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Chine

En réponse à Trump, la Chine propose que les États-Unis abandonnent la mentalité de guerre froide

 

22 Décembre 2017
L’Assemblée générale de l’ONU a condamné, ce jeudi 21 décembre, à une large majorité la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d’Israël. Sur les 193 pays membres, 128 ont voté en faveur de cette résolution dont la France, la Russie et la Chine, neuf contre et 35 pays ont fait le choix de s’abstenir. Le président américain Donald Trump avait promis d’observer de près ce scrutin, menaçant de représailles financières les Etats qui apporteraient leur soutien à ce texte. Un exemple parmi d’autres de ce que la Chine dénonce ici, étant bien entendu que le cas palestinien est plus symbolique alors que le point  le plus dangereux de la stratégie américaine demeure la Corée du nord. Ce que la Chine n’ignore pas dans sa mise en garde et elle dénonce surtout le caractère versatile de cette politique qui adopte une attitude et son contraire. Le ton est agacé et ferme.
 
(note de Danielle Bleitrach)


 

GÉOPOLITIQUE

Mardi dernier (19), la Chine a exhorté les États-Unis à cesser délibérément de fausser leurs intentions stratégiques et d’abandonner la mentalité de guerre froide et le concept dépassé du jeu à somme nulle.

 

La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying a fait ces remarques lors d’une conférence de presse en réponse au rapport sur la stratégie de sécurité nationale américaine publié récemment.

 

Lundi, le président américain Donald Trump a annoncé la stratégie de sécurité nationale, qualifiant la Chine et la Russie de « rivales » et de « puissances rivales » de Washington, qui tentent de saper les intérêts nationaux américains sur tous les fronts.

Selon le rapport, la Chine et la Russie érodent la sécurité et la prospérité américaines et finissent par renverser l’ordre mondial défini par Washington.

 

« La Chine reste attachée à la voie du développement pacifique et adhérer fermement à la stratégie d’ouverture de bénéfice mutuel et des résultats avantageux pour tous », a déclaré Hua, notant que le pays a toujours été un constructeur de maintien de l’ordre international et la paix mondiale, ce qui contribue au développement global.

 

Hua a souligné que la Chine est confiante dans sa voie de développement et que les réalisations chinoises sont reconnues par la communauté internationale. Il a souligné que les tentatives de tout pays de déformer la vérité seront vaines.

 

« La Chine ne cherchera jamais le développement au détriment des intérêts d’autres pays, et n’abandonnera jamais ses propres droits et intérêts légitimes », a dit Hua.

 

La Chine est le plus grand pays en développement du monde, tout comme les États-Unis sont le plus grand pays développé, a ajouté Hua, ajoutant que les deux pays sont les deux plus grandes économies du monde. devrait partager de larges intérêts communs.

 

« En ce qui concerne les relations entre la Chine et les Etats-Unis, la coopération est le seul choix correct pour les deux pays », a déclaré M. Hua, ajoutant que les différences entre les deux pays ne sont pas surprenantes puisque les deux sont de grandes puissances.

 

Selon Hua, la Chine et les Etats-Unis doivent traiter leurs différends de manière adéquate, en se basant sur le respect des intérêts principaux et des préoccupations mutuelles.

 

« Nous attendons des Etats-Unis qu’ils mènent les relations sino-américaines d’une manière objective et rationnelle et honorent leurs engagements », a souligné M. Hua, soulignant que le maintien de relations bilatérales saines et stables est le bon choix pour le bien-être des deux pays. peuples et la communauté internationale.

 

 Ambassade à Washington

 

En réponse à la récente stratégie de sécurité nationale des États-Unis, le porte-parole de l’ambassade de Chine à Washington a déclaré que la Chine resterait toujours attachée à la paix mondiale, au développement mondial et à l’ordre international.

 

Le diplomate chinois a déclaré que la paix et le développement sont des thèmes de l’époque actuelle et des aspirations communes de tous. Tous les efforts contre cette option sont inappropriés et seront finalement rejetés par le temps.

 

De plus, toute tentative de placer les intérêts nationaux de certains pays au-dessus des intérêts des autres et de la communauté internationale reflète un égocentrisme qui ne mène nulle part mais à l’auto-isolement, a ajouté le porte-parole de l’ambassade chinoise.

 

Les fondements du développement de la Chine résident dans le bien-être de la population, dans le développement  du pays et dans la paix et la prospérité mondiales.

 

Le fait que les États-Unis considèrent la Chine comme une nation rivale, contrairement à sa demande précédente de développer un partenariat avec la Chine et va à l’encontre de la nature interdépendante des relations sino-américaines ainsi que les efforts des deux pays sur les questions de coopération bilatérale et pays.

 

Pour Pékin et Washington, la coopération conduit à des résultats positifs, alors que la confrontation entraîne des pertes réciproques, a déclaré le porte-parole, ajoutant que le meilleur conseil serait que les États-Unis s’habituent au développement de la Chine et l’acceptent.

 

Le porte-parole chinois a suggéré qu’il était grand temps pour les Etats-Unis d’abandonner leur mentalité de somme nulle dépassée et de travailler avec la Chine sur un objectif commun de prospérité et de progrès pour tous.

 

Source: Xinhua; traduction de Maria Helena de Eugênio pour la Résistance

Promouvoir la construction d’une communauté de destin pour l’humanité par Yang Jiechi


21 Décembre 2017

 

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Publié le:2017-12-12 |

Par:Yang Jiechi | Source:Quotidien du Peuple Le 19 novembre 2017

 

Dans le rapport présenté au XIXe Congrès national du Parti communiste chinois (PCC), le Secrétaire général Xi Jinping déclare, dans la partie concernant les affaires étrangères, que « le PCC est un parti politique qui œuvre pour le bonheur du peuple chinois et qui lutte pour le progrès de l’humanité. Le PCC se dévoue toujours à sa mission d’apporter de nouvelles et plus grandes contributions à l’humanité ». En plus des promesses, les communistes chinois ont aussi agi pour mettre en œuvre leur mission. Depuis le XVIIIe Congrès national du PCC, le Secrétaire général Xi Jinping a démontré la vision ambitieuse et la pensée stratégique d’éminents politiciens et stratèges, et formulé la pensée importante de la construction d’une communauté de destin pour l’humanité. Cette proposition est une partie importante de la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, elle est aussi une contribution majeure de la Chine contemporaine pour le monde. La construction d’une communauté de destin pour l’humanité est déjà devenue le drapeau que la Chine porte pour mener la tendance des temps et diriger les progrès de la civilisation humaine.

 

I. Nous devons saisir avec précision le contexte de cette pensée sur la construction d’une communauté de destin pour l’humanité.

 

Le rapport au XIXe Congrès signale que « le monde traverse actuellement une période de grands développements, de profondes transformations et de vastes réajustements, mais la paix et le développement demeurent les deux thèmes majeurs de notre époque ». L’humanité vit dans le même village planétaire, toutes les nations sont interdépendantes et unies dans leur destin et forment, de plus en plus, une communauté de destin où l’avenir des uns est directement lié à celui des autres. Aucun pays ne pourra relever seul les défis auxquels l’humanité est confrontée, aucun pays ne pourra non plus se replier sur soi-même. Les pays du monde doivent travailler ensemble dans un esprit responsable pour sauvegarder et promouvoir conjointement la paix et le développement dans le monde.

 

Parallèlement, le monde est davantage caractérisé par la multi-polarisation, la mondialisation économique, l’informatisation de la société et la diversification des cultures ; les pays émergeants et les pays en développement ont évolué à toute vitesse, modifiant progressivement le rapport de forces international et remodelant les relations internationales, tant sur le plan théorique que pratique. Le centralisme occidental, dans lequel la scène internationale est dominée par l’Occident et les relations internationales sont orientées par les valeurs occidentales, est en crise. Les idées, systèmes et modèles de gouvernance occidentaux ont de plus en plus de difficultés à s’adapter à la nouvelle conjoncture internationale et à l’évolution de notre temps : les problèmes s’accumulent et s’aggravent, les puissances occidentales ne parviennent même plus à gérer leurs propres soucis. La communauté internationale appelle de toute urgence à une nouvelle conception de gouvernance mondiale, à la construction d’un nouveau système et un nouvel ordre international plus justes et plus équitables, afin d’ouvrir de meilleures perspectives pour l’avenir de l’humanité.

 

Depuis le XVIIIe Congrès national du PCC, sur la base des grands progrès réalisés depuis la fondation de la Chine nouvelle et en particulier depuis la politique de la réforme et l’ouverture, notre pays a connu des changements historiques, et au cours de son développement, un nouvelle horizon historique s’est ouvert à notre pays : le socialisme à la chinoise est entré dans une nouvelle ère. L’entrée du socialisme à la chinoise dans une nouvelle ère signifie que la nation chinoise, qui avait connu toutes sortes d’adversités depuis l’ère moderne, est en voir d’accomplir un grand bon, passant d’une nation qui s’est relevée, à une nation riche, puis à une nation puissante, et ouvrant de ce fait de belles perspectives pour son grand renouveau; cela montre que le socialisme scientifique est reparti de l’avant avec une vitalité débordante dans la Chine du XXIe siècle et que l’étendard du socialisme à la chinoise flotte haut levé dans le monde; cela prouve que le socialisme à la chinoise a progressé sans cesse dans sa voie, sa théorie, son régime et sa culture, ouvert aux pays en développement une voie plus large pour leur modernisation, offert des choix totalement nouveaux aux nations et pays désireux d’accélérer leur développement en toute indépendance, et apporté à l’humanité la sagesse et la solution chinoises pour résoudre ses problèmes. Sur le plan international, la conception et la pratique de la Chine en matière de gouvernance sont hautement appréciées et largement acceptées, son influence internationale, son pouvoir rassembleur et sa force constructive se sont renforcés. La Chine est confiante et capable de contribuer davantage au monde.

 

C’est dans ce contexte que le Secrétaire général Xi Jinping, partant du développement historique de l’humanité, a pris la responsabilité d’un dirigeant de grande puissance et mené des réflexions approfondies sur des sujets majeurs concernant l’avenir et le destin de l’humanité, comme « quel monde à construire et comment construire ce monde ». Ses discours importants sur la construction d’une communauté de destin pour l’humanité, donnés à différentes occasions, forment un système idéologique scientifique et complet avec un contenu riche et une signification profonde. L’idée d’édifier une communauté de destin est une innovation majeure de la diplomatie chinoise contemporaine. Saluée et appréciée par la communauté internationale, cette proposition a été écrite à plusieurs reprises dans des documents des Nations Unies et son influence internationale ne cesse de croître.

 

II. Nous devons comprendre le riche contenu de la pensée sur la construction d’une communauté de destin pour l’humanité.

 

Le contenu de la pensée sur la construction d’une communauté de destin pour l’humanité est extrêmement riche et profonde. Son essence est de « construire un monde beau et propre, caractérisé par la paix durable, la sécurité globale, la prospérité commune, l’ouverture et l’inclusion », comme le souligne le rapport au XIXe Congrès du PCC. La construction d’une communauté de destin pour l’humanité nécessite donc nos efforts dans cinq domaines : la politique, la sécurité, l’économie, la culture et l’écologie.

 

(1) Sur le plan politique, ce qu’il nous faut, c’est le respect mutuel et des discussions d’égal à égal ; il faut abandonner résolument la mentalité de la guerre froide et la politique du plus fort, et suivre une nouvelle voie pour les relations entre Etats qui privilégie le dialogue et le partenariat, plutôt que les confrontations et les alliances. Les guerres fréquentes dans l’histoire de l’humanité nous enseignent une leçon douloureuse, la paix est le désir simple mais vrai de tous les peuples. Pour construire un monde de paix durable, les pays doivent établir un réseau de partenariats d’égalité, de négociation et de compréhension mutuelle. Les grandes puissances sont souvent les facteurs déterminants de la guerre et de la paix, elles portent donc une plus grande responsabilité dans la promotion de la paix et du développement des régions et du monde en général. De ce fait, les grands pays doivent respecter les intérêts et les préoccupations de chacun, contrôler les conflits et les différends et s’efforcer d’établir un nouveau type de relation qui privilégie le respect mutuel et la coopération gagnant-gagnant, plutôt que les confrontations. Face aux pays plus petits, les grandes puissances doivent aussi les traiter sur un pied d’égalité, en abandonnant résolument la domination, la menace et l’intimidation. Les Etats doivent chercher à résoudre les conflits et différends par des consultations égales et privilégier le dialogue avec un maximum de sincérité et de patience. Ce n’est qu’en suivant ensemble la voie du développement pacifique que tous les pays pourront se développer ensemble et coexister en paix.

 

(2) Sur la question de la sécurité, il faut régler les différends par le dialogue et la discussion, coordonner les actions pour répondre aux menaces de sécurité conventionnelles et non conventionnelles, et lutter contre toute forme de terrorisme. A l’heure actuelle, les enjeux de la sécurité internationale sont complexes, les menaces de sécurité conventionnelles et non conventionnelles s’entrecroisent, le contenu et l’étendue de la question de la sécurité ne cessent de grandir. Dans le même temps, pour l’humanité, les intérêts et la sécurité des uns sont de plus en plus liés à ceux des autres. Dans une telle situation nouvelle, la mentalité de la guerre froide, les alliances militaires et la poursuite de sa propre sécurité absolue sont devenus impraticables, toutes les nations devraient établir une nouvelle conception de sécurité commune, globale, coopérative et durable. Les préoccupations légitimes en matière de sécurité de chaque pays doivent être respectées, que le pays soit grand ou petit, puissant ou faible, riche ou pauvre et quelque soit ses traditions historiques ou culturelles et son système social. Il faut défendre les principes fondamentaux des relations internationales, notamment le respect de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale et la non-ingérence dans les affaires intérieures d’autrui, et coordonner le maintien de la sécurité face aux menaces traditionnelles et non-traditionnelles. Tous les pays ont le droit de participer aux affaires de sécurité régionale sur un pied d’égalité et ils ont tous la responsabilité de sauvegarder la sécurité régionale. Les problèmes de sécurité doivent être résolus par le dialogue, la consultation et la coopération mutuellement bénéfique.

 

(3) Dans le domaine économique, il faut œuvrer, dans un esprit de solidarité, pour la facilitation et la libéralisation du commerce et de l’investissement, et faire évoluer la mondialisation économique dans le sens d’une plus grande ouverture, de l’inclusion, de l’universalité, de l’équilibre et du principe gagnant-gagnant. Le développement demeure la première tâche de chaque pays, l’objectif d’une communauté de destin pour l’humanité est le développement commun. Pour construire cette communauté, tous les pays doivent s’efforcer d’améliorer leur capacité de développement et élaborer des stratégies de développement adaptées à leurs conditions nationales, en tenant compte de leurs propres caractéristiques. Tous les pays doivent également travailler ensemble pour sauvegarder la paix internationale afin d’améliorer l’environnement de développement international, promouvoir le développement par la paix et consolider la paix par le développement. Il faut aussi renforcer la gouvernance économique mondiale et améliorer le mécanisme de coordination du développement afin de créer un environnement institutionnel extérieur favorable. Tous les pays, en particulier les grandes économies, doivent renforcer la coordination des politiques macroéconomiques. Nous devons défendre les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), soutenir un système commercial multilatéral ouvert, transparent, inclusif et non discriminatoire et promouvoir la construction d’une économie mondiale ouverte. Nous devons optimiser le développement de partenariats, faire de notre mieux pour résoudre le problème de développement déséquilibré entre le Nord et le Sud et au sein des régions, de sorte que le développement profite à la population tout entière et donne un nouvel élan à la croissance globale durable.

 

(4) En ce qui concerne la culture, il faut respecter la diversité des civilisations : transcender les malentendus par les échanges entre civilisations ; les conflits, par leur inspiration réciproque : et la supériorité d’une quelconque civilisation, par la coexistence de toutes. La diversité des civilisations humaines est la caractéristique fondamentale du monde et la source du progrès de l’humanité, car la diversité crée des échanges, les échanges apportent l’intégration et l’intégration engendre des progrès. Les différentes civilisations incarnent la sagesse et les contributions des différents groupes ethniques sans aucune distinction de supériorité. Leurs différences ne doivent donc pas devenir la source des conflits mondiaux, mais le moteur du progrès de la civilisation humaine. Nous devons préconiser les échanges culturels qui favorisent la coexistence des différences, l’intégration et la tolérance, apprendre d’autrui dans la concurrence et développer ensemble à travers les échanges et l’apprentissage mutuel, de sorte que les échanges entre civilisations renforcent l’amitié entre les peuples, promeuvent le progrès de l’humanité et sauvegardent la paix mondiale.

 

(5) Enfin, sur la question de l’écologie, il faut édifier une société respectueuse de l’environnement et coopérer pour faire face au changement climatique, afin de préserver la Terre, notre foyer unique. L’homme peut utiliser la nature et transformer la nature, mais il demeure une partie de la nature. L’homme doit donc prendre soin de la nature et ne peut jamais aller au-delà des limites de la nature. L’édification de la civilisation écologique concerne l’avenir de l’humanité. Nous devons remédier aux contradictions apportées par la civilisation industrielle et chercher la coexistence harmonieuse entre l’homme et la nature, afin de réaliser le développement durable du monde et le développement global de l’homme. Il faut sensibiliser l’homme au respect de la nature, à l’harmonie avec la nature et à la conservation de la nature, il faut garder à l’esprit l’idée que la nature vaut son pesant d’or. Nous devons poursuivre sur la voie du développement vert, durable, circulaire et à faible teneur en carbone, mettre en œuvre de manière équilibrée le Programme de développement durable à l’horizon 2030, agir pour relever les nouveaux défis tels que le changement climatique, continuer à explorer une voie de développement civilisée qui permettrait une production avancée, de la prospérité et un environnement sain, et construire un système écologique global basé sur le développement vert et au respect de la nature.

 

III. Nous devons comprendre l’importance de la pensée sur la construction d’une communauté de destin pour l’humanité.

 

L’idée de bâtir une communauté de destin pour l’humanité répond aux exigences de notre époque, rassemble les différents pays et dessine un plan pour que la société humaine réalise un développement commun, une prospérité durable, une paix et une sécurité à long terme. C’est une idée importante tant pour la paix et le développement de la Chine que pour la prospérité et le progrès du monde.

 

(1) La pensée sur la construction d’une communauté de destin pour l’humanité est la continuité et le développement des idées et propositions diplomatique élaborées par la Chine nouvelle à différents moments. Depuis la fondation de la Chine nouvelle, notamment depuis la réforme et l’ouverture, les communistes chinois attachent une grande importance à l’édification d’un ordre international pacifique, stable, juste et rationnel. Le PCC a proposé un grand nombre de notions diplomatiques importantes dont les cinq principes de la coexistence pacifique, la mise en place d’un nouvel ordre politique et économique international, la voie de développement pacifique et l’édification d’un monde harmonieux. Depuis le XVIIIe Congrès national du PCC, sur la base de ces pensées diplomatiques majeures, le Comité central du Parti avec Xi Jinping comme noyau dirigeant encourage les innovations dans les théories et pratiques diplomatiques, le Comité a donc présenté une série de nouvelles idées, dont l’initiative de « la Ceinture et la Route » ainsi que les conceptions en matière de gouvernance mondiale, de sécurité, de développement, de justice et de mondialisation. Ces idées, qui inaugurent la diplomatie de grands pays à la chinoise, forment la pensée diplomatique du Secrétaire général Xi Jinping. Au cœur de la pensée diplomatique de Xi Jinping, l’idée de bâtir une communauté de destin pour l’humanité est devenue une stratégie pour défendre et développer le socialisme à la chinoise dans la nouvelle ère, elle démontre pleinement notre confiance dans notre voie, notre théorie, notre régime et notre culture et reflète la vision globale de la Chine qui intègre son propre développement au développement du monde, en prenant l’esprit universel et en assumant le rôle d’une grande nation. Grâce à la direction de la pensée diplomatique de Xi Jinping, la Chine se rapproche progressivement du centre de la scène mondiale, pour jouer pleinement son rôle de grande puissance, promouvoir la construction d’une communauté de destin pour l’humanité et contribuer à l’humanité.

 

(2) L’idée de bâtir une communauté de destin pour l’humanité traduit la poursuite commune de toutes les cultures et de toute l’humanité. La paix, le développement, l’équité, la justice, la démocratie et la liberté sont les valeurs communes poursuivies par toute l’humanité. Depuis l’ère moderne, l’humanité cherche à établir un ordre international juste et raisonnable, à sauvegarder la paix mondiale et à réaliser la prospérité commune. Après la Seconde guerre mondiale, les forces de justice telles que la Chine ont établi ensemble les principes fondamentaux régissant les relations internationales par des documents importants comme la Charte des Nations Unies. Ces principes, y compris l’égalité de la souveraineté, la non-intervention dans les affaires intérieures d’autrui et le règlement pacifique des différends internationaux, montrent que la communauté internationale désire une paix durable, le maintien de l’équité et de la justice. Avec l’accentuation de la mondialisation et notamment l’apparition des défis mondiaux saillants, tous les pays sont liés l’un à l’autre et interdépendants dans la quête d’intérêts et de sécurité, la conscience d’une communauté de destin s’intensifie de jour en jour, devenant une puissante énergie positive pour promouvoir la coordination et la coopération internationales. La culture traditionnelle chinoise met en avant l’harmonie et l’intégration, elle appelle à voir le monde comme une communauté et préconise de respecter les cultures et les valeurs d’autrui pour faire de ce monde une communauté harmonieuse. Ainsi, dans les nouvelles conditions historiques, la proposition de Xi Jinping sur l’édification d’une communauté de destin pour l’humanité reflète non seulement la réalité des relations internationales contemporaines, mais aussi les valeurs communes de l’humanité et la culture de la nation chinoise. Cette proposition traduit le désir universel et l’aspiration commune de toute l’humanité, et éveille une résonance internationale de plus en plus étendue et forte.

 

(3) L’idée de bâtir une communauté de destin pour l’humanité répond aux changements historiques dans la relation entre la Chine de la nouvelle ère et le monde. En effet, un nouvel horizon s’ouvre pour la relation entre la Chine et le monde. D’une part, la Chine et le monde sont de plus en plus liés l’un avec l’autre et interdépendants. En 2016, la Chine a contribué à plus de 30% de la croissance mondiale, ses exportations et importations ont atteint 3 600 milliards de dollars, soit plus de 30% de son PIB. La Chine est devenue une véritable puissance commerciale. Les faits ont prouvé que le développement de la Chine dépendait de celui du monde, et vice-versa. Par conséquent, le rêve chinois du grand renouveau de la nation chinoise est étroitement lié aux rêves des autres peuples et au rêve mondial d’une paix durable et d’une prospérité commune. D’autre part, les progrès remarquables que la Chine a réalisés depuis la politique de la réforme et l’ouverture seraient impossibles sans le soutien et la coopération du monde. La Chine montante a la responsabilité et la capacité de partager des opportunités de développement avec d’autres pays. A mesure que la Chine se développera mieux, elle sera plus à même de façonner et d’influencer le monde et de contribuer davantage à la communauté internationale. Née de la sagesse chinoise, l’idée de bâtir une communauté de destin pour l’humanité est une solution chinoise que notre pays apporte à la gouvernance mondiale.

 

(4) L’idée de bâtir une communauté de destin pour l’humanité indique la voie à suivre pour le développement mondial et l’avenir de l’humanité. A l’heure actuelle, le développement mondial est confronté à divers problèmes et défis : la mondialisation connaît des difficultés, l’économie mondiale est au ralenti depuis plusieurs années, les écarts de développement se creusent, les conflits régionaux sont fréquents, des défis mondiaux tels que le terrorisme et les flux de réfugiées restent à relever, et les différents courants de pensées sociales et politiques s’entrechoquent. Que se passe-t-il avec le monde et que devrions-nous faire ? La communauté internationale est confuse quant à l’avenir de notre développement. Dans ce contexte, le Secrétaire général Xi Jinping a répondu à la demande commune de la communauté internationale. Il a saisi avec précision l’évolution historique de la relation entre la Chine et le monde, et proposé les visions de la Chine sur la mondialisation et la gouvernance mondiale, dans ses discours donnés à la réunion annuelle de Davos du Forum économique mondial et au siège de l’ONU à Genève. Il a exposé, de manière complète, l’idée importante de la construction d’une communauté de destin pour l’humanité. L’essence de cette proposition se résume par l’appel à la paix et non la guerre, au développement et non la pauvreté, à la coopération plutôt que la confrontation, et au bénéfice mutuel plutôt que la victoire unilatérale. Par conséquent, l’idée de l’édification d’une communauté de destin pour l’humanité fait face aux questions majeures dans le monde d’aujourd’hui et dissipe la plus grande confusion éprouvée par les peuples du monde, en indiquant la direction à suivre pour le développement du monde et l’avenir de l’humanité.

 

IV. Nous devons promouvoir la construction d’une communauté de destin pour l’humanité en améliorant davantage notre travail dans les affaires étrangères de la nouvelle ère.

 

L’édification d’une communauté de destin pour l’humanité est non seulement le noble objectif de la diplomatie chinoise, mais aussi la responsabilité commune et la mission historique de tous les pays du monde. Nous devons mettre pleinement en œuvre cette proposition, créer sans relâche une nouvelle conjoncture de la diplomatie chinoise et travailler main dans la main avec tous les autres pays pour construire ensemble un monde meilleur.

 

(1) Nous devons défendre la voie du développement pacifique et œuvrer pour l’établissement d’un nouveau type de relations internationales basées sur le respect mutuel, l’équité et la justice, ainsi que la coopération et le principe gagnant-gagnant. Nous ne devons pas abandonner nos rêves à cause de la complexité de la réalité, ni cesser la poursuite de nos idéaux parce qu’ils nous semblent trop loin à atteindre. Face à un monde d’espoir et de défis, nous devons œuvrer sans relâche pour l’établissement d’un nouveau type de relations internationales, afin de jeter des bases solides pour bâtir une communauté de destin pour l’humanité. Nous allons donc porter haut levé le drapeau de la paix, du développement, de la coopération et du principe gagnant-gagnant, persévérer dans notre principe de la politique étrangère fondé sur la sauvegarde de la paix mondiale et le développement commun, et continuer à développer une coopération amicale avec tous les pays sur la base des Cinq principes de la coexistence pacifique. Nous défendrons fermement l’équité et la justice internationales et nous opposerons à l’hégémonie et à la politique du plus fort. Nous défendrons résolument nos intérêts nationaux, mais nous ne chercherons jamais à réaliser hégémonie et expansion.

 

(2) Nous devons améliorer notre disposition diplomatique et établir un réseau mondial de partenariats. Pour cela, la Chine se concentra, d’une part, sur la coopération avec ses pays voisins et les grandes puissances, et développera, d’autre part, la coopération avec les pays en développement comme la base du réseau, afin de développer une coopération amicale globale avec tous les pays, à travers la coopération multilatérale. Notre pays continuera également à intensifier la coopération pragmatique, à renforcer la confiance politique mutuelle, à consolider la base sociale et à améliorer la construction institutionnelle, afin de réaliser une disposition diplomatique tous azimuts, de multi-niveaux et tridimensionnelle. La Chine promouvra la coordination et la coopération entre les grands pays en contribuant à l’établissement d’un cadre de relations globalement stables et équilibrées entre eux. En appliquant le principe dit « amitié, sincérité, réciprocité et inclusion », et la politique diplomatique de bon voisinage et de partenariat avec ses voisins, la Chine développera en profondeur ses relations avec eux. Persévérant dans la juste conception de la justice et des intérêts, et dans le principe dit « sincérité, pragmatisme, amitié et franchise », la Chine renforcera la solidarité et la coopération avec les autres pays en développement.

 

(3) Nous devons faire une promotion active de l’initiative de « la Ceinture et la Route » et œuvrer pour une conjoncture d’ouverture tous azimuts. Notre pays continuera à s’ouvrir encore davantage, rapprochera le projet de « la Ceinture et la Route » de la construction d’une communauté de destin pour l’humanité et de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, en créant de nouvelles plates-formes de coopération international et de nouveaux moteurs de développement commun. La Chine suivra fidèlement le principe de « consultations réciproques, d’engagement commun et de partage des fruits », poursuivra l’esprit de la Route de la Soie caractérisé par la coopération pacifique, l’ouverture, l’inclusion, l’apprentissage mutuel, le bénéfice mutuel et le principe gagnant-gagnant, renforcera la coordination en matière de politique, l’interconnexion des infrastructures, la facilité du commerce, l’intégration financière et la compréhension mutuelle entre les peuples avec les pays situés le long de « la Ceinture et la Route », afin de faire de ce projet une route de la paix, de la prospérité, de l’ouverture, de l’innovation et de civilisations.

 

(4) Nous devons participer, de façon plus active, à la gouvernance mondiale et guider la direction des mutations dans l’ordre international. La Chine restera fidèle à la conception de gouvernance mondiale dite « concertation, synergie et partage » et participera activement à la réforme et au développement du système de gouvernance mondiale. Notre pays soutient fermement un ordre international et un système international fondés sur les objectifs et les principes de la Charte des Nations Unies, préconise la démocratisation des relations internationales et prononce pour le renforcement de la représentation et l’extension du droit de parole des pays en développement dans les affaires internationales. La Chine participera de manière constructive au processus de règlement des questions brûlantes aux niveaux international et régional, répondra activement à toutes sortes de défis mondiaux et défendra la paix et la stabilité internationales et régionales. Elle soutiendra le système commercial multilatéral, promouvra la libéralisation et la facilitation du commerce et de l’investissement international et s’opposera à toute forme de protectionnisme. La Chine continuera à jouer son rôle en tant que grand Etat responsable et apportera continuellement la sagesse et la force chinoises pour l’amélioration du système de gouvernance mondiale.

 

(5) Nous devons renforcer la direction centralisée et unifiée du Parti sur les affaires étrangères. Nous étudierons et mettrons en œuvre la pensée diplomatique du Secrétaire général Xi Jinping, renforcerons les « Quatre Confiance » et les « Quatre Consciences », renforcerons le mécanisme du travail axé sur la conception de haut niveau, la planification stratégique et la coordination générale, afin de veiller à ce que la politique étrangère et les dispositions stratégiques du Comité central du Parti soient effectivement mises en œuvre. Notre pays continuera la réforme pour améliorer son mécanisme institutionnel de travail diplomatique et renforcera la coordination globale dans les affaires étrangères des différents domaines et services. Elle intensifiera les échanges et la coopération avec des partis et des organisations politiques de tous les pays, en particulier les échanges avec l’extérieur de l’Assemblée populaire, de la CCPPC, de l’armée, des collectivités locales et des organisations populaires. La Chine intensifiera aussi les efforts pour former un contingent de cadres hautement qualifiés et polyvalents, avec des compétences tant pour les affaires intérieures qu’extérieures.

Propositions
 

 

La Chine accueillera un symposium israélo-palestinien

 

21 Décembre 2017
 
Au cours d’un entretien privé avec Mahmoud Abbas, le président chinois s’est engagé à mettre en place un dialogue trilatéral avec les Palestiniens et les Israéliens
 

AFP 18 juillet 2017, 20:35 1
Cette nouvelle qui réapparaît à la une, va dans le bon sens, parce que les Chinois sont effectivement intéressés à la paix dans cette région, sur le plan politique ils soutiennent la revendication des palestiniens a avoir un Etat et une partie de Jérusalem comme capitale,et sur le plan économique et culturel, ils ont une collaboration tout à fait fructueuse avec Israël. De surcroît, ils souhaitent qu’une de leur route de la soie vers l’Afrique passe par Israël-Palestine et les conversations sont bien entamées là dessus (c’est le chemin emprunté par homo sapiens). Ils veulent donc la paix et cherchent là aussi à éteindre les incendies allumés par les USA. Paradoxalement l’initiative de Trump et l’indignation qu’elle a créé dans le monde a eu aussi des effets positifs, elle a réveillé ceux que l’indifférence des potentats arabes à l’égard de la Palestine avait endormi, renforcé l’urgence d’un règlement qui ne soit pas celui de Netanaoyoun-Trump et donc créé les conditions pour que se renforce un rassemblement autour du respect du droit international, c’est à ce rassemblement le plus large qu’il importe d’oeuvrer.
 
(note de danielle Bleitrach)

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le président chinois, à Pékin, le 18 juillet 2017. (Crédit : AFP PHOTO / POOL / Mark Schiefelbein)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le président chinois, à Pékin, le 18 juillet 2017. (Crédit : AFP PHOTO / POOL / Mark Schiefelbein)
 

La Chine accueillera un symposium entre Israéliens et la Palestiniens dans le courant de l’année, a déclaré mardi un responsable chinois, alors que le président Xi Jinping s’est engagé à contribuer « sans cesse » à la paix au Proche-Orient.

 

Lors d’une rencontre mardi avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le président chinois a réaffirmé le soutien de Pékin à une solution à deux Etats, avec un Etat palestinien indépendant et pleinement souverain dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale.

Au cours d’un entretien privé avec M. Abbas, M. Xi s’est engagé à mettre en place un dialogue trilatéral avec les Palestiniens et les Israéliens, tout en indiquant que la Chine organiserait ensuite un symposium de paix pour aider à la résolution du conflit, a déclaré à la presse le vice-ministre des Affaires étrangères Zhang Ming, sans autres détails.

 

Le président chinois a qualifié les Palestiniens « de vrais bons amis, partenaires et frères » de la Chine, affirmant que son pays « soutiendrait inébranlablement les relations bilatérales sino-palestiniennes et ferait aller de l’avant le processus de paix au Proche-Orient ».

 

M. Abbas a déclaré que son pays « espérait voir la Chine jouer un plus grand rôle dans le processus de paix »

 

La Chine appelle à faire de Jérusalem-Est la capitale de la Palestine indépendante

 

17 Décembre 2017
La Chine appelle à faire de Jérusalem-Est la capitale de la Palestine indépendante
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le vice-Premier ministre chinois Liu Yandong Jérusalem le 29 mars 2016. Ronen Zvulun / Reuters
 
La Chine a exprimé son soutien à la création d’un Etat palestinien indépendant, basé sur les frontières d’avant 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.
 

