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Un congrès vraiment extraordinaire parce que les communistes ont décidé d’en faire leur affaire…

 

09 Juillet 2018

http://manifestecommuniste2018.fr/

 

Il ne faut pas forcer sa nature, enfin ce qui au bout de tant d’années n’a pas manqué de devenir votre nature. La mienne est d’avoir un certain flair (militant ou sociologue) face à des mouvements, qu’il s’agisse de la France, du parti ou même de l’état du monde, je perçois assez bien ce qui crée les rassemblements, ce à quoi il est vain de vouloir s’opposer. Sans doute le fait d’être française doit m’y aider parce que ce pays que Marx désignait comme celui de la lutte des classes, mais aussi non sans irritation nous reprochait d’être une nation « d’émeutiers », pleins de bravoure mais ne voyant pas plus loin que leur colère, a le secret des mouvements qui surprennent tout le monde et s’imposent comme une évidence, de classe bien sûr.

 

La France est indéniablement mécontente dans un monde qui ressemble fort à celui de la chute de l’empire romain, je veux dire américain. Il y a un déplacement, et celui-ci a un sens qui donne toute sa vérité à l’analyse marxiste. Celle-ci a été longtemps accusée de parler d’une situation qui n’existe plus, celle des nations et celle du prolétariat ouvrier en particulier. Est-ce un hasard si le communisme continue à être posé comme une exigence depuis l’Asie, depuis le Tiers monde, de la Chine à Cuba en passant par le Vietnam? Il n’y a jamais eu dans le monde autant d’ouvriers, de couches populaires urbaines, la nation de l’immense Chine au petit Cuba reste le point d’ancrage.

 

En France, la désindustrialisation programmée dans le cadre de l’Europe a produit un délitement, une perte d’hégémonie ouvrière.

 

L’offensive patronale s’est aggravée et la mise en concurrence des forces du travail tend à nous mettre au niveau de ces ex-pays socialistes démantelés. Les couches populaires sont au bord de l’explosion, mais elle considèrent leurs chefs potentiels avec suspicion. J’ai été frappée par ce qu’à dit le délégué de FO à propos des cheminots, la grève elle même n’est plus à la hauteur de leur combativité. La question est effectivement celle de la conquête du pouvoir politique, comme le dirait encore Marx. Et là paradoxalement, l’avant-garde ouvrière, les cheminots, les électriciens, les portuaires et les autres, rejoint la masse dans cette conscience de ce qui manque pour s’engager, une voie révolutionnaire crédible. Alors même que l’affaiblissement du parti, fait que les couches populaires ne paraissent plus avoir les moyens organisationnels de leur révolte. Le   prolétariat a été défait à tous les sens du terme, mais se pose avec d’autant plus d’urgence la question d’une expression propre..

 

C’est Alain Minc qui vient de déclarer: les inégalités sont trop fortes, nous risquons une insurrection.

 

Si l’on ne perçoit pas ce fond, on n’ignore ce qui anime les communistes dans ce Congrès extraordinaire, une combativité retrouvée, un besoin d’unité mais aussi de clarté. La conscience de la nécessité de recouvrer l’autonomie d’un parti des travailleurs, de ce prolétariat toujours le même et aux contours renouvelés. Nous commençons à sortir la tête de là où la contre révolution des années quatre-vingt dix nous avait jetés, à savoir la soumission à une petite bourgeoisie social démocrate qui entretenait les illusions électorales et la confusion des idées générales favorables au masquage des intérêts privés. De la soumission au PS de Mitterrand à celle de son successeur Mélenchon quand le PS est totalement déconsidéré. Avec à la tête du PCF, une brochette de dirigeants qui n’ont qu’une seule idée recréer un parti unique soumis à cette petite bourgeoisie sous couvert de rassemblement anti-capitaliste, anti-monopoliste, en fait la meilleure manière de renoncer à la lutte des classes, à la conquête du pouvoir politique. Il faut au contraire se dire que dans le cas d’intérêts communs, l’unité se fera, nous n’avons pas besoin en revanche de formes permanentes d’union qui ne profitera qu’à cette petite bourgeoisie.

 

Si ce congrès est extraordinaire, c’est parce que la masse des communistes commence à être consciente de cette situation et qu’elle est en train d’arracher une issue, au ronron habituel qui permet la poursuite d’une stratégie qui mène à l’échec. le ron ron habituel, c’est  la direction de plus en plus minoritaire mais aux manettes. Il y a la liste » officielle » comme il y avait sous l’empire les candidats officiels sans lesquels point de salut et cette direction est  flanquéé de repoussoirs, ceux qui proposent d’aller plus loin dans la soumission du parti à la petite bourgeoisie, les refondateurs, il y a peu à la direction. Il y a  les gauchistes qui ne prennent même plus la peine de changer leur texte et qui à la dernière minute trouvent miraculeusement les 50 signatures qui leur manquaient. Ils jouent leur rôle, celui de diviseurs de l’opposition, sous couvert de pureté idéologique, ils n’attaquent que ceux qui s’opposent à la direction actuelle et à sa stratégie, pratiquent l’insulte ad nominem et la diffamation.  Le contraire de la démocratie des communistes, celle où chaque communiste compte pour un et mérite le respect personnel, seule la politique doit être en cause.

