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Après les élections en Italie, retour sur le concept de « populisme ».

Après les élections en Italie, retour sur le concept de « populisme »

 

Publié le 11 Mars 2018

 C'est comme le monstre du loch Ness,

 cela revient régulièrement

 non pas en fonction

 de variations climatiques

 mais de celles, politiques, 

 des offensives idéologiques

pour masquer les vraies responsabilités.

Après les élections en Italie, retour sur le concept de "populisme".

 

« les comportements populistes »

 

Toute montée de l'extrême droite comme toute émergence d'une volonté de s'extirper de l'ornière de 50 ans de CEE CE UE est indexée pour tout confondre de l'adjectif haineux de populiste ce qui permet de faire que par la grâce d'un signe égal dont l'usage est réservé aux chiens de garde, leurs piqueurs et veneurs, il sert surtout à stigmatiser le peuple.

 

Brecht en son temps se gaussait de ceux qui parmi les siens ne comprenaient pas le peuple et les invitait à le changer. 

 

Comme répéter avec discernement n'est pas rabâcher, après le vote en Italie rien de tel que de revenir sur ce terme et un article de Francis Arzalier datant de 2011 est là pour aider à faire point.

 

Canaille le rouge a pensé utile de remettre de nouveau à la une ce papier datant maintenant de sept ans sur l'usage du terme "populiste" lequel sert à classer sans discernement et rejeter tout ce qui fait de l'ombre à la coterie des hors-sol et surtout à ceux que ceux-ci avec déférence ont fait choix de servir.

 

Le résultat des élections en Italie classe le rejet populaire des combines héritières de la démocratie chrétienne, du PS italien et de la faillite du PCI, fait de ceux qui affichent l'exigence de la souveraineté populaire des auxiliaires plus ou moins conscient de l'ordre brun voir des complices de l'extrême droite mussolinienne.

 

S'il faut appeler un fasciste un fasciste, un Wauquiez un élève aspirant au même groupe, affubler de telles idées par le biais de ce terme "populiste" les électeurs du mouvement 5* est un raccourci aussi hasardeux qu'injurieux pour ceux des Italiens qui cherchent une issue ; cela pour tenter de camoufler les responsabilités de fond de la crise italienne.

 

Tout cela justifie que canaille le Rouge réédite la page reprenant un papier que Francis Arzalier, historien, avait consacré à la question du populisme.

 

Si Libération a vieilli et bien mal au point de voir le journal de Sartre devenir la chambre d'échos des idées rancies d'un J-P Pernaud, les propos de Fr Arzalier n'ont pas pris de ride (et que dire du quotidien qui tournant le dos à Blanqui a perdu son "R" pour gagner un "D" faisant déférence ?).

 

Au moment où un tout nouveau premier responsable des héritiers du sarkozisme, connu pour ses déclarations haineuses et nauséabondes à propos des réfugiés, l'ancrent aucœur de la vieille réaction maurrassienne passerelle vers le F-haine (ou son sigle successeur), quand un ministre de l’intérieur navigue dans un marécage putride entre Jules Moch et ectoplasme d'un Serol, quand dans la même période d'histoire un autre stigmatise les ouvriers étrangers "qui volent le pain des Français" mais épargne les patrons qui les exploitent, ce rappel remet sur ses pieds un débat que les hors-sol s'escriment à laisser sur la tête pour s'assurer que ce soit vous qui ayez la migraine.

 

Oui un texte de 2011 et ses références d'alors, mais qui sur le fond reste on ne peut plus actuel.

 

Il était une fois à Paris un journal de la « gauche caviar », affublé d’un beau nom qu’il ne mérite plus : Libération. Ses inventeurs, il y a environ quarante ans, rêvaient de grand soir maoïste, et faisaient la leçon aux militants ouvriers, bien trop modérés à leur goût. depuis l’eau du « marché » a coulé sous les ponts, les dividendes ont rempli leurs goussets et ils sont devenus les paladins haineux de l’ « establishment » occidental avec, pour se donner bonne conscience, de grandes envolées de sépulcres blanchis sur les droits de l’homme et de la femme que l’on viole, la misère des assistés qui fait pitié dans les salons, le racisme des petits blancs incultes du métro.

 

Ils ont la compassion facile comme les bourgeoises autrefois aux portes des églises, car nous sommes de gauche, que diable !

 

Et disons pis que pendre de Sarkozy, Hortefeux et leur bande, qui risquent encore d’empêcher l’élection de notre président du FMI, Strauss-Kahn, en 2012.

 

Mais cette « couleur gauche » n’empêche en rien, bien au contraire, un discours militant, répétitif, obsessionnel, au service de la vieille pensée« libérale », celle des Guizot et Monsieur Thiers du 19ème siècle, des Daladier et Schumann et Pinay, au 20ème, des Fillon et Bayrou aujourd’hui, liberté d’entreprendre et d’exploiter autrui, ce qu’ils nomment « la loi du marché ».

