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Le débat stratégique doit s’ouvrir

Le débat stratégique doit s’ouvrir

 

, par  Marie-Christine Burricand
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Contribution de Marie-Christine Burricand au chantier "Bilan et démarche stratégique"
 
La note mise à disposition pour nourrir le débat « Bilan et avenir de notre démarche stratégique » reste très en dessous de la réflexion nécessaire tant du point de vue des exigences des communistes que de l’avenir du PCF.

Alors que l’écriture de la base commune démarre, cette note inquiète quant à la volonté d’unir les communistes puisque des questions essentielles sont minorées, voire omises. 

Ainsi en est-il du bilan critique demandé par le plus grand nombre des communistes. Cette question n’est traitée qu’en fin de texte et réduite aux bilans de nos expériences antérieures, l’examen stratégique étant soigneusement évité.Il est assez instructif de voir revenir en force le mot « expérience » qui est apparu au 30éme congrès du PCF à Martigues. Il s’agissait alors de lancer en grand les expérimentations dont il faudrait un jour faire le bilan. Mais ces expériences étaient en fait des choix stratégiques qui n’ont jamais été revisités. 

Cette note continue de définir le processus révolutionnaire comme « un processus d’évolution révolutionnaire multiforme et inégal , poursuivi dans la durée avec esprit de suite, faits de combats quotidiens immédiats, de succès partiels...Notre communisme est un chemin et une visée. C’est un mouvement d’émancipation continu en actes, un processus de réappropriation engagé au présent ... » 

Il n’est pas anodin de remarquer qu’au 30 ème congrès, nous disions quasiment la même chose : « Le communisme est à la fois une visée et un mouvement qui commence ici et maintenant, s’appuyant sans cesse sur ce qui émerge, sur les débats, les luttes, le suffrage universel ».Presque 20 ans après, plutôt que de répéter ces phrases comme allant de soi, ne serait ce pas le moment d’apprécier les effets de ces déclarations au regard de la situation française, européenne et internationale, de l’affaiblissement du PCF, en somme de la réalité ?

Est-il interdit de mettre en parallèle ce choix de la visée avec notre très grande faiblesse actuelle sur les questions de la prise de pouvoir politique, économique, financier par le peuple, de la place du parti dans cette prise de pouvoir et du rôle de l’État dans le processus révolutionnaire.

Nous avons abandonné le socialisme, force est de constater que la visée communiste reste un concept marginal qui ne semble pas répondre aux questions que se posent des millions de gens : Comment être plus forts que le capital, comment construire une société plus juste et plus démocratique, comment en finir avec l’exploitation et la guerre ?

Cette « visée » est-elle le bon outil pour transformer la dénonciation du capitalisme majoritaire dans le peuple en engagement pour le combattre jusqu’à un nouveau pouvoir et une nouvelle société ? Ouvrons le débat ! De telles similitudes entre les textes du 30éme congrès et la note qui nous est ici proposée sont repérables sur plusieurs points notamment le rapport entre classes sociales et mouvement démocratique, les transformations de notre organisation.Il est aussi étrange que dans notre analyse de l’élection présidentielle de 2017, nous esquivions la question essentielle du désengagement croissant des citoyens du processus électoral au travers de l’abstention, mouvement qui touche toute la société mais plus particulièrement les plus exploités et exclus de toute ascension sociale, ceux qui auraient un intérêt immédiat à des mesures de justices sociales radicales. Si nous les oublions ainsi, comment s’étonner qu’ils ne nous identifient pas comme leur parti ? Tout le socle stratégique qui nous guide et nous enferme peut-être depuis trop longtemps est réaffirmé sans autre forme de débat et et totalement exclu du bilan proposé, limité finalement aux questions électorales et du rassemblement. 

Cette réaffirmation sans analyse scientifique ni débat interroge d’autant plus que ces idées ont été promues alors que les pays socialistes s’écroulaient et la criminalisation du communisme atteignait son apogée, sans compter le poids alors de notre participation au gouvernement de la gauche plurielle.

Ce virage stratégique, construit en rupture avec notre histoire, n’a jamais complètement convaincu les communistes et il a été source d’affrontements et de divisions qui perdurent aujourd’hui.

Il nous éloigne du mouvement communiste international qui se réorganise et se reconstruit.
 
Qu’aurait d’extraordinaire un congrès qui éviterait de traiter ces questions et inscrirait en quelque sorte dans le marbre des choix anciens jamais confrontés à leurs conséquences ?
 
Le bilan stratégique s’impose, il est un préalable au débat sans tabou nécessaire pour ouvrir une perspective révolutionnaire dans notre pays. Il est un élément essentiel de la construction de l’unité des communistes.
 
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