 

Oui mais voilà, il y a eu quelque chose de nouveau qui fait que ce Congrès peut devenir véritablement extraordinaire: face à une direction de plus en plus minoritaire, refusant de véritablement changer sauf dans des arrangements de façade, proposant un texte qui fait songer aux motions de synthèse du PS, il a surgi non pas une tendance, mais une alternative unitaire et combative. ce qui a provoqué ce sursaut c’est la conscience que le danger était le découragement, le départ d’une nouvelle vague de militants comme cela se passait dans ce CN dont la moitié des membres élus il y a un an ne venaient même plus. Ce qui se jouait était réellement la survie du PCF. A ceux qui reprochent sur certaines questions, par exemple l’Europe, le lien opéré entre des militants aux options différentes, nous disons que nous l’avons choisi ainsi parce que nous ne sommes pas une tendance, mais nous proposons à des militants adultes et reponsables de se battre pour l’autonomie du parti, d’une manière pour lui de reprendre pied dans les couches populaires, dans les lieux de travail, mais en sachant que les divisions qui ont été provoquées et mêmes entretenues entre nous doivent être dépassées, par le dialogue mais aussi par le critère de la pratique. Nous proposons un processus démocratique pour avancer vers le renouveau du PCF.

 

Il y a deux bases communes alternatives, sur lesquelles les communistes peuvent travailler, l’une poursuit sur le fond avec quelques aménagements de façade la stratégie de soumission qui nous a conduit là où nous en sommes, l’autre propose d’aller vers l’autonomie du parti des travailleurs, des exploités, des victimes du capitalisme, sa reconstruction pour la conquête du pouvoir politique dans un rassemblement majoritaire, un processus de reconstruction collective.

 

Et c’est là que ce Congrès me parait véritablement extraordinaire, la manière dont il nous impose à tous une conduite. Cette proposition de base commune alternative par des dirigeants et élus qui acceptent de travailler ensemble pour sauver leur parti, a été compris. Qu’il y ait eu en dix jours, déjà près de 1300 signatures en plein mois de juillet, prouve que c’est la masse du parti, des fédérations entières, un grand nombre d’élus, des députés, mais aussi des militants isolés qui se prononcent pour cette démarche. C’est comme un feu de prairie et pour revenir à mon propos initial, il est inutile de prétendre s’opposer à cela. les vieilles tactiques  et  la stratégie mortifère, pour tenter d’empêcher tout changement réel, un processus est en marche. Aujourd’hui la seule solution est de respecter la démocratie du parti, de ne plus manœuvrer mais de laisser la responsabilité de chacun s’exercer dans le respect de tous, en sachant que demain nous combattrons ensemble ce pouvoir.des riches, cynique et brutal, un capitalisme sénile.  le monde bouge et  si nous nous y mettons tous il ira dans le bon sens, pour cela on a un besoin urgent des communistes, de leur parti. C’est notre tâche du moment.

 

je suis sure que vous commencez à en ressentir les effets. Il n’est plus question de nous demander périodiquement si nous ne voulons pas changer de nom, au contraire tout le monde s’en réclame, c’est comme le retour à Marx, il y a les citations plaquées quand tout l’esprit du texte est contradictoire avec le matérialisme historique et la visée politique. On feint de se donner comme but le communisme, un truc vague où l’on rasera gratis mais on détruit l’instrument qui permet d’aboutir, un parti communiste véritable. Encore un petit effort, et ils s’intéresseront à la question, déjà grâce à notre mobilisation,  enfin nous ne parlons plus (seulement) des trahisons de Mélenchon, des formes de l’union électorale avec qui? mais de nous les communistes, de notre parti, l’existence de cette base commune pour un parti du XXIe siècle a déjà accompli l’exploit de nous recentrer sur nous mêmes, sur notre parti, sur nos buts, notre stratégie autant que notre place dans le monde, celle des travailleurs. Il faut continuer.

 

Danielle Bleitrach

 

PS. Nous avons déposé les signatures, il n’en fallait pas plus de 350, il a donc fallu faire un tri et ce sont ces signatures qui seront publiées avec le manifeste, mais nous songeons à un matériel qui nous permettre de les publier toutes, les 1283 existantes aujourd’hui et qui continuent à se multiplier. Donc la collecte des signatures continue et chacun doit avoir à coeur là où il se trouve, dans son organisation de faire vivre ce mouvement inusité au sein du parti communiste.

 

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