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On n’est pas vieux quand on a 80 ans et qu’on est communiste… Tout mon programme…

On n’est pas vieux quand on a 80 ans et qu’on est communiste… Tout mon programme…

 

08 Avril 2018

Résultat de recherche d'images pour "les bourreaux meurent aussi"

 

A la veille de mes 80 ans (le 17 avril) je suis débordée, ce qui est inespéré, fatigant mais inespéré… Quand j’imagine tous les gens qui à cet âge là sont endormis devant leur teléviseur allumé sur le vide abyssal(1)… Je comprends mieux cette phrase que l’on m’a sériné aux temps lointains de mon adhésion : le communisme est la jeunesse du monde… Il y a certes l’engagement d’une vie, l’intérêt pour les autres, tout cela est roboratif, mais il y a aussi tout ce que ma génération doit aux luttes. Nous devons tout à  la saignée de l’URSS offerte pour nous débarrasser du nazisme, aux combats des travailleurs en grève lors du Front populaire, celle de la Résistance, la bataille du rail et plus largement celle de ces militants et dirigeants communistes qui ont pesé pour que la fonction publique soit ce qu’elle doit être, pour que la santé publique soit un droit. C’est à eux tous que je dois le fait que jeudi j’ai pu distribuer des tracts devant la gare de la blancarde, samedi devant la poste des cinq avenues, mardi prochain devant le Conseil général et entre temps vécu un débat passionné sur l’Europê dans ma cellule vendredi. Parce que j’ai été sauvée de la mort dans une chambre à gaz, parce que j’ai été bien soignée, éduquée, et parce que ma vie fut une aventure qui eut la planète pour décor et la cellule locale et surtout d’entreprise comme lieu de combat.

 

On ne vieillit pas de la même manière quand on a eu la chance d’avoir un parti à 20% et je le crains aujourd’hui où il cherche à se mettre à la remorque de ceux qui ne le vallent pas.   Mais il ne sera pas dit que je n’aurai pas tout fait ce qui est dans mes moyens pour tenter de laisser les lieux aussi propres que quand je suis arrivée au monde… 1938, c’était pas terrible et il fallait avoir un optimisme inconsidéré pour faire naître une enfant juive à cette date, ou ne pas maîtriser les formes de contrôle de naissance en un temps où une femme pouvait être guillotinnée pour cause d’avortement. Pétain allait tenir dans son étau le ventre de ma mère et mon sort au Vel d’hiv… Après avoir laissé tomber les républicains espagnols, après avoir signé la capitulation de Munich, les dirigeants français allaient mettra en prison les communistes, pour cause de pacte germano-soviétique…

 

Bref, le monde que j’ai devant les yeux n’est pas pire que celui que j’ai trouvé en entrant, mais j’ai l’impression que le processus de fascisation est en marche.  Le nazisme n’a jamais été eradiqué puisque le ventre est toujours fécond d’où nait la bête immonde, le capitalisme.  Il a grossi, a dévoré beaucoup, nos forces sont affaiblies, il faut tout reconstruire, en  France une fois de plus ce qui peut l’écarter ce sont les luttes. Bien sûr chacun se bat pour ses revendications, mais elles touchent à la racine même de ce que la soif du profit attaque, la vie  de chacun, le droit à exister dans la dignité. Le capital et son petit personnel veut faire vite parce qu’il sait que montent les mécontentements, que l’Europe, l’UE, l’oTAN, leur état major est en train de se déliter. Ils savent que la France n’est pas un petit pays à qui l’on peut tout imposer, mais le socle de leur pouvoir avec l’Allemagne… Si la France refuse la privatisation, le démantélement, si cette France là s’arcboute et dit non comme elle sait le faire de 36 à 95 chandelles en passant par mai 68, c’est tout leur édifice qui s’écroule.

 

Quand on a 80 ans, parce qu’on a vécu chacune de ces étapes on sait tout cela et on a conservé la conscience de la nécessité des solidarités…

 

