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Critique de la résolution du Conseil National du PCF concernant les élections européennes par Nicolas Maury

 

07 Avril 2018

Hier soir , réunion de cellule, nous étions une douzaine, le débat a été très intéressant, contradictoire, personnellement j’avais la même position que celle de Nicolas Maury ci-dessous, mais nous étions tous convaincus de parler à partir d’une position commune donc il n’y avait aucun procès d’intention. Personne n’avait lu la résolution.  C’est je pense ce qui caractèrise le débat chez les communistes et qui permet une avancée, ça et la participation aux luttes. Nous sommes tout le temps sur le pied de guerre en soutien des cheminots, jeudi soir, ce samedi matin et mardi . C’est notre base unitaire et fraternelle
 
(note de Danielle Bleitrach)

C’est une nouvelle catastrophe politique et électorale qui s’annonce si cette résolution du Conseil National du PCF est adoptée par les communistes. Pourtant tous les indicateurs sont là pour construire une véritable réflexion politique et communiste sur la question européenne, sans tomber dans les travers « pro ou anti-UE ». En l’Etat ce texte ne tire aucune leçon des montées du populisme et de l’extrême droite en Europe, ne tire aucune leçon de la construction européenne et ne tire aucune leçon de nos échecs stratégiques depuis 1979. En plus d’une naïveté affligeante, ce texte reste dans la lignée d’une fausse radicalité niant le rôle d’un Parti communiste : Organiser le prolétariat et prendre le pouvoir

 

Un peu d’histoire en préambule

 

« Depuis les premiers pas de la construction européenne jusqu’à aujourd’hui, en passant par Maastricht, l’Acte unique ou le Non au référendum de 2005, les communistes se sont toujours opposé•e•s à la mainmise des intérêts du capital sur la construction européenne, rendue possible par les dirigeants politiques libéraux. Nous alertions alors sur les risques de la crise économique, sociale, écologique, politique et même civilisationnelle vers laquelle cette conception nous menait. »

 

C’est historiquement faux, et dangereusement révisionniste, les communistes se sont opposés à la construction européenne et je vous invite à (re)lire ce document du PCF contre le « plan Schumann » (CECA 1951) et cela jusqu’au virage réformiste aux mots d’ordres de « la réorientation progressiste de la construction européenne ».

 

Lors des premières élections européennes (1979), le PCF, dans son manifeste « Pour une France indépendante, une Europe démocratique », dénonce « L’élargissement et l’intégration dans l’Europe supranationale conduiraient notre pays au déclin, à la dépendance, à ne plus être qu’une province secondaire de l’empire américano-germanique. Comme en 1938 pour dénoncer la trahison de Munich, comme dans la résistance à l’occupation nazie, comme en 1954 dans la lutte pour empêcher la création d’une armée européenne sous commandement allemand et américain, le Parti communiste se dresse contre l’entreprise de régression sociale et de capitulation nationale. Il appelle au combat tous les travailleurs, tous les patriotes, ceux qui veulent une France écoutée et respectée, ceux qui veulent « vivre, travailler et décider au pays »

 

Et aujourd’hui « Le PCF s’engage à offrir à notre peuple le choix de l’humain d’abord, du progrès social et écologique, celui du changement en France et en Europe, au service des intérêts populaires (…) Les communistes ne seront pas les témoins horrifiés de l’accélération de l’intégration européenne néolibérale ou de la guerre des nationalismes (…) C’est à travers d’intenses luttes pour la reconquête de pouvoirs sur les orientations de l’Union européenne, et pour le respect des souverainetés populaires et nationales que se situe la voie d’une refondation démocratique de l’Europe. »

 

L’intégration européenne peut compter sur le PCF et sa capitulation idéologique face à la bourgeoise européenne.

 

Critique de la résolution du Conseil National du PCF concernant les élections européennes

 

I- Une méconnaissance de la réalité européenne

 

A) Les objectifs de l’Union européenne sont atteints

 

Une structure au service des capitalistes et de la spéculation

 

L’Union européenne, n’est ni plus ni moins, que la créature issue de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (1951), qui n’avait pour but de « soutenir massivement les industries européennes du charbon et de l’acier pour leur permettre de se moderniser, d’optimiser leur production et de réduire leurs coûts ». L’objectif est atteint.

