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Jean-François Autier, Et s'il était à refaire...

23 mars 2018

Jean-François Autier, Et s'il était à refaire...

 

« Supposons, indique Jean-François Autier, que le mouvement revendicatif, prenne en compte l'illégitimité de Macron et  obtienne son départ ; pour que ça change, on va aller voter"démocratiquement" ? Combien d'ouvriers ou d'exploités d'aujourd'hui savent ce que Tocqueville, Montesquieu pensaient de la démocratie ? Combien ont lu cette lettre du communard Élisée Reclus, girondin, à Jean Grave ? Quand la classe des exploités représente 90 % de la société, le rôle coercitif de l'État peut-il être assumé par des "élus" dont noussavons d'avance d'où ils viendront, surtout en l'absence d'un parti révolutionnaire ? Alors, le tirage au sort ? Mais ça aussi, qui en parle ?... »

 

Reprenons la lecture des réflexions de Jean-François Autier transmises par Jean-Jacques Lagarde...

 

Michel Peyret


« Certains, nous dit Jean-Jacques Lagarde, ont bien connu Jean François Autier, ancien cheminot et ancien responsable PCF de la Gironde.

 

Ce document à lire ci-dessous, participe à la discussion et à la réflexion....pour un autre monde


Bonjour Jean-Jacques,

 

Je viens de lire le papier de Lordon que tu nous a fait passer. Je partage, hélas !

 

Je te transfére, ci-après, des extraits d'un courriel que j'ai envoyé à un camarade le 16 mars.

 

Le second coup est politique. Tes divers rappels du passé me renvoient à ma naïveté, à ma confiance -a priori- dans les camarades, à ce que j'ai découvert -incrédule- peu avant de partir, à ce qui m'a été dit après mon départ. Je n'ai pas d'amertume ; me souvenant du poème d'Aragon au sujet de Gabriel Péri, je dirai simplement "Et s'il était à refaire Je referais ce chemin". J'ose même un mot : heureusement ; heureusement que le peuple de France ne nous a jamais mis en situation d'avoir à gouverner le pays.

 

Bien entendu, non seulement ça ne remet pas en cause mon choix de classe, mais les développements du capitalisme montrent qu'il va vers sa fin : pourvu que son agonie ne coûte pas trop à l'humanité...

 

Ce qui me semble particulièrement absent des luttes actuelles, c'est le silence sur l'illégitimité de ce gouvernement. Certes, il est légal mais totalement illégitime à faire ce qu'il fait. Il m'apparaît de plus en plus évident que les partis politiques, quels qu'ils soient, ne veulent absolument pas en finir avec le capitalisme.

 

Je me demande jusqu'ou peut aller cet alignement légaliste. Il ne serait pas surprenant que le besoin, pour le capital, de désigner un ennemi pour faire marcher le peuple, voit la France, à la remorque de l'Angleterre et des États-Unis, déclarer la guerre à la Russie. Nos politiques suivront-ils la fleur au fusil ? Ce serait rêvé pour le capital : avec l'économie de guerre, finies les lois sociales, le peuple pourrait être préssuré sans vergogne. Je dis bien : déclarer la guerre, pas la faire ; au vu de ce qui s'accélère en Syrie depuis qu'un avion israelien a mordu la poussière et qui s'exprime dans l'hystérie des Britanniques sur la Russie...

 

 Autre préoccupation qui m'habite : c'est bien de souhaiter la fin du capitalisme mais, pour ceux qui ne veulent pas attendre qu'il finisse de sa belle mort, comment finit-il en l'absence d'une organisation de classe et de masse, d'un parti révolutionnaire ? Le mouvement de masse et de classe, y compris avec un contenu révolutionnaire, peut très bien exister sans parti révolutionnaire ; autre chose est de n'être pas qu'un feu de paille mais de s'inscrire dans la durée. Supposons que le mouvement revendicatif, prenne en compte l'illégitimité de Macron et  obtienne son départ ; pour que ça change, on va aller voter "démocratiquement" ? Combien d'ouvriers ou d'exploités d'aujourd'hui savent ce que Tocqueville, Montesquieu pensaient de la démocratie ?

 

Combien ont lu cette lettre du communard Élisée Reclus, girondin, à Jean Grave ? Quand la classe des exploités représente 90 % de la société, le rôle coercitif de l'État peut-il être assumé par des "élus" dont nous savons d'avance d'où ils viendront, surtout en l'absence d'un parti révolutionnaire ? Alors, le tirage au sort ? Mais ça aussi, qui en parle ?

 

Jusqu'à présent, là où ils ont eu la direction d'un pays, les communistes ne pouvaient qu'y gérer le capitalisme parce que, même le volontarisme, ne pouvait pas faire "murir" artificiellement la contradiction capital-travail. Aujourd'hui, l'irruption de l'intelligence artificielle dans la production va provoquer, en même temps que la chute du taux de profit, la casse des forces productives humaines et l'augmentation du pillage de la classe des exploités.

 

Autrement dit, créer les conditions objectives pour en finir avec le capitalisme. Mais les conditions objectives seulement. Comment faire pour que "quand une idée s'empare des masses, elle devient une force matérielle" ?

 

Pour autant, ne serait-ce qu'à cause des développements inégaux des sociétés humaines, les nations n'ont pas encore fini leur rôle historique. Les mouvements migratoires, si utiles pour assurer la survie du capitalisme, ne doivent-ils pas être appréhendés clairement dans le cadre de la lutte des classes, alors que tout est fait pour qu'ils ne le soient qu'à partir d'un humanisme pleurnichard et désarmant ?

 

Au moment où le capitalisme est mûr pour céder la place à une organisation supérieure de la société humaine, où le marxisme fait la preuve de son utilité, il y a -heureusement- en dehors des organisations communistes, des gens qui se réfèrent à Marx. Et qui me permettent de croire que nous ne vivons pas la fin de l'Histoire.

Posté par Michel Peyret

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