer une voie de développement civilisée qui permettrait une production avancée, de la prospérité et un environnement sain, et construire un système écologique global basé sur le développement vert et au respect de la nature.

 

III. Nous devons comprendre l’importance de la pensée sur la construction d’une communauté de destin pour l’humanité.

 

L’idée de bâtir une communauté de destin pour l’humanité répond aux exigences de notre époque, rassemble les différents pays et dessine un plan pour que la société humaine réalise un développement commun, une prospérité durable, une paix et une sécurité à long terme. C’est une idée importante tant pour la paix et le développement de la Chine que pour la prospérité et le progrès du monde.

 

(1) La pensée sur la construction d’une communauté de destin pour l’humanité est la continuité et le développement des idées et propositions diplomatique élaborées par la Chine nouvelle à différents moments. Depuis la fondation de la Chine nouvelle, notamment depuis la réforme et l’ouverture, les communistes chinois attachent une grande importance à l’édification d’un ordre international pacifique, stable, juste et rationnel. Le PCC a proposé un grand nombre de notions diplomatiques importantes dont les cinq principes de la coexistence pacifique, la mise en place d’un nouvel ordre politique et économique international, la voie de développement pacifique et l’édification d’un monde harmonieux. Depuis le XVIIIe Congrès national du PCC, sur la base de ces pensées diplomatiques majeures, le Comité central du Parti avec Xi Jinping comme noyau dirigeant encourage les innovations dans les théories et pratiques diplomatiques, le Comité a donc présenté une série de nouvelles idées, dont l’initiative de « la Ceinture et la Route » ainsi que les conceptions en matière de gouvernance mondiale, de sécurité, de développement, de justice et de mondialisation. Ces idées, qui inaugurent la diplomatie de grands pays à la chinoise, forment la pensée diplomatique du Secrétaire général Xi Jinping. Au cœur de la pensée diplomatique de Xi Jinping, l’idée de bâtir une communauté de destin pour l’humanité est devenue une stratégie pour défendre et développer le socialisme à la chinoise dans la nouvelle ère, elle démontre pleinement notre confiance dans notre voie, notre théorie, notre régime et notre culture et reflète la vision globale de la Chine qui intègre son propre développement au développement du monde, en prenant l’esprit universel et en assumant le rôle d’une grande nation. Grâce à la direction de la pensée diplomatique de Xi Jinping, la Chine se rapproche progressivement du centre de la scène mondiale, pour jouer pleinement son rôle de grande puissance, promouvoir la construction d’une communauté de destin pour l’humanité et contribuer à l’humanité.

 

(2) L’idée de bâtir une communauté de destin pour l’humanité traduit la poursuite commune de toutes les cultures et de toute l’humanité. La paix, le développement, l’équité, la justice, la démocratie et la liberté sont les valeurs communes poursuivies par toute l’humanité. Depuis l’ère moderne, l’humanité cherche à établir un ordre international juste et raisonnable, à sauvegarder la paix mondiale et à réaliser la prospérité commune. Après la Seconde guerre mondiale, les forces de justice telles que la Chine ont établi ensemble les principes fondamentaux régissant les relations internationales par des documents importants comme la Charte des Nations Unies. Ces principes, y compris l’égalité de la souveraineté, la non-intervention dans les affaires intérieures d’autrui et le règlement pacifique des différends internationaux, montrent que la communauté internationale désire une paix durable, le maintien de l’équité et de la justice. Avec l’accentuation de la mondialisation et notamment l’apparition des défis mondiaux saillants, tous les pays sont liés l’un à l’autre et interdépendants dans la quête d’intérêts et de sécurité, la conscience d’une communauté de destin s’intensifie de jour en jour, devenant une puissante énergie positive pour promouvoir la coordination et la coopération internationales. La culture traditionnelle chinoise met en avant l’harmonie et l’intégration, elle appelle à voir le monde comme une communauté et préconise de respecter les cultures et les valeurs d’autrui pour faire de ce monde une communauté harmonieuse. Ainsi, dans les nouvelles conditions historiques, la proposition de Xi Jinping sur l’édification d’une communauté de destin pour l’humanité reflète non seulement la réalité des relations internationales contemporaines, mais aussi les valeurs communes de l’humanité et la culture de la nation chinoise. Cette proposition traduit le désir universel et l’aspiration commune de toute l’humanité, et éveille une résonance internationale de plus en plus étendue et forte.

 

(3) L’idée de bâtir une communauté de destin pour l’humanité répond aux changements historiques dans la relation entre la Chine de la nouvelle ère et le monde. En effet, un nouvel horizon s’ouvre pour la relation entre la Chine et le monde. D’une part, la Chine et le monde sont de plus en plus liés l’un avec l’autre et interdépendants. En 2016, la Chine a contribué à plus de 30% de la croissance mondiale, ses exportations et importations ont atteint 3 600 milliards de dollars, soit plus de 30% de son PIB. La Chine est devenue une véritable puissance commerciale. Les faits ont prouvé que le développement de la Chine dépendait de celui du monde, et vice-versa. Par conséquent, le rêve chinois du grand renouveau de la nation chinoise est étroitement lié aux rêves des autres peuples et au rêve mondial d’une paix durable et d’une prospérité commune. D’autre part, les progrès remarquables que la Chine a réalisés depuis la politique de la réforme et l’ouverture seraient impossibles sans le soutien et la coopération du monde. La Chine montante a la responsabilité et la capacité de partager des opportunités de développement avec d’autres pays. A mesure que la Chine se développera mieux, elle sera plus à même de façonner et d’influencer le monde et de contribuer davantage à la communauté internationale. Née de la sagesse chinoise, l’idée de bâtir une communauté de destin pour l’humanité est une solution chinoise que notre pays apporte à la gouvernance mondiale.

 

(4) L’idée de bâtir une communauté de destin pour l’humanité indique la voie à suivre pour le développement mondial et l’avenir de l’humanité. A l’heure actuelle, le développement mondial est confronté à divers problèmes et défis : la mondialisation connaît des difficultés, l’économie mondiale est au ralenti depuis plusieurs années, les écarts de développement se creusent, les conflits régionaux sont fréquents, des défis mondiaux tels que le terrorisme et les flux de réfugiées restent à relever, et les différents courants de pensées sociales et politiques s’entrechoquent. Que se passe-t-il avec le monde et que devrions-nous faire ? La communauté internationale est confuse quant à l’avenir de notre développement. Dans ce contexte, le Secrétaire général Xi Jinping a répondu à la demande commune de la communauté internationale. Il a saisi avec précision l’évolution historique de la relation entre la Chine et le monde, et proposé les visions de la Chine sur la mondialisation et la gouvernance mondiale, dans ses discours donnés à la réunion annuelle de Davos du Forum économique mondial et au siège de l’ONU à Genève. Il a exposé, de manière complète, l’idée importante de la construction d’une communauté de destin pour l’humanité. L’essence de cette proposition se résume par l’appel à la paix et non la guerre, au développement et non la pauvreté, à la coopération plutôt que la confrontation, et au bénéfice mutuel plutôt que la victoire unilatérale. Par conséquent, l’idée de l’édification d’une communauté de destin pour l’humanité fait face aux questions majeures dans le monde d’aujourd’hui et dissipe la plus grande confusion éprouvée par les peuples du monde, en indiquant la direction à suivre pour le développement du monde et l’avenir de l’humanité.

 

IV. Nous devons promouvoir la construction d’une communauté de destin pour l’humanité en améliorant davantage notre travail dans les affaires étrangères de la nouvelle ère.

 

L’édification d’une communauté de destin pour l’humanité est non seulement le noble objectif de la diplomatie chinoise, mais aussi la responsabilité commune et la mission historique de tous les pays du monde. Nous devons mettre pleinement en œuvre cette proposition, créer sans relâche une nouvelle conjoncture de la diplomatie chinoise et travailler main dans la main avec tous les autres pays pour construire ensemble un monde meilleur.

 

(1) Nous devons défendre la voie du développement pacifique et œuvrer pour l’établissement d’un nouveau type de relations internationales basées sur le respect mutuel, l’équité et la justice, ainsi que la coopération et le principe gagnant-gagnant. Nous ne devons pas abandonner nos rêves à cause de la complexité de la réalité, ni cesser la poursuite de nos idéaux parce qu’ils nous semblent trop loin à atteindre. Face à un monde d’espoir et de défis, nous devons œuvrer sans relâche pour l’établissement d’un nouveau type de relations internationales, afin de jeter des bases solides pour bâtir une communauté de destin pour l’humanité. Nous allons donc porter haut levé le drapeau de la paix, du développement, de la coopération et du principe gagnant-gagnant, persévérer dans notre principe de la politique étrangère fondé sur la sauvegarde de la paix mondiale et le développement commun, et continuer à développer une coopération amicale avec tous les pays sur la base des Cinq principes de la coexistence pacifique. Nous défendrons fermement l’équité et la justice internationales et nous opposerons à l’hégémonie et à la politique du plus fort. Nous défendrons résolument nos intérêts nationaux, mais nous ne chercherons jamais à réaliser hégémonie et expansion.

 

(2) Nous devons améliorer notre disposition diplomatique et établir un réseau mondial de partenariats. Pour cela, la Chine se concentra, d’une part, sur la coopération avec ses pays voisins et les grandes puissances, et développera, d’autre part, la coopération avec les pays en développement comme la base du réseau, afin de développer une coopération amicale globale avec tous les pays, à travers la coopération multilatérale. Notre pays continuera également à intensifier la coopération pragmatique, à renforcer la confiance politique mutuelle, à consolider la base sociale et à améliorer la construction institutionnelle, afin de réaliser une disposition diplomatique tous azimuts, de multi-niveaux et tridimensionnelle. La Chine promouvra la coordination et la coopération entre les grands pays en contribuant à l’établissement d’un cadre de relations globalement stables et équilibrées entre eux. En appliquant le principe dit « amitié, sincérité, réciprocité et inclusion », et la politique diplomatique de bon voisinage et de partenariat avec ses voisins, la Chine développera en profondeur ses relations avec eux. Persévérant dans la juste conception de la justice et des intérêts, et dans le principe dit « sincérité, pragmatisme, amitié et franchise », la Chine renforcera la solidarité et la coopération avec les autres pays en développement.

 

(3) Nous devons faire une promotion active de l’initiative de « la Ceinture et la Route » et œuvrer pour une conjoncture d’ouverture tous azimuts. Notre pays continuera à s’ouvrir encore davantage, rapprochera le projet de « la Ceinture et la Route » de la construction d’une communauté de destin pour l’humanité et de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, en créant de nouvelles plates-formes de coopération international et de nouveaux moteurs de développement commun. La Chine suivra fidèlement le principe de « consultations réciproques, d’engagement commun et de partage des fruits », poursuivra l’esprit de la Route de la Soie caractérisé par la coopération pacifique, l’ouverture, l’inclusion, l’apprentissage mutuel, le bénéfice mutuel et le principe gagnant-gagnant, renforcera la coordination en matière de politique, l’interconnexion des infrastructures, la facilité du commerce, l’intégration financière et la compréhension mutuelle entre les peuples avec les pays situés le long de « la Ceinture et la Route », afin de faire de ce projet une route de la paix, de la prospérité, de l’ouverture, de l’innovation et de civilisations.

 

(4) Nous devons participer, de façon plus active, à la gouvernance mondiale et guider la direction des mutations dans l’ordre international. La Chine restera fidèle à la conception de gouvernance mondiale dite « concertation, synergie et partage » et participera activement à la réforme et au développement du système de gouvernance mondiale. Notre pays soutient fermement un ordre international et un système international fondés sur les objectifs et les principes de la Charte des Nations Unies, préconise la démocratisation des relations internationales et prononce pour le renforcement de la représentation et l’extension du droit de parole des pays en développement dans les affaires internationales. La Chine participera de manière constructive au processus de règlement des questions brûlantes aux niveaux international et régional, répondra activement à toutes sortes de défis mondiaux et défendra la paix et la stabilité internationales et régionales. Elle soutiendra le système commercial multilatéral, promouvra la libéralisation et la facilitation du commerce et de l’investissement international et s’opposera à toute forme de protectionnisme. La Chine continuera à jouer son rôle en tant que grand Etat responsable et apportera continuellement la sagesse et la force chinoises pour l’amélioration du système de gouvernance mondiale.

 

(5) Nous devons renforcer la direction centralisée et unifiée du Parti sur les affaires étrangères. Nous étudierons et mettrons en œuvre la pensée diplomatique du Secrétaire général Xi Jinping, renforcerons les « Quatre Confiance » et les « Quatre Consciences », renforcerons le mécanisme du travail axé sur la conception de haut niveau, la planification stratégique et la coordination générale, afin de veiller à ce que la politique étrangère et les dispositions stratégiques du Comité central du Parti soient effectivement mises en œuvre. Notre pays continuera la réforme pour améliorer son mécanisme institutionnel de travail diplomatique et renforcera la coordination globale dans les affaires étrangères des différents domaines et services. Elle intensifiera les échanges et la coopération avec des partis et des organisations politiques de tous les pays, en particulier les échanges avec l’extérieur de l’Assemblée populaire, de la CCPPC, de l’armée, des collectivités locales et des organisations populaires. La Chine intensifiera aussi les efforts pour former un contingent de cadres hautement qualifiés et polyvalents, avec des compétences tant pour les affaires intérieures qu’extérieures.

Propositions
 

 

La Chine accueillera un symposium israélo-palestinien

La Chine accueillera un symposium israélo-palestinien

 

21 Décembre 2017
 
Au cours d’un entretien privé avec Mahmoud Abbas, le président chinois s’est engagé à mettre en place un dialogue trilatéral avec les Palestiniens et les Israéliens
 

AFP 18 juillet 2017, 20:35 1
Cette nouvelle qui réapparaît à la une, va dans le bon sens, parce que les Chinois sont effectivement intéressés à la paix dans cette région, sur le plan politique ils soutiennent la revendication des palestiniens a avoir un Etat et une partie de Jérusalem comme capitale,et sur le plan économique et culturel, ils ont une collaboration tout à fait fructueuse avec Israël. De surcroît, ils souhaitent qu’une de leur route de la soie vers l’Afrique passe par Israël-Palestine et les conversations sont bien entamées là dessus (c’est le chemin emprunté par homo sapiens). Ils veulent donc la paix et cherchent là aussi à éteindre les incendies allumés par les USA. Paradoxalement l’initiative de Trump et l’indignation qu’elle a créé dans le monde a eu aussi des effets positifs, elle a réveillé ceux que l’indifférence des potentats arabes à l’égard de la Palestine avait endormi, renforcé l’urgence d’un règlement qui ne soit pas celui de Netanaoyoun-Trump et donc créé les conditions pour que se renforce un rassemblement autour du respect du droit international, c’est à ce rassemblement le plus large qu’il importe d’oeuvrer.
 
(note de danielle Bleitrach)

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le président chinois, à Pékin, le 18 juillet 2017. (Crédit : AFP PHOTO / POOL / Mark Schiefelbein)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le président chinois, à Pékin, le 18 juillet 2017. (Crédit : AFP PHOTO / POOL / Mark Schiefelbein)
 

La Chine accueillera un symposium entre Israéliens et la Palestiniens dans le courant de l’année, a déclaré mardi un responsable chinois, alors que le président Xi Jinping s’est engagé à contribuer « sans cesse » à la paix au Proche-Orient.

 

Lors d’une rencontre mardi avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le président chinois a réaffirmé le soutien de Pékin à une solution à deux Etats, avec un Etat palestinien indépendant et pleinement souverain dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale.

Au cours d’un entretien privé avec M. Abbas, M. Xi s’est engagé à mettre en place un dialogue trilatéral avec les Palestiniens et les Israéliens, tout en indiquant que la Chine organiserait ensuite un symposium de paix pour aider à la résolution du conflit, a déclaré à la presse le vice-ministre des Affaires étrangères Zhang Ming, sans autres détails.

 

Le président chinois a qualifié les Palestiniens « de vrais bons amis, partenaires et frères » de la Chine, affirmant que son pays « soutiendrait inébranlablement les relations bilatérales sino-palestiniennes et ferait aller de l’avant le processus de paix au Proche-Orient ».

 

M. Abbas a déclaré que son pays « espérait voir la Chine jouer un plus grand rôle dans le processus de paix »

 

La Chine appelle à faire de Jérusalem-Est la capitale de la Palestine indépendante

La Chine appelle à faire de Jérusalem-Est la capitale de la Palestine indépendante

 

17 Décembre 2017
La Chine appelle à faire de Jérusalem-Est la capitale de la Palestine indépendante
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le vice-Premier ministre chinois Liu Yandong Jérusalem le 29 mars 2016. Ronen Zvulun / Reuters
 
La Chine a exprimé son soutien à la création d’un Etat palestinien indépendant, basé sur les frontières d’avant 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.
 

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a fait cette déclaration lors d’une conférence de presse officielle, jeudi, t en répondant à des questions sur une déclaration par les nations musulmanes affirmant que Jérusalem-Est était la capitale de la Palestine.

 

L’Organisation de la coopération islamique (OCI) a fait cette annonce lors d’un sommet à Istanbul, mercredi, et a condamné la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël.

Islamic countries called for East  to be recognized as capital of  https://on.rt.com/8umm

 

 

Muslim leaders call for recognition of East Jerusalem as Palestinian capital — RT World News

Turkish President Recep Tayyip Erdogan has called on Washington to backtrack on its “unlawful and provocative decision” on Jerusalem.

rt.com

« La Chine comprend les préoccupations des pays islamiques sur le statut de Jérusalem, » a déclaré le porte – parole Lu Kang , selon Xinhua médias d’Etat, ajoutant qu’il appelle une « résolution sur la question, conformément aux résolutions pertinentes des Nations Unies et au consensus international. »

 

L’ONU considère Jérusalem-Est comme un territoire palestinien occupé, mais espère qu’un jour Jérusalem deviendra la capitale de deux États, Israël et la Palestine. La semaine dernière, l’ONU a confirmé que sa position reste inchangée à la lumière de l’annonce de Donald Trump selon laquelle les Etats-Unis reconnaîtraient Jérusalem comme la capitale d’Israël et déplaceraient son ambassade de Tel-Aviv.

 

La Chine a également appelé à un prompt rétablissement du dialogue entre Israël et la Palestine afin de trouver une solution globale et équitable à la question palestinienne.

 

Geng Shuang, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a exprimé ses inquiétudes la semaine dernière sur le fait que la déclaration de Trump déclencherait une escalade des tensions.

 

Le conflit pourrait également avoir un impact sur les précieux programmes d’investissement du pays en Israël. La Chine est maintenant le troisième partenaire commercial d’Israël après les États-Unis et l’Union européenne, et sa deuxième plus grande destination d’exportation.

 

En août, la Chine a révélé une proposition visant à mettre fin au conflit entre Israël et la Palestine. Les deux régions sont considérées comme des «partenaires importants» dans le cadre de l’initiative «Une ceinture, une route» de la Chine – un effort massif pour établir des liens commerciaux et d’infrastructures à travers l’Eurasie.

