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PCF Vie et débats 2018

Publié par El Diablo

Au PCF : dégagisme ? Liquidation ? ou les deux ?

Au PCF: dégagisme ? Liquidation ? ou les deux ?

Au PCF, c’est le moment du dégagisme

Le 14 février 2018

 

Cette semaine, deux textes rendus publiques et une réunion houleuse ont donné le ton de ce que sera le 38ème congrès du PCF. Pour la première fois de son histoire, la direction du PCF pourrait être mise en minorité.

 

Secoué par les résultats des élections législatives de juin dernier (615 503 voix et 2,72%), le parti communiste était comme en état de sidération. La direction communiste a voulu prendre le temps avant de convoquer un congrès. Ce sera pour Novembre 2018. Cette semaine marque le véritable lancement du congrès avec deux textes et une réunion houleuse. On vous raconte.

 

Les premiers à dégainer furent ceux qui, il y a 18 mois, à l’automne 2016, mirent Pierre Laurent et la direction du PCF en minorité autour de la question cruciale : soutenir ou non la candidature de Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle. Surprise : ils avaient obtenu que la majorité des cadres intermédiaires se prononcent contre ce soutien. Engaillardis par ce premier succès qui montrait autant leur force que la faiblesse de la direction, ils repartent à l’assaut. Et cette fois leur objectif est de prendre le parti.

 

Mercredi 7 février, Igor Zamichei, le secrétaire de la fédération de Paris, déjà chef de la rébellion de l’automne 2016, récidive et publie un texte signé par une trentaine de cadres. La liste a été finement soupesée : les signataires sont plutôt jeunes mais expérimentés, quelques intellectuels, des élus, des cadres du parti. Le message est limpide : nous sommes prêts à diriger le parti. Le titre de leur missive, « C’est le moment », sonne comme un cri de ralliement.

 

[…]

 

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

La dictature du prolétariat en question

Pour une Démocratie Nouvelle (partie 1)

 

 

 
 
, par  Jean-Claude Delaunay
pdf | 
 
Je n’ai aucun message à délivrer sur ce qu’il conviendrait de faire pour mener en France aujourd’hui un combat révolutionnaire et victorieux. La préparation d’un Congrès est une grosse affaire. Chacun y participe comme il le peut. Je laisse aux lutteurs du quotidien le soin d’y faire entendre leurs combats. Moi, je choisis ce qui est le plus facile, l’exposé d’idées. J’ai vais traiter tant bien que mal le quart de la moitié d’une et pour moi, c’est déjà beaucoup.Il s’agit de la dictature du prolétariat. Ce concept fut abandonné par les communistes à l’occasion de leur 22ème Congrès (1976). J’ai voté sa mise à l’écart comme à peu près tout le monde. Ce mot de dictature sonnait mal à nos oreilles. Le mouvement populaire de lutte contre la grande bourgeoisie française prenait de plus en plus de force. Nous n’envisagions pas qu’elle céderait la place sans se battre jusqu’au bout. Mais nous étions confiants dans l’ascension de nos forces, que nous estimions irrésistibles, et ne souhaitions pas nous embarrasser de fardeaux idéologiques jugés désuets.La réflexion sur ce passé sera utile, j’en suis certain, mais dépasse ma compétence. Je vais simplement dire, au vu de ce que j’observe en France aujourd’hui, que nous avons eu tort. A partir de cette approche personnelle du passé, je me propose d’aborder les deux points suivants [1] :

 

• Nous subissons aujourd’hui en France une dictature, celle de la grande bourgeoisie mondialisée.

 

• La dictature du prolétariat étant le seul moyen de combattre efficacement et durablement cette dictature, quelles pourraient en être les formes, en France, aujourd’hui ?

Jean-Claude Delaunay
Le 14 février 2018

Nous subissons aujourd’hui, en France, la dictature de la grande bourgeoisie mondialisée.


Oui, je sais, à beaucoup, et peut-être même à un certain nombre de communistes, cela paraîtra exagéré. La France actuelle ? Une dictature ? Enfin quoi ! Même si ce régime est autoritaire, soyons sérieux ! Nous ne subissons pas une dictature.

 

• 1) Mais qu’est-ce donc qu’une dictature ?

Eh bien, discutons-en entre nous, sans nous empailler. La préparation du congrès est faite pour ça. Je vais montrer pourquoi et comment, selon moi, le régime existant en France aujourd’hui est une dictature.Il faut dire que nous avons parfois de très mauvaises habitudes. L’une d’elle consiste à partir d’une définition pour analyser la réalité. Nous sommes très bibliques. Au début est "Le Verbe" disent les Écritures. Le risque de cette méthode est de faire oublier l’essentiel. Il est de conduire à confondre les enveloppes et les contenus. Pour notre compréhension de ce qu’est une dictature, ce risque s’applique à 100% aujourd’hui. Pour nous, en particulier les gens de ma génération, une dictature, c’est Hitler et son équipe d’assassins, sa gestapo, ses camps de concentration et le film de Charlie Chaplin, et ce n’est que cela.

En cherchant à être un peu plus précis, un peu plus scientifiques, ces mêmes gens diront qu’une dictature est exercée par un homme ou un groupe d’hommes au nom d’une fraction minoritaire de la société, qu’on y pratique la confusion des pouvoirs, qu’elle fonctionne de manière autoritaire (la contestation des décisions de celles et ceux qui la dirigent n’est pas tolérée), que la formation de toute opposition organisée, que celle-ci soit politique ou syndicale, y est interdite, que les châtiments infligés à celles et ceux contrevenant à ses commandements sont très durs et souvent de nature extrême.

Curieusement, cette définition, pourtant longue et dont on ne peut pas dire qu’elle soit fausse, ne parle pas de l’essentiel, de ce qui est la justification profonde de la dictature. Quel est donc cet "essentiel" ?

La réponse est simple. Une dictature est un régime politique exercé par une minorité pour maintenir à tout prix sa position économique, sa capacité à prendre sur la richesse produite la part qu’elle estime devoir éternellement lui revenir. Un tel régime prend généralement place dans une situation de crise. La minorité en question, composée de gens "d’en haut", cherche à maintenir ce qui, au moment de la révolution française de 1789 s’appelait "des privilèges", et dont les gens "d’en bas" contestaient la légitimité. Les privilèges n’ont plus le même nom aujourd’hui mais ils ressemblent beaucoup à ceux d’autrefois. Je vais maintenant traduire en langage moderne ce que je désigne comme étant l’essence de la dictature.

La dictature pesant aujourd’hui sur la France est celle exercée par la fraction française de la grande bourgeoisie capitaliste mondialisée. Cette classe sociale restreinte sait que le système économique, le mode de production capitaliste, dont elle tire sa richesse, est en crise profonde. La dictature qu’elle exerce à l’égard de la majorité de la population, vise à maintenir ce système et à le maintenir à tout prix. Elle a, évidemment, l’espérance et la conviction de pouvoir le remettre sur pieds. Je pense qu’ils (elles) se trompent mais ils ne me demandent jamais mon avis. Cela dit, les membres de cette classe, malgré leurs espérances, savent que rien n’est décidé et qu’ils sont en train de jouer leur avenir historique. Ils sont donc extrêmement dangereux et prêts à tout, car il n’est pas question pour eux que l’on puisse sortir de leur mode de production, que l’on puisse en changer.


Voilà l’essentiel du contenu de la dictature. Ses formes, ses enveloppes, dépendent du niveau des forces productives, de l’intensité de la lutte des classes, de l’époque, des circonstances. Aujourd’hui, la dictature qu’exerce la section française de la grande bourgeoisie mondialisée est une dictature aux caractéristiques françaises et aux caractéristiques du 21ème siècle. Rien n’interdit de penser qu’elle puisse évoluer vers d’autres formes que celles observables en 2018, toutes choses égales par ailleurs en ce qui concerne la lutte des classes.

 

• 2) La dictature actuelle, en France, est celle qu’exerce une minorité

 

La dictature qui s’exerce aujourd’hui, en France, est celle qu’impose la bourgeoisie mondialisée implantée dans notre pays, avec l’appui actif de ses représentants politiques. Macron et les institutions qu’il commande forment la partie émergée en même temps que la partie "people" (car il faut s’adapter à l’air du temps) de l’iceberg dictatorial français. C’est une sorte d’épiphénomène, un "pin" que la grande bourgeoisie met à sa boutonnière. Mais le fait de changer le pin ne changera rien à la situation des classes populaires.

Nous vivons sous la dictature d’une classe sociale, formée d’un petit nombre d’individus, peut-être 1% à 2% de la population qui vit en France. Cette minorité de base, que l’on pourrait appeler "le cœur de la dictature", est soutenue par une autre fraction de la population, qui sont "les viscères de la dictature".


Ces derniers en délimitent, si l’on peut dire, "le périmètre merdeux", avec sa collection de dirigeants socialistes et centristes, de conservateurs de tous poils, de collaborateurs du grand capital. Les récentes élections présidentielles permettent d’estimer l’importance relative de cette fange à 18% de la population, celle qui a voté Macron au second tour.Grosso modo, aujourd’hui, en France, 1% à 2% de la population dirigent la France, déterminent sa législation, modèlent son idéologie, utilisent et réorganisent son État à leur avantage, et montrent leur volonté inébranlable de maintenir le système. Ils (elles) sont aidés, dans cet accomplissement par leur famille, par les personnels supérieurs de leurs entreprises, par leurs représentants politiques, par les entrepreneurs libéraux directement impliqués dans la mondialisation capitaliste, par les parvenus aspirant à entrer dans leur monde, par des personnes socialement faibles et qui, en raison même de leur faiblesse, se mettent à leur égard en position de "servitude volontaire". Ils sont également soutenus par une partie de la droite classique, les Lemaire, les Giscard d’Estaing, les Bayrou, les Dupont-Aignan et tous les zozos de la social-démocratie, qui eux aussi défendent becs et ongles ce système.

 

• 3) Le mode de production capitaliste est entré dans une phase de crise profonde

Pourquoi cette minorité exerce-t-elle une dictature ? Je répète la réponse que j’ai déjà donnée à cette question. Ces personnes (le cœur de la dictature) sont, en France, les détenteurs de la plus grande part de la richesse économique et des moyens de la reproduire. Elles disposent d’un accès privilégié aux principaux lieux de la décision économique et politique. Elles contrôlent les systèmes d’information. Elles trouvent très bien d’être assises dans les fauteuils d’une richesse infiniment reproduite.

Mais ne voilà-t-il pas que le mode de production capitaliste, dont elles sont les bénéficiaires, est entré en crise depuis environ un demi-siècle ? Celle-ci se déroule tant au plan intérieur, dans le cadre national, qu’au plan extérieur, dans leurs rapports avec les pays dont leurs entreprises exploitent les ressources. Elle a été longuement analysée par d’autres et je n’en fais ici qu’un bref rappel. Sur le plan intérieur, je dirai qu’en France, depuis un bon moment déjà, "ça ne va pas" pour ces grands capitalistes. Les populations travailleuses, massivement salariées, aspirent à réduire leur temps de travail et à partager la richesse de manière plus égalitaire. Les populations jeunes, en cours de formation professionnelle, sont inquiètes pour leur avenir et foutent régulièrement la pagaille. Les populations âgées, de plus en plus nombreuses, coûtent cher et ne produisent rien.

Bref, ce groupe social restreint, dont l’efficience économique décroît, a été confronté après la 2ème guerre mondiale, à des exigences nouvelles, jugées par lui incongrues. Après 1968, année marquée par la révolte des jeunes, ceux principalement des classes moyennes, et l’affirmation par la classe ouvrière de sa puissance combattante, ce groupe a décidé "de mettre le paquet" sur la base d’une stratégie de long terme, très claire. Son application est commencée depuis quelques années déjà et ce n’est pas fini. Mais dans la vie d’un système économique, quelques années, ce n’est rien.

Ces gens, qui ne sont pas des idiots, pensent pouvoir gagner leur pari et remettre leur système sur pieds. Comme je l’ai écrit ci-dessus, ils ont tort et n’y arriveront pas. Mais ils (elles) ont peu étudié Marx et ont davantage appris à faire du Capital qu’à le lire. Cela dit, ils savent que la partie n’est pas terminée. Quand il s’agit de défendre la source de leur fortune, ce sont des guerriers. Ils ont étudié l’effrayante histoire et ils refusent qu’on leur fasse le coup de Louis XVI ou de Marie-Antoinette, si je puis ainsi m’exprimer.

Aussi ont-ils mis en place une dictature aux caractéristiques françaises, dans le contexte du 21ème siècle. Ils cherchent, avec obstination, à la perfectionner et pour l’instant, y parviennent. Les boulons en sont resserrés jour après jour.

Les raisons extérieures de cette dictature ne sont pas moins évidentes. Après la 2ème guerre mondiale, sont apparus des États nouveaux, et derrière ces États, quelquefois des nations, mais toujours des peuples, remuants, insatisfaits, désireux eux-aussi de participer au développement économique. Certains de ces États ont même poussé l’audace jusqu’à se proclamer socialistes, au sens révolutionnaire du terme.

Ces États particuliers, insolents, dont ces bourgeois avides et dominateurs ont la conviction qu’il faut les détruire, comme autrefois Carthage, ne sont pas seulement de petites choses, comme Cuba et la Corée du Nord, ce sont de gros monstres, comme la Chine, 20% de la population mondiale, s’il vous plaît. La bourgeoisie mondialisée est prête à leurs faire la guerre. Elle y pense sans discontinuer. Elle écrabouille tous ceux qu’elle se sent en mesure d’écrabouiller, comme elle l’a fait avec la Somalie, l’Irak, la Libye.

- Quelles sont les modalités de cette dictature ?

Si j’étais un petit homme vert, avec des antennes sur la tête, je trouverais la dictature qui s’exerce aujourd’hui en France tout à fait intéressante. Car ce n’est pas, pour l’instant en tout cas, une dictature de type nazi, avec ses camps de la mort, sa Gestapo, son führer et ses séides. Ce n’est pas une dictature de type franquiste ou salazariste, elles aussi meurtrières, mais issues de structures agraires archaïques. Ce n’est certainement pas une dictature antique.

Non, c’est une dictature aux caractéristiques françaises. Les membres des classes dangereuses ont de gros bracelets électroniques à la cheville et au poignet. Ils sont virtuellement sous contrôle complet. On leur fait régulièrement une piqure de sédatifs. En même temps, ils peuvent se déplacer librement et la plupart d’entre eux ne se rendent compte de rien. Cette dualité fonctionne de manière indolore et feutrée. Elle exprime la particularité des formes contemporaines de dictature dans les pays développés, notamment en France.
 
Au plan intérieur, cette dictature silencieuse est exercée selon les niveaux suivants :


1) Celui des institutions. Au fil des années, la Présidence de la République est devenue le lieu du gouvernement réel, au détriment du Parlement. La succession, dans un temps très court, de l’élection présidentielle et de celle des députés amplifie les résultats obtenus de l’élection présidentielle. Le terrorisme, qui est une création des classes dirigeantes des pays développés, permet de banaliser les décisions d’exception, les états d’urgence, les procédures autoritaires, les déclarations de guerre hors contrôle.

 

• Celui des grands moyens d’information. Je renvoie sur ce point à l’abondante littérature existant sur ce point. L’information est passée sous la coupe des grands capitalistes. Les radios libres, qui devaient apporter de l’air et de la critique, ont quasiment été toutes rachetées.

 

• Celui d’une administration parallèle. Une notion nouvelle est apparue au cours de la vie quotidienne récente, celle d’État profond. Elle signifie que l’État ordinaire, malgré sa mécanique perverse et autoritaire, n’est plus l’instrument d’oppression qu’il a pu être au service de la classe dirigeante. Il s’est donc formé, au delà de cet État premier, visible, partiellement investi par les forces démocratiques, un État profond, par définition difficile à appréhender, doté des moyens techniques modernes de contrôle des individus et de leurs activités, et cependant informel, échappant au contrôle des citoyens et de la loi.

 

Mais cet édifice intérieur est néanmoins fragile. Il peut se fracturer à tout moment. C’est pourquoi il est aujourd’hui doublé par un revêtement d’origine extérieure, visant à rendre le changement de système impossible. C’est le but recherché.
 
    • La mondialisation capitaliste, processus d’expansion sans limite du capital d’origine française et de réception sans limite du capital étranger, a pour complémentaire la pétrification de la lutte des classes. "Si vous n’êtes pas sages, le capital va s’en aller". "Si vous n’êtes pas sages, le capital ne va pas venir". "L’Extérieur", invoqué de cette manière, est une création fantastique qui, tout à la fois, correspond à la stratégie économique que les classes possédantes ont mises en œuvre (la mondialisation capitaliste) et les dédouane des effets de cette stratégie. La vente continue, incessante, des actifs publics vise non seulement à remettre au grand capital des sources de profit. Elle fragilise l’économie française et la place sous la domination plus directe du grand capital mondial. Il en est de même pour ce qui concerne le financement de la dette publique, majoritairement investie par les capitaux étrangers.
• Une politique délibérée d’immigration de la main-d’œuvre, pour contraindre les prétentions salariales des travailleurs vivant en France et briser leur système de protection sociale.
 
• 
  • Une création européenne conçue comme un carcan social et un moyen accéléré de destruction des nations membres. Lorsque le peuple français a massivement voté contre la mise en place d’une constitution européenne, en 2005, ces jean-foutres ont passé outre. 

 

• Une soumission directe à l’OTAN et à la stratégie américaine, la conduite politique et militaire de l’impérialisme mondial ayant été confiée aux États-Unis.
 
Telle est, selon moi, la situation dictatoriale dans laquelle les classes populaires de ce pays sont plongées. Il est possible que j’aie omis ou insuffisamment évoqué certains de ses traits. Mais je crois en avoir donné correctement le sens.

Pour mettre un terme définitif à la dictature de la section française de la grande bourgeoisie mondialisée, les victimes de sa stratégie de conservation effrénée du mode de production capitaliste se doivent de mettre en œuvre la dictature du prolétariat. Car ces salopards de grands bourgeois ne quitteront pas de leur propre mouvement le fauteuil en or dans lequel ils sont assis. Bien que leur système soit désormais dépassé en tant que mode de production, ils font tout, au contraire, pour en imposer le maintien. Ils n’hésiteront pas une seconde, s’ils le peuvent, à tuer et à massacrer massivement d’autres Français, ou à alimenter une guerre civile en France, pour conserver les privilèges que son fonctionnement leur confère.

- La dictature du prolétariat est le seul moyen de mettre un terme à la dictature de la grande bourgeoisie mondialisée.

La conclusion à laquelle je parviens par rapport au combat communiste de la deuxième moitié du 20ème siècle en France, est la suivante. Compte tenu de ce qu’est la dictature de la grande bourgeoisie, nous avons eu tort de croire que le programme commun de gouvernement de la gauche, signé en 1972, appliqué en 1981-1982, pouvait être un levier suffisamment puissant pour que, dans ce pays, "un socialisme aux couleurs de la France" remplaçât le mode de production capitaliste.

Nous avons sans doute cru que ce programme était la forme moderne de cette structure particulière de gouvernement et d’ambitions concrètes qu’est la dictature du prolétariat. Si telle fut bien notre erreur principale, je formule pour ma part l’hypothèse suivante pour expliquer le cours des choses. Je crois qu’il est progressivement apparu, à partir des années 1990, que nous ne devrions plus la recommencer. La dictature du prolétariat serait donc le point nodal à partir duquel pourraient être expliquées les deux grandes branches, distinctes et contrastées, de l’évolution qui, dans cette famille politique, suivit l’échec du programme commun en tant qu’instrument révolutionnaire.

Pour les uns, majoritaires, oui, il ne fallait plus recommencer la même erreur. Ce qui les a conduits, selon moi, à abandonner toute conception à priori de la révolution. Le communisme n’aurait plus été l’idéal de demain, mais le déploiement continu de la contradiction au jour le jour. Cela aurait également eu pour effet de les inciter à transformer le parti communiste en mouvement social spécifique, mais aux contours flous. Cela les aurait amené à suivre le fil de l’eau, c’est-à-dire les élections, au lieu de chercher à en orienter le cours et à œuvrer pour la destruction et le remplacement du mode de production capitaliste.

Pour les autres, minoritaires, loin de penser qu’il faut effacer le souvenir même de la dictature du prolétariat, ils estimeraient, au contraire, qu’il convient d’en réaffirmer la nécessité et d’en réactualiser les formes. Du coup, ce ne serait plus un élément implicite d’un programme politique, comme ce fut le cas avec le programme commun de gouvernement, mais un élément explicite du combat révolutionnaire mené en France. Par son existence serait explicitement affirmé que l’objectif poursuivi par les communistes est la transformation sociale radicale de la société française, le communisme, et, dans le moment présent, l’abolition du mode de production capitaliste, l’instauration du socialisme. Enfin et peut-être surtout, en la rendant explicite, nous affirmerions la nécessité que les masses populaires s’emparent de cette idée et en conçoivent la concrète application. La dictature de prolétariat doit être pensée par les communistes mais doit être appliquée par les masses et placée sous leur contrôle.
 

[1] Ce texte est diffusé en deux parties correspondantes aux deux points ci-dessous

 

Documents joints

Le vide apparent du projet de base « commune » et la liquidation du PCF

 

13 Février 2018
 

 

Le galimatias de « rallumons les étoiles » et « le commun » à la place du communiste sert à masquer la fin de la revendication à l’expropriation du capital, le retour vers les aspects les plus réactionnaires de l’utopie, il ne s’agit pas seulement d’un discours creux qui sitôt le Congrès terminé interdit à chacun de se souvenir des engagements politiques réels, un discours plein de citations faussement poétiques pour mieux masquer l’indigence de la pensée mais bien d’une manière d’accélérer la fin du parti communiste.

 

Il se combine très bien avec les petites manœuvres pour se partager les petits profits du bradage, en laissant espérer que l’on conservera quelques postes d’élus ce qui attire vers ce vide les « élus » auquel se réduisent peu à peu les cadres du parti. Et pourtant parce qu’ils sont malgré tout sur le terrain, ces élus devenus « cadres » revendiquent autre chose, ils refusent l’effacement, les utopies qui ne mènent nulle part et ils tentent de mobiliser le parti et cherchent les voies de « l’efficacité ».  Même si le parti est satellisé autour des postes, même si de ce fait il perd son potentiel de rupture et de voir loin, il y a l’inquiétude, le constat et le besoin d’agir dans la pratique du terrain, le contact avec la misère, le désespoir.

 

L’impossibilité de continuer comme ça.

 

Pour ceux là chez qui souvent la ruse du terrain se substitue à toute perspective, il y a des inquiétudes sur l’avenir d’un tel effacement…

 

Comment encore  dévoyer cette prise de conscience de la nocivité de l’effacement? Comment faire réélire ceux dont le nom reste attaché à ce dernier Congrès bradé, à la manoeuvre décidant en petit comité et faisant croire qu’il n’y a pas d’autre solution, que de se ranger derrière Mélenchon après avoir tenté de vendre des primaires à gauche, comment éviter le bilan? 

 

Décidément la mémoire est l’ennemie et il faut bercer de l’illusion pour refuser les faits et inventer les coupables imaginaires dans les héros du passé pour blanchir les responsables d’aujourd’hui?

 

Comme rompre avec le passé ou mieux l’inventer pour accompagner la manœuvre? Comment renoncer à l’analyse de ce qu’est la Révolution d’octobre, sa postérité? C’est pour cela qu’il faut utiliser les folies trotskistes sur le bilan de la Révolution d’octobre pour aider à opérer un virage réactionnaire vers les utopies du 19e siècle et en finir une fois pour toute avec le communisme. Profiter de la fin d’une génération qui jusque là à sa manière à résisté à la liquidation… « les communs » c'est le retour à Proudhon à la sauce dénonciation de la croissance, mais le rabaissement des espérances c’est aussi l’attaque contre « les excès » du capital, l’espoir toujours vain de les réformer.

 

Comme Pierre laurent n’a rien d’un théoricien, ce retour au « commun », au très réactionairee Proudhon, c’est de l’enfumage pour intellos échevelés, mais dans les faits c’est la recherche d’une base pré-marxiste pour petits arrangements avec les socalistes, pour opération à la Tsipras, pour donner un vernis à la collaboration avec le capital. A chaque Congrès le Laurent s’obstine à demander « vous êtes sûrs que vous voulez garder le terme communiste », alors on appelle Proudhon à la rescousse pour une nouvelle danse du ventre et petits arrangements…

 

Alors il est logique que sous couvert de dénoncer les crimes du communisme à la manière d’un Courtois, on fasse miroiter  la marche en avant vers la social démocratie c’est un peu plus concret que « les communs » et les rassemblements de « nuit debout »…

 

A ceux là, on a fait croire que l’avenir résidait dans les choix du parti communiste italien ou du parti communiste espagnol d’il y a plus de vingt ans et dont ils ne se sont jamais relevés. ce qui nous vaut le livre de Streiff et une exposition sur Marchais ressorti pour cette opération du purgatoire où il a été confiné, tout est mobilisé pour la liquidation, l’accélération s’impose.

 

On épuise la bête en l’envoyant dans des actions dispersées, des « chantiers » qui ne construisent rien, un activisme sans bilan, sans effet, pour le Congrès, la démocratie se limite à des plateformes où l’intervenant est oublié dès qu’il a écrit sa protestation… le tout géré en anglais…

 

Mais la machine devient ingouvernable, le Conseil national est un paquebot qui tangue, l’exécutif est le dernier salon où l’on cause, et il faut continuer comme ça jusqu’à ce que mort s’en suive, interdire au droit à la parole, réveiller les méfiances contre les mauvais camarades, jouer l’infaillibilité pontificale du secrétaire, un réflexe utilisé jusqu’à la corde et qui aujourd’hui n’a qu’une issue la mort du parti. …

 

Et le tout avance sous les fausses querelles entre Mélenchon et le PCF, le patriotisme de parti mobilisé dans de vains crêpages de chignon pour aller vers un but « commun » : la fin du PCF.

 

Comment aboutir à ce tour de passe passe qui fait oublier qui a fait roi Mélenchon, qui nous l’a imposé?

 

En utilisant le patriotisme de parti, l’humiliation pour se ranger derrière Laurent contre Mélenchon, les deux duettistes, avec Clémentine Autain dans le rôle de la croix rouge internationale… L’inanité, l’absence de réflexion et d’opposition réelle à Macron, parce qu’il n’y a pas de PCF, notre pays désespéré, 17 suicidés à goodyear… et ailleurs…

 

Il y a surement à côté de ce projet dont la cohérence relève d’autres sources que celles de la direction des petits avantages.

 

Qui nous dira ce que rapporte à ces gens là la location du siège du PCF place du colonel Fabien. et qui apporte une aide à un tel projet?

 

Oui mais ce qu’ils n’ont pas prévu, les minables dirigeants à la manœuvre et ceux qui au niveau du pays tentent avec Macron d’imposer la fin du « modèle » français, celui né de la libération du pays dans le contexte de la victoire de l’Union soviétique, avec les Ambroise croizat et les Maurice Thorez, mais aussi Joliot Curie et l’utilisation pacifique du nucléaire, c’est qu’il y a un formidable refus qui grossit contre cette destruction programmée…

 

Et le vieux pays gronde, même le patronat met en garde Macron et son impatience d’en finir avec les « soviets » du parti communiste. Et le parti à sa manière, encartés ou en attente est porteur de cette histoire d’avenir. Il est le seul à pouvoir occuper l’espace qui s’ouvre…

 

Les communistes l’ont compris à leur manière, ils tiennent bon sur le bilan, sur la stratégie et dans le même temps ils s’engouffrent avec détermination dans la défense du service publique, des fleurons jadis nationalisés, du produisons français dont tant se gaussèrent jadis, de la santé et de la protection des faibles, du refus du bradage de la fonction publique, ils savent bien que c’est là leur héritage, leur carte de visite et que comme je le revendique chaque français a dans sa poche une carte du parti communiste la carte vitale… Cette carte là que de tout côté y compris au sein du parti lui-même on tente de lui arracher.

 

Les communistes quand ils se nourrissent de cette colère qui monte refusent le bradage de leur parti et c’est ça l’enjeu de ce congrès ou il sera extraordinaire  ou la France aura perdu cette bataille là mais il y en aura d’autres parce que les enjeux s’éclairent..

 

On ne peut pas prétendre recréer le parti communiste avec ceux qui ont choisi et choisiront de le brader en poursuivant leur ligne.

 

Danielle Bleitrach

Voici pourquoi il est tenté de substituer le terme de commun à celui de communiste pour éviter d’exproprier le capital

 

13 Février 2018
Communs, ce terme a fleuri dans la littérature du PCF ou du moins de sa direction à la recherche d’un modèle qui évite la remise en cause du capital. 
 
C’est une vision totalement réactionnaire et qui témoigne bien de la base sociale réelle du parti communiste. Celui-ci a renoncé à la classe ouvrière, aux salariés, aux exploités pour devenir le parti des « doctorants »‘. Un retour aux utopies de 1848, où c’était la révolte des « capacités », celle des artisans comme Proudhon, qui ne voyaient d’avenir que dans le retour vers le passé.Sous couvert d’utopie on préserve la capacité des directions aux petites manoeuvres électoralistes et aux bradages des biens.  C’est l’avenir dans les groupuscules, le capital ne peut que se réjouir de voir le parti communiste finir dans les latrines et il a sans doute placé aux manettes ceux qui accompliront cette tâche à son profit. (autre sens du mot communs) de l’histoire. 
 
(note de Danielle Bleitrach)
Ressources partagées, gérées collectivement par une communauté, selon des règles et une gouvernance dans le but de préserver et pérenniser cette ressource tout en ayant le droit de l’utilise

 
Ne doit pas être confondu avec la notion de bien commun en philosophie ou la notion de biens communs en économie.
 

 
Exemple de bibliothèque partagée libre et gratuite, construite par les élèves d’un lycée pour y entreposer des livres librement apportés et librement empruntés (ici en 2016 sur le Port de Saint-Goustan, à Auray dans le Morbihan).
 

Un commun est un système ouvert avec, au centre, une ou plusieurs ressources partagées, gérées collectivement par une communauté ; celle-ci établit des règles et une gouvernance dans le but de préserver et pérenniser cette ressource tout en ayant le droit de l’utiliser[1]. Ces ressources peuvent être naturelles : une forêt, une rivière ; matérielles : une machine-outil, une maison, une centrale électrique ; immatérielles : une connaissance, un logiciel.

 

Les communs impliquent que la propriété n’est pas conçue comme une appropriation mais comme un usage[2]. Entre la propriété publique et la propriété privée, les communs forment une troisième voie.

 

Elinor Ostrom a obtenu un Prix Nobel d’économie pour ses travaux sur les biens communs. Elle parle de faisceaux de droits pour caractériser la propriété commune[3].

 

Il ne faut pas confondre un « commun » avec un « bien commun ». Un bien commun est quelque chose qui appartient à tous mais qui n’est pas forcément géré comme un commun ; ainsi, « […] l’atmosphère appartient à tous. C’est un « bien commun », mais pour autant ce n’est pas (encore) un commun. Car, malgré les quelques réglementations mises en place, il n’y a pas de gouvernance permettant de gérer les effets de serre et les émissions de CO2[4] »[5].

 

Wikipédia est parfois cité comme un exemple de commun[4].

 

 

Sommaire 

Le terme « communs » (commons en anglais) dérive du terme juridique anglais traditionnel de la « terre commune » (common lands). Cependant, si les common land étaient probablement possédées collectivement par une entité légale, la couronne ou une personne seule, ils étaient soumis à différentes règles de gestion et d’usage concernant par exemple le pâturage, la chasse, la coupe de bois, de branchages, la collecte de résine, etc.

