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Pourquoi je dis « ce sera sans moi! » à propos du Congrès du PCF

 

05 Décembre 2017

 

Quand je dis que je ne veux pas participer à un congrès du PCF qui part sur des bases aussi négatives je ne manifeste en aucune façon une volonté d’éloignement du PCF, je dirai au contraire.

 

Je me considère dans mes aspirations comme dans mes interrogations comme représentant la majorité des membres de ce parti et je ne veux plus par des artifices être contrainte à une marginalisation qui n’a pas lieu d’être. Si on peut créer tous ensemble une base commune qui porte sur les questions de fond, notre stratégie, le bilan de ce qui nous a coupé de notre base naturelle, les échecs répétés, notre affaiblissement et quel parti pour quelle stratégie dans une situation nationale et internationale en pleine évolution, je suis d’accord.

 

Si ce doit être la foire d’empoigne sur Mélenchon ou Hamon, cela ne me concerne pas.

 

Les bases négatives sont aujourd’hui d’abord la déclaration du secrétaire national Pierre Laurent appelant Mélenchon et Hamon et le NPA à constituer une liste commune pour les Européennes.

 

Après les résultats en Corse et les déclarations invraisemblables d’anticommunisme de Mélenchon une telle interpellation est complètement hors saison, mais sur le fond une telle proposition entre des gens dont les positions sur l’Europe sont complètement inconciliables entretient la confusion.

 

Elle  ne peut qu’être un leurre par rapport au débat de fond qui devrait être celui du Congrès.

 

Nous voilà repartis pour un congrès totalement inutile…

 

Nous nous diviserons comme lors du dernier sur les primaires à gauche (ou son équivalent) ou Mélenchon devenu l’ennemi nécessaire, vu son côté tête à claque et insultant il a tout ce qu’il faut pour le rôle… serait-il  malséant de ma part de signaler que c’est Marie-Georges Buffet, alors bien aimée secrétaire du parti qui nous l’a imposé dans l’enthousiasme général due à une proposition du secrétariat?

 

Qu’un tel fait prouve la nécessité de comprendre comment et pourquoi nous nous sommes retrouvés derrière quelqu’un qui nous voue un tel mépris.

 

Aujourd’hui tandis que les communistes s’acharneront sur sa personne pour mieux accepter une alliance avec d’autres qui ne valent pas mieux que lui et dont les troupes désormais tiennent dans une cabine téléphonique, mais qui espèrent quelques places, on ne parlera ni de notre bilan stratégique (enfin celui de la direction) ni de ce qu’il faut pour que le parti ait une stratégie, non on s’intéressera à l’union de la carpe et du lapin entre tous ces gens qui n’ont aucune position commune sur l’Europe…

 

Et dont la seule ambition (contagieuse) est d’être élu. Il est difficile d’être enfermé dans ce cercle vicieux une fois de plus.

 

Toujours dans le même esprit il y a le refus de Pierre Laurent lors du dernier Conseil national de lancement du Congrès de parler du « bilan » de notre politique malgré la demande de quinze intervenants du Conseil national allant dans ce sens, tout au plus a-t-il face à la pression accepté le terme « d’évaluation » en fonction de la feuille de route élaborée par les secrétaires nationaux.

 

On peut craindre que ladite feuille de route (qui par parenthèse n’accorde qu’un intérêt assez faible à la position du PCF sur l’Europe) soit conçue comme une manière d’éviter le débat indispensable sur la stratégie du PCF et sur le bilan de ces dernières années et le refus de Pierre Laurent va dans ce sens.

 

Je personnifie, il est difficile de faire autrement en l’occurrence, mais je ne tiens pas à m’acharner sur des personnes, mais bien à comprendre ce qui est erroné dans notre démarche par rapport à nos buts et moyens. En ce qui concerne le but, quel est-il exactement, s’agit-il de construire un « socialisme à la française » ou de se disputer avec Mélenchon et Hamon le leadership de la social démocratie?

 

En parlant de la social démocratie et de la feuille de route, est-ce que nous voulons un parti organisé avec des adhérents qui sont aussi des militants ou nous acceptons une individualisation toujours plus poussée que symbolise en quelque sorte cette passation du questionnaire?

 

Là encore il ne s’agit pas de condamner une pratique et un mode de contact mais bien de voir vers quel type de militantisme nous voulons orienter nos efforts?

 

Enfin, le troisième aspect qui aujourd’hui me fait douter de la volonté d’avoir un Congrès qui soit l’étape indispensable de la reconstruction du parti est la manière dont il n’est pas tenu compte de la situation internationale.

 

Le PCF n’a pas été au niveau de sa direction nationale présent à la célébration des 100 ans de la révolution d’octobre et l’exposition au Colonel Fabien a célébré Trotsky, dans sa déclaration Pierre Laurent a décrit cette révolution comme une espérance trahie par le stalinisme, la position des trotskistes, niant y compris le rôle de l’URSS dans la lutte contre le nazisme et dans les rapports de forces qui au lendemain de cette guerre ont favorisé partout les conquêtes sociales y compris en France.

 

Cette révolution d’octobre est-elle la matrice fondatrice du socialisme ou une monstrueuse erreur dans un pays arriéré? Si le parti communiste est né de cette révolution faut-il revenir à avant le congrès de Tours? 