 

Le président Xi Jinping a déclaré à la Ligue arabe en 2016 que la Chine soutenait Jérusalem-Est en tant que capitale d’un État palestinien souverain. Il a également annoncé une subvention de 7,6 millions de dollars pour un projet d’énergie solaire visant à améliorer le bien-être des Palestiniens.

 

LIRE LA SUITE: La Chine soutient Jérusalem-Est en tant que capitale de l’Etat palestinien souverain – le président Xi

 

La décision prise par la Chine intervient alors que le Liban a annoncé son intention de transférer son ambassade à Jérusalem Est « occupée ».

 

Le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil s’est rendu sur Twitter pour dire qu’il avait demandé au président palestinien Mahmoud Abbas « d’échanger » des terres entre le Liban et l’Autorité palestinienne pour cette ambassade proposée.


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رفعت كتابا الى الحكومة لانشاء سفارة لبنان في القدس، عاصمة فلسطين وطرحت على الرئيس الفلسطيني تبادل اراض بين لبنان وفلسطين لهذه الغاية، فوعدني بالعمل سريعاً لتقديم عقار للبنان في القدس الشرقية… والى مجلس الوزراء اليوم لاتخاذ القرار ان شاء الله GB

Cependant, il est peu probable que l’annonce conduise à des actions concrètes. L’Etat d’Israël et ses fonctionnaires ne sont pas reconnus par le Liban et aucun contact officiel n’est maintenu. Il est donc difficile de savoir comment les responsables libanais pourraient construire à Jérusalem-Est sans l’approbation israélienne.

 

Quatre choses à savoir sur la Chine dans le cadre du XIXème congrès du Parti communiste

En 25 ans, la Chine a sorti de la pauvreté extrême 635 millions de personnes – soit le total de la population africaine

Quatre choses à savoir sur la Chine dans le cadre du XIXème congrès du Parti communiste

 

 

La communication médiatique occidentale sur le XIXème congrès du Parti communiste chinois a été affligeante. L’attention a presque exclusivement porté sur les “marionnettes du spectacle”, sur un seul homme et les spéculations à propos de l’hypothétique étendue de son pouvoir. Toutefois ce congrès ne portait pas sur la personne de Xi Jinping mais sur les changements et les défis fondamentaux du plus grand pays au monde. Mais nous n’avons pas appris grand chose à ce sujet, sinon quelques clichés éculés.

1. L’économie

Au cœur du congrès : le fait que la Chine se trouve dans une nouvelle ère de développement. L’expression “ère nouvelle” figurait 36 fois dans le discours du président Xi. L’ère ancienne s’est caractérisée par le développement rapide de l’économie et de la technologie, parallèlement à l’inégalité sociale et aux problèmes environnementaux.

 

L’ère nouvelle œuvre pour une croissance durable et équilibrée, une meilleure qualité de vie pour la population, davantage de participation et un rôle plus prépondérant sur la scène mondiale (1)

 

Nous donnons ci-après quelques informations contextuelles sur un certain nombre de domaines dans la société chinoise en pleine mutation, en plein “développement”, dans l’espoir de pouvoir étayer plus solidement les connaissances et ou les critiques.

 

Des chiffres qui donnent le tournis

 

Ces 35 dernières années la croissance a été tout bonnement phénoménale. Le PNB par habitant a été multiplié par 17, oui vous lisez bien, par 17. En comparaison, celui de l’Inde a quadruplé pendant la même période (2). Entre 2003 et 2013 l’économie des pays industrialisés a connu une croissance de 16%, en Chine elle a été de 165% et en Inde de 102% (3). En outre il ne s’agissait plus de “davantage des mêmes choses”, car la productivité elle aussi a bondi en avant. Aujourd’hui un ouvrier chinois moyen produit cinq fois plus qu’il y a vingt ans (4).

 

Pour rendre plus concrètement cette poussée de modernisation : tous les deux ans, la Chine produit autant de ciment que les Etats-Unis pendant tout le vingtième siècle (5). La Chine produit aujourd’hui autant d’acier que le reste du monde (6). En 15 ans la Chine a posé 20.000 km de voies ferrées pour des trains à grande vitesse, soit davantage que le reste du monde. D’ici 2025 elle prévoit encore 15.000 km de plus (7). Deux tiers de tous les aéroports en construction se trouvent aujourd’hui en Chine. D’ici 2020 il y aura 240 aéroports (8).

 

Il a fallu 150 ans à la Grande-Bretagne, là où la révolution industrielle a commencé, pour doubler son revenu par habitant. Aux Etats-Unis il a fallu 30 ans. En Chine c’est le cas tous les sept à dix ans, et en outre sur une bien plus grande échelle (9). Aujourd’hui le PNB chinois est plus élevé que celui de l’économie entière de 154 pays (10).

 

A son arrivée il y a cinq ans, le président Xi Jinping indiquait déjà qu’une transformation du modèle de croissance » était nécessaire. Le vieux modèle se basait sur l’exportation et sur des investissements dans l’industrie lourde, la construction et l’industrie manufacturière. Dans le nouveau modèle, le moteur est la consommation de masse (marché intérieur), l’augmentation du secteur des services et le progrès technologique (11).

 

Cette conversion est bien engagée. En 2005 le secteur des services représentait 41% du PNB, en 2016, 52%. Les exportations comptaient en 2005 pour 37% ; en 2016 elles avaient baissé à 20%. Par ailleurs la Chine n’est plus un pays de transit où les marchandises sont assemblées avec peu de bénéfice pour le pays même. Aujourd’hui la Chine ajoute 76 % de valeur à ses produits d’exportation. Dans l’UE ce chiffre est de 87% (12). La Chine est actuellement au sommet de l’innovation : 40 % de tous les brevets dans le monde sont chinois, soit davantage que ces trois pays réunis : les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud (13).

 

Caractéristiques chinoises

 

Dans le passé, Deng décrivait le passage progressif de l’économie planifiée à l’économie de marché par la métaphore : “Nous traversons la rivière en nous appuyant sur les pierres, à tâtons”. Cela, il n’en est plus question. L’économie chinoise est et reste un système hybride où l’Etat exerce un contrôle fort et autorise le marché dans certaines limites. C’est le socialisme dit “ à caractéristiques chinoises”.

Dans ce contexte le président chinois a répété à peu près ce qu’il disait déjà il y a cinq ans : les marchés doivent jouer “un rôle décisif” dans l’octroi de moyens, mais en même temps les autorités doivent jouer “un plus grand rôle” dans l’économie (14). Dans la pratique, il n’a pratiquement pas été question du premier point. Ces cinq dernières années nous avons assisté à une plus forte emprise des autorités sur l’économie, et ceci sur quatre terrains (15).

  1. Marchés financiers : le “ rôle décisif” visait surtout les marchés financiers. La formulation servait sans doute aussi à ne pas effaroucher les investisseurs étrangers. Quoi qu’il en soit, après le mini krach de la bourse chinoise en 2015 et la ruée sur le yuan, toute une série de déréglementations dans les marchés financiers ont été revues. Depuis 2016 il y a aussi davantage de restrictions sur les investissements étrangers d’entreprises chinoises, tant sur des entreprises d’Etat que sur des firmes privées (16).
  2. Extension du plan : jusqu’en 2010 la planification économique se limitait à neuf industries clés, comme l’acier, la pétrochimie et la construction navale. En 2010 sept secteurs y ont été ajoutés comme les énergies alternatives et les biotechnologies. En 2015, nouvelle extension, avec dix secteurs comme l’aéronautique, les équipements agricoles et les nouveaux matériaux (17).
  3. Consolidation des entreprises d’Etat. En novembre 2015 il est décidé que les efforts de réforme viseront principalement le “renforcement, l’optimisation et l’extension d’entreprises d’Etat”. En même temps la “privatisation” est rejetée. Avec la fusion de grandes entreprises d’Etat dans des entités encore plus grandes, les pouvoirs publics renforcent leur emprise sur l’économie. Les entreprises privées sont encouragées à ne prendre que de petites parts minoritaires dans les entreprises d’Etat. Entre 2006 et 2013 les actifs des entreprises d’Etat sont passés de 130% du PNB à 176% (18).
  4. Rôle plus important du parti. De grandes entreprises d’Etat cotées en bourse ont modifié leurs statuts afin d’ancrer le parti communiste, plutôt que l’Etat chinois, dans l’entreprise. On prévoit que davantage d’entreprises vont suivre. Le parti veut aussi davantage de membres du parti dans le haut management de l’entreprise. Bien sûr les cadres supérieurs gagnent bien leur vie, mais comparés à leurs collègues étrangers ils sont sous-payés. Ainsi le directeur de PetroChina gagne 200 fois moins que le PDG de Chevron (19).

Dans une économie avancée, la planification exige le traitement rapide d’une quantité gigantesque de données. Jusqu’à récemment c’était une tâche surhumaine et c’est peut-être une des raisons pour lesquelles l’économie soviétique a commencé à se gripper au début des années ‘80. Mais les progrès actuels de l’intelligence artificielle semblent rendre la chose possible. La grande entreprise chinoise en ligne Alibaba a déjà acquis une fameuse expertise dans ce domaine. Selon son fondateur Jack Ma “les Big Data rendront le marché plus malin et permettront de planifier et de prévoir les forces du marché, si bien que nous pourrons enfin réaliser une économie planifiée”. Sur base de Big Data, les économistes sont en train d’élaborer une économie hybride selon un modèle “planifié et conforme aux conditions du marché” (20).

 

Plusieurs formes différentes de propriété ont été autorisées dans l’économie chinoise. Dans des secteurs où la propriété d’Etat n’était pas nécessaire, comme la production d’articles de consommation, le petit commerce et les petits services, la propriété privée a été autorisée voire encouragée. Par ailleurs les rapports de propriété ne disent pas toujours tout du contrôle des pouvoirs publics sur l’économie.

 

Via l’attribution ou non de l’accès aux marchés publics ou aux crédits bon marché, les avantages fiscaux, l’accès aux fonds d’investissement publics, institutions financières et subventions etc., l’autorité centrale dirige des secteurs entiers sans avoir le contrôle direct sur les entreprises séparément. Le capital privé est le bienvenu aussi longtemps qu’il est au service des objectifs de l’autorité. Inversement, l’Etat peut aussi prendre ses distances par rapport à la gestion de ses entreprises sans renoncer à les détenir, parce que les limites à l’intérieur desquelles il faut travailler sont très claires (21).

 

Wu Jinglian, professeur à la China Europe International Business School de Pékin, le résume comme suit : « la présence de l’Etat reste grande, il maîtrise les courants financiers et fonctionne comme gardien de quasi toutes les décisions importantes, depuis les transactions foncières jusqu’aux fusions. Le contrôle ne se fait pas seulement à l’échelon le plus élevé. Les autorités locales participent aussi au fonctionnement d’une entreprise”. Le capital international ne peut y échapper. Selon leFinancial Times : “De cette manière, la Chine accueille le capital international à ses propres conditions et elle neutralise son pouvoir” (22).

2. Le social

Salaires et pouvoir d’achat

 

Presque partout dans le monde les salaires restent constants voire reculent. Même en Inde, dont la croissance surpasse celle de la Chine, les salaires sont restés constants. Ce n’est pas le cas en Chine, où ces dix dernières années les salaires moyens ont été triplés. Avec une augmentation de 10,5 %, c’est bien au-dessus de la croissance économique. Les Indiens gagnent à présent un cinquième de leurs voisins chinois. Ces quarante dernières années la consommation des ménages a augmenté de 7,7% par an, inflation comprise (23).

 

Il y a quinze ans des multinationales occidentales sont allées massivement en Chine en raison des faibles salaires. A présent le mouvement inverse est en train de s’amorcer. Les salaires moyens dans l’industrie chinoise ne sont plus inférieurs que de 20% à ceux du Portugal. En Bulgarie, Macédoine, Roumanie, Moldavie et Ukraine, dès 2013 les salaires minimum étaient déjà plus bas qu’en Chine (23).

La pauvreté et le fossé

 

Contrairement à beaucoup d’autres pays, la croissance économique en Chine s’accompagne d’un fort recul de la pauvreté. Entre 1978 et 2015 le revenu des 50% de Chinois les plus pauvres a augmenté de 400%. Pendant la même période il baissait de 1% aux Etats-Unis alors même que l’économie y croissait de 184%. Là-bas l’accroissement des richesses va exclusivement à la couche supérieure (25). Ces 25 dernières années, la Chine a tiré un nombre record de personnes de la pauvreté extrême : 635 millions – soit le total de l’Afrique noire à ce moment. Au rythme actuel l’extrême pauvreté sera éradiquée vers 2020 (26).

A présent que la majeure partie de la pauvreté a disparu, les autorités chinoises ne se concentrent plus tellement sur le développement des régions arriérées mais plutôt sur les individus pauvres, avec des programmes personnalisés. D’autres pays font de même, mais selon The Economist, “La Chine est un des rares pays en développement dotés d’une bureaucratie qui est suffisamment grande et solide pour réussir dans cette voie”.

 

Le Forum Economique Mondial est du même avis : “La Chine est sans aucun doute un leader mondial dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et de l’amélioration des résultats de santé. Le reste du monde peut tirer beaucoup d’enseignements de son expérience” (27).

 

Les pauvres y ont gagné, mais les Chinois les plus riches y ont gagné bien plus encore. Un grand fossé s’est donc creusé depuis les années ‘80. L’indice de Gini est passé de 29 à 41,5 – ce qui n’est guère une évolution positive (28). L’écart est le plus fort entre ville et campagne, entre régions les plus pauvres et provinces côtières. C’est surtout une conséquence d’une hausse de productivité plus rapide dans l’industrie et le secteur des services que dans l’agriculture (29).

 

Les dix dernières années ont vu un léger revirement et le coefficient de Gini a commencé à baisser. En 2009 le revenu moyen en ville était 3,3 fois plus élevé qu’à la campagne. Aujourd’hui il a baissé à 2,7 (30).

 

Il y a septante ans, la Chine était l’un des pays les plus pauvres du monde. Le PNB par habitant était la moitié de celui de l’Afrique (31). La population chinoise arrivait tout à fait en queue. Aujourd’hui, septante ans plus tard, elle acquiert lentement une position dans le peloton de tête, comme le montre le graphique ci-dessous. Sur l’axe horizontal figurent les déciles. 1 représente les 10% de plus pauvres, 10 représente les 10% des plus riches. L’axe vertical montre le pourcentage par région. La majeure partie de la population chinoise se situe entre le sixième et le neuvième décile de la population mondiale (32).

3. La géopolitique

L’encerclement

 

En 1992, un an après l’effondrement de l’Union soviétique, le Pentagone lançait une doctrine qui reste aujourd’hui le fil conducteur de la politique étrangère des Etats-Unis : “Notre objectif premier est d’empêcher qu’un nouveau compétiteur n’apparaisse sur la scène mondiale. Nous devons empêcher les concurrents potentiels ne serait-ce que d’aspirer à jouer un plus rôle au niveau mondial” (33).

 

Un rapport récent cite quatre pays qui sont les cibles potentielles d’une action militaire : l’Iran, la Russie, la Corée du Nord et la Chine (34). En dépit des roulements de tambour face à la Corée du Nord et de la rhétorique sur la Russie et l’Iran, c’est aujourd’hui en premier lieu la Chine qui est au centre du viseur. Tout autour de ce pays les Etats-Unis ont plus de trente bases militaires, points d’appui ou centres d’entraînement (petites boules sur la carte). D’ici 2020, 60% du total de la flotte sera stationnée dans la région (35). Vu sur une carte, il n‘est pas exagéré de dire que la Chine est cernée ou encerclée.

Face à cette surpuissance des Etats-Unis, la Chine est extrêmement vulnérable. Pour son commerce extérieur la Chine dépend à 90% du transport maritime. Plus de 80% du transport pétrolier doit passer par le détroit de Malacca (près de Singapour), où les Etats-Unis ont naturellement une base militaire. Washington peut ainsi fermer le robinet à pétrole, et actuellement la Chine n’a aucun moyen de défense à cet égard. Les Etats-Unis dépensent en armement plus de quatre fois plus que la Chine, et par habitant c’est quinze fois plus (36).

 

C’est dans ce contexte qu’il faut voir la construction de petites îles artificielles en mer de Chine méridionale, de même que la revendication d’une grande partie de cette zone. Contrôler les routes maritimes par lesquelles sont transportés son énergie et ses biens industriels a une importance cruciale pour Pékin. D’ailleurs aucun des six pays qui revendiquent des parties de la mer de Chine méridionale ne suit au pied de la lettre le code de conduite sur cette zone (37).

 

La stratégie d’Amsterdam

 

Pendant la majeure partie de l’Histoire, l’économie chinoise a été largement autosuffisante. Il n’y avait pas de pénurie de matières premières. Le pays pouvait se permettre de s’isoler du monde étranger et l’a souvent fait. Les principaux risques, vu l’étendue du pays, étaient d’ordre interne.

 

Aujourd’hui la situation est totalement différente. Le pays n’est plus autosuffisant. Avec 18% de la population mondiale il ne dispose que de 7% des terres agricoles fertiles et extrait seulement 5% du pétrole mondial. Proportionnellement les Etats-Unis ont 8 fois plus de minerai et la Russie 31 fois plus. En outre le pays produit beaucoup plus de biens qu’il n’en consomme lui-même. Pour toutes ces raisons le pays dépend aujourd’hui fortement de l’économie extérieure (38).

 

C’est dans ce cadre et aussi à cause de l’étreinte des Etats-Unis que le pays commence à mettre en œuvre une Nouvelle Route de la Soie. C’est un gigantesque réseau de routes maritimes et terrestres, lancé sous l’appellation “la Ceinture et la Route”. L’initiative implique des investissements, des financements, des accords commerciaux et des dizaines de zones économiques spéciales (ZES) d’une valeur de 900 milliards de dollars.

 

Au total le pays veut investir pas moins de 4.000 milliards de dollars dans 64 pays, pour une population de 3 milliards de personnes. Cela représente environ 30 fois l’aide au développement annuelle des pays riches. C’est donc de loin le plus grand programme depuis le plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe après la Deuxième guerre mondiale (39).

La Nouvelle Route de la Soie fait beaucoup penser à la stratégie commerciale des Pays-Bas il y a 400 ans. Les colonialismes britannique et français tentaient de conquérir et de soumettre des sociétés entières. Amsterdam par contre visait un “empire de commerce et de crédit”. Il ne s’agissait pas de territoires mais d’affaires. Ils construisirent une flotte gigantesque, installèrent des postes commerciaux sur les grandes routes tout en essayant de les sécuriser (40).

 

Tout comme les Néerlandais du XVIIème siècle, la Chine détient actuellement la plus grande flotte commerciale (41). Les ZES sont “des garnisons commerciales dans les chaînes d’approvisionnement internationales, grâce auxquelles la Chine peut sécuriser son commerce sans s’encombrer de soumission coloniale” selon Stratfor, un prestigieux laboratoire d’idées (42).

4. L’écologie

Une situation intenable

 

Depuis la fin des années ‘80 la Chine est entrée dans une phase de développement qui entraîne une grande pollution environnementale. En tant “qu’atelier du monde”, la Chine est forcément un des plus gros pollueurs de la planète. Plus de 40% du territoire agricole sont actuellement affectés, dont un cinquième de terres arables est même gravement pollué.