 

Le terme « communs » dans la théorie économique moderne en est venu à désigner une ressource naturelle ou culturelle accessible à tous les membres d’une société : air, eau, terres habitables…

 

L’échec dit de la « tragédie des communs » est une métaphore qui s’est répandue aux débuts des sciences économiques, au xviiie siècle. Les premiers écrivains et scientifiques économistes soutenaient la Révolution Agricole Britannique et les lois de la réforme agraire étaient en faveur d’une propriété unifiée de la terre. Ils tentèrent de se débarrasser des droits d’usage traditionnels des commoners et utilisèrent la tragédie des communs qui se trouva être une métaphore adaptée. Ils citèrent entre autres la polémique d’Aristote contre la Polis de Platon dans le sens où « la propriété de tout le monde n’est la propriété de personne » et respectivement « le bien le plus partagé est le moins gardé ». Le conflit autour de la dissolution des communs traditionnels a joué un rôle clé sur l’aménagement du paysage et les modèles de propriété et d’utilisation coopérative des terres[6].

 

Plus tard, d’autres économistes, et notamment Elinor Ostrom en travaillant sur la théorie de l’action collective et la gestion des biens communs et des biens publics (matériels ou immatériels), et dans le cadre de la « nouvelle économie institutionnelle », ont montré qu’en réalité depuis la préhistoire de par le monde, de nombreux groupes humains ont réussi à développer des systèmes de gestion collective de ressources pas, peu, difficilement, lentement ou coûteusement renouvelables (terres cultivables, ressources en gibier, en poissons, en bois, et en eau potable ou d’irrigation notamment). E. Ostrom a été en 2009, la première femme à recevoir le « prix Nobel » d’économie (avec Oliver Williamson) « pour son analyse de la gouvernance économique, et en particulier, des biens communs »[7],[8].

 

Notre tribune : ouvrir le débat et faire de ce Congrès un Congrès vraiment extraordinaire…

 

13 Février 2018

Je ne partage pas la totalité de ce qui est dit, mais je crois que ces camarades ont l’immense mérite, comme d’autres, de revendiquer pour le pCF une place qui ne serait pas force d’appoint comme de fait nous y invite Pierre Laurent, obsédé par l’électotralisme et le maintien en place d’une équipe qui nous a conduit dans le mur. Autre mérite, à partir des conquêtes de la libération, poser au centre de notre démarche la question du travail. Cela suffit les humiliations, les reniements auxquels la direction actuelle et sa base commune en l’état actuel veut nous conduire. Nous voulons tous une base commune ouverte qui pointe les questions essentielles.
 
(note de Danielle Bleitrach)

 

A la veille de notre congrès, nous sommes face à un choix décisif. Poursuivre ou changer radicalement de braquet.

 

Revendiquer une petite place dans la gauche ou nous donner les moyens d’être le moteur d’une transformation concrète.

 

Nos échecs successifs nous ont placés à la marge de la scène politique, nos ambitions ont décru au rythme de nos scores électoraux. Le doute a gagné à tel point nos rangs que nous nous sommes habitués à jouer un rôle mineur, à accepter d’être maltraités, parfois humiliés, y compris par ceux que nous soutenions aux élections.

 

Sans cap, nombre de nos élu-e-s se sentent isolés, abandonnés à leur sort. Cette situation, il faut la changer. On ne doit plus reculer et se cacher dans le coin du ring.  Et nous ne pouvons pas courir le risque d’une ultime synthèse qui, pour satisfaire des courants internes, laisserait les militants totalement démunis. Nous devons avoir le courage de trancher les questions dans le vif pour réussir, sous peine de passer du masque respiratoire du Parti socialiste à celui de la France Insoumise.

 

Le communisme, une solution pour le présent

 

Il nous faut d’abord prendre conscience que le communisme, au delà de toute incantation, peut être une solution pour le présent si nous nous en donnons les moyens. Pas une simple « visée » mais une construction concrète.

 

Les risques insensés que le capitalisme fait désormais courir à l’humanité -catastrophes écologiques, explosions des inégalités, crises migratoires, crises financières, menace d’une guerre nucléaire – sont dans toutes les têtes. Les esprits sont prêts à entendre, à comprendre qu’il faut dépasser la juste revendication d’un meilleur partage des richesses pour changer la production elle-même, la manière d’organiser le travail et la vie en société.

 

Nous ne partons pas de rien. Les communistes et les syndicalistes de la CGT dès la sortie de la guerre ont semé les germes d’un communisme naissant avec le régime général de la sécurité sociale, le statut de la fonction publique, le salaire à la qualification, la production de soins sans appel au capital… Le modèle social français doit à ces militants communistes et syndicaux l’essentiel de sa dimension révolutionnaire. Ce déjà-là communiste, il s’agit de l’expliciter et de le faire grandir. De poursuivre le geste en l’amplifiant.

 

Le travail, une clé révolutionnaire

 

Au cœur de cette construction, nous mettons la question du travail, en ce qu’elle implique l’essentiel de la vie en commun. De la production de la valeur à sa répartition en passant par la position et le statut social du producteur. Si nous partons du travail et de la production c’est parce leur transformation modifie en chaîne toute la vie sociale.  C’est une clé révolutionnaire et c’est là que nous proposons de porter le fer en premier car c’est en libérant le travail de la domination du capital que nous pouvons affronter efficacement les autres dominations, sexistes ou racistes, assumer le défi écologique, sortir la laïcité de son dévoiement actuel.

 

Les laudateurs de la démocratie ne s’émeuvent guère de voir celle-ci s’arrêter pile à la porte de l’entreprise. Leur proposition serait donc que le salarié passe le tiers de sa vie comme un sous-citoyen, infantilisé par un patronat qui l’exploite. Nous contestons radicalement cette vision de l’Homme et du monde. En gagnant le droit de voter, nous sommes devenus majeurs politiquement ; il reste une conquête essentielle à réaliser : devenir majeurs économiquement.

 

Nous devons d’abord cesser de n’appeler travail que ce qui mettrait en valeur le capital. Cela vire à l’absurde : si une mère ou un père de famille accompagne ses enfants à l’école, ce n’est pas considéré comme du travailmais ça le devient si c’est la nounou qui le fait ! Il nous faut élargir considérablement le champ du travail en l’émancipant de sa pratique capitaliste actuelle. Ce sont les travailleurs qui produisent, c’est eux qui doivent décider de ce qui est produit. Il nous faut également attacher le salaire non plus à l’emploi mais à la personne et donc en faire un salaire à vie. Il s’agit de permettre aux salariés de devenir des citoyens-producteurs, aptes à organiser eux-mêmes toute la production parce qu’ils maîtriseraient l’investissement et seraient enfin ensemble les propriétaires des entreprises. C’est possible et c’est nécessaire pour sortir la société de l’impasse actuelle. Cela implique la réappropriation des centaines de milliards d’euros qui partent dans les poches des actionnaires et des banquiers pour les investir utilement dans le développement des entreprises et des territoires. Et évacuer le chantage à une prétendue raréfaction du travail.

 

Pour que notre parti soit à la hauteur d’un tel défi, il faut à nouveau former les militants en refondant les Écoles du parti. Nous devons être capables de faire des jeunes des milieux ruraux comme des quartiers populaires urbains, des hommes et des femmes politiques de très haut niveau. Proposer un cursus solide qui donne à la fois les clés d’une lecture structurelle de notre société et nous préparer à promouvoir l’actualité du communisme.

 

Nous proposons de transformer le parti pour lui réassigner un objectif révolutionnaire. Alors nous pourrons à nouveau peser dans les choix politiques, être respectés dans le rassemblement, retrouver un avenir, la fierté et la dignité que tous les militants communistes, par leur action et leur fidélité, méritent amplement.

 

Frédéric Durand – Bernard Friot – Pierre Resta – Aurélien Alphon-Layre

Modèles de propriétés publiques

 

12 Février 2018

Modèles de propriétés publiques

Deuxième traduction de l’économiste marxiste britannique Michael Roberts.

 

Cet article, dans une perspective française, a à mon sens un double intérêt.

 

D’abord, il permet de prendre un peu de recul dans la multitude des mouvements européens qui résultent de la crise de la social-démocratie « néo-libérale ». La situation du Labour Party, dirigé par Jérémy Corbyn depuis 2015 montre que la constitution d’une alternative populaire sérieuse et conséquente ne nécessite ni recours au populisme, ni dégagisme, ni démagogie « anti-parti ».

 

Surtout, la question de la propriété publique des moyens de productions stratégiques, des services publics et des « postes de commande de l’économie » que sont les grands banques et institutions financières est une question centrale. Dans la perspective britannique, en cours de sortie de sortie de l’Union Européenne, poser la question de la propriété publique des moyens centraux de production ne se heurte plus aux traités européens.

 

Intéresant de voir le bilan négatif  (y compris en termes de productivité et d’investissement) tiré des privatisations britanniques des 40 dernières années. Privatisations qui ont servi de modèle à l’Europe et qui ont été plus loin que dans nimporte quel autre pays.

 

Intéressant de voir que le Labour Party se saisit à bras le corps de la question de la propriété publique des services de bases de la société.

 

Intéressant aussi de voir qu’un des modèles de gestion publique est la nationalisation des industries électriques et gazières, par le communiste Marcel Paul (dont, selon la formule consacrée, chaque travailleur devrait connaitre le nom et la biographie) en 1946.

 

Intéressante enfin la critique que fait Michaël Robert de la position du Labour, en montrant qu’une nationalisation limitée au services de base, laissant de coté les principales institutions financières, même avec un plan d’investissement public massif de 1 à 2 % du PIB, ne permet pas de contrôler l’économie, de rétablir l’emploi ni de faire face à une éventuelle récession.

 

Franck MARSAL


 

Modèles de propriété publique


Article de Michaël Roberts, publié le 10 février 2018 sur son blog. (traduction F. Marsal)

 

Je viens juste d’assister à une conférence spéciale, convoquée par le Parti Travailliste britannique pour discuter des modèles de propriété publique. Le but de la conférence était de développer des idées nouvelles sur la manière dont un futur gouvernement « Labour » pourrait construire le secteur public, s’il parvenait à remporter les prochaines élections générales.

 

La pièce maîtresse de la conférence était un rapport, préparé par la direction du parti et publié l’automne dernier, intitulé Modèles aternatifs de propriété (étrangement, sans mention du terme « public »).

 

Le porte-parole du parti pour l’économie et les finances, John McDonnel (et auto-proclamé « marxiste ») présenta les idées principales du rapport qui s’appuyait sur une large série d’experts académiques, dont Andrew Cumbers de l’Université de Glasgow, qui a beaucoup produit sur le sujet de la propriété publique. Et Cat Hobbs, de Weownit donna un bilan convaincant des échecs et des gaspillages des privatisations passées.

 

Sous de nombreux aspects, le discours de McDonnel frappait par la volonté authentique du futur gouvernement travailliste sous Jeremy Corbyn et McDonnel de restaurer des services publics solidement constitués et financés et de revenir sur les privatisations passées de secteurs économiques clés par les précédents gouvernements conservateurs et travaillistes de la période néolibérale des 30 années qui ont précédées la Grande Récession.

 

McDonnel et le rapport ont mis en avant une série de modèles pour de futurs services et actifs de propriété publique : depuis les coopératives, les services municipaux et la nationalisation de secteurs clés comme la santé, l’éducation et des biens communs comme l’eau, l’énergie et les transports – les soi-disant « monopoles naturels ».

 

Comme le rapport le démontre abondamment, les privatisations des 30 dernières années ont clairement échouées, y compris par rapport à leurs propres objectifs affirmés : plus d’efficacité et une productivité plus élevée, davantage de concurrence, et une meilleure équité. La réalité a été totalement contraire. La productivité de l’économie britannique s’est effondrée, et, comme l’ont montré de nombreuses études (voir mon récent article), les industries privatisées n’ont pas été plus efficaces du tout.

 

Elles ont principalement été des sociétés destinées à réaliser un profit rapide pour les actionnaires, aux dépens de l’investissement, du service rendu aux clients et des conditions de vie et de travail des salariés (salaires, retraites et charge de travail). En réalité, le mot d’ordre des chemins de fer, de l’eau, de l’énergie et des services postaux privatisés a été ‘court-termiste’ c’est à dire augmenter la valeur des actions, payer aux dirigeants des bonus élevés et verser de gros dividendes au lieu d’investir pour le long-terme dans une vision sociale de l’intérêt général.

 

L’industrie d’état est réellement un modèle économique efficace et, ce même dans des économies principalement capitalistes. Le rapport travailliste évoque le fait que, la part des entreprises d’état dans le top 500 des multinationales a augmenté de 9 % en 2005 à 23 % en 2015 (bien que ceci soit principalement dû à l’ascension des sociétés d’état chinoise). L’histoire des réussites des économies d’Extrême-Orient fut en partie le résultat de secteurs à propriété d’état ou à contrôle étatique qui ont modernisé investi et protégé contre les multinationales américaine (bien que ce fut aussi la disponibilité d’une main d’oeuvre bon marché, de suppression des droits des travailleurs et de l’adoption de technologies importées).

 

Comme de nombreux auteurs, comme Mariana Mazzacuto l’ont montré, le financement par l’État, et la recherche ont été vitaux dans le développement de grandes sociétés capitalistes. L’industrie d’état et la croissance économique vont de pair – et le rapport travailliste cite « la success-story européenne rarement citée est l’Autriche, qui est parvenue au deuxième plus haut niveau de croissance économique (après le Japon) entre 1945 et 1987, avec le plus haut taux de propriété d’état dans l’économie dans l’ensemble de l’OCDE » (Hu Chang)

 

Le rapport met également en évidence qu’il ne devrait pas y avoir de retour vers les vieux modèles de nationalisation qui avaient été adoptés après la seconde guerre mondiale. Il s’agissait d’industries d’état, destinées principalement à moderniser l’économie et à fournir les industries de base subvenant au secteur capitaliste. Il n’y avait pas de démocratie, et pas d’implication des travailleurs ni même du gouvernement dans les entreprises d’état et certainement pas d’intégration dans le moindre plan élargi d’investissement ou de satisfaction des besoins sociaux. C’était ce qu’on appelait le modèle « Morrisonien », du nom du dirigeant de l’aile droite du parti travaillite, Herbert Morrison, qui supervisa les nationalisation d’après-guerre en Grande Bretagne.

 

Le rapport cite des exemples alternatifs de systèmes d’entreprises d’État démocratiquement responsables. Il y a le modèle novégien StatOil, où un tiers du conseil d’administration est élu par les employés ; plus approprié encore, le secteur français du Gaz et de l’Electricité (NdT : nationalisation proposée et organisée par le communiste Marcel Paul, alors ministre de la production industrielle, dans le gouvernement de la Libération dirigé par le Général de Gaulle) où le conseil d’administration des sociétés nationales était « composé de quatre représentants de l’État, quatre issus de groupes techniques et d’experts (dont deux représentants des intérêts des consommateurs et de quatre représentants syndicaux » (B Bliss).

 

Tout cela était de très bonnes nouvelles et il était clair que le public militant du parti travailliste était enthousiaste et prêt à implémenter un « changement irréversible vers des services publics gérés par les travailleurs » (McDonnel). L’objectif des dirigeants travaillistes est de revenir sur les pricédentes privatisations, de mettre fin aux iniques soi-disant « partenariats privé-public », d’arrêter la sous-traitance et la délégation de services publics aux sociétés privées et de sortir le National Health Service du marché … Ceci est excellent, comme leur volonté de considérer, non seulement la fausse idée d’un Revenu Universel de Base comme une alternative sociale à la perte d’emploi liée à l’automatisation future, mais également, l’idée progressiste d’un Service universel de base, ou les services publics comme la santé, l’assistance sociale, l’éducation, les transports et les communications sont délivrés gratuitement aux usagers – ce que nous, économistes, appelons les biens publics.

 

Pourtant, pour moi, la problématique demeure celle que j’ai soulevé d’emblée en considérant les ‘Corbynomics’lorsque Corbyn emporta pour la première fois la direction du parti travailliste en 2015. Si la propriété publique est confinée à ce qu’on appelle les monopoles naturels et aux services de base et n’est pas étendue aux banques, au secteur financier et aux industries stratégiques clés (les « postes de commande » de l’économie), le capitalisme continuera à prédominer dans l’investissement et l’emploi et la loi de la valeur et du marché continuera à prévaloir. Le plan du Labour pour une banque d’investissement d’état et un plan d’investissements public ajouterait environ 1-2 % à l’investissement total, au PIB britannique.  Mais le secteur capitaliste investit près de 12 – 15 % du PIB et demeurerait dominant à travers ses banques, la pharmacie, l’aérospatial, les conglomérats de services technologiques et financiers.

 

Il n’y eut pas de discussion sur la prise de contrôle de ces secteurs lors de la conférence. Il n’y eut même pas de discussion sur la prise de contrôle des cinq premières banques – ce que j’avais soulevé dans ce blog en contribuant à la rédaction d’une étude, pour le compte des syndicats de pompiers (et qui, formellement est la ligne des Trade Union Congres, les syndicats britanniques). Sans le contrôle de la finance et des secteurs stratégiques de l’industrie britannique, un gouvernement travailliste sera soit frustré dans sa volonté d’améliorer le sort des plus nombreux (son slogan « the many, not the few »), ou pire, sera confronté à l’impact d’une nouvelle récession mondiale, sans protection aucune face aux vicissitudes des marchés et de la loi de la valeur.

 

Michaël Roberts

Conseil National des 9 et 10 février, Un CN différent pas encore extraordinaire mais sur le chemin. Place du bilan et composition de la commission de rédaction de la base commune. La direction battue sur la composition de la commission

 

, par  Paul Barbazange
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Quelle sera la place du "bilan" lors du 38ème congrès. Sera -t-il la cinquième roue de la charrette comme essaie de nous y conduire les interventions du secrétaire général ou ira t-on vers un débat ouvert, sans tabou ? Un conseil national ouvert, se terminant par le rejet pur et simple de la commission de rédaction de la "Base commune" proposée par le CEN sortant laisse ouverte la possibilité d’un 38ème congrès réellement extraordinaire.
 

Deux interventions au fil des débats.

 

Première intervention vendredi après midi dans le souci de croiser l’expérience des Etats généraux, de la difficulté à contribuer aux luttes, avec la question du bilan pour un congrès extraordinaire.

 

Les "états généraux du progrès social" bien que compliqués à mettre en oeuvre ont permis dans ma section un compte rendu collectif unanime de la part de camarades porteurs par ailleurs d’ appréciations différentes. Nous demandons et nous travaillons à des réponses politiques "plus communistes" quel que soit le sujet. Nous souhaitons dégager une perspective communiste en relation étroite avec notre connaissance du développement des forces productives et d’un travail à mener sur notre histoire, sur les rapports de force actuels. La longue série décennale d’échecs électoraux et politiques maintenant compliquée par l’absence, pour le moment, de luttes convergentes rend le saut qualitatif compliqué pour tous. Mais il n’ y a plus de perspectives en restant dans un simple état des lieux combiné à une nouvelle proposition d’union de la gauche comme porte de sortie, ce qui est aujourd’hui la position affichée de la direction. Les dominés, les exploités, les classes populaires ont besoin d’autre chose.

 

Je veux être plus précis, d’importants constat d’actualité sont faits : protection sociale, hôpital, EHPAD, état de l’industrie ; la précédente intervenante vient de rappeler notre positionnement historique solide sur la production d’électricité non carbonnée à partir de l’énergie nucléaire... mais au delà ? Quoi ? 

 

- Quelle place est donnée au salaire et au pouvoir d’achat, question au coeur de tous les affrontements de classe, question sur lequel le PCF s’est construit, a été utile dans les années 50, 60 70 ? Quelle place avec les nouvelles formes de production pour le salaire socialisé ? 


- Qu’est ce qui est porté comme perspective de lutte sur la protection sociale, la sécurité sociale et son financement (santé, enfance, retraite, demain dépendance) alors qu’en face Macron et le patronat s’en donnent à coeur joie amplifiant la cohérence des gouvernements droite ou gauche précédents ? 


- Sommes nous capables de définir, de nommer, la perspective de société en rupture avec le capitalisme pour laquelle nous combattons ? En les nommant : socialisme et communisme ... avec leur nécessaire contenu d’appropriation collective et de retour au collectif face à l’individualisme.

 

L’effacement de ces questions nous rendent inaudible. Retrouvons une perspective compréhensible.

 

Le 38 ème congrès ne pourra se dérober sur ces questions et quand les camarades très majoritaires demandent un bilan, c’est bien de cette capacité à proposer la rupture dont il s’agit. Ce bilan doit comprendre : l’état de l’organisation et lepatrimoine du parti, le nombre et tout ce qui concerne l’activité des élus, des premières réflexions sur la tactique....

 

Oui, nous avons besoin d’une base commune, nous ne pouvons comme aux précédents congrès repousser les questions que nous pose l’histoire. Dans la phase préparatoire actuelle la base commune doit être réellement commune, donc ouverte. Un texte qui pose toutes les questions, sans tabou. Un texte qui permet à chaque adhérent de réfléchir de choisir entre différentes analyses et hypothèses. Nous avons besoin d’une direction respectueuse du sens pris par les communistes, pour que les réponses soient construites par les adhérents dans les débats et non par des prises de positions visant à l’occupation des médias par quelques dirigeants. 


En fait il nous faut déjà rompre par la forme de la base commune avec beaucoup de ce qui a été fait depuis 20 ans. C’est ce qui rend pour tous la situation si compliquée à ce CN. La situation radicalement nouvelle avec notre quasi effacement national, l’effondrement du PS, la place totalement dominante de la social démocratie de Macron à Mélenchon nous y oblige.

 

Des forces importantes et diverses existent dans le parti et assez loin dans la mouvance communiste. Le renouveau de l’utilisation de la pensée de Marx, l’attrait sur les jeunes générations, la violence du capitalisme tant en France que dans le monde, le recul que nous donne plusieurs décennies sur notre propre stratégie permettent un 38 ème congrès extraordinaire. C’est à nous communistes, c’est à nous direction nationale aujourd’hui d’en décider.

 

Deuxième intervention, samedi en milieu d’après midi, juste après la prise de parole de P. Laurent.

 

Mesurons ensemble l’importance des trois dernières interventions après les 40 minutes de prise de parole de Pierre Laurent. Elles demandent toutes à partir d’expériences différentes un véritable bilan et de revoir totalement la commission de rédaction de la base commune. Je reviendrai sur cette question en fin de mon intervention. Le débat, intense, riche, divers ce matin a ouvert des portes vers un congrès réellement extraordinaire. P Laurent dans son intervention vient, par le fond des idées qu’il a reprises, de menacer de les refermer.

 

Je m’explique, nous avons besoin d’un congrès différent, réellement extraordinaire, différent de ce qui a eu lieu ces dernières décennies. Le secrétaire général dans la note d’étape "Bilan et avenir de notre démarche stratégique : 6 questions à débattre" distribuée hier, dont il est le principal rédacteur nous dit "Croisons les choses", "Ouvrons le débat". il vient de nous redire mot pour mot une note qui renvoie le bilan au 5ème rang des questions travaillées ! Véritable cinquième roue de la charrette, quoi ! Il nous dit ouvrons les débats mais ne changeons rien, continuons, même si les résultats, le réel finalement nous condamne.

 

Depuis ce matin beaucoup d’intervenants ont dit la grande difficulté, jamais connue à ce niveau, à engager les camarades les militants dans les débats. Il est encore possible d’y parvenir si nous brisons les tabous. Pas par des réponses toutes faites par en haut, un débat autre que les échanges par internet : dans l’échange vivant des cellules, des sections, des fédérations. Un camarade a rappelé ce matin le besoin de véritables "disputes" au sens de l’affrontement fraternel d’idées. Nous en avons besoin. La présidence me demande de conclure. Pour les raisons que je viens de donner, en convergence avec une grande majorité des interventions, je ne voterai pas la composition de la commission qui nous est proposée, elle vise à reproduire le passé, et je demande qu’une autre construction tenant compte des débats de cette cession du CN soit proposée pour la rédaction d’une base commune ouverte, sans tabou. Le 38 ème congrès extraordinaire en découlera.

 

Paul Barbazange section de Béziers, Hérault.

 

La tribune prenant acte de son échec quasi assuré si elle proposait la commission telle quelle après plusieurs tergiversations a fait voter la décision de soumettre par un vote internet une autre composition. Il reste que le coeur du débat n’était pour personne une liste de noms mais le contenu à venir de la base proposée comme "commune".


Documents joints

Vos commentaires

 

  • Le 12 février à 18:22, par pedrito En réponse à : 

  • Place du bilan et composition de la commission de rédaction de la base commune

  • A ceci près que les échanges sur internet sont significatifs d’un IMMENSE besoin de communisme, et non de servir de cinquième roue à un ps politiquement corrompu

     

    Le 13 février à 09:02, par Michel BerdaguéEn réponse à : 

    Place du bilan et composition de la commission de rédaction de la base commune

     

  • Bonjour Paul
    Cher camarade ,


    Tout d’abord une sacrée coquille ....! très signifiante .


    Ce secrétariat national sortant puisqu’il y a Congrès dit extraordinaire après celui de 2016 a un secrétaire non pas général comme tu le dis en préambule, il n’y a au Parti et depuis longtemps des secrétaires à tous les niveaux et bien sûr au national.


    Le qualificatif de général je l’ai souvent entendu de la part de communistes intervenant en public, ce qui montre une grande confusion et une approbation du dit national comme la dite direction.


    Non il n’ y a qu’une seule direction c’est celle des Communistes organisés ! Même après ce 38 e Congrès il n’ y aura pas de secrétaire "général" dit de "direction" voire une, un dirigeante tant qu'il y aura une équipe de camarades élus en Congrès au plan national qui SAIT que tout part de la vie des cellules entreprises surtout et quartiers, sections et " monte " au départemental, régional ...le national qui lui a la charge de coordonner toutes ces remontées sur la base de la stratégie annoncée et votée au Congrès , et si des contradictions à différents niveaux sont manifestes , un " extraordinaire " et si c’est pour répéter les mêmes graves erreurs c’est NIET .


    Cette confusion donc entre général et national révèle beaucoup du malaise dans le Parti , il y a confusion avec le Secrétaire Général du syndicat qui reconnaît la Lutte de classes et inscrite dans ses statuts, la CGT, qui lui est qualifié de général . D’où dans certains esprits de communistes de dire les dirigeants, la direction comme si ces camarades ayant des responsabilités importantes doivent se placer à nous diriger.............non là il y a un impossible !


    J’avais écrit ici à Réunir les Communistes qu’il n’ y a pas de dirigeant - à part Jacques Duclos reconnu par le militantisme et le secrétaire national et les équipes l’entourant, il faut voir des vidéos de 1967 ...où Jacques Duclos terminant son intervention : " Communistes au travail ! " sachant que les communistes Debout bossaient durs, debout tout le secrétariat national le bureau politique applaudissant à tout rompre ! 


    L’idéal c’est que chaque communiste, donc de terrain lieux de travail et habitat, s’engage dans le militantisme ...communiste.


    Là se trouve toute la stratégie élaborée et votée ...et communiste bien sûr.


    Ta première intervention concernant le bilan à faire, sans ça les mêmes très graves erreurs se répéteront, a ça dans une explication ...."... l’effondrement du PS, la place totalement dominante de la social démocratie de Macron à Mélenchon nous y oblige. " nécessite une autre analyse . Macron social démocrate ? Bon je te laisse conclure. Quant au dernier c’est un genre opportuniste comme jamais, lamberto/mitterrandiste/maastri chien /roccardien (son maître à penser) / mouffiste (celle qui admire un juriste " brillant " nazi) comme tous les opportunistes très difficiles à classer, ça bouge tout le temps... pouvant aller jusqu’au pire si les limites ne sont pas signifiées surtout un anticommuniste comme lui ça c’est une constante. D’où les insultes à répétition sur le Parti, nos élus , que nous sommes sic "...morts " 


    Voulant nous plumer comme le Mite/Mite - c’ est ainsi que je surnomme Mitterrand depuis toujours -les Communistes ceux et celles qui sont organisés, les autres les plus nombreux, écoeurés et en dehors.


  • Ta deuxième intervention est nettement plus vraie, en effet que Laurent le secrétaire national actuel et sortant menace ...de refermer quoi les idées ? Sans débats mais il doit savoir que personne ne peut fermer des idées ... communistes ! En référence à Marx, Engels, Lénine, Rosa Luxemburg ... et beaucoup car communistes comme le vivant Bernard Friot du niveau des cités plus haut.


  • Au cours du CN et cela montre toute la force des communistes très vivants et d’éthique, n’ allant pas dans les communs mais communistes réunis et représentés par les communistes les ayant portés, mandatés pour les représenter.


  • Avec tout mon soutien pour tes conclusions de ton intervention .


  • Salut ....communiste , mais faut - il le préciser ? Face aux dérives social -démocrates, oui .

  • Michel Berdagué 
    Section de Paris 4 .

  • Le 13 février à 09:04, par Michel Berdagué En réponse à : 

  • Place du bilan et composition de la commission de rédaction de la base commune

  •  

    Ceci est à placer avant : Ta deuxième intervention est plus vraie ......

     

    "..... J’avais dit au secrétaire - sortant - lors d’une réunion à Fabien avec les communistes de la Région parisienne et des syndicats de lutte de classes la CGT en premier et Sud, donc à Pierre Laurent que nous ne devions pas suivre ce PS, cette social - démocratie qui allait chuter comme jamais, remplacée par une poussée d’extrême droite, et que nous ne devions pas en tant que communistes les remplacer par une social démocratie de relève, ce sera la chute assurée.

     

    Au pot qui s’ensuivit le secrétaire national n’était pas là ... partit avec que nous étions entre camarades, à discuter joyeusement et fort entre camarades.

  • L’abstentionnisme le prouve, nos troupes sont là, le salariat, le prolétariat, et au delà même, commerçants, artisans, paysans et responsables/petits patrons de PME/PMI qui face aux concentrations des monopoles privés, concentration comme jamais, ces PME sont à la merci des grands groupes privés capitalistes of course.

  • Les communistes ont les solutions, d’ailleurs c’est la seule voie, encore faut-il dire nos propositions et la stratégie pour les appliquer et non pas se noyer dans un brouillard soc/démo:eco/verdâtre en pleine déconfiture.


  • MB


    • Le 13 février à 14:42, par SARTON Bernard En réponse à : 
    • Je pense que la direction sortante est décrédibilisée et il nous faut donc envisager un renouvellement révolutionnaire des collectifs à tous les niveaux . Notre section d’Aubagne, tirant toutes les leçons des évènements passés(élections, luttes sociales perdues), s’autodirige par un collectif sans secrètaire de section. Et nous nous en portons très bien. Il nous reste à approfondir la participation active de tous les adhérents , anciens et nouveaux . Ce Congrès doit pouvoir ramener le PCF à une conception politique très révolutionnaire face à cette crise du capitalisme permanente et de plus en plus chaotique. Les luttes sociales se développent et les pouvoirs en place sont très vite impopulaires par l’inconsistance de leur politique d’austérité. Nous devons étudier dans le détail les résultats électoraux (Abstention, votes des partis, bulletins blancs et nuls, non inscrits) afin de parfaire notre travail politique de terrain.


