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Infos de JPE : Quelques réflexions à propos de la descente du PCF aux enfers

Infos de JPE :  Quelques réflexions à propos de la descente du PCF aux enfers

 

JPE = Jean-Pierre Escaffre

Le 25/03/2018

Texte diffusé en juin 17, toujours d’actualité, unfortunately.

 

Le communisme est une philosophie attrayante, théorisé par nombre d’auteurs dont K. Marx, avec des tentatives de concrétisation en particulier par les Bolcheviks du prolixe Lénine.

 

En France, les porteurs de ces idéaux étaient, et on peut dire sont encore, représentés par le mouvement syndical CGT et par le PCF. Le Congrès d’Amiens de 1906 posait les bases politiques nécessaires à la prise de pouvoirs des travailleurs sur leurs lieux de travail, et indiquait que cela ne suffisait pas : il fallait aussi se hausser au pouvoir d’Etat permettant ainsi les ouvertures politiques aux possibilités de développement des organisations productives socialisées et autonomes. Le mouvement syndical révolutionnaire devait donc se doter de partis politiques (au pluriel) aptes à fournir les moyens culturels et matériels en vue de l’émancipation de tous les travailleurs du pays. Au fond, c’est ce que font les MEDEFs du monde : un syndicat patronal qui dicte les lois aux politiques issus de partis diversifiés correspondants aux principales strates sociologiques de la population … histoire a contrario de la tondre sans broncher. Plus léniniste que le MEDEF, tu meurs. Tous les membres des Conseils d’Administration du système financier, et donc des grandes entreprises, se partagent le rôle de relais avec le P « S », l’UDI et le PR, aujourd’hui avec le REM quand ces derniers sont discrédités. Les élus de ces partis qui ne suivent pas les consignes sont éliminés rapidement.

 

Si l’on se place sur le temps long, les succès éphémères et les nombreux échecs de l’application des idéaux communistes représentent en fait des avatars historiques : combien de temps, combien d’échecs avant l’avènement du pouvoir absolu des chefs de clan, de la noblesse, puis de la bourgeoisie ? Des siècles.

 

La prise des pouvoirs stratégiques des travailleurs dans les organisations productives, accompagnée du montage d’une organisation politique globalisante, l’Etat dans le peuple (et non pas un Etat à côté du peuple pour l’asservir comme plus que jamais aujourd’hui), est la voie de l’avenir, l’idée moderne de l’émancipation des gens, de l’extension des libertés, donc du développement économique pour le social en vue de l’autonomisation de tous. C’est la modernité face à la décadence de la vieille bourgeoisie avec l’image dégradante de leur 1 % de super-riches.

 

Dans ce vaste mouvement historique, comment se fait-il qu’un parti comme le PCF, qui aurait dû être le grand porteur de cette modernité, se trouve en perdition, alors que logiquement il aurait dû être en expansion ? Pourtant, la diaspora communiste ou cryptocommuniste  représente en France, si l’on en croit certains sociologues spécialisés, entre 1,3 et 1,6 millions de personnes actives. Le PCF aurait donc dû être de loin le parti le plus important du pays. Il serait aujourd’hui composé d’à peine 90 000 membres, qui plus est divisés quant aux conduites stratégiques à mener, sans boussole théorique, d’où le suivisme idéologique de thèmes à la mode.

 

Je n’avancerai ici que quelques réflexions, n’étant pas historien, qui plus est réflexions d’importances politiques inégales. Par ailleurs, il est toujours facile a posteriori d’étiqueter certaines décisions d’erreur stratégique … mais quand certaines se réitèrent, cela pose question.

 

Prenons la décision du PCF de refuser le référendum de de Gaulle en 1969 (certains historiens assurent qu’elle fut prise à une seule voix près au Comité Central). De Gaulle était le représentant politique d’une partie de la bourgeoisie, française et nationale. Il s’agissait de déconcentrer les pouvoirs d’Etat vers les régions. Signification : assouplir le fonctionnement des collectivités locales auprès des citoyens, sans toucher à la centralité des décisions stratégiques nationales nécessaires à la cohérence des applications des devises de la République, souveraine et unique, absolument nécessaire dans un pays aux cultures locales très disparates (sans doute les plus diversifiées d’Europe occidentale). En même temps, les politiques sociales réactionnaires demeuraient de mise, largement rejetées par la population active. Sans doute ce rejet fut à l’origine de la décision du non au référendum. Mais quand on prend une décision stratégique, il convient de mesurer l’ensemble des rapports des forces en présence : en faisant remporter le non, cela renforçait considérablement le poids de la bourgeoisie internationalisée, sur une base financière, dans les rouages de l’Etat, bourgeoisie anti-nationale, américanisée, prête à brader notre patrimoine national.  A rebours de ses déclarations, le PCF quittait de fait progressivement l’idée de la souveraineté nationale, pour accepter, à la suite du référendum sur Maastricht, l’idée d’une Union Européenne pourtant formatée par Washington et sous la houlette de Berlin. D’où son déclin dans les couches populaires les laissant filer vers le FN qui n’attendait pas mieux. Ces couches populaires, dans leur chair, subissait de plein fouet les atrocités de l’UE.