 

A Pékin la pollution de l’air a atteint jusque quarante fois le seuil d’alerte fixé par l’Organisation mondiale de la santé. Dans le nord du pays, la pollution atmosphérique a réduit de cinq années l’espérance de vie et elle cause un nombre inquiétant de cancers du poumon et d’accidents cardiovasculaires (43).

 

La Chine est maintenant largement le principal émetteur de CO2, même si les émissions par personne sont moitié moindres que celles des Etats-Unis et environ aussi importantes que celles de l’Europe. Elle n’est d’ailleurs responsable que de 11% des émissions cumulées, contre plus de 70% pour les pays industrialisés.

 

La situation n’en est pas moins intenable. Au rythme actuel, la Chine aura produit entre 1990 et 2050 autant de dioxyde de carbone que le monde entier entre le début de la révolution industrielle et 1970, ce qui est catastrophique pour le réchauffement climatique. Au rythme actuel de croissance il y aura d’ici vingt à trente ans une forte pénurie de pétrole partout dans le monde, avec toutes les conséquences économiques et géopolitiques qui en découlent (44).

 

Changement de cap

 

Il y a une petite dizaine d’années les autorités chinoises ont changé de cap en donnant la priorité à la problématique écologique. Lors du précédent congrès il y a cinq ans, cette priorité a été intégrée dans le plan de développement global du parti communiste. Toute une batterie de mesures ont fait leur apparition et la Chine s’est dotée d’une législation pionnière en matière d’environnement, même si l’application ne va pas de soi (45).

 

Mais c’était du sérieux. Mark Kenber, directeur de l’ONG The Climate Group, voit dans la Chine un exemple pour les autres pays en développement : “Il est clair que le plan chinois pour réduire les émissions de CO2 et construire une économie de technologie verte a été décidé au plus haut niveau du gouvernement. Nous espérons que l’Inde, le Brésil et d’autres pays suivront rapidement et feront preuve du niveau d’ambition nécessaire” (46).

 

Pour The Economist, qui est tout sauf un fan de la Chine : “Les dirigeants actuels comprennent le défi du changement climatique mieux que leurs prédécesseurs et peut-être mieux aussi que leurs collèges internationaux. Ils sont bons pour adopter des mesures prioritaires fortes" (47).

 

Ce changement de cap exprime les aspirations de la population. Selon un sondage de 2012, 57% des Chinois trouvaient l’environnement prioritaire, même au prix de la croissance économique. Un quart de toutes les manifestations dans le pays concerneraient l’environnement (48).

 

Leader mondial

 

Les résultats sont bien là. A court terme la Chine est devenue numéro 1 dans le domaine des panneaux solaires et de l’énergie éolienne. Actuellement 33% de l’électricité sont issus d’énergies vertes – contre 15% aux Etats-Unis. D’ici 2020, 360 milliards sont prévus pour susciter de nouvelles énergies vertes. Le constructeur automobile Chongqing Changan a fait savoir qu’il ne vendra plus de véhicules à moteur à combustion d’ici 2025.

 

L’industrie automobile française et britannique ne le prévoit que pour 2040, tandis que les constructeurs allemands refusent la transition. Dans un avenir proche la Chine veut séquestrer des millions de tonnes de CO2 sous terre. Le pays est également pionnier dans le domaine de la transmission sur grandes distances de grandes quantités d’énergie (par exemple à partir de champs de panneaux photovoltaïques éloignés), ce qui est très important pour l’approvisionnement des villes en énergie verte (49).

 

Au sommet pour le climat de Paris, la Chine avait promis de faire baisser ses émissions de dioxyde de carbone dès 2030. Entre-temps l’engagement a déjà été tenu. La Chine utilise de moins en moins de charbon. 2017 est la quatrième année consécutive d’émissions de dioxyde de carbone inchangées ou en baisse. “Les statistiques montrent que la Chine est en bonne voie de dépasser largement les objectifs climatiques de Paris” dit Lauri Myllyvirta, le porte parole de Greenpeace (50).

 

Avec son approche, Pékin fait d’une pierre quatre coups. 1. Les problèmes environnementaux sont affrontés. 2. Les entreprises les plus polluantes sont souvent aussi les moins rentables. L’élévation des normes environnementales entraîne une efficacité accrue dans la production. 3. La fermeture de ces entreprises polluantes permet d’aborder d’emblée la surcapacité dans un certain nombre de secteurs. 4. L’énergie verte est un secteur en croissance très prometteuse qui peut créer pas mal d’emplois.

 

Jennifer Morgan, directrice de Greenpeace, l’a résumé en ces mots : “La Chine est également motivée par de puissants intérêts nationaux quand elle s’attaque à la pollution ambiante tenace, veut limiter l’incidence de la crise climatique et augmenter les possibilités d’emploi dans le secteur des énergies renouvelables. Aujourd’hui en Chine, plus de 3,4 millions de personnes travaillent déjà dans le secteur de l’énergie verte”(51).

 

Le bouquet

 

Pas besoin d’être un expert pour pouvoir suivre les développements politico-économiques chinois. Le quotidien populaire China Daily qui tire à des millions d’exemplaires papier et digitaux, publie depuis plusieurs jours un petit jeu-concours éducatif filmé

 

Marc VANDEPITTE

Ng Sauw Tjhoi est journaliste à la VRT. Marc Vandepitte est analyste politique. Ils ont écrit à quatre mains le livre ‘Made in China, meningen van daar’, EPO – Radio 1, 2006.

Traduction du néerlandais : Anne Meert pour Investig’Action.

»» https://www.investigaction.net/fr/quatre-choses-a-savoir-sur-la-chine-...

1 Pour en savoir plus : cf notamment Carlens S., ‘Neue Kräfteverhältnisse’, Junge Welt, 25 octobre 2017 ; https://www.jungewelt.de/artikel/320656.neue-kr%C3%A4fteverh%C3%A4ltnisse.html Willems F., ‘Partijcongres bevestigt strategische lijn van Xi Jinping’ ; http://www.chinasquare.be/actueel-nieuws/congres-bevestigt-strategisch... Philips T., ‘Xi Jinping heralds ‘new era’ of Chinese power at Communist party congress’, The Guardian, 18 octobre 2017 ;https://www.theguardian.com/world/2017/oct/18/xi-jinping-speech-new-er... .

2 Financial Times, 11 mars, p. 9. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/c7f12434-c678-11e4-aee8-00144feab7de.ht...

3. Financial Times, 4/5 janvier 2014, p. 3. http://im.ft-static.com/content/images/dc29d692-74af-11e3-af50-00144fe...

4. The Economist, 8 avril 2017, Special Report, The Pearl River Delta, p. 7-9 ;https://www.economist.com/news/special-report/21720073-factories-are-u...

5. Financial Times, 25 février 2016, p. 9. http://www.ft.com/intl/cms/s/2/65a584e2-da53-11e5-98fd-06d75973fe09.html

6. The Economist, 9 avril 2016, p. 57. http://www.economist.com/news/business/21696556-it-hard-see-future-man...

7. The Economist, 14 janvier 2017, p. 47. https://www.economist.com/news/china/21714383-and-theres-lot-more-come...Financial Times, 1er mars 2013, p. 5 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/009bb49a-80f6-11e2-9908-00144feabdc0.html

8. The Economist, 12 mai 2012, p. 72. http://www.economist.com/node/21554492

‘China’s aviation boom drives airport building frenzy’, Reuters, 26 juin 2015,https://www.reuters.com/article/us-china-aviation/chinas-aviation-boom...

9. The Economist, 5 janvier 2013, p. 48. http://www.economist.com/news/business/21569016-emerging-world-consume...

10. The Economist, 29 mars 2014, p. 53-4 ; https://www.economist.com/news/china/21599806-our-asia-economics-edito...

11. Financial Times, 19 avril 2013, http://www.ft.com/intl/cms/s/0/93f0ddc6-a822-11e2-8e5d-00144feabdc0.ht...

12. Banque mondiale, https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NE.EXP.GNFS.ZS?locations=CN&name_desc=falseBanque" class="spip_out" style="text-decoration-line: none; color: rgb(34, 68, 255);">exportationshttps://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NE.EXP.GNFS.... mondiale, secteur des services en % du https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NV.SRV.TETC.ZS?locations=CN" class="spip_out" style="text-decoration-line: none; color: rgb(34, 68, 255);">PNBhttps://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NV.SRV.TETC.ZS?locations=CN The Economist,Special Report, The Pearl River Delta, 8 avril 2017, p. 9-10. https://www.economist.com/news/special-report/21720076-copycats-are-ou...

13. Financial Times, 25 novembre 2016, p. 2 ; https://www.ft.com/content/4b6a9820-b210-11e6-a37c-f4a01f1b0fa1 Dodwell D., ‘Be afraid : China is on the path to global technology dominance’, South China Morning Post, 24 mars 2017. http://www.scmp.com/business/global-economy/article/2081771/be-afraid-...

14 Johnson C., ‘Xi Jinping Opens 19th Party Congress Proclaiming a New Era—His’ Center for Strategic & International Studies, 18 octobre 2017.

15. Jinglian W. & Guochuan M., ‘Whither China ? Restarting the Reform Agenda’, Oxford 2016, p. 234-9 ;Financial Times, 25 octobre 2012, p. 5 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/008ac6ea-1dcc-11e2-901e-00144feabdc0.ht... Financial Times, 16 octobre 2017, p. 7.https://www.ft.com/content/304964a4-ad0f-11e7-beba-5521c713abf4

16. Financial Times, 16 octobre 2017, p. 7 ; https://www.ft.com/content/304964a4-ad0f-11e7-beba-5521c713abf4Financial Times, 29 septembre 2017, p. 12. https://www.ft.com/content/cbe6deb2-a433-11e7-b797-b61809486fe2

17. The Economist, 23 septembre 2017, p. 61-2 ; https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21729442-its-reco... The Economist, 22 juillet 2017, p. 11-2. https://www.economist.com/news/leaders/21725295-bad-china-and-world-ch...

18. Kroeber A., ‘China’s Economy. What Everyone Needs to Know’, Oxford 2016, p. 99 ; Financial Times16 octobre 2017, p. 7 ; https://www.ft.com/content/304964a4-ad0f-11e7-beba-5521c713abf4 Financial Times, 1er mars 2016, p. 7. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/253d7eb0-ca6c-11e5-84df-70594b99fc47.html

19. Financial Times, 8 septembre 2017, p. 11 ; https://www.ft.com/content/e91270a8-9364-11e7-bdfa-eda243196c2c The Economist, 28 octobre 2017, p. 57 ; https://www.economist.com/news/business-and-finance/21730613-chinese-b... The Economist, 22 juillet 2017, p. 11-2. https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21725293-outperfo...

20. Financial Times, 5 septembre 2017, p. 9 ; https://www.ft.com/content/6250e4ec-8e68-11e7-9084-d0c17942ba93 ‘Can big data help to resurrect the planned economy ?’, Global Times, 14 juin 2017.http://www.globaltimes.cn/content/1051715.shtml Kynge J., ‘China harnesses big data to buttress the power of the state’, Financial Times, 28/9 octobre 2017, p. 11. https://www.ft.com/content/5f483a34-ba5f-11e7-8c12-5661783e5589

21. Hsueh R., ‘China’s Regulatory State. A New Strategy for Globalization’, Ithaca 2011 ; Zhikui Z., ‘Introduction to Socialism with Chinese Characteristics’, Pékin 2016, chapitre 3 ; Kroeber A., ‘China’s Economy. What Everyone Needs to Know’, Oxford 2016, chapitre 5 ; Porter R., ‘From Mao to Market. China Reconfigured’, Londres 2011, p. 177-184 ; Bey M., ‘In China, Innovation Cuts Both Ways’,Stratfor, 24 octobre 2017 ; https://worldview.stratfor.com/article/china-innovation-cuts-both-ways The Economist, 23 novembre 2013, p. 70-1 ; https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21590562-chinas-r... Financial Times 10 août 2017, p. 7 ; https://www.ft.com/content/ed900da6-769b-11e7-90c0-90a9d1bc9691

22. The Economist, 9 janvier 2016, p. 48 ; http://www.economist.com/news/china/21685511-ageing-reformists-diagnos... Financial Times, 4 juillet 2017, p. 9.https://www.ft.com/content/5cf22564-5f2a-11e7-8814-0ac7eb84e5f1

23. Financial Times, 27 février 2017, p. 1 ; https://www.ft.com/content/f4a260e6-f75a-11e6-bd4e-68d53499ed71 Ross J., ‘No China’s Economy is not Going to Crash’, Socialist Economic Bulletin, 1er septembre 2015. http://www.rdcy.org/displaynewsen.php?id=15104

24. Clean Clothes Campaign, ‘Stitched Up : Poverty wages for garment workers in Eastern Europe and Turkey’, 2014, http://www.cleanclothes.org/resources/publications/stitched-up-1, p. 32 Banque Mondiale, Labor force. https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SL.TLF.TOTL.IN . Source des graphiques : Financial Times, 27 février 2017, p. 1. https://www.ft.com/content/f4a260e6-f75a-11e6-bd4e-68d53499ed71

25. The Economist, 18 février 2017, p. 63 ; http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21717102-why-chine...

United States GDP per capita’. https://tradingeconomics.com/united-states/gdp-per-capita

26. World Bank Group, ‘Taking on inequality. Poverty and Shared Prosperity. 2016’, Washington 2016,https://openknowledge.worldbank.org/bitstream/handle/10986/25078/97814..., p. 41 et 46 ; The Economist, 29 avril 2017, p. 43-4. https://www.economist.com/news/china/21721393-after-decades-success-th...

27. The Economist, 29 avril 2017, p. 43-4 ; https://www.economist.com/news/china/21721393-after-decades-success-th... World Economic Forum, ‘What lessons can we learn from China’s rapid growth ?’, 16 mars 2016.https://www.weforum.org/agenda/2016/03/what-lessons-can-we-learn-from-...

28.L’indice de Gini va de 0, égalité complète, à 100, inégalité complète. Les scores les plus bas sont en Scandinavie, où le coefficient de la Suède est de 25. Les scores les plus hauts sont en Amérique latine. En Colombie il est de 58,5. Ravallion M., A Comparative Perspective on Poverty Reduction in Brazil, China and India. Working Paper 5080, World Bank, Washington 2009, p. 31 ;http://hdr.undp.org/sites/default/files/hdr_2010_fr_complete_reprint.pdf , New York 2010, p. 169 sqq.

29. En Inde par exemple il y a aussi un grand fossé entre les habitants de villes eux-mêmes. Financial Times, 10 avril 2014, p. 11. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/e8bca4ec-bf29-11e3-a4af-00144feabdc0.ht...

30. The Economist, 14 mai 2016, p. 55. http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21698674-rising-ru...

31. Maddison A., L’Economie mondiale : Une perspective millénaire, OCDE 2001,http://www.oecd.org/fr/dev/etudesducentrededeveloppementleconomiemondi...

32. Source : Credit Suisse, ‘Global Wealth Databook 2013’, p. 95. https://publications.credit-suisse.com/tasks/render/file/?fileID=19492...

33. ‘Excerpts From Pentagon’s Plan : “Prevent the Re-Emergence of a New Rival”’, New York Times, 8 mars 1992., http://www.nytimes.com/1992/03/08/world/excerpts-from-pentagon-s-plan-...

34. The Pentagon, ‘The National Military Strategy of the United States of America 2015’,https://news.usni.org/2015/07/02/document-2015-u-s-national-military-strategy, p. 2.

35. The Economist, 19 novembre 2005, p. 22 ; Financial Times, 29 avril 2014, p, 6 ;http://www.ft.com/intl/cms/s/0/52b9edbe-ce25-11e3-bc28-00144feabdc0.ht... The Economist, Special Report, Asian Geopolitics, 22 avril 2017, p. 4 ;https://www.economist.com/news/special-report/21720714-after-seven-dec... The Economist, 7 décembre 2013, p, 55 ;https://www.economist.com/news/asia/21591242-america-winding-down-its-...;; Pilger J., https://blogs.mediapart.fr/danyves/blog/141216/la-prochaine-guerre-con...‘ ; The Economist, 17 octobre 2015, p. 62 ;http://www.economist.com/news/international/21674648-china-no-longer-a...

36. Dyer G., ‘The Contest of the Century. The New Era of Competition with China – and How America Can Win’, New York, p. 26 ; Vien T., ‘The Grand Design of China’s New Trade Routes’, Stratfor ;https://www.stratfor.com/analysis/grand-design-chinas-new-trade-routes SIPRI, ‘Military expenditure by country’, 2017. https://www.sipri.org/sites/default/files/Milex-constant-2015-USD.pdf

37. Financial Times, Life & Arts, 5-6 avril 2014, p. 8 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/2/58cbbbe2-ba70-11e3-aeb0-00144feabdc0.ht... Financial Times, 20 juin 2014, p. 7.http://www.ft.com/intl/cms/s/0/313432b0-f78f-11e3-b2cf-00144feabdc0.ht...

38. The End of China’s Dengist Diplomacy’, Stratfor, 17 octobre 2017 ;https://worldview.stratfor.com/article/end-chinas-dengist-diplomacy The Economist, 10 juin 2017, p. 14 ;https://www.economist.com/news/leaders/21723109-cleaning-filthy-soil-m...Wikipedia,https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_production_de_p%C3%A9troleCraig A., ‘10 Countries With The Most Natural Resources’, Investopedia, 12 septembre 2016 ;http://www.investopedia.com/articles/markets-economy/090516/10-countri... Dyer G., ‘The Contest of the Century’, p. 10 ; Subramanian A., ‘Eclipse. Living in the Shadow of China’s Economic Dominance’, Washington 2011, p. 121sqq.

39. Financial Times, 9 octobre 2015, p. 9 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/2/6e098274-587a-11e5-a28b-50226830d644.html ‘China Paves the Way for a New Silk Road’, Stratfor, 15 mai 2017 ;https://worldview.stratfor.com/article/china-paves-way-new-silk-roadFinancial Times, Special Report, Asian Infrastructure & Trade, 4 mai 2017, p. 5 ; https://www.ft.com/content/b9af2e26-0342-11e7-aa5b-6bb07f5c8e12 The Economist, 2017, 6 mai p. 45. https://www.economist.com/news/china/21721678-silk-routes-are-not-alwa... The Economist, 2 juillet 2016, p. 53 ; http://www.economist.com/news/china/21701505-chinas-foreign-policy-cou... Vien T., Stratfor, 24 juin 2015 ;https://www.stratfor.com/analysis/grand-design-chinas-new-trade-routes d’Hooghe I., ‘De Nieuwe Zijderoute moet China’s internationale positie versterken’, Internationale Spectator, 2015 n° 8.https://spectator.clingendael.org/pub/2015/8/china_en_de_nieuwe_zijderoute/Source de la carte :https://commons.wikimedia.org/wiki/File:One-belt-one-road.svg?uselang=fr

40. Même si les Néerlandais ont collaboré avec les chefs locaux pour chasser les Portugais à Ceylan et en Indonésie, leur objectif premier était d’assurer le commerce dans toute la région.https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_colonial_n%C3%A9erlandais

Arrighi G., Adam Smith in Beijing. Lineages of the Twenty-Firs Century, Londres, 2007, p. 238 ;

41. Au XVIIème siècle les Néerlandais avaient proportionnellement 25 fois plus de navires que l’Angleterre, la France et l’Allemagne. Aujourd’hui la Chine détient 20 fois plus de navires de commerce que les Etats-Unis.Maddison A., L’Economie mondiale : Une perspective millénaire, OCDE 2001,http://www.oecd.org/fr/dev/etudesducentrededeveloppementleconomiemondi...