      Le rassemblement des citoyens doit se faire sur une base de changement de société, d’une nouvelle république populaire allant vers la société socialiste-communiste. Les alliances de sommet sont inutiles car la militance de base rechigne de plus en plus à suivre les directives venant d’en haut. La désignation des candidats aux élections doit se faire par en bas et soumise pour approbation aux citoyens des quartiers populaires et dans les entreprises , si un candidat est rejeté il doit être remplacé et reproposé aux citoyens dans les mêmes conditions de vote populaire. Ce n’est pas avec 50000 militants qu’on peut gagner une Présidentielle, une législative , il faut des millions de citoyens mobilisés pour faire gagner un candidat communiste de qualité avec un programme dit révolutionnaire capable d’ouvrir le changement de société avec une participation citoyenne à plusieurs millions d’unités. Les masses faisant l’histoire, il nous faut appliquer cette loi sans aucune entrave statutaire et sans ordre de personnalités plus ou moins reconnues par le peuple. Si nous poursuivons dans l’avenir les mauvaises habitudes prises ces dernières années avec le programme commun, la gauche plurielle, le Front de gauche, l’alliance Mélenchon nous sommes en dehors des clous de l’histoire avec une social-démocratie collaboratrice active du capital. Les Travailleurs et la jeunesse attendent autre chose de nous , ils attendent une vision rapide d’un changement de société . La grande bourgeoisie l’ a sentie avec la promotion de Macron en utilisant les termes de Révolution, de nouveau monde, de transformation. Le "nouveau monde" c’est ce que nous devons proposer par l’intermédiaire de la "révolution populaire" pour "transformer" notre pays et la vie du peuple vers plus de bonheur en supprimant le chômage et la misère. 


      Tous les militants du communisme oeuvrent dans ce sens , encore faut-il leur permettre de gagner cette bataille contre le capitalisme sans aucun frein d’un soi-disant leader ou d’une caste d’apparatchiks aux cerveaux préfabriqués par des compromissions sans aucun résultat . Le mouvement dialectique de l’histoire humaine exige la participation par millions des citoyens partout en France et dans le monde.

       

      Bernard SARTON, section d’Aubagne

      • Le 13 février à 18:35, par Michel Berdagué En réponse à : 

      • Place du bilan et composition de la commission de rédaction de la base commune

      • A Pierre Sarton et camarades, 


        Eh bien c’ est par le Sud avec la chaleur et la lumière, Aubagne, Béziers ....


        Au dit " Progrès social " à Malakoff ateliers " Travail et emploi " du samedi 3 février 2018 ; une camarade de Perpignan cadre au chômage, une autre de Toulouse ville devenue Rouge suite à son intervention concise respectant les multiples questions des présents très nombreux dans la salle d’école pleine , oui y a soif de stratégie Communiste .


        Oui au bilan mais ne pas trop s’ attarder sur les dérives des 20 à 30 années et pourtant de Luttes qui n’ ont pas cessées , les causes sont connues, et il n’ y a pas à se morfondre avec .


        Par contre ouvrir toutes nos propositions , et pas une seule ligne dans nos tracts sur les analyses des malheurs et des conséquences de la contre révolution en marche cornaquée par le Kapitalisme en stade suprême de ce début de siècle et arrosé par l’ Impérialisme à qualifier de financier , nous le vivons trop dans notre chair , pas une seule ligne là , mais tout le tract consacré à nos propositions communistes , et elles sont nombreuses.


        C’est ce que disait aussi Bernard Friot dans la salle Louise Michel à la Bourse du Travail de Paris à République, réunion du http://www.reseau-salariat.info/, salle pleine de trentenaires, moins et plus et qqs cheveux blancs et ce pendant deux heures avec questions réponses, très riches, avec des échanges de qualité et communistes.


        Oui la soif de communisme est là, mais encore faut-il que ce secrétariat national sortant à Fabien ne nous mène pas dans le désert à errer sans issue .


        En effet c’est la grande bourgeoisie qui a promu le Macron, il faut voir la claque hystérique et la voix de l’élu qui ne l’est pas moins à la Porte de Versailles.


        A la Sorbonne au Séminaire de Jean Salem " Marx au XXIe siècle , l’ esprit et la lettre ", amphi plein à craquer, un camarade me dit : " il ne fera même pas qqs % , rien " ... moi doutant, mais j’ai été surpris de toutes les manipulations de style nutella des pubs manipulatrices signifiant le manque par le dit de rupture de stock de ce chocolat trafiqué, là c’est du kif kif un produit marketting du marché capitaliste et où les finances privées arrosent sans aucune limite.


        Etonnant le résultat, ah si il y avait eu une candidature communiste ....


        Salut .
        MB


  • Le 13 février à 19:40, par CN46400 En réponse à : 

  • Place du bilan et composition de la commission de rédaction de la base commune

  • Nous sommes au fond de la piscine. Pour remonter vers la surface, nous avons une équation simple à résoudre, une fraction élémentaire.


    Au numérateur, comment réaliser, dans la France actuelle le commandement de Marx : Prolétaires de France, unissez-vous ! Ce qui suppose de définir le prolétariat actuel, la bourgeoisie actuelle, le mécanisme actuel de l’exploitation et de nommer le tout avec les mots adéquats parce que clairs et précis.


    Au dénominateur il y a notre filiation qui ne peut être reniée, Lénine et la Révolution d’octobre qui a échoué en 1991. L’été 1871, Marx avait déjà tiré les leçons de l’échec de la Commune de Paris. Bientôt trente ans après 1991, nous ne savons toujours pas d’où est venu l’échec. Complot, déficit démocratique, la personne de Staline, la guerre froide, etc etc... et jamais la critique économique n’est avancée. Nous savons tous que les révolutions fleurissent toujours sur le terreau d’une crise économique ; pourquoi en serait-il autrement pour les contre-révolutions ? Il est temps, plus que temps, que le PCF donne une réponse crédible, et collective, à cette interrogation.


  • Le 14 février à 09:00, par Michel Berdagué En réponse à : 

     

    Place du bilan et composition de la commission de rédaction de la base commune

     

    au "CN46400 " ? Qui écrit ?


    1991 ne constitue pas un échec pour Lénine et la Révolution d’Octobre.


    La Révolution pour le communisme ne s’arrête pas là.

     

    La représentation des Communistes français en Russie pour le Centième anniversaire a du être surpris non pas de la mort du communisme en Russie mais au contraire de la vivacité des communistes dans ce grand pays, et des communistes dans le Parti, cf les élections passées et à venir... Poutine, et sa Russie patriotique et Unie vont, encore gagner les élections prochaines et il sera très intéressant de voir le " score " des Communistes Ruses , surprise ...?.


    Par contre ce qui est en ECHEC, une Bérézina cinglante, une gifle historique comme jamais ce sont tous les pt’its partis réactionnaires sponsorirés par l’Impérialisme de ce XXIe si dangereux, ces officines sont exsangues malgré tous les milliards versés et de faire même pas 1 % aux prochaines .


    Medvedev le libéral est mutique , atone et doit réviser les classiques Marx, Engels, Lénine, ...le matérialisme historique écrit par Joseph Staline .. entre autre , lus à l’école, une relecture est obligatoire pour comprendre, après un stage, appropriation dans le fouillis de la non pensée puisqu’Unique libérale, il se tient à carreau et il a raison .....! Devoirs de vacances donc par vacance de pouvoir néfaste pour la Russie et son Peuple si courageux .


    MB

    Répondre à ce message

  •  Le 14 février à 09:09, par CN46400 En réponse à : 
  • Place du bilan et composition de la commission de rédaction de la base commune
  •  

    @ MB
    J’ai donc rêvé, il ne s’est rien passé en 1991 à Moscou.....


    • Le 14 février à 09:41, par Michel Berdagué

    • En réponse à : Place du bilan et composition de la commission de rédaction de la base commune

    • Au X cn36400; non c’est dans l’état de sommeil que l’on rêve - les humains, quoique notre chat rêve aussi ...mais pas les machines/robots/ordi, en état de veille nous devons être : en instant de voir, le temps pour comprendre, et le moment de conclure.


      Michel Berdagué

Conseil National des 9 et 10 février

 

Intervention de Marie-Christine Burricand

 

, par  Marie-Christine Burricand
pdf | 
 
La base de débat propose par le texte "Bilan et avenir de notre démarche stratégique " me semble passer à côté des questions essentielles pour l’avenir.
 

Le plus critiquable tient au tour de passe /passe qu’il réalise sur la question du bilan stratégique, exigence ancrée dans la volonté d’un congrès extraordinaire, car s’il s’agit simplement de faire mieux, plus, à la marge, il n’y a pas nécessité d’un congrès extraordinaire.

 

Le texte démarre par le titre "bilan et avenir de notre démarche stratégique" au sous titre vers la "redéfinition" de cette même démarche stratégique. Les mots ont un sens. Redéfinir : modifier, reformuler le contenu d’une définition, définir une nouvelle fois en changeant quelque chose. Belle ambiguïté sur le sens donné à ce qui devrait être un examen stratégique. Et nous arrivons ainsi à un bilan, non plus de la stratégie, mais de nos expériences, dans un point 5 très limité.

 

Le mot expérience est de ailleurs très à la mode dans nos rangs. Si on expérimente, on peut bien se tromper ! Mais quand il s’agit d’un parti, il y a des expériences qui coutent chers et ont des effets définitifs. Le peuple et la société ne sont pas un terrain de jeu.

 

Au final, l’absence de bilan stratégique sincère induit un texte qui surtout ne touche pas au cadre stratégique qui est le nôtre depuis 20 ans. Nous sommes quasiment dans l’explication de texte de "rallumons les étoiles" en tentant, car il le faut bien, de répondre à l’exigence des communistes de rompre avec l’effacement du PCF. 


Mais peut-on y arriver sans au moins ouvrir sur la réflexion sur notre cadre stratégique, cela paraît impossible. Je peux accepter qu’un congrès ne tranche pas toutes les questions, je peux accepter un commun d’engagements et de combats à condition que les questions stratégiques soient ouvertes, nous n’en sommes pas là.

 

Des éléments sont affirmés comme allant de soi dans ce texte alors qu’ils font débat : 


- La définition du communisme : " L’humanité en commun, un chemin, une visée ", " égalité, partage des richesses, des pouvoirs " oui mais comment reprendre ces richesses, que fait on de l’exploitation, de la propriété, du profit, de la plus-value ? 


- La question des classes sociales est esquivée sous prétexte de mouvement démocratique. Or quel sens de ce mouvement démocratique sans reposer la question des classes sociales et de leurs places respectives dans ce mouvement ? 


- Le sens du bouleversement politique de 2017 qui fait l’impasse sur le désengagement croissant des citoyens du processus électoral, l’abstention. Un mouvement qui se renforce au fil des années et des déceptions politiques et qui a trouvé son apogée en 2017. 


- L’appel à repartir vers vers cette nouvelle mission historique que serait la reconstruction de la gauche. 


- Le rapport tactique et strategie : il est vrai que nous n’avons pas fait preuve de grandes qualités tactiques ces dernières années notamment aux présidentielles et aux municipales. Mais peut-il y avoir de la tactique sans stratégie et quand notre affaiblissement affaiblit nos liens avec la réalité sociale ?

 

Surtout, il y a des fantômes : 


- La référence au marxisme n’est pas explicite 


- J’ai parlé de l’exploitation, coeur du capitalisme 


- L’État est le grand absent avec la prise du pouvoir : quel rôle pour l’état pour permettre la prise de pouvoir du peuple, prendre les mesures nécessaires ?

 

Cette question est au coeur de notre affaiblissement, dans cette contradiction qui fait que les gens trouvent souvent nos idées généreuses mais nous lâchent parce qu ils ne croient pas en notre capacité à transformer le réel.

 

Décidément, cette base de discussion n’est pas à la hauteur des exigences politiques !

 

Documents joints

Vos commentaires

  • Le 14 février à 08:02, par THEROND PatriceEn réponse à : 

  • Décidément, cette base de discussion n’est pas à la hauteur des exigences politiques !

  • Bonjour,
    dans ses commentaires sur le document "bilan et avenir...", il me semble que Marie-Christine Burricand a raison de commencer par le point "définition du communisme". Car si un parti communiste ne sait pas définir ce que peut être le communisme, a minima sur de grands principes, on est mal embarqué et donc pas prêt d’arriver quelque part.


    La société capitaliste ou plus précisément néo-libérale actuelle, a toujours pour base organisationnelle 2 classes : les possédants et les producteurs de richesse (richesse pas seulement matérielle).


    Pour faire court (et forcément simpliste, mais j’espère néanmoins juste sur le fond), Marx expliquait que le prolétariat (les producteurs) était aliéné : dans le processus de production car ils ne possédait pas l’outil de travail lui permettant de créer les richesses et dans le processus d’échange car il ne possédait pas le produit de son travail. Il vendait sa force de travail pour "l’échanger" contre de quoi survivre. Le capitaliste (le possédant) lui ne crée aucune richesse, mais s’occupe d’accumuler la plus-value générer par le travail du producteur.


    Le communisme ce n’est pas une "humanité en commun, un partage des richesses et des pouvoirs", c’est la fin d’un système à 2 classes sociales seule façon de supprimer les aliénations citées plus haut. Il n’y a donc pas de partage ou de meilleure redistribution des richesses créées qui tiennent. L’objectif c’est une société où cette question est dépassée par le fait qu’il ne doit pas y avoir continuation d’un système avec une classe de possédants et une classe d’exploités.


    Bien sûr on ne va pas y arriver en claquant des doigts, le chemin à suivre est difficile à trouver et définir précisément le contenu d’une société communiste n’est pas aisé (Marx ne l’a d’ailleurs pas fait) d’autant que cela reposera sur les générations de citoyens "producteurs" qui la construiront progressivement.


    Mais ce qui est certain c’est que si on ne sait pas au départ identifier les fondamentaux incontournables, la question ne sera plus la "difficulté à faire" mais l’impossibilité.


    Cordialement.


    • Le 14 février à 09:00, par CN46400En réponse à : 

    • Décidément, cette base de discussion n’est pas à la hauteur des exigences politiques !

    • Définir le communisme plus précisément que ne l’a fait Marx est une illusion. Qui peut dire, alors que le capitalisme est encore dominant sur la planète, ce que sera la situation quand le socialisme (a chacun selon son travail) sera dominant et que la question du passage au communisme se posera alors concrètement ?


      Pour Marx, le communisme c’est : à chacun selon ses besoins, dépérissement de l’état, du militarisme, de la police, des frontières et des contradictions de classes. Aller plus loin c’est entrer dans la futurologie et les romans d’anticipation. 

       

      C’est pour cela, qu’après la Commune, Marx et Engels ont introduit entre le communisme et le capitalisme une "antichambre" qu’il ont nommé le "socialisme" où les intérêts dominants sont ceux du prolétariat (ceux qui doivent travailler pour vivre) en lieu et place des intérêts bourgeois (ceux qui vivent du travail d’autrui) qui dominent actuellement la plupart des moments de la vie économique sous le capitalisme.


      Au passage, je note que les marxistes doivent, au minimum, respecter les formules choisies par Marx et Engels. Certes ils ont écrit sur le libre-échange, mais ils n’ont jamais associé la liberté au capitalisme autrement que la celle du "renard dans le poulailler". Le "libéralisme" est un mot valise, promotionné par la bourgeoisie, pour emballer positivement son système : le capitalisme !

11 février 2018
Bertolt Brecht : « Nos défaites ne prouvent rien »

« Quand ceux qui luttent contre l’injustice
Montrent leurs visages meurtris
Grande est l’impatience de ceux
qui vivent en sécurité.

De quoi vous plaignez-vous? demandent-ils

Vous avez lutté contre l’injustice!
C’est elle qui a eu le dessus,
Alors taisez-vous!

Qui lutte doit savoir perdre!
Qui cherche querelle s’expose au danger!
Qui professe la violence
N’a pas le droit d’accuser la violence!

Ah! mes amis
Vous qui êtes à l’abri
Pourquoi cette hostilité? Sommes-nous
Vos ennemis, nous qui sommes les ennemis de l’injustice?
Quand ceux qui luttent contre l’injustice sont vaincus
L’injustice passera-t-elle pour justice?

Nos défaites, voyez-vous,
Ne prouvent rien, sinon
Que nous sommes trop peu nombreux
À lutter contre l’infamie,
Et nous attendons de ceux qui regardent
Qu’ils éprouvent au moins quelque honte »

 

Bertolt Brecht: "Nos défaites ne prouvent rien"

De la production à la productivité par Pierre Macherey

 

12 Février 2018

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Communication présentée le 17 janvier 2018 à la journée d’études organisée à l’Université de Lille, Département de philosophie sur le thème : « Travail, Techniques, Production  »
 
par Pierre Macherey
 

La productivité étant un caractère attribué à la production, la question se pose aussitôt de savoir si ce caractère lui est inhérent ou bien est adventice. Dans le premier cas, toute production serait en droit et naturellement assignée à une exigence de productivité ; dans le second cas, c’est seulement dans les conditions propres à une société historique donnée et au mode spécifique de production instauré par celle-ci que la production y serait soumise à des règles et à des critères de productivité, faits de culture relevant d’une « seconde nature ». Si la seconde hypothèse est retenue, est soulevée une nouvelle question : celle de savoir si cette « seconde nature » a besoin, pour faire prévaloir ses critères et ses règles de productivité, d’effacer les traits de l’activité naturelle de production à laquelle elle se substitue alors entièrement, ou bien si elle vient se surajouter à eux au titre d’une dérivation ou d’un supplément en les laissant subsister. Autrement dit, la rupture entre nature et culture est-elle en cette affaire totale ou partielle ? Jusqu’à quel point laisse-t-elle subsister un résidu de continuité, ce qui la fait consister en un infléchissement davantage qu’en un renversement du pour au contre, ou, comme on dit, une « révolution » ?1.

 

Pour avancer dans l’élucidation de ces questions, il faut d’abord préciser ce qu’on entend par « produire », en mettant provisoirement entre parenthèses la considération de la productivité, notion dont, par ailleurs, on ne voit pas comment elle pourrait être abordée indépendamment du rapport qu’elle entretient avec celle de production à laquelle elle est nécessairement rattachée et dans le prolongement de laquelle elle se situe. Qu’est-ce que produire ? En soulevant cette interrogation, on se trouve à nouveau confronté à des alternatives, comme par exemple celle de la praxis, activité qui a sa fin en elle-même, et de la poiésis, activité qui a sa fin hors d’elle-même, telle qu’elle est évoquée par Aristote. Bien qu’ils en tirent des conclusions différentes, car ils n’interprètent pas de la même façon le rapport de la puissance à l’acte, les Stoïciens rejouent cette distinction à travers celle de la fin comme télos et du but comme skopos : pour l’archer, le fait de chercher à atteindre sa cible constitue le télos de son effort, alors que celui d’obtenir en s’y livrant une récompense ou de gagner un prix dans le cadre d’une compétition n’est qu’un but extérieur à la nature de l’effort en question. Dans un sens voisin, Fernand Deligny distingue une logique de l’agir, qui concerne une activité se dirigeant librement, et témérairement, vers l’avant d’elle-même en traçant au fur et à mesure son parcours qu’elle invente plutôt qu’elle ne le découvre, et une logique du faire, qui concerne une activité de fabrication formatée par des modèles fixés au départ, à partir desquels elle est comme tirée davantage qu’elle ne va vers eux par son élan propre. On peut dire que le premier type d’activité est intentionnel dans la mesure où il est production effective de « sens », non pré-informée ou pré-dirigée en vue d’être mieux sécurisée, d’où la conséquence que ce genre de tentative, tournée vers son telos et non commandée par la considération d’un skopos, se prête forcément à des risques de ratage ou d’écart ; alors que le second est représentationnel dans la mesure où il suppose la reconnaissance préalable du but recherché, posé idéalement et assurément avant même que la recherche effective en vue de l’atteindre ne soit engagée, selon une perspective réflexive qui installe les conditions d’une rétroaction du sens, celui-ci étant supposé donné au départ et non à trouver à mesure qu’on suit la direction qu’il impulse2.

 

L’examen de la terminologie enseigne que « produire », du latin « producere », qui signifie littéralement « mener vers l’avant », « faire sortir », « donner naissance », a concerné originellement le premier type d’activité, celui qui porte les marques de la spontanéité et est dégagé de l’obligation de se conformer à un modèle préalable. A ce point de vue, la conception primitive du travail, celle qui est en jeu par exemple lorsqu’on dit à propos d’une femme en train d’accoucher que le « travail » a commencé, est naturelle, et même organique3 : en se référant à la fois à Darwin et à Bergson, Canguilhem explique dans cette perspective que la technique, de par ses origines, relève d’une organologie générale, et ne doit pas en conséquence être considérée comme de la connaissance appliquée ainsi que l’interprète la devise positiviste « Science d’où prévoyance, prévoyance d’où action ». En conséquence, c’est ultérieurement, dans un second temps, que le travail est devenu, suite à une évolution qui a transformé sa nature, construction d’objets calibrés et certifiés : alors, il a revêtu le caractère d’une activité se déroulant dans le contexte d’une seconde nature par définition postérieure à la première nature, pour autant que la notion de « première nature » ait un sens (car la nature qui, par définition est tout entière nature, n’est ni première ni seconde, mais uniment et simplement nature). Cette analyse tendrait donc à confirmer qu’il n’y a rien dans l’essence de l’activité productrice considérée en elle-même qui la prédestine à se conformer à des buts définis, sinon à tendre vers des fins d’utilité ayant leur source dans l’organisme qui pratique cette activité ou dans un sujet intentionnel du type de l’archer qui vise soigneusement sa cible.

 

L’activité productrice considérée en elle-même, c’est la « production », substantif dérivé du verbe « produire ». Ici à nouveau, l’analyse terminologique est instructive. En effet, le mot « production » a une double signification selon qu’il est rapporté à l’action de produire considérée comme étant en cours ou qu’il désigne le terme sur lequel débouche cette activité, c’est-à-dire littéralement le « produit » considéré pour lui-même, indépendamment de l’action qui l’a engendré. La « production », c’est donc à la fois le fait de produire, saisi dans son élan, et ce qui en résulte une fois que cet élan a abouti. La question est alors de savoir sous quelles conditions le produit peut être considéré à part du processus de production qui l’a engendré, donc se met proprement à exister en tant que tel lorsque ce processus est lui-même achevé, fini, terminé, comme par exemple la maison une fois qu’on a ôté les échafaudages qui ont servi à l’édifier : c’est cette question que Marx soulève lorsqu’il distingue le « travail vivant », à savoir la quantité d’énergie productrice capable d’être réactivée et mise en œuvre effectivement, du « travail mort », qui est du travail objectivé dans les produits qu’il a déjà réalisés et qu’il laisse derrière lui comme des formes réifiées, des « choses » qui ont absorbé dans leur être propre toute l’énergie dépensée pour les produire4. Les lexicologues présentent le second sens du mot « production », qui la ramène au « produit », comme « sens métonymique », en regard au premier sens, celui qui attire l’attention sur l’action de produire, qui doit alors être considéré comme sens littéral. La formule « sens métonymique » est très intéressante. La métonymie est la figure de style qui permet de représenter l’ensemble d’une chose par l’un de ses éléments. Dans le cas qui nous occupe, l’ensemble de la chose, c’est l’activité productrice considérée en son entier, y étant compris le résultat auquel elle parvient ; l’élément qui le représente métonymiquement, c’est le produit pour autant que celui-ci est censé constituer une entité à part entière, éventuellement conçue comme « pars totalis » dans laquelle la nature globale du tout auquel elle appartient se trouve engagée ; est alors ouverte la possibilité de raisonner de la partie au tout avec lequel elle entretient un rapport d’expression, en sens exactement inverse du processus qui a engendré en acte la partie, le produit, en lui donnant naissance, en l’enfantant. Raisonner ainsi, de la partie au tout, du produit à l’activité qui l’a produit, en sens inverse du déroulement effectif du processus de la production, c’est présupposer que la partie « vaut » pour le tout, donc que le produit est porteur en lui-même d’une valeur qui reflète celle du tout par anticipation ou par rétrospection, peu importe puisque le processus concerné est supposé être réversible, ce qui est l’un des postulats de la rationalité économique qu’il ne faut pas confondre avec la rationalité technique. C’est sur une présupposition de ce genre que repose ce que Marx appelle le « fétichisme de la marchandise », qui est au fond une manière de pratiquer l’art de la métonymie avec maestria, sans mot dire, en faisant passer la partie (le produit, la marchandise) pour le tout (l’activité productrice humaine telle qu’elle s’exerce dans des rapports sociaux déterminés).

 

Or, c’est à ce niveau que la notion de productivité commence à intervenir. Ici encore, la terminologie est riche en enseignements. Du substantif « production » dérivé du verbe « produire », dérivent à leur tour deux adjectifs qui le qualifient : le travail de production peut être « producteur » ou « productif » ; et ce n’est pas du tout la même chose, ce que confirme à nouveau la terminologie, car les substantifs susceptibles d’être eux-mêmes formés à partir de ces adjectifs diffèrent en nature. De « producteur » dérive « le producteur », c’est-à-dire le travailleur engagé dans l’activité de production à laquelle il participe effectivement en lui communiquant son énergie ; de « productif » dérive « la productivité », terme générique qui exprime la possibilité de rendre compte de l’activité de production en fonction et à partir de son résultat, le produit, donc en raisonnant en sens inverse du déroulement réel du processus de travail. Il en résulte que être producteur c’est mettre en œuvre l’activité de production dont cette opération relève, et rien de plus ; alors que être productif c’est ajouter à cette mise en œuvre un caractère supplémentaire, et peut-être superfétatoire, qui n’est pas compris d’emblée dans son essence, à savoir créditer le produit d’une valeur au sens que l’économie donne à ce terme. Un travail peut être producteur sans être productif, mais l’inverse n’est pas vrai : pour qu’un travail soit productif, il faut qu’il soit également producteur, le fait qu’il le soit servant de support au supplément de valeur que lui apporte sa « productivité ».

 

En quoi consiste au juste cette productivité ? Pour répondre à cette question, il faut faire intervenir un vocabulaire emprunté à d’autres chaînes lexicales que celle qui a pour premier maillon le verbe « produire ». Par exemple il faut se servir de termes comme ceux de tâche, d’opération, et de rendement. Examinons pour commencer la notion de rendement. Celle-ci est prescriptive davantage que descriptive dans la mesure où elle indique une exigence, celle d’accroître la production, en qualité et en quantité, de manière à en valoriser les résultats, – encore et toujours la valeur, notion qui ne relève pas de l’ordre de la technique pure mais ne commence à jouer que lorsque la rationalité économique, fondée sur la pratique de l’échange, a effectué la capture de l’activité productrice et l’a remodelée selon ses critères propres : c’est cette capture qui a engendré la marchandise, réalité bifrons porteuse simultanément de valeur utile, c’est sa face concrète, et de valeur d’échange, c’est sa face abstraite5. Les notions de tâche et d’opération, qui sont les résultats de ce remodelage, désignent les moyens requis pour répondre à l’exigence de productivité, une fois que celle-ci a pris la forme d’un programme raisonné, soumis à des normes définies.

 

La notion de rendement est apparue à une certaine époque de l’histoire. Pratiquement ignorée de l’Antiquité, elle peut être considérée comme « moderne » et correspond au moment où, pour reprendre une formule de Koyré, les pratiques collectives de production, ayant pris distance avec le « monde de l’à-peu-près » et les rituels empiriques du « métier » que celui-ci cultive électivement, se sont intégrées à un « univers de la précision »6 : : dans ce dernier, les moyens techniques, détachés de la main qui les tenait auparavant de manière plus ou moins ferme et sûre, ont été soumis à un traitement rationnel, scientifique, grâce à des machines et à la forme la plus aboutie de celles-ci, la machine-outil, mécanisme complexe dont les agencements entraînent automatiquement des outils, ce qui en fait l’instrument par excellence de la production industrielle. Alors la production, au lieu d’être abandonnée à l’initiative et à l’habileté individuelles, a été ordonnée à l’élaboration d’un plan de travail systématique, global, socialisé, dont les bases sont fournies par le calcul du rendement. Bien sûr, cette modification de la forme de la production ne s’est pas opérée d’un coup : elle a été le résultat d’une lente et irrégulière évolution qui, en même temps qu’elle a changé les pratiques de production, a donné lieu à une élaboration théorique dont l’élément principal a été l’apparition, au XVIIIe siècle, de ce qui s’est appelé la « technologie »7. La technologie pourrait être définie comme étant la science du rendement, science qui emprunte ses modèles de raisonnement à la mathématique et à la physique, et dont l’étude a été réservée à un type nouveau de professionnels, apparus à l’époque de la Renaissance, les ingénieurs qui, de par leur formation, sont à la fois des théoriciens et des praticiens.

 

Or, ce point est important, les premiers ingénieurs ont été des ingénieurs militaires : ce sont eux qui ont servi de modèles à la formation ultérieure des ingénieurs civils. Ils ont été les premiers à se demander comment s’y prendre pour évaluer correctement l’efficacité d’un dispositif, soit défensif (Vauban et les fortifications), soit offensif (Belidor auteur dans l’Encyclopédie, de l’article « affût de canon »). Il est de fait que les arts militaires, avec lesquels a été initié le calcul du rendement, ne produisent rien de consommable au sens de l’économie : les actions qu’ils entreprennent de perfectionner ne sont pas à proprement parler productrices mais destructrices, la destruction étant le terme antonyme de la production. C’est néanmoins dans ce contexte que le fait d’être productif, pris en compte pour lui-même, a commencé à faire l’objet d’une attention spécifique. Autrement dit, au départ, la notion de rendement n’a pas répondu à une finalité productrice, ce qui amène à s’interroger sur les conditions qui ont amené à appliquer ce modèle à la production de richesses, donc de biens marchands, domaine qui a été l’affaire propre de l’économie politique, discipline apparue et développée en même temps et de façon concomitante à la technologie dans le contexte du Scottish Enlightenment8. La considération du rendement, et par le biais de celui-ci la considération de la productivité, ont donc été introduites à un certain moment dans la sphère de la production, en réponse à une demande qui n’était pas elle-même d’ordre économique ou technique : elles n’en sont pas issues par un développement naturel et continu mais elles y ont été introduites.