 

L’Union européenne, n’est ni plus ni moins, que la créature issue de la Communauté économique européenne (1957), qui n’avait pour but que de créer une union douanière (Marché commun européen) et des politiques communes en matière d’agriculture (PAC), de transports et de commerce extérieur. L’objectif est atteint (pour l’EURATOM c’est plus compliqué).

 

Enfin l’Union européenne est l’étape suivante (et espérons définitive) de la construction d’une superstructure capitaliste européenne, avec une union économique et monétaire dotée d’une monnaie unique : l’Euro, avec un marché intérieur de la « libre circulation des biens, des personnes, des services et des capitaux ».

 

Ainsi les modèles sociaux, et leurs services publics, sont lentement « libéralisés » (privatisés) et soumis à la « libre concurrence » (désengagement de l’Etat pour ne pas pénaliser le privé toujours plus cher et moins efficace).

 

Toujours plus de concurrence entre les travailleuses et les travailleurs des pays membres de l’UE

 

En 1951, le Parti Communiste Français estimait que la CECA provoquerait de grands dégâts économiques et sociaux dans l’industrie française : Suppression massives de postes, concurrence entre les ouvrier.e.s, atteintes aux droits des travailleuses et des travailleurs (et notamment aux droits à la protection sociale) et la fermeture des bassins miniers et industriels en France. En 2018, on constate que les analyses du PCF de 1951 se sont bien déroulées.

 

L’industrie française est laminée, les mines sont fermées, les emplois massivement supprimés, les régions industrielles sont ravagées par le chômage, la précarité et la misère (Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Lorraine …). Et toutes les politiques mises en places depuis 1984 visent à s’attaquer aux droits du travail, à la protection sociale …

 

Concrètement, cela se traduit par le départ de l’appareil productif vers des pays à bas coûts de main d’oeuvre (Europe centrale, orientale) et ses délocalisations vers la Pologne, la Roumanie … L’élargissement de l’Union européenne vers les pays de l’Est permet ainsi de renforcer le capitalisme et la recherche d’une accumulation du capital plus grand.

 

Cela se traduit par des politiques européennes en faveur de cette situation :

 

– La Directive du 12 décembre 2006 relative aux services dans le marché intérieur, dite « directive Bolkestein.


– La Directive 91/440 relative au développement de chemins de fer communautaires (privatisation du rail, ouverture à la concurrence …).


– La Directive concernant les marchés d’instruments financiers (2004) qui renforce les pouvoirs des marchés financiers.


– La Directive concernant le détachement de travailleurs a défini des règles adoptées en 1996 (Directive d’exécution 2014/67/UE).


– La négociation des traités commerciaux internationaux, sans transparence, sans compte à rendre (TAFTA, CETA …).

 

Le capitalisme est la norme de base et les institutions sont organisées comme tel 

 

Il faut se replonger dans l’analyse des textes marxistes e rapport infrastructure/superstructure pour comprendre que toutes les institutions européennes sont crées pour le capitalisme et dans l’intérêt du capitalisme.

 

Ainsi la CECA va se doter d’une Haute Autorité (composée de 9 membres), organe supranational chargé d’élaborer les politiques relatives au charbon et à l’acier. Un Conseil spécial des ministres représentant les 6 pays de la CECA est mis en place pour appliquer dans les décisions de la Haute Autorité, une Assemblée commune (dont seront exclus les communistes) donnera un faire-valoir démocratique à cette superstructure et une Cour de justice chargée de trancher les litiges éventuels (chargée de contrôler « le respect du droit dans l’interprétation et l’application du […] traité et des règlements d’exécution »).

 

Même schéma avec l’Union européenne. La Commission européenne (et son monopole de l’initiative législative) joue un rôle centrale dans le système capitaliste européen et est l’organe exécutif de l’Union. Elle se charge de l’activité quotidienne de l’Union (en indépendance des Etats membres) et a la tâche de surveiller l’application des lois et des traités dans les Etats-membres. Le Parlement européen, sensé représenter les choix des électrices et des électeurs européen.ne.s est en réalité une coquille vide, une simple chambre d’enregistrement, à la différence du Conseil européen (réussissant les chef.fe.s d’État ou chef.fe.s de gouvernement).

 

L’UE dispose d’une Cour de justice de l’Union européenne, dont le rôle est d’assurer que le droit communautaire est appliqué de la même façon dans tous les États et de mettre fin aux disputes en matière légale entre les institutions et les États.

