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Qui doit décider de l’avenir de l’industrie ?

Qui doit décider de l’avenir de l’industrie ?

 

, par  Pierre-Alain
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Exceptionnellement, je publie sur lepcf.fr deux interventions faites au conseil de la métropole de Lyon, celle-ci portant sur l’économie. Il y a un vieux débat des communistes sur le rôle de l’élu, le rapport entre travail dans les institutions et travail politique... L’arrivée de Robert Hue et avec lui, la mutation du PCF, venait concrétiser une longue montée en puissance des élus comme les premiers représentants du parti, au détriment notamment des structures d’entreprise dont la coordination nationale allait être rapidement abandonnée par le même Robert Hue.
 

On mesure bien aujourd’hui que c’était la trace d’un enfermement du parti dans une union de la gauche dominée par le PS, qui allait progressivement nous couper des colères populaires et nous corseter dans les accords électoraux de sommet.

 

Le prochain congrès devra réouvrir ce chantier en affirmant la nécessité d’un parti organisé pour l’action, organisé pour construire pas à pas l’unité populaire, la conscience de classe. Il devra aussi pour cela redéfinir la place des élus, leurs rôles et le lien entre leur travail dans les institutions et les batailles politiques.

 

Cette intervention tente d’en faire l’expérience pratique, critiquant une délibération portant le discours économique dominant en posant la question clé pour les communistes du rôle de l’état, de qui dirige l’état... et se concluant sur la perspective du congrès du parti... En ce sens, je la propose comme contribution au congrès.


Intervention pour le groupe des élus communistes, parti de gauche et républicains sur la candidature de "Territoire d’innovation de grande ambition du Programme d’investissements d’avenir"

 

Par cette délibération, nous voulons être un territoire d’innovation de grande ambition, (ah la créativité des ministères !) pour des projets en lien avec notre stratégie sur "l’industrie intégrée et reconnectée à son territoire et à ses habitants". (ah, la beauté des formules métropolitaines !)

 

L’industrie et l’emploi, sont au cœur des préoccupations des français. Depuis le raté de Lionel Jospin avouant qu’il n’y pouvait rien, tous les gouvernements parlent de la relance de l’industrie. Sarkozy, Hollande, Montebourg, Macron, ont mis en place des plans pour l’industrie, avec toujours comme principe la baisse « du coût du travail » pour des entreprises plus concurrentielles. Ils coûtent des milliards à l’état, donc aux Français, et quels sont leurs résultats ?

 

Selon le cabinet Trendeo 


- Bilan Sarkozy 329 sites industriels nets perdus et 350.000 emplois industriels 


- Bilan Hollande 278 sites industriels nets perdus et 100.000 emplois industriels

 

Oui, mais il y a la reprise ? Permettez-moi de citer Michel Sapin qui s’en amusait dans les médias... La croissance a été de 0,6% au dernier trimestre après 0,5% au troisième, ce serait l’effet Macron, mais elle était de 0,6% au deuxième trimestre après 0,5% au premier ! Autrement dit, l’effet Macron est égal à l’effet Hollande... Ça promet !

 

D’ailleurs le "speed-dating" médiatiquement réussi du président avec les grands patrons du monde, a accouché d’une souris, 3,5 Milliards à comparer aux 250 milliards d’investissements annuels des entreprises françaises qui sont pourtant insuffisants ! sachant que ces annonces sont presque toutes des projets qui étaient déjà lancés !

 

Et je ne peux résister au plaisir de vous citer cette déclaration du ministre Mounir Mahjoubi qui montre qu’en terme de formules, la concurrence est vive « La French Tech est un programme où l’on a fait des innovations très neuves mais qui pourraient être encore plus neuves en 2018 ».

 

Permettez-nous d’être méfiant de cette dimension marketing des discours de politiques économiques de vos amis de droite et de droite, (je pense que c’est plus clair finalement que de dire de gauche et de droite...), et donc de nous concentrer sur le concret.

 

Prenons le cas de l’annonce que vous avez faites d’un campus industriel sur le site Bosch Vénissieux. Vous imaginez combien nous sommes partie prenante de cette ambition d’affirmer le rôle d’innovation industrielle de notre ville, fière d’être reconnue dans la stratégie économique de la métropole. Mais enfin, si nous voulons faire de l’industrie du futur sur ce site, il faudra des industriels et des investissements ! Boostheat est révélateur des besoins de financement pour passer de la R&D à la production sur un projet dont l’ambition est de moins de 100 emplois. Or ce site a connu 1000 emplois, il en faudrait donc 10 de cette taille !

 

Or, c’est le site du groupe leader européen de l’industrie 4.0. Comment imaginer que Bosch continue de se retirer du site ? Le groupe a annoncé qu’il vendait le foncier de la partie Bosch Diesel, et l’essentiel de la production Rexroth a été délocalisée. Tout ceux qui connaissent le site voient qu’en tendance, Bosch se retire.

 

Une pétition adressée au président du groupe Bosch est lancée à Vénissieux pour lui demander un investissement majeur sur ce site, dans le cadre de l’ambition d’en faire un site de référence de l’usine du futur, nous vous demandons de la soutenir.

 

Mais pour conclure, permettez-moi monsieur le président de vous dire ce qui vous manque pour réussir votre ambition industrielle...

 

Il y a dans la métropole de Lyon une grande créativité économique, technologique, des passionnés de l’industrie, de l’innovation. Mais vous leur imposez cette concurrence libre et non faussée qui pousse à la spécialisation compétitive, la destruction créatrice, toutes formules destinées à faire accepter que ce qui décide en fin de compte, c’est le profit de quelques uns. Or vous pouvez toujours chercher à maitriser le gros chat capitaliste pour des objectifs d’intérêt général, mais le gros matou, son vrai visage chers collègue, c’est celui de Trump, ou de Draghi, ou de Prokhorov... c’est lui qui nous dit la vérité du capitalisme, sa cupidité, son indifférence à la culture autre que ce qui s’achète et se vend, sa violence et sa vulgarité.

 

C’est pourquoi monsieur le président, les objectifs affichés dans la candidature de la métropole pour une industrie intégrée et reconnectée à son territoire et à ses habitants ne sont qu’un vœu pieux face au marché. Comment croire à l’objectif de "l’individu au cœur du système industriel" quand on connait la logique implacable du capital !

 

Ce ne sont pas les idées des chercheurs, ingénieurs, entrepreneurs, industriels qui sont mauvaises, c’est le cadre dans lequel les actions seront conduites, avec le profit comme seul moteur, pour que les 0,1% des plus riches continuent d’accaparer la plus grosse part possible du gâteau.

 

C’est pourquoi monsieur le président, je vais vous dire ce qui vous manque. Ce qui vous manque, c’est de travailler sous la direction d’un grand parti communiste ! Un parti qui mette l’état réellement au service de l’intérêt général, qui combatte tous les Trump du marché pour imposer le respect des biens publics, un parti qui domestique le chat capitaliste.

 

Certes, en France, ce n’est pas pour demain, mais si le Front National s’est refondé sur ses racines fascistes à la surprise des commentateurs médiatiques qui ne comprennent rien à l’histoire, vous pourriez être surpris du prochain congrès du parti communiste !

 

L’adresse originale de cet article est http://pierrealainmillet.fr/Qui-doi...

 

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