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PCF, Paule Ballut, les attentes des communistes

12 décembre 2017

PCF, Paule Ballut, les attentes des communistes

 

« Il y a besoin, considère Paule Ballut, d’un parti qui propose de véritables alternatives pour des changements permettant de dépasser le capitalisme. Le PCF est le seul en France qui a des propositions qui vont dans ce sens. Notre section pense qu'il devient urgent d'aller dans ce sens.
Ceci permettrait de donner un nouveau souffle à notre démarche de rassemblement. La présence du PCF dans le débat public permettrait de placer la barre des objectifs sociaux au niveau nécessaire pour répondre aux défis posés à notre société après des années d'austérité : sécurité emploi formation, santé, école, personnes âgées, petite enfance, justice, sécurité ... avec évidemment, et c'est indispensable, les financements crédibilisant ces objectifs : Fonds régionaux pour l'emploi, pôle public financier, utilisation du crédit, bataille pour un autre euro au service de l'emploi et des services publics... avec comme troisième corollaire les pouvoirs des citoyens et des salariés sur les banques, les choix d'investissements ... C’est aussi la seule façon de  préserver l’unité des communistes... »

 

Reprenons la lecture de l'interview de Paule Ballut...

 

Michel Peyret


L‘Eveil a interviewé Paule Ballut

 

Représentante des communistes de la section de Suresnes Saint-Cloud du PCF

 

L’Eveil : l’assemblée du 18 novembre a-t-elle répondu à l’attente des communistes de Suresnes et Saint-Cloud ?

 

Paule Ballut : Lors de la préparation de la journée du 18 novembre, que notre section a anticipé par des réunions de quartiers,  les camarades nouveaux comme anciens ont largement exprimé leur volonté que la direction nationale les entende. Nous avons convoqué quatre assemblées, sans obtenir la participation souhaitée.

 

Les sujets qui fâchent : les luttes engagées qui ne sont jamais suivies de façon persévérante (comme le rôle des banques ou le coût du capital...) et les décisions de congrès non respectées, par exemple sur la présentation d'un candidat communiste à l'élection présidentielle. Les communistes de Suresnes veulent aussi la démocratie. Il n’est pas acceptable que le secrétaire national se prononce dans les médias à contrario de ce qu’ont décidé les communistes dans une conférence nationale.

 

Notre section dans sa majorité avait demandé que le congrès ait lieu en juin pour notamment inclure notre positionnement sur les élections européennes et pour faire le bilan de la dernière période  le plus rapidement possible. Il est urgent, pour ne pas continuer sur la pente actuelle. Il faut donc faire la clarté et montrer aux citoyens une nouvelle dynamique.

 

Lors de cette assemblée du 18, il n’y a pas eu de réel débat, ni de débats contradictoires au niveau de l’ensemble des participants. Par ailleurs, le questionnaire n'a pas été pris en compte par de nombreux  communistes. Pour les camarades de la section, celui-ci présentait des questions mal posées ou  dont les réponses étaient orientées.  Le constat, c’est donc une remontée insuffisante des questionnaires diffusés avec seulement 13.843 réponses. Tout cela n’a pas permis d’éclairer réellement les enjeux de la préparation d’un congrès extraordinaire du PCF.

 

Le 18, la Direction du PCF a cherché à éviter le sujet des conséquences de son soutien inconditionnel à la candidature Mélenchon. Ainsi, l’allocation d’ouverture de Pierre Laurent a éludé la question de cette attitude conduisant à l’effacement du PCF dans la campagne électorale,  même s'il a reconnu ne pas se décharger de sa responsabilité personnelle. Malgré les demandes  des nombreux secrétaires présents, il n’y a pas eu de débat après son rapport. Les animateurs de sections ont été répartis d’office par dizaines autour de tables rondes dites « ruches » toute la matinée.

 

A mon sens, les attentes des militants que je représente restent donc sans réponse.

 

L’Eveil : comment se sont déroulés les débats ?

 

Paule Ballut : Les « ruches » sont destinées à permettre l’expression la plus large des délégués. Encore faut-il en maîtriser la synthèse.

 

L’ordre du jour prévoyait que les conclusions des  ruches donnent lieu l’après-midi à un compte rendu en séance. Il n’en a rien été, pour les raisons que je peux résumer de la façon suivante.

 

1. Les éléments de débat ont été relevés pour chaque ruche sur tablette,  et adressés à un seul rapporteur. Habituellement, un rapporteur / fait une synthèse des débats en séance plénière. Il n’en a rien été le 18 novembre.

 

Un seul camarade ne peut faire un compte rendu en quelques minutes sur le temps du repas : les conditions de temps et d’analyse n’étant pas réunies, une réelle confrontation d’idées n’a pas rencontré la transparence requise.

