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Nul homme est une île, mais Cuba est une île, sur fond de NDL, mais aussi de combat pour le service public et de révolte estudiantine

 

19 Avril 2018

Résultat de recherche d'images pour "Cuba est une île danielle Bleitrach"

 

Dans le cadre de la célébration de mes 80 ans, je suis partie à la rencontre d’une ville, mais aussi de films, en jouissant de l’humeur rebelle du temps, une sorte de bilan d’une vie en forme d’avenir…

 

« Nul homme est une île, un tout complet en soi » c’est le début d’un poème d’un anglais du XVIIe siècle JOhn Donne que le cinéaste Dominique Marchais a choisi comme titre de son film sur l’importance du savoir vivre ensemble. Le cinéaste y  décrit trois expériences de solidarités collectives . D’abord en Sicile avec une coopérative de producteurs d’agrumes en lutte contre la grande distribution mais qui sont aussi des éleveurs de poules en liberté. En Autriche, des architectes et des artisans recréent les conditions d’un habitat écologique avec une réflexion sur les matériaux, enfin en Suisse, c’est le développement du patrimoine local. Bien sur on retrouve là des thèmes bien connus, circuits courts, méfiance à l’égard des pouvoirs corrompus voir mafieux, démocratie collective et à ce titre on est plus ou moins convaincus par les discours. Mais le cinéaste va plus loin que les expériences, il leur donne un sens  politique d’intelligence collective et c’est dû à la maîtrise de l’espace dont il fait preuve.Le cinéma est affaire d’espace et de temps.

 

Le discours de ceux qui se sont lancés dans l’expérimentation sociale a comme contrepoint sa manière de montrer l’aménagement d’un territoire; IL y a cette autoroute qui isole les champs les uns des autres, infranchissable, il stérilise  la production agricole. La multiplication de supermarchés fruits de la corruption des notables locaux , crée aussi sa forme de stérilité.  Les grandes surfaces imposent des produits empoisonnés et asphyxient la production locale. Le bois qui vient d’ailleurs ne travaille plus, ne vit plus et il contraint l’artisanat local à perdre de sa créativité. Pourtant nous ne sommes pas seulement dans un petit groupe de résistants à « la modernité » parfois sur des bases archaïques, mais bien au contraire dans une prospective grâce à cette manière de filmer inspirée par tous les grands paysagistes, on pense à Straub et huillet, mais aussi à Nicolas Ray. le sujet devient politique et s’élargit à sa dimension de classe. la question est politique elle est celle de l’aménagement d’un territoire, voire de continents.

 

Et là l’utopie est confrontée à d’autres enjeux. Regardez ce qui ce passe à  NDL, où nicolas Hulot fait la démonstration de son appartenance à un camp, celui du capital… L’écologie ce n’est pas « l’anarchie », c’est  » l’ordre » comme sous Pétain? de quoi est-il exactement question désormais?

 

Le cinéaste ne donne pas de leçon, il écoute, mais sa caméra s’évade.Il nous est beaucoup parlé des liens européens entre ces divers groupes… Encore un effort pour aller vers le monde, l’Europe n’est pas en soi ni un remède, ni le mal absolu, l’UE n’est pas contestable en tant qu’espace mais  elle l’est en tant que pouvoir du capital, Macron, Hulot utilisent l’Europe comme une forme d’oppression, mais la nation aussi,le brexit est là pour démontrer que si l’exploitation capitaliste demeure rien ne change… La patrie a besoin du socialisme et l’utopie continentale devra un jour ou l’autre considérer son adversaire;

 

Ce que cherche la caméra c’est un espace de coopération, à quelles conditions.cet espace de coopération pourrat-il exister?

 

Et tout commence d’ailleurs dans le film par une caméra respectueuse qui découvre  la magnifique fresque de Sienne: » les effets du bon et mauvais gouvernement de Lorenzetti ». Ce choix est excellent, Sienne est alors en pleine dénonciation d’un pouvoir féoda, celui-ci est remis en cause par un pouvoir citoyen. La paix ou la violence  résulte de cette capacité ou non de repousser la tyrannie ou de gérer collectivement la ville et son environnement rural pour le bien commun.. Cette fresque fait partie de mes fondamentaux du temps où je faisais le tour des églises, des musées et des palais pour étudier la naissance urbaine dans le cadre d’une maîtrise d’Histoire médiévale.

 

En ce sens, Dominique Marchais fait le lien sans peut-être en être réellement conscient entre les inquiétudes, les potentialités d’aujourd’hui autour de cette question, à l’isolat de l’expérimentation solidaire, il substitue à la description de ces expériences isolées, contenues volontairement dans des échelles limitées, l’amorce d’une réflexion sur l’aménagement du territoire. Pour lui cela tient à un nouveau rapport ville-campagne où celle-ci retrouverait son potentiel de bien commun, essentiellement dans l’utilisation des ressources, mais la fresque nous invite à un approfondissement puisqu’elle pose la question des effets du bon et mauvais gouvernement. Comment ne pas s’interroger aujourd’hui sur le démantélement du service public et la manière dont il est ce facteur de « bonne gouvernance » que ce soit la SNCF ou l’énergie mais aussi les hôpitaux, les postes ?

