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Elias Jabbour : Xi Jinping, la « Chine recentralisée » et la « nouvelle formation socio-économique »

 

 

13 Mars 2018

 

 

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Voici un article tout à fait intéressant d’un marxiste brésilien, sur les cycles (les générations) de l’adaptation du socialisme chinois aux défis auxquels il est confronté. Comment la formation sociale (infrastructure et superstructure en perpétuelle mobilité) Chinoise s’est-elle développée depuis Mao jusqu »à Xi jinping. Pour ceux qui connaissent un peu la civilisation chinoise, le communisme chinois se présente comme successeur dynastique de l’empire avec le souci de ne pas perdre « le mandat du ciel », c’est-à-dire en fait l’accord de sa population en assurant continuité et transformation. A lire impérativement.
 
(note et traduction de danielle Bleitrach)

Xi Jinping, la Chine « recentralisee » et la « nouvelle formation socio-economique »
 

Sujet d’intérêt, mais pas toujours profond, les événements en Chine ont une répercussion croissante dans le monde et au Brésil. À cet égard, il est important de discuter de la récente proposition d’amendement constitutionnel, mise en débat lors de la dernière réunion du Comité central du Parti communiste chinois, conclue le 25 février et résumée par le retrait de la limite de deux mandats à des postes clés, notamment la présidence de la République populaire.


Il n’est pas difficile d’en déduire l’imaginaire de la pensée journalistique, savante et des larges sections de la gauche influencée par un libéralisme brut, importé et profondément historisé:  « Xi Jinping est un nouveau « dictateur »; « Cela augmente le poids des revendications  démocratiques » ; « La libre pensée des » intellectuels critiques « est menacée » . Je propose un raisonnement préalable qui pourrait être introduit dans un programme de recherche en cours. Allons-y.

 

Je pense que c’est une réponse à l’épuisement d’un système politique qui avait eu le mérite d’accroître le degré d’exercice d’un corps collectif de dirigeants au détriment du risque de placer les destinées du pays sur les épaules d’un leader charismatique. Un système juridique socialiste qui avait fait ses premiers pas dans l’élaboration des vues de Deng Xiaoping sur les idées- forces-roboratives, parmi lesquelles celle des «générations dirigeantes», dont la première génération avait été rassemblée par Mao Tse-tung, la seconde par Deng lui-même. la troisième et quatrième dirigées par Jiang Zemin et Hu Jintao. La génération actuelle et cinquième a à sa tête Xi Jinping. Chaque génération, depuis Jiang Zemin, a pour mission de relever les défis de son mandat de dix ans (deux mandats de cinq ans). De ce point de vue, l’amendement constitutionnel proposé peut-il être une marche inverse? Pourrait être.

 

L’une des caractéristiques des réformes économiques chinoises était la décentralisation politique qui conférait non seulement une plus grande liberté d’action aux gouverneurs des provinces et des régions autonomes. C’était une réforme politique exigée par le temps historique, mais aussi une exigence de «grande politique» utilisée par Deng Xiaoping pour faire face à la résistance de Pékin dans les moments les plus difficiles du début des réformes économiques.

 

Cette décentralisation, reflétant un nouvel ordre celui du socialisme «de marché», conférait également un plus grand pouvoir et une plus grande autonomie aux grands et moyens dirigeants d’entreprises, par opposition à l’époque précédente de la planification centralisée. L’émergence précoce des Townships and Village Enterprises (TVE) liée au marché extérieur est un exemple du résultat de cette décentralisation et de son expression dans ce que j’appelle «l’industrialisation rurale» qui inaugure de nouvelles formes de division sociale et régionale du travail en Chine.

 

Dans l’ensemble, le résultat de cette étape a été extraordinaire à tous égards, je ne soumettrai pas de chiffres et de faits à ce sujet. Le point de connexion entre la réforme constitutionnelle proposée et le processus amorcé en 1978 est en fait clair pour moi: le « modèle » a commencé en 1978 et son cadre institutionnel aujourd’hui  a montré des signes évidents d’épuisement. De la même manière que le « modèle soviétique » était épuisé.

