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Ukraine: du Pardon à l'Absurde

lundi 12 mars 2018

Ukraine : du Pardon à l'Absurde

L'un des anciens députés de Timoshenko vient de ressortir une idée qui traîne quelque peu dans les couloirs ukrainiens, censée permettre de sauver l'unité du pays en dehors des accords de Minsk: les habitants de Crimée et du Donbass devront, dès la "libération" du territoire de l"occupation" russe, demander pardon aux Ukrainiens devant la justice. Ainsi tout sera pardonné, tout sera oublié, et l'Ukraine pourra vivre unie - comme par le passé, avant le Maïdan. Il semblerait que la politique ukrainienne, incapable de construire la réalité voulue, entre totalement dans le déni.
 
Dès novembre 2017, Timoshenko avait annoncé que le parti réfléchissait à un projet de loi sur le Pardon des habitants de Crimée et du Donbass, enfin comment eux devaient demander pardon. L'idée, qui vient d'être à nouveau remise au goût du jour par un de ses anciens députés,
 
A. Sentchenko, oblige les habitants de ces territoires, après que Kiev les ait repris, à s'adresser à la justice avec une déclaration de pardon pour, en substance, avoir succombé au chantage criminel de l'Etat agresseur (la Russie) et avoir agi dans son intérêt pendant la période dite d'occupation.
 
Ainsi, ils passent du statut d'ennemi à celui de victime. Selon eux, un juge doit ensuite prononcer le Pardon, mais ces individus seront privés de leurs droits politiques, ne pourront entrer dans la fonction publique pendant 10 ans, car ils furent victimes de la "propagande" russe et risquent de ne pas suffisamment bien comprendre les nouvelles valeurs ukrainiennes. Ce Pardon ne sera pas applicable aux Ukrainiens vivant sur le reste du territoire, car eux ne sont pas soumis à cette "propagande" russe et ne sont donc pas pardonnables de soutenir la Russie. Comme l'explique très clairement la presse ukrainienne, ces individus qui veulent lier l'Ukraine aux Accords de Minsk, qui prévoient l'amnistie des deux côtés de tous les participants au conflit sont des criminels à la solde de la Russie. Il faut libérer physiquement le territoire, mais aussi nettoyer les esprits. Tout un programme ...
 
La réaction est à la fois amusée et désespérée. Selon le député de Crimée, V. Ganjara, cette initiative est un signe évident du marasme politique qui s'est emparé de l'Ukraine, dont le cours s'écarte de plus en plus de la réalité. Cette position est reprise dans la république de Donetsk.
 
Selon Pushilin, ce projet est totalement déconnecté de la réalité, le reflet d'un délire. 
 
Tout ceci est un mélange des genres des plus amusants. Deux remarques principales.
 
L'on voit la griffe bien nette de la justice restauratrice défendue par les conseillers occidentaux. A ce détail près qu'en général, elle est mise en oeuvre tout d'abord dans les pays où les conflits sont terminés, ce qui est loin d'être le cas et ensuite elle implique le pardon de la victime au bourreau. Dans cette optique, Kiev est victime du Donbass et de la Crimée, Azov est victime des gens qu'ils tuent, les militaires ukrainiens sont victimes des enfants qui se cachent dans les caves au lieu d'aller à l'école. Par les mécanismes déjà usés de la justice restauratrice, ce n'est pas le pardon qui est cherché, mais la réécriture de l'Histoire.
 
Ce n'est pas tant l'Ukraine qui en a besoin que les Etats occidentaux qui soutiennent les groupes criminels contre les populations civiles, qui utilisent le pays comme une zone d'expérimentation institutionnelle, qui le maintiennent volontairement dans un état de faiblesse économique afin de mieux le manipuler, qui le déstructurent pour mieux l'utiliser comme pion de luxe dans leur conflit géopolitique. Le Pardon est la garantie d'éviter un jour une justice internationale qui reconnaîtrait l'étendue des crimes commis. Il y a peu de chance, mais pourquoi prendre des risques. 
 
Ce projet de loi s'inscrit dans la continuité de la loi signée par P. Poroshenko ce 20 février sur la réintégration du Donbass, qui fait de la Russie le pays agresseur. C'est bien la déclaration de la non-reconnaissance des accords de Minsk, de la volonté parfaitement posée des dirigeants ukrainiens, reflétant ainsi la position de leurs conseillers américains, de continuer le conflit armé. Il faut bien prendre conscience du fait que l'Ukraine est utile aux pays satellites des Etats-Unis uniquement faible et contrôlable (d'où l'insistance des organismes internationaux pour mettre en place des juridictions anti-corruption dont la composition sera décidée en dehors des autorités ukrainiennes). Pour la maintenir dans cet état, le conflit doit être entretenu. Et il l'est.
 
L'intérêt, à l'inverse, de la Russie est que l'Ukraine retrouve sa force et sa souveraineté, qu'elle commence à nouveau à agir dans l'intérêt de sa population. C'est le seul moyen de normaliser les relations entre les pays. C'est exactement ce que la politique du groupe atlantiste veut à tout prix éviter. D'où le glissement vers l'absurde, c'est-à-dire ce décalage grandissant entre la réalité perçue d'une part et celle désirée et construite d'autre part dans le discours, notamment pseudo-juridique.
 

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