 

À cela s’ajoute une seconde remarque. La spéculation sur le thème du rendement a d’abord été ciblée sur des appareillages ou agencements, fortifications ou canons, des réalités matérielles dont les qualités spécifiques évaluées en termes d’efficience étaient susceptibles d’être mesurées exactement. Lorsque cette spéculation s’est orientée vers des opérations, non pas militaires, mais civiles, concernant la paix et non la guerre, elle s’est, dans la continuité de ces premières démarches, intéressée prioritairement à des mécanismes, donc à des choses, et c’est dans un second temps qu’elle a pris en compte l’intervention des opérateurs, les agents humains qui les font fonctionner une fois que leurs agencements ont été mis au point. Citons Diderot :

 

« Ce qui donnera de la supériorité à une manufacture sur une autre, ce sera surtout la bonté des matières qu’on y emploiera, jointe à la célérité du travail et à la perfection de l’ouvrage. Quant à la bonté des matières, c’est une affaire d’inspection. Pour la célérité du travail et la perfection de l’ouvrage, elles dépendent entièrement de la multitude des ouvriers rassemblés. »9

 

Et Condorcet :

 

« Nous expliquerons la théorie des machines simples, la manière dont on peut, par la disposition des différentes pièces, produire un effet donné, si l’on connaît la quantité et la direction de la force à employer ; et la méthode de calculer l’effet des différentes machines, d’abord d’une manière abstraite, ensuite en ayant égard aux frottements et aux forces perdues. Nous donnerons […] la méthode d’évaluer les différentes forces motrices employées dans les machines, telles que la force des hommes et des animaux, le poids ou le choc des corps solides, la pression de l’eau, la force du vent, celle de la vapeur. Nous enseignerons le moyen de composer ces forces motrices et de connaître celle qui doit être préférée suivant le but que l’on se propose ou les circonstances locales. »10

 

La manufacture, puis l’usine, exploitent la combinaison de moyens matériels et des moyens humains qu’elles font intervenir ensemble dans les opérations de production, et elles évaluent le rendement de ces opérations en mettant sur un même plan ces deux types de moyens, qu’elles finissent par subsumer tous deux sous le même concept de « force ». Cette harmonisation a été progressive : elle a d’abord respecté la primauté de l’agent sur les moyens mécaniques qu’il conduit et qu’il garde, comme on dit, « à sa main » ; mais, peu à peu, elle a renversé cette relation, et pour mieux homogénéiser les différentes « forces » intervenant dans la production, elle a donné le pas aux agencements susceptibles d’être précisément régulés, et l’ouvrier est lui-même devenu un organe incorporé à leur fonctionnement dans le cadre de la machine-usine. C’est ce que donne à voir de façon frappante, et choquante, la séquence des Temps modernes où Charlot est pris dans les rouages de mécanismes qui l’entraînent et dont il est devenu le servant au lieu que ce soit lui qui se serve d’eux : par une procédure d’inversion, ce n’est plus l’ouvrier qui commande à la machine, mais il est dirigé par son mouvement. C’est sur cette inversion que repose la notion de productivité, dont le développement est corrélatif à une croissante mécanisation des tâches de la production, mécanisation qui engendre à terme, en même temps que des produits industriels, des « corps productifs » 11. Pour qu’il y ait productivité de la production, il faut que celle-ci soit ordonnée comme un système à l’intérieur duquel corps et machines, étroitement imbriqués entre eux, font en quelque sorte pâte commune, susceptible d’être pétrie de manière à ce que sa consommation procure un maximum de valeur ajoutée, c’est-à-dire de profit, sous l’horizon de ce que les économistes appellent la croissance.

 

Selon l’économie politique classique, et en particulier selon Ricardo qui a exploité à fond les conséquences de cette hypothèse, la valeur d’une marchandise est déterminée par la quantité de travail nécessaire à sa production qui lui est incorporée. La « critique de l’économie politique » effectuée par Marx dans Le Capital12 a consisté à montrer que, derrière la notion de travail mise en avant par Ricardo, se cachent en réalité deux réalités différentes : du travail vivant et du travail mort mis sur le même plan et assimilés l’un à l’autre. Pour que le résultat de l’activité productrice, celle-ci étant du travail vivant, se présente comme étant, en tant que marchandise, porteur de valeur, ce qu’il n’est pas naturellement, il faut que cette activité productrice ait été rendue productive ; or cela n’est devenu possible que lorsque travail vivant et travail mort, travail travaillant et travail travaillé, ont été présentés en pratique comme les deux faces concomitantes d’une même entité, « le travail ». Par « le travail », il faut alors entendre une notion abstraite façonnée en vue de faire apparaître sous une façade unitaire deux réalités distinctes fusionnées, amalgamées, par le régime du salariat13.

 

Le tour de force, ou de passe-passe, effectué par le système capitaliste tel que Marx l’analyse a consisté dans l’opération suivante : il a commencé par scinder le processus de la production en séparant son résultat, le produit qui est du travail travaillé, de l’activité effective dont il est issu, la production en tant que travail travaillant, donc en isolant l’effet par rapport à la cause ; puis, en suivant la procédure métonymique dont il a été question précédemment, il a réuni ce qu’il avait séparé en posant entre cet effet et cette cause une équivalence, précisément par le jeu de la valeur marchande qu’il a imputée à l’un comme à l’autre. Il s’agit d’une mystification, du type du jeu de bonneteau, qui a produit ses effets, non dans le ciel des idées, mais sur le terrain bien réel de l’organisation de l’industrie, sous la forme de la production, non de valeur, mais de survaleur (Mehrwert), ce qui a été rendu possible par l’introduction dans le processus effectif de la production de l’extorsion d’un surtravail (Mehrarbeit). Et ça marche ! ça marche, au sens justement où on dit d’une machine qu’elle marche. Or, l’agencement de la machine en question, l’usine, comprend comme l’un de ses organes la dite « force de travail » de l’opérateur, c’est-à-dire de l’ouvrier, son Arbeitskraft, élevée, à côté des moyens matériels de la production, au rang de force productive commercialisable.

 

Cela veut dire que le travailleur, entraîné dans le mécanisme de la production industrielle (Charlot devenu organe de la machine qu’il sert, et qui l’enserre), est passé du statut de producteur à celui de produit, lui-même calibré et évalué de façon à remplir la fonction qui lui est impartie par le système dont il est devenu l’instrument. Ce que l’ouvrier vend au patron, en passant avec lui dans des formes tout à fait légales, et du même coup contraignantes (la loi, c’est la loi !), un « contrat de travail », ce n’est pas du tout son travail, c’est-à-dire le travail qu’il réalise effectivement en tant que producteur, mais sa force de travail, son corps productif traité en tant que marchandise comme porteur de valeur, ce qui le rend échangeable au même titre que n’importe quel produit : plus précisément, il faudrait dire qu’il vend son travail, c’est-à-dire le droit de consommer sa force de travail, et est payé pour l’entretien de sa force de travail, alors que l’un et l’autre ne sont pas du tout la même chose : le premier est une valeur d’usage et le second une valeur d’échange. Une fois qu’il est entré sur le marché du travail, le producteur est lui-même devenu produit ou du moins est traité comme tel, et du même coup est devenu, lorsque sa force de travail est consommée, source de profit, créateur de survaleur, une survaleur sur laquelle il a, de son propre consentement, un consentement qui lui a été extorqué par la force des choses, perdu tout droit de propriété à titre personnel : son travail n’est plus à proprement parler son travail, mais du travail, du travail humain en général ou travail social dont la valeur est fixée par le marché du travail qui fait monter et baisser le salaire en fonction de ses nécessités propres, sans bien évidemment demander son avis au travailleur, au producteur effectif qui est livré de plein fouet à ces fluctuations.

 

Si cette analyse est juste, on commence à y voir plus clair sur les conditions du passage de la production à la productivité. Ce passage a nécessité l’intervention de toutes sortes d’éléments complexes qu’il faudrait aller étudier sur le terrain, sur place, là où ils ont été profilés et mis en œuvre : c’est le domaine d’études imparti à la sociologie du travail, discipline dont Engels a été l’un des initiateurs lorsqu’il a composé et publié, en 1845, son étude sur La situation de la classe laborieuse en Angleterre. Au nombre de ces éléments, et sans doute le plus important d’entre eux, se trouve la division du travail manuel et du travail intellectuel, une procédure dont les origines sont très anciennes, mais à laquelle le machinisme et la grande industrie ont fourni un terrain d’exercice privilégié, en particulier à la fin du XIXe siècle, en Amérique, lorsque Frédéric Winslow Taylor a mis au point le système de l’organisation scientifique du travail dans lequel les notions de tâche et d’opération jouent un rôle essentiel : c’est l’aménagement du travail en tâches, elles-mêmes combinaisons d’opérations simples, qui, dans ce contexte, a permis d’accroître le rendement en soumettant le régime de la production à l’exigence de productivité.

 

Taylor, avant de devenir le théoricien de la productivité, était un acteur de la production industrielle dont il avait occupé successivement tous les postes, depuis celui d’apprenti dans un atelier de fonderie, après quoi il était devenu chef d’équipe, contremaître, ingénieur, puis directeur d’usine, ce qui lui a permis d’avoir une vue concrète sur l’ensemble des problèmes de la fabrication de produits usinés. Sa réflexion a suivi simultanément deux voies : il s’est intéressé de très près aux moyens d’améliorer le rendement des machines proprement dites, et a inventé des méthodes nouvelles d’usinage des matériaux14 ; parallèlement à cela, il a entrepris d’analyser les modalités du travail des opérateurs en vue d’en accroître la productivité 15. Le fait qu’il ait cumulé ces deux démarches confirme que, dans la perspective de la production industrielle et de son souci d’améliorer le rendement, la mise en forme de la notion de productivité a eu pour présupposé l’imbrication totale et réciproque des forces matérielles et humaines entraînées ensemble dans un même processus dont l’organisation scientifique du travail devait garantir la parfaite cohésion.

 

Le système mis au point par Taylor est complexe. L’idée de base sur laquelle il repose est ainsi résumée par Canguilhem :

 

« Selon Taylor, un ensemble de mécanismes étant donné, il est possible par assimilation du travail humain à un jeu de mécanismes inanimés, de faire dépendre entièrement et uniquement les mouvements de l’ouvrier du mouvement de la machine, réglé selon les exigences du plus grand rendement économique dans une branche de l’industrie donnée à un moment donné de la conjoncture. Dans ses rapports avec le milieu physique et le milieu social au sein de l’entreprise, l’ouvrier réagit – ou plutôt est conçu par Taylor comme devant réagir – sans initiative personnelle à une somme de stimulations, mouvements mécaniques, ordres sociaux dont il ne peut choisir ni la qualité, ni l’intensité, ni la figure. Le chronométrage des temps opératoires, l’élimination des temps morts, des mouvements inutiles, sont les conséquences d’une conception mécaniste et mécanicienne de la physiologie, province sans autonomie d’une science énergétique totalitaire. »16

 

La première innovation apportée par Taylor au fonctionnement de l’unité productrice dans laquelle matières premières, machines et hommes sont étroitement réunis, comme s’ils étaient soudés les uns aux autres, a en effet consisté à y introduire un nouvel instrument : le chronomètre, destiné à fournir un décomptage précis des temps de travail. Or, pour que ce décomptage soit fiable, il faut selon Taylor que le travail cesse d’être appréhendé en bloc, et ait été décomposé en un certain nombre d’opérations élémentaires dont chacune soit susceptible d’être examinée et mesurée pour elle-même avec exactitude. Selon Marx, la première révolution industrielle, celle qui au XVIIIe siècle a donné naissance en Angleterre à la manufacture, avait déjà donné la priorité au travail partiel sur le travail global tel qu’il est pratiqué par les gens de métier que sont les artisans ordinaires dont chacun parcourt l’ensemble du cycle de la production d’un objet d’usage17. La seconde révolution industrielle, celle qui au XIXe siècle a donné naissance à l’usine, n’a fait que perfectionner cette démarche dont le taylorisme a constitué l’accomplissement : il a fait de l’étude des temps opératoires, ciblée donc sur les opérations, le moyen privilégié d’une régulation destinée à écarter ou à limiter l’imprécision et le ralentissement de l’activité productrice dues à ce que Taylor appelle de « mauvaises méthodes de travail », que ces méthodes concernent le fonctionnement des machines ou le comportement des ouvriers qui, spontanément, répugnent à l’idée d’avoir à s’adapter au rythme de fonctionnement des machines, ce qui les conduit à s’opposer à la demande d’accroissement de la productivité18.

 

En même temps qu’un nouvel instrument, le chronomètre, Taylor a introduit dans l’usine le corps professionnel spécialisé dans son utilisation : le chronométreur, naturellement redouté et haï des ouvriers qui ont tout de suite vu en lui un adversaire19. Cette profession, indispensable au contrôle de la productivité, n’intervient pas elle-même dans le déroulement de l’activité productrice qu’elle se contente d’accompagner, d’observer, et même au point de vue des ouvriers d’espionner, de manière à préparer le contrôle de son déroulement. En cela réside le principe matriciel à partir duquel Taylor a élaboré son système : il a posé la nécessité de séparer complètement, dans l’unité de production, les fonctions d’encadrement, dévolues à un personnel spécialisé qui n’intervient pas directement dans le processus de la fabrication des produits, des fonctions d’exécution, qui, elles, ont matériellement en charge le déroulement effectif de ce processus. C’est sous cette forme très particulière que l’organisation scientifique du travail a mis en œuvre concrètement la division du travail manuel et du travail intellectuel : elle a instauré dans le plan d’ensemble de l’entreprise un poste spécial tenu à distance des ateliers, dévolu au « management ». Ce mot qui, après Taylor, a connu une fortune considérable et s’est répandu dans le monde entier est devenu le paradigme de base d’une « technocratie » qui, ramenée à ses réquisits élémentaires, n’est au fond rien d’autre qu’une « bureaucratie » : le management est une bureaucratie d’entreprise. Concrètement, dans l’usine telle qu’elle est conçue par Taylor, les personnes qui s’occupent du management de l’entreprise sont parquées dans des bureaux à part ; elles ne participent pas directement au travail de la production dont a été isolé par analyse, et concrètement enfermé à l’intérieur du plan des locaux, un aspect unique concernant le travail abstrait, celui auquel peut être rattachée la considération de la productivité20.

 

À quoi s’occupe-t-on dans ces bureaux ? A organiser le travail sous forme de tâches. Le mot « tâche » est dérivé du latin taxare, qui signifie estimer, évaluer : selon le dictionnaire, il désigne un « travail déterminé qu’on a l’obligation de faire, qu’il soit imposé par soi-même ou par autrui ». L’idée de détermination remplit ici une fonction essentielle : elle qualifie une activité dont le déroulement a été strictement délimité, fixé, proprement encadré. Procéder à cet encadrement est précisément le rôle imparti aux personnels de management dont la « tâche » consiste à aménager des « tâches » à l’exécution desquelles ils ne participent pas, de même que le cadre qui entoure un tableau n’en fait pas partie le plus souvent. C’est cette procédure tordue que Foucault a entrepris de théoriser à l’aide du concept de « gouvernementalité », qui désigne l’art de diriger le travail des autres sans y participer, ce en quoi consiste précisément le « management ». Que faut-il entendre ici par « diriger » ? Non pas simplement le fait de donner des ordres, une pratique qui existait certainement dès la préhistoire, mais celui de mettre en forme, proprement comme on dit dans la langue administrative d’aujourd’hui d’acter le contenu de ces ordres, en en précisant minutieusement à l’avance le détail par écrit21. L’un des rôles du management d’entreprise est d’établir des protocoles de travail qui ont ensuite à être appliqués à la lettre, sans discussion, sans marge d’écart. Citons Taylor :

 

« Peut-être l’élément le plus important de la direction scientifique est-il l’idée de tâche. Le travail de chaque ouvrier est prévu dans son entier par la direction au moins un jour à l’avance et chaque ouvrier reçoit dans la plupart des cas, des instructions écrites complètes, décrivant dans le détail la tâche qu’il doit accomplir et lui indiquant les moyens qu’il doit employer pour exécuter son travail. Le travail préparé ainsi à l’avance constitue une tâche qui est accomplie par l’action conjuguée de l’ouvrier et de la direction. Les instructions spécifient non seulement ce qui doit être fait, mais aussi comment il faut le faire et le temps alloué pour le faire. »22

 

Le management précise le contenu des tâches à accomplir en composant quelque chose qui ressemble à une partition musicale dans laquelle tous les détails seraient soigneusement notés, y compris ceux concernant le tempo de l’exécution, son rythme, sa « cadence » : la direction scientifique du travail fixe précisément aux ouvriers les « cadences » que doit suivre l’accomplissement de leur activité productrice dont le cours est ainsi régulé, et en fait accéléré dans la mesure où les causes éventuelles de ralentissement, en particulier celles liées à l’improvisation, ont été éliminées ou tout au moins réduites au minimum23.

 

Pour que cette procédure fonctionne, il faut que les opérateurs jouent leur partition sans mot dire, ce qui leur épargne la peine de réfléchir à ce qu’ils font. Copley, le biographe officiel de Taylor, rapporte cette apostrophe de celui-ci à un ouvrier qui était venu lui présenter ses réflexions personnelles concernant l’organisation de son travail :

 

« On ne vous paie pas pour penser, il y en a d’autres ici qui sont payés pour cela. »

 

Les ouvriers sont payés pour effectuer les tâches qui leur ont été allouées une fois que le détail des opérations dont elles sont composées a été soigneusement dosé par des spécialistes de la chose, rien de plus : non seulement on ne leur demande pas de penser, mais on les prie instamment de s’en abstenir, et même on les en empêche. La séparation du travail manuel et du travail intellectuel, convertis en tâches d’exécution et tâches de conception destinées à être rétribuées à la valeur qui leur est reconnue, – et le taux de cette évaluation, bien sûr, n’est pas le même dans les deux cas – est alors poussée à son degré ultime de perfection.

 

Les analyses qui viennent d‘être proposées, en référence principalement à Marx et à Taylor qui sont des théoriciens de la seconde révolution industrielle dont ils révèlent les faces alternatives, sont elles encore valides aujourd’hui ? Il est clair que, dans les faits, à l’époque de la troisième révolution industrielle et de la mondialisation qui en est le corrélat, le travail a changé de nature. A une phase, celle de la modernité, où le travail productif de biens matériels, modelé sur la forme de la production industrielle, était tendanciellement l’affaire exclusive de la classe ouvrière, a succédé ainsi une nouvelle phase où le travail, devenu en grande partie immatériel, est axé sur la création d’informations, de savoirs, d’idées, d’images, de figures relationnelles, de services, et même d’affects et de subjectivités24. La représentation du travail, que Marx, en son temps, avait eu des raisons sérieuses de renfermer dans des bornes strictement définies, sur le modèle de la production industrielle, ce qui avait eu entre autres pour conséquence de l’amener à refuser aux employés le statut de travailleurs créateurs de valeur, se trouve du même coup élargie : il devient travail biopolitique, qui engendre de nouvelles formes de vie sociale où certains des clivages propres à la phase antérieure sont dilués 25. Les spéculations sur la fin du travail et la disparition de la classe ouvrière ont là leur source. Cette évolution, qui est en train de s’accomplir plus ou moins silencieusement ou bruyamment sous nos yeux n’a sans doute pas produit tous ses effets, et il serait aventuré d’en systématiser définitivement les manifestations, ou plutôt les tendances. Il est discutable, en particulier, de renvoyer dos à dos les deux figures exclusives, et en conséquence essentialisées, d’un travail matériel propre à la modernité et d’un travail immatériel propre à la postmodernité, comme si la seconde figure avait complètement évacué la première en prenant sa place. Que l’analyse du travail doive être actualisée, en prenant en compte les transformations en cours de ses modalités d’exécution, de ses objectifs et de ses résultats, est une évidence : mais cela signifie-t-il que cette analyse doive s’aligner sur les discours qui accompagnent ces transformations, discours incontestablement idéologiques, dont les arrière-plans devraient être sondés et discutés, et non simplement reproduits ? Ne faudrait-il pas, à contre-courant de l’évolution en cours, ou plutôt à contre-courant de la manière dont celle-ci se donne à représenter, rematérialiser la conception que l’on a du travail ? Ce travail qu’on dit immatériel du fait qu’il ne s’exécute plus nécessairement à heures fixes entre les murs de l’atelier n’est-il pas encore, quoique sous d’autres formes, du travail matériel et du travail exploité ? Pour conclure cet exposé forcément lacunaire, on se contentera de soulever ces questions dont l’élucidation appellerait des analyses très complexes qu’on n’a pas les moyens de fournir ici.

 

  1. À propos de l’invention technique, forme par excellence d’innovation culturelle qui a d’importantes conséquences dans le domaine de l’économie proprement dite, Descartes écrit : « Je ne reconnais aucune différence entre les machines que font les artisans et les divers corps que la nature seule compose [….] Et il est certain que toutes les Règles des Mécaniques appartiennent à la Physique…, en sorte que toutes les choses qui sont artificielles sont avec cela naturelles. » (Principes de philosophie, art. 203). C’est la raison pour laquelle il attribue à l’homme la disposition, non à devenir maître et possesseur de la nature, selon la formule qu’on lui attribue souvent, mais à devenir, pour reprendre la formule exacte qu’il utilise, « comme maître et possesseur de la nature », ce qui change tout : les innovations sophistiquées de la culture, loin de mettre la nature définitivement hors jeu, lui laissent en dernière instance le dernier mot, alors même qu’elles paraissent en détourner le cours normal. []

  2. Dans ce cas, explique Marx, « le résultat auquel aboutit le procès de travail était déjà au commencement dans l’imagination du travailleur, existait donc déjà en idée » (Le Capital, livre 1, 3e section, chap. 5, « Procès de travail et procès de valorisation », trad. fr. d’après la 4e édition allemande, PUF/Quadrige, 1993, p. 200). []

  3. Les Physiocrates ont élaboré leur théorie économique à partir de cette conception de la production comme processus naturel, du type de la germination ou de la fermentation, opérations qui, si elles peuvent être aidées et stimulées par l’intervention du travail humain, n’en dépendent pas à l’origine. C’est pourquoi l’agriculture représente à leurs yeux le type par excellence d’une activité de production : dans ce cas précis, c’est la terre qui travaille et par son travail produit des richesses, et non la main de l’homme qui la cultive. L’économie politique, dans la version qu’en ont proposée Smith et Ricardo en tournant leur attention vers la production manufacturière et industrielle, assigne au contraire au travail humain le rôle principal dans l’activité de production, pour autant que celle-ci a pour résultat des marchandises dont la valeur est mesurée par la quantité de travail humain qui y a été incorporée. []

  4. Cf. Le Capital, livre 1, section 3, chap. 5 (« Procès de travail et procès de valorisation »), trad. fr. d’après la 4eédition allemande, PUF/Quadrige, 1993, p. 203 : « Le procès s’éteint dans son produit […] Le travail a été objectivé tandis que l’objet a été travaillé. Ce qui apparaissait du côté du travailleur sous la forme de la mobilité apparaît maintenant du côté du produit comme une propriété au repos, dans la forme de l’être. » []

  5. Comme l’explique F. Vatin dans son livre Le travail – Economie et physique (1780-1830), PUF/Philosophies, 1993, « toute conception apparemment technique de l’efficience est fondée sur une norme économique de valeur ». Le rendement, qui mesure l’efficience d’une activité de production, est pris en compte lorsque cette activité est évaluée en fonction et à partir de son produit isolé du processus qui l’a engendré : c’est alors que ce produit, considéré et traité comme marchandise échangeable, est soumis aux normes de l’économie. Il n’est pas de l’essence de la technique de mettre en circulation des marchandises. []

  6. « Du monde de l’à-peu-près à l’univers de la précision », in Etudes d’histoire de la pensée philosophique, Armand-Colin, 1961. []

  7. Cf. à ce sujet le t. 12 de la revue Thalès (PUF, 1968), qui a pour thème « Les commencements de la technologie », terme finalement adopté pour nommer cette discipline nouvelle qu’on avait aussi proposé d’appeler « technonomie ». Le but de la technologie, tel qu’il s’est peu à peu dessiné, a été de soumettre l’activité de production à des lois générales en vue de la soustraire au hasard des occasions auquel restait soumis le travail artisanal. []

  8. La machine à vapeur à double effet a été inventée par Watt, au moment où Adam Smith composait son Essai sur la richesse des nations. []

  9. Article « Art » de l’Encyclopédie. []

  10. Cf. D. Deleule et F. Guéry, Le corps productif, Paris, Repère-Mame, 1972. Cet ouvrage, associé aux analyses que Marx consacre dans le Capital à l’extraction de la plus-value relative, est cité par Foucault dans Surveiller et Punir (Œuvres, Gallimard/Pléiade, 2015, t. II, p. 504). []

  11. « Critique de l’économie politique » est le sous-titre du Capital. []

  12. Dans une note de la Dialectique de la nature (trad. fr., éd. Sociales, 1952, p. 105), Engels dénonce la confusion entre travail physique ou travail pratique (que la langue anglaise dénomme work et la langue allemande Werk) et travail au sens de l’économie (labour, Arbeit). Il revient sur ce point dans une lettre à Marx du 19 décembre 1882 (Marx-Engels, Lettres sur les sciences de la nature, éd. Sociales, 1973, p. 109 et sq.). []

  13. Son ouvrage On the art of cutting Metals (1907) est consacré à des questions relevant de la technologie pure. []

  14. Il a consacré à cette thématique deux ouvrages fondamentaux : Shop Management (1903) et The Principles of Scientific Management (1911). []

  15. « Machine et organisme », in La connaissance de la vie, Vrin, 1965, p. 298. []

  16. « La période manufacturière simplifie, améliore et multiplie les outils de travail en les adaptant aux fonctions spécifiques exclusives des travailleurs partiels. Ce faisant elle crée en même temps l’une des conditions matérielles de la machinerie, qui est faite de la combinaison d’instruments simples (Le Capital, livre I, chap. 12, trad. fr. d’après la quatrième édition allemande, PUF/Quadrige, 1993, p. 384). Dans ce passage qui rend compte de la transformation de l’outil en instrument, ensuite intégré au fonctionnement de machines, est insérée en note une référence au passage de L’origine des espèces dans lequel Darwin explique le processus vital, tel qu’il se déroule au niveau des organismes, a amorcé naturellement cette évolution. []

  17. Taylor, qui s’était employé à transformer de l’intérieur l’entreprise avant de devenir le théoricien de la production, « spécialiste d’organisation d’atelier et de comptabilité industrielle », titre qu’il avait fait graver sur ses cartes de visite, était tout à fait conscient de la résistance des ouvriers aux propositions ou imposition de nouvelles méthodes de travail, stratégie parfaitement rationnelle de leur part, mais qu’il faut selon lui contrer en lui opposant une autre stratégie, fondée sur une forme de rationalité élargie, « scientifique », qui, à son point de vue, doit finir par l’emporter. Dans ses Mémoires, il utilise les termes « war », « struggle », « fight », pour évoquer ce conflit. []

  18. L’introduction du chronométrage dans les entreprises américaines a déclenché d’importants mouvements de grève, comme celle qui a eu lieu en 1911 à l’arsenal de Watertower. Les syndicats ont immédiatement compris que les améliorations apportées par l’organisation scientifique du travail, si elles pouvaient complaire aux patrons d’usine dont elles multipliaient les bénéfices, allaient à l’encontre des intérêts des ouvriers, et ils ont, en sens opposé, revendiqué pour ceux-ci le droit de travailler à leur rythme. []

  19. L’apport de Taylor au principe de la division du travail manuel et du travail intellectuel a consisté à matérialiser cette division en l’inscrivant dans le plan de répartition des locaux de l’entreprise : il a ainsi donné à cette division la forme concrète d’une séparation. []

  20. En l’occurrence, l’écriture ne se réduit pas à une fonction technique d’enregistrement. Consigner le détail du dispositif d’exécution d’une tâche, c’est le faire accéder au statut d’une consigne : le verbe « consigner », dérivé du latin consignare qui signifie « sceller », comporte à l’origine l’idée d’une délimitation, et avec elle celle d’une surveillance, d’un contrôle rigoureux. Noter quelque chose par écrit, c’est en quelque sorte le comptabiliser, donc le soumettre à l’obligation d’un décompte exact. L’écriture ainsi définie joue un rôle essentiel dans le passage d’un monde de l’à-peu-près à l’univers de la précision. []

  21. F. W. Taylor, La direction scientifique des entreprises, trad. fr., Marabout/Dunod, 1967, p. 93. []

  22. Taylor était surnommé dans l’entreprise où il exerçait ses talents « Speedy-Taylor », ce qui résume bien l’esprit de sa démarche, dans laquelle l’idée de rapidité détient un rôle essentiel. []

  23. Témoigne de cette évolution l’importance revêtue par les activités de « marketing », qui font l’objet d’enseignements spécialisés comme ceux dispensés à HEC, paradigme des Grandes Écoles d’aujourd’hui sur lequel toutes les autres se sont progressivement alignées, activités qui ont investi tous les aspects de la vie courante et littéralement pris le pouvoir. []

  24. Cf. la présentation visionnaire de ces transformations dans les ouvrages de Hardt et Negri, Empire (trad. fr., Exils, 2001) et Multitude (trad. fr., La Découverte, 2004). []

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Effondrement des marchés d’actions : 1987, 2007 ou 1937 ?

 

11 Février 2018

 

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Je vous présente mes excuses pour un long silence, dû notamment à une charge importante de travail, ainsi qu’à un investissement plus important dans la vie de ma section. J’ai notamment entrepris de réaliser un cycle de formation « découverte du Marxisme » pour mes camarades, en 5 séances mensuelles de deux heures. Seule la première a été réalisé pour l’instant. Je vous tiendrai au courant du bilan de cette tentative dans quelques mois.

 

Je reprends ma collaboration au blog par une petite traduction, toujours du marxiste britannique Michael Robert. J’apprécie toujours sa capacité à relier les évolutions économiques générales à la théorie de Marx et en particulier, à la question de la baisse du taux de profit.

 

Les baisses importantes des marchés financiers la semaine passée ne sont encore que des secousses, après une montée tout à fait « exubérante » depuis quelques mois. L’article de Michaël Robert a l’avantage de redonner un peu de perspective, en montrant notamment que les crises économiques du capitalisme, bien que très régulières, n’en sont pas moins multiformes et procédent de manière historique. 

 

A titre personnel, j’apporterai néanmoins une légère nuance à sa conclusion. Bien sûr, l’économie américaine est l’économie dominante de la planète, l’économie la plus importante et la plus développée, techniquement et capitalistiquement. L’économie chinoise est désormais deuxième, du fait de sa taille importante (La Chine est environ 5 fois plus peuplée que les USA, mais le produit intérieur brut par habitant est donc beaucoup plus faible encore en Chine qu’aux USA). De plus, l’économie américaine controle effectivement une large part des économies de ses alliés les plus proches et elle exerce encore une position dominante sur les principales institutions financières internationales.

 

Toutefois, le rapport de domination de l’économie et de la finance américaine sur l’économie mondiale évolue. L’écart entre la position dominante financière des USA (établie à la fin de la seconde guerre mondiale, lorsque les USA représentaient plus de 50 % du PIB mondial), et la réalité de l’économie américaine s’est largement accru. A mon sens, la prochaine crise globale marquera nécessairement une évolution cruciale des rapports de force mondiaux. En ce sens, le rapprochement que fait Michaël avec la situation de 1937 est d’autant plus pertinent.

 

(Danielle Bleitrach)


Effondrement des marchés d’actions : 1987, 2007 ou 1937 ?

 

Article de Michael Robert, 6 février 2018 (traduction F. Marsal)


Hier, les marchés d’actions américains ont connu leur chute la plus importante depuis la mi-2007, juste avant la crise du crédit, l’effondrement bancaire et le début de la Grande Récession.

 

 

Capitalisation boursière globale :

capitalisation boursière

L’histoire est-elle en train de se répéter ? Bien, la vieille maxime veut que l’histoire ne se répête jamais, mais qu’elle bégaie. En d’autres termes, il y a des échos du passé dans le présent. Mais quel écho entendons nous aujourd’hui ? Il y a 3 possibilités :

 

Ce crash serait similaire à celui de 1987, et serait suivi d’une rapide reprise puis les marchés d’action et l’économie américaine reprendrait sa récente marche en avant. Le crash serait interprété comme une anomalie passagère dans la récupération de la Longue Dépression des dix dernières années.

 

Ou, cela pourrait être comme 2007. Alors, l’effondrement des marchés d’action signalait le début du pire effondrement de la production capitaliste mondiale depuis les années 1930 et le plus important effondrement de tous les temps dans le secteur financier, suivi de la plus faible reprise économique depuis 1945.

 

Ou, finalement, cela pourrait être comme 1937, lorsque les marchés d’action rechutèrent, alors que la Réserve Fédérale (NdT : banque centrale américaine) releva ses taux d’intérêts et que l’administration Roosevelt du « New Deal » arrêta les dépenses de relance économique.   La Grande Dépression reprit et ne s’arrêta qu’avec la course aux armements et l’entrée des USA dans la guerre mondiale en 1941.

