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PCF Vie et débats 2018

Pour ou contre « un parti indépendant de toutes les formations bourgeoises »

Chères et chers camarades,

Dans la discussion entre le réseau « faire vivre » et le PRCF, la lettre de PAM soulève plusieurs questions importantes. L’une d’elles concerne particulièrement la reconstruction du parti communiste. Nous l’avons commentée sur le forum humanité rouge.

Ce commentaire ci-dessous et la lettre de PAM à la suite.

Bonne lecture,

Fraternellement

Jean


Pour ou contre « un parti indépendant de toutes les formations bourgeoises »

https://humaniterouge.alloforum.com/controverse-entre-faire-vivre-prcf-t7011-1.html 

A propos du 38ème congrès du PCF un débat contradictoire oppose le PRCF [Franche renaissance communiste ou… révolution de palais ?]

et le réseau « faire vivre », autour du Preambule « manifeste pour un parti communiste du 21ème siècle» soutenu par ce dernier.


Comme le réseau lui-même, nous ne partageons pas l’entièreté de ce manifeste. Son objectif n’est pas d’élaborer une énième plate-forme soumise (ou pas) au débat, mais simplement d’appeler au débat en posant cette question pratique :

Après l’échec de la ligne électoraliste, les communistes doivent faire un bilan autocritique et remettre en cause une stratégie de liquidation. 


Nous connaissons les motivations générales du réseau, dont l’objectif est de revenir aux thèses fondamentales de Marx et de Lénine. A l’occasion du 38e congrès il met le doigt sur une manifestation évidente de la ligne révisionniste, mais aussi une expérience vécue par les larges masses.


La reconstruction du parti communiste n’est pas un simple travail théorique, où il suffirait de relire les fondamentaux du marxisme-léninisme pour définir la voie à suivre. Elle est indissolublement liée à l’expérience pratique des masses, de la classe ouvrière : tout pas en avant dans la reconstruction redresse l’étendard de la lutte de classe, et simultanément la lutte de classe contribue à cette reconstruction. Ainsi la lutte contre la loi travail a largement servi à dissiper les dernières illusions sur les programmes d’alliance avec la social-démocratie.


Un autre aspect concerne la nature du parti révolutionnaire. Dans sa réponse Pierre Alain-Millet s’oppose à une autre forme de liquidation, qui consisterait à dissoudre le pcf dans la mouvance des Insoumis, au prétexte que Mélenchon est « plus à gauche » que les opposants à la ligne de Pierre Laurent.


Au fond, la question que pose PAM est pour ou contre « un parti indépendant de toutes les formations bourgeoises » , selon la formule du Manifeste, étant acquis que Mélenchon - malgré ses dehors radicaux - poursuit lui aussi la tradition social-démocrate et ne court pas pour la reconstruction d’un parti communiste mais pour sa disparition pure et simple.


Rappelons au sujet de la mouvance de « deuxième gauche » que le PCMLF, créé par des communistes dans le but de reconstituer un nouveau parti communiste, dut en grande partie son échec et sa disparition au noyautage par la « Gauche Révolutionnaire » issue du PSU, et dont le dirigeant Pierre Bauby rejoignit peu après le PS. 


Dans notre appel « Pour un parti communiste des temps d’orage », nous n’avions pas porté de jugement définitif sur le choix de rester ou non au PCF, mais invité à unir nos efforts tant à l’intérieur qu’à l’extérieur :


…Pour l’heure, et avant de renouer avec l’esprit du congrès de Tours, nous appelons les communistes qui aspirent réellement à la transformation révolutionnaire de la société à unir leurs forces tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du parti révisionniste, à s’emparer du marxisme-léninisme et à confronter fraternellement leurs opinions. 

« Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots » …(Mao Tsé-toung)


La lutte menée au sein du PCF par le réseau « faire vivre », non pas dans un esprit d’exclusion mais pour unir le plus grand nombre de communistes, relève de l’objectif que s’assignèrent les marxistes-léninistes au début des années 60 « arracher la classe ouvrière au révisionnisme moderne ». Non pas pour lui ôter toute forme d’organisation mais pour l’organiser dans un parti réellement communiste. Dans ce sens elle concerne non seulement les adhérents du PCF mais aussi tous les communistes fidèles au marxisme-léninisme, qu’ils soient organisés en groupes ou bien isolés.

Ces derniers ne doivent pas s’immiscer dans les débats ni les votes internes, ce qui constituerait une forme d'ingérence ou d'entrisme, mais il est nécessaire d’étudier soigneusement les courants d’opposition qui se manifestent et de faire connaître tout ce qui peut contribuer à notre objectif commun. Un parti révolutionnaire en France.

_____________________________



Ci-dessous la réponse de PAM au PRCF :


38ème congrès du PCF

Un processus de reconstruction peut s’engager...

Réponse à la critique du PRCF sur Initiative Communiste

 

Franche renaissance communiste ou… révolution de palais ?



Samedi 21 juillet 2018, par pam, 


Le PRCF a publié une critique détaillée du "manifeste pour un parti communiste du 21ème siècle" qui se conclut par une phrase dont il faut espérer qu’elle ne résume pas l’état d’esprit des rédacteurs, une injonction agressive à faire le ménage pour reconstruire un parti communiste... 


Dans l’action, sans nous subordonner à quelque fraction réformiste ou semi-réformiste que ce soit, reconstruire un Parti communiste de combat délesté des apparatchiks mutants, d’unir les vrais communistes, de les séparer des euro-réformistes, de les préparer à la renaissance communiste véritable, de les faire véritablement ’s’in-soumettre’ à tous les courants petit-bourgeois, y compris à ceux qui infestent le PCF et son "secteur économique". 

Mettons de côté l’aspect bien "tactique" d’une phrase qui reprend à la fois l’idée d’unir les communistes, titre de la revue de notre réseau, et une référence à l’insoumission, qui rappelle le choix du PRCF de soutien à Jean-Luc Mélenchon, cette conclusion nous dit qu’il faut se séparer de la majorité des communistes du PCF. Le vocabulaire "ceux qui infestent,... délesté des apparatchiks"... en fait une attaque violente bien loin des appels à l’unité des "vrais communistes" et rendant bien désuète la phrase reconnaissant le travail de ceux qui sont restés dans le PCF…


La référence à la célèbre formule de Lénine demandant aux communistes de se séparer des socialistes de la 2ème internationale ( « il faut ôter la chemise sale et mettre une chemise propre » ) semble donner une justification historique à cette injonction, sans voir qu’elle affirme donc que le PCF serait désormais le parti socialiste trahissant la classe ouvrière dans la guerre, alors même que le PRCF veut dans le même temps nous convaincre de la nécessité de l’alliance avec la France Insoumise, dirigée par un socialiste affirmé, qui se réfère explicitement à François Mitterand et n’a jamais un seul instant chercher à se placer dans l’histoire communiste, affirmant même qu’il était temps de revenir sur la scission de 1920... 

On peut s’interroger sur ce qui conduit ainsi le PRCF, d’un côté à soutenir un homme politique qui veut en finir avec 1920, et de l’autre à nous reprocher de ne pas rompre avec ceux qui ne seraient pas digne du choix de 1920... C’est bien là qu’est le cœur de notre désaccord !


Tirer à boulet rouge sur ce qui reste du PCF d’avant la mutation, comme soutenir celui qui veut en finir avec 1920, c’est objectivement dans les deux cas, s’inscrire dans l’abandon de ce qui reste en France de 1920... Ce n’est évidemment pas le but du PRCF, mais c’est le résultat logique de son choix politique. 


L’introduction dit que « Le regroupement le plus large des communistes est plus urgent que jamais » mais appelle à une « Franche renaissance communiste » en dénonçant ce qui serait une « révolution de palais » , une renaissance qui ne peut se faire que dans l’action... « sur la base d’une ligne claire de rupture révolutionnaire avec la désastreuse "mutation" anti-léniniste et avec la funeste "construction" euro-atlantique du grand capital » , reprenant les propositions répétées du PRCF pour « bâtir ensemble une grande campagne communiste tournée vers les usines, les gares, les quartiers populaire, etc., appelant à affronter Macron-MEDEF et à sortir la France, par la voie progressiste et révolutionnaire, des mouroirs capitalistes que sont l’euro, l’UE et l’OTAN » .


L’action et la clarté.. .


On ne peut que partager la double idée de l’action comme de la clarté politique nécessaire, mais le PRCF ne tire aucune leçon des difficultés sur lesquelles et l’action et la clarté buttent depuis des années, et notamment de l’expérience du mouvement social contre la loi travail, et contre les réformes Macron. Nous considérons qu’il y a un frein majeur au renforcement et à la convergence des luttes, un frein politique, profond, complètement lié à l’affaiblissement théorique, politique et organisationnel du PCF. Nous avons tenté de faire prendre conscience de la réalité des rapports de forces dans les luttes et de la nécessité de sortir de décennies de luttes considérées comme des mobilisations préélectorales de la gauche, et nous sommes souvent surpris de voir à quel point l’idéalisme électoraliste de Mélenchon imprègne profondément le mouvement syndical, et notamment les mots d’ordre des manifestations, et encore plus de voir que le PRCF ne contribue pas à un recul critique sur cet idéalisme dans les luttes. 

C’est justement parce que l’affaiblissement du PCF est le frein principal pour élever le niveau de conscience dans l’action, pour faire la clarté dans l’action, que nous avons considéré qu’il fallait trouver le chemin d’un congrès "extraordinaire", non pas par sa date, mais par son contenu, que nous avons lancé le 11 juin un appel à écrire ensemble une base commune, appel qui en a rencontré d’autres et a abouti au manifeste pour un parti communiste du 21ème siècle...


Nous persistons à considérer qu’une "franche renaissance communiste" ne se fera pas en éliminant l’immense majorité des militants communistes, même s’ils sont très majoritairement marqués par le réformisme général du PCF, et si nous savons bien que dans une organisation en crise, les candidats à une révolution de palais sont nombreux, nous considérons comme insultant de nous en accuser.


Un manifeste pour la rupture ?


Allons cependant au fonds. Le PRCF interroge :

« Ce texte se distingue-t-il franchement et suffisamment des orientations de la direction actuelle du PCF ? Ses auteurs font-ils un bon calcul, y compris tactiquement, quand ils choisissent de rester dans un flou certain sur plusieurs questions stratégiques urgentes ? » 


Nous répondons franchement "Oui". Ce texte (chapitre 1) propose que les communistes discutent réellement du bilan depuis la mutation, en fasse une critique stratégique et donc ouvre la possibilité d’un congrès de rupture. Il fait le choix de laisser des questions ouvertes, mais il les ouvre ! Si ce texte était choisi comme base commune par les communistes, pour la première fois depuis longtemps, les communistes discuteraient du choix entre "Europe sociale" et "sortie de l’UE", de la nature de notre enracinement marxiste, de nos relations avec les autres partis communistes, du socialisme réel, historique comme actuel... Excusez du peu ! Ne pas voir en quoi ce texte rompt avec le discours de la direction du PCF, c’est manquer de clairvoyance. 

Nous sommes parfaitement conscient des insuffisances nombreuses de ce texte, coécrit à de nombreuses mains, et pas seulement celles des "économistes". Ce n’est pas le texte de congrès du réseau Faire Vivre et Renforcer le PCF, le texte "Unir les communistes" du 37ème congrès reste de ce point de vue notre texte de référence. Mais c’est un texte qui peut permettre un congrès extraordinaire, un texte qui peut permettre aux communistes de dire « Stop, on ne continue pas dans cette orientation de dissolution du parti communiste et on se met à reconstruire » . Le chemin ne peut être que long, car nous avons bien conscience, au-delà du bilan de la mutation, que ce sont les choix stratégiques de l’union de la gauche, des choix remontant donc aux années 60 qu’il faut réinterroger. Mais nous ne voulons pas d’un nouveau congrès de défaite pour les communistes, et nous pensons que les communistes se saisissant du "manifeste" pourront réussir un congrès historique, comme l’ont fait récemment les communistes espagnols.


La question nationale et européenne

Le PRCF insiste sur la question nationale et européenne en considérant que le "manifeste" ferait le choix de « ménager le mensonge réformiste d’une "autre construction européenne" dans une "autre mondialisation" ? ». 

C’est effectivement une question ouverte du texte qui évoque le choix entre "Europe sociale" et "sortie", et nous avons cherché dans ce texte à favoriser un débat ouvert des communistes, sans forcer une décision de type "Frexit" dont nous savons aujourd’hui qu’elle est minoritaire, alors même que les contradictions explosives de l’Union Européenne placent toutes les forces politiques devant des choix concrets qui peuvent bousculer les étiquettes et les positions prédéfinies. Si les communistes se saisissent de ce débat, ils pourront chercher à répondre à des questions simples et concrètes : comment ne pas faire comme Tsipras ? Comment refuser de mettre en œuvre une directive européenne ? comment décider de nationaliser un secteur économique si l’U.E. s’y oppose ? que faire pour changer de politique agricole si les autres pays le refusent ? Enfin que faire pour refuser des traités que tous les communistes (ou presque) ont combattu ?


Au fonds, personne, et pas non plus les promoteurs du Frexit progressiste, ne peuvent prédire l’histoire à venir de l’explosion des contradictions européennes. Si Merkel signe un accord douanier avec Trump favorable à la seule Allemagne et élargissant les contradictions avec l’Italie, que se passera-t-il ? Si les élites françaises dominantes ont abandonné le plus gros de l’industrie, ce n’est pas le cas de toutes, et ce n’est pas le cas des élites italiennes... Si les prétentions de Macron à la fuite en avant fédéraliste se heurtent ce qui est probable aux murs des intérêts allemands, quelles conséquences politiques et que se passe-t-il si la droite choisit de chercher une solution à l’italienne ? 


Nous pensons que dans cette situation, où ce sont peut-être les bourgeoisies elles-mêmes qui peuvent détruire l’idéalisme européen pour en faire apparaître plus violemment la réelle dictature, dans la situation du Brexit qui montre à tous les travailleurs que la sortie peut se faire à droite, dans la situation du renforcement des droites nationalistes, nous devons insister beaucoup plus fortement sur le contenu de la rupture nécessaire avec les institutions européennes, et mettre l’accent sur la nécessité de coopérations "socialistes" élargies, en Europe comme dans le monde. 

Autrement dit, le slogan des "4 sorties" doit évoluer pour se centrer sur la 4ème, sans laquelle les premières sont des illusions [1]. Le débat est pour nous ouvert, mais dans l’immédiat, ce que nous voulons gagner, c’est que les communistes sortent de tout idéalisme dont celui de l’Europe sociale, et ouvrent le débat.


Réformisme ou Léninisme ?


Ne répétons pas la nature du texte, qui ne reprend évidemment pas l’ensemble des positions de notre réseau, dont tout le monde connaît l’engagement internationaliste, pensons aux rencontres internationalistes de Vénissieux ou à la délégation au 100ème anniversaire de la révolution d’Octobre à Moscou... Il suffit de lire [notre site] pour le vérifier. 

Le PRCF reproche au manifeste d’évoquer « l’échec de l’Union soviétique » ... on ne voit pas bien comment parler du "succès de l’Union soviétique", même si nous sommes convaincus qu’il faut parler des succès du socialisme soviétique... Cependant, notons la phrase exacte : 


« Après la chute du mur de Berlin et l’échec de l’expérience soviétique, avoir cru qu’il suffisait d’affirmer l’histoire propre du communisme français pour se dégager des conséquences de cet échec était une erreur : un bilan communiste de ce qu’a représenté l’Union soviétique est indispensable pour sortir de la diabolisation construite contre nous par les porte-voix du capital et poursuivre avec ténacité le développement de notre projet original autogestionnaire vers un communisme de notre temps. »

Certes, le texte ne parle pas des succès du socialisme, mais il propose bien de « sortir de la diabolisation » ... et le simple fait d’ouvrir le débat sur cette "autophobie communiste" que dénonçait notre camarade Losurdo est pour nous une occasion ouverte pour l’intervention communiste. 


Nous espérons que sur ce point, le congrès pourra faire un pas plus clair vers le refus de la criminalisation du socialisme et ouvrira en grand le chantier nécessaire de l’analyse marxiste du socialisme réel. Nous contribuons pour notre part dans nos contacts avec les partis communistes du monde à donner aux communistes en France le maximum d’éléments de connaissance pour cela.


Le PRCF multiplie les exemples de l’influence des idées du courant "refondateur" avec le célèbre titre de Lucien Sève « commencer par les fins » qui résume bien l’idéalisme introduit dans la lutte théorique. Certes, ce courant, bien que désormais largement en dehors du PCF, continue d’influencer fortement son discours. Mais ce qui est frappant c’est justement que ce courant propose un texte au 38ème congrès et qu’il suffit de le comparer avec le "manifeste" pour voir en quoi il y a bien deux réponses à la crise du PCF.

Celle du « Printemps communiste » qui veut l’emporter plus avant dans sa dissolution comme parti de classe et le transformer en mouvement compatible avec les divers mouvements qui ont rejoint la France Insoumise, et celle du "manifeste" qui veut sortir enfin de sa mutation refondatrice pour créer les conditions d’une reconstruction marxiste. Bizarrement, le PRCF dénonce les traces des idées refondatrices dans notre texte, sans voir en quoi ce texte fait plusieurs pas pour en sortir, tout en se retrouvant lui-même dans l’analyse de la FI avec ces mêmes refondateurs !


Quel Front Populaire et quel rôle du parti ?


Si le PRCF veut réellement assumer un débat, il devrait prendre au sérieux le débat sur la situation des luttes, la bataille politique des communistes dans les luttes. La journée du 26 mai cristallise les contradictions d’analyse entre nous. Non, le texte ne dit nulle part qu’il aurait été « très vilain de défiler ensemble le 26 mai dernier » comme affirmé par le PRCF... Par contre, nous avons dans d’autres textes, affirmé que c’était une erreur de conforter l’idéalisme de Mélenchon ou Ruffin dans l’appel à la "marée humaine", ne tenant aucun compte du rapport de force réel, et dont nous pouvons constater à posteriori que loin de favoriser l’élargissement et la convergence des luttes, cette journée a marqué au contraire la fin d’une période et a permis au gouvernement de gonfler ses muscles, la démonstration étant faite que la "grande marée" n’allait pas renverser grand chose...


Notons que le PRCF fait comme si le "manifeste" se consacrait à l’attaque contre le le « diable "populiste" Mélenchon » , expression absente évidemment du texte, Mélenchon n’étant cité que dans la partie bilan (en tant qu’acteur de décisions fortes du PCF), et une fois dans l’analyse d’une situation politique disant que Macron utilise comme repoussoir d’un coté Le Pen, de l’autre Mélenchon... Non, ce texte est entièrement consacré à la question du parti communiste, et nous sommes tous convaincus que nos difficultés sur ce point ne viennent pas de Mélenchon mais de notre propre histoire.


Identitarisme communiste vide ? 


Nous laissons le débat "identitaire" pour constater que le PRCF ne veut pas voir le sens de notre démarche, l’utilité de ce texte. Au fond, tout le monde sait qu’un texte de congrès est d’abord et avant tout le support d’une construction politique, le moment d’un congrès par lequel se construit (ou pas) cet "intellectuel collectif" qui donne aux communistes leur cohérence et leur force.


Il faudra de nombreux congrès pour reconstruire une unité réelle avec un contenu au niveau de l’enjeu face au capitalisme mondialisé, mais ce 38ème congrès peut réussir à reconstruire une unité active sur une question décisive, rompre avec la mutation et ses suites et réouvrir l’hypothèse communiste. Si le PRCF pense que cela est vide, c’est son droit, mais nous pensons au contraire que c’est beaucoup, et que c’est la condition pour aborder de nombreuses autres questions nécessaires pour une véritable unité communiste. 


Par exemple, la bataille sur le "coût du capital". A vrai dire, nous pourrions être plus critique que le PRCF sur cette formule. Car en fait si le problème est le "coût" du capital, on pourrait en conclure qu’il suffirait de réduire ce coût... autrement dit plus besoin de changement de société, il faut seulement de meilleurs réglages de la répartition de la valeur ajoutée... Cela dit, nous considérons que la bataille sur le coût du capital est une bataille publique utile pour tourner la colère sociale contre le capital, et que c’est dans cette bataille qu’on peut efficacement poser la question de "la propriété du capital", la seule au fond qui vaille pour un changement de société. Donc, dans un texte de notre réseau, nous n’aurions pas conclu sur cette formule, mais nous la considérons comme utile tout en sachant qu’il faudra mener la bataille sur l’enjeu central de la propriété...


Encore une fois, il y a une question d’analyse concrète de la situation concrète et de choix du mot d’ordre adapté au niveau de conscience et de rassemblement... 

C’est la même chose sur la question électorale. Le PRCF note avec raison que c’est un des points d’accord large entre les signataires. Oui, de nombreux communistes en ont marre de ces directions du PCF qui font tout pour passer à la trappe le PCF dans les batailles électorales et recherchent toujours des accords sans engagements pour conserver quelques places, que ce soit avec les socialistes, les écologistes ou les insoumis... 


Mais pourquoi le PRCF répète que « le mpc21 n’a pas de mots assez durs contre Mélenchon » ? Nous répétons ce que chacun peut confirmer en cherchant les occurrences de ce nom dans le texte, trois fois dans la partie bilan pour les décisions du PCF en 2007, 2012 et 2017, dans des phrases qui critiquent... non Mélenchon mais la direction du PCF, et une fois dans l’analyse de la recomposition politique évoquant Macron et sans commentaires sur Mélenchon. 

Où sont ses "mots durs" contre Mélenchon ? En fait, le PRCF montre la paille de son voisin pour ne pas voir la poutre de son choix tactique (stratégique ?) de soutien à Mélenchon en 2017 et ses conséquences. Car on peut toujours comparer les positions exprimées par Mélenchon et Chassaigne pour en conclure que Mélenchon serait plus proche des communistes que Chassaigne, ou en tout cas plus utile. Mais s’il est légitime de critiquer Chassaigne, et si le "manifeste" est une base de discussion dont le but est justement de faire un vrai bilan [2], on ne comprend pas comment cela pourrait conduire à faire croire que le soutien à Mélenchon est sans conséquence dans la construction du rapport de forces politiques chez les travailleurs ! Car si finalement, il vaut mieux un socialiste combatif qu’un communiste jugé trop mou, que peuvent en conclure les travailleurs sur l’utilité d’un parti communiste ? 

Au fonds, on touche là une question centrale dans notre divergence avec le PRCF. Celui-ci considère que la question du parti communiste n’a plus rien à voir avec la question du PCF et que plus on le dénoncera, mieux on pourra reconstruire... Dans ce cas, que Mélenchon fasse tout pour affaiblir le PCF est tactiquement acceptable. On verra ce que dira le PRCF quand la FI s’attaquera en 2020 aux villes communistes, y compris (et peut-être même surtout...) celles dont les communistes ont refusé le PCF mutant.

Or nous pensons au contraire que la question du parti est centrale pour le mouvement social et qu’elle est indissociable de la question du PCF. Autrement dit, accepter que la dérive/dissolution/métamorphose du PCF se poursuivre c’est reporter dans l’inconscient politique populaire la question du parti aux calendes grecques... comme le fait d’aider Mélenchon accélère l’affaiblissement du PCF.

Enfin, sur cette question électorale, nous restons interrogatif sur l’idéalisme maintenu par le PRCF nous disant :


« Si, par hypothèse d’école, JLM avait gagné, le bac national, le code du travail, les retraites par répartition, le statut de la fonction publique, le statut d’Air France et celui des cheminots, l’université à la française, seraient-ils "le dos au mur", comme c’est aujourd’hui très gravement le cas ? Ou le mouvement populaire n’aurait-il pas quelques moyens politiques supplémentaires pour passer à la contre-offensive ? »

Par hypothèse ? avec des si, on mettrait Paris en bouteille et Mélenchon à l’Elysée...! mais sérieusement, toute analyse du rapport de forces réel, de la situation concrète du monde du travail conduit à une certitude face à une bourgeoisie arrogante et violente. Si Mélenchon avait été à l’Elysée, il aurait en quelques semaines fini comme Tsipras ou... Allende ! Et si nous n’avons pas la connaissance suffisante de l’homme pour savoir ce qu’il aurait choisi, nous savons que l’histoire ne se joue pas dans les salons, et que notre peuple est loin, dans les conditions sociales et politiques actuelles de la capacité à conduire une révolution !


Autrement dit, nous pouvons résumer notre divergence autour d’une alternative. Chaissaigne ou Mélenchon ? Nous choisissons Chassaigne sans hésitation, tout en l’appelant, en toute fraternité, à sortir de la mutation du PCF et à ré-ouvrir la question stratégique d’une voie française au socialisme tirant les leçons de l’échec au final du 22ème congrès et du programme commun...


En conclusion


Nous avons fait le choix de permettre aux communistes de faire un congrès vraiment extraordinaire et de rompre avec 20 ans de mutations, tout en ré-ouvrant les questions stratégiques. A vrai dire, nous sommes conscients que la direction va tout faire pour se succéder, que les refondateurs peuvent décider de lui sauver la mise, que le texte présenté par la section Paris XV peut servir d’exutoire faussement marxiste aux communistes en colère, un exutoire au service, in fine, de la direction, mais ce sont les communistes qui décideront, et nous leur proposons un chemin difficile mais réaliste de rupture et de reconstruction.


En tout cas, nous rassurons le PRCF s’il était véritablement inquiet. Il n’y a pas de risque de nous "droitiser" pas plus que nous considérons qu’il n’y ait de risque de "démarxisation" du PRCF soutenant la FI... Le réseau "Faire Vivre et Renforcer le PCF", son site http://lepcf.fr et sa revue "Unir les communistes" continueront en tout état de cause leur effort militant, théorique, politique et pratique.


Nous disons cependant au PRCF que le dialogue a besoin d’un effort de "bienveillance" dans le choix des mots et il ne suffit pas d’affirmer que vous vous exprimez "amicalement" ou que vous avez fait l’effort d’éviter les polémiques inutiles pour que ce soit le cas. Au contraire, nous vous lisons avec le sentiment que votre texte n’est pas fait du tout pour un dialogue qui nous aiderait à évoluer dans nos positions mais au contraire à conforter les hésitations et doutes des communistes en colère qui ne connaissent pas ou n’ont pas (encore) compris notre démarche. Autrement dit, loin d’un dialogue à poursuivre avec nous, vous menez bataille pour le texte Paris XV, ce qui est assez amusant quand on connaît l’histoire de l’émiettement communiste et la violence de ses attaques contre vous.

Alors, résumons encore une fois le débat. Chassaigne ou Mélenchon ? nous choisissons Chassaigne, parce que nous choisissons le chemin, certes difficile et incertain, qui permet la reconstruction du parti communiste, et que pour cet objectif, Mélenchon est une impasse évidente ! Même si la personnalisation autour de Chassaigne est une manière de ne pas accepter le débat de fonds, car si le congrès devait être réellement extraordinaire, ce serait à l’évidence avec une nouvelle génération, rajeunie, sortant du parisianisme et du microcosme médiatique, ayant l’ambition de retrouver un parti militant dans le monde du travail et les quartiers populaires.


[1] Il faut noter que, pour ceux qui nous diront « c’est un affaiblissement de vos positions marxistes », que c’est au fond la position de toujours du KKE, considéré souvent comme le plus "orthodoxe"...!


[2] Y compris des parlementaires donc de Chassaigne, mais chacun peut voir immédiatement que s’il y a certainement des critiques à faire, notamment sur les questions internationales, il y a beaucoup de travail utile, notamment en lien avec les luttes, comme la campagne dans les hôpitaux... 

Chers camarades, un espoir est né, il faut le faire grandir

Chers camarades, un espoir est né, il faut le faire grandir

 

13 Juillet 2018


C’est parce que je suis convaincue que le processus vital de notre parti est engagé que je veux rester sur le fond. C’est-à-dire comment avoir le parti communiste du XXIe siècle capable d’offrir une perspective face au combat de classe que nous livre le capital et son valet, Macron. C’est notre pays et notre vie quotidienne, celle de nos enfants, dont il est question. Les communistes n’ont pas d’autre ambition en préparant leur Congrès.

 

Pourquoi une base commune, parce que nous devons construire notre unité dans l’action et dans le dialogue fraternel, éviter les oppositions stériles et les procès d’intention.

 

Pour mon parti, je ne veux pas d’une situation à l’italienne qui laisse le champ libre à l’extrême-droite, avec 6 groupuscules se réclamant du parti communiste, se faisant la peau et s’alliant les uns contre les autres pour un temps bref. Notre parti bien qu’affaibli par la contre-révolution qui a déferlé sur le monde dans les années quatre-vingt dix et par des années d’errance tactique derrière la social-démocratie, n’a pas connu le sort des autres partis de l’eurocommunisme. Nous le devons à la fois à la résistance de notre parti aux plans de l’Europe et de Mitterrand imposant la désindustrialisation, à sa lutte contre la remise en cause des services publics, en relation forte avec la combativité des travailleurs de notre pays. Si au plan électoral, nous avons été soumis à ceux qui appliquaient la politique du capital, sur le terrain, nous avons poursuivi les combats.

 

Nous avons encore suffisamment de force pour nous reprendre et refuser l’effacement et la soumission de notre parti, c’est le sens de ce Congrès qui doit réellement être extraordinaire.

 

Je me suis prononcée pour ce congrès comme dès l’origine contre les listes alternatives, parce qu’elles sont un facteur de division, de blocage. Malheureusement la direction du PCF n’a pas été à la hauteur des circonstances. Votée par environ 25% des membres du CN élus il y a un an, cette base ressemble plus à une motion de synthèse du PS qu’au texte ouvert et pourtant clair, offensif dont nous avons besoin.

 

Le danger était qu’un tel texte entraîne la démission non seulement des membres du CN, mais de la masse des militants découragés. C’est pour cela qu’un certain nombre d’entre nous ont rédigé une base commune alternative. Pas un texte alternatif de tendance, non un texte ouvert et combatif. Ouvert puisqu’il pointe à la fois les points d’accord et ceux sur lesquels le débat doit se poursuivre. Notons que de ce fait ce sera la première fois depuis de nombreuses années que nous aurons clairement exprimé des positionnement qui jusqu’ici étaient masqués dans des généralités, en particulier la question de l’Europe.

 

Combatif parce que nous sommes tous d’accord sur la nécessité de l’autonomie du parti par rapport à la social-démocratie et que nous en tirons les conséquences d’un point de vue stratégique mais aussi en matière de formation et d’organisation.

 

Personnellement je suis convaincue que plus le parti des travailleurs, des exploités est affaibli plus il doit reconquérir son autonomie. C’était la position de Marx, l’expérience a prouvé qu’il avait raison.

 

Ce sont ces questions de fond sur lesquelles nous devons débattre, l’unité du parti dépend de notre capacité à mener ensemble lutte et dialogue. Ceux qui de l’extérieur ou de l’intérieur veulent perpétuer sa soumission, son effacement ou sous couvert de pureté idéologique interdire que l’unité du parti soit construite prennent leurs responsabilités. Mais je ne perdrai pas une minute à répondre quelles que soient les interpellations, qu’elles se veuillent fraternelles ou bassement injurieuses et diffamatoires comme certains en ont l’habitude.

 

Un espoir est né et il est en train de prendre force, la fête de l’Humanité sera peut-être un moment où l’on mesurera l’ampleur de ce qui est en train de se développer, la manière dont les communistes sont en train de se réapproprier leur parti. Mais cela passe par un débat fraternel au sein de nos cellules et sections.

 

Danielle Bleitrach

Notre 38e Congrès est vital : préambule et résumé

Notre 38e Congrès est vital : préambule et résumé

 

13 Juillet 2018
 
Le texte issu du Conseil National n’a été voté que par 49 de ses membres sur 91 votants et 168 membres. L’unité des communistes exige un texte beaucoup plus audacieux, cohérent et clair, pour un congrès vraiment extraordinaire. C’est pourquoi, dans notre diversité et pour sortir le PCF de l’effacement et de l’immobilisme, nous proposons une autre base commune de discussion. Pour rassembler elle propose des réponses pour fonder un véritable débat sur les questions de fond (bilan, orientation nouvelle, changement de direction) très mal traitées dans le texte proposé par la direction. 
 
Après le vote des 4 au 6 octobre, ce texte de base commune, s’il est adopté, sera amendé jusqu’au congrès.
 

Notre 38ème congrès est vital.

 

Au mois de juin 2017, les communistes décidaient, à l’issue de la séquence électorale des présidentielles et des législatives, de convoquer un congrès extraordinaire. Notre affaiblissement électoral et notre perte de visibilité nationale étaient et sont toujours au cœur des préoccupations des communistes qui veulent reconquérir l’influence de notre parti et reconstruire une organisation révolutionnaire de notre temps.

 

C’est au Parti communiste, français et internationaliste, d’assumer cette ambition face à la force du capital qui se pare des atours de la modernité, face à la profondeur de sa crise systémique, mais aussi face à l’attraction des idées réformistes de conciliation, comme de celles nationalistes et xénophobes désignant des boucs émissaires.

 

C’est d’autant plus nécessaire que Macron et son gouvernement mettent à profit la confusion politique et l’absence d’alternative progressiste crédible pour conduire à marche forcée la destruction du modèle social français. Ils cherchent à faire de la France, à côté de l’Allemagne, le second pilier d’une Europe au service du capital, des marchés financiers et de l’ordre mondial dont ils ont besoin.

 

Macron prétend que ses options sont les seules à même d’arracher la France et l’Europe à la crise très profonde d’un système capitaliste qu’il entend sauver. En réalité cette politique va accentuer les vulnérabilités de la France et les fractures sociales dans un monde en crise alors que se prépare une nouvelle aggravation des difficultés mondiales, plus brutale que la crise de 2007-2008 dont les forces du capital n’ont voulu retenir aucune leçon.

 

Après une période d’observation, des luttes importantes se développent. Elles concernent les bases même du modèle social français, dont elles cherchent un nouveau développement : services et entreprises publiques, exigences d’égalité, notamment entre femmes et hommes, refus du déclassement et des discriminations, égalité des territoires et enjeux écologiques, la protection sociale et son mode de financement à partir des richesse produites, l’emploi, sa sécurité et sa promotion, l’augmentation des salaires, toutes les batailles sur l’éducation et la formation, les droits et pouvoirs des salariés sur les lieux de travail.

 

Il n’y a jamais eu autant besoin de révolution, d’idées et de luttes révolutionnaires ; d’un parti et d’un projet communistes pour permettre au mouvement populaire de s’élargir et de se renforcer jusqu’à contraindre le gouvernement à des reculs, imposer de nouvelles conquêtes, ouvrir une issue politique. Leur absence dans le champ politique laisse la voie libre à toutes les récupérations nationalistes, populistes, xénophobes, racistes ou antisémites.

 

Quel défi pour le Parti communiste français !

 

Mais après son effacement en 2017 et son résultat désastreux aux législatives, son pronostic vital est engagé.

 

Tout cela constitue un électrochoc. C’est pour cela que les communistes ont voulu un congrès extraordinaire pour une réorientation stratégique, une mobilisation nouvelle dans l’action et le développement d’une ambition communiste.

 

Un bilan stratégique et organisationnel est nécessaire pour permettre un débat sans tabou et des décisions audacieuses.

 

Nous considérons que la proposition de base commune votée le 3 juin (par 49 voix sur 91 votants et 168 membres du CN) ne répond pas aux exigences du débat, pas plus qu’elle ne permet d’analyser précisément la situation du monde et celle de notre parti. Se refusant à formuler clairement les termes du débat, elle ne permet ni la discussion sur la réorientation et les changements que les communistes sont si nombreuses et nombreux à penser nécessaires, ni la prise d’initiatives par celles et ceux qui aspirent à changer l’ordre existant.

 

Ce n’est pas d’un collage d’options et de synthèses habiles que notre parti a besoin pour construire une unité réelle et agissante des communistes.

 

Nous proposons une base commune qui permette de répondre à cette question essentielle :

 

Faut-il continuer dans l’effacement, dans une pratique du coup par coup, dans une stratégie illisible, et dans le manque d’ambition et d’incarnation ?

 

Ou construisons-nous collectivement la voie d’un renouvellement politique profond de notre organisation, à même de renforcer notre influence et notre place au sein d’un rassemblement efficace pour notre peuple ?

 

Pour le débat le plus conséquent des communistes et des choix clairs, cette proposition de base commune entend apporter des éléments de réponse précis aux questions centrales suivantes, en les conjuguant à l’ambition d’un nouvel internationalisme :

 

Nos difficultés actuelles résultent-elles d’une mauvaise mise en œuvre des choix faits depuis une vingtaine d’années, ou bien ces choix mêmes sont-ils à remettre en question ?

 

Quel bilan faisons-nous, aux plans stratégique, organisationnel et électoral ? Quel bilan de l’activité de la direction nationale ?

 

Quelle place du marxisme vivant pour armer le combat et pour la confrontation d’idées à tous les niveaux ?

 

Une réorientation stratégique est-elle nécessaire ou suffit-il de chercher à mieux tenir le même cap sous l’appellation « nouveau front social et politique » ?

 

Faut-il se résigner, aux élections européennes, à un nouvel effacement du parti et de ses idées au nom du rassemblement derrière une possible tête de liste issue d’une autre formation politique ?

 

Ne s’agit-il pas plutôt de construire une liste de large rassemblement initiée et conduite par le PCF ?

 

Comment définir l’objectif du communisme, les voies et moyens de l’atteindre ?

 

Quelle dialectique nécessaire entre nos propositions, les luttes immédiates, les étapes indispensables et la visée communiste qui se construit dans ce mouvement tout en l’éclairant ?

 

Un changement profond de la direction nationale est-il nécessaire ?