 

2. Le contenu des synthèses, qu’on peut penser critique envers la Direction a pu conduire cette dernière à éviter ce compte rendu.

 

Le choix de la Direction était de réduire le débat général l'après-midi - 34 interventions - sur les deux heures. Le reste   était consacré à des exposés sur des sujets certes intéressants, mais sans rapport avec l’objet même du congrès.

 

Si on résume : un temps très long d’intervention du secrétaire général, des interventions, dont une longue de P. Le Hyaric sur la Palestine, des ruches dont la synthèse n’a pas été faite et qui ne contribuent donc pas aux décisions qui devaient sortie de cette journée, les conditions d'une expression de points de vue différents dans le cadre d'un débat n'ont pas été réunies par la Direction nationale - par conséquent, l’assemblée des animateurs de section ne peut pas être qualifiée d’exercice démocratique.

 

L’Eveil : Que ressort-il de cette journée ?

 

Paule Ballut : Je suis déçue, et inquiète. Alors que la bataille d’idées est intense dans le pays comme au sein du Parti communiste, nous n’avons pas reçu de signal fort de la Direction.L’attitude de la direction en séance a rendu les choses difficiles, mais nous avons quand même réussi à modifier partiellement les conclusions de la réunion. Une feuille de route jusqu’au congrès a été adoptée par 67,90 %  des secrétaires de section (avec cependant 60 refus de se prononcer Pour ou Contre). Pour la section J'ai voté Contre. En somme, il apparaît que l’attitude de la direction a conduit un tiers des délégués à ne pas adopter la feuille de route.

 

L’Eveil : Qu’aurais-tu attendu de cette journée ?

 

Paule Ballut : Mes regrets portent sur le silence assourdissant de la Direction, en plénière, sur la question de l’état d’esprit des militants : malaise, désarroi, souffrance, colère contre la stratégie. Je peux pourtant témoigner de l’intérêt que ce sujet a suscité dans les ruches et même en séance pleinière !

 

Malgré la sélection des intervenants par la Direction, choisis parmi les responsables fédéraux plus que des secrétaires de section, les interventions soulignaient la difficulté, depuis les élections législatives, des actions militantes. Il a été  aussi relevé que  notre Parti n'est plus audible au niveau national alors qu’en région les militants sont actifs. Ainsi, le résultat de la journée a été d’organiser la préparation d’un congrès fixé au mois de novembre 2018, et qui risque de n’avoir plus rien d’extraordinaire. Pour ma part, je vais mettre à profit ce délai pour initier des débats sur la forme et le fond. Les communistes au fait des enjeux, des contenus et des questions de démocratie au sein du Parti doivent continuer à être partie prenante dans les changements nécessaires. Citons par exemple :

 

- établir un vrai bilan ;

 

- définir une stratégie: pour qui, pour quoi militons-nous ?

 

- restaurer un parti ouvert et rassembleur sur les contenus ; autonome, cohérent, combatif, et défendant des – idéaux et une visée communiste ;

 

- porter l’alternative communiste face à la crise du capitalisme ;

 

- retrouver l’esprit de révolution et la grille d’analyse marxiste, fondée sur la lutte des classes ;

 

- mettre la Direction en adéquation avec ces fondamentaux…

 

L’Eveil : Nombre de commentateurs parlent de la disparition du PCF – qu’en penses-tu ?

 

Paule Ballut : Je ne pense pas que les communistes partagent cette vision défaitiste de l’avenir de leur organisation mais ils sont inquiets. C'est vrai que certains membres du PCF militent pour un nouveau rassemblement et souhaitent une autre organisation : ils sollicitent FI et Mélenchon pour y jouer un rôle essentiel, ils sont très minoritaires, ils traduisent un le renoncement et l’abandon.

 

Au cours de l’assemblée du 18, une seule camarade qui a avancé cette proposition s’est retrouvée bien isolée, et n’a recueilli que peu d'applaudissements dans la salle et à la tribune, seule la secrétaire fédérale des Hauts-de-Seine a  applaudie.

 

L’Eveil : Le congrès de 2018 peut-il être important pour l’existence du Parti ?

 

Paule Ballut : Oui ! Le congrès doit apporter des réponses pour assurer l’existence d’un Parti communiste en France. Non pas pour lui seul, mais parce qu’il y a besoin d’un parti qui propose de véritables alternatives pour des changements permettant de dépasser le capitalisme. Le PCF est le seul en France qui a des propositions qui vont dans ce sens.