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a fait cette déclaration lors d’une conférence de presse officielle, jeudi, t en répondant à des questions sur une déclaration par les nations musulmanes affirmant que Jérusalem-Est était la capitale de la Palestine.

 

L’Organisation de la coopération islamique (OCI) a fait cette annonce lors d’un sommet à Istanbul, mercredi, et a condamné la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël.

Islamic countries called for East  to be recognized as capital of  https://on.rt.com/8umm

 

 

Muslim leaders call for recognition of East Jerusalem as Palestinian capital — RT World News

Turkish President Recep Tayyip Erdogan has called on Washington to backtrack on its “unlawful and provocative decision” on Jerusalem.

rt.com

« La Chine comprend les préoccupations des pays islamiques sur le statut de Jérusalem, » a déclaré le porte – parole Lu Kang , selon Xinhua médias d’Etat, ajoutant qu’il appelle une « résolution sur la question, conformément aux résolutions pertinentes des Nations Unies et au consensus international. »

 

L’ONU considère Jérusalem-Est comme un territoire palestinien occupé, mais espère qu’un jour Jérusalem deviendra la capitale de deux États, Israël et la Palestine. La semaine dernière, l’ONU a confirmé que sa position reste inchangée à la lumière de l’annonce de Donald Trump selon laquelle les Etats-Unis reconnaîtraient Jérusalem comme la capitale d’Israël et déplaceraient son ambassade de Tel-Aviv.

 

La Chine a également appelé à un prompt rétablissement du dialogue entre Israël et la Palestine afin de trouver une solution globale et équitable à la question palestinienne.

 

Geng Shuang, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a exprimé ses inquiétudes la semaine dernière sur le fait que la déclaration de Trump déclencherait une escalade des tensions.

 

Le conflit pourrait également avoir un impact sur les précieux programmes d’investissement du pays en Israël. La Chine est maintenant le troisième partenaire commercial d’Israël après les États-Unis et l’Union européenne, et sa deuxième plus grande destination d’exportation.

 

En août, la Chine a révélé une proposition visant à mettre fin au conflit entre Israël et la Palestine. Les deux régions sont considérées comme des «partenaires importants» dans le cadre de l’initiative «Une ceinture, une route» de la Chine – un effort massif pour établir des liens commerciaux et d’infrastructures à travers l’Eurasie.

 

Le président Xi Jinping a déclaré à la Ligue arabe en 2016 que la Chine soutenait Jérusalem-Est en tant que capitale d’un État palestinien souverain. Il a également annoncé une subvention de 7,6 millions de dollars pour un projet d’énergie solaire visant à améliorer le bien-être des Palestiniens.

 

LIRE LA SUITE: La Chine soutient Jérusalem-Est en tant que capitale de l’Etat palestinien souverain – le président Xi

 

La décision prise par la Chine intervient alors que le Liban a annoncé son intention de transférer son ambassade à Jérusalem Est « occupée ».

 

Le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil s’est rendu sur Twitter pour dire qu’il avait demandé au président palestinien Mahmoud Abbas « d’échanger » des terres entre le Liban et l’Autorité palestinienne pour cette ambassade proposée.


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رفعت كتابا الى الحكومة لانشاء سفارة لبنان في القدس، عاصمة فلسطين وطرحت على الرئيس الفلسطيني تبادل اراض بين لبنان وفلسطين لهذه الغاية، فوعدني بالعمل سريعاً لتقديم عقار للبنان في القدس الشرقية… والى مجلس الوزراء اليوم لاتخاذ القرار ان شاء الله GB

Cependant, il est peu probable que l’annonce conduise à des actions concrètes. L’Etat d’Israël et ses fonctionnaires ne sont pas reconnus par le Liban et aucun contact officiel n’est maintenu. Il est donc difficile de savoir comment les responsables libanais pourraient construire à Jérusalem-Est sans l’approbation israélienne.

 

En 25 ans, la Chine a sorti de la pauvreté extrême 635 millions de personnes – soit le total de la population africaine

Quatre choses à savoir sur la Chine dans le cadre du XIXème congrès du Parti communiste

 

 

La communication médiatique occidentale sur le XIXème congrès du Parti communiste chinois a été affligeante. L’attention a presque exclusivement porté sur les “marionnettes du spectacle”, sur un seul homme et les spéculations à propos de l’hypothétique étendue de son pouvoir. Toutefois ce congrès ne portait pas sur la personne de Xi Jinping mais sur les changements et les défis fondamentaux du plus grand pays au monde. Mais nous n’avons pas appris grand chose à ce sujet, sinon quelques clichés éculés.

1. L’économie

Au cœur du congrès : le fait que la Chine se trouve dans une nouvelle ère de développement. L’expression “ère nouvelle” figurait 36 fois dans le discours du président Xi. L’ère ancienne s’est caractérisée par le développement rapide de l’économie et de la technologie, parallèlement à l’inégalité sociale et aux problèmes environnementaux.

 

L’ère nouvelle œuvre pour une croissance durable et équilibrée, une meilleure qualité de vie pour la population, davantage de participation et un rôle plus prépondérant sur la scène mondiale (1)

 

Nous donnons ci-après quelques informations contextuelles sur un certain nombre de domaines dans la société chinoise en pleine mutation, en plein “développement”, dans l’espoir de pouvoir étayer plus solidement les connaissances et ou les critiques.

 

Des chiffres qui donnent le tournis

 

Ces 35 dernières années la croissance a été tout bonnement phénoménale. Le PNB par habitant a été multiplié par 17, oui vous lisez bien, par 17. En comparaison, celui de l’Inde a quadruplé pendant la même période (2). Entre 2003 et 2013 l’économie des pays industrialisés a connu une croissance de 16%, en Chine elle a été de 165% et en Inde de 102% (3). En outre il ne s’agissait plus de “davantage des mêmes choses”, car la productivité elle aussi a bondi en avant. Aujourd’hui un ouvrier chinois moyen produit cinq fois plus qu’il y a vingt ans (4).

 

Pour rendre plus concrètement cette poussée de modernisation : tous les deux ans, la Chine produit autant de ciment que les Etats-Unis pendant tout le vingtième siècle (5). La Chine produit aujourd’hui autant d’acier que le reste du monde (6). En 15 ans la Chine a posé 20.000 km de voies ferrées pour des trains à grande vitesse, soit davantage que le reste du monde. D’ici 2025 elle prévoit encore 15.000 km de plus (7). Deux tiers de tous les aéroports en construction se trouvent aujourd’hui en Chine. D’ici 2020 il y aura 240 aéroports (8).

 

Il a fallu 150 ans à la Grande-Bretagne, là où la révolution industrielle a commencé, pour doubler son revenu par habitant. Aux Etats-Unis il a fallu 30 ans. En Chine c’est le cas tous les sept à dix ans, et en outre sur une bien plus grande échelle (9). Aujourd’hui le PNB chinois est plus élevé que celui de l’économie entière de 154 pays (10).

 

A son arrivée il y a cinq ans, le président Xi Jinping indiquait déjà qu’une transformation du modèle de croissance » était nécessaire. Le vieux modèle se basait sur l’exportation et sur des investissements dans l’industrie lourde, la construction et l’industrie manufacturière. Dans le nouveau modèle, le moteur est la consommation de masse (marché intérieur), l’augmentation du secteur des services et le progrès technologique (11).

 

Cette conversion est bien engagée. En 2005 le secteur des services représentait 41% du PNB, en 2016, 52%. Les exportations comptaient en 2005 pour 37% ; en 2016 elles avaient baissé à 20%. Par ailleurs la Chine n’est plus un pays de transit où les marchandises sont assemblées avec peu de bénéfice pour le pays même. Aujourd’hui la Chine ajoute 76 % de valeur à ses produits d’exportation. Dans l’UE ce chiffre est de 87% (12). La Chine est actuellement au sommet de l’innovation : 40 % de tous les brevets dans le monde sont chinois, soit davantage que ces trois pays réunis : les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud (13).

 

Caractéristiques chinoises

 

Dans le passé, Deng décrivait le passage progressif de l’économie planifiée à l’économie de marché par la métaphore : “Nous traversons la rivière en nous appuyant sur les pierres, à tâtons”. Cela, il n’en est plus question. L’économie chinoise est et reste un système hybride où l’Etat exerce un contrôle fort et autorise le marché dans certaines limites. C’est le socialisme dit “ à caractéristiques chinoises”.

Dans ce contexte le président chinois a répété à peu près ce qu’il disait déjà il y a cinq ans : les marchés doivent jouer “un rôle décisif” dans l’octroi de moyens, mais en même temps les autorités doivent jouer “un plus grand rôle” dans l’économie (14). Dans la pratique, il n’a pratiquement pas été question du premier point. Ces cinq dernières années nous avons assisté à une plus forte emprise des autorités sur l’économie, et ceci sur quatre terrains (15).

  1. Marchés financiers : le “ rôle décisif” visait surtout les marchés financiers. La formulation servait sans doute aussi à ne pas effaroucher les investisseurs étrangers. Quoi qu’il en soit, après le mini krach de la bourse chinoise en 2015 et la ruée sur le yuan, toute une série de déréglementations dans les marchés financiers ont été revues. Depuis 2016 il y a aussi davantage de restrictions sur les investissements étrangers d’entreprises chinoises, tant sur des entreprises d’Etat que sur des firmes privées (16).
  2. Extension du plan : jusqu’en 2010 la planification économique se limitait à neuf industries clés, comme l’acier, la pétrochimie et la construction navale. En 2010 sept secteurs y ont été ajoutés comme les énergies alternatives et les biotechnologies. En 2015, nouvelle extension, avec dix secteurs comme l’aéronautique, les équipements agricoles et les nouveaux matériaux (17).
  3. Consolidation des entreprises d’Etat. En novembre 2015 il est décidé que les efforts de réforme viseront principalement le “renforcement, l’optimisation et l’extension d’entreprises d’Etat”. En même temps la “privatisation” est rejetée. Avec la fusion de grandes entreprises d’Etat dans des entités encore plus grandes, les pouvoirs publics renforcent leur emprise sur l’économie. Les entreprises privées sont encouragées à ne prendre que de petites parts minoritaires dans les entreprises d’Etat. Entre 2006 et 2013 les actifs des entreprises d’Etat sont passés de 130% du PNB à 176% (18).
  4. Rôle plus important du parti. De grandes entreprises d’Etat cotées en bourse ont modifié leurs statuts afin d’ancrer le parti communiste, plutôt que l’Etat chinois, dans l’entreprise. On prévoit que davantage d’entreprises vont suivre. Le parti veut aussi davantage de membres du parti dans le haut management de l’entreprise. Bien sûr les cadres supérieurs gagnent bien leur vie, mais comparés à leurs collègues étrangers ils sont sous-payés. Ainsi le directeur de PetroChina gagne 200 fois moins que le PDG de Chevron (19).

Dans une économie avancée, la planification exige le traitement rapide d’une quantité gigantesque de données. Jusqu’à récemment c’était une tâche surhumaine et c’est peut-être une des raisons pour lesquelles l’économie soviétique a commencé à se gripper au début des années ‘80. Mais les progrès actuels de l’intelligence artificielle semblent rendre la chose possible. La grande entreprise chinoise en ligne Alibaba a déjà acquis une fameuse expertise dans ce domaine. Selon son fondateur Jack Ma “les Big Data rendront le marché plus malin et permettront de planifier et de prévoir les forces du marché, si bien que nous pourrons enfin réaliser une économie planifiée”. Sur base de Big Data, les économistes sont en train d’élaborer une économie hybride selon un modèle “planifié et conforme aux conditions du marché” (20).

 

Plusieurs formes différentes de propriété ont été autorisées dans l’économie chinoise. Dans des secteurs où la propriété d’Etat n’était pas nécessaire, comme la production d’articles de consommation, le petit commerce et les petits services, la propriété privée a été autorisée voire encouragée. Par ailleurs les rapports de propriété ne disent pas toujours tout du contrôle des pouvoirs publics sur l’économie.

 

Via l’attribution ou non de l’accès aux marchés publics ou aux crédits bon marché, les avantages fiscaux, l’accès aux fonds d’investissement publics, institutions financières et subventions etc., l’autorité centrale dirige des secteurs entiers sans avoir le contrôle direct sur les entreprises séparément. Le capital privé est le bienvenu aussi longtemps qu’il est au service des objectifs de l’autorité. Inversement, l’Etat peut aussi prendre ses distances par rapport à la gestion de ses entreprises sans renoncer à les détenir, parce que les limites à l’intérieur desquelles il faut travailler sont très claires (21).

 

Wu Jinglian, professeur à la China Europe International Business School de Pékin, le résume comme suit : « la présence de l’Etat reste grande, il maîtrise les courants financiers et fonctionne comme gardien de quasi toutes les décisions importantes, depuis les transactions foncières jusqu’aux fusions. Le contrôle ne se fait pas seulement à l’échelon le plus élevé. Les autorités locales participent aussi au fonctionnement d’une entreprise”. Le capital international ne peut y échapper. Selon leFinancial Times : “De cette manière, la Chine accueille le capital international à ses propres conditions et elle neutralise son pouvoir” (22).

2. Le social

Salaires et pouvoir d’achat

 

Presque partout dans le monde les salaires restent constants voire reculent. Même en Inde, dont la croissance surpasse celle de la Chine, les salaires sont restés constants. Ce n’est pas le cas en Chine, où ces dix dernières années les salaires moyens ont été triplés. Avec une augmentation de 10,5 %, c’est bien au-dessus de la croissance économique. Les Indiens gagnent à présent un cinquième de leurs voisins chinois. Ces quarante dernières années la consommation des ménages a augmenté de 7,7% par an, inflation comprise (23).

 

Il y a quinze ans des multinationales occidentales sont allées massivement en Chine en raison des faibles salaires. A présent le mouvement inverse est en train de s’amorcer. Les salaires moyens dans l’industrie chinoise ne sont plus inférieurs que de 20% à ceux du Portugal. En Bulgarie, Macédoine, Roumanie, Moldavie et Ukraine, dès 2013 les salaires minimum étaient déjà plus bas qu’en Chine (23).

La pauvreté et le fossé

 

Contrairement à beaucoup d’autres pays, la croissance économique en Chine s’accompagne d’un fort recul de la pauvreté. Entre 1978 et 2015 le revenu des 50% de Chinois les plus pauvres a augmenté de 400%. Pendant la même période il baissait de 1% aux Etats-Unis alors même que l’économie y croissait de 184%. Là-bas l’accroissement des richesses va exclusivement à la couche supérieure (25). Ces 25 dernières années, la Chine a tiré un nombre record de personnes de la pauvreté extrême : 635 millions – soit le total de l’Afrique noire à ce moment. Au rythme actuel l’extrême pauvreté sera éradiquée vers 2020 (26).

A présent que la majeure partie de la pauvreté a disparu, les autorités chinoises ne se concentrent plus tellement sur le développement des régions arriérées mais plutôt sur les individus pauvres, avec des programmes personnalisés. D’autres pays font de même, mais selon The Economist, “La Chine est un des rares pays en développement dotés d’une bureaucratie qui est suffisamment grande et solide pour réussir dans cette voie”.

 

Le Forum Economique Mondial est du même avis : “La Chine est sans aucun doute un leader mondial dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et de l’amélioration des résultats de santé. Le reste du monde peut tirer beaucoup d’enseignements de son expérience” (27).

 

Les pauvres y ont gagné, mais les Chinois les plus riches y ont gagné bien plus encore. Un grand fossé s’est donc creusé depuis les années ‘80. L’indice de Gini est passé de 29 à 41,5 – ce qui n’est guère une évolution positive (28). L’écart est le plus fort entre ville et campagne, entre régions les plus pauvres et provinces côtières. C’est surtout une conséquence d’une hausse de productivité plus rapide dans l’industrie et le secteur des services que dans l’agriculture (29).

 

Les dix dernières années ont vu un léger revirement et le coefficient de Gini a commencé à baisser. En 2009 le revenu moyen en ville était 3,3 fois plus élevé qu’à la campagne. Aujourd’hui il a baissé à 2,7 (30).

 

Il y a septante ans, la Chine était l’un des pays les plus pauvres du monde. Le PNB par habitant était la moitié de celui de l’Afrique (31). La population chinoise arrivait tout à fait en queue. Aujourd’hui, septante ans plus tard, elle acquiert lentement une position dans le peloton de tête, comme le montre le graphique ci-dessous. Sur l’axe horizontal figurent les déciles. 1 représente les 10% de plus pauvres, 10 représente les 10% des plus riches. L’axe vertical montre le pourcentage par région. La majeure partie de la population chinoise se situe entre le sixième et le neuvième décile de la population mondiale (32).

3. La géopolitique

L’encerclement

 

En 1992, un an après l’effondrement de l’Union soviétique, le Pentagone lançait une doctrine qui reste aujourd’hui le fil conducteur de la politique étrangère des Etats-Unis : “Notre objectif premier est d’empêcher qu’un nouveau compétiteur n’apparaisse sur la scène mondiale. Nous devons empêcher les concurrents potentiels ne serait-ce que d’aspirer à jouer un plus rôle au niveau mondial” (33).

 

Un rapport récent cite quatre pays qui sont les cibles potentielles d’une action militaire : l’Iran, la Russie, la Corée du Nord et la Chine (34). En dépit des roulements de tambour face à la Corée du Nord et de la rhétorique sur la Russie et l’Iran, c’est aujourd’hui en premier lieu la Chine qui est au centre du viseur. Tout autour de ce pays les Etats-Unis ont plus de trente bases militaires, points d’appui ou centres d’entraînement (petites boules sur la carte). D’ici 2020, 60% du total de la flotte sera stationnée dans la région (35). Vu sur une carte, il n‘est pas exagéré de dire que la Chine est cernée ou encerclée.

Face à cette surpuissance des Etats-Unis, la Chine est extrêmement vulnérable. Pour son commerce extérieur la Chine dépend à 90% du transport maritime. Plus de 80% du transport pétrolier doit passer par le détroit de Malacca (près de Singapour), où les Etats-Unis ont naturellement une base militaire. Washington peut ainsi fermer le robinet à pétrole, et actuellement la Chine n’a aucun moyen de défense à cet égard. Les Etats-Unis dépensent en armement plus de quatre fois plus que la Chine, et par habitant c’est quinze fois plus (36).

 

C’est dans ce contexte qu’il faut voir la construction de petites îles artificielles en mer de Chine méridionale, de même que la revendication d’une grande partie de cette zone. Contrôler les routes maritimes par lesquelles sont transportés son énergie et ses biens industriels a une importance cruciale pour Pékin. D’ailleurs aucun des six pays qui revendiquent des parties de la mer de Chine méridionale ne suit au pied de la lettre le code de conduite sur cette zone (37).

 

La stratégie d’Amsterdam

 

Pendant la majeure partie de l’Histoire, l’économie chinoise a été largement autosuffisante. Il n’y avait pas de pénurie de matières premières. Le pays pouvait se permettre de s’isoler du monde étranger et l’a souvent fait. Les principaux risques, vu l’étendue du pays, étaient d’ordre interne.

 

Aujourd’hui la situation est totalement différente. Le pays n’est plus autosuffisant. Avec 18% de la population mondiale il ne dispose que de 7% des terres agricoles fertiles et extrait seulement 5% du pétrole mondial. Proportionnellement les Etats-Unis ont 8 fois plus de minerai et la Russie 31 fois plus. En outre le pays produit beaucoup plus de biens qu’il n’en consomme lui-même. Pour toutes ces raisons le pays dépend aujourd’hui fortement de l’économie extérieure (38).

 

C’est dans ce cadre et aussi à cause de l’étreinte des Etats-Unis que le pays commence à mettre en œuvre une Nouvelle Route de la Soie. C’est un gigantesque réseau de routes maritimes et terrestres, lancé sous l’appellation “la Ceinture et la Route”. L’initiative implique des investissements, des financements, des accords commerciaux et des dizaines de zones économiques spéciales (ZES) d’une valeur de 900 milliards de dollars.

 

Au total le pays veut investir pas moins de 4.000 milliards de dollars dans 64 pays, pour une population de 3 milliards de personnes. Cela représente environ 30 fois l’aide au développement annuelle des pays riches. C’est donc de loin le plus grand programme depuis le plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe après la Deuxième guerre mondiale (39).

La Nouvelle Route de la Soie fait beaucoup penser à la stratégie commerciale des Pays-Bas il y a 400 ans. Les colonialismes britannique et français tentaient de conquérir et de soumettre des sociétés entières. Amsterdam par contre visait un “empire de commerce et de crédit”. Il ne s’agissait pas de territoires mais d’affaires. Ils construisirent une flotte gigantesque, installèrent des postes commerciaux sur les grandes routes tout en essayant de les sécuriser (40).

 

Tout comme les Néerlandais du XVIIème siècle, la Chine détient actuellement la plus grande flotte commerciale (41). Les ZES sont “des garnisons commerciales dans les chaînes d’approvisionnement internationales, grâce auxquelles la Chine peut sécuriser son commerce sans s’encombrer de soumission coloniale” selon Stratfor, un prestigieux laboratoire d’idées (42).

4. L’écologie

Une situation intenable

 

Depuis la fin des années ‘80 la Chine est entrée dans une phase de développement qui entraîne une grande pollution environnementale. En tant “qu’atelier du monde”, la Chine est forcément un des plus gros pollueurs de la planète. Plus de 40% du territoire agricole sont actuellement affectés, dont un cinquième de terres arables est même gravement pollué.

 

A Pékin la pollution de l’air a atteint jusque quarante fois le seuil d’alerte fixé par l’Organisation mondiale de la santé. Dans le nord du pays, la pollution atmosphérique a réduit de cinq années l’espérance de vie et elle cause un nombre inquiétant de cancers du poumon et d’accidents cardiovasculaires (43).

 

La Chine est maintenant largement le principal émetteur de CO2, même si les émissions par personne sont moitié moindres que celles des Etats-Unis et environ aussi importantes que celles de l’Europe. Elle n’est d’ailleurs responsable que de 11% des émissions cumulées, contre plus de 70% pour les pays industrialisés.

 

La situation n’en est pas moins intenable. Au rythme actuel, la Chine aura produit entre 1990 et 2050 autant de dioxyde de carbone que le monde entier entre le début de la révolution industrielle et 1970, ce qui est catastrophique pour le réchauffement climatique. Au rythme actuel de croissance il y aura d’ici vingt à trente ans une forte pénurie de pétrole partout dans le monde, avec toutes les conséquences économiques et géopolitiques qui en découlent (44).

 

Changement de cap

 

Il y a une petite dizaine d’années les autorités chinoises ont changé de cap en donnant la priorité à la problématique écologique. Lors du précédent congrès il y a cinq ans, cette priorité a été intégrée dans le plan de développement global du parti communiste. Toute une batterie de mesures ont fait leur apparition et la Chine s’est dotée d’une législation pionnière en matière d’environnement, même si l’application ne va pas de soi (45).

 

Mais c’était du sérieux. Mark Kenber, directeur de l’ONG The Climate Group, voit dans la Chine un exemple pour les autres pays en développement : “Il est clair que le plan chinois pour réduire les émissions de CO2 et construire une économie de technologie verte a été décidé au plus haut niveau du gouvernement. Nous espérons que l’Inde, le Brésil et d’autres pays suivront rapidement et feront preuve du niveau d’ambition nécessaire” (46).

 

Pour The Economist, qui est tout sauf un fan de la Chine : “Les dirigeants actuels comprennent le défi du changement climatique mieux que leurs prédécesseurs et peut-être mieux aussi que leurs collèges internationaux. Ils sont bons pour adopter des mesures prioritaires fortes" (47).

 

Ce changement de cap exprime les aspirations de la population. Selon un sondage de 2012, 57% des Chinois trouvaient l’environnement prioritaire, même au prix de la croissance économique. Un quart de toutes les manifestations dans le pays concerneraient l’environnement (48).

 

Leader mondial

 

Les résultats sont bien là. A court terme la Chine est devenue numéro 1 dans le domaine des panneaux solaires et de l’énergie éolienne. Actuellement 33% de l’électricité sont issus d’énergies vertes – contre 15% aux Etats-Unis. D’ici 2020, 360 milliards sont prévus pour susciter de nouvelles énergies vertes. Le constructeur automobile Chongqing Changan a fait savoir qu’il ne vendra plus de véhicules à moteur à combustion d’ici 2025.

 

L’industrie automobile française et britannique ne le prévoit que pour 2040, tandis que les constructeurs allemands refusent la transition. Dans un avenir proche la Chine veut séquestrer des millions de tonnes de CO2 sous terre. Le pays est également pionnier dans le domaine de la transmission sur grandes distances de grandes quantités d’énergie (par exemple à partir de champs de panneaux photovoltaïques éloignés), ce qui est très important pour l’approvisionnement des villes en énergie verte (49).

 

Au sommet pour le climat de Paris, la Chine avait promis de faire baisser ses émissions de dioxyde de carbone dès 2030. Entre-temps l’engagement a déjà été tenu. La Chine utilise de moins en moins de charbon. 2017 est la quatrième année consécutive d’émissions de dioxyde de carbone inchangées ou en baisse. “Les statistiques montrent que la Chine est en bonne voie de dépasser largement les objectifs climatiques de Paris” dit Lauri Myllyvirta, le porte parole de Greenpeace (50).

 

Avec son approche, Pékin fait d’une pierre quatre coups. 1. Les problèmes environnementaux sont affrontés. 2. Les entreprises les plus polluantes sont souvent aussi les moins rentables. L’élévation des normes environnementales entraîne une efficacité accrue dans la production. 3. La fermeture de ces entreprises polluantes permet d’aborder d’emblée la surcapacité dans un certain nombre de secteurs. 4. L’énergie verte est un secteur en croissance très prometteuse qui peut créer pas mal d’emplois.

 

Jennifer Morgan, directrice de Greenpeace, l’a résumé en ces mots : “La Chine est également motivée par de puissants intérêts nationaux quand elle s’attaque à la pollution ambiante tenace, veut limiter l’incidence de la crise climatique et augmenter les possibilités d’emploi dans le secteur des énergies renouvelables. Aujourd’hui en Chine, plus de 3,4 millions de personnes travaillent déjà dans le secteur de l’énergie verte”(51).

 

Le bouquet

 

Pas besoin d’être un expert pour pouvoir suivre les développements politico-économiques chinois. Le quotidien populaire China Daily qui tire à des millions d’exemplaires papier et digitaux, publie depuis plusieurs jours un petit jeu-concours éducatif filmé

 

Marc VANDEPITTE

Ng Sauw Tjhoi est journaliste à la VRT. Marc Vandepitte est analyste politique. Ils ont écrit à quatre mains le livre ‘Made in China, meningen van daar’, EPO – Radio 1, 2006.

Traduction du néerlandais : Anne Meert pour Investig’Action.

»» https://www.investigaction.net/fr/quatre-choses-a-savoir-sur-la-chine-...

1 Pour en savoir plus : cf notamment Carlens S., ‘Neue Kräfteverhältnisse’, Junge Welt, 25 octobre 2017 ; https://www.jungewelt.de/artikel/320656.neue-kr%C3%A4fteverh%C3%A4ltnisse.html Willems F., ‘Partijcongres bevestigt strategische lijn van Xi Jinping’ ; http://www.chinasquare.be/actueel-nieuws/congres-bevestigt-strategisch... Philips T., ‘Xi Jinping heralds ‘new era’ of Chinese power at Communist party congress’, The Guardian, 18 octobre 2017 ;https://www.theguardian.com/world/2017/oct/18/xi-jinping-speech-new-er... .

2 Financial Times, 11 mars, p. 9. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/c7f12434-c678-11e4-aee8-00144feab7de.ht...

3. Financial Times, 4/5 janvier 2014, p. 3. http://im.ft-static.com/content/images/dc29d692-74af-11e3-af50-00144fe...

4. The Economist, 8 avril 2017, Special Report, The Pearl River Delta, p. 7-9 ;https://www.economist.com/news/special-report/21720073-factories-are-u...

5. Financial Times, 25 février 2016, p. 9. http://www.ft.com/intl/cms/s/2/65a584e2-da53-11e5-98fd-06d75973fe09.html

6. The Economist, 9 avril 2016, p. 57. http://www.economist.com/news/business/21696556-it-hard-see-future-man...

7. The Economist, 14 janvier 2017, p. 47. https://www.economist.com/news/china/21714383-and-theres-lot-more-come...Financial Times, 1er mars 2013, p. 5 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/009bb49a-80f6-11e2-9908-00144feabdc0.html

8. The Economist, 12 mai 2012, p. 72. http://www.economist.com/node/21554492

‘China’s aviation boom drives airport building frenzy’, Reuters, 26 juin 2015,https://www.reuters.com/article/us-china-aviation/chinas-aviation-boom...

9. The Economist, 5 janvier 2013, p. 48. http://www.economist.com/news/business/21569016-emerging-world-consume...

10. The Economist, 29 mars 2014, p. 53-4 ; https://www.economist.com/news/china/21599806-our-asia-economics-edito...

11. Financial Times, 19 avril 2013, http://www.ft.com/intl/cms/s/0/93f0ddc6-a822-11e2-8e5d-00144feabdc0.ht...

12. Banque mondiale, https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NE.EXP.GNFS.ZS?locations=CN&name_desc=falseBanque" class="spip_out" style="text-decoration-line: none; color: rgb(34, 68, 255);">exportationshttps://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NE.EXP.GNFS.... mondiale, secteur des services en % du https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NV.SRV.TETC.ZS?locations=CN" class="spip_out" style="text-decoration-line: none; color: rgb(34, 68, 255);">PNBhttps://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NV.SRV.TETC.ZS?locations=CN The Economist,Special Report, The Pearl River Delta, 8 avril 2017, p. 9-10. https://www.economist.com/news/special-report/21720076-copycats-are-ou...

13. Financial Times, 25 novembre 2016, p. 2 ; https://www.ft.com/content/4b6a9820-b210-11e6-a37c-f4a01f1b0fa1 Dodwell D., ‘Be afraid : China is on the path to global technology dominance’, South China Morning Post, 24 mars 2017. http://www.scmp.com/business/global-economy/article/2081771/be-afraid-...

14 Johnson C., ‘Xi Jinping Opens 19th Party Congress Proclaiming a New Era—His’ Center for Strategic & International Studies, 18 octobre 2017.

15. Jinglian W. & Guochuan M., ‘Whither China ? Restarting the Reform Agenda’, Oxford 2016, p. 234-9 ;Financial Times, 25 octobre 2012, p. 5 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/008ac6ea-1dcc-11e2-901e-00144feabdc0.ht... Financial Times, 16 octobre 2017, p. 7.https://www.ft.com/content/304964a4-ad0f-11e7-beba-5521c713abf4

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17. The Economist, 23 septembre 2017, p. 61-2 ; https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21729442-its-reco... The Economist, 22 juillet 2017, p. 11-2. https://www.economist.com/news/leaders/21725295-bad-china-and-world-ch...

18. Kroeber A., ‘China’s Economy. What Everyone Needs to Know’, Oxford 2016, p. 99 ; Financial Times16 octobre 2017, p. 7 ; https://www.ft.com/content/304964a4-ad0f-11e7-beba-5521c713abf4 Financial Times, 1er mars 2016, p. 7. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/253d7eb0-ca6c-11e5-84df-70594b99fc47.html

19. Financial Times, 8 septembre 2017, p. 11 ; https://www.ft.com/content/e91270a8-9364-11e7-bdfa-eda243196c2c The Economist, 28 octobre 2017, p. 57 ; https://www.economist.com/news/business-and-finance/21730613-chinese-b... The Economist, 22 juillet 2017, p. 11-2. https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21725293-outperfo...

20. Financial Times, 5 septembre 2017, p. 9 ; https://www.ft.com/content/6250e4ec-8e68-11e7-9084-d0c17942ba93 ‘Can big data help to resurrect the planned economy ?’, Global Times, 14 juin 2017.http://www.globaltimes.cn/content/1051715.shtml Kynge J., ‘China harnesses big data to buttress the power of the state’, Financial Times, 28/9 octobre 2017, p. 11. https://www.ft.com/content/5f483a34-ba5f-11e7-8c12-5661783e5589

21. Hsueh R., ‘China’s Regulatory State. A New Strategy for Globalization’, Ithaca 2011 ; Zhikui Z., ‘Introduction to Socialism with Chinese Characteristics’, Pékin 2016, chapitre 3 ; Kroeber A., ‘China’s Economy. What Everyone Needs to Know’, Oxford 2016, chapitre 5 ; Porter R., ‘From Mao to Market. China Reconfigured’, Londres 2011, p. 177-184 ; Bey M., ‘In China, Innovation Cuts Both Ways’,Stratfor, 24 octobre 2017 ; https://worldview.stratfor.com/article/china-innovation-cuts-both-ways The Economist, 23 novembre 2013, p. 70-1 ; https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21590562-chinas-r... Financial Times 10 août 2017, p. 7 ; https://www.ft.com/content/ed900da6-769b-11e7-90c0-90a9d1bc9691

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23. Financial Times, 27 février 2017, p. 1 ; https://www.ft.com/content/f4a260e6-f75a-11e6-bd4e-68d53499ed71 Ross J., ‘No China’s Economy is not Going to Crash’, Socialist Economic Bulletin, 1er septembre 2015. http://www.rdcy.org/displaynewsen.php?id=15104

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25. The Economist, 18 février 2017, p. 63 ; http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21717102-why-chine...

United States GDP per capita’. https://tradingeconomics.com/united-states/gdp-per-capita

26. World Bank Group, ‘Taking on inequality. Poverty and Shared Prosperity. 2016’, Washington 2016,https://openknowledge.worldbank.org/bitstream/handle/10986/25078/97814..., p. 41 et 46 ; The Economist, 29 avril 2017, p. 43-4. https://www.economist.com/news/china/21721393-after-decades-success-th...

27. The Economist, 29 avril 2017, p. 43-4 ; https://www.economist.com/news/china/21721393-after-decades-success-th... World Economic Forum, ‘What lessons can we learn from China’s rapid growth ?’, 16 mars 2016.https://www.weforum.org/agenda/2016/03/what-lessons-can-we-learn-from-...

