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Congrès extraodrinaire des communistes

Que les bouches s’ouvrent !

 

par  lepcf.fr
 

L’Assemblée des délégués de section du 18 novembre doit répondre à l’exigence des communistes de maîtriser le processus du Congrès extraordinaire qu’imposaient à la fois la situation politique et le nouvel affaiblissement du PCF.

 

Le questionnaire n’a pas suscité l’élan escompté. Beaucoup y ont vu une tentative de la direction nationale de gagner du temps, d’esquiver ses responsabilités et de continuer comme avant, sans compter la défiance envers une démarche très usitée par les partis de tous bords et les officines de communication.

 

Ne perdons pas de vue ce qui a motivé la convocation de ce congrès extraordinaire au mois de juin.

 

Le million de voix perdues aux élections législatives après notre effacement à la présidentielle (deux millions par rapport à 1995) ont été un choc pour de nombreux camarades. Ces résultats succédaient à des reculs importants en voix et élus aux élections municipales de 2014, régionales et départementales de 2015. Ce recul électoral va de pair avec notre affaiblissement en forces organisées, le délitement de nos liens avec la classe ouvrière et les catégories populaires qui ont fait historiquement notre force, notre perte de visibilité nationale. Le piège des présidentielles se refermait sur le peuple avec un second tour opposant Macron à Marine le Pen et la crise politique s’affichait avec un taux d’abstention plus élevé que jamais aux présidentielles et législatives. Le parti a frôlé la disparition nationale, tout juste évitée par l’élection de 11 députés communistes. Les communistes ne veulent pas se retrouver dans une telle situation.

 

Avec l’élection d’Emmanuel Macron, le capital veut imposer une nouvelle étape de sa domination à notre peuple, l’effacement de tout ce qui subsiste des acquis sociaux et démocratiques du 20éme siècle, la domination sans partage d’une pensée unique toute dévouée au capital. Pour faire face à cette situation, le peuple a besoin d’un parti communiste aussi déterminé à combattre le capital qu’à porter une perspective révolutionnaire. Etre à la hauteur de ces enjeux exige de notre part un effort idéologique et organisationnel en rupture avec notre lente décomposition de ces 20 dernières années.

 

Les communistes ont décidé en 2007 de garder leur parti et son nom, le PCF. Garantir l’existence d’un parti comme le nôtre est un combat qu’il faut mener avec détermination pour que ce parti joue pleinement son rôle. L’Assemblée du 18 novembre doit être un moment d’unité et de force, qui nous engage dans une démarche utile et constructive nous permettant de sortir de l’impasse dans laquelle nous sommes enfermés. Un débat sans a priori et sans tabou doit s’ouvrir autour des questions essentielles.

 

Le contenu de ce débat doit s’articuler pour nous autour de 3 thèmes : 


- Le bilan : Stratégique et organisationnel, il doit démarrer à partir du 30ème congrès de Martigues qui engage, au nom de la mutation après la défaite du socialisme, une transformation idéologique et organisationnellle profonde de notre parti. Il est temps de faire le bilan des décisions qui ont découlé de ce congrès : disparition des cellules, prise de distance avec les partis communistes du monde entier et adhésion au PGE, acceptation du cadre de l’Union européenne, mise en cause de notre autonomie avec la gauche plurielle, les collectifs antilibéraux et le Front de gauche jusqu’au renoncement en 2012 et 2017 à la candidature à la présidentielle... Ce bilan critique doit être stratégique mais aussi structurel avec un état précis de notre état d’organisation, financier et patrimonial, électoral. Il doit aussi examiner le travail de la direction nationale qui doit assumer sa responsabilité dans la situation. Pour notre part, il nous semble qu’il est temps d’opérer une rupture stratégique avec le congrès de renoncement au communisme et au PCF qu’a été Martigues et d’ouvrir une nouvelle page pour notre parti, mais c’est bien sur le congrès qui en décidera. 


- Une analyse marxiste de la situation politique et sociale et le projet communiste : Ce bilan a un sens, nous permettre d’affronter les enjeux de la période. Cela suppose que nous procédions à une analyse précise de la situation politique et sociale.

 

Quelques points nous semblent essentiels.

 

Comment caractériser l’exploitation aujourdhui ?

 

Quel emprise du capitalisme sur les consciences ?