42. Khanna P., ‘Use It or Lose It : China’s Grand Strategy’, Stratfor, 9 avril 2016.https://www.stratfor.com/weekly/use-it-or-lose-it-chinas-grand-strategy

43. Financial Times, 19-20 avril 2014, p. 4 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/c250bd4c-c6b4-11e3-9839-00144feabdc0.ht... China : More Than 40 Percent Of Arable Land Degraded’, Stratfor, 4 novembre 2014 ; http://www.stratfor.com/situation-report/china-more-40-percent-arable-... The Economist, 8 février 2014, p. 11 ; https://www.economist.com/news/leaders/21595903-government-gives-its-d... The Financial Times, 9 juillet 2013, p. 1. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/eed7c0be-e7ca-11e2-9aad-00144feabdc0.ht...

44. Netherlands Environmental Assessment Agency, ‘Trends in Global CO2 Emissions’ ; Mengpin G., Friedrich J., & Damassa T., ‘6 Graphs Explain the World’s Top 10 Emitters’, World Resources Institute, 25 novembre 2014 ; http://www.wri.org/blog/2014/11/6-graphs-explain-world%E2%80%99s-top-1... The Economist, 8 février 2014, p. 11 ; https://www.economist.com/news/leaders/21595903-government-gives-its-d... Minqi L., ‘China and the Twenty-First Century Crisis’, Londres 2016, p. 148.

45. Vandepitte M., ‘Wat mogen we van China de komende jaren verwachten ? Verslag van het 18de partijcongres’, http://www.dewereldmorgen.be/artikels/2012/11/11/wat-mogen-we-van-chin... Tsemin Y., ‘The 2014 revisions of china’s environmental protection law’, Swiss Re Insititute, 16 octobre 2014 ;http://institute.swissre.com/research/risk_dialogue/magazine/Environme... W., (ed.), ‘Politics in China. An Introduction’, Oxford 2010 ; p. 282.

46. IPS, ‘Klimaatplan China ambitieus, Zuid-Korea onvoldoende’,http://www.dewereldmorgen.be/artikel/2015/07/02/klimaatplan-china-ambi...

47. The Economist, 10 août 2013, p. 17-20. http://www.economist.com/news/briefing/21583245-china-worlds-worst-pol...

48. GALLUP, ‘Majority of Chinese Prioritize Environment Over Economy’, 8 juin 2012 ;http://news.gallup.com/poll/155102/majority-chinese-prioritize-environ... The Economist, 10 août 2013, p. 8. http://www.economist.com/news/briefing/21583245-china-worlds-worst-pol...

49. Lofgren K., ‘China Becomes World’s First Nation to Install 3 GW of Utility-Scale Solar Power !’,https://inhabitat.com/china-becomes-worlds-first-nation-to-install-3-g...;: https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_solaire_en_Chine ; Financial Times, 11 février 2016, p. 3 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/e2298424-cfdf-11e5-831d-09f7778e7377.html The Economist, 22 avril 2017, p. 50 ; https://www.economist.com/news/china/21721227-once-foot-dragger-it-now... ‘China : Automobile Company To Stop Selling Combustion Engine Cars In 2025’, Stratfor, 19 octobre 2017 ;https://worldview.stratfor.com/situation-report/china-automobile-compa...Financial Times 2 août 2017 ; https://www.ft.com/content/968402ea-769d-11e7-a3e8-60495fe6ca71?mhq5j=e7 Financial Times, 23 mai 2017, p. 5 ; https://www.ft.com/content/d6ee4558-36d7-11e7-bce4-9023f8c0fd2e The Economist, 14 janvier 2017, p. 11 ;www.economist.com/news/leaders/21714350-case-high-voltage-direct-curre...

50. PS, ‘China investeert niet meer in steenkool’,http://www.dewereldmorgen.be/artikel/2016/12/05/china-investeert-niet-...;; Greenpeace, ‘China coal use falls : CO2 reduction this year could equal UK total emissions over same period’ ;http://energydesk.greenpeace.org/2015/05/14/china-coal-consumption-dro... Harvey C., ‘China vowed to peak carbon emissions by 2030. It could be way ahead of schedule’, Washington Post, 7 mars 2016,https://www.washingtonpost.com/news/energy-environment/wp/2016/03/07/c...The Economist, 22 avril 2017, p. 50 ;https://www.economist.com/news/china/21721227-once-foot-dragger-it-now...

51. ‘Consolidating China’s Industries, One Polluter at a Time’, Stratfor, 25 octobre 2017 ;https://worldview.stratfor.com/article/consolidating-chinas-industries...

World Resources Institute, ‘WRI Calls China INDC “A Serious and Credible Contribution”’, 30 juin 2015.http://www.wri.org/news/2015/06/statement-wri-calls-china-indc-serious...

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La quintessence de l’expérience chinoise

La quintessence de l’expérience chinoise

 

09 Décembre 2017
 
Publié par  le 08/12/2017

 

HE WENPING*

 

Lorsque Deng Xiaoping, architecte en chef de la réforme et de l’ouverture menées en Chine, avait rencontré en août 1985 le président tanzanien de l’époque, Julius Kambarage Nyerere, venu effectuer une visite en Chine, il avait affirmé : « Notre réforme est une expérimentation, aussi bien pour la Chine que pour le monde. Si elle réussit, nous pourrons fournir nos expériences pour qu’elles servent la cause socialiste et le développement dans les pays sous-développés aux quatre coins du globe. »

 

Aujourd’hui, plus de trente ans après le lancement de la politique de la réforme et de l’ouverture, la Chine polarise l’attention du monde de par son succès économique phénoménal. Elle a non seulement réussi l’exploit de faire sortir plus de 700 millions d’habitants de la pauvreté, mais en plus, elle est parvenue à se hisser au rang de deuxième économie mondiale juste derrière les États-Unis.

 

Alors comment la Chine a-t-elle pu opérer cette brillante métamorphose ? Tout au long de la réforme, comment le Parti communiste chinois (PCC), en tant que parti au pouvoir, a-t-il fait pour consolider sa capacité à gouverner et gagner constamment en popularité auprès du peuple ?

 

Développement économique et gouvernance politique

 

Au cours de ces trente dernières années de réforme et d’ouverture, la Chine a accumulée une expérience très riche et variée en matière de développement, qui couvre de multiples domaines : agriculture, industrie, commerce extérieur, réduction de la pauvreté, culture et éducation, développement des ressources humaines, renforcement des capacités de gouvernance, etc.

 

Depuis longtemps, les réalisations du développement économique chinois s’attirent largement l’admiration et les éloges du monde, y compris les pays occidentaux. Quant aux nombreux pays en développement, ils s’inspirent de l’expérience chinoise, en particulier de celle acquise dans la réduction de la pauvreté et le développement économique, puisqu’il s’agit des deux principaux objectifs ciblés par les gouvernements de ces pays.

 

Les accomplissements de la Chine dans ces deux domaines sont applaudis et très peu contestés à l’échelle internationale. Toutefois, la route est encore longue et sinueuse avant que le monde parvienne à comprendre pleinement la gouvernance politique de la Chine.

 

D’après certains, la réforme chinoise ne se borne qu’à la dimension économique, alors qu’elle marque le pas dans la dimension politique.

 

À en croire d’autres, la réforme économique chinoise va trop vite, tandis que son régime politique, inadapté, finira par s’effondrer.

 

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, avec l’éclatement de l’URSS et la fin de la Guerre froide, des grands débats et pronostics sur « l’effondrement de la Chine » ont émergé dans le monde occidental, en écho à la thèse de « la fin de l’histoire » prêchée par le chercheur américain d’origine japonaise Francis Fukuyama. Comme la suite l’a démontré, la Chine ne s’est pas effondrée, bien au contraire ! Elle s’est engagée d’un pas plus assuré sur la voie du développement et de la stabilité. Néanmoins, les préjugés et les idées négatives sur la gouvernance politique chinoise, qui ont pris racine dans la méconnaissance de la Chine ou la mentalité digne de la Guerre froide, persistent dans l’opinion publique internationale, à dominante occidentale.

 

Ce « nuage » formé d’a priori a commencé à se dissiper au début du XXIe siècle, époque caractérisée par un monde plus globalisé et secouée par des bouleversements nouveaux, en particulier dans la dernière décennie. Alors que le monde a subi la crise financière survenue en 2008 et le Printemps arabe amorcé fin 2010, soit deux épreuves d’une portée planétaire menaçant le développement économique et sociopolitique, la Chine socialiste sous la direction du PCC n’a connu ni krach financier en réplique au séisme frappant l’épicentre capitaliste, ni crise sociopolitique tels les troubles connus dans le monde arabe, en dépit des prédictions de certains observateurs occidentaux. A contrario, grâce à son système politique présentant certains avantages, elle s’est avérée plus résiliente aux pressions et aux chocs que les États-Unis et l’Europe, avec leurs systèmes capitalistes.

 

Ainsi, ces dernières années, la gouvernance politique chinoise est devenue un sujet d’attention pour une foule d’analyses, au même titre que le partage de l’expérience chinoise en matière de développement. En septembre 2014, le livre Xi Jinping : la gouvernance de la Chine a été publié pour la première fois. En seulement deux ans et demi, cet ouvrage traduit en de nombreuses langues (anglais, français, russe, arabe, espagnol, portugais, allemand, japonais, etc.) a été imprimé à plus de six millions d’exemplaires dans une centaine de pays et régions du monde. De plus en plus de gouvernements et partis politiques étrangers, fascinés par les prouesses attribuées à la « voie chinoise », se sont mis à puiser des idées dans la sagesse des dirigeants et du parti au pouvoir chinois. De nombreux pays en développement notamment espèrent trouver, par le biais de l’expérience chinoise, leur propre voie de développement sur l’actuel échiquier international, caractérisé par un multilatéralisme croissant et l’essor du monde non occidental. Ainsi, l’expérience chinoise voit son attractivité dépasser le cadre du développement économique pour atteindre la sphère de la gouvernance politique.

 

En particulier depuis le XVIIIe Congrès du PCC, les réalisations de la Chine, par exemple dans l’édification du Parti et la lutte contre la corruption, sont au vu et au su de la communauté internationale. Ainsi, tout naturellement, l’intérêt qu’éprouvent les pays en développement pour le « modèle chinois » ne se cantonne plus au développement économique, mais commence à s’étendre au développement politique, qui se traduit par l’édification du Parti et la gouvernance de l’État. Par ailleurs, certaines mesures telles que les formations proposées aux partis politiques étrangers, les dialogues entre les partis et l’établissement de mécanismes d’échanges ont également pris une place importante dans les relations qu’entretiennent les pays en développement avec la Chine.

 

Réforme progressive

 

L’un des principes au cœur de l’expérience chinoise consiste à procéder à la réforme de manière progressive, en pondérant les rapports entre réforme, développement et stabilité, en vertu d’un concept de développement qui évolue avec son temps. Dans un pays en développement en pleine transition, les grandes réformes ont inévitablement des répercussions sur la structure sociale d’origine et sa stabilité. Or, la réforme se doit de considérer la stabilité comme la prémisse et le développement comme la finalité. La voie chinoise de réforme et d’ouverture adhère donc au principe suivant lequel « la stabilité est prioritaire ». Comme le soulignait Deng Xiaoping, « la stabilité passe avant tout ». Il faut apaiser l’agitation sociale et conforter la stabilité avant de rechercher le développement, puis entretenir cette stabilité grâce aux fruits de la réforme et du développement, afin de parvenir à un équilibre coordonné entre stabilité, développement et réforme.

 

Au cours de la réforme et du développement économiques, le gouvernement chinois a appliqué une « approche par tâtonnements » pour garantir une transition en douceur, considérant qu’une réforme radicale serait susceptible de provoquer des turbulences dans l’économie nationale et ainsi d’accroître le risque et la probabilité d’échec de la réforme. En d’autres termes, il s’attaque aux questions les plus faciles d’abord et les plus difficiles ensuite, étape par étape. En outre, il commence toujours par mettre en œuvre des projets pilotes, puis, en fonction des résultats obtenus, décide ou non de les généraliser et de les promouvoir. Que ce soit l’instauration du système d’exploitation forfaitaire à base familiale en milieu rural ou la promotion des entreprises rurales, que ce soit la réforme des entreprises publiques ou la réforme du secteur financier, sans oublier les réformes opérées dans l’emploi, la sécurité sociale, la répartition des revenus et le registre d’état civil, lesquelles visent à soutenir le passage d’une économie planifiée à une économie de marché… Dans toutes ces réformes, l’objectif a toujours été d’atténuer le choc ressenti par les groupes les plus vulnérables, ainsi que de limiter ou de répartir les coûts et les risques associés.

 

Dans le domaine politique, c’est également dans le respect de cette prémisse, la stabilité, que les réformes s’opèrent. Celles-ci consistent à élargir graduellement la participation politique, tout en promouvant activement les recherches et essais relatifs aux élections démocratiques (organisées dans un premier temps aux échelons de base) et à la démocratie au sein du Parti, dans le but ultime de réaliser l’égalité politique.

 

C’est grâce à cette progression graduelle et ordonnée que la réforme chinoise a pu s’approfondir cycle après cycle. Et dans le même temps, cette réforme méthodique a permis à la Chine d’accomplir, dans l’ensemble, une transition socioéconomique particulièrement vaste et profonde, en un laps de temps très court et dans des circonstances relativement harmonieuses et stables.

 

Depuis le lancement de la réforme et de l’ouverture il y a plus de trente ans, au-delà d’équilibrer les relations réforme-développement-stabilité, le gouvernement chinois, avec les différentes générations de dirigeants, s’attache à guider en tout temps le développement, l’envisageant selon une conception évolutive, pour que celui-ci réponde en permanence aux exigences de l’époque. Considérant que « les problèmes découlant du développement doivent être résolus par le développement » et que « le développement constitue la source et la solution des problèmes », il saisit le « développement » comme une clé multifonction pour engager les diverses réformes.

 

Tout comme les défis et les tâches auxquels fait face la Chine évoluent en fonction des stades de développement traversés, le concept de développement chinois a été renouvelé à plusieurs reprises ces trente dernières années. Dans les années 1970 et 1980, au sortir de la Révolution culturelle, le plus grand défi à relever pour la Chine consistait à sortir de son état de faiblesse et de pauvreté, et à réaliser les « quatre modernisations » de l’industrie, de l’agriculture, de la défense nationale, ainsi que des sciences et des technologies. Ainsi, l’architecte en chef et pionnier de la réforme et de l’ouverture, Deng Xiaoping, a avancé les fameux préceptes « Le développement est la pierre de touche » ou « Peu importe que le chat soit noir ou blanc, pourvu qu’il attrape les souris ». Guidée par ce concept de développement, l’économie chinoise a suivi une progression fulgurante, avec un taux de croissance à deux chiffres.

 

Cependant, ce développement exponentiel a produit des effets secondaires, notamment un développement extensif, la pollution de l’environnement et l’accroissement des disparités de revenus. Afin de résoudre les problèmes découlant du développement, la troisième session plénière du XVIe Comité central du PCC, tenue en octobre 2003, a présenté le nouveau concept de développement scientifique.

 

Les grands principes de ce concept sont les suivants : insister sur une planification générale sans pour autant négliger chaque domaine particulier ; placer l’homme au centre de toutes les préoccupations ; établir un concept de développement global, coordonné et durable ; et favoriser le développement à la fois socioéconomique et humain. D’après ce nouveau concept de développement scientifique, il serait simpliste d’assimiler la croissance du PIB au développement et au progrès social, et à ce compte-là, il convient de remédier aux déséquilibres observés dans certains domaines et certaines régions, où les progrès sociaux, la valeur attribuée à l’homme et le bien-être à long terme sont négligés au profit des indices économiques, des acquisitions matérielles et des intérêts immédiats.

 

À l’heure où l’environnement économique et commercial international est de plus en plus complexe et hasardeux, le Comité central du PCC, avec le camarade Xi Jinping comme noyau dirigeant, a lancé en temps opportun le concept de développement innovant, coordonné, vert, ouvert et partagé. M. Xi a indiqué : « Nous devons prendre conscience que l’économie chinoise, en dépit du volume considérable qu’elle représente, n’est pas encore robuste et qu’en dépit de sa croissance très rapide, elle n’affiche pas une qualité optimale. Notre modèle de développement extensif qui misait principalement sur les facteurs de production, en particulier les ressources, pour stimuler la croissance économique et l’expansion du volume économique n’est pas durable. Il est temps d’accélérer notre transformation pour passer d’un développement essentiellement alimenté par les facteurs de production et l’investissement massif à un développement tiré par l’innovation. »

 

En conclusion, c’est en persistant dans l’idée de développement, mise au diapason de son époque, que la Chine est devenue sans conteste l’exemple type d’un État développeur.

 

Gouvernement fort et politiques adéquates

 

Le second principe au cœur de l’expérience chinoise consiste à avoir un gouvernement fort et engagé dans le développement, ainsi que des dirigeants visionnaires et des politiques adéquates. Dans un pays en pleine transition, il est nécessaire d’avoir, à certaines périodes et pour certains domaines, un « gouvernement fort », doté d’une grande autorité politique et d’une vive capacité en matière de gouvernance. L’objectif étant d’unir la population nationale autour d’une volonté commune et d’un sentiment de cohésion, ainsi que de conjuguer les efforts de tout le pays pour faire progresser de manière ordonnée les réformes économiques, sociales et politiques.

 

Dans l’histoire humaine, les faits démontrent depuis longtemps que le développement économique peut être atteint dans des circonstances politiques autres que la démocratie occidentale. Dans les années 1960 et 1970, certains pays et régions en développement (à l’instar des « Quatre dragons asiatiques ») ont connu une croissance économique assez rapide. Pour expliquer cet essor des économies émergentes de l’Asie de l’Est, dont la Chine, de nombreux chercheurs occidentaux ont recouru au concept du soi-disant « État développeur ». Selon leur définition, « un État développeur se caractérise par un modèle de développement économique dirigé par un gouvernement fort et faisant preuve d’une ferme volonté de développement économique, un gouvernement capable de mobiliser et de redistribuer efficacement les diverses ressources dans le but de promouvoir le développement national. »

 

Concernant le régime politique, bien que le système de collaboration multipartite et de consultation politique sous la direction du PCC ait longtemps été interprété par les sociétés occidentales comme « un parti unique au pouvoir de longue date », toutes les analyses faisant preuve d’objectivité reconnaissent qu’« un parti unique au pouvoir de longue date » est plus à même d’assurer une continuité politique. Élaboré pour la première fois en 1949 sous la houlette du PCC, le Plan quinquennal pour le progrès social et le développement économique en est désormais à sa XIIIe édition.

