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Un communisme français pour un communisme global

 

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Carte d’identité

30 ans -12 ans de carte au PCF, avant cela responsable départemental de la JC - Membre de la direction départementale du PCF dans le Pas-de-Calais - Maire-adjoint en charge de la culture à Avion - Vice-Président de "Droit de Cité" - Porteur des assises de la culture et de l'éducation populaire dans la région avec un collectif d'artistes, de programmateurs, d'élus, de syndicalistes ... - Amoureux de littérature, de poésie, de philosophie, d'histoire, de sociologie et de cinéma - Marxiste jusqu'au bout des ongles, engagé avec le réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" - Un peu italien par ma mère, beaucoup citoyen du monde par mes valeurs - Ecris pour créer des ponts, éclairer, partager et parce que par dessus tout, j'aime ça.

 

 

Le 

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Il semblerait que la vieille tentative de diversion identitaire, pratique adulée par les petits soldats du capital, reprend du service. En plein cœur d’un débat à l’Assemblée sur un nouveau texte de loi antiterroriste durant lequel le jeune député du Nord LFI Ugo Bernalicis a utilisé le terme de « démocrature », alors que le petit caporal Manuel Valls tente de ré-exister médiatiquement en ressortant des cartons ses vieilles et viscérales obsessions autour de l’islamo-gauchisme et du péril républicain, alors qu’une polémique a enflé sur les réseaux sociaux autour des affaires Nour et Desbureaux, les macronistes font finalement appel aux vieilles ruses éculées pour anesthésier l’opinion publique en proie à une vive colère parfaitement légitime.

En effet, alors que jour après jour chacun peut mesurer le niveau de violence de la politique gouvernementale actuellement à l’œuvre via la destruction du cadre juridique et social dans la jungle de l’entreprise, via le dépeçage des aides sociales, baisse des APL, hausse de la CSG pour un transfert de cotisations sur les seuls travailleurs ou anciens travailleurs alors même qu’on supprime l’ISF, via la vente ahurissante d’Alstom et des chantiers navals de l’Atlantique, fragilisant un peu plus la place de la France dans le concert des nations industrielles et donnant encore plus de poids au géant allemand, la légitimité et l’intérêt du débat politique se placeraient dans une manichéenne opposition entre des laïcards toujours plus fanatisés et des traîtres à la patrie qui passeraient leur temps à excuser les terroristes et leur processus de radicalisation.

Ainsi, cette grande nation politique qui est la nôtre, qui a su à plusieurs reprises secouer le continent pour faire tomber la tyrannie de son fauteuil doré, se rabaisse t-elle à penser qui est patriote et qui ne l’est pas, qui est franchement républicain et qui n’en serait finalement pas digne. Comme si d’ailleurs cette République n’était pas en lambeaux avec un président minoritaire, des rapports internationaux des Nations-Unies qui épinglent nos autorités, mères porteuses de lois toujours plus sécuritaires, comme s’il n’existait pas un violent divorce entre l’immense masse des travailleurs et leurs élites. Des élites qui ont franchi le Rubicon lorsqu’elles ont enterré le « non » du referendum de 2005, lorsqu’elles acceptent d’appliquer des directives sauvages qui détruisent nos services publics, notre industrie, notre agriculture, notre indépendance monétaire. Des élites qui affichent un mépris non dissimulé envers ce qu’elles perçoivent comme étant une masse inculte presque barbare, dans la bonne vieille tradition de la frange réactionnaire bourgeoise du XIXe. Que dire de notre participation à des guerres impérialistes au proche et Moyen-Orient, en Afrique sahélienne et du Nord, dans les attaques répétées envers l’Amérique latine qui servent les intérêts géostratégiques nord-américains.

Si seulement il était possible dans ce pays de discuter de tout cela, de voir la France comme ce qu’elle est : une force capitaliste qui décline, totalement inféodée, au même titre que l’Espagne, l’Italie ou la Grèce, au bon vouloir de la bourgeoisie allemande. Une nation qui accepte passivement, docilement, de ne plus se penser comme t-elle, de ne plus avoir une vision planificatrice de son économie, de son industrie, qui ne cherche même plus à se penser dans le cadre d’une saine et impitoyable guerre de classe hexagonale. Cela rend particulièrement périlleuse la mission que s’assigne la vieille école marxiste à laquelle j’appartiens. Alors qu’il y a un profond travail de clarification à avoir dans l’articulation nationalisme / internationalisme, je ne suis pas sûr que la politique du choc médiatique soit particulièrement constructive. Réclamer la disparition du drapeau européen à l’Assemblée dans les conditions actuellement à l’œuvre, c’est certainement maladroit mais surtout et avant tout contre-productif. Ce drapeau doit disparaître j’en suis convaincu mais n’est-ce pas d’abord dans l’imaginaire politique collectif qu’il faut le faire disparaître ? Dans la tête des nôtres qui n’échappent pas à la névrose post traumatique d’une Europe d’après-guerre vendue comme incontournable, indéboulonnable ? Je me retrouve en réalité plus dans les propos d’un Arnaud Montebourg au lendemain de l’annonce de la vente d’Alstom que dans ces chiffons rouges agités frénétiquement qui finissent par desservir la cause.

Ne nous y trompons pas, notre travail doit se mener en plusieurs étapes simultanées. Alors même qu’il y a un mythe à détruire , celui de l’Europe éternelle, il y a en même temps à combattre l’idée du repli, des frontières hermétiques, du barbelé faussement protecteur. Prendre ce travail à la légère, en rester au stade de l’emphase médiatique, c’est prendre le risque de flouter les enjeux, de créer de la confusion et des rapprochements douteux. C’est tout le travail de distinction entre nationalisme et chauvinisme, entre la défense des intérêts d’une classe sociale qui se pense et se vit dans un cadre national et un national-socialisme qui se dissimule derrière des formules alambiquées.

J’ai la certitude qu’il ne pourra pas y avoir de mouvement social digne de ce nom, de vague contestataire capable de tout balayer sur son chemin sans articuler ces différents enjeux entre-eux. Cette conception de la tâche révolutionnaire à venir doit être au cœur de la préparation du prochain congrès des communistes. Cela nous permettra ainsi de ne pas sombrer trop facilement dans les débat crétins et stériles d’une identité républicaine fantasmée, dans les postures faciles sur la question des indépendances régionales notamment en Espagne, dans les poncifs ridicules d’une possible refonte sociale de l’Europe. La révolution va devoir d’abord être culturelle, militante avant de se penser en grand.

G.S