 

Quelles divisions du peuple ?

 

Quel sens donner à l’abstention de millions de citoyens ?

 

Comment penser la transformation révolutionnaire de la société et la prise de pouvoir alors que de millions de citoyens ont perdu confiance dans le vote comme outil pour se faire entendre et conquérir le pouvoir ?

 

Doit-on s’adresser aux "99%" des gens où y-a-t-il des classes sociales particulières pour les communistes ?

 

Une sortie progressiste de l’union européenne avec l’objectif de construire des relations de coopération entre nations et peuples souverains est-elle tabou ?

 

Quelle main mise accrue du capital sur l’ensemble des institutions françaises et internationales ?

 

Comment mener un grand combat pour la paix contre la volonté d’appropriation hégémonique du capital sur les ressouces de la planète ? Quelle actualité du socialisme ?


Il nous semble que des chantiers de travail pointent déjà : Penser un processus révolutionnaire, penser et nommer notre projet de société pour qu’il soit identifié, penser la prise de pouvoir dans un pays capitaliste développé comme la France, élections /luttes/rassemblement quelle articulation, nos actions idéologiques et concrètes pour unir le peuple, combattre la criminalisation du communisme, renouer avec l’internationalisme communiste. 


- Le parti : En 2007, les communistes ont refusé le changement de nom du PCF. Aujourd’hui, il ne s’agit pas de reposer cette question mais bien de travailler à l’existence et au rayonnement du PCF. Notre organisation est affaibli, nous restons en même temps le plus important parti de militants de la société française. Certains défendent l’idée que ce serait le refus du parti de s’adapter à la société d’aujourd’hui qui est responsable de nos difficultés ; nous pensons au contraire que c’est l’adaptation forcée du parti à une stratégie de renoncement qui l’a affaibli en terme organisationnel et idéologique, rendu invisbile et inaudible pour les femmes et hommes qui subissent aujourd’hui l’exploitation capitaliste.

 

Mais nous savons aussi qu’il l’y a pas de spontanéisme. Il ne suffit pas d’avoir de bonnes idées pour faire vivre un parti communiste, c’est un combat qui demande un engagement quotidien et déterminé de chaque militant jusqu’au secrétaire national.

 

S’il ne peut y avoir de révolution sans intervention consciente des peuples alors la première question qui nous est posée, c’est celle de faire vivre au plus près et par les communistes, dans les quartiers et les entreprises, à la fois l’intellectuel collectif communiste et la mise en œuvre de nos initiatives par le plus grand nombre. C’est un effort considérable qui doit s’engager, utilisons tous les outils à notre disposition pour cela. C’est au regard de cet objectif que doit être élu une nouvelle direction nationale.

 

Pour répondre aux attentes des communistes inquiets et à la recherche d’un nouveau souffle du parti communiste, le congrès doit sortir des discours prérédigés, des orientations prédéfinies par la seule direction. Comme dans le célèbre appel de Thorez en 1931 dans un parti en difficulté « il faut que les bouches s’ouvrent » :

« on cherche ainsi à atténuer les couleurs sombres du tableau et à affaiblir par conséquent , la rigueur et l’efficacité d’une autocritique sincère et salutaire ». ... « il n’est pas possible de se prévaloir de quelques menus résultats, voire même de quelques petits succès, pour se dissimuler à soi-même, et dissimuler au Parti, la persistance des graves faiblesses de notre mouvement et même sa régression (…) »

Oui, il nous faut un grand moment de réflexion collective des communistes à partir des faits, à partir d’un bilan détaillé de l’activité du parti ces dernières années, ouvrant une analyse marxiste renouvelée des contradictions dans la mondialisation et le capital, des conditions de l’unité populaire, de la perspective d’une autre société, le socialisme, et donc du bilan des expériences socialistes passées et en cours.

 

Oui, que les bouches s’ouvrent !

 

Cette déclaration est signée par les membres du Conseil National suivant : Caroline Andréani, Paul Barbazange, Marie-Christine Burricand, Gilles Gourlot, Jean-Jacques Karman, Michaële Lafontant, Anne Manauthon, Jean Pierre Meyer, Danielle Trannoy et
Hervé Fuyet (92), Pierre Alain Millet (69), Robert Brun (26), Michelle Bardot (67), Bernard Trannoy (33)...