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Les Européennes, Mélenchon et les communistes

Les Européennes, Mélenchon et les communistes

 

28 Février 2018

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Sur la question européenne, pour le moment je m’interroge sur la position de certains membres de la direction de mon parti. Je n’arrive pas à comprendre, par exemple ce qui les pousse à continuer à soutenir Tsipras en Grèce alors que celui-ci attaque le droit de grève, la pension des retraités, fait du macronisme. Tout cela parce que sont privilégiées les alliances européennes avec des partis qui n’ont rien à voir avec les partis communistes avec lesquels par ailleurs ostensiblement cette direction refuse l’unité d’action, dans ce cadre européen je pense en particulier au Parti communiste portugais.

 

Est-ce que dans la même logique ils sont prêts à s’entendre avec des forces qui sur la question européenne n’ont jamais mis en cause l’UE et sa politique, qu’il s’agisse de Benoit Hamon ou de certains écologistes? Que l’on me comprenne bien, je considère que sur ce sujet des alliances électorales, le PCF ne doit avoir aucune position sectaire, mais bien se déterminer à la fois sur la base du rassemblement qu’il aura réussi à créer sur un programme et aussi sur la base de ce qu’il est possible de faire ensemble au niveau de l’institution. Ainsi, il sera possible d’avoir des ententes plus larges au niveau des municipalités mais en ce qui concerne la question européenne il est difficile de cautionner certains positionnements qui vont a contrario des combats dans lesquels nous sommes aujourd’hui engagés.

 

Il est clair que face au positionnement confus de certains de nos dirigeants, le positionnement souverainiste de Jean-Luc Mélenchon, qui au contraire dénonce la politique de Tsipras et refuse des alliances pro-UE, risque de paraître plus conforme aux intérêts de ceux qui combattent aujourd’hui l’offensive de Macron, directement inspirée par l’UE et le grand capital, une offensive tout azimut qui va de nos protections sociales jusqu’à la privatisation de la SNCF.

 

Les communistes ne peuvent en aucun cas adhérer à cette politique qui lèse les intérêts de la classe ouvrière, des couches populaires, démantèle « le modèle français », qui est largement le résultat des combats de la Résistance et mis en oeuvre par des ministres communistes. Vont-ils laisser le bénéfice de toutes leurs luttes, hier et aujourd’hui, au nom d’une nouveau rassemblement électoraliste, à un Jean Luc-Mélenchon dont on a vu la manière dont il faisait peu de cas de l’intérêt des mêmes, que ce soit au niveau des législatives, ou face aux syndicats?

 

Est-ce que le parti communiste qui quelque soient les errances de ses derniers dirigeants demeure la meilleure garantie de voir l’intérêt de la classe ouvrière, des couches populaires, de la nation elle-même va continuer à être inaudible ? Vont-ils s’appuyer sur l’expérience de leurs combats de toujours, ceux d’aujourd’hui avec l’engagement des députés et des militants de ce parti aux côtés de ceux qui luttent pour défendre le droit à la santé, à l’éducation. La manière dont ils popularisent lesdites luttes partout, en contribuant à les faire converger politiquement. Fort de tout cela, les communistes  vont se laisser une fois de plus au niveau des discours enlever le bénéfice de la clarté par quelqu’un dont le projet politique clairement affirmé, est d’en finir avec le parti communiste? ce qui ne peut être en aucun cas favorable à la gauche ni au pays et à ses travailleurs. Ce projet  réjouit en revanche le capital qui visiblement dans ses médias a choisi l’adversaire à mettre en avant. Ce qui présente à leurs yeux le double avantage de faire avancer son projet contre le parti communiste et de déconsidérer l’opposition par la mise en avant des outrances personnelles. Parce que le capital a une mémoire de ses intérêts, il sait que le boulet est passé près, que hier comme aujourd’hui on ne dirige pas de la même manière la France avec un parti à 20% ou à 2%, avec ou sans un « mouvement » insoumis dont l’objectif est d’en finir avec ledit parti communiste.