 

Notre section pense qu'il devient urgent d'aller dans ce sens. Ceci permettrait de donner un nouveau souffle à notre démarche de rassemblement. La présence du PCF dans le débat public permettrait de placer la barre des objectifs sociaux au niveau nécessaire pour répondre aux défis posés à notre société après des années d'austérité : sécurité emploi formation, santé, école, personnes âgées, petite enfance, justice, sécurité ... avec évidemment, et c'est indispensable, les financements crédibilisant ces objectifs : Fonds régionaux pour l'emploi, pôle public financier, utilisation du crédit, bataille pour un autre euro au service de l'emploi et des services publics... avec comme troisième corollaire les pouvoirs des citoyens et des salariés sur les banques, les choix d'investissements ...

 

C’est aussi la seule façon de  préserver l’unité des communistes. Pour permettre une véritable dynamique dans la période qui s’ouvre, il doit approfondir la réflexion sur l’analyse de la société et du monde, et toutes les questions posées, tout en développant des campagnes d’initiatives et de luttes au niveau national, avec le relais des départements et des sections.

 

La Direction, dans sa feuille de route (1), a dû prendre en compte cet aspect en intégrant plusieurs ajouts. Le texte a subi des modifications non négligeables par rapport au texte initial, reflets de la réflexion à l’oeuvre au sein du Parti. Il nous faut donc voir le verre à moitié plein et être très lucide sur la partie qui reste vide.

 

Cette feuille de route ouvre à mon avis une nouvelle période politique pour les communistes. Retenons comme positifs les  éléments suivants :

 

- elle indique que la discussion s’ouvrira « sur la base d’un bilan de la période écoulée » ;

 

- elle pousse à «nourrir les luttes avec des propositions alternatives s’inscrivant dans notre visée communiste» et lance une intervention forte sur l’industrialisation du pays et la question de l’avenir d’Alstom ;

 

- elle propose «d’amplifier notre campagne sur le coût du capital et engage la tenue des Etats généraux du progrès social», et d’aborder les questions de l’écologie ;

 

- elle propose « des thèmes de travail et d’action sur la base d’un bilan de la période écoulée» ;

 

- elle a l’ambition « d’avancer concrètement dans l’élaboration d’un projet communiste du XXIe siècle » ;

 

- elle pointe « la nécessité d’avancer sur l’analyse de « l’état de la société et les conditions actuelles de la lutte des classes ».

 

L’Eveil : Tu soulignes la question de la démocratie interne, quel est ton souci ?

 

Paule Ballut : La Direction ne peut continuer à confisquer la parole à la contestation et s'aventurer dans des stratégies qui ne correspondent pas à l’attente des militants : il nous faut travailler les questions de démocratie dans le Parti, à tous les niveaux.

Les conditions de la tenue de l’assemblée des secrétaires de section n’étaient pas acceptables. Il faut une préparation du congrès dans la transparence. Cela vaut aussi pour la Fédération des Hauts-de-Seine. L’utilisation des outils numériques brouille les échanges collectifs. Il faut mieux contrôler ces outils.

 

L’Eveil : La date du congrès pose-t-elle problème ?

 

Paule Ballut : Je pense que la tenue d’un congrès extraordinaire en juin 2018 faisait sens au vu des échecs répétés de nos stratégies politiques. L’objectif était tenable, démonstration en a été faite. Le choix des communistes ayant répondu au questionnaire se portait légèrement au-dessus des 50 % pour le fixer à novembre. La question partageait manifestement le Parti. Le choix de novembre n’offre pas plus de temps, le délai laissant place aux congés d’été, à la Fête de l’Huma, aux débats sur les élections européennes et à bien d’autres chantiers.

 

Le calendrier est le suivant :

 

24, 25, et 26 novembre 2018 : tenue du Congrès national

2 et 3 juin 2018 : adoption de la base commune

6 juillet 2018 : date-limite de dépôt des textes alternatifs éventuels

4, 5, 6 octobre 2018 : vote des communistes sur le choix de la base commune

15 octobre au 15 novembre 2018 : congrès locaux et départementaux

 

Dans la préparation du congrès, les communistes doivent rester centrés sur les objectifs même s’ils sont aussi avec la population, avec les salariés, dans des débats de société et dans l’action. Ils doivent s’exprimer.

 

La bataille commence. Mais la situation du Parti demande que soient actionnés les leviers permettant sa préservation et son développement pour qu’il conserve son utilité pour le peuple, dans l’action concrète avec l’objectif de dépassement du capitalisme avec le but d’ une vie meilleure pour tous.

 

L’Eveil: la télévision n’a pas montré cette réunion - qu’en penses-tu ? 

 

Paule Ballut : En effet, aucun média n'était présent. Cette attitude était volontaire, mais avec plus de 900 participants, les animateurs de sections ont démontré que le Parti communiste français reste bien vivant !

 

(1) Le choix du titre choisi par la Direction pour cette feuille de route « Notre Rêvolution » au lieu de « Notre choix de la révolution » est significatif : ce titre dévalorise le contenu même de la feuille

Posté par Michel Peyret 

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