 

J’ai déjà évoqué la relation entre les marchés d’actions (le capital fictif, ainsi que le nomme Marx) et ‘léconomie réelle’ du capital productif dans des articles précédents.


Le jour du crash, un nouveau président de la Réserve Fédérale, Jerome Powell prétait serment pour remplacer Janet Yellen. Powell fait désormais face à de nouveaux dilemmes.

 

Marx avait fait l’observation décisive que ce qui pilote les prix des actions est la différence entre les taux d’intérêts et le taux de profit général. Ce qui a préservé la hausse des prix des actions fut le taux très bas des taux d’intérêt, engendré délibérément par les banques centrales comme la Réserve Fédérale dans le monde entier, avec des taux d’intérêt de court terme proches de zéro et la politique d’assouplissement quantitatif (l’achat de titres financiers par injection de crédit). L’écart entre les retours d’investissements sur les marchés actions et le coût des emprunts nécessaires pour financer ces investissements a été très élevé.

 

Bien sur, chaque jour, les investisseurs prennent des décisions irrationnelles, mais, avec le temps, en moyenne, l’ensemble des décisions des investisseurs d’acheter ou vendre refléte les retours (en intérêts et dividendes) et le prix des obligations et des actions évolue en conséquence. Et ces retours dépendent en dernier ressort de la différence entre la profitabilité du capital investi dans l’économie et le coût de mise à disposition des fonds. Si les prix des actions vont au-delà de la profitabilité du capital dans une économie, alors, à un moment, ils devront retomber. Plus ils seront allé haut, plus ils retomberont bas.

 

Donc, il y a deux facteurs clés pour évaluer si la chute des marché ressemble à la situation de 1987, 2007 ou 1937 : la profitabilité du capital productif (est-elle en train de progresser ou de régresser) ; le niveau d’endettement de l’industrie (deviendra-t-elle trop chère à maintenir?).

 

En 1987, la profitabilité du capital était en hausse. Nous étions pile au milieu de la période néo-libérale d’exploitation croissante du travail, de mondialisation et de nouveaux développements technologiques, tous trois facteurs agissant contre la baisse tendancielle des taux de profits. La profitabilité a continué à augmenter jusqu’en 1997. Et les taux d’intérêts, au lieu d’être relevés par la Réserve Fédérale, étaient en diminution du fait de la baisse de l’inflation.

 

En 2007, la profitabilité était en chute (elle avait décliné depuis la fin 2005), le marché immobilier commençait à plonger ; l’inflation commençait à monter et en conséquence, la Réserve Fédérale prévoyait d’augmenter son taux de référence, comme elle prévoir de le faire en 2018. Mais il y a des différences entre 2007 et aujourd’hui. Le système bancaire n’est pas sous tension ni engagé dans des produits dérivés à risque. Et, bien que la profitabilité dans les principales économies est encore en dessous du pic de 2007, les profits totaux sont actuellement en hausse. Il est possible que les salaires commencent à augmenter et cela pourrait couper les profits. De plus, la Réserve Fédérale prévoit d’augmenter des taux d’intérêts, et cela également réduit les profits, puisque les coûts de service des dettes augmentent.

 

évolution du taux de profit généralTaux annuel de croissance des profits des entreprises

 

Peut-être 1937 est plus proche de la situation actuelle du capitalisme américain.  J’ai écris déjà un article sur les parallèles avec 1937  La profitabilité, en 1937 était en reprise depuis les profondeurs atteintes en 1932, mais était toujours très en deçà du pic de 1926.

 

Et, le plus inquiétant aujourd’hui est que la dette des entreprises depuis la fin de la Grande Récession en 2009 n’a pas été réduite. Au contraire, elle n’a jamais été aussi élevée. Sur la base d’un échantillon de 13 000 entreprises, l’agence S&P estime que la propsortion d’entreprises lourdement endettées – celles dont les ratios « dette / revenus » dépasse 5 – atteignait 37 % en 2017, contre 32 % en 207 avant la crise financière mondiale. Entre 2011 et 2017, la dette des entreprises non-financières a crû de 15 points, et atteint 96 % du Produit Intérieur Brut.

 

La chute des marchés boursier me fait dire deux choses. D’abord, que c’est l’économie américaine, encore la plus grande et importante économie capitaliste qui dirige. Ce n’est pas l’Europe, ni le Japon, ni la Chine qui initieront un nouveau ralentissement mondial. Deuxièmement, que cette fois, un ralentissement ne sera pas déclenché par un bulle immobilière ou un effondrement bancaire mais par un crash dans le secteur des entreprises non-financières. Les banqueroutes et les défauts apparaîtront lorsque les entreprises capitalistes les plus faibles rencontreront des difficultés pour faire face à la charge de leur dette et produiront une réaction en chaine.

 

Mais l’histoire ne se répete pas, elle bégaie. La masse des profits dans les principales économies est toujours en hausse et les taux d’intérêts, l’inflation et la progression des salaires sont toujours à des niveaux historiquement bas.  Cela devrait tempérer la chute des prix des actions (et ceux-ci sont toujours élevés). Mais les directions suivies par les profits, les taux d’intérêts et l’inflation pourrait prochainement changer.

Conseil National des 9 et 10 fevrier : Intervention de Marie-Christine Burricand

 

, par  Marie-Christine Burricand
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La base de débat propose par le texte "Bilan et avenir de notre démarche stratégique" me semble passer à côté des questions essentielles pour l’avenir.


Le plus critiquable tient au tour de passe/passe qu’il réalise sur la question du bilan stratégique, exigence ancrée dans la volonté d’un congrès extraordinaire, car s’il s’agit simplement de faire mieux, plus, à la marge, il n’y a pas nécessité d’un congrès extraordinaire.


Le texte démarre par le titre "bilan et avenir de notre démarche stratégique" au sous titre vers la "redéfinition" de cette même démarche stratégique. Les mots ont un sens. Redéfinir : modifier, reformuler le contenu d’une définition, définir une nouvelle fois en changeant quelque chose. Belle ambiguïté sur le sens donné à ce qui devrait être un examen stratégique.

 

Et nous arrivons ainsi à un bilan, non plus de la stratégie, mais de nos expériences, dans un point 5 très limité.


Le mot expérience est d'ailleurs très à la mode dans nos rangs. Si on expérimente, on peut bien se tromper ! Mais quand il s’agit d’un parti, il y a des expériences qui coutent chers et ont des effets définitifs. Le peuple et la société ne sont pas un terrain de jeu.


Au final, l’absence de bilan stratégique sincère induit un texte qui surtout ne touche pas au cadre stratégique qui est le nôtre depuis 20 ans. Nous sommes quasiment dans l’explication de texte de "rallumons les étoiles" en tentant, car il le faut bien, de répondre à l’exigence des communistes de rompre avec l’effacement du PCF. 


Mais peut-on y arriver sans au moins ouvrir sur la réflexion sur notre cadre stratégique, cela paraît impossible. Je peux accepter qu’un congrès ne tranche pas toutes les questions, je peux accepter un commun d’engagements et de combats à condition que les questions stratégiques soient ouvertes, nous n’en sommes pas là. 


Des éléments sont affirmés comme allant de soi dans ce texte alors qu'ils font débat :

 

  • La définition du communisme : "L’humanité en commun, un chemin, une visée", "égalité, Partage des richesses, des pouvoirs" oui mais comment reprendre ces richesses, que fait-on de l’exploitation, de la propriété, du profit, de la plus value ?
  • La question des classes sociales est esquivée sous prétexte de mouvement démocratique. Or quel sens de ce mouvement démocratique sans reposer la question des classes sociales et de leurs places respectives dans ce mouvement ?
  • Le sens du bouleversement politique de 2017 qui fait l’impasse sur le désengagement croissant des citoyens du processus électoral, l’abstention. Un mouvement qui se renforce au fil des années et des déceptions politiques et qui a trouvé son apogée en 2017.
  • L’appel à repartir vers cette nouvelle mission historique que serait la reconstruction de la gauche.
  • Le rapport tactique et strategie : il est vrai que nous n’avons pas fait preuve de grandes qualités tactiques ces dernières années notamment aux présidentielles et aux municigales. Mais peut il y avoir de la tactique sans stratégie et quand notre affaiblissement affaiblit nos liens avec la réalité sociale ? 

  • Surtout, il y a des fantômes :

  • La référence au marxisme n’est pas explicite

  • J’ai parlé de l’exploitation, coeur du capitalisme

  • L’État est le grand absent avec la prise du pouvoir : quel rôle pour l’état pour permettre la prise de pouvoir du peuple, prendre les mesures nécessaires ?

  • Cette question est au coeur de notre affaiblissement, dans cette contradiction qui fait que les gens trouvent souvent nos idées généreuses mais nous lâchent parce qu ils ne croient pas en notre capacité à transformer le réel. 

  • Décidément, cette base de discussion n’est pas à la hauteur des exigences politiques !

Documents joints

Les absents ont toujours tord...surtout quand le débat est politique ...et le peuple présent

 

Publié le 11 Février 2018

 NDDL, épilogue ? 

 Des dizaines de milliers de personnes

 ont convergé,

 samedi sur la ZAD,

 pour célébrer la victoire

 contre le projet d’aéroport.

Les absents ont toujours tord...surtout quand le débat est politique ...et le peuple présent

Tous les observateurs s'accordent à relever le nombre, la jeunesse la diversité le côté brillamment et bruyamment festif du rassemblement sur le site de la ZAD ce 10 février et les préoccupations de celles et ceux qui avaient fait le déplacement.

 

Rappelons-nous comment le P"c"F s'est ruiné dans le Finistère autour du dossier Plogoff. Comment il a fallu vaincre (rôle alors de la JC pour bousculer quelques caciques) plus que des timidités pour être présent sur le Larzac où seul l’opposition à la vocation d'appoint à l'arme nucléaire au sein de l'Otan (c'était déjà positif quand on sait son option pour l'arme nucléaire) lui faisait prendre position contre l’extension du camp militaire.

 

Les questions que posent les acteurs de ces Zones à Défendre ne sont pas des exotismes mais des questions de fond : quelle politique énergétique, quel aménagement du territoire ? quelle politique industrielle, agricole ? 

 

Quelle conception non réactionnaire de la ruralité et dans tout cela quelle organisation collective de la société et ses outils légaux sociaux pour mener ces chantiers

 

Il se trouve que sans que des réponses du 21e siècle soient par miracle écrites par des prophètes inspiré ces questions sont celles que dès le 19e siecle principalement Marx et Engels ont posé en interpellant la société en identifiant les cause des blocages, Marx précisant que l'humanité ne se pose de question que celles auxquelles il peut apporter des réponses.

 

Prétendre penser la transformation sociale en tournant le dos à ces mouvements pointe des comportements dinosauriaux confirmant l'extinction d'une espèce incapable de comprendre le mouvement de la société et donc de construire avec ces mouvements, pas hors d'eux des réponses par eux élaborées.

 

Pour autant certains de plus en plus nombreux identifient les causes, cherchent des issues qui bousculent cet État capitaliste qu'il y a 99 ans les révolutionnaires travaillaient à subvertir en préparant la construction de ce qui sera le ¨PCF.

 

NDDL en est l'exemple frappant alors que les forces vives du mouvement ouvrier les organisations au plus près des gens dénonçaient la construction de l'aéroport, les caciques régionaux et nationaux du P"c"F s'alignaient derrière Vinci (sera-t-on un jour en attente de quel retour?) 

 

Quand le peuple s'écarte ce n'est pas lui qui se trompe.

 

Brecht avait aussi élégamment et brillamment  brocarder ceux qui sous d'autres cieux proposaient de changer le peuple quand il se trompait.

 

Ces doctes diagnosticiens ont été porteurs de la configuration avancée d'un effondrement, mur compris, qui les a submerger.

 

Noyés dans les flots réinstallant le triomphe du capital de par leur éloignement du peuple et les pratiques antidémocratiques antagoniques à la visée communiste ils portent ainsi la majeure responsabilité.

 

Ne tirant aucune leçon de l'histoire, ils étaient absents à NDDL, ils n'ont pas eu le courage politique d'aller vers le peuple la jeunesse.

 

Ils démontrent ainsi qu'il n'y a pas d'issue possible avec eux et que la construction noon pas d'un guide mais d'un outil politique anticapitaliste à disposition du combat est à l'ordre du jour.

 

Les absents ont toujours tord...surtout quand le débat est politique ...et le peuple présent

 

Les absents ont toujours tord...surtout quand le débat est politique ...et le peuple présent

 

Rédigé par Canaille le Rouge

Marseille, la ville, les traces et l’état d’exception

 

11 Février 2018
 

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Pour ceux qui auront eu la patience d’écouter notre conférence sur Staline à Paris (ils sont plus d’une centaine déjà sur ce blog), vous aurez compris qu’il s’agit de « méthode » pour dégager le passé des strates d’idéologie déposées sur lui. A plusieurs reprises je fais référence aux « traces », ce terme renvoie à quelques théoriciens, Ernst Bloch, Walter benjamin et Carlo Ginzburg. Dans les trois cas, il s’agit de dépasser les discours auxquels se résume trop souvent le politique et de trouver une approche qui témoigne de cette actualité du passé comme le ferment de la lutte des classes d’aujourd’hui.

 

J’ai commencé mes recherches en sociologie en travaillant sur l’urbanisation et cette approche se situait dans le prolongement de mon mémoire de maîtrise sur l’évolution des mentalités du 11e au 15e siècle à partir de l’étude des chapiteaux de cloîtres provençaux.

 

J’ai commencé à travailler sur Marseille, c’est aussi le cas de Walter Benjamin. Il écrit un texte sublime « Faubourgs ». Il décrit le paysage de l’arrière port, du secteur d’Arenc jusqu’à Saint Antoine, mais jugez-en plutôt:

 

«  Les murs : La discipline à laquelle ils sont soumis dans cette ville est digne d’admiration. Dans le centre, les meilleurs d’entre eux portent livrée et sont à la solde de la classe dominante.Ils sont recouverts de motifs criards, et se consacrent, plusieurs centaines de fois, sur toute leur longueur, au dernier anis, aux « dames de France », au « chocolat meunier » ou à Dolores Del Rio. Dans les quartiers les plus pauvres, ils sont mobilisés à des fins politiques et leur vastes lettres rouges sont postées, tels des avant-coureurs des gardes rouges devant les chantiers navals et les arsenaux. »

 

ou encore faubourgs :

 

« PLus nous nous éloignons du centre, plus l’atmosphère devient politique. Voici venir les docks, les bassins du port, les entrepots, les cantonnements de la pauvreté, les asiles dispersés de la misère: la banlieue. Les banlieues sont l’état d’exception de la ville…  »

 

Walter Benjamin emploie ce terme « l’état d’exception » qui n’a rien d’anodin, il l’emprunte à Carl schmitt (1). C’est quelque chose de l’ordre de la dictature. Walter Benjamin dans « sur le concept d’histoire » définit la Révolution comme le véritable état d’exception (l’équivalent de la dictature du prolétariat) et il fait par opposition à tous les « décrets d’urgence » par lesquels sous la République de Weimar, la social démocratie a ouvert le chemin au nazisme. L’Etat d’exception conforte une vision apocalyptique du monde. Dans le paysage urbain de la description des faubourgs prolétariens de Marseille devient un champ de bataille où s’affrontent Etat d’exception ouvrant la porte au nazisme par opportunisme social démocrate et dictarure du prolétariat, révolution, le paysage n’est que siège, tranchées.

 

Voilà ce que l’on peut attendre d’une lecture des « traces » dans un paysage urbain, mais l’invite de Walter Benjamin et en général de ceux qui se sont référés au marxisme va plus loin. Elle nous interdit toute nostalgie.

 

Ce qui va être le terreau du nazisme c’est non seulement l’aspiration à une harmonie perdue, à la célébration de la nature opposée à la décadence actuelle mais aussi une esthétisation de la guerre comme moyen de renouer avec le temps des « dieux ».

 

L’apocalypse de 14-18 et son rejeton sanglant Hitler fut la volonté de célébrer de nouvelles noces avec la nature.

 

Pour conquérir Walter Benjamin, pour recréer l’harmonie, impossible de retourner en arrière, il faut au contraire élargir notre conception de la nature au monde faconnée par l’industrie. La ville et la lecture de ses paysages est une seconde nature, il faut s’égarer dans la modernité, dans la ville comme dans une forêt. Il faut lire ce qui surgit à l’improviste, savoir effacer ses traces comme le recommande Bertolt Brecht, refuser de « déblayer » toutes les expériences accumulées.

 

(1) Carl Schmitt, théoricien de l’état d’exception rejoint le parti nazi en 1933.

Allons au-devant de la vie… A des dirigeants trentenaires…

 

 

11 Février 2018

Hier j’ai vu passer un prise de position collective dans l’humanité, il s’agissait de jeunes dirigeants et élus communistes qui prétendaient apporter un nouveau souffle à leur parti. Etre jeune ce n’est pas un métier, mais là il s’agissait d’un cri, ceux qui refusaient que leur parti s’enfonce dans la nuit de la vieillesse et de l’impuissance.

 

Cette prise de position était parfois confuse, il y avait une sorte de catalogue des bons sentiments et intentions, tout ce qui était énoncé ne faisait pas de vagues et relevait tout de même d’une recherche de consensus, mais il y avait aussi l’affirmation de l’essentiel, la volonté de rester communiste, donc pour moi d’assumer la totalité de ce que nous sommes et avons été. Cela change déjà du discours insupportable de l’actuel secrétaire du PCF et c’est un pas en avant que l’on ne saurait négliger. Cela va avec le refus de l’effacement de notre parti à chaque élection et ce depuis des années autant que cette revendication à la totalité de ce que nous sommes.

 

Je ne connais pas ceux qui ont signé ce texte, mais je suis sûre qu’il y a dans leur histoire, leurs parents, leurs grands parents quelqu’un qui les a convaincu d’être communiste et ils ont tous adhéré à un parti qui aujourd’hui leur paraît ne plus exister, dont il ne reste que des traces, mais ils savent à quel point on aurait besoin de ce parti là, à quel point elle est la vraie modernité.

 

Certes  le mot bilan n’était pas prononcé mais tout le texte en relevait ainsi que d’une demande de stratégie et il ne s’agissait pas toujours selon les méthodes de l’actuel secrétaire de cuisine électorale mais bien d’une intervention action des couches populaires, de la jeunesse sur une situation qui se dégrade de jour en jour parce que le capital fait ripaille.

 

Cela allait également avec un autre constat, le refus de la dispersion, l’épuisement dans des « chantiers » que personne ne mène jusqu’au bout qui était une autre ligne force de cette sympathique proclamation.

 

Ce genre de texte est peut-être de ceux qui ne me rend pas totalement pessimiste, ça et la conscience que les choses ne peuvent demeurer en état, que notre pays, que ses travailleurs, ses exploités, sa jeunesse, n’en peut plus et qu’il faudra bien trouver les voies d’une autre politique avec des communistes prêts à se battre.

 

Danielle Bleitrach

10 février 2018

Un Président hyper-actif [Francis Arzalier - Collectif Communiste Polex]

 

Un Président hyper-actif [Francis Arzalier - Collectif Communiste Polex]

 

publié le : 1 février 2018

 

Personne ne pourra faire reproche à Macron de ne pas s'agiter, surtout pas les idéologues du CAC40 qui l'ont choisi, fait élire, pour réaliser les objectifs du Capital. Comme Trump aux USA, avec plus de finesse, il ne rate pas une occasion d'être aux écrans télévisés, et d'y flatter une opinion aseptisée: un jour pleurant les victimes juives et musulmanes d'attentats terroristes, le lendemain encensant la mémoire de Johnny Hallyday ou de France Gall, tout est bon pour faire oublier la voltige des prix ou les licenciements plus faciles.

 

Et dans cette course médiatisée, moins saccadée que celle de son modèle Sarkozy et plus efficace que les maladresses Hollandaises, la politique extérieure joue un grand rôle. Après l'Afrique parcourue de Ouagadougou à Alger, après le Moyen-Orient et les potentats pétroliers, c'est la Chine "lointaine et mystérieuse" qui donne l'occasion à notre Président de se poser en grand guérisseur des maux de notre monde, au nom d'un Occident mal représenté par une Merkel aux allures de Bobonne empêtrée dans ses oppositions, et un Trump décidément imprévisible et irrationnel.

 

Et pour couronner le tout, il réunit avant le rassemblement des "décideurs mondiaux " à Davos, le gratin du patronat international en conclave au château de Versailles, pour leur vendre la force de travail des salariés français: un nouveau Roi Soleil, clamant à Messieurs Toyota, Google et autres Amazon: " Venez vous enrichir en France, mon État et mes sujets sont à vos pieds !"

 

Macron joue les jeunes premiers de la scène internationale, et caresse dans le sens du poil le nationalisme persistant de beaucoup de Français, qui n'ont pas encore compris que notre pays n'est plus une grande puissance, mais le serviteur zélé de l'impérialisme occidental, dont les centres névralgiques sont à Washington et à Berlin. Macron lui même en apporte ingénument la preuve, quand il ne s'exprime plus que dans la langue de l'Empire, cet anglo-américain tel qu'on le pratique à Wall Street...

 

Car cette frénésie médiatique relève en grande partie de l'esbroufe,de la construction d'une image fabriquée pour le public hexagonal: la réalité est plus prosaïque, et plus discutable surtout. [...]

 

Lire la suite ci-dessous :

 

Un President hyper-actif

 

Même si ce pays est largement détruit, amputé de millions d'hommes, et encore occupé en partie par des groupes armés au service de puissances étrangères, même si divers protagonistes comme ...

 

http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bulletin_160_art1.php

De quoi Staline fut-il le nom ?

 

De quoi Staline fut-il le nom ?

Malgré son titre « 1917-2017, Staline tyran sanguinaire ou héros national ? » ne porte pas seulement sur Staline, mais pose des questions sur la nature du pouvoir soviétique de 1917 à la chute de l’Union soviétique. Il présente des faits, des arguments. La notion de totalitarisme qui va jusqu’à identifier ce pouvoir à celui du nazisme, doit être dénoncée.


Le livre part d’une interrogation sur la différence d’opinion entre ceux qui ont vécu l’URSS et l’image que nous en avons en France. 67 % des habitants de la Fédération de Russie en septembre 2017 regrettaient l’Union soviétique et 38 % d’entre eux plaçaient Staline et Lénine en tête des plus grands hommes de l’histoire. Pourquoi ? Ce que tous les sondages affirment, nous l’avons constaté sur le terrain. Staline est l’homme d’une époque, l’Union soviétique ne se limite pas à sa seule domination, mais incontestablement Lénine et Staline ont opéré une rupture et créé les conditions d’une autre société dans un encerclement permanent et une violence de quatorze États ligués contre elle. Un état des lieux s’impose. On ne peut pas ignorer cette extraordinaire tentative de changement de pouvoir et de société. Prétendre effacer la mémoire des peuples est aussi destructeur que d’imposer aux individus l’ignorance de leur passé et de leurs origines. Ce livre est donc une présentation des pièces du dossier en vue de l’ouverture d’une véritable analyse scientifique mais aussi politique, d’une expérience qui continue de marquer notre présent et qui conditionne notre avenir.

 

Conférence de présentation de l’ouvrage par ses auteures, suivie d’un débat :

 

 

Danielle Bleitrach, universitaire à la retraite, sociologue, journaliste, blogueuse, ancienne dirigeante politique du PCF, globe-trotter et écrivain. Auteur, entre autres, de L’Usine et la vie avec Alain Chenu (Maspero ; 1980), Classe ouvrière et social-démocratie, avec Alain Chenu et Jean Lojkine (Éditions sociales, 1985), Cuba est une île, avec Viktor Dedaj (Le Temps des cerises 2004, et traduit en espagnol en 2005 chez Viejo Topo), Cuba, Fidel, le Che ou l’aventure du socialisme, avec J.-F. Bonaldi (Le Temps des cerises 2006). À paraître également, en juillet 2015, Fritz Lang et Bertolt Brecht, le nazisme n’a jamais été éradiqué chez LettMotif.

 

Marianne Dunlop est Agrégée de russe, a fait de l’étude des langues et des peuples le cœur de sa vie. Grâce à des bourses d’études, elle passe un an en URSS et deux ans en Chine. Sa curiosité l’a ensuite amenée à apprendre, entre autres, le turc, le coréen, le persan… et même l’Espéranto. Elle enseigne aujourd’hui le chinois à l’Université d’Artois, tout en assurant des missions d’interprète et de traductrice assermentée.

 

Le vent se lève: Antonio Gramsci et ses ennemis

 

09 Février 2018

Antonio Gramsci et ses ennemis

Politique et morale ne font pas toujours bon ménage. La stérilité d’un journalisme enclin à l’indignation plus qu’à l’analyse en témoigne. Antonio Gramsci, qui maîtrisait cet art, ne se croyait pas tenu d’exprimer son déplaisir moral. L’indignation, à son sens, émousse le sens critique et dévoile la pruderie des militants enclins aux vœux de pureté idéologique et attachés aux programmes monolithiques.

 

Le cofondateur du parti communiste italien reprochait à beaucoup de ses camarades de lutte leur ignorance satisfaite, plus encline à l’indignation qu’à l’interrogation, et leur dédain à l’égard de toute culture associée au camp adverse, réactionnaire ou religieux. Il ne suffit pas, estimait Gramsci, de vouer les curés et les intellectuels réactionnaires à l’enfer obscurantiste pour qu’ils cessent d’exercer une influence tenace. Il ne suffit pas de mimer l’écoeurement à l’approche d’idées jugées « nauséabondes » pour éviter qu’elles ne se répandent. Sans le soutien d’une froide démarche d’analyse, l’indignation devient pour le journaliste une véritable tare et fait courir aux progressistes le risque de l’obscurantisme le plus crasse. Gramsci incitait plutôt, pour échapper aux connivences grégaires, à enjamber les barrières idéologiques et à s’aventurer en terre inconnue.

 

Le journalisme fut pour ce philosophe et militant marxiste une expérience décisive. S’y exerçant à juger avec prudence, il y satisfaisait son goût prononcé pour la confrontation des idées et des convictions les plus éloignées entre elles. « Il m’est nécessaire, écrira-t-il en prison à sa belle-sœur Tatiana, de me placer d’un point de vue dialogique ou dialectique, autrement je ne sens aucune stimulation intellectuelle ». Gramsci redoutait plus que tout le confort et l’hermétisme intellectuels : « je n’aime pas lancer des pierres dans le noir ; je veux sentir un interlocuteur ou un adversaire concret ». La peur de l’asphyxie intellectuelle, de l’entre-soi satisfait, engage Gramsci dans son titanesque projet de lecture et d’écriture de prison. Mieux qu’un essai définitif, ses Cahiersdéploient une pensée vive, nourrie et amplifiée par l’assimilation et le dépassement des idées adverses.

 

I. Délivrez-nous des purs !

 

« Ah, les purs ! … Toutes les idées, tous les partis ont de ces gardiens de la pureté, hystériques et fanatiques, mauvais garçons qui se masturbent, ou vieux célibataires aigris, qui sont profondément convaincus d’avoir reçu la mission de propager le vrai christianisme, ou la vraie république, ou le vrai socialisme et sauvent à tout moment les faibles âmes des contacts peccamineux, et écrasent les hérétiques sous le poids de leur sainte immaculée indignation.

 

Qui nous sauvera, o Christ, o Marx, o Mazzini, de vos très purs et incorruptibles disciples ? »

 

En lançant ces imprécations, Gramsci clame son exaspération à l’égard des militants cramponnés à des étiquettes politiques périmées, à des principes abstraits, à des entités morales désincarnées. Les actuels missionnaires de la « vraie » gauche ou de la « vraie » droite pourraient allonger la liste. Ces « purs », comme Gramsci les appelle, risquent de s’aveugler sur les enjeux immédiats et sur l’évolution réelle des rapports sociaux. Confites dans une auto-complaisante intransigeance, ces bonnes âmes s’épuisent pour des absolus qui les décevront. A force de fuir le « contact peccamineux » des idées qui leur déplaisent, la possibilité même d’une contradiction leur paraît extravagante. L’existence de l’adversaire devient une aberration à traiter par le mépris ou la dérision. Et cela, quelque soit son crédit auprès du grand nombre. On doit à cette tendance l’infamant épithète « populiste ». Le traitement du peuple mal-votant, celui qui bascule vers les extrêmes, par des élites empanachées de vertu nous suggère que Gramsci avait vu juste.

 

L’esprit libre, à la différence du « libre-penseur », sait que son émancipation dépend d’une confrontation constante à la contradiction des points de vue. Sa liberté n’est jamais acquise une fois pour toutes.

 

Dans un article de juin 1918 intitulé « Libre pensée et pensée libre », Gramsci rejoint, contre ses camarades libertaires ou « libres-penseurs », le camp de la « pensée libre », c’est-à-dire de ceux qui conçoivent et comprennent la divergence des convictions grâce à une quête méthodique des causes historiques des conflits sociaux. Les socialistes, écrit Gramsci, en tant qu’ils « pensent librement, historiquement, comprennent la possibilité de la contradiction, et pour cela la vainquent plus facilement, et ainsi ils élargissent la sphère idéale et humaine de leurs propres idées. Les libertaires, en tant qu’ils sont des dogmatiques intolérants, esclaves de leurs opinions particulières, s’essoufflent dans de vaines diatribes, rapetissent tout ». L’esprit libre, à la différence du « libre-penseur », sait que son émancipation dépend d’une confrontation constante à la contradiction des points de vue. Sa liberté n’est jamais acquise une fois pour toutes.

 

Autrement dit, Gramsci défend une véritable éthique militante, une discipline incitant à voir dans l’adversaire politique un être conscient et raisonnable, même quand ses positions semblent à première vue aberrantes. Tout mobile, toute idée capable de mouvoir une collectivité est, aux yeux de Gramsci, digne d’intérêt, de compréhension.

 

II. Ne nous laissez pas succomber à l’indignation…

 

Renoncer à la « pureté » idéologique, aux étiquettes partisanes, aux codes et aux symboles d’initiés, s’avère pour Gramsci nécessaire au renouvellement des idées et des débats : une culture politique prisonnière de sa tradition se condamne à la marginalité. Or l’indignation, même légitime, condamne ceux qui la partagent à hoqueter en choeur, à « hashtaguer » férocement. Elle arrache la cause dont elle s’empare aux cadres sociétal et juridique pour la livrer à l’arbitraire vindicte collective. L’indignation dispense d’articuler, et donc de penser. Une ambition hégémonique engage à l’inverse une mise à distance des affects incontrôlés, propices aux interprétations toutes faites, aux automatismes aveugles.

 

Ainsi, pour dénoncer des exactions policières tout en déjouant les attentes du camp opposé, Gramsci refuse de s’installer dans une posture de contestation systématique et irréfléchie. Répudiant « la coutumière tirade sentimentale, et discrètement mièvre, contre la réaction sévissante », il propose, plutôt que l’expression d’un ressentiment, une expertise circonstanciée et historiquement située de ce à quoi « nous nous sommes habitués à donner le nom de réaction ». De la même façon, tout hostile qu’il soit à l’Église catholique, Gramsci renie l’anticléricalisme socialiste « pour sa confuse ou arbitraire et imbécile pétulance ». L’analyse se substitue aux anathèmes. Le journalisme n’est pas pour lui l’instrument d’expression de l’indignation mais celui de conquête d’une maîtrise théorique.

 

L’esprit de complexité, la prudence du jugement, que Gramsci prête aux « bons » socialistes, sont les premiers signes distinctifs d’un mouvement potentiellement hégémonique.

