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Europe 2017

Une « révolution de couleur » en Roumanie ?

 

, par  communistes

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Envoyé par le Parti socialiste de Roumanie (communiste en fait ...car le terme "Communiste" est interdit à Bucarest). On appréciera à la lecture du texte la façon dont nos merdias présentent la situation !

mis à jour le : 1 Mars, 2017

 

Nous constatons que la plupart des médias internationaux affichent incorrectement la situation en Roumanie, montrant seulement le spectacle d’une minorité représentée par le Président Johannis et les manifestants organisés par lui. Les médias ne comprennent pas ou déforment délibérément les véritables événements et leurs enjeux.

 

Nous allons vous présenter quelques problèmes réels de l’atmosphère roumaine après les élections législatives du 11 Décembre 2016, gagné d’une manière détaché, par le Parti Social Démocrate, PSD, (45,5%), qui a réalisé après une coalition stable dans le Parlement (65,5%).

 

Le Président Klaus Johannis, contrairement à la Constitution, a fait campagne pour son parti, Parti National Libéral, PNL, et le parti nouvellement créé, le parti de Soros, l’Union Sauvegarder la Roumanie, USR, qui ont gagné moins de 30% des voix. Il a déclaré : "Je veux mon Parlement, Je veux mon Gouvernement”, refuse de reconnaître en Octobre 2015 le gouvernement PSD, dirigé par Victor Ponta, son adversaire à l’élection présidentielle 2014 et veut nommer un gouvernement composé des fonctionnaires roumains de la Commission européenne et des employés des ONG de Soros, dirigé par Dacian Ciolos, ex-commissaire à l’agriculture à la Commission européenne.

 

Les récentes mesures qu’il a prises dirigées contre la coalition sont : 


- Le rejet de la première proposition du Premier ministre, sans aucune motivation ; 


- Le retard dans l’approbation de la nomination du gouvernement et le retard dans l’octroi d’approbation pour le budget pour 2017 ; 


- Le rejet de la loi approuvée par le Parlement, proposé par le PSD, concernant l’annulation de 102 impôts et taxes, de renvoyer la loi au Parlement et de retarder, par conséquent, son application d’environ trois mois ;

 

Tous cela, pour empêcher la coalition majoritaire de mettre en place le programme du gouvernement qui prévoit, pour la première fois, plusieurs mesures destinées à accroître le niveau de vie de la majorité. Avec un délai de deux mois, est en cours la première étape d’augmenter les pensions, le salaire minimum, les salaires des enseignants et des médecins, les aides aux personnes défavorisées, la réduction des impôts etc.

 

Les manifestations contre le PSD qui se déroulent depuis 9 jours devant le gouvernement (Place de la Victoire) ont été organisées grâce à internet par des partisans du président. Ils ont dit que la raison est l’approbation frauduleuse par le gouvernement d’une ordonnance d’urgence sur la modification de certains articles du Code pénal et du Code de procédure pénale, sur la base des exigences de la Cour constitutionnelle et des directives européennes. La vérité a été évidente à partir de la sixième soirée de protestation, le plus grand de tous, après que le gouvernement a abrogé l’ordonnance critiquée. Depuis restent seulement les demandes de rejeter le gouvernement et l’arrestation des dirigeants du PSD. La manifestation spontanée au départ des jeunes de Bucarest a été confisquée par le Président et les dirigeants de ses partis. les manifestants, précédés par la voiture du président, sont passés de l’emplacement traditionnel des manifestations à Bucarest, Place de l’Université, vers la Place de la Victoire, où est le siège du Gouvernement. Les manifestations sont illégales, sans autorisation, mais elles sont très bien organisés, la logistique impressionnante (systèmes laser projetant des messages anti-gouvernementaux sur les bâtiments autour de la place, des pancartes avec des slogans sophistiquée, des jeux de groupes etc.). A certains moments, simultanément dans toutes les villes avec les manifestants, l’hymne national est joué, des flash lights illuminés, grâce à des téléphones mobiles etc.

 

Dans ces actions, Johannis est soutenu par une partie des services secrets et les chefs des procureurs, qui sont nommés par le Président et, qui craignent à cause des nouvelles dispositions légales de perdre leur rôle de premier plan dans l’état.

 

Depuis plus de 12 ans, la Roumanie est un État policier. L’ancien président, Traian Basescu, a accru la corruption, et a donné des pouvoirs discrétionnaires aux agents des services secrets et les aux procureurs. Ils ont été transformés en armes pour détruire les opposants politiques. À ces forces se sont ajoutées les directions des entreprises multinationales qui paient leurs employés à participer à des manifestations. A côté de Johannis a été photographié pendant la manifestation le président de Raiffeisen Bank, Steven Van Groningen. Pourquoi les multinationales ? Parce qu’ils détiennent 98% du système bancaire roumain et plus de 80% de l’économie roumaine.

 

Le programme du gouvernement actuel veut réduire les bénéfices (en augmentant les salaires et en limitant les impôts et les prélèvements sociaux. En outre, à partir du 01/01/2018 les profits seront taxés dans le pays où ils sont réalisés, par l’application d’une directive européenne.

 

Le 7 Février, le président, devant le Parlement, a encouragé les manifestants, a offensé le PSD, a refusé de jouer son rôle constitutionnel de médiateur.


Le 8 Février, la Cour constitutionnelle a rejeté tous les appels contre l’ordonnance d’urgence critiquée, déclarant qu’il n’y avait pas de conflit d’intérêts, le gouvernement est habilité par le Parlement à émettre des ordonnances d’urgence pendant les vacances parlementaires.

 

Pendant ce temps, Le Parlement a approuvé le budget pour 2017 et a rejeté la motion de censure déposée par les parties d’Iohannis exigeant la démission du gouvernement.

 

Consternés par le comportement d’Iohannis contre le vote de la majorité et l’arrogance avec laquelle il appelle les manifestants anti-gouvernementaux « mes Roumains », d’autres Roumains protestent depuis cinq jours devant la Présidence (Palais de Cotroceni), contre le Président et son système, les agents des services secrets et les procureurs, appelés Binom.

 

Malheureusement, la haine et la division continuent et évidemment Johannis ne renonce pas a son plan déclaré de changer la majorité parlementaire et d’imposer son gouvernement. Il continue la campagne. Son attaque permanente est dirigée contre Liviu Dragnea, Président PSD, la figure politique la plus populaire du moment, le seul rival fort dans les prochaines élections présidentielles. Il est appelé "condamné" parce qu’il a une condamnation avec sursis pour « l’erreur » de mobiliser l’électorat PSD à voter lors du référendum pour la destitution du président Traian Basescu. Et pour mieux comprendre la manière d’exercer la justice en Roumanie, dix mois apres la condamnation, après plusieurs demandes faites à la cour, il a reçu, le 8 Février, l’avis que, en l’absence de preuve, il a été condamné pour conduite autoritaire et qu’il n’a pas reconnu sa culpabilité au cours de l’enquête. Les procureurs cherchent encore des faux dénonciateurs pour l’intimider ou même l’arrêter. De nombreux politiciens sont de cette façon expulsés de la vie politique.

 

Le Parti Socialiste Roumain lance des appels pour le calme et l’ordre constitutionnel, pour respecter l’indépendance des pouvoirs dans un Etat de droit, assurer les conditions juridiques du fonctionnement du Parlement et du Gouvernement, les seules institutions responsables dans le processus législatif. Le PSR met en garde contre la manière partisane et les distorsions des médias internationaux dans la présentation des phénomènes sociopolitiques qui ont lieu en Roumanie.

 

Voir en ligne : diffusé par le collectif polex

jeudi 23 mars 2017

L'Eurovision pris en otage par l'Ukraine

 

Ioulia Samoïlova, chanteuse russe

Le concours de l'Eurovision est plus un indicateur social qu'un évènement musical central. Dans le cadre du conflit ukrainien, il est devenu une plateforme politique pour Kiev. Cette année, allant encore plus loin, l'Ukraine interdit à la chanteuse russe, Ioulia Samoïlova, contre l'avis de l'union européenne de radio-télévision qui organise l'évènement. Pourtant, ceci n'est que la conséquence de la politisation de ce concours que les organisateurs ont accepté l'année dernière.
 
Lors du précédent concours de l'Eurovision, l'Ukraine a présenté une chanteuse présentant une chanson politique sur les tatars de Crimée, violant ainsi le principe de fonctionnement de l'Eurovision (voir notre article ici). Sans même parler de la question du vote. Peu importe, l'Ukraine a donc eu le droit d'organiser ce concours.
 
Et elle ne peut accepter la participation d'une chanteuse russe. C'est viscérale. C'est une question de principe. Dès l'annonce de la candidature de I. Samoïlova, son nom et ses coordonnées ont été publiées sur le site ukrainien Mirotvorets, à l'origine de l'assassinat d'opposants. Le conseiller Guerashenko, qui justement est en charge du site des ennemis de l'Ukraine Mirotvorets, a tout d'abord expliqué à quelles conditions elle pourrait participer. La chanteuse ne doit plus participer à des évènements anti-ukrainiens et ne doit pas se prononcer pour le rattachement de la Crimée à la Russie. Or, son crime est simplement d'avoir participé, avec beaucoup d'autres artistes internationaux, à un concert en Crimée. 
 
Les réactions sur les réseaux sociaux sont assez choquantes. Alors que l'Ukraine se veut "tolérante" et ait trouvé un slogan on ne peut plus politiquement correct, Celebrate diversity, les ukrainiens se moquent de son invalidité. Toute la distance entre les prétentions de respect de l'autre tel qu'il est et la bassesse des instincts primaires est ici révélée. Les coups volent très bas, mais il est vrai que les réseaux sociaux ne sont, en général, pas réputés pour leur hauteur de vue. 
"Comme en raison du dopage, les invalides ont perdus le droit de participer aux Jeux Paralympiques, la Russie a décidé d'envoyer leur représentant au moins à l'Eurovision"
 
Et sa candidature est vécue comme une provocation, en raison de ses concerts en Crimée:
"Si Kiev permet à la pro-russe Samoïlova d'entrer en Ukraine, ce sera à 100% interprété comme une reconnaissance de fait que la Crimée est un territoire russe".
 
L'Ukraine n'a pas pris ce risque en raison des dangers que pouvaient présenter la chanteuse pour la sécurité nationale. Elle est donc interdite de territoire pendant trois ans. La porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, M. Zakharova, a fait une déclaration intéressante mettant la société tolérante occidentale face à son hypocrisie:
"Je pense que maintenant le moment de vérité est arrivé pour la société européenne: est-ce qu'elle va se laisser promener en laisse par le SBU (services de sécurités ukrainiens) et ainsi motiver les radicaux ukrainiens à d'ultérieurs exploits, ceux-là mêmes qui ont enterrés tous les efforts des accords de Minsk, ou bien va-t-elle quand même démontrer que l'Europe et ses valeurs fondamentales, que les politiciens ukrainiens ont soutenus en paroles, est encore bel et bien vivante."
L'Ukraine n'en a pas terminé avec les conséquences de son coup d'Etat. Car nombres de chanteurs sont allés se produire en Crimée. Ce qui pose aussi un problème pour la chanteuse arménienne à l'Eurovsion. Comme le déclarent les services spéciaux ukrainiens:
Il n'est physiquement pas possible de contrôler tout le monde, mais le cas de la chanteuse arménienne sera analysé pour voir si elle s'est produite ou non en Crimée.
La réaction de la presse française est significative. Pas un mot pour défendre cette chanteuse handicapée, alors que, parrait-il, l'Europe est particulièrement préoccupée par les droits des handicapés. A moins que, comme pour ce qu'ils considèrent être des minorités - et non plus des humains à part entière - tout ne dépende du contexte politique et non d'une réelle empathie. Car, finalement, personne ne semble choqué.
 
Au contraire, l'on appréciera l'article de l'Express qui semble même trouver ça normal, puisque c'est une provocation. Dans la logique française, la Crimée semble avoir été, d'un coup d'un seul, occupée par la force et des combats sanglants, la population forcée d'être russe, alors que tout était calme à Kiev et que les criméens pleuraient de désespoir en appelant Bandera au secours. Ce mythe, quelque peu pariodié aussi, est devenu un élément de la propagande occidentale. Et comme toute propagande, elle est caricaturale. Autant que les raccourcis historiques en ce qui concerne les tatars de Crimée, dont la déportation n'a pas été due à une crise caractérielle de Staline, comme vous pouvez le lire ici dans notre article.
 
La discussion qui se pose maintenant pour la Russie est de savoir quoi faire, car elle se trouve dans une situation asymétrique avec l'Ukraine. Le pouvoir ukrainien a une haine profonde et solide pour la Russie et les russes et il est prêt à se battre contre civils, femmes et enfants, utilisant même des méthodes de terroriste si elles peuvent être nécessaires. La Russie, elle, ne se bat pas contre les ukrainiens, elle les recueille. L'on compte plus d'un million d'ukrainiens réfugiés en Russie suite à la guerre civile. A part les poussées hytériques de Jirinovsky qui déclarait hier soir, dans l'émission de V. Soloviev, vouloir renvoyer tous les ukrainiens qui sont en Russie en Ukraine, les politiques russes comprennent très bien l'importance de protéger ces gens, et dans un but humanitaire et sur un plan stratégique. Sinon, c'est tout le peuple ukrainien qui peut se retourner contre la Russie.
 
L'idée se fait jour de n'envoyer simplement personne dans ce cas et de boycotter ce concours étrangement populaire en Russie. Ce sera peut être l'occasion, salutaire, de remettre en cause la popularité de ce show, dont le mauvais goût a peu d'égal. 
 
21 mars 2017

Union Européenne – « Concurrence libre et non faussée », désindustrialisation, et délocalisations à l'intérieur de l'UE ... 

 

Depuis trente ans, nos experts répétaient que les délocalisations n'étaient pas responsables du chômage ...

 

Et nos parlementaires ont voté pour l'élargissement de l'UE ... au nom de la "concurrence libre et non faussée", puis pour le traité de Lisbonne toujours pour les mêmes raisons.

 

Ensuite nos experts ont admis les délocalisations et affirmé qu'il fallait être concurrentiel : baisse des cotisations patronales, stagnation des salaires, précarité, loi Macron et loi El Khomri... au nom de la compétitivité ...

 

Et malgré tout, les délocalisations se poursuivent et la désindustrialisation également.

 

Vive le capitalisme, l'UE et la "concurrence libre et non faussée" disent les actionnaires  de Whirpool, de Goodyear, de Chapelle Darblay (UPM), de Vallourec, d'Unilever ... 

 

Non au capitalisme, à l'UE et à la "concurrence libre et non faussée" disent, de plus en plus nombreux, les salariés en France.

 

Il est grand temps que l'on protège nos industries et nos salariés en établissant des échanges basés sur une coopération et des échanges équitables. Ce qui suppose des contrôles douaniers et des taxes sur certains produits.  Jusqu'à ce que se reconstruisent nos industries et nos services.  Et jusqu'à ce que les normes sociales, économiques et écologiques soient respectées au même niveau dans les pays qui exportent en France.

 

Ci-dessous quelques articles montrant comment les multinationales délocalisent dans les pays de l'Est européen, et notamment en Pologne, pour augmenter les taux de profits et les dividendes des actionnaires sur le dos, le salaire et l'emploi des ouvriers français et des ouvriers polonais.

 

Yvette Genestal

 

Pologne: hausse de la production industrielle

 

Pologne: hausse de la production industrielle

La production industrielle en Pologne a augmenté de 0,6% en février par rapport au mois précédent, en données corrigées des variations saisonnières, après +4,1% en janvier, a annoncé vendr...

 

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/03/17/97002-20170317FILWWW00205-pologne-hausse-de-la-production-industrielle.php

Publié par  El Diablo

Quand les partisans de l'Union Européenne tentent de RAISONNER les Français

La France sera-t-elle colonie allemande en mai 2017?

 

29/09/2015

  • Texte Transmis par Jean-Pierre Escaffre
  • Denis Dupré Enseignant chercheur en finance et éthique à l'Université de Grenoble

 

INTERNATIONAL - En démocratie, le peuple doit être souverain. La France peut-elle encore se considérer comme une démocratie alors que ses citoyens ont perdu toute souveraineté? Marie-France Garaud a décrit le 20 août sur France Culture les quatre conditions que nécessite la souveraineté: battre monnaie, faire ses lois, rendre justice, être maitre de faire la guerre.

 

• Battre monnaie: aujourd'hui, nous ne décidons plus ni quand, ni à qui, nous distribuons la monnaie fabriquée par la BCE. Depuis 2011, l'équilibre de notre budget national est contrôlé par le parlement européen: « Les États membres tiennent dûment compte des orientations qui leur sont transmises pour l'élaboration de leurs politiques économiques, de l'emploi et budgétaires avant toute prise de décision majeure concernant leurs budgets nationaux pour les années à venir. ». La commission européenne a pouvoir d'infliger des amendes si ces recommandations ne sont pas appliquées.

 

 

• Faire ses lois: comme le souligne régulièrement Juncker, les traités européens sont supérieurs aux lois nationales. Les lois les plus cruciales se décident à Bruxelles.

 

 

• Rendre justice: avec TAFTA, nous prévoyons de laisser les entreprises faire des procès aux états européens quand elles estiment que des bénéfices escomptés leur échappent du fait de réglementations nationales.

 

• Etre maître de faire la guerre: Nicolas Sarkozy a détruit l'indépendance, arrachée par le Général de Gaulle, en nous intégrant dans l'OTAN, donc sous commandement américain.

 

Sans souveraineté, nous sommes à la merci des forces extérieures: états, multi-nationales et fonds de pension dont l'intérêt est de piller nos richesses et nous asservir. Castoriadis disait, il y a 30 ans, que nous n'étions alors déjà plus une démocratie, mais une oligarchie libérale. A l'époque, cette oligarchie défendait encore en partie les intérêts nationaux. Aujourd'hui, elle est dévouée à ceux qui nous pillent.

 

Tous ces abandons sont de notre seule responsabilité et la France, comme d'autres états européens, est en passe de devenir une colonie. Ce qui caractérise une colonie, c'est un système de captation de flux de richesses et un contrôle de la population par la mise sous contrôle de ses élites.

 

C'est en employant certaines pratiques utiles à tout bon colonisateur que l'Allemagne de l'Ouest a réalisé sa fusion avec l'Allemagne de l'Est. Shauble a « réussi » la privatisation des entreprises est-allemandes au profit des industriels ouest-allemands qui se sont enrichis. Les 3 millions de chômeurs de cette restructuration sont devenus pour la plupart des esclaves internes, payés 400 euros avec la libéralisation du travail par Kohl. Massivement les allemands plébiscitent ces réformes puisque Schauble à aujourd'hui une popularité de 70%.

 

 

Il me semble que l'Allemagne envisage maintenant, par calcul comptable à court terme, de coloniser certains états de l'Europe.

 

 

La Grèce est la première petite colonie extérieure des temps modernes. La remontée des flux de richesse y est organisée: 50 milliards prévus dans le dernier mémorandum pour prélever les dernières richesses de l'état grec. Schauble, président du fonds de privatisation, va pouvoir orienter la redistribution des « bonnes affaires bradées » suivant les mêmes principes qu'en Allemagne de l'Est.

 

Le potentiel de travailleurs est aussi prélevé puisque 200.000 jeunes grecs diplômés participent dès à présent à dynamiser l'Allemagne vieillissante. Même si ce sont les institutions européennes qui semblent imposer leur diktat, l'Allemagne est seule à la manœuvre. La France peut se préparer à passer, elle aussi, sous tutelle dès le 7 mai 2017.

 

En avril 2014, Schauble voulait mettre le budget français sous tutelle de Bruxelles et imposer des réformes à la France. Seul le ministre Michel Sapin avait timidement rappelé que "la France déteste qu'on la force". Merkel a alors accepté, à la demande du Président français, que les efforts français soient repoussés en 2017, au lendemain des élections françaises, pour éviter le « risque Front national ».

 

Une stratégie semble définie entre Merkel et Hollande. François ferait office de gouverneur de la province France. Il œuvre déjà quand une équipe dépêchée par le gouvernement français sous prétexte d' « aider » les grecs à trouver un « texte acceptable » pour les allemands, a rédigé la trahison de Tsipras dans le texte du Mémorandum 3. Comment pourra-t-il refuser que les mêmes principes s'appliquent à la France: fonds de privatisation des biens publics, coupe automatique des budgets sociaux, réforme du marché du travail, diminution des retraites, saisie d'une partie des dépôts bancaires des classes moyennes?

 

La mise sous contrôle de la population est engagée: les postes de directions sont convoités par les « pseudo-élites » nationales dont la compétence exigée est la capacité à obéir, les prérogatives de la police sont renforcées, les expressions anti-euros exclues des grands médias.

 

Pendant ce temps, rien, absolument rien, n'est engagé pour que les nantis français finissent de transférer leurs avoirs à l'étranger alors qu'il faudrait bloquer les transferts de capitaux dès aujourd'hui.

 

C'est bien une colonisation que l'Allemagne pilote via les exigences européennes. Angela Merkel en a-t-elle conscience, elle qui était responsable de la propagande à l'académie des sciences en Allemagne de l'Est? Elle qui a vécu la colonisation russe « efficace », pourrait souhaiter autre chose pour l'Europe.

 

 

Les colonisateurs ont de puissants moyens financiers et de nombreux serviteurs zélés. La résistance doit s'organiser... Avant de se faire assassiner, Sankara, dans son discours sur la dette, proposait pour les états africains, l'autonomie de production et le non-paiement des dettes... Tsipras a proposé un équivalent moderne pour la Grèce avant de trahir ses objectifs. Pour faire face au défi de l'endettement sans mettre des peuples en esclavage, il faut s'opposer au volontarisme allemand et des autres prédateurs.

 

Oui, un pays doit pouvoir retrouver sa souveraineté monétaire avec une monnaie nationale, éventuellement complémentaire. La drachme et l'euro pourraient sans problème fonctionner en parallèle.

 

Oui, un pays peut faire défaut sur une partie de sa dette.

 

Oui, un pays, même en difficulté, ne doit soumettre son budget qu'au contrôle de ses citoyens.

 

 

L'avenir d'une Europe démocratique passe par l'exercice de la démocratie dans chacun de ses états et exige donc que chacun de ses membres reste souverain.

20 mars 2017

Sylvain Laporte, CETA, les politiques se font les perroquets des PDG...

 

« C’est juste une incise, nous dit Sylvain Laporte, discrète : « qui reprend les réflexions des chefs d’entreprises », mais tout est dit, avec délicatesse : les politiques se font les perroquets des PDG. Comme préconisée par les businessmans, est donc lancée une « étude ». Suspense : que va-t-elle conclure ?Le lobby se paie le luxe, même, de fixer la suite du calendrier aux « dirigeants » (des guillemets s’imposent, car qui dirige vraiment ?) : « Lors du sommet UE-Canada à l’automne 2008, écrit la CERT, nous prions instamment la Commission européenne et le gouvernement du Canada de confirmer que l’on procédera à une vaste initiative en matière de commerce et d’investissement. » Second suspense : l’agenda sera-t-il respecté ?À la surprise générale, l’« étude » conclut à des « coûts » négligeables, mais des « avantages » infinis : 9 milliards d’euros pour « le Canada », 12 milliards pour « l’Europe ». Les négociations débutent derrière des portes closes.On est ambitieux. On voit grand... »

 

Reprenons les réflexions de Sylvain Laporte...

 

Michel Peyret


La leçon du CETA ? Trop de démocratie !

 

par Sylvain Laporte 10/03/2017 paru dans le Fakir n°(78 ) décembre 2016 - janvier 2017

 

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C’était juré craché : après le Brexit, on allait « rapprocher l’Europe des peuples ». Promesse d’ivrogne. Quatre mois plus tard, tels des alcooliques, ils replongent. Et imposent au forceps un traité de libre-échange fabriqué par les multinationales et leurs lobbies. On en raconte ici l’histoire. Grâce à son acteur principal, le lobbyiste Jason Langrish.

Ils sont formidables ! Ils sont fous ! 

 

« L’Union européenne ne peut à nouveau aller de l’avant que si elle continue à s’appuyer sur le soutien de ses citoyens. » 

 

C’était hier. C’était il y a quatre mois. Juste après le Brexit. 

 

Angela Merkel, François Hollande, Matteo Renzi déclaraient ça, main dans la main, lors d’un sommet spécial. Et tous les dirigeants, tous les éditorialistes, promettaient de « réformer l’Europe », « renforcer la démocratie », « se rapprocher des peuples », etc. 