28.L’indice de Gini va de 0, égalité complète, à 100, inégalité complète. Les scores les plus bas sont en Scandinavie, où le coefficient de la Suède est de 25. Les scores les plus hauts sont en Amérique latine. En Colombie il est de 58,5. Ravallion M., A Comparative Perspective on Poverty Reduction in Brazil, China and India. Working Paper 5080, World Bank, Washington 2009, p. 31 ;http://hdr.undp.org/sites/default/files/hdr_2010_fr_complete_reprint.pdf , New York 2010, p. 169 sqq.

29. En Inde par exemple il y a aussi un grand fossé entre les habitants de villes eux-mêmes. Financial Times, 10 avril 2014, p. 11. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/e8bca4ec-bf29-11e3-a4af-00144feabdc0.ht...

30. The Economist, 14 mai 2016, p. 55. http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21698674-rising-ru...

31. Maddison A., L’Economie mondiale : Une perspective millénaire, OCDE 2001,http://www.oecd.org/fr/dev/etudesducentrededeveloppementleconomiemondi...

32. Source : Credit Suisse, ‘Global Wealth Databook 2013’, p. 95. https://publications.credit-suisse.com/tasks/render/file/?fileID=19492...

33. ‘Excerpts From Pentagon’s Plan : “Prevent the Re-Emergence of a New Rival”’, New York Times, 8 mars 1992., http://www.nytimes.com/1992/03/08/world/excerpts-from-pentagon-s-plan-...

34. The Pentagon, ‘The National Military Strategy of the United States of America 2015’,https://news.usni.org/2015/07/02/document-2015-u-s-national-military-strategy, p. 2.

35. The Economist, 19 novembre 2005, p. 22 ; Financial Times, 29 avril 2014, p, 6 ;http://www.ft.com/intl/cms/s/0/52b9edbe-ce25-11e3-bc28-00144feabdc0.ht... The Economist, Special Report, Asian Geopolitics, 22 avril 2017, p. 4 ;https://www.economist.com/news/special-report/21720714-after-seven-dec... The Economist, 7 décembre 2013, p, 55 ;https://www.economist.com/news/asia/21591242-america-winding-down-its-...;; Pilger J., https://blogs.mediapart.fr/danyves/blog/141216/la-prochaine-guerre-con...‘ ; The Economist, 17 octobre 2015, p. 62 ;http://www.economist.com/news/international/21674648-china-no-longer-a...

36. Dyer G., ‘The Contest of the Century. The New Era of Competition with China – and How America Can Win’, New York, p. 26 ; Vien T., ‘The Grand Design of China’s New Trade Routes’, Stratfor ;https://www.stratfor.com/analysis/grand-design-chinas-new-trade-routes SIPRI, ‘Military expenditure by country’, 2017. https://www.sipri.org/sites/default/files/Milex-constant-2015-USD.pdf

37. Financial Times, Life & Arts, 5-6 avril 2014, p. 8 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/2/58cbbbe2-ba70-11e3-aeb0-00144feabdc0.ht... Financial Times, 20 juin 2014, p. 7.http://www.ft.com/intl/cms/s/0/313432b0-f78f-11e3-b2cf-00144feabdc0.ht...

38. The End of China’s Dengist Diplomacy’, Stratfor, 17 octobre 2017 ;https://worldview.stratfor.com/article/end-chinas-dengist-diplomacy The Economist, 10 juin 2017, p. 14 ;https://www.economist.com/news/leaders/21723109-cleaning-filthy-soil-m...Wikipedia,https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_production_de_p%C3%A9troleCraig A., ‘10 Countries With The Most Natural Resources’, Investopedia, 12 septembre 2016 ;http://www.investopedia.com/articles/markets-economy/090516/10-countri... Dyer G., ‘The Contest of the Century’, p. 10 ; Subramanian A., ‘Eclipse. Living in the Shadow of China’s Economic Dominance’, Washington 2011, p. 121sqq.

39. Financial Times, 9 octobre 2015, p. 9 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/2/6e098274-587a-11e5-a28b-50226830d644.html ‘China Paves the Way for a New Silk Road’, Stratfor, 15 mai 2017 ;https://worldview.stratfor.com/article/china-paves-way-new-silk-roadFinancial Times, Special Report, Asian Infrastructure & Trade, 4 mai 2017, p. 5 ; https://www.ft.com/content/b9af2e26-0342-11e7-aa5b-6bb07f5c8e12 The Economist, 2017, 6 mai p. 45. https://www.economist.com/news/china/21721678-silk-routes-are-not-alwa... The Economist, 2 juillet 2016, p. 53 ; http://www.economist.com/news/china/21701505-chinas-foreign-policy-cou... Vien T., Stratfor, 24 juin 2015 ;https://www.stratfor.com/analysis/grand-design-chinas-new-trade-routes d’Hooghe I., ‘De Nieuwe Zijderoute moet China’s internationale positie versterken’, Internationale Spectator, 2015 n° 8.https://spectator.clingendael.org/pub/2015/8/china_en_de_nieuwe_zijderoute/Source de la carte :https://commons.wikimedia.org/wiki/File:One-belt-one-road.svg?uselang=fr

40. Même si les Néerlandais ont collaboré avec les chefs locaux pour chasser les Portugais à Ceylan et en Indonésie, leur objectif premier était d’assurer le commerce dans toute la région.https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_colonial_n%C3%A9erlandais

Arrighi G., Adam Smith in Beijing. Lineages of the Twenty-Firs Century, Londres, 2007, p. 238 ;

41. Au XVIIème siècle les Néerlandais avaient proportionnellement 25 fois plus de navires que l’Angleterre, la France et l’Allemagne. Aujourd’hui la Chine détient 20 fois plus de navires de commerce que les Etats-Unis.Maddison A., L’Economie mondiale : Une perspective millénaire, OCDE 2001,http://www.oecd.org/fr/dev/etudesducentrededeveloppementleconomiemondi...

42. Khanna P., ‘Use It or Lose It : China’s Grand Strategy’, Stratfor, 9 avril 2016.https://www.stratfor.com/weekly/use-it-or-lose-it-chinas-grand-strategy

43. Financial Times, 19-20 avril 2014, p. 4 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/c250bd4c-c6b4-11e3-9839-00144feabdc0.ht... China : More Than 40 Percent Of Arable Land Degraded’, Stratfor, 4 novembre 2014 ; http://www.stratfor.com/situation-report/china-more-40-percent-arable-... The Economist, 8 février 2014, p. 11 ; https://www.economist.com/news/leaders/21595903-government-gives-its-d... The Financial Times, 9 juillet 2013, p. 1. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/eed7c0be-e7ca-11e2-9aad-00144feabdc0.ht...

44. Netherlands Environmental Assessment Agency, ‘Trends in Global CO2 Emissions’ ; Mengpin G., Friedrich J., & Damassa T., ‘6 Graphs Explain the World’s Top 10 Emitters’, World Resources Institute, 25 novembre 2014 ; http://www.wri.org/blog/2014/11/6-graphs-explain-world%E2%80%99s-top-1... The Economist, 8 février 2014, p. 11 ; https://www.economist.com/news/leaders/21595903-government-gives-its-d... Minqi L., ‘China and the Twenty-First Century Crisis’, Londres 2016, p. 148.

45. Vandepitte M., ‘Wat mogen we van China de komende jaren verwachten ? Verslag van het 18de partijcongres’, http://www.dewereldmorgen.be/artikels/2012/11/11/wat-mogen-we-van-chin... Tsemin Y., ‘The 2014 revisions of china’s environmental protection law’, Swiss Re Insititute, 16 octobre 2014 ;http://institute.swissre.com/research/risk_dialogue/magazine/Environme... W., (ed.), ‘Politics in China. An Introduction’, Oxford 2010 ; p. 282.

46. IPS, ‘Klimaatplan China ambitieus, Zuid-Korea onvoldoende’,http://www.dewereldmorgen.be/artikel/2015/07/02/klimaatplan-china-ambi...

47. The Economist, 10 août 2013, p. 17-20. http://www.economist.com/news/briefing/21583245-china-worlds-worst-pol...

48. GALLUP, ‘Majority of Chinese Prioritize Environment Over Economy’, 8 juin 2012 ;http://news.gallup.com/poll/155102/majority-chinese-prioritize-environ... The Economist, 10 août 2013, p. 8. http://www.economist.com/news/briefing/21583245-china-worlds-worst-pol...

49. Lofgren K., ‘China Becomes World’s First Nation to Install 3 GW of Utility-Scale Solar Power !’,https://inhabitat.com/china-becomes-worlds-first-nation-to-install-3-g...;: https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_solaire_en_Chine ; Financial Times, 11 février 2016, p. 3 ; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/e2298424-cfdf-11e5-831d-09f7778e7377.html The Economist, 22 avril 2017, p. 50 ; https://www.economist.com/news/china/21721227-once-foot-dragger-it-now... ‘China : Automobile Company To Stop Selling Combustion Engine Cars In 2025’, Stratfor, 19 octobre 2017 ;https://worldview.stratfor.com/situation-report/china-automobile-compa...Financial Times 2 août 2017 ; https://www.ft.com/content/968402ea-769d-11e7-a3e8-60495fe6ca71?mhq5j=e7 Financial Times, 23 mai 2017, p. 5 ; https://www.ft.com/content/d6ee4558-36d7-11e7-bce4-9023f8c0fd2e The Economist, 14 janvier 2017, p. 11 ;www.economist.com/news/leaders/21714350-case-high-voltage-direct-curre...

50. PS, ‘China investeert niet meer in steenkool’,http://www.dewereldmorgen.be/artikel/2016/12/05/china-investeert-niet-...;; Greenpeace, ‘China coal use falls : CO2 reduction this year could equal UK total emissions over same period’ ;http://energydesk.greenpeace.org/2015/05/14/china-coal-consumption-dro... Harvey C., ‘China vowed to peak carbon emissions by 2030. It could be way ahead of schedule’, Washington Post, 7 mars 2016,https://www.washingtonpost.com/news/energy-environment/wp/2016/03/07/c...The Economist, 22 avril 2017, p. 50 ;https://www.economist.com/news/china/21721227-once-foot-dragger-it-now...

51. ‘Consolidating China’s Industries, One Polluter at a Time’, Stratfor, 25 octobre 2017 ;https://worldview.stratfor.com/article/consolidating-chinas-industries...

World Resources Institute, ‘WRI Calls China INDC “A Serious and Credible Contribution”’, 30 juin 2015.http://www.wri.org/news/2015/06/statement-wri-calls-china-indc-serious...

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La quintessence de l’expérience chinoise

 

09 Décembre 2017
 
Publié par  le 08/12/2017

 

HE WENPING*

 

Lorsque Deng Xiaoping, architecte en chef de la réforme et de l’ouverture menées en Chine, avait rencontré en août 1985 le président tanzanien de l’époque, Julius Kambarage Nyerere, venu effectuer une visite en Chine, il avait affirmé : « Notre réforme est une expérimentation, aussi bien pour la Chine que pour le monde. Si elle réussit, nous pourrons fournir nos expériences pour qu’elles servent la cause socialiste et le développement dans les pays sous-développés aux quatre coins du globe. »

 

Aujourd’hui, plus de trente ans après le lancement de la politique de la réforme et de l’ouverture, la Chine polarise l’attention du monde de par son succès économique phénoménal. Elle a non seulement réussi l’exploit de faire sortir plus de 700 millions d’habitants de la pauvreté, mais en plus, elle est parvenue à se hisser au rang de deuxième économie mondiale juste derrière les États-Unis.

 

Alors comment la Chine a-t-elle pu opérer cette brillante métamorphose ? Tout au long de la réforme, comment le Parti communiste chinois (PCC), en tant que parti au pouvoir, a-t-il fait pour consolider sa capacité à gouverner et gagner constamment en popularité auprès du peuple ?

 

Développement économique et gouvernance politique

 

Au cours de ces trente dernières années de réforme et d’ouverture, la Chine a accumulée une expérience très riche et variée en matière de développement, qui couvre de multiples domaines : agriculture, industrie, commerce extérieur, réduction de la pauvreté, culture et éducation, développement des ressources humaines, renforcement des capacités de gouvernance, etc.

 

Depuis longtemps, les réalisations du développement économique chinois s’attirent largement l’admiration et les éloges du monde, y compris les pays occidentaux. Quant aux nombreux pays en développement, ils s’inspirent de l’expérience chinoise, en particulier de celle acquise dans la réduction de la pauvreté et le développement économique, puisqu’il s’agit des deux principaux objectifs ciblés par les gouvernements de ces pays.

 

Les accomplissements de la Chine dans ces deux domaines sont applaudis et très peu contestés à l’échelle internationale. Toutefois, la route est encore longue et sinueuse avant que le monde parvienne à comprendre pleinement la gouvernance politique de la Chine.

 

D’après certains, la réforme chinoise ne se borne qu’à la dimension économique, alors qu’elle marque le pas dans la dimension politique.

 

À en croire d’autres, la réforme économique chinoise va trop vite, tandis que son régime politique, inadapté, finira par s’effondrer.

 

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, avec l’éclatement de l’URSS et la fin de la Guerre froide, des grands débats et pronostics sur « l’effondrement de la Chine » ont émergé dans le monde occidental, en écho à la thèse de « la fin de l’histoire » prêchée par le chercheur américain d’origine japonaise Francis Fukuyama. Comme la suite l’a démontré, la Chine ne s’est pas effondrée, bien au contraire ! Elle s’est engagée d’un pas plus assuré sur la voie du développement et de la stabilité. Néanmoins, les préjugés et les idées négatives sur la gouvernance politique chinoise, qui ont pris racine dans la méconnaissance de la Chine ou la mentalité digne de la Guerre froide, persistent dans l’opinion publique internationale, à dominante occidentale.

 

Ce « nuage » formé d’a priori a commencé à se dissiper au début du XXIe siècle, époque caractérisée par un monde plus globalisé et secouée par des bouleversements nouveaux, en particulier dans la dernière décennie. Alors que le monde a subi la crise financière survenue en 2008 et le Printemps arabe amorcé fin 2010, soit deux épreuves d’une portée planétaire menaçant le développement économique et sociopolitique, la Chine socialiste sous la direction du PCC n’a connu ni krach financier en réplique au séisme frappant l’épicentre capitaliste, ni crise sociopolitique tels les troubles connus dans le monde arabe, en dépit des prédictions de certains observateurs occidentaux. A contrario, grâce à son système politique présentant certains avantages, elle s’est avérée plus résiliente aux pressions et aux chocs que les États-Unis et l’Europe, avec leurs systèmes capitalistes.

 

Ainsi, ces dernières années, la gouvernance politique chinoise est devenue un sujet d’attention pour une foule d’analyses, au même titre que le partage de l’expérience chinoise en matière de développement. En septembre 2014, le livre Xi Jinping : la gouvernance de la Chine a été publié pour la première fois. En seulement deux ans et demi, cet ouvrage traduit en de nombreuses langues (anglais, français, russe, arabe, espagnol, portugais, allemand, japonais, etc.) a été imprimé à plus de six millions d’exemplaires dans une centaine de pays et régions du monde. De plus en plus de gouvernements et partis politiques étrangers, fascinés par les prouesses attribuées à la « voie chinoise », se sont mis à puiser des idées dans la sagesse des dirigeants et du parti au pouvoir chinois. De nombreux pays en développement notamment espèrent trouver, par le biais de l’expérience chinoise, leur propre voie de développement sur l’actuel échiquier international, caractérisé par un multilatéralisme croissant et l’essor du monde non occidental. Ainsi, l’expérience chinoise voit son attractivité dépasser le cadre du développement économique pour atteindre la sphère de la gouvernance politique.

 

En particulier depuis le XVIIIe Congrès du PCC, les réalisations de la Chine, par exemple dans l’édification du Parti et la lutte contre la corruption, sont au vu et au su de la communauté internationale. Ainsi, tout naturellement, l’intérêt qu’éprouvent les pays en développement pour le « modèle chinois » ne se cantonne plus au développement économique, mais commence à s’étendre au développement politique, qui se traduit par l’édification du Parti et la gouvernance de l’État. Par ailleurs, certaines mesures telles que les formations proposées aux partis politiques étrangers, les dialogues entre les partis et l’établissement de mécanismes d’échanges ont également pris une place importante dans les relations qu’entretiennent les pays en développement avec la Chine.

 

Réforme progressive

 

L’un des principes au cœur de l’expérience chinoise consiste à procéder à la réforme de manière progressive, en pondérant les rapports entre réforme, développement et stabilité, en vertu d’un concept de développement qui évolue avec son temps. Dans un pays en développement en pleine transition, les grandes réformes ont inévitablement des répercussions sur la structure sociale d’origine et sa stabilité. Or, la réforme se doit de considérer la stabilité comme la prémisse et le développement comme la finalité. La voie chinoise de réforme et d’ouverture adhère donc au principe suivant lequel « la stabilité est prioritaire ». Comme le soulignait Deng Xiaoping, « la stabilité passe avant tout ». Il faut apaiser l’agitation sociale et conforter la stabilité avant de rechercher le développement, puis entretenir cette stabilité grâce aux fruits de la réforme et du développement, afin de parvenir à un équilibre coordonné entre stabilité, développement et réforme.

 

Au cours de la réforme et du développement économiques, le gouvernement chinois a appliqué une « approche par tâtonnements » pour garantir une transition en douceur, considérant qu’une réforme radicale serait susceptible de provoquer des turbulences dans l’économie nationale et ainsi d’accroître le risque et la probabilité d’échec de la réforme. En d’autres termes, il s’attaque aux questions les plus faciles d’abord et les plus difficiles ensuite, étape par étape. En outre, il commence toujours par mettre en œuvre des projets pilotes, puis, en fonction des résultats obtenus, décide ou non de les généraliser et de les promouvoir. Que ce soit l’instauration du système d’exploitation forfaitaire à base familiale en milieu rural ou la promotion des entreprises rurales, que ce soit la réforme des entreprises publiques ou la réforme du secteur financier, sans oublier les réformes opérées dans l’emploi, la sécurité sociale, la répartition des revenus et le registre d’état civil, lesquelles visent à soutenir le passage d’une économie planifiée à une économie de marché… Dans toutes ces réformes, l’objectif a toujours été d’atténuer le choc ressenti par les groupes les plus vulnérables, ainsi que de limiter ou de répartir les coûts et les risques associés.

 

Dans le domaine politique, c’est également dans le respect de cette prémisse, la stabilité, que les réformes s’opèrent. Celles-ci consistent à élargir graduellement la participation politique, tout en promouvant activement les recherches et essais relatifs aux élections démocratiques (organisées dans un premier temps aux échelons de base) et à la démocratie au sein du Parti, dans le but ultime de réaliser l’égalité politique.

 

C’est grâce à cette progression graduelle et ordonnée que la réforme chinoise a pu s’approfondir cycle après cycle. Et dans le même temps, cette réforme méthodique a permis à la Chine d’accomplir, dans l’ensemble, une transition socioéconomique particulièrement vaste et profonde, en un laps de temps très court et dans des circonstances relativement harmonieuses et stables.

 

Depuis le lancement de la réforme et de l’ouverture il y a plus de trente ans, au-delà d’équilibrer les relations réforme-développement-stabilité, le gouvernement chinois, avec les différentes générations de dirigeants, s’attache à guider en tout temps le développement, l’envisageant selon une conception évolutive, pour que celui-ci réponde en permanence aux exigences de l’époque. Considérant que « les problèmes découlant du développement doivent être résolus par le développement » et que « le développement constitue la source et la solution des problèmes », il saisit le « développement » comme une clé multifonction pour engager les diverses réformes.

 

Tout comme les défis et les tâches auxquels fait face la Chine évoluent en fonction des stades de développement traversés, le concept de développement chinois a été renouvelé à plusieurs reprises ces trente dernières années. Dans les années 1970 et 1980, au sortir de la Révolution culturelle, le plus grand défi à relever pour la Chine consistait à sortir de son état de faiblesse et de pauvreté, et à réaliser les « quatre modernisations » de l’industrie, de l’agriculture, de la défense nationale, ainsi que des sciences et des technologies. Ainsi, l’architecte en chef et pionnier de la réforme et de l’ouverture, Deng Xiaoping, a avancé les fameux préceptes « Le développement est la pierre de touche » ou « Peu importe que le chat soit noir ou blanc, pourvu qu’il attrape les souris ». Guidée par ce concept de développement, l’économie chinoise a suivi une progression fulgurante, avec un taux de croissance à deux chiffres.

 

Cependant, ce développement exponentiel a produit des effets secondaires, notamment un développement extensif, la pollution de l’environnement et l’accroissement des disparités de revenus. Afin de résoudre les problèmes découlant du développement, la troisième session plénière du XVIe Comité central du PCC, tenue en octobre 2003, a présenté le nouveau concept de développement scientifique.

 

Les grands principes de ce concept sont les suivants : insister sur une planification générale sans pour autant négliger chaque domaine particulier ; placer l’homme au centre de toutes les préoccupations ; établir un concept de développement global, coordonné et durable ; et favoriser le développement à la fois socioéconomique et humain. D’après ce nouveau concept de développement scientifique, il serait simpliste d’assimiler la croissance du PIB au développement et au progrès social, et à ce compte-là, il convient de remédier aux déséquilibres observés dans certains domaines et certaines régions, où les progrès sociaux, la valeur attribuée à l’homme et le bien-être à long terme sont négligés au profit des indices économiques, des acquisitions matérielles et des intérêts immédiats.

 

À l’heure où l’environnement économique et commercial international est de plus en plus complexe et hasardeux, le Comité central du PCC, avec le camarade Xi Jinping comme noyau dirigeant, a lancé en temps opportun le concept de développement innovant, coordonné, vert, ouvert et partagé. M. Xi a indiqué : « Nous devons prendre conscience que l’économie chinoise, en dépit du volume considérable qu’elle représente, n’est pas encore robuste et qu’en dépit de sa croissance très rapide, elle n’affiche pas une qualité optimale. Notre modèle de développement extensif qui misait principalement sur les facteurs de production, en particulier les ressources, pour stimuler la croissance économique et l’expansion du volume économique n’est pas durable. Il est temps d’accélérer notre transformation pour passer d’un développement essentiellement alimenté par les facteurs de production et l’investissement massif à un développement tiré par l’innovation. »

 

En conclusion, c’est en persistant dans l’idée de développement, mise au diapason de son époque, que la Chine est devenue sans conteste l’exemple type d’un État développeur.

 

Gouvernement fort et politiques adéquates

 

Le second principe au cœur de l’expérience chinoise consiste à avoir un gouvernement fort et engagé dans le développement, ainsi que des dirigeants visionnaires et des politiques adéquates. Dans un pays en pleine transition, il est nécessaire d’avoir, à certaines périodes et pour certains domaines, un « gouvernement fort », doté d’une grande autorité politique et d’une vive capacité en matière de gouvernance. L’objectif étant d’unir la population nationale autour d’une volonté commune et d’un sentiment de cohésion, ainsi que de conjuguer les efforts de tout le pays pour faire progresser de manière ordonnée les réformes économiques, sociales et politiques.

 

Dans l’histoire humaine, les faits démontrent depuis longtemps que le développement économique peut être atteint dans des circonstances politiques autres que la démocratie occidentale. Dans les années 1960 et 1970, certains pays et régions en développement (à l’instar des « Quatre dragons asiatiques ») ont connu une croissance économique assez rapide. Pour expliquer cet essor des économies émergentes de l’Asie de l’Est, dont la Chine, de nombreux chercheurs occidentaux ont recouru au concept du soi-disant « État développeur ». Selon leur définition, « un État développeur se caractérise par un modèle de développement économique dirigé par un gouvernement fort et faisant preuve d’une ferme volonté de développement économique, un gouvernement capable de mobiliser et de redistribuer efficacement les diverses ressources dans le but de promouvoir le développement national. »

 

Concernant le régime politique, bien que le système de collaboration multipartite et de consultation politique sous la direction du PCC ait longtemps été interprété par les sociétés occidentales comme « un parti unique au pouvoir de longue date », toutes les analyses faisant preuve d’objectivité reconnaissent qu’« un parti unique au pouvoir de longue date » est plus à même d’assurer une continuité politique. Élaboré pour la première fois en 1949 sous la houlette du PCC, le Plan quinquennal pour le progrès social et le développement économique en est désormais à sa XIIIe édition.

 

En accord avec les plans quinquennaux successifs, la Chine poursuit ses efforts de manière ordonnée dans la construction d’infrastructures, dans l’aménagement de zones économiques spéciales, ainsi que dans la coopération internationale en matière de capacités de production et pour la construction des Nouvelles Routes de la Soie. De plus, le PCC ne cesse de perfectionner ses équipes de cadres dirigeants aux différents échelons par le biais du système de mandat, de la direction collective, de la sélection au mérite et de la mise en concurrence des candidats aux postes. C’est donc en assurant une « bonne gouvernance » plutôt qu’en poursuivant aveuglément la « démocratisation des élections » que le PCC cherche à renforcer sa popularité, qui constitue le socle de la gouvernance de l’État.

 

En outre, bien que les réalisations du développement économique chinois soient connues et reconnues du monde entier, très peu de gens semblent se rendre compte que la Chine a mené sa réforme économique en simultané et en symbiose avec sa réforme sociopolitique. Les résultats obtenus à travers la réforme économique sont donc indissociables des efforts déployés dans le cadre de la réforme sociopolitique. Ces trente dernières années, de nombreuses réformes progressives sur la supervision du pouvoir et la mise en œuvre de contre-pouvoirs sont menées, notamment dans le système de direction, le système de nomination des cadres dirigeants, le système électoral (élections internes au Parti, mais aussi élections aux échelons de base), les systèmes législatif et judiciaire, ainsi que le système de prise de décision.

 

De cette manière, la réforme économique peut progresser en continu et en profondeur, et au cours de la transition socioéconomique majeure, les différentes ethnies et les diverses couches sociales parviennent à vivre en harmonie et à concilier leurs intérêts. Bien sûr, la Chine est encore confrontée à de nombreux défis dans son processus de développement, comme le fossé entre riches et pauvres ou les inégalités entre les différentes régions. Mais du point de vue diachronique, le peuple chinois jouit de droits économiques, sociaux et politiques toujours plus nombreux, aujourd’hui à un niveau sans précédent dans son histoire. C’est sans doute pourquoi le « Consensus de Beijing » axé sur le développement est en mesure de concurrencer le « Consensus de Washington » axé sur la libéralisation économique. D’ailleurs, ce « Consensus de Beijing » est aujourd’hui prisé par un nombre croissant de pays en développement.

 

*HE WENPING est chercheuse senior à l’Institut Chahar et chercheuse à l’Institut de recherche sur l’Asie de l’Ouest et l’Afrique qui relève de l’Académie des sciences sociales de Chine.

Propos d’expert

 

Lire aussi :


• HE Wenping, China-Africa Knowledge Project Research Hub – Jeune Afrique – World Economic Forum.
• Dossier documentaire Economie Chine, Monde en Question.
• Index Économie, Monde en Question.
• Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Quid du recyclage international du plastique maintenant que la Chine ne veut plus s’en charger ?

 

08 Décembre 2017

Auteur

 Research Fellow, Architecture, Design and the Built Environment, Nottingham Trent Universit

 

    En 2010, dans la province chinoise de l’Anhui. STR/AFP
     
    La fin de la « poubelle du monde »

    Mais en juillet 2017, la Chine a annoncé d’importants changements quant au contrôle de qualité des matériaux importés, en informant l’Organisation mondiale du commerce qu’elle interdirait les importations de 24 catégories de déchets recyclables et solides d’ici la fin de l’année. Cette campagne contre sa place de yang laji ou « poubelle du monde » concerne les plastiques, textiles et papiers. La Chine importera ainsi bien moins de matériaux usagés qu’elle ne le faisait jusqu’ici et les remplacera par ceux collectés sur son territoire, issus des consommateurs de la classe moyenne – influencés par le mode de vie occidental et toujours plus nombreux.
     
    Cette décision s’annonce d’ores et déjà lourde de conséquences. La Chine étant le principal marché à recueillir le plastique recyclé, l’on s’inquiète que les déchets qu’elle importe actuellement – et particulièrement les matériaux de faible qualité – ne puissent être envoyés nulle part ailleurs.
     
    Aujourd’hui, 87 % du plastique recyclé de 27 États de l’Union européenne sont exportés directement ou indirectement – via Hong Kong – en Chine. L’année dernière, les États-Unis lui ont vendu 1,42 million de tonnes de débris plastiques, pour une valeur estimée à 495 millions de dollars.
    Avec une population de plus de 1,4 milliard d’habitants, la gestion des ordures ménagères en Chine est déjà un challenge. Wu Hong/EPA
    Le plastique, ce matériau problématique
     
    Qu’adviendra-t-il du plastique que ces pays collectent par des systèmes de recyclage des déchets ménagers une fois que les Chinois ne l’accepteront plus ? Quelles sont les alternatives ?
     
    Les plastiques pourraient être incinérés et transformés en énergie. Il s’agit, après tout, de matériaux façonnés à base de combustibles fossiles, et qui brûlent extrêmement bien. En générant de l’électricité, ils pourraient ainsi permettre aux États de subvenir sans difficulté à leurs besoins en énergie.
     
    On pourrait aussi les enfouir – mais ce n’est pas l’idéal – ou les stocker jusqu’à ce que l’on trouve de nouveaux marchés demandeurs de ce type de déchets. Mais cela causerait sans doute des problèmes, comme en témoignent les centaines d’incendies déclenchés sur des sites de stockage de matériaux recyclables.
     
    Si le plastique est un matériau fiable et malléable – du film transparent alimentaire à l’emballage souple d’objets rigides comme les appareils électroniques –, les dégâts qu’il cause – notamment dans les océans – attirent de plus en plus l’attention.
     
    Changer notre rapport au plastique
     
    Un premier pas pour y remédier serait de limiter ses fonctions. Beaucoup d’objets jetables sont en plastique : quelques-uns sont jetables par nécessité ou pour des raisons d’hygiène – par exemple, les poches de sang et certains matériels médicaux – mais beaucoup d’autres le sont par commodité.
     
    Du côté des consommateurs, il existe des manières de restreindre le recours au plastique. Limiter l’utilisation de sachets plastiques par la dissuasion financière, par exemple, est une initiative qui a porté ses fruits et entraîné des changements dans notre comportement. En France, certains objets jetables en plastique auront disparu d’ici 2020 et en Grande-Bretagne, la première chaîne de brasseries, Wetherspoons, a banni les pailles à usage unique.
     
    L’instauration d’un système de consignes pour les bouteilles en plastique (et les cannettes) pourrait aussi modifier les comportements. Les micro-billes, abondamment utilisées dans les cosmétiques comme exfoliants, sont maintenant pointées du doigt. Les dommages qu’elles provoquent apparaissent de plus en plus clairement, au point que le gouvernement britannique a annoncé des plans pour interdire leur emploi dans certains produits.
     
    Ces mesures s’inscrivent dans une suite de décisions similaires aux États-Unis et au Canada. Plusieurs pays de l’Union européenne, la Corée du Sud et la Nouvelle-Zélande prévoient également d’appliquer des interdictions sur les usages des micro-billes.
    Wonderful news for our marine life! The New Zealand government has just banned production and sale of all microbeads http://bit.ly/2AoCpD6

    Quelques réutilisations possibles du plastique


    Beaucoup d’administrations locales collectent des déchets enchevêtrés, mêlés les uns aux autres. Ce type de collecte produit un effet indésirable : s’il est pratique pour les ménages, il entraîne des taux de contamination élevés qui contribuent à diminuer la qualité des matériaux. Ces derniers seront alors soit vendus à des prix plus bas dans un marché restreint et devront être retraités dans des établissements de tri, soit incinérés, ou encore laissés dans les sites d’enfouissement. Et changer les modes de collecte et de retraitement en vue d’améliorer la qualité des matériaux pourrait s’avérer coûteux.
     
    Autres alternatives : le plastique recyclé pourrait fournir des substances chimiques au secteur pétrochimique, des carburants aux secteurs de l’aviation et des transports, des emballages alimentaires, etc.
     
    Les difficultés auxquelles nous sommes confrontés viennent, d’une part, de la domination mondiale de la Chine dans la fabrication de produits manufacturés et, d’autre part, du fait que beaucoup de pays ont compté sur un marché pour résoudre leurs problèmes de gestion des déchets et de recyclage. La situation actuelle nous offre l’opportunité de trouver de nouvelles solutions, d’augmenter la proportion de plastique recyclé dans nos propres produits manufacturés, d’améliorer la qualité des matériaux récupérés et d’utiliser de façons nouvelles les matériaux recyclés.
    Traduit de l’anglais par Diane Frances.

    07 décembre 2017

    Wikipedia, de la route de jade à la route de la soie

     

     

    « Le préhistorien André Leroi-Gourhan, indique Wikipedia,  considère cette route comme un espace d'échanges actifs dès le paléolithique. Héritière de la Route de jade dont les vestiges datent de 7 000 ans, elle n'est cependant évoquée dans les chroniques chinoises qu'à partir du iie siècle av. J.-C. Cette route est aussi mentionnée par Michèle Pirazzoli-t'Serstevens« depuis 2000 avant notre ère au moins » comme voie de passage à des populations d'agro-pasteurs des steppes eurasiatiques, surtout éleveurs de chevaux. Et des études publiées en 2012 et 2014 sur la culture de Qijia (une culture du néolithique final du Nord-ouest) ont démontré que ces échanges portaient aussi sur l'apport de la technologie du bronze en Chine. Cet itinéraire serait le résultat de la curiosité de l'Empereur de Chine Wudi (141-87 av. J.-C.) de la dynastie Han pour les peuples civilisés lointains que l'on disait habiter les contrées occidentales, au-delà des tribus barbares... »

     

    Reprenpns la lecture de l'historique de Wikipedia...