 

Gramsci en effet ne met pas l’outrance verbale au service de la morale mais de la rigueur. Il contient sa virulence pour étudier l’ennemi valeureux et pourfend impitoyablement l’allié médiocre. Si un camarade de parti se laisse aller à la caricature, Gramsci ne se prive pas de le remettre, parfois férocement, à sa place. Une certaine Cristina Bacci, camarade socialiste, apprit à ses dépens à ne pas attaquer sans connaître un mouvement d’extrême-droite aussi complexe et influent que l’était dans les années 1920 l’Action française. Après avoir opposé aux invectives de la militante un tableau nuancé et précis du courant monarchiste de Charles Maurras, Gramsci retourne contre les journalistes dilettante l’épithète d’« obscurantistes ».

 

Cette exigence de clarté idéologique ressurgit à l’occasion des querelles avec les libertaires qui reprochaient aux socialistes leur manque de solidarité. Gramsci, en réponse, réaffirme sans ménagement son impératif de critique méthodique, universelle et inconditionnée. « A l’indignation des libertaires, écrit-il, nous opposons l’affirmation de notre droit absolu à appliquer la critique prolétaire à tout le mouvement ouvrier ». Le partage d’une culture politique commune ne justifie pas à ses yeux une plus grande indulgence, au contraire. Considérant les socialistes « plus libres spirituellement (et donc plus libertaires, effectivement) que les libertaires », Gramsci désavoue le romantique spontanéisme des libertaires : « nous avons, estime-t-il, une meilleure perception de la complexité des faits mêmes et nous ne jugeons pas spontané (libertaire, volontaire, conscient) le mouvement d’une foule qui a entendu des discours anarchiques, mais nous disons : cette foule est elle aussi gouvernée, elle est elle aussi sous l’influence d’un pouvoir, et elle est mal gouvernée par ce que ce pouvoir est exercé de façon chaotique ». Décidément très malmenés par le jeune journaliste, les « libertaires » illustrent cette fois une compréhension binaire des conflits sociaux qui verrouille et dégrade le débat. Non seulement ce « gauchisme » s’égare dans une bataille donquichottesque contre un ennemi rendu invisible à force de caricatures, mais au-delà il esthétise les mouvements de foule sans interroger les mobiles et les déterminations souterraines en jeu.

 

L’esprit de complexité, la prudence du jugement, que Gramsci prête aux « bons » socialistes, sont les premiers signes distinctifs d’un mouvement potentiellement hégémonique.

 

III. Aimez – méthodologiquement – vos ennemis

 

Le principe de la sympathie méthodologique, de suspension provisoire du jugement en vue d’une plus intime compréhension des enjeux actuels, n’implique aucune affinité morale ou politique avec l’interlocuteur. C’est une discipline qui vaut, selon Gramsci, pour toute pensée, toute culture, capables de « faire histoire », c’est-à-dire d’emporter l’assentiment, la mobilisation de masses de personnes. Or l’intellectuel ne peut décréter cette capacité, il ne peut que la constater et en tirer enseignement.

 

Ainsi, à l’occasion d’une querelle avec des journalistes fascistes anticléricaux, Gramsci fait remarquer que la presse catholique, même médiocre, mérite qu’on la considère en tant qu’elle reflète « une puissance, l’Église romaine, qui est liée avec des millions et des dizaines de millions d’habitants du monde » et qui « développe, dans l’histoire du genre humain, une action positive, que l’on peut détester mais qu’il faut respecter et avec laquelle il faut faire ses comptes, justement parce que c’est une force positive, qui gouverne un immense appareil de domination et de suprématie ». Cette déclaration est révélatrice de l’exigence de justesse et de précision qu’a Gramsci.

 

L’ambition de mesurer l’influence concrète des acteurs politiques non progressistes obéit à ce que Gramsci juge être le « premier canon de réalisme », à savoir « reconnaître la réalité des autres ».

 

En pillant les ressources argumentatives et rhétoriques de l’adversaire on l’affaiblit davantage que par une violente offensive. La démarche hégémonique, autrement dit, n’est pas affirmation triomphante de soi mais absorption subreptice de l’autre.

 

Pour ne pas risquer de sous-estimer l’adversaire, Gramsci s’applique avec zèle à le connaître. Abonné au quotidien monarchiste d’Action française très populaire alors en France, il proclame être aussi « un lecteur assidu de la presse catholique ». « Ma manie de la confrontation, écrit-il, s’exerce plus assidûment et plus perfidement parmi les journaux catholiques ». Ces lectures sont déterminantes pour le projet politique gramscien : l’Action française lui fournit en effet un modèle de technique journalistique et d’éducation militante, l’Église un réservoir d’expériences culturelles vouées à la diffusion d’une vision du monde. On gagne plus, apparaît-il, à imiter et à subvertir l’idéologie antagoniste qu’à l’ignorer hautainement. Si votre ennemi triomphe parce que le diable s’en est mêlé, envisage Gramsci en empruntant au folklore italien une expression haute en couleur (« se c’è stato di mezzo la coda del diavolo »), eh bien « apprenez à avoir le diable de votre côté ».

 

Avoir le diable de son côté, c’est appliquer les principes tactiques de Lénine, reformulés par Gramsci dans le quotidien communiste L’Unità : neutraliser les ennemis des classes populaires implique « une activité avant tout tactique, soucieuse de procurer au prolétariat de nouveaux alliés ». Pour cela, écrit-il, il faut « utiliser tous les alliés possibles, aussi incertains, oscillants et provisoires qu’ils soient ». En pillant les ressources argumentatives et rhétoriques de l’adversaire on l’affaiblit davantage que par une violente offensive. La démarche hégémonique, autrement dit, n’est pas affirmation triomphante de soi mais absorption subreptice de l’autre.

 

Pour décrire sa propre entreprise, Karl Marx se comparait à Dante, citant ces vers du poète florentin, lorsque, à l’entrée de l’enfer, il constatait que ici il convient de laisser tout soupçon toute lâcheté ici doit être morte1

 

Gramsci ne dit en somme rien de plus. Congédier le souci de pureté idéologique, se dépouiller du soupçon instinctif et de l’indignation systématique, surmonter le lâche dégoût pour une façon de penser jugée immorale, ces trois canons d’un journalisme véritablement éclairé sont aussi les principes d’une stratégie politique gagnante.

 

1 « Qui si convien lasciare ogni sospetto

Ogni viltà convien che qui sia morta ». Dante Alighieri, Inferno, chant III, v. 14-15

Congrès 2018 : Avis défavorable... Quand la technique et la bureaucratie remplace le politique... 

 

, par  pam  
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Un militant a déposé une contribution préparatoire au congrès extraordinaire de 2018. Il a reçu cette réponse surréaliste et se demande ce qu’elle veut dire...
C’est révélateur de l’état d’esprit de l’équipe qui organise le débat pour la direction du parti... ou quand la technique et la bureaucratie remplace le politique...
 
D’abord l’anglicisation... tout simplement parceque personne n’a cherché la maitrise technique d’un outil vu comme une recette miracle, alors qu’il doit falloir quelques minutes pour franciser les textes du message... sans compter la construction d’un message automatique tellement administratif qu’il en devient kafkaien.. relations entre camarades ? fraternité ?
 
Et puis le coeur de l’outil "favorable/défavorable"... inspiré du célèbre "like" imposé par les réseaux sociaux, un peu enrichi avec trois options "favorable, défavorable, important"... Est-ce qu’on va faire le congrès en sélectionnant les textes avec record de "favorable" ? On pourrait demander à un algorithme de calculer la meilleure synthèse pour préparer une base commune ?
 
Ce n’’est pas ce "nationbuilder" qui est en cause, ce n’est qu’un outil, ce n’est pas "Gérard Lia" qui a fait comme tous les militants qui découvrent la plateforme dont personne ne sait comment elle fonctionne ; il a cliqué... j’ai d’ailleurs fait la même chose en cliquant sur les 3 choix... c’est possible ! 
 
C’est la démission politique de la direction du parti qui a décidé d’organiser le congrès sur cette plateforme sans ouvrir aucun débat sur l’usage souhaité de cette plateforme. Résultat ? 

- Le conseil national décide d’inscrire le "bilan" dans la préparation du congrès, mais ce bilan est absent de la plateforme.

- La direction ne cesse de répéter que l’important est une base commune rassemblant les communistes, mais la plateforme propose un avis binaire favorable/défavorable, qui tend au contraire à stigmatiser les oppositions...
 
A moins que ce ne soit pas une démission, mais un choix. L’avantage de cette plateforme, c’est que personne ne peut dire qu’il n’a pas pu s’exprimer...Tout le monde peut déposer une contribution, mais bien sûr, internet est une extraordinaire machine à oublier, et au moment ou il faudra trancher, la direction sera seule avec son texte et ses compromis interne, prenant en compte les contributions des communistes qui l’intéresse, et personne ne pourra rien en dire, le congrès sera déjà terminé...
 
Le vrai moment de démocratie du parti, c’est la réunion de cellule, la réunion du comité de section, la conférence fédérale. C’est dans ces rencontres que les directions sortantes jugent des réactions des communistes en direct, les réactions bien rédigées, mais aussi les réaction informelles, rapides, le sentiment collectif d’accord ou de désaccord de cet "intellectuel collectif" qui n’existe que dans les rapports humains...
 
Or la plateforme est tout sauf au service de ces rencontres dans l’organisation du parti, ces rencontres ou les communistes s’organisent...
 
Elle crée l’illusion d’un rapport direct du militant au parti, bref au "mouvement", car c’est bien ce qu’elle construit, comme elle l’a fait pour Macron ou Mélenchon...
 
Elle n’est pas au service d’une force organisée vers l’action, mais d’un mouvement de soutien à... un dirigeant... Au fait, qui ?
 

Documents joints

Vos commentaires

 

pcffaucillemarteaufvr pcf01A propos du 38ème congrès du PCF, des conditions de son déroulé, article du 09/11/2017 réédité, reformulé

 

 

 

 

Bernard Trannoy 33138 Lanton.

Lanton le 08/02/2018

 

Premier problème rencontré au retour, une invitation pressante à répondre rapidement à un questionnaire, premières interrogations ?

 

1- Quel est sa cible ? Qui est habilité à y répondre ou pas ? Sur quelles bases ? Pour quels objectifs ? Flou artistique complet la cible varie au fil du temps, des opportunités ou des opportunismes. L’impression du poisson mort au fil de l’eau domine.

 

2- Qui a élaboré ledit questionnaire, sur quelle base, avec quels critères ? Sur la base de quel mandat ?

 

3- Qui traite ledit questionnaire, avec quels outils ? Rôle de la commission du CN ? A-t-elle accès à toutes les données brutes ? Ou n’a-t-elle accès qu’à des extractions, effectué par qui ? Sur la base de quels critères ? En un mot quel est le chef d’orchestre ?

4- Est-ce que toutes les règles prudentielles ont été prises, qui gère les bases de données ? Où sont localisés le ou les serveurs ? (Exemple passer contrat avec un fournisseur qui a ses serveurs situés aux USA, cela équivaut à remettre directement toutes nos données à la CIA, à la NSA.)

 

5- Quelle garantie que la base de données ne sera pas mise sur le marché, proposée à la vente ?

 

6- Ces règles prudentielles n’étant pas garantie ? La transparence n’étant pas au rendez-vous, ne sachant pas de ce qui sera fait des données ainsi collectées, je ne répondrais pas à un questionnaire où l’éthique la plus élémentaire n’est absolument pas garantie, et qui nécessite autres choses que des réponses vagues faisant dans l’a peu près.

 

Maintenant on sait c'est à l'aide d'un outil US Nationbuilder. Autant dire que nous voilà maintenant direction branché sur Langley (Siège de la CIA en Virginie) Logiciel pourvu d'une porte dérobée. Dans un logiciel, une porte dérobée (de l'anglais backdoor, littéralement porte de derrière) est une fonctionnalité inconnue de l'utilisateur légitime, qui donne un accès secret au logiciel. L'introduction d'une porte dérobée dans un logiciel à l'insu de son utilisateur transforme le logiciel en cheval de Troie.

 

7- Est-il judicieux pour ceux qui se veulent des dirigeants de se transformer en vulgaire gestionnaire d’un institut de sondage ? Ainsi la démarche de la case à cocher serait-elle devenue le summum en matière de démocratie. !!!J’en doute.

 

8- Mettre en marche cet intellectuel collectif que doit ou devrait être le PCF ne leur est-il pas venu à l’esprit ? N’est-ce pas dans l’échange, qui ne va pas sans confrontation que se construit une pensée, une stratégie, une démarche collective. Le collectif ferait-il peur ? Transformer le PCF en un gigantesque atelier d’écriture cela aurait une toute autre gueule. Oui, mais pour cela, il faut faire confiance à ce réservoir, de dévouements, d’expériences que sont les femmes et les hommes qui ont choisi l’engagement dans le PCF. Eux savent que face au niveau d’organisation qu’a atteint le capital, le « mouvementisme » est de peu de secours et est même un fer aux pieds. Il est souvent le lieu de toutes les irresponsabilités. Ce « mouvementisme » qui ne va pas sans le culte du chef, s’en remettre à un nouveau demi-dieu est la première et la plus grave des irresponsabilités, des soumissions. Décidément le culte de la personnalité à de beau jour devant lui, culte qui est la manifestation d’une évidente immaturité.

 

9- Première règle non respecter par cet entonnoir qu’est ledit questionnaire : LA DEMOCRATIE. En effet toutes les opinions doivent être prises en compte, ceux qui répondent au questionnaire, cela va de soi et mérite respect, mais aussi ceux qui refusent d’y répondre pour des raisons multiples et diverses qui ne sont pas sans fondement. Je suis bien obligé de constater qu’aucune disposition n’est prévue pour prendre en compte la non réponse qui se doit d’avoir le même statut que les autres réponses, pas plus, mais surtout pas moins, car elle est aussi une réponse.

 

Deuxième problème quel est la nature du dit questionnaire ? A quoi sert-il, pour quels objectifs ?

 

10- Elaborer un questionnaire, c’est créer un cadre, qui pour une part enferme les échanges dans un cadre prédéfinit, formater. Cette façon de faire est aussi un moyen d’encadrer, d’évacuer les questions qui fâchent, afin de les mettre si possible hors champ ? (L’U.E, l’€uro, la souveraineté, la démocratie, etc…)

 

11- Ce questionnaire n’est-il pas, d’abord un moyen pour l’équipe dirigeante d’échapper à ses responsabilités, à faire le bilan de ses actions, à rendre des comptes ? En effet le questionnaire pointe, de fait, en premier les problèmes d’organisation, c’est-à-dire nous TOUS EN BAS sommes montrés de l’index comme responsables des échecs subit. Les généraux n’y sont pour rien, ce sont les troufions qui n’ont pas exécutés à la lettre les ordres reçus, donc ils sont les premiers responsables des échecs. Il y a là, le refus ne serait que d’envisager les échecs réels subit comme étant d’abord et avant tout la CONSEQUENCE de choix STRATEGIQUES DESASTREUX INITIES PAR LE CERCLE DIRIGEANTS.

 

12- Ce questionnaire veut nous enfermer dans le seul électoralisme de bas étage, dans la culpabilité. Nous voilà tous, sautant comme des cabris en scandant « il nous faut des élus, il nous faut des élus », comme si cela pouvait être une fin en soi. Avoir des élus n’est pas un objectif en soi, mais bien plutôt la résultante d’un investissement sur le temps long et en profondeur, démontrant pour le monde du travail notre utilité. Ils ne voient pas ou refusent de voir qu’il y a dans leur démarche le meilleur moyen de ne plus avoir d’élus. Ne serait-ce pas un scénario à l’italienne qui serait l’horizon visé ? Qui roulent pour qui, oui la question finit par émerger ?

 

13- Or que nous propose, quant au fond, le questionnaire ? C’EST DE POURSUIVRE SUR LA VOIE D’UNE STRATEGIE QUI N’A FAIT QUE CUMULER, ANNEE APRES ANNEE, ECHEC SUR ECHEC. On prend les mêmes et on recommence.

 

14- En fait, in fine, on nous demande, toutes affaires cessantes, de rejoindre la cohorte des organisations social-démocrate, d’accompagner comme les autres le CAPITAL. Mais trois organisations sociales-démocrates pour la France je trouve que cela fait beaucoup. (Pas d’illusion « France Insoumise » est de même nature, Jean-Luc qui cultive jusqu’à l’excès sa personne, ne se voit qu’en futur Tonton, là-dessus je suis en total accord avec Alain Badiou). Tous ces sociaux-démocrates participent de fait, de par leur acceptation servile de l’intégration européenne (PGE pour le PcF) des dispositifs d’intégration du monde du travail aux objectifs du grand Capital. L’évolution du monde démontrant de toute évidence qu’il n’est pas stupide de mettre un trait d’égalité entre U.E et OTAN. (Récemment, un responsable du département d’état des Etats-Unis en visite à Belgrade a mis en demeure les serbes à ne pas rester le « cul entre deux chaises », et à choisir entre U.E et la Russie). Non, nous ne sommes pas les alliés des USA, mais tout simplement leurs vassaux et l’U.E n’est qu’un de leur vecteur de domination. Le PCF est-il encore un Parti Communiste, la réponse de toute évidence est NON (Les ponts sont quasiment en voie délabrement avec la quasi-totalité des partis communistes, sauf ceux qui sont devenus, comme nous, de nature profondément social-démocrate). Le PCF est-il devenu un parti de nature profondément social-démocrate ? La réponse, il faut bien le constater, pour le regretter, est de toute évidence OUI. Va-t-il le rester ? Cela dépendra de nous en « BAS », et du monde du travail d’une manière générale. Faut-il s’étonner que 60% des ouvriers s’abstiennent aux élections ? Ne sont-ils pas, pour une large part, orphelin d’un parti communiste utile à leurs espérances ? Qui les a abandonnés, Eux ou Nous ? 55% on dit NON au traité Européen, ont dit NON aux abandons de souveraineté. Avons-nous été fidèle à ce NON ? Je ne le pense pas du tout. Est-ce que nous répondons aux attentes du monde du travail ??? Si cela était le cas, 60% d’entre eux resterait-il à la maison dans « le voter, pourquoi faire ? ». Vote qui aboutit bien souvent à choisir celui qui vous bottera le cul, 5 ans la fesse droite, 5 ans la fesse gauche pour seule perspective.

 

D’ailleurs, phénomène récurrent dans toute nos « analyses !! » les abstentions qui sont pourtant un fait politique majeur sont passés à la trappe, sous le tapis, parce que dérangeantes. Mais l’appareil fait jaillir immanquablement toujours la même litanie : « c’est une question de pédagogie, ils n’ont pas compris. On va leur expliquer ». Bien sûr les ouvriers, c’est bien connu sont de vulgaires idiots. Jamais ceux qui font ce genre de sortie imbécile ne se pose la question « Sommes-nous vraiment à leur écoutent ? répondons-nous vraiment à leurs attentes ? à leurs besoins d’espérances ? Quelles propositions de perspectives nous leur offrons ? ». Quand mettrons-nous un terme à la valse des mots creux, vide de sens ? dont on les abreuve.

 

15- Si à cela vous ajouter l’instabilité manifeste du discours des dirigeants, vous avez des communistes en perte de repères qui sont conduits de plus en plus souvent lorsqu’ils sont interpelés « Je ne sais pas quel est la position officielle du PCF (en a-t-il une ??), Mais je vais te dire ce que moi j’en pense ».


16- « Un meilleur partage des richesses », sortir cet ineptie au moment précis où le capital nous fait savoir, avec véhémence, et même violence, que les compromis successifs auxquels il a été contraint depuis la fin du 19ème siècle appartiennent au passé. A-t-on oublié à ce point que « c’est celui qui possède qui bat la mesure » ? Pour ma part je ne vois pas Neuilly vouloir partager avec Aubervilliers. Celui qui prétend obtenir un nouveau compromis avec le Capital n’est-il lui aussi en retard d’une guerre ? (L’interview de JLM à Marianne, qui se fait fort de négocier un nouveau compromis social avec le capital). Seul l’organisation du monde du travail syndicalement et politiquement pourra mettre à la raison le capital, mettre à la raison le capital, c’est d’abord le déposséder. Dans ce monde il n’y a pas de place pour les « Zorro ».

 

17- Le socialisme fait son retour en force. Ce mot qui fait peur, y compris à certains « communistes » émerge dans l’actualité (19ème congrès du PCC) les regards s’y tournent de nouveau. La FAO nous informe que 700 millions de femmes et d’hommes sont sortie de la pauvreté, problème ils sont tous chinois.

 

18- Paradoxe : « La majorité des jeunes Américains âgés de 15 à 30 ans préféreraient vivre sous un régime socialiste plutôt que sous un régime capitaliste », comme le montrent les résultats d’un nouveau sondage de la « Fondation pour la mémoire des victimes du communisme ».


Source : https://fr.sputniknews.com/…/201711041033745157-jeunes-ame…/

19- Question internationale : Pourquoi, de ma part, utiliser paradoxalement ce singulier ? Des années 2000 à aujourd’hui l’émergence d’un phénomène irréversible fait irruption, « la multipolarité du monde ». Cela est un fait sur lequel aucun retour en arrière ne sera possible. C’est ce fait que les Etats-Unis et son vecteur l’U.E n’acceptent pas. Ils veulent, en utilisant pour cela tous les moyens, y compris par la force militaire, l’économie, la finance préserver leur « monde unipolaire ». C’est des sanctions tout azimut (avec le toutou U.E) contre tous ceux qui n’acceptent pas de s’incliner devant le seul leadership américain.

 

Problèmes pour eux ces sanctions finissent par se retourner contre eux. C’est l’agriculture française qui paient la facture. Les sanctions qui ont permis à la Russie de développer rapidement son secteur agricole (La Russie est devenue le premier exportateur mondial de blé). C’est l’accélération de la dédollarisation des échanges internationaux dans des cadres bilatéraux ou multilatéraux. C’est ces faiblesses en voie d’accélération qui rend le couple (USA, UE) infernal dangereux. C’est la très forte tendance qu’ont les USA à ériger leur propre droit en droit international. Autre retour en force sur la scène internationale, c’est le fait national. L’état nation est une construction qui s’inscrit dans le temps long. L’oublier c’est courir aux pires déboires, il y a là une des raisons qui peuvent conduire l’U.E à son délitement. De la part des dirigeants « communiste » oublier cela, ne pas en prendre la mesure est la preuve d’un autisme stupéfiant. Là où les partis communistes ont prospérés, ce sont développés. C’est là où ils ont pris en charge totalement cette réalité qu’est le phénomène national.

 

20- « Sortir du capitalisme », proposer une « alternative au capitalisme » sans le courage de nommer les choses n’est d’aucune utilité, rend nos propos inaudibles. Appelons un chat, un chat, et affirmons, réaffirmons avec force que notre horizon s’appelle le « socialisme ».

 

21- La démocratie suppose, impose même la souveraineté. C’est de nos capacités à décider ici et maintenant que dépend notre devenir. Pour ma part je ne sais pas ce que peut-être une démocratie qui ne serait pas souveraine. Elle est même la condition indispensable pour développer avec vigueur toutes les formes possibles de coopérations, pas de coopérations sans souverainetés. Nous n’échapperons pas à la nécessité de réfléchir et d’organiser de nouvelles formes de régulation des échanges internationaux, prenant en compte les droits légitimes de toutes les parties. S’en remettre aux seules lois du marché, c’est laisser la loi de la jungle régner en maitre absolu sans retenue. La loi du plus fort comme seul régulateur, socialisme ou barbarie c’est bien à cela que nous sommes confrontés.

 

22- Discourir sur notre volonté de préserver les services publics, le transport ferroviaire, les transports urbains, la poste, l’accès à l’eau, à l’énergie, à la santé sur la base d’un puissant secteur publique (même s’il est à repenser en profondeur) n’est d’aucune utilité si nous ne sortons pas du carcan qui les étouffent, qui les tuent. Ce carcan a un nom, il s’appelle U.E bras politique de l'OTAN.

« Dirigeants du PCF » un phénomène de dégénérescence en action

 

Doit-on confier les clès d'organisation du 38ème congrès à une entreprise américaine cornaqué par la CIA ? Nous voilà maintenant en prise directe avec Langley, Virginie siège de la CIA. C'est pourtant ce qu'on fait, toute honte bue les dirigeants du PCF. Au point que l'on pourrait s'exclamer, mais, Doriot est de retour. La défense de la langue française est visiblement le cadet de leurs sourcis.

 

Prêt à tout pour faire du PCF est des outils à la disposition du capital pour intégrer le monde du travail à ses objectifs de profits et de rentabilité. Pour eux le communisme est mort alors autant faire avec le capitalisme et à en être les dévoués serviteurs.

 

Voilà ce que j'ai reçu en guise de réponse à ma contribution, lien ci_dessous.

http://congres2018.pcf.fr/27990/aborder_les_questions_qui_fachent?recruiter_id=27990
PCF 3801

PCF 3802

 

 

 

« Ne pas lâcher sur les mots ni sur leurs contenus »

 

Publié le 3 Février 2018

"...Commémorer mai 1968,c’est aussi partir de l’idée communistepour construire une alternativede rupture avec le capitalisme..."

 

" Ne pas lâcher sur les mots ni sur leurs contenus"
 
Titre et sous-titre sont tirés d'un article subversif paru dans l'Humanité de ce 02 février.
 
Jean Ortiz qui en est l'auteur a-t-il bénéficié d'un moment d’absence des gardes roses en voie d'insoumission relative lié à une présentation tardive de voeux pour réussir à glisser ce qui suit ? 
 
Ce texte est une des (toujours passionnantes) chroniques latines de Jean Ortiz. Celui signe reste membre de son parti, le PCF lequel, pour Canaille le Rouge, équipé de ses guillemets encadrant le C, reste loin du compte en matière de l'urgence de subversion de ce Capital que Jean Ortiz cerne de belle façon.
 
Ce texte au delà des approches organisationnelles propre à son auteur est en pleine actualité :"...Le système s’avère incapable de répondre aux besoins fondamentaux de l’humanité ; ce n’est d’ailleurs pas son objectif. Il a affaibli, brisé les liens sociaux, brouillé tous les repères, transformé la société en jungle, plongé l’humanité dans un gouffre abyssal..."
 
Si la question de la subversion est posée ...c'est de façon encore trop marginale. 
 
Le communisme ou la barbarie. Rosa Luxembourg, déjà, nous mettait en garde...
 

Depuis, l’idée communiste a pris du plomb dans l’aile. Les sondages en témoignent. Faut-il pour autant céder à l’air du temps, militer en fonction des sondages ?
 
Le capitalisme fait montre quotidiennement de sa dangerosité, de son obsolescence, même s’il peut durer encore très longtemps. La crise majeure du système permet de vérifier la pertinence des idées de Marx, de décrypter la nouvelle phase de la mondialisation financière, les dégâts de la « sacro-sainte » loi du marché, du capitalisme mondialisé, qui porte les logiques de rentabilité à un niveau inouï. Le partage de la valeur ajoutée entre travail et capital devient de plus en plus vertigineusement inégal. Le système s’avère incapable de répondre aux besoins fondamentaux de l’humanité ; ce n’est d’ailleurs pas son objectif. Il a affaibli, brisé les liens sociaux, brouillé tous les repères, transformé la société en jungle, plongé l’humanité dans un gouffre abyssal...
Si la crise est systémique, elle ne peut donc que s’aggraver. Elle exige de nous, communistes, de mettre en œuvre un processus vers une autre organisation sociale, de caractériser les changements structurels majeurs que nous souhaitons, de donner un contenu nouveau à l’hypothèse communiste. Il convient de dire ce à quoi nous aspirons : la révolution communiste, même si cela est à contre-courant du quasi consensus « libéral » d'aujourd’hui. Ne pas lâcher sur les mots ni sur leurs contenus peut permettre de reconquérir une partie de ceux qui ont renoncé à la conscience et au combat politiques de classe et qui subissent ; ce, sans aucune nostalgie anachronique de ce qui a échoué, mais en réfléchissant à un communisme d’aujourd’hui. Il faut oser dire où nous voulons aller, sans peur des caricatures anti-communistes, persiflées et matraquées par les uns et des autres (le communisme serait par nature criminel...) ; s’il nous faut renouveler les questionnements, on ne saurait renoncer à des marqueurs idéologiques identitaires, aux valeurs communistes originelles, à un mouvement de fond, et permanent, vers une autre organisation sociale, plus horizontale, plus autogérée, plus humaine, pleinement démocratique, plus appuyée sur l’appropriation sociale des secteurs clés, les « communs », la socialisation du pouvoir, et sur une intervention constante (des salariés, des usagers...), un contrôle à tous les niveaux exercé d’en bas par les travailleurs et les citoyens.
L’idée communiste n’est pas invalidée par l’échec du « communisme d’Etat », où le Parti se substituait au peuple et finissait par coloniser l’Etat ; l’autoritarisme, perversion du communisme, n’était pas dans la nature du projet révolutionnaire. Nous, militants, avons trop souvent confondu le commun et la collectivisation. Le communisme reste une grande utopie concrète qui porte une critique radicale du capitalisme, et ouvre la possibilité, révèle la nécessité, de son dépassement. En cette année anniversaire de mai 1968 -j’avais alors 20 ans, et j’étais écartelé par la difficulté extrême de l’essentiel : la convergence, les actions communes entre la classe ouvrière et les étudiants-, en cette année anniversaire de mai 1968, il serait aussi incompréhensible que suicidaire de lâcher l’horizon communiste. Commémorer mai 1968, c’est aussi partir de l’idée communiste pour construire une alternative de rupture avec le capitalisme, c’est également travailler à l’insurrection la plus belle, celle des consciences. La révolution à laquelle je crois encore et toujours peut ouvrir la voie au communisme. Encore et toujours. Serais-je un archaïque qui a de l’avenir ?
 
Le titre retenu par Jean Ortiz incite à se replonger dans l'oeuvre de Rosa Luxemburg. C'est d'une aussi brûlante qu'urgente actualité
 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par El Diablo

SANTÉ publique en France et IDÉOLOGIE [Par Francis Arzalier]

SANTÉ publique en France et IDÉOLOGIE [Par Francis Arzalier]

Par Francis Arzalier (ANC - association nationale des communistes)

 

Les luttes collectives sont une nécessité. Elles ne peuvent naître que de la prise de conscience rationnelle des difficultés ressenties quotidiennement par les citoyens, et l’analyse de leurs causes. Tout discours militant est condamné à l’impuissance, s’il ne repose pas sur l’expérience vécue tous les jours par ceux vivant de leur travail. 

 

Ainsi, les communistes s’évertuent depuis des décennies à dénoncer les gouvernements français successifs, qui sous Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron, ont tous reporte sur les budgets communaux des dépenses relevant au départ de l’état : un mécanisme pervers, qui aboutit à une hausse d’impôts pour la majorité des contribuables, mais que sa complexité rend difficilement perceptible.

 

En 2018, l’asphyxie des Communes et des départements va atteindre des sommets. Certaines villes vont devoir fermer des équipements collectifs (piscines, gymnases, etc…) qu’on ne peut plus entretenir, et les routes communales et départementales ( la grande majorité ) auront de plus en plus de "trous en formation" : il reste aux militants d’éclairer la cause, et d’énoncer les responsabilités.

 

La Santé est un autre sujet quotidien qui nous concerne d’autant plus que nous avançons en âge. Le système français de Santé fut au Vingtième siècle reconnu comme un des plus perfectionnés du Monde. 

