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PODEMOS, la France insoumise, l’Amérique latine et les communistes

PODEMOS, la France insoumise, l’Amérique latine et les communistes

 

09 Décembre 2017

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Dans le Vent se lève qui s’affirme comme un des sites les plus originaux en matière de confrontation de la gauche alternative, il y a un entretien avec Juan Carlos Monedero, un des co-fondateurs de Podemos, sa lecture est vivement conseillé, mais pour en mieux saisir l’intérêt il faut bien voir quels sont les enjeux et en quoi ils sont particulièrement intéressant pour les français .

 

http://lvsl.fr/6278-2

 

On sait que comme le PS français, le PS espagnol, est en crise ouverte pour des raisons à la fois européennes et donc proches de celles du PS français et pour des raisons nationales liées à la remise en cause du compromis monarchiste de 1978, ce qui en Espagne se traduit par la montée des nationalismes régionaux. La situation paraît donc optimale pour que l’objectif de Podemos, celui de prendre la place du PS se réalise, l’équivalent de l’objectif de Mélenchon en France, soit mis en oeuvre.

 

Oui mais voilà, les résultats électoraux décevants de Podemos comme son incapacité à apporter une solution à la crise économique, politique traversée par le pays se traduisent également par une crise ouverte entre deux leader de Podemos. Juan Carlos Mondero qui est du côté de Pablo Iglesias explique dans cet interview en quoi la solution est à gauche, une gauche affaiblie, mais tout populisme qui ne serait pas de gauche conduirait à une trahison totale de cet espace d’émancipation que Podemos prétendait construire et donc sa disparition sur la scène politique.

 

La querelle à laquelle se livrent publiquement le chef de file de Podemos, Pablo Iglesias, et son numéro deux, Iñigo Errejon, porte sur l’orientation que doit prendre la formation de la gauche anti-austérité. Cette gauche qui, comme la France insoumise se prétendait nouvelle, mais qui a du mal à s’imposer après un moment de croissance. Notons que comme la France Insoumise de Mélenchon, ce mouvement populiste affirme sa filiation avec le mouvement progressiste d’Amérique latine symbolisé par Chavez.

 

Juan Carlos Monedero, 52 ans, ancien conseiller politique  du président vénézuélien Hugo Chavez  2004 jusqu’à sa mort, en 2013, a évoqué sa déception et reconnu des tensions internes, « et pas seulement à la direction ». 2004, c’est le moment où Chavez prend réellement son essor bolivarien en liaison avec Lula mais surtout avec Cuba en s’opposant aux Etats-Unis. Fidel Castro va contribuer à mobiliser le peuple venezuelien et à empêcher  un coup d’Etat des Etats-Unis . C’est un tournant essentiel.

 

Au moment même où le mouvement dit bolivarien en Amérique latine a connu au moins un tassement, en tous les cas une offensive impérialiste qui a débouché sur une série de coup d’Etat « suaves » à la Brésilienne, une pression contre révolutionnaire au Venezuela, la parenté revendiquée avec le « dégagisme », le chavisme, les mouvements comme Podemos et la France Insoumise peuvent non seulement en être affaibli mais connaître une pression médiatique accrue pour leur « soutien » à d’hypothétiques dictatures.

 

Il y a certes la contre-offensive des Etats-Unis et de l’oligarchie locale qui lui est liée, mais il y a également le fait que ce mouvement progressiste confronté à une crise a eu tendance à perdre une partie de son assise populaire. Est-ce un hasard si à la tête du parti communiste espagnol on trouve un avocat qui a joué un rôle important dans la négociation avec les FARC toujours à Cuba. Juan Carlos Monedero démissionne mais il continue à soutenir Pablo iglesias et à soutenir un rapprochement avec le parti communiste espagnol.

 

Pablo Iglesias a choisi de s’ouvrir à une alliance avec une gauche véritable et ils se rapprochent du Parti Communiste, lui même entré dans un processus de transformation dont nous avons fait état ici même. Il considère Juan Carlos Monedero a un nouveau rôle à jouer. La dimension internationale de ce renouveau stratégique est forte, ce qui n’est pas le cas de la France Insoumise où seul Mélenchon a été capable d’avoir des liens de ce type.