     

    Michel Peyret

     


    Route de la soie

     

    Routes de la soie : le réseau de routes du corridor de Chang’an-Tian-shan *

    Patrimoine mondial de l'UNESCO

    Coordonnées

    34° 18′ 16″ nord, 108° 51′ 26″ est

    Pays

     Chine
     Kazakhstan
     Kirghizistan

    Type

    Culturel

    Critères

    (II), (III), (V), (VI) [archive]

    Superficie

    42 668 ha

    Zone tampon

    189 963 ha

    Numéro
    d’identification

    1442 [archive]

    Zone géographique

    Asie et Pacifique **

    Année d’inscription

    2014 (38e session)

    Géolocalisation sur la carte : Asie

    * Descriptif officiel UNESCO
    ** Classification géographique UNESCO

     

    La route de la soie désigne un réseau ancien de routes commerciales entre l'Asie et l'Europe, reliant la ville de Chang'an (actuelle Xi'an) en Chine à la ville d'Antioche, en Syrie médiévale (aujourd'hui en Turquie). Elle tire son nom de la plus précieuse marchandise qui y transitait : la soie.

     

    La route de la soie était un faisceau de pistes par lesquelles transitaient de nombreuses marchandises, et qui monopolisa les échanges Est-Ouest pendant des siècles. Les plus anciennes traces connues de la route de la soie, comme voie de communication avec les populations de l'Ouest, remontent à « 2000 avant notre ère au moins ». Les Chinois en fixent l'ouverture au voyage de Tchang K'ien en 138-1261. Mais elle s'est développée surtout sous la dynastie Han (221 av. J.-C. - 220 ap. J.-C.), en particulier Han Wudi. Puis sous la dynastie Tang (618-907). À partir du xve siècle, la route de la soie est progressivement abandonnée, l'instabilité des guerres turco-byzantines, puis la chute de Constantinople poussent en effet les Occidentaux à chercher une nouvelle route maritime vers les Indes. L'abandon de la route de la soie correspond ainsi au début de la période des « Grandes découvertes » durant laquelle les techniques de transport maritime deviennent de plus en plus performantes. Du côté chinois, les empereurs Ming Yongle, puis Ming Xuanzong chargent, à la même époque, l'amiral Zheng He d'expéditions maritimes similaires.

     

    Etymologie

     

    La route doit son nom à la marchandise la plus chère qui y transitait : la soie, dont les Chinois furent pendant longtemps les seuls à détenir le secret de fabrication. Cette dénomination, forgée au xixe siècle, est due au géographe allemand Ferdinand von Richthofen.

     

    Histoire

     

    Détail des passages Nord et Sud autour du désert du Taklamakan

     

     

    Les principales routes de la soie entre 500 av. J.-C. et 500 ap. J.-C. (en latin)Le préhistorien André Leroi-Gourhan considère cette route comme un espace d'échanges actifs dès le paléolithique. Héritière de la Route de jade dont les vestiges datent de 7 000 ans, elle n'est cependant évoquée dans les chroniques chinoises qu'à partir du iie siècle av. J.-C.2. Cette route est aussi mentionnée par Michèle Pirazzoli-t'Serstevens3« depuis 2000 avant notre ère au moins » comme voie de passage à des populations d'agro-pasteurs des steppes eurasiatiques, surtout éleveurs de chevaux. Et des études publiées en 2012 et 2014 4 sur la culture de Qijia (une culture du néolithique final du Nord-ouest) ont démontré que ces échanges portaient aussi sur l'apport de la technologie du bronze en Chine.

     

    Cet itinéraire serait le résultat5 de la curiosité de l'Empereur de Chine Wudi (141-87 av. J.-C.) de la dynastie Han pour les peuples civilisés lointains que l'on disait habiter les contrées occidentales, au-delà des tribus barbares.

     

    Les Grecs, puis les Romains, commencent à parler du « pays des Seres » à partir du ive siècle av. J.-C. pour désigner la Chine. Vers le début de l'ère chrétienne, les Romainsdeviennent de grands amateurs de soie après en avoir acquis auprès des Parthes qui sont alors les organisateurs de ce commerce.

     

    De nombreux autres produits voyagent sur ces mêmes routes : musc, pierres précieuses, porcelaine, étoffes de laine ou de linjadeambreivoirelaqueépicesverre (en particulier : les perles de verre avant qu'elles ne soient produites en Chine6), corail, métaux précieux et armes, etc.

     

    Les Sogdiens, un peuple indo-européen d'origine scythe établi en Sogdiane, dans l'ouest de l'actuel Ouzbékistan et les pays limitrophes, ont assuré depuis l'antiquité et surtout entre le vie et viiie siècles l'essentiel du commerce des voies d'Asie centrale entre la Chine, la Perse, l'Occident et l'Inde, et en particulier la Route de la Soie. Polyglottes, ils ont fourni bon nombre d'espions, de traducteurs ou d'agents diplomatiques à qui voulait bien les employer. Maîtres de la Transoxiane (région située entre les fleuves Oxus et Syr-Daria), ils prélevaient de nombreuses taxes qui enrichirent leurs prestigieuses cités de Samarcande et Boukhara.

     

    La majorité des caravansérails d'Asie centrale étaient des établissements sogdiens. Ils contribuèrent également à la diffusion de religions en Chine comme le nestorianisme, le manichéisme et le bouddhisme7. La soie, pour les producteurs chinois8, était, non un objet de profit, mais, tout simplement, une monnaie qui servait à payer les fonctionnaires et à gratifier les souverains étrangers, dont les menaçants nomades. Ce furent les marchands sogdiens qui la captèrent en route et en firent un objet économique. Même de leur point de vue, il ne semble pas qu'elle ait toujours été perçue comme formant l'essentiel de leur activité. Les marchandises qu'ils transportaient, de toute façon en très faibles quantités, étaient plutôt le musc et le santal.

     

    Parcours

    Un sogdien sur un chameau de Bactriane. Figurine chinoise sancai, période Tang, entre 618 et 907. Musée de Shanghai.

     

    Xi'an est, du côté chinois, l'extrémité est de la route de la soie. Le parcours a été considéré comme officiellement « ouvert » par le général chinois Zhang Qian au iie siècle av. J.-C.. Les empereurs Han assiégés par des barbares nomades (les Xiongnu) décident d'ouvrir au commerce et au monde extérieur la soie, alors monopole d'État : Ils ont en effet besoin d'alliés et de chevaux.

     

    À l'apogée de la Dynastie Tang (618-907), la ville capitale de Chang-An (Xi'an) abrite deux millions d'habitants, soit dix fois plus que Constantinople ou Cordoue, mille fois plus qu'Aix-la-Chapelle au temps de Charlemagne9.

     

    Les convois de caravanes partent de Xi'anLanzhou ou Xining et empruntent le corridor du Gansu. Ils contournent ensuite le désert du Taklamakan, l'un des plus arides du monde, soit par la voie du nord ou par celle du sud. Ces deux itinéraires possibles possèdent chacun différentes variantes, et sont jalonnés de villes et caravansérails, dont les noms et l'importance varient au fil des temps.

     

    Toutes les pistes progressent le long d'un chapelet d'oasis-forteresses situées à la périphérie du désert et au pied des hautes montagnes des Tian Shan ou des Kunlun :

     

    À partir de Kachgar et Yarkand, les pistes rejoignent la Perse ou l'Inde à travers les hautes montagnes de l'Asie centrale (PamirHindū-Kūsh et Karakoram), puis par la Sogdiane (SamarcandeBoukharaMerv), la Bactriane (Balkh) ou le Cachemire (Srinagar). En réalité, très rares sont ceux qui ont eu l'occasion de parcourir l'intégralité du trajet: Marco Poloson père et son oncle furent de ceux-ci.

     

    Les marchandises venues d'Orient ou d'Occident s'échangent dans les oasis, devenues d'importants comptoirs fréquentés non seulement par les commerçants mais aussi par les pèlerins, les soldats et les espions. À son apogée, la Route de la soie relie – côté ouest – l'Empire byzantin et – côté est – une vaste région qui va des Trois royaumesjusqu'aux territoires de la dynastie Yuan en zone chinoise.

     

    Déclin de la « Route de la Soie »

     

    La longueur du parcours, les nombreux intermédiaires, les multiples dangers encourus par les voyageurs sur ces pistes soumises aux incursions de peuples belliqueux et aux attaques des brigands (surtout après la dislocation de l'empire mongol au xive siècle et l'ouverture par les Européens de la route maritime des Épices), vont finir par contribuer au déclin de l'itinéraire terrestre de la « route de la soie ». Ainsi par exemple, la région du « Turkestan chinois » est sous la souveraineté théorique de l'empereur de Chine, mais cette domination subit en réalité de fréquentes éclipses, dues à son grand éloignement et à la difficulté d'y maintenir des garnisons suffisantes.

     

    L'extrême rigueur du climat (torride en été et glacial en hiver), complique l'acheminement qui progresse cahin-caha pendant parfois plus d'un an, à dos de yacks ou en caravanes de cinquante à mille chameaux10.

     

    Au total, l'ensemble de ces facteurs renchérissent le prix des produits qui transitent entre l'Extrême-Orient et le bassin méditerranéen. Ces raisons incitent les Européens à rechercher et à pratiquer une route maritime (aussi appelée routes des épices ou « routes des parfums ») pour commercer avec les pays d'Orient2.

     

    Par ailleurs, les soies chinoises intéressent moins les Européens car la fabrication de la soie se développe en Europe même.

    Au xve siècle, la Route de la soie est progressivement abandonnée.

     

    Impact culturel de la « route de la soie »

     

    Article détaillé : Expansion du Bouddhisme via la Route de la Soie.

     

    • La route est aussi utilisée par les pèlerins qui cherchent à refaire les pérégrinations du Bouddha. Parmi les plus célèbres, on peut citer :

    le moine Faxian en 399 (le récit de son pèlerinage se trouve dans les Mémoires sur les royaumes bouddhiques) ;
    le moine Xuanzang en 629, héros du célèbre roman chinois Le Voyage en Occident, qui voyagea pendant 15 ans ;
    en 964, 300 moines chinois vont rechercher les enseignements des mahayanistes.
    • Elle est la voie de diffusion vers l'occident de découvertes chinoises majeures : boussolepoudre à canonpapier-monnaieimprimerie, etc.

    • Elle est également - en sens inverse - la voie par laquelle plusieurs religions étrangères pénètrent en Chine : bouddhismechristianisme nestorienjudaïsmemanichéisme et islam se transportent le long de l'itinéraire jusqu’à Xi'an.

    • Ainsi, l'art bouddhique, influencé par l'art grec, se diffuse jusque dans la vallée de l'Indus à la suite des conquêtes d'Alexandre le Grand. Il laisse, dans de nombreux sites abandonnés plus tard et ensevelis sous les sables du désert, des vestiges redécouverts à partir de la seconde moitié du xixe siècle, et qui témoignent des influences culturelles véhiculées au Moyen Âge. Cette région, surtout le bassin du Tarim, a vu de temps à autre se réaliser des syncrétismes culturels à partir d'influences indiennes, persanes, occidentales et chinoises (art dit « sérindien »).

    • Entre 1860 et 1925, cette région est explorée et fouillée par des explorateurs et des savants occidentaux au profit des musées de LondresBerlinParis ou Saint-Pétersbourg.

    • Postérité de la « route de la soie »

    Par une culture internationale, elle a permis des échanges matériels, culturels, religieux et scientifiques entre peuples aussi divers et mutuellement lointains que les Turcs, les Tokhariens, les Sogdiens, les Perses, les Byzantins et les Chinois.

     

    Dans les régions qu'elle traverse, les richesses qu'elle génère représente une force d’attraction et ouvre des horizons pour des tribus qui vivent jusque là de façon isolée. Ces peuples sont attirés par les richesses et les opportunités qui se présentent à eux et deviennent maraudeurs ou mercenaires. Beaucoup de leurs membres deviennent ainsi des guerriers redoutables, capables de conquérir des cités riches, des terres fertiles et de forger des empires.

     

    Elle évoque pour certains un processus assimilable à la mondialisation. Elle est à l'évidence un sujet intéressant pour ceux qui veulent observer un phénomène précoce d'intégration politique et culturelle, causé par le commerce international.

     

    Elle a : suscité le rassemblement d'États militaires fondés par des nomades de Chine du Nord, amené le nestorianisme, le manichéisme, le bouddhisme puis l'islam en Asie centrale et en Chine, provoqué le puissant empire des Turcs Khazars.

    • Contribué à la fin de sa gloire, entre autres facteurs, à l'établissement du plus grand empire continental de tous les temps : l'Empire des Mongols, avec ses centres politiques répartis sur toute la route (Pékin en Chine du Nord, Karakorum en Mongolie orientale, Samarkand en TransoxianeTabriz à l'ouest de l'Iran, Astrakhan sur la Volga, Bahçesaray en CriméeKazan en Russie centrale, Erzurum en Anatolie orientale).

    • Cet empire réussit à unifier, sous la terreur, ces zones auparavant liées de façon intermittente par des rapports commerciaux, mais ne sera qu’éphémère.

    L'unité politique de cette région ne survit pas à la chute de l'Empire mongol, la culture et l'économie de la région en souffrent également. Les seigneurs turcs extorquent à l'Empire byzantin décadent l'extrémité ouest de la route et posent les fondations du futur Empire ottoman. De même, à la suite de l'islamisation de la région, les Chinois deviendrons durablement méfiants vis-à-vis de cette voie commerciale, dès la fin de la dynastie Tang, et préféreront la fermeture puis le commerce maritime, qui commencera alors à prendre son essor11.

     

    Nouvelle route de la soie

     

    Article détaillé : Nouvelle route de la soie.

    Ce projet serait notamment constitué du tronçon d'autoroute de 213 kilomètres entre Kashgar et Erkeshtam est entré en service en septembre 2013.

     

    C'est un chantier titanesque. L'Europe, la Chine et les pays d'Asie centrale sont engagés dans la construction d'un nouvel axe commercial majeur. La nouvelle route de la soie pourrait redistribuer les cartes, à l'heure où la mondialisation de l'économie fait pencher la balance vers l'Est. Plusieurs tronçons ont déjà été transformés en autoroute.

     

    La partie chinoise de cette route sera constituée des passages par Lianyungang, dans la Province du Jiangsu, et Xi'an, dans la Province du Shaanxi, et par la région autonome ouïghour du Xinjiang.

     

    Cette route pourrait alors rejoindre l'Europe en passant par le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, l'Iran et la Turquie. Côté chinois, on achève le Xinsilu, une quatre-voies de 5 000 km qui relie la mer Jaune aux monts Tian. Un axe qui a pour but de délester la route maritime, par laquelle transitent des millions de conteneurs par an.

     

    Deux autres routes sont envisagées pour rejoindre l'Europe : une passant par le Kazakhstan et la Russie, et l'autre traversant le Kazakhstan via la mer Caspienne. Les travaux ne sont pas financés par l'Union européenne, qui n'apporte aucune aide logistique. Les bailleurs sont la Banque européenne de développement, la Banque asiatique de développement, la Banque de développement islamique.

     

    Cette route permettra notamment de faciliter le commerce entre la Chine populaire et les pays d'Asie centrale, dont les échanges s'élevaient à 25,2 milliards de dollars américains en 2008. Une liaison ferroviaire allant de la région autonome ouïghour à l'Iran et desservant le Tadjikistan, le Kirghizistan et l'Afghanistan est également envisagée12.

     

    La route du sud, via la Turquie et l'Iran, est pour l'instant délaissée en raison des sanctions de l'ONU imposées à l'Iran. Ce pays est par ailleurs en conflit avec ses voisins sur le partage des eaux de la mer Caspienne.

     

    Un nouveau terminal pour ferries, tankers et cargos est en chantier à Alat, le nouveau terminal portuaire de Bakou. Cette gigantesque plate-forme, dotée des meilleurs équipements, assurera toutes les jonctions possibles entre bateaux et trains, wagons-citernes et pipelines, conteneurs et camions. « Alat pourra traiter jusqu'à 25 millions de tonnes de fret par an contre 7 millions en 2012, depuis le vieux port de Bakou », confirme Mousa Panahov, le vice-ministre des Transports de Chine.

     

    En 2012, il faut compter au minimum un mois pour acheminer des marchandises depuis Shanghai jusqu'à Rotterdam par la mer, via le canal de Suez; moins de trois semaines en train, et environ quinze jours en camion. Les experts estiment que ces deux derniers voyages terrestres pourraient être réduits de moitié en améliorant les infrastructures et en harmonisant les législations. Un programme dont l'Azerbaïdjan se verrait bien le champion. Le budget consacré par Bakou aux transports (trois milliards d'euros en 2010) est d'ailleurs le premier poste de dépense de l'État azéri. Élément essentiel de cette stratégie, la voie ferrée Bakou-Tbilissi-Kars a été rénovée, des rails et traverses aux locomotives et à l'alimentation électrique. Fort de ses pétrodollars, l'Azerbaïdjan a prêté 400 millions d'euros à son voisin géorgien pour ce chantier.

     

    La route de la soie du troisième millénaire, de même que son modèle original, ne suit pas un trajet unique. Depuis la rive orientale de la mer Caspienne, trois itinéraires différents permettront de rejoindre les contreforts des monts Tian, puis d'entrer en Chine par une dizaine de points de passage.

     

    Plus que la qualité du bitume ou de l'écartement des rails des voies ferrées, c'est le temps et l'argent perdus aux frontières (environ 40 % de la durée et du coût du voyage) et le cout des transports terrestres qui sont les principaux obstacles à la reconstruction de la route de la soie, qui ne peut être une voie économiquement adaptée aux transport des énormes tonnages de marchandise de masse caractérisant la mondialisation moderne qui n'a finalement rien de commun avec le commerce de la route de la soie historique qui n'étaient qu'une voie de commerce et de négoce fondée sur des produits rares et précieux.

     

    Le 14 mai 2017, la Chine ouvre un sommet consacré au projet de nouvelle route de la soie13.

     

    Notes et références

    1.  Jean-Paul Roux 2006, p. 46

    2. ↑ a et bChristian Grataloup,  L’Atlas des migrations. Les routes de l’humanité, hors-série Le Monde/La Vie, décembre 2008

    3.  Splendeur des Han, 2014, p. 23

    4.  (en) Ludmila Koryakova et Andrej Vladimirovich Epimakhov, The Urals and Western Siberia in the Bronze and Iron ages, Royaume-Uni, États-Unis, Australie, Cambridge University Press,, 2007, 383 p. (ISBN0-521-82928-3) : relié. Et (en) Li Liu et Xingcan Chen, The Archaeology of China : From the Late Paleolithic to the Early Bronze Age, New York, Cambridge University Press, 2012, 482 p. (ISBN9780521644327).

    5.  François Bellec, Marchands au long cours, éd. du Chêne-Hachette, Paris, 2003

    6.  Susan Whitfield (dir.), 2009, p. 80-81. Des perles typiquement chinoises, vert-jade, opaques, sont produites dès le vie – ve siècle av.n. ère. Par contre une coupe d'inspiration romaine, en verre transparent, est produite en Chine au vie siècle de notre ère.

    7.  E. de la Vaissière, Histoire des marchands sogdiens, Paris, 2004

    8.  Franz Grenet, « Recentrer l'Asie centrale (Discours inaugural au Collège de France) » [archive], 40 leçons inaugurales, sur France Culture, 7 novembre 2013 (consulté le 22 décembre 2016), durée 58 min, moment: 53:50. Idem sur le site du Collège [archive]

    9.  François Bellec, op. cit.

    10.  François Bellec, op cit

    11.  Mark Edward Lewis(en), History of imperial China, Belknap Press of Harvard University Press 2009

    12.  La Chine va construire une Nouvelle Route de la Soie vers l'Europe [archive] - Le Quotidien du Peuple, 15 avril 2011

    13.  Edouard Pflimlin, « La Chine veut restaurer la Route de la soie, non sans périls », Le Monde.fr,‎ 15 mai 2017 (ISSN1950-6244lire en ligne [archive])

     

    Histoire de l'Asie centrale

    • Jean-Paul Roux, L'Asie centrale : Histoire et civilisations, Paris, Fayard, 1997 (ISBN2-213-59894-0)

    • Jean-Paul Roux, Histoire de l'Iran et des Iraniens : Des origines à nos jours, Paris, Fayard, 2006 (ISBN2-213-62736-3)

    • (en) Peter B. Golden, Central Asia in world history, Oxford, New York et Auckland, Oxford University Press, 2011 (ISBN978-0-19-515947-9)

    • (en) Boris A. Litvinsky, Zhang Guang-da et R. Shabani Samghabadi (dir.), History of civilizations of Central Asia. Vol. III : The crossroads of civilizations : A.D. 250 to 750, Paris, UNESCO Pub., 1996 (ISBN92-3-103211-9)

    La route de la soie : introductions

    • Cécile Beurdeley, Sur les routes de la Soie, Paris, Seuil, 1985 (ISBN2-02-008663-8)

    • Édith et François-Bernard Huyghe, La route de la soie ou les empires du mirage, Paris, Payot, 2008 (ISBN978-2-228-90073-7)

    • Jacques Anquetil, Routes de la soie, Paris, J.C. Lattès, 1992 (ISBN2-7096-1112-0)

    • (en) Susan Whitfield, Life along the Silk Road, Londres, John Murray, 2000 (ISBN0-7195-6401-8)

    • Luce Boulnois, La Route de la Soie : Dieux, guerriers et marchands, Genève, Olizane, 2010

    • (en) Xinru Liu, The Silk Road in World History, Oxford, Oxford University Press, 2010 (ISBN978-0-19-533810-2)

    • (en) Étienne de la Vaissière, « Central Asia and the Silk Road », dans The Oxford Handbook of Late Antiquity, Oxford, Oxford University Press, 2012, p. 142-169

    • Olivier WeberLe Grand Festin de l'Orient, Paris, Robert Laffont, 2004

    Catalogues d'expositions

     

    • A la rencontre de Sindbad, la route maritime de la soie, exposition. Paris : Musée national de la Marine1994

    • Monique Cohen, Jean-Pierre Drège et Jacques Giès (éds.), La Sérinde, terre d'échanges : art, religion, commerce du ier au xe siècle, Paris, La Documentation française, 2000(ISBN2-11-004281-8)

    • Jean-Paul Desroches, L'Asie des steppes : d'Alexandre le Grand à Gengis Khan, Paris, Musée des arts asiatiques Guimet, 2001, 202 p. (ISBN2-7118-4176-6)

    • (en) Susan Whitfield, The Silk Road: Trade, Travel, War and Faith, Chicago, Serindia, 2004 (ISBN1-932476-12-1)

    • (en) James C. Y. Watt (dir.), China : Dawn of a Golden Age, 200-750 AD, New York, New Haven et Londres, Metropolitan Museum of Art et Yale University Press, 2004 (lire en ligne [archive])

    • Susan Whitfield (dir.), La route de la soie : un voyage à travers la vie et la mort, Bruxelles, Fonds Mercator - Europalia international, 2009 (ISBN978-90-6153-892-9)

    • Éric Lefebvre et Huei-chung Tsao (dir.), Splendeur des Han : Essor de l'Empire Céleste, Paris, Flammarion et Musée national des arts asiatiques-Guimet, 2014, 255 p.(ISBN978-20-81348-84-4)

    Autres ouvrages

    • (en) Edward H. Schafer, The Golden Peaches of Samarkand: A study of T’ang Exotics, Berkeley and Los Angeles, University of California Press, 1985 (1re éd. 1963) (ISBN0-520-05462-8)

    • Bruno Judic, L'océan Indien au Moyen Âge, Paris, Ellipses, coll. « Le monde : une histoire - mondes médiévaux », 2008

    • (en)Richard FoltzReligions of the Silk Road, Palgrave Macmillan, 2010 (ISBN978-0-230-62125-1)

    • Philippe Norel et Laurent Testot (dir.), Une histoire du monde global, Auxerre, Sciences humaines éd., 2012 (ISBN978-2-36106-029-9)

    Annexes

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    Articles connexes

    Liens externes

     

    La transformation numérique rapide de la Chine

     

    05 Décembre 2017
    French.china.org.cn | Mis à jour le 04. 12. 2017
     
    Ce qui apparaît c’est que dans ce domaine comme celui de l’intelligence artificielle, la Chine est passée du domaine d’ « éponge de l’innovation » à celui de créatrice de l’innovation. Il y a deux pays qui sont désormais en tête dans ces domaines, les USA et la Chine. Si cette accélération donne le tournis, on se dit que vue la manière dont se développent aux USA ces innovations en risquant de laisser sur le carreau de plus en plus de professions, du chauffeur routier au comptable, l’affirmation de la Chine que cette évolution sera celle d’une société de plein emploi et de moyenne aisance pour tous rassure, comme rassure la proposition de coexistence pacifique des civilisations même si on a du mal à saisir la totalité de la démonstration, le dialogue, l’échange est indispensable. Il ne reste plus en effet qu’à faire une sorte de pari de pascal, sur l’appel au communisme lancé par la Chine. En effet du côté du capital c’est la barbarie, la guerre, l’élimination des faibles, il ne reste que le choix du socialisme, d’un destin commun de l’humanité et de rapidement nous communistes français, nous gens de gauche à nous jeter dans ce flot de modernité pour l’orienter, développer l’éducation, la recherche, les capacités transversales de l’intelligence, se battre pour un développement humain et non fasciste, prétendre le refuser est illusoire
     
    (note de danielle Bleitrach)

    Le pays est en passe de devenir une pépinière pour l’innovation et le développement de produits.

     

    Que se passe-t-il chaque minute en ligne en Chine ? Eh bien, toutes les 60 secondes, des utilisateurs commandent près de 1400 taxis et 2800 voitures privées sur Didi Chuxing, la plus grande entreprise de commande de taxis en ligne ; plus de 194 000 personnes discutent en conversation audio ou vidéo sur WeChat, la plateforme de réseau social la plus populaire dirigée par Tencent Holdings ; et plus de 770 personnes achètent quelque chose sur Internet, avec près de 1 133 900 dollars (955 000 €) dépensés sur les sites commerciaux du groupe Alibaba.

     

    Ces chiffres donnent un aperçu rapide de la façon, dont Internet est en train de modeler la Chine de façon stupéfiante : « Le pays réalise en 60 secondes [en ligne] ce que d’autres mettent plus d’une journée, une semaine ou plus [à faire] », indique Tech in Asia, le site  internet spécialisé dans la technologie, qui a recensé ces données. Par ailleurs, cet essor s’est déroulé en tout juste quelques années et le cyberespace est aujourd’hui de plus en plus étroitement lié au monde réel.

     

    La Chine a officiellement lancé l’initiative « Internet Plus » en 2015, qui fut conçue pour moderniser les industries traditionnelles en embrassant les nouvelles technologies, comme l’Internet mobile, le cloud computing (ou infonuagique), les mégadonnées et l’Internet des objets. En tout juste deux années, des progrès concrets ont été réalisés, les technologies liées à Internet révolutionnant les secteurs comme la production, la vente au détail, les transports, la finance et la santé.

     

    « Nous allons travailler plus rapidement pour faire de la Chine un producteur de qualité et développer la production avancée, [mais également] promouvoir davantage l’intégration de l’Internet, les mégadonnées et l’intelligence artificielle avec l’économie réelle », a déclaré le président Xi Jinping lors de son discours au XIXe Congrès national du Parti communiste de Chine.

     

    Selon le Premier ministre Li Keqiang, de nouveaux modèles commerciaux et industriels ont émergé depuis le lancement de l’initiative Internet Plus, qui ont fortement stimulé la croissance économique de la Chine.

     

    AliResearch, l’institut de recherche d’Alibaba, note que la croissance liée à Internet représente 6,9 % du PIB chinois, le deuxième taux le plus fort au monde.

     

    L’application rapide des nouvelles technologies numériques dans les secteurs traditionnels a en grande partie été rendue possible par la puissance des infrastructures d’information du pays. La Chine a en effet construit le plus grand réseau à haut débit du monde.

     

    Miao Wei, le ministre de l’Industrie et des technologies de l’information, a déclaré que la Chine s’était hissée au rang d’acteur majeur sur la scène de l’Internet mondial et était devenue la plus grande puissance manufacturière au monde.

     

    « La mise à niveau du secteur de la production manufacturière avec les technologies numériques avancées est une tendance mondiale. La Chine a pris un bon départ dans cette direction », a-t-il indiqué.

     

    Depuis 2015, son ministère a trié sur le volet 206 projets pilotes de production intelligente à travers tout le pays. Vingt-huit d’entre eux sont en phase d’essais industriels numériques, qui ont renforcé leur efficacité de production par plus de 30 %.

     

    En établissant l’interconnexion numérique des machines, des mégadonnées et de l’Internet des objets, qui peut analyser les données des machines et ajuster les opérations, les entreprises accélèrent la dynamique de mise à niveau de leurs usines.

     

    Danielle Bailey, directrice de recherche pour la région Asie-Pacifique pour la société de conseils L2, note que l’intégration des environnements virtuels et réels constitue un domaine, où la Chine est en tête : « En Occident, il y a cette bataille entre le en-ligne et le hors-ligne… Ici, à travers une variété de modèles, il est possible de voir où la Chine a réussi à faire fonctionner ces choses, sans que cela ne soit un discours creux. »

     

    De la même façon, comment embrasser Internet constitue le dernier sujet tendance dans le secteur de la finance. En plus d’offrir des services de paiements mobiles, les entreprises locales de technologie financière (fintech) ont adopté de manière active de nouvelles activités comme la gestion en ligne du patrimoine, la notation de la solvabilité et le paiement de factures de services.

     

    Un développement aussi robuste a permis à la Chine de s’assurer cinq des dix premières places dans un classement des acteurs les plus performants au monde de la fintech, selon un rapport publié par la société de conseil KPMG basée au Royaume-Uni et l’entreprise australienne d’investissement H2 Ventures.

     

    Ce rapport publié en novembre révèle, que la filiale financière d’Alibaba Ant Financial (qui dirige Alipay, la plus grande plateforme financière mobile de Chine) reste l’entreprise de fintech la plus performante au monde.

     

    « La Chine continue à dominer le paysage de la fintech. Ces entreprises poursuivent une tendance, qui se développe depuis plusieurs années et souligne l’essor extraordinaire du secteur de la fintech en Chine », souligne Ben Heap, un partenaire d’H2 Ventures.

     

    Dans le même temps, la stratégie Internet Plus a donné naissance à une vague d’innovation en Chine, aidant le pays à passer du statut d’« éponge de l’innovation » – absorbant et adoptant les technologies et les connaissances existantes du monde entier – à « leader mondial de l’innovation », avec un large éventail de produits et services de pointe développés au niveau national.

     

    Rien ne démontre mieux cela que le phénomène des vélos partagés : créé par des acteurs chinois, dont Ofo et Mobike, ce service sans bornes de vélos équipés de GPS a permis d’améliorer la vie de la population dans les grandes villes en Chine et à l’étranger, fatiguée des routes congestionnées et aspirant à des formes de transport écologiques.

     

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    Le PCC et d’autres partis politiques du monde ont publié la « Proposition de Beijing »

     

    05 Décembre 2017

    RCI 2017-12-03 18:36:25

    Voici la première confirmation de la présence du parti communiste français à cette réunion, c’est par ce compte-rendu de la Chine que nous en avons connaissance, mais les communistes français doivent avoir un compte-rendu de cette initiative comme d’ailleurs de cette vague de renaissance du marxisme léninisme en Espagne, en Italie, ou encore de la renaissance sur les mêmes bases de ce qui fut le plus grand parti communiste non au pouvoir, le parti communiste d’Indonésie. C’est un mouvement de grande ampleur qui à la fois insiste sur la nécessité de la diversité des socialismes et des moyens pour y parvenir, mais réaffirme la nécessité d’une confrontation des expériences et la référence au marxisme léninisme. Ce mouvement doit être pris en compte dans la préparation du Congrès du PCF  

     

    (note de Danielle Bleitrach)


    Le Dialogue de haut niveau entre le PCC et des partis politiques du monde s’est clôturé le 3 décembre à Beijing. Dans la « Proposition de Beijing » adoptée lors de ce dialogue, il est souligné que les partis politiques du monde doivent renforcer la confiance mutuelle, la communication et coopérer étroitement et sur la base de nouvelles relations internationales, établir de nouvelles relations entre partis politiques en mettant à côté les divergences et recherchant les points communs et un enrichissement mutuel et un respect mutuel en vue de construire une communauté de destin pour l’humanité.

     

    Il s’agit de la première démarche diplomatique multilatérale après le 19ème Congrès national du PCC. Environ 300 partis politiques et organisations politiques de 120 pays y ont envoyé leurs responsables. Il s’agit du premier dialogue du haut niveau entre le PCC et d’autres partis politiques du monde. Le secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois Xi Jinping a prononcé un discours lors de l’ouverture, qui a suscité de vives discussions parmi les responsables des partis politiques.

     

    L’ancien premier ministre italien Romano Prodi a déclaré ceci : « J’approuve le respect de la Chine envers la diversité des civilisations et des modèles de développement dans le monde. L’esprit transmis dans « La Gouvernance de la Chine » de Xi Jinping est que dans le cadre de la construction de la communauté de destin commun pour l’humanité, les diverses civilisations multicolores coexistent et c’est une information significative qui constitue l’unique moyen pour éviter les conflits. Dans la gouvernance du monde, la position chinoise est de respecter les autres pays au lieu d’imposer le modèle chinois à autrui.

     

    Mme Samarbakhsh Lydia, membre du conseil exécutif du Parti communiste français, a indiqué ceci : « Nous avons la conviction que cette proposition offrira de belles opportunités et possibilités pour l’avenir de l’être humain. Pour le développement dans le futur, l’être humain doit refuser la concurrence, éviter la guerre et résoudre le problème de l’inégalité. Améliorer le niveau de vie de tous les peuples du monde et favoriser le développement de toute l’humanité constituent les concepts pour tous. Nous souhaitons participer aux discussions de cette proposition tout en apportant nos contributions. »

     

    L’initiative de la communauté de destin a été lancée en 2013 par le président chinois Xi Jinping. Ces quatre dernières années, cette initiative a gagné de plus en plus de soutien et d’adhésion, et est en train d’être mis en œuvre. L’initiative de « la Ceinture et la Route » est la concrétisation de la communauté de destin, et est devenue une plate-forme de coopération pour la réalisation de développement en commun de différents pays. Durant le Dialogue, plusieurs responsables de parti ont accordé une importance à l’initiative de « la Ceinture et la Route ». Ils espèrent qu’en profitant des échanges entre différents partis, la construction de l’initiative de « la Ceinture et la Route » sera promue, afin de réaliser le gagnant-gagnant entre les pays concernés.

