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Décidément, cette base de discussion n’est pas à la hauteur des exigences politiques !

Conseil National des 9 et 10 février

 

Intervention de Marie-Christine Burricand

 

, par  Marie-Christine Burricand
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La base de débat propose par le texte "Bilan et avenir de notre démarche stratégique " me semble passer à côté des questions essentielles pour l’avenir.
 

Le plus critiquable tient au tour de passe /passe qu’il réalise sur la question du bilan stratégique, exigence ancrée dans la volonté d’un congrès extraordinaire, car s’il s’agit simplement de faire mieux, plus, à la marge, il n’y a pas nécessité d’un congrès extraordinaire.

 

Le texte démarre par le titre "bilan et avenir de notre démarche stratégique" au sous titre vers la "redéfinition" de cette même démarche stratégique. Les mots ont un sens. Redéfinir : modifier, reformuler le contenu d’une définition, définir une nouvelle fois en changeant quelque chose. Belle ambiguïté sur le sens donné à ce qui devrait être un examen stratégique. Et nous arrivons ainsi à un bilan, non plus de la stratégie, mais de nos expériences, dans un point 5 très limité.

 

Le mot expérience est de ailleurs très à la mode dans nos rangs. Si on expérimente, on peut bien se tromper ! Mais quand il s’agit d’un parti, il y a des expériences qui coutent chers et ont des effets définitifs. Le peuple et la société ne sont pas un terrain de jeu.

 

Au final, l’absence de bilan stratégique sincère induit un texte qui surtout ne touche pas au cadre stratégique qui est le nôtre depuis 20 ans. Nous sommes quasiment dans l’explication de texte de "rallumons les étoiles" en tentant, car il le faut bien, de répondre à l’exigence des communistes de rompre avec l’effacement du PCF. 


Mais peut-on y arriver sans au moins ouvrir sur la réflexion sur notre cadre stratégique, cela paraît impossible. Je peux accepter qu’un congrès ne tranche pas toutes les questions, je peux accepter un commun d’engagements et de combats à condition que les questions stratégiques soient ouvertes, nous n’en sommes pas là.

 

Des éléments sont affirmés comme allant de soi dans ce texte alors qu’ils font débat : 


- La définition du communisme : " L’humanité en commun, un chemin, une visée ", " égalité, partage des richesses, des pouvoirs " oui mais comment reprendre ces richesses, que fait on de l’exploitation, de la propriété, du profit, de la plus-value ? 


- La question des classes sociales est esquivée sous prétexte de mouvement démocratique. Or quel sens de ce mouvement démocratique sans reposer la question des classes sociales et de leurs places respectives dans ce mouvement ? 


- Le sens du bouleversement politique de 2017 qui fait l’impasse sur le désengagement croissant des citoyens du processus électoral, l’abstention. Un mouvement qui se renforce au fil des années et des déceptions politiques et qui a trouvé son apogée en 2017. 


- L’appel à repartir vers vers cette nouvelle mission historique que serait la reconstruction de la gauche. 


- Le rapport tactique et strategie : il est vrai que nous n’avons pas fait preuve de grandes qualités tactiques ces dernières années notamment aux présidentielles et aux municipales. Mais peut-il y avoir de la tactique sans stratégie et quand notre affaiblissement affaiblit nos liens avec la réalité sociale ?

 

Surtout, il y a des fantômes : 


- La référence au marxisme n’est pas explicite 


- J’ai parlé de l’exploitation, coeur du capitalisme 


- L’État est le grand absent avec la prise du pouvoir : quel rôle pour l’état pour permettre la prise de pouvoir du peuple, prendre les mesures nécessaires ?

 

Cette question est au coeur de notre affaiblissement, dans cette contradiction qui fait que les gens trouvent souvent nos idées généreuses mais nous lâchent parce qu ils ne croient pas en notre capacité à transformer le réel.

 

Décidément, cette base de discussion n’est pas à la hauteur des exigences politiques !

 

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Vos commentaires

  • Le 14 février à 08:02, par THEROND PatriceEn réponse à : 

  • Décidément, cette base de discussion n’est pas à la hauteur des exigences politiques !

  • Bonjour,
    dans ses commentaires sur le document "bilan et avenir...", il me semble que Marie-Christine Burricand a raison de commencer par le point "définition du communisme". Car si un parti communiste ne sait pas définir ce que peut être le communisme, a minima sur de grands principes, on est mal embarqué et donc pas prêt d’arriver quelque part.


    La société capitaliste ou plus précisément néo-libérale actuelle, a toujours pour base organisationnelle 2 classes : les possédants et les producteurs de richesse (richesse pas seulement matérielle).


    Pour faire court (et forcément simpliste, mais j’espère néanmoins juste sur le fond), Marx expliquait que le prolétariat (les producteurs) était aliéné : dans le processus de production car ils ne possédait pas l’outil de travail lui permettant de créer les richesses et dans le processus d’échange car il ne possédait pas le produit de son travail. Il vendait sa force de travail pour "l’échanger" contre de quoi survivre. Le capitaliste (le possédant) lui ne crée aucune richesse, mais s’occupe d’accumuler la plus-value générer par le travail du producteur.


    Le communisme ce n’est pas une "humanité en commun, un partage des richesses et des pouvoirs", c’est la fin d’un système à 2 classes sociales seule façon de supprimer les aliénations citées plus haut. Il n’y a donc pas de partage ou de meilleure redistribution des richesses créées qui tiennent. L’objectif c’est une société où cette question est dépassée par le fait qu’il ne doit pas y avoir continuation d’un système avec une classe de possédants et une classe d’exploités.


    Bien sûr on ne va pas y arriver en claquant des doigts, le chemin à suivre est difficile à trouver et définir précisément le contenu d’une société communiste n’est pas aisé (Marx ne l’a d’ailleurs pas fait) d’autant que cela reposera sur les générations de citoyens "producteurs" qui la construiront progressivement.


    Mais ce qui est certain c’est que si on ne sait pas au départ identifier les fondamentaux incontournables, la question ne sera plus la "difficulté à faire" mais l’impossibilité.


    Cordialement.


    • Le 14 février à 09:00, par CN46400En réponse à : 

    • Décidément, cette base de discussion n’est pas à la hauteur des exigences politiques !

    • Définir le communisme plus précisément que ne l’a fait Marx est une illusion. Qui peut dire, alors que le capitalisme est encore dominant sur la planète, ce que sera la situation quand le socialisme (a chacun selon son travail) sera dominant et que la question du passage au communisme se posera alors concrètement ?


      Pour Marx, le communisme c’est : à chacun selon ses besoins, dépérissement de l’état, du militarisme, de la police, des frontières et des contradictions de classes. Aller plus loin c’est entrer dans la futurologie et les romans d’anticipation. 

       

      C’est pour cela, qu’après la Commune, Marx et Engels ont introduit entre le communisme et le capitalisme une "antichambre" qu’il ont nommé le "socialisme" où les intérêts dominants sont ceux du prolétariat (ceux qui doivent travailler pour vivre) en lieu et place des intérêts bourgeois (ceux qui vivent du travail d’autrui) qui dominent actuellement la plupart des moments de la vie économique sous le capitalisme.


      Au passage, je note que les marxistes doivent, au minimum, respecter les formules choisies par Marx et Engels. Certes ils ont écrit sur le libre-échange, mais ils n’ont jamais associé la liberté au capitalisme autrement que la celle du "renard dans le poulailler". Le "libéralisme" est un mot valise, promotionné par la bourgeoisie, pour emballer positivement son système : le capitalisme !

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