 

Et à la différence de la CECA, l’Union européenne dispose d’une Banque centrale européenne, chargée d’émettre l’euro en tant que monnaie commune et unique de l’Union économique et monétaire, de définir les grandes orientations de politique monétaire de la zone euro et de prendre les décisions nécessaires à sa mise en œuvre, en toute indépendance de tous les pouvoirs politiques et démocratiques. Elle ne répond de ses actes devant personne et pire, elle assume un rôle central dans la supervision et le contrôle des principales banques d’États européens via le mécanisme de surveillance unique depuis novembre 2014.

 

A côté de cela, se trouve une Cour des comptes européenne, toujours indépendante, qui examine la légalité et la régularité des recettes et des dépenses de l’Union européenne, et s’assure de la bonne gestion financière des fonds communautaires.

 

On peut voir là des structures « technocratiques », mais se sont surtout des structures nécessaires au capitalisme européen pour développer sa plus-value dans un espace de 511 millions de personnes.

 

B) Les leurres d’une Europe sociale ne trouvent plus d’échos, d’où la crise d’adhésion à l’idée européenne 

 

Il y a une véritable crise d’adhésion à l’idée européenne. Malgré certains dispositifs populaires (Erasmus, circulation sans visa …) les peuples d’Europe ne s’y retrouvent pas.

 

Les forces qui portent cette idée d’Europe sociale mentent. Pourquoi ?

 

Il y a eu tellement de promesses concernant la construction d’une Europe sociale qu’aujourd’hui ce terme fait grincer des dents. les premiers furent les partis sociaux-démocrates. Et il y en a eu des hommes de « gauche » à la tête des structures européennes :

 

– Les présidents de la Commission : Sicco Mansholt (Parti travailliste – PVDA), Roy Jenkins (Labour), Jacques Delors (Parti socialiste).


– Les présidences du Conseil de l’Europe : Erkki Tuomioja (Parti social-démocrate de Finlande), Douglas Alexander (Labour), Jack Straw (Labour), Jean Asselborn (Parti ouvrier socialiste luxembourgeois), Giórgos Papandréou (PASOK), Anna Lindh (Parti social-démocrate suédois des travailleurs), Hubert Védrine (Parti socialiste), Jaime Gama (Parti socialiste – Portugal) …


– Les présidence du Parlement européen : Martin Schulz (SPD), Josep Borrell Fontelles (PSOE), Piet Dankert (PVDA), Enrique Barón (PSOE), Klaus Hänsch (SPD).

 

La sociale démocratie a longtemps été majoritaire dans les pays de l’UE et dans les institution. Et qu’elles furent les actions menées ?

 

Plus de libéralisme, plus de privatisations, plus de casse des droits sociaux. Il y a un consensus dans les grandes forces politiques européennes (PPE, ALDE, PSE) : renforcer le marché unique, élargir ce dernier et l’enrober de petites avancées sociétales.

 

Notre discours politique, et celui du Parti de la gauche européenne, est le même que celui de la sociale démocratie européenne.

 

La montée des populismes et des forces d’extrême-droites sont la conséquence de cette situation

 

Les populismes et les extrêmes-droites se nourrissent de ces échecs et des non-actions européennes. Les condamner, les dénoncer c’est important, mais il devient urgent de comprendre cette percée et surtout de comprendre pourquoi les Partis communistes (et progressistes) ne parviennent pas a incarner une alternative crédible ?

 

Combien de pays sont tombés dans les mains de l’extrême droite et du populisme ? La Pologne, la Hongrie, l’Autriche, l’Italie … La liste se rallonge et nous n’avons d’analyse sur la situation, nous n’avons pas de grille d’étude, ni de revendications crédibles a opposer aux personnes qui portent le même discours que ces gens là.

 

Il est difficile dans un paragraphe d’analyser cette situation, un travail profond doit être mené et des pistes existent, notamment avec deux exemples, l’un chypriote, l’autre grec.

 

Les échecs des gauches radicales

 

Beaucoup d’organisations progressistes européennes luttent pour instaurer des gouvernements alternatifs, ces organisations se regroupe (majoritairement) au sein du Parti de la gauche européenne (PGE). Dans certains pays, cette gauche est arrivée au pouvoir. Le point commun : S’écraser sur le mur de l’austérité européenne et se retrouver dans l’incapacité de mener une politique de gauche (ou progressistes).