     

    Ketmonov Khatamjon, president du parti populaire et démocratique de l’Ouzbékistan, a déclaré ceci : « Pour de jeunes partis politiques de l’Ouzbékistan, ce dialogue offre une bonne opportunité d’apprendre auprès des autres partis. Ce qui favorise nos travaux à l’avenir. Des échanges entre des partis dans le cadre de « la Ceinture et la Route » promouvront la création des conditions de bénéfice mutuel et la coordination des coopérations internationales. L’Ouzbékistan participera à ces activités avec l’attitude et l’acte les plus actifs. »

     

    Elever la capacité de l’exercice du pouvoir et de la participation aux affaires politiques des partis politiques constitue le thème clé de ce dialogue. Durant plusieurs réunions sur la construction de parti, les expériences de la gouvernance du Parti communiste chinois sont au cœur des discussions. Renforcer les disciplines et le style de travail du parti, et la lutte anti-corruption ont trouvé un écho général. Zizi Kodwa, membre du comité exécutif de l’Africain National Congress de l’Afrique du sud, a indiqué que les mesures anti-corruption du PCC ont donné un bon exemple au monde.

     

    « Le problème de corruption est un défi pour un parti politique. Je pense que les mesures anti-corruption du PCC ont donné un bon exemple à tous les autres partis politiques. La lutte anti-corruption du PCC vise à la fois les hautes et les basses sphères du pouvoir. Mais pour la plupart des partis, seulement les basses sphères du pouvoir sont chassées. Les partis politiques doivent suivre l’exemple du PCC dans son unification de pensée et d’acte pour la lutte contre la corruption, parce que la corruption détruit la confiance du peuple au parti. »

     

     

    La Chine ne compterait-elle pour rien ?

     

    Immanuel Wallerstein
    Sociologue, chercheur à l’université de Yale 

     

    Très souvent lorsque j’écris sur la crise structurelle du système-monde moderne, et donc du capitalisme comme système historique, je reçois des objections me disant que j’ai négligé la forte vitalité de la croissance économique de la Chine et sa capacité à servir de substitut économique à la puissance clairement déclinante des États-Unis et du monde occidental, qu’on désigne comme le Nord.

     

    C’est là un argument parfaitement raisonnable, mais qui oublie les difficultés fondamentales que traverse le système historique existant. En outre, il peint un tableau des réalités de la Chine beaucoup plus rose que ne le justifie une analyse plus attentive. C’est pourquoi je me propose de répondre à cette question en deux temps – d’abord sur le développement historique du système-monde dans sa globalité, ensuite sur la situation empirique de la Chine à l’heure actuelle.

     

    J’ai déjà, à de multiples reprises – dans ces commentaires et dans mes autres écrits –, fait l’analyse de ce que j’appelle la crise structurelle du système-monde moderne. Elle mérite malgré tout d’être reprise sous forme abrégée. C’est d’autant plus nécessaire que même ceux qui se disent favorables à ce concept de crise structurelle semblent néanmoins, dans la pratique, réticents à accepter l’idée d’une disparition du capitalisme, malgré la solidité de cette thèse.

     

    Il y a un certain nombre d’arguments qu’il faut considérer ensemble. A commencer par l’affirmation que tous les systèmes (quel que soit leur but et sans exception) ont une durée de vie et ne peuvent être éternels. L’explication de cette disparition, tôt ou tard, de tout système quel qu’il soit tient au fait que les systèmes opèrent avec, à la fois, des rythmes cycliques et des tendances « séculaire » [1].

     

    Les rythmes cycliques font référence aux mouvements constants de rapprochement et d’éloignement des équilibres mouvants, une réalité parfaitement normale. Cependant lorsque divers phénomènes connaissent une phase d’expansion conforme à leurs règles systémiques puis se contractent, ils ne reviennent pas après leur contraction exactement là où ils en étaient avant leur mouvement cyclique ascendant. Ils reviennent en fait à un point légèrement plus élevé. C’est là le résultat de la résistance à la perte de gains qui se produit durant la phase ascendante.

     

    Il s’ensuit que leur courbe sur le long terme est ascendante. C’est ce que nous voulons dire par tendance « séculaire ». Si on mesure cette activité sur l’abscisse, ou sur l’axe « x » du graphique [2], on peut voir que les courbes se rapprochent à la longue d’une asymptote de 100% qui ne peut être franchie. Il semble que lorsque d’importants facteurs atteignent un point antérieur de 80% sur l’abscisse, ces courbes se mettent à fluctuer de manière erratique.

     

    Lorsque des courbes cycliques arrivent à ce point, elles cessent d’utiliser les moyens dits normaux de résolution des contraintes constantes dans le fonctionnement du système et entrent, alors, dans une crise structurelle du système.

     

    Une crise structurelle est chaotique. Ce qui signifie qu’au lieu de l’éventail standard normal de combinaisons et d’alliances qui étaient auparavant utilisées pour maintenir la stabilité du système, les acteurs modifient constamment ces alliances dans la recherche de gains à court terme. Cela ne fait que rendre la situation pire. Nous remarquons là un paradoxe – la certitude de la fin du système existant et l’incertitude intrinsèque de ce qui va ultérieurement le remplacer, et par là même de ce fait créer un nouveau système (ou de nouveaux systèmes) qui viendra (ont) stabiliser les réalités.

     

    Durant la période de crise structurelle qui s’étale dans le temps long (ou moins long), on observe une bifurcation entre deux manières alternatives de résoudre la crise – l’une en remplaçant le système en crise par un système différent qui d’une manière ou d’une autre préserve les éléments essentiels du système mourant, et l’autre en le transformant radicalement.

     

    Concrètement, dans notre système capitaliste actuel, il y a ceux qui cherchent à fonder un système non capitaliste mais qui conserve néanmoins les pires traits du capitalisme – la hiérarchie, l’exploitation et la polarisation. Et ceux qui souhaitent établir un système relativement démocratique et égalitaire, un type de système historique qui n’a encore jamais existé. Nous sommes en plein dans cette bataille politique.

     

    Examinons maintenant le rôle de la Chine dans ce qui se passe aujourd’hui. Si on se place du point de vue du système actuel, la Chine semble gagner un fort avantage. Défendre l’idée que cela signifie la continuité du fonctionnement du capitalisme comme système revient fondamentalement à (ré)affirmer l’argument irrecevable que les systèmes sont éternels et que la Chine remplace les États-Unis de la même façon que ceux-ci ont remplacé le Royaume-Uni en tant que puissance hégémonique. Si cela s’avérait vrai, dans les 20-30 ans à venir la Chine (ou peut-être l’Asie du Nord-Est) serait capable d’imposer ses lois au système-monde capitaliste.

     

    Mais est-ce vraiment ce qui se passe ? D’abord, l’avantage économique de la Chine, bien que supérieur à celui du Nord, est en train de décliner de façon significative. Et ce déclin pourrait bien s’amplifier à bref délai, avec le développement de la résistance politique aux tentatives chinoises de contrôler les pays voisins et de s’attirer (c’est-à-dire d’acheter) le soutien de pays lointains, comme cela semble se produire.

     

    La Chine pourra-t-elle alors s’appuyer sur un élargissement de la demande intérieure pour maintenir son avantage mondial ? Il y a deux raisons pour que ce ne soit pas le cas. La première, c’est que les autorités en place craignent qu’une couche sociale moyenne qui s’élargit ne mette en péril leur contrôle politique, aussi cherchent-elle à limiter son développement.

     

    La seconde raison, plus importante celle-là, c’est que la demande intérieure résulte pour l’essentiel d’emprunts risqués effectués par les banques régionales, lesquelles doivent faire face à une incapacité à soutenir leurs investissements. Si elles s’effondrent, même partiellement, cela pourrait signifier la fin totale de l’avantage économique de la Chine.

     

    De surcroît, il y a eu, et il y aura encore des revirements brutaux en matière d’alliances géopolitiques. Dans un sens, les zones clés ne se trouvent pas au Nord, mais dans des régions comme la Russie, l’Inde, l’Iran, la Turquie et l’Europe du Sud-Est, qui poursuivent toutes leur propre stratégie en jouant un jeu qui consiste à changer rapidement et constamment de camp. Le résultat final est que, même si la Chine joue un très grand rôle à court terme, celui-ci n’est pas aussi grand qu’elle le souhaiterait et que le craignent certains dans le reste du système-monde. Il est impossible pour la Chine d’arrêter la désintégration du système capitaliste. La seule chose qu’elle puisse faire est d’essayer de s’assurer une place dans un futur système-monde.

     

    Traduction et notes : Mireille Azzoug

    Illustration : Steve Webel / Flickr CC

     

    © Immanuel Wallerstein, distribué par Agence Global. Pour tous droits et autorisations, y compris de traduction et de mise en ligne sur des sites non commerciaux, contacter : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.1.336.686.9002 ou 1.336.286.6606. Le téléchargement ou l’envoi électronique ou par courriel à des tiers sont autorisés pourvu que le texte reste intact et que la note relative au copyright soit conservée. Pour contacter l’auteur, écrire à : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

     

    Ces commentaires, bimensuels, sont des réflexions consacrées à l’analyse de la scène mondiale contemporaine vue dans une perspective de long terme et non de court terme.

     

    NOTES

    [1] NDT : c’est-à-dire de très long terme, selon le concept de longue durée développé par Fernand Braudel

     

    [2] NDT. Dans le graphique proposé par Immanuel Wallerstein pour représenter la dynamique des rythmes cycliques, les phénomènes évalués en pourcentage figurent sur l’axe « y » des ordonnées, et leur évolution dans le temps sur l’axe « x » des abscisses.

    Le risque de conflit augmente dans la péninsule coréenne selon les experts chinois

     

    02 Décembre 2017

    Cet article du Global Times montre à quel point les dangers de guerre dans la péninsule nord coréenne s’accroissent et non pas par la faute de la seule Corée du nord, de fait dans une position défensive, mais par la multiplication de dangereuses manoeuvres militaires en Corée du sud de la part des Etats-Unis
    (note et traduction de Danielle Bleitrach)

    Par Liu Xin Source: Global Times Publié: 2017/12/1 23:23:40

    Les États-Unis tentent de forger l’unité mondiale contre la Corée du Nord


    Les possibilités d’affrontements militaires sur la péninsule coréenne restent élevées alors que les Etats-Unis tentent de forger un front politique et militaire mondial unifié pour faire pression sur la Corée du Nord,  notamment en envoyant ses avions les plus puissants mener des exercices militaires avec la Corée du Sud.
     
    Le président sud-coréen Moon Jae-in et le président américain Donald Trump ont tenu leur deuxième entretien téléphonique en deux jours après le dernier test de missiles à longue portée de Pyongyang, en convenant de maintenir la pression et les sanctions dans l’espoir de ramener le régime à la table des négociations, a rapporté vendredi l’agence de presse Yonhap.
     
    « Les deux dirigeants se sont mis d’accord sur la nécessité de maintenir des sanctions et des pressions fortes sur le Nord jusqu’à ce que la Corée du Nord renonce volontairement à développer des missiles nucléaires et des missiles », a déclaré le bureau présidentiel sud-coréen vendredi, a rapporté Yonhap.
     
    Le président chinois Xi Jinping a parlé avec Trump au téléphone mercredi, affirmant que la dénucléarisation de la péninsule coréenne était un objectif indéfectible de la Chine, a rapporté mercredi l’agence de presse Xinhua.
     
    Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a déclaré lors d’un point de presse vendredi que la position de la Chine sur le dossier nucléaire de la Corée du Nord est claire et que le contact est  maintenu avec les Etats-Unis.
     
    « La Chine et les Etats-Unis partagent une position commune sur  la dénucléarisation de la péninsule coréenne et la Chine espère que les Etats-Unis et la communauté internationale pourront conjuguer leurs efforts pour résoudre le problème par la négociation », a-t-il déclaré.« Les Etats-Unis tentent de forger une ligne de front politique et militaire contre la Corée du Nord, y compris en multipliant des exercices militaires avec la Corée du Sud et appellent plus de pays à faire pression sur la Corée du Nord », a déclaré Song Zhongping vendredi.
     
    Song a dit que les Etats-Unis pourraient considérer les affrontements militaires comme le seul moyen de forcer la Corée du Nord à abandonner les armes nucléaires en développement et que ce pays est en train de répéter des tactiques rapides avec ses alliés au cas où il y aurait une guerre dans la péninsule coréenne.
     
    Les États-Unis et la Corée du Sud organiseront un exercice interarmées de l’armée de l’air, Vigilant Ace, du 4 au 8 décembre, impliquant environ 230 avions et 12 000 soldats américains. Les États-Unis prévoient d’envoyer six chasseurs furtifs F-22 Raptor pour participer à l’exercice. Les bombardiers stratégiques B-1B et trois ou quatre avions F-35A se joindront probablement à eux, a rapporté Yonhap.
     
    « Les Etats-Unis ont une capacité de ciblage précise contre la Corée du Nord: les bombardiers stratégiques B1-B cibleront tout objet venant de l’extérieur de la zone de défense, un groupe de F-22 détruirait rapidement une cible principale », Song a dit.
     
    Les Etats-Unis ont également demandé au Conseil de sécurité de l’ONU d’exhorter toutes les nations à rompre leurs liens avec la Corée du Nord, à rompre les relations diplomatiques, à imposer des sanctions et à limiter la coopération militaire, scientifique, technique ou commerciale, à réunion du Conseil de sécurité, a rapporté Euro News mercredi.
     
    Lü Chao, chercheur à l’Académie des sciences sociales du Liaoning, a déclaré vendredi au Global Times que le cercle vicieux de la guerre de la péninsule coréenne s’est intensifié alors que les Etats-Unis et leurs alliés imposent une pression accrue sur la Corée du Nord, ce qui augmente la possibilité d’affrontements militaires.
     
    « Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont établi une ligne limitée pour les essais de missiles nucléaires de la Corée du Nord – en estimant qu’elle n’offrait  pas de capacité de combat pratique, mais selon la situation actuelle, la Corée du Nord a franchi cette ligne avec les tests en cours », a déclaré Lü, en ajoutant que le Hwasong-15 a surpassé le Hwasong-14 dans certaines zones telles que la hauteur de lancement et la distance.
     
    Lee Eugène, porte-parole du ministère sud-coréen de l’Unification, a déclaré lors d’un point de presse vendredi que « le gouvernement ne pense pas que le dernier test de la Corée du Nord démontre une capacité complète pour un ICBM (missile balistique intercontinental). Séoul ne considère pas le Nord comme traversant la ligne rouge. » Avant que la Corée du Nord franchisse la ligne rouge, la communauté internationale « a encore le temps de résoudre la question par des moyens diplomatiques et pacifiques », a ajouté M. Lü, ajoutant que « les Etats-Unis et leurs alliés devraient sérieusement envisager une suspension réciproque» 

    Le fonds d’assurance sociale de Chine affiche un excédent en 2016

     

    30 Novembre 2017

    © Chine Nouvelle (Xinhua) – Wang Meng, le 28/11/2017 10:55
     

    Résultat de recherche d'images pour "jeunesse chinoise"

    Le fonds d’assurance sociale de Chine a affiché un excédent de 650,8 milliards de yuans (environ 99 milliards de dollars) en 2016, a annoncé mardi le ministère des Finances dans un rapport comptable de clôture.

     

    L’excédent a porté le solde total du fonds à 6.540 milliards de yuans fin l’année dernière.

     

    Le total des revenus du fonds a augmenté de 8,1% en glissement annuel pour atteindre 5.010 milliards de yuans, tandis que les dépenses ont augmenté de 11,5% pour s’établir à 4.360 milliards de yuans.

     

    Environ 73% des revenus proviennent des primes d’assurance et 22% des subventions gouvernementales. Le reste est constitué des versements d’intérêts, des rendements des placements et ou des dons.

     

    Le fait que la croissance des dépenses soit plus rapide que celle des revenus reflète la pression qu’exerce une population vieillissante. La part des personnes âgées de 60 ans et plus dans la population totale a augmenté rapidement depuis des années et s’est établie à 16,7% fin 2016.

     

    Le fonds chinois d’assurance sociale couvre l’assurance retraite de base, l’assurance maladie de base, les accidents du travail, le chômage et la maternité.

     

     

    Le Centre de Réconcilation pour la Syrie a annoncé ce mercredi que des Forces spéciales Chinoises vont incessamment arriver en Syrie pour participer au combat contre les groupes terroristes. Le Centre russe déclare que les Forces chinoises vont se rendre rapidement en Syrie afin d'intensifier les actions contre le Parti islamique « Al-Turkistan » qui ont été ciblées par les troupes de l'Armée syrienne.

    Des Forces Spéciales d’Elite chinoises arrivent en Syrie pour se joindre à la lutte antiterroriste.

     

    Teheran (FNA).

     

    Le Centre cite des sources du Ministère de la Défense Chinois déclarant que les « Night Tigers » et les Sibérian Tigers » spécialisés dans les actions anti-terroristes allaient arriver rapidement en Syrie pour s’attaquer au « Mouvement Islamique Oriental » dans la Province de Damas.

     

    « Al-Watan online », dans son édition en arabe, rapportait ce lundi que des membres du Parti Islamique Al-Turkistan s’étaient affrontés avec le groupe terroriste rival « Ansar Turkistan » dans la base aérienne d’Abu ai-Dhonhour dans le Sud-Est pour la première fois.

     

    « Al-Watan » rapportait de sources proches des deux côtés combattants disant que des différents concernant la menée des opérations contre l’Armée régulière avaient causé des incidents entre les deux parties.

     

    Il ajoutait que les troupes régulières, (De l’AAS), s’étaient déployées à quelques 17 kilomètres de la base aérienne dans la direction de l’Est.

     

    « Al-Watan » en déduisait que le « Parti Al-Turkistani » avait rejoint récemment le « Front Al-Nusra », (Tahrir al-Sham Hay’at, le Parti de Libération du Levant), qui participe aux combats contre les hommes de l’AAS régulière près du village de al-Mastariheh.

     

    http://en.farsnews.com/newstext.aspx?nn=13960908000584

     

    Traduit par Geb avec les approximations et les coquilles d’usage.

    Note de Geb : J’ai comme une impression que ça n’est pas tout à fait "que" les "terroristes de "al-Turkistan" qui doivent se faire du mourron. 


    Ca ressemble plutôt à un avertissement envers les USA et leur intention de squatter par proxy le territoire national syrien en leur montrant que les Russes, le Hezbollah et l’AAS ne sont pas seuls sur le coup.

    »» http://en.farsnews.com/newstext.aspx++cs_INTERRO++nn=13960908000584
    URL de cet article 32621 

     

    La Chine, avant garde de l’écologie réelle

     

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    Ville forêt de Liuzhou
    Ville-forêt de Liuzhou, en projet pour 2018, entièrement autosuffisante sur le plan énergétique et destinée à l’amélioration de la qualité de l’air et de la biodiversité.

     

    C’est notoire : la Chine est l’un des principaux pays pollueurs du monde. Évidemment on cite toujours le chiffre brut, jamais le chiffre par habitant [1]… mais il est désormais évident que le volontarisme de l’État chinois en matière de lutte contre la pollution de l’air et le réchauffement climatique, acté lors du dernier Congrès du Parti Communiste Chinois en 2012 en particulier, donne ses premiers fruits, qui sont de taille !

     

    La Chine est en effet passée de la simple répression financière des usines les plus polluantes (qui se maintient mais rencontre évidemment des freins locaux au niveau du secteur privé) au financement massif de vastes plans urbains de restauration de la qualité de l’air et de la biodiversité, ainsi qu’une politique opiniâtre de reconversion énergétique du territoire.

     

    Concernant l’énergie, on sait peu par exemple que des projets de centrales nucléaires chinoises reposaient initialement sur le principe de la « fission à sels fondus » (thorium) dont les chinois furent les pionniers dans les années 70, et s’opposant à celui de l’uranium (centrales nucléaires à hauts risques et à forte production de déchets radioactifs de nos pays) [2]. Ce type de centrale, qui limite considérablement les déchets (en volume, d’une facteur mille, comme en dangerosité), n’est plus à l’étude en Occident faute de financement et sous la pression du lobby militaro-industriel : celui-ci recycle l’uranium appauvri pour l’armement, alors que les centrales à sels dissous n’en produisent pas, et utilise le même combustible pour les bombes atomiques. C’est faute de technologie que le pays a du abandonner cette opportunité dans les années 70, mais l’État chinois réalise actuellement le seul projet de grande ampleur actuellement pour la mise en place de telles centrales, avec un financement de 250 millions de dollars et une ouverture dans moins de vingt ans (source « Un nucléaire sûr existe, et la Chine ouvre la voie avec le thorium » (The Telegraph, mars 2011) [3]. Celle-ci ouvrira la voie d’une véritable révolution énergétique dans la région.

     

    L’État chinois veut donc se doter d’énergies dites « propres » sur le plan des rejets de gaz à effet de serre (non produit par le nucléaire) et à haut rendement néanmoins, pour sortir de la très polluante industrie charbonnière qui domine encore le marché chinois.

     

    La Chine s’est encore récemment illustrée en mettant en place cette année la première méga-centrale flottante à énergie solaire à Huaïnan près de Shanghaï, et se place au premier rang mondial pour l’énergie hydroélectrique (renouvelable, non intermittente et sans déchet).

     

    Concernant les projets urbains, nous sommes face à une incontestable avant-garde : l’État chinois promeut dans plusieurs villes la construction de « villes-forêts » pour 2020, et ce n’est pas une « belle promesse », c’est du concret ! On parle beaucoup ce mois-ci de la fameuse Liuzhou Forest City, qui sera la première ville entièrement conçue pour l’amélioration de la qualité de l’air, de la biodiversité et les économies d’énergie. Elle pourra accueillir 35.000 habitants. Une ville similaire de 100 000 habitants est également prévue à Shijiakhuang, ainsi que deux grandes « tours forestières » dans la ville de Nanjing (prévues pour 2018), immeubles revêtus de 23 espèces d’arbres et de 2500 arbustes.

     

    Liuzhou Forest City c’est 40.000 arbres et plus de 100 espèces différentes, qui pourront accueillir la faune, notamment l’avifaune locale, et fournir à la ville une couverture thermique naturelle permettant des économies d’énergie l’hiver, et un ombrage suffisant l’été. Ce couvert végétal absorbera 1000 tonnes de dioxyde de carbone par an et 57 tonnes de polluants, tout en produisant 900 tonnes de dioxygène. La ville sera entièrement autosuffisante sur le plan énergétique : énergie solaire et énergie géothermique en seront les ressources exclusives.

     

    Sa surface sera volontairement réduite (175 hectares) pour laisser plus de place à la nature environnante, et elle sera connectée aux villes alentours par un réseau ferroviaire et routier entièrement électrique.

     

    L’exemple de Liuzhou Forest City devrait nous faire réfléchir au-delà de l’anecdote. Propagande totalitaire ? Bluff géopolitique ? « Capitalisme vert » ? Nos écologistes occidentaux feraient bien de poser les questions qui s’imposent : A partir du moment où un pays s’est suffisamment développé économiquement (c’est le cas chez nous comme en Chine), pourquoi l’écologie politique se détournerait avec suspicion de tels « projets pharaoniques », « démesurés » (termes rencontrés dans la presse ironique mais forcée d’en parler [4]) pour ne promouvoir que des solutions « familiales », « locales », au cœur d’un océan d’agrobuziness, de productivisme industriel débridé et de recherche capitaliste du profit maximum et immédiat ? N’est-il pas évident que les seuls projets viables et durables du point de vue de la protection de l’environnement à grande échelle ne peuvent s’appuyer que sur des politiques étatiques pensées, financées et planifiées par une économie nationale souveraine, jamais sur la libre entreprise et la concurrence inter-impérialiste ? N’est-il pas évident qu’à des échelles différentes, les seuls États à sortir du lot pour ce type de politique de protection environnementale soient Cuba et la Chine ?

     

    Comme sur bien d’autres questions, de l’aérospatial aux grandes politiques industrielles dans les pays arriérés, c’est bien le socialisme, c’est-à-dire la capacité d’investir massivement (et sans retour immédiat sur investissement), à l’échelle nationale et de façon coercitive dans des plans de protection des sols, des ressources énergétiques et de l’environnement naturel, qui s’avère le plus efficace et prometteur. Même à un degré moindre dans des pays ayant subi des reculs politiques liés à la disparition du camp soviétique dans les années 90, se placent d’emblée à l’avant-garde d’une véritable « révolution verte » dont nos militants écolo au sein des pays impérialistes se doivent d’étudier les résultats.

     

    Voir en ligne : sur le site journallegerminal...

     

     

     

    [1] Huit tonnes de carbone produit par habitant en Chine contre dix en Union Européenne et vingt aux USA.

     

    [2] La centrale fonctionnant sur ce principe sont les seules pour lesquelles une surchauffe du réacteur s’éteint instantanément par dilution immédiate de la réaction en chaîne par la fonte d’un bouchon de contrôle : le sel fondu est à la fois le fluide porteur de chaleur et sa première barrière de confinement. Voir le documentaire ARTE « Thorium, la face cachée du nucléaire »,

    https://www.youtube.com/watch?v=9tPoOMHxrao

     

     

    Source "La Chine au présent" novembre 2017 

    La Chine, avant-garde de l’écologie réelle


    Guillaume Suing* 

    C'est un fait connu : la Chine est confrontée à de nombreux de problèmes environnementaux. Évidemment on cite toujours le chiffre brut, jamais le chiffre par habitant (1)... mais il est désormais évident que le volontarisme de la Chine en matière de lutte contre la pollution de l'air et le réchauffement climatique, acté lors du Congrès du Parti communiste chinois en 2012, donne ses premiers fruits, qui sont de taille ! 

    La Chine est en effet passée de la simple sanction financière des usines les plus polluantes (qui se maintient, mais rencontre évidemment des freins locaux au niveau du secteur privé) au financement massif de vastes plans urbains de restauration de la qualité de l'air et de la biodiversité, ainsi qu'une politique opiniâtre de reconversion énergétique du territoire. 

    L'énergie propre 

    Concernant l'énergie, peu de personnes savent par exemple que des projets de centrales nucléaires chinoises reposaient initialement sur le principe de la « fission à sels fondus » (thorium) dont les Chinois furent les pionniers dans les années 70, s'opposant à celui de l'uranium (centrales nucléaires à hauts risques et à forte production de déchets radioactifs en France). Ce type de centrale (2), qui limite considérablement les déchets, n'est plus à l'étude en Occident faute de financement et sous la pression du lobby militaro-industriel : celui-ci recycle l'uranium appauvri pour l'armement, alors que les centrales à sels dissous n'en produisent pas et utilise le même combustible Pour les bombes atomiques.

     

    C'est faute de technologie que le pays a dû abandonner cette opportunité dans les années 70, mais la Chine a lancé en 2011 un projet de grande ampleur pour la mise en place de tels réacteurs, avec une ouverture prévue dans moins de vingt ans. Celle-ci ouvrira la voie d'une véritable révolution énergétique dans la région. La Chine veut donc se doter d'énergies dites « propres », sur le plan des rejets de gaz à effet de serre (non produit par le nucléaire) et à haut rendement néanmoins, pour sortir de la très polluante industrie charbonnière qui domine encore le marché chinois. 


    Centrale photovoltaïque flottante Hainin province de l’Anhui 


    La Chine s'est encore récemment illustrée en mettant en place cette année la première méga-centrale flottante à énergie solaire à Huainan dans la province de l'Anhui, et se place au premier rang mondial pour l'énergie hydroélectrique (renouvelable, non intermittente et sans déchet). 

    Des projets urbains de reboisement 

    Concernant les projets urbains, nous sommes face à une incontestable avant-garde : la Chine promeut dans plusieurs villes la construction de « villes-forêts » pour 2020, et ce n'est Pas une « belle promesse », mais du concret ! La fameuse Liuzhou Forest City sera la première ville entièrement conçue pour l'amélioration de la qualité de l'air, de la biodiversité et les économies d'énergie. Elle pourra accueillir 35 000 habitants. Une ville similaire de 100 000 habitants est également prévue à Shijiazhuang, ainsi que deux grandes « tours forestières » dans la ville de Nanjing (prévues pour 2018), immeubles revêtus de 23 espèces d'arbres et de 2 500 arbustes.

     

    Liuzhou Forest City abritera 40 000 arbres et plus de 100 espèces différentes, qui pourront accueillir la faune, notamment l'avifaune locale, et fournir à la ville une couverture thermique naturelle permettant des économies d'énergie l'hiver, et un ombrage suffisant l’été. Ce couvert végétal absorbera 1000 tonnes de dioxyde de carbone par an et 57 tonnes de polluants, tout en produisant 900 tonnes de dioxygène. La ville sera entièrement autosuffisante sur le plan énergétique : l'énergie solaire et l'énergie géothermique en seront les ressources exclusives. 




    Liuxhu province du Guangxi 


    Grâce à la superposition des logements en tours, sa surface ne sera que de 175 ha pour laisser plus de place à la nature environnante, et elle sera connectée aux villes alentours par un réseau ferroviaire et routier entièrement électrique. L'exemple de Liuzhou Forest City devrait nous faire réfléchir au-delà de l'anecdote. Propagande totalitaire ? Bluff géopolitique ? « Capitalisme vert » ? Nos écologistes occidentaux feraient bien de poser les questions qui s'imposent. A partir du moment où un Pays s'est suffisamment développé économiquement (c'est le cas chez nous comme en Chine)' pourquoi l'écologie politique se détournerait avec suspicion de tels « projets pharaoniques » « démesurés » (termes rencontrés dans la Presse. ironique, mais forcée d'en parler pour ne promouvoir que des solutions « familiales », « locales »), au cœur d' un océan d'agrobusiness, de productivisme industriel débridé et de recherche capitaliste du profit maximum et immédiat ? N'est-il pas évident que les seuls projets viables et durables du point de vue de la protection de l'environnement à grande échelle ne peuvent s'appuyer que sur des politiques étatiques pensées, financées et planifiées par une économie nationale souveraine, jamais sur la libre entreprise et la concurrence inter-impérialiste ? N'est-il pas évident qu'à des échelles différentes les seuls États à sortir du lot pour ce type de politique de protection environnementale soient Cuba et la Chine ? 

    Comme sur bien d'autres questions, de l'aérospatial aux grandes politiques industrielles dans les pays émergents, c'est bien le socialisme, c'est-à-dire la capacité d'investir massivement (et sans retour immédiat sur investissement), à l'échelle nationale et de façon directive dans des plans de protection des sols, des ressources énergétiques et de l'environnement naturel, qui s'avère le plus efficace et prometteur. Même à un degré moindre, des pays ayant subi des reculs politiques liés à la disparition du camp soviétique dans les années 90, se placent d'emblée à l'avant-garde d'une véritable « révolution verte » dont nos militants écolo au sein des pays impérialistes se doivent d'étudier les résultats. 


    *Guillaume Suing est agrégé de biologie professeur dans le secondaire et auteur d un essai intitulé « Evolution : la preuve par Marx » (Éditions Delga 2016). 


    Notes 
    (1) Huit tonnes de carbone produit par habitant et par an en chine contre dix en union européenne et aux États-Etats Unis. 
    (2) Dans le cas d’une surchauffe du réacteur des centrales fonctionnant sur ce principe, un système par dilution immédiate l'éteint instantanément via une réaction en chaîne provoquant la fonte d'un bouchon de contrôle : le sel fondu est à la fois le fluide porteur de chaleur et sa première barrière de confinement. 


    Edité le 27-11-2017 à 23:25:30 par Xuan

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    contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit

    La Chine et Cuba se rapprochent

     

    28 Novembre 2016
    Par  |  

    L'objectif du déplacement du Premier ministre chinois à Cuba est d'approfondir davantage encore la coopération sino-cubaine dans les divers domaines et (d') injecter une nouvelle dynamique dans les relations bilatérale.
    L’objectif du déplacement du Premier ministre chinois à Cuba est d' »approfondir davantage encore la coopération sino-cubaine dans les divers domaines et (d’) injecter une nouvelle dynamique dans les relations » bilatérale. (Crédits : Reuters)
    Les premiers ministres chinois et cubain ont signé une trentaine d’accords de coopération dans les domaines de la santé et de l’agriculture notamment.

    Le Premier ministre chinois Li Keqiang a rencontré samedi à La Havane le président cubain Raul Castro au premier jour d’une visite officielle de 48 heures. M. Li a été reçu au Palais de la Révolution par Raul Castro avec lequel il a présidé à la signature « d’environ une trentaine » d’accords de coopération entre Pékin et un des derniers régimes communistes de la planète à la suite du dégel intervenu entre La Havane et Washington, selon la télévision cubaine.

     

    Les accords conclus portent sur des domaines aussi variés que les tarifs douaniers, la coopération dans les domaines scientifico-technique, de l’environnement, de l’informatique, de l’industrie, de l’énergie, de l’agriculture et de la santé.

     

    Nouvelle dynamique

     

    L’objectif de ce déplacement est d‘ »approfondir davantage encore la coopération sino-cubaine dans les divers domaines et (d’) injecter une nouvelle dynamique dans les relations »bilatérales, a déclaré M. Li dans un article paru dans le quotidien officiel Granma.

     

    Après s’est félicité de la contribution de Cuba à « la stabilité régionale » et au « dialogue », le Premier ministre a souligné que la Chine était « disposée à développer activement (…) la coopération dans les domaines de la biotechnologíe, des énergies renouvelables, de l’informatique et des communications, de l’électro-ménager, des machines agricoles et des infrastructures ». Même chose, a-t-il poursuivi, dans la culture, l’éducation et le tourisme.