 

Quel engagement des dirigeantes et des dirigeants pour un effort de réorientation des idées, de la pratique et de l’action ?

 

L’heure est critique pour notre force politique, et par conséquent, pour sa capacité à servir efficacement dans l’avenir les intérêts populaires et de classe.

 

Nous ne nous résignons pas à l’idée que le congrès extraordinaire puisse sombrer dans les habitudes, les redites et le refus des remises en cause.

 

Nous voulons sortir le PCF de la spirale de l’effacement et de l’affaiblissement.

 

Nous partageons cette conviction qu’il ne peut y avoir de transformation révolutionnaire sans un Parti communiste fort et influent, porteur de cette ambition.

 

Nous partageons la nécessité d’un renouvellement de notre organisation et d’une relance ambitieuse de notre travail politique, étroitement liés à la mise en dynamique nationale de nos militants.

 

Ce sont ces enjeux prioritaires qui nous réunissent et nous rassemblent.

 

C’est pourquoi, dans la diversité de nos analyses et réflexions, nous proposons ce texte comme base commune pour la discussion du 38ème congrès du Parti communiste.

 

Nous le mettons dès aujourd’hui à la disposition de toutes et tous les communistes pour permettre le développement d’actions transformatrices ambitieuses de notre parti au lieu de la paralysie liée à la recherche de faux équilibres.

 

Nous souhaitons que le plus grand nombre de militantes et de militants s’en saisisse, dans une recherche de convergence et d’unité indispensables à la réussite d’un congrès extraordinaire, redonnant demain à notre parti sa pleine capacité d’action à travers une perspective politique et stratégique claire.

 

Nous la formulons en six chapitres :

 

Un bilan critique

 

Nos responsabilités face à la nouvelle phase de la crise du capitalisme et de la société

 

Le communisme de notre temps : idéal éthique, visée historique, chemin de lutte

 

Un nouvel internationalisme pour relever le défi de la mondialisation capitaliste

 

Pour une nouvelle stratégie de rassemblement et d’unité populaires

 

Pour un Parti communiste utile, agissant, audacieux et novateur, internationaliste et révolutionnaire.

 

Une histoire de train

 

Une histoire de train

 

 

Lanton (33138) Version mise à jour le 14 juillet 2018 à 09h30

 

Nous sommes à un moment où le pronostic vital quant à la survie du PCF est engagé. Dans cette perspective les petites manœuvres d'appareils qui se font jour ici ou là n'ont que peu de portée, la clarté des objectifs est plus que jamais nécessaire.

 

Soyons clair le PCF est devenu par glissements successifs un parti (dans ses directions) de nature profondément social-démocrate. Parti qui peut ou prou participe, lui aussi, des dispositifs d'intégration du monde du travail aux objectifs du capital. Un parti largement cannibalisé par certains de ses élus qui ne voit là, qu'un moyen pour proroger des sinécures. C'est ce parti que le monde du travail doit se réapproprier, faute de quoi il faudra le réinventer.

 

Une histoire de train : Le PCF est ou devrait être un train en route pour une société se débarrassant de l’exploitation de l’homme par l’homme, une société allant vers ce qu’il faut bien appeler le socialisme.

 

Cette direction n’a rien d’un long fleuve tranquille. Dans ce train certains montent, d’autres descendent, l’essentiel étant que le train affiche complet à l’arrivée.

 

Ce train, qui affiche « Pour un manifeste du parti communiste du XXIème siècle » n’est certes pas parfait. Il est le résultat de néccessaire compromis si on veut mettre un coup d'arrêt au scénario de fin à l'italienne.

 

Mais faut-il rechigner pour autant à monter dans ce train ? Surtout qu’il est peut-être le dernier, le train du chant du cygne, le train du crépuscule.

 

Rester sur le quai n’est-ce pas in-fine faire chorus avec ceux qui veulent ranger la locomotive au musée des espoirs perdus, des espérances trahies ?

 

Aveuglés par la doxa dominante (Dans la société et/ou dans le parti) certains restent sur le quai incapable ou ne voulant pas voir le train en partance.

 

D'autres encore, attaché vicéralement à leur parti pensent naïvement que le défendre c'est faire acte d'allégance aux chefs de gare.

 

Pendant que d'autres encore, considérant que le capitalisme est la fin de l'histoire veulent nous inscrire dans un mouvementisme refuge de ceux qui veulent « tout changer pour ne rien changer ». Mouvementisme où culmine le culte de l'irresponsabilités, avec des gens qui ne sont que de passage ou pensent que le summum de la démocratie à sa source au bout du clic de la souris. Face à un capital hyper organisé, le combat passe par l'impérative nécessité de l'organisation sur les lieux même de l'affrontement. Le fleuret moucheté n'est dans ce cas d'aucune utilité, ce n'est qu'un amusement pour bobos en déshérence.

 

Certains s’adonnent au délice du culte de la personnalité, convaincus qu'ils sont qu'il n'y a pas d'autre issue que dans l'allégeance à un guide suprême, pendant que les prétendants à la succession se battent dans le sac F.I comme des chats sauvage.

 

D’autres encore choisissent le butoir. Ceci alors qu'ils doivent leur droit à exister que de la mansuétude de ceux qu'ils prétendent combattre.  (Fixés les aigris dans un coin pour s'assurer de la qualification, et engager ainsi l'acte final de la stratégie à l'italienne voulu par les dirigeants). Certes camarades la fenêtre de tir est étroite, hasardeuse et incertaine. Certes, mais fenêtre il y a.

 

Mais ne pas prendre des chemins risqués, n’est-ce pas en fait se refuser à prendre un quelconque chemin ?

 

Si on ne devait s'engager que sur les chemins de la certitude jamais on prendrait un chemin.

 

Au pied du mur on ne fait pas la fine bouche, on mesure l’essentiel, les possibilités ouvertes. Si on est obnubilé par l'erreur, toujours possible, la paralysie nous guettent, avec la catastrophe certaine au bout de la route.

 

Bernard Trannoy

 

 

Un congrès vraiment extraordinaire parce que les communistes ont décidé d’en faire leur affaire…

Un congrès vraiment extraordinaire parce que les communistes ont décidé d’en faire leur affaire…

 

09 Juillet 2018

http://manifestecommuniste2018.fr/

 

Il ne faut pas forcer sa nature, enfin ce qui au bout de tant d’années n’a pas manqué de devenir votre nature. La mienne est d’avoir un certain flair (militant ou sociologue) face à des mouvements, qu’il s’agisse de la France, du parti ou même de l’état du monde, je perçois assez bien ce qui crée les rassemblements, ce à quoi il est vain de vouloir s’opposer. Sans doute le fait d’être française doit m’y aider parce que ce pays que Marx désignait comme celui de la lutte des classes, mais aussi non sans irritation nous reprochait d’être une nation « d’émeutiers », pleins de bravoure mais ne voyant pas plus loin que leur colère, a le secret des mouvements qui surprennent tout le monde et s’imposent comme une évidence, de classe bien sûr.

 

La France est indéniablement mécontente dans un monde qui ressemble fort à celui de la chute de l’empire romain, je veux dire américain. Il y a un déplacement, et celui-ci a un sens qui donne toute sa vérité à l’analyse marxiste. Celle-ci a été longtemps accusée de parler d’une situation qui n’existe plus, celle des nations et celle du prolétariat ouvrier en particulier. Est-ce un hasard si le communisme continue à être posé comme une exigence depuis l’Asie, depuis le Tiers monde, de la Chine à Cuba en passant par le Vietnam? Il n’y a jamais eu dans le monde autant d’ouvriers, de couches populaires urbaines, la nation de l’immense Chine au petit Cuba reste le point d’ancrage.

 

En France, la désindustrialisation programmée dans le cadre de l’Europe a produit un délitement, une perte d’hégémonie ouvrière.

 

L’offensive patronale s’est aggravée et la mise en concurrence des forces du travail tend à nous mettre au niveau de ces ex-pays socialistes démantelés. Les couches populaires sont au bord de l’explosion, mais elle considèrent leurs chefs potentiels avec suspicion. J’ai été frappée par ce qu’à dit le délégué de FO à propos des cheminots, la grève elle même n’est plus à la hauteur de leur combativité. La question est effectivement celle de la conquête du pouvoir politique, comme le dirait encore Marx. Et là paradoxalement, l’avant-garde ouvrière, les cheminots, les électriciens, les portuaires et les autres, rejoint la masse dans cette conscience de ce qui manque pour s’engager, une voie révolutionnaire crédible. Alors même que l’affaiblissement du parti, fait que les couches populaires ne paraissent plus avoir les moyens organisationnels de leur révolte. Le   prolétariat a été défait à tous les sens du terme, mais se pose avec d’autant plus d’urgence la question d’une expression propre..

 

C’est Alain Minc qui vient de déclarer: les inégalités sont trop fortes, nous risquons une insurrection.

 

Si l’on ne perçoit pas ce fond, on n’ignore ce qui anime les communistes dans ce Congrès extraordinaire, une combativité retrouvée, un besoin d’unité mais aussi de clarté. La conscience de la nécessité de recouvrer l’autonomie d’un parti des travailleurs, de ce prolétariat toujours le même et aux contours renouvelés. Nous commençons à sortir la tête de là où la contre révolution des années quatre-vingt dix nous avait jetés, à savoir la soumission à une petite bourgeoisie social démocrate qui entretenait les illusions électorales et la confusion des idées générales favorables au masquage des intérêts privés. De la soumission au PS de Mitterrand à celle de son successeur Mélenchon quand le PS est totalement déconsidéré. Avec à la tête du PCF, une brochette de dirigeants qui n’ont qu’une seule idée recréer un parti unique soumis à cette petite bourgeoisie sous couvert de rassemblement anti-capitaliste, anti-monopoliste, en fait la meilleure manière de renoncer à la lutte des classes, à la conquête du pouvoir politique. Il faut au contraire se dire que dans le cas d’intérêts communs, l’unité se fera, nous n’avons pas besoin en revanche de formes permanentes d’union qui ne profitera qu’à cette petite bourgeoisie.

 

Si ce congrès est extraordinaire, c’est parce que la masse des communistes commence à être consciente de cette situation et qu’elle est en train d’arracher une issue, au ronron habituel qui permet la poursuite d’une stratégie qui mène à l’échec. le ron ron habituel, c’est  la direction de plus en plus minoritaire mais aux manettes. Il y a la liste » officielle » comme il y avait sous l’empire les candidats officiels sans lesquels point de salut et cette direction est  flanquéé de repoussoirs, ceux qui proposent d’aller plus loin dans la soumission du parti à la petite bourgeoisie, les refondateurs, il y a peu à la direction. Il y a  les gauchistes qui ne prennent même plus la peine de changer leur texte et qui à la dernière minute trouvent miraculeusement les 50 signatures qui leur manquaient. Ils jouent leur rôle, celui de diviseurs de l’opposition, sous couvert de pureté idéologique, ils n’attaquent que ceux qui s’opposent à la direction actuelle et à sa stratégie, pratiquent l’insulte ad nominem et la diffamation.  Le contraire de la démocratie des communistes, celle où chaque communiste compte pour un et mérite le respect personnel, seule la politique doit être en cause.

 

Oui mais voilà, il y a eu quelque chose de nouveau qui fait que ce Congrès peut devenir véritablement extraordinaire: face à une direction de plus en plus minoritaire, refusant de véritablement changer sauf dans des arrangements de façade, proposant un texte qui fait songer aux motions de synthèse du PS, il a surgi non pas une tendance, mais une alternative unitaire et combative. ce qui a provoqué ce sursaut c’est la conscience que le danger était le découragement, le départ d’une nouvelle vague de militants comme cela se passait dans ce CN dont la moitié des membres élus il y a un an ne venaient même plus. Ce qui se jouait était réellement la survie du PCF. A ceux qui reprochent sur certaines questions, par exemple l’Europe, le lien opéré entre des militants aux options différentes, nous disons que nous l’avons choisi ainsi parce que nous ne sommes pas une tendance, mais nous proposons à des militants adultes et reponsables de se battre pour l’autonomie du parti, d’une manière pour lui de reprendre pied dans les couches populaires, dans les lieux de travail, mais en sachant que les divisions qui ont été provoquées et mêmes entretenues entre nous doivent être dépassées, par le dialogue mais aussi par le critère de la pratique. Nous proposons un processus démocratique pour avancer vers le renouveau du PCF.

 

Il y a deux bases communes alternatives, sur lesquelles les communistes peuvent travailler, l’une poursuit sur le fond avec quelques aménagements de façade la stratégie de soumission qui nous a conduit là où nous en sommes, l’autre propose d’aller vers l’autonomie du parti des travailleurs, des exploités, des victimes du capitalisme, sa reconstruction pour la conquête du pouvoir politique dans un rassemblement majoritaire, un processus de reconstruction collective.

 

Et c’est là que ce Congrès me parait véritablement extraordinaire, la manière dont il nous impose à tous une conduite. Cette proposition de base commune alternative par des dirigeants et élus qui acceptent de travailler ensemble pour sauver leur parti, a été compris. Qu’il y ait eu en dix jours, déjà près de 1300 signatures en plein mois de juillet, prouve que c’est la masse du parti, des fédérations entières, un grand nombre d’élus, des députés, mais aussi des militants isolés qui se prononcent pour cette démarche. C’est comme un feu de prairie et pour revenir à mon propos initial, il est inutile de prétendre s’opposer à cela. les vieilles tactiques  et  la stratégie mortifère, pour tenter d’empêcher tout changement réel, un processus est en marche. Aujourd’hui la seule solution est de respecter la démocratie du parti, de ne plus manœuvrer mais de laisser la responsabilité de chacun s’exercer dans le respect de tous, en sachant que demain nous combattrons ensemble ce pouvoir.des riches, cynique et brutal, un capitalisme sénile.  le monde bouge et  si nous nous y mettons tous il ira dans le bon sens, pour cela on a un besoin urgent des communistes, de leur parti. C’est notre tâche du moment.

 

je suis sure que vous commencez à en ressentir les effets. Il n’est plus question de nous demander périodiquement si nous ne voulons pas changer de nom, au contraire tout le monde s’en réclame, c’est comme le retour à Marx, il y a les citations plaquées quand tout l’esprit du texte est contradictoire avec le matérialisme historique et la visée politique. On feint de se donner comme but le communisme, un truc vague où l’on rasera gratis mais on détruit l’instrument qui permet d’aboutir, un parti communiste véritable. Encore un petit effort, et ils s’intéresseront à la question, déjà grâce à notre mobilisation,  enfin nous ne parlons plus (seulement) des trahisons de Mélenchon, des formes de l’union électorale avec qui? mais de nous les communistes, de notre parti, l’existence de cette base commune pour un parti du XXIe siècle a déjà accompli l’exploit de nous recentrer sur nous mêmes, sur notre parti, sur nos buts, notre stratégie autant que notre place dans le monde, celle des travailleurs. Il faut continuer.

 

Danielle Bleitrach

 

PS. Nous avons déposé les signatures, il n’en fallait pas plus de 350, il a donc fallu faire un tri et ce sont ces signatures qui seront publiées avec le manifeste, mais nous songeons à un matériel qui nous permettre de les publier toutes, les 1283 existantes aujourd’hui et qui continuent à se multiplier. Donc la collecte des signatures continue et chacun doit avoir à coeur là où il se trouve, dans son organisation de faire vivre ce mouvement inusité au sein du parti communiste.

 

On ne secoue que les arbres qui portent des fruits : Avis au lecteur

On ne secoue que les arbres qui portent des fruits : Avis au lecteur

 

09 Juillet 2018

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Je souscrit totalement au propos de Danielle. Ce matin excédé par nos distributeurs de label "révolutionnaires certifiés" du PRCF J'ai demandé d'être rayer de toutes leurs listes de diffusion. N'est pas Lénine qui veut ? C'est déjà assez difficile comme cela, sans recevoir de leçon. Un possible s'ouvre, évidement pas certain. Mais dans ce train du possible je monte sans hésitation, rester sur le quai c'est encourager les dérives et renoncements accumulés. S'enfermer dans la pureté c'est chanter un solo funèbre.
Bernard Trannoy
 
 

Je n’ai qu’une vie et aucune envie de la perdre en racontars inutiles. Alors sachez que je trouve improductif le dialogue sur notre Congrès avec différents camarades, Vous direz que je fuis le débat, prenez le comme vous voudrez.

 

il y a d’abord ceux qui ne sont plus au parti, pour des raisons que je respecte et je comprends. Ils se sont organisés, ce que je trouve très bien, ils ont choisi une ligne que je ne partage pas: ils sont prêts à suivre Mélenchon avec certes une dimension critique (on attend la critique). Ils trouvent notre texte pas assez révolutionnaire, mais Mélenchon leur va. C’est-à-dire le digne successeur de Mitterrand, qui, non seulement en France mais désormais en Espagne , au Portugal, en Russie, réserve ses coups aux communistes, quelle que soit la ligne suivie par les partis en question. Ce qui prouve, selon moi, que l’on ne peut faire aucun crédit à sa manière, (à la Tsipras), de promettre une rupture avec le capitalisme européen. On ne combat pas le capitalisme en attaquant en priorité les communistes et leur parti. Quant à la confusion, si celle de notre base vous inquiète, que dire de la foire d’empoigne, des intérêts personnels déchaînés qui apparaît dans la France insoumise à l’occasion de l’établissement des listes européennes, nous nous en sommes à réfléchir sur le fond, eux c’est la lutte des places dans laquelle on apprend qu’il risque de ne pas y avoir de plan B. Et ça ça ne vous pose aucun problème comme d’ailleurs quand Mélenchon va soutenir une force « populiste » contre nos camarades portugais, dont la ligne pourtant me convient ou vous convient..

 

Mes chers camarades, parce que vous êtes et resterez mes camarades, au lieu de bavasser sur « notre révolution de palais », faites la preuve de la qualité de votre orientation autrement qu’en courant après nous avec un bâton et derrière Melenchon avec un cierge. Montrez vos capacités révolutionnaires et, excusez cet écart de langage,: foutez-nous la paix dans le cadre d’un Congrès du PCF qui devrait ne pas vous concerner. Vous avez suffisamment d’activités remarquables en particulier sur le plan intellectuel, ne serait-ce que vos analyses sur l’Histoire ou sur l’international, sur le marxisme léninisme, pour que l’on puisse espérer travailler ensemble, comme nous le faisons d’ailleurs depuis des années, et un jour peut-être, quand nous aurons fait le travail, nous retrouverons-nous… Mais si nous faisons le ménage inutile de venir nous jeter des seaux d’ordure, sous prétexte qu’il reste dans la poussière dans les coins, vous acceptez des endroits encore moins ragoutants.

 

Je serai plus sévère avec d’autres parce qu’ils sont encore au parti et que je le dis comme je le pense, ils corrompent une partie de la jeunesse et feignent de répondre à une soif d’idéal pour conforter les liquidateurs. Les faits sont têtus.Ceux-la aussi font la fine bouche devant nous, ils trouvent bien sur que nous ne sommes pas assez révolutionnaires, pas assez marxistes-léninistes, mais il faut voir à quoi rime DANS LES FAITS, toutes ces proclamations. Toute leur activité est désormais consacrée, non pas à dénoncer la stratégie d’effacement et de soumission à la social démocratie de l’actuelle direction, son texte, qui poursuit cette ligne mortifère, mais le notre. Là encore il suffit de voir vers qui et vers quoi sont dirigés les attaques pour mesurer le fond des proclamations. Il est bien pauvre celui qui ne peut pas s’affirmer, le meilleur, le plus  révolutionnaire, mais autre chose est de faire la preuve de ce qu’on avance dans la pratique.

 

Ceux-là une fois de plus s’avèrent, comme à chaque congrès, les meilleurs défenseurs des liquidateurs et ce depuis des années où sous les prétextes les plus divers et suspects se sont avérés des diviseurs, ou les meilleurs défenseurs de l’actuelle direction sous des allures de gauchistes, de ceux qui « lavent plus rouge », ce qui ne mange pas de pain. C’est pourquoi et ce sera mon unique et dernière adresse en tant que webmaster de ce blog : ,  je vous conseille d’aller voir ailleurs, parce que je pense que toute discussion est actuellement inutile et que je n’ai pas non plus envie de déparler, parce que le débat tourne vite aux accusations personnelles, aux insultes, vous faites courir des rumeurs diffamatoires, infondées, et donc tout cela devient stérile. parce qu’à choisir un affrontement politique, je préfère le mener avec celui qui dirige actuellement le parti et le mène selon moi dans une voie d’anéantissement, plutôt qu’avec ceux qui sont ses suppléants de fait.

 

Là encore, faites la preuve que vous n’êtes pas que des diviseurs et que vous ne contribuez pas à la liquidation du parti et on envisagera une autre qualité de débat. Je le souhaite et cela me sera une grande joie quand ce débat enfin aura des objectifs concrets. En attendant poussons l’analyse jusqu’au bout, si nous avions tort, que nous soyons insuffisamment révolutionnaires, pourquoi ne nous utilisez vous pas comme l’aurait fait un Marx ou un Lénine, quitte à nous balayer avec le vent de l’histoire que vous croyez porter? Non! vous nous tirez en arrière, vous nous empêchez d’agir dans le sens qui pourtant semble le votre. Pourquoi? Se contenter de phraséologie creuse, de simagrées pour mieux interdire tout changement n’est pas l’expérience qui forgera le parti dont nous avons besoin, si vous prétendez être une avant garde, prouvez le autrement.

 

Tous ces gens paraissent bien trop obsédés par nous, comme disait feu Mao tse Toung: on ne secoue que les arbres qui portent des fruits.

 

Danielle Bleitrach

Sur le Mur de FVR-PCF au 6 Juillet 2018

Sur le Mur de FVR-PCF au 6 Juillet 2018

 

COMMUNCOMMUNE.COM
 
L e texte issu du Conseil National n’a été voté que par 49 de ses membres sur 91 votants et 168 membres. L’unité des communistes exige un texte beaucoup plus audacieux, cohérent et clair, pour un congrès vraiment extraordinaire. C’est pourquoi, dans notre...
 
 
1273 signatures à ce jour je 06/07/2018 à 16h00 pour ce texte
 
Commentaires
Ythier LE Sapiant
Ythier LE Sapiant >>>
Il ne suffira pas d’une fresque de Fernand Léger ni de quatre vers d’Aragon pour convertir en marxostes les éléments du langage cocomuté.

Compromis, chose due !
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Gérer
 
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Gilbert Remond
Gilbert Remond ça c'est clair mais ce n'est pas avec ce type de déclaration que les thèmes "cocomutés" vont être subverties par des analyses marxistes- léninistes!

C'est au contraire en se frottant dans les débats avec les communistes que nous y arriveront et pour ce
la il faut les espaces et pour le faire et les thermes pour les aborder. " Dans une bombe , avant l'explosion, les contraires, par suite de conditions déterminées, coexistent dans l'unité. Et c'est seulement avec l'apparition de nouvelles conditions ( allumage) que se produit l'explosion. Une situation analogue se retrouve dans tous les phénomènes de la nature où, finalement, la solution d'anciennes contradictions et la naissance de choses nouvelles se produisent sous forme de conflits ouverts "( De la contradiction, Mao Tsetoung).

La situation nouvelle c'est ce texte s'il est adopté par une majorité de communiste parce qu'il permettra un débat sur le bilan, la stratégie , la nature d'un parti révolutionnaire s'appuyant sur le marxisme, a situation 'internationale et les luttes pour le dépassement du mode de production capitaliste (toutes chose qui n'existent pas dans le texte de la direction). Cette situation sera possible parce qu'il y aura eu au préalable un rapport de force pour l'imposer. Il s'agit de le construire en rassemblant tous les communistes , c'est a dire tous ceux qui pensent qu'un parti communiste est nécessaire pour permettre une autre perspective politique ouvrant sur une autre phase historique qui pour moi s'appelle le socialisme. Ce texte permet de le faire. Il résulte des compromis entre diverses sensibilité et représente les conditions de coexistence d'une unité avant de pouvoir mettre au travail les contradictions qu'il contient.

Notre unité ce qui en fonde la démarche c'est la volonté d'être majoritaire, ce qui procède d'une toute autre démarche que celle de vouloir se compter avec le plus petit dénominateur commun pour pouvoir attester d'un label de radicalité lexicale! ( des mots des mots des mots disaient un héros shakespearien) Ce travail de résolution des contradictions sera l'affaire du congrès Après quoi qu'importe la collection de termes utilisés par la période précédente, ( dépassement , visée, novation etc) ils devront céder le pas a ceux qui rendent compte de la nouvelle, c'est a dire qu'ils retrouveront leurs racines scientifiques celles du marxisme léninisme!. Mais pour en arriver là, il faut permettre de réunir les conditions de leur effectivité et ce n'est pas en restant rivé sur des déclarations dogmatiques qui ne disent plus rien à personne ou en faisant état de bavardages qui empilent les anecdotes, les projections paranos et les fantasmes, comme j'ai pu le lire par ailleurs, que l'on y parviendra .
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Gérer
 
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Gillou Garou Gourlot
Gillou Garou Gourlot En parlant de se frotter le 15e +st Quentin eu n'hésitent pas a se frotter a ce qu'ils appellent "symbole de l’alignement sur le social-libéralisme à Paris" pas très fraternel et bien faux cul...Gérer
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Le régne de la nécessité, une piste pour reconstruire la force communiste ?

Essai après lecture du texte de JC Delaunay « Le marxisme est la science sociale de notre temps ».

Le régne de la nécessité, une piste pour reconstruire la force communiste ?

 

 
par  Francis Velain
  
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38ÈME CONGRÈS : BASE COMMUNE, SUFFISANCE, ABSENCE DE COURAGE, SURDITÉ, SOUS-ESTIMATION DE LA SITUATION38ÈME CONGRÈS : BASE COMMUNE, SUFFISANCE, ABSENCE DE COURAGE, SURDITÉ, SOUS-ESTIMATION DE LA SITUATION
38ÈME CONGRÈS : POUR NE PAS PASSER À CÔTÉ DU BILAN ANNONCÉ
200 ANS APRÈS LA NAISSANCE DE MARX. DE 68 AU 38ÈME CONGRÈS, UN MÊME BESOIN DE DIALECTIQUE
DE LA RECHERCHE DES CLASSES À LA POLITIQUE DE LA RECHERCHE DES CLASSES À LA POLITIQUE
LE COMMUNISME, UN MOUVEMENT DONT IL FAUT PRENDRE SOIN
 

Les communistes sont en crises ! Jean-Claude nous ramène finalement à la problématique du travail à partir du rapport industrie/services. Acte nécessaire et salutaire à plusieurs titres.

 

Le texte de Jean-Claude Delaunay [1] invite à penser le politique en examinant la transformation des activités humaines, en préservant le temps de la transformation des forces productives. Il invite d’une certaine manière à s’intéresser plus au règne de la nécessité qu’à l’émancipation, au progrès social ou à la justice sociale etc. Dialectiquement, ce pourrait devenir une piste pour surmonter l’invraisemblable mille feuilles idéologique qui traverse actuellement les pensées à prétentions révolutionnaires anticapitalistes. Je vais tenter de m’en expliquer. Avant, soulignons que son texte renvoie de fait à deux périodes importantes : celle du débat industrie/services initié dès les années 60, approfondi dans les années 80/90. Jean-Claude propose de fait des dates de référence pour le nécessaire bilan du 38ème congrès.

 

Sur la notion de première activité

 

On imagine mal une quelconque agriculture, la pratique de la chasse, et même la collecte de plantes et de fruits, la cuisson des aliments, sans outils, le plus simple des récipients devant être considéré comme outil tout autant qu’une pierre taillée. L’industrie a donc précédé l’agriculture et a accompagné immédiatement le processus d’hominisation du genre humain, de la main et du cerveau, et du langage et de la bipédie [2] .

 

L’industrie fut première dans l’histoire des hommes...

 

Avec la révolution néolithique, le règne de la nécessité se fit soudain différent. L’agriculture devint « première » au sens où elle mobilisa le travail de la masse de l’humanité, sans pour autant pouvoir se passer de l’industrie.

 

Outre l’accentuation sans doute des caractères de classes des sociétés, il fallut inventer de nouvelles activités de gestion de l’irrigation, de répartition des terres, de contrôle et de répartition de la production, du personnel spécialisé en conséquence, jusque au besoin, sans doute, d’en appeler à des pratiques mystiques plus développées que précédemment. Certains insisteront ici sur le rapport à la mort, à l’art etc. J’insiste ici pour ma part sur le besoin de sécuriser, d’assurer, systématiser, de rendre déterministe l’effort de travail. La démarche scientifique naquit de ce besoin productif. Durant des millénaires, la terre fut une force productive matérielle essentielle, quasi directe tant le travail de l’homme avait du mal à la fertiliser sauf en quelques lieux se prêtant à irrigation. Sa propriété structura les modes de production historiques et fonda les rapports sociaux de production et d’échange.

 

Dans l’Europe féodale, aussi lent furent-ils, les progrès de l’efficacité productive du travail agricole contribuèrent à « libérer » plus d’hommes encore du travail de la terre. Le règne de la nécessité lui-même se transforma en restant largement encore conditionné par la production agricole. Le commerce et la production d’artefacts et d’outils devint objectivement lentement plus décisif que la propriété de la terre.

 

La redécouverte du moulin conforta initialement noblesse et clergé. Puis, au fil des siècles, au titre des fonctions sociales de ces deux ordres, les bourgeois, simple groupe spécialisé au cœur du tiers-état, se firent indispensables dans la mise en œuvre des forces productives les plus modernes. Les rapports sociaux de production entrèrent à un moment en contradiction objective avec les capacités et les besoins des forces des forces productives. Ils furent adaptés en conséquence, à travers d’immenses conflits de classes. Un nouveau mode de production, le mode de production du capital, pris le relais.

 

L’industrie, devenue (pré)capitaliste, redevint première, dans une inversion dont l’histoire a les secrets, au titre de la valeur économique de ses productions, et tout autant des valeurs d’usages qu’elle proposait. L’agriculture en fut d’ailleurs rapidement transformée : Par la mécanisation, la chimie, elle démultiplia sa productivité de valeurs d’usage fondamentales tout en pouvant accepter de voir la « valeur » de ses productions et sa population baisser. Le régne de la nécessité ne fut plus le même. L’industrie redevint première sans que l’homme puisse se passer de l’agriculture. Déjà la science pris une singulière place.

 

Sous ce règne de la nécessité du capitalisme industriel, les forces productives poursuivirent leurs évolutions. Le règne de la nécessité des hommes continua de se transformer : besoin de plus de qualifications, de plus de science(s), utilité de poursuivre la spécialisation des tâches, possibilité de réduire la masse de travail dans l’industrie elle-même (d’abord relativement, puis aussi en absolu dans des branches entières), et aussi possibilité, sinon nécessité, de mieux prendre en compte certains besoins sociaux (la santé, la culture, les solidarités, les enjeux environnementaux, la gestion, la sureté et la sécurité des processus de travail, de production, des « marchandises » elles-mêmes etc.).

 

La notion de services apparait quand ces transformations se montrent au grand jour comme nécessaires ou possibles.« Les activités de services prenant le pas sur l’industrie » devint alors une évidence révolutionnaire pour certains : à Droite et à Gauche.

 

Cette thèse, somme toute récente, est déjà remplacée par d’autres. Ce serait au tour des activités numériques pour certains, informationnelles pour d’autres, qui de devenir premières.

 

Enfin d’autres insistent désormais sur le besoin de faire premières des activités plus respectueuses de l’environnement au nom parfois d’un messianisme scientifique très souvent oublieux du règne de la nécessité moderne d’une humanité de plusieurs milliards d’hommes.

 

Définir une activité comme première finalement se révèle moins opératoire que le classement plus classique : secteur primaire, secondaire, tertiaire... qui témoigne bien mieux de l’articulation des diverses activités humaines.

 

De l’usage de cette notion de 1ère activité

 

A bien y regarder, cette manière de définir un secteur économique premier a d’abord sens politique. Le fait de produire des valeurs d’usage à sacrifier au titre du règne moderne de la nécessité passe au second plan. L’appartenance de classes et le rapport social de production sont de fait tout autant relégués. La nature du travail et des valeurs d’usage de l’activité et de la marchandise font références. Première entorse à Marx ? Dès le 1er chapitre du livre 1 du capital (La marchandise) celui-ci n’invite-t-il pas à différencier entre la forme, les qualités (l’usage, l’utilité) nécessaire à cette marchandise et au travail qui la produit (le travail concret), et le processus social qui conduit aux besoins d’une valorisation économique, d’une évaluation d’une valeur à partir d’un étalon (le travail abstrait) qui règlera la répartition de ces valeurs d’usages via le marché ?

 

L’attention est mise sur le travail concret. Mais, finalement, est toujours proposé premier le champ d’activité voué (imaginé tel en tout cas) à accueillir à termes le plus d’emplois, et/ou à créer le plus de valeur économique... Le travail abstrait refait ici surface, mais désincarné, débarrassé de l’inquiétante problématique des rapports de classes. La politique a pu ainsi devenir esclave d’une sociologie et d’une économie niant ou dépassant A. Smith et Marx et leurs antagonismes de classes. Jean-Claude se refuse à ce glissement de la pensée scientifique !

 

Partir à la recherche de nouvelles activités censées être, ou devenir premières, semble bien pouvoir poser la question de nouvelles révolutions, en définissant de nouveaux acteurs économiques, à vocation majoritaire, du moins centrale au regard de l’enjeu valeur économique, et donc potentiellement politiques. Mais elle le fait en dehors des rapports de classes.

 

La démarche est d’autant plus pernicieuse quand, historiquement, les organisations de classes ont confondu un peu trop prolétariat, classe ouvrière, ouvriers, ou sanctuarisé la nature de l’activité, (la production de valeurs d’usages matérielles) à la compréhension de l’exploitation, au sens du rapport d’un temps de travail non-payé et d’un temps de travail payé et au fait que l’homme vit, s’humanise, s’émancipe autant à partir de valeurs d’usage matérielles qu’immatérielles. Le cerveau et la main sont inséparables. De même l’individu et la société.

 

La grande question est : quel doit-être le point de départ de la réflexion. Marx propose sa réponse dans l’idéologie allemande. Il adresse ce texte à ses pairs de la pensée académique, bien plus qu’au monde du travail. Il y dresse sa propre culture académique pour protéger les « ouvriers » de l’influence de ce monde académique qui participe redoutablement à l’emprise de l’idéologie dominante, même quand il s’en défend... Ensuite, il écrivit le Capital, un livre de stature académique et pédagogique pour les futures générations des deux mondes (Cf. La préface).

 

Quels apports pour le 38è congrès et au-delà ?

 

Le texte de Jean-Claude est donc important car, de mon point de vue, il renvoie de fait à une des questions qui peut aider à surmonter en conscience les limites de certaines visions actuelles du communisme, de l’organisation et du processus politique à engager pour une refonte d’une réelle indépendance idéologique du PCF.

 

Est-il nécessaire, ou possible, de changer les rapports sociaux à chaque fois que le régne de la nécessité semble promettre ou appeler quelques transformations, et donne à de nouvelles catégories de « producteurs » et d’activités la centralité économique ?

 

L’histoire ici témoigne précieusement. Les modes de production sont très résilients : 1500 ans pour le seul ordre féodal occidental qui ne cessa de rendre libre du servage initial des masses considérables de producteurs... Les modes impérialistes antiques et leur esclavagisme, leur tribu des vaincus ou conquis à leur vainqueur, perdurèrent plus longtemps encore... Tous eurent des essors remarquables, des évolutions notables dans leurs modes de vie, et même dans leurs équilibres politiques et institutionnels et de classes. Pourtant à un moment donné, ils rendirent les armes.

 

A l’évidence, le régne de la nécessité peut avoir à se transformer mais le mode de production en vigueur peut parfois y suffire. Et par ailleurs, ces transformations du régne de la nécessité peuvent avoir des causes objectives ou des raisons subjectives diverses.

 

Parfois même, elles relèvent de causes extérieures à toute évolution des forces productives.

 

L’écroulement simultané des deux modes de production occidentaux « barbares » et romain n’est lié à aucune nouveauté en matière de forces productives mais à leur paralysie. Il est lié à une implosion des mécanismes de classes de ces deux modes de production qui assuraient la richesse sociale que ces deux sociétés se partageaient dans des compromis politiques et des phases de violence. Le mode de production féodal naquit d’une volonté conjointe de leurs classes dominantes et exploiteuses de préserver leur domination politique à défaut de pouvoir préserver la production du règne de la nécessité de leurs modes de production respectifs intriqués inexorablement. Entre acculturation, intégration, compromis et phases de conflits.

 

La révolution néolithique s’est-elle faite sous la pression d’un changement climatique, d’une démographie trop conquérante, ou à travers une évolution significative des forces productives matérielles ? En tout état de cause, un nouveau régne de la nécessité et de nouveaux rapports émergèrent dialectiquement de l’intelligence et des volontés des hommes. Il semble néanmoins acquis que certains aspects de la vie des hommes se firent plus rudes, plus difficiles.... Dans un premier temps en tout cas...

 

La révolution qui vit le mode de production du capital supplanter l’ordre féodal est lié à la concomitance d’un régne de la nécessité à transformer (mais ce n’était pas la première fois) et de la nécessité et de la possibilité émergente d’y satisfaire bien mieux à conditions de transformer les rapports sociaux. Marx eut à penser cette situation en premier lieu... Les conditions révolutionnaires sont réunies lorsque les rapports sociaux entrent en contradiction avec le niveau de développement des forces productives.

 

Les révolutions russes et chinoise témoignent que l’intelligence politique peut forcer le destin, anticiper les transformations du règne de la nécessité et court-circuiter le développement « naturel » des forces productives et le passage par certains rapports sociaux.

