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La journée de « la » femme : « Ah, les p’tites femmes, les p’tites femmes, de Paris ! »

 
09 Mars 2018

Nicole m’envoie ce portrait peint sur le vif de la spécificité de la condition féminine au travail, quand elle en a un… et il ne s’agit pas de prédateurs sexuels, non de l’ambiance qui règne autour de la précarisation, à l’inégalité dans les salaires, aux responsabilités et aux promotions mal partagées, toutes choses qui n’avantagent que le patronat et pas les « hommes » en général…

 

(note de danielle Bleitrach)


 

L’image contient peut-être : une personne ou plus et foule

 

Chez le boucher : « Et avec ça, ma petite dame ? » A l’hôpital : « Vous avez l’armoire pour ranger vos petites affaires. Au bureau : « Parlez-en à ma petite secrétaire » . Je la connais, sa petite secrétaire : c’est une grande perche d’Américaine sportive. Mais une jolie fille est par vocation une « petite secrétaire ». Je pense à tel académicien, au demeurant charmant, qui m’ayant contemplée avec une admiration visible, me dit tout à trac : « Au fait, nous cherchons une secrétaire pour l’équipe » . Par la grâce de l’adjectif, nous cessons d’être égales, nous devenons objet de convoitise.


Je fais des heures supplémentaires pendant le week-end. Mon administratrice passe la matinée à convaincre mon chef qu’il doit me les payer ces heures supplémentaires. « Il m’a fallu deux heures et demie pour lui faire comprendre , me glisse-t-elle dans le couloir». Il sort sur ses talons, m’aperçoit et, se frottant les mains et, tout content, me glisse : « Ah, je je crois que vous venez de faire une bonne affaire ; vous allez pouvoir vous acheter une petite jupe ». Je ne porte jamais de jupe, soit dit en passant. Toutes choses égales, vous avez déjà entendu dire à un mec qu’il allait pouvoir se payer une « petite cravate », un « petit pantalon » ? C’est que la femme, c’est bien connu, elle travaille pour le luxe, pas pour le nécessaire.

 

Cependant la mignonne  prend inexorablement de l’âge. Elle ne grandit pas pour autant. On ne lui rend pas les centimètres qu’on lui niait. On ne parle plus de son physique, on commence à parler de son caractère. On dira d’elle : « Et puis, elle a un sale caractère . Elle est aigrie, la pauvre ! ». L’Homme, jamais. Bonhomme a pris du grade. Désormais on dit de lui : « Il a « du caractère », il a « son caractère ». C’est glissé avec une certaine volupté par la victime qui se rengorge en pensant : « Il faut savoir le prendre ». Sous-entendu « Moi, je sais le prendre ». Pauvre petite !


Mais qui leur met toutes ces idées dans la tête, parce qu’enfin, au départ, les enfants, ils sont normaux. Ils n’ont pas de préjugés. Mais alors, qui c’est qui éduque les mâles et les femelles ? Les femmes, bien entendu. Et tout commence à la maternité. Il n’est que d’écouter les annonces à la sortie de la salle de travail. « »Félicitations, Monsieur ! Votre femme a bien travaillé. C’est un beau gros garçon ! » Et sinon, « Bonjour, Monsieur. Tout s’est bien passé. C’est une jolie petite fille ». Et ces annonces elles sont toujours faites par de jeunes femmes, de jeunes puéricultrices.


Pauvres de nous, penserez-vous ! Certes, mais l’homme ne s’en tire pas à si bon compte. Tombe-t-il dans le chômage, il tombe dans la dépression : « je suis incapable de faire vivre ma femme et mes enfants, gémit-il » Jamais entendu une femme réduite au chômage culpabiliser parce qu’elle serait incapable d’entretenir son mari et leurs enfants. Quand une femme travaille, c’est pour meubler ses loisirs, c’est pour occuper ses journées, c’est pour s’acheter des choses en plus. Son travail est futile, celui de l’homme est sérieux.

 

Nicole Molko

 

Nicole tu as raison, c’est si vrai que selon l’idéologie dominante, la femme ne peut pas tomber dans la dépression si elle est au chômage, si elles précaire y compris avec des enfants sans pension alimentaire versée par un conjoint qui a oublié… que les députés d’en Marche ne l’ont pas envoyé dire aux députés communistes hier. Pendant que les députés communistes défendaient d’importantes mesures pour les femmes en condition précaire, les députés d’en marche avaient déserté les rangs de l’Assemblée. Ils sont revenus pour voter (comme un seul homme, les femmes comprises) contre ces mesures. En marche a joué avec la parité… un gadget quand ces grandes bourgeoises témoignent à quel point la dimension de classe est plus forte que la solidarité entre femmes…

 

(note de danielle Bleitrach)

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