     

    La Chine, deuxième partenaire commercial de Cuba

     

     Le président chinois Xi Jinping avait déjà visité Cuba en 2014, mais aucun Premier ministre de la République populaire de Chine n’était allé dans cette île caribéenne depuis l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays il y a 56 ans.
     

    La Chine est le principal fournisseur de crédits à Cuba et son deuxième partenaire commercial, derrière le Venezuela, selon des sources chinoises.

     

    La visite de Li Keqiang intervient juste après celle de Shinzo Abe, premier chef d’un gouvernement japonais à s’être rendu sur cette île.

    Cuba et les Etats-Unis ont annoncé leur rapprochement en décembre 2014, avant de rétablir leurs relations diplomatiques en juillet 2015.

    (Avec AFP)

     
     
    © Chine Nouvelle (Xinhua) – Tian Yun, le 27/11/2017 12:03

    L’Agence de Presse Xinhua (Chine nouvelle) cherche à renforcer la coopération dans le domaine des médias avec Cuba pour contribuer au développement des relations bilatérales, a déclaré lundi Cai Mingzhao, le président de l’agence.

     

    « Xinhua a créé son bureau à La Havane dans les années cinquante et a présenté au monde l’image d’un Cuba réel, dans sa globalité, et en progression », a indiqué M. Cai lors de son entretien avec Alberto Gonzalez Casals, directeur du Centre de presse internationale du Ministère cubain des Affaires étrangères.

     

    Xinhua est en train d’élaborer son schéma de développement conformément à l’esprit du 19e Congrès national du Parti communiste chinois (PCC) et vise à devenir une agence de presse mondiale de premier ordre et d’un nouveau type, selon M. Cai.

     

    Xinhua poursuivra sa couverture de l’Amérique latine et souhaite coopérer avec les médias cubains sur l’initiative « la Ceinture et la Route », a noté M. Cai.

     

    Remerciant Xinhua pour ses reportages objectifs et justes sur Cuba, M. Casals a annoncé qu’il souhaitait que les médias chinois et cubains renforcent leurs coopérations dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la Route » et il a ajouté que les médias cubains voulaient tirer des leçons de l’expérience de Xinhua en matière de nouveaux médias.

     

    Des lycéennes chinoises ont travaillé 11 heures par jour pour produire l’iPhone X

     

     

    23 Novembre 2017

    Employées chinoises dans l'usine de Foxconn à Zhengzhou, mai 2010. STR / AFP: Des lycéennes chinoises ont travaillé 11 heures par jour pour produire l'iPhone X© Fournis par Slate Des lycéennes chinoises ont travaillé 11 heures par jour pour produire l’iPhone X

     

    Un nouveau scandale sur les conditions d’exploitation de la main d’oeuvre chinoise par les sociétés étrangères en violation de la loi chinoise. Ici il s’agit de stagiaires lycéennes contraintes par un deal entre leur école et Apple. Tandis qu’en Europe on a si volontiers décrit la manière dont un pays communiste exploitait sa main d’oeuvre, on a évité de décrire la réalité à savoir que c’étaient les multinationales étrangères qui le plus souvent violaient la loi chinoise  pour surexploiter la population. Mais plus la Chine avance, plus elle est en mesure de dénoncer cette exploitation et les viols de sa légalité.

     

    (note de danielle Bleitrach)


    Elles ont entre 17 et 19 ans, et affirment avoir été contraintes de travailler, de manière illégale, pour la production de l’iPhone X, rapporte le Financial Times. Afin de répondre à la forte demande provoquée par le dernier-né d’Apple, six lycéennes chinoises disent avoir effectué des journées de 11 heures en moyenne, contre leur gré, dans une usine de Zhengzhou.

     

    Une durée dépassant la limite légale de travail pour les stagiaires qui, d’après la loi chinoise, est limitée à 40 heures par semaine.

     

    L’une des étudiantes concernées confie avoir assemblé jusqu’à 1.200 caméras d’iPhone X par jour. Leur calvaire commence en septembre dernier, lorsque leur école –la Zhengzhou Urban Rail Transit School– envoie près de 3.000 de ses étudiantes dans l’entrepôt d’un fournisseur d’Apple, Hon Hai Precision Industry –plus connu sous le nom de Foxconn. Cette mission de trois mois est alors présentée comme un pré-requis à l’obtention de leur diplôme. Un mensonge, selon Yang, 18 ans, qui a refusé de révéler son prénom par peur de représailles: « L’école nous force à travailler. Les tâches que l’on effectue n’ont rien à voir avec nos études.» Contactée par le Financial Times, l’école en question a refusé de répondre aux questions des journalistes. Apple et Foxconn, quant à eux, ont reconnu avoir entendu parler de stagiaires ayant effectué de nombreuses heures supplémentaires et se disent déterminés à prendre les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise plus. Les deux entreprises assurent toutefois que toutes les lycéennes consentaient à travailler: « Il nous a été confirmé que les étudiantes ont travaillé volontairement, ont reçu des compensations et des bénéfices, même s’il est vrai qu’elles n’auraient pas dû avoir à travailler plus que la durée légale. »

     

    Un retard de deux mois


    Le fournisseur Foxconn avoue lui aussi que le temps de travail imposé aux jeunes femmes constitue une violation de sa politique. Un surmenage à mettre en relation avec les nombeux problèmes rencontrés lors de la production du smartphone, qui avaient causé le report sa sortie –initialement prévue pour septembre– au mois de novembre. Ce retard avait fait chuter de 39% le revenu trimestriel de Foxconn.D’après un employé de longue date du fournisseur, l’usine de Zhengzhou a chaque année recours à de nombreux étudiants entre août et décembre, période de pleine activité. Au point de parfois tripler son nombre d’employés. À cette saison, plus de 20.000 iPhones seraient produits quotidiennement. Et en 2017, le besoin de main d’œuvre supplémentaire aurait été particulièrement important.Jenny Chan, professure assistante à la Hong Kong Polytechnic University explique: «La stratégie d’Apple est de réduire les coûts de production et de tout faire dans un timing serré.» Ce qui explique en partie la mobilisation de nombreux stagiaires, qui peuvent être recrutés de manière très flexible.


     

    Note de B.T : Foxconn est une entreprise Taiwanese. L’usine de Zhengzhou fabrique actuellement 200 000 iPhone par jour et emploie 130 000 personnes. Au total, Foxconn fait travailler 1,2 million de salariés dont 1 million en Chine. On rappellera que ses usines font également parler d'elle pour les conditions de travail imposées aux salariés... Conditions qui ont débouché sur des suicides ou des accidents comme en mai dernier où une explosion a fait trois morts et 15 blessés. (Eureka Presse)

     

    La Chine est responsable de 100% de la diminution du nombre de personnes pauvres, par John Ross

    source : Key trends to globalization

    traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

    En 2010, le Professeur Danny Quah de la London School of Economics, remarquait : « Ces trois dernières décennies, à elle seule, la Chine a tiré plus de gens de la pauvreté extrême que tous les autres pays du monde pris ensemble. En effet, la diminution, entre 1981 et 2005, de 627 millions du chiffre des personnes pauvres vivant avec un dollar par jour, dépasse le total de la baisse mondiale de cette même forme de pauvreté, qui passe pour la même période, de 1,9 milliards à 1,4 milliards ». Le but de cet article est d’analyser la situation sur la base des données disponibles trois ans après l’analyse de Quah, d’observer les tendances en matière de pauvreté, et pas seulement de pauvreté extrême (calculée par la Banque Mondiale sur la base d’une dépense quotidienne inférieure à 1,25 dollars), d’examiner une définition de la pauvreté légèrement plus large (2 dollars de dépenses quotidiennes) et faire la comparaison avec d’autres tendances dans l’économie mondiale.

    La conclusion est simple. La conclusion de Quah tient toujours. La Chine est responsable de 100% de la réduction du nombre de personnes vivant dans la pauvreté dans le monde. Ce résultat découle de tout examen sérieux et informé du rôle de la Chine dans l’économie mondiale et de sa contribution aux droits de l’homme.

    Il y a de nombreuses statistiques remarquables à propos de la Chine :

     

    • La Chine abritait 22% de la population mondiale quand sa réforme fut engagée en 1978, donc le pourcentage de la population mondiale bénéficiant de la croissance économique rapide de la Chine est sept fois supérieur aux 3% de la population des États-Unis ou du Japon quand commencèrent leur croissance, ou aux 2% que représentait le Royaume-Uni au temps de la Révolution Industrielle.
    • Les 9,9% de croissance moyenne du PIB par tête durant les deux derniers plans quinquennaux représentent la plus rapide augmentation du PIB par tête jamais réalisée par un pays important dans l’histoire de l’humanité.
    • Dans le même temps, la hausse de 8,1% de la consommation moyenne annuelle des ménages chinois, et la hausse de 8,3% de la consommation totale, y compris la dépense publique dans des domaines aussi importants pour la qualité de vie que l’éducation et la santé, ont été les plus rapides enregistrées dans une grande économie. Si on prend en compte l’espérance de vie supérieure à ce qu’on pourrait attendre compte tenu du PIB par tête, il est évident que la Chine a connu la hausse la plus rapide de la qualité de vie jamais vécue par un pays.
    • Mesurée en Parité de Pouvoir d’Achat (PPA)- le résultat réel en termes de production de voitures, de services etc.- la plus grande augmentation en valeur absolue en une seule année aux États-Unis date de 1999, et était de 567 milliards de dollars. Mais en 2010, la Chine a atteint 1, 126 milliards de dollars de hausse- plus du double de la grosse hausse de la production jamais réalisée par un pays en une seule année de l’histoire humaine.

    Néanmoins, aussi impressionnantes que soient ces statistiques, du point de vue du bien-être humain, il y a un autre chiffre qui éclipse tous les autres : la contribution de la Chine à la réduction de la pauvreté humaine, non seulement à l’intérieur de ses frontières, mais aussi par son impact dans le monde. Le fait étonnant demeure que la Chine a été responsable de la totalité de la réduction du nombre de personnes vivant dans la pauvreté absolue dans le monde !

    Pour montrer cela, le tableau ci-dessous fournit le nombre de personnes dans le monde qui vivent de moins de deux des mesures standard utilisées par la Banque Mondiale pour mesurer la pauvreté. C’est le critère de distinction de la pauvreté extrême, des dépenses de moins d’1,25 dollars par jour (37,5 dollars par mois), et la pauvreté- dépenses inférieures à deux dollars par jour (60 dollars par mois). Les graphiques montrant la tendance sont à la fin de l’article.

    En 1981, d’après les données de la Banque Mondiale, 972 millions de personnes vivaient en Chine avec moins de 37,5 dollars par mois. En 2008, ce nombre était tombé à 173 millions, en 2009, il était tombé à 157 millions. Par conséquent, 662 millions de personnes ont été tirées de la pauvreté extrême en Chine en 2008 et 678 millions si on va jusqu’à 2009.

    En contraste, le nombre de personnes vivant en pauvreté extrême a augmenté hors de Chine de 50 millions entre 1981 et 2008- le nombre de personnes sorties de la pauvreté était inférieur à la hausse de la population. Cela est dû au à la hausse du nombre de personnes en situation de pauvreté extrême en Afrique sub-saharienne. La Chine est donc responsable de 100% de la réduction du nombre de personnes vivant dans la pauvreté extrême.

    En analysant le cas des personnes vivant avec 2 dollars par jours (60 dollars par mois), un revenu toujours très bas, la tendance est encore plus frappante. Le nombre de personnes en Chine vivant à ce niveau de dépense ou à un niveau inférieur est tombé de 972 millions en 1981 à 395 millions en 2008 et 362 millions en 2009. Le nombre de personnes vivant avec moins de 60 dollars par mois ou moins était tombé à 577 millions en 2008 et à 610 millions en 2009.

    En contraste, le nombre de ceux vivant à ce niveau de pauvreté hors de Chine est passé de 1,548 millions en 1981 à 2,057 millions en 2008- une hausse de 509 millions. Une fois encore, la Chine comptabilise la totalité de la réduction du nombre de personnes pauvres dans le monde.

    Il est par conséquent presque impossible d’exagérer la contribution apportée non seulement au bien-être du peuple chinois mais à toute l’humanité par le progrès économique chinois. Sans la Chine, il n’y aurait littéralement pas eu de réduction du nombre de personnes vivant dans la pauvreté.

    L’énorme impact de cela sur le bien-être humain réside non seulement dans son effet direct sur le revenu et les dépenses, mais aussi dans ses conséquences indirectes sur le développement humain. Prenez des exemples simples :

     

    • L’espérance de vie en Chine est de neuf ans plus longue qu’en Inde- un pays qui avait à la fin des années 1940 un PIB par tête supérieur à celui de la Chine.
    • Pour mille habitants, la Chine a 66% d’infirmières et d’aides soignantes en plus et 160% de médecins en plus que l’Inde.
    • En Chine, le taux d’alphabétisation des femmes de 15 à 24 ans est de 99% d’après les dernières données de la Banque Mondiale, alors qu’en Inde il est de 74%.
    • Le taux de mortalité infantile pour 1000 naissances vivantes est de 12 en Chine contre 44 en Inde.

    Le fait de sortir les gens de la pauvreté est aussi la plus grande contribution que l’on puisse faire aux droits de l’homme. La réalité est qu’avoir tiré 600 millions de personnes de la pauvreté fait qu’aucun autre pays ne rivalise même de loin avec la contribution de la Chine au bien-être humain et aux droits de l’homme.

     

    Quatre choses à savoir sur la Chine – dans le cadre du XIXème congrès du Parti

     

    20 Novembre 2017

    • La communication médiatique occidentale sur le XIXème congrès du Parti communiste chinois a été affligeante. L’attention a presque exclusivement porté sur les “marionnettes du spectacle”, sur un seul homme et les spéculations à propos de l’hypothétique étendue de son pouvoir. Toutefois ce congrès ne portait pas sur la personne de Xi Jinping mais sur les changements et les défis fondamentaux du plus grand pays au monde. Mais nous n’avons pas appris grand chose à ce sujet, sinon quelques clichés éculés.

    Au cœur du congrès : le fait que la Chine se trouve dans une nouvelle ère de développement. L’expression “ère nouvelle” figurait 36 fois dans le discours du président Xi .L’ère ancienne s’est caractérisée par le développement rapide de l’économie et de la technologie, parallèlement à l’inégalité sociale et aux problèmes environnementaux.

     

    L’ère nouvelle œuvre pour une croissance durable et équilibrée, une meilleure qualité de vie pour la population, davantage de participation et un rôle plus prépondérant sur la scène mondiale (1)

     

    Nous donnons ci-après quelques informations contextuelles sur un certain nombre de domaines dans la société chinoise en pleine mutation, en plein “développement”, dans l’espoir de pouvoir étayer plus solidement les connaissances et ou les critiques.

     

    1. L’économie

    Des chiffres qui donnent le tournis

     

    Ces 35 dernières années la croissance a été tout bonnement phénoménale. Le PNB par habitant a été multiplié par 17, oui vous lisez bien, par 17. En comparaison, celui de l’Inde a quadruplé pendant la même période (2). Entre 2003 et 2013 l’économie des pays industrialisés a connu une croissance de 16%, en Chine elle a été de 165% et en Inde de 102% (3). En outre il ne s’agissait plus de “davantage des mêmes choses”, car la productivité elle aussi a bondi en avant. Aujourd’hui un ouvrier chinois moyen produit cinq fois plus qu’il y a vingt ans (4).

     

    Pour rendre plus concrètement cette poussée de modernisation : tous les deux ans, la Chine produit autant de ciment que les Etats-Unis pendant tout le vingtième siècle (5). La Chine produit aujourd’hui autant d’acier que le reste du monde (6). En 15 ans la Chine a posé 20.000 km de voies ferrées pour des trains à grande vitesse, soit davantage que le reste du monde. D’ici 2025 elle prévoit encore 15.000 km de plus (7). Deux tiers de tous les aéroports en construction se trouvent aujourd’hui en Chine. D’ici 2020 il y aura 240 aéroports (8).

     

    Il a fallu 150 ans à la Grande-Bretagne, là où la révolution industrielle a commencé, pour doubler son revenu par habitant. Aux Etats-Unis il a fallu 30 ans. En Chine c’est le cas tous les sept à dix ans, et en outre sur une bien plus grande échelle (9). Aujourd’hui le PNB chinois est plus élevé que celui de l’économie entière de 154 pays (10).

     

    A son arrivée il y a cinq ans, le président Xi Jinping indiquait déjà qu’une transformation du modèle de croissance » était nécessaire. Le vieux modèle se basait sur l’exportation et sur des investissements dans l’industrie lourde, la construction et l’industrie manufacturière. Dans le nouveau modèle, le moteur est la consommation de masse (marché intérieur), l’augmentation du secteur des services et le progrès technologique (11).

    Cette conversion est bien engagée. En 2005 le secteur des services représentait 41% du PNB, en 2016, 52%. Les exportations comptaient en 2005 pour 37%; en 2016 elles avaient baissé à 20%. Par ailleurs la Chine n’est plus un pays de transit où les marchandises sont assemblées avec peu de bénéfice pour le pays même. Aujourd’hui la Chine ajoute 76 % de valeur à ses produits d’exportation. Dans l’UE ce chiffre est de 87% (12). La Chine est actuellement au sommet de l’innovation : 40 % de tous les brevets dans le monde sont chinois, soit davantage que ces trois pays réunis : les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud (13).

     

    Caractéristiques chinoises

     

    Dans le passé, Deng décrivait le passage progressif de l’économie planifiée à l’économie de marché par la métaphore : “Nous traversons la rivière en nous appuyant sur les pierres, à tâtons”. Cela, il n’en est plus question. L’économie chinoise est et reste un système hybride où l’Etat exerce un contrôle fort et autorise le marché dans certaines limites. C’est le socialisme dit “ à caractéristiques chinoises”.

     

    Dans ce contexte le président chinois a répété à peu près ce qu’il disait déjà il y a cinq ans : les marchés doivent jouer “un rôle décisif” dans l’octroi de moyens, mais en même temps les autorités doivent jouer “un plus grand rôle” dans l’économie (14). Dans la pratique, il n’a pratiquement pas été question du premier point. Ces cinq dernières années nous avons assisté à une plus forte emprise des autorités sur l’économie, et ceci sur quatre terrains (15).

     

    1. Marchés financiers : le “ rôle décisif” visait surtout les marchés financiers. La formulation servait sans doute aussi à ne pas effaroucher les investisseurs étrangers. Quoi qu’il en soit, après le mini krach de la bourse chinoise en 2015 et la ruée sur le yuan, toute une série de déréglementations dans les marchés financiers ont été revues. Depuis 2016 il y a aussi davantage de restrictions sur les investissements étrangers d’entreprises chinoises, tant sur des entreprises d’Etat que sur des firmes privées (16).

    2. Extension du plan : jusqu’en 2010 la planification économique se limitait à neuf industries clés, comme l’acier, la pétrochimie et la construction navale. En 2010 sept secteurs y ont été ajoutés comme les énergies alternatives et les biotechnologies. En 2015, nouvelle extension, avec dix secteurs comme l’aéronautique, les équipements agricoles et les nouveaux matériaux (17).

    3. Consolidation des entreprises d’Etat. En novembre 2015 il est décidé que les efforts de réforme viseront principalement le “renforcement, l’optimisation et l’extension d’entreprises d’Etat”. En même temps la “privatisation” est rejetée. Avec la fusion de grandes entreprises d’Etat dans des entités encore plus grandes, les pouvoirs publics renforcent leur emprise sur l’économie. Les entreprises privées sont encouragées à ne prendre que de petites parts minoritaires dans les entreprises d’Etat. Entre 2006 et 2013 les actifs des entreprises d’Etat sont passés de 130% du PNB à 176% (18).

    4. Rôle plus important du parti. De grandes entreprises d’Etat cotées en bourse ont modifié leurs statuts afin d’ancrer le parti communiste, plutôt que l’Etat chinois, dans l’entreprise. On prévoit que davantage d’entreprises vont suivre. Le parti veut aussi davantage de membres du parti dans le haut management de l’entreprise. Bien sûr les cadres supérieurs gagnent bien leur vie, mais comparés à leurs collègues étrangers ils sont sous-payés. Ainsi le directeur de PetroChina gagne 200 fois moins que le PDG de Chevron (19).


    Dans une économie avancée, la planification exige le traitement rapide d’une quantité gigantesque de données. Jusqu’à récemment c’était une tâche surhumaine et c’est peut-être une des raisons pour lesquelles l’économie soviétique a commencé à se gripper au début des années ‘80. Mais les progrès actuels de l’intelligence artificielle semblent rendre la chose possible. La grande entreprise chinoise en ligne Alibaba a déjà acquis une fameuse expertise dans ce domaine. Selon son fondateur Jack Ma “les Big Data rendront le marché plus malin et permettront de planifier et de prévoir les forces du marché, si bien que nous pourrons enfin réaliser une économie planifiée”. Sur base de Big Data, les économistes sont en train d’élaborer une économie hybride selon un modèle “planifié et conforme aux conditions du marché” (20).

     

    Plusieurs formes différentes de propriété ont été autorisées dans l’économie chinoise. Dans des secteurs où la propriété d’Etat n’était pas nécessaire, comme la production d’articles de consommation, le petit commerce et les petits services, la propriété privée a été autorisée voire encouragée. Par ailleurs les rapports de propriété ne disent pas toujours tout du contrôle des pouvoirs publics sur l’économie.

     

    Via l’attribution ou non de l’accès aux marchés publics ou aux crédits bon marché, les avantages fiscaux, l’accès aux fonds d’investissement publics, institutions financières et subventions etc., l’autorité centrale dirige des secteurs entiers sans avoir le contrôle direct sur les entreprises séparément. Le capital privé est le bienvenu aussi longtemps qu’il est au service des objectifs de l’autorité. Inversement, l’Etat peut aussi prendre ses distances par rapport à la gestion de ses entreprises sans renoncer à les détenir, parce que les limites à l’intérieur desquelles il faut travailler sont très claires (21).

     

    Wu Jinglian, professeur à la China Europe International Business School de Pékin, le résume comme suit : « la présence de l’Etat reste grande, il maîtrise les courants financiers et fonctionne comme gardien de quasi toutes les décisions importantes, depuis les transactions foncières jusqu’aux fusions. Le contrôle ne se fait pas seulement à l’échelon le plus élevé. Les autorités locales participent aussi au fonctionnement d’une entreprise”. Le capital international ne peut y échapper. Selon leFinancial Times: “De cette manière, la Chine accueille le capital international à ses propres conditions et elle neutralise son pouvoir” (22).

     

    2. Le social

    Salaires et pouvoir d’achat

     

    Presque partout dans le monde les salaires restent constants voire reculent. Même en Inde, dont la croissance surpasse celle de la Chine, les salaires sont restés constants. Ce n’est pas le cas en Chine, où ces dix dernières années les salaires moyens ont été triplés. Avec une augmentation de 10,5 %, c’est bien au-dessus de la croissance économique. Les Indiens gagnent à présent un cinquième de leurs voisins chinois. Ces quarante dernières années la consommation des ménages a augmenté de 7,7% par an, inflation comprise (23).

     

    Il y a quinze ans des multinationales occidentales sont allées massivement en Chine en raison des faibles salaires. A présent le mouvement inverse est en train de s’amorcer. Les salaires moyens dans l’industrie chinoise ne sont plus inférieurs que de 20% à ceux du Portugal. En Bulgarie, Macédoine, Roumanie, Moldavie et Ukraine, dès 2013 les salaires minimum étaient déjà plus bas qu’en Chine (23). .i

     

    La pauvreté et le fossé

     

    Contrairement à beaucoup d’autres pays, la croissance économique en Chine s’accompagne d’un fort recul de la pauvreté. Entre 1978 et 2015 le revenu des 50% de Chinois les plus pauvres a augmenté de 400%. Pendant la même période il baissait de 1% aux Etats-Unis alors même que l’économie y croissait de 184%. Là-bas l’accroissement des richesses va exclusivement à la couche supérieure (25). Ces 25 dernières années, la Chine a tiré un nombre record de personnes de la pauvreté extrême : 635 millions – soit le total de l’Afrique noire à ce moment. Au rythme actuel l’extrême pauvreté sera éradiquée vers 2020 (26).

     

    A présent que la majeure partie de la pauvreté a disparu, les autorités chinoises ne se concentrent plus tellement sur le développement des régions arriérées mais plutôt sur les individus pauvres, avec des programmes personnalisés. D’autres pays font de même, mais selon The Economist, “La Chine est un des rares pays en développement dotés d’une bureaucratie qui est suffisamment grande et solide pour réussir dans cette voie”.

     

    Le Forum Economique Mondial est du même avis : “La Chine est sans aucun doute un leader mondial dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et de l’amélioration des résultats de santé. Le reste du monde peut tirer beaucoup d’enseignements de son expérience” (27).

     

    Les pauvres y ont gagné, mais les Chinois les plus riches y ont gagné bien plus encore. Un grand fossé s’est donc creusé depuis les années ‘80. L’indice de Gini est passé de 29 à 41,5 – ce qui n’est guère une évolution positive (28). L’écart est le plus fort entre ville et campagne, entre régions les plus pauvres et provinces côtières. C’est surtout une conséquence d’une hausse de productivité plus rapide dans l’industrie et le secteur des services que dans l’agriculture (29).

     

    Les dix dernières années ont vu un léger revirement et le coefficient de Gini a commencé à baisser. En 2009 le revenu moyen en ville était 3,3 fois plus élevé qu’à la campagne. Aujourd’hui il a baissé à 2,7 (30).

     

    Il y a septante ans, la Chine était l’un des pays les plus pauvres du monde. Le PNB par habitant était la moitié de celui de l’Afrique (31). La population chinoise arrivait tout à fait en queue. Aujourd’hui, septante ans plus tard, elle acquiert lentement une position dans le peloton de tête, comme le montre le graphique ci-dessous. Sur l’axe horizontal figurent les déciles. 1 représente les 10% de plus pauvres, 10 représente les 10% des plus riches. L’axe vertical montre le pourcentage par région. La majeure partie de la population chinoise se situe entre le sixième et le neuvième décile de la population mondiale (32).

     

     

    3. La géopolitique

    L’encerclement

     

    En 1992, un an après l’effondrement de l’Union soviétique, le Pentagone lançait une doctrine qui reste aujourd’hui le fil conducteur de la politique étrangère des Etats-Unis : “Notre objectif premier est d’empêcher qu’un nouveau compétiteur n’apparaisse sur la scène mondiale. Nous devons empêcher les concurrents potentiels ne serait-ce que d’aspirer à jouer un plus rôle au niveau mondial” (33).

     

    Un rapport récent cite quatre pays qui sont les cibles potentielles d’une action militaire : l’Iran, la Russie, la Corée du Nord et la Chine (34). En dépit des roulements de tambour face à la Corée du Nord et de la rhétorique sur la Russie et l’Iran, c’est aujourd’hui en premier lieu la Chine qui est au centre du viseur. Tout autour de ce pays les Etats-Unis ont plus de trente bases militaires, points d’appui ou centres d’entraînement (petites boules sur la carte). D’ici 2020, 60% du total de la flotte sera stationnée dans la région (35). Vu sur une carte, il n‘est pas exagéré de dire que la Chine est cernée ou encerclée.

     

     

    Face à cette surpuissance des Etats-Unis, la Chine est extrêmement vulnérable. Pour son commerce extérieur la Chine dépend à 90% du transport maritime. Plus de 80% du transport pétrolier doit passer par le détroit de Malacca (près de Singapour), où les Etats-Unis ont naturellement une base militaire. Washington peut ainsi fermer le robinet à pétrole, et actuellement la Chine n’a aucun moyen de défense à cet égard. Les Etats-Unis dépensent en armement plus de quatre fois plus que la Chine, et par habitant c’est quinze fois plus (36).
     

    C’est dans ce contexte qu’il faut voir la construction de petites îles artificielles en mer de Chine méridionale, de même que la revendication d’une grande partie de cette zone. Contrôler les routes maritimes par lesquelles sont transportés son énergie et ses biens industriels a une importance cruciale pour Pékin. D’ailleurs aucun des six pays qui revendiquent des parties de la mer de Chine méridionale ne suit au pied de la lettre le code de conduite sur cette zone (37).

     

    La stratégie d’Amsterdam

     

    Pendant la majeure partie de l’Histoire, l’économie chinoise a été largement autosuffisante. Il n’y avait pas de pénurie de matières premières. Le pays pouvait se permettre de s’isoler du monde étranger et l’a souvent fait. Les principaux risques, vu l’étendue du pays, étaient d’ordre interne.

     

    Aujourd’hui la situation est totalement différente. Le pays n’est plus autosuffisant. Avec 18% de la population mondiale il ne dispose que de 7% des terres agricoles fertiles et extrait seulement 5% du pétrole mondial. Proportionnellement les Etats-Unis ont 8 fois plus de minerai et la Russie 31 fois plus. En outre le pays produit beaucoup plus de biens qu’il n’en consomme lui-même. Pour toutes ces raisons le pays dépend aujourd’hui fortement de l’économie extérieure (38).

     

    C’est dans ce cadre et aussi à cause de l’étreinte des Etats-Unis que le pays commence à mettre en œuvre une Nouvelle Route de la Soie. C’est un gigantesque réseau de routes maritimes et terrestres, lancé sous l’appellation “la Ceinture et la Route”. L’initiative implique des investissements, des financements, des accords commerciaux et des dizaines de zones économiques spéciales (ZES) d’une valeur de 900 milliards de dollars.

     

    Au total le pays veut investir pas moins de 4.000 milliards de dollars dans 64 pays, pour une population de 3 milliards de personnes. Cela représente environ 30 fois l’aide au développement annuelle des pays riches. C’est donc de loin le plus grand programme depuis le plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe après la Deuxième guerre mondiale (39).

     

    La Nouvelle Route de la Soie fait beaucoup penser à la stratégie commerciale des Pays-Bas il y a 400 ans. Les colonialismes britannique et français tentaient de conquérir et de soumettre des sociétés entières. Amsterdam par contre visait un “empire de commerce et de crédit”. Il ne s’agissait pas de territoires mais d’affaires. Ils construisirent une flotte gigantesque, installèrent des postes commerciaux sur les grandes routes tout en essayant de les sécuriser (40).

     

    Tout comme les Néerlandais du XVIIème siècle, la Chine détient actuellement la plus grande flotte commerciale (41). Les ZES sont “des garnisons commerciales dans les chaînes d’approvisionnement internationales, grâce auxquelles la Chine peut sécuriser son commerce sans s’encombrer de soumission coloniale” selon Stratfor, un prestigieux laboratoire d’idées (42).

     

    4. L’écologie

    Une situation intenable

     

    Depuis la fin des années ‘80 la Chine est entrée dans une phase de développement qui entraîne une grande pollution environnementale. En tant “qu’atelier du monde”, la Chine est forcément un des plus gros pollueurs de la planète. Plus de 40% du territoire agricole sont actuellement affectés, dont un cinquième de terres arables est même gravement pollué.

     

    A Pékin la pollution de l’air a atteint jusque quarante fois le seuil d’alerte fixé par l’Organisation mondiale de la santé. Dans le nord du pays, la pollution atmosphérique a réduit de cinq années l’espérance de vie et elle cause un nombre inquiétant de cancers du poumon et d’accidents cardiovasculaires (43).

     

    La Chine est maintenant largement le principal émetteur de CO2, même si les émissions par personne sont moitié moindres que celles des Etats-Unis et environ aussi importantes que celles de l’Europe. Elle n’est d’ailleurs responsable que de 11% des émissions cumulées, contre plus de 70% pour les pays industrialisés.

     

    La situation n’en est pas moins intenable. Au rythme actuel, la Chine aura produit entre 1990 et 2050 autant de dioxyde de carbone que le monde entier entre le début de la révolution industrielle et 1970, ce qui est catastrophique pour le réchauffement climatique. Au rythme actuel de croissance il y aura d’ici vingt à trente ans une forte pénurie de pétrole partout dans le monde, avec toutes les conséquences économiques et géopolitiques qui en découlent (44).

     

    Changement de cap

     

    Il y a une petite dizaine d’années les autorités chinoises ont changé de cap en donnant la priorité à la problématique écologique. Lors du précédent congrès il y a cinq ans, cette priorité a été intégrée dans le plan de développement global du parti communiste. Toute une batterie de mesures ont fait leur apparition et la Chine s’est dotée d’une législation pionnière en matière d’environnement, même si l’application ne va pas de soi (45).

     

    Mais c’était du sérieux. Mark Kenber, directeur de l’ONG The Climate Group, voit dans la Chine un exemple pour les autres pays en développement : “Il est clair que le plan chinois pour réduire les émissions de CO2 et construire une économie de technologie verte a été décidé au plus haut niveau du gouvernement. Nous espérons que l’Inde, le Brésil et d’autres pays suivront rapidement et feront preuve du niveau d’ambition nécessaire” (46).

     

    Pour The Economist, qui est tout sauf un fan de la Chine : “Les dirigeants actuels comprennent le défi du changement climatique mieux que leurs prédécesseurs et peut-être mieux aussi que leurs collèges internationaux. Ils sont bons pour adopter des mesures prioritaires fortes (47).

     

    Ce changement de cap exprime les aspirations de la population. Selon un sondage de 2012, 57% des Chinois trouvaient l’environnement prioritaire, même au prix de la croissance économique. Un quart de toutes les manifestations dans le pays concerneraient l’environnement (48).

     

    Leader mondial

     

    Les résultats sont bien là. A court terme la Chine est devenue numéro 1 dans le domaine des panneaux solaires et de l’énergie éolienne. Actuellement 33% de l’électricité sont issus d’énergies vertes – contre 15% aux Etats-Unis. D’ici 2020, 360 milliards sont prévus pour susciter de nouvelles énergies vertes. Le constructeur automobile Chongqing Changan a fait savoir qu’il ne vendra plus de véhicules à moteur à combustion d’ici 2025.

