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L’Humanité : Macron, pas à la fête pour son anniversaire

L’Humanité : Macron, pas à la fête pour son anniversaire

 

16 Avril 2018

LIONEL VENTURINI
DIMANCHE, 15 AVRIL, 2018
HUMANITE.FR
AFP

Durant près de trois heures, le chef de l’État a été sur le grill, pour une interview censée marquer sa première année à l’Elysée.

 

Une quarantaine de secondes télévisées de marches descendues, pour enfin arriver au théâtre de Chaillot, « en majesté ». Comme un air d’arrivée au Louvre, le soir de l’élection, pour Brigitte et Emmanuel Macron, qui ont dimanche soir signé leur apparition. Une mise en scène de trop, quand l’heure est sérieuse, avec le premier engagement militaire par le chef de l’État depuis son arrivée.
 
« De nombreux Français doutent de vous, perdent patience », dit Jean-Jacues Bourdin en préambule. « l’Histoire jugera », botte en touche Emmanuel Macron.
 
Syrie : « comme très peu d’armées au monde peuvent le faire »
 
« Hors cadre de l’ONU n’est-ce pas un problème ?  » demande Edwy Plenel, ce fut « de manière strictement légitime dans un cadre multilatéral », répond Macron, revenant sur le veto russe comme faisant de Moscou, de facto, « un complice » du régime de Bachar El Assad en ayant « impuissanté » la communauté internationale.
 
Et glissant pudiquement sur l’aspect légal, ce qui n’est pas la même chose. L’aspect « multilatéral », avec pour seuls partenaires les USA et son allié historique la Grande-Bretagne, est plutôt mince comme argument. Ce n’est pas « un acte de guerre », assure Macron, mais « un acte de représailles », en raison d’une « infraction réitérée et prouvée » -alors le nombre d’Etats dans cette situation sont légions.
 
« On le sait », assure Macron quant à la présence effective d’armes chimiques sur les sites visés, tandis que le quai d’Orsay se montrait moins affirmatif samedi, quant à la capacité de la France d’en apporter la preuve avec ses propres moyens. « Comment on obtient la paix en faisant la guerre. Pas de réponse », twitte durant l’émission Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.
Poussant le questionnement comme rarement dans le passé dans un entretien présidentiel en France, les deux journalistes énervent passablement le chef de l’État, « je conteste l’orientation de votre question », posant la question de la coagulation des mouvements sociaux. « Il n’y en a pas tant que ça », balaie le chef de l’État. « La colère de qui ? à Notre-Dame des Landes, elle n’a rien à voir avec les cheminots », s’emporte Emmanuel Macron.
 
En passant au thème de l’évasion, fiscale, le chef de l’État sait qu’il risque le qualificatif de « président des riches ».
 