 

En France, Mélenchon semble avoir choisi la position de Iñigo Errejon, et la lecture de l’interview de Juan Carlos Mondero est à ce titre incontournable parce qu’elle nous permet de mieux comprendre ce qui peut paraître simple caprice d’un leader à tendance autocratique que serait Mélenchon, non il s’agit bien d’une réflexion de fond sur l’espace à occuper et le choix espagnol est différent de celui auquel on assiste en France. Le parti communiste espagnol, comme nous l’avons vu se place sur la position de classe et anti-impérialiste des partis communistes disons traditionnels bien qu’il y ait une permanente adaptation de celui-ci, alors que la direction du PCF ne cesse de se déplacer vers la droite pour retourner à l’avant Congrès de Tours. Comme Mélenchon s’éloigne lui aussi des positions de classe au profit d’un profil républicain, il y a concurrence et non complémentarité. Il y a surtout un défaut d’alternative à gauche qui aide au déplacement de l’échiquier politique vers la droite et l’extrême-droite. Ce qui entraîne la disparition de la gauche au profit des solutions de droite qui prétendent à la rénovation du refus du traditionnel comme du ni droite, ni gauche des grandes coalitions qui ont du mal à se former sous leur forme habituelle ou comme en Corse l’équivalent nationaliste.

 

Voici la fin de cet interview qui résume la position de la direction de Podemos:

 

« À chaque moment de crise, en 1929, en 1973, ou aujourd’hui, on observe exactement le même phénomène. Il y a toujours quatre réponses du pouvoir :

 

1) dire qu’il n’y a pas d’alternative ;

 

2) former une grande coalition, ce qui revient également à dire qu’aucune alternative n’existe ;

 

3) l’émergence ou la montée d’un populisme de doite, que ce soit Dollfuss, Hitler, Rivera ou Trump ;

 

4) une solution autoritaire.

 

Ces populismes de droite font partie du système. Trump est le système, c’est un millionnaire, il ne fera jamais rien contre le système, de la même manière que Marine Le Pen fait, elle aussi, partie intégrante du système, bien qu’elle prétende le contraire. À Podemos, nous ne sommes pas contre les excès du système, nous somme contre le système car nous pensons que les situations de crise sont entièrement dues au système en lui-même.

 

Quelle stratégie la gauche doit donc aujourd’hui adopter en Europe ?

 

Trois axes sont importants pour comprendre ce que nous devons faire aujourd’hui :

 

1) droite/gauche, un axe qui continue à exister mais qui est affaibli ;

 

2) vieux/neuf ;

 

3) opposé aux forces traditionnelles/aux côtés des forces traditionnelles.

 

Nous devons donc nous opposer tout en représentant le neuf et la nouveauté: il est possible de le faire depuis la gauche ou depuis la droite. Si tu le fais depuis la droite, tu mens, car tu ne représenteras jamais un renouveau ou une réelle opposition. Il faut donc le faire depuis la gauche. C’est un point clé. Quand Podemos est né, nous ne voulions pas réinventer la gauche, ou donner un nouveau souffle à la vieille gauche, nous voulions reconstruire un espace d’émancipation. »

 

Ce qui mériterai un long développement, est que malgré les apparences nous ne sommes pas seulement dans une expérimentation d’échappé de sciences po, mais dans un contexte ou au moins une partie de Podemos liée à Cuba et à l’Amérique latine tente d’échapper à la crise politique de l’UE à la Syriza. C’est un choix judicieux,  la stratégie bolivarienne d’un Chavez a été dès le départ élaboré avec Fidel castro et le parti communiste cubain qui ont été la véritable armature idéologique de ce grand rassemblement progressiste de l’Amérique latine.

 

Si le vent se lève nous présente systématiquement l’opinion de leaders communistes ou de ceux de mouvement comme Podemos, c’est parce que la revue cherche une issue qui ne soit pas celle des refondateurs qui veulent faire disparaître les communistes dans un mouvement comme la France Insoumise ou Podemos, mais bien une articulation entre ces mouvements et les communistes qui à l’inverse du Front de gauche ou de la politique d’un Mélenchon redonne à ce que Juan Carlos Mondero définit comme « la gauche » mais qui en fait est le parti communiste. Un nouveau partage des rôles dans la transition vers le socialisme. Une fois de plus nous sommes confrontés à la question de la révolution et du rôle des partis communistes.

 

A suivre….

 

Danielle Bleitrach

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