     

    L’industrie automobile française et britannique ne le prévoit que pour 2040, tandis que les constructeurs allemands refusent la transition. Dans un avenir proche la Chine veut séquestrer des millions de tonnes de CO2 sous terre. Le pays est également pionnier dans le domaine de la transmission sur grandes distances de grandes quantités d’énergie (par exemple à partir de champs de panneaux photovoltaïques éloignés), ce qui est très important pour l’approvisionnement des villes en énergie verte (49).

     

    Au sommet pour le climat de Paris, la Chine avait promis de faire baisser ses émissions de dioxyde de carbone dès 2030. Entre-temps l’engagement a déjà été tenu. La Chine utilise de moins en moins de charbon. 2017 est la quatrième année consécutive d’émissions de dioxyde de carbone inchangées ou en baisse. “Les statistiques montrent que la Chine est en bonne voie de dépasser largement les objectifs climatiques de Paris” dit Lauri Myllyvirta, le porte parole de Greenpeace (50).

     

    Avec son approche, Pékin fait d’une pierre quatre coups. 1. Les problèmes environnementaux sont affrontés. 2. Les entreprises les plus polluantes sont souvent aussi les moins rentables. L’élévation des normes environnementales entraîne une efficacité accrue dans la production. 3. La fermeture de ces entreprises polluantes permet d’aborder d’emblée la surcapacité dans un certain nombre de secteurs. 4. L’énergie verte est un secteur en croissance très prometteuse qui peut créer pas mal d’emplois.

     

    Jennifer Morgan, directrice de Greenpeace, l’a résumé en ces mots : “La Chine est également motivée par de puissants intérêts nationaux quand elle s’attaque à la pollution ambiante tenace, veut limiter l’incidence de la crise climatique et augmenter les possibilités d’emploi dans le secteur des énergies renouvelables. Aujourd’hui en Chine, plus de 3,4 millions de personnes travaillent déjà dans le secteur de l’énergie verte” (51).

     

    Le bouquet

     

    Pas besoin d’être un expert pour pouvoir suivre les développements politico-économiques chinois. Le quotidien populaire China Daily qui tire à des millions d’exemplaires papier et digitaux, publie depuis plusieurs jours un petit jeu-concours éducatif filmé

     

    Ng Sauw Tjhoi est journaliste à la VRT. Marc Vandepitte est analyste politique. Ils ont écrit à quatre mains le livre ‘Made in China, meningen van daar’, EPO – Radio 1, 2006.

     

    Traduction du néerlandais : Anne Meert pour Investig’Action.

     

    Notes

    i 1 Pour en savoir plus : cf notamment Carlens S., ‘Neue Kräfteverhältnisse’, Junge Welt, 25 octobre 2017; https://www.jungewelt.de/artikel/320656.neue-kr%C3%A4fteverh%C3%A4ltnisse.html Willems F., ‘Partijcongres bevestigt strategische lijn van Xi Jinping’; http://www.chinasquare.be/actueel-nieuws/congres-bevestigt-strategische-lijn-xi-jinping/ Philips T., ‘Xi Jinping heralds ‘new era’ of Chinese power at Communist party congress’, The Guardian, 18 octobre 2017;https://www.theguardian.com/world/2017/oct/18/xi-jinping-speech-new-era-chinese-power-party-congress .

    2 Financial Times, 11 mars, p. 9. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/c7f12434-c678-11e4-aee8-00144feab7de.html#axzz3fJsX3ZAh

    3. Financial Times, 4/5 janvier 2014, p. 3. http://im.ft-static.com/content/images/dc29d692-74af-11e3-af50-00144feabdc0.img?width=973&height=663&title=&desc=

    4. The Economist, 8 avril 2017, Special Report, The Pearl River Delta, p. 7-9;https://www.economist.com/news/special-report/21720073-factories-are-upgrading-still-lag-far-behind-rich-world-future-lies

    5. Financial Times, 25 février 2016, p. 9. http://www.ft.com/intl/cms/s/2/65a584e2-da53-11e5-98fd-06d75973fe09.html

    6. The Economist, 9 avril 2016, p. 57. http://www.economist.com/news/business/21696556-it-hard-see-future-many-worlds-high-cost-steel-producers-britains-are-no

    7. The Economist, 14 janvier 2017, p. 47. https://www.economist.com/news/china/21714383-and-theres-lot-more-come-it-waste-money-china-has-built-worlds-largest Financial Times, 1er mars 2013, p. 5; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/009bb49a-80f6-11e2-9908-00144feabdc0.html

    8. The Economist, 12 mai 2012, p. 72. http://www.economist.com/node/21554492

    ‘China’s aviation boom drives airport building frenzy’, Reuters, 26 juin 2015,https://www.reuters.com/article/us-china-aviation/chinas-aviation-boom-drives-airport-building-frenzy-idUSKBN0P60F220150626

    9. The Economist, 5 janvier 2013, p. 48. http://www.economist.com/news/business/21569016-emerging-world-consumer-king-mammons-new-monarchs

    10. The Economist, 29 mars 2014, p. 53-4; https://www.economist.com/news/china/21599806-our-asia-economics-editor-takes-his-leave-less-worried-many-his-peers-about-frailties

    11. Financial Times, 19 avril 2013, http://www.ft.com/intl/cms/s/0/93f0ddc6-a822-11e2-8e5d-00144feabdc0.html#axzz2T0n6X4ND

    12. Banque mondiale, exportationshttps://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NE.EXP.GNFS.ZS?locations=CN&name_desc=falseBanque mondiale, secteur des services en % du PNBhttps://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NV.SRV.TETC.ZS?locations=CN The Economist,Special Report, The Pearl River Delta, 8 avril 2017, p. 9-10. https://www.economist.com/news/special-report/21720076-copycats-are-out-innovators-are-shenzhen-hothouse-innovation

    13. Financial Times, 25 novembre 2016, p. 2; https://www.ft.com/content/4b6a9820-b210-11e6-a37c-f4a01f1b0fa1 Dodwell D., ‘Be afraid: China is on the path to global technology dominance’, South China Morning Post, 24 mars 2017. http://www.scmp.com/business/global-economy/article/2081771/be-afraid-china-path-global-technology-dominance

    14 Johnson C., ‘Xi Jinping Opens 19th Party Congress Proclaiming a New Era—His’ Center for Strategic & International Studies, 18 octobre 2017.

    15. Jinglian W. & Guochuan M., ‘Whither China? Restarting the Reform Agenda’, Oxford 2016, p. 234-9;Financial Times, 25 octobre 2012, p. 5; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/008ac6ea-1dcc-11e2-901e-00144feabdc0.html#axzz2A9Cj2iEB Financial Times, 16 octobre 2017, p. 7.https://www.ft.com/content/304964a4-ad0f-11e7-beba-5521c713abf4

    16. Financial Times, 16 octobre 2017, p. 7; https://www.ft.com/content/304964a4-ad0f-11e7-beba-5521c713abf4Financial Times, 29 septembre 2017, p. 12. https://www.ft.com/content/cbe6deb2-a433-11e7-b797-b61809486fe2

    17. The Economist, 23 septembre 2017, p. 61-2; https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21729442-its-record-industrial-policy-successes-patchy-china-sets-its-sights The Economist, 22 juillet 2017, p. 11-2. https://www.economist.com/news/leaders/21725295-bad-china-and-world-chinas-state-enterprises-are-not-retreating-advancing

    18. Kroeber A., ‘China’s Economy. What Everyone Needs to Know’, Oxford 2016, p. 99; Financial Times16 octobre 2017, p. 7; https://www.ft.com/content/304964a4-ad0f-11e7-beba-5521c713abf4 Financial Times, 1er mars 2016, p. 7. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/253d7eb0-ca6c-11e5-84df-70594b99fc47.html

    19. Financial Times, 8 septembre 2017, p. 11; https://www.ft.com/content/e91270a8-9364-11e7-bdfa-eda243196c2c The Economist, 28 octobre 2017, p. 57; https://www.economist.com/news/business-and-finance/21730613-chinese-business-has-not-stopped-thriving-under-all-powerful-leader-fears-xi-jinping The Economist, 22 juillet 2017, p. 11-2. https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21725293-outperformed-private-firms-they-are-no-longer-shrinking-share-overall

    20. Financial Times, 5 septembre 2017, p. 9; https://www.ft.com/content/6250e4ec-8e68-11e7-9084-d0c17942ba93 ‘Can big data help to resurrect the planned economy?’, Global Times, 14 juin 2017.http://www.globaltimes.cn/content/1051715.shtml Kynge J., ‘China harnesses big data to buttress the power of the state’, Financial Times, 28/9 octobre 2017, p. 11. https://www.ft.com/content/5f483a34-ba5f-11e7-8c12-5661783e5589

    21. Hsueh R., ‘China’s Regulatory State. A New Strategy for Globalization’, Ithaca 2011; Zhikui Z., ‘Introduction to Socialism with Chinese Characteristics’, Pékin 2016, chapitre 3; Kroeber A., ‘China’s Economy. What Everyone Needs to Know’, Oxford 2016, chapitre 5; Porter R., ‘From Mao to Market. China Reconfigured’, Londres 2011, p. 177-184; Bey M., ‘In China, Innovation Cuts Both Ways’,Stratfor, 24 octobre 2017; https://worldview.stratfor.com/article/china-innovation-cuts-both-ways The Economist, 23 novembre 2013, p. 70-1; https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21590562-chinas-rulers-look-singapore-tips-portfolio-management-soe-glc Financial Times 10 août 2017, p. 7; https://www.ft.com/content/ed900da6-769b-11e7-90c0-90a9d1bc9691

    22. The Economist, 9 janvier 2016, p. 48; http://www.economist.com/news/china/21685511-ageing-reformists-diagnose-economys-ills-three-wise-men Financial Times, 4 juillet 2017, p. 9.https://www.ft.com/content/5cf22564-5f2a-11e7-8814-0ac7eb84e5f1

    23. Financial Times, 27 février 2017, p. 1; https://www.ft.com/content/f4a260e6-f75a-11e6-bd4e-68d53499ed71 Ross J., ‘No China’s Economy is not Going to Crash’, Socialist Economic Bulletin, 1er septembre 2015. http://www.rdcy.org/displaynewsen.php?id=15104

    24. Clean Clothes Campaign, ‘Stitched Up: Poverty wages for garment workers in Eastern Europe and Turkey’, 2014, http://www.cleanclothes.org/resources/publications/stitched-up-1, p. 32 Banque Mondiale, Labor force. https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SL.TLF.TOTL.IN . Source des graphiques : Financial Times, 27 février 2017, p. 1. https://www.ft.com/content/f4a260e6-f75a-11e6-bd4e-68d53499ed71

    25. The Economist, 18 février 2017, p. 63; http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21717102-why-chinese-citizens-seem-more-tolerant-rising-inequality-westerners-new

    United States GDP per capita’. https://tradingeconomics.com/united-states/gdp-per-capita

    26. World Bank Group, ‘Taking on inequality. Poverty and Shared Prosperity. 2016’, Washington 2016,https://openknowledge.worldbank.org/bitstream/handle/10986/25078/9781464809583.pdf, p. 41 et 46; The Economist, 29 avril 2017, p. 43-4. https://www.economist.com/news/china/21721393-after-decades-success-things-are-getting-harder-chinas-new-approach-beating-poverty

    27. The Economist, 29 avril 2017, p. 43-4; https://www.economist.com/news/china/21721393-after-decades-success-things-are-getting-harder-chinas-new-approach-beating-poverty World Economic Forum, ‘What lessons can we learn from China’s rapid growth?’, 16 mars 2016.https://www.weforum.org/agenda/2016/03/what-lessons-can-we-learn-from-china-s-rapid-growth/

    28.L’indice de Gini va de 0, égalité complète, à 100, inégalité complète. Les scores les plus bas sont en Scandinavie, où le coefficient de la Suède est de 25. Les scores les plus hauts sont en Amérique latine. En Colombie il est de 58,5. Ravallion M., A Comparative Perspective on Poverty Reduction in Brazil, China and India. Working Paper 5080, World Bank, Washington 2009, p. 31;http://hdr.undp.org/sites/default/files/hdr_2010_fr_complete_reprint.pdf , New York 2010, p. 169 sqq.

    29. En Inde par exemple il y a aussi un grand fossé entre les habitants de villes eux-mêmes. Financial Times, 10 avril 2014, p. 11. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/e8bca4ec-bf29-11e3-a4af-00144feabdc0.html#axzz3BJnhLJEv

    30. The Economist, 14 mai 2016, p. 55. http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21698674-rising-rural-incomes-are-making-china-more-equal-up-farm

    31. Maddison A., L’Economie mondiale : Une perspective millénaire, OCDE 2001,http://www.oecd.org/fr/dev/etudesducentrededeveloppementleconomiemondialeuneperspectivemillenaire.htm

    32. Source : Credit Suisse, ‘Global Wealth Databook 2013’, p. 95. https://publications.credit-suisse.com/tasks/render/file/?fileID=1949208D-E59A-F2D9-6D0361266E44A2F8

    33. ‘Excerpts From Pentagon’s Plan: “Prevent the Re-Emergence of a New Rival”’, New York Times, 8 mars 1992., http://www.nytimes.com/1992/03/08/world/excerpts-from-pentagon-s-plan-prevent-the-re-emergence-of-a-new-rival.html?pagewanted=all

    34. The Pentagon, ‘The National Military Strategy of the United States of America 2015’,https://news.usni.org/2015/07/02/document-2015-u-s-national-military-strategy, p. 2.

    35. The Economist, 19 novembre 2005, p. 22; Financial Times, 29 avril 2014, p, 6;http://www.ft.com/intl/cms/s/0/52b9edbe-ce25-11e3-bc28-00144feabdc0.html#axzz39oj4zaTF The Economist, Special Report, Asian Geopolitics, 22 avril 2017, p. 4;https://www.economist.com/news/special-report/21720714-after-seven-decades-hegemony-asia-america-now-has-accommodate-increasingly The Economist, 7 décembre 2013, p, 55;https://www.economist.com/news/asia/21591242-america-winding-down-its-presence-claims-it-wont-fade-away-going-going; Pilger J., https://blogs.mediapart.fr/danyves/blog/141216/la-prochaine-guerre-contre-la-chine-par-john-pilger-le-2-decembre-2016‘; The Economist, 17 octobre 2015, p. 62;http://www.economist.com/news/international/21674648-china-no-longer-accepts-america-should-be-asia-pacifics-dominant-naval-power-who-rules

    36. Dyer G., ‘The Contest of the Century. The New Era of Competition with China – and How America Can Win’, New York, p. 26; Vien T., ‘The Grand Design of China’s New Trade Routes’, Stratfor;https://www.stratfor.com/analysis/grand-design-chinas-new-trade-routes SIPRI, ‘Military expenditure by country’, 2017. https://www.sipri.org/sites/default/files/Milex-constant-2015-USD.pdf

    37. Financial Times, Life & Arts, 5-6 avril 2014, p. 8; http://www.ft.com/intl/cms/s/2/58cbbbe2-ba70-11e3-aeb0-00144feabdc0.html#axzz3BJnhLJEv Financial Times, 20 juin 2014, p. 7.http://www.ft.com/intl/cms/s/0/313432b0-f78f-11e3-b2cf-00144feabdc0.html?siteedition=intl#axzz37Ag64da2

    38. The End of China’s Dengist Diplomacy’, Stratfor, 17 octobre 2017;https://worldview.stratfor.com/article/end-chinas-dengist-diplomacy The Economist, 10 juin 2017, p. 14;https://www.economist.com/news/leaders/21723109-cleaning-filthy-soil-much-harder-cleaning-foul-air-chinas-rockiest-environmental-problem Wikipedia,https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_production_de_p%C3%A9trole Craig A., ‘10 Countries With The Most Natural Resources’, Investopedia, 12 septembre 2016;http://www.investopedia.com/articles/markets-economy/090516/10-countries-most-natural-resources.asp Dyer G., ‘The Contest of the Century’, p. 10; Subramanian A., ‘Eclipse. Living in the Shadow of China’s Economic Dominance’, Washington 2011, p. 121sqq.

    39. Financial Times, 9 octobre 2015, p. 9; http://www.ft.com/intl/cms/s/2/6e098274-587a-11e5-a28b-50226830d644.html ‘China Paves the Way for a New Silk Road’, Stratfor, 15 mai 2017;https://worldview.stratfor.com/article/china-paves-way-new-silk-road Financial Times, Special Report, Asian Infrastructure & Trade, 4 mai 2017, p. 5; https://www.ft.com/content/b9af2e26-0342-11e7-aa5b-6bb07f5c8e12 The Economist, 2017, 6 mai p. 45. https://www.economist.com/news/china/21721678-silk-routes-are-not-always-appealing-they-sound-china-faces-resistance-cherished-theme The Economist, 2 juillet 2016, p. 53; http://www.economist.com/news/china/21701505-chinas-foreign-policy-could-reshape-good-part-world-economy-our-bulldozers-our-rules Vien T., Stratfor, 24 juin 2015;https://www.stratfor.com/analysis/grand-design-chinas-new-trade-routes d’Hooghe I., ‘De Nieuwe Zijderoute moet China’s internationale positie versterken’, Internationale Spectator, 2015 n° 8.https://spectator.clingendael.org/pub/2015/8/china_en_de_nieuwe_zijderoute/ Source de la carte :https://commons.wikimedia.org/wiki/File:One-belt-one-road.svg?uselang=fr

    40. Même si les Néerlandais ont collaboré avec les chefs locaux pour chasser les Portugais à Ceylan et en Indonésie, leur objectif premier était d’assurer le commerce dans toute la région.https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_colonial_n%C3%A9erlandais

    Arrighi G., Adam Smith in Beijing. Lineages of the Twenty-Firs Century, Londres, 2007, p. 238;

    41. Au XVIIème siècle les Néerlandais avaient proportionnellement 25 fois plus de navires que l’Angleterre, la France et l’Allemagne. Aujourd’hui la Chine détient 20 fois plus de navires de commerce que les Etats-Unis.Maddison A., L’Economie mondiale : Une perspective millénaire, OCDE 2001,http://www.oecd.org/fr/dev/etudesducentrededeveloppementleconomiemondialeuneperspectivemillenaire.htm

    42. Khanna P., ‘Use It or Lose It: China’s Grand Strategy’, Stratfor, 9 avril 2016.https://www.stratfor.com/weekly/use-it-or-lose-it-chinas-grand-strategy

    43. Financial Times, 19-20 avril 2014, p. 4; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/c250bd4c-c6b4-11e3-9839-00144feabdc0.html#axzz3B6tUyGad China: More Than 40 Percent Of Arable Land Degraded’, Stratfor, 4 novembre 2014; http://www.stratfor.com/situation-report/china-more-40-percent-arable-land-degraded The Economist, 8 février 2014, p. 11; https://www.economist.com/news/leaders/21595903-government-gives-its-davids-sling-use-against-polluting-goliaths-small-breath-fresh The Financial Times, 9 juillet 2013, p. 1. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/eed7c0be-e7ca-11e2-9aad-00144feabdc0.html#axzz2b0YBCPq8

    44. Netherlands Environmental Assessment Agency, ‘Trends in Global CO2 Emissions’; Mengpin G., Friedrich J., & Damassa T., ‘6 Graphs Explain the World’s Top 10 Emitters’, World Resources Institute, 25 novembre 2014; http://www.wri.org/blog/2014/11/6-graphs-explain-world%E2%80%99s-top-10-emittershttp://edgar.jrc.ec.europa.eu/news_docs/jrc-2016-trends-in-global-co2-emissions-2016-report-103425.pdf The Economist, 8 février 2014, p. 11; https://www.economist.com/news/leaders/21595903-government-gives-its-davids-sling-use-against-polluting-goliaths-small-breath-fresh Minqi L., ‘China and the Twenty-First Century Crisis’, Londres 2016, p. 148.

    45. Vandepitte M., ‘Wat mogen we van China de komende jaren verwachten? Verslag van het 18de partijcongres’, http://www.dewereldmorgen.be/artikels/2012/11/11/wat-mogen-we-van-china-de-komende-jaren-verwachten-verslag-van-het-18de-partijco Tsemin Y., ‘The 2014 revisions of china’s environmental protection law’, Swiss Re Insititute, 16 octobre 2014;http://institute.swissre.com/research/risk_dialogue/magazine/Environmental_liability/The_2014_Revisions_of_Chinas_Environmental_Protection_Law.htmlJoseph W., (ed.), ‘Politics in China. An Introduction’, Oxford 2010; p. 282.

    46. IPS, ‘Klimaatplan China ambitieus, Zuid-Korea onvoldoende’,http://www.dewereldmorgen.be/artikel/2015/07/02/klimaatplan-china-ambitieus-zuid-korea-onvoldoende

    47. The Economist, 10 août 2013, p. 17-20. http://www.economist.com/news/briefing/21583245-china-worlds-worst-polluter-largest-investor-green-energy-its-rise-will-have

    48. GALLUP, ‘Majority of Chinese Prioritize Environment Over Economy’, 8 juin 2012;http://news.gallup.com/poll/155102/majority-chinese-prioritize-environment-economy.aspx The Economist, 10 août 2013, p. 8. http://www.economist.com/news/briefing/21583245-china-worlds-worst-polluter-largest-investor-green-energy-its-rise-will-have

    49. Lofgren K., ‘China Becomes World’s First Nation to Install 3 GW of Utility-Scale Solar Power!’,https://inhabitat.com/china-becomes-worlds-first-nation-to-install-3-gw-of-utility-scale-solar-power/Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_solaire_en_Chine ; Financial Times, 11 février 2016, p. 3; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/e2298424-cfdf-11e5-831d-09f7778e7377.html The Economist, 22 avril 2017, p. 50; https://www.economist.com/news/china/21721227-once-foot-dragger-it-now-wants-lead-trumps-indifference-climate-change-has-not-changed ‘China: Automobile Company To Stop Selling Combustion Engine Cars In 2025’, Stratfor, 19 octobre 2017;https://worldview.stratfor.com/situation-report/china-automobile-company-stop-selling-combustion-engine-cars-2025 Financial Times 2 août 2017; https://www.ft.com/content/968402ea-769d-11e7-a3e8-60495fe6ca71?mhq5j=e7 Financial Times, 23 mai 2017, p. 5; https://www.ft.com/content/d6ee4558-36d7-11e7-bce4-9023f8c0fd2e The Economist, 14 janvier 2017, p. 11;www.economist.com/news/leaders/21714350-case-high-voltage-direct-current-connectors-chinas-embrace-new

    50. PS, ‘China investeert niet meer in steenkool’,http://www.dewereldmorgen.be/artikel/2016/12/05/china-investeert-niet-meer-in-steenkool; Greenpeace, ‘China coal use falls: CO2 reduction this year could equal UK total emissions over same period’;http://energydesk.greenpeace.org/2015/05/14/china-coal-consumption-drops-further-carbon-emissions-set-to-fall-by-equivalent-of-uk-total-in-one-year/ Harvey C., ‘China vowed to peak carbon emissions by 2030. It could be way ahead of schedule’, Washington Post, 7 mars 2016,https://www.washingtonpost.com/news/energy-environment/wp/2016/03/07/china-vowed-to-peak-carbon-emissions-by-2030-these-researchers-think-it-could-already-be-there/?utm_term=.82ec15ee992a The Economist, 22 avril 2017, p. 50;https://www.economist.com/news/china/21721227-once-foot-dragger-it-now-wants-lead-trumps-indifference-climate-change-has-not-changed

    51. ‘Consolidating China’s Industries, One Polluter at a Time’, Stratfor, 25 octobre 2017;https://worldview.stratfor.com/article/consolidating-chinas-industries-one-polluter-time

    World Resources Institute, ‘WRI Calls China INDC “A Serious and Credible Contribution”’, 30 juin 2015.http://www.wri.org/news/2015/06/statement-wri-calls-china-indc-serious-and-credible-contribution

    Source : Investig’Action

    La Chine transfère des capitaux d’Etat au fonds de la sécurité sociale

     

    20 Novembre 2017
    La concrétisation des annonces chinoises lors du Congrès
     
    (note de Danielle Bleitrach)

    © Chine Nouvelle (Xinhua) – Luo Jingping, le 18/11/2017 06:46

    La Chine transférera quelques capitaux d’Etat, y compris des actions des entreprises publiques et des institutions financières vers le fonds de la sécurité sociale du pays, Au moment même où une société vieillissante exerce des pressions sur le paiement des pensions, ont montré samedi les documents officiels.

     

    Les capitaux seront transférés au Conseil national du fonds de la sécurité sociale et aux sociétés entièrement contrôlées par l’Etat, selon un document publié par le Conseil des Affaires d’Etat.

     

    Cette année marque le début de projets pilotes portant sur les transferts des actions de trois à cinq sociétés d’Etat supervisées au niveau central et de deux institutions financières centrales.

    Vu de Chine:  Karl Marx « revient » en vedette, en  Allemagne alors qu’approche le 200e anniversaire de sa naissance approche

     

    19 Novembre 2017
    Source: Xinhua | 2017-11-18 00:43:52 | Éditeur: Mu Xuequan
     Vieux timbre. 1953. Chine. Karl Marx Banque d'images - 5300767
     
    La Chine où on assiste également à un renouveau de l’étude du marxisme, est allée observer les préparatifs de la célébration du bicentenaire de sa naissance alors que cette année était celle des 150 ans du capital
     
    (note de Danielle Bleitrach)

    par Ren Ke, Tian Ying, Zhang Yuan

     

    BERLIN, 17 novembre (Xinhua) – Dans la patrie de Karl Marx, la question se pose: son Das Kapital est-il encore d’actualité? Plus des deux tiers des répondants ont voté pour « Oui, c’est plus d’actualité que jamais ».

     

    La question a été soulevée lors d’une exposition à Hambourg en mémoire de sa première publication dans la ville portuaire en 1867. Malgré de grandes vicissitudes au cours des derniers siècles et demi, seulement 6% des visiteurs pensent qu’il est dépassé.

     

    Comme cette année marque le 150e anniversaire de Das Kapital et 2018 marquera le 200e anniversaire de la naissance de Marx, le grand mentor du prolétariat semble être «revenu», en provoquant  plus d’attention du public et une image publique plus positive.

     

    Outre une exposition Das Kapital au Work Museum de Hambourg, d’autres expositions sur Marx ont été lancées. Une grande exposition intitulée « Karl Marx 1818-1883: Vie, œuvres et temps » est en cours de préparation, qui ouvrira ses portes l’année prochaine.

     

    Dans la ville natale de Marx Trèves, un porte-parole de la ville a déclaré à Xinhua que la ville se prépare à une série de grands événements pour commémorer la figure la plus célèbre de l’histoire. Une statue de Marx de 5,5 m sera érigée à la fin de cette année et devrait être dévoilée au public à Trèves le 5 mai 2018, pour le 200e anniversaire de Marx.

     

    Parmi les visiteurs de l’exposition, il y avait des étudiantes, Natasha et ses camarades de classe de Madrid. « Pourquoi venons-nous? Parce que nous l’aimons, Marx et ses œuvres ont changé le monde! » a déclaré Natasha , ajoutant que bien que le monde ne ressemble pas à ce qu’il était il y a 150 ans, le capitalisme fonctionne toujours comme Marx l’avait envisagé.

     

    « L’exposition a pour but de poser une question aux visiteurs: à 150 ans de sa publication, Das Kapital est-il toujours important ou pertinent? » On peut dire que bien que le monde ait beaucoup changé, les analyses de Das Kapital sont toujours d’actualité  » , a déclaré Joachim Baur, conservateur de l’exposition à Xinhua.

     

    Baur a déclaré que Marx était l’un des premiers économistes à avoir analysé la mondialisation et a découvert que dans le capitalisme, la valeur d’échanges de marchandises, plutôt que leur valeur d’usage, est trop déterminante, ce qui est encore un problème en ce moment.

     

    Juergen Herres est chercheur à l’Académie des Sciences et des Sciences Humaines de Berlin-Brandebourg et rédacteur en chef de la MEGA (Marx-Engels-Gesamtausgabe), la plus grande collection d’œuvres de Marx et Engels en allemand ou dans n’importe quelle langue. Au cours des 20 dernières années, Herres a travaillé sur la compilation de nombreux manuscrits et lettres inédits des deux auteurs et les a publiés dans la collection.

     

    Herres a déclaré à Xinhua qu’au cours des dernières années, il a constaté que les lecteurs des œuvres originales de Marx sont en train de croître . Les gens discutent ouvertement de Marx et de son Das Kapital, et les journalistes en écrivent plus sur lui dans les journaux. Les conférences académiques sur Marx et ses théories ont également explosé. Trois biographies de Marx ont été publiées cette année, et il pense que d’autres viendront l’année prochaine.

     

    Presque tous les médias allemands ont rapporté le 150ème anniversaire de la publication de Das Kapital début septembre et l’exposition à Hambourg. Deutsche Welle a écrit « dans une histoire que de haut niveau de monopolisation de l’économie allemande »  à l’ heure actuelle a été précisément prédite  par Karl  Marx.

     

    Actuellement, la Fondation Rosa Luxemburg organise régulièrement des groupes de lecture Marx « Das Kapital lesen ». IMarx Autumn School et a fait la plate-forme Internet Marx200.org pour son 200e anniversaire.

     

    Marx est également apparu davantage dans les documentaires et les films allemands. Conjointement produit par l’Allemagne, la France et la Belgique, le « Jeune Karl Marx » a fait ses débuts au Festival de Berlin en février dernier et il s’est établi  sur la liste des dix premiers du box-office en Allemagne.

     

    Son image a été imprimée sur une carte de crédit émise par une banque locale de Chemnitz, et une statuette en forme de buste portant le titre « Das Kapital » est en vente dans la plus grande librairie de Berlin, Dussmann.

     

    « C’est comme une renaissance », a déclaré Baur, qui a estimé que les crises multiples des dernières années, à savoir la crise financière, la mondialisation, la crise de l’euro et d’autres ont poussé les gens à chercher des moyens de comprendre les problèmes actuels.

     

    Herres a déclaré que l’image de Marx parmi le public allemand est contradictoire et divisée. Cependant, après presque 30 ans de réunification, les Allemands ont commencé à considérer  Marx avec une attitude plus objective.

     

    « Beaucoup de gens se sont pris d’intérêt pour Karl Marx, avec Marx, que peuvent-ils apprendre de ses théories, ils ne s’intéressent pas au marxisme, mais à Marx en tant que philosophe, économiste et sociologue », a déclaré Herres.

     

    Il peut s’agir d’un « retour » de Marx dans sa patrie, cependant, il n’a peut-être jamais quitté.

     

    Herres a déclaré que Marx et ses œuvres ont profondément influencé et aidé à façonner le système social et économique allemand actuel.

     

    Comparé aux États-Unis et à la Grande-Bretagne, l’Allemagne se concentre davantage sur l’équité sociale et la justice, un système formé conjointement par la lutte des classes et un éventail de pensées politiques allemandes depuis le 18ème siècle, y compris celui de Marx.

     

    C’est aussi un pays avec des syndicats forts et une idéologie traditionnelle de la social-démocratie, et avec un parti social-démocrate (SPD) que son prédécesseur a été fortement influencé par Marx lui-même.

     

    « Les théories de Marx, en particulier Das Kapital, ont également eu un impact sur l’économie et les sciences sociales », a déclaré Herres.


    Commentaire de B.T : "Dans la patrie de Karl Marx, la question se pose: son Das Kapital est-il encore d’actualité? Plus des deux tiers des répondants ont voté pour « Oui, c’est plus d’actualité que jamais »." A l'allure où vont les choses il n'y aura bientôt plu que Pierre Laurent et son mentor Roger Martelli pour le considérer comme dépasser. 

    Comment interpréter la visite de Song Tao en Corée du Nord ?

     

    Publié le 18 Novembre 2017
    17 Novembre 2017

    Après le congrès du Parti communiste chinois (PCC) qui a donné lieu à des échanges habituels de messages de félicitations entre le PCC et le Parti du travail de Corée (PTC), Song Tao, chef du bureau des relations internationales du PCC est arrivé en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en qualité de représentant du Président chinois Xi Jinping. Si les médias occidentaux – ou encore le Président Donald Trump – ont voulu interpréter cette visite au regard du rôle que pourrait jouer la Chine pour abaisser les tensions dans la péninsule coréenne, quelques jours après la fin de la tournée asiatique du chef d’Etat américain, les autorités chinoises ont insisté sur la stricte corrélation entre cette visite et l’usage d’informer le PTC des résultats du dernier congrès.

     

    Rencontre entre la délégation nord-coréenne conduite par Choe Ryong-hae et la délégation chinoise dirigée par Song Tao

    Rencontre entre la délégation nord-coréenne conduite par Choe Ryong-hae et la délégation chinoise dirigée par Song Tao

     

    Il faut connaître le fonctionnement des démocraties populaires et l’importance des relations de parti à parti, dans le contexte des relations traditionnelles entre Pékin et Pyongyang, pour comprendre que, si une telle visite n’avait pas eu lieu, elle aurait en tout cas signifié la remise en cause de liens noués depuis trois générations entre les dirigeants chinois et nord-coréens.

     

    Song Tao a été accueilli à l’aéroport de Pyongyang par Ri Chang-gun, vice-directeur de département du PTC. Il a ensuite été reçu par Choe Ryong-hae, vice-président du Comité central du PTC, témoignant de la reconnaissance du niveau de la délégation chinoise.

     

    Il est d’usage, lors de telles visites, d’aborder des sujets d’intérêt commun aux deux partis. L’application par la Chine des récentes sanctions internationales à l’encontre de la RPDC a donc probablement été évoquée, même si les comptes rendus publics des échanges sino-nord-coréens n’ont pas vocation à évoquer un tel sujet où les divergences de vues sont réelles.

     

    En tout cas, la Chine a réaffirmé à l’occasion de cette visite qu’elle était favorable à un « double moratoire » (de ses essais nucléaires et balistiques par Pyongyang, de leurs exercices militaires par Washington), contredisant ouvertement les déclarations du Président Donald Trump qui avait affirmé, lors de sa récente visite en Chine, que Pékin était sur une position comparable à celle des Etats-Unis d’accroître la pression sur la RPDC.

