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L’urgence de faire le bilan politique de la période écoulée et de sortir de l’opportunisme par Nicolas Maury

 
06 Mars 2018

Ce texte de Nicolas Maury est une contribution importante à la réflexion de tous, nous le publions comme nous l’avons fait pour d’autres textes qui veulent vraiment que ce Congrès extraordinaire nous aide à construire une perspective  qui ne saurait exister sans un parti communiste.

 

(note de danielle Bleitrach pour histoire et sociéte)



Lundi 5 Mars 2018


C’est volontairement que je choisi de réduire le bilan à la période politique écoulée (2016-2017). Cette période correspond à la fin réelle du Front de gauche comme structure rassemblant plusieurs formations politiques (comme le PCF, le Parti de gauche, Ensemble ! etc.) et au début d’un processus politique nouveau marqué par un lourd recul du PCF aux élections législatives. Il est important de faire une autocritique de cette période politique et de sortir de notre opportunisme et de notre électoralisme miteux

 

L’urgence de faire le bilan politique de la période écoulée et de sortir de l’opportunisme


Les anciens permanents qui géraient la « communication » du PCF (les affiches fluo par exemple), par la voix de Robert Injey, ont sorti un texte « C’est le moment…..de sortir des non-dits ! » (lire ici) qui demande aux communistes de trancher deux questions : Pour où contre le PS, pour où contre la France Insoumise.

 

Ce texte, qui est profondément en dessous de tout, a cependant quelques qualités, notamment sur le bilan de nos actions en 2016-2017.

 

1- Revenir sur le bilan de la période 2016-2017

 

Et ainsi montrer que la direction du Parti (son Conseil National inclus) a complètement navigué à l’aveugle, courant d’une position opportuniste à une autre, courant derrière des chimères électorales, pour finalement se manger le mur d’arrogance d’un Mélenchon débarrassé de son encombrant ex-allié communiste.

 

Rappelons nous ce calendrier :

 

Le 12 janvier 2016, une tribune dans Libération appelle à organiser une « grande primaire de gauche ». Pierre Laurent réagit par « on me dit primaire. Ce n’est pas ma culture, mais je dis : discutons, échangeons, construisons ensemble ». Un premier pas opportuniste que je dénonçait déjà (article sur l’annonce d’une grande primaire de gauche)

 

De ce processus opportuniste sont lancés les « lundis de la gauche » et qui vont faire la part belle aux sociaux-démocrates, aux écologistes et enfin à l’opportuniste Clémentine Autain (qui à l’époque était à Ensemble ! avant de fuir à la France insoumise une fois élue députée).

 

Dans la foulée, Jean-Luc Mélenchon annonce sa candidature le 10 février 2016 (sur TF1) et le porte parole du PCF, Olivier Dartigolles prononcera des mots incroyables « Sa candidature n’a été ni discutée ni décidée dans le cadre du Front de gauche » (oui, le Front de gauche n’existait dans la réalité plus). Ce porte-parole commettra un nombre certain de bourdes politiques durant 2017.

 

Dans la foulée, le Conseil national du Parti propose une base commune qui indique :

 

« C’est pourquoi nous n’avons pas fermé la porte au processus de primaire de gauche. Cette démarche a ouvert le débat à gauche. Dès les premiers mois du quinquennat, nous n’avons eu de cesse de réclamer l’ouverture d’un vrai débat. C’est plus que jamais une urgence. Nous voulons l’ouvrir dès aujourd’hui avec notre peuple. La démarche des primaires peut contribuer à le faire grandir. Raison de plus pour l’investir, avec nos propositions, et le faire progresser en le rendant populaire. Il peut être un moyen utile à ce que nous voulons : écarter l’impasse Hollande-Valls et consorts par l’émergence d’une autre voie à gauche, que nous voulons rendre incontournable. La réussite de ce processus passe par une démarche réellement collective, populaire et citoyenne. Le PCF est prêt à s’y engager. »

 

Quel est leit-motiv de toute cette histoire ?

 

Dénoncer l’opportunisme d’une primaire de gauche ?

 

Dénoncer le ralliement aveugle à Jean-Luc Mélenchon ? 