Malte et le Luxembourg ne sont pas des paradis fiscaux, se demande Jean-Jacques Bourdin ? Le président défend les « avancées » passées, d’échanges d’informations pour l’essentiel, et sans effet notable jusqu’ici. C’est de l’« optimisation fiscale », rétorque le président. Oubliant que dans ses gènes, et depuis l’Acte unique européen, la mise en concurrence des systèmes fiscaux est la règle. « Je n’ai pas d’amis là où je suis », objecte-t-il, quand le nom de Bernard Arnault est prononcé. Macron, quand il reçut le premier ministre du Luxembourg en début de mandat, avait soigneusement évacué le sujet. « Nous serons intraitables en matière fiscale », avance pourtant le président, voulant « distinguer la fraude de l’optimisation » : ce qui revient à ne rien faire. Idem pour le « verrou de Bercy », qui protège les gros fraudeurs fiscaux, renvoyé à un vague texte futur. « Harmoniser la fiscalité en Europe, il faut d’abord changer la règle de l’unanimité sur les sujets fiscaux au sein de l’Union Européenne ! », objecte sur Twitter le sénateur Eric Bocquet, spécialiste de la question.
Le CICE, soutient encore Macron, ce « n’est pas un cadeau (…) Quand on empêche les gens de réussir ils vont réussir ailleurs ». « Flat tax » avantageuse pour le capital, et quasi disparition de l’ISF n’en seraient pas non plus… « J’assume les gestes fiscaux », explique Emmanuel Macron, quand l’argent est réintroduit dans l’économie », -sans contrôle- rappelle un intervieweur. Et chiffrées par ATTAC à sept milliards d’euros en tout.
« L’argent, on le trouve pour nos priorités », assure Macron, quand un peu plus tard au cours de l’émission on lui met sous le nez les réductions de budget pour les hôpitaux (moins 1,6 milliards d’euros en 2018). « Une moindre augmentation » qu’attendue, répond Macron. Non, « le budget 2018 n’était pas « moindre que ce que certains attendaient », mais inférieur à l’augmentation mécanique des dépenses », réagit le député PCF Pierre Dharréville sur les réseaux sociaux. Macron lance l’option ‘une seconde « journée de solidarité », c’est à dire un nouveau jour férié devenant travaillé, pour financer la prestation dépendance. « Ma priorité, ce sont les vulnérables de la Nation », dira un peu plus tard le chef de l’État, dans une de ces formules générales qu’il affectionne. Au cours de l’émission, Macron lâchera que « certains ministres ont renoncé à beaucoup d’argent pour entrer au gouvernement », dans une remarque déplacée, quant au sens de l’État exigé.
« Il n’y aura pas de création d’un nouvel impôt local ni d’un impôt national » assure le président, quand des questions se posent sur la compensation par l’État de la disparition de la taxe d’habitation, qui inquiète les communes. Le président redit que « tous les régimes spéciaux auront vocation à converger », soit la fin annoncéedes régimes spéciaux. Sur la SNCF, Emmanuel Macron parle des négociations sur la dette, reprise par l’Etat à compter de 2020. « Par contre il faut lui dire que c’est les banquiers qui se goinfrent avec, pas les cheminots. Histoire qu’il aille au bon endroit pour négocier … » se moque le député (FI) Loïc Prudhomme sur Twitter.
A propos des universités, le président convient à mi-mot que l’expression employée, « agitateurs professionnels », peut être violente. Mais n’entend pas bouger d’un iota son projet. 
Sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le président se révèle hermétique aux inventions locales, aux projets collectifs locaux, refusés par le gouvernement. « Pourquoi ne l’ont-ils pas fait depuis dix ans », se demande le président, comme si les zadistes pouvaient se constituer en Scop ou exploitation agricole sur des terrains… de Vinci jusqu’à l’abandon du projet.
La légitimité démocratique, il la revendique en dépit du caractèreparticulierde son élection. Tout juste reconnaît-il « la colère » des Français, seule « explication conjoncturelle » à son élection. « Le problème n’est pas que Macron manquerait de légitimité démocratique… Il a été élu. La question est la faiblesse de sa base sociale d’où la tentation de nier la convergence des mécontentements et le recours autoritaire aux forces de l’ordre », commente l’écologiste David Cormand.
 
Le doit d’asile et l’occasion d’une nouvelle passe d’armes, délit de solidarité, rétention de mineurs et d’enfants : les députés sont libres, affirme Macron, tandis que des amendements issus de la majorité ont été refusés par le groupe En marche.
Et reprend au passage le terme de « submersion migratoire » employé or son ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, reprenant lui même une terminologie d’extrême droite. « ! La majorité des migrations africaines se font à l’intérieur même de l’Afrique. Arrêtons avec ce mythe dangereux de la submersion migratoire ! » a réagi la députée PCF Elsa Faucillon. Le président concède que « le délit de solidarité je souhaite qu’il soit adapté, pas supprimé », dit-il, tout en effectuant un parallèle…. Avec les passeurs.
En fin d’émission, le directeur de Mediapart souligne qu’Emmanuel Macron a été élu « sur ce socle de 18% des inscrits » ce qui agace visiblement, Jupiter « dézingué ». Tandis que jamais il n’a été appelé « monsieur le président » au cours de l’entretien, le jeune président qui veut faire bouger les lignes s’est réfugié derrière la fonction dès qu’il est chahuté par ses deux intervieweurs.
 
Même si rendez-vous est pris pour un nouvel « entretien d’évaluation » dans un an, pas sûr qu’Emmanuel Macron se rejouisse à l’idée de recommencer l’exercice.
 

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