 

Le premier processus est historiquement « plus naturel » : le second plus « politique » est élaboré à partir de l’expérience du premier. C’est un pari de l’intelligence et de la volonté politique, une immense expérience empirique qui s’impose sur un empirisme historique plus « pragmatique », plus ou moins raisonné de la lutte des classes...

 

Sommes-nous aujourd’hui devant une révolution encouragée « naturellement » ou devant une « fenêtre historique » où l’on peut forcer la marche du monde ?

 

Sommes-nous objectivement dans une phase « naturellement » révolutionnaire ou dans une fenêtre propre à des paris ou des utopies révolutionnaires ?

 

En tout état de cause, il n’est pas possible de considérer ici que, si pari, si utopie à saisir il y a, ils sont de même nature que ceux de Lénine ou de Mao, de Fidel et du Che et de quelques autres grands révolutionnaires.

 

Il n’est pas plus possible de considérer que la révolution s’offrant possiblement « naturellement » à nous, sera celle d’un front populaire « ouvrier ». L’Histoire a donné tort à Trotski et quelques autres [3]. Les forces productives, celles de la machine-outil de Marx, n’étaient pas à leur sommet en 1930/40 . Elles n’avaient pas fini d’évoluer... Et elles n’ont certainement pas fini de le faire... La question ici est : en quoi (et pourquoi) Marx nous est toujours aussi utile ?

 

Enfin, dernière hypothèse, sommes-nous contraints de « l’extérieur » (les limites de la planète et nos liens à la nature, l’urgence climatique, énergétique etc.), qui rendraient caduques notre mode de vie et de production, le règne de la nécessité que nous produisons ? Que dire alors, que faire de nos forces productives ? Quel nouveau règne de la nécessité instruire ? Quels rapports sociaux cela appelle-t-il ? Faudrait-il relativiser l’urgence à penser à rester ou redevenir communiste ? Faut-il même ranger l’étendard ?

 

Ce triple questionnement me semble renvoyer assez clairement à ce qui divisent sans fin les communistes depuis plusieurs décennies.

 

Au-delà de l’incontournable bilan de notre activité, voilà qui devrait permettre de commencer à faire bilan des transformations du monde des hommes par leur travail et de nos difficultés à y faire face, Alors, il sera possible de trancher en raison et en clarté quelques choix stratégiques pour notre prise de parti. Le 38ème congrès sera extraordinaire. Que certains essaient d’user de cette dynamique pour mener leur barque personnelle, importe peu ici. L’opportunisme politique individuel ne fonde pas une organisation, une prise de parti durable.

 

Nous serions-nous éloignés des questionnements de Jean-Claude ? Je ne le crois pas ? Son texte rappelle ceci : Quand les forces productives sont la cause des transformations du règne de la nécessité, tout nouveau règne de la nécessité se construit sur l’ancien, l’élargit et l’étends.

 

Comment résumer l’histoire modernes des forces productives ?

 

J’insisterai donc ici sur un dernier fait que Jean-Claude souligne d’ailleurs.

 

La fonction du capital est de mettre en relation rationnelle, organisée, planifiée, utile, efficiente, le producteur séparé radicalement de la « matière du travail », afin de tirer de cette « matière » une valeur d’usage valorisable économiquement, c’est-à-dire propre à accumuler, produire de manière privée via l’échange, du capital qui lui-même demandera à s’accumuler selon le même processus.

 

Dans les années 60, puis 80, le capital dut redécouvrir pour préserver au mieux sa propre domination, ses propres intérêts, l’enjeu de l’apport humain dans le travail. C’est le grand sens de la notion de services, en tant qu’activités où la nature de la valeur d’usage à produire restait réfractaire à l’usage de machine, contrairement à l’industrie et l’agriculture.

 

Le capital ici n’était utile que par sa capacité à regrouper les forces de travail et à organiser scientifiquement leur travail, comme il ne cesse d’apprendre à le faire depuis la manufacture qui, à ses débuts, connaissait fort peu la machine.


Dans les années 60 et 80, la machine ne pouvait prendre place que dans certaines fonctions de services, en gestion, comptabilité, dans les standards téléphoniques, où une certaine partie de la médecine par exemple. Aujourd’hui, le capital peut continuer à accentuer l’organisation scientifique du travail dans toutes les activités de services et en plus, il peut espérer y introduire plus largement des machines inédites.

 

Car dans les années 1935-45, sous l’impulsion des mathématiques, deux modèles de machines et de système technique furent inventés. La machine universelle de Turing, et le modèle cybernétique de Wiener. Il manquait la puissance de la technologie et d’immenses infrastructures (les réseaux et les banques de données), une industrie adaptée à ces besoins (le hardware séparé de l’industrie logicielle, les bases de données, les opérateurs de réseaux séparés des Gafas et autres plateformes). Depuis les années 70/80, tout cela a été construit techniquement, imposé politiquement à l’échelle mondiale.

 

Désormais l’homme sait déployer des machines dans toutes les disciplines et activités qui se prévalent de penser scientifiquement, rationnellement, conceptuellement. Car la machine de Turing peut simuler, reproduire, transcender tout travail rationel, conceptuel, systématique de la pensée humaine, tandis que l’approche de Wiener permet d’ouvrir cette machine à un certain apprentissage mécanique. Pour le dire en quelques mots, l’homme sait fabriquer des machines ouvertes à l’inconnu, à l’aléa, à l’imprévisible, à l’imprévu [4] . Ces qualités relevaient jusqu’ici de l’homme, et même du vivant le plus élémentaire : la capacité empirique de s’adapter pour se reproduire au prix éventuel de certaines adaptations/expérimentation évolutives peu ou prou assurées d’efficacité réelle.

 

La machine de l’ère moderne est déterministe dans ses principes mécaniques et scientifiques, son fonctionnement, mais offre une réactivité, une flexibilité, une prise en compte de la situation, de l’environnement à l’image de ce que fait l’homme. Elle lui donne le change jusqu’à prétendre prolonger l’horizon des capacités humaines d’imagination et de "calcul".

 

Les activités de services sont donc désormais vouées à être conquises totalement par la logique du capital. La machine qui « sait » être en concurrence avec l’homme le supplante, toujours. En tout cas transcende ses capacités naturelles, Sinon, elle n’est pas fabriquée dans aucun mode de production en charge d’assurer le règne de la nécessité. La science, les jeux, les arts échappent peu ou prou à cette réalité.

 

Rétrospectivement, l’histoire des 7 dernières décennies se résument du point de vue des forces productive à ceci : L’humanité, à l’ouest comme à l’est, est sorti discrètement de son ère de la machine-outil au tournant de la seconde guerre mondiale. Sur une courte période, le capital dû et y parvint cahin-caha, réintroduire l’enjeu du travail humain. Mais déjà, dès ces années 60/70, il pouvait de nouveau songer à le nier à un autre niveau que celui de l’action de la main et du geste. A l’Est les hommes du socialisme réel firent d’autres choix. L’écrasement du printemps de Prague acte une immense erreur de jugement... Dans les années 1980-90, l’effort de correction ne fut pas mené correctement ou ne pouvaient déjà plus l’être. Aux historiens de lever quelques voiles.

 

En 2018, il n’y a jamais eu autant besoin de machines, de nourriture, d’eau potable, d’énergie !) et il n’y a jamais eu besoin d’autant d’éducation, de culture, de science, de formation professionnelle supérieure, de logements, de soins). Tout ces besoins appellent désormais des valeurs d’usages qui relèvent du régne moderne de la nécessité. A comprendre en lien avec les possibilités et nécessités sociales de les produire... Avec désormais d’inédits artefacts de travail et machines. Nous sommes donc ici en permanence sur le terrain bien compris de la satisfaction des besoins sociaux. Ce qui d’ailleurs offre quelques points d’appui essentiel pour articuler en France mouvements politique et syndical.... Luttes concrètes, visant des acquis concrets, et politisation de ces luttes.

 

Plus largement encore, à chaque fois, ceux qui savent articuler le besoin de respecter l’ancien règne et celui à venir prennent une longueur d’avance politique sur les sociétés qui ne se transforment pas ou tentent de se transformer en oubliant les besoins issus de l’ancien règne. L’enjeu de la course Chine/USA est celui-là. Et l’Urss n’a pas abandonné toute ambition de s’y mêler et nombres d’autres pays encore. C’est donc aussi le terrain des rapports de forces géopolitiques, du besoin de penser un nouvel internationalisme des communistes.

 

L’homme se produit par son travail ! Cela restera-t-il l’unique voie ?

 

Jean-Claude montre que la notion de services rend compte de certaines transformations du règne de la nécessité du fait de l’évolution des forces productives ; que l’industrie ne continuera pas moins d’en être un des terreaux nourriciers de toutes les transformations des activités humaines.

 

N’en soyons pas surpris. Le communisme est, dans une de ses nombreuses définitions, le temps où les machines tourneront toutes seules (du moins bien plus qu’aujourd’hui) et ces machines sont le fait de l’industrie ? Mais alors ni l’activité industrielle, ni celle des services, ni celle de l’agriculture ne sera plus la « première » activité des hommes. La première des activités des hommes n’aura pas à produire pour le règne de la nécessité.

 

Pour autant, cette future première activité ne contribuera-t-elle pas à modifier ce règne de la nécessité puisque, à coup sûr, elle transformera l’homme, cet homme qui jusqu’à présent se transforme par son travail pour le règne de la nécessité ?

 

N’en n’avons-nous pas déjà un avant-goût avec le droit à la retraite ? Du moins depuis que celle-ci n’est plus seulement de l’ordre de l’idéalisme (Cf. la retraite comprise car vécue comme celle des morts et dénoncées par la CGT et Jules Guesde, contre la retraite perçue avancée révolutionnaire en principe, en promesse de Jaurès).

 

[2Cf. Engels, la dialectique de la nature.

 

[3« La prémisse économique de la révolution prolétarienne est arrivée depuis longtemps au point le plus élevé qui puisse être atteint sous le capitalisme. Les forces productives de l’humanité ont cessé de croître ». Programme de transition ou l’agonie du capitalisme et les tâches de la IVe Internationale Paris septembre 1938

 

[4Voir les travaux d’Ivan Lavallée sur la cyber-révolution en appui sur des travaux scientifiques comme : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00814812v2 et Probably Approximately Correct de Leslie Valiant ed. Perseus group, Philadelphia 2013

 

Base commune : Suffisance, absence de courage, surdité, sous-estimation de la situation ?

38ème congrès

Base commune : Suffisance, absence de courage, surdité, sous-estimation de la situation ?

 

par  Francis Velain
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A congrès extraordinaire à réussir, avons nous une base commune extraordinaire pour le préparer ?

 

Si j’ai bien compris, nous avons convoqué le congrès avec la volonté de nous rassembler à partir d’un bilan où nous nous serions tout dit pour révolutionner ensemble le PCF. J’ai donc commencé à lire.

 

1. Nous savons ce qu’est le capitalisme dans son état actuel, qu’il est en crise structurelle et met les hommes dans de terribles impasses.

 

2. Nous savons ce que doit faire le mouvement qu’est le communisme.

 

3. La France forte de ses traditions révolutionnaires issues de 1789 doit s’opposer à la Bourgeoisie qui veut briser les acquis révolutionnaires et réinsérer notre Nation dans le peloton de tête des pays capitalistes impérialistes.

 

4.Nous savons les défis à relever. Il faut dégager les pilotes. 


Le 1er défi est de relever la question écologique ; donc nous voulons l écocommunisme ; A croire que Marx n’a jamais écrit le Capital... 


Nous voulons « le bien vivre » mais attention pas un bien vivre abstrait puisque débattu démocratiquement, car comme chacun le sait, les dialogues de Platon démontrent depuis toujours que les débats raisonnables ne sont jamais empreints d’idéalisme.... Mais nous conditionnons, ne l’oublions pas, les besoins sociaux au 1er enjeu ! la question écologique.


Il faut que le plus grand nombre « s’approprie ». Donc il faut de vraies nationalisations et il faut un développement volontariste des communs qui se multiplient sous nos yeux en marge... Ah ? La révolution passera par les marges ?!

 

5. Nous sommes dans une société de classes où « l’oppression » de classes est sexuée. Aussi nous voulons le libre développement de chacun et chacune, au nom de la justice. Le non développement des personnes est causé par la division du travail. Aussi il faut éduquer et former à la culture.

 

6. « Le fait économique majeur de la décennie qui a suivi la crise financière de 2007-2008 est que le système capitaliste poursuit une spéculation financière effrénée ». Ca on doit se le dire depuis quelques congrès. Mais soit. En tout cas moi je croyais qu’il fallait mesurer qu’avec Macron s’accélèrent la casse des acquis sociaux, du code du travail, du secteur public, des communes, et que les privatisations reprennent. Donc il faut toujours proposer d’utiliser l’argent autrement et tout cela sera réglé.... Un peu juste ?

 

J’ai soudainement l’impression que ce texte est précieux au sens qu’il pourrait servir durant plusieurs congrès, pas tant pour sa radicalité hélas, mais parce qu’il nous laisse dans notre régime de croisière ! Comme si nous n’étions pas un peu plus dans une phase d’accélération d’un certain remodelage de la société ; Comme si nous ne devrions pas considérer que l’existence du PCF est en jeu ; Comme si nous n’avions pas besoin de nous remonter les manches et de mettre les mains dans le cambouis d’une, deux, trois, peut-être quatre voire sept décennies...

 

J’espérais un texte parlant fort et clair, d’un courage intellectuel digne de celui de Marx dans « La lutte des classes en France 1830-1850. « L’histoire nous a donné tort à nous aussi, elle a révélé que notre point de vue d’alors était une illusion. Elle est encore allée plus loin : elle n’a pas seulement dissipé notre erreur d’alors, elle a également bouleversé totalement les conditions dans lesquelles le prolétariat doit combattre. Le mode de lutte de 1848 est périmé aujourd’hui sous tous les rapports, et c’est un point qui mérite d’être examiné de plus près à cette occasion ». J’espérai donc un texte proposant une analyse de nos erreurs et en quoi, du fait de notre échec, il fallait nous considérer dans une nouvelle situation de fait...

 

J’espérai le souffle d’un Engels sans compromission devant les faits  : « Le moment est venu, en face du relâchement actuel qui se manifeste presque partout après deux années de luttes, de présenter à nouveau au peuple allemand les figures rudes, mais vigoureuses et tenaces de la grande Guerre des paysans. Trois siècles se sont écoulés depuis, et bien des choses ont changé et cependant, la Guerre des paysans n’est pas si loin de nos luttes d’aujourd’hui et les adversaires à combattre sont en grande partie restés les mêmes qu’autrefois. Les classes et fractions de classes qui ont trahi partout en 1848 et 1849, nous les retrouvons, dans le même rôle de traîtres, déjà en 1525, quoique à une étape inférieure de développement ». 


Les mots sont rudes. Trop sans doute mais ils témoignent d’une volonté certaine de clarifier les responsabilités pas tant des individus en soi, que les grilles d’analyse, les choix stratégiques et leurs raisons.

 

J’espérais la lucidité d’un Gramsci : « En raison de ces déficiences, le prolétariat ne parvient pas à prendre la tête de l’insurrection de la majorité de la population, et à la faire déboucher sur la création d’un État ouvrier ; bien au contraire, il subit lui-même l’influence des autres classes sociales qui paralysent son action. La victoire du fascisme en 1926 doit donc être considérée non comme une victoire remportée sur la révolution mais comme la conséquence de la défaite subie par les forces révolutionnaires en raison de leurs faiblesses intrinsèques ».

 

Je suis devant un texte mièvre, sans courage, sans dynamique. Notre échec n’a rien changé ! En fait ce texte nous condamne à rester dans la seringue dans laquelle le PCF est entré depuis quelques temps. Depuis quelques temps... Mais combien au fait ? 


Alors je suis parti à la recherche de quelques dates pouvant faire repère.

 

«  La « fin de l’Histoire » n’a pas eu lieu ; cette fable élaborée alors que le capitalisme semblait triompher, dans les années 1990, a été pleinement invalidée par le mouvement de l’Histoire même. Le capitalisme, dans sa phase mondialisée génère au contraire de violentes contradictions qui aiguisent les tensions et nourrissent des foyers de guerre partout sur la planète ». J’ai la confirmation que je suis encore vivant et le capital tout autant. C’est rassurant.

 

Notre peuple a « un puissant héritage : de sa devise républicaine à la Sécurité sociale en passant par son ancrage laïque, le préambule de 1946 ou la vivacité de ses organisations révolutionnaires syndicales et politiques. Les luttes sociales et politiques en 2018 en témoignent de manière vivante ». Aucune raison de nous inquiéter ? De nous bouger ?

 

J’ai ensuite trouvé 1978. « À partir du mouvement de la société française et d’une analyse des échecs rencontrés depuis mars 1978, nous devons construire une nouvelle offre jargon étrange pour un parti qui se veut différent des autres... stratégique qui soit un véritable changement de paradigme. Cette stratégie nouvelle ne consiste pas à refaire mieux ce qui a échoué, mais à faire différemment : il s’agit de soutenir et d’impulser en permanence dans la société des mouvements de luttes à visée transformatrice. C’est une démarche stratégique qui doit s’articuler autour des mouvements contradictoires de la société, et guider notre stratégie électorale de conquête du pouvoir. L’élection présidentielle pose un problème spécifique lourd au PCF depuis 1965. Ce problème croît à mesure que la présidentialisation de la vie politique progresse ».

 

Si je reprends ce morceau de bravoure par la fin, notre dramatique situation est liée à la Ve république. 


On aurait pu espérer lire quelque chose sur l’évolution des forces productives, du salariat, d’autant qu’entre 65 et 78, il y a 1968, et toute une série de luttes portant sur la gestion des entreprises, la reconnaissance des qualifications, des luttes contre la désindustrialisation, avec des convergences catégorielles, générationnelles, d’immenses solidarité entre professions, entre monde du travail et paysans, l’unité syndicale de la base au sommet, un fort mouvement internationaliste, et en même temps la marque que tout cela n’était pas suffisant pour compenser les 1er signes du décrochage du PCF du monde du travail. Le texte nous invite au mieux à réfléchir aux résultats électoraux comme si c’est eux qui conditionnaient notre capacité à nous enraciner dans la société. J’aurai pourtant parié que c’était l’inverse.

 

Je ne désarme pas. Je passe à la date suivante je tombe sur 1950 ! Alors je me remets à espérer. Le texte allait peut-être expliquer la nature du salariat, des forces productives d’alors et donc l’ancrage historique du PCF ; Et à partir de là, examiner ce qui a bougé. Que nenni. Il s’agit simplement d’alerter. 


Les immenses acquis du CNR sont en ligne de mire afin « de transformer qualitativement les structures de l’économie du pays, de changer profondément les équilibres institutionnels en asphyxiant les dernières formes de contre-pouvoir ayant subsisté sous la Ve République ».

 

Oui, le patronat est toujours un peu rancunier... Mais il me semble que nous sommes avant tout dans une phase de restructuration « schumpétérienne » et tout autant face à une destruction systématique du code du travail, du tissu industriel et communal, des départements, du rôle de l’état dans le développement territorial. 


Là ce n’est plus seulement le CNR. C’est à la fois le retour au XIXe et la destruction de la Nation républicaine, de son unité, de sa solidarité, par le retour de la vielle Gironde des régions et des métropoles les plus riches.

 

Je persévère à chercher la prochaine date : « Les deux prochaines échéances qui nous attendent, élections européennes en mai 2019 et municipales en 2020, doivent être préparées dès maintenant ». Ah ? Et nous avons même vocation à nous présenter à chaque scrutin. Très bien... 


Mais entretemps, quand réfléchissons à l’enjeu de nous réancrer dans la monde du travail et à partir de quelle analyse ? Chaque chose en son temps ?

 

« Jeunes comme retraité·e·s, salarié·e·s comme indépendant·e·s, militant·e·s de la paix comme écologistes, féministes comme antiracistes, toutes et tous confrontés dans leurs combats aux traités et politiques de l’UE, doivent trouver dans les européennes de 2019 une occasion de porter leurs idées eux-mêmes aux côtés de candidats communistes incorruptibles face aux pouvoirs de l’argent, combatifs et déterminés à placer toujours l’humain et la planète au cœur de leurs actions. C’est ainsi qu’est construite notre liste, qui reste ouverte à de nouvelles jonctions avec le mouvement social et les partis de la gauche de transformation sociale et écologique. Nous travaillons à faire élire des député·e·s européen·ne·s communistes et issus de ces luttes de progrès dans la perspective d’un groupe de gauche confédéral, large et rassemblé au parlement européen ». Je comprends. Tout va bien madame la marquise et vous avez raison : Avant 2020, il y a trop à faire. On n’aura pas le temps de réfléchir et donc de changer notre fusil d’’épaule...

 

En toute fraternité, je veux dire aux camarades qui ont travaillé sur le texte proposé, qu’ils n’ont pas répondu, de mon point de vue, à ce qui est nécessaire.

 

J’hésite : Est-ce parce qu’ils ont choisi de ne froisser personne ? Est-ce parce que finalement, ils considèrent la trajectoire actuelle du PCF comme la bonne ? 


Est-ce par suffisance à l’égard de la colère sourde qu’expriment à mots plus ou moins couverts quelques camarades qui parlent certes en leur nom, mais sans doute un peu plus ? 


Est-ce à cause d’une incapacité de la commission de rédaction à surmonter des divisions que l’on sait traverser le parti depuis quelques temps ?

 

Est cela diriger ? Etre de la direction n’engage-t-il pas à apporter autre chose à l’intellectuel collectif communiste ? 


Si les blocages sont à ce point rédhibitoires, pourquoi ne pas avoir osé identifier les questions qui clivent, qui fâchent, et ne pas avoir, tout simplement, oser proposer un document fondé sur une série de questionnements ouverts ? Oser s’en remettre réellement à la souveraineté des communistes pour décider ? 


D’ailleurs à quoi ont donc servi la préconsultation, puis les contributions et les échanges sur le site dédié ?

 

En tout état de cause, c’est la direction nationale qui a failli. Elle aurait dû remettre le travail en chantier avant de livrer ce texte à la sagacité des communistes. Eventuellement en changeant de tout au tout la commission de rédaction. Ou prendre le temps de réécrire le texte.

 

En dessous de quel niveau d’affaiblissement du PCF, ceux en responsabilité actuellement se décideront ils de mettre dans les mains des adhérents des textes permettant réellement d’identifier les faiblesses structurelles, théoriques, idéologiques, donc les besoins, de l’organisation ?

 

Jusqu’où, le PCF devra-t-il descendre pour que l’organisation ne soit plus prise en otage par les certitudes des uns contre celles des autres ?

 

Le parti qui se réclame de la dialectique n’aurait-il plus de dirigeants capables de proposer des pistes de sortie de crise par le haut ? Au moment où certains abreuvent le débat d’une société vouée à reposer sur des « communs », j’hésite entre en sourire ou en pleurer !


En tout état de cause, il faudrait reconstruire un tout autre texte.

 

Une nouvelle fois les communistes vont sans doute devoir se ranger pour se compter, ou derrière le texte voté par la direction nationale, ou derrière d’autres propositions. Comment d’ailleurs reprocher à ceux qui en prendront l’initiative d’user de ce droit désormais statutaire puisque la direction nationale a prouvé une nouvelle fois sa profonde incapacité à faire et à proposer du commun, du partage, du tous ensemble, du rassemblement ?

 

Le texte proposé ne traite pas en tout état de cause des besoins réels, idéologiques et organisationnels, de l’organisation au vu de son état. Il fait comme si nous avions du temps devant nous, un avenir garanti. Est-ce bien-sûr ? 


Les communistes peuvent-ils encore espérer échapper au calvaire de plusieurs textes quand celui mis en débat ne nous prépare qu’un congrès organisé dans la droite ligne des derniers. Aussi banal dans ses certitudes, aussi clivant donc par ses impasses sur nombres d’enjeux et de fait plus explosif que les précédents au vu de l’état de notre déjà grand affaiblissement.

 

Se retrouver dans la même situation que lors des précédents congrès, ne serait pas sérieux au regard de l’affaiblissement du PCF dans son implantation territoriale, son absence d’activité actée vers et dans les lieux de travail, ses forces organisées, ses difficultés à lire correctement l’évolution des forces productives et du monde du travail, et à travailler efficacement avec le mouvement syndical, notamment la confédération CGT.

 

A ce stade de la préparation, les adhérents sont privés de moyen statutaires pour imposer que le texte soit remis en chantier. C’est regrettable ; dommageable. Organiser un parti réellement communiste reste une gageure.

 

De son vivant, Marx vit s’unifier et dériver le mouvement ouvrier allemand et en critiqua vertement les thèses fondatrices (critique du programme Gotha).


Il conseilla ceux qui portaient au mieux les repères de classes. Il les encouragea à mener le débat de l’intérieur. Il demanda que sa critique ne soit pas publiée. Elle ne le fut que bien des décennies plus tard. C’est désormais un des textes majeurs à se réapproprier pour apprendre à faire critique et pour faire valoir les principaux repères qui à minima devraient structurer la pensée commune des communistes, à commencer par leurs dirigeants.

 

Je suivrai ses conseils ! Je reste communiste encarté. Je le resterai. Je ne me tairai pas. 


Et j’appelle à ceux qui se réclament de Marx de faire comme moi afin de trouver une voie pour sortir l’organisation de ses impasses actuelles.

 

Je suis disponible pour un texte alternatif qui s’inspirerait de la critique du programme de Gotha. L’état du PCF nécessite que la masse et la direction du PCF partagent un minimum de repères fondamentaux.

38ème congrès : Pour ne pas passer à côté du bilan annoncé

 

L’idée de faire bilan pour permettre de tout se dire au 38e congrès était une belle et grande idée. Mais finalement, même en ce domaine, tout semble compliqué... Aurions-nous peur de quelques fantômes ?

 

A l’annonce du 38e congrès, le besoin de bilan faisait, semble-t-il, consensus...

 

Dans quelques jours le joli mois de Mai sera clos. Où en est-on de ce bilan ? Qui voit quelque chose venir ? Sur quelle période portera-t-il ?

 

A défaut de ne pas avoir encore réglé cette 1ère question sur le fond, nous n’irons pas loin ! Je veux ici proposer un cheminement pour franchir correctement cette indispensable 1ère étape.

 

1. On ne peut se contenter de dresser le bilan de la période électorale 2016/17. Nous étions manifestement engagés dans une seringue ! Cette réalité ne devrait guère faire débat. Dans une seringue, la seule question qui vaille est d’en sortir le plus vite possible et de la moins mauvaise manière possible.


Aussi toute proposition qui consiste à réduire le bilan à 2016/2017 est caduque. Il faut remonter le temps. Quand sommes-nous entrés dans cette seringue ?

 

2. Cette question renvoie à un passé forcément plus lointain. La mutation des années 90 ? Dans une large mesure, c’est en effet au nom des évènements à l’œuvre à l’Est qu’alors nous avons décidé de muter. Deux décennies après, nous pouvons admettre, sans beaucoup de polémiques, que cette situation fut un prétexte pour ne pas affronter en toute lucidité et raison nos faiblesses intrinsèques à l’égard des attentes des citoyens que nous prétendions représenter, à l’égard de notre décodage des réalités françaises et de la marche du monde.


En quoi par exemple, les événements à l’Est peuvent-ils expliquer aujourd’hui l’abandon d’alors et de fait, du travail à l’entreprise alors que le 26 mai a confirmé une fois encore que cet ancrage est bien politiquement, idéologiquement décisif ?


La question ici serait donc : quelles sont les raisons qui faisaient alors obstacle à l’analyse des faiblesses intrinsèques de l’intellectuel et de la force organisée PCF expliquant ce que nous étions peu à peu devenu...

 

3. Ce qui nous renvoie à une précédente mutation, souvent oubliée, engagée fin de la décennie 70. Nous sommes entrés dans cette période avec une stratégie d’union de la gauche, avec un rapport de forces s’effritant en notre défaveur au profit d’un PS central puis hégémonique. Jamais, à aucun moment, nous n’avons pu commencer à reconstruire nos forces, alors même que les attentes populaires de gauche n’en finissaient pas d’aller de déceptions en déceptions, le PCF de se déraciner, se rétrécir et s’affaiblir.


Soyons clair. Je ne propose pas de considérer que le choix du rassemblement serait le péché originel. Au nom du manifeste tout simplement. Là encore, il n’y a pas objet à de stériles polémiques. Mais cela oblige néanmoins d’examiner la nature du rassemblement que nous entendions construire.

 

4. Ce qui nous ramène à une période qui commencerait donc vers la fin des années 50, passerait par 1968, le programme commun puis sa remise en cause par le candidat pressenti, sinon coopté par nous-même, comme quasi naturel de la gauche aux présidentielles ? A quoi étions-nous-aveugle et pourquoi ?


Quel étaient les fondements historiques, théoriques de ce rassemblement sur lequel nous comptions tant ?

 

5. Ici, il faudrait donc considérer la période et le modèle du front populaire, l’immense CNR alors que deux grandes avancées scientifiques - le modèle de la machine à calculer de Turing et le modèle cybernétique de Wiener - promettaient au parti des travailleurs de la machine-outil que ces travailleurs travailleraient sur et à partir de toutes autres machines.


Comment avons-nous alors pris en compte cette promesse ? Comment par la suite progressa notre compréhension de sa réalisation progressive ?

 

Les machines modernes avec leur couple inséparable - matériels hardware universels et matériels logiciels qui en changent à l’envie les fonctionnalités - sont en effet des déclinaisons technologiques de ces deux modèles mis en articulation. Ces machines sont l’équivalent pour le XXIème siècle de la machine-outil des XIX et XXe siècle et de son système technique. Elles ont commencé à inscrire leur marque dans le monde du travail dès les années 60... Elles y creusent leur sillon aujourd’hui.

 

La fin de la seconde guerre mondiale commença à promettre que la révolution à construire se ferait dans un monde du travail bien différent de celui du XIXe et de la 1ère partie du XXe, mais fondé sur le même mode de production.

 

En conclusion, le bilan à construire devrait porter sur la période qui va de la deuxième guerre mondiale à 2017.

 

1936, le CNR, les luttes anticoloniales et de libération nationale sont ainsi à comprendre comme inscrites dans les dynamiques d’un capitalisme encore structuré sur l’impérialisme colonial des anciens régimes, encore largement fondé sur le modèle productif héritier du rouet de K. Marx et de la machine-outil, mais déjà prêt à transformer ses structures, la société, le travail pour ne pas lui-même changer dans son fondement : l’opposition capital/travail. 
Ces dates témoignent en quelque sorte de l’adaptation efficace du mouvement ouvrier à un certain stade de développement du capital alors que celui va entrer dans une nouvelle ère.

Pour lever le voile sur nos faiblesses intrinsèques, nous avons besoin de comprendre l’histoire du monde, de la France et du PCF à la lueur de cette perspective.
A défaut, quelques fantômes impensés continueront de nous hanter quelques temps...

Pourquoi les cheminots ne peuvent pas gagner

Publié le  par Descartes

Pourquoi les cheminots ne peuvent pas gagner

Pourquoi les cheminots ne peuvent pas gagner

 

C’est très triste à dire, mais les cheminots – et la société avec eux – ont perdu leur combat. C’est d’autant plus triste que les syndicats ont mené ce combat avec intelligence, trouvant un mode d’action original, évitant les débordements, et qu’ils ont su malgré la partialité d’un système médiatique tout acquis au gouvernement éviter de se mettre à dos les usagers.
 
Mais il n’en reste pas moins que la défaite est là. Et elle n’est pas syndicale, mais politique. Les cheminots vont être battus parce qu’ils n’ont aucun relais politique pour remettre en cause cette logique qui sous-tend la transformation du transport ferroviaire, celle de l’ouverture à la concurrence « libre et non faussée » dans la logique des traités européens. L’ouverture à la concurrence du rail, déjà acquise dans le fret, sera étendue au transport de passagers. L’accord est signé et paraphé, il n’y a plus rien à discuter.  Et il conditionne tout le reste : la fin du statut, le dépeçage de l’opérateur national, la fin des lignes non rentables.
 
On ne peut pas en même temps vouloir la logique européenne et en refuser les conséquences. Or, dans le champ politique, personne ne rejette vraiment cette logique. Certains d’entre vous seront étonnés par cette affirmation, alors que s’exprime à gauche, du PCF aux Insoumis en passant par les socialistes – ou ce qui en reste – une critique permanente de « l’Europe néolibérale ». Le problème, c’est que tout ça ce n’est que des paroles qui ne coûtent rien à personne, et qui coûtent d’autant moins que tout ce beau monde est dans l’opposition. La véritable question est celle-ci : Si ces gens-là étaient au gouvernement aujourd’hui, seraient-ils prêts à renier la logique même de la construction européenne, cette logique dont la politique du gouvernement Macron – en pleine continuité avec celles des gouvernements qui l’ont précédé – n’est que la déclinaison ?
 
Personnellement, j’en doute. Et j’en doute parce que ces gens-là ont déjà eu leur opportunité de nous prouver de quoi ils étaient capables. La concurrence sur le rail et son corollaire, la privatisation des services ferroviaires, n’a pas commencé hier. C’est l’aboutissement d’une très longue histoire, émaillée de décisions dans lesquelles ont joué un rôle qui est loin d’être négligeable certains de ceux dont les voix se lèvent aujourd’hui pour condamner la politique du gouvernement. C’est pourquoi je me méfie de ceux qui appellent aujourd’hui à « faire la fête à Macron » mais qui ont par le passé soutenu la logique qui conduit aujourd’hui à l’abandon du statut, le dépeçage et la privatisation de la SNCF, toutes choses qui sont la conséquence logique des décisions prises bien avant que Macron n’entre en politique.
 
Rappelons, pour commencer, que le premier « paquet ferroviaire » - on en est au quatrième - de la Commission européenne, prévoyant l’ouverture de la concurrence sur le fret, et qui à cet effet organise le dépeçage de la SNCF en séparant les activités d’infrastructure de celles de transport, a été négocié à partir de 1998 et signé en 2001. C’est donc le gouvernement de la « gauche plurielle », au pouvoir depuis mai 1997, qui a conduit la négociation et qui a apposé sa signature au pied des directives européennes. Rappelons qu’à la date de signature du « paquet » ce gouvernement était dirigé par un socialiste (Lionel Jospin), que le ministre des transports était communiste (Jean-Claude Gayssot), que Jean-Luc Mélenchon en était ministre (de l’enseignement professionnel), que les Verts avaient aussi des ministres (1). Et qu’on dit toutes ces personnalités lorsque le « paquet » fut signé ? Ont-ils rendu leurs portefeuilles ? Ont-ils déposé une motion de censure ? Ont-ils même exprimé leur opposition et appelé à manifester ? Non. Personne, ni les hommes ni les organisations n’ont jugé que la question méritait une prise de position forte, qu’elle était politiquement significative. Toutes ces personnalités, toutes ces organisations s’y sont accommodées, tout comme elles se sont accommodées à l’ensemble des remises en cause des services publics associées à d’autres « paquets » européens, comme la privatisation de France Telecom, ou du démarrage de l’ouverture à la concurrence de l’électricité et du gaz, décidé au sommet de Barcelone de 2002.  
 
Tout cela conduit à relativiser fortement les cris d’orfraie qu’on entend aujourd’hui venant de ces quartiers. Car l’expérience montre qu’il y a une certaine distance entre le discours qu’on tient lorsqu’on est dans l’opposition et les actes qu’on accomplit – ou qu’on laisse s’accomplir – lorsqu’on est au pouvoir. Et, la véritable question n’est pas de savoir si Mélenchon, Laurent, Hamon ou Faure sont contre la privatisation du transport ferroviaire lorsqu’ils sont dans l’opposition, mais ce qu’ils feraient s’ils étaient aujourd’hui aux commandes. Refuseraient-ils de mettre en œuvre les traités et les directives qu’ils ont eux-mêmes approuvés hier ? Auraient-ils le courage d’ouvrir une crise européenne majeure, et la compétence pour piloter la France à travers la tempête ?
 
Je ne le crois pas un instant. Je pense au contraire qu’on assisterait à l’une de ces palynodies auxquelles la gauche nous a habitués depuis fort longtemps,  consistant à essayer de nous expliquer que le blanc est noir, que le traité de Maastricht est un « compromis de gauche », que la privatisation de France Télécom est un progrès pour les travailleurs et qu’on éliminera le chômage à coups de « loi travail » (vous noterez d'ailleurs que lorsque les gens se révoltent, les politiques expliquent que c'est un "défaut d'explication"). Est-ce que l’homme qui défendait le « tournant de la rigueur » et qui tançait les sénateurs communistes opposés au traité de Maastricht est le même homme qui aujourd’hui nous parle de « sortir des traités européens » et des « politiques austéritaires » ? Oui, c’est le même homme. Demain, s’il était au pouvoir, quel serait son discours ?
 
Je suis prêt à parier que si demain Mélenchon, Faure, Hamon ou Laurent accédaient au pouvoir, ils feraient à quelques détails près la même politique économique et sociale que fait le gouvernement actuel. Et en disant cela, je ne leur fait pas seulement un procès d’intention : ce n’est pas seulement leur volonté, mais leur capacité que je mets en cause. Car s’il est facile de parler de ruptures, c’est bien plus difficile de les penser et de les mettre en œuvre, surtout dans un pays traumatisé par trente ans de fausses promesses qui aboutissent chaque fois à la politique du chien crevé au fil de l’eau. Ce qui a fait la puissance des institutions européennes, c’est la capacité de proposer aux politiques ce qui apparaît à chaque fois comme la solution du moindre effort immédiat – quitte à reporter les choses difficiles à un horizon lointain, par exemple, après la prochaine élection. Avec cette méthode, l’Union européenne a réussi à déshabituer les hommes politiques de toute réflexion sérieuse. C’est une variante du « signez en bas, on s’occupe du reste ». Au point que la réponse naturelle de tout homme politique confronté à un problème sérieux est « ce problème doit être traité au niveau européen » - ce qui implicitement suppose que le problème soit traité par d’autres.
 