 

Ils avaient compris, enfin. 

 

Et quatre mois après, donc, voici le CETA, le traité de libre-échange avec le Canada. La preuve manifeste qu’on s’est mis à l’écoute des peuples, et non au service de l’oligarchie… 

 

Car comment est né ce CETA ? D’où vient ce « Comprehensive Economic and Trade Agreement » ? 

 

On en révèle ici l’histoire, sinon secrète, du moins discrète.

 

CETA, kézako ?

 

L’Union européenne et le Canada ont donc signé un « Comprehensive Economic and Trade Agreement ». Mais qu’est-ce que ça change ?

 

Céréales 

 

Jusqu’alors, la tonne de blé était taxée de 122 $ à son entrée en Europe, l’avoine 114 $, l’orge et le seigle 120 $, et les légumes frais de 3,2 à 14,4 %. Ce sera désormais zéro. L’agriculture française traverse, paraît-il, « l’une des pires crises de son histoire », rien que ça, mais voilà la solution : plus de concurrence !

 

Viandes 

 

Les quotas de bœuf sans hormones explosent de 4 000 à 45 000 tonnes, tout comme pour le porc, de 6 000 à 80 000 tonnes autorisées. Et dans le même temps, les droits de douane européens (20 %) sont supprimés.

 

Produits de la mer 

 

96 % des produits seront exemptés de taxes aux frontières, comme les crevettes surgelées (jusqu’alors taxées à 20 %), le saumon (15 %), le maquereau congelé (20 %).

 

Fromages 

 

Ce sont les gagnants chez nous de cet accord : Lactalis et autres producteurs de fromages. Le quota à destination du Canada doublera (de 20 000 à 37 000 tonnes), et sans droits de douanes.

 

Métaux et bois 

 

Pour ces matières, 98 % des barrières douanières sont supprimées. Notamment pour l’aluminium (jusqu’alors taxé à 10 %), l’acier (7 %), le contreplaqué (10 %)…

 

Industrie 

 

99 % des droits sur les produits manufacturés sont levés, dont les machines, la construction aérospatiale et ferroviaire (taxés jusqu’à 22 % à l’entrée dans l’UE), les produits chimiques (6,5 %). Et idem pour l’automobile : les droits de douanes, jusqu’alors de 10 %, sont levés.

 

1998. La matrice.

 

Accor, Alstom, ArcelorMittal, Areva, BNP Paribas, Continental, Deutsche Bank, Lafarge, Mercedes Benz, Société Générale, Total S.A., Veolia Environnement, Volkswagen AG… Parmi les soutiens au CETA, on retrouve nos amis de laEuropean Round Table, le plus important lobby à Bruxelles (qui avait déjà appuyé le traité de Maastricht, la monnaie unique, l’élargissement à l’Est, etc.).

 

Depuis 1999, ces multinationales de chez nous se sont associées avec des petits copains d’outre-Atlantique : Alcan, Bombardier, Monsanto, Rio Tinto, etc.

 

Tous réunis, ils ont fondé la Canada Europe Round Table for Business (CERT). Et c’est son directeur Jason Langrish qui, dans l’ombre, depuis dix ans, est le fer de lance du traité de libre-échange. Parfois bavard, cet avocat d’affaires en livre lui-même l’historique.

 

Septembre 2005. L’étude.

 

La CERT publie, d’abord, un « rapport technique », intitulé : « Recommandations : un cadre pour une plus grande prospérité. » Et que recommande t il, pour cette prospérité ? Un « commerce plus libre », « un libre mouvement des capitaux », « un marché libre sans barrières », etc.

 

Mais, comme le remarque Jason Langrish lui-même : « Ce qu’il faut comprendre, c’est que ce genre de dossier doit être porté par un leadership politique, sinon cela ne décolle pas. »

 

Il lui faut donc trouver le « porteur », et ce sera le Premier ministre du Québec.

Novembre 2006. Le porteur.

 

« En 2006, la communauté des affaires a poussé Jean Charest à être le champion politique en faveur d’un accord global de libre-échange Canada UE, se souvient Jason Langrish (National Magazine, 15/4/2014). Et il a sauté dessus tout de suite. En fait, nous avons conclu un accord, c’était en novembre, il a dit :‘‘Je m’occuperai des politiques, vous, vous vous occuperez du business et du soutien des entreprises.’’ Nous avons tenu notre parole en apportant le soutien de 125 dirigeants d’entreprise, et lui a plus que rempli sa part. C’est lui, d’ailleurs, qui a convaincu Nicolas Sarkozy, le président français, de soutenir un accord de libre-échange. Il avait également des entrées avec Peter Mandelson, qui était alors le Commissaire européen au commerce. Donc il a fait beaucoup, il a vraiment fait du bon boulot. »

 

Du bon boulot, mais au service de qui ?

 

Juin 2007. Les perroquets.

 

En janvier 2007, à Davos, Jean Charest souhaite « l’amorce de discussions pour la signature d’un accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne », afin de « s’attaquer aux freins à l’investissement et de stimuler le commerce des biens et des services ».

 

Le « souhait » se réalise vite. Cinq mois plus tard, à Berlin, à l’occasion du sommet UE Canada, la CERT se félicite :

« La déclaration rendue publique par le Premier ministre du Canada, M. Stephen Harper, et la chancelière allemande, Angela Merkel, qui reprend les réflexions des chefs d’entreprises, a engagé les deux parties à collaborer à une étude visant à examiner et à évaluer les coûts et les avantages d’un partenariat économique plus étroit. »

C’est juste une incise, discrète : « qui reprend les réflexions des chefs d’entreprises », mais tout est dit, avec délicatesse : les politiques se font les perroquets des PDG. Comme préconisée par les businessmen, est donc lancée une « étude ». Suspense : que va-t-elle conclure ?

 

Le lobby se paie le luxe, même, de fixer la suite du calendrier aux « dirigeants » (des guillemets s’imposent, car qui dirige vraiment ?) : « Lors du sommet UE-Canada à l’automne 2008, écrit la CERT, nous prions instamment la Commission européenne et le gouvernement du Canada de confirmer que l’on procédera à une vaste initiative en matière de commerce et d’investissement. »

 

Second suspense : l’agenda sera-t-il respecté ?

 

Juillet 2008. L’ambition.

 

À la surprise générale, l’« étude » conclut à des « coûts » négligeables, mais des « avantages » infinis : 9 milliards d’euros pour « le Canada », 12 milliards pour « l’Europe ». Les négociations débutent derrière des portes closes.

 

On est ambitieux. 


On voit grand.

 

Comme le relate, en petit comité, John Langrish en 2014 (National Magazine, 15/4/2014) :

 

« Le CETA est en grande partie plus important que le TAFTA [Traité de libre échange USA-UE]. Lorsque le CETA entrera en vigueur, ce seront 99 % des produits dont on abaissera les taxes. Le CETA est un accord qui va bien au-delà de la question des frontières. Il reconnaît le caractère moderne des affaires, la mondialisation des chaînes de production et de valeur, de l’investissement, de l’accès aux marchés publics, de la protection de la propriété intellectuelle, de la mobilité des travailleurs qualifiés. Dans de telles circonstances, le CETA est un accord bien plus large et bien plus complet que le TAFTA. »

 

Le cheval de Troie du Tafta

 

« Il y a une régression sur les échanges commerciaux dans le monde, et nous, on va un peu à contresens », constate Jean Charest, l’ancien Premier ministre du Québec. Et de se féliciter : « On devient une plaque tournante en quelque sorte pour ceux qui veulent avoir accès au marché européen. »

 

« Ce traité nous permettra d’attirer les multinationales qui chercheraient à faire du profit via le Canada », confirme Jason Langrish (The Star, 27/10/2016). Ainsi de Monsanto.

 

Pourquoi cette multinationale, américaine, est-elle membre de la CERT, la « Canada Europe Round Table » ? Parce qu’elle possède une filiale au Canada. Par ce biais, elle pourra donc exporter librement vers notre continent. Et qu’importe le blocage du TAFTA.

 

Un gage d’« attractivité », selon Ottawa.

 

Décembre 2015. Le chaos.

 

Tout va bien. 


Tout va bien jusqu’à l’été 2015 : contesté par l’opinion, le Tafta entre dans la tourmente. Par ricochet, le CETA pourrait en souffrir, être condamné à trop de lumière.

 

« C’est un chaos total, s’inquiète Jason Langrish (Ottawa Citizen, 14/7/2015).J’ignore si les craintes portées par le Parlement européen sur le TAFTA concernent réellement les tribunaux arbitraux ou si c’est juste un bon moyen de tuer le traité Canada-UE. J’espère que c’est juste une tempête et que nous en ressortirons vite et indemnes. »

 

Face aux protestations, le discours se métamorphose.

 

On se fait modeste, minimaliste. 

 

On fourbit les « éléments de langage » : « Les tribunaux arbitraux ne doivent pas devenir un problème tant que les négociations sur le TAFTA n’ont pas abouti,prévient Jason Langrish (The Globe and Mail, 6/8/2014). Nous devons maintenant nous demander : comment accepter ce mécanisme avec le Canada et le refuser aux Américains ? La réponse, c’est que les négociations sont différentes. Ce qui est acceptable dans un cas ne l’est pas nécessairement pour l’autre. »

 

D’après cette nouvelle rhétorique, désormais, TAFTA et CETA n’ont plus rien à voir.

 

Et elle circule : « C’est quasiment l’exact contraire », proclame, en version française, Matthias Fekl, le secrétaire d’État au Commerce extérieur (Médiapart, 22/9/2016). Chez les industriels, c’est le branle-bas de combat. La CERT rassemble ses troupes, BusinessEurope, Canadian Manufacturers, Europe Federation of Pharmaceutical Industries, Chemistry Industry Association of Canada, etc., pas moins de dix-sept lobbies. Dix-sept signatures, au bas d’une lettre ouverte, adressée aux « chers Président Juncker, Président Tusk, Premier ministre Trudeau et Président Schulz ».

 

Ça sent la panique :

« Notre association se tient prête à vous soutenir activement, vous et vos procédures officielles. (…) Nous vous demandons urgemment de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour clore le processus d’approbation en 2016, et nous nous tenons prêts à vous assister dans les derniers moments de cet accord historique. »

Pourquoi 2016 ? Pourquoi cette « urgence »  ?

 

Jason Langrish l’explique : il faut « que cet accord soit voté et ratifié par le Parlement européen le plus tôt possible en 2017, parce qu’après commenceront les élections nationales en Allemagne et en France, et qui sait ce qui se passera ensuite » (National Post, 31/8/2016).

 

Octobre 2016. Un monde nouveau.

 

Débutent alors les manœuvres de contournement : le Parlement européen ne sera pas consulté avant la signature. Et le traité de libre-échange sera aussitôt mis en œuvre, les barrières douanières supprimées, etc., avant que les parlements nationaux ne se prononcent.

 

Sauf dans un pays. 


Un seul. 


Presque le plus petit. 


La Belgique. 


Avec, on le sait, la Wallonie qui résiste.

 

Comme un château de cartes qui s’écroule pour Jason Langrish, qui sort de l’ombre et ne retient pas sa colère :

« Il apparaît que la Belgique est le seul Etat membre dont la position n’est pas celle du ‘‘oui’’ au CETA. Si cette situation persiste, la Belgique sera tenue pour responsable de l’échec de l’accord de libre-échange le plus progressiste et de la plus grande qualité que l’Europe et le Canada n’aient jamais négocié. L’échec du CETA endeuillerait le Canada vis-à-vis de l’UE. Cela arriverait au pire moment possible, après le Brexit et à l’approche d’une série d’élections nationales où les partis eurosceptiques font des avancées » (The Globe and Mail, 16/10/2016).

Ça ose tout, les Jason. C’est à ça qu’on les reconnaît. 


« Le seul État membre dont la position n’est pas celle du ‘‘oui’’ », et forcément ! C’est le seul où un parlement, ne parlons même pas d’un peuple, a été consulté !

 

Et « cela arriverait au pire moment possible, après le Brexit et à l’approche d’une série d’élections nationales où les partis eurosceptiques font des avancées », comme si ce n’était pas les Langrish, les CERT, qui la faisaient haïr, cette Europe conçue pour les Accor, Alstom, ArcelorMittal, etc.

 

Enfin, c’est passé. 


Au forceps, mais c’est passé. 


Jason Langrish jubile : « Un ‘‘nouveau monde’’ émerge » (Financial Post, 31/10/2016). 


Rien de moins.

 

Wallons enfants de la patrie

 

La vraie presse s’est fâchée très fort contre nos amis les Belges qui refusaient de signer l’accord, comme on le voit ci-dessous. C’est beau, le pluralisme !

 

En revanche, aucun éditorialiste qui ne se demande : « Comment une poignée de lobbyistes et d’oligarques ont en quelque sorte fini par imposer leur volonté à 500 millions d’Européens ? »

 

Pour notre part, on se montre nettement plus internationalistes, au moins jusqu’à Namur ! « Et si on demandait, pour une fois, le rattachement de la France à la Wallonie ?, balançait le rédac’chef. Nous qui militons pour la Grande Picardie socialiste, de Paris à Bruxelles, pour le Ceta on pourrait faire une exception. Et devenir Wallons ! »

 

On en a fait une pétition. Qui, en quelques jours, a recueilli près de 10 000 signatures. 


Et 10 000 enthousiastes sur notre Facebook.

 

Les éditorialistes enragent…

 

  • « C’est une région de quatre millions d’habitants, la Wallonie, qui peut bloquer le processus qui en concerne cinq cents. » 

  • Dominique Seux, France Inter.
  • « Quand on parle de démocratie, que 3,5 millions de gens prennent en otage le reste de l’Europe, cela pose une difficulté. »

  • Sylvie Goulard, députée européenne Les Républicains.
  • « Les Canadiens ont sonné la fin de la partie et ils ont eu raison. Les Belges se prétendent fédéralistes mais agissent en nationalo-régionalistes. » 

  • Arnaud Leparmentier, Le Monde.
  • « Les élus de 3,6 millions de Wallons ont en quelque sorte fini par imposer leur volonté à 500 millions d’Européens. » 
  • Le Figaro.
  • « Comment la ‘‘petite’’ Wallonie arrive à paralyser un méga accord. » 

  • Les Échos.
  • « La petite Wallonie continue de bloquer le grand traité de libre échange UE-Canada. » 

  • LCI.
  • « Comment la petite Wallonie arrive à bloquer les négociations sur le CETA. » 

  • France info.
  • « La Wallonie, ce petit bout de Belgique qui bloque l’Europe. » 

  • France 3 Nord Pas-de-Calais.

Etc., etc.

 

... la Fakirie se marre.

 

  • « On leur déclare la guerre, et puis on se rend. Du coup ils nous annexent ! Et hop, on devient Belges ! » 

  • Éric, stratège.
  • Le nouvel hymne : « Wallooons enfants de la patriiieeeuh ! » 

  • David, mélomane.
  • Une prière : « Wallons wakbar. » 

  • Matt, fidèle.
  • « Une bonne idée pour faire revenir, de fait, les exilés fiscaux. » 

  • Mathieu, économiste.
  • Et les Flamands n’échapperont pas à l’offensive : « On pourrait pas annexer Bruges à la nouvelle entité, comme ça, discrètement ? Une ville qui construit des biéroducs mérite qu’on la sauve... » 

  • ColdFinger, assoiffé.

Et maintenant ? Les leçons.

 

De cette histoire, il faut tirer les leçons.

 

Guy Verhofstadt, l’ancien Premier ministre belge, l’estime aussi : « Nous devons apprendre de nos erreurs. Avec encore trente accords comme le Ceta en préparation, nous devons nous assurer que le commerce reste une compétence exclusive de l’Union européenne. »

 

Qu’en termes technocratiques ces choses là sont dites. Le souci, ce n’est pas l’absence de démocratie, mais déjà le trop de démocratie : on doit pouvoir se passer, entièrement, des parlements nationaux.

 

Voilà notre « erreur » !

 

Pascal Lamy, ancien commissaire européen, ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, se fait plus clair : « On ne devrait pas avoir besoin de la ratification des parlements nationaux » (L’Express, 27/10/2016).

 

De quoi rapprocher l’Europe des peuples !

 

Et qui, d’après Jean-Claude Juncker, doit « réfléchir à son modèle de fonctionnement » ? L’Union européenne ? Non : « La Belgique » ! (Le Figaro, 30/10/2016)

 

Ces gens-là sont fous. 


Vraiment. 


Des fanatiques. 


D’un dogmatisme à faire pâlir le Comité central de l’ex-Union soviétique.

 

Et l’on hésite : faut-il prendre ces extrémistes au tragique ? Le drame d’une folie périlleuse : à rendre fous et dangereux les peuples, ils nous conduisent avec psychorigidité à la catastrophe. Ou mieux vaut-il, au contraire, ne plus y voir qu’une comédie ? La pantomime d’un monde ancien, portant à bout de souffle, à bout de bras, à bout de combines surtout, leur utopie (car c’en est une) d’une globalisation aujourd’hui moins heureuse qu’usée, fatiguée.

 

Leur étoile est morte


Elle ne brille plus que dans leurs yeux.

 

Et chez nous ? La fronde en caoutchouc

 

La démocratie française, elle aussi, se porte comme un charme. La preuve grâce à un sketch tourné à l’Assemblée nationale…

« On ne peut pas, au détour d’un accord, parce qu’on a l’impression qu’il va y avoir des difficultés dans le processus de ratification, tout d’un coup changer les règles et vouloir zapper les parlements nationaux du processus. C’est incroyable. Je trouve ça encore plus hallucinant à quelques jours du résultat du référendum britannique qu’on puisse envisager au niveau de la Commission européenne ce type de très mauvaises manières. »

C’est Matthias Fekl, notre secrétaire d’État au Commerce, qui s’emporte, au début de l’été, contre Jean-Claude Juncker et son idée : contourner les parlements nationaux. Le Premier ministre Manuel Valls, à son tour, prévient : « Attention à cette image d’une Europe punitive. » Et jusqu’au sommet de l’État, François Hollande souhaite ce « contrôle démocratique ».

 

Mais un « contrôle démocratique » qui, pour eux, pourrait s’exercer a posteriori : la Commission signe, le traité de libre-échange entre en vigueur, et ensuite, ensuite seulement, dans les années à venir, les parlements nationaux discutent, et éventuellement on recause de tout ça avec le Canada.

 

Sauf que des députés socialistes s’enhardissent.

 

Ils sont 77 à en appeler, le 21 septembre, au président de la République contre cette « application – même provisoire – de tout ou partie de ce texte ». Et ils accusent Bruxelles de « mépris pour les démocraties nationales ».

 

À l’Assemblée, en Commission des affaires européennes, la présidente (verte) Danielle Auroi présente une motion en ce sens. Elle est soutenue par des parlementaires socialistes, écologistes, radicaux, et détient ainsi la majorité dans sa commission. Sauf que, le matin du vote, le 5 octobre, cinq députés PS se font porter pâles : ils ont d’autres occupations, ailleurs. Ils sont alors remplacés par cinq autres députés PS… mais qui eux s’opposent au texte ! La motion est alors rejetée par 12 voix contre 4. Puis ces cinq supplétifs démissionnent à leur tour, et les autres reviennent !

 

Tellement pathétiques, tellement dérisoires. 


Du théâtre de boulevard.

 

Avec un acteur, en particulier, qui a révélé son potentiel comique : Jean-Claude Buisine, député PS de la Somme. Il appartient aux 77 qui, fin septembre, dénoncent cette « application même provisoire » du CETA. Quinze jours plus tard, il fait également partie des cinq, nommés pour la journée, qui votent contre la motion…

 

Ouf, le traité pourra entrer en vigueur !

 

Cet épisode, c’est la caricature de ces « frondeurs » en carton pâte, avec leurs frondes qui n’envoient que des boulettes de papier mâché.

 

Posté par Michel Peyret

Publié par  El Diablo

La lutte contre le TERRORISME : la preuve que les « complotistes » inventent les interventions de la CIA [VIDÉO à ne pas manquer]

capture d'écran ZDF (TV allemande)

capture d'écran ZDF (TV allemande)

 

 

Et ce rappel ne vise que le Proche-Orient...

Lex Monetae et droit européen

 

Jacques SapirPar  · 

On se souvient de ce que certains opposants à une dissolution de l’Euro, ou une sortie de l’Euro, opposent à ceux qui sont convaincus que c’est la seule solution aujourd’hui pour l’économie française, l’argument des dettes. Selon ces opposants, les dettes de la France seraient multipliées du simple fait de la dépréciation du Franc retrouvé. Ils affectent de ne pas croire en ce principe du droit international, la Lex Monetae, ou Loi Monétaire, qui indique précisément que toute dette émise dans le droit d’un pays peut-être re-dénominée dans une nouvelle monnaie, si ce pays se décide à changer de monnaie. Un ancien président de la République, Nicolas Sarkozy pour le nommer, s’était fait la spécialité de discours apocalyptiques sur cette question. L’Institut Montaigne avait repris ce thème, et affectait de ne pas croire en l’existence de la Loi Monétaire.

 

Lex Monetae et droit européen

 

Pourtant, cette « loi », qui fut évoquée en droit international dans les années 1920-1930 quand fut réglé le problème des dettes des Etats successoraux de l’Empire Austro-Hongrois, figure bel et bien dans le droit de l’Union européenne. C’est d’ailleurs en vertu de ce principe de droit international que la dette publique émise en Francs fut convertie en 1999 en Euro.

 

On trouve la référence dans le Règlement (CE) nº 1103/97 du Conseil du 17 juin 1997 fixant certaines dispositions relatives à l’introduction de l’euro, règlement publié dans le journal officiel[1], et qui peut être consulté sur internet[2]. Cette référence apparaît dans le paragraphe (8) et on la reproduit ici :

 

« (8) considérant que l’introduction de l’euro constitue une modification de la loi monétaire de chacun des États membres participants; que la reconnaissance de la loi monétaire d’un État est un principe universellement reconnu; que la confirmation explicite du principe de continuité doit entraîner la reconnaissance de la continuité des contrats et autres instruments juridiques dans l’ordre juridique des pays tiers; »

 

Bon, c’est déjà assez nigaud de prétendre défendre une institution sans en connaître le droit. Car, et c’est un point important, il est dit « que la confirmation explicite du principe de continuité doit entraîner la reconnaissance de la continuité des contrats et autres instruments juridiques dans l’ordre juridique des pays tiers ». Autrement dit, si le gouvernement français décide de repasser au France avec un taux de conversion de 1 euro pour 1 franc, il en a le droit pour l’ensemble des instruments juridiques et des contrats émis dans l’ordre juridique français. Mais il est à tout le moins étrange que des « experts » européens ignorent leur propre droit. C’est un peu comme si le Président de la République nous disait que, dans la Constitution, le Président est élu par le Parlement…

 

Lex Monetae et agences de notation

 

On vérifie aussi que la citation d’une agence de notation qui sert de base aux propos catastrophistes de l’Institut Montaigne[3] est directement invalidée par le règlement européen cité :  « « Il n’y a pas d’ambiguïté (…) Si un émetteur ne respecte pas les termes du contrat passé avec ses créditeurs, y compris la devise dans laquelle les paiements sont effectués, nous déclarerions une situation de défaut », disait récemment Moritz Kraemer, directeur des notes souveraines chez Standard & Poors. On peut ignorer les agences de notation, il n’en reste pas moins que leurs avis sur le risque de crédit (donc de défaut) sont indispensables à une bonne gestion du risque par les investisseurs institutionnels (assurances, fonds de pension, banques). »

 

Si l’agence Standard & Poors décide de déclarer un « défaut » de la France, elle ne sera évidemment pas suivie par d’autres agences, et surtout elle ne pourra trouver aucun tribunal de stature international pour faire valider sa décision. Car, les juristes savent bien que ce qui s’est passé en 1999 se rejouerait alors, en vertu du principe de précédent qui existe en droit. Le gouvernement français pourrait même l’attaquer en justice pour obstruction sur le marché des dettes.

 

Combattre le « Projet Peur »

 

La beauté de la Lex Monetae réside donc dans le fait que la dette publique émise en droit français (ce qui correspond à 97% du montant de cette dette) doit être remboursable dans la monnaie ayant cours légal en France. Quant la France décide que c’est l’Euro, cette dette est donc remboursée en Euro, au taux de conversion décidée par la France. Que la France décide que la monnaie ayant cours légal sur son territoire est (à nouveau) le Franc, et il en sera de même. Autrement dit, les quelques 1649 milliards d’euros de la dette négociable française[4] se transformeront en 1649 milliards de francs.