 

Il y a deux situations qui illustrent les échecs de la Gauche européenne : L’exemple chypriote avec Dimitris Christofias (Parti progressiste des travailleurs – AKEL) et l’exemple grec avec Alexis Tsipras (Syriza).

 

Dimitris Christofias est élu Président de la République de Chypre en 2008 avec 53.37% des voix. Pour la première fois, un pays membre de l’Union européenne sera dirigé par un communiste. Un espoir immense s’ouvre en Europe. AKEL (Parti progressiste des travailleurs) n’est pas un parti qui se revendique d’une idéologie post-communiste, il s’agit d’un parti Marxiste-Léniniste, qui veut construire le socialisme.

 

Le secteur financier de Chypre (comme c’est bizarre) se retrouve touché par une crise sans précédent suite aux défauts de paiements partiels sur la dette publique grecque en 2011 et 2012. Les spéculateurs européens et chypriotes vont s’attaquer à Chypre et son gouvernement AKEL.

 

Moody’s et Fitch, des agences de notations étasuniennes, déclassent la note financière de Chypre en 25 juin 2012. Ils reprochent à Chypre un trop important déficits budgétaire. Face à cette situation Dimitris Christofias appelle à l’aide l’Union européenne. Cette dernière lance son mécanisme européen de stabilité et son fonds européen de stabilité financière.

 

Le 25 juillet la Troïka (UE, BCE, FMI) accepte d’aider Chypre (sous condition) et le 30 novembre Chypre doit appliquer son premier plan d’austérité : coupes dans les salaires des services publics, dans les allocations, augmentation de la TVA, des taxes sur le tabac, l’alcool, l’essence, les jeux de loterie, l’immobilier, ainsi que l’augmentation des cotisations pour la sécurité sociale. En échange de ces sacrifices la troïka enverra 10 milliards d’euros (55 % du PIB de l’île) et demande qu’une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires de 6,75 % jusqu’à 100 000 euros et 9,9 % au-delà soit établie. Le Parlement refuse.

 

Alors que le pays éprouve de plus en plus de difficultés à emprunter sur les marchés financiers, les négociations avec l’Union européenne pour une aide du mécanisme européen de stabilité de 17 milliards d’euros et des mesures d’austérité sont quasiment bloquées.

 

Le pays, qui a rejoint la zone euro en 2008 a vu sa dette publique exploser de 49 % du PIB à 83,3 % fin 20121 et son chômage doubler à près de 15 %. Les élections présidentielles du 17 et 24 février 2013 confirme le recul d’AKEL. Face à l’impopularité de son gouvernement dans un contexte de crise financière aigüe, Dimitris Christofias ne se représente pas et le candidat choisi par AKEL, Stávros Malás (42,52%), est battu par le candidat de la droite Níkos Anastasiádis (57,48%). Le candidat de la droite Níkos Anastasiádis estime urgente l’aide européenne et est prêt à renforcer l’austérité.

 

Ainsi la parenthèse communiste se referma sur Chypre. La principale erreur de Dimitris Christofias fût de laisser les banques chypriotes libre d’agir, de spéculer. Il a cherché à jouer selon les règles de l’Union européenne.

 

Le parlement chypriote, à la différence de la Vouli grecque, a refusé le premier plan d’austérité de la troïka. Cette situation s’explique par l’importance de l’AKEL (19 députés sur 54) a tenir une coalition hétéroclitique et a refuser l’austérité. Mais cette coalition, composée aussi de sociaux-démocrates, explosera rapidement.

 

Alexis Tsipras hérite d’un pays au bord de l’asphyxie, d’un pays socialement détruit, sous gestion des financiers (ceux là même qui ont coulé Chypre). Alexis Tsipras arrive au pouvoir avec un soutien important des grecs (36% des suffrages), soutien renforcé par un référendum populaire (5 juillet 2015). Il dispose aussi de l’investissement massif du Parti de la gauche européenne a ses côtés.

 

Le « grexit » devient la nouvelle arme de l’Union européenne pour contraindre le gouvernement grec de capituler. Sous l’impulsion allemande (et de son ministre des finances, Wolfgang Schäuble, et avec la docile complicité du gouvernement socialiste français, une véritable politique rétorsion est menée contre le peuple grec.