Pour la première fois peut-être dans l’histoire de France nous sommes dirigés par une génération qui n’a jamais eu à penser. Les générations précédentes ont toutes vécu des situations ou tout s’effondrait, ou tout était à réinventer. Où la décision du politique était finale, et mettait en balance la vie ou la mort de la nation. Il faut lire les mémoires des politiques ou des administrateurs qui ont eu à diriger le pays pendant la guerre de 1914-18, pendant la crise de 1929, pendant la deuxième guerre mondiale et la Libération. On y retrouve une gravité, un sens de la tragédie qui échappe complètement aux politiciens de notre temps, plus portés à faire de la politique « festive ». Mais surtout, on y trouve une capacité de réflexion et d’invention face à une situation nouvelle. Aujourd’hui, cette capacité a largement disparu. La béquille « européenne » a servi comme prétexte pour ne pas y penser. Combien de hauts fonctionnaires y a-t-il à Bercy qui réfléchissent à la préparation d’une politique monétaire au cas où l’Euro s’effondrerait ? Combien de partis politiques réfléchissent à ce qu’on ferait pour recoller notre droit au cas où il se révélerait nécessaire de sortir de l’UE ?
 
Pour mettre une politique en œuvre, il faut d’abord être capable de la penser. Or, notre caste politico-administrative est incapable de penser le monde autrement qu’il ne l’est. Oh, bien sûr, une partie d’elle surtout à gauche professe de rejeter le monde tel qu’il est. Mais elle est incapable de nous décrire d’une manière réaliste et rationnelle le monde tel qu’il devrait être. Les « Insoumis » croient toujours que la désobéissance est une politique. Ils nous expliquent qu’il faut en finir avec le régime de la Vème République, mais se refusent à expliquer le fonctionnement des institutions qu’ils voudraient mettre à la place. Ils proposent de « rompre avec les traités européens » mais sans sortir de l’UE ou de l’Euro. Ils proposent de rompre avec la logique du marché, mais ne proposent aucun mécanisme de régulation pour le remplacer.
 
Gouverner une nation, ce n’est pas le même métier que de diriger une municipalité où un Conseil régional.  Le maire ou le président du conseil régional ne dirigent que dans un cadre fixé par les lois, et peuvent compter en cas de crise avec l’aide de l’Etat central. Celui qui dirige une nation est seul dans le monde, car comme disait mon général, la nation n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts. Or, nos dirigeants sont intellectuellement des maires et des conseillers régionaux. La soumission à l’Europe leur va donc comme un gant. Et c’est pour cela qu’on ne peut croire un instant qu’ils feront autre chose demain que ce qu’ils font depuis trente ans : suivre en catimini les diktats européens quand ils sont au pouvoir, et faire du scandale quand ils sont dans l’opposition. C’est cela qui explique la continuité parfaite des politiques publiques quel que soit le gouvernement du jour. On le voit bien d’ailleurs : depuis trente ans, gauche et droite ont alterné au pouvoir dans différentes configurations. Seriez-vous capable de me donner un exemple, un seul, ou la privatisation de nos services publics et de leur mise en concurrence ait reculé ? Pas un seul ? Non, bien sûr que non. Quel que soit le gouvernement, on va toujours vers la même direction, celle de la libéralisation et la privatisation. La seule chose qui change, c’est la vitesse.
 
Peut-être l’exemple le plus intéressant de cette incapacité à penser une autre politique est celui des concessions hydroélectriques. En France, l’énergie des rivières appartient à l’Etat. Celle-ci est concédée à des exploitants qui construisent les barrages et les exploitent. Après 1945, c’est EDF qui a récupéré la très grande majorité des barrages. Ces concessions – qui ont des durées longues, de l’ordre de 70 ans – arrivent maintenant à échéance, et doivent donc être renouvelées. Or, la libéralisation du secteur de l’électricité rend obligatoire un renouvellement par mise en concurrence, et la Commission européenne exige qu’EDF ne puisse prétendre à une majorité des concessions les plus intéressantes… A ces exigences, l’ensemble des groupes politiques est opposé. Tous les gouvernements depuis quinze ans font obstruction au processus, ce qui vaudra bientôt à la France une procédure d’infraction. Mais personne n’ose dire « non » publiquement et ouvrir un conflit avec l’Union européenne, parce que personne n’est capable de penser une alternative.
 
Voilà pourquoi le mouvement des cheminots est condamné. Cela n’exclut pas une victoire temporaire, qui permettra de retarder l’inévitable quelques années encore. On reportera peut-être la mise en concurrence et la fin du recrutement au statut de quelques années. On promettra de « sanctuariser » la SNCF en affirmant son « incessibilité », promesse qui, comme le montrent les exemples de France Telecom (2) ou de GDF (3), n’engagera que ceux qui y croiront. Mais in fine, le résultat sera le même : la fin du service public du rail. Comme on a vu la fin du service public des télécommunications, la fin du service public du crédit, la fin du service public de l’assurance, la fin du service public de l’électricité…
 
Il ne faut pas se faire des illusions. Nous avons adhéré du temps de l’Acte unique et du traité de Maastricht à un projet supranational, avec des pays qui ont une tradition politique et administrative qui est totalement différente à la nôtre, ou la notion de « service public » n’existe pas. Je ne dis pas que notre tradition soit meilleure, ou qu’elle soit moins bonne. Elle est différente. Or, dans cette Europe supranationale c’est la vision majoritaire qui s’impose et qui continuera à s’imposer, même si « l’autre Europe » que certains appellent de leurs vœux voyait le jour. Ceux qui invoquent un projet européen feraient bien de se poser cette question fondamentale : sommes-nous prêts, au nom de la construction européenne, à adopter dans tous les domaines une vision politique, administrative, philosophique même qui nous est étrangère ?  Le jeu vaut-il la chandelle ? Personnellement, je ne le pense pas. Mais ceux qui le pensent devraient assumer les conséquences de leur position, et cesser de faire semblant de croire que l’Europe fédérale et le statut des cheminots pourraient être compatibles.
 
Descartes

La dynamique de la lutte des classes A propos des forces productives et des rapports de production

 

La dynamique de la lutte des classes

A propos des forces productives et des rapports de production
 
Avant-propos de Bernard Trannoy.
 

Voilà un texte que je partage totalement. Cela d'autant plus qu'il décrit ce qui devraient être notre bien commun, nos fondations. Force nous est de constater que c'est loin d'être le cas. Il y a là, sous jacent, tout ce qui sépare réformisme et révolution. On voit bien au travers de ce texte que la question première n'est pas à rechercher dans une autre "répartition des richesses". Cette injuste "répartition" n'est que la conséquence obligée de l'appropriation par quelques uns (les capitalistes) des richesses créé par l'activité de TOUS et cela depuis le travail de conception, d'organisation, de production et de circulation des richesses créées. Donc la question première est bien à rechercher dans le drainage par le capital des richesses créées par TOUS. Cette appropriation n'est  rendue possible que par la possession par le capital de la partie matérielle des forces productives. Séparant ainsi les hommes de leur outil. Il y a là ce qui devrait être le coeur de métier du PCF, très loin de l'horizon qui est devenu unique de la prochaine élection. (Une élection n'est que le résultat de ce qui aura été mené ou pas au fil du temps). En découle la néccessité pour nous d'être présent sur le lieu même de cette spoliation. Les forces productives matériels et humaines constituent un TOUT qu'il appartient à un parti communiste de réconciler au travers de toutes les formes possible appropriation sociale. et certaine à inventer. Et c'est là où cet affrontement se manifeste que l'organisation doit être recréée. C'est aussi là qu'il pourra être le mieux perçu. Dans ce cadre le mouvementisme qui nous gangrène n'est d'aucune utilité, bien au contraire, il est un frein. Le mouvementisme ne peut s'attaquer qu'au contingent, à l'éphémère parce qu'il cultive l'irresponssabilité de l'engagement virtuel. C'est l'arêne ou domine le culte du chef, dans un cas nous avons affaire à un club de supporters, dans l'autre à des militants.. Le capital est lui organisé, le combattre ne peut se faire que sur la base d'une organisation qui doit tendre à ce mettre à se niveau. Faute de cette visée, de cette volonté, le crépuscule vient frapper à notre porte. L'enjeu c'est de rendre souverain le producteur dans le cadre des besoins et des néccessité à satisfaire. Cette souveraineté qui doit être portée à tous les niveaux.

 


 
VENDREDI, 18 MAI, 2018
L'HUMANITÉ


par Ivan Lavallée Informaticien

 

Le concept de « forces productives » désigne les moyens de production, le système technique global, les hommes qui les utilisent, les savoirs indispensables au travail. Rapport de l’homme à la nature, la production est toujours sociale, rapport des hommes entre eux. On voit là se dessiner le rapport de classes de la société capitaliste. On doit considérer deux types de forces productives, les forces productives matérielles et les autres.

 

Les forces productives matérielles, ce sont les outils, les machines, les usines, les systèmes techniques, la terre, les instruments agricoles, les savoir-faire, les connaissances techniques et scientifiques, l’organisation du travail… Les forces productives sociales représentent la force productive humaine. Elle est indispensable à la mise en mouvement des forces productives matérielles et, sans elle, rien ne se passe, elle s’est complexifiée au fil de l’histoire et, aujourd’hui, il y faut ajouter l’organisation de la société, les rapports de production. Ces rapports de production désignent donc le type de rapports que des hommes entre eux établissent lorsqu’ils produisent. Forces productives et rapports de production ne peuvent jamais exister indépendamment les uns des autres. Ils forment un tout en relation dialectique. Il ne saurait y avoir production sans forces productives, mais la mise en œuvre des forces productives se fait dans un cadre de rapports sociaux eux-mêmes déterminés par le niveau des forces productives. Telle est la dialectique de l’Histoire. Et c’est là que se noue le conflit de classes. Il y a d’un côté les forces productives matérielles et de l’autre la force productive humaine. Les forces productives matérielles ne peuvent être activées in fine sans intervention de la force productive humaine. C’est la propriété différenciée qui marque le conflit de classes.

 

La force productive humaine est inséparable physiquement de son substrat matériel, le corps humain, chaque individu est donc propriétaire de sa propre force productive individuelle qui n’est qu’une parcelle de la force productive humaine générale ; l’organisation – y compris sociale – elle-même est une force productive. Il n’en est pas de même des forces productives matérielles, qui peuvent être différenciées de la force productive humaine, et l’enjeu en est alors le contrôle. Ce qui objective la division en classes, c’est le contrôle, la propriété des forces productives matérielles. La propriété, c’est le pouvoir ! Il s’est agi dans un premier temps d’un contrôle à la fois technique et économique, basé sur le savoir-faire. L’artisanat, qu’il soit de type manufacturier ou agricole, nécessite à la fois propriété ou gestion des moyens de production et savoir-faire, voire force physique. C’était l’époque des corporations, des compagnons. Le rapport de classes se fonde donc entre ceux, la classe, qui détiennent, possèdent en système capitaliste, les forces productives matérielles (travail mort) et la classe de ceux qui possèdent la force de travail humaine, les humains (travail vivant), qui seuls peuvent mettre en œuvre les forces productives matérielles. Le rapport de propriété est en soi une aliénation, à la fois du propriétaire des moyens de production et de celui qui les actionne et qui n’en est pas propriétaire. Ils sont interdépendants mais le prolétaire, qui ne dépend que de la valorisation de sa force de travail pour vivre, est dans un rapport défavorable individuellement. Il est par contre dans un rapport qui peut s’avérer favorable collectivement, c’est-à-dire s’il agit en classe consciente.

Les conditions de l’unité des communistes

Les conditions de l’unité des communistes

 

par  lepcf.fr
 

Alors que le projet de base commune devrait être proposé début juin au Conseil National par la commission chargée de son élaboration, les conditions permettant à ce texte d’ouvrir vraiment le débat nécessaire tout en étant un outil pour construire une unité nouvelle des communistes ne sont pas mises en discussion dans le parti

La situation appelle plus que jamais cet effort nécessaire à l’existence, la visibilité et le renforcement du PCF. La colère et la volonté de mettre en échec l’accélération de la destruction programmée de nos conquis sociaux et démocratiques par ce gouvernement grandit. La bataille engagée par les cheminots en est un aspect majeur. L’ escalade guerrière dangereuse dans laquelle le président nous entraîne avec les frappes contre la Syrie ne passe pas dans l’opinion.La menace pesante d’un conflit généralisé appelle notre engagement dans le combat pour la paix qui est dans l’ADN du PCF depuis sa création.

Des Camarades rendent les textes alternatifs responsables de la division des communistes.Mais cette explication ne résiste pas à un examen sérieux de la situation. Il faut reconnaître que les directions sortantes n’ont jamais proposé un texte prenant vraiment en compte les préoccupations de la plus large majorité des adhérents. Si depuis 20 ans, autant de camarades écrivent, signent et votent pour des textes alternatifs, alors même que les conditions de dépôts de ces textes se sont durcies, c’est bien parce qu’il y a réellement des désaccords importants entre communistes quant à la stratégie, désaccords qui se sont renforcés au fil de notre perte d’influence jamais enrayée depuis 20 ans. Ces opinions différentes s’expriment d’ailleurs tout aussi vigoureusement dans les grandes consultations, comme celles organisée en 2007 quant à l’avenir du PCF, ou bien concernant le choix du candidat à la présidentielle qui a profondément divisé le parti en 2011 et en 2016.

En même temps, dans leur immense majorité les communistes considèrent que l’existence de leur parti, le PCF, est essentielle et sont capables dans leur diversité de se rassembler pour la préserver.

S’il s’agit avec un texte unique d’esquiver les débats nécessaires pour se mettre d’accord sur le plus petit dénominateur commun, ou s’il s’agit de continuer ce que les derniers congrès ont engagé ou pire d’aller plus loin dans la métamorphose, c’est inutile et inefficace.

Mais s’il s’agit de dépasser la simple expression des différences pour aller vers une construction collective et ouverte prenant en compte les débats et les réflexions en cours, de dépasser le concept de majorité et de minorité, s’il s’agit de créer les conditions de la reconstruction d’un grand parti communiste à la hauteur de l’affrontement face au capitalisme mondialisé dans un monde multipolaire, cela mérite d’être tenté . Il faut alors sortir des postures qui visent à renvoyer sur l’autre la responsabilité des clivages et divisions et examiner avec le plus grand sérieux les conditions d’une telle entreprise.

C’est pourquoi, nous qui avons à plusieurs reprises dans les précédents congrès rédigé et déposé des textes alternatifs, nous voulons détailler en toute clarté les conditions qui nous semblent nécessaires pour une base de discussion commune à tous au prochain congrès qui pourrait alors devenir vraiment extraordinaire.

Contribution collective signée par :

Caroline Andréani (93), Paul Barbazange (34), Michèle Bardot (67), Luc Bazin (26), Pascal Brula (69), Robert Brun (26), Floriane Benoît (38), Danielle Bleitrach (13), Marie-Christine Burricand (69), Peggy Cantate Fuyet (92), Aimé Couquet (34), Michel Dechamps (05), Marianne Dunlop (62), Jeanette Duriaux (71), Rémy Ferront (73), Hervé Fuyet (92), Giles Gourlot, (75) Christian Harquel (34), Hervé Hubert (75), Michaële Lafontant (92), Amandine Lampin (31), Armand Lecoq (31), Jean-Claude Linares (34), Anne Manauthon (06), Jean-Pierre Meyer (83), Pierre-Alain Millet (69), Leila Moussavan-Huppe (67), Willy Pepelnjak (38), Hervé Poly (62), Gilbert Remond (69), Eric Ruiz (27), Laurent Santoire (93), Danielle Trannoy (33), Bernard Trannoy (33), Serge Truscello (69), Pierre Viallet (34)

Un congrès pour comprendre et ouvrir une nouvelle période historique du parti communiste.

Ce Congrès extraordinaire a été convoqué à la demande des communistes à l’issue des élections présidentielles et législatives qui signaient un nouvel affaiblissement de notre influence et de notre visibilité nationale. Avec l’élection de Macron, le capital créait les conditions d’un nouveau recul social et démocratique au service de sa domination.

Le congrès doit donc permettre aux communistes d’analyser les raisons de la situation du parti, l’état de la société française et du monde et de prendre les premières décisions permettant la reconquête de notre influence et le renforcement de notre organisation.

Des questions doivent absolument être mises en débat et des décisions nouvelles prises pour mobiliser et unir les communistes autour de l’affirmation de l’utilité d’un grand parti communiste à reconstruire. Nous soulignons les trois points qui nous paraissent essentiels.

Le bilan stratégique

L’exigence d’un bilan approfondi est largement partagé par les communistes.

Pour éviter de se limiter aux questions électorales, nous proposons de partir du 30éme congrès de Martigues.

En effet, à la fin des années 90, les communistes ont été confrontés à la défaite des pays socialistes, résumée dans l’expression « la chute du mur de Berlin ». La criminalisation du communisme a alors atteint son apogée. Dans ces conditions difficiles, le PCF a cherché à élaborer des réponses qui le différencient de l’expérience du socialisme, réponses significatives d’une rupture avec l’histoire communiste du 20ème siècle. L’objectif annoncé était de construire un nouveau Parti communiste pour un nouvel âge du communisme. La notion de dépassement du capitalisme par un processus de conquêtes et de transformations déjà en œuvre dans la société s’est substituée à la priorité donnée jusqu’alors à la conquête du pouvoir. Le communisme est devenu une visée et un mouvement qui commence ici et maintenant, ce qui a conduit à effacer le rôle de l’Etat et l’étape que nous nommions jusqu’alors socialisme, alors même que plusieurs pays continuaient à le faire vivre (Chine, Vietnam, Cuba...) ou en réinventaient l’actualité historique (Vénézuela, Bolivie...). La primauté de l’adhérent devait remplacer le centralisme démocratique tandis que les cellules étaient effacées comme structures souveraines, les attentes, les motivations et la liberté d’engagement des communistes devaient être au centre de ce nouveau parti. Il fallait expérimenter.

Les premières thèses concernant un changement de nom du Parti ainsi que sa possible intégration dans une grande force de gauche sont apparues. Les débats ont été vifs, de nombreux camarades ont quitté le PCF ou se sont mis en retrait de son activité.

Dans le même temps, la diversité des opinions a été reconnue dans les nouveaux statuts du PCF ; Des possibilités d’expressions ont été données à cette diversité au travers des textes alternatifs et des grandes consultations, sans que les communistes se sentent pour autant mieux entendus par la direction nationale.

Ce congrès doit permettre aux communistes d’évaluer les choix stratégiques pris au 30éme congrès, les différentes expérimentations, les transformations du PCF, les choix électoraux, le travail de la direction, cela au regard de l’influence présente du PCF dans la société française et de l’état de notre organisation.

Il nous appartiendra alors de décider si nous sommes en difficulté parce que nous n’avons pas bien mis en œuvre notre stratégie et les décisions essentielles qui en ont découlé ou si ce sont cette stratégie et ces décisions qui nous ont mis en difficulté et nous ont empêchés d’ouvrir une alternative révolutionnaire en France ces 20 dernières années. Dans ce cas, il faudrait changer clairement d’orientation politique

Analyser la société française et le monde en marxiste

Le besoin d’analyser plus précisément la société française et l’état du monde s’exprime très largement dans le PCF.
Cette exigence concerne particulièrement le monde du travail, les mouvements sociaux, la situation des femmes, les rapports de force internationaux, les mouvements migratoires, notre appréciation sur les pays dirigés par des communistes comme la Chine, le Vietnam, Cuba.

Concernant le monde du travail, nous avons de nombreuses analyses sur les transformations du capitalisme, ses formes étendues de mondialisation, la marchandisation de toutes les ressources naturelles et activités humaines, la mise en concurrence renforcée des travailleurs, la « fin des grandes usines » et la désindustrialisation en France, la « tertiarisation des métiers », la place du numérique… Mais ces analyses ne nous ont pas permis d’intervenir efficacement pour reconstruire le PCF chez les ouvriers et les employés. IL est urgent de penser pour agir.

Etre marxiste aujourd’hui, c’est avoir le courage de penser à contre courant, de dire que la conscience de classe doit être restituée à la classe ouvrière, c’est analyser et travailler au cœur des contradictions.

C’est en 1979 que notre parti a décidé de renoncer au marxisme léninisme pour « une vue plus évolutive et plus active sur les problèmes du socialisme scientifique qui a conduit, tout en soulignant l’apport premier, essentiel de Marx et Engels, les développements considérables de Lénine, à renoncer à la formule marxisme-léninisme ».

Que reste-il aujourd’hui de cette affirmation, sinon une grande difficulté à penser le monde, la société est ses contradictions et à résister aux apparences.

C’est pourquoi nous proposons que le prochain congrès décide de faire de la théorie marxiste la référence philosophique du PCF. Nous considérons par ailleurs que le débat doit s’engager sur l’apport toujours actuel du léninisme à la théorie et l’action révolutionnaires.

Des décisions immédiates pour permettre la visibilité et l’identification du PCF, rompre avec l’effacement

Le congrès ne peut se préparer en dehors de la situation politique, des luttes et de la bataille pour briser le consensus gauche-droite macroniste, ce qui suppose d’affirmer clairement que nous n’avons aucune nostalgie d’une gauche et des formes d’union de la gauche qui ont échoué

Il y a des batailles en phase avec les aspirations sur le logement, la santé et la sécurité sociale, les services publics, dont bien entendu le rail et la SNCF, les retraites avec la colère qui monte chez les retraités. La préparation du congrès doit être l’occasion de montrer notre capacité à expliquer la guerre que mène le capital contre nos droits et les services publics, de montrer la réalité de la vague de privatisations forcenées au profit d’une oligarchie qui ne cherche que la rentabilité de certains secteurs des services publics, ce qui permet de montrer à quel point cette orientation a été engagée dès 1986, malheureusement par la gauche plurielle des années 2000 à laquelle nous avons participé.

Notre congrès doit aider à faire réapparaître les enjeux de classes et l’affrontement capital/travail derrière des réformes qui sont incapables de résoudre les problèmes que le pouvoir met en avant, dette, inefficacité, et donc notre place résolue comme force politique du monde du travail contre ceux qui ne vivent que du travail des autres.

Nous ne pouvons marquer des points sur ces questions décisives en nous effaçant derrière des compromis électoraux, qui plus est difficiles et démobilisateurs pour les militants. Si nous n’affirmons pas que notre parti a de l’avenir, qu’il peut exister par lui-même, être utile aux militants, au monde du travail, personne ne le fera pour nous et ceux qui auraient besoin de notre parti en concluront que ce n’est pas possible.

C’est pourquoi nous devons mettre en débat dans le texte de congrès le principe d’une liste ouverte présentée et conduite par le PCF aux élections européennes. Travaillons à une démarche partagée avec les autres partis communistes européens, notamment le PCP. Ancrons notre bataille dans les luttes contre les directives européennes du rail, de l’énergie, du numérique, de la santé...Dans tous les cas, ne recommençons pas les maneuvres des présidentielles avec les uns et les autres, c’est le congrès qui doit décider de la composition de notre liste et du contenu de sa bataille.

De même, nous devons tout de suite mettre en débat dans le texte de congrès le principe d’une candidature communiste à la présidentielle, à partir du bilan de nos résultats de 2012 et 2017 et du choix stratégique de Jean-Luc Mélenchon de construire sa propre force politique. Le bilan électoral des stratégies dites de “‘rassemblement” est terrible et se traduit par un affaiblissement sans précédent de notre parti en élus et en forces organisées. Loin de rassembler, elles ont provoqué l’émiettement et ouvert la voie aux luttes de places et aux tactiques d’appareil. Le congrès doit ouvrir le débat en grand sur ce constat et réinterroger le lien entre nécessité de l’organisation du parti, et donc de la bataille pour le faire connaître, le renforcer, les élections étant des moments importants de la vie politique, même si ce ne sont pas les seuls.

Nous devons mettre en débat une candidature portée par le PCF en 2022 dès maintenant et prendre les décisions nécessaires pour le préparer.

Au plan international, le PCF doit renouer avec les partis communistes et mener une grande bataille pour la sortie de l’OTAN et la Paix. Le combat contre la guerre est dans les gènes du PCF depuis sa création.

Que les bouches s’ouvrent !

Au delà de ces trois points de débats essentiels, nous proposons que sur la base du bilan stratégique, le congrès extraordinaire lance une discussion sans tabou sur les questions qui font débat depuis plusieurs années. Nous citons ci-dessous les thèmes qui nous paraissent essentiels et sur lesquels nous donnons notre opinion comme un élément du débat qui doit s’ouvrir.

L’Union européenne et la Nation

Le choix d’inscrire la contestation des politiques européennes dans le cadre d’une « Europe sociale » à construire fait discuter depuis plusieurs congrès. De notre point de vue, c’est une divergence insuffisamment débattue et argumentée. La grande majorité du peuple ne fait avec raison aucune confiance aux institutions de l’Union Européenne. Quand il s’agit de la France nous affirmons la nécessité d’une autre république, nous mettons en cause les institutions telles qu’elles sont. Mais quand il s’agit de l’Europe, nous donnons l’impression d’être enfermés dans le cadre contraint des traités existants. Or, ces traités imposent une véritable dictature capitaliste et l’expérience grecque montre qu’il est impossible de sortir de l’austérité en respectant les directives européennes.

Il faut évidemment combattre l’illusion d’un repli nationaliste faussement protecteur, ou pire d’une affirmation nationale dans la guerre économique, et toujours dénoncer le rôle du capitalisme français dans la mondialisation. Mais il est devenu impossible de ne pas dire comment nous résisterons aux institutions européennes, sans attendre l’impossible « Europe sociale ». Toutes les révolutions se sont déroulées dans un cadre national et c’est à partir du cadre national que nous pouvons engager le dépassement des institutions européennes dans leur forme actuelle pour engager la construction de nouvelles solidarités et coopérations.

On ne peut aborder la question européenne et même la question d’une politique de relance volontariste dans plusieurs pays sans poser la question de la maitrise de l’outil monétaire et du crédit. Ouvrons sans tabou le débat sur la monnaie unique avec l’objectif d’imaginer des alternatives possibles à l’euro dans notre congrès.

Ouvrons en grand les débats sur l’Europe, mais aussi la méditerranée, et plus globalement le monde… à partir d’une réelle ambition de réinventer les coopérations et échanges internationaux. Nous devons à la fois affirmer une conception du monde rejetant toute domination néocoloniale, tout impérialisme, et expliquer le rôle que nous proposons pour une France progressiste affirmant, en Europe et ailleurs, ses choix en ruptures avec la « concurrence libre et non faussée ».

Union européenne, euro… c’est au congrès de s’en emparer pour permettre aux communistes de décider !

Définition de la classe ouvrière

Il y a 40 ans, le PCF se présentait comme le parti d’une théorie, le marxisme, et d’une classe sociale, la classe ouvrière. Cela ne constituait pas un obstacle dans sa recherche de la confrontation d’idées la plus large et d’alliances dans toutes les couches de la société. Les transformations du travail, de l’organisation des entreprises, la « tertiarisation », l’« externalisation » dans un cadre général de désindustrialisation et de spécialisation de la France dans la mondialisation capitaliste a conduit à de nombreuses réflexions sur la place du travail, de la production, de la classe ouvrière.

Cela a conduit parfois à considérer qu’il n’y avait plus de classes sociales au sens politique, mélangées dans le mouvement des 99% qui ne sont pas profiteurs directs du capitalisme, et qui, selon certains, constituent un « peuple » qui serait l’acteur nécessaire des révolutions.

Pourtant, les contradictions sociales existent bien à l’intérieur de ces 99%, entre les zones urbaines et rurales, les précaires et les statutaires, la production et les services, les entreprises locales et celles mondialisées...

Les analyses électorales ont montré la permanence de comportements politiques marqués par la proximité avec la classe ouvrière, que ce soit pour le NON de 2005 ou dans la comparaison entre le vote Mélenchon et le vote communiste historique.

Le parti communiste a besoin d’un enracinement sociologique clair. Face au capitalisme et à tous ses profiteurs et acteurs, il doit être reconnu et identifié par ceux qui sont au coeur des contradictions entre le capital et le travail. C’est urgent pour reconstruire notre organisation dans ce qu’est le « prolétariat » du XXIème siècle...

Classe ouvrière et rassemblement populaire

Depuis toujours, l’enracinement « ouvrier » du parti communiste est une bataille, et elle est d’autant plus urgente que nous avons profondément reculé depuis 30 ans. Cette bataille a toujours été conduite de pair avec la recherche d’alliances permettant la constitution d’un large rassemblement populaire, que nous espérions « majoritaire ».

Il y a toujours eu débat sur les rapports entre cette notion de « rassemblement populaire majoritaire » notion d’abord ancrée dans les réalités sociales, les luttes, le terrain, et « l’union de la gauche », notion d’abord politique, électorale, renvoyant aux accords entre organisations politiques.

Malheureusement, la question du lien entre rassemblement populaire et batailles électorales a été tranchée par le choix stratégique du Programme commun, qui s’est terminé par un échec douloureux pour les communistes. Ce choix d’un rassemblement dominé par des formes d’union politique électorale est resté la matrice du Front de Gauche, et reste le cadre stratégique de Jean-Luc Mélenchon.

Nous devons ouvrir en grand le chantier du rassemblement populaire dans les conditions actuelles, avec une approche renouvelée de l’unité populaire construite d’abord pour permettre de renverser le rapport de forces entre capital et travail dans les luttes de classe. Construisons une approche renouvelée du lien entre batailles sociales et batailles politiques, entre luttes et élections, sans jamais subordonner les luttes aux échéances électorales.

Conquête du pouvoir, rôle de l’État pour permettre les transformations sociales et démocratiques

A l’origine, les communistes considéraient que l’abolition du capitalisme, et donc la révolution, ne pouvait être que mondiale, puisque le capitalisme était lui-même mondialisé… La révolution russe a du se confronter à « la révolution dans un seul pays », et le 20eme siècle nous a montré que toutes les révolutions se déroulent dans un cadre national et en sont profondément marquées (de Cuba à la Chine...). La conséquence est que l’état a joué partout un rôle central dans la construction du socialisme, toujours confronté à la domination du capitalisme mondialisé.

Cela conduit l’état socialiste à utiliser le capitalisme, en interne (NEP…) et dans l’échange avec le capitalisme dominant (Chine), ce qui correspond à la définition de Marx du socialisme comme une phase de transition entre le capitalisme et le communisme, marquée par des luttes de classes.

L’effondrement soviétique a interrogé ce modèle étatique du socialisme et conduit certains à chercher dans le mouvement social un « communisme déjà là » qu’il faudrait aider à grandir, dans un dépérissement anticipé de l’état, rejoignant les approches écologistes de « l’agir local ». Avec la mutation, le PCF s’est complètement engagé dans l’idée qu’on pouvait marquer des points en pesant pour une politique plus progressiste, même dans un rapport de force défavorable, même dirigé par le parti socialiste dans un pays capitaliste mondialisé. Cela conduit à privilégier des accords électoraux quelque soit leur contenu réel de rupture politique. En quelque sorte, la « révolution », la « prise du pouvoir », n’étaient plus nécessaires à la rupture politique.

Avec la recomposition politique macroniste construite sur l’échec historique de la gauche, cette stratégie ne peut être poursuivie. D’autant que l’expérience montre que les luttes de classes sont dures même lorsque le pouvoir d’état est conquis, le capitalisme n’ayant pas disparu. Le coup de force de l’Union Européenne contre le peuple grec, tout comme la violence des milices fascisantes contre le pouvoir Vénézuelien nous rappelle que le capitalisme ne recule jamais tout seul ! De même, le contenu de lutte de classe dans la relation entre l’état chinois et le capitalisme est un enjeu historique.

Le rôle de l’état dans le changement de société et donc les conditions de la conquête du pouvoir d’état sont une question essentielle de la reconstruction d’un parti communiste.

Notre programme pour transformer le réel. Nationalisation, appropriation collective des moyens de production

Nous proposons un programme de revendications économiques immédiates pour faire reculer la misère et la souffrance populaire et instaurer plus de justice, créer les conditions d’une transformation révolutionnaire de la société. Ce programme doit être un outil pour notre identification par la classe ouvrière et ceux qui ont intérêt au changement de société.

  • Nationalisation/socialisation des secteurs bancaires, financiers et assurances, des secteurs de la production vitaux pour le pays et de la grande distribution.
  • Renationalisation immédiate d’EDF-GDF, de la SNCF (avec réunification), de la Poste, de France Telecom et d’Air France.
  • Plan de réindustrialisation avec la création de plusieurs poles publics industriels
  • Plan de développement des services publics, en priorité école, santé, transports et poste, avec les embauches statutaires nécessaires.
  • Remise en cause fondamentale de la dette publique.
  • Interdiction des licenciements et des délocalisations et appropriation par les salariés avec le concours de la force publique, des entreprises désertées ou bradées par leurs actionnaires.
  • Réduction massive du temps de travail sans perte de salaires avec intégration dans le temps de travail d’un temps de formation pour tous
  • Rétablissement d’une indexation des salaires sur l’inflation, blocage des prix des produits de première nécessité.
  • Création d’un grand service public de la formation continue permettant de proposer à tous les salariés des démarches de qualification, au service de l’innovation et la qualité au travail.
  • Augmentation significatives des salaires, des pensions et minima sociaux.
  • Rétablissement de la retraite à 60 ans à taux plein et départ dès 55 ans pour la pénibilité.
  • Reconquête de la Sécurité Sociale financée par la plus-value générée par le travail la taxation du capital, gérée démocratiquement par des représentants élus des assurés sociaux.
  • Blocage des prix des produits de première nécessité.
  • Construction de logements sociaux à hauteur des besoins, blocage des loyers et interdiction des saisies et expulsions pour les familles en difficulté.
  • Non-application des directives et traités européens, remise en question de la monnaie unique et des pouvoirs de la BCE
  • Sortie de l’OTAN et de l’alliance atlantique, refus de toute intervention militaire de la France dans un pays souverain.

Une direction nationale en prise avec les réalités sociales pour reconstruire le Parti Communiste

L’exécutif national et notre secrétaire Pierre Laurent sont confrontées à une réelle crise de confiance. L’obstination à défendre la primaire de gauche contre l’avis des communistes à la présidentielle, le soutien de dernière minute à la candidature de Mélenchon lors de la conférence nationale de 2016, le refus d’aller au bilan stratégique et personnel, la répétition du scénario des présidentielles concernant la liste aux européennes...nous ne voulons pas revivre de telles situations qui ont contribué à affaiblir et discréditer le PCF. Il ne suffit pas de changer de direction pour changer de stratégie mais le bilan stratégique doit aussi conduire à l’examen critique du travail de la direction.

Nous pensons essentiels que la direction du PCF s’ancre dans la classe ouvrière d’aujourd’hui et soit porteuse des grandes batailles populaires et sociales.

Plusieurs études sociologiques sur le parti nous alertent. Très peu de nos dirigeants viennent de l’industrie.. Nous avons de moins en moins de dirigeants issus des entreprises, nos liens avec les classes populaires se sont affaiblis considérablement.

Dans la période actuelle, où des mouvements de lutte et de résistance se multiplient – entreprises, universités, quartiers populaires, etc. – nous avons besoin d’une campagne très ouverte d’adhésions dans les luttes et les entreprises, en leur donnant toute leur place dans l’organisation qui doit se structurer sur le terrain avec les cellules et les sections.

L’actualité de Karl Marx sur la brutalité cynique avec laquelle la bourgeoisie prétend traiter la classe ouvrière

L’actualité de Karl Marx sur la brutalité cynique avec laquelle la bourgeoisie prétend traiter la classe ouvrière

 

08 Mai 2018

L’actualité de Karl Marx
La tombe de Karl Marx, au cimetière de Highgate, dans le nord de Londres. WIKICOMMONS

La lecture de Marx est la confrontation avec un esprit en continuel expansion. En 1892, Engels insiste sur son insatiable curiosité: «Chez un homme qui examinait chaque chose en en cherchant la genèse historique et les conditions de développement, naissait naturellement de chacune des questions posées tout une série de nouvelles questions. Préhistoire, agronomie, structures de la propriété foncière en Russie et en Amérique, géologie, etc., tout y passa. (…) En plus des langues germaniques et néolatines qu’il lisait avec aisance, il entreprit d’étudier le vieux slavon, le russe et le serbe. » (1)J’ai déjà dit à propos du film sur le jeune Marx à quel point ce film par ailleurs non dénué de mérite n’avait rien perçu de la manière dont Marx s’intéressait à la Russie, en particulier dans les dernières années de sa vie. Son intérêt pour les luttes de masse des Cipayes de l’Inde (1857) et des paysans de Russie (1858) et pour la question nationale irlandaise (fin des années 1860) lui font entrevoir que   des sociétés précapitalistes peuvent engendre des révolutions  d’abord dans l’Empire russe (dont il apprend la langue au début des années 1870), mais aussi en Amérique latine, en Asie et en Afrique du Nord. J’avais y compris noté à quel point il s’intéresse au mode de production despotique et aux communautés paysannes et y voir un prélude à une Révolution qui se répendrait en Europe occidentale?  la fameuse phrase disant que lui n’est pas marxiste renvoie peut-être à la manière dont ses disciples (y compris Engels?) briment cette intense curiosité intellectuelle qui s’accompagne néanmoins d’une rigueur dans la relation entre mode de production ( articulation forces productives et rapports de production) et formations sociales, civilisations , nations, histoire specifique, superstructures, le terrain de la prise de conscience de la révolte.