 

En accord avec les plans quinquennaux successifs, la Chine poursuit ses efforts de manière ordonnée dans la construction d’infrastructures, dans l’aménagement de zones économiques spéciales, ainsi que dans la coopération internationale en matière de capacités de production et pour la construction des Nouvelles Routes de la Soie. De plus, le PCC ne cesse de perfectionner ses équipes de cadres dirigeants aux différents échelons par le biais du système de mandat, de la direction collective, de la sélection au mérite et de la mise en concurrence des candidats aux postes. C’est donc en assurant une « bonne gouvernance » plutôt qu’en poursuivant aveuglément la « démocratisation des élections » que le PCC cherche à renforcer sa popularité, qui constitue le socle de la gouvernance de l’État.

 

En outre, bien que les réalisations du développement économique chinois soient connues et reconnues du monde entier, très peu de gens semblent se rendre compte que la Chine a mené sa réforme économique en simultané et en symbiose avec sa réforme sociopolitique. Les résultats obtenus à travers la réforme économique sont donc indissociables des efforts déployés dans le cadre de la réforme sociopolitique. Ces trente dernières années, de nombreuses réformes progressives sur la supervision du pouvoir et la mise en œuvre de contre-pouvoirs sont menées, notamment dans le système de direction, le système de nomination des cadres dirigeants, le système électoral (élections internes au Parti, mais aussi élections aux échelons de base), les systèmes législatif et judiciaire, ainsi que le système de prise de décision.

 

De cette manière, la réforme économique peut progresser en continu et en profondeur, et au cours de la transition socioéconomique majeure, les différentes ethnies et les diverses couches sociales parviennent à vivre en harmonie et à concilier leurs intérêts. Bien sûr, la Chine est encore confrontée à de nombreux défis dans son processus de développement, comme le fossé entre riches et pauvres ou les inégalités entre les différentes régions. Mais du point de vue diachronique, le peuple chinois jouit de droits économiques, sociaux et politiques toujours plus nombreux, aujourd’hui à un niveau sans précédent dans son histoire. C’est sans doute pourquoi le « Consensus de Beijing » axé sur le développement est en mesure de concurrencer le « Consensus de Washington » axé sur la libéralisation économique. D’ailleurs, ce « Consensus de Beijing » est aujourd’hui prisé par un nombre croissant de pays en développement.

 

*HE WENPING est chercheuse senior à l’Institut Chahar et chercheuse à l’Institut de recherche sur l’Asie de l’Ouest et l’Afrique qui relève de l’Académie des sciences sociales de Chine.

Propos d’expert

 

Lire aussi :


• HE Wenping, China-Africa Knowledge Project Research Hub – Jeune Afrique – World Economic Forum.
• Dossier documentaire Economie Chine, Monde en Question.
• Index Économie, Monde en Question.
• Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Quid du recyclage international du plastique maintenant que la Chine ne veut plus s’en charger ?

Quid du recyclage international du plastique maintenant que la Chine ne veut plus s’en charger ?

 

08 Décembre 2017

Auteur

 Research Fellow, Architecture, Design and the Built Environment, Nottingham Trent Universit

 

    En 2010, dans la province chinoise de l’Anhui. STR/AFP
     
    La fin de la « poubelle du monde »

    Mais en juillet 2017, la Chine a annoncé d’importants changements quant au contrôle de qualité des matériaux importés, en informant l’Organisation mondiale du commerce qu’elle interdirait les importations de 24 catégories de déchets recyclables et solides d’ici la fin de l’année. Cette campagne contre sa place de yang laji ou « poubelle du monde » concerne les plastiques, textiles et papiers. La Chine importera ainsi bien moins de matériaux usagés qu’elle ne le faisait jusqu’ici et les remplacera par ceux collectés sur son territoire, issus des consommateurs de la classe moyenne – influencés par le mode de vie occidental et toujours plus nombreux.
     
    Cette décision s’annonce d’ores et déjà lourde de conséquences. La Chine étant le principal marché à recueillir le plastique recyclé, l’on s’inquiète que les déchets qu’elle importe actuellement – et particulièrement les matériaux de faible qualité – ne puissent être envoyés nulle part ailleurs.
     
    Aujourd’hui, 87 % du plastique recyclé de 27 États de l’Union européenne sont exportés directement ou indirectement – via Hong Kong – en Chine. L’année dernière, les États-Unis lui ont vendu 1,42 million de tonnes de débris plastiques, pour une valeur estimée à 495 millions de dollars.
    Avec une population de plus de 1,4 milliard d’habitants, la gestion des ordures ménagères en Chine est déjà un challenge. Wu Hong/EPA
    Le plastique, ce matériau problématique
     
    Qu’adviendra-t-il du plastique que ces pays collectent par des systèmes de recyclage des déchets ménagers une fois que les Chinois ne l’accepteront plus ? Quelles sont les alternatives ?
     
    Les plastiques pourraient être incinérés et transformés en énergie. Il s’agit, après tout, de matériaux façonnés à base de combustibles fossiles, et qui brûlent extrêmement bien. En générant de l’électricité, ils pourraient ainsi permettre aux États de subvenir sans difficulté à leurs besoins en énergie.
     
    On pourrait aussi les enfouir – mais ce n’est pas l’idéal – ou les stocker jusqu’à ce que l’on trouve de nouveaux marchés demandeurs de ce type de déchets. Mais cela causerait sans doute des problèmes, comme en témoignent les centaines d’incendies déclenchés sur des sites de stockage de matériaux recyclables.
     
    Si le plastique est un matériau fiable et malléable – du film transparent alimentaire à l’emballage souple d’objets rigides comme les appareils électroniques –, les dégâts qu’il cause – notamment dans les océans – attirent de plus en plus l’attention.
     
    Changer notre rapport au plastique
     
    Un premier pas pour y remédier serait de limiter ses fonctions. Beaucoup d’objets jetables sont en plastique : quelques-uns sont jetables par nécessité ou pour des raisons d’hygiène – par exemple, les poches de sang et certains matériels médicaux – mais beaucoup d’autres le sont par commodité.
     
    Du côté des consommateurs, il existe des manières de restreindre le recours au plastique. Limiter l’utilisation de sachets plastiques par la dissuasion financière, par exemple, est une initiative qui a porté ses fruits et entraîné des changements dans notre comportement. En France, certains objets jetables en plastique auront disparu d’ici 2020 et en Grande-Bretagne, la première chaîne de brasseries, Wetherspoons, a banni les pailles à usage unique.
     
    L’instauration d’un système de consignes pour les bouteilles en plastique (et les cannettes) pourrait aussi modifier les comportements. Les micro-billes, abondamment utilisées dans les cosmétiques comme exfoliants, sont maintenant pointées du doigt. Les dommages qu’elles provoquent apparaissent de plus en plus clairement, au point que le gouvernement britannique a annoncé des plans pour interdire leur emploi dans certains produits.
     
    Ces mesures s’inscrivent dans une suite de décisions similaires aux États-Unis et au Canada. Plusieurs pays de l’Union européenne, la Corée du Sud et la Nouvelle-Zélande prévoient également d’appliquer des interdictions sur les usages des micro-billes.
    Wonderful news for our marine life! The New Zealand government has just banned production and sale of all microbeads http://bit.ly/2AoCpD6

    Quelques réutilisations possibles du plastique


    Beaucoup d’administrations locales collectent des déchets enchevêtrés, mêlés les uns aux autres. Ce type de collecte produit un effet indésirable : s’il est pratique pour les ménages, il entraîne des taux de contamination élevés qui contribuent à diminuer la qualité des matériaux. Ces derniers seront alors soit vendus à des prix plus bas dans un marché restreint et devront être retraités dans des établissements de tri, soit incinérés, ou encore laissés dans les sites d’enfouissement. Et changer les modes de collecte et de retraitement en vue d’améliorer la qualité des matériaux pourrait s’avérer coûteux.
     
    Autres alternatives : le plastique recyclé pourrait fournir des substances chimiques au secteur pétrochimique, des carburants aux secteurs de l’aviation et des transports, des emballages alimentaires, etc.
     
    Les difficultés auxquelles nous sommes confrontés viennent, d’une part, de la domination mondiale de la Chine dans la fabrication de produits manufacturés et, d’autre part, du fait que beaucoup de pays ont compté sur un marché pour résoudre leurs problèmes de gestion des déchets et de recyclage. La situation actuelle nous offre l’opportunité de trouver de nouvelles solutions, d’augmenter la proportion de plastique recyclé dans nos propres produits manufacturés, d’améliorer la qualité des matériaux récupérés et d’utiliser de façons nouvelles les matériaux recyclés.
    Traduit de l’anglais par Diane Frances.

    Wikipedia, de la route de jade à la route de la soie

    07 décembre 2017

    Wikipedia, de la route de jade à la route de la soie

     

     

    « Le préhistorien André Leroi-Gourhan, indique Wikipedia,  considère cette route comme un espace d'échanges actifs dès le paléolithique. Héritière de la Route de jade dont les vestiges datent de 7 000 ans, elle n'est cependant évoquée dans les chroniques chinoises qu'à partir du iie siècle av. J.-C. Cette route est aussi mentionnée par Michèle Pirazzoli-t'Serstevens« depuis 2000 avant notre ère au moins » comme voie de passage à des populations d'agro-pasteurs des steppes eurasiatiques, surtout éleveurs de chevaux. Et des études publiées en 2012 et 2014 sur la culture de Qijia (une culture du néolithique final du Nord-ouest) ont démontré que ces échanges portaient aussi sur l'apport de la technologie du bronze en Chine. Cet itinéraire serait le résultat de la curiosité de l'Empereur de Chine Wudi (141-87 av. J.-C.) de la dynastie Han pour les peuples civilisés lointains que l'on disait habiter les contrées occidentales, au-delà des tribus barbares... »

     

    Reprenpns la lecture de l'historique de Wikipedia...

     

    Michel Peyret

     


    Route de la soie

     

    Routes de la soie : le réseau de routes du corridor de Chang’an-Tian-shan *

    Patrimoine mondial de l'UNESCO

    Coordonnées

    34° 18′ 16″ nord, 108° 51′ 26″ est

    Pays

     Chine
     Kazakhstan
     Kirghizistan

    Type

    Culturel

    Critères

    (II), (III), (V), (VI) [archive]

    Superficie

    42 668 ha

    Zone tampon

    189 963 ha

    Numéro
    d’identification

    1442 [archive]

    Zone géographique

    Asie et Pacifique **

    Année d’inscription

    2014 (38e session)

    Géolocalisation sur la carte : Asie

    * Descriptif officiel UNESCO
    ** Classification géographique UNESCO

     

    La route de la soie désigne un réseau ancien de routes commerciales entre l'Asie et l'Europe, reliant la ville de Chang'an (actuelle Xi'an) en Chine à la ville d'Antioche, en Syrie médiévale (aujourd'hui en Turquie). Elle tire son nom de la plus précieuse marchandise qui y transitait : la soie.

     

    La route de la soie était un faisceau de pistes par lesquelles transitaient de nombreuses marchandises, et qui monopolisa les échanges Est-Ouest pendant des siècles. Les plus anciennes traces connues de la route de la soie, comme voie de communication avec les populations de l'Ouest, remontent à « 2000 avant notre ère au moins ». Les Chinois en fixent l'ouverture au voyage de Tchang K'ien en 138-1261. Mais elle s'est développée surtout sous la dynastie Han (221 av. J.-C. - 220 ap. J.-C.), en particulier Han Wudi. Puis sous la dynastie Tang (618-907). À partir du xve siècle, la route de la soie est progressivement abandonnée, l'instabilité des guerres turco-byzantines, puis la chute de Constantinople poussent en effet les Occidentaux à chercher une nouvelle route maritime vers les Indes. L'abandon de la route de la soie correspond ainsi au début de la période des « Grandes découvertes » durant laquelle les techniques de transport maritime deviennent de plus en plus performantes. Du côté chinois, les empereurs Ming Yongle, puis Ming Xuanzong chargent, à la même époque, l'amiral Zheng He d'expéditions maritimes similaires.

     

    Etymologie

     

    La route doit son nom à la marchandise la plus chère qui y transitait : la soie, dont les Chinois furent pendant longtemps les seuls à détenir le secret de fabrication. Cette dénomination, forgée au xixe siècle, est due au géographe allemand Ferdinand von Richthofen.

     

    Histoire

     

    Détail des passages Nord et Sud autour du désert du Taklamakan

     

     

    Les principales routes de la soie entre 500 av. J.-C. et 500 ap. J.-C. (en latin)Le préhistorien André Leroi-Gourhan considère cette route comme un espace d'échanges actifs dès le paléolithique. Héritière de la Route de jade dont les vestiges datent de 7 000 ans, elle n'est cependant évoquée dans les chroniques chinoises qu'à partir du iie siècle av. J.-C.2. Cette route est aussi mentionnée par Michèle Pirazzoli-t'Serstevens3« depuis 2000 avant notre ère au moins » comme voie de passage à des populations d'agro-pasteurs des steppes eurasiatiques, surtout éleveurs de chevaux. Et des études publiées en 2012 et 2014 4 sur la culture de Qijia (une culture du néolithique final du Nord-ouest) ont démontré que ces échanges portaient aussi sur l'apport de la technologie du bronze en Chine.

     

    Cet itinéraire serait le résultat5 de la curiosité de l'Empereur de Chine Wudi (141-87 av. J.-C.) de la dynastie Han pour les peuples civilisés lointains que l'on disait habiter les contrées occidentales, au-delà des tribus barbares.

     

    Les Grecs, puis les Romains, commencent à parler du « pays des Seres » à partir du ive siècle av. J.-C. pour désigner la Chine. Vers le début de l'ère chrétienne, les Romainsdeviennent de grands amateurs de soie après en avoir acquis auprès des Parthes qui sont alors les organisateurs de ce commerce.

     

    De nombreux autres produits voyagent sur ces mêmes routes : musc, pierres précieuses, porcelaine, étoffes de laine ou de linjadeambreivoirelaqueépicesverre (en particulier : les perles de verre avant qu'elles ne soient produites en Chine6), corail, métaux précieux et armes, etc.

     

    Les Sogdiens, un peuple indo-européen d'origine scythe établi en Sogdiane, dans l'ouest de l'actuel Ouzbékistan et les pays limitrophes, ont assuré depuis l'antiquité et surtout entre le vie et viiie siècles l'essentiel du commerce des voies d'Asie centrale entre la Chine, la Perse, l'Occident et l'Inde, et en particulier la Route de la Soie. Polyglottes, ils ont fourni bon nombre d'espions, de traducteurs ou d'agents diplomatiques à qui voulait bien les employer. Maîtres de la Transoxiane (région située entre les fleuves Oxus et Syr-Daria), ils prélevaient de nombreuses taxes qui enrichirent leurs prestigieuses cités de Samarcande et Boukhara.

     

    La majorité des caravansérails d'Asie centrale étaient des établissements sogdiens. Ils contribuèrent également à la diffusion de religions en Chine comme le nestorianisme, le manichéisme et le bouddhisme7. La soie, pour les producteurs chinois8, était, non un objet de profit, mais, tout simplement, une monnaie qui servait à payer les fonctionnaires et à gratifier les souverains étrangers, dont les menaçants nomades. Ce furent les marchands sogdiens qui la captèrent en route et en firent un objet économique. Même de leur point de vue, il ne semble pas qu'elle ait toujours été perçue comme formant l'essentiel de leur activité. Les marchandises qu'ils transportaient, de toute façon en très faibles quantités, étaient plutôt le musc et le santal.

     

    Parcours

    Un sogdien sur un chameau de Bactriane. Figurine chinoise sancai, période Tang, entre 618 et 907. Musée de Shanghai.

     

    Xi'an est, du côté chinois, l'extrémité est de la route de la soie. Le parcours a été considéré comme officiellement « ouvert » par le général chinois Zhang Qian au iie siècle av. J.-C.. Les empereurs Han assiégés par des barbares nomades (les Xiongnu) décident d'ouvrir au commerce et au monde extérieur la soie, alors monopole d'État : Ils ont en effet besoin d'alliés et de chevaux.

     

    À l'apogée de la Dynastie Tang (618-907), la ville capitale de Chang-An (Xi'an) abrite deux millions d'habitants, soit dix fois plus que Constantinople ou Cordoue, mille fois plus qu'Aix-la-Chapelle au temps de Charlemagne9.

     

    Les convois de caravanes partent de Xi'anLanzhou ou Xining et empruntent le corridor du Gansu. Ils contournent ensuite le désert du Taklamakan, l'un des plus arides du monde, soit par la voie du nord ou par celle du sud. Ces deux itinéraires possibles possèdent chacun différentes variantes, et sont jalonnés de villes et caravansérails, dont les noms et l'importance varient au fil des temps.

     

    Toutes les pistes progressent le long d'un chapelet d'oasis-forteresses situées à la périphérie du désert et au pied des hautes montagnes des Tian Shan ou des Kunlun :

     

    À partir de Kachgar et Yarkand, les pistes rejoignent la Perse ou l'Inde à travers les hautes montagnes de l'Asie centrale (PamirHindū-Kūsh et Karakoram), puis par la Sogdiane (SamarcandeBoukharaMerv), la Bactriane (Balkh) ou le Cachemire (Srinagar). En réalité, très rares sont ceux qui ont eu l'occasion de parcourir l'intégralité du trajet: Marco Poloson père et son oncle furent de ceux-ci.

     

    Les marchandises venues d'Orient ou d'Occident s'échangent dans les oasis, devenues d'importants comptoirs fréquentés non seulement par les commerçants mais aussi par les pèlerins, les soldats et les espions. À son apogée, la Route de la soie relie – côté ouest – l'Empire byzantin et – côté est – une vaste région qui va des Trois royaumesjusqu'aux territoires de la dynastie Yuan en zone chinoise.

     

    Déclin de la « Route de la Soie »

     

    La longueur du parcours, les nombreux intermédiaires, les multiples dangers encourus par les voyageurs sur ces pistes soumises aux incursions de peuples belliqueux et aux attaques des brigands (surtout après la dislocation de l'empire mongol au xive siècle et l'ouverture par les Européens de la route maritime des Épices), vont finir par contribuer au déclin de l'itinéraire terrestre de la « route de la soie ». Ainsi par exemple, la région du « Turkestan chinois » est sous la souveraineté théorique de l'empereur de Chine, mais cette domination subit en réalité de fréquentes éclipses, dues à son grand éloignement et à la difficulté d'y maintenir des garnisons suffisantes.

     

    L'extrême rigueur du climat (torride en été et glacial en hiver), complique l'acheminement qui progresse cahin-caha pendant parfois plus d'un an, à dos de yacks ou en caravanes de cinquante à mille chameaux10.

     

    Au total, l'ensemble de ces facteurs renchérissent le prix des produits qui transitent entre l'Extrême-Orient et le bassin méditerranéen. Ces raisons incitent les Européens à rechercher et à pratiquer une route maritime (aussi appelée routes des épices ou « routes des parfums ») pour commercer avec les pays d'Orient2.

     

    Par ailleurs, les soies chinoises intéressent moins les Européens car la fabrication de la soie se développe en Europe même.

    Au xve siècle, la Route de la soie est progressivement abandonnée.

     

    Impact culturel de la « route de la soie »

     

    Article détaillé : Expansion du Bouddhisme via la Route de la Soie.