 

[…]

LIRE LA SUITE :

Publié par El Diablo

La CHINE AUJOURD'HUI : faut-il en avoir peur ? Ou est-ce plutôt une chance ? CONFÉRENCE-DÉBAT Dimanche 18 février 2018 à 15 h à Saint-Ouen (93)

Invitation à la conférence-débat qui aura lieu le dimanche 18 février 2018 portant sur la Chine et l'économie. Il sera animé par Jean-Claude Delaunay, économiste marxiste résident en Chine.

Venez nombreux

Rassemblement de soutien aux communistes polonais le 27 janvier 2018

Message du KPP lu devant l’ambassade de Pologne à Paris

 
par  communistes
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« Nous remercions toutes les organisations et les personnes présentes à cette manifestation, notamment ceux qui soutiennent depuis 1 an et demi notre lutte contre les répressions anti-communistes en Pologne. Depuis deux ans les membres du Parti Communiste Polonais KPP doivent faire face à ce procès ou on les accuse de « propager le communisme » dans leur journal « Brzask » et sur leur site internet. Ils sont accusés en effet d’avoir appelé à une révolution pour mettre fin à ce qui est le vrai totalitarisme, le capitalisme. Les autorités de la Pologne répriment de plus en plus les opinions communistes en les portraiturant en « idées totalitaires ».

Il y a un an le tribunal avait arrêté les poursuites mais le procureur a fait appel et la procédure a été renouvelée.

 

L’audience prochaine aura lieu le 1 février 2018.

 

Pour avoir écrit de simples articles, les membres du KPP peuvent être condamnés jusqu’à deux ans de prison !

 

Ce procès est un élément clé des répressions contre la gauche révolutionnaire et communiste qui ont lieu en Pologne. Cette accusation est un instrument visant à interdire, délégaliser le Parti Communiste Polonais et de criminaliser les idées communistes. Depuis la prise du pouvoir fin 2015 le parti Droit et Justice PiS intensifie les répressions et l’anti-communisme devient une composante primordiale de l’idéologie officielle de l’Etat. De l’espace public on détruit et élimine tous les monuments et signes de mémoires du temps du socialisme et de la lutte contre le fascisme.

 

Dans le cadre de la loi sur la décommunisation des noms de rues liées à l’histoire du mouvement ouvrier ont été débaptisées. Les autorités détruisent aussi les monuments erigés en mémoire des soldars de l’Armée Rouge qui sont morts en libérant la Pologne du nazisme. Des destructions sont opérées y compris dans les cimetières ce qui à juste titre susciste colère et incompréhension au niveau international. Ces détructions barbares s’accompagnent d’une propagande mensongère réécrivant l’Histoire et éliminant toutes les réalisations positives du socialisme. La campagne de mensonge envahit même les manuels scolaires.

 

L’acteur clé de cette campagne est l’Institut de mémoire nationale, de sinistre mémoire ! Cette institution, née en 1997 de la première loi de « lustration » est une institution non prévue dans la Constitution et pourtant disposant d’un gigantesque pouvoir. Elle est une agence d’Etat à mi chemin entre une institution d’archives (l’IPN s’est progressivement accaparé la totalité des Archives du 20ème siecle après avoir mis la main sur les archives de l’ancienne police des services secrets UB) et un tribunal. Ce tribunal statue sur la base des archives sur la vie des citoyens sans que ces citoyens puissent faire appel de sa décison ! Une juridiction d’exception qui peut briser les carrières, des vies, diffamer publiquement des gens et empécher des personnes d’excercer leur citoyenneté (en effet toute personne postulant à un poste public doit remplir une « fiche de lustration » qui est contrôlée par l’IPN) est complètement contraire à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), aux droits de l’homme, aux valeurs de l’Union européenne (UE)... Mais l’UE, si prompte à accuser la Russie détourne les yeux depuis des décennies sur les violations des droits humains en Pologne !

 

L’Institut de mémoire nationale reçoit de plus en plus de subventions publiques afin de pouvoir empoisonner les esprits, notamment des jeunes. Chaque année les subventions sont plus grandes afin de lui permettre de manipuler la mémoire nationale, porter au pinacle comme prétendus « résistants soldats maudits », les fascistes polonais des Narodowe Sily Zbrojne (NSZ) ou banaliser l’Insurrection de Varsovie comme étant un jeu bon pour les enfants.

 

Certains membres du comité de direction de l’IPN ont en effet des liens avec le mouvement néofasciste.

 

La Pologne de 2018 n’est pas un pays respectant la liberté d’expression ; ni la liberté de réunion, ni d’association. C’est pour cela que la solidarité des forces révolutionnaires internationales est si importante. Le KPP a besoin de votre soutien parce qu’il va continuer la lutte malgré tout.

 

Les pouvoirs peuvent interdire un parti ou une organisation mais on ne peut interdire une idée.

 

Le KPP a besoin de ce qui a toujours fait la force du mouvement communiste révolutionnaire : La Solidarité Internationale !

 

A bas la répression anticommuniste en Pologne !


Vive la solidarité internationale communiste !

 

Contribution au congrès

Jamais le parti communiste français n’a été si éloigné des masses. Parti du peuple ?

, par  Michel Capron

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Jamais le parti communiste français n’a été si éloigné des masses.

 

Nous en payons le prix, autant que ceux et celles, le prolétariat à qui nous ne parlons plus.

 

Nous nous sommes empêtrés depuis un demi siècle dans des stratégies de rassemblement à la petite semaine, ne sachant plus ce qu’un frigo vide veut dire, nous ne parlons plus à une jeunesse condamnée avant même qu’elle n’est vécue.


L’on nous dira que le monde évolu et que nous devons suivre, mais c’est bien cette part de communisme cette garantie sociale qui est aujourd’hui remise en question et cela se fait cruellement sentir.

 

Électoralement parlant nous partons de loin 2 -3%, mais historiquement, culturellement nous sommes les plus proches du mécanisme de pensée de la classe ouvrière.

 

Le capitalisme triomphe et la guerre est à nos portes, osons dire, faisons la démonstration que nous sommes le parti de la paix.

 

Disons que plus que jamais la société a besoin d’un parti communiste fort.

 

Rassemblons nous d’abord nous les communistes, allons chercher ceux et celles qui le sont et qui "l’ignorent".

 

La société leur appartient et c’est avec eux que nous devons la construire.

 

Michel Capron Section de Clermont L’hérault 34


Suite aux commentaires, Michel Capron souhaite ajouter ce paragraphe à sa contribution :


Ma contribution au congrès a apporté une observation et c’est tant mieux. 


Je suis de ceux qui pensent que la confrontation est tout le contraire de l’affrontement.


Ne pensez ici que je tombe dans un angélisme béat, certes il pleut aujourd’hui,mais ce n’est pas cette dernière qui m’a apporté. 


J’aurai toujours du mal à haïr ceux et celles que j’ai tant aimés, mais je prendrai grand plaisir à me confronter avec eux.

 

Si les communistes sur des bases d’éradication du capitalisme, des bases de paix ce qui d’ailleurs va de pair ne parlent plus à ceux et celles qui sont partis-es où que nous estimons fesant fausse route c’est à désespérer de tout. 


Pour ma part, j’estime qu’une des principales raisons de vivre du parti communiste français est de rassembler. 
Encore faudrait-il commencer par les notres.

 

Voilà ce que je voulais préciser sans polémique aucune, ce sentiment qui habite mon intériorité communiste.

 

Fraternellement 


Michel Capron

 

Documents joints


Vos commentaires

 

  • Le 5 février à 13:19, par pedrito

  • En réponse à : Jamais le parti communiste français n’a été si éloigné des masses.

  •  

    • On ne peut plus rassembler les absents, c’est ce qui fait la "force" des liquidateurs du Parti, Laurent, Vieu, et consorts..........


      Le 5 février à 17:56par Dechamps

      En réponse à : Jamais le parti communiste français n’a été si éloigné des masses.

       

      • Bonjour, ce n’est pas tout à fait vrai, il y a ceux qui ont quitté le parti a cause de l’abandon des principes marxistes, ce sont les plus nombreux, j’en ai été, je suis revenu, et ceux qui l’ont quitté parce que le parti n’est plus un parti de combat des luttes ouvrières, qu’il est devenu un parti qui ne pense plus politique un parti de politiciens d’alliances pour les combines électorales il reste encore une toute petite différence avec la social-démocratie, pour combien de temps, car c’est bien ce que tente de lui faire devenir ceux qui détiennent le pouvoir à la tête du PCF. C’est la dernière marche ... à nous de les en empêcher !


        Quand je suis devenu communiste, ou plutôt, quand j’ai adhéré au PCF 1959 c’est la guerre d’Algérie qui m’y a poussé ,je n’avais rien dit a mon père (militant communiste qui avais eu des responsabilité dans la Résistance) il l’a apprit, il en était très heureux et il m’a dit ceci : " Tu sais Michel c’est une grande responsabilité que tu viens de prendre , dans la Résistance nous avons mis sur pied un grand programme nous avons commencé à le mettre en œuvre à la Libération ,mais le capitalisme est encore très puissant il fait tout et fera toujours tout tant qu’il aura des leviers et moyens pour empêcher la mise en œuvre de ce programme , il dépendra de vous les jeunes pour que ce programme soit appliqué et surtout de l’ enrichir la France prendra alors le même chemin que la Russie un grand pays socialiste comme l’Union Soviétique , alors le socialisme gagnera d’autres pays voisins la puissance du socialisme fera qu’il ne sera jamais vaincu il imposera la paix à tout le monde. " Ses paroles résonnent toujours dans ma tête, malheureusement cela ne c’est pas passé comme çà !


        Le 5 février à 18:38, par pedrito

        •  

          En réponse à : Jamais le parti communiste français n’a été si éloigné des masses.

        • Partir....Revenir.....Puis repartir, et ne plus revenir, ruminer sa déception de communiste seul envers et contre tout, parce qu’on ne supporte plus de parler dans le vide, parce que comme au ps il y a un énorme décalage entre les discours des dirigeants et les actes devenus trahisons, entre ceux qui refusent les combines électoralistes d’appareil et ceux qui en font leur métier. C’est tout ! La démocratie de l’alternance à sens unique a creusé sa propre tombe, où sont enterrés les espoirs trahis de millions de travailleurs. 


          Appelez çà de l’amertume, mais trop c’est trop. Il y a quarante ans bientôt, la Hte Garonne comptait un ou deux conseillers généraux communistes. J’aurais pu être le troisième avec Doumeng, Garripuy, c’était quand même mieux que de se coucher devant Bénito, comme l’appelaient les vieux radicaux, mais la "discipline républicaine" bien mal nommée nous a obligé à nous désister devant ce mec de droite devenu socialiste pour un problème de déviation de la RN 113 qui coupait son jardin, et qui n’avait donc de gauche que l’étiquette opportuniste, dictateur notoire, et qui pendant quarante ans de règne à la tête du CG eut ensuite tout loisir de construire ses réseaux qui enfermèrent le Parti dans une quasi clandestinité.


          Je pense que des cas comme le notre il doit y en avoir des milliers.


          Assez de compromissions avec des pseudo défenseurs de la classe ouvrière qui finissent TOUJOURS par trahir, les multiples trahisons débouchant finalement sur la démobilisation populaire que l’on déplore aujourd’hui.


          Le 5 février à 17:30, par ichel Berdagué

          En réponse à : Jamais le parti communiste français n’a été si éloigné des masses.

    • Bonjour Camarades,

    • Il n’ y a qu’ une direction c’ est celle des communistes rassemblés et organisés dans le Parti Communiste.

    • Il y a des secrétaires à différents échelons , cellules , sections ....national.


      C’est un rappel à chaque fois nécessaire surtout lorsque nous voyons lors de cette réunion de travail des communistes ce samedi 3 février 2018 à Paris et région parisienne se terminant en plénière à Montreuil, que certains intervenants s'autorisent à se déclarer dirigeantes, sous prétexte qu’ils sont au secrétariat national.


      La direction ce sont les communistes qui forts du matérialisme dialectique et du matérialisme historique, des formations suivies dans le Parti élaborent et analysent du vécu dans chaque cellule , section ..pour déterminer une stratégie, bien sûr politique pour non seulement combattre ce capitalisme en stade suprême du XXI e siècle, où le financier capitaliste en impérialisme donneur d’ordres aux monopoles privés capitalistes de production qui se regroupent à la vitesse de la lumière 300 000 km/s en nous projetant dans le trou noir de sa propre chute, - de rappeler les analyses d’Yves Dimicoli et de Frédéric Boccara à savoir la crise majeure du capitalisme/ impérialisme sans précédent inscrite dans une fourchette 2017 ...  2019.


      Nous sommes en plein dedans...


      C’est dire que les communistes doivent être prêts.


      Or pour le moins nous ne le sommes pas 


      Et pourtant des travaux fondamentaux sont là à portée de lecture et de réunions comme le livre de Bernard Friot - Vaincre Macron - La Dispute, où sont exposées les analyses de la réalité du réel comme jamais, un livre de bilans, de synthèses, d’ explications de décryptages... à lire en urgence ... 

       

      Le camarade Bernard Friot est intervenu aux ateliers, travail, emploi à Malakoff, avec la présence d’un camarade de la commission économique qui en grand malheur dépassait à plusieurs reprises le temps accordé, le double de Bernard Friot pour exposer le programme " officiel " qui est en réalité syndical et peu politique communiste d’ où le réformisme pointant, contrairement au salaire à vie avec les cotisations et sa Caisse d’ investissements, monnaie et des salaires géré par le salariat, c-à-dire que les banques privées sont obsolètes et crèvent la bulle giga des accumulations du capital successives ... 


      D’où la peur bleue de la bourgeoisie de cet impérialisme à qualifier de financier : censure où mise en place à minima de revenu de charité ...pour augmenter la confusion et de détourner les regards pour la continuité de la Sécu de 1946 communiste et qui est inscrite dans ce salaire à vie au plus profond, s’inscrivant en plein dans la chaîne signifiant et symbolique des Luttes, de la lutte de classes, communiste du prolétariat donc du salariat et dans ce XXI e siècle à son début.


      En mal le compte rendu de ces ateliers exposé ce samedi après midi à Montreuil la censure opéra : exit :

       

      1- la lutte nécessaire contre la disparition des Comités d’ hygiène et de sécurité et aussi, surtout 


      2- l’exposé de Bernard Friot, la discussion très riche qui s’ensuivit, et la mise en évidence des deux lignes ... qui peuvent être non pas contradictoires surtout avec cette BCE où il faut mettre la main dessus ...exit Draghi et son staff que la Justice grecque s’en occupe, il a des comptes à rendre et pas que lui.


      Normal que la bourgeoisie censure ce salaire à vie, mais que des dites " directions " le fassent, là y a plus que malaise.


      Pour ce qui concerne ce terme, et ses conséquences, de dirigeant, direction, oui au niveau le l’Histoire de notre Parti, il y a eu un dirigeant celui qui était reconnu par le militantisme, militantes et militants du Parti : Jacques Duclos. 


      Un grand salut à Marie Christine, à la Camarade Maire et aux Communistes de Vénissieux et au delà.


      MB
      http://www.reseau-salariat.info/ ce soir réunion importante ...
      http://jeansalem.fr/fr_FR/seminaires/marx-au-xxie-siecle/


      Le 5 février à 21:14,par Méc-créant

      En réponse à : Jamais le parti communiste français n’a été si éloigné des masses.



    • Je n’est jamais été membre du parti tout en restant vieux-con matérialiste attardé (mais peut-être est-ce là la cause...). Pour les copains du parti (car autrefois c’était Le Parti, aujourd’hui c’est UN parti...) j’ai dû être désigné tour à tour "compagnon de route, gauchiste, démocrate sincère, anarchosyndicaliste, idéaliste, poète,..." et la liste est loin d’être close. J’ai pu, adolescent, fréquenter des secrétaires de cellule et de section —pas "appointés"— qui s’efforçaient de manier les lois (j’ai tendance à préférer "relations") de la dialectique avec le sérieux de simples ouvriers avides de comprendre les ressorts fondamentaux de nos sociétés voire de notre univers. Il y a longtemps que je n’en attends plus autant des "dirigeants" de ce parti fantôme. La messe a été clairement dite avec l’adoubement de Hue (ce qui —simple humour de charretier— a peu de chance d’indiquer la gauche). Ces décennies de vide politique, intellectuel, social,..., auquel je n’avais pu me résoudre, m’avait poussé à rédiger quelques textes, le premier (qui n’est pas sur le blog) remontant aux premières élections au parlement européen pour expliquer en quoi seule l’abstention pouvait avoir quelque utilité politique car ce n’était qu’une manipulation ayant pour but de singer un geste démocratique en imprégnant idéologiquement l’acceptation de cette Europe : voter pour ce parlement c’était, implicitement, voter pour cette Europe. Et on peut toujours trouver des politiciens pour défendre une institution nouvelle : suffit d’offrir des places bien rémunérées.


      J’ai fini par mettre quelques textes sur un blog, "Immondialisation : peuples en solde !" qui me semble être un titre assez clair. Je pense que l’ensemble des réflexions présentées ne devraient pas trop heurter des communistes... encore communistes. Si certains vont y voir, toute critique sera bienvenue.


      Méc-créant.

    Congrès 2018 du PCF

    Du bilan au besoin de regarder en avant

     

    , par  Francis Velain
    pdf | 
    Le bilan sera un enjeu important du congrès de 2018. Nous sous sommes déjà prêtés à l’exercice plusieurs fois depuis les années 90. Ce n’est manifestement pas notre point fort.

    Pour faire mieux, il faut enfin prendre en compte que les premiers signes de notre affaiblissement sont très anciens. Il faut y revenir. Le constat que le salariat de 2018 n’est plus le même que celui de 1936, 68, 81, 95 est trivial ! Il en est de même pour la société, le capital...

    La grande question est de reprendre pied sur ce qui depuis 1968 ne cesse de le transformer le monde. Alors le bilan sera vraiment utile car nous regarderons à nouveau devant, en toute conscience d’où nous venons et d’où nous voulons aller.
     

    Comment faire bilan utile ?


    La date du congrès du PCF avance. Les attentes d’un vrai et utile bilan grandissent. La réponse que le congrès y apportera sera sans doute décisive pour le maintien d’une unité du parti pouvant laisser quelque chance à un vrai sursaut. 

    La manière de faire ce bilan, la manière d’en tirer la mesure en termes d’organisations, de formation, de direction sont des défis exigeants ! L’enjeu est de ne pas en revenir à la situation d’avant 1920. Et cela parce que nous avons failli collectivement depuis plus longtemps que nous le prétendons en règle générale.

    Nous sommes en difficulté pour assumer l’exercice parce qu’il y a beaucoup de grilles de lecture qui se confrontent. Ces lectures font écho au temps long qui véhicule dans la société et donc dans le mouvement communiste, bien des idées, des sensibilités, des représentations différentes. Pour dresser un bilan qui reconstruise les bases d’une grille de lecture un peu mieux partagée, il faut en tout état de cause oser interroger notre culture historique et politique au regard de la société moderne et tout particulièrement des réalités du salariat.L’histoire peut permet d’éclairer sereinement les enjeux idéologiques et politiques, les approches théoriques en débat. Le bilan doit donc se faire autant que possible dans l’esprit de travail déployé par les historiens sérieux.
     
    D’où venons-nous ? Quelle expérience historique avons-nous ?

    Quel fut ce fameux mouvement ouvrier au temps de Marx. Qu’en reste-il ? Les canuts étaient-il des prolétaires ou des représentants des corporations de l’ancien ordre de production féodal ? Ils avaient raison de leur point de vue. Avaient-ils raison du point de vue des besoin sociaux du prolétariat et de la société ? Et pourtant faut-il considérer qu’ils ne sont pas une part significative de l’histoire des opprimés (des dominés et des exploités) contre le capital ?
     
    On fait souvent du faubourg Saint-Antoine un lieu où fermenta la tourmente révolutionnaire : « C’est dans ce Faubourg que commence et que finit la Révolution française. C’est ici que se recrutent les "Vainqueurs de la Bastille". C’est là que se préparent les journées du 20 juin et du 10 août 1792. C’est ce quartier qui se hérisse de barricades lors de chaque insurrection. 29 barricades en juin 1848, rien que pour la rue du Faubourg ; 65 pour l’ensemble du quartier » .

    On oublie que ce quartier avait été fait par Louis XIV zone franche, c’est-à-dire libéré du poids et du coût des réglementations du travail imposés par les corporations, en partie au nom des difficultés sociales et économiques d’alors ! 

    On oublie que ce quartier si prompt à la révolution est « le Faubourg de toutes les révolutions : politiques, mais aussi technologiques. C’est là qu’a lieu le premier vol de l’histoire de l’humanité avec la Montgolfière. C’est là qu’est inventé le métier à tisser automatique par Vaucanson. C’est là que se naît la stérilisation des aliments avec Appert. C’est là que va se développer, en France, l’industrie textile avec Richard et Lenoir » . 

    Mais alors, quel(s) étai(en)t le(s) projet(s) de mode de production en jeu ?
     
    Pour certains, ce faubourg révolutionnaire est donc une expérience historique qui peut légitimer une fringale permanente de zones franches, de dérogations législatives, de suppression de toute contrainte réglementaire. Et, ils peuvent voir dans ceux qui appellent au retour de ces mesures les vrais révolutionnaires de leur époque. Macron et quelques autres jouent de cette ficelle... Les postures de certains zadistes, ou celle des libertaires technicistes de gauche et de droite renvoient aussi à cette histoire qui a traversé les siècles du régime féodal.
     
    Le creuset du mouvement ouvrier français est donc plus complexe que nous le laissons penser dans notre imaginaire collectif. Cela vaut aussi à l’échelle internationale. Aujourd’hui il faut beaucoup penser.
     
    Nous avons tous en tête de grands évènements, de grandes dates. Ainsi 1917 ! Les idées sont parfois très partagées. Profitons-en !
     
    Décidons d’en faire un thème de formation politique à la lutte des classes. Jusqu’à oser y intégrer l’échec de cette autre tentative révolutionnaire, en Allemagne ? Pas seulement pour condamner la partie sociale-démocrate du mouvement ouvrier allemand ! L’Allemagne vaincue était d’essence monarchique mais avait développé une solide base industrielle capitaliste nationale. Ce n’était pas le cas de la Russie tsariste. Est-ce le type de différence à savoir prendre en compte pour des révolutionnaires ?

    Ce type de réflexion aurait un immense intérêt. Elle permettrait de renouer avec une vieille vérité. Il ne peut y avoir révolution communiste sans une immense lucidité à la fois sur les classes sociales, les couches de la population, le contexte historique et sur la réalité du développement du mode de production dominant et donc de ses forces productives.
     
    1968 autre grande date. En fait il y a eu plusieurs Mai 68, certains convergents, d’autres très divergents. 

    Mai 1968 fut encore plein de notre force historique (1936, CNR), difficilement et lentement construite, et aussi plein de signes prémonitoires de notre futur affaiblissement auprès du salariat et de quelques autres témoignant que nous avions tout de même quelques atouts pour mieux faire ... En dernier ressort, là encore, l’analyse de cette réalité ramène à bien des égards aux transformations des forces productives.
     
    Le bilan que nous devons tirer doit donc inclure cette problématique de l’analyse des forces productives au cours de ces dernières décennies afin de repérer là où nous avons décrochés, et pourquoi.
     
    Penser le cap pris par les forces productives à la sortie de la guerre.

    Nous avons traversé en tout état de cause quelques 7 décennies à opposer des révolutions scientifiques et techniques  : l’automatisation, l’informatique, les médias, l’information, la communication, désormais les données ou le numérique. A nous diviser sur le devenir ouvrier, la notion de prolétariat, jusqu’à confondre les classes, les classes moyennes, les catégories ou classes populaires, les exploités et les dominés. 

    Faut-il considérer que l’appel aux communs, aux formes de propriétés des socialistes utopistes sont la réponse communiste aux forces productives actuelles du capital ? L’approche par l’informationnel permet-elle d’ouvrir au sens de l’histoire des forces productives ? Ou faut-il considérer qu’il n’y rien de nouveau, que le travail demeure et demeurera celui de la machine-outil ? Qu’il faut seulement rejouer 68 ou 36, voire 1789 etc. ? Ou encore que la question des forces productives n’a pas d’importance, qu’il suffit de partager intégralement les fruits du travail, donc de mettre un quelconque revenu ou salaire universel ? Reprenons les choses par le bon bout !
     
    A la sortie de la guerre, la science a mis les forces productives sur un cap inédit.

    Ce changement de cap vient de loin ! Dès que Boole (1815,1864), Morgan (1806,1871), puis Moore (1925,2003), ouvrirent la voie à la logique booléenne qui commande les automates, la logique d’Aristote ne releva plus du seul philosophe mais aussi de l’algorithmie, de la technologie, de la machine mises au service d’une pensée mathématique et industrielle ! Qu’ont en commun ces deux approches, sinon de l’information, des données factuelles, à traiter de manière systématisée sur la base d’un processus soit naturel, soit artificiel ! Information rime alors avec variable.
     
    A la sortie de la guerre, à partir du progrès des ordinateurs, du calcul scientifique, des progrès en asservissement et réseaux, Wiener rendit public le modèle cybernétique. 

    Sa proposition généralise à plus haut niveau encore le rapprochement des mondes de la pensée et de l’industrie via les mathématiques. La seule notion d’information élargit la possibilité d’une modélisation mathématique à tous les systèmes et processus où se manifestent des formes de communications ou d’interactions. Donc à leur possible simulation, voire reproduction mécanique.

    Le modèle de la cybernétique est scientifiquement sulfureux mais toutes les disciplines scientifiques et toutes les activités économiques y ont immédiatement vu quelques intérêt.
     
    Le modèle cybernétique repose sur l’usage effréné d’un calcul mécanique qui nourrit l’interaction en temps réel de la machine, ou du système, à la réalité.

    Le défi qu’entend relever la cybernétique est immense. Agir sur le monde quand l’homme n’en connait pas les lois ou ne peut en tout état de cause y faire face. 

    Wiener utilisera l’exemple du tir de la DCA pour introduire son modèle... Impossible de prévoir toutes les trajectoires possibles des cibles et tout autant impossible à l’homme de réagir efficacement à elles...
     
    La technologie des asservissements mécaniques est nécessaire mais pas suffisante. La batterie doit gérer son tir automatiquement sans que l’homme sache la préparer à tous les cas de figure.

    La technologie ici n’est que le support matériel nécessaire et ne vaut que pour les performances qu’elle assure. Elle n’était pas suffisante en 1950/60. Elle l’est devenue
     
    Penser les forces productives en communiste

    La cybernétique a pour objet de relier l’action à un modèle du monde qui se construit empiriquement, en expérimentant.
     
    A l’exemple des machines faites « apprenantes », « Intelligentes Artificiellement », en train d’envahir toutes les activités humaines. On découvre actuellement que le cœur de l’efficacité de la machine, du système, est la puissance et le type de calcul.
     
    Le calcul est la force motrice de la machine moderne. La masse des données n’est utile que pour la nourrir suffisamment, comme le charbon est nécessaire à l’action de la locomotive à vapeur, le pétrole au moteur thermique... Les consommations de charbon et de pétrole furent des nécessités liées à des approches technologiques. C’est la même chose pour la donnée, l’information. Elle est vitale, recherchée, et en conséquence valorisée économiquement.
     
    La machine « apprenante » se nourrit de la valeur d’usage des données, de l’informations là où la machine-outil héritière du XIXe se nourrit des propriétés d’usage de la matière.
     
    Au XXIe siècle, l’homme construit une machine théorisée au milieu du XXe : potentiellement empirique, « non déterministe » , ouverte à l’inconnu puisqu’elle « apprend », ouverte de fait aux aléas, hautement adaptative donc, à l’image d’un homme qui n’a jamais besoin de tout savoir pour décider, agir, expérimenter, évaluer et s’adapter... d’un homme autonome, flexible, réactif, inventif.
     
    Nous manifestons depuis trop longtemps une réticence politique à l’égard de ce modèle scientifique si dérangeant. Il faut en sortir.
     
    Engels a su en son temps noter que la production et le transport d’électricité étaient révolutionnaires pour la réponse aux besoins sociaux et au développement industriel. L’histoire d’EDF service public en témoigne. La production et le transport d’électricité ont fait société au titre de la lutte des classes, d’une confrontation de projets de société et de développement. Et cela se vérifie encore.La machine cybernétique bien comprise ne sera pas moins révolutionnaire que les dispositifs de production et de transport de l’électricité bien compris d’Engels. Elle généralisera l’abstraction mathématique et l’usage de la science la plus avancée dans toutes les activités humaines, un empirisme apprenant mécanique très opérationnel, des machines tournant toutes seules dans un monde hyperconnecté, de fait socialisé, solidarisé (ou, contraire dialectique, interdépendant et concurrent).
     
    Le modèle industriel, économique, social qu’elle secrète appelle en soi un équilibre nouveau de l’homme au règne de la nécessité et à l’émancipation, à lui-même ; donc à une révolution du mode de production actuel et de nombreux aspects de sa vie sociale et individuelle.

    Dans le même temps, cette machine ouvre de vastes moyens pour affronter toutes les révolutions qui se présentent aux autres querelles des hommes : démographiques, énergétiques, agricoles, écologiques, géopolitiques, démocratiques, civilisationnelles. 

    Elle offre à toutes les activités humaines un incroyable outil à investiguer, inventer et à produire. 

    Elle appelle une immense capacité de responsabilité sociale, politique, économique. La machine cybernétique invite à révolutionner le modèle économique et démocratique. Elle interroge de fait jusqu’à la liberté individuelle d’entreprendre et donc ce qui la légitime : la propriété privée.
     
    La technologie, l’information, les données ? Ce sont là des questions d’intendance qui jouent sur l’efficacité de la machine.
     
    Si la cybernétique appelle à révolution à elle seule, en soi, c’est-au titre de son modèle scientifique. Les hommes ont à faire en sorte que l’intendance suive sans que cela leur nuise. 

    L’essentiel se jouera ailleurs. Dans la capacité à nouer correctement les possibles et les nécessités de cette machine à partir des tensions qu’elle fait peser sur les rapports de production.
     
    Penser la révolution communiste dans un monde cybernétique

    Le déploiement de cette machine et son système technique sont un enjeu de classes en eux-mêmes. Autant qu’ils soient fortement teintés de communisme.

    La maitrise de cette machine fait la puissance des Gafas américains ou chinois et leur donne plein pouvoir de collecter, d’user ou de produire de l’information et des données et bien d’autres choses . L’inverse n’est pas vrai : Protéger, partager les données ne donne pas le pouvoir de posséder de telles machines. Ni donc le droit et la capacité à produire les conditions d’existences et d’émancipation de demain.
     
    Les communistes ont à travailler leur projet et leur révolution politique en rapport avec le modèle cybernétique à partir de ce qu’il dit d’une possible et nécessaire manière communiste de produire les conditions d’existences et d’émancipation de l’humanité.
     
    Regarder en face cette révolution à construire et qui doit trouver son cheminement, c’est regarder vraiment devant nous.
     
    Le chômage de masse structurel ne doit faire oublier une rude réalité ! L’usage des moyens de production est toujours un insidieux « droit » pour les exploités parce il est à l’origine de leur surtravail. D’une certaine manière, le chômage structurel de masse est le pendant capitaliste des enclosures féodales ! Les féodaux avait fait communes quelques terres de leur propriété foncière pour leurs intérêts de classes bien compris. Le droit de propriété féodal subsistait sur elles et avec lui le droit bien compris d’en user autrement à tout moment. Ce qui fut fait dans l’Angleterre de Thomas More.