 

Cette religion du capitalisme a son espace international, l’Europe supranationale, acharnée à réaliser les dogmes du profit libéré des entraves, ses grands prêtres comme le franco-allemand Cohn-Bendit, qui fut Dany le Rouge en 68, et le portugo-bruxellois Barroso, qui fut maoïste autrefois. Ce discours est fort élaboré et sait depuis longtemps manipuler les mots et créer des concepts.

 

Ainsi , depuis des mois, les idéologues de Libération, relayés par certains au PS et au Centre, pourfendent-ils quotidiennement un ennemi, le populisme, aussi dangereux selon eux pour notre liberté que la barbe de Ben Laden pour Hortefeux.

 

Dans le numéro copieux des 31 décembre, 1 et 2 janvier 2011, « l’Europe est menacée par les populismes », « mouvements démagogiques contraires aux valeurs européennes » : il s’agit bien, dans ce titre, non du continent et de ses peuples, soumis ces derniers temps à la purge drastique organisée par les spéculateurs, les banques, et les gourous du FMI, mais de l’Union Européenne, institution supranationale dont l’objectif est d’assurer, par la répression s’il le faut, (cf la Grèce), la destruction programmée des conquêtes sociales.

 

Le fait est que la Hongrie, dirigée par l’ultraconservateur Viktor Orban, est en janvier à la présidence de l’UE, et cela n’a rien que de lamentable. Mais dire que cette accession au pouvoir dans l’Union est « contraire aux valeurs européennes » ne manque pas de culot . Quelles politiques, sinon celles préconisées par l’Europe supranationale, a amené un succès électoral de l’extrême droite partout, en Italie et en Autriche, en Hongrie et aux Pays-Bas, en Belgique et en Suède, en Pays Baltes et en France bientôt ?

 

Il faut analyser les pages de ce numéro du quotidien de la « gauche libérale » française pour jauger la perversité d’un discours manipulé.

 

Cet ennemi mortel, selon Libé, le populisme, en quoi consiste-t-il ?

 

Comment définir ce concept fourre-tout qui n’a rien d’une définition scientifique ?

 

Libé le définit par trois singularités :

 

« une dénonciation de l’étranger, la méfiance envers l’état de droit », qui, jusqu’ici, étaient plutôt attribuées à l’extrême-droite, xénophobe et autoritaire depuis le fascisme de 1920. Avec une ambiguité toutefois, car la définition telle que formulée par F.Sergent condamne aussi ceux qui refusent les délocalisations inhérentes à l’ouverture des marchés, et la protection par les états nationaux des productions et des emplois (« le protectionnisme » est assimilé au racisme).

 

Mais le plus effarant de ce tryptique « populiste » est la troisième partie de la définition selon Libé : « le mépris des élites ».

 

L’idéologue Jacques Julliard enfonce le clou en assénant :

 

«  le populisme est un raisonnement simpliste parce qu’il considère que le peuple est unique et qu’il a toujours raison. »

 

Nous, naïfs engoncés dans nos définitions inventées par les Grecs d’il y a 2500 ans, réaffirmées par toutes les révolutions contemporaines, pensions que le régime politique dans lequel le souverain est le peuple, et lui seul, se nomme la démocratie, et que celui dans lequel les « élites » autoproclamées décident à la place du peuple se nomme aristocratie ou dictature.

 

Enfin Mr Julliard et autres penseurs de la gauche bobo nous ont ouvert les yeux : pour eux extrême-droite et extrême-gauche se valent, et les « élites » (Mme Bettencourt, ses gigolos et sa fille ? les PDG et spéculateurs qui empochent en un jour plus qu’un ouvrier en une vie ?...) méritent qu’on les laisse enfin en paix.

 

Tous ceux, trublions, qui les critiquent, sont «  populistes », au même titre que Le Pen et Al Qaïda : ce sont des « intellectuels de gauche » qui le disent. Seuls pourront être sauvés de la géhenne les timides autrefois marxistes, prêts à se couvrir la tête de cendres en expiation de leur hargne passée, les anciens communistes qui, comme Robert Hue, viennent à la télé supplier qu’on les réélise sénateurs avec des voix socialistes, centristes, vertes, jaunes, que sais-je encore… Faut-il donc l’avouer, en ce début d’année ? Nous serons quelques-uns, que ce spectacle indigne, à refuser toute allégeance à cette vomissure, ce mépris de bourgeois bien repus, bien chauffés, pour le peuple et la démocratie et l’égalité entre les hommes et les peuples.

 

Nous serons quelques-uns à appeler un chat un chat, les xénophobes autoritaires d’extrême-droite européens des émules du fascisme, l’Europe supranationale une machine à accroître les profits des actionnaires et des spéculateurs, à détruire les emplois et les industries au détriment des salariés, à démanteler les conquêtes sociales en déstructurant l’Etat-nation qui en est le garant : nous serons les affreux « populistes d’extrême-gauche », persuadés que les peuples exploités ont raison de vomir les élites exploiteuses et les plumitifs grassement rétribués à leur service.

 

Pour que vivent et grandissent les luttes pour l’égalité et la démocratie durant l’année nouvelle.

 

Francis Arzalier,

historien

 

Rédigé par Canaille Lerouge

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