 

Non montrer que dès le départ, l’idée d’une candidature communiste est écartée. Qu’à aucun moment la direction nationale et le Conseil National ne voulait envisager l’idée d’une candidature communiste.

 

Ensuite le texte de Robert Injey rappelle très bien comment se déroule la suite des événements.

 

L’urgence de faire le bilan politique de la période écoulée et de sortir de l’opportunisme


Le congrès du Parti est bâclé, une armée mexicaine est élue au CN, une campagne de questionnaire « que demande le peuple » fait un flop absolu (65.000 questionnaires soit-disant remonté) pour finalement constater qu’il y aura pas de primaire de gauche en dehors de celle du PS et de sa fumeuse « Belle alliance populaire » (sic).

 

L’effacement des présidentielles et l’effacement du PCF

 

Au final, les communistes se retrouvent sans ligne, sans position, sans stratégie en novembre. La direction nationale (et l’armée mexicaine) nous propose donc de nous diviser de nouveau, avec là aussi un degrés assez fort d’opportunisme et de médiocre électoralisme. Deux options sont proposées, et elles prévoient dans tous les cas la possibilité de changer de candidat.

 

Option 1 : On se rallie à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, mais on reste autonome « considérant qu’un rassemblement peut s’opérer avec cette candidature et qu’elle porte une grande partie des propositions de la gauche alternative à l’austérité ». Mais, rien n’est fermé car « les communistes poursuivront leurs efforts pour une candidature commune, porteront cet appel en conservant leur autonomie, critique et constructive, travailleront à un cadre collectif de campagne élargi afin d’œuvrer à la construction d’un rassemblement le plus large possible ».

 

Option 2 : « Les communistes décident de présenter une candidature issue de leurs rangs », mais précise que « cette candidature pourrait, si la situation l’exige, sur la base d’un accord politique et après consultation des adhérent-e-s, se retirer au profit d’une candidature commune d’alternative à l’austérité telle que nous le proposons. »

 

L’option 2 était morte née, malgré de gros combats internes, car à aucun moment les conditions de présentation d'une candidature communiste ont été rassemblées. Les uns choisissant le ralliement à Mélenchon, les autres attendant ce qui allait sortir des primaires du PS. Résultat des courses, le PCF sera absents des présidentielles et surtout inexistant, inaudible et dépassé par ses propres contradictions.

 

1- Inexistant car la campagne de Mélenchon c’est faite selon les codes et règles voulu par le staff de campagne de la France Insoumise.

 

2- Inaudible, la France en commun a été noyée par l’Avenir en Commun. Et les médias ont bien compris que la France insoumise n’était pas le Front de gauche, ni le PCF.

 

3- Dépassé, car une partie des opportunistes sont partis à la FI (tant mieux, bon débarras), mais surtout que le PCF s’est vautré dans l’électoralisme honteux pour préparer les élections législatives (+ des négociations secrètes de marchands de tapis). Et nous paierons cette électoralisme assez cher, car Mélenchon a su travailler sa marque politique « JLM2017 ».

 

Bref, tout était fait pour ne pas exister et aujourd’hui nous n’existons plus.

 

Comme Robert Injey, je pourrai choisir de m’arrêter là, et de réduire le problème à une posture politique électoraliste (pour où contre le PS, pour où contre la FI), c’est pratique, ça permet de ne pas faire le bilan des directions nationales (CN inclus) de ces dernières décennies. C’est pratique, ça permet de ne pas pointer celles et ceux qui ont louvoyé.e.s pour rechercher de confortables strapontins (gauche plurielle, collectifs antilibéraux, Front de gauche …), le meilleur exemple étant Francis Parny.

 

2- L’urgence de faire le bilan des directions nationales et des stratégies de l’éternel échec

 

Le XXIXème congrès du PCF qui se déroule à La Défense (Nanterre) est le congrès de « La Mutation » (celui de Martigues ne fait que confirmer les thèses adoptées à La défense). C’est le congrès qui décide dans les faits, l’abandon du marxisme, du socialisme comme étape dans le processus révolutionnaire, et de l’analyse stratégique visant la prise du pouvoir. De ce congrès découle un certains nombres de processus, de stratégies qui aboutissent aujourd’hui a la situation que nous connaissons.