 

Pour ce qui est des dettes de la population et des entreprises, si elles ont été émises en droit français, il en sera de même. Le travail de Cédric Durand et Sébastien Villemot, que publie l’OFCE et qui donnera naissance d’ici quelques mois à un article dans une revue internationales, établit très précisément les conséquences d’une sortie de l’Euro[5], et montre que les entreprises et les ménages seraient gagnants dans une telle situation.

 

Il convient donc ici de comprendre que bien des personnes qui parlent sur cette question ne le font qu’en vue d’attiser les peurs et les craintes des français. Nous sommes bien en présence, comme ce fut la cas dans les six mois précédant le référendum britannique sur le BREXIT d’un « projet Peur ». Il fut défait lors du vote de juin 2016. Il faut espérer que les électeurs français sauront lui opposer la robuste confiance de ceux qui connaissent leurs droits.

 

[1] Journal officiel n° L 162 du 19/06/1997 p. 0001 – 0003

 

[2] http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex:31997R1103

 

[3] Chaney E., « A propos du monde imaginaire de ceux qui prônent une sortie de l’euro », Institut Montaigne, 2 mars 2017,

 

[4] http://www.aft.gouv.fr/rubriques/encours-detaille-de-la-dette-negociable_159.html

 

[5] http://www.ofce.sciences-po.fr/blog/balance-sheets-effects-of-a-euro-break-up/

Fabuleux: quand les banques pleurent

 

Publié le 19 Mars 2017

UBS a été pris

la main dans le portefeuille

bien garni

des fraudeurs fiscaux français et ...

Image associée

Le Parquet nationale Financier avant de les renvoyer en correctionnelle négocie le paiement de la caution garantissant les poursuites et là...

 

Le Comptoir de la fraude, les régulateurs du capitaloduc transfrontalier s'indigne :

 

Le PNF a réclamé 1,1 milliard d’euros à la banque UBS, pour avoir démarché illégalement de riches potentiels clients dans l’Hexagone afin qu’ils ouvrent des comptes en Suisse, à l’insu du fisc français.

 

« Une telle somme est impensable vis-à-vis de nos actionnaires comme vis-à-vis des autres justices avec lesquelles nous avons négocié… Ce n’est pas du tout le prix du marché », déclare au JDD le Suisse Markus Diethelm, directeur juridique d’UBS. « Ce que l’on nous a proposé n’était pas raisonnable », ajoute-t-il.


C'était raisonnablement possible de frauder mais rembourser la fraude , "c'est impensable pour nos actionnaires"

 

Pour qui s'interrogerait toujours  sur un lien fraude, paradis fiscaux, capitalisme, et autres banksters.

 

Ce n'est pas Canaille le Rouge qui le dit mais le patron de l'Union des banques Suisse. Parole d'expert. 

 

Pour info, pourquoi ce montant de 14.1 milliard ? 

 

Pour cela (source Le Monde du 19 mars 2017)  : 

 

"UBS et sa filiale UBS France sont poursuivies par la justice française pour avoir démarché illégalement de riches potentiels clients dans l’Hexagone entre 2004 et 2011, afin qu’ils ouvrent des comptes en Suisse, à l’insu du fisc français. Selon la justice française, suite à ces agissements, près de 10 milliards d’euros ont échappé à l’administration fiscale, et une caution de 1,1 milliard d’euros avait été fixée en 2014 dans l’attente du procès".

Résultat de recherche d'images pour "UBS fraude"

 

Rédigé par Canaille Lerouge

18 mars 2017

Ingérence depuis Berlin : Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, « met en garde » les électeurs français contre la tentation populiste.

 

Wolfgang Schäuble : lettre à mes amis français

Wolfgang Schäuble : lettre à mes amis français

 

Alors que les Français et les Allemands votent cette année et que l'on célébrera dans quelques jours l'anniversaire du traité de Rome, "l'homme de la rigueur" Wolfgang Schäuble, francophile d...

 

http://www.lepoint.fr/politique/wolfgang-schauble-lettre-a-mes-amis-francais-15-03-2017-2112100_20.php

 

Nous ne sommes pas les amis de Mr. Schaüble

 

Wolfgang Schaüble est l'artisan de la politique européenne contre la Grèce.  C'est le représentant de l'Europe allemande.  Alors que la Grèce a redressé spectaculairement son déficit budgétaire, la Troïka maintient ses exigences de "réformes" libérales.  Et ce, malgré les réticences du FMI, qui proclamait  en décembre 2016 que « le FMI ne demande pas plus d'austérité à la Grèce ».  En Février 2017, le FMI s'est bel et bien aligné sur les exigences allemandes.

 

Des amis comme ça, les Français s'en passeraient volontiers. 

 

Voyez ce que l'Allemagne réserve à ses "amis" en lisant l'article ci-dessous :

 

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-le-piege-de-wolfgang-schauble-se-referme-638180.html

Hitler apprécierait : les marches nazies se multiplient en Europe (vidéos-photos)

 

19 Mars 2017

Ces marches nazies dans les pays Baltes, en Ukraine pourraient passer pour du simple folklore si elles n’étaient pas considérées par le pouvoir en place comme relevant du « patriotisme » et de ce fait comme des auxiliaires indispensables de l’OTAN. Dans le temps où les Etats-Unis exigent et obtiennent que les pays européens consacrent 2% de leur budget à l’armée. Proposition sur laquelle l’extrême-droite et les « libéraux » pro-européens à la Macron s’entendent parfaitement. Un des thèmes parfaitement imbéciles de certains communistes, y compris à la direction du PCF est de constater que dans les pays ex-socialistes fleurit un néo-nazisme. Ce thème semble ignorer les raisons pour lesquelles les pouvoirs en place, le retour du capitalisme sous l’égide de l’OTAN et de l’UE ont créé une telle situation de mécontentement qu’il faut justement faire appel au fascisme pour tenter d’endiguer le refus des populations devant « la démocratie capitaliste occidentale »

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et société).


Posté le: Mar 2017 08:53 18 GMT

La Lettonie, la Lituanie, l’Estonie et l’Ukraine sont parmi les pays où la glorification de l’époque nazie dépasse les limites.

 

Hitler aimerait: Chilling marches nazies sont exposées en Europe (Vidéos, Photos)

Image illustrative Ints KalninsReuters

Si Adolf Hitler pouvait le voir, il serait  heureux. Il n’est désormais  pas rare de voir dans un certain nombre d’Etats européens des parades au cours desquelles des gens portent des uniformes nazis. La complaisance des autorités face à ces mouvements radicaux prônant l’époque fasciste va croissant.
 
Lettonie

Jeudi à Riga environ 2.000 personnes ont participé  à une manifestation  en l’honneur de la Légion lettone, qui faisait partie du corps nazi des Waffen-SS pendant la Seconde Guerre mondiale.Les participants ont défilé dans le centre de la capitale lettone en portant des drapeaux de la Lettonie, de la Lituanie, de l’Estonie et de l’Ukraine.Pour la Lettonie, libérée par les troupes soviétiques à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ces événements publics sont devenus tradition puisque les concentrations controversées en faveur des nazis ont lieu chaque année depuis 1994.L’action a l’approbation des autorités. Parmi les participants figuraient plusieurs membres du Parlement national. Les antifascistes ont essayé d’empêcher la marche, mais la police les a repoussés. Pour le gouvernement letton ces événements suscitent des sentiments patriotiques parmi la population.
 
 
Estonie

Le jour de l’indépendance de l’Estonie (24 février) les nationalistes se rassemblent souvent dans le centre de la capitale, Tallinn, avec des torches à la main. Les manifestants vêtus de l’uniforme de la 20e division SS crient le slogan « l’Estonie pour les Estoniens ». En 2015, une marche organisée par l’aile jeunesse du parti populaire conservateur estonien a été suivie par l’organisation suédoise néonazie nordique de la jeunesse. En outre, plusieurs membres du parti populaire conservateur estonien se sont rendus en Ukraine en mars 2014 pour soutenir le parti ultra-nationaliste Svoboda («Liberté»).
 
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Lituanie


Les principales rues de Vilnius ont vu en  2016 se dérouler une marche avec feux d’artifice et des slogans tels que « la Lituanie seulement pour les  Lituaniens! » et « les non-Aryens doivent quitter la Lituanie », rapporte le site de nouvelles Delfi.

En somme, les Etats baltes depuis une vingtaine d’années célèbrent la gloire des anciens combattants qui ont participé aux troupes nazies dans la deuxième  guerre mondiale, dont on peut supposer, selon l’opinion des différentes institutions internationales, qu’il s’agit d’une glorification du fascisme et à la fin conduisent à la promotion des mouvements néo-nazis en Lettonie, Estonie et Lituanie.
 
Ints Kalnins Reuters
 
Ukraine
 
Le 1 janvier cette année dans plusieurs villes ukrainiennes, des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour glorifier le leader nationaliste radical controversé Stepan Bandera, accusé de collaboration avec les nazis. Les marches se sont réunies à l’occasion du 108e anniversaire de la naissance du drapeau, que lesquelles pèsent également sur des accusations de terrorisme et de violence ethnique.Bandera est très controversée car il est perçu en Russie, en Pologne et dans diverses parties de l’Ukraine en tant que leader xénophobe et terroriste. Il a été l’un des initiateurs de la théorie de la Révolution nationale ukrainienne, qui était la base de la persécution raciale. Selon de nombreux historiens, ces théories ont justifié l’assassinat des Juifs à Lvov en 1941 aux mains des partisans de Bandera. En outre, l’ultranationaliste a été l’un des créateurs de  Armée insurrectionnelle de l’Ukraine(UPA), que la Pologne a accusé de génocide pour le massacre des Polonais en Volhynie.
 
Cependant, en Ukraine  – les groupes de droite voient en Bandera et dans l’UPA des héros nationaux, qui ont été officiellement reconnus en 2015 par le Parlement ukrainien et le président Piotr Porochenko, suscitant une controverse féroce dans le pays.
 
 

Angela Merkel et Trump parlent de l’immigration, de l’OTAN et du conflit en Ukraine

 

18 Mars 2017

En complément aux réflexions de Chomsky sur la politique « anti-système » supposée de Trump, ce compte-rendu de la rencontre avec madame Merkel montre que premièrement loin d’en finir avec l’OTAN, il s’agit simplement de faire plus payer les Européens. Notons que madame Merkel s’est récemment alignée sur le sujet et que l’entente avec Macron qui prévoit lui aussi les 2% réclamés est totale. Après avoir fait une campagne protectionniste, le même Trump se rallie aux vertus du libre échange et là encore exige simplement des négociations plus serrées. Mais pour paraître conserver le programme qui l’a fait élire, il ne reste plus qu’à feindre de s’opposer sur l’immigration

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et société)


Donald Trump et Angela Merkel lors d'une conférence de nouvelles à la Maison Blanche. Photo: AFP.

A la suite d’une rencontre ce matin, le président Donald Trump et la chancelière allemande Angela Merkel se sont présentés devant les journalistes et ont discuté des questions relatives à l’ immigration, à l’OTAN et au conflit en Ukraine.

 

Le président a déclaré que « l’immigration est un privilège, pas un droit ». Trump estime que les questions d’immigration doivent être posées d’abord en terme de sécurité nationale et qu’il s’agit d’un point sur lequel les deux dirigeants ont des points de vue très différents.

 

« L’immigration est un privilège et non un droit, et la sécurité de nos citoyens doit toujours venir en premier »,  a plaidé le leader américain, insistant sur le respect des institutions historiques et « le droit des peuples libres à diriger leur propre destin ».

 

OTAN.

 

En outre, Trump a réitéré son « fort soutien à l’OTAN » et à ses pays membres.  « Je réitère mon ferme soutien à la chancelière Merkel en ce qui concerne l’OTAN comme la nécessité pour nos alliés de l’OTAN d’avoir à payer leur juste part du coût de leur défense. De nombreux pays doivent de grandes quantités d’argent ces dernières années, et c’est très injuste pour les États-Unis » a dit Trump.

 

Trump a remercié Merkel pour son engagement d’augmenter les dépenses de défense, ainsi que son  soutien de l’OTAN en Afghanistan, même si elle a coûté la vie à plus de 50 soldats allemands. Le président américain a également souligné la participation de Berlin dans la coalition contre l’État islamique.

 

Conflit ukrainien

 

« Je l’ai remerciée pour son leadership, avec le président français, dans la recherche d’une  résolution  du conflit en Ukraine, où nous sommes à la recherche d’une solution pacifique, » a souligné Trump. Tandis que Mme Merkel a également envisagé l’Europe de l’Est en déclarant que « la relation avec la Russie doit s’améliorer, mais la situation en Ukraine devrait être résolue d’abord. »

 

« Il faut travailler pour un commerce équitable »

 

« Nous devons travailler ensemble en vue  de politiques de commerce équitable », a plaidé Trump. Merkel a dit son  accord avec le leader américain sur le fait que  « le commerce doit être équitable. » Le président américain a souligné qu’il « ne croit pas aux politiques isolationnistes » , mais au libre-échange.

 

(Tomado de Russia Today)

L’échec international de l’Euro

 

Par  · 

Un nouveau graphique, produit à partir de données fournies par le Fond Monétaire International (FMI)[1], vient confirmer l’idée que l’Euro souffre actuellement d’une très forte crise de crédibilité. Il montre la montée puis la baisse de la part de l’Euro dans les réserves des Banques Centrales. Ajoutons que cela ne porte pas sur la totalité des réserves, car elles contiennent aussi de l’or (dans des quantités qui peuvent ne pas être publiques), des Droits de Tirages Internationaux (SDR) et d’autres titres. Au troisième trimestre de 2016 les montants se répartissaient comme suit :

 

Tableau 1

Montants, en millions de dollars (US) des réserves des Banques Centrales au 3èmetrimestre 2016

 

Total Foreign Exchange Reserves

11 009 220,95

Allocated Reserves

7 797 853,50

 

Source : Currency Composition of Official Foreign Exchange Reserves (COFER), International Financial Statistics (IFS)

 

On aboutit donc à 7 797,8 milliards pour les réserves dont la composition est publique pour un total des réserves de 11 009 milliards.

 

Tableau 1

Composition des réserves publiques des Banques Centrales

 


    • La première leçon que l’on doit retenir de ce graphique est la baisse depuis l 3èmetrimestre de 2009 de la part de l’Euro. Il avait, à cette époque, atteint environ 28% du total des réserves. Cette baisse se joue en deux temps. Dans un premier temps, il passe, lentement, de 28% à 24% jusqu’au 1er trimestre 2014. Puis, il chute, jusqu’au 1er trimestre 2015, autour de 20% et ne bouge plus depuis cette date. 


    • L’Euro a donc clairement échoué à s’affirmer comme une monnaie de réserve internationale et à concurrencer le Dollar.


    • Car, et c’est la deuxième leçon de ce graphique, les monnaies des pays membres de la zone Euro avaient une part plus importante avant l’existence de l’Euro. On calcule cette part en ajoutant les montants des réserves en Deutsch Mark, en Franc français, en Guilder néerlandais, et en ECU, qui composait à l’époque une large part des réserves des autres pays (étant lui-même composé d’un « panier » avec du DM et du FF). Ces monnaies des pays « membres » de la zone Euro atteignaient 26% des réserves internationales en 1995. Ce qui confirme bien le diagnostic posé à la première leçon. Si l’Euro s’était affirmé comme une monnaie de réserve internationale, sa part aurait dû augmenter au-delà des 26% pour atteindre peut-être 40%. 


    • Il n’en fut rien, et cela sonne le glas des espoirs de certains de voire l’Euro remplacer, ou du moins concurrencer le Dollar.


    • La troisième leçon cependant est que cet échec de l’Euro n’est pas synonyme de succès pour le Dollar. Après avoir dépassé les 70% dans les premières années de l’introduction de l’Euro, il décline régulièrement jusqu’en 2014 (61%), tandis que montent les « autres monnaies ». Il ne connaît un semblant de regain qu’à l’occasion de la crise actuelle de l’Euro mais n’atteint toujours pas les niveaux de 2000-2002 puisqu’il reste autour de 63% du total des réserves déclarées. 


    • Il y a donc un véritable interrogation latente sur le rôle du Dollar que n’entame pas la crise de l’Euro.


    • La quatrième leçon est, qu’à coté des « petites » monnaies traditionnelles (Livre Sterling et Yen japonais) on assiste à une hausse, certes limitée, des nouvelles monnaies (dollar canadien et dollar australien entre autres). Ces monnaies représentent 7,2% du total actuellement. En y additionnant le Yen et la Livre, on arrive à 16%, soit un niveau assez proche de celui de l’Euro. 


    • Ce qui implique que l’Euro est désormais contesté par les « petites » monnaies qui jouent un rôle croissant au niveau régional inter-étatique.

On voit bien que l’Euro a échoué dans son projet « formel » qui était de constituer une monnaie concurrente au Dollar. En fait, on peut penser qu’il joue actuellement le rôle de pare-feu pour le Dollar, en concentrant sur lui une bonne part des incertitudes. Mais, il a été un succès dans son projet « implicite » qui était celui des dirigeants de l’Allemagne, en permettant à ce pays d’accumuler des excédents commerciaux monstrueux car il empêche leurs partenaires commerciaux de pouvoir dévaluer, et qu’il est par ailleurs sous-évalué par rapport à ce que serait un DM maintenu. C’est un réalité dont il faudra bien, un jour, se décider à tenir compte.

 

[1] Data extracted from http://data.imf.org/ on: 3/12/2017 1:45:11 PM

Vendredi 17 mars 2017

Marche SS à Riga: L'Europe aime les nazis quand les nazis n'aiment pas la Russie

Alors que chacun jouait à se faire peur avant les élections aux Pays Bas, alors que l'on nous serine avec le danger que représente le Front national en France, l'Europe ne voit rien à redire lorsqu'une Marche célébrant la mémoire des légionnaires SS est organisée à Riga. Bref, comme on peut le lire de plus en plus souvent dans les réseaux sociaux russes: en principe l'Europe est contre les nazis, mais si les nazis sont contre les russes, alors l'Europe n'est pas contre. Toute l'hypocrisie d'une Europe décadente.
 
Riga organise chaque année une Marche en l'honneur de ses morts dans les bataillons SS de légionnaires. Voici en image:
 

 

 
Des manifestants antifascistes se sont fait arrêtés par la police:
 

 
Ainsi, environ 2000 personnes, des vétérans et des jeunes, viennent célébrer la mémoire de leurs héros, des SS. Dans le défilé ont pris part également des députés lettoniens, mais également des "collègues" venus d'Ukraine et d'Estonie.
 
Alors que le ministère russe des affaires étrangères est inquiet face à la normalisation dans l'espace européen de mouvements en soutien aux nazis et apelle la communauté internationale à réagir, le silence se fait dans les chancelleries occidentales. Elles sont beaucoup plus préoccupées à célébrer la victoire - sans surprise - de la démocratie européenne sur l'extrême droite aux Pays Bas ou bien à s'inquiéter des tweets de Marine Le Pen. 
 
Il est vrai que ces légions SS lettoniennes ne sont rien comparées à ce danger ... Elles furent simplement constituées sur le territoire lettonien occupé par les nazis et sous leur commandement. Elles comptaient jusqu'à 150 000 personnes, militaires ou policiers. Leurs exactions contre les populations civiles sont telles, qu'elles furent condamnés comme structure au procès de Nuremberg. Pourtant, leur popularité auprès du pouvoir balte est très fort. Ces individus sont reconnus comme ancien combattant et touchent en cette qualité une pension de retraite spéciale, qui n'est pas reconnue aux vétérans qui ont lutté contre le nazisme. Ce n'est pas l'allemand nazi qui est désigné comme occupant, mais le russe. Cette manière de réécrire l'histoire est très en vogue en Europe, ce qui est compréhensible lorsque l'on voit combien de pays se sont réellement battus contre les nazis, et elle est reprise par cette opposition russe dite libérale qui a table ouverte et garnie en Occident.
 
Ainsi, le seul site qui remette en cause le caratère nazi de cette manifestation est Meduza, dont voici le reportage:
 
 
Ils reprennent le discours habituel, ni nazis, ni communistes, mettant sur le même pied Hitler et celui qui l'a vaincu, Staline et ainsi l'Allemagne nazie et l'ensemble de l'URSS, même si, étrangement, l'attaque ne vise que la Russie, une de ses composantes. Au fait, Staline était géorgien. Et quid du parti communiste en France alors? Il y a beaucoup d'incohérences dans cette démarche, incohérences qui montrent que le but est ailleurs.
 
Donc ces légionnaires ne seraient pas nazis, d'ailleurs certains le disent devant caméra, ils luttaient pour "la libération"  de leur pays. Et regrettent manifestement encore la défaite des nazis. Pendant ce temps-là, des slogans russophobes fusent et également antisémites. L'on voit des croix gammées, des saluts nazis, etc. Mais évidemment, ce ne sont pas des nazis.
 
Comme nous pouvons le voir ici:

Pourquoi Meduza propage ce reportage alors? Parce que Meduza est un site en russe destiné à faire la propagande anti-russe dans les populations russophones. Il a été fondé en 2014 avec le soutien de M. Khodorkovsky et enregistré justement en Lettonie.
 
La boucle est bouclée. L'on retrouve ces individus qui toujours attendaient la "libération" par l'Allemagne civilisée depuis la chute de l'Empire russe, à chaque fois, cette libération d'eux-mêmes, de leur pays qu'ils détestent encore plus qu'ils ne se détestent. D'être nés en Russie et non ... à Paris. A la rigueur en Allemagne. Finalement le temps passe, les gens ne changent pas, n'apprennent pas. Ils n'ont toujours pas compris que sans l'armée rouge, ils ne seraient plus là pour en parler.
 

Publié par  El Diablo

2005 : quand les Français ont dit NON à L'EUROPE [Documentaire]

capture d'écran

capture d'écran

 

 

Le 29 mai 2005, les Français votent à 55% contre le Traité de Constitution européenne. Placés sous les projecteurs, les tenants du «oui» ont été soutenus par une presse largement acquise au traité, tandis que les tenants du «non» ont été mis à l'écart des plateaux de télévision et des tribunes des journaux. Malgré cette campagne médiatique partisane, le «non» l'emporte, et les Français sont traités de «populistes». Trois ans plus tard, faisant fi du vote populaire, Nicolas Sarkozy modifie la Constitution et fait voter la loi qui permet de ratifier le Traité de Lisbonne, copie conforme de la Constitution européenne rejetée lors du référendum. Un déni de démocratie qui marque d'une rupture entre les Français et les élites politiques et médiatiques.


Ce documentaire d'Elisabeth Drévillon était diffusé le jeudi 2 mars 2017 sur France 3 à 23h15.

 

Commentaire de B.T : Depuis la nomenklatura du PCF est rentrée, elle aussi dans les rangs

Une ou deux leçons des élections au Pays bas qui ne sont pas celles que l’on croyait…

 

16 Mars 2017

Elections aux Pays-Bas : Rutte n’est «pas débarrassé de moi», lance Wilders malgré un score décevant

 

L’extrême-droite n’a pas réalisé de percée notable aux Pays-Bas lors du scrutin législatif de ce 15 mars. En revanche, la coalition sortante est fortement sanctionnée, notamment les Sociaux-démocrates qui perdent les trois quarts de leurs sièges. L’extrême-droite néerlandaise n’a finalement réalisé qu’un score décevant lors des élections des 150 sièges de la Seconde Chambre des Etats-Généraux. Le Parti pour la Liberté (PVV) de Geert Wilders, allié inconditionnel du Front national français, islamophobe et europhobe, n’obtiendrait, selon les sondages sortis des urnes que 20 sièges et 13,1 % des voix, soit 5 sièges et 3 points de plus qu’en 2012. Une hausse modeste qui ne lui permet pas d’égaler son score de 2010 (15,7 % des voix) et encore moins de lutter pour la première place, occupée par les Libéraux du VVD du premier ministre sortant Mark Rutte, donné à 21,3 % et 33 sièges.

 

D’abord il est clair que dans la plupart des pays européens personne ne veut de l’extrême-droite… Il est vrai que comme je ne cesse de le répéter, Hitler lui-même n’a jamais été majoritaire et il a été appelé par les forces conservatrices qui craignaient la contagion révolutionnaire, les communistes. Nous n’en sommes pas là ni dans un sens, ni dans l’autre. Et vouloir tronquer toutes les élections en agitant la peur de la dite extrême-droite que les sociaux démocrares gonflent artificiellement est une des manipulations du suffrage universel qu’il faut dénoncer. Nous devons refuser d’être menée par cette crainte artificielle qui est simplement une des manières pour que rien ne change.