     

    Une fois encore, la Chine s’affirme comme un médiateur potentiel de premier rang pour diminuer les tensions dans la péninsule coréenne, en défendant le principe d’un dialogue suivant des positions qui ne sont donc celles ni de Pyongyang, ni de Washington.

     

    Source :

    China’s special envoy meets closest aide of North Korean leader

     

    A special envoy of Chinese President Xi Jinping on Friday met with the closest aide of North Korean leader Kim Jong Un, amid an ongoing pause in Pyongyang’s saber-rattling….

     

    http://www.scmp.com/news/china/diplomacy-defence/article/21204

    En chine : une bibliothèque, j’ai vécu le jour des merveilles…

     

    17 Novembre 2017
    Dans la meusre où j’ai le vertige à Marseille dans la bibliothèque municipale de l’Alcazar qui joue sur les transparences, je ne sais si j’apprécierais celle-ci, mais il y a là comme souvent une architecture sculpture avec cet espèce d’optimisme conquérant qui est une marque de la Chine aujourd’hui, comme si l’humanité en était déjà à l’assaut de l’univers. mais si vous regardez la video vous retrouvez le souci de l’enfant, la tendresse au coeur du gigantisme.  La Chine s’est mise en commune ,j’ai vécu le jour des merveilles, chantait le poète :  https://www.youtube.com/watch?v=1LIpWAg-x-s 
     
    (note de Danielle Bleitrach)

    En images, l’une des plus belles bibliothèques au monde

     

    Ce nouveau temple du savoir installé dans le district de Tianjin, à l’est de la Chine, peut sérieusement prétendre à l’entrée dans le classement des plus belles bibliothèques du monde. Visite au cœur de ses 33.700 m2 aux 1,2 millions de livres.

     

    PAR TIFFANY SALES. PHOTOS : MVRDV. | 
     

    Il aura fallu trois ans pour réaliser cet espace de 33.700 m2 dédié à la lecture, la marche, la réunion et la discussion. A l’origine de cet immense temple du savoir ? La société néerlandaise d’architecture et de design urbain, MVRDV, ainsi que des architectes chinois.

     

    Située en Chine, à Tianjin, dans l’est de la Chine, cette gigantesque bibliothèque publique qui a ouvert ses portes le 1er octobre, peut accueillir 1,2 millions de livres. Winy Maas, cofondateur de MVRDV, décrit l’intérieur comme « une étagère continue ». Au cœur de cette dernière, des immenses étagères s’étendent en effet à perte de vue du sol jusqu’au plafond.

     

    Il précise : « Les étagères sont de grands espaces pour s’asseoir et permettre en même temps l’accès aux étages supérieurs, les angles et les courbes étant destinés à [optimiser] différentes utilisations de l’espace. »

     

    Autre détail notable, toute l’architecture du bâtiment réparti sur cinq niveaux a été pensée pour que cet édifice ait la forme d’un œil, d’un véritable globe oculaire en trois dimensions. La couleur immaculée du lieu, éclairée par une géante baie vitrée, renforce également le sentiment de débarquer dans une troisième dimension.

     

    En son centre, un auditorium de forme sphérique trône sous un puis de lumière qui « reflète l’environnement, en offrant un panorama à 360 degrés sur l’espace intérieur, un environnement véritablement propice à la réflexion et la contemplation », ajoute Winy Maas.

     

    La bibliothèque comprend également des salles d’enseignement, des aires de lecture pour enfants et personnes âgées, des salles de réunion et d’informatique mais aussi des bureaux. Le sous-sol, abrite quant à lui, les archives.

     

     
     
     
     
     
     

    La technologie et le marxisme de Jack Ma


    Par Caleb Maupin – Le 26 octobre 2017 – Source New Eastern Outlook

    Jack Ma, le fondateur d’Ali Baba, premier site de vente en ligne chinois.

    Le célèbre fondateur d’Alibaba est peut être un PDG milliardaire, mais les mots qu’il diffuse dans le monde entier ont des échos de Karl Marx, de Vladimir Lénine et de Mao Dzedong. Il peut être difficile pour une oreille non avertie de l’identifier, mais il n’est pas surprenant que cette vedette de l’économie planifiée chinoise soit en bons termes avec un parti au pouvoir profondément idéologique. Pour ceux qui connaissent le sujet en profondeur, des sous-entendus marxistes peuvent être retrouvés tout au long de l’optimisme technologique de Ma.

     

    Un matérialisme historique

     

    Beaucoup de gens ouvrent le manifeste communiste en s’attendant à y trouver un plan pour un monde idéal, étalé devant eux. Pourtant, Karl Marx ou ses associés ont très peu écrit au sujet de la nature supposée du monde futur. Les écrits de Marx portaient plutôt sur des concepts philosophiques qu’il a inventés, le matérialisme dialectique et historique. En substance, le marxisme est une description de l’histoire du monde comme étant la résultante d’une lutte pour faire progresser les niveaux de vie et atteindre un mode de production plus élevé.

     

    En s’exprimant au Valdaï Discussion Club en octobre, Jack Ma a sévèrement critiqué ceux qui réagissent à l’avènement d’Internet par la peur. Il a déclaré : « Là où d’autres personnes s’inquiètent, nous trouvons des moyens de résoudre cette inquiétude. » Il a rappelé à l’auditoire les nombreuses peurs qui ont accompagné l’invention de l’automobile et ajouté : « Si nous avons plus d’imagination et de créativité, nous nous sentirons beaucoup mieux. »

     

    À l’époque de la révolution industrielle du XIXe siècle, la perspective de Marx était la même. Tout en critiquant le capitalisme, Marx saluait la naissance de l’économie industrielle et des révolutions sociales qui avaient détruit le féodalisme. Marx voyait la fin du servage et la naissance de la classe ouvrière industrielle ou du « prolétariat », conséquences des énormes progrès technologiques, comme un formidable bond en avant.

     

    Jack Ma a aussi averti le public du danger potentiel associé aux progrès technologiques. Il est allé jusqu’à faire remarquer que les deux guerres mondiales se sont déclenchées à la suite de bonds technologiques.

     

    Ce faisant, Ma pointait vers une compréhension du concept marxiste de surproduction et de baisse du taux de profit. En effet, les deux guerres mondiales ont été précédées par des ralentissements économiques et des périodes de dépression, et ces deux périodes difficiles ont été le résultat direct des progrès technologiques.

     

    Dans « Le Capital », Marx explique que les propriétaires d’usines et d’entreprises cherchent constamment à révolutionner les moyens de production afin de produire des biens plus efficacement qu’auparavant. Cependant, dans ce processus de diminution des coûts de production et de recherche d’efficacité, le pouvoir d’achat des travailleurs diminue aussi. Finalement, l’abondance créée par les progrès technologiques crée une pauvreté de masse. Les marxistes du monde entier ont décrit les développements politiques qui ont finalement abouti aux deux guerres mondiales comme une conséquence des crises économiques créées par la surproduction.

     

    Pourtant, malgré son inquiétant avertissement, Ma semble penser qu’un résultat potentiellement différent sera la conséquence de la révolution informatique. En 1848, Marx soulignait que la révolution industrielle réduisait les ouvriers à être « un appendice des machines ».

     

    En 2017, Jack Ma nous dit : « Nous avons transformé des gens en machines, maintenant nous faisons des machines à l’image des gens. »

    Ma soutient que l’éducation peut être complètement transformée car l’humanité est témoin de la naissance de la technologie des données (TD) en remplacement de la technologie informationnelle (TI). Selon Ma, avec la naissance de la TD, ce qu’il appelle les « travaux stupides », ceux pour lesquels les êtres humains sont poussés à ne pas utiliser leur intelligence pourraient être éliminés. Dans la nouvelle économie, la créativité humaine doit se développer pour faire ce que les machines ne peuvent pas faire, car « une machine ne peut avoir d’âme ».

     

    « Nous avons besoin d’un G200, pas d’un G20 »

     

    Tout comme Karl Marx, Jack Ma n’est pas un adversaire de la mondialisation. Au contraire, comme Marx l’a fait au XIXe, Ma salue la montée de l’économie mondiale comme un pas en avant, en disant « là où le commerce s’arrête, le monde s’arrête ».

     

    Cependant, même si Ma ne critique pas la globalisation en tant que concept, il est opposé au déséquilibre de l’économie mondiale. Décrivant le caractère injuste du marché mondial, il a déclaré « 20% des pays réussissent, tandis que 80% n’ont aucune chance ».

     

    Ici, Ma s’oppose frontalement au récit de la mondialisation poussé par les partisans du néolibéralisme. Le « Sud global » ne devient pas plus riche en raison du commerce avec l’Europe et les États-Unis. Les réformes du marché libre et la pénétration de la Banque mondiale et du FMI ne « développent » pas les pays sous-développés. Les politiques commerciales poussées par les dirigeants occidentaux n’ont pas l’effet que des personnes comme Milton Friedman et Jeffrey Sachs ont affirmé qu’elles auraient.

     

    Avec ses mots, Ma fait écho à une approche de l’économie mondiale semblable à celle qui a été articulée par Vladimir Lénine avant la révolution russe. C’est une vision du monde qui explique comment les pays les plus riches du monde ont truqué les choses en leur faveur, pour rester les 20% les plus riches, s’enrichir en monopoles alors que les 80% restent pauvres et deviennent plus pauvres, en tant que consommateurs captifs. C’était le concept de Lénine disant « l’impérialisme, le stade suprême du capitalisme ».

     

    Ma ne s’oppose pas à la mondialisation, mais insiste sur le fait qu’elle doit changer de structure. Selon ses propres mots : « Nous avons besoin d’un G200, pas d’un G20 ». Les paroles de Ma sont en accord avec la politique étrangère chinoise et son initiative de Nouvelle Route de la Soie, visant à sortir les pays de la pauvreté grâce aux infrastructures. Alors qu’elle continue d’étendre sa présence dans le monde sous-développé, la Chine développe ses partenaires commerciaux avec des trains à grande vitesse, des hôpitaux et des programmes éducatifs. Au fur et à mesure que ces pays deviennent plus riches, la Chine devient plus riche, en développant des économies avec lesquelles elle peut commercer. Ce modèle de mondialisation « gagnant-gagnant », par opposition au monopole d’entreprise de Londres et de Wall Street, est très différent.

     

    Ma soutient que la multipolarité devrait être la bienvenue, et que plutôt que de se faire face les uns aux autres, les pays devraient travailler ensemble pour résoudre les problèmes mondiaux. « L’ennemi commun devrait être la pauvreté », a-t-il expliqué.

     

    L’histoire avance, avec ou sans vous

     

    « La révolution technologique est en marche, personne ne peut l’arrêter ! » Jack Ma prévient son public. Plutôt que d’être seulement au courant de l’histoire, Jack Ma invite son auditoire à en faire partie : « Les jeunes ne veulent pas seulement s’informer, ils veulent s’impliquer ! »

     

    Son inquiétant avertissement que la technologie avance et la société avec elle, indépendamment de nos peurs, cela nous rappelle l’essai de Mao Dzedong « Rapport sur le mouvement paysan dans la province du Hunan. » Dans cet essai, Mao avertissait que la paysannerie chinoise était en révolte contre les propriétaires, et que les communistes chinois devaient les rejoindre et les diriger ou bien « se laisser dépasser ». Il y est écrit : « Quand les gens sont en mouvement, vous pouvez vous opposer à eux, vous pouvez les suivre en gesticulant et en critiquant, ou vous pouvez les diriger. »

     

    Cette polémique de l’époque avec les dirigeants du Parti communiste chinois contient plusieurs des citations les plus connues de Mao. Mao y avertissait ses lecteurs que les avances et les explosions peuvent être imprévisibles, « une seule étincelle peut mettre le feu à la plaine ».

     

    Lorsque Mao Dzedong écrivait ces mots en 1926, avec le même ton optimiste mais prudent que les projets de Jack Ma aujourd’hui, la Chine était une société agraire profondément appauvrie. Aujourd’hui, menée par l’organisation politique que Mao Dzedong a construite, elle est devenue la deuxième plus grande économie de la planète.

     

    « Un environnement convivial pour les entreprises »

     

    Alors que l’on pourrait s’attendre à ce qu’un milliardaire se considère comme un « self-made man » et râle contre l’ingérence d’un gouvernement dans les affaires économiques, la perspective de Ma semble être différente.

     

    Au Club de discussion de Valdaï à Sotchi, Ma a salué les efforts récents du Parti communiste chinois, lorsqu’on l’a interrogé sur le XIXe Congrès national historique qui avait lieu simultanément à Beijing. Il a parlé de la façon dont la campagne anti-corruption « Mass Line » lancée par Xi Jinping est un bon développement qui a « aidé à nettoyer le milieu des affaires » et a permis de faire de la Chine un « environnement convivial pour faire du commerce ».

     

    En effet, ceux dont la compréhension de l’idéologie marxiste est simpliste peuvent se moquer de l’idée qu’un milliardaire comme Jack Ma ait quelque chose en commun avec Marx. Les mêmes personnes raillent l’idée que la Chine soit socialiste, alors qu’il existe tant de sociétés privées, et que tant de personnes sont devenues riches.

     

    Mais Deng Xiaoping l’a dit lui-même, « la pauvreté n’est pas le socialisme, s’enrichir est glorieux », et ces mots faisaient simplement écho à l’approche marxiste du matérialisme historique. L’histoire avance en raison de l’intelligence et de l’innovation humaine ; au contraire, à mesure que le capitalisme a émergé, la recherche irrationnelle du profit à tout prix a entravé la capacité de progression sociale.

     

    Le « socialisme aux caractéristiques chinoises » est devenu une économie qui permet à 700 millions de personnes de sortir de la pauvreté.

     

    Dans la Chine du XXIe siècle, chaque jour une personne devient millionnaire. Oui, s’enrichir est glorieux, mais toute cette richesse en Chine n’a pas été créée par l’avidité irrationnelle et l’égoïsme. Le chemin de la Chine vers plus de richesse et de prospérité a été basé sur une société fonctionnant de manière disciplinée, dirigée par une organisation politique forte, qui place la prospérité pour tout le peuple, et pas seulement une riche minorité, en tête de l’ordre du jour.

     

    Caleb Maupin est un analyste politique et un activiste basé à New York.

    Photos : Cérémonie d’inauguration du Palais de l’amitié Vietnam-Chine et du centre culturel chinois à Hanoï

     
    14 Novembre 2017
    Voilà un autre pas dans la recomposition des alliances en Asie pacifique… toujours dans le cadre de la visite de Trump.
     
    (note de Danielle Bleitrach)

    © Chine Nouvelle (Xinhua) – Tian Yun, le 13/11/2017 05:45

    Xi Jinping et Nguyen Thi Kim Ngan ont assisté dimanche à la cérémonie d’inauguration et de remise des clés du Palais de l’amitié Vietnam-Chine et à la cérémonie d’inauguration du centre culturel chinois de Hanoï. – Photo : Li T.

     

    Le président chinois

     

    Le président chinois, Xi Jinping, qui est également secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), et Nguyen Thi Kim Ngan, présidente de l’Assemblée nationale vietnamienne, inaugurent le centre culturel chinois de Hanoï, au Vietnam, le 12 novembre 2017

     

    Le président chinois

     

    Le président chinois, Xi Jinping, qui est également secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), remet une « clé en or » du Palais de l’amitié Vietnam-Chine à Nguyen Thi Kim Ngan, présidente de l’Assemblée nationale vietnamienne, à Hanoï, au Vietnam, le 12 novembre 2017

     

    Trump humilié en Chine lors de la visite de Pékin souligne le nouvel ordre mondial en Asie

     

    14 Novembre 2017
    Loin de souligner le leadership américain, le voyage a encore accentué l’émergence de la Chine comme pilier alternatif de la prospérité et de la stabilité dans la région la plus dynamique du monde, écrit Richard Heydarian cet article bien informé témoigne de ce que peut être le meilleur de la diplomatie chinois: utiliser la force et la brutalité de l’adversaire pour lui imposer sa propre volonté.
     
    (note et traduction de Danielle Bleitrach)


    Publié: lundi 13 novembre 2017, 07h02
    MISE À JOUR: lundi 13 novembre 2017, 23h19

     

     

    Parmi les étapes du voyage de Donald Trump dans cinq pays asiatiques  celle  qui est le plus caractéristique est Pékin. Après tout, la Chine est considérée comme le plus grand rival régional de l’Amérique, et elle a été souvent l’objet des tirades non-stop du président.

     

     Tous les autres pays participant à la tournée sont soit des alliés issus de traités, à savoir le Japon, la Corée du Sud et les Philippines, soit un nouveau partenaire stratégique, à savoir le Vietnam.
     

    La visite, dans laquelle on a vu  Trump échouer à obtenir une concession majeure de la Chine, a  été celle qui a souligné l’émergence tranquille mais indubitable d’un véritable ordre post-américain en Asie.

     

    Loin de souligner le leadership américain dans la région, la visite a démontré  l’émergence de la Chine en tant que pilier alternatif de prospérité et de stabilité dans le théâtre géopolitique le plus dynamique du monde. Trump s’est embarqué dans son voyage en Asie pour affirmer la centralité américaine dans les affaires mondiales, mais il a quitté Beijing comme le chef humilié d’une superpuissance en déclin.

     

    Pendant  sa campagne présidentielle, Trump avait pointé du doigt  la Chine avec brio et vigueur, décrivant souvent la puissance asiatique comme une menace majeure pour le bien-être économique et la suprématie mondiale des États-Unis.

     

    Adoptant un langage souvent belliqueux, il avait  accusé la Chine de manipuler des devises, de vendre un excédent commercial excessif à l’Amérique, de dominer agressivement les eaux adjacentes aux dépens des alliés régionaux comme le Japon et les Philippines et d’aider des parias comme la Corée du Nord.

     

    Il n’est donc pas étonnant que le monde ait eu un regard très attentif sur le président américain, qui parle dur, pouvait obtenir en matière de concession majeure sur les principaux points de divergence avec Pékin. Comme prévu, cependant, la Chine a réussi à apaiser et à apprivoiser le président américain, tout en restant sur ses positions dans les zones de désaccord.

     

    Sous Trump, l’excédent commercial de la Chine avec l’Amérique s’est en fait élargi à 223 milliards de dollars américains au cours des 10 premiers mois de l’année – une augmentation à deux chiffres par rapport à l’année précédente. Mais au lieu de reculer sur des domaines d’intérêt fondamental pour elle, en particulier sur le commerce et la politique industrielle, la Chine a sciemment attenué la différence.

     

    Pour calmer les inquiétudes américaines face à leur énorme déficit commercial avec la Chine, Beijing a offert 37 contrats d’investissement majeurs totalisant plus de 250 milliards de dollars à 30 PDG de grandes entreprises américaines. De grands noms tels que Boeing, General Electric, Goldman Sachs, Qualcomm, Cheniere Energy, Air Products étaient parmi ceux qui ont rejoint la délégation d’hommes d’affaires de Trump.

     

    Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a salué ces accords comme une étape cruciale pour fournir « une base solide pour une relation plus forte, plus libre, équitable et réciproque entre les Etats-Unis et la Chine ».

     

    Aux applaudissements de son auditoire chinois, Trump est allé jusqu’à donner à « la Chine un grand crédit » pour sa capacité à « tirer profit d’un autre pays [l’Amérique] pour le bénéfice de ses citoyens … »

     

    Au lieu de blâmer la Chine pour les problèmes commerciaux de l’Amérique, il a placé la responsabilité sur ses prédécesseurs pour ne pas avoir adopté une relation économique optimale avec la plus grande nation exportatrice du monde. Pour l’instant, il semble que l’administration Trump recule effectivement par rapport à  ses menaces précédentes d’imposer des sanctions commerciales à la Chine.

     

    Ainsi, Pékin a réussi à vider de son contenu  la posture agressive de Trump à travers un ensemble soigneusement élaboré d’accords commerciaux mutuellement satisfaisants. C’était la politique chinoise à son niveau le meilleur.

     

    Pour être juste cependant, le président chinois Xi Jinping a promis un environnement d’investissement ouvert et que «la Chine ne fermera pas ses portes» et gardera son énorme marché intérieur «plus ouvert, plus transparent et plus ordonné» pour les entreprises étrangères, y compris américaines. Ce fut une déclaration d’assurance opportune au milieu des préoccupations croissantes concernant la montée du nationalisme économique en Chine.

     

    En ce qui concerne les zones de tensions géopolitiques, Trump est parti presque bredouille de Pékin. S’exprimant devant l’Assemblée nationale sud-coréenne un jour plus tôt, le président américain avait lancé  une attaque à peine voilée contre la Chine pour avoir soi-disant choisi « d’ignorer » ou « pire encore, de permettre » la Corée du Nord. Il a carrément placé le «poids de la crise» sur la «conscience» de la Chine.

    Pourtant, tout ce dur  discours  s’est rapidement traduit par une gratitude conciliatrice envers la Chine pour ses efforts visant à freiner le programme agressif de missiles balistiques et nucléaires de la Corée du Nord. A Pékin, Trump a simplement appelé « la Chine et votre grand président à travailler très dur », exprimant son optimisme que « si [Xi] travaille dur », il y aura une résolution rapide de la crise dans la péninsule coréenne .

    Probablement, il n’y avait pas non plus d’accord significatif sur la montée des tensions sino-américaines en mer de Chine méridionale, la marine américaine contestant les activités de remise en état de la Chine par des «opérations de liberté de navigation» régularisées. Qualifiant les relations bilatérales de «nouveau point de départ historique», le président chinois a réitéré son point précédent: «L’océan Pacifique est assez grand pour accueillir la Chine et les États-Unis».

     

    Ainsi, la Chine a manifesté sa volonté d’un «grand marché» émergent dans les eaux adjacentes, sans aucune résistance palpable de la part de l’administration Trump, qui cherche désespérément  l’aide de Pékin sur la question de la Corée du Nord.

     

    L’échec à obtenir une concession majeure sur des domaines clés de différence peut expliquer le refus controversé de Trump de répondre aux questions des médias lors de sa conférence de presse conjointe avec Xi. Comme on dit, parfois le silence en dit long. La visite paradoxale  de Trump en Chine est probablement le signe avant-coureur d’un nouvel ordre en Asie, où l’Amérique n’est plus le numéro un incontesté.

     

    Richard Heydarian est un universitaire basé à Manille et auteur de Rise of Duterte: une révolte populiste contre la démocratie d’élite

     
    Cet article est paru dans l’édition imprimée de South China Morning Post sous le titre: Trump est venu avec des exigences, mais a obtenu l’état d’art à son meilleu

    Un peu d’humilité à l’égard de la Chine, bon sang !
    L’affligeante nullité des commentaires de la presse française sur le 19ème congrès du parti communiste chinois (18-24 octobre) est éloquente. Qu’avons-nous appris ? Quasiment rien à vrai dire, sinon que la dictature communiste est abominable, que Xi Jin Ping a été déifié, que la Chine croule sous la corruption, que son économie est chancelante, son endettement abyssal et son taux de croissance en berne. Enfilade de lieux communs et fausses évidences à l’appui, la vision française de la Chine a brillé une fois encore par un simplisme narquois qui masque à peine une ignorance crasse. Il suffit d’avoir entendu une seule émission de Vincent Hervouët sur Europe 1 pour prendre la mesure de ce vide sidéral.
     
    Il faut dire que la Chine ne fait rien pour faciliter les distinctions tranchées - dignes du lit de Procuste - et les catégories préétablies auxquelles ce petit monde médiatique voudrait la plier à tout prix. Communiste, capitaliste, un peu des deux, ou autre chose encore ? Dans les sphères médiatiques, on y perd son chinois. Inconsciemment, on le sent bien, nos commentateurs aimeraient pouvoir dire que la Chine n’est plus communiste, ce serait tellement plus simple. Convertie au libéralisme, cette nation rebelle réintégrerait le droit commun. Retour à l’ordre des choses, cette capitulation idéologique validerait la téléologie de l’homo occidentalis. Absorbant la Chine, le capitalisme mondialisé pourrait enfin déboucher le Champagne.
     
    Mais voilà, c’est une romance libérale, une de plus. Le PCC n’a nullement renoncé à son rôle dirigeant dans la société, et il fournit son ossature à un Etat qui tire sa force de sa souveraineté. Hérité du maoïsme, l’Etat central conserve la maîtrise de la politique monétaire et contrôle le secteur bancaire. Doté depuis les lois de 2008 d’une fiscalité moderne, d’un code du travail et d’un système social - certes imparfaits -, il s’est fixé pour objectif numéro un l’élévation du niveau de vie de la population. Restructuré dans les années 1990, le secteur public demeure la colonne vertébrale de l’économie chinoise : avec 40% des actifs et 50% des profits générés par l’activité industrielle, il est prédominant dans la sidérurgie, l’énergie et l’électricité.
     
    Aucun commentateur ne l’a fait, mais il suffit de lire la résolution finale du 19ème congrès pour mesurer l’ampleur des défis de la Chine contemporaine. Lorsque cette résolution affirme que “le Parti doit s’unir pour remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, faire triompher le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, et lutter sans relâche pour réaliser le rêve chinois du grand renouveau de la nation”, il faut peut-être prendre ces déclarations au sérieux. Avec 89 millions de membres, le PCC n’est pas en perte de vitesse.
     
    Mais il lui faudra stimuler la consommation intérieure, réduire les inégalités sociales et juguler la pollution - un véritable fléau -, s’il veut conserver l’appui d’une population en voie d’urbanisation accélérée.
     
    En Occident, la vision de la Chine est obscurcie par les idées reçues. On s’imagine que l’ouverture aux échanges internationaux et la privatisation de nombreuses entreprises ont sonné le glas du “socialisme à la chinoise”. Mais c’est faux. Pour les Chinois, cette ouverture est la condition du développement des forces productives, et non le prélude à un changement systémique. Les “zones d’exportation spéciale” ont dopé la croissance, mais cette insertion dans la mondialisation s’est effectuée aux conditions fixées par l’Etat. Pour Pékin, il fallait accumuler les capitaux afin de poursuivre les réformes. Elles ont permis de sortir 700 millions de personnes de la pauvreté, soit 10% de la population mondiale. Il n’est pas étonnant que le 19ème congrès ait réitéré le choix d’une économie mixte en insistant sur les défis de l’urbanisation et la nécessaire réduction des inégalités.
     
    Depuis 40 ans, la Chine change à un rythme déconcertant et brouille les repères habituels. Un pays qui assure 30% de la croissance mondiale et dont on juge que sa croissance “fléchit” lorsqu’elle est à 6,5% mérite quand même le détour. On peut ironiser sur ce communisme qui fait la part belle au capitalisme, ou encore évoquer le spectre d’un capitalisme d’Etat, mais à quoi bon ? Les communistes chinois se moquent bien des catégories dans lesquelles nos appareils idéologiques désignent la réalité chinoise. Ils la connaissent mieux que nous, et ils savent que nous n’avons aucune prise sur notre propre réalité. La puissance qui est la leur et l’impuissance qui est la nôtre suffisent à nous disqualifier. Si seulement la France était un Etat souverain, peut-être aurions-nous quelque chose à dire. Mais franchement, mettez-vous à la place des Chinois. Allons, un peu d’humilité !
     

    La Chine parie pour une économie plus ouverte contre le protectionnisme de Trump

     

    13 Novembre 2017

      

    Le président de la Chine, Xi Jinping. Photo: Archive

    Le président de la Chine, Xi Jinping. Photo: Archive

     

    Le président chinois Xi Jinping s’est engagé samedi à ouvrir  davantage l’économie du géant asiatique et a exhorté les pays de la région à collaborer étroitement lors de son discours au Forum de coopération économique Asie-Pacifique.

     

    Les commentaires reflètent l’appel du président pour soutenir un « système commercial multilatéral » et celui-ci contrastait avec les propositions émises par le président des Etats-Unis, Donald Trump, qui s’est retiré du Partenariat Trans-Pacifique (TPP) et a déclaré que  les Etats-Unis envisageait de conclure des accords commerciaux bilatéraux.

     

    Le dirigeant chinois a indiqué que son gouvernement continuera de donner la priorité à l’emploi dans son pays et à veiller à ce que le développement économique du pays « soutienne la création d’emplois », selon l’agence de presse officielle Xinhua.

     

    « La Chine va s’ouvrir davantage et son développement générera des bénéfices encore plus grands pour le reste du monde », a assuré M. Xi aux autres dirigeants de l’APEC.

     

    Xi a rapporté que son pays a créé un total de 13 millions de nouveaux emplois dans les villes ces dernières années.

     

    « La restructuration économique ne doit pas se faire au détriment de l’emploi », a déclaré le président. « Au contraire, un emploi stable permettra une plus grande liberté de réforme et de développement », a-t-il ajouté.

     

    (Avec des informations d’Europa Press)

    Trump poursuit en Chine sa croisade contre la Corée du Nord

     

    09NOV

    Les présidents américain Donald Trump (g) et chinois Xi Jinping lors d’une visite de la Cité Interdite, le 8 novembre 2017 à Pékin

    © AFP/Archives Jim WATSON

     

    LE 8 NOVEMBRE 2017

    Donald Trump a entamé mercredi en Chine l’étape potentiellement la plus délicate de sa tournée asiatique, au cours de laquelle il tente de forger un front uni contre les ambitions nucléaires de la « cruelle dictature » nord-coréenne.

     

    L’avion du président américain a atterri à l’aéroport de Pékin en provenance de Séoul, donnant le coup d’envoi d’une visite de moins de 48 heures en Chine, pays dont il avait fait l’un de ses boucs émissaires avant son élection il y a tout juste un an, l’accusant d’avoir « volé » des millions d’emplois aux Etats-Unis.

     

    Mais désireux d’obtenir l’aide de Pékin dans sa croisade contre la Corée du Nord, il ne tarit plus d’éloges envers son homologue chinois, qui lui faisait mercredi visiter la Cité interdite, l’ancien palais des empereurs de Chine.

     

    « J’attends avec une grande impatience de rencontrer le président Xi, qui vient tout juste de remporter une grande victoire politique », avait tweeté M. Trump quelques heures avant de rejoindre Pékin, faisant allusion au nouveau mandat de cinq ans que Xi Jinping a obtenu à la tête du Parti communiste chinois (PCC) et donc du pays le plus peuplé du monde.

     

    « Il passe de la pommade. C’est pour préparer le terrain et le mettre de bonne humeur parce qu’il aura des choses désagréables à lui dire », pronostique le sinologue Jean-Pierre Cabestan, de l’Université baptiste de Hong Kong.

     

    Si la Chine a voté les dernières sanctions de l’ONU contre la Corée du Nord et promis de les appliquer strictement, Washington lui demande d’en faire davantage pour étrangler économiquement Pyongyang.

     

    « Des échanges commerciaux se poursuivent » à la frontière sino-coréenne, a affirmé un haut responsable de l’administration américaine devant la presse.

     

    « Nous allons travailler étroitement avec les Chinois pour identifier ces activités et y mettre fin », a-t-il dit dans l’avion qui amenait Donald Trump à Pékin.

     

    – ‘Pas accepter’ –

     

    La Chine, qui assure la quasi-totalité du commerce de la Corée du Nord, est en position cruciale pour faire pression sur le régime de Kim Jong-Un, qui a procédé début septembre à un nouvel essai nucléaire. Mais si elle s’oppose au programme nucléaire nord-coréen, elle rejette les menaces de Donald Trump et plaide pour le dialogue.

     

    Avant de quitter la Corée du Sud, Donald Trump a une nouvelle fois mis en garde la Corée du Nord, tout en appelant Kim Jong-Un à sortir de son isolement.

    « Ne nous sous-estimez pas, ne nous mettez pas à l’épreuve », a lancé M. Trump devant l’Assemblée nationale sud-coréenne, sous des applaudissements nourris.

     

    M. Trump en a profité pour appeler « toutes les nations responsables » à unir leurs forces, citant la Chine et la Russie, appelées à rompre tous liens commerciaux et technologiques avec le régime stalinien. « Vous ne pouvez pas soutenir, vous ne pouvez pas approvisionner, vous ne pouvez pas accepter », a-t-il lancé.

     

    Mais le président américain a aussi tendu la main au dirigeant nord-coréen.

     

    « En dépit des crimes que vous avec commis contre Dieu et l’homme, nous voulons ouvrir une voie vers un avenir meilleur », a-t-il déclaré à l’attention du jeune leader du Nord.

     

    Des propos qui ne devraient pas convaincre Pyongyang de renouer le dialogue, selon des experts sud-coréens. Qualifier Kim Jong-Un de dictateur cruel « pourrait suffire à provoquer la Corée du Nord, qui attache la plus grande importance à la dignité de ses dirigeants », relève Yang Moo-Jin, expert des questions nord-coréennes à l’Université de Séoul.

     

    Son discours devant les députés sud-coréens intervenait quelques heures après une déconvenue pour Donald Trump: l’annulation d’une visite surprise sur la zone démilitarisée (DMZ). Pour cause de brouillard, l’hélicoptère présidentiel n’a pu se poser à proximité de cette zone qui sépare les deux Corées depuis la fin de la guerre en 1953.

     

    – ‘Graves déséquilibres’ –

     

    Les relations commerciales devraient être l’autre gros dossier de la visite du président américain en Chine, même si plusieurs gros contrats pourraient être signés à cette occasion.

     

    A bord d’Air Force One, le haut responsable de l’administration Trump a évoqué « les graves déséquilibres » dans la relation économique bilatérale, « pas juste le déficit commercial mais aussi les règles inéquitables, comme les transferts de technologie imposés aux entreprises américaines ».

     

    Le déficit commercial américain vis-à-vis de la Chine ne montre pas de signe de dégonflement un an après l’élection de Donald Trump.

     

    Alors qu’il atterrissait à Pékin, les Douanes chinoises faisaient état d’un excédent commercial de 223 milliards de dollars avec les Etats-Unis sur les 10 premiers mois de l’année, en hausse de 8% par rapport à la même période de 2016.

     

    LNT avec Afp

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