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Réunion à la section du PCF préparation du Congrès: nous atteignons une quasi unanimité.

Réunion à la section du PCF préparation du Congrès : nous atteignons une quasi-unanimité

 

18 Mars 2018

 

samedi 17 mars, matinée de travail à la section,dans ce bar populaire du chemin du Rouet qui est pour moi lié à Doize. Doize, un dirigeant marseillais qui comme il avait la haute taille de mon mari (1.85) etait mis sous le même joug que lui dans les marais de dachau.C’est un quartier qui est resté populaire même s’il a perdu son potentiel industriel, à commencer par l’entreprise historique à la libération, les aciéries du nord. Cela fait partie de la saga marseillaise. L’entreprise construisait des locomotives et du matériel ferroviaire. Les patrons collaboraient et les ouvriers rentraient au parti dans la résistance. C’est de cette entreprise que sont partis les bataillons de résistants communistes qui ont libéré Marseille. Ils avaient peu d’armes et se sont emparés chemin faisant de celles des allemands et ont fini dans l’assaut de la préfecture. Ils ont réquisitionnés une dizaine d’entreprise dont les patrons avaient collaboré dont les fameuse aciéries du nord, ils ont créé des blibliothèques, un théâtre et une colonie de vacances en Camargue et ont fait marcher l’entreprise avec des ingénieurs résistants. J’avais interviewé un ingénieur, des ouvriers, des responsables politiques (1) et ils m’avaient raconté que quand les patrons sont revenus, quand les communistes ont été chassés du gouvernement, la première chose a été de supprimer le théâtre d’en faire un parking. Ceux qui sont là, parmi les plus âgés sont les enfants de ces résistants.

 

L’accueil est fraternel. Nous sommes une quarantaine. Rien à voir avec l’hostilité ressentie dans la section du 13 e, il y a deux ans. Là il y a des copains de toujours et de nouveaux camarades qui sont le plus souvent des jeunes femmes. Ma cellule qui est pour moi un havre de paix et de discussion passionnée mais totalement libre a une forte présence,nous sommes 9. Je n’avais pas envie de venir à la section, d’affronter de l’hostilité,ils me regardent en souriant: « tu vois on te l’avait bien dit! »

 

Le thème du jour est stratégie et bilan précédé d’un rapport sur les luttes. En gros l’idée force en est qu’il y a beaucoup de luttes malgré ce que dit le gouvernement, que ce dernier est impopulaire. Il est justement insisté sur le maillage du PCF sur le territoire français qui n’a d’équivalent dans aucun autre parti. La critique que l’on peut faire à ce rapport est qu’il se contente de rester au niveau de la description politique sans réellement aborder le rapport de classe qui pourtant explique la stratégie de Macron, son attaque partout à la fois pour envoyer tout le monde partout y compris les militants, les épuiser. Tous les jours c’est une nouvelle offensive, l’Assemblée nationale déjà court derrière dans tous les sens, alors les militants. Comment ne pas y voir une stratégie du management, justement quand le mécontentement est profond mais qu’il n’y a pas d’unité ni syndicale, ni politique, que le parti est affaibli. De ce point de vue la multiplication des « chantiers » n’est sans doute pas l’idéal. La discussion s’engage sur la SNCF. Il est noté très justement qu’il y a une différence dans l’opinion publique entre l’attachement au service public transport, le rail et l’acceptation majoritaire de la remise en cause du statut du cheminot. Un camarade dit non sans pertinence que le rôle du parti n’est pas de partir du statut, ça c’est la base de l’unité syndicale des cheminots, mais bien du service public, du maillage français du territoire et de montrer que le statut est lié à ce service public.