 

La deuxième leçon du scrutin est la déroute des sociaux démocrate pro-européens dont le leader a été un de ceux qui a mis le couteau sur la gorge des Grecs. Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, avait refusé il y a deux ans toute négociation avec le nouveau gouvernement grec. « Mémorandum ou banques fermées », avait menacé le président des ministres des Finances de l’UE. les grecs ont du plier devant cet ignoble chantage parce que leur leader n’ont pas eu la force de poser la nécessité de la rupture avec l’UE. , les Grecs avaient dû se plier et continuent toujours aujourd’hui à être étranglé. Mais : le parti de Dijsselbloem, le PvdA, a hier été complètement désavoué par les électeurs néerlandais : de 38 députés, il passe à 9 !

 

Rien n’est joué et tous les rafistolages  ne sont que reculer pour mieux sauter,parce que la politique sera la même, elle sera même aggravée  l’urgence est dans la construction d’une véritable perspective

 

Nous sommes à un moment clé de la crise du capitalisme, celui où le développement des forces productives exige de nouveaux rapports sociaux, un ébranlement généralisé. Tout ce qui cherche à maibntenir des rapports qui ont fait leur temps devient mortifère.

 

Ceux d’en bas ne veulent plus être gouvernés par ceux d’en haut…

 

Danielle Bleitrach

Les origines de l’Euro

 

Jacques SapirPar  · 

Un certain nombre de personnes ont mis en doute sur Twitter l’explication que je donnais de l’origine de l’Euro dans le rapport écrit pour le Club Valdaï et publié il y a quelques jours[1]. Certains esprits atteints de complotisme aigüe vont même jusqu’à imaginer on ne sait quel « complot » du gouvernement russe (d’ailleurs, quand vous êtes en difficultés, attribuez toujours cela à un « complot russe ») quant à la publication de ce texte. La réalité est, comme toujours, beaucoup plus simple. On la trouve dans des pages de mon ouvrage Faut-il sortir de l’Euro ? publié au début de 2012 aux éditions du Seuil, et donc écrit durant l’année 2011. Mais, s’il est un fait aujourd’hui avéré c’est bien que les soi-disant « vérificateurs » ne vérifient rien et lancent des accusations, non pas au hasard, mais sur des bases fausses. Je republie ici des extraits de ce livre pour que l’on puisse juger de l’intégralité de mon raisonnement.

 

Euro contre Europe Anglais


A la fin des années 1980 nous vivons dans ce que l’on appelle le « Système Monétaire Européen » ou SME. Ce SME a connu des crises. Mais l’histoire de ces crises a été réécrite par les partisans de la monnaie unique. En particulier, on a systématiquement omis de préciser ou de rappeler que les pays parties prenantes du SME avaient tout fait pour laisser le champ libre à la spéculation.

 

L’euro aurait-il donc été fondé dès le départ sur un mensonge ?

 

Aux origines de l’Euro…

 

Le SME fut précédé du « Serpent monétaire européen », lui-même résultant du « rapport Werner » remis en 1970[2]. On le voit, les tentatives de constitution d’une zone monétaire européenne sont anciennes. le 27 octobre 1977 le président de la Commission européenne, le Britannique Roy Jenkins, proposa la création d’une monnaie unique pour les neuf pays qui composaient alors la Communauté économique européenne. Mais il assortit sa proposition de l’idée d’un budget communautaire se montant à 10 % du produit intérieur brut (PIB) des pays membres. L’idée d’un budget communautaire important comme garantie d’une monnaie unique allait techniquement dans une direction qui était logique, mais elle fut politiquement rejetée par la totalité des pays concernés.

 

La création du SME fut annoncée en mars 1979 après plus d’un an de laborieuses négociations. Ce système encadrait les fluctuations des monnaies autour d’un cours pivot de référence calculé à partir d’un « panier » de monnaies des pays membres, l’ECU ou European Currency Unit[3]. Il réussit au début à stabiliser les cours des monnaies européennes les unes par rapport aux autres. Une légère réévaluation du deutschemark le 23 septembre 1979 ne provoqua aucun remous. Il commença à connaître ses premières difficultés avec l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir et les trois dévaluations successives du franc. Cependant, après le virage « pro-Europe » en 1982-1983 des socialistes français sous la houlette de Jacques Delors, la situation se stabilisa jusqu’en 1992. On a ainsi « oublié » que le SME avait pu fonctionner, en dépit de ses défauts et de l’ouverture progressive des économies aux mouvements de capitaux, pendant près de neuf ans.

 

En 1992, une violente spéculation déclenchée à la suite de l’échec du référendum danois sur l’Europe provoqua la dévaluation de la lire italienne et de la peseta espagnole. Puis, la livre sterling fut obligée de quitter le SME. En 1993, une nouvelle vague de spéculation épuisa les réserves de la Banque de France. Les marges de fluctuations furent portées de 2,5 % à 15 % et le SME disparut de fait à l’été 1993[4].

 

Cet échec fut largement perçu comme le produit d’une spéculation que l’on ne pouvait empêcher et traduisant l’inanité de « demi-mesures ». Le meilleur moyen de supprimer la spéculation n’était-il pas de n’avoir qu’une seule monnaie ? Seule, l’adoption d’une monnaie unique pouvait permettre de produire un système stable, du moins l’affirmait-on à l’époque. Nous savons aujourd’hui qu’il n’en est rien. La spéculation s’est en fait reportée des taux de change aux taux d’intérêt de la dette souveraine entre chaque pays.

 

Les origines « allemandes » de l’Euro et la question de la démographie

 

Le Système monétaire européen ne satisfaisait nullement l’Allemagne. Il laissait trop de possibilités aux autres pays de rééquilibrer leur position par des dévaluations successives. Il fallait, pour les dirigeants allemands, sécuriser l’accès des produits de leur industrie aux marchés de leurs voisins. Mais, d’un autre côté, il fallait aussi pour l’Allemagne éviter à tout prix la solution proposée par Roy Jenkins en 1977, soit l’union de transfert. Les gouvernants allemands percevaient clairement dès cette époque que toute union budgétaire, ne serait-ce que partielle, conduirait leur pays à devoir subventionner les autres pays membres. C’est pourquoi l’acte fondateur de la monnaie unique insiste-t-il sur la notion de responsabilité budgétaire individuelle de chaque pays.

 

On peut comprendre la position des gouvernants allemands. Pour eux, il ne pouvait être question d’une union de transfert. L’effondrement de la démographie allemande indiquait que ce pays ne renouvellerait plus ses générations. Le taux de fécondité[5], qui était encore de 2,03 à l’orée des années 1970, était tombé en 1990 à 1,45[6]. Le versement des retraites futures allait, de plus en plus, dépendre de la richesse accumulée et capitalisée. Ceci avait deux conséquences importantes. Tout d’abord, il fallait à tout prix éviter tout prélèvement extérieur sur la richesse nationale. La thésaurisation de cette dernière devait servir à payer les retraites futures des Allemands. De là vient l’opposition au principe même de l’union de transfert. Ensuite, il fallait sécuriser la valeur patrimoniale de ce que les Allemands allaient devoir épargner. Ces revenus du présent étaient censés dégager une rente dans le futur. Ils devaient donc être placés de la manière la plus judicieuse. À cette fin, les dirigeants de l’Allemagne ne virent pas de moyen plus efficace qu’une soumission accrue à la logique des marchés financiers.

 

De cette prise de conscience de la crise démographique en Allemagne découle un tournant vers une financiarisation accélérée de l’économie allemande. Quand on regarde attentivement les statistiques économiques de ces vingt dernières années, on constate que l’Allemagne s’est progressivement désindustrialisée au profit de son secteur financier. Mais cette prise de conscience va peser aussi sur la définition du cadre de l’Union économique et monétaire qu’Helmut Kohl va proposer à ses partenaires, et en premier lieu à la France.

 

Comment Kohl manoeuvrant Mitterrand…

 

Nous sommes alors au début de l’année 1990 ; l’Allemagne vient de réaliser son rêve, la réunification. Elle sait que cette dernière a pris par surprise les dirigeants français, François Mitterrand en premier[7]. Elle connaît aussi la sensibilité française aux problèmes géostratégiques résultant de la disparition de la sphère soviétique en Europe. Helmut Kohl va donc proposer à François Mitterrand un traité, le futur traité de Maastricht, qui entérine à la fois le principe de la réunification allemande sous la forme d’une extension légale de la République fédérale d’Allemagne et le principe de l’union monétaire. Ce dernier est présenté alors comme un « sacrifice » de l’Allemagne alors qu’il s’agit en réalité de ce qu’elle veut obtenir[8]. François Mitterrand s’est bercé d’illusions s’il a cru, comme on le dit, clouer la main de l’Allemagne sur la table.

 

Le traité, une fois dûment signé, fut finalement adopté en France d’une très courte tête après une campagne référendaire agitée dont émergèrent les figures de Jean-Pierre Chevènement et de Philippe Séguin. L’Allemagne proposait ce qu’elle faisait habilement passer pour un compromis : la monnaie unique. On a beaucoup glosé alors en France sur les déchirements d’une Allemagne, soi-disant contrainte d’abandonner « son » deutschemark. Mais, en réalité, cet abandon était largement bordé par des précautions constitutionnelles multiples. Le tribunal constitutionnel de Karlsruhe devait en effet préciser, dans l’arrêt qu’il rendit le 12 octobre 1993 à l’occasion de la ratification du traité de Maastricht, que le passage à la monnaie unique devait se faire dans le cadre d’une communauté de stabilité monétaire : « Cette conception de l’union monétaire, communauté de stabilité monétaire, est le fondement de la loi allemande[9]. » Ceci a des conséquences directes sur la situation actuelle. Le principe d’une mutualisation de la dette est ainsi anticonstitutionnel pour la cour constitutionnelle de Karlsruhe. Elle l’a réaffirmé dans l’arrêt qu’elle a rendu au début de septembre 2011 en réponse à une question portant sur la constitutionnalité de l’accord du 21 juillet 2011 sur le sauvetage de la Grèce. Mais, de plus, ceci exclut toute solution à la crise de la dette souveraine passant par des avances directes de la BCE aux différents États de la zone euro. En effet, une telle mesure contredirait la « communauté de stabilité monétaire ». Les femmes et hommes politiques peuvent ainsi se gargariser tout à loisir en France sur les « eurobonds », voire sur une monétisation directe de la dette qui serait réalisée par des avances de la BCE. La porte a été fermée par la Cour de Karlsruhe.

 

L’Euro, un projet allemand ?

 

La volonté de l’Allemagne était ainsi de faire de la monnaie unique un cadre contraignant mais sans la moindre compensation du point de vue budgétaire. Le statut de la BCE et son objectif unique, la « stabilité monétaire », en découlent. On présente souvent comme une erreur de ne pas avoir donné pour objectif à la BCE la croissance dans la zone euro. On oppose alors le statut de la Réserve fédérale américaine à celui de la BCE, car celle-là a aussi pour objectif la croissance. Mais l’alignement du statut de la BCE sur celui de la Réserve fédérale était impossible. Tout d’abord parce que cette dernière est la banque centrale d’un État (les États-Unis). Ensuite parce que les termes mêmes du statut de la BCE sont le produit de cette volonté allemande.

 

Que cette volonté puisse servir de base à un fonctionnement réel et efficace d’un système de monnaie unique est une autre chose. Depuis l’automne 2007, on a vu à de multiples reprises que la BCE a été obligée d’enfreindre son statut. Mais si elle a été dans les faits contrainte d’admettre que la liquidité des banques était bien un objectif au même titre que la stabilité monétaire, elle n’a rien cédé sur la croissance. Et l’on en voit bien la raison. Dans une Allemagne largement financiarisée, la stabilité des banques est bien devenue un objectif légitime. Le gouvernement allemand n’a pas hésité à sauver ses banques en 2008. Mais il n’est toujours pas question de faire de la croissance un objectif au même titre que la stabilité monétaire (ou financière), car cela impliquerait de ne plus faire de la stabilité des prix l’objectif principal. Et cela, pour les raisons que l’on a présentées plus haut, l’Allemagne n’en veut sous aucun prétexte. La BCE continue donc aujourd’hui de jouer la partition qui lui fut écrite par l’Allemagne.

 

Pour en revenir au compromis fondateur, il était le suivant. L’Allemagne obtenait un droit d’accès sans restrictions, qu’elles soient tarifaires (principe du Marché unique) ou monétaires (impossibilité désormais de dévaluer), aux principaux marchés de ses voisins (la France, l’Italie et l’Espagne). Mais l’Allemagne apportait aussi une contribution à l’Union. Ses économistes savaient que la monnaie unique permettrait aux différents pays membres de la future zone euro de profiter des taux d’intérêt très bas dont l’Allemagne bénéficiait. C’est cet avantage que l’on fit miroiter aux pays de la zone euro. En d’autres termes, si l’Allemagne obtenait un accès libre aux marchés de ses voisins, elle leur offrait la possibilité de s’endetter à bon compte pour… acheter des produits allemands !

 

Ce fut bien ce qui se passa au départ. Les écarts entre les taux d’intérêt payés par les différents pays sur leur dette et les taux allemands (ce que l’on appelle les « spreads ») se réduisirent de manière spectaculaire avec la mise en œuvre de l’euro. On parla ainsi de l’unification du marché des dettes comme d’un grand succès. Mais l’on ne remarqua pas, ou l’on ne voulut pas remarquer, que cette unification était bien la seule à laquelle on assistait alors. Les prix des produits dans les différents pays de la zone euro restaient très différents, la valeur des actions sur les marchés des valeurs mobilières ne convergeait nullement. Plus grave encore, les divergences des dynamiques économiques entre les pays de la zone euro allaient en s’accroissant.

 

Le compromis fonctionna donc en apparence jusqu’en 2008 et l’on a pu parler d’un moment historique ; mais ce bel équilibre ne résista pas au grand vent de la crise. Dès que la situation économique internationale se tendit, même le marché des dettes connut des soubresauts allant croissants. Les spreads sur les taux d’intérêt qui étaient effectivement réduits jusqu’en mars 2008 se mirent bientôt à augmenter. La faillite de la banque Bear Stearns aux États-Unis provoqua une première crise de liquidité ; celle-ci engendra une première divergence notable. Puis la crise de liquidité généralisée provoquée par la faillite de Lehmann Brothers amorça un mouvement d’ouverture des spreads qui connurent une première flambée entre janvier et février 2009 puis à nouveau à la fin de 2009 avec l’irruption de la crise grecque. Le mouvement de divergence des taux s’est alors amplifié de manière considérable.

 

Notes

[1] Sapir J., The Euro vs Europe, report for the VALDAI CLUB, Moscou, mars 2017.

[2] M. Aris et N. M. Healey, « The European Monetary System », in N. M. Healey, The Economics of the New Europe, Londres-New York, Routledge, 1995, p. 45-67. Voir aussi B. Harrison et N. M. Healey, « European Monetary Union: Progress, Problems and Prospects », ibid., p. 103-123.

[3] A.-D. Schor, Le Système monétaire européen, Paris, PUF, 1985.

[4] P. du Bois de Dunilac, Histoire de l’Europe monétaire (1945-2005). Euro qui comme Ulysse…, Genève-Paris, PUF, 2008.

[5] Qui mesure le nombre moyen d’enfants par femme en âge de procréer.

[6] J. Schmidt, « Die Verschiesbung der Bevölkerungsstruktur in der Bundesrepublik und ihre Folgen », in R. Hettlage (dir), Die Bundesrepublik. Eine historische Bilanz, Munich, C. H. Beck, 1990, p. 35-58. Ce taux est légèrement remonté par la suite à 1,7, ce qui reste néanmoins très insuffisant pour assurer le renouvellement des générations.

[7] J.-P. Chevènement, La France est-elle finie ?, Paris, Fayard, 2011 p. 109-131.

[8] M.-F. Garaud, Impostures politiques, Paris, Fayard, 2010 p. 39-43.

[9] Ibid., p. 57-58.

L’Italie, l’Euro et Berlusconi

 

Par  · 

Les récentes déclarations de Silvio Berlusconi sur la nécessité pour l’Italie d’adopter « deux monnaies »[1] ont relancé les spéculations sur l’attachement de ce pays à l’Euro[2]. La montée de « l’euroscepticisme » est flagrante aujourd’hui en Italie. Or, une crise en provenance de l’Italie aurait des conséquences bien plus importantes qu’une (probable au demeurant) en provenance de la Grèce, du fait de la taille et du poids de l’économie italienne.

 

Il est évident que la dégradation continue de la situation économique en Italie depuis ces dernières années impose des mesures radicales. Il est tout aussi évident que seule une sortie de l’Euro est en mesure de sauver l’économie italienne, mais aussi par conséquence ses banques, qui sont de plus en plus lourdement chargées en « mauvaises dettes ». Ces « mauvaises dettes » ou « prêts non-performant » comme on les appelle dans les milieux financiers, sont directement issues des petites et moyennes entreprises de la Péninsule qui subissent de plein fouet la stagnation économique engendrée par l’Euro. On peut voir, d’ailleurs, sur les comptes de compensation de la Banque Centrale Européenne, ce que l’on appelle les comptes « Target2 » la dégradation constante de la situation italienne depuis ces dernières années.

 

1 – Compte Target2

 

Mais, ce que ne disent pas ces statistiques c’est la détérioration profonde de l’économie, mais aussi de la société, italienne du fait de l’Euro. Il suffit, pour s’en convaincre, de regarder quelques graphiques. En termes de croissance, et de volume du PIB, l’économie italienne, qui était sur une trajectoire de forte croissance de 1995 à 1999, est aujourd’hui retombée à son niveau de 2000, soit l’année de l’entrée dans l’Euro. Mais, ce qui est pire est que, quand on regarde le PIB par habitant, un indicateur du niveau de vie, on constate que l’Italie à régressé au niveau de 1997. Le décrochage de l’Italie par rapport aux deux autres pays « majeurs » de la zone Euro, l’Allemagne et la France, apparaît nettement sur le premier de ces deux graphiques.

 

2 – Indice du PIB

 

3 – Indice du PIB par habitant

 

La conséquence est un véritable effondrement de l’investissement qui est, aujourd’hui et depuis 2012, en dessous du niveau qu’il avait atteint en 1995. Cela se traduit par une dégradation rapide des infrastructures publiques mais aussi privées (le logement), dégradation qui a un impact important sur le niveau de vie de la population italienne.

 

4 – Investissement

Cette dégradation du niveau de vie se traduit, aussi, dans la formation de l’épargne, que celle-ci soit le fait des particuliers ou des entreprises. L’épargne italienne est largement inférieure à ce qu’elle était en 1995, et si elle est redevenue supérieure à l’investissement depuis 2012 c’est uniquement lié à l’effondrement spectaculaire de ce dernier.

 

5 – Equilibre Epargne/Investissement

La raison de cette remontée apparente de l’épargne (par rapport à l’investissement) est l’explosion de la dette publique en Italie, une dette qui baissait depuis 1996 mais qui ré-augmente de manière spectaculaire depuis 2007 après s’être stabilisée à partir de 2003, soit 3 années après l’entrée de l’Italie dans l’Euro.

 

6 – Dette publique (en % du PIB)


On voit très clairement que le seul espoir pour l’économie italienne est de sortir de l’Euro au plus vite, mais la complexité du système politique italien, les tergiversations du Movimente 5 Stelle de Beppe Grillo en particulier, et les intérêts particuliers solidement construits dans une large partie de l’élite politique, rendent cette solution de bon sens peut probable à très court terme. Il est cependant clair que la classe politique italienne a les yeux rivés sur la scène politique française. Une sortie de l’Euro par la France donnerait à la classe politique italienne le prétexte rêvé pour sortir à son tour, sans rencontrer de trop fortes oppositions.

 

[1] http://www.ilfattoquotidiano.it/2017/02/27/berlusconi-ci-riprova-serve-una-nuova-moneta-nazionale-da-affiancare-alleuro/3419833/

 

[2] https://www.bloomberg.com/news/articles/2017-03-09/enter-berlusconi-a-man-a-ban-and-his-plan-to-restore-the-lira

Il est aisé de comprendre qu’énergie et économie évoluent ensemble. La production économique (sous toutes ses formes) est fortement dépendante de la consommation d’énergie. Par conséquent si une des composantes croît, l’autre devrait la suivre et vice versa. Si une baisse, l’autre aussi….

 

L’économiste Gaël Giraud. nous explique dans un excellent entretien rapporté par le journal du CNRS ceci : « Nos économies sont beaucoup plus dépendantes de l’énergie que les économistes « orthodoxes » ne veulent bien l’admettre« . Selon l’économiste, » lorsque la consommation d’énergie primaire augmente de 10 %, le PIB tend à croître de 6-7 % en moyenne, avec éventuellement un retard pouvant aller jusqu’à dix-huit mois« . Il poursuit en complétant la liste des variables nécessaires à la croissance. « L’énergie ne produit donc pas de la prospérité par magie : la technique, le capital et le travail lui sont complémentaires. C’est cette complémentarité qui, d’après mes travaux, est au cœur de la croissance économique que nous avons connue depuis deux siècles« .

 

Voici deux graphiques qui vont dans le sens de G Giraud et qui prouvent la corrélation entre consommation d’énergie et PIB. Nous voyons une tendance convergente plutôt fortement corrélée, même si elle se fait en décalage dans le temps…

Nous ne prenons donc pas trop de risques en prétendant que l’évolution de la consommation d’énergie est représentative de l’évolution économique d’une région.

 

Or, nous découvrons les chiffres de l’UE qui prouvent que la consommation finale d’énergie -c’est-à-dire expurgée de l’énergie utilisée par les producteurs d’électricité et dans les processus de transformation de l’énergie- atteinte en 2014 est inférieure à celle de 1990 !

Grâce à ces données, nous pouvons confirmer à quel point la politique économique européenne est en échec, récessionniste, voire morbide depuis les années de la crise des subprimes et la politique monétaire de la Banque centrale européenne… La Grèce en est juste la victime fétiche qui permet de détourner l’attention du reste !

 

Nous confirmons ainsi nos précédents papiers sur la récession qui frappe l’UE…

 

Qu’en est-il en Suisse ?

 

Eh bien en Suisse, nous observons une baisse aussi de la consommation d’énergie, et ce malgré une évolution démographique positive de l’ordre de 12% pour la période concernée (2000-2015). Nous voyons ainsi que pour certains, la politique migratoire est une quasi obligation pour éviter un effondrement économique !

 

Observations complémentaires

 

Voici deux graphiques supplémentaires dont l’intérêt est de montrer la répartition de la consommation par les moyens de transport.

 

Alors que l’on vous impose un trafic réduit dans certaines régions, nous observons une explosion de la consommation de carburants par l’aviation internationale. C’est le premier secteur polluant de la région dont personne ne parle. Il suffit de lever les yeux par beau temps pour être témoin de leur hyperactivité. Ce sujet est, sauf erreur (qui est possible), peu ou pas abordé par les défenseurs du climat !

 

Il faut dire que le transport international est l’outil de globalisation du monde. Il va pouvoir continuer de bénéficier d’une paix royale des tenants de la globalisation. Et vous pourrez continuer de consommer de la menthe soi-disant fraîche provenant d’Afrique du Sud en plein hiver…

 

Quant à la politique ferroviaire, nous pouvons constater là aussi son échec. Les responsables feraient bien de se poser la question de savoir si les prix pratiqués par les entreprises ferroviaires ne mettent pas ce moyen de transport hors de portée des consommateurs moyens ?

Tableau de Consommation d’énergie par mode de transport, UE-28, 1990-2014 (1990 = 100, sur la base des données en tonnes-équivalent pétrole)

 

Et voici un tableau (en pourcentage) intéressant sur l’évolution du bouquet énergétique au cours de la période de 1990 à 2014.

URL de cet article 31601 

Publié par  El Diablo

Le numéro 63 de RUPTURES (le mensuel progressiste radicalement eurocritique) est paru

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Consultez quotidiennement le nouveau site de RUPTURES

(en lien ci-dessous) :

Ruptures - Le site progressiste radicalement eurocritique

 

https://ruptures-presse.fr/

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ESPAGNE: Comment « Podemos » a mis les drapeaux rouges au placard

source photo: arte tv

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Article du 12 janvier 2017 :

A l’approche du prochain Congrès du parti prévu en février, les débats s’intensifient au sein de Podemos quant à la stratégie à adopter pour les années à venir. Cet article propose de s’extraire un moment de cette actualité brûlante pour revenir sur l’un des éléments qui a fait le succès de Podemos, sa stratégie de rupture avec les codes traditionnels de la gauche radicale.