 

Comment ne pas penser à la manière dont partout dans le monde y compris en Russie, en Chine autant qu’en Afrique et en Amérique latine se posent non seulement l’expérimentation sociale de ces petits groupes qui sont déjà en lien les uns avec les autres, mais également l’quilibre ville campagne, les formes non de concurrence mais de coopération.C’est déjà à partir de la que Marx commençait à poser les problèmes, ville-campagne le premier rapport de classe dans l’idéologie allemande, la coopération sous l’égide du campital pour le seul profit dans le livre I du capital, déjà le vol des bois morts comme résistance parce que les êtres humains ne peuvent pas vivre ainsi. le capital ce n’est pas l’argent, mais un rapport social d’exploitation. Les hommes ne produisent pas pour eux mais pour ce qui peut se vendre et s’acheter, pour le marchandise, avec sa plus value. Il n’y a aucun Robinson Crusoe, chaque individu est porteur de tous les rapports de son temps et quand Robinson Crusoe découvre vendredi, comme il a un fusil il lui dit « toi esclave, moi maître ». Nul homme n’est une île, mais de quoi est-il le fragment?

 

Est-ce que  comme le disent le poème et le film, chaque être homme  est fragment d’un continent européen? Oui mais il est aussi femme, fragment d’un continent qui ne s’arrête pas à l’Oural, le continent eura-asiatique. Le bassin méditerranéen est aussi africain. Nous sommes les habitants d’une planète à qui se pose le problème d’une destruction possible, d’un avenir incertain su nous poursuivons sur notre lancée, quelle est le bonne gouvernance, le bien commun?

 

La rébelion et les résistances sont nécessaires par rapport à un système qui ne porte que destruction, violence, misère et guerre. Mais elles font partie de la mentalité de l’avenir, de ce que ne pourra pas digérer et dépasser l’intelligence artificielle. La conscience de la beauté de ce qui nous entoure fait peut-être partie de cette éducation qui doit être mise en place dès aujourd’hui. Comme au moment de la Renaissance, les citoyens de Sienne ont obligé les pillards féodaux à s’installer en ville et à y devenir producteurs pour assurer la sécurité des campagnes. Aujourd’hui il n’y aura pas de sécurité des villes et des campagnes sans service public, de la santé mais aussi du transport ferroviaire, de la poste, de l’énergie… En tous les cas, il est insupportable que l’on prétende imposer des choix aussi fondamentaux par ordonnance, en imaginant qu’il y a ceux qui savent et les autres, ce temps est dépassé…

 

Peut-être que c’est ce que sentent confusément ces étudiants de Sciences Po qui occupent symboliquement sciences Po pour dire qu’ils ne veulent pas que l’école forme des Macron, les métiers d’avenir ont besoin d’autres hommes et d’autres femmes.

 

Nul hommes est une île, mais aujourd’hui où Raoul quitte le pouvoir, pour mieux se consacrer au parti communiste,  Cuba symbole de toute les résistance, de la défense de la santé, de l’éducation, des arts visuels autant que musicaux, cette île, malgré le blocus a développé un des meilleurs indices de développement humain. Et l’ île assiègée par le maître du monde, a assumé l’identité de l’humanité pour mieux être cubains, elle est restée collectivement debout, et l’humanité est restée debout… L’ile dans laquelle la culture biologique permet aux abeilles de survivre, l’île qui donne non seulement ce qu’elle a en trop mais le peu qu’elle a aux enfants de Tchernobyl, la formation de médecin pour les ghettos noirs des Etats Unis… Merci pourrait-on dire aux frères Castro mais comme le disent le Cubains, sans nous ils n’auraient rien pu faire…

 

Cuba, la fresque du palais de Sienne, l’aménagement du territoire, l’avenir de l’humanité se joue aussi en Chine et ce sera un parti communiste qui contribuera à réunir ce que l’on croit trop souvent opposé… Tout cela fait partie aujourd’hui de mes 80 ans, comme toutes les révoltes qui secouent ma belle France. Mas France nation d’émeutiers disait Marx quand il critiquait le pays qu’il considérait comme celui de la lutte des classes…

 

Que de temps perdu en incapacité à comprendre que les changements ne sont pas seulement technologique, que le défi est là dans la capacité que nous aurons à ne pas nous concevoir comme de îles d’arrivisme, de narcissisme, de jouissance du pouvoir, le communisme a beaucoup à apporter.

 

Danielle Bleitrach

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