 

Avec cette formidable capacité à embrasser des totalités en mouvement, à lier théorie et analyse de l’événement, ce qui est frappant chez Marx et qui outre l’historien, le philosophe, l’économiste, en fait un sociologue c’est son extraordinaire perpicacité quand il s’agit d’élucider le contenu concret des rapports de classe. Ainsi, alors qu’il est retourné en Allemagne dans la Nouvelle Gazette Rhénane, le 5 janvier 1849 il constate le reflux du puissant mouvement qui a secoué l’Europe, et il analyse la manière dont la bourgeoisie prussienne est en train de se rapprocher du « modèle », la bourgeoisie britannique dans la brutalité cynique avec laquelle elle traite la classe ouvrière.Nous sommes au XIXe siècle et pourtant le fond de son analyse reste étonnement pertinent pour comprendre ce qui est en train de nous être imposé en France, les raison de la « brutalité cynique » d’un pouvoir.

 

Cette brutalité cynique qui chez Macron se double d’exaltation métaphysique, est plus que jamais à l’oeuvre aujourd’hui et elle s’exerce dans le mépris des syndicats aussi bien que dans le traitement des migrants en passant par la transformation de toutes les protection sociale en matière de vieillesse, comme de chômage.

 

Dans un article de  la Neue Rheinishe zeintung du 5 janvier 1849, Marx traite d’un « document bourgeois » à savoir d’un  document que doivent signer les prolétaires employés à des travaux municipaux dans la bonne ville de Cologne. Qu’en dit Marx, il note que la bourgeoisie prusssienne cherche à copier le capital Britannique et il donne  l’exemple des workhouses britanniques- « établissements publics où la population ouvrière en surnombre peut végéter aux frais de la société bourgeoise ». En France, les « charités » dans lesquelles au moment du Grand enfermement du siècle de Louis XIV coexistaient enfants trouvés, criminels, mendiants, déments, avait peu à peu cédé la place au XIX e siècle à ces lieux où végétaient les indigents gouvernés par l’Eglise.   Le mouvement ouvrier en obtenant des droits avait peu à peu supplanté cette conception de « la charité ».

 

Ce qui est frappant quand on lit la description de Marx, c’est la manière dont elle explique les raisons pour leqsquelles le libéralisme veut en finir avec l’idée de droit à la protection sociale pour régresser jusqu’à l’esprit initial du capitalisme partout. le capitalisme en crise est en pleine crise identitaire et comme toujours dans ce cas veut retourner à ses origines, les parodie. Un peu à la manière dont la bourgeoisie prussienne soumise servilement au despotisme tente de copier l’énergie commerciale britannique qui a conquis des continents entiers.

 

Que décrit Marx? dans le traitement réservé aux pauvres, selon l’esprit bourgeois, doivent, dit-il, coexister la charité et la vengeance que la bourgeoisie exerce envers les malheurux contraints de faire appel à sa charité. Et il décrit comment les pauvres pris dans sa nasse sont maintenus au bord de l’inanition, de la famine, privés de tous les plaisirs de la vie. Il s’agit de ne pas les encourager à la dissipation, on les occupe avec des « simulacres » de travail, aussi abrutissant pour l’esprit que pour le corps, improductifs, écoeurant et desquels il ne peuvent espérer aucun avenir.

 

Pourquoi la vengeance ? Pour que les malheureux comprennent bien l’étendue de leur crime face à leurs usufrutiers naturels que sont les capitalistes, il faut ainsi leur ôter tout ce qui fait l’intérêt de l’existence. Quel est leur crime: ils sont devenus une « matière coûteuse » au lieu d’être une matière exploitable et rentable pour la bourgeoisie.

 

Toute l’action du mouvement ouvrier a été de créer des droits là où la bourgeoisie les avaient convaincus de crime.

 

Cette réflexion ouvre un abime sur le présent et sur la brutalité cynique du libéralisme dont le discours est de plus en plus clair sur le « coût » insupportable des « invalides » du capital, invalidité qui comme dans le grand enfermement de Louis XIV peut prendre les formes les plus diverses, du chômeur au malade en passant par la vieillesse jusqu’aux délinquants et aux migrants. Tous criminalisés au nom de « leur coût insupportable » alors même que l’on ne craint plus de défendre les expéditions militaires les plus insensées, les évadés ficaux et que la fameuse dette rapporte bien à quelqu’un, y compris au niveau de ses gestionnaires. Le coût insupportable n’est donc pas celui qui pèse sur la nation mais sur les profits de ceux qui eux ont le droit au pillage et pour qui ces invalides défintifs ou temporaires ne sont pas une « matière exploitable et rentable ». Ils veulent donc limiter par la vengeance la charité de leur Etat.

 

C’est le fond du discours de Macron et de son gouvernement, la justification de leur politique.Ce qu’il faut « reformer’. Donc ce crime du coût engendre l’esprit de « vengeance » à l’oeuvre dans les réformes, les aspects humiliants, vexatoires sont l’additif indispensable des dispositions imposées au nom du retour à la saine rentabilité. On le voit dans le traitement des chômeurs, celui des retraités, des malades, dans la pression sur le secteur public dans l’exercice de ses missions, avec toujours le même objectif, les maintenir au bord de la survie et ne leur laisser que le strict minimum celui qui ne peut les encourager à jouir abusivement de ce retour à la charité publique, rentabiliser au maximum y compris ce traitement, en isolant l’indigence ultime de tout ce qui peut être privatisé et donner lieu à profit.

 

Mais on peut également être frappé parce que dit Philippe Martinez à la sortie de la discussion avec le premier ministre: « je lui ai demandé ce qui dans le statut du cheminot lui paraissait un obstacle à la rentabilité de l’entreprise, il a été incapable de le dire ». Donc il faut en finir avec le statut non seulement à cause de son coût mais son principe est insupportable dans les droits accordés à l’ouvrier, conquis par eux, c’est une décision prise pour l’exemple.

 

Marx pousse plus loin la réflexion en notant que cette « cruelle charité anglaise » n’est dûe en aucun cas à une position sentimentale, mais à des motifs très pratiques tout à fait rationnels. D’une part, supprimer totalement tout subside est une menace pour l’ordre public, il faut aider à organiser la survie et la limiter à cela pour éviter l’insurrection. Mais il y aussi de la prévision bourgeoise dans cet acharnement : « L’industrie anglaise connaît tantôt des périodes de surproduction fiévreuse où la main d’oeuvre peut à peine être statisfaite et où il faut pourtant se la procurer à bas prix, tant des périodes de marasme commercial où il est difficile d’occuper utilement et à demi-salaire la moitié de l’armée des ouvriers. Quel moyen plus ingénieux que les workhouses pour maintenir une armée de réserve en vue des périodes favorables, tout en la réduisant pendant la période commerciale défavorable, dans ces institutions charitables , à l’état de machine dépourvue de volonté, de résistance, de prétention et de besoin? »

 

Quand on est convaincu , comme l’est Macron que la révolution scientifique et technique qui s’annonce va engendrer une armée de réserve encore plus importante, il est nécessaire pour aborder les temps nouveaux d’aller plus loin encore dans la domestication des pauvres et empêcher toute forme de révolte, d’organisation autre que celle de la soumission.

 

La démonstration qui mène des concepts de charité et de vengeance à l’armée de réserve est imparable. Elle permet de mesurer la régression historique que tente de nous imposer la modernité du libéralisme de Macron et de son gouvernement, devenu une caricature cynique de tout ce qui est tenté depuis des années. C’est un changement de civilisation qui nous est imposée et là encore le tatchérisme et le trumpisme en sont les modèles. On peut considérer que depuis Marx, le capitalisme en crise vit une véritable crise identitaire et comme le plus souvent dans ce cas n’y répond que par la régression du temps de sa splendeur.

 

Le texte de Marx est encore riche d’enseignement sur la mentalité bourgeoise, puisqu’il oppose la mesquinerie de la bourgeoisie prussienne dans la brutalité  cynique avvec laquelle elle traite la classe ouvrière et sa tentative maladroite de copier l’iréal britannique « à l’esprit inventif, remuant et titanesque dans l’industri »e alors qu’elle soumise au despotisme imbécile « se crampronne à la routine ». Il ajoute « C’est ainsi que l' »ouvrier anglais peut encore afficher une certaine fierté nationale face à l’ouvrier allemand, car le maître qui l’asservit, asservit le monde entier, tandis que le maître de l’ouvrier allemand, le bourgeois allemand, est le valet de tout un chacun, et rien n’est plus funeste et humiliant que d’être le valet d’un valet. »  Il est évident que la classe ouvrière, les couches populaires françaises doivent constater qu’elles ne peuvent même plus revendiquer de la fierté nationale dans la surexploitation, la perte de leurs droits auxquelles on veut les contraindre, Macron ayant choisi sans état d’âme la postude du valet face aux Etats-Unis et ce jusqu’à la caricature alors même que leur position de maître du monde est plus que branlante. Là encore on trouve une notation de Marx sur les luttes des classes en france, la fierté nationale de la classe ouvrière française qui fait partie de son niveau de conscience politique et de son internationalisme.

 

danielle Bleitrach

(1) j’ai découvert que si Marx traduisait un nombre très grand de langues, il conservait dans le petit nombre de celles qu’il parlait un redoutable accent germanique surtout en anglais. le français était un peu différent à une époque où comme il le dit « tout le monde lit le français ».

Mouvement social, 1er, 5, 26 mai - Deux ou trois réflexions pour aider à y voir plus clair

Mouvement social, 1er, 5, 26 mai

Publié le 7 Mai 2018

Deux ou trois réflexions

pour aider à y voir plus clair

Mouvement social, 1er, 5, 26 mai,

Prendre le temps de réfléchir au sens de ce qui se passe. Avancées, problèmes, écueils. Quel cap tracer ? Avec qui et comment ?

 

Si ceux qui sont allés manifester le 5 mai peuvent avoir fait erreur, ils ne sont pas fautifs.

 

Ils sont l'expression d'une exigence et d'une non-résignation; en cela ils ont raison.

 

Donc la question de l'impasse est ailleurs. Il faut de nouveau la bien poser.

 

Une fois encore Canaille le Rouge vous prie d'excuser la longueur du propos mais impossible de vouloir traiter des questions complexes avec que des onomatopées.

 

Une fois avoir fait le point de la somme de désaccords qui s'accumulent autour du contenu de son programme, la discrétion sur un réel projet, sur sa façon de piétiner les pratiques démocratiques du mouvement populaire et syndical et la forme d'organisation qui a surtout l'avantage de ne pas avoir de compte à rendre à ceux qu'il appelle au soutien, après avoir dénoncé les comportements narcissiques perclus de césarisme qu'il revendique, reste quand même une question : 40 000 ou 140 000 personnes venant parfois de fort loin, se sont rassemblés par colère face au pouvoir en place alors que d'autres forces politiques et sociales affichant la même colère ont du mal à remplir une salle de patronage pour faire s'exprimer un sentiment identique.

 

Cela pose au moins deux séries de questions disposant de passerelles de communication pour au final se résumer en un seul problème : de quel échec majeur des forces politique dites traditionnelles, ce mouvement est-il porteur ?

 

Pourquoi malgré cet échec une recherche d’issue est suffisamment puissante pour permettre un rassemblement comme le 5 mai  ?

 

Cela alors que le PS ayant glissé de Bad-Godesberg à Canossa ne dispose comme relais idéologique que du contenu des organisateur du 5 mai. Alors que le PCF, tels prêtres et courtisans byzantins, se déchire pour savoir si le nom est toujours porteur d'avenir en oubliant l'idée, ou pour savoir s'il fallait être, hors-sol, présent sur l'impériale de Pepe Mélenchon et ses griots comme dans le staff d'un Conseil municipal, départemental, régional quel que soit le cap pris par le premier magistrat. 

 

(A ce propos qui peut nous dire où en sont les pécéèfiens qui se sont compromis bec et ongles pour être sur les listes de Valls, de Collomb ou de Castaner ? On aimerait bien savoir.). 

 

En attendant, depuis la mise en action la machine à monarchiser la République, en branchant encore plus l'argent public issue majoritairement du peuple sur les coffres fort des barons et grands ducs du capital, s'il n'a pas dépassé en nombre les fréquentations des cortèges revendicatifs à travers le pays, s'il a fait moitié moins que les manifs du 1er mai, ce 5 mai est la plus grande manifestation à caractère politique depuis l'arrivée de Touthenmakron à l’Élysée.

 

Comme il est certain que ceux qui manifestent contre l'augmentation de la CSG par la Troïka Macron - Philippe -Le Maire et ses chevaux-légers ne souscrivent pas au projet de "Phi-Phi le melon expansif"  désireux de faire de même, c'est bien qu'il existe une base d'expression d'une colère politique construite, mais incapable à ce moment de voir les pièges, force laissée en jachère par la désertion du terrain réel de cet affrontement par l'organisation qui il y a bientôt un siècle s'est justement construite pour cultiver ce terrain

 

On peut dire que c'est sur le désert politique construit délibérément par la direction du PCF depuis 20 ans que Jean-Luc Mélenchon trouve l'espace pour y battre son estrade.

 

Pour permettre à ce rassemblement hétéroclite porteur à la fois de cheminements  personnels, mais de riches diversités voulant se retrouver pour refuser la politique macronnienne et sa réelle fascisation des institutions qu'elle porte, il importe de revenir sur l'essentiel : qualifier les choix politiques mis en œuvre dans leur réalité la plus crue et user de mots clairs : 

 

Oui, ce pouvoir est bien celui du capital financier poussé dans ses retranchements,  mais fortement fortifiés face à la colère que ses exigences imposent au peuple pour maintenir sa violence hégémonique. C'est ce que les communistes, au premier rangs des quels les communistes italiens Gramsci et Togliatti repris ensuite par Dimotrov lors de 7e congrès de l'internationale communiste, ont identifié comme le cœur du projet fasciste.

 

Non le projet dont J-L Mélenchon et son groupe ne portent pas d'issue durable à cette dictature de l'argent parce qu'il refuse de s'en prendre frontalement aux causes fondamentales : la domination du capital, à la fois pillage des richesses et rapport social d'exploitation pour organiser ce pillage.

 

Il fut une époque où une force politique se référant aux principes élémentaires du communisme mis en évidence il y a tout juste 170 ans par Marx et Engels aurait pris appuie sur ces contradictions pour appeler le mouvement populaire à construire une issue. Inutile de perdre du temps à expliquer les racines et le comment s'est faite la progression de cet abandon. Les faits sont là, cette force est maintenant absente.

 

Sur les réseaux sociaux, ceux qui à juste titre dénoncent les dangers de personnalisation outrancière de la critique du pouvoir autour du tribun de l'impérial, n'en reste que là et se moquent voir parfois injurient ceux qui ont fait le déplacement. 

 

Parmi eux, certains qui en grand nombre, la crinière se raréfiant et se blanchissant comme celle de l'auteur de ces lignes, ont fréquenté Brecht dans les théâtres et maisons de la culture des villes des banlieues.

 

Ils ont oublié délibérément l’interpellation du dramaturge communiste en juin 1953 devant le rejet de la politique menée par son parti au pouvoir en RDA "ne serait-il pas plus simple de dissoudre le peuple et d'en élire un autre ? ".

 

Derrière la boutade, la réelle question de ce que la vulgate communiste appelait le rapport aux masses et qui aujourd'hui se résume à "comment atterrir et cesser d'être hors-sol ?".

 

Hypothèse non retenue par les porteurs d'espoirs d'hier devenus auxiliaires de la résignation aujourd'hui.

 

Cela au moment où, toujours de Brecht, le ventre fécond de la bête immonde se rappelle violemment à notre mémoire. 

 

Si, sauf prises de conscience individuelles toujours les bienvenues, ce n'est plus du côté des strapontins électifs distillés depuis la place du colonel Fabien que viendra l'issue, une fois encore et toujours pour qui veut travailler à transformer la société, pas d'autre choix que de s'appuyer sur le mouvement social.

 

Non pour le canaliser à son profit telle la cohorte des rocardiens de 68 et après (Suivez les regards et regarder la télé) mais pour l'aider à prendre conscience de sa force et de construire une alternative s'attaquant au capital. 

 

Les recherches dans les luttes d’aujourd’hui (dont les volontés de Scoop ou équivalent) montrent qu'une stratégie autogestionnaire est plus que jamais indispensable pour sortir de l'ornière et faire bifurquer la société française.

 

Ce mouvement social est là. Il apporte via les combats revendicatifs des solutions innovantes en matière de services publics, de productions efficaces et durables, de réponses aux besoins sociaux. Les luttes des cheminots, des personnels de santé, dans l'agro-alimentaire ou le commerce, ce qui se construit avec les salariés de la branche énergétique et d'autres encore montrent les potentialités, la capacité d'apporter des réponses efficaces, durables à la crise du capital et s'affranchissant de sa domination. Le vote à Air France éclairant combien un rapport de force peut vite mettre le capital en difficulté.

 

Sur l'échiquier politique aucune force n'accepte de soutenir ces propositions. Au mieux, leurs responsables applaudissent poliment sans en tenir compte, le plus souvent, ils les dédaignent voir les rejettent.

 

Le 5 mai parmi ceux qui défilaient, il y avait nombre de ceux qui dans leur quotidien portent ces projets, mais se refusent de croire que celui qui les a appelés à le rejoindre ne veut pas les intégrer. Celui-ci calant son action sur le sociétal permettant de ratisser large, gardant une vision plus que restreinte sur le social et décide, il l'a rappelé à plusieurs reprises, de laisser tranquille le capital.

 

Pour autant et sans en rabattre sur le besoin de débattre voir combattre, ce n'est pas en concentrant son énergie à cogner sur celui-ci qui même si ses solutions n'en sont pas, se trouve victimisé et avec le renfort d'un traitement médiatique privilégié (les maîtres des chiens de garde ne s'y trompent pas.) le renforce. 

 

C'est d'abord et surtout en proposant à partir de l'expérience de chacun d'être coauteur d'un projet qui permette de s'affranchir du talon de fer du capital. Bref construire une organisation pour un projet communiste de transformation de la société.

 

Cela apporte une réponse à la question posée en 1967 par Waldeck Rochet, grand dirigeant communiste : " Qu'est-ce qu'être un révolutionnaire dans la France de notre temps ".

Le 26 mai « Faisons la fête au Capital » !

Action politique dans les luttes, pour les luttes

Le 26 mai « Faisons la fête au Capital » !

 
, par  Christian Harquel
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Notre camarade C. Harquel de la section de l’ouest biterrois vient de publier sur son blog la réflexion suivante. Rassembler contre le capital en donnant au PCF et aux forces qui souhaitent agir en convergence la place qui convient à chacun.

 

Le 26 mai « Faisons la fête au Capital » !

 

Après un 1er mai 2018 pourtant fourni mais volé, la manifestation du 5 mai organisée à l’initiative du député François Ruffin et de Frédéric Lordon fut une réussite. 


Il y avait du monde, cent mille selon ses organisateurs. Faut dire que la France Insoumise y avait « mis le paquet ». Cette fois rien ne vint gâcher la « Fête à Macron » encadrée il est vrai par un service d’ordre conséquent, deux mille policiers avaient été mobilisés pour l’occasion.


Soyons attentifs aux manœuvres du pouvoir qui cherche à imposer son opposition. Assurément, il a plus peur du mouvement ouvrier que de la France insoumise. Prenons en compte pour la suite du mouvement sans tomber dans le jeu d’une rivalité mal venue.


Poursuivons l’élan le 22 mai avec l’ensemble des organisations syndicales des fonctionnaires. 


Puis le 26 mai. Tout le monde y sera. Tout au moins chez ceux qui s’opposent à Macron, à ses réformes et à sa politique. 


Pour notre part c’est « la fête au Capital » que nous voulons y faire.


Dégager Macron ne servirait pas à grand-chose si le système qu’il porte restait en place. D’autant que les prétendants ne manquent pas, du parti socialiste au FN, pour poursuivre la même politique au service des mêmes intérêts.


Le véritable enjeu aujourd’hui est bien d’en finir avec un système capitaliste essentiellement parasitaire, malfaisant, fatal à la survie de notre planète et du genre humain. « Mettre la barre moins haut est en fait se résigner à une catastrophe potentiellement finale déjà largement en route » alerte le philosophe Lucien Sève.


Le mouvement ouvrier et ses organisations syndicales et politiques s’y sont déjà attelés.. 


Dès 1946, la sécurité sociale, le service public, le statut de la fonction publique, tels qu’ils les avaient conçus, posaient les prémices d’une société nouvelle post capitaliste. 


C’est avec cela que M. Macron veut en finir. C’est cela qui est visé par ses réformes pour tenter de redonner du souffle à un capitalisme en fin de règne. Il a besoin pour cela d’une victoire probante sur le mouvement ouvrier. 


Contre lui, le mouvement ouvrier, aujourd’hui élargi à l’ensemble du salariat, doit poursuivre cette tâche, commencée à la Libération, en étendant ses avancées à l’ensemble du monde du Travail, petite paysannerie, artisanat et professions libérales compris.


Pour cela, il s’agit de substituer aux capitalistes leurs outils de domination pour les mettre au service de notre peuple, en portant ensemble de ce que nous essayons de formuler en ces termes : « Le mouvement ouvrier dans son ensemble est en charge aujourd’hui de répondre à une urgente nécessité démocratique : celle d’une maîtrise publique et sociale des moyens de production, d’échange et d’information, d’une appropriation sociale des richesses produites et du travail qui les crée. »


Le 26 mai « Faisons la fête au Capital »

 

Documents joints

 

Vénissieux : Notre contribution à la préparation du Congrès extraordinaire

Vénissieux : Notre contribution à la préparation du Congrès extraordinaire

 
par  levenissian
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Les communistes de Vénissieux partagent la colère et l’inquiétude de très nombreux militants qui ont conduit à convoquer un congrès extraordinaire. En effet, les élections présidentielles et législatives signaient un nouvel affaiblissement de notre influence et de notre visibilité nationale. Avec l’élection de Macron, le capital créait les conditions d’un nouveau recul social et démocratique au service de sa domination.

 

Le congrès doit permettre aux communistes d’analyser les raisons de la situation du parti, l’état de la société française et du monde et de prendre les premières décisions permettant la reconquête de notre influence et le renforcement de notre organisation. La base commune doit être présentée au Conseil national de notre parti début juin. A ce jour, le déroulement du débat n’indique pas qu’elle soit en capacité de rassembler les communistes et d’ouvrir la discussion nous permettant de sortir de l’impasse dans laquelle nous sommes depuis maintenant plusieurs années. Pire, nous voyons sur les élections européennes se reproduire les procédés qui ont conduit à notre effacement au moment des présidentielles. Nous choisissons donc de donner notre opinion sur ce qui ne peut plus durer au PCF, sur ce qui doit changer, et sur les débats qu’ilnous semblent nécessaires d’ouvrir.

 

La situation politique et sociale dans notre pays est évidemment marquée par la victoire d’Emmanuel Macron aux élections présidentielles et de sa majorité aux élections législatives. Le président et le gouvernement ont lancé une attaque généralisée contre ce qui reste des acquis sociaux et démocratiques issus du CNR et 1968, en même temps qu’ils ont entraîné la France dans une escalade guerrière injustifiée et inutile en Syrie.La colère et la volonté de mettre en échec ce gouvernement grandit. Les frappes contre la Syrie n’ont pas convaincu l’opinion.

 

Ce qui serait vraiment extraordinaire, c’est que ce congrès permette d’aller vers une construction collective et ouverte prenant en compte les débats et les réflexions en cours, de dépasser le concept de majorité et de minorité, de créer les conditions de la reconstruction d’un grand parti communiste à la hauteur du défi d’un capitalisme mondialisé en crise historique.

 

Le bilan stratégique

 

L’exigence d’un bilan approfondi est largement partagé par les communistes. Ce bilan est la condition essentielle d’un congrès utile et constructif.


Pour éviter de se limiter aux questions électorales, nous proposons de partir du 30éme congrès de Martigues. En effet, à la fin des années 90, les communistes ont été confrontés à la défaite des pays socialistes, résumée dans l’expression « la chute du mur de Berlin ». La criminalisation du communisme a alors atteint son apogée. Dans ces conditions difficiles, le PCF a cherché à élaborer des réponses qui le différenciaient de l’expérience du socialisme, réponses significatives d’une rupture avec l’histoire communiste du 20ème siècle. L’essentiel de nos choix électoraux et organisationnels découlent des choix stratégiques faits au 30 ème congrès.


Presque 20 ans après, ce congrès extraordinaire doit permettre aux communistes d’évaluer les choix stratégiques pris au 30ème congrès, les différentes expérimentations, les transformations du PCF, les choix électoraux, le travail de la direction, cela au regard de l’influence présente du PCF dans la société française et de l’état de notre organisation.


Il nous appartiendra alors de décider si nous sommes en difficulté parce que nous n’avons pas bien mis en œuvre notre stratégie et les décisions essentielles qui en ont découlé ou si ce sont cette stratégie et ces décisions qui nous ont mis en difficulté et nous ont empêchés d’ouvrir une alternative révolutionnaire en France ces 20 dernières années. Dans ce cas, il faudrait en changer clairement.

 

La référence au marxisme

 

Le besoin d’analyser plus précisément la société française et l’état du monde s’exprime très largement dans le PCF. Cette exigence concerne particulièrement le monde du travail, les mouvements sociaux, la situation des femmes, les rapports de force internationaux, les mouvements migratoires notre appréciation sur les pays dirigés par des communistes qui se réfèrent aujourd’hui au socialisme comme la Chine, le Viet-Nam, Cuba.


C’est en 1979 que notre parti a décidé de renoncer au marxisme-léninisme pour « une vue plus évolutive et plus active sur les problèmes du socialisme scientifique qui a conduit, tout en soulignant l’apport premier, essentiel de Marx et Engels, les développements considérables de Lénine, à renoncer à la formule marxisme-léninisme. Non pas pour atténuer le rôle immense des grands révolutionnaires qui ont élaboré les fondements de notre théorie, mais pour bien en souligner le caractère vivant, en développement »Il ne reste de ces affirmations aujourd’hui qu’une très grande difficulté à penser le monde, la société et leurs contradictions et à résister aux apparences et idées dominantes.

 

C’est pourquoi nous proposons que le prochain congrès décide de faire de la théorie marxiste la référence philosophique du PCF . Nous considérons par ailleurs que le débat doit s’engager sur l’apport toujours actuel du léninisme à la théorie et l’action révolutionnaires.

 

Des décisions immédiates pour permettre la visibilité et l’identification du PCF, rompre avec l’effacement

 

Depuis plusieurs années maintenant, notre direction théorise la nécessité de notre effacement pour permettre le rassemblement. Nous constatons aujourd’hui que nous sommes quasiment invisibles du paysage politique national sans que pour autant le rassemblement n’ait progressé. Les formes anciennes d’union de la gauche sont obsolètes et chercher à reproduire ce qui a échoué et déçu tant de fois, c’est se condamner à disparaître !Nous proposons donc d ’opérer un virage stratégique et de faire du renforcement du PCF une condition de l’unité populaire et politique.

 

Nous proposons de mener de grandes batailles en phase avec les aspirations sur le logement, la santé et la sécurité sociale, les services publics, dont bien entendu le rail et la SCNF, les retraites avec la colère qui monte chez les retraités, les nationalisations des grands secteurs industriels, énergétiques et financiers pour les soustraire aux capitalistes et permettre l’autogestion par les salariés.


Faisons réapparaitre les enjeux de classes derrière les réformes et donc notre place résolue comme force politique du monde du travail contre ceux qui ne vivent que du travail des autres.


Le principe d’une liste aux élections européennes présentée et conduite par le PCF dans un esprit d’ouverture doit être mise en débat et décidée au Congrès. Notre programme doit au minimum affirmer le refus d’appliquer les traités européens,bataille à mener et gagner dans chaque pays.

 

De même, nous devons tout de suite créer les conditions d’une candidature communiste à la présidentielle pour ne pas reproduire la situation de 2012 et 2017 où le choix de soutenir Jean-Luc Mélenchon conduit à notre effacement national.

 

Nous devons mettre en débat une candidature portée par le PCF en 2022 dès maintenant et prendre les décisions nécessaires pour la préparer.


Au plan international, le PCF doit renouer avec les partis communistes et mener une grande bataille pour la paix et la sortie de l’OTAN. Le combat pour la paix est dans l’ADN du PCF depuis sa création.

 

Ces trois questions « bilan stratégique, marxisme,visibilité et identification » nous semblent essentielles aujourd’hui pour ouvrir une issue révolutionnaire.

 

Au delà, sur la base du bilan stratégique, la réflexion doit d’engager au PCF sur les thèmes qui font débat .

 

Nous en citons quelques uns : définition de la classe ouvrière aujourd’hui, , conquête du pouvoir, rôle de l’état pour permettre les grandes transformations sociales et démocratiques nécessaires, l’Union européenne, notre programme pour transformer le réel, le socialisme au passé et au présent, une direction nationale en prise avec les réalités sociales.

 

Beaucoup de camarades aspirent à l’unité du PCF. Notre section a participé à plusieurs reprises à l’élaboration et la popularisation de textes alternatifs.

 

Nous n’avons pour autant jamais manqué au PCF et nous pensons que la bataille que nous menons dans une ville comme Vénissieux, militants et élus, est déterminante pour l’existence et le rayonnement du Parti communiste. Si la base commune s’élabore dans un esprit nouveau d’ouverture et débat sans tabou, ni cadre figé préétabli, nous saurons saisir cette chance pour le PCF. Mais si la voie était tracée d’avance pour poursuivre et amplifier ce qui depuis 20 ans ne nous a pas permis de progresser, nous ne renoncerons pas à faire vivre nos idées dans le débat parce que l’avenir du PCF en dépend.

 

200 ans après la naissance de Marx De 68 au 38ème congrès, un même besoin de dialectique

200 ans après la naissance de Marx

De 68 au 38ème congrès, un même besoin de dialectique

 

 
, par  Francis Velain
 
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Du même auteur :

De la recherche des classes à la politique De la recherche des classes à la politique
Le communisme, un mouvement dont il faut prendre soin

Mai 68 et le 38ème congrès ? Mêmes combats ; mêmes débats ? impossible de ne pas prendre au sérieux ce possible clin d’œil de l’histoire. Les deux événements obligent au minimum à prendre en compte Marx, dont le bicentenaire n’avait déjà pas besoin de cela pour s’imposer.

 

« 1968 » n’est finalement pas fêté par Macron : il a d’autres chats à fouetter. Plus encore, il a mesuré combien serait hasardeux de tenter une récupération présidentielle de l’évènement...

 

Le repli stratégique de notre Président tyran grec ne sera pas suffisant. Mai 1968 est de fait commémoré : Sur France culture comme par l’Humanité et par beaucoup d’autres, à Beaubourg et dans bien d’autres lieux. Sa mémoire est réactivée dans la société française.

 

Parce qu’elle aime faire politique, la France reste un vieux pays romantique. Le populisme cultivé de Mélenchon, celui bien plus fruste d’un Ruffin ou d’un London, puisent quelques racines dans ce terreau. Jaurès lui-même était un romantique et avait bien du mal avec Marx le dialecticien formé à la philosophie allemande.

 

Victor Hugo et Lamartine doivent à ce romantisme d’avoir été députés ! Le romantisme est partagé par les tchèques qui firent Vaclav Havel président. Prague, l’autre 68 parmi d’autres 68. Au plan international, il faut bien en effet considérer non pas un 68 mais plusieurs. Chacun de ces 1968 est singulier et pourtant tous partagent quelques caractéristiques communes.

 

Prague vaut ainsi comme la confrontation de deux visions des besoins d’évolution de la société, en l’occurrence socialiste, du fait de l’évolution universelle des forces productives (Cf. Les efforts théoriques sous-entendus par "La révolution au Carrefour" de Richta). 


Le même défi était posé à l’Ouest. Nulle part les sociétés n’en sortirent indemnes et nulle part de révolution du mode de production et des rapports sociaux de production et d’échange à part entière...

 

La France ici n’a rien de singulier. Le joli moi de mai 68 y fut écrasé politiquement par une immense marée politique de droite. 1981 ne renoua en rien avec les dynamiques de ce Mai historique.

 

Naïvement (?), certains se demandent encore pourquoi il n’y eu pas pleinement révolution ! D’autres considèrent qu’il y eu bien révolution (De laquelle parlent-ils ? Sur quel chemin a-t-elle mis la société ?), et les derniers jettent la pierre à d’autres comme saboteurs d’une révolution qui aurait été déjà là ou à portée de main...

 

Les hommes ont besoin de récits pour faire histoire affirment certains. Mais de quels récits ont-ils besoin quand l’histoire réelle fut bien plus complexe que le présentaient les commentateurs accrédités au plus fort des événements, et ne fut pas celle que pensaient écrire les acteurs de ce joli mois de mai ?

 

Les communistes sont invités à dresser un bilan à l’occasion de leurs 38ème. Ils sont devant la même problématique.


En 1968, il y avait plusieurs 68 en même temps. Grossièrement trois.

 

1. Il y avait le mai 68 du capital. Son enjeu était de dresser le prolétariat au double besoin de travailler et de consommer en « insider » ou en « out-sider ». Michel Clouscard décrivit cela assez précisément. La phase actuelle continue de s’y nourrir, notamment pour le travail.


Un capital éclairé était déjà à la manœuvre en appui sur les enfants déclassés de la Bourgeoisie capitaliste et sur la petite bourgeoise de droite et de gauche qu’est de tout temps la mouvance libertaire, y compris dans ses versions pseudo-marxistes ou communistes. Un Cohn-Bendit, un July, la FNAC, puis les radios-libres, l’industrie du spectacle et des festivals, le Larzac, l’écologie faite partis politiques et politiciens et aujourd’hui les afficionados de l’économie libre, coopérative, partageuse des communs et du numérique, les ZAD, sont dans la plupart des cas à inscrire dans cette mouvance encore bien vivante.

 

2. Il y avait le mai du monde du travail qui se reconnaissait dans les organisations historiques de classes plus fortement qu’aujourd’hui, même si déjà des faiblesses intrinsèques minaient ces organisations malgré quelques lucidités sur ce qui allait se jouer dans les décennies à venir dans les entreprises... Ces lucidités et les efforts qu’elles permirent mériteraient d’être redécouvertes...

 

Dans son article paru dans l’Humanité hors-série « 68, un rêve qui court », Xavier Vigna renvoie utilement et de fait trop rapidement à mon gout à une réalité majeure : « Ces jeunes ouvriers ont connu une scolarisation un peu plus longue que leurs ainés et partagent des aspirations [...] avec les lycéens et les étudiants. C’est d’autant plus important que pour la première fois, des enfants issus des milieux populaires accèdent, dans ces années, au lycée et à l’université » tandis qu’effectivement les ouvriers « ont appris de l’ordre usinier : l’organisation sociale du travail, la non-reconnaissance des qualifications. [...] Dans cette contestation, si les jeunes sont en première ligne, le mouvement emporte des générations plus anciennes, qui ont connu 1936  ».

 

En 1967, un conflit unitaire, celui des métallo ETDA et ouvriers de Saint-Nazaire cristallisera à lui seul ces caractéristiques. Il dura deux mois, suscita une immense solidarité interprofessionnelle locale et nationale, et se termina sur un succès qui pesa lourd dans la renégociation des grilles de classification cadres et non cadres qui suivirent 1968 dans la métallurgie...

 

Où en sont ces ingrédients aujourd’hui ? Jeanine Marest a raison (dans la même publication de l’Humanité) : « La jeunesse d’aujourd’hui sait mieux ce qu’elle veut que celle que 1968 ».


Les ingrédients liés aux besoins des forces productives déjà à l’œuvre en 68 dans le travail sont en effet toujours bien là, en quantité et qualité plus importantes encore. Mais sont-ils assez nourris de ce 68 là ? Par exemple, que savent-ils de la dynamique de cette immense démocratisation dans l’accès à un enseignement supérieur que permit le BTS, 1er et toujours seul diplôme supérieur professionnel délivré par l’éducation nationale : une piste politique autant que pédagogique que même les communistes n’osent mettre en débat pour élargir au plus vite et sans doute plus efficacement l’accès de la jeunesse aux licences et aux Master des filières professionnelles. Et pourtant...

 

3. Enfin le dernier des mai 68 : Celui des « réformistes », vieux concept tombé en désuétude dont la précision serait bien utile aujourd’hui pour analyser les déconfitures actuelles de la gauche, l’émergence de la France Insoumise, l’état du PCF etc. Dans ce dernier 68, Mitterrand l’aventureux ténébreux stratège, ambitieux tenace, et le déjà grand réformiste M. Rocard... 


Ce 68 est toujours là avec leurs enfants : l’essentiel du personnel actuel de l’écologie politique qui savent se renouveler autant que se reclasser (cf. les Delphine Batho, Cécile Duflot), ou encore un Moscovici coopté commissaire européen. D’autres comme Hollande, Hamon, Mélenchon, entendent en revenir encore et encore à la fin de l’histoire que visait Mitterrand, par une voie ou une autre.

 

L’anticommunisme était un commun grandement partagé par deux de ces trois 68, néanmoins en concurrence politique pour gérer la rénovation du mode de production du capital. Plus largement un immense anticommunisme idéologique et pratique fut à l’œuvre dans tout l’occident. 


En France, de Gaulle était un homme du passé devenu inutile au capital. Il fallait qu’il tombe mais pas le capital. Il fallait déjà de la disruption, c’est-à-dire une révolution non révolutionnaire, mais circulaire, pour que rien ne bouge au niveau des fondements du mode de production du capital.