 

1- L’effacement électoral du PCF.


2- L’affaiblissement durable des structures militantes.


3- L’effondrement massif du nombre d’adhérent.e.s.


4- L’absence de programme audible et crédible.


5- La disparition médiatique (perte de l’Humanité, absence dans les médias – même publics – de masses …).

 

Et à chaque séquence de vie interne, les points ci dessus se renforcent. Quelque soit la stratégie adoptée : Gauche plurielle / collectifs antilbéraux / Gauche populaire et antilibérale / Front de gauche … A chaque fois plusieurs facteurs se répètent :

 

1- Absence de bilan sur les échecs électoraux.


2- Absence de bilan sur l’état des structures politiques.


3- Absence de remise en cause des directions (regardez les membres du CN, la majorité on connu ces échecs et ils sont toujours en place).


4- Effacement du PCF au nom du « rassemblement » (rajouter les adjectifs – au choix – suivants : populaire, majoritaire, de gauche …).


5- Nouvelle stratégie, avec les mêmes méthodes, les mêmes mots, les mêmes personnes.

 

Conséquence : Le PCF subit un nouvel échec !

 

Concrètement, il devient urgent de faire le bilan de la période écoulée (2016-2017), mais aussi du Front de gauche (2009-2016) et des diverses stratégies qui ont toutes échouées (sauf 2005).

 

En 2015, un an avant un 37ème congrès bâclé du PCF, j’alertai les communistes sur la situation politique à l’issue des élections régionales article en lien), notamment dans le cadre des élections de 2017. En vain.

 

L’urgence de faire le bilan politique de la période écoulée et de sortir de l’opportunisme


3- Poser la question du pourquoi nous sommes un Parti Communiste, revenir au Congrès de Tours, notre acte fondateur

 

Avant de poser les jalons d’un « communisme du XXIème siècle » comme le souhaitent certains, il faut revenir à ce qui fait de nous un Parti Communiste.

 

Il est urgent de rappeler que nous venons le l’échec de la IIème Internationale face à la grande boucherie entre les puissances impérialistes que fut la guerre de 1914-1918, que nous venons de la grande révolution socialiste d’octobre et de l’immense vague d’espoir qu’elle a développée dans nombre de pays. Et que du chaos que crée la bourgeoisie, continuant sa recherche de l’accumulation du profit, nous devons générer une prise de conscience, celle du prolétariat et de sa mission révolutionnaire libératrice.

 

Nos aîné.e.s ont su prendre en compte ces nécessités historiques et politiques. Ils/elles ont fait le choix de construire un parti politique qui serait celui du communisme (ni primitif, ni du XIXème, ni du XXème, ni du XXIème siècle).

 

Un parti dont le rôle révolutionnaire s’oriente pour la prise du pouvoir PAR le prolétariat et que nos camarades n’avaient pas peur d’affirmer la nécessité de la dictature du prolétariat comme une réponse démocratique à la tyrannie de la bourgeoisie et de son système représentatif. Une des mission que notre parti doit retrouvé, c’est la mobilisation du prolétariat et la (re)construction d’une conscience de classe.

 

Que le parti doit se défaire du « parlementarisme » et pour actualiser la pensée, que nous devons clairement affirmer notre volonté de dynamiter le système étatique bourgeois pour créer une société radicalement différente (il existe plusieurs axes qui méritent d’être analysés. Le premier que nous connaissons est celui des « Soviets »).

 

Cette situation permet de comprendre que doit être notre rôle et comment incarner notre message politique dans deux situations :

 

Les élections :

 

1- Mobiliser le prolétariat autour de nos mots d’ordre.


2- Faire de l’agitation révolutionnaire.

 

Dans les institutions :

 

1- Faire des institutions bourgeoises une tribune révolutionnaire.


2- Opposer un travail législatif contre la bourgeoisie.


3- Reconnaître que les institutions ne seront pas sauvées.


4- Un.e élu.e du PCF n’est pas au dessus du parti, mais est clairement un.e militant.e du Parti (pour en finir avec l’aventurisme de certain.e.s).