Brièvement alors je vous dis comment je sens les choses: Hier avec ma cellule, nous avons distribué des tracts en soutien aux manifestations, ce qui était frappant c’était la colère des retraités alors que chez les jeunes c’était plus contrasté, entre ceux qui soutiennent et ceux qui vous regardent d’un air vide et une absence totale de réflexe comme s’ils habitaient une autre planète, il y a un monde… En mais 68 peut-être auraient-ils été gauchistes, très anticommunistes comme Cohn-Bendit. Là, ils étaient  devenus apolitiques, des générations que l’on tente de rendre indifférentes, individualistes, le pire danger… Il n’y a pas de soutien au gouvernement, au contraire, soit un maximum de gens en colère soit l’apathie. Il  est clair que ce qui est le plus perceptible c’est l’injustice de s’attaquer aux vieux et à notre santé à travers l’hôpital public, Macron va tenter de refaire du terrain, mais il y a la pension, les médicaments qui ne sont plus remboursés. les faits sont têtus.  Cela dit en mai 68, dans ce type de quartier nous aurions eu les mêmes proportions de soutien à la grève et d’opposants. Simplement, alors, ces derniers étaient derrière De gaulle, ils étaient contre la chienlit, c’étaient les « vieux », ils avaient peur et croyaient en De gaulle qui était allé voir Massu en Allemagne. Cela s’est vu peu de temps après dans les urnes. Aujourd’hui, personne ne parait être derrière Macron, il est isolé, il n’a pour lui que cette force d’inertie, et ces gens désabusés. Il veut incarner l’ordre et la « nécessité de la réforme ».   Leur « determination sans faille » dont fait état le premier ministre est celle d’un bravache parce qu’elle n’a aucun parti,  elle est sur un socle gélatineux, comme d’ailleurs le vote face à l’Europe, ils étaient ridicules ces « marcheurs » qui tentaient de faire accroire à l’enthousiasme pour l’Europe, ce à quoi ils se heurtaient étaient une maussaderie.

 

Bref Macron ne survit que grâce à la division syndicale et l’absence de perspective politique… Et il table là-dessus, mais il ne pourra même pas compter sur les forces qui se sont réveillées autour du gaullisme en mai68. Seulement sur l’absentéisme et la fascisation. Le patronat le sait ici et au niveau européen, y compris dans les mobilisations bellcistes.

 

On n’est pas vieux quand on a 80 ans et qu’on est communiste… Mais si je vous écris tout ça ce n’est pas seulement pour vous faire bénéficier de mon expérience, mais aussi pour vous dire pourquoi je suis débordée. Vous aurez compris que je milite, mais il y a plus. Le 23 avril, je dois être à Paris pour une conférence. Le film sur lequel j’ai travaillé durant 5 ans, « les bourreaux meurent aussi » a été restauré et je dois présenter cette version restaurée puisqaue j’ai écris un livre : Brecht et Lang, le nazisme n’a jamais été éradiqué, editions Lettmotiv. Il est probable que je devrais faire d’autres présentations en province. Le sujet est tout à fait d’actualité, non seulement parce que le prix goncourt de cet année en a traité, l’assassinat d’heydrich, l’homme de la solution finale, mais parce que la question de l’Europe et du fascisme se retrouve d’actualité.

 

Le 2 juin, n’oubliez pas les marseillais que je fais une présentation de mon autre livre : 1917-2017, Staline un tyran sanguinaire ou une héros national; Delga éditeur. à la librairie Maupetit à 17h30.

 

Enfin, nous sommes Monica et moi en train d’écrire notre livre sur la Pologne, dont le titre est pour le moment Polonais et juifs, le noeud de vipères. Nous préparons un voyage du côté de Cracovie pour le 26 juin.

 

Bon vous comprendrez que je sois très occupée y compris par rapport à ce blog.

 

Danielle Bleitrach

 

(1) ce n’est pas vrai que c’est toujours le vide abyssal, hier après midi- parès ma distribution de tracts du matin, des coquillages délicieux mangés aux cinq avenues, j’ai passé une après midi formidable avec « quand l’histoire fait dates », une série documentaires de Patrick Boucheron et Dénis van Waerebeke sur Arte; deux sujets apparement éloignés mais qui en fait nous menaient au coeur du métier d’historien. le premier était consacr’é à Pompéi, le seond à Hiroshima. La recherche de sources sures et pas seulement écrites, la déconstruction de légendes et de mythes y compris contemporains, tout cela était rassurant, je me suis dit qu’il y aurait un après toute la pression idéologique, le négationnisme dont nous étions victimes à propos d’ événements que j’avais vécus et que je voyais inventés pour justifier l’injustice du pouvoir en place. Juste après j’ai atterri sur une émission nettement moins satisafaisante sur le plan intellectuel mais qui elle aussi contribuait à la déconstruction d’un mythe, celui de Néron. Suetone, Tacite… en étaient à l’origine mais ils étaient aussi proches du sénat et de ses conservatismes. POur ceux qui ont lu mon livre sur Staline, je pars de cette expérience de jeune historienne mettant en cause à la suite de Charles parrain, Sutone et Tacite, et j’en appelle à une vigilance politique mais surtout historique, une déconstruction des légendes non pour réhabiliter mais pour comprendre… C’est dire si j’ai écouté ces émissions avec passion. Là encore la question de savoir si ma passion pour l’Histoire est à l’origine de mes engagements ou si c’est l’inverse. En tous les cas c’est aussi une passion individuelle qui a beaucoup de chances d’être mel comprise.

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