 

Alexis Tsipras, face aux blocages de la troïka fait preuve d’un courage immense. Il confit au peuple le choix de décider de son avenir : « Acceptez-vous le projet d’accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international lors de l’Eurogroupe du 25 juin 2015… » a cette question, 61,37% des grecs disent OXI (non).

 

Bilan : Le gouvernement Tsípras maintient les mesures d’austérité en Grèce. On connait la suite, plan de rigueur sur plan de rigueur, suppression du droit de grève … Tsipras a renoncé au combat et clairement il ne représente plus une alternative crédible.

 

La fausse opposition du capitalisme européen vs le capitalisme national

 

Le « Frexit », le « Frexit progressiste », le « Plan B », il porte plein de noms différents et surtout ne règle rien à la situation.

 

Passer d’une structure supranationale européenne à un retour au cadre national va t-il permettre de reprendre la main sur l’économie et la destinée de millions de personnes ? NON.


Abandonner un espace économique plus ou moins intégrer (avec un retour au Franc) va t-il permettre de relancer les politiques économiques et sociales ? NON.


Le « Brexit » s’accompagne t-il d’un retour de l’Etat-providence, d’un renforcement des droits salariés ? NON.

 

Pour la simple et bonne raison, que le capitalisme européen et le capitalisme national recherche qu’un seul et même but : l’accumulation du capital.

 

La solution repose sur la prise du pouvoir, le renversement du système capitaliste, et donc la construction d’une alternative communiste pour répondre à ces deux engeances. Le PRCF, l’UPR, le FN, l’UKIP (etc.), comme avec le mythe de l’Europe sociale, ne présentent aucune solution crédible, ni viable pour des millions de travailleuses et travailleurs.

 

Alors il faut réinventer un modèle, construire des scenarii, engager des combats, des réflexions et des stratégies.

 

II- La fausse démarche proposée aux communistes

 

En Amérique Latine, certains peuples auraient put intégrer l’ALENA, ou réorienter le MERCOSUR, ils ont préféré construire l’ALBA. Une idée pourtant totalement ignoré du scénario du PCF.

 

A) Toujours pas de critique des stratégies mises en place depuis les premières élections européennes (1979-2012)

 

Qu’est ce qui peut expliquer l’érosion du vote communistes aux élections européennes ?

 

Elections européennes de 1979 : 4.153.710 suffrages (20,52%) – PCF
Elections européennes de 1984 : 2.261.712 suffrages (11,20%) – PCF
Elections européennes de 1989 : 1.401.171 suffrages (7,72%) – PCF
Elections européennes de 1994 : 1.342.222 suffrages (6,89%) – PCF
Elections européennes de 1999 : 1.196.491 suffrages (6,78%) – Bouge l’Europe (PCF et autres)
Elections européennes de 2004 : 1.009.976 suffrages (5,88%) – PCF
Elections européennes de 2009 : 1.115.021 suffrages (6,48%) – Front de gauche
Elections européennes de 2014 : 1.252.730 suffrages (6,61%) – Front de gauche

 

Comment expliquer qu’entre 1979 et 2004 plus de 3 millions de voix ont été perdues ? Pourquoi ce travail de bilan de nos stratégies n’est pas mené ? Comme pour de nombreuses élections, et je pense à la dernière séquence électorale, il devient urgent de faire la critique de nos stratégies et de nos directions. De tirer des bilans critiques de nos actions et d’engager une profonde refonte de notre système d’analyse.

 

Naturellement notre orientation européenne n’explique pas le déclin du PCF. Elle vient de deux facteurs historiques a analyser :

 

1- Une période allant de 1976 à 1994 : Le déclin du communisme mondial, marqué par l’effondrement de l’Union soviétique et des pays socialistes. Et qui impact le PCF (abandon de la dictature du prolétariat, socialisme pour la France …) et ses stratégies (union de la gauche, participation au gouvernement, produisons français …).

 

2- Une période allant de 1994 à 2018 : Le déclin du communisme et son effacement idéologique dans le cadre de la « mutation » initiée par Robert Hue et continuée par Marie-George Buffet et Pierre Laurent (abandon du Marxisme-léninisme, abandon du socialisme et des stratégies de prises de contrôle de l’appareil productif – même cette période est enfin close – cogestion des institutions) et des stratégies qui en découlent (gauche plurielle, collectifs antilibéraux, Front de gauche …).