 

Pompidou fit l’intérim, puis Giscard ouvrit à la France à la révolution sociétale. A partir de la décennie 80, Mitterrand aurait dû fermer la parenthèse de Tours, c’est-à-dire effacer la mémoire et la culture française de classes des XIXème et XXème siècles... Il a échoué, comme Tiers l’assassin de la Commune échoua à éradiquer « le mouvement ouvrier ». Un certain syndicalisme, plus rouge que tout en 68, prête à cette critique, d’un E. Maire à une Nicole Notat par exemple et leurs enfants...

 

Les victoires à la Pyrrhus annoncent toujours aux classes dirigeantes de futures défaites et de vraies avancées et reconquêtes révolutionnaires.

 

Il en sera ainsi pour la SNCF, EDF et leurs statuts depuis des années niées dans leurs fondements, plus largement la fonction publique, l’impôt direct républicain, les improbables congés payés et la retraite à 60 ans, de nouvelles avancées en matière de réduction du temps de travail, le retour aux ambitions initiales de la sécurité sociale, du SMIC, du code du travail et de la hiérarchie des normes, des prérogatives économiques des CE et de ce suffrage universel, l’arme de destruction décisive, massive, démocratique et pacifique d’un prolétariat bien représenté, c’est-à-dire organisé politiquement par des organisations syndicales et politiques de classe, sachant prendre la mesure de l’anticommunisme distillé par l’idéologie dominante dans et via les autres organisations : comme le firent remarquablement le manifeste dans le contexte de son temps, ou la main tendue de Thorez au moment du Front populaire. 


Penser le rassemblement des organisations en prenant en compte cet anticommunisme, voilà un effort de pensée toujours nécessaire, sous-estimé sans doute depuis les années 80, conséquence sans doute de l’abandon du concept de réformisme.

 

De l’autre côté de la lutte des classes, dès 1968, il y avait plusieurs visions du communisme en confrontation au sein du PCF (comme à l’Est...). Ici la mutation des années 90 est un épiphénomène comme il y en eu d’autres depuis 1917 : le soutien au printemps de Prague, la signature puis la rupture du programme commun, l’autre mutation des années 80 ouverte par l’abandon du concept la Révolution Scientifique et Technique pour celui de Révolution informationnelle etc. Des choix ont été fait au titre de rapports de forces comme en connaissent en permanence toutes les organisations de classes qui ont le juste et nécessaire souci d’être de masses.

 

La commémoration de 1968 et la préparation du 38e congrès ont ainsi en commun de partager la réalité de plusieurs récits rétrospectifs parce que l’histoire réelle fut celle de plusieurs réalités et projets en confrontation...

 

Mais faire bilan, n’est pas seulement témoigner, c’est établir les faits pour établir « la mécanique » qui fit le réel. Ce n’est pas convoquer le passé pour donner raison à d’anciens engagements ou pour justifier ceux du présent des uns contre ceux du présent des autres.


Tirer bilan est la première étape pour apprendre de l’histoire qui, de toute manière, ne sera pas réécrite parce qu’elle ne peut pas l’être. Alors tirer bilan pourra rassembler et ne pas déchirer.

 

L’exercice est périlleux mais vital. Un Marx, écrivant à chaud « la Lutte des classes en France 1830-1850) ou un Engels revenant sur la guerre des paysans dans la fournaise des défaites des luttes ouvrières du milieu du XIXe avaient l’autorité pour se prêter à l’exercice. Mais même-eux ne furent pas toujours suivis et compris : la preuve par la Commune, puis plus tard les aventureuses tentatives de révolutions « ouvrières » de 1917-1920 en Allemagne ; Ou autres temps, la tentative des communistes grecs de prendre le pouvoir à l’occasion de la défaite des forces de l’axe...

 

Aussi le bilan à tirer à l’occasion du 38e ne saurait se limiter à un retour à 2016/17, et pas plus aux années 90 ou 80. Il faut y inclure manifestement les années 60 et pas même seulement 68. Il faudrait en fait de nouveau regarder du XIXe jusqu’à l’épisode 1914 (1917) 1945, puis des années 50 à aujourd’hui en tant que deux périodes d’enjeux et de contextes différents.

 

Durant les 150 premières années, ce qui se joua fut l’affirmation du mode de production capitaliste devant suffisamment s’adapter à ses besoins de mondialisation et d’ancrages territoriaux. Ces 150 ans furent donc aussi, de fait, le choc des affirmations politiques des deux classes qui ont désormais dans leurs mains et leur conflictualité l’avenir du genre humain et de ce mode de production dominateur.

 

Depuis 1945, nous sommes entrés dans le régime de croisière du capital, c’est-à-dire dans le capital décrit pour l’essentiel par Marx avec une rare clairvoyance anticipatrice. 


A un bémol près. Durant presque 50 ans, une partie du genre humain échappa à son emprise totale et osa des raccourcis politiques courageux, divers, pour construire une voie de développement menant à un mode production communiste sans recourir au mode de développement capitaliste. Durant 50 ans le capital fut à al fois en régime de croisière dans sa zone d’influence, et en dehors, en "guerre froide" dans une compétition mondiale longtemps très ouverte, au plan scientifique, industriel et en matière de déploiement et la conquête du progrès social.

 

Une partie de l’expérience s’arrêta dans les années 90, avec la fin du socialisme réel centré sur l’URSS, après une lente agonie de quelques 20 ans. Depuis, le capital en rythme de croisière tente d’imposer son modèle à ce qui reste de toutes ces parties du genre humain qui lui échappèrent de longues décennies. Il n’y est pas encore totalement parvenu.

 

En France, nous sommes entrés dans ce régime de croisière du capital au moment même où la science su proposer au genre humain, donc à tous les modes de production en compétition, à tous les peuples et pays, deux improbables modèles mathématiques : la machine universelle à calculer de Turing et le modèle cybernétique de Wiener pouvant prétendre représenter universellement tout système complexe interagissant avec lui-même et son environnement. Nous parlons bien ici de machines, de simples machines, appelées à être introduites dans toutes les activités humaines, à faire l’architecture du système technique. Comme la machine-outil le fit sous les yeux de Marx...

 

Le régime de croisière du capital pris donc son essor avec la certitude immédiate pour la classe dominante de pouvoir révolutionner les forces productives issues de ses 150 années d’installation et par là d’avoir rapidement l’opportunité de remettre à zéro le compteur de l’autre classe décisive. 


En France, ce régime de croisière était en action depuis plus de 20 ans en 1968, 40 dans les années 80/90, 70 en 2016/2017. Il n’y a pas de meilleur résumé et repère, de mon point de vue, pour qualifier la période que nous vivons.

 

Le bilan du 38e devrait donc affronter une grande question : avons-nous aujourd’hui la bonne lecture de ces deux modèles scientifiques qui nourrissent la révolution actuelle des forces productives et le mode de croisière du capital ?

 

Pour l’heure, la question reste systématiquement éludée alors que ces modèles scientifiques déploient leurs effets dans des déclinaisons concrètes de machines qui changent le travail autant que le regard des hommes sur eux-mêmes, sur leur monde et leurs liens avec la planète, les ressources et forces de la nature.

 

Prédomine l’opposition de deux types de lignes : Les unes se nourrissent avant tout de l’idéologie dominante, l’autre de la notion de révolution informationnelle. Elles cohabitent par ailleurs avec une posture typiquement romantique consistant, pour résumer un peu vite, à ne pas trop regarder le travail moderne et à en rester au seul mouvement d’organisation et de lutte des travailleurs des 150 premières années du capital. 


Ici la figure de Lénine est souvent convoquée. Son internationalisme servant à occulter le besoin de traiter de réalités nationales bien différentes de celles qu’affronta le génie de Lénine. Parfois, c’est même Proudhon qui est convoqué, au nom d’une abolition du salariat qui n’a rien à voir avec l’abolition communiste...

 

Il est étrange mais pas vraiment surprenant de voir ces 3 approches prendre pour cible « la direction sortante » et avant tout « le premier secrétaire ». Etrange car chacune a participé quelque peu, parfois longuement, à cette « direction », du moins à soutenir certains moments ou périodes stratégiques... C’est donc d’abord sur eux-mêmes que tirent ces camarades ! Et cela vaut pour quelques « encore jeunes ».

 

Il en va ainsi de ceux qui considèrent le communisme doit « ‘ouvrir » aux enjeux écologiques au nom des pratique de l’URSS... Triste réquisitoire à charge qui ne vise qu’à justifier leur abandon de la prise de parti matérialiste pour le prolétariat au nom d’un intérêt supérieur des rapports d’hommes idéalisés à la planète.

 

Ces camarades se tirent dessus car, avant tout, ils révèlent par là leur incroyable méconnaissance des travaux du PCF en la matière et tout autant la sensibilité de Marx et d’Engels sur cette immense question. 


Le projet émancipateur communiste repose sur un immense usage énergétique des forces et ressources naturelles comme condition de la réduction du temps de travail à consacrer au règne de la nécessité. Mais il est affirmé par Marx et Engel comme conditionné à un usage responsable de ces forces et ressources. Jamais Marx et Engels n’oublient que l’homme conservera toujours ses pieds dans la glaise et le règne du vivant... Il suffit de lire le Capital en entier pour s’en apercevoir.

 

De même, quand des camarades en appellent à « un salaire à vie » au nom des travaux de B. Friot, ils se tirent là aussi une balle dans les pieds. Ils révèlent qu’ils ont abandonné plus ou moins en conscience l’économie politique comme garantie de prise de parti communiste.


Car « ce salaire à vie » repose sur un travail de décomposition des concepts clés de Marx présenté dès les années 2010/2012. Notamment sur la question de la valeur.

Marx pris parti pour la valeur objective comme clé d’analyse de l’économie politique (suivant en cela Aristote, A. Smith et Ricardo). 


B. Friot propose d’en revenir à une valeur subjective. Il propose en effet l’hypothèse d’une valeur choisie par le capital et d’une autre choisie par l’autre classe, la classe révolutionnaire, sa classe salariale (et non le prolétariat). 


Pour le coup, il innove au-delà ce que fit un Walras et plus largement les néoclassiques et leur embrouille marginaliste mathématisée ! 


A suivre B. Friot, puisque chaque classe a son idée de la valeur, il devient en effet dès lors impossible de faire science économique plus ou moins fondée en théorie ! Tout devient affaire de croyance en la valeur de son choix... Au grand dépit d’un Aristote qui formalisa le double problème de la valeur et de l’échange afin d’assurer la cohésion de la communauté.

 

Qu’importe ce « détail », il s’agit d’apparaitre en tant que meilleurs pourfendeurs à la fois de P. Laurent, de la « direction », et des propositions communistes liées à la « révolution informationnelle », donc d’une commission économique qui peut être critiquée comme n’importe quel secteur mais dont il faut acter un immense mérite : n’avoir jamais cédé sur le besoin d’enracinement du PCF dans le monde de l’entreprise.

 

Et ce type de remarque vaut pour la question du féminisme ! Bien des camarades ignorent manifestement la place des femmes dans l’action du PCF qui l’autorise par exemple à faire la proposition de voir Martha Desrumaux entrer au Panthéon...

 

Que tout n’ait pas été aussi simple et limpide que cela aurait du ou pu être est une question à traiter au regard des différents contextes historiques. Ils n’en demeurent pas moins que Marx insista contre un Proudhon et bien d’autres sur un fait majeur. Dès lors que les femmes accèdent à un titre ou un autre au marché capitaliste du travail, l’ensemble des relations femmes-hommes, le patriarcat et la famille en sont radicalement bousculées.

 

L’accès à l’exploitation capitaliste fait des femmes des prolétaires à part entière. La totalité de la partie exploitée du genre humain est ainsi la plus à même à mesurer que le genre humain est sexué naturellement, divisé socialement en deux sexes et politiquement en classes... Alors l’autonomie économique s’impose comme facteur décisif de l’égalité de chaque individu devant l’émancipation du genre humain. En 68, la libération des femmes progressa en rapport avec l’augmentation des salaires et l’accès au carnet de chèque.

 

Par généralisation, les communistes sont les mieux placés pour traiter des questions sociétales car chaque prolétaire doit être traité sur le marché du travail à égalité indépendamment de ses choix et modes de vie, de ses origines, de sa culture etc. 


Ceux et celles qui veulent voir dans cette considération une tentative d’échapper aux réalités des discriminations de nature sociétale, culturelle, souvent historiquement plus anciennes que le capital, peuvent se voir tout autant reprocher ne pas vouloir créer les conditions objectives de progrès durables et généralisés dans ces domaines, et tout autant ne pas vouloir se positionner clairement sur le terrain de la moderne lutte des classes.

 

Le mode de production du capital dissocie totalement la vie privée, domestique, sociétale, de la sphère de la production des conditions d’existences des individus et de la société. Le terrain du marché de la force de travail est devenu la plus grande agora de la société. 


Sur cette immense espace du conflit de classes, les aspirations comme les discriminations jusqu’ici enfermées dans les sphères domestiques, sociales, ou privées à un titre ou un autre peuvent s’exprimer plus librement, plus efficacement que partout ailleurs... En témoigne l’écho de la dénonciation des violences faites aux femmes récemment dans le cadre des relations de travail et la tentative de dévoiement du défi par un gouvernement Macron tenant de ramener l’enjeu à la rue, aux transports ou à la vie privée...

 

Le terrain du marché de la force de travail est un lieu décisif pour les luttes contre toutes les dominations et discriminations, pour inventer les réponses politiques qui les régleront largement et pour généraliser, universaliser et consolider les acquis émancipateurs.

 

Ceux qui font des travaux de Marx une source trop étroite pour embrasser les réalités du monde moderne, ou pour expliquer l’affaiblissement de l’influence communiste, expriment avant tout une immense faiblesse idéologique et tout autant une volonté de se couper de la prise de parti radicale pour les intérêts de la classe des prolétaires dans laquelle Marx voyait celle qui supprimerait les classes et ainsi mettrait le genre humain sur l’orbite d’un mode de production et de civilisation supérieur.

 

Face à 68 comme à l’occasion du 38e, osons faire notre bilan depuis le tournant de la fin de la seconde guerre mondiale en y intégrant l’enjeu des forces productives.

 

Et reprenons maille avec l’œuvre complète de Marx : Autant que possible dans le texte... Il nous apparaitra peut-être que notre usage du travail de Marx et d’Engels n’a pas été assez conséquent. Ce qui serait un enseignement notablement différent de celui d’un Marx et d’un Engels inconséquents, insuffisants, dépassés etc...

 

Documents joints

 

Un effort d’organisation ou de métamorphose ? Base ressource cadres PCF...

Un effort d’organisation ou de métamorphose ? Base ressource cadres PCF...

 

, par  pam

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Décidément, les dirigeants du PCF sont de plus en plus perdus dans leur (notre !) parti...


Ils lancent une enquête pour savoir qui sont les "cadres" du PCF. Ils ne le font pas en engageant une bataiille politique pour un effort d’organisation dans le parti. Non, ils le font dans le cadre de cette "transition numérique" idéalisée qu’ils n’ont jamais mis en débat, comme si ce n’était qu’une question technique sans enjeu politique.

 

Nous avons donc tous reçu un message de ce genre, avec un lien pour télécharger un questionnaire à remplir...

Cher (e) PIERRE ALAIN Ton n° d’identification : 4643

 

Je m’adresse à toi parce que tu fais partie des milliers de communistes qui exercent des responsabilités au sein du Parti ou/et au travers de mandats électifs.

 

Toutes et tous vous représentez une richesse humaine, une somme de compétences dont nous ne savons pas assez tirer bénéfice pour l’activité et la vie du Parti.

 

La première des causes de cette situation, préjudiciable pour son rayonnement, est la méconnaissance.

 

C’est pourquoi nous avons décidé d’opérer une mise à jour de notre connaissance de ces camarades.
...

Bien évidemment, nous ne remplirons pas ce questionnaire et nous conseillons à l’équipe qui l’a lancé de se demander si elle s’est interrogée sur sa démarche, et si elle est capable de travailler dans une organisation, c’est à dire avec des camarades responsables de l’organisation dans les fédérations, dans les sections...

 

Passons sur le sans-gêne de ce prénom intégré informatiquement pour "personnaliser" le document, personnalisation qui relève plus d’une démarche publicitaire...

 

Amusons-nous de la contradiction immédiate de cette fausse humanisation du message juste avant le rappel de ce qui est nécessaire à toute démarche numérique, l’identifiant codé...

 

Un coup de brosser à reluire "vous représentez une richesse humaine"... [1] et l’aveu terrible "nous ne savons pas en tirer bénéfice"... [2] Sérieusement, le rôle des cadres c’est de permettre à la direction de "tirer bénéfice", ou leur premier rôle, c’est de faire vivre l’activité ? Qui est ce "nous" ? S’il s’agit du parti, alors il n’y a pas de différences entre ce "vous" et ce "nous", et la question devrait être posée autrement, comme une bataille politique pour l’effort d’organisation, qui commence par tenir à jour correctement les listes d’adhérents, à tous les niveaux...

 

Et l’aveu sur la "méconnaissance"... la direction ne connait plus le parti... Notons que visiblement, elle connait bien les dirigeants des autres forces, verts, socialistes, extrême-gauche, et tous les groupes de l’émiettement politique cherchant chacun leur place dans les batailles électorales, mais elle ne connait plus les communistes....

 

Et l’illusion numérique lui fait croire (nous fait croire !) qu’on peut résoudre cette "méconnaissance" dans une démarche d’en haut, informatisée. La direction n’a pas engagé un travail d’organisation avec ceux qui peuvent le mener, les responsables à l’organisation, qui sans doute n’existe plus dans beaucoup trop de structures du parti et qu’il faut en premier lieu reconquérir... Ce travail peut bien sûr utiliser un outil numérique, mais comme un outil au service de l’effort d’organisation qui ne peut que reposer sur le travail militant dans chaque structure, avec de l’aide quand c’est nécessaire justement de la direction dont le rôle n’est pas de "remplacer" l’organisation, mais de la faire vivre !

 

On pourrait soupçonner la direction d’avoir bien compris qu’elle n’allait pas dans cette démarche faire vivre l’organisation du parti, enjeu d’abord militant et humain.

 

Sans doute est-elle totalement acquise à l’idée de la métamorphose du parti en un "mouvement" à la mode de la recomposition politique, genre insoumis ou autre marcheurs, mouvement qui n’existe qu’à travers le "leader" électoral et une plateforme numérique pour un centralisme qui n’a alors plus rien de démocratique... les militants étant devenus de simples "soutiens" des leaders... n’agissant que pour leur propre satisfaction, sans jamais construire cet "intellectuel collectif" qui a besoin d’une direction, d’abord pour faire vivre l’organisation elle-même !

 

Nous appelons les communistes à ne pas répondre à ce mail et à interroger leur section, leur fédération pour avoir un vrai bilan de l’organisation, et ouvrir le débat politique nécessaire au congrès sur les causes de nos difficultés d’organisation, et les décisions nécessaires pour y faire face, bien loin de cette illusion numérique et de cette métamorphose en acte alors que la préparation du congrès patine.

 

[1] Mais au fait, et les militants "non cadres", ils représentent quoi pour la direction ?

 

[2] quel vocabulaire !il y a du business à faire ?

 

Documents joints

PCF : Congrès, une question décisive très largement mise sous le tapis : l'U.E, mais n'est-ce pas en fait d'U.E/OTAN que l'on devrait convenir

 

Réponce à Willy,

Je pense que dans une discussion polémique au cours de laquelle tu n'auras pas beaucoup de temps, il y a un certain nombre de thèmes sur lesquels tu peux (t')appuyer. Je peux t'en lister certains qui me passent en tête :

- Tout d'abord, il y a l'historique. L'UE depuis le début a été conçue comme un outil pour que le capital européen puisse évoluer en harmonie avec la mondialisation capitaliste. Elle a été créée par et pour le capital : elle fait partie intégrante du système capitaliste. Dans le traité de Rome, il y a déjà le concept de "concurrence libre et non faussée" ! Dire "Europe sociale", c'est comme dire "capitalisme social"... Quant à ses créateurs, tu peux leur rappeler que Schumann était un fasciste (interdit d'élection à la Libération), homme du "Medef" (alors Comité des Forges) et Monnet, l'homme des américains (l'association qu'il avait créée est aujourd'hui dirigée par quelqu'un du Modem et il a été prouvé que cette assoce était subventionnée par la CIA).

- Il y a eu le changement de politique de notre parti à 180° vis-à-vis de l'UE sous l'ère R.Hue sans qu'il y ait eu le moindre petit commencement de débat ; comme les directions refusent de critiquer cette époque, ils n'aiment pas qu'on leur rappelle. Il y a eu la liste "Bouge l'Europe" : c'est depuis cette liste que l'on parle de "changer l’Europe" ou de "l'Europe sociale" ; il y a eu l'acceptation de "ministres PCF" par le PS sous couvert que l'on change d'attitude vis-à-vis de l'UE ; il y a eu l'adhésion au PGE qui nous a éloigné de tous les partis communistes européens et rapproché de partis gauchistes ou réformistes (Syrisa...). Tu peux toujours leur rappeler que c'est Gayssot, "ministre communiste", qui a mis en œuvre les prémisses de la privatisation de la SNCF, privatisation que soi-disant (dixit P.Laurent), un gouvernement de "gauche" pourrait éviter aujourd'hui (cf. le texte que j'ai envoyé la semaine dernière et qui contredit cela).


Pour cet argument (changement de politique sans débat), je te joins cette couverture d'un magazine du parti lors de la campagne contre le traité de Maastricht. Pour rappel, avant R.Hue, nous demandions l'abrogation du traité de Maastricht, c'est-à-dire que nous nous battions contre l'euro que Maastricht a instauré. D'ailleurs, cela demanderait à être vérifié par quelqu'un qui a accès à une collection d'Huma de l'époque, mais au moment du passage de témoin entre Marchais et Hue, ce dernier a transformé une manif contre l'euro (prévue à Dunkerque si ma mémoire est bonne) décidée sous l'ère Marchais en une manif pour l'emploi...

- Autre argument massue, le règlement du problème grec. Et là il y a beaucoup à dire. D'une, Syrisa a été et est toujours soutenu par la direction du parti, ce qui est insupportable. En effet, les diminutions catastrophiques des salaires et des pensions, la répression très violente contre les travailleurs qui "osent" se révolter et dernièrement la mise en cause du droit de grève, sont incompatibles avec la lutte en France contre Macron ! Les décisions du gouvernement grec ont été imposées par ce qu'il faut bien nommer le système dictatorial de l'UE : les nazis n'avaient pas fait mieux en Allemagne lors de leur prise de pouvoir concernant les salaires et les pensions ainsi que les libertés syndicales. Tu peux leur rappeler que le troisième mémorandum grec (rappel : les deux premiers étaient ceux de la droite, puis du PASOK), présenté au vote du Parlement par Hollande, a failli être voté par un majorité de députés PCF qui ont finalement reculé sous la pression des adhérents. L'UE, c'est l'inverse de la souveraineté du peuple et de la souveraineté nationale, c'est une délégation des pouvoirs de l'Etat à une caste non élue, représentant la grande bourgeoisie européenne, et qui décide sans les peuples. La Grèce a représentée un ballon d'essai pour la mise au pas autoritaire future des autres pays de l'UE.

- Sur la souveraineté nationale, je reprendrai juste ce qu'écrivaient de grands intellectuels du parti au moment de la bataille contre Maastricht.


Antoine Casanova (historien) : "La nation est une réalité vivante, en mouvement. Elle représente le type de portée universelle le plus récent et le plus neuf des communautés ethno-historiques".


Avec le traité de Maastricht, "la nation française perdrait cette liberté des libertés qu’est la souveraineté nationale, c’est-à-dire le droit pour chaque peuple à disposer sans cesse lui-même de son destin".


"La subsidiarité, selon le traité de Maastricht, assure en fait au pouvoir central de la Communauté européenne, le droit intégral (et par là même un pouvoir absolu supérieur à celui des parlements, expressions pourtant de la souveraineté populaire de chaque pays) de se substituer aux États nationaux en tous les domaines, y compris ceux qui ne sont pas de sa compétence directe."


Monique Picard-Weyl (avocate) : "La souveraineté nationale trouve sa légitimité constitutionnelle dans la référence expresse des constitutions de 1946 et 1958 à la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen de 1789. Elle est inaliénable et imprescriptible : un peuple ne peut pas en perdre le droit en ne l'exerçant pas et il ne peut pas y renoncer."


"En ce qui concerne notre constitution, elle n'est pas un modèle de démocratie, et il n'y aurait pas grand dégât si se trouvait entamé ce qu'elle a d'autoritaire. Mais ce qui est ici piétiné, c'est ce principe de souveraineté nationale avec son contenu populaire acquis en 1946. Quand l'article 3 de la constitution actuelle précise que "la souveraineté nationale appartient au peuple français", il ne fait que reprendre la formule de la constitution de 1946 où le contenu populaire de la souveraineté nationale avait été acquis de haute lutte, comme au même moment la proclamation internationale des droits des peuples était issue des luttes antifascistes pour la liberté."


"Un éminent professeur de droit constitutionnel du début de ce siècle l'expliquait fort bien : "pas plus qu'un homme ne peut se vendre ou se donner en esclavage, un peuple ne peut renoncer à sa souveraineté". Et ce principe est plus moderne que jamais car la souveraineté nationale est passée au rang de principe de droit international avec la Charte des Nations Unies, dans le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Du même coup, il est devenu un élément de l'ordre public international, ce qui donne à la notion d'inaliénabilité et d'imprescriptibilité une consécration nouvelle et universelle. Le traité est donc un défi à notre constitution et aux règles les plus essentielles et les plus modernes, les plus progressistes du droit international."

- Enfin, il y a le problème de l'euro. Dans la droite ligne des paragraphes précédents, une monnaie comme l'euro enlève automatiquement la liberté au peuple français de décider de sa propre politique économique. Que des Mélenchon ou des P.Laurent viennent nous faire tous les plus beaux discours sur leur programme, même s'il s'agit de programme réformistes keynesiens (ou cautères sur une jambe de bois), ils ne pourront pas l'appliquer à cause de la dépendance à l'euro (et des commissaires européens bien sûr), parce que l'euro est une monnaie bien trop forte pour notre économie (environ 20%) qui oblige à délocaliser (c-à-d à mener une politique impérialiste) pour surexploiter des pays tiers, ainsi qu'à casser tous nos acquis sociaux et faire baisser les salaires et pensions pour compenser en interne. L'euro fort, combiné avec les mécanismes de la dette, constitue un système cohérent qu'il faut détruire : le TSCG (Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance) est venu compléter les critères du traité de Maastricht pour contraindre les gouvernements à redonner la maitrise de la plus-value aux capitalistes. Il n'y a pas d'échappatoire à ce système, sinon d'en sortir.

Pour finir, je dirais que tu peux les traiter de menteurs ! Dans le texte qui a été voté par le dernier CN ("En Europe, l'humain d'abord, pas la finance !"), il est écrit : "Depuis les premiers pas de la construction européenne jusqu’aujourd’hui, en passant par Maastricht, l’Acte unique ou le Non au référendum de 2005, les communistes se sont toujours opposé·e·s à la main mise des intérêts du capital sur la construction  européenne". C'est faux ! Les communistes se sont opposés tout court à la construction européenne (le PCF avait voté contre le traité de Rome créateur du Marché Commun), puisqu'ils ont toujours considéré que c'était la construction du capital. La direction nie qu'il y ait eu un changement de politique avec R.Hue vis-à-vis de l'UE, et donc nie sa propre histoire. C'est ce que l'on appelle du révisionnisme.

Fraternellement
Pascal Brula


Le 18/04/2018 à 23:12, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. a écrit :


A tous


dans le cadre de la préparation du congrès, mardi se déroule à Grenoble une AG de secteur pour la préparation du congrès . Un des thèmes qui sera évoqué tournera autour de l'Europe et des élections.J'y évoquerai bien sûr la nécessité d'un réel débat entre tous les communistes auquel on me rétorquera que ce débat a déjà eu lieu sans que puisse me dire quand, enfin vous voyez  la suite.


Il y a un point que j'ai du mal à argumenter clairement. L'UE pousse à l'ouverture à la concurrence du service publique et à sa privatisation. Mais que ce soit pour la SNCF ou pour les barrages hydrauliques il existe différents articles qui prévoient la possibilité de maintenir les concessions aux exploitants publics dans les règlements européens. C'est à ces articles que se réfèrent le camarade cheminot de la CGT dans la rencontre de Vénissieux et P.Laurent au barrage du Sautet pour dire que ce n'est pas l'UE mais uniquement le gouvernement qui est responsable. Auriez-vous une idée pour démonter cet argument qui si on s'y laissait aller pourrait renverser la vapeur et nous montrer que c'est l'UE qui nous protège de nos gouvernements.


En vous remerciant par avance


Willy Pepelnjak


Le grain de sel de Bernard Trannoy

 

Pour la paix et la sécurité l'OTAN n'est pas la solution, mais le PROBLEME.

 

Pour l'avenir de nos services publics l'U.E n'est pas la solution, mais le PROBLEME.

 

En fait ces 2 entités constituent un TOUT. On ne peut sortir de l'un, sans sortir de l'autre.

 

Certes, sortir de l'U.E, de l'€uro ce n'est pas sortir du capitalisme (Argument fallacieux de Pierre Laurent, pour fermer le débat. Tout cela accompagnant la diabolisation de ceux qui ont une autre approche).

 

Mais rester dans l'U.E, dans l'€uro, c'est se refuser à sortir du capitalisme. C'est en fait considérer que le capitalisme est la fin de l'histoire, donc s"en accomoder.

 

Ne jamais oublier, c'est celui qui possède qui bat la mesure. C'est en dépossédant que nous serons en capacité collective de battre pour nous la mesure. Tout le reste n'est le produit que de marchands d'illusions

« La réalité, c’est que l’euro ne peut pas fonctionner sous sa forme actuelle, peu importe que vous soyez pour ou contre. Il est inefficient. Si vous êtes pour et que vous voulez que l’euro fonctionne, alors il faut créer un État fédéral européen, abandonner toute notre souveraineté, avoir un droit fiscal et social unique qu’il nous plaise ou non, qu’il soit compatible avec nos « avantages conquis ou pas », il faut un impôt européen (en plus de tous ceux que l’on paie aujourd’hui), il faut une union de transfert, donc accepter que les riches français payent pour les pauvres grecs (c’est valable pour les Allemands aussi), bref, il faut faire le grand saut fédéral, et au passage, pour ne donner qu’un exemple du big-bang nécessaire, imposer un RSA à 500 euros dans toute l’Europe ou… renoncer à notre RSA !

Croyez-vous donc un seul instant qu’un grand saut fédéral soit possible ?... »

Pour qu'il y est démocratie, il faut qu'il y est communauté politique. Cette communauté politique se définit par un espace délimité par des frontières au delà desquelles existent d'autres communautés politique.

L'U.E et l'€uro sont-ils de nature à satisfaire ce désir de démocratie ?

Proposer de changer l'UE en sachant pertinemment que c'est impossible dans le cadre actuel, c'est mentir.

Proposer de changer notre modèle de société en France sans proposer de restaurer notre souveraineté populaire et nationale, c'est abuser les citoyens.

L’avenir exige impérativement le contraire de la politique de Macron

L’avenir exige impérativement le contraire de la politique de Macron

 

22 Avril 2018

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Vouloir confier au patronat l’éducation pour formater les jeunes est non seulement une prime à l’exploitation capitaliste, une de plus… Mais surtout de l’inconscience alors même que l’on prévoit la suppression de 50% des emplois d’aujourd’hui dans un avenir proche, c’est une politique à courte vue… Le Capital ne voit que ses intérêts immédiats et pas la formation à la créativité, aux soins à la personne, à tout ce que le robot sera incapable de faire.

 

Aujourd’hui le véritable défi de cette révolution des forces productives est de penser l’avenir: comment reditribuer les richesses produites, comment préparer les futures générations à ces suppressions massives de métiers au profit d’autres? la planification nécessaire est complètement étrangère au patronat, c’est le rôle de l’Etat dans une relation nouvelle aux citoyens concernés par cette mutattion et la mobilisation du service public, agents et utilisateurs. L’appel aux connaissances, au savoir et aux créatifs d’aujourd’hui pour faire face à ce qui peut être une catastrophe ou une émancipation humaine. L’entrepreneur, de l’artisan au PME innovante ne doit pas être exclu de ce travail collectif pour demain, au contraire mais une coordination s’impose et elle doit être en terme d’intérêt génétal. Nous ne manquons pas d’atout en France, de Colbert au programme de la Résitance appliqué à la libération, il y a là de formidables acquis que Macron et les siens sabotent pour nous faire nous aligner sur un modèle américain en crise profonde.

 

Il y a une telle bêtise dans la réaction, le symbole en est aujourd’hui  cette bande de salopards « identitaires » qui prétendent protéger les frontières, non des grands monopoles, mais des migrants.  Que l’on soit réservé sur l’accueil des immigrés et que le débat soit nécessaire ne me choque pas, ne serait-ce parce que je m’interroge sur le vol des cervaux,formés à grand peine dans les pays sous développés, rejetés par la guerre, le pillage et attirés par le tropisme des pays développés. Autre chose sont les mesures mesquines et inhumains par lesquelles on prétend régler le problème par la maltraitance.  Imaginer qu’il existe de individus assez  immondes pour aller arrêter dans la neige des misérables mal chaussés, épuisés en se photographiant comme si on se lançait dans un exploit sportif cela donne envie de vomir. Et bien la manière dont un Collomb qui a été « socialiste » prétend lui aussi régler le problème relève de la même logique stupide.

 

Macron est aux Etats-Unis pour y faire copain-copain avec Trump. La presse US l’appelle « le chuchoteur » par référence à l’homme qui chuchotait à l’oreille des chevaux… En plus quand il se vante d’avoir dompté la bête, il se prend une ruade comme quand il a affirmé l’avoir convaincu de rester en Syrie. Mais cette vassalité dans laquelle on joue le rôle du petit  conseiller sans doute un peu fou du roi imprévisible, repose sur une profonde ressemblance,: ce sont deux réacs venus au pouvoir à cause de la crise démocratique qui affecte les Etats-Unis comme la France, deux minoritaires qui ne craignent pas de violer l’opinion par une politique à courte vue au profit des riches … Leur logique c’est la guerre de tous contre tous et celle qui ne craint pas l’anéantissement planétaire par narcissisme autant que par ancrage de classe.

 

Il ne s’agit pas de revendiquer la bonté, la morale, mais de comprendre les enjeux réels, leur politique à courte vue  ne peut qu’aggraver les conséquences des problèmes posés par la mutation des forces productives. La régression est impossible alors le choix qui est devant nous est soit la maîtrise au profit d’une amélioration collective de la condition humaine, soit prétrendre la réserver à une petite minorité ce qui revient à développer toutes les formes de guerre y compris celle qui menera à l’anéantissement. Toutes les périodes d’essor des forces productives, de grandes découvertes ont toujours coÏncidé avec des formes résiduelles d’obscurantisme, de peur pour que les choses restent en état. Socialisme ou barbarie. hier comme aujourd’hui.

 

danielle Bleitrach

[RussEurope-en-Exil] Y-a-t-il une alternative à la stratégie populiste ? Par Jacques Sapir et remarques de Danielle Bleitrach

[RussEurope-en-Exil] Y-a-t-il une alternative à la stratégie populiste ? Par Jacques Sapir et remarques de Danielle Bleitrach

 

22 Avril 2018
 
    1. Voici un article qui a le mérite d’être clair sur une opposition « stratégique » et qui démontre l’utilité d’une stratégie. Mais personnellement en tant que communiste, je suis en total désaccord avec ses conclusions:  je ne me reconnais pas dans la stratégie d’union préconisée effectivement par Pierre Laurent. Comme le dit bien l’article la tactique d’union est imposée par la tactique électorale non seulement celle de la Consititution de la Ve République, mais y compris aujourd’hui par les élections européennes parce que le PCF a été transformé en parti zombi comme le dit jacques Sapir.
    2. Faire de cette tactique contraignante l’équivalent d’une stratégie de soumission et d’éffacement telle est en effet l’obsession de Pierre laurent, une obsession mortifère qui va rendre inutile le Congrès si les militants ne s’y arrachent pas. Personnellement je crois qu’une stratégie se déploie au minimum sur dix ans et qu’il s’agit de repartir sur ses fondamentaux dans lesquels comme le montre a contrario l’article les stratéges d’union et ceux du populisme se débattent difficilement.
    3. Les fondamentaux du PCF sont la  lutte des classes, la nécessité d’un parti, toutes choses que les deux stratégies pré-citées mettent sous l’étégnoir. Sans un parti communiste les fronts populaires, les mouvements populistes se structurent autour d’ambitions individuelles et s’effondrent dans les luttes. C’est exactement ce qu’ont été incapables de comprendre depuis Robert Hue tous les dirigeants communistes qui ont joué un espèce de jeu de balance entre tactique d’union et tactique populiste entraînant dans leur sillage tout le parti et le détruisant. Pour mesurer l’utilité du parti et d’une vision claire de la lutte des classes, il faut effectivement avoir une vision nationale, de ses traditions et la France en est riche mais aussi de la transformation internationale et pas seulement focalisée sur l’Europe.
    4. La Chine, Cuba pour ne citer que deux exemples sont essentielles si l’on veut analyser le mouvement du monde, y compris celui de l’Amérique latine dont s’inspire la réflexion sur le mouvement mais en rejoignant le plafond de verre de ces stratégies latines aujourd’hui. Sans le rôle de Cuba, on ne comprend pas le mouvement bolivarien qui s’est développé en Amérique latine et ce n’est pas un hasard si Raoul Castro cédant la place de président se réserve celui de dirigeant du parti cubain.
    5. Quant à la Chine, le rôle du Parti communiste chinois est essentiel si l’on veut comprendre la manière dont ce pays est passé de pays sous développé, colonisé à celui de deuxième et première puissance du monde, si il conserve un but, celui de la paix mais aussi une société de moyenne aisance, la réduction de la pauvbreté. Si ces deux pays et d’autres sont capables de mener développement et défense de la nation dans une conception internationale de nouveaux rapports sud-sud. Toute choses que l’intelligent article de Jacques Sapir semble incapable d’envisager. 
(Note de danielle Bleitrach)
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Le parti zombi…


Billet invité

La question du « populisme » est aujourd’hui à l’ordre du jour. Selon « Marianne » cette question diviserait la France Insoumise, entre partisans d’une ligne populiste et partisans de la vieille « union de la gauche »[1]. La question de la stratégie, ou plus précisément des stratégies qui s’affrontent, est un véritable problème, et un de ceux qui ne disparaitront pas d’un claquement de doigt. L’autoritarisme du Président Emmanuel Macron, que confirment chaque jour un peu plus ses réactions face à la contestation sociale (et l’on pense ici aux dizaines de blessés de Notre-Dame des Landes ou des évacuations de grévistes dans les universités), est une preuve que les divers mouvements, même s’ils convergent, ne pourront provoquer un changement de politique. Le mieux que l’on puisse en espérer, et ce mieux n’est pas rien, serait un blocage des désastreuses réformes qu’Emmanuel Macron et son gouvernement cherchent à faire passer en force.