 

Repenser une stratégie en phase avec les réalités actuelles : pour une unité d’action populaire

 

Depuis les années 1970, le parti s’est engagé dans une stratégie : l’union de la gauche. Cette dernière avait deux objectifs : permettre au PCF d’accéder plus régulièrement au pouvoir et empêcher la droitisation des socialistes. Sur les deux plans, l’échec est patent.

 

Le Front de Gauche, pensé pour rassembler largement les organisations progressistes du pays derrière une seule bannière électorale, a échoué à faire vivre sur le terrain le rassemblement populaire. L’état de la gauche aujourd’hui est préoccupant, discréditée par l’exercice du pouvoir social libéral et concurrencée par la stratégie mortifère du dit « populisme de gauche ».

 

Compte tenu de l’état du monde du travail et de la difficulté à le mobiliser, l’addition d’organisations, qu’elles soient politiques ou syndicales, ne suffit plus à susciter un dynamisme des couches populaires. Nos stratégies doivent donc être repensées. La pensée « Avec qui on s’allie ? » doit cesser d’être le leitmotiv des orientations stratégiques du parti, et céder la place, sur le terrain des luttes, à la recherche d’une unité d’action populaire, qui permettra postérieurement la construction de blocs politiques et électoraux.

 

C’est donc par la reconstruction du mouvement social que nous permettrons à la gauche de retrouver la voie de la victoire.

 

Dans la phase de reconstruction du mouvement social, le PCF doit se mettre à disposition des couches populaires pour faire émerger une candidature crédible et alternative à Macron en 2022.

 

Pour un centralisme démocratique renouvelé

 

Dans les années 1990, le PCF a fait le choix de se restructurer dans un contexte difficile. Il importe aujourd’hui de tirer un bilan de ces choix organisationnels et de proposer de nouvelles pistes pour répondre aux défis actuels.

 

Il nous semble qu’un certain nombre de nos modes de fonctionnement sont dépassés et méritent d’être repensés. Actuellement, il nous semble que la direction nationale ne remplit pas son rôle, tout simplement car il n’est pas clairement défini. Le parti semble s’être enlisé dans des conflits de tendances et des luttes de féodalités. Il nous semble que le rôle de la direction nationale est de permettre aux militants la plus libre expression, tout en assurant l’application des décisions collectives. Or, pour permettre la plus libre expression de cette parole militante, il convient de mettre fin à ce régime des tendances qui pourrit les débats et fossilise les oppositions.

 

La direction actuelle s’est révélée incapable d’assurer son rôle dirigeant et de dynamisation de l’activité militante. En témoigne la rentrée scolaire, où les fédérations se sont retrouvées sans matériel pour lutter contre la loi travail XXL de Macron. Le CN doit cesser d’être un haut lieu du « blabla » et de la « parlotte », et devenir le vrai lieu de l’élaboration opérationnelle du parti, au service de tous.

 

Les différentes commissions thématiques doivent devenir des lieux d’élaboration d’analyses, mais aussi de formations et d’argumentaires militants, ouverts sur l’ensemble de l’organisation. A cet égard, nous ne pouvons que regretter l’insuffisante perméabilité de l’ensemble des niveaux de l’organisation aux analyses produites par les commissions: l’information circule très mal. Pour remédier à cela, il importe de travailler dans deux directions :

 

1) repenser une politique de formation ambitieuse au sein de l’organisation

 

2) Recentrer les commissions thématiques sur leurs missions fondamentales (élaboration théorique, militante et de formation) et développer les liens entre commissions et avec l’exécutif.

 

La communication externe du parti doit progresser qualitativement et investir massivement les réseaux sociaux ainsi que les plateformes de partage en ligne.

 

En somme, il s’agira de penser un centralisme démocratique renouvelé, permettant à l’ensemble des militants de s’emparer des enjeux portés par le parti, et garantissant l’efficacité et la lisibilité de l’organisation sur le plan national.

 

Bref ce n’est pas le communisme qu’il faut mettre au couleur du XXIème siècle (qui a commencé depuis 18 ans), c’est le Socialisme, l’étape essentielle et incontournable pour faire triompher le prolétariat.

 

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