 

Actuellement alors que nous assistons à un mouvement international de renaissance des partis communistes sur la base du marxisme léninisme, alors qu’une rencontre en Chine à la suite du 19e Congrès du parti communiste chinois esquisse une rôle nouveau pour une internationale des partis communistes, alors que le parti communiste espagnol revient sur les abandons de l’eurocommunisme, un mouvement semblable se dessinant en Italie, la direction de notre parti tronque notre propre histoire pour nous conduire toujours plus loin sur l’abandon de notre identité.

 

Si le  Congrès  ignore ces questions et tout en conservant le nom,  nous isole toujours plus à la fois des lieux de la lutte des classes en suivant le congrès de Martigues et de ce renouveau international, est-ce que nous ne serons plus qu’une coquille vide?

 

Si c’est cela dont il est question, à savoir d’être le parti communiste de classe et de masse correspondant aux intérêts et aux traditions de notre pays afin d’instaurer le socialisme, de défendre partout et pas seulement dans les urnes les victimes du capitalisme, je participe sinon je considère que c’est encore une occasion perdue.

 

S’il est important d’avoir des élus, tout subordonner aux élections alors même que le cercle des abstentionnistes ne cesse de s’étendre en particulier dans notre base naturelle, c’est pour le moins ne pas tenir compte des faits.

 

Il faut en discuter et ne pas considérer comme acquis qu’un Congrès n’a pas d’importance au point que seul comptent les alliances électorales qui ne nous mènent nulle part. Le rassemblement n’a-t-il lieu que devant les urnes ou au contraire ce qui se passe dans les urnes est-il subordonné à d’autres rassemblements sur le terrain?

 

Est-ce que le contexte international, et pas seulement l’Europe est important ? Comme à côté de ce renouveau des partis communistes, de leurs liens, les menaces de guerre, les possibilités d’autodestruction des être humains et de leur environnement imposent un approfondissement écologique mais aussi que nous mettions au cœur de notre réflexion la paix et la guerre, mieux est-ce que l’on ne doit pas reconnaître que le socialisme réel a toujours été lié étroitement à ce refus du bellicisme, a toujours été contraint par la volonté guerrière du capital, la lutte pour la paix est donc une nécessité stratégique à laquelle aucune transition au socialisme ne peut échapper.

 

Nous venons à Vénissieux d’avoir une rencontre de plus de 200 militants avec des camarades du Parti communiste de la fédération de Russie et du Parti communiste chinois. Vous pouvez consulter les vidéos et les textes de cette journée qui vont être publiés, vous constaterez que nous n’avons pas eu à prononcer le nom de Mélenchon ou celui d’Hamon, ni faire la moindre critique de la direction de notre parti, nous avions beaucoup à échanger sur le fond et cela nous unissait. J’en ai assez de cet art de nous diviser alors qu’il y a tant à faire.

 

Si je dis que je ne veux pas m’associer à cette démarche suicidaire d’un Congrès qui nous laisserait désarmés, divisés, c’est parce qu’elle n’a rien à voir avec le PCF, avec ses militants tels que je les vis au quotidien. Je milite dans une cellule qui se réunit tous les vendredis après avoir mené une activité de distribution de tracts. Les débats sont francs et je dois dire que je me sens en accord avec les militants sur le fond. Nous nous sommes occupés du logement social, des APL et nous étions d’accord.

 

Cette possibilité de dialogue est totale y compris dans ma fédération des Bouches du Rhône qui pourtant est une des plus « légitimistes » de France, je crois qu’un des rares acquis de la période est cette capacité que nous avons de nous entendre.et de travailler ensemble, il faut l’utiliser à plein.

 

Alors à quoi veut-on me contraindre par une telle préparation du Congrès : à diviser ce qui n’a pas à l’être, à m’opposer à des camarades avec lesquels je suis d’accord sur le fond, à me marginaliser moi qui ai toujours été contre les tendances?

 

Parce que le PCF c’est tout autre chose que la foire d’empoigne à laquelle on veut me contraindre en tronquant les conditions de la préparation du Congrès, je refuse de m’opposer à mes camarades comme j’ai refusé de faire des histoires autour du remplissage ou non du questionnaire me félicitant simplement de notre accord autour de l’idée de conserver le nom de parti communiste.

 

Maintenant que l’on tente une fois de plus de vider notre parti de sa réalité, le tirant vers un électoralisme à courte vue, je n’ai pas plus envie de créer les conditions factices d’une dispute avec des militants avec lesquels je suis d’accord. De surcroît je suis convaincue que le parti ne résistera pas à de nouvelles divisions et quand elles sont artificiellement créées je dois les récuser.

 

Voilà ce que voulait dire « ce sera sans moi! », non je ne jouerai pas la division du parti et donc pour participer au Congrès j’attendrai que les conditions d’un véritable débat soient créées pour des militants qui n’attendent que ça. Et je sais par expérience internationale que partout dans le monde, les partis communistes sont en train de renaître, si ce Congrès nous fait perdre notre temps tant pis, il y en aura d’autres.

 

Danielle Bleitrach