 

Si donc l’on veut faire reculer le néo-libéralisme et l’élite – qu’on l’appelle oligarchie ou comme le faisait Jean-Pierre Chevènement l’établissement – il devient dès lors clair qu’il faudra trouver un débouché politique aux luttes sociales. Mais ce débouché politique implique un affrontement frontal avec l’oligarchie. Pour que cet affrontement soit victorieux il doit être compris qu’il convient de présenter un vaste front. Aucun mouvement ne pourra espérer être victorieux sur la base de ses simples forces. Mais, si des formes d’alliances – rendues nécessaires par le système électoral français – vont s’imposer, elles ne résolvent nullement la question du cadre de cette alliance ni celui du choix entre une stratégie dite « populiste » et une stratégie dite « d’union », que ce soit à gauche ou à droite.

 

Stratégies et mode de scrutin

 

Les stratégies dites « d’union » ont pu fonctionner dans le passé. Que ce soit avec « l’Union de la Gauche » dans les années 1970 au début des années 1990, ou sous l’appellation de « gauche plurielle » lors des législatives de 1997, cette stratégie a été gagnante. A droite, les stratégies « d’union » ont été moins formalisées. Elles ont néanmoins permis la victoire de Valery Giscard d’Estaing en 1974, puis celle de Jacques Chirac en 1995 (après cependant un affrontement féroce au sein de la droite) et enfin en 2007 avec la victoire de Nicolas Sarkozy. Mais, il convient ici de ne pas confondre une tactique, qui peut être provisoire, avec une stratégie. Ce qui caractérisait la vie politique française des années 1970 aux années 1990 était bien la construction, certes problématique, certes entachée de multiples contradictions, de deux « blocs » chacun réuni par une stratégie d’alliance. La construction de ces « blocs » rendait naturelle l’alliance tactique en période d’élections.

 

Les tactiques d’union sont, il faut le rappeler, impératives vu le système électoral français, c’est à dire le scrutin uninominal d’arrondissement à deux tours pour les élections législatives et le scrutin à deux tours pour l’élection présidentielle. Pour l’élection présidentielle en particulier, mais aussi pour les élections législatives, il fonctionne suivant le principe « on choisit au premier tour, on élimine au second tour ». Mais, une tactique d’union ne fait pas une stratégie. Le fonctionnement plus ou moins bon de ces tactiques était soumis au cadre stratégique. Moins bien fonctionnait la stratégie et plus la tactique était susceptible d’avoir des « ratés » importants.

 

Les différends partis, il faut le rappeler, se construisent sur des stratégies qui organisent leurs discours ; ces partis ou mouvements adoptent lors des élections des tactiques électorales. La question de la cohérence entre ces stratégies et ces tactiques est donc naturellement aujourd’hui posée. Ces tactiques ont en effet survécu à l’épuisement du contenu des stratégies. On l’a vu lors de l’élection de François Hollande au 2012. Les discussions entre François Hollande et Jean-Luc Mélenchon, sans qui il n’aurait pu être élu, ont été minimales. De fait, il apparaissait déjà qu’il n’y avait aucune base d’accord stratégique entre le PS et la gauche radicale. Mais, il est clair – et l’élection présidentielle de 2017 l’a prouvé – que le temps où ces tactiques pouvaient rester pertinentes est révolu. Il faut donc repenser l’ensemble de l’articulation entre la stratégie et la tactique si l’on veut avoir une chance de triompher dans les prochains affrontements.

 

L’éclatement des stratégies dites « d’union »

 

Ce qui a miné de manière radicale la possibilité d’accord stratégique, même à minima (et on rappelle que l’élection de François Mitterrand en 1981 ne s’était pas faite dans le cadre du « programme commun » mais d’une « union de la gauche » bien moins contraignante), est le fait que depuis les années 2000 les anciens clivages partisans « gauche-droite » ont été dévalorisés tant par les comportements politiques (que ce soit ceux de Nicolas Sarkozy avec sa politique d’ouverture en début de quinquennat ou de François Hollande) ou par le pivotement général du champ politique imposé par l’Union européenne et la mise en place de l’Euro. Il convient cependant ici de ne pas confondre ce que l’on appelle les « clivages » avec l’existence d’un ensemble de principes politiques et sociaux qui peuvent servir de définition à une « gauche » comme à une « droite », mais qui sont souvent partagés bien au delà des clivages partisans. On peut ainsi considérer que nous sommes dans une période de redéfinition des clivages partisans, et cela a des conséquences importantes pour les stratégies. L’impossibilité d’une stratégie « d’union » ne serait alors que temporaire[2], le temps que les clivages se redéfinissent. Mais, on peut aussi considérer que le changement est en réalité bien plus profond, avec l’émergence d’une « élite » qui tend à se séparer de plus en plus de l’ensemble de la population. Plusieurs chroniqueurs notent ainsi, depuis ces dernières semaines, une tendance au « séparatisme » ou à la sécession des élites[3]. Ceci traduit en réalité l’impact de ce que l’on appelle la « mondialisation » sur la société française. Car, dans une économie « mondialisée » les élites, et l’oligarchie, peut se croire dégagée des impératifs de la solidarité nationale. Les profits qu’ils encaissent ne sont plus liés à la santé de l’économie nationale, une santé qui elle-même exigeait que les masses aient un revenu croissant pour consommer[4]. On constate que les inégalités, calculées comme la part du revenu accumulé par les 10% voire les 1% les plus aisés, ne cessent d’augmenter depuis la fin des années 1980, c’est à dire depuis l’accélération du processus de mondialisation, mais aussi l’acte unique européen. Et l’UE tout comme l’Euro ont été de puissants vecteurs de cette mondialisation et n’ont nullement visé à « protéger » en quoi que ce soit la société française (tout comme les sociétés des autres pays de l’UE…). On assiste dès lors dans un même mouvement à une réduction numérique du prolétariat industriel (en raison de la désindustrialisation engendrée par la mondialisation et les règles européennes) combinée à une prolétarisation massive, qui touche aujourd’hui de larges fraction du salariat (ce que l’on appelle les « classes moyennes ») et du quasi-salariat (avec la prolétarisation rapide des conditions d’existence des auto-entrepreneurs).

 

Si l’on adopte cette grille de lecture, il devient alors clair que, au-delà d’un simple processus de redéfinition des clivages, nous sommes entrés dans un processus de rupture des anciens cadres politiques. Ce qui s’est passé en Grèce en 2015 est encore dans toutes les mémoires. On a vu la souveraineté d’un pays bafouée par l’Union européenne et par les institutions de la zone Euro. La définition de l’oligarchie et de ses liens avec tant la mondialisation que la construction européenne en a été considérablement précisée ? Cela implique l’invalidation des stratégies anciennes. De fait, tous les acteurs qui, à gauche comme à droite, cherchent à revenir à des stratégies dites « d’union » n’ont pas mesuré les changements dans le contexte politique et social de la France. Leurs cadres politiques sont restés bloqués au XXème siècle et ils ânonnent « Union », « Union » sans se rendre compte que les conditions ont profondément changées.

 

Populisme et stratégies populistes

 

Les stratégies que l’on qualifie de « populistes » se définissent par la tentative d’un parti ou d’un mouvement d’intégrer, de manière plus ou moins stabilisée, des fractions sociales et électorales qui ne correspondent pas à sa définition initiale. Ces stratégies ont été expérimentées en Amérique Latine en particulier, parce que la situation de domination néocoloniale de certains de ces pays conduisait à une polarisation intense des revenus et à l’émergence d’une élite clairement distincte du reste de la population[5]. Des situations analogues se sont développées d’abord à la périphérie de l’Europe (Espagne, Grèce) puis en son cœur.

 

Mais, dire cela ne suffit pas pour construire une stratégie. Il faut passer du constat, qui aujourd’hui n’est guère plus contestable, à la définition d’une stratégie. Cette dernière doit viser simultanément à élargir de manière fondamentale l’espace politique de la force qui l’adopte, en lui permettant de mordre largement sur des franges électorales qu’elle ne pouvait toucher auparavant, de gagner une forme d’hégémonie politique lui permettant de redéfinir les priorités politiques mais aussi les catégories politiques utilisées bien au-delà de son propre espace, enfin de rendre possible les alliances tactiques, autrement dire les glissements de vote de franges de l’électorat qui, quoiqu’en conflit avec les ordres de priorité de la force politique, seront amenées à préférer son succès à celui d’une autre force dans le cadre d’une élection au scrutin majoritaire à deux tours. Pour cela, une stratégie populiste se doit de construire le « peuple » comme figure centrale, renvoyant les autres forces à la défense d’intérêts particuliers ou à l’image de forces sectaires.

 

Ainsi, des formules comme le « peuple de gauche » sont inadéquates à ce projet. Une stratégie populiste cohérente ne cherche pas spécialement à unir « la gauche » (c’est en réalité un effet dérivé de cette stratégie) mais vise à la construction d’un discours construit sur l’opposition « eux/nous ». Pour y aboutir encore faut-il présenter le « nous » comme correspondant à la notion de Peuple qui est historiquement associée à celle de Nation. Encore faut-il, pour que ce projet soit cohérent, définir le Peuple comme une communauté politique, définies par des règles, et susceptible d’englober tous ceux qui acceptent ces règles et se reconnaissent dans une histoire commune. De ce point de vue une stratégie populiste cohérente va bien au-delà des formules politiques. Elle implique une vision de l’espace politique définit à travers la souveraineté de la Nation qui est mise en œuvre par la souveraineté populaires et des règles organisatrices de l’existence du Peuple (comme le mérite ou la laïcité) mais aussi une forme de réappropriation du récit (et non du roman) national.

 

Populisme et ruptures

 

Dans la période actuelle il est clair qu’une telle stratégie a bien des avantages sur une stratégie dite « d’union », qu’il s’agisse de l’union des gauches ou de l’union des droites. La première continue d’être défendue par deux partis-zombis, le PCF et le PS, et la seconde par divers personnages politiques que ce soit chez les Républicains, mais aussi par Nicolas Dupont-Aignan. Cette stratégie d’union est sous-tendue par l’hypothèse que le champ politique est structuré par des forces politiques qui contrôlent bien l’électorat et qui se définissent autour de valeurs (qu’elles soient sociétales ou économiques et sociales) clairement reconnaissables. Elle implique donc une relative stabilité de l’électorat et des partis dans lesquels il s’incarne. Mais, la montée de l’abstention, tout comme la montée simultanée d’un groupe important d’électeurs qui modifient leurs votes d’élection en élection, bat en brèche cette hypothèse. Ces deux phénomènes, qui considérés simultanément sont largement majoritaires dans l’électorat, signifient l’épuisement du potentiel de toute stratégie dite d’union. Cela fait des stratégies populistes les seules stratégies possibles si tant est que l’on veuille réellement arriver au pouvoir et exercer ce dernier.

 

La définition d’une stratégie populiste viable et cohérente impose comme on l’a dit de faire du Peuple le centre tant des représentations que des projets d’action. Mais, cela implique pour chaque force qui voudrait ainsi se positionner de rompre avec une partie du discours sur lequel elle s’est construite.

 

Pour une force de droite, cela impliquerait de reconnaître la portée des luttes sociales qui se mènent aujourd’hui et qui constituent l’un des fronts du combat contre l’oligarchie. Disons-le, les dernières déclarations de M. Wauquiez ou de Mme le Pen ne vont pas dans ce sens[6]. Elles démontrent une incapacité à comprendre ce qui se joue dans des luttes certes encore éclatées, certes pouvant avoir des aspects caricaturaux (et pouvant abriter des comportements anti-démocratiques), mais qui néanmoins sont décisives pour la constitution d’un grand mouvement social. L’emploi par les représentants du pouvoir de groupes mercenaires pour attaquer ces mouvements, comme on l’a vu il y a quelques jours à Montpellier, est bien une indication de l’extrême sensibilité de ce dit pouvoir à ces luttes. De même, la quasi-absence de Mme le Pen du combat pour la liberté d’expression, un combat qui se concentre aujourd’hui sur la question de la loi sur les informations fausses (les fake news) et qui vise à défendre tous les médias non-officiels (du Média à RT en passant par TV-libertés) montre une incompréhension de ce qui se joue dans l’établissement d’un néo-Maccarthisme, que ce soit dans l’idéologie ou dans les méthodes. On ne rappellera jamais assez que la défense de la liberté d’expression, une liberté fondamentale, passe par celle des personnes qui ne pensent pas comme nous.

 

Pour une force issue de la gauche, comme la France Insoumise, cela implique d’affronter la question de l’identité ainsi que celle des frontières. Compte tenu de la très grande hétérogénéité de la base de constitution de la France Insoumise, hétérogénéité qui fait aussi sa force il convient de le noter, cela ne s’annonce pas facile. La question des frontières est évidemment très symbolique. Elle s’attaque à une conception de l’internationalisme qui est en réalité un a-nationalisme et qui souvent rejette la Nation au profit de communautés mythiques. Reconnaître la nécessité des frontières et leur rôle décisif dans la délimitation d’un espace politique où pourrait s’établir la démocratie est un pas fondamental. Une fois qu’il est franchi et assumé rien n’empêche que l’on traite humainement les migrants. Mais, le devoir d’humanité doit prendre en compte le devoir de démocratie, et ce dernier exige la présence de frontières. Une rupture nette, ici, avec ce que l’on peut appeler le « sans-frontiérisme » s’impose. Il convient ici de rappeler que la question de la souveraineté est absolument essentielle et qu’elle impose une rupture nette.

 

Le populisme et la question de l’identité

 

Mais, au-delà de la rupture avec le « sans-frontiérisme », c’est bien la question de l’identité qui incarne une bonne partie du chemin qu’il reste à parcourir à la France Insoumise pour accomplir sa mue populiste.

 

On partage ici certaines des analyses de Chantal Mouffe et d’Ernesto Laclau, qui ont théorisé l’alternative populiste. Construire le Peuple comme sujet et acteur conscient des processus sociaux et des combats politiques implique de créer une volonté collective qui va au-delà des demandes sociales, des revendications catégorielles, et de la diriger contre les dominants, contre l’oligarchie. Ce procès de construction du Peuple englobe bien entendu la question de la lutte des classes mais il ne s’y réduit pas. Il convient alors de comprendre ce qui fait le peuple, c’est à dire l’histoire, c’est à dire aussi l’intégration de certaines institutions et de leurs effets (on pense en particulier aux services publics), c’est à dire, enfin, la nature profondément politique de ce procès, une nature qui inclut la question du mérite et qui fait figurer bien haut la question de la laïcité[7]. La question de l’identité est donc profondément présente avec celle de la construction du Peuple. Or, sans peuple, il ne saurait y avoir de souveraineté. La question est donc un projet de gauche ainsi que le dit Chantal Mouffe qui parle de «reformuler l’idéal socialiste en termes de radicalisation de la démocratie »[8], mais c’est aussi un projet qui vise à la mobilisation des victimes, qu’elles soient directes ou indirectes, de l’ultralibéralisme. Il implique donc un rassemblement qui aille au-delà de la gauche, un rassemblement qui vise à obtenir la fameuse «hégémonie culturelle», dont parlait Gramsci. Il s’agit ici d’assumer la stratégie populiste comme celle de la construction d’un « bloc historique ».

 

Il faut revenir sur la constitution du Peuple et sur le rôle de l’histoire. Certains voudraient que l’histoire de la souveraineté populaire commence en 1789. Mais, c’est faux, et c’est même un contre-sens[9]. La notion de souveraineté populaire se retrouve dès la Rome républicaine[10], avec la fameuse formule Senatus PopulusQue Romanum[11]. Ainsi, le mépris dans lequel certains des responsables de la France Insoumise semblent tenir tout ce qui est antérieur à 1789 n’est pas seulement absurde du point de vue de la construction de la Nation et de son identité, mais se révèle de plus d’une maladresse insigne..

 

Par contre, ce qui distingue une vision de l’identité « de droite » d’une vision historique qui doit être reprise par toute stratégie populiste, c’est l’identification du Peuple à des racines ethniques et (ou) religieuse. Or, on sait depuis plus de vingt ans que les « Gaulois » ne sont nullement distinct ethniquement des « Germains », mais que leur identité provient en réalité des institutions politiques qu’ils se sont données, l’oppidum, sur le modèle de la cité grecque et romaine. L’identité est donc une construction historique, certes une construction dans le temps long, mais néanmoins une construction. Ce sont donc les principes et les règles politiques qui ont servi à cette construction qui importent, c’est aussi la mémoire des institutions et des luttes qui furent menées pour les construire[12], qui définissent de fait qui va faire partie du Peuple et qui s’en exclut.

 

Retour sur la tactique

 

Cette question du choix de la stratégie n’épuise pas le problème de la tactique. Une fois une stratégie populiste adoptée se posera néanmoins le problème des alliances et des reports électoraux. Mais, ils se poseront dans des termes qui ne seront pas manipulatoires. Car, rien n’est moins crédible que de se crêper le chignon pendant tout une campagne électorale (et même avant) pour faire dans l’entre-deux tours des appels du pieds plus ou moins adroits. De fait, la logique du combat politique veut naturellement que l’on mette en avant les différences (et ses propres spécificités) jusqu’à la veille du premier tour. Mais, il y a manière et manière de la faire. Des déclarations tonitruantes et sectaires avant le premier tout ne sont certes pas la meilleure manière d’obtenir des bons reports lors du second tour.

 

Une stratégie populiste cohérente, qui se pose donc naturellement la question de la tactique et des reports, implique que les principaux coups doivent être réservés à l’adversaire réel, on dira ici en un clin d’œil au cinquantenaire de mai 1968 qui avait vu la mobilisation d’un vocabulaire « maoïste », l’ennemi principal. Cet ennemi principal, c’est bien entendu l’oligarchie, que ce soit dans sa déclinaison française ou dans sa déclinaison bruxelloise (et l’on voit à travers des trajectoires individuelles, comme celle de Pierre Moscovici à quel point elles se confondent et se fusionnent). Cette stratégie cohérente impose certaines formes de restreinte dans la polémique envers qui ne représente pas cette oligarchie. Non que la polémique ne doive pas exister. Une stratégie cohérente considère que montrer les contradictions des autres stratégies est important, que ce soit pour valoriser ses propres positions ou pour provoquer un changement dans des forces concurrentes. Mais, cette polémique qui vise des forces concurrentes doit alors absolument être maîtrisée et contrôlée ; elle doit éviter les formulations sectaires et les formules injurieuses. L’électeur a de la mémoire. Il se souviendra – et on le lui rappellera – les formules méprisantes et les injures. Dès lors, céder à la facilité, devient la meilleure façon d’invalider en tactique une stratégie. C’est faire, justement, le jeu de l’oligarchie, de l’ennemi principal…

 

[1] Voir https://www.marianne.net/politique/union-de-la-gauche-ou-populisme-la-france-insoumise-hesite-et-se-dechire

[2] Voir l’article du Devoir du 9 mars 2018, « Vous avez dit «populiste»? » http://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/522254/vous-avez-dit-populiste

[3] Voir la tribune de Coralie Delaume sur FigaroVox, http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/04/20/31003-20180420ARTFIG00185-la-secession-des-elites-ou-comment-la-democratie-est-en-train-d-etre-abolie-par-coralie-delaume.php

[4] Voir Sapir Jacques, La Démondialisation, Paris, Le Seuil, 2010.

[5] Voir Mouffe Chantal et Inigo Errejon, Construire un peuple, Pour une radicalisation de la démocratie, Paris, Le Cerf, 2017.

[6] Par exemple sa déclaration identifiant le mouvement étudiant avec les punks à chiens, déclaration ridicule pour qui connaît l’importance de certaines assemblées générales.

[7] Sur ce point je renvoie le lecteur à Sapir Jacques, Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, Michalon éditeur, 2016 et Bourdin Bernard et Sapir Jacques, Souveraineté, Nation, Religion, Paris, Le Cerf, 2017.

[8] Citée par Bertrand Renouvin in « Populisme de gauche : questions de stratégie » http://www.bertrand-renouvin.fr/populisme-de-gauche-questions-de-strategie/

[9] N’en déplaise à Alexis Corbière.

[10] Voir Nicollet Claude, « Polybe et la ‘constitution’ de Rome » in C. Nicollet (dir), Demokratia et Aritokratia. A propos de Caius Gracchus : mots grecs et réalités romaines, Paris, Presse de la Sorbonne, 1983

[11] Voir Bretone Mario, Histoire du droit romain, Paris, Editions Delga, 2016

[12] A. Bentley, The Process of Government (1908), Evanston, Principia Press,1949

 

 

Les communards appellent à la lutte

Les communards appellent à la lutte

 

22 Avril 2018

Газета Правда

 

La Pravda №28 (30671) 22 mars 2018

Auteur: Anna SEMIONOVA.

 

http://gazeta-pravda.ru/issue/28-30671-22-marta-2018-goda/kommunary-zovut-k-borbe/

 

Le 18 mars, la France de gauche honorait les héros de la Commune de Paris. En ce jour, la place de la République dans la capitale du pays appartenait aux travailleurs qui, à l’appel du Parti communiste français, se sont réunis ici sous les slogans de la lutte pour la démocratie, contre la concentration du pouvoir et l’autoritarisme du «président des riches». Les orateurs ont souligné la portée universelle de la Commune et la nécessité de préserver les traditions de la lutte.

 

Dans la France d’aujourd’hui, ce jour est répertorié dans la liste des dates les plus importantes du calendrier. Certes, sans le statut de jour férié ni de fête nationale, mais le 18 mars est toujours célébré avec des défilés, des événements culturels et de divertissement, des pique-niques. N’oublions pas qu’en URSS c’était une fête officielle, et jusqu’en 1929 – un jour férié.

 

Que s’est-il passé il y a 147 ans en France? A l’époque, pour la première fois dans l’histoire, le prolétariat insurgé a tenté de s’emparer du pouvoir et, selon les termes de Karl Marx, de «briser la machine d’État bureaucratique-militaire(bourgeoise)». Marx appelait les héros de la Commune de Paris des gens qui, contrairement aux petits-bourgeois lâches, étaient prêts à «prendre d’assaut le ciel», c’est-à-dire à faire l’impossible. Sur la base de l’expérience de la Commune de Paris, qui n’a duré que 72 jours, Marx et Engels ont développé la doctrine de la lutte de classe, de l’Etat, de la révolution prolétarienne et de la dictature du prolétariat.

 

Lénine à son tour, évoquant à plusieurs reprises l’expérience des communards, a également souligné l’importance de leur lutte. «Le prolétariat, se rebellant contre l’ancien régime, écrivait-il, assumait deux tâches: la libération nationale face à l’invasion de l’Allemagne et l’émancipation socialiste des travailleurs. C’est dans cette combinaison de deux tâches que réside la caractéristique la plus originale de la Commune.  »

 

Et une autre leçon a attiré l’attention du chef du prolétariat mondial: la révolution doit être capable de se défendre et de ne pas être indulgente envers ses ennemis. Sinon, la défaite est inévitable et l’on peut s’attendre à une répétition de la «semaine sanglante» de mai 1871, où des dizaines de milliers de Communards périrent dans les rues de Paris, et autant furent jetés dans les prisons. Ce n’est pas par hasard que le Mur des Communards, dans le cimetière parisien du Père Lachaise, où furent fusillés les derniers défenseurs de la Commune, devint sacré pour tous les gens ordinaires et les générations suivantes de combattants révolutionnaires en France jusqu’à nos jours.

 

Aujourd’hui, la gauche française a fixé au jour du 18 mars de grands événements politiques. Ainsi, à Paris, deux des plus grands rassemblements pré-électoraux du candidat présidentiel populaire Jean-Luc Mélenchon en 2012 et 2017, qui ont rassemblé des gens de tout le pays.

 

Et maintenant, en ces jours de mars, la France est à la veille d’un nouveau «printemps social».

 

Bien que les combats d’automne entre les travailleurs et les autorités aient été perdus principalement à cause de la désunion du mouvement syndical, il y a maintenant de nouveaux affrontements avec le président et son cours libéral. Certains d’entre eux ont déjà eu lieu. Le 15 mars, neuf syndicats ont organisé 161 événements dans 95 départements du pays. A Paris (sur la photo) des milliers de personnes sont descendues dans la rue, s’opposant à l’augmentation de la contribution sociale générale (CSG) et à la dépréciation des retraites. « Macron, c’est assez de tout casser et rendre malheureux les retraités » – c’était le principal mot d’ordre des manifestants.

 

La politique gouvernementale de privatisation effrénée des vestiges de la propriété de l’Etat et des services publics provoque une résistance d’une partie importante de la société. Macron prévoit également une réforme constitutionnelle: réduction de près de 30% du nombre de députés, limitation du nombre de mandats, introduction d’un système mixte d’élections majoritairement proportionnel et même restriction du droit des parlementaires d’amender les projets de loi (selon la taille du groupe parlementaire). Et puis – la réforme du logement, le changement du système d’admission à l’enseignement supérieur, la réduction des services médicaux. En bref, une attaque à grande échelle contre les droits sociaux des citoyens.

 

« Le compte à rebours a commencé », écrit l’hebdomadaire « Paris Match ». – Le 22 mars (jour du début des manifestations) Emmanuel Macron fera face à un puissant mouvement social.  » Préparant le début de l’action, les syndicats et les partis politiques de gauche resserrent leurs rangs et clarifient les exigences. « La privatisation est un véritable cambriolage! », A déclaré Jean-Luc Mélenchon, leader de l’opposition anti-gouvernementale, président du mouvement « La France insoumise », dans l’émission télévisée « Dimanche politique ». Il a souligné que ni les chemins de fer, ni les aéroports, ni les barrages hydrauliques, ni d’autres sphères de services publics ne peuvent être des propriétés privées.

 

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a également soutenu les discours des travailleurs, rappelant que l’unité de toutes les forces de gauche est la clé du succès.

 

L’union du mouvement syndical avec le mouvement politique, le refus de dépolitiser les syndicats et la «division entre actions sociales et politiques», une idée que Jean-Luc Mélenchon défend depuis des années, semble être en train de se réaliser. « Nous n’avons même pas besoin d’un front, mais d’une bataille commune », a-t-il déclaré lors d’une interview récente, soulignant qu’il sera lui-même le 22 mars avec les gens dans les rues de Paris. « Le 22 mars est le jour de la lutte générale de la société contre la domination de l’argent et ce gouvernement qui protège les intérêts des oligarques », a souligné le politicien.

 

Dans ces batailles de printemps, les cheminots du pays sont à l’avant-garde. Les salariés des chemins de fer, dont l’abréviation SNCF flambe sur tous les trains et gares, animés par cinq syndicats: la CGT, la Confédération française du travail ferroviaire, l’UNSA, SUD-Rail et Force Ouvrière, ont choisi une nouvelle forme de résistance: une mobilisation innovante, c’est-à-dire, des grèves avec un «calendrier roulant», en alternant les journées de grève avec les journées de travail. Ceci est fait à la fois pour minimiser les dommages aux passagers, et pour maintenir un salaire minimum pour les employés, parce que les jours de grève ne sont pas payés.

 

Le 22 mars devrait être une manifestation grandiose à Paris avec la participation non seulement des cheminots, mais aussi des travailleurs des autres services publics: son itinéraire passera de la gare de l’Est à la place de la Bastille. « Les cheminots sont dans les starting blocks », écrit le journal « L’Humanité », qui publie presque quotidiennement des documents sur les préparatifs de la grève. – Partout en France, la mobilisation est organisée contre les ordonnances (décrets ministériels – Ed.),

 

Qui mettent la SNCF sur la voie de la libéralisation forcée.  » Dans le contexte de larges sentiments de protestation, on note les déclarations du chef du Front national, Marine Le Pen, qui est tout à fait dans son style de droite, que les cheminots vont encore «pleurnicher et geindre» dans les rues. Comme on dit, les commentaires sont superflus.

 

Le 19 mars a été suivi d’une déclaration conjointe de onze partis et mouvements de gauche avec l’appel «Protégeons les services publics! Solidarité avec les cheminots! « . Ce document a été soutenu par le Parti communiste français, le Parti de gauche, le groupe parlementaire de la France Insoumise, le groupe Ensemble, le Parti Europe-Écologie-Verts, le Nouveau Parti anticapitaliste, le mouvement de Benoit Amon « Génération »,celui du socialiste de gauche Gérard Filoche et plusieurs organisations plus petites. « Après 20 ans de libéralisation intensive sur le modèle des directives européennes », souligne le document, « Macron propose de mettre fin au service ferroviaire national par des ordonnances aux conséquences dramatiques pour la population et le développement des territoires. Nous déclarons que le 22 mars nous serons dans la rue pour protéger tous les services publics, en commençant par les chemins de fer, ainsi que tous les employés engagés dans ces domaines, dans l’intérêt des travailleurs.  »

 

Traduction MD pour H&S

21 avril 1944 : les Françaises obtiennent le droit de vote

21 avril 1944 : les Françaises obtiennent le droit de vote

 

221  Avril 2018

  • Au point où ils en sont de leur destruction de tout ce qui a été mis en place à la libération (programme de la résistance+ ministres et députés communistes), est-ce qu’ils iront jusqu’à supprimer le droit de vote des femmes? Est-ce que ça comme le statut de la fonction publique, celui du rail,  la sécurité sociale et tant d’autres dispositions qui ont changé la France peuvent être considérées comme dépassées ? On peut s’interroger, la condition féminine a toujours évolué quand les combats de classe pour le progrès social et l’émancipation humaine ont avancé et elles ont rétrogradé quand la réaction a avancé. ce qui nest sûr aujourd’hui c’est qu’avec les bas salaires, la précarité, les inégalités, la destruction de la santé, la condition féminine se dégrade. La fonction publique a été le lieu des avancées en matière d’égalité des femmes.
  • (note de danielle Bleitrach)
le 20/04/2018 par Michele Pedinielli
   

Paris 1937 : manifestation pour le droit de vote des femmes françaises – source : Gallica-BnF

 

C’est depuis Alger que le Comité français de libération nationale publie son plan d’organisation de la France après la Libération. L’article 17 donne aux Françaises le droit de voter et d’être éligibles aux élections.

 

C’est une simple phrase. Un article d’une ligne qui va bouleverser la vie de millions de Françaises. Dès la Une, les lecteurs et les lectrices de L’Echo d’Alger du 23 avril 1944 comprennent que quelque chose est en train de se passer.

 

Le Comité français de libération nationale, présidé par Charles de Gaulle, a rédigé le 21 avril une ordonnance  sur l’organisation des pouvoirs publics en France après la libération. La première déclaration donne le ton :

« L’Assemblée nationale constituante sera élue au bulletin secret et à un seul degré par tous les Français et Françaises majeurs. »

La lecture de l’article 17 ne laisse pas place au doute.

« Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes. »

On doit la rédaction finale de cet article 17 à un membre du Parti communiste, Fernand Grenier. Résistant, représentant du PCF et des FTP auprès du général de Gaulle à Londres, il devient bientôt commissaire à l’air (civil et militaire) du gouvernement provisoire.

 

Fernand Grenier s’est battu, y compris au sein du Conseil national de la Résistance, pour l’attribution pleine et entière du droit de vote aux femmes. La première rédaction de l’article en mars 1944 ne mentionnait que l’éligibilité des femmes (« les femmes sont éligibles dans les mêmes conditions que les hommes »), le droit de vote n’étant pas clairement exprimé. Fernand Grenier dépose et fait adopter un amendement qui donne sa forme finale à l’article 17.

 

Cet article est l’aboutissement de 150 années de luttes pour le droit de vote depuis Olympe de Gouges et sa « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ».

Les débats au sein des différents mouvements de la Résistance ont fini d’accélérer le processus, malgré l’opposition de plusieurs sensibilités comme les radicaux, craignant un vote féminin influencé par l’Église catholique.

 

Ce n’est pas une coïncidence si l’amendement final est rédigé par un communiste. Aux élections municipales de 1925, ce parti présentait déjà des femmes en position éligible, une dizaine d’entre elles entrant alors dans les conseils municipaux avant que leur élections ne soit invalidée [voir notre article].

Et dès 1936, le quotidien communiste national L’Humanité affirme : « La femme française doit voter ! »

« Rappelons que les députés communistes ont été les seuls à voter sans réserve le droit de vote et d’éligibilité pour les femmes.

 

Notre camarade Ramette, dans l’excellent discours qu’il prononça à cette occasion à la Chambre, dit :

 

“Notre parti veut que les femmes puissent voter, non seulement aux élections municipales, mais à toutes, les consultations pour la formation des assemblées délibérantes. Et nous voulons qu’elles y soient éligibles.” »

Le 29 avril 1945, les Françaises peuvent enfin exercer leur droit aux élections municipales. Sous le titre « Pour la première fois, les Françaises ont voté », le journal de gauche L’Aube, constate qu’elles votent en masse et, ô miracle, qu’elles arrivent à se débrouiller toutes seules dans l’isoloir, avant « d’aller vaquer aux soins du ménage ».

« Dans toutes les sections, les Françaises sont venues, très nombreuses. La plupart ont voté, dès l’ouverture du scrutin avant de faire leurs courses et d’aller vaquer aux soins du ménage, d’autres sont allées l’après-midi dans les sections de vote, en compagnie de leur mari, et parfois même des enfants.[…]

 

Et les religieuses elles-mêmes, dont certaines n’avaient pas franchi les portes de leur monastère depuis leur prise de voile, ont tenu à venir déposer leur bulletin dans l’urne.

 

Les hommes, il faut bien le dire, s’amusaient à l’avance de l’attitude embarrassée des femmes au moment de voter. Eh bien ! Reconnaissons que nos compagnes ont su se tirer d’affaire fort convenablement.

 

Et si quelques dames ont un peu hésité entre les listes et se sont embrouillées avec leurs bulletins dans le secret de l’isoloir, la grande majorité d’entre elles savaient fort bien ce qu’elles voulaient et l’ont prouvé. »

Ce premier suffrage universel voit arriver plusieurs femmes à la tête de municipalités, issues des mouvements de la Résistance et du Parti Communiste : Odette Roux aux Sables d’Olonne ou Pierrette Petitot à Villetaneuse. En Côte d’Or, la petite commune d’Echigey élit un conseil municipal entièrement féminin.

« Les femmes prennent chaque jour et sont appelées à prendre une part de plus en plus importante à la vie politique du pays.

 

Aux élections municipales d’avril, elles ont obtenu plus de 5 des sièges, Il existe en France, à Echigey, dans la Côte d’Or, par exemple, des municipalités entièrement féminines.

 

Dans la Seine, un certain nombre de femmes sont maires adjointes, et la séance de l’Assemblée Consultative a émis, tout récemment, le vœu que l’accès à la magistrature leur soit également ouvert. »

Ironie grinçante de l’Histoire : si c’est à Alger que le droit de vote a été attribué aux Françaises, un million et demi d’Algériennes musulmanes ne pourront exercer ce droit qu’en 1958, sur demande expresse du président du Conseil Charles de Gaulle.

 

Nul homme est une île, mais Cuba est une île, sur fond de NDL, mais aussi de combat pour le service public et de révolte estudiantine

Nul homme est une île, mais Cuba est une île, sur fond de NDL, mais aussi de combat pour le service public et de révolte estudiantine

 

19 Avril 2018

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Dans le cadre de la célébration de mes 80 ans, je suis partie à la rencontre d’une ville, mais aussi de films, en jouissant de l’humeur rebelle du temps, une sorte de bilan d’une vie en forme d’avenir…

 

« Nul homme est une île, un tout complet en soi » c’est le début d’un poème d’un anglais du XVIIe siècle JOhn Donne que le cinéaste Dominique Marchais a choisi comme titre de son film sur l’importance du savoir vivre ensemble. Le cinéaste y  décrit trois expériences de solidarités collectives . D’abord en Sicile avec une coopérative de producteurs d’agrumes en lutte contre la grande distribution mais qui sont aussi des éleveurs de poules en liberté. En Autriche, des architectes et des artisans recréent les conditions d’un habitat écologique avec une réflexion sur les matériaux, enfin en Suisse, c’est le développement du patrimoine local. Bien sur on retrouve là des thèmes bien connus, circuits courts, méfiance à l’égard des pouvoirs corrompus voir mafieux, démocratie collective et à ce titre on est plus ou moins convaincus par les discours. Mais le cinéaste va plus loin que les expériences, il leur donne un sens  politique d’intelligence collective et c’est dû à la maîtrise de l’espace dont il fait preuve.Le cinéma est affaire d’espace et de temps.