 

Pourquoi le Parti de la Gauche Européenne ne peut pas agir ?

 

Le Parti de la Gauche Européenne est une coquille vide, vide de sens, vide d’action et qui ne cherche en réalité pas grand chose. Il faut le dire clairement, ce PGE ne sert à rien. Pourquoi ?

 

1- Il ne vise pas la prise du pouvoir.


2- Il ne permet pas l’organisation de campagne trans-nationales.


3- Il ne permet pas de réimplanter des forces de gauche dans des pays où, par exemple, le communisme est illégal (Hongrie, Pologne, Pays Baltes), où les forces progressistes sont groupusculaires.


4- C’est une structure opaque. Et on ne sait pas comment il fonctionne (comment fonctionnent les directions, qui choisit les délégué.e.s lors des congrès, les ordres du jours, le financement …).

 

Donc le PGE est une coquille vide.

 

B) Que faire ? Quelle actions européennes ?

 

Elles nécessitent la prise du pouvoir dans les États membres. Ils restent la base du pouvoir décisionnaire européen.

 

Elles nécessitent une stratégie globale et donc une structure européenne capable de mener ce combat. Donc le PGE est disqualifié par sa structure inefficace, et son absence de réalité concrète.

 

Elles nécessitent de dépasser les contradictions du mouvement communiste européen. Et donc de (re)travailler des stratégies globales avec des partis communistes (même si certains nous haïssent), et des partis progressistes. Il faut créer une structure opérationnelle à l’échelle européenne, avec une véritable direction, avec une véritable démocratie, et un véritable plan d’action (avec des campagnes communes et collectivement menées).

 

C) 14 points pour quoi faire ? pour un véritable programme communiste !

 

L’Union européenne est au service de la bourgeoisie, il nous faut une construction au service des peuples et des travailleurs. Lénine ne prévoit pas en 1917 de réorienter les institutions tsaristes et de réformer ces dernières. Une nouvelle société est crée, reposant sur les Soviets. Pour l’Europe, il nous faut un scénario identique. Il nous faut faire du nouveau et pas un ripolinage d’institutions dévouées au capitalisme.

 

Nos buts doivent être précis, clairs, lisibles :

 

1- Nous voulons créer un espace de coopération entre des pays, des peuples, libres et souverains (ce qui permet de traiter le problème catalan par le dialogue et un choix populaire). Exigeons un haut niveau d’internationalisme, remettons les peuples au cœur des décisions et n’oublions pas que nous devons être au service du prolétariat, classe consciente et révolutionnaire. Bref nous voulons créer un espace où l’exploitation, le dumping, ne sont plus la norme.

 

2- Que élire des eurodéputé.e.s communistes c’est élire des personnes engagées dans la lutte pour les droits des travailleurs et des travailleuses, c’est la lutte pour gagner des conditions de vies dignes de Brest à Rēzekne. C’est la lutte pour le droit de vivre, de travailler et de décider, sans oppression, sans aliénations, sans exploitations.

 

3- Que élire des eurodéputé.e.s communistes c’est élire des personnes qui ont pour but de rassembler les luttes (et non des partis) et porter les revendications des classes ouvrières de tous les pays.

 

4- Que chaque voix obtenues sur notre liste doit permettre de faire grandir, en France comme en Europe, notre projet de coopération d’une Europe des travailleuses et des travailleurs, d’une Europe démocratique et de paix.

 

5- Que chaque voix obtenues sur notre liste doit permettre de faire reculer les forces du capitalisme, de la spéculation, de la réaction.

 

Bref, un projet révolutionnaire, communiste, qui reste à construire.

 

En guise de conclusion :

 

Il reste tout à faire, et le document proposé par le Conseil National du PCF est largement en dessous de toutes les attentes. Rien ne changera et, avec cette ligne là, le déclin du PCF continuera.

 

Enfin l’idée de rassemblement, de listes larges, doit partir de là et de ce programme minimum. Il faut cesser de mettre la charrue avant les bœufs et de prendre les électrices et les électeurs communistes pour des benêts. C’est aussi l’occasion de procéder à un véritable renouvellement des visages et des méthodes de campagnes.

 

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