Dans un article paru dans la prestigieuse New Left Review en mai-juin 2015, Pablo Iglesias dresse un portrait de Podemos et dépeint une formation politique qui a su renouveler le répertoire de la gauche radicale pour s’imposer dans le paysage politique espagnol. Au cœur du projet porté par Podemos, puisant à diverses sources théoriques, on trouve une prise de distance à l’égard des symboles et des références de la gauche traditionnelle jugés inopérants.

Un constat lucide : la défaite historique de la gauche

Toute opération de reconstruction politique du camp progressiste doit passer par un examen critique de la situation des gauches à l’entrée du XXIe siècle. C’est en substance le message délivré par Pablo Iglesias dans les premières lignes de son article pour la NLR. Le politiste espagnol cite l’historien britannique Perry Anderson : « Le seul point de départ concevable aujourd’hui pour une gauche réaliste consiste à prendre conscience de la défaite historique ».

Le constat qui préside à la création de Podemos est celui d’un effondrement concomitant des logiciels social-démocrate et communiste. La social-démocratie européenne, bercée dans les années 1990 par les théoriciens de la « Troisième voie », a abandonné tout projet d’émancipation collective pour adhérer au libéralisme économique. François Mitterrand en France, Felipe Gonzalez en Espagne, Gerard Schröder en Allemagne ou Tony Blair au Royaume-Uni incarnent à leur manière une gauche partie prenante de la globalisation financière et du processus de dérégulation des économies européennes.

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

Comment Podemos a mis les drapeaux rouges au placard - Le Vent Se Lève

Comment Podemos a mis les drapeaux rouges au placard - Le Vent Se Lève

A l'approche du prochain Congrès du parti prévu en février, les débats s'intensifient au sein de Podemos quant à la stratégie à adopter pour les années à venir. Cet article propose de s'ex...

 

http://lvsl.fr/comment-podemos-a-mis-les-drapeaux-roug

Les cauchemars idéologiques de l’Institut Montaigne et la sortie de l’Euro



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L’institut Montaigne s’est fendu d’une réponse à ma note du 27 février[1], initiative que je salue car elle pourrait montrer, pour une fois, une réelle volonté de débat[2]. Mais, ce débat est biaisée par la participation de cette institut à une campagne visant à peser sur les résultats de l’élection présidentielle à venir en affolant la population. C’est cela que l’on appelle le « projet Peur », un projet qui s’est déployé une première fois au sujet du Brexit. L’Institut Montaigne, en fait, refuse le débat et nous construit un cauchemar idéologique

 

Le fond de cette réponse se réduit à une citation d’une agence de notation :  « « Il n’y a pas d’ambiguïté (…) Si un émetteur ne respecte pas les termes du contrat passé avec ses créditeurs, y compris la devise dans laquelle les paiements sont effectués, nous déclarerions une situation de défaut », disait récemment Moritz Kraemer, directeur des notes souveraines chez Standard & Poors. On peut ignorer les agences de notation, il n’en reste pas moins que leurs avis sur le risque de crédit (donc de défaut) sont indispensables à une bonne gestion du risque par les investisseurs institutionnels (assurances, fonds de pension, banques). »

 

Rappelons qu’une longue jurisprudence de droit international, datant de l’entre-deux guerres, dit explicitement qu’un pays a le droit de changer sa monnaie et que, dans ce cas les dette libellées dans l’ancienne monnaie sont re-libellées dans la nouvelle monnaie, ce que l’on appelle la Lex Monetae. Que M. Kraemer affecte de l’ignorer est son affaire. Que M. Chaney prenne cette déclaration pour argent comptant, si l’on peut s’exprimer ainsi, est plus qu’étonnant. Nul n’ignore que certaines banques, certaines compagnies d’assurances et certaines agences ont intérêt au maintien de la monnaie unique. Ceci est parfaitement leur droit, mais implique de prendre avec des pincettes les déclarations de leurs dirigeants. Admettons qu’en cas de sortie de l’Euro, l’agence Standard & Poors décide de déclarer un « défaut » de la France, elle ne sera pas suivie par d’autres agences, et surtout elle ne pourra trouver aucun tribunal de stature international pour faire valider sa décision. Car, les juristes savent bien que ce qui s’est passé en 1999 se rejouerait alors. Personne ne s’est posé le problème de la conversion des dettes émises en droit français du Franc à l’Euro, justement parce que l’on savait que c’était le droit le plus évident, le plus strict, de la France en tant qu’Etat souverain. Il en sera de même si nous sortons de l’Euro.

 

Il n’aura pas échappé aux lecteurs que des institutions autrement plus respectables qu’une agence de notation se sont largement décrédibilisée à propos du Brexit. La Banque d’Angleterre (BoA) avait émis avant le vote référendaire des avis absolument apocalyptique, pour reconnaître, par la suite, l’exagération de ses propos. Elle ne fut pas la seule à être prise « la main dans le sac » comme l’on dit encore dans le « projet Peur » (ou « project Fear »)qui consiste à vouloir affoler les électeurs avant un scrutin où les intérêts de ces institutions sont menacés. En un sens, c’est très exactement ce que fait M. Kraemer, mais aussi l’Institut Montaigne et relayant, de manière a-critique ses propos. Je maintiens donc dans leur totalité les propos que j’ai exprimés dans la note du 27 février.

 

Dès lors, faut-il s’étonner que l’Institut Montaigne intitule sa réponse à mes objections « A propos du monde imaginaire de ceux qui prônent une sortie de l’euro », et fasse semblent d’oublier que nous avons vécu de longues, et parfois heureuses, années hors de l’Euro ?

 

Cela pose le problème tant de l’objectivité des rédacteurs des notes de l’Institut Montaigne, que de leur façon d’instruire systématiquement « à charge ». Car, sur le point soulevé par la citation de M. Kraemer, ils auraient pu aller interroger d’autres personnes, par exemple travaillant dans des banques spécialisées. C’est d’ailleurs ce que l’on avait fait en 2013, lors de la préparation de la note de la Fondation ResPublica intitulée Les Scenarii de la Dissolution de l’Euro[3] en allant interroger des banquiers spécialisés. Or, ces derniers nous avaient confirmés qu’il n’y aurait pas de problèmes légaux et qu’une sortie de l’Euro, avec redénomination de la dette (émise en droit français) ne pouvait nullement être assimilée à un défaut.

 

Nous savons, de plus, que les agences de notation comme Standard and Poors émettent des jugements qui sont très politisés. Ce fait est d’ailleurs reconnu par de nombreux pays, dont ceux composants l’Union européenne, la Chine et la Russie, puisque tous entendent créer leurs propres agences de notation. Quelle est donc la fiabilité de la déclaration de M. Kraemer ? Elle est très proche de zéro. Ce n’est pas un problème spécifique, mais il eut été bon que M. Chaney en informe ses lecteurs. Ce qu’il n’a pas fait. On comprend alors que cette réponse n’en est pas une. Le débat est toujours refusé par ceux qui prétendent avoir la science infuse et ce quand bien même une longue liste de scientifiques avec titres et patentes (et même Prix Nobel) les contredit (Voir Annexe). Le nombre de textes portant sur la faillite de l’Euro et la nécessité de sortir de cette zone, et de la dissoudre, s’enrichit de mois en mois[4]. Certains de ces papiers traitent explicitement des points soulevés par M. Kraemer, mais de cela les lecteurs de M. Chaney n’en sauront rien. Car tel est bien la situation actuelle où n’importe qui depuis une position de prééminence auto-affirmée peut lancer les informations les plus biscornues et les plus fausses sans prendre la peine d’informer ses lecteurs de l’existence de travaux scientifiques les démentant. Si, du moins, M. Chaney avait eu le courage de dire à ses lecteurs « Je suis contre la sortie de l’euro et n’attendez pas de moi d’observations objectives », cela serait admissible. Ce qui ne l’est pas c’est qu’il se couvre du nom d’un institut de recherches (privé par ailleurs…) pour exprimer ses idées. Il faut avoir le courage de ses opinions, qui sont par principe honorables. Mais chercher à les faire passer pour « vérité » scientifique alors qu’elles sont démenties par tant de travaux est une faute grave.

 

Le titre de cette « réponse » nous en indiquait la couleur idéologique. Mais, en un sens, il est exact. La sortie de l’euro est un monde que nous pouvons, par le biais de l’imagination, non pas celle du romancier ou de l’idéologue mais celle du chercheur, se basant sur des études recoupées, concevoir. C’est cela que j’ai tenté de présenter à mes lecteurs, et c’est ce débat que l’Institut Montaigne, à l’inverse de son nom, refuse toujours obstinément.

 

Annexe

Liste des économistes ayant des positions critiques que l’euro

 

Aftalion Florin            

professeur émérite à l’ESSEC

Brousseau Vincent

Diplômé de l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud et titulaire de deux doctorats, l’un en mathématiques et l’autre en économie, a travaillé pendant 15 ans à la Banque centrale européenne (BCE) et était, jusqu’au 1er janvier 2014, l’un des deux économistes français du département de la politique monétaire

Colletis Gabriel

Professeur de Sciences économiques à l’Université Toulouse-I Capitole

Conte Bernard

maître de conférences en sciences économiques à l’Université Bordeaux IV

Cotta Alain

économiste, professeur à HEC et à Dauphine

Galand Gabriel

diplômé de l’Ecole Polytechnique, Docteur en Economie de l’Ecole Centrale Paris, membre de la « Erasme team »

Garabiol Dominique

diplômé de l’ESSEC et docteur ès sciences économiques, commença sa carrière à la Banque de France en 1981. En 1986, il devint chef de la section des études au secrétariat général de la Commission bancaire

Gave Charles

économiste et financier, diplômé de l’université de Binghamton, président de l’Institut des libertés

Généreux Jacques

Professeur d’économie à Sciences po Paris

Gérard Jean-Pierre

Ancien membre du Conseil de la Politique Monétaire, il est Président du club des N°1 mondiaux français à l’exportation

Giraud Gael

Chargé de Recherches (1re Classe) au CNRS. Chercheur associé à l’École d’économie de Paris et consultant scientifique

Grandjean Alain

diplômé de l’École Polytechnique et de l’École Nationale Supérieure de la Statistique et de l’Administration Economique et docteur en économie de l’environnement

Granville Brigitte

Professeur d’économie internationale et d’économie politique à la « School of Business and Management », Queen Mary, University of London

Gréau Jean-Luc

économiste, ancien expert du Medef, membre du conseil scientifique de la Fondation Res Publica

Lafay Gérard

Professeur émérite de sciences économiques, Paris II

Latouche Serge

professeur émérite d’économie à l’Université Paris-Sud 11

Lemaire Bruno

diplômé d’Harvard, professeur honoraire de Management à HEC, Expert auprès de la MIME (Mission interministérielle pour les mutations économiques

Lordon Frédéric

Directeur de Recherche au CNRS, Directeur d’Etude à l’EHESS

Maarek Gérard

ancien membre du Conseil d’analyse économique, ancien secrétaire général de l’INSEE, ancien Chef du Service des Études Économétriques de la Banque de France

Maris Bernard

Professeur des universités à l’Institut d’études européennes de l’université Paris-VIII. Il a également enseigné la micro-économie à l’université d’Iowa (États-Unis) et à la banque centrale du Pérou, membre du conseil général de la Banque de France

Monot Bernard

Economiste, analyste financier à la CDC

Mazier Jacques

Professeur de sciences économiques, Université de Paris 13

Moschetto Bruno

professeur de sciences économiques à HEC

Murer Philippe

professeur de finance à l’Université Paris 1

Naulot Jean-Michel

économiste, financier, ancien membre du collège de l’Autorité des marchés financiers

Nikonoff Jacques

ancien élève de l’ENA, professeur associé à l’Institut d’études européennes de l’université Paris 8

Ohana Steve

professeur assistant en finance à ESCP Europe. Il est diplômé de l’Ecole Polytechnique

Orléan André

administrateur de l’INSEE en 1974, puis directeur de recherche au CNRS en 1987. Directeur d’Etude à l’EHESS

Parguez Alain

professeur d’économie, Université de Franche-Comté, et Ottawa

Ragot Xavier

économiste français, Maître de Conférences à l’Université Paris I et chercheur au Centre d’Économie de la Sorbonne

Ramaux Christophe

Professeur à l’Ecole d’Economie de Paris

Rochet Claude

ancien élève de l’ENA, professeur de gestion à l’Université Aix-Marseille, Directeur du laboratoire de recherche en intelligence économique au Ministère de l’Economie et des Finances

Rosa Jean Jacques

Professeur émérite d’économie et de finance à Science Po Paris

Sannat Charles

professeur d’économie en école de commerce.

Santi Michel

professeur de finance à Genève, ancien conseiller de banques centrales de pays émergents

Sapir Jacques

Directeur d’Etude à l’EHESS

Sterdyniak Henri

Directeur du Département économie de la mondialisation de l’OFCE, ancien administrateur de l’INSEE

Sulzer Jean-Richard

diplômé d’HEC, Agrégé des facultés en sciences de gestion, Professeur à l’Université Paris-Dauphine

Vesperini Jean-Pierre

Agrégé de sciences économiques (major), Professeur d’économie à l’université de Rouen, ancien membre du Conseil d’Analyse Economique auprès du Premier Ministre

Villin Philippe

banquier d’affaires, ancien élève de l’Ena

Werrebrouck JC

ancien professeur d’économie à l’Université de Lille 2

Blankart Charles B.

professeur à l’Université Humboldt de Berlin

Bofinger Peter

professeur d’économie monétaire à l’université de Wuerzburg, membre du Conseil allemand des experts économiques

Hankel Wilhelm(†)

ancien professeur honoraire à l’Université Johann Wolfgang Goethe de Francfort

Hasse Rolf

professeur d’économie à l’Université de Hambourg Forces Armées Fédérales (1981-1998) et à l’Université de Leipzig (1998-2006). Directeur de l’Europa-Kolleg Hambourg (1992-1998

Henkel Hans-Olaf

ancien président de la Fédération des Industries Allemandes, Professeur d’Economie à l’Université de Mannheim

Kerber Markus

économiste et expert financier, chef de la direction de la Fédération de l’industrie allemande (BDI), auparavant chef du Département de la politique au ministère fédéral des Finances

Konrad Kai A.

conseiller en chef du ministre allemand des Finances, économiste, directeur à l’Institut Max Planck

Kruse Jörn

professeur de politique économique à la Faculté des sciences économiques et sociales, Helmut-Schmidt-Université de Hambourg

Lucke Bernd

ancien économiste à la Banque Mondiale, professeur de macroéconomie au département d’économie de l’université de Hambourg

Luckenbach Helga

professeur émérite à la Justus-Liebig-Université de Giessen

Meyer Dirk

professeur à l’Université Helmut Schmidt à Hambourg

Milbradt Georg

professeur à la faculté de sciences économiques de l’université de Münster, actuellement professeur à l’université technologique de Dresde. Ancien ministre-président de la Saxe

Nölling W.

diplômé des Universités de Berkley et de Hambourg, ancien professeur d’économie à l’Académie des sciences économiques et politiques, Hambourg

Sarrazin Thilo

ancien membre du directoire de la Deutsche Bundesbank

Schäfer Wolf

ancien professeur de sciences économiques à l’Université Helmut Schmidt à Hambourg

Sinn Hans Werner

président de l’Institut für Wirtschaftsforschung (ifo), membre de la National Bureau of Economic Research à Cambridge, Massachusetts

Starbatty Joachim

professeur émérite de sciences économiques à l’ Université de Tübingen

Steinherr Alfred

ancien économiste en chef de la Banque européenne d’investissement, Professeur à la « School of Economics and Management » de l’Université Libre de Bozen-Bolzano, Italie

Vaubel Roland

professeur d’économie à l’Université de Mannheim

Wagenknecht Sahra

docteur en économie

Alvi Geminello *

membre du Conseil national de l’Economie et du Travail, ancien économiste à la Banque d’Italie et à la Banque des règlements internationaux

Amoroso Bruno

professeur d’économie

Bagnai Alberto

Professeur associé d’économie politique à l’université G. d’Annunzio et L. Da Vinci de Chieti

Biagetti Marco *

Economiste statisticien, docteur en économie de l’université « La Sapienza » de Rome

Borghi Aquilini Claudio

Economiste et chroniqueur, professeur à l’Université catholique du Sacré-Cœur – Milan

Brancaccio Emiliano

professeur d’économie à l’Université de Sannio à Bénévent

Cesaratto Sergio

Professeur à l’Université de Sienne, Département d’économie et de statistique

Di Taranto Giuseppe

Professeur d’économie et d’histoire à la « Libera Università Internazionale degli Studi Sociali 

Fantacci Luca

professeur de sciences économiques à l’Université Bocconi, Milan.

Fassina Stefano

Ancien conseiller économique du ministère des finances italien, ancien économiste au FMI et vice-ministre des finances

Fontana Giuseppe

University of Leeds et Université de Sienne

Fratianni Michele

professeur d’économie à Indiana University, Kelley School of Business

Galloni Nino

membre du conseil des commissaires de l’Institut national de sécurité sociale, ancien professeur aux Universités de Milan, de Modène, et de Rome

Garbellini Nadia

économiste, chercheur à l’l’Université de Pavie

Giacché Vladimiro

président du Centro Europa Ricerche

Landini Piergiorgio

professeur d’économie, directeur du département d’économie de l’Université G. D’Annuzio

Massimiliano Tancioni

Professeur   d’économie, Université La Sapienza de Rome

Morgante Anna

Président de l’Ecole d’Economie, Affaires, droit et sociologie, Université G.d Annunzio

Napoleoni Loretta

Economiste

Nocella Gianluigi

docteur en économie de l’Université La Sapienza de Rome

Passarella Marco

économiste, université de Leeds

Pozzi Cesare

professeur d’économie appliquée à l’Université de Foggia

Ricci Andrea

professeur d’économie à l’Université d’Urbino

Rinaldi Antonio Maria

Professeur de Corporate Finance à l’université Gabriele d’Annunzio

Salvatore Dominick

professeur émérite d’économie, Fordham University

Savona Paolo

professeur de politique économique à la Carli Université LUISS-Guido de Rome, diplômé du MIT

Scotti Vincenzo

ancien ministre italien, professeur d’économie à la LUISS, président de la Link Campus University

Zezza Gennaro

professeur agrégé d’économie à l’Université de Cassino, et chercheur à l’Institut Levy Economics des États-Unis

Albarracín Daniel

économiste et sociologue, ancien professeur à l’Université Carlos III

Ayala Iván H.

docteur en économie, membre de « econoNuestra »

Cabrillo Rodríguez Francisco

professeur d’économie appliquée à l’Université de Madrid

Castaneda Juan Enrique

professeur d’économie à University of Buckingham

Colomer Lluch Manuel

docteur en économie, chercheur à l’Université d’Oviedo

Díez José Carlos

enseignant à Icade Business School, économiste en chef d’intermoney

Franquesa Ramon

professeur d’économie à l’Université de Barcelone

Martín Seco Juan F.

“Academic lecturer” d’Introduction à l’économie et de finance publique

Montero Alberto

Professeur d’économie politique à l’Université de Málaga

Montes Pedro

ancien économiste à la Banco de España pendant 30 ans, membre du Centro de Estudios Políticos y Sociales

Navarro Vicenç

professeur d’économie appliquée à l’Université de Barcelone

Schwartz Pedro

Professeur d’économie à l’Université San Pablo de Madrid

Soy Antoni

Professeur d’économie appliquée à l’Université de Barcelone, ministre délégué à l’industrie et à l’entreprise dans le gouvernement de Catalogne

Torres López Juan

professeur d’économie à l’Université de Séville

Boone Peter

chercheur associé au Centre for Economic Performance, London School of Economics

Bootle Roger

ancien maitre de conférence à l’Université d’Oxford, fondateur du cabinet de recherche économique « Capital economics 

Brown Brendan

directeur exécutif de Mitsubishi UFJ Securities International

Capie Forrest

économiste, Professeur d’histoire économique à la City University London, ancien historien officiel de la banque d’Angleterre

Congdon Tim

CBE, économiste, fondateur du Lombard Street Research, professeur invité à la Cardiff Business School, chercheur associé à la London School of Economics

Das Arnab

Economiste, docteur de la LSE

Faltin Dirk

Head of Thematic Research (Director) UBS Wealth Management Research

Jessop Julian

Chief gobal economist à Capital Economics

Kenningham Andrew

économiste à Capital Economics

Lapavitsas Costas

professeur d’économie à la “School of Oriental and African Studies”, University of London

May Ben

économiste à Capital Economics

McKeown Jennifer

économiste à Capital Economics

Minford Patrick

Professeur d’économie appliquée à la Cardiff Business School

Oppenheimer Peter

chercheur en histoire économique à l’Université d’Oxford

Record Neil

Economiste, Université d’Oxford

Smallwood Christopher

économiste à Capital Economics

Vamvakidis Athanasios

docteur en économie de Harvard, économiste au FMI, responsable de la recherche de la division « monnaie » pour l’Europe à Bank Of America Merrill Lynch

Weeks John

professeur émérite d’économie à University of London

Wood Geoffrey

professeur d’économie à l’Université de Buckingham

Berghäll Elina

ancienne économiste à l’OCDE et au FMI, aujourd’hui au Government Institute for Economic Research

Kanniainen Vesa

diplômé de la London School of Economics, ancien professeur invité à l’Université de Brown, Professeur d’économie à l’Université d’Helsinki

Koskenoja Pia

professeur à l’Université d’Helsinki, économiste au Government Institute of Economic Research, experte après de la Commission Européenne

Miettinen Sami

économiste

Armendáriz Beatriz

Harvard University & University College London

Reynoso Alejandro

professeur de finance à l’Université de Cambridge

Luttwak Edward

Economiste, politologue

Wray Randall

Professeur d’économie, Université du Missouri

Mosler Warren

économiste, fondateur du Center for Full Employment And Price Stability de University of Missouri-Kansas City

Weisbrot Mark

co-directeur du CEPR (Center for Economic and Policy Research) de Washington

Woo David

docteur en économie de Columbia University, Managing Director et chef de la recherche « taux de change » à Banque of America Merrill Lynch

Costa Vieira Pedro Cosme

professeur à la faculté d’économie de Porto

de Haas Bruno

économiste, ancien chef adjoint de la stabilité financière au ministère des finances des Pays-Bas

do Amaral F.

Professor of Economics and Economic Policy at the University of Lisbon and economic adviser to the Portuguese president

Dor Eric

Professeur d’économie à l’IESEG School of Management

Faber Marc

économiste, docteur en économie de l’Université de Zurich

Frey Bruno

Professeur d’économie à l’Université de Zurich

Hampl Mojmír

Vice-gouverneur de la banque central de République Tchèque depuis 2008

Höfert Andreas

économiste en chef de Wealth Management & Banque suisse et le chef mondial de Wealth Management Research

Kawalec Stefan

économiste, ancien directeur général du ministère des finances et sous-ministre des finances polonais

Keen Steve

Professeur d’Economie à l’Université de Kingston

Kinsella Ray

économiste, professeur de finance à University College Dublin

Klamer Arjo

Professeur d’économie à l’Université Erasmus de Rotterdam

Koichi Hamada

professeur d’économie à Yale et à l’Université de Tokyo

Lavdiotis Spyros

Economiste

Levy Yeyati Eduardo

Professeur d’économie, Université Di Tella de Buenos Aires, Senior Fellow au Boston Institute

Lucey Cormac

professeur de finance à University College Dublin

McLeod Ross

associate professor of economics at the Australian National University’s Crawford School

Mitchell Bill

professeur d’économie et directeur du Centre of Full Employment and Equity, université Charles Darwin, Australie

Mongeau Ospina Christian A.

docteur en économie, Université La Sapienza, Rome

Nordvig Jens

chef mondial de la stratégie FX et chef de la recherche Fixed Income, Amériques chez Nomura Securities

Pereira Bresser

économiste, ancien ministre des finances du Brésil, professeur d’économie à l’Université de San Paolo

Pytlarczyk Ernest

Economiste en Chef de la BRE Bank S.A

Rossi Sergio

Professeur d’économie monétaire à l’Université de Fribourg

Vatikiotis Leonidas

économiste, docteur en économie

Aliber Robert

Professeur émérite d’économie et de finance internationale à l’Université de Chicago

Barro Robert

Professeur d’économie à Harvard, classé 3ème économiste le plus cité au monde (IDEAS)

Feldstein Martin

Professeur d’économie à Harvard University, président émérite du National Bureau of Economic Research

Flassbeck Heiner

ancien économiste en chef de la CNUCED de 2003 à 2012

Forstater Mathew

Professeur d’économie, Université du Missouri, Kansas City

Kashyap Anil

professeur d’économie et de finance à l’Université de Chicago Booth School of Business.