 

Le discours de ceux qui se sont lancés dans l’expérimentation sociale a comme contrepoint sa manière de montrer l’aménagement d’un territoire; IL y a cette autoroute qui isole les champs les uns des autres, infranchissable, il stérilise  la production agricole. La multiplication de supermarchés fruits de la corruption des notables locaux , crée aussi sa forme de stérilité.  Les grandes surfaces imposent des produits empoisonnés et asphyxient la production locale. Le bois qui vient d’ailleurs ne travaille plus, ne vit plus et il contraint l’artisanat local à perdre de sa créativité. Pourtant nous ne sommes pas seulement dans un petit groupe de résistants à « la modernité » parfois sur des bases archaïques, mais bien au contraire dans une prospective grâce à cette manière de filmer inspirée par tous les grands paysagistes, on pense à Straub et huillet, mais aussi à Nicolas Ray. le sujet devient politique et s’élargit à sa dimension de classe. la question est politique elle est celle de l’aménagement d’un territoire, voire de continents.

 

Et là l’utopie est confrontée à d’autres enjeux. Regardez ce qui ce passe à  NDL, où nicolas Hulot fait la démonstration de son appartenance à un camp, celui du capital… L’écologie ce n’est pas « l’anarchie », c’est  » l’ordre » comme sous Pétain? de quoi est-il exactement question désormais?

 

Le cinéaste ne donne pas de leçon, il écoute, mais sa caméra s’évade.Il nous est beaucoup parlé des liens européens entre ces divers groupes… Encore un effort pour aller vers le monde, l’Europe n’est pas en soi ni un remède, ni le mal absolu, l’UE n’est pas contestable en tant qu’espace mais  elle l’est en tant que pouvoir du capital, Macron, Hulot utilisent l’Europe comme une forme d’oppression, mais la nation aussi,le brexit est là pour démontrer que si l’exploitation capitaliste demeure rien ne change… La patrie a besoin du socialisme et l’utopie continentale devra un jour ou l’autre considérer son adversaire;

 

Ce que cherche la caméra c’est un espace de coopération, à quelles conditions.cet espace de coopération pourrat-il exister?

 

Et tout commence d’ailleurs dans le film par une caméra respectueuse qui découvre  la magnifique fresque de Sienne: » les effets du bon et mauvais gouvernement de Lorenzetti ». Ce choix est excellent, Sienne est alors en pleine dénonciation d’un pouvoir féoda, celui-ci est remis en cause par un pouvoir citoyen. La paix ou la violence  résulte de cette capacité ou non de repousser la tyrannie ou de gérer collectivement la ville et son environnement rural pour le bien commun.. Cette fresque fait partie de mes fondamentaux du temps où je faisais le tour des églises, des musées et des palais pour étudier la naissance urbaine dans le cadre d’une maîtrise d’Histoire médiévale.

 

En ce sens, Dominique Marchais fait le lien sans peut-être en être réellement conscient entre les inquiétudes, les potentialités d’aujourd’hui autour de cette question, à l’isolat de l’expérimentation solidaire, il substitue à la description de ces expériences isolées, contenues volontairement dans des échelles limitées, l’amorce d’une réflexion sur l’aménagement du territoire. Pour lui cela tient à un nouveau rapport ville-campagne où celle-ci retrouverait son potentiel de bien commun, essentiellement dans l’utilisation des ressources, mais la fresque nous invite à un approfondissement puisqu’elle pose la question des effets du bon et mauvais gouvernement. Comment ne pas s’interroger aujourd’hui sur le démantélement du service public et la manière dont il est ce facteur de « bonne gouvernance » que ce soit la SNCF ou l’énergie mais aussi les hôpitaux, les postes ?

 

Comment ne pas penser à la manière dont partout dans le monde y compris en Russie, en Chine autant qu’en Afrique et en Amérique latine se posent non seulement l’expérimentation sociale de ces petits groupes qui sont déjà en lien les uns avec les autres, mais également l’quilibre ville campagne, les formes non de concurrence mais de coopération.C’est déjà à partir de la que Marx commençait à poser les problèmes, ville-campagne le premier rapport de classe dans l’idéologie allemande, la coopération sous l’égide du campital pour le seul profit dans le livre I du capital, déjà le vol des bois morts comme résistance parce que les êtres humains ne peuvent pas vivre ainsi. le capital ce n’est pas l’argent, mais un rapport social d’exploitation. Les hommes ne produisent pas pour eux mais pour ce qui peut se vendre et s’acheter, pour le marchandise, avec sa plus value. Il n’y a aucun Robinson Crusoe, chaque individu est porteur de tous les rapports de son temps et quand Robinson Crusoe découvre vendredi, comme il a un fusil il lui dit « toi esclave, moi maître ». Nul homme n’est une île, mais de quoi est-il le fragment?

 

Est-ce que  comme le disent le poème et le film, chaque être homme  est fragment d’un continent européen? Oui mais il est aussi femme, fragment d’un continent qui ne s’arrête pas à l’Oural, le continent eura-asiatique. Le bassin méditerranéen est aussi africain. Nous sommes les habitants d’une planète à qui se pose le problème d’une destruction possible, d’un avenir incertain su nous poursuivons sur notre lancée, quelle est le bonne gouvernance, le bien commun?

 

La rébelion et les résistances sont nécessaires par rapport à un système qui ne porte que destruction, violence, misère et guerre. Mais elles font partie de la mentalité de l’avenir, de ce que ne pourra pas digérer et dépasser l’intelligence artificielle. La conscience de la beauté de ce qui nous entoure fait peut-être partie de cette éducation qui doit être mise en place dès aujourd’hui. Comme au moment de la Renaissance, les citoyens de Sienne ont obligé les pillards féodaux à s’installer en ville et à y devenir producteurs pour assurer la sécurité des campagnes. Aujourd’hui il n’y aura pas de sécurité des villes et des campagnes sans service public, de la santé mais aussi du transport ferroviaire, de la poste, de l’énergie… En tous les cas, il est insupportable que l’on prétende imposer des choix aussi fondamentaux par ordonnance, en imaginant qu’il y a ceux qui savent et les autres, ce temps est dépassé…

 

Peut-être que c’est ce que sentent confusément ces étudiants de Sciences Po qui occupent symboliquement sciences Po pour dire qu’ils ne veulent pas que l’école forme des Macron, les métiers d’avenir ont besoin d’autres hommes et d’autres femmes.

 

Nul hommes est une île, mais aujourd’hui où Raoul quitte le pouvoir, pour mieux se consacrer au parti communiste,  Cuba symbole de toute les résistance, de la défense de la santé, de l’éducation, des arts visuels autant que musicaux, cette île, malgré le blocus a développé un des meilleurs indices de développement humain. Et l’ île assiègée par le maître du monde, a assumé l’identité de l’humanité pour mieux être cubains, elle est restée collectivement debout, et l’humanité est restée debout… L’ile dans laquelle la culture biologique permet aux abeilles de survivre, l’île qui donne non seulement ce qu’elle a en trop mais le peu qu’elle a aux enfants de Tchernobyl, la formation de médecin pour les ghettos noirs des Etats Unis… Merci pourrait-on dire aux frères Castro mais comme le disent le Cubains, sans nous ils n’auraient rien pu faire…

 

Cuba, la fresque du palais de Sienne, l’aménagement du territoire, l’avenir de l’humanité se joue aussi en Chine et ce sera un parti communiste qui contribuera à réunir ce que l’on croit trop souvent opposé… Tout cela fait partie aujourd’hui de mes 80 ans, comme toutes les révoltes qui secouent ma belle France. Mas France nation d’émeutiers disait Marx quand il critiquait le pays qu’il considérait comme celui de la lutte des classes…

 

Que de temps perdu en incapacité à comprendre que les changements ne sont pas seulement technologique, que le défi est là dans la capacité que nous aurons à ne pas nous concevoir comme de îles d’arrivisme, de narcissisme, de jouissance du pouvoir, le communisme a beaucoup à apporter.

 

Danielle Bleitrach

Congrès du PCF : Pourquoi je ne suis pas allée à la réunion fédérale du 17 avril, ce que je propose à ma cellule

Congrès du PCF : Pourquoi je ne suis pas allée à la réunion fédérale du 17 avril, ce que je propose à ma cellule

 

18 Avril 2018


 

Le 6 avril 2018 sur Public Sénat, Benoît Hamon, déclare : « il faut fabriquer très vite une solution politique qui dise clairement que Bachar al-Assad ne peut pas être dans cette solution ».

 

Super le mot « fabriquer » !!!!

 

Interrogé sur France Inter le 11 avril 2018, Benoît Hamon a affirmé qu’il soutiendra Emmanuel Macron « s’il fait ce choix ».

 

Et c’est avec ce va-t-en guerre que La direction du PCF nous propose de constituer des listes communes pour les Européennes? Je ne sais pas quelle mouche l’a piqué mais Pierre Laurent semble investi d’une mission, celle non pas de se préoccuper de son parti, des conditions de son renforcement, mais de faire sa propre popularité auprès des bobos en apparaissant comme le sauveur de la « gôche » dont plus personne ne veut. Je peux paraître dure en disant cela, mais je ne fais que remettre en cause la manière dont est menée une fonction de direction.

 

Sur l’Europe Bernard Hamon a exactement les mêmes positions que Macron comme d’ailleurs sur la frappe en Syrie qui est dans la même logique poussée jusqu’au bout celle de l’OTAN, celle de la vassalisation aux USA. Et je ne parle même pas d’autres gauches chez les verts dont la position est celle d’un Cohn Bendit. Quel sera le contenu proposé au Français d’une telle liste « d’union » ?

 

Ceci explique la déclaration indécédente de la direction du PCF à propos de ces frappes en Syrie, une fois de plus cette direction opère une fuite en avant en disant « Union. Union », sans contenu . Ce faisant le plus grave me paraît être le viol de  l’esprit même de la préparation du Congrès en nous imposant une solution qui interdit tout débat. J’espère de tout coeur qu’elle sera repoussée par les militants.Mais dans ma fédération je ne me fais aucune illusion.

 

C’est la raison pour laquelle hier je ne me suis pas rendue au débat de la fédération 13 du PCF sur la préparation du Congrès.

 

Je me félicite de l’esprit dans lequel jusqu’ici ce congrès a été préparé, de ma cellule à la fédération, il y a un véritable débat ouvert et fraternel. je me félicite de la manière dont ce Congrès est préparé dans la participation aux luttes, comme je me félicite de l’action et des déclarations des députés communistes. La seule chose qui aurait pu me décider d’ailleurs à participer à cette réunion aurait été d’y proposer l’organisation d’une pétition collective portée auprès des rédactions de télévision pour dénoncer le silence autour des déclarations et votes de nos représentants au parlement.je le ferai à partir de ma cellule vendredi.

 

Si je n’y suis pas allée c’est parce que je connais les qualités et les défauts de ma fédération. A partir du moment où le secrétaire national a pris une position on la suit et ils suivront n’importe quoi et n’importe qui pourvu qu’il leur paraisse l’émanation du collectif PCF. Il est vrai que ce choix désastreux aux Européennes s’inscrit dans la logique du choix non moins désatreux de la candidature de Mélenchon, déjà opposée aux seules primaires à gauche qui a rendu le précédent congrès totalement inutile. Je vais continuer à me battre à leur côté et la sagesse venant avec l’âge, le leur et le mien, j’espère qu’un jour nous dépasserons cet intéressant blocage.

 

Personnellement je considère que quand on veut redresser une force politique, il y a quelques incontournables: la première est de penser une stratégie non d’élections en élections, mais disons au minimum sur une dizaine d’années et plus si possible, surtout si l’on considère le monde en plein bouleversement qui est le notre. La seonde nécessité est de repartir sur les fondamentaux et non sur ceux des autres ou des gadgets, parce que cela c’est la fuite en avant. Ca sent le sapin. Donc je me prononce aux européennes sur une liste ouverte aux travailleurs en lutte et transeuropéenne avec d’autres partis frères comme le parti communiste portugais. Ce qui nous contraindra à une ligne de sortie de l’OTAN et de dénonciation de l’euro.

 

Par ailleurs, je m’en espliquerai par ailleurs, je propose que le PCF se donne une doctrine plus affirmée face à la nouvelle loi de programmation militaire et sa politique de « modernisation » alors que ce sera seulement en juin que la commission de l’Assemblée rendra sa mission d’information sur le nucléaire. Il s’agit en effet pour notre parti de s’interroger sur l’évolution de la « dissuasion », sécurité des français ou défense des intérêts impérialistes? Et à quel coût? Comme d’ailleurs sur la question d’une Europe de la Défense chère à Macron, avec une augmentation des budgets militaires pour chaque Etat, en matière nucléaire. Sur ce point, comme sur les questions internationales, les « chantiers » du Congrès sont étrangement limités.

 

Donc

1) je propose de poursuivre le débat fraternel et sur le fond, sans voir dans la proposition de la direction un diktat, mais considérer que le Congrès est souverain.


2) dès maintenant de lancer une action nationale de protestation contre l’omerta dont nos députés sont victimes de la part des télés.


3) je propose une ligne offensive concernant l’OTAN et l’Europe telle qu’elle est, l’euro en particulier, la militarisation du continent européen, les dangers nucléaires, l’austérité obligatoire et les privatisations imposées ainsi qu’une liste avec d’autres partis communistes européens et pas quelques ventres mous comme Syriza en grèce qui est devenu un symbole d’alignement.

 

Danielle Bleitrach

A propos de Mélenchon et des échanges qu’il provoque sur Facebook

A propos de Mélenchon et des échanges qu’il provoque sur Facebook

 

 

Personnellement je ne ferais pas chorus contre Mélenchon, ce n’est pas le problème, ni la question.

 

Je laisse cela aux communistes qui pensent qu'avoir l'esprit de parti c'est défendre envers et contre tous le soldat Ryan. (Pierre Laurent). Après tout c'est quand même lui qui a été l'adoubé. Cela ne sert à rien de pleurnicher, il ne fallait pas le mettre sur un pied d'estale. Pour moi être communiste c’est d’abord être un rebelle, y compris à l’égard de soi-même. Ce qui ne va pas sans le risque de se tromper, mais je préfère cela au suivisme dévastateur.

 

Pour ce qui est des questions internationales Mélenchon est infiniment (et c'est un euphémisme) plus cultivé, plus cohérent que les dirigeants du « PCF » sur les questions internationales. Dirigeants qui nous ont produit un communiqué sur la Syrie qui est un véritable acte de soumission à la doxa occidentale.

 

Heureusement rattrapé par la digne déclaration des députés communistes qui sauvent l’honneur.

 

Mais là s’arrête, pour moi, ma « proximité » avec Mélenchon. Il n'y a pas, il ne saurait y avoir de démocratie qui ne soit pas totalement souveraine. Un pays qui ne maitrise pas sa création monétaire, n'est de fait, plus un pays souverain. Et devient donc un pays où la démocratie est un mot vide de sens ET là JLM me laisse totalement sur ma faim.

 

Il rend de fait, TOUTES ses propositions totalement démagogique puisqu’inapplicable faute d'être un état souverain dans une nation souveraine.

 

En un mot il n'y a pas de démocratie sans souveraineté, c'est à dire sans notre capacité à décider ICI et maintenant ce qui nous convient ou pas.

 

C'est même la condition première pour développer des coopérations mutuellement avantageuses. Aucune coopération n'est possible sans souveraineté.

 

On ne pourra pas, ne pas réfléchir, pour nous doter de nouveaux instruments de régulation des échanges, à naviguer dans un océan en tempête tout hublot ouvert ne peut que nous conduire au naufrage.

 

Quand on met en concurrence, à un tel niveau de violence les hommes entre eux, les uns contre les autres, Ils finissent toujours par se foutre sur la gueule. La guerre est au bout du chemin.

 

Ces remarques valent tout autant sinon plus pour la stratégie que porte l’exécutif du PCF.

 

NON deux fois NON, les attaques de la direction du PCF contre Mélenchon n'ont qu’un objectif pour ceux qui les utilisent : se défausser de leurs propres carences et renoncements. C'est trop facile de dire c'est la faute à l'autre, comme des gamins de maternelle. Comme un viatique pour échapper à ses propres responsabilités, au devoir de rendre des comptes, de produire un bilan dénué de concession.

 

Ce n'est pas Mélenchon qui porte en responsabilité une stratégie qui depuis le congrès de Martigues produit des échecs à répétition. La direction enfermée dans son autisme, contre tout principe de réalité, poursuit dans une stratégie à l'italienne qui peut que nous conduire à la fosse commune, si les communistes n'entrent pas en rébellion en renonçant à sauver le soldat Ryan.

 

Arrêtons de tailler des costars à Mélenchon soyons avec le monde du travail dans les luttes, auprès d'eux, avec eux et portons des propositions qui sortent du cosmétiques, du genre nous avons des propositions, sans jamais les déclinées.

Défendons la Paix menacer par le triumvira des irresponsables, les Etats-Unis et ses vassaux G.B et France retouvons notre place aux côtés des autres parti communiste.

 

Sortons du marigaux social-démocrate dans lequel nous sommes embourbés, englués. Si nous voulons doubler JLM doublons le par la gauche, par la droite nous n'avons aucune chance.

 

Bernard Trannoy

Pétition : Non aux frappes occidentales, Oui à la paix pour tous les peuples ! Fallait-il tirer un feu d’artifice dans la poudrière !

Pétition : Non aux frappes occidentales, Oui à la paix pour tous les peuples ! Fallait-il tirer un feu d’artifice dans la poudrière !

 

16 Avril 2018 
J’ai signé ce texte qui correspond parfaitement à ce qui est publié ici depuis plusieurs jours… 
 
(note de danielle Bleitrach)
 

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par  lepcf.fr

Nous condamnons la grotesque et dangereuse opération américano-européenne de samedi 13 avril et plus particulièrement le rôle du président Macron dans cet autodafé du droit international.

 

Plus de 100 missiles lancé avec un risque non négligeable de déclencher une riposte russe en cas de bavure, dont 12 missiles pour la France coutant de 1 à 3 millions d’euros l’unité. L’ensemble du dispositif représente près de 20 millions d’euros parti en fumée dans un feu d’artifice fort peu efficace et dangereux.

 

Les français que Mr Macron remercie pour leurs efforts apprécieront.

 

Quand ceux qui ont la prétention d’être les garants du droit international foulent au pied celui ci, c’est un pas de plus franchi vers sa disparition.

 

Alors que les inspecteurs de l’OIAC arrivent en Syrie. La France, le Royaume-uni et les États-Unis leur coupent l’herbe sous le pied.

 

C’est une démonstration de force, dont les buts réels sont plus politiques et non humanitaires, visant a rétablir les puissances occidentales comme acteurs majeurs dans les marchandages en cours autour du conflit syrien.

 

Pour certains dirigeants c’est aussi l’occasion de renforcer leur pouvoir personnel au moment ou celui ci est contesté…

 

Mais surtout c’est le moyen d’envoyer un message clair au reste du monde : « nos armes frappent ou nous voulons quand nous voulons et vos défenses sont inutiles. » Ces petits jeux de guerre n’ont pas rendu le monde plus sur, bien au contraire.

 

Nous refusons ces logiques militaristes dont le vrai enjeu au moyen-orient est toujours la maitrise des sources et réseaux énergétiques. Nous refusons la guerre au service de la domination des puissances occidentales. Nous défendons un monde multi-polaire, un monde de paix et de coopération.

 

Confronter Macron à un principe de réalité…

Confronter Macron à un principe de réalité…

 

16 Avril 2018
 

Aucun texte alternatif disponible.

 

Pour bombarder plusieurs sites en Syrie dans la nuit de vendredi à samedi, l’armée française a utilisé 6 navires, 17 avions et 12 missiles de croisière. Ces missiles, dont 3 tirés depuis un navire – une première pour la France – auront coûté un peu moins de 20 millions d’euros. Chacun s’interroge sur les raisons d’une telle expédition, s’agit-il simplement de dire nous sommes là! Ce qui est sûr que sur cette lancée il y a peu de chances que ces trois irresponsables s’arrêtent en si bon chemin… prochain but : l’Iran, la Russie…

 

Ce qui est stupéfiant est de voir la bande de cireurs de pompes dont Macron peut bénéficier. Non seulement ils ne se souviennent plus de ce qu’ils ont déversé sur le « danger » Trump, mais ils ne mettent en doute ni les « raisons » d’un tel baroud d’honneur qui ne change rien mais rend la situation internationale un peu plus périlleuse, ni les conséquences possibles d’une tel affranchissement de toute légalité….

 

Imaginez que la Russie flanquée de la Chine, des membres du conseil de sécurité, après veto des Etats-Unis aille mener une telle expédition contre l’Arabie saoudite sous le prétexte bien réel lui du financement du terrorisme international et du martyre du Yémen. Que dirait ce chœur des vierges effarouchées prêtes à cautionner n’importe quel acte des Etats-Unis…Fort heureusement qu’on le veuille ou non, en Syrie la Russie agit en toute légalité sans qu’on puisse l’accuser de nulle ingérence, ce qui n’est pas le cas ni de cette frappe, ni de la présence au sol de forces spéciales et le prétexte du terrorisme pour installer des bases en territoire kurde.

 

Aujourd’hui à l’Assemblée nationale Macron va expliquer son acte et selon l’article 35 de la Constitution il n’y aura pas de vote, est-ce qu’il va faire comme Colin Powell et il exhibera une vidéo où des gens se lavent à l’eau courante pour preuve? Est-qu’il va expliquer comment on peut détruire un stock d’armes chimiques sans la moindre victime et sans la moindre émanation, le tout en milieu urbain. On peut compter sur le groupe communiste (honnêtement c’est plus sûr que la direction actuelle du PCF) et j’espère qu’avec leur bon sens habituel ils n’oublieront pas de réclamer des informations sur le coût d’un acte aussi piteux.

 

Macron dira n’importa quoi comme sur la SNCF, comme sur les retraites, il paraît qu’il n’a même pas parlé des EPAD et des hôpitaux, médiocre…

 

Ce soir je vais à la permanence du mouvement de la paix parce que je suis convaincue qu’ils ne s’arrêteront pas en si bon chemin… A moins qu’en France même Macron soit confronté par les luttes à un principe de réalité face à son ivresse stupide et criminelle de toute puissance.

 

Danielle Bleitrach

Quelques réflexions sur le discours de Jacques Chirac et l’approbation de Laurent Fabius. par Danielle Bleitrach

Quelques réflexions sur le discours de Jacques Chirac et l’approbation de Laurent Fabius. par Danielle Bleitrach

 

15 Avril 2018

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20 janvier 2006. Voici l’article que j’écrivais en janvier 2006 à propos du discours de Jacques. Le 19 janvier 2006, le président français, Jacques Chirac a prononcé un discours à Landivisiau adressé aux forces aériennes et océaniques stratégiques françaises. Cette intervention, portait sur la doctrine nucléaire française. Il se cractèrise par le passage d’un nucléaire dissuasif, défendant le territoire français à un nucléaire défendant les « intérêts français » menacés par le « terrorisme ». C’est-à-dire un pas vers la doctrine Bush.Voici le passage qui a provoqué l’interprétation : « La dissuasion nucléaire, je l’avais souligné au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, n’est pas destinée à dissuader des terroristes fanatiques. Pour autant, les dirigeants d’États qui auraient recours à des moyens terroristes contre nous, tout comme ceux qui envisageraient d’utiliser, d’une manière ou d’une autre, des armes de destruction massive, doivent comprendre qu’ils s’exposent à une réponse ferme et adaptée de notre part. Et cette réponse peut être conventionnelle. Elle peut aussi être d’une autre nature ». cette « réponse ferme et adaptée » ne s’applique pas uniquement à un État soutenant une action terroriste, mais aussi à un État envisageant d’utiliser des armes de destruction massive.  Jacques Chirac clarifie deux autres points : la France s’accorde le droit d’utiliser des armes nucléaires contre un État qui n’en est pas pourvu et, même dans ce contexte, elle s’autorise à frapper la première.Ce faisant, la France substitue à la distinction armes conventionnelles ou nucléaires, une nouvelles catégorisation : armes classiques ou de destruction massive. Celle-ci place sur le même plan les armes chimiques, bactériologiques et nucléaires. Dès lors, le feu nucléaire peut prévenir ou riposter à une attaque chimique ou bactériologique..En fait dès cette époque c’est l’Iran qui est visé, de deux solutions ou il s’agit d’une volonté d’exister en menaçant l’oran ou un rélignement sur le thème du terrorisme. Notez qu’avec sarkozy, puis Macron aujourd’hui, il y a encore eu une extension de cette doctrine qui privilégie un autre type de duissuasion nucléaire, porte avion, frégate, avions avec bombes à ogive, capable d’atteindre n’importe quel point dans le monde même s’il ne peut agir sur le territoire français. Il ne s’agit même plus des intérêts français menacés mais bien d’un rôle de gendarme menant officiellement la lutte contre le terrorisme, en fait l’encourageant en sous main, mais se présentant comme la verttu morale incarnée.

 

Voici donc l’article que j’écrivais à ce propos le 20 janvier 2006:

 

A l’inverse de Fabius [1] , on peut ne pas apprécier cet appel « aux armes » de Jacques Chirac. [2]

 

S’ il y a une menace réelle, concrète, face à laquelle le chef de l’Etat doit prendre des mesures et son devoir est de l’expliquer au citoyen français .

 

Certes il y a des données qui relèvent d’une stratégie dans laquelle on ne peut pas tout exposer, mais là c’est le flou total. Cette intervention en première lecture paraît un effet de manche où Jacques Chirac tend dans le cadre de problèmes politiciens internes d’acquérir une stature que des événements récents, autant que sa rivalité avec Sarkozy n’ont cessé d’affaiblir. Si tel était le cas ce serait d’une grande médiocrité.

 

Car toujours à l’inverse de Fabius, on voit que cela ne sert qu’à entretenir le brouillard sur ce qu’est réellement « le terrorisme ».

 

Soit il s’agit d’une menace que feraient peser des groupes clandestins plus ou moins reliés entre eux et cela relève d’un travail de police, pas de l’usage de la force militaire, voire même nucléaire.

 

Soit il s’agit d’un autre Etat qui serait à l’origine de la menace et le moins que l’on puisse faire est de définir l’Etat et la nature de la menace réelle qu’il fait peser. Comme rien de tout cela n’est précisé, il s’agit d’une simple manipulation des peurs, ce qui est anti-démocratique sur tous les plans puisque le citoyen est privé de sa capacité de juger du bien fondé d’une aussi grave décision.

 

Et de surcroît si on analyse le contexte international, on ne peut qu’être alarmé sur le sens d’une telle intervention.

 

Le contexte international :

 

On peut le brosser à gros traits et il mériterait qui bien sur d’être chacun analysé d’une manière plus complète.

 

D’abord mesurons les résultats d’un certain nombre d’interventions qui ont lieu dans le cadre affirmé d’une lutte contre le terrorisme. Le gouvernement des Etats-Unis, justifiant (plus que répondant) une politique décidée de longue date sur la recomposition politique du Moyen-Orient pour s’en attribuer les ressources, ont à partir du 11 septembre manipulé les citoyens nord-américain et le reste du monde sur le danger que représenterait d’abord l’Afghanistan puis l’Irak. Si en Afghanistan, ils ont pu obtenir l’aval des institutions internationales et l’organisation d’une large coalition à laquelle participaient la France et l’Allemagne, en Irak on le sait ils ont agi en violation de toute décision internationale avec une coalition réduite à des complices. La France s’est alors honorée par son attitude même si premièrement elle n’a pu empêcher l’invasion et si la légalité internationale s’en est trouvée durablement affaiblie.

 

Sur ce plan là on peut dire qu’il y a eu montée en puissance de ce fait d’une dictature internationale et la perpétuation d’un état de guerre généralisé.

 

On s’aperçoit de plus en plus que cette dictature en puissance des Etats-Unis base son action sur le mensonge, non seulement il n’y avait pas les armes de destruction massive, mais encore les prétextes moraux invoqués comme faire le bonheur du peuple afghan ou Irakien en les arrachant à une dictature apparaissent comme une hypocrisie manifeste. La sécurité internationale n’en a pas été améliorée mais au contraire. Et le discours de Jacques Chirac sur la montée des menaces ne fait que le confirmer. Les conséquences en sont globalement négative tant pour les pays concernés qu’au plan international. Sur ces deux plans il n’y a pas eu développement, amélioration de la situation économique et sociale des peuple, y compris occidentaux, étatsunien en particulier, et encore moins du Tiers-monde, ni de la sécurité, ni de la démocratie mais la situation s’est aggravée.

 

Loin d’en tirer leçon et de changer radicalement d’orientation, le gouvernement des Etats-Unis poursuit dans cette voie criminelle et tourne son dispositif vers l’Iran.

 

Disons tout de suite que l’affirmation qu’il y a une menace de ce côté-là n’a rien de convaincante. Sur le fond, l’argument de la non prolifération est irrecevable parce que basé sur une discrimination intolérable non seulement entre l’Occident et le reste du monde, mais également entre alliés vassaux des Etats-Unis et pays voulant protéger leur indépendance.

 

De surcroît, il parait normal dans le cadre de l’épuisement planétaire des ressources pétrolières d’un pays qu’un pays producteur de pétrole se donne les moyens pour un avenir proche de se doter d’une source d’énergie plus durable.

 

Entériner au nom de la non prolifération une telle interdiction reviendrait à accepter, les ressources épuisées, un sous développement dramatique. On nous affirme qu’à cette occasion, l’Iran développe une énergie nucléaire militaire, mais pour le moment le dossier ne paraît pas plus évident que celui des armes de destruction massive en Irak. L’iran affirme qu’il n’en est rien et un certains nombres de spécialistes lui donnent raison. Cela dit même si cela était le cas pourquoi la France aurait-elle comme le proclame Jacques Chirac le droit de se protéger d’une menace largement hypothétique en l’état par le nucléaire et alors que l’Iran n’aurait pas le droit de le faire alors que la menace est cette fois tout à fait réelle et à sa frontière ?. Parce que nous sommes les « bons » et eux les « méchants » ?

 

Car en fait c’est bien le fondement d’une politique impérialiste qui ne cesse d’engendrer des catastrophe, le partage manichéen en deux camps, « nous » les bons et « eux » les méchants. Pour ce faire il est utilisé le quasi monopole médiatique dont jouit l’occident pour nous convaincre que non seulement nous avons le droit de piller les ressource, d’attaquer des pays, mais encore que ce faisant nous ne défendons pas les seuls intérêts d’une poignée de rapaces mais ceux de la morale. La stigmatisation des dirigeants, le malheur qu’ils imposeraient à leur peuple et leur caractère autocratique, voir l’antisémitisme devenu signe de « la communauté de la haine » sont utilisés pour brosser le tableau d’un nouvel Hitler. Mieux on retourne l’agression bien réelle subie par ces peuples et ce depuis des siècles en volonté menaçante dont nous devrions nous prémunir. Comme au vu du rapport de force réel tant sur le plan économique que sur le plan militaire, la menace n’est pas crédible on la fantasme en décrivant un ennemi haissable, quitte à mentir comme on vient de le constater récemment avec le texte tronqué sur les propos de Chavez.

 

Il est à noter que la toute récente intervention de Ben laden menaçant les Etats-Unis prend désormais des aspects caricaturaux dans la mesure où non seulement le 11 septembre a fourni le prétexte d’une politique décidée auparavent, mais désormais chaque intervention parait intervenir « à la demande », à la veille de la réélection de Busch comme aujourd’hui celle de l’attaque programmée de L’Iran.

 

Nous sommes pris dans une manipulation dont les peuple agressés ne sont pas les seules victimes, puisque cela correspond chez nous à une dégradation des conditions salariales, au nom d’une concurrence internationale, en particulier celle que feraient peser une force de travail sous développée des peuples du Tiers-monde. Et les mesures prises contre un ennemi invisible ont leur conséquence contre les travailleurs, leurs luttes, leurs organisations. De surcroît, comme le montre la situation aux Etats-Unis et en Europe, la politique d’armement et de guerre pèse de plus en plus lourdement sur les citoyens de ces pays qui de fait la financent au dépends de leurs services publics, autant que de leur emploi et leur pouvoir d’achat.

 

La guerre est décidée et chacun joue dans ce registre :

 

C’est même là que se trouve pour une part les contradictions que doivent affronter les Etats-Unis dans la poursuite de leur stratégie. Ils ont décidé d’attaquer l’iran, et ce sans plus de prétexte réel qu’il n’en avaient avant le 11 septembre pour attaquer l’Afghanistan, ni l’irak, avec la circonstance aggravante que l’Iran est depuis bien plus longtemps leur ennemi que l’Irak.

 

Chacun sait que Saddam Hussein a mené la guerre contre l’Iran pour défendre la politique des Etats-Unis et des pays occidentaux et qu’il croyait de ce fait s’être assuré leur soutien pour ses propres projets expantionnistes, y compris au Koweit. On peut même penser que les deux interventions contre l’Irak s’expliquent la première pour ne pas laisser monter une force dans cette zone autant que pour recomposer une alliance occidentale autour de l’hégémonie des Etats-Unis, hégémonie que ne justifiait plus la disparition de l’URSS. La seconde expédition avait pour objectif une recomposition de la zone et un encerclement de l’ennemi de toujours qu’est l’Iran. Par parenthèse, même de ce point de vue, l’opération US en Irak donne des résultats contestables puisque non seulement l’Irak reste non conquis, mais les forces pro-iraniennes en particulier chez les Chiites ont grandi, et même chez les Kurdes, leur unité, voire leur autonomie fragilise les relations traditionnelles des USA avec la Turquie.

 

Si l’on ajoute à cela l’impopularité grandissante aux Etats-Unis de la politique irakienne, la montée des mécontentements tant sur le plan des résultats extérieurs, de la multiplication des morts nord-américains que de ses conséquence sociales intérieures, nous avons un contexte où les forces armées US s’ammassent à la frontière de l’ Iran, sans que le gouvernement Bush donne néanmoins l’ordre d’intervenir. Une situation de « drôle de guerre » et une menace que l’on nous cache mais dont sont tout à fait conscients les iraniens et le reste du Moyen-orient. Des scénarios existent et l’un d’entre eux était une frappe nucléaire ciblée des forces israèliennes pour se protéger de la menace iranienne. D’où la large publicité accordée au discours du dirigeant iranien, en gommant le fait que ce discours peut aussi s’entendre comme la dénonciation de la menace permanente que constitue contre eux Israël.


La maladie qui a frappé Sharon est incontestablement un retard apporté à ce projet des Etats-Unis.

 

Il faut bien mesurer que de toute manière l’intervention est décidée, qu’elle l’est dans les mêmes conditions que l’a été celle de l’Irak, sans se préoccuper le moins du monde de la légalité internationale.

 

Le conseil de sécurité de l’ONU et les Européens dont la France, ne jouent même plus l’opposition à ce projet, mais tentent de dégager dans leur propre vassalisation une marge d’autonomie liée à la « négociation ».

 

Du point de vue européen, l’élection d’une chancelière allemande profondément atlantiste a encore affaibli les tentatives de résistance de la France, qui de surcroît après le NON à la Constitution est apparu comme le pays où la résistance au néo-libéralisme (qui fonde l’unité de tout ce beau monde) est la plus développée. Sarkozy d’ailleurs ne cache pas qu’avec lui il n’y aura plus de fissure dans le dispositif atlantiste et impérialiste. Je crains d’ailleurs que l’intervention d’appui de Laurent Fabius ne joue dans le même registre, gaullien pour l’intérieur, atlantiste pour les USA.

 

Donc l’intervention de Jacques Chirac, sous couvert de retrouver une stature d’homme d’Etat mise à mal, paraît non seulement condamnable dans le brouillard qu’elle entretient sur ce à quoi est censé faire le gouvernement français, et en fonction de quoi, mais également receler des dangers très importants sur le rôle qu’acceptera notre pays dans cette nouvelle expédition illégale, ce pillage sous des prétextes manipulés. Il est clair qu’elle apporte sa contribution à la destruction de toute légalité internationale, donc la montée en puissance d’une dictature internationale qui ne peut dans les conditions réelles que produire une aggravation du sous développement du tiers-Monde, et une dégradation dramatiques des conditions de vie des peuples occidentaux, sans parler d’une destruction systématique de l’envirronnement et l’épuisement irresponsable des ressources de la planète.

 

Cela ne peut s’opérer que par le démantèlement systématique de toutes les formes de résistance des peuples, en accentuant les formes répressives aux dépends de toutes les institutions démocratiques permettant aux citoyens d’intervenir sur leur propre vie.

 

La seule réponse est dans l’organisation d’une opposition collective à cette politique dans laquelle Jacques Chirac semble avoir choisi de participer et non de résister. Parce que l’aspect le plus inquiétant du discours de Jacques Chirac est bien dans le recours à l’arme nucléaire. On passe donc de l’option zéro mort par le recours au B 52, à la levée du tabou depuis Hiroshima sur l’usage de l’arme nucléaire pour mater les velleités d’indépendance nationale. Sans parler du passage de l’usage du nucléaire du dissuasif à l’offensif et de l’extension de l’intérêt national à celui de ses « alliés ».

 

L’approbation de Laurent Fabius nous laissant peu d’espoir sur ce que l’on peut attendre des forces de gauche telles qu’elles sont.

 

Danielle Bleitrach

 

Danielle Bleitrach vient de publier avec Viktor Dedaj et Maxime Vivas Les États-Unis DE MAL EMPIRE Ces leçons de résistance qui nous viennent du Sud, Aden.

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