 

Mélenchon affirme volontiers qu’il n’a rien contre les communistes mais qu’il dénonce leur direction. Comme chacun sait que je ne suis pas une inconditionnelle de Pierre Laurent je devrais adhérer à ce discours, mais il faut que Mélenchon et les insoumis comprennent qu’ils ont affaire non « aux communistes » mouvement composé d’individus isolés mais bien à un parti et que le moins que l’on puisse faire pour les respecter et de leur laisser le soin collectivement de savoir qui ils veulent comme dirigeant et surtout pour mener quelle politique. C’est bien la question du parti, de sa stratégie que devrait poser ce Congrès extraordinaire.

 

Si nous devons avoir conscience du contenu réel de la  candidature de Mélenchon telle qu’il l’affirme lui-même, nous devons laisser aussi la porte ouverte à des combats communs, d’abord à la base, cela passe par une affirmation de notre propre identité politique et pas par les invectives. Le combat politique n’a rien à voir avec cela surtout avec quelqu’un qui n’est pas l’adversaire que peut représenter le MEDEF ou le Front national..

 

Nous faisons un Congrès extraordinaire pour rompre au moins avec « l’effacement » qui nous a conduit à la déroute, c’est la base minimale sur laquelle tous les communistes sont d’accord. Une première orientation positive a été donnée dans le cadre de ce Congrès, celui de prendre pied dans les luttes contre l’offensive de Macron. Il faut noter l’engagement des militants mais aussi de leurs élus. Les communistes ont adhéré avec enthousiasme à cette proposition sans pour autant renoncer, au contraire au bilan en vue d’une autre stratégie.

 

Est-ce que la première rencontre électorale, qui coïncide de surcroît avec la tenue du Congrès, les Européennes, va témoigner de cette volonté quasi unanime des communistes? Ou ne nous restera-t-il face au discours de J.L.Mélenchon qu’à mener contre lui une campagne d’insultes et de caricature qui n’entraînera l’adhésion de personne et ne correspond en rien aux pratiques politiques des communistes? Une attitude qui comme la sienne ne peut qu’affaiblir les luttes des travailleurs qui souffrent d’une absence de perspective politique et se réfugient dans l’abstention ?

 

Qu’il s’agisse de la politique de l’UE, de l’UE elle-même, de nos alliances européennes dans le PGE, la manière dont elles conditionnent nos choix politiques, allons-nous avoir un discours clair qui sera en concordance avec les luttes dans lesquelles nous sommes engagés ou alors une fois de plus serons nous condamnés à laisser s’exprimer sur le sujet des oppositions qui ne mènent nulle part. Celle du front national qui apparait de plus en plus fort heureusement pour ce qu’elle est.

 

Mais dans un tout autre esprit celle d’une social démocratie mitterandienne dont le projet politique, en dehors des ambitions politiques, est d’en finir avec le parti communiste, ce qui malheureusement parait bien être le cas de J.L.Melenchon et de ses lieutenants.

 

Il ne s’agit pas de mener contre ce dernier une bataille déshonorante d’insultes ad hominem voire de ragots, mais bien d’éclairer les enjeux réels au-delà de discours conjoncturels comme le furent ceux de Mitterrand. Mais pour éclairer ces enjeux politiques, donner à nos luttes toute leur force encore faut-il qu’une fois de plus nous ne soyons pas pris dans des manoeuvres de sommet visant de fait à nier la nécessité de l’existence d’un parti communiste et nous mettant à la remorque de n’importe quel parti, individu, en pleine perdition sous prétexte de ne pas oser affronter les résultats d’une stratégie qui dure depuis plus de 20 ans ?

 

Il s’agit d’une position individuelle dans le cadre du Congrès, dois-je le préciser.

 

danielle Bleitrach

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