    Le dépassement révolutionnaire face à la menace permanente des enclosures, du point de vue des paysans, ne pouvait pas être dans les Poor Laws, ni dans la défense sans fin de leur droit d’usage. Elle était dans un changement du régime de la propriété à penser, une « réforme » agraire... 

    La grande différence historique avec cette période des enclosures est que le capital est plus en difficulté d’assurer du travail que de vouloir en soi en supprimer ! Cela étant, il faut aujourd’hui une « réforme » de la propriété du « capital », non pour la redistribuer car elles se reconcentrerait rapidement, mais pour la faire bien public. Même l’agriculture familiale doit y réfléchir pour ne pas perdre et son âme et sa vie.
     
    Cessons d’envisager des replis non-critiques sur la vieille propriété du libre producteur indépendant, plus ou moins associé. 

    Sortons des limites des formes de propriété proposées par les socialistes utopistes !

    Le capital a d’ailleurs décidé de les enrôler, avant de les exproprier, pour gérer la paix sociale et quelques nouveaux besoins sociaux (vieillissement de la population notamment) à partir des revenus et sortir ainsi des immenses avancées d’une protection et une solidarité sociale fondée sur le travail, la production des richesses.
     
    Abandonnons les approches dépassées des communs où les ressources sont faites communes pour sécuriser les conditions d’existences du propriétaire privé à la libre liberté d’entreprendre. Le capital encourage, instruit ce type de communs mieux que nous ! Il sait les exigences liées au système cybernétique lui-même. Il est nourri par les évidences : les besoins de sécuriser le système et les machines, de supprimer, mutualiser les coûts obligés, donc communs, de péage technologique pour accéder à ce genre de système technique. Il est enfin toujours à l’écoute des travaux scientifiques. A l’exemple des Nobels accordant leur prix à E. Olstrom pour ses travaux sur les communs. 

    En matière de révolutions scientifiques et techniques, de révolutions des forces productives, le capital est un redoutable adversaire pour le communisme !
     
    Pensons en légitimes producteurs propriétaires d’un monde sans classes.
     
    Inventons une copropriété publique et citoyenne des moyens de production et d’échanges à vocation mondiale. Essayons d’en poser en les 1ères pierres en France. 

    Il faut toujours commencer quelque part et par un bout. Le concept de Nation est étroit du point de vue communiste, mais pas inutile. De même que la démocratie libérale. Pour Marx, le suffrage universel était un moyen de forcer la politisation de toutes les classes, couches et catégories de la société . Une idée de plus à retravailler ?
     

    Dans la PJ, vous trouverez en compléments quelques notes et référence

     

    Documents joints

    Les prédictions de Karl Marx étaient justes, selon la banque Natixis

     

    "La dynamique du capitalisme est aujourd’hui bien celle qu’avait prévue Karl Marx", ainsi titre un document Patrick Artus pour la banque Natixis, document "distribué aux Etats-Unis.

    "Ce document d’informations (pièces jointes comprises) est strictement confidentiel et s’adresse exclusivement à une clientèle de professionnels ou d’investisseurs qualifiés. Il ne peut être divulgué à un tiers sans l’accord préalable et écrit de Natixis. Si vous receviez ce document et/ou toute pièce jointe par erreur, merci de le(s) détruire et de le signaler immédiatement à l’expéditeur. La distribution, possession ou la remise de ce document dans ou à partir de certaines juridictions peut être limitée ou interdite par la loi."

    Vous pourrez toutefois retrouver le lien vers le document dans l’article du journal libération.

    "On observe bien aujourd’hui dans les pays de l’OCDE la succession d’évolutions que Karl Marx avait prévues :

    1- la baisse de l’efficacité des entreprises (ralentissement de la Productivité Globale des Facteurs), toutes choses égales par ailleurs, impliquerait une baisse du rendement du capital des entreprises ;

     

    2- les entreprises réagissent à cette évolution en réduisant les salaires (en déformant le partage des revenus en faveur des profits) ;

     

    3- mais cette stratégie a une limite, atteinte quand les bas salaires deviennent trop faibles (égaux au salaire de subsistance) et les « capitalistes » se lancent alors dans des activités spéculatives qui font apparaître des crises financières."

    Nous ne discuterons pas ici de la validité de cette analyse. Ce qui est important, c’est de voir comment d’un côté le discours officiel nous dit que les travaux de Karl Marx sont "dépassés" et "d’un autre temps", et de l’autre les mêmes qui disent cela continuent à garder pas trop loin discrètement ce bon vieux Marx pour essayer de comprendre leur propre système...

     

    Si le capitalisme semble avoir réussi pour l’instant à enterrer le "spectre du communisme", le spectre de Karl Marx, lui, continue de hanter les esprits, malgré les innombrables "réfutations" de ses théories... "Un adage bien connu, écrivait Lénine, dit que si les axiomes géométriques heurtaient les intérêts des hommes, on essayerait certainement de les réfuter." Il remarquait alors comment "après chaque "exécution" par la science officielle", le marxisme "devient plus ferme, plus trempé et plus vivant que jamais." (Lénine, Marxisme et révisionnisme, 1908). Avec un proverbe anglais qu’il amait également citer : "Les faits sont têtus".

     

    Et ces faits nous les avons tous sous yeux, à commencer par les capitalistes eux-mêmes, qui continuent discrètement de lire Marx à chaque fois que la menace de la crise leur donne des sueurs froides.Nos ministres et banquiers, qui avaient depuis longtemps fêté en grande pompe l’enterrement de Marx, se sont dépêchés de le déterrer pendant la crise de 2008, sous l’effet de la panique, ne comprenant pas ce qui était en train de leur tomber sur la tête.

     

    Ainsi les échos titraient le 4 février 2008 : Le retour de Marx, le nouvel observateur, le 17 octobre 2008 (un mois après le crash de wall street) : Karl Marx, le retour ?. Même le magazine challenges, sortait un article le 15 octobre 2008, obligé de constater que : La crise financière remet Marx à la mode. Dans un article du 16 mai 2009, l’observateur notait également Le grand retour de Karl Marx et de son « Capital », nous rappelant que Jacques Attali ou encore Alain Minc gardaient Le Capital sous le coude... on ne sait jamais !

    Quand ce sont des économistes qui s’intéressent à Marx, cela peut encore se comprendre relativement, mais quand c’est Peer Steinbrück, le très libéral ministre des finances de l’Allemagne ! The guardian, nous rapportait le 15 octobre 2008 que le ministre allemand, "qui doit avoir passé des nuits blanches au cours des dernières semaines" a fini par déclarer (dans une une interview à Der Spiegel) que "En général, il faut admettre que certaines parties de la théorie de Marx ne sont pas fausses".

     

    Si certains membre de la classe bourgeoise ont été capables d’admettre une part de vérité dans les écrits de Marx, continuant à lire secrètement celui qu’ils conspuent publiquement, ils n’iront évidemment pas jusqu’à admettre la totalité des idées du bon vieux Karl, dont les idées telles que la dictature du prolétariat ne sont pas sans gêner. C’est encore plus vrai pour l’extrême gauche qui a du mal à accepter le lien évident entre la doctrine de Marx et l’expérience soviétique, et essaye de nous inventer un "Marx anarchiste", passant sous silence tous les écrits et tout le parcours de Marx qui était de son vivant classé comme "autoritaire" par les anarchistes de l’époque. Cela implique évidemment un retour critique sur l’histoire soviétique, c’est à dire critique de nos préjugés sur cette période, l’histoire officielle ayant la fâcheuse tendance de criminaliser toute période où le peuple a vraiment eu le pouvoir (voir chez nous, Robespierre)... Si donc Marx fait son "retour" dans les bibliothèques de nos ministres depuis la crise de 2008, il ne faut pas oublier pour autant que ses écrits économiques restaient engagés, c’est à dire qu’ils étaient une "critique de l’économie politique" bourgeoise de l’époque.

     

    Mais si certains aujourd’hui s’intéressent à Marx, combien s’intéressent aussi aux économistes qui ont influencé ses travaux ? La pensée économique de Marx est le prolongement de celle des économistes anglais Adam Smith et David Ricardo, ceux que Marx nommait "l’école fataliste", qui "représentent une bourgeoisie (...) luttant encore avec les restes de la société féodale".

     

    Bien évidemment ce n’est pas le fatalisme que Marx récupera, mais la froide vérité contenue dans les écrits de ces premiers économistes, à une époque où ceux-ci ne pensaient même pas à dissimuler la nature du capitalisme. Car à cette époque les défauts du capitalisme n’étaient vus par les économistes bourgeois que comme "des souffrances passagères, accidentelles". "La misère n’est à leurs yeux que la douleur qui accompagne tout enfantement, dans la nature aussi bien que dans l’industrie."

     

    A cette école fataliste succédèrent les "romantiques", "blasés", à l’époque où le capitalisme commençait à montrer son visage le moins glorieux, "où la misère s’engendre en aussi grande abondance que la richesse", provoquant chez les économistes "l’indifférence qui chez ceux-là était de la naïveté devient pour eux de la coquetterie".

     

    Puis vinrent "l’école humanitaire" qui "déplorait sincèrement la détresse du prolétariat" et "l’école philantrope", qui "nie la nécessité de l’antagonisme ; elle veut faire de tous les hommes des bourgeois". "Les philanthropes veulent donc conserver les catégories qui expriment les rapports bourgeois, sans avoir l’antagonisme qui les constitue et qui en est inséparable. Ils s’imaginent combattre sérieusement la pratique bourgeoise, et ils sont plus bourgeois que les autres."

     

    Leur point commun à tous est qu’"ils ne voient dans la misère que la misère, sans y voir le côté révolutionnaire, subversif, qui renversera la société ancienne". (Karl Marx, Misère de la philosophie, II, 1, 1847).

     

    Et c’est là qu’on passe de l’analyse du système capitaliste à l’inconcevable, à l’interdit, à savoir la facheuse idée de vouloir renverser le capitalisme...

     

    Marx constatait donc que l’économie politique bourgeoise était passée d’une école honnête de Ricardo, qui dépeignait de façon crue mais juste le capitalisme, aux écoles humanitaires et philantropes, hypocrites, ce qu’on appelerait aujourd’hui "la gauche", des économistes qui essayent d’enjoliver les choses, de faire croire à la possibilité de réformer le capitalisme.

     

    Marx préférait Ricardo car "le langage de Ricardo est on ne peut plus cynique", "Mais ne crions pas tant au cynisme. Le cynisme est dans les choses et non dans les mots qui expriment les choses." Les économistes philantropes "reprochent à Ricardo et à son école leur langage cynique, c’est qu’ils sont vexés de voir exposer les rapports économiques dans toute leur crudité, de voir trahis les mystères de la bourgeoisie." (Karl Marx, Misère de la philosophie, I, 2, 1847)

     

    Or nos économistes actuels qui se font peur avec le retour de Marx ne sont-ils pas eux aussi des humanitaires et des philantropes ? Obligés d’admettre l’évidente crise du capitalisme, ils n’en cherchent pas moins des solutions pour le sauver, l’aménager, et non pour le renverser.

     

    En 2011, Nicolas Sarkozy avait averti que "Nous venons de passer à deux doigts de la catastrophe, on ne peut pas prendre le risque de recommencer".

     

    En réalité, depuis la crise de 2008, aucun problème n’a été réglé, comme nous l’indique en 2017 ce rapport du sénat.

    "après dix ans de crise la probabilité de réédition d’un krach du système financier d’ampleur équivalente n’a pas diminué, bien au contraire. [...] Tous les ingrédients, anciens comme nouveaux, d’un nouveau krach sont donc là." (p. 224)

    "Les quelques dispositions pour rendre le système moins instable, qui ont pu lui être imposées sous le coup de l’émotion et la pression des opinions publiques, non seulement ont laissé intact l’essentiel mais ont été largement compensées par les effets négatifs du traitement utilisé pour le sortir du coma et réanimer l’économie : l’injection massive de liquidités et des taux directeurs aux limites du pensable."

    Cela confirme les prévisions de Karl Marx pour qui capitalisme et crise économique sont inséparables, les périodes permettant au prolétariat de vivre confortablement étant l’exception et non la règle. Ce qui nous semble inadmissible (misère, chômage, crise) n’a rien d’une anomalie, c’est en réalité le fonctionemment normal du capitalisme. Ce qui devrait faire réfléchir tous les petites bourgeois en quête de "troisième voie", d’une alternative autre que le communisme.

     

    Si la crise de 2008 a été le retour du Marx "acceptable", celle qui s’annonce pourrait bien être celui du Marx révolutionnaire.

     

    Prolétaire de fer

    »» http://proletaire.altervista.org/marxisme/actualite/predictions-karl-marx.php

     

     

    URL de cet article 32900 

    États généraux du progrès social – PCF, 3 février 2018

    Contenu développé de l’intervention dans la vidéo d’introduction de la séance plénière

    1/ Comment vont les services publics et la fonction publique ? 

    La France dispose de services publics importants tant dans les administrations de l’État, des territoires, des établissements hospitaliers et de recherche, de puissantes entreprises publiques. C’est l’aboutissement d’une longue histoire fondée sur des principes républicains d’égalité, d’indépendance et de responsabilité – une fonction publique efficace et intègre établie par un statut, une loi et non un contrat. Le statut général des fonctionnaires de 1946, élaboré sous l’autorité de Maurice Thorez, ministre de la Fonction publique et secrétaire général du Parti communiste et soutenu activement par la CGT a été fondateur. Le statut de 1983 actuellement en vigueur a approfondit cette conception et l’a étendu, il a été fédérateur.

    Mais les services publics manquent aujourd’hui des moyens nécessaires pour répondre pleinement aux besoins fondamentaux de la population Les fonctions publiques font l’objet d’attaques, les fonctionnaires de dénigrements alors que toutes les enquêtes montrent que les Français sont attachés aux services publics et ont dans l’ensemble une bonne opinion des agents du service public, des fonctionnaires

    La fonction publique est donc un enjeu politique majeur.

    2/ Quels sont les combats qui sont face à nous ? 

    Les attaques contre la fonction publique n’ont jamais cessé. Dès la cohabitation 1986-1988, la loi Galland s’est attaqué à la fonction publique territoriale. On se souvient que, à peine élu Nicolas Sarkozy en avait appelé en 2007 à une « révolution culturelle » dans la fonction publique pour contester le statut et mettre les fonctionnaires sous contrats de droit privé. Il a échoué car, dans la crise financière de 2008, l’opinion publique a défendu l’idée qu’avec un secteur public étendu la France disposait d’un efficace « amortisseur social » de la crise. Le statut des fonctionnaires n’a pas été attaqué frontalement sous Hollande mais ce dernier a totalement manqué de courage et d’ambition.

    Macron, lui, est un adversaire résolu de tous les statuts et un partisan déclaré du marché généralisé et du contrat pour tous au niveau de protection sociale le plus bas possible. Il a jugé le statut général des fonctionnaires inadapté et annoncé la réduction de 120 000 emplois dans la fonction publique. Mais il s tenu compte de l’expérience sarkozyste et il avance masque. Il amis en place une véritable machine de guerre contre les services publics, le Comité d’action publique pour 2022 dit CAP 22 dont l’objectif est de réduire la fonction publique aux fonctions dites régaliennes (police, justice, armée, administrations centrales …), tout le reste, c’est-à-dire 90%, étant placé sous conventions collectives et contrats individuels négociés de gré à gré. Il espère ainsi en finir avec le statut des fonctionnaires issu de la Libération, couvrant aujourd’hui quelque 5; 6 millions de salariés, le service public avec les salariés des entreprises publiques représentant un quart de la population active en France. Tel est le cadre général des combats à venir.

    3/ Quelle protection sociale pour le XXIe siècle ? 

    Le pouvoir macronien voudrait accréditer l’idée selon laquelle le marché capitalitse serait « la fin de l’histoire », l’horizon indépassable de la modernité. Il n’en est tien. Nous sommes aujourd’hui en réalité dans une période de pertes de repères, mais surtout comme l’a dit Edgard Morin de « métamorphose ». Un monde nouveau est à venir dont les caractéristiques émergent déjà sous nos yeux. Un monde fait de toujours plus d’interconnections, d’indépendances, de coopérations, de solidarités nécessaires. Or tous ces mots se condensent en France dans une expression, une idée : le service public qui a une longue histoire et est promis à un grand avenir. J’ai la conviction que le XXIe siècle sera l’ « âge d’or » du service public, car là est la modernité, la démocratie et la paix. Il reste à en convaincre les usagers ; les élus, les agents, les fonctionnaires et toute la population. Comme aurait dit le général de Gaulle : « vaste programme ! »


    Bernard Trannoy : Problème et pas des moindre. Défendre et produire des services publiques et une protection sociale de qualité impose, implique d'être souverain dans nos choix. Ce préambule est totalement incompatible avec notre maintien dans l'U.E et dans l'€uro. Faute de cela les dits Etats généraux ne sont tout au plus qu'une vaste mascarade. En refusant ce choix les dirigeants du PCF et bien d'autres intériment de fait toutes les dégradations, is n'en sont que les faire valoir.

     

    L’air du temps, celui de la célébration des chambres à gaz… et de la dénonciation de l’armée rouge

     

    03 Février 2018
     

    Résultat de recherche d'images pour "Jacques Chardonne et Paul Morand"

     

    Maurras a été radié des « célébrations » de l’année, le livre imprimé a été mis au pilon et l’impression expurgée relancée, d’accord… mais la liste des célébrations comprend une autre gloire nationale, un des écrivains favoris d’ailleurs de François Mitterrand: Jacques Chardonne (1884-1968), bien moins connu que Maurras mais avec un profil similaire. Sa fiche Wikipedia est à cet égard bien instructive. Ecrivain et éditeur collaborationniste sous Vichy, il s’est enthousiasmé pour Goebbels et Hitler. On lui doit cette citation qui résume tout : « Il n’y pas de “pauvre” gouvernement de Vichy. Il n’y a que des pauvres français. Pétain est le seul grand. Je le trouve sublime. Il est toute la France. Je vomis les juifs, Benda, et les Anglais — et la Révolution française. C’est une grande date que 1940. Et qui doit beaucoup à 1918. Je suis sûr que vous verrez un jour dans quelle erreur nous étions. ». Décidemment le monde de la culture après Céline la publication envisagée par Gallimard des textes antisémites, une éructation avec trois point de suspension, Céline qui les bat tous et les considérait comme des tièdes, voici que l’on en est à faire revivre Maurras et Chardonne.Au plan littéraire c’est la consécration des élites, de l’art pour l’art, nourrissant un nouvel académisme.

     

    (note de danielle Bleitrach)


    C’est un projet éditorial de quelques éditeurs avec à leur tête Gallimard le pretigieux qui semble s’actualiser et auquel le ministère apporterait un discret appui. Voici en effet comment dès 2013, l’express nous présentait le retour en force de quelques figures de la collaboration.

     

    Paul Morand Voyageur et mondain, il a fait dans ses récits une peinture sceptique et fulgurante de la vie moderne. AFP

     

    Après la sulfureuse correspondance Chardonne-Morand, attendue depuis treize ans, ce sera au tour du best-seller de l’Occupation signé Lucien Rebatet. Pas simple d’éditer ou de rééditer ces réprouvés à la plume brillante mais trempée dans l’antisémitisme. Enquête.

     

    A vrai dire, on avait fini par ne plus y croire. On ne verrait sans doute jamais ce monument littéraire. Voilà en effet treize ans que l’on aurait dû avoir en main la sulfureuse correspondance entre Chardonne et Morand. Les deux bannis de la Libération – le premier avait participé aux voyages des écrivains français dans le Reich, en 1941 et 1942, le second était ambassadeur de Vichy à Bucarest – avaient déposé leurs quelque 3 000 (!) lettres échangées entre 1949 et 1968 dans le secret d’une bibliothèque suisse, avec consigne de les publier en l’an 2000, soit bien après leur mort (Chardonne disparaît en 1968, Morand, en 1976). Mais, depuis, rien. Gallimard, éditeur désigné pour cette tâche, aurait-il été effrayé par les horreurs antisémites et homophobes lancées par les deux « tontons flingueurs » ? Les féroces indiscrétions au sujet de nombre de notables des lettres parisiennes, dont certains sont toujours vivants, seraient-elles trop embarrassantes ? Selon nos informations, initialement prévu pour avril, le premier volume de la mythique correspondance Chardonne-Morand – il y en aura trois en tout – sortira à l’automne 2013 sous la célèbre couverture blanche. Il couvrira la période 1949-1960, soit 1 022 lettres, parmi lesquelles 800 ont été retenues, pour éviter les redites. Enfin!

     

    Antoine Gallimard honore là une promesse faite par son père, Claude, à Paul Morand, en 1964, en marge d’une renégociation générale de son contrat. Les obstacles n’ont pas manqué. Il y a une quinzaine d’années, un collaborateur de la maison, Philippe Delpuech, est envoyé à Lausanne pour recopier à la main (!) les quelque 5 000 pages contenues dans sept cartons – larges feuilles à petits carreaux pour Chardonne, bristols et lettres à en-tête de palaces pour Morand (on ne se refait pas…). Mais Delpuech meurt brutalement en 2005, sans avoir pu terminer son travail de titan ! Le dossier atterrit alors entre les mains de Roger Grenier, un historique de Gallimard. Lequel ne se montre guère enthousiaste, estimant que ces lettres ne font rien pour la gloire des deux réprouvés. Et c’est finalement Bertrand Lacarelle, un jeune éditeur de la maison, par ailleurs biographe du surréaliste Jacques Vaché, qui hérite de l’encombrant colis, voilà dix-huit mois.

     

    Dilemme : faut-il publier l’intégralité ou « caviarder » les passages les plus sensibles, ceux, par exemple, où Morand dénonce « l’enjuivement de l’Académie Goncourt » et Chardonne les « métèques » croisés dans les rues de Nanterre ? Sans parler de tel critique littéraire traité de « PD » – comprendre homosexuel… Et que faire de cette phrase de Morand, en date du 7 mai 1960 : « Là où Juifs et PD s’installent, c’est un signe certain de décomposition avancée: asticots dans la viande qui pue » ? Antoine Gallimard a longtemps hésité. Consulté, Me Laurent Merlet, l’avocat de la maison, constelle le manuscrit de Post-it alarmistes – atteintes à l’intimité de la vie privée, antisémitisme, homophobie…

    Antoine Gallimard tranche: on publiera le tout!


    « J’ai plaidé pour que l’on publie la quasi-totalité des lettres, raconte Bertrand Lacarelle. Il s’agit d’un monument littéraire écrit par deux hommes nés à la fin du XIXe siècle et couvrant les trois quarts du XXe. Deux styles brillants s’affrontent: Morand revient sur Proust, l’esprit 1900, sa carrière diplomatique et ses voyages, Chardonne suit de près les Nimier, Frank, Déon. Ils lisent tout ce qui paraît, distribuent les bons et les mauvais points, évoquent leurs lectures de Chateaubriand ou des Goncourt, scrutent le Bloc-notes de leur meilleur ennemi Mauriac dans L’Express. Bien sûr, si l’on rit souvent, certains passages sont plus raides. » Antoine Gallimard se laisse convaincre : on publiera le tout ! Avec une préface de Michel Déon, un bref avertissement et des notes.

     

    Si l’on en croit la petite poignée d’initiés (1) qui a pu lire ces lettres, cette première salve automnale devrait faire du bruit. Assurés que leur correspondance ne sortirait qu’après leur mort, le dandy de Vevey (Suisse) et l’ermite de La Frette (en banlieue parisienne) ne se contentent pas de parler jardinage. Si Morand, introducteur du « style jazz » dans la littérature française, chante les louanges d’A bout de souffle, il se montre plus réservé à l’égard de Françoise Sagan, accusée de « tourner la sauce, plus mince à chaque fois, de ses romans ». Malraux ? Du « charabia ». Le Nouveau Roman ? « Du ciment ». Et l’on sourira en découvrant que Chardonne n’a guère d’estime pour François Mitterrand, dont il était pourtant l’idole littéraire : « Un pauvre diable… »

     

    En « retardant » de treize ans la publication de ce brûlot, Antoine Gallimard s’est épargné quelques nuits difficiles. C’est qu’entre l’an 2000 et aujourd’hui nombre de dinosaures des lettres parisiennes, égratignés dans ces pages, sont morts. Voici, par exemple, ce qu’écrit Morand à Chardonne le 28 août 1962 : « Nourissier, très putain, déclare que nous, les vieux, faisons des avances aux jeunes ; il omet de dire qu’étant recruteur d’auteurs, soit pour des maisons d’extrême droite (Carbuccia), soit pour Grasset, il nous recherchait et nous caressait. » En 2000, ce même Nourissier est le tout-puissant président du jury Goncourt ; en 2013, il n’est plus de ce monde depuis deux ans. Ce n’est pas tout à fait la même chose…

     

    Plus gênant encore, certains pontes de Gallimard ont droit eux aussi à un coup de griffe. Or, la maison n’aime guère évoquer les fantômes des années noires en public… Témoin, la mésaventure vécue par Pierre Assouline, en 1997. Le biographe de Simenon devait publier chez Gallimard un récit consacré à Lucien Combelle, ancien secrétaire de Gide passé à la presse collaborationniste et condamné à quinze ans de travaux forcés à la Libération. Seul problème, une phrase de l’ouvrage rappelait que l’écrivain Claude Roy publiait dans L’Action française en avril 1943. Or, en 1997, Claude Roy faisait partie du comité de lecture de Gallimard… Pierre Assouline fut donc aimablement prié de donner son Fleuve Combelle à paraître ailleurs – en l’occurrence, ce fut Calmann-Lévy… « Je suis tout à fait favorable à la publication de la correspondance Chardonne-Morand, commente justement Assouline. Il me semble que le vrai tournant date de la sortie de Journal 1939-1945, de Pierre Drieu La Rochelle, en 1992. Nous sommes suffisamment mûrs aujourd’hui pour les lire ou les relire, quitte à se montrer extrêmement critiques. »

     

    Les « voeux » de l’auteur du Fleuve Combelle devraient être exaucés : selon nos informations, la prestigieuse collection Bouquins (Robert Laffont) vient de mettre en chantier la réédition des Décombres, le terrible best-seller de l’Occupation signé Lucien Rebatet, complété pour l’occasion par une suite de 300 pages largement inédites, écrites à la Libération par l’auteur dans sa cellule de Clairvaux. Les Décombres?

     

    Un formidable document pour comprendre ce qui se passait dans la tête d’un fasciste « chimiquement pur », avec des pages enflammées sur le 6 février 1934, mais aussi une charge contre la « juiverie de Blum », une dénonciation obsessionnelle des « youtres » et des « maçons », une admiration sans bornes pour le « Führer »…

     

    « Il faut prendre le taureau par les cornes et le republier dans son intégralité, quitte à montrer l’extrémisme et la médiocrité de Rebatet. Si l’on caviarde des passages, on se livre à une forme de révisionnisme », proclame Nicolas d’Estienne d’Orves, ayant droit du romancier. Le pamphlet n’a été réédité qu’une seule fois depuis la guerre, en 1976, par Pauvert, sous le titre Mémoires d’un fasciste, dans une version édulcorée, qui ne comprenait pas le glaçant chapitre intitulé « Le Ghetto ». Depuis, les éditions de la Reconquête, domiciliées à Asuncion, au Paraguay (!), diffusent par correspondance une version pirate des Décombres dans les milieux d’extrême droite. C’est que Rebatet sent toujours le soufre. Jacques Chancel se souvient encore aujourd’hui des menaces qu’il avait reçues lorsqu’il avait invité l’auteur des Deux Etendards à son émission Radioscopie, en 1969…

     

    Rééditer Rebatet ? Oui, mais avec des précautions


    « Comment je suis devenu l’héritier de Rebatet »


    Etrange clin d’oeil du destin, c’est l’écrivain et journaliste Nicolas d’Estienne d’Orves, neveu de l’un des plus célèbres martyrs de la Résistance, Honoré d’Estienne d’Orves, qui est aujourd’hui l’héritier de Lucien Rebatet. « A la mort de l’épouse de Rebatet, en 1988, c’est Pierre Darrigrand, issu d’une famille Action française et résistante, directeur de la chambre de commerce de Paris, qui est devenu son ayant droit, raconte-t-il. Je l’ai rencontré alors que je travaillais à un mémoire de maîtrise sur Rebatet, et nous avons sympathisé. En 2001, sur son lit de mort, il m’a dit que des vieux pétainistes et de jeunes nazillons tournaient autour de l’héritage et m’a demandé de devenir l’exécuteur testamentaire de l’auteur des Deux Etendards. Au Figaro littéraire, où je travaillais alors, tout le monde m’a dit que je serais fou de donner suite ! Bien que ne partageant en rien les convictions de Rebatet, j’ai finalement accepté. Et c’est ainsi que moi, né en 1974, soit deux ans après la mort de l’auteur des Décombres, je suis devenu son ayant droit. J’avais 27 ans. »

     

    Il y a quelques mois, Nicolas d’Estienne d’Orves évoque le sujet avec Jean-Luc Barré, directeur de la collection Bouquins. A une exception près, le comité de lecture de la collection – Josyane Savigneau, Pascal Ory, Cécile Guilbert, Pierre-Guillaume de Roux… – ne voit pas d’objections à une réédition. Mais en l’entourant d’un certain nombre de précautions.

     

    « Les Décombres constituent un document littéraire et historique passionnant, explique Jean-Luc Barré. Nous allons proposer une réédition soigneusement annotée par un historien, qui replacera les choses dans leur époque et pointera les mensonges ou les inexactitudes. Une préface précisera d’ailleurs clairement l’esprit de cette réédition. » L’historienne Bénédicte Vergez-Chaignon, auteur d’une biographie du Dr Ménétrel (éminence grise du maréchal Pétain), a été choisie pour rédiger l’appareil critique. Le préfacier n’est pas encore connu. Sollicité, Pierre Assouline a préféré décliner la proposition : il aurait été trop sévère à l’égard de Rebatet, qui, il est vrai, n’a jamais renié ses convictions d’un iota. Drieu La Rochelle hier, bientôt Chardonne et Morand, Rebatet et ses Décombres sans doute en 2015 : l’atmosphère serait-elle en train de changer ? Peut-être. La page sera sans doute définitivement tournée le jour où l’on republiera les trois pamphlets antisémites de Louis-Ferdinand Céline. On sait que l’écrivain, et aujourd’hui sa veuve, Lucette, âgée de 100 ans, se sont toujours opposés à toute réédition de Bagatelles pour un massacre, de L’Ecole des cadavres et des Beaux Draps, qui ne tomberont dans le domaine public qu’en 2031. Mais, par une étrange bizarrerie du droit, rien n’interdit de les rééditer au Canada. Les éditions 8, sises au Québec, ont sorti voilà quelques mois un volume énorme comprenant les trois pamphlets, minutieusement annotés par le grand spécialiste Régis Tettamanzi, qui éclaire et bat en brèche nombre d’élucubrations de l’auteur de Mort à crédit. Un modèle du genre.

     

    Seul bémol : ce pavé, convoité par des hordes de céliniens et vendu l’équivalent de 45 euros au Québec, n’a été tiré qu’à 400 exemplaires. Et sa diffusion est strictement prohibée sur le territoire français. On en a récemment vu passer un à 225 dollars sur eBay. Un petit malin s’est engouffré dans la brèche : il a glissé une vingtaine d’exemplaires dans une valise et s’est offert un aller-retour pour Paris, y proposant le volume sous le manteau au prix de 95 euros. Il a été dévalisé. Une sorte de retour du marché noir…

     

    (1) En particulier François Dufay, qui en a abondamment nourri son ouvrage Le Soufre et le moisi. La droite littéraire après 1945 (Perrin).

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