 

Cela n’a pas empêché, avec continuité et même avec opiniâtreté, la commission économique du PCF de défendre mordicus l’intégration de notre pays dans l’UE made in USA, sous couvert de démocratisation nécessaire de celle-ci. Cela s’appelle ne pas prendre la mesure de l’ensemble des rapports des forces … ce qui pour des économistes est pour le moins curieux. Les propositions « pour refonder la construction européenne » sont confondantes, montrant que le PCF a quitté l’idée même de souveraineté du peuple français, laissant le champ libre au racolage du FN dont on sait pourtant qu’il n’en veut pas comme il l’a montré lors de l’alliance avec Dupont-Aignan pour le second tour de l’élection présidentielle.

 

Dans la même veine, par exemple, dans l’Huma, peu de critiques virulentes sur le fait que les présidents Sarkozy, puis Hollande, puis celui-ci, aussitôt investis le matin, aillent chercher les ordres à Berlin dès l’après-midi.

 

Verrions-nous Merkel venir à Paris l’après-midi ? Elle se ferait virer par le Bundestag dans l’heure ! D’ailleurs, la tutelle brutale des Américains sur nos industries stratégiques et sur l’Elysée jusqu’aux choix des présidents de la République, « l’hégémonie douce » prônée régulièrement par les ministres des affaires étrangères allemands et autrichiens sur l’UE, est mis sous le tapis. Désarmer idéologiquement les travailleurs du pays sous couvert d’européisme béat, comment cela s’appelle-t-il ? Ne se sont-ils pas aperçus que la carte des nouvelles régions est quasi la même que celle souhaitée par le ministère de l’intérieur allemand depuis la réunification au nom de l’Europe des Régions avec droit du sol ?

 

Ainsi le PCF se contente-t-il « d’un projet de sécurité de l’emploi et de formation » décrété par les instances étatiques, comme si le pouvoir d’Etat suffisait (vision très économiste). Pourtant le rapide démantèlement  des pseudo-nationalisations de 1981 aurait dû leur sauter aux yeux. Un pouvoir d’Etat sans pouvoir stratégique complet des travailleurs dans les organisations productives ne sert à rien.  Ce dernier est la première pierre d’une vision communiste. Les travailleurs ne sont pas dupes, et c’est la raison pour laquelle ils écoutent ce projet de sécurité avec politesse. Il en est de même de la proposition des « propositions alternatives sur l’utilisation de l’argent et sur les banques », de l’ordre de la mécanique, mais pas de l’ordre de la stratégie politique de classe tant que les revendications syndicales n’exigent pas leur nationalisation complète. Par ailleurs, dans plusieurs écrits, le PCF va jusqu’à accompagner l’idéologie de la « révolution informationnelle qui nécessitera la perte massive d’emplois », idéologie portée à grands bruits par les majors américains afin de vendre de manière exclusive matériels et logiciels US, et de soumettre les travailleurs dans l’idée que les pertes des emplois sont normales et la précarisation est le fruit normal de la « modernité ». Le PCF dénonce bien l’ubérisation, mais quelles analyses sur les forces qui l’engendrent ?

 

Ainsi, le retard de la réflexion théorique au PCF a-t-il conduit à des comportements étranges : par exemple, le vent ouvriériste anti-intellectuel a fait s’envoler nombre d’intellectuels, par essence idéologiquement fragiles (pour reprendre les analyses des marketeurs), qui se sont laissés métamorphosés en « intellectuels organiques » (pour reprendre l’expression de Gramsci). Autre exemple : l’acceptation de la coupure entre la CGT et le PCF, erreur stratégique majeure, qui est à l’origine d’une part de la perte d’ancrage du PCF dans les classes populaires, d’autre part de l’appauvrissement sensible de la vision politique au sein même des cercles dirigeants de la CGT. Le MEDEF n’en demandait pas tant. Encore un exemple : les désistements des candidats du PCF en faveur de candidats « socialistes » dès les premiers tours. Pas étonnant que le PCF soit devenu inaudible, qu’il n’a pas eu la possibilité de former des militants charismatiques aptes à affronter la féroce adversité au niveau national. N’oublions pas que le « PS » est l’un des chevaux de l’attelage politique de la bourgeoisie, inventé pour faire barrage à l’idée de démocratisation des organisations productives et de l’Etat. Comme me l’a avoué un élu « PS » de la région parisienne, « je suis là pour éliminer le PCF », quitte à s’allier avec les partis de droite et écologiste … Bizarre de s’allier avec celui qui veut vous dévorer ! J-L Mélenchon ne s’en cache d’ailleurs pas : il joue au Rocard du PSU pour faciliter la reconstitution d’un « PS », avec les mêmes comportements de mépris que Mitterrand avait envers G. Marchais. 

 

Ces critiques étant faites pour alimenter le débat pour un renouveau des forces du progrès, gardons en admiration le courage et l’abnégation des militants du PCF, de la CGT, de la FSU, de Sud, toujours en première ligne dans les combats, les premiers à subir la répression patronale et gouvernementale. A ces syndicats de créer le renouveau de partis politiques adéquats.

 

JPE

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