 

La discussion est très intéressante, sans doute la partie la plus approfondie de la matinée et pourtant personnellement je n’arrive pas à faire partager ma conviction qui est de porter toutes nos forces sur la défense de la SNCF. Le démantélement est un choix européen qui a déjà été mis en place ailleurs. Ils n’osaient pas ou plutôt ne savaient pas comment l’imposer en France. Macron, leur homme providentiel, macron, s’y est attelé et joue la partie à la manière dont Thatcher a joué face aux mineurs. C’est un moment décisif de la lutte. Mais si personne ne s’oppose à l’analyse, je n’arrive pas à faire partager l’urgence et la décision est celle qui avait été prévue à savoir une présence de masse devant le CHU de la Timone et de la Conception pour défendre le service public de santé. A Marseille, c’est effectivement une priorité et nous avons déjà multiplié les rencontres avec les usagers, les personnels. Les tracts sont là. Donc mardi une quinzaine d’entre nous s’inscrivent pour tracter de 6 heures du matin à 12h. Le CHU est dans le territoire de la section, mais la gare aussi, deux gares mêmes. Pour le moment le soutien aux cheminots c’est la présence massive à la manif du 22 . Après on verra…

 

Après débat autour du bilan et de la stratégie. Chacun de nous a trois minutes de parole, c’est difficile de faire un bilan en si peu de temps note un camarade aussi contestataire que moi, mais je m’aperçois qu’il lui est reproché trop de « nationalisme ». Je jouis d’un statut spécial, un caractère de cochon que l’on ne prend pas trop au sérieux mais aussi je relève de l’histoire du parti. A ma grande stupéfaction, après la réunion un camarade de la direction fédérale me confie à quel point il était en désaccord avec le Congrès de Martigues. Cela ne m’était pas apparu évident à l’époque, je le lui fais remarquer, et là avec une mauvaise foi touchante il me dit « Toi, tu es partie dieu sait où, tu nous a laissés et moi j’ai dû assumer ce avec quoi je n’étais pas d’accord ». j’en reste stupéfaite, oublié ce qu’ils m’ont fait subir, jusqu’à cette soirée où l’on m’a déchiré le pull. Ils n’étaient pas d’accord alors là c’est la meilleure. Il a l’oeil le plus innocent du monde et puis je regarde autour de moi, ce bar avec sa salle au premier, ils ne l’ont pas vendu. Cette section a conservé de nombreuses cellules et elle fonctionne bien, ils ont fait comme si … L’impression est la même dans le débat sur la stratégie et le bilan, la nécessité de redevenir un parti révolutionnaire, de voir quel est notre but. Nous n’avons pas le temps de parler de tout, une camarade dit combien elle a souffert, le pire ça a été le faux charnier de Timisoara, elle y a cru, elle a cru que les communistes des pays socialistes étaient des monstres. Elle veut un vrai bilan. Elle a écouté la video de ma conférence à la librairie tropique sur 1917-2017, Staline un tyran sanguinaire ou un héros national et elle leur dit : « pourquoi on n’a pas défendu le bilan du socialisme, oui il était globalement positif. Il y a eu toutes ces conquêtes sociales ».

 

C’est stupéfiant, nous sommes pratiquement d’accord sur tout. je me dis que quand il va s’agir des européennes ça sera différent et j’imagine déjà les clivages, mais dans le fond je n’en sais rien. Le nom de Pierre laurent n’a jamais été prononcé. Nous avons atteint un quasi-unanimité sur tout mais je suis sûre que si nous votions le « légitimisme » jouerait à plein comme d’habitude… Hamid qui est venu et dont c’est la première réunion de section me dit: « je commence à comprendre un peu »… La jeune adhérente de la cellule et une autre qui a adhéré il y a trois ans réclament une formation, des cours… pour se mettre au niveau, par exemple qu’est-ce qu’une classe sociale ?

 

Bon on continue…


Danielle Bleitrach

 

(1) Avec Alain chenu, nous avons raconté toutes ces histoires dans deux livres. Le premier l’Usine et la vie, publié en 1979 chez Maspero, le second Classe ouvrière et social démocratie, Lille et Marseille, dont nous avons assuré la partie marseillaise alain et moi paru aux éditions sociales en 1981.

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