     

    • La route est aussi utilisée par les pèlerins qui cherchent à refaire les pérégrinations du Bouddha. Parmi les plus célèbres, on peut citer :

    le moine Faxian en 399 (le récit de son pèlerinage se trouve dans les Mémoires sur les royaumes bouddhiques) ;
    le moine Xuanzang en 629, héros du célèbre roman chinois Le Voyage en Occident, qui voyagea pendant 15 ans ;
    en 964, 300 moines chinois vont rechercher les enseignements des mahayanistes.
    • Elle est la voie de diffusion vers l'occident de découvertes chinoises majeures : boussolepoudre à canonpapier-monnaieimprimerie, etc.

    • Elle est également - en sens inverse - la voie par laquelle plusieurs religions étrangères pénètrent en Chine : bouddhismechristianisme nestorienjudaïsmemanichéisme et islam se transportent le long de l'itinéraire jusqu’à Xi'an.

    • Ainsi, l'art bouddhique, influencé par l'art grec, se diffuse jusque dans la vallée de l'Indus à la suite des conquêtes d'Alexandre le Grand. Il laisse, dans de nombreux sites abandonnés plus tard et ensevelis sous les sables du désert, des vestiges redécouverts à partir de la seconde moitié du xixe siècle, et qui témoignent des influences culturelles véhiculées au Moyen Âge. Cette région, surtout le bassin du Tarim, a vu de temps à autre se réaliser des syncrétismes culturels à partir d'influences indiennes, persanes, occidentales et chinoises (art dit « sérindien »).

    • Entre 1860 et 1925, cette région est explorée et fouillée par des explorateurs et des savants occidentaux au profit des musées de LondresBerlinParis ou Saint-Pétersbourg.

    • Postérité de la « route de la soie »

    Par une culture internationale, elle a permis des échanges matériels, culturels, religieux et scientifiques entre peuples aussi divers et mutuellement lointains que les Turcs, les Tokhariens, les Sogdiens, les Perses, les Byzantins et les Chinois.

     

    Dans les régions qu'elle traverse, les richesses qu'elle génère représente une force d’attraction et ouvre des horizons pour des tribus qui vivent jusque là de façon isolée. Ces peuples sont attirés par les richesses et les opportunités qui se présentent à eux et deviennent maraudeurs ou mercenaires. Beaucoup de leurs membres deviennent ainsi des guerriers redoutables, capables de conquérir des cités riches, des terres fertiles et de forger des empires.

     

    Elle évoque pour certains un processus assimilable à la mondialisation. Elle est à l'évidence un sujet intéressant pour ceux qui veulent observer un phénomène précoce d'intégration politique et culturelle, causé par le commerce international.

     

    Elle a : suscité le rassemblement d'États militaires fondés par des nomades de Chine du Nord, amené le nestorianisme, le manichéisme, le bouddhisme puis l'islam en Asie centrale et en Chine, provoqué le puissant empire des Turcs Khazars.

    • Contribué à la fin de sa gloire, entre autres facteurs, à l'établissement du plus grand empire continental de tous les temps : l'Empire des Mongols, avec ses centres politiques répartis sur toute la route (Pékin en Chine du Nord, Karakorum en Mongolie orientale, Samarkand en TransoxianeTabriz à l'ouest de l'Iran, Astrakhan sur la Volga, Bahçesaray en CriméeKazan en Russie centrale, Erzurum en Anatolie orientale).

    • Cet empire réussit à unifier, sous la terreur, ces zones auparavant liées de façon intermittente par des rapports commerciaux, mais ne sera qu’éphémère.

    L'unité politique de cette région ne survit pas à la chute de l'Empire mongol, la culture et l'économie de la région en souffrent également. Les seigneurs turcs extorquent à l'Empire byzantin décadent l'extrémité ouest de la route et posent les fondations du futur Empire ottoman. De même, à la suite de l'islamisation de la région, les Chinois deviendrons durablement méfiants vis-à-vis de cette voie commerciale, dès la fin de la dynastie Tang, et préféreront la fermeture puis le commerce maritime, qui commencera alors à prendre son essor11.

     

    Nouvelle route de la soie

     

    Article détaillé : Nouvelle route de la soie.

    Ce projet serait notamment constitué du tronçon d'autoroute de 213 kilomètres entre Kashgar et Erkeshtam est entré en service en septembre 2013.

     

    C'est un chantier titanesque. L'Europe, la Chine et les pays d'Asie centrale sont engagés dans la construction d'un nouvel axe commercial majeur. La nouvelle route de la soie pourrait redistribuer les cartes, à l'heure où la mondialisation de l'économie fait pencher la balance vers l'Est. Plusieurs tronçons ont déjà été transformés en autoroute.

     

    La partie chinoise de cette route sera constituée des passages par Lianyungang, dans la Province du Jiangsu, et Xi'an, dans la Province du Shaanxi, et par la région autonome ouïghour du Xinjiang.

     

    Cette route pourrait alors rejoindre l'Europe en passant par le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, l'Iran et la Turquie. Côté chinois, on achève le Xinsilu, une quatre-voies de 5 000 km qui relie la mer Jaune aux monts Tian. Un axe qui a pour but de délester la route maritime, par laquelle transitent des millions de conteneurs par an.

     

    Deux autres routes sont envisagées pour rejoindre l'Europe : une passant par le Kazakhstan et la Russie, et l'autre traversant le Kazakhstan via la mer Caspienne. Les travaux ne sont pas financés par l'Union européenne, qui n'apporte aucune aide logistique. Les bailleurs sont la Banque européenne de développement, la Banque asiatique de développement, la Banque de développement islamique.

     

    Cette route permettra notamment de faciliter le commerce entre la Chine populaire et les pays d'Asie centrale, dont les échanges s'élevaient à 25,2 milliards de dollars américains en 2008. Une liaison ferroviaire allant de la région autonome ouïghour à l'Iran et desservant le Tadjikistan, le Kirghizistan et l'Afghanistan est également envisagée12.

     

    La route du sud, via la Turquie et l'Iran, est pour l'instant délaissée en raison des sanctions de l'ONU imposées à l'Iran. Ce pays est par ailleurs en conflit avec ses voisins sur le partage des eaux de la mer Caspienne.

     

    Un nouveau terminal pour ferries, tankers et cargos est en chantier à Alat, le nouveau terminal portuaire de Bakou. Cette gigantesque plate-forme, dotée des meilleurs équipements, assurera toutes les jonctions possibles entre bateaux et trains, wagons-citernes et pipelines, conteneurs et camions. « Alat pourra traiter jusqu'à 25 millions de tonnes de fret par an contre 7 millions en 2012, depuis le vieux port de Bakou », confirme Mousa Panahov, le vice-ministre des Transports de Chine.

     

    En 2012, il faut compter au minimum un mois pour acheminer des marchandises depuis Shanghai jusqu'à Rotterdam par la mer, via le canal de Suez; moins de trois semaines en train, et environ quinze jours en camion. Les experts estiment que ces deux derniers voyages terrestres pourraient être réduits de moitié en améliorant les infrastructures et en harmonisant les législations. Un programme dont l'Azerbaïdjan se verrait bien le champion. Le budget consacré par Bakou aux transports (trois milliards d'euros en 2010) est d'ailleurs le premier poste de dépense de l'État azéri. Élément essentiel de cette stratégie, la voie ferrée Bakou-Tbilissi-Kars a été rénovée, des rails et traverses aux locomotives et à l'alimentation électrique. Fort de ses pétrodollars, l'Azerbaïdjan a prêté 400 millions d'euros à son voisin géorgien pour ce chantier.

     

    La route de la soie du troisième millénaire, de même que son modèle original, ne suit pas un trajet unique. Depuis la rive orientale de la mer Caspienne, trois itinéraires différents permettront de rejoindre les contreforts des monts Tian, puis d'entrer en Chine par une dizaine de points de passage.

     

    Plus que la qualité du bitume ou de l'écartement des rails des voies ferrées, c'est le temps et l'argent perdus aux frontières (environ 40 % de la durée et du coût du voyage) et le cout des transports terrestres qui sont les principaux obstacles à la reconstruction de la route de la soie, qui ne peut être une voie économiquement adaptée aux transport des énormes tonnages de marchandise de masse caractérisant la mondialisation moderne qui n'a finalement rien de commun avec le commerce de la route de la soie historique qui n'étaient qu'une voie de commerce et de négoce fondée sur des produits rares et précieux.

     

    Le 14 mai 2017, la Chine ouvre un sommet consacré au projet de nouvelle route de la soie13.

     

    Notes et références

    1.  Jean-Paul Roux 2006, p. 46

    2. ↑ a et bChristian Grataloup,  L’Atlas des migrations. Les routes de l’humanité, hors-série Le Monde/La Vie, décembre 2008

    3.  Splendeur des Han, 2014, p. 23

    4.  (en) Ludmila Koryakova et Andrej Vladimirovich Epimakhov, The Urals and Western Siberia in the Bronze and Iron ages, Royaume-Uni, États-Unis, Australie, Cambridge University Press,, 2007, 383 p. (ISBN0-521-82928-3) : relié. Et (en) Li Liu et Xingcan Chen, The Archaeology of China : From the Late Paleolithic to the Early Bronze Age, New York, Cambridge University Press, 2012, 482 p. (ISBN9780521644327).

    5.  François Bellec, Marchands au long cours, éd. du Chêne-Hachette, Paris, 2003

    6.  Susan Whitfield (dir.), 2009, p. 80-81. Des perles typiquement chinoises, vert-jade, opaques, sont produites dès le vie – ve siècle av.n. ère. Par contre une coupe d'inspiration romaine, en verre transparent, est produite en Chine au vie siècle de notre ère.

    7.  E. de la Vaissière, Histoire des marchands sogdiens, Paris, 2004

    8.  Franz Grenet, « Recentrer l'Asie centrale (Discours inaugural au Collège de France) » [archive], 40 leçons inaugurales, sur France Culture, 7 novembre 2013 (consulté le 22 décembre 2016), durée 58 min, moment: 53:50. Idem sur le site du Collège [archive]

    9.  François Bellec, op. cit.

    10.  François Bellec, op cit

    11.  Mark Edward Lewis(en), History of imperial China, Belknap Press of Harvard University Press 2009

    12.  La Chine va construire une Nouvelle Route de la Soie vers l'Europe [archive] - Le Quotidien du Peuple, 15 avril 2011

    13.  Edouard Pflimlin, « La Chine veut restaurer la Route de la soie, non sans périls », Le Monde.fr,‎ 15 mai 2017 (ISSN1950-6244lire en ligne [archive])

     

    Histoire de l'Asie centrale

    • Jean-Paul Roux, L'Asie centrale : Histoire et civilisations, Paris, Fayard, 1997 (ISBN2-213-59894-0)

    • Jean-Paul Roux, Histoire de l'Iran et des Iraniens : Des origines à nos jours, Paris, Fayard, 2006 (ISBN2-213-62736-3)

    • (en) Peter B. Golden, Central Asia in world history, Oxford, New York et Auckland, Oxford University Press, 2011 (ISBN978-0-19-515947-9)

    • (en) Boris A. Litvinsky, Zhang Guang-da et R. Shabani Samghabadi (dir.), History of civilizations of Central Asia. Vol. III : The crossroads of civilizations : A.D. 250 to 750, Paris, UNESCO Pub., 1996 (ISBN92-3-103211-9)

    La route de la soie : introductions

    • Cécile Beurdeley, Sur les routes de la Soie, Paris, Seuil, 1985 (ISBN2-02-008663-8)

    • Édith et François-Bernard Huyghe, La route de la soie ou les empires du mirage, Paris, Payot, 2008 (ISBN978-2-228-90073-7)

    • Jacques Anquetil, Routes de la soie, Paris, J.C. Lattès, 1992 (ISBN2-7096-1112-0)

    • (en) Susan Whitfield, Life along the Silk Road, Londres, John Murray, 2000 (ISBN0-7195-6401-8)

    • Luce Boulnois, La Route de la Soie : Dieux, guerriers et marchands, Genève, Olizane, 2010

    • (en) Xinru Liu, The Silk Road in World History, Oxford, Oxford University Press, 2010 (ISBN978-0-19-533810-2)

    • (en) Étienne de la Vaissière, « Central Asia and the Silk Road », dans The Oxford Handbook of Late Antiquity, Oxford, Oxford University Press, 2012, p. 142-169

    • Olivier WeberLe Grand Festin de l'Orient, Paris, Robert Laffont, 2004

    Catalogues d'expositions

     

    • A la rencontre de Sindbad, la route maritime de la soie, exposition. Paris : Musée national de la Marine1994

    • Monique Cohen, Jean-Pierre Drège et Jacques Giès (éds.), La Sérinde, terre d'échanges : art, religion, commerce du ier au xe siècle, Paris, La Documentation française, 2000(ISBN2-11-004281-8)

    • Jean-Paul Desroches, L'Asie des steppes : d'Alexandre le Grand à Gengis Khan, Paris, Musée des arts asiatiques Guimet, 2001, 202 p. (ISBN2-7118-4176-6)

    • (en) Susan Whitfield, The Silk Road: Trade, Travel, War and Faith, Chicago, Serindia, 2004 (ISBN1-932476-12-1)

    • (en) James C. Y. Watt (dir.), China : Dawn of a Golden Age, 200-750 AD, New York, New Haven et Londres, Metropolitan Museum of Art et Yale University Press, 2004 (lire en ligne [archive])

    • Susan Whitfield (dir.), La route de la soie : un voyage à travers la vie et la mort, Bruxelles, Fonds Mercator - Europalia international, 2009 (ISBN978-90-6153-892-9)

    • Éric Lefebvre et Huei-chung Tsao (dir.), Splendeur des Han : Essor de l'Empire Céleste, Paris, Flammarion et Musée national des arts asiatiques-Guimet, 2014, 255 p.(ISBN978-20-81348-84-4)

    Autres ouvrages

    • (en) Edward H. Schafer, The Golden Peaches of Samarkand: A study of T’ang Exotics, Berkeley and Los Angeles, University of California Press, 1985 (1re éd. 1963) (ISBN0-520-05462-8)

    • Bruno Judic, L'océan Indien au Moyen Âge, Paris, Ellipses, coll. « Le monde : une histoire - mondes médiévaux », 2008

    • (en)Richard FoltzReligions of the Silk Road, Palgrave Macmillan, 2010 (ISBN978-0-230-62125-1)

    • Philippe Norel et Laurent Testot (dir.), Une histoire du monde global, Auxerre, Sciences humaines éd., 2012 (ISBN978-2-36106-029-9)

    Annexes

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    Articles connexes

    Liens externes

     

    La transformation numérique rapide de la Chine

    La transformation numérique rapide de la Chine

     

    05 Décembre 2017
    French.china.org.cn | Mis à jour le 04. 12. 2017
     
    Ce qui apparaît c’est que dans ce domaine comme celui de l’intelligence artificielle, la Chine est passée du domaine d’ « éponge de l’innovation » à celui de créatrice de l’innovation. Il y a deux pays qui sont désormais en tête dans ces domaines, les USA et la Chine. Si cette accélération donne le tournis, on se dit que vue la manière dont se développent aux USA ces innovations en risquant de laisser sur le carreau de plus en plus de professions, du chauffeur routier au comptable, l’affirmation de la Chine que cette évolution sera celle d’une société de plein emploi et de moyenne aisance pour tous rassure, comme rassure la proposition de coexistence pacifique des civilisations même si on a du mal à saisir la totalité de la démonstration, le dialogue, l’échange est indispensable. Il ne reste plus en effet qu’à faire une sorte de pari de pascal, sur l’appel au communisme lancé par la Chine. En effet du côté du capital c’est la barbarie, la guerre, l’élimination des faibles, il ne reste que le choix du socialisme, d’un destin commun de l’humanité et de rapidement nous communistes français, nous gens de gauche à nous jeter dans ce flot de modernité pour l’orienter, développer l’éducation, la recherche, les capacités transversales de l’intelligence, se battre pour un développement humain et non fasciste, prétendre le refuser est illusoire
     
    (note de danielle Bleitrach)

    Le pays est en passe de devenir une pépinière pour l’innovation et le développement de produits.

     

    Que se passe-t-il chaque minute en ligne en Chine ? Eh bien, toutes les 60 secondes, des utilisateurs commandent près de 1400 taxis et 2800 voitures privées sur Didi Chuxing, la plus grande entreprise de commande de taxis en ligne ; plus de 194 000 personnes discutent en conversation audio ou vidéo sur WeChat, la plateforme de réseau social la plus populaire dirigée par Tencent Holdings ; et plus de 770 personnes achètent quelque chose sur Internet, avec près de 1 133 900 dollars (955 000 €) dépensés sur les sites commerciaux du groupe Alibaba.

     

    Ces chiffres donnent un aperçu rapide de la façon, dont Internet est en train de modeler la Chine de façon stupéfiante : « Le pays réalise en 60 secondes [en ligne] ce que d’autres mettent plus d’une journée, une semaine ou plus [à faire] », indique Tech in Asia, le site  internet spécialisé dans la technologie, qui a recensé ces données. Par ailleurs, cet essor s’est déroulé en tout juste quelques années et le cyberespace est aujourd’hui de plus en plus étroitement lié au monde réel.

     

    La Chine a officiellement lancé l’initiative « Internet Plus » en 2015, qui fut conçue pour moderniser les industries traditionnelles en embrassant les nouvelles technologies, comme l’Internet mobile, le cloud computing (ou infonuagique), les mégadonnées et l’Internet des objets. En tout juste deux années, des progrès concrets ont été réalisés, les technologies liées à Internet révolutionnant les secteurs comme la production, la vente au détail, les transports, la finance et la santé.

     

    « Nous allons travailler plus rapidement pour faire de la Chine un producteur de qualité et développer la production avancée, [mais également] promouvoir davantage l’intégration de l’Internet, les mégadonnées et l’intelligence artificielle avec l’économie réelle », a déclaré le président Xi Jinping lors de son discours au XIXe Congrès national du Parti communiste de Chine.

     

    Selon le Premier ministre Li Keqiang, de nouveaux modèles commerciaux et industriels ont émergé depuis le lancement de l’initiative Internet Plus, qui ont fortement stimulé la croissance économique de la Chine.

     

    AliResearch, l’institut de recherche d’Alibaba, note que la croissance liée à Internet représente 6,9 % du PIB chinois, le deuxième taux le plus fort au monde.

     

    L’application rapide des nouvelles technologies numériques dans les secteurs traditionnels a en grande partie été rendue possible par la puissance des infrastructures d’information du pays. La Chine a en effet construit le plus grand réseau à haut débit du monde.

     

    Miao Wei, le ministre de l’Industrie et des technologies de l’information, a déclaré que la Chine s’était hissée au rang d’acteur majeur sur la scène de l’Internet mondial et était devenue la plus grande puissance manufacturière au monde.

     

    « La mise à niveau du secteur de la production manufacturière avec les technologies numériques avancées est une tendance mondiale. La Chine a pris un bon départ dans cette direction », a-t-il indiqué.

     

    Depuis 2015, son ministère a trié sur le volet 206 projets pilotes de production intelligente à travers tout le pays. Vingt-huit d’entre eux sont en phase d’essais industriels numériques, qui ont renforcé leur efficacité de production par plus de 30 %.

