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Grève générale sans précédent pour les femmes en Espagne

Grève générale sans précédent pour les femmes en Espagne

 

09 Mars 2018

  • A mettre en relation avec ce qui secoue l’Espagne, la dénonciation du pacte monarchique de 1978, le renouveau du parti communiste espagnol, mais aussi les divisions au sein de Podemos sur l’alliance ou non avec les communistes. L’influence de l’Amérique latine. cette manifestation il y a peu des retraités rejointe par des milliers de jeunes. Un contexte dans lequel l’Espagne sort de l’asphyxie franquiste, dénonce l’austérité et la crise qui l’a frappé, un mouvement des femmes bien articulé sur cette crise sans perdre de sa spécificité de revendication. C’est un des enjeux du Congrès du parti communiste français serons-nous capable de nous inscrire dans cet élan progressiste et communiste que l’on retrouve au Portugal ou allons nous une fois de plus derrière une direction qui ne sait faire que ça nous inscrire dans des manoeuvres d’appareil ?
  • (note de danielle Bleitrach)
Une manifestante à Barcelone, le 8 mars 2018
Une manifestante à Barcelone, le 8 mars 2018
afp.com – LLUIS GENE
08 MAR 2018
Mise à jour 08.03.2018 à 21:00
Par Alvaro VILLALOBOS, Adrien VICENTE

AFP

© 2018 AFP
 

Manifestations, grève du métro et des trains, piquets devant les grands magasins, présentatrices-vedettes absentes des médias: l’Espagne s’est mobilisée pour les droits des femmes jeudi, avec une grève générale « féministe » sans précédent dans le pays.

 

L’appel de syndicats et d’organisations féministes, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, a pour but de défendre l’égalité salariale, de dénoncer le harcèlement ou la violence faite aux femmes.

 

La mobilisation a démarré mercredi à minuit par des concerts de casseroles dans le centre de Madrid. Jeudi soir, des manifestations massives ont parcouru la capitale espagnole ainsi que Barcelone, où quelque 200.000 personnes, selon la police, ont défilé aux cris de « vive la lutte féministe ».

 

« Ce qui se passe aujourd’hui doit être un point de départ pour changer les choses », a dit à l’AFP Maria Angels Pina, une enseignante de 60 ans, pendant la manifestation barcelonaise.

 

Les deux principaux syndicats espagnols, UGT et CCOO, avaient appelé à un arrêt de travail de deux heures, observé selon leurs estimations par 5,9 millions de personnes à travers le pays. Dix autres syndicats avaient appelé à une grève toute la journée, inspirée d’un mouvement similaire en Islande en 1975.

 

La radio la plus écoutée par les Espagnols, la Cadena Ser, avait perdu ses voix féminines. Les stars des émissions matinales de télévision étaient aux abonnés absents. Et les femmes journalistes désertaient la rédaction du premier quotidien espagnol, El Pais.

 

Près de 300 trains ont été annulés et des rassemblements se sont formés dans une multitude de villes pendant l’arrêt de travail à la mi-journée.

 

Paula Biempica, employée de banque de 39 ans rencontrée par l’AFP à Madrid, disait faire grève pour la première fois de sa vie.

 

« Beaucoup d’entre nous avons renoncé à des promotions pour nous consacrer à la maison et à la famille », expliquait cette mère avec quatre enfants à charge, reprochant au monde de l’entreprise de ne toujours pas permettre de concilier maternité et travail.

 

« Je suis asphyxiée », affirmait Eva Ferrero, 48 ans, disant assurer un travail à temps partiel de femme de ménage payé 700 euros mensuels et passer le reste de sa journée à s’occuper de sa mère malade et de ses deux enfants.

 

Elle manifestait face à une grande enseigne commerciale de l’avenue Gran Via, où les grévistes appelaient exceptionnellement à ne pas consommer, afin de ne pas obliger vendeuses et caissières à travailler.

 

Des femmes employées à domicile, ne pouvant délaisser les personnes âgées et enfants dont elles s’occupent, avaient prévu d’accrocher symboliquement des tabliers aux balcons.

 

– ‘Comportements machistes inacceptables’ –

 

L’Espagne est cependant pionnière dans la lutte contre les violences faites aux femmes, s’étant dotée dès 2004 d’une loi spécifique, présentée comme un « modèle » par le Conseil de l’Europe.

 

En Espagne, les femmes sont payées en moyenne 14,2% de moins que les hommes, un peu mieux que la moyenne européenne (16,2%) selon Eurostat.

 

Mais des débats passionnés s’y tiennent depuis des semaines, alimentés notamment par les déclarations de deux femmes ministres en faveur d’une « grève du zèle », qui a scandalisé la gauche.

 

Le chef du gouvernement, le conservateur Mariano Rajoy, s’est démarqué de leurs propos. « La journée d’aujourd’hui sert à lancer un débat et à nous faire, à tous, prendre conscience », a-t-il déclaré jeudi devant des membres de son parti, un ruban violet attaché à sa veste.

 

La présidente conservatrice du Congrès des députés Ana Pastor a aussi défendu le droit de grève: « Il y a des hommes qui continuent à penser que les femmes étendent mieux le linge », disait-elle jeudi.

 

La numéro deux du gouvernement Soraya Saenz de Santamaria a assuré qu’il restait « encore bien des choses à changer, car même les vice-présidentes du gouvernement doivent subir des comportements machistes inacceptables ».

 

Le mouvement est aussi suivi par des actrices célèbres comme Penelope Cruz ou Rossy de Palma, égéries du cinéaste Pedro Almodovar qui de film en film a rendu hommage aux femmes espagnoles.

 

Penelope Cruz a annulé sa participation à divers événements et annoncé qu’elle laisserait son compagnon, l’acteur Javier Bardem, s’occuper de leurs enfants.

 

« Si les femmes baissaient les bras, le ciel nous tomberait sur la tête », a écrit Rossy de Palma sur Instagram.

 

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