 

Les contradictions qui ont surgi dans ce long et grand processus de croissance et de développement ont été proportionnelles aux progrès observés: graves problèmes sociaux et environnementaux, inégalités sociales et régionales explosives, dégénérescence sociale dans les grands centres urbains. Mis à part le phénomène de la corruption qui ébranlait les fondements du pouvoir du PCC, menant au même sort que les  autres dynasties, quand elles devenaient corrompues et inaptes , pour rendre assurer, en leur temps, de grandes œuvres hydrauliques.

 

Il est clair qu’au cours des 40 dernières années, la capacité du PCC à répondre aux défis posés par la réalité, interne et externe, est très impressionnante. De nouveaux cadres institutionnels ont émergé au fil du temps, de sorte que faire face à cette gamme de contradictions ouvre de nouvelles frontières au processus de développement lui-même. Les « solutions de continuité » entre un cycle et un autre de croissance sont une caractéristique fondamentale du processus chinois.

 

Xi Jinping (que Fidel Castro appelait « l’un des leaders révolutionnaires les plus forts et les plus capables que j’ai jamais connus ») est arrivé au pouvoir en 2012 avec une mission claire pour faire face aux défis posés à son époque. Tout comme leurs prédécesseurs, Jiang Zemin et Hu Jintao, l’ont fait avec brio. La marque de l’ère Xi Jinping est la recentralisation du pouvoir de l’Etat à tous les niveaux, rétablissant de larges portions de l’économie et ses flux de revenus et de conflits ouverts aux fractions de la bourgeoisie plus touchées par la libéralisation financière. Renforcement d’une rhétorique marxiste plus aiguë et d’un plus grand rôle international . Une campagne violente contre la corruption a été déclenchée, atteignant de hauts échelons de l’Etat et du Parti.

 

Parenthèse importante. Il devrait y avoir peu d’ennemis créés par Xi Jinping dans les hauts sommets du PCC. En ce sens, selon Richard McGregor, chercheur à l’Institut Lowy en Australie et auteur du livre « Le Parti », sur le fonctionnement du Parti communiste chinois, la proposition de réforme constitutionnelle « (…)a  consolidé pour l’instant l’autorité extraordinaire de Xi sur le Parti et sur le gouvernement, et il met en garde sa légion d’ennemis lors du sommet du parti, celui qui nuit à sa campagne anti-corruption, ne va aller nulle part.  » En ces termes, la permanence de Xi donnera une impulsion encore plus grande aux initiatives chinoises ambitieuses qui ont  son soutien personnel, comme la Nouvelle Route de la Soie et la transformation du pays en une puissance technologique.

 

Il y a environ un quart de siècle, les cercles les plus réactionnaires de la planète célébraient la « fin du communisme ». Il ne serait pas exagéré de dire que le plus grand événement de notre temps réside dans le fait qu’un parti communiste formé à la suite de la Troisième Internationale de Lénine est à la pointe de la plus grande nation du monde, un pays prêt à prendre la tête de l’économie internationale. Rien de tout cela ne se passerait sans que le PCC lui-même ne montre aucune capacité à se réinventer au fil du temps.

 

J’ai dit que le processus récent perçu dans l’économie chinoise (la formation de 149 conglomérats d’affaires appartenant à l’Etat mettant en œuvre des politiques publiques majeures et l’ouverture de nouveaux niveaux de planification économique et de coordination / socialisation des investissements, par exemple) « Nouvelle formation économique-sociale » (« socialisme de marché »). Ce point de vue s’oppose vivement à ceux qui définissent la Chine ou comme un autre cas de « restauration capitaliste » sous la forme d’un « capitalisme d’État » réussi, ou une affirmation empirique des avantages d’une « économie mixte » ou de un « capitalisme autochtone ».

 

Cette nouvelle «formation socio-économique» exige toujours l’émergence de nouveaux cadres et dispositifs institutionnels capables non seulement d’ouvrir de nouveaux champs et de nouvelles possibilités au processus de développement. Mais ils doivent aussi être capables de répondre aux immenses défis internes et externes du régime. L’empire chinois fut périodiquement  recentralisé. La République populaire n’a aucune raison d’être différente.

 

Ainsi, le socialisme opère  la recherche d’institutions qui reflètent, selon une définition acceptée de la catégorie marxiste de la formation sociale, la totalité «infra et supra» qui se forme et se développe. La bourgeoisie a mis plus d’un siècle pour s’adapter à quelque chose que la Révolution française a essayé de définir en 1789 …

 

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