     

    En établissant l’interconnexion numérique des machines, des mégadonnées et de l’Internet des objets, qui peut analyser les données des machines et ajuster les opérations, les entreprises accélèrent la dynamique de mise à niveau de leurs usines.

     

    Danielle Bailey, directrice de recherche pour la région Asie-Pacifique pour la société de conseils L2, note que l’intégration des environnements virtuels et réels constitue un domaine, où la Chine est en tête : « En Occident, il y a cette bataille entre le en-ligne et le hors-ligne… Ici, à travers une variété de modèles, il est possible de voir où la Chine a réussi à faire fonctionner ces choses, sans que cela ne soit un discours creux. »

     

    De la même façon, comment embrasser Internet constitue le dernier sujet tendance dans le secteur de la finance. En plus d’offrir des services de paiements mobiles, les entreprises locales de technologie financière (fintech) ont adopté de manière active de nouvelles activités comme la gestion en ligne du patrimoine, la notation de la solvabilité et le paiement de factures de services.

     

    Un développement aussi robuste a permis à la Chine de s’assurer cinq des dix premières places dans un classement des acteurs les plus performants au monde de la fintech, selon un rapport publié par la société de conseil KPMG basée au Royaume-Uni et l’entreprise australienne d’investissement H2 Ventures.

     

    Ce rapport publié en novembre révèle, que la filiale financière d’Alibaba Ant Financial (qui dirige Alipay, la plus grande plateforme financière mobile de Chine) reste l’entreprise de fintech la plus performante au monde.

     

    « La Chine continue à dominer le paysage de la fintech. Ces entreprises poursuivent une tendance, qui se développe depuis plusieurs années et souligne l’essor extraordinaire du secteur de la fintech en Chine », souligne Ben Heap, un partenaire d’H2 Ventures.

     

    Dans le même temps, la stratégie Internet Plus a donné naissance à une vague d’innovation en Chine, aidant le pays à passer du statut d’« éponge de l’innovation » – absorbant et adoptant les technologies et les connaissances existantes du monde entier – à « leader mondial de l’innovation », avec un large éventail de produits et services de pointe développés au niveau national.

     

    Rien ne démontre mieux cela que le phénomène des vélos partagés : créé par des acteurs chinois, dont Ofo et Mobike, ce service sans bornes de vélos équipés de GPS a permis d’améliorer la vie de la population dans les grandes villes en Chine et à l’étranger, fatiguée des routes congestionnées et aspirant à des formes de transport écologiques.

     

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    Le PCC et d’autres partis politiques du monde ont publié la « Proposition de Beijing »

    Le PCC et d’autres partis politiques du monde ont publié la « Proposition de Beijing »

     

    05 Décembre 2017

    RCI 2017-12-03 18:36:25

    Voici la première confirmation de la présence du parti communiste français à cette réunion, c’est par ce compte-rendu de la Chine que nous en avons connaissance, mais les communistes français doivent avoir un compte-rendu de cette initiative comme d’ailleurs de cette vague de renaissance du marxisme léninisme en Espagne, en Italie, ou encore de la renaissance sur les mêmes bases de ce qui fut le plus grand parti communiste non au pouvoir, le parti communiste d’Indonésie. C’est un mouvement de grande ampleur qui à la fois insiste sur la nécessité de la diversité des socialismes et des moyens pour y parvenir, mais réaffirme la nécessité d’une confrontation des expériences et la référence au marxisme léninisme. Ce mouvement doit être pris en compte dans la préparation du Congrès du PCF  

     

    (note de Danielle Bleitrach)


    Le Dialogue de haut niveau entre le PCC et des partis politiques du monde s’est clôturé le 3 décembre à Beijing. Dans la « Proposition de Beijing » adoptée lors de ce dialogue, il est souligné que les partis politiques du monde doivent renforcer la confiance mutuelle, la communication et coopérer étroitement et sur la base de nouvelles relations internationales, établir de nouvelles relations entre partis politiques en mettant à côté les divergences et recherchant les points communs et un enrichissement mutuel et un respect mutuel en vue de construire une communauté de destin pour l’humanité.

     

    Il s’agit de la première démarche diplomatique multilatérale après le 19ème Congrès national du PCC. Environ 300 partis politiques et organisations politiques de 120 pays y ont envoyé leurs responsables. Il s’agit du premier dialogue du haut niveau entre le PCC et d’autres partis politiques du monde. Le secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois Xi Jinping a prononcé un discours lors de l’ouverture, qui a suscité de vives discussions parmi les responsables des partis politiques.

     

    L’ancien premier ministre italien Romano Prodi a déclaré ceci : « J’approuve le respect de la Chine envers la diversité des civilisations et des modèles de développement dans le monde. L’esprit transmis dans « La Gouvernance de la Chine » de Xi Jinping est que dans le cadre de la construction de la communauté de destin commun pour l’humanité, les diverses civilisations multicolores coexistent et c’est une information significative qui constitue l’unique moyen pour éviter les conflits. Dans la gouvernance du monde, la position chinoise est de respecter les autres pays au lieu d’imposer le modèle chinois à autrui.

     

    Mme Samarbakhsh Lydia, membre du conseil exécutif du Parti communiste français, a indiqué ceci : « Nous avons la conviction que cette proposition offrira de belles opportunités et possibilités pour l’avenir de l’être humain. Pour le développement dans le futur, l’être humain doit refuser la concurrence, éviter la guerre et résoudre le problème de l’inégalité. Améliorer le niveau de vie de tous les peuples du monde et favoriser le développement de toute l’humanité constituent les concepts pour tous. Nous souhaitons participer aux discussions de cette proposition tout en apportant nos contributions. »

     

    L’initiative de la communauté de destin a été lancée en 2013 par le président chinois Xi Jinping. Ces quatre dernières années, cette initiative a gagné de plus en plus de soutien et d’adhésion, et est en train d’être mis en œuvre. L’initiative de « la Ceinture et la Route » est la concrétisation de la communauté de destin, et est devenue une plate-forme de coopération pour la réalisation de développement en commun de différents pays. Durant le Dialogue, plusieurs responsables de parti ont accordé une importance à l’initiative de « la Ceinture et la Route ». Ils espèrent qu’en profitant des échanges entre différents partis, la construction de l’initiative de « la Ceinture et la Route » sera promue, afin de réaliser le gagnant-gagnant entre les pays concernés.

     

    Ketmonov Khatamjon, president du parti populaire et démocratique de l’Ouzbékistan, a déclaré ceci : « Pour de jeunes partis politiques de l’Ouzbékistan, ce dialogue offre une bonne opportunité d’apprendre auprès des autres partis. Ce qui favorise nos travaux à l’avenir. Des échanges entre des partis dans le cadre de « la Ceinture et la Route » promouvront la création des conditions de bénéfice mutuel et la coordination des coopérations internationales. L’Ouzbékistan participera à ces activités avec l’attitude et l’acte les plus actifs. »

     

    Elever la capacité de l’exercice du pouvoir et de la participation aux affaires politiques des partis politiques constitue le thème clé de ce dialogue. Durant plusieurs réunions sur la construction de parti, les expériences de la gouvernance du Parti communiste chinois sont au cœur des discussions. Renforcer les disciplines et le style de travail du parti, et la lutte anti-corruption ont trouvé un écho général. Zizi Kodwa, membre du comité exécutif de l’Africain National Congress de l’Afrique du sud, a indiqué que les mesures anti-corruption du PCC ont donné un bon exemple au monde.

     

    « Le problème de corruption est un défi pour un parti politique. Je pense que les mesures anti-corruption du PCC ont donné un bon exemple à tous les autres partis politiques. La lutte anti-corruption du PCC vise à la fois les hautes et les basses sphères du pouvoir. Mais pour la plupart des partis, seulement les basses sphères du pouvoir sont chassées. Les partis politiques doivent suivre l’exemple du PCC dans son unification de pensée et d’acte pour la lutte contre la corruption, parce que la corruption détruit la confiance du peuple au parti. »

     

    La Chine ne compterait-elle pour rien ?

     

    La Chine ne compterait-elle pour rien ?

     

    Immanuel Wallerstein
    Sociologue, chercheur à l’université de Yale 

     

    Très souvent lorsque j’écris sur la crise structurelle du système-monde moderne, et donc du capitalisme comme système historique, je reçois des objections me disant que j’ai négligé la forte vitalité de la croissance économique de la Chine et sa capacité à servir de substitut économique à la puissance clairement déclinante des États-Unis et du monde occidental, qu’on désigne comme le Nord.

     

    C’est là un argument parfaitement raisonnable, mais qui oublie les difficultés fondamentales que traverse le système historique existant. En outre, il peint un tableau des réalités de la Chine beaucoup plus rose que ne le justifie une analyse plus attentive. C’est pourquoi je me propose de répondre à cette question en deux temps – d’abord sur le développement historique du système-monde dans sa globalité, ensuite sur la situation empirique de la Chine à l’heure actuelle.

     

    J’ai déjà, à de multiples reprises – dans ces commentaires et dans mes autres écrits –, fait l’analyse de ce que j’appelle la crise structurelle du système-monde moderne. Elle mérite malgré tout d’être reprise sous forme abrégée. C’est d’autant plus nécessaire que même ceux qui se disent favorables à ce concept de crise structurelle semblent néanmoins, dans la pratique, réticents à accepter l’idée d’une disparition du capitalisme, malgré la solidité de cette thèse.

     

    Il y a un certain nombre d’arguments qu’il faut considérer ensemble. A commencer par l’affirmation que tous les systèmes (quel que soit leur but et sans exception) ont une durée de vie et ne peuvent être éternels. L’explication de cette disparition, tôt ou tard, de tout système quel qu’il soit tient au fait que les systèmes opèrent avec, à la fois, des rythmes cycliques et des tendances « séculaire » [1].

     

    Les rythmes cycliques font référence aux mouvements constants de rapprochement et d’éloignement des équilibres mouvants, une réalité parfaitement normale. Cependant lorsque divers phénomènes connaissent une phase d’expansion conforme à leurs règles systémiques puis se contractent, ils ne reviennent pas après leur contraction exactement là où ils en étaient avant leur mouvement cyclique ascendant. Ils reviennent en fait à un point légèrement plus élevé. C’est là le résultat de la résistance à la perte de gains qui se produit durant la phase ascendante.

     

    Il s’ensuit que leur courbe sur le long terme est ascendante. C’est ce que nous voulons dire par tendance « séculaire ». Si on mesure cette activité sur l’abscisse, ou sur l’axe « x » du graphique [2], on peut voir que les courbes se rapprochent à la longue d’une asymptote de 100% qui ne peut être franchie. Il semble que lorsque d’importants facteurs atteignent un point antérieur de 80% sur l’abscisse, ces courbes se mettent à fluctuer de manière erratique.

     

    Lorsque des courbes cycliques arrivent à ce point, elles cessent d’utiliser les moyens dits normaux de résolution des contraintes constantes dans le fonctionnement du système et entrent, alors, dans une crise structurelle du système.

     

    Une crise structurelle est chaotique. Ce qui signifie qu’au lieu de l’éventail standard normal de combinaisons et d’alliances qui étaient auparavant utilisées pour maintenir la stabilité du système, les acteurs modifient constamment ces alliances dans la recherche de gains à court terme. Cela ne fait que rendre la situation pire. Nous remarquons là un paradoxe – la certitude de la fin du système existant et l’incertitude intrinsèque de ce qui va ultérieurement le remplacer, et par là même de ce fait créer un nouveau système (ou de nouveaux systèmes) qui viendra (ont) stabiliser les réalités.

     

    Durant la période de crise structurelle qui s’étale dans le temps long (ou moins long), on observe une bifurcation entre deux manières alternatives de résoudre la crise – l’une en remplaçant le système en crise par un système différent qui d’une manière ou d’une autre préserve les éléments essentiels du système mourant, et l’autre en le transformant radicalement.

     

    Concrètement, dans notre système capitaliste actuel, il y a ceux qui cherchent à fonder un système non capitaliste mais qui conserve néanmoins les pires traits du capitalisme – la hiérarchie, l’exploitation et la polarisation. Et ceux qui souhaitent établir un système relativement démocratique et égalitaire, un type de système historique qui n’a encore jamais existé. Nous sommes en plein dans cette bataille politique.

     

    Examinons maintenant le rôle de la Chine dans ce qui se passe aujourd’hui. Si on se place du point de vue du système actuel, la Chine semble gagner un fort avantage. Défendre l’idée que cela signifie la continuité du fonctionnement du capitalisme comme système revient fondamentalement à (ré)affirmer l’argument irrecevable que les systèmes sont éternels et que la Chine remplace les États-Unis de la même façon que ceux-ci ont remplacé le Royaume-Uni en tant que puissance hégémonique. Si cela s’avérait vrai, dans les 20-30 ans à venir la Chine (ou peut-être l’Asie du Nord-Est) serait capable d’imposer ses lois au système-monde capitaliste.

     

    Mais est-ce vraiment ce qui se passe ? D’abord, l’avantage économique de la Chine, bien que supérieur à celui du Nord, est en train de décliner de façon significative. Et ce déclin pourrait bien s’amplifier à bref délai, avec le développement de la résistance politique aux tentatives chinoises de contrôler les pays voisins et de s’attirer (c’est-à-dire d’acheter) le soutien de pays lointains, comme cela semble se produire.

     

    La Chine pourra-t-elle alors s’appuyer sur un élargissement de la demande intérieure pour maintenir son avantage mondial ? Il y a deux raisons pour que ce ne soit pas le cas. La première, c’est que les autorités en place craignent qu’une couche sociale moyenne qui s’élargit ne mette en péril leur contrôle politique, aussi cherchent-elle à limiter son développement.

     

    La seconde raison, plus importante celle-là, c’est que la demande intérieure résulte pour l’essentiel d’emprunts risqués effectués par les banques régionales, lesquelles doivent faire face à une incapacité à soutenir leurs investissements. Si elles s’effondrent, même partiellement, cela pourrait signifier la fin totale de l’avantage économique de la Chine.

     

    De surcroît, il y a eu, et il y aura encore des revirements brutaux en matière d’alliances géopolitiques. Dans un sens, les zones clés ne se trouvent pas au Nord, mais dans des régions comme la Russie, l’Inde, l’Iran, la Turquie et l’Europe du Sud-Est, qui poursuivent toutes leur propre stratégie en jouant un jeu qui consiste à changer rapidement et constamment de camp. Le résultat final est que, même si la Chine joue un très grand rôle à court terme, celui-ci n’est pas aussi grand qu’elle le souhaiterait et que le craignent certains dans le reste du système-monde. Il est impossible pour la Chine d’arrêter la désintégration du système capitaliste. La seule chose qu’elle puisse faire est d’essayer de s’assurer une place dans un futur système-monde.

     

    Traduction et notes : Mireille Azzoug

    Illustration : Steve Webel / Flickr CC

     

    © Immanuel Wallerstein, distribué par Agence Global. Pour tous droits et autorisations, y compris de traduction et de mise en ligne sur des sites non commerciaux, contacter : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.1.336.686.9002 ou 1.336.286.6606. Le téléchargement ou l’envoi électronique ou par courriel à des tiers sont autorisés pourvu que le texte reste intact et que la note relative au copyright soit conservée. Pour contacter l’auteur, écrire à : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

     

    Ces commentaires, bimensuels, sont des réflexions consacrées à l’analyse de la scène mondiale contemporaine vue dans une perspective de long terme et non de court terme.

     

    NOTES

    [1] NDT : c’est-à-dire de très long terme, selon le concept de longue durée développé par Fernand Braudel

     

    [2] NDT. Dans le graphique proposé par Immanuel Wallerstein pour représenter la dynamique des rythmes cycliques, les phénomènes évalués en pourcentage figurent sur l’axe « y » des ordonnées, et leur évolution dans le temps sur l’axe « x » des abscisses.

    Le risque de conflit augmente dans la péninsule coréenne selon les experts chinois

    Le risque de conflit augmente dans la péninsule coréenne selon les experts chinois

     

    02 Décembre 2017

    Cet article du Global Times montre à quel point les dangers de guerre dans la péninsule nord coréenne s’accroissent et non pas par la faute de la seule Corée du nord, de fait dans une position défensive, mais par la multiplication de dangereuses manoeuvres militaires en Corée du sud de la part des Etats-Unis
    (note et traduction de Danielle Bleitrach)

    Par Liu Xin Source: Global Times Publié: 2017/12/1 23:23:40

    Les États-Unis tentent de forger l’unité mondiale contre la Corée du Nord


    Les possibilités d’affrontements militaires sur la péninsule coréenne restent élevées alors que les Etats-Unis tentent de forger un front politique et militaire mondial unifié pour faire pression sur la Corée du Nord,  notamment en envoyant ses avions les plus puissants mener des exercices militaires avec la Corée du Sud.
     
    Le président sud-coréen Moon Jae-in et le président américain Donald Trump ont tenu leur deuxième entretien téléphonique en deux jours après le dernier test de missiles à longue portée de Pyongyang, en convenant de maintenir la pression et les sanctions dans l’espoir de ramener le régime à la table des négociations, a rapporté vendredi l’agence de presse Yonhap.
     
    « Les deux dirigeants se sont mis d’accord sur la nécessité de maintenir des sanctions et des pressions fortes sur le Nord jusqu’à ce que la Corée du Nord renonce volontairement à développer des missiles nucléaires et des missiles », a déclaré le bureau présidentiel sud-coréen vendredi, a rapporté Yonhap.
     
    Le président chinois Xi Jinping a parlé avec Trump au téléphone mercredi, affirmant que la dénucléarisation de la péninsule coréenne était un objectif indéfectible de la Chine, a rapporté mercredi l’agence de presse Xinhua.
     
    Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a déclaré lors d’un point de presse vendredi que la position de la Chine sur le dossier nucléaire de la Corée du Nord est claire et que le contact est  maintenu avec les Etats-Unis.
     
    « La Chine et les Etats-Unis partagent une position commune sur  la dénucléarisation de la péninsule coréenne et la Chine espère que les Etats-Unis et la communauté internationale pourront conjuguer leurs efforts pour résoudre le problème par la négociation », a-t-il déclaré.« Les Etats-Unis tentent de forger une ligne de front politique et militaire contre la Corée du Nord, y compris en multipliant des exercices militaires avec la Corée du Sud et appellent plus de pays à faire pression sur la Corée du Nord », a déclaré Song Zhongping vendredi.
     
    Song a dit que les Etats-Unis pourraient considérer les affrontements militaires comme le seul moyen de forcer la Corée du Nord à abandonner les armes nucléaires en développement et que ce pays est en train de répéter des tactiques rapides avec ses alliés au cas où il y aurait une guerre dans la péninsule coréenne.
     
    Les États-Unis et la Corée du Sud organiseront un exercice interarmées de l’armée de l’air, Vigilant Ace, du 4 au 8 décembre, impliquant environ 230 avions et 12 000 soldats américains. Les États-Unis prévoient d’envoyer six chasseurs furtifs F-22 Raptor pour participer à l’exercice. Les bombardiers stratégiques B-1B et trois ou quatre avions F-35A se joindront probablement à eux, a rapporté Yonhap.
     