Griffin Kenneth

fondateur et chef exécutif de Citadel

Johnson Simon

ancien économiste en chef du FMI, professeur au MIT

Lachman Desmond

ancien directeur adjoint au FMI, professeur d’économie

O’Driscoll Gerald

économiste, Professeur au Cato Institute

Rodrik Dani

Professeur d’économie politique à Harvard puis Princeton

Roubini Nouriel

Professeur d’économie au Stern School of Business de l’Université de New York. Avait annoncé la crise en 2005-2006

Krugman Paul

Prix Nobel 2008, Professeur à l’Université de Princeton

Mirrlees James

Prix Nobel 1996

Pissarides Christopher

Prix Nobel 2010, Professeur à la London School of Economics

Sargent Thomas

Prix Nobel 2011

Sims Christipher

Prix Nobel 2011

Stiglitz Joseph

Prix Nobel 2007

 

[1] Sapir J., « Une sortie de l’Euro », 27 février 2017, note publiée sur RussEurope, https://russeurope.hypotheses.org/5754 . A cette note il faut ajouter la note du 28 février https://russeurope.hypotheses.org/5758

[2] Voir Chaney E., « A propos du monde imaginaire de ceux qui prônent une sortie de l’euro », Institut Montaigne, 2 mars 2017, http://www.desideespourdemain.fr/index.php/post/2017/03/02/A-propos-du-monde-imaginaire-de-ceux-qui-prônent-une-sortie-de-l’euro#.WL_P9RRhRo4

[3] Les scénarii de dissolution de l’Euro, (avec P. Murer et C. Durand) Fondation ResPublica, Paris, septembre 2013.

[4] Avec Costas Lapavitsas and Theodore Mariolis Eurozone Failure and a New Path for Greece, EReNSEP | December 2016

 

Durand C. et Villemot S., Balance Sheets after the EMU: an Assessment of the Redenomination Risk, Working Paper, 2016-31, Paris, OFCE

 

BAGNAI Alberto et Christian Alexander MONGEAU OSPINA, « BACK TO THE FUTURE: MACROECONOMIC EFFECTS OF READOPTING A NATIONAL CURRENCY IN ITALY » contribution présentée au colloque de la conference Euro, markets and democracy, Montesilvano (Pescara, Italy), 8-9 Novembre 2014.

06 mars 2017

Jacques Kmieciak, Pologne, pourquoi changer le nom des rues ?

 

 « Ainsi à Walbrzych (Basse-Silésie), indique Jacques Kmieciak, dont l’essor industriel a été assuré à la Libération par les mineurs polonais rapatriés de France, la municipalité doit notamment se prononcer sur le cas de la rue Burczykowski du nom d’une famille de résistants de Sallaumines (Pas-de-Calais) décimée pendant la Seconde Guerre mondiale. Joseph, le père, est mort en déportation en Allemagne suite à la grève des mineurs de mai-juin 1941. Deux de ses fils Félix et Grégoire ont été fusillés à la citadelle d’Arras et un troisième Edwin abattu par la police. Internationaliste dans l’âme, ces résistants communistes combattaient au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP) « pour votre et notre liberté ». « Peu m’importe qu’ils étaient ou non communistes. Ils luttaient contre l’Allemand », souligne Bogdan Krol, l’âme de la communauté francophone de Walbrzych, qui tente de convaincre la municipalité de s’opposer à ce changement de nom... »

 

Reprenons l'article de Jacques Kmieciak....

 

Michel Peyret


Pologne : les enjeux mémoriels de la « décommunisation »

 

Dès 1989 et la restauration du capitalisme outre-Oder, les dirigeants polonais prenaient des mesures dites de « décommunisation » visant à revisiter l’histoire de la Pologne populaire (1944 – 1989) et ainsi délibérément gommer de la mémoire collective les indéniables avancées sociales dont elle était porteuse.

 

Changement de noms de rues et places évoquant le mouvement ouvrier et progressiste, lois de lustration (1)  de 1997 et 2007 visant à interdire l’accès à la fonction publique d’anciens « collaborateurs du régime » ou à obtenir leur révocation, tentative d’interdiction des symboles communistes en 2009…
 
Depuis 2015 et le retour au pouvoir du parti Droit et Justice (PIS) (2) de Jaroslaw Kaczynski, classé à l’extrême droite, cette campagne s’intensifie. En septembre 2016 entrait ainsi en vigueur une loi interdisant toute référence au communisme dans l’espace public. Un idéal que le régime assimile au « totalitarisme ».
 
De Varsovie à Walbrzych, de Gdansk à Torun, des centaines de rues ou d’équipements publics portant le patronyme d’opposants aux régimes dictatoriaux d’avant 1939, de brigadistes internationaux en Espagne, de héros de la lutte de libération nationale, d’intellectuels progressistes du monde entier, de résistants antinazis sont susceptibles d’être concernées.
 
Exit l’écrivain pacifiste Henri Barbusse, le dirigeant socialiste Salvador Allende, le fondateur de la Pologne populaire Boleslaw Bierut ou le héros de la Commune de Paris Jaroslaw Dambrowski. Bienvenue aux cléricaux Jean-Paul II ou Stefan Wyszynski, au dictateur-maréchal Jozef Pilsudski, au politicien antisémite Roman Dmowski ou encore au général Wladyslaw Anders, croisé de l’antisoviétisme… Ce sont les collectivités locales qui ont la charge de statuer sur ces changements de noms et d’en suggérer d’autres.
 
Haro sur les antinazis
 
Ainsi à Walbrzych (Basse-Silésie), dont l’essor industriel a été assuré à la Libération par les mineurs polonais rapatriés de France, la municipalité doit notamment se prononcer sur le cas de la rue Burczykowski du nom d’une famille de résistants de Sallaumines (Pas-de-Calais) décimée pendant la Seconde Guerre mondiale. Joseph, le père, est mort en déportation en Allemagne suite à la grève des mineurs de mai-juin 1941. Deux de ses fils Félix et Grégoire ont été fusillés à la citadelle d’Arras et un troisième Edwin abattu par la police.
 
Internationaliste dans l’âme, ces résistants communistes combattaient au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP) « pour votre et notre liberté ». « Peu m’importe qu’ils étaient ou non communistes. Ils luttaient contre l’Allemand », souligne Bogdan Krol, l’âme de la communauté francophone de Walbrzych, qui tente de convaincre la municipalité de s’opposer à ce changement de nom.
 
De Walbrzych à Varsovie, de Katowice à Gdansk, les propositions formulées par les collectivités locales devront être avalisées, au plus tard cet été, par l’Institut de la mémoire nationale (IPN). Outil de propagande au service de l’Etat, l’IPN se conduit comme un « ministère de la Mémoire », selon la terminologie empruntée à l’univers orwellien.
 
L’IPN travaille à la réécriture de l’histoire de la Pologne dans un sens nationaliste et clérical. Ces pratiques révisionnistes s’accompagnent, en dépit des accords liant la Pologne à la Russie, de la destruction des monuments à la gloire des 600 000 soldats et officiers de l’Armée rouge qui ont libéré la Pologne du nazisme… Ou encore de la criminalisation des propos des militants du Parti communiste polonais (KPP). (3)

Historien, spécialiste de l’Europe centrale et de l’est, enseignant à l’Institut des langues et civilisations orientales (INALCO) de Paris, Bruno Drweski nous livre son expertise sur le sujet.


Bruno Drweski (au centre) anime une conférence dans le Pas-de-Calais

Pouvez-vous expliciter, dans le cas de la Pologne, le concept de « décommunisation » ? Que recouvre-t-il ?

En fait, le mot communisme n’a pratiquement plus été utilisé en Pologne depuis la Seconde Guerre mondiale jusque dans les années 1980 puisque le régime était « socialiste ». A ce moment, les courants d’opposition les plus pro-libéraux ou nationalistes l’ont repris pour désigner « le régime » et ses partisans sous un angle péjoratif.

Ce terme a constitué après 1989 un élément de légitimation et de recherche d’un ennemi pour le nouveau régime, toutes orientations confondues. Pour les plus « modérés », il s’agissait de changer les structures politiques et économiques du pays en faveur du capitalisme en faisant taire les résistances. Pour les plus « radicaux », il s’agissait aussi d’épurer l’administration, voire plus, de toute personne considérée comme liée au régime d’avant 1989 afin de les remplacer par leurs propres partisans. Simultanément a commencé une réécriture de l’histoire, dans les manuels scolaires notamment, et de la symbolique visuelle du pays (monuments, noms de lieux, etc.).

En quoi la Pologne se distingue-t-elle ou non de ses voisins ?

A la différence des autres pays post-soviétiques et de la Serbie, le même processus a été mis en œuvre partout dans les pays centre-européens, balkaniques et baltes, mais avec des accents plus ou moins forts selon les pays. En Pologne, on est sans doute allé plus loin dans la reprivatisation des propriétés urbaines (mais pas agricoles) nationalisées après 1944. L’épuration administrative a en revanche été beaucoup moins poussée qu’en ex-République démocratique allemande (RDA) par exemple.

Comment cette « décommunisation » s’est-elle manifestée depuis la restauration du capitalisme en 1989 ?

Hormis les décisions habituelles (privatisation, désengagement social de l’Etat, rapprochement avec l’OTAN et l’Union européenne (UE)), on a commencé à marginaliser dans la vie politique les personnes dénoncées pour leurs contacts avec les services de sécurité d’avant 1989 mais sans viser cependant les parvenus ayant profité de la privatisation en raison de leur appartenance à l’appareil économique de l’ancien Parti ouvrier unifié polonais (PZPR). (4)

Cette nouvelle bourgeoisie n’a donc pas été touchée, mais les sous-fifres oui. Assez vite, les destructions et déplacements de monuments en l’honneur de l’armée soviétique ou des communistes d’avant 1945 et les changements de noms de lieux se sont heurtés à des résistances. Les pouvoirs locaux ont eu à gérer la question au cas par cas, en fonction des rapports de force sur le terrain. Aussi assez vite, une accalmie s’est produite.

Mise en application dès 1999 (puis réformée en 2007), la loi de lustration marque-t-elle un tournant ? Quelles forces politiques la mettent en place ?

Ces lois de lustration ont été lancées par la droite et les libéraux avec l’accord tacite des « ex-communistes » de l’Alliance de la gauche démocratique (SLD) (5) devenus sociaux-libéraux, qui voulaient ainsi montrer qu’ils n’avaient plus de lien avec le communisme. Elles l’ont été d’autant plus facilement qu’elles visaient les agents de la police politique, mais pas les anciens cadres officiels du PZPR. La démarche était donc pleinement hypocrite, car les anciens cadres du PZPR coopéraient avec la sécurité d’Etat sans avoir à être recrutés comme « agents » tandis que les petits agents, de simples flics, n’étaient pas membres du PZPR. Mais c’est contre eux que la répression s’est concentrée.

Par ailleurs, beaucoup de hauts fonctionnaires de la Sécurité d’Etat qui pouvaient être visés par cette loi, avaient de toute façon trouvé beaucoup mieux que de continuer à travailler dans la fonction publique en se lançant dans toutes sortes d’activités (création de firmes de sécurité ou d’agences de détectives, etc.) beaucoup mieux payées et donnant une plus grande influence de fait, vu les dossiers qu’ils avaient en main ! En fait, les hauts cadres de l’ancien pouvoir ont laissé la répression se concentrer sur les petits tout en étant eux-mêmes à l’abri ; ce que les libéraux mais aussi les pays occidentaux et l’OTAN ont pleinement soutenu, retournant en leur faveur les « compétences ex-communistes » et laissant le reste à l’abandon.

L’Institut de la mémoire nationale (IPN) est créé par une loi de décembre 1998. Quelles sont ses missions ?

En fait, cet institut a d’abord pris la succession de la Commission de recherche des crimes hitlériens « élargie » en 1989 en Commission de recherche des crimes hitlériens et communistes regroupant des chercheurs d’avant 1989 auxquels sont venus se joindre des chercheurs venus de Solidarnosc de tendance plutôt libérale.

Puis en 2005, avec la première arrivée au pouvoir du PIS, s’est effectuée une épuration puis une transformation de l’Institut de la mémoire nationale à travers sa prise en main par des nationalistes anticommunistes et russophobes.

En principe, l’IPN doit analyser les documents et les témoignages portant sur les crimes politiques et de masse commis en Pologne entre 1939 et 1989. De fait, il se concentre et souvent invente des interprétations (même s’il a aussi recruté d’assez bons chercheurs qui peuvent sur un point ou un autre faire parfois un travail de qualité). Globalement cependant, l’IPN est devenu un centre de propagande idéologique exploitant l’histoire pour légitimer les choix du gouvernement en matière de politique internationale et idéologique.

Depuis le retour du PIS au pouvoir à l’automne 2015, il semble que la diabolisation du communisme s’accentue : le 1er avril 2016, la Diète votait une loi visant à supprimer de l’espace public toute référence au communisme. Depuis sa mise en application en septembre dernier, cela se traduit notamment par la débaptisation de noms de rues ou de places…Oui, désormais, ce ne sont plus les pouvoirs locaux qui décident. Les communes sont tenues de modifier les noms considérés négativement à Varsovie.

Ce qui pose d’autant plus de problèmes que, à côté d’une interprétation idéologique systématique, on a souvent affaire à des fonctionnaires incultes qui décrètent « communistes » des personnes qui peuvent ne rien à voir avec cette idéologie comme par exemple les socialistes d’avant ou d’après 1917. Parfois des noms de lieux sont confondus avec des noms de personnes aux consonances proches, etc. Le gouvernement des incultes en somme…

Les démolitions des monuments en hommage aux soldats de l’Armée rouge relève-t-elle de la même logique ?

Oui, bien sûr, ces démolitions avaient commencé en 1989, puis s’étaient arrêtées avec le temps et la signature d’un accord polono-russe sur le sujet. Mais maintenant c’est reparti…

Des résistances voient-elles  le jour ? Le cas échéant, pouvez-vous citer des exemples ?

Il y a plusieurs articles critiques sur le sujet dans les médias, mais pas de véritable mouvement organisé à l’échelle nationale. Il y a en revanche des mouvements locaux, d’habitants d’un lieu, d’une rue, etc., qui ne souhaitent pas voir le nom changer et se mobilisent.

C’était par exemple le cas à Varsovie de la rue de l’Union des jeunes combattants (du nom de l’organisation de la jeunesse communiste clandestine pendant les années 1942-44). Ses habitants se sont mobilisés indépendamment de leurs opinions politiques. Nous avions aussi eu, juste après 1989, un cas encore plus notable autour d’une plaque commémorative apposée à Cracovie à l’entrée d’une maison sur le rynek (marché) de la vieille ville. Pendant la guerre il s’y était tenue la réunion clandestine de formation de l’organisation locale du Parti ouvrier polonais (PPR). (6)

La municipalité avait décidé de faire enlever cette plaque. Le propriétaire de cette maison (un émigré polonais en Australie qui n’avait rien à voir avec le communisme) venait de la récupérer grâce aux lois de « reprivatisation ». Il s’y est opposé, arguant du fait qu’il était le propriétaire de ce lieu et que c’était à lui de décider de retirer ou non cette plaque de la façade de « sa » maison. En conséquence, il souhaitait, par simple respect pour l’histoire, que cette plaque reste accrochée. Malgré sa protestation, la municipalité a procédé à sa destruction allant à l’encontre donc des principes communistes et… capitalistes en même temps.

Quels sont les enjeux mémoriels de telles pratiques ? S’agit-il de se construire une légitimité nouvelle paradoxalement fondée sur la tradition ? Ou d’impulser une nouvelle culture symbolique ?

En fait, il s’agit de prolonger l’anticommunisme par tous les moyens car une majorité de citoyens polonais continue à considérer que le bilan de la Pologne populaire est positif. Il s’agit aussi d’imposer une culture symbolique censée réhabiliter les traditions d’avant 1939 sans qu’on aborde réellement le sujet en fait !

Car si on réhabilite tout ce qui peut aller dans un sens anticommuniste et antirusse, on néglige totalement ce qui dans les traditions d’avant 1939 allaient dans un sens par exemple anti-allemand ou aussi simplement socialiste (y compris anticommuniste), sans parler du christianisme social lui aussi oublié. Bref, c’est une réécriture idéologique de l’histoire qui se sert du paravent anticommuniste jouant sur la période des années « dures » (seulement « 1949-1956 » pour le cas de la Pologne) afin d’éliminer tout souvenir des moments progressistes de l’histoire polonaise. A un moment où la crise économique et sociale commence à être de plus en plus mal supportée…

Notes:
1) Ce terme désignait dans l’Antiquité des cérémonies de purification de personnes ou de lieux.

2) Le Parti droit et justice (Prawo i Sprawiedliwość, PiS) a été fondé en 2001 par Jaroslaw et Lech Kaczynski. Ultranationaliste, clérical et eurosceptique, le PIS accède au pouvoir de 2005 à 2007 et Lech Kaczynski exerce comme président de la République polonaise de 2005 à 2010. Le PIS revient aux affaires en 2015. Après l’élection d’Andrzej Duda à la tête de l’Etat en mai de cette année-là, il remporte les élections législatives de l’automne suivant.
 
3) Sur ce dossier, voir Jacques Kmieciak, « Pologne : intensification de la campagne anticommuniste », Investig’Action, 23 juin 2016,http://www.investigaction.net/pologne-intensification-de-la-campagne-anticommuniste/
 
4) Le Parti ouvrier unifié polonais (Polska Zjednoczona Partia Robotnicza, PZPR) est né en décembre 1948 de la fusion du Parti ouvrier polonais (Polska Partia Robotnicza, PPR) et du Parti socialiste polonais (Polska Partia Socjalistyczna, PPS). Il s’est autodissous en 1990.
 
5) Née dans les années 1990 sur les décombres du PZPR, l’Alliance de la gauche démocratique (Sojusz Lewicy Demokratycznej, SLD) est notamment composée d’anciens communistes convertis à la social-démocratie. Le SLD exerça le pouvoir de 1993 à 1997 et de 2001 à 2005 ; son leader Aleksander Kwiasniewski assumant la présidence de la République polonaise de 1995 à 2005.
 
6) Le PPR est créé en 1942 par des militants communistes polonais.
 
Photomontage : Rue de la révolution de 1905 à Lodz. Des militants/es  participent à un rassemblement pour la célébration de l’insurrection de Lodz de juin 1905 contre l’Empire tsariste / Des affiches polonaises (années 50)
Source: Investig’Action

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Posté par Michel Peyret

Le blog de la-Pensée-libre

N°129 : Bobos contre « sans-dents » ou la lutte de classe à la roumaine

Depuis les faux charniers de Timosoara et l'invasion simultanée de Panama en 1989, depuis la série de « révolutions colorées » post-transition d'Europe orientale, depuis le « printemps arabe », et encore plus depuis les manifestations anti-brexit en Grande-Bretagne, anti-Kaczynski en Pologne et anti-Trump aux USA, deux camps bien délimités semblent avoir émergé chez ceux des observateurs qui ne sont pas encore blasés par la morne vie politique ambiante et par le système d'alternances sans alternative : d'un côté ceux qui voient partout la main de Soros derrière chaque manifestation de mécontentement populaire ou classe moyenne, et de l'autre, ceux qui n'ont d'yeux que pour l'aspect spontané et guilleret dudit mouvement. Il ne pouvait donc pas en aller autrement avec le récent mouvement de masse qui a traversé les villes roumaines. Et qui témoigne au moins de l'existence sur les bords du Danube d'une grande peur qui assaille tous ceux qui n'ont plus foi dans l'avenir.

Or, la réalité étant toujours un peu plus composite que ce qu'un étudiant peut imaginer ou que ce qu'un manipulateur peut souhaiter, il faut apprendre à nuancer et à saisir le plus important, c'est à dire le plus durable. Chercher donc ce que veut dire tout mouvement qui réussit à agglomérer des manifestants. Et quelle est son implantation et sa force réelles. C'est en définitive là, la chose à analyser. Car nous connaissons beaucoup de révocouleurs qui ont échoué et quelques gouvernements qui n'ont pu être renversés que parce qu'il y a eu en finale intervention extérieure plus ou moins armée. En Roumanie, pour le moment du moins, ni l'un ni l'autre ne se sont produits.

La Rédaction

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Bobos contre « sans-dents » ou la lutte de classe à la roumaine

Février 2017

Claude Karnoouh

Tout et son contraire ont été écrits sur les récentes manifestations de Roumanie, sur l’enthousiasme des jeunes cadres et des employés des multinationales présentes à Bucarest, ainsi que celui d’une grande partie des jeunes universitaires, d’une partie des lycéens qui s’étaient rassemblés sur la Place des Victoires. Tout aussi a été écrit sur les gens en général plus âgés, les petits employés, les ouvriers, en bref, les gens de peu qui manifestaient devant la résidence officielle de la Présidence de la République, au Palais Cotroceni… Oui tout a été dit sur les réseaux sociaux en majorité opposés à la décision du Parti social-démocrate (PSD) de promulguer une ODG (ordonnance de gouvernement) tard dans la nuit. On a vu ainsi se déployer un déchaînement de violence contre le parti vainqueur des élections, une rancœur autocensurée a éclaté en des discours de haine d’une violence inouïe. Et d’un seul coup le droit constitutionnel est devenu la spécialité de la masse des manifestants, comme si l’ODG avait été une innovation anticonstitutionnelle.

Disons-le d’emblée, je n’ai pas de sympathie pour le PSD, à l’exception de Gabi Cretu. C’est un parti de petits « barons » locaux, de paysans parvenus, trop vite parvenus, en partie mafieux en partie habiles en affaire, mais tout-petits. Qu’on me pardonne cette faiblesse bourgeoise, mais j’ai toujours apprécié les bonnes manières, même chez les révolutionnaires du tiers-monde que j’ai eu l’honneur de rencontrer naguère, dans ma jeunesse militante. Toutefois mes goûts de dandy un peu cynique ne peuvent en aucune façon servir de grille d’analyse pour de tels événements qui ont mobilisé à peu près 150 000 personnes les meilleurs jours. Redisons-le aussi d’emblée pour que mon propos soit clair, l’impardonnable faute tactique de Monsieur Dragnea de faire promulguer une ODG (c’est à dire un article de loi sans vote ni débats) à peine installé au pouvoir le gouvernement Grindea qu’il dirige de fait depuis sa place de président de la chambre, est une faute politique grave pour laquelle le parti paiera longtemps. Preuve que ce Monsieur est bien ce que disaient ses adversaires, un petit joueur, un stratège d’estaminet de province éloignée, un tribun de gargote.

Enthousiasme démocratique et haine biologique

A cet enthousiasme levant des foules à l’encontre de la corruption du PSD illustrée par cette ODG, il faut ajouter chez les mêmes manifestants des paroles d’une haine biologique lancée vers le camp adverse, contre les vieux, les « analphabètes » ou presque, les paysans, les retraités, les pauvres en général qui vivraient aux crochets des actifs, des gens cultivés, diplômés, sérieux, courageux et honnêtes. Bref, d’un côté le bien, de l’autre le mal incarné par des hommes et des femmes qu’il faudrait éliminer, auxquels on devrait retirer le droit de vote, en bref auxquels il conviendrait d’appliquer un programme d’eugénisme social. J’entends dans ces phrases un écho pas si lointain du programme appliqué aux handicapés par un certain peintre viennois raté qui fit néanmoins une des plus importantes et criminelles carrière politique au cours du XXe siècle. Toutefois dans la bouche de ces nombreux apprentis bobos ou apprentis bourgeois qui se prétendent défenseurs de l’État de droit, il y a, de fait, une profonde méconnaissance du droit : paradoxalement ils affirment défendre l’État de droit et de fait, souhaitent une République où les juges et les services contrôlent le politique ! Car l’ODG est inscrite dans la constitution comme le sont et l’état d’exception et l’état d’urgence. L’ODG numéro 13 n’est donc pas inconstitutionnelle, mais elle a été vue et perçue comme inconstitutionnelle car elle se présentait comme une opération ad hoc afin sauver de l’inculpation quelques politiciens non seulement au pouvoir, mais, on l’a oublié, simultanément dans l’opposition. De fait, il eût fallu préciser qu’elle était certes légale mais dans le contexte de la décision de la promulguer, elle apparaissait illégitime. Or si l’on s’en tient à une tradition qui remonte aux Grecs et se poursuit jusque dans la modernité, une loi illégitime est une loi inique, et le Prince qui la promulgue comme ordonnance ou la fait voter par sa majorité, devrait, si tel avait été le cas de ceux qui se sont mobilisés contre l’ODG numéro 13, être déchu, et ceci devrait être étendu à tout le gouvernement et à tous ceux qui appartiennent à son parti et en auraient accepté le contenu. Or, ce n’était pas là le mot d’ordre de ceux qui, dans un premier temps manifestaient, ils voulaient l’abrogation de cette ordonnance.