    « Les Etats-Unis ont une capacité de ciblage précise contre la Corée du Nord: les bombardiers stratégiques B1-B cibleront tout objet venant de l’extérieur de la zone de défense, un groupe de F-22 détruirait rapidement une cible principale », Song a dit.
     
    Les Etats-Unis ont également demandé au Conseil de sécurité de l’ONU d’exhorter toutes les nations à rompre leurs liens avec la Corée du Nord, à rompre les relations diplomatiques, à imposer des sanctions et à limiter la coopération militaire, scientifique, technique ou commerciale, à réunion du Conseil de sécurité, a rapporté Euro News mercredi.
     
    Lü Chao, chercheur à l’Académie des sciences sociales du Liaoning, a déclaré vendredi au Global Times que le cercle vicieux de la guerre de la péninsule coréenne s’est intensifié alors que les Etats-Unis et leurs alliés imposent une pression accrue sur la Corée du Nord, ce qui augmente la possibilité d’affrontements militaires.
     
    « Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont établi une ligne limitée pour les essais de missiles nucléaires de la Corée du Nord – en estimant qu’elle n’offrait  pas de capacité de combat pratique, mais selon la situation actuelle, la Corée du Nord a franchi cette ligne avec les tests en cours », a déclaré Lü, en ajoutant que le Hwasong-15 a surpassé le Hwasong-14 dans certaines zones telles que la hauteur de lancement et la distance.
     
    Lee Eugène, porte-parole du ministère sud-coréen de l’Unification, a déclaré lors d’un point de presse vendredi que « le gouvernement ne pense pas que le dernier test de la Corée du Nord démontre une capacité complète pour un ICBM (missile balistique intercontinental). Séoul ne considère pas le Nord comme traversant la ligne rouge. » Avant que la Corée du Nord franchisse la ligne rouge, la communauté internationale « a encore le temps de résoudre la question par des moyens diplomatiques et pacifiques », a ajouté M. Lü, ajoutant que « les Etats-Unis et leurs alliés devraient sérieusement envisager une suspension réciproque» 

    Le fonds d’assurance sociale de Chine affiche un excédent en 2016

    Le fonds d’assurance sociale de Chine affiche un excédent en 2016

     

    30 Novembre 2017

    © Chine Nouvelle (Xinhua) – Wang Meng, le 28/11/2017 10:55
     

    Résultat de recherche d'images pour "jeunesse chinoise"

    Le fonds d’assurance sociale de Chine a affiché un excédent de 650,8 milliards de yuans (environ 99 milliards de dollars) en 2016, a annoncé mardi le ministère des Finances dans un rapport comptable de clôture.

     

    L’excédent a porté le solde total du fonds à 6.540 milliards de yuans fin l’année dernière.

     

    Le total des revenus du fonds a augmenté de 8,1% en glissement annuel pour atteindre 5.010 milliards de yuans, tandis que les dépenses ont augmenté de 11,5% pour s’établir à 4.360 milliards de yuans.

     

    Environ 73% des revenus proviennent des primes d’assurance et 22% des subventions gouvernementales. Le reste est constitué des versements d’intérêts, des rendements des placements et ou des dons.

     

    Le fait que la croissance des dépenses soit plus rapide que celle des revenus reflète la pression qu’exerce une population vieillissante. La part des personnes âgées de 60 ans et plus dans la population totale a augmenté rapidement depuis des années et s’est établie à 16,7% fin 2016.

     

    Le fonds chinois d’assurance sociale couvre l’assurance retraite de base, l’assurance maladie de base, les accidents du travail, le chômage et la maternité.

     

    Des Forces Spéciales d’Elite chinoises arrivent en Syrie

     

    Le Centre de Réconcilation pour la Syrie a annoncé ce mercredi que des Forces spéciales Chinoises vont incessamment arriver en Syrie pour participer au combat contre les groupes terroristes. Le Centre russe déclare que les Forces chinoises vont se rendre rapidement en Syrie afin d'intensifier les actions contre le Parti islamique « Al-Turkistan » qui ont été ciblées par les troupes de l'Armée syrienne.

    Des Forces Spéciales d’Elite chinoises arrivent en Syrie pour se joindre à la lutte antiterroriste.

     

    Teheran (FNA).

     

    Le Centre cite des sources du Ministère de la Défense Chinois déclarant que les « Night Tigers » et les Sibérian Tigers » spécialisés dans les actions anti-terroristes allaient arriver rapidement en Syrie pour s’attaquer au « Mouvement Islamique Oriental » dans la Province de Damas.

     

    « Al-Watan online », dans son édition en arabe, rapportait ce lundi que des membres du Parti Islamique Al-Turkistan s’étaient affrontés avec le groupe terroriste rival « Ansar Turkistan » dans la base aérienne d’Abu ai-Dhonhour dans le Sud-Est pour la première fois.

     

    « Al-Watan » rapportait de sources proches des deux côtés combattants disant que des différents concernant la menée des opérations contre l’Armée régulière avaient causé des incidents entre les deux parties.

     

    Il ajoutait que les troupes régulières, (De l’AAS), s’étaient déployées à quelques 17 kilomètres de la base aérienne dans la direction de l’Est.

     

    « Al-Watan » en déduisait que le « Parti Al-Turkistani » avait rejoint récemment le « Front Al-Nusra », (Tahrir al-Sham Hay’at, le Parti de Libération du Levant), qui participe aux combats contre les hommes de l’AAS régulière près du village de al-Mastariheh.

     

    http://en.farsnews.com/newstext.aspx?nn=13960908000584

     

    Traduit par Geb avec les approximations et les coquilles d’usage.

    Note de Geb : J’ai comme une impression que ça n’est pas tout à fait "que" les "terroristes de "al-Turkistan" qui doivent se faire du mourron. 


    Ca ressemble plutôt à un avertissement envers les USA et leur intention de squatter par proxy le territoire national syrien en leur montrant que les Russes, le Hezbollah et l’AAS ne sont pas seuls sur le coup.

    »» http://en.farsnews.com/newstext.aspx++cs_INTERRO++nn=13960908000584
    URL de cet article 32621 

    La Chine, avant garde de l’écologie réelle

     

    La Chine, avant garde de l’écologie réelle

     

    •  

     

     

    Ville forêt de Liuzhou
    Ville-forêt de Liuzhou, en projet pour 2018, entièrement autosuffisante sur le plan énergétique et destinée à l’amélioration de la qualité de l’air et de la biodiversité.

     

    C’est notoire : la Chine est l’un des principaux pays pollueurs du monde. Évidemment on cite toujours le chiffre brut, jamais le chiffre par habitant [1]… mais il est désormais évident que le volontarisme de l’État chinois en matière de lutte contre la pollution de l’air et le réchauffement climatique, acté lors du dernier Congrès du Parti Communiste Chinois en 2012 en particulier, donne ses premiers fruits, qui sont de taille !

     

    La Chine est en effet passée de la simple répression financière des usines les plus polluantes (qui se maintient mais rencontre évidemment des freins locaux au niveau du secteur privé) au financement massif de vastes plans urbains de restauration de la qualité de l’air et de la biodiversité, ainsi qu’une politique opiniâtre de reconversion énergétique du territoire.

     

    Concernant l’énergie, on sait peu par exemple que des projets de centrales nucléaires chinoises reposaient initialement sur le principe de la « fission à sels fondus » (thorium) dont les chinois furent les pionniers dans les années 70, et s’opposant à celui de l’uranium (centrales nucléaires à hauts risques et à forte production de déchets radioactifs de nos pays) [2]. Ce type de centrale, qui limite considérablement les déchets (en volume, d’une facteur mille, comme en dangerosité), n’est plus à l’étude en Occident faute de financement et sous la pression du lobby militaro-industriel : celui-ci recycle l’uranium appauvri pour l’armement, alors que les centrales à sels dissous n’en produisent pas, et utilise le même combustible pour les bombes atomiques. C’est faute de technologie que le pays a du abandonner cette opportunité dans les années 70, mais l’État chinois réalise actuellement le seul projet de grande ampleur actuellement pour la mise en place de telles centrales, avec un financement de 250 millions de dollars et une ouverture dans moins de vingt ans (source « Un nucléaire sûr existe, et la Chine ouvre la voie avec le thorium » (The Telegraph, mars 2011) [3]. Celle-ci ouvrira la voie d’une véritable révolution énergétique dans la région.

     

    L’État chinois veut donc se doter d’énergies dites « propres » sur le plan des rejets de gaz à effet de serre (non produit par le nucléaire) et à haut rendement néanmoins, pour sortir de la très polluante industrie charbonnière qui domine encore le marché chinois.

     

    La Chine s’est encore récemment illustrée en mettant en place cette année la première méga-centrale flottante à énergie solaire à Huaïnan près de Shanghaï, et se place au premier rang mondial pour l’énergie hydroélectrique (renouvelable, non intermittente et sans déchet).

     

    Concernant les projets urbains, nous sommes face à une incontestable avant-garde : l’État chinois promeut dans plusieurs villes la construction de « villes-forêts » pour 2020, et ce n’est pas une « belle promesse », c’est du concret ! On parle beaucoup ce mois-ci de la fameuse Liuzhou Forest City, qui sera la première ville entièrement conçue pour l’amélioration de la qualité de l’air, de la biodiversité et les économies d’énergie. Elle pourra accueillir 35.000 habitants. Une ville similaire de 100 000 habitants est également prévue à Shijiakhuang, ainsi que deux grandes « tours forestières » dans la ville de Nanjing (prévues pour 2018), immeubles revêtus de 23 espèces d’arbres et de 2500 arbustes.

     

    Liuzhou Forest City c’est 40.000 arbres et plus de 100 espèces différentes, qui pourront accueillir la faune, notamment l’avifaune locale, et fournir à la ville une couverture thermique naturelle permettant des économies d’énergie l’hiver, et un ombrage suffisant l’été. Ce couvert végétal absorbera 1000 tonnes de dioxyde de carbone par an et 57 tonnes de polluants, tout en produisant 900 tonnes de dioxygène. La ville sera entièrement autosuffisante sur le plan énergétique : énergie solaire et énergie géothermique en seront les ressources exclusives.

     

    Sa surface sera volontairement réduite (175 hectares) pour laisser plus de place à la nature environnante, et elle sera connectée aux villes alentours par un réseau ferroviaire et routier entièrement électrique.

     

    L’exemple de Liuzhou Forest City devrait nous faire réfléchir au-delà de l’anecdote. Propagande totalitaire ? Bluff géopolitique ? « Capitalisme vert » ? Nos écologistes occidentaux feraient bien de poser les questions qui s’imposent : A partir du moment où un pays s’est suffisamment développé économiquement (c’est le cas chez nous comme en Chine), pourquoi l’écologie politique se détournerait avec suspicion de tels « projets pharaoniques », « démesurés » (termes rencontrés dans la presse ironique mais forcée d’en parler [4]) pour ne promouvoir que des solutions « familiales », « locales », au cœur d’un océan d’agrobuziness, de productivisme industriel débridé et de recherche capitaliste du profit maximum et immédiat ? N’est-il pas évident que les seuls projets viables et durables du point de vue de la protection de l’environnement à grande échelle ne peuvent s’appuyer que sur des politiques étatiques pensées, financées et planifiées par une économie nationale souveraine, jamais sur la libre entreprise et la concurrence inter-impérialiste ? N’est-il pas évident qu’à des échelles différentes, les seuls États à sortir du lot pour ce type de politique de protection environnementale soient Cuba et la Chine ?

     

    Comme sur bien d’autres questions, de l’aérospatial aux grandes politiques industrielles dans les pays arriérés, c’est bien le socialisme, c’est-à-dire la capacité d’investir massivement (et sans retour immédiat sur investissement), à l’échelle nationale et de façon coercitive dans des plans de protection des sols, des ressources énergétiques et de l’environnement naturel, qui s’avère le plus efficace et prometteur. Même à un degré moindre dans des pays ayant subi des reculs politiques liés à la disparition du camp soviétique dans les années 90, se placent d’emblée à l’avant-garde d’une véritable « révolution verte » dont nos militants écolo au sein des pays impérialistes se doivent d’étudier les résultats.

     

    Voir en ligne : sur le site journallegerminal...

     

     

     

    [1] Huit tonnes de carbone produit par habitant en Chine contre dix en Union Européenne et vingt aux USA.

     

    [2] La centrale fonctionnant sur ce principe sont les seules pour lesquelles une surchauffe du réacteur s’éteint instantanément par dilution immédiate de la réaction en chaîne par la fonte d’un bouchon de contrôle : le sel fondu est à la fois le fluide porteur de chaleur et sa première barrière de confinement. Voir le documentaire ARTE « Thorium, la face cachée du nucléaire »,

    https://www.youtube.com/watch?v=9tPoOMHxrao

     

     

    La Chine, avant-garde de l’écologie réelle

    Source "La Chine au présent" novembre 2017 

    La Chine, avant-garde de l’écologie réelle


    Guillaume Suing* 

    C'est un fait connu : la Chine est confrontée à de nombreux de problèmes environnementaux. Évidemment on cite toujours le chiffre brut, jamais le chiffre par habitant (1)... mais il est désormais évident que le volontarisme de la Chine en matière de lutte contre la pollution de l'air et le réchauffement climatique, acté lors du Congrès du Parti communiste chinois en 2012, donne ses premiers fruits, qui sont de taille ! 

    La Chine est en effet passée de la simple sanction financière des usines les plus polluantes (qui se maintient, mais rencontre évidemment des freins locaux au niveau du secteur privé) au financement massif de vastes plans urbains de restauration de la qualité de l'air et de la biodiversité, ainsi qu'une politique opiniâtre de reconversion énergétique du territoire. 

    L'énergie propre 

    Concernant l'énergie, peu de personnes savent par exemple que des projets de centrales nucléaires chinoises reposaient initialement sur le principe de la « fission à sels fondus » (thorium) dont les Chinois furent les pionniers dans les années 70, s'opposant à celui de l'uranium (centrales nucléaires à hauts risques et à forte production de déchets radioactifs en France). Ce type de centrale (2), qui limite considérablement les déchets, n'est plus à l'étude en Occident faute de financement et sous la pression du lobby militaro-industriel : celui-ci recycle l'uranium appauvri pour l'armement, alors que les centrales à sels dissous n'en produisent pas et utilise le même combustible Pour les bombes atomiques.

     

    C'est faute de technologie que le pays a dû abandonner cette opportunité dans les années 70, mais la Chine a lancé en 2011 un projet de grande ampleur pour la mise en place de tels réacteurs, avec une ouverture prévue dans moins de vingt ans. Celle-ci ouvrira la voie d'une véritable révolution énergétique dans la région. La Chine veut donc se doter d'énergies dites « propres », sur le plan des rejets de gaz à effet de serre (non produit par le nucléaire) et à haut rendement néanmoins, pour sortir de la très polluante industrie charbonnière qui domine encore le marché chinois. 


    Centrale photovoltaïque flottante Hainin province de l’Anhui 


    La Chine s'est encore récemment illustrée en mettant en place cette année la première méga-centrale flottante à énergie solaire à Huainan dans la province de l'Anhui, et se place au premier rang mondial pour l'énergie hydroélectrique (renouvelable, non intermittente et sans déchet). 

    Des projets urbains de reboisement 

    Concernant les projets urbains, nous sommes face à une incontestable avant-garde : la Chine promeut dans plusieurs villes la construction de « villes-forêts » pour 2020, et ce n'est Pas une « belle promesse », mais du concret ! La fameuse Liuzhou Forest City sera la première ville entièrement conçue pour l'amélioration de la qualité de l'air, de la biodiversité et les économies d'énergie. Elle pourra accueillir 35 000 habitants. Une ville similaire de 100 000 habitants est également prévue à Shijiazhuang, ainsi que deux grandes « tours forestières » dans la ville de Nanjing (prévues pour 2018), immeubles revêtus de 23 espèces d'arbres et de 2 500 arbustes.

     

    Liuzhou Forest City abritera 40 000 arbres et plus de 100 espèces différentes, qui pourront accueillir la faune, notamment l'avifaune locale, et fournir à la ville une couverture thermique naturelle permettant des économies d'énergie l'hiver, et un ombrage suffisant l’été. Ce couvert végétal absorbera 1000 tonnes de dioxyde de carbone par an et 57 tonnes de polluants, tout en produisant 900 tonnes de dioxygène. La ville sera entièrement autosuffisante sur le plan énergétique : l'énergie solaire et l'énergie géothermique en seront les ressources exclusives. 




    Liuxhu province du Guangxi 


    Grâce à la superposition des logements en tours, sa surface ne sera que de 175 ha pour laisser plus de place à la nature environnante, et elle sera connectée aux villes alentours par un réseau ferroviaire et routier entièrement électrique. L'exemple de Liuzhou Forest City devrait nous faire réfléchir au-delà de l'anecdote. Propagande totalitaire ? Bluff géopolitique ? « Capitalisme vert » ? Nos écologistes occidentaux feraient bien de poser les questions qui s'imposent. A partir du moment où un Pays s'est suffisamment développé économiquement (c'est le cas chez nous comme en Chine)' pourquoi l'écologie politique se détournerait avec suspicion de tels « projets pharaoniques » « démesurés » (termes rencontrés dans la Presse. ironique, mais forcée d'en parler pour ne promouvoir que des solutions « familiales », « locales »), au cœur d' un océan d'agrobusiness, de productivisme industriel débridé et de recherche capitaliste du profit maximum et immédiat ? N'est-il pas évident que les seuls projets viables et durables du point de vue de la protection de l'environnement à grande échelle ne peuvent s'appuyer que sur des politiques étatiques pensées, financées et planifiées par une économie nationale souveraine, jamais sur la libre entreprise et la concurrence inter-impérialiste ? N'est-il pas évident qu'à des échelles différentes les seuls États à sortir du lot pour ce type de politique de protection environnementale soient Cuba et la Chine ? 

    Comme sur bien d'autres questions, de l'aérospatial aux grandes politiques industrielles dans les pays émergents, c'est bien le socialisme, c'est-à-dire la capacité d'investir massivement (et sans retour immédiat sur investissement), à l'échelle nationale et de façon directive dans des plans de protection des sols, des ressources énergétiques et de l'environnement naturel, qui s'avère le plus efficace et prometteur. Même à un degré moindre, des pays ayant subi des reculs politiques liés à la disparition du camp soviétique dans les années 90, se placent d'emblée à l'avant-garde d'une véritable « révolution verte » dont nos militants écolo au sein des pays impérialistes se doivent d'étudier les résultats. 


    *Guillaume Suing est agrégé de biologie professeur dans le secondaire et auteur d un essai intitulé « Evolution : la preuve par Marx » (Éditions Delga 2016). 


    Notes 
    (1) Huit tonnes de carbone produit par habitant et par an en chine contre dix en union européenne et aux États-Etats Unis. 
    (2) Dans le cas d’une surchauffe du réacteur des centrales fonctionnant sur ce principe, un système par dilution immédiate l'éteint instantanément via une réaction en chaîne provoquant la fonte d'un bouchon de contrôle : le sel fondu est à la fois le fluide porteur de chaleur et sa première barrière de confinement. 


    Edité le 27-11-2017 à 23:25:30 par Xuan

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    contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit

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