Pays démocratique, la Roumanie permet aux citoyens de s’exprimer par des manifestations de rue, même si celles-ci ne sont pas autorisées. La police anti-manifestation, la gendarmerie y est, sauf rarissime exception, plutôt bon enfant, rien de comparable avec les polices françaises, italiennes ou étasuniennes. A cela, il faut ajouter que la plupart des membres de la génération qui manifeste aujourd’hui contre le gouvernement n’a pas connu les grandes manifestations de décembre 1989, le très violent conflit avec les mineurs ou les batailles rangées entre Roumains et Hongrois de Târgu Mures en mars 1990. Jeunes adultes célibataires, jeunes couples avec ou sans enfants, avec animaux de compagnie, nous avons affaire à des diplômés du niveau de la maîtrise ou pour un petit nombre, avec doctorat, pour l’essentiel des diplômés en sciences économiques, sociologie, journalisme, langues étrangères, management culturel et droit. Si donc, l’illégitimité perçue de cette ODG avait été énoncée clairement, les manifestations eussent dû dès le début exprimer la « volonté générale » d’en découdre avec le gouvernement PSD-ALDE et demander non seulement la démission de tout le gouvernement, mais la tenue d’élections nouvelles sous prétexte de forfaiture du pouvoir législatif. Ceci étant d’autant plus qu’en filigrane, dans un geste totalement inconstitutionnel, le Président, sûrement conseillé par les représentants du groupe Soros dans son cabinet (entre autres personnes par Madame Pralong pour ne la pas nommer) s’est mêlé aux manifestants pour déclarer son soutien et les appeler : « mon peuple » (sic !...). Cependant, entre la légitime indignation d’une partie de la population urbaine jeune et moderne, voire hypermoderne (même si cette modernité n’est que parodique, qu’une sorte de bovarysme local), et le style réel des appels à manifester sur les réseaux sociaux prétendant simultanément à une spontanéité de la mobilisation et des rassemblements, il y a un hiatus qui m’oblige à songer à quelque chose de bien plus organisé au travers de ces mêmes réseaux sociaux.

Révolte spontanée ou mécontentement manipulé ?

Ayant milité dans les associations étudiantes communistes, puis dans l’un des syndicats de l’enseignement supérieur français (SNES-Sup), j’ai quelques notions quant à l’organisation de manifestations d’une certaine ampleur. Certes on peut, sur un lieu de travail quelconque, retrouver un groupe de salariés insatisfaits ou indignés par une injustice patronale ayant déclenché une grève spontanée, mais dans une grande ville, de surcroît une capitale où la socialisation est par essence atomisée en quartiers, appartements et lieux de travail dispersés sur une grande étendue, rassembler 20 000, puis 50 000 personnes et enfin 150 000 cela ne se fait pas avec le bouche à oreille entre voisins, il faut une force mobilisatrice organisée, capable de réunir des gens éparpillés. Ce travail a été fait par un certain nombre d’ONG qui sont unies pour la plupart par un plus petit dénominateur commun, elles émargent toutes plus ou moins à des fondations liées à l’Open society dont Monsieur Soros serait le mécène permanent depuis plus de quarante ans dans tous les pays non seulement de l’ancien bloc soviétique, mais encore en Asie du sud-est ou en Amérique latine. Je sais bien, selon l’adage français, que l’on ne prête qu’aux riches, mais toute la fortune de Monsieur Soros qui est certes conséquente, ne suffirait pas à financer non seulement de vastes opérations culturelles (la CEU par exemple), mais plus encore des opérations politiques comme les révoltes dites « Orange » ou Printemps arabe. Au risque de lui déplaire, mais peut me chaut, Monsieur Soros n’est qu’un intermédiaire comme l’avaient prouvé ses spéculations contre la livre et le franc au milieu des années 1990 où les autorités françaises d’alors (Président Chirac) avaient découvert qu’il était l’intermédiaire de l’État américain et des pétromonarchies1. A l’époque, le franc avait résisté grâce à un soutien massif de l’Allemagne, mais la livre non, le bénéfice attendu devait être gigantesque, mais la Bundesbank fit en partie capoter l’affaire. Bref, ce genre de service d’intermédiaire se paie et se paie très cher. Mais personne en Roumanie ne s’est interrogé sur la manière d’acquérir une telle fortune en aussi peu de temps ? Car Monsieur Soros n’est ni Rockefeller ni Pierpont, ni Rothschild, ni Ford, ni Goldman Sachs, ces immenses fortunes-là ont mis plus d’un siècle pour devenir ce qu’elles sont. C’est ainsi que l’on fait passer pour de la générosité philanthropique ce qui n’est au bout du compte que des interventions étatiques déguisées en opérations caritatives privées, en aide à l’apprentissage de cadres devant former l’armature administrative et politique d’un pays prétendument démocratique.

Selon le vieil adage toujours d’actualité, « dis-moi qui finance et je te dirai qui dirige la musique ». Il était donc suffisant de repérer les sites mobilisateurs sur Facebook pour voir que diverses ONG, diverses figures autoproclamées comme représentantes de la société civile (où comme par hasard on ne trouve jamais d’ouvriers, de simples salariés, encore moins de paysans ou de retraités) étaient mobilisées pour fournir les thèmes des soirées sur la Place des Victoires, depuis les slogans jusqu’aux représentations, une fois c’est le drapeau national, une autre fois les téléphones portables allumés, etc… ? Quant à moi, j’ai, depuis fort longtemps, appris de la philosophie politique comme de la sociologie politique qu’il n’y a de représentants légaux d’un peuple en sa diversité sociale, ethnique et religieuse que les hommes et les femmes que ce même peuple élit au suffrage universel.

Légalité et légitimité : la question de l'ordonnance 13

Revenons à présent à notre propos initial. L’ordonnance de gouvernement numéro 13 promulguée au journal officiel est d’une parfaite légalité, puisqu’elle a été conçue, rédigée et signée par des ministres issus d’une élection démocratique non contestée. Que la manière et le but aient pu paraître abusif, qu’il y a là quelque chose dans l’ordre de la morale qui outrepasse le mandat qui avait été donné à ces politiciens, je le conçois très bien. Toutefois, en ayant désigné cet acte comme une énorme faute tactique qui, à mon humble avis, devrait être sanctionnée au sein du parti en remplaçant par exemple Monsieur Dragnea à la tête de la chambre des députés et de son parti, je n’ai ainsi manifesté aucun parti-pris particulier. Aussi l’exigence de son abrogation doit-elle se réduire à un acte visant la critique de l’illégitimité éthique de cette ordonnance particulière, et non de l’article de la constitution qui le permet. En effet, que je sache, depuis 1991 tous les gouvernements ont usé et abusé des ODG sans que cela ne soulevât l’ire des prétendus démocrates, lesquels, dans la vie quotidienne, n’hésitent jamais à donner ici et là un bakchich pour obtenir ce dont ils ont besoin et mettre ainsi de l’huile dans les rouages du fonctionnement administratif, technique ou médical.

Mais à écouter les dirigeants des sites des ONG-s « démocratiques » qui nous présentent la massive mobilisation comme le résultat d’une coagulation sociale spontanée, on se serait cru dans une sorte de conte de fées politique irénique ! Quant à moi, je dirais à ces gens-là, de véritables ONG-istes professionnels, « qu’il ne faut pas prendre les enfants du Bon dieu pour des canards sauvages ! » En d’autres mots, plus directs : il ne faut pas pendre les lecteurs des réseaux sociaux un peu avertis de la chose politique et syndicale pour des naïfs ou des imbéciles. J’ai, comme je l’ai fait remarquer, assez participé dans ma jeunesse à des manifestations étudiantes ou universitaires pour savoir que la spontanéité, cela s’organise. Même en 1968, les très grandes manifestations, y compris les luttes nocturnes avec la police n’étaient pas spontanées, trotskistes de diverses obédiences, anarchistes, une partie des étudiants communistes, jeunes syndicalistes de la CGT avaient travaillé avec leurs réseaux dans leurs milieux professionnels ou universitaires pour mobiliser les gens. Qu’il y ait eu sur la Place des Victoires quelques milliers de naïfs appelés par leur légitime colère à venir hurler leur haine et leur dégoût face au gouvernement j’en conviens aisément, mais si l’on suivait avec attention les discours des leaders des ONG-s habituellement mobilisatrices sur Facebook, il sautait aux yeux que c’était ces gens-là qui appelaient aux rassemblements en intensifiant les angoisses et en fournissant mots d’ordre, slogans et thèmes de banderoles… Puis, les soirs suivants, après le drapeau national, on vit apparaître des drapeaux de l’UE, comme si l’UE avait quelque chose à voir avec ces décisions constitutionnelles. Dès lors, l’origine des organisateurs de ces manifestations s’éclaircit partiellement. On devine ici et là, les signes de députés européens qui, à Bruxelles, travaillent en permanence à soumettre l’économie et la politique roumaines aux décisions des pouvoirs financiers internationaux de manière à contrer toute volonté gouvernementale, même la plus timide, d’augmenter les salaires minimaux et les retraites, d’améliorer un tant soit peu la situation des médecins et des infirmières, des professeurs et des instituteurs, etc., et,last but not least, de prévoir pour les compagnies multinationales un contrôle plus ferme de leurs impositions sur les bénéfices et de l’exportation des bénéfices énormes qu’elles réalisent en Roumanie2… Nous le savons déjà de longue date, pour contrôler, le nouvel ordre mondial de l’exploitation économique, et donc aussi politique, s’appuie sur des agents plus puissants que les politiciens élus. Pour contrôler cela, il faudrait des lois de souveraineté drastiques. Sans ces lois, le pays n’est jamais maître de son destin.

La grande peur des classes moyennes

Cependant on ne peut comprendre ce mouvement de masses des classes moyennes urbaines roumaines selon la seule grille monocausale d’une manipulation bien montée car on ne peut manipuler les gens que sur un fond de subjectivité déjà préparé à recevoir cette manipulation. Il faut donc chercher du côté de la subjectivité des acteurs. Dans les têtes de ces manifestants il y a d’un côté une énorme ignorance de la réelle praxis politique qui les conduit à un idéalisme de rêve, et tout autant, de l’autre, on les perçoit saisis d’une totale irrationalité sociale et historique ; ils sont emplis de frustrations, hantés d’espoirs déçus, habités d’une grande incertitude quant à leur avenir et à celui de leurs enfants qu’ils pensent en général exporter ; ils sont rongés par la dénégation de leurs origines rurales ou prolétaires qui engendrent chez eux un sentiment de culpabilité et une honte profonde de leurs parents demeurés largement archaïques. De fait, dans leur expérience existentielle ils sont soumis à nombre d’aspects quotidiens qui incarnent les stigmates de la soumission aux vieilles règles familiales.3 J’incline à penser que ces jeunes gens et ces jeunes femmes, ces jeunes couples avec ou sans enfant, mais souvent avec des animaux de compagnie, amateurs de bicyclette, d’écologie urbaine, de nourritures végétariennes, sinon véganes, manifestant une peur panique des conflits : le mot d’ordre le plus entendu lors des manifestations, « sans violence », nous dit tout.

Mais simultanément ils sont, dans leur entreprises, soumis aux très dures exigences de rentabilité du travail exigées par le capital privé, ou pour les enseignants (sauf les professeurs titulaires) aux salaires médiocres, ce qui les conduit à vivre dans un état de fébrilité constante, sans cesse à la recherche d’une bourse ici ou là, quel que soit le sujet, courant d’un colloque à l’autre et répétant le matériel que les institutions occidentales leur réclament sur les thèmes, les théories et les méthodologies qu’elles imposent sans égard aux situations et aux talents locaux. Bref, pour toutes ces nouvelles classes moyennes urbaines profondément marquées par l’idéologie hyper-individualiste du nouveau néo-libéralisme déversée à satiété depuis décembre 1989, la vie en Roumanie leur paraît sombre, sans véritable avenir, sans ascension sociale prévisible. Aveugles ou aveuglées sur les origines de ce blocage sociétal, oubliant leur propre exploitation, elles en attribuent la cause à l’énorme masse des laissés-pour-compte de la transition avec ses thérapies de choc, aux chômeurs, aux familles détruites, aux femmes seules en charge d’enfants, aux misérables des campagnes, aux vieux des quartiers pauvres des villes, aux retraités aux revenus à la limite de la survie. En effet, et là elles ont raison, il y a de quoi désespérer de l’avenir d’un pays dont le futur est largement obstrué, voire barré par des politiques économiques sans lendemain qui favorisent le gain immédiat sans vision du lendemain (comme par exemple les ventes à pertes d’entreprises fort rentables, les défrichages massifs des plus belles forêts de Transylvanie, ou l’acceptation de multinationales qui vendent leurs services plus chers que dans les pays occidentaux). Ces classes moyennes urbaines voient aussi que les meilleurs parmi les ouvriers et les contremaîtres, les meilleurs parmi les étudiants en sciences et techniques, mais aussi dans les humanités, ou pis parmi les médecins, les stomatologues et les infirmières (29 000 en 2016 !) partent exercer leurs talents dans les pays développés, offrant à ceux-ci des spécialistes de qualité dont la formation n’a rien coûté aux États qui les reçoivent. Elles savent aussi que nombre de ceux qui ont émigré travaillent dans des activités sous-qualifiées (ainsi des ingénieurs constructeurs se retrouvent simples ouvriers du bâtiment, une assistante médicale simple fille de salle dans un hôpital privé, sans parler des dizaines de milliers de semi-esclaves qui travaillent dans l’agriculture des pays occidentaux). Ainsi, nourries de tant d’illusions moralistes et de tant de peurs si peu politiques, ces manifestations ne sont pas sans rappeler la société du spectacle si bien démontée par Guy Debord. Habitées d’une subjectivé réifiée (selon la terminologie de Lukács) le spectacle qu’elles nous offrent n’est au bout du compte que du pseudo : du pseudo politique car on n’y entend parler que de la corruption d’un parti, sachant que toute la classe politique ou presque y a goûté depuis décembre 1989 ; du pseudo contestataire mis en scène par des ONG-s qui n’ont d'Organisation « non » gouvernementale que le nom et qui se gardent bien de toucher aux multinationales par exemple (le scandale Microsoft par exemple), du pseudo moralisme en ce qu’elles se présentent comme le bien absolu, comme si elles n’appartenaient pas elles-aussi à cette société avec leurs petites corruptions journalières.

Elles veulent donc la démission de Monsieur Dragnea, et pourquoi pas celle du Président qui vient d’être reconnu coupable d’appropriation abusive d’appartements à Sibiu sa ville natale ? Pour un autre gouvernement ? Mais dans le cadre légal ce sera toujours un gouvernement PSD puisque ce parti avec le petit ALDE de Monsieur Tariceanu ont ensemble gagné la majorité absolue ? Elles ont essayé d’exiger de nouvelles élections ? Mais des sondages sérieux prédisent une plus grande victoire encore du PSD ! Elles prétendent lutter pour l’État de droit, mais bafouent l’État de droit en soutenant l’ingérence des juges et des services dans le législatif, ce qui contredit les fondements même de l’État de droit moderne : la séparation des pouvoirs ! En bref, les manifestants d’une part trop peu nombreux et surtout trop pusillanimes pour engager une véritable épreuve de force avec le pouvoir défendu par une gendarmerie fidèle à la légalité, en sont réduits aux vociférations, aux cris et imprécations qui rappellent les subversions symboliques des anciens carnavals médiévaux de l’Occident catholique.

Cependant, tous ces bruits parasites n’arrivent pas à dissimuler la véritable lutte de classe qui traverse sourdement la société roumaine post-communiste, c’est à dire celle qui se joue entre un conglomérat de parvenus du business, de leurs serviteurs diplômés bien-mis et obéissant au capital local ou étranger, et ceux qui, comme l’a écrit récemment un médiocre philosophe, et simultanément businessman corrompu de l’édition, n’ont pas les moyens de se faire soigner les dents chez un dentiste, les « sans-dents » si chers à un autre médiocre, cette fois français, le président François Hollande.


Claude Karnoouh

Bucarest le 27 février 2017

PSD : parti social-démocrate… dont Monsieur Dragnea est simultanément le président et l’éminence grise gouvernementale. De fait, un parti centriste qui par le passé a privatisé sans retenue. Il est très bien implanté dans les provinces et les municipalités. Il a des velléités (selon le modèle Hongrois) de défendre le capital local contre le capital étranger en s’assurant d’un réel soutien populaire des gens de peu, des petits fonctionnaires et des ouvriers, pour lesquels il promulgue de légères augmentations des salaires minimaux et des retraites des plus modestes. Haïs des libéraux bruxellois, voire même des socio-démocrates, il ne touche pas vraiment aux avantages financiers énormes dont jouissent dans le pays, les multinationales des services ainsi que les étrangers ayant acheté ou loué de très grandes surfaces agricoles dont les revenus viennent massivement des subventions de Bruxelles.

ALDE (Alliance des libéraux et démocrates) : Petit parti de type libéral au sens du XIXe siècle, allié du PSD et dirigé par le seul politicien roumain qui semble avoir la carrure d’un homme d’État : Monsieur Tàriceanu.

PNL (Parti national libéral) : Droite libérale atlantiste et européiste radicale, parti du Président de la République, conglomérat du PD (Parti démocrate) et et PNL historique. Soutenu par les ambassades occidentales, les lobbiesbruxellois où leur élus agissent en permanence pour dénoncer la « mainmise russe » sur la Roumanie ! Essentiellement défenseur des multinationales et de la privatisation totale de l’économie, y compris celle des prisons.

Notes :

1 Au mois de juin 1997, élu chevalier de l’Armagnac, le préfet du département du Gers, centre de cette région viticole, avait refusé de participer à la cérémonie d’intronisation pour protester contre ce que le gouvernement avait appelé alors, un acte de guerre économique contre la France.

2 Je rappellerai simplement que Véolia par exemple vend l’eau plus chère à Bucarest que dans les villes de France où elle la gère !...

3 Par exemple, il est fréquent de les entendre se proclamer athées, mais ils font baptiser leurs enfants, ou ils se marient à l’église… autant de situations spirituellement inconfortables.

Publié par  Le Mantois et Partout ailleurs

1957-2017: 60 ans d'Union européenne du capital. Bon anniversaire à toutes et à tous!

1957-2017: 60 ans d'Union européenne du capital. Bon anniversaire à toutes et à tous!

Bon, je n'avais pas assez de bougies, restriction budgétaire imposée oblige. Mais le 25 mars 1957, la France, l'Allemagne, la Belgique, le Luxembourg, l'Italie et les Pays-Bas signaient à Rome l'acte de naissance de l'Union européenne. Elle s'appelait à l'époque Communauté économique européenne (CEE) et pas Communauté sociale européenne, faut-il le rappeler. Oui, le business avant les peuples, déjà.

Chacun est libre aujourd'hui de mesurer les conséquences de ce traité ayant instauré dès le début le marché libre et non faussé, au détriment des peuples et de la souveraineté des nations. L'exemple le plus criant est la Grèce du gouvernement Syriza qui, de compromis en compromis avec le grand capital, le FMI et l'Ue, asphyxie chaque jour davantage le peuple grec.Lequel par référendum avait refusé une telle politique.

Pour ceux qui aiment à réfléchir sur l'histoire sociale afin de ne pas se perdre dans des impasses du réel, la CEE fut votée par le gouvernement socialiste de l'époque avec les voix de la droite, les députés communistes votant contre.

Et que disait la CGT à cette époque?

1) La domination de l'Allemagne sur l'Europe

 

L'enjeu est énorme : le Marché commun conduit infailliblement, à plus ou moins brève échéance, à la disparition des souverainetés nationales, à la création d'un super-Étateuropéen, réduisant à sa plus simple expression tout ce qui pourrait subsister d'individuel, de politiquement et économiquement indépendant chez les membres de la Communauté. Ce super-État sera dominé par le pôle d'activité économique le plus puissant : la Ruhr; par la puissance la plus énergique et la plus dynamique : l'Allemagne de l'Ouest. [...] Pour la France, la réalisation du Marché commun c'est l'acceptation de l'hégémonie allemande. Son industrie ne pouvant lutter contre la concurrence d'outre-Rhin tombera sous la coupe des konzerns de la Ruhr. 


2) Mise en concurrence des salariés au plus grand profit des "cartels"

 

La réalisation du Marché commun se ferait à la fois sous l'égide de l'intensification de la concurrence et sous le signe du renforcement et de la prolifération des cartels internationaux. [...] « Il faut que notre production soit concurrentielle. » Ce slogan servira à freiner le mouvement revendicatif dans les pays à rémunération plus basse et à exercer une pression sur les salaires globaux réels des pays ou des régions plus favorisés. Le monde du travail sera soumis à une triple pression : celle de la concurrence entre prix de revient, celle de l'armée de réserve du travail (la masse des chômeurs de l'ensemble de la Communauté pouvant plus facilement être dirigée vers les points stratégiques), enfin celle des capitaux migrateurs qui déserteront les régions où le prolétariat est combatif et les conquêtes sociales appréciables pour s'investir dans les régions où l'exploitation des travailleurs sera plus facile et les surprofits assurés. En toutes circonstances, cette triple pression sur les conditions de la classe ouvrière constitue un danger redoutable.  

 

3) Le règne de la finance

 

Dans leur offensive contre la classe ouvrière, les classes possédantes disposeront encore d'un puissant atout : la libre circulation des capitaux. On ne manquera pas de souligner, qu'après tout, les détenteurs de capitaux sont libres de le placer là où les garanties de sécurité et de rentabilité sont les plus grandes. Les capitaux auront tendance à déserter les régions et les pays où la classe ouvrière fera preuve de combativité, où les salaires seront relativement élevés, où certaines lois sociales seront susceptibles de gêner une exploitation trop éhontée, pour émigrer vers les régions de la Communauté où les conditions pour la réalisation des surprofits leur paraîtront meilleures.

 

4) La monnaie unique (l'Euro)

 

 « L'instauration d'un marché commun implique, il faut qu'on le sache », un abandon peut-être graduel, mais en définitive complet, de la souveraineté monétaire. Privés de cette souveraineté, les États participants n'auront guère plus de pouvoirs - en matière économique - que nos autorités départementales actuelles. Au demeurant, la voie du marché commun ne sera pas facilement réversible. Tout ralentissement du progrès dans cette voie risque de susciter les ressentiments extérieurs et les dissensions internes.... ». 


5) L'austérité

 

D'un oeil distrait, on lit dans les journaux que la situation tragique de l'économie française nécessite des sacrificesLes classes possédantes acceptent ce principe allègrement, à condition que sacrifices et privations ne soient pas pour eux mais pour le voisin. La victime toute désignée de l'opération est la classe ouvrière. Quand on parle d'austérité et de privations, on sous-entend que c'est surtout à elle que sera appliquée cette maxime. [...] L'austérité, en principe, devrait être obligatoire pour tout le monde, mais il suffit d'analyser les moyens dont on veut se servir pour comprendre qu'elle est surtout à l'usage des classes laborieuses. Nous n'avons pas entendu jusqu'ici les économistes officiels prôner l'introduction des taxes de luxe massives grevant le prix des articles dont la consommation demeure l'apanage des couches privilégiées. Une augmentation du prix de l'essence frappera bien plus durement les consommateurs à revenu relativement modeste que les couches riches. Il en sera de même pour l'ensemble des impôts indirects...

 

Question à 100 balles, non pardon à 100 euros et ce n'est pas équivalent. Croyez-vous qu'ils en parlent de tout cela à la CES, la Confédération européenne des syndicats à laquelle la CGT appartient? A tort ou à raison pour celle-ci, mais je pense que c'est à tort.

Allez, pour le débat dans cette campagne de la présidentielle où l'on semble oublier tout et surtout de combattre le capitalisme.

Publié par  El Diablo

Les PAYS-BAS vont-ils abandonner l’EURO ?

Les PAYS-BAS vont-ils abandonner l’EURO ?

« EXPLOSIF ! Les Pays-Bas enquêtent sur la possibilité d’abandonner l’euro »

L’édito de Charles SANNAT

Le 27 février 2017

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Dans les médias français ? Silence radio. Tout va bien. Le nuage radioactif s’est arrêté à la frontière. Vous avez, comme à chaque fois, les sources tout en bas de cet article, tout à la fin, pour les incrédules qui pensent encore que la presse et les médias les « informent » pour leur « plus grand bien ». Vous avez même trois sources étrangères différentes.

C’est un véritable coup de tonnerre symbolique parce qu’à ce stade, évidemment, rien n’est fait, mais c’est tout de même explosif. Pour la première fois de l’histoire qui sera vraisemblablement assez courte de l’euro, un pays du tout premier cercle et à la rigueur relativement exemplaire et ayant toujours eu une « monnaie forte », les Pays-Bas, se pose le plus sérieusement du monde la question de savoir s’ils vont ou pas rester dans l’euro.

[…]

LIEN VERS LA SITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

" EXPLOSIF ! Les Pays-Bas enquêtent sur la possibilité d'abandonner l'euro " L'édito de Charles SANNAT

" EXPLOSIF ! Les Pays-Bas enquêtent sur la possibilité d'abandonner l'euro " L'édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents, Dans les médias français ? Silence radio. Tout va bien. Le nuage radioactif s'est arrêté à la frontière. Vous avez, comme à chaque fois, le...

 

https://www.insolentiae.com/explosif-les-pays-bas-enqu

Publié par  El Diablo

IMPASSES « souverainistes » [le point de vue de Bertrand Renouvin]

photo d'illustration

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La somme des bavardages médiatiques est aujourd’hui inversement proportionnelle à l’importance des questions politiques. Le ralliement de Yannick Jadot à Benoît Hamon ne mérite pas plus d’attention que la migration de François de Rugy et de François Bayrou vers les zones marécageuses du macronisme.

Ce qui frappe, c’est l’aveuglement volontaire de l’oligarchie politico-médiatique quant à l’événement historique que nous sommes en train de vivre. François Fillon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron présentent des réformes qui exigent toutes un gouvernement appuyé sur une majorité parlementaire sans comprendre ou sans avouer qu’elles s’inscrivent dans un cadre européen qui est en voie de destruction. Jean-Claude Juncker a fait preuve de lucidité et de relative franchise lorsqu’il a annoncé qu’il ne solliciterait pas un deuxième mandat à la présidence de la Commission européenne. Le très douteux eurocrate a des « doutes justifiés» sur l’unité, la cohérence et la cohésion de l’Union européenne après le Brexit et face au nouveau président des Etats-Unis ! La longue addition de ces doutes permet déjà d’établir avec certitude la fin prochaine de l’Union européenne(1).

Ce pessimisme publiquement exprimé confirme l’ambiance de désillusion ou de franche déroute qui a gagné divers niveaux de la bureaucratie européiste. Nous pourrions nous en réjouir puisque nous avons depuis longtemps contribué à démontrer les vices de la « construction européenne » (2). Il faut au contraire exprimer de très vives inquiétudes car dans cette phase d’agonie, qui peut être très longue, nous ne cessons de subir les décisions prises par les organes de l’Union et le carcan de l’euro. Je note à ce propos que Jean-Claude Juncker, aussi désabusé soit-il, fait preuve de sa brutalité coutumière : selon lui, la Grèce, martyrisée par la Commission, la Banque centrale européenne et le FMI, se trouve hors de l’ordre juridique européen et du champ d’application de la Charte des droits fondamentaux… La violence, qu’on appelle pudiquement « réformes structurelles », peut donc s’y déchaîner comme jamais.

En France, les officines patronales, les chiens de garde médiatiques et la caste politicienne sont sur la défensive face à la perspective d’une dénonciation des traités européens et utilisent le classique chantage à la catastrophe (3). Ces manœuvres d’intimidation seraient dérisoires si la promesse de dénonciation des traités européens par les candidats réputés « souverainistes » était crédible. Or tous se heurtent à des obstacles qui ne sont pas économiques, monétaires et financiers comme on voudrait nous le faire croire. Ils tiennent à leurs capacités stratégiques.

Nicolas Dupont-Aignanne peut tenir sa promesse parce qu’il ne pourra pas franchir la barre du premier tour.

Jean-Luc Mélenchon, s’il l’emportait par miracle au second tour, se trouverait pris au piège de son premier engagement : convoquer une Assemblée constituante dont il sait par avance qu’elle inventera une VIème République – curieuse conception de l’initiative populaire – puis démissionner. Comment un président en sursis opérant dans des institutions en voie d’abolition pourrait-il décider la sortie des traités européens ?

Marine Le Pen pourrait entrer à l’Elysée mais il faudrait que le Front national remporte les élections législatives pour qu’elle puisse opérer les ruptures annoncées. Or la candidate qui promet de remettre de l’ordre se heurterait à de sérieux désordres dans la rue qui seraient exploités par les partis oligarchiques soutenus par leurs partenaires étrangers et les puissances financières. Pour gagner cette bataille, il faudrait une candidature de rassemblement alors que le vote en faveur de Marine Le Pen est celui du rejet de la classe politique et de l’angoisse identitaire.

Ces impasses du « souverainisme » sont faites pour être surmontées, pendant la campagne, pendant la période des élections ou, plus vraisemblablement, après le mois de juin, dans un paysage politique bouleversé.

Bertrand Renouvin

(1) Cf. Coralie Delaume et David Cayla, La fin de l’Union européenne, Michalon, 2017 et ma présentation de l’ouvrage dans notre numéro 1113.

(2) Cf. le livre d’Olivier Delorme, 30 bonnes raisons de sortir de l’Europe, Editions H&O, 2017, dont nous rendrons bientôt compte.

(3) Voir la critique par Jacques Sapir de la note sur l’euro publiée par l’Institut Montaigne : http://russeurope.hypotheses.org/5736

SOURCE :

Le blog de Bertrand Renouvin -

 

http://www.bertrand-renouvin.fr/

Une sortie de l’Euro (suite)

 

Jacques SapirPar  · 

La sortie de l’Euro imposera, et ce quel que soit le scénario retenu, des mesures structurelles importantes. L’évaluation des effets uniquement d’un point de vue macroéconomique est insuffisante est incomplète. Sans préjuger des conditions d’une sortie de l’Euro on va donc établir des principales mesures qui s’imposent.

 

Eviter des fluctuations erratiques du taux de change

 

L’un des principaux intérêts de la fin de l’Euro est de permettre un ajustement du taux de change aux conditions économiques et structurelles de chaque économie. Il importe donc que le taux de change soit flexible. Mais, la possibilité de fluctuations « spéculatives » et du phénomène que l’on appelle « l’overshooting »imposent de prendre des mesures conservatoires.

 

L’overshooting est en réalité une forme des fluctuations spéculatives, mais qui accompagne la prise de certaines mesures. Il se produit quand les acteurs du marché financier anticipent un taux de change plus faible (ou plus élevé) que ce qu’imposent les données technique (niveau relatif de productivité et d’inflation), et agissent en conséquence. En prenant des positions à la baisse (ou à la hausse) ils amplifient alors la baisse (ou la hausse) du taux de change, qui valide alors leurs positions initiales et les encourage à poursuivre le mouvement, et ce qui explique que le taux de change déterminé sur le marché est soit bien plus bas soit bien plus haut que ce qu’un analyse raisonnable indiquerait[1]. Traditionnellement, les Banques Centrales cherche à casser cette spéculation en engageant des sommes considérables ou en manipulant le taux d’intérêt. Mais, l’expérience montre que ces sommes sont souvent gaspillées en vain et que les hausses (ou baisse) du taux d’intérêt ont des effets pervers importants. Pour un acteur de marché qui espère réaliser en quelques jours un gain de 5%, il faudrait mettre un taux d’intérêt à 1164% pour le dissuader.

 

Il convient donc de rendre coûteux d’une autre manière, et ce de manière prohibitive, les prises de postions à court et très court terme, qui ne sont pas liées à des opérations réelles. Une taxe payée par l’acteur, dégressive en fonction de la durée, et prélevée dès la prise de position pourrait donc limiter voire empêcher ces prises de positions spéculatives de court ou très court terme. Cette taxe pourrait être asymétrique, pénalisant plus fortement les positions prises contre le Franc à une certaine période, et inversement les positions prises en faveur du France à une autre. Cette taxe ne s’appliquerait évidemment qu’aux achats (ou ventes) de Francs ou de devises n’ayant pas une contrepartie matérielle ou en investissement direct. Pour ce qui est de la spéculation plus classique, elle pourrait elle aussi être contrôlée par des instruments de cette nature, quoi que d’un type légèrement différent.

 

Ces mesures visent non à empêcher mais à moduler la flexibilité du taux de change, flexibilité dont l’économie française a besoin. Elles permettront de rendre prévisibles les évolutions du taux de change, permettant ainsi aux entreprises de raisonnablement anticiper ces dites évolutions. Ces mesures sont aussi en infraction avec les règles du marché unique et il faudra dire que ces règles sont à tout le moins suspendues pour une période transitoire avant de, peut-être, être modifiées, voire abrogées.

 

Contrôler les évolutions des taux d’intérêts

 

La question des taux d’intérêts se posera avec acuité dans la mesure où l’économie française pourrait connaître une forte croissance. On le sait, la décision d’investir est d’abord et avant tout le produit de l’anticipation par la direction de l’entreprise du chiffre d’affaires à venir[2]. Le coût de l’investissement ne joue qu’une fois les perspectives d’investissement se sont dégagées. Pour contrôler les évolutions des taux, le gouvernement devra impérativement jouer simultanément de plusieurs instruments.

 

Il devra reprendre le contrôle, au moins de manière temporaire, de la Banque de France afin de contrôler les taux directeurs que cette Banque fixerait.

 

Il devra imposer des réglementations quantitatives en fixant des planchers minimums d’effets publics dans les bilans, mais aussi une proportion des effets privés français. La contrepartie de ces mesures sera l’obligation pour la Banque de France d’accepter l’achat (ce que l’on appelle le réescompte) de ces effets à des taux qui seront contrôlés. Ces taux deviendront, dans les faits, les nouveaux taux directeurs de la Banque de France.

 

Le gouvernement devra aussi rapidement mettre en place un mécanisme de bonification des intérêts (autrement dit une prise en charge par le budget de tout ou partie de la charge d’intérêts) pour faciliter les conditions d’investissement dans certains secteurs, comme par exemple ceux qui sont liés à la transition écologique.

 

La combinaison de ces mesures pourrait avoir des conséquences très favorables sur les entreprises produisant en France, libérant un potentiel d’activités important. Notons ici que ces mesures structurelles et institutionnelles ont des répercussions macroéconomiques importantes. En libérant un potentiel d’activité, elles sont susceptibles d’accroître la croissance, d’accélérer le retour à l’emploi de plusieurs centaines de milliers de chômeurs et d’accélérer le rétablissement des comptes sociaux et des comptes publics.

 

Réorganiser le système bancaire

 

Ces mesures vont de paire avec une réorganisation profonde du secteur bancaire. Cette réorganisation découle en un sens de la sortie de l’Euro mais ne s’y réduit pas. On en donne ici liste rapide des mesures qu’il conviendra de prendre dans les jours qui suivent voire qui précèdent) la sortie de l’Euro.

 

Mettre fin au statut d’indépendance de la Banque de France qui est en réalité un statut d’irresponsabilité. Mettre la Banque de France sous la tutelle politique du Ministères des Finances et du gouvernement (qui nommera le gouverneur) avec un contrôle sur sa politique et un contrôle parlementaire quant à l’exécution de cette politique.

 

Reconstituer au sein du Ministère des Finances le Conseil National du Crédit afin d’administrer et de gérer la politique du crédit en accord avec les orientations de politique économique définies par le gouvernement. Le Président du Conseil National du Crédit aura rang de vice-Ministre et assistera aux réunions du gouvernement.

 

Procéder à la séparation des banques de dépôts et des banques d’affaires, tout d’abord dans le cadre de holdings (séparation des bilans) puis par vente des banques d’affaires. La politique prudentielle sera ajustée à ce nouveau cadre institutionnel. Chaque banque devra avoir un administrateur désigné par l’Etat en échange de la garantie que l’Etat pourrait apporter à chaque établissement en cas de crise financière grave.

 

Séparation des activités bancaires et assurantielles et adaptation de la législation à cette séparation. L’activité bancaire tout comme l’activité d’assurance fera l’objet de licences séparées, qui seront octroyées par la Banque de France.

 

Rassemblement des diverses institutions publiques et semi-publiques de crédit dans un seul établissement qui adoptera la politique dite « du guichet unique ». Dans cet établissement seront créés des divisions spécialisés pour le financement de l’agriculture, de la construction et l’industrie, ainsi que pour les financements initiaux à la création des petites entreprises. Les titres émis à cet effet auront un refinancement automatique à la Banque de France.

 

Ici aussi, ces mesures sont, en l’état, incompatibles avec les réglementations européennes, dont il faudra alors s’affranchir.

 

Certaines de ces mesures pourraient être prises de concert avec nos partenaires européens dans le cas d’une dissolution concertée de l’Euro. Elles permettraient de retrouver l’autonomie de la politique monétaire et de la politique économique qui a tellement fait défaut ces dernières années à la France.

 

Ces mesures ne seront cependant pas suffisantes. Il faudra très certainement prendre des mesures spécifiques sur la formation et sur la politique des revenus, ainsi que sur la formation professionnelle. Mais, les mesures dont la liste vient d’être fournie, constituent le minimum vital qu’il faudra prendre pour s’assurer de la pleine réussite de la sortie de l’Euro.

 

[1] Le terme « overshoot » ou dépassement, vient du vocabulaire militaire.

 

[2] BCE, Quels sont les facteurs à l’origine du faible niveau d’investissement dans la zone euro ? Les réponses tirées d’une enquête auprès des grandes entreprises de la zone euro, Francfort, BCE, Bulletin économique, numéro 8 / 2015, 2015. Palenzuela Diego Rodriguez, Dees Stéphane, Savings and investment behaviour in the euro area, Francfort, BCE, étude hors série n°167, 2016. Sharpe, Steve A., Suarez, Gustavo A. (2014), Why isn’t Investment More Sensitive to Interest Rates: Evidence from Surveys, Finance and Economics Discussion Series, Federal Reserve Board, Washington, D.C.. Voir aussi le numéro spécial de la revue Économie et Statistique consacré entièrement à cette question, N°341-342, 2001 et Lane Kevin, Rosewall Tom, Firms’ Investment Decisions and Interest Rates, Reserve Bank of Australia Bulletin, Canberra, Juin, 2ème trim. 2015.

Une sortie de l’Euro

 

Jacques SapirPar  · 

La question de la sortie de l’Euro est aujourd’hui entrée dans le débat public, ce qui est une bonne chose. Mais, elle y entre à travers des articles qui font partie de ce que les britanniques avaient appelé le « projet Peur » (ou Project Fear) lors du débat sur le BREXIT, c’est à dire des articles visant à effrayer l’électeur en lui décrivant des scénarios apocalyptiques. Ce « projet Peur » a trouvé une première réalisation avec l’étude réalisée par l’Institut Montaigne[1], un « Think Tank » où l’on retrouve le Président d’AXA, qui soutient largement la candidature de François Fillon. Cette étude relève très largement de la désinformation et a été examinée dans ce carnet dernièrement. On va examiner les avantages potentiels d’une sortie de l’Euro.

 

Sortie unilatérale et éclatement de la zone euro

 

La sortie de l’Euro est équivalente d’une dissolution de la zone Euro. En effet, et compte tenu des problèmes que connaît aujourd’hui l’économie italienne, ou l’économie espagnole, il est illusoire de croire que ces économies resteraient dans l’Euro une fois la France sortie de cette zone. L’ampleur de ces problèmes est aujourd’hui attestée par les mouvements de capitaux au sein de la zone Euro et qui montrent une accumulation de ces capitaux en Allemagne, via les comptes « Target2 » de la Banque Centrale Européenne.

 

Graphique 1

Balances TARGET2

 

On remarque immédiatement que l’on est aujourd’hui revenu à des mouvements d’une ampleur égale à celle de la fin 2011, quand la zone Euro était directement mise en causes. Cela donne une image de la crise actuelle que connaît la zone Euro, et montre qu’en cas de sortie de l’un des grands pays (Espagne, Italie ou France) les autres pays devraient rapidement suivre.

 

La dissolution de l’Euro, qu’elle résulte de mouvements unilatéraux ou qu’elle résulte d’une décision collective, aurait pour principal résultat de ramener toutes les économies à un système de changes flottants. Il faut d’abord examiner ce qu’impliquerait un tel système avant d’en regarder les conséquences.

 

Le retour aux changes flottants

 

Une étude du FMI[2] montre qu’en regardant les soldes courants des balances commerciales, on aboutit à l’image suivante :

 

Tableau 1

Pays

Sous estimation (-) ou surestimation du taux de change réel

Allemagne

-15%

France

6,0%

Italie

5,0%

Espagne

7,5%

Belgique

6,0%

Pays-Bas

-6%

 

Cela signifie donc, que si l’on prend le taux de change de l’Euro face au Dollar (1 Euro valant 1,06 USD) comme base de départ, les taux de change après la sortie devraient se fixer à ce niveau :

 

Tableau 2

Pays

Taux de change face au Dollar après sortie

Allemagne

1,219 USD

France

0,996 USD

Italie

1,007 USD

Espagne

0,983 USD

Belgique

0,996 USD

Pays-Bas

1,124 USD

 

Mais ces taux ne tiennent pas compte de l’effet d’overshooting que l’on peut prévoir

 

Tableau 3

Pays

Taux Théorique

Taux compte tenu de l’overshooting

Dépréciation par rapport au DM

Dépréciation par rapport au Dollar

Allemagne

1,219 USD

1,350 USD

0

+27,36%

France

0,996 USD

0,970

-28,15%

– 8,50%

Italie

1,007 USD

0,950

-29,60%

-10,38%

Espagne

0,983 USD

0,900

-33,33%

-15,10%

Belgique

0,996 USD

0,970

-28,15%

– 8,50%

Pays-Bas

1,124 USD

1,150

-14,80%

+8,49%

 

On voit immédiatement que le changement est relativement faible (sauf pour l’Allemagne) par rapport au Dollar, mais qu’il est substantiel si l’on prend le « néo-Deutsch Mark » comme base. De fait, l’ajustement des taux de changes se fait essentiellement à l’intérieur de l’ex-zone Euro.

 

Les conséquences de cet ajustement

 

Cet ajustement aurait pour première conséquence de faire disparaître l’excédent commercial de l’Allemagne, qui est aujourd’hui de 6,2% du PIB.

 

Différentes études, dont une réalisée par le FMI[3], montre que ces niveaux de dépréciations entraînent des effets très positifs sur les économies, avec un surcroît de croissance équivalent à 1% par -10% de dépréciation. Ainsi, et cela sans mobiliser d’autres ressources, la croissance de l’économie française monterait à 4% par an (1,2% + 2,8%). 

 

Une croissance à un tel niveau aurait des conséquences très favorables sur l’emploi. On peut penser que l’on aurait un retour à l’emploi d’environ 200 000 personnes dans l’année, et qui se continuerait, voir s’amplifierait, les années suivantes. Si l’on estime que l’effet immédiat de la dépréciation initiale se fait sentir pendant environ 3 ans, le gain total sur ces trois ans se monte alors à 1 million / 1,5 millions. On rappelle que cette estimation est réalisée « toute chose étant égale par ailleurs ». En fait, d’autres facteurs viendraient jouer un rôle important.

 

L’amélioration de la profitabilité des entreprises et leur meilleure compétitivité entraîneraient une hausse de l’investissement.

 

Le rétablissement mécanique des comptes publics par l’effet du retour à l’emploi de nombreux travailleurs permettrait de faire baisser les prestations sociales payées par les entreprises.

 

* La hausse du PIB se traduirait par une hausse des recettes fiscales, qui diminuerait d’autant le déficit budgétaire actuel.

Les effets indirects (dits aussi « de second tour ») de la sortie de l’Euro pourraient entraîner un retour à l’emploi compris entre 500 000 et 1 million de travailleurs dans un délai de cinq ans. C’est donc au total un gain sur le marché du travail de 1,5 millions à 2,5 millions de travailleurs que l’on assisterait, gain qu’il faut alors mettre en face de la masse actuel des demandeurs d’emplois (4,5 millions).

 

Au total, on se retrouverait avec une croissance nettement plus forte que la croissance actuelle (4% contre 1,2%), une forte réduction du chômage (de 1/3 à 55% du nombre actuel des chômeurs), et un équilibre automatique des comptes publics et du budget de l’Etat.

 

Quant aux dettes, qu’elles soient publiques ou privées, une étude de C. Durand et S. Villemot, publiée sur le site de l’OFCE le 12 janvier 2017, montre que la France bénéficierait d’une sortie de l’Euro[4]. Elle confirme l’application de la Lex Monetae, principe de droit international, pour les dettes publiques (dont 97%, émises en droit français, seraient automatiquement re-libellées en Franc), mais aussi pour les dettes des ménages et des entreprises.

 

[1] http://www.institutmontaigne.org/presidentielle-2017/propositions/marinele-pen-europe-et-international-engager-un-referendum-sur-la-sortie-de-lunion-europeenne et http://www.institutmontaigne.org/presidentielle-2017/propositions/marine-le-pen-europe-et-international-sortir-de-leuro-et-restaurer-une-monnaie-nationale-le-franc .

 

[2] IMF, 2016 EXTERNAL SECTOR REPORT, International Monetary Fund, juillet 2016, Washington DC, téléchargeable à : http://www.imf.org/external/pp/ppindex.aspx

 

[3] IMF, World Economic Outlook, Octobre 2015, Washington DC, chap. 3. Adresse : http://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2015/02/

[4]https://translate.google.com/translate?hl=fr&prev=_t&sl=en&tl=fr&u=http://ofce.fr/pdf/dtravail/WP2016-31.pdf

Selon Reuters: Les Pays-Bas vont étudier la possibilité de quitter la zone euro

 

27 Février 2017

Les désespérantes élections présidentielles françaises avec leurs piètres candidats, corrompus, étalant des egos surdimensionnés et traînant le fil à la patte des intérêts financiers, masquent-elles sous la désagrégation du politique la manière de verrouiller les enjeux entre une entente droite et gauche autour de l’Europe qui vise à maintenir un crypto-protectionnisme autour de l’Allemagne et la fausse alternative d’un protectionnisme fascisant qui s’exercera aux dépends des salariés. Dans les deux cas, il y a le maintien des intérêts du capital financiarisé, en particulier du complexe industrialo-militaire. Tant que l’on ne placera pas ici comme ailleurs, les questions de la paix et de la justice sociale au centre des débats, le problème de l’Europe et de l’euro devenus un véritable carcan ne pourra pas être résolu

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach pour Histoire et société).


Le débat sur une éventuelle sortie de la zone euro s’étend au milieu de la vague croissante d’euroscepticisme affectant le Vieux Continent.

 

Les Pays-Bas va étudier la possibilité de quitter la zone euro

Image illustrative pixabay.com / RT

Les législateurs des Pays-Bas ont adopté à l’unanimité une motion demandant une enquête afin de déterminer si le pays doit garder l’euro ou  quitter la zone euro avec sa monnaie unique, rapporte Reuters.

 

La proposition a été présentée jeudi par Pieter Omtzigt, le principal parti de l’opposition démocrate-chrétienne, qui charge le Conseil d’Etat et le Parlement d’ouvrir l’enquête. Selon le législateur, la motion vise à analyser «les politiques et les options institutionnelles ouvertes pour l’euro» et «quels sont les avantages et les inconvénients de chacun.»

 

La requête a été déposée en raison de la crainte que les taux d’intérêt extrêmement bas de la Banque centrale européenne (BCE) puissent créer du tort aux  épargnants néerlandais, en particulier aux retraités. Le sort de l’euro dans ce pays de l’Europe du nord-ouest sera discuté après les élections du 15 mars prochain. Les résultats de la proposition seront annoncés dans plusieurs mois.

 

Le débat sur une éventuelle sortie de la zone euro est au centre de la marée montante d’euroscepticisme sur le continent, où les partis populistes  espèrent  gagner la faveur des électeurs dans des pays comme la France et l’Allemagne, a déclaré l’agence.